*
/.
.
DICTIONNAIRE
UNIVERSEL
D'HISTOIRE NATURELLE.
TOME DEUXIÈME.
LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE DE MATIÈRES
Zoologie générale, Anatomie, Physiologie, tératologie
et Anthropologie»
MM.
CASIMIR BROUSSAIS, D.-M., professeur à l’hô¬
pital militaire du Val-de-Grâce.
DUPONCHEL fils , méd. del’Ecolepolytechniq.
DUVERNOY, D.-M., membre de l’ institut, pro¬
fesseur au Collège de France , etc.
EDWARDS, îfc, D.-M. , membre de l’Institut.
FLOURENS , C. ^ , D.-M. , secrétaire-perpétuel de
l’Académie des sciences , membre de l’Académie
française , etc.
Mammifères
ISIDORE GEOFFROY S.-IIILAIRE, O. D.-M.,
membre de l’Institut ., etc.
B AU DEMENT, membre de la Société philomati¬
que, etc.
GERBE, aide-naturaliste au Collège de France.
Reptiles et
BIBRON , ^ , professeur d’histoire naturelle. |
MM.
ISIDORE GEOFFROY S.-IIILAIRE, O.#, D.-M. ,
membre de l’Institut, insp. génér de l’Université,
professeur-administrateur au Muséum d'histoire
naturelle , etc.
DE HUMBOLDT (le baron Alexandre), C. 2^, mem¬
bre de l’Institut de France, de l’Académie royale
de Berlin, etc.
MARTIN SAINT-ANGE, 0. D.-M. , membre de
plusieurs sociétés savantes.
et Oiseaux.
DE LAFRESNAYE, membre de plusieurs soc. sav.
LAURILLARD, ^ , membre de plusieurs sociétés
savantes.
DE QIIA' TREFAGES , docteur en médecine, etc.
ROÜLIN, membre de la Société pbilomat., etc.
Poissons.
VALENCIENNES, membre de l’Institut, profes¬
seur-administrateur au Muséum d'bistoire naturelle.
Mollusques.
DES HAYE S , membre de plusieurs sociétés sav. I ALCIDE D’ORBIGNY, 0. *, membre de la Société
VALENCIENNES,^, membre de l’Institut, etc. | philomatique, etc.
Articulés.
(Itisecles, Myriapodes, Arachnides, Crustace's, Cirrhopodes, Arinélides, Helmintliides, Syslolides.
AUDOUIN, D.-M., membre de l’Institut, profes-
seur-administrat. au Muséum d’histoire naturelle.
RLANCIlARD, membre de plusieurs sociétés sav.
BOITARD , auteur de plus, ouvrages d’iiist. nat.
BRULLÉ , prof, à la Faculté des scienc. de Dijon.
CH EVROLAT , membre de plusieurs sociétés savant.
DESMAREST, secrétaire de la Soc. entomolog, de
DUJARDIN , professeur d’histoire naturelle.
DUPONCHEL, membre de plusieurs sociétés sav.
LUCAS, membre de la Société enlomologique.
GERVAIS, professeur d’histoire naturelle, membre
de la Société philomatique.
MILNE EDWARDS, O. D.-M., membre de
l’Inslilut, profess.-admiuist. au Muséum d’histoire
naturelle; etc.
Zoophytes ou Rayonnés.
(Ecliinodermcs, Acalèphes, Foramiuifères, Polypes, Spongiaires et Infusoires.)
ALCIDE D’ORBIGNY, O. ^ , membre de plusieurs I DUJARDIN, professeur d’histoire naturelle, etc.
Sociétés savantes. | MILNE EDWARDS, O.^.D.-M., mcm. del’Inst. , etc.
Rotanique.
DE BREBISSON, membre de plusieurs sociétés sa¬
vantes.
BRONGNIART, O. D.-M., membre de l lnstit.,
professeur-administrateur au Muséum d’bistoire
naturelle, etc.
DECAISNE, membre de l'Institut.
DUCHARTRE, membre de la Société philomati¬
que, etc.
DE JUSSIEU, 0.#, D.-M , membre de l’Institut,
professeur au Muséum d’histoire naturelle.
LEVEILLÈ, D.-M-, memb. de la Société pbilomatiq.
MONTAGNE,#, D.-M., memb. de la Soc. pbil., etc.
RICHARD, #, D.-M., membre de l'Institut, profes¬
seur à la Faculté de médecine.
SPACII , aide-naturaliste au Muséum d’histoire na¬
turelle.
Géologie , Minéralogie.
COR DI ER , C. #, memb. del’Inslit., prof.-adm. au
Muséum d’hist. natur., insp. gén. des mines, etc.
DELAFOSSE, #, professeur de minéralogie à la
Faculté des sciences, etc.
DESNOYERS, #, bibliothécaire au Muséum d’bis¬
toire naturelle, membre de plusieurs sociétés sav.
ELIE DE BEAUMONT, O. #, membre de l’Institut,
prof, au Col. de France, insp. gén. des mines, etc.
CIL D’ORBIGNY, membre de plusieurs acade¬
mies et sociétés savantes, etc.
CONSTANT PREVOST , #, professeur de géologie
à la Faculté des sciences , etc.
Chimie, Physique et Astronomie.
ARAGO, C. #, secrétaire perpétuel de l’Académie
des sciences, etc.
BECQUEREL, 0. #, membre de l’Institut, profess.-
adminîstrateur au Muséum d'bistoire naturelle, etc.
DUMAS, C #, D.-M., membre de l'Inst., ministre
de l'agriculture et du commerce, etc.
PELOUZE, #, membre de l’Institut, professeur de
chimie au Collège de France et à l’Ecole poly¬
technique, etc.
PELTIER, membre de plusieurs académies et so¬
ciétés savantes.
RIVIÈRE, #, professeur de sciences physiques.
Imprimerie de L. Martinkt, rue Mignou , 2.
DICTIONNAIRE
UNIVERSEL
NiTHII
résumant et complétant
Tous les faits présentés par les Encyclopédies, les anciens dictionnaires scientifiques, les Œuvres
complètes de Buffon, et les meilleurs traités spéciaux sur les diverses branches des sciences
naturelles ; — Donnant la description des êtres et des divers phénomènes de la nature,
l’étymologie et la définition des noms scientifiques, et les principales applications des corps
organiques et inorganiques à l'agriculture, à la médecine, aux arts industriels, etc. ;
PAR MESSIEURS
ARAGO, AUDOIN , BAUDEMENT, BECQUEREL , B1BRON ,
BLANCHARD, BOITARD, DE BRÉB1SSON , AD. BRONGN1ART,
C. BROUSSAIS, BRÜLLÉ, CHEVROLAT, CORDIER, DECAlSNE , DELAFQSSE ,
DESHAYES, DESMAREST, J. DESNOYERS, ALCIDE ET CHARLES D’ORBIGNY, DOYÈRE,
DfJCBARTRE, DUJARDIN, DUMAS, DUPONCHEL, DUVERNOY, ÉLIE DE BEAUMONT,
FLOURENS, IS. GEOFFROY SAINT-HILAIRE , GERBE, GERVAIS , HOLLARD,
DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE, LAURÏLLARD, LEMAIRE, LÉVEILLÉ,
LUCAS, MARTIN ST-ANGE , MILNE EDWARDS , MONTAGNE,
PELOUZE, PELTIER, C. PRÉVOST, DE QUATREFAGES,
A. RICHARD, RIVIÈRE, ROULIN, SPACH ,
VALENCIENNES, ETC.
DIRIGÉ PAR M. CHARLES FORBI6NY
JSt enrichi d'un magnifique Atlas de planches gravées sur acier.
— - >kv<>-o-0- -O-O-C-c-* -
TOME DEUXIÈME.
— — — - o-o 0-0-0 C C O-c-o -
PARIS,
CHEZ LES ÉDITEURS MM. RENARD, MARTINET ET <£,
IlliC El HOTEL HIGSOS , 2 ( quartier de l’École-de-Meeine ).
ET CHEZ
LANGLOIS ET LECLERCQ, I VICTOR MASSON,
Rue .de la Harpe, 81. Place de l’École-de-Médecine, 17.
Menus maisons, c\)£z il'. Midjeleen , a iTetpstg.
ÆjÆSTJE
DES ABRÉVIATIONS
EMPLOYÉES DANS CET OUVRAGE.
( Les abréviations en petites capitales placées au commencement de chaque article
indiquent la grande classe à laquelle ils appartiennent.)
Acal. . .
. Acalèphes.
Anal . . . .
Anatomie.
Ann. . . .
Annales.
Annél . . .
Annélides.
Arach. . .
Arachnides.
Astr. . . .
Astronomie.
Bot . . . .
Botanique.
Bot. cr. . .
Botanique cryptogami
que.
Rot. ph. .
. Botanique phanéroga
mique.
Bull . . .
. Bulletin.
Chim. . .
. Chimie.
Cirrh. . .
. Cirrhopodes.
Crust. . .
. Crustacés.
Échin . .
. Échinodermes.
Fig. . . .
. Figure.
Foramin .
. Foraminifères.
Foss . . .
. Fossile.
G ou g. .
. Genre.
Géol . . .
. Géologie.
Helm. . ,
. Helminthides.
Hist. nat.
. Histoire naturelle.
In fus. . .
. Infusoires.
Ins. . . .
. Insectes.
Mam. . . . Mammifères.
Mém. . . . Mémoire.
Méle'or. . . Météorologie.
Min . Minéralogie.
Moll .... Mollusques.
Myriap. . . Myriapode.
Ois . Oiseaux.
Paléont. . . Paléontologie.
Ph. ou Phan. Phanérogame, ou pha
nérogamie.
Phys .... Physique.
Physiol. . . Physiologie.
PI . Planche.
Poiss. . . . Poissons.
Polyp. . . . Polypes, Polypiers.
Rad . Radiaires.
Repi . Reptiles.
Spong. . . . Spongiaires.
Systol. . . . Systolides.
Syn.ouSynon. Synonyme.
Térat. . . . Tératologie.
V. ou Voy. . Voyez.
Vulg . Vulgaire.
Z ool . Zoologie.
Z ooph . . . . Zoophytes.
DICTIONNAIRE
ïf
CM
UNIVERSEL
D’HISTOIRE NATURELLE.
APIÇ
APHODIE. Apkodius (aç>ocTo<, excré¬
ment). ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Lamellicornes , établi par
Illiger, et adopté par Fabricius , Duméril ,
Latreille , etc. Ce dernier le range dans la
tribu des Scarabéides coprophages , et lui
assigne les caractères suivants : Palpes la¬
biaux , presque ras ou peu velus , compo¬
sés d’articles cylindriques et presque sem¬
blables. Antennes courtes , de neuf arti¬
cles, dont les intermédiaires très courts , et
les trois derniers en massue arrondie et
feuilletée. Tête en forme de croissant ou
de demi-cercle, et offrant dans plusieurs ,
chez les mâles surtout , trois petites élé¬
vations ou tubercules. Corps ovalaire ou
ovoïde , arrondi aux deux extrémités, con¬
vexe en dessus et plat en dessous ; écus¬
son distinct et triangulaire; étui embras¬
sant ordinairement les côtés de l’abdomen.
Pattes séparées entre elles , à leur naissance,
par des intervalles égaux ; jambes robustes ;
les antérieures tridentées au côté externe ;
les autres incisées , ciliées ou épineuses.
Les Aphodies sont des Coléoptères de pe¬
tite taille. Leurs habitudes sont les mêmes
que celles des Bousiers, c’est-à-dire qu’ils
vivent comme eux dans les fientes et les
excréments. Leur démarche est lente ; mais
ils volent avec facilité, et leur apparition
annonce le retour du printemps ; on les
rencontre en assez grande quantité dans les
premiers jours de cette saison. Leurs larves
ont des formes , une organisation et des
mœurs semblables à celles des autres Scara¬
béides.
Ce genre est un des plus nombreux de la
tribu. M. Dejean , dans son dernier Catalo-
t. ii.
gue, en mentionne 156 espèces, dont plus
de la moitié sont exotiques. Nous citerons
parmi les esp. européennes VAph. fossor ,
Fabr. , qui peut être considéré comme le
type du genre ; VAph. fimetarius, id., ou le
Scarabée bedeau de Geoffroy; VAph. ter -
restris , id. , et VAph. conspurcatus , id.
Toutes ces espèces sont figurées dans Oli¬
vier, et se trouvent dans les environs de Pa¬
ris. M. Sturm ( Deutschlands Fauna, t. I )
a figuré et décrit les espèces propres à l’Al¬
lemagne. Depuis, le docteur Schmidt ( Zeit¬
schrift für die Entomologie von Germar ,
p. 81-175, 1840), a publié sur le même
sujet, et pour le même pays, une Monogra¬
phie comprenant 76 espèces. (D. et C.)
* APHODIIDES. Aphodiidœ (d’Ap/to-
die , qui ressemble aux Aphodies). ins. —
Tribu de Coléoptères pentamères , éta¬
blie par Mac-Leay dans sa famille des Péta-
locères , division des Saprophages , et qui se
compose des g. Aphodius et Psammodius.
Les Aphodiides , suivant lui , se distinguent
des Scarabéides par leurs mandibules cour¬
tes, dilatées, coriaces, et par de longues
paires de pattes placées à égale distance les
unes des autres. Elles sont séparées des Tro-
gides par le labrum , caché sous le chape¬
ron , et par leurs mandibules déliées , com¬
primées, et à peine cornées. Elles ont toutes
l’écusson distinct. Leur manière de vivre
varie beaucoup , quoi qu’il y ait entre elles
la plus grande conformité de structure; les
unes sont coprophages, et d’autres vivent sur
les plantes putréfiées, principalement les
plantes marines. — De tous les Pétalocères
saprophages, les Aphodiides sont les plus
communes en Angleterre, et semblent y rem-
APH
A PH
plir le vide des Scarabéides. Elles paraissent
répandues en égale quantité sous toutes les
zones tempérées ; on n’en a pas encore reçu
de la Nouvelle-Hollande, quoiqu’on en con¬
naisse plusieurs espèces du Gap, qui est
presque sous la même latitude.
Cette tribu porte le nom de famille dans
le Catalogue des Insectes de l’Angleterre ,
par Stephens. (D. et C.)
* APHOBITES. Aphodües ( ütpo cTos,
excrément), os. — Sous-tribu de la tribu
des Créophages, famille des Lamellicornes,
établie par M. Delaporte dans son Histoire
naturelle des Coléoptères , faisant suite
au BufTon - Duménil, et qu’il caractérise
ainsi : Écusson très distinct ; toutes les pat¬
tes insérées à égale distance les unes des
autres. Élytres recouvrant entièrement l’ex¬
trémité postérieure de l’abdomen. Celte
sous-tribu renferme les genres Aphodius ,
Oxyomus , Psammodius et Euparia. Voy.
ces mots. (D. et C.)
APHODIUS. ins. — Voyez apjïodie.
^APHOWMA , Neck. obscur).
bot. pii. — Syn. du genre Pariana, de la
famille des Graminées. [Sp.)
*APtIOHA,Neck. (Z<popoç, stérile), bot.
ph. — Syn. du genre Virgilia , de la fa¬
mille des Légumineuses. (Sp.)
* APïIOTISTUS ( «priv.; ?£>;, lumiè¬
re ; par opposition à d’autres espèces du
même genre qui sont lumineuses ou phos¬
phorescentes). ras. — Sous-genre de Coléo¬
ptères pentamères, famille des Sternoxes ,
tribu des Élatcrides, établi par Rirby sans
indication de caractères ( F- auna borealis
americana, p. 149), et auquel il donne pour
type YElater œneus de Fabricius, qui ap¬
partient au genre Ludius de Latreille. Voy.
ce mot et celui de Byacanthus pour les
caractères. (D. et C.)
APHOTISTES ( , privé de
lumière), bot. en. — M. de Humboldt
(Floræ Frib. spcc., p. 118) a donné ce nom
a un genre de Champignons qu’on trouve
sur les planches et sur les poutres qui ser¬
vent d’étais dans les souterrains où la lu¬
mière ne pénètre jamais. Ses caractères gé¬
nériques sont les suivants : Champignon ra-
meux, corné, terminé par un corps mem¬
braneux et pulpeux. L \ApJi. fuscus Humb.,
seule espèce décrite, est décombant, très fra¬
gile, d’une couleur brune ou cendrée tirant
vers le noir ; sa surface est glabre et brillante.
Les rameaux sont très nombreux, flexueux,
épais, fasciculés, demi-cylindriques ou com¬
primés, longs de trois ou quatre pouces;
leur substance interne est d’un blanc de
neige, sèche et cornée comme celle du
Sphœria liypoxylon; le corps qui les ter¬
mine, et dans lequel existent peut-être les
organes de la reproduction, est dilaté, strié,
cunéiforme ou inégalement divisé, blanc, fila¬
menteux, et d’une consistance molle et fon¬
gueuse. Ce champignon , comme le pensent
MM. Ch. G. Th. Fr. etLudw. Neesd’Esen-
beck, n’est probablement qu’un état anormal
de quelque Cryptogame, causé par l’absence
de la lumière. (LÉv.) .
* APÏÏKAGME. Aphragmus , Andrz.,
in DC. Prodromus , t. I , p. 209. — Oro-
bium, Iteichb. Fonsp.). — Oreas, Cham. et
Schlechtend. (in Linnœa, t. I, p. 29, tab.
1); Hook. ( Flor . Bor. Amer., t. I, p. 67 )
(à priv.; ypy:jpv.. cloison), bot. ph. — Genre
de la famille des Crucifères (Siliculeuses ,
Spach. Tribu des Camélinées DC. ), offrant
lescaract. suivants : Sépales presque étalés,
carénés, point gibbeux à leur base. Pétales
onguiculés , obovales. Étamines 6 , subi¬
somètres ; filets inappendiculés. Stigmate
subsessile. Silicule lancéolée , comprimée ,
2-valve, 1 - loculaire, 4-6-sperme; valves
planes, 1-ncrvées. Graines immarginées, sus¬
pendues; funicules filiformes, allongés. Em¬
bryon à cotylédons incombants, plans , con¬
vexes ; radicule ascendante. —-Herbe basse,
touffue , ayant le port du Cardamine belli-
difolia\ feuilles roselées, longuement pé-
tiolées , subradicales , spatulées , un peu
charnues, très entières, 1-nerYées; hampes
aphylles ; fleurs en grappes corymbifor-
mes , garnies de bractées foliacées ; pétales
rouges ou blancs. On n’en connaît qu’une
seule esp. ( Aphragmus Eschscholtzianus ,
Andrz.) de l’Amérique arctique. (Sp.)
*API1RAGMIA ( « priv.; (ppxyy.x, cloi¬
son). bot. ph. — Genre de la famille des
Acanthacées , tribu des Ruelliées , formé
par Nees (in Lindl. Introd. toBot ., édit. 2),
avec ces caract. : Calice 5-parti , à lacinies
inégales , dont 2 plus étroites. Corolle hy-
pogyne , infundibuliforme ; à limbe 5-fide ,
égal , obtus. Étain. 4, insérées au tube , in¬
cluses , didynames. Anthères biloculaires ;
à loges étroites , parallèles , égales. Oyaire
’ VV /D
DS)
APH
APH
3
biloculaire ; loges bi-ovulées. Style simple ;
stigmate bifide. Capsule onguiculée , à
loge subuniloculaire par avortement par¬
tiel de la cloison , 4 ou 2-sperme par la
même cause, loculicide- bivalve ; valves
septifères au milieu. Graines soutenues par
des rétinacles.— -Une seule esp., du Mexique.
Pédoncules axillaires, dichotomes ; fleurs
sessiles dans la dichotomie , à bractées des
divisions foliacées , semblables aux feuilles
caulinaires ; bractéoles nulles. (C. L.)
* APHRASTUS (â?/j«<rros, caché), ins.
— Genre de Coléoptères , section des Té-
tramères, famille des Curculionides , di¬
vision des Cyclomides , désigné par Schoen-
herr, dans le tableau synoptique qui est en
tête de son grand travail sur cette famille,
et auquel il donne pour type le Curcul. tœ-
niatus de Say, mais dont il ne parle plus
dans le corps de cet ouvrage. (D. et C.)
* APHR1E. Aphria ( àypéç, , écume? ).
ins. — Genre de Diptères , établi par M.
Robineau-Desvoidy dans sa famille desMyo-
daires , tribu des Entomobies , section des
Thryptocérées , et qu’il caractérise ainsi :
Troisième article antennaire d’un tiers plus
long que le deuxième ; le deuxième article
du chète plus court que le troisième. Péri-
stome plus long que large ; division inférieu¬
re de la trompe solide. Corps cylindrique ,
noir ou noir -fauve ; cellule y. C., s’ouvrant
avant le sommet de l’aile. Ce genre est fon¬
dé sur deux espèces nommées par l’auteur,
l’une A. àbdominalis , et l’autre A. Servil-
lei, sans indication de patrie. (D.)
APA1RITE, Karsten ( âfpàs , écume ).
msn. — Schaumerde, W., écume de terre.
— Nom donné par Karsten au Calcaire nacré,
à cause de sa ressemblance avec une sorte
d’écume. Voy. calcaire. (Del.)
APHRITE. Aphritis. ms. — Genre de
l’ordre des Diptères, division des Brachocè-
res, subdivision des Tétrachœtes, famille
des Brachystomes, tribu des Syrphides,
établi par Latreille, et adopté par M. Mac-
quart. Il était compris dans les genres Musca
de Linné , et Mulio de Fabricius , et cor¬
respond au genre Microdon de Meigen, Fal-
len et Wiedemann. En voici les caractères :
Palpes très petits. Antennes plus longues
que la tête; deuxième et troisième articles
formant une massue allongée. Ecusson garni
de deux pointes (ce caract. leur est com¬
mun avec les Stratyomides , famille des
Notacanthes). Abdomen ovale; cellule mé-
diastine , et quelquefois première postérieu¬
re des ailes, divisées par une nervure trans¬
versale. — Des quatre espèces que M. Mac-
quart rapporte à ce genre, trois sont euro¬
péennes et assez rares , la quatrième ne se*
trouve qu’au Brésil. Ces Diptères, comme la
plupart de ceux de la même tribu , se distin-;
guent parleurs brillantes couleurs, à reflets
métalliques. Nous ne citerons qu’une espèce,'
qui forme le type du genre , VApli. apifor-
mis c’est la même que le Mulio apiarius de
Fabricius, le Mulio mutahilis du même au¬
teur, et enfin la Mouche abeille de Degéer
( Mém . ins. f U YI, pl. 7, fig. 18-20). (D.)
* APHRITIS (à9pïri$, nom grec d’un'
poisson inconnu), poiss. — Genre de Per-
coïdes à ventrales jugulaires; à corps allon¬
gé ; à deux dorsales séparées, et de longueur
inégale. La bouche , peu fendue , a des dents
en velours ras sur les deux mâchoires , sur
les palatins et sur le chevron du vomer. On
ne connaît encore qu’une seule esp. de ce g.,
P Aphritis Durvillii, originaire des eaux dou¬
ces de la terre de Yan-Diémen , où elle a été
prise par MM. Quoy et Gaimard , naviguant
à bord de V Astrolabe, sous les ordres de
M. Dumont-d’Urville. (Val.)
APHRIZITE, d’Andrada ( à9PiÇo> , j’é-
cume). min. — Nom donné à une variété de
Tourmaline de Pile deLangsoë , en Norvège,
dont la véritable nature avait été méconnue.
D’Andrada avait remarqué qu’elle écumait
fortement avec le borax , et donnait un
verre transparent d’un blanc-verdâtre.
(Del.)
* APHRODES ( à??* dVjç, qui écume).
ins. — Genre de la famille des Cercopiens ,
de l’ordre des Hémiptères , section des
Homoptères , établi par Curtis ( Brit. en-
tom.), et adopté par M. YVestwood ( Gene-
ric synops. ). — Ce genre , très voisin des
Aphrophora , dont il ne devrait peut-être
former qu’une division, s’en distingue prin¬
cipalement par une tête subtriangulaire :
des ocelles rejetés sur les côtés de la tê¬
te ; des jambes postérieures très épineuses,
et des «jambes antérieures pectinées en de¬
dans.
On connaît un assez grand nombre d’esp.
d’Aphrudes ; toutes sont indigènes et de
petite taille. Le type est PA. çoçtata [Ciçgr
4
APH
da costala Fab.) , esp. répandue dans une
grande partie de l’Europe. (Bl.)
*APHRODISIENS(^/3ocTîffios, qui se
rapporte aux Aphrodites). année. — Au-
douin et Milne-Edwards. — Famille com¬
prenant le genre Aplirodita , Linné , et
quelques autres plus récemment établis.
Voy. APHRODITES. (P. G.)
APHRODITE. Âphrodita ( ,
nom de Ténus), annél. — M. Savigny, fai¬
sant du genre Aphrodita , Linn., modifié
par Bruguière, une famille à laquelle il
laisse le nom d’Aphrodites , donne la déno¬
mination (VHalithea à un des genres de
cette famille. C’est à celui-là que les auteurs
ultérieurs ont laissé le nom (T Aphrodita
en propre, et voici comment MM. Audouin
et Milne-Edwards le caractérisent : Treize
paires d’élytres sur le dos, fixées à des pieds
qui ne portent ni branchies ni cirrhes supé¬
rieurs, et qui alternent depuis l’extrémité
antérieure du corps jusqu’au Yingt-cinquième
segment avec d’autres pieds n’ayant pas
d’élytres , mais pourvus d’un cirrhe dorsal
et de branchies. Quelques paires d’élytres
supplémentaires, fixées sur les anneaux sui¬
vants , mais paraissant et disparaissant dans
un ordre différent. Trois antennes. Mâchoi¬
res petites et cartilagineuses ou à peu près
nulles. Les espèces de ce genre se rapportent
à deux sections :
1° Elytres recouvertes et cachées par une
voûte épaisse, ayant l’aspect d’étoupe, et
formées de soies flexibles. Rame supérieure
de tous les pieds pourvue de trois ordres de
soies.
Telle est l’Aphr. hérissée , Aph. aucleata ,
un des Annélides dont les couleurs ont le
plus de brillant. Elle est de nos côtes.
2° Les Hermiones , dont on a fait un gen¬
re à part. Voy. hermione. (P. G.)
APHRODITE. Aphrodita ( ÀfpoMrr, ,
nom de la Ténus grecque), moll. — Nous
trouvons dans les mémoires de M. Lea, pu¬
bliés dans les Transactions de la Société
philosophique de Philadelphie, pour l’année
1834 , un genre Aphrodite que l’auteur met
dans le voisinage des Cyrènes. Nous n’avons
pas été peu surpris en trouvant dans la co¬
quille , décrite comme nouveau genre , le
Cardium groënlandicum des auteurs. Ce
qui nous étonne le plus , c’est que M. Lea ne
donne aucune synonymie à cette coquille ,
APH
et semble croire qu’elle n’a jamais été dé¬
crite. Tous les Conchyliologues savent cepen¬
dant qu’elle a été décrite depuis long-temps
par Chemnitz. Cette coquille étant natu¬
rellement un Cardium, le genre de M. Lea
doit être regardé comme non avenu.
(Desh.)
APHRODITES. Aphroditœ {(T Aphro¬
dita, g. d’Annélides). année. — M. Savi¬
gny ( Syst. des Annélides ) nomme ainsi la
famille d’Annélides marines sétigères dont
le genre Aphrodita de Linné est le type.
M. de Blainville écrit Aphrodités. MM. Au¬
douin et Edwards préfèrent le mot Aphro-
disiens. Cette famille renferme plusieurs
g., outre celui Aphrodita , Linné , Brug. ;
ce sont les suivants : Hermione, Eumolpe,
Polyodonte , Pholoë , Acœte, Sigalion et
Palmyre. Les caractères des Aphrodites
peuvent être ainsi résumés , d’après MM.
Audouin et Edwards : Tête bien distincte
et portant des antennes. Trompe en géné¬
ral armée de quatre mâchoires réunies
par paires. Pieds très développés , dis -
semblables , et alternant dans une étendue
plus ou moins grande du corps , les uns
sans élytres, mais pourvus d’un cirrhe supé¬
rieur, et accompagnés en général de bran¬
chies ; les autres ayant ordinairement des
élytres, mais point de cirrhe supérieur ni de
branchies; branchies, lorsqu’elles existent,
peu développées, situées à la partie supé¬
rieure de la raie dorsale, au dessus du cir¬
rhe, et en forme de crêtes ou de tubercules.
(P. G.)
*APHROPHORA(àp/><j'ç, écume; yopôt,
qui porte ; parce que ces Insectes sécrè¬
tent par la bouche une sorte d’écume blan¬
che, qu’ils laissent sur les végétaux où ils se
sont posés), ms. — Genre de la famille des
Cercopiens , de l’ordre des Hémiptères ,
section des Homoptères, établi par Ger¬
mai-, adopté maintenant par tous les en¬
tomologistes , et confondu d’abord par Fa-
bricius avec les Cercopis , et par Linné,
dans le grand g. Cicada. —Ce g. a les plus
grands rapports avec les Cercopis , dont il
se distingue principalement par un corps
plus étroit , une tête plus large , ayant son
bord tranchant , et par des jambes posté¬
rieures munies de deux épines. Les Aphro-
phora sont nombreuses en espèces indigè¬
nes et exotiques. Le type est VA. spumaria
APH
APH
(Cicada spumaria Lin.) , esp. très commu¬
ne sur les Saules (Salix fragüis) dans toute
l’Europe, sécrétant une sorte d’écume
blanche en très grande quantité , surtout à
son état de larve, de manière à s’en recou¬
vrir quelquefois complètement. (Bl.)
APÏIRYTIS. poiss. — ‘Voyez APimi-
TIS.
*APHTHALOSE inaltérable:
«)ç , sel; à cause de son inaltérabilité à
l’air), min. — Nom donné par M. Beudant
au Sulfate de potasse naturel. Voy. sulfa¬
tes. (Del.)
*' APHTHON A («f'Sovos, abondant).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères ,
famille des Chrysomélines , établi par M.
Chevrolat, et adopté par M. Dejean dans
son dernier Catalogue (5e édit.). Ce g. cor¬
respond à la cinquième division du g. Haï¬
tien d’Illiger , désignée par cet auteur sous
le nom de Sallatrices. Ses caract. , suivant
M. Chevrolat , peuvent se résumer ainsi :
Corselet sans aucun sillon transverse. Pre¬
mier article des tarses postérieurs égalant
en longueur les deux suivants, dernier lé¬
gèrement renflé; épine de l’extrémité du
tibia postérieur simple, arquée; élytres
ponctuées çà et là ou lisses. Corps ovale ou
arrondi. Les Haltica cyparissiœ , euphorbiœ
et rubi, de.Fabricius et des auteurs moder¬
nes, font partie du g. Âphthona. M. Dejean
y rapporte 21 espèces, dont 4 d’Afrique, 2
d’Amérique , et le reste d’Europe.
(D. et CO
APHYE ( à.tp'j r, , nom grec de tous les
petits poissons ou du fretin ). poiss. — Sous
ce nom on désigne quelquefois spécialement
le frai des Athérines , qui demeurent pen¬
dant quelques jours, après leur naissan¬
ce , rassemblés en masse considérable. On
les pèche sur le littoral de la Méditer¬
ranée, pour les préparer avec du lait en
une sorte de bouillie, ou pour les faire frire
et les vendre publiquement dans les rues ,
en les criant sous le nom de Nonnats (qui
n’est pas né,. Ces peuples conservent encore
la trace du préjugé qui les faisait appeler
Âphyes par les Grecs, croyant que ces amas
de petits poissons, provenant de génération
spontanée , étaient des fœtus non nés d’au¬
tres poissons semblables à eux. Souvent ,
chez les Grecs, âvvy est le synonyme
de IjojraV, espèce particulière d’Aphye , j
qui se composait de toutes sortes de très
petits poissons mélangés , tels que du fre¬
tin de Muges , d’Anchois , de Gobies, de
Crabes , môme de Calmars. Ce nom d’A¬
phye a été employé comme épithète d’une
esp. de Gobie ou de Cyprinoïde , du g. des
Ables (Leuciscus , Cuv.). (Val.)
*APIiYLAX (à priv.; défenseur).
bot. pu. — Genre de la famille des Com-
mélinacées, formé par Salisbury et réuni
comme synonyme au g. type de la famil¬
le , dont il forme une division , sous le nom
d 'Aneilema, B. Br. , ainsi caractérisée : In-
volucre nul [unde nomeri). Inflorescence en
panicule lâche. (C. L.)
APIIYLLANTHE. Aphyllantlies («
priv.; <?-j )./ev, feuille; «vflos, fleur ). bot.
pii. — Genre dont la place dans les familles
naturelles n’est pas encore suffisamment
déterminée , mais qu’on s’accorde assez
généralement à réunir à celle des Asphodé-
lées. Formé d’abord par Tournefort , il a
été revu et corrigé ensuite par divers bota¬
nistes, qui Font ainsi caractérisé : Périgone
corollacé, sex-parti , égal, marcescent-déci-
du ; à lacinies conniventes en tube à la ba¬
se , étalées au sommet. Étam. G , insérées
au dessus de la base du périgone ; fila¬
ments filiformes, glabres. Anthères peltées.
Ovaire triioculaire; ovules basilaires , ana-
tropes, solitaires dans les loges. Style fi¬
liforme ; stigmate trilobé. Capsule mem-
branacée, triioculaire, loculicide - trivalve.
Graines à test crustacé , noires , à ombilic
nu. Embryon axile , à extrémité radiculaire
infère.
Une seule esp. (PAL monspeliensis) com¬
pose le genre ; elle croit dans les endroits
arides du midi de l’Europe. Scs nombreu¬
ses scapes, garnies seulement de petites
feuilles vaginantes à la base , forment touf¬
fes , et sont uni ou à peine pauci- flores.
(C. L.)
* AV’ÏIYLhiXNTII'EES. Aphylla7ithcœ
(« priv.; <pù».ov, feuille ; «v(?o; , fleur), bot.
— Bartling a donné ce nom à une tribu de
la famille des Joncées , fondée sur le g.
Aphullanthe. (C. d’O.)
APHYLLE ( à priv.; ?J)Aov, feuille).
bot. — On appelle ainsi toutes les plantes
dont la tige est privée de feuilles. Telles sont
la Véronique aphylle , la Cuscute , etc. La
Hampe (seapns) , étant dépourvue de feuil-
6
ÀPÎ
APJ
les et de branches , est une sorte de tige
aphylle. Quelquefois , les feuilles sont rem¬
placées par des écailles , comme cela se
voit dans les Orobranches. (C. d’O.)
APHYLLOCALPÂ (â?û>/o5, sans
feuille ; xâ>Trv3, urne, vase), bot. cr. — - Ca-
vanilles (Ann. de las ciencias natur., t. Y,
p. 14) a formé sous ce nom un g. de Fougè¬
res , qui n’est qu’un double emploi de l’Os-
munda ( Voy. gsmonde ). C’est par erreur
typographique qu’on a écrit Aphyllocarpa
dans YEncyclopédie et dans le Nomencla-
îor de Steudel. (G....N.)
APHYLLOCAULON («^vD-ov, sans
feuille ; xKu/05, tige ; tige sans feuilles) . bot.
ph. — Ce g., établi parLagasca, est syn.
de Gerbera. Voy. ce mot. (J. D.)
* APHY LJLOD1UM , DC. (« priv.; ?ÛX-
)ov, feuille ). bot. ph. — Syn. du g. Di-
cerma. (Sp.)
APHYOSTOMES ( «fvw, je suce;
c? dy-iij bouche), poîss. — Nom composé
par M. Duméril pour désigner une famille
de Poissons cartilagineux , dans la Zoo¬
logie analytique. Elle n’a pu être conser¬
vée , car elle est composée de trois g. très
différents les uns des autres, qui n’ont pas
le squelette cartilagineux , et qui même
n’ont pas du tous les trois prendre place
dans la Méthode ichthyologique , parce qu’ils
sont des doubles emplois d’autres genres
conservés et mieux caractérisés.
Le g. Macrorhynque ( Voy. ce mot ) est
un Scombéroïdc pris dans l’Atlantique , et
non pas des mers de la Chine , comme on
l’a dit ; il est très voisin des Gempyhis , si
ce n’est le Gempylus serpens, lui-même.
Le g. Solenostome ( Voy. ce mot ) de
Klein ne comprend pas les Poissons que
Lacépède a ainsi dénommés; mais le plus
grand nombre des esp. dont l’auteur al¬
lemand a composé son g. sont des Syngna¬
thes , genre que l’on voit reparaître dans
la sixième famille , celle des Ostéodermes de
l’auteur de la Zoologie analytique.
Le g. Centrisque { Voy. ce mot ) est très
voisin des Fistulaires et des Aulostomes ,
et appartient , par conséquent , à la familic
des Poissons à bouche en flûte de Cuvier.
(Val.)
APHYTEIA ( à priv. ; ç>vrst*, végéta¬
tion ; qui ne se développe pas ). bot. pii.
r- Genre fort singulier de la famille déjà si
singulière des Cytinées, formé par Linné
(Amæn.),et synonyme du g. Hydnora de
Thunbcrg. Voy. ce mot. (C. L.i
API. bot. ph. — Nom vulgaire d’une
variété de pommier. (C. L.)
*API ACÉES (uruo'j, persil), bot. pii. —
Nom substitué par M. Lindley (Nat. Syst. ,
éd. 2 , p. 21 ) à celui d’Ombellifères.
(Sp.)
API AIRES. Apiariœ ( apis , abeille).
ins. — Latreille désigne sous ce nom une
section ou mieux une tribu de sa famille
des Mellifères , de l’ordre des Hyménoptè¬
res , qu’il a caractérisée d’après la languet¬
te , dont la division moyenne est au moins
aussi longue que le menton ou sa gaine
tubulaire , et en forme de soie ; et d’après
les mâchoires et la lèvre fort longues , con¬
stituant une sorte de trompe coudée, et re¬
pliée en dessous dans l’inaction. Latreille
admet dans cette tribu plusieurs groupes :
ce sont les Andrénoïdes , les Dasygastres ,
les Cuculines , les Scopulip'edes et les Apiai -
res sociales. Dans notre Histoire des Ani¬
maux articulés , nous avons augmenté le
nombre de ces groupes, et adopté pour tous
une nomenclature en rapport avec les autres
parties de notre ouvrage. Ces groupes sont
les Apites , Méliponites , Bombites (Apiai-
res sociales , Anthophorites ( Scopulip'edes
Lat.), Osmiilcs ( Dasygastres Lat.), Xylo¬
copiles (Andrénoïdes Lat.), Nomadites
(Cuculines Lat.). Voy. ces noms, et l’arti¬
cle MELLIFÈItES. (Bl.)
* API ARIDES, ins. — M. Lepelcticr
de Saint-Fargcau (Hist. nat. des 1ns. hym.,
suites à Buffon ) forme sous ce nom une
famille comprenant seulement les deux
groupes des Apites et des Méliponites.
(Bl.)
* API ARITES. ins. — ■ Synonyme d’A-
pites , employé par M. Lepeletier de Saint-
Fargcau ( Hist. des ins. hym.; suites à
Buffon). (Bl.)
APIASTRUM,Nutt. (Mss. ex Torr. et
Gray, Flora ofnorth Amer., t. I, p. 645).
(Allusion à Apium, Ache). bot. pii. —
Genre de la famille des Ombellifères, que
MM. Torrey et Gray rapportent avec doute
à la tribu des Coriandrées, en lui assignant
pour caract. : Limbe calicinal presque in¬
apparent. Pétales suborbiculaircs, entiers,
concaves , point infléchis. Disque petit. Sty-
API
7
les très courts. Fruit didymc, fortement
contracté à la commissure. Méricarpes ova-
les-globuleux, à 5 côtes peu élevées, ru¬
gueuses; bandelettes solitaires dans chaque
vallécule. Carpophore 2-fide. Graines cym-
biformes ( concaves antérieurement, cour¬
bées aux deux bouts). — Plantes (de la Califor¬
nie) annuelles, glabres, dichotomes. Feuil¬
les muîtipartites, à segments linéaires. Om¬
belles axillaires, sessiles, pauci-radiées, dé¬
pourvues d’involucre et d’involucelles. Fleurs
blanches. Fruit aromatique. On n’en connaît
que deux espèces. (Sp.)
* APICAL ( apex, sommet, pointe ).
zool. — Kirby donne ce nom aux aréoles
qui se terminent à la pointe de l’aile des
Insectes, ou près de cette pointe, comme
dans V Anthrax apicalis. (C. d’O.)
* APICALES, ms.— M. Nees vonEsen-
beck [Hymen. Ichn. affin. Monog.) donne
ce nom à une petite division qu’il a établie
dans le g. Encyrtus , d’après les antennes ,
dont l’extrémité est blanche. (El.)
*APICILAfRE. Apicilaris [apex, som¬
met , pointe ). bot. — On donne cette
épithète, en botanique , à tout organe qui
est inséré au sommet d’un autre. Ainsi on
dit que 1 '‘embryon est apicilaire quand il
est placé dans la partie du périsperme op¬
posée au hile. Le placentaire est apicilaire
quand il occupe le sommet de la cavité pé-
ricarpienne ; la déhiscence est apicilaire
quand , le placenta étant central, la capsule,
uniloculaire par suture des carpelles, reste
entière à sa base , et s’ouvre et se déchire à
son sommet. Enfin, Y arête qui termine la
glume est dite apicilaire. (C. d’O.)
APICRA [xiuxflo s, non amer), bot. ph.
— Genre de la famille des Liliacées, tribu
des Aloïnées , formé par Haworth , réuni
ordinairement au g. Aloës , et qui mérite
cependant d’en être distingué par son port,
ses fleurs et ses graines. Nous examinerons
plus amplement ce sujet au mot hawor-
THIA. (C. L.)
*AP1CULE. Apiculus (dimin. d'apex,
pointe), zool., bot. — On donne ce nom à
toute pointe terminale sans consistance.
Cette expression appartient surtout à la ter¬
minologie botanique; mais Ehrenberg l’a
appliquée aux prolongements filiformes du
corps des Infusoires. O na fait à'Àpicule
l’adjectif apiculé. (C. d’O.)
API
* AP1DÆ [apis, abeille), ins. — Syno¬
nyme d'Apiaires, employé par Leach,et
adopté par les entomologistes anglais.
(El.)
* APIDES. ins. — M. Westwood dési¬
gne sous ce nom un groupe de la tribu des
Apiariœ ou Apidœ, répondant aux Apiaires
sociales de Latreille, ou à nos Apites , Mé-
liponites et Bombites. (El.)
APIE. ins. — Voyez apius.
* APIRfELLA, Neck. [Elem. [dim. d’A-
pium, ache] ). bot. pu. — Syn. du genre
Trinia, de la famille des Ombellifères.
(Sp.)
* APIOCARPA [olkiù'j , poire ; y.K^Kôi ,
fruit). BOT. CR. — Genre de la famille des
Mousses, division des Acrocarpes aplopéri-
stomées , établi d’abord par Bride! sous le
nom d'Oreas, nom que M. lîübener a chan¬
gé en celui d'Apiocarpe pour éviter toute
confusion possible avec un homonyme fondé
par Chamisso , et adopté par les botanistes ;
mais , comme M. Hübener n’a pas tenu com ¬
pte du nom de Mielichhoferia ( Voy . ce
mot), donné antérieurement à ce genre par
Hornschuch [Bryolog. germ.), il en résulte
que, sans violer les lois de la priorité , nous
ne pouvons admettre le nom d' Apiocarpa.
II faut encore noter que M. Hooker ne sé¬
pare pas ces Mousses des Weissies.
(C. M.)
*APIOCERA («irtCfV, poire ; xi/axs, cor¬
ne). ms. — Genre de Diptères , division des
Aplocères , subdivision des Tétrachœtes ,
famille des Tanystomes , établi par West¬
wood ( Isis , t. XXXI , p. 8G). — Ce g. se
rapproche , pour le port , des Mydas , des
Corsomyses et des Némestrincs, et a pour
caract. : l)ête transverse. Antennes plus
courtes que la tète : 1er article épais , 2e
petit ; tous deux garnis de soies roides ;
3e petit, piriforme , terminé par une soie.
Trompe avancée , plus longue que la tete.
Palpes découverts, spatuliforines. Abdomen
obeonique , presque deux fois aussi long
que le corselet. Cuisses postérieures non
épaisses ; tarses bipulvinés. Nervures des
ailes disposées comme dans le g. Mydas.
L’auteur ne rapporte à ce g. que deux esp.,
qu’il nomme, l’une A. asilica, et l’autre A.
fuscicollis , toutes deux de la Nouvelle-
Hollande. (D. et C.)
APIOCRIIVIDÉES. Apiocrinidœ , àfr"
8
APi
eide d’Orbigny. pol. foss. — (Echinoder-
mes.) Famille de l’ordre des Crinoïdes. Nous
avons établi cette famille ( Histoire naturelle
générale et particulière des Crinoïdes, p. 1),
pour renfermer les Crinoïdes, dont l’ensemble
est formé : 1° d’une racine fixée au sol ; 2° d’u¬
ne tige plus ou moins longue, ronde, penta¬
gone ou elliptique, diminuant graduellement
de diamètre vers l’extrémité, toujours sim¬
ple , dépourvue de verticilles , et composée
d’un grand nombre d’articles perforés au
centre , dont la surface articulaire est le plus
souvent radiée ; 3° d’un sommet pyriforme
ou cupuliforme , placé à l’extrémité supé¬
rieure ; ce sommet est presque toujours for¬
mé des premiers articles très élargis de la
tige et d’un calice pierreux , distinct , très
épais, pétaliforme en dessus, composé de
pièces très épaisses disposées par séries de
cinq, superposées les unes aux autres ; ces
pièces constituent un ensemble solide, sus¬
ceptible de se séparer du reste, et dont la
partie supérieure seulement est creusée ; de
sorte que la cavité est peu grande et ne sau¬
rait contenir qu’une très petite partie des
viscères; 4° d’une masse viscérale renfer¬
mée dans une poche dont la partie inférieure
est contenue dans le sommet ; 5° d’une sé¬
rie de cinq ou de dix bras composés de
pièces simples ou alternes , se subdivisant
une ou deux fois, et pourvus de ramules
ronds, toujours simples, courts, articulés et
canaliculés en dedans.
Cette famille comprend les genres Guet-
tardicrinus , Apiocrinus , Millericrinus ,
liour gueticr inus , Encrinus et Eugenia-
crinus , caractérisés par le nombre des
étages de pièces qui en composent le som¬
met.
Les genres de cette famille paraissent ap¬
partenir chacun à une époque géologique
distincte. On les trouve : 1° dans le Muschel-
kalk, où les Apiocrinidées se montrent pour
la première fois au sein des couches terres¬
tres, sous la forme (T Encrinus ; 2° dans la
formation oolitique; elles manquent dans
les couches inférieures, tandis que, dans les
couches supérieures de ce même terrain,
elles abondent sous les formes des genres
Guettardicrinus, Apiocrinus , Millericrinus
et Eugeniacrinus ; 5° dans les couches cré¬
tacées supérieures , où les Apocrinidées ne
sont plus représentées que par le genre
API
Bourgueticrinus (!’ Apiocriniles ellipticus
des auteurs ). (A. d’O.)
*APIOCRINJÎTES. pol. foss.— Syn.
d’APiocRmus. Voyez ce mot. (A. d’O.)
* APIOCRINUS. pol. foss. — Genre
de la famille des Apiocrinidées, de l’ordre des
Crinoïdes (Échinodermes).Miller ( Crinoidea ,
etc. ) a établi ce g. sous le nom d 'Apiocri-
nites , et y a placé deux types bien dis¬
tincts , dont nous avons formé deux genres.
A l’un nous avons conservé le nom (V Apio¬
crinus , en appelant l’autre Bourgueticri¬
nus. Sous le nom d Apiocrinites , M. Gold-
fuss ( Petrefacta Germaniœ ) y a joint en¬
core une autre modification , que nous
avons nommée Millericrinus.
Le g. Apiocrinus , tel que nous l’envisa¬
geons, est ainsi caractérisé : Ensemble for¬
mé d’une racine , d’une tige ronde et sim¬
ple , radiée à sa surface articulaire , et d’un
sommet généralement pyriforme, composé:
1° de plusieurs articles dilatés , formant à
sa base un cône renversé ; 2° d’une série
de cinq pièces basales , le plus souvent
transverses ; 3° de deux séries de pièces in¬
termédiaires , avec ou sans pièces accessoi¬
res ; 4° d’une série de cinq pièces supérieu¬
res , pourvues en dessus d’attaches brachia¬
les doubles , et de deux canaux brachiaux.
Les bras , au nombre de dix au point de
départ, reposent sur ces pièces supérieures;
ils sont composés d’une seule série de pièces
simples ; les ramules des bras s’articulent
de deux en deux aux pièces brachiales. Les
Apiocrinus ont donc le sommet composé
de quatre étages de pièces, caractère qui
les distingue nettement des Guettardicri¬
nus , qui en ont six , et des autres genres ,
auxquels on n’en compte qu’un ou deux
seulement.
On ne connaît jusqu’à présent que quatre
esp. d Apiocrinus ( Voy . notre Histoire des
Crinoïdes , où elles sont figurées ) , tou¬
tes des terrains oolitiques moyens et supé¬
rieurs , mais non des mêmes couches. Les
Apiocrinus Parkinsoni et elegans appar¬
tiennent au calcaire à polypiers ou Forest
marble des Anglais, tandis que les deux au¬
tres , les A. Roissyanus et Murchisonianus,
sont propres seulement à YOxford clay.
La grande longueur de la tige et le peu
d’attache de la racine doivent faire suppo¬
ser que ces animaux vivaient à de grandes
aipi
API
profondeurs ou dans les anfractuosités des
bancs de coraux. Cette dernière hypothèse
paraît d’autant plus admissible, qu’on ne
trouve ces fossiles que près des bancs ou
dans les bancs mêmes de Polypiers.
(A. d’O.)
* APIOMERUS ( &cMv , poire ; ,
cuisse), ins. —Genre de la famille des Ré-
duviens, de l’ordre des Hémiptères, section
des Hétéroptères , établi par Hahn (Wan-
zenarl. Jnsekt. ), et adopté maintenant par
tous les entomologistes. — Ce genre se di¬
stingue de ses congénères par un corps fort
épais , couvert de poils longs et très serrés ;
une tête petite comparativement au volu¬
me du corps ; des pattes antérieures ,
ayant des jambes renflées , excessivement
velues , avec une cavité très profonde, et
des tarses fort grêles ainsi que leurs cro¬
chets. Les Âpiomerus faisaient partie du
g. Reduvius pour Fabricius et LatrfeilJe.
On en connaît aujourd’hui une trentaine
d’esp. ; toutes sont de l’Amérique méridio¬
nale , et remarquables par la villosité de
leur corps. Les plus répandues sont les A.
morhillosus ( Reduvius morbillosus Fab.),
A. hirtipes ( Reduvius hirtipes Fab.), etc.
' (Bl.)
APIONI (ai«ov, poire), ins. — Genre de
l’ordre des Coléoptères tétramères, famille
desCurculionites, fondé par Herbst aux dé¬
pens des Attélabes de Fabricius, et adopté
par la majeure partie des entomologistes qui
sont venus ensuite. Latreillelui assigne pour
caract. : Antennes terminées en une massue
de trois articles , et insérées sur une trompe
allongée, cylindrique ou conique, non dilatée
à son extrémité. Tête reçue postérieurement
dans le corselet. Point de cou apparent. Épe¬
rons des jambes très petits ou presque nuis;
abdomen très renflé, presque ovoïde ou
presque globuleux.
Le genre Âpion est un des plus nombreux
delà grande famille des Curculionites, et
les espèces qui le composent sont à peu
près les plus petites de cette famille, caria
plus grande n’a guère que 5 millim. de lon¬
gueur. Schœnherr, dans sa Synonymie des
Curculionides , en décrit 198 esp. de tous
pays ; mais le plus grand nombre appar¬
tient à l’Europe. Nous n’en citerons que
quelques unes, savoir : L’Apion rouge (Ap.
*\ rumentarium ), Oliv. ( Coléopt ., t. Y, n° 81,
9
pi. 5, fig. 47), qui peut être considéré corn»
me le type du genre ; l’Apion des Ycrgers
(Ap. Pomonæ ), Oliv. (Ibid. , pl. 5, fig. 45) ;
l’Apion bronzé ( Ap. œneum ), Oliv. (Ibid.,
pl. 5, fig. 45,) , et l’Apion bleu (Ap. cya~
neum), Oliv. (Ibid., pl. 5, fig. 46). M. Kirby
(Linn. Trans. of London , vol. IX, 1808,
p. 1-80, tab. 1, fig. 1-20 ) a donné une Mo¬
nographie de ce genre , dans laquelle il en
décrit 60 esp. et en figure 20. (H. et C.)
*APIONIBES. Apionides (a* «ov, apion;
JcToç, ressemblance ). ins. — Nom donné
par Schœnherr à une division de ses Or-
thocères , dans la famille des Curculionides,
et qui se compose de celles qui ont le rostre
ou museau-trompe peu avancé , cylindri¬
que ou filiforme ; les antennes composées
de onze articles , et insérées vers le milieu
ou à la base du rostre ; la tête allongée der¬
rière les yeux ; les ély très ovales , voûtées
couvrant l’anus. Cette division ne renfero^
que deux genres : Eurhyncus et Apion r
Voy. ces mots. (D.£
APIOS, Mœnch ( Méth. , p. 165).
Bradlea, Adans. (non alior.). bot. pîï„
— Genre de la famille des Légumineuses
(sous -ordre des Papilionacées , tribu des
Phaséolées), fondé sur le Glycine Apios , L. ,
et offrant pour caract. distinctifs : Calice
campanuîé, 4-denté : la dent supérieure et
les deux latérales presque inapparentes; la
dent inférieure plus longue. Carène falei-
forme, subspiralée, renversée. Étamines
diadelphes. Légume substipité, cylindracé,
grêle, polysperme, septuié transversalement.
Graines subglobulcuses. — L’A. tuberosa ,
Mœnch (vulgairement Glycine tubéreuse) ,
originaire des États-Unis , et fréquemment
cultivée comme plante d’ornement, consti¬
tue à elle seule ce genre. C’est une herbe à
racine tubéreuse et mangeable ; les liges sont
volubiles, très longues; les feuilles impari-
pennées, 5-ou 7-foliolées, non stipulées;
les pédoncules horizontaux ou défiéchis ,
plus courts que les feuilles; les fleurs, pa¬
nachées de rose et de pourpre-noirâtre ,
sont disposées en grappes courtes et très
denses. (Sp.)
APIOSPORIUM (&rtov, poire; acd/sot,
spore), bot. cr. — Genre de Champi¬
gnons, de , l’Ordre des Périsporiés de Fries ,
créé par Kunze (Mykol. hef., t. I, p. 8). Il
est caractérisé par des sporanges adnés,
4*
T. ïï.
10
API
API
piriformcs, entassés, pulvérulents, et d’une
consistance ferme , qui renferment dans
leur intérieur des spores globuleuses, trans¬
parentes, mélangées avec une matière géla¬
tineuse. On ne connaît encore que deux
espèces de ce genre : l’une qui croît sur le
bois du saule, et l’autre sur celui du sapin.
Elles ressemblent à des Sphéries dont la
surface serait pulvérulente : l’examen mi¬
croscopique peut seul faire saisir la diffé¬
rence. C’est avec doute que l’auteur du
Systema mycologicum a réuni à ces deux
espèces le Stilbospora maxima de Schwei-
nitz, qui, dans la Caroline, recouvre quel¬
quefois , dans une très grande étendue , les
rameaux de quelques arbres morts.
(LÉv.)
* APIROPHORUM , Neck. (Elem.) ( «
priv. ; pirus, poire ; o é/t<a , je porte ). bot.
ph. — Syn. du genre Pirus , de la famille
des Pomacées. (Sp.)
APIROPODES ( «*st/î 05, infini, sans
nombre; *royç, woJVs, pied : c.»à-d. pattes très
nombreuses), ms.— M. Savigny, dans son se¬
cond Mémoire sur les animaux sans vertè¬
bres, nomme ainsi ceux du type des Articulés
chez lesquels les pieds sont articulés, et au
nombre de plus de six ; ce qui les distingue
des Hexapodes ou véritables insectes, qui
n’en ont jamais que trois paires ; aussi ,
comme le rapporte l’auteur cité , Mongez
lui proposait-il , comme synonyme du mot
Apiropodes , celui d 'Hyperhexapodes. M.
Savigny considérait alors les deux groupes
des Hexapodes et des Apiropodes comme
deux classes. Les Insectes apiropodes sont
les Entomostracés , Pycnogonum , Scor¬
pions , Araignées , et autres Insectes sans
antennes, ainsi que les Crustacés, les Scolo¬
pendres et les Iules. (P. G.)
APIS. ms. — Nom latin de I’abeille.
(C. D’O.)
*AFISTA («irteros, dont on doute; ou
a.nv7zoç , inconnu?), bot. pu. — Genre de
ia famille des Orchidées , tribu des Van-
dées , formé par Blume ( Bijdr. , 296 ) , et
qu’on réunit généralement, comme synony¬
me , au g. Podochilus du meme auteur.
(C. L.)
* APISTE ( àiuGzog, perfide), poiss.—
Genre de Percoïdes à joues cuirassées, de la
tribu des Scorpènes. Ils ont, comme ces Pois¬
sons une dorsale unique et des dents au pa¬
lais. Ils s’en distinguent parce que les rayons
de la nageoire pectorale sont tous branchus.
Un second caractère distinctif de plus haute
importance se prend dans le sous-orbitaire,
dont la grande pièce est armée d’une épine
souvent très longue , acérée , très mobile ,
que le poisson peut écarter de sa joue , et
dont il se fait une arme offensive, à laquelle
vient en aide l’épine du préopercule. Ces
armes sont d’autant plus dangereuses , que
ces épines sont, dans le repos, cachées dans
des rainures creusées pour les recevoir , de
sorte que , dans cet état, on ne les aperçoit
qu’avec peine.
On distingue dans ce genre deux divi¬
sions. Certaines espèces ont le corps écail¬
leux, comme les Scorpènes, et d’autres l’ont
nu et sans écailles , comme les Cottes.
Quelques espèces de ce genre ont aussi
un caractère qui rappelle celui des Trigles :
ce sont celles qui portent sous la pectorale
un rayon libre et détaché de la nageoire ;
mais ce caractère n’est pas commun à tou¬
tes, et il n’a pas assez d’importance pour
s’appuyer sur lui , et faire un genre distinct
des csp. à rayon libre. Tous les Apistes con¬
nus viennent de la mer des Indes. Nous en
possédons quinze esp., dont quatre à rayons
libres au devant de la pectorale, treize avec
des écailles sur le corps , et dont deux seu¬
lement ont la peau nue. Les esp. à rayons
libres ont des pectorales très grandes, dont
elles se servent pour Yoler au dessus de
l’eau, comme les Dactyloptères (. Trigla vo-
litans , Lin.) , ou les Prionotes ( Trigla
punctata et Fr. carolina, Lin.). M. Eh¬
renberg a observé une de ces espèces très
abondantes àTor,au pied du mont Sina'i.
C’est, suivant ce savant voyageur, le seul
poisson volant commun dans la mer Rou¬
ge. Il a cru qu’il faut entendre de lui ce
que l’on trouve dans l’Exode sur les Cailles
« qui servirent à la nourriture du peuple
juif, pendant le temps où il a erré sur
les rives de la mer Rouge ». C’est par suite
de ces observations que cet Apiste a pris
le nom d’Ap. Israelitarum. M. Ehrenberg
pense que les interprètes ont traduit par
Caille un mot hébreu qui avait un sens tout
différent. Aujourd’hui les Arabes nomment
ce poisson Gherad el bahr ; ce qui veut di¬
re Sauterelle de mer. Un autre Apiste a
une particularité notable dans l’insertion,
APL
des rayons de sa dorsale. Les trois premiers
rayons épineux de cette nageoire sont avan¬
cés sur la nuque , de manière à y simuler
une sorte de première dorsale , semblable à
la nageoire épineuse8 des Vives ; aussi avons-
nous appelé l’espèce Ap. trachinoides. MM.
Kuhl et van Hasselts nous ont appris que
ce poisson vit caché sous le sable à Java ,
comme les Vives de nos côtes, et qu’il est
dangereux à cause des piqûres qu’il fait
aux pieds des pêcheurs qui s’avancent sur
la plage. (Val.)
* APITES. ins. — Nous avons employé
cette dénomination ( Hist . des Anim. art. ,
t. IV, p. 598) , pour désigner un groupe de
la famille des Mellifères , tribu des Apiaires
ou Apidœ , dont les esp. vivent en sociétés
nombreuses, composées de trois sortes d’in¬
dividus (des mâles, des femelles et des neu¬
tres). — Ce groupe est caractérisé par un
corps ovalaire ; des antennes filiformes, vi-
bratiles ; trois ocelles disposés en triangle ;
une languette ou lèvre inférieure presque
cylindrique, d’environ la longueur de la
moitié du corps; des ailes ayant une cellu¬
le radiale, et quatre cubitales, dont la der¬
nière incomplète ; des jambes postérieures
dépourvues d’épines à leur extrémité , avec
le premier article de leurs tarses dilaté à
l’angle extérieur de sa base , et la présence
d’un aiguillon chez les femelles et les neu¬
tres.
Ce groupe ne renfermant que le genre
Abeille {Apis) , nous renvoyons à cet arti¬
cle pour tous les détails sur l’organisation
et les mœurs de ces Insectes. (Bl.)
APIUM. Tourn. bot. pii.— Synonyme
latin du genre Ache , de la famille des Om-
bellifères. (Sp.)
AP1US ( «rctov , poire ). ins. — Billberg
désigne ainsi un genre de Coléoptères té-
tramères , de la famille des Curculionites ,
qui correspond au genre Apion des autres
auteurs. Voy. ce mot. (D. et C.)
* APIUS {apis, abeille), ins. — Jurine
(. Nouvelle méthode pour classer les Hym.
et les Dipt.) a appliqué ce nom à un genre
.d’Hyménoptères de la famille des Crabro-
niens , qui avait déjà reçu de Fabricius la
dénomination de Trypoxylon. Voy. ce
mot. (Bl.)
* APLATIES. Complanatœ. araciin.
— Nom employé par M. Walckenaer pour
APL 11
désigner un petit groupe dans le genre At-
tus . (H. L.)
* APLATIS. Depressi. ins. — Tribu
de l’ordre des Coléoptères pentamères , fa¬
mille des Brachélytres, établie par Latreille,
et qui se compose des genres Prognathe ,
Zirophore, Ozorius, Oxytelc, Tieste, Orna-
lie , Lestève, Proteine et Aléochare. {Voy.
chacun de ces mots). Les caract. de cette tri¬
bu sont : Palpes maxillaires courts, ayant
leur quatrième article saillant et très dis¬
tinct. Jambes antérieures souvent épineuses.
Tète de plusieurs mâles cornue. Tarses
n’offrant souvent que trois articles distincts,
dont le dernier fort long comparativement
aux précédents. (D.)
* APLECTA (àir)sx-ri], qui n’est pas
plié, sous-ent. aile), ins.— Genre de Lépido¬
ptères, de la famille des Nocturnes, établi
par M. Guénée aux dépens des genres Polia
et Phlog op/iorad’Ochsenheimer, et placé par
lui dans la tribu des Iladénides. Voici les
caract. qu’il lui assigne : Chenilles à seize
pattes, rases, cylindriques, allongées, de
couleurs sombres , généralement marquées
de chevrons ou lozanges sur la région dor¬
sale ; à tête subglobuleuse. Elles vivent de
plantes basses, et se cachent ou du moins
s’abritent pendant le jour. Chrysalides lis¬
ses , allongées, à partie postérieure souvent
obtuse, contenues dans des coques de terre
peu solides et enterrées assez profondément.
Insectes parfaits : Antennes simples ou sub¬
ciliées dans les mâles, filiformes dans les
femelles. Palpes dépassant un peu la tête,
velus ou peu ascendants ; leur second arti¬
cle large à l’extrémité ; le dernier court ,
nu , tronque au sommet. Thorax robuste ,
carré , sinué antérieurement , chargé , en¬
tre les ptérygodes , d’une huppe fortement
bifide à sa jonction avec l’abdomen. Ce¬
lui-ci, long , dépassant notablement les ai¬
les inférieures, Yelu latéralement et terminé
carrément dans les mâles , en cylindre al¬
longé , puis brusquement terminé en cône
grossier dans les femelles. Ailes supérieures
allongées, ayant toutes les lignes et toutes
les taches , même la claviforme , distinctes ;
les deux taches supérieures très dévelop¬
pées. Au repos, les supérieures couvrent les
inférieures; et, quoique disposées en toit
peu incliné , donnent à l’insecte une forme
assez allongée , à cause de leur longueur.
APL
APL
12
L’auteur rapporte â ce genre 10 espèces
qu’il a retranchées des g. Folia et Phlogo-
phora , et qu’il sépare en deux groupes. Le
type du groupe A est la Pol. serratilinea
de Treitschke, et celui du groupe B la
Fhlog. empyrea du même auteur. Toutes
deux sont figurées dans VHist. nat. des
Lépid. de France.
M. Boisduval , dans son nouvel Index, a
adopté ce genre, mais sans y comprendre
aucune des espèces du g. Phlogophora. (D.)
* APLECTRUM , Blume ( in Flora ,
1851 , p. 502 ) ( xj/sç-j , sans ergot ,
éperon), bot. pii. — Genre de la famille
des Mélastomacées (tribu des Mélaslomées,
sous-tribu des Miconiées, BC.). Son auteur
lui assigne les caract. suivants : Calice ovale-
globuleux , agone, à limbe tronqué ou ob¬
scurément 4-denté, persistant. Pétales 4.
Etamines 8, anisomètres, alternativement
fertiles et ananthères (celles-ci plus courtes).
Anthères inappendiculées, ovales, grosses,
obtuses aux deux bouts , déhiscentes par un
seul pore terminal. Ovaire adhérent, 4-lo-
culaire , couronné de 4 crêtes. Style fili¬
forme; stigmate simple. Baie 4-loculaire,
polysperme , subglobuleuse. Graines cunéi¬
formes. — Arbustes sarmenteux. Feuilles non
ponctuées , très entières , sub-5-nervées.
Inflorescences axillaires et terminales , pani-
culées. — Ce g. est propre aux îles de la Son
de. M. Blume y rapporte trois csp., signalées
antérieurement par lui sous les noms de
Melastoma stipulare , Melasloma viminale,
et Melastoma rostratum. fSp.)
* APLECTRUS ( /vjxrcov , sans ai¬
guillon ou épine), iss. — Genre de Coléo¬
ptères tétramères, famille des Longicornes,
tribu des Cérambycins de M. Serville,
fondé par M, Bejean {Calai. , 5e éd.) sur
une seule espèce originaire du Mexique,
et nommée Clytoïdes par M. Dupont. Ce
genre participe des Callidies et des Clytres ,
et s’en distingue par ses antennes nautiques,
dont les troisième et quatrième articles sont
d’égale longueur ; par son corselet, plus long
que large , et moins globuleux que dans ces
deux genres; par ses élytres, allant en se
rétrécissant vers le bout, comme dans les
Leptures , et dont les angles huméraux sont
élevés et saillants; par l’extrémité de ces
mêmes élytres, qui est tronquée cl dente¬
lée. Voici , au reste, une courte description
de l’espèce unique qui lui sert de type : D’un
noir à reflets blanchâtres. Tête, corselet et
écusson, recouverts d’un léger duvet soyeux
d’un blanc jaunâtre ; chacune des élytres
marquée de 5 taches orangées 1,2,2, dont
les deux dernières se réunissent quelquefois.
Pattes rougeâtres. Long. 16, larg. 5 millim.
— M. Chevrolet propose de donner à cette
espèce le nom de Lepturoïdes , qui ré¬
pondrait en effet mieux à son faciès que
celui de Clytoïdes , qui lui a été imposé par
M. Dupont, et que M. Dcjean a adopté dans
son dernier Catalogue. (D. et C.)
*APLESîOI\T, Rafinesque (« pr. ; « /ijm'ov,
voisin, parent), poiss. — M. Rafinesque
a ainsi dénommé la première subdivision du
neuvième genre établi par lui dans son
Ichthyologie de VOhio , sous le nom de
etheostoma. Voyez ce mot. (Val.)
* APLEUROSPERMÉES. ( « priv. ;
n levpàv, côte ; cnrs pp.x , graine), bot. ph. —
M. Tausch donne ce nom à une tribu qu’il
établit dans la famille des Ombellifères , et
qu’il caractérise ainsi qu’il suit : Péricarpe
prismatique ou subcylindrique, écosté, le
plus souvent squammclleux ou spinclleux.
Fleurs disposées en capitules , ou bien en
ombelles irrégulières. Cette tribu ne com¬
prend que trois genres, savoir : Alepidea ,
Eryngium et Sanicula. ( Si». )
APLEUROTIS ( àizlsvpc? , sans côtes).
moll. — M. Rafinesque a proposé ce genre
pour une Coquille fossile qu’il a observée
dans les terrains de transition de la chute
de l’Ohio. D’après les caractères très vagues
qu’il lui donne, on peut suppose] que ce
genre ne diffère pas beaucoup de celui des
Térébratules. M. Rafinesque n’ayant jamais
complété la description de ce genre, il reste
pour nous très incertain , et nous le com¬
prenons, en attendant de nouvelles obser¬
vations , parmi les Térébratules. Yoy. té-
REBRATULE. (DeSII.)
APLIDE. Turnicus. moll. — Division
générique établie parM. Savigny dans la fa¬
mille des Ascidies composées ou Téthyes
composées, et caractérisée par ce savant de
la manière suivante : Téthyes composées
dont l’orifice branchial n’olïrc que 6 rayons
réguliers, dont le corps est sessile et poly¬
morphe, et les systèmes sans cavités cen¬
trales. Suivant M. Milne-Edwards, ce g.
) doi*. être rangé dans fa tribu des Polycli-
APL
mens. On en connaît plusieurs espèces.
(M. B,)
* APLIDIA. ms*— Genre de l’ordre des
Coléopt. pentamères, famille des Lamellicor¬
nes , établi par M. Hope (tho Coleopterist's
Manudl , part the first , p. 101) pour y placer
le Melolontha transversa de Fabricius, esp.
propre aux contrées méridionales de l’Eu¬
rope. Les caractères qu’il lui assigne sont :
Chaperon relevé, subéchancré. Labre bilo-
bé ou excavé au milieu. Antennes de dix
articles; le septième en forme de coupe.
Palpes maxillaires à dernier article lancéolé,
excavé en dessus. Tarses filiformes, à ongles
assez longs, fendus par le bout. L’espèce qui
sert de type à ce genre est un Rhisotrogus
pour M. Dejean. (P. et C.)
* APLIPMITS. zoom. — Nom d’un g.
non décrit de Sertulariens , signalé par M.
Rafinesque ( Analyse de la nature, p. 157).
(P. G.)
ÂFLITE. géql. — Nom donné par les
Suédois à une roche composée de Quartz et
de Feldspath, très abondante en Dalécarlie.
ïîaiiy l’appelle Pegmaiite. Voy. ce mot.
(C. d’O.)
*APLÎTES (« priv., tALü , je navigue).
poiss. — M. Rafinesque a ainsi nommé le
premier sous-genre du cinquième genre de
son Jchthyologie de l'Ohio , appelé lépo-
mis. Voy. ce mot. (Val.)
* APLOA («ic).oos'? simple), i.\s. — Gen¬
re de Coléoptères pentamères, famille des
Carabiques, tribu des Troncatipennes, éta¬
bli par M. Hope , et adopté par M. Brullé ,
qui le caractérise ainsi : Bord postérieur du
corselet sans prolongement. Crochets des
tarses sans dentelure; leur quatrième arti¬
cle simple , c’est-à-dire ni échancré ni bi-
lobc, et sans aucune dilatation ; articles des
palpes presque cylindriques.
Ce genre est fondé sur une seule espèce)
des Indes-Orientales , nommée par M. Hope
Âploa picta; elle est décrite et figurée
dans le tom. Ier des Transact. de la Soc.
zool. de Londres. (B. et C.)
APJLOCENTRUS ( **Ûos , simple ,
y-êvepov, épine , aiguillon ). poiss. — M. Ra¬
finesque a ainsi nommé , dans son Ichthyo-
logie de l'Ohio , un genre de Poissons qu’il
caractérise par un corpg elliptique et com¬
primé; une tête petite; des mâchoires gar¬
nies de lèvres et de dents; un opercule lisse
APL 13
et fiexueux; une seule épine à la dorsale,
qui est allongée.
Comme M. Rafinesque a décrit et établi
ce genre sur le dessih d’un poisson fait par
M. Audubon , et non pas sur l’observation
directe de l’animal , il est permis de rester
incertain sur ce genre, dont l’auteur dit
qu’il est singulier et intermédiaire entre
les Coryphèncs, les Spares ( Cynœdus ) et
les Labres. J’avoue que les affinités entre
les Coryphènes et les Labres me parais¬
sent difficiles à saisir. L’auteur ne parle
que d’une seule espèce , qu’il appelle Aplo-
ceritrus cailiops , qui est un beau pois¬
son de l’Ohio, dont les noms vulgaires sont
Red- y e, Bride perch , Bachelors perch ,
Greenbars. Il est varié de lignes flexueuscs
noires. Il atteint jusqu’à un pied anglais de
long. (Val.)
* APLOCERA (iirXÿos , simple ; xê/îéiç ,
corne), ins. — Genre de Lépidoptères de
la famille des Nocturnes, tribu des Phalé-
nides , établi par M. Stephens , qui le range
dans sa division des Semi-Diurnes, tribu des
Géométridcs ( Steph . Nomenclature ofBri-
lisli ïnsects). Ce genre se compose de trois
espèces, dont l’une, Geom. plagiala, Linn.,
appartient à notre genre Anaitis , et les
deux autres , cœsiaia et favicinctata ,
ïliibn. , qui n’en font qu’une , ont été ran¬
gées par nous dans le g. Larcntia deTreit-
schke. Voy. anaîtLs et larentia. (D.)
APLOCÈRES, ou SIMPLICÏC.OR •
NES (àîc/b'o'; , simple; corne), iss.
— Nom donné par M. Duméril à une famille
de Diptères qu’il caractérise ainsi : Suçoir
nul ou caché ; bouche en trompe rétractile
dans une cavité du front. Antennes sans
poil isolé, latéral. Elle se compose des gen¬
res Rhagion , Bibion , Sique , Anthrax ,
ffypàléon, Stratiôme , Cyrte , Midas,Né-
mot'ele et Cérie. Voy. chacun de ces mots.
31. Macqtiart, dans son ouvrage intitulé :
Diptères exotiques ou peu connus , emploie
aussi le mot d 'Aplocères pour désigner une
grande division de ces Insectes, qui com¬
prend tous ceux dont le dernier article des
antennes est simple , comme dans les En-
tomocères. Toutefois ce caractère essentiel
ne doit pas s’entendre d’une manière abso¬
lue : car, si le dernier article des antennes
n’est jamais divisé en plusieurs segments
ou anneaux , ilcst le plus souvent àc'comjws*.
14
APL
APL
gnc d’un style semblable à celui qu’on voit
dans la plupart des Notacanthes , lequel se
compose de 1 à 3 parties , est très variable
pour la forme , se montre ordinairement
sous celle de soie , et est inséré, tantôt à
l'extrémité de l’antenne , tantôt sur le dos
du troisième article.
Les Aplocères se divisent naturellement
en deux sections : les Tétrachœtes , dont la
trompe contient un appareil de succion
composé du labre de la languette et des deux
soies maxillaires , et les Dichœtes, dans les¬
quelles ces deux dernières parties n’existent
pas ou ne sont pas distinctes. (D.)
*APLOCNÉMIE. Aplocnemia («*>oos,
simple; ifeywrç, cuisse), ins. — Genre de
Coléoptères tétramères , famille des Longi-
cornes, établi par Stephens , qui, dans son
Entomologie d'Angleterre , lui assigne les
caractères suivants : Palpes courts , avec le
dernier article fusiforme ; les maxillaires un
peu aigus. Antennes velues , de la longueur
du 'corps ; bords latéraux du corselet en¬
tiers ou mutiques. Corps oblong , élargi ,
un peu convexe. Elytres ponctuées, arron¬
dies à l’extrémité. Ce genre est fondé sur le
Cerambyx nubilus, Olivier, Lamia nebulo-
sa , Fabr., qui appartient au genre Mcsosa
de Mégerle. Voy. ce mot. (D. et C.)
* APLOCMEMUS ( ckàrfos, simple;
xvvj//.7] , cuisse ). ins. — Genre de Coléoptè¬
res pentamères , famille des Malacodermes ,
établi par Stephens, et auquel Westwood
donne les caract. suivants, dans son Syno¬
psis of généra, etc. : Antennes courtes, en
scie intérieurement. Corps obtus, oblong;
jambes courtes. Ce genre, qui appartient à
la famille des Mélyrides de Leach, a pour
type rilispa b-pustulata, Fabr., ou genre
Dasytes des auteurs. (D. et C.)
* APLODACTYLTE ( «tr>oos , simple;
oib.ru), os , doigt), poiss. — Genre de Pois¬
sons de la famille des Percoïdes, à six rayons
branchiaux , à rayons des pectorales simples
et libres à l’extrémité ; à dents aplaties et
crénelées sur le bord, sur trois rangs à la
mâchoire supérieure, et sur deux seulement
à l’inférieure. Le bord du préopercule n’a
point de dentelures. Les deux nageoires dor¬
sales sont assez distinctes ; les ventrales
plus reculées que celles des autres Poissons
tnoraciques. Ce poisson réunit un ensemble
de caractères assez curieux. II est voisin
des Cirrhiles par ses pectorales; mais les
dents sont semblables à celles qui arment
la bouche des Crenidens , parmi les Sparoï-
des, ou les Acanthures , dans la famille des
Teuthies.
On n’en connaît encore qu’une esp., des
côtes du Chili , où on l’appelle Machuelo.
Il se nourrit de fucus. (Y al.)
* APLODERUS [àidàoi, simple; depots,
peau), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères, famille des Brachélytres , tribu des
Staphylinides, établi par Stephens, et adop¬
té par Westwood , qui lui donne pour type
le Staphylinus brachypterus Marsham. Cet¬
te esp. est la même que VOxytelus cœlatus
de Gravenhorst, qui appartient aujourd’hui
au g. Phloenœas d’Erichson. Voy. ce der¬
nier mot pour les caractères génériques.
(D. et C.)
APLODÏNOTUS. poiss. — M. Rafi-
nesque avait institué sous ce nom , dans un
mémoire publié sur soixante genres nou¬
veaux d’Animaux américains, un genre de
Poissons, qu’il a changé ensuite en celui
d 'Amblodon. Voy. ce mot. (Val.)
*APjLOI)ISCUS (ûrc'/o'oç, simple ; c 7<x*os,
disque), bot. ph. — Nom d’une des sec¬
tions du genre Aplopappus , laquelle ren¬
ferme les espèces dont les capitules sont
discoïdes, et non radiés; les fruits plus ou
moins velus, et les corolles dilatées à la
gorge. (J. D.)
APLOBON1 ( àir/o'oç , simple; ocToùs,
ô'jtoç , dent ). moll. — On trouve ce g. in¬
stitué par M. Rafinesque, dans le Journal de
Physique de Vannée 1819. Dans ce genre,
M. Ratinesque introduit une Coquille ter¬
restre, qui ne diffère en rien des Hélices
proprement dites. Elle est ombiliquée ; elle
a une seule dent à l’ouverture, et elle n’est
pas la seule, dans le g. Hélice, qui offre
ces deux caract. A peine ces caract. suffi¬
sent-ils pour établir une sous- division très
secondaire dans le grand g. Hélice. — Ce
g. de M. Rafinesque n’a point été adopté.
Voy. hélice. (Desh.)
* APLODON ( fate cç , simple ; oefous ,
dent), bot. en. — M. R. Brown {Supplém.
au Voy. de Parry ) avait fondé ce g. et
celui de Cyrtodon pour deux espèces de la
famille des Mousses , que Bridel a réunies ,
avec deux autres, sous le nom générique
d ,,Eremodon{Voy. ce mot). M'. Hookercon-
APL
APL
15
serve , au contraire , les deux genres de son
illustre compatriote, et donne pour type du
premier YEremodon Wormskioldii , Brid.,
et pour type du second YEremodon Splach-
noides du môme auteur. Le genre üisso-
don , de MM. Gréville et Arnott , est aussi
synonyme du dernier de ces deux genres.
Enfin , autant que j’en puis juger d’après
un herbier normal de Mousses d’Europe
que vient de m’adresser M. Schimper, ce
bryologiste, et son collaborateur, M. Bruch,
adoptent aussi le genre Aplodon ; mais ils
paraissent le circonscrire tout autrement
que l’illustre botaniste qui l’a établi , puis¬
qu’ils y font entrer de vrais Splachnums ,
c’est-à-dire des Mousses dont le péristome
est forme de dents rapprochées ou réunies
deux à deux. Je ne suis pas à même de don¬
ner des éclaircissements «à cet égard. Les
Duumvirs conservent d’ailleurs les genres
Splachnum et Eremodon. Voy. ces mots.
(C. M.)
*APLODONTIE. Aplodontia («ir).ooç,
simple; o’cToÿs, evros , dent), ma mm. — M.
Richardson , dans un Mémoire inséré dans
le Zoological Journal , nomme ainsi un g.
de Rongeurs de la famille des Sciuriens ou
Écureuils, et dont l’espèce type, A. lepo-
rina Rich. , ne parait pas différer de YAni-
sonyx rufa Rafinesque , considéré par plu¬
sieurs naturalistes comme une espèce de
Marmotte. J. -B. Fischer change en Aplu-
dontia le nom du genre de M. Richardson ;
voici quels en sont les principaux carac¬
tères : Incisives fortes , convexes en avant ,
simples; molaires de chaque côté. Tête
aplatie. Nez subarqué , épais, obtus. Yeux
petits. Oreilles courtes, arrondies. Pieds
5-dactyles , à plante nue. Queue courte ,
velue. Six mamelles, dont les deux anté¬
rieures sur la même ligne que les membres.
(P. G.)
APLOLOPIIIUM. bot. pu. — Voyez
HAPLOLOPHIUM. (G. L.)
APLOME (à* \6os, simple), min. —
Nom donné par Haüy à une variété de gre¬
nat calcaréo-ferrugineux, dodécaèdre, de
couleur brune , à faces striées parallèlement
à leurs petites diagonales , et dont Haüy a
fait une espèce particulière à laquelle iî attri¬
buait le cube comme forme primitive. Voy.
GRENATS. (DEL.)
* APLOMERA (w , simple \
cuisse), ins. — Genre de Diptères, division
des Brachocères , subdivision des Aplocè-
res , section des Tétrachœtes , famille des
Tanystomes , tribu des Empides , établi par
M. Macquart dans son ouvrage intitulé :
Diptères exotiques nouveaux ou peu con¬
nus. Les caract. en sont : Trompe assez épais¬
se , un peu plus longue que la tête, abais¬
sée perpendiculairement. Antennes un peu
plus longues que la tête ; les deux premiers
articles courts; le troisième long, conique;
style assez court. Pieds à peu près d’égale
longueur , presque nus ; cuisses postérieures
épaisses, sans denticules; premier article
des tarses postérieurs un peu élargi. Ailes
dépassant peu l’abdomen ; nervure interne
de la deuxième cellule sous - marginale
aboutissant à l’extrémité du bord interne
de l’aile; deuxième postérieure à base assez
large; la nervure transversale, qui sépare
la première postérieure de la basilaire ex¬
terne , située au quart de la longueur de la
discoïdale; celle - ci assez allongée; ner¬
vure postérieure de la cellule discoïdale
anguleuse. — Ce genre est voisin des Em-
pis , et surtout des Pachymérines ; il se
rapproche aussi des Hilares par la brièveté
et l’épaisseur de la trompe. Il a pour type
une esp. unique , nommée Gayi par l’au¬
teur, du nom de M. Gay, qui l’a rapportée
du Chili. Son nom générique fait allusion à
l’absence de denticules aux cuisses posté¬
rieures. (D.)
* APLOMIA. inftjs. — Nom d’un or¬
dre d’infusoires , adopté par M. Rafinesque
(. Analyse de la nature) , et comprenant ceux
qu’il suppose dépourvus d’organes externes.
Cet ordre comprend les Colpodes et les
Monades. (P. G.'#
* APLOMYE. Aplomya ( àxlôoç , sim¬
ple ; //.y ta, mouche ). ins. — Genre de l’or¬
dre des Diptères, établi par M. Robineau
Desvoidy dans sa tribu des Entomobies, fa¬
mille des Myodaires, et qu’il caractérise
ainsi : Antennes descendant jusqu’à l’épisto-
me ; les deux premiers articles très courts ,
le dernier long ; premiers articles du chète
courts ; faciaux nus ; face un peu oblique ;
corps lisse. Il rapporte à ce genre 2 esp.,
dont une nommée par lui Api. zonata. Elle
se trouve aux environs de Paris. (D.)
*APLONlS («idoGç , simple ; ov uÇ, ongle),
ois. — Genre formé par Gould dans les
16
APL
APL
Procecdings, 1856, p. 73, sur deux nouvel¬
les espèces d’Oiseaux , l’uiic des îles des
Amis , et l’autre de la Nouvelle-Hollande.
L’auteur annonce qu’elles lui paraissent se
rapprocher à peu près au même degré des
genres Lanius, Turdus et Lamprotorius ,
mais que c’est parmi les Merles qu’il les croit
le plus convenablement placées. Il indique
ainsi leurs caract. génériques : Bec un peu
plus court que la tête, robuste, un peu
comprimé ; mandibule arquée , échancrée
vers le bout; narines basales , ovales et ou¬
vertes; ailes courtes; les 2e et 3e rémiges
les plus longues; les lre et te égales ; queue
courte, large, carrée ou sub-bifurquée ; tar¬
ses robustes-; doigts grands; ongles grands,
arqués, celui du pouce surtout très robuste.
Il décrit la première espèce sous le nom de
A. marginata; elle est des îles des Amis,
et la seconde sous celui de À. fusca de la
Nouvelle-Hollande australe, près des rives
du fleuve Murrumbidgee.
M. R. Gray, adoptant ce nouveau genre
dans sa List, of the généra ofbirds, le pla¬
ce dans sa sous-famille Lamprotorninœ, de
sa famille Sturnidœ , et cite pour type À.
Novœ-Hollandiœ,Lü[h ., qu’il croit synony¬
me de VA. fuscus de Gould. (Lafr.)
* APLONYC1IA («îc >9oç, simple; ôv«jÇ,
ongle), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Lamellicornes, éta¬
bli par M. Dejean , mais dont il n’a pas pu¬
blié les caractères. D’après la place qu’il
occupe dans son dernier Catalogue (5e
édition), il appartiendrait à la tribu des
Searabéides phyllophages de Latreille. ÎI y
rapporte trois esp., dont deux de la Nouvelle-
Hollande, et une dont la patrie est inconnue.
Nous citerons comme type l 'Api. obesa de
d’Urvilie , figurée et décrite par M. Boisdu-
val dans la partie entomolog. du voyage de
V Astrolabe (p. 193, pl. 9, fig. 6). Cette esp.,
par son faciès, se rapproche beaucoup du
genre Schizonycha , Dejean, qui lui-même
est très voisin du genre Rhisotrogus de La¬
treille. Les crochets de ses tarses sont sim¬
ples , ainsi que l’indique son nom générique.
(D. et C.)
*APLOPAPPUS àreXo’pj, simple; k&tckgç, |
aigrette), bot. pii. — - La plupart des es¬
pèces de ce genre faisaient partie des As¬
ter. Il a pour caractères : Capitules multi-
flores, radiés; ligules 1-sériées, femellesl
(nulles dans une seule espèce), les fleurs du
disque hermaphrodites, 3-dentées. Récepta,
de plan, marqué de légères dépressions ,
ou alvéolé et fimbriliifère. Écailles de l’invo-
Iucre imbriquées, linéaires, aiguës; les fruits,
obiongs , cylindracés ou turbines , sont en
général revêtus de poils soyeux, et terminés
par une aigrette 1 ou pluri-sériée ; à soies
inégales, mais cependant de même nature.
— Toutes les espèces de ce genre sont ori¬
ginaires du nouveau continent. (J. D.)
APLOPÉRISTOM ÉES sim¬
ple ; Kéfiicirûu.^ péristome ). bot. cr.
Bridel, MM. Hooker et De Notaris, rangent
sous ce titre tous les genres de la famille
des Mousses dans lesquels l’orifice de la
capsule est muni d’une seule rangée de
dents , ou , pour parler d’une manière plus
générale, présente un seul veriicille péristo-
mique. (C. M.)
* APLOPH YLLUM ( cLr/o’os , simple ;
?u).).ov, feuille), bot. pii. — Nous avons sé¬
paré sous ce nom , de l’ancien genre Rue
(lîwfa), les espèces à feuilles simples, où le
nombre des parties de la fleur est quinaire.
Voici ses caract. complets : Calice court , 5~
parti, caduc. Pétales 5, plus longs, munis
d’onglets, à limbe plan et entier. Étam. 10,
dont 3 plus courtes, opposées aux pétales,
à filets dilatés inférieurement et yelus en
dedans , à anthères ovoïdes surmontées
d’une petite glande. Cinq ovaires soudés
entre eux par leur axe, et en formant ainsi
un seul à 5 lobes , porté sur un disque en
cône renversé, qui le déborde ordinaire¬
ment et porte sur son contour les pétales et
les étamines; à chaque lobe correspond une
loge renfermant 2 ou plus rarement 4 ovules
presque amphitropes , l’un situé un peu
plus haut que l’autre. Cinq styles nés de
l’angle interne des ovaires , là où finit l’axe
central, se réunissant presque aussitôt en
un seul, qui s’élève à la hauteur des étami¬
nes , va en s’élargissant de la base au som¬
met , et se termine ,par un stigmate en tête,
papilleux , marqué de 3 sillons rayonnés. Le
fruit est une capsule dont les loges , soudées,
s’ouvrent en haut et en dedans. Les graines,
réniformes, offrent un test scrobicuîé ou tu¬
berculeux à la surface et un périsperme char¬
nu de même couleur que l’embryon , qui est
légèrement arqué et presque également lar¬
ge dans toute sa longueur. — Les espèces ,
API
17
APL
au nombre de 15 à peu près , habitent la
partie australe de la zone tempérée arctique
de l’ancien continent, principalement l’O¬
rient. Ce sont des herbes vivaces ou plus
rarement des sous arbrisseaux ; à feuilles
alternes , simples , criblées de points trans¬
parents , dépourvues de stipules ; à fleurs
jaunes ou plus rarement blanches , disposées
comme dans la Rue , c’est-à-dire en cymes
imitant la panicule. (Ad. Ïuss.)
* APLOPORA. zoom. — M. Rafines-
que ( Analyse de la nature ) appelle ainsi
un g. de lui , mais qu’il ne décrit pas , et
il le place dans le groupe des Tubiporés.
(P. G.)
*APLOPSES simple; èty, œil).
inf. — Sous-famille d’infusoires de M. Ra-
finesque (Anal, de la nat., p. 159), et dont
les esp. sont , d’après lui , gymnexes, c’est-à-
dire sans organes externes, et aussi dépour¬
vues de viscères ou d’organes internes. Ils
sont simples , et non agrégés. Il paraît que
ce sont des animaux voisins des Bacillaires ;
je dis il paraît , car M. Rafinesque n’y pla¬
ce que des genres nouveaux , et dont il ne
fait connaître ni les esp. types ni les carac¬
tères. (P. G.)
*APLOPUS («i r)oos, simple ; pied).
ins. — Nom employé parMegerle, et ad¬
opté par Dahl , dans son Catalogue, pour dé¬
signer génériquement le Rhynchœnus equi-
seti , Fabr. , Ins. Coléoptère tétramère ,
de la famille des Curculionides, que Schœn-
herr comprend dans son g. Grypidius.
Voy. ce mot. (D. et C.)
* APLOPUS (a«>ow, je développe, j’é¬
tends ; îtouç, pied), ins. — Genre de la fa¬
mille des Phasmiens , établi [par M. Gray
(Syn. of the spec. of ins. belong. to the
fam. of Phasm. ), et adopté par la plupart
des entomologistes. M. le docteur Bur-
meister ayant, avec raison , changé ce nom
en celui d'Haplopus , nous renvoyons à cet
article pour donner l’exposition des caract.
du genre. (Bl.)
* APLOSCELIS (cbràoos, simple ; oxétas,.
jambe), ins. — Genre de Coléoptères tri¬
mères , établi par M. Chevrolat , et adopté
par M. Dejean dans son dernier Catalogue.
Ce genre , créé aux dépens du genre Eu-
morphus de Fabricius, s’en distingue au
premier coup-d’œil par une forme ovalaire ,
plus allongée et moins dilatée ; par des an-
T. II. - *■'
tennes plus grêles, et dont la massue est
proportionnellement moins forte , et parce
que les mâles ont l’épine des jambes anté¬
rieures située à l’extrémité. Du reste, ses ca¬
ract. sont semblables à ceux des Eumorphes.
Ce g. renfermait trois esp., originaires
de Madagascar ; mais M. Guérin , dans une
Monogr. du g. Eumorphe , a démontré que
deux d’entre elles n’étaient que les deux
sexes de VEumorphus atratus de Klug (2?e-
richt über eine auf Madagascar veranst.
Samml. , etc. , p. 126 , tab. V, fig. 12) , qui
n’a connu que la femelle. (D. et C.)
* APLOSOXYX («*>oos, simple ; 3w£ ,
ongle), ins. — Genre de Coléopt. tétramè-
res, famille des Chrysomélines , établi par
M. Chevrolat dans la tribu des Gallérucites ,
et qu’il caractérise ainsi : Palpes maxillaires
à pénultième article conique , dernier turbi¬
né ; crochets des tarses simples , grands.
M. Dejean a adopté ce g. dans la 5e éd. de
son Catalogue, et il en désigne 5 esp., tou¬
tes de Java. Depuis, M. Chevrolat en a fait
connaître une sixième provenant des Phi¬
lippines , et qu’il nomme A. smaragdipen -
nis ( Revue de la Soc. Cuvier., année 1838,
p. 288, et Mag. zool., p. 68, pl. 233-4). Tou*
tes ces esp. sont remarquables par leur gran¬
de taille ; leurs couleurs brillantes et com¬
me lustrées. Nous citerons comme type l’A.
albicornis de Wiedemann. (D. et C.)
* APLOSTÈGUES (*a<fes, simple;
ffrey^ , loge ). moll. — Nom donné par Al.
d’Orbigny à une section des Céphalopodes-
foraminifères , comprenant ceux qui n’ont
qu’une seule cavité par loge. (C. d’O.)
APLOSTYLIDE. bot. pii. —• Voyez
IIAPLOSTYLIS. (C. L.)
* APLOTARSUS ( â*}oos, simple ; zxp-
<7o's, tarse ). ins. — Genre de l’ordre des Co¬
léoptères pentamères , famille des Sternoxes,
tribu des Élatérides, établi par- Stephens,
qui lui assigne pour caract. : Tarses simples ;
antennes ayant le second article très court ,
presque globuleux ; le troisième allongé ,
thorax légèrement déprimé , non gibbeux ,
yeux médiocres , à peine proéminents; pal¬
pes sécuriformes. Ce genre se compose des
Elater testaceus et rufipe s de Fabricius ,
ainsi que du Quercus d’Olivier. Les deux
premiers sont placés par M. Dejean dans le
genre Cardiophorus d’Eschscholtz. Voy. ce
mot. (D. et C.)
9
APL
APL
18
* APLOT AXIS [àidéoç , simple ; ,
rangée; à cause de l’aigrette formée d’une
seule série de soies), bot. ph. — M. De
Candolle a formé ce genre aux dépens des
Saussurea , dont il ne diffère que par l’ai¬
grette , composée d’une seule rangée de
soies, tandis que dans les Saussurea la
série est double. Ce caractère, quoique de
première valeur dans certains groupes , ne
semble pas ici suffire à l’établissement d’un
genre. La difficulté est souvent très grande
pour distinguer, dans les Saussurea, la
rangée extérieure de l’aigrette , dont les
soies, outre leur caducité , sont très courtes
et peu nombreuses. La plupart des espèces
d 'Aplotaxis sont originaires des hautes
montagnes de l’Inde. (J. D.)
APLUDA, L.: Diectomis , Paliss. (dans
Pline , ce qui se disperse au vent quand on
vanne le blé), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Graminées, tribu des Andropogo-
nées, formé par Linné ( Gen ., 1147), et ad¬
opté par les agrostographes modernes, avec
ces caract. : Épillets biflores ( fleur supér.
hermaphrodite , fleur infér. mâle), ternés ,
bractéés; l’intermédiaire sessile, fertile;
les latéraux pédicellés , se desséchant. Glu-
mes 2, mutiques : la supér. carénée-navicu-
laire ; l’infér. lancéolée , subcanaliculée ,
bifide au sommet. Paléoles 2, plus courtes
que les gîumes ; l’infér. (dans la fleur her¬
maphrodite) aristée au dessous de son som¬
met bifide. Squammuks 2, glabres, tron-
quées-subïobées. Étam. 2. Ovaire sessile,
glabre. Styles 2 , terminaux ; stigmates plu¬
meux. Caryopse subcylindrique, libre. —
Ce g. se compose d’un petit nombre d’esp.
propres à l’Asie tropicale et au Cap ; à
feuilles planes , à inflorescence en panicule
très ramifiée. On en cultive quelques unes
dans les jardins. (C. L.)
APLUDONTIA. mam. —Voyez aplo-
DONTIE. (P. G.)
* APLURE. Àplurus. poiss. — Sous
cette dénomination , M. Lowe a publié dans
son Mémoire sur les poissons de Madère un
Scombéroïde déjà observé dans le détroit
de Messine par M. Can traire , qui avait dé¬
posé dans le Musée de Leyde les individus
rapportés par lui sous le nom de Rovettus
Temminckii. Voy. ce mot.
Dans les Proceedings de la Soc. zoolo¬
gique de Londres pour 1839, p. 78, on lit
que M. Lowe pense que le g. Aplurus doit
rentrer dans celui des Thyrsites. Il y a af¬
finité entre les Aplurus, ou, ce qui est la
même chose, les Rovettus deM. Cantraire,
et les Thyrsites ; mais ces deux genres
sont distincts. (Val.)
*APLXJSTRUM ( Aplustrum , girouet¬
te). moll.— Nom latin que M. Schumacher
donne à un genre Pavillon , établi pour le
Bulla aplustra des auteurs. Voy. pavil¬
lon. (Desh.)
APLYSIE. Aplysia ( ânïvaiot , saleté ,
malpropreté), moll. — On doit à Linné la
création de ce genre. On le trouve pour la
première fois dans la douzième édition du
Systema natures. Il est à présumer que , par
suite d’une faute d’impression , ce genre a
pris le nom de Laplysia, qui n’a aucune
signification, tandis que celui d’Aplysie,
qui a été restitué par Cuvier, convient de
tous points au genre dont il est question.
Avant cette époque, Linné confondait les
Aplysies avec les Lernées , dans les 4e et 6e
éditions du même ouvrage, et avec les Thé-
tis , dans la 10e. Les Animaux compris au¬
jourd’hui dans le genre Aplysie étaient
connus des anciens sous le nom de Lepus
marinus. Dans ces temps, où la science était
peu avancée, ces Mollusques inspiraient une
horreur profonde , soit parce qu’ils ont une
forme repoussante , soit parce qu’ils répan¬
dent une liqueur dont l’odeur est nauséa¬
bonde. Les préjugés anciens étaient tels, que
l’on soupçonnait d’empoisonnement les per¬
sonnes qu’on surprenait touchant ces Aply¬
sies. Ces préjugés de l’antiquité se sont long¬
temps continués, et peut-être a-t-il fallu
du courage aux auteurs du seizième siècle
qui ont voulu faire connaître ces animaux
par des figures et de nouvelles descriptions.
Walton est le premier auteur qui ait
donné du Lièvre marin une bonne descri¬
ption , que Rondelet et Belon ont incom¬
plètement copiée. Aldrovande , plus exact
qu’eux , pourra être consulté avec intérêt.
Charleston fait mention des Aplysies dans
ses Exercitationes , qui datent de 1677;
depuis cette époque jusqu’en 1744, il n’en
est question nulle part. Linné les confondit
d’abord avec les Lernées ; plus tard , il les
comprit dans le g. Thétis , et , enfin , il di¬
visa ce dernier genre, et créa lé g. Aplysie
pour le Lepus marinus. Tous les auteur#
APL
APL
qui adoptèrent la classification de Linné
n’apportèrent aucun changement à ce g.,
quoique Bohadsch ait donné sur ces ani¬
maux des détails anatomiques fort intéres¬
sants. Cuvier vint enfin , et fit un travail com¬
plet sur les Aplysies ; c’est seulement depuis
lors que leur organisation est connue. Tous
les naturalistes qui l’avaient précédé , et le
célèbre Linné lui - même , plaçaient le Liè¬
vre marin à la suite des Céphalopodes , en¬
traînés par l’habitude de ranger les animaux
mous dans une même classe , sans égards
pour leur conformation. Il démontra le
premier que la présence ou l’absence d’u¬
ne coquille extérieure n’est pas un carac¬
tère de première importance , et que les
Mollusques nus ne diffèrent en rien de ceux
que protège une coquille. Par suite de ces
vues nouvelles , il rangea les Aplysies par¬
mi les Gastéropodes , entre les Tbétis et les
Limaces ; mais , dans son Règne animal , il
range les Aplysies avec les Dolabelles ,
dans sa famille des Pleurobranches. En
1809 , Lamarck proposa de former une fa¬
mille des Aplysiens, comprise entre les
Phylidiens et les Limaciens; mais, plus
tard , il modifia aussi ses premières vues.
M. de Férussac , qui ne fit que changer en
ordres les familles de Cuvier , laissa les
Aplysies dans les mêmes rapports que Cu¬
vier et Lamarck. Enfin , pour terminer ce
qui a rapport à l’histoire des Aplysies , nous
ajouterons que M. Rang, officier distingué
de la marine française , observateur habile,
après avoir recueilli, dans le cours de ses
voyages, un grand nombre d’esp. d’Aplysies
et de Dolabelles, aidé de la collection du Mu¬
séum, publia, pour le grand ouvrage de M. de
Férussac , une excellente monographie de
la famille des Aplysies, qui, jointe au travail
de Cuvier, fait connaître cette famille aussi
complètement que le permet l’état actuel des
observations , et autant que peuvent le dési¬
rer les naturalistes. A ces travaux déjà con¬
sidérables sur les Aplysies, il faut ajouter
encore ceux de M. Delle-Chiaje, qui font par¬
tie de ses Mémoires sur les Animaux sans
vertèbres des mers de Naples.
Les Aplysies sont des Mollusques nus , gé¬
néralement assez gros , qui ressemblent as¬
sez , comme Dioscoride lui-même l’a dit , à
de grosses Limaces. Ces Animaux sont gé¬
néralement ovalaires , allongés, épais vers le
i9
dos, terminés en pointe du côté postérieur.
Ils rampent sur un pied large, et qui déborde
le corps. A sa partie supérieure , et un peu
au dessus de sa rirconférence , ce pied se
confond insensiblement avec le manteau. Ce
plan locomoteur s’avance jusqu’au branchial;
après avoir donné les artères particulières
des feuillets branchiaux, elles restent quelque
temps lisses et entières ; mais une partie se
courbe à gauche , derrière le point d’attache
de l’opercule, et une autre à droite, vers la
base du rebord saillant de ce côté. Ces deux
branches se portent ainsi en avant , et pren¬
nent subitement uhe structure extrêmement
singulière. En effet, leurs parois, composées
d’une multitude de rubans fibreux, entrecroi¬
sés, sont percées d’un grand nombre d’ou¬
vertures sensibles à l’œil , et à travers les¬
quelles peut facilement s’échapper le liquide
qui est contenu dans ces vaisseaux. C’est à
Cuvier que l’on doit la découverte de cette
disposition extraordinaire des artères bran¬
chiales; et ce grand zoologiste regarde ce
fait comme le plus extraordinaire que l’on
puisse citer dans la Physiologie générale des
Animaux. Il est fort extraordinaire, en effet ,
de voir qu’à la volonté de l’animal, le sang
peut se répandre dans la cavité abdominale,
ou bien recevoir directement dans sa masse
les liquides qui peuvent être contenus dans
sa cavité viscérale.
Le système nerveux est des plus considé¬
rables. Sa portion céphalique consiste en trois
gros ganglions , dont l’un est antérieur et su¬
périeur, et les deux autres sont inférieurs et
postérieurs. Des filets de commissures assez
gros forment, avec ces trois ganglions, un
anneau complet , à travers lequel passe l’œ¬
sophage. Les branches nombreuses qui par¬
tent , en rayonnant , de ces ganglions , se
distribuent à toutes les parties du corps;
mais il y a deux branches viscérales princi¬
pales qui gagnent l’arrière du corps, et
produisent un ganglion pour les organes de
la génération.
La partie à laquelle on donne le nom
d 'Opercule branchial contient , comme
nous l’avons vu , dans un sac formé par une
duplicature du manteau , un corps solide ,
mince, corné, transparent, subquadran-
gulaire , épaissi en un point qui est aussi ce¬
lui de son adhérence. Ce corps solide a été
justement considéré comme une coquille «à
20
APL
APL
l’état rudimentaire. En effet, ce corps a
toutes les apparences d’un rudiment testacé ;
il a , dans certaines espèces, une tendance à
s’enrouler latéralement , lors de l’accou¬
plement, sur les parties latérales de la
tête , entre les deux tentacules. Cet organe
excitateur est totalement isolé du reste des
organes de la génération , qui se trouvent
assemblés vers l’extrémité postérieure du
corps. La seule communication qui semble
exister entre cet organe et les autres par¬
ties de la génération consiste en un petit
sillon creusé à l’extérieur, dans l’épaisseur
de la peau. Ce sillon parcourt le côté droit
de l’animal, depuis la base du tentacule
antérieur jusqu’à une ouverture située vers
le milieu du dos , et qui est cachée par
l’opercule branchial : cette ouverture est
celle des organes femelles. Le testicule est
un organe sphéroïde qui semble former un
long prisme tourné en spirale sur lui-mê¬
me.
Ce n’est cependant qu’une apparence,
car il est homogène à l’intérieur ; mais il
est entouré à l’extérieur par un petit ru¬
ban qui le parcourt en formant trois tours
de spire. Ce ruban , au moyen de deux pe¬
tites lèvres saillantes , constitue un vérita¬
ble canal. Un épididyme surmonte le testi¬
cule , et enfin il se lie d’une manière très
interne avec l’oviducte ; il se continue néan¬
moins en un canal déférent , qui est accolé
au canal de l’oviducte, et ils sortent en
commun , à. l’extérieur, par l’ouverture
dont nous avons déjà parlé. Les organes
femelles se composent d’un ovaire considé¬
rable , qui occupe l’extrémité postérieure de
la masse commune des viscères ; il en part
un oYiducte dont le diamètre s’accroît assez
rapidement, et qui est fortement tortillé
sur lui-même. Bientôt il se joint au canal
déférent, et, non loin de cette jonction, vient
s’implanter sur lui la vésicule copulatrice ,
portée par un canal grêle et court , qui
s’ouvre dans l’intérieur du second oviducte.
Un peu en arrière, s’implante sur l’oviducte
un organe dont l’usage n’est pas encore dé¬
terminé. Il a la forme d’une petite grappe
de vésicules ; ce qui lui a valu de la part de
Cuvier le nom d 'Organe en grappe.
Les organes de la circulation et de la re¬
spiration sont d’un volume assez considéra¬
ble. Le cœur consiste en un ventricule et
une grande oreillette. Ce que ces organes
offrent de plus particulier, c’est que l’artère
branchiale communique librement avec la
cavité abdominale.
Le système digestif a pour origine une ou¬
verture buccale fendue longitudinalement
et recouverte en partie par le voile de la tête,
qui y forme des lèvres épaisses. C’est un
appareil musculaire assez considérable, com¬
posé de plusieurs paires de muscles destinés
à opérer le broiement des aliments. Des
glandes salivaires vermiformes , descendant
jusque dans la cavité abdominale , viennent
déboucher à la partie postérieure de la bou¬
che , vers l’origine de l’œsophage. Cet œso¬
phage est assez long; il tombe bientôt à
l’extrémité supérieure d’une grande poche
stomachale , contournée sur elle-même , et
d’une forme assez semblable à une corne¬
muse. Un second estomac succède à celui-ci,
et lui est attaché latéralement. Ce second
estomac peut être considéré comme un vé¬
ritable gésier ; il est épais , musculeux , et ,
sur sa paroi interne , s’élèvent des pyrami¬
des cartilagineuses, quadrangulaires , dont
les sommets s’entrecroisent. Cet appareil est
destiné, sans contredit, à broyer de nou¬
veau les matières alimentaires avant de les
laisser parvenir dans un troisième et dernier
estomac. Cette dernière cavité est moins
grande que la première, mais plus étendue
que la seconde. Sur une petite partie de ces
parois s’implantent de petits crochets carti¬
lagineux dont la courbure est dirigée vers
l’entrée du gésier. A l’extrémité inférieu¬
re se prolonge un appendice cœcal assez
considérable , à l’origine duquel on trouve
trois grands méats biliaires, surmontés
d’une sorte de valvule , qui se trouve entre
l’origine de l’appendice cœcal et l’entrée de
l’intestin. L’intestin sort de l’estomac immé¬
diatement à côté de l’appendice vermiforme.
Cet intestin reste cylindrique; il fait plu¬
sieurs grandes circonvolutions dans l’épais¬
seur du foie , et vient aboutir derrière le
pédicule des branchies , où il se termine par
un anus flottant. Le foie est très volumineux;
il constitue à lui seul une grande partie de
la masse viscérale ; il est divisé en plusieurs
lobes , et les vaisseaux biliaires , réunis en
trois troncs principaux , viennent porter le
liquide sécrété dans le troisième estomac.
Les Aplysies , comme tous les Animaux
ÀPL
ÀPL
de même ordre, sont monoïques. Tous
les individus ont les deux sexes; mais il
faut que deux se rapprochent pour opérer
la fécondation. Les organes mâles consis¬
tent en un organe excitateur placé à la
partie antérieure du corps , et qui est en
dessous de la tête, dont il est séparé par
un sillon transverse , peu profond. La tête
est grosse ; elle est portée par un col assez
court , qui se continue en grossissant rapi¬
dement avec le reste du corps. Sur cette
tête s’élèvent 4 tentacules ; il y en a une paire
qui est antérieure, et l’autre postérieure. Les
tentacules antérieurs sont les plus grands ;
leur forme ressemble beaucoup à celle des
oreilles du Lièvre. Aussi lorsque l’animal ,
contracté, prend une forme subglobuleuse,
il a assez exactement l’apparence d’un Lièvre
accroupi ; d’où est venu le nom vulgaire de
Lièvre marin , donné aux Aplysies. Les ten¬
tacules postérieurs sont coniques, et c’est à
leur base que Ton trouve le point oculaire.
Les yeux sont sessiîes , situés à la partie an¬
térieure de la base des tentacules. Le man¬
teau se divise en deux grands lobes qui
viennent se croiser sur le dos de l’animal ,
et concourt à couvrir ses organes bran¬
chiaux. D’après les observations de plusieurs
naturalistes , l’animal se sert quelquefois de
son manteau pour nager ; alors il en déploie
les deux lobes sur les parties latérales de
son corps. En dessous des parties libres du
manteau se trouve une sorte d’opercule
consolidé par une Coquille cartilagineuse,
engrenée dans un sac membraneux. Cette
sorte d’opercule branchial est élargie , et
l’animal peut cacher entièrement ses bran¬
chies par dessous. A la jonction du sac
membraneux de l’opercule avec la partie
postérieure du manteau , et justement dans
la commissure de ces deux lobes , l’animal
est pourvu d’un tuyau charnu, qu’il peut
allonger beaucoup , et qui a pour usage de
porter l’eau sur les branchies. Lorsque l’on
renverse l’opercule branchial , on trouve
au dessous une branche considérable divisée
à son sommet en un grand nombre de
houppes flottantes , dans lesquelles les vais¬
seaux se ramifient un grand nombre de fois.
Si maintenant nous pénétrons à l’intérieur,
nous trouvons une organisation assez com¬
pliquée , composée , comme dans tous les
Mollusques , des appareils de plusieurs fonc-
21
tions importantes. La tête , vue à son extré¬
mité antérieure , présente , un peu en des¬
sous, une bouche assez grande, sous la
forme d’une fente longitudinale. En ouvrant
la cavité intérieure de la bouche, on la
trouve garnie de plaques cornées , sur les¬
quelles font saillie de petits crochets rangés
en quinconces avec une extrême régularité.
Dans ses recherches sur la famille des Aply-
siens , M. Rang a fait voir que les Coquilles
des Aplysies se consolident peu à peu, et
finissent , dans une série d’espèces, par a-
voir une extrême ressemblance avec celles
des Doiabelles. En traitant de ce dernier
genre , nous aurons occasion de parler des
observations intéressantes de M. Rang.
On trouve des Aplysies dans presque tou¬
tes les régions du globe , non seulement sur
les côtes du continent, mais encore sur le
rivage des îles. Elles ont des mœurs diffé¬
rentes selon les espèces ; elles habitent ordi¬
nairement les plages peu profondes , vaseu¬
ses ou sableuses; elles se cachent à une pe¬
tite profondeur, et font sortir, au dessus du
sable qui les couvre , le tube branchial qui
apporte l’eau nécessaire à l’entretien de la
respiration. D’autres espèces se tiennent sur
les rochers, se cachent dans leurs anfrac¬
tuosités, ou se tiennent à l’abri sous les
pierres détachées des falaises. Elles se rap¬
prochent des rivages , dans nos régions, vers
le mois de juin , et commencent à les quit¬
ter au mois de septembre. C’est au prin¬
temps qu’a lieu la fécondation ; la ponte se
fait vers le mois d’août, et les œufs de la
plupart des espèces sont disposés en longs
filaments auxquels les pêcheurs donnent
le nom de Vermicelle de mer. Dans le Mé¬
moire que nous avons cité de lui , Guettard
est le premier qui ait observé les œufs des
Aplysies, et qui les ait reconnus. Avant lui ,
les agglomérations considérables qu’ils for¬
ment avaient été prises par les naturalistes
pour un Alcyon , et avait reçu le nom d fAl-
cyonum vermiculatum. Les observations
de M. Rang ont confirmé pleinement celles
de Guettard , et , puisqu’il est vrai que cha¬
que paquet de filaments est produit par un
seul individu , il faut convenir que les Aply¬
sies jouissent d’une prodigieuse fécondité.
Les Aplysies se nourrissent particulièrement
des fucus qui couvrent les plages basses de
la mer ; elles choisissent les plus tendres ;
22
APL
APO
mais elles mangent aussi de petits Animaux
marins , des Mollusques nus , des Annélides
et même de petits Crustacés. Le nombre
des véritables Aplysies est assez considéra¬
ble ; M. Rang en distingue vingt espèces ,
et il est bien à présumer que ce nombre
s’accroîtra considérablement lorsqu’on aura
fait de nombreuses recherches sur ce genre
dans un grand nombre de points où il a été
complètement négligé. On ne connaît point
encore jusqu’à présent de restes fossiles du
genre Aplysie ; les Dolabelles , beaucoup
plus solides , manquent également parmi les
fossiles. Nous avons pensé pendant quelque
temps que l’on pourrait bien rapporter aux
Aplysies le corps auquel les paléontologistes
ont donné le nom de Posidonie ; mais des
observations plus complètes, comme nous
le verrons à l’article posidonie de ce Dic¬
tionnaire, nous ont fait changer d’opinion.
(Desii.)
* APLYSIENS. Aplysiacea ( âiz/vaiu ,
saleté, malpropreté ). moll. — Lamarck le
premier créa une famille des Aplysiens dans
son premier volume de la Philosophie zoo¬
logique . Il y introduit les quatre genres
Aplysie, Dolabelle, Bullêe et Sigaret. En
1812 , dans l’extrait du Cours , il ajouta les
Bulles et les Acérés , et divisa la famille en
deux sections. Enfin , dans son Histoire
naturelle des Animaux sans vertèbres, il
fit sa famille des Bulléens de la première
section , transporta les Sigarets dans sa fa¬
mille des Macrostomes , et réduisit ainsi sa
famille des Aplysiens aux deux genres Aply¬
sie et Dolabelle. Cuvier, comme nous l’avons
vu , n’a point adopté la famille de Lamarck ;
et il a compris les Aplysies et les Dolabelles
dans sa famille des Tectibranehes. M. de
Férussac, dans ses Tableaux systématiques,
a constitué, sous le nom de Dicères, une fa¬
mille dans laquelle , avec les deux genres
de Lamarck , se trouvent rapprochés d’une
manière naturelle le genre Notarche de Cu¬
vier, et le genre Actéon d’Ocken. Dans sa
monographie des Aplysiens , M. Rang a con¬
servé le nom de Lamarck , et y a rassemblé
trois genres seulement: ce sont les Aplysies,
les Bursatelles , et les Âctêons; mais il faut
dire que M. Rang divise le genre Aplysie en
deux sous-genres : les Aplysies proprement
dites et les Notarches ; et , dans les Aplysies
woprement dites, M. Rang comprend deux
groupes principaux : les Dolabelles de La¬
marck et les Aplysies de Linné. Nous ren¬
voyons pour plus de détails aux articles con¬
cernant les genres cités dans celui-ci.
(Desii.)
* APOCELLUS ( ùkoaùAù, j’écarte?),
ms. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Brachélytres, tribu des Oxyté-
lines , établi par M. Erichson ( Généra et
species staphylinorum, p. 812), qui lui donne
pour caractères essentiels : Paraglosses réu¬
nies à la languette. Pattes intermediaires
rapprochées à leur base. Toutes les jambes
mutiques. Tarses modérément allongés. Il
y rapporte trois espèces, toutes de l’Améri¬
que. Nous n’en citerons qu’une comme type :
l’A. sphœricollis ( Lathrobinus sphœricolle ,
Say), qui habite la Caroline. Les Apocellus
ont le port des Stilicus et des Falagria , et
diffèrent entièrement des autres Oxytélines;
ils ont le corps lisse avec quelques poils.
On ne sait rien de leur manière de vivre.
(D. et C.)
* APOCLEA ( dicoxhiu, je ferme), ins.
— Genre de Diptères , division des Bracho-
cères, subdivision des Aplocères , section
des Tétrachœtes , famille des Tanystomes ,
tribu des Asiliques , sous-tribu des Asilites ,
établi par M. Macquart dans son ouvrage in¬
titulé : Diptères exotiques nouveaux ou
peu connus , et qu’il caractérise ainsi : Fa¬
ce plane ; premier et troisième articles des
antennes à peu près d’égale longueur. Ar¬
mure copulatrice des males petite. Oviducte
des femelles terminé par un cercle de poin¬
tes divergentes. Cuisses antérieures très ve¬
lues. Deuxième cellule sous-marginale ap-
pendiculée ; première postérieure fermée au
bord de l’aile.
Ce genre, qui se rapproche des Erax par
la cellule appendiculée des ailes et des Proc-
tacanthes par les pointes qui terminent la
tarière des femelles , diffère des uns et des
autres par la face plane , et par la première
cellule postérieure, fermée. Il est fondé sur
2 esp. rapportées d’Égypte par M. Bovée, et
nommées par M. Macquart, l’une A. fusca-
na, et l’autre A. pallida. Leur nom généri¬
que fait allusion à la première cellule posté¬
rieure de leurs ailes, qui est fermée. (D.)
*APOCOPTONfA ( ànov.ÔK-u, je coupe).
ins. — M. Kirby désigne ainsi, mais sans
en donner les caract., un genre de Colco-
APO
ptères tétramères , de la famille des Longi-
cornes , ayant pour type la Lamia ampu -
tator de Fabricius, qui se trouve dans plu¬
sieurs contrées chaudes de l’Amérique. La
femelle de ce Coléoptère, après avoir dépo¬
sé ses œufs sous l’écorce d’une jeune bran¬
che du Mimosa Lehbek , coupe circulaire-
ment, à l’aide de ses fortes mandibules, la
portion de la branche qui les renferme; et
c’est dans cette partie ainsi détachée, et qui
tombe à terre , que les larves se développent
et vivent aux dépens du bois mort , jusqu’à
leur changement en nymphe. L’insecte par¬
fait en sort au bout de quelques mois. ( Linn.
transact. , t. XIII, p. 604 ; Zoo log. journal,
t. VIII, p. 488.) Le g. dont il s’agit répond
à celui d’Oncideres de M. Serviîle. Voy. ce
mot. (IL et C.)
* AFOCUYFH A {âa'Sxpvft, apocryphe),
iîis. — Genre de Coléoptères hétéromères ,
famille des Mélasomes, établi par Esch-
scholtz dans V Atlas zoologique duvoyage du
capitaine Kotzebue , et qu’il caractérise
ainsi : Antennes de 11 articles; dernier ar¬
ticle elliptique plus long que les précédents.
Palpes sécuriformes. Tarses garnis de poils
denses en dessous. — Ce g. a pour type une
esp. de la Californie , que l’auteur nomme
A. anthicoïdes. Elle est figurée pî. XVIII ,
fig. 7, dudit ouvrage. D’après cette figure, le
g. Apocrypha serait très voisin du g. Tenty-
ria de Latreille. (D. et C.)
APOCRYPTE ( àirox/îwrcroa , je me ca¬
che ). poiss. — Genre que j’ai démembré
des Gobies , et qui est caractérisé parce que
lès dents, pointues, sont sur une seule rangée
aux deux mâchoires. Il n’a pas de dents
en velours. D’ailleurs , les espèces rappor¬
tées à ce genre ont , comme les autres Go¬
bies , les ventrales réunies en une seule pour
faire une sorte de ventouse sur leur poitri¬
ne. Le corps est allongé, à deux dorsales , à
caudale longue et pointue. Les écailles sont
très petites. Le nom que j’ai donné à ce
genre avait été employé par Osbeck pour
une espèce de Chine dont Linné a fait son
Gobius pectinirostris . Ces Poissons vivent
enfoncés sous la vase , à l’embouchure des
fleuves ou dans les étangs salés. On n’en con¬
naît que 5 esp., dont 4 ont été observées
sur la côte de Coromandel ou du Malabar.
La 5e vient des mers de la Chine et du Ja¬
pon. [v Ah,)
àpo n
APQCY1X. Apocynum ( cW, loin de;
xuwv, chien ; dont il faut éloigner les Chiens;
plante qui tue les Chiens), bot. pu. —
Genre de la famille des Apocynacées , tri¬
bu des Échitées , formé par Linné, et ad¬
opté par tous les botanistes modernes , a-
vec ces caract. : Calice 5-fide. Corolle hy-
pogyne, campanulée, 5-fide ; à tube pourvu
intérieurement de 5 denticules aiguës , in¬
cluses, opposées aux lobes du limbe; à
gorge nue. Étamines 5 , insérées au bas du
tube de la corolle , incluses ; filaments très
courts. Anthères sagittées , cohérentes avec
le milieu du stigmate, à appendices dé¬
pourvus de pollen. Ovaires 2 ; ovules nom¬
breux , attachés à la suture ventrale. Styles
presque nuis; stigmate dilaté, à sommet
conique. Cinq squammes hypogynes. Folli¬
cules grêles , distinctes. Graines nombreu¬
ses , chevelues à l’ombilic. — Les Apocyns
sont des plantes herbacées , vivaces , dres¬
sées , croissant dans l’Amérique et l’Asie
boréales , très rarement dans l’Europe au¬
strale. Leurs feuilles sont opposées, mem-
branacées , glabres ; l’inflorescence en cy-
mes. On en connaît 5 ou 6 esp., dont la
plus intéressante , et que l’on cultive dans
les jardins , est VA. androsœmi folium ,
vulgairement appelée Gobe-mouche , de
l’Amérique septentrionale. Les 5 nectaires
qui entourent le pistil de cette plante sé¬
crètent une liqueur sucrée, abondante , qui
attire les mouches, lesquelles, enfonçant
leurs trompes dans ces cavités perfides , en
excitent l’irritabilité, et les font se replier
sur elles -mêmes, et retenir ainsi les mou¬
ches prisonnières. On en voit souvent un
très grand nombre surprises ainsi sur la
même plante.
Une seconde esp. , cultivée comme plan¬
te d’ornement , mériterait les honneurs
d’une culture en grand , pour utiliser l’ex¬
cellente filasse que fournissent ses tiges :
c’est l’A. cannabinum. (C. L.)
APOCYNÉES. Apocyneœ. bot. ph.—
Famille de plantes dicotylédones, à corolle
monopétale hypogyne, offrant les caractères
suivants : Calice persistant , 5-fide ou 5- parti,
très rarement 4-fide, en général court, quel¬
quefois foliacé, muni en dedans de squammel-
les ou de séries de poils alternes avec les divi¬
sions. Corolle infundibuliforme ou hypocra-
tériforme, à tube et gorge dépourvus, ou.
24
APO
APO
dans certains g., munis d’écailles entières ou
découpées; limbe 5-fide ou 5-parti, quelque¬
fois 4-parti, à divisions très obliques, inéqui¬
latérales, à estivation contournée ou très ra¬
rement valvaire. Étamines en nombre égal
aux divisions de la corolle, égales , insérées
sur le tube ou à la gorge de la corolle, in¬
cluses ou saillantes; filaments en général
très courts ou presque nuis, quelquefois, di¬
latés dans leur partie supérieure. Anthères
introrses, biloculaires, ovales, acuminées ou
mucronées, souvent sagittées ; loges rem¬
plies de pollen granuleux , et terminées par
des appendices basilaires coriaces, ou elles-
mêmes cartilagineuses , libres , dressées ou
conniventes, souvent appliquées longitudi¬
nalement par leurs bords, de manière à for¬
mer une sorte de petit cône qui cache le
stigmate et fait saillie en dehors du tube de
la corolle ; ces anthères se fixent plus ou
moins intimement contre le stigmate qui
reçoit immédiatement le pollen. Ovaire com¬
posé de deux carpelles distincts ou connés ,
simple ou double , biloculaire ; placentaire
situé sur la face ventrale correspondant à la
ligne' de suture des carpelles, très rarement
simple, uniloculaire, à placentation pariétale.
Ovules en nombre indéfini, ou solitaires dans
un très petit nombre de genres, campuli-
tropes ou anatropes. Style simple, renflé au
sommet en une sorte de cylindre terminé
brusquement en une pointe fendue plus ou
moins profondément ; la partie stigmatique
correspond à la portion cylindrique , contre
laquelle viennent se coller les anthères. Fruit
(follicule) géminé ou simple par avortement,
plus rarement capsulaire, à deux loges qui
résultent souvent alors de la soudure de deux
carpelles, quelquefois drupacé ou baccifor-
me, mono-polysperme, rarement capsulaire,
uniloculaire, bivalve. Graines de forme va¬
riable , très généralement comprimées, en¬
tourées d’une aile membraneuse, ou munies
de poils soyeux à leur point d’attache, lesquels
sont placés, dans certains genres , à l’extré¬
mité opposée au hile. Ces graines, recouvertes
d’un test mou ou subéreux, renferment un
périsperme charnu ou cartilagineux peu épais
ou même quelquefois nul ; l’embryon droit,
souvent foliacé , présente des cotylédons
plans ou rarement convolutés.
Les Apocynées présentent , par leur fruit
paceiforme ou drupacé, des affinités ayecles
Oléinées et lesLoganiacées; les connections
que l’on a cru pouvoir indiquer avec les Ru-
biacées sont plus apparentes que réelles, et
dépendent presque uniquement de la forme
des organes floraux et de la position des
feuilles : car l’insertion épigynique des Ru-
biacées doit les éloigner des familles que je
viens de citer, et en particulier des Apocy¬
nées , lesquelles diffèrent au contraire à
peine des Asclépiadées , si ce n’est par la
forme de l’appareil staminal, et surtout par
la structure remarquable du pollen, qui, au
lieu d’être pulvérulent , comme il l’est ici ,
forme une masse unique dans chacune des
loges.
Les Apocynées habitent pour la plupart
les régions tropicales des deux continents ;
l’Europe n’en possède qu’un petit nombre ,
parmi lesquelles je citerai la Pervenche et
le Laurier-Rose. Leurs propriétés sont en
général très prononcées; leur suc, laiteux,
passe pour un poison très violent; mais ces
propriétés énergiques, répandues dans la pres¬
que-totalité des Apocynées, ne sont cepen¬
dant pas générales , car on mange les fruits
charnus de plusieurs d’entre elles. Plusieurs
d’entre elles fournissent du caoutchouc.
Les espèces de cette famille sont des arbres
souvent très élevés, des arbrisseaux ou des
herbes à feuilles opposées , ternées ou al¬
ternes, simples et toujours entières, sans
stipules, mais offrant souvent, ainsi que les
Asclépiadées et les Loganiacées, soit des
glandes, soit des oreillettes interpétiolaires.
Les fleurs, régulières et parées des plus bril¬
lantes couleurs, exhalent souvent des odeurs
extrêmement suaves qui font cultiver cer¬
taines espèces , et les femmes de toutes les
îles de l’Océanie recherchent celles des Plu-
meria pour s’en faire des ornements.
Les travaux les plus complets sur les Apo¬
cynées sont ceux de R. Brown, insérés dans
les Mémoires de la Soc. Wernérienne, et la
récapitulation de tous les genres dans l’ou¬
vrage de M. Endlicher, auquel j’emprunte
les divisions secondaires, et le catalogue des
genres tel qu’il est admis aujourd’hui. Il
partage les Apocynées en quatre tribus dont
le principal caract. est tiré de la consistance
du fruit, qui est charnu, drupacé ou en
follicules. Les premières tribus se subdivi¬
sent elles-mêmes en groupes secondaires
qui sont les suivants ;
APO
APO
Genres. Sous-ordre L CARISSEES.
Ovaire unique, biloculairc ; placentas placés
sur la cloison , ou uniloculaire, à placentas
pariétaux et correspondant à la suture des
carpelles.. Fruit bacciforme ou très rarement
capsulaire. — Carissa , L.; Hancornia, Gô¬
mez ; Ambelania, Aubl. ; Pacouria, Aubl.;
Collophora, Mart. ; Landolphia , Palis. ; Me-
lodinus , Forst. ; Courna , Aubl.; Chilocar-
pus , Bl. ; Willughbeia , Roxb. ; Le ucono-
tis, Jack; Allamanda, L.
Sous-ordre II. OPHIOXYLEES. Ovaire
double, fruit drupacé. — Vallesia, R. et
P. ; Ophioxylon , L. ; Tanghinia , Thouars ;
Thevetia, L.; Cer&era, L.; Ochrosia, Juss.;
Kopsia, Bl. ; Rauwolfia, Plum. ; Condylo-
carpon, Desf. ; Alyxia, Banks. ■
Sous-ordre III. EUAPOCYNÉES. Ovaire
double. Fruit folliculaire ; follicules souvent
charnus ou pulpeux.
Tribu I. plumériées. Graines dépour¬
vues de soies et souvent peltées. — Hun-
teria , Roxb. ; Urceola , Roxb. ; Taber-
nemontana, L.; Voacanga, Thouars; Or-
chip eda, Bl.; Aspidosperma, Mart. et Zucc.;
Plumeria , L. , Carrier aria, Plum. ; Gonio-
ma , E. Mey. ; Rhazya, Decaisn. ; Amsonia,
Walt. ; Vinca , L. ; Lochnera, Reichb. ; —
Plectaneia, Thouars.
Tribu II. alstoniées. Follicules coriaces ;
graines peltées, ciliées; cils allongés, formant
une sorte de chevelure aux deux extrémités
des graines. — Alstonia, R. Br.
Tribu III, échitées. Follicules coriaces
ou membraneux, distincts ou rarement sou¬
dés de manière à constituer une capsule.
Graines chevelues vers leur point d’attache.
— Echites , R. Brown ; Ichnocarpus, R. Br. ;
Beaumontia, Wall. ; Holarrhena, R. Br. ;
P achy podium, Lindl. ; Isonema, R. Br. ;
Thenardia , H. B. R. ; Vallaris , N. L.
Burm. ; Parsonsia, R. Br. ; Ecdysanthera,
Hook. et Arn. ; Heligme, Bl. ; Lyonsia, R.
Br. ; Pottsia , Hook. et Arn. ; Apocynum ,
L.; Ectadium, E. Mey. ; Cryptolepis , R.
Br. ; Prestonia, R. Br. ; Balfouria , R. Br.;
Nerium, L. ; Strophantus, DC.
Tribu IY. wrightiées. Graines munies
d’une chevelure à l’extrémité opposée au
hile ou point d’attache. — - Wrightia, R.
Br.; Iiixia, Bl.
Genres douteux. Alafia, Thouars; Sy-
strepha, Burch. ; Anabata , Willd. ; Disso-
T.. II.
25
lena , Lour. ; Vahea , Lamk. ; Cercocoma,
Wall. cat. ; Crypsolobus , Wall.; Syringos -
ma ; Zucc. ( J. D.) ,
* APOCYRTUS ( «rcà , sans ; xÙ/îtos ,
courbé ). ins. — Genre de Coléoptères té-
tramères , famille des Curculionites , établi
par Erichson , qui le caractérise ainsi : An¬
tennes de longueur médiocre; les deux pre¬
miers articles du funicule allongés ; les au¬
tres courts , ronds , égaux ; massue en ovale
allongé , presque solide. Rostre assez court,
épais , séparé du front par un sillon. Yeux
ronds, peu saillants. Prothorax convexe,
arrondi sur les côtés. Élytres réunies, — Ce
g. appartient à la division des Pachyrhyn-
chides de Schœnherr , et se place entre les
g. Pachyrhynchus et Psalidium de cet au¬
teur. Il a pour type une esp. trouvée dans
l’île de Luçon, et nommée par Erichson
Apocyrtus infiatus. Cette esp. est décrite
et figurée dans le premier supplément au
16e vol. des Nouveaux Actes de V Acadé¬
mie des Curieux de la nature , p. 252, tab.
28, fig. 8. Schœnherr cite trois autres esp.
des Indes : VA. profanus d’Esch., VA. impius
d’Erichs. , et le Curculio œneus , qui est le
même que le Margarita d’Oliv.
(D. et C.)
*APODA ( « priv.; nous, pied ). ins. —
— Maworth désigne ainsi un genre de Lé¬
pidoptères de la famille des Nocturnes et
de la tribu des Cocliopodes , lequel corre¬
spond au g. Limacodes de Latreille. Voy.
ce mot. (D.)
*APODANfTHE ( «priv.; nous , rcoàVs,
pied; «v0vi, fleur; fleurs sessiles ). bot. pii.
— Genre de la famille des Rafîlésiacées ,
formé par M. Poiteau [Annal. Sc.nat., t.
III , p. 421 , t. 26 , fl), qui n’en a connu
et décrit que l’individu femelle , et qu’on
rapporte avec quelque apparence de certi¬
tude au g. Frostia de Bertero. Voy. fro-
STIA. (C. L.)
APODANTHUS. bot. cr. — Ce nom,
créé par de M. de La Pylaie pour un préten¬
du genre de Mousse , doit être définitive¬
ment rayé de la nomenclature de cette fa¬
mille , et ne doit plus faire partie que de
son histoire. Ainsi que Bridel l’annonce à la
fin de sa Bryologie universelle, et que nous
nous en sommes assuré nous-même en vi¬
sitant l’herbier de l’auteur, le genre en
question avait été fait sur une capsule du
2*
26
APO
APO
Splachnum ampullaceum , séparée de son
pédoncule et incrustée dans une sorte de
terreau formé par les débris du même
Splachnum et d’autres végétaux. (G. M.)
APODE ( à priv. ; «oSs, ir©’< Pos, pied).
zool. et bot. — Leslchthyologistes appellent
ainsi tous les Poissons privés de nageoires
ventrales. Cuvier n’applique cette dénomi¬
nation qu’aux Poissons anguilliformes. M. de
Blainville donne le nom Apodes au troi¬
sième ordre de sa deuxième tribu des Pois¬
sons , aux Serpents , au troisième ordre de
ses Lacertoïdes , et étend cette désignation
à la huitième classe du sous-type des Ento-
mozoaires , tandis que Lamarck la restreint
aux Annélides.
Les Entomologistes appellent Apodes les
larves des insectes qui sont dépourvues de
pieds.
Les Botanistes ont donné cette épithète
à une Fougère, le Trichomanes apodum,
dont les frondes sont communément sessi-
les, et à une Mousse à épis sessiles, le Ly-
copodium apodum.
Pendant long-temps on a cru que les Oi¬
seaux de Paradis étaient privés de pieds, ce
qui leur avait fait donner le nom de Parad.i-
siaapoda ; mais on a reconnu que cette er¬
reur était produite par la coutume des Pa¬
pous de leur arracher les pattes avant de les
livrer au commerce. (C. d’O.)
APODÈME (arcotTiw, je lie, j’attache ).
anat. — Mot employé par MM. Audouin et
Milne- Edwards pour désigner les lames in¬
ternes du squelette tégumentaire des ani¬
maux articulés , qui naissent souvent des
lignes de soudure des pièces principales de
ce squelette. (M. E.)
APODERE. Apoderus (ebro«Pé/îw, j’écor¬
che ). iins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionites, fondé par
Olivier aux dépens des Attélabes de Linné
et adopté par la plupart des autres entomo¬
logistes. Schœnherr le range dans sa tribu
des Attélabides. Les Apodères ont de grands
rapports avec les Attélabes ; mais ils s’en
distinguent par leurs antennes de 12 arti¬
cles , dont les 4 derniers forment la massue;
le rostre , épais , à peine dilaté à son extré¬
mité; la tête, prolongée en arrière, et séparée
du corselet par un cou étranglé très distinct ;
le corselet, très rétréci en avant. D’après
son dernier Catalogue, M. Dejean rapporte
à ce genre 22esp., dont 6 seulement d’Eu¬
rope ; les autres appartiennent à l’Asie et à
l’Afrique. Nous citerons parmi les premiè¬
res l’A. avellanœ ou Attelabus,idem, de Lin¬
né , qui peut être considérée comme le type
du genre. Cette esp. est répandue dans toute
l’Europe, et a été figurée dans plusieurs
ouvrages, entre autres dans Olivier ( Eut .,
t. LXXXI, p. 12, n° 14 ). C’est la Tête écor¬
chée , ou Rhynomacer coryli de Geoffroy,
qui se trouve aux environs de Paris. Il est
d’un rouge vermillon luisant en dessus,
avec la tête et l’extrémité des pattes noires.
(D. et C.)
APODES ( « priv., itou s , iro’cPos , pied ;
c’est-à-dire sans pieds ). annél. — M. de
Blainville donne ce nom à une classe des Ani¬
maux articulés qui comprend non seulement
les Annélides apodes de Lamarck , etc. ;
mais aussi la plus grande partie de ses Vers
intestinaux. Plusieurs ordres de ces der¬
niers reçoivent en particulier le nom d’An-
nélidaires et sont considérés comme con¬
stituant les termes extrêmes de la série des
Vers, et comme conduisant aux Animaux
rayonnés, à la plupart desquels ils sont mê¬
me inférieurs , si l’on considère en particu¬
lier chacune de leurs fonctions. Voy. les
articles vers et apode. (P. G.)
* APODIPIïES. ms. — Genre établi par
M. Spinola(Fss. sur les Hémipt. hétéropt .)
dans la famille des Scutellériens, de l’ordre
des Hémiptères , pour deux esp. rapportées
par tous les autres entomologistes au g.
Halys. M. Spinola les distingue des espè¬
ces de ce dernier g. par l’insertion du ros¬
tre , situé en avant du trou antennaire ;
mais ce caract. ne nous a pas paru facile¬
ment appréciable , et , pour cette raison ,
nous avons cru ( Hist. des an. art. , t. IV )
ne pas devoir séparer génériquement les
Apodiphus des Halys. Les deux esp. signa¬
lées sont les A. Spinulosa ( Halys Spinulo-
sa Lefebv.) de Syrie, et A. Hellenica ( Ha -
lys Hellenica Lefebv.) de Grèce. Voy. ha¬
lys. (Bl.)
*APODOGYNUS, DC. (. Prodr . t. III,
p. 65) ( à priv.; iroys , icocTos, pied ; yuvii , fem¬
me , pistil ). bot. ph. — Section établie par
M. de Candolle dans le genre Goniocarpus ,
Kœn., de la famille des Haloragées , et ca¬
ractérisée par des stigmates sessiles , tuber-
culiformes.
APO
27
Cette section comprend les Goniocarpus
mtcranthus, Thunb.; scaber , Kœn.; et mi-
crocarpus, DC. (Sp.)
*APODONTIS, Bennett, (à* o, distant ;
cfovç, dvros, dent), poiss. — Nom gé¬
nérique d’un groupe de Poissons que M.
Bennett a proposé pour remplacer celui
d'Apolectus , sous lequel il avait d’abord
établi un nouveau genre ; mais il a dû faire
ce changement , parce que nous avions déjà
employé ce mot pour la dénomination
d’un autre genre de la même famille , celle
des Scombéroïdes.
Le g. Apodontis , tel que le connaît M.
Bennett, est caractérisé par un corps allon¬
gé , presque sans écailles ; à ligne laté¬
rale couverte d’écailles semblables entre
elles. Les deux dorsales sont rapprochées,
presque continues; les dents maxillaires
sont fortes , coniques et éloignées. L’auteur
dit que ce g. est très voisin des Cybium ,
dont il diffère à peine par les dents coni¬
ques et écartées. Il croit qu’il faut y join¬
dre le Scomber maculatus de Mitchill , que
nous ayons cru devoir ranger parmi les
Cybium.
M. Bennett ne cite qu’une seule espèce ,
nommée par lui Apodontis immunis , à
corps sans taches , bleu pâle en dessus , et
argenté sur les côtés et sous le ventre ; la
dorsale antérieure est noire. Ce poisson
faisait partie d’une collection présentée à la
Société zoologique de Londres par le capi¬
taine Belcher, qui l’avait formée sur les
côtes du nord de l’Afrique baignées par
l’Atlantique. Il est à regretter que M. Ben¬
nett ne soit pas entré dans plus de détails
sur ce poisson , qui doit être , je crois ,
rangé dans le g. des Cybium. (Val.)
* APODOTES, Benth. ( «*rous, «rcocTos ,
sans pieds), bot. ph. — Section établie
par M. Bentham ( Labiat ., p. 79), dans le g.
Hyptis (famille des Labiées) , et qu’il carac¬
térise comme il suit : Capitules sessiles, sub¬
distincts. Faux verticilles tous distancés.
Bractées nombreuses, apprimées. Calice
fructifère dressé. (Sp.)
*APODYNOMÈNE, E. Meyer ( Comm.
Plant. Afr. austr. , p. 111) {à* o, sans;
{JWa/At; , force), bot. Pn. — Genre de la
famille des Légumineuses, sous-ordre des
Papilionacées , tribu des Lotées, sous-tribu
des Galégées , voisin des Tephrosia , dont
APO
il diffère : 1° par des fleurs accompagnées
chacune d’une bractée spathacée, scarieuse,
nerveuse, ovale, semi-bifide; 2° par des
graines horizontales , à hile terminal. L’au¬
teur de ce g. en énumère 4esp., dont l’une
( A. grandiflora E. M. ) est le Tephrosia
grandiflora Pers. , ou Galega grandiflora
Vill. , remarquable par l’élégance de ses
fleurs, et fréquemment cultivée comme
plante d’ornement. (Sp.)
*APOGETON, Schrad. bot. ph.— Syn.
du g. Aponogeton , Thunb. , de la famille
des Saururées. (Sp.)
*APOGOIV priv.; rcotyojv, barbe), bot.
ph. — Ce genre fait partie de la tribu des
Chicoracées, parmi les Composées ; il réunit
presque, par ses caractères , les Lampsana
aux Hyoseris. Ces caract. sont les suivants :
Capit. 8-10 flores ; involucre composé éga¬
lement de 8-10 écailles ovales , acuminées,
disposées sur deux rangs ; réceptacle nu ;
ligules plus longues que l’involucre. Fruits
oblongs , cylindracés , dépourvus d’aigrette ,
ou seulement d’un rebord membraneux très
court qui en tient lieu. — Les deux espèces
connues sont originaires de l’Amérique bo¬
réale. Ce sont des herbes à feuilles caulinai-
res , semi-amplexicaules ; celles du sommet
presque opposées , renfermant , pour ainsi
dire , plusieurs pédicelles disposés en om¬
belle et munis chacun d’un capitule de fleurs
jaunes. (J. D.)
APOGON («in.V/wv, sans barbe), poiss.
— Genre de poissons de la famille des
Percoïdes à deux dorsales distinctes , plu¬
tôt nommé par Lacépède qu’établi par
cet auteur sur ses véritables caractères.
Ils consistent dans la disposition suivante :
La bouche est garnie de dents en velours
aux deux mâchoires sur les palatins et sur
le vomer. Le préopercule a un double rebord
horizontal ; le rebord montant est finement
dentelé. La langue est lisse et libre; la
membrane branchiostège a sept rayons. Les
deux dorsales sont peu étendues et séparées;
les écailles assez grandes , tombant facile¬
ment. L’estomac est petit et charnu ; le py¬
lore est muni de 4 appendices cœcaux; l’in¬
testin fait deux replis ; il y a une grande
vessie natatoire. Cet ensemble de caractères
montre l’affinité des Apogons avec les Per¬
ches. Ils s’en distinguent surtout par la
double crête qui existe le long du bord ho-
APO
APO
rizontal du préopercule. Il n’y a ici aucu¬
ne des pointes qui existent dans les Perches
ou dans les Bars : ceux-ci ont la langue hé¬
rissée de dents ; les Apogons n’en ont pas.
Toutes les esp. de ce g. sont de très petite
taille ; l’une d’elles abonde dans la Méditer¬
ranée ; aussi est-elle connue des premiers
ichthyologistes. Gessner en a donné une
bonne figure, Willughby une bonne descri¬
ption ; et comme l’Apogon est nommé en
quelques endroits Roi des Mullets (Mullus),
Artedi et Linné l’ont considéré comme une
espèce de ce genre privée de barbillons ,
et l’appelèrent Mullus imberbis. Ce rappro¬
chement inexact a induit en erreur presque
tous les successeurs de ces deux natura¬
listes, et les a empêchés le plus souvent
de reconnaître l’Apogon dans cette déno¬
mination de Mullus imberbis , et dès lors ils
lui en donnaient de nouvelles , qui ont été
fautives pour plusieurs naturalistes. Grono-
vius en a en fait son genre Amia , nom qui
aurait dû être conservé, mais que l’on a ap¬
pliqué ensuite à un poisson des eaux dou¬
ces d’Amérique bien différent de celui dont
nous parlons ici.
M. Lacépède a supposé que le Mullus im¬
berbis avait tous les caractères des Mulles ,
sauf les barbillons ; c’est ce qui l’a engagé
à appeler le genre qu’il voulait créer Apo-
gon. Mais en même temps il reproduisait ,
d’après les matériaux de Commerson, le
même g. , et peut-être la même esp. , sous
trois noms différents : car son Ceniropome
doré, son Ostorhynquc Fleurieu et son Dip-,
terodon hexacanthe , ne sont que des Apo¬
gons. M. Maximilien Spinola, ne compre¬
nant pas bien les caract. du g. Ceniropome
de Lacépède , décrivit de nouveau notre pois¬
son de la Méditerranée sous le nom de Cen-
tropome doré (nom spécifique donné par La-
cépôde à un poisson d’un g. tout différent,
celui des Myripristis). M. de La Roche vit
VApogon aux îles Baléares , et crut le recon¬
naître dans le Perça pusilla de Brunnich,
qui est aussi un poisson bien distinct de
VApogon , et M. Rafmesque en fait un Di-
pterodon ruber. Avant lui , M. Risso avait
parfaitement reconnu le Mullus imberbis
d’Artedi. Il est le seul auteur moderne qui
ne se soit pas trompé. M. Cuvier a débrouil¬
lé toute cette confusion de syhonymie dans
pop Mémoire sur l’Apogon inséré dans le
Recueil des mémoires du Muséum. On voit
VApogon de la Méditerranée s’avancer jus¬
qu’aux Canaries ; mais ni l’esp. de la Méditer¬
ranée ni d’autres du même g. ne se trouvent
sur la côte d’Amérique ou d'Afrique ; tandis
que dans les mers de l’Inde , et surtout vers
les mers australes , nous voyons reparaître
notre Apogon , ou du moins une espèce si
voisine, qu’on a bien de la peine à l’en dis¬
tinguer. C’est elle qui a été donnée sous
trois noms différents par Lacépède: Les au¬
tres espèces vivent dans la mer des Molu-
ques ; la mer Rouge en nourrit un assez
grand nombre. On en connaît aujourd’hui
plus de vingt espèces, dont les nombreux
individus que j’ai vus varient pour la taille
de 5 à 14 ou 15 centimètres. (Val.)
APOGONES ( «priv. ; iti>ywv, barbe ).
bot. en. — Palissot de Beauvois donnait
ce nom aux Mousses privées de péristomc.
Il est donc synonyme (V Apéristomêes , qui
a prévalu. Toutefois ce botaniste y compre¬
nait «à tort le genre Tetraphys , évidemment
muni d’un péristome à quatre dents, qu’il
considérait , lui , comme un opercule qua-
drifide. (C. M.)
APOGONIE. Apogonia ( yw, , sans
poils ). iss. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Lamellicornes , tribu
des Scarabéides - phyllophages , établi par
Kirby, qui lui donne pour caract. : Labre
arrondi postérieurement, muni d’une poin¬
te dans son milieu antérieur. Lèvre trans¬
versale un peu aiguë au milieu, portant
les palpes labiaux à sa base. Mandibules un
peu arquées , cornées, très fortes , voûtées ,
et un peu échancrées à l’extrémité ; mâ¬
choires mandibuliformes , très courtes , é-
dentées au sommet , peu échancrées. Pal¬
pes presque en massue: Antennes de dix
articles ; les trois derniers formant une
massue presque lancéolée , garnie de poils.
Sternum et prosternum sans prolongement.
Tous les crochets des tarses bifides.
Ce genre a été fondé par l’auteur sur une
seule esp. , qu’il présume être du Brésil , et
qu’il nomme Gemellqta . Elle est figurée
dans un ouvrage de lui , intitulé : Centurie
d’insectes, contenant plusieurs g. nouveaux,
pl. 2, fig. i , et dans V Iconographie du Rè¬
gne animal de Cuvier, par M. Guérin, pl. 24,
fig. 4. M. Dejean , dans son dernier Catalo¬
gue , y réunit 5 autres esp. , dont 2 du gç-
APO
APO
29
négal et 3 des Indes orientales. Enfin , M.
Boisduval , dans la partie entomologique du
Voyage de V Astrolabe , en décrit et figure
une septième esp. sous le nom de A . con-
spersa , comme ayant été trouvée dans Plié
de Vanikoro. (P. et G.)
*APOICA (anàixidc , colonie ; à cause de
la réunion en société de ces insectes ; il
faudrait écrire Âpœcia). ins. — Genre de
la famille des Guêpiens , de l’ordre des Hy¬
ménoptères , établi par M. Lepelletier de
Saint -Fargeau ( Ins. JELym. , suites à Buf-
fon) , et regardé par nous ( Hist. des an,
art., t. IV) comme une simple division du
g. Agelaia du même auteur. Les Apoica
sont caractérisés surtout par les mandibu¬
les, dont la première dent est oblitérée , et
par les ailes, ayant leur seconde cellule
cubitale assez dilatée vers le disque , et ré¬
trécie vers la radiale, celle-ci ne s’avançant
pas beaucoup plus près de l’extrémité de
l’aile que la troisième cellule cubitale. M.
Lepelletier de Saint-Fargeau ne rapporte à
son g. que deux esp. de l’Amérique méri¬
dionale : ce sont les A. lineolata et palli-
da Lep. (Bl.)
* APOLECTE. Apolectus ( ««oÎsxtos ,
nom d’un poisson cité par Hermolaüs
dans Athénée, et voisin de la Pélamyde).
poiss. — Genre de Poissons créé par MM.
Cuvier et Valenciennes , dans la famille des
Scombéroïdes , pour un poisson de l’Inde ,
qui ressemble aux Trachinotes , mais qui
s’en distingue par ses ventrales jugulaires.
Ce poisson a , d’ailleurs , le corps haut et
très comprimé. Les mâchoires sont armées
de dents pointues ; la nuque est tranchante ,
et a une épine couchée en avant , laquelle
est suivie de quatre autres petites et mo¬
biles. Les pectorales sont longues et en for¬
me de faux; les écailles sont d’une petitesse
extrême. — La seule esp. connue de ce g.
(Apolectus stromatoïdes Cuv. et Val.) vient
de la côte de Malabar.
Sous la dénomination Apolectus, M.
Bennett avait établi dans les Proceedings
de la Société zoologique un genre de pois¬
sons de la famille des Scombéroïdes ; mais,
voyant que nous avions employé déjà ce
nom pour désigner un autre genre , M.
Bennett a changé le nom du g. créé par
lui en celui d 'Apodontis. Voy. ce mot.
(Val.;
APOLLE. Apollo ( ÂrtcMwv , Apollon ;
Myth. ). moll. — Genre tout à fait inutile,
proposé par Montfort pour celui des Ba-
nelles de Lamarck , qui offrent à la base de
la columelle une fente ombilicale plus ou
moins large. — Ce g., comme on le voit ,
ne peut être adopté. (Desh.)
APOLLON. Apollo. ins. — Nom d’un
très beau Papillon de jour, propre à toutes
les montagnes de l’Europe , comme à celles
du Nord et du centre de l’Asie , lesquelles
doivent être d’autant plus élevées , pour
l’y rencontrer, que la latitude du pays est
plus méridionale. C’est ainsi qu’on le' trou¬
ve à la fois en Suède , sur la Sierra Nevada ,
en Espagne , en Sibérie , et sur l’Himalaya ,
en Asie. Du reste , ce papillon, qui appar¬
tient au g. Parnassius ( Voy. ce mot ) , est
très commun dans les Alpes, les Pyrénées ,
les Cévennes et les montagnes de l’Auver¬
gne. Sa chenille vit sur les Sedum et les
Joubarbes. (D.)
*APOLLONÏAS ( xkoïïm'jluç , consacré
à Apollon ). bot. ni. — Genre de la famil¬
le des Laurinées , tribu des Camphorées ,
formé par Nees von Esenbeck ( Prog . 10,
Laurin, 95 ) , qui lui attribue ces caract. :
Fleurs hermaphrodites. Périgone 6 - fide ,
presque égal ; à lacinies membranacées , se
durcissant ensuite en une cupule autour
du fruit. Étamines 12, quadrisériées, dont
9 extérieures fertiles , 5 intérieures stériles-,
3 fertiles intimes , accompagnées latérale¬
ment de staminodes binés , stipités. Anthè¬
res de la lre et de la 2e séries introrses;
celles de la 3e extrorses ; toutes oblongues,
bilocellées , déhiscentes par autant de val¬
vules ascendantes. Les étam. stériles stipi
tées , se terminant en un capitule globu¬
leux , qui se change quelquefois en anthè¬
re ; accompagnées de glandules géminées ,
stipitées à la base ou sessiles au dessous du
capitule. Ovaire uniloculaire, uni-ovulé.
Stigmate déprimé -capité. Baie monosper¬
me, enveloppée à sa base par le périgone
persistant , endurci et connivent. — Ce g.
ne renferme qu’une esp. (Laurus canarien-
sis, Willd.). C’est un arbre moyen, à feuilles
alternes , persistantes, obscurément veinées-
penninerves ; à gemmes petites , bivalves ,
à fleurs nues, en panicules étroites. Il croît
aux Canaries et a le port du Laurus no~
bilis, (C. L.)
APO
30 APO
APOMÆA, Neck. bot. ph.~ Syn. du
g. ipomœa. (Sp.)
* APOMASTOMES. moll. — Voyez
APOMATOSTOMES. (C. D’O.;
* APOMATOSTOMES. Apomatosto-
ma ( « priv. ; nuy-u. , opercule ; a ro>«, bou¬
che). moll. — Menke donne ce nom à un
sous -ordre de l’ordre des Gastéropodes,
comprenant ceux dont la coquille est dé¬
pourvue d’opercule. Férussac écrit Apo-
mastomes. (C. d’O.)
APOMECYNA (cwo/mxûvw , j’allonge).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères ,
famille des Longicornes , établi par M. De-
jean aux dépens des Saperdes de Fabricius,
et adopté par M. Serville , qui le place dans
la tribu des Lamiaires , sous-tribu des Con¬
vexes ( Ann. de la Soc. ent. de France, t.
IY, p. 77 ). Les caract. en sont : Corps ovalai-
re-convexe. Tête assez grosse , avec sa face
antérieure un peu bombée. Mandibules très
petites. Palpes courts, filiformes , ayant leur
dernier article grêle et pointu. Antennes
glabres , moitié moins longues que le corps ,
écartées à leur base , ayant leur premier ar¬
ticle allongé , en cône renversé ; le second,
court; le troisième, cylindrique , ainsi que
les sept suivants; le plus grand de tous,
le quatrième , moitié plus court que le troi¬
sième; les autres , diminuant graduellement
de longueur; le onzième, très court et
pointu dans les femelles. Corselet en carré
long, ayant son bord antérieur coupé droit,
et ses bords latéraux mutiques. Écusson
presque triangulaire. Élytres longues, un
peu ovalaires , assez étroites , et mutiques à
leur extrémité. Pattes courtes , d’égale lon¬
gueur ; cuisses non en massue. Parmi les
5 esp. rapportées à ce g. par M. Dejean,
dans son dernier Catalogue , nous citerons
comme type VApomecyna albo-guttata ,
Mégerle, des Indes orientales , qui est peut-
être la Saperda histrio de Fabricius.
(D. et C.)
APOMÉSOSTOMES (^o, sur; /*s<70$,
milieu ; c?r o>« , bouche), échin. — Klein a
donné ce nom à une section qu’il a proposé
d’établir dans la famille des Oursins pour y
ranger ceux de ces animaux dont la bouche
n’est pas centrale. (C. d’O.)
APONA ( «trovst ? remèdes contre les
douleurs ou la lassitude ). bot. cr. ( Phv-
cées. ) — Genre d’ Algues , de la tribu des
Batrachospermées , créé par Adanson , mai»
trop imparfaitement déterminé pour que
l’on puisse être certain de la place qu’il doit
occuper. Quelques unes de ses esp. sont
rapportées au g. Batrachospermum.
(De Bréb.)
APONÉVROSE. Aponeurosis { cxicovev-
ponlz, nom grec de l’Aponévrose), anat.—
Les Aponévroses sont des membranes blan¬
ches, luisantes, très résistantes, et compo¬
sées de fibres entrecroisées. Celles qui se
trouvent à l’extrémité des muscles se nom¬
ment Aponévroses d’insertion. Il y a aussi
les Aponévroses dites d’enveloppe ; elles ont
la forme des membres ou des organes
dont elles recouvrent et maintiennent les
muscles. (M. S. À.)
APONOGETON ( apon , mot celte qui
signifie eau ; yeccdav , voisin), bot. ph. —
Genre de la famille des Saururacées , formé
par Thunberg (Nov. Gen., 72) , revu et ad¬
opté par les botanistes modernes , avec ces
caract. : Épis floraux terminaux, conjugués-
binés , enveloppés d’un involucre diphylle ,
persistant , coloré , alternant avec les épis ;
fleurs unilatérales en dedans, sessiles, distan¬
tes ; chacune soutenue par une bractée soli¬
taire ou double et géminée-colorée; les ter¬
minales tri-bractéées , la plus infér. sessile
dans la dichotomie des épis. Périgone nul.
Etam. 6-18, imparfaitement périgynes ; fila¬
ments subulés, adnés à la base extrême
de l’ovaire ; quelques uns parfois abortifs.
Anthères à loges opposées , bordant le con¬
nectif. Ovaire 5-5-loculaire , 3-5-rostré , se
terminant en autant de stigmates subrecour¬
bés ; ovules 2-4 , ascendants , orthotropes ,
attachés à la base de l’angle central des lo¬
ges. Capsule 5-5-loculaire, 5-5-fide, dé¬
hiscente en dedans ; à loges 1-4-spermes.
Graines dressées, oblongues; à test coriace,
lisse. Embryon très petit , antitrope , dico-
tylédon ; à radicule supère , dans une po¬
che située dans une cavité au sommet d’un
albumen cartilagineux. — Ce g. renferme
5 ou 6 espèces herbacées , à rhizome tubé-
reux, vivace, donnant naissance à des
feuilles longuement pétiolées , ovales-allon-
gées , lancéolées , nutantes , nervées , a
bords pétiolairès vaginants; leur inflore¬
scence en épi bifurqué, terminant une scape
molle , et se dressant à peine à la florai¬
son au dessus de l’eau. — On en cultive
APO
APO
plusieurs clans nos serres, et la plus re¬
marquable est VA. distakyon , dont l’odeur
des fleurs est extrêmement suave , et rap¬
pelle celle de l’Héliotrope. (C. L.)
* APOPHYLIA, C. ( àicQV'jïtoç, étran¬
ger, qui n’est d’aucune tribu), ms. —
Genre de Coléoptères tétramères , famille
des Chrysomélines , établi par M. Chevro-
lat , et adopté par M. Dejean , qui , dans
son dernier Catalogue, y rapporte seule¬
ment 2 esp., qu’il nomme l’une A. cœrule-
scens, du Sénégal , et l’autre A. smaragdi-
na, du cap de Bonne-Espérance. D’après les
renseignements que M. Chevrolat a bien
voulu nous fournir sur ce g. inédit , il ap¬
partient à la tribu des Gallérucites , et
peut être caractérisé ainsi : Tête arrondie ,
très grosse relativement au corselet, qui
est très étroit , transverse , sillonné. An¬
tennes de douze articles : le premier forte¬
ment en massue ; le deuxième moitié plus
petit que le troisième ; de 3 à 11 égaux ;
le dernier fort court , acuminé. Labre é-
pais, relevé, circonflexe. Yeux oblongs,
semi-sphériques. Crochets des tarses parais¬
sant simples , larges , courts , subitement
recourbés. M. Chevrolat rattache au même
genre la Galleruca chloroptera Dej. , du
Brésil. (D. et C.)
APOPHYLLITE, Haüy (xKO'pvmçetv ,
s’exfolier), min. — Syn. : Ichthyophthal-
me d’Àndrada , Zéolithe d’Hellesta , Rinn-
mann ; Fischaugenstein , W. — Espèce de
l’ordre des Silicates hydratés , non alumi¬
neux , cristallisant en prismes ou en octaè¬
dres droits , à base carrée. Cette substance
est ordinairement incolore et transparente ;
elle est un peu plus dure que la Fluorine.
Elle se clive avec facilité parallèlement à
la base de sa forme fondamentale , et mon¬
tre dans ce sens un éclat légèrement nacré ;
dans toute autre direction , elle est vitreu¬
se. Elle a une grande tendance à s’exfolier
soit par le frottement contre un corps dur,
soit par l’exposition à la flamme d’une bou¬
gie. Elle est composée de Silice, de Chaux,
de Potasse et d’Eau , dans les proportions
de : Silice, 51 ; Chaux, 26,4 ; Potasse, 5,6 ;
Eau , 17 ; composition que l’on peut for¬
muler ainsi : Si50 Cas K1 Ag16 (en admet¬
tant que la Silice résulte de la combinaison
d’un atome d’oxygène ayec un atome de
Silicium).
31
Sa forme fondamentale est un octaèdre à
base carrée , dans lequel l’angle des faces
adjacentes sur la même pyramide est de
104°2’, tandis que l’angle des faces qui se
rencontrent dans les arêtes latérales est de
121°. Les formes qui dominent dans les cris¬
taux sont tantôt la forme octaédrique, tantôt
la forme prismatique , et souvent celle d’u¬
ne table très aplatie , dont les bords sont
chargés de facettes. Au chalumeau , l’Apo-
phyllite perd sa transparence , se boursou¬
fle , et fond en un verre bulleux. Elle don¬
ne abondamment de l’eau dans le matras.
Elle est sujette à s’altérer dans ses couches
superficielles , et à passer au blanc mat ,
probablement par la perte d’une portion
de son eau de cristallisation; et c’est sans
doute à cette cause que l’on doit attribuer
les variations singulières qu’elle manifeste
dans ses propriétés optiques. Elle est solu¬
ble en gelée dans les acides ; la solution
précipite abondamment par l’oxalate d’Am-
moniaque , et laisse ensuite un résidu alca¬
lin. Après l'évaporation et la calcination ,
la pesanteur spécifique est de 2,3.
L’Apophyllite , d’après son système de
cristallisation , doit avoir un seul axe opti¬
que ; cependant il existe des variétés , de
forme prismatique , dont la structure ne
paraît pas être uniforme , et qui offrent ,
comme l’Analcime , une sorte de mosaïque
ou combinaison régulière des parties , les
unes h un axe , les autres à deux axes opti¬
ques. C’est à ces variétés que M. Brewster
a donné le nom de Tessélite. Parmi les
Apophyllites à structure uniforme et à un
seul axe, les unes se font remarquer par les
teintes extraordinaires que présentent leurs
anneaux polarisés ; d’autres offrent cette
particularité que leurs anneaux sont alter¬
nativement blancs et noirs. M. Brewster a
donné à ces dernières le nom de Leucocy -
dites.
Le même physicien a décrit sous le nom
â'Oxahvérite un minéral qui , par sa for¬
me , sa composition , et tous ses caractères
extérieurs , paraît se rapporter à l’esp. que
nous décrivons. Il a été trouvé sur les
bords de la source chaude d’Oxahver en
Islande. — La substance nommée primi¬
tivement Albin , à cause de sa teinte d’un
blanc mat , dont Haüy avait fait d’abord
une variété de Mésotype , et qu’il a ensuite
32
ÀPO
APO
réunie à l’Apophyllite , n’est rien autre
chose qu’une Apophyllite devenue opaque
par altération. On la trouve dans les cavi¬
tés d’un Phonolite , à Marienberg en Bohê¬
me.
L’Apophyllite est le plus souvent inco¬
lore; cependant' elle présente quelquefois
des nuances de bleu ou de rougeâtre. Elle
est presque toujours en cristaux implantés ,
souvent fort nets, mais quelquefois lamini-
formes , et groupés alors les uns sur les au¬
tres , de manière à donner à la masse une
structure lamellaire. — On la trouve dans
les dépôts de Fer magnétique du terrain de
Gneiss, en Suède et en Norwége, particu¬
lièrement à Nordmarken, à Hellesta, et
dans l’Ile d’üton; dans les calcaires qui
accompagnent les minerais de Cuivre de
Cziklowa dans le Bannat , et les minerais
d’ Argent d’Andreasberg au Harz ; enfin ,
elle se rencontre assez fréquemment dans
les roches amygdaloïdes de Marienberg ,
près d’Aussig en Bohême, de Fassa en Ty-
rol , des îles Feroë , de l’île Disco au Gro¬
enland, etc. (Del.)
APOPHYSE ( dnocpvofJLui , je nais de).
zool. — On appelle Apophyses les éminen¬
ces naturelles des os. Les noms qui leur ont
été donnés expriment leur forme : Apophy¬
se odontodoïde (en forme de dent), cora¬
coïde (en bec de corbeau), styloïde (en
style ) , mastoïde ( en mamelon ) , etc. ; ou
bien rappellent le nom de l’anatomiste qui
les a dénommées le premier ; ex. : Apophyse
dTngrassius. Elles en changent aussi suivant
leur configuration. On nomme empreintes
les Apophyses peu saillantes et développées
en largeur ; lignes , celles qui sont minces
et linéaires ; crêtes , les éminences plus pro¬
noncées que les lignes; bosses, les saillies
arrondies; protubérances , celles qui sont
irrégulières. On leur donne aussi des dé¬
nominations qui en indiquent l’usage ,
comme Trochanter, qui fait tourner; ou,
d’après leur position , l’on y joint les épi¬
thètes de verticale , transverse , etc.
On n’appelle Apophyses que les saillies
complètement ossifiées, faisant corps avec
l’os; tant qu’il reste un point d’insertion
cartilagineux , elles sont appelées épiphyses.
Voy . ce mot, ainsi que l’art, os.
(C. D’O.)
En botanique, famille des Mousses,
on donne le nom d’Apophyse à un renfle¬
ment qui se Yoit au bas et un peu au des¬
sous de la capsule , et dont la forme est très
variable. LesPolytrics et les Splachnes sont
les deux genres qui présentent ces renfle¬
ments de la manière la plus évidente. Dans
les derniers surtout , l’Apophyse surpasse
quelquefois en grosseur la capsule elle-mê¬
me. Le plus ordinairement elle est due à la
dilatation du pédoncule ; mais, dans quel¬
ques cas aussi, c’est aux dépens de la cap¬
sule que le renflement a lieu. Tantôt c’est
tout simplement un bourrelet ou un anneau
non interrompu autour du sommet du pé¬
doncule ; tantôt c’est une dilatation sphéri¬
que ou piriforme ; tantôt enfin c’est un sim¬
ple renflement unilatéral , en forme de dent,
comme dans le genre Oncophorus de Bri-
del. Dans ce dernier cas , on a donné à cette
sorte d’Apophyse le nom spécial de Slruma
ou Goitre. (C. M.)
*APOPLANESIA, Presl. {Symb., t.ï,
p. 63 , tab. 41 ) ( à.noTÙcm',*ts , qui trompe ,
égare ). bot. ph. — Genre de la famille
des Légumineuses , sous - ordre des Césalpi-
niées. Son auteur en donne les caract. sui¬
vants : Calice 5-fide ; lobes presque égaux ,
3-nervés , accrescents. Corolle rosacée , ré¬
gulière, 5-pétale. Étamines 10, monadeJ-
phes. Ovaire 1-ovulé. Légume sessile, com¬
primé, subelliptique, mucroné, verruqueux,
indéhiscent. Graine comprimée, à embryon
curviligne. — Ce g. est fondé sur une seule
esp. [A. paniculata, Presl.). C’est un arbre
dont la patrie est inconnue. Ses feuilles
sont imparipennées, multifoliolées, non sti¬
pulées ; les fleurs en épis paniculés. (Sp.)
APORETICA , Forst. ( «îco/îvjrtixcis,
douteux , incertain ). bot. pii. — Synon.
du genre Schmiedelia, de la famille des Sa-
pindacées. (Sp.)
* APORHINA , C. (â«o, loin de ; piv,
nez ). ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille des Curculionites , établi
par M. Boisduval dans la partie entomolo-
gique du Voyage de V Astrolabe, mais sans
indication de caract. M. Dejean , qui l’a
adopté , le place , dans son dernier Catalo¬
gue, entre les g. Eurhynchus de Schœn-
herr et Apion d’Herbst. Il est fondé sur
une seule esp. trouvée dans l’île de Wai-
giou ( Océanie ) par le capitaine d’Urville ,
qui l’a nommée A. bispinosa. (D.)
APO
APO
33
* APORÛBKANCHES. Aporohran -
chiata ( ««o/sc?, imperforé ; Gpàyxix , bran-
chie ). moll. — M. de Blainville , dans son
Traité de Malacologie , donne ce nom à
un ordre qui renferme dans 5 familles les
Ptéropodes des auteurs. C’est à l’art, mol¬
lusque que nous nous proposons d’exposer
d’une manière générale les divisions de pre¬
mier ordre , les classifications les plus re¬
commandables. Nous renvoyons , en consé¬
quence , à cet article. r (Desh 4
NAPOROCÉPHALÉS. Aporocephala
( à priv. ; icàpoi , pore ; , tête ). hel-
miîstii. ■ — Premier ordre de la sous-classe
des Annélidaires, Blainv., ainsi nommée par¬
ce que la tête ne présente pas de pore
en forme de ventouse, destiné à la loco¬
motion , comme dans les Àmphistomes et
genres voisins. La bouche des Aporocépha-
lés est le plus souvent terminale. Cet ordre
comprend les Térétulariés ( [Borlasies , Pro-
stomes, etc.), qui , joints aux Dérostomes ,
correspondent à la majeure partie des Tur-
bellaria rhabdocœla de M. Ehrenberg, et
les Planariés, dont les espèces à intestin
rameux reçoivent du savant de Berlin le
nom de Dendrocœla. (P. G.)
* APOROSA ( «iro/soî , embarrassant ;
difficile à classer), os. -—Genre de l’ordre
des Diptères, division des Némocères , fa¬
mille des Tipulaires, tribu des Tipulides
Brévipalpes, établi par M. Macquart, et
auquel il assigne les caract. suivants : Fa¬
ciès des Limnobies. Tête presque’ sphéri¬
que. Rostre un peu plus long que la tête ,
cylindrique, terminé de chaque côté par
un petit tubercule. Trompe sortant pres¬
que horizontalement du rostre , trois fois
plus longue que la tête , menue , s’effilant
vers l’extrémité , et se terminant en deux
petits lobes divergents ; une soie dépassant
un peu la trompe. Antennes filiformes, de
quatorze articles : les deux premiers assez
épais; le premier assez court, un peu coni¬
que ; le deuxième cyathiforme ; le troisième
cylindrique , à peine aussi long que le pre¬
mier; les autres ovalaires, ailés. Une cellule
marginale; une sous-marginale; une discoï-
dale ; quatre postérieures.
M. Macquart rapporte à ce g. deux esp. »
l’une de l’île Bourbon, et l’autre des îles
Canaries. Il nomme la première A. fuscana ,
et la seconde A. maculipennis. Celle-ci a été
T. II.
décrite et figurée par -lui dans V Histoire
naturelle des Canaries de MM. Webb et
Berthelot.
Le nom générique d'Aporosa exprime ,
dit Fauteur, son incertitude sur la place
qu’occupe ce g. dans l’ordre naturel. Par la
conformation de la trompe , les Aporoses
se rapprochent des Culicides ; mais, par le
reste de l’organisation , elles appartiennent
aux Tipulides, et sont voisines des Limno¬
bies. Voy . ce mot. (D.)
* APOROSA («i -opos, sans issue ; incertai¬
ne). bot. pu.-— Genre de plantes dicotylé¬
dones, formé par Blume (Bijd.,SU), et dont
la place dans les familles naturelles n’est pas
encore déterminée , en raison de ce qu’il
n’a pu être suffisamment caractérisé par son
auteur , qui le regarde comme voisin du g.
Cecropia. Endlicher et Lindley le réunis¬
sent, mais avec doute, aux Urticacées.
Voici les seuls caract. connus jusqu’ici :
Fleurs dioïques , dont les mâles en épis
très denses. Périgone profondément 4-par-
tite , à lacinies bisériées. Étam. 2, courtes ;
loges des anthères arrondies. Ovaire rudi¬
mentaire central. — Une seule esp. indigè¬
ne au Japon. C’est un arbrisseau à feuilles
alternes, oblongues , aiguës » base, très
entières, veinées , scabriuscules es dessous ;
à inflorescence mâle en épis très serrés ,
axillaires , pédonculés. (C. L.)
APORRIIAIS {àKQppàiùi , je dépouille).
moll. — Il est difficile de reconnaître exac¬
tement les Coquilles qu’ Aristote a désignées
sous cette dénomination. Ce pourrait être
une esp. de Murex ; mais Rondelet, Gessner
et Aldrovande, croient retrouver VAporrhais
d’Aristote dans une Coquille qui fait au¬
jourd’hui partie du g. Ptérocére de La-
marck : Pterocera Chiragra. Voy. ptéro-
CÈRE. (DeSII.)
* APORUM, Bl. ; Schismoceras , Presl.
( « priv. ; «0/305 , ouverture , pore ). bot.
pii. — Genre de la famille des Orchida-
cées , tjribu des Dendrobiées , formé par
Blume (Bijd. , 534, fig. 39) , qui le caracté¬
rise ainsi : Folioles extérieures du périgone
charnues, dressées ; les latérales plus gran¬
des , obliques , connées avec la base du gy~
nostème ; les intérieures plus petites. La-
belle articulé avec la base du gynostème ,
dirigé en arrière , indivis ou trilobé ; à lim¬
be calleux , cristé ou nu. Gynostème semk
3
34
APO
APO
cylindrique , longuement prolongé à la ba¬
se. Anthère biloculaire , sessile , quelque¬
fois membranacée au sommet. Pollinies 4 ,
collatérales par paire. — Ce genre renferme
quelques plantes herbâcées, épiphytes, cau-
lescentes , de l’Inde; à feuilles distiques,
équitantes , ancipitées ; à fleurs ordinaire¬
ment verdâtres , presque solitaires , et sor¬
tant de squammes membranacées.
(C. L.)
*APORUS (ÜKcpoç, rare), ms.— Genre
de notre famille des Sphégiens , groupe des
Pompilites , de l’ordre des Hyménoptères,
section des Porte- Aiguillon , établi par M.
Spinola ( Insecta Liguriœ ), et adopté par
Latreille et tous les autres entomologistes.
Les caract. essentiels de ce g. sont tirés :
4° des mandibules , arquées et bidentées;
2° du thorax , long et convexe ; 5° des ailes
antérieures, ayant une cellule radiale étroi¬
te et presque triangulaire ; deux cellules
cubitales complètes et le commencement
d’une troisième , la seconde recevant deux
nervures récurrentes ; 4° des pattes lon¬
gues , avec les jambes garnies d’épines ; et
5° de l’abdomen, ovalaire et presque sessile.
On ne connaît que quelques esp. indigè¬
nes de ce genre, dont le type est VA. bi¬
colore Spin. (Bl.)
*APOSERîS («ko, près ; as/it*, laitue ou
chicorée), bot. pii. — Genre de la tribu
des Chicoracées , parmi les Composées. Il a
pour caract. : Capitules mültiflorés. Invo-
lucre caliculé ou double : l’intérieur 1 - sé¬
rié, 5-8-phyllc; l’extérieur 5- phylle , plus
court. Réceptacle nu. Fruits oblongs , ter¬
minés par un bec court et dépourvu d’ai¬
grette. — La seule espèce connue , VA, fo¬
nda, est une plante vivace* du port du
Leontodon ou de VHgoseris , glabre ou lé¬
gèrement velue à la face inférieure et sur
les nervures des feuilles, lesquelles sont
radicales , roncinées , pinnatipartitcs. La
hampe, à peu près égale aux feuilles , porte
un seul capitule de fleurs jaunes. (J. D.)
* APOSTASIE. Apostasia. bot. pu.—
Genre établi par Rlume ( Bijdrag ., p. 423),
adopté par Rob. Brown ( In Wallich pi.
asiat. rar., t. I, p. 74) , et par M. Lindley,
qui en a fait le type d’une famille nouvelle,
voisine, mais distincte, de la famille des
Orchidées , tandis que pour R. Brown , ce
g. forme une simple tribu de cette dernière
famille. Voici les caract. du g. Apostasia ,
tels qu’ils ont été donnés par R. Brown. Le
calice est formé de 6 divisions profondes et
régulières. Les étamines, au nombre de
trois , dont deux anthérifères , ont leurs
filets opposés aux deux sépales intérieurs et
latéraux , et soudés à leur base avec le sty¬
le , qui est cylindrique. Ce style porte com¬
munément le filament stérile de la troisiè¬
me étamine, un peu au dessus de la réunion
des deux autres , et opposé au sépale ex¬
terne et antérieur. Les anthères sont bilo-
culaires, et s’ouvrent par une fente longi¬
tudinale; leur pollen est pulvérulent et à
grains simples. Le stigmate est obtus, à
deux ou trois lobes. Le fruit est une capsu¬
le triloculaire , polysperme, s’ouvrant en
trois valves septifères sur le milieu de leur
face interne. Les graines sont petites , ovoï¬
des. — Ce genre ne se compose guère en¬
core que de trois espèces : 1° Apostasia
odorata Blume [l. c.); 2° Apostasia Wal-
lichii Brown (l. c.) , t. LXXXIV, p. 73 ; 3°
Apostasia nada , ibid., t. LXXXV. La pre¬
mière croît sur les parties les plus élevées
du mont Salak, dans l’île de Java ; les deux
autres ont été récoltées dans les montagnes
du Népaul. Ce sont des plantes vivaces ; à
tige simple ; portant des feuilles alternes ,
engainantes, très rapprochées, lancéolées,
presque linéaires , très aiguës ; des fleurs
jaunes , assez petites , disposées en grappes
terminales. (A. R.)
*APOSTASIEES. Apostasiaceœ. bot.
pii. — Nous avons dit dans l’article pré¬
cédent que MM. Lindley et Blume avaient
considéré le g. Apostasia comme formant
le type d’une famille distincte des Orchi¬
dées , tandis que M. Rob. Brown regardait
ce groupe comme une simple tribu de cette
dernière famille. Peut-être l’opinion de
MM. Lindley et Blume doit-elle être préfé¬
rée , car le g. Apostasia diffère des vérita¬
bles Orchidées par plusieurs caractères im¬
portants, et surtout: 1° par ses trois éta¬
mines , généralement développées , et sou¬
dées par la partie inférieure de leur filet
avec un style cylindrique , que termine un
stigmate à deux ou trois lobes ; 2° par ses
anthères à deux loges, s’ouvrant chacune
par un sillon longitudinal, et contenant des
grains de pollen simples et distincts , c’est-
à-dire non réunis en masses comme dans
APO
APO
35
les Orchidées ; 3° enfin , par son ovaire , et,
par conséquent , par son fruit capsulaire à
trois loges , contenant chacune un grand
nombre de graines très fines et ovoïdes ,
s’ouvrant en trois valves septifères sur le
milieu de leur face interne , et adhérentes
entre elles par le sommet et par leur base.
Au genre Apostasia, qui forme le type de
cette petite famille, on doit joindre le gen¬
re Nemviedia de M. Blume , et peut - être
le genre Rliyncanthera du même auteur.
(A. R.)
* APOSTASÏMERIDES. Apostasi-
merides [àndaTocai^ , intervalle ; p.r,pdç , cuis¬
se). ms. — Nom donné par Schoenherr à la
deuxième division des Gonatocères dans la
famille des Curculionides , et qui se compo¬
se de celles qui ont les pattes antérieures
séparées à leur base , et dans l’intervalle
desquelles la poitrine est tantôt unie , et
tantôt sillonnée. Elle renferme 103 genres ,
qu’il serait trop long d’énumérer ici, et qui
sont répartis dans deux subdivisions, savoir :
les Cholides , dont la poitrine, entre les
pattes antérieures , est plane et entière , et
les Cryptorhynchides , qui ont cette partie
plus ou moins creusée pour recevoir la
trompe. Voy. ces deux mots. (D.)
* APOSURES ( « priv. ; r.oïç , pied;
(/jpy. , queue ). ins. — Nom donné par Cu¬
vier à une tribu de Lépidoptères dont les
Chenilles sont dépourvues de pattes anales.
Telles sont celles des g. Platypteryx , Har-
pyia et Dicranura. Voy . ces mots. (D.)
*APOTEMNOUM («rroi-é^vw, je divise).
bot. cr. — Genre de Champignons établi
par Corda, et rangé par Nees et Henry (Syst.
der Pilze , p. 17 ) parmi les Coniomycè-
tes. Il diffère des Stibospores en ce que
les spores se divisent spontanément au ni¬
veau des cloisons. Je n’ai pas encore eu
l’occasion d’étudier ce genre. (LÉy.)
*APOTERIUM , Blume. bot. pii. —
Genre qui paraît appartenir à la famille des
Guttifères, et que l’auteur (Bijdr., 218)
caractérise comme suit : Calice inapparent.
Corolle 4-pétale. Étamines très nombreu¬
ses , submonadelphes par la base ; anthères
oblongues, longitudinalement déhiscentes.
Ovaire 1-ovulé. Style filiforme , infléchi ;
stigmate pelté , déprimé. Drupe charnu ,
à noyau 1-sperme. —Ce genre est constitué
spr um espèce : arbre de J§va , où pp le j
nomme Sulatri ; ramules tétragones ; feuilles
elliptiques , axillaires , oblongues, obtuses ;
pédoncules axillaires , fasciculés , courts ,
pluriflores ; pédicelles en ombelle. (Sp.)
APOTMÈCE. bot. en. — Voy. apo-
TÎIÊCIE. ^ (C. M.)
APOTHÉCIE. Apothçcium (
lieu de réserve), bot. cr. — Acharius dé¬
signait sous le nom VApothecium cette
partie des Lichens qui renferme les orga¬
nes de la reproduction. Les Lichénographes
français , en traduisant ce mot , en ont sin¬
gulièrement varié la désinence. On trouve ,
en effet, Apothèce, Apothécie (Brongn.),
Apothéçion (Fée) , Apothèque (DG.). L’eu¬
phonie seule nous fait préférer le second de
ces noms. L’Apothécie est composée de
deux parties distinctes : le Thalamium et
VExcipulum [Voy. ces mots). Dans les Li¬
chens angiocarpes, ce dernier manque quel¬
quefois. La position , la forme et la couleur
des Apothécies, sont d’ailleurs fort variables.
Sous le rapport de leur position , elles peu¬
vent être stipitées ( Bœomyces), sessiles
(Lecidea) , ou tout à fait enfoncées dans le
thalle [Endocarpon). Leur forme est sphéri¬
que dans les Sphérophores» , hémisphérique
dans les Cladonies et les Biatores, discoïde
dans les Parméliées , ovoïde dans les Verru-
cariées, et linéaire , simple ou rameuse , dans
les Graphidées. Chacune de ces formes est
ensuite très diversifiée , selon les différents
genres de Lichens, et ces variations servent
merveilleusement à mettre de l'ordre dans
leur classification, et contribuent à faciliter
leur distinction d’espèce à espèce. Quant à
la couleur, il faudrait la considérer dans
VExcipulum et le Thalamium ; mais elle y
est trop variée pour qu’on puisse en parler
d’une manière générale. Nous renverrons
pour le faire aux mots Excipylum , Lame
proligère et Lichen. (G. M.)
APOTHÉÇION. bot, cr. — Voy.
APOTHÉCIE. (C, M.)
APOTHÈQUE. — Voyez apothé-
CIE. (C. B’O.)
* APOTOMA ( <koro>oî , coupé), iss.
—Nom donné par Kirby à un g. de Coléoptè¬
res pentamères , famille des Malacodermes ,
qui correspond au g. Telephorus de Schoef-
fer, qui lui est antérieur. Voy. ce mot.
(D.)
! * APOTOME (àœôro>0f, coupé h pic).
36
APO
min. — Épithète donnée par Haüy aux
cristaux dont les faces , ayant fort peu d’in¬
clinaison , forment un angle très aigu avec
leur axe. ^ (G. d’O.)
* APOTOMODÈRE. Âpotomoderes
( àiror o.y.o;, coupé ; cou), ins. — Genre
de Coléoptères tétramères , famille des Cur-
culionides , divis. des Brachydérides , établi
par M. le comte de Mannerheim , et adopté
î>ar M. Dejean dans son dernier Catalogue.
Ce genre est le même que celui auquel
Schoeniierr a donné le nom d'Apotomus ,
qui n’a pu être conservé , attendu qu’il avait
été déjà appliqué à un g. créé par Hoffman -
segg dans la famille (les Carabiques. Le
g. Âpotomodère ne renferme qu’une seule
esp., originaire de Saint-Domingue, nom¬
mée par le comte de Mannerheim A. latcra-
lis. Voici les caract. assignés par Schoenherr
au g. dont il s’agit : Antennes médiocres ;
tige presque claviforme ; les deux premiers
articles du funicule assez longs , obconiques;
les autres presque turbinés) massue en ovale
allongée. Tête resserrée et comme coupée
derrière les yeux. Rostre assez court, presque
plan en dessus, canaliculé au milieu. Cor¬
selet bi-sinué à la base, légèrement dilaté au
milieu, plus étroit antérieurement. Élytres
oblongues , presque ovales , convexes ; cha¬
cune d’elles arrondie à la base. Cuisses an¬
térieures légèrement renflées , armées d’une
forte dent du côté interne. (D. et C.)
* APOTOMOPTERUS s, cou¬
pé; «t£/5ov, aile), ins. — Genre de Coléo¬
ptères pentamères, famille des Carabiques ,
tribu des Simplicipèdes de Dejean , établi par
M. Hope ( The Coleopterists Manual , 1858,
p. 47) , sans indication de caract. — Ce g.
a pour type un grand et beau Carabe de la
Chine , nommé Prodigus par M. Erichson ,
et qui se distingue des autres par la base à
peine sinuée du prothorax, et surtout par
une profonde échancrure à l’extrémité de
chaque élytre. (D.)
APOTOMUS ( an-or oy.oç , coupé net ,
séparé ). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Carabiques , tribu des
Scaritides , établi par Hofl'mansegg , et ad¬
opté par Latreille et M. Dejean. Ce der¬
nier, dans son Species , lui attribue les ca¬
ract. suivants : Menton articulé. Lèvre su¬
périeure légèrement échancrée ; palpes la¬
biaux très allongés ; le dernier article cy-
APP
lindrique. Antennes filiformes, à articles
allongés et presque cylindriques. Corselet
orbicuîaire. Jambes antérieures non pal¬
mées.
Hofl’mansegg a fondé ce g. sur le Scarit.es
rafas de Rossi et d’Olivier. Latreille l’avait
d’abord placé dans ses Subulipalpes , près
des Bembidium ; mais , après un examen
plus approfondi, il l’a mis dans cette même
tribu , à côté des Ditomus.
Les Apotomus sont de très petits insec¬
tes d’une couleur roussâtre , et plus ou
moins pubescents , qu’on trouve sous les
pierres, où ils paraissent vivre en société.
M. Dejean , dans son dernier Catalogue ,
en mentionne deux esp. seulement : VÂpot.
rufus Oliv., déjà cité , qu’on trouve dans le
midi de la France , et VA. testaceus Dej. ,
de la Russie méridionale. (D.)
APPAT, zool. — Ce mot, qui appar¬
tient au vocabulaire de la chasse et de la
pêche , sert à désigner certains moyens
qu’on emploie pour attirer les animaux
dont on veut se saisir. La nature a doué
les animaux de moyens semblables pour
arriver aux mêmes fins. Les Pics ont la
langue couverte d’une humeur visqueuse
qui attire les fourmis ; et , pour s’emparer
de ces insectes , ils introduisent leur langue
dans les fourmilières et les trous d’arbres,
d’où ils la retirent chargée de proie. Plu¬
sieurs Poissons jouissent d’une propriété sem¬
blable , entre autres la Baudroie ( Lophius
piscatorius ) , qui se cache dans la vase ,
agite les appendices vermiformes qui gar¬
nissent sa bouche, et attire les petits pois¬
sons dont elle se nourrit. Pour l’histoire des
divers moyens employés par les animaux
pour faire tomber en leur puissance les êtres
vivants qui servent à leur nourriture , nous
renvoyons à l’article instinct des ani¬
maux. (C. D’O.)
APPAT DE VASE, poiss. — Nom
vulgaire que l’on donne sur nos côtes à
V Ammodyte appat ( Amm . tobianus ). Voy.
ce mot. (Val.)
APPENDICE (c’est-à-dire ajouté à).
zool. et bot. — Ce mot, très fréquemment
employé en zoologie descriptive ainsi qu’en
stéréotomie animale , a une véritable va¬
leur , dans le second cas surtout. Il s’appli¬
que principalement aux diverses sortes de
membres qui sont ajoutés aux anneaux du
APP
APP
corps des animaux articulés intérieurement
ou extérieurement, animaux dont on a fait
les deux types ou embranchements des
Vertébrés et des Articulés.
MM. de Blainville et Savigny ont les pre¬
miers fait voir toute l’importance qu’il fal¬
lait attacher aux Appendices , soit dans la
classification des animaux qui les présen¬
tent, soit dans la détermination philoso¬
phique ou la signification des diverses par¬
ties dont le corps est composé.
Les Appendices offrant des variations de
position dans ces deux grandes catégories
d’animaux , et ne se correspondant pas le
plus souvent d’une manière homologue ,
nous indiquerons successivement les ca¬
ractères chez les uns et chez les autres.
Animaux vertébrés. — On peut admet¬
tre deux genres d’Appendices : les uns sont
pairs ou bilatéraux, et constituent lesmcm-
bres ( Voy. ce mot), dont le nombre n’ex¬
cède jamais quatre (ces Appendices n’exis¬
tent pas toujours); les autres sont impairs
et placés sur la ligne médiane du corps.
M. de Blainville leur donne le nom commun
de Lophioderme. Telles sont les nageoires
irnpâires des Poissons.
Le même auteur ( Ostéographie , fascicule
I, p. 8) considère comme constituant une
autre sorte d’Appendices les pièces de
chaque articulation annulaire du corps des
Animaux vertébrés , qui partent bilatérale¬
ment de la pièce médio-infère ( sternèbre)
ou médio - supère ( vertèbre ). Le nom de
cornes qu’elles portent à l’hyoïde , ou ce¬
lui de côtes qu’on leur donne au thorax,
leur conviendraient également. Voy. ces
mots.
C’est parmi cette troisième sorte d’Ap¬
pendices que M. de Blainville range les
mâchoires ou appendices des vertèbres de la
tète. Il en admet, comme on le fait généra¬
lement , deux paires : la première ou supé¬
rieure, comprenant l’Apophyse ptérigoïde
interne , le palatin., le maxillaire et l’incisif;
la seconde ou inférieure, formée par le
temporal, les osselets de l’ouïe (en con¬
nexion avec le bulbe auditif ou rocher ) ,
l’os de la caisse, le cercle du tympan, et le
maxillaire inférieur, composé lui - même de
plusieurs pièces chez les Ovipares.
On sait que , pour d’autres naturalistes ,
et particulièrement pour M. Oken , les
37
mâchoires et leurs dépendances seraient
des Appendices libres, représentant à la tê¬
te les membres du tronc ; bien que toutes
deux naissent des vertèbres , tandis que la
paire antérieure des membres , lorsqu’elle
a un point fixe d’insertion , le prend , au
contraire , à la première pièce sternale an¬
térieure, et que la deuxième paire s’articu¬
le seule avec la colonne vertébrale.
La considération de la position des qua¬
tre sens spéciaux par rapport aux quatre
vertèbres céphaliques semblerait aussi de¬
voir donner un classement particulier des
Appendices céphaliques. Peu importe que
l’on considère ceux - ci comme des Appen¬
dices libres, c’est-à-dire des membres, ou
comme des Appendices costaux; la premiè¬
re vertèbre ( vomer et os du nez) , portant
le sens de l’odorat, aurait alors les os incisifs
ou intermaxillaires pour Appendices; la
deuxième ( frontale ou visuelle ) aurait le
maxillaire supérieur et ses dépendances ; la
troisième (pariétale ou auditive), le tempo¬
ral , le maxillaire inférieur , etc. ; et la qua¬
trième ( occipitale ou gustative ) , les cornes
antérieures de l’hyoïde. Cette vue théorique
a aussi été présentée avec de légères va¬
riantes par plusieurs anatomistes , entre au¬
tres par M. Halmann , et , en France , par
Bugès ( Fhysiol . comp ., t. î, p. 344).
Animaux articulés. — Chez ceux-ci , la
concordance des Appendices céphaliques
maxillaires ( mandibule , mâchoire , lèvre
inférieure ) avec ceux de la locomotion a
été facilement démontrée , ainsi que les
beaux travaux de M. Savigny Font fait voir.
D’ailleurs , les anneaux ou articles du corps
enveloppent les organes du tronc et rési¬
dent dans le tégument extérieur : aussi les
a-t-on partagés en arceaux supérieur et in¬
férieur , qui peuvent avoir chacun des Ap¬
pendices. Les ailes des Hexapodes sont des
Appendices de l’arceau supérieur ; les pat¬
tes , les mâchoires, les fausses pattes abdo¬
minales, dépendent de l’arceau inférieur.
Tel est le cas de tous les Entomozoaircs à
pieds articulés ( Hexapodes et Apiropodes ,
Sav.).
Dans le groupe des Vers pourvus d’Ap¬
pendices , ceux-ci, dans la majorité des
cas , se présentent avec leur triple caractè¬
re. Ils sont composés de trois parties : une
sensoriale , l’autre respiratrice » et ’a troi-
APP
APP
38
sième locomotrice ; celle-ci iPest plus arti¬
culée. Les Crustacés montrent aussi d’une
manière évidente que la branchie est , par
sa position , dans la dépendance de la pat¬
te. Quant aux Appendices céphaliques sen-
soriaux , tels que les antennes et les pédon¬
cules des yeux lorsqu’il y en a , on les con¬
sidère comme des Appendices à part ou de
l’arceau supérieur. Les animaux articulés
ont rarement des Appendices médians, et
seulement à la partie antérieure du corps ,
comme l’antennule impaire de certaines
Néréides , ou à la partie postérieure , com¬
me la tarière , l’aiguillon ; encore la com¬
position originairement binaire de ces Ap¬
pendices postérieurs est -elle facilement dé¬
montrable
Mollusques et Zoophytes. — Les Appen¬
dices des autres animaux sont fort variés de
forme ; mais leur signification est plus dif¬
ficile que celle des Appendices des animaux
vertébrés. Ce sont, dans beaucoup de cas,
de simples pincements ou lobes de la peau ,
comme les tentacules , ou le pied, ou le tu¬
be des Mollusques, ou des papilles érectiles
de celles-ci , comme les Cirrhes des Echi-
nodermes , etc. Les cils des animaux infé¬
rieurs , les tentacules des Polypes , les bâ¬
tons des Oursins , pourraient aussi recevoir
ce nom , mais sans qu’il fût possible de leur
supposer la moindre analogie avec les Ap¬
pendices des animaux articulés des deux
premiers types du règne animal.
Nota. — Dans quelques cas , on a donné
en particulier le nom d’ Appendice à un
petit article qui fait suite à la hanche des
insectes , et qu’on appelle plus communé¬
ment le Trochanter.
Dans une signification également spécia¬
le, le mot Appendice s’applique, dans dif¬
férents cas , à des prolongements de plu¬
sieurs organes. C’est dans ce sens que l’on
dit : les Appendices cœcaux du pylore des
Poissons , l’Appendice vermiforme du cæ¬
cum de l’homme , les Appendices cœcaux
de l’estomac de certaines Sangsues, des
Faucheurs , des Acariens , des Astéries ,
etc. (P. G.)
En botanique , les petits prolonge¬
ments qui garnissent la corolle de cer¬
taines Boraginées s’appellent Appendices ;
on donne le même nom aux écailles qui
entourent l’ovaire des Graminées , aux
prolongements du limbe des feuilles qui
accompagnent le pétiole jusqu’à leur inser¬
tion , et à la partie supérieure de la squam-
me de certaines Synanthérées.
On appelle Appendice terminal le petit
filet qui se prolonge au dessus de l’anthère,
et Appendices basilaires les petits prolon¬
gements qui se trouvent quelquefois à la
partie inférieure des loges de l’anthère ; on
donne encore à ces derniers le nom de Soies.
M. Cassini appelle Appendice collectifere
l’extrémité des branches du style des Synan¬
thérées , quand le stigmate ne se prolonge
pas sur cette partie , qui ne porte que des
Collecteurs. Voy. ce mot. (C. d’O.)
*APPENBICI FORME. Appendicifor-
mis. bot. — Quand la squamme est entiè¬
rement avortée , et qu’il ne subsiste plus
que son appendice , on dit qu’elle est ap-
pendiciforme. Ce phénomène se voit dans
le Xeranthefnum et le Catananche.
(C. d’O.)
* APPENDICULAIRES. Appendice
laris. bot. — M. Turpin (Essai d'une Ico¬
nographie élémentaire et philosophique des
végétaux ) a donné ce nom à des végétaux
de deuxième formation, dont la tige,au*lieu
d’être, comme dans ceux qu’il appelle Axi-
fères (voyez ce mot), composée d’un axe sim¬
ple, diversement modifié, donne naissance à
des organes appendiculaires tels que les co¬
tylédons, les écailles, les feuilles, etc., et
dont la structure organique se compose de
tissus cellulaire et vasculaire. Ce groupe com¬
prend les Mousses, les Fougères, les Mono-
cotylédones et, les Dicotylédones. (C.d’O.)
* APPENBKCULARS A , Sering. , in
DC. Prodr. , t. III , p. 114 ( Appendicula-
ris , appendiculé ). bot. pii. — Genre de
la famille des Mélastomacées , tribu des
Rhéxiées , DC. Son auteur lui assigne les
caract. suivants : Tube calicinal ovoïde ,
suburcéolé , inadhérent ; limbe subcampa-
nulé , à 4 dents larges et obtuses. Pétales
4 , obovales. Étamines 8 , isomètres ; anthè¬
res déhiscentes au sommet par un seul pore;
connectif prolongé au delà des 2 bouts de
l’anthère en appendice filiforme , et muni ,
à l’articulation , de 2 longues soies. Ovaire
inadhérent , nu au sommet. Capsule oblon-
gue , sèche , 5-loculaire, 3-valve , polysper-
me ; placentaire central , cplumnaire, libre
I après Ja déhiscence. Graines cymbiformes.
ÀPR
APfe
à hile basilaire , orbiculaire. — Ce genre ne
comprend qu’une seule espèce ( A. tliymi-
folia DC. — Rhexia thymifolia Bonpl.,
Rhex., tab. 50): c’est une herbe (indigène
de la Guyane ) annuelle , garnie de poils
glandulifères. Ses feuilles sont pétiolées ,
ovales, 3- ou 5-nervées , ciliolées- denticu-
lées ; les fleurs petites , blanches , en cymes
terminales. (Sp.)
APPENDÏCUJLE. Appendiculum (di¬
minue dappendix , prolongement), zool.
— On a jusqu’à ce jour employé cette ex¬
pression pour désigner les épines des Asté¬
ries , ainsi que les branches cartilagineuses
qui soutiennent l’enveloppe extérieure du
corps de ces animaux ; mais quelques na¬
turalistes s’en servent pour désigner un pe¬
tit Appendice. r (C. d’O.)
* APPE&BÏCULÉ. Appendiculatus.—
Cette épithète, qui appartient à la Termi¬
nologie générale des sciences naturelles ,
s’emploie pour désigner des organes qui
sont munis d’Appendices. On dit en bota¬
nique qu’une squamme est appendiculée
quand elle change brusquement de nature
ou de direction à yn certain point de sa hau¬
teur, comme dans l’Artichaut. Les anthères,
les filets des étamines , les feuilles , la co¬
rolle , etc. , sont dits appendiculés quand
ils sont pourvus d’un prolongement quel¬
conque , qui ajoute à la structure de l’or¬
gane , ou constitue , pour ainsi dire , un
organe accessoire. C’est dans un sens iden¬
tique qu’on emploie ce mot en zoologie.
(C. D’O.)
*APPRESSE. Âppressus. bot. — Cette
expression s’emploie pour désigner la posi¬
tion des branches des rameaux et des feuil¬
les quand ils sont dressés le long de la ti¬
ge. On dit aussi Apprimé. (C. d’O.)
APPRIMÉ. bot. — Synonyme d’Ap-
pressé. (C. d’O.)
APRADUS , Adans. bot. pu. — Synon.
du genre Àrclopus, de la famille des Om-
bellifères. (Sp.)
* APRÏOM, Mull. et Renie ( « priv. ;
scie, non dentelé), poiss. — M. Mul¬
ler a établi sous ce nom une troisième
division ou sous - genre des Carcharias ,
caractérisé en ce que les dents de la mâ¬
choire supérieure et inférieure n’ont pas de
dentelures sur leur bord.
Il y rapporte, trois espèces : lifte dé Java ,
39
une de là mer Roüge, et la troisième, des
côtes de l’Amérique septentrionale.
(Val.)
* APRION ( à priv. ; tyàfwv , scie), ins.
— Genre de la famille des Locustiens , de
l’ordre des Orthoptères , établi par M.
Serville ( Ins. Orthopt. — Suites à Buff. ) ,
qui en a tiré les principaux caractères :
1° des palpes maxillaires beaucoup plus
longs que les labiaux , terminés en massue
allongée et arrondie à l’extrémité, et cana-
liculés au côté interne ; 2° des élytres une
fois plus longues que l’abdomen, dilatées au
milieu ; et 3° des ailes plus courtes que les
élytres. — Ce g., très voisin desPseudophyl-
les, Serv., s’en distingue par les caractères
que nous venons d’énoncer ; l’auteur y rap¬
porte deux espèces de l’île de Java , ce sont
les A. virescèns et A. ? semivitreum, Serv.
(Bl.)
APROCTOME. Àproctomus. année.
— Genre trop incomplètement connu pour
qu’on dise à quel groupe des vers il appar¬
tient ; c’est un de ceux que M. Rafinesque
a établis.
Yoici comment il le caractérise : Corps
flottant , gélatineux , déprimé, mutique,
sans apparence de bouche, mais à canal ali¬
mentaire interne; animal transparent, ob~
long, à extrémités aiguës. Longueur, un
pied. (P. G.)
APROM. Âspro ( Asper, rude ). poiss.
— Genre de la famille des Percoïdes, qui
diffère des Perches en ce que les deux
dorsales sont éloignées et ne se touchent
pas , et que le museau est saillant et ca¬
verneux. Ce dernier caract. avait fait d’a¬
bord penser à M. Cuvier, ainsi qu’on le voit
dans la lre édition du Règne animal , que
ce g. devait être rangé parmi les Sciénoï-
des ; mais, quand il eut appris, par ses études
sur ce poisson, que le palais est hérissé de
dents, il n’hésita pas à ramener ce genre
aux Percoïdes , auxquels il appartient sans
aucun doute. Outre ces principaux caract.,
il faut aussi remarquer que les Aprons ont
le préopercule finement dentelé, l’opercule
terminé par une pointe aiguë ; la membrane
branchiale a sept rayons; l’estomac est en
cul-de-sac peu allongé, trois appendices cœ-
caux au pylore, et l’intestin replié deux
fois. On ne connaît que deux espèces d’A-
pron : l’une l’Apron commun (Aspro vuU>
40
APR
garis ), habite le Rhône et ses affluents ; on
le trouve aussi dans le Danube et les riviè¬
res qui s’y jettent.
C’est un petit poisson long de quinze à
dix-huit centimètres, d’une couleur ver¬
dâtre , à écailles très rudes. Il était déjà
connu de Rondelet. Sa chair est blanche ,
légère, et agréable au goût. Il fraie en mars
et avril ; ses œufs sont petits et blanchâtres.
Rondelet a donné cette espèce sous le nom
d’Apron , que l’on ne connaît plus aux en¬
virons de Lyon, et qui paraît se nommer
aujourd’hui Sorcier. On dit que son nom
allemand , sur les bords du Danube , est
Strœber.
L’autre espèce, beaucoup plus grande,
car elle atteint jusqu’à quarante centi¬
mètres, est le Cingle ou le Zingel ( Perça
Zingel , Linn.). Celte espèce, du Danube, ne
se trouve pas en France. Le corps est gris-
jaunâtre , avec quatre bandes noires longi¬
tudinales; sa chair a les mêmes qualités que
celles de VApron ; et , à cause de sa taille ,
on le sert sur les meilleures tables.
M. de Lacépède avait rangé ces deux
Aprons dans son genre Dipteradon , qu’il
caractérisait par l’absence de dentelures ou
d’épines aux pièces de l’opercule. On voit
que ces deux Poissons ne pouvaient appar¬
tenir au genre de M. de Lacépède.
(Val.)
* APROSOPE. Âprosopus ( « priv. ;
npoG<tiicov , face), ins. — Genre de Coléo¬
ptères longicornes, de la tribu des Lamiaires,
établi par Guérin-Méneville ( Icon . Règne
anim. , texte ) , très voisin des Hippopsis
de Serville , mais remarquable par la lon¬
gueur extraordinaire de sa tête; par son front
parallèle au sol ; par sa bouche portée en
arrière ; par ses pattes extrêmement courtes,
à cuisses renflées et à jambes antérieures ar¬
quées ; par ses antennes beaucoup plus lon¬
gues que le corps , à articles garnis en tous
sens de longs poils divergents, dont le pre¬
mier article , un peu plus épais , n’est pas
plus long que le troisième. Ce genre est
très rapproché de celui que Guérin nomme
Eutheia ( loc. cit .) ; mais celui-ci s’en dis¬
tingue par le premier article de ses anten¬
nes, qui est beaucoup plus long que le troi¬
sième, et plus épais. L’espèce unique, type
de ce nouveau genre, vient du Brésil, c’est
l’A. Buquetii , Guer. Il est très allongé, pa- I
APR
rallèle, brun, avec la tête et le corselet cou¬
verts d’un duvet jaune d’ocre, et les pattes
et l’anus noirs. Sa longueur est de vingt et
un millimètres , et sa largeur de trois.
(C. D’O.)
* APROSTERNA («priv.; npô , de¬
vant; cxèp'jov , poitrine; sans prosternum).
ins. — Sous-genre de Coléoptères penta¬
mères, famille des Lamellicornes, établi par
M. Hope dans le genre Mimela de Kirby
( Transact . ofthe entomolog. Society, t. I,
pag. 117) pour y placer une espèce de la
Chine nommée par Kirby Mimela nigri -
cans, figurée pl. 10, fig. 7, dud. ouvrage.
Y oy. le g. mimela. (D.)
* APROSTOCETUS. ins. — Genre de
la famille des Chalcidiens , de l’ordre des
Hyménoptères, établi par M. Westwood
(. Zool . joarn.), et réuni au g. Entedon , dont
il ne diffère pas essentiellement, par M. Wal-
ker ( Entom . Mag.) et nous ( Hist . des anim.
art. 4). M. Westwood résume ainsi les ca-
ract. les plus saillants de son genre Apro-
stocetus : Antennes de huit articles ; les deu¬
xième , troisième, quatrième et cinquième,
égaux ; épaississant graduellement. Abdomen
allongé, sessile, deux fois aussi long que le
thorax ; tarière saillante. Tarses de quatre
articles. On ne connaît encore qu’un petit
nombre d’espèces de ce genre ; toutes sont
indigènes et d’une taille très exiguë. Le type
est VA. caudatus, Westwood. (Bl.)
* APROSTOMA ( « priv. ; « po , devant;
oro>«, bouche; bouche non avancée), ins.
— Genre de Coléoptères tétramères , éta¬
bli par M. Guérin-Méneville ( Revue zoolo¬
gique , année 1859, n° 6) sur un nou¬
veau Coléoptère rapporté de Madagascar
par M. Goudot. Cet insecte, suivant M.
Guérin , est voisin de son g. Calodromus ,
et lie les Rhyncophores aux Xylophages. Il
lui donne le nom spécifique de Filum, et
lui assigne les caract. génériques suivants :
Antennes filiformes , un peu épaissies vers
le bout ; de onze articles légèrement en
scie , avec les quatre derniers plus longs.
Bouche non avancée ; palpes très visibles ,
terminées par un article un peu en hache.
Tête courte , profondément refendue anté¬
rieurement , avec les antennes insérées en
avant et au dessous des yeux. Corselet très
allongé, comprimé sur les côtés. Élytres
deux fois plus longues que le corselet, é-
APS
APT
41
troites et parallèles. Pattes courtes , à tarses
de quatre articles distincts , formant ensem¬
ble deux fois au moins la longueur de la
jambe ; le premier plus long que les trois
autres réunis.
D’après l’examen que nous avons fait
hous-même de VApr. filum , il nous a pa¬
ru , par sa tête non prolongée en bec ou en
trompe , appartenir à la famille des Xylo¬
phages plutôt qu’à celle des Curculionites ,
bien que , par sa forme très allongée et
presque linéaire , il ait un peu le faciès des
Br entes. (D.)
APSEUDE (ctyeud^ç, vrai ). citrsT. —
Genre de l’ordre des Isopodes et de la fa¬
mille des Asellotes, établi par Leach , mais
très mal caractérisé par ce savant. On peut
le reconnaître aux traits suivants : Les an¬
tennes de la première paire sont courtes ,
grêles, et terminées par un seul filet; les
pattes de la première paire sont terminées
par une main didactyle , et celles de la se¬
conde paire par une espèce de rame aplatie
et épineuse ; enfin le sixième et dernier an¬
neau de l’abdomen est très grand, lamelleux,
et garni d’une paire d’appendices composées
chacune d’un pédoncule cylindrique et d’un
long filament détaché. On ne connaît qu’une
seule espèce de ce genre , VApseude talpi-
forme. Desmarets a confondu ce genre avec
le g. Euplieus de Risso. (M. B.)
APSEUDÉSÏE vrai ). polyp.
foss. — Genre établi par Lamouroux d’après
un petit Polypier fossile des terrains juras¬
siques de la Normandie et caractérisé par cet
auteur de la manière suivante : Polypier fos¬
sile presque globuleux, ou hémisphérique,
couvert de lames saillantes de 5 à 4 millim.
au moins, droites ou peu inclinées, con¬
tournées dans tous les sens , unies ou lisses
sur un côté; garnies, sur l’autre, de lamel¬
les presque verticales, variant beaucoup
dans leur longueur, leur inclinaison et leur
forme. Lamouroux rapproche ce Fossile des
Àgaricées et des Pavonies ; mais sa structure
est trop imparfaitement connue pour qu’on
puisse assigner sa place dans une classifica¬
tion naturelle. (M. E.)
* APSïDA , C. ( d’ptç , voûte ). ms. —
Genre de Coléoptères hétéromères , famille
des Taxicornes , établi par M. Dejean dans
la tribu des Diapériales de Latreille , mais
dont il n’a pas publié les caract. Il y rap-
T. II.
porte 2 esp., qu’il nomme l’une A. chryso-
melina, et l’autre A.inornata; la première
de Carthagène , et la seconde de Cayenne.
N’ayant pu nous procurer la vue de ces
deux especes , qui n’ont pas encore été
décrites, nous ne pouvons rien dire de plus
précis sur le g. qu’elles ont servi à fonder ,
et nous ne le mentionnons ici que pour
mémoire. (D.)
APSIS (dfcç, voûte ; arcade), ins. —
Genre de l’ordre des Coléoptères tétramè-
res, famille des Curculionites, établi par
Germar, et fondu depuis dans le g. Myo -
rhinus de Schœnherr. Voy. ce mot. (D.)
APTÉYODYTE. Aptenodytes («jrrflv,
sans ailes; tfüms, plongeur), ois. — Genre
établi par Latham , adopté par Yieillot pour
une seule des espèces que Latham y avait
rangées, et qui est un Gorfou pour Cuvier et
pour nous. Voy. ce mot. (Lafr.)
*APTENTODYTES ( ««-vjv , sans ailes ;
, plongeur), ois. — C’est le nom ad¬
opté par Cuvier pour son genre Manchot.
Voy. ce mot. (Lafr.)
* APTERANTHES ( â priv. ; èpo v ,
aile ; «v0a s , fleur : fleur dépourvue d’aile ).
bot. piï. — Mikan a fondé ce g., qui appar¬
tient à la famille des Asclépiadées, sur une
plante trouvée dans ces derniers temps dans
l’île de Lampedouse.Gussone la décrivit sous
le nom de Stapelia enropœa ; c’est jusqu’à
présent la seule esp. dAsclépiadée charnue
trouvée en Europe. Ses caractères sont les
suivants : Calice 5 -parti. Corolle rota-
cée, 5-fide. Gynostème saillant. Couronne
staminale simple, à cinq lobes subtriangu¬
laires, plans, légèrement tronqués, couchés
sur le stigmate. Anthères simples ; masses
polliniques dressées, fixées par la base. Stig¬
mate plan. Follicules lisses. — La seule esp.
connue est une plante vivace charnue , à
tiges tétragones lisses , dentées sur les an¬
gles, à l’aisselle desquels naissent des bou¬
quets de fleurs brunes semblables à celles
des Bucerosia. (J. D.)
APTÈRES. Aptera ( un-ïpoç, privé d’ai¬
les). zool. — On désigne généralement sous ce
nom, en zoologie, les animaux articulés dé¬
pourvus d’ailes. Linné et quelques autres na¬
turalistes comprenaient sous cette dénomina¬
tion les Crustacés , les Arachnides , les My¬
riapodes, les Thysanoures , les Parasites , et
même les Vers ; en un mot tous les animaux
5*
42
ÀPT
APT
articulés n’acquérant jamais d’ailes à leur
état parfait. Plus tard , chacune de ces clas¬
ses ou ordres ayant reçu un nom spécial ,
Lamarck appliqua le nom d’Aptères seule¬
ment à l’ordre que Latreille a désigné ensuite
sous le nom de Syphonapt'eres. ( Voy. ce
mot.) Enfin, dans les derniers ouvrages de
Latreille , la dénomination d’Aptères n’a
plus été appliquée spécialement à aucun
ordre; mais, depuis, on l’emploie adjective¬
ment pour désigner tels ou tels animaux ar¬
ticulés privés d’ailes ; et , dans un sens plus
restreint , on dit que la femelle de telle esp.
est aptère , c’est-à-dire qu’elle manque
d’ailes ou qu’elle n’en a que de rudimen¬
taires. On dit aussi que certains Coléo¬
ptères sont aptères lorsqu’ils manquent de la
seconde paire d’ailes , bien qu’ils en aient la
première , connue sous le nom d'élytres;
tels sont les Carabes , les Pimélies, etc. —
Voy. insectes et articulés. (Bl.)
*APTERÎA ( à priv.; vstpâv , aile), bot.
pii. — M. Lindley rapporte ce genre, qu’il
signe du nom de Nuttal , à la famille des
Burmanniacées. II n’en est nullement ques¬
tion dansEndlicher [Généra plantarum), et
nous manquons complètement de rensei¬
gnements à son égard. Voy. Burmannia¬
cées et Burmannia. (C. L.)
* APTÉRINE. Apterina («ir-S/îos, sans
ailes), ins.— Genre de l’ordre des Diptères,
division des Brachocères, subdivision des
Dichœtes , tribu des Musc-ides , section des
Acalyptères, sous-tribu des Sphærocérides ,
établi par M. Maequart aux dépens du g.
Borborus de Meigen, et dont le nom indique
l’absence presque complète des ailes, qui ne
sont que rudimentaires. Ses caractères sont :
Ecusson hémisphérique; abdomen oblong,
deuxième segment allongé , à ligne enfon¬
cée; pieds finement velus; premier article
des tarses postérieurs dilaté ; balanciers non
distincts; ailes rudimentaires. — Ce genre se
compose d’une seule espèce européenne,
A. pedestris , découverte d’abord à Ham¬
bourg par M. Ton Yinthen , et retrouvée
depuis dans les environs de Lille par M.
Maequart. (D.)
APTERIX. ois. — Voyez aptéryx.
(C. D’O.)
*APTERXUS (ÜKTtpoç, sans ailes), ois.
— Sous-g. formé par Swainson pour le Pic
tridactyle, et synonyme du g. Picoïde , La-
cépède , qui lui est de beaucoup antérieur.
Voy. pic et picinée. (Lafr.)
*APTERNYX («irrs/îoç, sans ailes), ois.
— C’est, dans la classification de Swainson,
le g. synonyme de celui d’’ Aptéryx , Shaw ,
plus anciennement formé. Voyez ce dernier
mot. _ (Lafr.)
APTÉRODICERES. Apterodicera
sans ailes ; ciïxs/jos, à deux cornes).
ins. — Latreille , dans son Généra Crusta-
ceorum et Insectorum , désigne ainsi une
sous-classe d’insectes , composée de ceux
qui sont aptères, ne subissent point de mé¬
tamorphose , et ont deux antennes et six
pieds. Elle comprend l’ordre des Thysa-
noures et celui des Parasites. Voy. ces
deux mots. (D.)
* APTEROESSA ( carre/s oç, sans ailes ;
erra , étant ). ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Carabiques , tribu
des Cicindélètes , fondé par M. Hope sur
une seule espèce du Coromandel , Cicm-
deïa grossa de Fabricius. Il lui donne pour
caract. : Corps grand , aptère. Antennes
comme celles des Cicindèles. Mandibules
cultriformes, avec une dent large, striée à
sa base , et deux plus petites au bord inter¬
ne. Palpes maxillaires aussi longs que les
labiaux ; le 1er est très court , le 2e quatre
fois plus long , le 3e moindre que le suivant
et dernier; celui-ci est ovale, allongé et
tronqué à son extrémité. Menton divisé en
deux lobes avancés , avec une dent aiguë au
milieu de l’échancrure. Labre court, garni
de chaque côté de trois dents aiguës , et
dont le milieu se termine par une petite
épine. Corselet plus large que la tète , et
presque autant que les élytres.
Ce g. est très voisin du g. Dromica de
M. Dejean, et l’espèce qui lui sert de type est
figurée avec les caract. génériques dans un
ouvrage de M. Hope , intitulé : The Coleo-
pterisVs manual , etc. (2e partie) , qui a paru
à Londres en 1858. (D. et C.)
APTEROGYNA («*re/;os, privé d’ailes;
yyvvj -, femelle), ins. — Genre de la famille
des Mutilliens , de l’ordre des Hyménoptè¬
res , section des Porte-Aiguillon , établi par
Latreille, et adopté par tous les entomolo¬
gistes. — Ce g. est parfaitement caractéri¬
sé par des antennes longues, grêles et séta-
cées dans les mâles ; un thorax de forme
cubique et sans divisions apparentes dans
APT
APT
43
les femelles, et des ailes seulement dans
les mâles, n’offrant que des cellules bra¬
chiales, et une seule cubitale, petite, et de
forme rhomboïdale. Les esp. connues de ce
g. sont peu nombreuses et propres aux pays
chauds. Le type est IM. Olivierii Latr. ,
d’Arabie. (Bl.)
APTÉRONOTES ( tiktapas, sans na¬
geoires; vwtoç, dos), poiss.— Genre de Pois¬
sons ainsi nommé par Lacépède , en même
temps que Bloch l’établissait, dans son édi¬
tion posthume publiée par Schneider, sous
le nom de Sternachus. Il appartient au
groupe des Malacoptérygiens apodes, et il
est très voisin des Gymnotes. Il s’en distin¬
gue en ce que l’anale est terminée avant
d’atteindre le bout de la queue, et en ce
qu’il a une nageoire caudale. La tête est
oblongue, peu comprimée; le corps est écail¬
leux. Les pièces operculaires sont, comme
dans tous les Anguilliformes , cachées sous
la peau. Les dents sont en très fin velours ,
à peine sensibles. On n’en connaît qu’une
espèce, originaire d’Amérique comme les
autres Gymnotes. (Val.)
*APTEROPEDÂ, C. («* rs«os, sans ai¬
les ; mjg'ax o, je saute), uns. — Genre de Coléo¬
ptères tétram., famille des Chrysomélines,
établi par M. Chevrolat , et adopté par M.
Dejean dans son dernier Catalogue (3e éd.).
Ce g. se compose de trois espèces aptères
d’Europe qui rentrent dans la 6e division du
grand g. Haltica d’Illiger, désignée par lui
sous le nomd eStriatœ. Les caract. en sont,
d’après M. Chevrolat : Corselet ponctué, non
sillonné transversalement; élytres aux 2
tiers sphériques , avancées et arrondies an¬
térieurement , légèrement acuminées sur les
côtés , à stries ponctuées ; 1er art. des tar¬
ses postérieurs assez épais, conique, aussi
long à lui seul que les deux suivants ; épine
à l’extrémité du tibia postérieur, aiguë.
Corps globuleux , sillonné latéralement, et
non ailé. Nous citerons comme type 1 ''Hal¬
tica ciliata d’Olivier. (D. et C.)
* APTÉROPHASMIENS ( &crVoS ,
privé d’ailes; <? , spectre), ins. — M.
Gray ( Synops . of the sp. belong. to the
fam. of phasmid.) a appliqué cette dénomi¬
nation à un groupe qu’il a établi dans la fa¬
mille des Phasmiens , d’après l’absence des
ailes ; mais, comme plusieurs de ces Phas-
miens aptères se trouvent être des larves
obtenant des ailes quand elles sont parve¬
nues à l’état d’insectes parfaits, et que
d’autres sont des femelles dont les mâles
sont ailés , cette division a été rejetée par
tous les entomologistes , avec d’autant plus
de raison , que la présence ou l’absence des
ailes n’offre pas un caractère assez important
pour établir des divisions, puisqu’il est sou¬
vent le propre d’un sexe. (Bl.)
*APTÉRURE (xrcrepoç , non ailé ; où pu,
queue), crust. — Famille de l’ordre des
Décapodes et de la section des Anomoures,
proposée par Milne-Edwards , et caractéri¬
sée par l’absence d’appendices vers l’extré¬
mité de l’abdomen. Ces Crustacés se rappro¬
chent des Brachyures proprement dits par la
forme générale du corps, et constituent qua¬
tre petites tribus naturelles, savoir: lesDro-
miens, les Homoliens , les Raniniens et les
Pactoles. (M. E.)
APTERURUS («ir repos, sans nageoires ;
oùptt, queue), poiss. — Nom que Rafinesque
a appliqué aux espèces de Raies , du genre
Céphaloptère de Duméril. Voy. ce mot.
(VAL.)
*APTERYGIDA (« priv.; irrfyov , aile).
ins. —Genre établi par M. Westwood \Gen.
syn .) dans la famille des Forficuliens , de
l’ordre des Orthoptères , et caractérisé par
l’absence des ailes, et par les antennes, com¬
posées seulement de douze articles. Ce g. ,
qui, d’après nous, ne devrait former qu’une
division du g. Forficula , a pour type la F .
pedestris Bonn , répandue dans une grande
partie de l’Europe. (Bl.)
*APTÉRYGIENIS. Apterygia («j css/ju-
y os, sans ailes), moll. — M. Latreille, dans
ses familles naturelles du règne animal, en¬
visageant les Mollusques d’une manière gé ¬
nérale et exclusive d’après un caractère de
leur organisation, les partage, d’après la pré¬
sence ou l’absence du pied , en deux gran¬
des classes : les Ptérygiens pour ceux qui
ont un pied, et les Aptérygiens pour ceux
qui manquent de cet organe. Il suffit pres¬
que de rappeler cette division pour en faire
sentir les défauts. Il y a des Mollusques acé-
phalés ( comme les Huîtres , par exemple )
qui n’ont jamais aucune trace d’un organe
locomoteur , et qui se trouveraient séparés
des autres Conchifères; tandis que presque
tous ceux-ci, réunis à tous les Mollusques
gastéropodes , seraient entraînés dans la
44
APT
APT
classe des Ptérygiens. Les Zoologistes ont
reconnu sans doute l’imperfection de ces
grandes divisions , et ils n’ont jamais songé
à les introduire sérieusement dans la mé¬
thode. Voy. mollusques. (Desh.)
*APTËRYGINÉES. Apteriginœ (du
g. Aptéryx , faisant partie de ce groupe ).
ois. — Sous-famille de la famille Struthio-
nidées de Bonaparte ( Prodromus syst. or-
nith. ) , que nous croyons devoir adopter.
Ses caract. sont : Bec très allongé, très
grêle , analogue à celui des Scolopacidées.
Tarses armés de forts éperons. Queue nulle.
Cette famille ne se compose que du seul g.
Aptéryx. Voy. ce mot. (Lafr.)
APTERYX. Aptéryx sans
ailes ). ois. — Genre faisant partie des Bré-
vipennes de Cuvier , des Nullipennes de
Lesson ( Trait. d’Orn.), et des Coureurs de
Temminck. Il fut formé par Shavv sur une
ésp. unique de la Nouvelle-Zélande , et des
plus remarquables dans toute la série orni¬
thologique , puisqu’à des ailes rudimentai¬
res et impropres au vol elle réunit un bec
de Courlis ou de Bécasse , et des pattes de
Gallinacées. Ses caract. extérieurs sont :
Bec très long, grêle, droit, mou, sillonné
de chaque côté, par une rainure tubuleuse;
renflé et recourbé à sa pointe , près de la¬
quelle sont percées les narines, en forme
de trous ; base du bec couverte d’une cire
garnie de poils. Ailes presque nulles , ter¬
minées en moignon muni d’un ongle fort ef.
arqué. Tarses très robustes , très courts ,
scutellés en avant , terminés par quatre
doigts vigoureux, trois devant, un derrière ;
entièrement libres, et munis d’ongles robus¬
tes, acérés et droits. Queue nulle.
La seule dépouille de l’esp. type connue
existait depuis long-temps en Angleterre ,
et faisait présumer fortement que ce genre
devait faire partie des Brévipennes , lors-
qu’en 1838, le corps de cet oiseau étant par¬
venu à Londres , on a reconnu que toute
son anatomie et son ostéologie venaient
confirmer ces présomptions. Les os, effecti¬
vement , ne sont point percés pour l’intro¬
duction de l’air , qui n’entre pas non plus
dans la cavité abdominale. Le sternum est
d’une petitesse remarquable , et dépourvu
de crête ou bréchet , comme chez les Bré¬
vipennes; il en diffère cependant par la pré¬
sence de deux trous circulaires , situés de
chaque côté Je la ligne médiane . près de
la grande échancrure antérieure , et par la
dimension beaucoup plus forte des deux
échancrures postérieures. Du reste, tout
l’appareil alaire n’est que rudimentaire et
atrophié, comme chez les Autruches, et il n’y
a que quelques pennes courtes et fortes ,
attachées au métacarpe. Toute son ostéolo¬
gie le lie donc intimement avec le groupe
des Autruches , quoique les deux trous ou¬
verts entre l’origine des muscles pectoraux
soient une des singulières bizarreries du
squelette de cet oiseau. Dans la longueur du
fémur, on commence à reconnaître une dé¬
viation du type Autruche , dit M. Owen, et
une tendance vers le type Gallinacé dans
la brièveté du segment métatarsal. Le déve¬
loppement du pouce est une autre dévia¬
tion qui , selon le même auteur , le rappro¬
cherait du Dodo , qu’il range dans le grou¬
pe Autruche. Tout en ne pouvant figurer
que dans l’ordre des Brévipennes, ce singu¬
lier oiseau forme transition , ptlr ses pattes,
avec celui des Gallinacés , et , par son bec ,
avec celui des Échassiers. M. Owen a donné
les détails les plus circonstanciés sur son
anatomie dans les Proceedings , 1858 , p.
47, 71 et 103.
L’Aptéryx austral ( Aptéryx australis ,
Shavv) est de la taille d’une Poule. Son plu¬
mage est brun-ferrugineux, décomposé, et
tombant comme celui de l’Emeu de la
Nouvelle-Hollande ; son bec rappelle , pour
la forme , celui de la Bécasse , et ses pieds
robustes , voisins de ceux des Gallinacés ,
en font un oiseau mixte des plus singuliers.
Les derniers renseignements que l’on ait
sur les mœurs de cet oiseau ont été fournis
par M. Cunningham à la Société zoologique
de Londres en mai 1839 , et communiqués
par les nouveaux Zélandais eux-mêmes, par
l’entremise des missionnaires. Nous en ex¬
trayons ce qui suit :
« Cet oiseau , que les naturels appellent
Kiwi , se tient dans les forêts les plus four¬
rées et les plus sombres de l’île du Nord.
Dans ces humides forêts , il reste blotti le
jour sous des touffes de grandes herbes ma¬
récageuses , espèce de Carex abondant par¬
tout dans ces bois, ou se cache , pour mieux
éviter la clarté du jour , dans des cavités
qui sont entre les racines de l’arbre Rata
(le Metrosideros rohusta A.C.— -N, S,), C’est
APT
APT
45
là auss qu’il construit son nid , très peu
soigné, et où il ne pond qu’un œuf, de la
grosseur à peu près de celui d’un Canard
ou d’un Oie. Aussitôt qu’il fait nuit , il se
met en marche pour chercher sa nourritu¬
re , qui , d’après tous les renseignements
connus, ne consiste uniquement qu’en yerg,
qu’il attrape en grattant le sol avec ses pat¬
tes , et introduisant son long bec dans les
terrains mous et marécageux qui le recou¬
vrent en certains lieux. Il n’est pas douteux
qu’un instinct particulier et puissant lui
sert à trouver la nuit ces endroits où sa
nourriture abonde , car ses . yeux sont fort
petits ; mais à l’orifice de ses narines , pla¬
cées à l’extrémité de sa mandibule supé¬
rieure , réside probablement une grande
finesse d’odorat.
» Le Kiwi ne vit point en troupes, et on
le rencontre presque toujours par paires ,
mâle et femelle. Son cri , pendant la nuit ,
ressemble à un fort coup de sifflet , et c’est
en imitant Ce cri que les naturels parvien¬
nent à les attirer. Ils s’en emparent alors
soit en lâchant des Chiens après eux ou en
les éblouissant par l’apparition subite d’une
torche allumée qu’ils tiennent cachée sous
leur natte. Us peuvent ainsi les prendre
tous vivants en les saisissant par le cou. Us
choisissent, pour faire cette chasse , les
nuits les plus obscures ; et , comme ils peu¬
vent distinguer au cri le mâle de la femel¬
le , ils commencent toujours par s’emparer
de celle-ci , sachant bien qu’aîors ils pren¬
dront facilement le mâle , qui ne s’éloigne
pas du lieu, pour chercher et protéger sa
compagne.
» Lorsque le Kiwi est inquiété dans sa
forêt , il se sauve précipitamment vers son
obscure retraite, et avec une vitesse incroya¬
ble , quoique ses jambes , d’après leur briè¬
veté et leur grosseur , paraissent plus pro¬
pres à fouiller qu’à se mouvoir rapidement.
Elles sont pour lui un puissant moyen de
défense , et , lorsqu’il est sur le point d’être
saisi par les naturels et leurs petits Chiens ,
il s’en sert avec avantage contre ceux de
ces Chiens qui ne savent pas s’en garantir
en le saisissant.
» Avant l’arrivée des Européens à la Nou¬
velle-Zélande, les naturels se livraient sou¬
vent à cette chasse, tant pour se nourrir de
la chair du Kiwi que pour employer ses
plumes à la fabrication et à l’ornement de
leurs nattes , en les cousant sur des tissus
de leur lin indigène. Us avaient même fini
par en détruire l’esp. dans quelques dis¬
tricts où ils étaient abondants autrefois ; et
aujourd’hui , quoiqu’il se rencontre encore
dans les cantons boisés et moins habités ,
on ne se le procure que difficilement , par¬
ce que les naturels , ayant déjà perdu de
leur ancienne vigueur et de leur énergie ,
depuis qu’ils ont adopté les usages des Eu¬
ropéens , se décident difficilement , même
pour une récompense assez forte , à passer
une nuit obscure à la recherche de cet oi¬
seau , et , sans leur aide , il n’y a pas moyen
de se le procurer. »
M. Cunningham ajoute que « quelques
naturels , habitants du district du Cap de
l’est au sud de la Baie des îles , lieu où il
avait recueilli l’Aptéryx qu’il adressait à la
Société zoologique , lui avaient fait observer
que les Kiwis de leurs forêts étaient beau¬
coup plus grands et plus forts que celui-ci ,
qu’il avait recueilli près des missions, sur
la rivière d’Hokianga , et il en conclut que
ces individus , d’un canton plus méridional ,
pourraient bien appartenir à une espèce
différente. »
J’ajouterai , à propos de la taille de cet
oiseau , qu’ayant examiné dernièrement à
Londres les trois individus que possède la
Société zoologique, j’ai été fort surpris de
voir que ces oiseaux n’étaient guère que de
la grosseur d’une Poule , m’étant figuré ,
d’après la description que j’en avais lue,
qu’ils étaient au moins de celle d’un Din¬
don. (Lafr.)
*APTraoTimiPs ( ckrïiv , 5j VOS, sans
ailes ; Opty , genre d’insectes ). ins. — M.
Haliday ( Entom. Magaz, ) a établi sous
ce nom , dans la famille des Thripsiens, de
l’ordre des Hémiptères-homoptères, un sous-
genre caractérisé , d’après cet auteur, par
l’absence des ocelles et des ailes. Ces Apti-
nothrips ressemblent du reste complète¬
ment aux Thrips , et nous ne serions pas
surpris qu’ils n’en fussent que des individus
n’ayant pas encore acquis tout leur déve¬
loppement ; mais un nouvel examen serait
indispensable pour détruire ou corroborer
cette présomption. M. Haliday donne com¬
me type de son sous-genre le Thrips rufa,
Gmelin. (PlfO
46
APT
ÀPT
APTINUS, C. (àicTiiiv , sans ailes ; qui ne
peut voler), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Carabiques, tribu
des Troncatipennes, établi par Bonelli et
adopté par M. Pejean, qui, dans son Species,
le caractérise de la manière suivante : Der¬
nier article des palpes un peu plus gros que
les précédents, et allant un peu en grossis¬
sant vers l’extrémité. Antennes filiformes.
Lèvre supérieure courte, et laissant les man¬
dibules à découvert. Point de dent, ou une
très petite au milieu de l’échancrure du
menton. Les trois premiers articles des tar¬
ses antérieurs sensiblement dilatés dans les
mâles. Point d’ailes. Corselet cordiforme.
Élytres ovales, allant en s’élargissant vers
l’extrémité.
Les Âptinus ont le plus grand rapport
avec les Brachines, auxquels Latreille les a
réunis ; cependant M. Dejean pense qu’ils
doivent en être séparés, parce que, indépen¬
damment de l’absence des ailes , ils présen¬
tent constamment , suivant lui , les caract.
Suivants : Les trois premiers articles des
tarses antérieurs sont toujours sensiblement
dilatés dans les mâles, tandis que cette di¬
latation n’est presque pas sensible dans les
Brachines ; les élytres sont tronquées obli¬
quement à l’extrémité, de manière à former
un angle rentrant dont l’extrémité de la su¬
ture est le sommet -, tandis que, dans les
Brachines , les élytres sont tronquées car¬
rément; les élytres sont aussi plus ovales, et
elles vont en s’élargissant vers l’extrémité;
tandis qu’elles sont ordinairement plus car¬
rées et plus parallèles dans les Brachines.
Cependant il est vrai de dire que quelques
espèces de ce dernier g. présentent aussi ce
caractère.
M. Solier sépare non seulement les Âp¬
tinus des Bracliinus comme M. Dejean ,
mais il en retranche plusieurs espèces avec
lesquelles il forme un troisième genre, qu’il
nomme Pherosophus. M. Brullé ne trouve
pas ces trois coupes génériques suffisamment
caractérisées, et n’adopte que celle des Bra-
chinus, comme Latreille. Les bornes qui
nous sont imposées ne nous permettent pas
de rapporter ici les raisons sur lesquelles il
fonde son opinion ; on peut consulter à cet
égard son mémoire, inséré dans les Ann. de
la Soc. entom. de France, t. ÏV, 3e trirn.
1833, pag. 621.
Quant au g. Âptinus tel que M. Dejean
le caractérise, il renferme, d’après son der¬
nier Catalogue, seize espèces, dont sept d’A¬
frique, deux d’Amérique et sept d’Europe.
Nous citerons parmi ces dernières , comme
type du g., VApt. ballista d’ïllig., qui se
trouve en Espagne et dans le midi de la
France. Cette esp., qui est la même que le
Brach. displosor de M. Léon Dufour , est
figurée dans P Iconographie des Coléoptères
d'Europe. (D.)
*APTOPUS (àirrcos, stable, ferme ; jtojs,
pied), ins. — Genre de l’ordre des Coléo¬
ptères pentamères, famille des Sternoxes ,
tribu des Élatérides, établi par Eschscholtz,
qui lui donne pour caractères : Tarses dé¬
pourvus de pelote. Ongles en scie. Yeux
globuleux. Angles du thorax très courts.
M. Dejean a adopté ce genre dans son der¬
nier Catalogue, et il y rapporte trois espèces,
dont deux du Brésil , et une de Mexico.
Cette dernière, qu’il nomme A. Venator , a
été appelée A. pruinosus par M. Chevrolat.
(D. et C.)
*APTOSIMUM, Burchell, fide Benth.,
in Bot. reg., sub tab. 1832 ( « priv. ; r.zù-
t u/j.oç , caduc ; parce que le fruit persiste
après la déhiscence).— Peliostomum, Benth.,
ibid. — Ohlendorffia, Lehm. bot. pii. —
Genre de la famille des Scrophularinées ,
tribu des Salpiglossidées de M. Bentham ,
qui lui assigne pour caract. : Calice campa-
nulé, semi-5-fide, 2-bractéolé à la base. Co¬
rolle à tube évasé au dessus du calice , res¬
serré à la base ; limbe sub-2-labié , à cinq
lobes arrondis, plans , presque égaux. Éta¬
mines didynames, déclinées ; anthères sub-
dithèques, velues au dos; bourses confluen¬
tes , déhiscentes par une seule fente trans¬
verse; celles des étamines supérieures plus
petites, souvent abortives. Style indivisé,
terminé par un stigmate très légèrement 2-
lobé. Capsule courte , obeordiforme , sub¬
globuleuse à la base , comprimée au som¬
met , 2-loculaine , courtement 4-valve au
sommet, à la fois septicide et loculicide.
Graines subtrigones , strophiolées. — Sous-
arbrisseaux raides, le plus souvent diffus ou
touffus. Fleurs axillaires. Ce g., qui com¬
prend six esp., appartient aux environs du
Cap. (Sp.)
* ÂPTUS. ins. — M. Habn (Wanzenar-
tigen însekt. ; emploie cette dénomination
APU
pour désigner un genre de la famille des
Réduviens, de l’ordre des Hémiptères, exac¬
tement synonyme de Nabis. Voy. ce mot.
(Bl.)
APTYCHUS. moll. foss. — Voyez
TRIGONELLITE. (C. D’O.)
APULE JA, Martius. bot. pii. — Genre
de la famille des Légumineuses , sous-
ordre des Césalpiniées , tribu des Cas-
siées , que son auteur dit voisin de VExo-
stylis, , et dont il expose les caract. ( Herb .
Flor. Brasil. in Flora, 1837, t. II, p. 173 ,
comme il suit : Calice urcéolé, 3-parti. Pé¬
tales 3, courtement onguiculés, presque éta¬
lés. Quelquefois le calice est 4-parli , et
la corolle 4-pétale. Étamines 5, saillantes,
insérées devant les segments calicinaux ; fi¬
lets filiformes; anthères linéaires-oblongues,
2-thèques. Ovaire linéaire-oblong , compri¬
mé , pauci-ovulé. Style courbé ; stigmate
grand, disciforme. — Ce g. est fondé sur une
seule espèce ( A . prœcox , Mart. loc. cil.) ;
c’est un arbre des environs de Rio-Janeiro;
ses feuilles sont imparipennées, 9-î3-folio-
lées ( à folioles alternes , non stipellées ) , à
stipules caduques ; les fleurs sont blanches,
plus précoces que les feuilles , et disposées
en corymbes bractéolés; les pédoncules, les
calices, les filets des étamines et les pistils ,
sont couverts d’un duvet soyeux roussâtre.
(Sp.)
APUS ( «priv.; pied), ois. — Nom
donné par Scopoli au g. Martinet. Voy. ce
mot. (Lafr„)
APUS (à augmentatif ; *o3ç, pied), crust.
— Genre très remarquable de l’ordre des
Crustacés branchiopodes , caractérisé par
l’existence d’une grande carapace scutifor-
me , qui recouvre la tête et le thorax ; de
pattes-mâchoires rameuses , de pattes bran¬
chiales au nombre de soixante paires en¬
viron , et d’une espèce de queue formée
par 2 appendices sétacés très longs. Ces ani¬
maux habitent les eaux douces et atteignent
à peu près deux pouces de long. (M. E.)
APUS ( « priv. ; ir ouç, pied), bot. cr. —
Mot synonyme de sessile, et qui s’applique
aux Champignons dont le chapeau ou la par¬
tie qui supporte les organes de la fructifi¬
cation adhère par un point, ou par un bord
seulement , aux corps sur lesquels ils se
sont développés. Dans les Agarics , les Po¬
lypores, lesHydnes, etc., il y a toujours une
àQU 47
section désignée sous le ntrni (VApus, et qui
comprend toutes les espèces sessiles.
(LÉv.)
*APYRE ( «priv.; nùp , feu ; c’est-à-
dire infusible), min. — Nom donné à un
minéral que l’on avait d’abord rapproché
des Feldspaths, mais dont on a fait depuis
une espèce, sous le nom de Maele ou d’An-
dalousite. On avait remarqué qu’il se distin¬
guait des Feldspaths ordinaires par son in»
fusibilité; et on le nommait , en conséquen¬
ce, Feldspath apyre. — Voy. macle.
(Del.)
*APYRITE ( à priv. ; KÙp , feu), min. —
Nom d’une espèce particulière de Tourma¬
lines, qui se distingue des autres par une plus
grande résistance à la fusion.— Fo?/. Tour¬
maline. (Del.)
AQUARIA ( Aquarius , pris substanti¬
vement pour Arrosoir, qui concerne l’eau).
moll.— Le genre Arrosoir était depuis long¬
temps établi par Bruguière et par Lamarck,
lorsque M. Perry le créa de nouveau dans sa
Conchyliologie sous le nom d 'Aquaria, qui
n’a point été adopté. Voy. arrosoir.
(Desïi.)
AQUARIUS ( Aquarius , qui concerne
l’eau), ins. — Nom donné par Schellen-
berg )Hémipt. suec.) à un genre de l’ordre
des Hémiptères ayant déjà reçu de Fabri-
cius la dénomination d 'Hydromelra. Voy.
ce mot. (Bl.)
AQUARTIA. bot. pii. — Lisez Ac-
quartia, Jacq., Plant, am. Voyez sola-
num. (C. L.)
AQUAT5LE. Aqnatilis. bot. — Syn.
inusité d’ aquatiques. (C. d’O.)
* AQUATIQUE. Âquaticus. bot. —
Voyez AQUATIQUES. (C. D’O.)
* AQUATIQUES. Aquatilia. zool.
bot. — Cette dénomination , donnée à diffé¬
rentes div. du règne animal, s’applique à tous
les animaux qui vivent dans l’eau ou sur ses
bords. Boddaert a donné le nom d’Aquati-
ques à une section de la classe des Mammi¬
fères; Latreille, Ritgen et Carus, à une sec¬
tion de celle des oiseaux ; Cuvier , à une fa¬
mille de la classe des Mollusques; Latreille,
à une division de celle des Crustacés , La-
mark , à une tribu de la famille des Cimici-
des, et Walckenaër, à une division de sa
tribu des Araignées. — En Botanique, on
donne ce nom aux plantes qui vivent dans
48
A QU
l’eau, sur le bord des rivières et des ruis¬
seaux , ou bien dans les lieux humides et
inondés. Les racines des plantes qui nais¬
sent dans l’eau, comme celles des Lemna
et des Utriculaires, prennent aussi le nom
d' Aquatiques. (C. n’O.)
AQUIFOLIACÉES. bot. — Voyez
ilicinées. (Ad. J.)
AQUIFOLIUM, Tourn. Aquifolium ,
Hort. bot. ph. — Synonyme du genre llex,
Linn., delà famille des A quifoliacées ou Ili-
cinées. Chez les anciens botanistes, le nom
d"1 Aquifolium désignait spécialement le Houx
( llex Aquifolium, L.). (Sp.)
AQUÎLA. ois. — Synonyme latin d’Ai-
gle. Voy. ce mot. (C. d’O.)
AQUI L AIRE. Aquilaria Schreb. [Aqui-
la , Aigle), bot. pii. — Genre type de la
famille des Aquilarinées ou Aquilariacées.
M. Arnott ( in Hook., Je. Plant. , tab. 6 )
lui a assigné les caractères suivants : Galice
turbiné, coriace, 5-fide; tube garni en de¬
dans de dix squammules défléchies, velues ,
alternes avec les étamines. Etamines 10 ,
toutes fertiles , insérées au tube calicinal ;
filets courts. Ovaire non stipité, obové, ob¬
tus. Stigmate sessile , convexe. Capsule li¬
gneuse, 2-loculaire, 2-valve, 1-sperme. Ar¬
bres. Feuilles subsessiles. Fleurs petites ,
disposées en ombelles latérales et termina¬
les , subsessiles ; pédicelles courts, filifor¬
mes.
Ce genre est propre à l’Asie équatoriale ;
on y rapporte quatre espèces, dont une seule
est bien avérée : c’est VA. Agallocha , Roxb.,
indigène dans les montagnes du Thibet, en¬
tre les 24° et 25° de lat. nord. Cet arbre
produit le bois odorant connu sous les noms
de bois cVAlo'es, Agalloche ou Calambac ;
sa substance odorante est une huile essen¬
tielle contenue dans des veines d’une cou¬
leur foncée, éparses dans le corps du vieux
bois ; cette huile , qu’on extrait en faisant
bouillir le bois d’Agalloche dans de l’eau ,
est un parfum très estimé par les Orientaux,
qui l’appellent Aggur ou Uggor. (Sp.)
AQUILARIACÉES. bot. pu. -Voy.
AQUILARINÉES. (Ad. J.)
* AQUILARINÉES. bot. ph. - Ce
nom, que M. Lindley a changé en celui d’A-
quilariacées, a été donné par M. R. Brown à
une petite famille de plantes dicotylédones
à étamines périgynes , qui offre les caract.
AQÜ
suivants : Calice à cinq divisions, dont le tube
s’allonge en cylindre ou se raccourcit en
coupe, et présente, insérées à son ouverture,
cinq ou six squammules velues. Étamines
en nombre égal ou double, insérées un peu
plus bas , opposées dans le premier cas aux
divisions calicinalcs , à filets courts , à an¬
thères introrses, biloculaires , attachées par
le dos et s’ouvrant en dedans par une
fente longitudinale. Ovaire libre , sessile ou
stipité, comprimé, offrant , dans une loge
unique, deux placentas correspondant à ses
deux faces aplaties , assez saillants pour se
toucher presque, et former ainsi une cloison
apparente au milieu de la loge, portant cha¬
cun, suspendu à son sommet, un ovule ana-
trope. Stigmate simple en tête, sessile, ou
porté sur un style terminal et filiforme.
Capsule de même forme que l’ovaire, se sé¬
parant en deux valves placentifères par leur
milieu. Deux graines, ou une seule par avor¬
tement , suspendues à un long funicule di¬
laté en manière d’arille, dépourvues de pé-
risperme, à radicule courte et supère, à co¬
tylédons charnus et droits.
Les esp. fort peu nombreuses de cette
famille sont des arbres ou arbrisseaux ori¬
ginaires de l’Inde et de la Chine ; à feuilles
alternes, dépourvues de stipules, très en¬
tières ; à fleurs disposées en petits faisceaux
sessiles ou en ombelles aux aisselles des feuil¬
les ou à l’extrémité des rameaux.
Genres : Aquilaria , Lam. ( avec lequel
semble devoir se confondre VOpliispermum ,
Lour. ) ; Gyrinops, Gœrtn. (Ad. J.)
AQU1LE. Aquilus ( Aquilus , de couleur
sombre), moll. — Genre inutile créé par
Montfort, dans le t. II de sa Conchyliologie
pour le Murex cutaceus de Linné , qui of¬
fre tous les caract. du g. Triton de Lamarck.
Voy. triton. (Desh.)
AQUILEGIA ( Aquilegia , nom latin de
cette plante), bot. ph. — Voy. ancolie.
(Sp.)
AQUILICIA, L. bot. ph. — Double
emploi du g. Leea, L., de la famille des Am-
pélidées. ^ (Sp.)
AQUIL1NÉES. Aquilinœ ( Aquila ,
aigle j. ois.— -S.-famille de notre famille FaL
conidce , ayant pour caract. : Proportions
en général fortes. Bec robuste, droit depuis
sa base , et ne se courbant que vers le tiers
de sa longueur, son extrémité se proion-
ARA
49
ÀQU
géant en pointe tombante et plus ou moins
longue. Ailes longues , les rémiges primai¬
res s’étendant souvent jusqu’à l’extrémité
de la queue; celle-ci courte ou médiocre,
carrée ou légèrement arrondie, rarement
conique. Pieds robustes , à tarses courts ou
médiocres, souvent emplumés ; ongles puis¬
sants , très acérés , ou canaliculés et fort
tranchants sur leurs bords internes, ou cy-
lindracés, et , alors , singulièrement longs
et arqués. Oiseaux chasseurs et pêcheurs.
Des différents genres qui composent cette
sous-famille, les uns se nourrissent de Mam¬
mifères et de gros gibier ; les autres , de
menues espèces et même d’insectes ; d’au¬
tres, de Poissons et Animaux marins ; d’au¬
tres enfin, de Poissons d’eau douce. Tous,
sans montrer dans leur chasse le courage et
l’audace des Accipitrinées et des Falconi-
dées , en ont cependant beaucoup plus que
les espèces des sous - familles précédentes ,
les Butéoninées et les Milvinées.
Nous avons cru devoir former un genre,
sous le nom d7 chthyète ( Ichthyetus ), du
Falco ichthyetus d’Horsfield, figuré dans le
n° 3 de ses Zool. research. in Java , le Py-
gargue ichthyophage (Less. , Tr. ), parce
que cet oiseau , qui , d’auprès Horsfield , ne
vit que de Poissons d'eau douce , qu’il pê¬
che dans les grands lacs et les rivières de
Java, a, ainsi que notre Balbusard, des on¬
gles d’une longueur et d’une courbure ex¬
traordinaires, arrondis et non canaliculés
en dessous ; mais , comme il n’en a ni les
Urses réticulés ni la coupe d’ailes, il for¬
me pour nous un genre distinct , quoique
très voisin. — Les Rosthrames de Lesson
( Cymindis de Temminck ) , quoique de di¬
mension bien inférieure , sont aussi de ra¬
paces pêcheurs d’eau douce, chez lesquels
la forme de bec et d’ongles particulière à
ce groupe est poussée à son maximum. Les
Bachas , rangés jusqu’ici dans les Buses ,
mais que leurs habitudes plus courageuses
et leurs armes plus puissantes ont fait
grouper par Vigors dans un genre particu¬
lier , sous le nom d '’Hœmatornis , doivent
encore prendre place dans nos Aquilinées.
— Seulement , à l’imitation de M. Robert
Gray , nous substituerons à ce nom d’JTce-
matornis, déjà employé antérieurement par
Swainson , celui de Spilornis (Gray).
Notre sous-famille Aquilinée se compose-
T. II.
ra donc des g. Rosthrame , Pygargae , Bal-
busard , Ichthyète , Bateleur y genres pis¬
civores), Circaïte , Bacha et Aigle (genres
carnivores ). Voy. ces mots. (Lafr.)
* AQUIPARES. ( Aqud parère , en¬
gendrer dans l’eau), rept. — M. de Blain-
ville donne ce nom à un groupe qui com¬
prend la majeure partie des Batraciens
anoures, tous ceux qui, comme les Grenouil¬
les, les Crapauds, etc., déposent leurs œufs
dans l’eau pour les y faire éclore. Les Pipas,
dont les œufs sont, après la ponte, placés
sur le dos des femelles et y passent leur
vie embryonaire et de têtards , sont seuls
exceptés, et reçoivent le nom d cDorsipares.
(P. G.)
*AQUITÈLES. arach. — M. Walcke-
naër, après avoir divisé les Araignées en deux
tions, les terrestres et les aquatiques, ajou¬
te au nom d1 Aquatiques la dénomination
d'Aquitèles comme sous-section. Les Aqui-
tèles se composent du seul genre argyro-
iseta. Voy. ce mot. (Bl.)
ARA. Ara, Brisson. — Macrocercus ,
Vieillot, ois. — La plupart des auteurs ont
distingué sous ce nom d’Aras les grandes
espèces de Perroquets du Nouveau-Monde ,
à queue longue et pointue, et remarquables
autant par leur grande taille que par la ri¬
che bigarrure de leurs couleurs.
Brisson, adoptant comme générique cette
dénomination d’Ara, qui n’est autre qu’une
imitation des cris rauques de ces oiseaux ,
crut devoir l’employer également en latin.
Vieillot, l’adoptant aussi plus tard, la ren¬
dit en latin par le nom générique de Macro¬
cercus, assez généralement employé depuis.
Dans ces derniers temps, cependant, Wa-
gler, dans sa Monographie, lui substitua
celui de Sittace , et M. Bourjot Saint-Hilai¬
re , dans son 5e volume des Perroquets de
Levaillant, celui d’Arara. Celui d’Ara de
Brisson étant le plus ancien , nous croyons
devoir l’adopter, comme vient de le faire
aussi M. Robert Gray, dans sa nouvelle liste
des genres des Oiseaux, où il a cherché à
rendre aux genres comme aux espèces leurs
plus anciennes dénominations.
La plupart des esp. que l’on a désignées
par ce nom étant remarquables , entre tou •
tes celles d’Amérique, par leur grande taille,
la longueur extrême de leur queue et la
nudité de leurs joues , il était assez naturel
4
50
ARA
ARA
d’en former un groupe ou un genre à part ;
d’autres , ne présentant ces caract. qu’à un
degré moins élevé , n’ayant même souvent
de nu sur la face que le tour des yeux ou
quelque petite partie des joues, furent
nommées par Levaillant Perruches - Aras ;
d’autres enfin, ne présentant plus sur la
face aucune partie nue , reçurent simple¬
ment le nom de Perruches.
Wagler n’ayant pu trouver ( dit -il dans
sa Monographie des Perroquets ) des carac¬
tères génériques suffisants pour établir par¬
mi les Perroquets à longue queue d’Amé¬
rique ces trois distinctions , les a tous réu¬
nis et confondus sous le même nom géné¬
rique de Sittace. Il est certain qu’il est à
peu près impossible d’établir la moindre
délimitation un peu rigoureuse entre ces
trois groupes américains , et qu’ici , plus
encore peut-être que dans beaucoup d’au¬
tres grands genres nombreux en espèces, on
trouve des transitions graduées et abondan¬
tes. Si on adopte comme caract. génériques
pour le g. Ara la nudité des joues , des lo-
rum et du menton , jointe à la plus forte
taille et à la plus grande queue , on se voit
sur-le-champ obligé d’en distraire l’Ara
hyacinthe , figuré dans la galerie de Vieil¬
lot , pl. 24, qui , quoique le géant de tout le
groupe, et offrant tous ses autres caractères
d’énormité de bec , de longueur de queue ,
etc., portés même au maximum, a néan¬
moins les joues emplumées , et n’a de nu
que le tour de l’œil , et une bande entou¬
rant la mandibule inférieure. Une autre esp.
un peu moindre que celle-ci , mais égale
aux autres grandes esp. , l’Ara azuvert
(Macrocercus glaucus , Vieillot) , a la face
encore plus emplumée , n’ayant qu’un cer¬
cle très étroit autour de l’œil et une plaque
à l’ouverture du bec dénués de plumes. Elle
doit donc en être également éloignée , tan¬
dis qu’on admettra comme Aras , ainsi
que l’a fait Vieillot , la Perruche- Ara de
Buffon ( Enl ., 864) , sous le nom d’Ara ma-
kavouana ; l’Ara d’Uliger , l’Ara severa ou
maracana , esp. infiniment moindres que
les deux que nous venons de citer , et pré¬
sentant , en outre , une nudité faciale beau¬
coup moins étendue que chez les esp. types,
l’Ara Macao, YAra rauna, YAra militai¬
re et l’Ara canga, figuré, Ois., pl. 5, fig.
I, de ce Dictionnaire.
Les esp. dont on a fait un second g., sous
le nom de Perruches- Aras, présentent en¬
tre elles au moins autant de différence,
quant au caract. de nudité faciale, que les
grandes esp. d’Aras : car les unes ont une
portion de la joue et les lorum nus ; les
autres n’ont qu’un petit cercle étroit autour
de l’œil dénué de plumes , et viennent se
fondre, par conséquent, avec celles qui ont
cette partie emplumée , les Perruches pro¬
prement dites.
Nous pensons donc , comme Wagler ,
qu’on ne peut , sans déranger l’ordre natu¬
rel , former trois genres différents de ces
Perroquets à longue queue conique, du Nou¬
veau-Monde ; mais , pour ne pas nous trou¬
ver en opposition avec la plupart des au¬
teurs modernes , nous proposerons, tout en
n’adoptant que le seul g. Ara , de lui lais¬
ser pour sous-genres les Perriches-Aras et
les Perriches à longue queue de Buffon.
Les caract. du genre Ara seront alors :
Bec très fort. La mandibule supérieure
élevée, très arquée , terminée par une poin¬
te descendante fort allongée , et dépassant
de beaucoup l’inférieure ; cette pointe mu¬
nie en dedans de petites stries élevées,
obliques, en forme de chevrons brisés , très
rapprochées ; ses bords tantôt simplement
sinueux, tantôt largement dentés; mandi¬
bule inférieure beaucoup plus courte que la
supérieure , très élevée , quelquefois beau¬
coup plus haute que longue , et aussi haute
que large , arquée , et remontant brusque¬
ment de la base à la pointe ; cette poiute
s’appliquant sur une carène transverse et
interne de la supérieure , apparente chez la
plupart des esp. , peu saillante chez quel¬
ques unes , à peine visible chez d’autres.
Tarses très courts, un peu aplatis, robustes;
doigts externes allongés , plutôt grêles que
gros. Queue longue , très étagée, longicône.
Ailes longues , construites sur le type aigu
ou sub-aigu (genre américain).
Dans le sous -genre Ara, il nous paraît
naturel de ranger d’abord toutes les plus
grandes esp. à bec le plus fort et à queue la
plus longue , proportionnellement ; puis
celles qui, quoique de taille inférieure,
présenteront , comme les premières , une
entière nudité de joues et de lorum. Les
deux grandes esp., l’Ara hyacinthe et l’Ara
azuvert de Vieillot , qui n’ont qu’une peti-
ARA
ARA
51
te portion de la face dénuée de plumes,
pourraient alors en former une sous-division
sous le nom (P Aras à face emplumée, ou
Aodorhynchus de Spix.
Le second sous - genre Perriche - Ara
( Psittacara, Yigors ) se composerait d’esp.
de taille inférieure, ayant le bec moins fort,
la queue moins longue , et les doigts moins
allongés proportionnellement que les Aras ;
ayant la mandibule inférieure moins courte,
vu sa hauteur, et n’ayant que le tour des
yeux ou quelque portion seulement des
joues dénués de plumes.
Enfin, dans le sous-genre Perriche ( Co-
nurus , Kuhl ) , on pourrait ranger les esp.
qui n’ont aucune partie nue sur la face ,
qui ont le bec le plus petit , avec la mandi¬
bule supérieure toujours dentée, et qui
ont les doigts les moins allongés.
On nous reprochera peut-être d’avoir
employé la taille comme caract. sous-géné¬
rique peu méthodique. Nous répondrons à
cette objection que , dans les genres nom¬
breux , cette considération n’est pas à re¬
jeter , parce qu’il s’y joint presque toujours
d’autres caract. de forme et des différences
de mœurs , et il nous paraît beaucoup moins
choquant de rapprocher les Aras hyacin¬
the et azuvert des Aras rauna et macao
que de les rejeter , à cause de leurs joues
emplumées, près des petites Perriches-Aras
couronnée et à gorge variée.
Nous employons les noms de Perriches
et Perriches-Aras, donnés par Buffon pour
distinguer les esp. à longue queue du nou¬
veau continent de celles de l’ancien , parce
qu’adoptant les nouveaux noms latins de
Psittacara et Conurus comme basés sur
cette distinction géographique , souvent la
meilleure , il nous a paru juste de recourir
à ces anciens noms français de notre célè¬
bre Buffon , qui leur sont synonymes.
(Lafr.)
* ARABERI. poiss. — Dénomination
sous laquelle Marcgrave a décrit une petite
espèce de Clupée , voisine des Sardines.
(Y AL.)
* ARABETTE. Araha ( àpot.® tw, je fais !
du bruit? ). ms. — Genre de l’ordre des
Diptères, établi par M. Robineau-Desvoidy
dans sa famille des Myodaires, tribu des En-
tomobies, et auquel il donne pour caractè¬
res : Antennes descendant jusqu’à l’épisto- !
me ; les deux premiers articles très courts ,
le troisième long , cylindrique ; chète apical
à premiers articles très longs. Front assez
large ; angle frontal très prononcé ; optiques
argentés ; face oblique ; faciaux ciligères ;
péristome carré , à épistome non saillant ;
corps conique, couvert d’un duvet gris pul¬
vérulent ; la cellule de l’aile ouverte bien
avant le sommet , avec la nervure transverse
cintrée.
Les Arabettes sont les Parasites des Hymé¬
noptères fouisseurs, tels que les Scolies , les
Pompyles, les Sphèges , et voici comment.
On sait que les femelles de ces Hyméno¬
ptères creusent dans le sable ou dans la
terre un trou où elles déposent un œuf,
après y avoir enseveli préalablement une
araignée ou une chenille pour servir de nour¬
riture à la larve qui sortira de cet œuf. L’A-
rabette saisit l’instant où l’Hyménoptère
fouisseur s’éloigne de son trou pour y pé¬
nétrer , et se hâter d’y pondre avant qu’il
l’ait fermé ; de sorte que c’est pour une pos¬
térité ennemie que celui-ci a fait des pro¬
visions : car la larve de l’Arabette ne tarde
pas à se développer , et absorbe la nourri¬
ture destinée à celle de PHyménoptère avant
l’éclosion de cette dernière.
M. Macquart comprend dans son genre
Metopia les Arabettes de M. Robineau-Des¬
voidy, qui en décrit dix espèces. Nous n’en
citerons qu’une seule, qui est très commune
sur les talus sablonneux percés par les Hy¬
ménoptères : c’est V Araha leucocephala ,
Tachina id. de Meigen. (D.)
ARABI. poiss. — Nom que Forskal a
indiqué comme la dénomination vulgaire
du Mugü crenilabris , mais qui paraît s’ap¬
pliquer à plusieurs espèces. (Val.)
ARABIBE. Ârabis, Linn. bot. psi.—
Genre de la famille des Crucifères ( Sili-
queuses , Spach ; type de la tribu des Ara-
bidées, DC.) , dont la circonscription est
fort diversement envisagée par les auteurs
modernes. Nous allons exposer ici les ca¬
ract. que lui assigne M. C. A. Meyer (in Le-
deb. , Flor. Alt », t. III , p. 15), quoiqu’il
nous semble que la délimitation de cet auteur
soit loin d’être assez restreinte; et que , par¬
mi les 8 sections ou sous-genres qu’il y éta¬
blit , il se trouve probablement plusieurs
genres très distincts. — Sépales dressés : les
latéraux à base soit égale , soit saccjforme*
52
ARA
ARA
Glandules hypogynes au nombre de 4, de 6
ou de 8. Filets libres, non dentés. Stigmate
indivise. Silique non stipitée, allongée , li¬
néaire , aplatie , 2-loculaire , 2-valve , po-
lysperme; valves presque planes, 1-nervées
(par exception innervées") ; nervures-placen-
tairicnnes à dos arrondi. Graines margi-
néesouimmarginées, 1-sériées, comprimées,
suspendues; funicules filiformes, libres, ou
moins souvent adnés au diaphragme. —
Herbes annuelles, bisannuelles, ou viva¬
ces, ou rarement suffrutescentes, plus ou
moins rameuses, en général pubescentes ou
cotonneuses ; poils le plus souvent bifur-
quésou étoilés. Feuilles indivisées ou moins
souvent lyrées , en général éparses : les ra¬
dicales roselées , ordinairement pétiolées ;
les caulinaires le plus souvent sessiles , à
base souvent bi-auriculée , amplexicaule.
Grappes terminales, aphylles. Pétales blancs,
ou roses , ou rarement bleuâtres , onguicu¬
lés, ou linéaires-spatulés , toujours indivi-
sés , quelquefois rétus. Filets subulés. An¬
thères elliptiques, ou suborbiculaires,ou ob-
longues. Style en général nul ou columnaire
et court. Pédicelles-fructifères dressés. Grai¬
nes lisses ou finement chagrinées. Cotylé¬
dons minces, plans, rectilignes, accom-
bants. Radicule ascendante, rimale.
M. C. A. Meyer établit dans ce g. les sous-
divisions suivantes : Euarabis , Pseudo-
Arabis, Dendro-Arabis , Leptostylis , Cara-
daminopsis , Turritella , Catolobus , et
Campylocarpus. ( Voy. ces mots. Voyez ,
en outre, pour des g. ou sous-g. établis sur
des Arabis par d’autres auteurs: abasicar-
POV , ARABÏDIUM, ARABISA, LOMASPO-
ra, turrîtina et TURRiTA.)— La section
désignée par M. de Candolle ( Syst . , t. II,
p. 214; Prodr., 1. 1, p. 142) sous le nom d’Aïo-
matium est tout à fait artificielle , et com¬
prend toutes les esp. dont les graines sont
soitimmarginées, soit légèrement marginées.
La plupart des Arabides croissent en Eu¬
rope ou dans les contrées extra-tropicales
de l’Asie. Le nombre des espèces a été porté
à environ 80; mais il est sans doute exagéré,
et ne saurait être fixé que par un bon tra¬
vail monographique. (Sp.)
*ARABîDÉES. bot. ph.— M. de Can¬
dolle (Syst., t. II , p. 146; Prodr., t. I, p.
142) donne ce nom à une tribu de Crucifè¬
res, à laquelle il attribue pour caract. di¬
stinctifs : Silique déhiscente , h diaphragme
linéaire , plus large que les graines. Graines
ellipsoïdes, comprimées, souvent margi¬
nées. Cotylédons plans , accombants , paral¬
lèles au diaphragme. (Sp.)
*ARABIBIA, Tausch. ( Hort . Canal.,
fasc. I [allusion à Arabis ] ). bot. pu. —
Genre ou sous-genre de la famille des Saxi-
fragées, fondé sur le Saxifraga stellaris , L.,
et quelques esp. voisines. Ses caract. dis¬
tinctifs sont les suivants : Calice inadhé¬
rent , 5-parti , à segments étalés ou réflé¬
chis. Pétales longuement onguiculés ( quel¬
quefois anisomètres ). Filets subulés. —
Herbes vivaces , touffues. Feuilles roselées,
planes , non cartilagineuses aux bords , sub¬
persistantes. Tiges-florifèrcs aphylles , an¬
nuelles. (Sp.)
*ÂRABIDIXJM, Spach. ( Hist . des plan¬
tes ph. , t. VI, p. 436). (Allusion à Arabis ).
— Arabis , sectio Euarabis , C. A. Meyer.
bot. pïi. — Genre de la famille des Cruci¬
fères (Siliqueuses) (tr. des Arabides, DC.),
fondé sur V Arabis alpina, L. (auquel nous
rapportons comme variétés ou synonymes :
l’A. albida , Stev. ; l’A. caucasica , Willd. ;
les A. Billardieri, brevi folia, longi folia et
viscosa , DC. , etc.). — Les caractères di¬
stinctifs de ce genre sont les suivants: Sé¬
pales dressés, naviculaires : les deux laté¬
raux plus larges, sacciformes à la base. Pé¬
tales onguiculés, obovales. Glandules hypo¬
gynes au nombre de quatre (1 devant chaque
sépale): les deux latérales scutelliformes,
2-appendiculées à la base. Étamines 6 : les
filets des deux impaires filiformes, ascen¬
dants; les quatre autres plus gros, ancipi-
tés, élargis à la base, rectilignes, dressés;
anthères sagittiformes-oblongues. Ovaire li¬
néaire, comprimé parallèlement au dia¬
phragme , 2-loculaire , multi-ovulé. Style
court , columnaire ; stigmate pelté , hémi¬
sphérique. Silique linéaire, apiculée, apla¬
tie, 2-loculaire, polysperme; valves immargi-
nées, planes, minces, finement 1-nervées;
nervures placentairiennes filiformes, super¬
ficielles. Graines suspendues, 1-sériées dans
chaque loge, comprimées, marginées ; coty¬
lédons plans , rectilignes , accombants. —
Herbes vivaces, touffues , stolonifères , cou¬
vertes ou parsemées d’une pubescence en
général étoilée. Stolons ascendants , radi-
cants , suffrute^cents , feuîllés, finalement
ARA
ARA
53
allonges en tige florifère. Feuilles dentées :
les radicales et celles des stolons pétiolées,
spatulées; les caulinaires sessiles, à base am-
plexicaule , 2 -auriculée. Grappes termi¬
nales ou axillaires et terminales, aphylles,
ébractéolées , longuement pédonculées ,
très lâches après la floraison. Pédicelles
fructifères filiformes, tantôt ascendants,
tantôt horizontaux ou plus ou moins diver¬
gents , tantôt défléchis. Fleurs assez gran¬
des. Corolle blanche. Filets libres, inappen-
diculés , tétradynames. Anthères isomètres,
jaunes. Silique rectiligne ou un peu arquée.
Graines finement chagrinées , à rebord
étroit , membraneux. L’esp. type de ce g.
( A . alpinum , Sp. ) est connue en horticul¬
ture sous les noms de Tourette ou Ara-
bette printanière , ou Arabette des Alpes
( la variété à feuilles non cotonneuses ) ; la
variété à feuilles cotonneuses est désignée
par les noms & Arabette blanchâtre ou
Arabette du Caucase. C’est une plante d’or¬
nement très commune, et précieuse à cause
de sa floraison précoce. (Sp.).
* AR ABÎDOPS1 S, DC. (Styst., t. II, p.
480 ; Prodr., t. ï , p. 195, sub Sisymbrio ).
bot. pii. — Section du g. Sisymbrium
famille des Crucifères , que M. C. A.
Meyer (in Ledeb. Flor. Alt., t. III, p.
156) caractérise ainsi qu’il suit : Grappes
aphylles. Fleurs blanches ou roses. Silique
subcylindrique. Style court ( par exception ,
allongé ). Diaphragme sans nervures. —
Herbes en général parsemées d’une pubes¬
cence rameuse. On rapporte à cette section
une dizaine d’espèces , dont le S. thdliana
Gay. ( Arabis thaliana , L. ) peut cire con¬
sidéré comme type. (Sp.)
* ARABIQUE ou FAUSSE ARLE¬
QUINS. moll. — Nom vulgaire que l’on
donne à l’une des espèces les plus commu¬
nes du genre Porcelaine. Yoy. porcelai¬
ne. (Desh.)
*AUABIS. Adans. (nonL.). bot. pii. —
Synonyme du genre lberis, L., delà famille
des Crucifères. (Sp.)
*AIIABISA , Reiclib. (allusion à Ara-
bis). bot. ph. — M. Rcichenbach (Flor.
Germ. excurs., p. 677) donne ce nom à
un sous -genre qu’il établit dans le g. Ara-
bis (famille des Crucifères) , et auquel il at¬
tribue pour caract. distinctifs : Pétales à
lame étalée. Silique subcylindrique , toru-
leuse. Graines ailées à l’extrémité inférieu¬
re. — Ce sous - genre comprend V Arabis
vochinensis , Spreng. ; PA. ovirensis , Wulf.,
et VA. Jîalieris L. (Sp.)
*ARACANTHUS («/îx est-ce? âxx'jBu,
épine), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, de la famille des Curculionites , di¬
vision des Entimides, crée par Say et adopté
par Schœnherr (Gen. et sp. Curcul., t. V,
page 821 ) , qui lui donne les caractères
suivants : Antennes médiocres, un peu grê¬
les; leur scapus dépassant à peine les yeux ;
le premier article de leur funicule un peu
allongé, piriforme, les autres courts et ob-
coniques; massue ovale. Rostre court, très
épais , parallélipipède , légèrement aplati en
dessus , canaliculé. Yeux grands, ronds, dé¬
primés. Corselet un peu oblong, tronqué à
la base , un peu arrondi latéralement , lar¬
gement lobé de chaque côté dans sa partie
supérieure. Écusson invisible. Élytres oblon-
gues , subovales , tronquées à la base , avec
les épaules carrées. Pattes fortes, toutes mu-
tiques. — Ce genre a pour type VA. palli -
dus, Say, de l’Amérique septentrionale.
(D. et C.)
ABACARI. Pteroglossus , Illig. (mipw,
plume; y)w<7<7x, langue ). ois. — Genre de
l’ordre des Grimpeurs de Cuvier, de celui
des Zygodactyles de Vieillot , et de no¬
tre famille Ramphastidée. Ses caractères
sont : Bec très grand , mais faible , quoique
plus fort et moins cellulaire que celui des
Toucans , plus long que la tête et quelque¬
fois du double , presque aussi épais qu’elle
à sa base supérieure , qui est un peu dépri¬
mée et élargie, emboîtant exactement le
front ; les deux mandibules courbées en bas,
vers le bout , et crénelées sur leurs bords.
Narines orbiculaires , contiguës au front , et
situées dans les premières plumes frontales.
Langue médiocre , étroite , cartilagineuse et
en forme de plume. Tarses médiocres ;
doigts externes , allongés et grêles; les deux
antérieurs soudés ensemble jusqu’à la se¬
conde articulation. Ailes à rémiges fort
courtes, un peu concaves , obtuses ou sur-
obtu-ses , ne dépassant que de peu la base de
la queue. Celle-ci composée de dix rectrices,
allongée et très étagée.
Bufl'on avait déjà distingué les Aracaris
des Toucans. En Amérique , ils le sont éga¬
lement par les indigèrçes , qui leur donnent
54
AU A
ARA
aussi ces deux noms différents. Vieillot n’en
a fait qu’une section de ses Toucans, sous
le nom de Toucans-Aracaris. Ils diffèrent
des premiers par leu-r bec , moins long et
moins gros , mais plus dur et plus solide ;
par leur queue , plus longue en général et
très étagée , tandis qu’elle est carrée chez les
Toucans. Ces oiseaux , particuliers à l’Amé¬
rique méridionale comme les Toucans ,
sont frugivores, et quelquefois insectivores;
mais , dans le temps de la nidification ,
ils font, dit Azara, une grande destruc¬
tion d’œufs et de jeunes oiseaux , qu’ils ava¬
lent entiers, les lançant en l’air avec la
pointe de leur bec, et les recevant dans leur
large gosier, comme ils font pour tous leurs
aliments. Us vont ordinairement par petites
troupes, ont le vol peu facile, et assez ana¬
logue à celui de la Pie; aiment à se tenir
dans les bois , vers le haut des arbres , où ils
sautent de branche en branche avec assez de
prestesse ; mais ne grimpent jamais com¬
me les Pics. A terre , où ils ne descendent
que rarement, ils sautillent obliquement,
de mauvaise grâce et les pieds très écartés ;
ils font leur nid dans des trous d’arbre , et
leur ponte n’est que de deux œufs. Quoique
ces observations aient été faites sur des Tou¬
cans proprement dits, les Aracaris n’étant
réellement que des Toucans de moindre
taille , à queue étagée , il n’est pas douteux
qu’elles ne puissent également leur être ap¬
pliquées. Nous ajouterons à ces détails une
observation que nous avons pu faire nous-
même sur un Toucan vivant : c’est que ,
lorsque cet oiseau dort , il cache , comme
tous les Oiseaux , sa tête entre les plumes de
son dos, et son énorme bec se trouve alors
étendu jusqu’à l’origine de la queue ; mais ,
de plus , il a la faculté de relever et de rabat¬
tre cette queue sur son dos pour en recou¬
vrir son bec et sa tête, en sorte que, dans le
sommeil, sa longueur totale paraît être ré¬
duite à celle du tronc. Les espèces d’Araca-
ris les plus connues et figurées dans Buffon
sont l’Aracari grigri ( Ramp . aracari, Lin. ;
Buff., Enl. , 166) ; — l’ Aracari vert (Fiera,
viridis , Enl., 727, 728; — L’Aracari kou-
lik ( Piperivorns , Enl. , 557).
Dans ces derniers temps, M. Gould a for¬
mé parmi ces Oiseaux un nouveau genre
sur l’Aracari à bec sillonné ( Pleroglossus
sidcatus , Swams,; Tem,, Col. 556), sous le
nom d'Àulacorhynchus. Cette espèce nou¬
velle présentait , en effet , dans la forme de
son bec, fortement sillonné latéralement, et
dans son plumage uniformément vert , deux
caractères nouveaux dans ce groupe , mais
peut-être insuffisants pour en former un
genre. Cependant M. Gould a cru y recon¬
naître encore d’autres caractères distincts
de ceux des Aracaris , tels qu’un bec plus
court, plus large et plus aplati en dessus , la
base de la mandibule inférieure s’étendant
obliquement au delà de la ligne des yeux;
des ailes très courtes et très arrondies, la 4»
penne la plus longue; les 5e, 6e et 7e, à peu
près égales, et enfin une queue plus courte
et moins étagée. Il a alors placé dans ce
nouveau g. quatre ou cinq autres nouvelles
espèces à plumage uniformément vert com¬
me l’Aracari à bec sillonné , mais ne pré¬
sentant plus comme lui ce caractère de sil¬
lons au bec ; caractère qui , selon nous , au¬
rait été , avec ce genre de coloration , le
seul caractère distinct : nous possédons trois
espèces de ce nouveau groupe ; et, après de
scrupuleuses, comparaisons avec nos autres
Aracaris, nous n’avons pu y reconnaître
d’autre différence que celles-ci. ISAulaco-
rhynchus prasinus (Gould, Froceed., 1854,
p. 78 ) ne présente pas les moindres vestiges
de sillons, et plusieurs vrais Aracaris en ont
même quelque indication , qu’il n’offre pas.
Sur nos trois esp., une seule présente ce ca-
ract. : c’est notre Pterog. cœrulei-cinctus ,
espèce nouvelle rapportée par M. d’Orbigny.
Le seul caractère de forme vraiment distinct,
celui de bec sillonné, disparaissant donc en¬
tièrement chez quelques espèces de ce grou¬
pe, mais la coloration verte uniforme demeu¬
rant constante chez toutes, il nous a paru
qu’elle n’était pas assez importante pour
donner lieu à la formation d’un genre ou
même d’un sous-genre , et nous proposerons
d’en former seulement dans le genre Aracari
une section sous le nom d’> Aracaris prasinus
(Pteroglossi prasini ), et qui ne diffèrent
réellement des Aracaris que par un plumage
uniformément vert-pré , un peu olive ou
doré en dessus , plus clair et quelquefois un
peu bleuâtre en dessous, avec la gorge blan¬
che , quelques espèces présentant d’ailleurs
un bec sillonné dans sa longueur. — Dans
cette section figureront alors l’Aracari à bec
sillonné ( Pterog . sulcatvs , Sw. ; Tenj.
ARA
55
ARA
Col. 356); — L’Aulac. prasinus , Licht.
(Gould, Proceed., 1834, p. 78); — VAul.
hœmatopygus (Gould, id., ibid., p. 147); —
VAul. derby anus (Gould, id., 1855, p. 49),
et nos deux nouvelles espèces Pter. cœrulei-
cinctus et albivitta , cette dernière décrite
par nous dans le May. de zool. , et nous
ayant été vendue par M. Boissonneau com¬
me venant de Santa-Fé de Bogota. Parmi
les véritables Aracaris , nous citerons com¬
me espèce remarquable l’Aracari à crête
bouclée (Eydoux et Gervais), Voy. de la
Favorite, et May. de Guérin, pl. 62, décrit
antérieurement par Gould (Proceed., 1853 ,
p. 58, et Monoyr. of Rhamphastidœ), dont
la tête est couverte de plumes sans barbes ,
élargies en lamelles, bouclées en copeaux
sur le dessus de la tête, droites et en spa¬
tules sur ses côtés et sur ia gorge ; la colora¬
tion du bec et du plumage étant variée, du
reste , comme chez les autres Aracaris.
Quant à cette singularité de plumes lamel-
leuses, qui se retrouve encore chez un Bec
ouvert, un Coq, un Ibis, un Cassican , et
chez nos Jaseurs, je l’ai encore observée
dernièrement à Londres, au Muséum de la
Société zoologique , chez une nouvelle esp.
deMalkoha rapportée des Philippines par M.
Cuming , et dont la tête et le haut du cou
o firent le même caractère que PAracari cité
ci-dessus. (Lafr.)
*AR ACATCHA (Aracacha suivant l’or-
thographe espagnole), bot. ph. — Nom vul¬
gaire donné par les habitants de la Colom¬
bie à l’Arracacha esculenta. Voyez ar-
RACACHA. (SP.)
ARACÉES. Araceœ. bot. ph. — M.
Schott ( Meletemata , p. 16) a nommé ainsi
la famille des Aroïdées. Voy. Aroïdées.
(A. R.)
ARACHIDE. Arachis , Linn.;— Ara -
chidna, Plum. ( Gen. , tab. 57 ; Mœnch ,
Meth.y, — Mundubi , Adans. (Fam.). bot.
pii. — Genre de la famille des Légumi¬
neuses suivant M. de Candolle, sous -or¬
dre des Césalpiniées, tribu des Géoffrées;
suivant M. Bentham , sous-ordre des Papi-
lionacées , tribu des Ilédysarées , et voisin
du g. Stylosanthes. M. Bentham (Trans. of
the Linn. Soc., t. XVIII, p. 155) en expose
les caract. ainsi qu’il suit : Fleurs polyga-
ines-monoïques : les unes hermaphrodites ,
stériles; les autres femelles, fertiles. —
Fleurs hermaphrodites: Tube calicinal très
long , filiforme ; limbe profondément 2-
iabié ; lèvre supérieure courtement 4-den-
tée ; lèvre inférieure étroite, indivisée. Co¬
rolle papilionacée , insérée à la gorgé du
calice. Étendard suborbiculaire. Ailes ob-
longues , libres , transversalement plissées ;
carène courbée , rostrée. Étamines 10 ( ou
accidentellement 9, par l’avortement de l’é-
tamine vcxillaire), monadelphes, ayant mê¬
me insertion que la corolle. Anthères alter¬
nativement suborbiculaires (médifixes ) et
oblongues ( basifixes ). Ovaire subsessile au
fond du tube calicinal , petit , 2-ou 3-ovu-
lé. Style filiforme , égal aux anthères ; stig¬
mate inapparent. — Fleurs femelles apétales,
anandres. Ovaire stipité, pointu, 1-loculaire,
2 à 4-ovulé; ovules ovoïdes, anatropes, 1-sé-
riés. Style très court, terminé par un stigmate
dilaté. Légume hypogé, oblong, subtoruleux,
2 à 4-sperme , fragile, indéhiscent, réticulé.
Graines irrégulièrement ovoïdes. Embryon
rectiligne , huileux. Cotylédons gros , char¬
nus; radicule courte, obtuse. — L’A. hy-
pogœa, L. [A. africana et A. asiatica ,
Loureir. — A. americana , Ténor.), connue
sous .le nom vulgaire de Pistache de terre,
constitue à elle seule ce genre. C’est une
herbe annuelle , rameuse , poilue. Ses
feuilles sont pari-pennées , 4-foliolées , pé-
tiolées ; à stipules adn&is , inéquilatérales ,
acérées , et à folioles obovales , entières ,
obtuses. Les fleurs sont petites, jaunes,
axillaires , sessiles , ordinairement gémi¬
nées. Après la fécondation , le stipe de l’o¬
vaire des fleurs femelles , court dans l’ori¬
gine, s’allonge peu à peu , et finit par éle¬
ver l’ovaire au dessus du tube calicinal ,
lequel persiste sous forme de pédoncule.
Alors le jeune fruit se recourbe vers la ter¬
re , s’y enfonce , et y accomplit sa matura¬
tion à plusieurs pouces au dessous de la
surface.
On ignore la patrie de cette plante, qui
est fréquemment cultivée dans la zone
équatoriale , ainsi qu’en Chine et dans les
provinces méridionales des Etats-Unis; elle
réussit aussi dans les parties les plus chau¬
des du midi de la France. Ses graines, qui
ont la grosseur d’une noisette , et une sa¬
veur assez agréable (surtout après avoir été
torréfiées), fournissent beaucoup d’huile
grasse, qu’on dit être d’aussi bonne qualité
56
ARA
ARA
que l’huile d’olives , et qui se conserve fort
long-temps sans rancir. On a prétendu que
les Pistaches de terre peuvent remplacer le
Cacao pour la fabrication du chocolat.
(Sp.)
*ARACHIDNA , Mœnch Meth. {àpà-y-
vtcTa, espèce de gesse', bot. pii. — Syno¬
nyme du genre Arachis , L. , de la famille
des Légumineuses. (Sp.)
*ARACMNE, Neck. (âp&x^n, araignée).
bot. pu. — Synonyme du g. Andrachne ,
de la famille des Euphorbiacées. Voy. an¬
drachne. (Sp.)
ARACHNIDES ( àpà.y'j'n , araignée ).
zool. — Les Arachnides constituent, dans
la méthode la plus généralement répandue
aujourd’hui, la seconde classe de l’embran¬
chement des Animaux articulés. Cette classe,
établie par Lamarck , adoptée par Latreille
et la plupart des autres naturalistes, offre
des caractères qui la séparent nettement
des Crustacés, des Myriapodes et des Insec¬
tes. La tête est confondue avec le thorax, et
forme, ainsi que dans le plus grand nombre
des Crustacés, un ensemble inséparable,
nommé Céphalothorax. La bouche est com¬
posée 1° de deux mandibules monodac¬
tyles ou didactylesse mouvant en sens con¬
traire des mandibules des insectes, c’est-
à-dire de haut en bas , ou ayant la forme
de deux lames pointues dans les Arachnides,
dont la bouche est en forme de suçoir ;
2° d’une languette placée au dessous des
mandibules , et fixée entre les mâchoires ;
5° d’une paire de mâchoires supportant cha¬
cune un palpe de plusieurs articles , sou¬
vent très développé, et 4° d’une lèvre infé¬
rieure nommée sternale, formée par un
prolongement du sternum. Les organes de
la vision ne consistent qu’en de petits yeux
simples, analogues aux ocelles ou slemma-
tes de certains insectes, en nombre variable,
groupés de différentes manières, selon les
familles et les genres. Le corps est divisé
en anneaux ordinairement peu nombreux, et
offre à sa surface des ouvertures stigmati-
ques destinées à l’intromission de l’air.
Les pattes sont au nombre de huit, c’est-à-
dire de quatre paires.
Les Arachnides sont , ainsi que les Crus¬
tacés et les Myriapodes , complètement dé¬
pourvues d'ailes, et ne subissent aucune mé¬
tamorphose; mais elles éprouvent seulement
quelques mues ou changements de peau.
Leur corps est généralement de consistance
molle, surtout l’abdomen , et peu garni de
poils propres à le protéger: aussi la plupart
de ces animaux vivent dans des endroits très
retirés, ou se tiennent élevés au dessus du
sol.
Les Arachnides manquent totalement de
labre ou de lèvre supérieure; leurs mandi¬
bules paraissent généralement situées très
en avant de la tête, et, quand elles sont mo¬
biles, elles ne se meuvent jamais dans le sens
latéral, comme celles des Insectes. Latreille
alors a pensé que les mandibules des Arach¬
nides ne devaient pas être considérées com¬
me analogues à celles des Insectes, mais
plutôt à leurs antennes ; et , pour cette rai¬
son, il leur donne le nom de Chelicères ( an -
tennes-pinces ). Quoi qu’il en soit , nous ne
croyons pas que l’opinion de Latreille soit
juste : car , en donnant des antennes aux
Araignées , on ne leur trouverait, plus rien de
comparable aux mandibules des Insectes, et
leur position au dessus des mâchoires , et
tout à fait en avant de la tête, ne nous sem¬
ble pas permettre de les considérer comme
des appendices d’une toute autre nature
que les mandibules des Insectes. Si l’on ad¬
met en effet que le bord antérieur de la tê¬
te , ou épistome , supporte un appendice
analogue au labre des Insectes , leurs man¬
dibules se trouveront alors absolument dans
les mêmes rapports. Ce labre , si développé
chez les Coléoptères carnassiers, est presque
rudimentaire dans les Prioniens (fam. des
Longicornes); il disparaît entièrement chez
certains Crustacés. Pourquoi n’admettrions-
nous donc pas qu’il en soit de même chez les
Arachnides ; et d’ailleurs, d’après toutes les
lois d’analogie, on pourrait presque affirmer
que, si l’on venait à découvrir quelque Arach¬
nide pourvue d’antennes, ces antennes se¬
raient situées en avant des yeux , au dessus
de l’insertion des mandibules , et vers les
angles antérieurs du céphalothorax. Quant
aux mâchoires, elles ont trop de ressem¬
blance avec celles des Insectes, pour que
l’analogie soit contestée ; la languette nous
paraît entièrement comparable à la lèvre
inférieure des Insectes , qui serait refoulée
entre les mâchoires ; enfin , d’après ce que
nous venons d’exposer, la bouche des Arach¬
nides ne différerait de celle des Insectes que
ARA
ARA
57
par l’absence du labre et par le prolonge¬
ment du sternum formant une seconde
lèvre inférieure, pour clore exactement en
dessous l’orifice buccal. Les Arachnides sont,
avons-nous dit, munies de quatre paires de
pattes; ces pattes, situées sur les côtés du tho
rax, à égale distance les unes des autres, pré¬
sentent un certain nombre d’articulations
que nous croyons pouvoir assimiler à celles
des Insectes, mais auxquelles M. Savigny a
appliqué des dénominations difl'érentes. Elles
offrent d’abord un premier article, qui est la
hanche ou rotule ; vient ensuite un second
article ( exinguinal , Savign.) qui n’est autre
chose que le trochanter ; ensuite la cuisse {fé¬
moral, Savign.), puis l’article dépendant de
la jambe ( génual , Savign.); ensuite la jambe
proprement dite ( tibial , Savign.), et enfin le
tarse, ordinairement composé de deux arti¬
cles, et quelquefois de trois. Les pattes des
Arachnides ne présenteraient dès lors d’au¬
tre différence avec celles des Insectes que
la division de la jambe en deux articles. L’ab¬
domen des Arachnides est attaché au thorax
par un simple pédicule , ou fixé dans toute
sa largeur, ou enfin entièrement annexé au
thorax sous un derme commun.
Sous le point de vue anatomique , les A-
rachnides ont été beaucoup moins bien étu¬
diées que les Crustacés et les Insectes ; la
cause en est due à la petite dimension des
individus qu’on a pu observer , à la mol¬
lesse des téguments, et à l’extrême délicatesse
des organes , en sorte que plusieurs points
essentiels de l’anatomie de ces animaux sont
encore fort douteux.
Les importants travaux deTréviranus, de
Lyonnet, de L. Dufour, de Marcel de Serres,
et, dans ces derniers temps, de M. Brandt,
qui a publié avec M. Ratzeburg quelques dé¬
tails curieux sur l’anatomie des Arachnides
dans son ouvrage intitulé : Getreue Dar-
stellung und Beschreibung der Thiere die
in der Arzneimittellehre in Betracht kom-
men , et qui a ajouté de nouveaux faits dans
un Mémoire spécial inséré dans les Annales
des sciences naturelles, nous fournissent
bien la description plus ou moins exacte
des divers organes dans quelques espèces ,
mais le nombre en est trop peu considé¬
rable pour que nous puissions en déduire
des faits généraux : car ce sont surtout les
Arachnides inférieures , celles chez lesquel-
T. II.
les nous observons la plus grande diversité
dans les formes, dont l’anatomie est presque
complètement ignorée, bien que pour les
esp. les plus parfaites cette étude soit encore
très peu avancée.
Nous n’avons, sur le système musculaire
de ces animaux, qu’une description trop peu
détaillée de quelques uns des principaux mus¬
cles de l’Épeire-diadème pour que nous puis¬
sions rien préciser de général. Quant au
système digestif, il se compose d’un canal
intestinal présentant , dans les esp. les plus
parfaites, un œsophage élargi d’avant en ar¬
rière, formant un proventricule divisé en
deux parties égales par une ouverture ronde.
Il offre, de chaque côté, cinq tubes en forme
de sac, dont la première paire est dirigée en
avant et les autres vers l’insertion des pattes.
Le-çanal intestinal se rétrécit considéra¬
blement en passant par le pédicule de l’ab¬
domen, et se renfle ensuite en un estomac
propre, de forme oblongue, atténué en ar¬
rière, où il est pourvu d’un appendice ob-
long, en forme de sac. Tréviranus a signalé
des vaisseaux biliaires qui seraient simples
à l’extrémité, comme ceux des insectes, et
M. Brandt prétend qu’ils offrent plusieurs
ramifications étalées dans l’intérieur de l’ab¬
domen.
Dans les Arachnides trachéennes, le canal
intestinal est beaucoup plus linéaire , et il
ne présente pas de tubes latéraux ni de ré¬
trécissement très prononcé dans son milieu,
le corps ne diminuant pas de largeur.
Le système nerveux, dans la plupart, nous
offre un volumineux ganglion central situé à
la partie médiane du thorax, présentant en
avant deux autres ganglions dont la réunion
n’est point complète, et qui donnent nais¬
sance aux nerfs optiques , partant , deux à
deux, de chacun de ces ganglions (au moins
chez les espèces pourvues de huit yeux), et
qui, se bifurquant ensuite, se rendent sépa¬
rément aux yeux. Deux autres branches
prennent naissance sur les mêmes ganglions
et paraissent destinées aux parties de la
bouche. Le ganglion central émet , de cha¬
que côté, quatre rameaux aboutissant aux
pattes, et, en arrière , deux grands cordons
nerveux, se divisant, àlabase de l’abdomen,
en quatre ou cinq rameaux se subdivisant
eux-mêmes.
Chez les scorpions, les ganglions ne sont
4*
m
ARA
ARA
point réunis en une masse centrale, comme
dans la plupart des Araignées , mais ils sont
à peu près également espacés sur deux cor¬
dons longitudinaux.
La respiration s’effectue, chez les uns, au
moyen de poumons, sortes de petites po¬
ches composées d’une grande quantité de
petites lames, unies et rapprochées entre
elles comme les feuillets d’un livre. Ces po¬
ches communiquent à des ouvertures exté¬
rieures transversales , nommées stigmates ,
et pour lesquelles Latreille avait proposé la
dénomination bien préférable de pneumosto-
mes ; ces ouvertures pulmonaires varient en
nombre : quelquefois il en existe huit, quel¬
quefois quatre, et souvent deux seulement.
Chez les autres, la respiration s’opère, com¬
me chez les insectes, au moyen de trachées.
Enfin, d’après quelques observations assez ré¬
centes, certaines Arachnides, déjà pourvues
de poumons , auraient encore des trachées
analogues à celles des Arachnides inférieu¬
res , et réuniraient ainsi les deux modes de
respiration.
Le système circulatoire consiste en un
cœur ayant la forme d’un gros vaisseau al¬
longé, donnant naissance à des artères qui
se rendent aux diverses parties du corps;
mais, dans les Arachnides trachéennes, il
n’existe très probablement, dans la plupart,
qu’un simple vaisseau, sans ramifications,
analogue au vaisseau dorsal des insectes.
Les organes générateurs existent à la base
de l’abdomen. Plusieurs observateurs avaient
pensé qu’ils étaient situés chez les mâles à
l’extrémité des palpes; mais ces parties ne
sont évidemment que des organes excita¬
teurs. L’appareil générateur mâle se com¬
pose de deux testicules, d’un double canal
afférent terminé par la verge , et de quel¬
ques autres pièces accessoires ; l’appareil
femelle est composé des ovaires , consistant
en deux tubes auxquels sont suspendus les
œufs en forme de grappe, de l’oviducte , et
de la vulve.
La plupart des Arachnides sont ovipares ;
les petits éclosent quelques jours après la
ponte, et ils ont déjà la même forme que
les adultes, sauf quelques espèces, qui nais¬
sent seulement avec six pattes et en acquiè¬
rent deux autres après un changement de
peau ; mais , en général , ces animaux ne
sont propres à reproduire qu’après le qua¬
trième ou cinquième changement de peau,
Les Arachnides se nourrissent en géné¬
ral de divers insectes ; les unes les saisissent
dans des toiles, les autres dans des fils
soyeux jetés çà et là; d’autres les prennent
à la course ou en sautant ; d’autres, enfin ,
s’attachent sur différents animaux et sur
l’homme lui-même , et occasionnent quel¬
quefois, par leur grandeur , des ulcères et
des plaies très considérables.
La classe des Arachnides était confondue
par Linné et plusieurs autres zoologistes
dans la classe des Insectes, sous la dénomi¬
nation vague d 'Insecta optera ; Brisson en
forma, avec les Crustacés , une classe parti¬
culière ; mais l’importance des caractères
qu’elle fournit ne permettait pas de la lais¬
ser réunie à l’une ou à l’autre de ces deux
classes, quoiqu’elle présente réellement dans
plusieurs familles des caractères qui la lient
avec l’une et avec l’autre. En effet, les
Arachnides se rapprochent des Crustacés
par l’absence totale d’ailes , par la réunion
de la tête avec le thorax , par le mode de
circulation, par la permanence des formes
dans tous les âges ; mais aussi elles s’en éloi¬
gnent par les pattes , n’excédant jamais le
nombre de huit; par les ouvertures situées
sur les côtés du corps pour l’intromission de
l’air respiré au moyen des poumons ou des
trachées, et par l’absence d’antennes.
Certaines Arachnides trachéennes offrent
de grands rapports avec la classe des In¬
sectes par leur mode de respiration , par le
nombre des pattes, qui n’est alors que de six
au moment de leur naissance, comme chez
les Insectes; mais l’absence d’antennes, les
organes de la vision ne consistant qu’en de
petits yeux simples , ou n’existant même
plus , et enfin le nombre de pattes qu’elles
présentent quand elles sont adultes , les
éloignent bien sensiblement des Insectes.
Les Arachnides, dans la méthode de Fa-
bricius , constituent la classe des Unogata ,
qu’il caractérise ainsi : Deux palpes avan¬
cés, une mâchoire cornée ou onguiculée. Il
divise cette classe en cinq genres ; ce sont
les genres Trombidium , Aranea , Pliatan-
gium, Tarantula et Scorpio , et il place à la
fin l’ordre des Antliata (Diptères), le genre
Acarus , et de plus les genres Nymphon et
Pycnogonum , regardés par Latreille comme
devant constituer une famille de l’ordre des
ARA
ARA
Arachnides trachéennes , et placés depuis ,
par M. Milne Edwards dans la classe des
Crustacés; ces animaux ne présentant aucune
ouverture extérieure pour la respiration.
Latreille, dans son Précis des caractères
génériques des Insectes , avait appliqué la
dénomination d'Acéphales à la classe des
Arachnides, prenant essentiellement en con¬
sidération l’absence d’une tête distincte.
Dans ses ouvrages postérieurs, il lui substi¬
tua celle d' Acérés, indiquant l’absence d’an¬
tennes ; enfin , dans le Règne animal de Cu¬
vier , il adopte le nom d’ Arachnides , pro¬
posé par Lamarck , et il divise la classe en
deux ordres: les Arachnides pulmonaires et
les Arachnides trachéennes.
L’ordre des Arachnides pulmonaires com¬
prend les Araignées pourvues de sacs pul¬
monaires, ayant un cœur et des artères très
distincts; ce sont celles qui ont la plus grande
analogie avec les Crustacés , elles ont deux
mandibules terminées par un onglet ou sorte
de doigt; de plus, dans quelques g., l’extré¬
mité de l’article antérieur se prolonge , et
forme un autre doigt, qu’on désigne sous le
nom d'index ; et l’inférieur constitue alors
le pouce. Les mâchoires supportent chacune
un palpe ayant souvent la forme d’une patte,
et d’autres fois terminé en pince, comme les
pattes antérieures des Crabes et des Écrevis¬
ses. Elles ont généralement de six à huit
petits yeux lisses ; mais chez plusieurs ce
nombre s’élève à dix et à douze.
Cet ordre se partage en deux familles, dont
la première est celle des Arachnides fileuses
ou Aranéides. Celles-ci ont des mandibules
terminées par un onglet mobile, replié in¬
férieurement. Ces mandibules sont perfo¬
rées, et ont à leur base une vésicule conte¬
nant un liquide venimeux qui s’épanche par
le canal interne et donne la mort aux in¬
sectes qui ont été piqués par la pointe de
ces mandibules ; chez ces Aranéides , les
palpes sont en forme de petites pattes sans
pince à l’extrémité ; l’abdomen est attaché
au thorax au moyen d’un pédicule fort court;
il offre en dessous quatre mamelons coni¬
ques, perforés à leur extrémité par une infi¬
nité de petits trous destinés à donner passage
aux fils soyeux partant de vaisseaux inté¬
rieurs qui sécrètent la matière soyeuse.
Latreille subdivise ces Aranéides en deux
groupes. Le premier çomprend le g. My-
59
gale et quatre autres sous-genres ; le se¬
cond , le genre Aranea et vingt-sept sous-
genres, groupés dans plusieurs sections.
La seconde famille des Arachnides pub
monaires (les Pédipalpes) est caractérisée
par un corps revêtu d’un derme assez soli ¬
de ; des palpes fort grands terminés en pince
ou en griffe ; des mandibules à deux doigts,
dont l’un mobile, et un abdomen sans fi¬
lières , composé de segments très distincts.
Ces Pédipalpes se divisent en deux grou¬
pes : l’un caractérisé par des mandibules en
griffe ; par un abdomen dépourvu de peignes
à sa base et d’aiguillon à l’extrémité , et
attaché au thorax par un pédicule très étroit;
l’autre par un abdomen intimement uni au
thorax dans toute sa largeur , présentant à
sa base deux lames mobiles en forme de pei¬
gne, terminé par une queue noueuse, et
armé d’un aiguillon.
M. Walckenaër , qui a donné, dès 1805,
un tableau présentant la classification fort
ingénieuse des Aranéides (c’est-à-dire de la
première famille des Arachnides pulmonai¬
res) d’après le nombre et la disposition des
yeux, nous donne, dans les Suites à Ruffon ,
un travail général sur la classe des Arachni¬
des, dont malheureusement il n’a encore
paru que la première partie. Il conserve
pour la classe entière la dénomination d’A-
cères, et il la divise en six ordres : les Ara¬
néides (Arachnides fileuses) ; les Phrynéidest
correspondant au premier groupe des Pédi¬
palpes de Latreille ; les Scorpionides, corres¬
pondant au second groupe de la même fa¬
mille ; les Solpugides, analogues à la famille
des Faux Scorpions; les Phalangides, iden¬
tiques avec la tribu des Phalangiens , de la
famille des Holêtres ; et, enfin, les Acarides ,
analogues à la tribu du même nom dans les
ouvrages de Latreille.
M. Walckenaër divise ensuite, comme
Latreille, les Aranéides en deux tribus. Il
désigne la première sous la dénomination de
Téraphoses, et la seconde sous celle d’ Arai¬
gnées ; nous renvoyons à l’article Aranéides
pour de plus amples détails sur la classifi¬
cation de cet ordre , d’autant plus que M.
Walckenaër n’a pas encore fait connaître sa
classification pour les autres ordres.
Le second ordre de la classe des Arachni¬
des , les Trachéennes , est essentiellement ca¬
ractérisé par les organes de la respiration ,
60
ARA
ARA
consistant en trachées communiquant à l’ex¬
térieur par deux ouvertures stigmatiques, et
par les yeux, seulement au nombre de
deux ou de quatre. La plupart de ces Arach¬
nides trachéennes sont d’une très petite
taille. Quelques unes se rapprochent des
Arachnides pulmonaires par les parties de
la bouche ; mais , chez le plus grand nom¬
bre , ces mêmes parties forment une sorte
de trompe ou de petit suçoir. Latreille di¬
vise cet ordre, en trois familles : la pre¬
mière , celle des Faux Scorpions , est ca¬
ractérisée par un thorax articulé avec le
segment antérieur en forme de corselet ;
par des palpes très grands en forme de
pattes ou de pinces, et des mandibules di-
dactyles : cette famille ne comprend que
deux genres. La seconde , les Pycnogoni-
des , est remarquable par l’absence d’ouver¬
tures respiratoires , et c’est pour cette rai¬
son que M. Milne-Edwards l’a reportée der¬
nièrement à la fin de la classe des Crusta¬
cés. La troisième famille, les Holêtres ,
nous offre un thorax et un abdomen réunis
en une masse, sous un derme commun , et
la partie antérieure avancée en forme de
museau. Elle renferme deux tribus : la pre¬
mière, celle des Plialangiens , ne comprend
que quatre genres , et la seconde , celle des
Acarides , a pour type le genre Mite , Aca-
rus , et renferme en tout dix-neuf genres.
Tels sont les travaux réellement impor¬
tants sur la classification des Arachnides ; il
n’existe d’ailleurs que quelques mémoires
sur des familles ou des genres isolés, quel¬
ques descriptions jetées çà et là , mais au¬
cun autre corps d’ouvrage qui nous pré¬
sente ces animaux considérés dans leurs
rapports entre eux, et il faudra certainement
encore de longues études pour arriver à la
connaissance complète de ces animaux, com¬
me on y est déjà arrivé pour quelques fa¬
milles de la classe des Insectes. (Bl.)
ARACHNIDES FILEUSES. Voij.
ARANÉIDES. (BL J
* ARACHNIMORPHA (à/?«Xv> h arai¬
gnée ; jwo/spvj, forme ). Desv. ( in Hamilt.
Prodr. 28). bot. ph.— Synonyme ( suivant
M. de Candolle) du g. Rondeletia , Plum.,
de la famille des Rubiacées. (Sp.)
* ARACHNIMORPHA(^»xv>3, arai¬
gnée ; juLopfr i, forme), ins. — Kirby (Zool.
journal , t. III, p, 158, 1827) désigne ainsi.
sans indication de caraet. , un s. -genre de
Coléoptères pentamères lamellicornes, tri¬
bu des Mélolonthides , auquel il rapporte
VÂnisonyx cinereum ( Melolontha cinerea,
Oliv.), et quelques autres espèces analo¬
gues. Voy. le genre lepitrin. (D. et C.)
* ARACHNIODES ( àpxyyi'Jitfyç , sem¬
blable à une toile d’Araignée ). bot. cr. —
Genre de Fougères établi par Blume pour
une plante de l’île de Java , de la tribu des
Cyathéaeées , qu’il caractérise ainsi : Grou¬
pes de capsules arrondis, épars, insérés
sur un réceptacle peu élevé. Tégument a-
rachnoïde recouvrant les capsules. — La
seule plante qu’il rapporte à ce g., A. aspi-
dioides , a la forme de VAspidium coria-
ceum Sw. Par la conformation de ses tégu¬
ments , il semblerait se rapprocher un peu
des g. Trichopteris, Presl., et Clmoophora ,
Kaul. ; mais ce tégument est membraneux ,
et la forme des feuilles ainsi que la nerva¬
tion sont très différentes. Endlicher, dans
son Généra plantarum , réunit tous ces g.
aux Alsophila, R. Br.
Presl, dans la suite de son ouvrage, laisse
le g. Arachniodes parmi ceux dont l’organi¬
sation ne lui était pas suffisamment connue
pour pouvoir les classer. (Ad. B.)
*ARACHNION, Schxvin. (^«xvtov, toile
d’araignée), bot. <jk. — Genre de Cham¬
pignons, ainsi nommé parce qu’il ressemble
au petit sac dans lequel les Araignées ren¬
ferment leurs œufs. Il est rangé par Fries
(Syst. myc ., p. 505) dans l’ordre des Angio-
gastères et dans le sous-ordre des TNidula-
riées. Ce champignon est presque globuleux
et pourvu d’un double péridium; l’externe
est fugace, comme formé de fils d’araignées;
l’interne, de consistance subéreuse, se déchi¬
re irrégulièrement, est rempli de sporanges
nombreux , libres et pressés les uns contre
les autres ; ils renferment un grand nombre
de spores libres et égales. Ij Araclmion al¬
bum ( Schwœgr . Syn. Fung. Car., n° XIY,
tab.I, fig. 2) est sessile, presque globuleux,
du volume d’une petite noix ; d’abord d’un
blanc sale et aranéeux , puis glabre. Les in¬
nombrables sporanges globuleux et libres
dont il est rempli contiennent aussi des spores
sous la forme de poussière blanche. Il croît
dans la Caroline, en faisceaux , sur la terre
nue. (LÉv.)
* ARACHNIPES ( «pû/yy f araignée;
ARA
ARA
01
« ovç, pied), ins. — Nom employé par Me-
gerie et adopté par Pahl dans son catalo¬
gue, pour désigner des Curculionites du
genre Acalles de Schœnherr. Voy. ce mot.
( P. et C.)
*ARACHNIS. bot. ph. —Le genre de
la famille des Orchidées ainsi nommé par
Blume rentre dans le g. Renanthera , de
Loureiro, adopté par Lindley. Voy. renan-
THÈRE. (A. R.)
* ARACHNORAS ( àpà%n , araignée ;
/3«$, participe de /3b«vw, je marche), ins. —
M. Boisduval ( Voyage de V Astrolabe, En-
tom., pag. 435) appelle ainsi un genre de
Coléoptères tétrainères , de la famille des
Curculionites , que M. Guérin ( Voyage de
la Coquille, Ins., pl. 6, fig. 5) avait créé et
désigné avant lui sous le nom déArachno-
pus, qui a la même signification. M. Bois¬
duval donne pour motif de ce changement la
trop grande ressemblance du nom d 'Ârach-
nopus avec celui d \Arachnipes, appliqué an¬
térieurement par Megerle à un autre genre
de Curculionides ; mais comme ce dernier
nom n’a jamais été adopté, parce qu’il cor¬
respond à celui d 'Acalles de Schœnherr ,
dont la nomenclature fait ici autorité, il est
clair que la substitution opérée par M. Bois¬
duval se trouve sans objet. Quoi qu’il en soit,
M. Schœnherr , qui, dans sa Synonymie,
cite les ouvrages de ces deux auteurs, et qui ,
par conséquent, n’ignorait pas lequel des
deux noms avait été publié le premier , a
donné cependant la préférence à celui de
M. Boisduval, quoique plus nouveau. Quant
à nous, nous pensons que le nom de M. Gué¬
rin doit prévaloir, avec d’autant plus de rai¬
son que cet auteur est le seul qui ait donné
les caractères du genre dont il s’agit. Voy.
en conséquence le mot Arachnopus.
(D. et C.)
* ARACHNODERMA1RES , A-
RACHNODERMARÏA ( àpàyy'n , arai¬
gnée; $kp<j.x, peau ; c’est-à-dire ayant la peau
fine comme les toiles d’araignées), acal.
— M. de Blainville nomme ainsi la classe des
animaux Radiaires ou Actinozoaires, dans
laquelle se placent les Méduses et les Porpi-
tes, qu’il éloigne beaucoup des autres Aca-
lèphes de Cuvier, c’est-à-dire des Beroës,
des Physales, etc. Voy. méduses. (P. G.)
ARACHNOÏDE. Araehnois, Merium
Médial àpùyyyi, toile d’araignée: etfyc, ressem¬
blance). an at. — On appelle Arachnoïde , à
cause de sa ténuité, l’une des trois membra¬
nes qui servent d’enveloppes au cerveau et
à la moelle épinière. Cette membrane ap¬
partient à la classe des séreuses , qui, en gé¬
néral ( à l’exception du péritoine, forment
un sac sans ouverture. Les anatomistes qui
admettent encore l’existence de l’arachnoïde
dans les cavités ventriculaires du cerveau
parlent d’une arachnoïde extérieure et
d’une arachnoïde intérieure ou ventricu¬
laire; mais, d’après mes propres recherches,
consignées dans une thèse soutenue à la Fa¬
culté de médecine de Paris en 1829, cette
prétendue arachnoïde ventriculaire n’existe
pas. Yoir, pour plus de détails, en raison de
l’importance du fait, l’article méninge.
(M. S. A.)
ARACHNOÏDE. Arachnoide s {âpàyyri,
toile d’araignée; «%, semblable à). — En
zoologie, on donne cette épithète 1° à une
espèce de singe américain , Ateles arach-
noides , parce que , dans ce genre , les
membres sont plus grêles et plus longs que
dans tous les autres quadrumanes ; 2° à un
insecte , le Galeodes arachnoides, de la fa¬
mille des Faux-Scorpions de Latreille , dont
la figure ressemble à celle des Aranéides vé¬
ritables; 3° à des coquilles hérissées d’épines,
ou marquées de stries colorées, d’une extrême
finesse, qui les font ressembler à un réseau
arachnoïdien : tels sont le Spondylus arach¬
noides, les Conus araneosus, etc. ; 4° à des
polypes, comme VAstrea aranea , que la
texture et la disposition concentrique de
leurs cellules font ressembler aux toiles
que quelques espèces d’Araignées tendent
dans nos jardins. — En botanique , on
donne ce nom à toutes les parties du végé¬
tal couvertes de fils fort déliées , et pré¬
sentant la texture d’une toile d’araignée ;
ainsi l’on appelle poils arachnoïdes ceux
qui recouvrent les feuilles de certaines
plantes, comme le Sempervivum arachnoi-
dum; chapeau arachnoïde, la membrane
qui unit le chapeau au stipe dans VAgari-
cus araneosus. Le Tegmen présente aussi
parfois une texture arachnoïde.
(C. D’O.)
*ARACHNO!DIUS ( àrAyyr,, araignée ;
sFcTos , forme), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Çarabiques, établi
par M. le baron de Chaudoir (Tableau d’une
62
ARA
ARA
nouvelle subdivision du genre Feronia ,
Dcjean , pag. 9 et 16 ), et qu’il caractérise
ainsi : Premier article des antennes plus long
que le troisième. Palpes très saillants. Qua¬
trième article des tarses antérieurs des mâ¬
les étroit et allongé. Pattes très longues. Il
a pour type le Pterosticus fasciato-puncta-
tus, Fabr. (D. et C.)
* ARACHNOLOGIE. Arachnologia
(à/iâxvv), araignée; >oyos, discours), zool.
— Traité sur les Araignées. (C. d’O.)
* ARACHNOPUS ( àp&xyn, araignée ;
rfous, pied ou patte), ins. — Genre de Co¬
léoptères tétramères , famille des Curculio-
nites, établi par M. Guérin dans la partie
entomologique du Voyage de la Coquille ,
(Zool. , t. II , part. 2 , lre div. , pag. 127) ,
et auquel il assigne les caractères suivants :
Antennes courtes, assez épaisses, insérées
vers le bout du rostre ; le premier arti¬
cle aussi long que le funicule , un peu
renflé à son extrémité ; le second et le troi¬
sième allongés , obconiques ; les suivants
courts , devenant insensiblement plus épais
jusqu’au neuvième ; les dixième et onzième
diminuant et se terminant en pointe arron¬
die. Rostre long, cylindrique, courbé, ayant
deux sillons obliques sur les côtés. Lèvre
inférieure linéaire ; mandibules saillantes ,
bidentées. Corselet très étroit en avant, très
élargi en arrière , arrondi sur les côtés ;
ayant en dessous un faible sillon impropre à
recevoir entièrement le rostre dans le re¬
pos. Elytres coniques en arrière, assez bom¬
bées. Pattes très grandes , avec les cuisses
un peu renflées et ornées d’une petite dent
en dessous. Tarses courts, larges, aplatis,
avec l’avant-dernier article en cœur, pro¬
fondément bilobé.
Ce nouveau genre vient se placer, suivant
l’auteur, entre les genres Cleogonus et Ocla-
dius de Schœnherr. Il renferme deux espè¬
ces trouvées à Doreï dans la Nouvelle-Gui¬
née : l’une est nouvelle , et a été nommée
par M. Guérin Arach. striga; l’autre, sui¬
vant M. Boisduval , est le Curculio Gazel-
la d’Olivier. (D. et C.)
*ARACHNOSPERMUM (àpûyv^ arai¬
gnée; semence; graine qui ressem¬
ble à une araignée), bot. ph.— Steudel cite
ce genre comme synonyme de VHypochœris.
Yoy. ce mot. (J.D.)
*AUACHAOTUKRE, Arachnothera
( âpiyn, araignée ; 5sp*ta , je chasse ). ois.
— Genre formé par Temminck , et démem¬
bré de celui de Souimanga pour recevoir
les Souimangas modestes , à long bec et à
joues jaunes , du même auteur, pl. col. 84
et 388. Les caract. en sont : Bec très long et
assez gros dans une partie de sa longueur,1
légèrement arqué. Mandibule supérieure
élargie à sa base , et recouvrant les bords de
l’inférieure jusque près de sa pointe. Narines
entièrement membraneuses , n’ayant qu’une
ouverture inférieure en forme de scissure
arquée et horizontale. Bords des deux
mandibules finement striés ou denticulésj
comme chez les Souimangas. Pattes assez ro¬
bustes, conformées comme chez les Souiman¬
gas. Ailes à rémiges allongées, à premiè¬
re penne bâtarde ; obtuses ou surobtuses ,
c’est-à-dire que la 4e ou la 4e et la 5e sont les
plus longues. Queue courte, légèrement ar¬
rondie. Langue courte et cartilagineuse.
Oiseaux se nourrissant uniquement d’arai¬
gnées, selon le naturaliste voyageur hollan¬
dais Y an Hasselt. Ce dernier caractère de
forme et de mœurs, que M. Temminck
trouva consigné dans les manuscrits de ce
voyageur après sa mort, l’engagea à former
ce genre Arachnothère , qu’il ne fait encore
qu’annoncer dans ses pl. col., art. Sowi-
manga à joues jaunes , et qu’il se contente
d’indiquer plus tard , et sans caractéristi¬
que, dans le tableau méthodique qui a ter¬
miné son magnifique recueil. Les caract. de
forme qui éloignent ce petit groupe des Soui¬
mangas sont donc des formes en général
plus robustes , le bec plus grand , plus lar¬
ge à sa base surtout , et moins comprimé ;
les pattes plus robustes , une plus grande
taille en général , un plumage ni brillant ni
métallique , mais uniformément vert-olive et
jaunâtre, et enfin un dernier caract. le plus
important, et d’où résulte un genre de nour¬
riture différent : celui d’une langue courte
et cartilaginense , et non filiforme , tubu¬
leuse , bifurquée et rétractile , comme chez
les Souimangas, véritables Melliphages.
Nous sommes étonné que M. Swainson, ad¬
optant ce genre dans sa classification , l’ait
indiqué comme ayant le bec entier, et l’ait
placé dans son groupe des Philédons plutôt
que dans celui des Souimangas. La denti-
culation des bords des mandibules est si
prononcée chez VAr, à joues jaunes , qu’jl
ARA
cite comme type , qu’elle est très visible à
l’œil nu. (Lafr.)
ARACHUS, Neck. bot. ph.— Genre
non admis , fondé 4sur le Vicia bithynica ,
L., famille des Légumineuses, espèce qui,
suivant M. de Candolle, appartient aux La-
thyms, et, suivant M.Reichenbach, auxEa-
ba. (Sp.)
*ARACÎON. Aracium ( àpàxio'j , fiole,
bouteille), bot. pii. — Genre de la famille
des Synanthérées , tribu des Chicoracéés,
proposé par Monnier dans ses Essais mono¬
graphiques sur les Synanthérées. Ses ca¬
ractères différentiels sont : Fruit colum-
naire , strié ; aigrette composée de poils
raides , barbellés et de couleur rousse ; cli-
nanthe nu et alvéolé, et péricline imbrica-
tif. On rapporte à ce genre les Hieracium
paludosum, L., et cœruleum, Scop.
(G. d’O.)
*ARABIEIXS. ins. — Famille de l’ordre
des Hémiptères, section des Hétéroptères ,
ainsi désignée d’abord par M. Brullé (Hist.
des Ins., t. IX), et ensuite par nous ( Hist.
des anim. art. , tome IY). Cette famille ,
déjà circonscrite par Latreille sous le nom
de Membraneuses ( membranacei ), est sur¬
tout caractérisée par un corps fortement
déprimé ; une tête pointue , avancée entre
les antennes; un bec inséré dans une cavité
dont les bords sont toujours saillants, et des
élytres presque membraneuses, reçues, ainsi
que les ailes, dans une dépression située au
dessus de l’abdomen. Les Aradiens sont gé¬
néralement de petite taille ; ils sont peu
nombreux, et cependant répandus dans les
diverses parties du monde; leurs habitudes
sont aussi très variées: les uns sucent le sang,
les autres attaquent les insectes vivants ,
d’autres enfin vivent de matière végétale.
Nous rapportons à cette famille les genres
Cirnex, Brachyrhynchus , Dysodius, Ara-
dus , Tingis, Eurycera, Piesma, Plilœa,
Phymata, Macrocephalus (Syrtis), et quel¬
ques autres que nous rattachons à ceux-ci
comme de simples divisions de genre. (Bl.)
* ARADITES. i^s. — M. Spinola ( Es¬
sai sur les Hémipt. hétéropt. ) applique
ce nom à sa quatrième famille des Géoco-
rizes, de l’ordre des Hémiptères, ne com¬
prenant que les genres Aradus , Aneurus et
Dysodius, et formant, avec les autres genres
que nous avons rapportés à la famille des
ARA 63
Aradiens, deux familles distinctes sous les
noms de Tingidites et de Phymatites.
(Bl.)
ARADUS. ms. — Genre de la famille
des Aradiens ( membranacei , Lat.) , de l’or¬
dre des Hémiptères , section des Hétéro¬
ptères, établi par Fabricius (Syst. Rhyngot.)
et adopté par tous les entomologistes. Tel
qu’il est restreint maintenant , ce g. est ca¬
ractérisé principalement par un corps très
déprimé , des antennes cylindriques ayant
leur dernier article généralement aussi grêle
que les précédents; un bec plus long que la
tête, s’avançant plus ou moins entre les pat¬
tes, et des élytres recouvrant entièrement
l’abdomen. Les Arades vivent sous les écor¬
ces des arbres. On en connaît une dizaine
d’esp., la plupart sont européennes; le type
est VA. betulœ [Cirnex betulœ , Lin.), répan¬
du dans la plus grande partie de l’Europe.
(Bl.)
* ARÆGERUS ( âpxhç , mince ; xs-
poiç , antéhne ). ms. — Genre de Coléo¬
ptères tétramères, famille des Curculionides,
division des Anthribides, établi par Schœn-
herr ( Gen. et sp. Curcul. , t. Y, pag. 273)
aux dépens du genre Anthribe de Fa¬
bricius , et auquel il assigne les caractères
suivants : Antennes peu longues , minces ,
insérées librement près des yeux, sur la face
supérieure du rostre; massue allongée, é-
troite, composée d’articles séparés. Rostre
court, large, défléchi, tronqué à l’extré¬
mité. Yeux latéraux , proéminents , arron¬
dis. Thorax court, transverse, bi-sinué à la
base , bordé , avec les angles postérieurs
presque aigus. Élytres oblongues, convexes,
arrondies à l’extrémité. Pattes peu robustes,
tarses longs.
Ce genre a pour type l’Anthribe du café ,
Anthribus coffeœ, Fabr., qui se trouve aux
Indes-Orientales , au Cap de Bonne-Espé¬
rance et dans l’Amérique méridionale. Sa
larve vit aux dépens des graines de cet ar¬
brisseau. Cette espèce est la même que le
Macrocephalus cacao , décrit et figuré par
Olivier dans son Entomologie , tom. IV,
p. 13, n° 21, tab. 2, fig. 21, a, b. On la
rencontre fréquemment dans les envois de
denrées coloniales.
M. Dejean , qui adopte le genre Arœce -
rus dans son dernier Catalogue , n’y rap¬
porte que deux espèces : celle dont nous
64
ARA
ARA
venons de parler , et une de l’Amérique du
nord qu’il nomme Cinerascens ; mais Schœn-
herr en décrit quatre autres, savoir : VA. si -
mulatus, ainsi nommé par lui; VA. fallax,
VA. rhodopus de Dalman, et l’A. suturalis,
toutes quatre de Java. (D. et C.)
*ARÆOCERUS {âpodoç, mince; xs/s«;;
corne, antenne), ms. — Genre de Coléo¬
ptères pentamères, famille des Brachélytres,
tribu des Fissilabres , établi par M. Nord-
mann ( Symbolœ ad monograpliiam Sta¬
phylinorum ) , pour y placer une seule es¬
pèce de Montevideo qu’il nomme A. niger ;
mais M. Erichson , dont nous suivons la
méthode comme la plus récente et la plus
complète sur les Brachélytres, n’a pas ado¬
pté ce g. , et rapporte l’esp. qui lui sert de
type au g. Pinopkilus , Grav. {Gen. et Sp.
Staphyl ., p. 67 2). Voy. en conséquence ce
dernier mot pour les caract. génériques.
(D. et C.)
*ARÆOCNEMUS(k/îouo;, mince; x-Aw,
jambe), ms. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Brachélytres, tribu des
Fissilabres, établi par M. Nordmann ( Sym¬
bolœ ad monograpliiam Staphylinorum ,
1857, pag. 165), et auquel il donne pour type
le Staphylinus fui g eus de Fabr. , le meme
que le violaceus d’Oliv. M. Dejean ( Catal .,
5r éd., 1857) et M. Delaporte ( Études ento-
mologiques , 1854, pag. 118) ont fondé sur
cette même espèce , le premier son genre
Plochionocerus , et le second son genre Ster-
culia, qui doit prévaloir sur les deux autres
comme étant le plus ancien ; aussi M. Erich¬
son l’a-t-il adopté dans son Gen. et Spec.
Staphylinorum , 1840. Voy. en conséquence
ce dernier mot pour les caractères géné¬
riques. (D. et C.)
*ARÆOPUS (âpxloç, grêle ; rcoû;, pied),
ms. — Genre de la famille des Fulgoriens,
de l’ordre des Hémiptères, section des Ho-
moptères*, établi parM. Spinola {Ann. de la
Soc. entomol. de France, t. VIII ) sur une
seule espèce {A. crassicornis, Fabr.), qu’il a
détachée du genre Asiraca , Lat. , dont elle
ne diffère que par de très légères modifica¬
tions, dans la proportion des articles des an¬
tennes , dans la forme de l’échancrure des
yeux, etc. (Bl.)
*ARAGALU8, Neck. bot. piï.— Syn¬
onyme du genre Astragalus , de la famille
des Légumineuses. (Sp.)
ARAGNE. zool. — Nom de l’Araignée
dans divers dialectes du midi de l’Europe.
On a, par analogie, donné ce nom au Gobe-
Mouche gris , à certaines^espèces de Crabes,
dont les pattes sont démesurément allon¬
gées, et à la Vive {Tracliinus draco) h cause
de sa morsure. C. d’O.)
ARAGNO. poîss. — Nom provençal de
la Vive, Tracliinus draco , L. (C. d’O.)
ARAGOA.bot. pu.— Voyez aragoa-
cées. p (Sp.)
*ARAGOACÉES. bot. pii.— M. Don
avait établi sous ce nom une famille ayant
pour type le g. Aragoa , que son auteur,
M. Runth, mettait avec doute à la suite des
Bignoniacces. Maintenant , on s’accorde ù
le placer parmi les Scrophularinées , dans
lesquelles vient se confondre la famille pro¬
posée par M. Don. (Ad. J.)
* ARAGUAGA. poiss. — Marcgrave a
figuré sous ce nom la Scie {Squaluspristis),
qui se trouve sur les côtes du Brésil.
(Val.)
*ARAG$JS, Neck. bot. pu.— Synonyme
du genre Astragalus , de la famille des Lé¬
gumineuses. (Sp.)
ARAIGNEE. Aranea{àpy.yyrl, araignée),
ms. — Latreille a conservé ce nom pour un g.
de la tribu, ou même famille selon nous, des
Araignées de l’ordre des Aranéides, caracté¬
risé essentiellement par leurs quatre yeux
antérieurs disposés en une ligne courbe d’a¬
vant en arrière , et par leurs deux filières
supérieures, plus longues que les autres. Le
g. Araignée renferme quelques espèces con¬
struisant dans les maisons , dans les angles
des murs , sur les haies , une grande toile
presque horizontale, ayant, à sa partie su¬
périeure , un tube où l’Araignée se cache
pour guetter sa proie. Le type est l’Araignée
domestique ( Aranea domestica, Linn.), qui
vit dans nos demeures. Latreille avait d’a¬
bord appliqué à ce genre le nom de Tegue-
naria , adopté par M. Walckenaër , qui
pensait que la dénomination à* Araignée de¬
vait s’appliquer à toutes les esp. de la fa¬
mille. (Bl.)
ARAIGNÉE DE MER, ou SCOR¬
PION. zool. — On donne dans nos pro¬
vinces ce nom à la Vive, Tracliinus draco,
L. Voy. ARAGNO et vive.
Les amateurs et les marchands de coquil¬
les désignent, sous ce nom, diverses espèces
AP. A
ARA
65
du genre rtéroc'ere, de Lamarck , à cause
des appendices digités dont est munie leur
lèvre antérieure, ce qui les a fait comparer
aux pattes d’Araignées.
Le Murex tribulus , L. , a aussi reçu le
nom d’Araignée de mer, à cause des épines
divergentes dont sa coquille est armée.
Plusieurs espèces du genre Mciïa, de l’or¬
dre des Décapodes, sont aussi connues sous
ce nom dans nos provinces méridionales.
(C. p’O.)
ARAIGNÉES. Araneœ. ins. — Linné,
Fabricius et tous les anciens auteurs, compre¬
naient sous cette dénomination toutes les
Arachnides jileuses de Latreille , ou Ara-
néides de Walckenaër ; Latreille , dans ses
derniers ouvrages, regardant les Arachnides
Lieuses comme une famille de l’ordre des
Arachnides pulmonaires , la divise en deux
genres principaux, auxquels il rattache tous
les autres comme sous-genres. Le premier
est celui de Mygale , le second celui Arai¬
gnée (. Aranea ). M. Walckenaër regarde ces
deux genres comme deux tribus qui , selon
nous, devraient avoir le nom de familles ; la
première est celle des Téraphoses , et la se¬
conde celle des Araignées.
Ces Araignées sont caractérisées par des
mandibules cylindriques ou coniques, de
moyenne longueur dans les femelles , plus
longues et plus grêles dans les mâles ; par des
palpes peu allongés, de cinq articles, insérés
au côté externe des mâchoires près de la
base, ayant leur dernier article ovalaire, ren¬
fermant , à son extrémité , un organe ser¬
vant dans l’acte de la copulation ; par une
languette avancée entre les mâchoires, et
des sacs pulmonaires réduits au nombre de
deux, ainsi que les ouvertures stigmatiques.
La plupart de ces Araignées filent des toi¬
les dans lesquelles elles saisissent divers in¬
sectes ; quelques autres ne construisent point
de toiles, mais elles vont à la chasse des in¬
sectes, et se retirent dans des trous ou des
cavités qu’elles tapissent de leurs fils ; enfin,
il en est une espèce qui vit dans l’eau, en s’y
construisant avec ses fils une véritable clo ¬
che à plongeur. Voyez argïronète.
Nous pourrions donner de beaucoup plus
longs détails sur les moeurs des Araignées ,
si , dans cet article , nous les considérions
comme les anciens auteurs ; mais ici nous
ne voulons que parler d’une tribu ; et, pour
éviter le3 répétitions , nous renvoyons au
mot Aranéides, pour le développement
complet de l’histoire de ces animaux
intéressants. En effet, sous la dénomination
d? Aranéides , on comprend aujourd’hui ce
que tout le monde connaît sous le nom
d’ Araignées , tandis que les zoologistes ne
comprennent sous ce même nom qu’une
partie de l’ordre. !1 paraîtra , sans doute, dès
lors beaucoup plus convenable que les
mœurs et habitudes diverses de toutes les
Araignées composant l’ordre des Aranéides
soient développées en même temps. Au con¬
traire , ici nous eussions été obligé de pas¬
ser sous silence la tribu des Téraphoses ,
si remplie d’intérêt , pour ne parler que de
la tribu des Araignées proprement dites.
C’est pour éviter de trop séparer ces deux
tribus, qui ne diffèrent réellement entre
elles que par un caractère purement zoolo¬
gique, que nous renvoyons à aranéides.
Latreille (Régne animal) é tablit, dans son
grand genre Araignée , plusieurs divisions
d’après les mœurs et les habitudes, afin de
grouper plus facilement tous les sous-genres
qu’il y rattache ; la première de ces divi¬
sions est celle des Araignées sédentaires,
qui construisent des toiles ou jettent au
moins des fils pour saisir leur proie ; celles-
ci se partagent alors en Rectigrades et en
Latèrigrades , d’après le mode dont s’effec¬
tuent leurs mouvements de progression. Les
Rectigrades se subdivisent encore 1° en
Tubit'eles ou Tapissières , ayant des filières
cylindriques; elles comprennent les sous-g.
Clotho, Walck. ( Uroctea , Duf.) ; Drassus ,
Walck. ; Segestria , Lat. ; Clubiona , Lat. ;
Aranea (proprement dit), et Argyroneta ;
2° en Inéquitèles ou Araignées filan-
dières , pourvues de filières coniques , et
comprenant les sous-genres Scytodes , Lat. ;
Theridion , Walck.; Episinus , Walck.;
3° en Orbiteles ou Araignées tendeuses ,
ayant des filières presque coniques et dis¬
posées en rosette; celles-ci renferment les
s.-g. Linyphia , Lat.; Uloborus , Lat.; Te -
tragnatha , Lat. , et Epeira , Walck. Les
Araignées latèrigrades , ayant la facul¬
té de marcher dans tous les sens, de côté,
à reculons, en avant, se composent des sous-
g. Micrommata, Lat. ( Sparassus , Walck.);
Senelops, Duf.; Philodromus, Walck.; T/to-
misus , Walck. Viennent ensuite les AraU
T. II.
ARA
ARA
68
gnées vagabondes , qui se partagent en
Citigrades , comprenant les sous - genres
Oxyopes, Lat. ( Sphasus , Walck.); Ctenus,
Walck.; Dolomedes , Lat. ; Lycosa , Lat. ; et
Myrmecia , Lat. ; et en Saltigrades , ren¬
fermant les sous-genres Tessarops, Raffin. ;
Palpimanus , Duf. ; Eresus, Walck.; et
Salticus, Lat. (. Attus , Walck.).
M. Walckenaër [Hist. nat. des ins . aptè¬
res ) classe les Araignées d’après le même
système, mais il en fait une application un
peu différente. En effet, il divise d’abord sa
tribu des Araignées en Terrestres , ha¬
bitant sur terre , et en Aquatiques , habi¬
tant au milieu de l’eau ; il partage ensuite
les Terrestres en Vagabondes, courant pour
chercher leur proie , en Errantes , errant à
l’entour de leurs nids , et en Sédentaires ,
construisant des toiles pour attraper leur
proie. Les Vagabondes sont ensuite divisées
en Tuhicoles, vivant dans des tubes soyeux :
celles-ci renferment les genres Dysdera et
Segestria; en Cellulicoles , se composant
des g. Uptiotes et Scytodes ; en Coureu¬
ses, comprenant les g. Lycosa, Dolomedes ,
Storena, Ctenus, Hersilia, Sphasus, Dyc-
tion , Dolophones ; en Voltigeuses, renfer¬
mant les genres Myrmecia, Eresus, Chersis,
Attus; et en Marcheuses, se composant des
genres Arkys , Delena , Thomisus , Sele-
nops, Eripus, Philodromus, Olios, Sparas-
sus, Clastes. Puis M. Walckenacr partage les
Araignées errantes en Niditèles, se compo¬
sant des genres Clubiona, Desis , Drassus ;
et en Filitèles, comprenant les g. Clotlio, E-
nyo, Latrodectus, Pholcus et Artema; il di¬
vise ensuite les Sédentaires en Tapitèles,
renfermant les genres Tegenaria, Lachesis,
Agelena, Nyssus ; enOrbitèles, comprenant
les g. Epeira, Plectane, T etragnatha, Ulo-
borus, Zosis ; en Napitèles, se composant
du seul genre Linyphia; et en Rétitèles ,
comprenant les g. Argus, Episina, Theri-
dion.
Viennent enfin les Aquatiques, nom¬
mées encore Nageuses et Aquitèles , et ne
renfermant encore que le genre Argyro-
neta.
Telles sont les différentes méthodes que
l’on a employées pour classer cette grande
famille des Araignées. Le tableau présenté
par M. Walckenaër est réellement très bien
ordonné et très facile à saisir , mais nous
pensons que , lorsque l’étude des Araignées
sera plus avancée sous le rapport des orga¬
nes externes et internes , on en viendra à
prendre en considération certains caract.
qui jusqu’ici ont été négligés. (Bl.)
* ARAINIÉES. Arainœ (de Ara, un des
genres de cette sous-famille), ois. — Sous-
famille de notre famille des Psittacidées ,
ayant pour caract. : Bec très fort, très arqué
dessus et dessous , à mandibule supérieure
prolongée en une pointe tombante et dé¬
passant de beaucoup celle de l’inférieure ;
cette pointe munie en dedans de petites
stries élevées, transverses et obliques, for¬
mant des espèces de chevrons brisés très
rapprochés, et, de plus, d’une petite carè¬
ne souvent peu saillante et même obsolète ,
où vient s’appliquer l’extrémité de la man¬
dibule inférieure; celle-ci beaucoup plus
courte , aussi haute que large , et souvent
beaucoup plus haute que longue; la supé¬
rieure ayant ses bords ou simplement si¬
nueux ou munis d’une forte dent élargie et
obtuse. Tarses courts , assez aplatis , ro¬
bustes. Doigts externes allongés, plutôt
grêles que gros , surtout dans les grandes
espèces. Queue longue ou très longue, très
étagée dès la base , longicône. Ailes aiguës
ou subaiguës, à rémiges allongées.
Cette sous-famille, toute naturelle et
toute géographique , ne se compose que des
Perroquets à longue queue conique du Nou¬
veau-Monde. Elle renferme le genre Ara ,
avec ses sous-genres Perriche-Ara et Per-
riche. Voy. ara. (Lafr.)
ARALIA, Linn. bot. ph. — Genre
type de la famille des Araliacées. Suivant
nos. observations, ses caractères sont : Lim¬
be calicinal marginiforme , o-denté. Disque
annulaire , ou confluent avec la base des
styles. Pétales 5 , imbriqués en préflorai¬
son. Etamines 5; filets subulés ; anthè¬
res médifixes , échancrées au sommet , bi¬
fides de la base jusqu’au milieu. Ovaire 5-
loculaire, 5-ovulé. Styles 5, courts, obtus,
soudés par la base ; stigmates petits, subca-
pitellés. Drupe (en général 5-coque) à 5
noyaux comprimés, chartacés, 1-spermes.
Graines inadhérentes, conformes aux noyaux;
tégument membraneux. Périsperme charnu,
huileux. Embryon minime.— Arbrisseaux, ou
herbes Yivaces. Feuilles digitées, ou pen¬
nées, ou bipennées, ou tripennées, ou sub-
ARA
ARA
G7
triternées, stipulées; folioles incisées ou
dentelées, articulées par la base, penniner-
vées; pétiole cylindrique, articulé et noueux
aux ramifications , à base élargie en gaine
amplexicaule ou semi-amplexicaule. Inflo¬
rescences terminales, ou axillaires et termi¬
nales. Fleurs jaunâtres ou blanchâtres , pe¬
tites, disposées soit en ombelle , soit en pa-
nicule composée d’ombellules ou de capi¬
tules. Inflorescences partielles en général
accompagnées d’une collerette de bractées
persistantes. Pédicelles nus , ou couronnés
d’un calicule cupuliforme. Calice turbiné ,
ou subglobuleux, ou ovoïde. Pétales inon¬
guiculés, ordinairement réfléchis. Anthères
suborbiculaires, ou elliptiques, ou oblon-
gues. — M. de Candolle ( Prodr ., IV* p. 257)
rapporte à ce genre 42 espèces, mais il n’en
est que huit à dix qu’on y puisse admettre
avec certitude. La plupart de ces dernières
habitent les régions extra-tropicales de l’an¬
cien continent ; les espèces douteuses appar¬
tiennent à la Flore équatoriale.
VA.spinosa, L. (vulgairement Angélique
épineuse), indigène des États-Unis, se cul¬
tive comme arbrisseau d’ornement; il se
fait remarquer par une tige haute de huit
à douze pieds, en général très simple, héris¬
sée d’aiguillons, et couronnée d’une touffe
de feuilles qui atteignent deux à trois pieds
de long ; l’inflorescence est également ter¬
minale , formant une panicule large d’un
à trois pieds. Les feuilles de cet Aralia ont
une odeur analogue à celle de la carotte.
L’écorce de sa racine est un drastique fré¬
quemment employé par les médecins anglo-
américains. — V Aralia umbraculifera ,
Roxb., qui croît aux Moluques , est égale¬
ment remarquable par un port très pitto¬
resque : c’est un petit arbre à tronc très
simple , couronné d’une touffe de feuilles
longues de six pieds, et d’une panicule très
ample. — La décoction de la racine de VA.
racemosa , L. , plante herbacée , qu’on
trouve dans les forêts du Canada et des
États-Unis , passe pour un excellent remède
anti-rhumatismal. — Enfin, la racine de VA.
nudicaulis, L. ( vulgairement Salsepareille
de Virginie ), espèce indigène des mêmes
contrées que l’A. racemosa, participe, sui¬
vant le docteur Barton, aux propriétés mé¬
dicales de la Salsepareille. (Sp.)
,4RALÏ AGEES. bot. ph. — Famille
de plantes dicotylédones, polypétales, épigy-
nés , dont les caractères sont les suivants :
Calice soudé avec l’ovaire, entier, ou à dents
égales en nombre aux pétales et alternes
avec eux. Pétales 5-10, à préfloraison val-
vaire , caducs , et manquant dans un petit
nombre de genres. Étamines insérées avec
les pétales sur le pourtour d’un disque qui
surmonte PoYaire , égales en nombre et al¬
ternes avec eux , plus rarement doubles ; à
filets courts et subulés ; à anthères inlror-
ses , biloculaires. Ovaire à loges contenant
chacune un ovule pendant et anatrope ( lo¬
ges dont le nombre, quelquefois binaire,
est ordinairement plus grand , et peut s’é¬
lever jusqu’à 15) , couronné d’un disque
glanduleux , du centre duquel s’élèvent au¬
tant de stigmates séssiles qu’il y a de loges,
ou autant de styles courts , terminés chacun
par un stigmate simple , ou , plus rarement,
un seul style résultant de la soudure de
plusieurs. Dans le fruit , le sarcocarpe est
charnu ou sec , et, sous lui , l’endocarpe ,
chartacé ou membraneux , se sépare en au¬
tant de noyaux monospermes. Graines à
test crustacé , contenant au sommet d’un
gros périsperme charnu un petit embryon
droit , à radicule supère plus longue que
les cotylédons. Les Araliacées sont des ar¬
bres ou arbrisseaux souvent grimpants, ou,
plus rarement , des herbes originaires des
régions tempérées et surtout tropicales-; à
feuilles ordinairement alternes , simples ou
composées , portées le plus souvent sur de
longs pétioles dilatés à leur base , dépour¬
vues de stipules ; à fleurs régulières , her¬
maphrodites ou plus rarement polygames,
disposées en ombelles ou en têtes qui se
groupent en grappes ou en panicules , nues
ou accompagnées d’un involucelle , axillaires
ou terminales.
Genres. * Fleurs pétalées :
Panax, L. ( Araliastrum, Yaill. ; Plec -
tronia, Lour. ; Aureliana , Catesb. ). — -
Cussonia, Thunb. — Maralia , P. Th. —
Gilibertia , Ruiz Pav. , non Gmel. ( W an¬
ge nheimia , Dietr. ; Ginnania , Dietr.). —
Gastonia, Juss. — Polyscia , Forst. — To~
ricellia, DC. — Aralia, L. ( Schefflera ,
Forst .)—Sciodaphyllum, P. Brown. ( Acti-
nophyllum, Ruiz Pav. ). — Hcdera, L.—
Paratropia, DC. ( Heplapleurum , Gærtn.),
- Artrophyllum , Blume,
68
ARA
ARA
Fleurs apétalées :
Botryodcndron , Endl. — Miquelia ,
Meisn.
A ces genres, la plupart des auteurs ajou¬
tent VAdoxa , L. , dont la place dans la sé¬
rie 'naturelle peut cependant donner lieu
encore à quelques doutes , et dont la fleur
singulière a donné lieu à des interprétations
diverses. C’est avec plus d’incertitude enco¬
re qu’on rapproche des Araliacées le Tou-
roulia, Aubl. ( Robinsonia , Schreb.).
(Ad. J.)
ARALIÉES. bot. m. — Voyez ara¬
liacées.
ARAMACA. roiss. — Marcgraye a
donné sous ce nom un pleuronecte des cô¬
tes du Brésil. ^ (Val.)
* AR AMINÉES. Âraminœ ( Aramus ,
nom latin d’un des g. de cette s.-famille ).
ois. — Sous- famille de notre famille Ardèi-
dées. Ses caract. sont : Bec plus long que la
tète , grêle , comprimé , droit , presque cy-
lindracé ; à carène aplatie en dessus , se
renflant en dessous , à quelque distance de
sa pointe , qui est légèrement arquée en
dessus. Narines non membraneuses , situées
vers la base du bec , dans un sillon latéral ,
profond et prolongé. Jambes à moitié dé¬
nudées , fort longues, ainsi que les tarses et
les doigts ; ceux-ci sans membrane interdi¬
gitale à leur base dans l’un des deux gen¬
res qui composent cette sous - famille , en
étant munis dans l’autre. Pouce posant sur
le sol ; ongles médiocres , légèrement ar¬
qués ; celui du pouce le plus court.
Les deux genres américains , le Courliri
et le Caurale , qui forment à eux seuls cet¬
te sous-famille , ne nous ayant pas paru
susceptibles de figurer naturellement dans
les Grues, à la fin desquelles Cuvier les pla¬
çait, ni dans les Hérons ou les Cigognes,
d’après la forme grêle et cylindracée de
leur bec, l’absence delà membrane interdi-
gitale du Courlan , la brièveté de l’ongle de
leur pouce , la non-denticulation de celui de
leur doigt médian , et aussi d’après la dif¬
férence de mœurs et de nourriture de ce
dernier, selon Azara , qui l’a observé au
Paraguay , nous avons pensé qu’au lieu de
les intercaler dans l’une de ces sous-famil¬
les , où ils n’auraient figuré que comme
genres exceptionnels , il serait plus naturel,
et même plus méthodique , d’en former
une petite sous-famille américaine, faisant
partie toutefois de notre famille Ardéidée ,
et voisine de notre sous-famille Ibisinée.
Nous les aurions même placés dans celle-
ci , dont ils ont à peu près le bec , sauf la
courbure , s’ils n’en eussent pas autant dif¬
féré par les pattes. Ce sont évidemment des
genres de transition des Ardéidées aux Bal¬
adées. Voy. les genres courliri et cau¬
rale. (Lafr.)
ARAMUS. ois. — C’est le nom latin
donné par Vieillot au g. Courliri ( VArdea
scolopacea de Linné ). Voy. courliri.
(Lafr. )
ARANEA (àpàyytï , araignée), aracii.
— Syn. latin d’ARAiGNÉE. Voyez ce mot.
(C. D’O.)
ARANEIDES. ( Aranea , araignée.)
arach. — M. Walckenaër a le premier em¬
ployé cette dénomination pour le grand genre
Araignée de Linné, qui maintenant forme un
ordre de la classe des Arachnides. Ces Aranéi-
des nous offrent des mandibules mobiles de
haut en bas, et terminées par un seul crochet
mobile , très acéré, courbé inférieurement,
et muni vers son extrémité d’une ouverture
pour la sortie du venin ; des palpes pédifor-
mes , terminés dans les femelles par un pe¬
tit crochet, et ayant dans les mâles leur der¬
nier article fortement renflé , et renfermant
quelques petites pièces cornées, servant au
moins d’organes excitateurs dans l’acte de la
copulation ; une lèvre inférieure appliquée
entre les mâchoires , et une seconde lèvre
formée par un prolongement du sternum.
Le céphalothorax des Aranéides présente
ordinairement une impression en forme
de Y , semblant indiquer le point de réu¬
nion de la tête et du thorax; il offre en
avant six et plus souvent huit yeux , grou¬
pés de différentes manières , selon les gen¬
res. Les pattes sont toutes de même forme ,
mais elles varient souvent par la taille ; le
dernier article de leurs tarses est terminé
par deux crochets dentelés , et quelquefois
aussi par un troisième plus petit et sans
dentelures.
Les yeux des Aranéides sont ramassés et
rapprochés en un seul groupe sur la partie
médiane antérieure du céphalothorax, dans
la plupart des Téraphoses ( lre famille de
l’ordre des Aranéides ) , écartés et dissémi-
| nés sur le devant $t sur les côtés dans tou-
ARA
ARA
69
tes les autres Araignées ( 2e famille de l’or¬
dre); ces yeux sont presque toujours au
nombre de huit. M. Walckenaër signale seu¬
lement cinq genres où ce nombre n’est que
de six.
Les mandibules , qui ont encore reçu les
dénominations de forcipules , de chélic'e-
res , antennes - pinces , serres, sont tou¬
jours placées au dessous du bord antérieur
du céphalothorax , et composées de deux
pièces, la tige et l’onglet ; la tige , qui est
considérablement plus grosse que l’onglet ,
est aplanie à sa face interne , de forme plus
ou moins cylindrique ou en cône tronqué.
Souvent ces mandibules présentent, à leur
extrémité et vers leur côté interne, une rai¬
nure garnie d’épines aiguës, dans laquelle
s’insère le crochet ou onglet ; ce crochet ,
arqué, extrêmement dur et pointu , offre,
près de la pointe, un petit trou pour le pas¬
sage du venin avec lequel l’Araignée donne
la mort aux insectes.
Les mandibules des Aranéides sont gé¬
néralement couvertes de poils très courts
et serrés ; et, dans quelques unes, on en re¬
marque de beaucoup plus longs vers la par¬
tie supérieure. Dans la famille des Téra-
phoses , les mandibules sont arquées hori ¬
zontalement, très comprimées latéralement,
avec leur dos arqué ; dans la famille des
Araignées, au contraire , elles sont articulées
sur un plan incliné, et peuvent se mouvoir
latéralement ; elles sont cylindrico-coni-
ques , diminuant de grosseur de la base à
l’extrémité. Dans quelques mâles seule¬
ment (: Tétragnathes ), elles sont fort allon¬
gées et renflées au milieu ; mais presque
toujours les mandibules des mâles sont un
peu plus longues que celles des femelles.
Les mâchoires et la lèvre sternale sont ,
dans toutes les Aranéides, dirigées, en avant,
c’est-à-dire dans le sens de la longueur du
corps. Ces mâchoires, offrant de grandes va¬
riétés de formes , nous fournissent de bons
caract. pour la distinction des genres ; elles
sont ou arrondies ou tronquées oblique¬
ment à l’extrémité, ou terminées en pointe.
(Nous renvoyons, pour la forme particulière
qu’affectent les mâchoires des Aranéides,
aux divers genres , dont elles fournissent un
des principaux caractères.) Les palpes, insé¬
rés au côté externe des mâchoires , ont la
forme de petites pattes ; ils sont composés
de cinq articles terminés en massue ova¬
laire dans les mâles , et par un crochet dans
les femelles. M. Savigny a appliqué des dé¬
nominations à chacun de ces articles : ainsi,
le premier est l 'axillaire , le second V hu¬
méral, le troisième le cubital , le quatrième
le radial, et le dernier le digital ; mais nous
devons dire qu’il serait très facile d’assimi¬
ler ces articles à ceux des pattes.
La lèvre sternale représente souvent un
parallélogramme plus ou moins allongé ;
quelquefois elle est allongée ou ovalaire, ou
même triangulaire.
La languette , nommée aussi épichèle ,
située au dessous des mandibules et entre
les mâchoires, est semi-cartilagineuse, et
velue latéralement et à l’extrémité; elle pré¬
sente dans son milieu une petite fente que
plusieurs naturalistes regardent comme l’ou¬
verture buccale ; mais d’autres pensent que
cette ouverture existe au dessous de la lan¬
guette ; cette languette varie beaucoup par
la forme : elle est souvent échancrée , quel¬
quefois pointue ou carrée.
Telles sont les pièces qui entrent dans
la composition de la bouche des Aranéides.
Dans notre article arachnides, nous
avons exposé la structure des pattes, le
rapport de leurs articles avec ceux des pat¬
tes des insectes, etc. ; nous n’y reviendrons
donc pas ici.
L’abdomen est mobile , ordinairement
mou , souvent fort gros par rapport à la par¬
tie antérieure du corps ; il est fixé au thorax
par un pédicule court et extrêmement min¬
ce; et, en dessous, il présente à sa base une
ouverture médiane qui est l’orifice des or¬
ganes de la génération, deux ou quatre stig¬
mates pour l’intromission de l’air, et de
plus, Yers l’extrémité, quatre mamelons ar¬
ticulés , cylindriques ou coniques , perforés
au bout par une multitude de petits trous
donnant passage aux fils soyeux , dont la
matière est fournie par les réservoirs inté¬
rieurs.
L’anatomie des Aranéides étant encore
très peu riche en faits, et ayant eu d’ail¬
leurs l’occasion d’en donner l’exposé à l’ar¬
ticle arachnides, nous y renvoyons le
lecteur. Nous nous contentons d’ajouter
seulement pour les Aranéides quelques dé¬
tails sur les sécrétions et sur les organes de
la respiration.
70
ARA
ARA
Les sécrétions, chez les Aranéides, sont de
deux, sortes : l’une, dont le siège se trouve à
la partie antérieure du corps, consiste dans
la sécrétion du venin. Ce venin est contenu
dans une vésicule située à la base des man¬
dibules, qui communique, par un conduit ex¬
créteur renfermé dans l’intérieur de la man¬
dibule, à l’extrémité de son crochet, auquel
est pratiquée une ouverture pour son émis¬
sion.
Lorsque l’Araignée atteint un insecte, elle
le perce avec le crochet de ses mandibules.
La pression qui a lieu détermine l’éjacu¬
lation du venin dans la plaie, et cause
promptement la mort de l’insecte blessé.
On a prétendu , et l’on prétend encore
dans certaines localités , et principalement
en Italie , en Espagne et dans le midi de la
France, que le venin de certaines espèces
d’Araignées peut être funeste à l’homme, et
même , en certains cas, lui causer la mort;
mais il est à peu près certain qu’il n’en est
rien , car M. Walckenaër, qui s’est fait pi¬
quer par différentes espèces, nous assure
n’en avoir éprouvé aucun mal , et nous en
avons fait autant , sans en avoir éprouvé
d’effets fâcheux. En Italie et en Corse,
on rencontre une espèce du genre Théri-
dion, le Theridion rnarmignalto ( Theri -
dion lo-guttatum ), dont on redoute beau¬
coup la morsure, quoique ce Théridion soit
fort petit; mais il paraît que les couleurs
noire et rouge dont cette espèce est ornée
l’ont fait regarder comme diabolique.
Personne n’ignore toutes les fables racon¬
tées et si complaisamment reproduites par
tant d’auteurs sur la Tarentule. D’après tous
ces récits, les personnes atteintes d’üne pi¬
qûre de Tarentule éprouveraient une exci¬
tation nerveuse des plus violentes , et jus¬
qu’à présent on n’aurait trouvé d’autre re¬
mède que la musique pour guérir les ta-
rentolati ( c’est ainsi que l’on nomme les
personnes piquées par la Tarentule); on
aurait été jusqu’à indiquer les différents tons
regardés comme les plus propres à guérir
le malade. Peut-être est -il réel, quoique
nous en doutions beaucoup, que la piqûre
de la Tarentule occasionne une excitation
nerveuse ; mais il est plus certain qu’en Ita¬
lie on rencontre des charlatans qui , abu¬
sant de la bonne foi publique , donnent en
spectacle des personnes soi-disant piquées
par la Tarentule , et réunissent un plus ou
moins grand nombre de musiciens qui exé¬
cutent des symphonies, pendant lesquelles
le malade se livre à des danses et à de grands
mouvements qui, dit-on, doivent prompte*
ment le guérir.
La sécrétion produite à la partie posté¬
rieure du corps consiste dans l’émission des
fils soyeux. Elle a lieu au moyen d’organes
intérieurs situés à la partie postérieure de
l’abdomen, et composés de vaisseaux allon¬
gés, contournés et renflés dans leur milieu;
près des filières extérieures, on remarque en¬
core d’autres vaisseaux beaucoup plus petits ,
contenant dans leur intérieur une matière
qui paraît différer de celle contenue dans. les
grands vaisseaux. Ces vaisseaux ne sont pas
identiques dans toutes les Aranéides : en
effet, ils varient par le nombre, par l’absen¬
ce ou la présence de ramifications, et par
la plus ou moins grande quantité qu’ils en
présentent. La matière renfermée dans ces
vaisseaux ressemble à une gomme visqueu¬
se , insoluble dans l’eau et dans l’alcool ,
se cassant comme du verre , et n’offrant de
souplesse que lorsqu’elle est divisée en fils
fort minces; l’émission de cette matière,
comme nous l’avons annoncé plus haut , s’ef¬
fectue au moyen de quatre filières situées
vers l’extrémité de l’abdomen , et fermées
par une petite plaque perforée d’une infini¬
té de petits trous , évalués à plus de mille
pour certaines espèces. La matière soyeu¬
se , venant à s’écouler par ces ouvertures
imperceptibles, forme une quantité de fils
d’une ténuité incommensurable) en nom¬
bre égal à celui des trous, et qui, se réunis¬
sant tous ensemble à leur sortie , forment
les fils destinés à construire les toiles ; l’A¬
raignée les dévide par le seul poids de son
corps ou à l’aide de ses pattes.
Les fils sécrétés par ces Aranéides sont
de différente nature : car , dans les Orbitè-
les , les fils disposés en cercle sont agglu¬
tinants, les fils disposés en rayons ne le sont
pas ; et le sac destiné à contenir les œufs est
d’une toute autre texture , et quelquefois il
est encore recouvert d’une bourre de soie.
D’après ces observations , il est bien éta¬
bli que les Araignées ont des réservoirs
pour différentes sortes de matière soyeuse ;
mais jusqu’à présent on ignore quels sont
les vaisseaux propres à sécréter tels fils
ARA
ARA
plutôt que tels autres. Au moment où les
fils viennent de sortir des mamelons, ils sont
gluants, et ce n’est qu’au bout de quelques
instants que la dessiccation a lieu , quand
l’évaporation de l’humidité s’est effectuée ;
mais , lorsque la température est élevée, il
su Ait d’un moment, car ces Araignées
s’en servent dès qu’ils sont sortis de leurs
filières.
Tout le monde a observé, dans les beaux
jours du printemps et de l’automne , après
un temps brumeux, des flocons blancs soyeux
voltigeant dans l’air , et désignés vulgaire¬
ment sous le nom de fils de la Vierge . On
ne doute plus aujourd’hui que ces fils ne
soient formés par des Araignées, et princi¬
palement par des espèces appartenant aux
genres Epeire et Thomise; maison avait cru
long- temps qu’ils se formaient dans l’at¬
mosphère. L’analyse chimique a parfaite¬
ment démontré qu’ils avaient complètement
la nature des autres fils d’Araignées ; et ,
de plus , l’observation attentive faite en des
endroits où des Araignées se trouvaient en
plus ou moins grand nombre ne laisse plus
maintenant aucun doute. Ce sont surtout les
plus grands fils, ceux devant servir à consti¬
tuer les rayons de la toile, qui, affaissés par
l’humidité , se rapprochent et finissent par
se rouler en peloton. On doit en attribuer
aussi à de très jeunes Araignées qui, n’ayant
pas encore assez de soie pour construire
des toiles , jettent seulement quelques fils.
Quelques personnes ont cherché à utili¬
ser la soie des Araignées ; mais, comme cette
industrie n’était pas susceptible d’une ap¬
plication en grand , les essais produits n’ont
fourni aucun résultat important. On a fa¬
briqué avec cette soie des bas et des gants ;
on rapporte aussi que Louis XIV voulut en
avoir un habit; mais le peu de solidité
qu’offrait l’étoffe dont il était confectionné
l’en dégoûta bientôt. M. Alcide d’Orbigny ,
bien connu par ses longs voyages dans l’A¬
mérique méridionale , et par ses travaux
zoologiques , a rapporté au Muséum d'his¬
toire naturelle un échantillon de la soie
d’une Araignée, dont il m’a assuré avoir re¬
cueilli en Amérique une très grande quan¬
tité, qui lui avait servi à se faire confection¬
ner un pantalon qu’il a long-temps porté.
Nous avons dit que les Aranéides respi¬
raient au moven d’ouvertures situées à la |
71
base de l’abdomen ; que ces ouvertures
étaient au nombre de deux ou de quatre : or,
comme rtous l’avons déjà exposé dans notre
article arachnides , ces ouvertures com¬
muniquent à des sacs pulmonaires formés par
la superposition de feuillets triangulaires
extrêmement minces , qui tous convergent
à l’orifice des stigmates. Les deux ouvertu¬
res postérieures, chez les Aranéides , qui
en présentent quatre , communiqueraient,
comme Dugès l’a si bien démontré par la
belle anatomie qu’il a figurée dans la nou¬
velle édition du Régné animal de Cuvier,
à des vaisseaux trachéens. Le même savant
a le premier observé que les Aranéides pré¬
sentaient , au point de soudure du sternum
avec l’épisternum , une élévation formée
par l’épiderme, et entourée d’un sillon car¬
ré ; que , dans l’angle postérieur de ce car¬
ré , on apercevait des ouvertures stigma-
tiques , et que ces ouvertures communi¬
quaient à des vaisseaux trachéens. Ainsi les
Aranéides seraient pourvues de deux systè¬
mes d’organes de respiration : elles respi¬
reraient par leur thorax au moyen de tra¬
chées analogues à celles des insectes, et par
leur abdomen au moyen de sortes de pou¬
mons propres seulement aux Arachnides
pulmonaires; de plus , ceux de ces ani¬
maux présentant quatre ouvertures respira¬
toires à leur abdomen en auraient deux con¬
sacrées à la respiration trachéenne, et deux
à la respiration pulmonaire. Tels sont les
faits découverts assez récemment sur le
mode respiratoire de l’ordre des Aranéides.
Maintenant que nous avons présenté les
détails spécialement relatifs à l’organisation
des Aranéides , nous allons exposer d’une
manière générale leurs habitudes et leurs
mœurs , renvoyant , pour les faits particu¬
liers , à chacun des genres de l’ordre.
Pendant long-temps on est resté en grande
dissidence sur le siège des organes de la gé¬
nération chez les Aranéides, et, de là , on
s’est mépris sur la manière dont s’opérait
l’accouplement. Aidé de l’anatomie , Trévi-
ranus avait parfaitement reconnu la place
qu’occupent les organes générateurs des
Araignées mâles , et très bien démontré
que leur orifice devait être situé à la ba¬
se de l’abdomen , comme chez les femelles ;
mais tous les autres naturalistes jusqu’à lui,
| et plusieurs même de nos jours , ont pris ,
72
ARA
ARA
pour l’organe reproducteur mâle , les peti¬
tes pièces cornées situées à l’extrémité du
dernier article des palpes. Cependant il est
bien certain aujourd’hui, pour la plupart des
naturalistes, que cet organe situé à l’extré¬
mité des palpes n’est qu’un organe excita¬
teur, et que l’orifice des organes mâles se
trouve à la base de l’abdomen , comme l’a¬
vait si judicieusement pensé Tréviranus.
Les Araignées mâles sont généralement
plus petites que les femelles , et ces derniè¬
res , paraissant souvent peu disposées à re¬
cevoir leur approche, les tuent et môme
les dévorent quelquefois : aussi les mâles
prennent-ils toutes les précautions imagina¬
bles pour atteindre leur but sans être victi¬
mes de la fureur des femelles. Chez les Arai¬
gnées sédentaires, le mâle Ya trouver la fe¬
melle sur sa toile, en ayant soin de ne ja¬
mais se présenter devant elle ; mais il la
guette par derrière , épiant avec la plus
grande attention le moment favorable. Si la
femelle fait un mouvement, il recule, se
rapproche ensuite , et si la femelle ne l’a
pas poursuivi, il finit par s’élancer sur elle;
alors , avec ses palpes , il la caresse, il la ti¬
tille, il l’excite en les passant sous son abdo¬
men ; mais tout cela n’est évidemment qu’un
prélude. La femelle finit par céder aux dé¬
sirs amoureux du mâle : elle se laisse ren¬
verser un peu de côté , et alors l’accouple¬
ment a lieu ventre à ventre. Dès que l’acte
est terminé , le mâle fuit aussitôt, car alors
il serait , de nouveau , exposé à être dévoré
par la femelle.
Dans les espèces qui ne construisent pas
de toiles , les mâles ne sont pas obligés à
moins de précautions; l’accouplement seule¬
ment se fait à terre. Pour l’Araignée aqua¬
tique, comme nous le verrons à l’article
Argyronète, le mâle est encore contraint à
employer de plus grands stratagèmes. Cel¬
le-ci se tenant renfermée dans une cloche
qui n’a qu’une ouverture inférieure par où
jamais elle ne laisserait entrer le mâle ,
celui-ci n’a d’autre ressource que de con¬
struire une cloche près de celle de la fe¬
melle; il fait ensuite une galerie communi¬
quant d’une cloche à l’autre ; il perce alors
celle de la femelle pour s’élancer sur elle,
et la forcer à se soumettre à ses désirs.
Les Araignées prennent le plus grand soin
de leur progéniture; les femelles forment!
avec une soie des plus fines et des plus
douces une sorte de petite coque dans la¬
quelle elles placent leurs œufs. Les Arai¬
gnées sédentaires fixent leur cocon dans une
encoignure de muraille , dans quelque cavi¬
té, et toujours contre leur toile. Les espè¬
ces errantes, ne construisant pas de toiles,
placent leur cocon dans leur retraite. Cer¬
taines espèces, telles que les Thomises , res¬
tent toujours sur leur cocon, et semblent le
couver ; d’autres enfin, appartenant à la di¬
vision des Coureuses, le portent avec elles,
attaché à leur abdomen, et ne s’en séparent
jamais tant que les petits ne sont pas éclos.
Si l’on vient à détacher ce cocon du ventre
de la femelle, elle s’arrête aussitôt, et cher¬
che à ressaisir son fardeau; l’en empêche-t-on,
elle tourne aux alentours , emploie tous les
moyens de reprendre ce qui lui a échappé,
et ne se décide jamais à abandonner le ter¬
rain qu’elle ne soit parvenue à recou¬
vrer le berceau de sa progéniture ; à
peine a-t-elle pu s’en saisir, qu’elle l’at¬
tache de nouveau à son abdomen , et fuit
en toute hâte. Quand elle appréhende une
attaque nouvelle , elle emporte même son
cocon entre ses pattes , et ne l’attache que
lorsqu’elle se croit hors de danger.
Les cocons des Araignées offrent entre
eux quelques différences : généralement,
ils sont parfaitement arrondis; plusieurs
sont ovalaires , d’autres sont plus ou moins
comprimés.
Le développement des œufs des Araignées
a été l’objet d’observations très intéressan¬
tes de la part de M. Moritz-Hérold. La trans¬
parence de certains œufs lui a permis d’é¬
tudier toutes les phases du développement
de l’Araignée dans son premier état. Nous
allons exposer succinctement, d’après les
observations de cet auteur , les faits prin¬
cipaux qui se rattachent à ce premier âge
dans les Aranéides.
Les œufs des Araignées sont générale¬
ment globuleux ou ovalaires, et ne présen¬
tent qu’une seule enveloppe revêtue d’une
pellicule extrêmement mince. Cette pellicule
recouvre entièrement la surface de l’œuf,
excepté dans l’endroit où l’œuf se trouve
accolé contre un autre œuf; l’enveloppe
est transparente dans cet endroit, mais
elle est opaque dans le reste de son éten¬
due , et l’on ne parvient à la rendre
ARA
transparente qu’en l’imbibant d’huile. Alors
on peut aisément distinguer trois parties
distinctes : le vitellus , tout à fait à l’inté¬
rieur , formé de globules ; V albumen , lim¬
pide, sans globules, entourant le vitellus;
et le germe , qui est blanchâtre , lenticu¬
laire, et formé de petits globules. Le germe
se dilate d’abord du centre à la circonfé¬
rence, et quelques uns de ses globules com¬
mencent à se mouvoir et à se confondre
avec l’albumen ; ensuite le centre blanchâ¬
tre de l’œuf se porte vers l’extrémité , sans
se détacher de la partie unie avec l’albu¬
men ; ce mélange du germe et de l’albu¬
men forme un composé que M. Hérold
nomme Colliquamentum. Ce mélange de
vient bientôt opaque et brillant, et cache
entièrement le vitellus. M. Hérold nomme
ce composé le cambium ; c’est dans ce com¬
posé ou cambium , qui n’occupe guère en
volume que le quart de celui du vitellus ,
que les parties de l’Araignée commencent à
se développer. Il s’opère d’abord une division
en deux parties : la plus petite occupe l’espace
où se trouvait le germe ; c’est là le composé
céphalique , dans lequel se développent
promptement les palpes et les parties de la
bouche ; la seconde partie constitue le com¬
posé pectoral, d’où naissent bientôt les
pattes. Le vitellus reste dans la partie pos¬
térieure de l’œuf ; des plissures et des im¬
pressions marquent au bout de peu de
temps la séparation du céphalothorax et de
l’abdomen. La partie antérieure s’allonge ,
ainsi que les pattes ; le vitellus jaunâtre
remplit la cavité de l’abdomen et les côtés
du céphalothorax, et bientôt après, une ligne
dorsale , qui n’est qu’un rudiment du cœur,
se montre sur le dos du vitellus. Plus le
développement de l’œuf fait de progrès,
plus l’enveloppe se tend et s’applique con¬
tre les parties qui se forment.
La partie antérieure du céphalothorax ,
les pattes et le sternum , qui restent blancs,
sont formés seulement du cambium ou com¬
posé. Au contraire, la partie postérieure du
céphalothorax et l’abdomen sont colorés et
composés des globules du vitellus ; enfin ,
les yeux paraissent ; les organes de la bou¬
che et les articulations des pattes se dessi¬
nent. Quand l’Araignée est ainsi formée, la
coque de l’œuf se fend sur le céphalothorax,
la tête se montre la première, les mandi- 1
T. H.
ARA 73
bules , les palpes paraissent , les patteâ enfin
se dégagent; et, par des mouvements de
contraction et d’expansion, l’enveloppe se
fend entièrement , et l'abdomen se trouve
débarrassé.
Au moment où l’Araignée vient de naître,
elle est comme engourdie et d’une extrême
taiblesse , et ne peut se mouvoir qu’avec
peine; elle est obligée de rester encore plu¬
sieurs jours dans Je cocon avant de pren¬
dre son essor, car, avant d’être apte à aller
chercher sa proie, elle doit encore subir
une dernière mue , qui souvent n’a lieu
qu’au bout d’une semaine ; mais dès que l’A¬
raignée a dépouillé cette peau , elle com¬
mence à marcher, quitte aussitôt le cocon
natal, tire de ses filières un fil qui l’emporte
dans l’air, et va ainsi se fixer à quelques
branches. Alors la petite Araignée fileuse
construit une toile proportionnée à sa taille,
et mène déjà le même genre de vie que les
adultes. Les couleurs de la petite Araignée
sont encore pâles et uniformes , mais au bout
de très peu de temps elle se colore , et sa
peau acquiert un peu plus de consistance.
Toutes les Araignées ( Aranéides ) font
leur nourriture de proie vivante; il n’en
est aucune qui vive de matière végétale ou
de matière animale morte. Il faut que l’A¬
raignée elle-même ait donné la mort à l’in¬
secte pour qu’elle s’en nourrisse. Générale¬
ment les Aranéides font leur proie d’insectes
proportionnés à leur grosseur et à leur
force; et, pour les prendre, elles emploient
différents stratagèmes.
Certains voyageurs rapportent que , sous
les tropiques, et principalement dans l’Amé¬
rique équatoriale , les grosses Mygales , ces
géants de la classe des Arachnides, attaquent
jusqu’à des Oiseaux-Mouches, des Colibris ,
et de petits Reptiles. Cependant ces Arai¬
gnées ne construisent point de toiles : elles
ont seulement des tubes dont elles font leur
retraite , et sont obligées de combattre
corps à corps. Dans notre pays , dans le
midi et le nord de l’Europe , et dans d’au¬
tres contrées , on connaît une foule d’Arai-
gnées qui ne font pas non plus de toiles , et
qui cependant ne vivent que de rapine. Les
unes, queM. Walckenaër appelle Tubicoles
et Cellulicoles , se retirent dans des tubes
ou des cellules ; mais elles n’ont aucun
moyen d’y attirer leur proie : aussi font-
5*
74
ARA.
ARA
elles des excursions pour se procurer leur
nourriture. Les Coureuses , telles que les
Lycoses, etc., courent avec agilité, et sai¬
sissent leur proie à la course. Les Voltigeu¬
ses (Saltigrades, Lat. ) se tiennent immo¬
biles dans certains endroits, et s’élancent
sur les petits insectes qu’elles aperçoivent ,
soit en sautant- sur eux d’un seul bond , soit
en s’élançant avec une telle agilité , qu’elles
semblent voltiger. Les Marcheuses (Latéri-
grades et Citigrades , Lat. ) sont générale¬
ment peu agiles ; elles ne construisent ce¬
pendant pas de toiles, mais lancent quel¬
ques fils dans lesquels elles saisissent des
insectes. M. Walckenaër dit que des espè¬
ces des genres Olios et Delena attaquent
jusqu’à des Kakerlacs. Les Filistates er¬
rent à l’entour de leur retraite , mais elles
tendent de longs fils pour attraper leur
proie ; au contraire , toutes les Araignées
appartenant à la division des Sédentaires ,
et que M. Walckenaër subdivise encore en
Tapitèles, Orbitèles , Napitèles, Rétitèles ,
construisent de grandes toiles variant par
leur structure, mais ayant toutes pour
but de prendre au passage les insectes qui
viennent s’y précipiter. Les Aranéides qui
construisent ces toiles se tiennent toujours
sur le côté ou dans le milieu ; dès qu’un
insecte vient s’embarrasser dans les mail¬
les, elles achèvent de l’enlacer par de nou¬
veaux fils ; et, quand elles s’en sont ainsi ren¬
dues maîtresses, elles les percent du crochet
de leurs mandibules, qui leur donne bientôt
la mort : l’Araignée suce aussitôt sa victime ,
et abandonne ensuite sa dépouille, qu’elle
ne saurait digérer. Enfin , les Araignées
aquatiques, nageuses, aquitèles, ne peu¬
vent vivre qu’au sein des eaux ; et pourvues
d’organes de respiration tout à fait analo¬
gues à ceux des Araignées terrestres , elles
se construisent une cloche qu’elles remplis¬
sent d’air , pour en faire leur demeure ,
tendant aux alentours des fils pour saisir les
petits animaux qui vivent dans l’eau , et
dont elles font leur nourriture exclusive.
Ainsi, parmi les Araignées, les unes sont
courageuses, attaquent audacieusement la
proie qui s’offre à elles, comme le lion et le
tigre ; les autres , au contraire , selon l’ex¬
pression du savant Kirby , offrent la ruse
tranquille et sédentaire du Paresseux, et la
dextérité amphibie de la Loutre.
Tout le monde sait que les mouches con¬
stituent la nourriture la plus générale des
Araignées faisant des toiles , et que souvent
ces dernières en prennent de beaucoup plus
grosses qu’elles; mais il paraît que certains
insectes, même d’une taille inférieure à la
leur, les effraient à tel point, qu’elles aban¬
donnent plutôt leur toile que de se défen¬
dre : les fourmis semblent être du nombre
de ces insectes.
Toutes ces Araignées n’ont de cou¬
rage que sur leur toile ; autrement elles sont
timides, et n’attaqueraient jamais les insec¬
tes qu’elles prennent si bien dans leurs la¬
cets.
Les Aranéides peuvent vivre fort long¬
temps privées de toute nourriture ; le plus
grand nombre hivernent; elles s’enferment
dans leur retraite au commencement de l’hi¬
ver et n’en sortent plus qu’au printemps
suivant. Avant l’hivernation, ces Araignées,
qui ont pris en abondance une nourriture
succulente, sont très grasses ; mais, après
l’hiver, elles ont vécu, comme tous les ani¬
maux hivernants, aux dépens de leur propre
graisse, et elles sont extrêmement mai¬
gres quand on les trouve au printemps.
D’après ce qui précède, on peut juger de
l’utilité des Araignées. Ces animaux , bien
loin de nuire aux produits de l’agriculture,
détruisent au contraire une foule d’insec¬
tes très nuisibles aux végétaux : aussi M.
Walckenaër a-t-il nommé une espèce d’Ara-
néide Théridion bienfaisant ( Theridion be-
nignum ) , parce que cette petite espèce se
tient ordinairement dans les grappes de rai¬
sin , et s’empare des petits insectes qui vi¬
vraient aux dépens de ce fruit.
Mais les Aranéides ont aussi de nombreux
ennemis. 11 existe un grand nombre d’oi¬
seaux et de reptiles, quelques mammifères,
comme des Singes, des Écureuils , qui leur
font une guerre à outrance ; il y a aussi
des Scolopendres et un bon nombre d’insec¬
tes qui ne sont pas pour elles des. ennemis
moins redoutables, comme, par exemple, des
espèces de Sphègiens , Cràboniens, qui font
la chasse aux Araignées pour en approvi¬
sionner leurs petits. Le Sphex ou lePompile
perce l’Araignée de son aiguillon, et l’em¬
porte dans son nid. Celle-ci est complète¬
ment engourdie ; elle est dans un état de
torpeur indéfinissable , de manière qu’elle
ARA
sert de pâture aux petites larves du Sphex ou
du Pompile. Certains Ichneumonites et Chai-
cidites ne sont pas moins redoutables pour
les Araignées, car ils percent leurs œufs avec
l’extrémité de leur tarière et déposent un
œuf dans son intérieur.
Les Aranéides sont répandues sur la pres¬
que-totalité du globe ; mais c’est principale¬
ment sous les tropiques que vivent les es¬
peces d’une grande taille et celles aux for¬
mes bizarres , aux couleurs éclatantes et
variées. Ces belles Épeires dont on a formé
le genre Ârgyope , qui se font remarquer
par l’éclat de leurs couleurs argentées et
dorées , et ces autres espèces hérissées de
longues et fortes épines (les Gastéracan -
tlies) ne se trouvent que dans les parties les
plus chaudes de l’Amérique, de l’Asie et
de l’Afrique. Celles qui construisent des
toiles paraissent aussi devenir moins nom¬
breuses quand on se dirige vers le nord ;
au contraire, dans le sud, elles semblent
être de plus en plus abondantes. Dans le
nord , les espèces qu’on rencontre le plus
fréquemment sont des Thomises , des Lyco-
ses , des Clubiones , des Tégénaires, toutes
espèces vivant dans des cavernes , sous des
pierres; ce sont aussi celles qu’on retrouve
encore sur les hautes montagnes; mais les A-
raignées qui ont les plus belles couleurs sont
celles qui , comme les Épeires , font leurs
toiles au grand air ; celles, comme les Tho¬
mises, les Sparasses, etc., qui fréquentent
les fleurs. Au contraire , les Clubiones , les
Tégénaires, les Lycoses, qui ont des couleurs
brunes ou grisâtres, sont celles qui vivent
dans les endroits les plus sombres et les plus
retirés.
On a rapporté bien des histoires sur l’in¬
stinct des Araignées et sur leur goût pour
la musique ; mais on doit certainement en
regarder la plupart comme erronées. L’opi¬
nion que les Araignées sont sensibles à la
musique paraît très accréditée. On raconte
à ce sujet, dans divers ouvrages, que des
Araignées blotties dans des encoignures de
muraille arrivaient vers l’endroit où l’on
faisait de la musique. On cite aussi l’histoi¬
re d’une Araignée qui s’était accoutumée à
venir sur le piano deGrétry dès qu’il jouait,
et qui s’en allait dès qu’il avait cessé. Nous
n’oserions pas avancer comme une chose
certaine que les Araignées ne possèdent pas
ARA 75
la faculté d’entendre, car nous sommes loin
d’en avoir des preuves ; mais elles man¬
queraient de ce sens, que nous n’en serions
nullement étonné : en effet, leur genre de vie
ne semble pas rendre ce sens indispensable ;
ceux de la vue et du tact , chez les Arai¬
gnées, jouent certainement le plus grand
rôle ; et d’ailleurs on peut en faire l’expé¬
rience comme nous l’avons fait souvent,
et l’on restera convaincu que le bruit ne
paraît influer sur elles en aucune manière.
Certes, si l’on observe une Araignée au mi¬
lieu de sa toile , elle reculera bientôt si
l’on approche de trop près ; elle reculera
également si l’on agite sa toile , même très
légèrement ; mais elle restera immobile
quand on fera entendre les sons les plus
pénétrants. Nous n’avons jamais pu remar¬
quer non plus que les sons les plus suaves
d’un piano agissent d’une manière agréable
sur les Araignées, car toutes celles que
nous avons observées restaient immobiles ,
ou le plus souvent cherchaient à regagner
leur retraite.
Il suffit qu’une histoire de cette na¬
ture ait été dite une fois pour qu’elle soit
répétée pendant plusieurs siècles ; mais c’est
aussi une raison pour vérifier si de tels faits
que l’on reproduit trop facilement sans exa¬
men ne sont pas faux.
Nous devons ajouter que nous ne sommes
pas éloigné de penser que les insectes per¬
çoivent les sons par vibrations au moyen
de leurs antennes , et que les Araignées,
étant dépourvues de ces organes, pourraient
bien manquer du sens de l’ouïe ; toutefois ,
ce n’est pas l’absence des antennes qui nous
a fait concevoir des doutes sur la faculté
d’entendre chez les Aranéides, mais bien les
expériences que nous avons faites sur elles
et sur des insectes. On assure généralement
aussi avec hardiesse que les Araignés peu¬
vent parfaitement être apprivoisées ; ce
sont là encore des choses peu certaines
pour nous , surtout au point où on le croit
généralement. Tout le monde a entendu
parler de l’Araignée de Pélisson , ce fameux
prisonnier de la Bastille. D’Olivet raconte
que Pélisson, enfermé dans un lieu qui ne
recevait le jour que par un soupirail, et
n’ayant pour toute compagnie qu’un Basque
stupide qui ne savait que jouer de la mu¬
sette , entreprit d’apprivoiser une Araignée
76
ARA
ARA
qui construisait sa toile à l’entrée du soupi¬
rail. Il mettait des mouches près d’elle ,
tandis que son Basque jouait de son instru¬
ment. Peu à peu l’Araignée s’accoutuma à
en distinguer le son , et à sortir de son trou
pour chercher sa proie ; au bout de quel¬
ques mois, elle était si bien instruite,
qu’elle sortait de sa retraite au moindre si¬
gnal , allait prendre une mouche au fond
de la chambre, et jusque sur les genoux du
prisonnier.
Nous ne serions pas étonné que l’histo¬
riette eût été au moins un peu brodée par
le narrateur.
M. Léon Dufour avait accoutumé aussi
une Lycose tarentule à venir prendre une
mouche entre ses doigts ; mais cela se com¬
prend très bien , car cette espèce, ordinai¬
rement très vorace , et sans doute privée de
nourriture dans quelque boîte , se jetait vo¬
lontiers sur une mouche tenue entre les
doigts , quoique probablement elle eût pré¬
féré aller la chercher elle-même. M. Wal¬
ckenaër nous raconte aussi qu’une Araignée
conservée par une jeune demoiselle dans
un petit flacon s’était également très bien
habituée à venir chercher la mouche qu’eüle
lui présentait.
Mais comme les histoires rapportées sur
l’éducation des Araignées sont toutes à peu
près semblables, nous n’en dirons pas da¬
vantage. Nous engagerons seulement les na¬
turalistes à faire, sur ce sujet intéressant,
des observations qui puissent détruire ou
corroborer les opinions assez généralement
reçues.
La classification de l’ordre des Aranéides
doit les progrès qu’elle a faits aux importants
travaux de M. Walckenaër. En effet, avant
lui, l’étude zoologique de ces animaux était
bien peu avancée. Son tableau des Aranéi¬
des, publié en 1805, a été le premier ouvra¬
ge important sur cette matière, et il a paru
généralement très commode pour étudier
les Araignées , car jusque là l’on ne savait
réellement pas quelles étaient les parties
pouvant servir à établir des coupes généri¬
ques dans cet ordre. M.Walckenaër a trouvé
que les yeux, par leur nombre, par leur po¬
sition, variaient considérablement ; et, dès
lors, mettant ce caractère en première li¬
gne , et y ajoutant tous ceux fournis par les
parties de la bouche , il a pu créer de? gen¬
res, en leur assignant des caractères faciles à
saisir. Latreille a adopté la plupart des gen¬
res deM. Walckenaër, et il a formé de pe¬
tites divisions établies d’après les mœurs ,
pour grouper plus facilement les genres. M.
Walckenaër, prenant en considération les
habitudes des Aranéides, nous donne, dans
son Histoire des insectes aptères, un tableau
présentant la division de ces animaux en
deux tribus (les Téraphoses et les Arai¬
gnées, auxquelles nous renvoyons pour l’ex¬
position des divisions et des genres qu’elles
renferment), et il les partage ensuite en un
certain nombre de divisions basées sur les
habitudes. Certainement nous trouvons très
bien que l’on attache une grande importan¬
ce aux mœurs , mais il serait essentiel que
des caractères zoologiques pussent s’ajou¬
ter à ceux fournis par les habitudes , pour
que ces petites divisions, que nous désignons
dans nos ouvrages sous le nom de groupes,
aient toute l’importance qu’on y attache.
Tels sont les principaux faits relatifs à
l’organisation, aux mœurs et à la classifica¬
tion des Aranéides. (Bl.)
* ARANÉOIDES. Araneoides {Ara-
nea, araignée ; efcTos, ressemblance), aracii.
— Ficinus et Carus ont donné ce nom à la
famille des Aranéides. Voy. ce mot
(C. d’O.)
ARANÉOLE. poiss. — Nom qu’on
donne sur nos côtes à la petite Yive ( Tra -
chinus viper a), ou à la Vive commune (Tra-
chinus draco) quand elle est jeune.
(Val.)
*ARANJEOLOGIE. Araneologia {Ara-
nea , araignée , >0705 , discours), arach.
— Traité des Araignées. (C. d’O.)
ARANIA. poiss. — Voy. vite.
ARANJAT. bot. cr. — Nom donné
à VAgaricus aurantiacus L., dans quel¬
ques uns des pays méridionaux de l’Euro¬
pe. (C. d’O.)
ARAPABACA, Adans. (Nom vernacu¬
laire ou idéal), bot. ph. — Synonyme du
genre Spigelia , de la famille des Spigélia-
cées. (Sp.)
ARAPÈDE. moll. — D’après d’Argen-
ville , ce nom est donné aux Patelles sur
nos côtes de Provence. (Desii.)
* ARAPÜNGA. ois. — Nom brésilien
d’une espèce de Cotinga du genre Avera.no
de Temminck. Voy . averâN'o. •Lafr.)
ARA
ARA
ARARA. ois. — C’est, dans Spix
(. Aves bras., etc.) , le nom générique syno¬
nyme de Perruche -Ara dans Bu (Ton , et
de Psittacara de Yigors ; et , dans le 3mc
yoI. des Perroquets de Levaillant , par M.
Bourgeot Saint -Hilaire, c’est le nom que
cet auteur emploie pour exprimer en latin
celui d 'Ara; c’est aussi le nom vulgaire de
Y Ara rouge. Voy. ara. (Lafr.)
ARARACA. ois. — C’est le nom que
les naturels du Paraguay donnent aux Aras,
ainsi que celui de Guaha, selon Azara. Voy.
ara. (Lafr.)
AR AR AC AX GA. ois. — C’est le nom
que les Brésiliens donnent à l’Ara rouge.
(Lafr.)
ARARAUNA. ois. — C’est le nom
que les Brésiliens donnent à Y Ara bleu.
(Lafr.)
ARASSADE. rept. — Nom vulgaire
des Salamandres. Voyez ce mot.
(C. D’O.)
* ARATIRIGA. ois. —C’est , dans Spix
[Av. bras.), un nom de genre, synonyme de
celui de Perriche à longue queue de Buf-
fon , et de Commis de Kuhl. Voy. ara.
(Lafr.)
ARAUCARIA, bot. pu. — Genre de
Conifères, établi, dans le Généra plantarum,
par A. L. de Jussieu, qui a tiré son nom
de celui des Araucanos , nation qui occupe
les parties du Chili austral , où croît la pre¬
mière esp. connue du g. Araucaria. Ce
meme g. avait déjà été désigné par Lamarck
sous le nom de Dombeya , en l’honneur du
célèbre voyageur qui l’a recueilli le pre¬
mier; mais ce nom, déjà appliqué à un
autre g., a dû être rejeté. Plus récemment,
Salisbury a donné aux esp. américaines qui
ont servi de type à ce g. le nom de Colum -
bea , qui a été également rejeté , et le nom
^Araucaria est généralement admis ; mais ,
peu à peu, le nombre des esp. rapportées à
ce g. s’est accru. A l’Arawcana du Chili ,
auquel on doit conserver le nom spécifique
de chilensis , donné par Lamarck (Dom¬
beya chilensis Lamk. ; Araucaria im' ri-
cata Ait , Mort. Kev. ; Columbea quadri-
faria Salisb. ) , est venue se joindre l’esp.
très analogue du même continent, l’Arau¬
caria du Brésil ( A. brasiliensis ) ; puis on
a rangé dans le même g. le Pin de l’île de
Norfolk (Araucaria excelsa ) , et l’esp. anâ-
77
logue de la Nouvelle-Hollande ( Araucaria
Cunninghami ). Mais ces plantes , très dif¬
férentes par leur feuillage et par leur ger¬
mination , et qui présenteront peut-être
d’autres différences dans leurs organes de
reproduction lorsqu’ils seront mieux con¬
nus, doivent former un g. distinct , que Sa¬
lisbury avait déjà désigné par le nom d\E«-
tassa. Voy. ce mot.
Les vrais Araucaria ou Arducaria amé¬
ricains sont de très grands arbres à tige
droite , portant , comme les Sapins , des
branches rapprochées en faux verticilles
très réguliers. Ces branches , surtout dans
l’esp. du Brésil , se détruisent vers le bas
de la tige; celles voisines du sommet per¬
sistent , s’allongent , et retombent en par¬
tie , de manière à donner à cet arbre un
port très remarquable , qui a été bien re¬
présenté dans le Voyage au Brésil de Ru-
gendas.
Les rameaux sont couverts* dans ces deux
espèces, de larges feuilles lancéolées, aiguës,
beaucoup plus longues et étalées dans l’esp.
brésilienne, plus courtes et lâchement im¬
briquées dans celle du Chili. Ces feuilles
sont coriaces , très dures , sessiles , et ne
tombent que très tard par suite de leur de¬
struction. C’est à l’extrémité même des ra¬
meaux que se développent sur des individus
différents, cas fort rare dans les Conifères ,
les fleurs mâles et les fleurs femelles.
Les chatons mâles sont simples , très vo¬
lumineux, composés d’écailles nombreuses
très rapprochées, terminés par un prolon¬
gement subulé ; chacune d’elles porte à sa
face inférieure 12 à 20 anthères étroites, li¬
néaires , disposées sur deux rangs superpo¬
sés , et fixées par leur extrémité opposée à
l’axe de la partie élargie de l’écaille.
Les chatons femelles ou les jeunes cônes
terminent de même les rameaux , et leurs
écailles ne sont, pour ainsi dire, que la suite
des feuilles de ces rameaux; chacune pré¬
sente une cavité formée par la réunion de
l’écaille proprement dite et de la bractée ;
et dans cette cavité ouverte supérieurement
se trouve contenue une seule graine réflé¬
chie , c’est-à-dire fixée par la chalaze vers
l’extrémité libre de l’écaille , et dont le mi-
cropyle est dirigé vers l’axe du cône. Les
cônes mûrs sont très gros , égalant presque
je volume de la tète d’un enfant ; les écail-
78
ARA
AKA
les, renfermant chacune une graine, sont ca¬
duques, terminées par un appendice subulé.
La graine cylindroïde, plus grosse que celle
du Pin pignon , renferme un périsperme
très épais , doux et bon à manger. L’em¬
bryon, cylindrique, présente deux cotylédons
appliqués l’un contre l’autre , et qui , dans
la germination, ne sortent pas de la graine.
Par ce caractère , ces Araucaria se distin¬
guent de toutes les Conifères dont la germi¬
nation est connue, et surtout des Entassa
ou Araucaria de l’Australie, qui ont qua¬
tre cotylédons foliacés portés sur une lon¬
gue tigelle.
Les deux Araucaria américains, tous deux
propres aux parties australes et tempérées
de l’Amérique méridionale , l’un abondant
surtout dans l’île de Chiloë , l’autre dans la
province de Saint-Paul au Brésil , sont des
arbres d’une taille très élevée, dont le bois
paraît d’une très bonne qualité. Tous deux
pourraient peut-être se cultiver en pleine
terre dans les parties méridionales de l’Eu¬
rope, et l’espèce du Chili paraît même pou¬
voir résister aux hivers de l’Europe tem¬
pérée.
Les Araucaria, \esEutassa, les Dam-
mara , et peut-être quelques autres Coni¬
fères , présentent une structure de leurs fi¬
bres ligneuses qui les distingue facilement
des Pins et de la plupart des autres Coni¬
fères. C’est la disposition des ponctuations
des parois latérales de ces fibres qui for¬
ment plusieurs rangées longitudinales sur
chaque fibre, ordinairement 2 ou 3, et dont
les ponctuations alternent dans deux ran¬
gées contiguës. Ce dernier caractère les di¬
stingue des bois de quelques Conifères, tels
que les Taxodium, qui ont aussi deux ran¬
gées de ponctuations , mais formant des sé¬
ries transversales perpendiculaires à la di¬
rection des fibres ligneuses. (Ad. B.)
* ARAUCARÏTES. bot. foss. — Ce
nom a été donné par M. Endlicher ( Gen.
pl. , p. 263) h des bois fossiles découverts
dans les terrains houillers ou dans des for¬
mations aussi anciennes, et qui ont la struc¬
ture essentielle des Conifères du g. Arauca¬
ria. Cette structure , comme nous l’avons
indiqué à l’article Araucaria , consiste dans
l’existence , sur les parois latérales de cha¬
cune des fibres ou cellules allongées qui
constituent le bois , de ponctuations dispo¬
sées non en une seule série comme dans les
Pinus , ou en deux séries, dont- les ponctua¬
tions sont opposées à la même hauteur, com¬
me dans les Taxodium , et quelquefois dans
les Pinus , mais en deux ou trois séries al¬
ternant entre elles. Ce caractère appartient
aux Araucaria d’Amérique , type de ce
genre, aux Entassa ou Araucaria de l’Au¬
stralasie, et aux Dammara, qui constituent
un groupe naturel et remarquable parmi les
Conifères.
Les mêmes caractères essentiels ont été
trouvés dans plusieurs bois fossiles apparte¬
nant à la formation houillère, et qui ont été
décrits et figurés dans le Fossil flora de
MM. Hutton et Lindley, sous le nom de Pi~
nites , quoiqu’ils diffèrent essentiellement
des Pinus actuels par la structure de leur
bois ; les analogues de ceux-ci ne se trou¬
vent que dans les terrains plus récents.
Le Piniles Brandlingii , Fossil flora, n° i ,
est surtout très analogue aux Araucaria,
et peut être considéré comme le type des
Araucarites. Le Pinites Withami des mô¬
mes terrains s’en éloigne davantage.
Plusieurs des bois fossiles figurés par M.
Wilham , tant parmi ceux originaires des
terrains anciens que parmi ceux trouvés
dans le lias, paraissent offrir aussi une orga¬
nisation analogue à celle des Araucaria , et
devoir se ranger dans le groupe des Arau¬
carites. (Ad. B.)
*ARAUJIA (nom d’homme), bot. fii.—
Ce genre, qui appartient à la famille des Asclé-
piadées, a été établi par Bertero, dans les
Trans. Linn. Soc., t. XII. Il a pour synon.
le Physianthus , fondé par M. Martius. Ses
caractères sont : Calice 5-parti , à folioles
étalées , grandes, persistantes. Corolle cam-
panulée ; tube renflé à la base , et présen¬
tant cinq sortes de poches alternant avec les
folioles calicinales ; limbe à 5 divisions lan¬
céolées, aiguës, étalées ou réfléchies. Gy-
nostème inclus ; couronne staminale mem¬
braneuse , courte , à 5 lobes opposés aux
étamines. Anthères terminées par un ap¬
pendice lancéolé; masses polliniques ova¬
les, pendantes; corpuscule surmonté d’une
membrane courte et tronquée. Stigmate
conique, bifide. Follicules géminés, oblongs,
gros, étranglés vers la base, déprimés au
sommet. Graines nombreuses, garnies de
soies vers l'ombilic.— Les Araujia sont des
ARB
ARB
19
plantes du Brésil à tiges volubiles , garnies
de feuilles glauques blanches en dessous ;
les fleurs, grandes, blanches, et parfois lavées
de rose , sont portées sur des pédoncules
assez courts. On cultive dans les serres les
A. sericofera Brot. — Physianthus albens
de M. Martius. (J. D.)
* ARBACIA. Arbacia. échin. —
Nom d’un genre établi par M. Gray ( Pro-
ceed. zool. soc. Lond., 1835, p. 58) dans la
famille des Échinides ou Oursins. Ses ca¬
ractères sont : Corps déprimé ; aires des am-
bulacres très rétrécies ; ambulacres droits ,
minces; quatre ou cinq tubercules mame¬
lonnés sur chaque plaque, ou dix rangées
pour chaque aire, peu marqués sur le dos ;
trou de l’anus ovale, fermé par quatre pièces
operculaires couvertes d’épines ou de pi¬
quants. Espèces types : Echinus pustulosus
et punctulatus , Lamarck, ainsi que les au¬
tres espèces de la section A des Echinus de
VActinologie de M. de Blainville. (P. G.)
ARBALÈTRE ou ARB ALÉTRIE R .
ois. —Nom vulgaire du Martinet noir, Hi-
rundo apus L. (C. d’O.)
ARBOIS. bot. ph. — Nom vulgaire du
Cytise des Alpes. Voy. ce mot. (C. d’O.)
* ARBORÉE [tige). Caulis arbore-
us. bot. — Cè mot , qui désigne une tige
ligneuse et dépourvue de feuilles, a été
introduit dans la science comme correspon¬
dant à celui de tronc ; mais cette dernière
expression est préférable et plus généra¬
lement adoptée. (C. d’O.)
* ARBORESCENCE. Arborescentia.
bot. —État d’un végétal qui a acquis la
hauteur ou la grosseur d’une arbre.
(C. D’O.)
* ARBORESCENT. Arborescens. bot.
— On donne cette épithète aux plantes à
tige ligneuse et nue qui sont de véritables
arbres , et à celles qui en affectent le port ,
comme le Datura arborea, le Lavatera ar-
borca, etc. (C. d’O.)
* ARBORISATION, min. — On a
donné ce nom aux dessins arboriformes qui
se rencontrent dans certains grès et calcai¬
res, dans les marnes qui alternent avec le
gypse des carrières de Montmartre , et sur¬
tout dans le quartz agate. Ces dessins , que
l’on peut comparer aux charmantes végéta¬
tions qui, l’hiver, couvrent les vitres de nos
fenêtres, sont dus à la cristallisation de mo¬
lécules de fer ou de manganèse interposées
par infiltration entre les couches de ces ro*
ches, et affectant la disposition particulière à
laquelle on a donné le nom d 1 arborisation.
Quand ces cristallisations sont restées à la
Surface des roches , elles prennent le nom
de superficielles , et on les appelle pro/on-
des lorsqu’elles en ont pénétré la sub¬
stance.
On désigne sous le nom d’ herborisations
les agrégations cristallines légères ressem¬
blant à des mousses ou à des herbes.
Le synonyme scientifique d’arborisation
est Dendrite. (C. d’O.)
*ARBOR VERNICIS, Rumph. (4m-
boin. , t. II , p. 259 , tab. 86 ). bot. pii. —
Jack [Malayan Mise, in Hook. Bot. Mag.
Comp. , t. I , p. 267) rapporte ce synonyme
à son g. Stagmaria de la famille des Téré-
binthacées ( Anacardiées ou Cassuviées R.
Br.). (Sp.)
ARBOUSE, bot. pk. —Fruit de l’Ar¬
bousier. Voy. ce mot. (C. d’O.)
ARBOUSIER. Arbutus ( ? altération
du nom celte de cet arbrisseau), bot. pu.
— Genre de la famille des Éricacées, tribu
des Andromédées, formé par Tournefort ,
et adopté par tous les botanistes modernes,
qui le caractérisent ainsi : Calice 5 -par¬
ti. Corolle hypogyne , globuleuse ou ovée,
campanulée , à limbe 5-fide , réfléchi. Éta¬
mines 10, insérées au bas de la corolle, à fi¬
laments courts ; à anthères comprimées
d’un côté , fixées par le dos au dessous du
sommet, biaristées-réfléchies, déhiscentes au
sommet par deux pores. Ovaire quinquélo-
culaire, ceint d’un disque hypogyne, ou se-
mi-immergé, à loges multi-ovulées. Style
simple; stigmate obtus. Baie subglobuleuse,
granulée-tuberculée , 5-loculaire, à placen¬
tas libres , pendants du sommet de l’angle
central. Graines assez rares, anguleuses , à
tissu coriace. — Les Arbousiers ou Arboises
sont des arbustes ou des arbrisseaux, répan¬
dus dans l’Europe australe, les îles Canaries,
l’Amérique boréale , dans le Mexique et le
Chili ; à feuilles alternes , très entières ou
dentées ; à inflorescence en grappes termi¬
nales paniculées , dont les fleurs sont pédi-
cellées , bractéées , blanches et rosées. On
en connaît environ une douzaine, presque
toutes cultivées comme arbrisseaux d’orne¬
ment dans les jardins. L’espèce la plus com-
80
ARB
ÀRB
«
mune, Arbutus unedo L. , a fourni sept ou
huit variétés aux cultivateurs; ses fruits,
d’une saveur aigrelette, de la grosseur d’u¬
ne cerise et de la forme d’une fraise , sont
recherchés par les enfants et surtout par lg§
oiseaux ; ils mûrissent à l’entrée de Phive^,
tandis que ses fleurs paraissent dès les mojs
de mars et d’avril. Sous notre climat , il faut
rentrer en orangerie la plupart de ces
plantes. (C. L.)
ARBRE. Arbor. bot. ph. — Ce
nom, suivi d’une épithète significative,
a souvent été employé par le vulgaire , ou
même par les voyageurs, pour désigner cer¬
tains végétaux ligneux, presque toujours re¬
marquables par quelques unes de leurs pro¬
priétés. Il est donc souvent utile de rappor¬
ter, autant que possible , ces dénominations
vulgaires à des espèces végétales bien déter¬
minées. Nous signalerons ici quelques unes
de ces déterminations. Ainsi, on a nommé :
Arbre a l’ail, plusieurs arbres dont les
feuilles ou quelques autres parties exhalent
l’odeur de l’ail. Tels sont, au Pérou, suivant
Ruiz et Pavon, l’arbre dont ils ont fait leur
genre Cerdana ; au Brésil, les espèces du
'genre Seguieria.
4rbre d’amour , selon Durante , le Gai-
nier, Cercis siliquastrum L.
Arbre d’argent, le Protea argentea,
au cap de Bonne-Espérance.
Arbre aveuglant ( arbor excœcans ),
YExcœcaria agalloclia , qui croît dans l’In¬
de , et appelé ainsi par Rumphius parce
que la tige contient un suc âcre et véné¬
neux, qui détermine de violentes inflam¬
mations des yeux.
Arbre des Banians , le Ficus benga-
lensis L.
Arbre de baume , plusieurs arbres qui
fournissent des matières balsamiques et ré¬
sineuses : tels sont le Bursera gummifera ,
encore connu sous les noms dcnGomart et de
Baumier à cochon; l’ Hedwigia gummifera;
et , aux îles de France et de Bourbon , une
espèce de Badamier, ou Terminalia, et les
Hypericum angustifolium et lanceolatum.
Arbre a beurre, le Bassia butyra -
cea , palmier qui croît dans l’Inde.
Arbre a bourre ; selon Bory Saint-
Vincent, VAreca crinita , à 111e Bourbon.
Arbre a brai, un arbre de Manille,
«ucore inconnu des botanistes, qui. donne
une matière résineuse employée dans les
constructions navales.
Arbre du Brésil, ou Brésillet, ou bois
du Brésil , le Cœsalpinia echinata.
Arbre a calebasses, le Crescentia
] cujete. Voyez calebassier.
Arbre de Garoni, le Galipea officina -
lis , dont l’écorce porte le nom d'Angustu-
re vraie.
Arbre de Castor, le Magnolia glau -
ca , dans l’Amérique du Nord.
Arbre du ciel ou de Gordon, le Gen-
go, Gincko biloba. Voyez gengo.
Arbre a cire , plusieurs végétaux qui
laissent suinter de leur écorce ou de leurs
fruits une matière tout à fait analogue à la
cire des Abeilles : tels sont le Myrica ceri-
fera , de l’Amérique du Nord , et le beau
Palmier des Andes , décrit et figuré par
Humboldt et Bonpland sous le nom de Ce-
roxylon andicola. En Chine, on donne le
nom d1 Arbres à cire à plusieurs arbres sur
lesquels un insecte encore mal connu dé¬
pose une cire blanche et pure. M. Stanislas
Julien a donné des détails très intéressants
(1 Voyez les comptes-rendus de l’Acad. des
sciences, 15 avril 1840) sur cette cire et les
arbres qui nourrissent son insecte. Les Chi¬
nois , selon M. Julien, élèvent les insectes à
cire sur trois sortes d’arbres, dont deux sont
bien connus en Europe : ce sont le Niu-
tching (Rhus succedaneum, selon M. Adolphe
Brongniart), le Tong-tsing ( Ligustrum gla-
brum de Thunberg), et le Choui-kin, qui pa¬
raît être de la même famille que le Mou-Jcin
(Hibiscus syriacus) , c’est-à-dire une malva-
cée. Voy., pour plus de détails , le mot cire.
Arbre des conseils, le Ficus religiosa
L,, cultivé dans l’Inde, auprès des temples
et des pagodes, et sous lequel les habi¬
tants ont coutume de s’assembler.
Arbre de corail, YErythrina corallo-
dendrum , à cause de ses grappes de fleurs
d’un rouge éclatant , et Y Arbutus Andra-
cline , à cause de ses branches nues, lisses,
et quelquefois d’un rouge assez Yif.
Arbre a cordes , selon Bory de Saint '
Vincent , plusieurs Figuiers dont l’écorce
fournit, à l’ile Bourbon, des liens très soli¬
des.
Arbre de Cypre, dans nos Antilles, le
Cordia gerascanthus ; à la Louisiane, le
Cyprès chauve ( Taxodium distichum ) , et
ÀRB
dans diverses contrées de l’Orient, le Pinus
alcpensis, et même d’autres espèces du g.
Pin.
Arbre de Cythère , le Spondias cythe-
rea Lamk. , aux îles de France et de Bour¬
bon.
Arbre du diable ou Pet du diable , le
Hura crepitans ou Sablier , dont le fruit
éclate avec fracas quand il est parvenu à sa
maturité.
Arbre de Dieu, le Ficus religiosa , dans
l’Inde.
Arbre de Dragon ou Dragonnier , le
Dracœna draco.
Arbre d’encens , plusieurs arbres qui
donnent des matières résineuses, et, entre
autres, les diverses espèces des genres
Amyris et Jcica.
Arbre a enivrer, le Piscidia , aux An¬
tilles, parce qu’il est employé pour étour¬
dir, stupéfier les poissons. On se sert enco¬
re, pour le même usage, des fruits connus
sous le nom de Coques du Levant.
Arbre de fer , le Mesua ferrea , dans
l’Inde ; à l’île de France , le Stadmannia
de Lamarck.
Arbre de la folie , Y Amyris carana
de Kunth.
Arbre a fraises, l’Arbousier ( Arhutus
unedo , L.), dont les fruits, rouges et
mamelonnés, ont en effet quelque ressem¬
blance avec ceux du Fraisier.
Arbre a franges, le Chionanthus vir-
gineus , à cause de ses belles grappes de
fleurs blanches, dont les pétales sont linéai¬
res et très longs.
Arbre a la glu, le Houx ( Ilex aquifo-
lium, L.), parce que son écorce sert à la
préparation de la glu. Le même nom est ap¬
pliqué, à la Martinique, à YHippomane bi-
glandulosa.
Arbre a la gomme, divers Acacies qui
donnent les gommes arabique et du Séné¬
gal. Le même nom a été appliqué par quel¬
ques voyageurs à des arbres résineux de la
Nouvelle - Hollande , tels que Y Eucalyptus
resinifera , et le Metrosideros costata.
Arbre a grives, le Sorbier, Sorbus au-
cuparia , dans plusieurs cantons du midi de
la France.
Arbre de Gordon. Voyez arbre du
ciel.
Arbre d’huile ou a l’huile, le Dryan-
ARB 81
dra vernica d’Ad. de Jussieu, et le Termi¬
nais catappa , L.
Arbre immortel, YErythrina coral-
lodendrum et Y Endrachium madagasca-
riense.
Arbre impudique ou indécent , plu¬
sieurs esp. de Vaquois ( Pandanus ), des îles
de France et de Bourbon , à cause de leurs
grosses racines aériennes charnues et pen¬
dantes.
Arbre de Judas ou de Judée, le Cercis
Süiquastrum , en France, et le Kleinhovia
hospita, dans les Antilles.
Arbre a lait , plusieurs Apocynées et
Euphorbiacées qui sont remplies d’un suc
blanc et laiteux.
Arbre aux lis, le Tulipier, à cause de
ses grandes et belles fleurs, semblables à
des lis.
Arbre de mai ou de Saint-Jean , aux
Antilles, un Millepertuis et un Panax qui
fleurissent communément aux mois de mai
et de juin.
Arbre a la main, le Cheirostemon pla-
tanifolium , de Bonpland , au Mexique , à
cause de ses cinq étamines groupées comme
les doigts de la main rapprochés.
Arbre de mature, selon Sonnerat,
YUvaria longifolia.
Arbre a la migraine , selon Bory de
Saint- Vincent, le Premna integrifolia , à
l’île de France.
Arbre de mille ans , le Baobab (Adan-
sonia digitatà).
Arbre de Moïse , le Mespilus pyracan-
tha , L., également connu sous le nom de
Buisson ardent, à cause de la couleur rouge
de feu de ses fruits.
Arbre ordéal ou à épreuves, YErytliro -
phleum , ou Casa , du Congo ; arbre de la
famille des Légumineuses, dont on fait boi¬
re la décoction aux accusés , comme une
sorte de jugement de Dieu. S’ils la suppor¬
tent sans succomber, ils sont déclarés inno¬
cents.
Arbre de neige, plusieurs arbrisseaux
à fleurs blanches : le Viburnum opulus , le
Chionanthus virginicus, etc.
Arbre a pain , YArtocarpus incisa.
Arbre a papier, le Broussonetia pa
pyrifera, ou Mûrier à papier.
Arbre a la pistache , le Staphylea
pinnato, , L.
T. II.
6
ÀRB
82 ARB
Arbre pluvieux, le Cœsalpinia pluvio-
sa , DC.
Arbre au poivre, dans le midi de
l’Espagne et en Sicile^ le Schinus molle ,
dont les fruits ont une saveur piquante et
aromatique.
Arbre puant , le Fœtidia, le Sterculia
fœtida , YAnagaris fœtida , à cause de la
mauvaise odeur répandue par leur bois.
Arbre aux quarante écus , le Gine-
ko biloba.
Arbre saint, le Melia azedarach, dont
les noyaux servent à faire des grains de cha¬
pelet.
Arbre de Saint-Jean. Voyez arbre
DE MAI.
Arbre de Saint-Thomas, le Bauhinia
variegata , parce que, suivant Zannoni, les
chrétiens de l’Inde croyaient que les fleurs
de cet arbre avaient été teintes du sang de
ce saint au moment de son martyre.
Arbre a sang, à la Guyane, une esp. de
Millepertuis arborescent ; probablement une
espèce du genre Vismia , qui donne , par
incision , un sucre propre , d’une couleur
rouge de sang.
Arbre de seringue ou à seringue , VHe-
vea guyannensis , d’Aublet, d’où découle le
suc qui , en se concrétant , forme le caout¬
chouc , avec lequel on fait quelquefois , aux
Antilles , des bouteilles et meme des serin¬
gues.
ArbrL de soie , plusieurs arbres ou ar¬
brisseaux qui donnent un duvet blanc et
soyeux, comme certaines Apocynées. Le
même nom est donné au Mimosa julibri-
sin , à cause des longs filaments de ses éta¬
mines.
Arbre a sltf , le Crôton sebiferum.
Arbre triste , le Nyclanthes arbor
tristis , L., dont les fleurs restent constam¬
ment closes pendant le jour.
Arbre aux tulipes, le Tulipier, Lirio-
dendron tulipifera, L.
Arbre a la vache, le Galactodendron
utile de M. de Humboldt, qui donne un
suc blanc, doux et agréable, tout à fait
comparable au lait.
Arbre a velours, le Tournefortia ar-
gentea , de la famille des Borraginées.
Arbre au vermillon, le Quercus cocci-
fera , sur lequel se développe l’esp. de Coche¬
nille connue sous le nom de Fermes végétal .
Arbre au vernis , plusieurs espèces de
Terminalia , le Rhus vernix , L., etc.
Arbre de vie, les espèces du genre
Thuya.
Arbre du voyageur, l’ZJrama specio -
sa , dont les feuilles , terminées inférieure¬
ment par une vaste gaine, contiennent quel¬
quefois une quantité considérable d’eau, qui
peut être d’une grande utilité pour les voya¬
geurs. (A. R.)
ARBRE, chim. — Les anciens chimis¬
tes ont donné le nom d ‘‘Arbres à certaines
cristallisations artificielles qui imitent la
forme arborescente , et produisent à la lu¬
mière un effet vraiment magique. C’est une
des plus séduisantes applications populaires
de la Chimie, et nos pharmaciens s’en ser¬
vent encore pour attirer sur leur étalage ,
naturellement peu attrayant , les regards
curieux des passants.
Les cristallisations les plus brillantes sont
l’arbre de Diane et l’arbre de Saturne , qui
doivent leur nom à ce qu’on emploie pour
former le premier l’argent , que les alchi¬
mistes appelaient Diane , et le plomb , aux¬
quels ils donnaient le nom de Saturne , il
cause de leur couleur.
Pour obtenir ce dernier , on dispose dans
un vase de verre à large embouchure, et de
deux à trois litres de capacité, des fils de
laiton écartés les uns des autres, et imitant
le tronc et les branches d’un arbre ; on pend
au milieu, en la fixant au bouchon, une lame
de zinc, et l’on verse sur le tout de l’eau
contenant la trentième partie de son poids
d’acétate de plomb. Au bout de cinq à six
jours , le zinc et les fils de laiton sont cou¬
verts de paillettes de plomb qui jettent un
grand éclat.
L’Arbre de Diane se prépare différem¬
ment. On met 15 à 20 grammes de mercure
dans un vase à pied , et l’on verse par des¬
sus 50 à 60 grammes d’eau contenant de 7
à 8 grammes de nitrate d’argent. On bou¬
che le vase et on le laisse en repos. La cris¬
tallisation commence au bout de quelques
jours. (C. d’O.)
ARBRES. Arbores, bot. ph. — Déno¬
mination générale par laquelle on désigne
les végétaux à tige ligneuse , par opposition
à celles d 'herbes ou de plantes herbacées ,
qui s’appliquent à ceux dont la tige meurt
chaque année ; mais cependant les botanistes
ARB
ont donné au mot arbre une acception plus
précise et plus limitée. On a réservé ce nom
pour les végétaux ligneux les plus grands ,
ceux dont la tige est simple inférieurement
et ne commence à se ramifier qu’à une hau¬
teur plus ou moins considérable au dessus
du sol , en un mot pour les végétaux qui ont
un tronc. Tous les autres végétaux ligneux
ont reçu les noms d Arbrisseaux , d Arbus¬
tes et de Sous-arbrisseaux.
1° Les Arbrisseaux ( Arbusculœ ) ont la
tige ramifiée dès la base, et rivalisent pres¬
que avec les arbres par leur vigueur et par
leur élévation. Tels sont, par exemple, les
Lilas, les Noisetiers, etc. La limite entre
ces deux groupes de végétaux ligneux est
loin d’être rigoureusement tracée. On voit
fréquemment des Arbrisseaux prendre le
caractère des arbres , c’est-à-dire avoir une
tige simple à la base , tandis que des végé¬
taux qui sont communément sous la forme
d’arbres peuvent , par des causes très va¬
riées , se ramifier dès leur base et devenir
des arbrisseaux.
2° Les Arbustes ( Frutices ) ont également
leur tige ligneuse ramifiée dès la base; mais
ils s’élèvent peu et dépassent rarement la
hauteur d’un mètre : tels sont les Bruyères,
les Ralmia, etc.
5° Enfin les Sous-arbrisseaux ( Suffru-
tices ) tiennent , en quelque sorte , le milieu
entre les arbustes et les plantes herbacées.
Leur tige est ramifiée dès la base, ligneuse
inférieurement ; mais leurs jeunes rameaux
sont herbacés et meurent chaque année,
tandis que la portion ligneuse est la seule
qui persiste et vive un grand nombre d’an¬
nées : telles sont la Rue officinale , la Vigne
vierge, les Clématites, etc. (A. R.)
ARBRES VERTS, bot. pii. — On
appelle ainsi les arbres et les arbrisseaux
qui, conservant leur feuillage pendant l’hi¬
ver, ne sont dépouillés dans aucune saison :
tels sont les Lauriers, les Alaternes, les Yeu¬
ses, etc. ; mais ce nom est plus particulière¬
ment réservé pour les Pins , les Sapins , les
Genévriers, les Thuyas, et autres arbres ré¬
sineux de la famille des Conifères. Dans la
zone torride , on peut dire que les forêts
sont uniquement composées d’arbres verts,
car la végétation y est constamment en ac¬
tivité, et les arbres ne s’y dépouillent pres¬
que jamais de leurs feuilles. (A. R.)
ARC 83
ARBRISSEAUX, bot. ph. - Voyez
ARBRSS. (A. R.)
ARBRISSEAUX (sous-), bot. pii.—
Voyez arbres. (A. R.)
* ARBUSUULAIRE , arbuscularis.
zool. — On appelle ainsi les appendices
ramifiés à la manière d’un petit arbre, com¬
me ceux qui garnissent la bouche des Holo¬
thuries. (C. D’O.j
ARBUSTES, bot. ph. — Voyez ar¬
bres. (A. R.)
ARBUTUS. bot. ph.— Synonyme latin
d’Arbousier. (C. L.)
ARC-EX-CIEL. météor. — Ce mé¬
téore , auquel les anciens donnèrent le nom
dlris , messagère des dieux , n’apparaît
que sous deux conditions indispensables : la
présence du soleil à l’horizon , et la résolu¬
tion d’un nuage en pluie ; il faut , de plus,
que l’observateur, pour l’apercevoir, soit
placé entre le soleil , auquel il doit tourner
le dos , et le lieu où tombe la pluie. On re¬
marque presque toujours deux Arcs offrant
les sept couleurs du spectre solaire ; dans
l’Arc interne , les couleurs affectent l’ordre
suivant , en commençant par en haut : rou¬
ge , orangé , jaune, vert, bleu, indigo, vio¬
let ; dans l’Arc externe, l’ordre est inverse.
Il est assez rare de voir apparaître trois
Arcs.
La partie visible de l’Arc-en-ciel n’est pas
toujours la même. Si le soleil est à l’hori¬
zon, l’Arc présente la forme d’un demi-cer¬
cle ; mais, à mesure que l’astre s’élève, l’Arc
va en diminuant ; enfin il disparaît quand le
soleil està42<> au dessus de l’horizon. L’Arc
externe cesse d’être visib-le quand la hau¬
teur du soleil est de 54°. On conçoit, par ce
qui précède, que l’observateur placé sur un
point élevé , quand le soleil est à l’horizon ,
puisse apercevoir un cercle entier.
L’Arc-en-ciel résulte de la décomposi¬
tion , de la réfraction et de la réflexion des
rayons lumineux dans les gouttes d’eau
suspendues en l’air. Ce phénomène, pour
l’explication duquel nous renvoyons le lec¬
teur aux traités de physique , offre la plus
grande analogie avec celui qui se produit
dans le prisme.
Les couleurs de TArc-en-ciel se remar¬
quent souvent à la cime d’un jet d’eau ou
à la surface de l’herbe d’une prairie hu¬
mectée par la rosée. La lumière lunaire
84
ARC
ARC
donne , dans certains cas , lieu à un Arc-en-
ciel complètement blanc.
Le phénomène connu sous le nom d' Apo¬
théose des voyageurs est du même genre
que l’Arc-en-ciel. Placés sur un des points
élevés de la chaîne des Cordillères , aux en¬
virons de Quito, l’académicien La Conda-
mine et ses deux compagnons de voyage vi¬
rent leur propre image réfléchie dans un
brouillard très fin , et entourée de plusieurs
cercles concentriques ornés des couleurs de
l’Iris. r (A. D.)
ARCACÉES (area, petit coffre, ar¬
che). moll. — La famille des Arcacées de
Lamarck était , pour ainsi dire , préparée
d’avance dans le genre Arche de Linné. On
trouve , en effet , assemblées dans ce seul
genre, des espèces appartenant à presque
tous ceux qui constituent aujourd’hui la fa¬
mille des Arcacées.
Chemnitz avait également compris com¬
bien est naturel le rapprochement des di¬
verses Coquilles du genre Area. Il les dis¬
tingua nettement en plusieurs groupes qui
correspondent assez exactement aux diffé¬
rents g. proposés plus tard par Bruguière
et Lamarck; mais Chemnitz, par une
fausse appréciation des caractères des Per-
nes, les rapprocha des Arches, quoique
celles-ci soient dimyaires , tandis que cel¬
les-là sont monomyaires. Proposée pour la
première fois dans sa Philosophie zoologi¬
que , cette famille est composée des cinq
genres Nucule , Pétoncle , Arche, Cucullée
et Trigonie. Dans l’ordre général de sa clas¬
sification, Lamarck met cette famille à la
suite de celle des Naïades. Il n’y apporta
aucun changement dans YExtrait du cours ;
mais, dans son dernier ouvrage , il la rédui¬
sit à quatre genres , ayant établi une fa¬
mille des Trigonées, dans laquelle se trouve
naturellement le genre Trigonie. Cuvier,
dans la première édition du Règne animal,
n’a point adopté la famille des Arches. Il
rend au genre Arche la valeur que lui don¬
nait Linné ; seulement il le partage en qua¬
tre sous -genres, et le place, dans les
Ostracées à deux muscles , à la suite des
Avicules et des Jambonneaux. M. de Fé-
russac a conservé les rapports indiqués par
Cuvier, tout en admettant la famille des Ar¬
cacées de Lamarck. Nous verrons, en trai¬
tant des genres Arche et Pétoncle, ce qui ,
dans l’organisation de ces genres , s’oppose
à l’adoption de l’opinion de Cuvier, opinion
qu’il a cependant conservée dans la seconde
édition du Règne animal. Nous pensons que
cette famille, réduite comme l’a fait La¬
marck , peut être conservée dans une mé¬
thode naturelle ; cependant on pourrait en
élaguer encore le genre Cucullée, qui ne pa¬
raît guère différer des Arches proprement
dites. Toutes les Coquilles renfermées dans
la famille des Arcacées sont parfaitement
caractérisées par la nature de leur charnière;
cette charnière est composée d’un grand
nombre de dents petites et sériales , et qui
s’articulent avec une grande exactitude. Ces
dents sont en ligne droite dans les Arches
et les Cucullées, en ligne courbe dans les
Pétoncles, et sont disposées sur une ligne
anguleuse dans les Nucules. Outre ces ca¬
ractères, il y a encore celui du ligament,
qui a une disposition qu’on ne rencontre
dans aucun autre groupe de Mollusques. En
efi‘et,le dos de la Coquille présente, au côté
interne des crochets, une surface plane sur
laquelle le ligament est appliqué comme une
sorte de toile. Dans les Nucules, le ligament
est rassemblé dans un petit espace triangu¬
laire , et quelquefois il est porté par un pe¬
tit cuilleron interne ; enfin, tous les animaux
de cette famille ont les lobes du manteau
complètement désunis, et presque tous ont
un pied bipède au moyen duquel ils peuvent
s’appuyer sur le sol, et même , dit-on, y
ramper. Dans les Arches , un certain nom¬
bre d’espèces dont M. Broderip a proposé de
faire dernièrement un genre Bysso-arca
ont un pied très gros , au sommet duquel
se trouve un byssus épais, corné, qui n’a
guère de ressemblance avec l’organe soyeux
des Pinnes ou des Moules; mais, par sa na¬
ture et sa position, on doit le regarder
comme l’analogue des autres Byssus. Voy.
le nom des genres mentionnés dans cet ar¬
ticle. (Desh.)
ARCACITE. Arcacites {area, coffret ,
arche), moll. — On a actuellement aban¬
donné, dans la nomenclature scientifique, les
dénominations qu’on employait pour dési¬
gner les espèces fossiles d’un genre. Ce mot
Arcacite, que des Oryctographes du dernier
siècle employaient pour les Arches fossiles ,
ne se trouve plus maintenant dans aucune
méthode. Voy. archb. (Desh.)
ARC
ARC
85
ARCANETTE. ois. — Nom vulgaire
de la Sarcelle d’été, Anas querquedula, L.,
en Lorraine. (C. d’O.)
ARCANJ1E (area, coffret), crust. —
Genre de Crustacés décapodes, delà section
desBrachyures, de la famille des Oxystomes
et de la tribu des Leucosiens , établi par
Leach, et caractérisé parla forme circulaire
de la carapace ; par la disposition du cadre
buccal, qui est assez large antérieurement,
et par l’existence de fossettes antennaires
très grandes et longitudinales. On n’en
connaît qu’une espèce, VArcanie hérisson.
Voy. Edwards, Atlas du Règne animal de
Cuvier, Crustacés, pl. 24, fig. 2. (M. E.)
*ARCAS (nom propre), ins. — Genre
de Lépidoptères diurnes, tribu des Lycéni-
des, établi par M. Swainson ( Zoological
illustrations , etc., pl. 88), qui lui donne
pour caractères : Palpes, dans les deux sexes,
deux fois aussi longs que la tête, épais,
courbés inférieurement ; tous les articles
couverts d’écailles serrées. Ailes postérieu¬
res terminées chacune par trois queues.
Ce genre a pour type le Pap. imperialis
de Cramer, qui appartient au genre Thecla,
Fabr. Voy. ce mot. (D.)
ARCEAUX ( arcus , arc ). zool. —
On nomme ainsi les parties constituantes
des anneaux du corps des Animaux articu¬
lés, et l’on en distingue deux: l’un supérieur,
l’autre inférieur. Voy. les mots anneaux
et ARTICLES. (P. G.)
* ARCELLE ( arcella , petite arche).
INF us. — M. Ehrenberg a donné ce nom à
un genre voisin des Difllugies. Voici quels
caractères il lui assigne : Appendices (fila¬
ments protéiformes émis par le corps) va¬
riables , nombreux et épars. Carapace dé¬
primée en forme de bouclier. — Il en ad¬
met quatre espèces , qui toutes se rencon¬
trent près de Berlin. MM. Dujardin et Pel-
tier ont retrouvé dans les eaux des environs
de Paris des microscopiques de ce gen¬
re , et constaté que leur organisation est
bien la même que celle des Protées , des
Difllugies, et des prétendus Céphalopodes
microscopiques ou foraminifères auxquels
le premier de ces observateurs a donné le
nom de Rhizopodes. (P. G.)
*ARCELLI-NÈS. Arcellina ( arcella ,
genre d’infusoires), infus. — M. Ehren¬
berg, dans ses travaux sur la classification
des Infusoires, nomme ainsi une famille
comprenant les genres Arcelle , Difflu-
gie et Cyphidie ( Voyez ces mots'). Les
caractères qu’il donne aux Arcellines sont
les suivants : Poly gastriques sans canal ali¬
mentaire; une seule ouverture au corps,
appendices variables , carapace univalve ur-
céolée ou scutiforme, avec une ouverture
simple.
Les appendices sont des filaments protéi¬
formes et diflluents. M. Dujardin les place
parmi les Rhizopodes. (P. G.)
ARCESTHIDE (â/wi&ôts, baie du ge¬
névrier). bot. — Desvaux donne ce nom à
un fruit sphérique composé d’écailles char¬
nues restant closes à l’époque de la matu¬
rité, comme dans le Juniperus communis.
(C. D’O.)
ARCEUTHOBIUM, Bieberst. {Suppl.,
p. 629). — Hook. Flor. Bor. Amer., t. I ,
p. 278, t. 99. (sc/sxsvdoç , genévrier ; /2tqs, vie).
bot. ph. — Genre de la famille des Loran-
thacées , dont M. Endlicher ( Gen. plant.,
p. 800) expose les caract. comme il suit :
Fleurs dioïques : les males sessiles; les fe¬
melles courtement pédicellées. Fleurs mâ¬
les : Périanthe simple, subcoriace, 2-4-par-
ti ; segments ovales, concaves, étalés. An¬
thères en même nombre que les segments
du périanthe, et insérées au milieu de ceux-
ci, sessiles, subglobuleuses, 1-thèques, mem-
branacées, déhiscentes par une petite fente
transverse. Pistil rudimentaire, glandifor-
me , 2 ou 5-lobé. Fleurs femelles : Périan¬
the simple, adhérent, à limbe 2-denté. Point
de rudiments d’étamines. Ovaire ellipsoïde,
comprimé, infère, 1-loculaire , 1-ovulé ;
ovule suspendu. Stigmate sessile, petit, ob¬
scurément lobé. Baie subcylindracée , pul¬
peuse, 1-sperme. Graine à tégument mince ;
embryon niché au sommet d’un périsperme
charnu ; cotylédons courts , subdivariqués ;
radicule épaisse, cylindrique , supère. — Pe¬
tit arbuste aphyllc, parasite sur les gené¬
vriers ; tige et rameaux charnus , dichoto-
mes , articulés ; articles engainants, subté-
tragones ; fleurs terminales et latérales, très
petites, en général ternées. Le Viscum Oxy-
cedri , L., constitue à lui seul ce genre;
cette plante habite l’Europe méridionale, le
Caucase et l’Amérique septentrionale.
(Sp.)
ARCÎÎANGELICA , Hoffm. bot. i>k.
86
ARC
— Genre de la famille des Ombellifères
(tribu des Angélicées), offrant pour caract. :
Limbe calicinal minime, 5-denticulé. Pétales
égaux, ovales, aeuminés , infléchis au som¬
met. Disque plan , crénelé au bord. Styles
courts, d’abord dressés, recourbés après la
floraison. Péricarpe elliptique -lenticulaire
(comprimé dorsalement), subéreux, 4-ptére;
môricarpes ailés au bord , 5-costés au dos :
côtes carénées, assez grosses , rapprochées ;
commissure plane , creusée d’un sillon lon¬
gitudinal. Carpophore 2-parti. Graine in¬
adhérente (tantôt piano -convexe, tantôt
subconvolutée) , couverte de quantité de
bandelettes. (Spach , Eist. des plant, plian.,
8, p. 158.) — Ce genre est très caractérisé
par ses graines inadhérentes; les 4 ou 5
esp. que plusieurs auteurs de nos jours lui
attribuent sont à réunir en une seule , qui
est la plante connue sous les noms vulgaires
( V Archangélique , Angélique officinale , ou
Angélique (sans autre épithète). Cette esp.
habite les xllpes et le nord de l’Europe,
aiilsi que la Sibérie ; toutes ses parties, mais
surtout ses racines et ses fruits , sont forte¬
ment aromatiques. On sait que les confi¬
seurs , les liquoristes et les pharmaciens ,
les font entrer dans beaucoup de prépara¬
tions. Dans le Nord , on mange les jeunes
pousses de la plante , qui passent pour un
excellent anti-scorbutique. (Sp.)
* ARCHANGELIQUE. bot. pii. —
Nom français de VArchangelica. Sp.)
ARCIIARIAS. ins. — Nom créé par
Mégerle, et adopté par Dabi, dans son Cata¬
logue , pour désigner génériquement des
Bliynchœnus de Fabr., avec lesquels Ger-
mar et Schoenherr ont formé leur genre Ba-
laninus. Voyez ce mot.
M. Dejean, dans son Catalogue de 1S21,
avait appliqué ce même nom générique d’Ar-
charias à plusieurs espèces de Curculioni-
des, qu’il rapporte aujourd’hui (datai., 3e é-
dition ) au genre Homalonotus , de Schoen¬
herr. Voy. ce mot. (D. etc.)
* ARCM ASTER (ff/^;, force; àc-ïp ,
étoile), échin. — Genre d’Astérides pro¬
posé par MM. Müller et Troschel pour deux
espèces nouvelles d’Astéries pourvues d’a¬
nus et de deux rangs de tentacules à la face
inférieure. Leur corps est aplati aux deux
faces, et pourvu de deux lignes de grandes
plaques marginales dont les inférieures ont
ARC
des épines mobiles, et les dorsales des ap¬
pendices couronnés de soies. L’anus est cen¬
tral. (P. G.)
ARCHE. Area ( area, coffre, arche).
moll. — Dans les premières éditions du
Stjstema naturœ , Linné confondait les Ar¬
ches dans sa famille des Conques ; mais déjà,
dans le Muséum Tessinianum, il mentionne
ce g. à part, sous le nom qu’il lui a conservé
depuis; c’est dans la 10e édition du Syslema
que le g. Arche fut définitivement caracté¬
risé, et Linné y introduit sans distinction
toutes les Coquilles dont la charnière est
composée de petites dents sériales. Mais dé¬
jà, long-temps avant Linné, Selon, Kondc-
let, Gessner, Aldrovande , ainsi que Fabius
Colonna, avaient fait connaître plusieurs esp.
d’Arche , que ce dernier auteur caractérisa
particulièrement par le nom de Concha
commissura multidentata. Scilla , dans son
ouvrage si remarquable ( Lavana specula-
zione), en a fait connaître quelques espèces
fossiles, que déjà à cette époque (1670) il
regardait comme les analogues de celles qui
vivent encore dans la Méditerranée. Lister
en fit connaître des esp. vivantes plus qu’au¬
cun de ses devanciers. Ronanni , Rumfius,
Gualtieri et Dargenville, en ajoutèrent quel¬
ques unes à celles de Lister. Depuis Linné,
le g. Arche fut généralement adopté et con¬
servé pendant long-temps dans le même état
que l’a laissé le grand naturaliste suédois.
Ainsi Chemnitz, Schroter, Schreber, Gme-
lin, et tous les auteurs anglais jusqu’à Dil-
vvin, ont conservé le g. linnéen dans son in¬
tégrité. Bruguière , le premier , indiqua la
réforme qu’il était nécessaire d’opérer dans le
g. Arche. Il le divisa en trois groupes : les esp.
à charnière droite, celles à charnière angu¬
leuse, et enfin celles à charnière courbe. Dès
ses premiers travaux , c’est-à-dire dans sa
classification de 1799, insérée dans les Mé¬
moires de la Société d'histoire naturelle de
Paris, Lamarck, avec sa sagacité habituelle,
fit un g. de chacune des sections de Bru¬
guière. A la même époque , Poli travaillait
à son grand et magnifique ouvrage sur les
Testacés des Deux-Siciles , et il démontrait
par les faits anatomiques l’utilité des genres
créés par Lamarck. Avant les recherches du
savant napolitain, et malgré l’abondance sur
nos côtes de plusieurs Arches, de Pétoncles
j et de Nucules , on ne connaissait absolument
ARC
ARC
87
rien de leurs animaux , si ce n’est une très
mauvaise figure d’Aldrovande, dans laquelle
on croit reconnaître Y Area Noë, les valves
entrouvertes et laissant entrevoir quelques
parties grossièrement dessinées de l’animal.
Poli distingua très bien les deux genres Ar¬
che et Pétoncle. Comme le savent les zoolo¬
gistes , ce naturaliste a créé une nomencla¬
ture toute nouvelle pour les animaux mol¬
lusques qu’il observa, et pour leurs coquilles.
Il nomme Daphné l’animal du g. Arche, et
Daphnoderme sa coquille. Malgré leur sépa¬
ration en g. distincts, les trois g. sortis des
Arches de Linné restèrent inséparablement
unis, parce qu’en effet ils ont entre eux les
plus intimes rapports. Nous avons vu, en
traitant de la famille des Arcacées, que c’est
cette famille tout entière qui a varié dans
ses rapports, mais non pas- un de ses genres
pris en particulier, si ce n’est les Trigonies,
que Lamarck avait eu tort d’y ajouter après
coup.
Quoique l’attention des naturalistes ait été
portée sur le genre Arche, cependant on ne
connaît encore d’une manière complète que
l’espèce qui a été anatomisée par Poli ; né¬
anmoins il y a dans le genre Arche, tel que
les collections en rassemblent les espèces ,
deux groupes qui paraissent bien distincts •.
l’un serait caractérisé, par exemple, par VAr-
ca Noë , et contiendrait des coquilles bâil¬
lantes inférieurement pour le passage d’un
Byssus ; et le second, auquel pourrait servir
d’exemple VArca antiquata de Linné, et
dans lequel il n’y aurait que des esp. parfai¬
tement closes. Il resterait à savoir s’il existe
des différences zoologiques considérables en¬
tre les animaux de ces deux groupes; et, dans
le cas où ces différences existeraient, alors on
pourrait admettre le genre Bysso-arca de
M. Swainson ; mais nous soupçonnons avec
quelque raison que cela sera inutile, car nous
voyons dans une grande série d’esp. le g. Ar¬
ea de Lamarck s’établir un passage insensi¬
ble entre les esp. trapézoïdes et bâillantes, et
celles qui sont plus arrondies et complètement
fermées. Cette transition d’un groupe à l’au¬
tre, qui nous a souvent utilement guidé pour
apprécier les rapports qui n’avaient point
été suffisamment sentis, sert encore aujour¬
d’hui de base à notre opinion , et nous fait
supposer que le genre Bysso-arca ne sera
pas confirmé par la suite. Lamarck a encore
ajouté un genre à ceux que Bruguière avait
indiqués. Ce g., il l’a nommé Cucullée, et
il paraît être dans le même cas que ceiui
dont nous venons de parler. Si l’on juge de
ce g. d’après la seule espèce vivante , il pa¬
raîtra suffisamment distinct des Arches et
des autres g. de la famille des Arcacées ;
mais si l’on y joint le plus grand nombre
possible d’espèces fossiles, on voit alors les
caract. des Cucullées disparaître insensible¬
ment, et se fondre avec ceux des Arches.
Déjà nous avions fait connaître , parmi les
fossiles des environs de Paris, une esp. qui
participe à la fois des caract. des deux g. ;
mais, depuis, nous avons réuni les espèces
provenant des terrains jurassiques, et dans
lesquelles l’ambiguïté des caract. se manifes¬
te avec autant d’évidence que dans l’esp. pa¬
risienne : aussi nous proposerions de parta¬
ger le g. Arche en trois groupes principaux
représentés par les Bysso-arca , par les Cu¬
cullées, et par les Arches proprement dites.
L’animal des Arches est allongé , trapé-
zoïde comme sa coquille ; il a le dos très
élargi; et, comme tous les autres Conchi-
fères , il est enveloppé dans un manteau à
deux lobes égaux, désunis dans toute la cir¬
conférence , si ce n’est dans toute la lon¬
gueur du dos, où ils se confondent. L’animal
est pourvu de deux muscles adducteurs, et
èomplétement dépourvu de siphons posté¬
rieurs. Son corps est formé d’une masse
viscérale considérable remplissant une grande
partie de la coquille, et de chaque côté de
laquelle s’étendent deux grands feuillets
branchiaux, et ayant presque toute la lon¬
gueur de la cavité palléale. Nous ne suivrons
pas l’habile anatomiste Poli dans tous les
détails d’organisation qu’il a fait connaître
dans l’animal des Arches; nous ajouterons
seulement que l’ouverture de la bouche est
grande , transverse , garnie de larges lèvres
se continuant de chaque côté en palpes la¬
biaux, adhérents dans presque toute leur
étendue. Nous ajouterons que dans ce genre
il existe deux cœurs , exception unique jus¬
qu’à présent dans toute la série des Conchi-
fères, et l’on s’explique cette singulière ano¬
malie lorsque l’on considère l’élargissement
considérable du dos, et l’écartement des
branchies, qu’il entraîne à sa suite. Chacun
des cœurs est composé d’un petit ventricule
et d’une petite oreillette. Enfin , nous ajou-
88
ARC
ARC
terons, toujours d’après Poli , qu’il y a peu
de Mollusques acéphales chez lesquels le
système nerveux soit aussi considérable.
Il nous reste maintenant à parler sommai¬
rement des coquilles qui appartiennent au
genre Arche. Toutes sont transverses, équi-
valves, régulières , presque toujours inéqui¬
latérales. Les crochets sont généralement
grands; ils sont opposés et dominent le bord
cardinal. Le bord supérieur est toujours
droit , et présente une surface trapézoïde
plus ou moins large , quelquefois plane , le
plus souvent concave ou formant un angle
rentrant dont les bords supérieurs sont plus
ou moins écartés. C’est sur cette surface que
le ligament , semblable à une toile peu
épaisse, semble coller avec force. Des lignes,
quelquefois nombreuses, forment des sortes
de chevrons le long de cette surface plane,
et présentent des trapèzes lorsque les deux
valves sont réunies. Le bord supérieur
est toujours droit ; chez un grand nom¬
bre d’espèces, la charnière reste exactement
dans la direction du bord , mais chez d’au¬
tres elle se courbe légèrement vers les extré¬
mités. Il en est meme chez lesquelles les
dents deviennent de plus en plus divergentes,
et les dernières sont transverses, comme dans
les Cucullées. Mais, dans toutes les esp., les
dents sont petites, nombreuses, séparées en¬
tre elles par de petites fossettes assez pro¬
fondes, dans lesquelles les dents de la valve
opposée viennent s’enfoncer : aussi l’on peut
très justement comparer ce mode d’articu¬
lation aux dentelures de deux peignes que
l’on intercalerait les unes dans les autres. A
l’intérieur , on trouve à chaque extrémité
une impression musculaire assez grande ,
circulaire , indiquant très bier la forme
et la position des muscles adducteurs ; ces
impressions communiquent entre elles au
moyen d’une impression paléale simple ,
qui s’étend de l’une à l’autre en suivant les
bords. Enfin , en examinant le bord cardinal
à l’intérieur , on y trouve une grande im¬
pression musculaire subtriangulaire: c’est là
que s’insère le muscle rétracteur du pied.
La plupart des Arches sont des coquilles
épaisses qui presque toutes sont ornées de
côtes ou de stries longitudinales ; toutes
celles que nous connaissons sont pourvues
d’un épiderme plus ou moins épais , lisse
dans un très petit nombre d’espèces, et très
velu dans presque toutes les autres. D’après
ce que nous venons d’observer, il devient
assez facile de donner les caract. génériques
du genre Arche.
Caractères génériques : Animal transverse,
subtrapézoïde , ayant les lobes du manteau
divisés dans toute leur étendue ; deux mus¬
cles adducteurs écartés ; bouche transverse,
grande, accompagnée de palpes adhérents ;
deux branchies très allongées et à feuillets
presque égaux. Pied coriace, portant un
byssus presque toujours transformé en une
masse cornée, épaisse ; deux cœurs. Coquille
transverse, oblongue, à bord supérieur droit,
aplati, recevant un ligament plat appliqué
dans toute l’étendue de la face supérieure
des crochets; charnière droite, composée d’un
très grand nombre de petites dents sériales.
On connaît actuellement un grand nom¬
bre d’espèces dans le genre Arche ; nous
en comptons près de 80, tant vivantes que
fossiles, dans notre seule collection, et nous
ne possédons pas toutes celles qui sont ré¬
pandues dans les cabinets des amateurs. Les
esp. fossiles se distribuent particulièrement
dans les terrains tertiaires ; il y en a cepen¬
dant dans les terrains crétacés, et même dans
les terrains jurassiques ; mais nous n’en
connaissons aucune dans les terrains de
transition. (Desh.)
*ARCHÉGO]VE. Archegonium (
principe ; yovos , rejeton), bot. gr. — Dans
un excellent Mémoire sur la famille des Hé¬
patiques, M. Bischoff a proposé de donner
ce nom à l’organe qui, dans les Mousses et
les Hépatiques, correspond au pistil des
Phanérogames. Ce savant désirerait même
qu’on étendît son application aux premiers
développements du fruit dans toutes les au¬
tres Cryptogames , réservant le nom d’Ar-
chégone pistilliforme au pistil des plantes
des deux premières familles.
Dans tout Archégone pistilliforme , M.
BischolF distingue , comme on le fait pour
le pistil des plantes vasculaires, une portion
inférieure renflée, à laquelle il donne le nom
d’ovaire ( germen ) , et une partie supérieure
amincie qu’il considère comme un style. Ce¬
lui-ci , terminé par un évasement stigma-
toïde composé de cellules plus lâches, est
parcouru dans toute sa longueur par un
canal d’abord fermé , mais qui s’ouvre dans
le stigmate. L’ovaire est lui-même formé
ARC
d’un épigone stylifère cellulo-membraneux ,
et d’un endogone ou nucléus du fruit, des¬
tiné à devenir, s’il est fécondé, le sporange
ou la capsule , tandis que l’épigone, qui ne
manque jamais , formera la calyptre ou la
coiffe.
Le nombre des Archégones est souvent
assez grand dans la même fleur, et presque
toujours constant pour la même espèce. 11
varie entre cinq et vingt ; mais le plus com¬
munément il n’y en a qu’un seul ou du
moins qu’un fort petit nombre qui se déve¬
loppent. Les autres avortent, et on les ren¬
contre dans les Mousses autour de la gaine
ou sur elle, et dans les Hépatiques autour
de la base du pédicelle. Ce sont ces corps
qu’Hedwig nommait adductores. La posi¬
tion de ces organes sur la gaine des Mous¬
ses prouve que celle-ci peut être considé¬
rée comme un gynophore , c’est-à-dire un
simple allongement du sommet de la tige ,
ou de ce qu’on pourrait nommer le récep¬
tacle. Ils sont dressés, et ordinairement ac¬
compagnés de cellules filiformes cloison¬
nées qu’on nomme paraphyses , et dont nous
traiterons en leur lieu.
Si l’on compare les Archégones aux pis¬
tils des plantes phanérogames , on trouve
entre ces organes des différences essentiel¬
les.
Chez celles-ci , le pistil devient le fruit,
puisque la feuille dont il est la transforma¬
tion porte jusqu’à la maturité l’ovule qu’elle
renferme ou supporte ; le sommet de cette
feuille, style ou stigmate, est intimement
uni avec l’enveloppe propre du fruit ou le
péricarpe. Dans les Mousses et les Hépati¬
ques, au contraire, cette enveloppe n’a pas
d’adhérence intime avec le fruit, et ne fait
que le recouvrir. La partie supérieure sty-
liforme persiste sur la coiffe ou la calyptre;
la partie inférieure, ou, pour mieux dire, in¬
térieure, répondant à l’ovaire, ne porte au¬
cune trace de style, et reste libre avec son
pédoncule dans la coiffe. La portion de cette
coiffe que l’on considère comme un style
n’est donc qu’un simple appendice, et ne
peut être regardée comme partie essentielle
du fruit.
Nous voyons conséquemment avec regret
que le nom significatif imposé à ces orga¬
nes par l’auteur cité n’ait pas été générale¬
ment adopté , et que plusieurs cryptogamis-
ARC 89
tes persistent à conserver le nom de Pistil.
(C. M.)
*ARCHEMORA, DG. (Mêm., Y, p. 52 ;
Prodr., t. IY, p. 188). (Nom mythologi¬
que). bot. ph. — Genre de la famille des
Ombellifères , tribu des Peucédanées. Son
auteur en expose les caract. ainsi qu’il
suit : Limbe calicinal marginiforme, 5-den-
té. Pétales obcordiformes , terminés en
languette infléchie. Péricarpe elliptique ou
obovale , plan , comprimé dorsalement.
Méricarpes à 5 côtes filiformes , subcaré¬
nées , équidistantes , rapprochées; les côtes
latérales dilatées en aile membranacée ,
presque aussi large que la graine. Yallécules
remplies par une bandelette solitaire; com¬
missure à 2 bandelettes. Graine aplatie. —
Herbes vivaces , ayant le port des OEnan-
the et des Sium. Feuilles pennées. Om¬
belles dépourvues d’involucre, ou à involu-
cre oligophylle. Involucelles polyphylles.
Corolle blanche. — Ce g. appartient à l’A¬
mérique septentrionale. M. de Candolle en
a énuméré 4 esp., déjà décrites par d’autres
auteurs soit pour des Sium , soit pour des
OEnanthe. Ces plantes sont très vénéneu¬
ses. (Sp.)
ARCHERS. Toxotes , Cuv. poiss. —
Genre de Poissons de la famille des Squam-
mipennes , voisin des Brama et des Pem-
phérides, dont on ne connaît qu’une espèce
qui a été placée dans presque autant de gen¬
res différents qu’il y a d’auteurs qui en aient
parlé. Ainsi Pallas le fit connaître sous le
nom de Sciœna jaculatrix; Gmelin , sous
celui de Scarus Schlosseri; M. deLacépède,
sous celui de labrus jciculator ; Hamilton
Buchanan , sous celui de Coius çhattcireus.
11 est à remarquer que ce poisson ne devait
entrer dans aucun de ces genres; il n’offre
aucun caractère qui justifie ce rapproche¬
ment. îl a des caractères propres qui le
constituent en un genre particulier, qui a été
établi, par M. Cuvier, sous la dénomination
que nous rappelons ici. Ces caract. consi¬
stent dans la position reculée de la dorsale ,
recouverte d’écailles ; dans une anale égale¬
ment écailleuse ; dans les sept rayons de sa
membrane branchiostége ; dans ses dents en
fin velours, aux deux mâchoires, sur les pa¬
latins et sur le vomer; dans , la fine dente¬
lure du sous-orbitaire et du bord horizon-1
tal du préopercule. Les autres pièces opér¬
ée
T. II.
90
ARC
ARC
culalres n’offrent rien de remarquable; le
corps et la tête sont couverts de grandes é-
cailles. On ne connaît qu’une seule espèce
de ce genre, verdâtre, à reflets argentés, avec
quatre ou cinq bandes brunes verticales. La
bouche est très largement fendue , mais elle
est peu protractile, et le museau est aplati
en dessus. On trouve ce poisson dans les
eaux saumâtres ou salées de l’Archipel des
Indes, depuis le détroit de Malacca jusqu’à
la Nouvelle -Guinée. On lui a donné l’é¬
pithète de jaculator , dont M. Cuvier a
tiré la dénomination du genre , à cause de
l’habitude fort singulière que ce poisson a
de lancer de l’eau , à la hauteur de plus
d’un mètre, pour faire tomber les Insectes
qui volent au dessus , et en faire sa nour¬
riture. M. Reinwardt , qui a été témoin
du fait , m’a raconté que l’eau est lancée
avec force et avec une telle adresse , que
l’on s’amuse à Java , où l’on garde ce
poisson par curiosité dans les maisons, à lui
montrer des insectes avec les doigts, et
qu’aussitôt le Toxotes lance l’eau dessus. Je
n’ai pas trouvé cependant dans les muscles
moteurs des opercules ou du pharynx un plus
grand développement , ni aucune particula¬
rité d’organisation qui explique comment
ce poisson de petite taille est doué d’une
telle force. (Val.)
ARCHES. Area. moll. —Plusieurs zoo¬
logistes préfèrent ce nom à celui d’Arcacées,
donné par Lamarck à la famille formée
des genres démembrés du genre Arche de
Linné. Voy. arcacées et arche.
(Desii.)
ARCHIDIE. Archciias. foram. —
Montfort ( Conchyl . sijst., p. 190) forme, sous
ce nom, un g. de Coquille cloisonnée, pris
dans Fichtel et Moll. (Test, microsc. , p.
115, t. 22, fig. 6 a e). C’est le jeune âge d’une
Orbiculine. Voy. ce mot. (A. d’O. )
*ARCH!DIUM (diminutif d’«/5x>i, ori¬
gine). bot. cr. — Genre monotype de la
famille des Mousses, tribu des Phascacées ,
établi par Bridel dans sa Bryol. unir>. , t. I,
p. 747, revu et mieux étudié par MM. Bruch
et Schimper, qui, dans leur Bryol. europ. ,
le caractérisent de la manière suivante :
Capsule astome, membraneuse, globuleuse,
sessile au sommet dilaté de la tige ou des
rameaux, s’ouvrant par déchirure à la ma¬
turité. Coiffe enveloppant le fruit dans sa
jeunesse, remarquable par la délicatesse de
son tissu, pâle , long-temps persistante et
adhérente soit à la gaîne , soit à la capsule,
sur laquelle on en voit des lambeaux, quand,
par son accroissement, celle-ci en a opéré la
rupture. Pédoncule très court, pâle, entiè¬
rement immergé dans une gaîne hémisphé¬
rique, circonstance qui avait trompé Bridel,
en lui faisant croire que cette Mousse était
privée de ce dernier organe. Séminules très
grandes , lisses, globuleuses ou polyèdres.
Columelle nulle , remplacée par une mem-
branule qui disparaît à la maturité du fruit.
Fleur terminale, hermaphrodite ou dicline.
Anthères oblongues, presque sessiles. Pistils
petits et nombreux. Paraphyses filiformes ,
articulées, hyalines.
Cette Mousse est vivace, et forme des ga¬
zons aplatis ou des coussinets peu saillants.
Sa tige est déprimée et rampante. Ses ra¬
meaux sont ascendants, tantôt courts et char¬
gés de fruit au sommet , tantôt plus longs
et stériles. Ses feuilles sont subulées. Elle
n’a encore été trouvée que dans les terrains
argileux ou les marais desséchés du centre
de l’Europe et en Sardaigne. (C. M.)
* ARCHIMERUS {àpxh , dominante ;
/«/jos, cuisse), ins. — Nom appliqué parM.Bur-
meister (Il'andb. der Eut .) à un g. de la fa¬
mille des Coréens, de l’ordre des Hémiptères,
établi par M. Laporte ( Essai sur les Hérriipt.)
sous le nom de Pachymeria ; mais cette der¬
nière dénomination, étant trop semblable à
celle de Pachymerus, déjà adoptée pour un
autre genre , devait nécessairement être
changée. Du reste , le genre Archimerus a
la plus grande analogie avec le genre Me-
ropachys, auquel l’ont rattaché quelques au¬
teurs. Il en diffère surtout par l’écusson, qui
est de forme triangulaire, et non arrondi en
spatule. On ne connaît que quelques espèces
américaines de ce genre; celles qui peuvent
servir de types sont les A. squalus, Burm.,
du Brésil, et lunatus , Burm., du Mexique.
(Bl.)
ARCHIPEL ( üpyjji , je domine ; nê-
Aûzyoç , la mer), géograph. — On nomme
Archipel un ensemble ou groupe d’îles réu¬
nies sous l’eau et à peu de distance les unes
des autres. De même que certaines îles de
l’Océanie nous donnent des exemples en grand
d’Archipels , de même, dans une multitude
de lieux, des îlots, des bancs, des écueils ou
ARC
ARC
91
des récifs groupés ensemble nous représen¬
tent des Archipels plus ou moins en minia¬
ture. D’après cela, on voit qu’il y a des Ar¬
chipels tout aussi bien dans les lacs, les
fleuves et les moindres étendues d’eau,
qu’au milieu de l’immensité de l’Océan.
Enfin, notre globe, tel qu’il existe mainte¬
nant , avec ses terres , ses eaux, et tel que
l'apercevrait. un observateur placé à une
certaine distance dans l’espace, n’est qu’un
vaste Archipel gisant au milieu d’une masse
liquide.
Parmi les Archipels, les uns sont formés
par des atterrissements, des sédiments, des
courants, des sources, etc.; d’autres le sont
par des animaux qui concrètent des ma¬
tières calcaires ( Voy . le mot îles madré-
porïques) ; d’autres par des volcans sous-
marins; d’autres par des soulèvements ou
des affaissements; d’autres, enfin, doivent
leur origine à plusieurs de ces causes com¬
binées.
Jadis, pendant la formation des terrains
anciens, la surface de la terre n’offrait
qu’un vaste Archipel composé d’une infinité
d’îles basses ; mais , à mesure que le globe
vieillit, les grands Archipels diminuent en
nombre, tandis que les petits paraissent
augmenter en divers endroits, comme la
mer se resserre et devient plus profonde.
C’est au milieu des Archipels ordinaires
qu’il convient surtout d’étudier avec soin
les phénomènes de soulèvements , d’affais¬
sements , d’atterrissements , les dépôts con-
crétionnés, les courants, les volcans sous-
inarins, les sillons tracés au fond de la mer,
etc. : car, là, on voit des phénomènes compa¬
rables entre eux et produits sur une échelle
accessible à l’observation directe de l’hom¬
me. Nous trouvons la preuve de la justesse
de cette assertion même chez les anciens ,
parmi lesquels nous citerons les Grecs ,
dont le génie poétique avait placé les îles
de l’Archipel sous la protection des divi¬
nités , et qui avaient établi dans ces îles la
scène de grands événements ou des mer¬
veilles de la nature. C’est, en effet, dans
l’Archipel grec qu’on retrouve ces îles dont
les noms rappellent à l’esprit tous les
grands souvenirs des beaux temps de la
Grèce ; par exemple , Candie , l’ancienne
Crète , qui renferme le fameux mont Ida ,
oit fut construit le labyrinthe; Négrepont,
l’ancienne Eubée ; Scio , l’ancienne Chio •
Sousam , l'ancienne Samos ; Rhodes, si cé¬
lèbre par son colosse; Lemnos, aux forges
de Yulcain, etc. (R.)
*ARCHON («/îxgüV, prince), ins. — Genre
de Coléoptères pentamères, famille des La¬
mellicornes , tribu des Xylophiles , établi
par MM. Kirby et Spence ( Introd. to ent.,
t. III, 466, et Transact. Linn. of London ,
1825-1825 , p. 567), qui lui donnent pour
caractères : Mandibules arrondies, édentées.
Lèvre presque cordiforme, bilobée. Langue
rétractée. Menton très court. Mâchoires
voûtées, tronquées à l’extrémité, unidentées
intérieurement. Corps oblong. Tête à vertex
presque cornu, échancré. Prothorax caréné
transversalement dans le milieu. Ce genre
est fondé sur une espèce que les auteurs
nomment Archon emarginatus , sans indica¬
tion de patrie. (D. et C.)
ARCHONTE. Archonta oyro$,
chef), moll. — Montfort, qui, dans sa Con¬
chyliologie systématique , ainsi que dans ses
autres travaux , a si souvent donné de si
justes motifs de défiance sur sa véracité, ra¬
conte qu’après un violent coup de vent de
l’équinoxe d’automne, il ramassa sur la plage
de Dunkerque une petite coquille qui s’y
trouva en abondance. Cette coquille, mince
et transparente, paraît avoir les caractères
des Hyales et des Clios. Depuis cette épo¬
que , cette espèce n’a jamais été retrouvée
dans l’Océan , et nous supposons que Mont-
fort, voulant détourner l’attention des natu¬
ralistes, et voulant éviter aussi par là une ac¬
cusation de plagiat , se contenta de copier,
en y faisant quelques changements, la figure
que donne Soldani dans son admirable ou¬
vrage sur les Coquilles microscopiques de
la mer Adriatique ; malheureusement la fi¬
gure de Soldani ne présente pas non plus le
moyen de décider à quel genre appartient
la Coquille qu’elle représente. (Desh.)
* ARCI-IYTÆA , Martius et Zuccar.
Nov. gen. et spec., t. I, p. 116, tab. 75. —
Cambess. in Mém. du Mus., t. XYI, p. 410.
bot. ph. — Genre de la famille des Tern-
strémiacées (tribu des Laplacées, Endl. ).
Suivant les auteurs précités, il offre pour ca¬
ractères : Calice persistant , ébractéolé, à 5
sépales distincts, imbriqués, presque égaux.
Pétales 5, hypogynes. Étamines hypogynes,
très noinbreqses ; filets filiformes, soudés
92
ARC
ARC
par leur base en cinq faisceaux opposés aux
sépales; anthères introrses, dressées, réni-
formes-didymes, 2-thèques , longitudinale¬
ment déhiscentes. Ovaire inadhérent , 5-lo-
culaire ; ovules très nombreux et 2-sériés
dans chaque loge, anatropes, renversés, at¬
tachés à l’angle interne des loges. Style in-
divisé, couronné d’un stigmate 5-lobé. Cap¬
sule 5-loculaire, incomplètement septicide-
5-valve, polysperme ; axe central conique ,
5-gone ; valves coriaces , se détachant infé¬
rieurement de l’axe , mais sans se désunir
vers leur sommet. Graines linéaires, imbri¬
quées , 2-sériées dans chaque loge. — Ar¬
brisseaux du Brésil, à feuilles alternes, co¬
riaces, 1-nervées, veineuses, très entières,
non stipulées, agrégées vers l’extrémité des
ramules; pétiole court, articulé par sa base;
pédoncules terminaux , 5-flores ; pédicelles
1-bractéolés à la base. On n’en connaît qu’une
espèce. (Sp.)
*ARCIMBALDA, Endl. ( Gen . plant.,
p. 755). bot. piî. — Syn. du g. Menzie-
sia (famille des Éricacées), Smith , réduit
aux limites que lui assigne M. Don ; ou
bien, si l’on préfère ne pas admettre les
genres fondés par M. Don aux dépens de
l’ancien genre Menziesia, VArcimbalda
devient un sous-genre fondé sur le Menzie¬
sia globularis, et dont les caract. distinctifs
sont : Calice 5-parti. Corolle globuleuse ,
4-fide. Étamines 8, à anthères obtuses, mu-
tiques. (Sp.)
ARCINELLE. Ârcinella ( diminutif
d’Arca, petite arche), moll. — Il existe
une espèce de Came qui depuis long-temps
est connue sous le nom vulgaire d’Arcinelle;
les marchands lui donnaient également au¬
trefois le nom de Marron d’Inde. M. Ocken ,
dans sa Zoologie, a proposé un genre Arci-
nelle, non pour le Chama arcinella des
auteurs , mais pour des Coquilles dont
Bruguière avait fait depuis long-temps son
g. Cardita. Le g. de M. Ocken , étant un
double emploi, n’a point été adopté. Voy.
cardite. (Desh.)
AREOPAGES («/îxo?, pour upy.voç,
ours ; rciyos , hauteur), ins.— Genre de Co¬
léoptères dimères, désigné par Stephens,
dans son Catalogue, comme ayant été créé par
Leach, mais sans dire dans quel ouvrage. Il le
place dans sa tribu des Psélaphides ; M. West-
•^rood l’a adopté dans son Synopsis, elle carac- j
térise ainsi : Corps court, très convexe. Cor¬
selet très large antérieurement. Second ar¬
ticle des antennes médiocrement long. M.
Aubé , qui n’a pas conservé ce genre dans
sa Monographie des Psélaphiens , en place
les espèces dans le genre Bythinus. Voy. ce
mot. (D. et C.)
ARCTIBEUS. 3i am. — Voyez ar-
tibeus. (A. de Q.)
* ARCTICOLES (üpy.zcç, le nord;
coleo , j’habite). Arcticolœ. ins. — Je dé¬
signe ainsi (Ann., de la Soc. eut. de Fran¬
ce , t. II, p. 102 ) un groupe de Lépidoptè¬
res diurnes du genre Satyre de Latreille ,
parce que toutes les espèces dont il se com¬
pose habitent de préférence les contrées
les plus voisines du pôle arctique. Ce qui
caractérise ce groupe, c’est d’avoir les ner¬
vures costale, médiane et sous-médiane des
premières ailes sans dilatation sensible à
leur origine, avec les antennes assez fortes
et à massue allongée. Tels sont les Satyres
Aello, N orna, Tarpeya, Jutta, Bore,Boo-
tes, Balder, OEno et Also, dont M. Boisdu-
val a fait son genre Chionobas. Voy. ce mot.
(D.)'
ARCHE. Arctia ( apxTcç , ours), ins.
— Genre de l’ordre des Lépidoptères noctur¬
nes, établi par Schrank, et adopté par La¬
treille, qui le place dans sa tribu des Noc-
tuo-bombyeites, en lui donnant pour carac¬
tères: Langue très courte et dont les deux
filets sont ordinairement disjoints. Palpes
hérissés. Antennes bi-pectinées , dans les
mâles au moins. Ainsi que l’indique l’éty¬
mologie de son nom, Schrank ne comprend
dans ce genre que ceux des Lépidoptères
nocturnes dont les Chenilles sont très ve¬
lues , et qui, à l’état parfait , sont connues
des Lépidoptéristes français sous le nom vul¬
gaire d 'Écailles; mais Latreille, en l’ado¬
ptant, a cru devoir y réunir beaucoup d’au¬
tres espèces qui sont loin d’être dans ce cas,
et qui appartiennent aux genres Liparis et
Orgyia des auteurs allemands. Cependant
Godart, dans 1 ''Histoire naturelle des Lé¬
pidoptères de France , quoique censée ba¬
sée sur la méthode de Latreille, a, de l’as¬
sentiment de ce célèbre naturaliste, restreint
le genre Arctie aux seules espèces qui doi¬
vent y être comprises d’après Schrank, et a
rattaché les autres au genre Bombyx. R
| s’est permis , en outré , toujours avec l’as-
ARC
ARC
93
sentiment de Latreille, de remplacer le nom
un peu dur d'Arctia par celui plus eupho¬
nique de Chelonia , par allusion à la cou¬
leur des ailes de îa plupart des papillons
dont il s’agit, lesquelles sont tachetées com¬
me l’écaille des tortues. ( Voy . le mot ché-
lonie.) Ainsi, le mot Ârctia avait disparu de
la nomenclature des Lépidoptères, du moins
dans les auteurs français , lorsque M. Bois-
duval, dans son Généra et index methodi -
eus, etc., qui a paru en mai 1840 , l’a fait
revivre, en l’appliquant à un groupe de neuf
espèces qu’il a retranchées des Chélonies de
Godart , et auxquelles il assigne les caract.
génériques suivants : Chenilles solitaires, 1u-
bricipèdes. Insectes parfaits : Palpes courts,
écartés, très distincts , fortement infléchis ,
poilus, un peu garnis d’écailles ou presque
nus. Antennes du mâle pectinées ou ci¬
liées ; celles de la femelle presque filiformes.
Ailes supérieures unîcolores, sans taches, ou
seulement ponctuées de noir. Les deux sexes
d’égaler'grandeur. Yol nofcturne. Nous cite¬
rons comme type de ce genre VA. fuligino-
sa , Latr., espèce figurée et décrite dans un
grand nombre d’auteurs , et qui se trouve
assez communément aux environs de Paris,
dans le courant du mois de mai. Fabricius,
en parlant de la femelle de ce Lépidoptère,
dit que Stroem a remarqué que , lorsqu’on
la rencontre courant sur la neige , c’est un
signe que l’été sera froid , et que les récol¬
tes seront peu abondantes. « Hieme in nive
obambulans, œstates frigidiores et annonce
caritatem prœnunciat. » Godart conteste
l’exactitude de cette remarque.
M. Curtis, dans son Catalogue des insec¬
tes de l’Angleterre, adopte également la dé¬
nomination générique d’ Arctia ; mais il
l’applique à cinq espèces qui appartiennent
au genre Liparis des autres auteurs. Voy. ce
mot. (D.)
ARCTIO ( c^xtos , ours), bot. pu. —
Synonyme d'Arctium. Voy. ce mot.
(J. D.)
ARCTIQUE, poiss. —Nom spécifique
donné à plusieurs poissons, à une espèce du
genre Chimère , à une autre du genre Sau¬
mon , etc., etc. „ (Val.)
^ARCTIQUE. Arctica ( apx. rtxôç, sep¬
tentrional). moll. — Dans son Essai dJun
nouveau système des Coquilles, par M. Schu¬
macher » et qui a paru en 1828 , l’auteur
propose ce genre pour la Venus Mandiea
de Müller , de Chemnitz et de Linné. M.
Schumacher aurait pu s’éviter le soin de
créer ce nouveau genre , car Lamarck l’a¬
vait caractérisé dans le t. V de son Histoire
naturelle des animaux sans vertèbres, qui
parut en 1818. Il nous semble inutile d’ajou¬
ter que le genre de M. Schumacher ne peut
être adopté. (Desii.)
* ARCTiSCON. systolides. — Nom
donné par Schranck à un petit animal arti¬
culé, très voisin du Tardigrade de Spallan-
zani. Récemment Perty l’a employé aussi
pour désigner un groupe générique , établi
par Schultze sous le nom de Macrobiotus ,
et qui comprend plusieurs espèces de Tardi-
grades assez différentes entre elles. Voy.
TARDIGRADES. (M. E.)
ARCTITIS, Temrn. mai. — Voyez
PARADOXURE. (A. DK Q.)
*ARGTIUM ( apy-zoe, , ours; à cause des
poils qui couvrent les fruits des plantes qui
composaient anciennement ce genre), bot.
pii. — Ce nom est réservé aujourd’hui h
une plante des montagnes du Dauphiné et
du Piémont , laquelle était décrite sous ce¬
lui de Berardia; les autres espèces qui
composaient le genre Arclium de Linné
forment actuellement le genre Lappa. La
plante qui nous occupe présente les carac¬
tères suivants : Capitule homogame, à fleurs
égales; involucre campanulé, formé de plu¬
sieurs rangées d’écailles linéaires, subulées
au sommet. Réceptacle offrant des alvéoles
entourées de fimbrilles. Corolle tubuleuse,
cylindracée, à 5 divisions peu profondes ; fi¬
laments des étamines glabres ; anthères mu¬
nies d’appendices basilaires. Style à peine
renflé au sommet, où la portion stigmatique
est courte, obtuse et divariquée. Fruits très
glabres, anguleux-comprimés , dépourvus
d’aréole terminale et surmontés d’une ai¬
grette composée de plusieurs séries de soies
scabres souvent enroulées en crosse. — Ce
genre renferme aujourd’hui deux espèces :
une d’Europe ; l’autre , indigène des mon¬
tagnes de la Perse. La seule qui soit dé¬
crite est une plante vivace , sans tige ,
pourvue de feuilles rondes, velues, disposées
en rosettes appliquées sur le sol, et du
centre desquelles naît un capitule assez
volumineux. Suivant les observations de
Guettard et de Yillars, les feuilles radicales
94
ARC
ARC
de VA. lanuginosum naîtraient sous les co¬
tylédons en perçant la tigelle. Ce phéno¬
mène n’est pas particulier à cette plante :
il s’explique par la soudure longitudinale
des deux pétioles des cotylédons, à la partie
inférieure desquels se trouve la plumule qui,
en se développant , les écarte d’abord à la
base et se fait ainsi jour au dehors. (J. D.)
* ARCTOCEPHALU8. Fr. Cuv. {&p<-
t 05, ours ; xepaLj , tête), mam. — Voyez
PHOQUE. ( A. DE Q.V
ARCTOCORIS (é^-os, ours; X0/5Î, ,
punaise), ms. — Genre de la famille des
Scutellériens , groupe des Scutellérites , de
l’ordre des Hémiptères, établi par Henrich-
Schœffer ( Wanzenartig . insect., t. Y) sur
quelques espèces détachées du genre Odon-
toscelis , remarquables par la surface de
leur corps , entièrement couverte de poils
laineux, et par les jambes, munies de qua¬
tre rangées d’épines. Ce genre ne comprend
qu’un petit nombre d’espèces européennes
et africaines; les plus répandues sont les A.
fuliginosus , Panz., d’Europe ; A.plagiatus,
Germ., d’Egypte , etc. (Bl.)
* ARCTOCRANIIA. bot. ph. — Nom
de section donné par M. Endlicher ( Gen.
plant.) aux espèces de Cornus à tiges her¬
bacées. (Sp.)
* ARCTODIUM ( diminutif d’»/3xros ,
ours), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères, famille des Lamellicornes, tribu des
Scarabéides , établi par M. Dejean dans son
dernier Catalogue, d’après une espèce du
Chili qu’il nomme A. villosum. Ce g. avait
été nommé antérieurement Cratoscelis par
M. Erichson, qui appelle Vulpina l’espèce
de M. Dejean. Voy. le mot cratoscelis
pour les caractères génériques. (D. et C.)
* ARCTOGE RQN («/«ros, boréal; ysjsuv,
vieillard), bot. pii. — Ce genre, très voisin
des Erigeron, de la famille des Composées,
a pour caractères : Capitule radié, rayon
composé d’un seul rang de fleurs femelles ;
celles du disque hermaphrodites. Réceptacle
étroit, plan , à peine alvéolé. Involucre for¬
mé de trois séries d’écailles fortement im¬
briquées, lancéolées, acuminées, parcourues
par une forte nervure verte et bordées d’une
membrane blanche et scarieuse. Ligules ova-
les-oblongues, dentées au sommet, du dou¬
ble plus longues que l’involucre. Stigmate
des fleurs du disque et du rayon court et
épais. Fruit oolong, légèrement comprimé,
couvert d’une grande quantité de poils
soyeux, et couronné par une aigrette com¬
posée de plusieurs séries de soies persistan¬
tes, scabres, de longueur inégale. — La seule
espèce de ce genre habite les parties sablon¬
neuses de la Sibérie transbaïcalienne ; c’est
une très petite plante, vivace, à rhizome fru¬
tescent, cespiteux, duquel naissent des feuil¬
les étroites, subulées, raides , assez sembla¬
bles à celles des Armeria ; la hampe , qui
dépasse à peine les feuilles , porte un seul
capitule, dont le disque est jaune et les rayons
blancs. (J. D.)
*ARCTOMYDES. Arctomides. {a.px t&s,
ours; pàç, rat), mam. — Latreille adonné
ce nom à une famille de la classe des Mam¬
mifères, qui a pour type le g. Arctomys.
(C. D’O.)
ARCTOMYS, Gmel. mam. — Voyez
MARMOTTE. (C. D’O.)
*ARCTONYX (apy.roç, ours; ovu£, on¬
gle). mam. — Genre de Carnassiers plan¬
tigrades, établi par F. Cuvier dans son Hist.
des mammif. pour un animal appelé dans
l’Inde Bali-Saur , et qu’il ne connaissait
que d’après une figure de M. Duvaucel. De
nouvelles observations ont démontré que
cet animal n’était autre que le Blaireau.
(P. G.)
ARCTOPITHÈQUE. Arctopithccus ,
Gessn. («py.Toç, ours; i«0v]xo?, singe), mam.
— Voyez paresseux. (A. de Q.)
ARCTOPUS {oipy.Toç, ours ; « oy?, pied).
Linn. — Apradus , Adans. bot. ph. —
Genre delà famille des Ombellifères, tri¬
bu des Smyrnées , auquel M. de Can-
dolle ( Prodr. , IY, p. 256 ) assigne pour
caractères : Fleurs polygames - dioïques.
Limbe calicinal marginiforme , 5-denté.
Pétales lancéolés , terminés en languette
pointue, entière, infléchie au sommet.
Fleurs mâles : Étamines deux fois plus
longues que la corolle. Stylopode plan.
Ovaire abortif, couronné de deux styles
très courts. Fleurs femelles : Étamines
nulles. Ovaire couronné de deux styles di-
variqués au sommet, épaissis à la base.
Fruit ovoïde , rostré , couronné du limbe
calicinal , adné de la base jusqu’au milieu à
l’involucre , déprimé et 1-sulqué antérieu¬
rement , point bipartible , mais à deux lo¬
ges, dont l’une est abortive. Graine arron-
ARC
die, convexe d’un côté, concave de l’autre.
VA. echinatusy L. , constitue à lui seul ce
genre; c’est une herbe vivace, indigène du
Cap de Bonne-Espérance. Ses feuilles radi¬
cales sont étalées sur terre , roselées , à pé¬
tiole plan, et à limbe arrondi, trifide , cilié
de dents spiniformes. Les ombelles mâles
sont pédonculées, composées, accompa¬
gnées d’un involucre d’environ 5 folioles
accrescentes après la floraison; les ombel-
lules sont subglobuleuses. Les ombelles
femelles sont sessiles, accompagnées d’un
involucre de 4 folioles coriaces, réticulées,
entregrelïées , recouvrant le fruit. Les
fleurs sont blanches. (Sp.)
* ARCTORNIS. («,*xros, ours; Spvtç, oi¬
seau). INS. — Dénomination générique sous
laquelle Germar réunit les mêmes Lépido¬
ptères dont Schranck avait formé avant lui
le genre Arctie. Voy. ce mot. (D.)
ARCTOSTAPHYLOS. Mairania
Neck. [cipy.roç, ourse, constellation du nord;
«rr«?u ).ô, raisin), sot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Éricacées, tribu des Andromé-
dées, formé par Adanson ( Fam t. II, 165),
adopté par tous les botanistes modernes
avec ces caractères : Calice 5-parti. Co¬
rolle hypogyne, globuleuse ou ovée-campa-
nulée, à limbe 5-fide, réfléchi. Étamines 10,
insérées au bas de la corolle; filaments courts;
anthères comprimées latéralement , atta¬
chées par le dos au dessous du sommet et
bi-aristées-réfléchies, déhiscentes au sommet
par deux pores. Ovaire quinquéloculaire ,
ceint d’un disque hypogyne, à loges uni-ovu-
lées. Style simple ; stigmate obtus. Drupe
subglobuleuse, renfermant cinq nucules os¬
seux , monospermes. Graines inverses. —
Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux indigènes
dans l’Europe australe et boréale; à feuilles
alternes ; à inflorescence en grappes termi¬
nales, pédiculées, bractéées. On en connaît
cinq ou six espèces, dont quelques unes cul¬
tivées dans les jardins; la plus commune est
VA. uva ursi [unde nomen gencricum), Ar-
butus uva ursi de Linné. (C. L.)
* ARCTOTÉES. ( ours ). bot.
pii. — Ou Arctotidées , prototypes, suivant
Cassini , se caractérisant par les involucres,
dont les folioles sont toutes libres et lisses ; par
les capitules, constamment pourvus de rayons
composés de fleurons femelles ou neutres et
de fruits souvent ailés. Les plantes qui con-
ARC 95
slituent cette petite division ont le port des
Caîendulacées. (J. D.)
ARCTOTHECA ( a/5XT0î , ours ; ,
boîte), bot. ph. — Ce genre, créé aux dé¬
pens de quelques esp. d 'Arctotis, a pour ca-
ract. : Capitule radié ; fleurs du rayon ligu-
lées, neutres ; celles du disque tubuleuses, 5-
dentées, hermaphrodites ; réceptacle fimbril-
lifère. Involucre campanulé , composé de
plusieurs rangées d’écailles ; les extérieures
linéaires foliacées, les intérieures plus gran¬
des, très obtuses, scarieuses. Étamines à fila¬
ments papilleux. Fruits ovales , presque té-
tragones , dépourvus d’aigrette. — Les Arc-
totlieca sont originaires du Cap ; ce sont des
plantes vivaces, couvertes d’un duvet to-
menteux, blanc; les feuilles, pinnatifides-ly-
rées, sont rudes ou lisses à la face supérieu¬
re , et tomenteuses en dessous ; les pédon¬
cules, qui naissent à leurs aisselles et les dé¬
passent , supportent un capitule renfermant
des fleurs jaunes. Ces plantes se cultivent
dans les jardins de botanique. (J. D.)
ARCTOTIDÉES. bot. ph. — Les
Arctotidées forment, dans les Composées, un
petit groupe rangé par Cassini entre les Ca-
lendulacées et les Échinopsées. M. de Can-
dolle les considère comme une sous-tribu
des Cynarées. Ces plantes , qui sont, à un
très petit nombre d’exceptions près, origi¬
naires du Cap , ont pour caractères com¬
muns de présenter des capitules multiflores,
homogames-discoïdes, ou plus généralement
pourvus d’une rangée de rayons , dont les
fleurons sont neutres ou femelles; les fleurs
du disque hermaphrodites ; celles du centre
parfois rendues stériles par l’effet' de la com¬
pression ; les anthères munies de courts ap¬
pendices basilaires; le style des fleurs herma¬
phrodites, qui offre, à sa partie supérieure, un
renflement accompagné de poils disposés en
collerette ou verticilles , se divise, au som¬
met, en deux lobes rapprochés, couverts de
très petits poils à la face externe et de pa¬
pilles stigmatiques sur le côté interne. Cette
structure remarquable a déterminé le rap¬
prochement des Arctotidées des Cardua-
cées , chez lesquelles on trouve les mêmes
caractères. Les fruits sont turbinés, presque
toujours velus, surmontés ou privés d’ai¬
grette, laquelle est formée d’écailles paléa-
cées ou rarement sétiformes. (J. D.)
* ARCTOTIS ( Taillant institua ce
96
ARC
genre sous le nom tfArctotlieca, de xpxroi,
ours , et Sw , boîte , par allusion à ses
fruits velus. Linné transforma plus tard ce
nom en celui dPArctotis). bot. i*h. — Ce
genre, type delà sous-tribu des Arctotidées,
parmi les Composées, a pour caractères :
Capitules radiés ; fleurs du rayon ligulées,
femelles ; celles du disque tubuleuses , 5-
dentées, hermaphrodites. Involucre campa-
nulé, composé de plusieurs rangées d’écailles
libres; les extérieures petites, presque fo¬
liacées ; les intérieures plus longues, obtuses,
membraneuses en leurs bords. Filets des é-
tamines lisses. Les fruits, de forme ovoïde et
munis de trois ailes à la face dorsale, dont
les deux latérales sont repliées à l’intérieur,
ont souvent leurs bords dentés. Les poils
nombreux qui accompagnent ces fruits par¬
tent immédiatement de leur base ou du court
support qui les fixe au réceptacle. L’aigrette
est uni-sériée , composée de deux séries de
paillettes, parmi lesquelles , avant l’anthè-
se , on en observe très souvent huit de la
rangée intérieure, qui sont tordues en spi¬
rale les unes autour des autres. — Les
Arctotis habitent le Cap. On en connaît en¬
viron une trentaine d’espèces. Ce sont des
plantes herbacées ou caulescéntes, à feuilles
membraneuses , couvertes d’un duvet blanc
et mou; es capitules , solitaires et pédoncu-
lés, contiennent des fleurs jaunes ou d’une
teinte verdâtre. (J. D.)
*ARCTURE. crust.— Genre de l’ordre
des Isopodes et de la famille des Idotéides,
établi par Latreille , et caractérisé princi¬
palement par la conformation remarquable
des pattes, dont les quatre premières paires
sont lainelleuses au bout, natatoires, et im¬
propres à la marche et à la préhension ; tan¬
dis que celles des trois dernières paires sont
ambulatoires. Il est aussi à noter que les
antennes de la seconde paire sont pédifor-
mes. Cette petite division générique ne dif¬
fère pas de la division établie par M. John¬
ston sous le nom de Leachia. (M. E.)
* ARCTURÎJ8 ( àp'.-îovpaç, arcture,
nom d’une étoile de la Grande-Ourse), ins.
— M. Curtis, dans son Catalogue des insec¬
tes de l’Angleterre , désigne ainsi un genre
de Lépidoptères qu’il a créé pour y placer
une espèce qu’il nomme Sparshali ; mais
M. Boisduval prétend que cette espèce, qui
se trouve en Amérique, est étrangère à l’Eu-
ARC
rope ; elle a beaucoup de rapports , pour la
taille et la couleur, avec les Liparis salicis et
Chrysorrliœa. (D.)
*AR€TÏJRXJS, Bentham, bot. ph. —
Sous-genre de la famille des Scrophulari-
nées, dont le type est le Celsia Arcturus,
Linn. Son auteur le caractérise ainsi qu’il
suit : Étamines soit toutes barbues, soit les
deux majeures glabres ; anthères toutes mé-
difixes, à bourses confluentes. (Sp.)
* ARCTYLE. Arctylus («/sx tû)os, our¬
son ). ins. — Genre de Coléoptères hété-
romères, famille des Mélasomes, adopté par
M. Dejean dans son dernier Catalogue , d’a¬
près un premier travail de M. Solier, qui
l’a réuni depuis à son genre Calymmapho-
rus. Voy. ce mot. (D. et C.)
* ARCYPHYLLUM. Elliot, Sketch.
(«/oxvç, réseau; <p ùMoy , feuille), bot. pu.
— Synonyme du genr eRhynchosia, delà
famille des Légumineuses , sous-ordre des
Papilionacées. (Sp.)
ARCYPTERA (a/sxv?, réseau ; «r e/scv,
aile), ins. — M. Serville (Hist. des orthopi.,
suites à Buff.) donne ce nom à une division
qu’il a établie dans le genre OEdipoda , de la
famille des Acridiens , sur les esp. qui , pré¬
sentant les caractères génériques des vérita¬
bles OEdipoda , ont le bord marginal anté¬
rieur des élytres un peu dilaté , et les ner¬
vures transversales saillantes et nombreuses.
M. Serville signale quelques espèces euro¬
péennes appartenant à cette division, dont
les plus répandues sont les OEdipoda (Ar-
cyptera ) cothurnata (. Gryllus cothurnalus ,
Creutz.), OEdipoda ( Arcyptera ) parallela
(i Gryllus parallelus , Zetterst), espèces ré¬
pandues en France et dans le midi de l’Eu¬
rope. (Bl.)
ARCYRIA («/îxuç, réseau), bot. cr.
— Hill (History of plants , p. 47) a décrit
sous ce nom un genre de Champignons que
Micheli, auparavant, avait nommé Clathroï-
des. Il appartient aux Trichospermes de
Persoon et aux Myxogastres de Fries. Le
péridium est simple, membraneux et fugace
à sa partie supérieure , qui se sépare régu¬
lièrement et circulairement. Le capillitium
est élastique et adhère à la partie inférieure
du péridium , qui persiste sous forme de
calice. Cette élasticité du capillitium pour¬
rait le faire confondre avec le genre Trichia ;
mais , dans celui-ci , le péridium disparaît
ARD
97
, en totalité; il en est de même du g. Stemo-
nitis, que l’on reconnaît facilement à l’axe
solide qui traverse le capillitium dans toute
sa longueur. Les genres Physarum, Did ar¬
ma, etc., ont aussi des caractères qui ne
permettent pas de les confondre. Quand les
Arcyria commencent à se développer, elles
ne présentent d’abord qu’un mucilage dans
lequel il est difficile de reconnaître une or¬
ganisation ; plus tard , les péridies se déve¬
loppent. A l’époque de la maturité, leur partie
supérieure disparaît, et le capillitium s’élance
avec élasticité et disperse les spores. Celui-
ci reste souvent fort long-temps adhérent au
petit calice, ce qui produit un joli coup d’œil.
h1 Arcyria punicea , Fers., qui est l’espèce
la plus commune, croît sur le vieux bois, et
se fait remarquer par sa belle couleur rou¬
ge ; les autres espèces sont moins brillantes,
mais elles flattent aussi agréablement l’œil
par leur forme et par la délicatesse de leur
structure. (LÉv.)
*ARCYTOPHYLLUM, Willd. Jt>xcu-
0oî, genévrier; <?ÿ//ov, feuille), bot. ph. —
Synonyme du genre Hedyotis, de la famille
des Rubiacées. (Sp.)
* AUDE A. ois. — Nom latin du héron.
Voyez ce mot. _ (C. d’O.)
*ARBÉIBÉES. Ardeidœ ( Ardea , nom
d’un genre de cette famille), ois.— Famille
de l’ordre des Échassiers de Cuvier , répon¬
dant à sa famille desCultrirostres et à celle
des Hérodions de Vieillot. Ses caractères
sont : Grande taille ; bec long, gros et fort ,
comprimé sur les côtés, le plus souvent
droit , tranchant sur ses bords et pointu ,
arqué et grêle dans un seul cas. Cou long
et grêle ; tête et cou ayant souvent des es¬
paces nus et colorés; jambes ayant leur moi¬
tié inférieure dénuée de plumes ; tarses et
doigts longs et robustes ; ceux-ci réunis à
leur base, du moins l’externe et le médian,
par une courte membrane; pouce, ou long,
et appuyant sur le sol dans toute sa lon¬
gueur, ou court , élevé sur le tarse, et l’at¬
teignant à peine à son extrémité.
Cette famille nombreuse, qui renferme la
plupart des grandes espèces d’Échassiers, ne
serait que le représentant des Cultrirostres
de Cuvier , si nous n’avions cru devoir lui
réunir les Ibis, faisant partie de sa famille
suivante (les Longirostres) , parce que ces oi¬
seaux , quoiqu’en apparence très voisins , par
T. II.
ARD
i leur hcc grêle et arque, des Courlis, auxquels
on les réunissait, en diffèrent réellement
par des caractères essentiels qui les rappro¬
chent au contraire de nos Ar déidées. Tels
sont une taille généralement plus forte, des
espaces nus sur la tête et sur le cou, un bec
plus robuste et quadi angulaire à sa base, un
pouce plus long et s’appuyant sur le sol ,
quelquefois des espèces de panaches dor¬
saux formés, comme chez les Tantales, par
les tertiaires à barbes décomposées et pro¬
longées ; un plumage le plus souvent bril¬
lant et à reflets métalliques , et enfin un
caractère anatomique important , qui con¬
siste dans la forme de leur appareil sternal,
fort différent , selon M. Lherminier et d’a¬
près nos propres observations, et tellement
semblable, au contraire, à celui des Spatules,
que ce savant , dans son Essai de la classi¬
fication des oiseaux , a formé de ces deux
genres, d’après la forme du sternum , un
petit groupe à la suite de ses Hérodions
et avant les vrais Échassiers ou Longiro¬
stres de Cuvier , avec lesquels il range les
Courlis.
Quant aux deux genres Courliri et Çaa-
rale, genres vraiment anomaux et à carac¬
tères mixtes , que Cuvier a placés dans ses
Cultrirostres , comme espèces de transition
des Grues aux Cigognes, l’impossibilité de
les faire figurer naturellement dans aucune
de ces deux sous-familles nous a décidé à
en former une nouvelle , faisant partie de
nos Ardéidées , et sous le nom éPAraminèes,
iVAramus, nom latin du Courlan. Notre fa¬
mille ARDEIDEES comprendra donc les
sous-familles grfinées , aroéinées , ci-
CONINÉES, IBISINÉES et AR AMINÉES. Voy.
ces mots. ; __ (Lafr.)
* ARDÉ1NÉES. Ardeinœ (Ardea, nom
d’un genre de cette sous-famille), ois. —
Sous-famille de notre famille Ardéidées ,
répondant au groupe des Hérons de Cuvier,
et ayant pour caractères : Bec plus long que
la tête, robuste, droit, comprimé en carène
arrondie en dessus; dans un seul cas, énor¬
mément large et aplati. Narines recouvertes
d’une membrane, et placées dans un sillon
prolongé. Jambes dénuées de plumes dans
leur moitié inférieure. Tarses très longs ,
scutellés en avant ; doigts longs et forts ,
pouce appuyant en entier sur la surface du
sol ; ongles souvent allongés , peu arqués ,
7
98
ARD
celui du pouce robuste , plus grand et plus
arqué , pouce articulé sur le tarse , un peu
en dedans; ongle du doigt médian serri-
forme sur son bord interne.
Cette sous-famille, telle que nous là con¬
cevons , et dégagée des genres Courliri et
Caurale , qu’il n’était guère possible d’y in¬
troduire, est des plus naturelles ; elle ne se
compose alors que des g. Savacou èt Héron,
ce dernier se subdivisant en diverses sec¬
tions ou sous-genres reconnus depuis long¬
temps , mais que leurs caractères différen¬
tiels trop peu importants n’ont pas permis
de regarder comme genres.
Tous ces oiseaux sont piscivores et repti-
livores , habitants des marais et des bords
des rivières ; ils se perchent et nichent sur
les arbres. Voy. héron et savacou , les
seuls g. que renferme cette sous-famille.
(Lafr.)
ARDENET ou ARDERET. ois. —
Nom vulgaire du Gros-bec des Ardennes,
Fringilla montif ring ilia, L. Voyez gros-
bec. (C. d’O.)
ARDEOL A ( diminutif d 'Ardea ). ois.
— Genre formé par Ch. Bonaparte , dé¬
membré du genre Ardea , et synonyme du
groupe des Hérons Blongios de Vieillot, et
des Crabiers de Cuvier , formés bien anté¬
rieurement ; nous l’admettons comme nom
latin de notre sous-genre Blongios. Voy.
héron. (Lafr.)
*ARDÉOLE. ois.— Nom de l’espèce
du genre Brome. Voyez brome.
(Lafr.)
ARDERELLE , ARDEROLLE ,
ARDEZELLE. ois. — Nom vulgaire de
la Mésange charbonnière, Parus aler, L.
Voy. mésange. (C. d’O.)
ARDERET. ois. — Voyez ardenet.
*ARDINGHELIA. bot. pii. — Com-
merson, dans ses Manuscrits, donnait ce nom
à un genre d’Euphorbiacées, le Kirganelia.
Voy. ce mot. (Ad. J.)
ARDÏSIA (a/Ji't;, pointe, dard, flèche.)
bot. ph. — Genre de la famille des Myrsi-
nacées , type de la tribu des Ardisiées , éta¬
bli par Swartz (Prod., 40), revu et plus
complètement défini par M. A. de Candolle
( Linn . Trans., t. XVII, p. 115) par ces ca-
ract. : Calice 5-fide ou 5-parti. Corolle hy-
pogyne, subrotacée , 5-partie ; lacinies à es¬
tivation imbricatiVe , étalées ou subréflé-
ARD
chies lors de l’anthèse. Étamines 5, insérées
à la gorge de la corolle , et opposées aux
lacinies ; filaments courts , subulés , libres.
Anthères conniventes , libres, ou plus rare¬
ment connées, aussi longues ou plus lon¬
gues que les filaments, dressées , biloculai-
res , triangulaires , aiguës ou acuminées ,
déhiscentes longitudinalement. Ovaire uni¬
loculaire , à placenta basilaire , libre , sub¬
globuleux ; ovules indéfinis , peltés-amphi-
tropes. Style simple , persistant ; stigmate
subulé ou ponctiforme. Baie monosperme.
Graine convexe d’un côté , ombiliquée-con-
cave de l’autre. Embryon arqué ou flexueux
dans un albumen corné , transverse à l’om¬
bilic, à radicule vague. — M. A. de Candol¬
le, dans son travail ( loc . cit.), a sous -divi¬
sé ce g. de la manière suivante : 1° Euar-
disia , sous-divisé ffii - même en a Pyrgus ,
fi Bladiaj 2° Hymenandra; 3° Micranthe-
ra; 4° Tyrbœa ( Voy. ces mots). C’est au
premier de ces sous- genres qu’on doit ra¬
tionnellement rapporter en synonymie les
g. Pyrgus, Lour. ; Jcacorea , Aubl. ; He-
berdenia , Banks; Anguillaria , Gaertn.
( Voy. ces mots ). Les Ardisies sont assez
nombreuses (50 environ). Ce sont des ar¬
bres , des arbrisseaux ou des sous-arbris¬
seaux , propres à l’Asie et à l’Amérique tro¬
picale , dont on trouve aussi quelques rares
esp. au Japon et aux Canaries ; à feuilles
alternes , plus rarement opposées ou ter-
nées, ponctuées, très entières ou plus sou¬
vent denticulées ; à inflorescence paniculée,
tantôt terminale , tantôt axillaire ; à fleurs
blanches ou roses. On en cultive dans les ser¬
res d’Europe plus de vingt esp. , dont une
des plus remarquables est VA. paniculata ,
ornée de feuilles très amples, et de longues
panicu4es de fleurs roses, petites, mais assez
élégantes. ^ (C. L.)
ÂRDISIACÉËS. bot. ph. — Une fa¬
mille fut proposée sous ce nom par A.L.de
Jussieu, et, à peu près dans le même temps,
elle fut établie par R. Brown sous celui de
Myrsinées , qui a plus généralement été ado¬
pté, et auquel, par conséquent, nous ren¬
voyons. (Ad. J.)
ARDOISE, géol. — Voyez phyl-
lade. CC. d’O.)
* ARDOISIER. géol. — Omalius
d’Halloy donne ce nom à un groupe de ter-
| rains qui comprend tous ceux qui présen-
à HL
AKE
99
lent une disposition feuilletée , et ont une
tendance à passer à l’Ardoise. (C n’Q.)
* ARDOPTÈRE. Ardoptera ( ftqfw ,
j’arrose; * rèpov, aile), ins.— Genre de l’or¬
dre des Diptères , division des Brachocères,
subdivision des Tétrachoètes, famille des Ta-
nystomes, tribu des Empides, formé par M.
Macquart aux dépens des g. Tachydromia
de Fallen, et Hemerodromia de Meigen ; il
présente les caractères suivants : Corps fort
étroit. Tête déprimée, ovale ; partie infé¬
rieure portée en avant; trompe conique,
assez épaisse , un peu plus courte que la
tête, et dirigée en avant ; palpes très courts,
couchés. Antennes de deux articles distincts,
le dernier conique. Style allongé. Thorax
cylindrique. Pieds grêles. Ailes étroites ;
nervures marginale et sous-marginale ondu¬
leuses; une seule cellule marginale, trois
sous-marginales, quatre postérieures. M.
Macquart décrit comme type Y Hem. irro-
rata de Meigen, espèce d’Europe , qui se
trouve au mois de mai dans les bois , mais
assez rarement. (D.)
ARDSAKf. ois. — Nom vulgaire du
loriot. Voyez ce mot. (C. d’O.)
ARDUINA (Ârduini, botaniste italien,
1759). bot. pii. — Genre de la famille des
Apocynacées, tribu des Carissées, formé
par Linné , et réuni par les botanistes mo¬
dernes au g. Carissa du même , dont il ne
diffère guère que par des loges monosper¬
mes. Voy. carissa. (C. L.)
AREC. Areca. bot. ph. — Le nom d’A-
reca paraît être donné, dans quelques parties
de l’Inde, à la graine de l’esp. de Palmiers que
Linné a décrite sous le nom d 'Areca Cate-
chu; mais ce nom est loin d’être général
dans les langues du pays : car, suivant les
contrées de l’Asie et même de l’Inde, on
paraît le désigner sous les noms de Fanfel,
de Caunga, de Pinanga , etc. C’est cepen¬
dant de celte désignation vulgaire d? Arec a
que Linné a dérivé le nom du genre qui
nous occupe; on avait, plus tard, réuni sous
ce nom générique quelques espèces améri¬
caines aux espèces asiatiques qui lui avaient
servi de type ; mais une étude plus appro¬
fondie a montré que ces Palmiers américains,
et en particulier celui qu’on désigne sous
le nom de Chou palmiste, aux Antilles, Are¬
ca oleracea, Jacq., doivent être exclus du
genre Areca, et rentrent dans le genre Oreo-
doxa, Willd., g. très voisin, du reste , des
Areca. Les caractères essentiels de ce der¬
nier genre sont d’avoir les Heurs unisexuées,
mais réunies dans la même panicule, qu’on
désigne, dans cette famille, sous le nom de
spadix ou de régime, et contenues, avant la
floraison, dans une spathe simple ou double,
qui les enferme complètement. Les fleurs fe¬
melles sont placées vers la base des rameaux
du régime, en petit nombre, sur chacun de
ces rameaux ; les fleurs mâles sont portées
en grand nombre sur les parties terminales
de ces rameaux. Toutes sont sessiles et mê¬
me enfoncées dans les excavations des ra¬
meaux.
Les fleurs mâles ont un calice à trois lo¬
bes profonds, carénés; une corolle à trois
pétales lancéolés, rapprochés en préflorai¬
son valvaire.
Les étamines sont au nombre de trois ,
six ou douze , et naissent de la base de la
corolle ; les filaments sont subulés et pres¬
que réunis par la base; les anthères ovales ,
sagittées; il y a un rudiment d’ovaire impar¬
fait. Les fleurs femelles ont aussi deux en¬
veloppes florales , mais elles sont plus lar¬
ges et imbriquées ; il n’y a que des rudi¬
ments d’étamine; l’ovaire, ovale, triloculai-
re , est surmonté de trois stigmates sessiles,
distincts , et renferme un ovule fixé dans le
fond de chaque loge.
Le fruit est un drupe charnu, à péricarpe
fibro-charnu, recouvrant une membrane
mince, qui ne présente qu’une seule loge
monosperme.
La graine, ovale, a un périsperme consi¬
dérable, corné, sans cavité centrale, et ru¬
miné, c’est-à-dire pénétré par des prolonge¬
ments fibreux du test ; l’embryon est petit,
et placé à la hase même du périsperme.
Ces Palmiers Gnt une tige élancée , mar¬
quée de cicatrices transversales assez espa¬
cées et sans épines.
Les feuilles sont allongées, pennées, et pré¬
sentent des gaines assez longues et envelop¬
pantes ; les folioles sont nombreuses , plus
ou moins lancéolées, aiguës ; le rachis et le
pétiole sont lisses.
Les régimes naissent à l’aisselle des feuil¬
les, mais ne se développent qu’aprèsla chute
de ces feuilles , et sont ainsi inférieurs aux
feuilles qui couronnent la tige au moment
de la floraison.
100
ARE
ARE
Ces Palmiers étaient très imparfaitement
connus jusque dans ces derniers temps ;
mais Plume , dans l’excellent ouvrage sur
les plantes des îles d’Asie qu’il public sous
le titre de Rumpliia , a fait une étude ap¬
profondie des Arécinées asiatiques, et a don¬
né des Areca un caract. mieux défini, et
dans lequel nous avons puisé la description
précédente. Il en a séparé le genre Pinan¬
ga. qui en diffère par ses fleurs femelles,
disposées dans toute la longueur des ra¬
meaux du spadix, et accompagnées chacune
de deux fleurs males placées sur leurs côtés ;
enfin , il a fait connaître neuf espèces ap¬
partenant au genre Areca proprement dit ,
et croissant tous dans les îles d’Asie , dans
les parties tropicales de ce continent. Quant
aux Pinanga , qui comprennent plusieurs
espèces précédemment classées parmi les
Areca, il en énumère douze espèces, et rap¬
porte avec doute au meme genre les Areca
alba , rubra et crinita de Bory St-Vincent,
croissant aux îles de France et de Bourbon.
L '‘Areca lutescens, du meme auteur, appar¬
tient au genre Hyophorbe de Gærtner.
Mais , de toutes les esp. de ce genre , la
plus remarquable est celle qui, dans l’Inde,
fournit la noix d’Arcc. Elle a été désignée par
Linné sous le nom d 'Areca Catechu, parce
qu’il croyait qu’elle fournissait le Cachou.
Ce nom lui a été conservé , quoiqu’il soit
bien reconnu que c’est une erreur ; Gærtner
la désigne sous le nom d ’ Areca Fanfel, qui
serait plus convenable. Cette esp., répandue
dans presque toute l’Asie équatoriale, mais
qui paraît originaire de la presqu’île de Malac-
ca, a le fruit gros comme un œuf de poule. Le
brou, fibreux et charnu lorsqu’il est frais, et
qu’on mange dans cet état, recouvre une noix
ou graine de la grosseur d’une muscade, ovale,
aplatie à la base, dont lepérisperme est pé¬
nétré par de nombreux prolongements du
tégument de la graine , et présente des mar¬
brures remarquables ; ce périsperme est très
âpre et styptique , et cette saveur le fait
employer, dans toutes les Indes orientales ,
comme masticatoire et probablement com¬
me facilitant la digestion. Mais ce n’est pas
isolé qu’on l’emploie : on en masque la saveur
désagréable au moyen de la poudre de Bé¬
tel , espèce de poivre , et de la chaux. Cette
poudre , ainsi mélangée , est mise dans la
bouche , et la salive qui l’humecte d’abord
est rejetée pour enlever l’excès de chaux,
dont la causticité serait dangereuse; ensui¬
te on conserve la pale dans la bouche en
avalant le suc qu’on en extrait, jusqu’à ce
qu’elle soit devenue insipide.
Les Orientaux portent habituellement sur
eux cette poudre préparée, et en font un
usage fréquent. ^ (Ad. B.)
* ARECINEES. Arecinæ. bot. piï.—
Tribu de la famille des Palmiers, à laquelle
M. Martius rapporte les genres Chamœdo-
rea , Willd.; IJyospathe , Mart.; Moreriia,
Ruiz et Pay.; Kunthia , H. et B.; Hyophorbe ,
Gærtn. ; Leopnldinia , Mart. ; Euterpe ,
Mart. ; OEnocarpvs , Mart. ; Oreodoxa ,
Willd. ; Areca , L. ; Dypsis, Norouh. ; Sea-
forthia, R. Br. (Ptycliosperma, Labill.) ,
Orania , Blume ; Harina, Hamilt. ( Walli -
chia, Roxb. , non Ï)C. ); Iriartea, R. et P.
( Ceroxylon , H. et B.) ; Ârenga, Labill. (Sa-
guerus , Roxb., Blume); Caryota, L.
M. Blume a formé une tribu distincte, sous
le nom de Caryotinœ, des genres Caryota ,
Orania, Saguerus et Ptycliosperma, et pro¬
bablement de quelques autres de la fin de
l’énumération précédente , tels que Harina
et iriartea.
Il a , au contraire , ajouté à la tribu des
Arécinées proprement dites les nouveaux
genres Oncosperma, Kentia, Pinanga , Cyr-
tostachys, Calyptrocalyx et Iguanura.Yoy.
ces mots et palmiers. (Ad. B.)
AREBULA. ois. — Synonyme latin du
nom de l’Hirondelle de cheminée , Hirun-
do rustica, L. (C. d’O.)
AREGMA (à priv.; pîypx , rupture).
bot. cr. — Fries ( Systema mycol. , vol.
III, p. 403) donne ce nom au g. Phragmi-
dium, parce que les spores , ou plutôt les
sporanges , supportés par de longs péri icel¬
les, sont indéhiscents. Voy. phragm!-
DIUM. (LÉV.)
*ARELINA. bot. pii.— Synonyme du
genre Stobœa de la famille des Composées.
(J. D.)
AREMONIA, Neck. [Elem., 768). —
Amonia, Nestl. ( Monogr . Potent.). — Agri-
monioides , Tourn. — Spallanzania, Pol-
lin. Giorn. di fisic. Pav. , 1816, p. 187,
cum icône, bot. pu. — Genre de la famil¬
le des Rosacées , tribu des Dryadées (famil¬
le des Dryadrées , Bartl.). Ce g. , constitué
par une seule espèce ( A. agrimonioides
ARE
101
DC. — Agrimonia agrimonioides , L., plante
indigène d’Italie ), est très voisin des Aigre-
inoines, et offre pour caract. distinctifs :
Involucre caliciforme , 5-ou G -fi de. Tube
calicinal oblong; limbe 4-ou 5-fidc , urcéo-
lc , à gorge bouchée par les styles ; seg¬
ments garnis à leur base d’une dent finale¬
ment spinescente. Pétales 4 ou 5. Etamines
5 - 10. Pistil de 2 ovaires distincts. Styles
terminaux. Akènes ( en général solitaires
par%avortement ) submembranacés, recou¬
verts par le tube calicinal , devenu globu¬
leux et presque osseux, 5-spinelleux au
sommet. Graine appendante. ■ — Herbe vi¬
vace. Feuilles imparipennée's ; folioles den¬
telées , subsessiîes : les inférieures petites ;
les suivantes graduellement plus grandes.
Fleurs petites , jaunes , en eymes termina¬
les ; limbe calicinal persistant , à segments
connivents après la floraison. (Sp.)
* ARENACE. Arenàceus ( arena , sable).
géol. polyp. — On donne cette épithète
aux roches friables, composées de petits
grains se désagrégeant facilement, et ayant
l’aspect du sable. On dit : Dépôt arénacé ,
structure arénacée , etc.
Le même nom a été donné à un Polypier,
le F lustra arenacea , parce qu’il construit
à la surface du sable des cellules irréguliè¬
res. ^ r (C. b’O.)
* ARÉNACÉES. Arenaceœ. géol. —
M. Brongniart désigne sous ce nom un grou¬
pe de roches friables, de texture grossière,
et se désagrégeant facilement. (C. b’O.)
* ARÉNAIRE. Arenarius (arena, sa¬
ble). zool. bot. — Ce nom s’applique,
comme spécifique, à tous les êtres organisés
qui vivent dans les sables; ainsi nous trou¬
vons, en zoologie, le Mus arenarius , petit
mammifère de l’ordre des Rongeurs, qui vit
dans les plaines sablonneuses; parmi les in¬
sectes, le Sphex sabulosa , Vîulus sabulo-
sus ; dans la classe des Mollusques, la Septa-
ria arenaria, etc., qui ne vivent qu’au milieu
des sables. En botanique , on trouve un
grand nombre de plantes qui prennent cette
épithète, parce qu’elles ne croissent que
dans les sables et les terrains secs et arides :
tels sont le Phleum arenarium, YElymus
arenarius , la Viola arenaria , etc.
(C. d’O.)
ARENAIRE. Arenaria ( Arenarius ,
qui vit dans le sable), moll.— Sous le nom
ARE
de Ligula, Montagu, dans su Conchyliologie
d'Italie , a proposé un genre très voisin des
Lulraires et des Amphidesmes. Long-temps
après» M. Mégerle, dans sa Classification des
coquilles bivalves , publiée en 1811 dans le
Bulletin de Berlin, a formé un genre Are¬
naria qui correspond exactement au genre
Ligule de Montagu. Le genre Arénaire doit
donc disparaître de la nomenclature , quel
que soit le sort ultérieur des Ligules. Voy.
LIGULES et LUTRAIBES. (ÜESIÏ.)
ARENARIA. ois. — Nom donné par
quelques ornithologistes au Sanderling
( Charadrius calidris , L.), et par Brisson au
Tournepierre, T ring a morinella, L. Voy.
SANDERLING et TOURNEPIERRE.
(C. B’O.)
ARENARIA, Linn. ; vulgairement SA-
BLINE (arena, sable). — Eremogone , Fenzl.
— Gouffeia , Robiil. et Cast. bot. pii. —
Genre de la famille des Caryophyllées (sous-
ordre ou tribu des Alsinées, section des Aré-
nariées , Fenzl). M. Fenzl (in Endl. Gen.
Plant., p. 967) en circonscrit les caractères
ainsi qu’il suit : Calice 5-parti , à segments
herbacés , dressés , opprimés après la florai¬
son. Corolle (quelquefois nulle) de 5 pétales
périgynes , très entiers , ou denticulés , ré¬
tus ou éehancrés. Bisque (quelcjtiefois inap¬
parent} à glandules périgynes ou subhypo-
gvnes , mcmbranacécs ou charnues , di¬
stinctes , le plus souvent tronquées ou à 3
bosses. Étamines 10, toutes fertiles, insé¬
rées au disque ; filets subuîés ou sétacés , li¬
bres ; anthères 2-thèques, longitudinale¬
ment déhiscentes. Ovaire 1-loculaire, pauci-
ou multi-ovulé ; ovules amphitropes , atta¬
chés à un placentaire central columnaire ,
libre. Stigmates 2 ou 5 (rarement 4 ou 5),
filiformes. Capsule mcmbranacée , ou char-
tacée, ou crustacée , globuleuse ou ovoïde,
i-loculaire , en général polysperme, s’ou¬
vrant d’abord au sommet par deux fois au¬
tant de dents qu’il y avait de stigmates,
puis en deux ou trois valves 2-dentées ou 2-
fides. Graines lenticulaires, piriformes, ou
globuleuses, scabres , ou rugueuses, opa¬
ques ( par exception lisses et luisantes ) , à
hile sans strophiole. Embryon annulaire ,
périphérique ; cotylédons incombants ou
moins souvent obliquement accombants ;
radicule souvent saillante. — Herbes (quel¬
quefois suffrutescentes à la base) en général
102
A HE
ARE
basses , diffuses ; fleurs soit solitaires \.di-
chotoméaires et terminales , ou axillaires et
terminales), soit disposées en cyme feuilléc
ou bractéolée, corymbiforme ou panicu-
lée ; pétales blancs ou très rarement pour¬
prés. — M. Fenzl sous-diyise les Ârcnaria
en 6 sous-'genres , savoir : Eremogone,
Euthalia, Porphyrantha , Gouffeia et
Dicranilla ( Voy . ces mots) ; mais plusieurs
de ces groupes peuvent être considérés à
tout aussi juste titre comme des genres di¬
stincts.
Beaucoup d 'Ârenaria, des auteurs sont à
transférer dans différents autres genres
[Voy. Alsine, Sabulina , Honkeneya,
Merckia, Bolophragma , Mœhringia , Ho-
losteum et Lepigonum). La plupart des vrais
Arenaria habitent les contrées extra-tro¬
picales de l’hémisphère septentrional ; le
genre paraît manquer absolument dans la
Nouvelle - Hollande et dans la Polynésie.
(Sp.)
*ARENARÎUM, Seringe, in DG. Prod.
sub Arenaria. bot. pu. — Synonyme du
genre Lepigonum, Fries, de la famille des
Caryophyllées. (Sp.)
* ARENARIUS. ins. — Nom donné
par Yoët à un genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Carabiques , qui corre¬
spond au genre Cicindela de Linné. Voy.
ce mot. (D.)
ARENRALÏTE (d’Arendal , nom de
lieu), min. — Nom d’une variété d’Epidote,
qu’on trouve à Arcndal , en Norwége. Voy.
épidqte. (Del.)
ARENDOULO. foïss. — Dénomina¬
tion vulgaire , selon M. Risso, de l’Exocet
sauteur {Ex. exsiliens. H.), àNices. (Val.)
ARENDRANTE (Gomme d’). bot.—
Voyez copal. (G. d’O.)
ARENG. bot. pu. — Nom vulgaire, à
Java, d’un Palmier dont Labillardière a for¬
mé le g. Arenga. Ce meme Palmier, d’après
Rumphius , est désigné par les Malais sous
le nom de Gomuto, et habituellement par le
nom portugais de Sagueiro. Rumphius en a
dérivé le nom latin de Saguerus , sous le¬
quel il l’a décrit et figuré, Ge dernier nom a
été adopté avec raison , comme le plus an¬
cien nom scientifique, par Roxburgh et Blu-
me. Celui (Y Arenga a été conservé parMar-
tius dans son Histoire des Palmiers. Voy.
SAGUERUS. (Ad. B.)
ARENGA. bot. pii. — Nom de l’Areng
de Java , adopté comme nom générique de
ce Palmier par Labillardière. Cette espèce
ayant déjà été désignée par Rumphius sous
le nom de Saguerus, ce nom a été adopté
de préférence par plusieurs auteurs. Voy.
SAGUEF.VS. (Ad. B.)
ARÉNICOLE. Arenicoja ( arena ,
sable; colere , habiter ). année. — Genre
d’Ànnélides sétigères errantes, établi par La-
marck , et dont l’espèce type avait reçu de
Selon la dénomination de Lumbricus ma-
rinus, adoptée par Linné, et de Pallas
celle de Nereis lumbricoides. Boucher d’Ab¬
beville indiqua le premier, en 179S, que cette
espèce de Ver devait former un genre à part.
Les Arénicoles, dont on a fait une famille
à part sous le nom d’Arénicoliens , ont les
caractères génériques suivants : Corps allon¬
gé, fusiforme, à tête peu distincte, sans yeux
ni antennes ni mâchoires ; bouche entourée
de papilles subradiaires ; anneaux du corps
subdivisés en segments secondaires; les an¬
térieurs sans branchies , ceux de la partie
moyenne branchifères, au nombre de treize
à vingt; les postérieurs apodes, constituant ce
que l’on peut appeler l’abdomen ; le thorax
étant formé par les anneaux antérieurs et mé¬
dians ; pieds composés de deux rames : l’une,
dorsale, représentant un tubercule, garnie
d’un faisceau de soies simples et subulées ;
l’autre , ventrale , en mamelon transverse ,
armé d’une rangée de soies à crochets ; anus
terminal, dépassé par un demi-anneau.
Les Arénicoles ont été souvent étudiées
sous le rapport de leur organisation. Pallas,
Cuvier, Everard Home, et plus récemment
Milne-Edwards et Grube , s’en sont succes¬
sivement occupés. Leur tube digest if s’étend
en ligne droite de la bouche à l’anus. Sa
largeur est assez considérable à l’endroit où
le corps se renfle, et l’est encore davan¬
tage au dessous des vésicules jaunâtres qui
constituent le foie. On y distingue trois par¬
ties : 1° une trompe protractile couverte de
papilles , et présentant à l’une de ses extré¬
mités l’ouverture buccale; 2° l’œsophage, ou
pharynx, qui fait suite à la trompe, et con¬
siste en un tube s’étendant jusqu’à la hau¬
teur des vésicules hépatiques; 3° l’intestin
proprement dit , qui fait suite à une dilata¬
tion stomacale. Cet estomac présente une
foule de petits sacs vésiculeux, que M. Grube
ARE
ARE
103
regarde comme destinés à l’absorption de la
substance nutritive, et qui, d’après M.Milne-
Edwards , sont , au contraire, des organes
biliaires. D’après ce dernier observateur, la
circulation, dont les organes ont été étudiés
par G. Cuvier et Ev. Home, et, depuis, par
M. Grube, a lieu comme si les branchies fai¬
saient l’office de cœur à l’égard du sang
contenu dans le système vasculaire dorsal ,
et le cours de ce liquide , dans le système
circulatoire ventral , est déterminé par les
battements de deux réservoirs contractiles
placés vers le tiers antérieur du corps. Ces
réservoirs méritent , à tous égards , le nom
de cœurs. Une partie remarquable des vais¬
seaux constitue autour du canal alimentaire
un réseau qui déverse dans deux vaisseaux
rampant sur les côtés de ce canal , et qui
font l’office de veines caves. Ils montent jus¬
que vis-à-vis le bas de l’œsophage , et là ils
font une inflexion pour communiquer avec
la grande artère dorsale , en traversant les
renflemements cordiformes cités plus haut.
Le vaisseau dorsal va en diminuant à mesure
qu’il s’approche des extrémités antérieure
et postérieure ; il donne des vaisseaux laté¬
raux en nombre proportionné à celui des
branchies. Celles-ci ont la forme d’arbuscu-
les ou d’aigrettes, composées de huit à dix
brins principaux , qui partent d’une base
commune et s’écartent en se courbant légè¬
rement. Chacun de ces brins , dit Cuvier
(Dict. des sc. nat., t. II, p. 474), porte une
douzaine de petites branches qui se subdivi¬
sent deux à trois fois en petits rameaux. Tout
cet appareil ne se peut bien voir que pen¬
dant un instant très court, pendant lequel il
est étendu en tous sens et d’une belle cou¬
leur rouge. L’instant d’après , il s’affaisse
sur lui-même ; toutes ses branches se ploient,
il pâlit et devient tout à fait gris.
A la partie antérieure du corps sont, de
chaque côté, des bourses noirâtres dont Cu¬
vier admet cinq paires et dontM. Grube porte
le nombre à six , la paire postérieure étant
parfois si peu prononcée, qu’il est diffici¬
le de l’apercevoir. Toutes sont placées dans
un sillon étroit, situé à la partie inférieure de
la couche musculaire, à partir du quatrième
faisceau de soie jusqu’au dixième. Elles s’ou¬
vrent par une fente étroite , au dessous et
un peu en arrière des faisceaux de soies des
mamelons inférieurs. Ces bourses servent
probablement de testicules. D’après M. Gru-
bc, les ovaires seraient situés dans la cavité
ventrale, où les œufs nagent au milieu d’un
fluide épais et trouble, dans lequel ils sont
en quantité si prodigieuse , qu’à la partie
postérieure du corps ils remplissent presque
tout l’espace compris entre l’intestin et la
couche musculeuse. Le véritable siège des
ovaires serait plusieurs vaisseaux qui naissent
fasciculairement du tronc ventral placé sous
l’intestin. Ces vaisseaux , examinés à un
grossissement de cent fois , paraissent plus
épais dans des endroits et plus minces dans
d’autres ; autour de chacun d’eux semble
s’être entortillée une masse bourgeonnéc,
tendre et membraneuse , qui ressemble aux
ovaires des Pléiones lorsqu’ils sont vides ;
mais il faudrait , pour en décider, étudier
des Arénicoles vivantes. A la face ventrale
du corps existe une fente par laquelle les
œufs peuvent sortir du corps, en traversant
la couche musculaire.
Ces Annélides , dans plusieurs points de
leur organisation , se rapprochent assez des
Siponeles, avec lesquels ils ont même cer¬
taines analogies de formes et d’hâbitudes.Ils
vivent , ainsi que l’indique leur nom , dans
le sable des bords de la mer, à la limite des
basses eaux, et ils se tiennent dans un tube
fort profond, communiquant au dehors par
ses deux extrémités.
L’Arénicole ordinaire, A. piscatorum ,
Lamk. , a 24 à 50 centimètres de longueur,
et ses branchies sont toujours au nombre de
treize. On la trouve sur nos côtes de l’O¬
céan et dans quelques localités de la Médi¬
terranée ; mais elle n’est pas également com¬
mune partout. Les pêcheurs recherchent cet¬
te espèce pour amorcer leur ligne, et la con¬
sidèrent comme le meilleur appât pour le
poisson de met : aussi sont-ils obligés, dans
les lieux qui ne la produisent pas, d’en faire
venir de quelque autre point. On trouve
l’Arénicole à 50 ou 60 centim. dans le sable ,
et sa retraite se découvre par de petits sil¬
lons ou des cordons de sable dont le ver s’est
vidé , qu’il laisse derrière lui , et qui abou¬
tissent à l’ouverture de son trou. Comme sa
galerie est assez profonde, il faut lui couper
la retraite si l’on veut s’en emparer. La
couleur extérieure de l’Arénicole est rou¬
geâtre, changeant en vert foncé. Lorsqu’on
1 la touche , elle sécrète une liqueur jaune
104
ARE
ARE
de bile qui tache les doigts. MM. Audouin
et Edwards rapportent à l’Àrénicole des pê¬
cheurs les A. carbonaria, Leach, et À. cla-
vatus , Ranzani , et désignent sous le nom
d’A. branchiales une espèce, de Saint-Malo,
qui a dix-neuf paires de branchies au lieu de
treize. M. Johnston {London’’ s magaz.) a-
joute VA. ecaudata, qui est des mers d'An¬
gleterre. (P. G.)
* ARÉNICOLE. Arenicolus {arma,
sable; colo , habiter), züol. — Qui vit dans
les endroits sablonneux. Exemple : Lacerta
arenicola. (C.d’O.)
*AR ENICOLES. Arenicolœ. ins. -La-
treille, dans ses familles naturelles, désigne
ainsi une division de la tribu des Scarabéi-
des dans la famille des Lamellicornes, ordre
des Coléoptères pentamères, et M. Delaporte
érige cette division en tribu {Buffon-Dumé-
nil , t. II, p. 99 , en lui assignant les mêmes
caractères que Latrcille, à quelques modifi¬
cations près. Ces caractères sont : Antennes
de neuf à onze articles , les trois derniers
formant la massue. Mandibules cornées ,
presque toujours visibles et arquées. Lobe
terminal des mâchoires droit. Labre coriace
et débordant souvent le chaperon. Palpes
labiaux terminés par un article plus grand.
Elytres recouvrant entièrement l’abdomen.
Pattes postérieures très reculées en arrière.
Cette tribu se divise en trois sous-tribus.
La première, les ægialites, ne comprend
que le genre Ægialia; la seconde, les géo-
trupites , se compose des genres Lethrus ,
Geotrupes , Athyreus, Elephaslomus, Ocho-
dœus et Bolboceras; la troisième, les tro-
gites, renferme les genres Cryplodus , Me-
chidius, Trox , Hybosorus , Geobius , Phœo-
chrous et Acanthoceras.
Les Arénicoles ont à peu près les mêmes
mœurs que les Coprophages ; ils vivent dans
les bouses, s’enfoncent profondément dans
la terre pour y déposer leurs œufs, et volent
le soir par un temps serein; la plupart affec¬
tionnent les endroits sablonneux.
( D. et C. )
* ARÉNICOLIENS 'd’ArénieoIe). an¬
née. — MM. Audouin et Milne - Edwards
nomment ainsi {Ann, des sc. nat., lr sé¬
rie, t. XXX, p. 418) la famille d’Annélides
qui renferme les Arénicoles. Les caractères
de cette famille sont résumés ainsi qu’il suil
par ces auteurs : Pieds d’une seule espèce.
armés de soies à crochets aussi bien que de
soies proprement dites. Point de cirrhes, de
tête distincte, d’antennes, de mâchoires ni
d’yeux ; des branchies en arbuscules sur la
portion moyenne du dos.
M. Savigny {Syst. des Ann. , p. 95) don¬
nait à la famille des Arénicoles le nom de
Téléthuses. M. de Blainville les place dans
le même ordre que les Clymènes, et n’ad¬
met pas {Dict. des sc. nat., t. LVII , p. 445 )
qu’on doive en faire une famille à part.
(P. G.)
* ARENICOLÎNS. Arenicolia. an-
nél. — Sous-famille d’Annélides , dans la¬
quelle M. Rafinesque ( Analyse de la na¬
ture) place, outre le g. Arénicole, les g.
qu’il nomme Prolomedea, Chrysaora, Ne-
lidus , Abarbaris, Euryurus. (P. G.)
* ARÉNIFÈRE. Areniferus { arena ,
sable; fero, je porte), géol. — On donne
cette épithète aux roches qui contiennent
accidentellement des grains de sable.
(C. D’O.)
* ÀRÉNÎ FORME. Areniformis { are¬
na, sable; forma, forme). — Qui ressem¬
ble à du sable. Exemple : Mélange aréni-
forme. (C. d’O.)
* ARENOCORÎS. ins. — Genre de la
famille desCoréens, groupe des Coréites, de
l’ordre des Hémiptères, établi par Haller
{Wanzenartig. insect.), et caractérisé prin¬
cipalement par un corps ovoïde, déprimé,
avec le thorax sans dilatation, et par les an¬
tennes , ayant leur premier article aplati , le
second et le troisième grêles, celui-ci le
plus long et le quatrième renflé. Ce genre,
correspondant à celui de Pseudophlœus de
Burmeister, ne renferme que quelques espè¬
ces indigènes, de moyenne taille et de cou¬
leur sombre, dont le type est 1\4. Fallenii
{Coreus Fallenii, Schilling). (Bl.)
AREODA. ixs. — Genre de l’ordre des
Coléoptères pentamères, famille des Lamel¬
licornes, tribu des Scarabéides, établi par
Mac-Leay {Horœ entomolog., p. 159) aux
dépens du g. Rutèle de Latreille, et auquel
il assigne les caractères suivants : Antennes
de dix articles ; le basilaire oblong, conique,
velu ; le second court , presque globuleux ;
l*>s cinq suivants courts ; les trois derniers
réunis en forme de massue allongée, presque
lancéolée. Labre corné , avec le bord épais
antérieurement, profondément échancré à
ARE
ARE
105
sa partie inférieure. Mandibules cornées,
fortes, presque triangulaires, planes en des¬
sus, avec le côté externe entier, arrondi ;
l’interne cilié et échancré , à peine tridenté
au sommet. Mâchoires fortes, cornées, gar¬
nies de six dents au sommet. Palpes maxil¬
laires ayant l’article basilaire Court, le second
allongé, conique; le troisième court, coni¬
que ; le dernier allongé , ovale où cylindri¬
que, et terminé en pointe peu aiguë. Palpes
labiaux insérés aux côtés du menton , avec
leur dernier article presque ovoïde. Menton
presque carré , Un peu rétréci vers le som¬
met, avec les angles arrondis. Tête presque
carrée ; les côtés du chaperon arrondis, avec
le bord réfléchi. Corps ovale, convexe. Les
élytres ne couVrànt pas entièrement l’abdo¬
men. Prothorax presqile trapézoïdal, deux
fois plus large que long à sa base. Ecusson
médiocre, en forme de cœur tronqué. Ster¬
num s’avançant jusqu’à l’origine de la se¬
conde paire de pattes. Pieds assez robustes ;
jambes bidehtées; crochets des tarses sim¬
ples.
M. Dejean a admis ce genre dans son
dernier Catalogue, et y rapporte six espèces,
dont, cinq du Brésil, et une de l’Amérique
septentrionalë, qui se trouve aussi a la Gua¬
deloupe ; toutes sont remarquables par leurs
reflets brillants et métalliques. Nous n’en
citerons qu’une : VAreoda Kirhyi, figurée
dans Y Iconographie du Règne animal de
Cuvier , par M. Guérin, pl. 24 bis, fig. 10.
(D. etc.)
* ARÉOLAIRE. Areolaris. bot. —
Cette expression s’emploie souvent comme
synonyme de cellulaire . (C. d’O.)
*ARÉOLATION. Areolatio. bot.cr.
— Forme que revêtent les mailles d’un ré¬
seau cellulaire quelconque. Voyez aréole.
(C. M.)
* ARÉOLE. Areola [area, aire, surface ;
areola , petite aire), zool. bot. — On don¬
né ce nom aux plaques écailleuses qui cou¬
vrent la boîte osseuse des Chélonicns.
üirby appelle ainsi les espaces que lais¬
sent entre elles les nervures des ailes des
Diptères.
11 est employé en général comme synony¬
me de cellule ou de petite cavité.
(C. d’O.)
Dans les Cryptogames, on nomme ainsi :
1° les petits espaces circonscrits par des !!-
T. II.
gnes colorées ou saillantes , des crevasses 9
des fentes, etc., qu’on observe soit à la sur¬
face des Algues membraneuses , soit sur les
croûtes de certains Lichens, comme le Le-
cidea geographica ; 2° les mailles dont est
composé le réseau des feuilles des Mousses
et des Hépatiques. (C. M.)
ARÉOLE, rept. — Espèce terrestre
du genre Tortue. (C. d’O.)
* AREOLÉ. Areolatus. bot. — Mar¬
qué de rides ou de rugosités peu apparentes.
^ (C. d’O.)
ARÈQUE. bot. piï. — Voyez arec.
ARÉQUIER. bot. pu.-— Voyez arec.
(Ad. B.)
*ARESCUS («/î£crz&?, agréable), iss.—
Genre de Coléoptères tétramères, famille
des Cycliques, Latr. , ou Chrysomélines ,
Dej. , tribu des Cassidaires , Latr. , éta¬
bli par M. Perty, qui lui donne pour ca¬
ractères principaux : Antennes renflées vers
l’extrémité, ayant leur article basilaire ar¬
mé d’un ongle. Ecusson avancé. Corselet
carré. Elytres nautiques. — Ce genre, voisin
des Hispes , est fondé sur une espèce du Bré¬
sil , nommée par l’auteur Arescus labia -
tus, et figurée et décrite dans un ouvrage
qui a pour titre : Delectus animalium arti-
culatorum quœ in itinere per Brasiliam,
annis 1817-1820 , colligerunt Boctor J.
B. de Spix et Boctor C. F. Pli. de Mar-
tius , Monachii, 1850, p. 101, tab. XX, fig. 7.
Ce genre correspond à celui que Gray a
nommé Chelobasis ( The anim. kingdom,
t. XV, Ins., vol. Iï, p. 140, pl. 67, fig. 4, et
pl. 101, fig. 4, 1852); il ne se composait que
de deux espèces originaires du Brésil ; mais
M. Guérin-Méneville, dans son Iconogr. du
règne anim., en a fait connaître deux autres,
provenant de la Colombie. L’espèce type est
VA. labiatus de Perty. (D. et C.)
ARÊTE. Arisla. Acies. zool., bot.,
géol. — En zoologie , on appelle ainsi les
os longs et minces qui forment la charpente
des poissons. Voy. os. — En botanique, on
désigne sous ce nom , dans les végétaux ,
toute partie de la fleur qui , sous la forme
d’une pointe plus ou moins raide, n’est ordi¬
nairement que là continuation d’une des
nervüres ; mais , dans la famille des Grami¬
nées , ce mot a reçu une signification plus
précise et plus distincte. Palissot de Beau¬
voir a Cherché le premier à bien distinguer
7*
106
ARE
ARE
dans les plantes de cette famille l’arête ( a-
rista) de la soie ( seta ). L’arête est un pro¬
longement filiforme, raide et coriace, nais¬
sant brusquement sur le dos ou au sommet
des valves de la glume, tandis que, selon le
même botaniste , la soie serait une prolon¬
gation manifeste d’une des nervures. L’arête
en diffère donc par son insertion brusque ,
par sa consistance dure et coriace, et parce
que, le plus souvent, elle est coudée et tor¬
due en spirale à sa base. Le Blé, le Seigle,
l’Orge, l’Avoine, ont une arête. Voy. gra¬
minées. (A. R.)
En minéralogie et en géologie, c’est la
ligne formée par la réunion de deux surfa¬
ces inclinées l’une sur l’autre. (C. d’O.)
ARETHUSE. acal.— Nom que Brown
emploie, dans son Histoire de la Jamaïque ,
pour indiquer le g. nommé depuis Physa-
lus par Osbeck. Voy. physale.
(P. G.)
ARETHUSE. Arethusa (nom mythol.).
foram. — Montfort ( Conchyl . syst., p. 302) a
formé, sous ce nom, un g. de Coquilles mul¬
tiloculaires sur une figure de Soldani {Test.,
t. 107, fig. II). C’est, à notre avis, une esp.
indéterminable de notre ordre des Enallo-
stègues, mais dont on ne peut avec certitude
déterminer le genre. (A. d’O.)
ARETHUSE. Arethusa (nom myth.).
bot. pii. — Genre de la famille des Orchi¬
dées , type de la tr. des Aréthusées , qui ne
se compose que d’une seule esp., V Arethusa
bulbosa, L. Lamk., 111., tab. 729, f. 1 ; Bot.
mag., t. 2,204. Les caract. de ce g. sont
les suivants : Les trois sépales externes sont
colorés, adhérents entre eux par leur base,
redressés et réunis en casque; les deux in¬
térieurs et latéraux sont concaves et rap¬
prochés à la face interne des sépales exté¬
rieurs. Le labelle , soudé à sa base avec le
gynostème, est creux dans sa partie moyenne,
et présente une portion saillante et velue.
Le gynostème est dilaté et pétaloïde dans sa
partie supérieure.
L' Arethusa bulbosa est originaire de l’A¬
mérique septentrionale; c’est une petite
plante terrestre, dépourvue de feuilles, ayant
une hampe terminée par une fleur purpurine
assez grande. __ (A. R.)
^ARÉTHUSÉES. bot. pii. —C’est la
cinquième tribu établie dans la famille des
Orchidées par M. Lindley ( Gcn . et sp. Or¬
chid., p. 581). Voici les caractères qui lui
ont été assignés parce savant botaniste: Le
pollen est pulvérulent ou ses grains sont
réunis en lobules très petits par une ma¬
tière élastique. L’anthère est terminale, en
forme d’opercule , persistante ou caduque.
Ce sont des plantes herbacées, variées dans
leur port , généralement terrestres , rare¬
ment épidendres et parasites ; elles habitent
principalement les régions tempérées de l’un
et de l’autre hémisphères, et particulièrement'
de l’hémisphère austral. Jusqu’à présent
elles n’ont point encore été observées en
Afrique. Quelques unes , ayant le port des
Orobanches, vivent , comme elles, en para¬
sites, sur la racine des autres végétaux. Les
feuilles, généralement allongées, sont mem¬
braneuses , quelquefois réticulées , d’autres
fois plissées longitudinalement; ou elles sont
coriaces, épaisses et charnues.
M. Lindley réunit aux Aréthusées , pour
n’en former qu’une simple section, la tribu
des Gastrodiées , établie par Rob. Brown ,
et celle des Vanillacées, qu’il avait lui-même
considérée comme distincte. Il résulte de là
que la tribu des Aréthusées se partage en
trois sections, de la manière suivante :
1° Gastrodiées : Pollen sectile, composé
de lobules adhérents par une matière élasti¬
que; stigmate placé à la base du gynostème.
2° Euaréthusées : Pollen granuleux ou
pulvérulent ; stigmate placé au sommet du
gynostème ; feuilles engainantes.
3° Vanillées : Pollen pulvérulent, granu¬
leux, ou comme pulpeux; stigmate placé au
sommet du gynostème; feuilles généralement
sans gaines, réticulées, articulées à la tige.
(A. R.)
ARETIA(J5. Aretius, botaniste suisse,
1561 ). bot. ph. — Genre de la famille des
Primulacées, formé par Linné, et réuni par
les botanistes modernes, comme section, au
g. Androsace du même auteur ; il ne diffère
de ce g. qu’en ce que ses pédoncules sont
uniflores, les fleurs sans involucre , l’ovaire
o-8-ovulé. (G. L.)
* ARETIASTRUM ( qui ressemble à
un Aretia ). bot. ph. — Section du genre
Valériane , caractérisée par ses fleurs jau¬
nes presque cachées sous les feuilles supé
rieures, qui sont imbriquées et disposées
en rosette comme celles des Joubarbes. —
Les deux plantes qui constituent cette sec-
ÀRG
ARG
107
lion sont particulières à l’Amérique : l’une
habite les hautes montagnes du Pérou;
l’autre, les îles Malouines et Falkland.
(J. D.)
* ARFWEDSONITE (d’Arfwedson ,
nom d’un chimiste suédois), min. — M.
Brookc a décrit, sous cette dénomination, un
minéral noir, que MM. Mitscherlich et Arf-
wedson ont reconnu ensuite pour être une
variété de l’Amphibole hornblende. Voyez
AMPHIBOLE. (Del.)
ARGALA. ois.— Nom d’une espèce de
grande Cigogne à cou nu, du genre Mara-
bou de Lesson. Voyez marabou. (Lafr.)
ARGALI ( ovis fera siberica, Pall., Spi-
cil., XI). mamm. — Le mot Argali, dérivé
d’an/a, crête de montagne, est le nom
mongol d’un Mouton sauvage qui habite les
montagnes par lesquelles la Sibérie est bor¬
née du côté du midi. Les Russes, lorsqu’ils
commencèrent à étendre leurs conquêtes
dans ces tristes régions , rencontrant un
animal qui n’avait point de nom dans leur
langue, car il ne se trouve dans aucune des
provinces dont se composait l’ancien empire
moscovite , adoptèrent en général le, nom
mongol ; cependant ils ont fait quelquefois
usage des noms composés , tels que Dikoï
Bar an ( Mouton sauvage ) , Kammcnoï Ba-
ran (Mouton de montagne) , et Stepnoï Ba¬
ron (Mouton des steppes). Ce dernier nom,
on peut le remarquer en passant, est tout à
fait impropre : car, bien que l’Argali, dans
certaines localités , s’avance chaque année
assez loin dans les steppes , on le voit tou¬
jours , à une époque déterminée , regagner
les montagnes ; dans beaucoup de lieux mê¬
me , il ne les quitte jamais , et toutes ses
migrations se réduisent à passer, suivant les
saisons , des vallées au sommet des monta¬
gnes. Dans ce cas , il habite en général plus
haut l’hiver que l’été , ce qui est précisé¬
ment le contraire de ce qu’on s’attendrait
d’abord à trouver ; mais cette apparente bi¬
zarrerie s’explique aisément quand on songe
que les vallées dans lesquelles croissent les
plantes que l’animal préfère commencent ,
en automne , à s’encombrer de neige , tan¬
dis que les sommets escarpés où il cherche
alors un refuge , étant toujours balayés par
les vents , restent plus ou moins complète¬
ment dégagés. Malgré leur stérilité ,- ces ré¬
gions lui fournissent , dans les lichens qui
tapissent les rochers, dans les gazons secs
dont les pentes les moins abruptes sont re¬
couvertes , et dans les jeunes pousses des
arbustes dont les racines pénètrent entre les
pierres , une nourriture facile , quoique peu
substantielle.
Nous disions tout à l’heure que l’Argali a
été connu des Russes à l’époque où ils ont
commencé à s’étendre, du côté de l’orient ,
dans les pays occupés par les Mongols. Gela
n’est peut-être pas absolument exact, et il
est à croire qu’ils ont pu entendre parler de
l’animal dans des temps beaucoup plus re¬
culés, lorsque c’était le tour des peuples
mongols de s’avancer en conquérants vers
la Russie ; mais quand les envoyés des prin¬
ces moscovites suivaient humblement la
cour nomade des fils de Gengis-Khan , ils
avaient de tout autres soucis que l’étude de
l’histoire naturelle. D’ailleurs , ce qu’ils au¬
raient pu apprendre eût été perdu pour le
reste de l’Europe , dont les relations étaient
presque nulles avec des barbares qui n’é¬
taient alors rien moins que redoutables.
C’est à un homme parti dé nos pays , à
un envoyé de saint Louis , un moine bra¬
bançon , le frère Ruisbroeck , ou , comme
on l’appelle communément , Rubruquis ,
que nous devons probablement les premiers
renseignements sur le Mouton sauvage de
l’Asie boréale.
« Je vis , dit-il , dans ce pays , grande a-
bondance d’Anes sauvages, qui ressemblent
à des Mules ( probablement le Dzigguetai
ou Hemione ) ; je vis aussi une sorte de bê¬
te appelée Arta/c, dont le corps ressemble
à celui d’un Bélier , et qui a aussi des cor¬
nes recourbées , mais si grosses , que c’était
tout ce que je pouvais faire que d’en soule¬
ver une paire d’une seule main. »
Quoique Rubruquis ne dise point en
quels lieux il a trouvé ces Moutons sauvages,
comme il associe leur nom à celui des Hé-
miones , il est probable qu’il les a observés
dans le même pays, c’est-à-dire dans le voi¬
sinage des Alpes sibériennes (1) ; d’ailleurs ,
(1) La même conclusion se tire de la ressem¬
blance du mot Arlag avec Kir Taga, nom que
porte V Argali dans certaines parties de la Tartarie.
La différence , comme l’ont remarqué quelques
naturalistes, peut être due uniquement à une mau¬
vaise lecture du manuscrit ; au contraire, les nom*
108
ARG
ARG
il en aurait pu voir aussi dans son voyage
le long du Volga, car nous savons qu’on en
rencontre quelquefois jusque sur les bords
de ce fleuve. ( Ferry , Mém. pour servir à
l'intelligence de la carte de la mer Cas¬
pienne.)
Ces Moutons du Volga , ceux que Frédé¬
ric Gmelin et plus récemment Fraser ont
vus en Perse , p t dont M. Botta a rapporté ,
l’an passé (1840) , une belle tête provenant
des environs de Tauris ; ceux de la Mingré-
lie , mentionnés anciennement par le P.
Lamberti, puis par M. Gamba, qui en a en¬
voyé les cornes au Muséum ( c’est sur cette
dernière pièce que M. ïsid. Geoffroy fonde
son espèce Ovis longicornis) ; ceux enfin
que le colonel Chesney a vus dans les par¬
ties hautes du Diarbekir, et M. Dubois dans
l’Àrarat , diffèrent à quelques égards des
Moutons sibériens , de sorte que Pallas a
fini par les en distinguer spécifiquement
( Zograph . rosso-asiatica , t. I, p. 251), re¬
venant ainsi sur l’opinion qu’il avait soute¬
nue dans ses Spicilegia. Mais, en supposant
que ce grand naturaliste ait eu raison de
séparer ces Moutons de l’Asie occidentale
de ceux qui se trouvent plus à l’est , en les
réunissant, comme il l’a fait dans sa derniè¬
re publication, aux Mouflons de Corse et
de Sardaigne , il est tombé dans une er¬
reur certainement beaucoup plus grande
que celle qu’il s’accuse d’avoir d’abord com¬
mise.
Les cornes envoyées de Tifllis par M.
&amba, et celles que M. Botta a rapportées
de Tauris , présentent des différences assez
marquées, de sorte qu’avec de la bonne vo¬
lonté , on trouverait encore de quoi faire là
deux espèces , et l’on pourrait , avec plus
de raison , en faire une troisième du Mou¬
flon de Chypre , du moins en supposant
exacte la figure donnée par Brandt et Ra-
tzeburg ( Animaux employés en médecine ,
t. I , pl. 9 , fig. ï et A ) : car la fig. A nous
montre les cornes, à leur origine, se regar¬
dant par leur convexité , pendant que c’est
le contraire dans tous les autres Moutons.
Laissant de côté cette espèce insulaire ,
et revenant à celles du continent, nous fe-
employés dans l’Asie occidentale, Touri, Kotsch
hui, Dach, Tusch, etc., n’ont pas la moindre ana¬
logie avec Artak .
rons remarquer que, si, dans l’Asie occiden¬
tale , les Moutons nous offrent des variétés
d’un lieu 5 un autre , rien ne nous prouve
qu’il n’en soit pas de même dans les régions
orientales. En effet, pour pouvoir affirmer
quelque chose à cet égard, il faudrait avoir,
pour deux points extrêmes du parcours assi¬
gné à l’Argali, pour l’Altaï, et pour les mon¬
tagnes du Kamtschatka par exemple, des de¬
scriptions et des figures qui nous fissent bien
connaître l’animal , avec toutes les modifi¬
cations dépendantes de l’âge, du sexe, des
saisons : or Pallas , malgré son zèle , n’a
pu réunir tous ces éléments pour une loca¬
lité déterminée. La description qu’il nous a
laissée , il le déclare lui-même , est faite
d’après un vieux mâle de l’Irtisch , une fe¬
melle et son petit de l’extrémité orientale
de la Daourie , et la peau d’un jeune mâle
tué dans le Kamtschatka. Nous remarquons
cette lacune que Pallas a laissée forcément
dans l’histoire de l’Argali , non qu’elle soit
quelque chose de fort rare en zoologie (dans
les descriptions des Mammifères , il y en a
neuf sur dix qui donneraient lieu à sem¬
blable remarque , sans que leurs auteurs
aient à alléguer les mêmes excuses), mais
parce que la nécessité d’avoir des rensei¬
gnements positifs sur l’étendue des modifi¬
cations dépendantes du climat et d’autres
agents extérieurs se fera sentir lorsque ,
comparant entre eux tous les Moutons sau¬
vages connus , nous aurons à rapprocher
l’Argali, d’une part, du Barrhal de l’Hima-
laya, et, de l’autre, du Mouton des Monta¬
gnes rocheuses. Entre l’Himalaya et les Al¬
pes sibériennes , malgré l’espace qui les sé¬
pare , la communication pour des animaux
tels que ceux qui nous occupent se conçoit
sans peine; entre le Kamtschatka et l’Amé¬
rique , cette communication présente plus
de difficultés ; mais elle n’est nullement
invraisemblable , et elle a pu s’effectuer soit
par le détroit de Behring , soit par la chaî¬
ne des îles Aloutiennes. L’Argali existerait
même encore dans ces dernières îles, s’il
en fallait croire Tillesius. ïl est probable,
d’ailleurs , que ce naturaliste a été induit
en erreur : car non seulement les voyageurs
qui nous ont donné les renseignements les
plus détaillés sur les productions de cet
archipel sont muets à cet égard , mais il
suflit de connaître la disposition des fieux et
ARG
ijaa
AR.G ~ -
les habitudes des indigènes pour se convain¬
cre que l’Argali, en supposant qu’il eût
habité ces îles à l’époque où les Aleutes y
arrivèrent, n’aurait pas tardé à en dispa¬
raître.
L’animal est défiant , il est vrai , et , sur
le continent , il échappe souvent aux pour¬
suites en gagnant, au premier indice de
danger , des lieux inaccessibles ; mais , dans
des pays dénués de hautes montagnes , son
agilité à gravir les rochers lui eût bien peu
servi, et cette agilité cependant est sa prin¬
cipale ressource : car , pour des ruses , il
n’en a pas plus que notre Mouton domesti¬
que. Joignez à cela que l’espèce est peu fé¬
conde , et qu’ainsi les naissances annuelles
eussent été bien loin de réparer les pertes.
Tillesius nous parle encore des îles Kuri-
les comme habitées par l’Argali , et , cette
fois , il n’est pas le seul à le dire ; cepen¬
dant rien ne prouve encore que l’animal
désigné dans ces îles sous le nom de Ren¬
ne des hauteurs soit, comme le suppo¬
sent plusieurs voyageurs, un véritable Mou¬
ton. On remarquera même que Krasche-
ninnikof, dans une Synonymie qu’il nous
a donnée pour quelques unes des espèces
animales et végétales du nord de l’Asie,
dit positivement que l’Argali n’a point de
nom dans la langue des Kurdes, et qu’il
n’est point connu de ces peuples.
Afin de ne pas faire de double emploi ,
nous ne donnerons point ici la description
de l’Argali ; cette description , de même
que l’exposition des mœurs de l’animaljj,
sera mieux placée à l’article mouton, où
nous aurons à comparer entre elles les di¬
verses espèces dont ce genre se compose.
(Roulin.)
* ARGANTE (nom d’homme), ins. —
Genre de l’ordre des Coléoptères pentamè¬
res , famille des Sternoxes , tribu des Bu-
prestides , établi par Gistl , et qui répond
au g. Dicerca d’Eschscholtz. Voyez ce mot.
(D. et C.)
ARGAS(«/îy«s, nom d’un animal regar¬
dé comme funeste par les Grecs), ara en. —
Genre de la famille des Acariens ( tribu des
Acarides, Latr.), de l’ordre des Arachni¬
des trachéennes, établi par Latreille, et
signalé aussi par Hermann sous le nom de
Rhynchoprion. Ce genre est principalement
caractérisé par un corps ovalaire, par une
bouche située en avant et tout à fait à la par¬
tie inférieure du corps, et par les palpes, de
quatre articles , et de forme conique, n’en-
gaînant pas le suçoir. Les Argas, qui ont de
grands rapports avec les Ixodes, s’en dis¬
tinguent essentiellement par la position de
la bouche, et par les palpes , offrant un ar¬
ticle de plus. Toutes les espèces de ce g.
vivent sur différents animaux , et acquiè¬
rent un grand développement quand elles
se sont gorgées de sang. Le type est l’A.
bordé, A. reflexus, Fab. , vivant sur les
Pigeons. Une autre esp.J’A. persica , con¬
nue des voyageurs sous le nom de Punaise
venimeuse de Miana , est fort redoutée en
Orient , où elle paraît être assez commune.
(Bl.)
* ARGE (Argé, nom d’une nymphe).
u\s. — Nom d’une espèce de Lépidoptèresi
diurnes, du genre Satyre , converti en nom
générique par M. Boisduval , pour grouper
toutes les espèces de ce genre à ailes blan¬
ches tachetées de noir, lesquelles, indépen¬
damment de cela, offrent des caractères as¬
sez tranchés pour former un genre distinct;
aussi l’avons-nous adopté, dans notre Catal.
méthodique des Lépidoptères d’Europe, en
lui conservant le nom d 'Argé, quoique nous
ne soyons pas très grand partisan de ces
conversions de noms spécifiques en noms
génériques ; mais nous en avons agi ainsi
pour ne pas surcharger inutilement d’un
nouveau nom la nomenclature.
Ce genre, peu nombreux, paraît confiné
en Europe ; du moins on n’en a encore trou¬
vé aucune espèce sur le reste du globe, à
l’exception cependant de deux, dont l’une
(Arg. Larissœ) se trouve également dans la
Turquie d’Europe, et les parties de l’Asie
mineure, qui l’avoisinent , et l’autre (Arg.
Darceti ) a été trouvée dans les montagnes
du Liban ; mais ce qu’il y a de singulier,
c’est que la Corse et la Sardaigne, si voisines
de l’Italie et de la Sicile , où les espèces du
genre Argé sont très communes , en sont
tout à fait dépourvues.
Parmi les sept ou huit espèces d’Argé con¬
nues , une seule paraît répandue dans toute
l’Europe, sans descendre plus bas, toutefois,
que le 52e degré de latitude nord : c’est P Arg.
galathœa des auteurs ( le Demi-Deuil de
Geoffroy), qui se trouve communément aux
environs de Paris; les autres n’habitent que
ARG
il 0 ARG
les contrées plus ou moins méridionales de
cette partie du globe; telle est, entre autres,
P Arg. Psyché Fabr., qui est très commune
en Languedoc et en Provence. (D.j
* ARGELIA (Argel, nom arabe), bot.
pii.— Synonyme de solenostemm a. Voyez
ce mot. __ (J. D.)
ARGEMOME. Argemone , Tourn. —
Ecthrus , Loureir. ( Flor . Cochinch.). bot.
ph. — Genre de la famille des Papavéracées
(tribu des Papavérées , sous-tribu des Papa-
vérinées, Spach.), offrant pour caract. : Ca¬
lice de 5 ( accidentellement de 2 ) sépales
cuculliformes , corniculés au dessous du
sommet, caducs dès l’épanouissement. Co¬
rolle de 6 ( accidentellement de 4 ou de 5 )
pétales éphémères, obovales , courtement
onguiculés , étalés , 2-sériés ; les 5 exté¬
rieurs plus larges. Réceptacle assez gros,
annulaire. Etamines nombreuses, plurisé-
riées , beaucoup plus courtes que les péta¬
les; filets filiformes ou capillaires. Anthères
linéaires - tétragones , tronquées aux deux
bouts, déhiscentes aux bords; connectif
très étroit. Ovaire 1-loculaire, ovoïde ou
ellipsoïde, peu ou point stipité, 3-7-gone ;
placentaires pariétaux ,, nerviformes , en
même nombre que les angles , et correspon¬
dant à ceux-ci; ovules anatropes, nidu-
lants, en nombre indéfini sur chaque pla¬
centaire. Style court ou presque nul , per¬
sistant, obeonique , couronné d’un stig¬
mate mince , coloré , pelté , profondément
divisé en 3 à 7 lobes condupliqués, ondulés,
arrondis, plus ou moins recourbés, velou¬
tés en dessous , alternes avec les placentai¬
res. Capsule chartacée, 5-à 7-sulquce, 5-à
7-nervée , subréticulée , 1-loculaire , poly-
sperme , déhiscente au sommet par 3 à 7
valvules persistantes, finalement réfléchies;
placentaires filiformes, persistants, alter¬
nes avec les valvules Graines subglobuleu¬
ses , scrobiculées, strophiolées ; funicule
dentiforme , persistant. Embryon minime.
Cotylédons très courts , obtus , elliptiques ,
un peu divergents ; radicule conique , api-
culée. — Herbes annuelles, à tige panicu-
lée, feuillée. Suc propre jaunâtre. Feuilles
penninervées , glauques, glabres, marbrées
(de taches blanches), sinuées-pennatifides
et dentées ( dents et lobes ordinairement
terminés en spinule ) ; les radicales et les
caulinaires inférieures rétrécies en pétiole ;
les autres sessiles, amplexicaules. Pédon¬
cules terminaux ou subterminaux, solitai¬
res, 1-florcs , toujours dressés , en général
courts. Corolle jaune ou blanche, grande.
Ce genre , dont on ne connaît que 3 ou
4 esp. bien caractérisées , appartient à l’A¬
mérique, ainsi qu’à l’Asie équatoriale. Le
suc propre de ces végétaux est âcre et dras¬
tique; les médecins hindous l’emploient
à l’extérieur contre les maladies de la peau.
Au Brésil, il passe, à tort ou à raison,
pour un antidote contre la morsure des
serpents ; aux Antilles , les graines des Ar-
gémones sont employées comme purga¬
tif. On cultive dans nos jardins comme
plantes d’ornement VArgémone commune
( A. vulgaris , Spach. ; A. mexicana , L.
[ Bot. Mcig. , tab. 243 ] ; A. ochroleuca ,
Sweet. [ Brit . Flow. Gard., tab. 242; Bot.
Reg., tab. 1343] ; A. Barckleyana, Link.
et Otto [Te. sel.] ); — VArgémone à fleurs
blanches (A. albiflora , Horn. [Bot. Mag.,
tab. 2342] ), et VArgémone à grandes fleurs
(A. grandiflora, Sweet. [Brit. Flow. Gard.,
tab. 226; Bot. Reg., tab. 1264] ). (Sp.)
ARGENT. Argentum ( «/r/u^os , ar¬
gent ). min. — L’une des substances sim¬
ples de la chimie, faisant partie du grou¬
pe des métaux proprement dits , et consti¬
tuant, dans les méthodes minéralogiques
où les esp. sont rangées d’après les bases, le
type d’un genre composé d’une vingtaine
d’espèces, dont nous allons présenter ici le
tableau complet, renvoyant la description de
quelques unes d’entre elles à d’autres ar¬
ticles généraux , où elles seront plus avan¬
tageusement placées pour l’étude de la Mi¬
néralogie comparative.
1° Argent natif. Gediegenes Silber, W.
C’est l’Argent pur, ou libre de toute combi¬
naison. Ce métal est blanc, ductile, sonore
et tenace. Sa pesanteur spécifique est de
10,5; sa dureté de 2,5 à l’échelle de Mohs.
Il cristallise en octaèdre régulier , est sus¬
ceptible d’être réduit en fils d’une grande
finesse , se laisse limer et couper avec fa¬
cilité , ne fond qu’à la température du
rouge-blanc , et ne se ternit pas dans l’air
pur. Il est soluble à froid par l’acide nitri¬
que. La solution colore la peau en noir , et
dépose de l’Argent métallique sur une lame
de cuivre; elle donne par l’acide chlorhy¬
drique un précipité blanc de chlorure d’ar-
ARG
lit
gcnt, attaquable par l’ammoniaque, et qui ,
à la lumière, passe rapidement au bleu et au
noirâtre. On le trouve dans la nature , tan¬
tôt cristallisé en octaèdre, cube et cubo-oc-
taèdre ; tantôt sous la forme de dendrites ,
de lamelles, de filaments contournés, ou de
réseaux pénétrant les matières pierreuses
des filons , où il se rencontre accidentelle¬
ment associé aux sulfures et chlorures d’Ar-
gent, qui sont les principaux minerais de ce
métal. Quelquefois il se présente dans ces
memes filons en masses ou en blocs d’un
volume assez considérable : on en a cité qui
pesaient plusieurs quintaux. Enfin on le ren¬
contre encore disséminé assez abondam¬
ment, mais en particules imperceptibles,
dans des argiles ferrugineuses qui remplis¬
sent les fissures des filons argentifères (mine
d’AUemont , en Dauphiné) , on dans les dé¬
pôts ferrugineux auxquels on donne les
noms de Pacos et de Colorados , dans l’Amé¬
rique équatoriale (mines de Zacatecas, etc.,
au Mexique ; de Pasco, au Pérou). Dans ces
divers gisements, l’Argent contient quelque¬
fois des traces d’ Antimoine , d’Arsenic, de
Cuivre, de Fer, etc. ; et souvent il est recou¬
vert d’un enduit sale et noirâtre qui le dé¬
pare. Les gangues pierreuses de l’Argent na¬
tif sont ordinairement le Calcaire, le Quartz
et la Barytine. Les principales mines où on
le trouve sont celles de Kongsbcrg, en Nor-
wége ; du Potosi, dans la république de Bo-
livia; de Schlangenberg, en Sibérie ; d’Him-
melfürst, de Schneeberg et de Johanrigeor-
genstadt, en Saxe; de Joaehimsthal, en Bo¬
hème; d’Andreasberg, au Harz; de Witti-
chen, en Souabe; d’ÀUemont, en Dauphiné,
et de Sainte -Marie -aux- Mines , dans les
Vosges.
2° Argent aururé, ou Eleclrum. Voyez
oit.
5° Argent hydrargyré , ou Amalgame.
Voyez mkrcüre.
4» Argent telluré. Voyez tellure.
5° Argent antimoniuré , ou Discrase ,
Beud. Syn. : Argent antimonial ; Spiessglas-
silber, Antimonsilber. Substance d’un blanc
d’argent, cristallisant sous les formes pro¬
pres au système rhombique , et avant pour
type fondamental un prisme rhomboïdal
droit de 11 8°, 4’. Les cristaux sont clivabies
perpendiculairement à l’axe, et striés verti¬
calement. Leur couleur passe au jaunâtre
A RG
ou au gris noirâtre. Ils sont aigres, et fon¬
dent facilement au chalumeau en grains mé¬
talliques, qui, après avoir donné des vapeurs
d.’Antimoine, se réduisent, en un bouton d’Ar-
gcnt malléable. La pesanteur spécifique est
de 9,5. La composition de cette espèce est,
en formule atomique, Ag<Sb, ou en poids:
Argent, 77,02; Antimoine, 22,98. — On la
trouve dans les mines d’Argent arsénifères ,
à Andreasberg, au Harz ; à Guadaleanal, en
Espagne; à YVolfach, dans le pays de Bade,
et à Allernont , dans le Dauphiné.
Elle se mélange souvent avec de l’Arsé-
niure d’Argent, et constitue alors l’Argent
antimonial arsénifère , ou, lorsque l’Arsenic
prédomine, V Argent arsenical de de Born,
qui est moins lamelleux, et a ordinairement
une structure grenue (Andreasberg et Gua-
dalcanal).
6* Argent séléniuré. Voyez sélénium.
7° Argent sulfuré , ou Argyrose, Beud.
Syn. : Argent vitreux , Glaserz , Silberglanz ,
Weich Gewæchs. Substance métalloïde d’un
gris d’acier noirâtre, non clivable , à struc¬
turé compacte, tendre, et se laissant couper
facilement avec un couteau ; cristallisant
dans le système cubique comme la Galène ,
avec laquelle elle est isomorphe, et souvent
intimement mélangée ; pesant spécifique¬
ment 6,9 ; fusible au chalumeau , en déga¬
geant des vapeurs sulfureuses, et réductible
en un bouton d’Argent. Sa composition est,
en formule, Ag2S; en poids : Argent, 87,05 ;
Soufre, 12,95. Ses formes cristallines les plus
ordinaires sont le cube, l’octaèdre régulier,
le rhombododécaèdre et le trapézoèdre. On
la rencontre encore à l’état de dendrites, de
ramifications, de filaments et de petites mas¬
ses amorphes. Elle forme aussi des enduits
à la surface des matières qui proviennent
des filons ; mais elle ne forme point de filon
par elle-même. Lorsqu’on la chauffe lente¬
ment et avec certaines précautions , de ma¬
nière à éviter la fusion, le Soufre se volati¬
lise, et l’on voit reparaître l’Argent métal¬
lique, sortant de l’intérieur de la masse sous
forme de filaments contournés. On pense
qu’une partie de l’Argent filamenteux que
L’on trouve dans la nature doit sa formation
à une décomposition de ce genre. L’Argent
sulfuré est le minerai d’Argent le plus pré¬
cieux, celui qui fournit presque tout l’Ar¬
gent du commerce. On le rencontre dans
i!2
A IU.
ÀRG
presque toutes les mines argentifères , et
principalement dans celles de Frcyberg, en
Saxe; de Joachimsthal , en Bohême; de
Scliemnitz, en Hongrie, et dans celles du
Mexique.
L’Argent sulfuré passe quelquefois à l’état
terreux, et constitue alors l’Argent noir ter¬
reux, le Silberschwærze des minéralogistes
allemands.
8° Argent et Cuivre sulfurés, ou Stro-
meyérirte, Beud. Syn. : Cuivre sulfuré ar¬
gentifère, Argent gris, Silberkupferglanz.
Substance métalloïde, d’un gris d’acier noi¬
râtre , fragile, composée d’un atome de sul¬
fure d’Argent et d’un atôme de sulfure de
Cuivre. Les deux sulfures dont il s’agit sont
susceptibles de cristalliser dans deux sys¬
tèmes différents , et sont isomorphes en
même temps que dimorphes ; la combinai¬
son mixte est pareillement isomorphe avec
les sulfures simples ; on a trouvé en effet à
Rudolstadt, en Silésie, des cristaux de Stro-
meyérine qui présentaient les formes ordi¬
naires et même les groupements caractéris¬
tiques du Cuivre sulfuré ou de laChalkosinc.
(Voy. en alrosiixe.) Ces formes appartien¬
nent au système rhombique. La Stromeyé-
rincest donc aux deux sulfures d’Argent et
de Cuivre, ce que la Dolomie est aux carbo¬
nates simples de Chaux et de Magnésie. La
Strornevérine est fusible au chalumeau et
soluble dans l’acide nitrique. La solution
précipite du Cuivre sur une lame de Fer, et
de l’Argent sur une lame de Cuivre. Cette
substance est très rare ; on ne la trouve,
qu’en petites masses , le plus souvent com¬
pactes, dans les mines de Schlangenberg, en
Sibérie, et dans celle de Rudolstadt, en Si¬
lésie.
9° Argent et Fer sulfurés , ou Sternber-
gite, Haid. Substance métalloïde d’un brun
de tombac foncé, à poussière noire, cristal¬
lisant en petites tables hexagonales, modifiées
sur quatre de leurs bords horizontaux, et qui
sont flexibles comme des lames d’Etain. Ces
cristaux minces sont clivablcs parallèlement
à leur base. Ils dérivent d’un octaèdre rec¬
tangulaire, dont les angles sont 128° 49’, t 4°
28’ et 118°. Pesanteur spécifique, 5. Compo¬
sition en formule : S2 A g Fe; en poids :
Argent, 53,2; Fer, 56; Soufre, 50, d’après
l’analyse de Zippe. On trouve ce minéral,
avec d’autres espèces argentifères , dans les
mines de Joachimsthal , en Bohême , où
compose de petites masses comme feuille¬
tées ou des groupes en forme de roses.
10° Argent antimonié sulfuré , ou Àrgy -
rythrose, Beud. Syn.: Argent rouge sombre,
DunklesRothgültigerz. Substance rouge ou
d’un gris de plomb bleuâtre ou noirâtre ; à
poussière d’un rouge cramoisi ; fragile, fa¬
cile à racler avec le couteau, et se réduisant
aisément à la flamme du chalumeau, en don¬
nant des vapeurs d’Antimoine et d’acide sul¬
fureux. Ses formes cristallines appartiennent
au système rhomboédrique, et dérivent d’un
rhomboèdre obtus de 108° 20’, très rappro¬
ché, comme on le voit , de ceux que l’on
observe si fréquemment parmi les carbona¬
tes. Les formes secondaires , qui rappellent
singulièrement celles du calcaire , sont des
prismes hexagonaux simples ou modifiés
par des sommets de rhomboèdres ou de
scalénoèdres ordinairement très surbaissés.
Ces formes présentent quelquefois un cas
d’hémimorphisme semblabie à celui qui ca¬
ractérise le système de la Tourmaline, c’est-
à-dire que l’un des deux prismes hexago¬
naux qui dérivent d’un rhomboèdre se ré¬
duit à trois faces, et que des différences de
configuration se montrent en même temps
vers les deux extrémités.
La composition de ce minéral est en for¬
mule : S > Ag* S ù2 ; ou en poids : Soufre,
17,56; Antimoine, 25,46; Argent. 58,98. On
le trouve presque toujours en cristaux im¬
plantés, quelquefois en dendrites ou incrus¬
tations , en petits mamelons groupés en
grappes, en petites masses compactes, tou¬
jours peu volumineuses. Le plus souvent, ce
n’est qu’une substance subordonnée aux gîtes
d’Argcnt sulfuré ou de Galène argentifère,
mais elle forme quelquefois la partie princi¬
pale des dépôts, comme dans les mines du
Mexique.
11° Argent arsénié, sulfuré ou Proustite,
Beud. Syn. : Argent rouge clair; Lichtes
Rothgültigerz. Substance non métalloïde,
transparente, d’un rouge de cochenille ou
de carmin ; à poussière d’un rouge clair ;
fragile, fusible au chalumeau en donnant
des vapeurs arsénicales très prononcées , et
laissant un boulon d’Argent. Cette espèce
est isomorphe avec la précédente. Scs for¬
mes, parmi lesquelles dominent des scalé¬
noèdres aigus, dérivent d’un rhomboèdre de
ARG
ARG
113
107° 36’. Sa composition en formule est :
St]AgüAs-, ou, en poids : Soufre, 19,46 ; Ar¬
gent, 63,58; Arsenic, 13,16. Sa pesanteur
spécifique est 5,6. On la trouve dans les
memes lieux et dans les mêmes gisements
que l’Argyrythrose, avec laquelle elle a été
long-temps confondue. C’est au chimiste
Proust qu’est due la séparation des deux
espèces.
12° Argent myargyrite. H. Rose. Syn. •
Unobinargulden , W. — Substance métal¬
loïde, d’un gris d’acier ou fi’un noir de
fer; à poussière d’un rouge brunâtre, opa¬
que , cristallisant en prisme rhomboïdal
oblique, dont les pans font entre eux un an¬
gle de 86°4\ et dont la base est inclinée sur
chacun d’eux de 97°53’. Cette espèce se com¬
porte au chalumeau comme l’Argyrythrose ,
avec laquelle elle a été confondue jusqu’au
moment où M. Rose en a fait l’analyse, et a
prouvé qu’elle renfermait moins d’Argent.
Sa composition en formule est S4A<72$62 ,
ou, en poids : Soufre , 21,55 ; Antimoine,
42,79 ; Argent, 55,86. Ce minéral n’a encore
été observé que dans la mine de Brauns-
dorf, en Saxe.
13° Argent antimonié sulfuré noir, ou
Psathurose, Beud. Syn. : Argent sulfuré ai¬
gre, ou fragile; Sprodglaserz, Schwarzgül-
tigerz , Roschgewâchs , Prismatisch Melan-
glanz. — Substance métalloïde d’un gris de
fer ou de plomb ; à poussière noire, aigre,
fragile, pesant spécifiquement 6,2. Sa com¬
position chimique est en formule: S9 A#1 2S62,
et, en poids : Soufre, 15,69; Antimoine, 15, 98;
Argent , 70,33. Elle cristallise en prismes à
six pans ordinairement très courts , et qui
dérivent d’un prisme rhombique droit de
115°39’. Les pans de ce prisme sont striés
verticalement. Ces cristaux sont souvent
groupés , et ils présentent dans leurs grou¬
pements une assez grande analogie avec ceux
du Fer sulfuré prismatique, ou ceux de l’Ar-
ragonite. Ce minéral se trouve dans les
mêmes gisements que l’Argyrythrose , dont
il était regardé jadis comme une simple al¬
tération. Les plus belles variétés viennent
des mines de l’Erzgebirge , notamment de
celles des environs de Freyberg , des mines
de Schemnitz , en Hongrie , et de celles du
Mexique.
14° Argent polybasite , II. Rose. Syn. :
Mildglanzerz , W. Cette espèce a été con-
T. II.
fondue tantôt avec le Sprüdglaserz, tantôt
avec la Bournonite. C’est une substance
métalloïde d’un noir de fer , à poussière
noire, qui cristallise ordinairement en ta¬
bles hexagonales régulières , avec des facet¬
tes additionnelles menant â des formes rhom-
boédriques. Les pans sont striés horizonta¬
lement ; les bases le sont dans trois direc¬
tions parallèles aux arêtes d’un triangle
équilatéral. Ces cristaux minces sont sou¬
vent recouverts d’un enduit de Chalkopyrite.
Leur pesanteur spécifique est de 6,2; ils
sont composés chimiquement de 9 atomes
de Sulfure d’Argent ou de Cuivre, et de 1 ato¬
me de Sulfure d’Antimoine ou d’Arsenic.
Une variété de Guarisamey, au Mexique,
a donné à M. Rose : Soufre, 17,04; Anti¬
moine, 5,09; Arsenic, 3,74; Argent, 64,29;
Cuivre, 9,93 ; plus, des traces de Fer. La Po¬
lybasite se trouve en cristaux et à l’état
compact dans les mines de Guanaxuato et
de Guarisamey au Mexique, de Schemnitz,
de Neue-Morgenstern et d’Himmelsfürst, près
de Freyberg, en Saxe, etc.
15° Argent et plomb antimoniés sulfurés.
Syn. ; Schilfglaserz, Freiesleben, Peritomer
Antimonglanz, Mohs. Substance métalloïde,
d’un gris d’acier clair ou d’un gris de plomb
tirant sur le blanc d’argent, cristallisant en
prismes rhombiques de 67° , clivables paral¬
lèlement à leur base, et striés verticalement
sur leurs pans. Pesanteur spécifique , 6,38.
Us renferment environ , sur 100 parties , de
20 à 24 d’Argent , et de 28 à 30 de Plomb.
Les cristaux sont souvent groupés à la ma¬
nière de ceux de la Staurotide. Ce minéral
fort rare ne se trouve que dans les mines
des environs de Freyberg.
Nous mentionnerons ici un autre minéral
encore peu connu , que M. Brooke a indiqué
sous le nom d 'Argent sulfuré flexible, et qui
cristallise, selon lui, en prismes obliques rhom-
boïdaux , dont les pans font entre eux l’an¬
gle de 121° ; la base s’inclinant sur l’arête
de cet angle de 125°. Ces cristaux sont cli¬
vables parallèlement à l’axe et à la diagonale
oblique ; ils sont noirs extérieurement , et
forment des lames minces, flexibles , qui se
coupent aisément au couteau; ils provien¬
nent de la mine dellabacht, à Freyberg.
16° Argent ioduré. Yoy. iodures.
17° Argent chloruré , ou Kérargyre ,
Beud. Syn. : Argent muriaté , H. ; Argent
8
ARG
114 ARG
corné , Silberhornerz ; Hornsîlber des Alle¬
mands. Substance molle comme la cire; de¬
mi-transparente, d’un gris de perle ou de
couleur verdâtre, fusible à la flamme d’une
bougie, en répandant une odeur de Chlore,
et facile à réduire au chalumeau. Elle cris¬
tallise dans le système cubique ; sa pesan¬
teur spécifique est de 5,6 ; c’est un bi-chlo-
rure composé, sur 100 parties , de 75,34
d’ Argent, et de 24,66 de Chlore. Cette espèce
est sujette à noircir lorsqu’elle est exposée
au contact de l’air. C’est un des minerais
d’Argent les plus précieux et les plus abon¬
damment répandus, surtout dans les mines
du Pérou et du Mexique ; on le trouve aussi
dans la plupart des mines de la Saxe, de la
Norxvége et de la Sibérie : il constitue quel¬
quefois des masses assez considérables.
18° Argent carbonate , 'Windenmann.
Substance noire ou d’un gris cendré , ter¬
reuse, amorphe, très tendre et facile à réduire,
faisant effervescence avec les acides compo¬
sée, d’après Selb, de 72,5 d’Argent, 12 d’Acide
carbonique, et de 15,5 de Carbonate d’ Anti¬
moine. On ne l’a encore trouvée que dans
la mine de Wolfach, au pays de Bade, dans
une gangue de Barytine , accompagnée de
différents Sulfures.
Ainsi que nous l’avons dit plus haut , les
seules espèces argentifères qui soient exploi¬
tées pour l’extraction de l’Argent sont :
l’Argent natif, l’Argent sulfuré, l’Argent
chloruré, et les diverses combinaisons con¬
nues sous le nom & Argent rouge. Le trai¬
tement métallurgique de ces différents mi¬
nerais est fort simple : il se réduit à deux
procédés qui consistent, l’un à dissoudre
l’Argent par le moyen du Plomb, pour lequel
il a une grande affinité lorsque les deux
métaux sont à l’état de fusion ; l’autre , à
l’amalgamer avec le Mercure, après l’avoir
préalablement amené à l’état de Chlorure,
en grillant le minerai mélangé avec du sel.
Si l’on excepte les mines de Plomb et de
Cuivre argentifère , la France ne possède
de mines d’Argent proprement dites que
dans deux départements , et encore sont-
elles à peu près abandonnées : à Allemont ,
dans l’Isère, et, dans les Vosges, à Sainte-
Marie-aüx-Mines , Lacroix , etc. La mine
d’Allemont ou des Chalanches consiste en
minerais d’Argent très riches , disséminés
dans une argile qui remplit des fentes et des
cavités au milieu de roches talqueuses et
amphiboliques. Dans les Vosges , les mi¬
nerais d’Argent sont associés à des minerais
de Plomb et de Cuivre argentifères qui for¬
ment des filons.
Les mines d’Argent européennes sont beau¬
coup moins importantes que celles du Nou¬
veau-Monde ; la plupart même ne sont que
des minerais de Plomb ou de Cuivre argen¬
tifères, auxquels sont accidentellement asso¬
ciés quelques autres minerais d’Argent. Les
mines d’Argent proprement dites sont celles
de Rongsberg en Norwége, où l’Argent na¬
tif est le minerai principal ; celles de Saxe
(Freyberg, Marienberg, Schneeberg, etc.) ;
celles du Harz (Annaberg, Andreasberg), et
celles de Hongrie (Schemnitz, Cremnitz,
Rœnigsberg, etc.). Tous ces pays tirent aussi
une grande partie de l’Argent qu’ils produi¬
sent des minerais de Plomb argentifère. Ce
sont les mines de Hongrie qui donnent les
produits les plus considérables; viennent
après les mines de Saxe, puis celles du Harz.
La Prusse et l’Angleterre n’ont point de
mines d’Argent proprement dites ; la Savoie
a la mine de Pesey, dont le minerai n’est
qu’un Plomb argentifère ; l’Espagne n’offre
guère de mine en exploitation que celle de
Guadalcanal, dont le produit est très faible.
En somme , la quantité d’Argent produite
annuellement par les mines d’Europe est de
72,000 kil., ce qui n’est que la onzième par¬
tie de celle que fournissent les mines de
l’Amérique espagnole. La Sibérie possède
une mine d’Argent à Sméof ou Schlangen-
berg, dans les monts Altaï ; le produit de
cette mine et de quelques autres moins im¬
portantes du district de Rolywan , joint à
celui des mines de Nertschinsk , est de
21,000 kil.
Les mines d’Argent du Nouveau-Monde,
qui sont les plus importantes de ce conti¬
nent, sont situées dans les Cordillières, prin¬
cipalement au Mexique, au Pérou et au
Chili. Le Mexique offre à lui seul plus de
trois mille exploitations établies sur cinq
mille filons ou amas de minerais d’Argent.
Les filons les plus riches sont ceux de Gua-
naxuato, de Catorce, de Zacatecas, de Bato-
pilas, de Sombreretc et de Real del Monte.
Le filon de Guanaxuato, qu’on appelle la
Veta-Madre , est maintenant la plus riche
mine du monde entier ; il a une puissance
ARG
115
ARG
de 40 à 45 mètres , et on l’exploite sur une
étendue de trois lieues. La seule mine de
Valenciana , qui en fait partie , produit an¬
nuellement plus de 8 millions de francs; les
mines de Guanaxuato donnent à elles seules
près du quart du produit de toutes les mines
du Mexique , qui était , il y a quelques an¬
nées , de 126 millions de francs. Les filons
métallifères du Mexique traversent, comme
ceux de la Hongrie , des roches de cristalli¬
sation et de formation platonique, parmi
lesquelles on distingue surtout certains por¬
phyres comme très riches en Or et en Ar¬
gent. On trouve aussi ces métaux précieux
disséminés dans des minerais argilo-ferru-
gineux, appelés dans le pays colorados.
L’ancien Pérou est aussi très riche en
mines d’Argent; la république actuelle de
ce nom possède la mine célèbre de Pasco ou
Lauricocha, celles de Huantajaya, de Micui-
Pampa, etc. La république de Bolivia , qui
fait partie du Haut-Pérou, nous offre la fa¬
meuse mine de Potosi, dont le minerai était
jadis fort riche, mais qui s’est appauvri d’une
manière extraordinaire ; cependant , il y est
encore si abondant , que la montagne de
Potosi est peut-être toujours la mine la plus
riche du monde, après le filon de Guanaxua¬
to. Cette mine est, en outre, remarquable par
sa prodigieuse élévation au dessus du niveau
de la mer ; les mineurs y travaillent à une
hauteur supérieure à celle du Mont-Blanc.
Les mines du Pérou ont rapporté jusqu’à
11 millions par an , et l’on a calculé que la
seule mine de Potosi a produit, depuis sa
découverte, en 1545, pour 6 milliards d’Ar¬
gent. Le Chili a aussi des mines d’Argent
à Coquimbo ; le métal y est , comme à Pas¬
co, disséminé en parties imperceptibles dans
des minerais terreux et ferrugineux , analo¬
gues aux Colorados du Mexique , et qu’on
nomme Pacos dans l’Amérique du sud.
Au commencement du 19e siècle , les co¬
lonies espagnoles produisaient annuellement
en Argent 846,662 kil. , et le Mexique seul
entrait pour 572,598 kil. dans ce total ; mais,
depuis les guerres de l’indépendance , cet
état de choses a changé : le produit n’est
plus que de 205,268 kil. ; il a donc souffert
une diminution de près des trois quarts.
Depuis trois siècles, l’Amérique a fourni
125,457,690 kil. d’Argent. D’après le calcul
de M. de Humboldt, toute cette masse réu¬
nie formerait une sphère de 28 mètres de
diamètre. La valeur du kil. d’Argent pur
est actuellement de 222 fr. 22 c.; le rapport
de la valeur du kil. d’Argent au kil. d’Or est
de 1 à 15,5.
Argent blanc, le Weissgültigerz des Alle¬
mands. Nom donné à diverses espèces de
Cuivre gris (Panabase) et de Bournonite,
dans lesquelles le sulfure de Cuivre est rem¬
placé par le sulfure d’Argent.
Argent corné. — Voy. argent chlo¬
ruré.
Argent de chat. — Voy. mica argen¬
tin.
Argent gris , le Graugültigerz des Alle¬
mands. — Voy. CUIVRE GRIS.
Argent merde - d'oie. — Voy. cobalt
OXYDÉ.
Argent noir. — Voy. argent psathu-
rose.
Argent rouge. — Voy. argent anti-
MONIÉ SULFURÉ.
Argent vif. — Voy. mercure.
Argent vitreux. — Voy. argent sul¬
furé. (DEL.)
* ARGENTIFÈRE. Argentiferus.
min. — Qui contient accidentellement de
l’Argent. (C. d’O.)
ARGENTINA , Lamk. bot. pii. —
Synonyme du genre Potentilla , L. , de la
famille des Rosacées. (Sp.)
ARGENTINE, poiss. — Poisson de la
famille des Salmonoïdes , connu et mention¬
né depuis les auteurs du 16e siècle, mais
qui n’a été bien caractérisé que depuis le
travail publié dans les Mémoires du Mu¬
séum (t. I, p. 228, pl. 11, fig. 1) parM. Cu¬
vier. Les caractères consistent dans une
bouche petite, déprimée horizontalement, à
mâchoires sans dents, dont la langue est ar¬
mée de dents fortes et crochues ; il y en a
aussi sur le chevron du vomer. On compte
six rayons à la membrane branchiostége :
la première, dorsale, sur le milieu du corps,
a dix rayons; la seconde est une très petite
adipeuse que la plupart des auteurs ont né¬
gligé de signaler. La peau n’a point d’écail-
les, la ligne latérale est droite. Les côtés
de la tête et une large bandelette longitudi¬
nale brillent du plus pur éclat d’argent poli.
Le dos est verdâtre ; le ventre comme trans¬
parent. A l’intérieur , l’estomac est d’un
noir très profond ; son pylore a huit appcip
ARG
ARG
06
dices cœcaux; le foie est jaune-pâle ; la ves¬
sie aérienne, longue, peu large, pointue aux
deux bouts, épaisse, est d’une si belle cou¬
leur d’argent, qu’elle semble formée d’une
lame repliée de ce métal ; le péritoine est
aussi argenté.
Ce poisson , abondant dans la Méditerra¬
née, et surtout dans l’Adriatique, y est l’ob¬
jet d’une pêche importante , parce que la
matière argentée qui colore les parties bril¬
lantes de son corps se laisse facilement sé¬
parer, et que, recueillie, elle est employée
à argenter, ou, comme on dit, à orienter les
fausses perles , de même qu’on le fait dans
nos pays avec le produit fourni par V Ablette.
Voy. ce mot.
L’Argentine, mal caractérisée d’abord, est
devenue type d’un genre tout aussi mal ca¬
ractérisé, dans lequel , jusqu’à Gmelin, on a
réuni tant d’espèces disparates, que le genre
linnéen ne peut être adopté dans un species
des poissons. L’Argentine de la Méditerra¬
née, indiquée d’abord par Rondelet, et puis
par Willughby, fut le type du genre créé par
Artedi, mais qui, le caractérisant d’après les
figures et les descriptions de ses prédéces¬
seurs, ne parle pas de sa nageoire adipeuse.
Linné introduisit dans ce genre une espèce
à dix rayons branchiaux, et de la famille des
Brochets ; Gronovius donna pour tel un
poisson ayant des dents aux deux mâchoires,
et adjoignit à cet inconnu un Anchois (c’est-
à-dire un poisson d’une troisième famille,
celle des Clupéoïdes) des côtes d’Amérique.
Le genre Argentine est donc devenu une com¬
binaison d’erreurs et d’omissions qui ren¬
dirent son caractère tout à fait inappli¬
cable aux espèces que l’on y rapportait. En¬
fin, Linné ajoute encore à ces erreurs en y
rangeant, sous le nom tfArgentina caroli-
na, un poisson à vingt-huit rayons branchio-
stéges, et qui est évidemment un Elops. Voy.
ce mot.
Forskal chercha aussi à ramener dans le
genre Argentine un poisson de la mer Rouge,
qui a la langue et le palais garnis de petites
dents arrondies et serrées. Il en fit son Ar~
gentina glossodonta , qui est d’un tout au¬
tre genre, celui des Butyrins. Voy. ce mot.
Dans l’état actuel de l’ichthyologie, il faut
réduire le genre Argentine à la seule espèce
de la Méditerranée, que j’ai fait connaître au
commencement de cet article- (Val.)
* ARGES ( nom , dans la mythologie
grecque, de l’un des fils d’Uranus et de la
Terre), poiss. — Genre de Poissons de l’A¬
mérique méridionale , appartenant à la fa¬
mille des Siluroïdes , et distinct des Pimé-
lodes par la forme des dents.
Les caract. génériques consistent dans des
dents bifides à leur extrémité , chaque poin¬
te étant recourbée en dedans. Ces dents,
disposées sur une bande étroite , forment
une sorte de herse à l’extrémité de la bou¬
che, dont aucun autre poisson ne m’a en¬
core offert l’exemple. Le palais est lisse et
sans dents ; la bouche n’a que deux barbil¬
lons larges et aplatis ; les lèvres sont en¬
tourées d’une sorte de rebord membraneux
qui forme une espèce de ventouse orale.
La dorsale est petite , et n’a qu’un faible
rayon en avant ; la nageoire adipeuse est
longue ; les autres nageoires ont leur pre¬
mier rayon prolongé en filet.
On ne connaît encore que deux esp. de
ce genre : l’une , qui vient des eaux douces
de la mission de Santa-Anna, dans le Haut-
Pérou , d’où elle a été rapportée par M.
Pentland ; on l’y nomme Sabalo. C’est un
poisson recherché comme aliment. Ce Sa¬
balo n’a pas de vessie natatoire.
La seconde espèce est le petit poisson ob¬
servé en 1805 par M. le baron Alex, de
Kumboldt , et rejeté par le volcan du Co-
topaxi : c’est YArges cyclopum , que M. de
Humboldl avait nommé Pimelodus cyclo¬
pum. Les habitants des Andes le nomment
Pregnadillas , dénomination qui s’applique
aussi à un autre poisson d’un genre voisin ,
mais distinct par l’absence de l’adipeuse,
et que j’ai nommé Broutes ( Voy. ce mot).
Cette petite esp. offre un des plus singuliers
phénomènes, celui d’être rejeté du sein des
eaux souterraines par les efforts d’éruption
des volcans actifs des Andes : car non seule¬
ment le Cotopaxi, que j’ai déjà nommé, mais
le Tungurahua , le Sungay, l’Imbaburu, le
Cargueirazo, rejettent aussi des Pregnadillas.
Ils sortent par le cratère du volcan ou par des
fentes ouvertes à 5,000 ou 5,200 mètres d’élé¬
vation au dessus du niveau de la mer, et à
2,600 mètres au dessus des plaines d’alentour,
sur lesquelles tombent les poissons lancés au
dehors. Ils sont rejetés en si grande quantité,
que , sur les terres du marquis de Salvalè-
gre , l’odeur infecte s’en répandit au loin.
ARG
ARG
117
Le volcan d’Imbaburuen vomit des milliers
en 4691 sur les environs de la ville d’Ibara.
Les fièvres pestilentielles qui désolèrent ces
contrées furent attribuées aux miasmes pro¬
duits par les exhalaisons putrides des pois¬
sons amoncelés sur le sol, et exposés à l’ac¬
tion du soleil. Lorsque la cime du volcan de
Cargueirazo s’affaissa, le 10 juin 1698, des mil¬
liers de Pregnadillas sortirent de ses flancs,
au milieu des boues argileuses et fumantes
vomies par la montagne. Quels courants
d’eau peuvent donc exister dans ces monta¬
gnes, pour y amener ces poissons? Com¬
ment l’eau soumise à la haute température
de ces fournaises contient-elle encore assez
d’air pour y laisser respirer les poissons?
Comment ces animaux, petits et à chair très
molle, ne sont-ils pas détruits par une sorte
de cuisson en traversant les colonnes de fu¬
mée qui entourent les masses boueuses re¬
jetées pendant l’éruption? Combien d’au¬
tres questions tout aussi difficiles à résou¬
dre ces curieux phénomènes ne font-ils pas
encore poser? (Val.)
* ARGILACE. Ârgüaceus ( argila , ar¬
gile). Qui a la couleur de l’argile. Tels sont :
VAgaricus argilaceus , V Hélix argila-
cea , etc. On emploie encore cette épithète
pour désigner les végétaux qui vivent sur
l’argile, comme le Peziza argilacea.
(C. D’O.)
ARGILE. Argila. géol. — La nature des
Argiles est beaucoup plus difficile à détermi¬
ner qu’on ne pourrait le soupçonner au
premier aperçu ; aussi trouve-t-on , dans I
les auteurs, très peu de notions satisfaisantes 1
à cet égard. Ils sc sont contentés , pour la <
plupart, de spécifier les Argiles plutôt d’a- -
près leurs usages que d’après leur véritable <
composition. Par suite des recherches iné- <
dites qui ont été faites à ce sujet par M. <
Cordier, nous allons pouvoir donner une <
définition exacte et complète des Argiles. ]
On donne le nom d’Argiles à des masses <
terreuses, très différentes par leur composi¬
tion et par la proportion de leurs parties élé- <
mentaires. Elles n’appartiennent point à la j
minéralogie proprement dite, mais à la géo- i
logie. Ce sont des roches meubles, à parties \
submicroscopiques indépendantes, mécani- <
quement mélangées , et dont le volume se <
réduit dans beaucoup de cas à celui des <
molécules chimiques composantes. Les prin- <
s cipaux éléments de ces mélanges sont des
. sous-hydrates de Silice et d’Alumine, des si-
; licates d’Alumine plus ou moins hydratés,
- parfois du sous-hydrate de Magnésie, de
■ l’hydrate de Fer, de la Silice et de l’Alumine
en particules excessivement ténues, etc. A
! ces parties élémentaires sc joignent souvent
des parties arénacées communément quart-
zeuses , d’un volume beaucoup moins atté¬
nué, mais qui cependant sont fréquemment
submicroscopiques : de là les caractères si
variés des Argiles, et les emplois si différents
auxquels elles peuvent donner lieu dans les
arts.
Nous renvoyons à l’article général ro¬
ches argileuses les détails que nous
avons à donner sur les diverses variétés
d’Argiles dont l’origine est aussi une ques¬
tion géologique importante. (C. d’O.)
*ARGILE INFLAMMABLE, géol.
— M. Cordier a donné ce nom à une espèce
de sa famille des roches à base de bitume
gris, qui est composée d’Argile ordinaire mé¬
langée de bitume gris pour environ un tiers.
Elle est légère, spongieuse et de couleur gé¬
néralement grisâtre. Quelques géologues la
confondent avec l’Argile ordinaire; mais
elle s’en distingue par la facilité avec la¬
quelle elle brûle, et par l’odeur fétide qui
accompagne sa combustion. Cette roche ap¬
partient à la période salino-magnésienne, et
contient différents fossiles de cette époque.
(C. D’O.)
ARGILE DE KIMMERSDGE
(Kimmeridge clay des Anglais), géol.— Ce
terrain , auquel quelques géologues français
donnent aussi le nom de Marnes argileuses
havriennes , et de Marnes à gryphées vir¬
gules , est le dépôt marneux le plus récent
de l’étage oolithique. Il a pris un assez grand
développement, surtout en Angleterre et
en France, où il est très bien caractérisé
par YOstrea deltoidea et la Gryphœa vir ••
gula. (C. d’O.)
ARGILE D’OXFORD ( Oxford clay
des Anglais), géol. — On nomme ainsi un
grand dépôt de matières argileuses et aré¬
nacées , appartenant à l’étage oolithique, et
placé immédiatement au-dessous du Cal¬
caire à coraux ( Coral rag des Anglais). Ce
dépôt, qui s’étend sur une grande partie
de l’Angleterre et de la France , contient
de nombreux débris de reptiles gigantes-
ns
ARG
ARG
ques et de coquilles fossiles , mais il est
surtout caractérisé par la Gryphœa dilata-
ta , d’où le nom de sous-étage des argiles
à grypkées dilatées , que vient de lui donner
51. Cordier dans sa nouvelle classification
des terrains exposés au Muséum d’histoire
naturelle. (C. d’O.)
* ARGILE PHYLLADIGÈNE.
GEOL.— Voy. ROCHES ARGILEUSES.
(C. D’O.)
* ARGILE SALIFÈRE. géol. — Voy .
SEL GEMME. (G. D’O.)
ARGILETTE. Pkascum ( d’argile ).
bot. cr. ( Mousses. ) — C’est un de ces mots
forgés par Bridel pour traduire en français
les noms génériques de ces plantes. Synon.
de Phasque ou Phase , celui-là devenait ab¬
solument inutile : aussi n’a-t-il été employé
que par cet auteur, qui voulait lui faire
exprimer la nature du terrain dans lequel
croissent le plus ordinairement les esp. de ce
genre. Voy. phàscum. (G. M.)
ARGILEUSE [Odeur), géol. — On
donne ce nom à une odeur particulière qui
se dégage, par l’effet de l’humidité, des ro¬
ches argileuses , et même d’une foule de
corps qui ne contiennent pas un atome d’A-
lumine , ni même de Silice à l’état molécu¬
laire. M. Cordier pense que cela est sans
doute occasionné par une action chimique
très faible, analogue à celle que les épon¬
ges métalliques produisent sur différents
corps exposés à l’action électro - galvanique
de leurs cavités. Comme l’Argile est compo¬
sée de parties excessivement atténuées, elle
jouit de cette propriété d’une manière plus
sensible que tous les autres corps réduits
à l’état terreux. Suivant M. Cordier, du
Quartz pulvérisé et trituré convenable¬
ment donne l’odeur argileuse.
(C. D’O.)
* ARG1LIFÈRE. Ârgili férus (, argüa ,
argile ; fero , je porte), géol. — Qui con¬
tient accidentellement de l’Argile. Tel est
le Calcaire argilifère. (C. d’O.)
* ARGILIFORME. Argiliformis {ar¬
güa , argile ; forma , forme), géol. — Qui
a l’aspect de l’Argile : Trass argili forme.
(G. d’O.)
ARGILÏTE. geol. — Voyez roches
ARGILEUSES. (C. D’O.)
*ARGILOIBE. Argiloides. géol. —
Cette épithète est donnée aux roches dont
la masse principale présente l’aspect de
l’Argile, ou à celles qui possèdent quelques
unes de ses propriétés. Telle est la Brèche
à pâte argiloïde. (C. d’O.)
ARGILOLITHE. géol. — Suivant M.
Cordier, plusieurs géologues confondent, à
tort sous cette dénomination, 1° de véritables
argiles sédimentaires, à un état d’endurcis¬
sement plus ou moins complet ( Argilite ) ;
2e des Pétrosilex décomposés ; 3° des Tra-
chytes également décomposés et passés ainsi
à l’état de Téphrine. Voy. Argilite , Pe-
TROSILEX DÉCOMPOSÉ et TÉPHRINE.
(C. D’O.)
ARGILOPHYRE. géol. — Suivant
M. Cordier , divers géologues confondent
sous ce nom : 1° les Porphyres pétrosiliceux
décomposés (Porphyre argilitique); 2° les
Trachytcs et Porphyres leueosüniques dé'
composés et passés à l’état de Porphyre tc-r
phrinique ; 3° certaines variétés de Tra-
chytessilicifères, à pâte très fine et d’un as¬
pect terreux. Voy. Porphyre argiliti-
que, Porphyre téphrinique et Tra-
chyte silicifère. (C. D’O.)
ARGO-RUCC1NUM ( Argo-buccinum ,
Buccin, navire des Argonautes. Voy. laMy-
thol.). moll. — Nom donné par Klein à un
des genres qu’il a formés dans son Tenta-
men methodi Ostracologiœ. Celui-ci ne con¬
tient qu’une seule espèce, inscrite par Lin¬
né dans son genre Murex , sous le nom de
Murex Argus. Lorsque Lamarck forma le
genre Ranelle aux dépens des Murex de
Linné, l’espèce de Klein y fut transportée
et elle doit y rester, car elle a tous les ca
raetères des véritables Ranelles. Voyez ce
mot. (Desh.)
ARGODERME. Argoderma (A/tyfa,
Argus, nom mythol. ; c Upfiet, peau), moll.
— Poli, dans son grand ouvrage sur les Mol¬
lusques des Deux-Siciles , a caractérisé les
genres de Mollusques bivalves d’après l’ani¬
mal lui seul , auquel il donne un nom, et
réunit les Coquilles sous un nom dérivé de
celui de l’animal. Ce savant observateur
nomme Argoderme les Coquilles de son g.
Argus, et dans ce genre il comprend les
Spondyles et les Peignes. Voyez ces deux
mots et argus. (D^sn.)
ARGOLASIE. Argolasia. bot. pii.-
Le genre établi sons çe nom par Jussieu,
et qui appartient à la famille des Hæmodo-
ARG
ARG
119
racées, est le même que le Lanaria d’Ai-
ton. Voy. lanakia. (A. R.
* ARGOLIDES. Argolidœ. crust. —
Leach donne ce nom à une famille d’Ento-
mostracés dont le type est le genre Argus.
(C. D’O.)
A'RGONAJ]TE.Argonauta[àf,yovoivT,lç,
argonaute), moll. — Nom de genre donné
par Linné (Sgst. nat ., éd. XII) à la coquille
d’un Céphalopode connu des Grecs (Aristote,
Hist. des an., lib.YI, cap. I.— Athénée, Deip-
neisopMstarum lib. VII, cap. cv, etc.) sous
la dénomination de vaurDos, de v«ür îxos, Nau¬
tique, de Pompile, etc., et des Latins (Plinius,
àist. nat., -46 ix, cap. XXIX) sous celle
de Nautilus. Linné , au contraire , appli¬
que, à tort, le même nom de Nautilus h
un genre de coquille que ces auteurs ne
connaissaient pas ; mais ces genres étant
consacrés dans la science, il n’est plus pos¬
sible de les changer sans inconvénient pour
l’avancement de la zoologie.
Nous allons donner un aperçu rapide de
ce qu’on sait aujourd’hui sur l’Argonaute,
dont nous avons traité avec beaucoup de
développement dans notre Monographie
des Céphalopodes acétabulifères.
Il est peu d’animaux marins aussi célè¬
bres et aussi anciennement connus que l’Ar¬
gonaute. Les brillantes fictions sur sa navi¬
gation sont pourtant à jamais détruites par
l’observation immédiate , puisqu’il nage à
reculons, comme les autres Céphalopodes,
par le refoulement de l’eau, au moyen de
son tube locomoteur. L’Argonaute n’est
plus cet élégant nautonnier enseignant aux
hommes à fendre l’onde au moyen d’une
voile et de rames , ce joli vaisseau portant
en lui-même tous les attributs de la navi¬
gation , guidant le marin dans sa course
aventureuse , et lui présageant une heu¬
reuse traversée. Non... , ces croyances ,
plus anciennes qu’ Aristote , qui les a sans
doute empruntées aux poètes qui l’ont pré¬
cédé, embellies par le génie des Athénée,
des Oppien , des Élien , reproduites par
tous les auteurs du moyen-âge, et même
par plusieurs de nos écrivains modernes ;
ces croyances si naïves et si séduisantes ,
n’ont pris naissance que dans la fécondité
de leurs imaginations exaltées. Il nous faut
aussi renoncer à cette jolie fiction d’Op-
pien , qui nous présente les Pompiles en¬
traînés par la joie la plus vive à la vue des
vaisseaux qui sillonnent les mers , les sui¬
vant à l’envi, sautant et se jouant à la proue
de ces chars maritimes. « Comme on voit
un prince qui vient de prendre une ville,
comme on voit un homme vainqueur dans
les jeux publics, le front ceint d’une cou¬
ronne de fleurs nouvelles , autour desquels
se presse un peuple immense, ainsi les Pom¬
piles vont toujours en foule à la suite des
navires, tant qu’ils ne sont pas troublés par
la crainte du voisinage de la terre , dont la
seule approche semble pour eux une bar¬
rière infranchissable. O poisson justement
cher aux navigateurs ! ta présence annonce
les vents doux et amis ; tu ramènes le cal¬
me et tu en es le signe. »
Engendré du sang du ciel , dit Athénée ,
le Pompile, sous la direction des dieux,
conduit la barre et le reste du gouvernail.
Homme d’abord, il dut sa métamorphose à
une belle passion d’Apollon, épris d’amour
pour la jeune nymphe Ocyrrhoé , que les
Heures avaient douée des charmes les plus
séduisants. Elle était dans l’âge brillant de
la jeunesse , lorsque ce dieu puissant essaya
de l’enlever , quand elb se rendait à une
fête de Diane. Craignant Lie devenir la proie
d’un ravisseur, elle pria certain Pompile,
nautonnier qui connaissait tous les gouffres
de la mer, de la conduire en sûreté dans sa
patrie ; mais Apollon parut à l’improviste ,
ravit la jeune fille , pétrifia le navire, et
changea Pompile en un poisson qui depuis
a porté son nom. Il est toujours prêt à ser¬
vir en mer les vaisseaux qui la traverse ra¬
pidement.
Les Chinois , à l’article Pei-siao de l’En¬
cyclopédie japonnaise, parlent assez lon¬
guement du Poulpe à bateau , auquel ils
reconnaissent , disent-ils, une propriété vé¬
néneuse : de là vient sans doute l’erreur de
Bontius , qui rapporte que l’animal , qu’il
tenait dans la main , lui causa une douleur
très vive, semblable à une brûlure , ajou¬
tant, à ce sujet, que les Chinois se servaient
de cette propriété de l’Argonaute pour em¬
poisonner les liqueurs données aux Euro¬
péens, ses compagnons , ce qui, assure-t-il,
causa la mort de plusieurs d’entre eux.
Rumphius nous raconte que, dans l’Inde, on
attache un grand prix à la coquille de l’Ar¬
gonaute, regardée par les femmes de ce pays
120
ARG
comme le plus bel ornement. Dans les jours
de fêtes solennelles, où l’on danse le Lego-
lego, la première danseuse en porte une
dans sa main droite, en l’élevant au-dessus
de sa tête , comme un objet appelé à aug¬
menter la considération qu’elle inspire déjà.
L’Argonaute n’est pas moins célèbre par
la discussion à laquelle il a donné lieu en¬
tre les zoologistes, sur la question de savoir
si le mollusque céphalopode qu’on trouve
dans cette coquille est son véritable auteur,
ou si ce n’est qu’un animal parasite qui
viendrait s’y loger, après en avoir chassé
son véritable propriétaire ; question vive¬
ment débattue de part et d’autre.
Au moyen-âge, Belon, Rondelet, Gessner,
Aldrovande, ont regardé l’Élédon comme
l’animal de l’Argonaute, tout en reprodui¬
sant les croyances des anciens Grecs sur la
navigation à la voile de l’Argonaute, que
Rumphius, le premier, démentit et ramena
à sa juste valeur; mais D’Argenville, qui con¬
sidère aussi à tort l’Élédon comme l’habitant
de la coquille, dit plus loin , avec raison,
qu’on l’en trouve souvent séparé, tandis que
Minasi, tout en décrivant très bien les fonc¬
tions des bras palmés du véritable animal,
combat, dès 1771, le parasitisme.
Depuis, MM. Lamarck, Bosc, Rafinesque,
Leach, Blainville, Say, Sowerby, Broderip,
Deshayes et Gray, ont successivement défen¬
du l’opinion du parasitisme; les premiers se
basant sur la fausse croyance que l’Élédon
était l’animal, quelques autres adoptant, d’a¬
près Rafinesque, l’Ocythoé comme l’animal
parasite de la coquille, et s’appuyant surtout,
avec raison {c’est l'opinion de M . de Blain¬
ville), sur la non-adhérence de l’animal avec
la coquille; fait en contradiction avec les
lois zoologiques connues.
D’un autre côté , MM. Bruguière, Mont-
fort, Cuvier, Duvernoy, Ranzani, Férussac,
Poli, Rapp, Mauriani, Dellechiaje, Richard
Owen,Rang, madame Power et nous, avons
soutenu l’opinion contraire par de nombreux
arguments basés sur des faits incontestables.
La partie est donc à peu près égale.
!>Tous ne pouvons pas ici reproduire tous
les points de discussion. Il nous suffira de
présenter en abrégé quelques uns des faits
nombreux qui , d’après nos observations,
nous semblent décider la question en faveur
du non-parasitisme :
ARG
1° L’animal de l’Argonaute diffère zoolo¬
giquement et anatomiquement des Poulpes :
zoologiquement , d’après nous , par sa for¬
me générale, comme ployée sur elle-même;
par la complication de son appareil de rési¬
stance ; par ses ouvertures aquifères ; par ses
bras supérieurs palmés , et par la coquille
mince , fragile , représentant une petite na¬
celle chez laquelle les anciens croyaient voir
la proue dans la partie antérieure , et la
poupe dans la partie postérieure, etc. ; ana¬
tomiquement, d’après M. Owen , par des
branchies différentes. Ce sont donc des ani¬
maux distincts quant à leur organisation,
et susceptibles dès lors d’un genre de vie
tout opposé , bien que normal, par rapport
à ces mêmes formes.
2° La forme ployée de l’animal , non en
ligne droite, est en rapport avec la forme de
la coquille, de même que sa position connue
dans la coquille : les rapports de l’un avec
l’autre sont dès lors évidents.
3° La forme de l’animal s’oppose à ce
qu’il puisse vivre hors de sa coquille.
4° Les rapports des parties coloriées de
l’animal avec sa position habituelle dans la
coquille sont évidents.
5° Les bras palmés, par leurs membranes
extensibles, sont, comme l’a dit M. Rang,
destinés à envelopper la coquille. Ils nous
paraissent être une dépendance absolue du
mode d’existence de l’Argonaute et un trait
de conformité de plus entre l’animal et sa
coquille.
6° La contexture spongieuse et poreuse
du côté interne des membranes est en rap¬
port avec la supposition que les bras sécrè¬
tent la coquille.
De ces faits, et de bien d’autres que nous
ne pouvons placer ici , résulte évidemment
que l’animal concorde par tous les points
avec la coquille, et que l’un paraît être une
dépendance de l’autre. Cherchons mainte¬
nant , dans l’examen de la coquille et de son
mode d’accroissement, d’autres preuves qu’il
serait difficile de ne pas admettre :
7° La coquille diffère de celles de tous les
Mollusques gastéropodes , par son manque
du nucléus , qui se développe ordinairement
dans l’œuf.
8° La concordance de la forme de la co¬
quille avec la natation , et le genre de vie
pélagien des Argonautes est parfaite.
ÀRG
121
ARG
90 Sa contexture annonce qu’elle a été
formée par un organe sécréteur bien diffé¬
rent de celui des autres mollusques , et se
trouve en rapport avec l’hypothèse de sa
formation par les bras.
40° La coquille , fraîche , d’abord lisse,
polie sur ses bords, se couvre d’un léger é-
piderme à quelque distance du bord. Cet
épiderme devient de plus en plus épais , jus¬
qu’au sommet de la spire, ce qui prouve
qu’il n’a pas précédé la transsudation cal¬
caire destinée à former la coquille, comme
chez presque tous les mollusques , qui ont,
au contraire, l’épiderme d’autant plus épais
qu’il approche du bord ; mais qu’il est pos¬
térieur à la formation de la coquille, et
qu’il ne peut dès lors être déposé que par
un organe purement extérieur, expliqué en¬
core par la position constante des membra¬
nes des bras de l’Argonaute sur la coquille.
11° La coquille n’existe pas dans l’œuf ;
mais, en étudiant, sur une très jeune co¬
quille encore cartilagineuse, son mode de
formation, nous avons reconnu qu’elle est
sécrétée par les bras palmés.
42° L’animal répare sa coquille lorsqu’elle
est brisée ; il a donc un moyen de sécrétion
dans ses bras, qui enveloppent constamment
la coquille, comme les lobes du manteau
des Porcelaines, qui sécrètent également la
matière propre à former et à épaissir la co¬
quille.
La forme, la contexture et l’accroisse¬
ment de la coquille sont parfaitement d’ac¬
cord avec l’animal et la supposition que les
bras la sécrètent; ainsi : rapports de l’ani¬
mal avec la coquille, rapports de la coquille
avec l’animal.
Voyons maintenant quelques faits tirés
des mœurs :
43o On a toujours rencontré dans les co¬
quilles des animaux de grandeur propor¬
tionnée , ce qui n’a pas lieu pour les Pagures
parasites.
44° On n’a jamais rencontré que l’animal
à bras palmés dans la coquille, et toujours
la même espèce d’animal dans la même es¬
pèce de coquille.
45° Il est difficile de ne pas croire que les
animaux pris par nous à 500 lieues des cô¬
tes , ayant leur coquille encore cartilagi¬
neuse, et vivant en troupes avec des individus
plus âgés ou à peine éclos, ne soient pas nés
avec une coquille qui leur appartient, qu’ils
ont formée eux-mêmes ; car on ne pourrait
supposer que , sortis de l’œuf à 2 ou 500
lieues des côtes, ils aient franchi cet espace
pour aller chercher une coquille , et qu’ils
soient revenus ensuite au point,où nous les
avons trouvés, en refranchissant la même di¬
stance.
On voit, par ce qui précède , extrait de
trente-deux arguments de même nature,
que notre opinion sur le non-parasitisme de
V Argonaute est toute de conviction, et ba¬
sée sur des observations prolongées et mi¬
nutieuses , faites tant sur les lieux que dans
le cabinet, sur un grand nombre d’animaux
et de coquilles de diverses espèces.
On connaît bien positivement trois espèces
d’Argonautes : VArgonauta argo , VA. tu -
berculata , et l’A- Mans, dont les animaux
forment , pour quelques auteurs , VOcythoe
tuberculata , Rafin. ; l’O. antiquorum,
Leach , Blainv. , et l’O. CraucMi , Leach ,
Blainv.
La première espèce est de la Méditerra¬
née, des Antilles et de l’Inde; la seconde,
de l’Inde seulement ; la troisième, de tout îc
Grand Océan et de l'Océan Atlantique.
On n’a pas encore la certitude d’avoir
rencontré d’Argonaute fossile. (A. d’O.)
ARGONAUTES ( Nom des Grecs qui
s’embarquèrent sur le vaisseau Argo pour
aller à la conquête de la Toison d’or), ins.
— Cramer désigne ainsi un groupe de Pa¬
pillons diurnes, qui comprend ceux dont les
antennes sont en massue allongée et les ailes
inférieures pourvues de deux appendices en
forme de queue. Ce groupe répond à une
partie des Nymphales de Latreille , et au
genre Cliaraxes d’Ochsenheimer. Voyez ces
deux mots. (B.)
ARGONAUTIER. moll. cépis.— La-
marck a donné ce nom à l’animal de V Ar¬
gonaute. Voy. ce mot. (A. d’O.)
ARGONAUTITE. Argonautites. fo-
ram- Montfort ( Buffon de Sonnini, Mol-
kisq., t. III) a nommé ainsi des coquilles
qu’il a représentées, d’après Soldani, en dé¬
naturant îes figures de l’auteur italien. Il
les considérait comme des Argonautes fos¬
siles; mais nous avons reconnu que ce sont
des Peneroplis mal représentés. (A. d’O.)
*ARGOPHYLLÉE (àfiydç, blanc;
U'j feuille), bot. pii. — Section du genre
- 8*
T. II.
Î9 2
ÂRG
ARG
Eurybia, de la famille des Composées. Elle
comprend les esp. dont la largeur des ligu¬
les dépasse de beaucoup celle des styles , et
dont les fruits sont cylindracés. (J. D.)
*ARGOPHYLLÉES (allusion à Argo-
phyllum). bot. ph. — M. Endlicher ( Gen .
plant., p. $23) a proposé sous ce nom un
groupe, jusque aujourd’hui monotype, fondé
sur le genre Argophyllum , et qu’il place à
la suite des Saxifragées-Escalloniées. Ce
rapprochement avait déjà été indiqué par
M. Bartling ( Ord . nat., p. 428). (Sp.)
ARGOPHYLLUM blanc;
).ov, feuille), bot. ph. — Genre formé par
Forster (Gen. nov. Cal. 15), et dont la place
dans les familles naturelles n’est pas encore
bien déterminée. On le range assez géné¬
ralement parmi les Ericacées (Yacciniées).
En voici les caractères distinctifs : Calice
turbiné-subhémisphérique, sillonné, à limbe
5-6-parti, réfléchi en dedans, persistant. Co¬
rolle subrotacée, à limbe 5ou6-parti, étalé.
Nectaire inséré à la gorge de la corolle, ex-
sert, tubulé à la base, 5-6-gone, 5-6-fide su¬
périeurement; à lobes frangés , opposés aux
lacinies de la corolle. Étamines 5-6 ; stig¬
mate capité. Capsule semi-supère, turbinée-
obovée , un peu déprimée , 5-4-loculaire ,
3-4-loculicide, à valves septifèresau milieu.
Graines nombreuses, attachées à des pla¬
centas centraux. — Ce genre, peu connu,
ne contient qu’une seule espèce découverte
à la Nouvelle-Écosse par l’auteur, et qui ne
paraît pas avoir été retrouvée depuis. C’est
un bel arbrisseau, à feuilles alternes, entières
ou lâchement dentées ; à surface inférieure
couverte d’un duvet d’un blanc d’argent.
L’inflorescence est en panicule terminale.
(Meisen, Gen. plant.) (C. L.)
*ARGOPUS (Afiyoç, inactif; iroüs, pied).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères ,
famille des Chrysomélines, établi parM. Fi¬
scher deYYaldheim (Ent. russe, 1823, t. II,
p. 183, pl. 47, fig. 3 et 4). Ce genre, dit
l’auteur , est intermédiaire entre les Chry-
som'eles et les Altises. Il diffère des pre¬
mières en ce qu’il a les cuisses renflées , et
des secondes , parce que , malgré ce renfle¬
ment des cuisses, il n’a pas, comme les Al¬
tises, la faculté de sauter. Du reste, le corps
des Argopus est plus allongé que celui des
Chrysomeles , et plus gros que celui des
Altises , dont les cuisses de derrière sont
seules renflées, tandis qu’elles le sont toutes
chez les premiers; mais ce qui caractérise
principalement le genre dont il s’agit , c’est
la forme singulière du chaperon, qui s’élève
en toit et se prolonge en diminuant jusqu’à
l’insertion des antennes. L’auteur n’y rap-
porte que deux esp. ; mais on y en compte
aujourd’hui une vingtaine, parmi lesquelles
nous citerons seulement celles qui sont dé¬
crites r savoir : A. sicolor, Fischer , de la
Russie méridionale ; A. nigritarsis, Gebler,
de la Sibérie ; A. Arhensii, Germ., de Dal-
matie; A. cardui, Kirby , et enfin A. tes -
taceus, Fabr. Ces deux dernières se trou¬
vent en France. (D. et C.)
ARGOSTEMMA , YVallich. — Poman -
gium, Reinw. (àpyà s , blanc ; , couron¬
ne). bot. pii. — Genre de la famille des
Rubiacées (tribu des Rondélétiées, DC. ) ,
offrant pour caractères : Tube calicinal
court, obconique, adhérent; limbe 3-5-fide,
supère, persistant. Corolle 3-5-fide, rotacée.
Étamines insérées à la gorge de la corolle,
en même nombre que les lobes de celle-ci ,
saillantes. Filets filiformes. Anthères gran¬
des, lancéolées-oblongues , dressées, conni-
ventes , 2-thèques; bourses déhiscentes au
sommet par une fente courte et oblique.
Ovaire infère, 2-Ioculaire, couronné d’un
disque operculiforme, charnu; loges multi-
ovulées; placentaires convexes , adnés à la
cloison. Style indivisé, terminé par un stig¬
mate globuleux. Capsule 2-loculaire , po-
lysperme, couronnée du limbe calicinal et
du disque, s’ouvrant au sommet par une
fente transverse. Graines anguleuses. —
Herbes (de l’Asie équatoriale) basses, his-
pidules; feuilles opposées (souvent aniso-
mètres), ou verticillées-quaternées, pétiolées;
pédoncules terminaux ou subterminaux ,
multiflores (rarement 1-flores) ; fleurs blan¬
ches, en général fasciculées. (YVallich , in
Roxb., Flor. Jnd., II, p. 324; Plant. Asiat.
rar., tab. 185.) — M. De Candolle ( Prodr . IV,
p. 417 ) énumère huit espèces de ce genre.
(Sp.)
ARGOUS1ER. bot. ph.— Voyez Hip-
pophae. (C. d’O.)
ARGUILLE ou ARTILLE. ois. —
Nom vulgaire du Traquet motteux , Mota-
cilla œnanthe, L. Voyez traquet.
(C. D’O.)
ARGULE. crust. — Genre établi par
ÀRG
ARG
193
Miiller, et appartenant à la division des Crus¬
tacés suceurs, famille des Siphonostomes.
Il est remarquable par la ‘forme ovalaire et
discoïde de sa carapace, par l’état rudimen¬
taire de son abdomen , et par la conforma¬
tion singulière de la seconde paire de pattes-
mâchoires, lesquelles sont terminées par des
ventouses. ISArgule foliacée, qui a servi de
type pour l’établissement de ce genre , est
un petit parasite qu’on trouve sur le corps
des têtards de Grenouille et des Épinoches.
(M. E.)
ARGUS (Nom mythologique donné à cet
oiseau à cause de la quantité de taches ocu¬
laires répandues sur ses ailes ). ois. — Genre
de l’ordre des Gallinacés , formé par Tem-
minck dans son ouvrage sur cet ordre, adop¬
té par Vieillot et par les ornithologistes mo¬
dernes, mais que Cuvier ne fait qu’indiquer
dans son Règne animal ., citant l’oiseau qui
en est le type comme une espèce de grand
Faisan.
Ce g. fera partie de notre famille des Pha-
sianidées et de notre s.-famille des Pavoni-
nées. Les caract. en sont : Bec assez allongé,
nu à sa base, droit et non courbé dans cette
partie. Mandibule supérieure peu arquée , sa
courbure ne commençant que vers les deux
tiers de sa longueur, au-dessus de l'extrémité
antérieure des fosses nasales, qui sont très
grandes et en occupent plus de la première
moitié.Narines situées latéralement au milieu
du bec, à moitié fermées par une membrane.
Tête, joues et cou nus, n’ayant d’autre par¬
tie emplumée qu’une bande étroite et lon¬
gitudinale sur la ligne médiane du front, du
vertex, et de la partie postérieure du cou ;
ces plumes étant de nature duveteuse et
soyeuse, ou à barbes décomposées, et s’éle¬
vant un peu vers l’occiput en forme de pe¬
tite huppe verticale.Tarses longs, grêles, sans
éperons ni tubercules ; doigts antérieurs ré¬
unis à leur base par de courtes membranes ;
pouce grêle, articulé sur le tarse; ongles
médiocres. Ailes à rémiges secondaires sin¬
gulièrement allongées et élargies, dépassant
les primaires d’une fois leur longueur chez
les mâles. Queue cunéiforme , à rectrices
également fort élargies et arrondies à leur
extrémité , les deux médianes excessivement
longues, et dépassant la queue d’une fois et
demie sa longueur.
Tout en reconnaissant que l’oiseau qui est
le type et en même temps l’unique espèee
du genre, le Phasianus argus de Linné, ré¬
unissait des caractères particuliers et assez
distincts pour pouvoir figurer bien natu¬
rellement dans les genres connus , nous
sommes étonné qu’on l’ait souvent rappro¬
ché des Faisans, avec lesquels il n’offre pas
les moindres rapports , tandis qu’il en offre
de si évidents avec les Eperonniers , qu’on
pourrait , selon nous, le classer avec eux
comme sous-genre, n’en différant réellement
que par l’absence d’éperons. Il a effective¬
ment leur bec effilé, à narines médianes,
courbé seulement vers l’extrémité , et non
celui des Faisans, qui est très arqué, courbé
dès sa base, et à narines basales ; il a leurs
tarses élevés et grêles, leurs plumes soyeuses
et décomposées du dessus de la tête et du
cou, disposées de même en huppe verticale,
ce qui se trouve aussi chez les Paons , tan¬
dis que chez les Faisans toutes les huppes
sont recourbées en arrière. Son genre de
coloration, si remarquable , et formé d’une
infinité de petites taches brunes irrégulières,
ressortant sur un fond plus clair, se re¬
trouve aussi chez les Eperonniers, et, comme
eux et les Paons, il est surtout remarquable
par une profusion de grandes taches ocu¬
laires répandues sur son plumage. La forme
de sa queue, qui, au premier abord, semble
s’éloigner entièrement de celle des Éperon-
niers, ordinairement élargie et arrondie vers
le bout , trouve déjà une analogie marquée
dans celle d’une nouvelle espèce, VÈperon-
nier chaleur e, de Temminck , col. 519;
et, quant à la singulière disproportion de
ses rémiges, on peut remarquer que, chez les
Eperonniers, les primaires sont déjà un peu
dépassées par les secondaires.
V Argus giganteus de Temminck , Argus
Luen et Pavoninusde, Vieillot(GaL, pl. 204),
a de longueur totale 5 pieds et quelques
pouces, dont la queue occupe 5 pieds 8
pouces. La peau nue de ses joues et de son
cou est, selon les auteurs, d’un rouge cra¬
moisi chez l’oiseau vivant. Quoique le fond
de tout son plumage ne soit composé que
de teintes ocreuses, rousses ou brunes, que
ne relève aucune nuance vive et brillante,
elles y sont réparties avec tant d’harmonie
et couvertes d’une si grande profusion de
petites taches, de points même, tantôt plus
foncés, tantôt plus clairs que ce fond, qu’elles
124
ÀRG
ARG
produisent l’effet le plus agréable et même
le plus rare dans toute la série ornithologi¬
que. Ses longues et larges rémiges secon¬
daires sont couvertes , dans toute leur lon¬
gueur, d’une rangée de grandes taches ocu¬
laires, imitant merveilleusement le relief de
demi-globes, dont la teinte , douce comme
celle de tout le plumage, a cependant quel¬
que chose du bronze antique. Les primaires,
à barbes externes blanchâtres, tigrées de
brun, à barbes internes fauves, pointillées
de blanc , ont leur tige du plus joli bleu de
ciel.
La femelle n’offre ni le développement
extraordinaire de la queue et des ailes, ni
les taches oculaires du mâle. Son plumage
est plus obscur, et sa longueur totale n’est
que de 26 pouces. Lorsque l’Argus mâle
piaffe autour d’elle , il épanouit ses ailes
presque jusqu’à terre, selon Yieillot, et re¬
lève sa queue en forme d’éventail , habitude
qui lui est commune avec les Paons et les
Dindons, et ajoute encore aux divers motifs
qui nous les font grouper avec eux , ainsi
que les Éperonniers.
Ce superbe oiseau habite les forêts obscu¬
res et sauvages de Java et de Sumatra , de
divers points du continent de l’Inde, et sur¬
tout de Malacca, où il est très commun. Se¬
lon Yieillot , l’Argus est très farouche ; son
cri est fort et désagréable, comme celui du
Paon , et sa chair délicate et savoureuse.
Selon le même auteur, il s’accoutume
difficilement à la privation de la liberté , et
ses yeux s’offusquent de la grande lu¬
mière du jour , ce qui le rend triste et im¬
mobile lorsqu’il y est exposé, et lui fait
rechercher l’obscurité. Il paraît néanmoins
que, depuis quelques années , on est parve¬
nu à l’habituer dans les basses-cours de Ba¬
tavia , et nous venons d’en voir un vivant à
Londres dans le Jardin de la Société zoolo¬
gique ; mais, comme l’a remarqué Yieillot,
nous avons pu observer qu’il se tenait con¬
stamment caché au fond de sa faisanderie ,
où , pour éviter soit notre présenc^, soit la
lumière du jour, il retournait promptement
lorsqu’on l’en avait fait sortir. Cette sorte de
sauvagerie nous a empêché de faire sur cet
oiseau , si rarement vivant en Europe , les
diverses observations auxquelles nous nous
étions proposé de le soumettre. (Lafr.)
ARGUS, ins. — Scopoli a , le premier,
employé ce nom pour désigner générique¬
ment une foule d’espèces de Lépidoptères
diurnes, par le seul motif qu’ils ont les ailes
ornées de taches ocellées, bien que, du reste,
ils ne se ressemblent nullement. Geoffroy,
en adoptant cette dénomination générique,
ne l’a appliquée qu’à un petit groupe de Lé¬
pidoptères très homogènes, qui correspond
à une partie des Plébéiens rurauco de Lin¬
né et des Folyommates de Latreille. Enfin,
M. Boisduval, dans son ouvrage intitulé :
Icônes historique des Lépidoptères d'Eu¬
rope nouveaux ou peu connus , avait aussi
adopté cette même dénomination en la res¬
treignant à la division des Folyommates a-
zurins (cyanei) de Latreille ; mais, depuis, il
a replacé ces Folyommates dans le genre
Lycœna , Fabr. , auquel ils appartenaient
auparavant ; de sorte que le nom d 'Argus,
dans l’ordre des Lépidoptères, ne sert plus
qu’à désigner une espèce ainsi nommée par
Linné. Voy. les mots polyommate etLY-
COENA. (D.)
ARGUS, arach.— YYalckenaër donne
ce nom à un g. de la famille des Araignées, de
l’ordre des Aranéides, groupe des Séden¬
taires rétitèles , dont il n’a pas encore pu¬
blié les caractères ; mais cette dénomination
(P Argus , ayant déjà été appliquée à un g.
de l’ordre des Lépidoptères, devra nécessai¬
rement être changée pour celui-ci. (Bl.)
ARGUS (nom mythologique), rept. —
Nom d’une espèce de Lézard de la section
des Ameiva, et d’une espèce de Couleuvre
de la troisième section de Daudin.
(C. D’O.)
ARGUS ( «pyâî , argus , nom mythol.).
moll. — Poli a institué ce genre pour ceux
des Mollusques acéphalés monomyaires, qui,
ayant les lobes du manteau complètement
désunis , présentent sur les bords libres de
cet organe plusieurs rangées de tentacules
coniques , parmi lesquelles on en remarque
un certain nombre de subitement tronquées,
et dont la troncature semble être terminée
par un point oculaire. Cette disposition se
remarque non seulement dans les Peignes
elles Spondyles que Poli a connus, mais
encore dans les Houlettes, d’après les obser¬
vations de M. Quoy. Poli, ayant pris ces ca¬
ractères pour déterminer son genre Argus,
y rapportait des animaux qui peuvent faci¬
lement se distinguer en deux bons genres ;
ARG
ARG
celui des Spondyles, créé par Linné, et ce¬
lui des Peignes, retiré des Huîtres de Linné
par Bruguière. Voyez peigne et spondy-
LE. (PlîSB..)
ARGUTOR, C. (étymologie inconnue).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Carabiques, établi par Mégcrlc
aux dépens du g. Pœcilus de Bonelli , et
adopté par M. de Chaudoir (Tableau d’une
nouv. subdiv. du g. Feronia, Dej., pages 8
et 14), qui lui donne pour caractères :
Deuxième article des tarses antérieurs des
mâles non transversal. Antennes non caré¬
nées, à articles peu allongés. Corselet carré
ou rétréci postérieurement. Il y rapporte
seulement dix espèces, parmi lesquelles
nous citerons les suivantes : Àrg. strenuus,
Panzer ; A. pullus, Gyllenhal; A. eruditus ,
Mégerle; A. dorsalis , de Chaudoir; A. chi-
lensis , Dejean ; A. rubripes , Hoffmann ;
A. negligens, Sturm; et A. rufus, Mégerle.
Dans son dernier Catalogue, M. Dejean a
supprimé le g. Argutor, et en a compris
toutes les espèces dans la deuxième division
du g. Feronia de Latreille. (D. et C.)
ARGUZIA , Amman, bot. pu. — Syn.
du g. Tournefortia , L., de la famille des
Borraginées. ( Sp.)
ARGYCTIUS. poiss. — Nom imaginé
par M. Rafinesque pour désigner le poisson
que Gouan avait appelé Trachyptère, mais
qui avait été méconnu, par presque tous les
ichthyologistes, depuis la mort du professeur
de Montpellier. Il y a dans la Méditerra¬
née plusieurs espèces de ce genre. II est très
difficile , pour ne pas dire impossible , de
rapporter avec quelque certitude à l’une
d’elles le poisson nommé par M. Rafinesque
Argyctius quadrimaculatus. Voy. au mot
TRACHYPTÈRE. (VAL.)
ARGYE. Argya. ois. — Genre formé
par M. Lesson, dans son Traité d'ornitho¬
logie , en 1851, et répondant à celui de Chœ-
tops, de M. Swainson, de la même année,
dans sa North. zool. M. Lesson plaçait dans
ce genre deux espèces de Merles à grandes
jambes , dont l’un , le Malurus squamiceps
de Rüppel, nous paraît faire partie du genre
Megalurus , et devoir être placé à côté du
Megalurus acaciœ de Rüppel , tandis que
l’autre, le Mérion bridé de Temminck, col.
585, devient pour nous le véritable type du
genre Argye,que nous caractériserons ainsi :
13&
Bec médiocre , conformé comme celui des
Merles , mais légèrement plus mince et plus
arqué, échancré à la pointe. Narines basales
percées en fente étroite dans une membra¬
ne ; plumes du front et de tout le pourtour
du bec rigides , à tiges prolongées au delà
des barbes, et piliformes. Tarses très élevés
et robustes ; doigts forts ; les latéraux pres¬
que égaux, le médian beaucoup plus long ;
ongles peu arqués; les antérieurs courts,
presque égaux entre eux , le postérieur al¬
longé. Ailes très courtes, obtuses ou sur¬
obtuses. Queue assez longue, élargie, étagée
et très arrondie.
La forme des pattes de l’espèce type, qui
est entièrement celle d’oiseau marcheur,
nous l’avait fait classer , dans notre Essai dis
class., dans notre section des Merles mar¬
cheurs solitaires. Des renseignements ulté¬
rieurs et circonstanciés sur ses mœurs , qui
nous ont été donnés par M. J. Terreaux, qui
l’a observé en Afrique, ont pleinement con¬
firmé nos prévisions, et nous ont indiqué
des rapports si marqués entre cet oiseau
et les grandes espèces de Traquets d’A¬
frique , que nous n’avons pas balancé à le
regarder comme un véritable Saxicolidée,
mais un Saxicolidée à ailes courtes et à queue
étagée, formé par conséquent sur un type
particulier, tandis que ses mœurs sont en¬
tièrement conformes aux leurs. Il se tient
en effet toujours à terre, sur des terrains a-
rides et rocheux, courant à la poursuite des
insectes, et se perchant souvent sur les ro¬
ches elles-mêmes , à la manière des grands
Traquets et des Merles de roche. L’espèce
type, l’Argye bridé, Argya frœnata , Less. ,
Mérion bridé, Tem., col., 585, est un peu
plus grand que le Moqueur des Etats-Unis,
mais à tarses et doigts plus longs et plus
forts, à ailes beaucoup plus courtes. La par¬
tie supérieure, jusque vers le milieu du dos,
est gris-de-cendre, à flammèches noires; le
bas du dos, le croupion et le dessous, depuis
la poitrine, sont brun-marron vif; la gorge,
tout le devant du cou, le haut de la poitri¬
ne et les lorum, sont d’un noir intense, bor¬
dé de chaque côté par une longue strie
blanche, en forme cfe moustache prolongée;
la queue est noire , largement terminée de
blanc, couleur qui se remarque encore, sous
forme de taches, sur les couvertures supé-
I rieures de l’aile. Nous lui réunissons !e
126
ARG
ARG
Merle podobé du Sénégal, de Buffon ( Enl .,
354) , Turdus erythroplerus , Gmel. , qui
offre en plus petit les mêmes caractères ,
et une coloration analogue, à queue noire
terminée de blanc. Nous ne savons rien sur
ses mœurs; mais ses pattes, conformées
comme celles des Traquets, ne nous laissent
aucun doute qu’il ne soit marcheur. Une
seconde espèce du Sénégal, très voisine de
la dernière, mais toute noire, et que M.
Swainson a décrite et figurée dans ses Birds
ofwest Africa , pl. 29, sous le nom de Me-
lasoma edolioïdes, nous paraît devoir y être
réunie, et nous sommes étonné que M.
Swainson ait placé cet oiseau à bec de petit
Merle, à longues pattes d’oiseau marcheur,
à queue étagée et à ailes obtuses , dans son
groupe des Drongos, qui sont remarquables,
au contraire , par leurs tarses courts, leur
gros bec, leur queue fourchue, et leurs ailes
pointues, à premières rémiges allongées.
Ce genre Argye , ainsi composé et re¬
streint , fait partie de notre famille Saxico-
lidées, et de notre sous-famille Argynées.
Voy. ces mots. (Lafr.)
*ARGYLIA(un duc d’Argyle). bot.
ph. — Genre de la famille des Bignoniacées,
type de la tribu des Argyliées, formé par
Don ( Edirnb . phil. Journ., t. IX, p. 260 et
seq .), avec ces caractères : Calice 5-parti.
Corolle hypogyne, tubuleuse à la base, ven¬
true à la gorge; à limbe quinquélobé-bila-
bié, dont les lobes obtus , presque égaux.
Étamines 4, insérées au tube de la corolle,
didynames, sans rudiment du cinquième; an¬
thères biloculaires , à loges divariquées-éta-
lées. Ovaire biloculaire ; ovules horizon¬
taux , anatropes , peu nombreux. Style sim¬
ple; stigmate bilamellé. Capsule en forme
de silique, toruleuse , bivalve ; valves sub-
crustacées opposées à la cloison séminifère de
chaque côté. Graines transverses , compri¬
mées, subréniformes, tuberculées-convexes
sur le dos , un peu concaves à l’opposé , à
endoplèvre lâche , membranacée. Embryon
orthotrope, exalbumineux ; cotylédons lar¬
gement réniformes, bilobés , à radicule très
courte, centrifuge. — Ce genre, dont le Bi-
gnonia radiata, L. , est le type , renferme
quelques espèces du Chili, à tiges dressées ou
ascendantes, cylindriques, un peu rugueuses,
pubescentes, à feuilles alternes, pétiolées,
peltées-digitées, dont les folioles bi tripinna-
tifides, étalées, à segments cunéiformes ou
oblongs-linéaires, obtus, très entiers ; à fleurs
terminales, presque en grappes, dont les co¬
rolles jaunes, à gorge ponctuée de rouge.
(C. L.)
*ARGYNÉES. Argyneœ ( Argya , un des
genres de cette sous-famille ). ois. — Sous-
famille de notre famille des Saxicolidéësy
ayant pour caract.: Bec médiocre ressemblant
à un bec de Merle, mais plus comprimé et
plus grêle ; tarses fort longs ; doigts robus¬
tes, mais courts, les latéraux surtout, qui
sont égaux , le médian sensiblement plus
long. Ongles peu arqués, les antérieurs
courts, le postérieur assez long; ailes cour¬
tes ou moyennes, de forme arrondie ; queue
moyenne, ou sensiblement étagée, ou seule¬
ment arrondie. Plumage en général noir,
mêlé de brun marron et de blanc. Cette
sous-famille se compose des genres Argye
et Thamnobie. Voy. ces mots. (Lafr.)
ARGYJXjXE. Argynnis. (fyyùw os, sur¬
nom de Vénus), ins.— Genre de l’ordre des
Lépidoptères , famille des Diurnes , section
des Tétrapodes, tribu des Argynnides, éta¬
bli par Fabricius et adopté par Latreille ,
qui y réunit les Mélitées du même auteur,
mais à tort, suivant nous: car ces dernières
en diffèrent sous plusieurs rapports, non
seulement à l'état parfait , mais par leurs
chenilles, ainsi qu’on le verra à leur article.
C’est pourquoi, en adoptant ce même genre
dans notre catalogue méthodique des Lé¬
pidoptères d’Europe, nous l’avons restreint
aux seules Argynnes de Fabricius.
La plupart des Argynnes, vues en dessus,
sont très difficiles à distinguer entre elles, à
cause de l’uniformité de leur couleur, qui
est fauve , avec des taches noires disposées
de la même manière dans presque toutes
les espèces ; mais il n’en est pas de même
de leur dessous, qui est orné de taches ar¬
gentées ou nacrées, dont la forme, la gran¬
deur et la position varient dans chaque esp.
En général, ce sont de beaux Papillons, au
vol rapide, qui n’habitent que les bois, et qui
se laissent difficilement approcher. Leurs
chenilles, qui sont épineuses, vivent pour la
plupart sur les violettes ; elles ne mangent
que la nuit , et se cachent pendant le jour.
Ce g. renferme un grand nombre d’esp. dont
plusieurs sont propres aux pays de monta¬
gnes. Nous ne citerons ici que les plus con-
ÀRG
ARG
nues: YArg. paphia, Linn., vulgairement
appelée le Tabac d'Espagne; VArg. aglaia,
Linn., ou le Grand nacré de Geoffroy ;
YArg. ïathonia, Linn., ou le Petit nacré, et
YArg. pandora, espèce qui habite le midi
de l’Europe et les côtes septentrionales de
l’Afrique. ( D.)
* ARGYNNIDES. Argynnidœ. ins.—
Tribu de l’ordre des Lépidopt. diurnes, que
nous avons établie aux dépens de celle des
Nymphalides de Latreille, et qui comprend
les g. Argynne, Mélitée et Agraulis. ( Voy .
ces mots.) Ses caractères sont les suivants :
Masse des antennes courte et aplatie. Ailes
inférieures ayant neuf nervures, la cellule
discoïdale ouverte, et les deux bords inter¬
nes réunis et creusés en gouttière au-dessus
de l’abdomen, qu'elles cachent entièrement
lorsqu’elles sont relevées. Chenilles garnies
tantôt d’épines, tantôt de tubercules épi¬
neux sur tous les anneaux. Chrysalides plus
ou moins cambrées, tantôt très anguleuses et
ornées de taches métalliques, tantôt à angles
arrondis et de couleurs variées. (D.)
* ARGYOPE (fyyo’s» blanc; &l>, œil ).
ARACii. — Latreille avait donné ce nom à
un genre de l’ordre des Aranéides , renfer¬
mant un assez grand nombre d’espèces ,
toutes ornées de couleurs d’Or ou d’Argent ;
mais, comme les caractères zoologiques ne
permettent pas de séparer les Argyopes des*
Epeira, M. Walckenaër les regarde comme
une simple division du genre Epeira. [Voy.
ce mot.) (Bl.)
*ARGYRANTHUS (üpyvpoç, argent ;
«v0os, fleur), bot. ph. — Synonyme du g.
Ânaxeton de Cass. Voy. ce mot. (J. D.)
* ARGYRE. Argyra [ üpyvpoç, argent).
ins. — Genre de l’ordre des Diptères , di¬
vision des Brachocères, subdivision des Té-
trachœles, famille des Brachystomes, tribu
des Dolichopodes. Ce genre, formé par M.
Macquart de la première division des JPor-
phyrops de Meigen , a pour caractères :
Front déprimé; face étroite chez le mâle,
large chez la femelle. Troisième article des
antennes comprimé, pointu. Style inséré
près de l’extrémité , pubescent. Yeux velus;
appendices de l’abdomen filiformes. Le nom
d’’ Argyra lui a été donné parce que , dans
les principales espèces, le corps est couvert
(f un épais duvet argenté, d’un éclat remar¬
quable. Quelques Argyres sont d’un vert
131
métallique. Parmi les sept espèces euro¬
péennes décrites dans ce genre par M. Mac-
quart, nous ne citerons que l’Arg. diapha¬
ne, Argyra diapliana, qui est le Dolichopus
diaphanus de Fabricius. Cette espèce se
trouve communément en mai et juin, et re¬
paraît ensuite vers la fin d’août. (D.)
ARGYREE. Argyreus (&pyvpos, ar¬
gent). ins. — Genre de l’ordre des Lépi¬
doptères diurnes, famille des Papillonides,
formé par Scopoli, et qu’il compose de ceux
de ces Insectes qui ont les ailes ornées à
certaines places de bandes, de taches ou de
points ocellés, argentés ou dorés. Il renferme
les Argynnes de Latreille , mais aussi d’au¬
tres espèces qui leur sont tout à fait étran¬
gères, telles que la Thaïs rumina , les Co-
liades palœno et hyale , et le Polyomm.
argus : aussi ce genre n’a pas été con¬
servé, et ne méritait pas de l’être. (D.)
ARGYREIA. [Lettsonia 9 Roxb., non
R. et P.) ( àpyi >petoçf d’argent . bot. pii. —
Genre de la famille des Convolvulacées, tri¬
bu des Clonvolvulées, établi par Loureiro
[Flor. cochinch.,t I, p .166), et dont voici les
caract. constitutifs : Calice 5-phy lie , corolle
hypogyne, campanulée, à limbe 5-plissé ou
5-fide. Itamines 5, incluses ou exsertes, in¬
sérées au bas de la corolle. Ovaire bilocu-
laire, à loges bi-ovulées. Style simple; stig¬
mate capité-bilobé. Baie biloculaire. Grai¬
nes 4 , ou en moins grand nombre par avor¬
tement. Embryon courbe, mucilagineux-al-
bumineux; cotylédons ridés, à radicule in¬
fère.— Ce genre, divisé en deux sous-genres,
Sannudra et Euargyreia [Voy. ces mots),
renferme une vingtaine , à peu près , d’ar¬
brisseaux volubiles , appartenant à l’Asie
tropicale; à feuilles alternes, ordinairement
cordiformes, amples, entières, tomenteuses
ou soyeuses, blanchâtres; à pédoncules axil¬
laires et terminaux, uni-multiflores ; à fleurs
amples, élégantes. On les cultive comme
ornement de serre chaude. (C. L.)
ARGYRÉIOSE. poïss. — Genre de
poissons établi par Lacépède pour y com¬
prendre le Z eus vomer, de Linné. Les caract.
de ce g. sont fondés sur la hauteur de la face
et du corps, très comprimés, et sur la présen¬
ce de deux dorsales, dont le premier rayon, et
quelquefois les suivants , sont prolongés en
filaments ; sur ce que le premier rayon est
aussi allongé que ceux de la seconde dor-
f 98
AHG
ARG
sale , et sur la grandeur des veuiraics , qui
cependant n’ont pas de filaments. La ligne
latérale n’a pas d’armure, comme celle des
Caranx ; on voit cependant quelques traces
de tubercules de chaque côté de la queue.
On ne possède encore qu’une seule espèce de
ce genre , qui vit en très grande abondance
sur les côtes de l’Amérique, depuis New-
Yorck jusqu’à Buenos-Ayres. Cependant ce
poisson , très commun , connu depuis le
commencement du Î7c siècle, est un de ceux
dont les ichthyologistes ont le plus embrouillé
l’histoire.
C’est lui que Laët , en faisant imprimer
Marcgrave , avait figuré sous le nom brési¬
lien, écrit, selon l’orthographe, pour une pro¬
nonciation hollandaise, Awah-kattoejahwe.
Il plaça à côté de cette figure la description
de l’Abacatuia, qui est le meme nom, écrit
selon l’orthographe portugaise. Mais, ensuite,
il mit un autre dessin de cette espèce à côté
de la description d’un autre poisson nommé
Guaperva. Celui-ci est le Chœtodon arcua-
tus, Linn.
Il résulte de là une première confusion
qui en entraîne plusieurs autres, et qui a fait
croire que le Zeus vomer s’appelait aussi
Guaperva. D’un autre côté, on a également
confondu YAbacatuia avec le Zeus gallus ,
poisson de la mer des Indes, tout différent.
C’est ce qui explique comment une espèce
américaine a été portée aux Indes orientales;
mais une autre confusion est encore résultée
de ce que Müller a dit de son Zeus cauda
bifurca, Zeo vomeri a f finis, et que Gme-
lin a pris pour certaine la conjecture du sa¬
vant Danois, de sorte qu’il a dit du Zeus
vomer : Habitat in mari brasiliensi et
norvegico. M. de Lacépède , adoptant sans
critique cette assertion , explique comment,
une même espèce peut habiter les climats
de la Nonvége et ceux du Brésil , et com¬
ment le climat n’influe pas sur la distri¬
bution géographique de cette espèce. Tou¬
tes ces erreurs ont été le résultat d’une
simple faute de typographie facile à re¬
connaître.
Nous ne connaissons dans ce genre qu’une
seule espèce d 'Argyréiose vomer, Lac. ( Zeus
vGmer, Linn.). Cette espèce est très connue
sous le nom vulgaire YAbacatuia , d’après
Marcgrave, nom que l’on trouve à tort rap¬
porté , dans tous les autres dictionnaires !
d’histoire naturelle, au Zeus gallus de Lin¬
né, espèce d’un tout autre genre.
Cet Argyréiose vomer , Lac. , a été aussi
mentionné par Lacépède dans un autre genre
nommé par lui Selene (voy. ce mot), genre
qui doit disparaître de la liste générique en
ichthyologie. (Val.)
*ARGYRIBES (üpyvpoç , argent), mîn,
— Ampère dorme ce nom à un genre de
corps simples; Beudant, à une famille de
Minéraux qui ont pour type l’Argent.
(C. D’O.)
* ÂRGYRÏTE. Argyritis («/syu/jqf, ar¬
gent). ins. — Genre de l’ordre des Diptè¬
res, famille des Athéricères, établi par La-
treille ( Régné animal, t. V, p. 518, 1829)
pour y placer deux nouvelles espèces de
Muscides prises aux environs de Montpellier
par M. Marcel de Serre. Latreille ne leur a
pas donné de noms spécifiques, il se con¬
tente de les signaler ainsi : « Elles sont, dit-
il, de petite taille, et ont un duvet soyeux
argenté qui , dans l’une , garnit tout l’ab¬
domen. » Voici comment il les caracté¬
rise génériquement : Antennes insérées au-
dessous du front , très courtes, avec le der¬
nier article un peu plus grand que le
précédent, presque orbiculaire et muni
d’une soie simple et coudée. Palpes se ter¬
minant en une massue courte , presque
ovoïde et pointue. Du reste, par la forme
courte de leur corps, leur abdomen très
aplati , presque demi-circulaire , leur tête
courte et large et leurs ailes écartées, elles
ressemblent aux Phasies.
Ce g. ne figure pas dans la méthode de
M. Macquart. (D.)
ÂRGYRÏTE ou ARGYROLITHE
{a.-pyvpoi, argent; >/0os, pierre), min. —
Noms de la lithologie ancienne, qui se rap¬
portaient sans doute à des minerais argen¬
tifères dont on ne peut connaître l’espèce ,
faute de désignation suffisante. (Del.)
*ARGYROCHÆTA ( xflyvpo s, argent ;
yxlryi, soie ou chevelure), bot. ph. —
C’est une des sections du g. Parthenium
(Composées) , qui renferme les espèces à
feuilles bipennées, et dont les paillettes qui
constituent l’aigrette sont ovales-oblongues,
obtuses et membraneuses. (J. D.)
ARGYROCOME ( « pyvpos , argent ;
xo>7 j, chevelure), bot. pu. — Ce mot, ap¬
pliqué à un genre de la famille des Compo-
*
ARG
sée. , sert à désigner aujourd’hui une sec¬
tion du genre Helipterum, voisin des Im¬
mortelles. r (J*
* ARGYROLÉPIE. Argyrolepia{ xpyv-
poi, argent ; te* es, écaille), ins. — Genre de
l’ordre des Lépidoptères nocturnes , fondé
par Stéphens dans sa tribu des Tortricides,
et que nous avons adopté, en le plaçant dans
notre tribu des Platyomides ( Hist. natur.
des Lépidopt. de France , t. IX, p. 425).
Toutes les espèces de ce genre se font re¬
marquer par l’éclat de leurs couleurs, qui se
trouve encore augmenté par les raies et les
taches argentées dont leurs ailes sont ornées.
La plupart appartiennent aux contrées mé¬
ridionales de l’Europe, et aucune d’elles n’a
encore été observée dans ses premiers états.
Parmi les onze espèces figurées dans l’ou¬
vrage précité, nous citerons celle qui forme
le type du genre, l’Argyrolépie deBaumann,
Pyralis baumanniana Fabr., qui se trouve
principalement dans les environs de Nîmes,
où elle paraît en mai et juillet. On la ren¬
contre quelquefois autour de Paris. (D.)
* ARGYROLEPIS, Spach, Hist. des
plant, phan., t. YI, p. 36 {ikpyvpos, argent ;
).s*c's , écaille), bot. ph. — Section du genre
Hélianthème, famille des Gistacées , fondée
sur le Helianthemum squamatum Pers. ,
et caractérisé comme il suit : Style long, fili¬
forme, ascendant, fortement géniculé. Eta¬
mines peu nombreuses, 1 -sériées; anthères
elliptiques-orbiculaires, échancrées aux deux
bouts. — - Sous -arbrisseaux couverts d’une
pubescence furfuracée ; feuilles toutes oppo¬
sées ; grappes terminales, distiques, souvent
géminées ; pédicelles allongés, épaissis au
sommet , défléchis après l’anthèse en deux
séries. (Sp.)
ARGYROLITHE (« .pyvpos, argent ; >£-
6oî , pierre), min. — Voyez argyrite.
(Del.)
*ARGYROLOBIUM, Fxkh et Zeyh.,
Plant. Cap., t. I, p. 184 (ct/jyi^os, argent;
îoSiov, cosse, gousse). rot. piï. — Genre de
la famille des Légumineuses, s. -ordre des Pa-
pilionacées , tribu des Lotées, s.-tribu des Gé-
nistées. Ses auteurs en donnent les caract.
suivants : Calice profondément 2-labié : lèvre
supérieure 2-dentée ou 2-fide ; lèvre infé¬
rieure 3-dentée. Corolle presque glabre ;
pétales tous courtement onguiculés; éten¬
dard semi-orbiculaire , rétréci vers sa base,
T. II.
ARG 129
ou bien suborbiculaire , ou obovale , échan-
cré ; ailes oblongues, obtuses, élargies vers
leur sommet; carène 2-céphale , obtuse.
Étamines monadelphes ; gaîne soit indivi-
sée , soit plus ou moins profondément fen¬
due en dessus. Style glabre, infléchi; stig¬
mate terminal , déprimé. Légume linéaire-
ensiforme, polysperme, apiculépar le style,
pointu aux deux bouts, un peu comprimé,
peu ou point toruleux. — Arbrisseaux ou s.-
arbrisseaux. Feuilles pétiolées ousubsessiles,
2-foliolées, 2-stipulées. Fleurs 1- ou 2-brac-
téolées , subsolitaires , ou en grappes. Co¬
rolle jaune. Ce genre est propre à l’Afri¬
que australe ; ses auteurs en ont énuméré
21 esp., parmi lesquelles se trouvent le Cro-
talaria argentea Jacq., et plusieurs Dichi-
lus d’autres auteurs. (Sp.)
* ARGYROMÎGES ( ocpyvpofuy^ç, mêlé
d’argent), ins. — Genre de l’ordre des Lé¬
pidoptères nocturnes, formé par Curtis, et
adopté par Stéphens , qui le place dans sa
tribu des Yponomeutides. Il a poùr type la
Tinea blancardella de Fabricius , qui ap¬
partient au g. Elachista de Treitschke, que
nous avons adopté. Voy. ce dernier mot.
(D.)
ARGYRONE TE . Argyroneta {üpyvpo^
argent ; viw , filer), arach. — Genre de
la famille des Araignées, groupe des Aqua¬
tiques , de l’ordre des Aranéides, établi par
Latreille et adopté depuis par tous les natu¬
ralistes. Ce genre Argyroneta est caracté¬
risé par les yeux , au nombre de huit , dont
deux de chaque côté très rapprochés l’un de
l’autre , et placés sur une éminence, et qua¬
tre intermédiaires formant un quadrilatère ;
par la lèvre sternale triangulaire , et par les
mâchoires inclinées sur cette lèvre.
Ce genre ne renferme encore qu’une
seule espèce, l’Argyronète aquatique {Ava¬
nça aquatica Lin.) ; mais cette seule espèce
est peut-être, dans tout l’ordre des Ara¬
néides , la plus remarquable par ses mœurs.
En effet, condamnée à vivre au sein des
eaux, elle ne peut respirer que l’air atmo¬
sphérique ; elle n’a que des poumons comme
toutes les autres Araignées , et aucun or¬
gane analogue à des branchies , pouvant
décomposer l’air atmosphérique dissous
dans l’eau , d’où cette Araignée ne sort ja¬
mais. Certainement que si l’observation n’a-
Yait pas fait connaître le genre de vie de
130
ARG
ARG
cette esp., on épuiserait toute son imagina¬
tion sans parvenir à se douter du strata¬
gème qu’elle emploie. Qui aurait pensé,
lorsqu’on a inventé la cloche à plongeur ,
que , depuis le commencement des siècles,
l’Araignée aquatique en faisait usage? C’est
pourtant là un fait bien reconnu depuis le
siècle dernier.
L’Argyronète aquatique fut observée pour
la première fois en 1744, dans une petite ri¬
vière des environs du Mans, par le Père
de Lîgnac. Ce Père de l’Oratoire nous
dit, dans un Mémoire spécial , que, se bai¬
gnant un jour dans une petite rivière , il fut
frappé d’étonnement en voyant dans l’eau
des bulles qui semblaient se diriger à leur
gré , et qu’il eut grand’peur , lorsqu’il s’a¬
perçut que ces bulles étaient des Araignées
enveloppées d’air. Il sortit de là au plus
vite ; et , deux ans après, il avait oublié ces
Araignées , lorsque, se trouvant à Nantes ,
une personne de sa connaissance lui deman¬
da si déjà il avait remarqué de grosses Arai¬
gnées aquatiques très abondantes dans la
petite rivière d’Erdre. L’abbé de Lignac ne
se souvenait qu’imparfaitement de cette es¬
pèce d’Araignée; mais son ami lui en pro¬
cura plusieurs individus , et , les ayant mis
dans une carafe remplie d’eau , il les ob¬
serva avec le plus grand soin pendant dix-
huit mois.
L’Argyronète , très peu remarquable par
ses formes et ses couleurs, est d’un gris
brunâtre sombre , et revêtue de poils assez
longs. Elle vit dans les eaux dormantes ou
peu courantes , dans les lieux où des plan¬
tes aquatiques croissent en grand nombre ;
c’est là qu’elle fixe sa demeure. Cette Arai¬
gnée sécrète une matière soyeuse qui s’étale,
et prend facilement la forme qu’on lui don¬
ne. Cette matière lui sert à construire sa
cloche.
L’industrieuse naïade vient à la surface de
l’eau, se courbe alors un peu en arc, replie ses
pattes , et , rentrant précipitamment dans
l’eau , emporte avec elle une grosse bulle
d’air qui la fait paraître toute argentée ;
elle va aussitôt placer cette bulle d’air sous
quelque feuille de plante aquatique, en
s’en débarrassant à l’aide de ses pattes ;
l’Argyronète alors entoure sa bulle de ma¬
tière soyeuse et transparente, de façon qu’el¬
le lui sert de moule pour commencer sa
cloche, qu’elle fixe, au moyen de quelques
fils, aux plantes qui l’entourent. L’Araignée
revient bientôt chercher une nouvelle provi¬
sion d’air qu’elle ajoute à la première, et, en
même temps , agrandit sa cloche en éten¬
dant avec ses pattes la matière soyeuse
qui sort de ses filières. Répétant le même
manège une dizaine de fois , sa cloche se
trouve , au bout de quelques heures, en¬
tièrement achevée, et elle atteint alors
presque la grosseur d’une petite noix. Or¬
dinairement la forme en est parfaitement
régulière et le sommet très bien arrondi;
mais quelquefois elle est un peu réniforme
ou légèrement irrégulière. Elle est tou¬
jours fermée en dessous, et n’offre qu’une
ouverture étroite pour l’entrée de son ha¬
bitant.
Les Argyronètes vivent d’animaux, qu’el¬
les saisissent dans l’eau à l’aide de fils ten¬
dus aux alentours de la cloche. Quand on
jette une mouche ou quelque autre insecte
à la surface de l’eau , elles vont bientôt s’en
emparer ; l’attachant par un fil , elles l’en¬
traînent ainsi dans leur retraite pour s’en
nourrir. Elles se dévorent même entre el¬
les ; aussi , généralement, on les rencontre
à une assez grande distance les unes des
autres. Quand on en place plusieurs dans un
vase, la plupart sont tuées, et quelquefois il
n’en reste plus qu’une seule.
Au printemps , lorsque l’époque de l’ac¬
couplement est venue pour les Argyronètes,
le mâle, qui ne serait jamais admis à entrer
dans la cloche de la femelle, vient s’en con¬
struire une tout près de la sienne; mais,
quand il l’a terminée , tout n’est pas fini
pour lui : il doit encore ajouter une nou¬
velle construction pour parvenir au terme de
ses désirs ; il établit alors une galerie com¬
muniquant à sa retraite et aboutissant à celle
de la femelle. Dès que cette galerie ou ce
vestibule se trouve achevé et rempli d’air,
comme la cloche même , le mâle perce la
paroi latérale de la cloche de la femelle ,
et s’élance sur elle. Quand celle-ci est dispo¬
sée à l’accouplement, elle demeure au fond
de son habitation tenue à la renverse , et le
mâle est bien reçu; mais à peine la femelle
est-elle fécondée que le mâle s’enfuit, car la
femelle le poursuit souvent jusque dans sa
loge. Lorsqu’elle n’est pas disposée à rece¬
voir l’approche du mâle, elle le poursuit
ARG
131
ARG
dès qu’elle l’aperçoit, et le, tue quand elle
peut l’atteindre.
L’Argyronète femelle forme un petit co¬
con de la soie la plus fine , la plus blan¬
che , la plus éclatante ; elle place ses œufs
dans ce cocon, qu’elle fixe dans sa loge avec
quelques fils. Au bout de peu de jours , les
petites Araignées aquatiques éclosent ; et à
peine ont-elles vu le jour, que toutes s’agi¬
tent dans l’eau, vont s’approvisionner d’air
et commencent à se construire une cloche.
Quoique les Argyronètes ne sortent ja¬
mais de l’eau, elles peuvent vivre encore
plusieurs jours à l’air libre ; mais elles dé¬
périssent promptement, et ne tardent pas à
mourir.
L’Argyronète aquatique se trouve quel¬
quefois en grande abondance dans certaines
localités ; mais on la rencontre , aujour¬
d’hui, assez difficilement. Autrefois on la
trouvait communément à la Glacière, près de
Paris, dans les environs de Charenton; mais
depuis un grand nombre d’années elle
semble en avoir entièrement disparu. On la
trouve encore dans quelques parties de la
Fi ance , mais plus particulièrement dans le
nord de l’Europe , jusqu’en Suède et en La¬
ponie. (Bl.)
*ARGYROPELECUS (S^oj, ar¬
gent ; ivéïey.vs , hache ). roiss. — Nom
donné par M. Anastasie Cocco au Sterno-
ptyx de la Méditerranée. Voy. ce mot.
(Val.)
*ARGYROPHYTONI {apyvpoç, argent;
cpu r<5v, plante), bot. ph. — Synonyme d’Jr-
gyroxyphium. Voyez ce mot. (J. D.)
* ARGYROPTÈRE. Ârgxjroptcra
(zpyvpoç, argent ; mspdv, aile), ins.— Genre
de l’ordre des Lépidoptères, famille des Noc¬
turnes, tribu des Platyomides, créé par nous ,
et dont les caract. sont : Palpes courbés en
forme d’S. Deuxième article plus écailleux
que velu ; troisième article nu et cylindri¬
que. Trompe courte ; corps mince et allon¬
gé. Ailes supérieures très étroites et termi¬
nées par une frange très longue. Ce genre
est en même temps un des plus naturels et
des plus brillants de la tribu à laquelle il
appartient ; il est pour elle ce qu’est celui de
Plusies pour les Noctuélides. Toutes les es¬
pèces qu’il renferme, à l’exception d’une
seule , se font remarquer par l’éclat de leur
parure, qui se compose, chez la plupart, de
taches ou plaques d’argent ou de nacre, en¬
cadrées d’or. Nous n’en citerons qu’une qui
peut être considérée comme le type du g.,
VArgyropt. lalhoniana , ainsi nommée par
Hubner parce que les taches d’argent dont
elle est ornée ont quelque ressemblance avec
celles de VArgynne lathonia, ou Petit nacré.
Cette belle espèce n’a encore été trouvée
qu’en Hongrie. (D.)
* ARGYROSE (zpyvpoç , argent), min.
— Nom donné par M. Beudant à l’Argent sul¬
furé. Voy. argent. (Del.)
*ARGYROSÉTIE. Argyrosetia (àpy u-
poç, argent ; 7^5, o^ro?, teigne), ins. — Genre
de l’ordre des Lépidoptères nocturnes , éta¬
bli par Stéphens dans sa tribu des Ypono-
meutides, et qui a pour type la Tinea goe-
dartella de Linné , que nous plaçons dans
le genre OEcophore de Latreille. Voy. ce
mot. (D.)
* ARGYROTOZE. Argyrotoza (âpyv-
pâxoÇos , qui porte un arc d’argent), ins. —
Genre de l’ordre des Lépidoptères noctur¬
nes, établi par Stéphens dans sa tribu des
Tortricides, et qui a pour type la Tordeuse
deBergmann, Tortrix bergmanniana L. ,
que nous plaçons dans le genre Tortrix de
Linné. Voy. ce mot. (D.)
* ARGYROXIPHIUM (fyy^os, ar¬
gent ; Stpiov, épée ; à cause de la forme et de
la couleur des feuilles , qui sont couvertes
de poils argentés ). bot. ph. — M. de Can-
dolle a fondé ce genre sur une plante de la
famille des Composées , originaire des îles
Sandwich; elle a pour caractères : Capitule
multiflore hétérogame: fleurs du rayon 1-
seriées, ligulées, femelles ; celles du disque
hermaphrodites, 5-dentées. Réceptacle nu,
plan. Invol. campanulé, formé de 2-3 séries
d’écailles lancéolées-linéaires , presque éga¬
les , et à peu près de même longueur que
les fleurs du disque. Ligules obovales, cunéi¬
formes, élargies et incisées au sommet. Sty¬
le à rameaux grêles presque filiformes, di-
variqués, recourbés, offrant quelques poils
à leur extrémité. Anthères dépourvues d’ap¬
pendices basilaires. Fruit allongé, glabre,
comprimé, présentant quelques cils sur les
deux angles. Aigrette persistante, 1-sériée,
paléacée; celle du rayon auriculaire, entière,
acuminée, située vers le côté externe du fruit;
celle du disque composée de 2-5 écailles
raides, subfoliacées, irrégulières, deptées,™
132
ARH
ARH
La seule espèce connue est une herbe vi¬
vace, à tige épaisse, dont la texture rappelle
celle de quelques Tussilages, Cinéraires, ou
Ligularia d’Europe. Les pédoncules qui
naissent à l’aisselle des feuilles supérieures
portent un capitule de fleurs jaunes. Voy.
DC. ( Mém . comp., t. VIII). (J* H»)
* ARGYRYTHROSE (a/5yu/> os, Ar¬
gent ; èpvdflôs, rouge ). min.— Nom donné par
Beudant à l’Argent rouge antimonié- sulfu¬
ré. Voy. argent. (Del.)
ARGYTHAMNÏA (wk , blanc; Qà/t-
vos , arbuste ). bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Euphorbiacées , établi par Patr.
Brown pour un arbuste des Antilles, auquel
sa couleur blanchâtre , due aux poils qui le
couvrent, a fait donner ses noms généri¬
que et spécifique (A. candicans). Ses fleurs
sont monoïques. Les mâles présentent un
calice 4-parti, 4 pétales alternes, velus; au
centre 4 étamines , dont les filets saillants
soutiennent des anthères introrses , se sou¬
dent à leur base au dessous d’un petit ru¬
diment de pistil, et alternent avec autant
de glandes. Dans les femelles, le calice est à
cinq divisions auxquelles répondent autant
d’écailles; il n’y a pas de corolle ; l’ovaire,
velu, à trois lobes et autant de loges uni-
ovulées, est surmonté de trois styles bifides
dont les branches se terminent par des stig¬
mates déchiquetés , et devient une capsule
à 3 coques. Les feuilles, alternes et simples,
sont, ainsi que les autres parties de la plan¬
te, imbues d’un principe colorant rouge qui
se manifeste par la dessiccation, et pourrait
être analogue à celui du Tournesol , genre
voisin. Les fleurs sont en petites grappes
axillaires, plusieurs mâles au sommet; les
femelles plus grandes et solitaires à la base.
— VAteramnus du même auteur doit , sui¬
vant Adanson, être rapporté au même g.,
et y formerait ainsi une autre espèce.
(Ad. J.)
*ARHIIVES («priv.; narine).
ins. — Genre de Coléoptères, section des Té-
tramères, famille des Curculionides, division
des Phyllobides , établi par Schoenherr
( Généra et species Curculionidum , tom. II,
pars 2, p. 465).
Ce genre , qui ne figure pas dans le der¬
nier Catalogue deM. Dejean, ne renferme
qu’une seule espèce originaire du Bengale :
’Arhines languidus deSchuppel, dont voici
la description : Corps oblong, noir, peu con¬
vexe, couvert d’un épais duvet grisâtre. An¬
tennes, jambes et tarses d’un jaune testacé.
Rostre ayant une carène étroite. Corselet
rugueux et ponctué. Élytres avec des stries
de points dont les intervalles sont lisses.
(D. et C.)
* ARHIPIS («'priv.; éventail).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Sternoxes, établi par M. Dejean
( Catal ., 3e édit.) sur une seule espèce rap¬
portée de Cayenne par M. Lacordaire, et
nommée par lui A. ambulator. Le nom gé¬
nérique donné à cette espèce par M. Dejean
semblerait indiquer que ses antennes sont
simples; cependant il le place dans son Ca¬
talogue à côté du g. Callirhipis de Latreil-
le, dont les antennes sont flabellées dans les
mâles, et qui appartient, par ce motif, à la
tribu des Rhipicérides. Au reste, n’ayant pas
vu l’espèce dont il s’agit , nous ne pouvons
rien dire de ses véritables caractères géné¬
riques, qui n’ont pas encore été publiés, et
nous ne la mentionnons ici que pour mé¬
moire. ( D.)
* ARIIIZES (« priv., et /L'Ç*, racine
ou radicule), bot. ph.— Le professeur L.-C.
Richard , ayant pris pour base de la divi¬
sion première des végétaux les modifications
du corps radiculaire de l’embryon , dési¬
gnait sous le nom d'Arhizes les végétaux
privés d’embryon, et par conséquent de ra¬
dicule. Cette division correspond exacte¬
ment à celle des Acotylédonés ou Inembryo-
nés. Voy. embryon. (A. R.)
* ARHIZOBLASTE ( « priv. ; /éiÇoc ,
racine; /3>«otvi, bourgeon), bot. — Wilde-
now désigne sous ce nom les embryons qui
restent cachés sous terre lors de leur ger¬
mination et sont privés de racines ; il est
opposé à Rhizoblaste. (C. d’O.)
* ARIIOPALE. Arliopala (« priv.;
pôicoàov, massue), ins. — Genre de l’ordre des
Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des
Lycénides, établi par M. Boisduval, et fondé
principalement, ainsi que Linéique son nom,
sur l’absence de la massue dans les antennes
des Papillons dont il se compose. Ce genre,
qui ne renferme que des espèces de l’Océa¬
nie et de l’archipel indien , a pour type le
Pap. helias de Cramer. M. Boisduval, dans la
partie entomologique du Voyage de V Astro¬
labe, en décrit deux nouvelles espèces, l’une
ARI
ta:»
de la Nouvelle-Guinée, et l’autre de la Terre
des Papous. Il appelle la première A. phry-
xus, et l’autre A. meander. Elles sont figu¬
rées toutes deux dans l’Atlas de l’ouvrage
précité. (D.)
*ARHOPALUS (* priv.; pdna.'Xov, mas¬
sue ). ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille des Longicornes , tribu des
Cérambycins , établi par M. Serville (Ann.
de la Soc. ent. de France, t. III, p. 77) aux
dépens du g. Callidie, dont il ne diffère que
par le corselet , peu déprimé en dessus , et
par les cuisses, de longueur moyenne, en
massue allongée et comprimée. M. Serville
y rapporte six espèces, parmi lesquelles nous
citerons, comme type , le Callidium rusti-
cum Fabr. , qui se trouve en France et en
Allemagne. — Ce g. correspond à celui que
M. Dejean désigne dans son dernier Catal.
sous le nom de Criocephalum, que M. Mul-
sant, dans son Hist. des Coléoptères de
France, a changé, nous ne savons pourquoi,
en celui de Criocephalus. (D. etc.)
*ARHYNCHUS ( A priv .; /sûyxos, bec).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères ,
famille des Curculionites, établi par M. De¬
jean dans la troisième édit, de son Catalo¬
gue , mais dont il n’a pas publié les carac¬
tères. Il y rapporte deux esp. nommées par
lui, l’une A. luridus, et l’autre A. tomento-
sus , toutes deux de l’Amérique septentrio¬
nale. N’avant pas vu ces espèces, nous ne
pouvons dire en quoi elles diffèrent gé¬
nériquement des Peloporus et des Haplu-
rus de Schoenherr, entre lesquels il les
place. (D.)
ARIA, Sering. (nom ancien de l’Alisier
commun ). bot. ph. — Syn. du genre Ali¬
sier ( Cratœgus , L. ; Spach), de la famille
des Pomacées. Beaucoup d’auteurs ne le
considèrent que comme une section du g.
Pyrus. (Sp.)
ARI ADIRES (Ariadne , nom mythol.).
arach. — M. Savigny avait appliqué ce
nom à un genre que M. Walckenaër regarde
seulement comme une division du genre
Dysdera, et qui est caractérisée par les yeux
intermédiaires de la ligne postérieure, plus
gros que les autres , et par les mâchoires,
arrondies à leur extrémité extérieure. Le
type en est le Dysdera ( Ariadne ) insidiairix
Sav., trouvé en Égypte. Voy. dysdera.
(Bl.)
ÂRI
*AR5CIADÉES. Ariciadœ (d 'Aricia,
genre d’Annélides ). annél. — Nom donné
par M. Johnston aux Anciens de MM. Au-
douin et Edwards. (P. G.)
* ARIC1E. Aricia (Nom d’une prin¬
cesse athénienne), ins. — Genre de l’ordre
des Diptères, division des Brachocères, sub¬
division des Dichœtes , famille des Athé-
ricères, tribu des Muscides, section des An-
thomyzides. Ce genre , formé aux dépens
des g. Anthomyia de Meigen , Musca de
Linné, Fabricius et Fallen , répond à la sec ¬
tion des Aricinœ terrestres de M. Robineau-
Desvoidy , et a les caract. suivants : Styles
des antennes plumeux. Abdomen ovale ,
ordinairement muni de soies. Cuillerons as¬
sez grands ; la valve inférieure dépassant la
supérieure. Ailes écartées. Le genre Aride
présente des rapports avec les Muscies ; ce¬
pendant il en diffère par l’ouverture de la
première cellule postérieure , par la médio¬
crité des cuillerons, par les soies à l’abdo¬
men , et par la couleur ordinairement fer¬
rugineuse des pieds, et quelquefois du corps.
Les Aricies fréquentent les lieux frais et hu¬
mides ; les larves se développent dans les
détritus de matières végétales. M. Macquart
en décrit 52 esp., qu’il partage en deux di¬
visions : celles qui ont les yeux velus, et
celles qui les ont nus. Nous en citerons une
de chaque : VA. lardaria, bu la Musca id.
de Fabricius, qui est commune partout,
et VA. testacea ou Musca id. du môme
auteur, qui se trouve dans toute l’Europe.
(D.)
ARICIE. Aricia ( Aricie , fille de Pal-
lante). annél. — Genre d’Annélides sétigè-
res marines , de la catégorie des Errantes ,
établi par M. Savigny , adopté par M. de
Blainville, et considéré par MM. Audouin et
Edwards comme type de la famille des
Anciens ; M. de Blainville le rapporte aux
Néréides Acérés. Il a pour principaux ca¬
ract. : Tête conique ; antennes nulles ou ru¬
dimentaires; pieds de deux sortes, et rele¬
vés sur le dos ; ceux de la partie antérieure
du corps composés de deux rames très dis¬
semblables , et les autres composés de deux
rames ayant à peu près la même forme.
Le corps est allongé et la bouche pourvue
d’une trompe très courte , sans papilles ni
dents. Trois espèces des côtes d’Europe :
A. sertulata Sav. ; A. Cuvierii Aud. et
134
ARI
ARI
Edw.; A. Latreillii id. MM. Àudouin et
Edwards pensent qu’on devra y rapporter
aussi le Nereis armiger Müll. , type du g.
Scoloplos de Blainville. (P. G.)
*ARICIEN.§ (d'Aricia, g. d’Annélides).
annél. — MM. Audouin et Milne-Edwards
établissent sous ce nom , que M. Johnston
remplace par celui d'Ariciadées, une famille
d’Annélides sétigères errantes, dont le genre
principal est celui des Àricia. Ceux qui s’y
rapportent avec lui sont les suivants : Leuco-
dore , Johnst. ; Nérine , id. ; Aonia, Sav. ;
Ophelia, Sav.; Cirrhatula , Lamk. , ainsi
que ceux de Scoloplos et Scolelepis de M.
de Blainville. Les Anciens ont pour caract.
communs : Pieds peu saillants et d’une struc¬
ture peu compliquée, tantôt similaires, tan¬
tôt dissemblables; dans les différentes par¬
ties du corps, mai^ jamais alternativement,
pourvus et dépourvus de certains appendi¬
ces mous; branchies nulles ou très simples;
tôte rudimentaire ; antennes et yeux nuis
ou rudimentaires. En général , un seul cir-
rhe à chaque pied , et le second , lorsqu’il
existe, est rudimentaire. (P. G.)
* ARICINIE. citiM.— Matière colorante
rouge, insoluble, des fruits de VArecaCate-
chu. (C. d’O.)
*AIUCMES. Aricinæ. ins.— Nom d’une
tribu de Diptères, établie par M. Robineau-
Desvoidy dans sa famille des Mésomydes,
division des Muscivores , et qui correspond
aux premières sections des Antliomyes de
Meigen.
Les Aricines se divisent en terrestres et
en littorales ou aquatiques. La première
division comprend dix genres, et la seconde
vingt-et-un.
Les larves de ces Diptères vivent dans les
débris de tous les végétaux en décomposi¬
tion. Les Insectes parfaits préfèrent en gé¬
néral les lieux retirés, frais, humides, et
même aquatiques. Quelquefois les femelles
se jettent en quantité sur les quadrupèdes
herbivores dans les pâturages , et leur sont
fort importunes. (D.)
ARIB. poiss.— Nom donné par M. Rup-
pel comme la dénomination vulgaire de son
Rhombus pantherinus. (Val.)
* ARIE. poiss. Aria. ins. — Genre de
l’ordre des Diptères, étanli par M. Robineau-
Desvoidy dans sa tribu des Maeropodées ,
famille des Myodaires , et qu’il caractérise
ainsi : Caractères des Esthéries et des Dinè~
res , mais chète villeux. Épistome plus sail¬
lant ; corps assez déprimé ; la cellule yC fer¬
mée et non pétiolée au sommet de l’aile. —
Ce genre n’est fondé que sur une seule es¬
pèce, que M. Macquart comprend parmi ses
Omalogastres : c’est Y Aria fulvicrus R.D.,
qui se trouve en France, au printemps.
(»•)
* ARÏETTNIUM. bot. ph. — Sous le
nom d’Arietinum americanum Beck (Bot.
ofnorth and midd. st. 332) a décrit le Cy-
pripedium arietinum de Brown, qui ne
diffère par aucun caractère important des
autres espèces du même genre. Voy. cypbi-
PEDIUM. (A. R.)
ARILLE. Arillus. bot. — On a dé¬
signé sous ce nom un organe très varié
dans sa forme, qui recouvre en partie ou en
totalité certaines graines, et qui souvent en
a été considéré comme un des téguments,
tandis qu’en réalité il fait partie du péri¬
carpe, et non de la semence. En effet, l’arille
peut être défini : Une expansion ordinaire¬
ment charnue du trophosperme se répan¬
dant sur la graine, qu’elle recouvre en partie
ou en totalité Quelques exemples vont éclai¬
rer cette définition. Dans beaucoup d’Euphor-
biacées, on trouve à la base de la graine un
petit corps charnu, caronculiforme, à l’aide
duquel la graine était adhérente au péricar¬
pe : ce corps est un arille. Dans le Polyga -
la vulgaris, la graine est embrassée à sa base
par un petit corps charnu cupuloïde trilobé :
c’est encore un arille. Dans les diverses es¬
pèces du genre Cupania , de la famille des
Sapindacées, l’arille constitue une cupule
entière qui recouvre la graine dans sa moi¬
tié inférieure. Dans les Turneru , l’arille se
redresse sur l’un des côtés de la graine, dont
il .égale la hauteur, et les dentelures qui dé¬
coupent son contour lui donnent quelque
ressemblance avec une feuille d’acanthe.
Tout le monde connaît ces lanières irrégu¬
lières, charnues, anastomosées, qui, sembla¬
bles à un réseau, recouvrent la graine du
Muscadier : c’est encore un arille, qui, dans
la matière médicale, est employé sous le
nom de macis. Dans le fusain à bois galeux
(Evonymus verrucosus L.) , l’arille recouvre
les deux tiers inférieurs de la graine; enfin,
dans notre fusain commun ( Evonymus eu-
ropœus L. ) , il s’étend sur toute la graine ,
ARI
135
ARI
et l’enveloppe d’une membrane charnue d’un
rouge éclatant.
L’arille, meme quand il enveloppe com¬
plètement la graine, n’est nullement adhé¬
rent avec sa surface. Il n’y adhère qu’en un
point, le hile ou ombilic externe, par lequel
les vaisseaux nourriciers du péricarpe pénè¬
trent dans la semence. Sur tous les autres
points, il y est simplement appliqué, et peut
être enlevé avec la plus grande facilité et
sans produire aucune déchirure.
Nous avons dit précédemment que l’arille
était une expansion, un épanouissement, en
quelque sorte , du trophosperme ou du po-
dospermesur la surface externe de la graine;
mais c’est le tissu utriculaire seul du tro¬
phosperme qui constitue l’arille ; tout le tis¬
su vasculaire de cet organe pénètre dans le
tégument propre de la graine.
On a quelquefois considéré comme des a-
rilles des parties entièrement différentes de
cet organe ; ainsi : 1° tantôt le tégument pro¬
pre de la graine , manifestement charnu ,
comme dans le Jasmin, le Tabernemontana ;
2° tantôt l’endocarpe lui -même, plus ou
moins adhérent à la graine, comme dans le
Café et quelques Rutacées.
Une loi qui a été établie par mon père, et
qui, jusqu’à présent, n’a pas encore offert
d’exception , c’est que l’arille ne se ren¬
contre que dans les polypétales et jamais
dans les vraies monopétales. Les plantes
monocotylédonées sont également dépour¬
vues d’arille. ^ (A. R.)
* ARILLÉE {graine), bot. — La grai¬
ne arillée est celle qui est pourvue d’un
arille, par opposition à celle qui manque
de cet organe. (A. R.)
* ARILUS. ins. —Genre de la famille
des Réduviens , de l’ordre des Hémiptères,
section des Hétéroptères , établi par Hahn
( Wanzenartig. Insect. ) , adopté par MM.
Burineister {Handb. der Ent .) et Spinola
(Ess. Hémipi.), et regardé par nous ( Hist.
des anim. art., t. IV ) comme une simple
division du genre Z élus. Ce genre, en effet,
ne présente pour caractères propres essen¬
tiels qu’une tête grêle, offrant un long cou ;
des jambes postérieures sans aucun renfle¬
ment, et un abdomen plus court et plus
large que les élytres. Quelques espèces se
font encore remarquer par leur thorax élevé
en forme de crête.
Le g. Arilus se compose d’une vingtaine
d’esp. exotiques ; la plupart sont de l’Amé¬
rique méridionale. Le type est VA. serratus
( Cimex serratus Lin. ) du Brésil. (Bl.)
ARIMANON. ois. — Nom d’une esp.
de petite Perruche. (Lafr.)
* AP»! NE. Arina. ins. — Genre de l’or¬
dre des Diptères, établi par M. Robineau-
Desvoidy dans sa tribu des Palomydes, et
qui est intermédiaire entre ses Pherbines
et ses Pherbellies. Il s’en distingue par le
chète villeux , et le troisième article anten-
naire , cylindrico-conique. Il est fondé sur
une seule esp. , qu’il nomme A. obscurci ,
trouvée par lui dans les environs de Saint-
Sauveur. (D.)
*ARÎOCARPUS ( ario P . y.y.pndç,
fruit). BOT. PH. — Genre de la famille des
Cactées, que M. Scheidweiler ( Act. Acad.
Brux. , 1839) formait, en même temps que
nous l’établissions nous-même , dans nos
Cactearum Généra nova Speciesque novœ,
sous le nom <V Anhalonium. {Voyez ce mot
dans ce Dictionnaire, et l’ouvrage cité, pour
apprécier les causes qui déterminent l’adop¬
tion de ce dernier.) (C. L.)
*ARIOBNE. ins. — Genre de Lépi¬
doptères diurnes, de la tribu des Nympha-
lides, proposé par Horsfield {Lepid. ofjava),
et qui a pour type le Pap. Ariodne des au¬
teurs. Ce g. correspond à celui d'Ergolis
de M. Roisduval. Voyez ce mot. (D.)
ARION. (Nom myth.) moll. — Depuis
Swammerdam , tous les zoologistes savent
que la Limace rouge, si commune dans les
lieux humides en France et en Allemagne ,
porte à l’extrémité postérieure du corps un
crypte muqueux assez considérable. M. de
Férussac, dans ces derniers temps, a voulu
faire deux genres parmi les Limaces, et il a
réuni, sous le nom d’Arion , toutes les esp.
qui, comme celle dont nous venons de par¬
ler, ont un pore muqueux à l’extrémité du
corps. Ce caractère ne se traduisant à l’in¬
térieur par aucune modification apparente
dans l’organisation, toutes les personnes qui
s’occupent avec soin de la science des Mol¬
lusques ont rejeté ce genre comme inutile.
Voy. limace. (Desh.)
* ARIONA , ARJONA (noms estro¬
piés.) bot. pii. — Syn. du genre Arjoona,
Cavan., de la famille des Santalacées. (Sp.)
* ARÏSAREES. bot. ph.— Première.
136
ARI
AR1
s.-tribu établie parSchott(AfeZef/im., p. 16)
dans la tribu des Dracunculinées , de la fa¬
mille des Aroïdées. Voy. aroïdées. (A. R.)
ARISARUM ( àpiaocpov , nom , chez les
Grecs, d’une esp. d 'arum?), bot. ph. —
Famille des Aroïdées , s. -tribu des Arisarées.
Genre d’abord établi par Tournefort, réuni
par Linné au genre Arum , puis rétabli de
nouveau par le professeur L.-C. Richard
dans les notes de M. Runth sur quelques
g. de la famille des Aroïdées. Dans le g.
Arisarum , la spathe est tubuleuse inférieu¬
rement, terminée en languette à son som¬
met. Le spadice est monoïque ; les anthères
sont bivalves; les ovaires, placés à la par¬
tie antérieure et inférieure du spadice, con¬
tiennent un grand nombre d’ovules dres¬
sés. Ce genre ne se compose que de deux
espèces : Arisarum australe Rich., et A.
proboscideum Schott; plantes vivaces à
feuilles entières , qui croissent dans les ré¬
gions méridionales de l’Europe. (A. R.)
*AR1SÈME. Arisœma {ü/us, espèce d’a-
rum? odjJLx, sang; allusion aux taches des
feuilles et des spathes). bot. pii. — Fa¬
mille des Aroïdées. Genre établi par le pro¬
fesseur Martius , et appartenant à la tribu
des Arisarées. Yoici ses caractères : La spa¬
the est roulée dans sa partie inférieure ; le
spadice porte des fleurs polygames. Les éta¬
mines ont des anthères qui s’ouvrent en
quatre valves. Les ovaires sont placés circu-
lairement autour du spadice , et terminés
chacun par un style assez long qui se con¬
tinue avec leur sommet. Chaque ovaire con¬
tient généralement quatre ovules attachés
à la partie inférieure de sa cavité , et dres¬
sés. Ce genre a été formé aux dépens du g.
Arum , et a pour type l’Arum dracontium
L. Dans quelques espèces , le spadice sup¬
porte des fleurs monoïques ou dioïques. Le
genre Arisœma se compose d’une douzaine
d’espèces qui croissent, soit dans l’Amérique
du Nord , soit au Japon ou dans le Népaul
supérieur; leurs feuilles sont généralement
pédalées, et se développent en même temps
que les fleurs. (A. R.)
ARISTA. bot. — Voyez arête.
A RI STE. Aristus (xpiazcç, courageux).
uns. — Genre de l’ordre des Coléoptères
pentamères , famille des Carabiques , tribu
des Scaritides, établi par Ziegler aux dé¬
pens des Ditomes de Bonelli , et adopté par
Latreille et par M. Solier. Ce dernier lui
donne pour caractères distinctifs : Échan¬
crure du menton peu profonde; dent de son
milieu très obtuse ou tronquée , atteignant
presque la hauteur des lobes latéraux , qui
sont obtus. Prothorax trilobé en dessous en
avant; ses angles antérieurs aigus et sail¬
lants, embrassant la tête. M. Solier y rap¬
porte cinq espèces, que M. Dejean, dans son
Species et son Catalogue , laisse dans le g.
Ditomus. Nous n’en citerons qu’une seule ,
l’A. sulcatus , dont Fabricius avait fait un
Scaurus. Les caract. génériques de cette esp.
sont représentés grossis dans le t. III des
Ann. de la Soc. entomol. de France , pl. 17.
Les Aristes se tiennent ordinairement ca¬
chés sous les pierres ; leurs larves sont très
carnassières, et vivent dans des trous prati¬
qués en terre. (D.)
*ARISTÉ, ÉE. Aristatus, a (arista, arê¬
te). bot. ph. — Cette épithète s’emploie pour
tous les organes qui sont munis d’une arête.
Dans la famille des Graminées, on dit que
la glume est aristée, par opposition à glume
mutique , quand cet organe est dépourvu
d’arête. Voy. arête. (A. R.)
* ARISTÉE. Aristœa ( arista , arête).
bot. ph. —Famille des Iridées. Genre établi
par Aiton ( Hort . kew .) pour VIxia africana
L. , qu’il distingue par les caract. suivants :
Le calice, pétaloïde, est étalé et régulier ; son
limbe est persistant et roulé en spirale après
la floraison. Les trois étamines et le style sont
déclinés. Le stigmate est concave en forme
de coupe, ouvert, simple ou trilobé. La cap¬
sule est oblongue, prismatique, triangulaire,
à trois loges polyspermes. Les graines sont
comprimées latéralement, et comme chagri¬
nées à leur surface. — Ce g. se compose de
trois ou quatre espèces , toutes originaires
du cap de Bonne-Espérance , et qui ont le
port des Ixia. (A. R.)
*ARISTELLA. Aristella ( arista , poil,
arête), bot. cr. — M. Kützing (Synop. Dia-
tom. , p. 35, f. 42) a établi ce genre parmi
les Diatomacées , d’après une seule espèce
habitant les eaux douces, et parasite sur les
filaments de la Conferva glomerata. Yoici
les caract. qu’il lui assigne : Individus (ellip¬
tiques ou cunéiformes) parasites, sessiles,
terminés par un filet simple, muqueux, fu¬
gace, excessivement délié. N’est-il pas à
craindre que le caractère si fugace auquel
ARI
AK!
137
on distingue cette production du genre Exi-
laria ou du genre Frustulia ne lui soit
complètement étranger ? Pour nous , à qui
ce g. est inconnu , nous nous contentons de
faire part de nos doutes, sans oser rien affir¬
mer de positif à cet égard. (C. M.)
ARÏSTËNIE. Aristenia ( arista , barbe,
poil), annél. — Genre établi par M. Savi-
gny ( Système , p. 64) , et qui n’est pas suffi¬
samment connu. M. de Blainville le consi¬
dère comme de la famille des Amphinoraes.
Il le caractérise ainsi dans le Diction, des
sc. nat., t. LVII, p. 455 : Corps fort allon¬
gé , s’atténuant graduellement d’une extré¬
mité à l’autre, et composé d’un grand nom¬
bre d’articulations. Tête et yeux inconnus ;
tentacules id.; branchies pectinées et supra-
dorsales ; pieds biramés; les soies raides et
d’autant plus longues qu’elles sont posté¬
rieures; les cirrhes au nombre de sept à
chaque pied. Type : A. conspurcata Sav.,
Égypte , pl. 2, fig. 4. (P. G.)
ARISTIDE. Aristida ( arista , barbe de
blé), bot. ph. — Grand genre de la famil¬
le des Graminées , tribu des Stipacées, éta¬
bli par Linné , et adopté depuis par tous les
auteurs et par tous les agrostographes, avec
quelques modifications. Voici la manière
dont il est caractérisé par M. Kunth ( Gram .,
tome I , page 187) : Les épillets sont uni-
flores ; la fleur est stipitée. La lépicène est
à deux valves membraneuses , inégales, or¬
dinairement nautiques ; l’inférieure est plus
courte. Des deux paillettes de la glume, l’in¬
férieure est coriace , roulée sur elle-même ,
et terminée à son sommet par une arête
tripartite ou simplement trifide, quelquefois
articulée à sa base. La paillette supérieure
est mutique et très petite, à peine plus lon¬
gue que les paléoles. Les étamines varient
d’une à trois. L’ovaire est stipité et glabre.
Les deux styles sont courts et terminaux, et
portent chacun un stigmate plumeux, à poils
simples. Les paléoles sont glabres et entiè¬
res, adnées à la base du support de l’ovaire.
Le fruit est cylindrique et glabre.
Tel qu’il vient d’être caractérisé, le genre
Aristida comprend plusieurs genres qui a-
vaient été formés à ses dépens , comme les
genres Chœtaria et Curtopogon , établis par
Palissot de Beauvois , et le genre Streptachne
de M. Runth. Il comprend environ quatre-
vingts espèces, annuelles ou vivaces , toutes
T. II.
étrangères à l’Europe, mais dispersées dans
les autres contrées soit de l’ancien, soit du
nouveau continent. Aucune de ces espèces
n’offrant d’intérêt spécial, nous ne croyons
pas nécessaire d’en mentionner aucune en
particulier. (A. R.)
* ARISTIFORME. Aristiformis ( aris¬
ta , crête, arête; forma , forme), bot. —
Qui est en forme d’arête. (C. d’O.)
ARISTOLOCHE. Aristolochia, L. («-
fliuT oïoyjx, aristoloche : herbe qui, selon
les anciens, facilitait les accouchements).
bot. ph. — Genre type de la famille des
Aristolochiées ou Aristolochiacées (Asari-
nées, Bartl.), dont les caractères essentiels
sont les suivants : Périanthe marcescent ou
caduc, tubuleux, ventru à la base ; à limbe
soit liguliforme, soit bilabié et ringent , soit
à 3 segments presque égaux , valvaires en
préfloraison. Étamines 6 ( par exception 5 ),
adnées au style o.u au stigmate ; filets nuis
ou confondus avec le style ; anthères ex-
trorses. Ovaire à 6 loges multi-ovulées (par
exception, à 5 loges); ovules horizontaux, 1-
sériés. Style court ou nul ; stigmate discoï¬
de, ou subglobuleux , ou stelliforme et à 6
lobes. Capsule 6-valve ou irrégulièrement
ruptile, polysperme. — Herbes ou arbustes ;
tiges dressées,, ou diffuses, ou volubiles.
Feuilles indivisées ou paîmatilobées , péda-
tinervées, alternes, pétiolees, quelquefois
accompagnées d’une stipule oppositifoliée.
Pédoncules solitaires ou fasciculés, axillai¬
res, 1-2-ou pluri-flores, nus ou garnis vers
leur milieu d’une bractée foliacée. Fleurs
très amples chez certaines espèces, ordinai¬
rement de couleur livide.
Voy., pour les genres , sous-genres et sec¬
tions fondés sur des Aristoloches, les articles
Cardiolocliia , Dictyantlies , Einomenia ,
Endodaca, Glossula , Hocquartia , Isotre -
ma, Niphus, Pistolocliia , Serpentaria, Si -
phidia, Sipho et Siphonolochia.
On connaît près de cent espèces de ce
genre , dont la plupart appartiennent à l’A¬
mérique intertropicale. Ces végétaux sont
en général remarquables par des propriétés
médicales très prononcées; leurs racines
sont le plus souvent aromatiques et amères :
de ce nombre sont notamment , parmi les
espèces indigènes , l’A. Clematitis L. ; l’A.
longa L. (vulgairement Aristoloche lon¬
gue), et l’A. rotunda L. (vulgairement
9*
138
ARï
ARi
Aristoloche ronde ) , qui passent pour être
d’excellents remèdes toniques et stimulants;
l’A. Serpentaria L. (vulgairement Serpen¬
taire de Virginie ), indigène des Etats-Unis;
sa racine a une odeur analogue à celle de
la Valériane , et une saveur très piquante.
Les médecins anglo-américains l’adminis¬
trent contre les fièvres typhoïdes : on la re
garde aussi , à tort ou à raison , comme un
antidote contre la morsure des serpents ve¬
nimeux. La racine de VA. odoratissima
s’emploie, aux Antilles , à titre de fébrifuge
et d’anti-dyssentérique ; il en est de même
de VA. fragrantissima Ruiz et Pav., indi¬
gène du Pérou. Toutefois, certaines espèces
exotiques sont extrêmement fétides et parais¬
sent être plus ou moins vénéneuses ; entre
autres, l’A. grandiflora Sw. , espèce des
Antilles , est un poison pour tous les ani¬
maux domestiques , et sa racine , de même
que ses fleurs, exhalent -une odeur nau¬
séabonde analogue à celle du Chenopodium
Vulvaria. Beaucoup d’Aristoloches sont re¬
marquables par l’ampleur de leurs fleurs ,
et se cultivent, pour cette raison, pour l’or¬
nement des serres : telles sont surtout l’es¬
pèce que nous venons de citer, ainsi que
VA. labiosa Rer. ( Bot. Reg. , tab. 689. —
Nouv. Herb. de l’Amat., II); VA. Sipho
L’Hérit., connue sous les noms vulgaires
(V Aristoloche siphon ou Aristoloche à
grandes feuilles , originaire des États-
Unis, est fréquemment cultivée comme ar¬
buste d’agrément , parce que ses longs
sarments et son ample feuillage la rendent
très propre à couvrir les murs et les ber¬
ceaux. (Sp.)
ARISTOLOCHIACÉES. bot. pii.-
Voy. ARISTOLOCHIÉES. (Aü. J.)
ARISTOLOCHIÉES. bot. ph.— Fa¬
mille de plantes dicotylédonées, apétales,
épigynes. Elle a reçu de M. Lindley le nom
d'Aristolochiacées , et celui (VAsarinées de
M. Agardh et de M. Bartling , qui réservait
le nom (VAristolochiées à un groupe plus
considérable , ou classe , composé de plu¬
sieurs familles [Balanophorées , Cytinées ,
Asarinées, Taccées ). Notre famille a les ca-
ract. suivants : Calice adhérent à l’ovaire, pro¬
longé au dessus en un tube souvent renflé
que terminent trois segments tantôt égaux,
tantôt très inégaux , à préfloraison valvaire.
Etamines 6-12, ou très rarement en nombre
indéfini, portées sur un disque annulaire épi-
gynique ou soudé avec la base du style; à
anthères presque sessiles, biloculaires. Ovai¬
re à six, plus rarement à trois ou quatre
loges (dont chacune renferme un grand
nombre d’ovules attachés sur deux rangs à
l’angle interne, ascendants ou horizontaux),
se terminant en un style court en forme de
colonne que couronne un stigmate divisé en
autant de rayons qu’il y a de loges. Fruit
charnu ou plus ordinairement capsulaire, à
déhiscence loculicide , partagé en autant de
loges polyspermes. Graines aplaties ou an¬
guleuses, présentant, vers le sommet d’un
gros périsperme charnu ou légèrement cor¬
né, un embryon très petit, droit, dont la ra¬
dicule , plus longue que les cotylédons , se
dirige vers le point d’attache. — La plupart des
Aristolochiées se rencontrent dans la zone
intertropicale de l’Amérique, ainsi que dans
les zones tempérées des deux hémisphères,
et surtout dans la région méditerranéenne.
Rares aux Indes , elles disparaissent com¬
plètement au Cap et dans la partie de la
Nouvelle -Hollande située hors des tropi¬
ques.
Ce sont des plantes herbacées ou des ar¬
brisseaux souvent grimpants, à feuilles alter¬
nes, simples, pétiolées, où les stipules (quand
elles ne manquent pas) se soudent en une
seule de l’autre côté de la tige, et prennent
souvent un développement foliacé. Les fleurs
sont solitaires ou fasciculées à l’aisselle des
feuilles, plus rarement disposées en grappes.
La tige des espèces frutescentes offre une
structure remarquable, et différente en quel¬
ques points de celle qu’on est accoutumé à
trouver dans les végétaux dicotylédonés. Le
liber forme un grand nombre de petits fais¬
ceaux disposés en cercle au milieu du paren¬
chyme cortical et vis-à-vis les faisceaux du
bois; mais ils ne croissent pas comme ceux-ci,
qui continuent à s’allonger en se multipliant
par division complète ou incomplète dans le
sens des rayons médullaires. On a dit, à tort,
que ce bois est dépourvu de zones concen¬
triques : il en présente dans les espèces li¬
gneuses soumises aux vicissitudes de nos
saisons, mais toujours sans formation an¬
nuelle de liber.
Genres. — Asarum , Tournef. ; He -
terotropa , Dec. et Morr. ; Aristolochia ,
Tournef. ( Glossula , Pistolochia, Siphisia
ARI
ARJ
138
Endodaca etEinomenia, Rafin.; Hocquar-
tia, Dumort.); Bragantia , Lour. ( Cera -
mium9 Blum. ; Munnichia, Reich.; Van-
liallia , Schult.); Thottea , Rottb.
A ces g. on en ajoute deux autres impar¬
faitement connus, dont quelques caractères,
notamment la diœcie des fleurs, diffèrent de
ceux qui ont été précédemment exposés : ce
sont les Trichopodium, Lindl. ( Trichopus ,
Gærtn.) ; Trimeriza, Lindl. (Ad. J.)
ARISTOTELA. bot. ph.— Ce genre,
de la famille des Composées , et consacré
par Adanson à la mémoire d’Aristote, com¬
prenait, selon son auteur, les genres Jaco-
bœa , Comm. ; Jacobœastrum , Yaill. ;
Othonna , Lin., et Calthoides , Juss., dont
l’involucre était formé de sept à dix folioles
soudées entre elles, et renfermant , à la cir¬
conférence, des fleurs rayonnées 3-dentées,
et des fleurs hermaphrodites 5-dentées au
centre. — Ce genre se trouve actuellement
réuni à l 'Othonna. (J. D.)
ARISTOTELÏA, L’Hérit. ( Aptnozi-
)>js, Aristote), bot. pu. — Genre sur la
classification duquel on est loin d’être d’ac¬
cord : A.-L. de Jussieu le place parmi les
genres non classés; suivant M. R. Brown, il
appartient à la famille des Homalinées ou
Homaliacées ; M. Reichenbach le place dans
les Escalloniées; M. Endlicher le met à la
suite des Ternstrémiacées ; enfin, M. Lindley
le regarde comme le type d’une famille dis¬
tincte , qu’il appelle Maquinées , et qu’il as¬
socie aux Philadelphées. Ce genre offre les
caractères suivants : Calice turbiné, 5-ou
6-fide; segments lancéolés, pointus, im¬
briqués en préfloraison. Pétales 5 ou 6, ob-
cordiformes , insérés à l’extérieur d’un dis¬
que hypogyne. Étamines 15 ou 18, ayant
même insertion que les pétales , opposées 3
à 3 aux segments calicinaux. Filets courts.
Anthères dressées, oblongues , pointues , 2-
thèques : bourses déhiscentes chacune par
une courte fente terminale. Ovaire 3-locu-
laire ; loges 2-ovulées ; ovules superposés ,
suspendus. Styles 3, soudés par leur base.
Baie subglobuleuse , 3- gone , 3-sulquée ,
pulpeuse , 3-loculaire. Cloisons très min¬
ces , membranacées. Graines géminées dans
chaque loge, superposées, anguleuses.
Test osseux. Hile ventral. Chalaze termi¬
nale, orbiculaire. Embryon axile dans un pé-
risperme charnu, rectiligne, presque aussi
long que le périsperme, parallèle au hile.
Cotylédons elliptiques , foliacés, plissés lon¬
gitudinalement. Radicule subcylindracée ,
supère , éloignée du hile. — L’espèce ( A.
Maqui L’Hérit.) qui constitue ce genre est
un arbrisseau indigène du Chili , où on le
nomme Maqui. Les feuilles en sont subop¬
posées , pétiolées, coriaces , dentelées , ac¬
compagnées de stipules caduques ; les fleurs
en sont petites , verdâtres , disposées en cv-
mules axillaires ; les baies en sont mangea¬
bles , et l’on en prépare , au Chili , une
boisson vineuse. (Sp.)
* ARISTOTELÏA (Àpia-rozè^ç , Aristo¬
te). bot. ph. — Loureiro, dans sa Flore de
Cochinchine , désigne sous le nom d’Ansfo-
telia spiralis une variété du Spiranthes
australis de Lindley. (A. R.)
* ARITHMEMA (àplOp.'tgj.a. , nombre).
ins. — Genre de Coléoptères hétéromèrès ,
famille des Trachélides, Latr., ou des Vési-
cants, Dej., tribu des Cantharidées , Latr.,
établi par M. Chevrolat aux dépens du g.
Hyclœus de Latreille. II n’en diffère essen¬
tiellement que parce que ses antennes ont
un article de moins que celles du genre Hy¬
clœus , c’est-à-dire huit au lieu de neuf, et
parce que le dernier est moins gros et plus
allongé que chez celui-ci. tle g. a pour type
le Mylabris \0-guttala de Bilberg ( Arith.
10 -gutlata Chevrolat), figuré dans Vlcono-
graphie du Règne animal , par M. Guérin-
Méneville, pl. 35, fig. 2, et fig. 2 a (antenne
grossie) ; mais , par erreur, ces deux figures
sont indiquées au bas de la planche comme
se rapportant au g. Hyclœus. Depuis, M. De¬
laporte ( Buffon-Duménil , t. II, p. 268) a
formé de cette même espèce son g. Acteno -
dia, et M. Dejean, dans son dernier Catalo¬
gue, l’a rapportée à son g. Synamma, sous
le nom de 12 -guttata Dej. (D. et C.)
ARITRILLIS. bot. ph. — Synonyme
de Mercuriale ( Voy. ce mot ). (C. d’O.)
ARJOONA, Cavan. (botaniste espa¬
gnol). bot. ph. — Genre de la famille des
Santalacées , auquel son auteur (le., IY, p.
57, tab. 353) attribue les caract. suivants :
Fleurs hermaphrodites. Périanthe 2-brac-
téolé à la base, tubuleux, 5-fide, non per¬
sistant. Disque épigyne, charnu, annulaire,
très entier. Étamines 5, alternes chacune a-
vec une très petite squammule poilue. Ovaire
3-ovulé. Style filiforme ; stigmate obscuré-
140
ARK
ARM
ment 3-lobé. Baie 1 -sperme.— Arbrisseau (du
Chili) à racine pivotante , fusiforme , garnie
de fibres tuberculeuses ; feuilles alternes, se-
mi-amplexicaules , nerveuses, glabres, très
rapprochées ; les florales laineuses. Fleurs
en capitules terminaux. On n’en connaît
qu’une espèce. (Sp.)
ARKOSE. géol. — M. Brongniart ap¬
pelle Arkose tous les grès qui contiennent
du Feldspath , soit intact , soit plus ou
moins décomposé , mêlé avec des quantités
variables de Quartz.
M. Cordier forme trois espèces distinctes
de roches résultant de ces diverses associa¬
tions, savoir : 1° Grès feldspathique , les
mélanges dans lesquels le Feldspath est pré¬
dominant ; 2° Arkose , les mélanges de
Feldspath et de Quartz dans lesquels ce der¬
nier élément est prédominant ; 3° enfin Mé-
taxite, les mélanges de Quartz et de Feld¬
spath décomposé (Kaolin).
Ces trois espèces de roches ont été obser¬
vées avec détail, pour la première fois , dans
les assises inférieures des terrains du Lias ;
mais, depuis, on a reconnu qu’elles figurent
à plusieurs reprises, soit à l’état de terrains,
soit à l’état de couches subordonnées, dans
presque toute la série des étages qui com¬
posent l’ensemble de l’écorce secondaire de
la terre. M. Cordier en a reconnu de beaux
gisements dans les terrains de la période
phylladienne de plusieurs parties de la Fran¬
ce. On en trouve également dans les ter¬
rains de la période palæothérienne d’Auver¬
gne et du département du Tarn , et même
dans des étages plus récents, tels par exem¬
ple que le Crag. Voy. grès feldspathi-
QUE et MÉTAXITE. (C. D’O.)
ARKT1ZITE (a/jxT0$, ours, venant
des régions arctiques), min. — Nom donné
par Werner à la Wernérite d'Arcndal , en
Norwége. Voy. wernérite. (Del.)
ARKYS («/îxus, ret, filet ). arach. —
Genre de la famille des Araignées, de l’ordre
des Aranéides , groupe des Marcheuses
terrestres , établi par M. Walckenaër ( Ins.
Aptères ) sur une seule espèce du Brésil ,
qu’il nomme A. lancearius. Ce genre est
caractérisé par des yeux au nombre de huit,
tous à peu près d’égale grosseur , et placés
sur deux lignes occupant la partie antérieure
du céphalothorax ; les quatre .yeux intermé¬
diaires sont disposés en carré , et les laté¬
raux sont rapprochés entre eux sur les côtés
du céphalothorax. Les parties de la bouche
et la longueur proportionnelle des pattes
contribuent encore à caractériser ce genre.
(Bl.)
ARLEQUIN. ois. — Nom d’une es¬
pèce de Colibri. (Lafr.)
ARLEQUIN DE CAYENNE, ins.
— Nom vulgaire d’une belle et grande es¬
pèce de Coléoptères du genre Acrocinus.
Voyez ce mot. (D.)
AKLEQUINE. moll. — Ce nom vul¬
gaire est donné à une Porcelaine qui resta
rare pendant fort long-temps dans les col¬
lections , et qui , depuis quelques années, y
est devenue fort commune : c’est le Cyprœa
Histrio de Linné. Une autre esp., du même
genre , ayant beaucoup de rapports avec la
première, est connue des marchands sous le
nom de fausse Arlequine. Linné l’a inscrite
sous le nom de Cyprœa arabica. Voy. por¬
celaine. (Desii.)
*ARMA. ins. — Hahn ( Wanzenart.in -
sect. ) a établi sous ce nom un genre de la
famille des Pentatomiens , de l’ordre des
Hémiptères, adopté depuis par M. Spinola,
et réuni par M. Burmeister à son g. Asopus.
Les Arma ne paraissent en effet caractérisés
que par les angles huméraux prolongés en
une petite épine. On en connaît un petit
nombre d’espèces ; les plus répandues sont
les A. lurida ( Cimex luridus Fab. ), et A.
custos ( Cimex custos Fab. ). (Bl.)
* ARMADELLÏDÉE. crust.— Genre
de l’ordre des Isopodes, de la famille des
Cloportides, de la tribu des Cloportides ter¬
restres et de la division des Armadelliens,
établi par M. Brandt pour les espèces du g.
Armadille de Latreille, chez lesquelles l’ar¬
ticle terminal externe des dernières fausses
pattes est grand , lamelleux au sommet de
l’article précédent, et remplit presque en
entier l’échancrure comprise entre les deux
derniers anneaux de l’abdomen. (M. E.)
*ARMABELLIENS. crust.— Dans la
classification des Crustacés employée par
M. Milne-Edwards, ce nom est donné à une
division de la tribu des Cloportides terres-,
très caractérisée par la conformation de
l’abdomen, dont les dernières fausses pattes
sont visibles en dessus entre les deux der¬
niers anneaux du corps, mais ne se prolon-
! gentpas au delà du bord postérieur de ces
ARM
ARM
141
anneaux. On y range les genres Armadille,
Armadellidée et Diploexoque , (M. E.)
ARMADILLE. crust. — Le genre
Armadille de Latreille se compose des Crus¬
tacés, de l’ordre des Isopodes et de la fa¬
mille des Cloportides, dont le corps ne pré¬
sente pas, à son extrémité postérieure, d’ap¬
pendices saillants, mais offre, dans l’échan¬
crure située de chaque côté , entre les deux
derniers anneaux de l’abdomen , une ou
deux pinces lamelleuses , représentant la
dernière paire de fausses pattes. M. Brandt,
à qui l’on doit un travail spécial sur les
Oniscoïdiens, restreint davantage les limites
du genre Armadille , et ne réserve ce nom
qu’aux Armadelliens ayant 1° l’article termi¬
nal des dernières fausses pattes rudimentaire
et inséré au bord interne du précédent qui
remplit l’échancrure située entre les deux
derniers anneaux de l’abdomen ; 2° les an¬
neaux thoraciques dépourvus d’apophyses
horizontales naissant de leur bord posté¬
rieur. (M. E.)
ARMADILLE. Armadillo , Briss.
MAM. — Voyez TATOU. (A. DE Q.)
ARMADILLUS SQUAMMATUS.
mam. — Séba a désigné sous ce nom , en
les distinguant par les épithètes de major
et de minor , deux espèces de Pangolins.
Voyez ce mot. (A. de Q.)
ARMANIA (nom d’homme), bot. ph.
— Genre de la famille des Composées , qui
a pour caractères , d’après M. de Candolle :
Capitule multifiore hétérogame ; fleurs du
rayon Iigulées, neutres, 1-sériées, jaunes; cel¬
les du disque hermaphrodites, à tube court, à
gorge large , cylindracée , terminée par un
limbe à cinq dents. Involucre formé de trois
rangées d’écailles apprimées; réceptacle plan,
paléacé ; les rameaux des styles, appartenant
aux fleurs hermaphrodites , sont simplement
tronqués et terminés par des poils. Le fruit,
obcomprimé, elliptique, cartilagineux , cou¬
vert de poils, est couronné antérieurement de
deux soies raides, et presque lisses.— La seule
espèce connue est un sous- arbrisseau dé¬
couvert par Bertero , à Pile Sainte-Marthe ,
dans la partie de l’hémisphère austral voi¬
sine de l’Amérique. M. de Candolle place
• ce genre près des Coreopsis. (J. B.)
ARMÉ. Armatus. zool. — On donne
cette épithète aux Poissons dont le corps est
couvert d’une épaisse cuirasse ou hérissé
d’épines. Tels sont VAspidophorm armatus
et le Silurus militaris. — En entomologie ,
on appelle ainsi les insectes à mandibules
longues ou dressées comme des cornes ,
exemple : VAnisotoma armatum. (C. d’O.)
ARMÉ, poiss. — Nom spécifique don¬
né par Lacépède à plusieurs esp. de Pois¬
sons , Baliste armé, etc. Voy. baliste.
(Val.)
ARMEL, bot. ph. — Syn. de Peganum
Harmala L. Voyez ce mot. (C. d’O.)
*ARMENIACA, Tourn. (Armeniacus ,
d’Arménie), bot. ph.— Sous ce nom, Tour-
nefort et plusieurs auteurs modernes ont éta¬
bli un genre fondé sur l’Abricotier et sur une
ou deux autres espèces du g. Prunier (Pru¬
nus), lesquelles ne diffèrent absolument de
leurs congénères que par le fruit à sur¬
face cotonneuse. (8p.)
ARMENT A, Laët. mam. — C’est le Bi¬
son d’Amérique. Voy. boeuf. (A. de Q.)
* ARMENTAIRES. Armentariœ (ar-
mentum, troupeau), ins. — Nom donné par
M. Robineau-Desvoidy à une section de la
famille des Muscides comprenant des es¬
pèces qui tourmentent à l’excès les grands
quadrupèdes. (D.)
* ARMER! A (nom présumé d’une espèce
d’OEillet chez les anciens), bot. ph. — Genre
de la famille des Plumbaginacées , tribu des
Staticées , formé par Willdenow (Hort. Be-
rol., 533 ) aux dépens de quelques espèces
du genre Statice de Linné, et dont le type
est VArmeria vulgaris ( Statice armeria
L.). Il renferme une vingtaine d’espèces,
toutes européennes , acaules, vivaces, à feuil¬
les radicales réunies en touffes, linéaires ou
lancéolées , nervées ; à inflorescence dispo¬
sée en pédoncules monocéphales, scapifor-
mes. La plupart sont cultivées comme plan¬
tes d’ornement et servent à faire d’élé¬
gantes bordures. Voici les caractères de ce
genre : Fleurs réunies en un capitule in-
volucré ; à gaîne renversée, h réceptacle
paléacé. Calice infundibuliforme , à limbe
5-denté, 5-plissé, scarieux sur les bords. Co¬
rolle hypogyne de 5 pétales, dont les onglets
velus, cohérents à la base. Étamines 5, insé¬
rées à la base de l’onglet de ces derniers.
Ovaire uniloculaire ; ovule unique , anatro-
pe, appendu à un placenta libre, filiforme.
Styles 5, terminaux , distincts, évidés en
stigmate au sommet. Utricüle calyptriforme,
142
ARM
ARM
membranacé , monosperme, enserré par le
calice ; libre ensuite à sa base, et multifide.
Graine inverse ; embryon orthotrope , dans
un albumen farinacé peu abondant, à radi¬
cule supère. __ (C. L.)
* ARMÉ RI AGEES (d 'Armeria). bot.
ph. — M. Marquis a désigné sous ce nom
une famille de plantes ayant pour type le
genre Armeria. Voy. ce mot. (C. d’O.)
ARMES. Arma. bot. et zool. — Ce
nom a été employé par quelques auteurs
pour désigner les moyens de défense dont
sont pourvus certains végétaux , comme les
Épines , les Aiguillons , dans les Rosacées ,
les Légumineuses , etc. , les poils excrétoi¬
res de VOrtie , du Malpighia urens , de la
Loaza , etc. Cette épithète sert aussi à dé¬
signer les moyens d’attaque et de défense
des animaux. (C. d’O.)
* ARMICEPS. Armicipites (arma, ar¬
mes; caput , tête), poiss. — Latreille a don¬
né ce nom à une tribu de la famille desClu-
péides, comprenant les Poissons dont la tête
est défendue par des pièces osseuses ou des
écailles pierreuses. (C. d'O.)
* ARMIDE ( nom propre ). crust. —
Genre de l’ordre des Isopodes, proposé par
M. Risso , mais qui n’a pas été adopté par
les autres zoologistes; il a pour type l’Ido-
tée hectique, espèce qui ne paraît pas de¬
voir être séparée génériquement des autres
Idotées. (M. B.)
*ARMIDEUS. (Armide, nom propre.)
INS. — Nom donné par Ziegler, dans le Ca¬
talogue de Dahl (1823), à une division des
Géotrupes de Latreille, avec laquelle M. Fi¬
scher de Waldheim, dans l’ Entomographie
russe , a formé son .genre Ceratophyus. Voy.
ce mot. ^ (D. et C.)
*ARMI GENES. Armigenœ ( arma , ar¬
mes; gêna, joue), poiss. — Plusieurs au¬
teurs ont désigné sous ce nom les Poissons
à joues cuirassées. (C. d’O.)
ARMILLARIA. ( Armilla , bracelet).
bot. cr. — Troisième tribu des Agarics, à
spores blanches, de Fries, présentant les ca-
ract. suivants : Chapeau charnu , convexe ,
dilaté ; épiderme lisse ou écailleux, pouvant
se détacher. Lames aiguës aux deux extré¬
mités, sinuées ou décurrentes; spores blan¬
ches. Pédicule plein , solide , fibreux , muni
d’un anneau persistant, quelquefois fugace.
— Cette tribu a les plus grands rapports
avec celle des Lépiotes , dont les lames sont
toujours libres , et le pédicule cotonneux à
l’intérieur.
On peut regarder comme type de cette
tribu VAgaricus melleus, qui est comestible,
et croît très abondamment en automne au
pied des vieux arbres dans les forêts.
(Léy.)
ARMINE. Arminia ( Arminius , nom
histor.). moll. — Ce genre, à peine indi¬
qué par M. Rafinesque , semble se rappro¬
cher par quelques caract. des Linguelles de
M. de Blainville, qui elles -mêmes ne sont
que des Diphyllides de Cuvier. Avant de
se prononcer définitivement sur le genre de
M. Rafinesque, il serait indispensable d’avoir
de ce naturaliste des renseignements au
moyen desquels on pourrait compléter les
caractères de son genre. (Desh.)
ARMODILLO, Wagn. mam.- Voyez
PANGOLIN. (A. DE Q.)
ARMOISE (corruption d 'Artémise).
bot. ph.— On désigne sous ce nom plusieurs
plantes officinales de la famille des Compo¬
sées, qui appartiennent en grande partie au
g. Artemisia , qui a pour caract. : Capitules
discoïdes homo- ou-hétérogames. Fleurs du
rayon 1-sériées , femelles, 3-dentées, munies
d’un style fendu profondément; celles du dis¬
que 5-dentées, hermaphrodites, ou parfois
mâles ou stériles par suite de l’avortement de
l’ovaire ou de la corolle. Les folioles de l’in-
volucre, membraneuses sur les bords, entou¬
rent un réceptacle plan ou convexe , nu ou
couvert de fimbrilles très délicates. Les fruits,
obovales, dépourvus d’aigrettes , présentent
à leur sommet un petit disque épigyne.
Plusieurs espèces de ce genre vivent en
société, et forment souvent à elles seules,
au centre de l’Asie, entre l’Altaï et les Mus-
tag , de la grande muraille de la Chine jus¬
qu’au lac d’Aral , dans une largeur de plus
de deux mille lieues, les steppes les plus
élevées et les plus vastes du monde.
Les propriétés toniques, communes à
toutes les esp. de ce g. , ont permis de les
employer indistinctement aux mêmes usa¬
ges, dans leg pays tempérés et froids de
l’hémisphère boréal, qu’elles habitent exclu¬
sivement. Les plus communes et les plus
généralement usitées sont V Armoise Ab¬
sinthe , originaire des régions tempérées de
l’Europe. L’excessive amertume de cette
ARM
ARM
143
plante est passée en proverbe. On se sert
communément de ses feuilles, et surtout des
grappes de ses fleurs , soit en infusion dans
le vin, soit pour en former, par distillation,
une liqueur qui porte le nom d’ Absinthe.
On assure qu’elle peut en outre, et sans in¬
convénient , remplacer le Houblon dans la
fabrication de la bière.
L'Estragon ou Serpentine ( Artemisia
Dracunculus ). Cette espèce, ainsi nommée
par la ressemblance de sa racine avec celle
d’un Dragon ou d’un Serpent plusieurs fois
replié sur lui-même , est employée comme
condiment, à cause de sa saveur âcre, un
peu piquante, aromatique, qui rappelle le
goût de l’Anis ou du Fenouil : on s’en sert
principalement pour aromatiser le vinaigre.
Cette plante habite les parties froides et
montueuses de l’Europe orientale. On la
rencontre sur les bords de la mer Caspien¬
ne, dans l’Adzerbidjan , sur les monts Altaï,
jusque sur les confins de la Mongolie chinoise.
Les montagnards de la Suisse désignent
sous le nom de Genipi plusieurs espèces
voisines de V Artemisia glacialis, qu’ils font
entrer indistinctement dans leur vulnéraire,
et avec lesquelles ils fabriquent un vinaigre
tout à fait semblable à celui d’Estragon.
L'Aurone , Citronelle , Garde-robe (Ar-
tem . Abrotanum), indigène du midi de l’Eu¬
rope, se cultive fréquemment dans les jar¬
dins à cause de son odeur.
L'Artem. judaica ou Semen - contra
(sous-entendu vermes ) produit , à ce qu’on
suppose , la poudre connue dans les offici¬
nes sous le nom de poudre à vers ou de
semen-contra, et qui nous est envoyée sèche,
du Levant, par la voie du commerce. Cette
poudre ne se compose pas, comme son nom
l’indique, de graines ou de fruits épurés ,
mais de capitules plus ou moins écrasés, au
milieu desquels on rencontre des fragments
de feuilles, d’involucre qui probablement
agissent plus directement que ne le feraient
les fruits eux-mêmes.
L'Artem. moxa ou chinensis produit , sur
ses tiges et ses feuilles, un duvet assez abon¬
dant pour être recueilli et employé, dans le
nord de la Chine, en guise d’étoupe ou d’a¬
madou , pour établir des moxas qu’on al¬
lume sur les parties affectées de goutte ou
de rhumatisme.
Enfin , les propriétés amères , aromati¬
ques et un peu astringentes, des Armoises,
font que plusieurs d’entre elles ont été pro¬
posées comme succédanées du thé , et no¬
tamment V Abrotanum. Ces propriétés sont
dues, suivant M. Braconot, à une matière
animalisée extrêmement amère qui forme
les 18/100 de son poids. Cette plante renfer¬
me , en outre , une huile volatile et un acide
qu’il croit nouveau , et qui s’y trouve com¬
biné avec de la Potasse.
L 'Armoise commune ou Herbe de Saint-
Jean croît dans les lieux incultes et sur
les bords des chemins ; elle est apéritive ,
stimulante ; extérieurement elle passe pour
vulnéraire et détersive , ainsi que plusieurs
autres espèces du même genre. (J. D.)
ARMORACIA. Flora der Wetterau.
— Baumgart., Flor. Transylv. — Koch ,
Deutschl. Flora, vol. IV, p. 566. — Spach,
Hist. des plant, phan. , vol. VI, p. 519.
(Nom donné par plusieurs botanographes
anciens à la plante sur laquelle est fondé le
genre , et faisant allusion à ce que cette
plante est commune dans le nord-ouest de
la France), bot. ph. — Genre de la famille
des Crucifères ( tribu des Alyssinées DC. ,
tribu des Siliculeuses Spach) , auquel nous
avons assigné les caractères suivants : Calice
de 4 sépales cymbiformes, égaux, divergents,
presque étalés. Pétales 4, onguiculés. Glan-
dules 6, denticuliformes, confluentes par la
base, alternes avec les étamines. Étamines
6; filets filiformes, subisomères, subrecti¬
lignes, divergents ; anthères sagittiformes-
elliptiques, obtuses : celles des deux étami¬
nes impaires un peu plus grandes que les
autres. Ovaire ellipsoïde, un peu comprimé
(en sens contraire du diaphragme) , 2-locu-
laire, multi-ovulé. Ovules marginaux , sub-
réniformes, résupinés. Style filiforme, très
court; stigmate pelté , hémisphérique. Sili-
cule tantôt ellipsoïde, tantôt subglobuleuse,
peu ou point comprimée , érigée , 2-locu-
laire , courtement apiculée (par le style) ;
loges 4-20-spermes ; valves cymbiformes,
non carénées, innervées, minces , subcarti¬
lagineuses, submarginées ; nervures placen-
tairicnnes filiformes , incluses avant la déhi¬
scence. Graines suspendues , bisériées dan?
chaque loge, petites , finement chagrinées ,
subcylindriques, immarginées; cotylédons
rectilignes, subsemi-cylindriques, en géné¬
ral accombants. — L 'Armoracia rusticana
144
ARN
ARN
Flor. Wett. ( Cochlearia armoracia Linn.
— Raphanis magna Mœnch. — Cochlearia
macrocarpa Wald. et Rit.), plante connue
sous les noms vulgaires de Cram ou Cran
de Bretagne , Cranson de Bretagne , Cran-
son rustique , Cran des Anglais , Raifort
sauvage , Grand raifort , Moutardelle ,
Moutarde des Allemands , et Moutarde des
Capucins, est la seule espèce qu’on puisse
rapporter avec certitude à ce genre. C’est
une herbe vivace , à racine pivotante, grosse,
charnue , atteignant deux à trois pieds de
long. La tige est paniculée, et atteint jus¬
qu’à cinq pieds de haut. Les feuilles sont
tantôt indivisées, tantôt pennatifides : les in¬
férieures grandes, pétiolées ; les autres ses-
siles. Les fleurs sont disposées en grappes
terminales et oppositifoliées, nues, denses ,
à pédicelles filiformes, plus ou moins diver¬
gents après la floraison. Les sépales sont
d’un jaune verdâtre, membraneux aux bords;
les pétales blancs. — La racine de cette
plante a une saveur extrêmement piquante,
analogue à celle de la graine de moutarde ,
mais beaucoup plus forte ; lorsqu’on la broie
étant fraîche , elle provoque des éternu-
ments fréquents et une abondante sécré¬
tion lacrymaire ; elle jouit de propriétés ver¬
mifuges, stimulantes, diurétiques, et surtout
anti-scorbutiques ; appliquée fraîche sur la
peau, elle agit comme épispastique. En An¬
gleterre, en Allemagne et dans l’ouest de la
France, on fait beaucoup usage de cette ra¬
cine comme assaisonnement , en guise de
moutarde. (Sp.)
ARMOSELLE. bot. ph. — Syn. du
genre Seriphium , L. Voyez ce mot.
(C.D’O.)
ARNEBIA, Forsk.(F7or. Ægypt.). bot.
pii. — Synon. dug.Lithospermum , Tourn.,
de la famille des Borraginées. (Sp.)
ARNICA (par corruption de Ptarmica,
qui vient de sternutatoire). bot.
ph. — Genre déplantés appartenant à la fa¬
mille des Composées, tr. des Sénécionidées,
lequel a pour caractères : Capitules hétéro-
games, radiés, multiflores. Fleurs du rayon
1-sériées, femelles, renfermant quelquefois
des rudiments d’étamines ; celles du disque
hermaphrodites. Involucre campanulé, formé
de deux séries d’écailles linéaires-lancéolées,
égales entre elles. Réceptacle velu ou cou¬
vert de paillettes très fines. Corolle à tube
velu ; rameaux du style tronqués ou termi¬
nés par un petit cône, et couverts extérieu¬
rement de papilles qui se prolongent sur le
style lui-même. Les fruits , cylindriques ,
amincis aux deux bouts , légèrement velus
et sillonnés, sont couronnés par une aigrette
formée d’une rangée de soies assez raides et
scabres. — Ce genre renferme une dizaine
d’espèces particulières à l’hémisphère bo¬
réal ; ce sont toutes des plantes à feuilles
entières , opposées , et garnies de capitules
assez grands de fleurs jaunes. L '‘Arnica
montana , très répandue dans les parties
montueuses delà France, passe pour un
puissant sternutatoire; il est même appelé
Tabac dans les Vosges , où l’on en fait un
fréquent usage contre les chutes, les contu¬
sions, etc. (J. D. )
* ARNIDIUS. nxs. — Genre de Coléo¬
ptères pentamères, famille des Carabiques ,
tribu des Scaritides, établi par Leach, et qui
correspond exactement au g. fondé long¬
temps auparavant par Bonelli sous le nom
de Carenum , d’après le Scarites cyaneus
de Fabricius, espèce de la Nouvelle-Hollan¬
de, à laquelle Leach a donné le nom de Ar-
nidius emarginatus. C’est ici le cas de re¬
lever une erreur assez singulière commise
par l’auteur de la Faune entomologique du
Voyage de V Astrolabe (2e part., p. 23 et 24).
Non seulement il ne s’est pas aperçu que le
g. de Bonelli et celui de Leach ne faisaient
qu’un, mais il a cru que le Carenum cya-
neum du premier était une espèce diffé¬
rente de VArnidius emarginatus du second;
de sorte que d’une seule espèce il a fait à
la fois deux espèces et deux genres distincts,
et cela sur le recto et le verso du même
feuillet. Voy. carenum. (D. et C.)
ARNOGLOSSUM, Endl. Gen., p. 347
(«pos , agneau ; y/o-rs-*, langue), bot. pii. —
Section du genre Plantago, L., comprenant
les espèces dont la capsule est à 2 loges 4-
spermes : par exemple le P. major L. , le
P. maxima Ait., etc. (Sp.)
*ARNOLDIA, Arnold (botaniste an¬
glais), bot. ph. — Ce genre, fondé par Cas-
sini aux dépens du Calendula chrysanthe -
mifolia Vent. , se trouve aujourd’hui réuni
aux Dimorphotheca , où il constitue une
section caractérisée par ses fruits trigones
et lisses, appartenant aux fleurs du rayon.
(J. X>«)
ARO
ARO
145
ARNOPOGON ( «/s» , âfivés , agneau , et
rewywv , barbe ). bot. ph. — Synonyme
d 'Urospermum. Voy. ce mot. (J. D.)
ARNOSERÏS («/«s, âjivôçy agneau, et aé-
fit;, chicorée ). bot. ph. — Ce genre , de la
famille des Composées , ne renferme qu’une
seule espèce, le Hyoseris minima L. ; c’est
une plante annuelle qui croît à l’ombre des
moissons dans les terrains secs de toute
l’Europe. Elle a pour caractères : Capitules
multiflores; involucre formé d’environ 12
écailles linéaires , lancéolées , acuminées et
accompagnées inférieurement de squammel-
les plus petites. Les unes et les autres se re¬
dressent à l’époque de la maturité des
fruits , de manière à les protéger complète¬
ment. Ces fruits sont obovés-pentagones et
couronnés par une aigrette très courte, en¬
tière ; ceux de la circonférence se trouvent
à peu près complètement nichés dans le
tissu du réceptacle. — La seule espèce con¬
nue est une herbe annuelle, à feuilles dispo¬
sées en rosette, du milieu de laquelle nais¬
sent plusieurs tiges renflées et fistuleuses au
sommet. (J. D.)
* ARNOTTIE. Arnottia (Arnott, bota¬
niste écossais), bot. ph. — Nous avons éta¬
bli sous ce nom un g. dans la famille des
Orchidées, tribu des Ophrydées, qui offre les
caracU suivants : Les trois sépales extérieurs
sont inégaux ; les deux latéraux sont plus
grands, étalés en forme d’ailes ; le supérieur ,
qui , par l’inversion de la fleur, est devenu
inférieur, est plus petit et dressé. Le labelle,
dépourvu d’éperon , est supérieur, redressé ,
soudé par sa base avec les sépales intérieurs,
dont il n’est pas distinct par sa forme. Ce g.
ne se compose que d’une seule esp., Arnottia
mauritiana Rich. ( Orch. des îles de Fr. et
de Bourbon , p. 53, t. VII, n° 1). C’est une
plante ayant le port d’un Orchis , qui croît
aux îles Maurice. Ce genre est très voisin du
Gymnadenia , par la structure de son an¬
thère ; il en diffère par les divisions exté¬
rieures et supérieures de son calice, prolon¬
gé en forme d’ailes ; par son labelle sans
éperon , semblable aux autres divisions in¬
térieures du calice, et soudé avec elles par
sa base. (A. R.)
* AROCATUS. ins. — M. Spinola a
établi, sous cette dénomination , un genre
de la famille des Lygéens , de l’ordre des
Hémiptères, ne différant guère, d’après M.
T. II.
Spinola lui-même, des Lygœus proprement
dits , que par le canal situé à la partie in¬
férieure de la tête , assez prolongé pour re¬
cevoir le premier article du rostre. Ce g.,
que nous avons réuni au g. Lygœus , a pour
type le Lygœus melanocephalus Fab., très
répandu dans l’Europe méridionale. (Bl.)
*AROCERA. nvs. — Genre de la fa¬
mille des Scutellériens, groupe des Pentato-
mites, de l’ordre des Hémiptères, établi
par M. Spinola (Essai sur les Hémiptères ) ,
qui en a tiré les caractères les plus essen¬
tiels : 1° des antennes, composées de cinq
articles , dont les deuxième et troisième
aplatis et sillonnés; et 2° des pattes, dont
les jambes ne présentent pas d’épines ai¬
guës. La seule espèce rapportée à ce g., par
M. Spinola, est l’A. aurantiaca Spin., du
Brésil. (Bl.)
AROIDÉES. Aroideœ. bot. ph. —
C’est le nom d’une famille de plantes mo-
nocotylédonées, établie par Jussieu, et qui
a pour type, le genre Arum. Cette famille a
aussi été désignée sous le nom tfAraceœ
par M. Schott ( Melethemata , p. 15), et ce nom
a été adopté par M. Lindley (Natural syst.,
p. 565). Pour M. Schott , le nom d' Aroideœ
est celui d’une classe de Monocotylédonées
qui se compose de quatre familles : 1° les
Cyclanthées , 2° les Pandanées , 5° les Ara-
cées, 4° les Acoroïdées. Ces quatre familles
ont pour caractères communs d’être pour¬
vues de feuilles et d’avoir des fleurs sans
périanthe vrai, disposées sur un axe ou spa-
dice allongé, avec lequel elles sont conti¬
nues. Quel que soit celui des deux noms
qu’on adopte pour désigner la famille qui
nous occupe ici , on est forcé de reconnaî¬
tre qu’elle forme un groupe assez naturel ,
quoique assez diversifié dans la structure de
ses fleurs.
Les Aroïdées sont des plantes vivaces , à
racine généralement épaisse , tubéreuse et
charnue, quelquefois dépourvues de tige et
n’ayant par conséquent que des feuilles ra¬
dicales; d’autres fois ayant une tige tantôt
dressée , tantôt sarmenteuse , et s’élevant
ainsi , à l’aide des végétaux ligneux, à une
très grande hauteur. Leurs fleurs sont uni-
sexuées, monoïques, dioïques ou polygames,
attachées sur un axe ou spadice , qu’elles
recouvrent en partie ou en totalité, et envi¬
ronnées par une spathe quelquefois très
10
146
ARO
grande , et dont la forme est fort variable.
Les fleurs sont dépourvues de véritable pé-
rianthe ; plus rarement elles sont accompa¬
gnées d’un certain nombre d’écailles, dispo¬
sées symétriquement en forme de calice;
dans ce dernier cas, les fleurs sont herma¬
phrodites, c’est -à-dire qu’en face de chacune
des écailles qui environnent le pistil est placée
une étamine. Les fleurs mâles se composent
d’étamines dont le filet est ordinairement
court , et d’une anthère terminale à une ,
deux, ou même à plusieurs loges, s’ouvrant
soit par une fente longitudinale ou transver¬
sale , soit par un pore terminal. Les fleurs
femelles se composent d’un ovaire libre, gé¬
néralement à une seule loge, fort rarement
à trois loges , contenant chacune plusieurs
ovules, tantôt dressés et basilaires, tantôt
renversés et naissant du sommet de la loge,
tantôt insérés à différents points de sa paroi
intérieure. Cet ovaire est surmonté d’un
style quelquefois court et à peine marqué ,
d’autres fois assez long, terminé par un
stigmate simple et papilleux. Le fruit est
généralement charnu et indéhiscent, ayant
comme l’ovaire une seule , rarement plu¬
sieurs loges, qui contiennent chacune un
petit nombre de graines ; plus rarement
le fruit est une sorte de capsule ou de
fruit sec et coriace, qui reste indéhiscent.
Les graines ont leur surface externe souvent
inégale ; elles contiennent , dans un endo-
sperme charnu , un embryon presque cylin¬
drique , tantôt homotrope, tantôt antitrope,
dont la radicule est obtuse. A la base du
cotylédon , R. Brown a observé une petite
fente longitudinale placée en face de la gem¬
mule, qu’on aperçoit à travers. On sait
que ce caractère , indiqué ici pour la pre¬
mière fois par le célèbre botaniste de Lon¬
dres , a été constaté depuis par M. Adrien
de Jussieu dans les embryons de toutes les
autres Monocotylédonées , à leur premier
état de développement.
La famille des Aroïdées a été placée dans
une même classe avec les Cyclanthées , les
Pandanées et les Acoracées. Elle se distin¬
gue facilement des deux premières par son
port : des Pandanées , par leurs ovaires sou¬
vent soudés et réunis plusieurs ensemble ,
à une seule loge et à un seul ovule , et par
leurs longues feuilles sessiles et disposées en
spirale serrée autour de la tige ; des Cyclan-
ÂRO
thées, par leurs fleurs souvent soudées et
confluentes latéralement , également rou¬
lées en spirale autour d’un axe commun, et
par leurs trophospermes pariétaux. Quant à
la famille des Acoracées , nous avons déjà
dit [Voy. ce mot) qu’elle ne nous paraissait
pas devoir être séparée des Aroïdées. En ef¬
fet , le seul caract. qui pourrait distinguer
les Acoracées des Aroïdées, ce serait la forme
des feuilles et la tige souterraine ou rhizo¬
me articulé : car la présence d’écailles péri-
goniales entourant l’ovaire , et les étamines
disposées circulairement autour de cet
ovaire, et formant par conséquent des fleurs
hermaphrodites, se retrouvent dans la tribu
des Orontiacées. Ces étamines , en nombre
déterminé , sont placées devant chaque é-
caille, et leur sont opposées. Il y a donc ici
une analogie dont personne ne peut contes¬
ter l’évidence, et, à moins de vouloir éta¬
blir les familles naturelles uniquement sur
le port ou les organes de la végétation, nous
ne croyons pas qu’il soit nécessaire de sé¬
parer le genre Âçorus des autres genres
qui constituent la famille des Aroïdées.
M. Rob. Brown avait réuni à la famille
des Aroïdées les deux genres Typha et
Sparganium , qui constituent la petite fa¬
mille des Typhacées ; mais cette réunion n’a
pas été adoptée par les autres botanistes.
Le travail le plus complet et le plus ré¬
cent sur cette famille est celui de M. Schott
(ï. C’est en le suivant ici, que nous al¬
lons donner l’énumération des genres qui
constituent la famille des Aroïdées ou Ara-
cées.
AROÏDÉES.
I" sous-ordre : ANDROGYNANTHÉES.
Fleurs nues.
lre tribu. Ambrosimées, Schott. Spathe
persistante ; spadice appendiculé au som¬
met , portant inférieurement une fleur fe¬
melle, et supérieurement les fleurs mâles,
qui en sont séparées par une sorte de cloi¬
son. Ovaire à une ou plusieurs loges; stig¬
mate terminal étoilé. — Plantes vivaces à
rhizome stolonifère et à pédoncules très
courts. Genres : Cryptocorine , Fisch.; Am~
brosinia , Miche li.
2e tribu. Bit ACUNCi) t! nées . Spathe per¬
sistante ; spadice appendiculé portant infé¬
rieurement les fleurs femelles , et supérieu-
ÀRO
ARO
rement les fleurs mâles. Anthères de cha¬
que fleur libres ; loges séparées par un
connectif. Ovaire uniloculaire , surmonté
par un stigmate capitulé ou lobé. Plantes à
rhizome tubériforme. Pédoncules dressés
après la floraison.
lre sous-tribu. Arisarées. Spathe striée,
arquée; spadice monoïque ou dioïque, ino¬
dore. Étamines éloignées , à filaments très
manifestes et à anthère peltée, s’ouvrant en
deux ou quatre valves. Pas de fleurs stéri¬
les. Style assez long et continu. Genres :
Arisarum, Tournef.; Arisœma , Mart.
2e sous-tribu. Euaroïdées. Spathe dres¬
sée, unicolore ou maculée; spadice monoï¬
que, fétide. Étamines très serrées, éloignées
des ovaires. Anthères presque sessiles et
basifixes, s’ouvrant par une fente longitudi¬
nale. Fleurs stériles nombreuses. Stigmate
sessile. Genres : Biarum, Schott; Arum,
L. ; Typhonium , Schott; Sauromatum ,
Schott.
3e sous-tribu. Dracunculées. Spathe dres¬
sée, concolore ; spadice monoïque et fétide.
Étamines serrées et rapprochées des ovai¬
res. Anthères basifixes et presque sessiles ,
s’ouvrant par des pores. Fleurs stériles, peu
nombreuses. Style manifeste. Genres : Dra-
cunculus , Tournef.; Candarum, Reichenb.;
Pythonium , Schott.
3e tribu. Caladiées, Schott. Spathe tu¬
buleuse; spadice . quelquefois appendiculé ,
portant des fleurs mâles supérieurement, et
des fleurs femelles à sa base. Anthères sou¬
dées ou libres, à loges plongées dans un
connectif épais et comme tronqué et pelté.
Ovaire à une ou plusieurs loges.
-lre sous-tribu. Colocasiées , Schott. Spa¬
the à tube persistant ; spadice nu en partie
ou en totalité. Anthères soudées. Ovaire à
une ou quatre loges. Genres : Remusatia ,
Schott; Colocasia , Ray; Caladium , Yen-
ten . Peltandra , Ratines. ; Xanthosoma ,
Schott; Acontias , Schott; Syngonium,
Schott; Benhamia, Schott.
2e sous -tribu. Philodendrées , Schott.
Spathe persistante en totalité, fermée après
la floraison ; spadice couvert de fleurs ser¬
rées. Anthères libres. Ovaire ayant de cinq
à quinze loges pluri-ovulées. Ovules dressés,
attachés à l’axe externe. Genre : Philo¬
dendron, Schott.
4e tribu. Aïvaporées, Schott. Spathe
147
persistante; spadice couvert complètement
de fleurs en partie mâles et en partie her¬
maphrodites. Fleurs neutres mêlées aux
fleurs femelles. Anthères libres ou soudées ,
s’ouvrant par des pores. Ovaire à un petit
nombre de loges.
lve sous - tribu. Spathicarpées . Spathe
persistante ; spadice augmenté de la partie
inférieure de la spathe, portant les ovaires.
Fleurs éloignées. Anthères soudées , à lo¬
ges plongées dans un connectif tronqué et
pelté. Ovaire uniloculaire, contenant un seul
ovule ascendant. Stigmate capitulé. Gen¬
res : Spathicarpa , ïïook. ; Dieffenbachia ,
Schott.
2e sous-tribu. Richardiées. Spathe per¬
sistante ; spadice libre , portant inférieure¬
ment des fleurs hermaphrodites et des fleurs
mâles à sa partie supérieure. Ces fleurs sont
très rapprochées ; leurs anthères sont libres
et sessiles, à loges opposées, s’ouvrant par
un pore terminal. Les ovaires sont à un pe¬
tit nombre de loges , contenant des ovules
dressés ou attachés à l’axe. Genres : Homa-
lonema, Schott; Aglaonema , Schott; Ri-
chardia, Kunth.
IIe s.-ordre : HERMAPHROD1TANTHÉES.
Fleurs hermaphrodites.
lre tribu. Callacées , Schott. Spathe
persistante ou caduque ; spadice tout cou¬
vert de pistils et d’étamines nombreuses
entremêlées. Filets des étamines plans;
anthères attachées par leur partie moyen¬
ne. Connectif très petit; loges s’ouvrant
par des valves. Ovaire pauciloculaire. Gen¬
res : Calla, L. ; Monstera , Adans.; Scindap -
sus, Schott.
2e tribu. Orontiacées, R. Brown. Spa¬
the persistante ou nulle; spadice couvert
d’étamines et de pistils environnés d’un pé-
rianthe formé de plusieurs écailles. Filets
des étamines plans et opposés aux écailles ;
anthères attachées par leur partie moyenne.
Connectif très petit.
lre sous-tribu. Pothoïnées, Schott. Spa¬
the persistante; filaments plans et inclus.
Stigmate sessile, correspondant aux écailles
intérieures. Feuilles naissant en même temps
que les fleurs. Genres : Pothos, L.; Lasia ,
Lour. ; Anthurium , Schott ; StathyphyU
lum , Schott.
148
ARO
ARO
2e sous-tribu. Dracontiées , Schott. Spa-
the persistante ; filaments subulés, saillants.
Stigmate porté par un style. Feuilles nais¬
sant après les fleurs. Genres : Dracontium ,
L. ; Symptocarpus, Salisb.
5e sous-tribu. Orontiées. Spathe nulle.
Filaments plans et inclus. Stigmate obtus.
Genre : Orontium, L.
5* tribu. Acorées. Spathe nulle ; spadice
naissant des parties latérales de la feuille ;
tout couvert de fleurs hermaphrodites. Fila¬
ments plans; anthères introrses , s’ouvrant
en travers. Stigmate presque sessile. Ovaire
à trois loges. Genres : Âcorus , L.; Gym-
nostachys , R. Brown. (A. R.)
*AROMADENDRON, Blume, Bijdr.,
1. 1 , p. 10 ; Flor. Jav. , fasc. 19 , tab. 7 et 8
(xpu)/j.x , arôme ; fêv-fyo'j, arbre), bot. pii. —
Genre de la famille des Magnoliacées (tribu
des Magnoliées, DG.). Suivant la description
qu’en donne son auteur , il offre pour ca¬
ractères : Calice de 4 sépales verdâtres , fo¬
liacés, caducs. Corolle de 20 à 54 pétales
pluri-sériés, étalés , disposés en ordre qua¬
ternaire : les intérieurs graduellement plus
petits. Étamines au nombre de 60 à 70, plu-
ri-sériées, très rapprochées , imbriquées en
forme de cône étranglé au milieu , plus
courtes que les pétales, recouvrant en par¬
tie le pistil; filets très courts; anthères li¬
néaires, serrées, introrses, à appendice api-
eilaire subulé. Gynophore claviforme. Ovai¬
res très nombreux , subquadrangulaires , 1-
loculaires, 2-ovulés , complètement soudés.
Styles terminaux, ascendants, courts, su¬
bulés, non persistants, papilleux à la sur¬
face antérieure. Syncarpe globuleux ou
ovoïde, gros, presque ligneux, aréolé, sti-
pité , caduc à la maturité , composé d’un
très grand nombre de nucules 1-loculaires ,
1-spermes, obpyramidales, polyèdres, se sé¬
parant finalement les uns des autres ( long¬
temps après la chute du fruit , par l’effet de
la putréfaction); épicarpe subéreux; méso¬
carpe ligneux ; endocarpe chartacé, luisant ;
réceptacle commun claviforme , subéreux à
la surface , ligneux en dedans , profondé¬
ment alvéolé. Graines par avortement soli¬
taires dans chaque loge (nucule) , horizon¬
tales, obovales, lenticulaires, arillées, enfon¬
cées chacune dans une alvéole du récepta¬
cle;. arille rougeâtre, finalement membra¬
neux; tégument presque osseux , d’un brun
noirâtre. Périsperme huileux, blanchâtre.
Embryon petit ; cotylédons courts , obtus ,
subfoliacés ; radicule cylindrique , obtuse ,
presque trois fois plus longue que les coty¬
lédons. — Arbre très élevé. Feuilles alter¬
nes , subdistiques , très entières , coriaces,
courtement pétiolées ; stipules vertes , li¬
néaires , caduques. Fleurs grandes , très
odorantes, blanchâtres, terminales, soli¬
taires, pédonculées, avant l’épanouissement
enveloppées chacune dans une spathe mo-
nophylle, coriace, caduque, insérée au som¬
met du pédoncule. Pédoncules fructifères
latéraux (par le développement d’un nou¬
veau bourgeon). M. Blume n’a fait connaître
qu’une seule espèce de ce genre ( A. elc-
gans ).' Ce végétal croît dans les grandes
forêts de Java , où on le nomme Kilung-
lung et Kelatrang ; c’est , dit M. Blume ,
l’un des plus beaux arbres que l’on puisse
voir , et qui fournit un bois de construction
très solide ; parmi toutes les Magnoliacées
de Java, son écorce est celle qui joint à l’a¬
mertume l’arome le plus agréable , et qui ,
par cette raison, doit être employée de préfé¬
rence comme stomachique ; les feuilles sont
aromatiques et à peine amères. (Sp.)
* AROMADENDROSf, Andrews. ( non
Blume ) ( a^w/z-K , arôme ; févtyov , arbre ).
bot. pii. — Synonyme du genre Eucaly¬
ptus, de la famille des Myrtacées. (Sp.)
*AROMARIA. bot. .pu.— Section éta¬
blie par M. Bentham ( Labiat . , p. 51) dans
le genre Coleus, Loureir. (de la famille des
Labiées) , et qu’il caractérise comme il suit :
Calice fructifère à peine décliné , à gorge
imberbe. Faux-verticilles denses, subglobu¬
leux, multiflores. (Sp-)
AROMATES. Aroma ( ü.p>s>f*.x , par¬
fum ). ohm. — On donne ce nom à toutes
les substances douées d’une odeur suave, et
employées soit comme médicaments, soit
comme condiments , soit comme cosméti¬
ques. Les Aromates, tirés spécialement des
végétaux, doivent leur parfum à des huiles
essentielles , à des résines , et quelquefois à
de l’acide benzoïque. Les pays chauds sont
la patrie des Aromates ; c’est de là que nous
viennent le Poivre , le Girofle , la Cannelle ,
la Muscade, la Vanille, etc. L’Anis, le Fe¬
nouil, l’Aneth, la Coriandre, leCarvi , sont
également des Aromates de nos pays; mais
leur odeur est moins pénétrante, et leur
ARO
ARO
149
parfum a moins de suavité. Les propriétés I l’Europe , et se repose sur les saules; la se-
des Aromates sont d’être excitants et anti¬
spasmodiques ; leur saveur est ordinaire¬
ment chaude , piquante , et souvent même
amère. (C. d’O.)
AROMATITE («/sw/za, parfum), min.
(Pline ). — Pierre précieuse que l’on trou¬
vait en Arabie et en Égypte , et qui passait
pour avoir l’odeur de la Myrrhe. Il est dif¬
ficile de dire ce que ce pouvait être.
(Del.)
AROME («/îw/zK, parfum), chim. —
Emanations subtiles, invisibles, qui s’écîiap
pent de tous les corps odorants. On croyait
autrefois que l’Arome existait dans les plan¬
tes comme un principe particulier; on pen¬
se généralement aujourd’hui qu’il n’est que
le résultat de la vaporisation du corps odo¬
rant lui-même , et que beaucoup de substan¬
ces différentes, telles qu’un extrait, une
huile, une résine, constituent ics divers arô¬
mes végétaux. L’Arome est susceptible de
se fixer, au moins pour un temps, dans l’eau
ou d’autres liquides qui lui servent de véhi¬
cule : les eaux aromatiques s’obtiennent par
la distillation ou la simple imprégnation.
(Del.)
* AROMÏA ( upoi/uot , parfum ). ins. —
Genre de Coléoptères tétramères , famille
des Longicornes , tribu des Cérambycins ,
établi par M. Serville, et adopté par M. De-
jean , ainsi que par M. Mulsant , qui , dans
son Histoire naturelle des Coléoptères de
France , p. 56, en formule les caractères
ainsi qu’il suit : Prothorax inégal, mais sans
rugosités sur sa zone médiane; armé de
ehaque côté d’un tubercule épineux. Man¬
dibules faiblement dentées au côté interne,
inerme extérieurement dans les deux sexes.
Palpes renflés vers l’extrémité, à dernier ar¬
ticle obtriangulaire , aussi long que tous
les précédents réunis. Antennes glabres ;
élytres presque planes, flexibles, non arron¬
dies à l’angle suturai.
M. Dejean , dans son dernier Catalogue,
rapporte à ce genre six espèces, parmi les¬
quelles nous citerons seulement : 1° le Ce-
rambyx moschatus de Fabr., ou Capricorne
à odeur de rose de Geoffroy ; cette espèce
exhale en effet cette odeur, qui augmente à
l’époque de l’accouplement ; 2° leCerambyx
ambrosiacus de Steven, qui a la même pro¬
priété. La première est répandue dans toute
conde ne se trouve que dans les parties mé¬
ridionales de cette partie du globe et en
Orient. (D. et C.)
ARONDE. ois. — Synon. vulgaire de
YHirondelle de fenêtre. (C. d’O.)
A RONDE. Avicula (diminutif d’iris,
oiseau ). moll. — Cuvier a toujours con¬
servé au genre Avicula de Bruguière le nom
français d’Aronde, qui n’a été adopté par
personne, tandis que celui d’Avicule est en
usage dans tous les ouvrages de Conchylio¬
logie. Voy. ayicule. (Desh.)
ARONDELLE ou IS A R ONDE L LE .
ois. — Noms de l’Hirondelle en vieux lan¬
gage français. (C. d’O.)
ARONGANA ( nom vernaculaire ) ,
Pers., Enchir. bot. ph. — Syn. du genre
Haronga, Petit-Thou., de la famille des
Hypéricacées. (Sp.)
ARONIA, Pers. Enchir . , t. II, p. 59.
— Spach, Ilist. des plant, phan., t. Il , p.
87. — Pyri sectio Adenorachis, Sering. in
de Cand., Prodr., vol. II, p. 657. ( âpuvix,
plante qu’on croit être le Néflier ). bot.
ph.— Genre de la famille des Pomacées (Ro-
sacées-Pomacées, Juss.) , auquel nous avons
assigné les caractères suivants: Calice cyathi-
forme , o-denté ; dents dressées pendant la
floraison, finalement charnues, rabattues en
dedans. Pétales 5, courtement onguiculés,
orbiculaires , imberbes , réfléchis. Étamines
divergentes, aussi longues que les pétales.
Styles 5, libres, laineux à la base ; stigma¬
tes petits, capitellés. Fruit 5-Ioculaire, om¬
biliqué aux deux bouts; endocarpe mem-
branacé. — Petits arbres ou arbrisseaux.
Feuilles indivisées , courtement pétiolées
(rarement pennatifides ou lyrées, longue¬
ment pétiolées) , crénelées ; crénelures or¬
dinairement terminées en glandule mucro-
niforme , côte glanduleuse en dessus ; ner¬
vures fines, ordinairement curvilignes. Sti¬
pules petites, caduques. Ramules florifères
plus ou moins allongés , latéraux et termi¬
naux. Fleurs petites , disposées en cymes
ou en corymbes. Corolle blanche. — Ce g.
appartient à l’Amérique septentrionale; on
en connaît environ 10 espèces , dont plu¬
sieurs se cultivent comme arbrisseaux d’or¬
nement ; les plus notables sont l’A. sorbi-
folia Spach ( Cratœgm sorbifolia Desfont.,
Pyrus spuria Lindl. , Bot.Eeg., tab. 1196,
150
ARÜ
ARP
Pyrus sorbifolia Wats., Dendr. Brit ., tab.
55); l’A. densiflora Spach ( Cratœgus ar-
butifolia Desfont. , Pyrus alpina Willd. ) ,
et VA. pyrifolia Pers. ( Cratœgus pyrifo-
lia Lamk. ) , auquel VA. glabrescens Spach ,
VA. arbutifblia Lindl. , et VA. floribunda
Lindl., doivent être rapportées comme varié¬
tés. ($p.)
*ARONICUM (par opposition à Doro-
nicum ). bot. ph. — Ce genre, formé aux
dépens de plusieurs espèces de Doronicum,
s’en distingue par ses fruits munis d’une
aigrette composée de plusieurs rangées de
soies dans les fleurs du disque, et ordinaire¬
ment d’une seule rangée dans celles qui for¬
ment le rayon. Ce genre se trouve , par ces
caractères intermédiaires , entre les Arnica
et Doronicum. (J. D.)
*ARONQUE. Aruncus, Seringe (inDC.,
Prodr., II, sub Spiræa). bot. ph. — Sous-
genre de la famille des Rosacées, fondé sur
le Spiræa Aruncus L. (vulgairement Reine
des prés) , et offrant pour caractères essen¬
tiels : Fleurs, par avortement dioïques.
Ovaires 5, disjoints, réfléchis après la florai¬
son. Disque épaissi en forme d’annule à la
gorge du calice. Inflorescence paniculée,
composée de grappes spiciformes. Feuilles
décomposées, point stipulées. (Sp.)
AROSPERMUM , Scop. faute typo¬
graphique. Voy. UROSPERMUM et ARNO-
POGON. (J. D.)
* AROTES (à/jofYjs, laboureur), ins. —
M. Gravenhorst ( Ichneumonol.) a ainsi
nommé une division du genre Banchus, qui
est principalement caractérisée par des ai¬
les , ne présentant point de seconde cellule
cubitale, et par l’abdomen, subpédonculé ,
ayant son extrémité comprimée et la ta¬
rière des femelles assez longue. Une des
espèces les plus communes de cette division
est le Banchus ( Arotes) albicinctus Grav.,
du Portugal. (Bl.)
*ARGTON. bot. ph. — L’un des genres
dans lesquels Necker distribuait les nom¬
breuses esp. de Croton , et qui , d’après ses
caractères , doit y rentrer. Ce nom semble
avoir été formé par consonnance. (Ad. J.)
AROUNA, Aubl. (nom caraïbe), bot.
pk. — Syn. du genre Dialium, de la fa¬
mille des Légumineuses. (Sp.)
AROUSSE ou ARROUFLE. bot.
FH.—Nom donné, en Auvergne, à VErvufn
hirsutum et à plusieurs autres espèces de
graines légumineuses. (C. d’O.)
ARPACTUS ( à/3irco«^s, ravisseur; il
faudrait écrire Harpactus). ins. — Jurine
C Nouvelle Méth. pour classer les Hymen.)
applique cette dénomination à un g. de la
famille des Crabroniens, de l’ordre des Hy¬
ménoptères , tout à fait analogue au genre
Goryies de Latreille. Voy. ce mot. (Bl.)
*ARPEDIUM ( à/îïrecPcàv , petite corde?).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Brachélytres, tribu des Omali-
nes, établi par M. Erichson ( Généra et Spe-
cies Staphylinorum, p. 858), qui lui donne
pour caractères essentiels : Mandibules mu-
tiques ; mâchoires membraneuses. Palpes
maxillaires ayant leur dernier article égal au
pénultième. Jambes mutiques. Tarses pos¬
térieurs ayant leur premier article allongé.
Il y rapporte quatre espèces , dont nous ne
citerons qu’une seule, VA. quadrum ( Orna -
lium quadrum Grav.), qui se trouve en Al¬
lemagne, en France et en Suède. Les Arpe-
dium ont presque le port de VOmalium flo¬
rale-, mais, parla forme du corselet, ils
se rapprochent davantage des Acidotes. Ces
insectes se tiennent sous les pierres et sous
les écorces. ( D.)
ARPENTEUR, ois. — Nom vulgaire
du grand Pluvier ( Charadrius œdicnemus
L. ). (C. d’O.)
ARPENTEUSES , ou GÉOMȬ
TRES. ins. — On nomme ainsi certaines
Chenilles qui , au lieu de marcher en ram¬
pant et par ondulations, font de grands pas
d’égale longueur, qui leur donnent l’air de
mesurer le terrain qu’elles parcourent. Cette
allure leur vient de ce qu’elles n’ont de pattes
qu’aux deux extrémités de leur corps, ce qui
les oblige à rapprocher ces deux extrémités,
en élevant en arc la partie intermédiaire à
chaque pas qu’elles font. Comme toutes les
autres Chenilles , elles ont six pattes écail¬
leuses attachées par paire aux trois premiers
anneaux ; mais , chez elles, le nombre des
membraneuses se réduit à quatre, dont deux
anales et deux attachées au dixième an¬
neau. Ces Chenilles sont généralement lisses,
d’une consistance ferme, minces, allongées,
cylindriques, et beaucoup d’entre elles ont
sur le dos et sur les côtés des verrues ou
des tubercules en forme de nœuds ou de
bourgeons; ce qui, joint à leur couleur de
ARP
ARR
151
bois ou d’écorce, les fait ressembler aux pe¬
tites branches sur lesquelles elles se tien¬
nent de préférence dans l’état de repos, afin
d'échapper, par cette ressemblance, à la vue
de leurs ennemis. Fixées alors seulement
par leurs pattes de derrière, les unes élèvent
leur corps verticalement, et se tiennent rai¬
des, dans une position linéaire , qui leur a
mérité le nom d’Arpenteuses en bâton ; les
autres prennent les attitudes les plus bizar¬
res, car on en voit dont le corps est en arc,
en zigzag, etc., et toutes restent ainsi im¬
mobiles des heures entières , ce qui suppose
chez ces petits animaux une force muscu¬
laire qui surpasse l’imagination. Toutes les
Chenilles arpenteuses produisent des Lépi¬
doptères nocturnes qui appartiennent à la
tribu des Phalénites. Voy. ce mot. (D.)
ARPEPHORUS 3, faux ; yopâ s, por¬
teur ; il eût fallu écrire Harpephorus). iks.
— Nom donné par M. Hope à un genre de
Coléoptères pentamères , famille des Carabi-
ques, tribu des Scaritides, lequel paraît
correspondre au genre Oxygnatus de M.
Dejean. Voy. ce mot. (D. et C.)
ARPIDIPHORUS. ms. — Mot estro¬
pié dans le Dictionnaire classique d’histoire
naturelle , ainsi que dans celui de M. Dra¬
piez , et dont la véritable orthographe est
Aspidiphorus. Voy. ce mot. (D.)
*ARPITIUM, Neck. bot. pii. — Syn.
du genre Laserpitium, de la famille des
Ombellifères. (Sp.)
ARPOPHYLLUM ( , faucille ;
pu),>ov, feuille), bot. ph. — Famille des
Orchidées, tribu des Yandées. Ce genre,
établi par MM. Lalave et Lexarza , a été
adopté par M. Lindley ( Gen. and Sp.
Orch., p. 151) ; il peut être caractérisé com¬
me il suit : Le calice est étalé; les sépales
latéraux externes, soudés à leur base, for¬
ment une gibbosité ou éperon court. Les sé¬
pales intérieurs sont étroits; le labelle, arti¬
culé avec la base du gynostème prolongée en
avant, est concave, indivis, et se termine en
un éperon court à sa partie inférieure. Le
gynostème, dressé , porte à son sommet une
anthère operculiforme qui contient huft
masses polliniques piriformes. — Une seule
esp. , Arpophyllum spicatum , compose ce
genre. C’est une plante parasite , privée de
bulbes, dont les fleurs purpurines sont pe¬
tites , disposées en un épi dense , et dont la
hampe sort de l’aisselle d’une feuille solitai¬
re, coriace, canaliculée et très étroite. Cette
plante croît au Mexique. Le genre Arpo¬
phyllum est voisin du genre Maxillaria ,
dont il diffère surtout par ses masses polli¬
niques, au nombre de huit, tandis qu’on n’en
compte que deux dans ce dernier genre.
(A. R.)
*ARQUES. Arcuata. zool.— Quelques
zoologistes ont ainsi appelé les Crustacés
brachiures qui ont le thoracide en segment
de cercle et arqué par devant.
(C. D’O.)
ARRABÏDÆA (Nom d’homme), bot.
m. — M. Steudel ( Nomencl . Bot.) donne
ce nom à un g. qu’il fonde sur le 'Cæsia
spinosa Arrab. , arbrisseau du Brésil. Il
rapporte ce g. avec doute à la famille des
Rhamnées ; les caractères n’en ont pas été
exposés. (Sp.)
* ARRACACHA, Bancroft (ex Berlin.
Gartenb. Verhandl ., 1828, p. 582). — Arra-
cacia, Don. (nom vernaculaire), bot. piï. —
Genre de la famille des Ombellifères, tribu
des Smyrnées, Koch ; tribu des Pleurosper-
mées, s. -tribu desAmminées, Tausch, au¬
quel M. de Candolle ( Bibl . univers ., 1829,
janv., p. 74 ; Prodr., IV, p. 245) assigne les
caractères suivants : Limbe calicinal inappa¬
rent. Pétales lancéolés ou ovales, entiers, a-
cuminés , infléchis. Disque gros , conique.
Styles finalement recourbés. Péricarpe o-
vale-oblong , un peu comprimé bilatérale¬
ment ; méricarpes à cinq côtes égales , non
crénelées: les côtes latérales marginantes;
bandelettes en nombre indéfini. Graines ad¬
hérentes, subsemi-cylindriques, canaliculées
antérieurement. — Herbes vivaces, à racine
tubéreuse. Feuilles bipennées , ou pennées,
ou pennatiparties; les inférieures pétiolées ;
les supérieures sessiles sur leur gaîne. Om¬
belles terminales, ou terminales etoppositi-
foliées, pédonculées, à involucre nul ou oli-
gophylle ; involucelles 5-phylles. Fleurs po¬
lygames : les marginales hermaphrodites; les
autres mâles ou neutres. Ce genre , propre
à l’Amérique méridionale , ne renferme que
deux espèces : L’A. xanthorhiza Bancr.
[A. esculenta DC. , Prodr.; Plant, dujard.
de Genève , t. Y, tab. 1. — Hook, in Bot.
mag. , tab. 5,092. — Conium Arracacha
Hook. Exot. flor., tab. 152, excl. syn.) est
cultivée comme plante alimentaire dans
152
ARR
ARR
ïa province de Santa-Fé de Bogota , où on
la connaît sous le nom d "’Arracacha. Ses
tubercules, qui ont une saveur très agréable,
constituent un des mets journaliers pour les
habitants du pays. Les essais tentés à diver¬
ses reprises, à une époque encore peu éloi¬
gnée, pour naturaliser en Europe la culture
de celte plante , ont toujours été infruc¬
tueux. (Si*.)
ARRAGONITE ou mieux ARAGO¬
NITE (delà province d’Aragon), min.—
Nom donné à une espèce de Carbonate de
chaux trouvée d’abord dans l’Aragon, en Es¬
pagne. Voy. CARBONATES. (DEL.)
ARREMON. Arremon (à^/zcov, silen¬
cieux ). ois. — Genre de l’ordre des Passe
reaux dentirostres de Cuvier , de celui des
Sylvains de Vieillot, et de sa famille des Pé-
ricalles , répondant à celle des Tanagrinées
de Swainson. Il fait également partie de
notre famille Tanagridée et de notre sous-
famille Arrémoninée. Vieillot forma ce genre
sur une seule espèce , de l’Amérique méri¬
dionale, VOiseau silencieux de Buffon, Enl .,
p. 642 ( Tanagra silens, Lat.), et changea à
tort son nom spécifique en le remplaçant par
celui (TArrèmon à collier ( Arremon tor-
quatus, Vieillot, Gai., pl. 78), d’après celui
de Tordo torquato, que lui avait donné Aza-
ra, mais postérieurement à Buffon.
Ses caractères sent : Bec assez fort, droit,
longicône, pointu, à bords recourbés en de¬
dans: mandibule supérieure échancrée et lé¬
gèrement fléchie seulement à son extrémité;
narines petites, basales, à demi couvertes
par une membrane, et les petites plumes
hérissées du front. Tarses et doigts allongés,
l’externe ne dépassant pas l’interne ; ongles
médiocres, excepté celui du pouce, qui est
évidemment allongé ; mais tous peu arqués
et à courbure prolongée. Ailes obtuses, à
rémiges primaires, courtes et étagées jusqu’à
la quatrième; celle-ci et la cinquième éga¬
les et les plus longues de toutes ; queue mé¬
diocre, très arrondie , à rectrices élargies et
molles, ainsi que les rémiges ; coloration le
plus souvent olivâtre ou noirâtre en dessus,
avec des bandes longitudinales plus claires sur
la tête et le cou, grise ou jaunâtre en dessous,
avec le bec noir.
Il est facile de reconnaître aux caractères
ci-dessus que les oiseaux de ce genre ne
peuvent être bons voiliers, mais que, d’a¬
près la longueur des tarses et du doigt mé¬
dian, la brièveté de l’externe et le peu de
courbure des ongles , ils doivent être mar¬
cheurs. Ce sont effectivement les deux carac¬
tères de mœurs les plus distinctifs des Ar-
rémons, et qui les éloignent le plus des vrais
Tangaras. Sonnini, quia observé à la Guya¬
ne l’Arrémon silencieux, a remarqué qu’il se
tenait ordinairement à terre dans les lieux
couverts, où il ne se reposait même que ra¬
rement sur les branches basses des arbris¬
seaux ; qu’il ne fréquentait pas, comme les
Tangaras, les endroits découverts ; qu’il é-
tait d’un naturel tranquille , solitaire , et
presque stupide, se laissant facilement ap¬
procher et ne laissant entendre aucun cri
ni aucun chant. Azara , qui le décrit éga¬
lement dans son Histoire du Paraguay sous
le nom de Troupiale des bois à hausse-col,
se trouve d’accord avec Sonnini sur quelques
uns de ces points, et en diffère en ce qu’il
dit ne l’avoir vu que perché et lui avoir re¬
connu un chant agréable ; différence qui ne
provient, sans nul doute, que de celle des
époques où ces deux écrivains l’ont observé,
l’un à la Guyane, et l’autre au Paraguay,
dans la saison des amours. Quant aux habi¬
tudes marcheuses qu’Azara dit n’avoir point
reconnues , Sonnini met en note, dans sa
traduction de cet article de l’auteur espa¬
gnol , qu’étant l’auteur de l’article de l’Oi¬
seau silencieux de Buffon , il n’a rapporté
en cela que ce qu’il a yu et bien vu à la
Guyane. M. d’Orbigny, qui,dâns son voyage
en Amérique, en a observé et rapporté deux
espèces , est aussi de l’avis de Azara. Pour
nous , qui ne pouvons juger que d’après
les formes extérieures , nos présomptions ,
d’après leur examen, sont tout à fait d’ac¬
cord avec le récit de Sonnini. Nous ne dou¬
tons pas néanmoins que ces trois voyageurs
n’aient bien rapporté ce qu’ils ont vu réel¬
lement, n’attribuant la différence de leur
récit qu’à celle de la saison , du moment
même où ils ont observé ces Oiseaux. En re¬
gardant les Arrémons comme Oiseaux mar¬
cheurs, d’après la forme de leurs pattes,
nous ne voulons pas dire que , comme l’A¬
louette des champs, ils n’aient d’autre mode
de station que sur le sol ; nous les compa¬
rons, au contraire, à ceux des Oiseaux per-
cheurs qui, d’habitude, cherchent leur nour¬
riture à terre, comme certaines espèces de
ARR
ARR
153
Bruants, le Bruant proyer, par exemple ; ce
qui n’empêche pas qu’ils ne se perchent
souvent sur les arbres ou sur les buissons ,
et qu’ils n’y fassent entendre leurs chants
au moment de leur nidification.
Il paraît que la patrie favorite des Arré-
mons est bien plutôt dans les régions
de la côte ouest de l’Amérique du Sud
que dans celles qui en bordent la côte
est , car on n’en a connu ou du moins
distingué long-temps qu’une seule espèce
dans la Guyane , le Brésil , et même le Pa¬
raguay ; tandis que le Pérou , la Colombie
occidentale et le Mexique , en ont fourni un
grand nombre dans ces derniers temps. J’en
possède neuf ou dix espèces nouvelles pro¬
venant de Santa-Fé-de-Bogota , de Bolivie ,
de Carthagène et du Mexique , et qui réu¬
nissent tous les caractères de forme et le
système de coloration de l’Arrémon silen¬
cieux; ce qui justifie pleinement la forma¬
tion du genre par Yieillot. Elles sont toutes
décrites tant par M. Boissonneau que par
nous -même dans la Revue zoologique de
Guérin , année 1840.
D’après les rapports marqués qui existent
entre les Arrémons , les Embernagres de
Lesson , et les Embérizoïdes deTemminck,
tant en raison de la brièveté de leurs ailes que
de la longueur de leurs tarses, la forme de
leurs doigts et le peu de courbure de leurs
ongles, qui font de ces genres 3 genres mar¬
cheurs, nous avons été tenté d’en former une
petite sous-famille basée sur ces caractères de
forme et de mœurs qui les distinguent de tous
les autres Tanagridées ; mais nous retrou¬
vons chez le genre Habia tant d’analogie
dans la forme de toutes les autres parties ,
et surtout dans le système de coloration de
presque toutes les espèces , que les séparer
eût été, ce nous semble, mettre un jalon où
la nature avait, au contraire, placé des chaî¬
nons , et nous avons préféré les réunir dans
notre sous-famille des Arrémoninées.
L’espèce type du genre, l’Arrémon si¬
lencieux ( Arremon silens Nob. ; l’Oiseau
silencieux de Buffon , Enl. 742 ; Tanagra
silens Lat. ; Arrémon à collier (Ar. torqua-
tus ) de Yieillot , Gai. , pl. 78 ; Tordo tor-
quato ou Troupiale des bois à hausse-col ,
Azara, esp. 78 ) est, en dessus, d’un vert
olive sombre, avec le pli de l’aile jaune
vif, le dessus et les côtés de la tête noirs ,
T. II.
avec trois bandes longitudinales , l’une
médiane et verticale cendrée , les deux au¬
tres suroculaires, blanches; la gorge et le
devant du cou de cette couleur, encadrés
par une sorte de hausse-col noir , le milieu
du ventre et de l’abdomen blancs, avec
leurs côtés gris cendrés ; les pattes jaunâ¬
tres et le bec noir. On retrouve dans pres¬
que toutes les autres espèces un système
de coloration analogue, c’est à-dire la tête
et le cou d’une couleur différente du dos ,
plus foncée en général , et présentant des
bandes longitudinales , principalement sur
le vertex , plus claires que le fond , avec
des indices de hausse-col chez quelques unes.
Toutes sont remarquables par la même for¬
me de pattes marcheuses que nous avons si¬
gnalées d’abord. Voij. arrémoninées et les
g. EMBERNAGRE et EMBÉRIZOIDE. (LAFR.)
* ARRÉMONINÉES. Arremoninœ
(Arrémon, un des g. de ce groupe), ois. —
Sous-famille de notre famille des Tanagri¬
dées , celle - ci répondant à celle des Péri-
calles de Yieillot , et aux Tangaras de Cu¬
vier. Ses caractères sont : Bec de forme très
variable, quelquefois gros et élevé à sa base,
arqué en dessus dans sa longueur; quelque¬
fois longicône, toujours échancré à sa poin¬
te et comprimé latéralement ; bords de la
mandibule supérieure souvent renflés vers
la base avec un sinus rentrant, plus ou moins
prononcé , et terminé quelquefois par un
angle obtus et saillant vers le milieu de la
mandibule, celle-ci sensiblement plus haute
que l’inférieure. Ailes obtuses ou sur-obtu¬
ses, à rémiges peu longues , souvent très
courtes. Tarses de longueur moyenne, sou¬
vent robustes, avec les ongles à courbure
courte; ou allongés, ainsi que les doigts,
avec les ongles à courbure faible et pro¬
longée. Queue plus ou moins étoffée et lon¬
gue , arrondie à son extrémité , rarement
carrée , et quelquefois très étagée et en
pointe allongée. Oiseaux à vol bas et peu
rapide, buissonniers, quelquefois marcheurs,
des terrains herbus , vivant solitaires ou par
couples , et tous particuliers au nouveau
continent.
On avait, depuis long-temps, réuni, sous
le nom de Tangaras , une infinité d’esp.
américaines dont beaucoup semblaient n’a¬
voir réellement de commun entre elles qu’un
bec voisin de celui des Fringilles ou des
10*
154
ARR
ARR
Gros-Becs, mais terminé par une échan¬
crure. Desmarets , le premier , les divisa en
plusieurs sections, et après lui Vieillot en
forma divers, genres qu’il réunit en une fa¬
mille sous le nom de Péricalles , nom que
nous aurions adopté si nous ne nous étions
conformé à la méthode actuelle de former
le nom des familles de celui d’un des genres
les plus marquants qu’elles renferment. Les
genres de Vieillot ont été généralement
adoptés, et méritaient, selon nous, d’au¬
tant plus de l’être , qu’en les formant cet
auteur n’avait fait, pour ainsi dire, que chan¬
ger les noms d’autant de groupes créés pri¬
mitivement par Azara , en Amérique ,
d’après de bonnes observations sur la diver¬
sité de leurs formes et de leurs mœurs.
Ainsi , les Lindos de l’auteur espagnol sont
restés des Tangaras pour Vieillot , comme
ils l’étaient déjà pour BufTon. Ses Troupia-
les des bois sont devenus les Tachyphones
et les Arrémons de notre auteur ; une par¬
tie de ses Becs-en-poinçon ont pris le nom
de Némosie. Quant à ses Habias , non seu¬
lement Vieillot a adopté le genre , mais il
leur a conservé le même nom , qu’il a rendu
en latin par celui de Saltator. A ces divers
genres, déjà indiqués, comme on voit, par
Azara, Vieillot a ajouté ceux de Ramphocèle,
Pyranga , Touit, Phibalure et Viréon.
Nous adoptons nous-même tous ces g.
de Vieillot dans notre famille des Tanagri-
dées , excepté ceux de Viréon, Pliïbalure et
Touit , qui nous paraissent plus naturelle¬
ment groupés ailleurs , et nous y joignons
comme sous-genres les Pityles de Cuvier ,
les Cypsnagra de Lesson , et les Lamproies
de Swainson.
Au milieu de ces genres nombreux qui,
dans cette famille plus que dans toute au¬
tre , présentent à chaque instant des esp.
douteuses et mixtes s’éloignant plus ou
moins des caractères génériques, nous avons
reconnu deux types principaux et assez dis¬
tincts, quant aux formes et aux mœurs, pour
que nous ayons cru naturel de les y ratta¬
cher tous, et nous avons subdivisé la famille
en deux sous-familles , sous le nom de Ta-
nagrinées et d’Arrémoninées, y en ajoutant
même une troisième, sous le nom de Phy -
tolominées.
Quoique ce ne soit pas encore ici le lieu
de nous occuper de la première, pour mieux
faire comprendre les motifs de notre subdf*
vision , nous indiquerons succinctement que
les principaux genres qui en font partie dif¬
fèrent de ceux de la seconde, qui fait le su¬
jet de cet article , par un bec moins gros et
moins élevé ; par des ailes plus pointues et
plus longues ; par une queue plus courte ,
toujours terminée carrément, quelquefois
même un peu échancrée; par des pattes
plus petites , et par une coloration de plu¬
mage beaucoup plus brillante et plus variée.
Ils en diffèrent, quant aux mœurs, en ce
qu’ils vivent souvent en troupes , se tien¬
nent dans des lieux plus découverts,, et se
perchent dans les forêts sur la cime des plus
grands arbres. Tels sont les Aglaias de
Swainson , les Euphones , les Tangaras
proprement dits , les Némosies, les Pyran-
gas , et les sous-genres Lamprotes , Swain¬
son ; Cypsnagra , Lesson, ou Leucopygia ,
Swainson.
On conçoit facilement , d’après la diffé¬
rence des caractères ci-dessus énoncés , que
nous ayons cru utile de former ces deux
coupes. Celle des Arrémoninées, dont nous
nous occupons, renferme les g. Tachy •
phone , Ramphocèle , Béthyle , Habia avec
son sous-genre Pity le , Arrémon, E'mber-
nagre avec son sous-genre Embernagroïde ,
et Emberizoïde , qui tous , excepté celui de
Ramphocèle, n’offrent, dans leur coloration,
que des teintes sombres et peu variées.
Nous avons nommé cette sous -famille
Arrémoninée, parce que le genre Arrémon
qui en fait partie peut être considéré comme
le genre type , et comme celui de transition
d’une partie des autres genres simplement
buissonniers à ceux qui sont buissonniers et
marcheurs comme lui. Il se lie presque avec
tous par quelques unes de leurs esp. chez
lesquelles on retrouve ou l’ensemble de ses
formes, ou son système de coloration, ou
la forme particulière de ses pattes d’oiseau
marcheur. Ainsi , d’après l’ordre où nous
les avons présentés , et en. remontant vers
la première sous-famille, il se lie de la ma¬
nière la plus intime avec le genre voisin Ha¬
bia , chez lequel , outre de grands rapports
de forme , on retrouve entièrement la même
coloration olive ou gris-ardoise en dessus ,
cendrée et blanchâtre en dessous, avec la
tête noirâtre, des bandes sourcilières et la
gorge blanches , celle-ci bordée latérale-
ARR
ARR
155
ment, quelquefois même encadrée, de noir.
Une espèce entre autres , l’Habia noir cap
( Saîtator alriceps Less., Cent. , pl. 69),
offre, dans son plumage, de si grands rap¬
ports avec celui de Y Arrémon silencieux ,
type du genre, que le prince de Musignano
en a fait unArrémon, et l’a décrit, dans les
Proceedings (1857 , p. 117), sous le nom
d ’ Arrémon giganteus , ignorant sans nul
doute qu’il l’avait été précédemment. Du
reste, la force et le peu de longueur de ses
tarses, la grosseur et la forme de ses doigts
et de ses ongles, ainsi que de ses autres
parties, en font, selon nous, un véritable
Habia , comme l’avait d’abord jugé M.
Lesson.
Parmi les Tachyphones , nous trouvons
encore une espèce , le Tachyphone palmiste
( Turdus palmarum Gmel. ) , dont la colo¬
ration , le bec longicône , sont entièrement
analogues à ceux des Arrémons ; du reste
ce genre Tachyphone, par ses espèces à bec
non denté et buissonnières , se lie avec les
Ramphocèles,. de la même s. -famille, qui ont
les mêmes formes et les mêmes mœurs , et
par ses espèces à bec denté et forestières (les
Lanions de Vieillot), il se rapproche des
Pyrangas de notre première sous-famille.
Si dans la plupart des g. de notre sous-
famillé* des Arrêmoninées qui précèdent ce¬
lui d’ Arrémon il se rencontre des espèces
offrant son système de coloration et sa con¬
formation d’ailes et de queue, celui-ci se
distingue de tous par un caractère selon
nous fort important, celui de tarses plus
élevés et plus grêles , de doigts plus longs
et d’ongles moins courbés , caractère qui in¬
dique un oiseau marcheur devant chercher
sa nourriture sur le sol , et qui le lie inti¬
mement avec les deux genres suivants, en¬
core plus marcheurs que lui, les Emberna-
gres de Lesson , et les Emberizoïdes de
Temminck. Le premier a pour type YErnbe-
riza platensis de Gmel. ; Habia des lieux
aquatiques de Azara; et le second, le-Fn'n-
gilla macroura Gmel. ; Emberizoïde lon-
gibande Temm. , ou PU de l’aile jaune
(Azara, n° 230). Ces deux derniers genres
sont particuliers aux terrains couverts de
grandes herbes , de joncs , de petits buis¬
sons , sur lesquels ils se perchent , lorsqu’ils
quittent la surface du sol sur lequel ils cher¬
chent habituellement leur nourriture. Ils
pourraient, avec le g. Arrémon , former dans
notre sous-famille des Arrémoninées une
petite section sous le nom à’ Arrémoninées
marcheurs des herbes.
Après avoir scrupuleusement comparé les
Pityles de Cuvier avec les Habias de Vieillot,
ils ne nous ont offert aucuns caractères diffé¬
rentiels , et la caractéristique même qu’il a
donnée dans son Règne animal, 2e édit., p.
413, de son genre Pityle, convient parfaite¬
ment à celui d’Habia. Nous sommes seu¬
lement étonné que ce célèbre naturaliste ,
qui, dans sa classification ornithologique ,
était pour ainsi dire esclave de ses .divisions
d’après la forme du bec , ait placé dans ses
Conirostres les Pityles, tous remarquables
par une échancrure des plus apparentes à
l’extrémité du bec , et qui eût dû les lui
faire reporter dans ses Dentirostres , et dans
la famille des Tangaras , leur place natu¬
relle. Son Pitylus grossa , et l’espèce voi¬
sine , le Coccothraustes cœrulescens , de
Vieillot, réunissent à tous les caractères
des vrais Habias leur système de colora-
ration , et ne sont remarquables que par un
bec un peu plus élevé , et dont le feston
basal et marginal est un peu plus prononcé
que chez la plupart des esp. chez lesquelles
toutefois , comme chez tous les Tanagri-
dées , on voit le bec varier à l’infini de for¬
me comme de dimension d’une espèce à
l’autre. Ses Pitylus erythromelas et cana-
densis offrant, outre un bec moins compri¬
mé , une coupe d’ailes moins arrondie que
les deux espèces ci-dessus, nous les lais¬
sons comme types des Pitylus , qui, dès lors,
ne peut plus figurer que comme sous-genre
d’Habia, ses caractères génériques étant
pour ainsi dire les mêmes.
Voyez TACHYPHONE, RAMPHOCÈLE, BÉ-
THYLE, HABIA, ARRÉMON, EMBERNAGRE
et emberizoïde , et de plus les mots ta-
NAGRIOÉES et TANAGRINÉES. (LAFR.)
* ARREAG ( Arrenga , du nom javanais
de l’espèce type), ois. — Genre formé par
Lesson, dans son Traité, sur l’oiseau décrit'et
figuré par Horsfield (Reis. in Java ) sous le
nom de Turdus cyaneus, et par Temminck ,
pl. col. 194 , sous celui de Brève bleuet
(. Pitta glaucinà), et plus tard dans ses gé¬
néralités du genre Myiophone , sous celui
de Myiophone bleuet ( Myiophonus glau-
einus )«
156
ARR
Les caractères assignés au genre par M.
Lesson , tant dans son Traité que tout ré¬
cemment in litteris , sont : Bec fort , re¬
courbé , à arête vive , terminée par une
pointe crochue , fortement dentée , très
comprimé sur les côtes. Narines nues , ron¬
des, percées dans une fosse triangulaire. Plu¬
mes de la commissure décomposées , à bar-
bules très fines; pas de soies. Ailes longues,
atteignant les deux tiers de la queue, à pre¬
mière penne bâtarde , les 2e et 5e étagées ,
4e, 5e, 6e, égales et les plus longues ; queue
médiocre , égale. Tarses longs, robustes , à
pouces robustes. Ongles crochus, recourbés.
(Des îles d’Asie , une espèce.)
Quoique la réunion de cette espèce par
M. Temminck à ses Myiophones paraisse
des plus fondées , M. Lesson persiste ( in
litteris, et dans la Revue zool. , Guérin ,
1840, p. 267) à l’en séparer. Pour nous ,
après l’avoir scrupuleusement comparée aux
trois Myiophones connus, nous avons trouvé
qu’elle en réunissait complètement les ca¬
ractères génériques et le système de colo¬
ration à taches pectorales luisantes. Voyez
MYIOPHONES. (LAFR.)
* ARRÉNTURE. Arrenurus («A fav ,
mâle ; où/sx , queue ). arach. — Genre éta¬
bli dans la famille des Hydrachnes par Dugès,
et comprenant les Hydrachna emargina-
tor, albator, testudo , etc., des auteurs, et un
nombre assez considérable d’espèces nou¬
vellement décrites par M. Koch. Scs caractè¬
res sont : Palpes courts, claviformes, à qua¬
trième article plus long et plus fort que les
autres , le cinquième falciforme. Mandibu¬
les onguiculées. Bec court. Corps cuirassé,
pourvu, dans le mâle, d’un appendice cau-
diforme. Yeux écartés. Cuisses très larges;
le bord de la vulve aplati. Larves non en¬
core observées. (P. G.)
*ARRESTERON. bot. cr.— Ce mot,
qui signifie, en patois gascon, petit râteau ,
sert à désigner , dans les environs de Dax ,
l’IIydne sinué , Hydnum repandum, Lin.
Voy. HYDNE. (LÉ Y.)
ARRÊTE-BOEUF. bot. ph. — Nom
vulgaire de VOnonis spinosa, et de quelques
autres espèces congénères. (Sp.)
ARRÊTE NEF. poiss. — Dénomina¬
tion vulgaire de VEcheneis Rémora. Voy.
ce mot. (Y al.)
ARRHENÎACHNfE {«■ pfav, mâle; «xn,
ARR
paillette ). bot. pu. — Ce genre , fondé par
Cassini, fait aujourd’hui partie des Bac -
charis. _ (J. D.)
ARRHÉNIATHÈRE. Arrhenatlie-
rum (appw , mâle ; àBÿp , barbe d’épi), bot.
ph. — Genre de la famille des Graminées ,
tribu des Avénacées , établi par Palissot de
Beauvois , adopté par Trinius, Kunth , et
tous les agrostographes modernes. Ce g.,
qui a pour type V Avena elatior L. , offre
les caractères suivants : Les épillets sont bi-
flores , avec le rudiment d’une troisième
fleur sous la forme d’un filament. La fleur
inférieure est mâle, et la supérieure est her¬
maphrodite. La lépicène se compose de
deux valves membraneuses et concaves ; la
supérieure, un peu plus longue , est de la
même hauteur que les fleurs. Les paillettes
de la glume sont herbacées : l’inférieure est
concave et aristée; la supérieure est bica-
rénée.
Dans la fleur mâle , l’arête est très lon¬
gue, tordue à sa partie inférieure, et naissant
de la base de la paillette ; dans la fleur her¬
maphrodite, au contraire, elle est beaucoup
plus courte , et naît un peu au dessous du
sommet. L’ovaire est piriforme, poilu au
sommet. Les stigmates sont presque sessiles,
en forme de pinceaux, et à poils simples et
denticulés. Les paléoles sont glabres , très
longues, et lancéolées.
Ce genre ne se compose que de deux es¬
pèces : l’une, Arrhenatherum avenaceum
Beauv. ( Agr ., 55, t. II, f. 5) , Avena elatior
L., est une grande plante vivace, très com¬
mune dans tous nos prés ; l’autre, Arrhena¬
therum pallens Link. ( Hort . ber., t. I ,
p. 124 ), croît en Portugal. (A. R.)
ARRHÉNODES ( , viril ,
fort), ins. — Genre d’insectes Tétramères,
famille des Curculionides , ordre des Or-
thocères, division des Brenthides , établi
par Steven aux dépens des Brentes de Fa-
bricius, et adopté par Schœnherr, qui le ca¬
ractérise ainsi : Antennes ou courtes, ou
médiocrement longues , dont les articles
sont ou obconiques inférieurement , et sub¬
cylindriques extérieurement, ou entièrement
de forme presque ronde. Rostre avancé,
très souvent cornu et dilaté dans les mâles,
avec les mandibules exsertes , grandes , ro¬
bustes , arquées et acuminées chez la plu¬
part ; allongé, mince, presque filiforme ,
ARR
ARR
57
avec les mandibules petites dans les femel¬
les. Tête très souvent courte dans les deux
sexes , assez large postérieurement, et cou¬
pée devant les yeux ; cou bulbiforme. Cor¬
selet ovale-oblong, plus étroit antérieure¬
ment , convexe en dessus. Élytres allongées,
subcylindriques, convexes.
Ce genre figure dans le dernier Catalogue
de M. Dejean, qui y rapporte 27 espèces
toutes exotiques, à l’exception d’une seule,
VArrhenodes coronatus de Germar , qui se
trouve en Italie et en Illyrie , et qui est la
même espèce que le Brentus italiens de
Bonelli. (D. et C.)
* ARRHENOPLITA , mâle ;
6 Aiurys, armé), ins. — Sous-genre de Co¬
léoptères hétéromères , famille des Taxicor-
nes , tribu des Diapériales , établi par Kirby
(Fauna Borealis Americana , pag. 255, an¬
née 1837) aux dépens du genre Diaperis ,
Fabr., et auquel il donne pour type la Dia¬
peris hœmorrhoidalis Fabr.
Ce genre correspond au genre Neomida
de Ziegier (Catalogue de Dabi), et au genre
Oplocephala de MM. Delaporte et Brullé
( Ann. des sciences naturelles , t. XXIII,
p. 338 ). Voyez oplocephala.
(D. et C.)
ARRBENOPTERUM («^v, mâle;
Ktepév , aile), bot. cr. — Genre de la fa¬
mille des Mousses, division des Acrocarpes,
établi par Hedwig, et qui, depuis sa fonda¬
tion, a subi plusieurs vicissitudes, rejeté par
les uns sous le prétexte que son péristo-
me ne le distinguait pas suffisamment des
Bryum, admis par les autres, à cause des
différences notables qu’il présente dans ses
caractères essentiels , et enfin assez solide¬
ment établi par deux des bryologistes le
plus justement célèbres, MM. Hooker et
Schwægrichen. En voici les caract. : Cap¬
sule ovale - cylindrique , courbée et striée
dans le sens de sa longueur , munie d’un
anneau. Péristome double ; l’extérieur com¬
posé de 16 dents portant un sillon longitu¬
dinal ; l’intérieur très délicat, hyalin, divisé
en un nombre égal de dents lancéolées , li¬
néaires, très étroites , percées de trois trous
ou lacunes , qui se confondent presque en¬
semble , et séparées l’une de l’autre par trois
cils capillaires qui les égalent en longueur.
Pédoncule né d’une gaine ovoïde , court et
incliné au sommet. Opercule convexe, sur-
| monté d’un bec court et recourbé. Coiffe
subulée, étroite, un peu plus longue que
la capsule. Séminules petites. Fleurs mo¬
noïques, les mâles composées d’anthères
nombreuses, oblongues , accompagnées de
paraphyses plus longues qu’elles, filifor¬
mes, articulées, et situées dans l’aisselle
des feuilles caulinaires ; les femelles pla¬
cées au sommet des tiges , et consistant en
un petit nombre de pistils dont un seul fé¬
condé , également environnées de paraphy¬
ses.
Le port, les fleurs mâles latérales, rappro¬
chent ce genre des Hypnes ; mais le réseau
des feuilles n’appartient ni aux Hypnes, ni
aux Brys. Il se compose d’une seule espèce,
propre au continent de l’Amérique sep¬
tentrionale. (C. M.)
ARRHIZES {Plantes), bot. — Voyez
ariiizes. (C. d’O.)
ARRIAX. ois. — Espèce de Vautour
très commune dans les Pyrénées. C’est le
Vultur arrianus de Daudin. (C. d’O.)
ARRIÈRE-FAIX. Secondinœ. Secon-
dine ou Délivre, zool. — Organes mem¬
braneux , vasculaires et épidermoïdes , dé¬
pendant du fœtus de l’homme, de celui
des bipèdes et de celui des quadrupèdes pen¬
dant la gestation , et expulsés de la matrice
le plus ordinairement après la parturition.
Voy. CIRCULATION DU SANG CHEZ LE
FOETUS , CORDON OMBILICAL , OEUF , et
placenta. (M. S.-A.)
ARROCHE. Atriplex , Tourn. bot.
ph. — Genre de la famille des Chénopo-
dées. M. Moquin-Tandon ( Chenopodearum
Monogr., p. 50) en expose les caractères
comme il suit : Fleurs monoïques ( très ra¬
rement hermaphrodites). — Fleurs mâles (et
fleurs hermaphrodites ) ébractéolées. Pé-
rigone 5-5-phylle , inappendiculé . Étami¬
nes 3 ou 5, insérées, au réceptacle. — Fleurs
femelles 2-bractéolées ; bractées finalement
amplifiées, dressées, conniventes, tantôt dis¬
tinctes, tantôt soudées inférieurement. Péri-
gone nul. Styles 2 , soudés inférieurement.
Péricarpe très mince, friable, membranacé,
recouvert par les bractées ( hastiformes ou
rhombiformes). Graine verticale, inadhé¬
rente, sublenticulaire; tégument double,
l’extérieur coriace ou subcrustacé. Périsper-
me copieux , farineux, blanc. Embryon an¬
nulaire , blanchâtre; radicule infère, quel-
158
ÀRR
ARR
quefois subascendante. Herbes ou sous-ar¬
brisseaux ; parties herbacées le plus souvent
pulvérulentes ou couvertes d’une pubes¬
cence furfuracée. Feuilles alternes ou rare¬
ment subopposées, pétiolées, le plus souvent
subhastiformes ou triangulaires, anguleuses,
ou sinuées-dentées, ou très entières. Fleurs
glomérulées; glomérules disposés en épis
interrompus.
M. Moquin- Tandon énumère quarante-
neuf espèces de ce genre , parmi lesquel¬
les ne sont pas comprises un certain nom¬
bre d’espèces considérées par plusieurs
auteurs comme des Atriplex , mais qui ap¬
partiennent au g. Obione , Gærtn. On trou¬
ve des Arroches dans presque toutes les ré¬
gions du globe.
L’Arroche des jardins ( Atriplex
hortensis L. ) est la plante potagère con¬
nue sous les noms de Belle-Dame , Bonne-
Dame et Follette. Cette plante , comme on
sait, a des qualités analogues à celles de
l’Épinard; ses graines, au contraire, sont
émétiques et purgatives , mais on n’en fait
plus usage en thérapeutique. Plusieurs es¬
pèces rangées dans ce genre par Linné (no¬
tamment VA. Halimus) constituent le g.
Halimus. (Sp.)
ARROCHE PUANTE, bot. ph. —
Nom vulgaire du Chenopodium Vulvaria.
(Sp.)
ARRONDIES, arach.— M. Walcke-
naër emploie cette dénomination pour dési¬
gner une petite division du g. Thomisus , ca¬
ractérisée par un abdomen déprimé et ar¬
rondi. Voy. thomisus. (Bl.)
ARROSOIR. Aspergillum. moll. —
Dès 1685, Lister, dans son Synopsis conchy-
liorum, fut le premier qui donna une figure
exacte d’une coquille de ce genre; il lui
imposa le nom de Phallus marinus , et il
la plaça dans le voisinage des Dentales,
des Vermets et des Serpules. Quelques an¬
nées après, Bonanni, dans ses Observations
microscopiques , représente une espèce très
voisine de celle de Lister, et l’indique com¬
me une coquille jusque alors inconnue, ap¬
partenant à la classe des Vers marins. Rum-
phius, Gualtieri, d’Argenville, ont également
donné des figures de quelques autres espè¬
ces, et Ebenstret, dans son Muséum richte -
rianum , mentionna le Phallus marinus avec
le Taret dans un genre qui renferme à la
fois des Dentales, la Cloisonnaire, l’Arrosoir,
un Siliquaire et des Vermets. Dans la pre¬
mière édition du Systema naturœ, Linné
comprenait les Arrosoirs parmi les espèces
de son. genre Dentale. Linné conserve le
même arrangement dans la sixième édition
du Système , et l’on conçoit qu’avant les
observations récentes sur le genre Clava-
gelle il était très difficile de classer con¬
venablement le genre Arrosoir. L’embarras
devint bientôt plus grand , lorsque Marvye,
dans un petit opuscule intitulé : Méthode
nécessaire aux marins et aux voyageurs
pour recueillir et conserver les divers ob¬
jets d’histoire naturelle , fit représenter un
groupe d’Arrosoirs d’après lequel il semble¬
rait que ces animaux, attachés aux corps
sous-marins , à la manière des Serpules , se
relèvent et se détachent les uns des autres.j
Confiants dans cette figure , les auteurs ont
dû croire que les Arrosoirs appartiennent
à la classe des Annélides tubicoles , et c’est
d’après cette opinion que Linné plaça l’es¬
pèce qu’il connaissait dans son genre Ser- j
pule. Tous les auteurs linnéens sans excep¬
tion conservèrent au genre qui nous occu¬
pe les mêmes rapports que Linné. Favanne
contribua à accréditer l’opinion générale¬
ment reçue, en donnant de l’Arrosoir une
figure conforme à celle de Marvye. Bruguière
ne tarda pas à ébranler l’opinion vulgaire
au sujet des Arrosoirs, en créant le premier,
sous le nom qui lui est encore conservé, le
genre Arrosoir , pour le Serpula pénis de
Linné. Dans les tableaux qui sont en tête du
premier vol. de 1 ^Encyclopédie , Bruguière
place son genre Arrosoir parmi les Coquilles
univalves, entre les Serpules et les Siliquai-
res. Dans sa première classification , La-
marck adopte cette opinion sans modifica¬
tion ; et Cuvier, dans son Tableau élémen¬
taire d’histoire naturelle , adopte une opi¬
nion peu différente de celle de Bruguière et
de Lamarck. Lorsque Lamarck étudia les
fossiles des environs de Paris, et publia les
Mémoires dans lesquels il décrivit les es¬
pèces recueillies avec tant de soin par
M. Defrance, ce savant naturaliste eut
occasion d’observer un genre très curieux,
qu’il confondait alors avec les Fistulanes,
et dont il fit depuis son genre Clavagelle .
La connaissance de ce genre pouvait le
l conduire à établir les véritables rapports
ARR
ARR
159
des Arrosoirs; mais, en cela, il fut précédé
parM. de Roissy, qui, avec une sagacité peu
commune, prévit que les Arrosoirs devaient
faire partie des Coquilles bivalves, et n’é¬
taient pas éloignés desFistulanes et des Ta-
rets. Il était certainement difficile de devi¬
ner plus juste, surtout dans un temps où
rien n’était encore préparé en faveur de cette
opinion, et où il fallait lutter contre la ma¬
nière de voir des principaux zoologistes.
M. de Roissy a donné plus d’une fois la preu¬
ve qu’il saisissait avec une grande justesse
les rapports naturels des êtres, ce qui nous
a toujours fait regretter que son dévoûment
à la science se soit borné à la publication
des deux volumes qui terminent la Conchy¬
liologie du Buffon de Sonnini commencée par
Montfort. Lamarck ne manqua pas d’adop¬
ter l’opinion de M. de Roissy lorsque , dans
sa Philosophie zoologique , il créa des fa¬
milles naturelles dans le règne animal. Les
Arrosoirs font partie de la famille des Phola-
daires, à la suite des genres Pholade, Taret
et Fistulane. Dans les Mémoires sur les
Fossiles de Paris , Lamarck avait indiqué
d’une manière précise la transition des Fis-
tulanes aux Arrosoirs par l’intermédiaire
d’une espèce attribuée alors à ce premier
genre , et dans laquelle il avait observé que
l’une des valves était comprise dans l’épais¬
seur des parois du tube. Ce ne fut qu’en
1812, dans VExtraitdu cours , que Lamarck
créa le genre Clavagelle, dont la nécessi¬
té fut confirmée depuis par toutes les ob¬
servations qui y ont rapport. Malgré l’im¬
portance des faits qui venaient appuyer
de plus en plus l’opinion de M. de Roissy
et de Lamarck , Cuvier, dans la première
édition du Régne animal, persista dans sa
première opinion, et considéra toujours les
Arrosoirs comme des tubes appartenant à
des Annélides tubicoles , voisines des Am-
phitrites. Comme on doit le croire , La¬
marck, dans son Histoire des animaux
sans vertèbres, ne renonça pas pour cela à
son opinion; et, quelques années plus tard,
nous y ajoutâmes un nouveau degré de pro¬
babilité en faisant connaître pour la pre¬
mière fois la Clavagelle couronnée, terminée
à l’extrémité antérieure en un disque aplati,
sur l’angle duquel naissent des tubulures
branchiées. Jusque alors, l’animal de l’Arro¬
soir était resté inconnu, et comme il existe
des Annélides qui se terminent par un grand
nombre de tentacules , et chez lesquelles
ces tentacules sont protégées à leur base
par des tuyaux calcaires , on pouvait très
bien leur comparer les Arrosoirs , et soute¬
nir, avec Cuvier, que ce genre appartient à la
classe des Annélides. L’examen de plusieurs
espèces d’Arrosoirs, et surtout de l’esp. à
manchette, admirablement figurée dans le
grand ouvrage d’Égypte, rendait désormais
impossible d’admettre comme vraies les fi¬
gures de Marvye et de Favanne. Nous som¬
mes convaincu que ces pièces de collec¬
tion, payées à des prix très élevés par des
amateurs du dernier siècle, étaient le résul¬
tat de l’industrie des marchands, qui ne se
faisaient pas scrupule d’ajuster sur de véri¬
tables Serpules des tubes d’Arrosoir, et de
dissimuler avec artifice ce rapprochement ,
calculé par l’intérêt, de deux choses qui n’ont
entre elles aucun rapport. On doit la dé¬
couverte de l’animal de l’Arrosoir h man¬
chettes à M. Ruppel , qui , dans un voyage
sur la mer Rouge, fut assez heureux pour
se le procurer. Cette découverte est venue
complètement confirmer les prévisions de
M. de Roissy et de Lamarck , et de tous
ceux des conchyliologues qui s’y sont asso¬
ciés. L’animal rapporté par M. Ruppel , et
figuré par lui dans la partie zoologique de
son Voyage en Abyssinie, a la plus grande
ressemblance avec celui des Fistulanes, et
il en a également beaucoup avec celui des
Clavagelles, dont on doit la connaissance
anatomique à M. Ovven. Il résulte de l’état
actuel des observations que le genre Arro¬
soir doit venir commencer la série des Mol¬
lusques acéphales, si, avec Lamarck, on
adopte une classification marchant du sim¬
ple au composé. Tel qu’il est actuellement
connu, le genre Arrosoir peut être caracté¬
risé de la manière suivante :
Animal cylindrique, terminé postérieu¬
rement en deux siphons réunis et très con¬
tractiles. Les lobes du manteau, soudés
entre eux , fort épais, sans aucune trace de
leur séparation, si ce n’est à leur extrémité
antérieure , où l’on trouve une très petite
fente correspondant à celle du disque.
Masse abdominale médiocre , surmontée
d’un pied rudimentaire , placée en face
de la fente du manteau. Une paire de
branchies de chaque côté, s’étendant sur
160
ÀRR
ARR
toute la longueur du siphon ; deux muscles
postérieurs s’insérant dans l’intérieur des
valves de la coquille. Tube testacé, allongé,
cylindracé, terminé antérieurement en un
disque hérissé de courtes tubulures, et pré¬
sentant, au milieu, une petite fente longitu¬
dinale. Sur la circonférence de ce disque
s’élève une rangée de tubulures rapprochées
et dichotomes. Une petite coquille bivalve,
régulière, symétrique, insérée en entier sur
le côté dorsal et antérieur du tube. Ce tube,
terminé postérieurement par une ouverture
simple , ovale ou arrondie , est quelquefois
garni d’une ou de plusieurs expansions folia¬
cées en forme de manchettes.
Les Arrosoirs sont des coquilles tubu¬
leuses, cylindracées, claviformes , dont l’ex¬
trémité antérieure ressemble , en quelque
sorte , à la corolle d’une fleur. On y trouve
un disque central hérissé de petites tubulu¬
res , et au milieu duquel existe constam¬
ment une petite fente longitudinale, courte
et étroite. A la circonférence de ce disque
s’élève une rangée de tubulures beaucoup
plus grandes, très rapprochées , régulières ,
et qui , parvenues à une certaine hauteur ,
se divisent en deux ; de sorte que , quoique
rayonnants , les tubes sont aussi rapprochés
à leur extrémité libre qu’à Leur point de
départ. Sur la ligne dorsale et médiane du
tube, et à peu de distance du disque , on
remarque une impression dans laquelle on
reconnaît toutes les formes d’une petite co¬
quille bivalve dont les valves, très étalées,
ont leurs contours saisis dans l’épaisseur du
tube , et laissent saillir au dehors leurs
crochets. Ces valves diffèrent de formes
selon les espèces; et, si on les examine à
leur surface intérieure , on y découvre des
impressions musculaires par lesquelles l’a¬
nimal est attaché dans l’intérieur du tube
qu’il habite. Les Arrosoirs vivent enfoncés
perpendiculairement dans le sable. En cela,
ils ressemblent à plusieurs Fistulanes ; aussi
remarque-t-on ce fait, commun aux deux
genres, que certaines espèces , en sécrétant
leurs tubes , saisissent, dans l’épaisseur des
parois, des grains de sable et les autres
corps étrangers qui les touchent. On con¬
naît peu d’espèces appartenant au genre Ar¬
rosoir, et pendant long-temps on a cru qu’il
n’en existait aucune à l’état fossile. Cepen¬
dant M. Hœninghaus de Créfelt en a fait
connaître une provenant des terrains ter¬
tiaires de Bordeaux. Néanmoins les person¬
nes qui, sur la localité même, s’occupent le
plus des esp. fossiles du bassin de l’Adour ,
prétendent que cette coquille n’est point
fossile. M. Defrance a cru trouver une très
petite espèce d’ Arrosoir fossile dans les sa¬
bles du Grignot; nous pensons toutefois que
le petit corps dont il est question , n’ayant
aucune trace de fente ou tubulure sur le
disque , ni aucun prolongement tubulifor-
me , n’est point un Arrosoir ; ce serait plu¬
tôt l’opercule d’une Annélide tubicole.
(Desh.)
*ARROSTIA , Rafin. bot. ph. — Syn.
du genre Gypsophila , de la famille des
Caryophyllées. (Sr.)
ARROUFLE. bot. ph. — Voyez a-
rousse. (C. b’O.)
ARROUSSE. bot. ph. — Voy. arous-
SE. (C. B’O.)
ARROW SMITH! A (nom d’homme).
bot. ph. — M. de Candolle , qui a fondé ce
genre de Composées, a cru devoir le laisser
à la suite de cette famille parmi les Incertœ
sedis. Ses caractères sont les suivants : Ca¬
pitules multiflores hétérogames; fleurs du
rayon 1-sériées , femelles ligulées ; celles
du disque 5-dentées , hermaphrodites. L’in-
volucre composé d’écailles imbriquées, ci¬
liées , de longueur inégale , les extérieures
ovales-aiguës , les intérieures oblongues,
membraneuses au sommet, entourent un
réceptacle couvert de soies raides, scabres,
plus longues que les ovaires. Le tube des
corolles est couvert de poils dans sa partie
supérieure ; les anthères se terminent infé¬
rieurement par de courts appendices; les
rameaux du style appartenant aux fleurs
femelles sont linéaires-obtus , glabres en
dehors; ceux des fleurs hermaphrodites, au
contraire, sont ovales et légèrement velus
sur leur face externe ; les fruits , dépourvus
d’aigrette, présentent à la base une aréole
cornée. Ce genre, indigène du Cap, semble
se rapprocher des OEdériées plus que de
tout autre groupe. Voy. Deless. icon. select.
t. 100. (J. D.)
* ARROZIE. Arrozia . bot. ph. —
Schrader a désigné sous ce nom un genre
de la famille des Graminées, tribu des Ory-
zées, formé avec le Caryochloa Brasilien-
sis de Nees et Mart., Fl. Bras., Il, p. 229 ,
ARS
et qui ne paraît nullement rentrer dans le
meme g. que le Caryochloa Monleviden-
sis de Sprengcl ( Voy. caryochloa ). Le
g. Arrozia offre des épillets uniflores, mâ¬
les et femelles , mélangés dans une meme
panicule. Les écailles sont mutiques; les
paillettes manquent complètement. Les éta¬
mines, au nombre de six , et les stigmates,
sont plumeux. Le fruit est globuleux et li¬
bre. Une seule espèce , Arrozia micrantha
Schrad., in Kunth, Gram., I, p. H, est une
plante touffue, à feuilles linéaires et planes,
et à fleurs disposées en panicule. Elle est
originaire du Brésil, où on la connaît sous
le nom d'Arroz de mato, ou Riz sauvage.
(A. R.)
*ARRUDEA, Cambess. (nom d’homme).
bot. pii. — Genre de la famille des Guttifè-
res , et que son auteur ( Mém. du Mus. , t.
XYI, p. 424) caractérise comme il suit : Fleurs
hermaphrodites. Calice à sépales nombreux,
imbriqués , inégaux , les extérieurs plus pe¬
tits. Pétales 9 ou 10, subéquilatéraux , convo-
lutés en préfloraison , étalés lors de l’anthè-
se. Etamines très nombreuses, multisériées,
insérées sur un réceptacle conique, soudées
en masse compacte ; anthères adnées , 2-
thèques , déhiscentes par deux pores apici-
laires. Ovaire 8-loculaire , enfoncé dans le
réceptacle ; loges 4-ovulées. Style court ,
gros ; stigmates 8 , cunéiformes , distincts ,
disposés en étoile. Fruit inconnu. — Arbris¬
seau à feuilles très entières. Fleurs solitai¬
res , terminales ; corolle grande , rose. Ce
genre ne comprend qu’une seule espèce ,
qui croît dans les forêts vierges du Brésil
méridional. (Sp.)
ARSÉNIATES. min. — Genre com¬
posé de différents sels résultant de la
combinaison de l’acide arsénique avec les
bases. Ces corps , lorsqu’ils sont chauffés
dans un tube de verre fermé par un bout ,
ne produisent pas de sublimation ; avec le
charbon, ils donnent de l’acide arsénieux
et l’odeur d’ail. Si on les fond avec le Car¬
bonate de soude, on obtient un sel soluble
dans l’eau, dont la solution précipite en
brun parle nitrate d’argent, en blanc par
le nitrate de plomb. Le précipité de plomb
est réductible au chalumeau sur le charbon,
en dégageant l’odeur d’ail. Les Arséniates
étant isomorphes avec les phosphates de
même formule atomique , ces deux genres de
T. II.
ARS ici
sels sont souvent mêlés entre eux en toutes
proportions. Dans ce cas, le précipité de
plomb ne se réduit qu’en partie ; il en reste
une portion qui se fond et produit un glo¬
bule polyédrique. Ces sels , enfin , renfer¬
ment aussi quelquefois des Chlorures, et
offrent alors les réactions propres à ces
composés, lorsqu’on les fond avec le Sel de
phosphore et l’Oxyde de cuivre.
La nature nous offre une douzaine d’es¬
pèces d’Arséniates , que nous partagerons
en deux séries ; les Arséniates à bases mé¬
talliques, et les Arséniates à bases d’oxydes
terreux. A la première série se rapportent
les Arséniates de fer, nommés Pharmacosi-
dérite et Scorodite ; les Arséniates de cui¬
vre, appelés Érinite, Liroconite, Olivénite ,
Eucliroïte et Aphanèse ,- les Arséniates de
Cobalt et de Nickel , et l’Arséniate de Plomb
chloruré , ou le Mimétèse. Nous renvoyons
la description de ces espèces métalliques
aux mots fer , cuivre et plomb. La se¬
conde série ne comprend que les Arséniates
de chaux hydratée, auxquels on a donné les
noms d’Haidingérite et de Pharmacolite.
I. Haidingérile , Turner. Substance
blanche, en petits cristaux minces, allongés,
ayant la forme de tables rectangulaires , bi-
selées sur tous les côtés. Cette espèce a une
grande analogie d’aspect avec la suivante,
qui est beaucoup plus répandue ; mais elle
s’en distingue par sa cristallisation et par sa
composition chimique. Ses cristaux, qui, se¬
lon M. Haidinger, appartiennent au système
rhombique , dérivent d’un prisme rhomboï-
dal droit de 100° et 80°, facile à cliver dans
le sens de la petite diagonale. Elle est com¬
posée, d’après M. Turner, d’Arséniate an¬
hydre de chaux , 83,43 , et d’eau 16,66. On
croit qu’elle provient des mines de Riegels-
dorf, en Hesse.
II. Pharmacolite, Karsten. Chaux arsé-
niatée , II. Arsénicite. Substance blanche ,
ou accidentellement rosée par son mélange
avec l’Arséniate de Cobalt , en aiguilles eu
petits mamelons fibreux, translucide, vi*
treuse, présentant un éclat perlé sur ses
faces de clivage. Ses cristaux dérivent d’un
prisme rhomboïdal oblique , dont les pans
antérieurs sont inclinés l’un sur l’autre de
417°24’, tandis que la base est inclinée sur
eux de 95°46’. Ce prisme se clive avec
beaucoup de facilité d^ns le plan des diago-
11
ARS
ARS
162
nales obliques. Cette substance est rayée
par le Calcaire ; sa densité est de 2,7. Elle
est soluble dans l’acide nitrique , fusible en
émail blanc , et donne de l’eau par calcina¬
tion. C’est une substance de filons , qui se
trouve dans les différents gîtes d’Ârséniures ;
elle remplit les fissures ou cavités de la gan¬
gue , et meme de la roche environnante. A
Wittichen , en Souabe , elle repose sur un
granit à gros grains, avec du Gypse et delà
Barytine. On la rencontre aussi à Riegels-
dorf, en Hesse ; à Andreasberg, au Harz , et
à Sainte-Marie-aux-Mines , dans les Vosges.
Le minéral appelé Pikropharmacolite n’est
qu’une variété de Pharmacolite mélangée
d’un peu d’Arséniate de Magnésie. (Del.)
ARSENIC. Arsenicum ( arsenicum,
arsenic, Pline), chim. — Brandt est le
premier qui ait étudié l’Arsenic, en 1753.
C’est un métal d’un gris d’acier, très éclatant
lorsque la cassure en est récente , très fa¬
cilement pulvérisable, qui se sublime à 180°
sans se fondre j à moins qu’on ne le chauffe
sous une pression beaucoup plus considéra¬
ble que celle de l’atmosphère. Sa texture est
lamelleuse , sa densité de 5,7. Exposé à
l’air, il s’y recouvre d’une couche terne,
qui est un/ mélange d’Acide arsénieux et
d’Arsenic , ou , suivant quelques chimistes ,
un sous-oxyde particulier. Lorsqu’on chauf¬
fe l’Arsenic au contact de l’air, il absorbe ra¬
pidement l’oxygène, en répandant une odeur
alliacée tout à fait caractéristique, et se
convertit en acide arsénieux. Ce composé ,
connu dans le commerce sous les noms
d Arsenic, de Mort aux rats , est un poison
très violent. On le rencontre sous forme de
masses amorphes, tantôt transparentes,
tantôt opaques. Ces deux variétés d’acide dif¬
fèrent par quelques caractères. La solubi¬
lité de l’acide vitreux dans l’eau est moin¬
dre que celle de l’acide opaque : l’un rou¬
git la teinture de tournesol , l’autre ramène
au bleu celle qui a été rougie par un acide.
Tous deux, à l’exception de ces caractères,
se comportent de la môme manière aux
réactifs.
L’acide arsénieux est inodore; la saveur en
est légèrement douce et cause un sentiment
d’âcreté dans la gorge ; il est peu solu¬
ble dans l’eau , plus soluble dans les acides
et notamment dans l’acide hydrochlorique.
Il forme, avec la crème de tartre un com¬
posé analogue à l’émétique; il se dissout
dans la Potasse, la Soude, et forme avec ces
bases des Arséniates mal définis. Les Arséni-
tes métalliques sont insolubles ; on ne les ob¬
tient que difficilement.
L’acide arsénieux produit , avec l’hydro¬
gène sulfuré , un précipité jaune de sulfure
d’Arsenic ;
Avec le nitrate d’argent ammoniacal , un
précipité jaune ;
Avec le sulfate ammoniacal de cuivre , un
précipité vert d’absinthe.
La présence de matières organiques peut
souvent masquer ces caractères. Nous ren¬
voyons à l’article empoisonnement la
description des procédés à employer pour
découvrir l’Arsenic dans les cas de médecine
légale.
Lorsqu’on ajoute à une dissolution d’acide
arsénieux du peroxyde de fer dé la con¬
sistance d’une pâte claire , il se produit une
réaction par suite de laquelle l’acide arsé¬
nieux disparaît, et le mélange cesse d’être
vénéneux. Dans ce cas , l’acide arsénieux se
convertit en acide arsénique , en réduisant
le peroxyde de fer en protoxyde , et se com¬
bine avec ce protoxyde.
L’hydrate de protoxyde de fer doit être gé¬
latineux ; on le prépare en ajoutant un excès
de bicarbonate de soude à un sel de per¬
oxyde de fer. On a conseillé cette prépara¬
tion comme antidote de l’acide arsénieux.
Quelques médecins emploient aussi les diu¬
rétiques.
Chauffé avec du charbon , l’acide arsé¬
nieux est réduit, l’Arsenic est mis en liberté,
et il se dégage de l’acide carbonique mêlé
d’oxyde de carbone.
L’acide arsénieux est très employé dans
les arts : il entre dans la composition du
vert de Schéèle, sert à la préparation des
pièces anatomiques ; on l’emploie dans les
verreries et cristalleries, à dose très minime,
pour faciliter la vitrification.
On le prépare en grillant certains mine¬
rais arsénifères, le Cobalt arsénical, le Mis-
pickel, ou l’Arséniure de fer. Il se présente
sous la forme d’une poudre blanche ; cette
poudre, appelée fleur d’arsenic , est portée
par des tuyaux dans des chambres où elle
se condense, puis elle est raffinée par la su¬
blimation.
L’acide arsénieux opaque a pour densité
ABS
Ail S
163
3o69’ , l’acide transparent 5°75’. Ce der¬
nier se change spontanément en la premiè¬
re modification. Dissous à chaud dans un
mélange d’eau et d’acide hydrochlorique,
il se dépose de la liqueur des cristaux oc¬
taédriques nombreux, opaques , et chaque
cristal, en se déposant, produit un jet de lu¬
mière assez intense pour permettre de lire
l’heure à une montre dans une chambre
noire. Cette lumière ne se manifeste que lors
du passage de l’acide arsénieux de l’état vi¬
treux à l’état opaque : car l’acide opaque
cristallise dans les mêmes circonstances,
sans répandre de lumière sensible.
L’acide arsénique , ainsi que l’indique y*
terminaison ique , renferme, pour la même
quantité d’Arsenic, plus d’oxygène que l’aci¬
de arsénieux. Le symbole de l’arsenic est :
A r = 940.
L’acide arsénieux.... ArO5.
L’acide arsénique.... ArO5.
On convertit l’acide arsénieux en acide
arsénique en le faisant bouillir avec de Ta-
cide nitrique, qui, dans cette réaction, se
décompose en oxygène, lequel s’ajoute à l’aci¬
de arsénieux , et en acide hyponitrique, qui se
dégage. L’acide arsénique se présente, après
l’évaporation , sous la forme d’une masse
blanche amorphe , qui , chauffée au rouge ,
dégage de l’oxygène et reproduit l’acide ar¬
sénieux.
Exposée à l’air, elle en attire l’humidité
et tombe en déliquescence,
L’Arsenic forme avec l’hydrogène un com¬
posé gazeux, l’un des poisons les plus vio¬
lents qu’on connaisse. Ce gaz a une odeur
fétide alliacée. L’eau aérée le décompose et
en sépare l’Arsenic. Le Chlore le compose
de la même manière ; mais l’action est plus
énergique. La chaleur seule en sépare les
éléments.
Lorsqu’on brûle ce gaz dans un espace
étroit, ou lorsqu’on refroidit la flamme qu’il
produit, avec une soucoupe de porcelaine ,
par exemple, il se produit un dépôt d’Arse¬
nic sous forme de taches brillantes, qui
disparaissent dans l’acide nitrique ; c’est un
des caract. les plus sensibles de l’Arsenic.
L’hydrogène arseniqué reçu dans une
dissolution de nitrate d’argent produit un
précipité d’arséniure d’argent.
L’hydrogène arseniqué se produit lors¬
qu’on traite le Zinc par l’acide sulfurique et
l’eau au contact d’une substance renfermant
de l’Arsenic libre ou combiné. Un chimiste an¬
glais , Marsh , a fondé sur cette propriété le
mode le plus sensible de reconnaissance de
l’Arsenic.
On prépare l’hydrogène arseniqué en trai¬
tant par l’acide hydrochlorique un alliage
de parties égales d’Arsenic et de Zinc , ou
d’Arsenic et d’Etain.
L’Arsenic se combine au Soufre en plu¬
sieurs proportions. Le Réalgar , celui des
sulfures d’Arsenic qui contient le moins
de Soufre, se trouve dans la nature et peut
être obtenu par divers procédés. Il est so¬
lide, rouge-orangé, insipide, absorbe faci¬
lement l’oxygène à chaud, et se convertit
en acide sulfureux et acide arsénieux.
L’Orpiment , appelé autrement acide sul-
fo-arsénieux , correspond, par sa composi¬
tion, à l’acide arsénieux , le Soufre rempla¬
çant l’oxygène. Il se rencontre dans la na¬
ture, et se produit quand on traite, par l’hy¬
drogène sulfuré, une dissolution d’acide ar¬
sénieux dans l’acide hydrochlorique.
Il se présente sous la forme d’un précipité
d’un jaune pur, insoluble dans les acides,
soluble dans l’Ammoniaque. L’Orpiment est
très employé dans les arts par les peintres
et les fabricants de toiles peintes.
Enfin, l’hydrogène sulfuré produit, dans
une dissolution bouillante d’acide arséni¬
que, un précipité pulvérulent, d’un jaune
plus clair que l’Orpiment. Ce nouveau sul¬
fure est à l’acide arsénique ce que l’Orpi¬
ment est à l’acide arsénieux. Il se comporte,
dans toutes ses réactions, comme un acide;
soumis à l’action de la chaleur, il fond et
se sublime sans se décomposer. (Pel.)
ARSENIC, min. — Ce métal est , dans
les méthodes minéralogiques de Haüy et de
M. Brongniart , la base d’un genre composé
de quatre espèces , dont l’une est le métal
même à l’état natif , et les autres résultent
de sa combinaison avec l’Oxygène ou avec
le Soufre.
I. Arsenic natif. — Il se rencontre dans
la nature en masses aciculaires , fibreuses ,
grenues , et tuberculeuses - testacées. Les
indices de cristallisation qu’il présente alors
ne sont pas assez nettement prononcés pour
qu’on puisse déterminer sa forme, ni même
le genre de son système cristallin ; mais
l’Arsenic fondq cristallise facilement, et
164
ARS
ARS
c’est d’après cette cristallisation artificielle
que nous en ferons connaître les caractères
spécifiques.
Le système cristallin de l’Arsenic n’est ni
le système régulier , comme le pensait
Haüy , ni celui de l’octaèdre à base carrée ,
comme de Bournon l’a prétendu , mais bien
le système rhomboédrique. L’Arsenic est
isomorphe avec l’Antimoine ; comme ce der¬
nier métal , il a pour forme fondamentale
un rhomboèdre obtus, clivable non seule¬
ment dans la direction de ses faces , mais
encore perpendiculairement à l’axe. L’an¬
gle dièdre de deux faces situées vers un
même sommet du rhomboèdre a pour me¬
sure 114° 26’. On a aussi observé ce métal
sous la forme d’un rhomboèdre aigu, de
85° et demi. Ses variétés naturelles ont leur
gisement dans les filons métallifères , no¬
tamment dans ceux qui renferment de l’An¬
timoine , de l’Argent , du Cuivre et du Co ¬
balt. Les substances pierreuses qui lui ser¬
vent le plus souvent de gangue sont le
Quartz, la Fluorine, le Calcaire et la Baryti-
ne. La Saxe, la Bohême, le Harz, la Soua-
be , et les Yosges en France , sont les prin¬
cipales localités où il se rencontre.
II. Arsenic oxydé o w Arsenic blanc , l’a¬
cide arsénieux des chimistes. — On le trou¬
ve cristallisé quelquefois en octaèdres régu¬
liers ; mais, le plus souvent, sous forme aci-
culaire , à la surface de certains minerais
arsénifères. Outre la forme octaédrique
dont nous venons de parler , on obtient en¬
core , par voie artificielle , une autre forme
incompatible avec la précédente , savoir
celle d’un prisme rhomboïdal droit , d’en¬
viron 127°, et , dans ce dernier cas , l’Arse¬
nic oxydé est isomorphe avec l’Antimoine
oxydé naturel. L’Arsenic oxydé est formé ,
sur 100 parties , de 75,8 d’ Arsenic , et de
24,2 d’Oxygène ; il est tendre , de couleur
blanche , et pèse spécifiquement 5,7.
III. Arsenic sulfuré jaune ou Orpiment ,
Rauschgelb, W, — Substance laminaire
d’un jaune citrin et d’un éclat métalloïde ,
d’une dureté très faible , divisible à la ma¬
nière du Talc en lames minces , flexibles et
non élastiques. Elle est facile à racler avec
le couteau , et sa poussière conserve la cou¬
leur jaune , qui devient seulement un peu
plus claire. Il est rare de la trouver cristal¬
lisée autrement qu’en masses lamellaires -,
cependant on observe quelquefois à la sur¬
face de ces masses de petits cristaux ayant
la forme de prismes rhomboïdaux , termi¬
nés par des sommets tétraèdres , dont les
angles paraissent être à peu près les mêmes
que ceux des sommets semblables que l’on
voit sur les cristaux d’Antimoine sulfuré.
Ces deux substances, l’Antimoine sulfuré et
l’Arsenic sulfuré jaune , étant de même
formule atomique , seraient isomorphes en¬
tre elles , et l’analogie de cristallisation
s’étendrait jusqu’à ce caractère remarqua¬
ble d’offrir un seul clivage d’une netteté
parfaite , dans un sens parallèle à l’axe du
prisme fondamental. L’Orpiment est compo¬
sé de deux atomes d’Arsenic et de trois de
Soufre, ou , en poids , de 61 d’Arsenic et de
39 de Soufre. Sa pesanteur spécifique est
de 3,5. On le rencontre dans les terrains
secondaires , au milieu des marnes et des
argiles ( Tajowa , près de Neusohl en Hon¬
grie ) , et aussi dans les filons , avec l’espèce
suivante , mais toujours en très petite quan¬
tité.
IY. Arsenic sulfuré rouge ou Réalgar ,
Rauschroth , W. — Substance d’un rouge
aurore , fragile , à poussière de couleur
orangée , acquérant , à l’aide du poli , une
sorte d’éclat demi-métallique , volatile com¬
me la précédente par l’action du chalu¬
meau, en répandant une odeur alliacée. El¬
le a presque le même degré de dureté et
la même densité que l’Orpiment, avec le¬
quel Haüy la réunissait dans une même es¬
pèce ; mais sa composition atomique et sa
forme cristalline s’opposent à ce que l’on
maintienne ce rapprochement. Le Réalgar
est composé d’un atome d’Arsenic et d’un
atome de Soufre , ou, en poids, de 70 d’Ar¬
senic et de 50 de Soufre. La forme fonda¬
mentale de ses cristaux , qui ne sont pas
très rares dans la nature , est un prisme
rhomboïdal oblique , dont les pans sont in¬
clinés entre eux de 74°30’ , tandis que l’a¬
rête d’intersection de ces pans fait avec la
base un angle de 113°16’. On trouve le
Réalgar en cristaux implantés , en enduits ,
en petites veines ou en nodules , dans les
filons ou au milieu des roches des terrains
primordiaux, et notamment dans le Gneiss,
le Schiste argileux et la Dolomie. On le ren¬
contre aussi dans les terrains trachytiques ,
et même dans les terrains volcaniques mo-
ARS
ART
165
dernes, où il a été produit par sublimation,
et déposé avec le Soufre sur différentes la¬
ves, dans le voisinage des cratères, au Vé¬
suve , à l’Etna , à la Guadeloupe , au Japon.
(Del.)
* ARSÉNICITE. min. — Voyez ar-
SÉNIATE DE CHAUX. (DEL.)
* ARSÉNIICOXYDES. min. — M. Beu¬
dant donne ce nom à un genre de minéraux
comprenant les combinaisons de l’Arsenic
avec l’Oxygène. (G. d’O.)
* ARSÉMDES. min. — Ce nom a été
donné par M. Beudant à une famille de mi¬
néraux comprenant l’Arsenic seul ou à l’état
de combinaison , et par MM. Ampère et
G. Pauquy à une famille de corps simples
ayant l’Arsenic pour type. (C. d’O.)
* ARSÉNJ5XJRES. min. — Genre mi¬
néralogique , composé d’espèces qui résul¬
tent de l’union des métaux avec l’Arsenic ,
ce dernier élément jouant, dans ces combi¬
naisons, le rôle de principe électro-négatif.
Toutes ces espèces possèdent l’éclat métal¬
lique , et donnent par le grillage une fu¬
mée blanche , à odeur alliacée. Si l’on en
excepte l’Antimoine arsénical , qui est plu¬
tôt un mélange qu’une combinaison des
deux éléments isomorphes qui le consti¬
tuent, toutes laissent, après cette opération,
un résidu sensible ; elles sont toutes atta¬
quables par l’acide nitrique , et leur solu¬
tion donne par les réactifs l’indice des bases
qu’elles contiennent. On connaît mainte¬
nant six esp.’ d’Arséniures, sans compter les
combinaisons sulfo - arséniurées dont nous
parlerons ailleurs : ces Arséniures sont ceux
de Fer, de Nickel, de Cobalt et d’Argent.
Nous renvoyons la description de chacune
de ces espèces à l’article concernant le mé¬
tal qui lui sert de base. (Del.)
* ARSÈS. Arses. ois. — Genre formé
par Lesson , dans son Traité , pour recevoir
quelques Muscicapidées , et auquel il assi¬
gne les caractères suivants : Bec médiocre ,
crochu, comprimé, peu large. Ailes am¬
ples, allongées. Queue étalée , un peu élar¬
gie. Tarses courts , peu robustes.
Cet auteur réunissait alors , sous ce g. ,
aux Gobe-mouches ornoir et à lunettes , es¬
pèces remarquables du Voyage de la Co¬
quille , où elles sont figurées pl. 18-1 et 2 ,
deux autres espèces, dont l’une de Suri¬
nam et l’autre du Sénégal (le Muscicam
melanoptera ). Depuis, il nous a fait con¬
naître (in litteris) que le genre devait être
restreint à la seule espèce de l’Ornoir (Mus-
cica y < hryscmela Garnot).
Swainson , dans sa classification et dans
sa monographie des Gobe-mouches (Fly-
catchers) place dans le genre Monarcha ,
d’Hors. et Vig., qu’il change en Monaclia,
et qui est synonyme de celui de Drymo-
phile de Temminck, mais antérieur, ces deux
espèces de la Coquille , leur trouvant tous
les caractères du genre. Nous renvoyons
donc à ce genre Monarche , dans lequel
Arsés figurera peut-être comme sous-gen¬
re , si d’ici là nous sommes à même de pou¬
voir comparer ces deux espèces fort rares
avec les Monarches d’IIorsfield, que nous
possédons , et de reconnaître entre elles des
caractères suffisamment distincts. Voy. mo¬
narche. (Lafr.)
* ARSINOE (nom mythologique), ins.
— Genre de Coléoptères pentamères , fa¬
mille des Carabiques, tribu des Troncati-
pennes, établi par M. Delaporte et adopté
par M. Dejean dans son dernier Catalogue,
il ne renferme qu’une seule espèce , du Gap
de Bonne-Espérance, nommée par M. Che-
vrolat A. quadriguttata, et qui est figurée
dans les Études entomologiques de M. De¬
laporte, pl. 2, fig. 6. Cet insecte a été dé¬
signé depuis par M. de Chaudoir (Descri¬
ption de quelques genres nouveaux et de
quelques espèces nouvelles inédites de ( a-
rabiques , p. 11 ) sous le nom (VAxinopso-
plius quadrisignatus. (D. et G.)
ARSIS, Loureir., Flor . Cochinch. (Zp -
545, élévation), bot. ph. — Synonyme du
g. ou sous-g. Microcos ( Grewia ) , de la
famille des Tiliacées. (8p.)
* ARTABOTRYS, R. Brown, bot.
ph. — Genre de la famille des Anonacées,
offrant les caractères suivants (R. Brown,
in Bot. Reg-, sub n° 425. — Blume, Ano-
naceæ in Flor. Jav. ) : Calice triparti. Péta¬
les 6 , connivents par leur base et recou¬
vrant les organes sexuels. Étamines nom¬
breuses. Ovaires 5 à 11 , ou rarement plus ,
distincts, 2-ovulés. Ovules collatéraux, ana-
tropes, renversés. Styles et stigmates sou¬
dés. Péricarpe composé de plusieurs baies
distinctes , charnues , ovoïdes, pulpeuses en
dedans, dispermes, ou, par avortement, 1-
snerraes. Graines solitaires ou collatérales,
166
ART
ART
renversées, inarillées, planes d’un côté, con¬
vexes de l’autre. Test osseux. — Arbustes sar-
menteux , glabres ; ramules oncinés, au som¬
met. Pédoncules uniflores, subterminaux,
fasciculés. Fleurs d’un jaune tirant sur le
roux. Ce genre, dont on ne connaît que
quatre espèces, paraît être propre à l’Asie
équatoriale. Ces végétaux sont remarqua¬
bles par un port élégant et des fleurs très
odorantes. (Sp.)
ARTAMIE. Artamia ( de Artamus ,
nom latin donné au genre Langrayen par
Yieillot). ois. — Genre formé par M. Isid.
G.-Saint-Hilaire dans son Mémoire intitulé
Considérations sur les caractères employés
en Ornithologie , etc. ( Nouvelles annales
du Muséum d’hist. nat., t. ï, p. 557). Ce
genre est un démembrement de celui de
Langrayen pour recevoir le Langrayen san¬
guinolent de Temminck, col. 499, et quel¬
ques autres espèces différant comme lui des
vrais Langrayens sous plusieurs points im¬
portants. Les caractères assignés par l’au¬
teur à ce nouveau genre sont : Bec allongé,
non renflé à sa base , triangulaire , à arête
bien marquée; mandibule supérieure un
peu arquée , terminée par un crochet bien
prononcé, et présentant une échancrure
très distincte; mandibule inférieure pré¬
sentant aussi , de chaque côté , une petite
échancrure. Narines percées à la base du
bec, et comparables à des triangles de forme
allongée, ayant leurs sommets en avant. Tar¬
ses courts, écussonnés. Ongles comprimés,
de longueur moyenne. Queue longue , car¬
rée. Ailes moyennes, se terminant au niveau
de la moitié de la queue , et obtuses.
Ces caractères ainsi posés conviennent
parfaitement à l’espèce type (le Langrayen
sanguinolent), mais non au Langrayen vert
ou le Tchachert de Buffon, Enl ., 32-2, qui
a la queue courte , avec les ailes en attei¬
gnant l’extrémité, et qui cependant ne peut
rester avec les Langrayens , et doit figurer
ici. Il nous semble donc qu’au lieu de
former encore une subdivision dans le gen¬
re Artamie , il serait plus simple de modi¬
fier la caractéristique en disant : Queue de
longueur variable , carrée. Ailes moyen¬
nes et obtuses , ou se terminant vers la
moitié de la queue ou en atteignant l’extré¬
mité ; ce qui se remarque chez le Langrayen
vert.
Nous regardons comme des plus naturel¬
les la séparation générique de ces espèces
d’avec les Langrayens, si remarquables en¬
tre tous les Passereaux dentirostres par leurs
ailes d’hirondelle, longues, pointues, aiguës
ou sur-aiguës , et par leurs pattes robustes ,
qui , comme celles des Martinets, semblent
destinées à les maintenir cramponnés. Ce
double caract. de forme indique , sans nul
doute, quelques particularités de mœurs
qui ne doivent pas se retrouver chez les
Artamies à ailes obtuses et à pattes plus
faibles.
M. Lesson, dans son Traité publié en
1851 , avait déjà formé dans le genre Lan¬
grayen deux sous-genres , dont le premier
renfermait les Langrayens proprement dits,
et le second , sous le nom de Langrayens-
Merles , renfermait le Langrayen sanguino¬
lent de Temminck, et le Langrayen vert.
Dernièrement , ce savant a publié dans la
Revue zool. de Guérin, 1840, le nouveau
genre Érythrolane ( Erythrolanius ) pour re¬
cevoir deux seules espèces , dont encore le
Langrayen sanguinolent et une nouvelle es¬
pèce , à laquelle il donne le nom < VEryth ,
rubricollis. Nous sommes étonné de ce
nouveau nom pour un genre qui, outre ce¬
lui (T Artamie de M. Is. Geoffroy, avait en¬
core pour synonymes celui d 'Analcipus, de
Swainson , et celui de Philocarpus , de
Muller, que M. Lesson cite tous trois com¬
me synonymes du sien. Comme il n’indi¬
que point l’époque de sa formation, nous
ne pouvons savoir si elle est antérieure ou
non à celle d’ Artamie. Ce dernier a été
adopté par M. Temminck dans son Tableau
méthodique , qui a paru dans la dernière
livraison de ses pl. col. ; il y range son
Langrayen sanguinolent, col. 499, et son
Échenilleur bicolore , col. 278. Nous y pla¬
çons encore le Langrayen vert ou Tcha¬
chert, Buff., Enl., 32-2, le Schet-bé de Ma¬
dagascar ( Lanius rufus Gmel. , Enl. , 298-
2), que nous possédons, et le Tchachert-bé
de Madagascar ( Lanius leucocephalus L.,
Enl., 574), qui, d’après ses formes et sa co¬
loration , nous paraît tout à fait voisin du
Langrayen vert.
Ces différentes espèces , originaires de
l’Afrique méridionale et des îles indiennes ,
forment un groupe de transition entre les
vrais Langrayens et les Pies-grièches, avec
ART
lesquelles elles se lient par les Tephrodor-
nis de Swainson. Voy. ocyptérinées.
(La.fr.)
ARTAMUS. ois. — Nom latin donné
par Vieillot au genre Langrayen , que Cu¬
vier avait déjà désigné antérieurement par
celui (VOcypterus . Voy. langrayen.
(Lafr.)
* ARTAMUS ( , je suspends), a-
rach. — Genre d’Aranéides1, de la famille
des Thomisides, établi par M. Koch (ÏJe&er-
sicht des Arachnidensystems , p. 27, 1837),
et rentrant dans la famille des Thomisides.
Il comprend VAranea lœvipes Linn. , et le
Thomisus griseus Hahn , p. 121, pl. 54, f. 91,
ainsi que deux espèces nouvellement décri¬
tes par M. Koch. (P. G.)
* A RT ANE MA , D. Don. bot. ph. —
Genre de la famille des Scrophularinées ,
fondé sur le Torenia scabra R. Br.; sui¬
vant M. Bentham, il doit être réuni au
genre Acliimenes , Vahl. (Sp.)
* ARTE. ins. — Nom donné par Ste¬
phens à un genre de Lépidoptères de la fa¬
mille des Nocturnes, et de la tribu des Pha-
lénites , lequel correspond aux genres Fido-
nia et Zerene de Treitscbke. Voy. ces mots.
(D.)
ARTEDIAjL. (Artedi, naturaliste sué¬
dois). bot. ph. — Genre de la famille des
Ombellifères , tribu des Daucinées, offrant
les caract. suivants : Limbe calicinal inappa¬
rent. Pétales obovales, échancrés, terminés
en languette infléchie; ceux des fleurs exté¬
rieures radiants , bipartis. Péricarpe aplati
dorsalement. Méricarpes à 5 côtes primaires,
et à 4 côtes secondaires ; côtes primaires fili¬
formes: les deux latérales situées sur le plan
commissural , les trois autres dorsales ; les
deux intérieures des côtes secondaires filifor¬
mes ; les deux extérieures aliformes , sinuées-
lobées ; bandelettes nulles ; carpophore bi¬
parti. Graine aplatie. (Koch, Umbell. , p.
76, fig. 9 et 10. ) — Ce g., très bien carac¬
térisé par son fruit à ailes élégamment dé¬
coupées , n’est constitué que par une seule
espèce ( A. squamata L. ); c’est une plante
annuelle, très glabre, grêle, indigène de
Syrie. Ses feuilles sont profondément dé¬
chiquetées en lanières filiformes. Les om¬
belles sont composées , munies d’involucre
et d’involucelles à bractées semblables aux
feuilles. Les fleurs sont blanches , les ra-
ART 167
diantes grandes , à corolle très irrégulière.
(Sp.)
ARTEMA. arach. — Voyez artè*
me. (c. d’O.)
*ARTEMATOPUS [a.pz'fi/j.u, «t oç, ap¬
pendice; Trous, piedï. INS. — Genre de Co¬
léoptères pentamères, famille des Serri-
cornes, tribu des Ptiniores, établi par M.
Perty,qui lui donne pour caractères essen¬
tiels : Antennes filiformes, de la longueur du
corps. Les 2% 3e et 4e articles des tarses, munis
d’appendicules membraneux. Corps ovale.Ce
g. est fondé sur une espèce du Brésil , nom¬
mée par l’auteur Artematopus longicornis,
et figurée et décrite dans un ouvrage qui a
pour titre : Delectus animalium articula-
torum quœ in itinere per Brasiliam , an-
nis 1817-1820, colligerunt D. J. B. de Spix
et D. C. F. Ph. de Martius, Monachii. 1830,
page 115, tab. XXÏI, fig. 16. — Ce genre
correspond à celui que M. Chevrolat a créé
depuis ( Coléopt . du Mexique, 2e centurie ,
n° 150, 1835) sous le nom de Brachymor-
phus , et que M. Dejean , dans son dernier
Catalogue , place dans la tribu des Térédy-
les, entre les genres Corynetes et Eno-
plium. M. Chevrolat n’y rapporte qu’une
espèce, originaire de Tuspan, et qu’il nom¬
me A. ve'stitus. Ce Coléoptère est carnassier,
et fait sa proie des autres insectes , au’il
poursuit sur les branches mortes.
(D. et C.)
ARTÈME. ema tout objet
suspendu), aracii. — Genre de la famille
des Araignées, de l’ordre des Aranéides, di¬
vision des Errant es filit'eles, établi par M.
Walckenaër sur quelques espèces exotiques.
Ce genre est caractérisé par des yeux au
nombre de huit, disposés sur deux lignes
courbées en arrière , les intermédiaires pos¬
térieurs étant plus écartés entre eux que
les antérieurs; par les mâchoires, longues et
étroites, la lèvre large, surtout à sa base, et
par les pattes grêles et très longues.
Les espèces décrites par M. Walckenaër
sont l’A. atlanta, de l’Amérique méridio¬
nale, et VA. mauritiana , de l’île de France.
(Bl.)
*ARTEMIE. Artemia. crust.— Genre
de Crustacés branchiopodes , de l’ordre des
Phyllopodes et de la famille des Branchip-
piens, établi par Leach pour recevoir un
petit Crustacé qui se trouve dans les marais
168
ART
ART
salants , et qui ressemble beaucoup aux
Branchipes, mais s’en distingue par la forme
de la nageoire caudale et des antennes.
Dans ces derniers temps , M. Payen a at¬
tribué à la présence des Artémies la colora¬
tion en rouge qui se remarque souvent dans
les eaux des salines prêtes à cristalliser , et
qui donne à ces eaux un aspect sanguinolent ;
ïnais, d’un autre côté, M. Joly a constaté que
ce phénomène curieux ne dépend jamais des
Artémies, mais bien de l’existence d’un nom¬
bre immense de Monades d’une espèce par¬
ticulière. ( Voy . Annales des Sc. nat., 2e sé¬
rie, Zoologie , t. XIII , p. 225.) (M. E.)
* ARTÉMIS. Artemisus. crust. —
Nom employé par Lamarck pour désigner
le g. Artemia de Leach. (M. E.)
ARTÉMISE. Artemisia. crust. —
Nom que Latreille a substitué par erreur à
celui d 'Artemia , employé par Leach pour
désigner un genre particulier de Crustacés
branchiopodes. (M. E.)
ARTEMISIA ( nom mythologique ).
bot. ph. — Synonyme latin du g. Armoi¬
se. (C. d’O.)
* ARTÉMISIÉES. bot. pii. —Tribu
du groupe des Composées, ayant beaucoup
d’affinité avec la sect. des Hélianthées et des
Ambrosiées ; elles ressemblent aux Sénécio-
nées et aux Inulées par la forme des stigma¬
tes , mais elles s’en distinguent par les au¬
tres organes floraux. Les Artémisiées ont
les capitules discoïdes , homo ou hétéroga-
mes; les fleurs du disque hermaphrodites,
à style bifide, celles du rayon souvent fe¬
melles uni ou plurisériées ; les fruits cylin-
dracés , parcourus par des côtes plus ou
moins saillantes, s’insèrent sur un récepta¬
cle dépourvu de paillettes , et sont dépour¬
vus d’aigrettes. Les plantes qui forment ce
groupe sont la plupart aromatiques. Voy.
ARMOISE. (J. D.)
ARTÉMISIOIDES ( Artemisia , eïfoç,
forme, aspect; qui ressemble à V Artemisia).
bot. ph. — Section du genre Piqueria
{Voy. ce mot) , établie par M. de Candolle ,
comprenant les espèces à tiges ligneuses ,
glabres, ainsi que les feuilles , pubescentes
ou visqueuses au sommet. (J. D.)
ARTEMISUS. crust. — Voyez ar-
témis. (C. d’O.)
ARTÈRES. Arteriœ (à-pr/ipix, tranchée,
artère), anat. etzooL. — On donne généra- j
lement ce nom aux vaisseaux qui , partant
du cœur, conduisent le sang dans toutes les
parties du corps. Les anciens se sont faits
diverses idées sur la nature de ces vaisseaux,
et sur les usages auxquels ils sont destinés.
Quelques auteurs grecs semblent avoir con¬
fondu sous une même dénomination les artè¬
res avec les veines. Erasistrate s’est servi le
premier du mot art'ere pour désigner les
vaisseaux connus aujourd’hui sous ce nom ;
Gallien a parlé de la communication qui
existe entre les dernières ramifications arté¬
rielles et les radicules veineuses ; Yesale et
Fallope ont jeté encore plus de jour sur la
nature de ces conduits sanguins, et les au¬
teurs modernes enfin ne laissent rien à dé¬
sirer sur cette question.
Caractères distinctifs des artères. — Le
premier de tous , celui qui les fait recon¬
naître au premier abord , c’est : 1° le batte¬
ment, ou pulsation, appelé pouls ; il naît de
l’impulsion vive et brusque que le cœur im¬
prime au sang qu’il lance dans leur inté¬
rieur, et de l’élasticité des parois artériel¬
les. 2° La plus petite ouverture pratiquée à
une artère donne lieu à un jet de sang qui
sort par saccades à chaque contraction du
cœur , et la compression de ce vaisseau ou¬
vert , faite entre le cœur et la plaie , arrête
immédiatement la sortie du sang. 3° Les
parois des artères ont plus d’épaisseur que
les autres vaisseaux , et leur calibre ne s’ef¬
face pas après la mort. On a dit aussi, mais
à tort, que la nature du sang que contien¬
nent les artères est d’un rouge vermeil ,
sans faire attention que les artères pulmo¬
naires, généralement très volumineuses, con¬
tiennent du sang noir ou veineux, et que,
chez les Reptiles comme chez le fœtus de
l’homme lui -même, c’est du sang artériel
et veineux, mélangé dans le cœur, qui pas¬
se ensuite dans toutes les artères. C’est
donc d’une manière beaucoup moins géné¬
rale qu’on peut dire des artères qu’elles
contiennent du sang rouge ou vermeil.
Considérations anatomiques. — Les ar¬
tères représentent une succession non inter¬
rompue de canaux décroissants , qui nais¬
sent de troncs communs. Les grosses artè¬
res ont, d’une manière absolue , des parois
plus fortes que les petites; mais, relative¬
ment à leur calibre , l’épaisseur des parois
augmente à mesure qu’on s’éloigne du
ART
*69
cœur. Les artères pulmonaires et leur tronc ,
qui forment un système artériel à part
(Foy. pulmonaire , trong ), présentent
quelques variétés de texture qui expliquent
jusqu’à un certain point la rareté des ané¬
vrismes et le petit nombre d’altérations pa¬
thologiques de ces vaisseaux. Trois tuniques
superposées constituent les parois des artè¬
res ; l’externe est constituée par un tissu fi¬
lamenteux, aréolaire, nommé tunique cel¬
lulaire. C’est à cette tunique que M. Cru-
veilhier croit devoir rapporter tous les phé¬
nomènes de contractilité qu’on a attribués
à la tunique moyenne. Celle-ci, nommée
tunique propre des artères , est jaunâtre,
serrée , épaisse , composée de fibres circu¬
laires qui s’entrecroisent à angle très aigu.
Elle est extensible , fragile , se déchire avec
la plus grande facilité par les tractions exer¬
cées suivant sa longueur , et se coupe sous
la ligation. La tunique interne est une pel¬
licule transparente, d’une excessive ténuité,
d’une couleur légèrement rosée , et lubré-
fiée par de la sérosité. A l’intérieur des artè¬
res il existe , au niveau de chaque division ex¬
térieure , une saillie qu’on nomme éperon ,
formée par la membrane moyenne elle-même,
recouverte en ce point, comme partout ,
par la membrane interne. Cet éperon sail¬
lant est situé du côté opposé au cœur quand
l’angle de division est aigu , moins marqué
et placé du côté du cœur lorsque cet angle
est obtus; lorsqu’il est droit, une saillie
circulaire , égale dans toute la circonféren¬
ce, remplace cet éperon. La disposition et
la structure anatomiques de ces espèces de
valvules , propres à modifier le cours du
sang, ont, dans ces derniers temps, fixé
l’attention de M. le docteur Vernois, qui,
dans une thèse fort remarquable, soutenue
à la Faculté de médecine de Paris, a jeté
un nouveau jour sur ce point.
Les vaisseaux sanguins des artères sont
très nombreux ; ils portent le nom de vasa
asorum. Des nerfs accompagnent ces arté-
•ioles du système céphalo-rachidien , et ils
viennent plus particulièrement du tri-
spl a x c 12NIQU e {Voij. ce mot), auquel le sys¬
tème artériel sert , pour ainsi dire, de char¬
pente. Quant aux vaisseaux lymphatiques des
artères , ils ne sont bien démontrés que sur
les gros troncs.
Le tissu artériel, examiné sous le rapport
ART
chimique, se compose, suivant les uns, de
gélatine et de petites proportions de fibrine.
Voilà quant à la structure et à la composi¬
tion chimique des artères. Maintenant, si
nous envisageons l’ensemble du système ar¬
tériel sous le rapport des anomalies , nous
trouvons qu’il est le plus sujet aux variétés
anatomiques, et que ces variétés portent
tantôt sur le trajet , tantôt sur l’origine des
troncs. Les artères principales suivent en gé¬
néral la direction de l’axe des membres ; elles
sont presque rectilignes , et les légères in¬
flexions qu’elles présentent donnent à l’ar¬
tère une longueur plus considérable que
celle du membre auquel elles appartiennent,
ce qui prévient la déchirure du vaisseau
dans l’état d’allongement et d’extension des
organes. On peut constater l’utilité des
courbures artérielles en examinant les par¬
ties qui sont soumises à des alternatives de
dilatation et de resserrement considérable :
telles sont les artères du cœur , de l’utérus,
celles qui se distribuent aux lèvres, etc.
Dans le cours de leur trajet , les artères
communiquent entre elles par des branches,
qui tantôt unissent l’un à l’autre deux troncs
différents , tantôt font communiquer deux
parties d’un même tronc : ce mode de com¬
munication porte le nom d 'anastomose.
Les artères sont toujours en rapport avec
des veines qui leur sont accolées. Lorsqu’il
existe deux veines satellites pour une artère,
celle-ci est toujours intermédiaire. Les ter¬
minaisons des artères ont lieu dans l’épais¬
seur des organes. Le nombre de ramifica¬
tions qui se distribuent dans chacun d’eux
est en rapport avec l’activité de ses fonc¬
tions; les organes qui sont chargés d’une
sécrétion quelconque sont bien plus riches
en vaisseaux que ceux qui sont bornés aux
fonctions nutritives.
Enfin les artères aboutissent au système
capillaire , et communiquent par ce moyen
avec les veines. Elles paraissent se former en
même temps que celles-ci , et les deux systè¬
mes de vaisseaux existent avant la formation
du cœur. Le tissu artériel est très mou dans
le premier âge ; sa consistance devient plus
grande chez l’adulte ; il est sec , et pour
ainsi dire cassant, chez le vieillard. Il finit
souvent, à cette époque, par s’ossifier ; mais
cela n’est pas constant , car on cite des cen¬
tenaires dont les artères ne présentaient point
11*
T. U.
ART
m ART
cette ossification. Voy. circulation et
VAISSEAUX. (M. S. A.)
ARTHÉMIDE. Arthemis ( Arthemis ,
surnom de Diane , Myth. ). moll. — Poli
est le créateur du g. Arthemis ; avant lui ,
les Coquilles qui en font partie étaient
comprises par Linné parmi les espèces de
son g. Venus , et , avant Linné , ces mêmes
espèces étaient rapportées par Lister à son
g. Chame , et confondues avec des Coquil¬
les d’un genre très différent. Chemnitz ,
Muller, et tous les auteurs modernes , ont
adopté le sentiment de Linné , qui reçut de
Lamarck une modification peu importante
lorsqu’il sépara lesCythérées des Vénus. Les
Arthemis de Poli furent entraînées à la sui¬
te des Cythérées. On savait , par quelques
observations d’Adanson, que les animaux
des Vénus ont les lobes du manteau réunis
à leur partie postérieure , et prolongés , de
ce côté , en deux siphons séparés dans toute
leur étendue. Poli a confirmé ce fait par un
grand nombre d’exemples ; mais il y a ajou¬
té un grand nombre d’observations anato¬
miques, et il a fait voir, entre autres, qu’une
Vénus de Linné dont Lamarck a fait le ty¬
pe de son g. Cythérée avait les deux si¬
phons réunis ; aussi Poli , rigoureux dans
l’application des caract. génériques qu’il a
formulés dans son ouvrage , a-t-il compris
cette coquille dans le même g. que celui
des Martres, la séparant ainsi des Venus de
Linné. Quant au g. Arthemis , Poli en a
trouvé le type dans la Venus exoleta de
Linné, et ce genre, que l’on a trop long¬
temps négligé , mérite , par ses caractères ,
d’être introduit dans toutes les méthodes de
conchyliologie. L’un des premiers , nous a-
vons cherché à faire apprécier la valeur de
ces caractères, et, depuis, plusieurs con-
chyliologues l’ont mentionné dans leurs ou¬
vrages. L’animal des Arthemis est orbicu-
laire ; les lobes de son manteau sont désu¬
nis dans une grande partie de leur circon¬
férence : ils se joignent à la partie posté¬
rieure, et se prolongent, en arrière, en un
seul siphon, réunissant, sous une même en¬
veloppe, deux tuyaux inégaux. La masse ab¬
dominale est assez considérable ; elle se ter¬
mine inférieurement en un pied dont la
forme est toute particulière à ce genre , et
qui se rapproche cependant assez de celui
des Pétoncles. En effet, il est sécuriforme ,
tranchant à son bord , et non fendu sur ce
bord, comme dans les Pétoncles. Il y a donc,
relativement à ces deux parties de l’animal,
le siphon et le pied , une combinaison par¬
ticulière qui ne se montre point dans les
autres Mollusques acéphales. De chaque cô¬
té de la masse abdominale viennent se pla¬
cer des feuillets branchiaux fort inégaux ;
ceux du côté interne sont beaucoup plus
grands que ceux qui sont à l’extérieur , et
ils ne se réunissent point à la partie posté¬
rieure du corps. L’ouverture de la bouche
est très petite ; on la voit à la réunion du
pied et du muscle adducteur antérieur ; elle
est très petite et garnie de deux paires de
palpes labiales triangulaires et très molles.
Lorsque l’animal est vivant, et qu’il fait sor¬
tir les bords de son manteau , on le voit
découpé en petites lanières , sur lesquelles
s’implantent de très petits tentacules; par
cette disposition du manteau, cet animal se
rapproche de celui des Vénus. Ce que nous
venons de dire suffit pour faire admettre le
g. Arthemis de Poli, puisqu’il offre dans
ses caractères zoologiques une combinaison
qui ne se montre dans aucun autre. Nous
devons ajouter que, dans ce genre, le muscle
rétracteur des siphons est en proportion
plus étroit, toujours d’une forme triangulai¬
re , et se prolongeant obliquement jusqu’au
milieu des valves. Quant aux coquilles,
toutes , sans exception , sont orbiculaires ,
lenticulaires , peu épaisses. Toutes celles
que nous connaissons sont striées transver¬
salement ; toutes ont une lunule cordifor-
me plus ou moins enfoncée. Leur charniè¬
re, très voisine de celle des Cythérées , s’en
distingue cependant par quelques différen¬
ces. Le bord cardinal est généralement lar¬
ge en proportion de la grandeur de la co¬
quille ; le ligament porté sur une nymphe
déprimée , et presque toujours , en grande
partie , cachée par le bord du corselet. Sur
la valve droite, en allant d’arrière en avant,
on trouve une dent postérieure étroite , et
allongée dans la direction de la nymphe.
Immédiatement au dessous du crochet tom¬
bent presque perpendiculairement, et un
peu en divergeant, deux petites dents iné¬
gales, qui laissent entre elles une petite
fossette très étroite ; enfin , à l’extrémité de
la dent la plus antérieure , on trouve une
petite fossette destinée à recevoir la dent
ART
ART
171
latérale antérieure de la valve opposée. Sur
la valve gauche , toujours en suivant la
charnière d’arrière en avant , on trouve
une grande fossette oblongue , où s’intro¬
duit la grande dent oblique de la valve
droite. En avant s’élève une dent oblique
postérieure, jointe à son sommet à une au¬
tre dent qui est antérieure , et qui s’in¬
cline dans le sens de la lunule. Cette dent ,
très mince dans la jonction des valves,
se place entre les deux dents antérieures
de la valve opposée ; enfin , un peu en
avant de cette dent , et à sa base , on en
trouve une petite latérale antérieure , qui ,
dans presque toutes les espèces, reste à
l’état rudimentaire. Les impressions mus¬
culaires sont généralement grandes, l’an¬
térieure est ovale , subtrigone , et descend
jusque vers la moitié de la longueur de la
coquille. La postérieure est semi-lunaire ,
et descend quelquefois plus bas que celle
du côté opposé. La sinuosité de l’impres¬
sion paléale correspond exactement à la
forme du muscle rétracteur des siphons ;
elle est étroite, très profonde ; et, si l’on fait
passer une ligne par son axe, cette ligne
vient presque toujours tomber vers l’extré¬
mité supérieure de l’impression musculaire
antérieure. Il résulte de ce que nous venons
d’exposer que le genre Arthemis peut être
caractérisé de la manière suivante :
Caractères génériques . — Animal orbi-
culaire, comprimé latéralement, ayant les
lobes du manteau frangés et désunis dans
toute la longueur du bord inférieur, et
terminé postérieurement en deux siphons
coniques réunis dans toute leur longueur.
Pied comprimé, demi-circulaire, tranchant
à son bord et occupant tout le bord infé¬
rieur et antérieur de la masse abdominale ;
une paire de branchies de chaque côté com¬
posée de deux feuillets inégaux fort larges.
Coquille orbiculaire, déprimée, peu épais¬
se, striée transversalement. Crochets petits,
très pointus , dominant une lunule cordi-
forme , profonde et toujours nettement cir¬
conscrite. Charnière ayant à chaque valve
trois dents cardinales, inégales, dont la pos¬
térieure est toujours la plus grande; une
dent latérale antérieure , rudimentaire ; im¬
pression musculaire , grande et presque é-
gale. Sinus paléal étroit , profond , oblique
et très aigu au sommet.
Le nombre des espèces appartenant au
genre Arthemis est assez considérable ; elles
sont répandues dans presque toutes les
mers , et l’une d’elles est très communé¬
ment répandue dans la Méditerranée et
dans les mers d’Europe. Cette coquille offre
cette particularité qui vaut la peine d’être
notée , qu’elle se trouve depuis le cap Nord
Jusqu’au Sénégal et dans toute la profon¬
deur de la Méditerranée. Cette espèce, inté¬
ressante par le grand espace qu’elle occupe,
se trouve fossile en Sicile, et quelques unes
de ses variétés septentrionales dans des ter¬
rains tertiaires, connus des géologues anglais
sous le nom de Crag. Elle existe également
fossile dans les terrains récents de la Suède
et de la Norwége. Nous en connaissons ac¬
tuellement une vingtaine d’esp., dont la plu¬
part vivantes et quelques unes fossiles , re¬
marquables par leur grandeur, proviennent
des terrains tertiaires d’Italie et de ceux de
l’Amérique septentrionale. (Desh.)
* ARTHENEIS. ins. — Genre de la
famille des Lygéens, de l’ordre des Hémi¬
ptères , établi par M. Spinola (Ess. sur les
Hémipt.) sur deux petites esp. trouvées ré¬
cemment en Italie. Ce genre , qui paraît
avoir de grands rapports avec les Cymus de
Hahn par l’ensemble général du corps et
par les antennes , s’en distingue surtout par
un long canal situé à la partie inférieure de
la tête , pouvant loger complètement , pen¬
dant le repos , le premier article du rostre.
Le type du g. est VA. cymoides Spin., des
environs de Gênes. M. Spinola pense que
sa seconde espèce, A. foveolata, de Sardai¬
gne, pourrait constituer un genre distinct.
(Bl.)
* ARTHONIA («/9 efc>, j’arrose), bot.
CR. — Acharius , dans sa Lichenographia
universa , donne ce nom à un genre qui ne
peut être conservé. Les Arthonies de cet
auteur se composent en effet de Lichens
dont les Apothécies ont subi des anamor¬
phoses plus ou moins profondes. Elles con¬
sistent alors en de simples taches noires
plus ou moins difformes, sans aucun rebord
ni propre , ni thallodique , et dans lesquel¬
les l’excipulum et le nucléus sont confondus
en une masse pulvérulente noirâtre. On
peut bien encore, à l’analyse , y trouver des
thèques; mais celles-ci ont elles -mêmes
changé de forme et sont méconnaissables.
172
ART
ART
Les Graphidées et les Yerrucariées ont cer¬
tainement fourni le plus grand nombre des
espèces inscrites dans ce genre : ainsi VA.
gibberulosa n’est qu’une forme de la varié¬
té b. nothci de VOpeyrapha varia; les A. ra-
diosa et Swartziana ne sont qu’une dégé¬
nérescence de VOpegrapha atra. Quelques
autres appartiennent au genre Lecanactis;
ex. : A. lyncea Ach. Enfin on y rencontre
aussi , mais plus rarement , des Lécidées et
meme des Parmélies dégénérées ; on ne sau¬
rait donc l’admettre tel qu’il a été circon¬
scrit par son fondateur.
Eschweiler, après avoir lui-même contribué
à détruire le g. d’Acharius , a tenté ( Mart.
Fl. Bras., I, p. 109) de le faire revivre en le
limitant à une ou deux espèces brésiliennes ;
il le définit ainsi : Thalle crustacé ; apothé-
cies linéaires et difformes , ou en forme de
verrues, nues, renfermant, dans un nucléus
gélatineux, des thèques piriformes qui con¬
tiennent elles-mêmes ce qu’il appelle , lui ,
des thèques , mais que nous nommons ,
nous, des sporidies. Il rapporte l’une de
ces espèces au Spiloma maculans d’Acha-
rius. Nous ne saurions nous prononcer sur
la valeur de ce g., qu’Eschweiler donne d’ail¬
leurs lui-même comme douteux. C’est Ar-
donia qu’aurait dû s’appeler ce g., d’après
l’étymologie que lui donne Acharius. C’est
en effet cfyxTw (et non upQta , qu’on trouve
dans cet auteur), qui signifie irrigare , ad-
spergere; üpQu n’est pas un verbe grec.
(C.M.)
* ARTHOSTEMA, Neck. bot. ph.—
Synonyme du genre Thoa , Aubl., de la fa¬
mille des Conifères. (Sp.)
ARTHRATHERUM (üpOpov , articu¬
lation; àQÿp, arête), bot. ph. — Genre de
la famille des Graminées, établi par Palissot
de Beauvois pour les esp. (VAristida qui ont
l’arête trifide au sommet , articulée et cadu¬
que.
Ce genre n’a pas été adopté par les autres
agrostographes. Voy. aristida. (A. R.)
ARTHRAXON ( &pdpov , articulation;
, axe ). bot. ph. — Palissot de Beauvois
a nommé ainsi un genre de la famille des
Graminées, établi pour VIschœmum ciliare
Retz. — Ce genre n’a pas été adopté. Voy.
ÏSCSIOEMUM. (A. R.)
* ARTHRENÏA [xpSpov , articulation).
selm. —Genre non décrit de Yers intesti¬
naux , signalé par M. Rafinesque ( Analyse
de la nature , p. 150) dans sa famille des
Arthréniens , qui comprend les Yers articu¬
lés à la manière des Tœnia. (P. G.)
* ARTHRÉNIENS ( d 'Arthrmia ).
helm. — Famille des Yers intestinaux, dé¬
nommée par M. Rafinesque ( Analyse de
la nature, p. 150), et comprenant , outre le
genre Arthrenia , dont l’auteur ne donne
pas les caract. , ceux de Tœnia , Halysis ,
Hepatoxylon , e te. (P. G.)
*ARTHRIA ( üpdpov, article), ins. —
Genre de l’ordre des Diptères , division des
Némocères , famille des Tipulaires , tribu
des Bibionides, établi par Kirby, et adopté
par M. Macquart dans son ouvrage intitulé :
Diptères nouveaux ou peu connus. Les ca¬
ractères en sont : Palpes de quatre ou cinq ar¬
ticles. Des ocelles. Tarses munis de trois
pelotes, de cinq articles. Jambes non épi¬
neuses ; les antérieures terminées en poin¬
te. Une cellule marginale. Antennes termi¬
nées en massue.
Ce genre, voisin des Aspites , est fondé
sur une seule esp. , nommée A. analis par
Rirby dans sa Faune de V Amérique boréa¬
le. (D.)
ARTHRINIUM ( üpdpov, article), bot.
cr. — Runze ( Myc . Hefte, t. II, p. 101 )
désigne sous ce nom de petits champignons
qui se trouvent sur les feuilles mortes des
Carex, et que Fries range dans l’ordre des
Dématiés. Ils présentent pour caractères un
thallus composé de filaments entassés, sim¬
ples , cloisonnés , comme moniliformes ,
noirs et parsemés de spores fusiformes ob¬
scures, beaucoup plus volumineuses que les
filaments qui les supportent. — C’est avec
raison que Link a séparé de ce g. VArthri-
nium puccinioides de Runze pour en for¬
mer le genre Goniosporium, dont les spo¬
res sont anguleuses. L’A. caricicola , qui
est le type, forme, sur les feuilles mortes de
quelques Carex, de petits points saillants et
noirs, du volume d’un grain de moutarde ,
mais aplatis. (LÉv.)
* ARTHROBOTRYS ( üpOpov > ar¬
ticulation; Gôzpvç, botrys ). bot. — Yfal-
lich, dans son Catalogue , a désigné sous le
nom (VArthrobotrys macrocarpa une fou¬
gère du groupe des Aspidiées , que Presl a
rapportée avec les Aspidium dilatatum , ri-
gidum, cristatum, et quelques autres es-
ART
173
pèces moins connues , à une section de son
genre Lastrea , qu’il désigne sous le nom
donné par Wallich. (Ad. B.)
ARTHROCÉPHALÉS ( tkpQpov , arti¬
cle, articulation ; *£<?«>/;, tête), crust. —
Nom employé par M. Duméril pour dési¬
gner une division de la classe des Crustacés,
comprenant toutes les espèces dont la tête
est séparée du thorax, telles que les Squel-
les , les Crevettes, et autres Amphipodes.
(M. E.)
* ARTIiROCLADIA (upQpo-J, article,
, rameau), bot. cr. — Genre créé
par M. Duby (Bot. Gall., p. 971) pour une
Phycée dont Hudson et Dillwyn faisaient
une Conferve , et M. Agardh un Sporoch-
nus. Il est ainsi caractérisé : Filaments flexi¬
bles, très allongés , d’une substance cornée ;
rameaux par dichotomies successives , qui
vont en s’atténuant peu à peu. Ces filaments
portent à chaque articulation un verticille
de fils fort déliés , flexibles et rameux eux-
mêmes. La fructification consiste en de très
petits conceptacles presque cylindriques ,
réunis bout à bout en petits rameaux pédi-
cellés, cylindriques, obtus , sous la forme de
silique toruleuse et portés par les cils en
question : c’est surtout à la base de ceux-ci
qu’on les observe. Les conceptacles s’échap¬
pent enfin du petit rameau , et le laissent
vide, flasque et comme désorganisé. — Se fon
dant sur ce que la fronde de cette Algue est
articulée, M. Duby la place, en outre, dans
sa tribu des Céramiées. M. Greville ( Algœ
Britann. ) maintient cette plante dans le g.
Sporochnus , et nous nous rangeons de son
avis. (C. M.)
* ARTHROCNEMUM , Moq. Tand.
( Chenopodearum Monogr., page 111 ) (ap-
Opov , articulation ; , rayon ). bot.
pii. — Genre de la famille des Chénopodées,
auquel son auteur assigne les caractères
suivants : Fleurs hermaphrodites, ébrac-
téolées , cachées par les articles des ra¬
meaux. Périgone subtrigone ou subtétrage-
ne , ventru, tronqué ou 5-5-denté au som¬
met; le fructifère fongueux, inappendiculé.
Étamines 1 ou 2 , insérées au réceptacle.
Styles 2 , connés inférieurement. Péricarpe
membranacé, comprime, recouvert par le
périgone amplifié. Graine inadhérente, ver¬
ticale, lenticulaire, subrostellée ; tégument
double , l’extérieur crustacé Périsnerme
ART
central et latéral , copieux , farinacé. Em¬
bryon semi-annulaire , verdâtre ; radicule
descendante. — Sous-arbrisseaux ou herbes,
aphylles, glabres. Tiges et rameaux articu¬
lés. Rameaux florifères spiciformes. Fleurs
(non plongées dans les excavations du ra¬
chis) minimes, eh général ternées. — Ce
genre est fondé sur le Salicornia fruticosa
L. et quatre esp. voisines. Ces plantes ha¬
bitent la région méditerranéenne , l’Inde ,
la Nouvelle-Hollande et l’Amérique septen¬
trionale. (Sp.)
* ARTHRODACTYLA (*fi9pw, arti¬
cle; c/axT 1)5.05, doigt), ins. — Genre de Co¬
léoptères hétéromères , famille des Téné-
brionites , établi par Kîug. Ce genre, voi¬
sin des Calcar, en diffère par les articles
des tarses, qui sont très courts, larges et
aplatis , profondément incisés, serrés les uns
contre les autres, et recouverts en dessous
d’un épais duvet. Il se compose de deux es¬
pèces rapportées de Madagascar par le voya¬
geur Goudot, et nommées par Rlug, l’une
A. elongata , et l’autre A. nttënuata. Toutes
deux sont figurées et décrites dans un ou¬
vrage de cet auteur intitulé : Bericht über
eine au f Madagascar veranstaltete Samm-
lung von Insecten aus der ordnung. Co-
leoptera, p. 90, tab. 4 , fig. 5, e-f. (D.)
ARTHRODACTYLÎS f'fyfyov, arti¬
culation; cPaxru)is, de la grosseur du doigt/).
bot. ph. — Le genre désigné sous ce nom
par Forster (Gen., n. 57) a été réuni au g.
Pandanus. Voy. ce mot. (A. R.)
*ARTMROBE!S (àpdpûHs, articulé).
ins. — Genre de Coléoptères hétéromères ,
famille des Mélasomes, tribu des Érodites,
établi par M. Solier aux dépens du genre
Erodius de Fabr. (Ann. de la Soc. entom.
de France , t. III, 1854, pag. 508 et 515),
et dont voici les principaux caractères, sui¬
vant cet auteur : Tibias antérieurs fortement
bidentés. Mandibules ayant en dessus une
dent saillante. Labre subtriangulaire ou ca¬
ché. Antennes n’ayant que dix articles appa¬
rents , le dernier court , pas sensiblement
ovalaire. Il y rapporte 5 esp. d’Égypte, dont
2 nommées par lui A. crucialus et A. obli-
teratus, et la 5e parM. Dejean A. rotunda-
tus. Ce dernier, n’ayant pas trouvé le g. dont
il s’agit assez caractérisé, ne l’a pas adopté
dans son dernier Catalogue. (D.)
* ARTHRODESMIES ( tpfyov , arti-
174
ART
ART
cle ; tfsctftài , lien), bot. cr. (Phycées). —
M. Ehrenberg a donné ce nom , dans son
grand ouvrage sur les Infusoires, à un gen¬
re de Bacillariées qui correspond exacte¬
ment au genre Scenedesmus , de M. Meyen,
créé antérieurement, et consigné dans la
plupart des auteurs qui ont écrit sur les
Algues microscopiques. Ce changement de
nom , dont rien n’indique la nécessité , ne
peut donc être adopté. Le genre Scenedes¬
mus appartient à la tribu des Desmidiées.
(Bréb.)
ARTHRODIE [àpBp wcTt'a, articula¬
tion). bot. cr. (Phycées). — Ce genre a été
établi par Rafinesque pour une production
végétale , flottant en taches vertes sur les
eaux douces de la Sicile , et à laquelle il
donne pour caractères de présenter des cor¬
puscules allongés , libres , simples , plans ,
divisés en deux articles remplis d’une ma¬
tière granuleuse , sporulifère. Quelques al-
gologistes ont cru y reconnaître un Micro-
cystis ou Palmella ; nous pensons que ce
doit être plutôt une Desmidiée appartenant
au genre Cosmarium , Cord. ; Heterocar-
pella , Turp. (Bréb.)
ARTHRODîÉES {âpdpufl*, articula¬
tion). bot. cr. (Phycées). — Sous ce nom,
imposé par M. Bory de St-Vincent, se trou¬
ve placé un groupe très considérable de la
famille des Algues, auquel se réunissent
peut-être quelques Infusoires. Les êtres que
renferme cette grande division, qui semble de¬
voir appartenir principalement au règne vé¬
gétal, se rapprochent néanmoins, pour un cer¬
tain nombre, assez intimement des Polypiers
pour ne pas oser assurer qu’ils ne sont point
pourvus d’animalité. Ce sont ces considéra¬
tions, que les limites de cet article ne nous
permettent pas de discuter, qui ont engagé le
célèbre physiologiste que nous venons de ci¬
ter à proposer la création d’un règne intermé¬
diaire, le règne Psychodiaire , qui prouve¬
rait, comme le dit cet auteur , « que cette
division générale de règnes n’est pas plus
réelle que l’existence de classes et de gen¬
res dont les limites se confondent, au point
qu’il est souvent impossible d’assigner au¬
quel des deux groupes voisins appartien¬
nent certaines espèces placées sur les con¬
fins de tant de divisions arbitraires. »
Nous nous bornerons à offrir ici les ca¬
ractères assignés à cette famille ; mais ce¬
pendant des observations postérieures nous
la font envisager comme composée d’espèces
qui ne peuvent être rapprochées, et que
nous traiterons successivement aux mots :
DIATOMÉES, OSCILLARIÉES et ZYGNÉ-
mées, tribus qui correspondent à celles
établies par M. Bory de St-Yincent, qui,
dès ce temps-là (1822), pensait avec raison
qu’elles étaient susceptibles de former au¬
tant de familles nouvelles très distinctes.
Les caractères généraux des Arthrodiées
consistent en des filaments généralement
simples , formés de deux tubes, dont l’un
extérieur, transparent , contenant un fila¬
ment intérieur articulé rempli de la ma¬
tière colorante.
La première tribu, Fragillaires, ren¬
ferme trois genres : Diatoma, DC. ; Acli-
nanthes , Bory, et Nematoplata , Bory. —
La deuxième tribu , Oscillaires , quatre
genres : Dillwynella , Bory ; Oscillaria ,
Bosc; Vaginaria , Bory, et Anabaina , Bory.
— La troisième tribu, Conjuguées, quatre
genres : Leda, Bory; Tendaridea , Bory;
Salmacis, Bory, et Zygnema , Ag. — La qua¬
trième tribu , Zoocarpées , trois genres :
Anthophysis , Bory ; Tiresias , Bory , et
Cadmus, Bory. Plusieurs de ces noms n’ont
pas été généralement adoptés. (Bréb.)
* ARTH ROLOBIUM , Desv. ( Journ .
de Bot. , t. III , p. 121 , tab. 4 , fig. 10 ). —
Astrolobium (par erreur typographique,
recopiée par la plupart des auteurs) , DC.
(. Prodr ., t. II, p. 311) (àpdpov, articulation,
article ; ïoSio-;, cosse , gousse), bot. ph. —
Genre de la famille des Légumineuses ,
sous-ordre des Papilionacées, tribu des Hé-
dysarées , DC. , compris par Linné dans son
genre Ornithopus. Les caractères essen¬
tiels en sont : Calice tubuleux, 5-denté,
point bractéolé; dents presque égales. Co¬
rolle à carène minime, comprimée. Étami¬
nes diadelphes (9 et 1). Légume subcylin¬
drique, à articles nombreux, 1-spermes, in¬
déhiscents, cylindracés , tronqués aux deux
bouts. — Herbes annuelles; feuilles impari-
pennées ; stipules nulles , ou soudées en
écaille oppositifoliée, 2-dentée; fleurs jaunes,
disposées en capitules dépourvus de brac¬
tées foliacées. M. deCandolle (Le.) rapporte
I à ce genre quatre espèces ; mais, suivant
M. Koch ( Deutschl . Flora, vol. Y, p. 204) ,
I IM. ebracteatum DC. ( Ornithopus lœvi -
ART
ART
175
gains Smith ; — Ornithopus ebracteatus
Brotero ; — Ornithopus exstipulatus Tho-
re) est la seule qui y appartienne réelle¬
ment ; tandis que les trois autres doivent être
transférées aux genres Coronilla et Hippo-
crépis. (Sp).
ARTHROLOBTJS , Andrz. , msc. ( ’âp-
Bpov , articulation; Mos , gousse), bot. ph.
— Syn. du genre Rapistrum, Bœrh. , de
la famille des Crucifères. (Sp.)
ARTHROLOBUS, Stev. msc. ; non An¬
drz. (ckpOpov, articulation; XdS ©'$, gousse).
bot. ph. — Syn. du genre Sterigma , DC.,
de la famille des Crucifères. (Sp.)
*ARTHROMACRA (&pOfiW , article;
pocxpcç, grand ). ins. — Genre de Coléoptè¬
res hétéromères, famille des Hélopiens, éta¬
bli par M. Kirby ( Fauna borealis ameri-
cana, page 238, année 1837), aux dépens de
son genre Stenochia , d’après une seule es¬
pèce trouvée au Canada, et qu’il nomme
A. donacioides, à cause de sa ressemblance
avec une Donacie. Ce genre est le même
que celui créé par Latreille sous le nom de
Statyra. Voy. ce mot. (B. et C.)
* ARTIi ROM ARIA ( %p6pov , article ;
à p ta , frêne? ). bot. cr. — Nom donné par
M. Fries ( Syst. orb. Veget. , p. 282) à des
taches lichénoïdes , réticulées , noirâtres ,
qu’on observe sur l’écorce lisse de certains
arbres, sur le Frêne, par exemple. L’auteur
les compare à VOpegrapha crassa DC., qui
est un véritable Lichen, tandis que l’absen¬
ce des thèques , dans la production dont il
est question, doit la faire rayer du catalogue
des végétaux. (C. M.)
* ARTHRONEMUS [kpfrpoy, articula¬
tion ; vtyy.se, chaîne), annél. — Genre non
décrit d’Annélides, voisin des Sangsues et de
la même famille qu’elles , signalé sans de¬
scription par M. Rafînesque ( Analyse de la
nature , p. 135). ( P. G. )
ARTHRONIE. Arthronia. bot. cr.
— Voyez ARTHONIA. (C. M.)
* ARTHROPHYLLUM , Blume ( àp-
Opoy , articulation ; <pv).).ov , feuille ). bot.
ph. — Genre de la famille des Araliacées ;
son auteur ( Bijdr . 878) en donne les ca¬
ractères suivants : Limbe calicinal supère ,
court, obscurément 5-denté. Pétales 5, in¬
sérés au bord d’un disque épigyne. Étami¬
nes 5. Ovaire 1-loculaire , 1-ovulé. Style
très court; stigmate simple, obtus. Baie 1-
sperme , couronnée. — Arbrisseaux (de
Java) inermes. Feuilles 2-pennées, ou im-
paripennées , ou ternées ; folioles très en¬
tières. Inflorescence en ombelles pétiolaires,
composées. On en connaît trois espèces.
(Sp.)
ARTHROPODE. Arthropodium ( ï.p-
Bpo'j , articulation ;« ou?, oiïa, pied), bot. ph.
— Genre formé par R. Brown (Prodr. 276) , '
et ainsi caractérisé : Périgone corollacé , 6-
partite ; à segments étalés , dont les 3 inté¬
rieurs ondulés ou frangés sur les bords. Éta¬
mines 6 , insérées à la base du périgone , à
filaments barbus. Ovaire 3-loculaire, à ovu¬
les nombreux. Style filiforme, à stigmate
hispidule. Capsule membranacée, subglobu¬
leuse, 3-loculaire, loculicide-5-valve, Grai¬
nes subanguleuses , peu nombreuses , à om¬
bilic nu. Embryon courbe. — Il renferme
environ une douzaine de plantes herbacées
ou à peine suffrutescentes , appartenant tou¬
tes à l’Australasie. Elles sont glabres ; à ra¬
cines composées de fibres épaisses, fascicu-
lées, ou de bulbes pédicellés ; à feuilles li¬
néaires ou ovales-lancéolées-atténuées, flas¬
ques ; à inflorescence en grappes lâches;
pédicelles agrégés ou solitaires, articulés au
milieu ( und'e nomen ) ; à fleurs pendantes,
dont le périgone connivent après l’anthèse,
et bientôt circoncis au dessous de sa base,
qui persiste en forme de coupe. Bien que ce
genre soit encore incomplètement détermi¬
né, ces derniers caractères le distinguent
suffisamment du genre Antheric ( Voy. ce
mot) , dont il est très voisin. On en cultive
dans les jardins sept ou huit espèces, dont
la plus remarquable est i’A. cirrhatum R.
B., de la Nouvelle-Zélande. (C. L.)
* ARTHROPOGON. Arthropogon (jkp-
Bpov ■ articulation ; ir otywv , barbe ). bot.
ph. — Genre de la famille des Graminées,
tribu des Andropogonées, établi par le pro¬
fesseur Nees d’Esenbeck ( in Mart. Gram.
Bras. 2, p. 320). Les épillets sont tous sem¬
blables, pédicellés et biflores , articulés sur
leur pédoncule, environnés à leur base par
des poils mous. Les fleurs sont mutiques :
l’inférieure est mâle, la supérieure est her¬
maphrodite. Les écailles sont un peu coria¬
ces ; l’inférieure est subulée , la supérieure
naviculaire et carénée, bifide à son som¬
met et terminée par une arête courte. Les
paillettes sont minces et hyalines; l’infé-
176
ART
ART
rieure, dans la fleur mâle, est papyracée. Les
étamines sont au nombre de trois. L’ovaire
est glabre ; les stigmates sont plumeux et à
poils simples. Les paléoles sont glabres et
dolabriformes. Le fruit est glabre et nu.— Ce
genre ne se compose que d’une seule es¬
pèce , Ârthropogon villosus Nees ab Esenb.,
I. c., Kunth ( Gram . Iï, p. 573, t. 200). C’est
une graminée vivace originaire du Brésil.
Ses chaumes sont touffus ; ses feuilles sont
linéaires-lancéolées ; ses fleurs sont en pa-
nicule simple. Ce genre est voisin du genre
Neurachne, Brown. Il en diffère par ses
écailles soyeuses à leur base, et par son in¬
florescence. (A. R.)
ÂRTHROPSES. Arthtropsia (ikpQpo'j,
articulation; apparence). zool. —
Nom donné par M. Rafinesque dans son
Analyse de la Nature, p. 156 , à la sous-fa¬
mille des Bermopsia , qui comprend les J sis
et autres Coralliens articulés. (P. G.)
* ARTHROPTERU S (&p9pov , membre,
article; ntépvÇ, aile), ins. — Genre de Coléo¬
ptères tétramères , famille des Xylophages ,
tribu des Paussides, établi par Mac Leay aux
dépens du g. Cerapterus de Swederus (11-
lustr . of the zoology of South Africa, etc.,
p. 75, tab. 4, fig. a), et modifié, depuis, par
M. WestvVbod (the Entomolog. Magaz., p.
505) , qui le caractérise ainsi : Tête plus
étroite que le corselet ; celui-ci presque
carré. Antennes renflées à dernier article
médiocre. Élytres étroites, plus courtes que
l’abdomen ; tibias armés de 2 épines à l’ex¬
trémité, avec l’angle externe très aigu. — Le
typedeceg. est le Cerapt. Maclèayi de
Donovan , espèce de la Nouvelle-Hollande ,
figurée dans le premier des deux ouvra¬
ges précités, ainsi que dans le vol. II, 2e par¬
tie des Trans. de la Soc. ent. de Londres (p.
95, pl. 10, fig. 7) ; mais nous devons dire ici
que ces deux figures, qui diffèrent notable¬
ment entre elles par la forme du corselet,
ne s’accordent guère avec les caractères gé¬
nériques de M. Westwood quant aux an¬
tennes, dont le premier article, dit-il, est
médiocre, tandis que les deux figures le re¬
présentent très volumineux. N’ayant pas vu
l’espèce en nature , nous ne pouvons dire
de quel côté est l’inexactitude. (D.)
* ARTHROSTACHYA (jtffî, arti¬
culation; gzùxvî, épi), bot. pii. — Fa¬
mille des Graminées. La plante désignée 1
par le professeur Link ( Hort . berol., ï, p.
151) sous le nom d 'Arthrostachya coarc-
tata est VAvena coarctata de Desfontaines
( Cat . 1829, p. 22), et appartient réellement
au genre Avena. Voy. avoine. (A. B.)
ARTHROSTEMMA. bot. pii. —
Voyez ARTHROSTEMA. (C. D’O.)
* ARTHROSTEMA , D. Don , in
Mem. Wern. Soc., t. IY, p. 292. — De
Cand., Prodr., t. III, p. 135 (üpQpcv, arti¬
culation ; <rr YjUx , étamine ). bot. pu. —
Genre de la famille des Mélastomacées (tri¬
bu des Mélastomées, s. -tribu des Osbéckiées,
DG. ) , auquel M. de Candolle assigne les
caractères suivants : Tube calicinal turbiné
ou campanulé, souvent poilu , ou sétifère ,
ou écailleux, h 4 lobes lancéolés, persistants ;
interstices des lobes inappendiculés. Péta¬
les 4. Étamines 8 ; filets glabres. Anthères
oblongues, s’ouvrant au sommet par un
seul pore; connectif allongé, 2-auriculé à
la base. Ovaire sétifère au sommet. Capsule
4-loculaire. Graines cochléariformes , à hile
orbiculaire , basilaire. — Herbes ou sous-
arbrisseaux. M. de Candolle rapporte à ce
genre 25 espèces, toutes indigènes de l’A¬
mérique méridionale , et qu’il groupe sous
cinq sections ou sous-genres, savoir t Chœ-
topetalum, Brachyotum , Ladanopsis, Tri -
furcarium et Monochœtum ( Voy. ces
mots).
De même que la plupart des autres Mé¬
lastomacées , les Arthrostèmes se font re¬
marquer par l’élégance de leurs fleurs ;
aussi en cultive-t-on plusieurs espèces comme
plantes d’ornement de serre ; les plus nota¬
bles £ont : \’A. versicolor DC. ( Rhexia
versicolor Bot. Reg., tab. 1066), et l’A. ni-
tida Hook. (Bot. May., tab. 5142). (Sp).
*ARTHROSTERTUS (&p Qpov, membre,
article; orevo’s, étroit), ins. — Genre de Co¬
léoptères , section des tétramères , famille
des Curculionides, division des Cryptorhyn-
chides, établi par Schœnherr, qui y rapporte
trois espèces , dont deux nommées par lui
A. spadiceus et A. cinereus , et la troisième
A.fullo par Boeber. Cette dernière provient
du bord oriental de la mer Caspienne. Ces
insectes ont le corps ovale-oblong, convexe,
squammeux , ailé ; ils sont de grandeur
moyenne , et ont le faciès des Èrirhines.
(D. et C.)
*ARTHROSTIGMA Endl. (G en. PL,
ART
ART
p. 337 , sub Petrophila ) (ckpOpov , articula¬
tion ; rriy/ix , stigmate ). bot. ph. — Sec¬
tion du genre Petrophila , R. Br. (de la fa¬
mille des Protéacées ), comprenant les es¬
pèces à stigmate articulé (l’article inférieur
glabre, anguleux; le supérieur cotonneux),
et à feuilles filiformes , indivisées. (Sp.)
* ARTHROSTYLÉES (S^y, join¬
ture ; ory>05, style ). bot. pu. — M. Bumor-
tier a donné ce nom à sa quatrième série
des Synanthérées , comprenant les Cardua-
cées dont le style offre, sous les deux bran¬
ches, une sorte de renflement ou d’articu¬
lation. (J. B.)
ARTHROSTYLÏS {fyOp o'j , articu¬
lation; otvMç, petit style), bot. ph.— Genre
de la famille des Cypéracées , établi par R.
Brown {Prodr., 1. 1, p. 229) pour une plante
dépourvue de feuilles , Arthrostylis aphyl-
la , qui croît à la Nouvelle-Hollande. Ses
fleurs sont réunies en un capitule simple ,
environné d’un involucre formé de trois à
quatre folioles courtes et subulées. Les épil-
lets sont uniflores , composés d’écailles im¬
briquées. Les organes sexuels ne sont pas
environnés de soies hypogynes. L’ovaire est
surmonté d’un style subulé , triangulaire ,
articulé avec son sommet, et, par conséquent,
caduc ; il est terminé par trois stigmates
subulés. Le fruit est un akène triangulaire.
Ce genre est très voisin des genres Abild-
gaardia et Rhynchospora. 11 diffère du
premier par ses épillets uniflores et ses chau¬
mes dépourvus de feuilles ; du second par
son style caduc et l’absence des soies hypo¬
gynes. (A. R.)
*ARTHROTOMA (fyfyov, article ; t o-
W, section), bot. cr. (Phycées.) — Genre
établi par M. Corda dans le Beitrage du
docteur Weitenweber, 1840, 5e partie, et
rapproché par lui des Gaillonella , dont il
diffère complètement par la nature non si¬
liceuse des enveloppes de ses espèces. Nous
croyons qu’il se rapprocherait plutôt des
Conjuguées , où , tout au plus , des Besmi-
diées filamenteuses. Voici les caractères gé¬
nériques présentés par l’auteur : Articles
mous , unis pu rarement biloculaires , rap¬
prochés en séries filamenteuses , longues ,
flexibles et simples ; enveloppe générale lis¬
se, anguleuse, cylindrique, quelquefois com¬
primée ; endochrome granuleux ou en ban¬
des transverses non rayonnantes.
vn
Quatre espèces sont décrites et figurées
par M. Corda ; la première , YÀrtlir. lenti-
gerum Cord., rappelle certaines formes du
Desmidium mucosum Bréb. (Bréb.)
* ARTHROZAMIA. bot. — Reichen-
bach, dans son Conspectus regni vegetabilis ,
a donné ce nom à un g. séparé des Zamia ,
qui, d’après le caractère qu’il a signalé comme
le distinguant des vrais Zamia , savoir, les
anthères couvrant toute la face inférieure
des écailles des cônes mâles, doit renfermer
les espèces africaines de Zamia dont Leh-
mann a , depuis , formé le genre Encepha -
lartos. Endlicher, dans son Généra , cite
cependant à tort ce nom comme synonyme
des vrais Zamia américains. (Ad. B.)
* ARTÎiRURXJS ( , articulation;
où/® », queue), helm. — M. Rafinesque (Ana¬
lyse de la nature ) nomme ainsi un genre
de Gordius ou Dragonneaux ; mais il ne le
décrit pas. (P. G.)
ARTIBEUS, Leach. mam. — Voyez
PHYLLOSTQME. (A. DE Q.)
* ARTÏCERUS («/JÏ7GS , entier; zé/îaç,
corne), os. — Genre de Coléoptères di¬
mères , famille des Psélaphiens , créé par
Balman , et adopté par M. Aubé ( Mono-
graphia Pselaplüorum, etc., p. 65), qui lui
donne les caractères suivants: Antennes di¬
rigées en avant; massue allongée, cylindri¬
que , sans articles distincts , tronquée à
l’extrémité. Yeux latéraux, distincts, sail¬
lants. Habitus du genre Claviger. Bouche
fermée. Deini-élytres ; abdomen grand ,
bordé.
Ce genre remarquable , qui doit être pla¬
cé à la fin des Coléoptères, dit Balman,
est très voisin des Clavigères ; cependant
on ne peut s’empêcher de l’en séparer , à
cause de la massue de ses antennes, qui est
d’une seule pièce ; du moins les articles en
sont si bien joints, qu’il est impossible de
les distinguer, tandis que les antennes des
Clarig'eres se composent de six articles iné¬
gaux , bien distincts. D’un autre côté , les
yeux sont très visibles , et placés de chaque
côté de la tête dans le genre Articere , au
lieu que dans le genre Clavigere ils sont
tellement oblitérés, que MM. Müller et Au¬
bé n’ont jamais pu parvenir à en découvrir
les rudiments.
Le genre Articere est fondé sur une seule
espèce nommée oar Balman A. armatus} et
12
T. II.
ART
m art
décrite et figurée par lui d’après deux in¬
dividus renfermés dans un morceau de co¬
pal ( Dalman , om Insect innés , i copal ,
p. 23, tab. 4, fig. 12). (D. et C.)
ARTICHAUT. Cinara Scolymus. bot.
pii. — Ce genre appartient à la famille des
Composées, tribu des Cinarées ou Floscu-
leuses de Tournefort. Des capitules homo-
games; un involucre ovoïde , formé d’é-
cailles coriaces, imbriquées, apprimées, sur¬
montées d’un large appendice obtus ou spi-
nescent, étalé ou réfléchi : celui des écail¬
les extérieures légèrement coriace; celui des
écailles intérieures presque scarieux; co¬
rolle ringente, tubuleuse, très inégalement
divisée en 5 lobes linéaires ; tube recour¬
bé ; étamines à filets papilleux , terminées
par des appendices basilaires courts et su-
bulés ; stigmates très longs , filiformes , ob-
.us, soudés jusqu’au sommet; fruits presque
osseux , oblongs , subtétragones , finement
striés sur une face , gibbeux sur le côté op¬
posé, et munis inférieurement d’une aréo¬
le basilaire centrale , assez grande , couron¬
nés par une aigrette pluri-sériée, plumeuse,
dont les soies sont soudées à la base en un
anneau corné et caduc à la maturité ; ré¬
ceptacle charnu, couvert de fimbrilles subu-
lées très ténues, qu’on désigne communé¬
ment sous le nom de foin ; tels sont les ca¬
ractères assignés au genre Cinara , dont
l’Artichaut , suivant certains auteurs , sem¬
ble n’être qu’une race obtenue du Car¬
don.
Le g. Cinara compte environ 6 ou 7 es¬
pèces ; nous n’aurons à nous occuper ici que
du C. Scolymus (Artichaut) et C. Cardun-
culus (Cardon).
L’étymologie du mot Artichaut est fort
obscure. M. de Theis la fait dériver de deux
mots celtiques, art, épine, et chaulx, chou,
chou épineux ; mais on trouve dans Tral-
lien cette plante désignée sous le nom grec
de àfiTvuxi,, dont on aura fait en italien Ar-
ticoca, et plus tard Artichaut, sous lequel
elle est généralement connue.
C’est probablement à l’Artichaut , ou cer¬
tainement à une Cynarée ou Cardon qu’il
faut rapporter le xôxtps de Théophraste,
dans les feuilles épineuses de laquelle quel¬
ques commentateurs de l’époque de la re¬
naissance ont cru reconnaître le Cactus Opun¬
tia. Plus tard on en a conclu que la Figue
d'Inde était connue <w Europe long-temps
avant la découverte de l’Amérique , quoi¬
qu’il ne soit fait mention d’une plante aussi
remarquable dans aucune des relations des
croisés. Cependant, en rapportant l’Arti¬
chaut au xsbtros , je dois faire observer que
Théophraste attribue à sa plante des tiges
rampantes : « Statim à radice caules repen¬
tes in terram mittit , folio lato atque spi -
noso.... caules vocant cactos » , caract. qui
ne se trouve ni dans l’une ni dans l’autre
espèce cultivée, mais qui pourrait conve¬
nir à certains Atractylis ( A. gummifera
Desf. ), dont les Arabes mangent encore
aujourd’hui les racines ou les tiges rampan¬
tes et souterraines.
Enfin les noms de Cinara et de SxoXv/ws, as¬
sociés à tort par Dioscorides pour désigner
la seule plante qui cous occupe, ont encore
donné lieu à une autre confusion. On a cru
qu’on mangeait les racines et le réceptacle
des fleurs d’une seule et même plante « edulis
tum radix turh floris hasis ipsa » , ce qui est
faux. On cultive dans quelques provinces mé¬
ridionales le Scolymus hispanicus pour en
manger les racines comme celles de la Scorso¬
nère ; mais il est évident qu’on n’a jamais pu
tirer parti de ses réceptacles , ni des raci¬
nes de Cardon ou d’ Artichaut, pour en faire
un légume. Le Cinara et le Scolymus sont
deux genres parfaitement distincts. L’épi¬
thète de Scolymus ajoutée au nom de Cina¬
ra servait uniquement à indiquer la res¬
semblance entre les feuilles et le port de ces
deux plantes.
Quant au nom de Cinara, il provient,
suivant Columelle, qui nous a laissé une de¬
scription excellente de l’Artichaut ou du Car¬
don (liv. 10), de la coutume où l’on était de
le fumer avec de la cendre : « à cinere quo
stercorari amat» ; coutume encore recom¬
mandée au 16e siècle, mais dans un autre but,
par Ch. Étienne dans sa Maison rustique :
«La cendre de figuier répandue autour des
plantes , dit-il, est très propre à écarter les
rats ou les souris, qui causent de grands dom¬
mages aux artichautières. » Or, il est clair
que l’emploi de la cendre de Figuier ne peut
avoir lieu dans les climats septentrionaux,
et que Ch. Étienne a emprunté sa recom¬
mandation à quelques cultivateurs italiens.
Sous le Bas-Empire, les traducteurs chan¬
gèrent l’orthographe latine de Cinara en cel-
ART
le de Cynara, le faisant dériver de xüwy,
xuvo's, chien ; et c’est ainsi qu’on le trouve
écrit dans le traité De alimentis , de Galien,
médecin de Marc-Aurèle, et dans la plupart
des commentateurs de la renaissance.
J’ignore à quelle époque précise la cultu¬
re de l’Artichaut s’est introduite en France.
Vincent de Beauvais , qui nous a laissé des
détails sur les plantes alimentaires le plus
généralement cultivées au 15e siècle , n’en
fait mention nulle part. Ce qu’il dit du Car-
duus ne peut se rapporter à l’Artichaut,
quoiqu’il ait évidemment emprunté aux an¬
ciens une partie des renseignements qu’il
donne au sujet de la culture de ce dernier.
Ch. Étienne, en 1564, n’en cite qu’une seule
espèce , tandis qu’à peu près à la même épo¬
que Lobel et Bauhin décrivent plusieurs
des races ou espèces que nous cultivons en¬
core de nos jours.
Suivant quelques auteurs, l’Artichaut ne
serait qu’une race obtenue de culture et is¬
sue du Cardon, qui seul , jusqu’à ce jour ,
semble avoir été trouvé à l’état sauvage.
Aussi, comme les Cinara font partie d’un
groupe dont les espèces, sans exception,
sont originaires du bassin méditerranéen ,
nous pouvons être disposé d’avance à adop¬
ter l’opinion qui fait provenir celle qui nous
occupe de la même patrie que ses congénè¬
res. Clusius , dont le témoignage ne peut être
révoqué en doute, assure avoir rencontré
le Cardon, à l’état sauvage, dans les plaines
incultes du midi de l’Espagne, du Portu¬
gal, et surtout aux bords du Guadiana. M.
Boissier l’a recueilli en Andalousie, où il
est connu sous le nom d’Alcarcil ou Al-
calcile, qui semble déceler une origine a-
rabe.
Enfin on indique également en Sicile et en
France , aux environs de Montpellier , une
plante congénère qui porte le nom de Car-
donette ou Cardonnetta.
Si l’on ne peut rapporter à la culture, d’u¬
ne manière certaine, l’origine de l’Artichaut,
il nous est du moins possible de lui attri¬
buer, en toute confiance , la naissance des
diverses variétés que les deux races de nos
jardins nous y présentent. On en compte
aujourd’hui six variétés dont les plus esti¬
mées sont :
l°L’ Artichaut vert ou commun, cultivé de
préférence dans nos départements du Nord;
ART IV#;
ilfaut lui rapporter la sous -variété connon
sous le nom d’A. de Laon , plus grosse et à
écailles larges et ouvertes , et celle de Bre¬
tagne ou Camus , à écailles obtuses, très peu
ouvertes. 2° Le Violet , fruit plus allongé;
écailles d’une teinte violette à la pointe. 3°
Le Rouge, moins gros que le précédent , en
forme de pomme ; écailles extérieures d’un
rouge pourpre. 4° Le Blanc, espèce délica¬
te et par cela même peu cultivée.
Quant au Gardon, on n’en cultive que deux
variétés : le C. d’Espagne, dépourvu d’é¬
pines , moins haut et moins étalé que le C .
de Tours , préféré au précédent , malgré les
épines dont il est armé, parce qu’il est
moins sujet à monter.
L’Artichaut craint les gelées des climats
septentrionaux. Comme il a de grosses et lon¬
gues racines, il lui faut une terre profonde
et meuble. On le multiplie de graines ou
d’œilletons. La propagation par semences
n’est usitée que dans le cas où les anciennes
plantes ont péri par accident. En hiver, on le
protège en le buttant, après avoir coupé les
tiges rez terre , et avoir rapproché les feuil¬
les, auxquelles on ne laisse qu’une longueur
d’un pied environ. Si les gelées augmentent,
on couvre la butte de litière ou de feuilles.
Les Cardons se cultivent à peu près de mê¬
me ; seulement , il faut les arroser davanta¬
ge , et les faire blanchir quand ils ont ac¬
quis une certaine taille. A cet effet, on rap¬
proche les feuilles, on les lie , on les enve¬
loppe de paille; et, trois semaines après
l’opération, ils sont bons à manger. An¬
ciennement, on servait ces feuilles ainsi
blanchies crues et assaisonnées de poivre
et de sel : « foliorumpediculi abruti, candi-
di , à cute emundati, hyeme crudi , cum
sale et piper e , in cibos veniunt ( Bauh . ,
Pinax ) >>.
De nos jours , le Cardon , transporté aux
environs de Montevideo, s’y est tellement
propagé, qu’il envahit des plaines immenses ,
et infeste , suivant le rapport de M. Aug.
de Saint-Hilaire , les campagnes du Rio de
la Plata et de l’Uraguay. (J. D.)
ARTICLE. Articulus. zool. — h' ar¬
ticle, mot duquel dérive le nom d’articulés
donné aux animaux à articulations exté¬
rieures, devrait être, logiquement parlant ,
la portion du corps comprise entre deux ar¬
ticulations ; mais, le terme d'arweau® ayant
ART
ART
*80
été adopté pour désigner les segments du
corps des articulés, on a réservé celui
d'articles pour les pièces qui entrent dans
la composition des différents appendices dont
ces animaux sont porteurs , tels que les an¬
tennes , les palpes , les tarses , etc. L’im¬
portance de ces appendices dans la classifi¬
cation fait pressentir la nécessité d’étudier
avec soin le nombre, la disposition, le mode
d’articulation des articles.
En botanique, on a donné par analogië le
nom d 'articles aux espaces compris , dans
les Conferves , les Prêles et autres plantes
articulées, entre deux nœuds ou deux points
d’articulation. (A. D.)
ARTICLE. Articulas. bot. cr. — -Les
Algues submergées, ou Phycées , sont con¬
tinues ou articulées ; celles-ci consistent en
une suite plus ou moins nombreuse de cel¬
lules simples ou composées, placées bout à
bout dans un tube cylindrique simple ou
rameux, et séparées entre elles par des cloi¬
sons ( endophragmes , Gaill.) , ou complètes
ou rudimentaires , au niveau desquelles on
observe quelquefois un rétrécissement. On
nomme article ou endochrome la portion
comprise entre deux cloisons ou deux rétré¬
cissements. Nous en traiterons plus au long
au mot endochrome. (C. M.)
ARTICLES, bot. ph. — Voyez arti¬
culations. (A. R.)
ARTICULAIRE. Articularis («.pQpov ,
article), zool. bot. — On appelle artères
et veines articulaires celles qui appartien¬
nent à l’articulation du genou , et naissent
de l’artère et de la veine poplitées; les liga¬
ments capsulaires qui environnent certaines
articulations portent le nom de capsules
articulaires ; les apophyses au moyen des¬
quelles les os sont articulés entre eux ont
été appelées apophyses articulaires. — En
botanique , on nomme feuilles articulaires
celles qui naissent des nœuds ou des articu¬
lations de la tige ou de ses ramifications.
Telles sont celles des Graminées et de plu¬
sieurs Caryophyllées. (C. d’O.)
ARTICULATION. Articulatio des
Latins (jonction ou jointure), zool. bot. —
Dans son acception générale , ce mot signi¬
fie la réunion, l’assemblage de deux ou
plusieurs pièces, qu’elles soient mobiles ou
non les unes sur les autres. Les naturalistes
désignent par ce nom les parties distinctes
de certaines coquilles multiloculaires qui
sont le résultat des déplacements successifs
que l’animal a éprouvés en grossissant. Cha¬
que loge, chaque rétrécissement, marquent
une époque d’accroissement.
On l’emploie aussi pour indiquer le mode
d’union qui existe entre la tête d’un insecte
et son corselet , ou bien pour indiquer le
point où deux parties d’un végétal s’unis¬
sent et s’emboîtent.
En anatomie, on entend par Articulation
l’assemblage des os les uns avec les autres ,
et leur mode d’union, quel qu’il soit.
Elles se divisent, d’après les moyens d’u¬
nion qui les constituent , en trois classes
principales :
1° Les Diarthroses , comprenant toutes les
Articulations à surfaces contiguës ou li¬
bres;
2° Les Synarthroses, ou les Articulations
à surface continue et sans mouvement;
5° Les Amphiarthroses ou Symphyses,
ou Articulations en partie contiguës et
en partie continues h l’aide d’un tissu fi¬
breux.
Ire classe. Diarthroses. Leurs caractè¬
res généraux sont : surfaces articulaires
contiguës ou libres, configurées de manière
à se mouler exactement les unes sur les au¬
tres ; toutes pourvues : 1° de cartilage d’en¬
croûtement ; 2° de synoviales ; 3° de liga¬
ments périphériques. Les Articulations mo¬
biles ou Diarthroses se divisent en six gen¬
res :
1° Enarthroses , lorsque la tête d’un os
est reçue dans la cavité profonde d’un autre
os et peut s’y mouvoir en tous sens.
2° Articulations par emboîtement réci¬
proque. Ici les surfaces articulaires sont
concaves dans un sens , convexes dans un
sens perpendiculaire au premier, de maniè¬
re à s’enfourcher réciproquement.
3° Articulations condyliennes, quand les
mouvements sont plus étendus dans deux
sens que dans les deux autres. C’est encore
une tête qui est reçue dans une cavité; mais
cette tête est allongée , de manière à pré¬
senter, en général, son plus petit diamètre
dans le sens du mouvement : elle prend
alors le nom de Condyle , et de là le nom
d' Articulation condylienne.
4° Le Ginglyme , articulation qui ne per¬
met des mouvements que dans deux sens
ART
ART
‘ opposés. Lorsque les mouvements ont lieu
à la manière d’une charnière , sans dé¬
placement latéral, c’est un Ginglyme par¬
fait ; lorsque l’engrenure , moins exacte ,
permet de légers mouvements latéraux , le
Ginglyme est imparfait. Ces Articulations
sont, de toutes, les plus composées : deux
ligaments latéraux maintiennent les surfa¬
ces en rapport ; d’autres ligaments, et mô¬
me des prolongements osseux, bornent le
mouvement d’extension.
5° Trochoïde , ou Articulation dans la¬
quelle l’os roule sur son axe ?
6° Arthrodies. Quand il a fallu de sim¬
ples mouvements de glissement, les sur¬
faces articulaires sont planes ou presque
planes, et alors des trousseaux ligamenteux
très serrés , irrégulièrement placés tout au¬
tour , maintiennent les surfaces articulaires
en rapport, et s’opposent au déplacement
dans tous les sens.
IIe classe. Synarthroses. Ces Articula¬
tions ont des surfaces articulaires armées
de dents ou d’inégalités qui s’engrènent ré¬
ciproquement, ce qui leur a fait donner le
nom de sutures. On peut établir trois gen¬
res de Synarthroses : 1° les Sutures den¬
tées , 2° les Sutures écailleuses , 5° les Su¬
tures harmoniques , suivant que les surfaces
articulaires sont disposées en dents , en
écailles, ou simplement rugueuses et juxta¬
posées.
On a donné le nom de Gomphoses à une
espèce d’Articulation sans mouvement, dans
laquelle un os entre comme un pivot dans
une fosse d’un autre os.
IIIe classe. Amphiarthroses ou Sym¬
physes. Ces Articulations ont des surfaces
articulaires planes ou presque planes , en
partie contiguës , en partie continues , à
l’aide d’un tissu fibreux plus ou moins épais
qui ne permet que de très petits mouve¬
ments.
Comme on le voit, rien de plus varié que
les Articulations, soit pour la mobilité qu’el¬
les permettent , soit pour les moyens d’u¬
nion qui les constituent. Leur étude nous
apprend non seulement à classer et assigner
le genre d’Articulation propre à çhaque être,
mais encore à établir que les os correspon¬
dants ne sont pas toujours articulés de la
même manière dans tous les Animaux.
On trouvera, du reste, au mot sqitelet-
481
te, l’application de ce que nous a»o:w
dit dans cet article. (M. S. A.-J
Les divers organes dont se compose le vé
gétal à son état parfait de développement ap
partiennent tous à un même système organi¬
que, c’est-à-dire que les éléments organi¬
ques qui les composent se continuent de
l’un à l’autre , sans interruption apparente.
Ainsi , par exemple , le tissu cellulaire et les
vaisseaux de la tige passent dans les bran¬
ches , de celles-ci dans les rameaux , des
rameaux dans les feuilles ou les fleurs, sans
qu’on puisse observer d’interruption au
point d’origine de chacune de ces parties.
Cependant , il y a quelques organes appen¬
diculaires, des feuilles , par exemple , qui
s’insèrent à l’axe végétal par un rétrécisse¬
ment brusque , qu’on désigne sous le nom
d'articulation. On dit alors que les feuilles
sont articulées, par opposition à celles qui ,
n’offrant pas ce rétrécissement, sont dites
continues. En général les feuilles articulées
tombent de bonne heure , et c’est toujours
dans le point rétréci ou dans l’articulation
que se fait la séparation. On avait dit gé¬
néralement que les feuilles articulées étaient
les seules qui fussent susceptibles de mou¬
vement , et que c’était dans l’articulation
que ces mouvements avaient lieu ; mais il
résulte des expériences faites par M. Du-
trochet sur la Sensitive que les mouve¬
ments des feuilles de ce curieux végétal se
passent non dans la partie rétrécie qui con¬
stitue à proprement parler l’articulation ,
mais , au contraire , dans la partie renflée ou
l’espèce de bourrelet placé immédiatement
au dessus. Voy. feuilles.
L’expression d'articulés a aussi été appli¬
quée à tous les organes de la plante formés
de segments placés bout à bout , suscepti¬
bles de se séparer facilement les uns des au¬
tres. Chacun de ces segments porte le nom
d'article. Ainsi , le fruit de beaucoup de
Légumineuses , celui des Hédysarées entre
autres , est articulé. Les tiges de beaucoup
! de Caryophyllées sont également articulées,
etc.
Henri Cassini nommait article anthéri-
fère , dans la famille des Synanthérées , la
partie du connectif placée au dessous de
l’anthère , et qui s’articule avec le sommet
du filet. Voyez anthère et étamine.
(A. R,)
ART
m ART
ARTICULE, ÉE. bot. ph. — Voyez
A ''4T1 jITj A-TIONS. (A. R.)
ARTICULÉES, bot. cr. — Dans la
famille des Phycées , les divisions principa¬
les se tirent de la couleur, et les divisions
secondaires de la structure continue ou
articulée, en sorte que chacune des trois
grandes sections ou sous-familles peut avoir
et a en effet des formes articulées. Il faut
bien se garder de confondre avec celles-ci
certaines Phycées continues, dont la fronde
cylindrique, rétrécie de distance en distance,
simule des articulations véritables. Dans les
Articulées , un seul tube , ordinairement
anhiste, simple ou rameux, contient, dans
son intérieur, une série de cellules simples
ou multiples placées bout à bout, sur un
même plan, et diversement colorées, selon
que la Phycée appartient à telle ou telle
section. ^ (C. M.)
ARTICULÉS [Animaux). zool. — On
nomme ainsi l’un des quatre embranche¬
ments dans lesquels M. Cuvier a reconnu ,
dès 1812, qu’on pourrait diviser le règne
animal. Les trois autres embranchements
sont ceux des Vertébrés , des Mollusques ,
et des Zoopliytes ou des Animaux rayon-
nés. Voy. ces mots.
Un Papillon , une Abeille , une Mouche,
qui appartiennent à la classe des Insectes ;
une Araignée , un Scorpion , qui font partie
de la classe des Arachnides ; une Écrevisse,
un Crabe , qui sont réunis dans la classe
des Crustacés ; une Sangsue même , un
Lombric, appelé vulgairement ver de terre,
qui appartiennent à la classe des Annélides,
sont des Animaux articulés , dans l’accep¬
tion que M. Cuvier a donnée à ces mots.
Tous ces animaux ont en effet des caractè¬
res communs très importants, qui décèlent
un même plan général dans leur organisa¬
tion.
Leur forme est symétrique , c’est-à-dire
que les deux moitiés latérales de leur corps
sont similaires.
Ce corps se compose d’un nombre varia¬
ble de segments ou d’anneaux articulés en
série les uns derrière les autres , ou réunis
par la peau , qui se continue de l’un à l’au¬
tre , mais qui est plus mince aux endroits
de leur jonction.
A cette forme générale se joint un sys¬
tème nerveux dont les parties centrales sont
dans la ligne médiane du corps. Elles se
composent : 1° d’un cerveau situé au dessus
de l’origine du canal alimentaire, et 2° d’un
cordon principal , le plus généralement et
évidemment double. Il s’étend d’avant en
arrière sous ce canal , après l’avoir embras¬
sé à son origine, en descendant du cerveau,
où il commence par deux filets, sur ses côtés
qu’il contourne jusqu’à la ligne médiane
inférieure. Une double série de ganglions
médullaires , dont le nombre et les propor¬
tions sont très variables , donnent à ce dou¬
ble cordon une apparence noueuse. Des
filets nerveux vont en divergeant de ces
renflements dans les parties correspondantes
renfermées dans chaque anneau , et trans¬
mettent l’action nerveuse de la circonfé¬
rence du corps au centre, ou du centre à
la circonférence. Tout animal qui présente,
dans sa forme et dans la disposition géné¬
rale de son système nerveux , les caractères
que nous venons d’énoncer est un animal
articulé.
Il a de plus constamment un canal ali¬
mentaire pourvu d’une entrée et d’une is¬
sue. Ce canal est renfermé dans une cavité
viscérale; ses parois sont conséquemment
bien distinctes de l’enveloppe générale du
corps.
Le sujet de cet article, dont nous venons
de donner une description succincte , ayant
une certaine importance relativement aux
principes de classification , nous y revien¬
drons à ce dernier mot, et en traitant de la
méthode naturelle.
Cependant , l’intérêt qu’il présente sous
le rapport de l’histoire de la Zoologie clas¬
sique et de la Zoologie philosophique ou
spéculative nous détermine à lui donner
ici, dès à présent, une certaine étendue.
Nous le diviserons en plusieurs paragra¬
phes , dans chacun desquels nous envisage¬
rons les Animaux articulés sous un point
de vue particulier.
Comme c’est la première fois que nous
avons l’occasion de traiter de Pun des grou¬
pes les plus importants du règne animal,
il ne sera pas hors de propos de faire pré¬
céder ce que nous avons à dire sur les Ani¬
maux articulés , sous le rapport de leur
histoire naturelle classique , de quelques
observations de principes , afin de mettre le
lecteur à même d’apprécier la valeur des
ÀRT
classifications, en général, et pour qu’il soit
moins surpris des variations qui existent, à
cet égard, dans les ouvrages des naturalistes.
Il pourra en conclure que la science est
moins arrêtée qu’on ne le pense générale¬
ment; mais cette réflexion, loin de décou¬
rager la jeunesse , doit l’exciter à se mettre
en état de travailler à ses progrès.
§ I. — Quelques idées sur les classifica¬
tions , pour servir d'introduction à celle
des animaux articulés , et à l'intelli¬
gence des différentes acceptions de ces
termes dans les ouvrages des natura¬
listes.
L’opération de l’esprit au moyen de la¬
quelle le naturaliste réunit dans tel ou tel
groupe, qu’il nomme genre, famille, ordre,
classe , type , règne , un être quelconque de
la nature , et le sépare de tous les autres ,
est un jugement fondé sur la connaissance
qu’il a acquise des ressemblances de cet
être avec ceux auxquels il le réunit, et des
différences qu’il a aperçues entre ce même
être et ceux dont il le sépare. Ce jugement,
qui suppose une comparaison compliquée ,
sera d’autant plus juste , que ce naturaliste
aura une connaissance plus étendue de ces
ressemblances et de ces différences , et sau¬
ra mieux apprécier leur valeur. Il dépendra
encore de la portée des facultés intellec¬
tuelles et de la justesse d’esprit du savant
classificateur.
On comprendra facilement par ce peu
de mots combien il y a de circonstances
variables dans les vues de classification ;
combien elles dépendent , en premier lieu ,
de l’état de la science au moment où elles
sont adoptées ; en second lieu, des savants
qui les conçoivent, et qui sont plus ou moins
influencés par leur époque , ou par la di¬
rection particulière de leurs études et la
constitution de leur esprit.
Sans doute une méthode de classification
est le fil d’Ariadne nécessaire , comme le
disait Linné, pour ne pas s’égarer dans le
labyrinthe des êtres innombrables de la na¬
ture ; mais il ne faut pas perdre de vue que
c’est une création de l’esprit observateur ,
et qu’elle exprime d’une manière plus ou
moins juste, mais très souvent incomplète,
. ART m
quelquefois imparfaite ou inexacte, lea si»j>
ports ou les différences de toute espèce çui
existent , en réalité , parmi les êtres nalu
rels.
C’est surtout en les arrangeant par sé
ries de genres, de familles ou même de
groupes plus relevés, que ces imperfections
deviennent manifestes.
« Nos méthodes de classification, a dit
l’un des maîtres de la science (1), n’envisa¬
gent que les rapports les plus prochains ;
elles ne veulent placer un être qu’entre
deux autres , et elles se trouvent sans cesse
en défaut. La véritable méthode voit cha¬
que être au milieu de tous les autres ; elle
montre toutes les irradiations par lesquelles
il s’enchaîne plus ou moins étroitement dans
cet immense réseau qui constitue la nature
organisée , et c’est elle seulement qui donne
des idées grandes, vraies, et dignes d’elle et
de son auteur ; mais dix ou vingt rayons
souvent ne suffiraient pas pour exprimer
ces innombrables rapports. »
Je prie le lecteur de méditer ce passage ,
et de le prendre pour règle dans tous les
jugements qu’il portera sur la série des types,
des classes, des ordres, etc., d’une classi¬
fication quelconque , de celle, entre autres,
adoptée dans le Règne animal.
Il en conclura qu’il serait extrêmement
injuste de prononcer contre tels de ces
arrangements des sentences de condamna¬
tion, et de prétendre que M. Cuvier n’a
connu , n’a apprécié que les rapports indi¬
qués par la succession des classes ou des
ordres qu’il a dû adopter , pour le méca¬
nisme de l’exposition nécessairement suc¬
cessive de leurs caractères et de leur his¬
toire abrégée.
Disons encore que , dans un livre destiné
à l’enseignement , on ne doit pas remplacer
des caractères d’organisation positifs, faciles
à exprimer et à faire comprendre, par des
idées spéculatives plus ou moins conjectu¬
rales, par des théories sur la complication
progressive ou sur les dégradations suc¬
cessives des divers organismes du règne
animal.
Il en résulterait que la Zoologie classique
ne serait plus une science pratique, fondée
(1) Cuvier , Histoire naturelle des poissons ,
1 1. 1 , p. 569.
ART
*H4 ART
sur l’organisation telle que l’anatomie la dé¬
montre. Elle deviendrait une science spécu-
uiJive groupant les êtres , rapprochant ces
groupes et les rangeant en série , d’après
des idées qui peuvent être très ingénieuses,
mais qui ne renfermeraient presque rien
de positif sur leur commune organisation.
§ II. — De la première appréciation des
rapports qui existent entre les Animaux
articulés , et de la première application
de ces vues à leur classification .
En 1812 , on distinguait seulement deux
grandes et principales divisions dans le rè¬
gne animal : celle des Animaux vertébrés ,
et celle des Animaux sans vertèbres. Voy.
ces mots.
Le groupe des Animaux vertébrés , fondé
sur des caractères positifs, sur un plan com¬
mun d’organisation , indiqué entre autres
par l’existence d’une colonne vertébrale,
renfermant et protégeant le principal cor¬
don des nerfs , etc. , est resté dans la scien¬
ce, et forme le premier embranchement,
le type supérieur du règne animal.
Ce groupe se compose de quatre classes :
celles des Mammifères, des Oiseaux, des
Reptiles et des Poissons, dont les carac¬
tères distinctifs ne sont que des modifica¬
tions de ce plan général bien évident,
d’après lequel les animaux de ces classes,
compris sous la dénomination commune de
vertébrés , ont été organisés.
Mais la dénomination (P Animaux sans
vertèbres , exprimant un caractère négatif
et n’indiquant rien de positif dans leur
organisation , était loin de donner une
idée exacte des Animaux rassemblés dans
cette seconde grande division du règne
animal.
Il suffira de lire , pour s’en convaincre ,
l’embarras où se trouve Lamarck pour la
définir ( Système des animaux sans vertè¬
bres , Paris, 1801, p. 33).
« Ils manquent ( les Animaux sans vertè¬
bres) de véritable sang. Ils ont le corps
mollasse et éminemment contractile. Ce sont
ceux en qui les facultés de régénérer leurs
parties et de se multiplier par la généra¬
tion ont le plus d’étendue. »
On voit que dans cette énumération de
caractères , il n’y en a aucun de forme ou
d’organisation qui puisse faire distinguer
un animal sans vertèbres.
Dans un Mémoire de la plus haute por¬
tée , lu à l’Institut en juillet 1812 , sur un
rapprochement à établir entre les classes
du Règne animal (1), M. Cuvier reconnut
pour la première fois , dans les animaux
sans vertèbres , trois types bien manifestes,
aussi distincts les uns des autres qu’ils le
sont eux-mêmes des vertébrés.
« J’ai trouvé , dit-il , qu’il existe quatre
formes principales, quatre plans généraux,
d’après lesquels tous les Animaux semblent
avoir été modelés , et dont les divisions ul¬
térieures , de quelques noms que les natu¬
ralistes les aient décorées, ne sont que des
modifications fondées sur le développement
ou sur 1 "'addition de quelques parties, mais
qui ne changent rien à l’essence du plan.»
a Le système nerveux, ajoute-t-il plus
bas, est le même dans chaque forme; les
autres systèmes ne sont là que pour le ser¬
vir ou l’entretenir ; il n’est donc pas éton¬
nant que ce soit d’après lui qu’ils se rè¬
glent. »
» Cette nouvelle répartition se réduit au
fond à ces mots ( je me sers toujours des
expressions de M. Cuvier ) : Les Animaux
vertébrés tous ensemble ; les Animaux ar¬
ticulés tous ensemble, forment deux grou¬
pes , lesquels n’équivalent , en importance ,
qu’aux Mollusques et aux Zoophytes. »
M. Cuvier montre, dans ce même travail,
que l’embranchement ou le type des Ani¬
maux articulés se divise, comme celui des
vertébrés , en quatre groupes secondaires
ou classes : celles 1° des Crustacés , 2° des
Arachnides , 5° des Insectes , et 4° des An-
nélides. Voy. ces mots.
Cette espèce de révolution , faite dans la
distribution du règne animal , et particu¬
lièrement la détermination du groupe des
Animaux articulés , a été adoptée dans
beaucoup d’ouvrages généraux ou spéciaux
de zoologie ou d’anatomie comparée. Chez
les uns cependant , ce groupe est pris abso¬
lument avec l’acception que M. Cuvier lui a
donnée ; chez les autres , cette acception
s’y trouve plus ou moins modifiée.
(1) Voir les Annales du Muséum d’histoire na¬
turelle de Paris, t. XIX, p. 73.
ART
Voyons d’abord le sens que lui a donné
son premier auteur.
§ UL — Caractères organiques des Ani¬
maux articulés , tels que M. Cuvier les
a exposés dans ses ouvrages (1).
Dans la forme générale , le premier des
caract. évidents d’un animal articulé, nous
voyons le corps et les membres, ou l’une ou
l’autre de ces parties , divisés en segments
ou en anneaux, qui sont joints ensemble
par des articulations le plus souvent mo¬
biles.
« Les anneaux articulés qui entourent le
corps et souvent les membres tiennent lieu
du squelette des vertébrés , et, comme ils
sont presque toujours assez durs , ils peu¬
vent prêter au mouvement tous les points
d’appui nécessaires; en sorte qu’on trouve
ici, comme parmi les vertébrés, la mar¬
che, la course, le saut, la natation, le vol.
Il n’y a que les familles dépourvues de pieds
( telles que les sangsues) , ou dont les pieds
n’ont que des articles membraneux et mous
(les chenilles), qui soient bornées à là repta¬
tion.
» Cette position extérieure des parties du¬
res, et celle des muscles, dans leur intérieur,
réduit chaque article à la forme d’un étui ,
et ne lui permet que deux genres de mou¬
vements.
» Les articles qui composent le corps sont
unis, le plus souvent, par des membranes
flexibles, ou bien ils emboîtent l’un dans
l’autre, et alors leurs mouvements sont plus
variés, mais n’ont pas la même force que
ceux des membres. Dans ceux-ci , l’article
mobile tient à l’article voisin par une join¬
ture ferme ; il y est fixé par deux points, et
ne peut se mouvoir que dans un seul plan,
ce qui exige des articulations plus nom¬
breuses pour produire une même variété de
mouvements.
»Le système d’organes par lequel les Ani- j
maux articulés se ressemblent le plus, c’est
celui des nerfs.
(1) Voir le mémoire cité .• Annales du Muséum,
d’hist. nal. de Paris, t. XIX, p. 73; le Règne ani¬
mal, de Cuvier, première édit, de 1817, t. II, p.
508-510 , et deuxième édit., 1829, t. I , p. 50 et 51 j
t. III, 1830, p. 180 à 186.
ART 1 frf.
» Leur cerveau , placé sur l’œsophage ,
fournissant des nerfs aux parties qui adhè¬
rent à la tête, est fort petit. Deux cordons,
qui embrassent l’œsophage, se continuent
sur la longueur du ventre, se réunissent
d’espace en espace par de doubles nœuds
ou ganglions, d’où partent les nerfs du corps
et des membres.
» Si l’on ajoute à cela que les mâchoires
des Animaux articulés , lorsqu’ils en ont ,
sont toujours latérales, et se meuvent de
dehors en dedans , et non de haut en bas ,
on aura exprimé à peu près tout ce qui s’en
laisse dire de général. »
Ajoutons encore que , pour ceux dont on
a pu observer le développement ( les Crus¬
tacés et les Arachnides ), le sac vitellin est
en communication avec l’intestin par la
face dorsale du corps, et non par la face
abdominale, comme dans les Animaux ver¬
tébrés.
«Le groupe des Animaux articulés, après
ces ressemblances générales, présente de
grandes différences dans l’existence d’orga¬
nes de l’ouïe ; dans l’existence , le nombre
et la forme de ceux de la Yue ; le produit
et le mode de génération ; l’espèce de re¬
spiration; la couleur du sang (les réservoirs
de ce fluide), son mode de circulation , qui
servent à caractériser les classes ou leurs
subdivisions. »
Celles des Insectes , des Arachnides et
des Crustacés , que Linné laissait réunies
sous la dénomination commune d’insectes ,
ont entre elles , en effet , de nombreuses et
évidentes ressemblances, qui les distinguent
en même temps des Annélides : non seule¬
ment leur corps est manifestement articulé,
mais encore les pieds, dont les Animaux de
ces trois classes sont constamment pourvus
à l’état parfait.
La classe des Annélides , au contraire ,
n’a tout au plus que des soies , emboîtées
dans les replis ou les mamelons de la peau,
I pour l’aider dans ses mouvements. Certaine
famille , celle des Hirudinées , qui fait par¬
tie de cette classe , est même privée de ces
soies ou de toute autre espèce d’appendice
se séparant de la peau pour constituer un
pied distinct.
Ainsi , les caractères généraux des quatre
classes des Animaux articulés , qui forment
le tableau de l’organisation de ce type, n’a-
12*
T. II
m
ART
ART
valent pas empêché M. Cuvier de recon¬
naître, entre les trois premières classes, des
rapports plus nombreux qu’avec la dernière.
( Règne animal , édit, de 1817, t. II, p. 515,
et édit, de 1830, t. III, p. 186.)
§ IV. — Des différentes acceptions des
mots animaux articulés, c’est-à-dire
des limites du groupe des Animaux ar¬
ticulés , et du rang qu’il occupe parmi les
grandes divisions du règne animal, dans
quelques uns des ouvrages les plus usuels
de zoologie et d’anatomie comparée.
Tous les auteurs de zoologie et d’anato¬
mie comparée qui ont adopté la dénomina¬
tion d’ Animaux articulés n’en font pas
usage avec la même acception. Nous croyons
nécessaire d’expliquer ici les différentes si¬
gnifications de ces mots dans quelques uns
des principaux ouvrages où ils ont été em¬
ployés. Tel devrait être , il nous le semble
du moins, le but principal d’un article de dic¬
tionnaire, afin qu’il pût servir à l’intelligence
des ouvrages où le même sujet serait traité.
Déjà en 1816 (dans son Prodrome (1)
d’une nouvelle distribution du règne ani¬
mal), M. de Blainville prenait ce mot d Ani¬
maux articulés dans un sens différent de
M. Cuvier.
Le premier tableau de ce Prodrome mon- !
tre tout le règne animal divisé en trois grou- !
pes principaux , appelés sous-règnes , et ca¬
ractérisés par la forme générale , ce sont :
1° Les Animaux pairs ou Artiomorphes ;
2° Les Animaux rayonnés ou Actinomor-
phes ;
3° Les Animaux sans forme régulière ou
Hétéromorphes.
Les Animaux pairs sont ensuite sous-divi-
sés en deux types, les Vertébrés et les Inver¬
tébrés. Ces derniers comprennent trois sous-
types. Le premier, celui des Non-articulés ,
répond au type des mollusques de Cuvier,
moins ses Oscabrions, qui font partie de ses
Gastéropodes , et moins sa classe des Cirrho-
podes. Le second, celui des Sub-articulés ,
réunit précisément les Oscabrions , sous le
nom classique de Polyplaxiphores, et la
classe des Cirrhipodes ; enfin le sous-type
(1) Bulletin des sciences de la Société philo¬
mathique. Paris, 1816, p. 105 et suiv.
des Articulés comprend non seulement les
quatre classes des Articulés de Cuvier, mais
encore ses Intestinaux.
Les Articulés, appelés encore Entomo-
zoaires dans cette méthode de classifica¬
tion, sont sous-divisés en huit classes, qui
portent, dans la série de ces groupes du rè¬
gne animal , les nos X à XVII.
Dans un second tableau , offrant une dis¬
position systématique de tous les corps na¬
turels , les Animaux articulés ou les Ento-
mozoaires forment le premier sous -type
des animaux pairs ou du type Ier. Ce sous-
type comprend non seulement' les classes
indiquées dans le précédent, qui sont les
Articulés extérieurement , mais encore les
Vertébrés, appelés ici Ostéozoaires , qui
sont articulés intérieurement.
Quelques années plus tard, en 1822,1e Ta¬
bleau synoptique des subdivisions du règne
animal publié par le même auteur (1) pré¬
sente tous les Animaux articulés dans les
mêmes rapports, mais leurs premières divi¬
sions sont élevées au grade supérieur de
types.
Les Articulés intérieurement constitue¬
ront le type Ier des animaux pairs, celui des
animaux Vertébrés.
Le type IIe comprend les Articulés exté¬
rieurement ou les Entomozoaires, avec des
limites différentes, quelques changements
dans la nomenclature , et d’autres numéros
dans les huit classes qui composent ce type,
la première étant devenue la sixième du rè¬
gne animal (au lieu de dixième du premier
tableau de 1816) , et la dernière ayant le n®
13 au lieu du 17e.
Cette treizième classe ne répond plus
qu’aux Intestinaux cavitaires de Cuvier ;
tandis que ses Intestinaux parenchymateux
sont placés dans un autre sous-règne , celui
des Animaux rayonnés, et forment la dix-
huitième classe , celle des Annélidaires. Les
Annélidaires constituent même le sous-
type des Subrayonnés , appelés encore par
le même auteur Gastrohyzaires , et, en
dernier lieu , Par entomozoaires (2).
Enfin, dans l’article animal ( Supplé¬
ai) A la fin du 1. 1 de ses Principes d’anatomie
comparée. Paris, 1822.
(2) Art. vers du Dictionnaire des sciences na¬
turelles, t. LVII, p. 530. Paris, 4828.
ART
187
ART
ment du Dict. des sciences naturelles , 'Pa¬
ris , 1840 ), M. de Blainville divise le règne
animal en cinq types. Le second , celui des
Entomozoaires , comprend [es Articulés de
Cuvier et tous les Intestinaux , qui ne sont
plus séparés , comme en 1828 , en deux
sous -règnes et en deux types distincts. Il
réunit encore à ses Entomozoaires les Cir-
rhopodes et des animalcules.
Un naturaliste expérimenté et clairvoyant
qui parviendra à comprendre ces différentes
combinaisons ne peut manquer d’y décou¬
vrir des vues de rapports qui doivent con¬
tribuer, par là même que ce sont des aper¬
çus sur les ressemblances ou les différences
caractéristiques des animaux, à faire appré¬
cier la méthode naturelle de leur classifica¬
tion. Pour s’élever à cette juste apprécia¬
tion , il faudra mesurer exactement la va¬
leur de ces différences ou de ces ressem¬
blances , relativement à l’ensemble des or¬
ganismes.
Pour M. Duméril ( Éléments des sciences
naturelles, troisième édition, Paris, 1825 ; et
quatrième édition , Paris, 1830 , deux vol.
in-8°), le règne animal se partage en deux
grandes divisions, les Animaux articulés et
les Animaux non articulés. Le première se
sous-divise en deux sections :
La première section , celle des Ar¬
ticulés en dedans ou des Vertébrés, com¬
prend les quatre classes 1° des Mammi¬
fères , 2° des Oiseaux , 3° des Reptiles , 4°
des Poissons.
La seconde section, celle des Articulés
en dehors, se compose 5° des Insectes , 6°
des Crustacés , et 7° des Vers.
Le second type , celui des Animaux non
articulés, ne comprend que deux classes :
8° les Mollusques, 9° les Zoophytes.
Dans cette classification, l’acception du
mot Articulés se rapproche de celle ad¬
mise par M. de Blainville , avec des diffé¬
rences très grandes dans le nombre des clas¬
ses et dans leurs limites, celle des Vers ne
comprenant pas les Intestinaux de Cuvier,
laissés, à son imitation, parmi les Zoophytes.
Les mots articulés en dehors expriment
sans doute une forme générale, et consé¬
quemment un caractère extérieur -, tandis
que l’expression articulés en dedans signi¬
fie un caractère de structure caché généra¬
lement dans l’axe du corps et dans sa pro¬
fondeur. Cette opposition est en même
temps une ressemblance, mais une res
semblance qui ne se lie qu’à un petit nom¬
bre d’autres , et ne constitue pas un plan
dominant, qui se ferait jour dans toute l’or¬
ganisation à travers les modifications qui
constituent les classes et leurs divisions.
Cependant nous devons dire qu’ici la for¬
me articulée est en même temps symétri¬
que, et qu’elle coexiste avec un cordon prin¬
cipal des nerfs situé dans la ligne médiane
du corps , sur le canal alimentaire , ou au
dessous de ce canal , lequel est toujours sur¬
monté , à son origine , par le cerveau , lié
lui-même avec ce cordon principal, quelle
que soit sa position.
Ces caractères sont assez remarquables
pour pouvoir rapprocher une sangsue ou
un lombric de l’animal vertébré le plus
parfait ; mais ils ne suffisent pas pour faire
comprendre le plan réel , sauf la forme sy¬
métrique , d’après lequel cette sangsue ou
ce lombric et cet animal vertébré ont été
organisés.
La désignation d 1 Animaux articulés n’est
employée pour aucune des divisions adop¬
tées par Lamarck dans son Histoire des
Animaux sans vertèbres. Paris, 1815 (1).
Les deux principaux groupes, celui des a-
nimaux apathiques et celui des animaux
sensibles , n’y sont guère distingués que par
des caractères négatifs.
L’auteur avait bien senti que cette classi¬
fication était défectueuse et ne montrait
pas tous les rapports des classes entre elles.
Il établissait, dans l’introduction qui est en
tête du même ouvrage , que les animaux ne
se lient pas les uns aux autres de manière
à former une série simple; que leur série
est double et rameuse , et que la composi¬
tion organique progressive n’existe que dans
les masses principales ou classiques.
Un tableau fort remarquable de tout le
règne animal donne une idée de la classifi¬
cation de ce règne, telle que Lamarck l’avait
conçue d’après ces principes.
Tous les Animaux y sont rangés en deux
séries : celle des Animaux inarticulés , et
celle des Animaux articulés.
^l) Il paraît une nouvelle édition de cet impor¬
tant ouvrage, soignée par MM. Desbayes et Milne-
Edwards.
188
ART
ART
Cette seconde série commence par la clas¬
se des Vers (épizoaires), de laquelle sortent,
comme branches , d’un côté , la classe des
Annélides , sans autre succession, et, de
l’autre , les Insectes , qui se divisent en di¬
vers rameaux : le rameau des Arachni¬
des, qui n’a pas d’autre progression, et
celui des Crustacés et des Cirrhipèdes (1).
L’intérêt de ce tableau, qui a des rapports
avec les classifications proposées en dernier
lieu , du moins pour le rapprochement des
Vers intestinaux et des Annélides, et leur
classement dans le groupe des Articulés, me
détermine à le présenter ici.
ORDRE PRÉSUMÉ DE LA FORMATION DES ANIMAUX
OFFRANT DEUX SÉRIES SÉPARÉES, SUBRAMEUSES.
SÉRIE DES ANIMAUX INARTICULÉS.
SÉRIE DES ANIMAUX ARTICULÉS.
Annélides.
Insectes.
Arachnides.
Crustacés.
Cirrhipèdes.
! Poissons.
Reptiles.
Oiseaux.
Mammifères.
(*; v oyez ifftst, des Animaux sans vertèbres de Lamarck. 1. 1 , p. 457, édition de 1815, ef n, 520
édition, *
ART
ART
189
Dans un ouvrage estimable de zoologie,
M. Fleming (1) admet les deux grandes di¬
visions des Animaux vertébrés et sans ver¬
tèbres.
Ceux-ci sont ensuite sous-divisés en 1°
Gangliata ( les Mollusques), 2° Annulosa ,
et 3° Radiata.
Les Annulosa , ou les Annelés , se sous-
divisent encore en plusieurs groupes de dif¬
férentes valeurs.
La première subdivision comprend les
Animaux à corps et pieds articulés, c’est-à-
dire 1° les Crustacés, 2° les Arachnides,
3° les Insectes, 4° les Myriapodes.
Dans la deuxième subdivision sont réunis
les Animaux annelés , sans pieds articulés ,
dont les uns ont une habitation externe, ce
sont les Cirrhipèdes et les Annélides ; les
autres vivent dans les autres animaux, ce
sont les Entozoa.
Dans les Familles du régné animal (Pa¬
ris, 1825 ) , Latreille distribue tous les ani¬
maux en trois séries. C’est dans la seconde,
celle des Céphaloïdiens , qu’il range les ani¬
maux articulés , mais sans employer cette
dénomination. La série des Céphaloïdiens se
sous-divise en races : la première est celle
des Mollusques ; la seconde celle des Hel-
minthoïdes, qui se compose de deux classes :
les Cirrhipèdes et les Annélides. La troisième
race est celle des Condylopes ; elle comprend
quatre autres classes d’articulés : les Crus¬
tacés, les Arachnides , les Myriapodes et les
Insectes.
Les quatre types du règne animal sont
adoptés par M. Carus dans son Traité élé¬
mentaire d’ Anatomie comparée , mais avec
quelques modifications dans la distribution
des classes.
Celle des Cirrhipèdes est restée parmi les
Mollusques , comme dans le Régne animal
de Cuvier.
La série des animaux articulés commence
par les Entbelminthes ( les Intestinaux ) ,
comme dans le tableau de Lamarck , se con¬
tinue par les Neusticopodes(lesEntomostra-
cés), les Décapodes, les Isopodes, les Arach¬
nides, et finit par les Hexapodes (2).
(1) The Philosophy of zoology, by John Fie-
nrnng, in two volumes. Edinburgh , 1822.
a2) Traduit de l’allemand, sur la deuxième édi¬
tion, par M. Jourdain. Paris, 1835.
Pour exposer l’organisation des animaux
sans vertèbres, ou plutôt celle des trois der¬
niers types, des Zoophytes, des Articulés et
des Mollusques, M. Delle-Chiaje les admet
exactement dans l’acception et les limites du
Règne animal de Cuvier, et il en traite
dans le même ordre relatif , c’est-à-dire
qu’il place les articulés entre les Zoophytes
et les Mollusques, et qu’il rapproche ceux-
ci des Vertébrés (1).
M. R. Wagner (dans ses Éléments d'ana¬
tomie comparée , publiés en allemand, Leip¬
zig, 1834 et 1835, un vol. in-8°) admet
également les quatre types de Cuvier , avec
cette différence que les Zoophytes, les Mol¬
lusques et les Articulés , font partie de la
première grande division du règne animal ,
celle des Animaux sans vertèbres , la se¬
conde étant celle des Vertébrés .
Les Animaux articulés comprennent cinq
classes :
1° Les Cirrhopodes , 2° les Vers annelés ,
3° les Crustacés , 4° les Arachnides , 5° les
Insectes.
Dans cette méthode de classification, les
Vers (intestinaux) forment la quatrième
classe des Zoophytes, et sont séparés de la
classe des Vers annelés ( les Annélides de
Cuvier et de Lamarck) par la cinquième
classe du même type, celle des Rayonnés
(les Échinodermes de Cuvier) ; par le type
entier des Mollusques , qui est placé entre
celui des Zoophytes et celui des Articulés,
et par la classe des Cirrhopodes , la premiè¬
re de ce dernier .type , dans ce tableau pro¬
gressif de l’organisation du règne animal.
M. Milne-Edwards (2) se rapproche beau¬
coup, dans sa manière de voir les rapports
et les limites de l’embranchement des Ar¬
ticulés, de celle indiquée dans le tableau
de Lamarck, que nous avons fait connaître.
Suivant ce savant zoologiste , les deux
classes des Helminthes et des Annélides
constituent un sous-embranchement, qu’on
pourrait désigner sous le nom de Vers (3), et
(1) Insliiuzioni di analomia e fisiologia com-
parata, 1. 1. Napoli, 1832.
(2) Encyclopédie du 19' siècle , art. vers.
(3) Ainsi que le fait observer M. Milne-Edwards,
ce serait revenir à l’acception que Cuvier avait
donnée au mot ver, dans son Tableau élémentaire
des animaux , publié en 1797.
ART
ART
190
auquel on devrait réunir l’ordre des Infu¬
soires rotateurs de Cuvier, érigé en classe
par Ehrenberg.
L’autre sous-embranchement se compo¬
serait des Arachnides , des Insectes , des
Crustacés et des Cirrhopodes.
Ces exemples suffisent pour avoir une idée
générale des différentes acceptions qui ont
été données , sous le rapport des classifica¬
tions , aux mots animaux articulés. Ils
montrent, en même temps, que la plupart
des ouvrages dans lesquels on a eu pour but
principal d’exposer l’organisation des ani¬
maux sont précisément ceux où l’on a adop¬
té exactement, ou avec les modifications les
moins importantes, les groupes principaux
et la distribution des classes proposés par
M. Cuvier dès 1812.
§ Y. — Du rang que doit occuper dans la
méthode naturelle le type des Animaux
articulés, et des limites qui paraissent
devoir être assignées à ce type , eu égard
aux derniers progrès de la science de
V organisation.
A présent que nous connaissons le grou¬
pe des Animaux articulés, tel que Cuvier l’a
reconnu et caractérisé il y a vingt-huit ans ,
et les principales acceptions de cette déno¬
mination ou des désignations correspondan¬
tes dans les classifications des naturalistes,
nous devons examiner si les progrès de la
zoologie positive ne permettent pas d’amé¬
liorer cette partie de la méthode naturelle
du règne animal , soit relativement au rang
que doivent occuper les Animaux articulés
parmi les autres types, soit relativement aux
classes qui le composent et aux Animaux
des deux autres types inférieurs (des Mollus¬
ques et des Zoophytes) qu’on pourrait y ré¬
unir.
Les Vertébrés et les Articulés ont été
réunis par MM. de Blainville et Duméril
dans un seul groupe , d’après une ressem¬
blance générale, celle d’être articulés. Nous
avons déjà indiqué d’autres caractères qui les
rapprochent, tels que la forme symétrique,
l’existence d’un canal alimentaire , la pré¬
sence, dans la ligne médiane du corps, des
principaux centres nerveux.
Ajoutons que les trois premières classes
de ce type ont généralement , pour se mou¬
voir dans les différents milieux où elles vi¬
vent, une facilité due à une perfection orga¬
nique qui les élève, pour la plupart, au des¬
sus des Mollusques.
Leur instinct , et les actions qu’exécutent
les Animaux de ces classes, poussés par ce
moteur intellectuel, sont très remarquables.
En général, les fonctions qui caractéri¬
sent l’animalité paraissent incontestable¬
ment plus parfaites dans la grande généra¬
lité des Animaux articulés que dans le type
des Mollusques.
Nous pensons que les premiers se rappro¬
chent davantage, sous les rapports que
nous avons indiqués, du type des Vertébrés.
Mais il ne faudrait pas perdre de vue, dans
ce changement de rang , que la classe des
Céphalopodes, parmi les Mollusques, mon¬
tre aussi plusieurs caractères organiques et
fonctionnels qui la rapprochent du type
le plus parfait.
Relativement aux limites du type des ar¬
ticulés et aux Animaux qu’il doit compren
dre , nous pensons , avec beaucoup de zoo¬
logistes, que les Cirrhopodes ou les Cirrhi-
p'edes , que Cuvier a laissés parmi les Mol¬
lusques , à la vérité, en les rangeant à la fin
de ce type , comme indiquant un passage
aux Articulés, décèlent le plan de ces der¬
niers dans plusieurs des principaux points
de leur organisation , et entre autres dans
leur système nerveux , leurs mâchoires ,
leurs pieds, et doivent leur être réunis.
On ne doit cependant pas oublier que c’est
une classe anormale ou mixte, qui participe
du plan d’organisation de plusieurs types,
et montre que les principaux groupes du
règne animal ne sont pas sans liaison au¬
cune.
« Nous voici arrivés, dit M. Cuvier en
commençant son Mémoire sur Vanatomie
des Anatifes et des Balanes (1), à des Ani¬
maux bien différents de tous les Mollus¬
ques dont nous avons parlé jusqu’à présent :
des membres cornés , articulés en quelque
sorte, une bouche garnie de lèvres et de
mâchoires , un système nerveux formé d’u¬
ne suite de ganglions, tout annonce que la
nature va nous conduire à l’embranchement
(1) Mémoires du Muséum d’histoire naturelle
de Paris, t. II, p. 8S-101 , avec une pi. P»ris,
181S.
ART
ART
des animaux articulés.Il n’y aurait môme rien
d’étonnant que bien des naturalistes , d’a¬
près la description que nous allons donner,
pensassent que les Cirrhopodes appartien¬
nent déjà à cet embranchement , et nous
ne blâmerons pas ceux qui croiront devoir
les y ranger.
» Cependant, ajoute M. Cuvier, comme le
corps lui-même n’est pas articulé ; comme
nous avons déjà, dans le genre des Tarets,
qui appartient sans contestation aux Mol¬
lusques acéphales, des exemples de mem¬
bres articulés ; comme enfin la coquille des
Anatifes semble modelée sur celle de plu¬
sieurs bivalves , nous croyons pouvoir lais¬
ser cet ordre parmi les Mollusques. »
En 1817, il en faisait une classe dans la
première édition de son Règne animal , et
la plaçait à la fin de ce type , rangé lui-mê¬
me immédiatement avant celui des Animaux
articulés.
Cette liaison sera conservée en classant les
Cirrhopodes à la fin des Articulés, à la suite
desquels nous venons de ranger les Mollus¬
ques.
Tous les Insectes, sauf un seul ordre, ce¬
lui des Myriapodes, n’ont que six pieds à
l’état parfait.
Les Myriapodes en ont bien davantage
( M. Brandt en indique, dans un travail
récent, de 10 à 100 paires, et plus, sui¬
vant les espèces). On observe une grande
uniformité dans les anneaux de leur corps ,
au point qu’on ne peut plus distinguer dans
celui - ci , comme dans les Insectes hexapo¬
des, le thorax, que supportent leurs six
pieds , et auquel les ailes sont attachées
quand elles existent; ni l’abdomen, qui n’a |
dans ces mêmes Hexapodes aucun des ap¬
pendices de la locomotion.
Ces circonstances ont déterminé plu¬
sieurs naturalistes, ainsi que nous l’avons vu
dans le paragraphe précédent , à ériger l’or¬
dre des Insectes myriapodes en une classe
distincte (1).
On verra au mot crustacés, et dans
l’exposition des caractères et des limites de j
j
(1) C’est à M. Leach qu’on doit la première pro- j
position de ce changement. Voir le Bulletin des •
sciences, par la Société philomathique de Paris, |
a!*î«ée 1816, p. 51. j
M . Brandt ne l’admet pas, et conserve les Myria- ]
191
cette classe , s’il conviendrait d’y réunir
la singulière famille des Lernées ( Voy.
ce mot), qui montrent encore des traces de
la forme articulée , mais chez lesquelles on
n’a pu découvrir de système nerveux, line
observation précieuse de M. Surirey a con¬
duit MM. Audouin etMilne-Edxvards à l’idée
que ces animaux sont des Crustacés, recon¬
naissables à l’état d’embryon, mais qui per¬
dent bientôt la forme caractéristique de cette
classe par la nourriture abondante que leur
procure une vie parasite. {Voy. Règne ani¬
mal , édit, de 1817, t. IY, p. 36. N. B., et
édit, de 1830, p. 255, note 2; et Annales
des sc. natur.t t. IX, p. 345.)
La classe des Vers intestinaux , appelés
encore Entozoaires , Helminthes, Helmin-
thides, doit-elle être transportée tout entiè¬
re ou en partie dans le type des Articulés ?
Cette question ne pourra être traitée avec
tous les détails qu’elle exige qu’à l’un des
mots par lesquels on désigne cette classe , à
la suite duquel ses caractères seront suffi
samment exposés.
En attendant, ce qu’on sait positivement
sur quelques points de l’organisation de ces
animaux servira à fixer nos idées à cet é-
gard, par la comparaison que nous en ferons
avec les caractères des Animaux articulés.
Les Vers intestinaux ont-ils la forme ar¬
ticulée? Cette forme n’existe d’une manière
prononcée dans aucun cavitaire. Le corps
même des Linguatules , malgré les appa¬
rences , n’est que plissé, et non articulé.
Parmi les Parenchymateux , les uns, tels
que les Douves, sont plats et sans aucune divi¬
sion ; d’autres sont en effet composés d’arti¬
cles très distincts : ce sont les Témioïdes , sauf
les Ligules ; mais les dispositions en rayons des
suçoirs et des appendices de l’extrémité cé¬
phalique décèlent le plan des Rayonnés. Cette
disposition avait déterminé M. de Blainville à
laisser cet ordre des Intestinaux dans le type
des Rayonnés , ou de ses Actinozoaires.
Ce que nous savons du système nerveux
des Intestinaux n’est pas plus en faveur de
leur réunion avec les Articulés.
podes dans la classe des Insectes , qu’il divise en
trois ordres comprenant les Insectes hexapo¬
des. les Myriapodes et les Arachnides trachéennes.
( Voyez le Journal de l’Institut n. 372, îevrier
1841 , p. 48 et suiv.)
192
ART
ART
Celui des Ascarides paraît se composer
de deux cordons très fins qui occupent la
ligne médiane des deux faces dorsale et ab¬
dominale. On pourrait voir dans chacun de
ces cordons l’analogue du filet nerveux
d’un rayon d’Astérie. Le Strongle géant
aurait , d’après M. Otto , un rudiment de
système nerveux d’Articulé composé d’un
cordon noueux sous-intestinal, sans cerveau
sus-œsophagien.
Les Linguatules, dont trois auteurs, MM.
R. Owen, C. Ed. Miram, etDiesing, ont dé¬
crit presque en même temps l’organisation ,
leur ont offert un système nerveux à part ,
qui tient plutôt du plan des Rayonnés que
de celui des Articulés. Il est composé d’un
ganglion sous - œsophagien , qui produit ,
comme autant de rayons, plusieurs filets
très courts pour les organes de la tête , et
deux longs cordons qui se portent en ar¬
rière , écartés l’un de l’autre loin de la ligne
médiane , en longeant chaque côté de l’ani¬
mal. Aucun ganglion ne vient les renforcer
dans ce trajet, pendant lequel ils suivent
les sinuosités formées par les plis ou les par¬
ties rentrantes des téguments.
Le système nerveux des Distomes et des
Amphistomes , les seuls g. des Parenchy¬
mateux où l’on ait découvert des nerfs ,
ressemble beaucoup à celui des Linguatules.
Ainsi , outre la forme si variable dans les
diverses familles des Intestinaux , et très
différente de celle des Articulés, leur systè¬
me nerveux, quand il est évident, ne mon¬
tre pas la disposition de celui des Articulés,
ou ne la montre que très incomplètement
(le Strongle géant).
Les Cavitaires seulement ont un canal
alimentaire dans une cavité viscérale, avec
une entrée et une issue. Les Parenchyma¬
teux présentent, à cet égard, toutes les dé¬
gradations possibles , jusqu’à l’absence en¬
tière de ce canal (les Ligules).
Il ne serait donc pas possible de réunir
les Vers intestinaux au type des Articulés
sans renoncer à le distinguer par des carac¬
tères positifs, ainsi que doit le faire la Zoo¬
logie classique, que j’appelle positive ou
pratique , pour la séparer de la Zoolo¬
gie également classique, mais spéculati¬
ve. Il n’y aurait plus que des généralités
vagues , exceptionnelles , à exprimer sur
type , et l’on ne pourrait plus lui as¬
signer un plan commun d’organisation.
Sans doute la classe des Intestinaux, qui
appartient au type inférieur du règne ani¬
mal par plusieurs caractères essentiels, sem¬
ble aboutir aux Annéiides par l’ordre des
Cavitaires ; tandis que l’ordre des Parenchy¬
mateux montre , par son canal alimentaire
ramifié ou nul , par la disposition rayonnée
des appendices céphaliques , quand ils exi¬
stent, et par l’identité de l’organisation et
l’indépendance de vie de chaque article,
chez les Ténioïdes, des caractères de forme,
de structure et d’agrégation, qui en font
évidemment des Zoophytes.
Cette classe, d’ailleurs, est très naturelle ;
je ne pense pas qu’on puisse la scinder
en deux types différents. Vivant enfouie
dans les organes des animaux, tout son or¬
ganisme est constitué pour ce séjour , qui
devient ici , par cela même , quoi qu’on en
ait dit , un caractère très rationnel de clas¬
se. On sait que tous les animaux de ce
groupe manquent absolument d’organe par¬
ticulier de respiration, et que leur oxygéna¬
tion n’est qu’indirecte, comme la respira¬
tion des fœtus de mammifères.
Si je n’adopte pas la manière de voir de
plusieurs de mes savants confrères relative¬
ment à la réunion des Intestinaux aux ani¬
maux Articulés, parce qu’elle ne me paraît
pas pratique , je suis loin de blâmer les
vues spéculatives qui, dans un enseignement
élevé de zoologie philosophique, montre¬
raient les rapports qui peuvent exister en¬
tre les Intestinaux et les Annéiides.
Cuvier a laissé à la fin du type des Zoo¬
phytes les Animalcules rotifères, tout en pré¬
voyant que des connaissances plus précises
sur leur organisation pourraient changer
cette classification, fondée sur un caractère
de peu de valeur, l’extrême petitesse de
leur corps.
On verra au mot rotifères si les con¬
naissances acquises dans ces derniers temps
sur l’organisation de ces animaux nous
donnent des raisons suffisantes pour ies clas¬
ser dans le second type du règne animal .
celui des Animaux articulés. Nous ne le
pensons pas , même après avoir étudié at¬
tentivement les déterminations de leurs or¬
ganes, proposées par M. Ehrenberg (1).
(l) Annales des sciences naturelles, deuxième
série, t. IV, p. 185-191.
ART
103
Mais , selon toute apparence , quelques
Animaux compris dans cette classe sont ré¬
ellement des Animaux articulés.
Dans l’état actuel de la zoologie positive,
fondée sur la connaissance de l’organisation
et la juste appréciation de ses degrés de
complication , le type des Animaux articulés
reconnu par Cuvier serait donc placé le se¬
cond.
Il se composerait de six classes, dont cinq
normales et une anormale.
Quatre de ces classes : les Insectes , les
Myriapodes , les Arachnides et les Crusta¬
cés , forment le groupe des Condylopes ,
dont le corps et les pieds sont articulés.
Une cinquième , celle des Annélides, qui
manquent de pieds ou n’en ont pas d’articu¬
lés , et dont le corps seul est annelé , établit
la liaison de l’embranchement des Articulés
à celui des Rayonnés, par 'la classe des In¬
testinaux.
Enfin une sixième , composée des Cirrho-
podes , classe très anormale de ce même
type , montre encore, dans son plan d’orga¬
nisation , ainsi que nous l’avons fait remar¬
quer , plusieurs caractères de celui des Mol¬
lusques , et particulièrement des Acéphales
testacés et des Brachiopodes.
§ VI. Rapports théoriques entre les Ani¬
maux articulés et les Animaux verté¬
brés .
Nous avons vu , dans les §§ IV et V, les
ressemblances générales de ces deux types ,
et les caractères organiques communs , qui
leur ont fait donner la dénomination (T Ar¬
ticulés.
De ces expressions, adoptées par MM.
Duméril et de Blainville, que les Vertébrés
sont des articulés intérieurement , tandis
que les Insectes, les Crustacés, etc., sont
articulés extérieurement , on pouvait con¬
clure en quelque sorte, avec M. Geoffroy
Saint-Hilaire, que ceux-ci vivent en dedans
de leur colonne vertébrale.
Mais la zoologie spéculative a dépassé de
beaucoup ces caractères positifs et cette
première vue théorique : elle a voulu expli¬
quer le système nerveux des Animaux arti¬
culés par celui des Vertébrés, et en déter¬
minant, dans le double cordon abdominal
T. II.
ART
des Articulés, l’analogue des grands sympa¬
thiques ou du système nerveux ganglionnaire
des Vertébrés , elle n’a pas hésité , pour se
rendre compte de la position de ce double
cordon nerveux sous le canal alimentaire ,
d’annoncer que tout animal articulé est un
animal renversé.
Il est curieux de voir comment un homme
de génie (1) qui, à la vérité, n’était pas ana¬
tomiste, s’est, amusé à défaire un animal
vertébré pour en faire un animal articulé ,
absolument comme l’artiste qui s’exerce sur
l’argile ou la cire à réaliser ses inspirations
avant de les fixer définitivement sur le mar¬
bre. C’était d’ailleurs oublier qu’il aurait
fallu suivre un procédé inverse pour imiter
la marche croissante de la complication or¬
ganique, dans la succession des animaux,
suivant certain système de la zoologie spé¬
culative.
C’était, surtout oublier que le cerveau
existe à la face supérieure du corps, dans
les Articulés comme dans les Vertébrés , et
qu’il n’a pas été renversé avec le reste de
l’organisme.
Ajoutons que le système des nerfs stoma-
co-gastriques, qui se trouve le plus ordinai¬
rement placé vers la face dorsale du corps,
mais qui peut aussi être situé à sa face ven¬
trale (dans les Sangsues), paraît être l’ana¬
logue du grand sympathique des Verté¬
brés (2).
Ce qu’il y a de plus clair dans cette suite
d’hypothèses , au moyen desquelles on dé¬
fait un animal vertébré pour en faire un
(1) Nous lui avons été sincèrement attaché,
peut-être moins encore par la haute idée que nous
avions de sa puissance intellectuelle , que par ses
qualités morales : cet homme de génie était le cé¬
lèbre Ampère. Voir Annales des sciences natu¬
relles , t. II, p. 255-510 , 16 fév. 1834 , et t. III, p.
193.
On dit qu’assistant , au Collège de France , à une
leçon de Cuvier, où l’illustre professeur réfutait ,
par la force irrésistible de sa logique, et par des
figures faites avec une rapidité et une justesse ad¬
mirables , les jeux d’esprit de son ami et collègue ,
celui-ci ne pouvait s’empêcher de rire, avec l’audi¬
toire nombreux , des conséquences de son systè¬
me.
(2) Voir le beau travail de M. Brandi sur les
nerfs stomaco - gastriques ( Annales des sciences
naturelles , deuxième série, t. V, p. 81 et 138).
13
194
ART
ART
animal articulé, c’est que cés animaux sont
en effet constitués sur deux plans différents ,
dont nous avons exprimé , nous l’espérons du
moins, avec vérité et exactitude, les princi¬
paux caractères.
Nous désirons qu’on puisse reconnaître
dans la rédaction de cet article , outre le
but d’exposer son sujet aussi complètement
que possible, dans les limites qui nous sont
assignées , la nécessité de poser des princi¬
pes pour classer, d’après leur degré de cer¬
titude , les connaissances de toute espèce
dont peut s’enrichir la zoologie, et de don¬
ner ainsi une pierre de touche pour juger
de leur importance. Nous sommes loin de
repousser toute idée spéculative ; elles sont
parfois un éclair de génie qui fait briller un
jour nouveau sur le champ de la science, et
elles produisent toujours dans les esprits
une certaine fermentation qui peut contri¬
buer aux progrès réels de la science , lors¬
qu’elle ne les détourne pas des recherches
positives.
Afin de compléter notre pensée à cet é-
gard , nous terminerons en reproduisant les
paroles prononcées par M. Cuvier devant
l’Académie des sciences , au moment où il
venait de lui exposer les efforts qui avaient
été faits en 1820, par plusieurs savants, pour
montrer les rapports qu’ils pensaient exister
entre les Animaux vertébrés et les insectes
(représentant les Animaux articulés , à
pieds articulés ).
«Sur cette route (de la zoologie spécula¬
tive) , quelque hasardeuse qu’elle soit , les
observations les plus précieuses se recueil¬
lent , les rapports les plus délicats se saisis¬
sent , et quand , en définitive , on découvri¬
rait que les Vertébrés et les insectes ne se
ressemblent pas autant qu’on l’avait cru ,
il n’en sera pas moins vrai qu’on sera arri¬
vé à connaître beaucoup mieux les uns et
les autres (1). » Devernoy.
* ARTICULINE. Articulina , d’O. fo-
ram. — Genre de la famille des Agathistè-
gues, famille des Multiloeulidées , que nous
avons établi en 1825 ( Tabl . méthod. des
Céph.) pour des coquilles libres, inéquilaté¬
rales, allongées, formées dans le jeune âge,
(4) Histoire des progrès des sciences naturel¬
les , par le baron Cuvier, t. III, p. 442. Paris,
4828.
comme les Triloculina, d’un pelotonnement
sur trois faces, puis se projetant en ligne
droite. Dans le jeune âge, les loges se recou¬
vrent de manière à ce qu’il n’y en ait que
trois apparentes ; puis , plus âgée , la co¬
quille abandonne l’accroissement par pelo¬
tonnement et continue sur une seule ligne,
comme les Nodosaires. Ouverture unique
dentée ou non.
Ce genre, distingué des Triloculines seu¬
lement par son changement de mode d’ac¬
croissement dans l’âge adulte, contient deux
espèces : l’une , vivante , de l’île de Cuba
( Voy. notre ouvrage sur les Foraminifè-
res de Cuba ) ; l’autre , fossile , des terrains
tertiaires du bassin de Paris. (A. d’O.)
ARTILE ou ARTILJLE. ois. — Voyez
arguille. (C. d’O.)
ARTIMON ENTORTILLÉ, moll.
— Nom vulgaire du Strombus vittatus L.
Voyez STROMBE. (C. D’O.)
*ARTïOMORPHES (aortes, pair ; p.op-
forme), zool. — M. de Blainville,
dans son Prodrome de 1816, nomme ainsi
une subdivision primordiale du règne ani¬
mal comprenant les Animaux vertébrés et ar¬
ticulés , ainsi que les Mollusques , tous ca¬
ractérisés par la forme paire ou binaire de
leur corps. Ce mot est synonyme de celui
de Zygomorphes, dont les racines expriment
d’ailleurs la meme idée. (P. G.)
* ARTIOPTERYX. Artiopteryx [ikp-
Ttos, parfait, entier; «Té/syg, aile), ms. —
Genre de l’ordre des Névroptères, famille
des Planipennes, tribu des Myrmélémides,
établi par M. Guérin-Méneville ( iconogr . du
Règne animal , texte explicatif des Névro¬
ptères). Ce g. diffère des Hémérobes, dont il
est très voisin , par son corps épais, velu ; par
sa tête petite , sans yeux lisses apparents;
par ses palpes maxillaires, assez grands,
un peu renflés vers l’extrémité , qui est ter¬
minée en pointe; par ses antennes, plus
courtes que le corps, grenues, également
épaisses dans toute leur longueur, et par ses
ailes très larges ayant chacune, près du mi¬
lieu, trois nervures longitudinales, parallèles
au bord antérieur et entre elles , et n’arri¬
vant qu’aux trois quarts de la longueur des
ailes. Les autres nervures sont plus fines ,
toutes longitudinales , et ne s’anastomosent
pas entre elles pour former un réseau, comme
dans les Hémérobes. On ne connaît qu’une
ART
191
ART
espèce de ce nouveau genre, qui vient de la
Nouvelle-Hollande. (C. d’O.)
ARTIOZOAIRES («/srtos, pair ; Çwov,
animal), zool. — Nom que M. de Blain-
ville ( Bull. soc. philom., 1816 ) donne aux
Animaux artiomorphes , ou dont le corps
peut être partagé en deux parties similaires,
au moyen d’un plan sécant qui passerait
par leur grand axe; c’est ce qui a lieu pour
les Animaux vertébrés , articulés et mollus¬
ques. (P- G.)
* ARTIPUS (âprlnovs, qui a de bons
pieds), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides , établi
par Schuppel, et adopté par Schoenherr, qui
le place dans sa division des Brachydéri-
des, en lui assignant les caractères suivants :
Antennes médiocres , un peu grêles. Scapus
claviforme, dépassant les yeux ; premier ar¬
ticle du funicule sub-obconique , les autres
turbinés. Massue ovale, acuminée. Rostre
très court , épais , large , canaliculé au mi¬
lieu, cilié avec une échancrure profonde et
triangulaire à l’extrémité. Fosse profonde à
la base. Yeux ronds peu saillants. Thorax
subcylindrique, légèrement bisinué à la base,
tronqué au sommet. Élytres ovales-oblon-
gues, faiblement convexes, avec la suture ca¬
rénée postérieurement ; chacune d’elles légè¬
rement arrondie à la base ; angles des épau¬
les obtus. Pattes presque égales ; tibias ro¬
bustes, crénelés en dedans, anguleux au som¬
met, sub-acuminés.
Observations. Corps oblong , ailé , couvert
d’écailles très serrées ; de moyenne gran¬
deur. — Ce genre , adopté par M. Dejean
dans son dernier Catalogue , ne renferme
que deux espèces nommées par Schoenherr,
l’une A. corycœus , et l’autre A. psittacinus;
toutes deux sont des Antilles. (D.)
ART! SONS, ARTUSONS ou AR-
TOISONS. ins. — On donne indistincte¬
ment ces noms à des insectes qui se nour¬
rissent de matières végétales ou animales ,
principalement de pelleteries et de toutes
sortes d’étoffes. Ils appartiennent à des gen¬
res et souvent à des ordres très différents.
Voy. ANTHRÈNE , DERMESTE , TEIGNE ,
psooue, etc. (C. d’O.)
ARTOCARPE. Artocarpus , Forst.
(Plant. Esc. 55). — Linn. fil. (Suppl. 61). —
Sitodium, Banks (ïnGærtn. Fruct., 1, 545).
— Rademachia , Thunb. (in Act. Holm
XXXYI, p. 252).— Soccus , Rumph. (Amb.%
I, 104).— Polyphema, Loureir. (Cochinch.)
— Rima, Sonnerai (Voyage, 99). — Durio ,
Adans. , non Linn. (üp-coç, pain; xxpnôç ,
fruit ). bot. pii. — Genre de la famille des
Urticées , Juss. (sous -ordre, ou, d’après
d’autres auteurs , famille des Artocarpées ),
offrant pour caractères essentiels : Fleurs
monoïques , agrégées en chatons. — Fleurs
mâles 1-andres, à périanthe de 2 ou 5
squammules dressées , un peu inégales , plus
ou moins cohérentes par la base ; filet linéai¬
re, aplati; anthères basifixes , 2-thèques.-—
Fleurs femelles à périanthe tubuleux, in-
divisé, perforé au sommet, pyramidal vers
le sommet , cylindracé inférieurement. O-
vaire inadhérent, 1-loculaire, 1-ovulé ; ovu¬
le pariétal, pelté. Style latéral, filiforme,
saillant ; stigmate indivisé ou 2-fide , termi¬
nal. Après la floraison , les périanthes du
chaton femelle s’accroissent , deviennent
charnus , se soudent et constituent une sor¬
te de syncarpe très gros , à surface tuber¬
culeuse ou spinelleuse. La plupart des ovai¬
res avortent; ceux dans lesquels la graine
parvient à maturité forment des nucules
membraneuses ou coriaces, cachées dans
la substance charnue du syncarpe. Grai¬
ne grosse , à cotylédons inégaux , et à
radicule courte, supère. — Arbres à suc
propre laiteux. Feuilles très entières ou
pennatifîdes, courtement pétiolées, un peu
scabres en dessous. Stipules grandes , coria¬
ces, convolutées et recouvrantes en verna¬
tion, caduques dès l’épanouissement de 1s
feuille. Chatons axillaires , ou latéraux , ou
terminaux, ou naissant sur le tronc et sur
les branches, globuleux, ou claviformes , ou
spiciformes, enveloppés chacun, avant l’é¬
panouissement , d’une ou de plusieurs brac¬
tées spathacées, caduques. Ce genre com¬
prend aujourd’hui environ 15 espèces, toutes
indigènes de l’Asie équatoriale , mais dont
quelques uné's se retrouvent aussi dans la
Polynésie. La plupart produisent des fruits
comestibles, et sous ce rapport deux espè¬
ces surtout , au sujet desquelles nous al¬
lons entrer dans quelques détails , occu¬
pent sans contredit l’un des premiers rangs
parmi les végétaux utiles.
VA. incisa L. est le végétal connu sous
les noms de Rimier, ou Arbre à pain. C’est
un arbre de trente à cinquante pieds de
196
ART
ART
haut, a tronc très gros , à branches nom¬
breuses, étalées, fragiles, formant une
tête ample et touffue. Les feuilles, qui attei¬
gnent jusqu’à trois pieds de long, sur un
pied et demi de large, sont coriaces, ovales,
rétrécies vers leur base, lisses en dessus ,
scabres en dessous , plus ou moins profon¬
dément découpées en 5 à 9 lobes pointus ;
toutefois , les feuilles des jeunes individus
sont le plus souvent très entières et peu vo¬
lumineuses. Les chatons naissent solitaires
aux aisselles des feuilles, vers l’extrémité
des ramules ; les mâles sont claviformes ,
longs d’environ six pouces ; les femelles
globuleux. Le fruit est ovale ou presque
globuleux, d'un jaune verdâtre à l’extérieur,
blanc en dedans, en général du volume
de la tête d’un enfant, à surface tantôt a-
réolée, tantôt couverte de tubercules pris¬
matiques très serrés. Cette espèce croît
spontanément aux Moluques , aux îles de la
Sonde, et dans tous les archipels de la Po¬
lynésie. Son fruit fournit aux habitants de
ces contrées, pendant huit mois consécu¬
tifs, une nourriture aussi saine qu’agréable.
Ce fruit, plus ou moins gros, suivant ses
différentes variétés, mais excédant rare¬
ment 6 pouces de diamètre, se compose,
avant sa parfaite maturité, d’une chair blan¬
che, ferme et un peu farineuse. C’est en cet
état qu’on le mange , soit cuit au four en
guise de pain, soit bouilli ou accommodé de
diverses autres manières; sa saveur est compa¬
rable à celle du pain de Blé , avec un lé¬
ger mélange de goût d’Artichaut. Les Poly¬
nésiens en préparent une pâte fermentée
qui se conserve assez long-temps , et à la¬
quelle ils ont recours pendant la saison où
l’arbre à pain reste dépourvu de fruits. Ar¬
rivé à maturité parfaite, ce fruit devient
pulpeux et d’une saveur douceâtre; mais
alors il est purgatif et malsain. Les amandes
de l’arbre à pain sont du volume des châtai¬
gnes, et elles servent également aux usages
alimentaires. Avec l’écorce intérieure du
tronc, les habitants de la Polynésie confec¬
tionnent les étoffes dont ils s’habillent. Les
feuilles sont assez grandes et assez fermes
pour tenir lieu de nattes. Enfin, les chatons
mâles desséchés s’emploient comme de l’ama¬
dou, et le suc laiteux qui abonde dans toutes les
parties du végétal sert à faire de la glu. Une
variété très remarquable de l’Arbre à pain
est celle dont les fruits sont dépourvus de
graines : cette variété , originaire de Taïti ,
a été introduite aux Antilles, en 1795, par
les Anglais ; et, depuis, sa culture s’est éten¬
due, non seulement sur ces îles , mais aussi
sur beaucoup d’autres contrées de l’Améri¬
que équatoriale. On assure que 2 ou 5 de
ces arbres peuvent suffire à la subsistance
d’un homme pendant une année.
L’A. integrifolia L., nommé vulgaire¬
ment Jaquier , Jaque ou Jack (de Tjaca,
son nom malais), indigène de l’Inde et des
archipels environnants , est l’un des végé¬
taux le plus généralement cultivés dans
toute l’Asie équatoriale. Son port ne diffère
point de celui de l’Arbre à pain ; mais les
feuilles des individus adultes sont constam¬
ment très entières et n’atteignent que 4
à 6 pouces de long ; les feuilles des jeunes
individus sont, au contraire, presque tou¬
jours divisées en 5 lobes. Les chatons nais¬
sent immédiatement du tronc et des grosses
branches. Le fruit est oblong , jaunâtre, à
surface couverte de gros tubercules pointus,
prismatiques, serrés; il atteint 12 à 50
pouces de long sur 6 à 12 pouces de
diamètre, et son poids varie de 10 à
80 livres. Certaines variétés sont d’aussi
bonne qualité que le fruit de l’Arbre à pain ;
mais , en général , ce fruit ne plaît guère
aux Européens. Les Malais et les Hin¬
dous le trouvent délicieux , et en font leur
principale nourriture pendant une grande
partie de l’année. Les amandes sont presque
en forme de rein et du volume d’une noix
de muscade; elles constituent aussi une
denrée alimentaire assez estimée en Asie.
Le bois s’emploie dans l’Inde à des ouvra¬
ges d’ébénisterie. Il prend la couleur de l’a¬
cajou , après avoir été exposé pendant quel¬
que temps à l’air. (Sf.)
ARTOCARPÉES. bot. ph. - Le
grand groupe desUrticées, qui formait, dans
le principe, une seule famille, a été séparé
en plusieurs, dont une a reçu le nom d’Arfa-
carpées. Elle paraît, en effet, bien distincte
et devoir être conservée ; mais, pour plus de
clarté et de brièveté , nous la traiterons à
l’article général ïjrticées. Yoy. ce mot.
(Ad. J.)
ARTOISOIVS. ms. — Voyez arti-
sons. (C. D’O.)
ARTOLITHE ( «/jto s, pain; M0os,
ARU
ARU
197
pierre ). min. — Pierre en forme de pain.
Nom donné à des concrétions pierreuses de
forme arrondie et de nature diverse , telles
que les gâteaux de Strontiane sulfatée , les
rognons de Gypse compacte ou de Silex ,
qu’on rencontre dans les couches du sol
tertiaire. (Del.)
*ARTORHIZÉES. Àrtorhizeœ («ysros,
nourriture; /h'Ç* , racine), bot. ni. — Clas¬
se de végétaux phanérogames , comprenant
jusqu’ici les Dioscoréacées et lesTaccacées.
Ce sont des plantes presque toutes exoti¬
ques , herbacées ou suffrutescentes, souvent
grimpantes, et plus ordinairement dioïques
par avortement; à ovaire infère, 1-3-locu-
laire ; à ovules nombreux, anatropes ; à fruits
capsulaires ou bacciformes. — Un grand
nombre d’esp. ont des rhizomes charnus ,
dont les hommes se nourrissent ( unde no -
men). (C. L.)
ARTUSONS. ins. — Voyez arti-
SONS. (C. D’O.)
ARUANA. poiss. — L'un des noms
vulgaires d’un poisson nommé par Linné
Chœtodon Âruanus , et qui est devenu le
type du g. Dascyllus. Voy. ce mot.
(VAL.)
ARUBA, bot. ph. — C’est le nom d’un
arbrisseau delà Guyane, suivant Aublet ,
qui en a fait un genre qu’on ne peut distin¬
guer du Simaba. MM. Nees et Martius ont
décrit sous le même nom plusieurs espèces
brésiliennes qui paraissent devoir être dis¬
tribuées dans les g. Almeidea et Galipea.
Voy. ces mots. (Ad. J.)
ARUM. bot. ph. — Nom latin du genre
Gouet, type de la famille des Aroïdées. Voy.
GOUET. (A. R.)
ARUNA, Willd. bot. ph. — Voyez
arouna. (Sp.)
ARUND1NFA. bot. ph.— C’est le nom
d’un genre de la famille des Orchidées ,
tribu des Épidendrées , décrit et figuré par
M. Blume ( Bijdrag ., page 401, planche 73),
et adopté par M. Lindley Ce genre , qui se
compose de quatre espèces , offre des sépa¬
les extérieurs égaux , lancéolés, étroits, éta¬
lés, et un peu soudés ensemble par leur
base. Le labelle , continu à sa base avec le
gynostème, l’environne et l’embrasse ; il est
entier ou à trois lobes, et offre, sur sa par¬
tie moyenne , soit une crête longitudinale ,
soit des stries plus ou moins saillantes Le
gynostème est droit, semi-cylindrique, un
peu renflé à sa partie supérieure , et paral¬
lèle avec le labelle. L’anthère, operculiforme
et terminale, est à quatre loges , qui contien¬
nent chacune deux masses polliniques égales
entre elles.
Ainsi que nous l’avons dit précédemment,
ce genre se compose de quatre espèces, tou¬
tes originaires des Indes-Orientales. Ce sont
des plantes terrestres , non parasites , ayant
une tige garnie de feuilles distiques ensi-
formes et plissées longitudinalement. Leurs
fleurs, de couleur purpurine , sont grandes
et disposées en grappe. Ce genre a les plus
grands rapports avec le genre Phajus , dont
il diffère surtout par son labelle, dépourvu
d’éperon et libre ; par son anthère à quatre
loges et ses feuilles distiques. (A. R.)
ARUNDINACÉES. Arundinaceœ.
bot. ph. — L’une des tribus établies dans
la famille des Graminées. Voyez ce mot.
(A. R.)
ARUNDÏNAIRE. Arundinaria. bot.
ph. — Famille des Graminées , tribu des
Avénacées. Ce genre , établi par le profes¬
seur L. C. Richard [in Michx. fl. bor. am .,
1. 1, p. 74), et adopté depuis par tous les bota¬
nistes agrostographes , peut être caractérisé
de la manière suivante : Les épillets sont
très comprimés et multiflores; les fleurs
sont distiques et écartées ; les deux valves
de la lépicène sont petites, nautiques, mem¬
braneuses, et concaves; la supérieure est
deux ou trois fois plus longue que l’infé¬
rieure. Chaque fleur se compose de deux
paillettes lancéolées, aiguës, carénées, à peu
près égales , de trois étamines , d’un ovaire
glabre , de trois styles très courts se termi¬
nant chacun en un stigmate pénicilliforme ,
à poils glanduleux et simples. Les paléoles ,
au nombre de deux ou de trois , sont lan¬
céolées , aiguës , minces et comme ciliées
dans leur contour. Le fruit est allongé,
presque cylindrique, un peu arqué, termi¬
né en pointe à son sommet.
Ce genre a pour type VArundo gigantea,
Walther [Fl. car., 81) ou Arundinaria ma -
crosperma , Michx. ( l . c. ) , graminée arbo¬
rescente et presque gigantesque dont les
chaumes ligneux atteignent quelquefois jus¬
qu’à trente et même quarante pieds d’élé¬
vation, dont les feuilles sont distiques et les
fleurs disposées en une vaste panieuîe ra~
198 ARÜ
meuse. Cette plante croît dans l’Amérique
du nord.
On a rapporté au même genre deux au¬
tres espèces : l’une, Ârundinaria glauces-
csns (Beauv., agr. 144), est originaire de
PInde; l’autre, A. verticillata (Nees ab
Escnb., Gram. bres. , et Kunth , Gram., t.
Il, p. 485, t. 155 et 156), croît au Brésil.
(A. R.)
ARUNDINELLA. bot. pii. — Le
genre de Graminées ainsi nommé par Rad-
d-i ( Agrost . bras., 37) et par Nees ab Esenb.
( Agrost . bras., t. Iï, p. 465), et qui a pour
type P Ischœmum hispidum de Kunth (m
Murrib. nov. gen. , t. I, p. 194, et Gram.,
t. 100), appartient bien réellement à ce
dernier genre. Voy. isciioemum. (A. R.)
ARUABO ( arundo , roseau ). bot. ph.
— Ce genre de la famille des Graminées ,
fort nombreux en esp., a été successivement
partagé par les agrostographes modernes en
5 ou 6 g. différents, qui constituent la tribu
des Arundinacées dans la méthode du pro¬
fesseur Kunth (Agrost., t. I, p. 256). Ces
genres , ainsi formés aux dépens du genre
Arundo de Linné, peuvent être partagés de
la manière suivante : 1° Épillets unifier es
ou subbiflores : Calamagrostis , Adans.;
Deycuxia, Clar. ; Ammophila , Host.; 2°
Épillels biflores ou multiflores : Arundo ,
Kunth; Ampelodesmos , Link ; Phragmites,
Trinius. Ainsi, le genre Arundo , tel qu’il
est aujourd’hui limité par les agrostogra¬
phes modernes, se trouve déjà débarrassé
de toutes les espèces dont les épillets sont
uniflores, ou contiennent deux fleurs, dont
une stérile.
Indiquons maintenant quels sont les caract.
qu’il présente , après quoi nous ferons con¬
naître en quoi il diffère des deux g. Ampe¬
lodesmos et Phragmites. Ses épillets con¬
tiennent de deux à cinq fleurs distiques, es¬
pacées et hermaphrodites. Les deux valves
de la lépicène sont aiguës , égales , allon¬
gées, carénées , membraneuses, de la même
longueur que les fleurs et écartées l’une de
l’autre. Les paillettes sont également mem¬
braneuses ; l’inférieure, bifide à son sommet,
porte une petite arête entre ses deux lobes,
et est recouverte , surtout à sa base , de
longs poils soyeux ; la supérieure est plus
courte et bicarénée. Les styles sont longs et
portent des stigmates plumeux. Les deux
ARV
paléoles sont glabres et charnues. Le fruit
est glabre. Ainsi caractérisé , ce genre a
pour type V Arundo donax L., c’est-à-dire
qu’il correspond au genre Donax de Palis-
sot de Beauvois et de Trinius. Il diffère des
genres Ampelodesmos et Phragmites par sa
paillette externe, bifide et aristée à son som¬
met , qui est entier et simplement subulé
dans ces deux derniers genres. Les espèces
du genre Arundo sont peu nombreuses. M.
Kunth en énumère vingt-deux , dont plus
de la moitié sont incertaines. Parmi ces es¬
pèces, nous mentionnerons ici : 1° VArun-
do donax L. , connue sous le nom de
Canne de Provence. Elle est originaire des
parties orientales de l’Europe. On la trou¬
ve en Égypte, dans le Caucase, etc., et on la
cultive dans le midi de la France. Sa racine
est employée en médecine comme sudorifi¬
que; ses tiges, qui atteignent quelquefois
quatre à cinq mètres d’élévation, servent à
faire des manches de quenouilles , des can¬
nes, des manches de lignes, etc. 2° L’A.
mauritanien Desf., est cultivée, comme la
précédente, dans le midi de l’Italie ; elle
sert aux mêmes usages, et, de plus, ses ti¬
ges sont employées aux environs de Rome
à faire des échalas. (A. R.)
ARUNGANA. bot. pu. — ■ Nom fran¬
çais du genre Haronga. (Sjl\)
ARV AN. moll. — Adanson, dans son
Voyage au Sénégal , donne ce nom à une
Coquille très commune au Cap-Ycrt, et qui
appartient au genre Terebra de Lamarck.
Linné l’aurait comprise dans sa troisième
section des Buccines ; mais il n’a pu men¬
tionner cette esp. Elle a également échappé à
Gmelin, à Dillwyn, et Lamarck ne la men¬
tionne pas non plus. Voy. vis. (Desii.)
* ARVELIUS. ins. — Genre de la fa¬
mille des Pentatomiens , groupe des Penta-
tomites, de l’ordre des Hémiptères, établi
par M. Spinola ( Essai sur les Hémipt. ), et
regardé par Burmeister et par nous comme
une simple division du g. Acanthosoma. Ce
g. ne diffère essentiellement des Acanthoso¬
ma que par les tarses , de trois articles , et
par les antennes, dont le premier article est
plus court que la tête , avec cette dernière
profondément échancrée, et munie de deux
épines. Le type du genre est le Cimex gla-
diator Fab., du Brésil. M. Spinola rapporte
encore à ee g. deux esp. offrant des caraç-
ARY
tères qui nous paraissent les éloigner beau¬
coup du type. (Bl.)
ARVENSIS. bot. — Voxjgz auvin.
(C. D’O.)
"ARVERSÏA, Cambess. , in Saint-
Hil. Flor. Brasil., vol. II, p. 184, tab. 112.
— Fenzl , in Endl. Gen. plant., p. 960. —
Hapalosia , Wight et Arn. ( Prodr . Flor.
Ind. , I , p. 558 ). bot. pii. — Genre de la
famille des Paronychiées ( tribu des Poly-
carpées, DC. ), auquel M. Fenzl assigne les
caract. suivants : Calice 5-parti; segments
herbacés, membraneux aux bords , égaux
ou inégaux (les deux ou trois extérieurs plus
longs) ; tous naviculaires, comprimés, caré¬
nés au dos , subcuculliformes au sommet,
mutiques. Pétales 5 ou 5, insérés au fond du
calice, linéaires, très entiers, 2-dentés au som¬
met. Étamines 5 ou 5 , alternes avec les péta¬
les , et ayant même insertion que ceux-ci ;
Glets filiformes. Anthères 2-thèques, longitu¬
dinalement déhiscentes. Ovaire 1-loculaire ,
multi- ovulé; placentaire basilaire; ovules
amphitropes. Style 3-parti, à stigmates re¬
courbés. Capsule membranacée , 1-loculai-
re , 3-valve , poîysperme ; valves concaves ,
point convolutées. Graines subfusiformes ;
hile latéral , supra - médian. Embryon rec¬
tiligne au centre d’un périsperme un peu
charnu; radicule éloignée du hile. — Her¬
bes annuelles (habitant la zone équatoriale),
multicaules, pubescentes. Feuilles opposées
ou subverticillées , étroites , accompagnées
de stipules scarieuses. Fleurs fasciculées ou
en corymbes ; bractées scarieuses. Ce genre
comprend quatre ou cinq esp., parmi les¬
quelles se trouvent le Polycarpon apurense
Kunth ; le Polycarpœa memphitica Delile,
et le Pharnaceum depressum L. (Sp.)
ARVICOLA , Lin. mam. — Voyez
CAMPAGNOL. (A. DE Q.)
ARVICOLIENS. mam. — Famille de
l’ordre des Rongeurs. (A. de Q.)
ARVM. Arvensis. bot. — Qui croît
dans les champs. (C. d’Q.)
ARYTÈME. Arytena ( àp'jzcavx, sor¬
te de coupe ou de vase), moll. — Tel
est le nom que M. Oken donne bien inuti¬
lement au genre Arrosoir, depuis long-temps
établi par Bruguière, et adopté par tous
les auteurs , sous le nom de Pinicilla , et
plus fréquemment encore sous celui d’As-
pergillum. Voy. arrosoir. (Desh.)
ASA '199
ARYTHÈNE* moll. — Voyez arytè-
NE. (DESIR)
ARZILLA. poiss. — L’un des noms
vulgaires de la Raie miralet. Voy. ce mot.
(Yal.)
4 ASAGRÆA. bot. ph. — M. Lin-
dley vient de publier sous ce nom (Rot.
Regist. , 1859, n. 53) un genre nouveau,
dédié à M. Asa Gray, qui, conjointement
avec M. Torrey , s’occupe d'une Flore gé¬
nérale de V Amérique du nord. Ce genre ,
qui fait partie de la famille des Mélantha-
cées de Rob. Brown , a pour type le Vera-
trum officinale de Schlechtendal (Linnœa,
VI, p. 45), ou Bfelonias officinalis Don (in
Edinb. new phil. Journ. , oct. 1832, p.
234). Les caract. qui lui sont assignés sont
les suivants : Les fleurs sont polygames,
disposées en un long épi nu. Le calice est à
six divisions profondes , linéaires , à peu
près égales , épaisses , et marquées d’une
fossette nectarifère à leur base. Les étami¬
nes , au nombre de six , sont alternative¬
ment un peu plus courtes , à anthères cor-
diformes et presque uniloculaires. Les trois
pistils sont dressés , rapprochés du centre
de la fleur. L’ovaire , à une seule loge , est
atténué à son sommet en un style , terminé
par un stigmate excessivement petit et à
peine distinct. Le fruit consiste en trois fol¬
licules uniloculaires très minces , s’ouvrant
par toute la longueur de leur côté interne ,
et contenant des graines ailées d’un côté.
L’espèce unique dont ce genre se compo¬
se , Asagrœa officinalis Lindley (Bot. Reg.,
1859, n. 35), est une plante intéressante, qui
paraît fournir les fruits connus sous le nom
de Cévadille ou Sabadille , employés en
médecine comme vermifuges. Elle est ori¬
ginaire. du Mexique, et on la cultive en An¬
gleterre. C’est une plante bulbeuse; à feuil¬
les étroites , carénées, graminiformes , ru¬
des sur les bords. La hampe est longue de
plus d’un mètre. Les fleurs sont blanches. —
Ce genre se distingue surtout des Helonias
et Veratrum , auxquels l’espèce qui le con¬
stitue avait d’abord été rapportée , par les
segments de son calice , qui sont excavés et
nectarifères à leur base , et par la forme de
ses anthères. (A. R.)
ASAPI1E ( KGQKpi\ç , incertain ). crust.
foss. — M. Brongniart a donné ce nom à
une division générique de l’ordre des Tri-
200
ASA
ASA
lobites , caractérisée de la manière suivante :
«Corps large et assez plat; lobe moyen sail¬
lant et assez distinct; flancs ou lobes laté¬
raux ayant chacun le double de la longueur
du lobe moyen. Expansions submembraneu¬
ses dépassant les arcs des lobes latéraux.
Bouclier ( tête ) demi-circulaire, portant
deux tubercules oculiformes , réticulés. Ab¬
domen (thorax E.) divisé en huit ou douze
articles ». — Le g. Asaphe a été générale¬
ment adopté par les auteurs qui ont suivi
M. Brongniart dans l’étude des Crustacés
fossiles ; mais les progrès de la science ont
rendu nécessaires quelques modifications
dans les limites , la composition et la défi¬
nition de ce groupe. L’ouvrage le plus ré¬
cent sur l’histoire naturelle des Crustacés
place ce genre dans la famille des Calymé-
niens , et n’y comprend plus que les Tri-
lobites , dont la tête est conformée à peu
près comme chez les Ca'.ymènes , le thorax
trilobé et composé seulement de huit ou
dix anneaux, et l’abdomen formé d’un nom¬
bre considérable de segments bien distincts
entre eux , mais réunis par une bordure
submembraneuse , qui souvent se prolonge
postérieurement en forme de queue. Le
corps de ces Crustacés est contractile. Leur
tête est grande , et se prolonge souvent en
arrière de chaque côté du thorax (ou abdo¬
men , suivant la nomenclature de M. Bron¬
gniart) ; son lobe médian est en géné¬
ral élargi en avant, terminé latéralement
par des bords à peu près droits, et marqué,
de chaque côté, par trois ou quatre petits
sillons dirigés en travers, au lieu d’être obli¬
ques , comme chez les Calymènes. Les li¬
gnes jugalcs sont bien distinctes , et les yeux
sont gros, réniformes, granulés, et très é-
loignés du bord latéral des joues. Le thorax
est bien distinctement trilobé , ce qui diffé¬
rencie ces Trilobites de ceux dont se com¬
pose le genre Homalonote de M. Kœnig; le
lobe médian est en général très petit , et les
lobes latéraux offrent vers leur milieu un
petit sillon oblique , et se terminent ordi¬
nairement en pointe. Enfin l’abdomen est
bien distinct du thorax , mais ne constitue
pas un bouclier semblable à celui des îsotè-
les , et présente , comme nous l’avons déjà
dit , une espèce de bordurt qui paraît avoir
de l’analogie avec celui de l’extrémité pos¬
térieure de la nageoire caudale des Scylla-
res. Les principales esp. du g. Asaphe ains
circonscrit sont VA. caudatus, VA. mucro -
natus , VA. Debuchii , VA. tyrannus, et
VA. grandis, trouvées dans les terrains si¬
luriens de l’Angleterre, de la Norwége , de
l’Amérique , etc. D’autres Trilobites dé¬
crits par M. Brongniart, Dalman, etc., sous
le nom d 'Asaphe, appartiennent aux genres
Isotelus, Amphyx et Nileus. (M. E.)
* ASAPHES ( , obscur , imper¬
ceptible). ins. — Genre de la famille des
Chalcidiens , groupe des Ptéromalites , de
l’ordre des Hyménoptères , établi par M.
Walker ( Ent. Magaz. , 2 ) , et caractérisé
principalement par une tête courte à peine
plus large que le thorax, des palpes maxil¬
laires de deux articles , des antennes ter¬
minées en massue et composées de douze
articles, et des ailes étroites ne présentant
qu’une seule nervure émettant un rameau
assez long.
Ce genre , qui ne renferme que quelques
espèces d’une taille des plus exiguës, a pour
type PA. vulgaris Walck. , de France ,
d’Angleterre, etc. (Bl.)
* ASAPHES , DC. ( Prodr. II , p. 90 ,
non Spreng. ) («<7K<p^ç, incertain), bot. ph.
— Synonyme du g. Duncania , Reichb., de
la famille des Térébinthacées? (Sp.)
* ASAPHES , Spreng. ( Cur. post. , p.
225) (àaxtpi j$, incertain), bot. ph. — Gen¬
re douteux , que son auteur rapporte aux
Verbénacées. On n’en connaît qu’une espè¬
ce ( A . nepalensis Spr., I. c .). (Sp.)
*ASARCA («ao£/5xoç, maigre , décharné).
bot. ph. — Le docteur Pœppig ( Nov . gen.
et sp. Plant. Chil., f. 2, p. 15) a établi sous
ce nom un genre dans sa famille des Orchi¬
dées, tribu des Aréthusées, dans lequel ren¬
tre le g. Gavilea de Feuillée. Ce genre a été
adopté sous ce nom par M. Lindley (Gen.
and sp. Orch., 406). On peut le caractériser
de la manière suivante : Le calice est étalé
et oblique à sa base. Les sépales extérieurs
et latéraux sont un peu prolongés infé¬
rieurement , mais sans former d’éperon ; ils
sont placés au dessus du labelle, apiculés et
souvent calleux à leur sommet, et réfléchis.
Le labelle est attaché au gynostème par un
onglet court et présentant deux callosités ;
il est charnu, à trois lobes , celui du milieu
plus étroit et plus long que les latéraux, et
relevé de veines souvent glanduleuses. Le
ASA
ASB
201
gynoslème est dressé, court, demi-cylindri¬
que, élargi et membraneux à son sommet.
Le stigmate est saillant et obîong. L’anthère
est terminale, operculiforme, à quatre loges
incomplètes. Les masses polliniques sont au
nombre de quatre , ou seulement de deux,
qui sont biparties. Ce genre renferme envi¬
ron huit à neuf espèces , toutes originaires
du Chili ; plusieurs d’entre elles avaient d’a¬
bord été placées dans le g. Chlorœa ; elles
en diffèrent surtout par leur calice étalé,
non galéiforme. (A. R.)
ASARERO ou AZARERO. bot. ph.
— Syn. de Prunus lusitanica . Voyez ceri¬
sier. (C. d’O.)
ASARET. Âsarum , Tourn. bot. ph.
— Genre de la famille des Aristolochiées, et
type de la tribu des Asarées. Il offre pour
caractères essentiels : Périanthe urcéolé ou
campanulé , 5-fide , accrescent , adné infé¬
rieurement à l’ovaire. Étamines 12 , libres ,
insérées au sommet de l’ovaire; anthères
cuspidées, extrorses. Ovaire infère, 6-locu-
laire ; loges multi-ovulées ; ovules renversés.
Style court , columnaire. Stigmate gros , pel-
té , à six lobes réfléchis. Capsule 6-loculaire,
irrégulièrement ruptile ; loges par avorte¬
ment oligospermes. Graines ovoïdes-cym-
biformes , strophiolées. — Les Asarets sont
des herbes vivaces , à rhizôme rampant ,
acaules ou à tiges courtes, diphyiles au som¬
met , aphylles , mais écailleuses inférieure¬
ment. Les feuilles sont réniformes ou subsa-
gittiformes , longuement pétiolées , subco¬
riaces , les radicales persistantes , les cauli-
naires opposées , dépérissant avec la tige
fructifère. Les pédoncules sont radicaux ou
terminaux , solitaires, uniflores. La fleur est
nutante , d’un violet livide. On connaît qua¬
tre espèces de ce genre.
Toutes les parties des Asarets ont une
odeur forte et nauséeuse , jointe à une sa¬
veur âcre et un peu amère ; de même que
beaucoup d’autres Aristolochiées, ces plan¬
tes ont des propriétés fébrifuges et stimu¬
lantes ; mais, à fortes doses, elles agissent en
drastiques ; leurs racines, séchées et réduites
en poudre, sont un violent sternutatoire.
L’A. europœumL., qui est la seule espèce
indigène, et qu’on connaît sousles noms vul¬
gaires de Cabaret , Rondelle , Oreillette ,
Nard sauvage , et Girard Roussin, était ja¬
dis en vogue comme remède sudorifique,
emménagogue, fébrifuge, céphalique et ster¬
nutatoire ; aujourd’hui , on ne l’emploie
guère que dans l’art vétérinaire ; toutefois ,
le docteur Loiseleur-Deslongchamps le re¬
commande comme une excellente succé¬
danée de l’Ipécacuanha ; suivant cet auteur,
la dose de ces feuilles, comme émétique, est
de 20 à 40 grains. Les trois autres espèces
habitent l’Amérique septentrionale ; F A.
virginîcum L., et VA. arifolium Michx., se
cultivent comme plantes d’agrément, en rai¬
son de l’élégance de leur feuillage. (Sp.)
ASAR1NE. Asarina. bot. pii. — Genre
de la famille des Scrophularinées ( tribu des
Antirrhinées , Bartl. ), établi par Tourne-
fort, mais depuis confondu à tort par la plu¬
part des auteurs avec le g. Antirrhinum ,
dont il se rapproche par la structure des
fleurs , tandis qu’il en diffère notablement
par la conformation de la capsule , qui est
subglobuleuse , chartacée , irrégulièrement
ruptile , à deux loges parfaitement égales.
L’A. cor di folia Mœnch ( Antirrhinum
Asarina L . ) constitue à elle seule le genre :
cette plante, indigène de l’Europe méridio
nale, s’éloigne en outre des vrais Antirrhi¬
num par des tiges décombantes ou diffuses,
ainsi que par des feuilles palmatinervées ,
incisées-lobées, pétiolées, toutes opposées.
(Sp.)
* ASAR1NËES. bot. ph. — C’est le
nom donné par quelques auteurs aux Aris¬
tolochiées. ( Voy. ce mot. ) M. Link divise
celles-ci en Asarinées et en Pistolochinées.
(Ad. J.)
ASAROIRES. bot. pu. — Synonyme
d’ Aristolochiées. (Ad. J.)
ASARUM. bot. ph. — Voyez asaret.
A8BESTE ( «<t££<7toç , inextinguible ).
min. — Les noms déAsbeste et à1 Amiante
ont été donnés à des matières filamenteu¬
ses , remarquables à la fois par une grande
souplesse , qu’on peut souvent comparer
à celle du lin ou de la soie, et par leur in¬
combustibilité, qui les distingue de ces sub¬
stances organiques, auxquelles elles ressem¬
blent par leurs caractères extérieurs. Ces
matières filamenteuses ne se rapportent
point à une seule esp. minérale , comme le
pensait lîaüy ; aujourd’hui , les mots d’As-
beste et (V Amiante ne sont plus que des
termes généraux , qui , comme le mot de
Lave, désignent seulement une maniéré
'l5;
T. II.
202
ASB
ASC
d’être particulière, une certaine forme ou
texture qui peut convenir à plusieurs miné¬
raux , et qui s’observe en effet dans diffé¬
rents Silicates pierreux, tels que les Am¬
phiboles, Pyroxènes, Diallages, etc. Toute¬
fois , les variétés les plus communes et les
plus remarquables paraissent appartenir aux
Amphiboles proprement dits , groupe dans
lequel on rangeait naguère tous les Asbes-
tes sans exception.
L'Asbeste n’est pas toujours blanc, sou¬
ple et soyeux , comme celui qu’on con¬
naît plus particulièrement sous le nom
û' Amiante; il devient quelquefois clair,
épais, coloré, et, selon sa texture, sa forme
et sa consistance , prend les noms de Liège ,
de Chair, de Cuir ou de Papier fossile.
L’Amiante le plus recherché est une sub¬
stance blanche ou grise , qui se sépare en
filaments déliés, soyeux, longs et flexibles,
susceptibles de se filer à la manière du
chanvre et du coton , sinon seuls , du
moins lorsqu’on les mêle à une petite quan¬
tité de ces matières végétales, qu’on fait
ensuite disparaître en les brûlant. L’A¬
miante résiste à la flamme de nos foyers
ordinaires ; mais, s’il est difficile à fondre en
masse , il se fond aisément au feu du cha¬
lumeau, lorsqu’on n’y soumet qu’une peti¬
te quantité de ses filaments, et la chaleur
d’une bougie suffit même pour faire fondre
un filament isolé. On voit donc que les
tissus qu’on pourrait fabriquer avec cette
substance ne seraient pas absolument in¬
destructibles, ainsi qu’on le pensait autre¬
fois.
Les anciens ont connu l’Amiante, qu’ils
prenaient pour une sorte de lin fossile ; ils
possédaient l’art de filer et de tisser cette
pierre. Avec la toile d’Amiante ils fabri¬
quaient des linceuls , dans lesquels on en¬
veloppait les corps des personnages dont on
voulait recueillir les cendres et les conser¬
ver sans mélange. La même toile servait
aussi à faire des draps et des nappes, qu’il
suffisait de jeter au feu , lorsqu’ils étaient
sales , pour leur rendre leur premier éclat ;
d’où le nom (P Amiante , qui veut dire in¬
altérable ou qui ne peut se tacher. Quant
au mot Asbeste, qui signifie inextinguible,
il rappelle un autre usage auquel les an¬
ciens l’employaient. Us avaient des lampes
dites perpétuelle* , qu’alimentait une sour¬
ce de bitume , et qui brûlaient à l’aide d’u¬
ne mèche d’Amiante.
On a tenté de nos jours de faire avec les
filaments d’Asbeste des vêtements à l’usage
des pompiers , et du papier qui fut à l’abri
des atteintes du feu ; mais , lorsqu’on jetait
ce papier au feu , l’écriture en était enle¬
vée, et il reparaissait avec sa première
blancheur. Nous avons , d’ailleurs , fait re¬
marquer que tous les tissus de cette sorte ,
quoique bien réellement incombustibles,
n’en sont pas moins attaquables par un feu
violent , qui peut les fondre et les vitrifier.
L’Amiante tapisse de ses filaments certai¬
nes roches où domine la Magnésie. Le pluâ
beau qu’on connaisse vient des montagnes
de la Tarentaise et de celles de la Corse.
(Del.)
ASBESTINITE, Kirxvan. min. - Va¬
riété fibreuse d’Amphibole actinote. Voy.
AMPHIBOLE. (Del.)
ASBESTOIDE. min. — Même chose
qu 'Amiantoïde. Voy. ce mot. (Del.)
*ASCA. arach. — Petit genre voisin des
Cheyletus, dans l’ordre des Acariens, et
proposé par M. Heyden dans son travail sur
ces animaux. (P. G.)
ASCALABOS. rept. — Nom du Gec¬
ko des murailles ( Lacerta mauritanica
Linn.) dans Aristote. Quelques auteurs, d’a¬
près M. Lichtenstein , conservent à un gen¬
re de Geckos , qui comprend cette espèce,
le nom d ^ Ascalabotes. (P. G.)
*ASCALABOTES (âtrxûïocGos , nom du
Gecko dans Aristote), rept. — Genre établi
par Fitzinger , adopté au Musée de Vienne ,
et admis par M. Lichtenstein ( Verz. doubl .
zool. mus. Berl., p. 102) comme synonyme
de celui de Phyllurus ( Cuvier, Règne ani¬
mal , 1817). M. Lichtenstein y range le La¬
certa pipiens Pall. , et VA. Sthenodacty-
lus, devenu depuis le genre Stenodactylus ,
Fitz.
Pour d’autres auteurs, Ascalabotes est le
nom générique des Platydactyles {Voy. ce
mot), ou d’une partie d’entre eux seule¬
ment, et il comprend, entre autres, 1 o Gecko
fascicularis ou mauritaniens du périple
méditerranéen. C’est dans ce sens que l’em¬
ploie M. Ch. Bonaparte ; et il est alors syn¬
onyme de Jarentola , Gray , et d’une des
sections du genre Platy dactyle de l’ouvrage
de MM. Duméril et Bibron. Ce n’est qu’une
ASC
partie des Ascalabotes comme les compre¬
nait Fitzinger. (P. G.)
ASCALABOTES ( «<r , le Gec¬
ko dans Aristote ). rept. — MM. Duméril
et Bibron ( Erpétologie , t. III, p. 237) em¬
ploient ce mot comme synonyme de celui
de Geckotiens , appliqué à une famille de
Reptiles dont le Gecko du midi de l’Europe
est l’espèce la plus anciennement connue.
(P. G.)
* ASCALABOTOIDES le
Gecko dans Aristote ; etc Tos, ressemblance).
rept. — M. Fitzinger nomme ainsi la famille
des Geckotiens. (P. G.)
ASCALAPHE. Ascalaphus (àcrxcaâpos,
nom d’un oiseau chez les Grecs), ins. —
Genre de la famille des Myrméléoniens,
groupe des Myrméléonites , de l’ordre des
Névroptères , établi par Fabricius ( Entom.
System.), adopté depuis par tous les entomo¬
logistes, et confondu autrefois par Linné dans
le grand genre Myrméléon. Les Âscalaplies
sont parfaitement caractérisés par des an¬
tennes presque aussi longues que le corps ,
terminées brusquement en massue ; par des
palpes labiaux à peine plus longs que les
maxillaires, et par des ailes plus courtes et
plus larges que chez les Myrméléons.
Latreille rapporte que Bonnet a observé
aux environs de Genève une larve sembla¬
ble aux Fourmis-lions, mais qui ne marche
point à reculons et ne fait point d’enton¬
noir , et dont l’abdomen offre à son extré¬
mité une plaque bifide et tronquée au bout.
Il suppose que cette larve appartient à
V Ascalaphus italicus , propre à l’Europe
méridionale.
Les Ascalaphes sont de très jolis insec¬
tes ayant assez l’aspect des Libellules ou
Demoiselles ; ils sont nombreux en espèces et
répandus dans les diverses parties du mon¬
de. Leurs ailes sont le plus ordinairement
variées de noir et de jaune. Leur taille est à
peu près la même pour toutes les espèces.
Le type est VA. italiens Fab. (Bl.)
* ASCALAPHIE. Ascalaphia { de As-
calaphe , nom spécifique de l’espèce type ).
ois. — Genre formé par M. Isidore Geof¬
froy Saint-Hilaire dans ses cours d’ornitho¬
logie au Muséum , et démembré du genre
Hibou ( Otus , Cuvier; Bubo , Savigny).
Le principal caractère qui a engagé le pro¬
fesseur à faire ce démembrement nous pa-
ASC 203
raît consister dans la forme des ailes, qui ,
quoique courtes , sont construites sur le type
aigu. L’espèce qui y a donné lieu est le
grand Hibou à huppes courtes, Otus ascala¬
phus Cuv., Règne animal, dernière édit.,
p. 541; ( Bubo ascalaphus Sav., Égypte,
Ois., pl. 5, f. 2), et figuré depuis dans les
pl. col. de Temminck, n° 57 , sous le nom
de Hibou à huppes courtes ( Strix ascala¬
phus Sav.). — Cette espèce, qui fut rappor¬
tée d’Égypte par M. Savigny , et qu’on
rencontre quelquefois en Europe , outre le
caractère générique tiré de la forme des ai¬
les , diffère encore de nos Hiboux d’Europe
par des aigrettes très courtes, placées à
quelque distance en arrière des yeux; par
un bec grêle, caché presque entièrement
dans les poils très longs de la face. Les
plumes sétacées des joues, rebroussées et
courtes au dessous de l’œil , contribuent à
donner au front et au sommet de la tête une
forme aplatie. Les tarses sont longs et ve¬
lus , ainsi que les doigts , presque jusqu’à
l’origine des ongles ; il n’y a que deux écail¬
les non duvetées à l’extrémité des doigts.
La queue est de moyenne longueur et ar¬
rondie. Cette espèce, commune en Égypte ,
visite accidentellement les parties méridio¬
nales de la Sicile et de la Sardaigne, où quel¬
ques individus ont été tués, et se trouverait
aussi en Écosse, selon Pennant , qui l’a fait
figurer dans sa British Zoology , plane. B ,
n° 5; mais ce dernier habitat est encore
douteux , son apparition dans le nord ne
paraissant guère probable. (Lafr.)
ASCALAPHUS. ins. — Voyez as ca¬
la pue. (C. d’O.)
ASCARICIDA {Ascarides, Ascarides ;
cœdo, je tue), bot. ph. — Ce nom fait allusion
aux propriétés anthelmintiques de l’une des
espèces ( Ascaricida indica Cass. — Verno-
nia anthelmintica L. ) réunie aujourd’hui
aux Vernonia, où elle constitue une section
caractérisée par ses capitules terminaux soli¬
taires ou en corymbe, et dont l’involucre se
compose d’écailles foliacées appendiculées ,
plus ou moins étalées , et par la forme de
l’aigrette qui couronne son fruit. (J. D.)
ASCARIDAIRES. helm. — Voyez
ASCARIDE et ASCARÏDIENS. (P. G.)
ASCARIDE. Ascaris ( às^aplç, sorte de
ver), helm.— La dénomination d’’ Ascarides,
appliquée par Aristote à plusieurs sortes
204
ASC
ASC
d’animaux , et particulièremeatà une esp. de
Vers intestinaux , a été conservée à un g.
dont cette esp. peut être considérée comme
ia plus importante. Ce genre lui - même r
d’abord très nombreux en esp., a été, depuis
quelques années, subdivisé en beaucoup
d’autres, et la famille ou l’ordre dans lequel
il prend place reçoit également les noms
d’Ascaridiens, Oxycéphalés ou Nématoïdes;
quelques auteurs considèrent même les Né¬
matoïdes comme une classe à part, et parmi
eux nous citerons M. Ehrenberg.
& Ascaris lumbricoides, nommé par Goëze
Ascaris gigas , et par Zeder Fusaria lum¬
bricoides , séjourne dans les intestins de
l’homme, et aussi dans la vessie et les reins.
Plusieurs animaux domestiques en sont éga¬
lement affectés, et parmi eux les Bœufs, les
Chevaux, les Anes et les Cochons. Il atta¬
que aussi quelques individus d’espèce dif¬
férente vivant au milieu de nos habita¬
tions ou dans les ménageries. L’Orang-ou¬
tang du Muséum de Paris , le Baw , espèce
de Zèbre dont il y a des individus au même
établissement, et un Phoque qui y vivait
aussi, ont rendu des vers que leurs carac¬
tères ont dû faire regarder comme des Asca¬
rides lombricoïdes. Les Helminthes de cette
espèce ont le corps épais de deux ou trois
lignes, et long de six pouces à douze ou
quinze ; aussi sont-ils depuis fort long-temps
connus des médecins ; on les appelait an¬
ciennement Lumbricus-, et, pour les distin¬
guer des Tœnioïdes, ils recevaient l’épithète
de ter es, Lumbricus ter es-, quelquefois même
on les regarda comme identiques aux vers
de terre (g. Lumbricus ) ; mais l’absence de
soies ambulatoires , les trois papilles buc¬
cales , et beaucoup d’autres caractères , les
font facilement distinguer de ces derniers ,
qui sont même des animaux d’une autre
classe. Tyson, en 168Ô, avait déjà indiqué
la plupart de ces différences , et cependant
Brera a essayé , il y a environ trente-cinq
ans , de soutenir l’opinion ridicule que les
endroits où s’opère le développement des
Ascarides et des Lombrics, la nourriture
qu’ils y prennent et la température qu’ils y
rencontrent, sont les seules causes de leurs
différences de conformation. Le Stomacliide
de Peereboom n’est qu’un Ascaride lombri-
coïde mutilé ou défiguré , et l’animal trou¬
vé par Treutler parmi beaucoup d’Ascari¬
des de la même espèce lui est également
identique, bien que , par anomalie , les val¬
vules de sa bouche ne fussent qu’au nom¬
bre de deux.
L’anatomie de cet Ascaride a été faite
par plusieurs auteurs, et particulièrement
par Rudolphi , Cuvier , Meckel, de Blain-
ville , J. Cloquet , Morren , etc.
Nous en parlerons à l’article Nématoïde
de ce Dictionnaire , en la comparant à celle
de plusieurs autres animaux du même grou¬
pe , particulièrement étudiés par M. Moritz
Diesing et quelques autres observateurs.
Le genre Ascaride appartient à la divi¬
sion des Nématoïdes qui ont l’appendice
mâle double. Il comprend un nombre assez
considérable d’espèces. Rudolphi en con¬
naissait quatre-vingt-dix. Ces animaux sont
tous parasites, et leur séjour habituel est à
la surface du canal intestinal et de quelques
autres muqueuses. On en a trouvé chez les
différentes classes de Vertébrés , et spé¬
cialement dans les Poissons; les mâles sont
incomparablement moins fréquents que les
femelles.
M. de Blainville résume ainsi les caractè¬
res de ce genre : Corps rigidule , élastique
et un peu allongé , rond , fusoïde ou renflé
au milieu et atténué à ses deux extrémités.
Bouche antérieure , terminale , pourvue de
trois nodosités convergentes , deux supé¬
rieures et une inférieure. Anus un peu avant
l’extrémité postérieure et en forme de fente.
Orifice de l’organe femelle au tiers antérieur
ou à peu près. Organe mâle ayant à l’exté¬
rieur deux spiculés sans gaines.
Les espèces de ce genre peuvent être par¬
tagées en trois groupes, suivant qu’elles
ont le corps également atténué à ses deux
extrémités , ou plus épais en avant ou plus
épais en arrière. A chacun de ces trois
groupes appartiennent des espèces à tête ai¬
lée ou non ailée , c’est-à-dire aplatie en
arrière de la bouche , et présentant bilaté¬
ralement une carène saillante. (P. G.)
ASCARIDES (âvAûpifeç). ins. et iielm.
— Aristote nomme ainsi de petits vers qui
se forment, dit-il, dans le limon des puits,
et, en général, dans les amas d’eau où il
se dépose dés terres. Ascarides pris dans
ce sens est synonyme d'Empis. Le natura¬
liste grec appliquait aussi la dénomination
d’ Ascarides à une des trois sortes de vers
ASC
205
qu’il signale dans les intestins de l’homme.
Chez les modernes , elle sert encore à dési¬
gner une espèce de ver parasite de l’hom¬
me, et qui est le type d’un genre assez
nombreux en espèces. Voyez ascaride.
(P. G.)
* ASCARIBiENS ( Ascaris , genre de
Yers intestinaux), helm. — M. de Blainville
{Dict.des sc. nat., t. LVIÎ, p. 555) nomme
Ascaridiens ou Oxycéphalés un ordre de
Yers apodes quia pour type l’Ascaride lom-
bricoïde , et les caractères qu’il lui donne
sont les suivants : Corps médiocrement al¬
longé, rigidule ou assez raide, rond, atté¬
nué aux deux extrémités , avec des articu¬
lations très fines ; canal intestinal bien com¬
plet. Bouche terminale orbiculaire, nue ou
pourvue de quelques tubercules radiaire-
ment disposées. Anus plus ou moins ter¬
minal ; appareil de la génération bisexuel ;
les sexes séparés sur deux individus diffé¬
rents. Ce groupe , qui , sauf un très petit
nombre, comprend tous les genres dont Ru-
dolphi a fait ses Nématoïdes , se partage
actuellement en un nombre considérable de
subdivisions génériques qu’on pourrait assez
bien rapporter , ainsi qu’il suit , à trois tri¬
bus :
1° Ascaris, Cucullanus , Bactylius, 0-
phiostoma, Heterocheilus, Lecanocephalus ,
Ancyracanthus.
2° Gordius, Füaria, Trichocephalus ,
Trichosoma, Mastigodes , Crossophorus ,
Cheiracanthus , Tropisurus , Oxyurus, Vi-
brio, Amblyura, Anguillula, Phanoglene,
Enchilidium.
5° Strongylus, Syngamus , qui ne re¬
pose que sur une fausse interprétation du
précédent , StepJianurus , Gnathostoma _,
Sclerostoma , Physaloptera, Spiroptera.
On a aussi rapporté, «mais avec doute , à
l’ordre des Nématoïdes , les g. Thelazia ,
Liorhynchus , Hamularia , Odontobius, et
même ceux de Trichina, Agama, Sphace-
lura et Sphœrularia , dont l’organisation
parait beaucoup plus simple.
Voyez, chacun à son article, les différents
noms de genres cités ici. (P. G.)
ASCARINA , Forst. bot. ph. —Genre
de la famille des Chloranthacées, très impar¬
faitement connu ; son auteur (Gen., n. 59)
n’en donne que les caractères suivants :
Fleurs dioïques, 1-bractéolées , disposées en
ASC
chatons lâches, spiciformes. Fleurs mâles
1-andres ; filet très court ; anthère oblongue,
4-sulquée. Fleurs femelles : Ovaire globu¬
leux, 1-loculaire , \ -ovulé , à stigmate sessi-
le, déprimé, obscurément 5-lobé. (Fruit
drupacé? ) L’A. polystachia Forst. consti¬
tue à lui seul le genre ; c’est un arbre indi¬
gène des îles de la Société ; ses feuilles sont
opposées, pétiolées, dentelées, à pétioles
connés en gaine amplexicaule. (Sp.)
ASCARIS, helm. — Voyez ascari¬
de. (P. G.)
* ASCENDANT. Ascendens , assur-
gens. bot. pii. — Cet adjectif s’emploie
pour désigner une tige ou tout autre organe
filiforme qui , après avoir été couché ou in¬
cliné à sa base , se redresse verticalement
dans sa partie supérieure. Exemple : la Vé¬
ronique en épis. Cette expression est syno¬
nyme d'assurgent et de redressé. (A. R.j
ASCHEE. année. — 'Un des noms vul¬
gaires de l’Arénicole des pêcheurs. Voy .
ARÉNICOLE. (P. G.)'
ASCHER. poiss. — L’un des noms
vulgaires du Salmo thymalus. Voy. ombre.
(VAL.)
ASCIIION ( üuyjov , nom qu’on trou¬
ve dans Théophraste , et qu’on croit se
rapporter aux Truffes), bot. cr. — Wall-
roth (Flora germ., IV, p. 266 ) l’a sub¬
stitué au mot Tuber, qui, depuis Pline
jusqu’à nos jours, avait servi à désigner ces
champignons. Ce nom n’a pas été adopté
par les auteurs , probablement parce qu’ils
n’ont pu expliquer les causes qui avaient
déterminé ce célèbre botaniste à opérer ce
changement. (Léy.)
* ASCHIPHASMA. ins. - M. West-
wood ( Zool . journ .) a appliqué ce nom à
un genre de la famille des Phasmiens, de
l’ordre des Orthoptères, qui avait déjà reçu
le nom de Perlamorpha , généralement
adopté. Voy. ce mot. (Bl.)
ASCIDIA. tuniciers. — Voyez asci¬
die. r (P. G.)
* ASCIDIACÉES (d 'Ascidia, genre
de Tuniciers). tuniciers. — Synonyme
d’Ascidiens. Voy. ascidie. (P. G.)
* ASCIDIBES. Ascididœ. helm. —
Mac-Leay donne ce nom à une famille de
la classe des Tuniciers , ayant pour type le
genre Ascidia. Voy. ce mot. (C. d’O.)
ASCIDIE, Ascidia (àcxL&w , petjtç
206
ASC
ASC
outre), tukiciers.— Baster ( Opusc . subsec.,
Il, X, 5) donne ce nom à un animal marin qui,
depuis la remarque de Pallas (Mise, zool.,
p. 74 ) , a été reconnu pour être du même
groupe que ceux qu’Aristote nommait Té-
thyes (r<0 vx). Aristote n’avait laissé que peu
de détails relativement aux Téthyes; la
simplicité apparente de ces animaux l’avait
principalement frappé. Rondelet , dans les
chapitre XIX et XXI de son Histoire des
Poissons, donna des renseignements sur
deux espèces d’Ascidies qui vivent sur nos
côtes de Languedoc ; il reconnut parfaite¬
ment leur analogie avec les Téthyes d’A¬
ristote , et , à son exemple , plusieurs natu¬
ralistes de la même époque adoptèrent
cette dénomination. Les premières édi¬
tions du Systema • naturœ sont très fauti¬
ves au sujet des Téthyes. Toutefois, la qua¬
trième en donne une espèce sous le nom de
Tethys , et il y est même indiqué que l’a¬
nimal des Coquilles bivalves n’est pas diffé¬
rent de celui des Téthyes, ce qui, plus
tard, fut adopté par Pallas, G. Cuvier, etc.
Mais Linnæus accepta aussi le genre Mi-
crocosmus de Redi , qui a pour objet une
Ascidie, sur l’enveloppe de laquelle s’atta¬
chent de petites coquilles et d’autres pro¬
ductions marines, et, par suite d’une con¬
fusion étrange, l’esp. type de ce g. est signa¬
lée comme identique avec le Microcosmus
deBartholin, prétendu animal de la mer
du Nord, assez grand pour paraître comme
une île et pour tromper les navigateurs. La
sixième édition du même ouvrage donne ,
sous le g. Tethys, un mélange des caract.
des Ascidies et de ceux des animaux aux¬
quels Lamarck a depuis réservé ce même
nom de Tethys. Le Microcosmus de Re¬
di et celui de Bartholin disparurent l’un et
l’autre de la dixième édition ; les Ascidies
elles-mêmes ne furent indiquées que fort obs¬
curément dans le genre Priapus , et le nom
de Tethys fut appliqué à l’Aplysie , qui
elle - même est confondue avec les Téthyes
de nos catalogues actuels. Ce fut alors que
Bohadsh et Plancus décrivirent et repré¬
sentèrent fort exactement plusieurs espèces
d’Ascidies , auxquelles ils conservèrent leur
nom aristotélicien. Baster, en publiant
sa description de VÂscidium, ajouta une
remarque relativement à l’analogie de cet
animal avec les Huîtres , et Pallas, ainsi
que nous l’avons dit, 'proposa la réunion de
ces Téthyes et de l’Ascidie. C’est ce que
Linnæus exécuta dans la douzième édition
du Systema; et, en adoptant la 'dernière de
ces dénominations , il ajouta aux 'trois es¬
pèces de Bohadsh trois autres animaux du
même groupe , observés par Koenig dans la
mer du Nord.
O.-F. Müller, dans le Zoologia danica,
ainsi que dans le Prodromus de cet ouvra¬
ge ; O. Fabricius , dans son Fauna groen -
landica; Pallas (Spicilegia zool. et Mém.
de Pétersb.) et Dicquemare ( Journal de
physique ) , ajoutèrent différentes espèces
à celles qu’on connaissait alors. Bru¬
guière a reproduit, dans l’ Encyclopédie ,
presque toutes les figures d’Ascidies don¬
nées par ces auteurs , et Gmelin , dans son
édition du Systema , porte à trente-quatre
le nombre des Ascidies simples. Depuis ,
on a décrit un nombre assez considérable
de ces animaux. Coquebert de Montbret en
a indiqué deux espèces dans les Bulletins
de la Société philomatique. G. Cuvier a
fait à leur sujet des observations anatomi¬
ques et zooclassiques , et son travail a paru
en 1815, dans le tome II des Mémoires du
Muséum. M. Savigny en a fait l’objet d’é¬
tudes non moins importantes, publiées
dans la deuxième partie de ses Mémoires
sur les Animaux sans vertèbres, en 1816 ;
depuis, des faits nouveaux, relatifs à leur ana¬
tomie et à leur physiologie , ont été fournis
par MM. Schalck, Eysenhardt, Mac-Leay,
Milne-Edwards, et plusieurs de ces derniers
naturalistes , auxquels il faut joindre MM.
Lesueur, Risso,Quoy et Gaimard. Belle
Chiaje , etc., se sont occupés de la détermi¬
nation de leurs espèces dans les différentes
parties du globe.
La physionomie des Ascidies rappelle as¬
sez bien, comme leur nom l’indique, cel¬
le d’une outre ou d’une bourse , et l’ana¬
logie sera plus évidente encore si l’on se
rappelle qu’elles se remplissent habituel¬
lement d’eau , qu’on peut leur faire rendre
en les pressant un peu fortement. Cette der¬
nière particularité et la forme de plusieurs
d’entre elles les ont souvent fait comparer
aux parties extérieures de la reproduction
chez l’homme et les animaux ; aussi les ha¬
bitants du littoral où on les trouve leur don
nent-ils souvent de semblables noms. Ron-
ASC
delct et quelques naturalistes de son époque
ont reproduit ces dénominations grossières,
et quelquefois sans recourir au votte dont
l’emploi de synonymes grecs ou latins aurait
pu les couvrir. La surface extérieure par
laquelle les Ascidies adhèrent aux corps
sous-marins est toujours plus ou moins co¬
riace, quelquefois même presque cartilagi¬
neuse. Elle s’encroûte souvent de sable ou
d’autres corps de petite dimension. Sa face
interne est doublée par une membrane min¬
ce , qu’on décrit comme en étant la conti¬
nuation , et qui lui donnerait, ainsi qu’aux
Séreuses , l’apparence d’une poche sans ou¬
verture dans laquelle est renfermée la par¬
tie viscérale de l’Ascidie. Une semblable
disposition se voit chez les Bryozoaires,
animaux dont la disposition générale dif¬
fère à peine. C’est entre les viscères et l’en¬
veloppe terminale que l’eau s’introduit , et
le tube digestif communique au dehors par
deux ouvertures qui ont fait nommer cer¬
taines Ascidies Polypes à double orifice ,
Distomes, etc. C’est à cet endroit seulement
que les parties viscérales et tégumentaires
communiquent entre elles au moyen des
muscles , des vaisseaux et des nerfs. On a
indiqué la tunique extérieure comme étant
l’analogue de la coquille des bivalves; mais
on ne saurait se dissimuler qu’il existe en¬
tre ces deux parties bien des traits de dis¬
semblance.
G. Cuvier s’est, le premier, occupé de
classer méthodiquement les diverses esp.
d’AsciDiES simples. Il les partage en qua¬
tre tribus, dont les caract. sont pris dans la
forme et les dimensions du sac branchial.
En voici le résumé :
Sac branchial plissé longitudinalement,
descendant jusqu’au fond delà tunique pro¬
pre , sans s’y recourber : A. microcosmus ,
A. papillata.
Sac branchial non plissé , descendant
jusqu’au fond de la tunique propre sans s’y
recourber : A. fusca.
3° Sac branchial non plissé , descendant
jusqu’au fond de la tunique propre, se re¬
courbant ensuite, et remontant jusqu’au mi¬
lieu du corps : A. mamülata , A. mona -
chus.
4° Sac branchial ne pénétrant pas jus¬
qu’au fond de la tunique propre : A. intes¬
tinale , A. clavata .
ASC 2(V7
Cuvier ne donnait point de nom à chacun
des groupes qu’il établissait ; M. Savigny en
imposa aux siens. Voici sa classification:
1° Les Ascidies à test coriace etpédiculé:
genre Boltenia.
2° Les Ascidies à test coriace sessile :
genre Cynthia.
3« Les Ascidies à test gélatineux, sessile :
genre Phallusia.
4Ü Les Ascidies à test gélatineux pédicu-
lé : genre Clavelina.
Ces différents genres seront traités sépa¬
rément dans ce Dictionnaire. Voici ceux
qu’on y a ajoutés : Cystingia , Mac - Leay ,
voisin des Bolténies ; Syphonotethis, Gerv. ;
Bipapillaria, Lamk., et Todia. Quant aux
Mammaria , Müll. , que Lamarck en rap¬
prochait , il paraît que ce sont des Acti-
niens.
M. Milne-Edwards a considéré les Clavé-
lines comme le premier genre d’une famille
particulière d’Ascidies sous le nom d’A. so¬
ciales, et intermédiaires aux Ascidies sim¬
ples et aux Ascidies composées. Les espèces
de cette nouvelle catégorie vivent réunies
sur des prolongements radiciformes com¬
muns , mais elles sont d’ailleurs libres de
toute adhérence entre elles ; leur reproduc¬
tion a lieu aussi bien par bourgeons que
par œufs. Il faut aussi rapporter à la famille
de ces Ascidies sociales le genre Perophora
établi par M. Wiegmann pour une espèce
fort curieuse des côtes d’Angleterre, décrite
par M. Lister.
Une troisième et dernière famille des As¬
cidies comprend les Ascidies composées,
que les travaux de MM. Savigny et Milne-
Edwards nous ont surtout fait connaître. Il
ne semble pas qu’il ait été question de ces
Ascidies dans les anciens auteurs; mais
Rondelet en donne déjà trois esp. sous les
noms de Grappe de mer, Albergame de
mer et Concombre de mer. Plus tard, on les
rapporta au groupe des Alcyons, et c’est
parmi ces animaux qu’elles sont placées dans
la treizième édition du Systema : mais la
différence qui sépare des Polypes gorgo-
noïdes les Tuniciers dont il est ici question
ne tarda pas à être démontrée par Gærtner
dans un travail publié par Pallas. L 'Alcyo-
nyum Schlosseri Pall. ; VA. ficus d’Ellis,
et VA. ascidioides de Pallas, furent prin¬
cipalement ceux sur l’observation des-
808
ASC
ASC
quels on s’appuya. Gærtner fit dès lors,
sous le nom de Botryllus, un genre à part
de VA. Schlosseri , dont chaque étoile fut
reconnue pour un assemblage d’autant d’a¬
nimaux qu’il y a de branches , et VA. asci-
dioides devint le type de son g. Distomus.
En 1807, Renieri, dans un ouvrage italien
intitulé Osservazioni , etc. , fit connaître ,
sous le nom de Pollicitorus , un genre qui
paraît renfermer des espèces appartenant
aux deux précédents. « Ces animaux, dit
Renieri , ne sont pas des Polypes comme
ceux que l’on appelle coralligènes ; mais
s’ils étaient isolés et sans la communication
réciproque qu’ils ont avec la substance qui
les réunit, ce seraient autant d’Ascidies. A
la fin de 179';, dans une lettre adressée à
Olivi , et insérée dans les Opuscules de Mi¬
lan , j’ai le premier observé ce fait... » M.
Savigny, et MM. Pesmarest et Lesueur sont
entrés avec succès dans cette nouvelle voie,
et le premier a surtout démontré que les
Alcyons gélatineux et autres Ascidies com¬
posées ont une organisation bien supérieure
à celle des Polypes qui construisent le co¬
rail ; et , en effet, sauf quelques particularités
que l’étude des g. nous fera connaître , et
qui sont le résultat de leur mode d’agré¬
gation , les Botrylles , les Pistomes et au¬
tres animaux de la meme famille, ont l’orga¬
nisation des Ascidies. M. Milne-Edwards a
continué la démonstration de cette identi¬
té dans les différents systèmes d’organes,
et ajouté aux faits anatomiques observés
par M. Savigny, des détails physiologiques
plus complets que ceuxqu’on avait donnés
précédemment. C’est ainsi que la circulation
des Ascidies simples, sociales ou composées,
a lieu suivant le même procédé ; leur cœur
forme une sorte de boyau situé au dessous
des viscères , et il se contracte alternative¬
ment dans un sens et dans l’autre , de ma¬
nière que l’orifice par lequel le sang a été
chassé dans une des contractions est celui
par lequel il rentre pendant la suivante. Les
Ascidies composées, et, sans aucun doute,
les autres animaux de cette classe, sont tous
pourvus, dans le même individu, d’un testi¬
cule aussi bien que d’un ovaire ; et , dans leur
premier âge, elles subissent une véritable mé¬
tamorphose. Ces animaux jouissent, en outre,
de la faculté de se reproduire par stolons et
sans le secours de leur appareil générateur,
ce qui s’observe aussi chez les Clavélines et
les Pérophores, de la famille des Ascidies
sociales. Voici comment M. Savigny a classé
les Ascidies composées , dans le travail jus¬
tement célèbre qu’il a publié à leur sujet.
Toutes ont le corps fixé ; le seul genre Py-
rosoma ( Voy . ce mot), qui est libre, con¬
stitue un groupe à part :
1° Les deux ouvertures supérieures et à
six rayons réguliers : genres Diazona , Dis -
toma , Sigillina.
2° Les deux ouvertures supérieures, l’une
à six rayons réguliers , l’autre irrégulière ou
simple : genres Synoicum, Aplidium , Po-
lyclinum, Didemnum.
3° Les deux ouvertures supérieures et
simples: genres Eucœlium , Botryllus.
M. Milne-Edwards admet aussi trois caté¬
gories ou tribus d’Ascidies composées, mais
il les dispose différemment, savoir: les Po-
lyclinïens , comprenant les genres Sigil¬
lina, Sav. ; Amarocium , Edw.; Synoi¬
cum , Sav. ; Aplidium , Sav. ; Polyclinum ,
Sav. Les Didemniens ou Disloma , Gærtn. ;
Diazona, Sav.; Leptoclinum, Edw. ; Di¬
demnum, Sav. ; Eucœlium, Sav. Les Bo-
tkylliexs ou Botryllus , Gærtn. ; Bo-
trylloides , Edw. Aux Ascidies composées
appartiennent encore plusieurs genres moins
complètement connus; ce sont: Podotethis ,
Gerv. , qui tient à la fois des Ascidies socia¬
les et des Didemniens , ainsi que les g. Sy-
cozoa , Polyzoa et Holozoa de M. Lesson.
Si on recherche la place que les Ascidies
doivent occuper dans la série zoologique, et
le rang qu’elles y tiendront, il sera facile de
reconnaître que ces animaux, malgré les
nouvelles découvertes auxquelles a con¬
duit l’étude physiologique des organismes
inférieurs, ne sauraient être réunis aux Po¬
lypes à tentacules pectinés, c’est-à-dire
aux Coraux et aux Alcyons ; Cuvier les a
joints aux Mollusques acéphales, et cette
manière de voir a été acceptée par MM. Sa¬
vigny et de Blainville. Pour Lamarck, au
contraire, les Ascidies, réunies auxBiphores
et aux Pyrosomes, qui constituent avec el¬
les les Acéphales sans coquilles de Cuvier,
forment , parmi les Radiaires , un groupe à
part, sous le nom de Tuniciers. Ce groupe
est simplement une classe pour Lamarck;
mais il serait sans doute convenable de l’é¬
lever au rang de type ou embranchement ,
ASC
209
et d’y réunir différentes classes d’animaux
dont les uns sont regardés comme Mollus¬
ques, et les autres comme Zoophytes, quoi-
qu’en général ils semblent également dépla¬
cés parmi les Mollusques ou parmi les Zoo¬
phytes. Tels sont les Polypes bryozoaires,
dont l’analogie avec les Ascidies n’est plus
douteuse ; tels sont probablement aussi les
Diphyes , les Physsiphores et les Béroïdes
non radiaires, qui seraient autant de classes
dans le groupe remarquable des Tuniciers ,
dont on reculerait ainsi les limites , en mê¬
me temps qu’on lui donnerait une valeur
plus élevée. (P. G.)
*ASCIDIÊE ( feuille ) («cxîcftov, petite
outre), bot. — M. de Mirbel appelle ainsi
les feuilles terminées par un appendice cya-
thiforme, recouvert d’un opercule mobile,
comme dans le JSepenthes distillatoria.
(C. d’O.)
ASCIDIENS [dAscidia , genre de Tu¬
niciers). tuniciers. — On nomme quel¬
quefois ainsi les animaux plus généralement
désignés par le nom d Ascidies. Voy. as¬
cidie. (P. G.)
* ASCIDIOCARPES. Ascidiocarpa
(«ffxt'J'cov , utricule; xotandç, fruit), bot. cr.
— Luhnemann a donné ce nom aux Hépa¬
tiques, comme le Riccia, dont le fruit s’ou¬
vre au sommet. (C. d’O.)
* ASCIDITES. Ascidites . helm.— Nom
donné par Latreille à une famille de la clas¬
se des Tuniciers qui a pour type le genre
Ascidia. (C. d’O.)
ASCIDIUM (àcrxtc hov, petite outre).
bot. cr. — Genre de la famille des Lichens,
tribu des Endocarpées , établi par M. Fée
( Crypt . offic., p. 96, pl. 1 , f. 23) sur un
Lichen qu’on rencontre communément sur
les écorces des Quinquinas du commerce.
Voici les caractères auxquels on pourra le
reconnaître : Thalle membraneux, illimité ;
verrue formée par le thalle, déprimée et
percée au centre d’une ouverture margi-
née. Thalamium inclus , muni d’un double
périthèce membraneux. Nucléus globuleux,
blanc en dedans comme en dehors. Spori-
dies naviculaires renfermant 4 à 6 spores
ovoïdes. Nous avons analysé un échantillon
que nous tenons de M. Fée; et, soit qu’il fût
imparfait , soit que nous nous y soyons mal
pris, nous confessons n’avoir pas été assez
heureux pour voir le double périthèce sur
T. II.
ASC
lequel est fondé le genre. Nous pensons
donc , pour notre compte , qu’il ne saurait
être distrait du genre Thelotrema. Voy. ce
mot. (c. M.)
ASCÏDIUM (àffxtcftov, outre, utricu¬
le). bot. cr. — Genre de Champignons
créé par Tode ( Schriften der Berl. Ge-
sellsch. naturf. Freunde, vol. III , p. 247),
et qu’il a désigné plus tard ( Fung . Meckl. ,
p. 13) sous le nom dAscophora. Voy. ce
mot. ( Lév. )
ASCIE. Ascia ( «a- xe« , opaque ). ins. —
Genre de Lépidoptères diurnes établi par
Scopoli, et qui comprend ceux des Polyom-
mates de Latreille , qui n’ont ni queues ni
taches aux ailes inférieures. Voy. polyom-
MATE. (D.)
* ASCIE. Ascia ( ««u* , opaque ). ins. —
Genre de l’ordre des Diptères , division des
Brachocères, subdivision des Tétrachœtes,
famille des Brachystomes , tribu des Syr-
phides. Ce genre, établi par Mégerle et ado¬
pté par Meigen, ainsi que par Latreille
( Fam . natur. ), a été créé aux dépens des
genres Milesia de Fallen et de Latreille
{Généra), Merodon de Fabricius, et Syr-
phus de Panzer. Parmi les espèces rappor¬
tées à ce genre par M. Macquart , et dont
quelques unes sont assez rares, nous ne
citerons que l’Asc, podagrica de Mégerle,
qui est commune partout , et qui est la
même espèce que le Syrphus podagricus
de Panzer ou Merodon id. de Fabricius.
(D.)
*ASCIUM , Schreb. («u/tov, petite ou¬
tre). bot. PH. — Syn. du genre Noran-
tea , Aubl. , de la famille des Marcgravia-
cées. r r (Sp.)
ASCLÉPIADÉES. Asclepiadeœ. bot.
ph. — Famille de plantes dicotylédones , à
corolle monopétale hypogyne, offrant les cs-
ract. suivants : Calice 5-parti ou 5-fide, en
général beaucoup plus court que la corolle ;
segments à estivation imbriquée , souvent
accompagnés dans leurs sinus de petites
dents. Corolle hypogyne, monopétale, ca¬
duque , 5-partie ou 5-fide, campanulée ,
urcéolée, hypocratéri- ou infundibuliforme,
souvent rotacée; segments alternant avec les
lobes du calice, à estivation contournée ou
valvaire , quelquefois accompagnés dans
leur sinus de plis peu prononcés ; tube nu
ou garni d’écailles de formes variables à
14
210 ASC
l’entrée. Étamines 5, insérées à là base de
la corolle et alternes avec les segments ; fila¬
ments comprimés, soudés en un tube qui
embrasse étroitement les styles; ce tube porte
ordinairement à sa partie externe des appen¬
dices simples ou composés , dont la forme
varie d’un genre à l’autre. Les anthères
s’ouvrent latéralement ; elles sont, dans le
plus grand nombre des genres, terminées par
une membrane dépendante du connectif , qui
se rabat sur le sommet aplati des styles; les
bords se prolongent inférieurement en deux
sortes d’ailes cartilagineuses au sommet , et
entre lesquelles on remarque un corpus¬
cule cordiforme , noir, luisant, de la base
duquel partent à droite et à gauche deux
filets jaunes qui, à une certaine époque,
vont, en s’accroissant, se mettre en rapport
avec les masses polliniques qu’elles sous-
tendent soit par leur base (masses pollini¬
ques dressées), soit par leur sommet (masses
polliniques pendantes). Il résulte de cette
singulière disposition qu’en détachant le
corpuscule situé entre chaque anthère on en¬
lève avec lui , et sous la forme d’une petite
balance, deux masses polliniques qui appar¬
tiennent à deux anthères distinctes. Celles-ci
sont biloculaires , et , suivant leurs formes
plus ou moins allongées dans le sens de la
longueur ou de la largeur , ces loges s’ou¬
vrent longitudinalement ou transversale¬
ment (Gonolobées ). Les masses polliniques
sont généralement en forme de fuseau ou
de petite massue plus ou moins comprimée;
cependant, dans les Périplocées, le pollen est
granuleux et) les grains sont réunis 4 par 4 ;
dans les Sécamonées , les masses polliniques ,
au lieu de former un corps unique dans
chacune des loges , sont disposées par petits
groupes. Les ovaires sessiles , géminés , su¬
perposés suivant l’axe, entourés à leur base
d’un disque hypogynique, sont indépen¬
dants ou soudés en un seul par leur face
ventrale, qui porte de nombreux ovules ana-
tropes. Les styles plus ou moins allongés se
dilatent au sommet en un plateau charnu ,
dont la fôrme générale présente un nombre
infini dé modifications secondaires. On s’est
contenté jusqu’ici d’en signaler deux princi
pales et d’indiquer le cas où cet organe est
mousse ou terminé en pointe : dans l’un ou
l’autre Cas, on distingue toujours une divi¬
sion pins ou moins profonde qui indique
&W
l’origine binaire des deux corps dont il ré¬
sulte. C’est à la face inférieure et en sur¬
plomb du plateau que se trouve la portion
stigmatiqüe, la seule qui serve à la trans¬
mission des tubes polliniques; c’est égale¬
ment à chacun des angles de ce plateau que
se trouvent les corpuscules qui supportent
les masses polliniques. Les fruits , auxquels
on a donné le nom de follicules, s’ouvrent
par leur face ventrale et laissent échapper
à leur maturité des graines munies d’une ai¬
grette. Ces follicules géminés , ou solitaires
par avortement, sont lisses ou couverts de
prolongements spiniformes, mous ; leur con¬
sistance varie : en général elle présente
'celle du parchemin ; cependant elle acquiert
parfois celle d’un corps ligneux. On trouve
tous les intermédiaires entre ces deux degrés;
aussi arrive-t-il que plusieurs d’entre éüx
sont charnus et susceptibles d’être mangés.
Les graines sont obovales, entières ou den-
ticulées, comprimées, imbriquées ; leur test,
membraneux , cartilagineux ou subéreux,
forme un rebord circulaire, échancré à la
place du hile et du micropyle , d’où part' le
bouquet de soies ténues qu’il est très rare
de voir manquer. Le périspefme, charnu,
forme en général une mince couche qui en¬
toure un embryon axile à radicule supérieure,
et à cotylédons piano-convexes ÔU plus fré¬
quemment foliacés ; la plumule est invisible.
A. L. de Jussieu réunissait les plantes qui
constituent cette famille à celle des Apocy-
nées : elles y formaient en majeure partie
une section caractérisée par ses ovaires gé¬
minés, ses fruits biloculaires renfermant dès
graines pourvues d’une aigrette vers leur
hile ou point d’attache. Plus tard , M. R.
Brown éleva au rang de famille les deux
groupes établis par de Jussieu , et donna à ce¬
lui* qui nous occupe le nom d’Asclépiadées ,
s’appuyant, pour fonder cétte dernière, sur
la forme de la corolle , la présence d’une
rangée d’appendices soudés aux filets des
étamines, qui, eux-mêmes réunis eb colonne,
embrassent étroitement les styles pour faire
corps avec leur sommet dilaté ; mais c’est
principalement sur la singulière organisa¬
tion des anthères et dès masses polliniques
solides que repose la division des Asclépia-
dées. Toutefois cette séparation, quoique gé¬
néralement admise, n’est pas très facile à li¬
miter ; car le groupe des Périplocées , pat son
ASC
ASC
211
pollen granuleux , semble établir la con¬
nexion des Apocynées avec les Asdépiadées,
et ne laisser ainsi que de bien faibles caractè¬
res pour leur distinction.
Les Asdépiadées sont, de toutes les fa¬
milles à corolles monopétales, celle dont
l’appareil staminad présente le plus de com- I
plication. On a souvent comparé la struc¬
ture de leurs fleurs à celle des Orchidées, et
cette comparaison ne manque pas de jus¬
tesse, car on s’est servi, dans l’une comme-
dans l’autre , de la disposition des granules
polliniques libres ou réunis en masse pour
établir dans ces groupes les divisions pri¬
maires, divisions auxquelles, dans les Asclé-
piadées, sont venues se joindre, pour l’éta¬
blissement des genres , les innombrables
formes que fournit la couronne staminale,
de même qu’on s’est servi de celles du la-
belle , et de l’adhérence des parties de la
fleur au gynostème, pour créer les genres
d’Orchidées.
L’organisation si bizarre et si compliquée,
et, par suite, la difficulté d’expliquer le mode
de fécondation dans les Asdépiadées* a fixé
à diverses époques l’attention des plus célè¬
bres botanistes. M. R. Brown , comme en
tant d’autres circonstances, est celui qui a
le plus contribué à étendre nos connaissan¬
ces à ce sujet, d’abord par son travail géné¬
ral de classification, puis, plus tard, par ses
belles recherches sur le mode d’imprégna¬
tion de l’ovule de cette famille, recherches
entreprises à la même époque et poursui¬
vies avec un égal succès par M. Ad. Bron-
gniart.
Les Asdépiadées sont des plantes herba¬
cées, charnues ou frutescentes, souvent vo-
lubiles ; à feuilles opposées, simples, indi¬
vises, toujours entières, membraneuses oui
charnues ; à inflorescence généralement in-
terpétiolaire , multiflore , quelquefois uniflo-
re , en ombelles, capitules, cymes ou pani-
cules , dans lesquels les fleurs sont accompa¬
gnées de 3 bractéoles subulées, très rarement
développées. Elles habitent principalement
les régions tropicales des deux continents,
mais quelques genres se trouvent appartenir
exclusivement à certaines parties du globe :
ainsi les nombreuses esp. du g. Asclepias
sont particulières au Nouveau-Monde, tandis
que les Gomphocarpus , également très nom¬
breux en espèces et à peine différents du
précédent, habitent presque exclusivement
la région australe de l’Afrique. En général ,
les Asdépiadées sont comprises entre le 59°
lat. boréale et le 58°lat. australe. La section
à masses polliniques dressées se trouve li¬
mitée à l’ancien continent , et ce n’est que
par exception qu’on rencontre aux Antilles
une esp. de ce groupe. J’ai donné, dans mes
Etudes sur les genres et espèces d'Àsclépia-
dées, des tableaux qui résument la distribu¬
tion géographique des genres et des sections
de cette famille, tableaux auxquels on pour¬
ra recourir pour se faire une idée générale
à ce sujet.
Les racines de plusieurs plantes de cette
famille jouissent de propriétés émétiques;
leur suc abondant sert à faire une sorte de
caoutchouc, et l’on attribue à celui des esp.
de Calotropis des propriétés antisyphiliti¬
ques des plus prononcées.
Les travaux les plus complets dont les
Asdépiadées aient été l’objet sont ceux de
M. R. Brown , insérés dans les Wernerian
Trans ., I, p. 12, 1809, et Trans. Lin. Soc.,
celui de M. Wight pour les espèces de l’In¬
de ; enfin le mémoire que j’ai inséré dans
les Ann. des sc. nat. , t. IX , 1837 , et dans
lequel j’ai donné des analyses florales des
principaux genres.
Le partage des Asdépiadées en 3 tribus ,
dont le principal caract. distinctif est em¬
prunté à la position des masses polliniques,
qui sont dressées, horizontales ou pendantes,
appartient à M. Brown. Cette dernière ,
qui renferme la plus grande partie des gen¬
res, a été elle-même subdivisée en plusieurs
sections d’après des considérations tirées de
la forme des couronnes staminales; enfin la
première tribu, celle à masses polliniques
dressées, se divise en deux sections suivant
que les anthères sont mutiques ou terminées
par un appendice.
GENRES.
Ire Tribu. — Masses polliniques dres¬
sées. CÉROPÉGIÉES : Ceropegia , L. R.
Br. ; Piaranthus, R. Br. ; Huernia , R. Br.;
Apteranthes, Mik. ; Hutchinia , W. et A. ;
Stapelia , L. ; Bucerosia , W. et A. ; Erio-
petalum , W. et A. ; Caralluma, R. Br. ;
Heterostemma, W. et A. ; Sisyranthus, E.
Mey. ; Microstemma, R. Br. ; Brachy -
stelma , R. Br,; Qrtluwthera, W. et A.
ASC
ASC
212
Leptadenia, R. Br.; Hoyd, R. Br.; Cen-
trostemma, Decaisn. ; Asterostemma , De-
caisn. ; Tenaris , E. Mey. ; Cosmostigma ,
W. et A. ; Pterostelma , W. et A. ; Physo-
stelma , Wight; Sarcolobus , R. Br.; Gy-
mnema, R. Br.; Leptostemma, Bl. ; Stepha-
notis, Pt. Th.; Marsdenia , R. Br.; Pergu-
laria, L. ; Baxter a , Reichb. ; Micro-
loma , R. Br. ; Parapodium , E. Mey. ; Me-
tastelma, R. Br. ; Schubertia , Mart. ; Di-
schidia, R. Br.
2e Tribu. — Masses polliniques horizon¬
tales. GONOLOBÉES : Gonolobus , L. L.-C.
Rieh. ; Fischeria , DC. ; Tweedia , Hook.
et A. ; Lachnostoma , H. B. R. ; Matelea,
Aubl.; Dregea , E. Mey. ; Tylophora , R. Br.
3e Tribu. — Masses polliniques pendan¬
tes supportées par des processus ailés ac¬
compagnés latéralement d’un corpuscu¬
le corné. OXYPÉTALÉES : Calostigma ,
Decaisn. ; Oxypetalum, R. Br. ; Schizo-
stemma, Decaisn.; Morrenia , Lindl.; Arau-
jia , Brot.
4e Tribu. — Masses polliniques pendan¬
tes. ASCLÉPIADÉES VRAIES : Asclepias,
L. ; Gomphocarpus , R. Br.; Lagarinthus ,
E. Mey. ; Pachycarpui , E. Mey. ; Xysmalo-
bium , R. Br. ; Acerates, Eli. ; Podostigma,
Eli.; Hybanthera, Endl.; Bracliylepis,
Hook. etArn.; Enslenia , Nutt. ; Otaria ,
H. B. R. ; Pentarhinum , E. Mey. ; Aspido-
glossum, E. Mey. ; Sonninia , Reichb. ; Ho-
lostemma, R. Br. ; Cynanchum, L. ; Endo-
tropis , Endl.; Cynoctonum,E. Mey.; Pyc-
noneurum , Decaisn. ; Fockea, Endl. ; Stein-
heilia , Decaisn. ; Glossonema , Decaisn. ;
Schizoglossum , E. Mey.; Vincetoxicum ,
Mœnch. ; Cordijlogyne , E. Mey. ; Soleno-
stemma, Hayn. ; Glossostephanus , E. Mey. ;
Metaplexis , R. Br.; Seutera , Reichb.;
Bhyssolobiun , E. Mey. ; Kanaliia , R. Br. ;
Sarcostemma , R. Br.; Raphistemma, Wall.;
Philibertia, H. B. R. ; Calotropis, R. Br. ;
Pentatropis, R. Br. ; Jphisia , W. et A. ;
Oxystelma , R. Br, ; Pantasachme , Wall. ;
Eustegia , R. Br. ; Dœmia , R. Br. ; Ditassa,
R. Br. ; Decanema, Decaisn. ; Astephanus,
R. Br.; Hœmax, E. Mey.
5e Tribu. — Masses polliniques granu¬
leuse s, granules 4-lobés. PÉRIPLOCÈES :
Cryptostegia , R. Br. ; Periploca, L. ; Fin-
laysonia, Wall. ; Streptocaulon, W. et A. ;
Gymnanthera , R. Br. ; Decalepis , W. et
A. ; Brachylepiiy W. et A. ; Hemidesmus ,
R. Br. ; — * Lepistoma , Bl. ; Phyllanthe -
ra , Bl.
6e Tribu. — Anf/ière 4 -loculaire, masses
polliniques 20, appliquées 4 jpar 4 aw som¬
me* des corpuscules. SÉCAMONÉES : Seca-
mone, R. Br. ; Toxocarpus , W. et A. ; Go-
niostemma, W. et A. (J. D.)
ASCLEPIAS ( nom d’Esculape ). bot.
ph. — Toutes les espèces de ce genre sont
originaires du Nouveau-Monde; elles s’é¬
tendent , des parties tempérées , où elles
croissent en plus grand nombre, jusqu’au
delà des tropiques.
Ce sont des herbes vivaces , à feuilles op¬
posées ou verticillées , à ombelles interpé-
tiolaires ou rarement terminales. Ce genre
a pour caract. : Calice 5-parti. Corolle 5-
partite, à segments réfléchis. Couronne sta-
minale 3-phylle ; folioles en cornets munis à
l’intérieur d’une sorte de corne plus ou moins
longue , faisant constamment saillie en
dehors des cornets et dépassant même par¬
fois le sommet du style , sur lequel elles se
courbent en général. — Plusieurs Asclepias
se cultivent dans les parterres comme plan¬
tes d’ornement. Une d’entre elles s’est pro¬
pagée sur tous les points du globe entre les
tropiques : c’est l’A. curassavica. Une autre,
VA. syriaca L., se rencontre dans certaines
parties de l’Europe, où on la désigne sous le
nom (TApocyn à ouate soyeuse , coton sau¬
vage , plante à soie, etc., à cause des soies
qui surmontent les graines, et dont on a cher¬
ché à tirer parti pour en former des étoffes.
On en a, en effet, fabriqué des velours, des
molletons, etc.; mais d’un côté le bon mar¬
ché du coton ordinaire, et de l’autre la rareté
de la matière fournie par l’Asclépiade, dont la
culture a toujours été fort restreinte, ont ar¬
rêté les spéculations manufacturières à son
égard. On avait également cherché à utili¬
ser les tiges de cette plante en les faisant
rouir comme celles du chanvre. C’est en
Silésie que les principaux essais de culture
ont été tentés. En 1772, on en voyait, aux
environs de Liegnitz, une plantation d’envi¬
ron 100,000 pieds. — L’épithète de syriaca
appliquée à cette plante est complètement
inexacte, car cette espèce, comme toutes ses
congénères, est originaire des Etats-Unis
d’Amérique. (J- D. )
’('ASCLERA(« priv.; whpôç, dur), ins.
ASC
ASC
2 13
— Genre de Coléoptères hétéromères , fa¬
mille des Sténélyres, établi par M. Dejean,
dans la troisième édition de son Catalogue ,
aux dépens des OEdémeres. Il y rapporte
21 espèces, dont 14 exotiques et 5 d’Europe,
parmi lesquelles nous citerons celles qui
ont été décrites par Fabr. , savoir : A. san-
guinocollis, À. cœrulescens , A. thalassina
et A. viridissima. Les deux premières se
trouvent aux environs de Paris , la troisième
en Autriche et la quatrième en Suède. Les
Asclera, placés par M. Dejean entre les Na-
cerdes et les Anogcodes, se distinguent des
premiers par leurs élytres oblongues , et
des seconds par l’écusson, qui, chez les
Asclera, est de moyenne grandeur, régu¬
lièrement arrondi et déprimé au milieu ,
tandis qu’il est prolongé et anguleux chez
les Anogcodes. Voy. nacerdes èt anog¬
codes. (D. et C.)
* ASCLERES. Ascleria ( « priv. ; <rx V
pàç, dur , c’est-à-dire sans pièces dures ou
charnues), zooph. — Sous-ordre des Poly-
stomes de M. Rafinesque. Il comprend les
Zoanthes, les Sinoïques, les Yérétilles, les
Pennatules, les Encrines, etc., réunion d’ani¬
maux qui n’ont pas la moindre analogie en¬
tre eux. (P. G.)
ASCOBOLUS ( àcxo's, outre ; /3o)o; ,
l’action de jeter), bot. cr. — Persoon ( Obs.
mycol., t. I, p. 55, tab. 4, fig, 5-6) a don¬
né ce nom au Peziza stercoraria Bull. ,
et à d’autres espèces voisines. Le réceptacle
est charnu , hémisphérique pézizoïde , et
son hyménium formé de thèques , dont
quelques unes font saillie : elles renferment
huit spores et une humeur aqueuse. Ce
genre ne diffère véritablement pas des Pé-
zizes, si ce n’est par les saillies que quelques
thèques forment à la surface de l’hyme-
nium , et qui ressemblent à de petits points
noirs.
Si l’on cherche à expliquer comment
les thèques sortent, on est fort embarrassé ;
car on ne distingue aucun organe qui les
pousse en avant; mais une tranche d’hy-
menium coupée verticalement et soumise
au microscope montre qu’elles se déta¬
chent spontanément du réceptacle et qu’el¬
les sont chassées dehors par la pression que
les thèques exercent par leur développe¬
ment les unes sur les autres. Peut-être dans
les auttes Pézizes en est-il de même ; mais
comme les thèques et les spores sont blan¬
ches, on ne s’aperçoit pas de leur déplace¬
ment.
VAscobolus furfuraceus ( Peziza fimeta-
ria Bull.) croît très abondamment sur la
fiente des animaux ruminants, et principa¬
lement sur celle des Bœufs. On y voit très
bien le phénomène dont j’ai parlé. L’Asco-
bolus trifolii de Bivona Bernardi , qu’on
trouve très fréquemment sur les feuilles de
la Luzerne et du Trèfle, me paraît plutôt
appartenir au genre Phacidium , parce que
sa marge est ordinairement garnie de dents.
(Lét.)
*ASCOCIIYTA ( «7X05, utricule, thè-
que ; xvtôç, soluble), bot. cr. — Mademoi¬
selle Libert de Malmédy ( Cryptogames des
Ardennes), avantageusement connue par
plusieurs travaux intéressants en botanique
et surtout en cryptogamie, a donné ce nom
à de petits Champignons parasites qui se
développent sur les feuilles de plusieurs ar¬
bres. Les caractères de ce genre sont très
obscurs , ce qui tient à la petitesse des es¬
pèces qui le composent. En effet, ils ne ma¬
nifestent leur présence que par une déco¬
loration très limitée de la feuille, qu’on
prendrait plutôt pour la suite d’une piqûre
d’insectes , et par un petit amas de spores
qui forme une légère saillie pointue , visible
seulement à l’aide d’une forte loupe. Les
réceptacles sont membraneux, punctifor¬
mes , cachés dans l’épaisseur des feuilles ;
leur nucléus est blanc, composé de spores
ovales, linéaires, simples ou cloisonnées,
mêlées avec une substance gommeuse, dans
laquelle elles paraissent dissoutes , et qui
sortent sous forme de fil très court par un
ostiole qu’on devine plutôt qu’on ne le voit.
La découverte de ce genre , assez nombreux
en espèces , fait honneur à la perspicacité
de son auteur. L’espèce la plus commune
se rencontre au commencement de l’au¬
tomne sur les feuilles de 1 '‘Acer campestre ,
alors toutes couvertes de petites taches or-
biculaires , brunes et sèches. (LÉv.)
* ASCOGA8TER ( âor.oç , sac ; ,
ventre), ins. — Genre de la famille des
Ichneumoniens , tribu des Braconides, de
l’ordre des Hyménoptères, établi par M.
Wesmaêl ( Monog . des Bracon. de Belg. ),
et adopté par nous ( Hist. des anim. art. ,
t. Y ). Ce genre , très yoisin des Sigalphus,
214
ASC
ASC
Lat. ; et Chelonus , Jurine, s’en distingue
surtout par les yeux glabres et par les ailes!
pourvues de trois cellules cubitales, avec
une nervure séparant la première cellule
cubitale de la discoïdale externe.
Les espèces de ce genre sont de petite
taille et peu nombreuses : les unes ont les
jambes intermédiaires droites , et la cellule
radiale nullement divisée ; c’est notre pre¬
mière division du genre, ou les vrais Asco-
gaster de Wesmaël; les autres ont les jam¬
bes intermédiaires sinueuses et la cellule
radiale divisée par une nervure peu appa¬
rente. Elles forment notre seconde division
du même genre , ou le g. Phanerotoma de
Wesmaël.
Le type qui appartient à notre première
division est VA. rufipes ( Chelonus rufipes
Lat. ) , répandu dans une grande partie de
l’Europe. (Bl.)
* ASCOMYCETES. Ascomycètes ( «<r-
xo's, outre ; /aù/.vk, champignon), bot. cr. —
Nom donné par Fries à une sous -classe de
Champignons, dont les sporidies sont ren¬
fermées dans des élytres. (C. d’O.)
ASCOM YS, Lichtenst. mam. — Voyez
HAMSTER. (A. de Q.)
ASCOPHORA ( àaxdç, outre , vésicule •
fèpot , je porte), bot. cr. — Tode ( Fung .
Mikl., p. 13) a donné ce nom à un Champi¬
gnon de l’ordre des Mucédinées qu’il carac¬
térise ainsi : Champignon droit , stipité. Ca¬
pitule globuleux, oblong, dilaté, opaque,
élastique ; fructification extérieure , stipe sé-
tacé. On le prendrait à l’œil nu pour le Mu-
cor mucedo L. ; mais il en diffère, en ce que
la vésicule se détache circulairement à sa
partie inférieure du pédicelle, et forme ainsi
un petit chapeau qui ressemble à une cupule
renversée. Selon Tode, cette séparation au¬
rait lieu brusquement avec élasticité , et les
spores seraient dispersées dans ce moment.
Tous les auteurs ont pu voir ce petit cham¬
pignon , mais tous n’ont pas adopté cette
explication. MM. Martius, Chevalier, et au¬
tres auteurs , pensent que la vésicule ren¬
ferme, au contraire, les spores dans sa ca¬
vité; qu’elle s’ouvre au sommet et que ses
bords se réfléchissent en bas , de sorte que
les spores ne deviennent externes que par
accident. Ditmar et le professeur Link
croient que la partie supérieure de la vési¬
cule disparaît, et que l’inférieure seule per¬
siste. Enfin , M. Corda , dans la description
de VAscophora candelabrum ( icon.fung .,
t. I , p. 15, tab. 2, fig. 44), a décrit et fi¬
guré un nouvel organe qu’il nomme colu-
melle , qui se trouve à l’extrémité du pédi¬
cule. Sa face externe est couverte de spores
et cachée dans la vésicule elle-même, qui
se sépare du pédicule à l’époque de la ma¬
turité, et persiste à son extrémité. Quoique
je n’aie pas vu cette columelle , j’avoue que
cette explication me paraît probable, car
je n’ai jamais pu saisir le moment du ren¬
versement ni vu la déchirure de la partie
supérieure de la vésicule. Ce genre de
Champignons, malgré sa fréquence, est
encore loin d’être parfaitement connu , et
demande à être étudié de nouveau. L’Asco-
phora mucedo , l’espèce la plus répandue ,
croît sur les matières animales et végétales,
sur la vieille colle de farine , dans les cavi¬
tés du pain, etc. Elle forme de petites forêts
dont tous les individus sont bien distincts ;
le pédicelle est simple , cloisonné , surmon¬
té d’une vésicule d’abord aqueuse , puis
noire et solide , qui s’ouvre circulairement
à sa partie inférieure en se détachant du
pédicelle, et laisse tomber des spores nom¬
breuses, globuleuses, transparentes, et d’un
assez gros volume. (LÉv.)
* ASCOPîSOREÆ («ffxo's , outre , utri-
cule ; fépot , je porte), bot. cr. — Famille
de Champignons indiquée par Ehrenberg
( Sylv . myc. JBerol. , p. 43), et dont il ne
donne pas les caractères. Elle comprend les
genres Pilobolus , Tode; Didymocrater ,
Mart.; Aspergillus, Lk.; Zizigites , Ehrenb.;
Megalocarpus , Ehrenb.; Acremonium, Lk.;
V erticillium , N. E. ; Mucor, Pers. , et
Thamnidium , Lk. Tous ces genres appar¬
tiennent aux Mucédinées, et présentent pour
caractère général un pédicelle simple ou
rameux, continu ou cloisonné , dilaté à son
sommet ou à l’extrémité en forme d’utri-
cule. Cette utricule renferme les spores qui
s’échappent quand elle vient à se rompre.
Le g. Thamnidium seulement s’éloigne par
sa structure et sa consistance de ceux avec
lesquels il se trouve réuni. (LÉv.)
* ASCOPHYCÆ ( dcxo's, outre ; pvxoç,
algue), bot. cr. — Nom sous lequel M.
Reichenbach désigne les Fucacées (Voy. ce
mot ) , parce que , chez un grand nombre
d’entre elles , sinon dans toutes , les corps
ASC
ASC
reproducteurs ont la forme des thèqUes
(Asci) des Lichens et des Hypoxylées.
(c«. m.y
* ASCOSPORÉS. Àscosporœ ( fa/.ài ,
outre; ortopà , spore), bot. cr. — Kêichen-
bâch donne ce nom à un ordre d(e la classe
des Lichens, comprenant ceux dont les spo¬
res sont renfermées dans des utricules.
(G. d’O.)
* ASCOSPORA («<7xo5 , outre, thèque;
(titoptk , spore), bot. cr. — Genre de Cham¬
pignons ainsi nommé parce que lés spores
ressemblent à des thèques. Pries’ (%$f. or h.
Veget., p. 112) lé place dans l’ordré des
Sphériacées et dans le sous-ordré des Bo-
thidinées. Les réceptacles sont innés et s’ou¬
vrent par un ostiole simple ; leur nucléus
est gélatineux et formé de spores globu¬
leuses ou oblongues qui simulent des thè¬
ques* et qui s’échappent sous forme dé fila¬
ments contournés. L’éspèce qui sert de type
est VÂscosporaÆgopodii, ou Sphœria Ægo-
podii de Persoon. Ce genre est celui que
Mademoiselle Libert ( Cryptogames des Ar¬
dennes) a nommé Ascochyta . Voy. Ce mot.
(l msf
* ASCRA, Schott (m Spreng. Cur.post.,
p. 407). bot. RH. — Synonyme (suivant
M. Endlîcher, Gén., p. 920) du genré Bana-
ra , Aubl., de la famille des Bixacées.
(Sp.)
ASCUS outre, utriculé). bot.
cr. — Mot latin dont se servent les Myco¬
logues pour exprimer les cellules qui ren¬
ferment' les Spores des Champignons et des
Lichens. Elles sont plus ou moins arrondies
Ou allongées ; dans cé dernier cas , on les
nômme ordinairement Th'eques. ( Voy. ce
mot.) C’est à tort que les auteurs ont indi¬
qué Inexistence de ces organes dans les Hy-
ménOmycètes, comme lés Agarics , les Bo¬
lets, les Hydriés, les Clavaires, étc. Bans ces
Champignons , les Spores sont externes et
supportées par dés prolongements de l’hy-
menium à une ou plusieurs divisions aux¬
quels j’ai donné le nom de Basides. ( Voy.
ce mot.) On trouve les thèques dans les
Morelles , les Pézizes , les Géoglosses , etc. ,
et les utricules dans les Truffes , les Éry-
ziphes , etc. (LÉv.)
* ASCYREIA , Choisy ( Prodr . Hyp.,
p. 38, et in De Cand. , Prodr., ï, p. 544)
( allusion à ). bot. Riï. — M. Choi-
215'
i sy a donné ce nom à une section absolument
artificielle de son g. Hypericum. La plu¬
part des espèces qu’il range dans cetté sec¬
tion appartiennent à d’autres genres , et
notamment aux Androsœmum et aux My-
riandra. (Sp.)
ASCYRON, Tourn. (non L.) ( «ffXU/ÎOV,
millepertuis), bot. ph. — Genre inadmis¬
sible et absolument artificiel; il a été fondé
sur plusieurs Hypéricacées appartenant à
divers genres de cette famille , et il corres¬
pond à peu près à la section également in¬
admissible établie pat M. Choisy, dans le g.
Hypericum , sous le nom d ’Ascyreia.
(Sp.J
ASCYRUM, L. ; Spach (Hist. des Plan¬
tes phan., vol. Y, p. 346 ; id. Nouv. Ann. des
sc. nat., vol. Y, p. 368) ( «cxu/jov, milleper¬
tuis ). bot. ph. — Genre de la famille des
Hypéricacées (tribu des Hypéricées , sous-
tribu des Ascyrinées, Spach), offrant les ca¬
ractères suivants : Calice de 4 sépales 2-sé-
riés, opposés-croîsés ; les 2 extérieurs ( l’un
supérieur , l’autre inférieur ) valvaires en
estivation , et, après la floraison, beaucoup
plus grands, subcordiforines, finement 3 ou
5-nervés; les 2 intérieurs (latéraux) très
étroits ou squamuliformes , petits , un peu
divergents. Pétales 4 , non persistants , iné-
quilaféraux , inégaux , obliquement acumi-
nés. Étamines en nombre indéterminé (en
général de 60 à 100, rarement de 9 à 24),
persistantes , à peine monadelphes par leur
base ; filets capillaires; anthères minimes,
réniformes-didymes. Ovaire 1-loculaire, 2-à
4-style ; placentaires suturaux, en même
nombre que les styles ; ovules horizontaux ,
anatropes, 2-sériés sur chaque placentaire.
Stylés subulés ou filiformes, courts, conni-
vents ou recourbés ; stigmates minimes ,
tronqués. Capsule finement striée , 1-locu-
laire , 2-à 4-valve, polysperme, recouverte
par lé calice. Placentaires filiformes ou la¬
melliformes, intervalvaires, persistant après
la déhiscence, ainsi que les valves. Graines
minimes , cylindracées , apiculées aux deux
bouts , finement scrobiculées. — Arbrisseaux
ou sous-arbrisseaux. Rameaux et ramules
ancipités , anguleux , articulés , feuillus.
Feuilles coriaces, persistantes, très entiè¬
res , sessiles ( souvent amplexicaules) , ac¬
compagnées, de chaque côté de leur base,
d’une glandule globuleuse ou dentiforme ,
216
ASE
ASE
ponctuées (ainsi que les sépales) de vésicu¬
les transparentes. Pédoncules dichotoméâi-
res et terminaux, ou axillaires et termi¬
naux, solitaires ou ternés , 1-flores , 2-brac-
téolés , 4 - èdres , soit courts et raides ,
soit filiformes et rabattus après la ilorai-
son. Pédicelles en cymules. Bractéoles mi¬
nimes , subulées. Sépales et pétales dis¬
posés en croix renversée. Corolle et étami¬
nes jaunes. Capsule soit comprimée et 2-
valve, soit subcylindrique, 5 -ou 4-sulquée
et 3-ou4-valve. — Ce genre appartient aux
régions chaudes de l’Amérique septentrio¬
nale ; on en connaît une dizaine d’espèces.
L’A. amplexicaule Michx. , et VA. stans
Michx., se font remarquer par l’élégance de
leurs fleurs. (Sp.)
* ASE1MOTRICHUM (« priv. ; «mr
jnetov , signe; 0/st'l, poil, filament), bot.
cr. — Corda ( Voyez Sturm , Flor. Germ.
Heft., XII, p. 43, tab. 22) a décrit et figu¬
ré sous ce nom un genre de Champignons
appartenant à ses Psilionacées ( Icon. Fung .,
t. I , p. 17 ) , ainsi caractérisé : Filaments
droits , réunis en faisceaux, de forme varia¬
ble , continus, presque transparents, par¬
semés de spores continues , fusiformes ,
et de petites masses vésiculeuses , diapha¬
nes et colorées. L’ Âseimotrichum ossium
Cord. forme sur les os de petits groupes
dont les filaments sont bruns , les spores
blanches , aiguës aux deux extrémités ; les
vésicules sont jaunes et polymorphes. Je ne
connais ce genre que d’après la description
de l’auteur. (LÉv.)
ASELLE. Asellus. crust. — Geoffroy a
donné ce nom à un petit Crustacé d’eau dou¬
ce , qui est devenu le type d’une division gé¬
nérique de l’ordre des Isopodes, et qui avait
été confondu jusque alors avec les Cloportes
et les Cymothoés. Dans la méthode de clas¬
sification de M. Milne Edwards, le g. Aselle
prend place dans la section des Isopodes
marcheurs, famille des Asellotes , tribu des
Homopodes, et se distingue des autres gen¬
res de la même tribu par les caractères
suivants : Antennes internes beaucoup plus
courtes que les externes. Pattes de la pre¬
mière paire subchéliformes. Abdomen com¬
posé seulement d’un article ; fausses pattes de
la dernière paire ayant la forme d’appendi¬
ces allongés, terminés par deux articles styli-
formes. — Il est aussi à noter que l’abdomen
porte en dessous deux lames operculaires
sous lesquelles sont logées les fausses pattes
branchiales. — L ’ Aselle vulgaire est très
commun dans les eaux douces et stagnantes
de la France; Say en décrit deux autres
espèces propres à l’Amérique septentrionale.
(M. E.)
ASELLIDES. crust. — Leach et La-
marck ont désigné ainsi une division de
Crustacés , renfermant les Aselles , les Ido-
tées, les Sphéromes, les Cymothoés, lesBo-
pyres, etc. ( M. E. )
ASELLOTES. crust. — Famille de
la division des Isopodes marcheurs, carac¬
térisée par la conformation de l’abdomen ,
dont le dernier article est grand et scutifor-
me, et dont les fausses pattes postérieures
sont terminées par des appendices stylifor-
mes lesquels se prolongent en manière de
queue. Le corps de ces Crustacés est plus ou
moins allongé et souvent presque linéaire ;
les antennes de la première paire sont très
petites, mais faciles à voir et insérées près
de la ligne médiane ; enfin la conformation
des pattes varie , et les caractères tirés de ces
organes servent de base à la division de
cette famille en deux tribus, savoir :
1° Les Asellotes hétéropodes, dont les pat¬
tes de la première paire sont terminées par
une main didactyle;
2° Les Asellotes homopodes, dont les pat¬
tes de la première paire sont semblables aux
autres, ou seulement subchéliformes et ter¬
minées par une petite griffe.
La première de ces tribus comprend les
genres Apseude, Rhoé, et Tanaïs. La tribu
des Asellotes homopodes se compose des
genres Limnorie, Aselle, Jœra, Jœridine et
Oniscode. (M. E. )
ASELLUS. poiss. — Nom par lequel
les Latins ont traduit la dénomination grec¬
que (VOniskos , et qu’ils appliquaient peut-
être à l’un des Gades de la Méditerranée.
On l’a transporté, sans trop de fondement,
à l’espèce que nous appelons aujourd’hui
églefin ( Gadus œglefmus ). Voy. ce mot.
(Val.)
*A SEMAI S, C. (affs/Avos, sans éclat), ins.
— Genre de Coléoptères tétramères , famil¬
le des Longicornes , établi par M. Dejean
dans son dernier Catalogue , et dont il n’a
pas publié les caractères. Il le fonde sur
une seule espèce , dont il ignore la patrie ,
ASE
AS1
et qu’il rapporte avec doute à la Saperda
ünicoior de Fabricius. D’après cette indi¬
cation , ce genre appartiendrait à la famille
des Lamiaires de M. Serville. (D. et C.)
* ASEMÜM ( X7Y, /jLosj qui ne porte au¬
cun signe ). ins. — Genre de Coléoptères
tétramères , famille des Longicornes , tribu
des Cérambycins , établi par Eschscholtz
(j Bulletin de la Soc. imp. de Moscou , vol.
ÏI, 1830, p. 66 ) , et auquel il rapporte 3 es¬
pèces : Caliidium rusticum Fabr., Callid.
striatum id., et Asemum atrum Esch. M.
Serville , dans sa Monographie des Longi¬
cornes ( Ànn. de la Soc. eut. de France ,
t. III , 1834 , p. 79 ) , a adopté ce genre ;
mais il le fonde sur d’autres caractères
qu’Eschscholtz , et n’y comprend pas le
Caliidium rusticum, dont il fait le type
d’un autre g. auquel il donne le nom dAr-
hopalus. M. Dejean comprend cette même
espèce dans son g. Criocephalum. Voy. ces
deux mots. (D. et C.)
* ASEMÜS («ffvjywo? , qui ne porte aucun
signe). — Sous-genre de Coléoptères tétra¬
mères , famille des Curculionides , établi
par Schoenherr ( Curculionid. dispos, me-
thod. , etc. , p. 129 ) pour y placer les Cur-
cul. rusticus et chloroleucus Wiedem., qu’il
a compris , depuis , dans le g. Tanymecus
de Germar.- Voy. ce mot. (D. et C.)
ASEPHANANTHES (faute d’ortho¬
graphe ou d’imp'ression ). bot. ph.— Voyez
ASTEPHANANTHES. (SP.)
* ASEPÏS. annél. — Genre de Serpulai-
res voisin des Spirorbes. M. Rafinesque
(Anal, de la nat., p. 137) l’indique sans le
décrire. (P. G.)
ASEROE ( âaYipdç, dégoûtant ). bot.
CR.--Labillardière ( Voyage aux terres au¬
strales , p. 145 ) a décrit sous ce nom un
champignon voisin du g. Phallus. La volve
est globuleuse , marquée de sillons ; le ré¬
ceptacle est étalé , divisé en rayons bifides ,
et supporté par un pédicule long , ouvert à
son sommet. L'Aseroe rubra , la seule espè¬
ce qu’on connaisse a le pédicule rouge.
L’auteur l’a trouvée en masse dans les fo¬
rêts, parmi les Mousses, dans la terre de
Yan-Diemen. — Ce genre me paraît avoir
les plus grands rapports avec le g. Pentaci-
na d’Endlicher ; mais, dans celui-ci, les
rayons, au lieu d’être bifides, sont simples.
Si ma conjecture est vraie, l’hymenium
T. XI.
sn
dont Labillardière n’a pas parlé , devrait
être placé sur la face interne des rayons ,
tandis que j dans les autres Phalloïdées , il
recouvre la face externe du réceptacle.
(LÉv.)
* ASEXE ( à priv. ; sexus , sexe ). bot.
cr. — Nom hybride employé par Adanson
dans ses Familles des plantes pour désigner
, les végétaux qui n’ont pas de sexe , comme
les Lichens , les Algues , lés Champignons
et les autres Cryptogames. Ce mot n’a pas
été adopté ; pourtant , Gærtner s’est servi
de celui dAsexualis, en lui donnant le mê¬
me sens. Voy. aoames. (Lév.)
ASFUR. poiss. — Ce nom, qui signifie
Moineau , a été employé par Forskal comme
épithète de son Chœtodon Asfur. M. de La-
cépède a cru devoir le placer parmi ses
Pomacanthesj mais le fait est que l’espèce
appartient à ses Holacanthes. Voy. ce mot.
(Yal.).
^ASIATIQUES, arâcii. — M. YValcfcff-
naër nomme ainsi une petite division de
son genre attus. Voy. ce mot. (Bt.)
ASID A ( étymologie inconnue ). iNS. —
Genre de Coléoptères hétéromères , famille
des Mélasomes , tribu des Blapsides , établi
par Latreille aux dépens du genre Opatrum
de Fabricius, et auquel il assigne pour ca¬
ractères : Étuis soudés. Palpes maxillaires
terminés par un article plus grand , trian¬
gulaire. Menton large , recouvrant la base'
des mâchoires. Les deux derniers articles’
des antennes réunis en un bouton ; le termi¬
nal plus petit. M. Soli.er, dans son Essai sur
les CollaptérideSj place ce genre dans sa;
tribu des Asidites , et le caractérise d’une;
manière beaucoup plus détaillée. Il partage
en deux division g les quarante-deux espèces
qu’il y rappor te. La première comprend
celles qui ont . les élytres couvertes d’éléva¬
tions costifo /mes très irrégulières, fortement
sinueuses 'ou interrompues , fortement gra¬
nuleuses f et le plus souvent couvertes de pe¬
tits poi’ £s serrés ; le tergum du prothorax
plus o fl moins prolongé en lobe dans le mi¬
lieu sa base , l’écusson peu saillant. La
secr jnde se compose de celles qui ont les é-
lyf .res sans côtes ni élévations sensibles, ou
3 vec des côtes longitudinales droites, ni in¬
terrompues ni sinueuses, lisses ou peu tu-
J berculeuses ; le tergum du prothorax sub-
{ tronqué, ou à peine saillant, en lobe, au mi*
14*
AS!
ASI
218
lieu de sa base ; la saillie de l’écusson beau¬
coup plus prononcée.
Les Asides sont toutes propres à l’ancien
continent; on ne les trouve que dans les
endroits chauds et sablonneux. M. Dejean,
dans son dernier Catalogue , en mentionne
quarante-quatre espèces, dont huit d’Afrique
et les autres d’Europe. Nous n’en citerons
qu’une, V Asida grisea ( Asidum griseum
Fabr.). C’est la seule qui se trouve aux en¬
virons de Paris. (D.)
* ASIDÏTES. ins. — Groupe de la tri¬
bu des Blapsidaires, famille des Mélasomes,
ordre des Coléoptères hétéromères, établi
par M. Delaporte (Hist. naturelle des Colé-
opt., faisant suite au Buffon-Duménil, t. II,
p. 205), et qui se compose des g. Zopherus,
Asida , Pelecyphorus , Microschatia , Mach-
la, Scotynus et Platynotus. Ces sept g. ont
pour caract. communs : Menton grand , cor-
diforme , occupant transversalement la ma¬
jeure partie du dessous de la tête. Corselet à
rebords latéraux très grands. Tarses simples
dans les deux sexes. Ces insectes habitent de
préférence les endroits secs et arides, et par¬
ticipent souvent de la couleur du terrain où
ils vivent. Us sont en général de couleur
cendrée. La tribu des asidites, suivant M.
Solier [Ann. de la Soc. entom. de France ,
t. Y, p. 403), se compose de neuf genres,
dont voici les noms : Asida , Pelecyphorus ,
Microschatia , Machla , Stenoides , Steno-
morpha , Cardigenius , Scotinus , Hetero-
scelis. Voy. ces mots. (D.)
ASILE, ojs. — Nom sous lequel Ari¬
stote, et, d’après lui, pïusieurs ornithologis¬
tes ont désigné le PouiUot , Motacilla Tro-
chilus , Gm. Voy. sylyiïs-poijillot.
(C. »’0.)
ASILE. Asilus (Mouche qui tourmente
les bestiaux , suivant Virgile et Pline), ins.
— Genre de l’ordre des Diptères, division des
Brachocères, subdivision des Tetrachœtes,
famille des Tanystomes, tribu des Asiliques.
Ce genre , établi par Linné , a été adopté
depuis par tous les auteurs ; mais il est de¬
venu si nombreux en espèces , qu’on a senti
la nécessité de le diviser en plusieurs gen res.
Latreille est le premier qui ait fait cette di¬
vision en convertissant le genre de Linné
d’abord en une famille sous le nom d’Asili-
ques (généra), ensuite en une tribu du même
nom, faisant partie de sa famille des Tany¬
stomes ( Fam . natur.). C’est dans cet état
de choses que M. Macquart a adopté le genre
Asile, qui se trouve aujourd’hui très re¬
streint, et qu’il caractérise ainsi : Lèvre su¬
périeure tronquée obliquement ; premier
article des antennes un peu allongé ; troisiè¬
me long, subulé, comprimé ; style sétacé, un
peu allongé , de deux articles. Abdomen al¬
longé, rétréci postérieurement; organe co-
pulateur grand chez le mâle ; tarière com¬
primée, bivalve chez la femelle. Cellule mar¬
ginale des ailes ordinairement petite , quel¬
quefois plus longue que la première ; qua¬
trième cellule postérieure fermée. Des trente-
huit espèces que M. Macquart rapporte à ce
genre, nous n’en citerons que deux : l’Asile
barbaresque, Asilus barbarus de Fabricius,
qui se trouve dans le midi de l’Europe et en
Barbarie ; l’Asile frelon , Asilus crabronifor-
mis de Linné, qui se trouve dans toute l’Eu¬
rope . Cette dernière , qui a servi de type au
genre, a été décrite et figurée par Geoffroy,
pl. 17, fig. 3, sous le nom d’Asile brun, à
ventre de deux couleurs.
Les Asiles ont l’abdomen en cône allongé,
très pointu dans les femelles, avec les pieds
robustes. Ce sont des insectes éminemment
carnassiers et ravisseurs, qui se nourrissent
de proie vivante, et font la chasse à tous les
insectes plus faibles qu’eux, et même quel¬
quefois plus forts en apparence. Leur vol est
rapide et accompagné d’un bourdonnement
assez fort. On les rencontre surtout à la fin
de l’été et en automne ; les uns se tiennent
à terre, dans les endroits secs et sablonneux ,
les autres se posent sur les troncs des ar¬
bres ou sur les bois coupés. Frisch a ob¬
servé les métamorphoses de l’A. frelon et de
l’A. cend'ré. Degéer abonné aussi des dé¬
tails sur celles de cette dernière espèce.
Leurs larves , pour la description desquelles
nous renvoyons à ces deux auteurs, vivent
et se métamorphosent dans la terre , à l’in¬
star de celles des Tipulaires. (D.)
ASILIQUESt Asilici. ins. — Tribu de
l’ordre des Diptères, division des Bracho¬
cères, subdivision des Tétrachœtes, famille
des Tanystomes. Cette tribu, qui a pour type
le genre Asilus de Linné , a été établie par
Latreille , et adoptée par Meigen , Fallen et
M. Macquart. Ce dernier auteur (Hist. naU
des Diptères, faisant suite au Buffon-Roret ,
t', I , p. 275 ) la compose des douze genres
ÀSÏ
ASI
219
dont voici les noms : Rhopalogastre, Xipho -
cere, Laphrie , Mégapode, Cératurge, Dioc-
trie, Doripogon, Mallophore, Ommatie, Go-
nype et Damalis. Leurs caractères sont :
Tête fort déprimée. Trompe peu allongée;
lèvres terminales formant la partie saillante,
tantôt coniques, tantôt cylindriques. Labre
très court, conique. Palpes ordinairement
petites. Face barbue. Yertex concave. Yeux
distants dans les deux sexes. Style des an¬
tennes quelquefois nul. Abdomen ordinaire¬
ment cylindrique, déprimé dans les femelles.
Jambes et tarses munis de soies. Cellule mar¬
ginale des ailes ordinairement fermée ; or¬
dinairement cinq cellules postérieures.
On trouve des Asiliques dans les champs,
les jardins et les prairies, surtout vers la fin
de l’été , en automne. Ils volent avec rapidi¬
té, particulièrement quand le soleil est très
chaud. Ils vivent généralement de proie, en
saisissant d’autres insectes au vol avec leurs
pattes antérieures , qui sont très robustes.
Ils les tuent en les piquant avec une des qua¬
tre pièces de leur suçoir , qui est un vérita¬
ble stylet très pointu, et les sucent ensuite.
L’enveloppe coriace des Coléoptères ne les
garantit même pas de cette arme meurtrière.
Les grandes esp., comme les Taons, atta¬
quent aussi les bestiaux et les tourmentent
avec acharnement. Ces Diptères sont beau¬
coup plus nombreux dans le midi que dans
le nord, où l’on ne trouve guère que quelques
espèces des genres Dioctrie et Asile. (D.)
* ASILÏTES. Asilitœ. ms. — Nom d’une
sous-tribu de la tribu des Asiliques dans l’or¬
dre des Diptères , division des Brachocères,
subdivision des Tétrachœtes , famille des Ta-
nystomes , établie par M. Macquart dans son
ouvrage intitulé Diptères exotiques nou¬
veaux ou peu connus , et qu’il compose de
quatorze genres, dont cinq ont déjà été cités
dans la tribu des Asiliques ; les autres sont :
Craspédie, Trupanée , Erax, Apoclée, Proc-
tacanthe , Lophonote, Sénoprosope , Léca-
nie et Atractie. ( Voy . ces mots.) Leurs ca¬
ractères communs sont : Antennes à style
allongé et ordinairement sétacé. Ailes à cel¬
lule marginale et quatrième postérieure or¬
dinairement fermées. (D.)
ASILXJS. ms. — Voyez asile. (D.)
ASI MI N A , Adans. — Orchidocarpon ,
Michx. — Porcelia , Pursh (non Ruiz etPa-
von). ( Asiminier , nom vulgaire donné à ces |
végétaux par les Français de la Louisiane.)
bot. pii. — Genre de la famille des Ano-
nacées, offrant les caract. suivants (Spach ,
Suites à Buffon, Plant, ph., t. VII, p. 526) :
Calice 3-sépale, non persistant. Pétales 6
(accidentellement 9), distincts, plus ou moins
connivents, ascendants et concaves à la base :
les trois extérieurs plus grands que les inté¬
rieurs. Réceptacle gros, convexe. Étamines
nombreuses, cunéiformes, imbriquées en ca¬
pitule hémisphérique ; anthères subsessiles,
extrorses, à appendice apicilaire convexe ou
concave , glandiforme. Ovaires 3 à 8, agré¬
gés au sommet du réceptacle , non stipités,
distincts , serrés , 8-20-ovulés ; ovules ana-
tropes, axiles, horizontaux, opposés-bisé-
riés. Styles très courts, distincts, terminés
chacun en stigmate subclaviforme et recour¬
bé. Péricarpe composé de 1 à 3 baies ( la
plupart des ovaires avortant) distinctes,
charnues, pulpeuses en dedans, ovoïdes, ou
oblongues , ou subglobuleuses, inarticulées,
substipitées , polyspermes , ou par avorte*
ment oligospermes. Graines subglobuleu¬
ses, ou plus ou moins comprimées , lisses,
inarillées, par avortement 1-sériées , sépa¬
rées les unes des autres par des diaphrag¬
mes pulpeux. Test dur, coriace ; périsperme
profondément rimeux. — Arbrisseaux ou
petits arbres. Feuilles soit coriaces et persi¬
stantes, soit minces et non persistantes, en
général grandes : les jeunes couvertes d’une
pubescence soyeuse. Pédoncules courts ou
presque nuis , nutants , solitaires , 1-flores ,
axillaires sur les ramules de l’année précé¬
dente ( de sorte que les fleurs des espèces
à feuilles non persistantes deviennent com¬
me latérales), 1 ou 2-bractéolés. Fleurs soit
très petites, soit plus ou moins grandes , peu
odorantes, d’un pourpre brunâtre ou verdâ¬
tre , ou bien d’un jaune livide. Baies grosses,
jaunes, pendantes.
Ce genre appartient aux régions tempérées
de l’Amérique septentrionale ; on en connaît
six espèces ; leur écorce et leurs feuilles ex¬
halent , lorsqu’on les broie , une odeur très
fétide ; les fruits sont mangeables , mais peu
savoureux. Quelques espèces se cultivent
comme arbustes d’ornement; ce sont les
seules , parmi toutes les autres Anonacées ,
qui puissent résister, en plein air, aux hivers
du nord de la France. (Sp.)
* A SI MI NE. Asimina. bot, — ]\ora
220
ASI
ASi
donné par M. Desvaux au fruit appelé Syn-
carpe par M. Richard. Voy. ce mot.
(C, D’O.)
* ASIMMIER ou A8SIMIMER.
bot. ph. — Nom donné par les Français de
la Louisiane aux espèces du genre Asimina,
indigènes des États-Unis. (Sp.)
ASINDULE. Asindulum. ms.— Genre
de l’ordre des Diptères, division des Né-
mocères , famille des Tipulaires , tribu des
Tipulaires fongicoles , établi par Latreille et
adopté par M. Macquart ( Hist. natur. des
Diptères, faisant suite au Buffon-Roret ,
t. I, p. 140). Ce genre a pour type et unique
espèce VAsindulum nigrum de Latreille
(Hist. nat. des Crusf. et Insect. , t. XîV, p.
290 ; Gener., t. I , tab. 14, fig. 1 ). Cette es¬
pèce a été découverte près de Paris par M.
Léon Dufour, et retrouvée depuis dans les
environs de Lille par M. Macquart. Elle est
longue de trois lignes, noire , avec les pieds
bruns et les ailes brunâtres, plus obscures à
l’extrémité dans la femelle. (D.)
ASÏNUS. mam. — Voyez cheval.
(A. DE Q.)
ASIO. ois. — Genre formé par Swains.
dans sa classification, et synonyme du genre
Duc (Bubo , Cuv.). Les caract. qu’il lui assi¬
gne sont : Tête grande, avec deux aigrettes;
oreilles et disque facial de grandeur moyen¬
ne, ce dernier quelquefois imparfait. Oreil¬
les sans opercules. Bec court, avec la man¬
dibule supérieure munie quelquefois d’un
feston.
Il donne à ce genre deux sous-genres, dont
le premier, Heliaptex, a pour type H. arc-
ticus ( North . Zool., pl. 32), et le second,
Scops, ou petit Duc , espèces bien connues.
Voy. duc. (Lafr.)
* ASIPIfOKOBRANCHES. Asipho -
nobranchiata ( «crt^wv , wvos , privé de si¬
phon ; Gpà'/xix, branchies, ouïes), moll. —
M. de Blainville a divisé les Mollusques pa-
racéphalophores dioïques en deux grands
ordres : ceux qui sont siphonobranches ,
c’est-à-dire qui portent au dessus de la tê¬
te un canal formé par le manteau , et
destiné à porter l’eau sur les branchies ; le
second ordre comprend ceux des Mollus¬
ques qui n’ont point ce canal. La présence
ou l’absence de ce canal entraîne dans la
Coquille des modifications importantes : car
les uns ont toujours une échancrure ou un
canal terminal , tandis que les autres ont
constamment l’ouverture entière. Pour M.
de Blainville , tous ces Mollusques présen¬
tent ce caractère commun d’avoir les orga¬
nes de la génération séparés dans des indi¬
vidus différents. Nous verrons à l’article
mollusques quelle importance on doit
donner aux caractères qui ont servi de base
aux divisions primordiales des Mollusques
proposées par M. de Blainville. Voy. mol¬
lusques. (Desh.)
* ASIPHONOIDES. Asiphonoidea («-
(jtipoüv, covos , privé de siphon ; etcTo$ , aspect ,
forme), moll. — Avant la classification
des Céphalopodes par M. de Haan , les zoo¬
logistes confondaient avec les Coquilles de
ces animaux un grand nombre de Coquilles
microscopiques , dont les travaux de Solda-
ni firent connaître les formes variées et les
plus singulières. Linné en avait connu un
petit nombre, et il les rapportait à son
genre Nautile, imité en cela par tous les
autres zoologistes. Ces corps ont toujours
été rapportés aux Céphalopodes, sans qu’on
ait fait assez attention à la différence de
leur organisation intérieure. Dans le même
temps , M. de Haan de son côté , et M. Al¬
cide d’Orbigny du sien , séparaient en une
classe particulière toutes ces Coquilles mi¬
croscopiques , parce qu’elles n’ont point de
siphon. L’absence de cette partie dans ces
Coquilles a fait proposer pour elles , par M.
de Haan, le nom d 'Asiphonoïdes. Depuis
leur séparation comme classe des Céphalo¬
podes , un habile observateur , M. Dujar¬
din , a découvert des animaux singuliers,
créateurs de ces Coquilles microscopiques.
Il leur a trouvé une organisation au moins
aussi simple que celle des Zoophytes , et il
a proposé pour eux une classe à part dans
le règne animal. Maintenant , les Coquilles
microscopiques comprises par M. de Haan
dans sa classe des Asiphonoïdes ne sont plus
comptées parmi les Mollusques. (Desh.)
ASIRACA (àcipxwq, nom d’un insec¬
te chez les Grecs), ins. — Genre de la fa¬
mille des Fulgoriens, de l’ordre des Hémi¬
ptères , section des Homoptères, établi par
Latreille, et adopté par tous les entomolo¬
gistes. Ce genre est principalement caracté¬
risé par des antennes dépassant la longueur
de la moitié du corps , et insérées en de¬
hors de la face , ayant leur premier article
ASO
ASP
221
plus long que le second , et celui-ci plus
grêle; et par les pattes épaisses, avec les jam¬
bes postérieures longues, munies d’une é-
pine au bord externe, et d’une pointe plus
grosse à l’extrémité.
Les Asiraca se composent d’un petit
nombre d’espèces , répandues dans les dit
verses parties du monde; le type est VA,
clavicornis ( Delphax clavicornis Fabr. ) ,
qu’on rencontre dans la plus grande partie
de l’Europe. (Bl.)
* ÂSOMOPES. Asomopia ( « priv.; o-S-
corps; rtoâg', pied), zooph. — Genre
indiqué parM. Rafinesque auprès des Mam¬
maires [Anal, de la nat., p. 154). (P. G.)
*A SOFIA (nom mythologique), ins. —
Genre de l’ordre des Lépidoptères , famille
des Nocturnes , tribu des Pyralites , établi
par M. Treistchke aux dépens des Botys de
Latreille , et que nous avons adopté dans
V Histoire naturelle des Lépidoptères de
France , en le caractérisant ainsi : Palpes
inférieurs courts , cylindriques , avec le der¬
nier article très aigu. Trompe longue et
épaisse. Antennes simples dans les deux
sexes. Corps du mâle peu allongé. Ailes su¬
périeures étroites , les inférieures oblon-
gues. — Ce genre comprend pour nous 11
espèces, dont nous ne citerons que celle
qui lui sert de type, le Botys de la farine
de Latreille , Pyralis farinalis de Linné , ou
Phalène à ventre relevé de Geoffroy. En
effet , c’est l’attitude qu’elle prend dans l’é¬
tat de repos. On la rencontre souvent ainsi
dans les cuisines et dans les jardins, sur le
tronc des arbres. Sa chenille n’est pas en¬
core connue , bien que Linné dise : « Ha¬
bitat in farina culinari cibis parafa , se-
dens caude erectâ » ; mais il y a lieu de
croire que cette phrase, que tous les au¬
teurs ont appliquée à sa chenille, ne doit
s’entendre que du papillon. (D.)
*ASOPUS (Asope , nom mythologique).
ins. — M. Burmeister applique ce nom à
un genre de la famille des Seutellériens ,
de l’ordre des Hémiptères , renfermant
des espèces très différentes entre elles ,
quoiqu’il les distingue en général de la plu¬
part des autres Pentatomes par l’absence
d’un canal propre à recevoir le premier
article du rostre ; mais , sauf ce caractère ,
auquel nous n’attachons pas autant d’im¬
portance que M. Burmeister , on ne trouve
plus que de très grandes différences entre
quelques uns de ses Asopus. En effet , cet
auteur y rapporte les g. Arma, J alla, Ey -
sarcoris , de Hahn , qui se lient intime¬
ment avec les vrais Pentatoma ( Cimex ,
Burm,), et les g. Stiretrus et Discoçera de
Laporte, qui , par la forme générale de leur
corps , et par la grande étendue de l’écus¬
son, forment un passage manifeste entre les
Pentatomites et Scutellérites. D’après ce
qui précède , on reconnaîtra facilement que
la dénomination d 'Asopus doit être suppri¬
mée , puisque les trois premiers g., soit qu’on
les réunisse aux Pentatoma , soit qu’on les
regarde comme distincts , n’ont pas besoin
d’autre dénomination que celle qu’ils avaient
déjà reçue , non plus que les seconds nom¬
més précédemment par M. Laporte. Voy.
chacun des genres cités , et principalement
Pentatoma et Stiretrus. (Bl.)
ASOTUS. poiss. — Linné a donné, on
ne peut trop deviner pourquoi, ce nom (dé¬
bouché) à un Silure observé par lui dans
le cabinet de l’Académie de Stockholm, et
dont tous les auteurs ont parlé en copiant la
courte description de Linné. Nous avons ,
dans notre Ichthyologie , rapporté le nom
de Silurus Asotus à une esp. de Silure du
Bengale, très voisine du Silurus atu , et qui
nous a paru convenir à la description de
Linné. _ (Val.)
*ASPALACIDÉS. Aspalacidœ. mai.
— Gray donne ce nom à une famille de
l’ordre des Rongeurs , qui a pour type le
genre Aspalax ou Rat-Taupe. (C. d’O.)
* ASPALATÏIÏUM , Medicus (Allu¬
sion à Aspalathus ). bot. ph. — Genre non
admis, fondé sur le Psoralea palœstina et
le Psoralea bituminosa L., de la famille
des Légumineuses. (Sp.)
* ASPALATHOIDES , DG. [sub An-
tliyllide) («.axàù«.Qc s, genêt; et d'os, ressem¬
blance). bot. ph. — M. De Candolle donne
ce nom à une section du genre Anthyllis ,
qu’il caractérise ainsi : Calice à peine bouf¬
fi. Légume 1 ou 2-sperme, point septulé.
Fleurs solitaires , ou subsolitaires, ou en
épis interrompus. Arbustes très rameux,
souvent épineux ; feuilles simples ou 3-folio-
lées. Cette section comprend VA. cytisoi-
des, VA. Aspalathi, l’A. Hermanniœ , etc.
(SP.)
ASPALATHUS, L. — Eriocalyx, HocV,
§22
ASP
ASP
Scaligera, Adans.— Aulacintlms, E. Meyer;
Buchenrœdera, Eckl. et Zeyh. ( foie «>«0os ,
sorte de genêt), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Légumineuses, s.-ordre des Papi-
lionacées , tribu des Lotées , s.-tribu des
Génistées, DG. Il offre pour caract. distin¬
ctifs : Calice campanulé ou obconique, 5-fide
ou 5-denté, à lobes presque égaux. Corolle
à étendard courtement onguiculé; ailes fal-
ciformes, obtuses; carène 2-céphale, de la
longueur des ailes. Etamines 10 , monadel-
phes; androphore fendu en dessus. Ovaire
pauci-ovulé. Style filiforme, ascendant ; sti¬
gmate obtus. Légume 1-à 3-sperme, oblong.
— Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux. Feuilles
digitées (3-ou 5-foliolées), subsessiles ; folio¬
les planes ou trièdres ; stipules nulles ou
conformes aux folioles. Fleurs solitaires,
axillaires , ou en épis terminaux. Ce genre
appartient à l’Afrique australe. (Sp.)
ASPALAX , Oliv. («< -ncùxÇ, nom grec
de la Taupe), mam. — Voyez rat-taupe.
— Séba donne ce nom au chrysochlore.
Voy. ce mot. (A. de Q.)
* ASPALOSOME ( kokcùxÇ, taupe; crô>-
p* , corps ). térat. — M. Geoffroy Saint-
Hilaire a donné ce nom à une monstruosité
d’un fœtus humain dont le corps avait avec
la Taupe certains points de ressemblance.
(C. D’O.)
*ASPARAGÉES.Aspara</eee.BOT. ph.
— L’une des tribus établies par M. Lindley
dans la famille des Liliacées, et qui com¬
prend une partie des genres autrefois placés
dans la famille des Asparaginées. Voy. ce
mot et liliacées. (A. R.)
ASPARAGINÉES. Asparagineœ. bot.
ph. — Jussieu ( Gen . Plant.) avait établi
sous le nom d'Asparagi une famille que
plus généralement on a nommée Asparagi¬
nées. Elle contenait un assez grand nombre
de genres ayant du rapport avec le g. As¬
perge ( Asparagus ) , et qui diffèrent surtout
des Liliacées et des Asphodélées par un
fruit généralement charnu, à trois loges
contenant chacune une ou deux graines
seulement. Depuis cette époque, ce groupe
naturel de végétaux a été l’objet de beau¬
coup de changements. Ainsi Robert Brown
en a d’abord retiré les g. qui, comme les
Dioscorea et Tamus , ont l’ovaire infère,
pour en constituer la famille des Dioscorées.
Quant aux g. plus nombreux qui ont l’o¬
vaire libre , il en a reporté plusieurs dans
la famille des Asphodélées, et a formé des
autres une petite famille qu’il a nommée
Smilacées, distincte surtout des Asphodé¬
lées par un style trifide ou trois stigmates.
Nous avions nous-même , dans nos Élé¬
ments de Botanique , adopté les idées de
notre savant ami, sans néanmoins retirer du
groupe des Smilacées, auquel nous avions
conservé le nom d'Asparaginées, les genres
qu’il avait colloqués parmi les Asphodélées;
mais cependant un examen attentif des g.
nombreux de végétaux autrefois répartis
dans les familles des Liliacées, Mes Asphodé¬
lées , des Hémérocallidées et des Asparagi¬
nées, nous a amené h les considérer comme
formant un seul et même groupe , auquel
nous conserverons le nom de Liliacées. Au
reste, c’est aussi l’opinion de M. Lindley,
qui, dans la 2e édition de son Système natu¬
rel , a réuni ces diverses familles sous le
nom de Liliacées . Voy. ce mot. (A. R.)
ASPARAGOIDES. bot. ph. — Ven-
tenat appelait ainsi la famille des Asparagi¬
nées. Voy. ASPARAGINÉES et LILIACÉES.
(A. R.)
ASPARAGOLITHE ( àsrcàpxyoi , as¬
perge ; lldoç , pierre ). min. — Nom donné
par Abildgaard au Spargelstein (pierre d’As-
perge) de Werner. Voy. phosphate de
chaux. (Del.)
* ASPARAGOPSIS (ÂoKxpttyoç, asper¬
ge, et oÿtç, apparence), bot. cr. — (Phy-
cées). M. Delile a décrit dans sa Flore
d'Égypte, p. 151, t. LVII, une plante marine
que ce savant avait découverte sur la côte
d’Alexandrie, et à laquelle il imposa le nom
de Fucus taxiformis. La description de
cette plante, excellente pour une époque où
l’imperfection du microscope ne permettait
pas de scruter la structure intime des végé¬
taux, est accompagnée d’une figure qui repré¬
sente admirablement son port, et à laquelle
il ne manque que des détails analytiques.
Malheureusement M. Delile ne trouva pas
son algue en bon état : jeune et privée de
sa fructification, il fut impossible de lui as¬
signer une place certaine dans la famille.
Aussi M. Agardh , et , après lui , Sprengel,
la placèrent-ils provisoirement dans leur g.
Chondria, où elle se trouvait encore quand
MM. Webb et Berthelot eurent la bonne
fortune de la recueillir, chargée de capsu-
ASP
223
ASP
les mûres, sur le littoral des îles Fortunées.
Ces deux savants m’ayant confié le soin de
faire connaître les plantes cryptogames qu’ils
avaient rapportées de ces îles, j’ai étudié
cette Thalassiophyte , et j’en ai donné une
description complète et une figure analyti¬
que (F. Hist. natur. des Canar., Phytogr.,
sect. ult., p. 166, t. VIII, f. 6), que récla¬
mait l’état actuel de la Phycologie ; mais ,
soit que j’aie accordé trop de confiance à la
valeur absolue de la fructification, sans tenir
assez de compte de la structure des frondes;
soit que j’aie poussé un peu trop loin la
réserve qu’on doit toujours mettre dans
l’établissement d’un genre quand il ne pa¬
raît pas indispensablement nécessaire , tou¬
jours est-il que je me suis borné à rappor¬
ter cette charmante plante marine au genre
Dasya , dont elle a les capsules et les spori-
dies, sans présenter toutefois , il faut bien
l’avouer, la seconde sorte de fructification.
J’aurais pu tout aussi bien la ranger parmi
les espèces du genre Bonnemaisonia, puisque
les capsules sont identiquement semblables.
Cependant , en y regardant de plus près, et
surtout en tenant plus de compte du systè¬
me végétatif, que j’avais trop négligé, sy¬
stème qui, pour la taxonomie des plantes de
cette famille, n’est pas d’une moindre im¬
portance que la fructification elle-même, je
me suis enfin convaincu que mon Basya De-
lilei, sorte de passage, il est vrai, entre ce g.
et le Bonnemaisonia , ne pouvait ni rester
dans l’un , ni entrer dans l’autre. En effet ,
le port, la souche rampante, l’organisation
des frondes et la disposition des ramules ,
l’éloignent également de tous les deux. Il
faut donc ou les réunir tous trois, ce qui
est impossible , vu le faciès et les considé*
rations tirées de la structure, ou bien éle¬
ver au rang de genre l’espèce qui s’écarte
de l’un et de l’autre type. C’est ce dernier
parti que j’ai pris, et j’ai créé le genre As-
paragopsis , mot qui exprime parfaitement
le port de ma plante, principalement quand
elle est en fruit. En voici les caract. distinc¬
tifs : Capsule sphérique, d’abord acuminée,
ou surmontée d’un mucro qui disparaît
bientôt, portée sur un assez long pédicelle
et, placée à la base des rameaux, contenant
des sporidies roses, pyriformes, ou en mas¬
sue, attachées à son fond par des filaments
cloisonnés et transparents. Tige ou souche
couchée et rampante sur le sable et les ro¬
chers au moyen de crampons radiciformes
(rameaux métamorphosés) d’où s’élèvent, à
des distances assez rapprochées l’une de
l’autre , des frondes fertiles , dressées , fili¬
formes, cylindriques, continues, rameuses.
Rameaux pénicilliformes, épars autour de la
fronde ou tige secondaire, étalés, les infé¬
rieurs et les supérieurs de plus en plus
courts, de manière à ce que l’algue revête la
forme soit d’un petit if, d’où le premier nom
spécifique ; soit d’une tige d’Asperge en mi¬
niature, circonstance qui m’a fourni le nom
générique. Ramules membraneux , de con¬
sistance gélatineuse , très délicats , un peu
aplatis, disposés alternativement sur deux
rangées, c’est-à-dire pennés et bipennés.
Pinnules distinctement articulées, à articles
multiples, comme dans les Polysiphonies ,
chaque endochrome présentant trois cellules
colorées, une moyenne très étroite, en forme
de pilon à deux têtes, et deux latérales, pro-
portionnément plus larges et carrées.
Cette algue , qui fait partie de la tribu
des Floridées, et qui prend place à côté du
g. Bonnemaisonia , revêt la forme la plus
élégante , et se pare des plus belles comme
des plus vives couleurs. D’abord d’un rose
éclatant, qui passe au pourpre ou au violet,
elle se décolore sur la fin de sa vie , et de¬
vient d’un jaune sale ; mais , même en cet
état , où elle a perdu tout son lustre , les
sporidies contenues dans les capsules con¬
servent leur teinte rosée. Sa consistance est
différente dans les tiges rampantes et secon¬
daires, qui sont cartilagineuses, de ce qu’el¬
le est dans les derniers ramules , remar¬
quables par leur extrême ténuité , leur déli¬
catesse et leur aspect gélatineux.
Cette charmante Thalassiophyte, l’une
des plus belles assurément de toutes les
Floridées , n’a encore été recueillie que sur
les côtes d’Égypte et de Syrie, et aux Cana¬
ries. L’esp. unique qui constitue ce genre
doit prendre le nom d'Asparagopsis Dell -
lei. (C. M.)
ASPARAGUS, bot. ph. — Nom latin
du genre Asperge. Voy. ce mot. (A. R.)
*ASPASIA ( àffTCKffios, aimable), ins. —
Genre de Coléoptères pentamères , famille
des Carabiques , tribu des Troncatipennes ,
I établi par M. Dejean aux dépens du genre
I Lebia , pour y placer une seule espèce, qu’il
m
ASP
nomme Cyanoptera , et qui est originaire
du Brésil. Yoici les caractères qu’il assigne
à ce genre dans sort Spécies, t. Y, p. 564 :
Crochets des tarses dentés en dessous. Le
lernier article des palpes maxillaires cylin¬
drique et tronqué à son extrémité; celui
des labiaux très fortement sécUriforme.
Antennes filiformes. Articles des tarses lé¬
gèrement triangulaires ôu cordiformes; le
pénultième fortement bilobé. Corps court
et aplati. Tête ovale , peu rétrécie posté¬
rieurement. Corselet c'ôfort,- transversal ,
plus large qu’é la fêté , légèrement prolongé
postérieurement dans sôn milieu ; élytrés
larges, presque carrés. M. ïfope {Thé Cô-
leopterisVs Manual, part. 2, p. 76) cite le
genre Aspasia de M. Rejeah , comme ayant
été créé précédemment par Eschscholtz ,
sous le nom de Cryptobaiis. Voy. ce mot.
m
* ASPASïE. AsptiMà. bot. ph. —
M. Lindley appelle ainsi {in Hook., bot.
mise. etGen. and Sp. orch., p. 159) un genre
de la famille des Orchidées et de la tribu
des Vandées, et auquel ce botaniste donne
pour Caractères : Un calice égal et étalé;
des sépales latéraux , externes , libres , tan¬
dis que le supérieur est soudé à sa base
avec les deux intérieurs et latéraux ; le la-
belle, dépourvu d’éperon, est soucié, dans
la moitié de sa longueur , avec lé gynostème ;
il est concave, allongé, et à quatre lobes peu
marqués. Le gynostème, parallèle au Libel¬
le , est semi-cylindrique , marginé et mem¬
braneux. L’anthère contient deux masses
polliniques pyriformes, marquées d’un sil¬
lon dans sa partie postérieure , portées sur
une caudicule plane que termine un petit
rétinacle. — L’espècê unique qui constitue ce
genre , V Àspasia epidendroides Lindl. (£. c.)
est une plante parasite, dont les pseudo-
bulbes comprimés et comme ailés portent
une à deux feuilles très longues. Les fleurs
forment une grappe un peu plus longue
que les pseudo-bulbes. (A. R.)
* ASPELINIA (Aspelin , auteur de
l’une des dissertât, des Amcénit. Acad. ).
bot. ph. — Ce g., fondé par Cassini , fait
aujourd’hui partie des Senecio. (J. D. )
*ASPERA, Mœnch ( Meth., page 641)'
( asper , âpre; à cause du fruit), bot. ph.
— Sous-genre de la famille des Rubiacées ,
compris dans les Galium par la plupart des
4#
auteurs. Il est fondé Sur le Sherardia niu~
fàlis Lîhn. ( Âspèrâ riutùhs Mœnch ; Ga-
liurn ftiüràlé DG; ; Apdrine minima AI-
Iion.), auquel M. De Candolle ajoute deux
autres espèces voisines. Les caractères di¬
stinctifs en sont : Fleurs hermaphrodites.
Fruit oblong, hispide, à coques (méricar-
pes) étroites, allongées. Inflorescences la¬
térales. Les feuilles sont verticillées - qua-
ternées Ou sénées; la racine est annuelle.
(Sp.)
* ASPEREGREN1A , Pœpp. et Endl.
(NoP. Gen. et Spec. Il, p. 12, tab. 116).
bot. pii. — Genre de la famille des Orchi¬
dées ( sous-ordre des Malaxidées, tribu des
Pleurothallées ) , auquel ses auteurs assi¬
gnent pour caract. : Périanthe à folioles li¬
bres , conniventes ; les extérieures latérales
placées sous le labelle ; les intérieures égales.
Labelle continu avec la base du gynostème,
courteinent onguiculé , dréssé, 3-fide, à
segments latéraux filiformes, et à segment
moyen large , 5-lobé. Gynostème continu
avec t’ovaire , petit , semi-cylindrique. Mas¬
ses polliniques au nombre de huit , collaté¬
rales. — On n’en connaît qu’une espèce ( A.
scirpoidea P. et E. ) ; c’est une herbe pa¬
rasite, â tiges cylindriques, vaginifères,
semblables à celles d’un Scirpus ; les fleurs
sont latérales, fasciculées, accompagnées de
bractées glumacées. Cette plante croît au
Pérou. ( Sp.)
ASPERÈLE. bot. cr. — Voyez
PRÊLE. (C. D’O.)
ASPERELLE. bot. ph. — Voyez
ASÊRELLA. (C. D’O.)
ASPERGE. Asparagus ( ÙGKÙpxyoz , as¬
perge). bot. ph. — Genre autrefois type
de la famille des Asparaginées, qui est deve¬
nu depuis une simple tribu de la grande fa¬
mille des Liliacées. Nous lui avons reconnu
les caract. suivants : Un calice formé de six
sépales généralement dressés et égaux, un
peu soudés par leur base , et formant ainsi un
périanthe tubuleux ou subcampaniforme. Six
étamines, attachées chacune à la face interne
des sépales, et ayant les anthères allongées,
à deux loges , et introrses. Un ovaire globu¬
leux , à trois loges , contenant chacune
deux ovules attachés à l’angle interne de
la loge. Un style simple , à trois angles ob¬
tus , terminé par un stigmate trilobé. Le
fruit est une baie généralement globuleu-
ASP
ASP
se , contenant trois, deux ou même uni seu¬
le graine par avortement. Ces graines ,
presque sphériques, offrent un embryon
cylindrique, placé transversalement au hile,
dans l’intérieur d’un endosperme dur et
presque corné. Les Asperges sont des plan¬
tes vivaces, quelquefois des arbustes ou des
arbrisseaux sarmenteux et grimpants , assez
souvent munis d’épines. Leurs feuilles sont
généralement petites et sétacées , rarement
planes et membraneuses. Leurs fleurs , éga¬
lement petites et jaunâtres, sont, le plus sou¬
vent, incomplètement unisexuées, par l’im¬
perfection de l’un des deux organes sexuels,
qui acquièrent rarement l’un et l’autre un
égal développement dans une même fleur.
On compte aujourd’hui environ une cin¬
quantaine d’espèces dans ce genre. Aucune
d’elles ne croît dans le nouveau Continent.
Près des deux tiers ont été trouvés au cap
de Bonne -Espérance ; huit croissent dans
les diverses parties de l’Europe méridiona¬
le , et les autres, soit dans les îles Canaries,
soit dans 111e Maurice , soit au nord de
l’Asie.
Aucune des esp. de ce genre n’est culti¬
vée dans les jardins comme plante d’orne¬
ment , à cause du peu d’agrément de leur
port et de la petitesse de leurs fleurs ;
mais tout le monde connaît l’Asperge com¬
mune ( Asparagus officinalis L. ), les soins
dont elle est l’objet de la part du cultiva¬
teur, et ses usages importants dans l’écono¬
mie domestique et la médecine. Les jeunes
pousses de l’Asperge sont, au printemps ,
un aliment extrêmement sain et recherché.
On en fait, à cette époque de l’année , une
énorme consommation , surtout dans les
villes. L’odeur forte et fétide que l’usage
des Asperges communique si rapidement h
l’urine avait dû faire penser que cette plan¬
te devait exercer une action puissante sur
la sécrétion urinaire; c’est ce que l’expé¬
rience a confirmé. La racine d’Asperge est
un diurétique dont on fait un fréquent usa¬
ge. Ses jeunes pousses ou turions jouissent
aussi d’une propriété fort remarquable. El¬
les exercent une action sédative sur la cir¬
culation et particulièrement sur les mouve¬
ments du cœur ; aussi les emploie-t-on au¬
jourd’hui pour calmer les palpitations et les
mouvements convulsifs de l’organe central
de la circulation. (A. R.)
225
* ASPERGÎLLIOT ( aspersorius ou
aspergillum , aspersoir , goupillon), bot.
cr. — Petite famille de Champignons , créée
par Corda ( Icônes fung., t. ï , p. 18 ) , qui
présente les caract. suivants : Stipe droit ,
simple ou rameux , flocciforme , cloisonné
ou continu , formé d’une substance char¬
nue, cornée ou celluleuse , supporté par un
hyphasme plus ou moins étendu. Spores
simples , réunis irrégulièrement sous forme
de capitules à l’extrémité des stipes ou des
rameaux , ou disposés en chapelet. Cette
famille comprend les g, Polyactis , Gra-
phium , Cephalotrichum , Periconia , Do-
ratomyces , Ceratopodium, Haplotrichum,
Stilbum, Peronospora , Verticillium, Cla-
dobotryum, Stachylidium , Stachybotrys ,
Dendryphium , Pénicillium, Briarea, Rho-
docephalus , Stysanus. Il est facile de voir,
d’après cet énoncé , qu’elle comprend des
genres qui diffèrent trop les uns des autres,
et qu’elle devra subir plus tard de grandes
modifications. (LÉv.)
* ASPERGILLUM {aspergillum , arro¬
soir, goupillon), moll. — Nom latin don¬
né par Lamarck au g. Arrosoir , auquel
Bruguière avait imposé la dénomination la¬
tine de Penicillus. Voy. arrosoir.
(Desh.)
ASPERGILLUS {dicitur à forma as-
persorii quo in sacris utimur , Micheli).
bot. cr. — Genre de Champignons appar¬
tenant aux Aspergillinées de Corda , et aux
Mucédinées de Fries , caractérisé par des
pédicelles simples , droits , cloisonnés , di¬
latés au sommet , et recouverts de spores
rondes ou ovales , disposées en chapelet. Il
ne faut pas le confondre avec le g. Pénicil¬
lium , dont les spores ont la même disposi¬
tion , mais dont les pédicelles ne sont pas
dilatés au sommet ; ni avec le g. Haplotri¬
chum, dont les spores sont séparées et re¬
couvrent la surface des pédicelles , qui est
renflée. Persoon a réuni les différentes es¬
pèces qui le composent dans son g. Moni-
lia.
VAspergillus glaucus, auquel le pro¬
fesseur Linck rapporte le Mucor crustaceus
de Linné , est une des moisissures les plus
communes ; on le trouve sur les substances
végétales et animales en décomposition, sur
les sirops , les confitures , etc. Les taches
qu’il forme sont souvent très étendues , et
15
T. H.
226
ASP
ASP
remarquables par leur belle couleur vert
glauque. La disposition des spores en séries
linéaires , qui rappellent parfaitement bien
les grains d’un chapelet , est un phénomène
très curieux à examiner , et assez difficile à
expliquer.
M. Ehrenberg ( Sylv . myc. Berol., p. 24),
qui a suivi le développement de VAspergil-
lus maximus ( Sporidinia grandis Lk. ) ,
dit que ce champignon , quand il commen¬
ce à végéter, n’est d’abord qu’un fil ; à me¬
sure qu’il croît , il se divise en rameaux di-
chotomcs , remplis d’une masse sporuleuse.
L’extrémité de ces rameaux devient bientôt
vésiculeuse, et on voit la masse sporuleuse
s’y engager. Ce mouvement , dit l’auteur ,
est visible , quoique le champignon croisse
rapidement. A l’époque de la maturité, cet¬
te masse prend de la consistance , et se divi¬
se alors en globules munis d’un péridiole.
Quand la vésicule se rompt pour répandre
les semences , celles-ci , en raison de leur
viscosité, sortent adhérentes les unes aux
autres , et sont rejetées sous forme de fils
qui restent collés à la face externe de la vé¬
sicule qui les renfermait , qui alors se con¬
tracte, et prend la forme d’une petite mas¬
sue que les mycologues croyaient exister
primitivement. Le célèbre auteur de cette
observation a vu le meme mouvement des
spores s’opérer dans le Syzygit.es megalo-
carpus, le Rïücor rhombospora , et il pense
qu'il en est de même dans le Polyactis car-
nea. Des recherches plus multipliées le fe¬
ront peut - être reconnaître dans un plus
grand nombre d’Àscopborées. (LÉv.)
* ASPÉRIFOLIËES. bot. ph. —
Linné, parmi ses familles naturelles, dési¬
gnait sous ce nom la famille pour laquelle
les règles de la nomenclature ont fait plus
tard adopter celui de Borraginées. Voy. ce
mot. ^ (Ad. J.)
* A SPERME. Aspermatus ( « priv. ;
çné/)/j.x semence), bot. — M. Turpin donne
ce nom aux végétaux axifères qui n’ont pas
encore la faculté de se reproduire eux-mê¬
mes. (C. d’O.)
* ASPEROCAÜLON ( àsper , rude, et
caulis , tige), bot. cr. — Genre de la fa¬
mille des Phycéés, tribu des Céramiées, éta¬
bli, en 1824, par M. Greville, dans sa Flore
d'Édimbourg , sur deux esp. de Céramiées
appartenant au g. Dasya d’Agardh. Comme
le nom l’indique, ce g. était principalement
fondé sur les caractères suivants : Fronde
rameuse hérissée, continue, opaque. Ra¬
meaux articulés; double fructification; cap¬
sule et stichidies lancéolées, contenant des
granules sériés. Aux Dasya coccinea et ar-
buscula Ag. , qui composaient primitive¬
ment le g. Asperocaulon, M. Rudolphi
(Linnœa, 1851, p. 178) avait, plus tard, sous
le nom d’A. collabeus, ajouté une troisième
espèce, originaire du Cap de Bonne-Espé¬
rance. —Ce genre n’a été adopté par per¬
sonne , pas même par les compatriotes de
M. Greville , qui semble l’avoir lui-même
abandonné. Le g. Dasya , qui avait pour lui
la priorité, a prévalu. Voy. ce mot.
(C. M.)
ASPÉROCOQUE. Asperococcus { as -
per , raboteux, et coccum , grain), bot. cr. —
Genre de la famille des Phycées , tribu des
Dictyotées, créé par Lamouroux, et dont les
caractères, très bien exposés par M. Gre¬
ville (Algœ Britann ., p. 50, tab. 9), sont
les suivants : Fronde tubuleuse, cylindracée
ou oblongue, continue, membraneuse, d’un
vert olivacé ou brunâtre, fixée par un épa-
tement en forme de bouclier. La fructifi¬
cation consiste en filaments articulés, courts,
claviformes (en massue), épars sur la fronde,
où ils forment, par leur agglomération , des
macules ponctiformes ou des granulations
qui la rendent âpre au toucher. Ces fila¬
ments , hyalins à leur base , ont leurs der¬
nières articulations remplies par une masse
sporacée brunâtre ou noirâtre : ce sont eux
qui sont destinés à reproduire la plante.
Tel que l’a circonscrit le phycologue
écossais , ce genre ne comprend que quatre
espèces, dont deux habitent nos mers, et les
deux autres les mers du Chili et du Pérou.
Une cinquième espèce, originaire des Indes
occidentales , vient d’y être ajoutée par M.
Suhr. M. Agardh a publié le même g. sous
le nom d'Encœlium-, mais l’antériorité est
acquise au nom consacré par Lamouroux.
(C. M.)
ASPÉROPORE. polyp. — Nom géné¬
rique employé par Lamarck , dans son Ex¬
trait d'un cours de Zoologie, pour une di¬
vision de Polypiers foraminés , mais qui n’a
pas été reproduit dans les ouvrages subsé¬
quents du même auteur , et qui n’a pas été
adopté par ies zoologistes. (M. É.)
ASP
22^
ASP
ASPEROTRICHUM. bot. cr. —
Voyez ASPOROTRICBUM. (LÉV.)
ASPERUGO, Tourn. bot. psi. — Gen¬
re de la famille des Borraginées , offrant
pour caract. essentiels : Calice 5 - fide , ac-
crescent , à segments connivents après la
floraison , alternes chacun avec un appen¬
dice dentiforme. Corolle infundibuliforme ,
à gorge, resserrée , fermée par des squa-
mules. Étamines 5, incluses. Style filiforme ;
stigmate petit , capitellé. Fruit de 4 nucu-
les distinctes , ovales , comprimées , chagri¬
nées , attachées à la base du style , recou¬
vertes par le calice très amplifié , compri¬
mé , sinueux. — Ce genre est constitué par
une seule espèce (4. procumbens L.) : c’est
une plante annuelle , assez commune dans
les décombres. (Sp.)
ASPÉRULE. Âsperula, Linn. (dimi¬
nutif (Tasper, âpre), bot. pii. — Genre de
la famille des Rubiacées, tribu des Stellatœ
ou Aspérulées; il offre les caract. essentiels
suivants : Limbe calicinal soit inapparent,
soit 5-denticulé, très court , non persistant.
Corolle infundibuliforme ou campanulée, 4-
fide (rarement 5-fide); gorge nue. Étamines
4 ( rarement 5 ou 5), un peu saillantes, in¬
sérées au tube de la corolle ; filets filifor¬
mes; anthères oblongues ou linéaires. Sty¬
les 2, souvent soudés presque jusqu’au som¬
met. Péricarpe sec ou à peine charnu , di-
dyme-globuleux , point couronné , se sépa¬
rant en 2 coques 1-spermes, convexes au
dos, planes antérieurement. Graines adhé¬
rentes. Embryon un peu courbé. Herbes ou
sous-arbrisseaux. Fleurs terminales ou axil¬
laires et terminales , solitaires , ou fascicu-
lées, ou en cymes trichotomes , ou en pani-
cules. Corolle blanche, ou jaune, ou rouge.
Ce genre , propre aux régions extratropica¬
les de l’ancien continent, comprend environ
40 esp. , qui , pour la plupart , habitent les
contrées voisines de la Méditerranée. L’4.
taurina L. se cultive comme plante de
parterre ; l’4. cynanchica L. , espèce com¬
mune dans les pâturages secs, et connue
sous les noms vulgaires de Rubéole , Petite
Garance, Herbe de vie ou Herbe à l’esqui-
nancie , passait jadis pour un spécifique
contre les maux de gorge inflammatoires;
sa racine peut tenir lieu de celle de la Ga¬
rance , pour teindre en rouge. L’4. odorata
L. (vulgairement Reine des bois , Hépatique
des bois ou Petit-Muguet ) est remarqua¬
ble par une odeur de Mélisse qu’elle exhale,
surtout à l’état sec; l’infusion de cette
plante est diurétique et sudorifique. (Sp.)
* ASPÉRULÉES. bot. ru.— M. Ach.
Richard a désigné sous ce nom une section
fies Rubiacées, celle que Ray appelait autre¬
fois Stellatœ, que d’autres auteurs ont nom¬
mée Aparinées ou Galiées, et dont d’autres
encore pensent qu’on doit faire une famille
distincte, qui devrait alors conserver le nom
de Rubiacées. Voy. ce mot. (Ad. J.)
ASPHÆA. polyp. — Voyez asprea.
(C. D’O.)
*ASPHÆRA («priv. ; afutpx , sphère
ou boule), ins. — Genre de Coléoptères
tétramères , famille des Chrysomélines, tri¬
bu des Alticides, établi par M. Chevrolat,
et adopté par M. Dejean , dans son dernier
Catalogue, où il en désigne trois espèces
toutes du Brésil et nommées par lui comme
nouvelles , savoir : 4. fallax ( Zonata ,
Klug ), 4. subcincta et 4. viridifasciata.
D’après M. Chevrolat , ce g. est très voisin
de celui auquel Latreille a donné le nom
d '’OEdionychis ; il n’en diffère essentielle¬
ment que parce que , chez lui , le dernier
article des tarses postérieurs est simple ,
arqué, et non renflé en boule. (D. et C.)
* ASPHALIUM. moll. — Genre de
la famille des Dentales, indiqué parM. Raû-
nesque ( Analyse de la nat .), mais non dé¬
crit. (P. G.)
* ASPïïALIUS. crust. — Genre de
l’ordre des Décapodes, de la section des
Macroures et de la famille des Salicoques ,
établi par Roux ( Monogr . des Salicoques )
d’après la mauvaise figure du Palemonbre-
virostris d’Olivier, publiée dans l’atlas de
VEncyclopédie méthodique, Ins., pl. 519,
fig. 4. Dans l’état actuel de la science , ce
genre ne peut être admis, et le crusta¬
cé pour lequel on l’a proposé doit prendre
place dans le g. Alphée. (M. E.)
ASPHALTE (x7?*>tos. bitume ). min.
— Bitume solide, noir, à cassure résineuse
et conchoïdale , dur et cassant à froid, un
peu plus pesant que l’eau, insoluble dans
l’alcool et fusible à une température plus
élevée que celle de l’eau bouillante. lia reçu
les surnoms de Bitume de Judée et Bitume
des momies , parce qu’il abonde particuliè¬
rement sur les bords du lac Asphaltjte ou
ASP
228 ASP
mer Morte, et que les Égyptiens en faisaient
usage dans la préparation de leurs momies.
L’Asphalte de Judée est connu de temps
immémorial ; il s’élève continuellement du
fond du lac à la surface des eaux, où il ar¬
rive dans un certain état de mollesse ; les
vents le poussent ensuite dans les anses et
les golfes, où il est recueilli. Il prend de la
consistance par l’exposition à l’air. Au dire
de Strabon , les anciens le regardaient
comme un produit de l’action des feux
souterrains, et cette opinion s’accorde avec
celle de la plupart des géologues modernes.
Nous reviendrons sur cette origine au mot
bitumes, où nous traiterons comparative¬
ment des diverses espèces de matières bitu¬
mineuses, tant sous le rapport minéralogi¬
que que sous le point de vue géologique.
Le véritable Asphalte ne se trouve pas
seulement en Judée ; il se produit égale¬
ment à la surface des eaux en plusieurs au¬
tres lieux, notamment dans l’île de la Tri¬
nité. Nous avons parlé de l’usage que les
anciens faisaient de cet Asphalte ; on s’en
sert aujourd’hui pour la confection d’une
sorte de couleur qu’on nomme momie; on
le fait entrer aussi dans la composition des
vernis noirs, et même de la cire noire à ca¬
cheter.
Il ne faut pas confondre avec la substance
dont nous parlons une autre espèce de Bi¬
tume, beaucoup plus connue par son em¬
ploi dans les arts, et qui porte dans le com¬
merce le nom d’Asphalte. Celui-ci est le Bi¬
tume glutineux, auquel les minéralogistes
donnent les noms de Malthe et de Pissas-
phalte. Il se ramollit à la moindre chaleur
quand il est pur, mais il devient très solide
et même difficilement inflammable quand
il est mêlé avec une forte dose de sable. Il
est toujours fusible à la température de
l’eau bouillante. On le trouve abondam¬
ment en France, en Auvergne, dans les
Landes, et dans les départements de l’Ain
et du Bas-Rhin. Celui de Seissel, près la
perte du Rhône, est employé aujourd’hui à
Paris pour le dallage des ponts et des trot¬
toirs ; on s’en sert aussi pour la couverture
des édifices et des terrasses ; et l’on vient
d’essayer, sur quelques points de la capitale,
de l’appliquer à la confection d’une nouvelle
espèce de chaussée pour les voitures : en le
mêlant à des fragments de pierre meulière ,
on en fait des pavés très solides, auxquels on
donne une forme rectangulaire; on pose
ensuite ces pavés les uns à côté des autres
sur une couche de sable et de ciment bien
dressée, et on les réunit en un tout imper¬
méable en coulant entre leurs joints du Bi¬
tume fondu. (Del. )
ASPHODÈLE. Àsphodelus (àu^ocTs/o?,
Asphodèle) , bot. ph. — Genre autrefois type
de la famille des Asphodélécs, qui a été réu¬
nie à la famille des Liliacées. ( Voy . ce mot.)
Les Asphodèles sont des plantes herbacées
et vivaces , à racine fasciculéc , à tige simple
inférieurement et ramifiée dans sa partie su¬
périeure. Les feuilles sont , en général , é-
troites , linéaires, et éparses sur la tige. Les
fleurs, tantôt jaunes , tantôt blanches, for¬
ment une grappe simple ou ramifiée. Chaque
fleur, qui est pédicellée, est accompagnée, à
sa base, d’une petite bractée. Le calice est co¬
loré, pétaloïde, étalé régulièrement, et for¬
mé de six sépales égaux, dont trois un peu
plus extérieurs. Les étamines , au nombre
de six , sont insérées h la base même des
sépales. Leurs filets, dilatés et plans à leur
base , sont rapprochés les uns des autres et
forment une sorte de voûte qui recouvre
l’ovaire ; les anfhères sont ovoïdes-allongées,
et émarginées à leurs deux extrémités. Les
étamines sont déclinées et quelquefois iné¬
gales. Le style, également décliné, est ter¬
miné par un stigmate à trois pointes. Le
fruit est une capsule ordinairement globu¬
leuse ou triangulaire, à trois loges, s’ou¬
vrant en trois valves septifères. Les graines
sont peu nombreuses, anguleuses, et quel¬
quefois presque tétraédriques.
Ce genre se 'compose d’environ une ving¬
taine d’espèces qui, pour la plupart, crois¬
sent dans les régions méridionales de l’Eu¬
rope, et sur les côtes de l’Asie et de l’Afri¬
que baignées par la Méditerranée. Plusieurs
de ces espèces sont depuis long - temps in¬
troduites dans nos jardins , et cultivées
comme plantes d’ornement. Telles sont : 1°
l’Asphodèle jaune , Asphodelus luteus L.,
vulgairement désigné sous le nom de Bâton
de Jacob. La tige en est simple , toute cou¬
verte de feuilles linéaires , striées et glau¬
ques , un peu triquètres. Les fleurs , d’un
beau jaune, forment une grappe simple. On
en a obtenu une variété à fleurs doubles.
2" L’Asphodèle rameux , Asphodelus ra-
ASP
ASP
223
nosus L., vulgairement Bâton royal. Ses
feuilles radicales sont ensiformes, très lon¬
gues; sa tige est rameuse dans sa partie su¬
périeure. Ses fleurs forment une grappe
très ramifiée, composée de fleurs blanches ,
dont les sépales, étalés, sont marqués de
lignes roussàtres. ^ (A. R.)
ASPHOBÉLÉES. Asphodeleœ. bot.
pu. — La famille ainsi nommée par Jussieu
et par la plupart des botanistes a été réunie
à la famille des Liiiacées , où ses genres, as¬
sez nombreux , constituent trois tribus : celle
des Anthéricées , des Scillées et des Aloï-
nées. Voy. liliacées. (A. R.)
ASPHOBÉLOIBES. bot. ni. -
Mœnch ( Méth ., p. 654) avait proposé de fai¬
re un genre à part de VAsphodelus fistulo-
sus L. ; mais cette séparation n’a pas été ad¬
mise , cette espèce appartenant bien réelle¬
ment au genre Asphodèle. (A. R.)
* ASPHODÉLINE. Asphodeline ( di¬
minutif d'âcrepcid'e'Âoç, sorte de Lys chez les
Grecs), bot. pu. — Genre de la famille
des Liliacées, tribu des Anthéricées, formé
par Reichenbach , et ainsi caractérisé : Pé-
rigone corollacé , 6-parti ; tube très court,
subglobuleux; lacinies étalées - réfléchies.
Étamines 6 , insérées au tube ; les alternes
plus courtes ; filaments dilatés-voûtés à la
basé , géniculés au dessus , ascendants. Ovai¬
re triloculairc; ovules collatéraux, amphi-
tropes, deux dans chaque loge. Style fili¬
forme; stigmate simple. Capsule charnue,
3-loculaire, loculicide-trivalve. Graines tri-
quètre^ , en nombre égal à celui des ovules,
à test crustacé, à ombilic ventral, linéaire.
Embryon axile , parallèle à l’ombilic, égal à
l’albumen , à extrémité radiculaire infère. —
Plantes herbacées, vivaces, indigènes dans
l’Europe australe ; à tubercules radicaux
oblongs; à feuilles nombreuses, subulées-
triquètres , courtes ; à fleurs blanches ou
jaunes, bractéées, disposées en grappes sim¬
ples. On en connaît 5 ou 6 espèces. (C. L.)
ASPHYXIE (cb asphyxie), phy-
siol. — L’Asphyxie est la suspension de la
respiration. Elle peut donc avoir lieu chez
tous les animaux , parce que tous respirent,
et parce que chez tous la respiration peut
être suspendue ; mais il y a une grande dif¬
férence à cet égard suivant les animaux, et
cette différence dépend de ce qu’ils sont ani¬
maux à sang froid et animaux à sang chaud.
Les animaux a sang froid sont non seule¬
ment les animaux invertébrés , mais encore
parmi les vertébrés les Poissons et les Repti¬
les. Les animaux à sang chaud sont donc les
Mammifères et les Oiseaux.
Nous avons dit qu’il y a une grande dif¬
férence entre la durée de l’asphyxie des ani¬
maux à sang froid et des animaux à sang
chaud. Pour ceux-là, dans des températures
ordinaires , elle dure au moins une heure ;
tandis que chez les animaux à sang chaud
elle n’a lieu que pendant 2 ou 5 minutes.
Dans l’asphyxie , il y a plusieurs fonc¬
tions qui s’exercent en même temps et qu’il
faut distinguer : 1° la fonction nerveuse et
musculaire , 2° la circulation du sang. On
peut très bien les distinguer. Si d’abord on
excisait le cœur et qu’on mît l’animal sous
l’eau , on déterminerait parfaitement la du¬
rée de la vie du système nerveux et du sy¬
stème musculaire par le temps pendant le¬
quel subsisteraient les mouvements des nerfs
et des muscles. En comparant ainsi cette du¬
rée de la vie avec celle de la même espèce
d’animal simplement plongée dans l’eau, on
voit la différence. J’ai fait cette expérience
sur des Grenouilles, et la différence dans ces
deux cas a été quelquefois de vingt heures
en faveur des animaux asphyxiés ; ainsi donc
la circulation du sang apporte une grande
différence dans la durée de la vie, et elle la
prolonge beaucoup au delà de l’époque que
dure la vie du système nerveux et muscu¬
laire.
Il s’agit maintenant de savoir si, dans
l’asphyxie , la durée de la vie est la me¬
me , qu’on plonge l’animal sous l’eau , ou
qu’on l’asphyxie dans l’air en l’étranglant.
J’asphyxiai six Grenouilles en assujettissant
fortement une ficelle autour de leur col. Dans
les premiers moments, les Grenouilles furent
paralysées ; mais elles reprirent peu à peu
leurs forces au bout de quelques minutes ,
sans néanmoins les recouvrer entièrement.
Je mis un pareil nombre de Grenouilles dans
l’eau ; mais elles furent mortes au bout de
dix ou douze heures, tandis que celles qui
étaient étranglées vécurent d’un à cinq jours.
Afin de prolonger l’expérience, j’entrete¬
nais leurs corps dans un état d’humidité. Je
répétai l’expérience sur des Salamandres;
celles qui étaient dans l’eau vécurent égale¬
ment de dix à douze heures , tandis que les
230
ASP
ASP
autres vécurent bien au delà , et l’une d’el¬
les môme vécut onze jours. Je me suis as¬
suré que , dans ces expériences et d’autres
analogues sur la strangulation , il y avait
production d’acide carbonique par la peau
de ces animaux.
Je cherchai ensuite à déterminer quelle
serait la durée de la vie d’animaux pareils
enfermés dans des corps solides.
On sait qu’en 1777 , ïîiressont renferma
trois Crapauds dans des boîtes scellées
dans du plâtre, qui furent déposés dans
l’Académie des sciences. On les ouvrit dix
mois après, en présence de quelques uns de
ses membres ; un des Crapauds était mort ,
les deux autres vivaient. On prétend qu’on
en a trouvé dans de vieux murs où ils avaient
dû vivre bien des années, et meme dans des
blocs de charbon et des pierres où ils avaient
dû vivre un temps incalculable.
Je fis, pour examiner la durée de la vie des
animaux enfermés dans des corps solides,
une expérience sur 15 Crapauds. Le 24 février
1817, je pris cinq boîtes de bois blanc, dont
trois avaient quatre pouces , les deux autres
quatre et demi de long sur quatre de large et
deux et demi de profondeur. J’y mis du plâ¬
tre gâché, et je plaçai le Crapaud au milieu;
puis les boîtes furent fermées et scellées.
Je me servis ensuite de cinq autres boîtes
circulaires de carton , ayant trois pouces et
demi de diamètre et deux pouces de pro¬
fondeur , et j’y enterrai cinq autres Cra¬
pauds avec les mômes précautions. En même
temps , j’en mis cinq autres dans de l’eau
renfermée dans des verres renversés , pour
comparer la durée de ce genre d’asphyxie
avec celui qui pouvait avoir lieu dans le
plâtre.
Le même jour tous les Crapauds que j’a¬
vais mis dans l’eau étaient morts huit heu¬
res après. Ayant ouvert le lendemain une
des boites de carton à quatre heures du soir,
et ayant trouvé le Crapaud vivant, je le re¬
couvris de plâtre et je l’abandonnai avec les
autres. Je ne l’ouvris que le 15 mars sui¬
vant, et je le trouvai parfaitement en vie,
le dix-neuvième jour à dater du commence¬
ment de l’expérience.
Je répétai cette expérience sur des Sala¬
mandres, et j’en trouvai une vivante , mais
considérablement amaigrie, dix-neuf jours
Elles vivent donc dans le plâtre, tout
en se desséchant progressivement jusqu’à ce
qu’elles en meurent; mais il est évident que
les reptiles doivent mourir beaucoup plus
lentement, lorsqu’ils sont enterrés dans un
corps solide que lorsqu’ils sont exposés à
l’air sec. C’est ce que j’ai déterminé par
l’expérience , et la raison en est qu’il y a as¬
sez d’air dans beaucoup de corps solides
pour les faire vivre , et que dans l’air sec le
dessèchement est si prompt , qu’il les tue
rapidement.
De l’influence de la température actuelle
sur V Asphyxie dans Veau.
Les causes de variations exigeaient un ter¬
me de comparaison qui pût être regardé
comme sûr. Dans cette vue , je fis dans le
mois de juillet quarante-deux expériences
sur la submersion des Grenouilles dans l’eau
aérée, pour y constater la durée de leur vie.
La température moyenne du mois de juillet
était de 15° 6’ , et en septembre de 14° 1’.
L’eau aérée dont je me suis servi a varié de
17° à 15°; j’en remplis des verres de la ca¬
pacité de 0,- litres, et je les renversai sur
des soucoupes. Je terminai l’expérience lors¬
que l’animal, étant pincé, ne donnait plus de
mouvements. Le terme moyen, pour le mois
de juillet, fut d’une heure trente-sept minu¬
tes, et pour septembre d’une heure quaran¬
te-cinq minutes.
Spallanzani et quelques autres naturalistes
ont trouvé que les Grenouilles submergées
vivaient plus long-temps en hiver qu’en été ;
mais, comme ils n’ont pas fait de recherches
spéciales sur ce sujet, j’ai voulu éclaircir
la question.
L’eau de la Seine était à 17°; je la refroi¬
dis au moyen de la glace, et. je la maintins
à 10°. De deux Grenouilles qui y furent
plongées, l’une vécut cinq heures cinquante
minutes, et l’autre six heures quinze minu¬
tes ; ce qui est près du double de la plus
grande durée obtenue dans les quarante-
deux expériences précédentes. Ayant ensuite
porté la température à zéro, et la mainte¬
nant à peu près à ce terme , j’y submergeai
huit Grenouilles, qui n’y moururent qu’au
bout de six heures sept minutes et de huit
heures dix-huit minutes ; ce qui fait plus du
triple du premier résultat.
ASP
Il est donc évident que, dans là tempéra¬
ture actuelle , la durée de la vie sous l’eau
va en augmentant avec le refroidissement
de la température jusqu’à zéro. Voilà bien
l’effet de la température actuelle ; mais la
question est maintenant de savoir quelle se¬
rait la durée de la vie aux mêmes tempéra¬
tures par un temps qui a été antérieure¬
ment beaucoup plus froid.
Effets du froid antérieur aux mêmes
températures.
Si dans une autre saison , l’automne par
exemple, au lieu de l’été, on faisait une
seconde série d’expériences aux mêmes tem¬
pératures , on pourrait obtenir un autre ré¬
sultat. Nous avions , en été, des expériences
à 10° et à zéro; mais , en faisant des expé¬
riences aux mêmes degrés en automne, nous
pourrions ne pas avoir la même durée de la
vie, parce qu’en été la température précé¬
dente était élevée, et qu’en automne elle
était beaucoup plus basse. Pendant l’expé¬
rience, il est évident qu’en été et en automne
la température était également à 10° ; mais
la température antérieure était très diffé¬
rente; et, comme elle a duré assez long¬
temps avant l’expérience , il se pourrait
qu’elle ait modifié la constitution de manière
à la faire durer beaucoup plus long-temps à
l’asphyxie dans de l’eau à 10°. J’en fis donc
l’expérience de la manière suivante : l’eau et
l’air étant à 10° au mois de novembre et la
température de ce mois ayant été, pendant
presque toute sa durée, à peu près au même
degré, je mis cinq Grenouilles dans de l’eau
à cette température. Dans cette circonstan¬
ce , elles y vécurent de cinq heures dix mi¬
nutes à onze heures quarante minutes; mais
ce dernier terme était environ le double de
la durée de leur vie dans l’eau au même de¬
gré qu’en été.
Les expériences, faites dans les deux sai¬
sons , établissent deux faits remarquables :
1° l’influence de la température de l’eau
dans laquelle ces animaux sont plongés; 2°
l'influence de la température de l’air pen¬
dant un certain nombre de jours avant l’ex¬
périence. On peut même évaluer l’influence
relative de ces deux causes. Lorsqu’une seule
cause change, elle produit à peu près le mê¬
me effet. Il suit de là que, lorsqu’on réunit
ASP 231
les deux influences analogues, l’effet est
double.
Mais il serait intéressant de déterminer si
l’influence de la température antérieure de
l’air s’arrête à ce terme , ou si elle va en
augmentant jusqu’à 0°.
Pour décider cette question, je fis les expé¬
riences suivantes :
Le 22 décembre de la même année, la
température de l’air ayant été près de 0° de¬
puis vingt jours, je mis trois Grenouilles
dans de l’eau à 10° ; elles y vécurent de vingt
à vingt-quatre heures ; ainsi , l’influence de
la température antérieure de l’air s’est ma¬
nifestée encore dans cette occasion d’une
manière frappante: car, si l’on compare cette
durée avec celle des expériences faites en
automne et en été dans de l’eau au même
degré, on reconnaîtra une progression re¬
marquable , correspondant aux températu¬
res précédentes de l’air.
La durée de la vie des Grenouilles dans
de l’eau à 10° était, en novembre, double de
celle qui fut constatée en été; et, en dé¬
cembre, les résultats furent doubles de ceux
obtenus en automne.
Si les conséquences que nous avons tirées
des expériences précédentes sont justes , on
devrait , en réunissant la température pré¬
cédente de l’air à 0° et celle de l’eau égale¬
ment à 0°, pendant l’expérience, obtenir un
bien plus grand effet, qui devrait être au
moins du double du précédent, si les mêmes
causes agissent ici dans la même proportion.
Pour vérifier cette conjecture , je fis l’expé¬
rience suivante :
Le 25 décembre, la température étant à 0°,
et s’étant maintenue à peu près à ce degré
depuis le commencement du mois, je mis
4 Grenouilles dans de l’eau également à 0°,
en me servant du même appareil et des mê¬
mes quantités d’eau que dans les expérien¬
ces précédentes. Dans cette nouvelle condi¬
tion, elles vécurent de vingt-quatre à soixan¬
te héures , qui sont au moins le double de
la durée précédente.
Je dirai, pour ne laisser aucun doute à cet
égard, que je ne me suis pas contenté do
répéter souvent la même expérience; mais
que j’ai obtenu le même résultat deux an¬
nées de suite.
m
ASP
De l’Asphyxie des animaux à sangchaua.
L’espoir de modifier les conditions vitales
des animaux à sang chaud de manière à
leur faire supporter beaucoup plus long¬
temps la privation d’air conduisit Bufîon à
faire une expérience très importante relati¬
vement aux jeunes animaux à sang chaud.
Voici le fait tel qu’il le rapporte :
« J’avais pris la précaution de mettre une
grosse chienne de l’espèce des plus grands
lévriers dans un baquet rempli d’eau chau¬
de ; et, l’ayant attachée de façon que les par¬
ties de derrière trempaient dans l’eau, elle
mit bas trois chiens dans cette eau, et ces
petits se trouvèrent, au sortir de leurs en¬
veloppes , dans un liquide aussi chaud que
celui d’où ils sortaient. On aida la mère dans
l’accouchement , on accommoda et on lava
dans cette eau les petits chiens ; ensuite on
les fit passer dans un plus petit baquet rem¬
pli de lait chaud, sans leur donner le temps
de respirer. Je les fis mettre dans du lait
au lieu de les laisser dans l’eau, afin qu’ils
pussent prendre de la nourriture s’ils en
avaient besoin. On les retint dans le lait où
ils étaient plongés, et ils y demeurèrent plus
d’une demi-heure ; après quoi, les ayant re¬
tirés les uns après les autres , je les trouvai
tous trois vivants. Ils commencèrent à re¬
spirer et à rendre quelque humeur par la
gueule ; je les laissai respirer pendant une
demi-heure , et ensuite on les replongea
dans le lait, qu’on avait fait réchauffer
pendant ce temps; je les y laissai une se¬
conde demi-heure , et les ayant ensuite re¬
tirés, il y en avait deux qui étaient vi¬
goureux et qui ne paraissaient pas avoir
souffert de la privation de l’air ; mais le
troisième me paraissait être languissant. Je
ne jugeai pas à propos de le replonger une
seconde fois; je le fis porter à la mère , elle
avait d’abord fait ces trois chiens dans l’eau,
et ensuite elle en avait eu six autres. Le petit
chien qui était né dans l’eau, qui d’abord
avait passé plus d’une demi-heure dans le
lait avant d’avoir respiré, et encore une autre
demi-heure après avoir respiré , n’en était
pas fort incommodé : car il fut bientôt rétabli
sous la mère, et il vécut comme les autres.
Je continuai ces épreuves sur ceux qui étaient
dans le lait ; je les laissai respirer une se-
ÀSP
conde fois pendant une heure environ ; en¬
suite je les fis mettre de nouveau dans le
lait chaud, où ils se trouvèrent plongés pour
la troisième fois. Je ne sais s’ils en avalèrent
ou non ; ils restèrent dans ce liquide pen¬
dant une demi-heure , et lorsqu’on les en
tira ils paraissaient presque aussi vigoureux
qu’auparavant ; cependant , les ayant fait
porter à la mère, l’un d’eux mourut le mê¬
me jour. »
Legallois, qui avait besoin de savoir com¬
bien de temps un fœtus h terme , parmi les
animaux à sang chaud, peut vivre sans re¬
spirer lorsqu’il a cessé de communiquer
avec sa mère , oubliant la célèbre expérien¬
ce de Buffon , en fit une nouvelle. Il fit
ses recherches principalement sur les La¬
pins , et il détermina que , lorsqu’il les pri¬
vait de la respiration en les plongeant sous
l’eau , la durée moyenne de leur vie ne
dépassait pas vingt-huit à trente minutes.
Cependant il découvrit que cette faculté
diminue rapidement avec les progrès de
l’âge. Legallois observa qu’au bout des cinq
premiers jours les Lapins plongés sous l’eau
ne vivent plus que seize minutes. Après le
même espace de temps, ils sont réduits à
cinq minutes et demie , et lorsqu’ils sont
âgés de quinze jours , ils ont alors atteint
la limite de la durée de l’asphyxie des adul¬
tes.
D’après les résultats de ces expériences,
on serait porté à croire que la durée de la
vie , dans l’asphyxie des animaux nouveau-
nés, est d’environ une demi-heure ; mais, en
répétant des expériences pareilles sur un
grand nombre d’espèces différentes , je fus
fort surpris de voir que le Cochon d’Inde à
sa naissance , lorsqu’on l’asphyxiait dans
l’eau, ne vivait que trois ou quatre minutes
de plus que l’adulte.
Les recherches sur les animaux à sang
froid m’ayant fait connaître la grande in¬
fluence que la température exerce sur ce
mode d’existence, ayant, en outre, reconnu
que les animaux à sang chaud présentaient
entre eux des différences marquées dans la
production de la chaleur , j’ai pensé que
cette différence devait en produire une
dans la durée de la vie dans l’asphyxie.
Comparons donc entre elles les espèces
dont nous venons de parler, et nous verrons
que ce rapport se vérifie. D’une part , les
ASP
233
Chiens, les Chats et les Lapins nouveau-nés,
se comportent de la même manière dans
l’asphyxie. Dans cet état , ils donnent tous
des signes de vie pendant près d’une demi-
heure et quelquefois au delà; or, ce sont
précisément les espèces chez lesquelles j’ai
observé une production de chaleur si faible,
qu’elle les rapproche des animaux à sang
froid. D’autre part, les Cochons d’Inde sont
dans la classe de ceux qui produisent le plus
de chaleur à leur naissance; aussi n’en ai-je
jamais vu qui vécussent plus de 7 minutes en
les plongeant sous l’eau, et souvent ils n’at¬
teignent pas cette limite. (Edwards.)
ASPIC, rept. — Le Serpent dont les
anciens ont parlé sous ce nom est YHaje,
Col . Haje, dontM. Savigny a donné une ex¬
cellente figure dans l’ouvrage français sur
la description de l’Égypte.
Linné a nommé Coluber aspis une espèce
voisine de la Yipère commune. Col. berus, et
qui vit dans quelques parties de la France ;
on lui donne souvent le nom d’Aspic.
(P.G.)
ASPIC ou SPIC. bot. ph. — Nom
vulgaire de la Lavande , Lavandula spica
Lin. , du Phalaris canariensis Lin. Voy.
LAVANDE et PHALARIS. (C. D’O.)
ASPICARPA ( àiTTrtç , bouclier; xupnoç,
fruit), bot. ph. — Genre de la famille des
Malpighiacées, remarquable par deux sortes
de fleurs, les unes terminales, disposées
par quatre en ombelles , et que nous nom¬
merons normales; les autres extrêmement
petites , verdâtres , presque sessiles et ca¬
chées aux aisselles des feuilles , que nous
nommerons anormales. Fl. normales :
Calice 5-parti, dont les divisions sont mu¬
nies de deux glandes à leur base. Pétales
plus longs, onguiculés, à limbe frangé, d’un
jaune orangé. Étamines 5, opposées au cali¬
ce , monadelphes , deux anthérifères sou¬
dées dans presque toute leur longueur , les !
trois attires libres dans leur plus grande
étendue , et terminées par des masses stéri¬
les et informes. Ovaires 5, soudés vers l’axe,
libres du reste. Un seul style dont la base
s’enfonce entre eux, et dont le sommet por¬
te un stigmate tronqué. Fl. anormales :
Calice 5-parti, sans glandes ; pas de pétales,
et une seule anthère sessile et rudimentaire.
2 ovaires sans style. Carpelles couchés , mu¬
nis sur leur dos , qui devient ainsi supérieur,
ASP
de trois crêtes, une moyenne et deux mar¬
ginales , indéhiscents. — On connaît deux
espèces de ce genre ; ce sont des sous-ar¬
brisseaux du Mexique. L’un a été depuis
long-temps cultivé dans les serres d’Euro-
pe , et il est fort remarquable qu’il n’y ait
produit que des fleurs anormales, d’après
lesquelles Richard, n’en connaissant pas
d’autres , avait décrit le genre que Des vaux,
à cause de sa singularité dans la famille,
avait nommé Âcosmus. (Ad. J.)
ASPICARPONE bot. ph. — Voyez
ASPICARPA. (C. D’O.)-
* ASPICELA («£ m'g, bouclier), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères , famille
des Chrysomélines , établi par M. Dejean ,
dans son dernier Catalogue, et dont il n’a
pas publié les caractères. Il y rapporte quatre
espèces de l’Amérique équinoxiale, décrites
comme des Altises par Latreille , dans le
Voyage de Humboldt, sous les noms de
cretacea , unipunctata , albomarginata et
scutata. (D.)
ÂSPIBALIS. bot. ph. — Section du g.
Didelta, qui fait partie des Composées : elle
se caractérise par les dimensions des folio¬
les internes de l’involucre , beaucoup plus
longues que les externes, et par son récep¬
tacle profondément alvéolé. Le nomd’Asjn-
dalis , proposé par Gærtner, a été changé
par son auteur en celui de Cuspidia.
(J. B.)
* ASPIBECHIBNES. Âspideckidnei
(âgikts , bouclier ; ê%i$ycc , vipère), rept. —
Nom donné par J. -A. Ritgen à une famille
d’Ophidiens , renfermant les Serpents veni¬
meux qui ont des plaques sur la tête.
(C. D’O.)
* ASPIBEItJM. bot. ph. — Synony¬
me du g. Willemetia, de la tribu des Chi-
coracées, famille des Composées. (J. D.)
*ASPIBIA («tiu's, bouclier; icTéa, forme).
ins. — Genre de l’ordre des Lépidoptères ,
famille des Nocturnes , tribu des Platyomi-
des , établi par M. Treitschke, et qae nous
avons adopté dans 1 ''Histoire naturelle des
Lépidoptères de France , en lui donnant
pour caractères : Deuxième article des pal¬
pes très large , très velu et spatuliforme ;
troisième article très court et à peine visi¬
ble. Trompe nulle. Corps mince ; ailes su¬
périeures très larges et dont la côte est très
arquée dans toute sa longueur. Chenille vi-
15+
T. II,
234
ASP
ASP
yant en société dans des feuilles réunies en
paquet, et se métamorphosant dans un
tissu commun recouvert de mousses et de
feuilles sèches. — Ce genre ne renferme
qu’une seule espèce chez M. Treitschke , la
Tortrix solandriana Lin.; mais nous lui
ayons réuni la Pyralis cynorbana Fabr.,
qui nous a paru posséder les mêmes carac¬
tères génériques. Ces deux espèces se trou¬
vent aux environs de Paris et sont figurées
dans Hubner, ainsi que dans V Histoire nat.
des Lép. de France (t. IX, pl. 245, fig. 1 et
2). r (D.)
* ASPIDIACÉES. bot. — Presl don¬
ne ce nom à une tribu de la famille des
Fougères qui avait été déjà désignée sous
le nom d 'Aspidiées par M. Gaudichaud. —
Cette tribu correspond , en effet, au genre
Aspidium, tel que Swartz et Willdenow
l’avaient admis ; genre qui fut ensuite sub¬
divisé par Roth , Bernhardi, et les auteurs
plus récents.
Cette tribu des Aspidiées ou Aspidiacées
est donc caractérisée par des groupes de
capsules arrondis ou ovales , insérés sur les
nervures ou à leur extrémité, et recouverts
par un tégument orbiculaire ou réniforme.
Cette différence dans la forme du tégu¬
ment a servi de base à Presl pour la division
de cette tribu en deux sous-tribus : celle des
IVéphrodiées , dans lesquelles le tégument
est réniforme , et qui comprend les genres
Nephrodium, Nephrolepis , Oleandra et
Lastrea ; et celle des Aspidiariées, dont les
groupes de capsules sont recouverts par un
tégument arrondi ou ovale, ombiliqué et in¬
séré par son milieu, et qui renferme les gen¬
res Polystichum, Aspidium, Didymochlena,
Phanerophlebia , Cyclodium, Cyrtomium
et Sagenia. Voy. ces mots. (Ad. B.)
* ASPIDIARIÉES. bot. — Voyez as¬
pidiacées. (Ad. B.)
* ASPIDIÉES. bot. — Voyez aspi¬
diacées. (Ad. B.)
ASPIDIOTES (àffirtJVirïi?, qui porte un
bouclier), cuust. — M. Duméril, dans sa
Zoologie analytique, etLatreille, dans son
Généra Crustaceorum , etc. , ont donné le
nom de Clypéacés ou Aspidiota à une divi¬
sion des Crustacés Entomostracés , compre¬
nant le^Limules, les Caliges, les Apus, etc.
Ce groupe n’est pas naturel. (M. E.)
* ASPIDIOTUS ( iirfucTtcirvis , qui porte
un bouclier ; sans doute parce que ces ani¬
maux ont tout le corps recouvert d’une
matière blanche et laineuse), uns. — Genre
de la famille des Cocciniens , de l’ordre des
Hémiptères , section des Homoptères, établi
par M. Bouché ( Naturgesch . der Jnsekt .) et
adopté par M. Burmeister et par nous. Ce
genre , qui se rapproche , à beaucoup d’é¬
gards, des Coccus (Cochenilles), s’en distin¬
gue par les antennes, de neuf articles dans
les mâles , et de six dans les femelles , et par
l’absence de filets abdominaux chez les mâ¬
les. M. Bouché a fait connaître cinq espèces
de ce genre, et depuis on en a découvert
quelques autres. Les plus répandues sont les
A. rosœ , nerii, lauri Bouch. (Bl.)
* ASPIDIPHORUS («<mcTopo/5o?, qui
porte un bouclier ). ms. — Genre de Co¬
léoptères pentamères, famille des Clavicor-
nes, tribu des Byrrhides, établi par Zie-
gler et adopté par M. Dejean dans son der¬
nier Catalogue, ainsi que par M. Westwood,
qui, dans son Synopsis, le caractérise ainsi :
Corps suborbiculaire. Élytres arrondies au
bout. Antennes de dix articles; massue lon¬
gue , composée de trois articles. Ce g., créé
aux dépens du genre Nitidule des auteurs ,
a pour type la Nit. orbiculata de Gyllen-
hal , qui se trouve en Suède et aux envi¬
rons de Paris. Cet insecte se nourrit d’une
espèce de lichen qui croît sur le bois mort.
Sa larve est très renflée sur les côtés , blan¬
che , et ressemble assez , pour la forme , à
celle d’un Anthr'ene. (D. et C.)
* ASPIDISCINE. Aspidiscina. isf.
— Famille d’infusoires admise par M. Eh¬
renberg, et comprenant le seul genre Aspi-
disque de ce naturaliste. Ses caractères
sont : Animaux polygastriques ; à carapace ; à
canal intestinal distinct et à deux orifices.
Anus terminal. (P. G.)
* ASPIDISQUE. Aspidisca (àfffrtdVjxoj ,
petit bouclier), inf. — Genre unique de la
famille des Aspidisques , établi par fl. Eh¬
renberg, et dont le type est le Trichoda
lynceus de Müller, qui est, pour M. Bory,
une esp. de Ratule. M. Ehrenberg y rappor¬
te aussi une seconde esp. prise à Berlin , et
qu’il nomme A. venticulata. (P. G.)
* ASPIDISTRA. Macrogyne , L. et O.,
Icon. Sel. (altération d’à<7irt«Pt<7xos , petit bou¬
clier; forme du stigmate . bot. pii.— Genre
formé par lier [Bot. Reg., t. 629), et sur la
ASP
place duquel, dans le système naturel, les
auteurs ne sont pas d’accord : les uns le
rapportant (ainsi que le Tupistra , genre
fort voisin , sinon le même) aux Acoracées
ou aux Aroïdées ; les autres aux Smila-
cées , etc. ; place qui ne sera déterminée
qu’après une analyse parfaite du fruit , en¬
core peu connu. Nous penchons à croire
qu’il pourra devenir le type d’une petite
famille, voisine des Aroïdées et des Smila-
cées , et qui comprendrait, en outre, les g.
Tupistra et Rhodea. Quoi qu’il en soit , en
voici les caractères principaux , d’après une
analyse faite par nous : [A. lurida ) Fleurs
hermaphrodites, solitaires, charnues, pen¬
dantes ; pédoncules insérés sur le rhizome.
Périgone unique , corollacé , campanulé, 6-
8-fîde; lacinies étalées, granulées, relevées
intérieurement des deux côtés. Étamines en
nombre égal aux lacinies, biloculaires, ses-
siles ( filaments nuis ) , insérées vers la base
du tube ; anthères jaunes , dorsifixes. Style
continu à l’ovaire, court, épais; stigmate
fongiforme , fermant le tube floral comme
d’un bouclier, relevé de saillies, blanc, en¬
tier (radié , 3-4-lobé, Ker). Ovaire (Ker) très
petit, subcylindrique, 5-4-loculaire ; ovules
(Ker) superposés (géminés, Nob.), amphi-
tropes , 2 dans chaque loge. Fruit...?— Plan¬
tes herbacées, acaules, glabres; à rhizome
rampant ; à feuilles solitaires ou subbifariées ,
pétiolées ; pédoncules couverts d’une à deux
écailles. Fleurs bibractéées ; bractées enve¬
loppant la base du tube, et munies au som¬
met d’une sorte de mucron. Deux ou trois
espèces , indigènes à la Chine et au Japon.
A l’article Tupistra , nous traiterons com¬
plètement la question soulevée plus haut,
et nous chercherons à la décider par les
recherches auxquelles nous nous livrerons.
(C. L.)
* ASPIDITES. bot. foss. — M. Gœp-
pert , dans son bel ouvrage sur les Fougè¬
res fossiles de la Silésie , a donné ce nom à
un genre renfermant des espèces fossiles qui
ont une analogie assez prononcée avec les
Aspidium , parmi les Fougères vivantes;
mais, comme il le remarque lui-même, une
partie de ces espèces peuvent appartenir à
d’autres genres de Fougères , qui ont une
nervation analogue et des feuilles assez sem¬
blables. Plusieurs de ces espèces fossiles
ont , il est vrai, présenté des groupes de
ASP 235
capsules arrondies ; mais cette disposition ,
ainsi que la forme des feuilles , les rappro¬
che au moins autant des Cyathea que des
Aspidium enfin, parmi les espèces stériles,
plusieurs ont autant d’analogie avec cer¬
tains Asplénium et avec des Polypodium ,
à nervures non réticulées, qu’avec des As¬
pidium. C’est ce genre de considérations
qui nous avait empêché , jusqu’à ce qu’on
connût mieux la généralité des Fougères
fossiles , de les rapporter aux genres établis
parmi les Fougères vivantes. M. Gœppert
a fait des efforts très louables pour arri¬
ver à ce résultat ; mais les matériaux ont
souvent été trop imparfaits pour qu’il pût
atteindre son but avec un succès complet.
Il divise les Aspidites en deux sections : la
première, comprenant les espèces à feuilles
simples, correspond au g. que nous avons
nommé Tœniopteris , et renferme sept espè¬
ces, dont une a offert des indices de fructi¬
fication ponctiforme qui semblerait la rap¬
procher des Oleandra ( Aspidium articu-
latum Swartz ) ; la seconde comprend les
espèces à feuilles bipinnées , au nombre de
26 ; peu d’entre elles ont été observées en
fructification , et celle - ci se rapproche soit
de certains Aspidium , soit de quelques Cyar
thea. (Ad. B.)
ASPIDIUM. bot. — Swartz, dans son
Synopsis filicum, faisant le premier entrer,
comme caractère , les téguments membra¬
neux ou lndusium qui recouvrent les grou¬
pes de capsules dans beaucoup de Fougè¬
res , partagea presque tous les Polypodes de
Linné en deux genres : les Polypodium ,
dont les groupes de capsules arrondis sont
nus et dépourvus de toute espèce de tégu¬
ment , et les Aspidium, dont les groupes de
capsules, également arrondis , sont recou¬
verts par un tégument ombiliqué ou s’ou¬
vrant latéralement. Ce dernier genre im¬
mense fut admis encore ainsi par Willde-
now, qui y comptait déjà 147 espèces ; mais
bientôt une étude plus attentive, jointe à la
découverte de nouvelles espèces , conduisit
à le subdiviser , et même à en éloigner
quelques plantes qu’on y avait placées jus¬
que alors : ainsi Roth créait les genres Athy-
rium, plus voisins des Asplénium que des
Aspidium , et Polystichum ; Bernhardi le
genre Cystopteris ; Richard , dans la Flore
de Michaux, le genre Nephrodium ; (Java-
236
ASP
nilles le genre Qleandra; plus récemment,
Desvaux établit le genre Didymochlena ,
et Bory de Saint -'Vincent le genre Las-
trea ; enfin, tout récemment, Schott et
Presl ont ajouté à ceux-ci les genres Ne-
phrolepis , Phanerophlebia ,. Cyclodium ,
Cyrtonium et Sagenia ; et, malgré tous
ces travaux , on n’est peut-être pas en¬
core arrivé à bien fixer la limite et sur¬
tout les limites naturelles de ces divers
groupes. ïl résulte de ces subdivisions que
le genre Âspidium, tel qu’il est défini dans
les ouvrages les plus récents et les plus
estimés , est maintenant réduit à un très
petit nombre d’espèces très distinctes. Leur
caractère générique résulte de la disposition
des nèrvures et de l’insertion des capsules,
ïl est ainsi exprimé : Nervures pinnées éloi¬
gnées, formant des côtes plus ou moins
flexueuses et rameuses ; nervures secondai¬
res anastomosées et formant un réseau à
mailles , soit hexagonales et inégales , soit
quadrilatères à bords courbes ; les petites
nervures formant un réseau plus fin analo¬
gue, et produisant des rameaux simples ou
rameux , droits ou courbes , qui se termi¬
nent librement dans les mailles du réseau
par des extrémités aiguës. Groupes de cap¬
sules insérés sur le dos des nervures ou aux
angles du réseau, globuleux, très gros. Té¬
gument orbiculaire pelté. Le type de ce
genre est V Aspidium trifoliatum , espèce
autour de laquelle se groupent très natu¬
rellement plusieurs autres espèces améri¬
caines , telles que les Aspidium Plumieri ,
macrophyllum , heracleifolium.
D’autres espèces rapportées à ce genre ,
mais formant , dans l’ouvrage de Presl, une
autre section sous le nom de Bathmium , se
distinguent par le réseau des nervures à
mailles quadrilatères ; toutes sont des ré¬
gions tropicales de l’ancien continent.
(An. B.)
* ASPÏDOACHÏRES. Aspidoachira
(•c bouclier ; « priv. ; ydp, main), rept.
— Nom donné par J. -A. Ritgen à une fa¬
mille de Reptiles sauriens , renfermant ceux
qui ont le corps couvert d’écailles et deux
pieds de derrière, sans pieds de devant.
(G. 1*0.)
ASPIDOBRANJCHES. Aspidobran-
chiata [AncUi tcPos, bouclier; Spàyytx, bran¬
chies )„ moll, — M. Scfiweigger a formé ,
ASP
sous ce nom , un genre de Mollusques quj
correspond assez exactement aux Scutibran-
ches de Cuvier ; seulement le zoologiste al¬
lemand a ajouté dans son groupe le genre
Ombrelle , qui appartient aux Inférobran-
ches de Cuvier. Voyez ombrelle et scu-
TIBR ANCHES. (DESH.)
* . ASPÏDOCARPUS , Neck. {Élem.,
802) ( tcToî, bouclier; xxpnds , fruit).
bot. ph. — Synonyme du genre Paliurus ,
Tourn., de la famille des Rhamnées.
(Sp.)
* ASPIDOCEPHALES. Aspidoce-
phali ( àat rts, bouclier ; xsç>« }vj, tête), rept.
— Non donné par J. -A. Ritgen à une sec¬
tion de Reptiles ophidiens, comprenant ceux
qui ont la tête garnie de plaques.
(C. D’O.)
* ASPIDOCHIRES. Aspidochiri (k<x-
îtc's, bouclier; y dp , main), rept. — Nom
donné par J.-A. Ritgen à une famille de
Reptiles sauriens, comprenant ceux qui ont
le corps couvert d’écailles et deux pieds de
devant seulement. (C. d’O.)
* ASPIDOCOLOBES. Aspidocolobi
(«o-îtcç, bouclier; xotaGç’s, mutilé), rept. —
Non donné par J.-A. Ritgen à une famille
de Reptiles sauriens , comprenant ceux qui
ont le corps couvert d’écailles, et plus ou
moins mutilé à l’égard des membres.
(C. D’O.)
* ASPIDOCOTYLE. Aspidocotylus
( «sm'ç , plaque ; xorùh, ventouse ). helm. —
Genre de Vers apodes de l’ordre des Poly-
stomes , ou mieux Polycotylaires , Blainv.,
établi par M. Diesing dans le deuxième vo¬
lume des Annales du Musée de Vienne, et
dont l’espèce unique, A. mutabilis Dies,,
vit dans les intestins d’une nouvelle espèce
de Cataphractus de l’Amérique méridio¬
nale. Ses caractères sont : Corps allongé ,
déprimé, rétréci en avant , élargi en ar¬
rière, où il est pourvu d’une bordure subor-
biculaire, garnie de nombreuses ventouses.
Bouche orbiculaire , terminale ; un cirrhe
simple et conique à la partie antérieure et
centrale du corps. (P. G.)
*ASPIBOGASTRE. Aspidogaster (ck-
plaque ; y etsrÿp, ventre), helm. — Corps
mou, inarticulé, ovale-allongé, atténué aux
deux extrémités , pourvu en dessous d’une
lame avec des barres ; les deux orifices tout
I à fait terminaux ; le postérieur dilaté en ven-
ASP
ASP
237
touse et beaucoup plus grand que l’autre,
qui est petit et rond.
L’espèce type de ce genre a été décrite
par M. Baer, sous le nom d’A. conchicola ,
(Baer, Act . Nqt. Curios. XIII, part. 2, pl.
28); elle vit parasite des Anodontes et des
Mulettes. M. de Blainville rapporte ce genre
aux Porocéphales ou Trématodes. M. Bie-
sing en a signalé une seconde espèce, qu’il
appelle A. limacoides. (P. G.)
* ASP1BOGLOSSUM, E. Meyer
( Comm . Plant. Afr. austr., p. 200) («tt
bouclier; y/wcrarx, langue). bot. piî. — Gen¬
re de la famille des Asclépiadées (tribu des
Cynanchées , section des Asclépiées , Endl.),
dont l’auteur ne donne que les caract. sui¬
vants: Calice 5-parti. Corolle 5-partie, sub-
rotacée. Couronne de 10 squamules doubles ,
subulées , élargies vers leur base. Anthères
surmontées d’un appendice membraneux.
Masses polliniques comprimées , pendantes ,
apicifixes. Stigmate déprimé, mutique. —
Herbes vivaces, à tiges dressées. Feuilles
étroites. Pédoncules axillaires, alternes, fas-
ciculés , nutants. Ce g. appartient à l’Afrique
australe ; on en connaît 3 espèces. (Sp.)
* ASPIBOMOBPHA (fani $, £<fos, bou¬
clier ; fiopw, forme ). iss. — Genre de Co¬
léoptères tétramères, famille des Cbrysomé-
lines, tribu des Cycliques, établipar M.Hope
( ColeopteriVs manual , part. III, pag. 158)
aux dépens du genre Casside , mais sans in¬
dication de caractères. D’après les noms
des espèces qu’il y rapporte, il est évidem¬
ment le même que le g. créé par M. Che-
vrolat sous le nom de Deloyala , et adopté
par M. Dejean dans son dernier Catalogue ,
qui a paru en 1837 ; tandis que le Manuel
de M. Hope n’a été publié qu’en 1839. Voy.
DELOYALA. (D. et C.)
* ASP1DONOTUS ( «ffirt's , tcTog , bou¬
clier; sSiros, dos), ins. — Genre de la
famille des Locustiens, de l’ordre des Or¬
thoptères , établi par M. Brullé { Hist. des
Ins., 9), et adopté par nous (Hist. des Ani¬
maux art., 4). Ce genre, très singulier, se
rapproche beaucoup des Phyllophora ,
Thunb., et Hyperomala, Serv. ; mais il est
cependant assez nettement caractérisé par
les antennes, tr^ rapprochées à leur base ;
par le prothorax recouvrant complètement
l’abdomen, avec le prosternum muni de deux
épines très rapprochées , et le mésosternum
ayant, de chaque côté, qn tubercule aigu
surmonté d’une lamelle divisée en deux
feuillets. — La seule esp. de ce genre que
nous connaissions encore est VA, spinosus
Brui., de l’ile de Madagascar ; nous ne l’a¬
vons vue qu’à l’état aptère ; mais il serait
possible qu’elle prît des ailes, si, comme
nous le pensons, les individus que nous
avons observés n’avaient pas atteint leur
état parfait. (Bl.)
ASPIDOPUOBE (affûte 'ofo/sos, qui por¬
te un bouclier), poiss. — Nom générique
donné par Lacépède à des Percoïdes à joues
cuirassées, ayant deux dorsales, la bouche
peu fendue, à mâchoires garnies de petites
dents , à palatins lisses et sans dents , à
chevron du vomer également sans dents, et
à corps couvert de plaques dures et osseu¬
ses, formant une cuirasse polyédrique, dans
lequel le poisson est enveloppé. Les pecto¬
rales , assez grandes , ont des rayons sim¬
ples. L’absence des dents au palais les distin¬
gue des Cottes , avec lesquels Linné les con¬
fondait. Les Aspidophores , par leurs cui¬
rasses, sont aux Cottes ce que les Malarmats
sont aux Trigles. — Ce genre a été établi
par Bloch, dans son édition posthume , sous
le nom d'Agonus , et Pallas les a désignés
sous celui de Phalangista. Ce sont des Pois¬
sons des mers du Nord , dont une petite es¬
pèce s’avance jusque dans la Manche, où elle
est assez abondante.
Les autres espèces ont été trouvées dans
les latitudes élevées du Ramtschatka ou
du Groënland. Tout récemment M, Gay,
qui s’est occupé avec tant de zèle et de sa¬
gacité de l’histoire naturelle du Chili, et des
mers avancées dans les latitudes australes ,
a découvert, à Chiloé , une esp. nouvelle de
ce genre. Ce fait est d’une grande impor¬
tance dans l’étude de la distribution géo¬
graphique des Poissons. Comme le même
naturaliste a trouvé sur ces côtes d’autres
Poissons du g. Gade , et de famille voisine ,
qu’avant lui on ne savait pas encore exister
dans l’hémisphère austral, ces découvertes
prouvent qu’aux deux pôles les espèces sont
voisines l’une de l’autre , et appartiennent
aux mêmes genres. (Val.)
ASPIBOPHOROIDE. POISSONS. —
Genre établi par Lacépède pour le poisson
qu’il ne connaissait que d’après la descri¬
ption de Bloch , et que cet ichthyologue ,
238
ASP
ASP
*
avait nommé Cottus monopterygius. Ce
poisson, qui n’a en effet qu’une seule dorsa¬
le , doit , sous ce rapport , être séparé des
Aspidophores, qui en ont deux. Je pense
donc que le genre de Lacépède devra être
conservé. J’ai vérifié moi-même, sur les
exemplaires du Musée de Berlin , les carac¬
tères indiqués par Bloch , et j’ai reconnu l’i¬
dentité spécifique du poisson de Bloch avec
d’autres individus que M. Reinhardt, de
Copenhague, a bien voulu envoyer au Ca¬
binet du Roi. Ce savant a prouvé , par ses
recherches, que l’Aspidophoroïde vient,
comme la plupart des autres Cottoïdes , des
mers du nord , et que Bloch ne l’a indiqué
des mers de l’Inde , à Tranquebar, que par
suite des confusions auxquelles il n’était
que trop sujet. Quant à l’assertion avancée
dans le Dictionnaire classique à l’article As-
pidophoroïde par M. Bory de Saint-Vincent,
qui affirme avoir trouvé lui-même un pois¬
son de ce genre sur les marchés de File de
France , j’avoue que j’ai peine à croire que
la mémoire de ce savant ne l’ait pas entraî¬
né dans une grave erreur ; car il ne peut
y avoir de doute que l’Aspidophoroïde ne
se trouve sur les côtes du Groenland , et
il n’est pas possible que cette même es¬
pèce se retrouve dans les mers de l’Inde ,
sous un climat aussi chaud que celui de l’île
de France. Nous avons reçu par les nom¬
breux voyageurs du Muséum, et entre au¬
tres par M. Dussumier, ou par M. J. Des¬
jardins , de nombreuses collections ichthyo-
logiques faites à l’île de France, et nous
n’y avons jamais observé d’Aspidophore, ou
d’Aspidophoroïde. Si nous conservons le
nom générique imposé par Lacépède, l’on
ne pourra pas avoir le même respect pour
la dénomination spécifique qui est la con¬
séquence dans laquelle Bloch l’avait induit.
Je propose de le nommer Aspidophoroides
borealis. (Val.)
* ASPÎDOPTERYS ( àfffri's , bouclier ;
irrs/juÇ , aile), bot. ph. — Sous ce nom gé¬
nérique nous avons distingué les espèces
asiatiques que les auteurs confondaient avec
VHirœa , qui n’a de représentants qu’en
Amérique. Les caractères de ce nouveau
genre de la famille des Malpighiacées sont
les suivants : Calice court, 5-parti , dépour¬
vu de glandes. Pétales plus longs , entiers , !
sans onglets. Dix étamines à filets grêles ,
presque entièrement libres. Trois ovaires
surmontés d’autant de styles allongés, qui se
terminent par un stigmate en tête , entou¬
rés chacun en dehors d’une aile ovale, et
soudés en un seul qui semble ainsi muni de
six ailes. Le fruit se compose de trois sa-
mares, dont chacune quelquefois munie, en
dehors à son milieu, d’une petite crête, offre
toujours une aile marginale ovale ou orbi-
culaire en forme de bouclier. La graine est
remarquable par son embryon droit. — On
en compte onze espèces originaires quelques
unes de Java , la plupart de l’Inde. Ce sont
des arbrisseaux grimpants , à feuilles en¬
tières , glabres ou velues , sans stipules ap¬
parentes. Les panicules, axillaires ou termi¬
nales, se composent de petites grappes ou
ombelles , dans lesquelles les deux brac-
téoles placées sous chaque fleur le sont à
une certaine distance au dessous de l’arti¬
culation du pédicelle. Les fleurs sont peti¬
tes , blanches ou jaunes , sans odeur.
(Ad. J.)
* ASPÏDORHYiYCHUS ( «ffir iç , bou¬
clier ; pvyxoç, bec ). poiss. — Genre de Pois¬
sons fossiles établi par M. Agassiz. Il appar¬
tient à la famille des Sauroïdes, dans l’ordre
des Ganoïdes. Il le caractérise par un corps
allongé, une mâchoire supérieure prolongée
en bec, dépassant la mandibule inférieure.
La dorsale est très reculée et opposée à l’a¬
nale ; la caudale est fourchue. Les pectorales
et les ventrales sont arrondies. C’était un
poisson voisin de nos Lépisostées ; mais ceux-
ci ont les deux mâchoires prolongées égale¬
ment. M. Agassiz en mentionne 2 esp. des
couches de Solenhofen , et une 5me des Lias
de l’Oberland bernois. Une de celles de So¬
lenhofen est très bien figurée dans les Pois¬
sons fossiles de M. Agassiz. (Val.)
* ASPIDOSPERMA, Mart. et Zuccar.
(«ont t’s, bouclier; an èpfix, graine), bot. ph.
— Genre de la famille des Apocynées , tribu
des Plumériées, auquel ses auteurs ( Nov .
Gen. et Sp. I, p. 57 ) assignent pour caract. :
Calice5-parti. Corolle subinfundibuliforme;
tube ventru à la base ; gorge nue; limbe à 5
lanières obliques. Style filiforme , terminé
en stigmate claviforme, omboné, nu, ou
barbu. Point de squamul^ hypogynes. Pé¬
ricarpe de 2 follicules (dont l’un souvent ab-
! ortif) ligneux, obovés, comprimés, semi-
bivalves , polyspermes. Graines suborbicu-
ASP
ASP
239
laires , imbriquées, comprimées, peltées ,
inaigrettées, bordées d’une aile membraneu¬
se , striée. — Arbres ( du Brésil ) à rameaux
étalés ou réfractés; écorce souvent subéreu¬
se. Feuilles sessiles ou pétiolées , éparses.
Fleurs en cymes terminales. On en connaît
8 espèces. (Sp.)
, * ASPIDURA ( «<m’s , écusson ; où/îa, j
queue ). échin. — Genre de la famille des
Ophiures ou Astérophides , établi par M.
Agassiz, en 1836, pour VOphiura loricata
Goldf. , espèce fossile. Ses caractères sont :
Une étoile de dix plaques recouvrant la sur¬
face supérieure du disque , tandis que les
rayons, proportionnellement gros , sont en¬
tourés d’écailles imbriquées. (P. G.)
* ASPIGONUS bouclier; y wvo5,
angle ). ins. — M. Wesmaël ( Braconid.
de Belgique ) a donné ce nom à un genre
de la famille des Ichneumoniens , tribu des
Braconides, de l’ordre des Hyménoptères,
que nous avons regardé ( Histoire des Ani¬
maux articulés y IY) comme une simple di¬
vision du g. Diospilus , Halid. ; car, en ef¬
fet, les Aspigonus ne diffèrent essentielle¬
ment de ces derniers que par le bord anté¬
rieur du chaperon, présentant, dans son mi¬
lieu, un angle droit. — Le type de cette divi¬
sion générique est le Diospilus ( Aspigonus )
diversicornis Wesm., trouvé en France, en
Belgique et en Angleterre. (Bl.)
* ASPILATES (nom d’une pierre pré¬
cieuse, suivant Pline), ins. — Genre de l’or¬
dre des Lépidoptères , famille des Noctur¬
nes , tribu des Phalénites, établi par M.
Treitschke , aux dépens du grand g. Geo-
metra de Linné, et que j’ai adopté dans ma
continuation de Y Histoire naturelle des Lé¬
pidoptères de France y par Godart, en lui
donnant les caractères suivants : Antennes
pectinces dans les mâles , et simples dans
les femelles. Bord terminal des ailes simple
et entier. Corselet étroit et squammeux. Les
premières ailes traversées diagonalement
par une ou deux raies qui partent de l’angle
apical ; les secondes ailes ayant à peu près
la même forme que les premières. Palpes
aigus et dépassant le chaperon. Pattes très
longues ; trompe très apparente. Chenilles
allongées, lisses, sans tubercules, seulement
avec deux petites pointes sur le dernier an¬
neau. Chrysalide contenue dans un léger
lissu à la superficie de la terre. —Ce genre |
renferme un assez grand nombre d’es¬
pèces, dont nous ne citerons que deux, l’A.
gilvaria Fabr. , et VA. pur pur aria Lin. ,
ou Vensanglantée de Geoffroy. Cette der¬
nière est très commune dans les champs de
luzerne autour de Paris. (D.)
ASPILÏA. bot. pii. — Du Petit-
Thouars a fondé ce genre sur une plante
qui a pour caractères : Capitules multiflores,
radiés; ligules 5-10, neutres, unisériées,
dentées au sommet ; fleurons du disque tubu¬
leux, hermaphrodites, 5-dentés. Rameaux des
styles terminés par un petit cône. Récepta¬
cle plan, couvert de longues paillettes acu-
minées, pliées dans leur longueur, et embras¬
sant les fruits, qui sont linéaires, couverts de
poils apprimés, et terminés par une aigrette
en forme de couronne dentée-ciliée. — Les
deux espèces qui constituent ce g. sont des
herbes vivaces , originaires de Madagascar,
et dont les. rameaux, étalés sur le sol , por¬
tent des feuilles opposées, des capitules
longuement pédicellés, solitaires , à rayons
jaunes. (J. D.)
* ASPILOTUM , Soland. bot. ph. —
Synonyme du genre Geniostoma , Fort., de
la famille des Loganiacées. (Sp.)
ASPIS (àcnns, bouclier), rept. — Nom
de l’Aspic chez les Grecs et les Latins. Aris¬
tote nous apprend que ce Serpent se trouvait
en Libye. On en fait , dit-il dans un passa¬
ge , un poison qui corrompt les chairs et
contre lequel on ne connaît point de remè¬
de. Ailleurs , il rapporte les combats de
l’Aspis avec l’Ichneumon. Cet Aspis ou As¬
pic est le Coluber Haje.
YVagler [Syst. Amphib.) donne le nom
tfAspis à un genre d’Ophidiens dont le
type est le Colub. naje de Linné ou Serpent
à lunettes. Le Col. Haje est pour cet au¬
teur l’objet d’un autre genre sous le nom
tfUrœus. (P. G.)
* ASPISOMA («<m's, écusson;
corps), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Malacodermes, tribu des
Lampyrides, établi par M. Delaporte [Ann.
de la Soc. entom. de France, tom. II, pag.
127 ) aux dépens du genre Lampyris de
Linné, pour y placer les espèces de ce genre
qui ont les élytres ovales , assez convexes ,
larges à la base, et allant en se rétrécissant
vers leur extrémité. Parmi ces espèces, qui
sont au nombre de 7 , et toutes de l’Améri-
940
ASP
ASP
rique méridionale , nous citerons seulement
le Lampyris ignita Fabr., qui appartient
au genre Nyctophanes de M. Dejean.
(D. et C.)
* ASPISOMA ( cWi's , bouclier ; ,
corps), ins. — Genre de Coléoptères hétéro-
mères, famille des Ténébrionites, établi par
M. Dejean , et dont il n’a pas publié les ca¬
ractères. Il y rapporte quatre espèces iné¬
dites, dont deux du Brésil , une de Cartha-
gène en Amérique , et la quatrième de
Cayenne. Nous citerons comme type du
genre celle qu’il nomme Fulvipenne. D’a¬
près cette espèce , les principaux caractè¬
res génériques pourraient se formuler ain¬
si : Antennes courtes , moniliformes , dont
les articles, au nombre de 1 1 , vont en gros¬
sissant vers le bout. Corselet transversal.
Élytrcs larges et courtes. En admettant que
ce genre soit adopté, le nom d1Aspisoma ,
que lui a donné M. Dejean, ne peut lui être
conservé, puisque M. Delaporte l’avait déjà
appliqué à un genre de la tribu des Lam-
pyrides. (D. et C.)
ASPISTEKIA ( àtmÀiip , soldat armé
d’un bouclier). ïîot. en. — Acharius avait
donné ce nom à une subdivision de son
genre Urceolaria qui comprenait les esp.
dont la marge de l’excipulum propre était
nul , ou du moins confondu avec un faux
rebord formé par l’élévation du thalle. Non
seulement Acharius a négligé cette distinc¬
tion dans son Synopsis, mais le genre Ur¬
ceolaria lui-même ne forme plus qu’une
section du genre Parmélie. Voy. ce mot.
(C. M.)
*ASPISTOMUS {àctiç, bouclier ; a ro>«,
bouche), ms. — M. Dejean, dans son Spe-
cies, ainsi que dans son dernier Catalogue ,
rapporte au genre H'elluo de Bonelli un
Carabique du Brésil qu’il aurait reçu de
Schoenherr sous les noms générique et spé¬
cifique d'Aspistomus labrosus. Nous avons
cherché inutilement ces deux noms dans les
ouvrages de l’entomologiste suédois. (D.)
ASPIStJRE (' «ciriç-, bouclier; oO/jk,
queue ). poiss. — M. de Lacépède avait
établi , sous ce nom , un genre de Poissons
qu’il croyait distinct des Acanthures, par¬
ce que l’épine latérale et mobile qui exi¬
ste sur les côtés de la queue de ces Pois¬
sons eût été pointue aux deux extrémités
chez les Aspisures , tandis que l’extrémité
antérieure seule l’eût été dans les Acanthu-
rcs. Ce caractère différentiel est faux, en ce
que les épines caudales de ces Poissons sont,
dans toutes les espèces, terminées en pointe
acérée des deux extrémités. Ce genre a dû
être supprimé. Voy. ACÀNTHimE. (Val.)
ASPÏTES («d «rç, bouclier), ins. — Genre
de Diptères, division des Némocères , fa¬
mille des Tipulaires , tribu des Tipulaires
florales , établi par Hoffmansegg, et adopté
par Meigen , Latreille, et par M. Macquart.
Ce genre ne renferme qu’une seule espèce
{A. beroliensis Hoffm.) trouvée parM. Ton
Winthem sur les feuilles du Tussilago pe-
tasites. Ce petit Diptère , qui n’a qu’une li¬
gne de longueur, est d’un noir de poix,
avec l’anus d’un rouge brun , les jambes et
tarses fauves, et les ailes hyalines dans les
deux sexes. Son nom générique fait allusion
à la forme de bouclier que prend le dernier
article de ses antennes. Il est figuré très
grossi dans l’histoire des Diptères faisant
suite au Buffon-Roret, t. I, pl. 4, fig. 20.
(D.)
* ASPIUS. poiss. — Genre deCyprinoïdes
démembré des Leuciscus de Cuvier, et carac¬
térisé par M. Agassiz parla diagnose suivante:
Corps comprimé. Mâchoire inférieure plus
longue que la supérieure. Dents pharyngien¬
nes, allongées et crochues à leur extrémité,
sur deux rangs : la dorsale est petite , l’a¬
nale longue , la caudale fourchue. M. Agas¬
siz y range l’Ablette , Cyprinus alburnus
Lin.; le Cypr. aspius Lin., et plusieurs
autres espèces européennes ou étrangères.
II en cite deux espèces fossiles d’OEningen
(. Aspius gracilis) , et l’autre de Ménat (As-
pius Brongnartii).
Le nom d' Aspius était, dans Linné et
dans Bloch, l’épithète delà plus grande es¬
pèce de ce genre , commune dans les eaux
douces de l’Allemagne , mais qui ne se
trouve pas en France. (Val.)
* ASPLÉNIACÉES. bot. — Le genre
Asplénium , l’un des plus vastes de la fa¬
mille des Fougères, ayant été décomposé
par la plupart des auteurs modernes, est de¬
venu le type d’une tribu spéciale de cette
famille ; mais les limites à assigner à cette
tribu ne sont pas admises par tous les au¬
teurs. Presl, le dernier botaniste qui ait fait
une révision générale de la famille des Fou¬
gères , désigne sous le nom d1 Asplénia-
ASP
ceœ, une tribu très étendue, divisée en cinq
sections, qui sont les Cycloptéridées, les
Bleclmaceœ , les Aspleniariœ, les Dipla-
zieœ et les Scolopendrieœ , qui ont cha¬
cune pour type le genre d’où leurs noms
sont tirés, et qui suffisent pour donner une
idée de leurs caractères ; mais cette classifi¬
cation sera difficilement admise : car si ,
d’une part, il n’y a entre les trois derniè¬
res sections que des différences qui ont à
peine une valeur générique et qui ne parais¬
sent pas de nature à devoir faire diviser ces
plantes en sections distinctes , d’un autre
côté, les deux premières, et surtout celle
des Blechnées , paraissent totalement diffé¬
rentes des autres . sections d’Aspléniacées.
Sous ce rapport , la méthode de notre sa¬
vant compatriote , M. Gaudichaud , semble
beaucoup plus naturelle , les Blechnées for¬
mant une tribu distincte.
Les caractères communs et essentiels des
Aspléniacées consistent dans la position de
leurs groupes de capsules, généralement li¬
néaires , quelquefois ovales ou arrondies le
long d’une des nervures secondaires, rare¬
ment vers son extrémité, et dans le tégu¬
ment qui le recouvre, qui naît latéralement
de cette nervure, et est fixé dans toute sa
longueur, tandis qu’il est libre du côté op¬
posé. (Ad. B.)
* ASPLENIARIÆ. bot. —Cette sec¬
tion spéciale des Aspleniaceœ dePresl a été
caractérisée par cet auteur de la manière
suivante : Spores linéaires , allongées. Indu-
sium linéaire, allongé, plan; caractère qui
s’appliquerait également à la section des Di-
plaziées et à celle des Seolopcndriées, qui
ne diffèrent, en effet, des Aspleniariœ que
par de légères modifications dans l’anasto¬
mose des nervures ou dans le degré de di¬
vision de la fronde. Presl rapporte à sa sec¬
tion des Aspleniariœ les genres Asplénium,
Flenasiumet Hemidictyum. (Ad. B.)
* ASPLENI OPTE RI S. bot. foss.
— Ce nom a été donné par M. de Stern¬
berg à un genre d’impression de feuilles fos¬
siles qu’il classait dans la famille des Fou¬
gères, et auquel il donnait les caractères
suivants : Fronde pinnatifide ; nervures peu
nombreuses, naissant du rachis commun ,
parallèles , simples ou fourchues. Il place
dans ce genre trois espèces : deux appar¬
tiennent au terrain tertiaire et ne sont ccr-
ASP 241
tainement pas des Fougères, mais des feuil-
' les dicotylédones, analogues, par leur nerva¬
tion et leur forme générale, à celles du Coin-
ptonia asplenifolia de l’Amérique du nord,
et aux Driandra de la Nouvelle -Hollan¬
de ; chaque pinnule de ces feuilles pinnées
présente , en effet , trois nervures principa¬
les parallèles , mais réunies par un réseau
de nervures plus fines , disposition tout à
fait semblable à ce qu’on observe dans les
plantes que je viens de citer, et qui ne se
présente dans aucune Fougère connue; la
troisième espèce, Aspleniopteris Nilsoni
Sternb. , trouvée dans les grès secondaires
de Hoer, en Scanie, a été décrite dans mon
Mémoire sur les plantes fossiles de cette lo¬
calité sous le nom de Pterophyllum ma jus,
et rapportée à la famille des Cycadées. Dans
celle-ci, des nervures nombreuses et fines
naissent du rachis, auquel adhèrent, par toute
leur base, lespinnules quadrilatères et tron¬
quées ; ces nervures ne sont ni bifurquées
ni anastomosées. Cette plante et quelques
autres analogues s’éloignent certainement
beaucoup des Cycadées vivantes; mais or»
observe parmi ces fossiles toutes les transi¬
tions , jusqu’aux formes de certains Zamia
vivants; tandis qu’elle n’offre aucune liaison
avec les Fougères, soit actuelles, soit fossi¬
les ; d’où l’on peut conclure que le genre A-
spleniopteris, ne comprenant que des plan¬
tes étrangères à la famille des Fougères,
doit être supprimé. (Ad. B.)
* ASPLEKITES. bot. foss. — Ce
nom a été donné par M. Gœppert à un
genre de Fougères fossiles qu’il considère
comme renfermant des plantes analogues
aux Asplénium de la végétation actuelle. Il
les caractérise ainsi : Fronde pinnée, bi-
pinnée ou tripinnée; pinnules égales ou
inégales , obliques , presque rhomboïdales ;
nervures secondaires de chaque pinnule obli¬
ques , simples ou dichotomes ; groupes de
capsules linéaires ou ovales-linéaires, insé¬
rées sur les nervures secondaires.
Huit esp. sont rapportées à ce genre par
M. Gœppert ; presque toutes sont nouvelles,
à l’exception des Sphenopteris palmetta
et Virletti Ad. B. ( Jlist. des végét. foss. ).
Plusieurs des espèces nouvelles, provenant
des mines de Silésie, ont des indices très
prononcésde fructification; mais, si quelques
unes de ces plantes paraissent , par la forme
16
T. II.
ASP
ASP
§42
de leurs feuilles et leur fructification , se
rapporter, en effet, au genre Asplénium, on
peut conserver des doutes sur l’exactitude
de ce rapprochement pour plusieurs d’entre
elles. (Ad. B.)
ASPLENIUM, bot. — Ce genre, mal¬
gré les divisions qu’on lui a fait subir, est
resté l’un des plus nombreux de la famille des
Fougères. Il fut d’abord fondé par Linné,
seulement sur la forme des groupes de cap¬
sules ; et cependant le genre qu’il créa ainsi
était plus naturel que la plupart des autres
genres de cette meme famille établis à cette
époque ; aussi les Asplénium de Linné ren¬
trent-ils tous dans la tribu des Aspléniées
des auteurs modernes.
Cependant on en a séparé d’abord les
Scolopendrium et\esDiplazium, qui, mal¬
gré leurs nombreux rapports avec les As¬
plénium , peuvent s’en distinguer assez fa¬
cilement; et, plus tard , ces genres ont été
subdivisés en beaucoup d’autres, fondés
sur l’étude de la nervation. Le genre Asplé¬
nium, tel qu’il est adopté par Presl, dans sa
Révision des Fougères , est encore extrê¬
mement nombreux et l’un des plus variés
par l’aspect de ses formes et le degré de di¬
vision de ses feuilles ; ainsi , malgré la ten¬
dance des auteurs modernes à subdiviser,
on trouve encore réunis dans ce genre l’As-
plenium nidus, et plusieurs autres espèces h
feuilles simples et lancéolées, et les Asplé¬
nium myriophyllum , fœniculaceum , etc.,
à feuilles décomposées en lobes fins et déli¬
cats.
Le genre Darea, Willd., ou Cœnopteris,
Berg., qui ne différait essentiellement des
vrais Asplénium que par la division plus
profonde des frondes , réduisant chaque lo¬
be à un seul groupe de capsules, a même
été réuni par M. 1\. Brown , et par tous les
auteurs subséquents, aux Asplénium; enfin,
le genre Athyrium, ayant pour type VAspi-
dium filix-fœmina de Swartz, est extrême¬
ment voisin des Asplénium , dont il ne dif¬
fère que par la forme moins allongée des
groupes de capsules.
Les Asplénium ont donc une fronde plus
ou moins découpée , coriace ou membra¬
neuse, h nervures pennées, simples ou bifur-
quées , jamais réticulées ou anastomosées ,
excepté à leur extrémité, dans le seul Asplé¬
nium nidus, dont Pre.sl forme une section
spéciale sous le nom de Thamnopteris. Les
groupes de capsules sont allongés, linéaires,
insérés le long d’une des nervures, et recou¬
verts par un tégument membraneux et plat,
naissant de cette nervure. Dans toutes ces
plantes, les frondes naissent d’un rhizome
peu allongé, dressé, jamais arborescent. Les
esp. de ce g., au nombre de plus de cent
cinquante, sont extrêmement variées d’as¬
pect , et appartiennent aux climats les plus
différents des deux continents. (Ad. B.)
* ASPONGOPUS. ins. — Genre de la
famille des Pentatomiens, groupe des Pen-
tatomites, de l’ordre des Hémiptères , établi
par Laporte (Ess. d’une class. des Hémipt.),
adopté par MM. Burmeister et Spinola, et
réuni par Brullé au genre Pentatoma. Les
Aspongopus sont très faiblement caracté¬
risés par une tête grêle , avec le premier
article des antennes atteignant son bord
antérieur; par le sternum sans carène, et
l’abdomen sans pointe à la base.— Les espè¬
ces de ce genre , peu nombreuses , sont tou¬
tes exotiques ; le type est VA, mactans
( Edessa mactans Fab.) , de l’Amérique mé¬
ridionale. (Bl.)
* ASPORINA (Nous ne savons ce que
l’auteur a voulu dire par ce mot, dont nous
avons vainement cherché la racine dans
tous les dictionnaires grecs, y compris ce¬
lui de Henry Étienne), ins. — Genre de Co¬
léoptères pentamères, famille des Carabi-
ques, tribu des Patellimanes , Dej., fondé par
M. Delaporte ( Études entom. , p. 84, pl. 2,
fig. 1) sur une seule esp. qu’il nomme Asp,
gigantea , et que M. Dejean comprend dans
le genre Chlœnius, sous le nom d’Anthraci-
nus. Le genre Asporina , suivant M. Dela¬
porte , est très voisin du genre Cynthia de
Latreille ( Règne animal ) ; mais il s’en dis¬
tingue aisément , dit-il , par la forme des
palpes, dont les derniers articles ne sont pas
cordiformes ; le labre et le menton présen¬
tent aussi des différences notables ; peut-
être , ajoute-il, doit-on y rapporter le Platys -
ma licinoides Perty (Voyag. de Spix et
Martius; Ins., pl. 3 , fig. 1 ). Voy. les mots
CHLOEN1ÜS Ct CYNTHIA. (D.)
ASPOROTRICHUM ( « priv.;
semence; dpll-, cheveu, pris pour fila¬
ment). bot. cr. — Genre de Champignons
créé par Link , et détruit ensuite par lui-
même, comme ne présentant pas les earaet.
ASP
ASS
suffisants pour former un genre. C’est pro¬
bablement par erreur typographique qu’on
trouve Asperotrichum dans le Systema my-
cologioum de Fries * (LÉv.)
A8PREA. folyp. — Genre proposé
par Donati pour recevoir des Polypiers mem¬
braneux, foliacés, et composés de cellules,
mais qu’il nous serait difficile de détermi¬
ner. (M. E.)
ASPRÈDE. poiss. — Genre de Silu¬
roïdes, établi par Linné dans les Aménités
académiques , mais réuni ensuite par lui à
son genre Silurus. Gronovius l’a conservé
avec raison; et Bloch, en l’adoptant, en a
confondu à tort les espèces avec celles que
Lacépède a réunies sous le nom de Plotose.
Ces Poissons diffèrent de tous les Siluroïdes
par la réunion complète de l’opercule et de
l’interopercule au préopercule, de sorte que
le mouvement de l’appareil operculaire, pour
la respiration branchiale , se fait par le jeu
de l’arcade palato-ptérygoïdienne. La bou¬
che a ses intermaxillaires articulés longitu¬
dinalement sous le tfiuseau, d’où il résulte
que les maxillaires paraissent attachés plus
en avant. On les reconnaît d’ailleurs pour
des maxillaires parce qu’ils sont prolongés en
filaments ou barbillons comme dans tous les
autres Siluroïdes. Les Asprôdcs ont le corps
mou et la peau nue , là tète aplatie , la ré¬
gion humérale très élargie, la queue grêle ,
les épines pectorales fortes et dentelées on
grosse scie , cinq rayons aux ouïes , et ils
manquent de nageoires adipeuses. Un cer¬
tain nombre d’individus femelles ont sous le
ventre, dans quelques saisons où à un cer¬
tain âge , des sortes de ventouses pédoncu-
lées qu’on ne trouve pas dans tous les in¬
dividus de la même espèce , et qui varient
d’une espèce a l’autre. On n’en connaît en¬
core que cinq, qui viennent des eaux dou
ces de la Guyane. (Val.)
ASPRÈLE. bot. cr. —Voyez prèle.
(C. D’O )
ASPRELLÀ. bot. ph. — Ce nom a
été successivement appliqué h plusieurs gen¬
res de la famille des Graminées ; ainsi : 1°
Cavanilles, et après lui Willdenow (. Enu -
mer. pl ., t. I, p. 132), avaient ainsi nommé
un genre qui avait pour type et pour espèce
unique VElymuS hystrix L. Ce genre n’a
été adopté ni par Palisot de Beauvois , ni
par Tf jpfus, dans leur Agrostograpfiie ; mais
» Ui
M. Runlh ( Agrost. I, p, 454) vient de le ré¬
tablir ; 2° Schreber a donné le même nom
au genre que , depuis Swartz , tous les bo¬
tanistes ont appelé Leersia -, 3° enfin, lïost
(Gram., IV, t. 29) nommait Asprella nar-
difbrmis le Nardus aristata L., qui forme
aujourd’hui le type du genre P silurus de
Trinius. Voy, elymus, leersia et psi-
LURUS. (A, R.)
ASPREUM. zoopii. — Donati nomme
ainsi un animal du groupe des Seritilariens.
(P. G.)
ASPRO (Asper, rude), poiss. — Syno¬
nyme latin d \4pron. Voy. ce mot. (Val.)
ASSA, Gmel. bot. pie — Synonyme
du genre Tetraccra, de la famille des Dil-
léniacées. (Sp.)
ASSASI. poîss. — Nom qu’on trou¬
ve déjà dans Forskal , qui a été aussi em¬
ployé par Lacépède , et que M. Rüppel ap¬
plique aux Batistes aculeatus et Bal. steU
latus . . (Val.)
ASSËE. ois. — Nom vulgaire de la
Bécasse. Voyez ce mot. (G. d’O.)
* ASSÎLINE. Assilina (dimin. d’Axsa;
as, monnaie romaine), foram. — Nous
avons formé , sous ce nom , un sous-genre
des Nummulines , pour les espèces dont
les tours de spire , embrassants seulement
dans le jeune âge, et sans appendices com¬
me les Sidérolines , deviennent ensuite tous
apparents dans l’âge adulte. Ces Coquilles
ressemblent encore plus à une pièce de
monnaie que les Nummulines.
Nous en connaissons cinq espèces, dont
deux vivantes : l’une de la mer Rouge, l’au¬
tre de Rawack, dans la mer du Sud, Les es¬
pèces fossiles sont toutes des terrains cré¬
tacés. {Ai d’O.)
ASSIMILATION, zool - Voyez
NUTRITION. (G- D’Oé)
* ASSIMINEA. mole. *— Genre de
Mollusques de la famille des PalüdineS, éta¬
bli par le docteur Leach pour une espèeé
d’Angleterre à laquelle il donnait le nom
d'Ass. grayana . Voyez paludinès.
(P. G,)
ASSIMINIER. Bot. vu.— Voyez asi-
MtNIÉR. (C.D’0.)
* ASSISES, géol — Les masses miné¬
rales qui ont été déposées par les eaux sont
presque toujours séparées par des lignes ou
joints parallèfés (jui en forment des bancs
944
ASS
AST
distincts , analogues aux rangées de pierres
qu’on place successivement les unes sur les
autres dans les constructions; ce sont ces
bancs que les géologues appellent des Assises.
Les roches calcaires sont celles dans lesquel¬
les la division en Assises naturelles est le
mieux marquée. Les Assises sont de meme
nature minéralogique et souvent du même
grain; les lignes de joint qui les séparent in¬
diquent seulement une interruption momen¬
tanée dans le dépôt d’un même sédiment, et
toujours les Assises superposées sont d’un
âge différent. Il ne faut pas confondre les li¬
gnes de joints qui séparent deux Assises avec
les fissures et solutions de continuité qui ,
par suite du retrait ou du brisement, divi¬
sent les masses minérales en tables, prismes,
colonnes , boules et fragments.
Il n’est pas indifférent , dans l’emploi des
pierres de construction, de les placer sui¬
vant le sens de leur assise naturelle ; car
elles résistent beaucoup plus au poids des
masses dont on les charge que lorsqu’on les
met dans un sens différent. Voy. sol et
STRUCTURE DU SOL. (C. P.)
ASSONTÏA, Cavan. (Diss., III, p. 120,
tab. 42). — Kœnigia, Commers. — Vahlia,
Dahl. bot. pii. — Genre de la famille des
Dombéyacées , offrant pour caract. : Calice
5-parti, persistant , accompagné d’un invo-
lucelle 1-phylle , unilatéral , "-crénelé. Pé¬
tales 5 , oblongs , subfalciformes , inéquila¬
téraux , subscarieux, persistants, convo-
lutés en préfloraison. Étamines 20 ( dont 5
stériles ) , monadelphes par la base ; andro-
phore cupuliforme ; filets anthérifères fili¬
formes , alternes 5 à 5 avec un staminode
claviforme et plus court. Anthères intror-
ses , dressées , 2 - thèques , longitudinale¬
ment déhiscentes. Ovaire non stipité , 5-lo-
culaire ; ovules géminés dans chaque loge,
collatéraux , anatropes , renversés , attachés
à la base de l’angle interne des loges. Sty¬
les 5 , très courts , terminés en stigma¬
te claviforme. Capsule 5-loculaire, sépa¬
rable en 5 coques; loges 2 -spermes. Grai¬
nes collatérales, trièdres. — Arbrisseaux
(indigènes de Bourbon) ayant le port du
Thespesia populnea. Feuilles alternes , pé-
tiolées, cordiformes , acuminées , dente¬
lées ou crénelées. Inflorescences axillaires
et terminales , cymeuses , pédonculées. —
On n’en connaît que 2 espèces. (Sp.)
* ASSULA (assula, copeau), moll. —
M. Schumacher, dans son Essai d’une clas¬
sification des Testacés, propose de sépa¬
rer en genre particulier le Bulla lignaria
de Linné; et il donne à ce genre le nom
français de Copeau et le nom latin d’Assu-
la. Ce genre , ne reposant sur aucun carac¬
tère zoologique, ne peut être reçu dans
une méthode naturelle. (Desh.)
ASSURGEAT. Assurgens. bot. pm.
— Voyez ascendant. (A. R.)
* A ST AGI E AS. crust. — Nom em¬
ployé par Latreille et par plusieurs autres
naturalistes pour désigner une division de
Crustacés Décapodes Macroures, ayant pour
type le genre Astacus. Dans la méthode de
classification proposée par Milne-Edwards ,
la famille des Astaciens comprend tous les
Macroures dont les antennes externes por¬
tent, au dessus de leur pédoncule, une lame
mobile très petite et hastiforme. Il est éga¬
lement à noter que les branchies de ces
Crustacés sont en brosse. Ainsi circonscrit ,
ce groupe correspond au g. Astacus de Fa-
bricius-, et se subdivise en Écrevisses , Ho¬
mards et N ephrops. (M. E.)
AST ACOI DE. Astacoides («irraxos, écre¬
visse; sbTos , ressemblance), crust. — Gen¬
re de l’ordre des Décapodes, famille des
Macroures , établi par M. Guérin-Méneville
(Rev. zool. , avril 1859), et différant des
Écrevisses par ses antennes externes, dé¬
pourvues des lames mobiles. La seule espè¬
ce type de ce genre est l’A. Gondotii Gucr.
Elle est longue de 6 à 7 pouces, semblable
à une Ecrevisse commune , un peu plus a-
platie , avec le rostre large et tronqué an¬
térieurement. Elle a été découverte à Ma¬
dagascar par M. Gondot ; elle y est comes¬
tible. Cette même espèce a été publiée, sous
le nom d ’ Astacus madagascariensis , par M.
Edwards (journal l’Institut , mai 1839).
(C. D’O.)
ASTACOIDES. crust. — Nom don¬
né par M. Duméril à une grande division de
la classe des Crustacés , caractérisée par
l’existence d’une croûte calcaire, et com¬
prenant les Décapodes , les Stomapodes et
les Amphipodes des carcinologistes. M. de
Blainville emploie le même nom pour dési¬
gner une division de ses Entomozoaires
Décapodes. (M. E.)
ASTACOLE. Astacolus. foram. -r
AST
AST
215
Genre établi par Montfort ( Conchyl . Syst .,
p. 262) sur une figure de Soldani {Test., p.
64, t. LVIII , fig. 1 ). C’est sans doute une
espèce du g. Cristellaire. Voy. ce mot.
(A. d’O.)
ASTACOLITES. crust. foss. —
Nom employé par Davila et par quelques
autres naturalistes pour désigner divers
Macroures fossiles. (M. E.)
* ASTACOPS («5T xxo’s, écrevisse ; &<P,
visage.) ins. — M. Boisduval (Voy. de V As¬
tral.) a appliqué cette dénomination à un
genre de la famille des Coréens, groupe
des Anisoscélites , de l’ordre des Hémiptè¬
res. Ce genre, remarquable par des yeux
très saillants , mais qui a cependant la plus
grande analogie avec les Anisoscelis, ne ren¬
ferme encore qu’une seule espèce de Do-
rey, rapportée, par M. d’Urville, de son
premier voyage de V Astrolabe. (Bl.)
ASTACUS. crust. — Nom générique
des Écrevisses. Voyez ce mot. (M. E.)
ASTAQUE. crust. — Voyez asta-
cvs. r (C. d’O.)
ASTARTÉ. Astarte (nom mythol. ).
moll. — Nous trouvons dans l’ouvrage de
Lister, Traité des animaux d’ Angleterre ,
la première figure appartenant au genre
Astarte de Sowerby. L’espèce dont il s’agit
est fossile, et provient des terrains zoolithi-
ques de la Grande-Bretagne. Quelques per¬
sonnes ont prétendu que la Venus borealis
de Linné était une véritable Astarte. Chem-
nitz cite cette espèce parmi ses Venus , et la
figure qu’il en donne se rapporte assez exac¬
tement à 1 "'Astarte danmoniensis de M.
Sowerby. Depuis Chemnitz , tous les au¬
teurs de conchyliologie ont adopté son opi¬
nion au sujet de cette espèce ; il aurait fal¬
lu s’assurer cependant si réellement Chem¬
nitz avait eu raison de prendre pour l’es¬
pèce linnéenne celle qu’il a fait figurer. A
notre avis , rien ne justifie Chemnitz , et il
suffit de lire ce que Linné dit de sa Ve¬
nus borealis pour se convaincre qu’il ne se
rapporte nullement à une Àstarté connue.
A sa description, beaucoup trop courte, Lin¬
né ajoute, en synonymie, une figure de Lis¬
ter, qui représente avec fidélité 1 e Mactra
paprita, dont Lamarck a fait une Lutraire.
Personne ne disconviendra de l’erreur de
Chemnitz, qui transporte d’une espèce à
une autre le nom linnéen , espèces qui ne
sont même pas du même genre. Depuis
Chemnitz , quelques autres espèces voisines
de sa Venus borealis ont été figurées et
décrites, et toutes rapportées au genre Ve¬
nus, jusqu’en 1816, époque où M. Sower¬
by créa, pour plusieurs espèces fossiles de
la Grande-Bretagne, un genre Astarte,
qu’il décrivit , pour la première fois , dans
son Minerai conchology. Quelques années
plus tard , Lamarck , dans le tome Y de son
Histoire des animaux sans vertèbres, pro¬
posa un genre Crassine , qui est identique¬
ment le même que celui de M. Sowerby;
mais le genre du naturaliste anglais, ayant la
priorité de publication, doit être conservé ,
et l’on ne doit plus considérer actuellement
celui de Lamarck que comme un double
emploi. Ce naturaliste n’a mentionné qu’u¬
ne seule esp. vivante dans son genre Cras¬
sine; et cependant il en connaissait plu¬
sieurs autres, qu’il mentionna parmi les Vé¬
nus. On trouve même parmi ses Cypricar-
des quelques espèces fossiles des terrains
zoolithiques, et dont Lamarck n’a point re¬
connu le véritable genre, probablement
parce qu’il n’a pu en étudier la charnière.
Lamarck comprenait les Crassines dans sa fa¬
mille des Tellénides à la suite des Capses. Fai¬
sant ainsi servir ce genre d’intermédiaire
entre cette famille des Tellénides et celle
des Conques , M. de Férussac avait d’abord
compris autrement les rapports du genre
qui nous occupe : il le mettait dans ses Ta¬
bleaux méthodiques des Mollusques. Il pla¬
çait les Astarté à côté des Crassatclles ;
mais, peu de temps après, à l’article as¬
tarte du Dictionnaire des Sciences natu¬
relles , M. de Férussac reconnut que ce g.
ne devait pas être éloigné des Vénus. M. de
Blainville , dans son Traité de Malacolo¬
gie, revint en quelque sorte à l’opinion de
Chemnitz, deGmelin et deDillwyn, en rap¬
portant aux Vénus le g. Astarte, dont il
propose de faire dans ce grand genre un pe¬
tit groupe particulier. Oublié dans la pre¬
mière édition du Règne animal, Cuvier,
dans la seconde édition du même ouvrage ,
adoptant l’opinion de M. de Blainville , fait
des Astarté un sous-genre des Vénus.
Jusqu’à présent l’animal du genre qui
nous occupe est resté inconnu ; quant aux
Coquilles , il y en a actuellement un assez
grand nombre de répandues dans les collée-
246
AST
AST
tions. Presque toutes sont des Coquilles
subtriangulaires , transverses , inéquilaté¬
rales , parfaitement closes , comprimées la¬
téralement , terminées par des crochets
plus petits , opposés , et légèrement inflé¬
chis au dessus d’une lunule ordinairement
grande , enfoncée , et toujours nettement
circonscrite. Le test est épais et compacte ,
caractère qui rapproche un peu les Àstartés
des Crassatelles ; mais ce qui distingue émi¬
nemment les deux genres , c’est la position
du ligament. Il est toujours intérieur dans
les Crassatelles , toujours extérieur dans les
Crassines; dans ce dernier genre, la char¬
nière est ordinairement assez large , et elle
porte, sur chaque valve, deux dents cardina¬
les assez épaisses , et toujours divergentes.
Dans l’intérieur des valves on trouve deux
impressions musculaires assez grandes , ova¬
laires ou semi - lunaires , quelquefois creu¬
sées assez profondément dans l’épaisseur
du test. L’impression palléale simple, pla¬
cée assez haut dans l’intérieur des valves ,
s’étend d’une impression musculaire à l’au¬
tre sans former aucune sinuosité. L’absence
de cette sinuosité a fait supposer que l’ani¬
mal des Astartés a les lobes du manteau
désunis dans toute leur étendue, et qu’il est
dépourvu do siphons postérieurs ; mais nous
avons l’expérience que cette induction pour¬
rait fort bien n’êtrc pas juste : car elle
pourrait s’appliquer très bien au g. Cyprine
de Lamarck, si Millier, dans sa Faune i
danica , n’avait pris par avance le soin de
nous détromper à cô sujet en donnant une
figure de l’animal dés Cyprines , et en nous
apprenant ainsi que des Coquilles peuvent
avoir une impression paléale simple, quoi¬
que l’animal qui les habite Soit terminé pos¬
térieurement par deux siphons courts. Il
pourrait en cire de même dans le g. Àstcir-
te , qui , par là , se rattacherait encore da¬
vantage âu g. Venus.
Caractères génériques . — Animal incon¬
nu. Coquille subtrigone , transverse , iné¬
quilatérale , comprimée , portant au côté
antérieur une lunule cordiforme ou lancéo¬
lée , presque toujours profonde et très net¬
tement circonscrite. Charnière large , ayant
deux dents divergentes à chaque valve et
un ligament extérieur. Impression paléale
simple ; valves épaisses et parfaitement clo¬
ses.
Les Astartés , d’après ce que nous venons
de dire, sont des Mollusques acéphalés,
lamellibranches , qui , selon toutes les pro¬
babilités, sont très voisins de ceux des Vé¬
nus; cependant on ne sera définitivement
fixé à leur égard que lorsque l’animal sera
connu. Jusqu’à présent, le plus grand nom¬
bre des espèces vivantes connues ont été
trouvées dans les mers du nord. Quelques
espèces se montrent dans la Méditerranée ;
mais nous n’en connaissons aucune prove¬
nant de mers plus méridionales. Les Astar¬
tés fossiles sont nombreuses; on les rencon¬
tre dans presque tous les terrains tertiaires,
et elles se montrent dans presque toute la
série des terrains secondaires, üno coquille
des terrains de transition * que nous devons
à l’obligeance de M* Desjardins, nous pa¬
raît appartenir au g. Astarte ; et, depuis ce
gisement, nous trouvons des esp, de ce gen¬
re dans toutes les formations, jusqu’à celles
de la Craie. (Desh.)
* ASTARTEA, DC. ( nom mythologi¬
que). bot. ph. — Genre de la famille des
Myrtacées, tribu des Leptospermées. M. De
Candolle (Dict. class. ,XI, p. 400 ; Frodr., III,
p. 210) lui assigne pour caractères : Tube
calicinal hémisphérique; limbe 5- parti, à
segments semi-orbiculaires. Pétales 5, orbi-
cnlaires. Etamines très nombreuses, 5-deI-
phes ; phalanges alternes avec les pétales ;
filets libres vers leur sommet. Ovaire semi-
supère , 3-loculaire ; loges multi -ovulées.
Style court ; stigmate capitellé. Capsule 5-
loculaire, polysperme, loculicide-3 -valve,
— Ce g. est fondé sur le Mcldleuca fasci -
cularis Labill.; arbrisseau de la terre de
Van-Diemen; ses feuilles sont opposées, li¬
néaires, charnues ; ses fleurs solitaires, axil¬
laires, fasciculées. (Si».)
* ASTASIE. Astdsia. ureus. — Genre
établi par M. Ehrenberg, et rentrant dans
la famille des Astasiés , qui lui doit son nom.
Il comprend 4 esp. ayant pour caract. com¬
muns de ne pas être fixes , de manquer
d’yeux, et d’avoir un appendice caudal plus
ou moins long. (p. G.)
* ASTASIES. Astasiœa (d 'Astasia,
genre d’infusoires), infus. — Famille éta¬
blie par M. Ehrenberg, et comprenant les
g. Astasia, Amblyophis , Euglena , Chlo-
rogonium, Colacium et Distigma.
Dans son grand ouvrage, l’auteur lui doq-
AST
AST
247
ne pour caractères : Animaux évidemment
ou vraisemblablement polygastriques, sans
canal alimentaire, sans appendices (sans
ramifications ) du corps , sans carapace ;
changeant de forme à leur gré ; ayant une
seule ouverture au corps , et .souvent une
queue. (P. G.)
A ST AT A «rraros, inconstant), ins. —
Genre de la famille des Craboniens , grou¬
pe des Nyssonites, de l’ordre des Hyméno¬
ptères, établi par Latreille, et généralement
adopté par tous les entomologistes. Les As-
tata sont essentiellement caractérisés par des
mandibules bidentées; par des antennes fili¬
formes, insérées à la base du chaperon; par
des ailes supérieures pourvues d’une cellule
marginale , et de trois cubitales , dont la
seconde reçoit deux nervures récurrentes ;
et par des jambes épaisses, surtout les inter¬
médiaires et les postérieures.
Le type de ce genre , peu nombreux en
esp., est VA. boops{Sphex boops Schranck)
Ross. (Bl.)
*ASTEIA. Asteiafârcio s, propre, poli).
ins. — Genre de l’ordre des Diptères , di¬
vision des Brachocères, subdivision des
Dichœtes, famille des Athéricères, tribu
des Muscides, section des Acalyptères, sous-
tribu des Hétéromysides. Ce genre , établi
par Meigen , et adopté par M. Macquart, a
pour caractères : Corps étroit , tête assez
large. Trompe à lèvres terminales , allon¬
gées, dirigées en arrière. Face et front
munis de soies. Antennes couchées; pre¬
mier article très petit; troisième large.
Style garni de quelques soies en dessus et en
dessous. Abdomen étroit. Ailes grandes ,
finement ciliées ; nervure médiastine
courte , double à sa base ; marginale très
courte, dépassant peu la médiastine;
deuxième transversale nulle ; première cel¬
lule postérieure un peu rétrécie à l’extrémi¬
té. — Ce genre se compose de deux esp. ( A .
amœna et concinna ) , qui se trouvent en
France et en Allemagne. Ces petites Musci¬
des, ornées de couleurs agréablement dis¬
posées, se trouvent dans les herbes. (D.)
ASTELIA (lord ou lady Astel , promo¬
teur de la Botanique); Hamelinia, A. Riçh,
{Fl. Nov.-Zel.) ; Funkia , Willd. , non
Spreng. bot. pii. — Genre placé jusqu’ici
dans la famille des Joncacées, mais qui, très
’ probablement, devra plus tard en être sé¬
paré , quand il sera mieux connu ; fondé
par Banks et Solander {ex. R. Br. Prod. )
sur ces caractères : Fleurs dioïques-poly-
games par avortement. Périgone sex-parti-
te , semiglumaoé , persistant. Étamines 6 ,
insérées à la base du périgone. Ovaire 3-Io-
culaire, ou uniloculaire en raison de cloisons
incomplètes, à 3 placentas pariétaux. Ovules
nombreux. Style nul ; stigmates 3, obtus.
Baiel-3-loculaire,polysperme. — Il se com¬
pose de plantés herbacées, vivaces, ayant
à la fois le port des Tillandsia et des Ca-
rex , et , comme les premiers , vivant ordi¬
nairement dans les enfourchurcs des arbres,
à la Nouvelle-Zélande , sur la terre de Dié-
men , etc. Les racines en sont fibreuses ; les
feuilles radicales imbriquées , lancéolées-li-
néaires, ou ensiformes, carénées, velues , à
tiges nulles ou courtes, à inflorescence ver¬
dâtre , soyeuse , en grappes ou en panicules.
Le nombre des esp. est très restreint; depuis
peu , on en cultive en Europe une très belle ,
VA. Banksii. Nous ne sachons pas qu’elle y
ait encore fleuri quelque part. (C. L.)
*ASTELMA ( A priv. ; cts)//.* , couron¬
ne). bot. ph. — Section du g. Ilelipte-
rum{Argyrocome), caractérisée par son in-
volucre formé d’écailles imbriquées , sca-
rieuses, conniventes ou radiées; par son
réceptacle convexe , alvéolé ; par ses fleurs
hermaphrodites , munies d’anthères caudi-
culées , à soies plumeuses , et semblables à
celles de l’aigrette qui couronne le fruit. —
Les espèces de ce groupe, toutes indigènes
du Cap, faisaient partie du genre Helichry-
sum , de la famille des Composées.
(J. D.)
* ASTEMMA ( « priv. ; G7ép./jioc, couron¬
ne, petit œil), ins. — Genre de la famille
des Lygéens , de l’ordre des Hémiptères ,
établi par MM. Lepelletier Saint-Fargeau et
Serville {Encyclopédie méthod. , t. X) aux
dépens du grand g. Lygœus de Fabricius.
Les Astemma sont surtout caractérisés par
l’absence d’ocelles ou yeux lisses; par la tê¬
te , plus avancée que dans les esp. des gen¬
res voisins , et par le prothorax , dont les
bords latéraux sont relevés et aigus. — On
connaît un fort grand nombre d’espèces de
ce genre , répandues dans toutes les parties
du monde; presque toutes sont variées de
rouge et de noir. Le type est VA. apt-era
' {Cimecç apterus Lin.), esp. des plus commu*
248
AST
AST
nés dans toute l’Europe , au nord de l’Afri-
que et dans l’Asie mineure. M. Burmeister
(Handb. der ent .) applique la dénomination
de Pyrrhocoris au g. Astemma ; mais, com¬
me ce dernier nom est le plus ancien , il
doit prévaloir sur celui de M. Burmeister.
Nous rattachons encore au g. Astemma les
g. Meganotus et Odontopus de Laporte, qui
ne s'en distinguent réellement par aucun
caractère important, non plus que le genre
Platynotus de Schilling et Hahn, Voy. cha¬
cun de ces mots. (Bl.)
* ASTEMMA ( « priv. ; «w« , cou¬
ronne ). bot. Pii. — Ce genre, qui a été
fondé par Lcssing aux dépens du Monactis
dubia Kunth , a pour caract. : Capitules de
10-1 5 fleurs hoinogames, discoïdes, dioï-
ques. Involucrc tubuleux-campanulé, com¬
posé de folioles linéaires, obtuses, légère¬
ment imbriquées. Réceptacle couvert de
paillettes membraneuses , semblables à des
écailles. Corolles tubuleuses, 5 -dentées, à
lobes recourbés; les femelles renfermant des
étamines avortées. Fruit linéaire, dépourvu
d’aigrette , terminé par un bec court et sti-
pité — L 'Astemma appartient à la tribu
des Sénécionées parmi les Composées, et se
classe dans la division des Euxéniées. La
seule espèce connue est indigène du Pérou.
(J. D.)
* ASTEMMÏTES (« priv.;
couronne, petit œil), ins. — M. Laporte de
Castelnau ( Essai d'une class. des Hémipt.)
a établi sous cette dénomination une tribu
que nous regardons comme un groupe de
notre famille des Lygéens, qui est essentiel¬
lement caractérisé par l’absence d’ocelles. Ce
groupe renferme les g. Largus , Hahn (syn.
Euryophthalmus, Lap.); Acinocoris, Hahn,
et Astemma , Lap. et Serv. , genre auquel
nous en rattachons divers autres. Voy. ly-
GÉENS. (BL.)
* ASTENUS ( « aug. ; , étroit ).
I\s. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Brachélytres, tribu des Pædé-
rides, établi par M. Dejean dans son der¬
nier Catalogue, et adopté par M. Lacordai-
re dans la Faune entomologique des en¬
virons de Paris , mais supprimé par M.
Erichson dans son beau travail sur cette fa¬
mille , comme rentrant dans le genre Su-
nius , fondé antérieurement par Leach. Voy.
SUNIUS. (D.)
ASTEOSPERME. bot. ph. — Faute
typographique pour Ostéosperme.
(J- D.)
* ASTEPJIANANTHES, Bory (Ann.
Gen., t. II, p. 138) ( «priv.; ars^avo;, cou¬
ronne ; «v0os, fleur), bot. pii. — Synony¬
me du genre ou sous-genre Cieca , Medic.,
de la famille des Passiflorées. (Sp.
* ASTEPHâNUS, R. Br. (à priv.; w-
ç>«v&s, couronne), bot. ph. — Genre de la
famille des Asclépiadées (s.-ordre des Asclé-
piadées vraies, R. Br.; tr. des Astéphanées,
Endl.); son auteur ( Mem. of the Werner.
soc., t. II, p. 54) lui assigne pour caract.
distinctifs : Calice 5-fide. Corolle campanu-
lée , profondément 5-fide , point squamelli-
fère. Anthères couronnées d’un appendice
membraneux. Masses polliniques pendantes,
acuminées , attachées par leur sommet. Sti¬
gmate mutique ou caudiculé. — Herbes vo-
lubiles. Feuilles opposées. Ombelles inter-
péliolaires. Fleurs petites. Ce g. comprend
environ 10 esp., la plupart de l’Afrique aus¬
trale ; de ce nombre sont les Apocynum
cordatum et lanceolatum Thunb. , et V Apo¬
cynum triflorum L. (Sp*)
ASTER (àerr^s, nom de cette plante en
grec ; allusion à la disposition radiée des fleu¬
rons), bot. pii — La plupart des esp. qui con¬
stituent ce g. sont indigènes de l’Amérique du
nord ; mais quelques unes cependant habitent
les régions froides ou tempérées des deux
hémisphères. Ce g. a pour caract. : Capitules
radiés. Fleurs du rayon ligulées, fertiles, dis¬
posées sur un rang ; celles du disque herma¬
phrodites, 5-dentées. Réceptacle plan, pré¬
sentant des alvéoles dont les bords sont plus
ou moins denticulés. Écailles de l’involucre
plurisériées, lâchement imbriquées , plus
ou moins herbacées , et parfois même folia¬
cées. Fruit comprimé. Aigrette poilue , per¬
sistante, formée de plusieurs rangées de
soies scabres, souvent d’inégale longueur.
— Les Aster sont des herbes vivaces, à rhi-
zômes rampants, desquels naissent des tiges
souvent rameuses, toulîues, portant des
feuilles alternes et des capitules disposés en
corymbes; les fleurons sont blancs , roses ,
violets ou bleus, et le plus souvent plus
longs que les fleurs du disque. On cultive
beaucoup d 'Aster comme plantes de parter¬
re. Les plus belles esp. sont les suivantes :
parmi celles d’Europe , les Â.alpinus, amelr
AST
249
lus et pyrenœus; parmi celles d’Amérique t
les A. grandiflorus , punicœus , eminens ,
multiflorus , horizontalis , thyrsiflorus, ro-
sens , etc. (J. D.)
* ASTERACANTHA, Nees («<T7 vtyî, é-
toilc ; «x«v0« , épine), bot, pii. — Genre de
la famille des Acanthacées, tribu des Echma-
tacanthées , s. -tribu des Barlériées , Nees.
Son auteur (in Wallich, Plant. Asiat,, III,
p. 90 ) le caractérise ainsi qu’il suit : Calice
4-parti : lanière postérieure un peu plus
grande ; lanière antérieure 2-dentée. Corolle
2-Iabiée : lèvre supérieure 2 -fide ; lèvre in¬
férieure 5-fide. Étamines saillantes; filets
soudés deux à deux. Anthères isomètres ,
glabres: bourses parallèles, mutiques. Sti¬
gmate acuminé. Capsule 2-loculaire, 8-sper-
me. Graines ovales , lisses , comprimées ,
tronquées ; funicule court,— M. Nees d’Esen-
beck n’a admis dans ce genre qu’une seule
espèce (A. longifolia) , qui est le Barleria
longifolia L., indigène de l’Inde. La racine
de cette plante passe pour un excellent diu¬
rétique. (Sp.)
* ASTÉRACANTBE ( àffr-fl/9 , étoile ;
«xavôas, épine ). poiss. foss. — Agassiz a
créé sous ce nom une division générique ,
pour y placer les rayons épineux et fossiles de
plusieurs Poissons de l’ordre des Chondro-
ptérygiens, assez analogues aux Chimères,
et considérés, avant lui, comme voisins des
Siluroïdes ou des Balistes. M. Buckland les
nommait Ichthyodorulites , comprenant sous
cette dénomination plusieurs Poissons de
genres et d’espèces très diiïerents.
Les rayons des Astéracanthes sont grands,
légèrement arqués , arrondis à leur bord
extérieur , armés de deux rangées de dents
à leur bord postérieur , et couverts en avant
de tubercules étoilés.
La base est lisse ; elle porte en arrière un
sillon large et évasé dont les bords , en se
réunissant vers le haut , forment une cavité
intérieure assez spacieuse.
Les rayons des Astéracanthes caractéri¬
sent les terrains jurassiques supérieurs , où
ils remplacent les Oracanthes des terrains
carbonifères. M. Agassiz en cite quatre esp.
venant du Kimmeridge-clay d’Angleterre,
ou d’une argile supérieure au Cornbrash ,
du calcaire portlandien des environs de So-
leure , et du Purbeck des environs de Swan-
wick. (Val.)
AST
*A ST E R AC AN T H I OIM (&tv, étoileî
<2x«v0t’ov, petite épine), échin. — Genre d’ As¬
téries pourvues d’un anus et de quatre rangs
de tentacules à la face inférieure, proposé
par MM. Müller et îlenle ( Archives de Wieg-
mann , 1840) , et comprenant les Asterias
rubens Lamk. ; violacea Müll.; tenuispina
Lamk. ; rosea Müll.; helianthus Lamk.;
granifera Lamk. , et gelatinosa Meyen.
(P- G.)
ASTERACÉES. bot. ph. — Voyez
ASTÉRO IDÉES et ASTÉRII*ÉES. (J. D.)
* ASTÉRANTïSE. Asteranthus , Des¬
font. (dcrip , étoile; «v0os , fleur), bot. pii.
— C’est l’un des deux genres dont se compose
la singulière famille des Napoléonées ou Bel-
visiées. Son auteur ( Annales du Muséum ,
t. VI, p. 9, t. 3) en donne les caract. sui¬
vants : Calice à tube adhérent , très court ,
turbiné ; limbe plan , à bord multidenté. Co¬
rolle supère , rotacée , multifide. Étamines
très nombreuses, insérées au fond de la co¬
rolle ; filets filiformes , plus courts que la
corolle. Anthères 2-thèques, basifixes, oblon-
gues , obtuses , longitudinalement déhiscen¬
tes. Ovaire infère , couronné de 6 bourrelets
rayonnants , confluents avec la base du style.
Style indivisé; stigmate discoïde, à 6 lobes
obtus. Le fruit est inconnu. — L’unique esp.
(A. brasiliensis Besf.), sur laquelle se fonde
ce g., est un arbre à feuilles alternes, point
stipulées, ovales-lancéolées , très entières,
courtement pétiolées. Les fleurs sont gran¬
des, solitaires, axillaires, ébractéolées, pé-
donculées. (Sp.)
ASTÉRELLE (asterella, petite étoi¬
le ). bot. cr. — Palisot de Beauvois avait
déjà tenté le démembrement du g. Mar-
chantia de Linné , démembrement si heu¬
reusement opéré aujourd’hui par les tra¬
vaux successifs de Raddi, Nees d’Esenbeck,
Lehmann, Lindenberg et Corda. Il en avait
séparé , sous le nom qui fait le sujet de cet
article, deux espèces, dont l’une est devenue
le Reboullia liemisphœrica Raddi , et l’au¬
tre le Fegatella conica du même auteur.
Voy. REBOULLIA et FEGATELLA. (C. M.)
* ASTÉRENCRÏNIDES («* r\p , étoi¬
le ; encrinus , encline), échu*. — M. de
Blainville nomme ainsi la troisième famille
des Stellérides , comprenant les Comatules
et les Encrines. Les caractères qu’il lui don¬
ne sont les suivants : Corps régulier, cupu-
1(>*
250
AST
A ST
liforme, plus ou moins distinct , libre ou
fixé, pourvu de cinq rayons simples, ou bi¬
fides , articulés , pinnés ; bouche subcentra¬
le avec une cavité viscérale, ayant un grand
orifice béant à l’extrémité d’une sorte de
tube simulant un anus. (P. G.)
* ASTERIADÆ (d 'Asterias, nom la¬
tin de l’Astérie), échin. — M. J.-E. Gray
[Ann. and Mag. ofnat. hist ., 1840, p. 178)
appelle ainsi la première famille de l’ordre
des Asteroïda ou Astéries , comprenant
les Asterias proprement dits, ainsi que les
Tonia, Gray, qui sont des espèces à quatre
rangées de pieds dans les sillons ambula-
craires. (P. G.)
ASTERIAS. poiss. — Nom spécifique
de quelques poissons des genres Squale ,
Raie, etc. (Yal.)
* ASTERIAS ( asteria , étoile), zoom.
— Nom latin des Stellérides dans Linné,
etc. M. Agassiz le réserve à un sous-genre
de ces animaux , celui des Pentastéries,
Blainv.; ou Stelleria, Nardo. MM. Miiller et
Troschel n’y placent que des espèces dé¬
pourvues d’anus. Lamarck avait antérieure¬
ment restreint le nom Asterias aux Stel¬
lérides , qui ont les rayons pourvus de pro¬
longements en cæcums de l’estomac, c’est-
à-dire la famille des Astérides, Blainv.
(P. G.)
ASTERIAS. Bockh. bot. ph. — Gen¬
re ou sous-genre de la famille des Gentia-
nées. Il est fondé sur le Gentiana luteaL .,
et offre pour caract. distinctifs : Calice mem-
branacé , spathacé. Corolle rotacée , sans
plis et sans appendices. Anthères libres.
Capsule non stipitée. Graines bordées d’une
aile de même couleur que le test. (Sp.)
* ASTERIDEA. bot. ph. — Ce genre
a été établi par M. Lindley, sur une plante
de la côte occidentale de la Nouvelle-Hollan¬
de (rivière des Cygnes). Il lui assigne pour
caractères : Capitule hémisphérique multi-
flore, radié ; fleurons du rayon ligulés, uni-
sériés, tridentés, femelles ; ceux du disque
hermaphrodites, à 5 dents glanduleuses au
sommet. Involucre formé d’écailles imbri¬
quées, dont les extérieures subulées et les
intérieures linéaires. Le réceptacle est plan,
dépourvu de paillettes, mais présentant des
aréoles élevées. Les anthères sont munies
d’appendices basilaires sétacées. Fruits cou¬
ronnés d’une aigrette composée d’une seule
rangée de soies légèrement scabres inférieu*
rement, et presque plumeuses au sommet. —
Le g. Asteridea ne renferme encore qu’une
seule espèce, qui, suivant M. Lindley, res¬
semble par son port à V Aster de la Nouvelle-
Angleterre^ (A. IS.-Angliœ). (J. D.)
* ASTÉRIDES. Asteridea ( Asterias ,
astérie ; eta'os , forme ). échin. — M. de
Blainville nomme ainsi la famille des Stel¬
lérides ou Étoiles de mer, chez lesquelles il
y a un tubercule madréporique sur le dos,
et dont les bras renferment des appendices
cœcaux de l’estomac. Leur corps est traver¬
sé inférieurement par des sillons étendus de
la bouche à l’extrémité des rayons ou lo¬
bes du corps, et contenant plusieurs rangées
de suçoirs tentaculiformes. (P. G.)
ASTÉRIE. Asterias (ùaz-Àp, étoile).
échin. — De tout temps on a employé , par
allusion , dans les diverses langues anciennes
et modernes, le nom d'Ètoile de mer ou ses
synonymes, pour indiquer des Zoophytes fort
répandus sur toutes les côtes , assez variés
en csp. , et dont la forme rappelle toujours
plus ou moins celle des étoiles , telles qu’on
les voit à la vue simple et qu’on les repré¬
sente dans les arts. Aristote parle déjà de
ces animaux sous le nom d’À<rr^3, dont on a
fait Asterias et en français Astérie. Pour
Linné , les Échinodermes à corps plus ou
moins stellé étaient également des Astéries;
mais Lamarck, dans ses ouvrages , en a re¬
streint l’application aux espèces qui ont plus
particulièrement la forme d’étoiles, et qui ,
réunissant un bon nombre de caractères
communs, doivent être considérées comme
formant un groupe parfaitement naturel, qui,
dans sa méthode , n’avait que la valeur gé¬
nérique. Les groupes aujourd’hui nommés
Comatule , Euryale et Ophiure , ont été
séparés par Lamarck des véritables Étoiles
de mer, et il en sera parlé en leur lieu. Voici
quels caract. l’auteur du Système des Ani¬
maux sans vertèbres donnait au genre Asté¬
rie : Corps suborbiculaire, déprimé, divisé
dans sa circonférence en angles , lobes ou
rayons disposés en étoiles. Face inférieure
des lobes ou des rayons munie d’une gout¬
tière longitudinale, bordée, de chaque côté,
d’épines mobiles, et de trous pour le passage
de pieds tubuleux et rétractiles. Bouche in¬
férieure et centrale dans la réunion des sil¬
lons inférieurs.
ASr
AST
251
L’organisation de ces animaux a été étu¬
diée avec quelque soin depuis Lamarck.
Leur système nerveux, d’abord soupçonné
par G. Cuvier ( Leçons d'Anat. comp. ), a été
décrit depuis par M. Spix et nié ensuite par
d’autres observateurs. La disposition de ce
système nerveux est en rapport avec la
forme de l’animal. A la face inférieure du
corps, vers la réunion des deux vaisseaux
hépatiques de chaque rayon, on trouve,
pour chacun de ceux-ci, deux nodules gri¬
sâtres, semblables à un grain de mil un peu
allongé, et communiquant entre eux par un
filet transversal. Il part de chaque double-
nodule : 1° deux ou trois filets qui vont à la
face supérieure de l’estomac , où ils s’ana¬
stomosent entre eux et avec ceux des autres
ganglions ; le ramuscule le plus extérieur se
replie sur le lobe hépatique de son côté ; 2°
un filet latéral qui se dirige vers le double
ganglion voisin ; arrivé à la moitié de l’es¬
pace qui l’en sépare, il descend par un petit
trou du rebord osseux entre le sillon longi¬
tudinal et la saillie intermédiaire du rayon,
puis se ramifie autour de là bouche et peut-
être même dans la peau ; 3° un rameau, le
plus long et le plus considérable , qui sort
de chaque ganglion, sous le lobe hépatique
correspondant, se place entre le sillon lon¬
gitudinal et les deux rangs de testicules , à
chacun desquels il fournit un filet, en dimi¬
nuant successivement de grosseur à mesure
qu’il approche davantage de la pointe du
rayon. M. Spix admet que ces filets ner¬
veux sont composés de trois membranes, et
il dit s’être assuré de leur nature par des
expériences galvaniques.
M, Tiedemann reconnaît aussi le système
nerveux chez les Astéries ; mais M. Belle
Chiaje conteste formellement que l’organe
dont il s’agit ait cette signification. M. Du¬
jardin est du même avis. Toutefois l’opinion
de MM. Spix et Tiedemann nous paraît pré¬
férable, et plusieurs anatomistes, parmi les¬
quels nous citerons M. Carus, ne la mettent
pas en doute. Un système nerveux sembla¬
blement disposé se retrouve chez les Our¬
sins.
Nous n’avons que très peu de chose à
dii$ sur les organes des sens chez les Asté¬
ries. Ceux qui président au toucher sont les
mêmes que chez les autres Échinodermes ,
et M. Ehrenberg croit que ces animaux ont
un appareil pour la vision. Il a reconnu ,
dit-il, dans VAsterias violacen, de petits
points d’un rouge vif, situés à la face infé¬
rieure de l’extrémité des rayons, et aux¬
quels il a vu aboutir un filet nerveux, cou¬
rant le long du rayon et renflé à son extré¬
mité. L’œil ou le point rouge ainsi placé en
dessous se trouve ramené en dessus peur
servir à la vision par le redressement de
l’extrémité du rayon.
Les téguments extérieurs des Astéries
présentent des variations assez nombreuses
dans la nature et la forme de leurs épines
et des plaques ou ossicules qui les solidi¬
fient ; ce qui constitue autant de caractères
au moyen desquels on a établi leur classifi¬
cation. Les rayons de leur corps varient
aussi en nombre; et, chez quelques espèces,
la forme stellée a presque entièrement dis¬
paru. Sous chacun de leurs bras ou rayons
du corps, quel qu’en soit le nombre, il exi¬
ste une rainure ou gouttière répondant aux
aires ambulacraires des Oursins , et par la¬
quelle sortent une ou deux rangées d’ap¬
pendices tentaculiformes , indistinctement
appelés pieds ou suçoirs.
D’autres suçoirs contractiles ou les cirrhes
existent sur divers points du corps des Asté¬
ries , et font partie de leurs organes respira¬
toires. M. Ehrenberg a reconnu qu’ils sont
pourvus de cils vibratiles à leur face externe,
et il a vu la circulation qui s’effectue dans
leur intérieur. Le mouvement circulatoire
du sang dans les diverses parties a lieu au
moyen de canaux assez compliqués, et dont
se sont successivement occupés plusieurs
anatomistes.
La bouche des Astéries est toujours cen¬
trale et placée à la face inférieure de leur
corps. Elle est, ou non, garnie de dents, et
conduit, à travers un tube court représen¬
tant l’œsophage, à l’estomac, qui envoie dans
les rayons ou bras des canaux très ramifiés
à leur partie latérale, et qui ne sont pas
sans analogie avec l’organe hépatique. Bosc
et quelques autres ont admis que les As¬
téries ont un anus, et O. Fabricius pen¬
sait que les excréments de ces animaux
filtrent à travers le tubercule osseux du dos,
appelé tubercule madréporique. M. Wieg-
mann a aussi observé à cette place , dans
une variété de VAsterias pleyadella, un ori¬
fice qu’il supposait pouvoir bien être un
252
AST
AST
anus, et M. Yan Beneden et moi fîmes, en
$838 , une remarque analogue sur une de
nos grandes Astéries de la Méditerranée.
MM. J. Müller et Troschel ont dernièrement,
ainsi que nous l’apprend leur intéressant
mémoire , confirmé la présence d’un anus
chez la plupart des Astéries, et ils ont con¬
staté que certaines espèces seulement en
sont réellement dépourvues : ainsi VA. ru-
bens a un anus, et VA. aurantiaca en est
privée.
Les Étoiles de mer sont toutes, comme
leur nom l’indique, habitantes des eaux ma¬
rines, et on les trouve à diverses profondeurs.
Beaucoup d’entre elles sont littorales, et le
reflux les laisse souvent à sec sur la plage.
Elles se nourrissent de substances animales,
et il en est de très voraces. Souvent on les
voit manger des mollusques , et sur nos cô¬
tes elles s’attaquent souvent à la Mactre li-
sor,- elles font saillir leur membrane sto¬
macale, en enveloppent en partie la coquille
et pénètrent même entre ses valves. Les
plus grandes avalent quelquefois une grande
quantité d’aliments , et parmi eux des ani¬
maux entiers ; ainsi , M. Pouchet rapporte
avoir retiré dix-huit Vénus intactes, offrant
chacune six lignes de longueur, de l’esto¬
mac d’une grande Astérie qu’il disséquait
sur les bords de la Méditerranée.
M. Spix a, depuis long-temps , admis la bi¬
sexualité des Astéries. Leurs ovaires, qui sont
connus de tous les observateurs , consistent
en deux corps oblongs, rameux , compara¬
bles à une grappe de raisin , et qui flottent
au dessus des lobes hépatiques dans chaque
rayon de l’animal. Ce sont des ramuscules
composés de vésicules aboutissant à deux
grands canaux, qui s’ouvrent chacun près
de la réunion de deux rayons. L’organe
mâle, d’après l’auteur cité , se trouve con¬
stamment dans les différentes formes de la
famille des Astéries ; c’est le tubercule spon¬
gieux et rond situé à la face supérieure du
corps , près de la réunion de deux des rayons.
Il présente quelques légères modifications
suivant les espèces qu’on étudie , et a été
nommé par les auteurs Tubercule madré-
porique. Nous avons vu plus haut que ce
tubercule recouvrait l’orifice anal. Il est
quelquefois double par accident, et, suivant
M. Gray, on devrait considérer comme au¬
tant de tubercules inadréporirçues les saillies
de forme analogue , et au nombre de douze
ou treize, qui se remarquent à la face dor¬
sale del’A. echinites , de l’Amérique du Sud.
Quoi qu’il en soit, la duplicité sexuelle des
Astéries, même avec le caractère dioïque que
ne leur supposait pas M. Spix , n’a rien d’im¬
probable , les Oursins et beaucoup d’autres
animaux radiaires l’ayant offerte d’une ma¬
nière évidente.
On n’a également que peu de renseigne¬
ments sur le développement de ces Zoo-
phytes. M. Sars a néanmoins donné sur
leur forme, au moment de la naissance, des
détails fournis par l’A. sanguinolenta , ét
dont nous devons dire quelques mots.
Les Astéries de cette espèce ont alors le
corps déprimé, arrondi, et muni de quatre
appendices ou bras très courts , en massue,
à l’extrémité antérieure. Quand ils sont un
peu plus avancés en âge , on peut distinguer,
à leur face supérieure, quelques papilles
disposées sur cinq séries rayonnantes. Ces
jeunes Astéries se meuvent lentement, mais
uniformément en ligne droite, avec leurs
quatre bras antérieurs. Leur mouvement
est probablement produit par des cils vibra-
tiles ; leurs bras peuvent d’ailleurs leur ser¬
vir aussi à se fixer ou à ramper lentement
le long des parois. Au bout de douze jours,
les cinq rayons du corps, qui jusque alors
étaient arrondis , commencent à s’accroître ;
après huit autres jours, les deux rangées des
pieds tentaculiformes se sont développés en
ambulacres sous chaque rayon, et peu¬
vent servir au mouvement de l’animal en
se contractant tour à tour et en faisant
fonction de ventouses ; enfin , dans l’espace
d’un mois , les quatre bras primitifs dispa¬
raissent , et l’animal, d’abord symétrique ou
binaire , est devenu radiaire au degré où le
sont les autres Astéries.
Quelques uns de ces animaux, parvenus à
l’âge adulte, se meuvent avec assez de rapi¬
dité, soit en nageant, soit en rampant. Il est
des rivages où ils sont très abondants ; et,
comme on n’a pas encore su les utiliser
d’une manière plus lucrative, on les ramasse
pour fumer les terres. Nos côtes de l’Océan
et de la Méditerranée en nourrissent de
plusieurs sortes, et leurs formes sont assez
variées pour qü’on les place même aujour¬
d’hui dans des genres différents, le genre
Âsterias de Lamarck ayant pris le rang de
AST
famille naturelle, ou même , dans quelques
ouvrages, celui d’ordre distinct.
MM. de Blainville , Nardo , Agassiz, Mül-
ler et Troschel, et plus récemment M. J.-E.
Gray , se sont successivement occupés de la
classification naturelle des Astéries, déjà
entreprise par Linck en 1753 , et d’üne ma¬
nière beaucoup moins complète par Rafll-
nesque en 1815.
Le nombre des coupes génériques, aujour¬
d’hui fort considérable, ne l’était pas moins
dans Linck (De Stellis marinis liber sin-
gularis ). Yoici un tableau de sa classifica¬
tion.
Sectio I. stellîè} ÿïsSÆ.
Classis I. àXtyây.t? : Stellàrum pauciorum
quant quinque radiorum.
Généra : Trisactis , Tetractis.
Classis IL ttev'rKXtLocPoç , sivé Stellàrum
quinque fidarunt.
Généra : Pentagonaster , Pentaceros ,
Astropecten , Palmipes , Stella corideca ,
Sol marinus, Pentadactylosaster.
Classis Ilï. ïioWa/.t-tvocPos, sine Stellàrum
multifidarum .
Généra : ffexactin , Beptactin, Octac-
tin , Énneactin, Decactin, Dodecactinl
La plupart des coupes admises par Linck
ont reçu des auteurs modernes des déno¬
minations particulières. À celles de là troi¬
sième classe répondent les genres Solaster ,
Forbes; Crossaster, Müll. et Trosch. ; En-
deçà , Gray ; Polyaster, Gray, etc. Les gen¬
res Gouiaster , Àgass. ; Stellaria , Nardo ;
Ànseropoda, Nardo; Stellonia, Forbes ;
TJnckia , Nardo; Echinaster , Müll. et
Trosch., répondent , au contraire , à des sub¬
divisions de la seconde classe. Quant aux
genres îrisactis et Tetractis de Linck, ils
ont pour objet des Astéries mutilées de la
catégorie des espèces à cinq branches. Ré-
aumür a fait des expériences très curieuses,
au sujet des mutilations que peuvent sup¬
porter les Astéries et de leur force de ré¬
dintégration.
Il serait beaucoup trop long d’énumérer
ici lés diverses classifications des Astéries
proposées par les auteurs récents . et nous
nous bornerons à signaler, dans l’ordre mé¬
thodique que nous avons adopté ailleurs, la
série des genres qu’ils ont admis, en indi¬
ÀST 253
quant d’une manière générale leur syno¬
nymie.
I. Astéries à quatre rangées de suçoirs ou
de pieds tentaculiformes à la face buccale
des rayons ; la plaque madréporiqué simple ;
un anus. — Famille première des Astéries ,
Müll. et Trosch. ( Wiegmann’s Archiv .,
1840, p. 320); Asteriadœ , Gray [Ann. and
Magas . ofnai. hist., 1840, p. 178).
Stellonia, comprenant : i° Uraster ,
Agass. ; Asteracanthion, Müll. et Trosch. ;
Beliaster , Gray ; 2° Stichaster , Müll. et
Trosch.; 3° T onia, Gray.
II. Astéries à ambulacres pourvus de
deux rangées de pieds tentaculaires.
g 1. Point d’anus. — Famille troisième
des Astéries, Müll. et Trosch. (loc. cit., p.
525); Astropectinidœ (pro parte, Gray, loc.
cit. , p. 180).
Astropecten, Comprenant: Astr'O -
pectèn, Linck ; Crenaster , Luid ; Stellaria,
Nardo ; Astcrias , ÀgasS. * et Astropecten de
M. Gray, qui nomme Asiropus une des
sections de ce genre ; 2° Nuricia, Gray ; 3°
Cœlaster, Agass.
Luidia , Forbes, auquel se rapporte
comme synonyme le genre Hermicnemis ,
Müll. et Trosch., et, comme subdivision, ce¬
lui de Petalaster , Gray.
g 2. Un anus. — Famille deuxième dés
Astéries, Müll. et Trosch. (loc. cité , p.
324).
SoLAster. Ses synonymes sont : Solas -
térieS, Blainv.; Stellonia (pro parte, Agass.);
Solaster , Forbes; Crossaster, Müll. et
Trosch. Les espèces qui s’y rapportent
sont les A. papposa et endecà, M. Gray
fait de la première le sous-genre Polyaster,
et dé l’autre celui qu’il nomme Endeca.
GoniAsTER, Agass. Ce genre répond à
peu près aux Pentaceros de Linck , et aux
Pentacerotidce pentacerotina de M. Gray.
Ce dernier naturaliste le subdivise dans les
groupes suivants : Pentaceros , Stellaster,
Comptbhia, Gymnasteria , Paulia , Rdn -
dasia, Anthenca, Bosia, Hippasterids ,
Calliaster, Goniaster , Pentagonaster , Tù -
sia, auxquels il faut joindre celui d’Asfe-
ropsis , Müll. et Trosch.
Echinaster, Gray, non Müll. et Tro-
schel. Nous avons remplacé ce nom par ce¬
lui d 'Àcanthaster.
Echinaster, Müll» et Trosch., non Gray»
254
AST
AST
Les genres du Synopsis de M. Gray qu’on
peut en rapprocher sont au nombre de
quatre : Othilia , Metrodira , Rhopia , et
Ferdina.
Ophidi aster, Agass., et pourM. Gray :
Dactylosaster , Tamaria, Cistina, et Ophi-
diaster , subdivisé en Hacelia et Pliaria.
Linckia, Nardo, ou Cribella, Agassiz. Ce
sont, pour M. Gray, les genres Fromia ,
Gomopliia , Nardoa , Narcissa, Nectria,
Nephantia.
Tiennent ensuite les genres Mithrodia
et Uniophora du meme auteur ; et, non loin
de là, le genre Pleuraster, Agass., dont les
espèces sont fossiles.
Culcita, Agass., établi pour la section
des Astéries oreilles, de M. de Blainville.
Asteriscus , Müll. et Trosch. Ce sont :
1° Palmipes, Linck ; Palmasterias, Blainv.;
Ânseropoda , Nardo ; 2° Porania, Gray ; 5°
Asterina, Nardo ; 4° Patiria, Gray ; 5° So~
comia, Gray ; 6° Archaster , Müll. et Trosch.
Divers terrains secondaires et tertiaires
ont fourni des débris fossiles d’Astéries, et
les espèces que ces débris ont fait recon¬
naître ont pu, dans certains cas, servir à l’é¬
tablissement de genres distincts parmi les¬
quels nous citerons Cœlaster , Agassiz ;
Pleuraster, Agass.; et Comptonia , Gray.
C’est dans les ouvrages de Linck, de La-
marck, de MM. Brandt et Gray, qu’il faut
chercher la description des Astéries con¬
nues ; MM. Agassiz , Müller et Troschel ,
n’ont donné jusqu’ici que des détails fort
étendus sur celles dont on leur doit la dis¬
tinction. (P. G.)
ASTÉRIE (àarvi/j, étoile), min. — On
donne ce nom à une sorte d’étoile régulière
à plusieurs branches, formée par la lumière
qui émane d’un point lumineux , et qui va
se réfléter transversalement sur des systè¬
mes de Gbres ou de lignes réfléchissantes,
parallèles entre elles, soit au dedans d’un
cristal lorsqu’on vise à travers sa masse ,
soit seulement à la surface lorsque la lu¬
mière ne pénètre pas dans l’intérieur. Ces
lignes réfléchissantes , qu’on doit conce¬
voir comme autant de petits miroirs plans ,
très étroits et de forme linéaire , provien¬
nent très probablement des solutions de
continuité qui interrompent fréquemment
les couches d’accroissement des cristaux, et
qui produisent sur leurs plans des stries ou
cannelures souvent très marquées. Ce jeu
de lumière est donc en rapport avec la dis¬
position des systèmes de stries dans les cris¬
taux , et, par conséquent, avec les lois do
leur structure; c’est sous ce point de vue
qu’il est intéressant pour le minéralogiste.
Nous renvoyons les détails que nous nous
proposons de donner sur les particularités
de ce phénomène et sur son explication aux
mots corindon et grenat , parce que
c’est seulement dans les espèces connues
sous ces dénominations qu’on a pu jusqu’à
présent l’observer et l’étudier avec une at¬
tention suffisante. (Del.)
*ASTÉRIGÉRÎ]\fE. Asterigerina, d’O.
( aster, étoile ; gero , je porte ). foram. —
Genre de l’ordre des Entomost'egues , famil¬
le des Astérigérinidées , que nous avons éta¬
bli dans les Foraminifères de Cuba, et auquel
nous assignons les caract. suivants : Coquille
libre , spirale. Spire enroulée sur le côté, ap¬
parente en dessus, embrassante en dessous ;
composée en dessus de loges uniques, formée
en dessous sur la moitié de sa largeur par la
continuité des loges supérieures et par d’au¬
tres loges formant étoile, venant alterner
avec celles-ci dans l’accroissement de l’en¬
semble. Loges de deux sortes : les loges or¬
dinaires spirales, supérieures ; les loges infé¬
rieures médianes , qui servent à former une
étoile centrale ; chacune d’elles venant l’u¬
ne après l’autre alternativement. Ouvertu¬
re sur le côté de la dernière loge.
Ce genre , singulier par l’espèce d’étoile
qu’il porte sur l’un des côtés de la coquille,
se compose, d’après nos recherches, de qua¬
tre espèces ; deux propres aux Antilles, une
de Patagonie et une fossile du bassin ter¬
tiaire de la Gironde. r (A. d’O.)
* ASTÉRIGÉRINIDÉES. Asterigeri-
nidœ. foram.— Famille de l’ordre des En¬
tomost'egues, que nous avons établie pour
réunir les genres Asterigerina , Amphiste -
gina, Helerostegina , et que nous carac¬
térisons ainsi : Coquille libre, régulière, iné¬
quilatérale ; spire régulière , oblique , em¬
brassante ou non ; loges dont l’alternance a
lieu d’un seul côté.
Les Coquilles de cette famille sont toutes
ornées d’un côté d’une rosace ou d’une
étoile formée par l’assemblage des sections
des loges ; ce qui nous a déterminé à les
nommer Astérigérinidées. (A, d’O.)
AST
AST
255
* ASTERINA ( diminutif d'Asterias ). i
éçhix. — M. Nardo nomme ainsi ( Isis ,
4834 ) un genre d’Astérides, dans lequel il
place les A. exigua et minuta. (P. G.)
ASTÉRINÉES. bot. pii. — Sous- tri¬
bu du groupe des Composées- Astéroïdées ,
qui se caractérise par des capitules homo-
ou-hétérogames , souvent radiés ; des an¬
thères dépourvues d’appendices basilaires ,
et des feuilles presque constamment alter¬
nes. (J- R.)
* ASTERINIDÆ ( d ’ Asterina , genre
d’Astéries). échin. — M. Gray, dans son
Synopsis des Ann. and Magas. of nat.
hist., 1840, p. 288 , nomme ainsi la quatriè¬
me famille de son ordre des Asleroida ou
Astéries, et y place, outre le g. Asterina,
Nardo ; ceux de Palmipes , Linck ; Porania ,
Gray ; Patiria , Gray ; et Socomia , Gray.
IP.G.)
* ASTER! SCI UM,Chamiss. etSchlech-
tend. — Cassidocarpus , Presl. bot. ph. —
Genre de la famille des Ombellifères (tribu
des Mulinées , DC.), auquel RI. I)e Candolle
( Prodr . , t. IV, p. 82) assigne les caract.
suivants : Limbe calicinal à 5 dents ovales ,
persistantes. Pétales terminés en languette
infléchie , échancrée au sommet , à sinus
calleux. Fruit tétragone - prismatique , cou¬
ronné , arrondi à la base. Méricarpes 5-cos-
tés : les deux côtes intermediaires ailées ;
les 3 autres aptères , filiformes ; vallécules
sans bandelettes ; commissure très étroite.
— Herbes vivaces , très glabres. Tiges cy¬
lindriques, rameuses, médiocrement fouil¬
lées. Feuilles pétiolées , simples , cunéifor-
mes-orbiculaires , inégalement dentées, sub¬
trilobées , 5 - eu 5-nervées , subcoriaces ;
ombelles simples , subglobuleuscs , à invo-
lucre court, polyphy lie. Fleurs polygames :
les unes males, longuement pédicellées; les
autres hermaphrodites. — Ce g. est propre
au Chili. On en connaît 5 espèces. (Sp.)
* ASTERISCUS (d'Asterias , étoile de
mer), échin. — Nom que Luid et PetiYer
donnent à des Astéries des genres Ansero-
poda et Asterina de M. Nardo ( Isis , 1854).
MM. Müller et Troschel réunissent ces deux
derniers genres en un seul r auquel ils lais¬
sent le nom d' Asteriscus . Les espèces qui
s’y placent ont un anus, quatre rangs de
tentacules à la face buccale des rayons, etc.
Ce sont les Asterias membranacea Lamk. ,
penicillaris Lamk., exigua Delle Chiaje ,
et pentagonus Müll. et Trosch. (P. G.)
ASTERISCUS (à<7T£/5 èrzoç , petite étoi¬
le ; à cause de la disposition des fleurs).
bot. ph. — Les Asteriscus appartiennent
à la division des Inuléés, parmi les Compo-
sées-Astéroïdées. Ce genre a pour caract. :
Capitules terminaux radiés , Iigulés , 1 - sé¬
riés, cunéiformes, tridentés au sommet;
à tube court, biauriculé ; fleurons du dis¬
que à tube épaissi inférieurement , et dé¬
pourvu d’auricules ou d’ailes membraneu¬
ses. Anthères munies de longs appendices
basilaires. Fruits obeomprimés - trigones.
Aigrette en forme de couronne, irrégulière¬
ment denticulée. — Les plantes qui compo¬
sent ce g. sont indigènes du bassin méditer¬
ranéen ; ce sont des herbes annuelles ou vi¬
vaces, rameuses, portant des feuilles oblon-
gues , entières , et des capitules de fleurs
jaunes. Cassini a rangé ce genre dans sa 3e
tribu des Inulées , comprenant les Buph-
thalmées. (J. D.)
•* ASTÉRISQUE. Asterisca (âàveptà-
xos-i petite étoile), bot. cr. — Genre de la
famille des Lichens. Presque à la même
époque, en 1825, parurent trois méthodes
lichénographiques , où le même genre se
retrouve sous les trois noms de Medusula
(Eschwciler, Syst. Lich.), de Sarcographa
(Fée, Crypt. Offre.), et d' Asterisca (Meyer,
F lecht.). Depuis lors, Eschxveiler (Lich.
bras. ) a réuni sou Medusula au g. Leio-
gramma ( V&y. ce mot ) , et n’en fait plus
qu’une section. C’est sans doute ce qui a
conduit M. Lindley (A natur. Syst. of Bot.)
à rapporter les deux autres au g. Glyphis.
Nous examinerons là ce qu’il faut penser de
cette confusion. Voy. glyphis. (C. M.)
* AST.ERIZA (Av-é/ucç , étoilé; à cause
des taches jaunes dont 1 insecte est parse¬
mé sur un fond brun), ms. — Genre de
Coléoptères tétramères, famille des Chryso-
mélines , créé par M. Chevrolat , et adopté
par M. Dejean ( Cat. , 3e éd. ) pour y placer
la Cassida flavicornis d’Olivier , originaire
de Saint-Domingue. Ses caract. génériques
sont : Tête enfoncée dans le corselet, et
recouverte par le bord antérieur de celui-
ci. Antennes de 12 articles dont le troisième
est le plus long; les suivants égaux, qua-
drangulaires ; le dernier très court , obtus.
Corselet s’avançant en angle sur le milieu
256
AST
AST
des élytres. Corps semi - orbiculaire en des¬
sus. — Ce genre se distingue de celui qui
l’avoisine , ffybosa du même auteur , en ce
que les crochets dépassent un peu le troi¬
sième article des tarses. (D. et C.)
* ASTEROCARPUS ( iwip , étoile ;
*«/jîî<j’s , fruit ). bot- foss. — Sous ce nom ,
M. Gœppert a décrit un genre particulier
de Fougères fossiles, qu’il rapproche des
Gleichéniées , en se fondant surtout sur
la disposition des fructifications qu’il pré¬
sente. Ï1 le caractérise ainsi : Fronde bipin-
nce. Capsules disposées, sur la face infé¬
rieure des pinnules , en groupes de 3 à 4 ,
rayonnantes , adhérentes par leurs parties
latérales , et ayant l’apparence de capsules
o-4-loculaires.-La seule espèce de ce g. est
Une Fougère à fronde très découpée, dont
on n’a vu qu’un fragment , à pinnules assez
petites , oblongues , obtuses , dont la nerva¬
tion n’est pas visible ; portant chacune six h
sept groupes arrondis de capsules , qui pa¬
raissent , d’après la figure qu’en a publiée
M. Gœppert , composés chacun de trois ,
quatre ou cinq capsules rayonnantes, et
en partie soudées entre elles. Ce savant
compare cette disposition à celle des Glei-
çhenia et à celle des Kaulfussia parmi les
Fougères vivantes , et admet qu’il se rap¬
proche surtout du premier de ces genres.
L’esp. unique décrite par M. Gœppert sous
le nom d’A sicrocarpus Sternbergii a été
trouvée dans les mines de houille de Saar-
bruck. (Ad. B.)
* ASTEROCARPUS, Eckl. et Zeyh.
{non Adans. ) ( &rrr( p,èpo$, étoile; xa/irto's,
fruit), bot. pu. — Synonyme du g, Ptero-
celastrus , Meisn., de la famille des Célas-
trinées. (Sp.)
ASTÉROCÉPIIALE. Aster oc ephalus,
Vaill. ( à?7(tp , étoile; , tête ). bot.
pii. — Genre de la famille des Dipsacées,
offrant les caractères suivants : Capitules
presque plans , radiants. Involucre formé
de bractées foliacées, nautiques, étalées ,
l-ou2-sériées, soudées par la base. Récep¬
tacle conique ou hémisphérique , garni de
paillettes membranacées , sublinéaires , mu-
tiques, presque planes, courtes. Calicule à
tube 4-gone , ésulqué inférieurement , creu¬
sé dans sa moitié supérieure de huit fos¬
settes profondes, contiguës, longitudinales;
limbe eyathiforme , membranacé, scarieux,
plissé, multi-nervé, denticulé au sommet.
Calice à tube souvent prolongé en col colum-
naire ou filiforme ; limbe charnu, cupulifor-
me, couronné de cinq soies subulées, sca-
bres, alternes chacune avec une dent peu
marquée. Corolle des fleurs radiales ringen-
te, bilabiée ; lèvre supérieure petite, 2-par-
tie ; lèvre inférieure très grande, profondé¬
ment 3 -lobée. Corolle des fleurs du disque
subrégulière, obeonique, 5-lobée. Étamines
4. Style filiforme , épaissi au sommet ; stig¬
mate disciforme, ou unilatéral et oblique.
Nucule petite, aigrettée, recouverte par le
calicule , dont le tube devient subcoriace.
— Herbes ou sous-arbrisseaux. Feuilles très
entières ou pennatifides, pétiolées ; pétioles
de chaque paire connés par la base. Pédon¬
cules longs, dressés, ou un peu inclinés du¬
rant la floraison. Ce genre renferme une
quinzaine d’espèces , la plupart indigènes ; à
l’exemple de Linné , beaucoup d’auteurs ne
les séparent pas desScabieuses. Les plus no¬
tables en sontl’A. caucasiens Spreng. ( Sca -
biosa caucasica Bieberst.— Bot. mag tab.
886); l’A. creticus Spreng. ( Scabiosa cre-
tica L. ) , et VA. graminifolius Spreng.
( Scabiosa graminifolia L. — Bot. reg t.
835). Ces trois espèces se cultivent comme
plantes d’ornement. (Sp.)
* ASTÉROCIIOETE. bot. ph. —
Genre de la famille des Cypéracées, tribu des
Cladjées , proposé par le professeur Nees
d’Escnbeck (in Linnea , t. IX, p. 300) pour
deux plantes placées précédemment dans le
g. Schœmis , et qui a été adopté par M. Kunth
(■ Cyperac ., p. 312), qui y a ajouté plusieurs
espèces. On distinguera ce genre aux carac¬
tères suivants ; Les épis sont biflores; cha¬
que fleur est hermaphrodite. Les écailles ,
peu nombreuses, sont carénées, allongées et
distiques ; les inférieures sont vides. Six soies
hispides et plumeuses, persistantes , environ¬
nent les organes sexuels, qui consistent en
trois étamines, en un ovaire triangulaire
surmonté d’un style trifide, renflé et comme
pyramidal à sa base. Le fruit est un akène
triangulaire, portant à son sommet la partie
inférieure du style, persistante et environ¬
née par les soies hypogynes. — M. le pro¬
fesseur Kunth (l. c.) rapporte six espèces
à ce genre. Deux sont originaires du cap
de Bonne-Espérance, une des Moluques, et
deux de l’île Maurice. Ce sont des plantes
AST
AST
257
vivaces; à tige triangulaire; à feuilles raides
et planes, dont les épis, solitaires ou comme
capilulés, sont disposés en .panicule axil¬
laire ou terminale. (A. R.)
ASTERODERME (àaxr.p , étoile; isp-
u.a, peau), roiss. foss. — Genre de ‘Pois¬
sons fossiles, établi par M. Agassiz. Ils
sont de l’ordre des Chondroptérygiens , de
la famille des Raies. Leur corps était couvert
de tubercules en étoile à cinq rayons, comme
on les voit représentés dans son Histoire
des Poissons fossiles , vol. III , p. 44 ,
fig. 5 et 6. M. Agassiz ajoute que ce poisson
fossile forme un genre de Raies très remar¬
quable par la présence de côtes grêles , et
par la structure de la ceinture thoracique du
bassin. La figure ne représente aucune par¬
tie de la tête ; mais ce qu’on voit de la
cage de la poitrine, de la ceinture thoraci¬
que et de celle de l’abdomen , de la forme
ovale de la nageoire pectorale, dont la plus
grande largeur correspond à l’insertion des
rayons sur la ceinture du thorax, et du pro¬
fil de la nageoire ventrale, ne me laisse au¬
cun doute sur une très grande affinité entre
ce poisson et les Rhinobates. Ceux-ci ont
aussi des côtes grêles, semblables à celles
du fossile, et plusieurs espèces ont le corps
couvert de tubercules étoilés , semblables ,
selon M. Agassiz, à ceux de l’Astéroderme.
Les Squatines , parmi les Chondroptéry¬
giens , ont aussi des côtes et des boucliers
étoilés sur la peau; mais la forme des pecto¬
rales des Squatines ne se rapporte pas aussi
bien à celle des nageoires du poisson fossile
que celles du Rhinobate. Je vois, sur le des¬
sin de mon célèbre ami de Neufchâtel , des
traces de ces longs appendices, dépassant en
arrière les nageoires ventrales des Raies, des
Squales , et qui sont bien plus isolés dans
les Rhinobates. On les regarde communé¬
ment comme appartenant aux mâles des
Chondroptérygiens ; mais il paraîtrait, d’a¬
près un passage de Steph. Lorenzinide Flo¬
rence, cité par Schneider, que cet anatomiste
en a vu sur des femelles pleines. Voici le
passage , auquel on n’a pas fait assez d’at¬
tention :
« Negat eliam appendices pinnarum
ventralium masculo sexui proprias
esse , utpoie reportas in gravidis fœ~
minis Torpcdinum aliarumque Raja -
rum. »
N’ayant pas vu les dents du poisson fos¬
sile figuré par M. Agassiz, je n’ose me pro¬
noncer; mais j’ai tout lieu de croire qu’il
appartient aux Rhinobates , et que , par
conséquent, le genre Astèroderme ne de¬
vra pas être conservé. L’exemplaire parfai¬
tement caractérisé dans ce qui reste du
poisson , est déposé dans le cabinet de la
Société géologique de Londres ; il vient de
Solenhofen. M. Agassiz a nommé l’espèce
Asferodermns platypterns. (Val.)
* ASTEROIDA ( àcmnp , étoile; etAcç ,
forme), échin. — M. J.-E. Gray {Ann. and
Magas. of nat. hist 1840, p. 178) ap¬
pelle ainsi le groupe des véritables Asté¬
ries, qu’il élève au rang d’ordre. (P. G.)
* A-STÉROIDÉES . bot. ph. — On dé¬
signe, sous ce nom, une des grandes tribus
des Composées , à laquelle Cassini assigne
les caract. suivants : Ovaire plus ou moins
comprimé bilatéralement, obovale-oblong;
aigrette irrégulière. Branches du style con¬
vergentes , arquées en dedans, ayant une
partie inférieure demi cylindrique, bordée
de deux bourrelets stigmatiques non con¬
fluents, et une partie supérieure semi-co¬
nique, garnie de poils collecteurs sur la face
interne. Anthères privées d’appendices ba¬
silaires. (J. D.)
ASTÉROÏDES, bot. ph. — Tournefort
et Vaillant ont décrit , sous ce nom , plu¬
sieurs plantes qui font aujourd’hui partie
des Buphthalmum , Telekia et Asteris-
cus. (J. D.)
* ASTÉROÏDES (dcarvip , étoile;
aspect, ressemblance), met. — On sait au¬
jourd’hui qu’il tombe souvent sur notre
globe des masses pierreuses tantôt en un
seul bloc , tantôt en une multitude de frag¬
ments. Jusqu’à l’époque de la pluie de pier¬
res qui a eu lieu à l’Aigle en 1810, et qui
a été régulièrement observée, beaucoup de
personnes doutaient encore de la réalité de
ce singulier phénomène ; aujourd’hui les
faits nouveaux servent de point d’appui aux
relations anciennes. On possède un nom¬
breux catalogue de chutes de pierres , ac¬
compagnées de circonstances variables de
lumière et de bruit d’explosions. Voy. a £-
ROLITHES.
La théorie la plus probable consiste à ad¬
mettre qu’il existe autour du soleil une zône
immense de corps solides plus ou moins
17
T. II.
258
AST
volumineui, circulant autour de lui comme
les planètes, mais beaucoup trop petits
pour être aperçus dans les cas ordinaires.
On admet encore que la terre se trouve , à
certaines époques, dans le voisinage de cette
zône ; qu’alors elle attire ces petits corps
vers elle ; qu’ils s’enflamment en traversant
notre atmosphère , se fondent, éclatent, et
produisent les Aérolithes. Dans ce système,
présenté avec tant d’intérêt par M. Arago ,
les étoiles filantes auraient la même origine.
C’est à cette multitude de petits corps ,
circulant ainsi dans l’espace comme des
astres en miniature, qu’on a donné le nom
Astéroïdes. (P.)
* ASTEROLIIVOIV, Lk. et HoPfmanns.,
Flore portug. ; Nees, jun. gen. plant,
fa sc. XII , tab. 11 ( à<m$p , étoile ; Xîvov ,
lin ). bot. ph. — Genre de la famille
des Primulacées , fondé sur le Lysima-
chia Linum-stcl latum L. , et dont les
caract. essentiels sont les suivants : Ca¬
lice 5-parti. Corolle subrotacée, profondé¬
ment 5-fide, marcescente. Étamines 5, li¬
bres, distantes, saillantes, insérées à la
gorge de la corolle. Capsule 5-valve du som¬
met jusqu’à la base, oligosperme. Graines
oblongues, piano-convexes, transversale¬
ment rugueuses. — VA. stellatum Lk.
et H., qui constitue à lui seul le genre, est
une très petite plante annuelle ; à feuilles
opposées; à fleurs solitaires, axillaires,
courtement pédonculées. (Sp.)
ASTEROMA (àa-vip, ép g;, étoile), bot.
cr. — M. De Candolle a décrit, sous ce nom,
dans son quatrième mémoire sur les Cham¬
pignons parasites ( Mém. du Muséum ,
tom. III, p. 329), un genre de Champignons
qu’il caractérise ainsi : te Les Asteroma
sont composés de filaments byssoïdes, ra-
meux , dichotomes , disposés sur le même
plan horizontal, appliqués et comme collés
sur la feuille, rayonnant d’un centre com¬
mun, et formant ainsi une tache assez ré¬
gulière. Dans leur vieillesse, on voit naître,
près du centre de la tache, de petites proé¬
minences analogues aux tiges de certaines
Sphéries, mais que je n’ai jamais vues s’ou¬
vrir. »
Il est impossible de décrire plus exacte¬
ment les caractères de ce genre. Lorsque le
célèbre professeur de Genève écrivait ces
lignes, on consultait plutôt, pour établir les
AST
genres, l’ensemble des formes que la struc¬
ture intime des organes de la fructification.
En 1826, mademoiselle Libert, dans un Mé¬
moire sur le genre Asteroma , inséré dans
les Ann. de la. Société linnéenne (vol. Y,
p. 405, pl. 5, fig. 2 et 3), a donné les carac¬
tères aussi complètement que possible
( Fibrillæ innatœ, repentes. Sporangia
mcmhranacea apice poro pertusa. Asci
cluvati 3-4 annulati ). M. le professeur
Fries, dans le Systema mycologicum , a
fait de ce genre une simple section des Do-
fhidea ; mais, d’après les caractères indi¬
qués plus haut , il est manifeste qu’on ne
peut adopter cette réunion, puisque les Do-
ihidea , du moins les espèces principales,
présentent la fructification des Sphéries,
c’est-à-dire des thèques renfermant des
spores. On doit donc, aux deux espèces dé¬
crites et figurées par mademoiselle Libert,
ajouter celles de M. De Candolle, plus les
esp. que M. Fries y a jointes. — Ces Cham¬
pignons naissent sur la surface supérieure
des feuilles. On ne voit à l’œil nu qu’une
tache noire; mais, à l’aide de la loupe, on
distingue parfaitement les fibrilles qui les
composent; elles sont d’abord nues ; puis,
à l’époque de la maturité, elles se recou¬
vrent de petits tubercules noirs, ponctifor-
mes, qui renferment les organes de la re¬
production. (Lév.)
* ASTEROMÆA (àtrrr.p, étoile ; 6u.ücçf
semblable ; qui ressemble à un Aster )J
bot. ph. — M. Blume a fondé ce genre sur
l 'A. indicus L., dont la patrie est inconnue,1
mais qui se trouve très fréquemment culti¬
vée dans les jardins de l’Inde et des Molu-
ques. Les caract. en sont : Capitule multi-
flore, hétérogame. Fleurs du rayon ligulées,
1-sériées , femelles ; celles du disque her¬
maphrodites, tubuleuses, 5-dentées. Récep¬
tacle convexe , alvéolé. Involucre composé
de deux séries d’écailles presque égales,
membraneuses sur les bords, herbacées au
sommet. Fruit légèrement comprimé, à 4
côtes , atténué à sa base , couvert de poils
courts, glanduleux, et terminés par une ai¬
grette formée d’une seule série de paillettes
courtes, presque soudées à la base, et fine¬
ment découpées au sommet. — VAstcro-
mœa indica a, comme son nom l’indique,
le port d’un Aster. C’est une plante à feuilles
alternes, dentées, et qui porte au sommet’
AST
AST
259
des rameaux des capitules solitaires dont les
rayons sont bleus ou blancs , et le disque
jaune. (J. D.)
* ASTEROPEA (à<nr,p-, étoile; Trotéw,
je fais), annèii. — Genre d’Annélides am-
phytrites , indiqué sans description par
M. Rafinesque ( Analyse de La nature ,
p. 136). ‘ (P. G.)
ASTEROPEIA, Thouars(àaTvip, étoile;
ir&u'to , je fais ). bot. i»h. — Genre que
M. 'De Candolle rapporte , avec doute ,
à la famille des Homalinées, et M. Rei-
chenbach à celle des Amygdalées. Son
auteur ( Gen. madag. , n° 73 ; Hist. des
vègel. de V Afr. austr., p. 51, tab. 15) en
donne les caract. suivants : Calice grand ,
5-fide, persistant, à lobes oblongs, étalés.
Pétales 5 , insérés au calice , interposés ,
étalés, non persistants. Étamines 10, al¬
ternativement plus longues et plus courtes ;
filets filiformes, alternativement plus longs
et plus courts , soudés par leur base en
androphore urcéolé, adné au calice. An¬
thères ovales, obtuses, dithèques, introrses,
dorsiüxes , longitudinalement déhiscentes.
Ovaire inadhérent, 3-loculaire ; loges pauci-
ovulées ; ovules superposés, attachés à l’an¬
gle interne des loges. Style court, 3-fide ;
stigmates capitellés. Capsule 3-loculaire.
Graines réniformes. — dû Aster opeia multi-
flora Th. , est la seule espèce connue ;
c’est un petit arbre de Madagascar, ayant de
l’affinité, suivant Aubert du Petit-Thouars,
avec les BlackweLlia ; les feuilles en sont
alternes, très entières, courtement pétiolées;
les fleurs en panicules terminales. (Sp.)
* ASTÉROPHIDES ( ào-rvio , étoile ;
ocpi; , serpent), échin. — M. de Blainville
nomme ainsi la famille de son ordre des
Stellérides, dans lequel il place les Ophiu¬
res et les Euryales. Les caractères des As-
térophides sont les suivants : Corps petit ,
disciforme, très aplati, pourvu, dans sa cir¬
conférence, d’appendices plus ou moins al¬
longés, serpentiformes, squammeux, sans
sillons inférieurs. (P. G.)
ASTEROPHORA (â<rrnip, étoile; <psp&>,
je porte), bot. cr. — Dittmar ( Nouv.journ .
de hot. de Schrader, t. III, p. 56, tab. 2,
fig. 2) a décrit, sous ce nom, un champi¬
gnon parasite qui se développe dans l’é¬
paisseur du chapeau de VAgaricus lyco-
perdoides de Buîliard , qui lui-même est
parasite sur d’autres Agarics, et principa¬
lement sur VAgaricus adustus. On a cru
pendant longtemps que VAgaricus lyco~
perdoides et V Asterophora n’étaient qu’un
seul et même champignon ; mais les obser¬
vations de Vittadini et de Corda , dont j’ai
plusieurs fois vérifié l’exactitude, ont in¬
contestablement prouvé que V Asterophora
était un genre particulier, et que l’Agaric
qui le nourrit a des lames véritables , sur
lesquelles existent des Basides tètra spo¬
res. M. Fries en a même formé, dans les
Agaricinés, un genre, qu’il nomme ISycta-
lis. Dittmar est parvenu à inoculer ce petit
champignon à VAgaricus adustus , et il a
obtenu les deux espèces en même temps ;
seulement les Champignons venus de se¬
mences ne ressemblaient pas à leurs pa¬
rents. Ceux-ci avaient de trois pouces à
trois pouces et demi de hauteur ; ils étaient
parfaitement blancs ; le pédicule était cour¬
bé ; les feuillets ainsi que la marge du
péridium étaient blancs. Ceux qui en pro¬
venaient, au contraire, étaient petits, hauts
d’un demi- pouce à un pouce et demi ; le pé¬
dicule était droit, gris ; les feuillets d’un gris
bleu, et le péridium n’avait pas de marge.
M. Corda, qui a suivi très attentivement le
développement de ce champignon parasite,
dit que, dans la substance de VAgaricus
lycoperdoides , il naît des filaments gros ,
transparents et cloisonnés, très serrés, qui
en recouvrent ensuite la surface ; ils sup¬
portent des spores globuleuses, oblongues,
rarement ovoïdes, quelquefois appendicu-
lées, grosses, d’abord jaunes, puis de cou¬
leur d’or ; elles sont recouvertes d’un épi-
spore coloré, fenêtré, hérissé de pointes
bifides, obtuses. De toutes les figures de ce
champignon , publiées jusqu’à ce jour , il
n’en est pas une qui en donne une idée plus
parfaite que celle de M. Corda. Voy. Icon.
fung., t. IV, p. 7, pl. 3, fig. 24. (LÉv.)
ASTÉROPHYLLITES (àcrr'p, étoile ;
cpûXXov, feuille), bot. foss. — Dans l’essai
de classification des végétaux fossiles ,
inséré, en 1822, dans les Mémoires du
Muséum d’histoire naturelle, j’ai désigné
par ce nom un groupe nombreux de plantes
fossiles, que la disposition de leurs feuilles,
réunies en grand nombre en vcrticillcs et
disposées en étoile, distingue au piemicr as¬
pect de tous les végétaux fossiles et de la plq-
260
AST
AST
part des plantes vivantes. — On avait généra¬
lement comparé ces impressions de plantes
à des Galium ou à des Hippnris -, mais il
était facile de signaler de nombreuses dif¬
férences entre ces genres actuellement exis¬
tants et les plantes fossiles qui nous occu¬
pent 5 ainsi, dans les Rubiacées dites étoi¬
lées, les feuilles ne dépassent jamais le
nombre de dix par verticille; ordinairement
même elles ne sont réunies que par 4, 6 ou 8 ;
dans les Astérophyllites, au contraire, elles
sont presque toujours au nombre de 12 à 20
par verticille. Dans les Hippnris, le nom¬
bre plus considérable des feuilles semble¬
rait établir plus d’analogie 5 mais, sans par¬
ler de l’aspect fort ditîérent de ces plantes,
la disposition des feuilles étudiée avec soin
est très différente, et l’examen de ce carac¬
tère a conduit même à diviser le genre As¬
térophyllites en plusieurs : l’un , sous le
nom d 'Annularia, renferme des espèces
à feuilles étalées dans un même plan, élar¬
gies dans leur partie moyenne , souvent ob¬
tuses au sommet , et réunies en une sorte
d’anneau très distinct à leur base. C’est sur
ce caractère que M. De Sternberg a fondé
essentiellement la distinction de ce genre;
mais je crois que ce caractère existe égale¬
ment d’une manière moins distincte , les
feuilles n’étant soudées que sur une très
petite étendue , dans les vrais Astérophylli¬
tes, dont il avait formé les genres Bornia ,
Bruckmannia et Beckera. Ce caractère
peu apparent dans les Astérophyllites, bien
distinct dans les Annvlaria, est si marqué
dans le genre Phyllotheca, que cette par¬
tie soudée forme une vraie gaine , comme
celle desÉquisétacées. Il distingue ces plan¬
tes de toutes les plantes phanérogames que
nous connaissons, et les indique comme le
type d’une famille détruite. Il se retrouve ,
il est Yrai , au plus haut degré , parmi les
Cryptogames dans les Eqnisctnm, et parmi
les Dicotylédones dans les Casnarina ;
mais l’existence de cette gaine , dans ces
deux genres si différents, entraîne l’avorte¬
ment des feuilles , réduites à de simples
dents, tandis que dans les Astèrophy liées ,
les feuilles sont très développées.
Des trois genres que je signalais comme
composant cette famille , deux, les Annu -
laria et le Phyllotheca avstralis de la
Nouvelle-Hollande, n’ont présenté jusqu’à
ce jour aucune trace de fructification. Les
vrais Astérophyllites, au contraire, ont
offert deux sortes d’organes axillaires ver-
licillés, dont on prendrait les uns pour des
fruits , les autres pour des anthères : les
premiers semblent des nucules monosper¬
mes , indéhiscentes , bordées d’une aile
membraneuse ; les autres des sacs pollini-
ques , fixés à la face supérieure et vers la
base des feuilles, réunies entre elles en une
sorte de gaine étalée, et dont la succession
forme comme un épi ou un chaton , ayant
quelque analogie avec ceux des Conifères ou
des Gyeadécs. Ce sont ces rameaux fructi¬
fères qui ont été généralement figurés sous
les noms éC Astérophyllites ou de Bruck¬
mannia tuhcrcvlata , et de IVolkman-
nia polysiachyn.
Des échantillons , figurés par MM. Lin-
dley et Halton dans le Fossil flora sous le
nom de Calamites nodosvs , et d’autres
sous celui & Astérophyllites grandis, sem¬
bleraient indiquer que les Astérophyllites
ne seraient souvent que des rameaux jeunes
et garnis de feuilles de quelques espèces de
Calamites ; sicette identité d’origine se con¬
firmait, elle jetterait beaucoup de jour sur la
nature de l’un et de l’autre de ces genres ;
mais les faits qui peuvent le faire penser
sont encore trop peu nombreux pour qu’on
puisse en tirer une conclusion positive.
Il résulte donc des observations faites
jusqu’à ce jour, qu’il reste beaucoup plus
de doutes à éclaircir qu’il n’y a de certi¬
tudes établies sur les plantes fossiles de ce
groupe ; mais aussi que les Astérophyllées
et les Calamites, qui ont sans doute beau¬
coup d’analogie entre elles, s’il n’y a pas
identité d’origine, constituaient une famille
toute spéciale, entièrement détruite, qui n’a
aucun rapport avec les plantes phanéroga¬
mes que nous connaissons, mais qui pro¬
bablement se rapporterait à la division des
Gymnospermes.
Dans notre opinion , les plantes de cette
famille ne doivent constituer, d’après l’é¬
tat actuel de nos connaissances, que les
trois genres PhyllAheca , Annnlaria et
Astérophyllites ; les genres Bornia ,
Beckera , Bruckmannia et Wolkman-
7 lia de M. De Sternberg, n’étant que des sy¬
nonymes, ou des états particuliers souvent
en rapport avec le développement des fruc-
AST
lifications du dernier de ces genres et d’une
partie des Annularia . A cette famille vien¬
dra peut-être même se rattacher le genre
Splicnophyllum , malgré la forme si spé¬
ciale de ses feuilles.
Les plantes de cette famille sont très
nombreuses dans les terrains houillers de
toute l’Europe, et paraissent limitées à cette
époque ; on n’en a jusqu’à ce jour retrouvé
aucune trace dans les terrains plus récents.
Les espèces en sont assez variées; mais la
plus commune dans les couches houillères
de tout le globe, est X* Annularia longi-
folia , ou Bornia slcllata Sternb., fré¬
quente dans toute l’Europe et dans les mi¬
nes de l’Amérique septentrionale.
Une des planches de l’Atlas de ce Diction¬
naire représente quelques exemples bien ca¬
ractérisés XX Annularia et (X As terophy l-
lites. (Ad. B.)
* ASTEROPSIS ( aarÉp , étoile ; '% ,
ressemblance), échin. — Genre d’Astérides,
à deux rangs de tentacules, à la face ventrale
et à anus, indiqué par MM. Millier et Tro-
schel ( Archives de Wiegmann , 1840), et
comprenant X As ter ia s carinifera Lamk.
Voyez astéries. (P. G.)
* ASTEÏIOPSIS ( àcrr'p , étoile ; o«J>t; ,
figure ; qui a de la ressemblance avec un
Aster), bot. rn. — Section du g. Athrixia ,
caractérisée par ses capitules multiflores,
et par son aigrette composée alternative¬
ment de paillettes courtes et de longues
soies. (J. D.)
* ASTEÏIOPSIS. bot. th. — Ce genre
est formé sur une plante du Brésil. M. Les-
sing le caractérise de la manière suivante :
Capitules solitaires offrant un rayon de fleurs
femelles, et celles du disque régulières, her¬
maphrodites ; des fruits piano-comprimés ,
non bordés, légèrement étranglés au som¬
met, et couronnés d’une aigrette unisériée,
poilue. Ce genre , d’après son auteur , est
très voisin des Aster. (J. D.)
ASTEROPTERUS (àar r'p, astre, étoile;
Tprspov , plume ; parce que les espèces de ce
genre ressemblent à X Aster par la forme
des fleurs, et que les ovaires sont couron¬
nés de fleurs), bot. th. — Section du genre
Leysscra (Composées), caractérisée par les
écailles internes de l’involucre, qui ne sont
pas repliées et n’embrassent pas étroitement
les ovaires, et par les fleurons du disque dont
AST 261
l’aigrette est composée de soies plumeuses
dès la base. (J. D.)
* ASTEROPTYCHIUS (àorr.p, étoile ;
Tzrùyj; (irrbi-) écailles), roiss. — Je trouve ,
sous ce nom générique , dans le Catalogue
des Poissons de la collection du comte de
Enniskillen et de sir Philippe Grey Eger-
ton , l’indication d’un fossile du système
carbonifère de l’Irlande , découvert près
d’Armagh. L’esp. est nommée Asteropty -
chius ornatus. (Yad.)
* ASTÉROSCOPE. Astcroscopus (àa-
ryip, astre; gkcttc'w, je regarde), ins. — Genre
de l’ordre des Lépidoptères , famille des
Nocturnes, établi par M. Boisduval, et qui
a pour type le Bombyx cassinia de Fabri-
cius, ou B. Sphinx d’Esper, ainsi nommé
à cause de l’attitude que prend sa chenille
dans l’état de repos. M. Boisduval avait
d’abord placé ce genre dans sa tribu des
Pseudo-Bombyces ; mais , dans son G e-
nera et index methodicus , qui a paru en
1840, il l’a rattaché à celle des Notodonti-
des. Ce genre ne contient que trois espèces :
XA. cassinia Fabr., déjà nommée, laquelle
se trouve , en novembre , sur le tronc des
Ormes , dans les environs de Paris ; XA-
2) u lia Hubn., qui habite la Hongrie et le
midi de la France, et paraît en septembre ;
et XA. nubeculosa Esper, qu’on trouve en
Allemagne et dans notre département du
Nord ; cette dernière éclôt en mars et avril.
Ces trois espèces sont figurées et décrites
dans notre Histoire des Lépidoptères de
France. (D.)
* ASTEROSPERMA ( àaTiîp , étoile ;
ffirepaa, semence ; graine étoilée ; par allu¬
sion à la disposition de l’aigrette qui sur¬
monte le fruit), bot. th. — V Asterospcrma
a le port de X Aster à feuille d’Hysope ;
c’est un petit arbrisseau très rameux, blan¬
châtre, portant des feuilles linéaires, et, au
sommet des rameaux, des capitules solitaires
à rayons bleus. M. Lessing, qui a fondé ce
g., lui attribue les caractères suivants : Ca¬
pitule radié. Aigrette composée de deux sé¬
ries de soies dont les intérieures plus lon¬
gues. Branches du style terminées par un
cône court et couvert de petits poils redres¬
sés. Les fruits, dépourvus d’ailes, mais
comprimés, sont parcourus par deux côtes
marginales. — V Asterosperma , qui fait
partie des Composées, e$t classé par M
262
AST
près des Cinéraires. On n’en connaît qu’une
seule esp., indigène du Cap. (J. D.)
ASTEROSPORIUM ( aorrina , étoile ;
cnropa, spore), bot. cr. — Kunze ( Flor . Ra-
tisb., 1819, p. 225) a décrit, sous ce nom, le
Stilbospora asterosperma de Persoon. Ce
champignon appartient aux Stilbosporées ;
il croit sur l’écorce du Fagus sylvatica ,
qu’il tache comme le feraient des pâtés
d’encre. Si l’on soumet au microscope la
matière noire qui forme ces taches, on voit
qu’elle est composée de spores à peu près
pyriformes, noires, avec quatre ou cinq
cloisons transversales. Les auteurs qui ont
étudié ce champignon ne l’ont examiné que
dans l’état que je viens de décrire, et, par
conséquent , quand il était vieux et pour
ainsi dire détruit 5 mais, si on l’examine
dans le jeune âge, on trouve un réceptacle
charnu , rempli d’une pulpe noire , compo¬
sée de spores pyriformes d’abord transpa¬
rentes ; il s’y développe ensuite des granu¬
lations ; enfin les cloisons se manifestent et
elles prennent alors une couleur noire très
intense. Toutes sont fixées au réceptacle
par leur petite extrémité , à l’aide d’un pé-
dicellc blanc, court, transparent. Cette or¬
ganisation est très curieuse et existe dans un
très grand nombre d’autres petits Champi¬
gnons dont on croyait les spores libres.
M. Corda ( Icônes fung ., t. III, tab. 4) l’a
retrouvée également dans les genres Me-
laneonium , Slcgonosporium et Sporo-
endus . (Lév.)
* ASTEROTHRÏX (àarrip, étoile; ôptÇ,
cheveu ; poil étoilé ). bot. rn. — Genre
de Composées, tribu des Chicoracées, éta¬
bli par Cassini sur VApargia asperrima
et hispanica , dont les caractères sont :
Capitule multiflore. Involucre imbriqué ou
subimbriqué , composé d’écailles hispides
sur la face dorsale ; réceptacle nu. Fruits
cylindracés, terminés par une sorte de bec
ténu, et de consistance différente de celle
de l’ovaire. Aigrette blanchâtre, formée de
plusieurs séries de soies très longuement
plumeuses, non dilatées à la base, et toutes
semblables entre elles. — Les Astcrothrix
sont des plantes herbacées dont la tige se
termine, le plus ordinairement, par un seul
capitule . Les feuilles, ainsi que toute la plan¬
te, sont couvertes de poils raides, étalés,
général étoilés, bi-ou trifurqués Ce genre
AST
participe, par ces caractères, des Apargia ,
Scorzonera et Tragopogon. (J. D.)
* ASTHEMURUS. ms.— Genre formé
par Swainson dans sa Classif. of birds ,
et démembré de celui de Picumne de Tem-
minck, pour y placer toutes les espèces amé¬
ricaines appartenant à ce genre , n’y lais¬
sant que l’espèce indienne, le Picumne
abnorme de Temminck.
Ce genre est synonyme de celui de Pi-
cule, Pieu lus , proposé par M. Is. Geof-
froy-Saint-Hilaire dans son mémoire inti¬
tulé : Considérations sur les caractères
employés en Ornithologie , etc., lu, le 3
août 1832, à la Société d’histoire naturelle
de Paris , et faisant partie des Nouvelles
Annales d’Hist. nat. , t. I, p. 357. Voy.
ncuLE. (Lafr.)
* ASTHRÆÏJS. ins. — Genre de l’or¬
dre des Coléoptères pentamères, famille des
Sternoxes, tribu des Buprestides, établi par
MM. Delaporte et Gory dans leur belle
iconographie de cette famille. — Ce g. a
pour type une espèce de la Nouvelle-Hol¬
lande , nommée par les auteurs A.flavo
pictus , et queM.Dejean, dans son dernier
Catalogue, place dans son g. Poly chroma.
(D.)
* ASTIANTHUS, Don; in Bdinb.pht
los. journ., t. IX, p. 363. bot. i>h. — Genre
de la famille des Bignoniacées, auquel son
auteur assigne les caractères suivants : Ca¬
lice tubuleux, régulier, 5-denté. Corolle
infundibuliforme-bilabiée , 5-lobée ; lobes
obtus, ondulés, l’antérieur très grand. Éta¬
mines 4, didynames , accompagnées d’un
staminode rudimentaire. Anthères 2-thè-
ques ; bourses égales, confluentes. Style in-
divisé ; stigmate bilamellé. Capsule siliqui-
forme, longue, coriace, 2-loculaire, 2- valve,
polysperme. Cloison parallèle aux valves.
Graines transverses, comprimées , peltées,
ailées, attachées aux bords de la cloison. —
VA. longifolius Don, constitue à lui seul le
g.; c’est un arbrisseau du Mexique, à feuil¬
les simples , verticillées-ternées , longues,
linéaires, coriaces, très entières; à fleurs en
panicules terminales. (Sr.)
* ASTICTA (a<mmç, qui ne porte au¬
cune marque). ins. — M. Newmann(Ercû9ra.
ma gaz., t. IY et Y ) donne ce nom à un
genre qui, ne différant guère des Tenthredo
que par la proportion des articles des aq-
AST
AST
263
tennes , ne devrait sans doute pas en être
séparé. Le type est VA. ianthe Newm.,
d’Angleterre. Voy. tenthredo. (Be.)
* ASTIGIS (ancien nom de la ville d’É-
cijà, en Espagne), ins. — Genre de Coléop¬
tères pentamères, famille des Carabiques,
tribu des Féroniens , créé par le docteur
Rambur, dans sa Faune cntomologique
de V Andalousie , aux dépens du genre
Argutor de Mégerle , et auquel il donne
pour caractères: Menton triflde, côtés (lobes
latéraux ) un peu échancrés vers leur som¬
met , qui est séparé en un petit lobule al¬
longé. Dernier article des palpes en fuseau;
mandibules un peu denticulées à la base du
côté interne; labre très légèrement échan-
cré. Antennes un peu comprimées , à arti¬
cles presque égaux. Les trois premiers ar¬
ticles des tarses antérieurs légèrement di¬
latés dans les mâles, le second cordiforme,
le troisième presque en croissant. Corselet
un peu en cœur.
Ce genre a pour type V Argutor rubri-
pes d’Hofl'mansegg , trouvé communément
par le docteur Rambur , dans le lit des tor¬
rents et des rivières , aux environs de Ma-
laga, de Grenade, etc. M. Dejean ( Cat ., 3e
éd.) place cette espèce dans la 2e division
du grand genre Feronia de Latreille , qui
correspond au genre Argutor de Mégerle,
et M. de Chaudoir la met -parmi les vrais .
Argutor , dont le genre se réduit pour lui
à dix espèces. (D. et C.).
* ASTILBE, Hamilt. bot. th. — Genre
de la famille des Saxifragacées (sous-ordre
des Saxifragées) , auquel M. Don ( Prodr .
flor. ncpal. , p. 210) assigne les caractères
suivants : Calice 4-ou 5-parti , coloré ; seg¬
ments imbriqués, oblongs, obtus, concaves.
Corolle nulle. Étamines en nombre double
des sépales et insérées devant ceux-ci; filets
subulés; anthères globuleuses, 2-lhèques.
Styles 2 ; stigmates tronqués. Capsule 2-lo-
culaire, 2-rostre, polysperme. La seule es¬
pèce qui appartienne certainement à ce
genre est VA. rivularis Hamilt. — Herbe
vivace, élancée , ayant le port du Spirœa
Aruncus , et hérissée de poils roux. Ses
feuilles sont grandes, biternées, à folioles
'dentelées, à pétioles engainants ; ses fleurs
.sont blanchâtres , disposées en panicule
^composée de grappes spiciformes , garnies
de bractéoles ovales, concaves. (Sp. )
*ASTILBUS (à priv.; <m Xêoç, luisant).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Bachélytres , tribu des Aléo-
charides , établi par Dilwyn , et adopté par
M. Westwood, qui le caractérise ainsi:
Corps étroit, déprimé. Abdomen plus large
que le corselet. Palpes filiformes. Corselet
oblong. — Ce genre , qui a pour type le
Staphylinus canaliculatus Fabr., paraît
correspondre à celui que Lcach a nommé
Drusilla, et que M. Erichson a fondu de¬
puis dans son genre Myrmcdonia. Voy.
DRUSIREA et MYRMEDONIA. (D.)
* ASTOUSMA (aarolîou.o;, sans orne¬
ment). ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille des Chrysomélines , tribu
des Alticides, établi parM. Dejean, dans son
dernier Catalogue, et dont il n’a pas publié
les caract. Il n’y rapporte qu’une seule esp.,
nommée par lui A. murina , sans indica¬
tion de patrie. — Celte esp. ne nous étant
pas connue , nous ne pouvons rien dire de
ses caractères génériques, et nous ne la
mentionnons ici que pour mémoire. (D).
* ASTOMA, DC. {Coll. Mem ., 5, p. 71,
tab. 17; id. Prodr., IV, p. 249. non Gray). —
Jj^omœa,Reichenb ( Syst . Nat.), (à priv.;
aTop.a, bouche ou ostiole). bot. th. — Ge
de la famille des Ombellifères (tribu des
Coriandrées, Koch). Suivant son auteur, il
ne diffère des Bifora qu’en ce que la com¬
missure des méricarpes est plus étroite et
point perforée. On n’en connaît qu’une
seule esp. (A. ses eli folium DC.), plante
indigène d’Égypte. (Sr.)
* ASTOMA (à priv.; G~cg.cn. , bouche ou
ostiole). bot. cr. — Gray donne ce nom aux
Sclèrotes. Voy. ce mot.
Sous le nom d 'Astoma, Persoon a réuni
toutes les Sphéries dont les ostioles sont
nuis ou peu visibles. Cette sous-division a
été dispersée dans la distribution de ce gen¬
re qu’en a faite le professeur Fries. (Lév.)
* ASTOMÆ A , Reichb. {Syst. Nat .);
bot. th. — Synonyme du g. Asioma, DC.,
de la famille des Ombellifères. (Sp.)
ASTOME. Asioma (à priv.; arcy.y.,
bouche), arach. — Genre d’ Acariens à six
pattes, établi par Latreille pour la Mite pa¬
rasite des Diptères ( Degéer, t. vil, pl. 7,
fig. 7) , avec ces caractères : Bouche infé¬
rieure pectorale, très petite ; les suçoirs et
les pattes non apparents. Six pattes, point
264
AST
AST
d’yeux. — C’est une larve, comme le remar¬
que Dugès, et qu’on doit rapporter, ainsi
que le faisait Hermann, qui nomme l’espèce
type de ce genre Trombidium parasiti-
cum , à la famille des Trombidies ; la famille
des Acariens à six pattes, dans laquelle La-
treille le plaçait, ne renfermant que des ani¬
maux des diverses autres familles n’ayant
point encore acquis leur développement.
(P. G.)
* ASTOME. Astomum (<xavoy.oç, privé
de bouche), bot. cr. — M. Hampe a proposé
{Linnœa, 1838) de séparer du g. Phascum ,
de la famille des Mousses, et de réunir au
groupe des Weissiacées, sous le nom géné¬
rique Astomum, les espèces suivantes :
Phascum curvicollum , axillare , suhu-
latum et crispum. Nous ne saurions don¬
ner notre assentiment à un pareil démem¬
brement, qui ne nous semble point fondé.
(C. M.)
ASTOMELLE. Astomella ( aorc^oç ,
sans bouche), ins. — Genre de l’ordre des
Diptères, division des Brachocères, subdi¬
vision des Tétrachœtes , famille des Tany-
stomes, tribu des Vésiculeux, établi par M.
Léon Dufour et adopté par Latreille , ainsi
que par M. Macquart dans son Hist. nat .
des Dip tères, faisant suite au Buffon-Roret
(t. I, p. 367).
Ce genre, dont le nom indique l’absence
apparente de la trompe, a pour type une
espèce trouvée en Espagne , sur les fleurs,
au mois de juin , par M. Léon Dufour, et
décrite par lui dans les Annales des scien¬
ces naturelles , 1833, p. 210, sous le nom
d'Ast. curviventris , parce qu’en effet elle
a l’abdomen courbé. M. Macquart y réunit
une seconde esp. trouvée dans les environs
de Bologne par M. Vanderlinden, et décrite
par Klug sous le nom de Henops vaxelii
( Mag . Berl., 1807, 4e cat. , p. 273, tab. 7,"
fig- 6). (D.) '
ASTOMES. Astoma (à priv. ; <ttoW. ,
bouche), ins. — M. Duméril nomme ainsi
sa quatrième famille de l’ordre des Diptè¬
res, et lui donne pour caractères : Diptères
sans suçoir et sans trompe, à bouche rem¬
placée par trois points enfoncés. Cette fa¬
mille ne renferme que le genre OEstre.
Voy. ce mot. (D.)
ASTOMES. A stomi (owimo;, sans bou¬
che). bot. CR. — Les bryologistes donnent
ce nom à une des divisions de la famille des
Mousses, caractérisée par des capsules qui,
à la maturité, ne s’ouvrent point d’une ma¬
nière régulière , c’est-à-dire par la sépara¬
tion et la chute d'un opercule. Chez ces
Mousses, les séminules sortent par une dé¬
chirure ou une rupture quelconque des pa¬
rois de la capsule, rupture indépendante de
toute cause extérieure et amenée par les
progrès de la végétation. Les genres Phas¬
cum., Archidium, Voitia , Bruchia et
plusieurs autres encore sont dans ce cas. On
dit alors Yoperctde persistant.
(C. M.)
ASTRAGALE. Astragalus, Linn. (Le
nom de à^Tpa^aXo? est employé par les bota-
nographes grecs pour désigner une ou plu¬
sieurs Légumineuses, qu’on suppose appar¬
tenir au g. Astragale), bot. th. — Genre de
la famille des Légumineuses , sous-ordre
des Papilionacées , tribu des Astragalées ,
Adans. M. De Candolle, en constituant son
genre Oxytropis aux dépens d’un nombre
assez considérable d’espèces comprises, par
les auteurs plus anciens, parmi les Astraga¬
les , assigne à ceux-ci pour caractères es¬
sentiels : Calice 5-denté. Corolle à carène
obtuse. Étamines diadelphes. Légume bilo-
culaire ou semi-biloculaire par le rentre-
ment des bords de la suture inférieure. —
Herbes ou sous-arbrisseaux. Feuilles impa-
ripennées ou abrupti-pennéesj fleurs jaunes,
ou rouges, ou bleues, ou blanchâtres, axillai¬
res, solitaires, ou en grappes, ou en épis, ou
en capitules ; fruit de formes très variées. Ce
genre comprend environ 300 espèces, la plu¬
part indigènes des contrées extra-tropicales
de l’hémisphère septentrional, et abondant
surtout en Sibérie. VA. gummifer et quel¬
ques autres espèces d’Orient produisent de
la gomme adragante. (Sp.)
ASTRAGALÉES, DC. bot. ph. — Sous-
division de la tribu des Lotées (famille des
Légumineuses, sous-ordre des Papiliona¬
cées), et dont le genre Astragale est le
type. (Sp.)
ASTRAG ALGIDES, Adans. bot. ph.
— Syn. du genre Phaca , de la famille des
Légumineuses. (Sp.)
* ASTRAGALOIDES,Mœnch(.teA,
p. 168). bot. rn. — Genre non admis, fondé
par son auteur sur les Astragales dont les
gousses sont subcordiformes et bouffies;
AST
565
par exemple, VA. Glaux L., VA. alopecu-
roidcs L., VA. CicerL., etc. (Sr.)
ASTR AIRES. POLYP. — Voyez ASTREES.
(c, D’O.)
ASTRANCE.Æs/rarc/ïV2,Tourn.;Linn.
[excl. sj).) — Koch ( Umbcll. , p. 138, fig. 42
et 43). bot. ph. — Genre de la famille des
Ombellifères (tribu des Saniculées, Koch;
tribu des Pleurospermées, s. -tribu des Sé-
sélinées, Tausch.), offrant les caractères
suivants : Limbe calicinal de 5 folioles glu-
macées, dressées, persistantes. Pétales 5,
égaux, dressés, connivents, oblongs-obcor-
diformes, terminés en languette infléchie.
Disque concave, crénelé au bord. Styles
longs, dressés, finalement recourbés. Péri¬
carpe fusiforme ou oblong, presque cylin¬
drique ; méricarpes 5-costés : côtes caré¬
nées, creuses, squammelleuses ; épicarpe
membraneux, adhérent seulement à la com¬
missure ; endocarpe crustacé. Point de ban¬
delettes. Carpophore adné. Graines adhé¬
rentes, semi-cylindriques. — Herbes vivaces.
Feuilles palmées ou pédalées : les inférieu¬
res longuement pétiolées ; les supérieures
(souvent indivisées) sessiles. Fleurs polyga¬
mes, longuement pédicellées. Ombelles so¬
litaires ou fasciculées, simples, longuement
pédonculées, multiflores , accompagnées
chacune d’une collerette polyphylle , à fo¬
lioles grandes, colorées, nerveuses, souvent
dentelées. Corolle rose ou blanche, en géné¬
ral plus courte que le limbe calicinal. Ce g.,
l’un des mieux caractérisés de la famille
des Ombellifères , ne comprend que 4 ou 5
espèces, toutes indigènes d’Europe ou d’O-
ricnt. — L’ Astrance commune (. Astrantia
major L.), espèce commune dans les prai¬
ries des Alpes et des Pyrénées, est cultivée
comme plante de parterre ; du reste, ses
congénères se font également remarquer
par une inflorescence très élégante. (Sr.)
ASTRANTHUS, Loureir. bot. ph. —
Synonyme du genre Blackwellia , Com-
mcrs., de la famille des Homalinées. (Sr.)
ASTRAPÆUS (àcr rpôwratc?, qui produit
la fondre), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Brachélytres, tribu des
Staphylinides, établi par Gravenhorst aux
dépens du genre Staphylinns de Linné, et
adopté par tous les entomologistes . M Erich-
son ( Généra Staphylinorum , p. 552) lui
donne pour caractères essentiels : Tous les
AST
palpes à dernier article sécuriformc. Lan¬
guette arrondie , coupée au milieu , plus
courte que les paraglossçs. Pattes intermé¬
diaires rapprochées. L’auteur n’y rapporte
qu’une seule espèce. VA. ulmi (Slaph.
ulmineus Fabr.), qui se trouve sous les
écorces dans une grande partie de l’Europe.
Elle est figurée dans Rossi et Oln ier. (D.)
* ASTRAPE (deerrpa rra, éclair), roiss.
— Genre établi par MM. Muller et Henle
pour réunir les Chondroptérygiens de la
famille des Torpilles , qui n’ont qu’une
seule nageoire sur le dos de la queue. Ces
Poissons ont d’ailleurs le corps aplati ,
arrondi en avant ; de petits yeux placés
près des évents ; la bouche étroite et pro-
tractile; des dents dépassant à peine le
bord de la mâchoire. On rapporte à ce genre
deux espèces, indiquées déjà dans le cata¬
logue de Bloch (édit, de Schneider), sous les
noms d eRaia cap en sis et Raia diptery-
gia. Celle-ci appartient à ce genre, parce
que, dans la manière de compter les nageoires
de la queue, Schneider comprenait celle qui
termine cet organe , et disait de la Torpille
ordinaire Cauda tripinnata. La première
esp. remarquable par la puissance de ses
batteries électriques. (Val.)
ASTRAPÉE. Astrajxjea, Lindl. [Col¬
lecta tab. 14); Martius [Amen. bot. Mo-
nac. , tab. 4). (àa-rpa-irn, éclat), bot. ph.
— Genre de la famille des Dombéyacées
( de la famille des Malvacées , suivant
M. Lindley). Les caractères en sont : Calice
de 5 pétales linéaires-lancéolés , accom¬
pagné, soit d’un involucelle 3-phylle , soit
d’une seule bractée. Corolle de 5 pétales,
oblongs-obovales, plus longs que le calice,
convolutés et imbriqués , de manière à
simuler une corolle tubuleuse. Étamines
au nombre de 25 (dont 5 stériles) , mona-
delphes, aussi longues ou plus longues
que la corolle ; androphore tubuleux, cylin-
dracé , 5-nervé ; filets courts , terminaux :
les 5 extérieurs liguliformes-cuspidés, anan-
thères ; les 20 autres anthérifères, sub-bisé-
riés, filiformes. Anthères 2-thèques, dres¬
sées, introrses, oblongues, longitudinale¬
ment déhiscentes. Ovaire non stipité , 5-lo-
culaire ; loges 2-ovulées ; ovules anatropes ,
superposés, renversés. Style terminal, fili¬
forme , saillant , couronné de 5 stigmates
courts, pointus, étalés. (Péricarpe inconnuA
■ 'W- ■— 17*
T. SI
266
AST
AST
— Arbres (indigènes de l’Inde et de Mada¬
gascar) remarquables par l’élégance du feuil¬
lage et des fleurs ; rameaux gros , cylindri¬
ques , fistuleux , couverts d’une pubescence
étoilée 5 feuilles alternes, longuement pétio-
lées, grandes, cordiformes, acuminées, en¬
tières, ou crénelées, ou lobées, pubérules
en dessus, cotonneuses en dessous ; stipules
foliacées, persistantes, grandes, acuminées.
Pédoncules longs, solitaires, axillaires, poi¬
lus , multiflores ; fleurs pédicellées , dispo¬
sées soit en corymbe très dense, dépourvu
d’involucre , soit en gros capitule accompa¬
gné d’un involucre de quantité de bractées
ovales-orbiculaires 5 corolle écarlate ou blan¬
châtre. On connaît trois espèces d’Astra-
pées ; ces végétaux se cultivent comme plan¬
tes d’ornement de serre ; la plus notable est
VA. penduliflora DC. ( A. Wallichii
Lindl.) (Sp.)
ASTRAPIE.^sfra^n# éclat),
ois. — Genre de l’ordre des Passereaux de Cu-
Yier, des Oiseaux Syl vains de Vieillot, et de
sa famille des Coraces. Ce genre a été formé
par Vieillot pour recevoir une seule espèce
de la Nouvelle-Guinée, qui, n’arrivant de ce
pays que sans ses pattes, comme la plupart
des Oiseaux de paradis, et sans qu’on sache
encore rien sur ses mœurs, a été placée par
différents ornithologistes dans divers gen¬
res. Latham et Gmelin, d’après la richesse
de son plumage , en ont fait un Oiseau de
paradis 5 Le Vaillant l’a rangée avec les
Pics ; Cuvier l’a réunie à ce groupe de Mer¬
les marcheurs désignés par Temminck sous
le nom de Lamprofornis , et Vieillot en a
formé un genre qu’il met dans sa famille
des CGraces. Nous pensons, comme Vieil¬
lot , qu’elle diffère assez en apparence de
tous ces groupes pour devoir être le type
d’un nouveau genre ; mais il nous semble
impossible de déterminer la place où ce g.
doit figurer, tant qu’on ne saura rien de ses
mœurs , et surtout qu’on ne connaîtra pas
la forme de ses pattes. Dès qu’on aura ac¬
quis des notions sur les unes et les autres,
celles des Oiseaux de paradis déjà bien con¬
nues sont trop caractéristiques pour qu’on
ne reconnaisse sur-le-champ s’il doit appar¬
tenir à des Oiseaux percheurs, sylvïcoles et
frugivores comme eux, ou à des Oiseaux
marcheurs et vivant en troupes comme les
Lamprofornis. Nous avouons que, malgré
la forme de son bec assez analogue à celui
de ces derniers, nous croyons reconnaître
dans la nature , l’étalage et la richesse de
son plumage , dans la communauté de pa¬
trie , des rapports avec les Paradisiers ou
avec les Épimaques, qui nous feraient sup¬
poser que cette espèce en est plus voisine
que de tout autre groupe. Les caractères du
genre sont , d’après Vieillot : Bec nu à la
base, très comprimé par les côtés, pointu 5
mandibule supérieure étroite en dessus, en¬
taillée et fléchie à la pointe. Narines rondes
et glabres. Tarses nus , annelés , robustes.
Doigt intermédiaire réuni à la base avec
l’externe , totalement séparé de l’interne.
Ongles forts, très crochus. Queue très lon¬
gue, très étagée, à douze rectrices.
Vieillot a-t-il décrit les pattes de cet oi¬
seau sur une peau non montée, ou sur un
individu monté , auquel on aurait pu don¬
ner des pattes étrangères? Nous l’ignorons 5
pour nous , nous n’avons encore yu que des
peaux sans leurs pattes.
L’espèce type , le Paradisœa gularis
Lath., Paradisœa nigra Gmel., figurée
par Le Vaillant, Ois. de par. 20 et 21, sous
le nom de Pie de Paradis , et par Vieillot,
Ois. de par., pl. 8 et 9, et Galerie , pl. 107,
sous celui d’ Asfrapie à gorge d,or{Aslra-
pia gularis ), est un des Oiseaux dont le
plumage a le plus de magnificence. Le mâle
a la tête ornée de deux huppes latérales de
plumes longues et soyeuses s’étendant sur
les côtés du cou 5 la gorge est d’un cuivre
rouge brillant , le manteau et le corps en
dessous éméraude, le dos acier rougi : ses
plumes, à reflets les plus brillants d’or et de
cuivre de rosette, ont la plupart la forme
d’écailles; les ailes et la queue sont d’un noir
violet. Sa grosseur est celle du Choucas, et
sa longueur de 28 pouces, dont 21 pour la
queue, qui est très étagée. La femelle, figu¬
rée par Le Vaillant, n’a rien du luxe et de
la magnificence du mâle ; elle est d’un noir
fuligineux, excepté la queue qui est brun
roux. On les trouve à la Nouvelle-Guinée.
(Lafr.)
ASTRÉE (âcronp, astre), toryp. — Genre
très nombreux de la classe des Polypes paren¬
chymateux, ou Polypes proprement dits, et
de l’ordre des Zoanthaires , ainsi nommé à
raison de la disposition étoilée des lamelles
qui garnissent intérieurement chacune des
F
AST
loges du polypier. Ces Polypes ressemblent
beaucoup aux Actinies par leur forme géné¬
rale ; leur corps étant cylindrique, terminé
supérieurement par un disque circulaire ,
portant l'ouverture buccale à son centre et
une double rangée de tentacules coniques et
simples vers sa circonférence ; mais les la¬
melles verticales qui divisent intérieurement
la grande cavité abdominale ne restent pas
isolées comme chez les Actinies, et se réu¬
nissent, pour la plupart, vers la partie infé¬
rieure de cette cavité, de façon à constituer
un axe central entouré de locules rayonnées ;
enfin, par les progrès du développement , il
s'établit aussi, entre ces cloisons, de petites
lamelles transversales qui bouchent le fond
des cavités ainsi circonscrites ; ces lamel¬
les , de même que les cloisons verticales et
l’enveloppe tégumentaire, se durcissent par
le dépôt de matières calcaires dans leur épais¬
seur, de façon à constituer un polypier pier¬
reux, divisé intérieurement par des lames
rayonnantes, et terminé supérieurement
par une sorte de cupule étoilée et peu pro¬
fonde. Par ces caractères , les Astrées res¬
semblent aux Caryophyllies , aux Dendro-
phyllies, etc.; mais ils s’en distinguent par
leur mode de multiplication. En effet , ces
animaux, en se reproduisant par bourgeons,
ne se séparent pas entre eux, et les divers
individus ainsi agrégés s’élèvent parallèle¬
ment les uns aux autres et sont réunis par un
tissu assez compacte, de façon à constituer
des masses épaisses et souvent glomérulées.
Le polypier des Astrées est donc caractérisé
principalement par la continuité de chacune
de ces espèces de colonnes creuses depuis
la base jusqu’au sommet de la masse ; par
la nature du tissu interloculaire ; par la réu¬
nion de la plupart ou de toutes les cloisons
rayonnantes de chaque individu sur l’axe de
son corps, et par l’existence de parois bien
distinctes et peu ou point poreuses autour de
chacune de ces cellules étoilées. On connaît
un grand nombre d’ Astrées récentes qui,
pour la plupart , habitent les mers des ré¬
gions chaudes du globe. Les espèces fos¬
siles sont également abondantes, et se ren¬
contrent principalement dans les terrains
tertiaires et jurassiques. La forme et la
structure du polypier offre, dans ces diverses
espèces, des différences assez considérables,
et a fourni aux zoologistes des caractères
AST 267
1 pour la subdivision des Astrées en plu¬
sieurs groupes secondaires, tels que ceux dé¬
signés par M. de Blainville sous les noms de
Sidèrasirècs , Gemrnastrees, etc. (M. E.)
ASTRÉES (àarvîp, astre). polyi*. — La-
mouroux désigne ainsi le troisième ordre de
ses Polypiers pierreux lamellifères, compre¬
nant les genres Échmopore , Explanaire
et Astrée. (m. E.)
ASTRÉOIDE (àsrvip, astre ; et^oç, res¬
semblance). poiiYP. — Nom employé par
M. de Blainville pour désigner une sub¬
division du genre Astrée , ayant pour type
P A. calycularis. (M. E.)
ASTRÉOPORE. polyp. — Genre établi
par M. de Blainville pour recevoir quelques
Polypiers rangés par Lamarck dans le genre
Astrée, mais qui paraissent se rapprocher
des Madrépores proprement dits. Il lui as¬
signe les caractères suivants : « Loges sail¬
lantes, mamelonnées, cannelées ou subra¬
diées intérieurement , et irrégulièrement
éparses à la surface d’un polypier calcaire ,
extrêmement poreux et échinulé , élargi en
membrane fixe ou glomérulée. » Exemple ;
Aslrea myriophthalma Lamk. (M. E.)
ASTREP1IIA , Dufresne , Valer. —
Hemesotria , Rafin. {Ann. yen. des sc.
phys ., t. VI, p. 88). bot. ph. — Genre de la
famille des Valérianées ; il ne diffère des
Valérianelles que par une corolle éperonnée
ou gibbeuse, et un style trifurqué. M. De
Candolle {Prodr.y t. IV, p. 629) n’en admet
que deux espèces. Ces plantes croissent au
Pérou. (Sp.)
b ASTRES (àcrpov, astre), astr. — Cette
expression est très générique, et s’applique
sans exception à tous les corps célestés
qu’on peut apercevoir dans le ciel par un
temps serein.
Nous dirions fort peu de choses ici
de ces corps célestes, si nous ne nous étions
proposé de prouver au mot Astronomie
que cette science est, en quelque sorte,
la mère de toutes les autres connaissances
naturelles, et qu’elle a même un côté ou un
aspect particulier sous lequel son étude
devient très importante, eu égard à l’in¬
fluence, non plus chimérique comme celle
de l’Astrologie, mais matérielle et positive,
que les astres exercent sur les phénomènes
sublunaires, et plus particulièrement sur
les êtres organiques.
268
ÀST
AST
Nous allons donc entrer dans quelques
développements indispensables à nos inten¬
tions futures.
Les astres qu’on peut observer à la vue
simple sont extrêmement nombreux, et
ceux qu’on a pu distinguer nettementavecun
télescope sont au nombre de plus de 17,000.
Presque tousse présentent comme un point
lumineux , se détachant sur la voûte appa¬
rente qu’on nomme Ciel , et qui est d’un
bleu plus ou moins foncé.
Un examen un peu plus attentif fait bien¬
tôt reconnaître que l’immense majorité de.
ces astres ne changent pas de place, les uns
par rapport aux autres , ce qui les a fait
nommer Étoiles fixes , tandis qu’au corn
traire un petit nombre de ces corps sont
évidemment doués d’un mouvement propre
qui fait incessammentchanger leurs rapports
avec les étoiles fixes. On a reconnu que ces
corps mobiles circulent comme la Terre au¬
tour du Soleil, et on les a nommés Pla¬
nètes.
En outre, plusieurs de ces planètes pré¬
sentent des corps plus petits qui circulent
autour d’elles comme la Lune autour de la
Terre, et on les nomme Satellites ; enfin,
il est des corps lumineux , aperçus tempo¬
rairement dans le ciel , corps qu’on nomme
Comètes , et qui le plus souvent sont ac¬
compagnés d’une immense lueur qu’on ap¬
pelle leur chevelure ou leur queue, suivant
qu’elle les précède ou les suit.
Étoiles fixes. — Malgré leur nom, les
étoiles fixes paraissent se mouvoir unifor¬
mément autour de nous, d’orient en occi¬
dent; mais, depuis Copernic, on sait que ce
n’est là qu’une illusion d’optique qui dé¬
pend du mourraient de rotation diurne de
la terre, en sorte que l’observateur terres¬
tre est, à l’égard des étoiles fixes, dans le
même cas que l’homme placé dans un ba¬
teau, qui croit voir fuir le rivage.
Les étoiles fixes ont un grand éclat et
projettent une lumière scintillante; mais
quand on éteint ces effets dans les instru¬
ments astronomiques, elles se réduisent à
un point qui n’offre aucune dimension ap¬
préciable.
Le vif éclat des étoiles, comparé à celui
de notre Soleil, doit faire présumer qu’elles
ont un très grand volume ; et, comme elles
qe soutendent pas un angle de T, les astro¬
nomes en concluent avec certitude que l’é¬
toile fixe la plus rapprochée de nous est
placée à plus de vingt milliards de lieues,
en sorte que la lumière , qui parcourt
soixante-dix mille lieues par seconde, met¬
trait six ans à venir de l’étoile la plus voi¬
sine, et qu’un boulet de canon, se mouvant
à raison de sept lieues par minute, emploie¬
rait deux millions d’années à faire ce
voyage.
Comme au reste on ne peut pas douter
qu’il y ait des étoiles fixes mille fois plus
éloignées que les plus voisines, il est cer¬
tain que notre univers visible est assez
grand pour que la lumière ne puisse le tra¬
verser quen douze mille ans.
On a toujours remarqué que quelques-
uns de ces corps , malgré leur nom d’étoi¬
les fixes, semblent disposés par couples et
tournent l’un autour de l’autre ; on observe
aussi de petits nuages lumineux , tantôt va¬
gues et confus, tantôt présentant quelques
points brillants et distincts. On nomme ces
petites masses nébuleuses , et l’on en con¬
naît déjà plus de mille.
La Voie lactée n’est autre chose qu’une
zône de l’espace , dans laquelle se trouvent
rapprochées plus qu’ailleurs d’innombra¬
bles étoiles.
Aucun doute que les étoiles fixes ne
soient des soleils qui peut-être sont en¬
tourés d’un système planétaire analogue au
nôtre; car on en voit parfois briller tout-à-
coup pendant un temps et puis s’éteindre,
soit pour toujours, soit périodiquement,
comme s’ils étaient temporairement éclip¬
sés par quelques corps opaques.
Les étoiles fixes, nonobstant l’immense
distance qui les sépare de nous, et peut-
être à cause de leur grand nombre, sont loin
de demeurer sans influence sur le petit globe
que nous habitons. D’abord elles versent
incessamment sur la terre une quantité de
lumière assez considérable; et, si nous ne
les voyons pas le jour, c’est que notre Yue
imparfaite se trouve éblouie par la plus
grande lumière de notre Soleil ; mais, pen¬
dant l’absence de cet astre, elles nous éclai¬
rent assez pour diriger la plupart de nos
mouvements. En outre, les étoiles envoient
vers notre atmosphère une quantité très no¬
table de calorique rayonnant, à défaut du¬
quel toute la constitution de cette atmos»
AST
phôre et des êtres qui y vivent se trou¬
verait considérablement modifiée ; tant il
est vrai que, quelle que soit l’immen¬
sité du tout qu’on appelle Univers , et la
multitude innombrable des corps qui l’ha¬
bitent, il n’est aucun point du système
entier dont le mode d’existence ne soit in¬
timement lié à l’ensemble général. Nous
subissons nous-mêmes cette loi , et nous
réagissons certainement nous-mêmes sur le
système général, quoique nous soyons bien
petits; car, en supposant un observateur
placé dans une étoile fixe, il suffirait d’un
cheveu situé à un pied de son œil pour lui
cacher tout notre système planétaire.
Planètes. — La Terre que nous habi¬
tons, fait partie d’un système dont notre
Soleil est le centre. Onze corps solides prin¬
cipaux, presque sphériques, circulent au¬
tour de ce centre , et cet ensemble porte le
nom de Système planétaire.
L z Soleil est une masse lumineuse à peu
près sphérique, qui tourne sur elle-même,
et projette incessamment de la chaleur et
de la lumière. Sa distance de la Terre est
en moyenne de 34,500,000 lieues ; mais la
Terre se trouve tantôt plus près, tantôt plus
loin de cet astre d’environ 12,000 lieues. Le
volume du Soleil est très considérable : il
st 1,400,000 fois plus gros que la Terre, et
son diamètre est 110 fois celui de notre pla¬
nète. Pour se faire une idée relative de ce
volume, on peut se représenter que, si le
centre du Soleil était placé au même point
qu’occupe le centre de la Terre, sa circonfé¬
rence s’étendrait presque deux fois aussi
loin que le lieu où se trouve la Lune.
Celte masse immense n’a pas seulement
pour objet d’envoyer sans cesse et sans fin
les flots de chaleur et de lumière qui pro¬
duisent et entretiennent la vie sur notre
globe, et peut-être dans beaucoup d’autres ;
elle fait encore du Soleil ce centre puissant
d’attraction autour duquel tout le système
planétaire se meut en décrivant des courbes
immenses , pendant que lui-même , à peine
influencé , n’éprouve que de légers déplace¬
ments relatifs.
Dans un plan commun qui passe par le
centre du Soleil, et qu’on nomme l 'Éclipti¬
que, se meuvent toutes les planètes du sys¬
tème, chacune avec une vitesse qui dépend
(je sa distance au centre , et toutes en décri-
AST 269
vant une courbe elliptique dont le Soleil oc¬
cupe un foyer.
C’est sans contredit le plus grand pas
qu’ait jamais fait l’esprit humain que de
découvrir et de déterminer la loi qui pré¬
side à ces grands mouvements. Képler a la
gloire d’avoir découvert les trois faits géné¬
raux qui président à tous ces mouvements,
savoir : 1° que toutes les planètes se meu¬
vent dans des courbes planes qui sont des
ellipses dont le Soleil occupe un foyer ; 2°
que les arcs parcourus par les planètes sont
proportionnés aux aires parcourues par les
rayons vecteurs ; 3° que les carrés des temps
des révolutions sont entre eux comme les
cubes des grands axes des ellipses . New¬
ton a eu la gloire plus grande encore de
rattacher ces faits généraux à une seule
loi générale, savoir, que les particules de
la matière s’attirent avec une force égale
dans tous les points de l’univers ; que cette
force est conséquemment proportionnelle
aux masses , et qu’enfin son intensité est en
raison inverse de la racine carrée des dis¬
tances. Cette belle loi, qu’il a nommée gra¬
vitation , est d’autant plus remarquable ,
qu’elle régit les attractions des plus petits
corps aussi bien que les mouvements des
astres.
Les onze planètes qui circulent autour
du Soleil sont rangées , par rapport à leur
distance de cet astre , dans un ordre remar¬
quable. Si l’on écrit de suite les nom¬
bres 0, 3, 6, 12, 24, 48, 96, 192, et qu’on ajoute
4 à chacun d’eux , on aura la série des nom¬
bres 4, 7, 10, 16, 28, 52, 100, 196.
Cette série de nombres exprime exacte¬
ment les rapports des distances des planètes
au Soleil. Mercure et Yénus, placés plus
près du soleil que la terre, sont quelquefois
nommés planètes inférieures ; vient ensuite
la Terre, puis Mars, la première des pla¬
nètes supérieures ; après cela, Ycsta , Pal-
las, Cérès et Junon, quatre petites planètes
récemment connues , très voisines les unes
des autres, et qu’on regarde comme les
éclats d’un même globe ; plus loin, Jupiter,
Saturne ; et, enfin , tout-à-fait aux limites
du système , Uranus ou Herschel.
Mercure. — Très petite planète, rare¬
ment visible , à cause de son voisinage du
Soleil; présentant néanmoins des phases
comme la Lune. Le temps de sa révolution
Ü70
AST
AST
ou son année n’est que de 87 jours ; sa dis¬
tance au Soleil est de 18,860,000 lieues 5 elle
tourne sur son axe en 24 heures et 6 minu¬
tes ; c’est la planète qui se meut le plus vite
dans son orbite : elle parcourt 40,000 lieues
à l’heure ; sa densité est plus du double de
celle de la Terre, ce qui fait que son volume
n’en est que le seizième. Elle est entourée
d’une atmosphère très épaisse. Sa tempéra¬
ture doit être sept fois celle de la Terre.
Vénus. — L’étoile du berger, l’étoile du
matin, l’étoile du soir, ou Vésper. C’est, en
apparence, la plus brillante et la plus consi¬
dérable de toutes les planètes 5 elle est si
lumineuse quand elle est voisine de la Terre,
qu’on peut la voir en plein jour. Elle a des
phases très distinctes, à l’aide desquelles on
y a pu remarquer des montagnes qui doi¬
vent avoir plus de 40,000 mètres de hauteur.
Elle est placée à 24,960,000 lieues du Soleil 5
son année est de 224 jours et 16 heures , et
son jour de 23 heures et 21 minutes. Elle
parcourt 30,000 lieues par heure 5 son volume
est presque égal à celui de la Terre, mais sa
densité est plus grande ; son atmosphère est
beaucoup plus considérable que la nôtre ,
et sa température double.
La Terre est à 34,500,000 lieues du soleil;
son année est de 365 jours, 5 heures et 49
minutes. Sa révolution sur son axe, qui
s’appelle un jour , est divisée en 24 heures ;
on en juge par l’intervalle qui sépare le le¬
ver d’une étoile fixe à l’horizon au lever
suivant: c’est ce qu’on nomme^oî/r sidéral.
Le diamètre de la Terre est de 2,865 lieues ;
sa circonférence, de 8,920 lieues de 2280
toises ; c’est la quarante millionième partie
de ce cercle qu’on appelle un mètre , lequel
équivaut à 3 pieds 11 lignes et 296 millièmes.
La Terre est entourée d’une atmosphère de
16 lieues d’épaisseur ; sa vitesse de transla¬
tion est d’environ 600,000 lieues par jour
ou 412 lieues par minute. Elle a un satellite
qu’on nomme Lune. Voy. les mots terre et
IiUNE.
Mars , la première des planètes supérieu¬
res, est plus loin du Soleil que la Terre. Sa
distance en est de 52,600,000 lieues ; son an¬
née est de 686 jours et 23 heures ; sa vitesse
de translation , de 19,500 lieues par heure ;
son jour, de 24 heures 31 minutes. Il paraît
peu éclairé ; son atmosphère est épaisse et
nébuleuse j ses phases sont moins apparen¬
tes que pour les planètes situées entre la
Terre et le Soleil ; elles n’ont plus l’appa¬
rence de croissants , mais de surfaces ova¬
laires ; son volume n’est que 1/5 de celui de
la Terre , sa densité est un peu moindre ;
la chaleur que le Soleil y entretient est pres¬
que la moitié plus faible que sur la Terre.
Vesta , J un on , Cérès et P allas , sont
quatre petits corps dont les orbites se décri¬
vent entre Mars et Jupiter, à une distance
de 81 à 96 millions de lieues du Soleil. Ves¬
ta , la plus petite , a un volume qui n’est
que la quinze millième partie de celui de la
Terre ; elle a été découverte en 1807. Junon,
aperçue en 1804, a 24 lieues de diamètre. Cé¬
rès n’a que 25 lieues de diamètre ; son vo¬
lume est le quart de celui de la Terre. On
l’a vue pour la première fois en 1801. Pal-
las, découverte en 1802, est presque aussi
grosse que la Lune.
Jupiter est la plus grosse des planètes ;
elle semble entourée d’une atmosphère très
nuageuse et très agitée ; elle est à 180,000,000
de lieues du Soleil ; son année est de 11 ans
315 jours ; sa vitesse de translation est donc
bien moindre que celle de la Terre. Le Soleil
doit lui paraître cinq fois plus petit; sa
chaleur et sa lumière doivent lui paraître
vingt-sept fois moindres; sa journée n’est
que de 10 heures ; et, comme son diamètre
est douze fois celui de la Terre, la force cen¬
trifuge qui anime sa masse est beaucoup
plus grande que pour la Terre; ce qui occa¬
sionne vers les pôles un aplatissement d’un
treizième de diamètre. Jupiter est 1281 fois
aussi volumineux que la Terre, et cepen¬
dant sa masse n’est que 309 fois aussi con¬
sidérable , ce qui tient à ce que sa densité
est environ quatre fois moindre. Il est ac¬
compagné de Quatre lunes ou satellites.
Saturne est à 329,000,000 de lieues du so¬
leil , son année est de 30 ans , et son jour de
10 heures 1/2; sa vitesse de translation n’est
que de 8,000 lieues par heure, mais sa vitesse
de rotation est très grande, car son diamètre
est neuf fois et demie celui de la terre. Il en
résulte que la force centrifuge est considé¬
rable , et l’aplatissement aux pôles d’un
onzième de diamètre. Comme sa densité
n’est qu’un dixième de celle de la Terre, sa
masse n’est guère que 94 fois plus grande.
Ce que Saturne offre de plus remarqua¬
ble, c’est une bande opaque qui l’environ-
AST
AS1
no, et qu’on appelle son anneau. Cette
bande circulaire, qui peut avoir 10,000 lieues
de large, est partout séparée de la planète
par un intervalle aussi de 10,000 lieues.
Rien d’aussi varié que les aspects sous les¬
quels se présentent Saturne et son anneau,
l’un faisant alternativement ombre à l’au¬
tre. Il serait fort difficile de comprendre
l’existence et la position de cet anneau, si
l’on n’admettait l’hypothèse de Cassini, re¬
nouvelée ces jours derniers par M. Châle, et
qui suppose que ce prétendu anneau est
formé d’une quantité innombrable de très
petits satellites se mouvant tous dans le
même plan.
Saturne est en outre accompagné de sept
satellites distincts qui se meuvent à peu
près dans le plan de l’anneau.
Saturne , quoique très volumineux , est
sombre et peu éclairé ; le Soleil doit lui pa¬
raître 90 fois plus petit qu’à nous ; sa lu¬
mière et sa chaleur doivent être réduites à
peu de chose , et si un observateur y était
placé, il ne pourrait probablement aperce¬
voir de tout notre système que le Soleil et la
planète Jupiter.
U r anus ou Herschcl forme jusqu’à pré¬
sent la limite extérieure de notre système
planétaire ; elle est à peine visible à l’œil
nu ; elle a été découverte par Herschel, avec
son grand télescope ; elle est placée à
662,000,000 de lieues du Soleil; son année
est de 84 ans et 29 jours ; sa masse n’est pas
double de celle de la Terre, quoique son vo¬
lume soit 81 fois aussi considérable , parce
que sa densité est de 50 fois moindre , en
sorte qu’elle est plus légère que du liège.
On lui suppose un mouvement de rotation.
Herschel a cru lui voir six lunes ou satel¬
lites.
Après avoir décrit ainsi généralement
notre système planétaire et ses mouvements,
il est fort important de remarquer que les
planètes s’attirant entre elles aussi bien
qu’elles sont attirées par le Soleil, et leur
distance réciproque variant continuelle¬
ment, il doit en résulter, et il en résulte ,
en effet, une foule d’irrégularités soit dans
leur marche , soit dans celle de leurs sa¬
tellites ; en sorte, par exemple , que l’é¬
cliptique ou le plan dans lequel se meut une
planète , d’une part , 11’est pas rigoureuse¬
ment un plan , et, d’autre part, s’incline
‘27 i
plus ou moins sur celui des autres astres.
Sans entrer dans les détails de ces cir¬
constances qui forment la partie la plus dif-
cile et la plus savante de l’astronomie, il nous
suffira d’en donner les deux résultats prin¬
cipaux, qui sont d’un intérêt général.
1° Les irrégularités dans la marche des
astres s’accroissent pendant un temps dans
un sens, deviennent stationnaires, puis
marchent dans le sens contraire ; de sorte
qu’au bout d’un temps, quelquefois de plu¬
sieurs milliers d’années, qu’on nomme Cy¬
cle , l’état primitif se rétablit intégralement.
2° Il est aujourd’hui démontré que toutes
ces irrégularités qu’on nomme Perturba¬
tions , et qui pouvaient faire craindre un dé¬
rangement progressif dans le système du
monde , se compensent rigoureusement
dans le cours des siècles, de telle sorte que
notre système planétaire et ses mouve¬
ments présentent une existence fixe , affec¬
tée seulement de quelques oscillations.
Indépendamment des planètes et de leurs
satellites qui circulent autour du Soleil, on
aperçoit encore, dans le ciel, certains astres
qui 11’apparaissent que d’un manière ac¬
cidentelle et passagère c’est ce qu’on
nomme des Comètes. Des observations déjà
fort anciennes, et suivies avec beaucoup de
précision, ont fait connaître que ces Comètes
se meuvent autour du soleil en décrivant
des ellipses extrêmement allongées, de fa¬
çon qu’elles ne deviennent visibles pour
nous que quand elles en atteignent l’extré¬
mité qui correspond au foyer que le Soleil
occupe.
Les Comètes diffèrent des planètes par
plusieurs circonstances importantes : d’a¬
bord, la courbe qu’elles décrivent est telle¬
ment allongée , que nous ne les voyons or¬
dinairement que pendant six mois, tandis
qu’elles mettent quelquefois plus de 500
ans à parcourir leur orbite ; ensuite , toutes
les planètes se meuvent dans le même sens
et presque dans le même plan autour du
Soleil, au lieu que les Comètes se meuvent
indifféremment dans toutes les directions
et dans des plans divers , de sorte qu’el¬
les viennent croiser et pénétrer en tous
sens les orbites des planètes. Les planètes
paraissent toutes solides, tandis que les
Comètes présentent quelquefois un noyau
solide, mais le plus souvent laissent passer
272
AST
AST
la lumière. Les planètes parcourant des el¬
lipses qui se rapprochent du cercle, ne sont
jamais ni beaucoup plus près , ni beaucoup
plus loin du Soleil dans un temps que dans
un autre 5 les Comètes, au contraire, arrivant
d’une très grande distance, passent quel¬
quefois très près du soleil ; c’est ainsi que
la comète de 1660 a dû éprouver, par son
rapprochement du soleil, une chaleur 28,000
fois plus grande que la nôtre ; de là nais¬
sent, sans doute, les apparences singulières
que présentent ces astres. Quand ils com¬
mencent à s’approcher de notre système
planétaire, on les aperçoit en général com¬
me un petit globe plus ou moins lumineux;
mais, à mesure qu’ils approchent du soleil,
on les voit s’entourer d’une espèce de che¬
velure qui a fourni l’étymologie de leur
nom, et ils paraissent laisser après eux une
longue traînée de vapeur qu’on appelle leur
queue. Cette queue peut être simple ou
multiple; on en a compté jusqu’à six; elles
sont dirigées à l’opposé du soleil. Ces ap¬
parences tiennent sans doute à une partie
de la substance de la comète que la chaleur
vaporise ; car elles s’accroissent à mesure
que la comète s’approche, et disparaissent
quand elle s’éloigne.
Il suffit aux astronomes de trois obser¬
vations exactes de la situation d’une comète
dans le ciel pour calculer la courbe qu’elle
décrit, et, par conséquent, prédire l’époque
de son retour. En 1831, on a pu calculer
la marche de 137 comètes ; mais il s’en faut
que ces prédictions se réalisent constam¬
ment ; car en s’approchant des planètes,
elles en sont attirées , et elles éprouvent
de grandes perturbations dans leur marche.
Les planètes n’éprouvent point de perturba¬
tions analogues , parce que la masse des
Comètes est généralement très petite.
O11 ne peut pas reconnaître une comète
aux apparences accessoires de sa chevelure
et de sa queue; car il paraît que les Comètes
abandonnent dans l’espace une grande par¬
tie de la matière qui produit ces apparen¬
ces ; ainsi, en 1682, on vit une comète qui
avait déjà paru un grand nombre de fois et
qu’on a revue depuis, sa période étant de 76
ans ; en 1006, elle paraissait quatre fois plus
grande que Yénus , et avait le quart de la
lumière de la Lune ; en 1456, elle a passé
très près de la Terre, et avait une queue im¬
mense en forme de sabre; on l’a revue en 1835
avec des apparences beaucoup moindres.
Pour plus de détails sur ces Astres inté¬
ressants et sur les influences qu’eux-mêmes
ou leurs queues peuvent exercer sur notre
globe, Voy. comètes. (Peeeetan.)
ASTRICIUM. bot. cr — Voyez astry-
cium. (C. d’O.)
ASTRILD. Estrelda. ois. — Sous-
genre formé par Swainson dans son genre
Amadîna(Class.of birds),et répondant au
groupe des Bengalis. Voy. amadina. (Lakr.)
ASTROJBLÈPE (aarpo v, étoile; feo.,
je regarde), roiss. — Genre de Poissons dé¬
couvert et nommé par M. Alex, de Hum-
boldt, que j’ai démontré être de la famille
des Siluroïdes, ayant pour caractères : Une
tête aplatie, couverte d’un peau molle, à
une seule dorsale ; pas de nageoire adi¬
peuse , ni de nageoires ventrales. Bouche
garnie de barbillons , et quatre rayons à la
membrane branchiostège.
On 11’cn connaît qu’une seule espèce
nommée par l’illustre voyageur, à qui nous
en devons la description , Astroblepus
Grixulvit, qui vitdans leRiode Palace, près
de Popayan , où elle est appelée Pesrado
tir y ru. On la mange dans cette ville. Ce
poisson est voisin des Aryès ou des Bron -
tes. Voy. ces mots. (Val.)
* ASTllOCARPUS, Neck. ( Blem.)(h -
rpyj, étoile 5 jcctprroç, fruit), bot. i*h. — Syno¬
nyme du g. Scsamella , Reichenb., de la fa¬
mille des Résédacées. (Sp.)
* ASTROCAïlYUM. bot. — G. Meyer,
dans sa Flore d’Essequebo, a établi ce gen¬
re de Palmiers d’après une plante de cette
famille croissant à la Guyane, mais qu’il n’a¬
vait vue que dans un état très imparfait ; des
espèces nombreuses de ce genre se sont
représentées depuis, tant à la Guyane qu’au
Brésil, cette partie orientale de l’Amérique
du Sud paraissant être la région habitée de
préférence par les plantes de ce genre. M.
Martius, dans son bel ouvrage sur les Pal¬
miers, en a donné une description très com¬
plète, et en a figuré plusieurs espèces. Les
Astrocuryum appartiennent à la tribu des
Cocoïnées, comme l’indique la structure de
leurs fruits; mais ils se distinguent des di¬
vers genres de cette tribu par les caractères
suivants : Fleurs monoïques sur le même
spadice, à régime renfermé dans une spathe
AST
simple , fusiforme, s’ouvrant à sa face in¬
terne, s’endurcissant et persistant long¬
temps. Fleurs mâles, réunies en grand nom¬
bre sur la partie supérieure des rameaux,
et sessiles dans des alvéoles excavées dans
le rachis. Calice triparti ou trifide , à laniè¬
res aiguës; corolle tripartite, divisions lan¬
céolées, droites, membraneuses ou char¬
nues à la base. Étamines G ou quelquefois
davantage, opposées par paires aux pétales,
incluses; filaments filiformes, droits. An¬
thères sagittées, incombantes. Ovaire rudi¬
mentaire. Fleurs femelles solitaires, placées
à la base des rameaux qui portent les fleurs
mâles, sessiles ou portées sur un pédoncule
court et élargi. Calice urcéolé, tridenté. Co¬
rolle urcéolée , charnue ; orifice contracté ,
tridenté, ou irrégulièrement trifide. Ovaire
ovale, à trois loges, dont deux rudimentai¬
res, une seule développée. Style conique ;
stigmates-3, confluent en un corps conique
ou lobé. Drupe ovale ou globuleuse, mono¬
sperme, à chair fibreuse; noyau osseux, per¬
cé de trois trous au sommet (d’où partent
en général des stries rayonnantes , qui ont
déterminé la dénomination de ce genre).
Albumen corné, uniforme, creux au centre ;
embryon supérieur, correspondant à un des
trous.
Ces Palmiers sont quelquefois presque
sans tige apparente ; la plupart ont une tige
grêle et élevée, couverte d’épines noires,
longues et grêles, souvent aplaties, qui cou¬
vrent aussi les pétioles. Les feuilles sont
pennées, les pinnules linéaires souvent rap¬
prochées par faisceaux, ciliées et épineuses,
blanchâtres en dessous ; les spathes et les
spadiccs eux -mêmes sont aussi hérissés
d’épines. Les fruits mûrs sont jaunes ou
orangés, et quelquefois aussi hérissés de
poils épineux.
A ce genre appartiennent : t° le Palmier
Murnmuru de la Guyane et du Brésil sep¬
tentrional, dont le bois est dur et à faisceaux
fibreux, fins et serrés, mais que sa surface
externe , irrégulière , empêche d’employer
habituellement dans les arts ; 2° le Palmier
Airi, du Brésil, probablement le Grigri
des Antilles , et plusieurs autres , dont les
noms vulgaires sont inconnus ou moins
souvent cités par les voyageurs. (Ad. B.)
* ASTROCOMA, Neck. (aarpov,. étoile ;
chevelure), bot. i*h. — Synonyme du
AST 273
g. Staavia , Thunb., de la famille des
Bruniacées. (Sr.)
* ASTROCOMA (àcxTpcv , astre , étoile
acpi, chevelure), échin. — M. de Blainville
propose (Dict. sc. ?iat., t. LX, p. 229) de
remplacer par ce nom, dans la nomenclature
des Stellérides , celui de Comatules , que
Lamarck a donné aux S le Uœ crinitæ de
Link. (p. G.)
* ASTROBEKBRONT, Dennst. (àorpov,
étoile; ^sv^pov, arbre), bot. th. — Suivant
M. Endlicher, c’est un double emploi du g.
Southiveiïia , Salisb., de la famille des Stcr-
culiacées. (Sr.)
ASTROBERME (àorpov, étoile; ctépaa,
peau), roiss. — Genre de Poissons établi
par M. Bonelli et que peu de temps après
M. Risso nommait Diana. Ils ont le corps
élevé, la tête tranchante, la bouche peu fen¬
due, les ventrales très petites, la dorsale
unique et étendue tout le long du dos. Une
longue anale est étendue sous le Yentre. Les
côtés de la queue sont carénés. La mem¬
brane branchiostège a quatre rayons. Le
corps est couvert de petites écailles relevées
par des tubercules, rayonnant de tous côtés
comme des étoiles. On peut juger que ces
Poissons tiennent des Coryphènes par la
forme de leur tête et de leur dorsale , des
Zées par l’état de la bouche; et leur anatomie
montre qu’ils appartiennent auxScombres.
Ce caractère de la peau, saisi par M. Bo¬
nelli, lui a fait imaginer le nom que nous
avons conservé. En 1833, on ne connais¬
sait encore qu’une seule espèce de ce genre
fort rare dans la Méditerranée, où elle a été
découverte dès 1 8 1 4, par M. Risso, et nom¬
mée Coryyhœna elegans. M. Bonelli, en
établissant ce genre , a nommé cette même
espèce Aslroderrnus coryphœnoides. Il
l’avait reçue de Nice, et du golfe de Cagliari.
Depuis, M. Anastasie Cocco en a trouvé une
seconde espèce qu’il a nommée Astrodcr-
mus Valencienne si- Elle est plus petite, et
est ornée de brillantes couleurs. (Val.)
* ASTRODCM, Benth. (a <rrp&y, étoile ;
cÆoûç, dent), bot. rn. — Sous-genre ou
section établi par M. Bentham (Labial.,
p. 61 l)dans le g. Leu cas, R. Br., de la fa¬
mille des Labiées , et qu’il caractérise
comme il suit : Calice tubuleux, à bord
égal, à 1(3 dents ordinairement étalées en
forme d’étoile. Gorge le plus souvent très
18
T. II.
27/»
AST
velue. Faux verticilles le plus souvent glo¬
buleux, multiflores, solitaires ou en petit
nombre ; les supérieurs parfois rapprochés
en capitule. (Se.)
*ASTRODONTÎUM (àarpcv, étoile 5
dÆoûç, cvro;, dent), bot. cr. — Genre pleuro-
carpe, de la famille des Mousses, établi par
M. Schwægriehen {Supplèm. , II, P. 1,
p. 1 28, t. 134) sur une esp. unique, propre
aux îles Canaries et à Madagascar. La partie
cryptogamiquc de 1’ Histoire naturelle des
Canaries , de MM. Webb et Berthelot, nous
ayant été confiée, nous avons eu l’occasion
d’étudier cette belle mousse, dont voici les
caractères : Péristome double : l’extérieur
composé de seize dents charnues , courtes,
représentant un triangle isocèle, ayant leur
sommet connivent ou rapproché dans l’état
de sécheresse, réfléchies en dehors par l’hu¬
midité ; l’intérieur consistant en une mem¬
brane annulaire, étroite , presque horizon¬
talement placée, et marquée de seize créne-
lures. Capsule sphérique, assez grosse, éga¬
le, sans anneau. Coiffe ventrue, subulée au
sommet, enveloppant la capsule et se rom-
pantlaté râlement. Fleurs dioïques? latérales.
Séminules globuleuses ou oblongues, dif¬
formes , d’un jaune brunâtre , et couvertes
de petites aspérités papilliformes. Ces sé-
minulés ont jusqu’à un vingt-cinquième de
millimètre en diamètre. Elles sont fixées
dans la capsule, à une columelle évasée du
sommet à la base, et plissée dans sa lon¬
gueur. Les crénelures du péristome interne
sont soudées , dans le jeune âge, au pour¬
tour de son évasement supérieur.
VA. canariense est une mousse qui se
plaît sur l’écorce des arbres. Elle a le port
du Leucodon sciuroides Schwægr. , et ,
sans sa capsule , on la prendrait pour un
individu géant de cette dernière. (C. M.)
* ASTROGYNE, Benth. {Plant. Hart-
wcg.;\). 14) (àorpcv, étoile; pvn, femelle).
bot. th. — Genre de la famille des Euphor-
biacées , et fondé sur le Croion gracilis
Kunth. M. Bentham en expose les caractè¬
res comme il suit : Fleurs dioïques. —
Fleurs mâles : Calice o-fide, imbriqué en
estivation. Corolle nulle. Cinq glandules in¬
sérées au fond du calice, antéposées. Éta¬
mines 6 à 10, infléchies en préfloraison,
libres. Anthères 2-thèques ; bourses juxta¬
posées, adnées. Point de rudiment de pistil.
AST
1 —Fleurs femelles: Calice 5-fide, sans glam
dules. Point de corolle ni d’étamines. Ovaire
globuleux, 3-loculaire ; loges 1-oYuîées;
ovules suspendus au sommet des loges.
Styles 3, courts, terminés chacun par quatre
longs stigmates infléchis, étalés en étoile.
Capsule à 3 coques; coques 2-valves, 1-sper-
mes.— Sous-arbrisseaux rameux dès la base;
rameaux, feuilles et calices, couverts d’une
pubescence étoilée. Fleurs mâles courte-
ment pédicellées, disposées en grappes ter¬
minales ou oppositifoliées , spiciformes,
bractéolées. Fleurs femelles solitaires. Ce
genre n’est constitué que par une seule es¬
pèce indigène du Mexique et de la Cali¬
fornie.
ASTROIDE. Astroidcus (aarpov, étoi¬
le; et £oç, similitude), bot. cr. — Épithète
donnée à un lichen, Parmentaria astroi-
dea, parce que ses apothécies sont disposées
en étoiles. (C. d’O.)
ASTROI3Y. bot. ph. — Voyez astro-
NIUM. (C. D’O.)
* ASTROIDE. potyp. — Genre proposé
par MM. Quoy et Gaimard pour recevoir
une espèce trouvée , par ces naturalistes,
dans la baie d’Algésiras , et qui n’est autre
que le Madrepora calycularis de Ca-
volini ou Caryophyllia calycularis de
Lamarck ( Voy. Annales des sciences na¬
turelles , t. X, et les additions à la nou¬
velle édition de Lamarck, t. II, p. 348).
(M. E.)
ASTROITES. polyp. — Nom employé
par Merceti Guettard et plusieurs autres
naturalistes, pour désigner des Polypiers à
cellules étoilées, tels que les Astrées.
(M. E.)
ASTROLE (àapov, étoile). Moi,ii. — La¬
marck a désigné, sous ce nom, le genre Poly-
clinumde Savigny. Voy. ce mot. (C. d’O.)
ASTROLEPAS (àa-rpov, astre, étoile 5
Xewxç, patelle), moll. — Nom donné aux Pa¬
telles rayonnées et principalement à la Pa-
tella saccharina. Voy . patelle.
Klein a aussi désigné, sous le même
nom, la Coronula testudinaria de La¬
marck. Voy. corontjle. (C. d’O.)
ASTROLOBIUM, Desv. (faute typogra-
que ). BOT. TH. - Voyez ARTHROLOBIUM.
(Sp.)
ASTROLOGUE. poïss. — Voyez ura-
noscope. (C. d’O.)
AST
275
ASTROLOMA, R.. Br. (àaroGv, étoilé ;
Xwa a, bordure), bot. ph. — Genre de la
famille des Épacridées, auquel son âu-
teur ( Prodr ., 538 ) assigne pour caractè¬
res distinctifs : Calice â-parli, /,-ou pluri-
bractéolé. Corolle tubuleuse* courtemenl 5-
lobée, ventrUé au-dessus du milieu, garnie
en dedans, vers sa base, de cinq faisceaux
de poils alternes avec les lobes ; lobes étalés,
barbus. Étamines 5 , insérées au sommet
du tube dé la corolle. Disque cyathiforme.
Drupe presque sec, à noyau osseux , 5-
loculâire. Graines solitaires dans chaque
loge, suspendues. — Arbustes feüiilus, bas,
lé plus souveht diffus ou décombants. Feuil¬
les alternes, très rapprochées, souveht ci¬
liées. Fleurs axillaires, solitaires, dressées.
Ce genre est propre à la Nouvelle - Hol¬
lande. On en connaît 7 espèces , dont
quelques-unes se cultivent dans les collec¬
tions de serre. (Sp.)
* ASTROMARCHANTIA ( àcrpov ,
étoile ; Marchantia , genre d’Hépati-
ques). bot. cr. — M.Nées d,Esenbeck(Ew-
rop . Leherm ., IY, p. 61) établit deux sec¬
tions dans le g. Marchantia, de la famille
des Hépatiques. La première, qu’il nomme
Astromarchantia, se compose des espè¬
ces dont le pédoncule occupe le Centre dü
réceptacle femelle ; dans la seconde, nom¬
mée Chlamidium , le pédoncule est excen¬
trique. (C. M.)
* ASTROMYCTER , Harris, (àarpov,
étoile j [/.u-Arn'p, nez), mam. — Voyez condy-
I.URE. (A. DE Q.)
* ASTRONIA, Blume (àa-rpov, astre).
bot. ph. — Genre de la famille des Mé-
lastomacées ( tribu des Charianthées , Se-
ring. ). — M. Blume ( Bijdr ., 102; Rum-
phiù , I, p. 20 , tab. 6 et 7 ) en donne
lés caract. suivants : Tube calicinal hémi¬
sphérique * adhérent ; limbe supère , 5-
fide, persistant. Pétales 5 ou 6, obovales.
Étamines 10 ou 12. Anthères transverses,
dolabriformes* déhiscentes par deux fentes
longitudinales. Ovaire infère , 2-à 4-locu-
laire ; placentaires basilaires, muîti-ovulés.
Style filiforme; stigmate grand, pelté. Cap¬
sule 2-à 4-loculaire, polysperme, déhiscente
par 2 à 4 fentes longitudinales. Graines
scobiformes.— Arbres à pubescence furfura-
cée, roussâtre. Feuilles 3-nervéesoutripli-
nervées, longuement pétiolées,très entières,
AST
discolores. Fleurs petites, pourpres, par
avortement dioïques, disposées en pahicüles
axillaires et terminales. Ce genre, propre
à l’Asie équatoriale, ne renferme que 3 es¬
pèces. (Sp.)
ASTRONHBÏ, Jàèq. (Amer., p. 26i,
tab. 181, fig. 9g), (ôccrpov, astre), bot.
ph. — Genre de la famille des Térébin-
thacées ( Cassuviées ou Anàcardiéés , R.
Br. ), auquel M. Kunth ( Ann. des sc.
nat. , t. Il, p. 3^1) assigne pour carac¬
tères : Fleurs dioïques. Calice petit, coloré,
5-parti. Segments égaux, suborbiculaires
dans les fleurs mâles, accrescents et spâ-
thulés dans les fleurs femelles. Disque pé-
rigÿhe, à ô lobes arrondis. Pétales 5,
oblongs, obtus, insérés sous le disque, mi¬
nimes dans les fleurs femelles. Étamines 5
(rudimentaires dans les fleurs femellés),
insérées entre les lobes du disque, alternes
avec les pétales, et plus courts qu’eux ; fi¬
lets libres, subulés. Anthères introrses, 2-
thèques, oblongues, échancrées à la basé ,
supra-basifixes , longitudinalement déhis¬
centes. Ovaire inadhérent , non stipité ,
ovoïde, f-loculaire, couronné de 3 styles
courts, réfléchis. Stigmates sübcapitellés ,
obtus, terminaux. Caryopse oblongUe, Cy-
lindtaCéfe, rostrée* sèche, mince, submem-
branacée, 1-sperme, accompagnée du calice
très amplifié, scarieux, étalé. Graine pres¬
que plane d’un côté, du reste conforme au
péricarpe; hile linéaire, oblong, situé vers
le milieu du côté plan de la graine. Em¬
bryon rectiligne. Cotylédons charnus, piano-
convexes, un peu inégaux, accombants ; ra¬
dicule latérale, ascendante, plus courte que
les cotylédons. — Arbres (de l’Amérique
équatoriale) à suc propre résineux, coloré,
dépouillés dé feuilles durant l’épOqüe de la
floraison et de la maturation des fruits.
Feuilles alternes, imparipennéeS , folioles
opposées, non ponctuées ; fleurs petites, pé-
dicellées, rougeâtres, disposées en panicules
bractéolées; les paniculéS femelles termi¬
nales, ICS mâles axillaires. On en connaît 3
espèces , dont 2 dü Brésil et l de la Nou¬
velle-Grenade. (Sp.)
ASTRONOMIE (aarpov, astre; vgU©£,
loi). — - Aucun sujet plus vaste et plus dif¬
ficile ne s’est jamais présenté à l’investiga¬
tion de l’homme que cette recherche du
nombre, de la nature et des mouvements du
276
AST
ces points brillants qu’on aperçoit dans le
ciel par une nuit sereine; et, chose très re¬
marquable , l’Astronomie est pourtant à-la-
fois la plus simple, la plus vulgaire et la
plus facile à acquérir des connaissances hu¬
maines , quand on ne lar considère que sous
un certain point de vue ; tandis qu’il n’y a
pas encore assez des facultés intellectuelles
les plus développées, de l’usage des instru¬
ments les plus perfectionnés, et des mé¬
thodes de calcul les plus transcendantes,
pour arriver à une juste appréciation de ce
qui se passe réellement entre ces innom¬
brables corps dispersés dans l’espace.
Il n’y a pas de branche des connaissances
humaines à l’égard de laquelle de plus gros¬
sières erreurs aient été aussi longtemps
accréditées; il n’en est point qui présente à
cette heure des notions plus certaines, ni
plus précises.
Nous dirons encore, quoique cette pro¬
position soit de nature à surprendre beau¬
coup d’esprits , que cette Astronomie , dont
les notions sont considérées par le vul¬
gaire comme fort incertaines et d’ail¬
leurs d’une très médiocre utilité, est en
réalité la mère des autres connaissances na¬
turelles ; c’est, en effet, dans ce mouvement
des astres si éloignés de nous et qui sem¬
blent importer si peu à notre existence,
qu’on a été chercher et qu’on a trouvé la loi
la plus générale de la nature, et celle qui
influe , sans aucune exception , sur tous les
phénomènes qui se passent autour de nous
et même dans notre propre organisation.
Cette grande importance de la science as¬
tronomique et ces contrastes que nous ve¬
nons d’indiquer, ressortiront parfaitement
d’une simple explication des différents
aspects sous lesquels la connaissance des
astres peut être considérée.
Il y a une Astronomie qu’on peut nom¬
mer pratique ou expérimentale , qui con¬
siste à observer avec attention tous les
corps brillants qui paraissent au ciel, à
noter et retracer leur situation respective ,
en les réunissant par groupes qu’on appelle
des Constellations; enfin, à remarquer et
noter, chaque jour, l’heure à laquelle toutes
ces étoiles, et notre soleil, et notre lune
elle-même , se lèvent à l’horizon ou dispa¬
raissent du côté opposé, coipme s’ils décri¬
vaient un demi-cercle au-dessus de nos
•
AST
têtes. Cette Astronomie date de la plus
haute antiquité ; elle a dû faire une des oc¬
cupations et un des charmes de la vie de
tous les peuples pasteurs.
Cette science de pure observation a con¬
servé de nos jours toute son importance ;
son horizon s’est étendu par l’intervention
d’une foule d’instruments qui , d’une part ,
ont ajouté à la puissance naturelle du sens
de la vue , et lui ont fait découvrir une mul¬
titude de corps qui , sans eux , ne l’auraient
jamais frappée, et, d’autre part, ont ajouté
à l’observation même un degré de précision
impossible sans eux.
Mais cette Astronomie d’observation,
qui serait pleine de vérités si tout était im¬
mobile, se compose, au contraire, d’une
foule d’illusions qui résultent des mouve¬
ments et des faux jugements qu’ils nous en¬
traînent incessamment à porter. C’est ainsi
que toutes les étoiles et le soleil lui-même
semblent se mouvoir autour de nous, tan¬
dis que la terre que nous habitons, tour¬
nant en un jour sur son axe , est la seule
cause de toutes ces apparences. Ces illusions
sont d’ailleurs si puissantes, qu’ aujourd’hui
même, où tout le monde est si bien con¬
vaincu que le soleil est immobile, tout le
monde répète encore chaque jour que le
soleil se lève et que le soleil se couche .
Les savants même ont conservé ces expres¬
sions et n’ont point imaginé d’autres mots
pour les remplacer.
Le second point de vue sous lequel l’As¬
tronomie peut être considérée , porte le nom
d’Astronomie physique ; son but est aussi
difficile et aussi élevé que celui de l’Astro¬
nomie d’observation était simple. L’Astro¬
nomie physique a pour objet la connais¬
sance des mouvements réels que les astres
exécutent, et la recherche des lois qui pré¬
sident à ces mouvements. C’est particulière¬
ment sous ce point de vue que l’Astronomie
a été si longtemps plongée dans de pro¬
fondes erreurs. Ptolémée plaçait la terreau
centre du monde et la supposait entourée de
onze cercles: sept pour les planètes, deux
cristallins, un cercle premier mobile, et
enfin le plus extérieur de tous , qu’il nom¬
mait empiréc et qu’il assignait pour séjour
aux bienheureux.
Une pareille supposition, qui semblait
d’accord avec les plus grossières observa-
277
AST
tions, a bientôt présenté d’énormes diffi¬
cultés dont nous ne citerons qu’un exemple.
Les planètes se mouvant effectivement
autour du soleil, chacune à des distances
différentes et avec des vitesses aussi très
différentes , il en résulte que , vues de la
terre , ces planètes semblent marcher tantôt
dans un sens et tantôt dans l’autre. On ne
peut se faire aucune idée des efforts d’ima¬
gination et de calcul qu’il a fallu faire pour
essayer de concilier chaque nouvelle ob¬
servation avec le système adopté; et, par
exemple, il a fallu supposer que certains
corps se mouvaient dans un cercle dont le
centre parcourait lui-même un autre cercle,
lequel avait à son tour son centre enchaîné
dans un troisième; car on s’était fait une
singulière idée d’une certaine noblesse des
astres qui ne leur permettait pas de se mou¬
voir autrement que dans un cercle, la plus
noble, la plus symétrique et la plus par¬
faite de toutes les figures géométriques.
Pendant quatorze cents ans, le système de
Ptolémée a subsisté , et les astronomes ont
déployé, pour le défendre et le concilier
avec les observations, cent fois plus de gé¬
nie et de travail qu’il n’en a fallu depuis
pour en démontrer l’erreur.
Copernic a osé , le premier, attaquer une
erreur si tenace, et il a fait voir que toutes
les observations se conciliaient aisément, et
que le système du monde devenait très
simple, en admettant que le soleil, aussi
bien que les étoiles, étaient immobiles, pen¬
dant que la terre et toutes les planètes tour¬
naient autour de leur axe et autour du soleil
comme centre , non dans des cercles , ainsi
qu’on le croyait autrefois, mais dans des
ellipses.
Il est remarquable que l’ouvrage de Co¬
pernic, où son système est développé, et
qui est intitulé : De revolutionihus ce-
lestihus j a paru précisément le jour de sa
mort.
C’est un caractère des grands génies , de
deviner des faits encore inconnus. Copernic
écrivait avant l’invention du télescope , qui
seul a permis de distinguer les phases des
planètes ; il a cependant établi l’existence de
ces phases et prédit qu’on les découvrirait.
Ce n’était point assez pour l’Astronomie
physique de découvrir la réalité des mou¬
vements célestes, il fallait encore en con-
AST
stater les lois : ç’a été l’œuvre de Képler,
ainsi que nous l’avons dit au mot astres.
Connaître certaines lois des mouvements
des planètes , analyser ceux de la terre et
du satellite qui lui est enchaîné, vérifier les
lois du mouvement qui entraîne les petits
corps vers la terre elle-même, ce n’était
encore, en quelque sorte, qu’observer judi¬
cieusement les phénomènes de la nature ;
il était donné à Newton de surprendre son
secret et d’annoncer qu’une seule et même
puissance , agissant avec égalité et suivant
les mêmes lois, sur toutes les particules
matérielles du monde visible, était la cause
unique de tous les phénomènes observés.
C’est la découverte de cette loi générale
de la nature qui nous a fait dire que l’As¬
tronomie était , en quelque sorte , la mère
de toutes les connaissances naturelles ; car
c’est l’Astronomie qui a fourni à Newton
l’occasion et la preuve de sa découverte.
En étudiant les mouvements de la lune au¬
tour de la terre , il chercha à déterminer
de combien elle s’approcherait de celle-ci
en une minute, si elle était abandonnée à
elle-même. Or, comme la lune est placée à
une distance de la terre égale à soixante
fois le rayon de celle-ci, s’il était vrai que
l’attraction s’exerçât, comme il le suppo¬
sait, en raison inverse du carré des dis¬
tances, la lune ne devait tomber sur la
terre que d’une quantité 3,600 fois plus
petite que les corps placés au bout du rayon
de la terre , c’est-à-dire à sa surface ; or ,
ces corps tombant de 15 pieds dans une
seconde , la lune ne devait tomber que de
1 5 pieds dans une minute.
Pour connaître la valeur de cette force
qui attire la lune, il fallait connaître exac¬
tement l’étendue de l’arc décrit par elle
dans son orbite en une minute : or , les
tables de la lune étaient alors fort peu
exactes, et Newton dut attendre 15 ans
qu’elles se fussent perfectionnées pour voir
enfin le petit sinus varié de l’arc décrit
par la lune en une minute, égaler précisé¬
ment l’espace parcouru en une seconde par
un corps qui tombe à la surface de la terre.
Newton a douté, nous devons en conve¬
nir, que cette belle loi de l’attraction qu’il
avait démontrée pour les corps célestes, fût
également applicable aux dernières molé¬
cules des petits corps qui sont a notre
278
AST
AST
disposition; il fi’a , par conséquent, pris
connu toute la beauté et toute la généra¬
lité de sa découverte ; mais lés physiciens
qui lui ont succédé ont constaté, par expé¬
rience, l’exactitude de la loi pour des petits
corps voisins les uns des autres ; et notre
célèbre de Laplacé est parvenu à la conci¬
lier avec les phénomènes d’adhésion et de
cohésion.
Une troisième branche de l’Astronomie ,
non moins difficile et non moins brillante
dans ses résultats , a pour objet l’applica¬
tion des plus hautes méthodes mathéma¬
tiques à ces mouvements si variés et sou¬
mis à tant d’influences diverses que les
astres exécutent. Outre la difficulté des mé¬
thodes elles-mêmes , les calculs astrono¬
miques sont souvent d’une multiplicité et
d’une étendue capables de lasser la patience
la plus robuste. Heureusement, Napier, en
inventant les logarithmes , les a considéra¬
blement facilités.
C’est à cette belle science du calcul qu’est
dû ce grand effort de l’esprit humain , par
lequel un homme semble se survivre à lui-
même, et par lequel il est devenu possible de
prédire, avec la plus grande exactitude, des
phénomènes qui n’arriveront que dans un
temps très éloigné: c’est ainsi, par exemple,
qu’une éclipse de soleil est annoncée avec
la plus minutieuse exactitude pour son
commencement , pour sa durée et pour sa
fin ; c’est ainsi, et ce résultat est plus ad¬
mirable encore , que de Laplace a réussi à
démontrer qu’au milieu de ces variations
perpétuelles , l’ensemble de notre système
planétaire avait une constitution fixe et im¬
muable.
Une quatHèmé branche de l’Astronomie
devrait traiter, non plus comme autrefois,
sous le nom d 'Astrologie, de l’influence
imaginaire des astres sur les événements
de la vie , filais de l’iriflUence matérielle ,
importante et générale, que les astres exer¬
cent sur les phénomènes qui se passent à
la surface du globe , et en particulier sur
ceux que présentent les êtres organisés.
Cette science n’existe point encore, il est
vrai, comme réunion systématique et uni¬
voque ; mais les faits qui doivent la com¬
poser sont épars dans une foule de bran¬
ches scientifiques de différents noms. On
peut citer, pour exemple , l’influence des
etbiiès fixés ét du soleil sur la température
des différents points du globe , toute la
théorie des climats, les Causes et les lois
des marées proprement dites , celles des
marées atmosphériques , la configuration
actuelle et les changements de forme fu¬
turs de notre globe, etc., etc.
Il serait fort à désirer que quelque ha¬
bile homme se chargeât de réunir, à l’usage
des naturalistes , toutes les notions astro¬
nomiques qui leur seraient utiles i et
qu’il leur est aujourd’hui si difficile de
rassembler. Notre illustre collaborateur ,
M. Arago , serait éminemment propre à
réaliser ce beau travail ; il nous a du moins
promis quelques-unes des principales no¬
tions de cet ordre, qu’on trouvera aux
mots LUNE j COMÈTE , SOLEIL , INFLUENCES
STELLAIRES, etC. (pELLETAN.)
* ASTHOPECTEN (astrum , astre,
étoile ; pécten , peigne), zooph. — Sous-genre
d’ Astéries admis par Linck et correspondant
à celui de Pantastcrias , Blainv., etc. Voy.
ASTÉRIE. (P. G.)
* ASTROPECTINIDÆ (d 'Astropec-
ten , genre d’ Astéries), échin. — M. J.-E.
Gray (Ann- andMayas- ofnat hist , \ 8 H),
180) établit, soüs ce nom, une famille de
l’ordre des Astéries om Asteroida , et y place
les Nauricià , Gray; Luîdià , Forbes; Pc ( fi¬
las ter, Gray; Solaster, Forbes; Astropcc -
ten, Linck; et Henri cia, Gray. Ces animaux
n’ont que deux rangées de suçoirs aux sil¬
lons des ambulacres ; leur dos est aplati ,
garni de nombreux tubercules surmontés
d’épines radiées à leur sommet, et que
M. Gray nommé Pàxilli. (P. G.)
* ASTROPHEA, DC. ( Prodr ., III, p
322, snb Pa?si/ïora)(à.<STpc'i , astre; cpaw,
üatvw, je brille). Bbt. nt. — Genre ou s. -gen¬
re de la famille des Passifloréés, adjoint par
son auteur, avec doute, au genre Passiflo-
râ. Il est fondé sur les Passiflora glauca
et emarginata Humb. et Bonpl. (Plant,
èquat., tâb. 22 et 23); espèces qui diffèrent
dé toutes les autres Passiflores en ce qu’el¬
les sont de grands arbrisseaux non sarmen-
teüx et dépourvus de vrilles ; leurs fleurs ,
dépourvues d’involucre, offrent des périan-
thes a -partis. (Sp.)
ÀSTItOPMYTE . A s t rophylôn (aor p ov,
astre; eputov , planté). ÉchîN. — Nom par
lequel Linck désignait les animaux échifio-
AST
dormes de Tordre des Stellariés, appelés,
depuis, 1 fyiryale par Lamèrcb. (p. G.)
A^TÏVOPIÏYTON (aorpov, astre, étoile ;
(puroy, plante), échiw, t- LincK, dans son
(frs BtoUes de mer, publiée en
1 7 q 3 ? appelait ainsi une classe de la
deuxième section des Étoiles, et qui répond
parfaitement au genre Eqryale, tel que La-
marcjt l’a depuis établi (Voy. euryale).
Quelques auteurs ont adopté le nom d’4$-
trophyfon. (P- G.)
(wTpoy, étoile;
cpuTo'v, plante), pot. th. tt-Nqus ayons fondé
ce genve de la famille des çactacées, sur une
plante fort extraordinaire par ses formes,
lesquelles s’éloignent, par leur àspect inso¬
lite, des formes déjà Si extraordinaires elles-
mêmes de petto famille singulière- C’est une
plante subglobuleuse, à cinq ou six angles
très robustes , obronds ou légèrement ai¬
gus, d’un vert glauque, parsemée d’une
myriade de petits points blancs, qui, vus à
la loupe, présentent une petite touffe de
poils (uMçïe nçtmen spççifienm)' som¬
met en esf légèrement ombiliqué, et la
crête des cèpes est roupie , au lieu de fais¬
ceau d’épines , d’une touffe de soies brunes
ou fauves , et quelquefois de 2 oq 3 aiguil¬
lons d’une extrême petitesse , quoique fort
raides. Cette plante, qui paraît n’avoir en¬
core fleuri que chez M. le Prince de Salm ,
tient des Qpuntiées par ses aréoles , et des
Échinocactes par ses fleurs et sa forme.
Nous reviendrons sur son compte à l’ar-
tjele cactacées , dans lequel nous espérons
en donner la diagnose complète {Voy- Cac-
tearum nova généra spççiçsque novce ,
où se trouve upe description provisoire dé¬
taillée). VA: myriostigma paraît indigène
au Mexique , d’où il a été envoyé, en 1^30,
en Europe. (G- L-)
ASTIIQPOPE (<&TTpoy, étoile jîcoûs, pied)-
ÉCBIW.rrr? VoyCZ ASTRQTC'S. (ff. G.)
* ASTRQFUS (acTpsv, astre; nwi, pied).
ÉcHiN. — m. Gray, dans son Synopsis p/
Starfish , publié dans l’année 1840 des
Ann. and Magaz. of nat. hist ., donne ce
nom à un sous-genre (V Aslropccien, com¬
prenant l’espèce nouvelle qu’il appelle 4-
Longipçs. (P. G.)
*ASTROFU§, Spreng. Eut.,
III, p. 64). (aa-pov, étoile ; wçQç, pied), bot.
ru. -- Double emploi du genre Walthe-
AST 279
ria, L. ; de la famille des Byttnériacées.
(Sr.)
* ASTROTPELÏÏJM (*arf> qv, étoile ;
ôïdon, mamelon), bot. cr. — Genre de la
famille des Lichens, tribu des Trypéthélia-
çées, établi par Eschweiler ( Syst . Lich.,
p. 18, f. 25, et Mart. FL Bras., I, t. 9, f.
5), et auquel il donne pour caractères :
Thalle crustacé. Périthèpes plus ou moins
nombreux, disposés en cercle et profondé¬
ment immergés dans des verrues formées
par UU stroma cploré. Ostioles allongés,
convergents, et s’ouvrant par un pore com¬
mun au sommet de la verrue. Ce genre,
comme on le voit, est bien voisin des T>y-
petfielium; il n’en diffère essentiellement,
selon le lichénographe allemand, que comme
son g. Pyrenastrvyn {Papmentoria, Fée)
diffère lui-même des Yerrucqires, c’est-à-
dire par des ostiqles allongés et conver¬
gents. Qn a véritablement poussé un peu
loin les distinctions génériques dans les
deuy tribus des Yerrqcariées et des Trypé-
théliacées, et Fries a eu raison de dire que
les genres Jrypetbcli uni, 4strotikeliu?n
et Parmentaria, ne diffèrent pas plus des
vraies Yermcaires que lesSpbéries des tri¬
bus liijnosœ , Jncasce , Circinalœ , ne
diffèrent des Spbéries simples. Il existe, en
effet, soit entre les genres Trypctheliam
et Astmtheliurft, soit entre les Parmenta¬
ria et les Yermcaires, une foule d’états
transitoires qui doivent jeter une grande in¬
certitude sqr le genre auquel il faut rappor¬
ter l’individu qu’on observe. Comme ce
genre pavait adopté par Fries et que
MM- Lipdley {Anat. Syst. ofBot.) et End-
licher (Geper. Plqnt.)e n ont tenu compte,
nous n’avops pas dû l’omettre dans ce Die-
tionnaire.-r- Çe genre, exclusivement tropi¬
cal, comme les deux aqtres de la même tri¬
bu, ne se compose que de quatre espèces.
Eschwefler y rapporte le Trypeffrelium la-
genifernm Açh., et le T. Sprçngelii Fée,
non Açh. Il y a là certainement une grande
et déplorable confusion qui pe cessera qu’à
une Seule condition : c’est que les lichéno-
grapbes se feront un devoir, la chose étant
possible, de communiquer les types de
leurs espèces, et ne prendront pas à tâche
de les soustraire à l’examen de ceux dont ils
semblent ainsi redouter le contrôle. Ces
cachotteries dénotent une défiance très pré-
sso
AST
AST
judiciable aux progrès de la science. Un
échantillon mis en circulation la sert cent
fois mieux que la meilleure description. Et
d’ailleurs, entre le puissant intérêt de la
vérité et l’intérêt précaire de l’amour-propre,
devrait-il être permis de balancer un in¬
stant? (G. M.)
* ASTROTRICHA, DC. (âatpov, étoile;
6 pii- , cheveu), bot. th. — Genre de la
famille des Ombellifères (tribu des Hy-
drocotylées, Koch; tribu des Disaspidos-
permées , sous - tribu des Xanthosiées ,
Tausch.). M. De Candolle ( Mèm ., Y, p.
29, tab. 5 et 6; id. Prodr.; t. IY, p. 74)
en donne les caract. suivants : Tube calici-
nal ovale; limbe minime, 5-denticulé. Pé¬
tales elliptiques-oblongs, persistants, plans,
veloutés en dessous. Styles 2 , filiformes,
point épaissis vers leur base. Méricarpes
ovales-oblongs, contractés vers la commis¬
sure, à 9 côtes très obtuses, à peine sail¬
lantes; les deux côtes latérales marginantes,
presque ohlitérées. Point de bandelettes
dorsales; commissure à 2 bandelettes. —
Sous - arbrisseaux à pubescence étoilée.
Feuilles alternes, pétiolées, très entières,
glabres en dessus, pubérules-blanchàtres en
dessous. Inflorescences paniculées, compo¬
sées d’ombelles simples. Involucres oligo-
phylles, à folioles linéaires. Ce genre ap¬
partient à la Nouvelle-Hollande ; on en con¬
naît six espèces. (Sp.)
ASTRYCIUM, plus correctement AS-
TRICIUM (àanr.?, étoile), bot. cr. — Genre
de Champignons, qu’on trouve énoncé par
Rafinesque Schmaltz , dans le prospectus
des plantes trouvées aux États-Unis {Med.
repertory of Netv-York, vol. Y, p. 356,
et Journal de Lot. de Desvaux , vol. II,
p. 166). Ce g. appartient à la section des
Lycoperdacées. Il est caractérisé par un pé-
ridium quinquéfide et dimidié qui ne s’ouvre
pas. La fructification est placée au centre.
Les caract. que lui donne Rafinesque sont
si incomplètement exposés, qu’aucun au¬
teur n’en a fait mention. Il croît dans le
New-Jersey et la Pensylvanie. (L£v.)
ASTTJR. ois. — Nom ancien de l’Autour.
Voyez ce mot. (C. d’O.)
ASTURINE. Asturina (d 'Asl/tr, nom
latin de l’Autour, avec lequel les espèces de
ce g. ont du rapport de plumage), ois. —
Genre formé par Yieillot sur une espèce d’oi¬
seau de proie figurée dans Bufîon (Enl., 473)
sous le nom de petit Autour de Cayenne
(. Falco ca.ycnnensis Gml.), et est elle-
même l’espèce type du g. Cymindis de
Cuvier, que nous admettons de préférence,
ainsi que tous les ornithologistes modernes.
Asturine n’est donc que le synonyme de
Cymindis. Voy. ce dernier mot. (Lafr.)
*A8TYCIJS (àatuxcl;, galant, poli).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères,
famille des Curculionides, ordre des Gona-
thocères, légion des Brachyrhynques , divi¬
sion des Brachydérides, établi par Schoen-
herr ( Généra et Species Curculionidum,
t. II, pars I, p. 91 ).
Les espèces de ce genre ont le faciès des
Tanymescus ; mais elles en diffèrent par
leurs antennes, plus courtes, et par la struc¬
ture de leur rostre anguleux , plan en des¬
sus et canaliculé. Leur corps est allongé,
convexe et ailé. M. Dejean, dans son der¬
nier Catalogue, en désigne 4 espèces, dont
2 des Indes orientales, une de la Nouvelle-
Hollande , et une dont la patrie est incon¬
nue. M. Schoenherr n’en décrit que deux :
l’une, qu’il nomme A. variahilis, et qui lui
a été communiquée par M. Chevrolat; l’autre
qui est le Curculio laleralis de Fabr. Tou¬
tes deux sont du Bengale. (D.)
*ASTYDAMIA, DC. bot. th. — Gen¬
re de la famille des Ombellifères (tribu des
Peucédanées , Koch ; tribu des Diclidosper-
mées, s. -tribu des Peucédanées , Tausch.),
auquel son auteur {Mèm., t. Y, p. 53, tab. I ,
fig.D; id. Prodr., t. IV, p. 190) assigne
pour caract.: Calice à bord 5-denté. Pétales
obovales, entiers, surmontés d’une languette
infléchie. Stylopodes épais. Styles trèseourts.
Fruit comprimé, à rebord épais ; méricarpes
subfongueux, 5-costés ; les trois côtes dor¬
sales, cristées, rapprochées; les deux côtes
latérales confluentes avec le rebord. Ban¬
delettes peu nombreuses. — Herbe suffrutes-
cente, charnue, glabre. Feuilles pennatipar-
tites; à segments cunéiformes, incisés-dcn-
tés au sommet. Involucre et involucelles
polyphylles. Fleurs jaunes. Ce genre ne
comprend qu’une seule espèce ( A. cana-
riensis DC.) : c’est le Crithmum latifo -
liumlt., le Ténor ia canariensis Sprcng.,
et le Laserpitium crithmifolium Link.
(Sv.)
*ASTYIJG. Aslyltts (à priv. ; urù).o;f
281
ASY
style), bot. — Wachendorff a donné cette
épithète aux plantes dont les fleurs sont dé¬
pourvues de style. (C. d’O.)
* ASTYLU8 (à priv. 5 gtÛXoç, stylet).
INS. — Genre de l’ordre des Coléoptères pen¬
tamères , famille des Malacodermes , tribu
des Mélyrides, établi par M. Delaporte aux
dépens du g. Dasyles de Paykull ( Revue
eiitom . deSilbermann, t. IV, p. 32). L’au¬
teur rapporte à ce genre les Dasytes linea-
tus Fabr., variegatus Germar, Antis Por-
ty ou faciatus Germ. , quadrilineatus
Germ., et autres grandes et belles espèces
du Pérou et du Chili. (D.)
* ASTYIVOMU8 («feruvc^ôç, édile), ins.
— M. Dejean {Cat.% 3e édit.) désigne ainsi
un genre de Coléoptères tétramères, famille
des Longicornes, tribu des Lamiaires , que
M. Serville avait publié avant lui {Ann. de
la Soc. ent. de Fr., 1835, t. IV, p. 32)
sous le nom d 'Ædilis, qui est celui de l’es¬
pèce qui lui sert de type {Lamia Ædilis
des auteurs). Quoique cette conversion d’un
nom spécifique en nom générique soit, à no¬
tre avis, très vicieuse, nous avons dû adopter
le nom d’ Ædilis de M. Serville comme plus
ancien. Voy. ce mot. (D.)
* ASYMÉTRIQUE (à priv.; oup.[i.sTpia ,
symétrie), moud. — Les conchyliologistes
donnent ce nom aux coquilles univalves
dont les côtés ne sont pas réguliers, par
rapport à un axe tiré du sommet à la base.
(C. d’O.)
* ASYSTASIA, Blume {Bijdr, p. 796).
(aouoraaia, confusion), bot. ph. — Genre
de la famille des Acanthacées (tribu des
Echmatacantées , sous -tribu des Ruel-
liées , Nees) , offrant pour caractères es¬
sentiels : Calice 5-parti , régulier. Corolle
subinfondibuliforme, 5-fide : lobes presque
égaux. Étamines 4 , incluses, didynames,
insérées au tube de la corolle 5 filets soudés
deux à deux par la base ; anthères à bour¬
ses étroites, parallèles, calleuses ou appen-
diculées à la base. Ovaire 1 -style, à deux
loges 2-ovulées. Stigmate 1-lobéou 2-denté,
capitellé. Capsule stipitée, 4-gone, 2-locq-
laire, 4 -sperme. Graines disciformes. —
Herbes ou sous-arbrisseaux de l’Asie équa¬
toriale ; feuilles opposées ; grappes axillai¬
res ou terminales, spiciformes, unilatérales;
bractées et bractéoles, petites, isomètres.
(Si*-)
ATA
ATA. $qt. rs. — Nqm générique des
Cistes dans une partie de l’Espagne où ils
couvrent les terres incultes. (C. d’O.)
ATACAMITE. min. — Voyez ataka-
Mïte. (Dei..)
* ATACCIE. Alaccia . bot. ph. — Genre
établi par Près,! ( Reliq . Haenk. î, p. 149)
pour le Tacca integrifolia de Ker {Bot.
mag. t. 1488) et Roxb. {Corom. t. 257). Ce
g. ne diffère pas sensiblement du Tacca. Le
seul caractère qui le distinguerait , c’est
un ovaire à 3 trophospermes pariétaux et
saillants, de manière à simuler un fruit
comme à 3 loges ; tandis qu’il est bien
réellement uniloculaire dans le g. Tacca .
Voy. ce mot. (A. R.)
* ATACTOMORPHOSE. Atactomor-
phosis (àraîCTcç , inflexible ; p-opcpii, forme).
zool. — Les entomologistes appellent ainsi
l’état complet d’immobilité de certaines
Nymphes, qui n’en sortent qu’à l’époque de
leur dernière métamorphose. (C. d’O.)
ATAGAS. Atagen. ois. — Nom du
Lagopède en habit diète selon Maudiut.
(Lafr.)
ATAGO ou ATTAGAS. ois.— Noms
corrompus de celui d ' Attagennc r qu’on
donne à VAUagas ou Lagopède . Voy. ce
dernier mot. (Lafr.)
ATAJA. poiss. — Nom d’un poisson de
la mer Rouge, indiqué et décrit par Fors-
kal sous le nom de Sciœna ruhra. Dans
le Dictionnaire classique, ce nom est donné
comme synonyme d’une esp. du g. Hola-
canthe de la famille des Squamipennes. Nous
avons retrouvé l’esp. de Forskal, et c’est au
g. des Scorpènes qu’elle appartient. (Val.)
ATAMAMITE ( d 'Atakama , nom de
lieu), min. — Nom sous lequel on désigne
le cuivre oxy-cfiloruré , rapporté pour la
première fois du désert d’Atakama* dans
l’Amérique méridionale. Voy. cuivre oxy¬
chlorure. (Dei,.)
*ATALANTA, Nutt.; Gen. Amer. 2 ,
p. 73. non Corréa (nom d’homme), bot.
th. — Synonyme du g. Peritoma , DC., de
la famille des Capparidées. (Sp.)
* ATAUANfTBUS ( Atalanthe , nom
myth. ). bot. th. — Genre de la famille des
Composées, fondé parM. Don, et réuni ac¬
tuellement, par M. De Candollc, au g. Son-
chus , dont il ne paraît différer que par
l’absence de renflement à la base de \ invo-
• . is*
t. il.
ATE
282 ATA
lucre ; les deux esp. sur lesquelles M. Don
avait établi son g. sont les Prenanthes
pinnata et spinosa. (J. D.)
* ATALAXTIA , Corréa (Annal, du
Mus. , t. TI, p. 383). bot. pïï. — Genre de
la famille des Aurantiacées, offrant pour ca-
ract. : Calice 4-ou 5-denté. Pétales 4 ou 5.
Étamines 8 ou 10; filets libres et subulés au
sommet, soudés inférieurement en tube.
Anthères cordiformes , oyales. Ovaire glo¬
buleux , ordinairement 4-loculaire ; ovules
géminés dans chaque loge, collatéraux, at¬
tachés vers la base de l’angle interne. Style
aussi long que l’androphore; stigmate 3-ou
4-lobé. Baie 3-ou 4-loculaire, 3-ou4-sper-
me, globuleuse. — Arbres ou arbrisseaux
épineux. Feuilles simples. Fleurs axillaires
et terminales. Ce g. comprend 4 ou 5 esp.,
toutes indigènes de l’Asie équatoriale. La
plus remarquable est VA. monophylla DC.
(Limonia monophylla L. — Roxb. Co¬
rom. I, tab. 82.; Turrœa virens Kœn.;
Trichilia spinosa Willd . ) (Sp.)
ATALAPHE. mam. — Genre proposé
par Rafinesque , et fort imparfaitement
connu. Voy. vespertieiens. (I. G. -S. -H.)
ATALERRIE. bot. ph.— Syn. d’ Hydro-
Ica zeylanicaVdh\. Voy. hydrole. (C.d’O.)
* ATAMISQIJE A ^ Miers (Travels in
Chili , II, p. 529. — Hook. et Arn. Bot.
Mise. III, p. 143) (nom vernaculaire), bot.
ph. — Genre de la famille des Capparidées,
DC. (tribu des Capparées, DC.). D’après
les descriptions des auteurs précités, il of¬
fre les caract. suivants : Calice de 4 sépales;
les 2 extérieurs (postérieur et antérieur)
ovales, obtus, concaves, velus en dessus ;
les 2 intérieurs ( latéraux ) beaucoup plus
petits, oblongs, obtus, velus. Disque char¬
nu, triangulaire, tapissant le fond du calice,
à angle postérieur prolongé en forme de li¬
gule. Pétales 4 , linéaires-lancéolés , con¬
caves , velus en dessus ; les 2 supérieurs
alternes avec le prolongement liguliforme
du disque ; les 2 inférieurs insérés devant
les 2 angles antérieurs du disque. Étamines
6 , monadelphes par la base ; androphore
velu , globuleux , fortement gibbeux pos¬
térieurement , engainant la base du stipe
de l’ovaire ; filets glabres , arqués en de¬
dans ; le rudiment d’une 7 e étamine en¬
tre les 2 filets postérieurs. Ovaire sti-
pité, claviforme, acuminé» arqué en de¬
dans. Style court , terminé en stigmate
pointu. Baie globuleuse, 1 -sperme, crusta-
cée, apiculée par le style, couverte d’une
pubescence furfuracée. Graine apérisper-
mée. Embryon à cotylédons grands, épais,
convolutés ; radicule latérale , cylindrique ,
supère. — Arbuste ( du Chili ) à rameaux
cylindriques, subspinescents , incanes par
une pubescence furfuracée. Feuilles courle-
ment pétiolées, étroites, échancrées, vertes
en dessus , furfuracées en dessous ; la plu¬
part opposées, les supérieures éparses. Pé¬
doncules axillaires , solitaires , 1 -flores J
VA. emarginata Miers , constitue seul ce
genre. (Sr.)
ATAX. arach. — Dénomination appli¬
quée, par Fabricius, à un g. de la classe des
Arachnides trachéennes, synonyme de celle
d ' Hydrachna de Müller. Voy. ce mot.
(Be.)
* ATAXIE. Ataxia (àra^a, imperfec¬
tion). bot. ph. — Genre de la famille des Gra¬
minées , qu’il ne faut pas confondre avec le
g. Ataccia du groupe des Taccacées. Le g.
Ataxia a été fondé par R. Brown dans sa
Flore de l’île Melville, p. 35, et adopté par
notre savant ami, le professeur Kunlii
(Agrost. 39). C’est une petite plante ayant
l’aspect d’un Anthoxanthum , mais dont
les caract. n’ont pas encore été donnés d’une
manière complète. Ses épillets sont triflo-
res ; la fleur inférieure est mâle , celle du
milieu est neutre et la supérieure est her¬
maphrodite. La plante est originaire de
Java. (A. R.)
* ATE. Ale. bot. ph. - — Genre de la fa¬
mille des Orchidées, tribu des Ophrydécs,
très voisin du g. Habenaria, dont il ne dif¬
fère que par l’interposition entre les deux
processus charnus qui naissent de la base de
l’anthère, d’une lame cornée, obtuse, spa-
thulée, réfléchie et canaliculée. Ce caract.
nous paraît d’une bien faible importance
pour séparer ce g. des autres espèces du g.
Habenaria. (A. R.)
* ATECHNA (à priv.; ts'xvvi, art; sans
malice), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Chrysomélines , établi
par M. Chevrolat et adopté par M. Dejean ,
qui, dans son dernier Catalogue (3e édit.),
en désigne 19 esp., dont 18 du Cap de
Bonne-Espérance et une de la Nouvelle-
Hollande (A. trilineata ), rapportée par
283
AIE
le capitaine de vaisseau Dumont-d’Urville.
D’après les renseignements que nous a
fournis M. Cheyrolat sur ce genre inédit,
ses caractères sont : Élytres presque à de¬
mi sphériques ; épipleures larges , plans ;
dessous du corps aplati. Palpes maxillaires
à pénultième article en cône arqué à son
origine ; dernier article oblong ; l’un et l’au¬
tre représentant, par leur réunion , un
gland avec son calice ou sa cupule. Pattes
simples, presque droites; jambes élargies
vers le sommet. — Ce g. a, suivant l’au¬
teur , beaucoup d’analogie avec les Parop-
sis et renferme, entre autres esp., 6 Chry-
somèles de Fabricius qui sont : C. guttata,
C. 14 decem-guttata , C. altemans , C.
linea , C. striata et C. vulpina .
(D. et C.)
* ATELA, C. (àTeXuiç, imparfait), ins.
— Genre de Coléoptères pentamères, fa¬
mille des Malacodermes , établi par M. De-
jean dans son dernier Catal. (3me édit.) et
dont il n’a pas publié les caract. Il n’y rap¬
porte qu’une seule esp. nommée par lui A.
cephalotes et qui est du Brésil. Il place
ce g. entre les Omalises de Geoffroy, et
les Phengodes d’Hoffmansegg. C’est tout ce
que nous pouvons en dire, n’ayant pas vu
l’insecte qui a servi à l’établir. (D. et C.
*ATELAIVDRA, Lindl. (areXinç, im¬
parfait; àvrip , â'pcç, homme), bot. th. —
Genre de la famille des Labiées, auquel
son auteur attribue les caract. suivants (. Bo -
tany of Swan river, in Bot. Reg. Ap-
pend. 3 , p. 1 1 9) : Calice 2-labié : lèvre su¬
périeure 2-dentée; lèvre inférieure 3-den-
tée. Corolle à tube court : lèvre supérieure
plus large , échancrée ; lèvre inférieure 3-
partie , à lanière - moyenne plus grande ,
concave. Étamines 4 ; les 2 inférieures
plus longues. Anthères glabres, dithèques ;
l’une des bourses ascendante , pollinifère ;
l’autre descendante, stérile. Stigmates ani-
somètres : le supérieur minime (péricarpe
inconnu). — Ce g. est fondé sur une seule
esp., qiai croît dans la Nouvelle-Hollande.
(Sp.)
ATEEÉCYCLE ( axe X-fo , imparfait ;
xwXoç, cercle), crust. — Genre de Décapo¬
des brachyures , établi par Leach , et rangé
par Milne Edwards dans la famille des
Oxystomes, tribu des Corystiens. Il se dis¬
tingue des autres genres de la même di-
ATE
vision par la forme arrondie de la carapace;
par la ponction longitudinale de ses fos¬
settes antennaires ; par son front dentelé ,
etc. On en connaît deux espèces des mers
d’Europe et une du Chili. (M. E.)
*ATELEIA, Moc. etSess. (aTeXsia, im¬
perfection). bot. ph. — Synonyme du g.
Pterocarpus , de la famille des Légumi¬
neuses. ^ (Sr.)
* ATÉLÉNÈVRE . Atelenevra (ocTeXvîç,
imparfait; vsupov ou veupa, nerf), ins. —
Genre de l’ordre des Diptères, division des
Brachocères, subdivision des Dichœtes, fa¬
mille des Athéricères , tribu des Céphalop-
sides; établi aux dépens du g. Pipuncu-
lus de Latreille , par M. Macquart, qui
lui assigne les caract. suivants : 2me article
des antennes un peu allongé , presque cy¬
lindrique; 3me ovalaire. Point de cellules
discoïdales aux ailes ; 2 postér. ; point d’a¬
nale. — Ce g. dont le nom indique l’im¬
perfection des nervures , a pour type VA.
velutina ou Pipunculus spurius de
Meigen. M. Macquart y réunit le Pipun -
culus holosericeus du même auteur , qu’il
nomme A. holosericea. Ces 2 esp. se trou¬
vent en Allemagne et dans le nord de la
France. (D )
ATÉLÉOPODES. Ateleopodes (dcTsXnî;,
imparfait ; 7roüç, pied), ois. — C’est, dans la
méthode de Vieillot, la seconde tribu do
l’ordre des Oiseaux nageurs, dont les caract.
sont: 3 doigts dirigés en avant; pouce nul.
(Lafr.)
ATÈLES. Ateles (àx eXviç, imparfait).
mam. — Ce genre, établi par M. Geof¬
froy Saint-Hilaire {Ann. du Mus., t. VII)
et adopté par tous les auteurs moder¬
nes, comprend un certain nombre de Singes
américains, fort remarquables par leur
queue très longue , fortement prenante ,
calleuse inférieurement dans sa partie ter¬
minale ; par leurs membres très grêles , et
par leurs mains antérieures seulement té-
tradactyles. C’est à ce dernier caractère que
se rapporte le nom à’ Atèles, c’est-à-dire
Singes imparfaits , Singes à mains impar¬
faites.
Les Atèles appartiennent à la troisième
tribu des Singes ( Voyez ce mot), et se pla¬
cent naturellement près des Hurleurs, desLa-
gotriches et des Ériodes, qui, outre les traits
généraux de la troisième tribu, ressemblent
• 284
ATÈ
aux Atèles par la disposition de leur queue.
Les Atèles se distinguent, au premier aspect,
des deux premiers de ces genres, par la
longueur considérable des membres et par
l’état rudimentaire des pouces antérieurs ,
qui tantôt ne sont nullement apparents à
l’extérieur , tantôt ( et seulement dans une
espèce) se montrent au dehors sous l’ap¬
parence d’un simple tubercule sans ongle.
Ces deux caractères sont communs , sauf
quelques modifications , aux Atèles et aux
Ériodes, et ont motivé autrefois la réunion,
encore admise par quelques auteurs , des
uns et des autres en un seul genre. Mais les
Atèles ont aussi de nombreux caractères
distinctifs à l’égard des Eriodes. Ainsi,
chez les premiers , et contrairement à ce
qui a lieu chez les seconds , lé pelage est
long et soyeux ; les ongles sont élargis, dis¬
posés en gouttière et de forme demi cylin¬
drique, comme chez presque tous les Singes;
les narines, de forme allongée, sont assez
écartées l’une de l’autre , et tout-à-fait laté¬
rales ; les molaires sont, aux deux mâchoi¬
res, petites, et à couronne irrégulièrement
arrondie ; les incisives inférieures , égales
entre elles et assez grandes, surpassent sen¬
siblement en volume les molaires. A la mâ¬
choire supérieure, les incisives intermédiai¬
res sont beaucoup plus longues et beaucoup
plus larges que celles de la paire externe.
Enfin, parmi les caractères qui séparent les
Atèles des Ériodes, nous devons noter en¬
core ceux qu’offre le clitoris , qui , aussi
bien que le pénis, est nu comme chez la
plupart des Singes, et d’un volume si consi¬
dérable qu’on prend souvent les femelles
pour des mâles. Il n’est pas rare que le cli¬
toris ait jusqu’à 6 centimètres de longueur.
La conformation générale de la tête , et
notamment les proportions du crâne et de
la face , sont sensiblement lés mêmes chez
les Atèles , les Eriodes et les Lagotriches.
La boîte cérébrale est arrondie et Volumi¬
neuse , et i’anglé facial est de 60° environ.
Les orbites , larges et profondes , se font
remarquer chez les vieux individus par une
sorte de crête existant dans la portion su¬
périeure et la portion externe de leur cir¬
conférence. La mâchoire inférieure est assez
haute, et ses branches sont larges, quoique
beaucoup moifls que chez les Hurleurs. Le
corps de f hyoïde est une lame très étendue
ATÈ
de haut en bas, et recourbée sur elle-même
d’avant en arrière ; disposition qui rappelle,
en petit , les modifications si remarquables
de l’hyoïde chez les Hurleurs. L’ouverture
antérieure des fosses nasales est de forme
ovale. Une circonstance remarquable et ca¬
ractéristique des Atèles est qu’une partie
du contour de cette ouverture est formée
par les apophyses montantes des os maxil¬
laires; les intermaxillaires ne se portant pas
jusqu’aux os nasaux, et par conséquent ne
s’articulant pas avec eux , comme il arrive
chez la plupart des Singes , et spécialement
dans tous les genres les plus voisins des
Atèles.
Les Atèles sont généralemëntdoux, crain¬
tifs, mélancoliques, pafesseüx ; et, lorsque
rien ne les presse , très lents dans leurs
mouvements. Leur voix est, dans les cir¬
constances ordinaires , une sorte de siffle¬
ment doux et flûté. Leur locomotion s’exerce,
tantôt par une marche lente, durant laquelle
ils s’appuient sur leurs poings fermés; tan¬
tôt par des sauts, quelquefois très considé¬
rables, d’une branche d’arbre à une autre ;
mais , le plus souvent , ils se tiennent par
troupes dans les arbres élevés; et, lorsqu’ils
veulent changer de place, se bornent à éten¬
dre, pour aller les accrocher plus loin, soit
leurs longs membres, soit leur queuè, qu’on
peut véritablement appeler chez eux un
cinquième membre , et peut-être même le
plus ptiissant des cinq. Dampierre et Da-
coSta affirment que lorsque des Atèles veu¬
lent frahchir une rivière, ou passer, sans
descendre à térfe, sur un arbre trop éloigné
pour qu’ils puissent y arriver par un saut ,
ils s’attachent les uns aüi autres, formant
une sorte de chaîne dans laquelle chaque
individu est supporté par la queue d’un
autre, et qu’ils dirigent, en la faisant os¬
ciller Vers le but où ils tendent ; dès qu’il
devient possible à l’ün d’eux d’atteindre ce
but , il s’y accroche , et tire ensuite à lui
tous les autres. Nous sommes loin de ga¬
rantir ce récit, dans lequel nous voyons plu¬
tôt une exagération de la vérité que la vérité
même ; mais il est certain qü’un Atèle peut
s’accrocher par l’extrémité de sa queue,
rester ainsi fixé pendant un temps plus
ou moins long, la tête et les membres pen¬
dants, et même, dans cette position, saisir
et supporter un autre individu.
AIE
28 5
ATÈ
La queue, outre sa fonction la plus habi¬
tuelle, celle de concourir à la locomotion et
d’assürer la station, en s’accrochant à quel¬
que branche d’arbre, est employée par les
Atèles à beaucoup d’autres usages. Us s’en
servent pour aller saisir au loin divers ob¬
jets sans mouvoir le corps, et souvent même
sans. y diriger les yeux ; et cela parce que la
callosité de la queue en fait une véritable
main , tout à la fois organe de toucher et
instrument de préhension. Nous n’avons
jamais vu , du reste , lés Atèles se servir
de leur queue pour porter leurs aliments à
la bouche , suivant une habitude que leur
attribuent plusieurs voyageurs. Au con¬
traire , rien n’est plus fréquent , dans nos
climats , qüe dë voir les Atèles s’entourer
de leur queue, et se faire ainsi d’une partie
d’eux-mêmes tin abri contre le froid. Us en
agissent même parfois ainsi à l’égard d’au¬
tres Singes, soit de leur espèce , soit d’une
espèce étrangère ou même d’un autre gen¬
re ; car les Singes, ainsi que nous l’avons
très fréquemment constaté, sont disposés à
prendre en affection tous les autres ani¬
maux de la même famille , même ceux que
nous regardons comme les plus éloignés
par leurs rapports naturels.
Les Atèles , quoique répandus dans une
grande partie de l’Amérique du sud, et no¬
tamment dans plusieurs des pays que fré¬
quentent les Européens, sont rares en
Europe. Une grande partie de ceux qu’on
essaie d’y apporter, meurent en route , et
les autres ne vivent ordinairement que peu
de temps sous un climat dont la tempéra¬
ture paraît constamment les faire souf¬
frir. Nous avons néanmoins observé vivants
un assez grand nombre d’ Atèles, apparte¬
nant à six espèces différentes : l’un d’eux
avait vécu plusieurs années à Paris.
Le CoAÏTA,Buff.; Atelcspaniscus Geoff.-
S.-H. ; Simia p'àftisbUÊ L., est l’espèce
qu’on voit le plus communément en Fran¬
ce. C’est un animal à pelage entièrement
noir, avec la face de couleur de mulâtre. Sa
taille est de deux tiers de mètre, non com¬
prise la queue, qui est plus longue que le
corps. U habite la Guyane, où il est connu
sous le nom de Codïta ou Coata , que
les zoologistes, depuis Buffon, lui ont con¬
servé.
D’ Atèle noir ôü Cayou, Alélès ater Fr.
Cuv., a d’abord été distingué par M. Geof-
froy-Saint-Hilaire, qui le considérait comme
une simple variété de X Atelcs pa?iiscus : il
diffère de celui-ci par sa face noire. U ha¬
bite aussi la Guyane, d’après M. Geoffroy-
Saint-Hilaire.
L’ Atèle a face encadrée, Atcles margi-
natus Geoff.-S.-H., a, comme les précé¬
dents , le pelage généralement noir ; mais
la face est entourée, surtout supérieure¬
ment, d’une fraise de poils blancs. U ha¬
bite le Brésil. Les auteurs le disent com¬
mun sur les bords des fleuves Santiago et
des Amazones.
M. Bennett a récemment décrit, sous le
nom d \4teles frontalis ( Voy .Proccedings
of the zool. Soc. of London, 1830-31), un
Atèle qu’il considérait comme nouveau ,
mais qui nous paraît n’être qu’un double
emploi de X Atcles marginatus.
L’ Atèle Belzébuth , Atcles Belzebuth
Geoff.-S.-H., est une espèce indiquée d’a¬
bord sous ce nom par Brisson, et différente
des précédentes par des caractères assez
tranchés. Sa taille est sensiblement moin¬
dre. Son pelage est généralement d’un noir
brunâtre, et non d’un noir pur ; et les par¬
ties inférieures , ainsi que le dedans des
membres, sont d’un- blanc légèrement
jaunâtre. Cette espèce (qü’il ne faut pas
confondre avec le Simià Beelzehul ; Voy.
hurleur) habite lés bords de l’Orénoque.
L’ Atèle métis, Atcles hybridus Is.
Geoff. ( Mèm . du Mus., et Études zoo lo¬
giques) , est plus distinct encore par son
pelage , qui n’est pas noir, mais d’un cen¬
dré brun clair en dessus , et d’un blatic
assez pur en dessous , à la face interne des
membres et au milieu du front. Cette es¬
pèce habite la Colombie, où elle est connue
sous le nom de Mono zamho , c’est-à-dire
Singe métis. Ce nom, que nous lui avoùs
conservé, a été donné à ce Singe à cause dé
sa couleur génétaîe qui est celle du métis
dü Nègre et de l’Indien. Depuis que nous
avons établi cette espèce d’après des indi¬
vidus envoyés en France par Plée, nous
avons eu occasion d’en confirmer l’exis¬
tence par l’observation de deux sujets qui
ont vécu à la ménagerie du Muséum.
L’ Atèle mélanochire, A télés melnno-
chir Desm. , est ainsi caractérisé par cet
auteur, d’après un individu de la collection
286
ATÉ
de Paris : Pelage gris ; dessus de la tête ,
extrémité des quatre membres et une tache
oblique et externe sur chaque genou , d’un
brun noir ou d’un gris brun. Cette espèce,
lors de la publication de la M arrima loyie
de M. Desmarest, en 1820, a été considérée
par tous les auteurs comme douteuse , et ,
depuis cette époque , aucune observation
nouvelle n’est venue en confirmer l’exis¬
tence.
L’Ateee pentadactyee ou Chamek , A té¬
lés jpentadaciylus Geoff.-S.-H., ressemble
aux Ateles paniscus et ater par son pelage
généralement noir; mais il diffère de ceux-
ci , aussi bien que de tous les autres , par
l’état moins complètement rudimentaire
des pouces antérieurs qui se montrent au
dehors sous la forme de tubercules ou de
verrues sans ongles. Ce dernier Atèle ,
comme l’indique son nom , n’est donc pas
véritablement tétradactyle. Spix, dans son
ouvrage sur les Singes du Brésil , a cru de¬
voir, pour cette raison, le séparer des vrais
Atèles, le réunir avec l’Ériode hypoxanthe ,
Singe qui s’en éloigne sous des rapports beau¬
coup plus importants, et former, pour ces
deux primates, un genre pour lequel cet
auteur a proposé le nom de Court-i*ouck,
Brachyteles. C’est,pvec toute raison que les
auteurs n’ont point admis ce genre dont on
pourrait former tout au plus une section
parmi les Atèles. L’ Atèle pentadactyle, en
effet, non-seulement ne peut être séparé du
genre Atèle, mais il a, en particulier, avec
deux de ses espèces, V Ateles paniscus et
Va. ater, une telle analogie, qu’il a été
longtemps confondu avec elles. L’ Atèle pen¬
tadactyle, d’après les auteurs, habite le Pé¬
rou et la Guyane. (I. G. -S. -Hilaire.)
* ATÉLESTITE (àxéXca toç, imparfait).
min. — M. Breithaupt a indiqué sous ce
nom , dans sa caractéristique du règne mi¬
néral, une substance encore imparfaitement
connue, qui ne s’est encore rencontrée
qu’en petits cristaux jaune de soufre et
transparents , implantés sur le Bismuth-
blende ou Silicate de bismuth tétraédrique
de Schneeberg, en Saxe. Ces cristaux se rap¬
portent au système klinorhombique, et ont
une certaine ressemblance d’aspect avec
ceux de Sphène du St-Gothard. Leur éclat
est gras ou diamantaire; leur dureté médio¬
cre ; leur densité considérable. Au chalu-
ATE
meau , ils donnent les réactions propres au
Bismuth. (Dee.)
*ATELESTTJS (àrs'Xearcç, imparfait).
ins. — Genre de Diptères, établi par M. Wal-
ker ( The entomological magazine , t. IV,
p. 229) , avec cette seule indication : sem¬
blable aux Collomyics et aux Platypèzcs ,
mais ayant les nervures des ailes disposées
autrement. Il est fondé sur une seule espèce
qu’il nomme A. sylvicola, trouvée en juin
dans les bois du Hampshire. (D.)
*ATELIA (aTsXÉia , imperfection), bot.
cr. — Sprengel a donné ce nom, dans la
Flore de Halle , à la 20me classe de plan¬
tes qui répond à la Cryptogamie de Linné,
à cause de l’imperfection des organes de
la fructification. Il la divise en OEthioga-
mes, Épiphyllospermes, Ptéroïdes, Mous¬
ses, Hépatiques , Homalophyllées, Lichens,
Algues, Gastromyques , Champignons et
Bysses. Cette disposition n’a pas été adop¬
tée par les auteurs, et Sprengel lui-même
ne l’a pas conservée dans son édition du
Systcma naturœ , ni dans le Gênera
planiarum. (Lév.)
* ATÉLINES. Atelinœ (àxeXé'.a, im¬
perfection). bot. cr. — Link donne ce nom à
la 2 lmc et dernière classe dans sa distribu¬
tion des végétaux. Elle comprend les Al¬
gues, les Lichens et les Champignons, dont
les organes de la fructification peu saillants
sont regardés comme imparfaits. (Lév.)
* ATELOCERA ( àr eX-fo, imparfait;
xi? aç, corne, antenne; parce que ces anten¬
nes présentent un article de moins que dans
les genres voisins), ins. — Genre de la fa¬
mille des Pentatomiens, groupe des Pen-
talomites, de l’ordre des Hémiptères, établi
par M. Laporte ( Ess . sur les Hèmipt. hè~
ter.), adopté par M. Burmeister, et rangé
par nous dans une division du g. Halys,
dont les Atelocera diffèrent seulement par
des antennes n’ayant que 4 articles, et la
tête un peu moins acuminée. Le type est
VA. armata Lap., du Sénégal. (Be.)
* ATELOCERIJS. ins. — Voyez ate-
EOCERA. (Be.)
* ATELQDESMIS ( àreXr.ç , imparfait ;
, bouquet), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Longicornes,
établi par M. Dejean dans son dernier Ca¬
talogue. D’après la place qu’il lui donne, ce
g. appartiendrait à la tribu des Lamiaires
ATE
ATE
287
de M. Serville et rentrerait dans la branche
des Pogonochèraircs de M. Mulsant. M.
Chevrolat assigne à ce g. les caractères sui¬
vants : Corps subcylindrique , un peu aplati
en dessus. Élytres arrondies régulièrement
à l’extrémité de chaque étui. Corselet aussi
long que large, droit par le haut et par le
bas, et dont chaque côté est muni, dans son
milieu, d’une petite épine assez large à sa
base. Tête coupée droit en devant, convexe
et uni-sillonnée sur le front. Antennes in¬
sérées un peu au-dessus du milieu antérieur
des yeux, de 1 2 articles, dont les 5 premiers
sont garnis de poils tellement épais qu’il
est presque impossible de distinguer les ar¬
ticulations; les 7 suivants dénudés; ongles
assez robustes, simples. — On n’en con¬
naît encore que 2 esp. du Brésil, VA. ves-
tita Dej. etl’J. Mannerheimii. Yoicî la
description de cette dernière : entièrement
d’un blanc jaunâtre sale ; élytres parsemées
de veines d’un jaune verdâtre ; 2 lignes lon¬
gitudinales de cette même couleur sur le
corselet. Les mandibules, les yeux et la vil¬
losité des 2-5 articles des antennes, avec le
sommet des suivants, sont noirs. (D. etc.)
* ATEMELES ( cctyiiasX'Îiç , négligent).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Brachélytres , tribu des Sta-
phylinides, établi par Dilwyn et adopté par
Westvood , qui le caractérise ainsi : Corps
large, pénultième article de l’abdomen
échancré, avec des prolongements latéraux.
2e et 3e art. des antennes, courts. Ce genre,
créé aux dépens du g. Lomechusa de Gyl-
lenhal, a pour type la L. paradoxa de cet
auteur. M. Erichson, dans son beau travail
sur les Staphylins (p. 202), n’adopte pas
ce g. et laisse l’espèce sur laquelle il est
fondé parmi les Lomechusa de Graven-
horst. Voy. ce mot. (D. et C.)
ATERAMNES. bot. th. — Voyez ar-
GYTHAMNIA. (Ad. J.)
* ATERICA. ins. — Genre de Lépidop¬
tères létraptères, famille des Diurnes ou
Rhopalocères, établi par M. Boisduval dans
la tribu des Nymphalides , et auquel il as¬
signe les caractères suivants : Chenille in¬
connue. Insecte parfait : Tête grosse ;
yeux saillants ; palpes rapprochés , assez
gros, ne dépassant pas le chaperon , cou¬
verts de poils très serrés. Antennes lon¬
gues ; massue très allongée, formée insen¬
siblement dans leur quart supérieur. Cor¬
selet épais, assez robuste, de la largeur de
la tête. Ailes inférieures arrondies , à peine
dentelées ; le bord postérieur des ailes su¬
périeures coupé presque droit.
Ce g. a pour type le Papillo Cupavius
de Cramer, auquel viennent se joindre
d’autres espèces africaines , entre autres
celle que M. Boisduval nomme rabena , et
qui a été rapportée de Madagascar parM. le
capitaine Sganzin; elle se trouve à Tintin-
gue, à Tamatave et à Sainte-Marie, dans les
bois, en décembre, et reparaît en juillet et
août. Elle est figurée dans la Faune ento-
mologique de Madagascar, Bourbon et Mau¬
rice, pl. 8, fig. 2. (D.)
*ATERPUS (arspito?, désagréable), ins.
— Genre de l’ordre des Coléoptères tétramè-
res, famille des Curculionides , établi par
Schœnherr ( Syn . Ins. Cur., t. II, p. 230),
qui le place dans sa division des Cléonides et
lui donne les caract. suivants : Antennes mé¬
diocres , assez minces ; les 2 premiers arti¬
cles du funicule assez longs ; les 3-G courts ;
le 7e un peu plus long et réuni à la massue ;
tous presque obeoniques ; massue ovale.
Rostre court, un peu épais, bossu, comme
rongé à l’extrémité ; yeux brièvement ob-
ovales, peu convexes. Thorax oblong, tron¬
qué à la base, plus étroit postérieurement,
s’élargissant sur les côtés avant le milieu,
arrondi antérieurement, parfaitement lobé
derrière les yeux. Élytres oblongues, sub¬
ovales, tronquées à la base, arrondies à leur
extrémité , avec les angles huméraux bien
prononcés. — Obs. Le corps est oblong, sub¬
ovale, dur, rigide, sculpté, tuberculeux, ailé,
de grandeur médiocre. M. Dejean , qui a
adopté ce g. dans la dernière édit, de son
Catalogue , y rapporte 2 esp. ; M. Schœn¬
herr en décrit une de plus, qu’il a nommée
A. horrens ; M. Chevrolat en possède une
4e inédite; toutes sont de la Nouvelle-Hol¬
lande. (D. et C.)
*ATEECHITES ( izzuyrç, sans ar¬
mes). ins. — Groupe de la tribu des Copro-
phages, famille des Lamellicornes, ordre
des Coléoptères] pentamères, établi par
M. Delaporte (Hist. nat. des Col ., faisant
suite au Bulfon-Duménil , t. II, p. 63), et
qui se compose des g. Ateuchus , Circel-
lium , Pachysoma , Canthon , Scato-
nomusj Gymnopleurus , Ilyhoma, Min -
288
ATE
ATE
iophilus et Sisyphus. Ces 9 g. ont pour
caract. communs : Écusson non visible. .Les
jambes des 2 dernières paires de pattes cy¬
lindriques, longues, point élargies à l’extré¬
mité. Pattes intermédiaires beaucoup plus
écartées entre elles à leur naissance que les
autres.
Les Àteuchites sont, pour la plupart, des
insectes de grande ou de moyenne taille, de
forme large, peu convexe, et généralement
noirs. Cependant quelques-uns sont revêtus
de couleurs métalliques très brillantes, qui
contrastent avec leur manière de vivre dans
les fientes et les excréments des animaux ;
mais ce qui , de temps immémorial , a ap¬
pelé sur eux l’attention des observateurs ,
c’est l’instinct qu’ils ont de former avec ces
matières une boule assez grosse qu’ils rou¬
lent avec leurs pattes de derrière. Cette
boule, qui renferme leurs œufs, est d’abord
de consistance molle et de figure irrégu¬
lière ; mais, à force d’être roulée, elle s’ar¬
rondit et durcit, et, lorsqu’elle a acquis la
solidité convenable , l’insecte la pousse jus¬
qu’au trou qu’il a creusé avec ses pattes an¬
térieures, qui sont robustes et armées de
3 à 4 fortes dentelures , et l’y enfonce ; elle
sert à la fois d’habitation et de nourriture
aux larves qui naissent des œufs qu’elle
renferme. C’est au commencement du prin¬
temps qu’on voit les Ateuchites occupés à
rouler leurs boules. Quelquefois plusieurs se
réunissent pour en rouler une en commun.
Il arrive assez souvent que, pendant ce tra¬
vail, l’un d’eux perd l’équilibre, roule d’un
côté et la boule de l’autre ; et, pendant le
temps qu’il met à se relever, elle devient la
propriété du premier qui s’en empare. Dès
qu’il est parvenu à se remettre sur ses
pattes , il va à la recherche d’une autre
boule, et s’il n’en trouve pas, il travaille avec
une ardeur infatigable à en former une nou¬
velle. Ces insectes marchent mal et, lors¬
qu’ils sont renversés sur le dos , ont beau¬
coup de peine à se remettre sur leurs pattes;
mais ils volent assez bien. La faculté qu’ils
ont de fabriquer des boules et de les rouler
n’avait pas échappé à Aristote , qui, pour
cette raison , donne à ces insectes le nom
de Pilulaires. Leurs larves ressemblent à
celles des Oryctès ; elles ont le corps mou
et gros , replié sur lui-même ; la tête écail¬
leuse; la bouche munie de mandibules et
mâchoires distinctes ; enfin six pattes cour¬
tes , cornées et terminées par un seul cro¬
chet. (D. et C.)
ATEUCIIUS ( à-reu^r,; , sans armes).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Lamellicornes , tribu des Sca-
rabéides coprophages, fondé par Weber
(Observ. etiiom., p. 10) aux dépens du g.
Copris de Geoffroy et d’Olivier , qui lui-
même est un démembrement du grand g.
Scarahæus de Linné, et adopté par un
grand nombre de Naturalistes , en tête
desquels il faut citer Latreille. Ce g., de¬
puis que , pour former le g. Gymnoplcu -
rus , on en a retranché les esp. à chaperon
échancré et à élytres sinuées au-dessus
des angles huméraux , peut être carac¬
térisé ainsi : Antennes de 9 art.; 8e et 9e
formant une massue courte , ovale. Palpes
labiaux courts, velus, insérés aux angles
supérieurs du menton. Maxillaires à article
basilaire très petit , 2e et 3e obeoniques ,
dernier ovale, cylindrique, presque du dou¬
ble plus long que le 2e. Çhaperon divisé en
3 lobes et présentant 6 dentelures. Tête
large, aplatie. Écusson non visible. Élytres
déprimées, presque carrées. Contrairement
à l’opinion de Latreille , il a été reconnu
que les Aieuchns manquent de tarses aux
pieds antérieurs, comme les Onitis
Ces insectes, connus des anciens sous le
nom de Hcliocaniharus , sont tous d’assez
grande taille, et ne se rencontrent guère
au-delà du 4 5° de latitude N'- ; fis paraissent
propres aux pays chauds de l’ancien conti¬
nent, particulièrement à l’Afrique. Ils vi¬
vent dans les fientes et les excrémen ts ( Voy.,
pour leurs mœurs, le mot Ateuchites).
M. Mac-Leay, dans ses ploræ Entomol .,
en décrit 22 esp., et M. Dejean, dans son
dernier Catalogue, en désigne 31 , dont 2
des Indes orientales, 17 d’Afrique et 12 de
l’Europe méridionale. Nous n’en citerons
que 2 , savoir : 1° V Ateuchus, sncer
{Scarah. id. Linné) , représenté d’une
manière très reconnaissable sur les an¬
ciens monuments de l’Égypte , et appelé
pour cette raison saccr par Linné , qui
l’indique comme se trouvant à la fois en
Égypte, en Barbarie, en Italie, en Espagne
et dans la France méridionale ; mais, du
temps de ce célèbre naturaliste , on ne dis-
tlngqait pas les espèces aussi minutieuse-
ATÏÏ
ATI!
289
ment qu’on le fait aujourd’hui , et il paraît
que celle qui habite l’Égypte diffère de celle
qu’on trouve dans les autres contrées qu’il
désigne. Si cela est, en effet, il serait lo¬
gique de conserver à la première le nom de
sacer , qui serait un non -sens s’il était
transporté à uneesp. étrangère à l’Égypte,
sauf à donner un autre nom à celle qu’on
trouve ailleurs. Cependant c’est le contraire
qu’on a fait dans les collections de Paris,
du moins dans celles que j’ai consultées, où
le nom de sacer est donné à V Ateuchus du
midi de la France, et celui de religiosus à
l’esp. d’Égypte. Au reste, M. Dejean, que
j’ai consulté à ce sujet, pense que le sacer
d’Europe se trouve aussi en Égypte. Tou¬
jours est-il qu’on l’a reçu d’Alger et d’O-
ran, ce qui est une forte raison de croire
qu’il habite également les autres parties de
l’Afrique qui bordent la Méditerranée , et
par conséquent l’Égypte.
2° V Ateuchus Ægypliorum Latr. Ce¬
lui-ci n’a point, sur le vertex, les deux tuber¬
cules qui caractérisent VA. sacer ; il en dif¬
fère, en outre, en ce qu’au lieu d’être noir,
il est d’un beau vert cuivreux ou doré. Il
habite le Sennaar, d’où il a été rapporté
par M. Caillaud. Cette esp. a d’abord été
décrite et figurée par Latreille dans une
brochure intitulée : Descript. d’ins. d’A-
frique, recueillis parM. Caillaud , etc.,
et ensuite par M. Guérin-MéneYille , dans
son Iconogr. du Règne animal de Cu¬
vier ', pl. 21, fig. 1. (D. et C.)
ATHALAMES. Athalarni (àpriv.;
0a?.ap.oç, lit), bot. cr. — Acharius donnait ce
nom à des productions lichénoïdes qu’il n’a-
Yait pu , faute de fructification , faire ren¬
trer dans ses 3 divisions principales de la fa¬
mille des Lichens. Il réunissait, sous le nom
générique de Lepraria, toutes les esp. à
thalle crustacé pulvérulent privées d’apo-
thécies, imaginant que leurs sporidies ou
gongyles, comme il les nommait, étaient
mélangés avec la poussière de la croûte.
Nous verrons au mot bepraria que toutes
les esp. qu’y faisait entrer cet auteur, sont
loin d’avoir la même origine. (C. M.)
ATHALIA (Athalie , nom propre), ins.
— Genre de la famille des Tenthrédiniens,
de l’ordre des Hyménoptères , section des
Térébrans, établi par Leach et généralement
adopté par tous les entomologistes. Les
Alhalies sont principalement caractérisées
par un corps court et assez plat; une tête
large; des antennes composées de 10 art.
au moins , un peu en massue ou pectinées
dans les mâles, et des ailes ayant 2 cellules
radiales égales , et 4 cellules cubitales iné¬
gales. — On connaît un grand nombre d’esp.
de ce g., presque toutes propres à l’Europe ;
les plus répandues sont les A. bicolor Lep.
S.-Farg., A . ahdomin alis Ponz., etc., etc.
(Bl.)
ATHAMANTA, L. bot. ph. — Genre
de la famille des Ombellifères (tribu des
Pleurospermées, section des Sésélinécs ,
Tausch.; tribu des Sésélinées, Koch.), dont
les caract. distinctifs sont les suivants :
Limbe calicinal marginiforme, 5-denté. Pé¬
tales obeordiformes, terminés en languette
infléchie. Fruit cotonneux, oblong, rétréci
au sommet ; méricarpe à 5 côtes filiformes ;
vallécules de 1 à 3 bandelettes; commissure
à 4 bandelettes. — Herbes vivaces, à feuilles
décomposées. Ombelles hémisphériques ;
involucre oligophylle; involucelles poly-
phylles. Fleurs blanches. Dans ses limites
actuelles, ce g. comprend environ 12 esp.,
la plupart indigènes d’Europe ou de Sibérie.
VA. cretensis L., plante commune dans
les pâturages des Alpes, passait jadis pour
avoir des vertus lithontriptiques ; ses grai¬
nes ont une saveur aromatique agréable.
(Sr.)
ATHAMUS. bot. fh. — Nom généri¬
que proposé par Necker, pour désigner les
Carlina salicifolia et xeranthemoide s
qui, aujourd’hui, constituent seulement,
sous le nom de Carloivisia, une section
des Carlina. (J. D.)
ATHANASE (àôaveuna, immortalité).
crust. — Genre de Décapodes Macroures
établi par Leach, et appartenant à la famille
des Salicoques.Milne Edwards le range dans
la tribu des Alphéens, et y assigne les carac¬
tères suivants : « Yeux libres. Pattes, mâ¬
choires externes sub-pédiformes. Antennes
internes, terminées par 3 filets; pattes an¬
térieures grosses et terminées en pince ;
celles de la seconde paire également didac-
tyles, mais filiformes. » On ne connaît
qu’une seule espèce qui habite nos côtes et
qui ressemble à un petit homard.
(M. E.)
ATHA1VASIA (àôavaaia, immortalité).
19
T. II.
290
ATH
ATH
bot. ph. — Genre de la famille des Compo¬
sées , tribu des Sénécionidées , qui a pour
caractères : Capitules multiflores, homoga-
mes , discoïdes ; réceptacle plan , paléacé ;
involucre formé d’écailles sèches , étroite¬
ment imbriquées ; les extérieures plus cour¬
tes. Fruits cylindracés ; aigrette composée
de poils caducs, courts, très fragiles et con¬
stamment formés d’une seule rangée de cel¬
lules superposées. — Les Athannsia , au
nombre d’une trentaine environ , sont de
petits arbrisseaux indigènes du Cap , et qui
portent des feuilles entières ou lobées , des
capitules globuleux ou oblongs, disposés en
corymbe, discoïdes, à fleurons jaunes.
(J. D.)
* ATHANASIEES. bot. ph. — Une
des divisions de la sous-tribu des Anthé-
midées (famille des Composées) , caracté¬
risée par son réceptacle paléacé, sur lequel
naissent des fleurs bomogames , à corolles
cylindracées. (J. D.)
* ATHANASIOIDES. bot. ph. — Nom
appliqué à la lre section du genre Morysia,
caractérisée par ses capitules ovales-oblongs,
renfermant de 9 à 12 fleurs. M. De Can-
dolle suppose que les espèces que renferme
cette section devront être un jour rapportées
au g. Athnnasia. (J. D.)
ATHÉCIE. Athecia. bot.ph.— rGærtner
a décrit, sous ce nom, un fruit qu’il figure
sous celui de Forslera ylahra { Gærtn . de
fruct . , I, p. 241 , t. 28), et qui lui avait
été communiqué par Forster ; mais, comme
le célèbre carpologiste n’avait eu à sa
disposition que le fruit sans aucune autre
partie de la plante, le genre Àthécie est resté
fort douteux, et n’a été mentionné et classé
dans la série des familles naturelles par au¬
cun des auteurs systématiques modernes.
(A. R.)
ATHELIA (à, privatif; OnXtf, papille).
bot. cr. — Genre de Champignons byssoïdes
établi par Persoon {Champ. comm.,y. 67,
et Myc. europ., sect. 1, p. 83), qui a la
plus grande analogie avec quelques Théïé-
pbores résupinées, mais qui en diffère par
l’absence des papilles. Les espèces qui le
composent se présentent sou? la forme de
pellicules membraneuses extrêmement min¬
ces, lisses, dont le pourtour estbyssoïde et
filamenteux. Dans cet état les organes de la
fruéfificalion ne son? pas toujours dévelop¬
pés, et même très souvent ils ne se dévelop¬
pent pas, parce que les circonstances ne
sont pas favorables ; dans le cas contraire,
ces pellicules deviennent plus épaisses,
presque charnues , et on peut constater
comme sur tous les Hyménomycètes des
basides tétraspores ; alors elles ne diffèrent
plus desThéléphores, avec lesquelles le pro¬
fesseur Fries les a réunies. Voy. thélé-
PHORE. (LÉV.)
ATHENÆ A , Schreb. {non Adanson).
bot. th. — Syn. du genre Casearia, delà fa¬
mille des Samydées. (Sr.)
* ATHENE. Athene (aôwn , nu; nom
de Minerve, à qui était consacré le Hibou),
ois. — Genre formé par Boie et démembré
de celui de Chevêche , Noctua , Cuv. et
Sav. , pour y placer les petites espèces de
Chevêches de la section que Cuvier indique
comme ayant la queue courte et les doigts em¬
plumés, mais dont le plus grand nombre ce¬
pendant n’a aux doigts que des poils clair¬
semés.
Ce genre est synonyme de celui de Nyc-
iipetes et de Scoto/>hilus de Swainson
{Class. of birds). Ses caractères sont :
« Taille très petite. Disque facial à peine
visible ; oreilles fort petites. Ailes très cour¬
tes, arrondies; queue moyenne, arrondie.
Tarses de longueur variable ; doigt médian
allongé. » Les espèces qu’on doit rapporter
à ce genre sont , d’après Swainson , la
Chouette perlée ( Strix perlât, a Vaili.
afr. 6, pl. 284), qui nous paraît absolu¬
ment la même que l’esp. décrite par Tem-
minck, pl., col. 34, sous le nom de
Chouette occipitale et qui est du Sénégal,
et la Chouette échasse {Strix cimicula-
ria , ou yrullaria, Tem. , col. 1 4 G) , d’A¬
mérique.^ (Lafr.)
ATHÉRICÈïlES. Athericera (àôiip,
pointe; x/paç, corne), ins. — Famille de
l’ordre des Diptères, division des Bracho-
cères , subdivision des Dichœtes. Cette fa¬
mille , établie par Latreille et adoptée par
M. Macquart, contient toutes les races in¬
férieures des Diptères , à l’exception des
Pupipares, qui forment eux-mêmes une
famille peu nombreuse . Les caractères gé¬
néraux des Athéricères sont: Suçoir ren¬
fermé dans la trompe. Antennes ayant gé¬
néralement le dernier article patelliforme.
Style ordinairement dorsal. Ailes communé-
ATH
A T H
291
ment à une seule cellule marginale ; 3 posté¬
rieures. Cette famille se subdivise en 8 tri¬
bus : les Scènoj) inicns, les Cèphalopsides ,
les Lonchoptèrines , les Platypèzines ,
les Conopsaires, les Myopaires, les OEs-
t ride s y et l’innombrable tribu des Musci¬
des, partagée elle-même en 3 sections et
2 4 sous-tribus. Les divers organes présen¬
tent des modifications dans ces différentes
tribus, et l’on remarque également que les
larves de ces Diptères se partagent en deux
principaux groupes , d’après leur manière
de vivre; car, tandis que les larves des 4 pre¬
mières tribus et de quelques Muscides trou¬
vent leur subsistance dans les matières ani¬
males ou végétales en décomposition, celles
des OEst rides, des Conopsaires, des Myo¬
paires et des Muscides supérieures, vivent
en parasites dans le corps d’animaux vi¬
vants, et n’en sortent que pour passer à l’é¬
tat de nymphes. Nous renvoyons pour plus
amples détails à chacune des tribus dénom¬
mées dans cet article. (D.)
ATHÉRINE. A therina (àôsptva, a ris ta
ou a ris tu la, selon Gaza (racine à0r,o , épi) ,
à cause de leurs arêtes assez nombreuses,
ou selon d’autres àôsp^stv, mépriser, parce
que ce poisson est petit), roiss. — Genre de
Poissons déjà nommé par Linné, et dont le.
caractère consiste à avoir deux dorsales et
des ventrales abdominales ; la mâchoire su¬
périeure protractile, garnie de petites dents ;
les maxillaires atténués en pointe à leur
extrémité libre ; la mandibule inférieure
amincie vers la symphyse, mais non relevée
en un petit tubercule ; la membrane bran¬
chiale à 6 rayons.
Quelques espèces ont des dents aux pala¬
tins , d’autres n’en ont qu’au chevron du
vomer , et enfin il y en a qui ont le palais
entièrement lisse.
Les sous-orbitaires sont petits et sans
dentelures ; les pièces de l’appareil opercu-
laire sont de même lisses et sans épines ni
dentelures, et ces os ne sont pas bombés ;
les pharyngiens sont hérissés de petites
dents serrées. L’estomac est un simple canal
membraneux, sans branche montante , ni
cæcum ou pylore ; l’intestin est court et fait
peu de replis; les œufs sont gros. La vessie
aérienne, assez ample, est souvent prolongée
en un cône logé dans un canal des vertèbres
caudales. Le péritoine , argenté en dehors ,
sous les muscles, est noir à sa face interne.
La couleur est ordinairement verdâtre sur le
dos, blanche sous le ventre, avec une ban¬
delette argentée plus ou moins large le long
des flancs. Dans l’esprit des naturalistes de
l’école de Linné, cette dernière particularité
semblait constituer le principal caractère de
ces Poissons ; aussi a-t-on fait entrer dans ce
g. plusieurs Poissons dont les flancs sont
ornés de cette bande argentée , et qui ce¬
pendant n’ont aucune autre affinité avec les
Athérines. Telles sont VAtherina Browuii
Gmel. ,qui est un Anchois, VA therina aus-
tralis de John White , VAtherina Corn-
mer soni de Shaw, etc. , qui n’ont qu’une
seule dorsale. En comparant les autres ca¬
ractères que nous avons résumés plus haut,
on conclut que les Athérines ont des affini¬
tés avec les Muges; mais elles ne doivent pas
y être réunies comme le voulait Pallas. Les
Muges en diffèrent par l’échancrure de la lè¬
vre supérieure ; par le tubercule de la lèvre
inférieure ; par des sous-orbitaires dentelés;
par des opercules convexes ; par un appareil
pharyngien très compliqué ; par un estomac
charnu, sorte de gésier analogue à celui des
Oiseaux, et très rare dans les espèces de la
classe des Poissons. La bandelette argentée
des flancs, leur a sans doute fait donner par
nos pêcheurs de l’Océan les épithètes de
Près très, d ''Ahnsseau ou de Petits Ahhès,
de Prestras ; sur les côtes de la Manche,
du Calvados, on les appelle aussi Rose res ;
en Languedoc et en Provence, elles sont dé¬
signées par les noms de Joël, de Saur tels,
de Cahassous; en Italie, elles sont appelées
Coroneda , Atharina ou Athcrno. Ces
dernières dénominations rappellent sans
aucun doute celle d’àôepîvv} qui se trouve
dans plusieurs passages des anciens et don¬
née aux petits Poissons qui fournissaient
cette espèce d’Aphie ( Voy. ce mot), nommée
É'Hitô*. Les petits demeurent rassemblés en
masses considérables, pendant les premiers
jours qui suivent leur naissance. C’est ce
qu’on prend sur les rivages de la Méditerra¬
née pour le vendre frit ou cuit dans du lait,
sous le nom de Nonnat. Adultes, les Athé¬
rines vivent aussi en troupes, assez grandes
pour être l’objet d’une pêche , et on les vend
sous le nom de Faux-Êperlans. Elles sont
quelquefois si abondantes qu’on les aban¬
donne pour la nourriture de nof CMMSSiérÿ
292
ATI!
ÀTH
domestiques. On a même aussi, sur quelques
points de la côte de Bretagne l’habitude de les
saler ou de les conserver dans l’huile pour les
vendre en même temps que les Sardines. La
Méditerranée et l’Océan en nourrissent six
espèces que nous trouvons sur nos côtes de
France; et, à ce nombre , il faut en ajouter
21 étrangères. (Val.)
ATHÉRIX. Atherix. ins. — Genre de
l’ordre des Diptères, division des Brachocè-
res, subdivision des Tétracbœtcs, famille des
Brachystomes, tribu des Leplides. Ce genre,
établi par Meigen, a été adopté par Latreille,
ainsi que par M. Macquart, qui lui assigne
les caractères suivants : Trompe convexe en
dessus ; lèvre supérieure pointue. Palpes re¬
levés; troisième article des antennes ovale,
transversal, incliné; style paraissant ordi¬
nairement dorsal. Poitrine peu saillante.
Abdomen déprimé. Des sept espèces que
M. Macquart rapporte au g. dont il s’agit ,
nous citerons : l° VA. ibis de Meigen, le
même que l’J. maculutnsfàl&îxtilXt, dont
Fabricius a regardé chaque sexe comme une
esp. distincte et appartenant même à un g.
différent : il nomme le mâle Rhagio ibis et
la femelle Anthrax titanus. Cette espèce
assez rare se trouve dans les prairies; 2° VA.
mary inata de Meigen, ou le Bibio id. de
Fabricius, qui fréquente le bord des rivières,
et se pose sur les bateaux; 3° enfin, VA . im~
maculata de Fabr. , qui est commun sur
les herbes au mois de mai. (D.)
ATHÉROPOGON. Atkeroj)oyo?i(ÿbr^,
épi; -o'rywv, barbe), bot. ph. — Famille des
Graminées. Ce genre ainsi nommé par Müh-
lenberg a été réuni par Trinius, à son genre
Eutriana. Voy. ce mot. (A. B..)
ATHÉROSPERME. Alherosperma
( àOxp , épi ; crKzçya. , graine ). bot. ph. —
Genre de la famille des Monimiées , tribu
des Athérospermées , établi par Labillar-
dière ( Fl ■ ISouv.-Holl. , II, p. 74, t. 224),
pour un arbre originaire de la Nouvelle-
Hollande, qui présente les caractères sui¬
vants: Fleurs monoïques ; les mâles ont un
calice à tube très court , à limbe campa-
nulé , divisé en 8 lanières obtuses et dispo¬
sées sur deux rangées , les plus intérieures
étant plus minces et comme pétaloïdes. Éta¬
mines variant de dix à vingt, insérées au
fond du calice : elles sont entremêlées d’é-
cailles pétaloïdes qui sont autant d’étamines
stériles; filets plans, courts et munis de deux
petites écailles à leur base. Anthères à deux
loges allongées, séparées par un connectif
et s’ouvrant par une valve qui s’enlève de la
base vers le sommet. Ces caractères rap¬
pellent, comme il est facile de le voir, la
structure des étamines dans les Laurinécs.
Les femelles ont le même calice que les mâ¬
les, mais offrant beaucoup d’écailles inté¬
rieures qui peuvent être considérées comme
des étamines avortées. Les pistils occupent
le fond du calice ; ils sont nombreux, sessi-
les , uniloculaires, et contiennent chacun un
seul ovule dressé. Le style est un peu laté¬
ral, filiforme, terminé par un stigmate aigu.
Les fruits sont de petites noix, enveloppées
par le calice persistant et terminées à leur
sommet par un long appendice plumeux ,
formé par le style persistant qui s’est accru.
Une seule espèce compose ce genre :
c’est V Atherosperma moschala Labill.
(. N.-Holl ., t. 224); arbre aromatique, à ra¬
meaux tétragones ; à feuilles simples et op¬
posées, et à fleurs solitaires et axillaires.
(A. R.)
ÆTHEROSPERMACEES. bot. ph.—
VoyCZ ATHEROSrERMEES. (Ad. J.)
ATHÉROSPERMÉES. bot. ph. —
Genres: Alherosperma , Labill.; Laurclia,
Juss. {Pavotiia , Ruiz. Pav. , non Cav.);
Dorypliora , Endlich. bot. ph. — La famille
établie par M. R. Brown sous ce nom , que
M. Lindley change en celui d’Asthéroperina-
cées et considérée par M. Endlicher comme
une simple tribu des Monimiées, appartient
à la classe des plantes diclines. Les fleurs de
sexe différent sont réunies dans un même
involucre ou séparées sur des involucres
distincts : ceux-ci offrent un tube divisé, à
son sommet, en segments disposés sur deux
rangs, dont l’intérieur a l’apparence péla-
loïde, et simulent ainsi un calice portant
des pétales périgynes. Les mâles consistent
en un nombre indéfini d’étamines insérées
sur la paroi interne de l’involucre, et dont
chacune peut être considérée comme une
fleur distincte ; les unes stériles et réduites
à l’état d’écailles ; les autres fertiles, à fi¬
lets élargis à leur base ou un peu plus haut
en deux appendices squamiformes , et por¬
tant une anthère, dont les deux loges s’ou¬
vrent par une valve de la base au sommet;
les femelles présentent plusieurs ovaires,
*
AT H
ATH
accompagnés d’autant de styles partant du
sommet ou du côté que termine un stigmate
simple, et contiennent chacune un ovule
unique, dressé. Ils deviennent autant de
noix monospermes surmontées de leurs
styles , qui prennent l’apparence plumeuse
et entourées par l’involucre développé. La
graine contient un petit embryon droit , à
radicule infère, situé à la base d’un péri-
sperme mou et charnu. Les espèces de cette
famille, originaires de la Nouvelle-Hollan¬
de et de l’Amérique du sud, sont des arbres
à feuilles opposées, sans stipules, aux ais¬
selles desquelles naissent les invoîucres
solitaires. (Ad. J.)
* ATHÉRURE. Atherurus. mam. —
Nom d’un genre établi par Cuvier, parmi les
Hystriciens, et qui est voisin des Porcs-
épics proprement dits. Voy. forc-éfic.
(I. G.-S.-H.)
* ATHËRURUS. bot. ph. — Genre de
la famille des Aroïdées , tribu des Spa-
thicarpées , établi par Blumc (Rumph.,
t. XXVII, f. F.), mais sans en tracer les ca¬
ractères. Endlicber (Gen. plant n° 1693) a
donné, d’après la figure publiée par Blume,
les caractères suivants : Spathe roulée dans
sa partie supérieure, ouverte à sa base.
Spadice androgyne. La partie qui porte les
fleurs femelles est séparée par une cloi¬
son membraneuse de la portion qui sou¬
tient les fleurs mâles. Le sommet nu du
spadice se prolonge en un long appendice
filiforme. Les anthères sont très rappro¬
chées, sessiles, à deux loges apposées,
s’ouvrant comme en deux valves par un
sillon longitudinal. Les ovaires sont nom¬
breux et monospermes. Les fruits sont des
baies uniloculaires, contenant une seule
graine allongée et dressée. (A. R.)
* ATHLI A ( aôXto; , misérable), ins. —
Genre de Coléoptères pentamères , famille
des Lamellicornes, tribu des Scarabéides
phyllophages, établi par Erichson ( Arch .
d’Hist. nat. de Wiegman), qui le caracté¬
rise ainsi : Antennes courtes de 9 art.: les 4
premiers obeoniques, le 4e très court, les 5e
et 6e moins courts et transverses, les 3 der¬
niers brièvement lameilés 5 les B premières
lamelles concaves en dessus , la dernière
ovale. Labre membraneux, caché; mandibu¬
les également cachées, petites, avec le bord
interne membraneux. Mâchoires assez épais-
293
ses, à demi cornées , garnies de G dents ai -
gués. Palpes maxillaires ayant le 1er art.
court, étroit, le 2e un peu allongé, le 3e
presque obeonique, le 4e légèrement sécuri-
forme ; palpes labiaux insérés sous le bord
latéral du menton, courts avec le dernier
article cylindrique. Menton profondément
échancré à la base, avec les bords latéraux
entiers. Corps ovale, oblong, convexe;
écusson arrondi latéralement, recourbé an¬
térieurement, légèrement sinué, coupé aux
angles. Hanches postérieures médiocrement
dilatées, couvrant à peine le Ier segment de
l’abdomen. Pieds médiocres; jambes anté¬
rieures tridentées; tarses longs, peu épais;
tous les articles des tarses antérieurs garnis
de poils épais en dessous 5 ongles égaux,
bifides à leur extrémité.
Ce g. est fondé sur une seule espèce du
Chili, nommée par l’auteur Athlia rus t ica,
et qui , d’après la figure qu’il en donne dans
l’ouvrage précité, tab. 3 , fig. 4 , nous a
paru se rapprocher beaucoup du g. Ancy-
Ion y c ha de Dejèan. Voy, ce mot.
(D. etc.)
ATHCM. roiss. — Nom vulgaire du Thon
dans le midi de la France. Voy. ce mot.
(C. d’O.)
* ATHORACIQUES (à priv. ;
poitrine, thorax), crust. — M. de Blainvilie a
donné ce nom à un ordre de la classe des
Décapodes, renfermant les Crustacés qui
paraissent ne pas avoir de thorax, et com¬
prenant les genres Phronime et Phyllo-
some . (C. d’Ô.)
* ATHOUS ( àôwoç, innocent), ins. — .
Genre de Coléoptères pentamères, famille
des Sternoxes, tribu des Élatérides, établi
par Eschscholtz et adopté par M. Dejean
dans son dernier Catalogue, ainsi que par
M. Lacoi'daire dans la Faune entomologi-
que des environs de Paris , à laquelle nous
renvoyons (t. I, p. 637) pour le développe¬
ment des caract. génériques, trop longs
pour être rapportés ici. Les Athous se re¬
connaissent principalement à leurs tarses ,
dont les crochets sont simples ; à leur pro¬
thorax sans rainures pectorales ; à leur tête
non fléchie ; à leur carène frontale saillante ;
à leurs hanches postérieures étroites , non
dilatées à leur côté interne , et enfin à leur
prosternum prolongé antérieurement.
Ce g. est un des plus pombyeux de la tribu
294
ATH
AT II
des Élalérides. M. Dejean, dans son dernier
Catalogue, y rapporte 54 espèces de divers
pays , mais celles d’Europe en forment la
majeure partie. Nous citerons parmi ces der¬
nières r Elnter Rhombeus d’Olivier, VE.
hirtus de Herbst ou aterrimns de Fabr. ,
ou niger d’Oliv., et enfin VE. lonyicollis
de Fabr. Ces 3 espèces se trouvent aux en¬
virons de Paris. (D. et C.)
* ATHRXCHÏA. ins. — Nom donné par
Schrank à un genre de Diptères, de la fa¬
mille des Athéricères , tribu des Scénopi-
niens, lequel correspond au g. Sccnopinus
de Latr. Voy. ce mot. (D.)
* ATHMXIA (à priv.; ôfi!* , cheveu).
bot. th. — Genre de la famille des Compo¬
sées, tribu des Sénécionidées, et qui a pour
caract. : Capitules multiflores hétérogames;
fleurs du rayon unisériées femelles , ligu-
lées ou biligulées ; celles du disque tubu¬
leuses, 5-dentées. Réceptacle nu. Involucre
turbiné - campanulé , composé d’écailles
nombreuses, imbriquées, terminées par une
arête assez longue, déjetée sur le côté. Fruits
oblongs , glabres et quelquefois accompa¬
gnés, à la base, d’un bouquet de poils. Ai¬
grette l -sériée, composée de soies filiformes
légèrement scabres, ou de soies et de pail¬
lettes alternes, dentées au sommet. — Les
A ihrixia habitent le Cap ou Madagascar ;
ce sont des sous-arbrisseaux qui ont de la
ressemblance avec certains Aslers ou Ver-
nonia , et portent des feuilles linéaires,
raides , mucronulées , décurrentes , tomcn-
tcuses sur la face inférieure et couvertes ,
sur la supérieure, de très petits points. Les
capitules solitaires sont munis de rayons
pourpres , lilas ou blancs. (J. D.)
AXHïVODACTYLIS pour Ar.thb.odac-
TYBis. Voyez ce mot. (A. R.)
* ATHROISMA (aôf ci<jp.a, amas ; allu¬
sion à la disposition des capitules ramassés
en glomérule terminal et couleur de paille ).
bot. th. — Ce genre est fondé sur une plante
découverte par M. Wallich , dans l’Inde
orientale, et désignée, dans ses collections,
sous le nom de Sphœranihus laciniatus.
Elle est en effet voisine du Sphœranthns ;
mais elle en diffère clairement par les caract.
suivants : Plusieurs capitules réunis en un
glomérule ovale dont l’axe cylindrique porte
des bradées concaves, ovales, aiguës. Cha¬
cun des capitules, pluriflore hétérogame ,
offre un réceptacle muni lui-même de plu¬
sieurs bractées membraneuses, concaves
Involucre formé d’un petit nombre de fo¬
lioles à peine distinctes de celles du récep¬
tacle. Les fleurs extérieures, au nombre de
4-5, femelles, tubuleuses, à 2-5 dents ; les
intérieures également peu nombreuses, sont
tubuleuses, à gorge dilatée, 5-dentées. Style
des fleurs femelles bifide, presque glabre.
Fruits obeomprimés , ovales , plans d’un
côté, convexes de l’autre et ciliés à la partie
supérieure du rebord. (J. D.)
* ATMRONIA. bot. th. — Genre établi
par Necker et considéré comme synonyme
de l1 Acmella. Voyez ce mot. (J. D.)
* ATHROTOMUS (iflpooç, serré; tojmç,
division , article), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Curculionides,
établi par Klug et adopté par Schoenherr,
qui le range dans sa division des Cossonides,
ordre des Gonatocères. Klug le caractérise
ainsi : Antennes médiocrement longues ;
funicule de 7 articles serrés; le 1er conique,
les autres brièvement transverses , plus
épais en se rapprochant de la massue; celle-
ci composée de 3 articles. Tarses courts ,
aplatis; pénultième article distinctement
bilobé, garni, en dessous, d’un épais duvet.
Corps et surtout le prothorax plus aplati et
proportionnellement plus large que dans les
Cossonus. Écusson grand, arrondi. Cuisses
antérieures renflées, armées au bord in¬
terne, environ vers le milieu, d’une forte
épine.
Klug place ce g. entre les g. Calandra
et Cosionus de Fabr.; il est fondé sur une
seule espèce rapportée de Madagascar par
M. Goudot et publiée par l’auteur sous le
nom de Alhroiomus dépressifs (Ins. von
Madagascar , pag. 113, n° 178, lab. 4,
fig. 12). Ce g. est très voisin des Trypctcs
de Schoenherr. (D. et C.)
* ATHROZOPHYTE. Athrozophy-
tum (àôp&üjw, |éunir; çutov , plante), bot.
cr. — Necker ‘donne ce nom aux Algues ,
dont les frondes s’accumulent par suite
d’une évolution continue du végétal.
(C. d’O.)
ATHIUJPHYLLUM , Loureiro ( Co-
chinch., p. 14J) (àGpooç, ramassé; cpûXXov,
feuille), bot. m. — Syn. du genre Myrsine ,
L.; de la famille des Ardisiacées. (Sr.)
* ATIIRYCIE. A thrycia (à priv. ; ôft; ,
ATH
AT H
295
poil), ins. — Genre de Diptères établi par
M. Robineau-Desvoidy dans sa famille des
Myodaires , tribu des Entomobies, section
des Faunides. Les Athrycies ont les plus
grands rapports avec les Lalrcillies ; mais
ils en diffèrent par le second article anten-
naire plus long et nu; par le chète plus court,
ayant le second article plus long, et par les
faciaux non ciliés, le long des fossettes. Du
reste leur corps est noir et cylindrico-
allongé. Ce genre ne renferme que deux es¬
pèces nommées par Fauteur : l’une, A. ery-
throcera , et l’autre, A. flavescens ; toutes
deux se trouvent aux environs de Paris.
(D.)
* ATHYLACE. Athylax (à privatif;
66Xa| , sac, bourse), mam. — Genre proposé
par Fr. Cuvier pour un Carnassier que les
autres auteurs placent parmi les Mangous¬
tes. Yoy. ce mot. (I. G.-S.-H.)
* ATHYMALXJS ( à priv. ; rtOuu.aXoç ,
Tithymale ; qui n’est pas un Tithymale ).
lot. ph. — Un des genres établi aux dépens
de YEuphorbia , par Necker, d’après cer¬
taines modifications de la forme de l’invo-
lucre et qui n’a pas été adopté. L’auteur joint
à ce nom latin , le nom français de Faux-
TiihymaU qui indique son étymologie.
(Ad. J.)
* ATHYREUS ( à priv.; forçeoç, écus¬
son). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Lamellicornes, tribu
des Scarabéides arénicoles, établi par Mac-
Leay, et dont voici les caractères d’après
l’Encyclopédie : Antennes presque sembla¬
bles à celles du g. Elephastomus ( Voy . ce
mot) ; seulement la massue est un peu plus
arrondie. Labre large, en carré transversal,
à peine trilobé antérieurement. Mandibules
cornées, fortes, triangulaires, un peu ar¬
quées, planes en dessus, bidentées extérieu¬
rement. Dernier article des palpes labiaux,
égalant presque en longueur celui des
maxillaires. Menton presque carré. Lèvre
bifide. Chaperon dilaté postérieurement de
chaque côté , se prolongeant en une lame
presque carrée, portant dans son milieu une
élévation munie de trois pointes, dont l’in¬
termédiaire est plus longue. Corps très con¬
vexe, velu en dessous. Corselet mucroné en
devant, prolongé en dessus à sa partie pos¬
térieure au dedans de l’écusson. Écusson
linéaire peu divisé, se prolongeant entre les
élytres. Pattes intermédiaires très écartées
l’une de l’autre. Jambes antérieures mu¬
nies de 4 ou 5 dents extérieures.
Mac-Leay a fondé ce genre sur trois es¬
pèces toutes du Brésil. A en juger par leurs
noms, aucune n’est identique avec les cinq
que M. Dejean mentionne de son côté dans
son dernier Catalogue. Nous en citerons
deux , une de chaque auteur : VA. furcifer
Dej., de Cayenne, et 1’^. bifurcatus Mac-
Leay , du Brésil. Une espèce du Sénégal a
été figurée et décrite dans Y le. on. du Rcg
anim ., par M. Guérin, sous le nom de
A . castaneus ; enfin M. Sallé en a pris une
au Mexique, qui se trouvait sous terre à une
très grande profondeur; ce qui donne à
penser que ces insectes sont crépusculaires
comme les Bolbooères qui les avoisinent.
(D. etc.)
ATHYRXUM (à priv.; ôûptov, petite
porte), bot. foss. — Genre de Fougères con¬
fondues longtemps avec les Aspidium et
dont le type est le P oly podium filix-
fæmina L. ou Aspidium filix-fœmina,
plante qui a cependant , par ses carac¬
tères essentiels , beaucoup plus de rapports
avec les Asplénium qu’avec les Aspi¬
dium. Roth le premier la sépara des Aspi¬
dium, sous le nom générique d 'Athyrium;
et on y rangea successivement les Aspi¬
dium fontanum , rutaceum , asplcnioi -
des et plusieurs autres plantes classées,, tan¬
tôt dans le genre Aspidium , tantôt parmi les
Asplénium. Les caractères distinctifs de ces
plantes sont d’avoir les groupes de capsules
ovales ou oblongs, mais peu allongés, insé¬
rés le long d’un des côtés d’une des nervu¬
res secondaires et recouvertes par un tégu¬
ment membraneux , convexe , naissant de
cette nervure, dans toute la longueur du
groupe de capsules. Ces plantes ont la môme
nervation que les Asplénium , c’est-à-dire
des nervures pinnées simples ou bifurquées,
jamais anastomosées. Elles ne diffèrent de
ce genre que par leurs groupes de capsules
moins allongés et leur tégument courbé et
convexe.
M. Presl croit que le genre Allantodia
de R. Brown , fondé essentiellement sur
Y Aspidium umbrpsum ne diffère pas de
celui-ci. Cependant, d’après la description
qu’en donne ce célèbre botaniste ( Prodr.
fl. Nov. lloll. , p. i 4 D), et la comparaison
296
ATL
ATL
qu’il établit entre ces plantes et les Àlhy
rium, ils seraient parfaitement distincts.
Le genre Athyrium , placé par Prcsl, on
ne sait sur quels motifs, dans la section des
Blechnées, est bien plus voisin des Dip la-
sium et Asplénium. Ses espèces peu nom¬
breuses, surtout si les Allantodia en sont
réellement distinctes , croissent dans les
climats tempérés et sont en général petites
et herbacées. (Ad. B.)
* ATHYRTUS, Neck. (àôupc;,sans porte).
bot. ph. — Synonyme du g. Lathyrus , de
la famille des Légumineuses. (Sp.)
* ATILAX. mam. — Fr. Cuvier a écrit
ainsi, dans son Supplément à Buffon , le
nom du genre qu’il avait antérieurement
proposé sous le nom plus régulièrement
formé d \ithylace. (I. G.-S.-H.)
*ATIMUS (à-riji. g;, méprisé), ins. —
Genre de Coléoptères pentamères , famille
des Lamellicornes, établi parM.Dejean dans
son dernier Catalogue (3e édit.), et qui se
rapporte au g. Phœochrous de M. Dela¬
porte (Bufïon-Duménil , Coléopt., t. II, p.
108). Voy. ce mot. (D. etc.)
ATINGA ou ATINGUE. .poiss. — Es¬
pèce du genre Biodon. Voyez ce mot.
(C. d’O.)
ATIRSIT A. bot. th. — Synonyme de
Plantago cororiopus L. Voyez plantain.
(C. d’O.)
ATLANTE. Atlanta {^tlantca , nom
myth.). moll. — La découverte du genre
Atlante est due à Lamanon, le malheureux
compagnon de l’infortuné Lapeyrouse. La¬
manon crut trouver dans ce genre le re¬
présentant vivant des Ammonites , répan¬
dus en grande abondance dans tous les
terrains secondaires de l’Europe ; mais il
n’en vit que la coquille et se laissa trom¬
per par l’apparence ; car , après avoir
recherché les caractères de la structure
intérieure des Ammonites , la moindre
comparaison avec sa coquille vivante lui
aurait fait reconnaître, avec la plus grande
facilité, qu’elle n’a qu’un rapport fort éloi¬
gné avec les Ammonites. M. Lesueur, l’ami
et le compagnon de Péron qui, après la
mort trop prématurée de ce savant natura¬
liste , consacra une partie de sa vie à des
voyages qui le mirent à même d’agrandir
le champ de l’observation, M. Lesueur, plus
heureux que Lamanon , découvrit l’animal
de la prétendue Corne-d’Ammon vivante ;
! lit voir qu’il n’avait aucun rapport avec les
Céphalopodes, et indiqua sa place parmi les
Ptéropodes, en créant pour lui le genre At¬
lante. Depuis, ce genre a été conservé par
presque tous les naturalistes ; mais tous ne
l’ont pas placé parmi les Ptéropodes. M.
Lesueur, il faut en convenir aujourd’hui,
n’avait pas fait parfaitement connaître l’ani¬
mal des Atlantes, et l’on conçoit que les
zoologistes, guidés par des renseignements
incomplets, ont dû, malgré eux, se faire une
opinion erronée sur l’animal dont il s’agit.
Presque tous adoptant l’opinion de M.
Lesueur, l’ont compris parmi les Ptéropo¬
des ; mais M. Rang, habile observateur,
ayant eu dans ses voyages l’occasion d’ob¬
server vivant l’animal des Atlantes , et
l’ayant conservé dans la liqueur, le sou¬
mit à des recherches anatomiques , ce
qui le porta à publier sur ce sujet un tra¬
vail plein d’intérêt dans les Mémoires de
la Société d’histoire naturelle de Paris.
Dans ce Mémoire, M. Rang fait voir que
le genre Atlante ne peut rester parmi les
Ptéropodes , mais qu’il appartient indubi¬
tablement aux Gastéropodes. Il démontre
que les Atlantes sont des Gastéropodes
nageurs, voisins à certains égards des Fi-
roles et des Carinaires. Depuis ce beau tra¬
vail de M. Rang, tous les zoologistes sont
d’accord sur la place que les Atlantes doi¬
vent occuper dans la série méthodique.
Presque tous les auteurs les avaient rap¬
prochés du genre Limacine de Cuvier. Cu¬
vier, adoptant les conclusions du Mémoire
de M. Rang, mit le genre qui nous occupe
dans sa famille des Hétéropodes , le con¬
sidérant comme sous-genre des Ptérotra¬
chées, et le plaçant, à ce titre, entre les Ca¬
rinaires et les Firoles.
D’après M. Rang, l’animal des Atlantes
est proportionné à la grandeur de sa co¬
quille. Son extrémité antérieure la plus
épaisse se partage en trois parties bien dis¬
tinctes , dont la première est la tête; la se¬
conde, un pied considérable; et la troisième
un appendice de ce pied , destiné à por¬
ter un opercule. La tête , assez grosse , est
en forme de trompe, et portée presque à
angle droit sur un col assez long. Son
extrémité antérieure présente une petite
ouverture buccale sans renflement labial.
ATI.
297
Vers son sommet se trouvent deux tenta¬
cules cylindriques à la base desquels les
yeux sont placés postérieurement sur des
tubercules très courts. Ces yeux sont grands
en proportion de la taille de l’animal , et
ont beaucoup d’éclat lorsque l’animal est
vivant. Le milieu du corps est formé par
un grand pied comprimé, qui prend la for¬
me d’une grande nageoire sur le bord posté¬
rieur de laquelle se trouve une petite ven¬
touse semblable à celle qu’on remarque
chez les Carinaires ; derrière ce pied s’élève
un appendice musculaire qui semble être
l’extrémité du pied des Gastéropodes rame¬
né en haut et à l’extrémité duquel est fixé
un petit opercule corné, extrêmement mince
et transparent comme du verre. Nous ne
suivrons pas M. Rang dans les d-étails qu’il
donne sur l’animal des Atlantes ; nous ren¬
voyons à son Mémoire , qui nous a suffi
pour exposer les caractères zoologiques au
moyen desquels on peut déterminer rigou¬
reusement la place que doit occuper le gen¬
re. On voit, d’après ce que nous venons
de dire, que M. Lesueur s’est laissé trom¬
per par l’apparence. Il a cru voir, dans les
deux parties du pied, les deux nageoires
qui caractérisent les Ptéropodes , tandis
que les observations de M. Rang constatent
irrévocablement que les Atlantes sont de
véritables Gastéropodes nageurs. Depuis
ces nouvelles observations , il est devenu
indispensable de changer les caractères gé¬
nériques. Les voici tels que les propose M.
Rang : Animal spiral, comprimé , pourvu
d’un pied médian, très aplati , en forme de
nageoire, assez grand et portant une petite
ventouse à son bord supérieur. Tête assez
grosse , en trompe ; deux tentacules cylin¬
driques, implantés en avant de deux tuber¬
cules aplatis, au sommet desquels les yeux
sont placés. Une branchie pectinée dans une
cavité subcervicale, peu considérable. Co¬
quille discoïde, planorbulaire , ayant l’ex¬
trémité de la spire saillante d’un côté ; ou¬
verture symétrique, subtransverse ou lon¬
gitudinale, profondément échancrée au mi¬
lieu du bord droit. Une carène mince et
tranchante régnant à la circonférence du
dernier tour ; coquille très mince, transpa¬
rente, vitrée, fermée par un opercule éga¬
lement mince et transparent.
Les coquilles des Atlantes ne sont pas
ATL
parfaitement symétriques comme on l’a cru
pendant longtemps; presque toutes sont dis¬
coïdes, aplaties, et M. Ale. d’Orbigny, dans
son Voyage dans l’Amérique méridionale, a
donné connaissance de plusieurs faits très in¬
téressants touchant les Atlantes. Il a décou¬
vert plusieurs espèces qui commencent par
une spire très saillante, tandis que le dernier
tour s’agrandit assez subitement dans un
plan different de ceux qui le précèdent. Tou¬
tes les Atlantes ont le test extrêmement min¬
ce, transparent, fragile. Le dernier tour dans
les individus adultes est symétrique , et
porte, sur le milieu , une carène très sail¬
lante, mince, tranchante, dont l’extrémi¬
té antérieure vient aboutir à une fente
plus ou moins profonde qui divise le bord
en deux parties égales. L’ouverture plus
ou moins évasée , selon les espèces , est
longitudinale dans le plus grand nombre,
et ovale subtransverse dans l’espèce de la
Méditerranée. Cette ouverture est fermée
par un opercule qui en reproduit exac¬
tement la forme. Si l’on compare ces co¬
quilles à celles du genre Bellérophe , ou
doit reconnaître qu’il se trouve entre elles
de très grandes ressemblances ; aussi pen¬
sons-nous , contre l’opinion de quelques
personnes , que le genre que nous venons
de mentionner ne doit pas être éloigné des
Atlantes. Les Atlantes sont des Mollusques
nageurs par excellence; elles se rencon¬
trent quelquefois en grande abondance au
milieu du Grand - Océan et loin de toute
terre. Ces animaux nagent avec une grande
rapidité, et il leur suffit de rester immobiles
pour s’enfoncer dans les profondeurs de la
mer. Le nombre des espèces connues est peu
considérable ; on les rencontre principale¬
ment dans les mers chaudes ; et il y en a
une, V Atlante de Keraudren, qui abonde
dans la Méditerranée. (Desh.)
ATLAS. ins. — Nom d’une grande et
belle espèce de Lépidoptères nocturnes qui
appartient au g. Attacus de Linné ( Voy .
ce mot), et qui est connue des marchands
sous le nom de Phalène à miroirs , parce
qu’elle a , sur le milieu de chaque aile , une
grande tache triangulaire, transparente, en¬
cadrée de noirâtre , sur un fond d’un rouge
fauve. Elle se trouve principalement dans
le midi de la Chine et aux îles Moluques.
Elle est figurée dans Cramer, pl. 9, fig. A,
19*
T. II.
298
ATL
ATM
pl. 381, fig. C, et pl. 382, fig. 4. (D.)
ATLAS (nom myth.). moll. — Genre
resté incertain depuis que M. Lesueur l’a
proposé, en même temps que le genre Atlan¬
te, dans les Annales du Muséum. L’auteur
de ce genre ayant eu à observer un animal
très petit, a laissé plusieurs lacunes dans
sa description ; ce qui explique comment
plusieurs zoologistes ont vacillé dans leurs
opinions au sujet de l’animal dont il s’a¬
git. C’est ainsi que M. de Blainville ,
adoptant d’abord l’opinion de M. Lesueur ,
regarde comme l’organe branchial les cils
nombreux qui sont autour de la tête ; mais,
un peu plus tard , guidé par la position de
l’anus et par quelques autres caractères , le
même auteur pense que l’animal doit avoir
une cavité respiratoire sur l’arrière du corps
et dans le voisinage de l’anus. En conséquen¬
ce de cette supposition nouvelle, M. de Blain¬
ville, dans son Traité de Malacologie , pro¬
pose de comprendre le genre Atlas dans la
famille des Acérés. Rien à nos yeux ne jus¬
tifie cette seconde opinion , pas plus que la
première : et nous ne voyons dans les Atlas
qu’un genre très incertain, sur lequel il faut
tout attendre de l’observation. (Desh.)
ATLAS (àrXaç). anat. — Nom donné
à la première vertèbre cervicale , parce
qu’elle supporte la tête, comme Atlas sup¬
portait le monde, dans l’ancienne mytho¬
logie. Cette vertèbre, par sa forme , diffère
complètement des autres. Elle consiste ,
chez l’homme, en une sorte d’anneau irré¬
gulier, qui reçoit antérieurement l’apo¬
physe odontoïde de l’ Axis , deuxième ver¬
tèbre cervicale , et qui donne passage
postérieurement à la moelle épinière.
On conçoit que la position verticale ou
horizontale de la tête , chez les différentes
classes de vertébrés, doit amener des modi¬
fications dans la forme de V Atlas ; ainsi,
dans la plupart des Mammifères, cette ver¬
tèbre offre plus de largeur que chez
l’homme et présente, en outre , de grandes
apophyses transverses aliformes; chez les
Oiseaux, elle redevient presque entière¬
ment annulaire, etc. ( Voy . colonne verté¬
brale et squelette. (A. D.)
* ATLODYME. Atlodymus ( àfXaç ,
atlas, nom de la première vertèbre, en grec
comme en français , et de la terminaison
commune dyme, formée du radical <$üj/.oç).
térat. — Genre de monstres doubles, ap¬
partenant à la famille des Monosoniens.
(I. G.-S.-H.)
* ATMETONYCHUS (àrp.Yiro;, non di¬
visé; ovu Ç, ongle), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Curculionides,
tribu des Brachydérides , établi par Schœn-
herr (Syn. Ins. Cur., t. YI, p. 213) aux
dépens de son g. Anoemervs , et qu’il ca¬
ractérise ainsi : Antennes assez courtes,
peu fortes, ayant les deux premiers articles
du funicule très brièvement obeoniques;
les autres courts, presque tronqués au som¬
met ; le dernier ne pressant pas la massue ;
celle-ci ovale, acuminée. Front large, un
peu avancé sur les yeux. Rostre court,
large , plan en dessus , avec trois sillons.
Yeux semi - globuleux , très proéminents.
Corselet presque carré , légèrement bisinué
à la base, presque tronqué au sommet, avec
une impression cruciforme en dessus. Ély-
tres en ovale allongé, et terminées chacune
en pointe. Tarses allongés, légèrement di¬
latés, spongieux en dessous, avec un seul
ongle au dernier article. — Ce g. a pour
type le Curculio peregrinus d’Olivier,
que M. Dejean (<7«L, 3e éd.) place dans le
g. Anœmcrus. (D. et C.)
ATMOSPHÈRE ou AIR ATMO¬
SPHÉRIQUE (arjAo'ç, vapeur; ccpaipa, sphè¬
re). thys. — L’Atmosphère est cette couche
de gaz et de vapeurs qui enveloppe la terre,
et dont une foule de phénomènes nous ré¬
vèlent l’existence. Réfléchissant la lumière
que les astres nous envoient, elle nous les
fait voir en des lieux différents de ceux
qu’ils occupent réellement: c’est ainsi que le
Soleil peut encore être aperçu , bien que
déjà il soit au-dessous de l’horizon. Sans
Atmosphère, il n’y aurait ni aurore, ni cré¬
puscule. Cette singulière illusion d’optique,
à laquelle on a donné le nom de Mirage
( Voyez ce mot), ne saurait avoir lieu si la
terre n’était entourée d’une Atmosphère.
L’existence des vents, la formation des
nuages , leur suspension , l’inégalité de la
chute des corps pesants , sont encore au¬
tant de preuves évidentes de la présence
d’un fluide atmosphérique autour de notre
globe.
La densité de l’Atmosphère décroît à me¬
sure qu’on s’élève, ainsi que l’indiquent
les phénomènes physiologiques , et que le
ATM
ATM
299
démontre le Baromètre , instrument destiné
à apprécier le poids de l’air. Cette densité
décroît, disons-nous, et assez rapidement
pour qu’à la hauteur de 15 à 20 lieues (60 à
80 kilomètres environ ) on puisse regarder
le degré de raréfaction comme supérieur à
celui qu’on peut atteindre dans les meil¬
leures machines pneumatiques. On peut
donc conclure des observations faites à ce
sujet, que l’Atmosphère a pour limite la
hauteur indiquée plus haut.
Il s’en faut, cependant, que cette opinion
ait été généralement adoptée. Mariotte re¬
gardait l’Atmosphère comme infinie ,' ce
qui est peu probable; car il est évident que,
dans ce cas , la Lune , en vertu de son at¬
traction, s’en serait appropriée une partie
pour s’en former une Atmosphère parti¬
culière ; or , tout tend , jusqu’à présent , à
démontrer que le satellite de la terre n’en
possède pas, à moins que les observations
de Schreuter ne se confirment.
Mairan estima , d’après l’élévation at¬
teinte, en certaines circonstances, par les
aurores boréales, que l’Atmosphère terrestre
devait avoir plus de 200 lieues de hauteur.
Laplace, établissant que la limite de l’At¬
mosphère doit se trouver au point où l’effet
de la pesanteur est détruit par la force cen¬
trifuge , développée pendant le mouvement
diurne, calcula qu’elle s’étend jusqu’à cinq
rayons terrestres et demi.
Poisson , dans son Traite de mécani¬
que , avance qu’il y a tout lieu de croire ,
qu’avant de parvenir à une si grande hauteur,
l’air est liquéfié par le froid qui augmente ra¬
pidement à mesure qu’on s’élève. On peut
donc, dit l’illustre géomètre, se représenter
une colonne d’air atmosphérique s’appuyant
sur la mer, comme un fluide élastique ter¬
miné par deux, liquides, dont l’un (inférieur)
l une densité et une température ordinaires,
tandis que l’autre ( supérieur ) a une den¬
sité et une température extrêmement fai¬
bles. L’objection la mieux fondée qui ait été
faite à cette opinion est que cette couche
liquide, si elle existait, donnerait lieu à des
phénomènes lumineux tout différents de
ceux que nous observons.
Au commencement du xie siècle , un
savant arabe trouva un moyen ingénieux
de reconnaître la hauteur de l’Atmosphère.
S’appuyant sur certaines considérations pui- |
sées dans la théorie du crépuscule, il déter¬
mina la hauteur des dernières couches d’air
susceptibles de réfléchir la lumière solaire.
Ce fut en calculant d’après celte méthode
queKépler, et, de nos jours, Delambre, arri¬
vèrent à donner à l’Atmosphère une hau¬
teur de seize à dix -sept lieues de France.
Cette opinion concorde, comme on le voit, (
avec celle qui est basée sur la raréfaction. I
La forme de l’Atmosphère est celle d’un
sphéroïde aplati vers les pôles et renflé vers
l’équateur ; cette forme résulte de la force
centrifuge plus grande à l’équateur et de la
température plus élevée qui y règne et qui
doit, par conséquent, tendre à y dilater l’air
plus que sous les pôles. Le rapport des axes
de l’Atmosphère aux pôles et à l’équateur
est, suivant Laplace, comme celui de 2 à 3.
L’air atmosphérique , malgré sa transpa¬
rence, intercepte sensiblement la lumière
et la réfléchit; cependant, comme les par¬
ticules qui le composent sont extrêmement
ténues et écartées les unes des autres, elles
ne sont visibles, que réunies en grande
masse ; alors les rayons qu’elles transmet¬
tent se colorent en bleu et produisent sur
les yeux une impression sensible.
L’air n’est point lumineux par lui-même,
puisqu’il ne nous éclaire point quand le So¬
leil est éloigné de notre hémisphère ; il em¬
prunte à cet astre la lumière qu’il nous trans¬
met, et sa teinte bleue indique qu’il réfléchit
les rayons de cette couleur en plus grande
quantité que les autres. L’Atmosphère est
donc autour de la terre comme une sorte
de miroir qui multiplie et propage la lu¬
mière solaire par une infinité de réflexions ;
et, en effet, sur les hautes montagnes, où
l’air a perdu une grande partie de sa den¬
sité, on reçoit à peine d’autre lumière
que celle qui vient directement du Soleil ,
puisque l’observateur , placé à l’ombre ,
aperçoit les étoiles en plein midi. U faut
ajouter, comme preuve de la diminution du
pouvoir de réflexion , la couleur de plus en
plus foncée de l’Atmosphère, à mesure qu’on
s’élève.
L’air atmosphérique, tel qu’il se pré¬
sente à nous, est un gaz inodore, insipide,
incolore en couche peu épaisse, bleu dans
le cas contraire, comme nous venons de le
dire. Sa pesanteur , méconnue ou à peine
soupçonnée jusqu’au temps de Galilée , fut
300
ATM
ATM
mise hors de doute par les expériences de
ce grand homme, par celles de son disciple
Toriceîli , inventeur du baromètre, et par
celles de Pascal. Comparée à celle de l’eau
prise à 0P et à la pression de 0m,76, elle est
comme 1 est à 811. Le poids de la colonne
atmosphérique équivaut à celui d’une co¬
lonne d’eau de 10m,60 ou d’une colonne de
mercure de 0m,76 : il en résulte que la pres¬
sion que supporte un corps humain de 3m
de surface est de plus de 15,000 kilogr.
Cotte énorme pression, qui se trouve con¬
trebalancée par celle des fluides intérieurs,
décroît de 35 kilogr. par l’abaissement de
0ra,01 dans la hauteur de la colonne de mer¬
cure ; aussi remarque-t-on que , sur les
montagnes élevées, la diminution du poids
de l’air fait éprouver des vertiges, des nau¬
sées, des hémorrhagies et un état de mal¬
aise qui se terminerait infailliblement par
la mort, si l’ascension était poussée jusqu’à
ses dernières limites.
L’air a, comme tous les corps transpa¬
rents , le pouvoir de briser les rayons
lumineux et de les éloigner de la per¬
pendiculaire ; ce phénomène de réfrac¬
tion , dont la connaissance est si importante
en astronomie, a pour résultat de faire pa¬
raître tous les corps célestes plus élevés au-
dessus de l’horizon qu’ils ne le sont réelle-
lement. Cependant, malgré cette déviation,
la lumière nous arrive encore avec une in¬
croyable vitesse (69,244 lieues par seconde).
L’air nous transmet également le son, mais
bien moins promptement (337 mètres seule¬
ment par seconde).
L’air est élastique et compressible , ainsi
que le démontrent les expériences du fusil à
vent et du briquet pneumatique. Dilatable
par le calorique, il n’éprouve aucune alté¬
ration dans sa composition chimique , quel
que soit le degré de chaleur et de froid au¬
quel il est soumis.
Regardé longtemps comme un élément,
l’air atmosphérique , dont lq composition,
entrevue par J. Rey (4630), fut démontrée
par Priestley, Scheele, Cavendish, Lavoi¬
sier, etc. , est un mélange de plusieurs gaz
et d’une quantité très variable de vapeur
d’eau. On peut donc ranger en trois sec¬
tions les fluides qui entrent dans sa compo¬
sition ; la première comprend VAir, fluide
atmosphérique par excellence, et dont nous
donnerons plus bas l’analyse; la seconde, les
vapeurs aqueuses dont l’appréciation forme,
sous le nom d '‘Hygrométrie ( Voy . ce mot),
une branche particulière de la physique ; la
troisième, enfin, différents gaz accidentels
qui se manifestent, soit visiblement, soit
par leurs effets.
L’air atmosphérique, proprement dit,
donne à l’analyse chimique 20,81 de gaz
oxygène en volume, pour 79,19 de gaz azote ;
il contient, en outre, quelques millièmes
de gaz acide carbonique. Les proportions
d’oxygène et d’azote paraissent constantes
dans toute l’étendue de l’Atmosphère , ou ,
du moins , ont paru telles jusqu’à présent.
Ce furentles résultats qu’obtinrentMM.Biot
et Gay-Lussac, dans les analyses de l’air
recueilli par eux pendant leurs ascensions.
Quelques détails sur ces mémorables voyages
ne seront point sans intérêt pour le lecteur.
Depuis la découverte de Montgolfier, les
voyages aérostatiques n’avaient été que de
simples objets de curiosité, lorsqu’en 1803,
deux physiciens, Robertson et Lhoest, pen¬
sèrent que de ces ascensions on pourrait re¬
tirer des résultats utiles à la science. La pre¬
mière expédition aérienne, tentée dans ce but,
eut lieu à Hambourg, au mois de juillet de la
même année. Un an après, Robertson s’éleva
de nouveau en ballon à Saint-Pétersbourg,
de concert avec le professeur Sacharoff; l’A¬
cadémie des Sciences de cette capitale avait
rédigé le programme des expériences à faire
pendant le voyage. Un grand nombre de
faits inconnus furent observés dans ces
deux ascensions ; l’un des plus remarqua¬
bles fut une diminution considérable du pou¬
voir magnétique. De Saussure, dans ses ex¬
périences au col du Géant (Alpes), à 3,435m
au-dessus du niveau de la mer, avait fait
des observations analogues.
Tous les faits annoncés étaient si nou¬
veaux, ils étaient si précieux pour la scien¬
ce, qu’il fallait, avant de les admettre, les
appuyer par de nouvelles expériences. MM.
Biot. et Gay-Lussac s’offrirent, en consé¬
quence, pour tenter une troisième ascen¬
sion scientifique ; leur but était de constater
l’état électrique et magnétique des hautes
régions de l’Atmosphère, leur température,
leur composition chimique, etc. Le gouverne¬
ment adopta le plan des deux savants, et leur
fournit les moyens de le mettre à exécutjoii.
301
ATM
Un ballon, qui avait été employé dans l’ex¬
pédition d’Égypte, fut mis à la disposition des
expérimentateurs. Les moyens de transport
assurés, MM. Biot et Gay-Lussac s’occupè¬
rent à rassembler les instruments nécessai¬
res ; ils se munirent de baromètres, de ther¬
momètres, d’hygromètres, d’électromètres 5
ils y ajoutèrent deux boussoles, une ai¬
guille d’inclinaison , une autre aiguille ai¬
mantée avec soin , et suspendue à un fil de
soie le plus ténu possible, afin de pouvoir
déterminer, par ses vibrations, la force
d’attraction dans les couches élevées de
l’Atmosphère. Pour constater l’état élec¬
trique des mêmes régions , ils prirent
plusieurs fils métalliques de 20 à 100ra
de long , ainsi qu’un petit électrophore ;
pour les expériences électriques, ils em¬
portèrent une pile de vingt couples de
cuivre et de zinc ; ils complétèrent enfin
leur bagage avec un ballon de verre d’une
capacité convenable, dans lequel le vide était
fait aussi complètement que possible, et qui
devait être rempli , aux limites de l’ascen¬
sion, avec de l’air qu’ils se proposaient d’a¬
nalyser à leur retour. Quelques insectes ,
des grenouilles, des oiseaux furent associés
au voyage.
La cour du Conservatoire des Arts et
Métiers fut le point de départ. Le 23 août
1804, au moment où les deux intrépides
voyageurs mirent le pied dans la nacelle ,
le baromètre était à 0m,7643 , le thermomè¬
tre centigrade marquait 16°, 40 , et l’hygro¬
mètre de Saussure 80°, 8. Quelques instants
s’étaient à peine écoulés qu’ils étaient déjà
parvenus à la région des nuages ; bientôt
ils se trouvèrent entourés d’un épais brouil¬
lard , qui leur fit éprouver une légère
sensation d’humidité. Le ballon se trou¬
vant complètement gonflé par suite de la
diminution de pression atmosphérique ,
MM. Biot et Gay-Lussac laissèrent échap¬
per une certaine quantité de gaz et se dé¬
barrassèrent d’une partie de leur lest.
L’ascension continuant , ils s’élevèrent
promptement au-dessus de la couche nua¬
geuse et atteignirent une hauteur de 2,000m.
Vus de ce point, les nuages, conservant
leur couleur blanche, s’étendaient au loin
comme une vaste plaine de neige , légère¬
ment ondulée. Arrivés à cette élévation, les
deux savants commencèrent leur série
ATM
d’expériences. L’aiguille aimantée fut le
premier instrument qu’ils mirent en usage $
elle fut attirée par le fer , mais le mouve¬
ment prolongé de rotation du ballon ne leur
permit pas d’en apprécier les oscillations.
L’électricité se manifesta par les mêmes
effets qu’à terre ; la pile voltaïque produisit
les phénomènes accoutumés , tels que la
commotion nerveuse , la décomposition de
l’eau , etc. On devait s’y attendre , dit
M. Biot, puisque l’action de la pile a lieu,
même dans le vide. A 2,700m les animaux
parurent souffrir de la raréfaction de l’air.
Une abeille, mise en liberté, s’envola ce¬
pendant en faisant entendre son bourdonne¬
ment ordinaire. Le thermomètre était des¬
cendu à 13°, 50; cependant, loin d’avoir froid,
les voyageurs étaient brûlés par les rayons
du soleil; ils furent même obligés de quit¬
ter leurs gants. Les pulsations artérielles
présentaient une accélération considéra¬
ble ; chez M. Gay-Lussac, la vitesse du
pouls s’était accrue dans la proportion de
60 à 80 ; chez son compagnon , elle s’était
élevée de 79 à 111 ; mais , ni chez l’un ni
chez l’autre , il n’y avait encore de gêne
dans la respiration.
Le ballon, avons -nous dit, tournait
lentement sur lui-même ; cependant comme
le mouvement de rotation avait lieu tantôt
dans un sens, tantôt dans un autre, il fut
possible, dans le court intervalle de repos,
qui s’établissait entre ces deux mouvements,
de faire des observations sur l’aiguille
aimantée. Répétées un grand nombre de
fois, jusqu’à la hauteur de 4,000m, ces expé¬
riences démontrèrent que la force d’attrac¬
tion magnétique n’avait pas sensiblement
diminué. Ce résultat, comme on voit, s’ac¬
cordait peu avec ceux obtenus précédem¬
ment.
A 3,400m, une linotte ayant été lâchée
s’envola immédiatement ; mais bientôt, se
trouvant comme éperdue au milieu de cette
immensité inconnue pour elle, elle revint se
poser sur le ballon; cependant, rassemblant
ses forces, elle prit de nouveau sa volée, et se
précipita, en tournoyant, vers la terre, dans
une direction perpendiculaire. Un pigeon,
mis en liberté après la linotte , s’arrêta
quelques instants sur le bord de la na¬
celle, comme pour mesurer la profondeur
de l’abîme qui s’ouvrait devant lui 5 puis
302
ATM
ATM
il s’y plongea, en décrivant une spirale à la
manière des oiseaux de proie , et disparut
bientôt dans la mer de nuages qui s’éten¬
dait au-dessous du ballon.
Ce ne fut que lorsqu’ils furent parvenus
à celte élévation , que les Aéronautes com¬
mencèrent leurs expériences sur l’électri¬
cité atmosphérique. Un fil , suspendu par
eux à une longueur de S0m environ , se
chargea d’électricité résineuse ou négative ;
ce résultat confirma les faits avancés par de
Saussure. MM. Biot et Gay-Lussae furent
de plus amenés à conclure que, plus on
s’élève, plus l’Atmosphère se charge d’é¬
lectricité.
L’abaissement de la température , au
point le plus élevé, ne fut point aussi con¬
sidérable que s’y attendaient les voyageurs ;
il fut même beaucoup moindre que celui
qui s’observe sur les montagnes à une pa¬
reille hauteur. Le thermomètre, qui était
à 16°, 40 au moment du départ , ne descen¬
dit qu’à 10°, 56 ; ce ne fut donc qu’une di¬
minution d’un degré environ par 650m.
L’hygromètre, qui, en partant, indiquait
80°, 8, descendit progressivement à 30°, à
mesure que le ballon s’éleva.
Trois semaines après , M. Gay-Lussac ,
dont le courage était à toute épreuve , en¬
treprit une nouvelle ascension , pour con¬
firmer, par des observations faites à une
plus grande élévation, le fait si important de
la persistance de la force magnétique. Dans
ce second voyage, il s’éleva à la prodigieuse
hauteur de 7,000m, et obtint des résultats
qui vinrent , pour la plupart , à l’appui de
ceux que M. Biot et lui avaient obtenus dans
le premier. Mais il observa un abaissement
considérable de la température ; le thermo¬
mètre, qui, au moment et au lieu du dé¬
part, marquait 27°, 75, descendit à 9°, 5 au
dessous de zéro, à la limite de l’ascension.
La pression atmosphérique varia de 0m,7652
à 0m,3288. L’abaissement du baromètre
indiquait donc 6,977m pour la plus grande
élévation au-dessus de Paris , et 7,016m,
au-dessus du niveau de la mer.
« A cette hauteur , dit M. Gay-Lussac ,
je commençais, quoique bien vêtu, à sen¬
tir le froid, surtout aux mains , que j’étais
obligé de tenir exposées à l’air. Ma respi¬
ration était sensiblement gênée ; mais j’é¬
tais encore bien loin d’éprouver un mal¬
aise assez désagréable pour m’engager à
descendre. Mon pouls et ma respiration
étaient très accélérés ; ainsi , respirant très
fréquemment dans un air très sec , je ne
dois pas être surpris d’avoir eu le gosier si
sec qu’il m’était pénible d’avaler du pain .
Avant de partir , j’avais un léger mal de
tête, provenant des fatigues du jour précé¬
dent et des veilles de la nuit, et je le gardai
toute la journée, sans m’apercevoir qu’il
augmentât. Ce sont là toutes les incommo¬
dités que j’ai éprouvées. »
Une particularité, que signala notre cou¬
rageux observateur, fut l’existence de nuages
fort au-dessus de lui , quoiqu’il eût atteint
une élévation bien plus considérable que
dans la première ascension. Dans celle-ci,
les nuages ne se soutenaient pas au-delà de
1200m, et au-dessus, le ciel était de la plus
grande pureté 5 sa couleur, au zénith, avait
même toute l’intensité du bleu de Prusse.
Dans le dernier voyage, M. Gay-Lussac ne
vit point de nuages sous ses pieds , et le
ciel lui parut constamment vaporeux.
Les ballons vides, emportés par l’expé¬
rimentateur, furent remplis d’air, pris à la
hauteur de 6,561m et de 6,636m. Analysé dans
le laboratoire de l’École polytechnique , cet
air présenta une identité parfaite de com¬
position avec celui qui fut recueilli dans la
cour même de cet établissement.
La composition de l’air atmosphérique
paraissait donc tout-à-fait hors de question,
quand , tout récemment , l’attention des
savants se fixa de nouveau sur ce point
de la science; et, en effet, ce n’est que
par une série bien combinée d’observations
sur l’Atmosphère, que peuvent être éclair¬
cis une foule de problèmes du plus haut
intérêt, sur la physique du globe, sur la
météorologie encore dans l’enfance, sur la
physiologie, sur les arts eux-mêmes.
L’Académie des sciences, pénétrée de
toute l’importance d’une pareille étude,
donna l’impulsion , et une commission ,
prise dans son sein , entreprit d’établir,
sur plusieurs points de l’Europe, un sys¬
tème d’expériences, d’après le plan tracé par
MM. Dumas et Boussingault.
Les questions soulevées étaient tellement
vastes qu’il fut impossible de les embras¬
ser dans leur généralité. Les savants que
nous venons de nommer commencèrent
ATM
ATM
303
donc par celle qu’on est en droit de re¬
garder comme la plus importante, puisqu’à
elle se rattachent, pour ainsi dire, les fon¬
dements de toute la physique terrestre , et
que de sa solution découle nécessairement
l’éclaircissement des autres 5 c’est donc à
l’analyse de l’air qu’ils se sont bornés pour
le moment. Il s’agit , en conséquence , de
savoir si les proportions d’oxygène et d’a¬
zote dont se compose le fluide qui nous
entoure sont invariables , ou si elles peu¬
vent être modifiées par quelque cause se¬
crète et inconnue.
Quelques physiciens, dont l’opinion est
d’une grande autorité dans la science, pen¬
sent que l’air n’est point une combinaison,
mais bien un simple mélange des gaz qui
le constituent, et que ce mélange a d’au¬
tant plus de tendance à se détruire qu’il est
soumis à une moindre pression. Dans cette
opinion, les deux gaz, obéissant à leur pe¬
santeur spécifique differente, se sépareraient
à une certaine hauteur, et il en résulterait
que l’azote, plus léger que l’oxygène , for¬
merait, à lui seul, les couches les plus éle¬
vées de l’atmosphère ; ce ne serait donc
qu’à la surface de la terre que l’air aurait
la composition connue de 21 parties d’oxy¬
gène et de 79 d’azote ; au-delà, les propor¬
tions de ce dernier gaz augmenteraient.
C’est dans le but d’arriver à la confirma¬
tion de ce fait qu’a été institué le système
d’expérimentation dont nous avons parlé
plus haut.
De nouveaux procédés d’analyse, en per¬
mettant d’apprécier une variation d’un
demi-millième d’oxygène dans la composi¬
tion de l’air, ont déjà conduit à entrevoir
certaines particularités qu’on était loin de
soupçonner ; ainsi , bien que , dans toutes
les analyses, même les plus récentes, 10,000
grammes d’air contiennent 2,300 grammes
d’oxygène, il,arrive quelquefois que, sans
cause appréciable , cette quantité descend
tout-à-coup à 2,290 et même au-dessous.
Ces résultats ont engagé la commission à
donner la plus grande extension possible
aux expériences. Les analyses se sont ré¬
pétées dans des conditions convenues et
arrêtées à l’avance , sur les hautes monta¬
gnes de la Suisse , en Italie , sur les bords
de la mer, en Allemagne et même aux An¬
tilles. Une méthode , imaginée par MM.
Boussingault et Dumas, a permis en outre
de rapporter, de loin , de grands volumes
d’air, sans qu’il s’y mêlât aucun corps
étranger ; car ce n’est plus sur quelques
décilitres , mais bien sur de grandes quan¬
tités, quinze ou vingt litres au moins, qu’il
faut opérer.
Voici comment on procéda aux premières
expériences : deux jeunes savants , MM.
Martins et Bravais, auxquels la commission
avait confié douze grands ballons dans les¬
quels le vide était pratiqué aussi complète¬
ment que possible, recueillirent, à des épo¬
ques déterminées , sur le Faulhorn , dans
l’Oberland bernois , 4 2,80Ôm au-dessus du
niveau de la mer, 300 litres d’air qu’ils ex¬
pédièrent à Paris.
Dans le même temps , c’est-à-dire aux
mêmes jours et aux mêmes heures , la
commission , par les soins de MM. Dumas
et Boussingault , analysait l’air de Paris.
De son côté , M. Brunner, habile chimiste
de Berne , exécutait de semblables expé¬
riences dans cette ville. On put donc éta¬
blir la comparaison entre la composition de
l’air, à Paris, à Berne , au Faulhorn, et on
obtint les moyennes suivantes : à Paris ,
10,000 gr. en donnèrent 2,304 d’oxygène; à
Berne , 2,295 ; au Faulhorn, 2,297. Si ces
différences existent réellement , elles sont
tellement faibles que ce n’est que par une
longue suite de travaux , qu’elles peuvent
acquérir de la certitude.
Les expériences se continuent dans dif¬
férentes localités ; il serait cependant fa¬
cile de les multiplier sur un seul point, en
renouvelant les voyages aériens de MM.
Biot et Gay-Lussac. Un tel moyen serait ,
sans contredit, le meilleur pour décider
quelle influence la hauteur exerce sur la
composition de l’air.
Cette idée, dont la priorité appartient de
longue date à l’illustre ami de M. Gay-Lus¬
sac, à M. Thénard , et sur laquelle l’atten¬
tion des savants a été tout récemment fixée
par M. le docteur Donné , si recomman¬
dable par son zèle éclairé pour la science ,
cette idée vient d’être accueillie par l’Aca¬
démie des sciences , qui semble vouloir
s’en occuper sérieusement.
Les Anglais, de leur côté, ne restent point
en arrière, et les noms les plus célèbres ,
ceux des Herschel, des Brewster, se ratta-
ATM
304 ATM
chent , chez nos voisins , à un semblable
projet
Espérons que tous ces efforts hâteront
la solution ou du moins réclaircissement
de questions si importantes et encore si
obscures.
M. Boussingault , d’un autre côté , s’est
occupé de la solution d’un problème non
moins intéressant ; il a tenté de détermi¬
ner la composition de l’air dans les villes
et hors de leur enceinte , en hiver comme
en été, le jour aussi bien que la nuit. De tous
les principes constituants de l’air, il n’y en
a qu’un seul dont les proportions soient
variables ; c’est le gaz acide carbonique
que l’homme , soit par lui-mème , soit par
ses différentes industries , verse incessam¬
ment dans l’Atmosphère. Les analyses mul¬
tipliées de l’air de Paris, faites en diverses
saisons , par cet habile et savant expéri¬
mentateur , lui ont donné, sur dix mille
volumes d’air, quatre volumes d’acide car¬
bonique , quantité trop minime pour exer¬
cer quelque influence appréciable sur nos
organes. Théodore de Saussure avait ob¬
tenu les mômes chiffres à Genève.
M. Boussingault s’est ensuite demandé
si toutes les combustions et consomma¬
tions d’oxygène qui se font à Paris peuvent
altérer la pureté de l’air. Par une suite de
calculs , que nous ne pouvons retracer
ici, il a trouvé que la somme quotidienne
du gaz acide carbonique produit, dans celte
ville , par la population , par les animaux ,
par la combustion du bois, du charbon, etc. ,
montait à 2,944,241 mètres cubes ; et néan¬
moins, l’analyse ne lui a présenté qu’une
différence inappréciable entre l’air de la
campagne, pris à Saint-Cloud, et l’air de
Paris. Il existe cependant des différences
hygiéniques bien grandes entre les deux
localités : iL faut donc en conclure qu’elles
ne tiennent point à quelques atomes , en
plus ou en moins, de gaz acide carbonique,
mais bien à des émanations, à des miasmes
insaisissables, provenant de l’aggloméra¬
tion d’hommes sur un point limité. Quel¬
ques faits pourraient môme être apportés
à l’appui de cette opinion. En 1630, dans
l’année même où Jean Rey entrevoyait la
composition de l’air, les académiciens del
Cirncnto, à Florence, voulant déterminer la
nature de l’eau contenue dans l’Atmosphère,
firent l’expérience suivante: ils suspendi¬
rent * en plein air* une boule métallique
remplie de glace ; bientôt toute sa surface
extérieure se couvrit de vapeurs aqueuses
condensées. Recueillies avec soin, ces va¬
peurs , ou pour mieux dire celte eau , ne
tarda point à donner des signes de décom¬
position putride ; elle contenait donc évi¬
demment quelques matières animales, et
d’où provenaient ces matières, si ce n’est de
l’Atmosphère?
Rigaud Dclille, au commencement du
siècle, fit des expériences du môme genre
sur l’air des environs de Montpellier, et
arriva à des résultats analogues.
Nous dirons encore que , par des procé¬
dés chimiques récemment employés, on est
parvenu à reconnaître dans l’air un prin¬
cipe hydrogéné, dont la proportion, infini¬
ment petite , n’avait pu être appréciée par
les anciens moyens d’analyse. Ge principe
ne serait-il pas la source des miasmes pu¬
trides, germe d’un si grand nombre de ma¬
ladies?
L’air est soluble dans l’eau, qui en dis¬
sout un 20e environ de son poids à la pres¬
sion de 0m,76 et à la température de -f 10°.
Mais l’air dissous contient une plus grande
quantité d’oxygène; d’où il faut conclure
que le gaz azote est le moins soluble des
deux. Cependant le degré de solubilité
de l’oxygène n’est point absolu ; une cer¬
taine quantité d’eau contiendra d’autant
plus de ce gaz qu’on la fractionnera davan¬
tage , c’est-à-dire que les dernières parties
en renfermeront plus que les premières;
l’azote présentera un résultat inverse.
L’air sec est mauvais conducteur du fluide
électrique ; il n’acquiert la conductibilité ,
que quand il contient de la vapeur d’eau, il
en résulte que, dans les temps secs, en été
et pendant les grandes gelées, l’électricité*
qui se développe à la surface de la terre *
peut rester libre dans l’Atmosphère, en rai¬
son du peu de conductibilité de l’air ; elle
y existe même continuellement , mais en
quantité variable, suivant la hauteur, l’heu¬
re, la saison. Quand les nuages se forment,
comme ils sont meilleurs conducteurs que
l’air, toute cette électricité s’attache à leur
surface , et donne lieu aux phénomènes de
la foudre et des éclairs. De plus amples dé¬
tails sur ces phénomènes et sur l’état élcc-
ATM
ATM
305
trique de l’Atmosphère trouveront leur
place aux mots Électricité et Météorologie.
Nous ne terminerons cependant pas ce pa¬
ragraphe sans parler des modifications chi¬
miques que le fluide électrique , à l’état de
foudre , fait subir à l’air atmosphérique.
Après l’expérience par laquelle Cavendish
parvint, à l’aide d’une étincelle électrique, à
réunir, en acide nitrique (azotique) liquide,
les deux éléments gazeux dont se compose
l’air que nous respirons, on pouvait croire
que la foudre amenait de semblables résul¬
tats dans l’Atmosphère. Ce doute a été chan¬
gé en certitude. Il y a quelques années (1827),
un chimiste allemand, le professeur Liebig,
de Giessen , publia l’analyse de 77 résidus
obtenus par la distillation de 77 échantil¬
lons d’eau de pluie recueillis dans des
vases de porcelaine à 77 époques différen¬
tes. Parmi ces échantillons, 17 provenaient
de pluies d’orage et contenaient une plus
ou moins grande quantité d’acide nitrique
combiné avec de la chaux ou de l’ammo¬
niaque.
Le savant et spirituel auteur des notices
de X Annuaire du bureau des Longitu¬
des, à qui nous empruntons ce fait, ajoute
les réflexions suivantes : « Voilà donc la
matière fulminante réalisant une des plus
brillantes expériences de la chimie moderne.
Ces réunions subites de l’azote et de l’oxy¬
gène, que l’illustre chimiste anglais opérait
en vases clos, la foudre les détermine dans
les hautes régions de l’Atmosphère. U y a là,
pour les physiciens et les chimistes, un vaste
et important sujet d’expériences. Il faudra
examiner si, toutes les circonstances res¬
tant égales , les quantités d’acide nitrique
engendrées pendant les orages ne varient
point avec les saisons, avec les hauteurs, et,
par conséquent aussi , avec la température
des nuées d’où la foudre s’élance ; il faudra
rechercher encore, si, dans les régions inter¬
tropicales, où, pendant des mois entiers, le
tonnerre gronde chaque jour avec tant de
force, l’acide nitrique, créé par la foudre aux
dépens des deux éléments gazeux de L’At¬
mosphère , ne suffirait point à l’entretien
des nitrières naturelles , dont l’existence ,
dans certaines localités où les matières ani¬
males ne se voyaient nulle part, était pour la
science une véritable pierre d’achoppement.
Peut-être qu’en se livrant à ces investiga¬
tions savantes, on découvrira aussi l’origine
encore cachée de quelques autres substan¬
ces, de la chaux, de l’ammoniaque, etc.,
qui ont été trouvées dans des eaux prove¬
nant de pluies d’orage ; mais, ne parvînt-on
à éclaircir que la seule question des ni¬
trières naturelles , ce serait déjà beaucoup
de gagné. Ne voit-on pas, au surplus, tout
ce qu’il y aurait de piquant à prouver que
la foudre prépare, qu’elle élabore, dans les
hautes régions de l’air, le principal élément
de cette autre foudre ( la poudre à canon )
dont les hommes font un si prodigieux usage
pour s’entre-détruire. »
L’Atmosphère est le siège , le théâtre de
tous les phénomènes connus sous le nom
de Météores. Le fluide électrique , le fluide
magnétique , la vapeur d’eau , l’action iné¬
gale de la chaleur solaire , l’extrême mobili¬
té des molécules atmosphériques, telles sont
les principales causes de ces météores, qui
ont été divisés- , d’après leurs effets appa¬
rents, en aqueux, aériens, lumineux
( Voy • météorologie).
L’Atmosphère est l’immense réservoir où
tous les êtres puisent la vie ; c’est dans son
sein que les différents fluides élaborés par
les corps , au développement et à l’accrois¬
sement desquels ils ont contribué , se réu¬
nissent pour retourner bientôt , après des
modifications nécessaires, au siège de la vie,
et y exercer, par une admirable succession,
une reproduction toujours nouvelle.
Un de nos plus illustres professeurs, qui
prête l’appui de ses lumières et de son talent
à ce Dictionnaire, a, tout récemment, re¬
tracé en termes éloquents, le tableau de cet
enchaînement mystérieux qui lie entre eux
tous les êtres et qui les rend tous tributaires
du même élément, de l’air atmosphérique,
origine et fin de tout ce qui a vie , auquel
tout commence et tout aboutit.
Une sèche et froide analyse ne pourrait
rendre convenablement la profondeur de
pensée , l’éclat d’expression de la belle le¬
çon de M. Dumas ; nous préférons , dans
l’intérêt des lecteurs , la citer textuelle¬
ment :
« . Les plantes, les animaux , l’homme
renferment de la matière; d’où vient-elle?
que fait-elle dans leurs tissus et dans les
liquides qui les baignent? où va-t-elle,
quand la mort brise les liens par lesquels
20
T II
ATM
306 ATM
ses diverses parties étaient si étroitement
unies? .
«... Ce n’est pas sans étonnement qu’on
reconnaît qu’aux nombreux éléments de la
chimie moderne, la nature organique n’en
emprunte qu’un petit nombre ; qu’à ces
matières végétales ou animales, maintenant
multipliées à l’infini , la physiologie géné¬
rale n’emprunte pas plus de dix ou douze
espèces , et que tous ces phénomènes de la
vie, si compliqués en apparence , se ratta¬
chent , en ce qu’ils ont d’essentiel, à une
formule générale, si simple qu’en quelques
mots, on a, pour ainsi dire, tout annoncé ,
tout rappelé, tout prévu.
« N’avons-nous pas constaté, en effet,
par une foule de résultats, que les animaux
constituent , au point de vue chimique , de
véritables appareils de combustion , au
moyen desquels du charbon , brûlé sans
cesse, retourne à l’Atmosphère sous forme
d’acide carbonique ; des appareils dans les¬
quels de l’hydrogène , brûlé sans cesse de
son côté , engendre continuellement de
l’eau 5 des appareils d’où s’exhale, enfin ,
sans cesse, de l’azote libre par la respira¬
tion, de l’azote à l’état d’oxyde d’ammo¬
nium (ammoniaque) par les urines.
« Ainsi, du règne animal, considéré dans
son ensemble, s’échappent continuellement
de l’acide carbonique , de la vapeur d’eau ,
de l’azote et de l’oxyde d’ammonium , ma¬
tières simples et peu nombreuses , dont la
formation se rattache étroitement à l’his-
roire de l’air lui-même.
«N’avons-nous pas constaté, d’autre part,
que les plantes, dans leur vie normale, dé¬
composent l’acide carbonique pour en fixer
le carbone, et en dégager l’oxygène; qu’elles
décomposent l’eau pour s’emparer de son
hydrogène et pour en dégager aussi l’oxy¬
gène; qu’enfin, elles empruntent de l’azote,
tantôt directement à l’air, tantôt indirec¬
tement à l’oxyde d’ammonium ou à l’a¬
cide nitrique (azotique), fonctionnant ain¬
si , de tout point , d’une manière inverse
de celle qui appartient aux animaux.
« Si le règne animal constitue un immense
appareil de combustion , le règne végé¬
tal, à son tour, constitue donc un immense
appareil de réduction où l’acide carbonique
réduit laisse son charbon, où l’eau réduite
laisse son hydrogène, où l’oxyde d’ammo¬
nium et l’acide azotique réduits laissent
leur ammonium ou leur azote.
« Si les animaux produisent sans cesse
de l’acide carbonique, de l’eau, de l’azote,
de l’oxyde d’ammonium, les plantes consom¬
ment donc sans cesse de l’oxyde d’ammo¬
nium, de l’azote, de l’eau, de l’acide carbo¬
nique. Ce que les uns donnent à l’air, les
autres le reprennent à l’air, de sorte qu’à
prendre ces faits au point de vue le plus
élevé de la physique du globe, il faudrait
dire qu’en ce qui touche leurs éléments
vraiment organiques, les plantes, les ani¬
maux dérivent de l’air, ne sont que de l’air
condensé ; et que , pour se faire une idée
juste et vraie de la constitution de l’Atmos¬
phère, aux époques qui ont précédé la nais¬
sance des premiers êtres organisés à la sur¬
face du globe, il faudrait rendre à l’air, par
le calcul, l’acide carbonique et l’azote dont
les plantes et l’air se sont approprié les élé¬
ments.
« Les plantes et les animaux viennent
donc de l’air et y retournent donc : ce sont
de Véritables dépendances de l’Atmosphère.
Les plantes reprennent donc sans cesse à
l’air ce que les animaux lui fournissent ;
c’est-à-dire du charbon , de l’hydrogène et
de l’azote , ou plutôt de l’acide carbonique,
de l’eau et de l’ammoniaque.
« Reste à voir maintenant comment , à
leur tour , les animaux se procurent ces
éléments qu’ils restituent à l’Atmosphère ;
et l’on ne peut voir, sans admiration pour
la simplicité sublime de toutes ces lois
de la nature , que les animaux empruntent
toujours ces éléments aux plantes elles-
mêmes.
« Nous avons reconnu, en effet, par des
résultats de toute évidence , que les ani¬
maux ne créent pas de véritables matières
organiques, mais qu’ils les détruisent ; que
les plantes, au contraire, créent habituelle¬
ment ces mêmes matières, et qu’elles n’en
détruisent que peu et pour des conditions
particulières et déterminées.
« Ainsi , c’est dans le règne végétal que
réside le grand laboratoire de la vie organi¬
que; c’est là que les matières végétales et
animales se forment , et elles s’y forment
aux dépens de l’air.
« Des végétaux , ces matières passent
toutes formées dans les animaux herbivores
ATM
307
ATM
qui en détruisent une partie , et qui accu¬
mulent le reste dans leur tissu.
<c Des animaux herbivores, elles passent
toutes formées dans les animaux carnivores
qui en détruisent ou en conservent selon
leurs besoins.
« Enfin , pendant la vie de ces animaux
ou après leur mort , ces matières organi¬
ques, à mesure qu’elles se détruisent, re¬
tournent à l’Atmosphère d’où elles provien¬
nent.
« Ainsi se forme ce cercle mystérieux de
la vie organique à la surface du globe. L’air
contient ou engendre les produits oxydés,
acide carbonique , eau , acide azotique ,
oxyde d’ammonium. Les plantes, véritables
appareils réducteurs, s’emparent des radi¬
caux de ces produits, carbone , hydrogène,
azote, ammonium ; avec ces radicaux, elles
façonnent toutes les matières organiques ou
organisables, qu’elles cèdent aux animaux.
Ceux-ci à leur tour, véritables appareils de
combustion , reproduisent l’acide carboni¬
que , l’eau , l’oxyde d’ammonium et l’acide
azotique qui retournent à l’air pour repro¬
duire de nouveau et dans l’immensité des
siècles les mêmes phénomènes.
« Et si l’on ajoute à ce tableau , déjà si
frappant par sa simplicité et sa grandeur,
le rôle incontesté de la lumière solaire qui,
seule, a le pouvoir de mettre en mouve¬
ment cet immense appareil , cet appareil
inimité jusqu’ici, que le règne végétal con¬
stitue, et où vient s’accomplir la réduction
des produits oxydés de l’air, on sera frappé
du sens de ces paroles de Lavoisier :
« L’organisation, le sentiment, le mon¬
te vement spontané , la vie, n’existent qu’à
« la surface de la terre et dans les lieux ex-
« posés à la lumière. On dirait que la fable
« du flambeau de Prométhée était l’expres-
« sion d’une vérité philosophique qui n’a-
« vait point échappé aux anciens. Sans la
« lumière, la nature était sans vie, elle
« était morte et inanimée. Un Dieu bien-
« faisant, en apportant la lumière, a répan-
« du sur la surface de la terre l’organisa-
« tion, le sentiment et la pensée. »
« Ces paroles sont aussi vraies qu’elles
sont belles. Si le sentiment et la pensée, si
les plus nobles facultés de l’âme et de l’in¬
telligence ont besoin , pour se manifester ,
4’une enveloppe matérielle , ce sont les
plantes qui sont chargées d’en ourdir la
trame avec des éléments qu’elles emprun¬
tent à l’air et sous l’influence de la lumière
que le soleil, où en est la source inépuisa¬
ble, verse constamment et par torrents à la
surface du globe.
« Et comme si, dans ces grands phéno¬
mènes, tout devait se rattacher aux causes
qui en paraissent le moins propres, il faut
remarquer encore comment l’oxyde d’am¬
monium , l’acide azotique , auxquels les
plantes empruntent une partie de leur azote,
dérivent eux-mêmes, presque toujours, de
l’action des grandes étincelles électriques
qui éclatent dans les nuées orageuses , et
qui, sillonnant l’air sur une grande éten¬
due, y produisent l’azotate d’ammoniaque
que l’analyse y décèle.
« Ainsi des bouches de ces volcans, dont
les convulsions agitent si souvent la croûte
du globe , s’échappe sans cesse la princi¬
pale nourriture des plantes, l’acide carbo¬
nique ; de l’Atmosphère enflammée par les
éclairs, et du sein même de la tempête, des¬
cend sur la terre cette autre nourriture non
moins indispensable des plantes, celle d’où
vient presque tout leur azote, le nitrate
d’ammoniaque que renferment les pluies
d’orage.
« Ne dirait-on pas un souvenir de ce
chaos dont parle la Bible, de ces temps de
désordre et de tumulte des éléments, qui ont
précédé l’apparition des êtres organisés sur
la terre ?
« Mais à peine l’acide carbonique et l’azo¬
tate d’ammoniaque sont-ils formés, qu’une
force plus calme, quoique non moins éner¬
gique, vient les mettre en jeu : c’est la lu¬
mière. Par elle, l’acide carbonique cède son
carbone , l’eau son hydrogène , l’azotate
d’ammoniaque son azote. Ces éléments s’as¬
socient, les matières organisées se forment
et la terre revêt son riche tapis de verdure.
« C’est donc en absorbant sans cesse une
véritable force s la lumière et la chaleur
émanées du soleil , que les plantes fonc¬
tionnent, et qu’elles produisent cette im¬
mense quantité de matière organisée ou or¬
ganique, pâture destinée à la consomma¬
tion du règne animal.
« Et si nous ajoutons que les animaux
produisent de leur côté de la chaleur et de
la force, en consommant ce que Je règne
308
ATM
ATO
végétal a produit et a lentement accumulé ,
ne semble-t-il pas que la fin dernière de
tous ces phénomènes, que leur formule la
plus générale se révèle à nos yeux ?
« L’Atmosphère nous apparaît comme
renfermant les matières premières de toute
l’organisation ; les volcans et les orages,
comme les laboratoires où se sont façonnés
d’abord l’acide carbonique et l’azotate d’am¬
moniaque , dont la vie avait besoin pour se
manifester et se multiplier.
« A leur aide , la lumière vient dévelop¬
per le règne végétal, production immense
de matière organique ; les plantes absor¬
bent la force chimique qui leur vient du so¬
leil, pour décomposer l’acide carbonique,
l’eau et l’azotate d’ammoniaque, comme si
les plantes réalisaient un appareil réductif
supérieur à tous ceux que nous connaissons;
car aucun d’eux ne décomposerait l’acide
carbonique à froid.
« Viennent ensuite les animaux, con¬
sommateurs de matière et producteurs de
chaleur et de force , véritables appareils de
combustion. C’est en eux que la matière or¬
ganisée revêt sa plus haute expression sans
doute ; mais ce n’est pas sans en souffrir
qu’elle devient l’instrument du sentiment
et de la pensée. Sous cette influence, la
matière organisée se brûle, et en produisant
cette chaleur, cette électricité, qui font notre
force et qui en mesurent le pouvoir , ces
matières organisées ou organiques s’anéan¬
tissent pour retourner à l’Atmosphère d’où
elles sortent.
« L’Atmosphère constitue donc le chaînon
mystérieux qui lie le règne végétal au règne
animal.
« Les végétaux absorbent donc de la cha¬
leur et accumulent donc de la matière qu’ils
savent organiser.
« Les animaux, par lesquels cette ma¬
tière organisée ne fait que passer, la brû¬
lent et la consomment pour produire, à son
aide, la chaleur et les diverses forces que
leurs mouvements mettent à profit.
« Comme si , empruntant aux sciences
modernes une image assez grande pour
supporter la comparaison avec ces grands
phénomènes, comme si nous assimilions la
végétation actuelle, véritable magasin où
s’alimente la vie animale, à cet autre maga¬
sin de charbon que constituent les anciens
dépôts de houille, et qui , brûlé par le génie
de Papin et de Watt , vient produire aussi
de l’acide carbonique, de l’eau, de la cha¬
leur, du mouvement, on dirait presque de
la Yie et de l’intelligence.
« Comme si nous disions que le règne
végétal constitue un immense dépôt de
combustible destiné à être consommé par
le règne animal, et où ce dernier trouve la
source de la chaleur et des forces locomo¬
tives qu’il met à profit . »
Ici l’auteur se livre à des considérations
de haute chimie, dans lesquelles la nature
de cet ouvrage ne nous permet pas de le sui¬
vre. Mais ce que nous avons cité suffit pour
faire apprécier au lecteur combien est im¬
portant le rôle que joue l’Atmosphère dans
tous les phénomènes organiques, et com¬
bien sont nombreuses les applications qui
peuvent être tirées de la connaissance ap¬
profondie de ces phénomènes, soit à l’é¬
tude de la physiologie végétale et animale ,
soit aux sciences d’application comme l’hy¬
giène, la médecine, l’agriculture, etc.
Ainsi donc, l’étude de l’Atmosphère se
rattache à tout ce qu’il y a de plus élevé
dans les sciences, à l’astronomie, à la phy¬
sique, à la chimie, à la haute physiologie !
Une foule d’instruments ont été imaginés
pour étudier l’air ; ce sont : l’ Eudiomètre,
pour l’analyser; le Baromètre , pour en
connaître la pesanteur; le Thermomètre,
pour en apprécier la température ; l’ Hygro¬
mètre, pour déterminer la quantité d’eau
qu’il tient en suspension; l’ Électromètre,
pour constater son état électrique*; le Cya -
nomètre , pour en mesurer la transpa¬
rence, etc., etc. Tous ces instruments ont
été modifiés de mille et mille manières.
Nous renvoyons, pour leur description, aux
articles qui les concernent. (A.Duponchel.)
* ATMOSPHÉROLOGIE . Atmosphœ-
rologia (aTu.ccrcpatp%, atmosphère; Xoycç,
discours), thys. — Science qui traite de tous
les phénomènes atmosphériques.
(C. d’O.)
ATOCION, Schott. (à-roV.tc^ , nom grec
d’une plante qu’on présume être une esp.
de Caryophyllée). bot. th. — Section du g.
Silène , caractérisée par des fleurs en co-
rymbe, et le calice claviforme, à 10 stries.
(Sp.)
ATOCïRE. bot. ph. — Nom portugais
ATO
309
ATO
de YAnona squamosa L., ou Corosollier
écailleux. (Sr.)
* ATOLARIA, Neck. bot. th. — Sy¬
nonyme du g. Crotalaria , de la famille des
Légumineuses. (Sr.)
* ATOMAIRE. Atomarius (drou.o;,
atome), zool. bot. — En entomologie , on
donne cette épithète aux organes appendi¬
culaires ou aux parties du corps des insec¬
tes parsemés de points colorés ; tels sont
les élytres du Melolontha atomaria , du
Mycetophagus atomarius ; et, en bota¬
nique, aux rameaux ponctués de certaines
plantes, entre autres à une espèce du genre
Cassia. (C. d’O.)
* ATOMARIA (àrcp.o;, entier; à cause
des élytres non séparées à leur extrémité).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Clavicornes , établi par Kirby
aux dépens du g. Cryptophagus de Herbst,
et auquel il assigne les caractères suivants
( Fauiia borealis Amcricana , p. lit) :
Corps ovale. Antennes anté-oculaires , avec
les articles intermédiaires plus minces ; le
scapus très renflé ; les 3 articles terminaux
augmentant graduellement de taille ; les 2
premiers presque turbinés ; le dernier très
aigu; et tous trois formant, par leur réunion,
une massue courte. Tète presque triangu¬
laire ; yeux petits , ronds et presque con¬
vexes. Prothorax transverse, convexe, pres¬
que carré, avec les côtés courbes et inermes.
Écusson transverse. Élytres réunies , for¬
mant un ovale très convexe. Pattes courtes,
grêles ; tibias arqués ; tarses présumés de
5 articles; ongles longs, simples.
Les insectes de ce genre sont si pe¬
tits , qu’il est bien difficile , môme avec
une forte loupe, de compter les articles de
leurs tarses. M. Stephens ( The nomencla¬
ture of Britis h Ins., p. 8) en désigne une
trentaine d’espèces, presque toutes nom¬
mées par des auteurs anglais , et parmi
lesquelles il s’en trouve 4 seulement qui
appartiennent au genre Cryptophagus de
Herbst, savoir: A - mesomelas et A. a ter de
cet auteur, A. nigripennis de Paykull et
A. fu scip es de Gyllenhall. (D. etc.)
ATOMARIA (à priv.; 70’p.oç, section,
division), bot. cr. — Genre de Thalassio-
phytes, proposé par Stackhouse ( Ner . B rit.,
t. VI, f. 1, a, h, c), et auquel il attribue
les caractères suivants : Fronde membrana-
cée, mince, rameuse; à rameaux alternes,
portant dans toute leur longueur des laci-
niures courtes, dentées au sommet; fruc¬
tification en grappe et variée. — Ce g. ,
qui réunit deux espèces appartenant à des
tribus différentes par l’organisation, le/L**?-
tyota dentata Lamx. et Y O dont ha Lia
dentata Lyngb. , 11e pouvait donc être
adopté. Il ne l’a été, en effet, par aucun
phycologue, pas plus, au reste, que la plu¬
part des genres créés invita naturâ par
le même auteur. La fructification racémi-
forme ne se rencontre que dans la se¬
conde espèce; elle est d’ailleurs bien in¬
exactement figurée. (C. M.)
ATOME ( àrop.&ç , insécable ). — Nom
donné aux molécules indivisibles dont on
suppose formées les parties élémentaires des
corps. On donne encore ce nom aux molé¬
cules résultant de la combinaison des atomes
primordiaux dont le volume excède le leur;
mais dont la ténuité est telle qu’elles ne
peuvent être perçues par les sens. Pour plus
de développements, voir les articles ma¬
tière et THÉORIE ATOMISTIQUE. (C. d’O.)
* ATOMOG ASTRE. Atomogaster
(aTcao; , atome ; 'yacrrYip , ventre ). ins. — ■
Genre de l’ordre des Diptères, division des
Erachocères , subdivision des Dichœtes, fa¬
mille des Alhéricères, tribu des Muscides,
section des Anthomyzides. Ce genre, dont
M. Robineau Desvoidy a fait sa section des
Azèlidcs , a pour type Y Anthomyia tri¬
que Ira de Meigen. M. Macquart lui donne
pour caractères : Antennes n’atteignant pas
l’épistome ; style nu. Abdomen étroit, cy¬
lindrique. Anus bicaréné chez la femelle.
Cuillerons petits. Pas de pointes au bord
extérieur des ailes. — Ces Muscides , très
voisines des Chortophiles , vivent sur les
Ombellifères. Les femelles sont beau¬
coup moins communes que les mâles.
M. Macquart en décrit six espèces, toutes
de France ou d’Allemagne. Leur nom gé¬
nérique fait allusion aux petites taches dont
leur ventre est bigarré. (D.)
* ATOMOGYOTE (àrop.cç, indivisible ;
•vu vvî , femme), bot. th. — L’un des deux or¬
dres établis par le prof. L. C. Richard dans
la Didynamie de Linné. Il correspond à celui
que le célèbre botaniste suédois avait nom¬
mé Angio spermie. Voy. ce mot. (A. R )
* ATOMOSIE. A tomosia. (a rcu.cz t ato-
310
ATR
MO
me), ins. — Genre de l’ordre des Diptères,
division des Aplocères, subdivision des
Tétrachœtes, famille des Tanystomes, tribu
des Asiliques, sous-tribu des Laphrites,
établi par M. Macquart dans son ouvrage
intitulé : Diptères exotiques , nouveaux
ou j) eu connus, et dont voici les carac¬
tères : Corps ponctué. Antennes ordinaire¬
ment allongées; 3mc art. menu, terminé
en pointe. Armure copulatrice des mâles
peu développée , paraissant sous le dernier
segment de l’abdomen ; cuisses postérieures
non renflées ; jambes droites. Les deux ner¬
vures transversales des ailes fermant les
cellules discoïdale et quatrième postérieure,
presque sur la même ligne. Ce genre est un
démembrement des Laphries de Wied-
man. Ce qui distingue au premier coup-
d’œil les espèces qu’il renferme des autres
Asiliques , c’est la simplicité du dessin que
présentent les nervures de leurs ailes. Leur
nom générique, d’après M. Macquart, fait
allusion aux points enfoncés dont leur corps
est couvert. Celles qu’on connaît sont tou¬
tes de l’Amérique, la plupart du Brésil,
une de Cuba et une de Géorgie. Nous cite¬
rons comme type l’ Àtomosia annutipes
de l’auteur : elle est du Brésil. (D.)
ATOPA (cxtctto; , insolite), ins. — Genre
de Coléoptères pentamères, famille des
Malacodermcs, tribu des Cébrionites, éta¬
bli par Latreille sous le nom de Dascillus;
mais celui d 'A top a , qui lui a été donné par
Paykull, quoique postérieurement, ayant été
adopté par Fabricius et tous les entomolo¬
gistes qui l’ont pris pour guide, a prévalu
dans les collections sur la dénomination gé¬
nérique de Latreille , qui est injustement
tombée dans l’oubli. Quoi qu’il en soit, le
genre dont il s’agit se rapproche beaucoup
des Cèb rions et des Cy p lions ; mais il dif¬
fère des premiers par ses antennes simples;
ses mandibules saillantes, et par ses tarses,
dont le pénultième article est bilobé ; et
des seconds, par la forme ovale de son corps ;
son corselet en trapèze ; ses palpes terminés
par un article tronqué ou très obtus. Les
Atopes sont d’ailleurs d’une consistance
bien plus ferme que les Cyphons. M. De- j
jean , dans son dernier Catalogue , men- ;
tionne 6 espèces d \4topa dont k indigènes j
et 2 d’Europe. Nous citerons ces deux der¬
rières, l’/j . cinerea Fabr. et VA. cervina
du même, qui est la Chrysomela id. de
Linné; il paraîtrait que ces deux espèces
n’en feraient qu’une, dont l’une serait le
mâle et l’autre la femelle. On les trouve ,
mais assez rarement, dans les parties mon-
tueuses de la France. (D. et C.)
* ATOPÏTES. Atopidœ. ins. — Sous-
tribu de l’ordre des Coléoptères pentamè¬
res, famille des Serricornes, établie par
M. Delaporte {Buffun- Dumènil , t. I,
p. 257), dans la tribu des Rhypicérites , et
qu’il caractérise ainsi : Corps oblong ; pro¬
sternum non avancé en pointe. Antennes
non munies de rameaux. Tarses sans ap¬
pendices velus entre les crochets. Il y com¬
prend les genres Plilodactyla, 111.; Lai-
rus, Delap.; Atopa, Fab.; et Petalon, Per-
ty. Voy. ces mots. (D. et C.)
* ATRACHYA (a priv.; rpa ybr,, rude).
iNs.r— Genre de Coléoptères tétramères , fa¬
mille des Chrysomélines, créé par M.Dejean ,
dans la 3e édit, de son Catalogue, mais dont
il n’a pas publié les caractères. Il est fondé
sur une seule espèce , originaire du nord de
la Chine et nommée par Faldermann Gallc-
ruca rnenesiresii{Coleoptcrorum ah if/.
Bumjio , in China boreali, Mong., etc.,
p. 103). M.Dejean place ce g. entre les^rf/-
monia et les Galleruca\ ; mais n’ayant pas
en notre possession l’espèce qui a servi à
l’établir, nous ne pouvons que le mention¬
ner ici pour mémoire. (D. et C.)
* ATIVACTIE. Atractia (arpootreç, fu¬
seau). ins. — Genre de l’ordre des Diptères,
division des Aplocères , subdivision des
Tétrachœtes, famille des Tanystomes, tribu
des Asiliques, sous-tribu des Asilites, éta¬
bli par M. Macquart, dans son ouvrage in¬
titulé : Diptères exotiques , nouveaux on
peu connus, et auquel il assigne les carac¬
tères suivants : Troisième article des an¬
tennes large, comprimé, fusiforme ; style
très menu. Abdomen menu, glabre, fine¬
ment ponctué. Organe copulateur des mâles
et oviducle des femelles cachés. Jambes
antérieures très couvertes de poils.
Ce genre, créé aux dépens de celui des
Asiles , a pour type V Asilusp silo g aster de
Wiedmann , espèce du Brésil et qui n’est
encore connue que par les deux individus
déposés au Muséum de Berlin.
Le nom générique fait allusion à l’appa¬
rence fusiforme des antennes. (D.)
ATR
ATR
311
ATRACTIOI (àrpaxToç, fuseau), bot.
CR. — m. le professeur Link a donné ce nom à
quelques petits Champignons, dont les spo¬
res sont fusiformes. Ce genre n’a pas été
conservé. VA. cüiatum, l’espèce la plus
curieuse qu’on trouve fréquemment sur
les rameaux et les feuilles du buis, a été
décrite comme un Tubercularia; un Fu-
snrium est maintenant un Volutclla. VA.
olivaceum Schm. etKunze, et VA- stilbas-
ler Lk., sont aujourd’hui placés dans le g.
Stilhum. (Lév.)
ATRACTOBOLUS (àrpaxTo?, fuseau , •
po'Xc;. l’action de jeter), bot. cr. — Tode a
décrit sous ce nom ( Fungi Meck ., Fasc. 1 ,
p. 4 5, tab.7, fig. 59) un petit genre de
Champignons qui représente une cupule
sessile , recouverte d’un opercule , et lan¬
çant une vésicule allongée, fusiforme, com¬
posée de spores. VA- vbiquilarius , ainsi
nommé parce qu’on le trouve presque par¬
tout, se rencontre en grande quantité, après
les pluies d’orage, sur les pierres, les os, les
bois; il est très petit. La cupule est blanche,
l’opercule mamelonné , celui-ci est soulevé
élastiqucment par la masse des spores que
fait remarquer sa couleur rouge. M.
Fries ( Elenchus fungorum , p. 50), après
avoir examiné très attentivement cette pro¬
duction, pense qu’elle est de nature anima¬
le , et qu’elle pourrait bien être un Cocons
mais ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’il
dit avoir rencontré un autre champignon
qui présente exactement les mêmes ca¬
ractères ; celui-ci blanc, velu, repose sur
un subiculum villeux ; l’opercule est lisse ;
la vésicule est cylindrique , saillante , et
chasse une gélatine brune sous forme de glo¬
bule. — Cette espèce, que M. Fries nomme
A. hirtus , a été trouvée abondamment en
Suède, dans le mois de mars, sur les bois
des Pins. (Lév.)
ATR ACTOCÈRE .Alrac tocern ( à-p ax-
70?, fuseau ; yJ pa'ç, corne), ins. — Meigen ,
dans son premier ouvrage sur les Diptères,
avait formé, sous ce nom, un genre dont il
a réuni les espèces à celles de son genre
Simulia dans sa classification des Diptè¬
res d’Europe, t. I. Voy. simulia. (D.)
ATRACTOCÈRE. Atrnciocerus (d-
Tpsovro? , fuseau ; xspaç , corne ). ins. —
Genre de l’ordre des Coléoptères pentamè¬
res , établi par Palisot de Beauvois , d’après
une espèce trouvée par lui dans le royaume
i d’Owarc en Afrique, et à laquelle il a donné
le nom spécifique de necydaloides, à cause
de sa ressemblance avec une JSécydalc (Mo-
lorchus, Fabr.). Cette espèce est la même
que celle désignée par Fabricius sous le
nom de Lymexylon nbbreviatum . La-
treille a adopté ce genre qu’il place dans sa
tribu des Limebois ( Xylolrogi ), famille
des Malacodermes , à côté du g. Lymexy -
Ion, dont il ne diffère essentiellement sui¬
vant lui que par la forme de ses antennes
en fuseau et la brièveté de ses élytres. —
L’insecte qui a servi de type à ce genre a
le corps roussâtre avec une ligne enfoncée,
jaunâtre sur le prothorax ; il vit dans l’in¬
térieur du bois qu’il ronge. Il a été figuré ,
non-seulement par Palisot de Beauvois dans
un Mémoire ad hoc , mais dans V Icono¬
graphie du règne animal de Cuvier (pi.
16, fig. 8) par M. Guérin, qui a cru devoir
changer le nom spécifique de necydaloi-
des de l’auteur, en celui de molorchoides ,
attendu que le nom générique de A ’ecyda-
lis a été remplacé depuis longtemps par
celui de Molorchvs , Fabr. M. Delaporte
( Revue enfom ., t. IY, p. <59-60 ) com¬
prend dans ce g. G espèces, savoir : 1 0 VA-
traclocerus madagascariensis rapporté
de Madagascar parM.Goudot; 2° VA. e mar¬
ginal us Java qu’il croit nouveau; 3° VA.
abbrevialus (Lymexylon id. Fabr.), qui
serait le même que VA. nenjdaloides de
Pal. Beauvois; 4° VA. brevicornis (TSeey-
dalis id. Linné), qui serait le Macrogastër
abbrevialus de Thunberg ; 5° VA. brasi -
liens is Lepel. et Serville , qui serait VA.
dipterum de Perty ( lns. bras. , p. 25 ,
tab. 5, fig. 15); 6° enfin VA. Latreillei
Lap. citée par Latreille (Règ. a?iim., t. I,
p. 485). Cette esp. est beaucoup plus petite
que les autres , et le Muséum en possède
un individu conservé dans du succin.
On en trouve encore au Mexique une
7e espèce qui est très petite et dont M.
Sallé a observé les habitudes. Ces insec¬
tes seraient nocturnes et se rencontreraient
dans les maisons , où ils sont attirés, sans
doute, par l’éclat des lumières ; ils font un
bruit très fort en volant , et causent beau¬
coup de frayeur aux habitants. (D. et C.)
* ATRACïODES (àTpaxTGeiÔT]?, en for¬
me de fuseau), ins. — Genre de Coléoptères
312
ATR
ATR
pentamères , famille des Sternoxes , tribu
des Élatérides , établi par Germar ( Zeits¬
chrift, fur die Entomologie , etc. , 1839,
p. 219), pour y placer trois espèces iné¬
dites du Brésil, nommées par lui A . flaves-
cens, Â-comosus et A. lutesccns. Ce genre,
dont les caractères sont formulés trop lon¬
guement pour trouver place ici , est voisin
du genre Hypodesis de Latreille. Voy. ce
mot. (D. et C.)
* ATRACTODES (àrpaxTosi^ç, qui a
la forme d’un fuseau ). ins. — M. Graven-
horst (Ichneumonol.) applique ce nom à
une division du genre Ophion, caractérisée
par des antennes assez courtes; par des ailes
ayant leur seconde cellule cubitale quin-
quéangulaire, et par la tarière des femelles
à peine saillante. — Le type de cette division
est X Ophion (Atractodes) bicolor Grav.,
de France, d’Angleterre, etc. (El.)
* ATRACTOMERUS (àroax-o?, fu¬
seau ; [AVipdç, cuisse), ins. — Genre de Co¬
léoptères tétramères, famille des Curculio-
nites, établi par M. Dejean, dans son der¬
nier Catalogue, 3e édit., pour y placer une
espèce du Brésil qu’ii nomme A. dromeda-
rius. Ce genre , dont il n’a pas publié les
caractères , se distingue des Loncophorus
de M. Chevrolat par la trompe moinslongue;
par la tête plus convexe ; par le corselet plus
élevé ; par les élytres beaucoup plus courtes,
gibbeuses sur la partie antérieure du dis¬
que, inégales, atténuées au-delà du milieu,
carénées sur l’épaule et la suture. Les yeux,
moins arrondis, sont placés un peu plus en
avant ; les antennes ont absolument la
même forme que celles du genre Lonco¬
phorus. M. Chevrolat possède une seconde
espèce de Cayenne également inédite, qu’il
nomme A.nigro-calearatus. Sa couleur
générale est ferrugineuse ; les éperons des
cuisses sont noirs, ainsi que l’entourage de
l’écusson. Le corselet est réticulairement
ponctué, couvert de poils crispés , de cou¬
leur chamois, avec une ligne longitudinale
grisâtre. Les élytres sont revêtues d’une
croûte de couleur chamois avec des stries
ponctuées, dont les points sont gros et
assez rapprochés. (D. et C.)
ATRACTOSOMES (arpax-oç, fuseau;
cîüf/.<x , corps), poiss. — M. Duméril appelle
ainsi une famille de Poissons de l’ordre des
Holobranches ; à corps épais vers le milieu
et aminci aux deux extrémités; ayant les na¬
geoires inférieures situées sous les thoraci¬
ques. Cette famille correspond aux Scombé-
roïdes de Cuvier. M. de Blainville désigne,
sous ce nom, une famille de l’ordre des Ju¬
gulaires, à corps fusiforme, renfermant le
genre Xiphias. (C. d’O.)
* ATRACTUS (àrpax.To;, fuseau), ins.
— Genre de Coléoptères hétéromères , fa¬
mille des Hélopiens, établi par Mac-Leay et
adopté par M. Dejean [Cat. 3e édit.), qui le
place auprès du genre Prosternus de La¬
treille, dont il se rapproche en effet ; mais
il en diffère essentiellement par ses man¬
dibules très visibles, tandis qu’elles le sont
à peine dans le genre Prosternus ; par
ses antennes en fuseau, au lieu d’être ren¬
flées à l’extrémité. Du reste , sa forme gé¬
nérale est moins convexe , et presque apla¬
tie. — L’espèce unique , qui lui sert de
type {A tractas viridis Mac-Leay), est un
insecte d’un vert brillant qu’on prendrait au
premier aspect pour une Donacie ; elle est
de la Nouvelle-Hollande. (D. et C.)
* ATRAGTIJS (arpaxTO? , fuseau), ins.
— Synonyme de Pseudophlæus, Burm., et
Arenocoris , Hahn., employé par M. La¬
porte et adopté par M. Spinola {Voy. are-
NOCORIS et rSEUDOPHXiÆUS. (Bl.)
ATRACTYLIS (à-pax-nAis, sorte de
Chardon, dont la tige, à cause de sa légèreté,
servait à faire des fuseaux), rot. ph. — Ce
genre est fondé sur plusieurs plantes dures,
épineuses , qui ont le port des Carlina ou
des Circium , des feuilles dentées ou pin-
natifides et des capitules terminaux. Ceux-ci
sont mulliflores, souvent homogames, munis
d’un double involucre , dont l’extérieur se
compose constamment de feuilles rappro¬
chées dentées-épineuses, et l’intérieur d’é-
cailles apprimées, entières , non rayonnées,
quelquefois même non scarieuses au som¬
met. Le réceptacle est chargé de fîmbrilles
soudées à la base en alvéoles découpées ou
frangées au sommet. Les corolles du centre
sont toujours tubuleuses, à 5-divisions, tan¬
dis que celles du rayon sont ou semblables à
celles-ci, faussement ligulées, ou enfin pal¬
mées, à 5-Iobes. Étamines à filets glabres;
anthères appendiculées au sommet, et ter¬
minées inférieurement par des caudicules
barbues. Stigmates à peu près complète-
| ment réunis. Fruits couverts de poils soyeux
ATR
ATR
313
très nombreux, qui simulent une sorte
d’involucre autour de l’aigrette , composée
de i-2 séries de soies coriaces, plus ou
moins soudées à la base et plumeuses au
sommet. (J. D.)
* ATRACTYLOBES (semblable à Y A-
tractylis ). bot. th. — Ce genre se trouve
indiqué, mais non caractérisé, par M. Les-
sing. Il se rapporte à deux plantes du Cap,
décrites par Thunberg sous le nom d\4-
tractylis , et par Willdenow sous celui d’/i-
carna. (J. D.)
ATRAGÈXE. Atrayene , Lin. (nom
d’une plante que Théophraste rapporte à
notre Clématite), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Renonculacées , tribu des Glé-
matidées , DC. Ce genre , confondu par
beaucoup d’auteurs avec les Clématites,
diffère essentiellement de celles-ci par la
présence de pétales. Il offre les caractères
suivants : Sépales 4, pétaloïdes, étalés pen¬
dant l’épanouissement; en estivation , in-
dupliqués aux bords. Pétales (staminodes
de plusieurs auteurs) en nombre indéfini ,
plans , spathulés , connivents , pauci - sé¬
riés. Étamines nombreuses, conniventes;
filets membraneux: les extérieurs plus lar¬
ges , subspathulés ; les intérieurs lancéolés
ou linéaires-lancéolés. Anthères suborbi-
culaires ou linéaires, inappendiculées, la¬
téralement déhiscentes. Gynophore sub¬
hémisphérique. Styles longs, filiformes*
obtus. Péricarpe composé de quantité de
nucules coriaces, comprimées, marginées,
terminées chacune en longue queue plu¬
meuse, agrégées en capitule serré. Graine
inadhérente.
Les Atragènes sont des arbustes volu-
biles ou diffus, à bourgeons écailleux. Les
rameaux adultes sont anguleux , non can¬
nelés. Les feuilles sont tantôt pennées-
trifoliolées , tantôt biternées ; leur pétiole
commun est cirvhiforme , et sa partie infé¬
rieure persiste sur les ramules, après le
dépérissement des folioles. Les ramules
llorigères naissent aux aisselles des feuilles
de l’année précédente. Les pédoncules sont
longs, solitaires, nus, uniflores, avant la
floraison pendants, durant l’anthèse nu-
tants ou infléchis au sommet ; enfin, dres¬
sés ou redressés. Les fleurs, de couleur
bleue, ou blanche, ou violette, sont grandes
et légèrement odorantes.
Ce genre est propre aux contrées extra¬
tropicales de l’hémisphère septentrional. Il
ne renferme que 5 ou 4 espèces Ces végé¬
taux sont âcres et vénéneux. L’Atragène
se cultive comme arbuste d’ornement.
(9*0
ATR ARH ACE . Atrayhaxis , L. (aroa-
<pâ£i;, sorte de légume), bot. i>h. — Genre
de la famille des Polygonacées , tribu
des Polygonées, Bcnth., offrant pour ca¬
ractères essentiels : Fleurs hermaphrodi¬
tes. Périanthe coloré, persistant, 4 -parti :
les 2 segments internes plus grands, ac-
crescents, connivents après la floraison
Étamines 6 , antéposées, géminées devant
les segments externes , solitaires devant les
segments internes. Ovaire comprimé, im-
marginé, 2-style. Stigmates capitellés. Pé¬
ricarpe lenticulaire, subcoriace, aptère,
recouvert par les segments intérieurs du
périanthe. Graine à périsperme farineux ;
embryon latéral, un peu courbé. — Arbris¬
seaux très rameux, souvent épineux. Feuil¬
les alternes ou fasciculées, petites, co¬
riaces, persistantes, très entières, rétrécies
en court pétiole articulé au-dessus de sa
base; gaine stipulaire membranacée* sca-
rieuse, petite, adnée inférieurement aux
bords du pétiole, bifide ou finalement bi¬
partie. Pédicelles axillaires, fasciculés, fili¬
formes, inclinés, articulés vers le milieu.
Périanthe rose, réticulé, finalement sca-
rieux. — I/' A t ra y h a x is sp i n osuL. se cul¬
tive comme arbuste d’ornement. (Sp.)
* ATRAXYLE (nom vulgaire des Grecs
pour le Kantroyliyllurh lanàturn). bot. ru.
— M. De Candolle désigne sous ce nom une
Section du genre KenirophylLum , carac¬
térisée par les folioles intérieures de l’in-
volucre, qui sont presque entières, non di¬
latées, ainsi que par la série interne de l’ai¬
grette , tronquée au sommet , et beaucoup
plus courte que l’externe. (J. D.)
* ATREMA, DC. (Mém., V, p. r\ ; tab.
18). bot. th.— Genre de la famille des Om-
bellifères, tribu des Coriandrées, Koch,
auquel son auteur ( Prôd. , IV, p. 2.40) as¬
signe les caractères suivants : Calice à 5
dents petites, pointues, persistantes. Pé¬
tales presque égaux, obovales, cchancrés,
surmontés d’une petite languette infléchie.
Fruit subdidyme. Méricarpes subglobuleux,
ventrus, à 5 côtes fines. Commissure étroite,
20*
T. II.
ATR
ATR
3U
close. Graine involutée au sommet. — Ce
genre est fondé sur le Coriandrum ame-
ricanum Nutt., plante indigène de la Loui¬
siane. C’est une herbe annuelle; à tige
sillonnée, anguleuse; ses feuilles sont dé¬
coupées en lanières linéaires ; les ombelles
et les ombellules ont de 5 à 8 rayons, à
involucre et à hrvolucelles polypbylles.
(S*0
* ATRESIE (à privatif ; Tpniaiç, perfo¬
ration). térat. — M. Breschet comprend
sous ce nom les Hémitéries plus géné¬
ralement connues sous celui Ü Imperfora¬
tions. Voy. HÉMITÉRIES. (I. G. -S. -H.)
*ATREUS ( ater , noir), arach. — M.
Koch , Uhersicht des Arachniden Sys¬
tem , pl. 6, f. 66, nomme ainsi un genre de
Scorpions voisin des Bulhus , et que, dans
son texte, p. 36, il appelle Opistophthal-
mus ; 1837. (P. G.)
ATRICHIUM (âôpiÇ, sans poil).
bot. cr. — Palisot de Beauvois ( Prodrome
des Mousses) avait fondé, sous ce nom, un
genre de Mousses démembré des Polytries,
que plus tard , dans sa Muséologie ( Mèm .
Soc. Lin. Par. I, p. 460) il reconnaît
être le même que le genre Calharinea
d’Ehrhart ou Olicjotricum , DC. Voy. ces
mots, et surtout tolytric. (C. M.)
ATRIPLETTE ou ATRXPLOTTE.
ms. — Nom vulgaire de la Motacilla rufa.
Voyez sylyie. (C. d’O.)
ÂTRIPLEX. BOT. TH. - Voyez ARRO-
CIIE. (Sp.)
* ATRIPEEXUM. bot. ph. — Nom au¬
jourd’hui inusité, employé par les anciens
pour diverses esp. du g. Atriplex. (Sp.)
ATRIPLICÉES. Atriplicinccs. bot.
ph. — Le nom (V Air ip lices ou Arroches
donné , dans l’origine, à cette famille par
A. L. de Jussieu, et dont la désinence a été
changée ensuite, suivant la règle générale¬
ment adoptée , nous parait devoir être con¬
servé , de préférence à celui de Chénopo-
diées ou Chénopodiacées proposé plus tard,
quoique ce dernier paraisse avoir prévalu ,
et quoiqu’un petit nombre de genres primi¬
tivement rapportés à cette famille en ait été
exclu pour former des familles nouvelles ou
se ranger dans d’autres déjà connues. Les
Atriplicées sont des plantes apétales, à éta¬
mines périgynes. Leurs fleurs hermaphro¬
dites , plus rarement polygames ou même
diclines, présentent les caractères suivants :
Calice à trois, quatre ou plus°ordinairement
cinq folioles , rarement libres , ordinaire¬
ment réunies jusqu’à une plus ou moins
grande hauteur, persistant après la floraison,
mais changeant souvent de nature , alors
sec ou charnu , ou présentant quelquefois
sur le dos de ses folioles des angles en
forme de carène ou des appendices en forme
d’épine. Étamines en nombre égal ou quel¬
quefois moindre par avortement , insérées
sur un disque qui tapisse le fond et quel¬
quefois le côté du calice, opposées à ses di¬
visions, à filets libres et courts, à anthères
introrses, biloculaires , dont la déhiscence
est longitudinale , alternant dans un petit
nombre de genres avec autant d’écailles.
Ovaire simple, oblong ou déprimé, ordinai¬
rement libre, rarement adhérent au calice,
contenant, dans une loge unique , un seul
ovule qui monte verticalement, ou qui, sup¬
porté par un funicule dressé du fond de la
loge, pend ou se dirige horizontalement,
surmonté de trois ou quatre stigmates fili¬
formes , entièrement distincts ou réunis à
leur base en un style court. Le fruit, or¬
dinairement utriculé, ou coriace et même
charnu, doit, le plus souvent, cette apparence
au développement du calice persistant. Sa
graine, qui offre dans sa direction les mêmes
variétés que l’ovule, présente, sous un tégu¬
ment simple ou double, un embryon con¬
tourné d’ordinaire en un cercle complet
ou incomplet autour d’un périsperme cen¬
tral farineux, d’autres fois enroulé en une
spirale qui sépare alors en deux la masse
extrêmement réduite du périsperme. La ra¬
dicule occupe toujours la partie la plus exté¬
rieure de cette courbe, et sa pointe vient se
terminer près du hile.
Les Atriplicées sont des herbes annuelles
ou vivaces ou des arbrisseaux, répandus sur
toute la surface du globe et principalement
en dehors des tropiques , se plaisant les
unes sur les terrains salés et riches alors en
principes salins, les autres autour des lieux
habités et alors abondants en produits azo¬
tés. Les unes (l’Épinard, la Bette, le Quinoa,
l’Arroche) sont employées comme alimen¬
taires dans l’usage domestique pour leurs
feuilles ou leurs racines; quelques-unes sont
riches en sucre ; d’autres renferment une
huile essentielle, dont les propriétés sont
ATR
ATR
315
miles en médecine, surtout comme anthel-
mintbiqucs. Les tiges ordinairement conti¬
nues et munies de feuilles alternes ou plus
rarement opposées, quelquefois vermicu-
laircs et charnues, souvent planes, simples,
très entières, ou dentées, ou irrégulière¬
ment découpées , toujours sans stipules ,
sont d'autres fois articulées et sans feuilles.
Les fleurs sont solitaires ou pelotonnées à
l'aisselle des feuilles, souvent aussi dispo¬
sées en cymes, en épis ou en panicules.
Nous suivrons pour la division de cette
famille le travail monographique le plus
récent et le plus complet, celui de M. Mo-
quin-Tandon. Il la partage d'abord en deux
grands groupes : les Cyclolobées ou Atripli-
cées à embryon annulaire , les Spirolobées
ou Atriplicées à embryon spiral. D'autres
modifications de l'embryon, celles de l’in¬
florescence liées à la structure de la tige,
les rapports du péricarpe et du calice, les
enveloppes de la graine et les diverses com¬
binaisons des fleurs , lui fournissent en¬
suite des caractères pour les subdiviser en
7 tribus.
CYCLOLOBÉES.
lrc tribu. — an serinées. Tige continue
et garnie de feuilles membraneuses, planes.
Fleurs hermaphrodites , toutes de même
forme. Péricarpe libre. Graine revêtue de
deux téguments, l’extérieur ordinairement
crustacé.
Genres : Cryptocarpus, Kunth. — Rha-
godia, R. Br. — Beta, Tournef. — Tcloxis ,
Moq. — Cycloloma , Moq. (Cyclolcpis ,
Moq. t S3 1 . non Don.) — Lipandra , Moq.
( Oligatidra, Less.) — Chcnopodium ,
Moq. ( Chenopodii. Spec. Auct. ) — Am¬
brin a , Spach. — Roubieva , Moq. — Bli-
tum , Tournef. [Morocarpus , Adans. —
Monolepis , Schrad. — Agathophyton ,
Moq.).
2me tribu. — sriNAciÉEs. Tige continue et
garnie de feuilles membraneuses , planes.
Fleurs diclines ou polygames ; les mâles de
forme différente des femelles, où le calice
est souvent réduit à deux valves et le fruit
comprimé, le plus souvent libre. Graine re¬
vêtue d’un seul tégument, ou plus ordinai¬
rement de deux, l’extérieur crustacé.
Genres : Exomis, Fenzl. — A triplex,
Tourn. — Ohionc , Gærln. — Spinacia ,
Tpnrn. — Acnida , L- — Axyn's, L. non
Gærtn.- — Eurolia , Adans. ( Kraschcnin -
nikovia , Guld. — Dioiis , Schreb. non
Desf. — Guldcnsteedtia , Neck. — Ccra-
iospermum , Pers.) — Ceratocarpus , L.
3nic tribu. — cAMrHORosMÉEs. Tige con¬
tinue, garnie de feuilles planes ou linéaires,
rarement charnues et demi cylindriques.
Fleurs hermaphrodites ou polygames par
avortement , toutes de même forme. Péri¬
carpe libre, mais à peine. Tégument de la
graine simple.
Genres : Kentrojtsis , Moq. — Attisa -
caniha , R. Br. — Sclerolæna , R. Br. —
Echinopsilon, Moq. ( Bassia , Ail. non L.
— Willcmetia , Mœrkl. non Neck. ncc
Brongn.) — Kochia , Moq. — Panderia ,
Fisch. — Maireana , Moq. — Chenolea ,
Thunb. — Londesia , Fiscln — Enchylœtia,
R. Br. — Camphorosma , L. ( Campho -
rata , Tournef.) — ThrelkeldÜa , R. Br.
4me tribu. — corispermées. Tige conti¬
nue, garnie de feuilles coriaces, planes, li¬
néaires. Fleurs hermaphrodites, toutes de
même forme. Péricarpe adhérent. Graine
revêtue d’un tégument simple qui se con¬
fond avec le péricarpe.
Genres : Anthochlamys , Fenzl. (Pclti-
spermum , Moq.) — Corispermum , Ant,
Juss. — Agriophyllum , Bieb.
âmP tribu. — salicorniées. Tige articu¬
lée, souvent dépourvue de feuilles. Fleurs
hermaphrodites , toutes de même forme ,
logées dans des cavités du rachis ou dans
les articulations. Péricarpe libre ou adhé¬
rent. Graine revêtue d’un ou de deux tégu¬
ments.
Genres : Halocnemum , Bieb. — Ar-
throenemum , Moq. — Salicornia , Moq.
( Salicorniœ , Sp. Auct.).
SPIROLOBÉES.
6me tribu. — suædinées. Tige continue,
garnie de feuilles ordinairement vermicu-
laires et charnues. Fleurs hermaphrodites,
toutes de même forme. Péricarpe libre, ra¬
rement adhérent. Graine revêtue de deux
téguments , l’extérieur crustacé. Embryon
roulé en spirale sur un même plan.
Genres : Schanginia , C. A. Mey. —
Suœda , Forsk ( Lerchia , Hall.- — Cochlio-
spermum , Lag.) — Schoberia , Moq.
7me tribu. — salsolées. Tige continue ou
articulée, garnie de feuilles ordinairement
demi cylindriques et charnues. Fleurs her-
316
ATR
maphrodites , toutes de même forme. Péri¬
carpe mince, à peine libre. Tégument de la
graine simple et membraneux. Embryon
roulé en spirale sur plusieurs plans, de ma¬
nière à former un cône. — Cette tribu se
subdivise elle-même en deux sections, ca¬
ractérisées par l’absence d’écailles dans les
fleurs de la première ( halimocnémides ) ,
par leur présence dans les fleurs de la se¬
conde (anabasees).
Genres : lre section. — Sa Isola, Moq.
( Salsolœ , Sp. Auct.) — Kali , Tournef. —
Caroxylum , Thunb. — Trayanum, De-
liîe. — // alimocnemis, C. A. Mey. ( Nano -
; phytum , Less.) — Ualoyeton , C. A. Mey.
>.me sect. — Cornulaca , Delile. — Ana-
hasis , L. — Brachylepis, C. A. Mey.
Dans le Généra plantamm de M. En-
dlichcr, les divisions adoptées sont à peu
près analogues, si ce n'est que les lre et
3me tribus sont réunies en une seule sous
le nom de chênopodiées , qui comprend en
outre les genres Lecanocarpus, Nees , et
Hahlitzia , Bieb., que M. Moquin considère
comme devant être portés aux Amarantha-
cées. La 2me section porte le nom d\\-
triplxcêes. Les g. de la 4me sont rejetés
à la suite de la famille , comme ayant avec
elle seulement de l’affinité. Enfin M. En-
dlicher forme, sous le nom de baseleées et
d’ANRÉDERÉEs, deux s. -tribus dont M. Mo-
quin croit devoir former une petite famille
distincte qu’il nomme baseleacées. Voy. ce
mot. (Ad. j.)
* ATRSFLÎCINA , Moq.-Tand. (Che-
nop. Monogr.,[). 70). bot. fh. — Synonyme
du genre Obione, Gærtn.fde la famille des
Chénopodiées. (Sp.)
ATRÏPLOTTE. ois. — Voyez atri- I
TLETTE. (C. d’O.)
ATROCE, rept. oph. — Espèce du genre
Yipère. Voyez ce mot. (C. d’O.)
ATROPE. Atropus. poiss. — Genre
formé par Cuvier dans la famille des Scom-
béroïdes , ordre des Acanthoptérygiens ,
pour une seule esp., le Brama Atropvs de
Schneider, ayant pour caractères : Corps
comprimé ; museau court ; front déclive 5
mâchoire inférieure en saillie ; dorsale à
deux ou trois épines et à rayons mous fila¬
menteux. Ce poisson, long de 27 à .il) cen- !
timètres, se pêche dans les mers des Indes, j
H principalement à Tranquebar. (C. d’O.) I
ATR
* ATROPÉES. Atropcœ, bot. ph. —
Nom donné par quelques botanistes à une
tribu de la famille des Solanées, ayant pour
type le genre Atropa. (C. d’O.)
ATROPOS ( nom mythologique ). ins.
— Nom d’une espèce de Lépidoptères cré¬
pusculaires, de la tribu des Sphingides et
du genre Achèrontie , vulgairement appelé
Papillon à tête de mort, parce qu’il porte
sur son corselet l’empreinte assez ressem¬
blante de la face du squelette humain. Ce
lépidoptère , remarquable d’ailleurs par sa
grande taille, l’est encore davantage par la
faculté qu’il possède seul entre tous les in¬
sectes de faire entendre une sorte de cri ,
d’autant plus fort que l’insecte est plus
inquiété. Ce cri, que quelques-uns ont
comparé à celui d’une souris , semble en
effet sortir de la tête et n’avoir rien de com¬
mun avec les différents bruits ou sons mé¬
caniques que produisent beaucoup d’autres
insectes , à l’aide d’organes extérieurs qui
font vibrer l’air ambiant ; aussi a-t-il attiré
l’attention de tous les naturalistes qui ont
été à portée de l’entendre : tous ont voulu
s’en rendre raison , et chacun d’eux en a
donné une explication différente. Nous al¬
lons exposer le plus succinctement pos¬
sible cette diversité d’opinions , et nous
ferons ensuite connaître la nôtre, car la
question est loin d’être décidée. Réau-
mur, le premier qui ait cherché à ia ré¬
soudre , attribue , sans élever le moindre
doute , le cri de notre Sphinx au frotte¬
ment de la trompe contre les palpes, et
Rossi partage cette opinion. Un M. de Johet,
cité par Engramelle , dit qu’il est occa¬
sionné par l’air renfermé sous les épaulettes
ou ptérygodes du corselet, et qui en est
chassé avec force par le mouvementdesailes.
Le docteur Lorey prétend qu’il a pour cause
l’air qui s’échappe de deux trachées situées
à la base de l’abdomen , que ferme , dans
l’état de repos, un faisceau de poils réunis
par un ligament qui prend naissance sur les
parties latérales et internes de l’abdomen,
tandis qu’on voit ces trachées s’ouvrir et
les faisceaux de poils s’épanouir et former
une espèce d’astérisque, pendant tout le
temps que l’insecte fait entendre son cri.
D’après M. le docteur Passerini, la tête se¬
rait le véritable siège de l’organe qui le
produit, c’est-à-dire que les sons sortiraient
ATR
ATR
317
d’une cavité communiquant avec le faux 1
conduit de la trompe , et à l’entrée de la- j
quelle sont placés des muscles assez forts, ;
qui s’abaissent et s’élèvent successivement, !
de manière que le premier mouvement fait
entrer l’air dans cette cavité, et l’autre l’en
fait sortir. En effet, dit-il, qu’on coupe
la trompe à sa base , le cri n’en continuera
pas moins, tandis qu’il cessera tout-à-coup
si l’on paralyse l’action des muscles , soit
en les coupant transversalement, soit en les
traversant par une grosse épingle qu’on en¬
fonce verticalement dans la tète. Dans son
Essai sur la stridulation des Insectes
(t. VI des Ann. de la Soc . Ent. de Fran¬
ce, i p. 3 1-70), M. Goureau pense que l’organe
du cri de notre Sphinx a beaucoup d’ana¬
logie avec celui du chant de la Cigale , et
il en place le siège à la base de l’abdomen ,
c’est-à-dire à sa jonction avec le corselet 5
mais il est difficile de s’en faire une idée
nette d’après la description peu précise
qu’il en donne, dans un Mémoire lu à l’A¬
cadémie des Sciences de Saint-Pétersbourg,
dans sa séance du 8 déc. 1837. M. Nord-
mann, qui ne paraît pas avoir eu connais¬
sance du travail de M. Goureau, puisqu’il
ne le cite pas parmi les auteurs qu’il a
consultés , se rencontre parfaitement avec
cet entomologiste sur la cause du cri que
fait entendre le Sphinx Atropos ; comme
lui, il en place l’organe à la base de
l’abdomen , et le compare à l’appareil
sonore des Cigales, et la description qu’il
en donne ne diffère de celle de M. Goureau
que dans les détails , et parce qu’elle est
beaucoup plus développée. Cette identité de
vue , de la part de deux observateurs sépa¬
rés par une distance de 600 lieues, et qui
ignoraient les travaux l’un de l’autre , sem¬
blerait avoir résolu le problème qui nous
occupe. Cependant on va voir qu’il n’en est
rien. Dans son Traité de Physiologie com¬
parée, qui a paru en 1838 (t. II, p. 225-
227), M. le professeur Dugès , après avoir
passé en revue toutes les opinions émises
avant lui sur le cri du Sphinx Atropos, ex¬
cepté toutefois celle de M. Goureau, qu’il n’a
connue que postérieurement, ainsi qu’on le
voit dans une note au bas de la page 224 de
l’ouvrage précité, exprime ainsi la sienne :
« C’est, dit-il, sur le point de contact et
d’union des deux moitiés de la trompe que 1
nous avons trouvé l’organe sonore. Le ca¬
nal central est formé par la réunion des
gouttières appartenant à chacune des moi¬
tiés latérales représentant les mâchoires, et
ces deux moitiés peuvent glisser l’une sur
l’autre sans se disjoindre , parce que leurs
bords, et surtout le postérieur, sont emboî¬
tés , et que l’un offre une rainure pour re¬
cevoir l’autre : or, le fond de cette rainure
et le bord qui s’y loge sont très finement
crénelés en travers, et leurs frottements ré¬
ciproques sont la vraie cause de ce son, dont
la théorie a été tant controversée.)) Du reste,
il ajoute que ce son peut être renforcé non
par la membrane molle observée à la région
prébasilaire , mais par la cavité dont cette
membrane tapisse le fond , et que consti¬
tuent ensemble la spirale de la trompe et
les deux palpes qui s’emboîtent. La tête
même est d’ailleurs en grande partie rem¬
plie d’air , qui donne au crâne dépouillé de
ses poils une demi-transparence remarqua¬
ble. » Ainsi , M. Dugès , contrairement à
l’opinion de MM. Lorey, Goureau et Nord-
mann, paraît convaincu, comme Réaumur,
Rossi et Passerini, que le cri part, de la tête ;
mais il lui donne une autre cause que ces
trois derniers naturalistes. Maintenant voici
M. Goureau qui, dans une seconde note insé¬
rée dans le 9e vol. des Ann. de la Soc. Ent.
de France (1840), p. 121-128, recon¬
naît s’être trompé dans sa première expli¬
cation, et en donne une nouvelle, de la¬
quelle il résulte que le cri du Sphinx Atro¬
pos n’est pas produit par un organe spécial,
mais qu’il est analogue à celui des Diptères
et des Hyménoptères , c’est-à-dire qu’il est
occasionné par les vibrations du thorax, mis
en mouvement par les muscles puissants
qu’il renferme et par le frottement des épau¬
lettes contre le mésothorax qui frémit sous
elles. Mais nous craignons bien que, dans
cette nouvelle explication, M. Goureau n’ait
confondu le bourdonnement que font en¬
tendre tous les Sphinx en volant, et qui est
plus ou moins fort suivant les espèces, avec
le cri particulier au Sphinx Atropos. Quoi
qu’il en soit , nous aussi , nous avons fait
des expériences pour tâcher de découvrir le
siège de l’organe sonore de ce Sphinx , et
pour leur donner plus d’authenticité , nous
les avons faites en présence de plusieurs
membres de la Société Entomologique de
518
ATR
ATR
France ; mais leur résultat, consigné dans
le t. VIII des Annales de cette société, est
loin d’être satisfaisant ; ainsi nous avons
bien constaté l’existence de l’appareil décrit
par MM. Lorey, Goureau et Nordmann, et
nous avons vu , comme eux , s’épanouir en
rayonnant les deux faisceaux de poils qui
en font partie; mais cet épanouissement ne
coïncidait pas toujours avec le cri , et il
avait lieu souvent pendant que l’insecte se
taisait, et vice versa ; de sorte qu’il est
évident pour nous qu’il ne contribue en rien
à la formation du son. D’ailleurs, ce qui le
prouve à priori , c’est que cet appareil,
dont l’usage reste à découvrir, existe dans
beaucoup d’autres Sphinx qui sont absolu¬
ment muets, comme l’a fait observer M. Pas-
serini en combattant l’opinion de M. Lorey.
D’un autre côté, en prêtant une oreille at¬
tentive , il nous a été facile de nous con¬
vaincre que le cri ne partait pas de la base
de l’abdomen, mais de la partie antérieure
du thorax. Nos recherches se sont en con¬
séquence dirigées sur ce point , et nous
avions déjà dépouillé cette partie de l’é¬
paisse fourrure qui la revêt, lorsque notre
lépidoptère, affaibli par les mutilations que
nous lui avions fait subir , a cessé de vivre
avant que nous ayons pu atteindre notre
but. Cependant, mon fils, qui tenait le
scalpel, pense que le cri pourrait bien pro¬
venir du frottement du prothorax contre le
mésothorax , et alors il serait analogue à
celui que font entendre la plupart des Co¬
léoptères Longicornes; mais il faudrait ad¬
mettre pour cela que ees deux parties fus¬
sent libres et pussent agir l’une sur l’autre,
ce qui serait une exception pour le Sphinx
Atropos, car elles sont ordinairement sou¬
dées dans les autres Lépidoptères. Or ,
nous n’avons pu nous assurer si cette ex¬
ception existe réellement, à cause de la sé¬
paration forcée que le prothorax et le mé¬
sothorax ont éprouvée dans la dissection.
En attendant que de nouvelles observations
viennent détruire ou confirmer cette opi¬
nion , il nous est démontré d’une manière
certaine que la sortie de l’air par les trachées
latérales de la base de l’abdomen , comme
le dit M. Lorey, ou par le faux conduit de
la trompe, comme l’exprime M. Passerini,
ne contribue en rien à l’émission du cri que
fait entendre le Sphinx Atropos. Pour dé-
j truire l’assertion de ce dernier, il suffit,
comme nous l’avons fait, de pincer forte¬
ment la trompe à son origine avec des brucel¬
les , et l’insecte n’en criera pas moins
malgré cette pression ; de même qu’il con¬
tinuera de crier si l’on déroule la trompe et
qu’on l’isole des palpes en écartant ceux-ci,
malgré l’opinion contraire de Réaumur.
Quant à celle de M. Dugès , elle n’est pas
mieux fondée , puisque la pression de la
trompe à sa base, en paralysant l’action des
deux gouttières crénelées de cet organe, de¬
vrait empêcher l’émission du son qu’il at¬
tribue au frottement de ces deux parties
l’une sur l’autre, et c’est ce qui n’est pas.
Enfin, l’explication donnée par l’observa¬
teur cité par Engramelle, se réfute d’elle-
même , car le mouvement des ailes est in¬
dispensable , suivant lui, pour produire le
cri de l’insecte : or, c’est précisément quand
on l’empêche de les ouvrir et qu’on le gêne
dans ses mouvements, qu’il crie le plus fort,
comme s’il voulait exprimer sa colère.
Il résulte de cet exposé que la véritable
cause du cri que fait entendre le Sphinx Atro¬
pos est encore à trouver. Ce cri, joint à la
figure lugubre qu’il porte sur son corselet, a
suffi pour répandre, en 1 7 33, l’alarme et l’ef¬
froi parmi le peuple de la Basse-Bretagne,
ainsi que le rapporte Réaumur. En effet, ce
lépidoptère ayant été, cette année-là, beau¬
coup plus commun que de coutume, et son
apparition coïncidant avec une épidémie très
meurtrière qui régnait alors dans cette pro¬
vince, il n’en fallut pas davantage aux gens
faibles et crédules pour l’accuser d’être,
sinon la cause, au moins le précurseur du
fléau. Mais si l’innocence de notre papil¬
lon dans ce cas était facile à prouver , il
n’en est pas de même d’une autre accu¬
sation qui s’élève contre lui , et d’après la¬
quelle on prétend qu’il s’introduit dans les
ruches des abeilles pour se gorger de miel.
Sa présence seule cause une telle épou¬
vante, ou du moins un tel désordre parmi
les abeilles , qu’elles finissent par déserter
la ruche , après avoir essayé vainement
de faire périr cet audacieux voleur par
leurs coups d’aiguillon impuissants con¬
tre son épaisse fourrure. M. Lepelletier
de Saint-Fargeau nie la possibilité de ce
fait , quoiqu’il soit attesté par le célè¬
bre Huber . Il fait observer d’abord que le
ATR
ATT
319
Sphinx Atropos n’a qu’une trompe très
courte , qui , par son organisation , paraît
impropre à pomper le suc des fleurs ou le
miel ; ensuite que l’intervalle qui sépare les
gâteaux de miel est tellement dispropor¬
tionné avec la grosseur de ce lépidoptère ,
que ce n’est qu’en les brisant avec des efforts
prodigieux qu’il pourrait arriver aux al¬
véoles ; que ces efforts ne peuvent guère se
concilier avec la fragilité de ses ailes , et
qu’en admettant le contraire , il se trouve¬
rait bientôt aussi empêché dans ses mouve¬
ments, par le miel s’échappant des alvéoles,
que le serait une fauvette tombée dans un
vase rempli de glu. Il conclut donc de ces
objections, que si le Sphinx Atropos pénètre
quelquefois dans les ruches, c’est afin d’y
chercher un asile , et non dans l’intention
d’en piller le miel. En effet, beaucoup de ces
Lépidoptères éclosent du 20 septembre à la fin
d’octobre ; et tous ceux qui, à cette époque,
n’ont pas trouvé à s’accoupler, de même que
les femelles fécondées qui ne trouveraient
plus de plantes pour nourrir leur progénitu¬
re, passent l’hiver dans l’engourdissement,
et n’en sortent qu’au printemps suivant : cel-
les-ci.pour pondre leurs œufs sur les plantes
propres à la nourriture de leurs chenilles
qui ne tarderont pas à en sortir ; les autres
pour continuer de vivre jusqu’à leur accou¬
plement. Or , les individus qui sont dans
Tune de ces deux circonstances, ayant be¬
soin de s’abriter pendant l’hiver, se réfu¬
gient dans les ruches qu’ils rencontrent
ouvertes, comme ils le feraient dans toute
autre cavité qui leur offrirait un abri con¬
tre les intempéries de l’air. Au reste ,
quel que soit le motif qui fasse pénétrer le
Sphinx Atropos dans les ruches , toujours
est-il que sa présence suffit pour obliger les
Abeilles aies déserter; et, que, dans les pays
où il est très commun , et où l’on se livre
en grand à l’éducation de ces précieux Hy¬
ménoptères , on le considère avec raison
comme un de leurs ennemis , et l’on tue
sans pitié tous ceux qu’on surprend volant
ou rôdant autour des ruches.
V Acherontia Atropos et sa chenille sont
figurés et décrits dans une foule d’ouvrages.
Le plus récent est V Histoire naturelle des
Lépidoptères de France , commencée par
Godart et continuée par l’auteur de cet ar¬
ticle. (D)
* ATROPOS (nom mythol.). ins. — Le
docteur Leach a établi, sous cette dénomi¬
nation, un genre de la famille des Termiens,
de l’ordre des Névroptères , aux dépens du
genre Psocus de Latreille. Ce genre Atro¬
pos est caractérisé par un corps aptère; une
tête oblongue ; des tarses de trois articles ;
les cuisses postérieures renflées, et par
l’abdomen ovalaire et déprimé. — La seule
espèce que nous connaissions encore est
VA. p ulsatorium [Termes pulsaiorinm
Lin.), très petit insecte, fort commun dans
les collections , les bibliothèques , etc.
(B*-)
ATROPOS. reft. — Ce nom, déjà em¬
ployé par Linné pour désigner une Yipère
d’Afrique qu’il avait rangée parmi ses Cou¬
leuvres, a été ensuite donné à tort, par
Wagler , à un g. d’Ophidiens créé pour
une toute autre espèce que le Coluher Atro¬
pos de l’auteur du Systema nalurœ , c’est-
à-dire pour un Trigonocéphale des Indes-
Orientales , que Reinwardt a fait connaître
sous le nom de T. puniceus. (G. B).
* ATRYPA (à priv.; rpu-rraw, je per¬
fore). mole. — M. Dalman , dans son Mé¬
moire sur les Térébratules, donne ce nom
à un genre démembré inutilement, selon
nous, des Térébratules. Voy. ce mot.
(Desh.)
ATTA. ins. — Voyez aïte.
ATTACHES MUSCULAIRES. Li-
gamejûa muscularia. moll. — On donne
ce nom aux impressions que laissent sur les
coquilles des Mollusques les muscles qui
servent à attacher l’animal au corps pro¬
tecteur qui le recouvre. On étudie particu¬
lièrement ces impressions musculaires dans
les coquilles bivalves ; et nous verrons aux
articles conchifères et mollusques, quel
parti on en peut tirer pour la classification.
(Desh.)
* ATTACIBES. ins. — Tribu de Lépi¬
doptères nocturnes créée par nous aux dé¬
pens de celle des Bombycites de Latreille,
et qui a pour type le grand genre Altacxis
de Linné. Ses caractères sont : Ailes larges,
étendues dans le repos. Antennes des mâles
fortement pectinées. Trompe nulle ou ru¬
dimentaire. Corps court et laineux. Cette
tribu renferme les plus grands Lépidoptères
connus. Leurs chenilles sont très grosses et
très belles ; chaque segment de leur corps
320
ATT
ATT
est arrondi et garni de tubercules de cou¬
leurs vives , surmontés soit de poils raides
et divergents, soit d’épines verticillées. Leur
métamorphose s’opère dans des coques d’un
tissu très solide et comme feutré. Voy. at-
TACUS. , (D.)
* ATTACUS (sorte d’insecte suivant la
Bible), ins. — Linné désigne sous ce nom la
première division de son grand genre Pha-
lœna , qui embrasse tous les Lépidoptères
nocturnes : elle comprend ceux qui ont les
quatre ailes étendues dans le repos, avec
les antennes tantôt pectinées, tantôt séta-
cées, et dont les uns ont une trompe et les
autres n’en ont pas. Cette division a été
indiquée par Latreille, dans ses familles
naturelles publiées en 1825, comme de¬
vant former un genre ayant pour type
l’ Attaciis Pavonia major de Linné (le
Bomb. grand Paon); mais il n’en parle
plus dans ses ouvrages subséquents, où
cette espèce et ses analogues sont placées
dans le genre Bombyx ; tandis que les
entomologistes allemands ont formé de
ces mêmes espèces leur genre a Saturnin
adopté par M. Boisduval, dans son Ind.
Melhod. Quant à nous, tout en adoptant
également ce même genre dans notre sup¬
plément à l’histoire des Lépidoptères de
France, nous avons cru devoir lui restituer
le nom $ Attaciis de Linné, qu’il avait été
dans la première intention de Latreille de
lui imposer ; et nous le caractérisons ainsi :
Antennes pectinées dans les deux sexes,
mais à dents beaucoup plus longues dans
les mâles que dans les femelles. Palpes
courts et très velus. Trompe nulle ou rudi¬
mentaire. Corselet laineux. Ailes très larges
et dont le centre est orné ou d’une tache
ocellée ou d’une tache diaphane, traversé
par une petite nervure. — Ce genre renferme
un assez grand nombre d’espèces tant exo¬
tiques qu’indigènes. Nous citerons comme
type des premières, Y Attacus atlas Linn.,
l’un des plus grands Lépidoptères qu’on
connaisse , et qui se trouve en Chine ; et
comme type des secondes, le Pavonia
major Linn., Saturnin pyri Ochs., le
Grand Paon Geoffroy, qui est très com¬
mun dans les environs de Paris. Le premier
est figuré dans Cramer , t. I, p. 13, pl. 9,
fig. A., et le second dans beaucoup d’ou¬
vrages , et entre autres dans lés Pap. de
France , par Godart, t. IY, p. 60, pl. 4.
Ce dernier provient d’une très belle che¬
nille qui vit principalement sur l’orme ; elle
est très grosse, d’un beau vert, avec des
tubercules d’un bleu de turquoise, sur¬
montés chacun de 7 poils raides et diver¬
gents , et dont celui du milieu, plus long
que les autres, se termine par un petit
bouton. (D.)
ATTAGAS. ois. — Oiseau dont les an¬
ciens ont beaucoup parlé et sur l’identité
duquel on était fort incertain , jusqu’à ce
que Picot Lapeyrouse ait prouvé , par suite
de savantes recherches, que l’Attagas des
anciens et des modernes est le même oi¬
seau que le Laijopède. Voy . ce mot.
(Lafr.)
ATTAGEMJS (nom d’un poisson de
mer), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères, famille des Clavicornes , établi par
Latreille aux dépens du genre Dermestes
de Linné, dont il diffère par les antennes
dont la massue est allongée , avec le der¬
nier article, fort long dans les mâles; par
les palpes maxillaires plus allongées et plus
grêles, et par l’absence d’une dent cornée
au côté interne des mâchoires. — M. Dejean,
dans son dernier Catalogue, rapporte à ce
genre 26 espèces, dont 10 exotiques et 16
d’Europe. Nous citerons parmi ces dernières
les Dermestes pellio et undatus de Fa-
bricius, qui se trouvent toutes deux aux en¬
virons de Paris. (D. et C.)
* ATT AGÉNITES . ins. — Groupe de
la tribu des Dermestins , famille des Clavi¬
cornes , ordre des Coléoptères pentamères,
établi par M. Delaporte (Hist. nat. des
Colèopt. faisant suite au Buffon-Duménil ,
t. Il, p. 35), et qui se compose des genres
Attayenus , Troyoderma , Anthrenus et
Globicornis. Ces 4 genres ont pour carac¬
tères communs : Antennes, ou au moins
leur massue, se logeant dans des cavités
thoraciques. (D.)
* AT T AGIS. Attayis. ois. — Genre de
l’ordre des Échassiers de notre famille des
Chionidèes et de notre sous-famille des
Tinochorinèes. Ce genre, formé par MM.
Is. G. S. -H. et Lesson et publié dans la
Centurie zoologique de ce derhier, en oc¬
tobre 1830, a pour caractère , selon ces au¬
teurs : «Bec court, robuste, comprimé sur
les côtés, voûté et convexe en dessus, légè-
ATT
ATT
rement recourbé à la pointe, qui est arron¬
die ; mandibule inférieure convexe en des¬
sous, droite, relevée sur ses bords et comme
canaliculée , à pointe arrondie et mousse ;
bords du bec lisses, légèrement'recourbés ;
fosses nasales amples, demi circulaires, en
partie recouvertes par une lame membra¬
neuse, arrondie et convexe à son bord et en
partie couverte elle-même par les plumes du
front ; narines percées de part en part sous
la lame convexe ; tête et joues emplumées ;
ailes courtes, pointues, à première et deuxiè¬
me rémiges plus longues ; queue courte, lar¬
ge, arrondie, à quatorze reetrices ; jambes
emplumées ; tarses courts, robustes, réticu¬
lés, à plante granuleuse ; les doigts médio¬
cres , le moyen le plus long , scutellés en
dessus ; pouce petit surmonté ; les ongles
allongés, recourbés , le moyen dilaté à son
côté interne. »
Les deux auteurs précités, frappés des
rapports extérieurs que présentait l’ Attagis
de Gay, Attagis Gayi (Is. G. et Less. Cent .
zool., pl. 47), d’une part, avec les Gangas
de l’ordre des Gallinacés, et, de l’autre, avec
les genres Chionis et Tinochore , genres
américains comme lui, le réunirent à ces
deux derniers et en formèrent une famille
sous le nom de Ponioyalles ou Tètrn-
ochores que M. Lesson publia également
dans son Traite d’ Ornithologie , comme
dernière famille des Gallinacés.
Depuis cette époque, l’acquisition faite
par le Muséum du squelette d’un Chionis ,
que le savant M. de Blainville a étudié et
analysé avec le plus grand détail, et qu’il a
reconnu être presque analogue à celui de
l’Huîtrier , et des observations ultérieures
sur les mœurs des deux autres genres dues
à M. Alcide d’Orbigny, ont prouvé claire¬
ment que ce groupe appartient à l’ordre des
Échassiers et non à celui des Gallinacés.
Cette seule raison , suffisamment déter¬
minante , nous a décidé à changer le nom
de Poîitogalles ou Tètraochores qui, dès-
lors, n’offrait plus qu’une fausse indication,
en celui de Chionidèes , formé primitive¬
ment par M. Lesson dans son manuel pour
le seul genre Chionis.
L’ Attagis de Gay (Is. G. et Less. Cent,
zool., pl. 47) de la taille et de la forme d’une
Perdrix grise , offre néanmoins , dans la
forme de son bec et dans la coupe de ses
321
ailes , des rapports évidents avec les Gan¬
gas ; mais il est facile de lui reconnaître,
avec les Chionis et les Tinochores , une vé¬
ritable affinité que vient encore confirmer la
similitude des mœurs. Le fond du plumage
est roussâtre, varié sur toute la partie supé¬
rieure de blanchâtre , couvert de très fines
linéoles anguleuses et de bandes squami-
formes d’un noir brun, lesquelles se remar¬
quent encore sur le devant du cou. La poitrine
et les flançs , ainsi que tout le reste du des¬
sous, sont d’un blond fauve -agréable. La fe¬
melle ne diffère du mâle que par une taille
plus petite (30 centimètres, au lieu de 34).
Les premiers individus de cette espèce inté¬
ressante que le Muséum ait possédés, lui
furent envoyés du Chili , en juillet 1830 ,
par M. Gay, voyageur et naturaliste zélé ,
mais sans détails sur les mœurs et les es¬
pèces. Une seconde espèce, faisant partie de
la collection de feu M. Pesquet, à Caen, et
provenant aussi du Chili , a depuis été dé¬
crite et figurée par M. Lesson , dans ses
Illustr. de zool., pl. 11, sous le nom (T At¬
tagis de Latreille. Voy. chionidèes et
TINOCHORINEES. (LAFR.)
ATTALÉE. Attalea. bot. ph. — Un
beau Palmier, trouvé par MM. deHumboldt
et Bonpland dans l’Amérique méridionale ,
est devenu le type de ce genre , établi par
Kunth (/n Humb. nov. gen., I, p. 319, t.
95 et 96). Ce genre, adopté par Martius
dans son excellente et magnifique mono¬
graphie des Palmiers, offre les caractères
suivants: Fleurs monoïques, réunies sur
le même spadice , les mâles à la partie
supérieure des rameaux, et les femelles
moins nombreuses vers la base. Spathe
simple. Dans les fleurs mâles, le périan-
the se compose de six sépales, presque li¬
bres ou seulement un peu soudés par leur
base. Les étamines , dont le nombre varie
de dix à vingt-quatre , ont leurs filets iné¬
gaux et lancéolés ; leurs anthères dressées
et linéaires. Dans les fleurs femelles, l’o¬
vaire est à trois loges; plus rarement à
quatre ou cinq. Le fruit est une drupe ovoïde
ou allongée, dont le noyau, très dur, est
environné d’un mésocarpe sec et fibreux.
Ce noyau est à 2, 3 et 5 loges monospermes.
Ce genre se compose de 5 à 6 espèces.
Toutes croissent dans l’Amérique méridio¬
nale , tantôt dans les forêts de la plaine ,
21
T IX
322
ATT
ATT
tantôt sur les montagnes. Leur stipe ac¬
quiert quelquefois de très grandes dimen¬
sions; d’autres fois il est court ou même
presque nul. Les frondes sont pinnées et
très grandes. Leur spathe est généralement
assez petite. On mange leurs graines dans
les pays où ils croissent. (A. R.)
ATT A VILLE. roiss. — Espèce de Raie.
Voyez ce mot.
ATTE. Atta ( <&rm , je saute ). ins.
■ — Genre de la famille des Formicîens,
groupe des Myrmicites , de l’ordre des
Hyménoptères, établi par Fabricius ( Syst .
Piez. ) et adopté généralement par tous
les entomologistes. Ce genre, très voisin
des Myrmicites , s’en distingue surtout
par des palpes très courts; des antennes
entièrement découvertes; un thorax dé¬
pourvu d’épines; et des ailes présentant
trois cellules cubitales, dont la troisième
incomplète. On connaît peu d’espèces de ce
genre : les unes sont européennes , les au¬
tres sont américaines. Dans certains neutres
la tête acquiert un volume considérable.
Les espèces les plus répandues dans notre
pays sont les A. capitata Lat. et A. struc-
tor Lat. Cette dénomination devra être
changée ; car elle a été appliquée avant
Fabricius à un genre d’Aranéides par M.
Walckenaër. (Bl.)
ATTE. Attns (arm, je saute), arach. —
Genre de l’ordre des Aranéides , établi par
M. Walckenaër [Tableau clés Aranéides),
et généralement adopté par tous les ento¬
mologistes. Ce genre est principalement
caractérisé par des yeux au nombre de huit,
inégaux entre eux, disposés sur trois lignes,
en avant et sur les côtés du céphalothorax ;
quatre sur la ligne antérieure, dont les
deux intermédiaires plus gros que les au¬
tres , et deux sur chacune des deux lignes
postérieures. La lèvre est ovalaire, allongée,
et les mâchoires sont droites, arrondies et
dilatées à leur extrémité.
Les Attes sont fort nombreux en espèces,
généralement de petite taille , ayant souvent
des couleurs vives ou variées ; ils sont ré¬
pandus dans les diverses parties du monde.
Ces petites Aranéides épient leur proie , la
saisissent à la course ou en sentant; elles
se renferment dans un sac de soie fine,
entre des feuilles réunies ou dans des fentes
de murailles, etc. M. Walckenaër établit
quatre divisions principales dans le genre
Attns. Ce sont : les sauteuses, ayant des
pattes grosses et courtes dans les femelles.
Une première race, les courtes , est subdi¬
visée en européennes , africaines , co¬
lombiennes , américaines , australa -
siennes et asiatiques ; une seconde, les
allongées , se subdivise en européennes
et américaines ; une troisième race est
celle des aplaties. Tient ensuite la subdi¬
vision des voltigeuses , ayant des pattes
allongées, propres à la course et au saut,
et des palpes longs et filiformes; celle-
ci est subdivisée en européennes , améri¬
caines et australa siennes. Enfin , les
longimanes, ayant des palpes très longs,
et les caudées, ayant des filets sétifères très
grands. Voy., pour les nombreuses espèces
qui composent ce genre, l’ouvrage de
M. Walckenaër, Histoire naturelle des
Insectes aptères ( Suites à Buffon , t. I ,
p. 402. et suivantes). (Bu.)
* ATTE. Attus (arm, je saute), ins.-^-
M. de Hahn ( Wanzen art. insekt .) avait
appliqué cette dénomination à un genre de
la famille des M irions , Br. ou Capsini ,
Burm., de l’ordre des Hémiptères; mais,
comme elle était déjà employée dans la
classe des Arachnides et dans l’ordre des
Hyménoptères , nous l’avons changée en
celle de Sirongylocoris ( Hist . des anim.
art.). Voy. ce mot. (Bu.)
ATTE. bot. th. — Fruit de V Anona
squammosa dans quelques-unes de nos
colonies. Voy. anone. (C. d’O.)
ATTÉLÀBE. Atlelabus (àrtéXaêoç ,
insecte qui ronge les fruits), ins. — Genre
de l’ordre des Coléoptères tétramères , fa¬
mille des Curculionites , que Schœnherr
place dans sa division ou tribu des Attéla-
bides. Voy. ce mot.
Sous le nom d 'Attelabus, emprunté à
Aristote, Linné avait réuni dans le même
genre plusieurs Coléoptères très différents
de moeurs et d’organisation. Geoffroy, en
s’emparant de ce nom , l’appliqua aux His~
ters ou Escarbots du naturaliste suédois,
et forma , avec l’Attélabe du Coudrier ,
celui-ci et quelques espèces voisines , un
genre fort naturel qu’il nomme Becmare en
français et Rhinomacer en latin. Fabricius
ne crut pouvoir mieux faire que de l’adop¬
ter, en lui restituant toutefois, avec raison,
ATT
ATT
le nom ÜAltelabus de Linné, comme plus
ancien. Depuis , les travaux successifs de
Herbert, de Clairville, d’Olivier, et, en der¬
nier lieu, de Schœnherr, ont apporté de
telles modifications au genre dont il s’agit,
qu’il se restreint aujourd’hui aux espèces
qui offrent, d’après Latreille, les carac¬
tères suivants : Point de labre apparent.
Palpes très petits, coniques. Antennes droi¬
tes , de onze articles , dont les trois der¬
niers forment une massue perfoliée. Trompe
courte, large, dilatée au bout ; point de cou
apparent; mandibules fendues à leur ex¬
trémité. Jambes terminées par deux forts
crochets. — Les Attélabes ont le corps plus
ou moins ovale , très corné ; le prothorax
est sans rebords , plus large que la tête et
moins que les élytres ; celles-ci sont con¬
vexes et recouvrent les ailes membraneuses;
les pattes ont une longueur moyenne ; l’ab¬
domen est court et a plus de largeur que
de longueur. M. Schœnherr ( Syn . 1ns.
CurcuLy t. V, p. 199-318) rapporte à ce
genre 41 espèces qu’il partage en deux
groupes , dont le second répond au genre
Euscelus de Germar, qu’il n’adopte pas.
Parmi ces espèces , qui sont presque toutes
exotiques , nous n’en citerons que deux :
l’Attélabe curculionoïde , Attelabns cur-
culionoidcs Fabr., qui forme le type du
genre ; c’est le Becmare Laque de Geoffroy,
très commun aux environs de Paris ; et
l’Attélabe longimane, Altelabus longi-
manus Fabr., remarquable par la longueur
de ses pattes antérieures ; il est de Cayenne.
Ces deux espèces sont décrites et figurées
dans V Entomologie d’Olivier, t. Y, 81,
p. 5, n° 1, tab. 1 , fig. 1 , a, Z>, et p. 7, n° 4;
tab. l, fig. 4, «, b. (D. etc.)
* ATTÉLABIDES. Attelabides. ins.
— Division établie par Schœnherr dans la
famille des Curculionides , et qu’il caracté¬
rise ainsi : Rostre ou bec subcylindrique ,
défléchi , souvent filiforme ou plus souvent
dilaté à l’extrémité. Tête allongée derrière
les yeux. Antennes ou massue de il à 12
articles ; élytres presque carrées ; extré¬
mité de l’abdomen à découvert. Cette divi¬
sion comprend les genres Apoderiis, Atte-
labus , Rhynchites et Ptcrocolus. Voy.
ces mots.
Les larves des Attélabides sont apodes ,
molles, blanchâtres, ramassées, composées
m
de douze anneaux peu distincts ; leur tête
est dure , écailleuse et armée de deux man¬
dibules assez solides. Leur ventre est garni
de petits tubercules lubrifiés par une hu¬
meur visqueuse qui paraît favoriser leur
progression à défaut de pattes ; elles vivent
toutes de substances végétales. Les unes se
tiennent dans l’intérieur des tiges ou des
fruits qui leur servent à la fois d’abri et de
nourriture ; les autres vivent de feuilles ou
de fleurs qu’elles enroulent autour d’elles ,
à l’instar de certaines chenilles, et dont
elles rongent seulement le parenchyme.
Elles changent plusieurs fois de peau avant
de parvenir à toute leur taille. Arrivées à
cette époque, elles se renferment dans
une coque composée tantôt de pure soie ,
tantôt d’une matière résineuse assez solide,
et s’y transforment en nymphes pour deve¬
nir bientôt insectes parfaits. Sous cette
forme , les Attélabides se nourrissent de
la liqueur mielleuse des fleurs, et causent
peu de dégâts ; mais il n’en est pas de
même de leurs larves , qui sont très vo¬
races, et qui, lorsqu’elles sont nombreuses,
font beaucoup de tort aux végétaux , soit en
les privant de leurs feuilles , soit en atta¬
quant les jeunes pousses, soit enfin en
rongeant les fleurs et les fruits , ou l’inté¬
rieur des tiges dans lesquelles elles vivent.
Il est d’autant plus difficile de prévenir
leurs ravages , qu’elles ne travaillent pas à
découvert, et qu’on n’est averti de leur
présence que lorsque le mal est sans re¬
mède.
Le tome YIII , 2me part, des Mémoires
de la Société de physique et d’histoire
naturelle de Genève , renferme un mé¬
moire très intéressant de M. Pierre Huber
sur l’industrie variée qu’emploient certaines
espèces d’ Attélabides pour contournei- en
cornet l’extrémité ou le rebord des feuilles
sur lesquelles elles vivent, à l’effet d’y
déposer leurs œufs. Il en désigne cinq ,
dont une seule ( Attelabus curculionoi-
des ) appartient au genre Attélabe ; les au¬
tres sont des Ayodères et des Rhynchites.
(D. et C.)
* ATTÉLABITES. ins.-- M. Delaporte
( Hist . nat. des Ins. faisant suite au Buf-
fon-Dumènil , t. II, p. 288) désigne ainsi
un groupe de la famille des Curculionitcs ,
auquel il donne pour caractères : Rostre
ATT
ATT
324
long, presque cylindrique, allongé, plus
ou moins arqué. Corps ovalaire. Il se com¬
pose des genres Apoderus , Attelahus ,
Rhynchites , Pterocolus, Diodyrhyncus ,
Rhinomacer, Auletes, Rhinotia , Relus,
Ithycerus, Eurynchus , Apion , Rham-
phus et Tachygonus. Voy. attélabides.
(D.)
ATTJXABUS. INS. — Voy. ATTÉliABE.
* ATTÉNUÉ. Aitenutus. bot. — Cette
épithète s'emploie pour désigner les parties
du végétal qui vont en diminuant du som¬
met à la base ou de la base au sommet.
(C. d’O.)
ATTÉRISSEMENT. géol. — Les ma¬
tières que les eaux continentales charrient et
qu'elles déposent sur leurs rives et à leur
embouchure finissent , dans un grand nom¬
bre de localités, par faire reculer graduelle¬
ment la limite de celles-ci et par étendre
les terres émergées, aux dépens de celle des
bassins qni contiennent les eaux ; c’est à ces
nouvelles terres qu'on donne le nom (VAt -
tèrissemenl. Les vagues de la mer , en re¬
jetant , sur certains points de ses rivages ,
des vases, des sables et des galets, donnent
également lieu à la formation de vastes ter¬
rains de cette nature : il y a donc des At-
lérissements marins et des Attérissements
fluviatiles ; mais , dans la plupart des cas ,
les fleuves et la mer concourent à la pro¬
duction des grands Attérissements. En effet,
ce sont principalement les eaux courantes
qui , dans leur trajet sur les terres émer¬
gées , les ravinent et se chargent d'une très
grande quantité de matières ; elles déposent
bien une partie de ces matières sur leur lit
et à leur embouchure, mais elles en portent
une très grande quantité à la mer qui , par
un mouvement en sens opposé , arrête la
marche des sédiments qu’elle refoule sur
ses rivages.
La matière qui compose les Attérisse¬
ments n'est pas toujours de la même nature
dans un même lieu; elle varie successive¬
ment et alternativement en raison de plu¬
sieurs circonstances, telles que la nature du
sol traversé par les divers affluents d’un
même fleuve , la quantité et la rapidité des
eaux ; ainsi , par exemple , la Seine dépose
au-dessous de Paris des sédiments argileux,
jaunâtres, lorsque, grossie dans la pre¬
mière partie de son cours , elle a lavé le
sol de la Bourgogne ; tandis que les sédi¬
ments qu’elle charrie et dépose lors des dé¬
bordements de la Marne , sont blanchâtres
et calcaires comme le sol crayeux de la
Champagne. C’est une des causes des alter¬
nances qu’on observe non-seulement dans
les Attérissements , mais dans toutes les
formations neptuniennes.
La vitesse variable avec laquelle mar¬
chent les eaux occasionne de la même
manière , sur une ligne verticale , le dépôt
de particules grossières et pesantes , et de
matières ténues et légères ; aussi voit-on
souvent, dans les coupes que présentent
d’anciens Attérissements ou dans les puits
qu’on creuse pour les traverser, des lits
d’argile recouverts par du sable ; ce dernier
par des graviers et des galets que recou¬
vrent encore des argiles , et ainsi un grand
nombre de fois.
C’est principalement à l’embouchure des
cours d’eau , soit des affluents dans les
fleuves principaux , soit de ceux-ci dans la
mer , que se déposent les grands Attérisse¬
ments. Les courants, ralentis dans leur
marche par l’action d’autres courants ou
par les mouvements périodiques ou irré¬
guliers des vagues de la mer , laissent dé¬
poser les sédiments qu’ils transportent ;
des hauts fonds , des bancs , des barrages ,
sont le produit de ces dépôts ; ils s’élèvent
successivement , forment des îles à des dis¬
tances plus ou moins grandes des côtes ;
mais , graduellement entre celles-ci et les
premiers Attérissements, l’espace se trouve
comblé. A des lagunes peu profondes suc¬
cèdent des étangs , des marécages , puis
enfin de vastes plages que les hommes ne
tardent pas à rendre habitables et dont ils
s’emparent, à cause de leur grande fertilité.
Le delta du Nil , celui du Gange , ceux des
grands fleuves de l’Amérique , une partie
des côtes de la Provence , toute la Hollande
et les bords méridionaux de la mer Baltique,
ne sont que des Attérissements, dont l’éten¬
due et la forme ont considérablement varié
depuis les temps historiques.
On reviendra , à l’article eau et forma¬
tion, sur l’histoire des Attérissements. Voy.
ces mots. (C. P.)
ATTICUS. pois. — Synonyme ^Es¬
turgeon. Voyez ce mot.
* ATTJDES ( Attus , genre d’Aranéi-
ATT
ATT
325
des), arach. — MM. Sundevall et Koch
nomment ainsi la famille de l’ordre des
Aranéides, qui comprend le genre Atte ou
Saltique et ses subdivisions, ainsi que les
Palmanes et les Creses. (P. G.)
ATTIER. bot. th. — Nom vulgaire de
l1 Anona, squamosa L. , ou Corosollier
écailleux. (Sp.)
* ATTILA. Attila . ois. — Genre formé
par M. Lesson, dans son Traité (T Ornitho¬
logie, sur une seule espèce américaine du
Musée de Paris. Les caractères qu’il assigne
à ce genre, qu’il place dans sa famille des
Coracines, sont : « Bec triangulaire, allongé,
dilaté à la base ; à fosses nasales profondes,
avec l’arête saillante, arrondie, terminée en
crochet aigu ; mandibule supérieure com¬
primée vers l’extrémité, dentée 5 bouche ci¬
liée ; ailes allongées , à troisième rémige la
plus longue ; queue ample, élargie, presque
rectiligne ; tarses allongés , scutellés. »
La seule espèce du genre est l’ Attila bré¬
silien, Attila b ras i liens is Le ss., ou Ty¬
ran olive, du Musée de Paris, à bec et tar¬
ses rougeâtres ; à plumage vert olivâtre en
dessus , vert jaunâtre en dessous , avec le
bas-Yentrc jaune clair et la queue roux ca¬
ndie.
Nous ne savons pas quel est cet oiseau et
ne pouvons par conséquent émettre aucune
opinion sur ce genre. (Lafr.)
ATTRACTION. -*• On nomme ainsi
la cause ou la force qui sollicite les parties
de la matière à se porter les unes vers les
autres. Newton, qui a établi les principales
lois de cette force , en a fait connaître l’im¬
mense influence dans les grands phénomè¬
nes de la nature.
L’attraction, combinée avec une impulsion
primitive , fait décrire à la terre et aux au¬
tres planètes des orbites elliptiques, dont le
soleil est un des foyers , et qui , en s’allon¬
geant indéfiniment, deviennent les orbites
paraboliques des comètes. C’est elle qui fixe
de même les divers systèmes de .satellites
autour de leur planète , et qui règle leur
cours. C’est elle qui produit la pesanteur à
la surface de la terre et des autres corps
célestes, le poids n’étant que l’effort total
des forces attractives. C’est elle qui, com¬
binée avec la force centrifuge du mouve¬
ment de rotation, et agissant sur des mas¬
ses encore fluides, a élevé l’équateur des
j planètes et aplati leurs pôles ; l’est elle enfin
: qui produit la nutation de l’axe terrestre , la
: précession des équinoxes , ainsi que le flux
et le reflux des mers. Tous ces phénomènes
sont autant de conséquences nécessaires et
calculables du principe de l’attraction uni¬
verselle.
Outre le genre d’attraction que nous ve¬
nons de considérer, il existe encore d’autres
forces dont la tendance est semblable, mais
qui se développent seulement lorsque les
molécules de la matière sont rapprochées
les unes des autres, à de très petites distan¬
ces pour notre appréciation. Néanmoins leur
action n’est réellement pas limitée : au con¬
traire , elle s’étend aussi indéfiniment dans
l’espace ; mais son intensité décroît avec
l’éloignement d’une manière tellement ra¬
pide, qu’elle ne peut, pour ainsi dire , pro¬
duire d’effets sensibles que tout près du
contact apparent. Ce sont ces forces qui pro¬
duisent tous les phénomènes chimiques , et
l’ascension ou la dépression des liquides par
rapport à leur niveau naturel, dans des tu¬
bes très étroits , etc.
On observe encore dans la nature des for¬
ces attractives d’un autre genre, qui s’exer¬
cent seulement entre certains corps , ou
entre des cofps modifiés d’une certaine ma¬
nière. Telles sont les attractions magné¬
tiques et électriques ; les premières ayant
lieu seulement entre les métaux susceptibles
d’aimantation , et les dernières seulement
entre les corps amenés à l’état électrique
par la communication , le frottement, etc.;
il se produit dans ces différents cas des
forces répulsives. Nous citerons enfin les
attractions qui appartiennent à l’endosmose
et à la caléfaction , l’attraction qu’exercent
les hautes montagnes , etc.
L’attraction a de bonne heure occupé
l’esprit des hommes qui cherchent la raison
des choses. Différents écrits des anciens
prouvent que ceux-ci avaient des idées plus
ou moins nettes sur l’attraction de la ma¬
tière, et même sur la gravitation céleste.
Parmi les modernes , c’est Nicolas Copernic
qui, le premier, a employé le mot Pe¬
santeur pour expliquer la cause de la ten¬
dance des corps à prendre la forme sphéri¬
que. Le docteur Gilbert parle aussi d’une
attraction générale , mais il ne la distingue
pas assez clairement de l’attraction magné-
326
ATT
ATT
tique. Cette distinction est mieux établie par
François Bâcon. Il représente l’attraction
comme une force générale de la nature, et
qui s’applique au mouvement des corps
célestes. Néanmoins, personne avant Des¬
cartes et Newton ne s’était fait une idée
aussi juste de l’attraction que Hooke. Des¬
cartes regarda l’éther comme la cause de la
plupart des phénomènes, par conséquent
de l’attraction 5 et il a trouvé sur ce point
beaucoup de partisans. Newton eut, dans
le principe , une opinion semblable : c’est
de la pression , de la gravitation de l’éther,
mais non des tourbillons , qu’il fit d’abord
dériver la pesanteur. Il parie d’un éther très
subtil, répandu dans toute la nature, et qui,
par suite, existe dans tous les corps , dans
les pores desquels il doit encore être plus
subtil. En partant de ces idées premières,
il expliqua la réfraction de la lumière , la
cohésion , l’adhésion et les combinaisons
chimiques. De même que cet éther, par sa
pression constante, déterminait la cohésion
des particules des corps, de même, agis¬
sant sur tous les corps et sur toute la sur¬
face de la terre, simultanément, il forçait
ces corps à tendre constamment vers le cen¬
tre du globe.
Comme on ne connaît l’attraction que
par ses effets et non par sa nature intime,
on s’est demandé si tous les phénomènes
dont nous avons parlé appartenaient à une
cause unique, bien que modifiée dans quel¬
ques circonstances 5 ou s’il faut les attri¬
buer à plusieurs causes , dont l’action con¬
comitante produit les phénomènes que nous
percevons. Newton assure qu’il considère
les forces centripètes comme des attractions,
quoiqu’elles ne soient peut-être , physique¬
ment parlant, que de véritables impulsions.
A la fin de son traité d’optique , il s’expli¬
que encore sur ce sujet. Je n’examine point,
dit-il, quelle peut être la cause de ces at¬
tractions; ce que j’appelle ici attraction
peut-être produit par impulsion , ou par
d’autres moyens qui me sont inconnus ; je
n’emploie ce mot attraction , que pour qua¬
lifier en général une force quelconque , en
vertu de laquelle les corps tendent récipro¬
quement les uns vers les autres , quelle
qu’en soit la cause. S’Grave Sande, disciple
de Newton , s’est tenu dans une pareille ré¬
serve ; mais , pendant quelques années , ce
sujet a été vivement discuté. On voulait à
toute force découvrir si l’attraction était
une qualité essentielle de la matière ou bien
une qualité purement adventive.
Cette question agita les esprits pendant
un assez grand nombre d’années; Kant lui-
même crut devoir s’en occuper. Or, il con¬
sidéra l’attraction comme une force infinie,
absolue, mais qui ne peut devenir mani¬
feste ou objective que par l’existence de la
matière ; il la regarda toutefois comme une
force spécialement adventive à toute ma¬
tière connue.
Depuis quelque temps , des savants ont
prétendu qu’il était oiseux de chercher à
expliquer l’attraction. Il est vrai que la na¬
ture intime de l’attraction nous sera tou¬
jours cachée ; qu’en essayant de l’expliquer
on ne fera que reculer la difficulté ; mais ,
dans les sciences humaines , expliquer un
phénomène général, c’est le rattacher à une
cause plus générale encore, à une cause
qui rende raison et du phénomène à expli¬
quer et d’autres phénomènes généraux ,
paraissant de prime abord n’avoir au¬
cune relation directe avec le premier ; aussi
plusieurs autres savants illustres de nos
jours , parmi lesquels nous citerons M.
Arago, pensent-ils que la question mérite
d’être approfondie sous ce point de Yue.
Naguère MM. Ampère , Cauchy, Savary,
Becquerel, de La Rive, etc., ont écrit, sur
la constitution des corps et sur la nature
des agents, des travaux qui sont destinés à
jeter un grand jour sur l’attraction et les
phénomènes dépendants de cette cause ;
nous en parlerons aux mots cori>s, matière,
causes, calorique, etc. Tout récemment M.
de Tessan a rattaché à la cause de la lumière
l’attraction moléculaire à grande distance ,
et l’attraction moléculaire à petite distance.
Ce savant est parti des travaux de Descar¬
tes , de Huyghens , d’Euler, d’Young , de
Fresnel, sur la théorie de la lumière, et du
résultat suivant , obtenu par M. Lamé et
confirmé en partie par M. Cauchy : l’exis¬
tence de corps transparents entraîne néces¬
sairement la conclusion que, dans l’éther en
équilibre, la pression est constamment pro¬
portionnelle à la densité de ce fluide ; que
les molécules des corps transparents re¬
poussent le fluide étbéré ; qu’en fin cette
force de répulsion suit la loi de la raison im
ATT
verse du carré de la distance. Il prétend avoir
démontré que les molécules des corps ne
s’attirent pas réellement les unes les autres,
mais qu’elles sont poussées les unes vers les
autres par l’éther qui les environne. Il croit
avoir démontré aussi que cette poussée ou
attraction apparente est proportionnelle à la
masse des corps, et qu’elle varie suivant la
raison inverse du carré de leur distance,
quand cette distance est grande ; ce qui est
le caractère de la gravitation. Il dit avoir
démontré, enfin, que l’attraction apparente
de deux molécules est nulle , si la distance,
venant à croître, cesse d’être nulle; qu’elle
acquiert une très grande intensité pour une
distance encore excessivement petite des
deux molécules ; et qu’elle décroît ensuite
avec une extrême rapidité, quand la distance
continue à augmenter. Tels sont les carac¬
tères de la force de cohésion qui, combinée
avec la force de répulsion , rend compte de
tous les phénomènes que présentent les di¬
vers états des corps.
Les conclusions du travail de M. de Tes-
san sont donc les suivantes : les molécules
des corps ne s’attirent réellement pas les
unes les autres , mais elles sont poussées
les unes vers les autres par l’éther envi¬
ronnant ; la cause de l’attraction apparente
qu’on observe est la même que celle de la
lumière , de la chaleur : c’est là, enfin , une
conséquence forcée de la théorie des ondu¬
lations.
Il est remarquable que la cause de l’at¬
traction se trouve être , pour M. de Tes-
san, à très peu de chose près celle que
Newton lui avait assignée. Or, s’il est vrai
que la cause réelle, la cause physique de la
chaleur réside dans l’éther, comme celle de
la lumière et de l’attraction , on peut rai¬
sonnablement espérer qu’on aura bientôt
rattaché à la même cause les phénomènes
de l’électricité, dont les rapports avec ceux
de la lumière , de l’attraction et de la cha¬
leur , sont si nombreux et si intimes ; en
sorte que l’éther , dont on parlait à peine ,
il y a quelques années, dont le nom même
était exclu de la science , se présenterait au¬
jourd’hui comme la cause unique de presque
tous les phénomènes connus de la nature.
Les conclusions du Mémoire de M. de
Tessan, relatives à la force d’inertie , se¬
raient de nature à changer complètement
ATT 327
les idées admises aujourd’hui sur cette pro-
priété générale des corps; et l’on serait
forcé de revenir à l’idée première que na¬
turellement on s’en fait , c’est-à-dire à l’i¬
dée d’une résistance réelle , opposée aux
variations du mouvement des corps, comme
les anciens philosophes l’admettaient, avec
cette différence toutefois qu’ils plaçaient
cette résistance dans les corps visibles et
palpables , tandis qu’il faudrait la placer
dans l’éther environnant, qu’on ne peut ni
voir, ni toucher.
Newton a ramené à l’attraction toutes
les lois découvertes par Képîer, ainsi que
par les autres astronomes qui l’avaient pré¬
cédé , en y ajoutant d’autres lois que lui fit
découvrir sa prodigieuse sagacité. Il édifia
alors ce grand système de l’attraction uni¬
verselle , qu’on peut regarder comme la
plus belle création de l’esprit humain.
Nous allons donc présenter les principa¬
les lois qui se rapportent à l’attraction.
Yoici celles deKépler : 1° Les aires, décrites
par les rayons vecteurs des planètes dans
leur mouvement autour du soleil, sont pro¬
portionnelles aux temps. Il en résulte, par
le calcul, que la force, qui sollicite les pla¬
nètes, est dirigée vers le centre du soleil.
2° Les orbes des planètes et des comètes sont
des sections coniques, des ellipses, dont le
soleil occupe un des foyers. On en conclut
que la force qui les anime , est en raison
inverse du carré de la distance du centre
de ces astres à celui du soleil ; réciproque¬
ment , dès que la force suit cette raison , la
courbe est une section conique. 3° Les car¬
rés des temps des révolutions des planètes
autour du soleil , sont proportionnels aux
cubes des grands axes de leurs orbites.
On déduit de cette troisième loi que cette
force est la même pour tous les corps ;
qu’elle ne varie de l’un à l’autre qu’en rai¬
son de leur distance au soleil ; en sorte que,
s’ils étaient placés à des distances égales
autour du centre du soleil, et abandonnés à
l’action de la force , qui les pousse vers cet
astre, ils emploieraient tous le même temps
à tomber sur sa surface ; d’où l’on voit que
la force qui les sollicite pénètre chacune de
leurs molécules, et est proportionnelle à
leur masse.
Newton a établi les principes suivants :
l’attraction ne dépend pas du temps ; car
328
ATT
ATT
elle s’exercerait immédiatement, quelle que
fût la distance entre des corps qui seraient
créés tout-à-coup ; de plus, elle se mani¬
feste indifféremment à travers toutes les
substances, quel que soit aussi leur état de
repos ou de mouvement ; elle est toujours
réciproque; enfin, elle est proportionnelle
aux masses des corps , tandis qu’elle a lieu
en raison inverse des carrés de leurs dis¬
tances.
Laplace , en admettant que , dans les
corps les plus denses , la somme des pores
est incomparablement plus considérable
que la masse des corps , a ramené l’attrac¬
tion atomique ou moléculaire à l’attraction
planétaire. Les conséquences de l’hypo¬
thèse de Laplace et du calcul de Schmidt
paraissent être admissibles, en faisant la
part des modifications particulières que
peut apporter la nature des corps.
Coulomb et d’autres physiciens ont dé¬
montré que les lois des attractions et ré¬
pulsions électriques suivent celles de l’at¬
traction céleste.
Enfin on a reconnu que les lois de l’at¬
traction s’appliquent à notre système so¬
laire entier ; et l’analogie peut faire pen¬
ser qu’elles régissent les autres systèmes ,
et par suite que l’attraction est universelle.
Au reste , dans l’observation et l’analyse
des phénomènes qui résultent de l’attrac¬
tion , il nous est souvent impossible d’em¬
brasser tous les faits particuliers, toutes les
petites causes auxiliaires ou fortuites qui
concourent à l’accomplissement de l’en¬
semble. De là, les variétés des phénomè¬
nes et les divisions que nous établissons
dans les lois de l’attraction combinée ; mais,
nous le répétons, l’attraction paraît être une
cause générale.
Ce qui précède suffit pour montrer que ,
par rapport aux mouvements célestes , le
mot attraction n’est au fond que l’énoncia¬
tion d’un fait certain et susceptible de me¬
sure précise , et que toutes les consé¬
quences déduites par le calcul demeureront
vraies, quelles que soient les diverses cau¬
ses qu’on veuille assigner à ce fait.
Comme nous l’avons vu , on a beaucoup
discuté sur la nature de l’attraction. Son
essence a toujours été réellement cachée
pour les observateurs ; car l’homme perçoit
seulement des phénomènes plus ou moins
simples; il les analyse, mais il ne voit que
des faits d’un certain ordre, dans une cer¬
taine limite , et non la cause première à
laquelle le fait obéit en s’accomplissant.
Néanmoins, en comparant les phénomènes,
en les généralisant, nous déduisons des
conséquences qui sont regardées comme des
lois pour la sphère de nos connaissances.
Or, si nous partions de ce principe et si nous
devions formuler une opinion, nous serions
portés à croire que les vibrations de l’éther
donnent naissance aux agents, et que ces
mouvements proviennent d’une force pre¬
mière immatérielle, unique et modifiée, se¬
lon une loi de la nature.
On donne à l’attraction des noms parti¬
culiers , suivant les circonstances diffé¬
rentes dans lesquelles elle s’exerce , et le
genre d’effets qu’elle produit. On l’appelle
gravitation ou attraction planétaire , ou
bien encore attraction céleste , lorsqu’elle a
lieu entre les astres; pesanteur ou at¬
traction terrestre , quand elle est rela¬
tive à la terre , ainsi qu’aux corps qui dé¬
pendent de celle-ci ; adhésion , lorsque
certains liquides adhèrent aux corps solides
qu’on y plonge , ou lorsque les particules
liquides ont entre elles une adhérence très
sensible, ou bien encore lorsque, après
avoir mis en contact les surfaces de deux
corps solides , ils adhèrent aussi sensible¬
ment ; capillarité , quand on plonge un
tube très fin dans un liquide, et que le li¬
quide contenu dans le tube s’élève au-dessus
ou s’abaisse au-dessous du niveau du liquide
extérieur, ou bien quand un phénomène
analogue a lieu avec des corps de forme et
d’espèce différentes; cohésion ou attraction
d’agrégation , lorsqu’elle s’exerce entre les
parties, atomes ou molécules de même
espèce ; affinité ou attraction de composi¬
tion, lorsqu’elle a lieu entre les parties ou
atomes d’espèces différentes. On donne
également à la cohésion et à l’affinité le
nom d’ attraction atomique ou molécu-
laire. Enfin il est probable que X endosmose
ou la cause qui permet à une surface po¬
reuse d’absorber plus de liquide que sa ca¬
pacité ne peut en contenir , que Xoxos-
mose , la caléfaction , X absorption , la
viscosité , l’ élasticité , etc. , sont aussi
des cas particuliers de l’attraction. On trou¬
verait peut-être encore ; si l’on voulait ap-
ATY
ATY
profondir le sujet, que la piupart des phé¬
nomènes de la végétation et de la vie sont
soumis aux lois générales de l’attraction ;
mais nous laissons à d’autres le soin de dis¬
cuter ces questions , qui touchent de trop
près aux croyances philosophiques et reli¬
gieuses. Voyez surtout les mots : causes ,
FORCE, ÉTHER, GRAVITATION , TESANTEUR , CO¬
HESION , COMBINAISONS , CALEFACTION , CAPIL¬
LARITE , ÉLECTRICITÉ , MAGNÉTISME, ENDOS¬
MOSE, exosmose. (Rivière.)
ATTRACTION des montagnes. Voyez
MONTAGNES. (R.)
ATTRAPE-MOUCHE, ois. — Syno¬
nyme de Gohc-mouche. Voyez ce mot.
(G. d’O.)
ATTRAPE-MOUCHE, bot. ph. —
Nom vulgaire du Dionœa museipulti L.,
du Silcne musctpula L., de X Apocynum
andro s æmi folium L.» et de plusieurs au¬
tres plantes. (Sr.)
ATTUS. ins. — Voyez atte.
ATTUS. arach. — Voyez atte.
ATUNUS. Rumph., Amh. III, tab. 63.
bot. ph. — Espèce du g. Heritiera , famille
des Sterculiacées. (Sp.)
ATURIOjN ou ATYRION ( à priv. ;
ôûpiov, turion ). bot. foss. — Mauvaise or¬
thographe du mot grec Athyrion , employé
par Dioscoride pour désigner une fougère
qu’Adanson place dans son genre Ceterach ,
qui correspond au genre asplénium de
la plupart des auteurs, et comprend le
Ceterach et VAthyrii/m des botanistes
plus modernes. Voy. athyrium. (Ad. B.)
* ATYCHIDES. Atychidœ. ins. —
Tribu de Lépidoptères crépusculaires , que
nous avons établie aux dépens de celle des
Zigénides de Latreille , et à laquelle nous
donnons les caractères suivants : Antennes
courtes, diminuant insensiblement de gros¬
seur de la base au sommet, bipectinées
dans les mâles et simplement ciliées dans
les femelles. Tête très petite. Palpes sépa¬
rés du front, velus ou écailleux. Trompe
nulle ou presque nulle. Abdomen long et
volumineux dans les femelles. Ailes plus ou
moins courtes. Chenilles inconnues.-— Cette
tribu ne renferme que le genre Atychic.
Voy. ce mot. (D.)
ATYCHIE. Atychia (àru misère).
ins. — Genre de l’ordre des Lépidoptères ,
famille des Crépusculaires , créé par Holï-
329
mansegget adopté par Latreille, qui le place
dans la tribu des Zygénides ; mais nous
pensons qu’il doit en être distrait pour for¬
mer, comme nous l’avons fait dans notre Ca¬
talogue méthodique des Lépidoptères d’Eu¬
rope, le type d’une nouvelle tribu. Ses ca¬
ractères sont : Tête beaucoup plus étroite
et plus basse que le corselet. Yeux assez
gros. Palpes droits, velus, séparés du front
et dépassant le chaperon , avec le dernier
article très distinct. Antennes courtes, dé¬
croissant insensiblement de la base à la
pointe, bipectinées dans les mâles et sim¬
plement ciliées dans les femelles. Corselet
très velu. Abdomen de grandeur ordinaire
dans les mâles , mais très long et renflé vers
le milieu dans les femelles, avec le dernier
segment cylindrique, et beaucoup plus long
et plus étroit que les précédents. Ergots
des jambes postérieures très forts. Ailes
courtes ; les supérieures très étroites.
Les chenilles des Atychies ne sont pas
encore connues; mais, d’après l’oviducte
en forme de tarière de la femelle, il y a
lieu de croire qu’elles vivent, comme celles
des Sésies, dans l’intérieur des végétaux.
Ce genre, dont toutes les espèces, au
nombre de cinq, appartiennent particulière¬
ment au midi de l’Europe , a pour type le
Sphinx appeadiculata d’Esper, ou Chi-
moora de Hubner. Ce dernier nom a été
converti en nom générique par Ochsenhei-
mer, et substitué sans motif par cet auteur
à celui tfAiychia de Hoffmansegg, qu’il
a appliqué aux espèces des genres Procris
et Aglaope de Latreille, dont nous suivons
la nomenclature , comme ayant pour elle
l’antériorité. Voy. ces mots. (D.)
ATYE. crust. — Genrê de Décapodes
Macroures de la famille des Salicoques et
de la tribu des Alphéens , remarquable par
la grosseur des pattes des trois dernières
paires et la conformation anormale de celle
des deux paires antérieures qui sont petites
et terminées par une main ovalaire , didac-
tylc, fendue dans toute sa longueur et arti¬
culée avec le carpe par le milieu de son bord
inférieur. Ce genre, établi par Leacli, ne ren¬
ferme encore qu’une seule espèce, propre
aux côtes du Mexique. (M. E.)
ATYLE (à priv.; tuXcç , appendice).
crust. — Genre de l’ordre des Crustacés
Amphipodes, établi par Leach et rangé par
21*
T. II.
330
ATY
Milne Edwards dans la tribu des Cre-
vettines marcheuses , à côté des Coro-
phies, etc. ; mais n’ayant pas comme celles-ci
les antennes pédiformes et ayant toutes des
pattes non chélifères. (M. E.)
* ATYLOSIA, Wight et Arn. (à priv*.
tuXo;, callosité), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Légumineuses (s. -ordre des Papi-
lionacées, tribu des Phaséolées, et voisin des
Cajanus ), auquel ses auteurs (Prodr.Flor.
Penins. I?id ., t. I, p. 257) assignent pour
caract. : Calice ébractéolé, campanulé, pro¬
fondément 2-labié ; lèvre supérieure courte-
ment 2-fide; lèvre inférieure 3-partie, à seg¬
ment moyen plus long que les segments laté¬
raux, un peu plus long que la lèvre supé¬
rieure. Corolle papilionacée , persistante,
finalement scarieuse ; étendard large, re¬
courbé, point calleux, un peu plus long que
les autres pétales ; carène obtuse , légère¬
ment falciforme. Étamines diadelphes (9 et
1), alternativement un peu plus longues et
plus courtes ; anthères conformes. Ovaire
subquâdri-OYulé. Style à partie inférieure
grêle, poilue; partie supérieure glabre ; stig¬
mate subcapitellé. Légume oblong-linéaire,
comprimé, sub-4-sperme, septulé entre les
graines, légèrement toruleux. Graines sub¬
globuleuses , caronculées ; hile elliptique-
oblong ; caroncule grande, charnue. — Ar¬
bustes dressés ou diffus. Branches velues
ou cotonneuses. Feuilles digitées-trifolio-
lées ; folioles 3-nervées à la base, non sti-
pellées. Pédoncules axillaires ou en grappes
terminales, ordinairement 2-flores. Légume
velu ou cotonneux. — Ce genre est propre à
l’Inde. MM. Wight et Arnott y rangent
4 esp., dont une ( Atylosia Candollii
W. et A. ) est le Collœa trinervia DC.
( Mèm. Lègum., p. 247, tab. 41 ); les 3
autres sont nouvelles. (Sr.)
* ATYPA ( à privatif ; tôttoç , forme ;
informe \ ins. — M. Laporte de Castelnau
(Ann. Soc. ent. de Fr.) avait employé cette
dénomination pour désigner un genre de la
famille desMembraciens, de l’ordre des Hé¬
miptères homoptères, qu’on ne saurait dis¬
tinguer du genre Hemiptycha de Germar,
adopté par M. Burmeister et par nous (Hist.
des anim. art. , G.). Voy. hemiptycha.
(Be.)
* ATYPOMORPHOSE. Atypo rnor-
phosis rà nrivj. tutcoç, type; ^.opeprj , forme).
AUB
— Expression employée en entomologie
pour désigner un mode de métamorphose ,
dans lequel les larves se changent en des
nymphes ou chrysalides ovoïdes qui ne pré¬
sentent à l’extérieur aucune trace , soit de
leur état primitif, soit de l’insecte parfait;
telles sont celles de la plupart des Diptères.
(D.)
ATYPUS (à privât.; rôxoç, forme).
arach. — Latreille a désigné, sous ce nom, un
genre de l’ordre des Aranéides, famille des
Téraphoses , qui avait été établi précédem¬
ment par M. Walckenaër , sous la dénomi¬
nation d’oRETERA. Voy. ce mot. (Br.)
ATYS ou ATHYS (nom myth.). moer.
— Montfort propose ce genre dans sa Con¬
chyliologie systématique , t. II, p. 14 2,
pour une Coquille appartenant au genre
Bulle. C’est le Bulla naucum , dont son
auteur veut faire le type de ce genre complè¬
tement inutile. Voy. burre. (Desh.)
ATYS. mam.— Nom spécifique donné par
plusieurs auteurs à un Singe blanc qui est
une simple variété albine. D’après l’examen
récent que nous avons fait de cette variété
albine , l’espèce à laquelle nous avons cru
pouvoir la rapporter avec le plus de vrai¬
semblance, est le Ccrcopiihec fusuligino-
sus. (I. G.-S.-H.)
* AUBEXTONIA , Dombey. bot. ph.
— Synonyme du genre Walthcria , de la
famille des Byttnériacées. (Sp.)
AUBÉPINE. bot. ph. — Nom vulgaire
commun au Mespilus oxyacantha L. ,
et au Mespilus oxyacanthoides Willd.
(Sp.)
AUBERGINE. bot. ph. — Synonyme
de Mèlongène dans nos départements mé¬
ridionaux. Voy. soranum. (C. n’O.)
AUBERTIA (Aubert du Petit-Thouars,
botaniste), bot. cr. — C’est ainsi que Pali-
sot de Beauvois nommait d’abord un genr e
de Mousses , auquel il donna plus tard le
nom de Racopilum. Voy. ce mot. (C. M.)
AUBIER. Alhurnum. bot. ph. — On
appelle ainsi, dans la tige ligneuse des vé¬
gétaux dicotylédonés, les couches ligneuses
les plus extérieures, qui, par leur couleur
généralement plus pâle et leur moindre so¬
lidité, se distinguent au premier coup-d’œil
du bois proprement dit ou cœur de bois.
Comme il n’existe aucune différence de
structure entre l’Aubier et le Bois propre-
AUC
AUC
331
ment dit, nous traiterons de ces. deux or¬
ganes en même temps au mot Bois. Voy.
bois. (A. R.)
AUBIFOIN, AUBITON. bot. ni. —
Noms vulgaires du Centaurea cyanus.
Voy. CENTAURÉE. (C. d’O.)
AUBLETIA, Lour., Flor. Cochinch .,
p. 348 (Aublet , auteur d’une flore de la
Guyane), bot. ph. — Synonyme du genre
Paliurus , Tourn., de la famille des Rham-
nées. (Sr.)
AUBLETIA, Schreb., Gen. bot. ru. —
Synonyme du genre Apciba , Aubl., de la
famille des Tiliacées. (Sr.)
AUBOUR. bot. th. — Le même qn’Al-
bour, synonyme de Vibumum opulus L.
Voy. viorne. (C. d’O.)
AUBRESSIN. bot. th. — Nom vul¬
gaire du Cratœgus oxyacantha L. Voy.
alizier. (C. d’O.)
AUBRIER. ois. — Nom vulgaire du
Hobereau, Falco subhutcolj. Voy. fau¬
con. (C. d’O.)
AUBRIETIA, Adans. bot. th. — Genre
de la famille des Crucifères (tribu des Alys-
sinées, DC.; Siliculeuses, Spach). Herbes vi¬
vaces , très rameuses , touffues , à tige suf-
frutescentes. Feuilles très entières ou den¬
tées , roselées à l’extrémité des ramules
stériles. Grappes terminales et oppositifo-
liées, lâches, nues, pauciflores. Pédicelles
filiformes ; les fructifères point réfléchis.
Fleurs inodores. Corolle d’un pourpre violet.
Ce genre ne comprend que 2 espèces.
VA. deltoidea DC. (A lyssurn dcltoidcum
L.), dont VA. purpurea du même auteur
n’est qu’une variété , se cultive comme
plante d’ornement ; elle forme des gazons
serrés, d’un vert glauque, couverts de fleurs
depuis le commencement du printemps jus¬
qu’à la fin de mai ; elle est très rustique ,
et très propre à garnir des glacis ou des
rocailles. Cette plante croît dans les monta¬
gnes de l’Italie méridionale, de la Grèce, de
l’Asie Mineure et de la Syrie. VA. Colum-
7i æ Ténor. , indigène de Calabre et des
Abruzzes, n’est pas moins élégant que ses
congénères. (Sp.)
* AUBURON. bot. cr. — Nom qu’on
donne, dans le département des Vosges, à
l’Agaric poivré ( Ag . piperatiis Auctor.),
A. acris de Bulliard. (Lév.)
* AUCEPS. arach. — M. Walckenaër I
( Ins. aptères , Suites à Buflon) dési¬
gne sous ce nom la troisième race oli di¬
vision du genre Mygale, ne comprenant en¬
core qu’une seule espèce. Voy. mygale.
(»*•)
* AUCHENANGIUM ( a.ùyri'j , COU ;
à'j-Ei'ov, Yase). bot. cr. — Nom par lequel Bri-
del avait d’abord fait connaître un genre de
Mousses acrocarpes, qu’il a ensuite désigné
( Bryol . univ. ) sous celui d 'O reas, que
MM. Hooker et Schwægrichen rapportent
aux Weissies, et qu’enfin M. Hornschuch a
définitivement établi en lui imposant le
nouveau nom de Mielichhoferia. Voy. ce
mot. (C. M.)
AUGMENTA (aùyîvtoç , qui appartient à
la tête ou au cou), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères , famille des Chrysoméli-
nes , établi par Mégerle aux dépens du g.
Crioceris de Fabricius, et adopté par M.
Dejean, qui, dans son dernier Catalogue, y
rapporte trois espèces , toutes d’Europe.
M. Westwood, qui l’adopte également dans
son Syjiopsis of Généra, etc. , le carac¬
térise ainsi : Antennes plus courtes que le
corps, ayant les articles allongés, le deuxième
et le troisième moins, longs que les autres.
Nous citerons, comme type du g., V Auche-
nia suhspinosa ( Crioceris id. Fabr. ) ,
qu’on trouve à Paris et dans presque toutes
les Contrées de l’Europe. (D. et C.)
AUGMENTA, (aùy^v, cou), mam,— Nom
latin du genre Lama. Voyez ce mot.
AUCMÉNOPTERES. ( a ùyry , cou ;
iTTEpov , aile ). poiss. — Nom donné par
M. Duméril , dans sa Méthode ichthyolo-
gique , à une famille de Poissons de l’ordre
des Holobranches, dont les nageoires infé¬
rieures précèdent les thoraciques et sont
placées sous le cou. Elle répond à l’ordre
des Jugulaires de Linné, et comprend les
genres Callionyme , Uranoscope , Batra-
choïde , Murénoïde , Oligopode , Blennie ,
Calliomore , Vive , Gade , Chrysostrome et
Kurte , qui , dans la méthode de Cuvier et
dans celle de M. de Blainville , sont distri¬
bués dans plusieurs ordres. (C. d’O.)
AUCHÉNORHYNQUES ( aùy;h'> , cou j
pô-yxoç, bec), ins. — M. Duméril (Considèr.
gènèr. sur les Ins.) désigne, sous ce nom,
une de ses familles comprenant la plus
grande partie des Hémiptères homoptères.
et renfermant les genres Cicada , Flata »
332
AUC
AUD
Mcmbracis , Fulgora , Lis Ira, Cercopis ,
Delphax, Centrolus. Voy. chacun de ces
mots. (Bl.)
* AUCIIERA ( Aucher-Eloy , bota¬
niste-voyageur, mort à Ispahan , en 1839).
bot. ph. — La seule espèce qui consti¬
tue ce g. est originaire de la Perse. C’est
une herbe vivace, rameuse, dont la tige
porte des feuilles pinnatiüdes , à lobes ai¬
gus, et terminée en une sorte de panicule
lâche , composée de capitules multiflores
homogames, présentant un involucre com¬
posé d’écailles étroitement imbriquées et
terminées par une petite pointe raide et
calleuse. Le réceptacle plan , .et couvert de
longues fibrilles , porte des fleurs à tube
très court, à gorge longue, cylindracée, di¬
visée en 5 lobes dressés, et à l’orifice de la¬
quelle naissent les étamines , à filets gla¬
bres, supportant des anthères caudiculées.
Les fruits, glabres, comprimés, terminés
par un rebord bidenté et une aréole basi-
aire, sont couronnés d’une aigrette unisé-
riée et composée de soies raides , à peine
dcnticulées et très caduques. — Le g. Au-
cher a, très voisin de V Ancuthia, fait par¬
tie du groupe des Composées - Cynarées.
(j- »•;
AUCUBA ou AUKUBA. Aucuba ,
Thunb. bot. ph.^ — Ce genre a de l’affinité avec
la famille des Rhamnoïdes, où je l’ai précé¬
demment placé, et avec celle des Loran-
thées, où l’avait mis M. Richard. Les carac¬
tères en sont : Fleurs dioïques ; calice
tronqué, très petit, à quatre dents; quatre pé¬
tales ovales, ouverts. Étamines 4 ; un style ;
un stigmate ; baie monosperme, -—On n’en
connaît qu’une espèce, qui est l’ Aucuba du
Japon {Aucuba japonica Thunb.). Ar¬
buste de quatre à cinq pieds, très rameux.
Ses feuilles sont persistantes , opposées ,
ovales-aiguës , coriaces , d’un vert clair et
luisant, tachées ou marbrées de jaune ou de
blanc. Ses fleurs , qui paraissent en avril ,
sont brunes , petites , peu apparentes. On
cultive beaucoup cet arbuste dans nos jar¬
dins pittoresques , à cause de l’effet qu’il
produit, surtout en hiver, par ses feuilles
d’un vert pâle et agréablement panachées.
On le plante dans une terre franche, légère,
à une exposition à demi ombragée , et on
le garantit de l’humidité pendant l’hiver ;
mais il faut avoir le soin d’en conserver
quelques pieds en orangerie ; car , sous la
latitude de Paris, il périt quelquefois dans
les hivers rigoureux. On le multiplie fort
aisément de marcottes et de boutures, qui
sont quelquefois reprises en quinze jours.
Il ne faut pas regarder les taches foliaires
de l’Aucuba comme un caractère spécifique,
mais seulement comme une maladie asthé¬
nique, qui se communique aisément d’indi¬
vidu à individu par l’inoculation. Du reste,
il en est de même pour tous les autres vé¬
gétaux panachés ou maculés, tels que Buis,
Alaternes , etc. L’inoculation se pratique
absolument comme la greffe en écusson , à
cette différence près qu’il n’est pas néces¬
saire de lever un œil (gemme) avec l’écus¬
son, mais simplement un morceau d’écorce.
Ce fragment, se trouvant infecté de la ma¬
ladie , suffit pour en infecter toutes les
branches qui croissent au-dessus de lui , et
quelquefois même celles qui sont placées
dessous, comme l’expérience me l’a prouvé.
(Boit.)
* AUDIBERTIA, Benth. {Bot. Reg.,
tab. 1469 ; Labial p. 312). bot, th. —
Genre de la famille des Labiées, tribu des
Monardées, s. -tribu des Salviées, de M.
Bentham, qui lui assigne pour caract. :
Calice ovoïde, 2-labié ; lèvre supérieure en¬
tière ou courtement 3-dentée, concave ; lè¬
vre inférieure 2-fide ; gorge nue. Corolle à
tube aussi long ou plus long que le calice;
lèvre supérieure à 2 lobes étalés ; lèvre in¬
férieure 3-fidc ; segments latéraux ovales ou
oblongs, étalés; segment moyen très large,
échancré. Étamines 4 : les 2 inférieures
ascendantes, fertiles, souvent saillantes ;
les 2 supérieures minimes , clavifofmes ,
stériles. Anthères 1-thèques, linéaires, à
connectif filiforme, articulé au filet, ascen¬
dant , transverse , inappcndiculé ou très
courtement rostré postérieurement. Stig¬
mates courts, subulés. Akènes trièdres,
glabres. Herbes ou sous-arbrisseaux en
grappes ou en panicules. Ce g. est propre
à la Californie; M. Bentham en a énuméré
6 espèces. ($?.)
* AUDOUI1VELLE. Audoinnclla (nom
propre), bot. cr. — Ce g., de la famille des
Phycées , a été fondé par M. Borv {Dict.
class ., t. III, p. 340) aux dépens de quelques
Confervacées ectocarpes. Il lui a assigné
pour caractères : filaments cylindriques.
AÜG
AUG
S 33
sans renflement aux articulations , et pro¬
duisant des gemmes extérieures , nues ,
ovales-oblongues , opaques et stipitées. Il
le dédia à son collaborateur, M. Victor
Audouin , célèbre entomologiste , depuis
membre de l’Institut. M. Bory divise en¬
suite ce genre en deux sections: l’une con¬
tenant des espèces à gemmes solitaires ,
l’autre remarquable par ses gemmes agré¬
gées sur un même pédicule.
Bonnemaison , dans ses Hydrophytes lo-
culées ( Mèm . du Mus. dJhist. nat., 1825),
a commencé à attaquer le genre du savant
micrographe, en en séparant la seconde des
deux divisions, dont il fait le type du genre
A udouinella , rejetant l’autre parmi les
Ectocarpes.
Enfin , M. Duby, qui , à cette époque du
moins, semble n’avoir pas eu connaissance
du travail de Bonnemaison , puisqu’il ne le
cite pas, M. Duby ayant remarqué, comme
ce naturaliste , que l’une des espèces com¬
prises dans le genre en question appartenait
bien évidemment au genre Ectocarpus, en
entreprit aussi la réforme et en traça ainsi
les nouveaux caractères : Filaments courts,
rameux , extrêmement ténus , doués d’une
certaine rigidité , pourpres ou violets ; con-
ceptacles ovales-oblongs , sessiles , termi ¬
naux ou latéraux , agglomérés sur des ra¬
meaux nombreux, alternes, extrêmement
courts. Les deux seules espèces qui com¬
posent ce genre ainsi circonscrit sont les
Conferva chalybæa et Hermanni Roth.,
appartenant toutes deux, mais l’une comme
simple variété de l’autre, au genre Trenic-
pohlia , Ag., norcHoffm., auquel nous ren¬
voyons le lecteur. (G. M.)
* AUDOUINI A , Brongn. ( inAnn.de
sc. nat., t. VIII, p. 386, tab. 38, fig. 1).
bot. th. — Genre de la famille des Brunia-
cées, fondé sur une seule espèce ( A . capi-
tata Brongn., Diosma capitata Thunb.).
C’est un sous-arbrisseau, habitant le Cap de
Bonne-Espérance ; ses feuilles sont imbri¬
quées en spirale ; les fleurs , de couleur
pourpre, agrégées en capitule terminal spi-
ciforme. (Sr.)
* AUGE (aùpî, éclat, splendeur), ins. —
M. Dejean, dans son dernier Catalogue (3e
édit.) qui a paru en 1837, désigne ainsi un g.
de Coléoptères pentamères, famille des Ma-
lacodermes , tribu des Lampyrides , que
M. Delaporte avait créé antérieurement sous
le nom de Hyas [Ann. de la Soc. ent. de
France , 1833, pag. 127 et 134), pour y placer
les Lampyr. denticornis de Germar, fla-
bellala et gutlata ? Fabr. Ces trois espèces
paraissent être identiques avec celles que
M. Dejean nomme de son côté : A. Hcrbstii,
Olivieri et Panzcri. La première est ori¬
ginaire du Brésil et les deux autres de
Cayenne. Le nom d 'Auge fait allusion à l’é¬
clat phosphorescent que répandent ces in¬
sectes pendant la nuit. Voy. hyas.
(D. et C.)
AUGEA, Thunb. ( Flor . Cap., 386 ).
(aùyn, éclat), bot. ph. — Genre incomplète¬
ment connu et non classé. Son auteur lui
assigne les caract. suivants : Calice 5-parti,
persistant, à segments ovales, dressés, con¬
caves. Corolle nulle. Disque urcéolaire ,
périgyne court, 10-denté. Étamines 10 ; filets
très courts , insérés aux dents du disque ;
anthères dressées, subulées, sillonnées.
Ovaire à style filiforme, très court. Stigmate
simple. Capsule charnue, 10-loculaire , 10-
valve, polysperme. Graines à arille mem¬
braneux. — VAugea capensis est la seule
espèce du genre ; c’est une herbe charnue ,
annuelle , glabre , rameuse dès la base , à
feuilles opposées, connées, cylindriques;
les fleurs sont géminées ou ternées, solitai¬
res , latérales , pédicellées. (Sr.)
* AUGEA, Retz [Oh s., V, p. 3) (corpi ,
éclat), bot. th. — Syn. du genre Lanaria ,
Thunb., de la famille des Hémodoracées.
(Sx*-)
AUGIA, Lour. [Flor. Cochinch., p.411)
(aCrpi, éclat), bot. ph. — Genre incomplète¬
ment connu, qu’on rapporte avec doute à la
famille des Térébinthacées ; son auteur en
donne les caractères suivants : Calice disci-
forme, minime. Pétales 5, oblongs, étalés,
insérés au réceptacle. Étamines très nom¬
breuses , insérées au réceptacle ; filets fili¬
formes, plus longs que la corolle; anthères
arrondies. Ovaire inadhérent , comprimé ,
suborbiculaire. Style filiforme, à stigmate
obtus. Drupe sublenticulaire, verticalement
comprimé, petit, luisant, à noyau 1-sperme.
— Le genre n’est fondé que sur une seule
espèce : A. sinensis Lour.; c’est un arbre
de taille médiocre; à écorce scabre ; à feuilles
impari-pennées, subquinquéjuguées ; à fo¬
lioles très entières ; les fleurs sont en pa-
AUL
AUL
3 34
nicules grandes, lâches, subterminales. Au
témoignage de Loureiro, cet arbre contient
un suc résineux , qui donne le vrai vernis
de Chine. (Sp.)
AUGITE. Augitcs , Plin. (aù-pi, éclat).
min. — Nom employé dans la minéralogie
allemande pour désigner le Pyroxène noir
des volcans. Voy. pyroxène. (Del.)
* AUGNATHE. Augnathus (au, ad¬
verbe qui exprime le redoublement, la ré¬
pétition ; ‘yvàQo?, mâchoire), térat.— Genre
de Monstres doubles appartenant à la famille
des Polygnathiens. (I. G. -S. -H.)
* AUGOCORIS ( aùpi , éclat ; xo'ptç ,
punaise ). ins. — Genre de la famille des
Scutellériens , de l’ordre des Hémiptères,
établi par M. Burmeister (. Hanclb . der ent.)
et adopté par M. Brullé ( Hist . des Ins.) et
nous ( Hist . des anim. art . , t. IY). Les
Augocoris ont absolument le même aspect
que les espèces du genre Scutcllera , dont
on ne saurait les distinguer au premier
abord; en effet, ils n’en diffèrent réelle¬
ment que par leurs antennes composées
seulement de trois articles, caractère qui
les distingue complètement de tous les au¬
tres Scutellériens , dont les antennes ont
quatre articles et le plus souvent cinq. Nous
ne connaissons encore que trois espèces
américaines du genre Augocoris , dont la
plus répandue est VA. Gomesii Burm. du
Brésil. (Bl.)
AUGUO. bot. th. — C’est le nom qu’on
donne, sur les côtes de Provence, à la Zos-
tera océanien L. Voy. zostère. (C. d’O.)
* AUGUSTA, Pohl. [Plant. Bras ., II).
bot. ph. — Synonyme du genre Schreiber-
sia du même auteur, de la famille des Ru-
biacées. (Sp).
* AUGUSTA. bot. ph. — Synonyme du
genre Stiftia , Mik. Voy. ce mot. (J. D.)
* AUGUSTEA, DC. ( Prod ., IY, p. 404).
bot. ru. — Synonyme du genre Schrei-
bersia , Pohl., de la famille des Rubiacées.
AUJOM. bot. ph. — Synonyme d’AjoNc.
AUK. ois. — Nom du Pingouin , Alca
torda, en Angleterre. Voy. pingouin.
AUKUBA, Kœmpf. [Amoen). bot. ph.
— Synonyme du genre Ancuba. (Sp.)
AULACIA , Lour. [Flor. Cochinch .,
1. 1, p. 335). bot. ph.— On suppose que c’est
un double emploi du genre Cookia , de la
famille des Aurantiacées. (Sp.)
*AULACIDIUM, Rich. Mss. bot. ph
— Syn. du genre Salpinga , Mart., de la
famille des Mélastomacées. (Sp.)
* AUL ACIGASTRE . Aulacigasler
(auXa£, sillon; ^aa-nif, ventre), ins. — Genre
de l’ordre des Diptères , division des Bra-
chocères, subdivision des Dichœtes, famille
des Athéricères , tribu des Muscides , sec¬
tion des Acalyptères, sous-tribu des Hété-
romyzides. Ce genre est formé par M. Mac-
quart d’une seule espèce [A. rufitarsis ) ,
trouvée aux environs de Liège. Le petit
diptère sur lequel ce genre est fondé se
distingue particulièrement des autres Hé-
téromyzides par la nervure médiastine des
ailes, qui est double à l’extrémité, comme
dans les Muscides des tribus supérieures.
Son nom générique fait allusion aux lignes
transversales dont l’abdomen est sillonné.
(D.)
'AULACINTHUS, E. Meyer. Buchen-
rœdera- , Eck. et Zey. bot. ph. — Genre
de la famille des Papilionacées (tribu des
Lotées , sous-tribu des Génistées ) , auquel
son auteur [Commet., p. 156) assigne pour
caractères : Calice inégalement 5-parti, non
bilobé , à lobes latéraux connivents. Éten¬
dard ample, déployé, plus long que la ca¬
rène. Carène arquée, obtuse, plus longue
que les ailes. Étamines incluses. Légume
rectiligne , polysperme , bouffi , à suture
dorsale infléchie. — Arbustes à feuilles
trifoliolées ; folioles linéaires. Fleurs en
grappes terminales. Ce genre , propre au
Cap de Bonne-Espérance , n’est fondé que
sur deux espèces , que M. Bentham ( An¬
nal. Wien. Mi/s., II, p. 142) ne croit pas
suffisamment distinctes des Aspalathus.
(Sp.)
*AULACIUM (auXal;, sillon), ins. —
Genre de Coléoptères pentamères , famille
des Lamellicornes, tribu des Coprophages
établi par M. Dejean [Cat., 3e édit.) aux
dépens du g. Circellium de Latreille, pour
y placer une espèce qu’il rapporte à VA-
teuchus Hollandiœ de Fabricius ; mais
M. Hope [Coleopterist! s Manual , p. 55)
fait observer que cette espèce , qu’il a vue
dans plusieurs collections de Paris, est très
différente de celle de Fabricius; et, en effet,
la figure qu’il donne de cette dernière , et
qui ressemble parfaitement à celle d’Oli¬
vier (1, 3, 217, pl. 13, fig. 117), citée par Fa-
AUL
335
bricius, représente un coléoptère à corse¬
let, sans carène dans le milieu, arrondi à
la base et sur les côtés, et se joignant exac¬
tement aux élytres , comme dans les On-
ihophagus ; tandis que l’espèce de M. De-
jean, dont nous avons vu trois individus,
l’un dans la collection du Muséum , et les
deux autres dans celles de MM. Reiche et
Chevrolat, ont le corselet caréné dans le
milieu , très dilaté sur les côtés , avec les
angles postérieurs très saillants et la base si¬
nueuse et séparée de celle des élytres. D’un
autre côté, l'espèce d’Olivier, de Fabricius et
de M. Hope, est de la taille de V Onthopha-
gus Schrehcri , comme le dit le premier
de ces trois auteurs, tandis que l’insecte de
M. Dejean est du double plus grand. Le
seul point de ressemblance qui existe entre
ces deux espèces, est d’avoir toutes deux
les élytres sillonnées; du reste, elles ont un
faciès tellement différent, qu’elles ne peu¬
vent appartenir au même g., et qu’on ne
conçoit pas comment M. Dejean a pu rap¬
porter la sienne à celle d’Olivier et de Fa¬
bricius.
M. Delaporte, dans son Hist. nat. des
Coléoptères , faisant suite au Buffon-Du-
mènil , p. 74, a également fondé, sur l’es¬
pèce dont il s’agit, un genre qu’il nomme
Menlophilus ; et, de même que M. Dejean,
dont il aura probablement suivi l’autorité,
sans se donner la peine de vérifier, il a aussi
rapporté cette espèce à celle d’Olivier et de
Fabricius. Il résulte de tout ceci que VAu-
lacium Hollandiœ de M. Dejean devra
recevoir un autre nom spécifique. Quant à
son nom générique , il faudra opter entre
celui de cet auteur et celui de M. Delaporte.
Four nous , nous pensons que c’est le der¬
nier qui doit être adopté, quoique plus ré¬
cent, par la raison que M. Delaporte, en
le publiant, a donné les caractères du g.;
ce que n’a pas fait M. Dejean à l’égard du
sien. Or , ce qui constitue un g., ce n’est
pas son nom , mais bien ses caractères.
Voy. MENTOPHiiiUs , et aussi le mot tes-
serôdon, nom du g., créé par M. Hope,
d’après le véritable Ateuchus Hollandiœ
de Fabricius, qui ne peut appartenir au g.
de MM. Dejean et Delaporte. (D. et C.)
* AULACOCHEILUS(a5Xo£, axoç, sil¬
lon; yjùx&ç, bord), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères , famille des Chrysoméli-
ATJL
nés, tribu des Érotylides, établi par M.
Chevrolat, et adopté par M. Dejean ( Catal .
3e édit.), qui y rapporte 4 espèces, dont
3 de Java et 1 des Philippines. Nous ne ci¬
terons que la seconde, décrite par Fabricius,
sous le nom d 'Erotylus h-pustulatus ,
comme étant de Sumatra; et que nous avons
mentionnée dans notre monographie des
Érotyles, pag. 49, comme ne pouvant ap¬
partenir à ce g. Les caractères assignés au
g. Aulacocheilus , par M. Chevrolat, sont :
Antennes de 11 articles ; 3e aussi long que
le 4e et 5e réunis ; massue composée de 3
articles; 1er triangulaire renflé au milieu et
au sommet ; 2e transverse, à peine échan-
cré en croissant; dernier au 3/4 circulaire.
Palpes maxillaires à dernier article en bou¬
ton; labiaux modérément allongés et renflés;
leur dernier article , terminé subitement en
pointe courte. Corps ovalaire, court, large,
convexe ; corselet transversal sinué à la
base, avec le milieu légèrement lobé ; écus¬
son large, irrégulièrement arrondi en ar¬
rière, et tronqué en avant; élytres sillon¬
nées sur leurs bords latéraux. Les espèces,
connues jusqu’à ce jour, sont noires , à
taches jaunes sur les élytres. (D. et C.)
* AUX- ACOBE . Aulacodus (auXa£, re-
pli; oô'cuç, dent), mam. — Dans son tableau
des Mammifères, M. Temminck indique
sous ce nom un genre de l’ordre des Ron¬
geurs établi par le professeur W. Swinder,
de Groningue; et il lui consacre sa septième
monographie.
Le sujet unique observé par M. Tem¬
minck était jeune , et voici quels caractères
on a pu lui reconnaître :
Incisives 2/2 ; les supérieures fortement
cennelées et pourvues chacune de deux sil¬
lons ; les inférieures lisses ; molaires 2/2,
seulement de chaque côté ; les supérieures
partagées en deux sillons profonds, lesquels
forment trois collines; le premier de ces sil¬
lons traverse entièrement la dent ; mais le
second est arrêté par un talon interne, qui
réunit l’extrémité des deux crêtes ou col¬
lines postérieures. La première des deux
molaires inférieures a trois sillons et quatre
collines ; le sillon postérieur traverse en¬
tièrement la dent; la seconde molaire res¬
semble aux deux supérieures. La forme de
ces dents offre quelque analogie avec celle des
parties correspondantes dans les Marmottes.
AUL
AUL
33G
Point d’abajoues ; le museau court, large
et obtus ; à l’extérieur on ne voit que quatre
doigts à tous les pieds ; mais le squelette
montre un pouce distinct , comme cin¬
quième doigt aux pieds de devant; ce doigt
manque de phalange onguéale , et n’est pas
visible extérieurement. La queue est plus
courte que la moitié du corps et de la tête et
entièrement couverte de poils. Les oreilles
sont très grandes ; le bord externe en demi-
cercle complet, et la conque pourvue de
plusieurs appendices membraneux.
« Notre animal , dit M. Temminck , a
quelques rapports avec les Porcs-Épics , et
c’est des Marmottes qu’il s’éloigne le moins
par la forme des dents. »
L’espèce unique de ce genre, X Aula-
oodus swinderianus Temm. ( Monog.
Mammal., t. I, p. 248), était, comme on le
voit , trop incomplètement connue , pour
qu’on pût en déterminer d’une manière posi¬
tive les rapports zoologiques. Encore très rare
aujourd’hui dans les collections, cet animal
y est cependant représenté par quelques
exemplaires; et M. Jourdan avait commencé
à son sujet un travail dont nous avons vu
les planches en épreuves, mais qui n’a pas
encore paru. Le Muséum doit à l’un de ses
voyageurs-naturalistes, feu M. Heudelot, un
exemplaire adulte de X Aulacodus. L’A¬
frique, au sud du Sénégal, est la patrie de
ce mammifère, et il appartient incontesta¬
blement à la famille des Hystriciens ou
Porcs-Épics.
Sa queue est de moyenne longqeur, et
ses poils sont épineux , surtout aux parties
supérieures. Le crâne nous a présenté les
particularités suivantes : il est trapu, élargi
à l’espace inter-orbitaire, pourvu d’une crête
occipitale puissante ; d’un grand trou sous-
orbitaire ; d’apophyses styloïdes bien dé¬
veloppées; de caisses du tympan peu renflées
et de trous incisifs allongés. Le front est
bombé de chaque côté, et les os du nez sont
également convexes dans leur longueur, ce
qui laisse entre eux une sorte de gouttière.
Le canal lacrymal s’ouvre en arrière de l’a¬
pophyse jugale du maxillaire ; il est plus
grand que chez les autres Hystriciens. La mâ¬
choire inférieure est assez semblable à celle
des Capromys. Sa symphyse est élargie et
solide. L’émail des molaires forme des re¬
plis assez compliqués, en feston et inver¬
sement disposés à chaque mâchoire. Il y a
supérieurement trois replis externes et deux
internes pour chacune des quatre paires de
molaires (1), et inférieurement trois replis
ou festons internes et deux externes. Les
sommets intérieurs des festons externes et
internes se touchent presque , et la partie
éburnée qu’ils laissent entre eux est très peu
considérable. La barre ou espace vide entre
les incisives et les molaires est plus considé¬
rable supérieurement qu’inférieurement.
Les incisives sont larges et puissantes; celles
d’en haut, les seules qui soient sillonnées,
ont chacune trois sillons ; un presque mé¬
dian , le plus marqué de tous , et deux à
son bord externe ; le second , ou le plus
interne, étant plus considérable que l’autre.
Longueur du crâne : 10 centimètres.
M. Heudelot étant mort avant la fin de
son voyage, on n’a aucun détail sur les
mœurs de l’Aulacode adulte. L’exemplaire
qu’on lui doit est indiqué comme provenant
du Fouta Dhiallon, dans la Sénégambie.
(P. G.)
* AULACOBÏJS ( auXcci; , sillon; ôSoûî,
dent), ins. — Genre de Coléoptères pentamè¬
res, famille des Lamellicornes, tribu des Sca-
rabéidesphyllophageSjétabliparEschscholtz
( Entomo graphie a , Berlin, 1822), qui lui at¬
tribue pour caractères : Mâchoires cornées,
sillonnées à l’extrémité, dilatées intérieure¬
ment, ciliées. Labre transverse. Les quatre
derniers articles des tarses antérieurs, dila¬
tés; une épine droite entre les cuisses anté¬
rieures. Ce g., voisin des Anomale*, a pour
type une espèce du Brésil, nommée par l’au¬
teur A. flavipes, figurée et décrite dans l’ou¬
vrage précité, pag. 20, tab. 1, fig. 2. M. Mac-
Leay ( Horœ entomologicœ , p. 78), a décrit,
sous le nom de A . kirbyanus , une seconde
espèce, avec laquelle il a fait son genre Leu-
cothyrcus , qui doit prévaloir comme plus
ancien. Voy. ce mot. (d. et C.)
* AULACOMEHUS (au).ai; , sillon; u.i-
poç, cuisse), ins. — Genre de la famille des
Ichneumoniens, de l’ordre des Hyménop¬
tères, section des Térébrans, établi par M.
Spinola ( Ann . soc. en!, de Fr., t. IX), sur
une seule espèce recueillie à Cayenne. Ce
genre est surtout caractérisé par des anten-
(i) Il y a , en effet , quatre paires de molaires à cliaquo
mâchoire , au lieu de trois, comme le supposait IA. Tcm-
miti'k.
AUL
337
nés de neuf articles seulement ; par des pal¬
pes maxillaires très longs et filiformes ;
par des labiaux, ayant tout au plus le tiers
de la longueur des maxillaires et leur 4e
article cylindrique brusquement terminé en
pointe fine ; par des ailes ayant une seule
cellule radiale et 4 cubitales, et des pattes de
la 3e paire, ayant des hanches extrêmement
grandes, et des cuisses encore plus longues,
très épaisses, renflées, etc.; leur bord infé¬
rieur offrant un profond canal dans lequel
la jambe peut pénétrer. La seule espèce
connue de ce genre remarquable est VA.
Buquetii Spin. (Bl.)
*AULACOMNXON (aStaÇ, axo;, strie,
sillon ; jAvtov, mousse ). bot. cr. — Genre
de la famille des Mousses, division des
Acrocarpes , récemment établi par M.
Schwægrichen ( Hedw . Suppl. III, p. 1,
t. 215) aux dépens des Mnium de Linné,
et qui a pour type, le Mnium androgy-
num. En voici les caractères : Péristome
double; l’extérieur composé de 16 dents li¬
bres et dressées ; l’intérieur formé d’une
membrane plissée à la base , divisée en un
nombre égal de dents opposées aux pre¬
mières et portant des cils dans leur inter¬
valle. Capsule inégale, oblique, striée ou
sillonnée. Opercule conique. Coiffe subulée.
Fleurs dioïques terminales. Tiges longues,
droites, rameuses, à rameaux quelquefois
dénudés de feuilles , chargés de gemmes à
leur sommet , ou seulement prolifères.
Feuilles lancéolées, rapprochées, à nervure
disparaissant avant la pointe et à réseau
composé de cellules rhomboïdales ou arron¬
dies. Pédoncule terminal, droit, en général
plus court que la tige. — Trois Mousses
européennes , dont deux sont communes à
l’Amérique boréale, composent ce genre.
Elles habitent de préférence les lieux maré¬
cageux ou du moins très humides. MM.
Bruch et Schimper ( Bryol . curop. Fuse . X)
réunissent à ce genre V Arrhcnoptcrum ,
dont nous avons parlé plus haut. (C. M.)
* AUL ACOP ALPU S (mot hybride com¬
posé de auXa^, axo;, sillon, et de palptis,
palpe ). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Lamellicornes, tribu des
Xylophiles de Lat. , établi par M. Guérin-
Méneville ( Mag . zool. , 1838 , Ins. du
j voyage de la Favorite , pag. 57). Ce g. est
voisin des Amblyterus de Mac-Leay, et
AUL
n’en diffère essentiellement que parce que le
dernier article de ses palpes maxillaires est
fendu au côté interne, et surtout parce que
son labre est invisible. Il est fondé sur une
seule espèce trouvée au Pérou, dans les en¬
virons de Lima, et nommée Aul. viridis
par l’auteur. (d. et C.)
* AUL ACOPHQRA (a ùXai- , sillon ; <po-
pa, action de porter), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Chysomélines,
tribu des Gallérucites , établi par M. Che-
vrolat, qui lui donne les caractères sui¬
vants : Pénultième article des palpes maxil¬
laires ovoïde, dernier turbiné, court, poilu.
Antennes de 12 articles assez longs; 2e court;
12e petit, acuminé. Chaperon caréné trans¬
versalement et longitudinalement jusqu’au-
delà de l’insertion des antennes. Corselet
transverse , profondément sillonné en tra¬
vers et un peu sur les bords ; ceux-ci rele¬
vés faiblement. Tarses munis de 4 cro¬
chets; les internes plus courts, isolés. — Ce
genre a été adopté par M. Dejean qui, dans
son dernier Catalogue , 3e édit., y rapporte
21 espèces , la plupart de Java , les autres
des Indes-Orientales , de l’Afrique et de la
Nouvelle-Hollande. Nous citerons , parmi
ces espèces, comme type du g., la Galle -
ruea quadraria Oliv., de Java.
(D. et C.)
* AULACOPHORA ( aùXa£ , sillon ;
©opa , action de porter), bot. ph. — M. De
Candolle a donné ce nom à une section du
g. Cacalia , laquelle renferme plusieurs
espèces indigènes des îles de France et de
Madagascar, et caractérisées principalement
par leurs réceptacles coniques , leurs fruits
sillonnés, ainsi que leurs fleurs jaunes, du
centre desquelles s’élèvent des anthères de
couleur lilas. (J. D.).
* AULACOPUS ( auXaü; , sillon; woj3ç,
pied), ins. — Genre de Coléoptères tétra¬
mères, famille des Longicornes, établi par
M. Serville^nw. Soc. ent. de Fr., I, p. 144),
qui le place dans sa tribu des Prioniens, et lui
donne pour caractères distinctifs des genres
voisins : Mandibules courtes dans les deux
sexes. Corselet sans fortes épines latérales,
sans dilatation. M. Dejean, qui a adopté ce
genre dans son dernier Catalogue, n’y rap¬
porte qu’une seule espèce du Sénégal , dé¬
crite par M. Serville, sous le nom d’/f. re -
ticulatus. (D. et C.)
t. u«
Aiir.
338 AUL
’ AULACORAMPHUS (*5x*S , sillon ;
fAu.<po;f bec), ois. — M. G. B. Gray, dans
sa List of the (jettera ofhirds , a cru de¬
voir substituer ce nom générique à celui
d’ Aulacorhynchus de Gould, déjà employé
en botanique. Voy. aracari. (Lafr.)
* AULACORHYNCHUS (a5x*Ç, sil¬
lon; pô'p'oç, bec), ois. — Genre formé par
M. Gould dans la famille des Toucans.
Voy. aracari , genre dont il fait partie
comme sous-genre. (Lafr.)
*AULACO RIIYjVQUE . Aulacorhijn-
chus (auXai-, sillon ; pù-y/o?, bec), bot. m.
— M. le professeur Nees d’Esenbeck a donné
ce nom à un genre de la famille des Cypé-
racées , tribu des Sclériées, qui a pour ca-
ract. distinctifs : Fleurs unisexuées, dis¬
posées en épillets. Épillets mâles multiflo-
res ; épillets femelles ne contenant qu’une
seule fleur. Dans les épillets mâles, les
écailles sont imbriquées en tous sens ; les
inférieures sont vides. Étamines au nombre
de trois. Dans les épillets femelles , les
écailles sont également imbriquées en tous
sens. La fleur se compose de deux paillettes
entières et opposées. Style renflé à sa base,
trifide à son sommet, qui porte trois stig¬
mates allongés. Le fruit est un akène lagé-
niforme, terminé par un bec ferme et à
trois sillons. — Ce genre, très voisin des
Scleria , se compose d’une seule espèce ,
qui est originaire du Cap de Bonne-Espé¬
rance. (A. R.)
* AULACOSCELIS ( aûXaÇ , sillon ;
oxsXê;, cuisse), ins. — Genre de Coléoptères
tétramères, famille des Cbrysomélines, éta¬
bli par M. Chevrolat, et adopté par M. De-
jean, qui, dans son dernier Catalogue, n’y
rapporte qu’une espèce nommée A .melano-
cera par M. Chevrolat, et qui a été trouvée
dans les environs de Mexico . Ce genre est très
voisin du genre Phyllochara de Dalman,
et ses caractères , suivant l’auteur , sont :
Corps assez long, plan. Tête déprimée se-
mi-circulairement au-dessus des antennes.
Palpes maxillaires à derniers articles en
ovoïde long. Antennes de 12 articles, 3-9,
égaux, élargis angulairement en dedans.
Les parties suivantes sillonnées : le corselet
à la base et sur les côtés, les cuisses à leur
extrémité inférieure, et les jambes extérieu¬
rement. L’espèce unique de ce genre est
écarlate , avec les derniers articles des an¬
tennes et tes pattes, à l’exception des cuis¬
ses, noirs ; les élytres sont finement ponc¬
tuées çà et là. (D. et C.)
* AULACOSPERMUM, Ledeb. (aùXaH,
sillon ; <nrspu. a, graine ). bot. th. — Syno¬
nyme du genre Cnidium , Cuss. (Sr.)
*AULACUS (aùXa£, sillon), ins. — Genre
de l’ordre des Coléoptères tétramères , fa¬
mille des Curculionites , établi par Mégerle
qui n’en a pas publié les caractères. Schoen-
herr l’a réuni à son genre Gronops. Voy.
ce mot. (D. et C.)
AULACUS (aOXa£ axoç , sillon), ins.
— Genre de la famille des Évaniens ( Eva -
niâtes , Lat.) , de l’ordre des Hyménop¬
tères , section des Térébrans , établi par
Jurine ( Notiv. méthode pour classer
les Hym .), sur une seule espèce de l’Eu¬
rope méridionale qu’il a nommée Aulacus
strialus. Ce genre, adopté par tous les en¬
tomologistes, se fait surtout remarquer par
un abdomen en forme de faucille , avec la
tarière des femelles longue et très grêle ;
par des antennes filiformes, composées de
quatorze articles, et par des ailes présentant
une seule cellule radiale et trois cubitales
à peu près d’égale dimension. (Bl.)
* AULADÈRE. Auladera (aùXa£, sil¬
lon; cou), ins. — Genre de Coléoptères
hétéromères, delà famille des Mélasomes de
Latreille, formé par Salier , aux dépens des
Nyctélées, dont il diffère par le sillon pro¬
fond et transversal qui semble séparer la
partie antérieure de la tête de la postérieure.
Ce g. comprend deux espèces : les A. cre-
nicosta et andicola , qui ont été apportées
du Chili. (C. d’O.)
* AULÆMRR AN CHE S . Aulœdibran -
chia (aùXo'ç, flûte; gpa 7Xta, branchies),
roiss. — Latreille donne ce nom à une fa¬
mille d’ichthyodères , et MM. Ficinus et
Carus appellent ainsi une famille de Pois¬
sons dont les branchies communiquent à
l’extérieur par des trous latéraux. (C. »’0.)
* AULASTOME. Aulastoma %£,
sillon; ardp.a, bouche), annét. — Genre de
la famille des Hirudinées ou Sangsues ,
proposé par M. Moquin-Tandon, à la pag.
123 de sa Monographie , pour une espèce
de France (environs de Lyon) , et qui n’est
pas employée en médecine. Son principal
caractère générique est d’avoir les mâchoi¬
res réduites à une multitude de plis sail-
AUL
AUL
lants. M. de Blainville ( Dict . des sc. nat .,
t. LVII, p. 560) pense que la Sangsue type de
ce genre n’est autre que VHœmopis nigra
Sav., qui rentre dans son genre Pseudo-
bdella. (P. G.)
AULAX, Berg. ( FLor. Cap.) ( dùXdÇ ,
sillon), bot. ph. — Genre de la famille
des Protéacées , auquel M. R. Brown ( in
Linn. Trans., X, p. 49) assigne les ca¬
ractères suivants : Fleurs par avortement
dioïques; les mâles en grappes, les fe¬
melles en capitules. Périanthe 4-parti jus¬
qu’à la base , régulier. Étamines ( nulles
dans les fleurs femelles) 4, insérées au
milieu des segments du périanthe. Ovaire
(abortif dans les fleurs mâles) 1-loculaire ,
i-ovulé, accompagné de 4 squamules. Style
filiforme. Stigmate claviforme, oblique, his-
pidule, échancré. Noix 1-sperme, saillante,
ventrue, barbue. — Arbrisseaux très gla¬
bres. Feuilles alternes, très entières. Inflo¬
rescences terminales ; fleurs 1-bractéolées ;
les grappes mâles point involucrées, agré¬
gées ; les capitules femelles solitaires , ac¬
compagnés d’un involucre. Ce genre est
propre à l’Afrique australe ; on n’en connaît
que 2 espèces, cultivées comme plantes d’or¬
nement de serre. (Sp.)
AUL AXA AT HE . Àulaxanthus (aù-
XaH, sillon ; àvôoç, fleur), bot. ph.- — Genre
de la famille des Graminées, établi par El-
liot dans la Flore de Géorgie , et que Nut-
tal a, après lui, nommé Aulaœie.
(C. d’O.)
AULAXIE. Aulaxia (xùXai;, sillon).
bot. ph.— Ce genre formé par Nuttal, dans
la famille des Graminées , est très voisin
des g.Panicnm ët Milium, zi a surtout une
grande analogie avec le Milium ampki-
carpon. Ses caractères différentiels sont
des Yalves presque égales et munies de sil¬
lons velus. Nuttal en décrit deux esp. natu¬
relles à l’Amérique septentrionale. L’une
d’elles a été décrite par Michaux , sous le
nom de P ha taris villosa. (C. d’O.)
*AULAXINA (aùXaî;, strie), bot. cr. —
Ce nom a été donné par M. Fée à un genre
de ses Squammariées épiphylles, caracté¬
risé par un thallë orbiculaire , membra¬
neux, marqué de stries concentriques et
par des apothécies ( pseudo-lirelles) trian¬
gulaires , à angles aigus , impressionnées,
ouvertes. Nous fie pouvons juger de cette
3 39
production que sur la figure ( Crypt . ecor.
offre., t. il, f. 7) qti’en a donnée l’auteur,
car il a cru superflu de la décrire. Elle nous
paraît appartenir plutôt au genre Opègra -
phe qu’au genre Strignla , auquel la rap¬
porte M. Endlicher. La forme des thèques
ne s’oppose point à ce rapprochement. Cette
plante a, en effet, beaucoup d’analogie avec
mon Opcgrapha filicina ( flist. nat .,
Cuba, t. IX, f. 1) , qui croît aüssi sur des
feuilles. L’espèce de M. Fée habite les
feuilles des arbres et se trouve à Cayenne.
(C. M.)
*AULAXIS, Haw. (auXaÇ, sillon) ( Sax .,
p. 46). bot. ph. — Synonyme du genre ou
sous-genre Hydatica , Neck. , de la famille
dès Saxifragées. (Si*.)
* AULETES (aûXïÎTYïç , joueur de flû¬
te). ins. — Genre de Coléoptères tétramè-
res, famille des Curculionides, établi par
Schoenherr, qui le range dans sa division des
Rhinomacérides, et lui assigne les caractè¬
res Suivants : Antennes médiocrement lon¬
gues, insérées près de la base du rostre, de
onze articles, avec la massue allongée, li¬
néaire , distincte , composée d’articles peu
séparés. Rostre droit, un peu défléchi, cy¬
lindrique. Élytres oblongues, convexes,
avec lés angles huméraux obtus.— Ce genre
a pour typé et unique espèce VAiil. tiibi-
cen Sch., qui se trouve en Dalmatie. M.
Dejean, dans son dernier Catalogue , avait
appelé cette espèce Tubicenus Rytichiloi -
des ; mais dans le troisième et defnier, il a
remplacé ces deux noms par ceux do
Schoenherr. (D. et G.)
AULIQUE. Anlicus. reft. — C’est aifisi
que Linné à désigné une espèce de son g.
Côluber , à laquelle il faut rapporter la
ColiledVre Hébé de Dâudin , type d’un g.
que Boié a établi sous le nom de Lycbdon.
Voy. éë ihot. (G. B.)
* AULIZA. èoT. Vh. — Lé genre de plan¬
tes ainsi nommé par SalisbUry ( Trans.
hort. sbb., i, p. 261) n’est qu’üfi démem¬
brement du grand genre Epidchdrum dans
la famille des Orchidées. Voy. èpidendre.
(A. R.)
AULNE, bot. ph. — Ancien fiOm fran¬
çais de l’Aüne , AlnuS , L. Voy. ce mot.
AULNÉE. 6ot. pb. — Vieux nom do
l’Aun^e, Inula Helenium L. Voy. aunée.
(G. b’O.l
340
AUL
AULOPE. Aulopus. poiss. — Sous-
genre formé par Cuvier, dans le genre Sal -
mo. Voy ez saumon. (C. d’O.)
*AULOPIUM. zooph.— -Mot emprunté à
Donati , qui s’en servait pour désigner
quelques Zoophytes. M. Rafinesque ( Ana¬
lyse de la nature , p. 156) l’applique à un
genre du groupe des Isis, les Arthropses.
(P. G.)
*AULOPORE . Aulopora (aùXoç, flûte ;
TFo'poç, pore), zooph. foss. — Genre de la
famille des Sertulariés, qui se trouve dans
les terrains secondaires anciens.
(C. d’O.)
AULOPUS. roiss. — Voyez aulope.
AULOSTOMES (aùXôç , flûte ; aro^a,
bouche), roiss. — Ce genre, établi par La-
cépède aux dépens du g. Fistularia , L., a
été restitué par CuYier comme un simple
sous-genre. Voy. fistueaire. (C. d’O.)
*AULOSTOMIDES. A ulostomides (aù-
Xôç, flûte; GToaa , bouche), poiss. — La-
treille, Ficinus, Carus etEichwald, ont don¬
né ce nom à une famille de Poissons, com¬
prenant ceux dont la tête, allongée en un
long tube, a la forme d’une flûte.
(C. d’O.)
*AULTRIE. géol. — Sommet de la lon¬
gue colline qui borde la Seine entre Triel et
Meulan, et forme un cap au confluent de la
Seine et de l’Oise. Ce sommet, qui pré¬
sente une assez grande étendue, est for¬
mé par les meulières, et il correspond pour
la hauteur aux sommets des Champeaux
de Montmorency, des buttes Sanois, de
Montmartre et de la plaine de laBeauce. La
colline que termine l’Aultrie offre une très
belle coupe des terrains parisiens entre
Triel et Meulan. Le Gypse y est exploité à
mi-côte sur une grande échelle. (C. P.)
AULUS (aùXo;, tuyau, siphon), moee.— -
Plusieurs zoologistes, comme nous le ver¬
rons en traitant du genre Solen , ont tenté
de démembrer ce genre, et M. Oken , un
des premiers, a séparé les espèces Tellinoï-
des en un genre particulier, auquel il a
donné le nom d'Aulus. M. de Blainville a
fait de ces espèces son genre Solételline, et
nous verrons que la plupart des espèces
aplaties doivent faire partie des Psammo -
lies. Voy. ce mot. Quant au genre de
M. Oken, plusieurs de ses espèces doivent
rester parmi les véritables Solens, tandis
AUN
que d’autres doivent se ranger parmi les
Psammobies. (Desh.)
AUMUSSE {Almucia, tia, tium [basse
latinité]), moll. — Nom vulgaire d’une
belle espèce de Cône, Conus vexillum de
Bruguière et de Lamarck. Voy. cône.
(Desh.)
* AUJVATRE. Alnastcr, Sp. (allusion
à Alnus , Aune), bot. th. — Genre de la fa¬
mille des Bétulacées, tenant le milieu entre
les Aunes et les Bouleaux; il diffère de
ceux-ci par les écailles des chatons, qui sont
4-appendiculées ; par les fleurs mâles, qui
ont un périanthe d’environ 12-squamules
égales , et à peu près autant d’étamines ;
par les filets des étamines , qui sont indi-
visés ; par les chatons femelles , qui sont
disposés en grappes ; enfin , par la con¬
formation du strobile , semblable à celui
des Aunes. L’Aunàtre diffère des Aunes
par les chatons mâles qui ne sont point
disposés en grappes, et qui ont des écailles
uniflores ; par le périanthe des fleurs mâ¬
les, qui est formé de squamules disjointes ;
par le nombre plus considérable d’étami¬
nes, dont les anthères ont des bourses dis¬
jointes ; par les chatons femelles, qui nais¬
sent de bourgeons foliaires , et qui sont re¬
couverts par les écailles-gemmaires jusqu’à
l’époque de la floraison ; enfin, par les nu-
cules , qui sont bordées d’une aile dia¬
phane. VA. viridis Spach [Betula ovata
Schrank . , A Inus viridis DC. , Betula viri¬
dis Vill., Betula crispa Mich.) constitue
seul ce genre; c’est un arbuste commun
dans les hautes régions des Alpes. (Sp.)
AUNE. Alnus, Tourn. (nom ancien de
quelques espèces de ce genre), bot. ph. —
Genre de la famille des Bétulacées, offrant
les caractères suivants : Chatons mâles
en grappe terminale ; écailles triflores ,
quadri-squamellées. Fleurs 4-andres. Pé¬
rianthe régulier, rotacé, profondément 4-
lobé. Par variation, les fleurs ont le périan¬
the à 5 ou 6 lobes, et à autant d’étamines.
Étamines insérées à la base des lobes du
périanthe ; filets filiformes, courts, indivi-
sés ; anthères elliptiques, didymes, médi-
fixes, à bourses disjointes seulement aux
deux bouts. Chatons femelles solitaires
ou en grappes, courts, cylindracés, laté¬
raux ; écailles biflores, 4-squamellées. Stro¬
bile ovoïde' ou subglobuleux, court, obtus,
AU N
composé d’écailles ligneuses, cunéiformes,
horizontalement superposées, entregreffées
jusqu’à la maturité, épaissies et légèrement
5-lobées au sommet, s’écartant finalement
les unes des autres, mais persistant après
la chute des nucules. Nucules obovales ou
suborbiculaires, complètement recouvertes
par les écailles strobilaires, bordées d’une
aile opaque, ou (chez une seule espèce) d’un
bourrelet subéreux (Spach, Hist. désolan¬
tes phan..,i. XI, p. 246). — Les Aunes sont
des arbres ou des arbrisseaux, à rameaux an¬
guleux étant jeunes. Les bourgeons sont
stipités. Les fleurs sont beaucoup plus pré¬
coces que les feuilles. L’inflorescence géné¬
rale de chaque ramule forme une panicule
terminale, aphylle à l’époque de la florai¬
son, composée d’une grappe terminale de 2
à 5 chatons mâles, et soit de 1 à B grappes
de chatons femelles , soit de 2 à 5 chatons
femelles alternes. Les chatons (tant les mâ¬
les que les femelles) naissent de bourgeons
aphyllcs, dont les écailles tombent long¬
temps avant la floraison ; ces chatons, qui
deviennent visibles dès l’été précédent aux
aisselles des feuilles des jeunes pousses,
ont acquis presque tout leur développe¬
ment avant l’entrée de l’hiver. Les chatons
mâles, d’abord raides et dressés, devien¬
nent flasques et pendants à l’époque de la
floraison ; ils sont longs, grêles cl cylindra-
cés. Les chatons femelles sont dressés ou
ascendants , beaucoup plus petits que les
chatons mâles. Les feuilles sont dentelées ,
ou sinuolées, souvent anguleuses ou si-
nuées, toutes éparses, pétiolées, souvent
ponctuées ; les stipules herbacées, cadu¬
ques. Les strobiles forment des grappes ou
des panicules latérales. Dans notre mono¬
graphie de ce gepre [Ann. des sc. nat.f
1840), nous ne reconnaissons que ces espè¬
ces admissibles sans contestation. La plu¬
part habitent les régions extra-tropicales
de l’hémisphère septentrional. On en trouve
aussi quelques-unes dans l’Amérique équa¬
toriale , à la faveur des stations alpines ou
subalpines que leur offrent les Andes du
Pérou, de la Colombie et du Mexique.
Les deux espèces les plus importantes
sont : X Aune visqueux , auquel s’applique
plus spécialement le nom d’Aune, sans au¬
tre épithète, et X Aune grisâtre.
là Aune visqueux ( Admis giu'inosa
AUN 341
Linn.) est commun dans la plus grande
partie de l’Europe (les régions arctiques
exceptées), ainsi qu’en Orient et en Sibé¬
rie. C’est un arbre pour ainsi dire aquati¬
que} car il prospère surtout dans les locali¬
tés marécageuses ou très humides , pourvu
qu’elles ne soient pas constamment inon¬
dées, tandis qu’il reste chétif dans les ter¬
res sèches ; il se refuse aussi à croître dans
les sols glaiseux. Sa croissance est rapide,
et la durée de sa vie de 80 à 100 ans. Son
tronc, en général garni de rameaux dès la
base, est très droit, et il peut acquérir jus¬
qu’à 3 pieds de diamètre ; la hauteur totale
de l’arbre varie, suivant les localités, de 17
à 33 mètres. La cime est pyramidale et très
touffue. Dans le nord de la France, sa flo¬
raison a lieu en février ou en mars, un
mois avant que les feuilles ne commencent
à pousser. Les chatons ont des écailles d’un
pourpre violet; les mâles sont longs de 4 à
7 centimètres ; les femelles forment des
grappes paniculées. Les feuilles, ordinaire¬
ment longues de 8 à 11 centimètres, sur à peu
près autant de large, sont d’un vert foncé et
luisantes aux 2 faces, plus ou moins vis¬
queuses, poncticulées (surtout en dessous),
glabres (excepté en dessous , aux aisselles
des nervures, où elles sont ordinairement
cotonneuses), inégalement dentelées ou cré¬
nelées , le plus souvent obovales ou ellipti-
ques-obovales, ordinairement arrondies au
sommet et souvent profondément échan¬
gées. Les strobiles sont ovoïdes ou ellip¬
soïdes , d’un brun verdâtre en automne, fi¬
nalement noirâtres, du volume d’une petite
noisette.
On plante fréquemment cet arbre dans
les endroits frais et humides des parcs ,
ainsi qu’aux bords des étangs et des riviè¬
res ; ses racines, longues et entrelacées, con¬
tribuent à fixer le sol des rivages. La cul¬
ture de VA une est surtout d’un grand avan¬
tage dans les lieux trop marécageux pour
les Saules et les Peupliers; et, de même
que ceux-ci, il repousse avec vigueur après
avoir été coupé rez terre. Dans les localités
convenables, on le choisit aussi pour faire
des clôtures , parce que le bétail en rebute
les feuilles. Le bois de l’Aune visqueux est
assez dur, pesant, élastique, d’un grain fin,
de couleur blanche à l’état frais. Il prend
sur la blessure une couleur d’un rouge
542
.AUN
AU R
orange, qui passe bientôt à la couleur de
chair pâle , et enfin au blanc jaunâtre ,
couleur qu’il conserve étant sec. Ce bois
n’est guère propre aux constructions or¬
dinaires, parce qu’il se décompose promp¬
tement aux alternatives de sécheresse et
d’humidité; mais, lorsqu’il est constam¬
ment submergé , il devient aussi incorrup¬
tible que le bois de chêne ; aussi le choisit-
on de préférence pour les pilotis et autres
ouvrages destinés à séjourner sous l’eau.
On dit que les édifices de Venise reposent
sur des pilotis d’Aune. Ce bois est recher¬
ché par les ébénistes, les tourneurs, les me¬
nuisiers et les sabotiers ; il est susceptible
d’un beau poli, et prend facilement la cou¬
leur de l’Ébène ou de l’Acajou. Comme
combustible, il est presque d’aussi bonne
qualité que le bois de Bouleau, pourvu
qu’on n’ait pas tardé de le mettre à l’abri
de la pluie. Il brûle avec une flamme vive et
presque sans fumée, qualité qui le rend pré¬
cieux pour chauffer les fours de boulanger,
de verrier, etc. Le charbon de bois d’Aune est
l’un des meilleurs pour la fabrication de la
poudre. Les cendres contiennent beaucoup
de potasse ; elles en fournissent à peu près
la septième partie de leur poids. L’écorce,
qui est très astringente, sert au tannage ,
ainsi qu’à teindre en noir et en brun. Sa
décoction était autrefois en vogue à titre de
remède détersif.
L’aune grisâtre ( Alnus iticnna Willd.,
Bctula intana Linn.), différant de l’Aune
visqueux par ses feuilles, qui ne sont
ni visqueuses ni ponctuées ; point lui¬
santes en dessus , d’un vert glauque ou
incanes en dessous , ordinairement acumi-
nées ou pointues , souvent anguleuses , est
très commun dans le Nord de l’Europe èt
de l’Asie. Son bois est plus blanc, plus
dur, plus tenace, et d’un grain plus fin que
le bois de l’Aune visqueux , quoique la
croissance de l’arbre soit plus rapide ;
comme combustible, il est d’aussi bonne
qualité que le bois du Bouleau blanc. On le
préfère pour tous les ouvrages auxquels on
emploie l’Aune visqueux.
L’aune a feuilles cordiformes ( Alnus
cordi folia Ténor., Betula cordaia Lois.),
qui croît dans les montagnes de l’Europe
méridionale, et au Caucase, est remarquable
par l’élégance dé son feuillage, et se cultive
comme arbre d’ornement ; il résiste aux Hi¬
vers les plus rudes du nord de la France, et
offre l’avantage de prospérer dans les terres
les plus arides.
L’aüne a feuilles denticuléès ( Alnus
scrrülnia Willd. , Betula serrulata
Hort. Ke\V.), se cultive aussi dans les jar¬
dins potagers. Cette esp., indigène de l’Amé¬
rique septentrionale, ne forme qu’un buis¬
son de 2 à 4 mètres , à feuilles inégalement
denticulées ou dentelées , obtuses ou poin¬
tues; poncticulées et d’un vert pâle en des¬
sous, pubescentes aux nervures. (Sp.)
AUNE NOIR. bot. th. — Nom de la
Bourdène, Rhamnus frangula , dans cer¬
taines parties de la France. Voyez nerprun.
(C. d’O.)
AUNÉE. Initia. bot. ph. — Le genre
Initia appartient à la famille des Compo¬
sées et se caractérise par scs capitules mul-
tiflores hétérogames, ses fleurs du rayon
unisériées femelles, ordinairement ligulées,
quelquefois neutres par avortement, plus
rarement encore tubuleuses, B-dentées :
celles du disque régulières, tubuleuses, à S-
dents; anthères munies de caüdicules
Fruit cylindracé , ou subtétragone dans
V Helenium, tronqué au sommet et cou¬
ronné d’une aigrette composée de soies ca¬
pillaires, légèrement scabres. — Les Initia
proprement dites sont des plantes vivaces
indigènes de l’Ancien continent, munies de
feuilles alternes et de capitules de fleurs
jaunes , disposées en corymbe. L’une des
espèces /. Helenium porte , dans les offi¬
cines, le nom ôiEnula campana ; sa ra¬
cine est amère et aromatique. Le nom
d’ Helenium , ÈXsvtcv, vient de ce que, Sui¬
vant les Grecs , cette plante était née des
larmes d’Hélène ; d’autres étymologistcs
font dériver Aunée d 'Alnus , nom latin de
l’Aune , à l’ombre duquel cette espèce d’/-
iiilla croît ordinairement. (J. D.)
AURA. ois. — Nom d’une espèce de
Vautour américain du genre Catharic
Voy. ce mot. (Lafr.)
AURAI) A , AURADE, AURA® O.
poiss. — Noms donnés dans plusieurs loca¬
lités au Spare doré, Sparus aura tus L
Voyez spare. (C. d’O.)
AUR ANTI ACÉES . A u ra ht! a ce æ .
bot. pu. — Famille de plantés dicotylé¬
dones, à corolle polypétale çt à étamines
343
AU R
hypogynes , qui a aussi reçu de plusieurs
auteurs le nom à'Hespèridees. Ses carac¬
tères sont les suivants : Calice urcéolé ou
campanulé, court, à 3-4 ou 5 dents. Pétales
en nombre égal, alternant avec ces dents,
libres ou soudés dans une courte étendue
entre eux à leur base toujours large, à pré¬
floraison légèrement imbriquée. Étamines
en nombre double ou plus rarement mul¬
tiple , à filets tantôt libres , tantôt soudés
en un seul tube ou en plusieurs faisceaux ,
insérés avec les pétales sur le pourtour d’un
disque hypogynique, à anthères introrses
et biloculaires qui s’ouvrent longitudinale¬
ment. Ovaire libre , porté sur un disque
plus ou moins saillant, creusé de deux
ou de plusieurs loges , dont chacune con¬
tient un seul ou plusieurs ovules attachés ,
le plus souvent pendants , à son angle in¬
terne. Style simple, assez épais, terminé
par un stigmate en tête simple ou lobé. Le
fruit est une baie sèche ou charnue, revêtue
d’une écorce épaisse, dont les loges, quel¬
quefois réduites par avortement à l’unité ,
renferment dans une pulpe mucilagineuse
ou dans un amas de vésicules succulentes
dont l’origine est à la partie postérieure de
la loge, une ou plusieurs graines pendantes
ou horizontales, recouvertes d’un tégument
membraneux, sur lequel se dessinent net¬
tement le raphe et la chalaze ordinairement
large et située à l’opposé du hile , et pré¬
sentant immédiatement sous lui et sans pé-
risperme un embryon droit, blanc ou vert,
à cotylédons épais, à radicule courte et cen¬
tripète. La graine de l’Oranger présente
communément plusieurs embryons inégaux
réunis sous up seul tégument.
Les Aurantiacées sont des arbres ou ar¬
bustes, dont les rameaux avortent assez
souvent en se changeant en épines droites
ou recourbées, situées naturellement à l’aiSr
selle des feuilles. Celles-ci sont alternes ,
dépourvues de stipules , essentiellement
pennées avec impaire, mais souvent aussi
comme simples par l’avortement de toutes
les paires latérales, à pétiole fréquemment
ailé , à folioles entières ou crénelées , gla¬
bres, de consistance coriace, et criblées de
points transparents dus à la présence d’u-
tricules remplies d’une huile volatile , qui
t’observent aussi ordinairement sur les di¬
verses parties de la fleur et du fruit, et qui
AUR
communiquent à la plante une odeur plus
ou moins forte et ordinairement agréable.
Les fleurs, régulières, axillaires ou termi¬
nales, solitaires ou réunies en corymbes et
en grappes , de couleur blanche , rouge ou
jaune , ont rarement les sexes séparés par
suite d’avortement.
C’est des régions tropicales de l’Asie que
les espèces sont originaires ; car on n’en
cite jusqu’ici que deux ou trois natives de
Madagascar, et deux seulement ont été ren¬
contrées sauvages en Amérique.; mais la cul¬
ture a répandu quelques espèces et leurs
nombreuses variétés sur toute la terre , où
elles croissent soit à l’air libre , soit sous
des abris, suivant les climats plus ou moins
favorables. Les qualités des Oranges , Ci¬
trons, Limons, et autres fruits du genre
Citrus , sont trop connues pour que nous
nous y arrêtions ; mais ceux d’autres gen¬
res, Cookia , Glycosmis , Æyle ( voy . ces
mots), sont aussi estimés dans leurs pa¬
tries. La qualité du bois et l’huile parfumée
qu’on extrait des diverses parties donnent
un prix de plus à plusieurs arbres de cette
famille.
M. Endlicher, dont nous suivrons ici le
travail, le plus récent dont elle ait été l’ob¬
jet, la divise en trois sections fondées sur
le nombre relatif des étamines, sur celui
des ovules et sur leur disposition.
1. limonkes. Étamines doubles des pé¬
tales. Un seul ovule ou deux collatéraux.
Genres : Atalantia , Corr. — Tripha-
sia , Lour. — Limonia , L. {W interlia ,
Dennst. ). — Glycosmis , Corr. — Scle-
rostylis , Blum. — Rissoa, Arnott. — Ber¬
ger a , Kœn.
2. ciAusÉNÉEs. Étamines doubles des pé¬
tales. Deux ovules superposés.
Genres : Murray a , Kœn. ( Chalcas ,
Lour. ). — Cookia , Sonner. ( Quinaria ,
Lour. — Clausena , Burm. — Microme-
lum , Blum. — Paramignya , Wight. —
Luvunga , Ham. {Lavanga , Meissn.).
3. citrées. Étamines doubles ou multi¬
ples des pétales. Plusieurs ovules sur deux
rangs.
Genres : Feronia, Corr. — Ægle, Corr.
(Belou, Adans.). — Citrus , L.
A la suite vient se placer encore , mais
avec doute, un genre à feuilles opposées, le
Chionotria , Jack. (A». J.)
AUR
AUR
344
AURA1VTIUM, Mill. ( Dict .). bot. ph.
— Synonyme du genre Citrus , de la famille
des Aurantiacées. (Sp.)
AURELIA, bot. ph. — Synonyme du
genre Grindelia. Voyez ce mot.
(J. D.)
AURELIAIVA, Catesb. bot. ph. —
Synonyme du genre Panax , L., de la fa¬
mille des Araliacées. (Sp.)
* AURÉLIE, ins.— Synonyme de Chry¬
salide chez les anciens auteurs. Voyez ce
mot. ; (D.)
AURÉLIE. Aurélia . zooph. — Genre
de la famille des Méduses, établi par Péron
et Lesueur, et dont les caractères sont :
Corps circulaire , diversiforme , garni à
sa circonférence de cils tentaculiformes
nombreux et de huit auricules ; cavité sto¬
macale quadrilobée, avec autant de petites
ouvertures que de loges, sans orifice au
centre de la racine de quatre longs ap¬
pendices brachidés frangés et cotylifères
à leur côté interne ; quatre ovaires. Le
type de ce genre est le Médusa au ri ta de
Müller, sur le développement duquel MM.
Sars et Th. de Siebold ont fait dernièrement
des observations fort curieuses , et dont il
sera parlé à l’article de ce Dictionnaire con¬
sacré aux Médusaires en général. (P. G.)
AURÉLIÈRE. ins. — Synonyme de
Forficule. Voyez ce mot.
AURÉOLÊS./iï^reoZï.ois. — C’est, dans
la méthode de Vieillot, la 3me famille de son
ordre des Oiseaux sylvains et de sa tribu
des Zygodactyles , famille qui ne renferme
que le genre Jacamar. Voy. ce mot.
(Lafr.)
*AURICULACÉS. Auriculacea (au-
ricula , petite oreille), mole. — Lamarck
avait proposé, dans sa Philosophie zoologi¬
que, une famille des Auricufacés , dans la¬
quelle il réunit les quatre genres suivants :
Auricule, Mélanopside , Mélanie et Limnée.
Lorsque Lamarck s’aperçut que cette famille
renfermait à la fois des Mollusques pecti-
nibranches et des Mollusques pulmonés, il
l’abandonna et ne la reproduisit plus dans
aucun de ses ouvrages. M. de Blainville ,
dans son Traite de Malacologie , reprit le
nom, seulement pour l’appliquer à une pe¬
tite famille correspondant assez exactement
à celle des Auricules de M. de Férussac.
On y trouve, en effet , les genres Prétise ,
Auricule et Pyramidelle. Voy. ces mots,
ainsi que auricules. (Desh.)
* AURICULAIRE. Auricularis (au-
ricula , petite oreille), zooe. — En forme
d’oreille , dépendant de l’oreille ; ainsi l’on
appelle le petit doigt, doigt auriculaire ,
parce qu’on s’en sert pour se gratter l’oreille.
—En ornithologie, on donne le nom de plu¬
mes auriculaires à celles qui garnissent
les oreilles des oiseaux. On l’emploie aussi
dans un autre sens, et l’on appelle une esp. de
Vautour, Vultur auricularis , parce qu’il
lui pend, de chaque côté du cou et dans le
voisinage des oreilles, un appendice mem¬
braneux. — Les conchyliologistes ont appli¬
qué cette épithète à une espèce de coquille ,
la Limîiea auricularia , dont les bords,
largement évasés, ressemblent à la conque
de l’oreille, et les entomologistes à un in¬
secte du genre des Orthoptères, la Forficula
auricularis , par suite d’un préjugé qui fait
croire que les deux appendices cachés qu’il
porte à l’extrémité de l’abdomen lui ser¬
vent à percer le tympan de l’oreille , tandis
que ce ne sont que des armes défensives.
(G. d’O.)
AURICULARIA ( auricula , petite
oreille), mole.— Nom latin donné par M. de
Blainville aux espèces du g. Peigne , ayant à
la naissance de l’oreille de la valve droite
une échancrure denticulée qui donne passage
à un byssus. Voy. peigne. (C. d’O.)
AURICULARIA. bot. ph. — Synonyme
< VHedyotis .
AURICULARIA ( auricula , petite
oreille), bot. cr. — Ce genre a été créé par
Bulliard, auquel il donne les caractères sui¬
vants : « Les Auriculaires sont sessiles , et
pour l’ordinaire membraneuses ; elles nais¬
sent appliquées par tous les points de leur
surface inférieure sur des troncs d’arbre
ou sur la terre ; à mesure qu’elles se déve¬
loppent, elles se renversent, et c’est de
leur surface supérieure seulement, deve¬
nue alors l’inférieure , qu’elles donnent
leurs semences ; l’émission en est ordi¬
nairement lente et durable. » Persoon ,
Fries, etc., ont rangé les espèces qui com¬
posaient ce genre parmi les Thélépho-
res, dont elles présentent les caractères.
Bulliard est le premier auteur qui, dansF/Dz-
ricularia phylacteris, a remarqué que les
spores sont supportées par des bandes té-
3*5
AUR
traspores. Ce genre a été rétabli par Fries
(Epie. syst. myc ., p. 555), mais avec (Je
nouveaux caractères. L’hymenium est in¬
fère, plissé irrégulièrement, d’une consis¬
tance gélatineuse , et supporté par un cha¬
peau d’une structure différente , sec et co¬
riace. Nous n’avons en France qu’une es¬
pèce de ce genre , qui est l’ Auricularia
mescntorica, dont on fait un Thelephora ,
un Phlehia et même un Merulius. On la
rencontre très fréquemment sur les vieux
troncs, où elle se fait remarquer par son
chapeau coriace, élastique, villeux et mar¬
qué de zones brunes sur un fond cen¬
dré ; son hyménium présente une couleur
violette plus ou moins foncée et quelques
plis irréguliers. Les autres espèces qui ont
été décrites appartiennent aux pays étran¬
gers. (Lév.)
AURICULE ( auricula , petite oreille).
zool. bot. — Les ornithologistes donnent le
nom d’Auricules aux crêtes dont les pennes
les plus élevées sont placées sur le vertex,
ainsi que cela se voit chez plusieurs espèces
de Chouettes.
Les botanistes appellent ainsi les appen¬
dices latéraux et arrondis en forme d’oreille
qui se trouvent à la base de certaines feuil¬
les, comme dans la Sauge officinale. M. Link
désigne, sous ce nom, les appendices folia¬
cés qui garnissent les pétioles du Citrus
Aurantium , et Wildenow les stipules
des Jungermanniées , qui ne diffèrent ce¬
pendant en rien des vraies stipules.
(C. d’O.)
AURICULE. Auricula , Tourn. (allu¬
sion à Auricule ou O veille- cC Ours, noms
vulgaires de ces plantes), bot. ph. — Genre
de la famille des Primulacées, réuni par
Linné aux Primula , dont il diffère par le
calice, qui est campanulé ou obeonique, ni
anguleux, ni ventru, et par la corolle, dont
la gorge est dépourvue de glandules. — Les
Auricules sont des herbes à souches vivaces,
charnues, feuillues vers le sommet, écail¬
leuses inférieurement par les restes des pé¬
tioles des anciennes feuilles. Les feuille?
sont très entières ou dentées, roselées, un
peu charnues , non rugueuses , subpersis¬
tantes , point convolutées en vernation , à
pétiole ailé. Les fleurs sont portées sur des
hampes grêles , cylindriques , nues , dres¬
sées ; les pédicelles sont disposés en om-
AUR
belle terminale , accompagnée d’une colle¬
rette de bractées herbacées ; les pédicelles
fructifères sont dressés. Ces plantes sont
remarquables par l’élégance de leurs fleurs.
Tout le monde connaît les nombreuses va¬
riétés de V Auricule. commune (Primula
Auricitla L.) ou Auricule des fleuristes ,
qu’on appelle vulgairement Oreille d'ours,
et qui se cultive si communément comme
plante de parterre 5 cette espèce croît spon¬
tanément sur les rochers des Alpes. (Sp.)
AURICULE. Auricula ( auricula , pe¬
tite oreille). MOLia. — Les Coquilles du genre
Auricule sont pour la plupart connues de¬
puis très longtemps. Bonanni, Lister, Rum-
phius, Gualtieri et d’Argenville en ont fi¬
guré avant que Linné ne les introduisît
dans les premières éditions du Systema
natures , dans son genre Bulle , et quel¬
ques autres dans son genre Hélix. C’est
dans ces genres qu’elles se trouvent dans
la dixième édition du Systema et dans le
Musée de la princesse Ùlrique. Plus tard,
Linné apporta des changements assez nota¬
bles à sa classification des Coquilles, et
à la douzième édition du Systema na-
turœ , il transporta parmi les Volutes celles
de ces Bulles qui ont des plis à la colu-
melle; ce qui ne l’empêcha pas de laisser
encore parmi les Hélices quelques espèces
très voisines de celles que comprennent les
Volutes. Il est certainement fâcheux que
Linné ait confondu dans son grand genre
Volute des Coquilles aussi diverses, et qu’il
n’ait pas été frappé d’un caractère aussi im¬
portant que celui de l’ouverture entière ou
échancrée. Il avait eu soin de le diviser en
plusieurs sections ; mais cela ne pouvait
arrêter la confusion qu’y portèrent bientôt
très loin Martini, Gpielin et d’autres au¬
teurs. Bruguière , d’abord , dans les plan¬
ches de l’Encyclopédie, et Lamarck bientôt
après, apportèrent une sage et utile réforme
au grand g. Volute, de Linné, et il en ré¬
sulta successivement un assez grand nom¬
bre de g. que la science garda , parce que
tous y furent utilement introduits.
Avant les deux auteurs que nous venons
de mentionner , Müller avait compris que
les Auricules ne peuvent rester parmi les
Volutes; aussi les rangea-t-il parmi les Hé¬
lices, ce qui les mettait plus naturellement
en rapport. Suivant cet exemple, Bruguière
22*
T. II.
m
AUR
AUR
les entraîna dans son genre Bulime, et c’est
là que Lamarck les prit pour en faire le
genre qui nous occupe. Lamarck, il faut en
convenir, fut d’abord très incertain sur la
place que son genre devait occuper. Dans
sa première classification de 1799, il met
les Auricules entre les Pyramidelles et les
Ampullaires, non loin des Mélanies et des
Planorbes.Dans son Système des Animaux
sans vertèbres de 1801, il intercale mala¬
droitement les Volvaires entre les Auricules
et les Ampullaires , ne s’apercevant pas
que, chez les Volvaires, l’ouverture est tou¬
jours échancrée à la base. M. de Roissy,
dans le Buffon de Sonnini, avec la sagacité
qui le caractérise, retira les Volvaires du
voisinage des Auricules, revenant sagement
à la première opinion de Lamarck. La¬
marck, convaincu que les Auricules sont ter¬
restres, les fondit avec sa famille des Poli-
nacées, lorsque, dans l’extrait du Cours, il
présenta sa classification perfectionnée des
animaux Mollusques. Avant cela, le sa¬
vant professeur avait établi {Philosophie
zoologique), une famille des Auricula-
cées, où les Auricules se trouvaient en
contact avec des genres qui n’ont avec elles
aucun rapport naturel. Montfort, dans le
médiocre ouvrage qu’il publia sous le nom
de Conchyliologie systématique, proposa
un genre Scarabe qu’il fit aux dépens des
Auricules de Lamarck. Cuvier, se persua¬
dant qu’il existait de grandes différences
entre ces Scarabes et les Auricules propre¬
ment dites, comprit les uns dans ses Pul-
monés terrestres, comme sous-genre des
Hélices ; et les autres, dont il sépara les
Conovules, furent jointes aux Pulmonés
aquatiques, entre les Physes et les Torna-
telles. Malgré cette autorité de l’illustre
professeur, Lamarck {Histoire des Ani¬
maux sans vertèbres ) n’en continua pas
moins à partager ses Colimacés en deux
sections, et dans la seconde, comprenant
ceux à deux tentacules, se trouve le g.
Auricule. Le g. Conovule, proposé d’abord
par Lamarck pour les esp. aquatiques, fut
réuni par lui aux Auricules de son dernier
ouvrage.
Ce sont là les traits principaux de l’his¬
toire du g. Auricule. Ceux des auteurs qui
ont eu occasion de mentionner ce genre
se sont plus ou moins conformé^ soit
à l’opinion de Cuvier, soit à celle de La¬
marck. Jusque-là, les Coquilles seules du
genre Auricule avaient servi à caracté¬
riser le genre et à lui donner des rapports
naturels. Entraîné par des caractères ex¬
térieurs, Lamarck rapporta, parmi les es¬
pèces , un assez bon nombre de Bulimes à
columelle plissée. M. de Férussac, l’un des
premiers, s’aperçut de ce mélange, et dans
le Prodrome de son grand ouvrage, apporta
au genre d’utiles changements. On ne
connaissait alors les animaux que de deux
espèces d’Auricules, l’une terrestre, dont
Müller a fait son genre Chartium , et l’autre
vivant sur les bords de la mer, et souvent
plongé dans les eaux salées, et dont Drapar-
naud a fait connaître l’animal ; mais il res¬
tait à savoir quelle était la valeur réelle du
genre Scarabe de Montfort, des Conovules
de Lamarck, et du genre Piétin d’Adanson.
M. Van-Hasselt, dans un voyage aux Indes,
observa l’animal des Scarabes, dont bien¬
tôt il fit les figures dans l’ouvrage de M. Les-
son, et quelque temps plus tard dans celui
de MM. Quoy et Gaimard. On ignorait si
X Auricula Myosotis est pulmoné ou pec-
tinibranche. M. Lowe, pendant un long sé¬
jour qu’il fit à Madère, s’occupa avec le plus
grand succès d’observations et d’expérien¬
ces sur plusieurs genres incertains, et en¬
tre autres sur ces petites espèces d’Auricules
marines et de Piétins d’Adanson ; enfin il
restait à éclaircir une question controversée
parmi les zoologistes, et que Lamarck avait
préjugée avec une admirable sagacité. Cu¬
vier, comme nous l’avons vu, avait rappro¬
ché les Auricules des Tornatelles ; M. de
Férussac n’avait pas manqué d’insister sur
la justesse de ce rapprochement auquel M.
de Blainville donna une nouvelle valeur en
l’adoptant dans son Traité de Malacolo¬
gie. Nous seuls défendîmes l’opinion de La¬
marck, et bientôt nous eûmes la satisfac¬
tion d’apprendre que ce grand zoologiste,
que nous avons toujours cherché à prendre
pour guide, avait eu complètement raison ;
car M. Gray observa bientôt que les Torna¬
telles sont operculées ; et , peu de temps
après, nous observâmes également l’oper¬
cule des Pyramidelles. Ces genres ne pou¬
vaient donc désormais avoir de contact avec
les Auricules, et M. de Blainville lui-même
corrigea sa première classification dans les
AUR
AUR
347
corrections et additions à son Traité de Ma¬
lacologie. Tout ce que nous venons de dire
n’est pas encore suffisant pour la réforme
complète des Auricules de Lamarck. On
trouve en effet parmi elles, sous le nom
d’ Auricula dombciana , une coquille qui
n’a pas les vrais caractères des Auricules et
qui ressemble beaucoup plus à une Limnée
dont le test serait fort épais ; aussi , dans
une note relative à cette espèce, dans la
nouvelle édition des Animaux sans vertè¬
bres de Lamarck, avons-nous dit que ce se¬
rait de préférence dans ce genre Limnée
que nous placerions l’espèce en question.
Dans le même temps, Gray proposait, pour
cette coquille et quelques autres analogues,
un genre particulier sous le nom de Chile -
sia, et, à peu près à la même époque,
M. Aie. d’Orbigny ( Voyage dans l'Amé¬
rique méridionale ), partageait notre opi¬
nion, se fondant sur la connaissance des ani¬
maux dont il a donné de très bonnes figu¬
res. Nous verrons, en parlant des Limnées,
la petite différence qui existe entre ces es¬
pèces péruviennes et les nôtres.
Depuis très longtemps, Lamarck avait
fait connaître ( Mémoires du Muséum)
une petite coquille fossile des environs de
Paris , à laquelle il donna le nom (V Au¬
ricula ringens. Cette coquille , ainsi
que plusieurs autres qui offrent le même
caractère, a toujours fort embarrassé les
zoologistes, et a été successivement trans¬
portée des Auricules dans les Margineîles,
des Margineîles dans le genre Pedipes d’A-
danson, du g. Pedipes dans les Volutes,
par Brocchi , et enfin dans les Nasces par
M. de Férussac. Nous nous sommes déter¬
miné à créer, pour cette espèce et ses con¬
génères , ün genre à part, voisin des Pedi¬
pes, et auquel nous avons donné le nom
de Bingicule. Voy. ce mot.
Si nous reprenons actuellement les faits
importants nouvellement introduits dans la
science, relativement aux Auricules, nous
verrons que, d’après les observations de
Van-Hasselt, de MM. Lesson, Quoy et Gai-
mard, les animaux du Scarabe de Mont-
fort, de l 'Auricula Midœ, et de quelques
espèces de Conovules, ont tous deux tenta¬
cules sur la tête et les yeux placés à la par¬
tie postérieure et externe de la base de ces
tentacules. Ces animaux, à l’exception de
ceux des Conovules, respirent l’air en na¬
ture. Les observations de M. Lowe nous
apprennent que très probablement les Pié-
tins, V Auricula Myosotis, et les Cono¬
vules sont des Mollusques pectinibranches.
II résulte de ces faits, qu’il faut éliminer
des Auricules de Lamarck : 1° les Bulimes ;
2° l’Auricule de Dombey qui est une Lim¬
née ; 3° le petit genre Ringicule, qui res¬
tera très probablement dans la famille des
Auricules; 4° enfin, mais avec moins de
certitude, les Conovules et quelques autres
espèces tant vivantes que fossiles, qui lient
ce groupe aux Auricules véritables. Il res¬
terait donc, dans le genre ainsi réformé, les
espèces terrestres à deux tentacules et qui
respirent l’air en nature. Il faut ensuite
estimer la valeur d’un caractère que nous
n’avons pas encore mentionné. L’animal de
la plus grande espèce d’ Auricules, V Auri¬
cula Midæ, a le sommet de ses grands
tentacules terminés de la même manière
que ceux des Hélices, sans cependant avoir
le point oculaire au sommet de ces tenta¬
cules. On peut croire, d’après l’analogie la
mieux fondée, que V Auricula Judœ doit
présenter la même disposition. Les Sca-
rabcs, au contraire, ainsi que V Auricula
Myosotis et les Conovules, portent sur la
tête deux tentacules coniques et toujours
pointus au sommet. Cette différence est-
elle suffisante pour séparer ces animaux en
deux genres particuliers? La réponse à cetto
question est tout entière dans l’observa¬
tion qu’il reste à faire sur l’anatomie in¬
terne des animaux dont il s’agit. Il faut sa¬
voir, en effet, si ces petites différences exté¬
rieures sont traduites en dedans par d’au¬
tres différences appréciables en d’autres
parties de l’organisation.
Caractères génériques.
Animal ovale, rampant sur un pied assez
large, semblable à celui des Hélices. Tête
assez large et épaisse, portant une paire de
tentacules, soit coniques et pointus, soit
terminés par un globule pulpeux. Yeux
sessiles placés à la partie postérieure et ex*
terne de la base des tentacules. Respira¬
tion aérienne. Génération monoïque, comme
celle des Hélices. Coquille ovale oblongue,
quelquefois conoïde ; à ouverture entière ,
étroite, longitudinale; la columclle plissée,
et le bord droit épaissi, quelquefois ren-
AUR
3Ù8 ADR
yersé en dehors, souvent renflé dans son
milieu.
Les Auricules se distinguent assez fa¬
cilement de tous les autres genres con¬
nus ; ce sont en général des Coquilles
épaisses et solides ; à spire courte et co-
noïde , dont les tours sont nombreux et
étroits. Plusieurs espèces sont singulière¬
ment comprimées et bordées de chaque
côté de varices très plates, ce qui les a fait
comparer aux Ranelles. Ces espèces se lient
insensiblement aux autres Auricules , soit
par des varices qui surviennent accidentel¬
lement dans quelques espèces* soit par une
pression analogue, mais moins forte. Dans
l’autre , l’ouverture est toujours longitudi¬
nale , bien plus haute que large ; elle est
perpendiculaire, c’est-à-dire qu’elle ne s’in¬
cline point sur Taxe longitudinal. La colu-
melle porte deux ou trois plis et quelquefois
davantage, et le bord droit, épaissi à l’inté¬
rieur, est assez souvent denté en dedans et
quelquefois seulement épaissi à la manière
des Colombelles.Le nombre des espèces con¬
nues est actuellement assez considérable,
surtout si l’on y joint celles qui sont fossi¬
les. Ces dernières n’appartiennent pas
d’une manière exclusive aux terrains ter¬
tiaires , comme on l’a cru pendant long¬
temps ; on en trouve aussi un assez bon
nombre dans les terrains crétacés, et parmi
elles doit se trouver le Cassis avellana
de M. Brongniart, que ce naturaliste, trom¬
pé par une cassure, a fait représenter avec
un canal ascendant qui n’exista jamais que
sous le crayon de son dessinateur.
On sait actuellement , par les obser¬
vations des voyageurs dont nous avons
parlé dans cet article , que les Auricules
sont des animaux dont les moeurs se rap¬
prochent beaucoup de celles des Hélices :
cependant les espèces terrestres ne s’éloi¬
gnent jamais beaucoup de la mer; il semble
qu’elles ne puissent se passer de son in¬
fluence , et plusieurs vivent sur les plantes
des rivages; quelques autres s’éloignent
davantage, se creusent au pied des ar¬
bres des retraites assez profondes, où
elles se tiennent ensevelies pendant la
mauvaise saison. Elles aiment les lieux hu¬
mides , et la pluie les engage a sortir pour
aller paître les feuilles des plantes dont
elles se nourrissent. (Desh.)
AURICULES. Auriculœ ( aurinula ,
petite oreille), moix. — M. de Férussac,
dans ses Tableaux systématiques des
Mollusques , ainsi qu’à la fin de son Pro¬
drome sur les Hélices , a donné ce nom à
une famille qui rassemble les six g. suivants:
Carychie de Müller ; Scarabe de Montfort ;
les Auricules aquatiques de Lamarck; lesPy-
ramidelles, les Tornatelles, et enfin le g.
Piétin d’Adanson. D’après ce que nous avons
dit dans l’histoire du genre Auricule, auquel
nous renvoyons , on voit déjà que cette fa¬
mille ne peut être maintenue qu’après avoir
subi des modifications. Les genres Carychie,
Scarabe et Auricule doivent être réunis jus¬
qu’à nouvelles observations. Les genres
Pyramidelle et Tornatelle doivent en être
retranchés pour toujours, et au genre Piétin,
il faut ajouter notre petit genre Ringicule ,
et y introduire aussi probablement le genre
Conovule de Lamarck. Ainsi réformée, cette
famille des Auricules nous semble néces¬
saire , et nous l’avons adoptée depuis long¬
temps dans notre classification jointe à
l’article Mollusque de l’Encyclopédie. Si
maintenant nous cherchons les rapports
naturels de cette famille, il nous semble
qu’elle ne doit pas être très éloignée de
celle des Hélices, servant en quelque sorte
de passage entre les Pulmonés et les Pectini-
branches. Nous ne pensons pas qu’on puisse
en approcher le genre Cyclostome, comme
Lamarck l’a fait dans ses différents ouvra¬
ges. (Desh.)
* AURICULES (< auricula , petite oreil¬
le). bot. cr. — Dans la sous-tribu des Subu-
lées de la famille des Hépatiques, les feuilles
sont diversement conformées et repliées
vers le dessous de la tige. La portion repliée
de la feuille prend le nom de lobule dans le
genre Lqjeunia> et celui d’ Auricule dans le
genre Frullania* On peut prendre une juste
idée de Ge repli, en observant le Jubula Ta -
maris ci ( J ungërmannia , L. ), espèce de
nos contrées la plus commune sur l’écorce
des arbres. Cette forme elle-même , d’ail¬
leurs fort variable dans certaines limites ,
mais constante pour chaque espèce, est sou¬
vent d’un grand secours pour la distinction
des espèces entre elles. (G. M.)
AURICULITE ( auricula , petite
oreille), more. — D’après Bosc, on don¬
nerait ce nom à une espèce fossile de
AUR
349
AUR
Gryphée, mais il h’indiqüe pas laquelle.
(Desh.)
AURIDES. Aurides. min. — M. Beu¬
dant nomme ainsi une famille de minéraux
qui comprend l’Or et ses combinaisons.
(C. d’O.)
AURIFÈRE. Aurifera. mole. — Nom
donné par M. de BlainVille, au genre Branle
d’Oken. Voyez branve.
* AURÎFORMES ( duris, oreille ; for¬
ma , formé). Moll. Latfeille , dans ses
Familles naturelles $ a cherché à réformer
la famille des Macrostomes de Lamarck.
Il a retiré de cette famille le genre Sir/aret,
et à cause de ce changement, s’est cru auto¬
risé à changer son nom. Il lui a donné Celui-
ci eh y conservant les trois genres Halio-
lide, stomate, stomatelle. il la place eh
tête de ses Mollusques scutibranches. Nous
verrons à l’article Mollusques , Si CCS rap¬
ports doivent être maintenus ; si une fa¬
mille composée de ces genres doit être
conservée, elle doit conserver aussi le nom
que Lamarck lui imposa le premier. Voy.
MACROStOMÊ. (DESH.)
*AURÏÜrÈIVË. Auriyehd (aypa et de
-ys'vv), qui engendre lé vent), ins.-— Genre de
l’ordre des Coléoptères pentamères, famille
des SternoXes , tribu des Bupresiides, éta¬
bli par MM. Gory et Delaporte , dans leur
Iconographie de cette tribu.
Ce genre à pour type le Buprestis lüÿu-
bris de Fab ricins qui se trouve èh Autriche,
et que M. Dejeah , dans son dernier Catalo¬
gue, rapporte au g. PeroteS de Mégerle.
M. Spinolâ {Ann. de la Soc. cnt. de Fr., t.
VI, p. 111) le place également dans le même
g. Cette espèce appartenait auparavant à
une division du g. Lütipalpis de M. Solier.
(D.)
AUREVIA , Desv. {Àutiifn , où ; allu¬
sion à la couleur des fleurs), bo't. ph. —
Section du g. Alyssum,âe la famille des Cru¬
cifères. Les caractères distinctifs en sont :
Pétales d’un jaune Vif , à lame bilobée ou
bifide; filets tous calleux antérieurement
(peu au-dessus de leur base) ; callosités ob¬
tuses, dentiformes, horizontales, appliquées
sur l’ovaire ; ovaire à loges 2-à 6-ovuléés.
Silicule à valves plus ou moins bombées
(Spach, Hist. dès Plant, phan., t. TI, p.
478). L’esp. la plus notable de ce sous-genre
est X Alyssum mxatile L., fréquemment
cultivée comme plante de parterre, sous le
nom de Corbeille d’or. (Se.)
AURIO, AURO. bot. ph. — Noms vul¬
gaires de T Atriplex Halimus. Voyez
ARROCHE.
AURIOL, AURIOIV, AURIOU. ois.
poxss. — Noms vulgaires du Loriot com¬
mun , Oriolus Galbula L. Voy. ce mot.
On donne aussi ce nom au Maquereau ,
Scomber Scoinber L., sur quelques points
de nos Côtes. (C. d’O.)
AURIOLE. bot. ph. — Synonyme de
Laürêole. Voyez ce mot.
AURIOIV. Ois. foiss. — Voyez auriol.
AURIOU. Ois. POISS. — Voyez AURIOL.
AURISCALPE. Aitriscdlpium {au-
risbdlpiurn , Cure - oreille ). moll. —
Mégerle ne connaissant pas sans doute le
genre Anàtiue de Lamarck l’a reproduit
dans sa classification des Bivalves sous le
nom tfAurisclilpium, qui fait double em¬
ploi et qui rte petit être adopté. Voy. ana-
TlNEi (DESH.)
AURO. bot. Ph. — Voyez aurio.
AUROCHS ( Bœuf sauvage dé la Li¬
thuanie; Aiièr des Allemands; Zubr des
Polonais; Unis des classificateurs moder¬
nes). mam. — Comme l’histoire de l’Aurochs
se trouve nécessairement comprise, en par¬
tie dans l’histoire du genre, én partie dans
Celle dü sous -genre auquel appartient ce
ruminant , nous renverrons , pour tout ce
qui Concerne son organisation et ses mœurs,
aux articles boêup et bison, et nous nous
bornerons ici à présenter quelques remar¬
ques sur les deüx noms français et latin
qu’il porte dans les ouvrages d’histoire na¬
turelle.
Aurochs est Une altération de l’allemand
Ailetôchs ( BœUf Auer) ; Urus est le
nom donné par J. César , et après lui par
plusieurs écrivains des premiers siècles de
notre ère , à un Bœuf sauvage des forêts de
la Germanié. En voyant ces deux noms
employés comme synonymes , on s’attend
sans dotite à trouver, dans ce que les an¬
ciens nous ont dit de leur Urus , quelques
traits qui appartiennent à l’Aurochs et ne
puissent appartenir qu’à lui ou à une espèce
très voisine; tel n’est pas le cas, cependant,
comme on pourra le reconnaître en compa¬
rant les deüx passages suivants:
« Lâ troisième sorte d’animaux propres
350
AUR
AUR
à la forêt Hercynienne , dit César dans ses
Commentaires (liv. V, ch. 28), est celle
qu’on désigne sous le nom d’ £/>?/$. Cet ani¬
mal est d’une taille peu inférieure à celle
de l’Éléphant. Son port, sa couleur et ses
formes sont celles de notre Taureau. C’est
un animal d’une grande vitesse à la course ,
d’une grande force, et qui n’hésite pas à at¬
taquer tout homme ou toute bête qui se
présente devant ses yeux. On prend les Urus
dans des fosses habilement préparées , et
leur chasse, qui est très propre à endurcir
les hommes à la fatigue, est pour la jeu¬
nesse de ce pays un exercice favori. Ceux qui
ont tué plusieurs Urus et peuvent en mon¬
trer les cornes qu’ils conservent comme
des témoignages de leur valeur , s’atti¬
rent de grands éloges. On peut prendre,
comme il a été dit, des Urus vivants; mais
on ne parvient pas à les habituer à la vue
de l’homme , à les apprivoiser , même
quand ils sont pris tout jeunes. Les cornes
de ces animaux , par leur grandeur, par
leur forme et par tout leur aspect extérieur
diffèrent beaucoup des cornes de nos
Bœufs. Elles sont très recherchées par les
habitants, qui en garnissent le bord en ar¬
gent et s’en servent, comme de coupes,
dans leurs festins. »
Le second passage que nous voulons
rapprocher du premier sera emprunté au
Règne animal de Cuvier.
« L’Aurochs , dit ce célèbre naturaliste,
passe d’ordinaire, mais à tort, pour la
souche sauvage de nos bêtes à cornes. Il
s’en distingue par son front bombé , plus
large que haut , par l’attache de ses cornes
au-dessous de la crête occipitale , par la
hauteur de ses jambes , par une paire de
côtes de plus , par une sorte de laine cré¬
pue qui couvre la tête et le cou du mâle, et
lui forme une barbe courte sous la gorge ,
par sa voix grognante.... »
Les signes qui viennent d’être énumérés
dans cette courte description sont, comme
on le voit, tous, à l’exception d’un seul (la
différence dans le nombre des côtes), des
signes extérieurs et qui s’offrent pour ainsi
dire d’eux-mêmes à l’observation. Quelques
uns, tels que la crinière , la barbe , sont
de nature à frapper nécessairement tout
homme qui verra pour la première fois un
Aurochs. Cet*homme remarquera encore,
sans doute, l’énorme développement des
épaules, la petitesse comparative de la
croupe, la brièveté de la queue, et, quand
il voudra faire connaître l’animal , il ne
manquera pas d’insister sur plusieurs de
ces particularités. Or, comme on n’en peut
pas citer une seule qui soit mentionnée dans
tout ce que les anciens nous ont dit de
Y U rus, il en faut conclure, ou que leur
Urus était un être imaginaire, ou que c’é¬
tait une espèce très différente de l’Aurochs.
Remarquons bien que les seules différences
qu’ils signalent entre ce Bœuf et la race do¬
mestique italienne , ce sont la taille élevée
de l’animal , la grandeur et la forme de ses
cornes ; mais supposons qu’un bœuf de la
campagne de Rome, ou des steppes de la
Hongrie se trouve transporté dans une fo¬
rêt de la Bretagne, les paysans du voisinage
pourront en dire précisément tout ce que
les anciens latins nous disent de leur Urus ;
or, la race bovine en Italie, à l’époque où
César écrivait , ne ressemblait guère plus à
la race que nous trouvons aujourd’hui dans
ce pays , que n’y ressemble la race bre¬
tonne. Ainsi, soit qu’on voie dans les Urus
des forêts de la Germanie des Bœufs ancien¬
nement domestiques, puis repassés à l’état
sauvage (comme il est arrivé en plusieurs
endroits, dans les temps historiques, et no¬
tamment dans les régions tropicales du
Nouveau-Monde) , soit qu’on les considère
comme appartenant à la souche sauvage
de notre bétail domestique , il n’y a ni dans
l’une ni dans l’autre de ces opinions, dont
la dernière a pour elle l’autorité de notre
illustre Cuvier, rien qui soit en désaccord
avec les témoignages des anciens ; au con¬
traire, dans ces témoignages, il n’y a rien
qui puisse servir à établir l’identité de
l’Aurochs et de Y Urus.
Comment se fait-il donc que les zoolo¬
gistes systématiques aient appliqué ce nom
(Y Urus à une espèce à laquelle il paraît si
peu convenir ? Disons-le pour leur justifi¬
cation , ce ne sont pas eux qui ont eu l’idée
de cette application 5 ils l’ont trouvée déjà
faite par des écrivains qui n’étaient nulle¬
ment naturalistes ; mais ils ont eu le tort,
après l’avoir adoptée sans réflexion , de la
défendre par des sophismes. Voici à-peu-
près comme ils ont raisonné :
« César ne dit pas avoir vu Y Urus, ou
AUR
AUR
351
plutôt il avoue implicitement qu’il ne l’a
pas vu, car tout en affirmant que l’animal
ne vit point en captivité , il lui donne pour
patrie un pays dont il a à peine entrevu la
frontière. Les autres écrivains n’ajoutent
aucun trait à la description qu’il nous a
donnée, ils n’en précisent aucun; ils ont
donc, comme lui , parlé sur de simples ouï-
dire ; ainsi, il n’y a aucun fond à faire sur
les détails qui nous ont été transmis, et
tout ce qu’on peut conclure des divers pas¬
sages où se trouve le nom de l 'Unis , c’est
qu’au commencement de notre ère , il
existait, dans les forêts de la Germanie, un
Bœuf sauvage qu’on désignait sous ce nom.
« Maintenant si l’on considère que, dans
cette forêt Hercynienne, patrie de VUrus
au temps de César , existe aujourd’hui une
espèce de Bœufs sauvages, l’Aurochs, et
que cette espèce est la seule qu’on y
trouve, ne sera-t-on point porté à conclure
que les deux noms désignent un seul et
meme animal ?
« La comparaison même de ces deux
noms conduit à une conclusion toute sem¬
blable; car, évidemment, les mots Auer et
Urus dérivent d’une même racine, ou plu¬
tôt c’est le même mot sous deux formes
différentes.»
Nous admettrons que les mots Auer et
Urus dérivent d’une même racine; mais
on nous accordera aussi la communauté d’o¬
rigine des trois mots Vulves (1), Wolf{$),
Whelp (3), et nous ne nous croirons pas pour
cela en droit d’en conclure qu’ils désignent
une même espèce.
Si l’argument puisé dans les considéra¬
tions étymologiques est absolument sans
valeur, on va voir que l’autre n’a pas plus
de poids.
Les écrivains anciens, en effet, ne nous
donnent pas VUrus comme le seul Bœuf
sauvage des forêts de la Germanie ; au con¬
traire , ils indiquent sous le nom de Bison
une deuxième espèce qui est certainement
notre Aurochs. A la vérité, ils auraient pu
parler du même animal sous deux noms
différents , ce qui leur est arrivé plusieurs
fois; mais il est difficile de supposer que
ce soit ici le cas , quand nous voyons un
(i) V ulpes , en lalin , Renard.
(s) IVolf, en allemand el en anglais, Loup.
W Whilp, en anglais, jeune chien.
poète latin parler dans un même vers de
VUrus eldu Bison comme ayant paru l’un
et l’autre dans les jeux du cirque.
De ce qu’il n’existe aujourd’hui dans
l’ancienne forêt Hercynienne qu’une seule
espèce de Bœufs sauvages, conclure, contre
le témoignage formel des anciens, qu’il n’en
existait pas dans les mêmes lieux une se¬
conde, il y a deux mille ans, c’est procé¬
der bien hardiment. En raisonnant de la
sorte , si l’espèce de l’Aurochs , aujour¬
d’hui réduite à un très petit nombre d’in¬
dividus et dont la destruction complète est
sans doute très prochaine , s’était éteinte il
y a trois siècles , on n’hésiterait pas à affir¬
mer qu’aucune espèce du genre Bœuf n’a
existé depuis les temps historiques à l’état
sauvage dans les forêts de l’Europe.
D’après ce qui vient d’être dit, on voit
que pour désigner l’Aurochs dans la no¬
menclature latine, les classificateurs avaient
à choisir entre deux noms donnés par les
anciens à des Bœufs sauvages , l’un dont
l’application était parfaitement légitime, et
ne pouvait entraîner aucune confusion ,
l’autre dont l’acception était au moins
douteuse ; c’est ce dernier qu’ils ont pré¬
féré : évidemment ils ont eu tort; mais,
leur erreur, une fois reconnue, convient-il
de la réparer ? non, sans doute ; le remède
serait pire que le mal.
Si l’on en était aujourd’hui à créer pour la
zoologie une nomenclature latine, on pour¬
rait, on devrait peut-être s’attacher à n’y
pas faire entrer un seul nom, avant de s’être
bien assuré qu’on ne le détournait point
de la signification qu’il avait anciennement.
Pour cet examen préalable , on trouverait
sans doute de grands secours dans les re¬
cherches de certains naturalistes qui unis¬
saient à une parfaite connaissance des faits
et à beaucoup de sagacité une très vaste
érudition ; mais quoique ces savants aient
pu faire , le travail n’est pas terminé , et
ceux qui s’occuperont de le poursuivre
rencontreront de grands obstacles ; souvent
il leur arrivera de ne recueillir aucun fruit
de leurs recherches.
Il n’est pas rare en effet, comme nous le
faisions remarquer plus haut, de trouver
dans les écrits des anciens le même animal
désigné par plusieurs noms différents, sui¬
vant les pays dans lesquels il a été observé,
35^
AUR
AUR
et c’est déjà là une cause de confusion ;
mais ce qui est au moins aussi commun, et
beaucoup plus fâcheux , c’est l’applica¬
tion d’un même nom à la désignation de
plusieurs espèces distinctes. Constater ce
double emploi du mot est chose difficile à
cause de la brièveté des indications qui
d’ordinaire s’y rattachent. Quand par ha¬
sard on trouve des descriptions, .elles sont
toujours incomplètes, et, quand l’auteur n’a
pas parlé de visu , elles sont presque né¬
cessairement inexactes. Ce n’est pas tout
encore ; souvent les écrits originaux ont été
perdus, et nous n’obtenons les renseigne¬
ments qu’ils contenaient que par l’inter¬
médiaire des compilateurs. Or ceux-ci ne se
sont pas toujours contentés de transcrire, à
la suite les unes des autres, les diverses don¬
nées qui se rattachaient à un nom commun;
quelquefois ils les ont combinées pour en
faire un seul animal ; alors la difficulté est
vraiment inextricable.
Supposons cependant tous ces obstacles
surmontés, et voyons quelle sera, relative¬
ment à la nomenclature, l’importance d’un
résultat si péniblement obtenu ; très peu de
chose, en vérité. Pour les Mammifères, par
exemple, si nous passons en revue les noms
qui nous ont été transmis par les anciens,
nous voyons qu’il y en avait bien trente à
peu près dont l’application n’était pas dou¬
teuse; eh! bien, toutes les recherches des
savants n’ont guère abouti qu’à augmenter
ce nombre d’une vingtaine. Admettons que
les recherches futures l’augmentent encore
d’autant, ce seront soixante-dix noms qu’on
aurait pu employer sans scrupule dans la
nomenclature zoologique. Tous les autres
noms anciens d’ailleurs en auraient dû
être bannis , comme propres à donner de
fausses idées ; ainsi , pour le cas qui nous
occupe, le mot Bison serait appliqué à
l’Aurochs et le mot TJrus disparaîtrait, du
moins comme nom d’une espèce aujourd’hui
vivante. La même proscription s’étendrait au
mot Bonasus, à moins qu’on ne l’appli¬
quât à l’Aurochs du Caucase , dans le cas où
des recherches ultérieures prouveraient,
ce qui est assez peu probable , qu’il dif¬
fère spécifiquement de l’Aurochs de Li¬
thuanie.
Certes, ce serait un assez mince avantage
pour une nomenclature que d’être vraie
sous le point de vue historique, et ce n’est
pas là ce qu’on doit lui demander, mais en¬
fin ce serait un avantage réel. On pourrait
donc s’étonner de voir que , dans les nom¬
breux systèmes de nomenclature qui ont
été proposés depuis quelques années et qui
menaceraient, si leurs auteurs jouissaient
d’assez de crédit pour se faire écouter , de
jeter la science dans une confusion com¬
plète, on n’ait jamais pensé à faire prévaloir
ce principe. C’est que pour en faire l’appli¬
cation, il faudrait du travail , il faudrait des
connaissances que n’ont point les novateurs
auxquels nous faisions allusion ; c’est qu’il
est bien plus facile de forger, au moyen du
Dictionnaire grec, cent noms nouveaux,
plus ou moins sonores , plus ou moins si¬
gnificatifs, que de déterminer d’une ma¬
nière satisfaisante la véritable acception
d’un nom ancien, restée douteuse jusqu’à ce
jour. (Roui*.)
AUROXE. bot. ph. -T- Voyez armoise.
*AUROPOUÏ)RE. min. — Nom donné
à un Aurure de palladium et d’argent, d’une
couleur d’or sale , qui se trouve en petits
grains cristallisés au Brésil, dans la capitai¬
nerie de Porper. Il est composé, suivant
M. Berzélius, sur 100 parties, de 85,98 d’or;
9,85 de palladium ; et 4,17 d’argent. (Del.)
AURORE, phys. — On nomme ainsi
la lumière qui précède le lever du soleil.
Le crépuscule du matin que parfois l’on
confond avec l’Aurore n’est que la première
lueur qui succède à la nuit et qui ne suffit
point encore pour distinguer les objets.
L’Aurore commence quand le crépuscule
cesse, et lorsque chaque chose revêt la cou¬
leur qui lui appartient. Le levant , qui n’of¬
frait qu’une légère bande lumineuse, prend
une teinte orangée qui s’anime graduelle¬
ment; les nuages se colorent des plus vives
nuances d’or et de pourpre , l’horizon de¬
vient tout resplendissant , et cet admirable
spectacle n’est effacé que par la lueur du
soleil.
L’Aurore est un double phénomène de
réfraction et de réflexion. La lumière du
soleil, qui commence à paraître lorsque cet
astre est encore à 18° au-dessous de l’hori¬
zon, nous est envoyée , non par transmis¬
sion directe , mais par réflexion sur les va¬
peurs atmosphériques , sur de petites mo¬
lécules solides qui y flottent et peut-être
AUR
AÜP
353
aussi sur les atomes matériels réels de
l’air lui-méme (Herschel).
Quelques physiciens considèrent l’Au¬
rore comme un phénomène de diffraction
(modification qu’éprouve la lumière par son
passage auprès des extrémités des corps). Ils
pensent expliquer ainsi plus facilement les
modifications que font éprouver à l’Aurore
non-seulement l’état hygrométrique ou ther¬
mométrique de l’atmosphère, mais encore
les dispositions locales de la contrée dans
la direction du soleil levant. (A. D.)
AURORE BORÉALE. MÉTÉOR. -
Dans les régions voisines du pôle , on ob¬
serve parfois, quelques heures après le cou¬
cher du soleil, un météore lumineux, dont
nous allons décrire les différentes phases.
Il s’annonce d’abord par une espèce de
brouillard qui occupe la partie nord de l’ho¬
rizon, en tirant un peu vers l’occident, et
qui présente la figure d’un segment de cercle
dont l’horizon forme la corde. La partie vi¬
sible de la circonférence de ce brouillard
paraît bientôt bordée d’une lueur blanchâ¬
tre , produisant un arc lumineux ou plu¬
sieurs arcs concentriques, séparés par des
bandes obscures. Des jets et des rayons de
lumière, diversement colorés, s’élancent en¬
suite de l’arc , ou plutôt du segment nébu¬
leux où se forme toujours quelque brèche
éclairée qui semble leur livrer passage.
Quand le phénomène augmente et qu’il doit
occuper une grande étendue, ses progrès
se manifestent par un mouvement général,
par une sorte de trouble dans toute la masse.
Des brèches nombreuses se forment dans
l’arc et dans le segment obscur, et dispa¬
raissent à l’instant; des vibrations de lu¬
mière, des éclairs viennent frapper, comme
par secousses, toutes les parties du météore.
Enfin , lorsqu’il est arrivé à sa plus grande
extension, on voit se former au zénith
une couronne de feu , vers laquelle conver¬
gent une multitude de traits enflammés.
C’est alors que le phénomène, dans toute sa
magnificence , présente un spectacle admi¬
rable , tant par la variété des figures lumi¬
neuses qui se jouent de mille manières dans
les hautes régions de l’atmosphère, que par
la vivacité et la richesse des couleurs dont
elles brillent. Il diminue ensuite par de¬
grés. Les jets lumineux et les vibrations se
renouvellent cependant encore de temps en
temps; mais enfin le mouvement cesse ; la
lumière qui s’était étendue dans toutes les
portions du ciel se resserre et se concentre
vers la partie boréale ; le segment obscur
s’éclaircit , puis finit par s’éteindre , tantôt
subitement, tantôt avec lenteur, à moins
qu’il ne se prolonge pour se confondre avec
le crépuscule du matin.
Telle est l’Aurore boréale dans tout son
éclat : c’est ainsi que la voient les habitants
de la Laponie , de la Norv ège , de la Russie
septentrionale, de la Sibérie ; ceux du nord
de l’Écosse, de l’Islande, du Groenland, du
Canada, des régions arctiques, en un mot;
mais, plus on s’éloigne du pôle, moins on
en voit distinctement les diverses périodes.
Elle ne paraît généralement en France que
comme une lumière plus ou moins écla¬
tante, peu élevée au-dessus de l’horizon.
L’Aurore boréale n’avait point échappé
aux observations des anciens. On rencontre,
chez leurs historiens et chez leurs poètes,
maintes descriptions qui ne permettent
point d’en douter. Nous nous bornerons à
nommer, après Tite-Live , Lucain , qui,
dans les vers suivants , décrit ce phéno¬
mène avec une énergique précision :
Ignota obscuræ viderunt sidéra noctes,
Ardeutemque Polum flammis , cœloque volantes
Obliquas per inane faces .
(Phars. , liv. 1.)
Ces auteurs, toutefois , n’ont point eu
en vue le phénomène lui -même; ils ne
l’ont considéré que comme le présage de
quelque événement considérable.
Nous pourrions trouver plus de lumières
à ce sujet chez les philosophes de l’anti¬
quité, en général bons observateurs ; mais
il faut remarquer, qu’habitant des contrées
méridionales , ils eurent peu d’occasions
d’observer des Aurores boréales complètes.
Aristote, cependant, en donna une descrip¬
tion satisfaisante; après lui, Sénèque et
Pline en parlèrent de manière à ne laisser
aucun doute ; plus tard encore , Julius Ob-
sequens et Isidore de Séville en firent men¬
tion.
En arrivant aux temps modernes, il nous
serait facile d’augmenter la liste des auteurs
qui ont parlé de l’Aurore boréale; mais
laissant de côté ce luxe d’érudition , nous
nous empresserons d’arriver à ceux qui ont
observé ce phénomène en savants et non
23
T. U
364 AUR
en diseurs de bonne aventure. Le premier
fut Gassendi , qui rendit compte d’une
Aurore boréale observée par lui en Pro¬
vence, et vue, en même temps, dans toute
la France, en Syrie, à Alep, c’est-à-dire
dans une étendue de 700 lieues de l’ouest à
l’est, et à douze degrés sud environ, de
Paris.
Depuis Gassendi les observations se mul¬
tiplièrent. On reconnut que ce météore n’é¬
tait point particulier au pôle nord ; que le
pôle sud avait ses Aurores australes, moins
souvent signalées , peut-être à cause du
nombre moins considérable d’observateurs,
mais n’en existant pas moins réellement (à)-.
Avec les observations se multiplièrent
les explications , les théories , sans que jus¬
qu’à présent la nature de l’Aurore boréale
ait été parfaitement définie.
Nous allons faire connaître les principales
opinions émises.
On crut d’abord que l’Aurore boréale était
produite par des vapeurs et des exhalai¬
sons élevées dans la région moyenne de
l’air. De leur mélange résultait une fermen¬
tation très vive , suivie de coruscations , de
flammes et de détonations. Lemonnier et
Muschenbroëck furent partisans de cette
opinion.
Halley supposa que l’Aurore boréale est
due à des tourbillons magnétiques traver¬
sant la terre du sud au nord , avec une ex¬
cessive vitesse, et pouvant devenir lumineux
par eux-mêmes ou par leur contact avec les
substances terrestres qu’ils rencontrent.
Les tourbillons furent abandonnés, et Mai-
ran vint à son tour (1733) proposer une
nouvelle théorie.
Partant du fait qu’il existe autour du so¬
leil une espèce de vapeur lumineuse d’une
extrême ténuité, ce savant admit que l’Au¬
rore boréale n’est qu’une portion de cette va¬
peur, ou plutôt une portion de l’atmosphère
solaire , que la terre rencontre sur sa route
et emporte avec elle dans l’espace. Comme ,
d’après cette théorie, l’Aurore boréale a né¬
cessairement son siège dans notre atmos¬
phère, et comme néanmoins ce météore offre
parfois une élévation de plus de 200 lieues ,
Mairan fut obligé de supposer à cette at-
(1) Le météore dont nous parlons se présentant aux deux
p41es, le nom d 'Aurore polaire lui conviendrait mieux;
mai» le premier a prévalu.
AtlR
mosphère une hauteur incomparablement
plus considérable que celle qu’on lui attri¬
bue communément.
Cette objection n’échappa point à Euler,
qui, tout en repoussant la théorie de Mairan,
en proposa lui-même une nouvelle. Suivant
l’illustre géomètre , les rayons solaires ,
exerçant leur impulsion sur les particules
de l’atmosphère, les chassent à une grande
distance et les rendent lumineuses en se ré¬
fléchissant à leur surface. Étendant cette
explication à la queue des Comètes et à la
lumière zodiacale , il attribue leur appari¬
tion à une impulsion semblable , qui agit
d’une part sur l’atmosphère des premières,
et de l’autre, sur celle du soleil lui-même.
Quelques physiciens attribuèrent l’Aurore
boréale aux glaces dont les terres circumpo¬
laires sont couvertes. D’après eux, ces neiges
et ces glaces, comme autant de miroirs,
réfléchissent vers la surface des couches su¬
périeures de l’atmosphère, les rayons du
soleil qui , dans ces climats, s’abaisse très
peu au-dessous de l’horizon; et les molé¬
cules, dont ces couches sont composées , dé¬
terminant une seconde réflexion, les ren¬
voient vers la surface de la terre , et produi¬
sent ainsi les phénomènes de l’Aurore
boréale.
Un autre savant, l’abbé Hell, avança que
l’Aurore boréale a son origine dans la ré¬
fraction des rayons du soleil ou de la lune,
par notre atmosphère, et dans leur ré¬
flexion par des nuages lumineux, formés de
particules glacées. Ce serait, d’après cet
astronome, un météore semblable aux par-
hèlies ou parasèlènes , produites par la
réflexion des rayons du soleil ou de la lune
sur des vapeurs congelées, suspendues dans
l’atmosphère à différentes distances de la
terre , et transportées par les vents comme
de légers nuages.
Au milieu de toutes ces explications,
celle qu’avait présentée Mairan réunissait
les plus nombreux suffrages ; elle était
adoptée par les hommes les plus distin¬
gués de l’époque , quand , en 1740 , Celsius
et Niorter découvrirent que l’aiguille ai¬
mantée éprouve une agitation extraordinai¬
re, à l’apparition d’une Aurore; mais lorsque
les propriétés de la lumière électrique furent
connues, toutes les théories précédentes
furent abandonnées ; Éberhart, professeur
AUR
AUR
à Hall, et Paul Frisi, à Pise, proposèrent
d’expliquer l’Aurore boréale par l’électri¬
cité, en s’appuyant sur les faits suivants : 1°
l’électricité qui passe dans le vide s’y mon¬
tre sous les mêmes apparences lumineuses
que celles qu’on observe dans l’Aurore bo¬
réale ; 2° l’air devenant moins dense à me¬
sure qu’il s’élève au-dessus de la surface de
la terre, les décharges électriques, dans les
régions supérieures, doivent présenter les
mêmes apparences que dans des tubes rem¬
plis d’air plus ou moins raréfié.
Ces idées furent adoptées par Canton ,
Beccaria, Wilke, Franklin, etc. , qui y ap¬
portèrent néanmoins quelques modifica¬
tions.
Il est à remarquer, du reste, que depuis
cette époque, quelque éloignées de la vrai¬
semblance qu’aient été les hypothèses mises
en avant, les auteurs ont toujours reconnu
l’influence électrique ; ainsi , à l’époque
où le gaz inflammable ( hydrogène ) fut
découvert , Yolta, tout en cherchant , par
plusieurs expériences, à démontrer que ce
gaz pouvait être la cause de l’Aurore bo¬
réale , ne proposa cette théorie que comme
une supposition sans importance , et il
ajouta même : « Je me repens déjà d’a¬
voir avancé , quoiqu’on passant seulement,
quelques idées qui heurtent de front l’ortho¬
doxie électrique. »
Malgré l’anathème que l’auteur lui-même
avait jeté sur sa théorie, elle fut reprise par
Patrin, bien qu’elle ne puisse soutenir l’é¬
preuve de l’expérience 5 et, en effet, l’hydro¬
gène ne pouvant s’allumer sans le concours
de l’oxygène, comment sa combustion au¬
rait-elle lieu au siège de l’Aurore boréale ,
c’est-à-dire dans ces hautes régions de l’at¬
mosphère, où la raréfaction est arrivée à
un point extrême ; et à plus forte raison ,
hors de l’atmosphère , si l’on admet que
c’est là que se produit le météore ?
Dans les dernières années du siècle der¬
nier, le physicien anglais Dalton présenta les
idées suivantes sur le phénomène qui fait le
sujet de cet article : « il se passe, dit-il, à 150
milles d’élévation de la surface de la terre.
En s’élevant au-dessus de fiotre planète, on
trouve d’abord la région des nuages , puis
celle des météores , tels que les étoiles, fi¬
lantes, les globes de feu, etc. ; au-delà on ren¬
contre la région de l’Aurore boréale, dont la
grande élévation se déduit de sa lumière ex*
trêmement affaiblie qui peut s’étendre sur
une moitié de l’hémisphère. Dalton appelle
encore à son aide les effets électriques
lumineux produits dans l’air plus ou moins
raréfié ; il attribue , en outre , une origine
ferrugineuse aux rayons du météore , en
raison des propriétés magnétiques du
fer , etc. »
Au commencement de ce siècle, le profes¬
seur Libes présenta une nouvelle théorie
qui, au premier coup-d’œil, semble satisfai¬
sante. D’après ce savant , la production du
gaz hydrogène étant presque nulle aux
pôles, le fluide électrique, qui reflue de l’é¬
quateur, n’y rencontre qu’un simple mé¬
lange d’oxygène et d’azote, dont il déter¬
mine la combinaison. Cette combinaison se
manifeste par des vapeurs rutilantes dé¬
cide nitreux (hypo-azotique) , qui consti¬
tuent le phénomène de l’Aurore boréale. Si
ce phénomène, ajoute, l’auteur, n’a pas lieu
dans les zones tempérées, cela tient à ce que,
dans cette atmosphère fortement échauffée,
il se trouve toujours un mélange de gaz hy¬
drogène et de gaz oxygène , que l’ étincelle
électrique enflamme de préférence, en pro¬
duisant, en même temps que la forma¬
tion d’une certaine quantité d’eau , les
phénomènes des éclairs et de la foudre.
Cette théorie , plus ingénieuse que solide ,
donne lieu à la même objection que celle de
Yolta.
Il nous reste encore à exposer la théorie
de M. Biot. Dans un voyage qu’il fit, en 1817,
aux îles Shetland , l’illustre physicien ayant
eu l’occasion de voir souvent et d’étudier les
Aurores boréales, proposa l’explication sui¬
vante :
a Pour s’assurer, dit-il, si le phénomène
des Aurores existe dans notre atmosphère
ou au dehors, il suffit de voir s’il a des re¬
lations quelconques avec le mouvement
diurne de la terre; or, toutes les observations
faites jusqu’ici, et qui ont été constatées
aux îles Shetland , prouvent que les arcs et
les couronnes ne participent en rien au
mouvement apparent des astres d’orient
en occident ; dès lors ce phénomène est pu¬
rement atmosphérique, »
Ce principe établi , M. Biot fait remar¬
quer que l’Aurore horégle est en résumé
composée de véritables puées , venant ordi?
356
AUR
AUR
nairement du nord, et formées d’éléments
extrêmement ténus et lumineux , flottants
dans les airs ; que ces nuées forment sou¬
vent des colonnes qui prennent la direction
de l’aiguille aimantée. Or, quelle est la na¬
ture de ces éléments ? L’auteur résout ainsi
la question :
« Parmi les substances terreuses , nous
ne connaissons jusqu’à présent que les mé¬
taux dont les particules soient susceptibles
de magnétisme ; encore cette propriété est-
elle particulière à quelques-uns d’entre
eux. Il est donc vraisemblable que les élé¬
ments en question sont, au moins en grande
partie, composés de particules métalliques
réduites à une ténuité extrême ; mais de là
résulte aussitôt une autre conséquence. On
sait que tous les métaux connus sont d’ex¬
cellents conducteurs du fluide électrique ;
or , les diverses couches qui composent
l’atmosphère sont habituellement chargées
de quantités très inégales d’électricité... Si
donc des colonnes , composées en partie
d’éléments métalliques , se trouvent sus¬
pendues verticalement dans l’atmosphère ,
comme le sont les colonnes de l’Aurore bo¬
réale, lorsqu’elles flottent au-dessus des ré¬
gions les plus voisines du pôle, l’électricité
des couches d’air situées au sommet et au
bas des colonnes , trouvera en elle autant
de conducteurs plus ou moins parfaits ; et ,
si la tendance de cette électricité, pour se
répandre uniformément , surpasse la ré¬
sistance que l’imperfection des colonnes
conductrices lui oppose, elle s’écoulera le
long de ces colonnes en illuminant sa route,
comme nous voyons que cela arrive , en gé¬
néral, avec des conducteurs discontinus...»
Après cette explication fort ingénieuse,
sans aucun doute, il restait à démontrer
comment des nuages composés de parti¬
cules métalliques se forment dans le voi¬
sinage des pôles plutôt que partout ailleurs,
pour se répandre de là dans le reste de l’at¬
mosphère ; il fallait aussi expliquer ces ef¬
fets , véritables phénomènes d’inflamma¬
tion, dans ces nuages phosphorescents qui,
se détachant du nuage lumineux principal ,
lancent par intervalle des jets de lumière.
Ces nouvelles questions furent abordées par
M. Biot de la manière suivante :
« Le pôle magnétique est évidemment le
point de départ des colonnes lumineuses ;
dès-lors, les parties extrêmement déliées
qui composent ces colonnes , et la nue lu¬
mineuse qui leur donne naissance, doivent
sortir de la terre en ce point ou en quelques
autres peu éloignés. Or, les contrées sep¬
tentrionales ont été , dans tous les temps,
comme elles le sont aujourd’hui, exposées
à de violentes éruptions volcaniques. Plu¬
sieurs des volcans voisins du pôle sont en
activité autour de la zone où se trouve le
pôle magnétique. Je citerai particulièrement
les volcans des îles Aleutiennes, de l’Is¬
lande et du Kamschatka. Ces éruptions
sont toujours accompagnées de phénomènes
électriques ; la foudre sillonne sans cesse
les tourbillons de vapeurs et les déjections
pulvérulentes qui sortent des cratères. Ces
colonnes , ces tourbillons de poussière vol¬
canique , chargés d’électricité , sont trans¬
portés , comme on sait , à des distances
considérables, et abandonnent à l’air, dans
leur trajet, toute l’électricité dont ils étaient
imprégnés en sortant du cratère.
« Ces éruptions si vastes, ajoute l’auteur,
partant d’abimes si profonds qu’ils sem¬
blent communiquer entre eux par dessous
la croûte solide du globe , d’un bout à l’au¬
tre de la terre, ne doivent-elles pas, lors¬
qu’elles durent quelque temps, exciter, au-
dessus du gouffre dont elles sortent , de
violents courants d’air et de véritables Yents
ascendants qui emportent les poussières
volcaniques jusqu’à des élévations bien su¬
périeures aux nuages ordinaires ? D’un
autre côté, l’on sait, au rapport des voya¬
geurs qui ont visité l’Islande, qu’on voit
quelquefois au-dessus de l’ile, pendant les
éruptions volcaniques , un brouillard , ou
pour mieux dire , des nuages de nature sul¬
fureuse et métallique , qui irritent dou¬
loureusement les yeux, la bouche et les
narines. Au surplus, l’existence d’un sem¬
blable brouillard , composé de matières
sèches et répandant une odeur fétide et
sulfureuse, fut constatée en 1783 ; toute l’Eu¬
rope en fut alors couverte, et les voyageurs
le rencontrèrent, au sommet des Alpes, sur
la Méditerranée et sur l’Océan atlantique, à
plus de cent lieues des côtes. Le journal de
physique (1784) rend également compte d’un
brouillard sec, possédant la propriété lumi¬
neuse dont sont douées les nues qui com¬
posent l’Aurore boréale. »
AUR
AUR
357
En conséquence de la nature combustible
qu’il accorde à ces nuées, M. Biot pense
que des décharges électriques répétées
peuvent les enflammer. .
Un habile physicien , M. Becquerel , à
qui Ton doit une histoire complète des phé¬
nomènes électrique et magnétique, a détruit
la théorie de M. Biot, en démontrant que,
dans l’état actuel de nos connaissances géo¬
logiques, on ne peut admettre, dans les
matières vomies par les volcans , et par
conséquent , dans les nuages volcaniques ,
aucune parcelle métallique, mais seulement
des matières vitreuses , des silicates et au¬
tres composés, entièrement dépourvus de
conductibilité.
Quoi qu’il en soit des théories , l’Aurore
boréale paraît intimement liée au magné¬
tisme terrestre ; le sommet de l’arc lumi¬
neux est toujours situé dans le plan du
méridien magnétique du lieu de l’observa¬
tion ; le centre de la couronne suit le pro¬
longement de la boussole d’inclinaison, ou
d’un aimant suspendu en son centre de
gravité, quand il atteint sa position d’équi¬
libre 5 enfin, l’Aurore boréale occasionne
des variations irrégulières dans l’inclinai¬
son et la déclinaison de l’aiguille aimantée.
M. Arago a remarqué qu’à Paris , dès le
matin du jour où une Aurore boréale doit
se montrer, l’aiguille de déclinaison dévie
vers l’occident ; le soir, au contraire, elle
dévie à l’orient 5 cette déviation va quelque¬
fois jusqu’à un quart de degré. Des obser¬
vations analogues ont été faites dans tous
les observatoires de l’Europe. Il est donc
facile de prédire, dans un point quelconque
de notre hémisphère, l’apparition d’une Au¬
rore boréale. Le même savant a voulu re¬
connaître si les Aurores australes exercent
quelque influence sur l’aiguille aimantée à
Paris ; mais il est arrivé que toutes les fois
qu’une Aurore australe a été observée , elle
a coïncidé avec une Aurore boréale : doit-on
en conclure que cette coïncidence est une
des lois du phénomène?
Les rapports que nous venons d’indiquer
entre le magnétisme terrestre et l’Aurore
polaire , sont jusqu’à ce jour les seules don¬
nées certaines qui puissent servir de point
de départ , pour la recherche des causes de
ce météore. Se produit-il dans les limites de
notre atmosphère ou au-delà ? ]Les obser¬
vations, et par conséquent les opinions, se
contredisent. Si l’on en croit les récits des
habitants des régions du nord, des îles
Shetland, par exemple, l’Aurore boréale est
toujours accompagnée d’un bruissement
bien sensible, analogue à celui que produit
une succession d’étincelles électriques. Ce
fait, s’il est vrai, ne semble point indiquer
une très grande élévation . Des mesures d’an¬
gle , prises de deux lieux différents sur la
même Aurore boréale, pendant l’expédition
du capitaine Franklin au pôle nord , ne
donnèrent que trois ou quatre lieues d’élé¬
vation à sa couronne. D’un autre côté,
M. Dalton, dont nous avons rapporté plus
haut les opinions , calcula qu’une Aurore
boréale, aperçue et mesurée le 29 mars 1826,
à Manchester , à Edimbourg , et dans d’au¬
tres localités , devait être élevée à quarante
lieues au-dessus de la terre.
Les expériences de plusieurs physiciens,
et, entre autres, de MM. Harris et Becquerel,
' tendent à prouver qu’un corps électrisé ,
placé dans le vide , loin de tout corps capa¬
ble d’exercer sur lui une action par in¬
fluence , conserve indéfiniment son électri¬
cité sur sa surface ; mais que si les corps
sont placés à une distance telle que l’action
par influence puisse avoir lieu, l’électricité
franchit l’espace vide. Si donc, l’électricité
atmosphérique intervient dans le phéno¬
mène des Aurores boréales , il faut qu’el¬
les aient lieu dans des portions de l’at¬
mosphère où l’air n’est point dans un
grand état de raréfaction; mais comment
expliquer alors ces couleurs si variées des
rayons lumineux, qui ont tant de ressem¬
blance avec celles des décharges électriques
dans le vide , ou dans l’air plus ou moins
raréfié?
On voit, d’après tout ce qui précède,
qu’une explication complète de l’Aurore
boréale a échappé jusqu’ici aux investiga¬
tions de la science. Il faut donc multiplier
et rendre plus précises les observations sur
ce météore et le magnétisme terrestre ;
peut-être ainsi parviendra- 1- on à recon¬
naître le lien caché qui semble réunir ces
deux grands faits.
(A. Duponchel.)
AURUM. min. — Voyez or.
* AURURES. min. — Genre formé de
l’alliage ou de la combinaison de l’Or avec
358
AUS
AUT
d’autres métaux, à l’égard desquels il sem¬
ble jouer le rôle d’élément électro-négatif.
Ces mélanges ou ces combinaisons ont
pour caractères communs d’être attaquables
par l’eau régale, et de donner ainsi une so¬
lution qui précipite en pourpre par le Pro¬
tochlorure d’étain. Les seules qu’on con¬
naisse sont d’un jaune d’or pâle, et elles
sont solubles dans l’eau régale avec préci¬
pité immédiat de Chlorure d’argent. Ce
sont : 1° l’Aurure d’argent, ou l’Êlectrum
(syn. Or argentifère ) ; et 2° l’Àurure de
palladium et d’argent , ou l’Auropoudre
(Or palladifère et argentifère). Voy. or.
(Del.)
AUSERDA. bot. ph. — Nom vulgaire
de la Luzerne, dans le Roussillon.
(C. d’O.)
* AUSTRALASIE. Australasia. ois.
— Genre formé par M. Lesson (Tr. cl'Orn .),
dans la famille des Perroquets, et syno¬
nyme du genre Trichoglosse de Yig. et
Hors , qui lui est antérieur. Voy. tricho¬
glosse. (Lafr.)
* AUSTRAL ASIENNE S (Australasie) .
arach. — M. Walckenaër ([ns. apt ., Sui¬
tes à Buffon) applique cette dénomination à
deux petites subdivisions de son genre At-
tus , comprenant les espèces de ce genre
qui habitent les différentes îles de l’Océa¬
nie et la Nouvelle-Hollande. (Bl.)
AUSTRALICA (suivant l’auteur, ce
mot veut dire originaire de l’Australasie).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères ,
famille des Chrysomélincs , établi par M.
Chevrolat , aux dépens des ChrysomèLcs ,
dont il se distingue par ses antennes un peu
plus courtes , épaisses ( les 6 derniers arti¬
cles renflés) 5 par son corselet, non rebordé
et non sillonné sur les côtés ; par l’écusson
plus régulièrement arrondi en arrière ;
enfin , par le dernier article des palpes
maxillaires en forme de coupe, aplati,
tronqué et creusé sur la troncature. M. De-
jean, qui a adopté ce g. dans son dernier
Catalogue, y rapporte 5 espèces, dont 3 seu¬
lement sont des Australien pour M. Che¬
vrolat : ce sont les A. ruficeps9 Mac-Leay 5
litura, id., et Curtisii, Kirby, que M. De-
jean nomme P niche lia. Toutes trois sont
de la Nouvelle-Hollande. (D. et C.)
* AUSTRALIMA, Gaudich . (in Freycin .
Voy. Bol., p 505) bot. i-h. — Genre in¬
complètement connu, fondé sur l’ Urtica
pus ilia Poir. M. Gaudichaud lui assigne
les caractères suivants : Involucre presque
nul. Fleurs axillaires : les mâles au nombre
de 1 ou 2 , les femelles au nombre de 1 à 3
(à chaque aisselle). Tiges filiformes, ram¬
pantes, rameuses. Feuilles alternes.
(Si-.)
AUSTRALITE. min. — Sable grisâ¬
tre, trouvé à Sidney-Cove, en Australie, et
dans lequel on avait cru reconnaître une
substance terreuse d’une nature particu¬
lière, que de nouvelles analyses ont prouvé
11’ être pas exacte. (Del.)
*AUTALIA(étymologie incertaine), ins.
— Genre de Coléoptères pentamères , fa¬
mille des Brachélytres, tribu des Aléocha-
rides, fondé par Leach, et adopté par MM.
Mannerheim, Dejean, Lacordaire et Erich-
son. Yoici comment ce dernier, dont nous
suivons ici la méthode , comme la plus
récente et la plus complète sur cette fa¬
mille, caractérise le g. dont il s’agit (Gé¬
néra et Species Staphy linorum, p. 48) :
Mâchoires à lobe intérieur mutique, bordé
intérieurement de petites épines. Languette
allongée, garnie de deux franges dont l’in¬
terne est très courte et l’externe linéaire ;
paraglosses petites , étroites , acuminées.
Palpes labiaux de deux articles. Tarses des
pattes postérieures seuls de 5 articles, dont
les quatre premiers égaux entre eux ; tarses
des autres pattes composés seulement de 4
articles.
Les Autalies sont des Insectes très petits,
qui ont le faciès de quelques Psélaphiens ,
suivant M. Lacordaire, et qui vivent dans
les Bolets et autres végétaux en décomposi¬
tion. Selon M. Erichson, ils se rapprochent
des Falagria par leurs paraglosses acumi¬
nées, et s’en éloignent par leur menton
profondément échancré et leur languette al¬
longée et quadrifidc. Cet auteur n’en décrit
que deux espèces : VA, impress a (Aleoch-
idem Gravenh.), et VA. rivularis (Al-
eoch. id. Gravenh.), toutes deux d’Europe.
Mais M. Shuckard (Eléments of British
entoniology » etc., pag. 14 1), en désigne 4
autres sous les épithètes de plicala Kirby,
et de ruficornis , aterrima et angusticol-
lis Stephens. Nous n’en citerons qu’une
comme type du g., VA. impressa Gravenh.,
figurée dans Olivier sous le nom de Sla-
AUT
359
AUT
phyl. impressus ( Ent . III, 42, 23, 28, t. 5,
fig. 41). (D. et G.)
* AUTARCITE. bot. cr. — Nom
proposé par Leclerc pour remplacer celui
de Prolifère. Cette dénomination n’ayant
pas été adoptée, nous renvoyons pour ces
détails au mot vaucherie. (C. d’O.)
*AUTOCARPIENS (fruits), bot.ph.—
M. Desvaux, dans sa Classification géné¬
rale des fruits, appelait ainsi ceux qui con¬
sistent uniquement dans le développement
du pistil, sans addition d’aucun autre organe
de la fleur. Voy. fruits. (A. R.)
AUTOMOLITE et AUTOM ALITE.
MIN. - VoyCZ GAHNITE. (DEL.)
* AUTONOMES . crust. — Genre de
Décapodes macroures de la famille des Sa-
licoques et de la tribu des Alphéens, ayant
les pattes de la 2e paire monodactyles ; les
antennes supérieures terminées par deux
filets; les pattes-mâchoires externes non
foliacées : les yeux libres, etc. Cette petite
division générique a été établie par M.
Risso, d’après une Salicoque de la Méditer¬
ranée. (M. E.)
* AUTOPSIDE S . Aulopsides ( àurcç ,
soi-mème; oTrrop.at , voir), min. — Haüy
a donné ce nom à une classe de sub¬
stances métalliques possédant par elles-
mêmes de l’éclat. (C. d’O.)
* AUTORITAIRES. Autositarii (aù-
toç, soi-même; âÎToç, nourriture), térat.
— Premier ordre des Monstres doubles. Ce
nom doit être donné aussi au premier ordre
des Monstres triples et généralement de
chacune des sous-classes qui pourront être
établies parmi les Monstres composés.
L’ordre des Monstres doubles autositai-
res, moins anomal et plus étendu que l’or¬
dre des parasitaires qui le suit , comprend
un très grand nombre de monstres , com¬
posés de deux individus semblablement
égaux en développement. Cette égalité d’or¬
ganisation, qui est le caractère essentiel de
l’ordre, indique suffisamment que les deux
individus composants jouissent d’une égale
activité physiologique. C’est, en effet, ce qui
a constamment lieu, soit que les deux sujets
composants, réunis seulement dans une
région , vivent chacun d’une vie presque
distincte , soit que , plus intimement con¬
fondus , ils concourent également à la nu¬
trition et à l’accomplissement des autres
fonctions nécessaires à la vie commune. On
peut résumer en quelques mots les carac¬
tères et l’organisation de cet ordre , en di¬
sant que tout monstre double Autositaire
peut être considéré comme le résultat de
l’union de deux Autosites. Au contraire ,
tout monstre double parasitaire est le ré¬
sultat de la greffe d’un Parasite ou d’un
Omphalosite sur un Autosite.
Les monstres doubles Autositaires, quoi¬
que fort nombreux, se rapportent tous à
trois tribus naturelles , dont chacune se
subdivise en deux familles :
Tribu I. Sujets composants, doubles in¬
férieurement et supérieurement, réunis seu¬
lement dans une région. Huit genres, dont
trois, Pygopage , Mèiopage , Céphalo-
page, forment la famille des eusomi>ha-
diens, et cinq, Ischiopage , Xiphopage ,
Slerropage , Ectopage , Hémipage , celle
des MONOMFHAEIENS.
Tribun. Individus composants, bien dis¬
tincts, séparés même â leur extrémité pel¬
vienne, se confondant au contraire inti¬
mement à leur extrémité céphalique. Les
deux familles de cette tribu se composent
chacune de trois genres , savoir : celle des
sycéfhaliens, des g. Janiccps, Iniopes et
Synoies, celle des monocéphadiens, des Dè-
radelphes , Thoradelphes et Synadcl-
phes.
Tribu III. Modifications inverses de celles
qui caractérisent les précédents : l’extrémité
céphalique est double, tandis que les deux
sujets composants sont réunis , et souvent
même entièrement confondus inférieure¬
ment. Aux Sycéphaliens correspondent, dans
cette famille, les sysomiens, comprenant les
genres Psodyme , Xiphodyme et Déro-
dyme ; aux Monocéphaliens, lies monoso-
miens, comprenant les genres Allodynie ,
Iniodyrne et Opodyme.
Il existe quelques monstres triples Au¬
tositaires ; mais ils sont si peu connus et
en si petit nombre , qu’il nous suffit ici
de mentionner leur existence , sans présen¬
ter le résumé de leur classification. Voy .
MONSTRES COMPOSÉS. (i. G.-S.-H.)
* AUTORITES. Aulositi (afe, lui-
même , soi - même ; cT-oç, nourriture ).
térat. — Premier ordre de la classe des
Monstres unitaires. Il comprend , comme
l’indique son rang, les moins anomaux des
360
AUT
AUT
Monstres unitaires. Chez tous les Autosi¬
tes , en effet , se trouvent réunis les carac¬
tères généraux, suivants : A l’extérieur, les
organes, quelques modifications qu’ils aient
subies, sont, au moins pour la plupart,
disposés symétriquement des deux côtés du
plan médian ou de l’épine {voy. axe). De
plus , outre sa division en moitiés droite et
gauche, l’ensemble de l’être se partage en
plusieurs régions distinctes ; à l’intérieur,
un grand nombre d’organes sont conservés,
et la plupart même avec des conditions peu
différentes de l’état normal. Enfin, et ce ca¬
ractère, qu’exprime le nom de l’ordre, est la
conséquence des précédents, la vie est possi¬
ble après la naissance pendant un temps dont
la durée est d’ailleurs extrêmement varia¬
ble , et toujours en rapport avec le rang de
chaque type dans l’échelle tératologique ;
ainsi , les premiers Autosites sont complè¬
tement viables, et peuvent même se repro¬
duire, tandis que, chez ceux qui viennent
ensuite, la vie ne se prolonge jamais au-delà
de quelques semaines, de quelques jours,
et même pour les derniers genres, de quel¬
ques heures.
Cet ordre est le plus étendu de la classe
des Monstres unitaires. Il comprend, dans
l’état présent de la science , huit familles ,
qui doivent être partagées en quatre tribus.
Tribu I. Anomalies portant surtout sur
les membres. Deux familles : les ectromé-
riens , comprenant les genres llèmimcle ,
Ectromèle et Phocomèle , et les symériens,
comprenant les genres Symèle , Urvmèle
et Sirénomèle.
Tribu II. Anomalies portant surtout sur
le tronc, qui est affecté de déviations graves
et complexes. Une seule famille : les céro-
somiens , comprenant les six genres sui¬
vants : Aspalasome , Agérosome , Cyllo-
some , Schistosome , Pleurosome et Céla-
some.
Tribu III. Anomalies portant principa¬
lement sur l’axe cérébro-spinal. Trois fa¬
milles : les EXENCÉPHALIENS , leS TSEUDEN-
céphariens et les anencépharieks. A la pre¬
mière appartiennent les six genres: Nolen-
céphale , Proencèphale , Podencéphule ,
Hypér encéphale , Iniencéphale et Exen¬
céphale i à la seconde , les trois genres
N o s encéphale, Thlipsencéphale et Pseu-
dencéphale ; enfin à la troisième, les deux
genres Dérencéphale et Anencéphale ,
qui ont été précédemment décrits.
Tribu IV. Anomalies portant sur la tête
entière, et spécialement caractérisées par
l’atrophie de quelques-unes des parties cen¬
trales de la face , et le rapprochement ou
même la fusion médiane des parties laté¬
rales. Deux familles : les cycrocéphariens ,
comprenant les cinq genres Ethmocéphalc ,
Cébocéphale , Rhinocéphale , Cyclocé-
phale et Stomocéphalc , et les otocépha-
riens , auxquels se rapportent également
cinq genres , savoir : Sphénocéphale ,
Otocéphale , Èdocèp-halc , Opocèphale et
Triocèphale. (I. G. -S. -H.)
AUTOUR. Astur , Briss.; Dœdalion ,
Sav. {Asterias , étoilé ; à cause du plumage
de cet oiseau), ois. — Genre de l’ordre des
Rapaces , de la famille des Falconidées et
de notre sous-famille des Accipitrinées. Ce
genre, en apparence fort naturel comme le
genre Faucon , est néanmoins beaucoup
moins circonscrit dans ses limites généri¬
ques, et les nombreuses espèces étrangères
qu’il renferme dans toutes les parties du
monde se départissent plus ou moins des
caractères qu’on lui assigne ordinairement,
basés en général sur nos deux espèces eu¬
ropéennes , V Autour et VÉpérvier. En
ayant égard aux diverses modifications
qu’elles présentent sur les divers points
du globe , leurs caractères génériques peu¬
vent être exprimés ainsi : « Bec court ,
comprimé, courbé dès sa base et forte¬
ment crochu ; mandibule supérieure non
dentée , mais dilatée , vers le milieu de son
bord , en un feston plus ou moins pro¬
noncé , ou simplement sinueuse ; l’infé¬
rieure tronquée et retroussée à son extrémi¬
té ; narines ovalaires ; tarses et doigts tan¬
tôt longs et grêles, garnis en dessous de pe-
lottes saillantes ou de longueur médiocre,
mais robustes, avec des doigts allongés et
vigoureux , ou longs et forts avec les doigts
courts ; ces tarses écussonnés ou réticulés ;
ongles des doigts antérieurs très inégaux ;
l’interne souvent de moitié plus grand que
l’externe et presque aussi fort que celui du
pouce ; tête généralement petite, déprimée;
ailes longues, quant à leur ostéologie, mais
de forme obtuse, sub-obtuse ou sur-obtuse,
à rémiges primaires médiocres ou courtes ,
atteignant dans le repos la moitié ou seule-
AUT
AUT
361
ment le tiers de la queue ; celle-ci longue,
ou médiocre ou courte , étagée , arrondie
ou carrée.» On peut ajouter encore que, chez
ces Oiseaux, la courbure de l’épine dorsale et
le rétrécissement du ventre les fait paraître
comme bossus , et que la plupart se dis¬
tinguent (mâles et femelles adultes) par des
raies transversales dans le plumage du des¬
sous de leur corps.
Tous les Rapaces, qui composent ce gen¬
re nombreux, sont chasseurs et en général
courageux comme les Faucons ; mais ils en
diffèrent totalement dans leur manière d’at¬
taquer et de poursuivre leur proie ; car les
Faucons n’exercent leur courage qu’au mi¬
lieu des airs , se laissant tomber oblique¬
ment avec la rapidité d’un trait sur la proie
qui s’enfuit, se relevant incontinent s’ils
l’ont manquée, pour fondre de nouveau sur
elle, et cherchant toujours l’avantage de la
hauteur. — Les Autours et Éperviers, au
contraire, ne chassent qu’en rasant la sur¬
face du sol , presque sans mouvement ap¬
parent de leurs ailes ; ou bien, immobiles
sur un arbre , ils attendent qu’une proie
vienne à passer pour fondre dessus, et si
elle leur oppose une fuite rapide, ils la
poursuivent à tire d’aile jusqu’au milieu des
bois et des lieux couverts où elle cherche
en vain un abri ; mais si, parmi les nom¬
breuses espèces étrangères, on remarque
diverses modifications dans les formes , on
en retrouve aussi de nombreuses dans le
mode de chasse et dans le degré de courage
dont elles sont douées.
Jusqu’ici l’on n’a guère établi dans le gen¬
re que deux subdivisions basées principale¬
ment sur les différences qu’offrent entre
elles nos deux espèces indigènes : X Autour
et XÊpervier. En cela, nous suivrons la
plupart des ornithologistes , en y com¬
prenant toutefois les espèces étrangè¬
res ; mais nous ne pensons pas que ces
subdivisions doivent être élevées au rang
de genres, comme elles l’ont été derniè¬
rement; car nous trouvons parmi les Au¬
tours étrangers de petits groupes s’éloi¬
gnant au moins autant de l’espèce ty¬
pe, notre Astur palumharius que notre
Èpervier, et qui, par conséquent, devraient
comme lui former aussi les types d’autant
de genres. Nous croyons que, dans le grand
genre Astur , il suffit de former deux sous-
genres : Astur et Ancipitcr, nous réser¬
vant de faire connaître les divers groupes
que nous avons remarqués dan^ le sous-
genre Astur.
Les caractères sous-génériques et diffé¬
rentiels (X Astur et Accipiter sont donc que,
chez le premier, les tarses sont toujours
robustes, de longueur médiocre ou allon¬
gés , écussonnés ou réticulés , avec des
doigts proportionnés ou courts, quelquefois
réticulés avec le tarse écussonné ; le bec de
grosseur moyenne ou élevé avec sa cour¬
bure un peu prolongée en avant, et un sim¬
ple sinus quelquefois à peine sensible au
bord de la mandibule supérieure ; les ailes
variant de la forme obtuse à celles sub¬
obtuse et sur-obtuse, et la queue de la forme
courte et carrée à celles moyenne et arron¬
die, ou longue et étagée. Quant à l’ana¬
tomie, il y a présence de cæcum, selon Sa-
vigny, qui nomme ces espèces Dœdalio -
nés Astures, ne prenant toutefois pour
type que le Dœdalion palumbarius ou
l’Autour proprement dit.
Chez le second sous-genre ou Accipiter ,
les tarses sont toujours longs, grêles et
écussonnés , ainsi que les doigts. Le doigt
médian surtout est dans les espèces types
d’une longueur remarquable, d’où il résulte
que sa première phalange est plus longue
que le doigt postérieur, sans son ongle, et
égale à l’interne sans son ongle également.
Les verrues plantaires sont grêles et pédi-
cellées. Le bec est petit, très court, à cour¬
bure subite , avec un feston très prononcé,
formant presque une dent obtuse chez cer¬
taines espèces. Les ailes varient de la forme
obtuse à celle sub-obtuse et la queue de la
forme longue et arrondie à celle fort longue
et étagée. Il y a absence de cæcum, d’après
Savigny,qui les appelle Dœdalio ne s sim -
plices , prenant pour type l’Épervier com¬
mun, Falco ni sus L., Dœdalion fringih
larùis Sav.
Les espèces de ce sous-genre, en général
de petite taille , sont remarquables par la
grande célérité de leurs mouvements et sur¬
tout par l’extrême dextérité de leurs pattes.
Cette grande longueur du doigt médian leur
rendant l’action de saisir et d’empoigner
beaucoup plus facile, et, sûres de ce double
avantage, elles poursuivent leur victime jus¬
que sous le couvert et l’atteignent souvent
23*
T. II.
AUT
AUT
362
au milieu des branchages ; emportées par
leur ardeur , on les a vues souvent se faire
prendre dans des bâtiments à la poursuite
du Moineau qui venait y chercher un refuge.
Le mâle de notre espèce, quoique incompa¬
rablement plus petit que la femelle, est en¬
core plus entreprenant et plus courageux
qu’elle. J’en ai eu plusieurs individus vivants
des deux sexes. Lorsque je leur jetais, même
d’assez loin, un morceau de viande, ils s’en
saisissaient toujours en l’air, et le mâle
avec plus de prestesse que la femelle ; mais
si par hasard elle l’avait saisi la première,
il s’y cramponnait aussi d’une patte et de
l’autre la harcelait jusqu’à ce qu’il lui eût
fait lâcher prise.
On rencontre des espèces de ce sous-
genre Épervier dans toutes les parties du
monde. Un certain nombre sont entièrement
conformées , quant à la longueur du doigt
médian comme notre espèce type; les autres
s’en éloignent un peu par ce doigt plus
court et les pattes moins grêles.
Nous citerons, parmi les premières et
comme espèce européenne, notre épervier
commun, Accipiicr nisus ; comme africai¬
nes, 1’ autour menu, Falco exilis (Tem.,^?Z.
col. 496), et I’épervier minule, Accipiter
minulus Vaill. , pl. 34; comme Austra¬
lienne , 1’ autour a couuier roux, Fa Ico for~
quatus Guv. (Tem.,/;£. col. 43 et 93); espèce
remarquable par le feston de son bec , pro¬
noncé en forme de véritable dent obtuse, et
aussi en ce qu’elle a pour compatriote une
autre espèce entièrement semblable de
forme et de coloration, ne différant que par
une taille de moitié plus forte et par des pattes
d’ Autour , c’est YAstur approximans
de Yigors , véritable Autour. Nous citerons
encore 1’ autour a bec sinueux , Falco pcn -
sylvanicus Wilson (Tem., pl. col. 67) de
l’Amérique septentrionale; I’autour chape¬
ronné, Falco pileatus { Tem., pl. col. 205)
du Brésil et I’épervier maufini , Sparvius
striatus, Vieillot am. pl. 14.
Parmi les espèces qui s’éloignent un peu
des espèces types, nous citerons 1’ au¬
tour dussumier, Falco Dussumieri (Tem.
pl.col. 308) del’lnde;l’^ccijptïer bractylus
Swains. {West. Afr. 7, p. 118) , du Séné¬
gal, et I’épervier gabar (Tem., col. 122),
du même pays et du cap de Bonne-Espé-
Tance, à tarses et doigts moins grêles et à
quatrième penne de l’aile à peine plus lon¬
gue que la troisième, d’où il résulte qu’elles
sont toutes deux les plus longues. Nous re¬
marquons chez 1’ autour coucoïde , Falco
cuculoides{Tem.,pl. coZ.129-110),une forme
d’ailes et de pattes si différente de celles des
Éperviers, que cette espèce nous semblerait
devoir y former un sous-genre; chez elle
effectivement l’aile est sensiblement plus
longue que chez toutes les autres espèces ,
s’étendant jusqu’aux deux tiers de la queue,
et sa troisième penne évidemment plus
longue que la seconde et la quatrième ; d’où
il résulte une aile à forme sub-obtuse ; les
tarses et les doigts assez gros, et le médian
non prolongé, diffèrent également de ces
parties chez les Éperviers , et parmi eux ,
c’est une espèce des plus anomales qu’on
pourrait peut-être, malgré sa petitesse, faire
figurer plus convenablement en tête du
sous-genre Autoiir.
Dans le second sous-genre Autour ( As -
tiir) , nous avons cru devoir former divers
groupes que nous allons décrire successive¬
ment , d’après la forme de leurs ailes plus
ou moins bien organisées pour le vol; ainsi,
nous remarquons : 1° chez quelques espèces
africaines, une aile plus allongée; des pennes
primaires étagées seulement jusqu’à la troi¬
sième , qui est exactement égale à la qua¬
trième , toutes deux se trouvant alors les
plus longues de l’aile, tandis que, chez toutes
les autres espèces , l’aile positivement ob¬
tuse est étagée jusqu’à la quatrième; celle-ci
formant avec la cinquième les deux plus
longues ; les bords du bec sont sans feston
et presque droits ; les tarses et les doigts
robustes ; ceux-ci assez courts ; la queue
moyenne, étagée ou carrée.
L’autour chanteur , Falco musicus ,
Faucon chanteur (Vaillant, pl. 27), est le
type de ce petit groupe qu’on pourrait
nommer autours falcoïdes , Astures fal~
coides, d’après la forme de leurs ailes, qui
se rapprochent un peu de celles des Faucons
et aussi parce que Le Vaillant, décrivant
l’espèce type dans ses Oiseaux d’Afrique,
en fait un Faucon sous le nom de Faucon
chanteur, z t dit que, malgré sa ressem¬
blance avec un grand Épervier, ses ailes
plus longues , sa queue plus courte et son
corps plus épais l’ont décidé à le ranger
parmi les Faucons. U le décrit aussi comme
AUT
AUT
grand destructeur de Lièvres , Perdrix ,
Cailles, par conséquent comme intrépide
chasseur.
Nous trouvons chez Vautour monogramme
du Sénégal (Tem., pl. col. 314) une forme
d’aile entièrement semblable, les mêmes
nuances de plumage et aussi la même colo¬
ration rouge orangée des tarses et de la cire
du bec , particulière aux mâles de ces espè¬
ces, principalement au temps des amours ;
mais chez l’Autour monogramme, les tarses
robustes sont , comme chez l’Autour chan¬
teur, très courts, tandis qu’ils sont allongés
chez ce dernier; leurs doigts également ro¬
bustes sont très courts et réticulés chez le
premier, de longueur médiocre et écusson-
nés chez le second. Chez celui-ci la queue
est terminée carrément; elle est étagée
chez l’autre. L’Épervier Gabar d’Afrique de
Le Vaillant, par l’ensemble de ses for¬
mes , des nuances de son plumage et par
le rouge de ses tarses et de sa cire, semble
représenter en petit l’Autour chanteur et
devoir lui être réuni, tout en s’en éloignant
néanmoins par des tarses et des doigts grê¬
les d’Épervier, et par une légère différence
dans la coupe de l’aile ; mais il peut être
considéré comme espèce de transition entre
ce petit groupe et les Éperviers.
Dans le second groupe du sous-genre Au¬
tour, nous plaçons Vautour proprement dit;
Vautour royal, (Tem., pl. col. 495), Falco
atricapillus Wilson , pl. 52-3; Vautour
blanc de la Nouvelle - Hollande , et un
certain nombre d’ Autours américains de
taille moyenne et de forme ramassée ;
à queue courte et carrée; à pattes vigoureu¬
ses, mais non allongées, et qui toutes ont,
comme notre Autour type, les rémiges
étagées jusqu’à la quatrième, et cette qua¬
trième et la cinquième les plus longues de
l’aile ; ce sont : Vautour mille raies (Tem.,
pl. col. 87 et 294); Vautour a dos noir, Spar¬
vius melanops'Ldit. Vieillot (D ict., 10-339),
le même que Vautour mélanope, Falco me-
Ztf7io/MLat.(Tem.,^. eoZ.105), mais anté¬
rieurement nommé en français par Vieillot;
Vautour cul blanc deQuoy et Gaim. ( Zool .
de VU ranie, pl. 13) ; Vépervier a gros bec,
Falco magnirostris des auteurs, etc.
Parmi les espèces s’éloignant un peu de
ce type normal , nous citerons Vautour
«aunatrk , Sparvius radiatus Vieillit,
363
( Dicl.y 10-340 ), Falco radiatus Lath., le
même que Vautour radieux, Falco radia¬
tus (Tem., pl. col. 123), de la Nouvelle-Hol¬
lande, changé en Astur approximans , par
MM. Vigors, Horsfield et Gould, à cause de
son entière similitude de plumage avec VÉper-
Vier à collier roux du même pays cité plus
haut. Cet Autour a les formes plus sveltes,
les pattes, la queue et les ailes plus longues
que chez les espèces précédentes avec les
troisième et quatrième rémiges les plus lon¬
gues de toutes; V Autour iachiro d’Afrique
Le Vaill. pl. 24 (Tem , pl. col. 377), qui, aux
formes sveltes de ce dernier joint des ailes à
rémiges courtes qui le rapprochent de la
forme des Éperviers et du groupe qui va
suivre. Toutes ces espèces n’ont qu’un feston
peu prononcé. On pourrait nommer ce se¬
cond groupe autours normaux, Asturcs
normales .
Un troisième groupe , que je nommerai
autours brachyptères , renferme un cer¬
tain nombre d’espèces de l’Amérique du
sud, à rémiges fort courtes et à longues
pattes; leurs ailes sont plus obtuses; les
rémiges primaires plus courtes et les secon¬
daires plus longues et plus larges que chez
les autres ; d’où il résulte que, l’aile étant
ployée, les primaires ne dépassent les secon¬
daires que d’un court espace. Le bec est
plus élevé et sa courbure est moins brus¬
que avec ses bords peu sinueux. Les tarses
sont allongés, réticulés chez la plupart,
avec les doigts assez courts. La queue est
longue et étagée. Le plumage est souvent
noirâtre ou brun en dessus avec la queue
noire , terminée de blanc et traversée de
quelques bandes de la même couleur, mais
étroites et en forme de taches. Ces espèces
sont vives et courageuses , quoiqu’en appa¬
rence peu favorisées pour le vol ; mais
peut-être la grandeur de leurs pennes se¬
condaires supplée-t-elle en cela à la briè¬
veté des primaires.
Ces espèces sont : Vépervier noir et
blanc d’Azara, Sparvius melanoleucus
Vieillot ( Dict ., 10-327, le même que Vau¬
tour BRACHYPTÈRE(Tem., pl. col. 14 et 116) ;
Vépervier a quatre lignes , Falco con-
c entrions Illig. , Cuv., ou épervier a gorge
cendrée. Vieillot [Dict., 10-323; Vépervier
a cou roux, Sparvius ruficollis Vieillot
(. Diet 10-322), le même que Vautour a roi-
36/4
AUX
trïne rousse (ïeiti., pl. col. 92) ; 1’ autour a
NUQUE BLANCflE (Teïïl., pl. COI. 306).
Quelques autres espèces enfin , égale¬
ment de l’Amérique du sud, sont remar¬
quables comme ces dernières par des tarses
fort élevés , mais gros, à doigts peu vigou¬
reux et dont l’externe est si court et si menu
qu’il paraît disproportionné. Leurs ailes
sont sur-obtuses, c’est-à-dire qu’elles sont
étagées jusqu’à la cinquième penne qui est
par conséquent la plus longue ; toutes leurs
rémiges primaires et secondaires sont de
longueur moyenne, mais ont peu de fer¬
meté. La queue est très ample, longue et ar¬
rondie , et ses larges pennes ont peu de
raideur. Le bec petit et faible n’a qu’un
sinus peu sensible. Ces espèces, qui tien¬
nent un peu des Busards par l’élévation de
leurs tarses, la faiblesse de leur bec et de
leurs serres et l’ampleur de leur queue tra¬
versée, comme chez eux, de larges zones ru¬
banées, en diffèrent cependant par beaucoup
moins de longueur d’ailes et par leurs tar¬
ses beaucoup plus hauts et plus gros ; elles
en tiennent encore par leurs habitudes peu
courageuses, car Azara, et après lui M. Aie.
d’Orbigny,ont observé qu’elles s’éloignaient
beaucoup, par leurs mœurs, des Éperviers
proprement dits, qu’elles étaient beaucoup
moins vives, et que leur genre de vie et
les localités qu’elles affectionnaient les
rapprochaient davantage des Buses et des
Busards , se tenant habituellement aux
bords des marais et des lieux inondés ou
probablement elles vivent de Reptiles aqua¬
tiques, peut-être même de Poissons. Azara
avait placé l’une des espèces dans ses Buses
mixtes et non dans ses Éperviers.
Nous désignerons ce dernier petit groupe
par le nom d’ autours-busards , Astures
circoides. La seule espèce qui en fasse par¬
tie jusqu’à ce moment , et dont M. Tem-
minck avait fait deux espèces, dans ses Pl.
col., sous les noms d’ Autour à doigt court,
le mâle, et d’ Autour grêle, la femelle, est
pour nous 1’ autour -busard coureur de
plomb, Astur cœrulescens Vieillot. Azara
l’ayant nommé le premier buse mixte cou¬
leur de plomb, n° 22, et Vieillot lui ayant
donné le premier nom latin de cœrules-
cens ( Dict ., 10-318), auquel il a joint à tort
le nom français d’Épervier ardoisé.
Au milieu de ces nombreuses modifica-
AUX
lions dans la forme de l’aile, et surtout de
ses pennes primaires , graduellement éta¬
gées jusqu’à la troisième , la quatrième ou
la cinquième, selon les espèces, on peut re¬
marquer qu’elle ne s’éloigne cependant pas
de celle que M. ï. Geoffroy a caractérisée
et nommée aile obtuse , se subdivisant en
aile sub-obtüse et aile sur-obtuse , ce qui
confirme l’observation de ce savant , que ,
dans le même genre, la forme de l’aile
peut offrir deux modifications différentes,
outre celle qui est caractéristique ; mais
ce ne peut être que celle qui la précède
et celle qui la suit immédiatement , d’a¬
près l’ordre où il les a rangées sur son
tableau (voy. le mot aile) ; ainsi la forme
caractéristique du grand genre autour étant
l’aile obtuse , nous trouvons néanmoins ,
chez quelques espèces, Une aile sub-ob-
tuse ; chez d’autres , une aile sur-obtuse ,
avec les sous-modifications de chacune de
ces deux-ci ; ce qui établit en tout , dans
l’aile obtuse, cinq modifications graduées,
que nous avons retrouvées, en effet, chez les
différentes espèces que nous venons de pas¬
ser en revue. Cette observation a été l’un des
motifs qui nous ont engagé à les renfermer
dans un seul grand genre , se subdivisant
en deux sous-genres , et qui nous ont em¬
pêché d’adopter les deux genres nouveaux
proposés par M. G. R. Gray, dans sa List
ofthe gênera, etc., qui sont : Melicrax ,
pour le Falco musicus , et Micronisus ,
pour l’Épervier Gabar , ainsi que celui de
Brachypterus de M. Lesson , dans son
Tableau des Accipitres [Rev. zool., 1839,
Po 132). Ces trois nouveaux genres n’étant
d’ailleurs qu’indiqués nominativement par
leurs auteurs et sans caractéristique.
L’autour a queue cerclée, Falco uni-
cinctus (Tem., pl. col. 313), qui n’est
autre que la buse mixte noirâtre et rouge
d’ Azara, n° 19, nous parait, d’après le grand
développement de ses ailes et de sa queue,
la courbure prolongée et la forme de son
bec , et surtout d’après son système de co¬
loration, analogue à celui de V Urubithiga
et des Buses reptilivores américaines, ses
compatriotes ; comme aussi , d’après son
peu de vivacité et de courage , et son habi¬
tation près des eaux et des marais, au rapport
de M. Alp. d’Orbigny, devoir figurer plus
naturellement près de ces Oiseaux que dans
365
AUT
le genre Autour. Voyez Accxpitrinées.
(Lafr.)
AUTOURSERIE ( Autour , nom de
l’espèce d’oiseau de proie qu’on dressait
particulièrement à cette chasse), ois. — On
a ainsi appelé l’art d’élever, de familiariser
et de dresser à la chasse du vol les Autours
et Éperviers. En fauconnerie, l’on distin¬
guait deux genres de chasse à l’oiseau : la
Fauconnerie proprement dite, ou chasse de
haut vol, à laquelle se dressaient naturel¬
lement les Faucons, Laniers, Gerfaults,
Hobereaux etÉmcrillons, les espèces enfin
du genre Faucon proprement dit 5 et l’Au-
tourserie ou chasse de bas vol, où l’on em¬
ployait les Autours et Éperviers. Celte dis¬
tinction est fort ancienne, car les Romains
avaient aussi Vars falconaria , et Vars
acciyitraria.
On n’a eu besoin, pour faire cette dis¬
tinction , que d’observer et de suivre l’in¬
stinct et le mode de chasse naturels et parti¬
culiers à chacun de ces deux groupes de ra¬
paces , et dépendants des différences de
leur organisation extérieure. En effet, toutes
les espèces du genre Faucon , pourvues
d’ailes très fermes, longues et pointues, et
douées, par suite, d’un vol très facile et
très rapide, aiment à s’élever au haut des
airs, à s’y ébattre, et n’exercent d’ordinaire
leur adresse et leur courage qu’en se lais¬
sant tomber obliquement d’une région plus
élevée sur leurs victimes, que la rapidité du
vol ou de la course ne peut soustraire à
cette chute précipités et comparable à celle
de la foudre.
Les espèces du genre Autour , au con¬
traire, ayant les rémiges beaucoup plus
courtes, l’aile plus arrondie, mais pourvues
de pattes plus longues et plus déliées, ne
chassent pour ainsi dire qu’à la surface du
sol, dont elles parcourent, en planant ra¬
pidement, les divers accidents. Elles y sur¬
prennent les espèces d’Oiseaux qui s’élèvent
peu dans les airs , les poursuivent avec in¬
trépidité jusqu’au milieu des bocages et sous
les taillis, où elles les saisissent au moyen
de leurs pattes longues et agiles.
Ainsi donc, pour tirer parti en fauconne¬
rie de ces deux modes de chasse fort diffé¬
rents, on habituait les Faucons , dès qu’on
était entré en chasse, et qu’on les avait dé¬
chaperonnés, à s’élancer sur-le-champ de I
ÀTJT
dessus le poing, à prendre leur essor dans
les airs, où on les abandonnait à eux-mê¬
mes, et où l’on avait soin de les faire monter
le plus haut possible, avant de faire partir le
gibier sur lequel ils se précipitaient d’après
leur instinct naturel. Presque toujours,
aussi, on en lâchait trois en même temps,
afin d’être plus sûr de la prise du gibier.
Les Autours, au contraire, n’étaient point
chaperonnés. Ils étaient élevés au sortir du
nid, et non pris vieux au filet, comme les
Faucons à leur double passage, et ils étaient
assez familiarisés pour rester constamment,
la tête découverte, sur le poing du chasseur,
ou y revenir lorsqu’il les réclamait. Ils
n’en partaient qu’au moment où l’on faisait
lever devant eux un gibier quelconque. Ils
le poursuivaient à tire d’aile, et, lorsqu’ils
l’avaient atteint, le chasseur le leur retirait
facilement en leur présentant quelques bec¬
quées de viande; il les reprenait de nou¬
veau sur le poing et pouvait ainsi leur faire
voler trois ou quatre Perdrix de suite. On
s’en servait également pour le Faisan, le Ca¬
nard, l’Oie sauvage, le Lièvre et le Lapin.
En comparant cette chasse, dite Autour-
serie, avec la première qui se passait au
haut des airs, où l’on voyait trois ou quatre
Faucons planer, venir, à la voix du faucon¬
nier, tournoyer en se jouant au-dessus de
lui et des spectateurs, et se précipiter
enfin avec la rapidité d’un trait sur le gibier
qu’on leur faisait partir, et qui, s’il échap¬
pait à l’un, ne pouvait éviter les serres de
l’autre , on jugera facilement que celle-ci
était, sans nul doute, une chasse de luxe et
vraiment royale; aussi était-elle l’apanage
des rois et des princes, tandis que l’autre,
beaucoup moins dispendieuse et plus lucra¬
tive, était surtout exercée par les particu¬
liers et les simples gentilshommes. Cepen¬
dant, lorsque la fauconnerie existait encore
en France, outre tous les Oiseaux de haut
vol apportés chaque année à Versailles ,
des diverses provinces, par les fauconniers
qui les y avaient pris et dressés, on y pré¬
sentait aussi douze Autours élevés et dres¬
sés en France.
Si la chasse à l’oiseau etl’Autourserie en
particulier ne sont plus du tout en usage en
France , elles subsistent encore dans cer¬
taines parties de l’Allemagne, en Pologne,
en Perse etc. En Pologne, on a su prq»
366
AUT
fiter de la terreur qu’inspire au gibier la
vue d’un Autour, pour prendre au filet,
chaque année avant l’hiver, un certain nom¬
bre de Perdrix vivantes , qu’on garde dans
des volières, et qu’on relâche au printemps,
pour peupler de nouveau les campagnes.
Les seigneurs polonais, pour soustraire leur
gibier à la rigueur du froid et des neiges,
emploient le moyen suivant. Plusieurs gar¬
des et chasseurs se réunissent. Un d’eux
porte sur le poing un Autour dressé ; un
autre fait battre la campagne à un chien
d’arrêt pour trouver les Perdrix 5 un troi¬
sième porte une longue perche, terminée
par un juchoir en forme de T , sur lequel
on a coutume d’attacher la viande dont on
repaît l’Autour. Lorsque le chien a rencon¬
tré des Perdrix, l’homme porteur de la per¬
che court se placer au loin, de manière à
ce que le gibier se trouve à peu près en li¬
gne entre lui et l’homme qui porte l’Au¬
tour. U élève alors sa perche sur laquelle
est attachée un peu de viande , et , à son
coup de sifflet, l’Autour quitte le poing de
son conducteur, et, d’un vol rapide, vient
se percher et se repaître sur le juchoir. Les
Perdrix qui ont vu leur cruel ennemi passer
au-dessus d’elles , et qui le voient encore
sur sa perche, en sont tellement épouvan¬
tées qu’elles restent immobiles et blotties
sur le sol , se laissant facilement couvrir
de grands filets dont un ou deux chasseurs
à cheval les enveloppent à l’instant.
En Perse , on chasse encore aujour¬
d’hui, avec l’Autour, le Lièvre et même la
Gazelle. Pour celle-ci, l’on a des Autours
habitués à ne trouver leur nourriture que
dans le trou des yeux d’une Gazelle empail¬
lée qu’on a soin d’agiter pendant son re¬
pas. Lorsqu’une Gazelle part en plaine, le
chasseur à cheval, posté de la manière la
plus favorable, lâche son oiseau qui vole
droit à elle , plane un instant au-dessus ,
puis se précipite sur sa tête où il se cram¬
ponne, et ne cesse de lui donner des coups
de bec dans les yeux. Le malheureux ani¬
mal, arrêté dans sa fuite par cette attaque
cruelle, est bientôt transpercé d’un coup de
lance par un des chasseurs , ordinairement
désigné d’avance, et auquel on a voulu faire
honneur. (Lafr.)
AUTRUCHE. Struthio (orpouGo;, Au¬
truche r ou oTpouÔofcàjAYiXoç , Autruche-Cha-
AUT
meau, d’après l’analogie qu’il y a dans la
forme des doigts, les callosités de la poitrine
et du bas-ventre , et par suite, dans la ma¬
nière de se coucher de ces deux animaux),
ois. — Genre de l’ordre des Échassiers de
Cuvier et Vieillot , de celui des Coureurs
( Cursorcs ) de Lacépède , Illiger, de Blain-
ville et Temminck , et de la famille des
Brévipennes de Cuvier. Ses caractères sont :
« Très grande taille ; pattes très robustes ;
à jambes demi nues , très musculeuses et
charnues 5 à tarses longs, gros et arrondis,
terminés par deux doigts dirigés en avant ,
dont l’externe , formé de cinq phalanges et
sans ongle, est plus court que l’interne,
qui a quatre phalanges avec un ongle large
et obtus ; ailes fort courtes , impropres au
vol, terminées par un double éperon, gar¬
nies, ainsi que la queue, au lieu de rémiges
raides , de plumes à barbes longues et lâ¬
ches, molles et très flexibles ; bec déprimé,
élargi , droit , obtus , à mandibule supé¬
rieure onguiculée; narines oblongues, pla¬
cées un peu à la surface et vers le milieu du
bec; tête chauve, calleuse en dessus et
aplatie. »
A ces caractères extérieurs , on peut
en joindre d’intérieurs, et entre autres,
comme caractères ostéologiques, un ster¬
num dépourvu de bréchet, en forme de plas¬
tron, ressemblant à celui des Tortues ; une
épaule non composée, comme chez tous les
oiseaux, de trois os distincts, les coracoïdes,
la clavicule, et l’omoplate, mais n’en pré¬
sentant qu’un seul formé des trois, soudés
ensemble dans l’âge adulte. Comme carac¬
tères anatomiques, une langue charnue ar¬
rondie, légèrement libre à son extrémité;
un tube digestif se rapprochant, par la tex¬
ture de ses appareils et le volume de ses
intestins , de celui des quadrupèdes ; un
vaste réceptacle où l’urine s’accumule
comme dans une vessie , et auquel se joint
une faculté tout exceptionnelle dans cette
classe, celle d’uriner ; enfin, une verge très
grande, souvent apparente au dehors, et,
par suite, une fécondation qui ne s’opère
point par simple compression , mais bien
par intromission et durant quelques in¬
stants.
Lorsqu’on rapproche ces divers carac¬
tères qui sont presque tous autant d’anoma¬
lies dans la classe, qui semblent faire, des
AUT
AUT
367
cinq ou six espèces de Struthionidées qui
les possèdent, des espèces de transition en¬
tre cette classe et celles des mammifères et
des reptiles, et pourraient autoriser à les
séparer au moins comme sous-classe de
tous les autres oiseaux, on est étonné que
plusieurs de nos savants naturalistes et ana¬
tomistes les plus distingués se soient bor¬
nés à n’en former qu’une famille distincte,
qu’ils ont placée tantôt dans l’ordre des Gal¬
linacés , tantôt dans celui des Échassiers ,
leur adjoignant même quelquefois les Ou¬
tardes, les Courtvites, etc. Ce n’a pas été
cependant l’opinion de tous; et, en remon¬
tant vers l’antiquité, nous voyons qu’Aris-
tote avait dit de l’Autruche : partim avis ,
partira quadrupes. Les Grecs la nom¬
maient Slruthos , StruthocameLos , et les
Latins Struthio Came lus, d’après les rap¬
ports qu’ils lui trouvaient avec le Chameau.
De nos jours Latham, en 1790, en forma un
ordre distinct sous le nom de Struthiones,
qui devint le sixième de son Système. En
1799, Lacépède, dans sa Classification, divi¬
sant les Oiseaux en deux sous-classes, forma
des Autruches une des deux divisions de la
seconde sous-classe, sous le nom N Oiseaux
coureurs . M. de Blainville lut à l’Institut,
en 1816, et publia, en 1821, un Mémoire sur
l’emploi de la forme du sternum et de ses an¬
nexes dans la classification naturelle des Oi¬
seaux, qu’il divisa en neuf ordres, et où les
Autruches et les Casoars en forment un dis¬
tinct, le septième, sous le nom de Coureurs
(Cursores), qu’il place entre celui desGalli-
nacéset celui des Échassiers. C’est le système
qu’il continue encore aujourd’hui de profes¬
ser. En 1827, M. Lherminier, élève de M. de
Blainville, publia, sous le titre de Recher¬
ches sur V appareil sternal des oiseaux ,
suivies d’un Essai sur leur distribu¬
tion , une nouvelle méthode, où déve¬
loppant celle de M. de Blainville, quant aux
familles et aux genres, il adopte une base
de classification différente, en divisant la
classe entière en deux sous-classes sous le
nom Oiseaux normaux et d’ Oiseaux
anomaux , et ne formant celle-ci que des
genres Autruche , Nandou , Casoar et
Émou. M. Lesson, dans son Traité d’ Orni-
tholoç/ie, publié en 1831 , a suivi ces deux
grandes divisions, excepté qu’à l’inverse
deM. Lherminier, il commence, au lieu
de finir, par celle des oiseaux anomaux.
Convaincu, comme M. de Blainville et ces
derniers auteurs, de l’importance des carac¬
tères distinctifs et même anomaux des Au¬
truches et des Casoars , ainsi qu’eux aussi
nous n’hésitons pas à les regarder comme ne
pouvant figurer dans aucun des ordres
déjà établis; mais doivent-ils former sim¬
plement un ordre nouveau , ou plutôt une
grande section distincte de tous les autres
Oiseaux ? C’est ce que nous sommes loin de
prétendre décider ni même discuter ici.
Nous nous conformerons aux vues du sa¬
vant zoologiste M. de Blainville, adoptant,
par conséquent , son ordre des Coureurs
( Cursores ), dont le genre Autruche fait
partie.
Le genre Autruche proprement dit ne
renferme qu’une seule espèce , répandue
dans tout l’intérieur de l’Afrique , depuis
l’Égypte et la Barbarie jusqu’au Cap de
Bonne-Espérance; et, en Asie, depuis l’Ara¬
bie, où elle est commune, jusque dans la
partie de l’Inde en deçà du Gange, où elle
est devenue rare. C’est l’Autruche propre¬
ment dite ( Struthio Camelus Linn. Lat.),
Buff. pl. enl. 457 ; Vieill. Gai. pl. 223. Cet
oiseau, le géant de sa classe, atteint jusqu’à
2 mètres de hauteur, et son poids est de
40 kilogrammes. Sa petite tête , munie de
grands yeux, à paupières mobiles et garnies
de cils, d’oreilles dont l’orifice est à décou¬
vert, et son cou effilé, long de près de trois
pieds, sont presque nus ou seulement recou¬
verts de poils épars. Le mâle adulte a le plu¬
mage du corps noir, varié de blanc et de gris,
avec les grandes plumes des ailes et de la
queue blanches et noires. La peau nue ducou,
couleur de chair, prend, de même que celle
des jambes également nues, une teinte de
rouge vif au temps de l’accouplement. La fe¬
melle est brune et d’un gris cendré sur le
corps où le mâle est noir ; elle n’a de plumes
noires qu’à la queue et aux ailes. Les petits,
dans les premiers jours qui suivent leur
éclosion , ont la tête et le col couverts d’un
duvet épais et soyeux de couleur fauve clair,
plus foncée sur la tête ; dans cette partie ,
le devant et les côtés du cou sont tigrés de
taches et de bandes noires, et le derrière
en est parcouru dans toute sa longueur par
trois bandes longitudinales de cette cou¬
leur. Tout le dessus du dos et ses côtés, les
o 68
AUT
AUT
ailes et la queue présentent une particula¬
rité tout à fait remarquable ; les faisceaux
de long duvet sortant de chaque tuyau , et
ayant déjà l’aspect des barbes fines et
moelleuses qui plus tard se remarqueront
sur tout le plumage , sont variés de noir
et de brunâtre et terminés par de longues
lamelles très étroites , légèrement spatuli-
formes, les unes noires , les autres couleur
de paille , et arquées en sens divers ; d’où il
résulte qu’à ce premier âge du jeune autru¬
chon , son cou et sa tète rappellent entière¬
ment la première livrée des marcassins et
des jeunes bêtes fauves , tandis que le reste
de son corps a tout à fait l’aspect de celui
d un Hérisson. A cette première livrée, il
en succède bientôt une autre couleur gris
cendré, où la jeune Autruche a la tête, le
cou et les jambes couverts de plumes pen¬
dant une année 5 mais elles tombent bientôt
pour ne plus revenir sur ces parties.
L’Autruche se couche en pliant d’abord
le genou , puis en s’appuyant sur la partie
qui recouvre le sternum et calleuse à cet
effet; ensuite elle se laisse tomber sur la
partie inférieure du corps. Elle court avec
une telle rapidité qu’un cheval au galop ne
peut l’atteindre que lorsqu’elle est fatiguée.
Son instinct la porte , quand elle est pour¬
suivie de près, à lancer en arrière, avec ses
robustes pieds, tout en courant, des pierres
sur son ennemi. Elle pond dans les sables
exposés à l’ardeur du soleil une quin¬
zaine d’œufs qu’elle couve dans les ré¬
gions les moins chaudes de l’Afrique , mais
qu’elle abandonne sous la zone torride à la
chaleur solaire pendant le jour, ayant soin de
les couver la nuit. Du reste, la femelle veille
avec sollicitude sur sa nichée dont elle ne
s’éloigne pas beaucoup; et si elle est surprise
par les hommes , au lieu de fuir en ligne
droite, elle se contente de courir en faisant
de petits circuits et déployant ses grandes
plumes, ce qui annonce que son nid est
dans le voisinage. Ce nid est un enfonce¬
ment formé par l’oiseau dans le sable , de
trois pieds de diamètre à peu près , et
de quelques pouces d’élévation , entouré
d’une rigole où l’eau de la pluie se ras¬
semble. La durée ordinaire de l’incubation
est de six semaines, du moins dans les con¬
trées où l’Autruche couve à la manière des
autres Oiseaux, comme dans l’Afrique mé¬
ridionale. Ses œufs fort gros, de forme
arrondie et raccourcie, ont , du moins celui
que nous possédons, 15 centimètres de dia«
mètre longitudinal et 12 centimètres, 24 mil¬
limètres de diamètre transversal. Ils sont
d’un blanc légèrement nuancé de couleur de
paille et couverts de gros points enfoncés qui
leur donnent l’air d’être tiquetés de points
bruns. Ces œufs sont, dit-on, un assez bon
manger et d’une grande ressource aux voya¬
geurs.
On voit souvent les Autruches réunies et
en grandes troupes ; elles sont herbivores.
On les rencontre quelquefois au midi de
l’Afrique , paissant de compagnie avec le
Zèbre et le Couagga. Elles ont l’ouïe fine et
la vue perçante , mais en même temps les
sens du goût et de l’odorat extrêmement
obtus et presque nuis , à ce qu’il paraît ;
car , en domesticité , on les a vues avaler
non-seulement toutes les substances végé¬
tales et animales , mais encore des matières
minérales, même les plus pernicieuses,
telles que du fer, du cuivre, du plomb,
des pierres, de la chaux, du plâtre, tout ce
qui se présente, enfin, jusqu’à ce que leur
grand estomac soit rempli. Il est doué
d’une force si digestive et si dissolvante,
qu’elles rendent les métaux qu’elles ont
avalés, usés et même percés par le frotte¬
ment et la trituration.
L’Autruche, malgré sa force, a les mœurs
paisibles des Gallinacés ; elle n’attaque
point les animaux plus faibles qu’elle , et
ne se soustrait au danger que par une
prompte fuite. Dans les pays cultivés, elle
dévaste les moissons en dévorant les épis et
ne laissant que la lige. Son cri ressemble à
une sorte de gémissement, plus fort chez
le mâle que chez la femelle; mais tous deux,
quand on les irrite, font entendre un siffle¬
ment analogue à celui des Oies. Lorsque le
mâle recherche la femelle, au temps de
l’accouplement, ce cri ressemble, dit-on,
quelque peu au rugissement du Lion.
On est parvenu à réduire pour ainsi dire
les Autruches en domesticité dans leur con¬
trée natale. On les y fait parquer en
troupeaux , afin de s’assurer la récolte de
leurs plumes qui, comme on sait, sont
un objet considérable de commerce; car
chez tous les peuples, on a su tirer parti de
l’élégance de ces plumes gracieuses, soi#
AVA
369
AUT
pour orner la tête des femmes, ou les coif¬
fures militaires des hommes, l’encolure
même des chevaux, au temps de la che¬
valerie ; soit pour décorer les ameublements
des riches ou des dignitaires. Leur peau est
assez épaisse pour fournir aux naturels, qui
savent l’apprêter avec beaucoup d’intelli¬
gence , un cuir solide, dont ils se font des
boucliers et des sortes de cuirasses pour
leurs combats. La chair en est médiocre ;
cependant des nations entières de l’Arabie
s’en nourrissaient autrefois; ce qui leur avait
valu de la part des anciens le nom de Stru-
thiophages, et plusieurs tribus africaines
s’en nourrissent encore aujourd’hui.
Secondé par ses excellents coursiers, l’A¬
rabe parvient à s’emparer de l’Autruche après
une poursuite des plus opiniâtres où l’oi¬
seau finit par tomber de fatigue, victime
de son habitude de décrire , en fuyant, de
grands cercles que le chasseur sait couper à
propos , épargnant ainsi à son cheval une
grande partie du trajet. Lorsqu’il a répété
ce manège un bon nombre de fois, il par¬
vient enfin, mais seulement parfois après 8
ou 10 heures de chasse, à s’emparer de l’oi¬
seau, dont la course est plus rapide que
celle du cheval le plus léger. S’il emploie
des Lévriers à cette chasse , elle devient
moins pénible et moins longue. Les peuples
d’Afrique la font de la même manière avec
le secours de chevaux barbes.
Il paraît probable aujourd’hui que l’île de
Madagascar est habitée par l’Autruche d’A¬
frique ou une espèce voisine; car, au rapport
de Flaccourt {Hist. gèn. des voy., t. VIII,
p. 606), « le Vourou-Patra de Madagascar
serait une espèce d’ Autruche qui se retire
dans les lieux déserts et pond des œufs
d’une singulière grosseur ; » fait qui
semble confirmé par les débris de coquilles
d’œufs que M. Goudot, le voyageur, a rap¬
portés de cette île ces dernières années, et
qui annoncent des œufs du volume de ceux
d’ Autruche.
Il serait d’un grand intérêt de s’assu¬
rer si ce Vourou-Patra de Madagascar
est réellement l’Autruche d'Afrique , ou
une seconde espèce particulière à celte
grande île, comme la Patagonie nous offre
aujourd’hui une seconde espèce de Nandou
dans l’Amérique méridionale.
(Lafr.)
AUTRUCHE de magellan ( Azarà ).
ois. — Voyez nandou. (Lafr.)
AUTRUCHE A TARSES EM ELUMES. OIS.—
Voyez nandou a tarses emtlumÉs. (Lafr.)
AUTUMNÆA. CRUST. - V. AUTONOMÉE.
*AUXH)E {Aux j s , nom ancien d’un
poisson de la famille des Thon s), poiss.— Sous-
genre de la famille des Scombres, ordre des
Acanthoptérygiens , ayant pour caractères ,
outre le corselet et les pectorales médiocres
des Thons , les deux dorsales séparées
comme dans les Maquereaux. Ce sous-genre
comprend l’Albacore de Sloane , le Tasard
de Lacépède , l’A. Bonicou ( Scomber La¬
roche de Risso ou Sc. Bisus Rafin.), et
une autre espèce commune dans les parages
des Antilles où elle porte le nom de Thon.
(C. d’O.)
AVAGNON ou AVIGNON, moll. —
Nom vulgaire qu’on donne sur nos côtes
à une coquille fort commune que Linné a
nommée Vcjius Borealis ; Gmelin : Mac-
tra jrijperata , et que Lamarck a introduite
sous ce dernier nom spécifique dans son
genre Lutraire. Voy. lutraire. (Desh.)
* AVAHI. mam. — Genre nouvellement
proposé par M. Jourdan et très voisin de
l’Indri. Voyez ce mot et lémuriens.
AVALANCHES, LAVANGES , ou
LAUVINES. géol. — Ce sont des masses de
neige qui, accumulées pendant l’hiver dans
les hauts vallons des montagnes, se déta¬
chent subitement, lorsque le retour de la
saison moins froide diminue leur adhé¬
rence avec le sol. En suivant des pentes
plus ou moins rapides, leur mouvement
s’accélère , et il devient tel que rien ne peut
résistera leur passage. Elles renversent et
détruisent tout ce qu’elles rencontrent ; ce¬
pendant, comme assez généralement, les
avalanches ont lieu dans les mêmes locali¬
tés, les habitants des montagnes cherchent à
se garantir de leurs effets, soit en réservant
des forêts sur leur trajet, soit au moyen de
gigantesques constructions.
Au printemps, les voyageurs prennent
toutes les précautions possibles pour ne pas
être surpris par les chutes de neige. Les
guides leur recommandent de ne pas faire
de bruit , dans la crainte que le moindre
ébranlement de l’air ne détermine la chute
d’une avalanche; en Suisse, dans les endroits
les plus dangereux, on va jusqu’à empêcher
24
T. II.
370 AVE
les grelots et les Sonnettes des mulets de
sonner; ou bien, ayant désengager dans les
vallons , on tire quelques coups de fusil ou
de pistolet, pour déterminer les masses de
neige à Se détacher.
On donne aussi le nom d’ Avalanches à
des tourbillons de neige dure entraînée par
un vent impétueux, et qui exposent aussi
lés voyageurs à de grands dangers — On les
appelle Lauvines venteuses , tandis que
les neiges, qui se détachent en masses et
roulent par leur poids, sont des Lauvines
joncières. (C. P.)
AVAOUSSÉS ou AVAUX, bot. fh.
— Synonyme de Quercus coccifera L., en
Languedoc. Voyez chêne. (C. d’O.)
AVARI ou AV ATI. bot. ph. — Syno¬
nyme de Maïs. Voyez ce mot.
AVAUX. BOT. PH. - Voyez AVAOUSSES.
AVEL ANEDE . bot. th. — Nom de la
cupule de diverses espèces de glands et par¬
ticulièrement de celle du Quercus Ægilops
L. Voyez chêne. (C. d’O.)
AVELINE, SCARABÉ ou GUEULE-
DE-LOUP. moue. — Noms vulgaires sous
lesquels on connaît chez les marchands une
coquille du genre Auricule de Lamarck,
Auricula Scarabœus et Iîelix Scara-
bœus de Linné, et dont Montfort a fait son
genre Scarabe. Voy. auricuee. (Desh.)
AVELINE, bot. ph. — Grosse variété de
Noisettes. Voyez noisetier.
AVELINIER ou AVELLANIER.bot.
ph. — Variété à gros fruits du Corylus
Avellana L. (C. d’O.)
AVELLANO. bot. ph.- — Synonyme de
quadria. Voyez ce mot.
AVENA. bot. ph. — Nom latin de l'A¬
voine. Voyez ce mot. (A. R.)
AVENACÉES. Avenaceœ. bot. ph. —
M. le Prof. Kunth donne ce nom à sa neu¬
vième tribu des Graminées , qui renferme
les genres Carynepkorus, Descharnpsia ,
Âiraj Trisetum , Avenu , Danthonia ,
etC. Voy. GRAMINEES. (A. R.)
AVÉNÉRON ou AVÉRON. bot. ph -
Nom vulgaire, dans les provinces méridio¬
nales de la France , de la folle Avoine et
de quelques autres Graminées qui ont des
rapports avec elle. (A. R.)
* AVENTIA ( nom d’une divinité gau¬
loise). ins. — Genre de l’ordre des Lépi¬
doptères, famille des Nocturnes, tribu des
AVE
Phalénites , établi par moi aux dépens du
g. Bnnomos de M. Treitschke , et adopté
par M. Boisduval dans son nouvel Index
mcthodicus. Voici les caractères que je lui
donne : Antennes pectinées dans les mâles
et simples dans les femelles. Corselet étroit
et peu velu. Les premières ailes fortement
échancrées au-dessous de leur angle supé¬
rieur; les secondes ailes arrondies. Palpes
dépassant le chaperon avec leur dernier
article large et déprimé. Trompe longue.
Chenilles plates et garnies de franges sur
les côtés, comme celles des Catacala , avec
la tête petite et arrondie. Leur transforma¬
tion a lieu dans un cocon lâche entre des
feuilles. Ce genre ne renferme qu’une
espèce que Laspeyres a rapportée mal à
propos au g. Platipteryx ; c’est le Bom¬
byx flcxula deFabr. ou Geom.flexularia
d’Hubn. (tab. 4, fig. 19), ou le Crochet
d’Engramelle (tom. V, pl. 210, fig. 280,
a , b). Cette espèce se trouve, mais assez ra¬
rement, aux environs de Paris. (D.)
AVENTURINE. min.— On a donné le
nom d’AYenturine naturelle à des variétés
de Quartz grenu, ou de Feldspath, coloré le
plus souvent en rouge ou en jaune, et dans
lesquelles de petites parcelles minérales ,
plus vitreuses que le reste de la masse,
ou bien des paillettes de Mica , uniformé¬
ment disséminées, forment des points bril¬
lants dont la pierre est comme parsemée.
Ce nom leur vient de ce qu’elles offrent une
imitation bien imparfaite de l’Aventurine
artificielle, sorte de verre coloré , où
l’on a mêlé , lorsqu’elle était en fusion ,
des parcelles d’un composé métallique,
dont, d’après les essais de Lebaillif, le
Cuivre et le Fer font partie. On prétend
qu’un ouvrier de Venise ayant laissé tomber
par hasard, ou comme on dit, par aventure,
de la limaille de ce composé dans du verre
en fusion , fut agréablement surpris du ré¬
sultat de ce mélange , auquel il donna le
nom d’Aventurine. Ce produit de l’art est
incomparablement plus brillant que l’Aven-
turine naturelle. Si l’on vient à l’examiner
au microscope, on voit qu’il est formé
d’une multitude incalculable de petits cris¬
taux opaques , appartenant au système cu¬
bique , ou tétraédrique, et qui se montrent
sous la forme de triangles équilatéraux , ou
d’hexagones réguliers. (Dee.)
AVE
AVE
371
AVERAVÜ. C/iasmarhynchos (xàa-
p.a, gouffre; , bec), ms. — Genre
formé par Temminck, en 1820, dans son
Aiial • d’un syst . yen. dJ Orn . , en tête
de son manuel, et démembré par cet
auteur de celui de Coiinya (Ampelis ,
Lin.). Le nom d’ Averano vient de celui de
ave de verano (oiseau d’été), donné par
les Portugais du Brésil à une des espèces
du genre, parce qu’elle ne chante que pen¬
dant les plus fortes chaleurs de ces climats
intertropicaux. Les caractères génériques en
sont : Bec large, très déprimé, faible et flexi¬
ble à la base , comprimé et corné à la poin¬
te ; fosses nasales très amples , recouvertes
par une membrane garnie de petites plu¬
mes rares ; narines grandes , ovoïdes ,
ouvertes, placées vers la pointe du bec;
mandibule supérieure échancrée vers son
extrémité; l’inférieure cornée seulement
à la pointe ; le reste de cette mandibule,
surtout ses bords, minces et flexibles;
pieds à tarses plus longs que le doigt du mi¬
lieu , à doigts soudés à la base ; les laté¬
raux égaux ; ailes à deux premières rémi¬
ges étagées, avec la 3rae et la 4me les plus
longues. »
Les espèces peu nombreuses de ce genre
et qui faisaient partie des Cotingas Am¬
pelis de Linné, en furent détachées par II-
liger, qui les réunit à son nouveau genre
Procnias , ayant pour type X Amp élis
icrsa ; mais Temminck leur trouvant des
caractères génériques distincts de celui-ci,
les en retira pour former son genre Ave-
rano , ne laissant alors dans celui de Procnè
que l’espèce type. Cuvier emploie le nom
générique de Procnias d’Illiger, dans sa
2rae édit, du Règ. an., pour les Averanos
de Temminck, qu’il subdivise alors en
Procnias proprement dits, ou espèces à
gorge emplumée et en Averanos , ou espè¬
ces à gorge nue, adoptant alors le genre Ter-
sine ( Tersina ) de Vieillot pour X Ampelis
ter sa. Cette subdivision ne nous paraît pas
basée sur des caractères suffisants, puisque
cette nudité de la gorge est la seule distinc¬
tion entre les espèces qui, d’ailleurs, sont
entièrement conformes sous tous les rap¬
ports, et quant à la coloration du plumage ,
en général blanc chez les mâles, verdâtre
chez les femelles et les jeunes.
Trois espèces composent ce genre. Ce
sont les Ampelis carunculata et varie -
gata de Linné et X Averano araponga de
Temminck, col. 368 et 383. Chez chacune de
ces trois espèces , le mâle est remarquable,
soit par la nudité de la gorge et du devant du
cou, soit par une caroncule charnue s’éle¬
vant de dessus le front. Ces Oiseaux, particu¬
liers à l’Amérique méridionale, font, à l’épo¬
que de la nidification, retentir les forêts
de cris bruyants et sonores, qui imitent
parfaitement le son produit par des coups
de marteau sur l’enclume, ou par une cloche
fêlée. Parmi leurs espèces , celle nommée
Averano guirapunga ( C hasmarhynchos
variegata Tcm.,col. SI), etquiestleCWzn-
ga averano de Buffon , se fait remarquer par
la nudité de sa gorge et du devant de son
cou, d’où pend un faisceau d’appendices
charnus, aplatis, vermiformes, larges d’une
ligne et longs au moins d’un pouce chez
l’adulte , d’une teinte bleuâtre et suscepti¬
bles de se colorer en rouge, quand l’oiseau
est animé. Son plumage est d’un gris pres¬
que blanc, avec la tête couverte d’une ca¬
lotte brune, les ailes, le bec et les pieds sont
noirs. La troisième penne de l’aile qui
est la plus longue, est pointue et contour¬
née à son extrémité. La femelle est ver¬
dâtre avec la gorge emplumée et sans ca¬
roncules.
On n’a que très peu de détails sur les
mœurs des Averanos. On les regarde ce¬
pendant comme essentiellement frugivores.
La largeur de leur bec et son peu de fer¬
meté, qui lui donne une analogie marquée
avec celui des Hirondelles , nous fait présu¬
mer que, comme elles, ils avalent, sans les
dépecer, les fruits ou insectes entiers, qui
leur servent de nourriture. (Lafr.)
AVERNO. bot. ph. Nom vulgaire de
l’Aune, Ain us, en Provence.
A VÉRON. bot. ph.— Syn. d’AvénéRorr.
Voy. ce mot.
AVERRHOA. bot. ph. — Nom donné
au Carambolier, en l’honneur d’Averrhoës.
Voy. CARAMBOLIER.
A VET ou AVETTE. bot. ph. — Syno¬
nyme de Mélèze ou de Sapin dans quelques
parties de la France.
AVEUGLE, poiss. — Nom donné à des
Poissons de l’ordre des Suceurs ou Cyclos-
tomes, tels que la Lamproie rouge ( Petro -
myzon ruber ) et le genre Myxinç ou Gai-
372
AVI
AVI
trobranche , dans lequel on ne voit aucune
trace d’yeux. Une espèce de Morue, le Bib
( Gadus luscus Penn.), a également reçu
ce nom. (C. d’O.)
AVEUGLE, rept. — On donne , dans
quelques-uns de nos départements, le nom
de Serpent aveugle à l’Orvet commun, An-
guis fragilis L., par suite d’un préjugé
qui faisait croire que les tronçons de ce Ser¬
pent, qui se brise facilement, devenaient
un être complet, mais privé de la vue. Le
même nom a été donné à une espèce du
genre Acontias ( A . cœcus Cuv. ), qui est
entièrement aveugle. A la Guyane , on
donne le nom d’ Aveugles aux Amphis-
bènes , qui ont les yeux fort petits ; et, à la
Martinique, il y en a une espèce , Amph.
cœca Cuv. , qui est privée d’yeux. Voy.
les mots ORVET , ACONTIAS et AMPHISBÈNE.
(C. d’O.)
AVICEDA. ois. — Genre formé par
Swainson , en 1837, dans son ouvrage inti¬
tulé Birds o f Western Africa , sur un
oiseau de proie de cette contrée , auquel il
assigne les caractères suivants dans sa
Class. of birds : «Bec de forme de faucon ;
mandibule supérieure avec deux dents de
chaque côté, petites et anguleuses; l’infé¬
rieure avec une seule; narines transverses ;
ailes allongées à 4me rémige la plus longue,
les lre, 2me et 3me échancrées à leur bord
interne ; pattes très courtes ; tarse pas plus
long que le pouce , et ongle emplumé jus¬
qu’à moitié, à squamelles irrégulières, hexa¬
gones'; doigt médian fort allongé, plus long
sans son ongle que le tarse ; doigts latéraux
presque égaux ; l’externe plus court ; la
plante très large, étalée et sans pelottes;
tous les doigts séparés à leur base ; queue
large, moyenne, carrée; ongles grêles,
moyens. »
Swainson , en décrivant l’espèce type,
Aviceda cuculoides, dans ses West.A-
frica birds , et après l’avoir rapproché, à
cause de la double dent du bec, des genres
Bide?is ou Biodon d’Amérique et Lophotes
de l’Inde et d’Australie , et l’avoir rangée,
ainsi qu’eux , à la suite des vrais Faucons ,
avoue cependant qu’en comparant le bec,
les narines , les ailes , les pattes, la forme
générale enfin de cet oiseau avec ces mêmes
parties chez le genre Cymindis , il n’y
trouvait aucune différence, et que le bec seul
”7
en offrait, étant analogue à celui des Faucons.
Nous sommes étonné que ce seul carac¬
tère de bec à double dent, qui d’ailleurs
n’est point réellement celui des Faucons, ait
déterminé ce savant ornithologiste à placer
son oiseau près d’eux, dans sesFalconinées,
ainsi que le genre Lophotes , qui a , d’ail¬
leurs, les plus grands rapports avec lui dans
toutes ses parties. La comparaison qu’il
établit entre son oiseau et le genre Cymin¬
dis nous a paru si exacte et si positive que
nous trouvons tout naturel de rapprocher
ces deux genres. Comment, en effet, lors¬
que deux genres offrent une analogie par¬
faite dans toutes leurs parties, et même dans
la forme générale du bec , et qu’ils ne diffè¬
rent que parce que ce bec présente chez l’un
une dent bifide, et, chez l’autre , une dent
simple et obtuse ; comment , dis-je , ne pas
les rapprocher, sinon dans le même genre,
au moins dans la même sous-famille ?
Nous avons donc pensé que la place la
plus naturelle du genre Aviceda , comme du
genre Lophotes , qui en est si voisin , était
près du genre Cymindis de Cuvier, dont
l’espèce type, l e petit autour de Cayenne
(Buff.), Falco Cayennensis (L.), présente
une dent obtuse au bec ; et, comme ce der¬
nier genre offre, selon nous, des rapports
très marqués avec les Bondrées , dans la
brièveté des tarses à demi emplumés et
réticulés , dans la forme des narines , en
fissure étroite et presque fermée , nous
avons cru naturel de rapprocher ces deux
nouveaux genres, Aviceda et Lophotes ,
de ceux de Cymindis et Pernis. Enfin, ces
quatre genres offrant aussi des rapports
marqués avec les Milans américains , sur¬
tout avec le genre Ictinie de Vieillot qui ,
comme le g. Cymindis , se fait remarquer
par une dent obtuse vers le milieu du bec ,
nous les ferons figurer dans la sous-famille
des Milvinèes ; par conséquent bien loin
des vrais Falconinées.
L’espèce type , et unique jusqu’à ce mo¬
ment, est Y Aviceda cuculoides (Swains.
West. Afr ., I, p. 104, pl. 1), qui a 45 centi¬
mètres de longueur, avec le tarse seulement
de 35 millimètres et dont le dessus est
d’un gris foncé avec le dos brun ; la gorge
et la poitrine gris pâle ; le ventre blanc,
ocreux , traversé de larges bandes brunes;
la queue terminée d’une large bande noire;
AVI
AVI
$73
la cire et les pieds jaunes. L’auteur ne dit
rien des mœurs de cet oiseau, l’unique in¬
dividu, peut-être, qui soit encore connu,
d’une des espèces les plus intéressantes
de Cymindis, par ses formes, jointes à un
bec à dent biflde.
Ce dernier caractère, qui avait paru suffi¬
sant à M. Swainson pour rapprocher trois
genres chez lesquels il se trouve, et les pla¬
cer près des Faucons, quoique différents
entre eux et avec ceux-ci sous beaucoup
d’autres rapports , ne nous a paru , au con¬
traire, que tout à fait secondaire dans ce
cas-ci , d’abord parce que, chez tous trois,
cette double dent et le bec diffèrent de
forme, et aussi parce que si l’on retrouve
chez les deux genres, Aviceda et Lophotes ,
assez d’analogie dans leurs autres parties
pour les rapprocher et les grouper avec les
Cymindis, le troisième genre , Diodon ,
s’en éloigne, au contraire, par ses ailes
courtes et n’est, selon nous, qu’une espèce
de transition des Faucons aux Autours à
tarses courts d’Amérique. (Lafr.)
*AVICELIÆS.arach. — M.Walckenaër
(Ins. apt.-, Suiles à Buffon) emploie ce
nom pour désigner une petite subdivision
du genre Mygale, comprenant les espèces
dont les pattes sont allongées et presque
égales entre elles. Voy. mygale. (Bl.)
AVICENNIA, Linn.; Halodendrum ,
Thouars.; Sceura, Forsk. bot. m. — Genre
voisin des Verbénacées et des Myoporinées.
M. Endlicher le considère comme type d’une
famille nouvelle ( les Avicenniées). On lui
assigne les caractères suivants : Calice 4-
parti, régulier, couvert de squamules im¬
briquées. Corolle hypogyne, à tube court,
campanulé; limbe 4-fide, étalé, à segment
postérieur un peu plus large. Étamines 4,
insérées au tube de la corolle, subdidy-
names, courtement saillantes. Ovaire 2-lo-
culaire ; ovules géminés dans chaque loge,
collatéraux, pendants, attachés au sommet
d’un axe tétragone comprimé. Fruit coriace,
2-valve , par avortement 1-loculaire et 1-
sperme. Graine apérispermée , germant
dans le fruit. Embryon à radicule infère ,
barbue; cotylédons très larges, épais, bilo-
bés à la base , condupliqués. — Les Avi-
ccnniu croissent en compagnie des Man-
gliers dans la vase des plages de la zone
équatoriale. Ce sont des arbres dont les ra¬
cines rampent au loin à la surface du sol ,
produisant de nombreux rejets simples,
nus, et semblables à des baguettes. Les
feuilles sont opposées, coriaces, persistan¬
tes , très entières ; les pédoncules termi¬
naux etdichotoméaires, ternés, multiflores ;
les fleurs sont petites, à corolle presque co¬
riace. On connaît six espèces de ce genre.
(SpO
AVICEPTOLOGIE ( mot hybride :
avis , oiseau ; capere, prendre ; Xcfyoç, dis¬
cours). ois. — C’est l’art de prendre les Oi¬
seaux vivants ou morts par toute sorte de
moyens, comme pièges, filets, etc. Ce sujet
n’étant pas du ressort de ce Dictionnaire 9
nous nous contenterons d’indiquer le recueil
le plus étendu en ce genre , qui est le Dic¬
tionnaire économique de Chomel , en
2 vol. in-fol.,avec un supplément non moins
volumineux par Roger. (Lafr.)
AVICULA ( avicula , petit oiseau ).
mole. — Nom latin du genre Hironde de Bru¬
guière, Aronde de Cuvier et Avicule de La¬
ma rck. C’est sous ce dernier nom français
que ce genre est le plus généralement adopté,
et c’est à lui que nous renvoyons. (Desh.)
* AVIGUL AIRES . arach.— M. Walcke-
naër emploie cette dénomination pour dé¬
signer la seconde race ou division du genre
Mygale , caractérisée par des pattes as¬
sez courtes, inégales entre elles; la pre¬
mière étant moins longue que la quatrième.
L’auteur rapporte à celte division trois espè¬
ces américaines. Voy. mygale. (Bl.)
AYICULARIA , Meisn. ( Polygon .
p. 85). bot. fh. — Synonyme du g. Poly-
gonum de Tournefort; M. Meisner ne le
considère que comme une section du g.
Polygonum de Linné. (Sp.)
AVICULE. Avicula ( avicula , petit
oiseau ). moll. — Longtemps avant que
Linné rassemblât parmi ses Mytilus les
Coquilles du genre Avicule, Watton, dans
son livre si remarquable de Differentiis
animalium , avait désigné les Avicules sous
le nom de Concha margaritifera , les dis¬
tinguait très bien des Jambonneaux, et re¬
connaissait cependant l’analogie qu’elles ont
avec ce genre. Belon , dans son livre des
Poissons , donne un extrait de l’ouvrage de
Watton, et professe les mêmes opinions.
Rondelet ajoute une figure conforme à la
description de ses devanciers, et l’on re-
374
AVI
connaît en elle l’ Avicule mère-perle men¬
tionnée dans les ouvrages des anciens. Gess-
ner commence par copier la figure de Ron¬
delet ; puis, quelques pages plus loin, il
représente la même coquille par une très
bonne figure de grandeur naturelle ; mais
Gessner n’avait point reconnu la ressem¬
blance de sa coquille avec celle de Ronde¬
let ; aussi leur donne-t-il des noms diffé¬
rents. Il n’en est pas de même d’Aldro-
vande, qui, sous le nom de Concha mar~
tjaritifcra , donne trois figures exactes de
la grande Avicule , où se trouvent les plus
belles perles orientales. Dans une autre
partie de son ouvrage , à la page 465, il re¬
présente, sous le nom de Concha tennis
iestœy un groupe assez considérable de
l’Avicule de la Méditerranée ; et cette fi¬
gure , quoique grossière, ne permet aucune
erreur. Les Avicules n’échappèrent pas à
l’observation de Fabius Colonna ; il en fit
représenter une espèce dans ses Observa -
tiones animalium aquatilinm et terres -
trium . Nous soupçonnons qu’il s’agit d’une
espèce fossile. A la fin de son Traité de l’His¬
toire naturelle , Ferrante Imperato donne
également une figure très reconnaissable de
l’Avicule mère-perle, déjà mentionnée par la
plupart de ses prédécesseurs. Enfin Bonanni,
Lister, Rumphius, ont ajouté plusieurs espè¬
ces intéressantes à celles déjà connues. L’une
des figures de l’Avicule mère-perle , qu’on
peut citer comme très exacte, est celle qu’on
trouve à la page 198 du Metallotheca va U -
enfin de Mescati. Les ouvrages de Gualtieri
et de d’Argenville , quoique plus modernes
que celui que nous venons de mentionner,
n’ont pas de figures dont la perfection appro¬
che de celle-ci. Jusque-là, à l’exception de
Fabius Colonna , tous les auteurs que nous
avons mentionnés n’ont connu que des
espèces vivantes d’ Avicule. Volfart, dans
son Historia naturalis Asiœ inferioris ,
paraît être le premier qui en ait figuré une
espèce fossile ; mais nous devons prévenir
que cette coquille fort singulière a été long¬
temps rangée parmi les Mytilus, sous le
nom de Mytilus socialis. Nous aurons oc¬
casion d’en reparler plus tard. Tandis que
Linné travaillait aux premières éditions
du Syslema nalurœ , Adanson publiait
son ouvrage, si utile encore aujourd’hui,
su?* les Coquilles du Sénégal. Dans les mers
AVI
qui baignent cette contrée, on trouve assez
fréquemment une espèce d’ Avicule, à la¬
quelle Adanson donna le nom de Chanon ;
il ne connut pas l’animal de son espèce , et
entraîné par l’analogie des Coquilles, il l’a
confondue avec des Modioles , des Moules ,
et une Cardite dans son genre Jambonneau.
Lorsque Linné publia la dixième édition du
Systema nalurœ , il sut éviter une partie
de la confusion d’ Adanson ; mais , vou¬
lant ne pas trop multiplier ses genres ,
il rapprocha dans chacun d’eux toutes les es¬
pèces auxquelles pouvaient s’appliquer des
caractères fort étendus ; aussi , Linné ras-?
sembla-t-il, sous le nom de Mytilus Arun »
do , presque toutes les Avicules connues
de son temps. La plupart des auteurs qui
succédèrent à Linné ne manquèrent pas de
l’imiter ; et , comme le nombre des espèces
s’accroissait toujours, il en est résulté une
extrême confusion dans la synonymie du
Mytilus Arundo. Bruguière conçut l’heu¬
reuse idée de réformer la plupart des genres
linnéens : il retira des Moules le Mytilus
Arundo , et créa pour lui, dans les Planches
de l’Encyclopédie, le genre Hirundo Api -
eu la , auquel il rapportait judicieusement
VAstrea Maliens de Linné, dont plus tard
Lamarck a fait le genre Marteau. Peu de
temps après la mort trop prématurée de
Bruguière, Lamarck, dans sa première clas¬
sification des Mollusques ( Mémoires de la
Société d'hist. nat. de Paris , 1799 ) porta
plus loin que son prédécesseur la réforme
dans les genres linnéens; et, déjà à cette
époque, on trouve le genre Avicule dans des
rapports très naturels entre les Marteaux et
les Perles. A cette époque, Lamarck n’avait
point encore établi sa classification des Co¬
quilles bivalves d’après le nombre des mus¬
cles; et, quoique ce caractère d’une haute
valeur lui ait alors échappé , sa grande ha¬
bitude de l’observation lui a fait deviner dès
le principe les rapports des genres, de telle
manière que, dans ses méthodes suivantes,
il eut peu de changements à faire pour les
mettre entièrement d’accord avec les nou¬
velles observations. Depuis, le genre Avi¬
cule , généralement adopté , est resté con¬
stamment dans les mêmes rapports ; seu¬
lement Lamarck, pour en simplifier da¬
vantage les caractères , a voulu en séparer,
comme genre particulier , l’Avicule
AVI
AVI
375
perle et quelques autres espèces qui n’ont
presque pas de prolongement postérieur.
Ce nouveau genre , d’abord admis par quel¬
ques personnes , est actuellement rejeté ,
parce qu’il ne se lie que de la manière la plus
insensible avec les Avicules proprement
dites. Les anciens zoologistes et Linné lui-
même n’ignoraient pas que les Avicules vi¬
vent à la manière des Moules, attachées au
fond de la mer au moyen d’un byssus. Poli,
dans son grand ouvrage , fit le premier con¬
naître avec tous les détails convenables l’a¬
nimal d’une Avicule assez commune dans la
Méditerranée. Son travail, publié dès 1795,
fut longtemps à se répandre en France, n’eut
aucune influence sur les premiers travaux
de Lamarck ; et l’on peut dire , avec vérité,
que la connaissance de l’animal des Avicules
a confirmé les rapports que Lamarck avait
assignés à ce genre.
Les Avicules sont des Coquilles singu¬
lières dont le bord supérieur, dans un assez
grand nombre d’espèces, se prolonge en une
sorte de queue assez grêle , plus ou moins
longue, entièrement détachée, de sorte que,
les valves étant entr’ouverles , la coquille
offre la représentation assez grossière d’un
oiseau qui vole. Toutes sont inéquivalves,
très inéquilatérales , presque toujours apla¬
ties; la valve gauche est la plus grande et la
plus profonde. Dans quelques espèces , la
valve droite est d’une petitesse tellement
disproportionnée qu’on ne pourrait croire,
si on ne les voyait réunies, que les deux val¬
ves appartiennent à la même coquille. Le
bord cardinal est droit, ordinairement sim¬
ple, et offre quelquefois une ou deux dents
rudimentaires ; ce bord , comme celui des
Limes ou des Huîtres, se prolonge en dehors
en une sorte de talon dont la surface plane
est creusée obliquement d’une fossette trian¬
gulaire et peu profonde , où s’attache
un ligament assez épais et solide. Dans
toutes les espèces , l’extrémité antérieure
présente, au-dessous d’une oreillette, une
échancrure plus ou moins profonde, qui pé¬
nètre dans l’intérieur des valves lorsqu’elles
sont rapprochées, et qui est destinée à don¬
ner passage au byssus. Si nous examinons les
Avicules à l’intérieur , nous observons vers
le centre des valves une grande impression
musculaire, ovale, semi-lunaire, ordinaire¬
ment peu profonde. Si l’on partage par une
ligne longitudinale la coquille en deux par¬
ties égales , on s’aperçoit que l’impression
musculaire est presque tout entière com¬
prise dans le côté postérieur. Si l’on a sous
les yeux un grand nombre d’espèces d’ Avi¬
cules, soit vivantes, soit fossiles , voici ce
qu’on observe, relativement aux formes
extérieures : dans l’ Avicule mère-perle, dont
Lamarck a fait le type de son genre Penta-
dine, la coquille est subquadrangulaire , et
ses extrémités supérieure et postérieure ne
présentent aucun indice d’une oreillette pos¬
térieure. A côté de cette espèce, viennent s’en
placer quelques autres qui ont les mêmes
caractères, mais chez lesquelles on voit ap¬
paraître le rudiment d’une oreillette posté¬
rieure, indiquée par une légère inflexion du
bord postérieur. Peu à peu, en passant à de
nouvelles espèces , on voit se creuser l’in¬
flexion du bord postérieur, et l’appendice
de ce côté se prolonger de plus en plus et
parvenir enfin, par une série non interrom¬
pue de modifications, à une longueur presque
égale à la coquille elle-même. Ce prolon¬
gement postérieur des valves est tout à
fait comparable à celui qu’on remarque
dans les Marteaux et dans quelques espèces
de Perles; mais quelle que soit la longueur de
cet appendice postérieur, tous les caractères
n’en restent pas moins les mêmes, de telle
sorte qu’il est impossible de séparer géné¬
riquement les espèces dépourvues de cet
appendice , de celles où il se trouve le plus
développé. Nous passons sous silence plu¬
sieurs modifications à l’une desquelles se
rattache le Myiilus socialis de Schlott-
heim ; coquille restée pendant quelque
temps problématique pour la plupart des
personnes qui l’ont mentionnée. Le pre¬
mier, guidé par une analogie qui nous a ra¬
rement trumpé, nous avons reconnu les
caractères de cette espèce, et l’avons rangée
dans le genre auquel elle appartient rceüc-
ment. Il suffit d’ouvrir les valves d’une Avi¬
cule pour s’apercevoir que les Coquilles de
ce genre ont une composition différente
de celle des Vénus, par exemple ; mais qui
se rapproche beaucoup de celle dcsPinnes et
des Pernes. On voit , en effet , que la plus
grande partie de la partie interne des valves
est formée d’une couche de substance na¬
crée très brillante, et l’on aperçoit vers les
bords la substance nacrée subitement remu
AVI
AVI
376
placée par le prolongement de la couche
extérieure du test, prolongement qui est
plus ou moins considérable , selon les es¬
pèces. Si l’on vient à casser cette partie non
nacrée de la coquille, on s’aperçoit , en la
soumettant à un grossissement convenable,
qu’elle a une structure fibreuse à fibres per¬
pendiculaires ; structure tout à fait sembla¬
ble à celle des Pinnes et à celle de quelques
autres Coquilles du même groupe.
D’après les observations de Poli, l’animal
des Avicules est réellement intermédiaire
entre celui des Pinnes et celui des Moules.
Les lobes du manteau, désunis dans toute
leur longueur, sont épais et garnis d’un
plus ou moins grand nombre de petits ten¬
tacules. La masse abdominale est peu consi¬
dérable , et porte à l’extrémité antérieure
un pied un peu en massue , au moyen du¬
quel l’animal file un byssus, dont les élé¬
ments restent assemblés en un corps cylin-
dracé, fort solide, terminé par un large em¬
pâtement, au moyen duquel l’animal s’at¬
tache fortement aux corps sous-marins. La
bouche est grande, transverse, garnie de
petites lèvres tentaculifères. Ce que nous ve¬
nons d’exposer nous permet de résumer
les caractères de ce genre de la manière sui¬
vante :
Caractères génériques.
Animal ovale , oblong, subtransverse ,
ayant les lobes du manteau libres et char¬
gés de petits tentacules. Pied petit , subcla-
viforme , portant à sa base un byssus com¬
pacte , .dont les filaments sont réunis. Bou¬
che transverse, garnie de lèvres tentaculi¬
fères; un seul muscle subcentral adducteur
des valves.
Coquille oblongue, subtransverse ou lon¬
gitudinale, inéquivalve, inéquilatérale, as¬
sez souvent prolongée du côté postérieur en
appendice de dimensions variables. Une
oreillette antérieure échanerée à la base de
la valve droite pour le passage d’un byssus ;
bord cardinal droit, presque toujours sim¬
ple, présentant quelquefois une ou deux
dents obsolètes et creusées sous le crochet
d’une gouttière oblique , peu profonde,
large et triangulaire, pour le ligament.
Les Avicules ont des mœurs assez sem¬
blables à celles de nos Moules; elles vivent
généralement à de faibles profondeurs , se
fixant aux rochers ou aux coraux, et souvent
se mettant les unes sur les autres et for¬
mant ainsi des paquets considérables. L’es¬
pèce la plus connue est celle qui fournit
presque toutes les Perles répandues dans le
commerce; aussi est-elle presque toujours
mentionnée dans les catalogues sous le nom
de Mère-perle ou de Margaritifère. Cette
espèce, la plus grande de toutes, fournit éga¬
lement au commerce presque toute la na¬
cre de perles qui s’emploie dans la bijou¬
terie et comme ornement. On fait des pê¬
ches régulières de cette coquille dans plu¬
sieurs parties de la mer de l’Inde et du
golfe persique. Nous en parlerons à l’article
de ce Dictionnaire particulièrement des¬
tiné à rendre compte de la formation des
Perles. Le genre Avicule n’étant pas le
seul qui en offre , il convient de rassem¬
bler en un seul article tout ce qui a rap¬
port aux Perles. Le nombre des espèces
que renferme actuellement le genre Avi¬
cule est assez considérable : elles sont dis¬
tribuées dans presque toutes les mers,
mais surtout dans les mers les plus chau¬
des. On les rencontre fossiles dans presque
tous les terrains ; on les observe régulière¬
ment réparties depuis les terrains tertiaires
jusque dans les terrains de transition.
Elles se montrent en abondance dans une
formation très intéressante que les géo¬
logues connaissent sous le nom de Mu-
schelkalk. On en rencontre un assez grand
nombre dans la formation oolithique ; c’est
parmi celles de ce terrain qu’on remar¬
que les espèces les plus inéquivalves. Le
terrain crétacé en contient aussi plusieurs
qui lui sont tout à fait particulières;
et, quoique notre collection soit loin d’ê¬
tre complète , nous y comptons quarante
espèces fossiles et vingt-cinq espèces vi¬
vantes. Nous connaissons dans les auteurs
au moins une vingtaine d’espèces qu’il faut
ajouter pour se faire une juste idée de ce
qu’on connaît aujourd’hui dans le genre
Avicule. (Desh.)
AVICULÉES. MCLii. — Sous ce nom de
famille , Férussac a proposé de réunir les
genres Avicula , Pinna , Crenatula ,
Ma Iléus, etc. Suivant la méthode de La-
marck, ces genres appartiendraient aux fa¬
milles des Myiilacèes et des Malléacèes.
Voy. ces mots. A cet égard, nous pensons
que zoologiquement on devrait rassembler
AVO
AVO
les Coquilles pourvues de byssus, distinctes
des Pecten et des Area , dans une seule
famille, celle des Mytiiïdècs. Voy. ce mot,
(A. d’O.)
AVIGNON, moll. — Nom qu'on em¬
ploie comme synonyme d’AYagnon ou
d’Avignon. Voy. avagnon. Nous ferons ob¬
server que la coquille, ainsi désignée, est
le Mactra piperata deGmelin, Lutraria
piperata de Lamarck; coquille dont Cu¬
vier a fait son genre Avignon; Mégerle,
son genre Arénaire. Montagu a créé pour
elle son genre Ligule , et, enfin tout récem¬
ment , M. Turton en a fait son genre Lis¬
tera. Voy. ces différents mots , ainsi que
lutraire. (Desh.)
AVIOSA. rept. — Synonyme de Boa
devin . Voyez boa.
AVIRONS, ins. — Nom sous lequel
on a désigné les pattes aplaties de certains
Insectes nageurs : tels que les Dytiques et
les Hydrophiles, parmi les Coléoptères ; les
Notonècles et les Sigares, parmi les Hémip¬
tères. Voy. PATTES. (D.)
* AVTSUGES. Avisuga {avis, oiseau ;
sugo , je suce), ins. — Nom donné par
M. Duméril à une famille d’insectes aptères
qui vivent en parasites sur les Oiseaux.
(C. d’O.)
AVOCAT ou POIRE- AVOCAT, bot
ph. — Nom vulgaire du fruit de l’Avocatier.
(Sp.)
AVOCATIER, bot. ph. — Nom vulgaire
du Persea graiissima Nees {Laurus Per -
sea L.), de la famille des Laurinées. (Sp.)
AVOCETTE. Recurvirostra , L. ois. —
Genre de l’ordre des Échassiers, de la famille
des Longirostres de Cuvier et de celle des
Palmipèdes de Vieillot. Pour nous, ce
genre fait partie de la famille des Scolopaci *■
dées et de la sous-famille des Rècurviros -
trinèes, où nous le groupons avec le genre
Échasse , celui de Leptorhynque de Dubus
( Mag . de Zool. de Guérin), qui forme le
lien de transition entre les deux, et celui de
Drôme. Ses caractères sont : «Bec allongé,
très grêle , très déprimé dans toute sa lon¬
gueur, se rétrécissant insensiblement jus¬
qu’à la pointe , qui est singulièrement fine
et flexible ; . ce bec se recourbant en haut
progressivement depuis la moitié de sa lon¬
gueur ; narines linéaires , situées en des¬
sus, ,dans un sillon qui s’étend jusqu’au tiers
377
du bec ; la mandibule inférieure sillonneé
aussi latéralement ; pattes grêles, très éle¬
vées, à ja'îhbes demi nues, à tarses réticulés ;
doigts antérieurs,- réunis jusqu’aux trois
quarts de leur longueur par une membrane
largement échancrée ; pouce très petit ,
presque nu et s’articulant très haut sur
le tarse. Ailes longues, pointues, sur-aiguës,
atteignant presque l’extrémité de la queue
qui est très courte. » Ce genre d’oiseau,
remarquable par la forme toute particulière
de son bec retroussé en arc dans une partie
de sa longueur , ne l’est pas moins parmi
les Échassiers , par ses pieds palmés , qui
l’ont fait grouper, par Vieillot, avec le
Flammant , dans sa famille des Palmi¬
pèdes, et par M. Lesson , avec ce même
Flammant et le Drôme ardèolc , dans son
sous-ordre des Hémipalmes; et dans sa
famille des Hétérorostres. Cette demi-pal¬
mure , qui se retrouve d’ailleurs plus ou
moins prononcée chez d’autres genres d’É-
chassiers, tels que le Chevalier semi-palmé,
les Phalaropes, etc., ne nous paraît pas ici
un caractère suffisant pour rapprocher des
Oiseaux aussi disparates que le Phèni-
coptère et Y Avocette , tandis qu’entre
ces derniers et l’Échasse , il y a des rap¬
ports généraux et vraiment naturels. Mê¬
mes mœurs, mêmes proportions, même
coloration de plumage , même forme de
bec grêle , acuminé , sauf la courbure en
haut, dont on voit déjà, toutefois, un indice
chez l’Échasse d’Amérique , mêmes tarses
écussonnés ; et , quant à la palmure des
doigts de l’Avocette , dont il existe déjà des
vestiges chez les Échasses , cet oiseau de la
Nouvelle-Hollande , dont M. Dubus a fait
son genre Leptorhynque , et qui réunit , à
des pieds palmés d’Avocette, des formes et
un bec d’Échasse , au point que M. Gould,
dans son Synop • austr. , en a fait une
Échasse sous le nom d ' Himantopus pal-
matus (Échasse à pieds palmés) ; cet oi¬
seau, dis-je, peut être regardé comme l’es¬
pèce de transition qui lie ces deux genres.
C’est ce qui nous a engagé à les réunir
tous trois en un groupe particulier dans
les Scolopacidées , leur adjoignant encore
le genre Drôme. Wilson trouvait tant
de rapports entre l’ Avocette d’Amérique
et l’Échasse du même pays, qu’il faisait
de cette dernière une Avocette sous le
24*
T. II
378
AYO
AYO
nom de Recurvirostra Himantojms.
Les Avocettes , d’après la conformation
même de leur bec si faible , si atténué et
retroussé à son extrémité, ne peuvent l’em¬
ployer à la recherche de leur nourriture que
dans les matières les plus molles ; aussi,
est-ce dans la vase et le limon charié par les
rivières à leur embouchure, et dans l’écume
des bords de la mer qu’elles l’enfoncent
assez profondément, pour y chercher les
petits animaux dont elles se nourrissent.
Elles sont d’un naturel sauvage et fort in¬
quiet , et ne se laissent approcher que par
surprise , au moins notre espèce d’Europe.
Wilson, qui a observé celle d’Amérique au
moment de sa ponte , dit qu’alors elle a
tout à fait les mêmes allures , les mêmes
cris répétés que l’Échasse, la même manière
de faire son nid et de le placer dans des
touffes de longues herbes aux bords des
marais salés , et que ses œufs ont la même
coloration , olive pâle , marquée de grandes
taches noires , irrégulières. Les Avocettes
fréquentent, particulièrement en Amérique,
les marécages salés et bas qu’elles parcou¬
rent à gué, ayant souvent de l’eau jusqu’au
ventre, pour chercher , sur le fond vaseux,
les Vers marins , les petits Mollusques et
Crustacés qui s’y trouvent en abondance ,
et dont elles font leur nourriture , selon
Wilson. Elles nagent aussi fort bien, lors¬
que l’eau , plus élevée , leur fait perdre le
fond.
On ne connaît encore que quatre ou
même cinq espèces d’ Avocettes , si l’on ad¬
met comme telle le genre Leptorhynque
(Dubus), réparties sur toutes les grandes
contrées du globe , ainsi qu’il suit : une en
Europe et en Afrique, une dans l’Inde, une
en Australie et une en Amérique. Elles ont
toutes la plus grande analogie de forme,
de taille et de coloration. Celle d’Europe ,
qui se retrouve aussi en Égypte et au Cap
de Bonne-Espérance , VAvocette ( Bufif.
Enl. 353), ou plutôt VAvocette à nuque
noire Tem., Man. ( Recurvirostra Âvo-
cetta Gmel.), est d’un beau blanc , avec le
dessus de la tête , la partie postérieure du
cou, les scapulaires, les petites et moyennes
tectrices et les huit premières rémiges
noires ; le bec est noir , l’iris brun rou¬
geâtre et les pieds couleur de plomb. Sa
longueur est de 47 centimètres. (Lafr.) |
AVOINE. Avena. bot. th. — Grand
genre de la famille des Graminées, type de
la neuvième tribu, les Avénacées. Ce genre,
fort ancien dans la science, a été successive¬
ment modifié dans ses caractères et dans
les espèces qui y ont été rapportées par les
différents auteurs d’agrostographie. Pali-
sot de Beauvois me paraît être le botaniste
qui a le mieux déterminé les limites de ce
genre , en en retranchant un grand nombre
d’espèces qui en diffèrent assez pour en
avoir constitué les genres Trisetum et Ar~
rhenatherum. Cette opinion de Beauvois
a été adoptée parM. Kunth ( Agrost t. I,
p. 299), tandis que Trinius avait proposé
une autre délimitation du genre Avena. Ce
célèbre agrostographe adoptait le genre
A rrhcna therum deBeauYois, etréunissait
dans le genre Avena , non-seulement les
espèces dont on avait fait les genres Trise¬
tum et Gaudinia, mais toutes les espèces
du genre Aira de Linné , conservées sous
ce nom par tous les botanistes modernes ,
ne laissant dans le genre Aira que celles
dont Persoon avait créé le genre Kœleria ,
généralement adopté par tous les botanis¬
tes. Cette manière d’envisager le genre
Avena n’a pas été adoptée. Voici quels
sont les caractères du genre Avena, tel
qu’on le comprend aujourd’hui et en particu¬
lier M. Kunth. Les épillets contiennent trois,
ou un plus grand nombre de fleurs, plus ou
moins écartées sur leur axe , et dont la ter¬
minale est à l’état rudimentaire. Les deux
valves de la lépicène sont membraneuses,
mutiques , terminées en pointe à leur
sommet ; les deux paillettes de la glume
sont également membraneuses , bifides à
leur sommet; l’extérieur porte sur le milieu
de son dos une arête longue, raide et tordue
en spirale à sa base ; les deux paléoles sont
glabres, ovales, lancéolées. Le fruit est cy-
lindracé , allongé , marqué d’un sillon lon¬
gitudinal et généralement velu à son som¬
met. Les fleurs sont disposées en panicule ;
rarement elles semblent constituer une
grappe ou un épi. Ce genre se compose d’au
moins cinquante espèces , presque toutes
originaires d’Europe , un petit nombre du
cap de Bonne-Espérance. Parmi ces espèces,
quelques-unes sont extrêmement intéres¬
santes par leurs usages et tiennent un rang
distingué dans l’agriculture européenne.
AVO
AVO
379
t. L’avoine commune, Avcna sativa L.,
est la plus généralement répandue. Elle
offre un très grand nombre de variétés, soit
dans la coloration de ses fruits, soit dans
la présence ou l’absence des arêtes. — 2.
L’avoine nue ou avoine a gruau, Avena
nuda L., porte également le nom d’ Avoine
de Tartarie. Son grain, plus petit, se
détache facilement des paillettes de la
glume. — 3. L’avoine de Hongrie OU d’o¬
rient, Avena orientalis L. Ses grains sont
gros, blancs, lourds et farineux; mais cette
espèce a l’inconvénient de s’égrainer facile¬
ment.
L’Avoine est une céréale fort importante.
Non-seulement c’est la nourriture par ex¬
cellence du cheval ; mais, dans beaucoup de
pays, où le froid et l’humidité s’opposent à
la culture du Seigle et du Froment, l’homme
y trouve une nourriture assez substantielle,
mais non aussi savoureuse que celle du
froment. L’Avoine s’emploie comme ali¬
ment, surtout en Bretagne, en Écosse et
dans les régions les plus reculées du nord
de l’Europe , ou dans les pays montagneux
que leur élévation rapproche des pays du
nord, quant à leur végétation. Le Gruau
d? Avoine, c’est-à-dire les grains dépouillés
de leur péricarpe et de la partie extérieure
de leur amande et grossièrement concas¬
sés , servent à faire des bouillies très nu¬
tritives. Tout le monde sait que la décoc¬
tion du gruau d’Avoine est fréquemment
employée en médecine, comme une boisson
adoucissante , dont on fait usage dans les
rhumes ou dans les affections chroniques
des organes respiratoires. (A. R.)
AVOINE FROMENTAL. bot. ph —
Voyez arrhênathère. (A. R.)
AVORTEMENT. Abortio. zoou. — Ce
mot, considéré sous le rapport purement
physiologique , signifie l’expulsion du fœtus
avant qu’il ait atteint l’époque de la viabi¬
lité. Les causes qui déterminent l’Avorte¬
ment sont fort nombreuses , et les plus
communes sont l’irrégularité d’évolution
du fœtus , un développement anomal ,
confirmé par un grand nombre de faits té¬
ratologiques , la coexistence de produits
étrangers dans l’utérus, des travaux trop
prolongés , les météorisations , la mauvaise
construction des habitations, des commo¬
tions violentes, des hémorrhagies prolon¬
gées, des modifications subites dans l’état
de l’atmosphère , et, pour la femme, il faut
ajouter à ces causes physiques, les peines
morales et une sensibilité exaltée jusqu’à
l’état maladif ; aussi est-ce chez elle que
l’Avortement est le plus fréquent ; viennent
ensuite les animaux domestiques, dont la
constitution a été modifiée par l’esclavage ,
et surtout les bêtes à cornes. Cet accident
est très rare chez les Chèvres et les Truies,
et plus rare encore chez les Chattes et les
Chiennes.
L’état pathologique de la femelle chez
laquelle un Avortement est imminent ne
cesse qu’après l’expulsion du fœtus ; et le
danger qu’elle court est d’autant moindre
que cet accident a lieu à une époque plus
rapprochée de la conception.
Nous ne parlerons pas ici de l’Avorte¬
ment dû à des pratiques criminelles, et qui,
dans le cas de réussite ou d’insuccès , est
toujours fatal à la mère et au fœtus.
L’ Avortement a également lieu chez les
Oiseaux. Les œufs à coque molle, appelés
œufs hardes, ne sont autre chose que des
germes avortés dont on ne peut attendre
aucun produit. (C. d’O.)
AVORTEMENT, thysioi.. végét. —
En physiologie végétale, comme en physio¬
logie animale , le mot Avortement expri¬
me la suppression naturelle ou le non-dé¬
veloppement , soit d’un organe , soit seule¬
ment d’une partie d’un organe composé,
soit enfin de plusieurs organes. L’Avorte¬
ment peut être complet, c’est-à-dire que
l’organe qui manque a disparu sans laisser
aucune trace, ou bien, au contraire, l’Avor¬
tement est incomplet , l’organe existant ,
mais déformé , rapetissé , en un mot atro¬
phie : d’où le nom $ Atrophie, donné à
cet Avortement incomplet-
L’Avortement peut avoir lieu à une épo¬
que où les organes échappent par leur pe¬
titesse à tous nos moyens d’investigation, de
telle sorte que, dès que la partie à laquelle cet
organe appartient est visible et appréciable
à nos sens, nous ne pouvons saisir aucune
trace de l’organe manquant ; ainsi , par
exemple, dans les Labiées, une des cinq éta¬
mines avorte de si bonne heure , qu’il n’y
a aucune période de la vie de la plante
où elle soit visible. On a donné à ces
Avortements le nom d’ Avortements in-
380
AVO
ÀVG
ternes ; tandis qu’on nomme Avorte¬
ments externes , ceux qui se font en quel¬
que sorte sous nos yeux par la disparition
d’organes qui se sont d’abord montrés pen¬
dant un certain temps.
On a encore divisé l’Avortement en con^
stant ou naturel et en inconstant ou
accidentel. Le premier est celui qui se
reproduit constamment et sans interrup¬
tion dans la série de tous les individus de
la môme espèce ; le second, au contraire, se
montre, pour ainsi dire, par exception, pro¬
duit par une cause accidentelle , qui n’agit
que sur un individu isolé.
L’étude des Avortements est d’une haute
importance en botanique. Elle conduit à la
solution des problèmes les plus compliqués
de l’organisation végétale , et c’est par elle
que nous pouvons arriver à la connaissance
de la véritable structure et surtout du type
normal des végétaux. En effet, l’homme qui
étudie la science d’une manière philosophi¬
que peut reconnaître , au milieu des varia¬
tions sous lesquelles se présentent les plan¬
tes d’une famille naturelle ou d’une tribu
ou groupe de familles, un type fondamen¬
tal dont toutes ces variations ne sont que
des modifications dues, soit à l’Avortement
de quelques parties, soit au contraire à leur
multiplication.
Nous avons dit précédemment que l’A¬
vortement ne laissait quelquefois aucune
trace de l’existence de l’organe avorté; d’au¬
tres fois, au contraire, il est remplacé par un
organe d’une apparence tout à fait diffé¬
rente , quoique d’une nature physiologique
semblable. Il y a donc une extrême connexité
entre ces deux phénomènes : Avortement
et Métamorphose; ainsi qui ne sait, par
exemple, que dans les fleurs qui doublent,
les étamines avortées se transforment en
pétales.
C’est dans la fleur surtout qu’il est im¬
portant de rechercher les Avortements :
d’abord, parce qu’ils sont le plus fré¬
quents dans cet organe, et en second lieu,
parce qu’ils y exercent une influence plus
marquée , en troublant la disposition ré¬
gulière des parties constituantes. En ef¬
fet, quand une partie constituante d’un
des verticilles floraux vient à avorter ,
il est bien rare que les autres parties du
môme vertieille n’en éprouvent pas une
influence plus ou moins considérable. Gé¬
néralement les parties restantes se dé¬
veloppent davantage; aussi plusieurs au¬
teurs attribuent-ils l’Avortement des or¬
ganes qui manquent à l’inégalité primitive
de force de nutrition des organes, dont les
plus forts absorbent , à l’exclusion des au¬
tres, les fluides nutritifs qui leur étaient
destinés en commun , et s’opposant ainsi à
leur nutrition les font complètement dispa¬
raître.
De ce développement plus considérable
des parties subsistantes résulte en général
un trouble, un dérangement dans la dispo¬
sition normale de la fleur, qui devient irré¬
gulière ; aussi, selon nous, l’irrégularité de
la fleur reconnaît-elle pour cause, du moins
dans le plus grand nombre des cas , l’A¬
vortement d’une partie d’un des verticilles
floraux ; ainsi , par exemple , l’irrégularité
des fleurs dans les Orchidées, dans les La¬
biées, les Antirrhinées, etc. , est le résultat
évident de l’absence naturelle ou de l’Avor¬
tement de deux des trois étamines dans la
première de ces familles et d’une des cinq
dans les deux autres. Ce qui prouve évi¬
demment l’opinion que nous émettons
ici, c’est que, quand ces étamines avortent
d’habitude ou viennent accidentellement
à se développer, la fleur reprend sa régu¬
larité normale. C’est ce que prouvent les
exemples d’Orchis à trois étamines déve¬
loppées et à fleurs régulières , de Digitale
et de Pédiculaire à cinq étamines et à
corolle régulière que nous avons fait con¬
naître à différentes époques.
Quand, dans un vertieille floral, la moitié
des organes qui le composent, vient à man¬
quer, l’harmonie de la fleur peut ne pas
être troublée. Ainsi, dans le genre Géra¬
nium , la fleur a dix étamines et est parfaite¬
ment régulière ; dans le genre Erodium de
la même famille, cinq des étamines de la
fleur avortent, et celles qui sont ainsi rédui¬
tes à leur état rudimentaire alternent régu¬
lièrement avec celles qui se développent ;
aussi la fleur des Erodium conserve-t-elle sa
régularité ; mais , dans le genre Pélargo¬
nium où trois des étamines sont avortées et
sept sont restées fertiles, l’harmonie est dé¬
rangée et la corolle est d’une grande irrégu¬
larité. Il en est de même dans la Capucine
(: Tropæolum ), dont deux étamines Sur dit
AXE
381
AXE
ne se développant jamais , la fleur est irré¬
gulière.
Nous ne saurions donc trop le répéter :
l’élude approfondie des Avortements et de
leur influence sur la disposition générale
des parties subsistantes est la clef de la
plupart des anomalies qu’on observe dans
l’arrangement des parties constituantes des
végétaux. Elle appelle donc l’attention des
botanistes philosophes. Voy. fleur, mon¬
struosités, etc. (A. R.)
*AXANTHES, Blum.; Maschalanthe ,
Blum. ; W a Llirhia , Rein>vardt(/mrc nlior .),
in Flora , 1825, p. 107. bot. ph. — Genre de
la famille des Rubiacées (tribu des Hamé-
lites DC.), auquel son auteur (. Bijdr p.
1002) assigne les caract. suivants : Fleurs
hermaphrodites ou par avortement dioïques.
Limbe calicinal urcéolé , presque très en¬
tier. Corolle rotacée, à tube court, cylin¬
drique ; gorge garnie de 5 faisceaux de poils;
limbe 5-fide. Étamines 5, à peine saillantes,
insérées à la gorge de la corolle. Ovaire 5-
loculaire, à disque sillonné. Style indivisé ;
stigmate à 5 lobes, connivents avant l’an-
thèse. Baie globuleuse, 5-loculaire, poly-
sperme, couronnée. Graines petites, poncti-
culées. — Arbres ou arbrisseaux. Feuilles
opposées. Fleurs en capitules, ou en cymes,
ou en corymbes , axillaires. Ce genre ap¬
partient aux îles de la Sonde et aux autres
archipels des mêmes parages ; on en connaît
7 espèces. (Sp.)
* AXARQUES. Axarchia , Rafin.
zooph. — Famille du sous-ordre des As-
clères de Rafinesque et qui comprend les
Pennatules , les Vérétilles , plus les En-
crines. (p. G.)
*AXE (à|<ov, essieu, axe), zool. et térat.
— Ce mot, fort anciennement emprunté à la
mécanique par la géométrie, l’astronomie et
même l’architecture, d’un emploi plus récent
en physique et en minéralogie, a été intro¬
duit en dernier lieu dans les sciences biolo¬
giques. Son emploi en botanique, en zoolo¬
gie , en tératologie , est même, depuis quel¬
ques années , devenu très fréquent ; et c’est
pourquoi nous avons cru devoir ne pas nous
borner ici, comme dans les dictionnaires
précédents , à de simples renvois aux arti¬
cles généraux.
§ I. De la signification du mot axe.
Lorsqu’un terme passe d’une science
dans une autre , il est bien rare qiie sa va¬
leur primitive ne subisse pas dans celle-ci
quelque altération ; ainsi , le sens du mot
Axe n’est exactement, ni en géométrie, ni
en minéralogie, le même qu’en mécanique ;
mais les différences sont très légères ; et la
même définition, pourvu qu’elle soit élevée
à un certain degré de généralité , est appli¬
cable sans nulle difficulté à toutes ces scien¬
ces. La définition, au contraire, doit être plus
profondément modifiée , lorsque des po¬
lyèdres, idéalement réguliers, de la géomé¬
trie, et des cristaux que la minéralogie assi¬
mile à ceux-ci, on veut transporter les lignes
idéales appelées Axes, dans l’étude des êtres
vivants. Les formes très complexes des vé¬
gétaux et surtout des animaux {voy. forme)
deviennent alors une cause de sérieuses dif¬
ficultés sur lesquelles on ne s’est pas arrêté,
et qu’on n’a pas résolues. Les zoologistes,
en particulier, ont paru croire qu’ils pou¬
vaient tout aussi bien emprunter à la géo¬
métrie et à la cristallographie la définition
du mot Axe, que le mot lui-même ; et c’est
pourquoi ils l’ont employé , sans jamais le
définir , comme une expression , dont le
sens, généralement compris, est à l’abri de
toute équivoque.
En s’écartant du principe logique, qui
veut que nul mot ne soit introduit dans la
science sans être rigoureusement défini,
on s’exposait à de graves inconvénients qui,
en effet, n’ont pas manqué de se produire.
Le mot Axs a reçu, dans les livres des zoo¬
logistes, plusieurs acceptions fort différen¬
tes ; et il n’est pas jusqu’aux meilleurs ou¬
vrages dans lesquels on ne les retrouve
simultanément admises. Cuvier lui -mê¬
me, dans le Règne animal , n’éYite pas
cette cause de confusion et d’erreur. L’Axe
est tantôt pour lui une ligne idéale , autour
de laquelle un certain nombre de parties ,
analogues entre elles , se disposent circulai-
rement ; tantôt un plan idéal , des deux
côtés duquel les parties analogues se ran¬
gent symétriquement par paires ; tantôt, en¬
fin , une partie ou un ensemble de parties
matérielles , telles que le tronc ou Axe
principal d’un polypier , et ses branches
ou Axes secondaires . Cette dernière accep¬
tion et la première, les seules qu’on trouve
en botanique, se lient d’ailleurs entre elles
d’une manière intime. De même que VAspç
AXE
AXE
matériel ou essieu d’une machine peut
être ramené abstractivement à un Axe idéal
passant par le centre du premier , rien ne
s’oppose à ce qu’on considère VAxe ma¬
tériel d’un végétal ou d’un polypier, en
d’autres termes, sa 'portion axile , selon
une expression déjà consacrée par l’usage
en botanique, comme traversé par une ligne
fictive , l’ Axe idéal.
En indiquant les divers sens attribués
par Cuvier au mot Axe, nous avons eu
pour but , non-seulement de montrer com¬
bien sa signification est encore loin d’être
fixée , mais aussi d’établir dès à présent un
fait très important sur lequel nous revien¬
drons bientôt, savoir: que les parties qui
se correspondent symétriquement , sont
coordonnées, chez les animaux, tantôt par
rapport à des lignes , tantôt par rapport
à des plans , ou mieux, plus généralement,
par rapport à des surfaces : car les sur¬
faces , aussi bien que les lignes de coordi¬
nation, sont quelquefois courbes et non
droites.
Devrons-nous donner également le nom
d ''Axe à toutes ces lignes et à toutes ces
surfaces de coordination ?
En géométrie et en astronomie, un Axe
est toujours une ligne droite. De même, en
minéralogie, les Axes sont des lignes droi¬
tes , autour desquelles sont disposés symé¬
triquement les faces analogues d’un cristal.
L’architecture , au contraire , a déjà admis
des Axes courbes aussi bien que droits ;
et cette extension de sens n’a, au fond,
rien de contraire aux principes de la géomé¬
trie elle-même , qui peut toujours décom¬
poser un Axe courbe en une suite infinie
d’Axes droits. Rien ne s’oppose donc à ce
que nous appelions Axe , toute ligne au¬
tour de laquelle se coordonnent les par¬
ties analogues d’un être. Cette définition
très générale, selon laquelle l’Axe peut être
également rectiligne ou curviligne, est, par
cela même , comme on le verra bientôt, la
seule acceptable en zoologie.
Autant il est rationnel d’étendre le nom
d 'Axes à toutes les lignes de coordination ,
autant il est peu logique de confondre avec
celles-ci , sous ce même nom , les surfaces
de coordination. Celles-ci ne correspon¬
dent nullement aux Axes des géomètres et
des cristallographes , mais à leurs plans
de symétrie. Les surfaces , les lignes de
coordination , peuvent d’ailleurs être cour¬
bes aussi bien que droites , et par consé¬
quent, cette expression géométrique, plan
de symétrie , non plus que sa définition ,
ne sont admissibles en zoologie. Nous pro¬
posons , comme terme plus général, le mot
Épine , déjà usité dans cette acception , en
architecture surtout, et nous l’appliquerons
à toute surface des deux côtés de la¬
quelle se coordonnent les parties ana¬
logues d’un être.
Cette définition générale de l’ Épine re¬
produit presque mot pour mot, comme on
le voit, la définition précédemment don¬
née de VAxe , et il devait en être nécessai¬
rement ainsi. En effet, toute épine plane ,
aussi bien que les plans d’axes déjà admis
par l’illustre Brewster , dans ses Mémoires
sur la double réfraction, peut être consi¬
dérée comme composée d’une infinité
êVAxes rectilignes ; et de même, toute
Épine courbe, comme composée d’une in¬
finité d 'Axes curvilignes.
Pour que VAxe et V Épine, tels qu’ils
viennent d’être définis , correspondent
exactement à VAxe et au plan de symé¬
trie des géomètres et des cristallographes,
il faut qu’ils réunissent deux conditions
dont l’une a déjà été indiquée , et dont la
seconde , non encore exprimée , dérive
de celle-ci. La première est que VAxe soit
rectiligne ou V Épine plane; disposition
dont s’écartent un très grand nombre
d’animaux chez lesquels les lignes et les sur¬
faces de coordination sont non-seulement
courbes, mais très sinueuses, souvent
même contournées en spirale. L’autre est
que les parties analogues se correspondent
régulièrement, outre leur volume et leur
forme , par leur distance , et généralement
par leur disposition par rapport à l’Axe ou
à l’épine ; en d’autres termes, qu’ils soient
symétriques . Il en est ainsi le plus sou¬
vent quand l’Axe est rectiligne ou l’épine
plane ; mais , s’ils sont courbes , par cela
même, il n’y a plus symétrie , mais seule¬
ment similitude , correspondance , coordi¬
nation de parties analogues. C’est pourqnoi
nous avons dû, dans la définition des Axes et
des Épines , les considérer comme des li¬
gnes et surfaces de coordination , et non
comme des lignes et plans de symétrie ;
AXE
AXE
383
expressions dont les premières sont géné¬
ralement vraies, et dont les secondes sont
applicables seulement à un cas particulier,
qui est, il est vrai, le plus remarquable, et
en même temps, le plus fréquent de tous
ceux qui se présentent à l’observation.
En insistant, comme nous venons de le
faire, sur la valeur des mots^es et Épines ,
nous avons eu pour but de donner à leurs
définitions la rigueur et la précision dont
les sciences biologiques ont été si long¬
temps privées , et qui, cependant, ne leur
sont pas moins indispensables qu’aux scien¬
ces dites exactes.
Nous présenterons maintenant, sur la
forme des animaux , quelques remarques
générales dont nous avons , depuis quel¬
ques années, donné le développement dans
nos cours (surtout dans les leçons faites en
1839 à la Faculté des Sciences , et dont di¬
verses analyses ont été publiées). Il sera
facile au lecteur de voir quelle extension
peut être donnée aux considérations de ce
genre , lorsqu’on ne s’en tient pas, comme
nous devons le faire ici , à quelques re¬
marques sommaires sur les groupes princi¬
paux du Règne animal (1).
S II. Des Axes cl des Épines dans les
animaux.
Comme l’a établi depuis longtemps M. de
Blainville , les animaux peuvent être rame¬
nés à trois types principaux , d’après leur
forme générale : les animaux pairs , bi¬
naires ou zygomorphes ; les radiaires ,
rayonnés ou actinomorphes ; enfin les
irréguliers , amorphes ou hétéromor-
phes. Nous examinerons successivement
quels systèmes d’Axes et d’épines corres¬
pondent à ces trois types, ou du moins aux
deux premiers , les seuls dont l’organisa¬
tion générale soit bien connue.
1° Animaux binaires. La disposition
générale qui caractérise les animaux binai¬
res, et qui leur est commune avec l’homme,
a de tout temps fixé l’attention et n’est
ignorée de personne ; mais elle a été géné-
(i) Oulre plusieurs autres articles généraux de ce die
tionnaire, tels que Cristaux, Forme , Monsthes composés.
Rayonnés, on peut consulter comme complément de ces
remarques et de celles qui suivent , les deux thèses fort re¬
marquables que notre savant collaborateur, M- Delafosse,
a soutenues en septembre i84o devant la Faculté des
Sciences de Paris, l’une sur la structure des cristaux , l’au*
tre sur la symétrie en général.
râlement mal exprimée. Il est fort inexact
de dire, comme on le fait ordinairement,
que les organes sensitifs et locomoteurs ,
et le plus souvent aussi les organes repro¬
ducteurs , sont disposés symétriquement
des deux côtés de la ligne médiane ou de
l’Axe. La coordination , qui d’ailleurs est
loin d’être constamment symétrique , n’a
jamais lieu par rapport à une ligne ou
Axe , mais par rapport à une surface ou
épine: rectification d’autant plus impor¬
tante, que la coordination par rapport à
une ligne ou Axe forme précisément la con¬
dition essentiellement caractéristique de la
forme dans le second type du règne animal.
L’épine offre le plus souvent la disposi¬
tion générale d’un plan de symétrie , sans
mériter cependant ce nom dans la rigueur
de son acception géométrique. C’est ce qui
a lieu chez l’homme : son corps offre une
disposition généralement symétrique ; mais
les courbures de la colonne épinière et la
prédominance du côté droit rendent la symé¬
trie imparfaite. Chez les Animaux vertébrés,
chez les articulés , chez les Mollusques su¬
périeurs, la disposition générale est la même
que chez l’homme 5 toutefois la symétrie
est presque toujours beaucoup plus com¬
plète. Au contraire , chez la plupart des
Mollusques à coquille, l’épine, au lieu d’être
plane, est courbe ; le plus souvent même ,
elle présente une courbure très marquée
qui , chez une multitude d’espèces , affecte
la disposition spirale dans une grande par¬
tie de son étendue. Lorsqu’il en est ainsi,
l’être se trouve partagé, non pas en deux
moitiés, mais en deux portions inégales,
l’une plus grande, située du côté convexe
de la courbure , l’autre plus petite , du côté
concave.
Ainsi, dans le premier des trois types
que présente à notre observation l’ensem¬
ble du règne animal, il existe non une sim¬
ple ligne , mais une surface de coordina¬
tion ; non un Axe , mais une Épine. Si cette
épine est plane , il y a symétrie ; si elle
est courbe , simple disposition binaire de
parties analogues, mais inégales ; d’où l’on
voit que la coordination par rapport à une
épine , et la disposition bilatérale des par¬
ties qui est la conséquence de cette coerdi-
nation , sont des faits généraux et essen¬
tiellement caractéristiques du premier type,
AXE
AXE
'SBA
tandis que la symétrie , par l’existence de
laquelle on a si souvent caractérisé ce même
type, n’est pour lui qu’un fait non constant
et d’une importance secondaire.
Et s’il est besoin de confirmer ce résul¬
tat qui, du reste , est la conséquence ri¬
goureuse de faits généralement connus,
une remarque bien simple fera com¬
prendre comment l’existence de l’épine
étant fort importante, sa disposition droite
ou courbe n’est au contraire que d’un inté¬
rêt fort secondaire. Chacun de nous peut,
et il lui suffit pour cela d’incliner latérale¬
ment son thorax, changer la disposition de
son épine , la rendre courbe , de plane
qu’elle est normalement, et par suite, alté¬
rer momentanément la symétrie bilatérale.
Cette meme possibilité , qui est chez nous
renfermée entre d’étroites limites, existe à
un très haut degré chez une multitude d’a¬
nimaux. Dans les espèces en particulier qui
ont le corps très allongé, et en môme temps
les téguments flexibles, la courbure de l’é¬
pine peut devenir extrêmement prononcée,
et souvent même arriver jusqu’à la dispo¬
sition spirale. Et si, dans ce cas, la disposi¬
tion générale peut être changée momenta¬
nément, par conséquent sans aucune modi¬
fication importante de l’organisation, si
l’épine peut être tour à tour, chez le même
animal, plane , demi circulaire , sinueuse ,
contournée, spirale, ne conçoit-on pas aus¬
sitôt la possibilité de trouver toutes ces
dispositions réalisées, et d’une manière
permanente, chez d’autres animaux du
même groupe , surtout parmi ceux dont la
peau est indurée et non flexible.
Après l’épine principale qui partage l’être
en deux portions latérales, tantôt égales
et symétriques , tantôt inégales , mais cor¬
respondantes , on peut distinguer, chez les
animaux du premier type , un grand nom¬
bre d’épines et aussi d’Axes secondaires.
J’appellerai surtout l’attention sur la dis¬
position remarquable qu’offre la portion
postérieure du corps chez un grand nombre
de Poissons, et spécialement chez les Pleu-
ronectes. Outre l’épine principale qui, con¬
tournée et sinueuse en avant , est posté¬
rieurement plane et presque comparable
par sa régularité à un plan de symétrie , il
existe une seconde épine plane, on peut
presque dire un second plan de symétrie
perpendiculaire au premier. La symétrie
est donc ici, non-seulement bilatérale, mais
en même temps bilatérale et inféro-supé-
rieure ; et les organes post-abdominaux,
se correspondant par zones de quatre cha¬
cune, sont coordonnés par rapport à la ligne
d’intersection des deux plans; ligne qui tra¬
verse le centre des corps vertébraux, et
qui constitue un véritable Axe.
L’Axe optique, autour duquel les diverses
parties de l’œil sont disposées circulaire-
ment, est encore un exemple trop remar¬
quable pour être omis , mais trop connu
pour que nous insistions sur lui. Disons
seulement que l’Axe principal de l’oeil con-
prend , outre le centre de la sphère que
représente cet organe dans son ensemble ,
les centres des divers cercles, zones et
segments sphériques que son examen exté¬
rieur offre à l’observation.
Enfin, nous ferons remarquer qu’un très
grand nombre d’appareils et d’organes en
particulier sont divisibles, aussi bien que le
corps tout entier, soit par des épines planes,
soit plus fréquemment par des épines
courbes, diversement sinueuses ; fait gé¬
néral, déjà indiqué dans le premier volume
de notre Histoire générale des Anomalies
( Voyez aussi Essai de zoologie géné¬
rale ).
2° Animaux radiaires. Lorsqu’ils veu¬
lent définir d’une manière générale la forme
des animaux radiaires,les auteurs disent tan¬
tôt que les parties sont disposées comme les
rayons autour d’un centre; tantôt qu’el¬
les sont disposées autour d’un Axe, sur
deux o je plusieurs rayons , ou sur deux
ou plusieurs lignes allant d'un côté à
Vautre. De ces deux expressions, qui tou¬
tes deux sont empruntées au Règne ani¬
mal, la première , qu’on trouve presque
partout reproduite, est fort inexacte ; ce qui
ressort clairement des considérations plus
haut présentées. La seconde est exacte, mais
insuffisante. Les véritables radiaires, et des
remarques analogues sont applicables à un
grand nombre d’organes dans les végétaux,
ont en effet leurs organes coordonnés par
rapport à un Axe principal , mais aussi en
même temps, et secondairement par rap¬
port à des Épines, souvent, et notamment
dans les Polypes , à peine indiquées , très
manifestes, an contraire, dans les classes
AXE
supérieures, par exemple dans les Échino-
dermes et les Acalèphes.
La disposition générale de ces épines
nous est connue à l’avance ; car elle est la
même que celle de V épine principale des
animaux du premier type. Seulement, au
lieu d’une seule épine , il y en a ici au¬
tant que le corps a de rayons ou lobes ,
chacun d’eux ayant sa propre épine qui le
divise en deux parties correspondantes,
mais inégales, si l’épine est courbe, égales
et symétriques, si elle est plane. Ces deux
parties , non-seulement se correspondent
l’une à l’autre, mais encore ont des ana¬
logues dans chacun des autres lobes.
De là, un premier mode de coordination,
comparable à celui qui caractérise le type
précédent : la coordination des parties ana¬
logues de chaque lobe par rapport à son
épine.
En même temps que chaque épine divise
un lobe de l’animal en deux parties corres¬
pondantes et souvent symétriques , elle di¬
vise de même, si on la prolonge suffisam¬
ment par la pensée , l’animal tout entier.
Si le nombre des lobes est pair, l’épine
d’un rayon , étant prolongée , divisera pa¬
reillement le rayon opposé à celui-ci, ou, en
d’autres termes, se confondra avec l’épine
de celui-ci. Si le nombre est impair, l’épine
prolongée passera entre deux lobes, mais de
même en partageant l’animal en deux par¬
ties correspondantes, et le plus souvent
même égales l’une à l’autre. Tout radiaire
est donc, comme tout animal binaire, di¬
visé en deux moitiés, ou au moins en deux
portions analogues; seulement il y a cette
différence que ces deux moitiés ou portions
peuvent être prises d’autant de manières dif¬
férentes qu’il y a de lobes et par consé¬
quent d’épines.
Ce système de coordination, quelque re¬
marquable qu’il soit, n’est ni le seul, ni
même le principal. Toutes les épines con¬
vergent vers la région centrale, et viennent
s’y rencontrer en une ligne d’intersection,
qui est V Axe principal, renfermant en lui
le centre de figure ; ainsi, les parties se
coordonnent des deux côtés des épines , et
les épines, à leur tour, se coordonnent au¬
tour de Y Axe; double système de coordina¬
tion , d’où résulte , lorsque la coordination
est parfaite et vraiment symétrique , une
T. II.
AXE 385
forme presque aussi régulière que celle des
solides géométriques eux-mêmes.
Les radiaires, comparés aux animaux
binaires , présentent donc trois ordres de
différences :
A. Leur organisation est soumise à une
double loi de coordination: coordination
directe des parties, par rapport aux épines;
coordination directe des épines (mais indi¬
recte pour les parties) par rapport à X Axe.
B. C’est en définitive à une ligne, et
non , comme dans le premier type , à une
surface , que se rapportent toutes les con¬
ditions de coordination et de régularité.
Cette différence, qui résulte directement
de la première , ne serait pas appréciée à
toute sa valeur, si nous ne rappelions que ,
dans les radiaires inférieurs, les lobes du
corps, et par conséquent aussi leurs épines,
s’effacent peu à peu ; mais Y Axe subsiste
toujours.
C. Enfin chaque partie n’a pas une seule
analogue, mais un grand nombre d’analo¬
gues ; nombre qui est toujours d’autant de
fois deux qu’il y a d’épines. En termes con¬
cis, les radiaires ne sont donc pas doubles ;
ils sont multiples , leurs conditions de
multiplicité étant du reste rigoureusement
définies.
3° Animaux hétéromorphes. Ces ani¬
maux, et spécialement les spongiaires, ont-
ils une forme complètement irrégulière ?
Méritent-ils réellement le nom amorphes
qu’on leur a quelquefois donné? Il suffit de
considérer la disposition générale d’une
masse spongiaire , d’examiner l’arrange¬
ment et la forme de ses oscules pour re¬
connaître qu’il y a aussi, même chez ces
êtres inférieurs , une tendance à la régula¬
rité. Du reste, leur nature est encore beau¬
coup trop obscure, et surtout les naturalis¬
tes qui, comme nous , ont été privés de la
possibilité de les étudier sur le vivant , les
connaissent trop imparfaitement, pour qu’il
soit possible de discuter ici à leur égard ,
du moins dans les étroites limites où nous
sommes renfermés , la question de l’exis¬
tence des Axes de coordination. Cependant
ne serait-on pas autorisé dès à présent à
dire que la dualité , caractérisant le pre¬
mier type du règne animal, et la multipli¬
cité définie , le second , les hétéromorphes
paraissent offrir un troisième mode de ré-
2$
386
AXE
pétition, le seul qu’on puisse concevoir
après les précédents : la multiplicité in¬
définie de parties tendant à se disposer au¬
tour de points , et non de lignes ou Axes?
Disposition qui existe d’ailleurs incontesta¬
blement chez d’autres êtres des degrés infé¬
rieurs de l’échelle zoologique, spécialement
chez plusieurs des animaux si longtemps
confondus par les auteurs sous le nom d’In-
fusoires.
S III. Des Axes et des Épines chez les
êtres anomaiix.
Nous ne nous arrêterons ni aux êtres
anomaux des trois premiers embranche¬
ments ( voyez anomalies ), ni aux Mons¬
tres unitaires. Les derniers de ceux-ci ex¬
ceptés ( voyez ANIDIENS et zoomyiiens), tous
ces êtres anomaux ont leurs parties coor¬
données , quoique moins régulièrement,
d’après les mêmes épines ou Axes auxquels
se ramène la conformation normale de
leurs espèces.
Chez les Monstres composés, la considé¬
ration des épines et des Axes offre beaucoup
plus d’intérêt. L’organisation d’un monstre
double, pour prendre ici le type le plus
simple que puisse offrir un monstre com¬
posé , est coordonnée très régulièrement ,
par rapport à trois épines, presque toujours
planes, et par conséquent comparables à des
plans de symétrie , savoir : Y épine indi¬
viduelle de chacun des sujets composants
(sa ligne médiane , comme on dit ordinai¬
rement), et Y épine ou plan d’union , c’est-
à-dire le plan selon lequel se fait l’union des
deux sujets composants, et qui , selon une
expression impropre , mais souvent usitée,
est la ligne médiane du monstre tout en¬
tier. Ce plan médian, ou plan d’union, est
toujours , comme l’indique son nom et
comme il résulte de sa disposition , inter¬
posé entre les deux épines individuelles.
Il peut d’ailleurs être , par rapport à
celles-ci, et celles-ci peuvent être entre
elles, dans des rapports très différents,
soit d’étendue , soit de disposition ; ainsi
les trois épines peuvent être égales ou
inégales. L’épine ou plan d’union peut être
parallèle aux épines individuelles; il peut
leur être perpendiculaire ; il peut aussi leur
être oblique; et, de là, des différences dont
l’importance est telle , que , les exprimer
avec exactitude, c’est véritablement résu-
AXE
mer en quelques mots toutes les modifi¬
cations essentielles de l’organisation des
Monstres doubles. Nous pourrions montrer
que la même classification des Monstres
doubles , à laquelle nous avons été conduit
par de laborieuses recherches d’analyse ,
eût pu être déduite presque tout entière
de la manière la plus simple , de la seule
considération des trois épines. C’est ainsi ,
et ces exemples suffiront pour bien faire
comprendre notre pensée , que la division
générale des Monstres doubles en deux or¬
dres , les Autositaires et les Parasi¬
taires ( voy . ces mots), eût pu être four¬
nie immédiatement par la seule considéra¬
tion de l’étendue relative des deux épines
individuelles, toujours égales dans le pre¬
mier ordre, inégales dans le second. De
même, la considération de la direction de
l’épine ou plan d’union, tantôt parallèle,
tantôt perpendiculaire aux deux autres épi¬
nes, tantôt oblique sur celles-ci, eût pu
nous fournir les principales subdivisions de
ces ordres. Bien plus encore, elle pouvait
faire prévoir approximativement le nombre
des genres que chacun peut comprendre.
Qui ne voit, en effet, que les épines peu¬
vent présenter des degrés très divers d’o-
bliquité , se rencontrer sous des angles
très différents; que les combinaisons fon¬
dées sur le parallélisme des épines sont né¬
cessairement moins nombreuses ; enfin que
l’incidence perpendiculaire de l’épine mé¬
diane ou d’union sur les épines individuelles
n’est possible qu’avec un nombre beaucoup
moindre encore de combinaisons ?
Les Monstres composés plus que doubles,
par exemple, les Monstres triples, les seuls
dont l’existence soit encore authentique ,
peuvent donner lieu à des considérations
analogues à celles que nous venons d’indi¬
quer. Dans tout monstre triple, il y a trois
épines individuelles et deux plans d’union :
la question est donc plus complexe , mais
elle n’est réellement pas plus difficile ; et il
en serait de même de Monstres plus compo¬
sés encore, si l’on venait à en établir l’exis¬
tence avec certitude. Quels qu’ils fussent,
tous se ramèneraient , par la considération
de leurs épines, à des notions fort simples,
en ce qui concerne leur disposition géné¬
rale ; et il ne serait même pas difficile de
la prévoir , et d’en résumer à l’avance les
S 87
AXE
conditions dans une formule commune à
tous les Monstres composés. Voyez notre
Histoire générale des anomalies , t. III,
et l’article monstres composés de ce Dic¬
tionnaire. (I. G. -S. -H.)
AXE (a£<oy, axe), min. — Dans l’étude des
cristaux, on donne ce nom à certaines lignes
droites, ou directions principales, qu’on ima¬
gine passer par le centre d’un cristal, ou mê¬
me par le centre de chacune de ses molécules,
et qui servent à exprimer les lois des diverses
propriétés , soit géométriques , soit physi¬
ques, qui ne se montrent pas les mêmes
dans tous les sens. Dans la cristallographie
proprement dite, on distingue des Axes de
cristallisation, qui sont des Axes de figure
ou de symétrie , passant par le centre du
cristal , qu’on suppose ramené à sa plus
grande régularité, et qui vont aboutir soit
à des sommets d’angles solides, soit à des
milieux de faces ou d’arêtes. Il y a toujours
dans un cristal quelconque plusieurs sys¬
tèmes d’Axes , parmi lesquels on en dis¬
tingue un comme principal : tel est , par
exemple , dans les systèmes cubiques ou
prismatiques, le système des trois Axes,
qui aboutissent aux sommets de l’octaèdre
fondamental, ou aux milieux des faces du
parallélipipède circonscrit , par lequel on
remplace souvent cet octaèdre. Il est clair
que ce système d’Axes , qui est en quelque
sorte la charpente ou le squelette géomé¬
trique de l’octaèdre , peut tenir lieu de ce¬
lui-ci, lorsqu’il est déterminé en longueur
et en direction; et voilà pourquoi les Axes
cristallins jouent un si grand rôle dans la
cristallographie allemande , où ils servent
de principal fondement à la détermination
des systèmes cristallins.
Dans la physique des cristaux , on dis¬
tingue aussi plusieurs sortes d’Axes, et l’on
peut en admettre d’autant d’espèces diffé¬
rentes qu’il y a de propriétés susceptibles
de varier avec la direction autour d’un
même point. Tels sont les Axes optiques
(Axes de double réfraction, ou de polarisa¬
tion ) , les Axes d’élasticité , les Axes ther¬
miques, etC. VOy. CRISTALLOGRAPHIE.
(Del.)
AXE. Axis ( a^wv , axe), bot. — Ce
nom a été donné, en botanique, à plusieurs
organes différents du végétal ; ainsi c’est la
partie principale de la plante, celle qui sept
AXI
de support à tous les organes appendiculai¬
res. Suivant la position qu’il occupe, cet Axe
porte des noms différents; il est successive¬
ment la souche, la tige, le rameau, le pé¬
doncule, le réceptacle de la fleur, la co-
lumelle, etc. On a aussi donné le nom d’Axe
au support commun des épillets dans les Gra¬
minées, et particulièrement dans celles dont
les fleurs sont disposées en épis. (A. R.)
* AXEST.US (à priv.; ^ccttoç, uni), ins.—
Genre de Coléoptères tétramères, famille
des Curculionites , établi par M. Dejean
dans son dernier Catalogue, et dont il n’a
pas publié les caractères. Il n’y rapporte
qu’une seule espèce , originaire de Java ,
et nommée par lui A . morosus. Il place ce
g. entre les g. Lcpyrus et Hylohius de
Germar, qui appartiennent à la division des
Molytides de Schoenherr, ordre des Gona-
toeères. (D.)
AXÏ (à£wv, axe), bqt. i>h. — Synonyme
de Piment . Voyez ce mot.
*AXÏA. zooph. — Synonyme d’Axiotime,
Axiotima. Voyez ce mot. (P. G.)
AXIA , Loureir. ( à£a , importance ).
bot. ph . — Genre incomplètement connu,
qu’on a rapporté avec doute à la famille des
Nyctaginées, ainsi qu’à celle des Valérie-
nées. Son auteur lui attribue les caractères
suivants : Calice triphylle, court, irrégulier,
caduc. Corolle campanulée, minime, à limbe
10-fide régulier, plan. Étamines 3; filets fili¬
formes, aussi longs que la corolle ; anthères
didymes, à bourses globuleuses. Ovaire in¬
fère, ovoïde, sillonné. Style filiforme, à stig¬
mate épaissi, péricarpe sec, indéhiscent,
ovoïde, sillonné, velu. — Loureiro ne fait
mention que d’une seule espèce (VAxia (A.
cochinchinensis) ; c’est un arbuste à tiges
nombreuses, très rameuses, noueuses, pro-
cumbantes , rougeâtres ; à feuilles petites ,
opposées , inégales, sub-crénelées ; à fleurs
petites, rougeâtres, disposées en grappes
sub-terminales. La racine de cette plante
est charnue et fusiforme ; on la substitue, en
Cochinchine, au célèbre Gin-Seng. (Sr.)
AXIE. crust. — Genre de Décapodes
macroures , établi par M. Leach , rangé par
Milne Edwards dans la famille des Thalassi-
niens ou Macroures fouisseurs ; tribu des
Cryptobranchides et caractérisés de la ma-
nière suivante : Antennes internes portant
deux filaments très alloués, faites de la
388
AXI
ÀXÏ
seconde et de la première paires didactyles ;
celles des trois paires suivantes monodac¬
tyles ; nageoire caudale à cinq lames élar¬
gies et foliacées. On ne connaît qu’une es¬
pèce d’Axie , savoir : VA. siirhynque qui
habite nos côtes. (M. E.)
*AXIFERES (axis, axe; fero, je porte).
bot. — Dans son Essai d’une iconographie
élémentaire et philosophique des végétaux,
Turpin a donné ce nom à des végétaux qui ,
comme les Champignons et les Algues ter¬
restres et maritimes , se composent d’un
axe diversement modifié , et dont l’inté¬
rieur ne contient que du tissu cellulaire.
(C. d’O.)
* AXELE. Ernbryo axilis (Embryon).
bot. ph. — Embryon dirigé suivant l’axe de
la graine et surtout de l’endosperme. Voy .
EMBRYON. (A. R.)
AXILLA. bot. ph. — Nom latin de l’ais¬
selle ou angle formé par la soudure d’un
organe sur un autre organe. Voy. aisselle.
(A. K.)
* AXILLAIRE. Axillaris. ins. — On
nomme ainsi une petite pièce triangulaire
qui remplit l’intervalle existant entre les
angles postérieurs du corselet et les angles
huméraux des élytres dans les Cètonidcs.
Voy. ce mot. (D.)
* AXILLAIRE. Axillaris. bot. ph. —
Cette expression s’emploie pour désigner
tous les organes placés à l’aisselle d’un autre
organe, mais particulièrement des feuilles.
C’est dans ce sens qu’on dit: fleurs ou fruits
axillaires , par opposition à fleurs termi¬
nales , fruits terminaux. Voy. inflores¬
cence. (A. R.)
*AXILLARIA, R a fin. bot. ph. — Sy¬
nonyme du g. Polygonatum, Desf.,de la
famille des Asparaginées. (Sp.)
AXILLARIS. ins.- — Voyez axillaire.
AXILLARIS. bot. ph. — Voy. axillaire.
AXLV. Axinus (à£îvv), hache), moll. —
M. Sowerby, dans son Minerai Concho-
logy, a proposé ce genre pour des Coquilles
fossiles dont le moule seul lui était connu ;
il est fort difficile , en l’absence des carac¬
tères que donne la charnière, d’établir de
bons genres ; aussi il est à regretter que
M. Sowerby ait proposé celui-ci. En exami¬
nant les figures, nous trouvons aux Co¬
quilles du genre Axinus une très grande
analogie avec les Lucines et nous pensons
que les deux genres pourront être réunis
(voy. lucine). Nous trouvons en effet, à la
planche 314, une coquille dont le moule in¬
térieur offre deux impressions musculaires
fort écartées, dont l’antérieure se prolonge
à la manière de celle des Lucines. Ce qui
nous confirme dans notre opinion, c’est que
d’après les mêmes figures, l’impression
palléale paraît simple et sans échancrure
postérieure , également comme dans les
Lucines. (Desh.)
AXINA (dd-îvYi, hache), ins. — Genre de
l’ordre des Coléoptères pentamères , établi
par Kirby (Lin. Soc. Trans., t. XII,
p. 389), et cité par Latreille dans son
ouvrage intitulé : Familles naturelles du
règne animal , où il le place dans sa tribu !
des Clairones , entre les g. Eurypus et
Priocerus. Ce genre est très voisin des No-
toxus de Fab., et renferme deux espèces
du Brésil : VAxina analis du fondateur
du genre et VA. rufiiarsis de Perty (No-
toxus ) , toutes deux figurées : la lre, loc.
cit. tab. 30, f. 6; la 2e (Dclectus an.
pl. 6, f. 16, p. 30). (D. et C.)
AXINÆA, Ruiz et Pav. (à^tvvi , hache).
bot. ph. — Genre de la famille des Mélas-
tomacées (tribu des Lavoisiérées , DC.).
Ses caractères distinctifs , suivant M. Don
( Mèm . Wcrn. Soc. 4, p. 320), sont : Ca¬
lice cyalhiforme, nu à la base, à limbe per¬
sistant, 5-ou 6-denticulé. Pétales 5 ou 6.
Anthères obtuses au sommet, simplement
éperonnées à la base , déhiscentes par 2
pores apicilaires. Capsule 5-ou 6-loculaire,
inadhérente. — Arbres ou arbrisseaux.
Feuilles ovales-lancéolées ou cordiformes,
dentelées ou crénelées, 5-nervées, réticu¬
lées, coriaces, pétiolées, cotonneuses-fer-
rugineuses en dessous. Fleurs blanches ou
pourpres, grandes, terminales, disposées
en corymbe ou en grappe. Ce genre est
propre à l’Amérique équatoriale ; il com¬
prend 5 espèces. (Sp.)
*AXIIVE. Axinefâ'.jy, hache), année.—
Abildgardh et Oken ont signalé sous ce nom
un genre d’ Animaux parasites de VEsox Uc-
lone , poisson sur les branchies duquel ils
vivent. M. Oken range ce genre parmi les
Lernées, maisM. dcBlainville (Dict.des sc .
nat. t. VII, 568) l’a rapproché de la famille
des Hirudinées, parmi les Annélides. D’a¬
près M. Diesing, les Axines qu’il appelle
AXI
AXI
389
Iferctacanthus ( TSov . net. curios. XVIII,
310) seraient plus voisins des Polystomes
ou Polycolylaires , et voici comment il les
caractérise : Corps comprimé , allongé ,
atténué et tronqué en avant; bouche granu¬
leuse ; deux suçoirs de chaque côté de la
partie antérieure du corps ; extrémité cau¬
dale, pourvue de deux petits crochets.
A l’ Axine Bcllonis , type du genre ,
M. Diesing ajoute une seconde espèce ,
trouvée sur le même poisson , et qu’il ap¬
pelle Ilet. saijittatus. M. Nordmann doute
que cette nouvelle espèce soit réellement
distincte. (P. G.)
AX1XEE. Axinœa («?£vy], hache), moll.
— Poli, l’un des premiers, a séparé les
Pétoncles du grand genre Arche de Linné.
Il a fondé cette séparation sur des caractères
zoologiques d’une grande importance, et il
a donné aux animaux le nom Axinœa,
qui aurait dû être conservé ; mais Lamarck,
dont la nomenclature a prévalu, ayant établi
le même genre sous le nom de Péronile , ce
nom a définitivement été adopté et nous y
renvoyons. (Desh.)
AXINITE(à^vï), hache), min. — Synony¬
me de Thumerstein. Ce nom a été donné par
Haüy, à un Silicate d’alumine et de chaux,
qui se présente souvent en cristaux amincis,
dont les bords sont tranchants comme le fer
d’une hache. Ces cristaux , d’une forme très
remarquable, appartiennent au système
klinoédrique, et ont pour forme fondamen¬
tale et dominante un prisme oblique à la
base de parallélogramme PMT, dont les
deux pans M, T, sont inclinés l’un sur l’au¬
tre de 135°, 24f , et dont la hase P fait avec M
un angle de 134°, 48r, et avec T un angle de
115°, 39\ Les deux pans sont striés verticale¬
ment et la base est striée parallèlement à
son arête d’intersection avec le pan M. Il y
a des indices de clivage parallèlement aux
faces P et M , et aussi dans le sens d’une
troncature faite sur l’arète aiguë formée par
l’intersection des mêmes faces. — La cassure
des cristaux est légèrement écailleuse; et leur
éclat vitreux. La dureté est de 6, 5 à l’échelle
de Mohs ; la pesanteur spécifique de 3,3.
Ce minéral est transparent, et presque tou¬
jours coloré, quelquefois en vert pâle, par un
mélange grossier de chlorite, le plus souvent
en brun de girofle , ou en brun violâtre par
un mélange intime d’oxyde manganique .On a
cru reconnaître dans ses cristaux des indices
d’électricité polaire , après les avoir préala¬
blement exposés à l’action de la chaleur.
Inattaquable par les acides, elle fond au
chalumeau avec boursoufflement,et se trans¬
forme en une matière vitreuse d’une cou¬
leur sombre. La poudre fine de l’Axinite
fondue donne une gelée avec l’acide chlor¬
hydrique. Si l’on fait digérer cette poudre
dans l’acide sulfurique, qu’on évapore en
bouillie, et qu’on allume dessus de l’alcool,
ce dernier brûle avec une flamme Yerte. L’a¬
nalyse chimique donne pour éléments de sa
composition : Silice 45 ; Alumine 19 ; Chaux
12; Oxyde ferrique 12; Oxyde manganique 9;
et Acide borique 2.
Cette substance appartient aux terrains de
cristallisation, et se rencontre en petits
nids, en veines et en cristaux implantés dans
les roches de Protogyne, de Diorite , de
Schiste amphibolique et Schiste argileux.
Elle est accompagnée d’Épidote, d’Asbeste,
de Prehnite, de Feldspath et de Calcaire spa-
■ thique.On la trouve principalement au Bourg
d’Oisans en Dauphiné; aux Pyrénées, dans
les environs de Barrèges; dans le Cornouail¬
les ; dans la vallée de Chamouny ; au Tyrol;
à Thum en Saxe , et à Treseburg au Hartz.
(Del0
AXINODERME. Axinoclerma ( à^îvr, ,
hache; iïippoc, peau), moll.— -C’est sous ce
nom que Poli, dans son Système de nomen¬
clature , désigne les Coquilles de son genre
Axinœa, qui est identique au g. nommé
Pétoncle par Lamarck. (Desh.)
* AXIN OP ALPIS (mot hybride : à^vr,,
hache; palpus , palpe), ins. — - Genre de
Coléoptères tétramères, famille des Longi-
cornes , tribu des Cérambycins , établi par
M. Dejean dans son dernier Catalogue. La
seule espèce connue de ce g. vient d’Autriche,
et a été nommée par Ziégler Obrium gra¬
cile. Elle est testacée, ponctuée profondé¬
ment , et d’une manière serrée en dessus,
luisante en dessous , avec les yeux noirs ,
couverts de fortes hachures. Ceux-ci sont
étroits, échancrés en avant, plus élargis
par le bas que par le haut.
Ce genre ressemble assez à un Obrium;
mais dans ceux-ci les palpes sont amincis,
tandis que dans le genre en question, les 4
derniers articles sont fortement en hache.
(D. et C.)
390
AXI
AXO
*AXIftfOPHORXJS (jfym, hache ; cpdpo?,
porteur), ins. — Genre de Tordre des Co¬
léoptères tétramères, famille des Cureu-
lionites, établi par Schoenherr {Syn. Ins.
Cur -, t. IV, p. 863), qui la range dans sa
division des Rhynchophorides.
Ce genre, créé aux dépens du g. Lixus,
Fabr. et du g. Calandra , Hlig., ne figure
pas dans le dernier Catalogue de M. Dejean.
Schoenherr n’y rapporte qu’une seule espèce,
le Lixus gages de Fabr., qui se trouve en
Guinée. » (D. et G.)
*AX]NOPHORUS (à£vv), hache; cpcpd,',
porteur), ins. — Nom de genre donné par
M. Gray {Jn thc animal Kingdom. ) à
un coléoptère du Brésil de la famille des
Carabiques, qu’il a nommé A- hrasilien-
sis. MM. Brullé et Solier ont décrit peut-
être le même insecte sous le nom de Ca-
tajrieris nitida {Ann- Soc. Ent. de Fr.,
t. IV et V, p. 43 et 593). M. Mannerheim
a publié encore , sous celui de Hololissus
lucanoid.es , un insecte qui ne nous paraît
pas différent de V Axionoph. hrasiliensis*
de M. Gray. On retrouve un quatrième nom
de genre employé par M. Westwood , celui
de Basilæa , pour désigner une autre es¬
pèce qui appartiendrait aussi au g. Axino-
pliorus. (C.)
* AXINOPSOPHUS ( à^yj , hache ;
tyo'œcç, bruit), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Carabiques, établi
par M. le baron de Chaudoir {Bulletin de
la Soc . imp. des naturalistes de Moscou,
année 1837, pag. 9), pour y placer une es¬
pèce nouvelle du Cap de Bonne-Espérance ,
qu’il nomme Ax. quadrisignatus .
Cette espèce est la même que celle d’a¬
près laquelle M. Delaporte a fondé son
genre Arsinoe, et qu’il a figurée sous le
nom de 4 -guttata, d’après M. Clievrolat ,
dans ses Études eniomo logique s , qui ont
paru en 1834, c’est-à-dire trois ans avant la
publication de M. de Chaudoir , dont les
noms générique et spécifique doivent, par
conséquent , être considérés comme non
avenus. Voy. arsinoe. (D. et G.)
* AXIXOTOMA ( à'£!vri , hache $ toiat' ,
section), ins.— Genre de Coléoptères penta¬
mères, famille des Carabiques, tribu des
Harpaliens, établi par M. Dejean dans son
dernier Catalogue, et dont il a publié les
caractères au t. IV, p. 29, de son Species.
Il n’y rapporte qu’une seule espèce, originai¬
re du Sénégal, qu’il nomme A. fallax. Ce
genre, dans sa méthode, précède immédiate¬
ment le g. Acinopus de Ziégler. (D. et C.)
*AXINURE. Axinurus . roiss. — Genre
établi par Cuvier dans la famille des Acan-
thoptérygiens , pour une espèce nouvelle
rapportée de la Nouvelle-Guinée par MM.
Quoy et Gaimard, et ayant pour caractères :
Quatre rayons aux branchies et trois mous
aux ventrales. Le corps plus allongé que les
Nasons, et la queue armée de chaque côté
d’une seule lame carrée , tranchante , sans
bouclier. La bouche est petite et les dents
grêles. Cette espèce unique a reçu le nom
d’/f. tkynnoides. (C. d’O.)
* AXIOTHEATA ( à£t.çôsa*&$ , digne
d’être vu), ins. — Genre de Coléoptères té¬
tramères, famille des Chrysomélines, tribu
des Allicides , établi par M. Chevrolat et
adopté par M. Dejean, qui, dans son der¬
nier Catalogue , y rapporte deux espèces ,
trouvées à Cayenne par M. Lacordaire :
l’une nommée par lui A. divisa , et l’autre
par M. Dejean, A. crocata. Ses caractères,
d’après M. Chevrolat , sont : Corps globu¬
leux. Antennes épaisses , perfoliées de 12
art. : 1er et 3e longs ; les suivants courts ,
moniliformes ' dernier petit et acuminé, de
même que celui des palpes maxillaires.
(D. etc.)
* AXÎOTIME. Axiolima (àÇioTipt.oç, di¬
gne d’honneur), zoom. — Genre de Béroï-
des, proposé par M. Eschscholtz pour une
espèce des mers australes, VA. Gaïdis
Eschsch. ( Acalephen , p. 34, pl. 2, f. 6).
Ses caractères sont: Corps peu élevé, trans¬
verse , très comprimé, prolongé à droite et
à gauche en espèces d’appendices, portant,
vers leur moitié terminale seulement, et
jusqu’à la pointe , des séries de cils.
M. Eschscholtz avait d’abord nommé ce g.
Axia ; d’après feu M. Mertens, il repose sur
l’étude d’un échantillon incomplet. (P. G.)
AXIS. mam. — Nom d’une espèce du
genre Cerf. On en a fait aussi le nom d’un
sous -genre dans le même groupe. Voy.
cerf. (I. G. -S. -H.)
AXIS. BOT. TH. — Voyez axe.
AXOLOPHUS, DC. (à£tov, axe; Ào'cpcç,
panache), bot. ph. — Section du g. Lava -
tera (famille des Malvacées), fondée sur le
Lavatera marilima . (Sp.)
AYD
391
AXOIYOPE. Axonopvs (aÇwv, axe;
oro?, suc), bot. ru. — Le genre ainsi nommé
par Palisot de Beativois, pour quelques es¬
pèces de Paspàlum , a été réuni au genre
Urochloa du même auteur. Vor/. urochloa.
. (A. R.)
* AXOYOPIiYTE . Axonoyhy ht th (a-
Iwv, axe; cpurov, plante), bot. th. — Necker
donne ce nom aux plantes Amentacées ,
dont les fleurs sont groupées autour d’un
axe commun. (G. d’O.)
*AXONOTECHIUM, Fenzl ( in Ann.
Wien. Ah/s. , t. I, p. 354 ). bot. th. —
Double emploi ( suivant M. Fenzl même ,
Etnll. G en. PL., p. 952) du genre Oryqia,
Forsk., de la famille des Portulacées. (Sp.)
AXYXOPHORUS. ins. — Voyez axi-
NtfPilORUS.
AXYRIS , L. (ài;ufioç, non rasé), bot.
ru. — Genre de la famille des Chénopodiées ;
on en connaît quatre espèces ; ces plantes
croissent dans la Russie méridionale et dans
la Sibérie. (Sp.)
A Y AM. ois. — Mot par lequel les Ja¬
vanais et les Malais désignent le Coq et
même Ses Gallinacés en général. Ainsi , à
Java, le Coq de basse-cour est désigné par
le mot Ayant seulement, et les Coqs sau¬
vages Bnnkira et Aid S, par ceux Ü Ayarn
Bnnkivn , Ayant A La s. Dans la même île,
une espèce de Perdrix porte le nom de
Ayant ayant han , dont Temminck a fait
sa Perdrix ayant han. (Lafr.)
* AYDE XBRON , Nees et Martius (in
Linnœa VIII, p. 36). (al-wv, axe; «J'c'vcîpov ,
arbre), bot. ph. — Genre de la famille
des Laurinées , auquel M. Nees ( Syst .
Laur. , p. 245) assigne pour caractères:
Fleurs hermaphrodites , paniculées. Pé-
rianthe infondibuliforme , 6-fide; segments
égaux , irrégulièrement décidus. Étamines
9. Filets gros, courts, hérissés; les 3 in¬
térieurs garnis de 2 glandules basilaires,
scssileS, comprimées. Anthères 4-valvu-
laires ; les 3 intérieures extrorses , plus
petites. Trois staminodes squamiformes ,
subulés. Stigmate petit, tronqué. Baie en
forme de gland , finalement caliculée par
la partie subsistante du périanthe. — Ar¬
bres à feuilles penninervées , persistantes.
Panicules axillaires ( finalement latérales ,
par suite de la chute des feuilles), brac-
téolées avant la floraison. Ce genre est
AZA
propre à l’Amérique équatoriale ; il rem
ferme douze espèces, dont la plupart sont
très aromatiques. VA. Cujumary Nees
( Ocotea Cujumary Martius), indigène du
Brésil, ell’j . Lattrel Nees [Ocotea Pichtt-
rzmKunth), qui croît aux environs de Vene¬
zuela, produisent des fruits à amande très
aromatique, qu’on emploie comme stoma¬
chique dans l’Amérique méridionale. (Sp.)
AYE-AYE. mam. — Voyez cheiromys.
A YEN! A, Linn. — Dayenia , Mill. Ic.
tab. 118. bot. ph. — Genre de la famille
des Byttnériacées. Ses caractères , suivant
M. Endlicher {G en. Plant., p. 998), sont:
Calice mcmbranacé , 5-parti, persistant;
segments égaux. Pétales 5 , longuement on¬
guiculés, connivents, à lame cuculliforme,
munie postérieurement, au-dessous de son
sommet , d’une glandfile stipitée. Andro-
pîiore subinfondibuliforme, 10-ou 15-denté :
5 ou 10 des dents obtuses , ananthères ; les
5 autres (opposées aux pétales) anthérifères.
Anthères extrorses, 2-thèques ; bourses dis¬
jointes, 2-valves. Ovaire courtement stipité,
sub-globuleux , 5-loculaire , recouvert par
l’androphore; loges î-ovulées ; ovules ana-
tropes, suspendus, attachés au-dessous du
sommet de l’angle interne. Style indivisé ,
terminé pari stigmate sub-capitellé, 5-gone,
obscurément 5-lobé. Capsule globuleuse, mu-
riquée, 5-loculaire, à 5 coques 1-spermes, 2-
vaîves, se détachant de l’axe central et s’ou¬
vrant au dos en 2 valves; axe filiforme, persis¬
tant. Graines apérispermées , ovales, 3-go-
nes ; test crustacé, scabre ; raphé longitudi¬
nal, sulciforme ; chalaze apicilaire, orbicu-
laire, déprimée; hile basilaire. Cotylédons fo¬
liacés, sub-orbiculaires, 2-lobés, convolutés
en spirale autour de la radicule ; radicule
fusiforme. — Herbes (de l’Amérique équato¬
riale) annuelles ou Yivaces. Feuilles alter¬
nes, pétiolées, dentelées ; stipules sétacées;
pédoncules 1-ou pauci-flores , axillaires,
courts. On en connaît 6 espèces. (Sp.)
AY\jANT\W..Aylanthvs. bot. ph.-— Il
n’est pas très rare de rencontrer cette ortho¬
graphe vicieuse du mot Ailanthe. (Ad. J.)
AYLMERIA. Martius. bot. th. — Genre
de la famille des Amarantacées. On n’en
connaît que 2 espèces; elles habitent la
Nouv. -Hollande. (Sp.)
AZABARACHT. bot.'W. — - Voyez
AZEDARACH.
392 AZA
AZADARACHTA. bot. ph. — Voyez
AZADIRACHTA. (C. d’O.)
AZADARICHTA. bot. th. — Il n’est
pas rare de trouver cité sous ce nom , ou
sous celui d\4 zaradichta , par une trans¬
position vicieuse de lettres, celui qu’on doit
écrire Azadirachta. Voyez ce mot.
(Ad. J.)
AZADIRACHTA. bot. ph. — Ce nom
est un des dérivés d’Azedarach et servait à
désigner spécifiquement un arbre rapporté
au même genre que rAzedarach commun ,
Melin azcdarach L., type de la famille
des Méliacées et de la tribu des Méfiées.
Nous avons cru devoir l’en séparer en lui
conservant le même nom comme générique
et en le caractérisant de la manière sui¬
vante: Calice 5-parti; 5 pétales étalés; 10 filets
soudés en un tube que terminent dix lobes
courts, réfléchis, au-dessous desquels s’in¬
sèrent dix anthères opposées, oblongues.
Style en forme de colonne ; siginate par¬
tagé en 3 lobes coniques. Ovaire porté sur
un disque court, à 3 loges, contenant cha¬
cune deux ovules pendants et collatéraux.
Drupe uniloculaire et monosperme par avor¬
tement. — L’espèce unique de ce genre est
un arbre indien, à feuilles pennées avec ou
sans impaire, dont les folioles très obli¬
ques sont dentées et glabres, à fleurs dis¬
posées en panicules axillaires. Voy. Brey-
nyus, Icon ., 1; Cav., Diss., tab. 108; et
Ad. J., Meliac ., tab. 2, n° 5. (Ad. J.)
AZALEA, L. {ex cl. sj)ec.) — Àntho -
dendron , Reichb. — Osmathamnusta ■ ,
DC. — Rhododendron, G. Don. — Theis,
Salisb. — Tsnlsusi, Adans. (âÇaX sa, brû¬
lée). bot. ph. — Genre de la famille des
Éricacées ( tribu des Rhodorées ) ; ses
caractères distinctifs sont : Calice petit ,
5-parti. Corolle ringente , sub-bilabiée ,
hypocratériforme ; limbe 5-parti. Étamines
5, hypogynes, longuement saillantes, dé¬
clinées , ascendantes au sommet ; filets fili¬
formes , arqués ; anthères elliptiques ou
oblongues, obtuses, échancrées, sub-mé-
difixes , déhiscentes par 2 pores apicilaires.
Ovaire ô-loculaire; loges multi-ovulées.
Style filiforme, saillant, arqué, ascendant,
épaissi au sommet. Stigmate disciforme ,
5-lobé. Capsule oblongue, 5-loculaire, 5-
valve, septicidje, polysperme; axe-central
5-ptère. Graines petites, scobiformes, ap-
AZE
pendiculées aux 2 bouts. — Arbrisseaux à
ramules sub-verticillés. Feuilles sub-persis-
tantes ou non persistantes, éparses, très
entières, ciliées. Bourgeons-floraux aphyl-
les, multiflores, terminant les ramules de
l’année précédente. Fleurs odorantes, dis¬
posées en corymbes ; pédicelles 1-bractéo-
lés à la base : les florifères plus ou moins
inclinés ; les fructifères dressés. Bractées
caduques, scarieuses. Corolle jaune ou blan¬
che , ou rouge , ou panachée , poilue ou glan¬
duleuse , assez semblable à celles des Chè¬
vre-feuilles. — Ce genre , qui appartient aux
régions extra-tropicales de l’hémisphère
septentrional, est, comme on sait, pré¬
cieux pour l’horticulture, qui lui doit plu¬
sieurs espèces très recherchées comme ar¬
brisseaux d’ornement , dont les plus remar¬
quables sont VA. poniica L.; VA. speciosa
W. (A. nudiflora L. ; A. calendulacea
Pursh.; A. canescens et A. periclymena
Mich.) , et VA. viseosa L. On possède un
grand nombre de variétés de chacune de ces
espèces, ainsi que beaucoup d’hybrides ob¬
tenues par la fécondation artificielle. (St.)
*AZAJYZA, DC. (nom vernaculaire).
bot. ph. — M. De Candolle ( Prodr.,
I, p. 453) donne ce nom à une section du
g. Hibiscus , section dont la plupart des
espèces doivent être rapportées au g. Pari-
tium, Ad. Juss. (famille des Malvacées)
(Sp.)
AZARA, Ruiz et Pav. (nom d’homme).
bot. ph. — Genre de la famille des Bixacées;
on en connaît 7 espèces, toutes indigènes
du Chili. (Sp.)
* AZAROLUS, Borkh. (a'Ca, suie; oXoç,
limon), bot. ph. — Syn. du genre Oro-
nia, Pers., de la famille des Pomacées.
(Sp.)
AZE. mam. — Nom de l’Ane dans les
dialectes méridionaux.
AZÈBRE. mam. — Nom ancien du Zèbre.
AZEDAR ACH, AZED ARACHS. bot.
th. — Ce nom, qui désigne un arbre bien
connu, Melia Azedarach L., vient de celui
d ' Azadaracht, que lui donnait l’Arabe Avi¬
cenne. Il a passé en français, et, dans le
principe , s’était étendu non-seulement au
genre, mais à toute la famille dont cet ar¬
bre fait partie. — Les noms de Melia et Mè-
liacèes {voy. ces mots) ont prévalu mainte¬
nant. (Ad. J.)
AZQ
393
AZO
À#iÉJul3)ES. Àzetidæ. ins. — Nom
donne par M. Robineau-Desvoidy à une
section de sa tribu des Anthomydes, dans
l’ordre des Diptères , et qu’il caractérise
ainsi : Chète paraissant nu. Tête de gros¬
seur ordinaire; péristome carré. Abdomen
des mâles non atténué. Corps piqueté de
noir. Cette section ne comprend que le g.
Azèlie. Voy. ce mot. (D.)
* AZÉLÏE. Azelia (àÇnXta, sans ja¬
lousie ). ins. — Genre de l’ordre des
Diptères, établi par M. Robineau-Des¬
voidy dans sa tribu des Anthomydes, sec¬
tion des Azélides , et auquel il donne les
caractères suivants : Chète nu ou parais¬
sant nu. Épistome non saillant. Anus des
femelles offrant deux carènes superpo¬
sées. Abdomen des mâles piqueté de noir ;
teintes noirâtres. Taille petite. — Il y rap¬
porte 9 espèces , dont la plupart volent sur
les Ombellifères. Nous n’en citerons qu’une,
V Azelia gentilis R. D., qui se trouve sur
les fleurs du Persil et du Cerfeuil. Ce genre
répond au g. Atomog astre de M. Macquart.
Voy. ce mot. (D.)
AZERBES. bot. ph. — Nom d’une es¬
pèce de Muscade sauvage, dépourvue de sa¬
veur. (C. d’O.)
AZEROLE et AZEROLIER. bot. ph.
— Voy . ALISIER.
AZIER-MAC AQUE . bot. ph. — Voyez
MÉLASTOME.
AZ1MA, Lamk., III., tab. 807 (à^vip'a,
impunité), bot. ph. — Synonyme du g. l\lo-
netia. Lhérit., qu’on range, avec doute, à
la suite des Aquifoliacées ou Ilicinées.
(Sp.)
* AZINEPHORA ( à£r,v , barbe ; cpopà ,
action de porter), ins. — Nom donné par
Stéphens à un genre de Lépidoptères de la
famille des Nocturnes, tribu des Phalénites,
lequel correspond à notre g. Numeria ,
qui est un démembrement du g. Fidonia
de Treitschke. Voy. ces deux mots. (D.)
AZIO. roiss. — Un des noms de Y Ai¬
guillât. Voy. ce mot.
AZOLLA. bot. th. — Lamarck a donné
dans l’Encyclopédie ce nom à une pe¬
tite plante rapportée par Commerson du
détroit de Magellan , et qu’il a supposé de¬
voir former le type d’un nouveau genre de
la famille des Naïades , quoique l’absence
de toute espèce d’organes de fructification
dût laisser dans le doute à cet égard , et que
l’aspect de ces petites plantes les rappro¬
chât , comme il le fait observer , des Fou¬
gères et des Jungermannes.
En effet, les Azolla, dont on a depuis dé¬
couvert plusieurs espèces en Amérique, de¬
puis le Canada jusqu’au détroit de Magel¬
lan et à la Nouvelle-Hollande, ont l’appa¬
rence de petites Jungermannes , à rameaux
pennés , à feuilles petites et imbriquées ,
flottant sur les eaux douces, sans être fixées
au sol.
On a longtemps ignoré la nature des or¬
ganes reproducteurs de ces petits végétaux.
Ils ont été d’abord découverts, dans les es¬
pèces de la Nouvelle-Hollande , par M. R.
Brown , qui en a donné une excellente des¬
cription , accompagnée de figures analyti¬
ques, aussi parfaites qu’on pouvait les at¬
tendre du célèbre peintre Ferd. Bauer, dans
l’appendice au Voyage de Flinders. Ce n’est
que depuis peu d’années que la fructifica¬
tion des espèces américaines a été obser¬
vée, décrite et figurée par M. Martius, dans
ses Icônes seleclæ plantamm Cryplo-
gamicarum Brasiliensis (p. 125, pl. 74
et 75). Ces deux auteurs s’accordent dans la
plupart des points , et leurs observations
semblent prouver qu’il n’y a pas de diffé¬
rences importantes entre la structure des
Azolla de ces deux parties du monde ; ce¬
pendant ces différences ont paru à M. Meyen
suffisantes pour considérer les espèces amé¬
ricaines et les espèces australiennes comme
constituant deux genres distincts , dont le
premier conserverait le nom primitif d’J-
zgIIu , et le second recevrait celui de Rhi-
zosperma. Nous exposerons ces différen¬
ces , en faisant connaître , aussi bien que
cela est possible sans le secours des figures,
la structure remarquable de ces plantes.
Tous les Azolla ont des tiges pinnées ou
bipinnées, quelquefois paraissant dichoto-
mes, s’étalant en rosette de quelques centi¬
mètres de large , et flottant à la surface de
l’eau; des tiges principales naissent des ra¬
cines simples , souvent garnies de poils et
plongeant dans l’eau. Les feuilles, très pe¬
tites , ovales , obtuses , entièrement cellu¬
leuses , sont imbriquées , et dans l’espèce
du Brésil ( Azolla microphylla Mart.),
elles sont disposées sur quatre rangs : deux
inférieurs correspondant à l’eau, deux su-
25*
T. II.
AZO
AZO
394
périeurs en rapport avec l’air ; les pre¬
mières, plus grandes, sont roses etlisses;
les secondes sont vertes et papilleuses.
C’est vers la base de la tige , à l’aisselle
des feuilles, dans les espèces australiennes,
dans une position qui paraîtrait indépen¬
dante de ces organes dans l’espèce brési¬
lienne , que se développent les organes re¬
producteurs. Ils sont de deux natures ; mais
leurs fonctions ont été diversement com¬
prises par les savants qui les ont étudiés,
et il reste nécessairement encore des doutes
à cet égard.
L’un de ces organes est un sac membra¬
neux fermé de toutes parts, formé d’une
membrane celluleuse, mince et uniforme,
renfermant des corps sphériques, pédicellés,
nombreux, dont les pédicelles naissent tous
du fond de cet involucre. Chacun de ces corps
sphériques ( Capsula , R. Br.) est lui-même
formé d’une membrane celluleuse , fine ,
continue, ne s’ouvrant que par déchirement,
et renfermant dans l’espèce de la Nouvelle-
Hollande, d’après M. Brown, de 6 à 9 corps
anguleux , qu’il désigne sous le nom de
graines, et qui offrent dans leur angle inté¬
rieur quelques fibrilles saillantes, considé¬
rées par ce savant comme des radicules.
L’espèce américaine , d’après M. Martius ,
offre des involucres ( Organœ indusiala
Mart. ) dont l’organisation générale est la
même que celle que nous venons de dé¬
crire, mais dont les sporanges ( Capsulœ ,
R. Br. ) renferment de 4 à 8 corps globu¬
leux , dont la surface est hérissée de poils
crochus , et dont l’intérieur renferme des
vésicules contenant des granules jaunes,
souvent quaternés. Cette structure inté¬
rieure semble éloigner l’idée de comparer
ces corps à des graines, comme M. R. Brown
l’avait fait pour les corps analogues de l’es¬
pèce de la Nouvelle-Hollande.
L’autre organe, d’une structure beau¬
coup plus extraordinaire , est désigné par
M. Brown comme organe mâle, et par M.
Martius sous le nom à1 Orgaiium calyp -
tratum.
Il présente un sac membraneux ellip¬
soïde, divisé en deux cavités par une cloi¬
son transversale , et dont la partie qui cor¬
respond à la cavité supérieure se sépare
par une division transversale et se détache
comme une coiffe; la cavité inférieure, qui
est parfaitement close, et qui est envelop¬
pée par la prolongation de la membrane qui
forme la coiffe et par une enveloppe propre
qui se continue avec la cloison transversale,
est remplie , d’après M. Brown , d’un li¬
quide trouble, qui devient ensuite une sub¬
stance pulvérulente , et , d’après M. Mar¬
tius, des globules disposés en série et rem¬
plis d’une masse grumeleuse.
La cavité supérieure de ces mêmes orga¬
nes, qui se trouve mise à découvert par la sé¬
paration de la coiffe qui la recouvre d’abord,
présente un axe ou columelle naissant du
milieu de la cloison qui sépare les deux cavi¬
tés et se terminant supérieurement par une
touffe de fibrilles. A cette columelle, que
MM. Brown et Martius considèrent comme
perforée dans toute sa longueur, sont fixés
des corps solides, arrondis ou anguleux, au
nombre de 3 dans l’espèce américaine , de
6 ou 9 dans les espèces australiennes. Ces
corps sont formés d’un tissu très fin et très
serré , semblable à celui de la columelle
elle-même ; ils avaient d’abord été dési¬
gnés par M. Brown sous le nom d’anthères
( Proclr. , p. 166); mais il a renoncé plus
tard à cette dénomination , et paraît consi¬
dérer cet organe tout entier comme une an¬
thère , dont la matière d’abord fluide, puis
pulvérulente, contenue dans la cavité infé¬
rieure, serait le pollen.
Ainsi M. Brown , à l’époque déjà reculée
où il a publié la description de cette struc¬
ture si anomale, considérait le premier de
ces organes comme un involucre renfer¬
mant des capsules contenant chacune 6 à 9
graines , ou plutôt 6 à 9 embryons à radi¬
cules saillantes, et le second organe comme
un organe mâle dont la cavité inférieure re¬
présentait l’anthère pleine de pollen.
M. Martius , qui a observé la structure
très jingulière des corps considérés comme
des graines par M. Brown, paraît pencher
à les regarder comme des vésicules poïli-
niques et à admettre chacun de ses Organa
calyptrata pour une graine. Dans ce cas,
la matière pulvérulente comparée au pollen
serait analogue à la fécule qui , renfermée
dans une vésicule spéciale, forme l’embryon
des Chara et d’autres plantes cryptogames.
Malgré les doutes que peuvent encore
laisser plusieurs points obscurs de l’orga¬
nisation de ces parties , et l’ignorance où
AZO
nous sommes de la germination de ces
plantes, celte dernière opinion de M. Mar¬
ti us me paraît plus vraisemblable et plus
en rapport avec ce qu’on sait actuellement
de la structure des organes reproducteurs
des autres plantes cryptogames , plus ou
moins analogues aux Azolla .
Les différences de structure intérieure
que nous avons indiquées entre l’ Azolla
microphy lia du Brésil et les Azolla pin-
nata et ruhra de la Nouvelle -Hollande,
paraissent tenir plutôt à la manière dont les
observations ont été faites qu’à la nature
même des choses, à l’exception du nombre
des lobes ou corps solides fixés à la colu-
melle des organes biloculaires qui varie¬
raient de 3 à 9. Il y a cependant une autre
différence qui ne paraît avoir qu’une im¬
portance tout à fait secondaire : c’est la
manière dont les organes que nous avons
décrits sont enveloppés. Dans les espèces
australiennes, les premiers de ces organes
sont contenus chacun isolément dans un
second involucre extérieur, et les seconds
sont réunis deux par deux dans un invo¬
lucre semblable. Dans l’espèce américaine,
dont la fructification a été observée, ces or¬
ganes sont au contraire nus et isolés. La
combinaison de ces divers caractères con¬
duira-t-elle un jour à admettre la division
proposée par Meyen de ce genre en deux
genres, sous les noms Azolla et de Rhi-
zosperma ? c’est ce que des observations
répétées sur les autres espèces américaines
et sur celles de la Nouvelle-Hollande pour¬
ront seulement décider.
Ces plantes paraissent très répandues
dans l’Amérique : on les a observées sur
les eaux stagnantes des terres Magellani-
ques, du Chili, du Brésil, du Pérou, de la
Colombie, dans plusieurs parties des États-
Unis ; mais elles paraissent très rares en
fructification , et les espèces n’en ont pas
encore été distinguées convenablement ; on
ne les a pas jusqu’à ce jour signalées ail¬
leurs qu’à la Nouvelle - Hollande , hors du
continent américain. (Ab. B.)
* AZOMA. bot. cr. — M. Fries ( Syst ^
Myc ., vol. III, index al ph., pag. 55) consi¬
dère ce genre comme un état du Cladospo-
rvumherJiarum. Voy. azosma. (Lév.)
* AZOOTIQUE. Azooticus (à priv.;
Ç«ov, animal), géol. — Épithète donnée aux
AZO 395
terrains entièrement privés de débris orga¬
niques. (C. d’O.)
* AZOPHORA , Neck. ( àÇ-nv , barbe ;
cpopa, action de porter), bot. th. — Syn.
du genre Rhizophora, de la famille des
Rhizophorées. (Sp.)
AZORELLA, Lamk. bot. ph. — Genre
de la famille des Ombellifères ; il paraît
être propre à l’Amérique australe; on y
rencontre 7 espèces. (Sp.)
* AZOSMA ( je n’ai jamais pu découvrir
l’étymologie de ce mot), bot. cr. — Genre
de Champignons que Corda place dans les
Helminthosporiées , et qui ne renferme
qu’une seule espèce , décrite dans la Flora
Germanica de Sturm (pl. 8, p. 35). Il
est caractérisé par des filaments droits, dia¬
phanes , simples, sur lesquels sont répan¬
dus des spores ovales , pyriformes , trans¬
parentes et cloisonnées. VA. helminthos-
poroides C. croît sur les feuilles des Coni¬
fères. Quoique je ne connaisse que la figure
de cë genre , je crois que c’est avec raison
que le professeur Fries en a fait un Hel -
?ninthosporoides . (Lév.)
AZOTE (aprivatif; Çcôgw, vie), chim. —
Le gaz Azote, confondu d’abord avec le
gaz acide carbonique , en fut distingué, en
1772, par Rutterford ; son existence fut dé¬
montrée trois ans plus tard , dans l’air at¬
mosphérique, par Lavoisier.
Rangé par les chimistes modernes parmi
les métalloïdes, l’Azote qst l’un des corps
simples les plus répandus dans la nature ; il
forme en effet les soixante-dix-neuf centiè¬
mes de l’air atmosphérique ; il entre dans la
composition de toutes les matières anima¬
les, à l’exception des substances grasses ; il
concourt à la formation d’un certain nom¬
bre de principes immédiats des végétaux.
Plus rare dans le règne minéral, il s’y ren¬
contre néanmoins, combiné avec l’oxygène,
à l’état d’acide azotique (nitrique) uni avec
des bases.
L’Azote n’a, pour ainsi dire, que des carac¬
tères négatifs; car, dès qu’un gaz ne pré¬
sente aucune des propriétés qui caractérisent
les autres gaz connus , on peut en conclure
que c’est de l’Azote. U est toujours gazeux ;
il est incolore, inodore, insipide ; il éteint
les corps en combustion. Son pouvoir ré¬
fringent est supérieur à celui de l’air ; sa
densité est un peu moindre. Soluble dans
396
AZO
AZY
l’eau , il Test cependant moins que l’oxy¬
gène. Impropre à la respiration, il donne
la mort , mais sans exercer d’action délé¬
tère ; il semble , au contraire , exercer dans
l’air atmosphérique , un rôle providentiel ,
en tempérant l’action trop vive de l’oxygène
sur l’appareil respiratoire des êtres orga¬
nisés.
L’Azote se dégage quelquefois des fentes
de la terre, dans les phénomènes volcani¬
ques , ou dans les tremblements de terre ;
c’est à ce gaz qu’on attribue l’asphyxie des
animaux qui a quelquefois lieu dans ces
grandes convulsions de la nature. Mélangé
à l’oxygène dans la proportion des quatre
cinquièmes environ , l’Azote constitue ,
comme nous l’avons déjà dit, l’air atmos¬
phérique, et prend ainsi part à tous les phé¬
nomènes dont nous avons rendu compte
dans l’article Atmosphère , auquel nous
renvoyons le lecteur.
Combiné avec ce même oxygène, l’Azote
donne .lieu à cinq composés, dans lesquels
la proportion d’oxygène croît comme de 1 à
5. Ce sont le protoxyde d'azote, le bioxyde
d’azote , et les acides azoteux, hypozo-
tique et azotique. Les deux premiers sont
gazeux; le troisième n’a pu encore être
isolé; les deux derniers sont liquides. Au¬
cun de ces composés ne se rencontre dans
la nature, bien qu’ils puissent s’y former
sous l’empire de certaines circonstances.
Le plus connu est Macule azotique (acide
nitrique, eau forte), dont les arts font un
usage habituel. Voyez acides.
Cet acide , le plus oxygéné des composés
d’ Azote et d’oxygène , se trouve dans la na¬
ture , combiné avec des bases. Ces combi¬
naisons font partie de la famille minéralo¬
gique des Azotides (Nitrides, Beudant).
L’Azote est l’un des principes consti¬
tuants du gaz ammoniaque , composé
d’ Azote et d’hydrogène , dont la formation
est fréquente partout où il se rencontre des
matières animales; il forme aussi, avec le
carbone , le cyanogène , radical binaire du
plus haut intérêt ; enfin il peut se combiner
avec quelques métaux. (A. D.)
* AZOTIDES ou NITRIDES. min. —
Dans la classification de M. Beudant , c’est
le nom d’une famille de minéraux, dont
l’Azote est le type, et qui réunit aux di¬
verses espèces de nitrates naturels, l’A¬
zote , l’Ammoniaque et l’Air atmosphéri¬
que. (Dec.)
* AZOTOXYDES. min. — M. Beudant
donne ce nom aux minéraux comprenant
les combinaisons de l’azole avec l’oxygène.
AZUR (Pierre d’). min. — Synonyme
de laztjlite. (Del.)
AZUR DE CUIVRE, min. — Syn.
d’AzuRiTE. (Del.)
* AZURITE. min. — Ce nom a été donné
d’abord à la Klaprothine , qui est un phos¬
phate d’alumine et de magnésie coloré en
bleu; ensuite, et plus généralement, au
carbonate bleu de cuivre , Kupferlasur des
Allemands. Voy. carbonates. (Del.)
AZURIN (l’Azurin). Turclus cyanu-
rus. ois. — C’est le nom d’une espèce du
genre Brève. Voy. brève. (Laer.)
* AZYGITES (à priv.; Çup; , pair).
bot. cr. — Genre de Champignons décou¬
vert par M. Mongeot , et ainsi nommé par
M. Fries ( Syst. Myc. vol. III, p. 330 ),
parce que les péridioles sont solitaires , au
lieu d’être géminées comme dans le g. Sy-
zigites. Ses filaments sont tubuleux, conti¬
nus, droits, rameux. Les péridioles sont so¬
litaires et placées à l’extrémité des pédi-
celles latéraux ; ils renferment dans leur
milieu un globule opaque formé par la réu¬
nion des spores. L’ Azy gîtes Mongeotii F.
croît en automne sur les Bolets corrompus.
Je l’ai rencontré une fois dans les environs
de Paris. C’est une plante très curieuse qui
demande à être étudiée de nouveau, parce
que la description que je viens de donner a
été faite sur des échantillons secs. (Lév.)
* AZYGOCÈRES (à priv. ; Çu-yo'ç , pair ;
xàpaç, corne , tentacule ). annèl. — Nom que
M. de Blain ville (Dict. des <Sc. nat., LVII,
472) donne à une section des Néréidiens ,
correspondant au genre Eunice de Cuvier.
Le système tentaculaire de ces Annélides
est impair. (P. G.)
B
BABA. ois. «— Synonyme de Pélican
blanc. Voyez pélican.
BABA1V. ins. — On donne ce nom, sur
les côtes de Nice , à un insecte qui détruit
les Oliviers et qu’on rapporte au genre
Thrips. Voy. ce mot. (C. d’O.)
BAB ATAMBI ou BABATEMBI. bot.
ph. — Synonyme de trioptère. Voyez ce
mot.
BABEURRE. zool. mam. — On donne
ce nom au liquide restant dans la baratte
après la fabrication du Beurre. Il est com¬
posé de la partie séreuse du lait, vulgaire¬
ment appelée petit lait , et de Fromage ou
matière caseuse. Le petit lait obtenu par
filtration de la Babeurre est une boisson ai¬
grelette fort agréable au goût , très rafraî¬
chissante et légèrement purgative. C’est par
l’évaporation lente du petit lait qu’on ob¬
tient les cristaux appelés sel ou sucre de
lait. Voy. ces mots. (C. d’O.)
* BABIA (nom mythologique), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, de la fa¬
mille des Chrysomélines, créée par M. Che-
vrolat et faisant autrefois partie des Cly -
thra. Ce genre a été adopté par M. le comte
Dejean, qui, dans son dernier Catalogue,
en mentionne 23 espèces , dont 22 sont pro¬
pres à l’Amérique méridionale et septen¬
trionale. L’espèce qu’il a citée comme se
trouvant au Cap de Bonne-Espérance ne
nous paraît pas appartenir à ce genre.
Nous ne mentionnerons que la seule espèce
décrite, qui est la Clythra quadriguttata
d’Olivier. Ces Insectes se distinguent de la
plupart de leurs congénères par une forme
bien plus arrondie , quoique oblongue. La
couleur générale est le noir , le vert et le
bleu foncé , toujours luisante ; les élytres
ont presque toujours des taches fauves ou
rouges , ou les étuis sont rouges avec une
bande médiane de couleur obscure. (C.)
BABIANA. bot. ph. — Dans les Anna¬
les de botanique et dans sa révision des
genres de la famille des Iridées, Ker a sépa¬
ré, comme genre distinct, plusieurs espèces
l 'Ixia, qui offrent à peine des différences
propres à les en distinguer. Ainsi , le genre
Babiana a son calice évasé et comme in-
fondibuliforme , celui des véritables Jxia
étant hypocratériforme ; les stigmates sont
cunéiformes dans le premier de ces genres
et subulés dans le second. Le fruit est co¬
riace et épais dans le Babiana ; le péri¬
carpe est mince et membraneux dans les
lxia. Au reste le genre Babiana n’a pas
été généralement adopté. Voy. ixie.
(A. R.)
BABILLARD, ois. — Nom donné, à
cause de son gazouillement continuel , au
Gobe - Mouche Yert de la Caroline , de
Buffon, Muscicapa viridis L.
BABILLARDE. ois. — Espèce du
genre Fauvette, Motacilla curruca L.
Voyez ce mot.
BABINGTONITE (nom propre), min.
— Espèce minérale, établie par Lévy, et nom¬
mée ainsi en l’honneur de Babington. Elle
ne s’es.t encore présentée qu’en petits cris¬
taux, d’un noir verdâtre, à la surface de l’AI-
bite, avec de la Hornblende et du Feldspath
rouge de chair, à Arendal, en Norwège. Sui¬
vant Lévy, ces cristaux dérivent d’un paral-
lélipipède obliquangle PMT, dans lequel
l’incidence des pans M et T est de 112°, 30f,
et celles de la base P sur les mêmes pans
de 92°,î?4\ et 88°. On observe des clivages
parallèlement à P et à T. La forme générale
de ces cristaux est celle d’un prisme à huit
pans, terminé par des sommets dièdres.
Ils ressemblent beaucoup à certaines va¬
riétés de Pyroxène augitede couleur foncée.
D’après les essais de M. Children , ils se¬
raient formés de Silice , de Chaux , d’Oxy-
des de fer et de manganèse , et d’un peu
d’Oxyde de titane. Leur dureté est d’envi¬
ron S, 5; leur pesanteur spécifique, 3,4.
Il sont opaques , et d’un éclat vitreux. Ils
fondent en émail noir à la flamme du cha¬
lumeau. (Del.)
BABIROUSSA [sus Babym/ssa, Lin.,
Syst. nat., édit. XII). mam. — Le mot Ba-
biroussa que les Hollandais et les Anglais
prononcent comme nous, quoiqu’ils l’écri-
25**
». Il,
398
BAB
BAB
vent quelquefois différemment ( Babi-roesa
et Baby-Rusa), est un mot composé , ap¬
partenant à la langue malaise et qui signifie
Cochon - Cerf L’animal qu’on désigne
sous ce nom dans les pays qu’il habite ,
c’est-à-dire dans certaines îles de l’Archi¬
pel indien , appartient en effet à la famille
des Cochons , et les naturalistes s’accordent
à le placer dans le genre des Cochons pro-
prements dits, où il forme une espèce par¬
faitement tranchée. En le désignant sous le
nom de Cochon-Cerf, pour le distinguer de
{espèce qui se trouve à l’état domestique
dans leur pays, les Malais ont certainement
fait allusion à ses défenses qui , à raison de
leur grandeur et de leur position, ont été as¬
similées à des cornes 5 mais les naturalistes
européens, entendant différemment le mot ,
ont cru qu’il se rapportait aux proportions de
l’animal ; et, dans presque toutes leurs figu¬
res, ils lui ont donné un port élancé qu’il n’a
point Ce défaut se retrouve même, jusqu’à
un certain point, dans l’Atlas du voyage
de l’Astrolabe , quoique les naturalistes de
l expédition, MM. Quoy et Gaimard, qui
ramenèrent en France deux de ces animaux
vivants , eussent pris soin de signaler l’er¬
reur dans laquelle leurs devanciers étaient
tombés à cet égard.
Quoique habitant un pays très éloigné du
nôtre , cet animal paraît avoir été connu fort
anciennement en Europe. Aristote, à la vé¬
rité, n’en parle point encore , et ce que dit
Élien des Cochons cornus d’Éthiopie, pour¬
rait bien , comme l’ont déjà remarqué plu¬
sieurs zoologistes , être relatif à des es¬
pèces africaines ; mais le passage suivant de
Pline est plus explicite et ne peut guère
se rapporter qu’au Babiroussa. « Dans l’In¬
de, dit ce célèbre écrivain (Livre VIII, cha¬
pitre 52) , se trouvent des Sangliers dont le
boutoir est armé de deux dents recourbées,
longues chacune d’un empan, et qui en
portent deux autres au front, eomme les
cornes d’un jeune Taureau. >»
Les Cochons cornus d’Éthiopie sont men¬
tionnés par Élien dans deux passages diffé¬
rents de son étrange et curieux ouvrage.
D’abord, au chapitre 27 du Ve livre, on lit:
«Agatharchides nous apprend qu’en Éthiopie
les Cochons ont des cornes 5 » et plus loin ,
ùu chapitre 10 du livre XVII, « Dinon rap¬
porte qu’en Éthiopie il y a des Oiseaux uni-
cornes, des Cochons à quatre cornes, et
des Moutons qui , au lieu de laine , portent
un poil semblable à celui du Chameau. »
MM. Quoy et Gaimard, en rappelant ce
dernier passage, disent qu’il leur paraît
devoir être appliqué au Sanglier d’Éthiopie
ou Phacoohœre , plutôt qu’au Babiroussa ,
qu’on n’a point encore trouvé en Afrique.
Cette détermination , fondée sur Y habitat
connu des deux espèces, serait valable si
le mot d’Éthiopie employé par Élien dési¬
gnait bien certainement l’Afrique ; mais
dans les auteurs anciens, le mot n’a pas une
signification aussi précise que le supposent
les deux habiles naturalistes que je viens de
nommer. Ce n’est pas à l’Afrique seulement
qu’on l’a appliqué, mais encore à tous les
pays dont les habitants sont noirs ou très
basanés, et dans plusieurs passages que
je pourrais citer, il désigne évidemment cer¬
taines contrées de l’Inde tropicale. Or, il est
certain qu’Élien a eu sur les animaux de
cette partie de l’Asie des renseignements
assez nombreux, et ce serait dans son livre,
bien plutôt que dans celui du naturaliste
romain, qu’on aurait dû s’attendre à trouver
quelques renseignements sur le Babiroussa.
Malheureusement nous ne savons pas
quel était le sujet du livre de Dinon, et quoi¬
que ce qu’il dit puisse très bien s’appliquer
à l’Afrique , pays où les Moutons ont en gé¬
néral du poil au lieu de laine, et où il existe
plusieurs espèces d’Oiseaux unicornes (des
Calaos), ces indications pourraient aussi
convenir à d’autres pays, En effet, d’une
part , le genre Calao n’est pas , à beaucoup
près, un genre exclusivement africain, et
on lqi connaît plusieurs représentants dans
ces Archipels de l’Océan indien où vit le
Babiroussa ; de l’autre , la nature particu¬
lière du pelage des Moutons est un phéno¬
mène qui ne tient pgs au sol de l’Afrique
mais à l’ardeur du climat, et il n’y a pas de
raison pour croire qu’il n’ait pu se produire
dans certaines parties de l’Inde tropicale,
comme il s’est manifesté dans les régions
les plus chaudes de l’Amérique , où je l’ai
moi-même observé ( Mém. des sav. ëtr
t. VI , p. 34).
Nous ne savons donc pas au juste quelle
était la patrie du Sanglier cornu de Dinon, et
nous sommes dans la môme incertitude pour
| celui d’ Agatharchides , même en supposant
BAB
BAB
399
que cet écrivain soit l’auteur d’un Traité de
la Mer Rouge , dont il nous reste quelques
fragments, puisque cette mer, plutôt asia¬
tique qu’africaine , était la voie principale
par laquelle arrivaient en Europe les faibles
notions qu’on recevait relativement au litto¬
ral et aux îles de l’Océan indien.
Entre Élien et Cosmas, le premier auteur
qu’on cite après lui, comme ayant parlé de
l’animal qui nous occupe, il y a un intervalle
de trois siècles. Cosmas a-t-il, en effet,
parlé du Babiroussa ? C’est ce qu’a supposé
un premier traducteur, homme étranger aux
sciences naturelles , et ce qu’ont répété un
peu légèrement, comme nous le montre¬
rons bientôt, tous les zoologistes. Voici
comment s’exprime, à ce sujet, M. F. Cu¬
vier, dans un article, d’ailleurs excellent
et qui contient des observations très cu¬
rieuses sur les habitudes de l’animal en
captivité.
« Cosmas, le solitaire qui, comme on
sait, avait voyagé dans l’Inde au commen¬
cement du vie siècle, donna, dans sa Topo¬
graphie chrétienne, une très passable fi¬
gure du Babiroussa, sous le nom de Cochon-
cerf, en ajoutant qu’il avait vu cet animal
et en avait mangé ( Rec . des Voy., par Thé-
Yenot). »
Qu’il nous soit permis d’abord de repren¬
dre dans cette phrase un défaut de rédaction
qui pourrait faire supposer, certainement
contre l’opinion de l’auteur, que la figure
jointe à l’extrait que Thévenot a donné de
l’ouvrage de Cosmas, est la reproduction
d’une figure trouvée dans le manuscrit
original ou dans quelque très ancienne
copie. La vignette, il convient de le faire
remarquer aux personnes qui n’ont pas
le loisir de remonter aux sources , a été
ajoutée par l’éditeur, et nous dirons bientôt
où il l’avait prise. Cette remarque n’est pas
sans importance ; car on conçoit bien que
si l’image était contemporaine du texte , il
ne serait pas permis de douter que l’animal,
indiqué par l’ancien voyageur, ne fût en effet
le Babiroussa 5 tandis que, la figure étant
démontrée moderne , s’il n’en existait pas
d’autres antérieures à l’établissement des
Européens dans les Moluques , la question
d’identité reposerait tout entière sur la dis¬
cussion de la phrase de Cosmas. Or, cette
phrase, isolée de ce qui la précède et de ce
qui la suit, semblerait se rapporter à un
animal très différent des Cochons. Voici ,
en effet, le passage original :
« Tôv iïè Xotp^Xotcpov >cxi stAov xat e<pa^ov. »
« Quant au Chœrélaphos, j’en ai vu et
j’en ai mangé.»
Le mot Xot.psXacpcc est formé de la réu¬
nion de deux mots ayant la même significa¬
tion que ceux dont se compose le moi Babi¬
roussa et placés dans le même ordre ; ce¬
pendant a-t-il la même signification? C’est
ce qui au premier abord paraît au moins
fort douteux. En effet, la langue malaise et
la langue grecque suivent dans la forma¬
tion des mots composés des règles diffé¬
rentes: dans la première, le mot placé le
second est toujours le déterminatif ( Bain -
Roussa , Cochon-Cerf, Orang - outan ,
homme sauvage , Cambiny-outa?i , bouc
sauvage, Orang-laut , homme de la mer.
Crawfurd); dans l’autre, c’est tout le contrai¬
re (Xoipo-mÔYixoç , Singe-Cochon, îwwsXaçoj,
Cerf-Cheval. Arist. ). Si donc, nous trou¬
vions , dans Aristote , le mot XoipeXaçoç,
nous chercherions l’animal auquel il fau¬
drait l’appliquer, non parmi les Pachyder¬
mes, mais parmi les Ruminants à cornes ca¬
duques. Le nom de Cerf-Cochon (car c’est
ainsi que le mot grec devrait être rendu , si
on le trouvait dans un ouvrage des bons
temps) est appliqué aujourd’hui par les na¬
turalistes à désigner une espèce particulière
de Cerf ; mais dans l’usage vulgaire , ce
nom qui fait allusion à la taille, à l’allure
pesante et à la facilité avec laquelle s’en¬
graissent les individus qu’on garde dans
une sorte de demi-domesticité, sert à dési¬
gner plusieurs espèces appartenant à des
groupes différents , et qui seulement ont à
peu près les mêmes proportions, la même
disposition à l’obésité. Rien n’empêcherait
de croire que cette désignation remontât à
une époque fort reculée, et cette supposi¬
tion n’a rien d’inconciliable avec la phrase
de Cosmas , puisque la chair des Cerfs-
Cochons est un mets assez commun.
Il faut remarquer cependant que Cosmas
n’écrit pas le grec comme l’écrivait Aris¬
tote 5 c’est un homme qui a vécu longtemps
en pays étranger, et les voyageurs sont,
comme on sait , sujets à confondre les syn¬
taxes. Christophe Colomb, par exemple,
dans des lettres écrites en italien , emploie
BAB
BAB
m
à chaque instant des tournures de phrase
purement espagnoles, et quand il fait usage
d’un mot commun aux deux langues , c’est
souvent l’acception espagnole qu’il lui donne.
Il se pourrait donc fort bien que Cosmas eût
péché de la même façon que le navigateur
génois, et qu’en forgeant ce mot XotpéXaçoç,
il eût cru rendre le sens de Cochon-Cerf.
Cela se pourrait, dis-je, mais cela n’est pas
prouvé, et il n’y a, comme on a pu le re¬
marquer, dans la phrase où le mot se trouve
employé, rien qui vienne à l’appui de
cette conjecture. A la vérité , si au lieu de
considérer la phrase isolément, on la con¬
sidère dans ses rapports avec ce qui la pré¬
cède et ce qui la suit, on aperçoit quelque
raison de croire que c’est, en effet, un
Cochon et non un Cerf que l’auteur a voulu
désigner.
Les animaux, mentionnés par Cosmas,
sont dans l’ordre suivant : l°le Rhinocéros;
2° un ruminant de genre douteux , qu’il dé¬
signe sous le nom de Taups'Xacpo; ; 3° la Gi¬
rafe ; 4° le Bœuf sauvage (Bœuf à queue de
Cheval, Tak des naturalistes) ; S° le Musc;
6° le Monocéros ou Licorne ; 7° le Xoipé-
Xacpo? et 8° l’Hippopotame. Cosmas dit, et cela
fait honneur à sa véracité , qu’il n’a pas vu
la Licorne ; il n’a connu que des figures de
l’animal qü’il désigne sous ce nom , et qui
n’est pas pour lui, comme il l’est pour plu¬
sieurs auteurs anciens, le Rhinocéros, puis¬
que, comme on l’a vu, il fait de ce dernier une
mention à part. Or, à l’époque où Cosmas
écrivait , quoique le Narval fût encore in¬
connu des peuples riverains de la Méditer¬
ranée , les défenses de ce cétacé ne l’é¬
taient pas entièrement, et elles étaient déjà
venues compliquer l’histoire des Monocéros.
Il y avait donc une Licorne qui fournissait
de l’Ivoire; l’Hippopotame en fournit égale¬
ment; n’était-ce pas là un motif pour croire
que les armes qui avaient valu son nom
au Xotps'Xacpoç étaient aussi de substance
éburnée ?
Pour que cette conjecture eût quelque
poids, il fallait que, dans l’ouvrage de Cos¬
mas, les trois animaux se trouvassent men¬
tionnés à la suite les uns des autres, comme
ils le sont dans le fragment donné par Thé-
venot. La vérification était facile , puisque
Montfaucon a publié ( Collcclio nova Pa-
irum f t. II ) une traduction complète de la
Topographie chrétienne. J’eus donc recours
à cette collection, et je reconnus d’abord
que Thévenot n’a rien omis, et qu’il a re¬
produit complètement le dixième livre du
Traité de Cosmas ; mais je trouvai plus que
je ne cherchais. En effet, le savant bénédic¬
tin a joint à sa traduction des figures qui
accompagnaient un manuscrit du ixe siècle,
et qui, selon lui, sont la copie des figures
appartenant à un manuscrit beaucoup plus
ancien , peut-être même au manuscrit auto¬
graphe du voyageur. Dans une des planches
sont représentés tous les animaux mention¬
nés dans le livre X , le XoipéXacpoç , aussi
bien que le Movoxepwç , tous les deux avec
leur nom bien lisiblement écrit. Le dernier
est de tout point semblable à la Licorne
qui sert de support aux armes d’Angleterre,
ayant comme elle de la barbe au menton et
portant au front une corne droite tournée
en spirale, une véritable défense de Narval.
Ma conjecture était donc fondée ; mais je
n’en étais déjà plus réduit aux conjectures,
puisque j’avais la figure du XoipéXaçoç. L’a¬
nimal est certainement un Cochon, mais
ce n’est point un Babiroussa , car s’il a de
longues défenses qui lui sortent de la bou¬
che, il n’en a point qui naissent du chan¬
frein, en perçant la peau du museau ; or c’est
là un caractère trop saillant pour que Cos¬
mas n’eût pas souhaité qu’on l’exprimât, et
pour que son dessinateur, quelque mala¬
droit qu’il pût être, fût embarrassé pour le
rendre. Ce signe et l’existence d’une cri¬
nière bien marquée sur le dos porte donc à
considérer le XotpfiXaçoç comme un de ces
Sangliers à grandes défenses d’Afrique.
Personne n’ignore que Cosmas avait voyagé
dans l’Éthiopie aussi bien que dans l’Inde,
et il ne dit point auquel des deux pays ap¬
partient l’animal.
Le manuscrit, dont Thévenot a fait usage
et qui est différent de celui de Montfaucon,
contenait aussi certainement, quoiqu’il
n’en dise rien, la figure des animaux décrits
par Cosmas, et ces figures dans les deux
manuscrits devaient être les mêmes ; ce qui
leur donne un nouveau degré d’authenticité.
En effet, dans la vignette de Thévenot, nous
voyons, à côté du Babiroussa, le Musc, dont
la figure est tout à fait conforme pour les
proportions et la pose à celle de la planche
de Montfaucon ; c’est évidemment une qo-
BAB
401
BAB
pie qu’on a cherché à améliorer par l’addi¬
tion de deux caractères en effet importants :
la saillie des canines et la protubérance du
sac qui renferme la matière odorante.
Pour terminer cette discussion déjà trop
longue peut-être , je ferai remarquer que,
lors même qu’on contesterait la date as¬
signée par Montfaucon au manuscrit dont
il s’est servi , cela ne changerait rien à la
question, puisque cette date serait toujours
fort antérieure à celle où l’Europe a com¬
mencé à recevoir d’une manière suivie des
informations sur les productions de l’Inde,
c’est-à-dire à l’époque où se sont établies
les relations par mer entre les deux pays.
Les îles qu’habite le Babiroussa furent
visitées par les vaisseaux européens dès le
premier quart du seizième siècle; mais leurs
animaux furent peu remarqués , et il sem¬
blait que de toutes les productions de ce
pays , les épices étaient les seules qui fus¬
sent dignes d’attirer l’attention. Cependant
Antonio Gai van qui avait été gouverneur des
Moluques, et que le roi de Portugal , malgré
les éminents services qu’il en avait reçus ,
laissa mourir à l’hôpital, mentionne, à deux
reprises différentes, le Babiroussa, dans un
petit ouvrage qu’il nous a laissé, un précis
des découvertes géographiques, qui ne fut
publié qu’après sa mort, survenue en 1557,
et que Hakluit, en 1601, traduisit en anglais.
Il en parlait sans doute plus en détail dans
une histoire des Moluques, qu’il avait écrite
et qu’on a laissé perdre. Des deux indica¬
tions contenues dans le précis, la première
est faite à l’occasion du naufrage de F. Ser-
rano, arrivé en 1512, et par suite duquel
cinq ou six Portugais, les premiers qui
soient arrivés aux Moluques, furent jetés à
Mindanao ; la seconde se rapporte à l’épo¬
que de l’administration de Gai van. Dans
une des missions entreprises par ses or¬
dres, soit pour un but politique , soit pour
la propagation de la foi, ses envoyés visitè¬
rent plusieurs des îles où se trouve le Babi¬
roussa ; c’est sur leur témoignage et sur
celui de quelques Espagnols que repose ce
qu’il nous apprend de l’animal , n’ayant ja¬
mais eu lui-même l’occasion de l’observer. Il
signale les quatre défenses longues chacune
d’un empan et demi , et dont deux , au lieu
de sortir de la bouche , naissent du chan¬
frein ; la position de la seconde paire est
mal indiquée dans la version anglaise, mais
peut-être est-ce la faute du traducteur;
c’est une vérification à faire et que je re¬
commande à ceux qui pourront consulter le
texte original.
Lorsque les Moluques, qui avaient passé
de la domination des Portugais à celle des
Espagnols , furent devenues , vers la fin du
xYie siècle, la conquête des Hollandais, leurs
productions les plus curieuses ne tardèrent
pas à affluer dans les collections publiques
et privées des Pays-Bas , venant ainsi, en
quelque sorte, s’offrir à l’observation des
hommes studieux qu’attirait de toutes parts
la réputation déjà très grande des nouvelles
universités. Le Danois Thomas Bartholin ,
qui, moins que tout autre, paraissait avoir
besoin d’aller chercher au loin l’instruction
quand il trouvait dans sa propre famille
une si grande réunion de lumières, Thomas
Bartholin, dis-je, fut un de ces étrangers ,
et c’est à lui que nous devons les premières
notions un peu exactes sur les formes de
l’animal qui nous occupe.
Dans la seconde centurie de ses Hist.
anat. rar., publiées à la Haye , en 1654 , il
donne l’histoire de deux Cochons étrangers,
l’un de l’Inde et l’autre de l’Amérique. « Le
premier, dit-il, est originaire de Bouro, pe¬
tite île située à 30 lieues d’Amboine. Les in¬
digènes l’y désignent sous le nom de Babi¬
roussa. Sa tête, semblable pour la forme h
celle du Porc ordinaire , s’en distingue par
quatre défenses longues et recourbées
comme des cornes de Bélier : deux sont por¬
tées par la mâchoire inférieure; les deux au¬
tres naissent de la mâchoire supérieure et
apparaissent au dehors , en se faisant jour à
travers la peau du chanfrein ; les molaires
ressemblent à celles de notre Cochon. La
taille de l’animal est celle d’un Chien cou¬
chant. Le poil ressemble plus au poil de nos
Chiens de chasse qu’à des soies de Porc ;
sa couleur est d’un gris doré. Les pieds sont
comme ceux de la Chèvre. Je ne crois pas
que l’animal ait été décrit jusqu’à présent.
J’en ai vu un crâne dans le Musée royal de
Copenhague et la figure que j’en donne ici
montre les singulières apophyses qui servent
d’alvéoles aux défenses de la mâchoire su¬
périeure. La figure de l’animal entier est
gravée d’après une peinture exécutée à Ba¬
tavia , en 1650. »
26
xi.
m
BAB
Cette figure de l’animal entier est assez
médiocre ; elle est surtout défectueuse pour
les pieds, dont les doigts semblent garnis
d’ongles plutôt que de sabots. C’est sans
doute la faute du graveur, puisque, dans le
texte, Bartholin, comme on l’a vu, compare
ces pieds à ceux d’un ruminant. La figure
de la tête osseuse , quoique grossièrement
exécutée, rend bien les formes générales,
la disposition des défenses et la direction
de l’alvéole pour celles de la mâchoire supé¬
rieure. On reconnaît bien aussi cinq mo¬
laires à chaque mâchoire, et les trois incisi¬
ves de la mâchoire inférieure ; quant à
celles de la mâchoire supérieure, elles ne se
distinguent point, la figure étant tout à fait
confuse en ce point. Bartholin, d’ailleurs,
paraît ne pas avoir observé , du moins il ne
le mentionne point, la différence qui existe
dans le nombre des incisives aux deux mâ¬
choires.
Cette omission ne peut pas être repro¬
chée à un auteur qui , quatre ans plus
tard, et de même en Hollande, fit paraître
un livre où se trouve une notice sur le Ba-
biroussa , notice également accompagnée
d’une figure de l’animal entier et d’une re¬
présentation de la tête décharnée. Cet au¬
teur est Pison , qui , ayant donné en 1658
une seconde édition de ses œuvres et de
celles de Marcgraff, déjà publiées en 1648
par Laët, y joignit quelques écrits encore
inédits de Bontius, médecin hollandais,
mort à Batavia en 1531. Le chapitre sur le
Babiroussa est une addition de l’éditeur. Il
dit que personne avant lui n’a fait connaître
cet animal , et pourtant il copie l’article de
Bartholin , auquel il n’ajoute rien d’impor¬
tant. Il signale, il est vrai, comme je le di¬
sais, une différence dans le nombre des in¬
cisives , en haut et en bas; mais , au lieu de
quatre , il n’en donne que deux (une de cha¬
que côté) à la mâchoire supérieure. Quant
aux molaires, il dit qu’elles sont « au nom¬
bre de 12 environ , » étrange manière de
s’exprimer, et qui tient sans doute à ce
que, dans la tête qu’il a fait figurer, tête
qui faisait partie de la collection d’un
pharmacien d’Amsterdam, il se sera trouvé
6 molaires en haut et 5 seulement en bas ;
il aura cru qu’il manquait une molaire à
la mâchoire inférieure , tandis que c’est là
réellement le nombre complet :> la sixième
BAB
molaire supérieure même manque habituel¬
lement, et tfest pour cela qu’on n’eu voit
que 5 à chaque mâchoire, dans la figure de
la tête osseuse donnée par le savant danois.
Dans Pison, la figure de l’animal entier est
exécutée avec plus de soin que dans Bar¬
tholin; mais elle est plus défectueuse à tous
égards, sauf pour la forme des pieds. Ou¬
tre la gravure en bois qui est intercalée
dans le texte, il y a dans le frontispice une
figure du Babiroussa, où l’animal est re¬
présenté couché. C’est cette figure que Thé-
venot a reproduite en tête de son extrait de
Cosmas; seulement le graveur, pour s’é¬
pargner de la peine, l’a copiée sur le cui¬
vre telle qu’il la voyait sur l’estampe , ce
qui fait que dans l’épreuve elle est tournée
en sens opposé. La figure du Musc, qu’il
donne dans la même vignette, et qui est
faite comme je l’ai dit, d’après celle des ma¬
nuscrits de Cosmas, se trouve également
retournée.
Des différents écrivains que nous avons
cités jusqu’ici, aucun, comme on l’a pu re¬
marquer, ne parle de visu, et il faut arriver
jusqu’au second quart du xvmp siècle
avantde trouver un auteur qui nous donne,
relativement au Babiroussa, les résultats de
ses propres observations, et de renseigne¬
ments recueillis sur les lieux. Cet auteur est
Valentyn, qui, en 1724-26, publia un ouvrage
ayant pour titre : « Les Indes orientales
anciennes et modernes , comprenant
un traite détaillé de la puissance Néer¬
landaise dans ce pays. » (5 tomes en 8
volumes in-folio). Cet immense ouvrage,
qui eut contribué puissamment aux progrès
de l’histoire naturelle , s’il eût été écrit en
toute autre langue qu’en Hollandais , ren¬
ferme une histoire du Babiroussa, qu’ont
copiée successivement, en la tronquant plus
ou moins , tous les naturalistes, jusqu’à
l’époque de l’expédition de l’Astrolabe ; ex¬
pédition qui procura à notre ménagerie
deux de ces animaux vivants.
« On trouve dans l’île de Boero, dit notre
auteur, un quadrupède que je n’ai vu nulle
part ailleurs , et que je n’ai trouvé men¬
tionné par aucun écrivain. On le nomme en
malais Babi-Roesa , c’est-à-dire Cochon-
Cerf, comme si c’était un mélange des deux
animaux. Son port est à très peu près celui
de notre Sanglier, si ce n’est que le mâle
BÂB
603
l)Alï
Ufrre une particularité qui n’exfeté point
chez le Sanglier commun ; èn effet , outre
les deüx défenses qu’il possède comme ce
dernier à la mâchoire inférieure , le Babi-
Roesa en porte à la mâchoire supérieure
deux aiitres , placées juste au-dessus des
premières , et qui, se recourbant en arriéré
jusqu’à former un demi-cercle, lui donnent
un aspect étrange. Souvent ces défenses se
recourbent à tel point qu’elles viennent
s’implanter dans l’os frontal. La partie an¬
térieure dés mâchoires est garnie d’inci¬
sives , au nombre de 4 en haut et de 6 en
bas, dont les plus externes sont dirigées
en avant. En arrière des incisives supé¬
rieures, et à la place qu’occupent ordinai¬
rement leS canines , sont les deux défenses
singulières dont nous avons parlé ; puis de
chaque côté six mâchelières , dont les pos¬
térieures sont trilobées. Dans là femelle ,
les défenses ne font pas saillie au-dehors.
« Le Bâbi-Roesa a une peau fine et peu ré¬
sistante; le poil est court, ras et assez souple;
le dos est dépourvu des longues soies qu’il
nous présente chez le Sanglier. La couleur
de la robe est ün gris cendré , légèrement
roussâtre en quelques placés et mêlé d’un
peu de noir. Là tête est plus effilée que celle
du Cochon ; les oreilles sont assez courtes ;
les yeux petits. La queue, plus allongée que
celle du Sahglier, est terminée par Un petit
bouquet dé poils. Chaque pied est garni de
quatre sabots, deux grands et deux petits.
Le train dé devant est sensiblement plus
bas que celui dë derrière , et c’est peut-être
à cela que tient l’allure pesante et saccadée
que j’ai observée chez l’animal.
« Là châsse du Bâbi-Roesa donne peu de
peine , et l’animal une fois atteint par les
Chiehs est bientôt rendu ; car sa peàü mince
et mai protégée par un poil court et rare ,
n’offre à leurs dents aucune résistance. ïl
est vrai que sés défenses inférieures se¬
raient des armes assez redoutables ; mais
lés supérieures , à raison dë leur Courbure ,
sont à péu près inutiles, et nuisent à l’effèt
des autres. Les Chiens donc sont rarement
blessés à cette châsse, pour laquelle ils
montrent beaucoup d’ardeur. Une fois sur
la piste dé lâ bête , on dit qu’ils ne la
quittent jamais , et qu’il est même très rare
de lèür voir prendre le change.
« Le Babi-Roésa a POdOrat très fin ; et,
pour éventer son ënhemi , il a coutume de
se dresser sür ses pieds de derrière, en s’ap¬
puyant contre le tronc d’Un arbre. C’est dans
cette posture qu’il dort la nuit , afin dé pou¬
voir sentir de plus loin, ét c’est ainsi que le
trouvent souvent les chasseurs. Tl a aussi
l’habitude d’accrocher ses défenses à queU
que branche d’arbre ou à quelque liane, afin
de dormir, ainsi suspendu, avec plus de
commodité.
« La chair de cet animal est très savou¬
reuse; elle rappelle, par le goût, la chàir du
Cerf plutôt que celle du Porc; mais elle
l’emporte en finesse sUr l’Une et sur l’aUtre ;
elle n’a pour ainsi dire point de lard. La
nourriture du Babi-Roesa n’est pas la même
que celle du Sanglier , qui së trouve âüssi
dans ces pays ; ét tandis que le dernier est
très friand de Canaris (sorte d’amandes dé
l’Inde ) , l’autre ne vit que d’herbes , de
feuilles de (Waringin , et d’autres fèüilles
d’arbres sauvages ; aussi ne lui arriVe-t-il
point, comme au premier, de faire invasion
dàhs les jardins, de forcer les clôtures et de
bouleverser les plantations ; il ne commet
même, on peut lé dire, aucune sorte de
dommages.
« Les Babi-Roésas sont très abondants
dans i’îlé de BoerO, et les soldats qüi Vont
leur faîte la châsse sont presque certains d’en
trOUVer dans la baie de Câjeli. On les trouve
encore auX îles de Xoeslasche, surtout à
Xoela-Mongoli , ainsi qu’à Bangaÿ, sur la
côte occidentale de Célèbes, et également
à Manado. L’ile de Boero a aussi, Comme je
l’ai dit, de vrais Sangliers, et cës animaux ,
que les Maures n’iUquiètënt point, parce
qu’ils ne mangent d’âücune espèce de Co¬
chons, y sont devenus très nombreux; mais
jamais Oh ne voit en leur compagnie de
Babi-Roesas , lëS deüx espèces marchant
toujours séparément.
« Quand les Babi-Roesas sont poursuivis
pàr les Chiebs , et qU’iïs commencent à se
sentir fatigués, ils tâchent de gagner le bord
de la mer ; s’ils y parviennent, ils se jettent
aussitôt à l’eau , et y plongent comme des
Canards. Par ce moyen , ils échappent sou¬
vent à leurs ennemis, ils peuvent nager
très longtemps, et passent ainsi quelquefois
d’une île à l’autre.
« On a essayé de Pourrir les Babi-Roesas
qu’on avait pris par hasard Vivants, en leur
BAB
BAB
m
donnant du Riz et des feuilles de Patates,
mais on est rarement parvenu à les conser¬
ver. J’en ai vu un cependant, chez M. Pad-
brugge, qui avait été nourri de cette ma¬
nière. Il y en avait un autre à Amboine ,
dans la maison d’un amateur qui le gardait
depuis longtemps. Cet animal avait appris à
reconnaître le nom qu’on lui donnait, et
venait quand les enfants l’appelaient ; il se
plaisait à se faire gratter le dos par eux, et
permettait même, dans ces moments de sa¬
tisfaction, qu’ils lui montassent sur le corps.
Ce Babi-Roesa mangeait des Canaris, du Riz
et du Paddy, et était très friand de poisson.
Il avait dans sa robe plus de roux et de noi¬
râtre que n’en ont d’ordinaire ces animaux;
il avait aussi le poil plus crépu , et l’on ne
remarquait point en lui cette finesse d’odo¬
rat qui est si développée chez les individus
sauvages.
«Les Babi-Roesas font rarement entendre
leur voix, qui a, du reste, quelque rapport
avec le grognement du Cochon. »
Le passage de Valentyn sur le Babirous-
sa conservant encore aujourd’hui de l’im¬
portance , j’ai cru devoir le reproduire
presque textuellement (1) , et c’est , à
plus forte raison , ce me semble, le parti
qu’auraient dû prendre les naturalistes du
dix-huitième siècle. Cependant ils ne nous
en ont donné que des lambeaux auxquels
plusieurs ont eu le tort de rattacher des faits
pris ailleurs , et sans s’être bien assurés
qu’ils ne se rapportaient pas à une espèce
toute différente des Cochons. Les sources
où ils ont puisé sont même quelquefois des
plus suspectes : ainsi Buffon , pour reculer
les limites de V habitat de notre animal ,
s’appuie sur un passage du Voyage de Ro¬
bert Lade (t. XII, p. 383). Or, cette préten¬
due relation de voyage , celle de F. Correal,
et de deux ou trois autres qu’on trouve ci-
(1) Deux phrases seulement ont été omises, parce qu’elles
suspendaient le sens ; l’une se rapporte à la figure qui ac¬
compagne le texte et que l’auteur dit avoir été fuite d’après
nature ; l’autre parle des têtes osseuses qu’on envoyait en
Hollande comme objet de curiosité, et qui , dit Valentyn,
étaient devenues assez communes dans les cabinets. Toutes
n’allaient pas directement en Europe; et, dans les différentes
colonies Hollandaises, les amateurs en achetaient des ma¬
telots qni avaient touché aux Moluques. De là vient qu’on
en recevait quelquefois par des navires partis des ports de
l’Inde continentale , ainsi que nous l’apprend Seba , qui
semble conclure de ce fait que l’animal habite la terre
ferme aussi bien que les iles. Seba dit avoir vu plus de
cinquante de ces têtes.
tées comme des autorités respectables par
Buffon , par Montesquieu , par Rousseau ,
et par divers philosophes et moralistes de la
même époque, sont de misérables impostu¬
res, des ramas de faits pris çà et là , géné¬
ralement mal compris et liés par des évé¬
nements de pure invention.
Je ne dois pas laisser l’ouvrage de Valen¬
tyn sans faire remarquer , en terminant ,
qu’il n’y a pour ainsi dire rien à reprendre
dans tout ce qu’il dit de l’animal. Il indi¬
que très bien (ce qui est rare chez les écri¬
vains de cette époque, même chez les natu¬
ralistes de profession) , le nombre et la
disposition des dents. On désirerait, à la
vérité, un peu plus de précision dans ce
qu’il dit des défenses supérieures ; mais la
figure de l’animal entier et celle de la tête
osseuse qui se trouvent en regard de la des¬
cription, quoique mauvaises l’une et l’autre,
suppléent au silence du texte, montrent la
direction des alvéoles d’où naissent ces
longues canines , et la sortie de celles-ci à
travers la peau du chanfrein. Il indique
exactement le nombre normal des mâche-
lières supérieures , mais il ne parle point
du nombre des inférieures , et c’est la
principale omission qu’on ait à lui repro¬
cher.
Ce qu’il dit des habitudes de l’animal
est à peu près tout ce que nous en savons
jusqu’à ce jour. Le seul renseignement sus¬
pect est celui qui se rapporte à la coutume
qu’aurait l’animal d’accrocher ses défenses
à une branche pour dormir debout. On peut
croire que Valentyn, dans ce cas, a mal
compris les récits des chasseurs qui auront
dit, non pas que l’animal prenait pour
dormir une position verticale , mais seule¬
ment qu’il dormait debout sur ses quatre
jambes , comme font volontiers les grandes
espèces dans cette famille des Pachydermes.
C’est ainsi que l’a en tendu Buffon, lequel rap¬
proche le fait de ce qu’il a observé chez un
vieil Éléphant qui , afin de n’être pas in¬
commodé par le poids de ses défenses , les
introduisait , lorsqu’il voulait dormir , dans
deux trous qu’il avait pratiqués, à cet effet,
dans la muraille. Ainsi interprété le fait me
paraît encore peu vraisemblable; mais il est
tout à fait absurde de la manière dont l’ont
compris quelques écrivains , qui supposent
que dans son sommeil le Babiroussa est com-
BAB
plètement suspendu et sans que ses pieds de
derrière touchent à la terre.
Le même conte, au reste, pour le remar¬
quer en passant , a été fait pour plusieurs
animaux. On le trouve, par exemple, dans
quelques écrits du moyen âge et dans les
Encyclopédies chinoises, relativement à un
ruminant à cornes recourbées en crochet
comme celle du Chamois.
Un ruminant sans cornes , un Chevro-
tain, est aussi, dans quelques parties de
l’Archipel indien, l’objet d’une histoire à
peu près semblable. Suivant les habitants
du pays, le Kanchil , quand il est pour¬
suivi par les Chiens, ne cherche d’abord qu’à
gagner du terrain; mais, comme il ne sou¬
tiendrait pas comme eux une longue course,
lorsqu’il est hors de leur vue, il se détache
de la terre par un bond , et , s’accrochant
à quelque branche à l’aide des longues cani¬
nes qu’il porte à la mâchoire supérieure , il
reste suspendu à environ trois mètres de
hauteur, de sorte que les ennemis, emportés
par l’ardeur de la chasse, passent au-des¬
sous de lui sans l’apercevoir.
Pour en revenir au Babiroussa, je répète
que, pour tout ce qui concerne les habitudes
de l’animal, l’ouvrage hollandais est encore
aujourd’hui à peu près l’unique source où
l’on ait à puiser, et que pour les formes, sauf
en ce qui concerne celles de la tête osseuse,
les naturalistes , pendant près d’un siècle ,
n’ont rien ajouté d’important à ce qu’avait
ditValentyn. Je puis donc me dispenser
de parler ici de leurs descriptions, et passer
directement à celle que nous ont donnée
les naturalistes de l’Astrolabe , MM. Quoy
et Gaimard.
Ce fut à la générosité de M. Merkus ,
alors gouverneur des Moluques, que l’ex¬
pédition dut le don de deux beaux Babi-
roussas vivants, mâle et femelle , qu’on
conservait depuis quelque temps au comp¬
toir de Manado, sur l’ile de Célèbes. M. Mer¬
kus ajouta à ce présent celui d’une femelle
sauvage qu’on venait de prendre. Elle ne put
être conservée et l’on dut la tuer; mais on eut
par là l’occasion de s’assurer que la chair du
Babiroussa est en effet fort bonne à manger.
L’expédition reçut* en outre de M. le ca¬
pitaine Lang , directeur de l’artillerie à Am-
boine , un jeune mâle qui mourut peu de
temps après être arrivé ,à bord , épuisé, à ce
BAB fto5
qu’on supposa, par suite de fréquentes
copulations avec la femelle d’un Cochon or¬
dinaire. Cet individu était fort apprivoisé,
et on l’a vu, presque mourant, venir caresser
son maître, en agitant les oreilles et la queue.
Dans leur jeune âge, ces animaux se dis¬
tinguent à peine du Cochon ordinaire et ce¬
lui-ci avait été donné comme tel à M. Lang,
qui ne le reconnut pour un Babiroussa que
lorsque ses défenses commencèrent à
pousser.
A. l’état adulte , les Babiroussas sont des
animaux trapus , à formes arrondies. Leur
tête est petite ; le museau est très pointu et
plus allongé dans la femelle que dans le
mâle ; le boutoir assez peu évasé ; les na¬
rines terminales, larges et arrondies; la mâ¬
choire inférieure, à cause du développement
du boutoir, paraît moins avancée que la su¬
périeure. L’œil est petit; son grand angle
se prolonge en forme de larmier. L’iris est
rougeâtre ; la pupille est grande , arrondie;
cependant elle a été trouvée un peu oblique
sur un des individus observés. Les oreilles
sont écartées, petites, pointues, droites et
dirigées en arrière. Les dents canines supé¬
rieures percent, comme on sait, la peau du
museau, et se recourbent au point de s’en¬
foncer quelquefois dans les chairs du front.
Les inférieures remontent verticalement en
soulevant un peu la lèvre supérieure.
Les jambes, comprimées latéralement,
sont proportionnellement courtes et peu
fortes ; les pieds sont un peu déjetés en
dehors ; les ongles sont petits , arrondis ,
bien séparés ; ceux des doigts postérieurs
ne portent point habituellement à terre. La
queue grêle, nue et munie d’un petit bou¬
quet de poils terminal, ne se tortille point
comme dans les Cochons. La peau rude,
épaisse , forme des plis dans plusieurs par¬
ties du corps , notamment entre les oreil¬
les et sur les joues. Dans le mâle, le front est
couvert de petits tubercules rapprochés. La
tête est brune en dessus. Les oreilles sont
couvertes, à- leur base et dans tout l’inté¬
rieur de la conque, de petits poils fins. Le
corps, d’un brun sale, est parsemé de poils
assez rares, très courts, sortant de petits
tubercules qui contribuent à donner de la
rudesse à la peau. Le dessus du cou et du
ventre est, ainsi que la face intérieure des
membres» d’une couleur rougeâtre assez
BAB
m
marquée. Une bande dërsale blonde, large
d’un pouce à son origine, commence au-des¬
sous du cou et và se terminer près de la
queue : elle est plus fournie de poils que les
autres parties du corps et moins marquée
chez la femelle que chez le mâle. Chez ce
dernier, les testicules Sont saillants et re¬
jetés en arrière comme dans les Cochons.
Les canines de la femelle sont très courtes et
ne font seulement que percer la peau.
Les Babiroussas amenés par l’Astrolabe
furent nourris, pendant la traversée, de
pommés de terre et de farine délayée dans
l’eau ; mais si ces aliments étaient ceux
qu’ils préféraient, ils mangeaient cependant
à peu près de tout, comme les Cochons
ordinaires , même de la viande , dont ils
rongeaient les oS, en les tenant entre leurs
pattes, presque à la manière des Chiens.
Pour se défendre ou pour attaquer, ils sou¬
levaient brusquement et très souvent le mu¬
seau, comme disposés à se servir des dé¬
fenses que la nature leur a données.
Malgré tout leur zèle, MM. Quoy et Gai-
mard ne trouvaient pas à bord d’un navire
les mêmes facilités pour observer les mœurs
des Babiroussas qu’en eut plus tard M. F.
CUvier , quand les animaux eurent été
déposés à la ménagerie du Muséum :
aussi est-ce du livre de ce consciencieux na¬
turaliste que nous allons extraire ce qui
nous reste à ajouter sur ce sujet.
Les deux individus donnés âu Muséum y
arrivèrent en juillet 1829; et, en février 1830,
la femelle mit bas un jeune mâle qui mou¬
rut en décembre 1831. La femelle mourut en
1832 et le mâle l’année Suivante. Malgré tou¬
tes les précautions qu’on prit , on ne put
les préserver des atteintes de la phthisie pul¬
monaire, maladie à laquelle succombent la
plupart des animaux amenés des pays chauds
en France.
Malgré l’état parfait de santé dans le¬
quel étaient arrivés les Babiroussas , l’âge
avancé du mâle, son extrême obésité, la pe¬
santeur de ses mouvements et leur mala¬
dresse dans quelques circonstances, avaient
fait craindre qu’il ne fût plus propre à la re¬
production. Cependant, le 10 février 1830,
au moment où l’homme qui soignait ces
animaux entra dans leur écurie , la femelle
furieuse lui sauta au visage, et le poursuivit
jusqu’à ce qu’il se fût soustrait à ses at-<
BAB
teintes. Pendant Cette lutte , on entendit un
léger cri sortir de dessous là litière ; ce qui
fit soupçonner la naissance d’un petit, qu’on
découvrit en effet, en tenant la femelle
éloignée , tandis qu’on visitait la paille. Ce
jeune animal avait à peine 15 à 20 centimètres
de longueur ; il était nu , mais ses yeux
étaient ouverts et il marchait. Pendant plu¬
sieurs semaines , la femelle ne permit pas
qu’on approchât de son petit , qu’elle tenait
toujours caché , qu’elle surveillait avec la
plus grande sollicitude et qu’elle nourrissait
avec le plus grand soin. Le mâle vécut en
paix comme par le passé avec la femelle ,
mais il ne prit aucun soin du petit , qui
bientôt se montra en suivant sa mère. A six
semaines, ce jeune animal avait environ
quinze pouces de hauteur ; et, à l’époque de
sa ifiort, c’est-à-dire à vingt-deux mois, sa
hauteur était de 45 à 50 centimètres. U
avait les mêmes proportions que sa mère ,
mais, étant moins gros , il paraissait plus
élevé sur ses jambes ; ses canines ne se
voyaient point encore au-dehors , mais se
montraient par la saillie qu’elles impri¬
maient à la peau à l’endroit où elles de¬
vaient gercer.
Le mâle, comme nous l’avons dit, était
fort âgé , et son obésité le rendait lourd et
inactif ; il passait sa vie à dormir caché sous
sa litière , et ne semblait se réveiller que
pour boire et manger. La femelle, plus jeune
et plus vive, était moins grasse et ne dor¬
mait pas d’un sommeil aussi profond ; mais
autant le premier était paisible et inofîen-
sif , autant celle-ci était irritable et hostile à
tous ceux qu’elle ne connaissait pas. Elle
vivait d’ailleurs avec son compagnon dans
la plus parfaite intelligence, et avait pour lui
les soins les plus marqués. Comme on s’é¬
tait bientôt aperçu du besoin très grand
qu’ils avaient de se coucher, on leur don¬
nait chaque jour une épaisse litière, dis¬
posée dans un coin de leur écurie de telle
manière qu’elle ne pouvait pas se disperser
par leurs mouvements. Lorsque le mâle
voulait se reposer, il venait se coucher sur
cette litière ; aussitôt, et sans que cela man¬
quât jamais , la femelle arrivait , saisissait
successivement avec sa bouche celle litière ,
et en couvrait le mâle de manière à le sous¬
traire entièrement à la vue ; et, si le repos
lui devenait Aelle-même nécessaire, elle se
BAB
glissait sous la litière restante , de manière
aussi à ne pouvoir être aperçue.
« Ces soins instinctifs, commandés par la
nature à la femelle envers son mâlp, ne per¬
mettent pas , remarque M. F- Cuvier , de
douter que, dans l’état sauvage, ces animaux
ne vivent par paires. La nature , toujqqrs
conséquente dans ses œuvres, n’a pas im¬
posé yainement un besoin à un animal , et
celui que , dans les circonstances que nous
venons de rappeler, manifeste la femelle du
Eabiroussa, serait inutile et sans but si elle
avait été destinée à vivre solitaire. Çet in¬
stinct a aussi pour objet de soustraire ces
animaux à leurs ennemis, et c’est le seul
exemple de ce genre que nous connais¬
sions. »
Nous pensons avec M. F. Cuvier que les
Observations faites sur les deux Babiroussas
captifs autorisent à croire que , dans l’état
de liberté , ces animaux vivent en effet par
couples; mais quant aux moyens qu’ils em¬
ploient pour se dérober aux yeux, nous ne
pouvons admettre qu’ils soient aussi excep¬
tionnels que le suppose le savant naturaliste.
Les rapports des mâles avec }es femelles
chez les Vertébrés à sang chaud, non-seule¬
ment varient d’un genre à l’autre ; mais
encore dans le même genre, ils présentent,
selon les espèces, des différences très tran¬
chées; ainsi, des deux espèces de Cerfs que
possède notre pays , l’une est monogame
dans toute la force du mot , i’autre ne forme
même pas d’union temporaire. Le Cerf, dans
le temps du rut, poursuit toutes les femelles
indistinctement; le Chevreuil garde, en toute
saison, et toute sa vie la même compagne.
Dans le genre, ou si l’on veut, dans la
famille des Cochons , on connaissait aussi
déjà des particularités selon les espèces.
Par exemple, pour le Pécari à mâchoires
blanches , les habitudes sont à peu près
c, elles qu’on a signalées dans le Cheval : un
vieux mâle guide en tout temps une troupe
plus ou moins nombreuse. Pour le Pécari à
collier, au contraire, on le rencontre habi¬
tuellement par paires ou seulement avec la
famille de l’année. En Europe, notre San¬
glier n’accompagne la Laie qu’environ un
mois sur douze, et les petites troupes qu’on
voit dans le reste de l’année sont, ou une fa¬
mille d’une à deux années conduite par la
mère , ou la réunion de plusieurs de ces fa-
BAB 407
milles , majs sans qu’il s’y trouve jamais un
Vieux mâle. L’espèce du Babiroussa semble
nous offrir un quatrième système , et peut-
être en trouverons-nous encore d’autres
quand nous pourrons étudier les mœurs
des Sangliers à masque et celles des Phaco-
chæres.
Parlons maintenant du soin que pre¬
naient nos Babiroussas de se cacher sous la
paille, lorsque dans le jour ils voulaient
dormir. On ne nous dit point si, dans l’obs¬
curité, ils prenaient les mêmes précautions :
du reste , le besoin de la chaleur eût pu en¬
core dans cette circonstance suffire pour
les déterminer à se tapir sous leur couver¬
ture ; car, en toute circonstance, ils se mon¬
traient assez frileux, et l’on n’en eût rien
pu conclure, relativement à leurs habitudes
dans les régions très chaudes où la nature
les a placés. Ce que nous savons, c’est
qu’en général Ja nuit n’est point pour les
Cochops, dans l’état de liberté, un temps de
repos. C’est, au contraire, le temps où ils
sont le plus actifs , et où ils errent pour
chercher leur nourriture ; du moins, est-ce
ce que nous observons chez Ips Sangliers.
Pendant le jour, au contraire, ces animaux
( surtout ceux qui vivent solitaires comme
les vieux mâles et qui ont déjà de l’em¬
bonpoint) passent une partie de leur temps
à dormir; et, afin den’être point surpris,
ils placent leur bauge dans la partie la plus
reculée de la forêt , dans les lieux les plus
fourrés. La tendance à se cacher pendant
le sommeil du jour est, on peut le dire ,
commune à cette famille d’animaux ; les
moyens d’y parvenir doivent différer selon
les lieux et selon les espèces.
Une autre tendance également commune
à la famille est celle de changer d’habita¬
tion, selon les saisons. Nos Sangliers d’Fu-
rope, en été, se rapprochent des lisiè¬
res des forêts pour être à portée des blés
et des vignes où ils vont fourrager pendant
la nuit; en automne, ils se retirent dans les
futaies pour y manger le Gland et la Faîne ;
en hiver , ils s’enfoncent dans le bois pour
y vivre de vers, de racines, etc. M. de La
Borde nous apprend de même qu’en Améri¬
que les Pécaris , après la saison des pluies,
quittent les forêts épaisses et s’approchent
des lieux bas et des marécages. Enfin, au
Bengale , un Sanglier, qui ressemble beau-
BAB
m
coup à notre Sanglier commun , mais qui
peut-être un jour sera reconnu comme une
espèce distincte, quitte aussi les bois après
la saison des pluies, et yient s’établir dans
les lieux découverts. Les plaines qu’il habite
à cette époque ne sont point cultivées, et l’a¬
nimal y peut rester de jour, sans être inquié¬
té par les hommes , au lieu que notre San¬
glier, qui n’a pas les mêmes motifs de sé¬
curité, est obligé de regagner chaque matin
la forêt. Cependant le Sanglier indien n’en
éprouve pas moins le besoin de se soustraire
pendant le jour, non-seulement aux regards
des importuns, mais encore aux rayons du
soleil ; car tous les Cochons souffrent de
l’excès de la chaleur comme de l’excès du
froid. Or, voici le moyen que lui a enseigné
la nature pour arriver à ce but. Les plaines,
où il a fixé sa demeure temporaire , sont
couvertes d’une grande espèce de grami¬
nées qui atteint une hauteur de 1 mètre à 1
mètre 25 centimètres , et dont on se sert
dans le pays pour couvrir les maisons. Notre
Sanglier, avec ses dents, coupe cette herbe
aussi nettement que le ferait un faneur avec
sa faux ; il en forme des meules allongées,
parfaitement régulières, et qu’on prendrait
de loin pour le toit allongé d’une maison.
Sous cet amas de foin, il pratique une sorte
de galerie longitudinale , dans laquelle il
ménage d’espace en espace de petites ou¬
vertures à peine visibles du dehors , mais
qui lui servent comme de fenêtres pour ob¬
server, lorsqu’il ne dort point, les bêtes ou
les gens qui s’approchent de sa retraite
(Johnson Sketches of Indian field-sports ,
2e édit. Lond., 1827, in-8, p. 278).
On peut bien supposer que le Babiroussa
a, dans l’état de liberté, des habitudes à peu
près semblables à celles de ce Sanglier. Il
n’y a point d’invraisemblance même à croire
que quelque chose d’analogue a pu être pra¬
tiqué autrefois par nos Sangliers d’Europe,
dans les pays où ils avaient à leur portée de
grandes prairies naturelles, et qu’ils aient
perdu plus tard cet instinct par suite des per¬
sécutions de l’homme, comme nos Castors
du Rhône ont perdu , par la même cause ,
l’habitude de se bâtir des habitations. Nous
voyons encore, dans la femelle de notre
Cochon domestique , la tendance à former
une litière au moment où elle est près de
mettre bas. Si cette tendance n’est presque
BAC
jamais suivie d’un effet utile, cela tient à la
dégradation d’instinct produite par une
longue domesticité. Il en est de même de
la maladresse de Serins, lorsqu’ils cher¬
chent à se construire un nid à l’époque de
la ponte. L’espèce se propage depuis long¬
temps en captivité, et les soins de l’homme
en prévenant ses besoins lui ont fait per¬
dre la faculté d’y pourvoir elle -même.
L’inhabileté du Yer-à-soie à se porter d’une
feuille sur l’autre, quand on l’abandonne
sur un mûrier, est encore un exemple plus
frappant de ce pouvoir de notre espèce
pour anéantir les instincts des espèces in¬
férieures qu’elle s’est soumises. (Roulin).
BABOUCARB. ois. — Nom donné à
plusieurs espèces du genre Martin-Pêcheur.
Voyez ce mot.
* BABOUNYA. bot. ph. — (Babouny ,
nom sous lequel les fleurs sèches de cette
plante sont vendues dans les boutiques de
Cahira.) — Synonyme de Santolina fra-
(jrantissima.
BABOUIN, mam. — Synonyme de Cy¬
nocéphale. Voyez ce mot.
BABYRUSSA. mam. — Voyez babi¬
roussa.
BACA. bot. ph. — Synonyme de Bœa.
Voyez ce mot.
B AC AU ou BACAUVAN. bot. ph. —
Espèce du genre Manglier dont L’Héritier
a formé un genre sous le nom de Bru -
guiera. Voyez ce mot. (C. d’O.)
BACAZIA. bot. fh. — Genre établi par
M. De Candolle dans le groupe des Labia-
tiflores, tribu des Mutisiacées, famille des
Synanthérées , par le démembrement du g.
Barnadesia. Ruiz et Pavon avaient déjà
donné ce nom aux B. lanceolata et co-
rymbosa ; mais M. De Candolle l’a res¬
treint à cette dernière espèce. — C’esl un
arbuste des Andes du Pérou. (C. d’O.)
BACBAKIRI. ois. — Nom donné, à
cause de son cri , au Lanius hachakiri
Shaw, par les habitants de l’Afrique.
Voyez pie-grièche. (C. d’O.)
BACCA. bot. Voyez baie.
BACCANTE. bot. ph. — Orthographe
vicieuse du mot Bacchante. Voyez bac-
charide.
BACCAREO. mam. — Nom d’un ani¬
mal de l’Indoustan qu’on croit être X Axis*
Voyez csftF.
BAC
BACC4R0IDPS. bot. th.~ Synonyme
de baccharoïdes. Voyez ce lïipt. (A. R.)
BACCAEBAipÉ. ror. ?h. — M’ D^s"
vaux a établi, sous ce nem? up genre de fruits
composé dp plusieurs ovaires distincts, bac-
ciformes , non soudés , quelquefois même
plus ou moins éloignés les uns des autres
et provenant d’une seule et même fleur :
exemple le fruit des Drymis , des Zan-
thoxylum. Yoyez fruit. (A. R.)
BACCAUREA, Loureir. ( bacca , baie;
ayrea , dorée), bot. ph. — Genre incomplète¬
ment conpu, qu’gn rapporte avec doute à la
famille des Rhamnées. Son auteur en signale
3 espèces , indigènes de la Cochinchine.
¥■)
BACCHA ((Bax;xvi, prêtresse deBacchus).
ins. — Genre de l’ordre des Diptères, divi¬
sion des Brachocères, subdivision des Tétra-
cbœtes, famille des Brachystomes , tribu
des Syrphides , créé par Fabricius et adopté
par Meigen, ainsi que par Fallen etM. Mac-
quart. Ce dernier ( Histoire natur. des
Diptères ; tome I, p. 577), le caractérise
ainsi: Corps grêle, allongé. Tête convexe
antérieurement. Face à proéminence. Troi¬
sième article des antennes assez grand, car¬
ré, arrondi. Abdomen allongé, menu, rétréci
à la base.— M. Macquart y rapporte trois es¬
pèces dont nous ne citerons que la B. ae-
eongée, Baccha elongata Fab. , Fallen
n° 1 et Meig. n° 1, tab. 28, f. 13. Cette es¬
pèce est assez commune et se trouve en
Europe. Latreille avait d’abord considéré ce
g. comme rentrant dans celui qu’il a créé
de son côté sous le nom de sépédon ; mais
depuis il l’en a séparé dans ses familles na¬
turelles. (D.)
BACCHANTE (prêtresse deBacchus).
ins. — Geoffroy désigne ainsi un lépidoptère
diurne, Papilio Dcjanira Lin., qui appar¬
tient au g. Satyre , Latr. Voyez ce mot.
m
BACCHANTE, bot. ph. — Synonyme
de baccharide. Voyez ce mot.
BACCHARIDE ' ou BAÇCHANTE.
Baççharis. rot. rr. — Genre de la fa-
rnille des Synantltéréps porymbifères , tribu
des Astéroïdées, ayqnf pojir carget.: Capi¬
tales mpltiflores dioïques ; corolles homoga-
mes , tubuleuses. Réceptacle nu on sub-
paléacé dans up petit nombre d’espèces ; in-
Yolucre hémisphérique ou allongé , plurisé-
PAC 409
rié, imbriqué. Ces plantes, communément
frutescentes, sont pour la plupart originaires
de l’Amérique méridionale. On en compte
plus dp 200 espèces. — La Baccharide de
Yirginie, B. halimifolia , ou Séneçon en
arbre, et la h- afeuilees deeaurier rose, ou
B. neriifoliçi , sont cultivées dans nos jar¬
dins comme plantes d’agrément. La pre¬
mière passe l’hiYer ep pleine terre , l’autre
demande l’orangerie.
Le genre Baçcharib assez naturel pour
ne pas souffrir de démembrement, est très
voisin du g. Conyza , dopt il ne diffère que
par ses fleurs dioïques. (G. d’O.)
BACCHAROIBE8. bot. ph. — Le genre
ainsi pommé par Linné (FA zeyl ., 196) fait
aujourd’hui partie du grand g. Vcrnonia ,
dans la famille des Sypapthérées. Voyez
VERNONÏE. (A. R.)
* BACCHIDE. Bacchis (divinité égyp¬
tienne). ins.— Genre de Diptères, établi par
M. Rpbineaq-Desvoidy dans son ouvrage sur
Jes Myodaires, et qu’il place dans la famille
des Napéellées et la tribu des Putrellidées.
Ses caractères sont ceux des Nèrèes , dont
il ne diffère que par des pattes plus allon¬
gées et les tibias intermédiaires nus. Les
espèces de ce genre, au nombre de 4, et
toutes nommées par l’auteur, se trouvent
plus particulièrement dans les caves , sur
le vin qui dégoutte de la cannelle des ton¬
neaux. pilles sautillent lorsqu’on veut les
saisir. Une espèce se joue à la surface des
eaux. Nous citerons comme type celle que
l’auteur nomme B . cellarum , et dont voici
ime courte description : Long. 2 à 3 millimè¬
tres. Tout le corps d’up noir luisant, gla¬
bre; quelquefois les pattes sont d’un brun
pâle. Ailes ayant une légère teinte fujigi-
neqse. Çette espèce vit sur le vin corrompu
et exposé à l’air. (d.)
BAÇÇHUS. roiss. — Ce nom qui se
trouve daps Pline , paraît appartenir à une
espèce de Lotte, Gçidus molua.
BACCHUS. ins. — Yçyez rhynchitrs.
BACÇIENS (fruits), bot. eh. — On
appelle aipsi tous lps fruits à péricarpe
cpamu qpi ont du rapport avec la baie. Voy.
FWT- (A. R.)
BACCiyOBES. Baccivori. ois.— Nom
donné par Yieillot à sa seizième famille des
Oiseaux sylvains , qu’il suppose se nourrir
dp haies.
T. II.
610
BAC
* BACCrVORTDÉES. Baccivoridæ
(mangeurs de Baies), ois. — Famille faisant
partie de l’ordre des Passereaux dentiros-
tres de Cuvier et de notre sous-section des
Dentirostres à bec déprimé.
Au mot AMPÉT.INÉES , nous avons indiqué
cette sous-famille comme faisant partie de
notre famille des Baccivores ; mais vou¬
lant nous conformer à l’usage adopté pres¬
que généralement aujourd’hui dans les clas¬
sifications d’histoire naturelle , de terminer
en idées les noms de famille et en inèes ceux
de sous-famille, nous avons cru devoir faire
ici le petit changement de Baccivores en
Baccivoridées.
Ce nom de famille , employé primitive¬
ment par Yieillot pour rapprocher un cer¬
tain nombre de genres américains à bec
large, déprimé, très fendu, et mangeurs de
baies et de fruits mous , nous a paru si na¬
turel et si expressif, que nous avons cru
devoir l’adopter pour ces mêmes espèces ,
l’étendant toutefois à beaucoup d’autres
genres, la plupart américains aussi, et of¬
frant les mêmes caractères de mœurs sylvi-
coles et baccivores , quoique différant quel¬
quefois par un bec moins élargi et moins
déprimé, ou par une taille plus forte. Nous
devons convenir que , dans la nombreuse
réunion de genres dont nous composons
cette famille , nous avons à peu près
suivi les idées du célèbre Cuvier dans son
Règne animal , et du savant ornithologiste
anglais Swainson dans la composition de sa
famille Amjpelidœ ou F ruit-eaters , ou
Chatterers. Nous y avons cependant ap¬
porté quelques changements qui nous ont
paru plus conformes à la nature. Ainsi, nous
y avons ajouté les Coracinées , les Cépha-
loptères et genres voisins d’Amérique, for¬
mant les Coracinées des auteurs modernes,
parce que ces espèces , quoique de plus
grande taille que les Cotingas ou Âtmpé-
linées leurs compatriotes , en ont entière¬
ment la forme , les pattes courtes et per-
cheuses, le bec large et déprimé, les mœurs
frugivores, et sont loin d’indiquer, sous
tous ces rapports, le moindre motif de rap¬
prochement avec les Corvidées , où Swain¬
son les plaçait. Les mêmes raisons nous ont
décidé à y introduire les Folles et Rol-
liers , les Eurylaimes , dont quelques es¬
pèces sont entièrement frugivores, et même
^ BAC
les Loriots , dont le bec , quoique en appa¬
rence conformé comme celui des Merles ,
est néanmoins beaucoup plus élargi et dé¬
primé à la base, dont les pattes courtes, les
ailes longues et pointues indiquent des Oi¬
seaux à mœurs percheuses et forestières, et
qui sont effectivement presque uniquement
frugivores.
Nous avons cru devoir grouper en tête
de notre famille des Baccivoridées les sous-
familles tenant encore des familles précé¬
dentes, par des pattes assez longues ; par un
bec comprimé , quoique large à la base , et
par une nourriture moitié insectivore, et
moitié frugivore.
Il résulte de cette nombreuse association
de genres à mœurs à peu près semblables ,
que notre sous-section des Dentirostres à
bec déprimé se trouve ne renfermer, pour
ainsi dire , que deux grandes familles , les
Baccivoridées et les Muscicapidées , très
rapprochées par la forme du* bec et les
mœurs, et dont un assez grand nombre d’es¬
pèces participant de ces deux genres de nour¬
riture forment le passage de l’une à l’autre.
Lorsqu’on compare l’immense quantité
d’espèces de toute grandeur que cette fa¬
mille et la famille voisine , les Muscicapi¬
dées, nous offrent dans le nouveau monde,
au nombre exigu de leurs représentants
en Europe , où il est borné à trois dans
la première et à quatre dans la seconde,
et qu’on observe les modifications sans
nombre du bec , plus ou moins déprimé,
plus ou moins élargi, quelquefois même
fendu à l’excès chez ces espèces améri¬
caines , il est facile d’y reconnaître , et on
ne peut trop admirer la balance conserva¬
trice , les sages proportions avec lesquelles
l’auteur de la nature a réparti , suivant les
lieux et les climats , ses diverses produc¬
tions. Sous les zônes torride et tropicale, en
effet , où des flots d’une chaleur humide et
continue déterminent une végétation aussi
somptueuse que variée, des fruits, des baies
de toute espèce , de toute dimension , cou¬
vrent les plantes, les arbustes et les arbres
gigantesques des forêts. Par suite de cette
haute température, les Reptiles, les Insectes,
les Mollusques terrestres et fluviatiles, se
présentent tantôt avec un développement
presque incroyable, tantôt sous des propor¬
tions moyennes et même petites, mais tou-
BAC
BAC
jours en nombre immense. Là aussi l’on re¬
trouve dans la classe des Oiseaux une mul¬
titude , une variété d’espèces , destinées ,
suivant leur taille et les proportions de leur
bec, à engloutir par centaines ces Reptiles,
ces Mollusques , ces essaims innombrables
d’insectes et ces fruits si variés ; ainsi, près
des lacs et des vastes marécages , dans les
bois qui les avoisinent , ou abondent les
Reptiles aquatiques et terrestres , une in¬
finité d’oiseaux de proie reptilivores , qui
semblent avoir perdu tout le courage et l’ar¬
deur de nos espèces européennes , se con¬
tentent de cette proie facile, qu’ils guettent
de dessus la branche où ils se tiennent im¬
mobiles; parmi eux, quelques espèces encore
moins carnassières , vont chercher sous le
feuillage ces énormes Bulimes sylvicoles
qu’elles savent extraire de leur coquille au
moyen de leur bec terminé en crochet pro¬
longé.
A côté de ces Fourmis gigantesques et
voyageuses, de ces Termites destructeurs,
dont les innombrables légions menacent
d’envahir le sol américain , vous retrouvez
une multitude d’Oiseaux formicivores , et
cette féconde famille de Fourmiliers (fa¬
mille étrangère à l’Europe ) qui , fidèle
au but de la nature, ne cesse de poursuivre
à outrance les Insectes nuisibles dont elle
fait son unique nourriture. Au milieu de
ces antiques forêts si riches en fruits sa¬
voureux , en baies de toute dimension , et
sur leurs lisières, que peuplent des légions
d’insectes , on voit aussi voltiger en grand
nombre les diverses espèces de nos Bacci-
vores et de nos Muscicapidées , sans cesse
occupées à découvrir ces fruits ou à pour¬
suivre ces Insectes ailés que la nature leur
a destinés comme aliment.
A propos de ces deux familles d’Oiseaux
frugivores et insectivores, nous devons citer
une anomalie des plus remarquables dans les
mœurs d’une espèce de la famille des Engou¬
levents en Amérique, et qui prouve que si à
chaque instant la nature nous présente des
espèces dont les formes anomales sont en¬
tièrement rebelles à nos classifications, elle
en a créé d’autres qui ne le sont pas moins par
leurs mœurs et leur nourriture ; ainsi, dans
cette famille des Engoulevents, si éminem¬
ment insectivore sur tous les points du
globe, l’Amérique nous offre une espèce, le
411
Guacharo ( Steaiomis de Humboldt),
uniquement frugivore , et les cavernes , les
rochers en pleine mer qui lui servent de
retraite diurne, sont jonchés des noyaux des
divers fruits que ces Oiseaux avalent entiers,
mais dont ils ne peuvent digérer que la pulpe .
On peut assigner pour caractères gé¬
néraux à la famille des Baccivoridées •
Bec de longueur variable, mais toujours
élargi à sa base dégarnie de poils , le plus
souvent large , déprimé et très fendu , plus
ou moins comprimé sur les côtés , vers la
pointe, qui est échancrée et quelquefois
assez brusquement courbée. Pattes à tarses
courts ; doigts courts ou moyens , quelque¬
fois syndactyles : l’externe allongé , soudé
plus ou moins loin avec le médian, et beau¬
coup plus long que l’interne. Ailes courtes
ou moyennes , ou longues , ayant quelque¬
fois quelques-unes de ses premières ré¬
miges rétrécies , ensiformes ou même atro¬
phiées. Queue courte ou moyenne , coupée
carrément ou légèrement arrondie , ayant
quelquefois ses deux rectrices médianes
prolongées.
Les sous-familles dont elle se compose ,
en suivant l’ordre que nous avons indiqué
ci-dessus, sont :
(Sous familles à bec plus com¬
primé , Insectivores et Bac-
civores.)
Pachycèphalinècs.
Lèiothrieinèes .
Coraciadinèes .
Oriolinèes.
(Sous.familles à bec
déprimé et Bacci-
Tores.)
Pipnnèes -
Ampèlinèes.
Coracininèes.
Eurylaiminècs .
Virèoninèes.
Voy . ces mots. (Lafr.)
BACHA, ois. — Aigle d’Afrique, appar¬
tenant au genre Faucon. Voyez aigle.
BACHA DE MER. poiss. — Synonyme
du genre Triure Bougainvillien , de Lacé-
pède. Voy. triure.
BACHALA. bot. ph. — Synonyme d’^4-
maranthus oleraceusV. Voy. amaranthe.
BACH AO , BACHAS. bot. ph. — Sy¬
nonyme de bacau. Voy. ce mot.
BACHE (Palmier Bâche), bot. — Nom
vulgaire, à la Guiane , du Maiiritîa flcxuo-
sa Linn. {Suppl.) , Palmier très répandu
dans les lieux humides et voisins de la mer,
depuis l’embouchure de la rivière des Ama¬
zones jusqu’à celle de l’Orénoque. Voy.
mauritia. (Ad. B.)
BACHEBO. ois. — Nom vulgaire du
Ü12 BAC
Pic-Vert, Picus viridis L. Voyez ne.
(C. m.)
B AGILE. Crithmum. bot. ph.-— Genre
de la famille dès Ombellifères, comprenant
originairement six espèces , dont cinq ont
été distribuées dans les g. Astydamia , Ce-
noloj)hiùm , Pituranthes et Seseli. Le
Crithmuni maritimum , vulgairement ap¬
pelé Perce-pierre ou Pas&e-pièrre , et que
Sprengel a appelé Cachrys mariiimai est
une plante herbacée, cültivée dans les
jardins potagers pour ses feuilles , qu’on
confit ait vinaigre comme l’Estragon. Elle
croît sur les rochers du littoral de la Médi¬
terranée, sur les bords de l’Océan occiden¬
tal, depuis le Portugal jusqu’aux Canaries,
et sur ceUx de la mer Noire. Il eti existe une
variété, à feuilles plus larges, qu’on ap¬
pelle C. cahariense. (C. d’O.)
BACILLAIRE . Bacillaria ( hacillus ,
baguette), inf. végét. — Müller avait donné
ce nom à un genre ddfit les nombreuses
subdivisions constituent aujourd’hui la fâ-
ihille des Bacillariées. M. Ehrenberg le ré¬
serve aux espèces qui ont pour caractères
d’être libres; à carapace simple, bivalve
ou multivalve, ëiliceuse, prismatique, et
qui forment des chaînes brillantes ou des
polypiers en zig-zag, par la division spon¬
tanée imparfaite de la carapace, et par la
division parfaite du corps.
Les Bacillaria paradoxa Gmeî., B.
pectinalis Nitzen , et quelqÜeS autres sont
dans ce cas. (P. G.)
BACILLAIRE ( hacillus , baguette).
min. - — Nom qu’on donne à certains cris¬
taux en prismës allongés et arrondis ,
comme ceux dé l’Arrégonite, dë l’Ëpidoté et
du Plomb carbobaté. (Bel.)
BACILLAïtfENS. infLs. — Synonyme
de bacillariées. Voy . ce mot. (P. G.)
BACILLARIÉES. BacillaHa (Bacil¬
laire, genre d’infusoires ). infus. végét. •
M. Ehrenberg nomme ainsi la famille à la¬
quelle les Bacillaires servent de type. Les
Bacillariées sont pour lui des Infusoires ani¬
maux, et il lés classe parmi lés polygaslri-
ques. Beaucoup d’autres naturalistes ad¬
mettent an contraire qüé ce Sont des pro¬
ductions végétales.
Les genres de la famille des Bacillariées
sont fort nombreux et c’est surtout à M. Eh¬
renberg qu’on en doit la distinction, ainsi l
BAt
düe celle de la plupart des espèces qui s’y
rapportent. Ce sont en général des corps de
fort petite taillé, et qu’on nè peut étudier sans
le SeCOUrs dû microscope; il y en a beaucoup
dans nos eaux douces ; les eaux de la mer en
fournissent aussi et M. Ehrenberg en a re¬
connu à l’état fossile dans des roches prove¬
nant de différents points du globe. Le lit si¬
liceux des Bacillariées se conserve en effet
avec beaucoup de facilité. Or , comme cés
êtres organisés se reproduisent eh grande
quantité dans les eaux stagnantes , et que
les individus se succèdent rapidement , le
dépôt de toUs leurs petits cadavres ne larde
pas à prendre une certaine épaisseur. Il y a
aussi des débris de Bacillariées dans laBa-
régirie, et la Fâmie fossile de Suède en ren¬
ferme également beaucoup. M. Ehrenberg ,
dans son grand ouvragé sur les infusoires ,
a traité Cès divers points de vue de l’histoire
des Bacillaires, avec beaucoup d’extension,
et il a doUUë des figurés de tous cés pré¬
tendus animaux. Ott lui doit aussi des tra¬
vaux plus récents sur ce sujet, insérés dans
les Mémoires de l’Académie dé Berlin. Il
en sera traité plus longuement à l’article
infusoires , auquel noüs priohs le lecteur
de recourir. (P. G.)
* BACILLES {hacillus , baguette), ins.
— Genre de la famille des Phasmiens, de
l’ordre des Orthoptères, établi par Latreille
aux dépens du géhre Phasma de Fabricius,
et adopté depuis par tous les entomologistes.
Lés Èacillûs sont caractérisés principale¬
ment pàr un Corps grêle; linéaire, en forme
de baguette, et par des antennes très courtes
et moniliformés, composées d’un nombre
d’articles qui n’etcèdé pas douze. Ces In¬
sectes, qUi sont aptères dans les deux sexes,
se tiennent sur les arbrisseaux exposés à
i’ardéurdü soleil, et ils se traînent lentement
et coüiine avec peine Sur leurs branches.
Lé geni-e Èacillûs lie renferme qu’un
petit nombre d’espèces , dont deux sont
propres à l’Ëiifopë méridionale : l’une , le
B. Rossii Fâb., habité 1U France méridio¬
nale et l’Italie; l’autre , lé B ■ granulàlus
Brui., a été recueillie en Morée, ét se trouve
probablement dans d’autres parties de l’Eu¬
rope méridionale. (bl.)
BACINET, BASSINET, bot. ph. —
Noms vulgaires dè lé Renoncule bulbeuse.
Ÿ0y . RENONCULE.
BAG
MC
* BACÎS (étÿriibld^ié ihcônntië). iks.—
Genre dé Coléoptères tétrainères , faüiille
des Chrysdihélinës , établi par M. Dejëan
(< Catalogue , Bë édit.), mais dont les carac¬
tères n’ont pas été publié^. Il y rapporte B
espèces, toutes de Cayenne , dont une nom¬
mée A. sculellaris pat M. Lacôrdaire. Par
la place qu’il occupe dans le Catalogue, ce g.
paraît voisin du g. Ægithus de Fabricius.
M. Hope ( Revue cutiièHennc , 1831) lui
donne pour caractères : Formé des Scaphi-
dimorphes ; antennes à peine plus longues
que lé corselët. CorSelét presque échancré
antérieurement , à peine sinueux à la base ,
avec les Côtés arrondis. ÉlytreS arrondies à
l’extrémité. Le corpS, en dessous, plus con¬
vexe au miliëii. Jambes à peine courbées.
(D. et C.)
BÀClÜCCO, BÀTICUEA. bot. fh.—
Synonyme de Crithmum maHlimutn L.
Voyez bacile.
BACKELYS , BAKELEYS. mam.
— Les Hottentots donnent ce nom à des
Bœufs d’une race particulière, employés par
eux , suivant le récit de Kolbe , à la garde
des troupeaux. Voy. boeuf. (C. d’O.)
BACONIA, DC. bot. fh. ■ — Genre de
la famille des Rubiacéës ( tribu des Cofféâ-
cées), auquel son auteur assigne pour ca-
ract. distinctifs : Limbe câiicinal 4-fide. Co¬
rolle infondibuliforme, à gorge barbue ; lim¬
be 4-fide, contourné ett estivation. Étamines
4. Ovaire 2-locülaire , couronné d’un disqüe
conique ; loges 1-ovulées ; ovules peltés ,
amphitropes, insérés au milieu de la cloi¬
son. Style filiforme, saillant; stigüiàtc cla-
viforme. Baie sèche, SubglobuleUSë, ombî-
liquée , contenant 2 noyaux crustacés , 1-
spermes. Graines semi-globüiëüsëS, à hile
ventral ; radicule infère. — Ce genre n’eSt
fondé que sur une seule espèce (B. corym-
bosa DC. — Ixora niliàa Schum. ) : c’est
un arbuste de Sierra-Leone à feuilles op¬
posées , pétiolées , acüminëës ; à stipules
connées, engainantes ; à fleurs blanchâtres,
disposées en corymbes terminaux tricho-
tomes. (Sp.)
BACOPA, Aubl. bot. rn. — Genre que
M. Bentham rapporte à la famille des Scro-
phularinées, en lui assignant les caract. sui¬
vants : Calice 5-parti ; segment postérieur
plus grand. Corolle sub-rotacée ou eampa-
nulée, régulière, 5-fide. Étamines S, insé-
*15
réës au tube de la cordlle; toutes fertiles,
alterbes avec les segments de la corolle.
Ovaire à 2 loges multi-dvülées. Style indi¬
vise; Stigmate bilartiellé. Capsule membra-
nacée , indéhiscente , 2 - loculaire ; poly-
sperine. Graines scrobiculées. — On ne
connaît que deux espèces de ce genre : ce
sont des herbes glabres , indigènes de
l’Amérique équatoriale ; à feuilles oppo¬
sées; à pédoncules solitaires ou fascicu-
lés, axillaires, 1-flores; à corolle blanche
ou bleuâtre. (Sp.)
BACOVE. bot. ph. — Variété de Ba¬
nane. Voyez ce mot.
* BACTEHIA (pa^TYipta, bâton), ins. —
Genre de la famille des Phasmiens, de l’ordre
des Orthoptères; établi par Latreille aux dé¬
pens des Phasmctj et addpté depuis par tous
les entomologistes avee de plus ou moins
grandes restrictions. Les Bactcrià ont un
corps long, étroit et filiforme, entièrement
aptère; des antennes plus longues que le tho¬
rax et d’une extrême ténuité; et le premier
article des tarses plus long que les trois sui¬
vants.
Ce genre renferme un assez grand nom¬
bre d’espèces , provenant de toutes les ré¬
gions intertrdpicales. Le type est la B .
arnmatià Stoll ( PhàsYna ferula Fab.),
des IndeS-Orientales. (Bl.)
* BACTERIE. Bacteriuni (Paxttiptov,
bâtoh). infus. — M. Ehrenberg établit sous
cë noin, dans ses ouvrages sur les Infusoires,
un genre de sa famille des Yibriohiens,
dont l’espèce type est le Monas punc -
tatian dè Müller. Les Bactéries sont en
chaînes filiformes; rectilignes et inflexibles.
(P. G.)
*BACTRA ((3a&Tpov, bâton), ins.— Gehre
dé Lépiddptères nocturnes, établi par Ste¬
phens et adopté par Westwdod {Synops. of
ike généra of British insccts , p. 108),
qui le place dans sa famille des Tortricides,
et lui donne peur caractères : Pâlpes mé¬
diocrement longs, Comprimés, épais; squahi-
üiëiix ; le dernier article caché. Ailes hori¬
zontales; les antérieures très étroites, avec
ié bord postérieur tromfué obliquement, èt
l’angle apical aigu. Ce g. a pour type le
Toririx paitperana de Ilaworth , espèce
propre à l’Angleterre, que nous ne connais-
sbhs pas , mais qui , d’après Ses caractères
génériques , paraîtrait appartenir au genre
BAG
k\lx BAC
Pkoxopteryx de Treitschke. Voy. ce mot.
(D.)
BACTRIDIEES. Bactridieœ. bot. cr.
— Nom donné, par M. Ad. Brongniart, à
une tribu de la famille des Urédinées.
(C. d’O.)
BACTRIDIUM ( pajcTïipî^tov , petite
canne), bot. cr. — Kunze et Schmidt ont dé¬
crit, sous ce nom, des petits Champignons qui
appartiennent aux Hypomycètes de Link et
auxMucédinées de Fries. Ils se développent
sur le tronc des arbres. Les filaments qui les
composent sont cloisonnés, le plus souvent
simples ; leur extrémité se tuméfie , s’al¬
longe, et se remplit d’une matière granu¬
leuse formée par les spores ; le dernier ar¬
ticle seulement reste vide et transparent.
— On en connaît trois espèces. J*ai souvent
rencontré dans les environs de Paris le
Bactridium flavum sur l’écorce des Peu¬
pliers. Bulliard l’a figuré sous le nom de
Tremella mucoroides . Ce petit genre de¬
mande encore à être étudié pour son déve-
loppemenl, quoique Kunze et Schmidt en
aient donné d’excellentes figures ( Mycol .
Ileft.). (LÉv.)
* BACTRIDIUM ( (3axTr,pi<5'icv , petite
canne), bot. ph. — Nom employé par Sa-
lisbury, comme synonyme du genre Erica.
(C. d’O.)
BACTRIS ( (3a//rpov, bâton ). bot. — Ce
nom a été donné par Jacquin à un genre de
Palmiers, dont il a décrit deux espèces
sous les noms de Bactris minor et Bac-
tris major . La première , que ce célèbre
botaniste a fait connaître avec détail , est
restée le type de ce genre; la seconde,
dont il n’a vu que des individus en fruit,
n’est conservée qu’avec doute dans ce
genre. Le Bactris minor de Jacquin ( Bac¬
tris minima Gœrtn.) est un petit Palmier
en forme de roseau ; à tige grêle , ne dé¬
passant pas la grosseur du pouce , de B à 4
mètres d’élévation , d’un tissu très dense ,
et formant des cannes très solides , dures
et noires , qui ont été connues dans le com¬
merce sous le nom de Cannes de Talago.
C’est de cet usage d’en fabriquer des cannes
que Jacquin a tiré le nom de Bactris.
Depuis que les Palmiers de l’Amérique,
et surtout du Brésil , ont été étudiés avec
soin par M. Martius, un grand nombre
d’espèces sont venues s’ajouter aux deux
espèces primitives de Jacquin. M. Kunth,
dans son Enumeratio plantarum , en
compte 24. Toutes sont de l’Amérique mé¬
ridionale , et la plupart du Brésil. Ce sont
aussi des Palmiers grêles , à tige arundina-
cée , ne s’élevant ordinairement qu’à quel¬
ques mètres de haut , presque toujours hé¬
rissée, ainsi que les gaînes des feuilles, d’é¬
pines aplaties, noires comme de l’ébène, et
souvent fort longues. Les feuilles, assez
éloignées, embrassantes, recouvrant la tige
dans une grande longueur , au moins par
leurs gaînes persistantes , sont pinnées , à
folioles éparses ou réunies en faisceaux par
leur base , presque toujours hérissées d’é¬
pines plus ou moins fortes. Les fleurs sont
portées sur un spadice simple ou rameux ,
qui sort d’une spathe double, coriace, éga¬
lement hérissée d’épines. Les femelles nais¬
sent vers la base et les mâles vers le som¬
met du même spadice ; ces dernières sont
souvent mêlées à la base avec les fleurs fe¬
melles.
Les fleurs mâles sont formées d’un dou¬
ble périanthe; l’extérieur mince, triparti;
l’intérieur à trois pétales, plus épais, ovales,
aplatis, striés. Étamines 6-9-12, naissant
d’un réceptacle épais , souvent adné à la
base des pétales ; filaments subulés ; an¬
thères droites, linéaires-sagitlées.
Les fleurs femelles sont plus fermes; le
calice est en forme de cupule à bord entier,
tronqué ou légèrement tridenté; la corolle
est urcéolée ou cylindrique , à bord tron¬
qué, à trois petites dents. L’ovaire, ovale
ou trigone, est à une seule loge fertile ; il est
surmonté de trois stigmates sessiles, aigus,
pyramidaux , d’abord connivents , ensuite
étalés et réfléchis. Le fruit est un drupe
ovale ou presque globuleux, monosperme,
dont l’épiderme coriace recouvre une chair
pulpeuse, sous laquelle se trouve un noyau
très dur, percé vers le sommet de trois
trous. Le périsperme est corné , uniforme ,
généralement sans cavité centrale ; l’em¬
bryon est placé vers le sommet.
Ce genre appartient , comme on le voit ,
par ces caractères, à la tribu des Cocoïnées,
où il est voisin des genres Desmoncas et
Astrocaryurn , dont le fruit est fort ana¬
logue, et qui sont également hérissés de ces
aiguillons noirs, plats, durs et acérés, qui
rendent le contact de ces plantes si redou-
BAC
BAC
table. Tous les Bactris connus jusqu’à ce
jour sont du continent de l’Amérique du
Sud ; on n’en cite pas dans les Antilles ni
au nord de l’Isthme de Panama. La plupart
sont originaires des grandes plaines du Bré¬
sil, arrosées par l’Amazone et le Rio-Negro.
— Le Bactris sctosa Mart., et le Bactris
caryotœfolia croissent aux environs de
Rio-Janeiro 5 les deux espèces décrites par
Jacquin proviennent des environs de Car-
thagène , et deux autres , dont une est le
Martinczia ciliata de Ruiz et Pavon, ha¬
bitent le Pérou. (Ad. B.)
*BACTRQCÈRE.#rac£oeer«((3ax:TpGv,
bâton; xspa;, corne), ins. — Genre de Dip¬
tères, créé par M. Guérin {Voyages de la
Coquille ), et adopté par M. Macquart,
qui le place dans la division des Bracho-
cères, subdivision des Dichœtes, famille
des Athéricères, tribu des Muscides, section
des Acalyptères, sous-tribu des Téphriti-
des. Ce genre, suivant M. Macquart, est
voisin des Dacus de Meigen, et il est vrai¬
semblable, dit-il , qu’une partie des espèces
exotiques auxquelles Wiedmann donne ce
nom , appartient à cette nouvelle coupe gé¬
nérique. Quoi qu’il en soit , il faut observer
que le diptère sur lequel M. Guérin l’a fon¬
dé se distingue par trop de différences
caractéristiques du Dacus de V Olivier
qu’on peut considérer comme type du genre
pour ne pas l’en séparer. Les principales
sont : La saillie de l’épistome ; la petite émi¬
nence au milieu du front ; la dimension res¬
pective des articles des antennes et la dis¬
jonction des nervures des ailes. Le nom gé¬
nérique fait allusion à la forme en bâton
des antennes.
L’espèce unique sur laquelle ce genre de
Diptères est fondé a été prise au fort Pras-
lin. M. Guérin l’a nommée Bactrocère
longicorne, Bactroccra longicornis , et
décrite et figurée dans la partie entomo-
logique du voyage précité (pl. 19, fig. 13).
(D.)
BACTYRILOBIUM, Willd.
bâton; XoGtov, cosse), bot. ph. — Synonyme
(suivant M. Bentham) du genre Cassia.
(s*0
BACULITE. Baculites { baculus ,
petit bâton), mole. céph. — Lam^yck a créé,
en 1801 , ce genre de Céphalopodes pour des
Coquilles cloisonnées, ayant la forme de
ai 5
petits bâtons. Ce genre, d’après mes nou¬
velles observations , peut être caractérisé
ainsi qu’il suit : Coquille multiloculaire ,
non spirale, droite, régulièrement conique,
ronde ou comprimée , représentant une
corne droite , dont la partie supérieure ,
sur une assez grande longueur, est toujours
dépourvue de cloison ; cette cavité étant
sans doute destinée à contenir l’animal.
Bouche ovale ou comprimée projetée en
languette du côté dorsal. Cette coquille est
partagée régulièrement par des cloisons,
traversées du côté dorsal par un siphon con¬
tigu et divisées en quatre ou six lobes for¬
més de parties paires.
Les Baculites diffèrent des Hamites, avec
lesquelles elles ont souvent été confondues,
par leur ensemble droit et non reployé, et
par leur bouche prolongée en languette.
Les Baculites sont les Coquilles les plus sim¬
ples de la famille des Ammonidées.
Ce genre de Coquilles fossiles était connu
du temps de Languis , de Bourguet, de
Yalch et Knorr, et avait été considéré
comme voisin des Ammonites. M. Dé¬
fiance le premier y découvrit le siphon , et
Sowerby en observa la bouche. On a décrit
jusqu’à présent onze espèces de Baculites.
Sur ce nombre j’ai reconnu que quatre
espèces sont des doubles emplois (les Ba¬
culites dissimilis , obliquatus , Favjasii
et Knorii ); deux sont des Hamites (les
Baculites cylindracea et gigantea ); deux
me sont inconnues (les Baculites ovata
Say, et vertebralis) , et trois espèces seu¬
lement sont restées, après cette revue sévère;
ce sont les Baculites baculoïdcs , incur-
vavatus et anceps, auxquelles j’ai rajouté
encore le B. neocomiensis {voyez ma Pa¬
léontologie française).
De ces quatre espèces le j?. neocomiensis
caractérise les couches néocomiennes, et les
trois autres l’étage de la Craie chloritée.
Comparées par bassins géographiques , les
Baculites m’offrent, à l’époque du terrain
néocomien , une espèce spéciale au bassin
provençal. Pour les trois espèces de la Craie
chloritée , le Baculites incurvatus est
propre à l’ancien golfe de la Loire ; le B.
anceps au golfe du Cotentin, dans le bassin
parisien, tandis que le B. baculoïdcs se
trouve simultanément au sein des bassins
parisien et méditerranéen. (A. d’O.)
BADA, BABAS, mam. — Synonyme de
HHINQCÉROS d’afRIQUE.
B AB AMI A, Gært. rot. ph. — Syno¬
nyme du genre Terminaliar de la famille
des Combrétacées. (Sr.)
BABAMIER. rot. ru.— -Nom vulgaire
du Terminnlia catalpa L., dans les îles
Maurice et Mascareigne, formé par corrup¬
tion du nom de Bois de damier. Cette dé¬
nomination a été transportée à tout le genre.
Voy. TERMINALIA. (C. p’O-)
*BABAROA, Berterp. rot. ph. — Syno¬
nyme du g. Bryonia , de la famille des
Cucurbitacées. (Sp.)
BABASE. rot. th. — Syn. de Lavan-
diila spica L., dans le Languedoc. Voyez
LAVANDE.
BABASSO. rot. pi?. — Honi provençal
di? Planta yo cynops. Voy . plantain.
(C. d’O.)
BABïAM. rot. ph. — Synonyme de
Badiane.
BABÏANE. Illicium , L. rot. ph. —
Genre de la famille des Magnoliacées, tribu
des Illiciées, ayant ppur caract. : Calice 5-ou
6- sépale ; corolle composée d’un grand nom¬
bre de pétales étroits, disposés sur plusieurs
rangs. Étamines 20 à 30 plus courtes que
la corolle et attachées sous l’ ovaire au torus.
Anthères ad nées à la facp interne des filets;
ovaires de 6 à 18, disposés en étoile, soudés
par leur facp interne et à une seule loge
moposperme. Fruit composé de 6 à 12 car¬
pelles, disposés circulairement et s’ouvrant
à leur partie supérieure. Arbres toujours
verts, aromatiques; à feuilles alternes, par¬
semées de points translucides ; à fleurs pé-
doncplées, solitaires pt axillaires.
On connaît trois espèces de Badiane,
l’une, 1’//. anisaturri ou Anis étoilé, propre
à la Chine et au Japon , dont lps capsules
aromatiques servant à donner à l’Anisettp
de Bordeaux lp parfum fini la distingue;
lps dppx autres II. floridanum pt parvi-
fqriim, sont originaires des Florides. Elles
Spnt cultivées dans nos serres, et leurs cap¬
sules sont moins aromatiques que celles de
l’Anis étoilé. (C. d’O.)
*BABÏERA, DC. bot. rn. — Genre de la
famille des Polygalées , auquel son auteur
assigne les caract. suivapts : Calice 5-sépale,
caduc , presque régulier. Corolle de 3 péta¬
les cohérents par la base; l’intermédiaire
concave, imberbe. Étamines 8, monadel»
phes. Capsule obcordiforme, comprimée,
2-locuîaire, sillonnée au bord. Graines
glabres, à arille très ample, huileux. — Ce
g. appartient à l’Amérique équatoriale ; on
en connaît 5 esp. ; ce sont des arbustes à
feuilles très entières, alternes , à fleurs en
grappes axillaires. (Sp.)
BABISTEB (paôWriç, coureur), ins. —
Genre de Coléoptères pentamères , famille
des Carabiques, tribu des Patellimanes, éta¬
bli par Clairville aux dépens du g. Licinus
de Latreille , et adopté par tous les entomo¬
logistes. Les Badister ont bien quelques
rapports avec les Licinus , mais ils sont
beaucoup plus petits, ordinairement variés
de couleurs tranchées , et leurs caractères
génériques présentent des différences bien
sensibles , telles , par exemple , que le dé¬
faut de dents aux mandibules. Toutes les
espèces connues de ce g. appartiennent ex¬
clusivement à l’Europe et se trouvent ordi¬
nairement dans les endroits humides , sous
les pierres et les débris de végétaux. M. De-
jean, dans la 3me édition de son Catalogue,
en désigne 6 espèces. Nous citerons seule¬
ment le B. bipuslulatus , Car. id. Fabr.,
Car. crux-minpr , Oliv. III, 35, p. 99,
n° 137, t. VIII, fig. 96, a. b. Cette espèce se
trouve en Suède et aux environs de Paris.
(D.)
BABOUA. poiss. — Nom vulgaire du
Blennie cornu, Blennius cornutus L.,
sur la côte de Nice qu’habite ce poisson.
Voy. blennie. (C. d’O.)
BABOVA. roiss. — Nom vulgaire du
Blennie pholis , Blennius p ho lis L., sur
les côtes de Nice. Voy. blennie.
(C. d’O.)
BABULA , Juss. — Synonyme du g.
Myrsit\e , de la famille des Ardisiacées.
BÆA, Commers. ((3ata, petite), bot. p?i.
— Genre de la famille des Yrtandracéps ,
auquel on attribue les caract. suivants : Calice
5-parti, régulier ; corolle à tube court, sub-
campanuié ; limbe sub-bilabié, inégalement
5-parti. Étamines 2, insérées à la gorge de la
corolle; anthères réniformes, 1-thèques, co¬
hérentes au sommet. Ovaire incomplètement
2-loculaire. Style indivisé; stigmate courte-
mept 2-lobé. Capsule siliquiforme, 2-locu-
laire,à 2 valves contournées après la déhis-
BÆO
BAG
eence. Graines minimes, très nombreuses. —
Herbes acaules. Feuilles radicales obovales,
crénelées , cotonneuses en dessous, hygro¬
métriques (comme desséchées lorsque l’air
est sec) ; hampes débiles, ascendantes, pau-
ciflores; fleurs en panicule lâche; corolle
bleue. Ce genre appartient à la Chine et
à la Nouvelle-Irlande ; on n’en connaît que
deux espèces. (Sr.)
BÆCKEA, L. bot. th. — Genre de la fa¬
mille des Myrtacées. Les caractères essen¬
tiels en sont : Calice turbiné ; limbe 5-fide ,
persistant. Pétales 5. Étamines au nombre de
5, de 8, de 10, ou de 15, insérées à la gorge du
calice ; filets subulés ; anthères suborbi-
culaires. Style court ; stigmate capitelié.
Capsule 3-loculaire, polysperme. — Arbustes
à feuilles opposées , non stipulées, ordinai¬
rement aciculaires. Fleurs solitaires ou fasci-
culées, axillaires, sessiles ou pédonculées.
On connaît une vingtaine d’espèces de
ce genre ; la plupart habitent la Nouvelle-
Hollande. Plusieurs d’entre elles se cultivent
dans les collections d’orangerie. (Sr.)
BÆYAK. poiss. — Espèce du genre
bodian. Voyez ce mot.
*BÆlVODACTYLES (fJaivw, je marche;
£oan>Xoç, doigt), rept. — Ritgen donne ce
nom à une famille de Reptiles Sauriens ,
comprenant ceux qui se servent de leurs
pattes pour marcher. (C. d’O.)
* BÆIVOSAURIENS. Bœnosaurii
(j3atvo) , je marche ; aaupoç, Lézard), rept. —
Ritgen appelle ainsi les Sauriens dont les
pattes font les fonctions d’organes ambu¬
latoires. (C. d’O.)
BÆOBOTRYS (êatà, petite; êo'rpu? ,
grappe), bot. ph. — Genre de la famille des
Éricées, établi par Forster et correspondant
au genre Mæsa de Forskal. Voy. mæsa.
(C. d’O.)
* BÆOMETRA (Saiâ , petite ; [/irpov ,
mesure), bot. ph. — Genre de la famille des
Mélanthacées, tribu des Yératrées, établi par
Salisbury ( Trans . horticult. soc., I, 330)
pour une plante du Cap , comprenant une
seule espèce, le B. columcllaris. (C.d’O.)
BÆOMYCES. bot. cr. — Voyez béo-
MYCES.
* BÆOTHRYOIV (êaio; , petit ; ôpu&v ,
jonc), bot. ph. — L’une des tribus établies
par le prof. Nees d’Esenbeck dans le grand
genre Sctrpus. Voy . scxrpe. (A. R.)
un
*BÆRIA. bot; ph. — MM. Fischer et
Meyer ont établi, sous ce nom, d’après une
plante de la Californie , qu’ils ont nommée
B. chrysostoma , un g. que M. Lindlcy
croit devoir être placé dans la famille des
Synanthérées , tribu des Sénécionidées ,
sous-tribu des Héléniées. (C. d’O.)
* BÆTIS. ins. — Genre de la famille des
Éphémériens, de l’ordre des Névroptères,
établi par Leach aux dépens du g. Ej)he-
mera. Les Bœtis sont caractérisées essen¬
tiellement : 1° par des ailes distinctement
réticulées, ayant de très nombreuses ner¬
vures transversales ; 2° par des ocelles au
nombre de trois, très rapprochés les uns des
autres sur le tubercule frontal; et, 3° par
des tarses de cinq articles.
Ce genre renferme un petit nombre d’es¬
pèces des différentes parties du monde ;
le type en est la B . vcnosaYzb., qui habile
une grande partie de l’Europe. (Bl.)
* BÆUMERTA (Flor. Wetternv.). bot.
ph. — Synonyme du genre Naslurtmm.
(s*0
BAGADAIS. Prionops , "Vieil, (rçpiov ,
scie ; S<|> , œil ; à cause du cercle de peau
nue et dentelée en scie qui entoure les yeux
des Oiseaux de ce genre , comme chez les
Pigeons mondains nommés Bagadais). ois.
— Genre de l’ordre des Passereaux , de la
famille des Lanidées et de notre sous-fa¬
mille des Laniarinées. Ses caractères gé¬
nériques sont : Bec droit, tendu, comprimé,
ne se courbant que près de son extrémité ,
qui est très crochue et légèrement échan¬
gée; sa base garnie de plumes longues,
sétacées , assez rigides , recouvrant les na¬
rines et dirigées verticalement et en avant
jusqu’à moitié de sa longueur. Yeux bordés
d’un cercle de peau nue , rebordée , et le
plus souvent festonnée. Tarses et doigts de
longueur médiocre ; l’externe plus long que
l’interne et réuni au médian à sa base ;
l’interne entièrement libre. Ailes assez dé¬
veloppées, atteignant, dans le repos, la
moitié de la queue ; celle-ci assez longue ,
terminée presque carrément ou légèrement
arrondies; formes assez sveltes.
Ce genre fut formé par Yieillot, sur une
seule espèce de Pie-grièche du Sénégal, que
Levaillant décrivit et figura le premier, en
1799, dans ses Ois. (V Afr ., pl. 80, 81, sous
le nom de Le Geoffroy , parce qu’eile avait
27
x. ».
BAG
BAG
418
été rapportée la première fois par M. Geof¬
froy de Villeneuve. Presqu’en même temps,
en 1800, Shaw la décrivait et la figurait aussi
en Angleterre, dans sa Gen. zool. , sous le
nom de Lanius plumatus.
Cette espèce, longtemps la seule connue
du genre, est remarquable, non-seule¬
ment par la touffe hérissée de ses plumes
frontales et par le cercle de peau nue
qui entoure ses yeux (caractères du genre),
mais aussi par une huppe de plumes allon¬
gées, s’élevant du sommet de la tête en
forme de plumet ; la tête , le cou et tout le
dessous sont blancs 5 la nuque est grise ; le
dos est noir, ainsi que les ailes , qui sont
parcourues par une bande blanche dans leur
longueur ; la queue est également noire ,
terminée et largement bordée de blanc. C’est
le Bagadais Geoffroy, Prionops Geoffroyi
(Vieil. Gai., pl. 142); Le Geoffroy (Le¬
vaillant, Afr., pl. 80); Lanius plumatus
(Shaw) ; — Prionops plumatus (Swains.
Birds of Western Africa, vol. VII, pl. 26).
Quoique cette espèce soit commune au
Sénégal d’où on la rapporte souvent en
grand nombre, on 11’a pas encore recueilli
de renseignements sur ses mœurs , et
M. Swainson lui-même, dans ses Birds of
Western Africa , 1837, n’en a donné au¬
cun. Levaillant, qui ne l’avait point ren¬
contrée dans ses voyages au sud de l’Afri¬
que, ayant remarqué que les individus rap¬
portés du Sénégal avaient souvent le bec
terreux, en avait auguré que l’espèce devait
chercher sa nourriture à terre , en des en¬
droits humides, et probablement en troupes
comme les Étourneaux ; ce qui lui faisait
penser qu’elle ne devait pas être réunie aux
Pies-grièches.
Dans ces dernières années , deux nou¬
velles espèces ont été ajoutées à l’espèce
type : l’une, le Prionops cristatus Rüpp.
( Faune d’ Abyssinie , 2e partie, Ois.,
pl. 12, fig. 2) a été découverte par ce voya¬
geur en Abyssinie ; l’autre , le Prionops
Falacon\a Sm. ( Illust . of the zool . of
south A frica, Ois., pl. 5), l’a été par le
docteur Smith, dans son exploration de l’A¬
frique centrale, où il ne l’a rencontrée que
depuis le 25me degré de latitude sud , et au-
delà vers le nord. Ces deux nouvelles espèces
ont les plus grands rapports de coloration
avec celles du Sénégal. La première en dif¬
fère en ce que le dos et les ailes spot iipj*
formément noires et que sa huppe est courte,
projetée en avant, et n’a pas la forme d’un
plumet ; et, la seconde, par l’absence totale
de la huppe. Le docteur Smith a donné, sur
cette dernière, quelques détails de mœurs
qui semblent confirmer les présomptions de
Levaillant, quant à celles de l’espèce du
Sénégal. Il l’a rencontrée dans des localités
garnies de buissons bas, par bandes de
sept à huit individus, s’occupant activement
à chercher des Insectes , soit à travers ces
buissons, soit sur le sol des environs. Les
Termites lui ont paru être leur nourriture
favorite , car l’estomac de presque tous les
individus qu’on put se procurer en était
rempli, il a remarqué que c’était un oiseau
sauvage et criard, que souvent tous les in¬
dividus de chaque bande faisaient entendre
leurs cris en même temps , soit en volant,
soit en cherchant des Insectes sur le sol ou
dans les buissons.
L’observation du docteur Smith , sur la
nourriture de son Prionops Falacoma, es¬
pèce d’ailleurs si voisine de celle du Séné¬
gal, nous porte à croire, par analogie, que
cette dernière a probablement le même
genre de nourriture dans une autre partie de
l’Afrique , où les Termites abondent égale¬
ment, et explique pourquoi Levaillant avait
remarqué de ces individus du Sénégal, à bec
terreux. Elle nous suggère , à nous, l’idée
que ces plumes hérissées du front et de
toute la partie antérieure de la tête, qui s’é¬
tendent sur le bec au point d’en cacher en¬
tièrement l’ouverture des narines, n’ont été
ainsi conformées chez ces trois espèces ,
mangeuses de Termites , que pour protéger
leurs narines et leurs yeux de la morsure
cruelle de ces Insectes. Cette supposition
nous paraît d’autant plus probable qu’on
retrouve cette même disposition de plumes
frontales chez un certain nombre de Four¬
miliers d’Amérique et en particulier chez
les espèces formant le genre Mèrulaxe de
Lesson , et celui de Malachorhynchus de
M. Ménétrier, dans sa Monographie des
Fourmiliers, et dont l’espèce type est le
Mèrulaxe noir Less. (Traité , p. 397, et
Cent. zool. , pl. 30), ou Malachorhyn-
chus cristatcllus Ménétr. (pl. 12); aussi ce
genre Bagadais nous paraît-il un véritable
chaînon des Pies-grièches aux Fourmiliers.
BAG
Cette particularité de plumes rigides et
protectrices ne peut être, comme les huppes,
un simple ornement accordé à ces Oiseaux
et nous paraît bien plutôt un de ces moyens
innombrables et souvent cachés , aussi in¬
génieux qu'admirables , employés par la
nature pour la conservation des espèces et
dont un si grand nombre nous sont encore
inconnus. (Lafr.)
15 AG AL ATT A . bot. ph. — Voyez
EISSAMPELOS.
BAGASSA, Aubl. bot. ph. — Genre in-
tomplètement connu, qui paraît appartenir
à la famille des Artocarpécs. Il est fondé sur
une seule espèce , qui croît à la Guiane ;
c’est un arbre lactescent , à feuilles oppo¬
sées, ovales, trilobées : à stipules caduques.
Le fruit est un syncarpe sub-globuleux , du
volume d’une Orange , composé de nucules
ovoïdes. (Sp.)
BAGASSIER ou BAGAU. bot. ph. —
Synonyme de bagassa.
BAGATBAT, BAGATPAT. bot. ph.
— Synonyme de sonnératie.
BAGATPAT. bot. ph. — Voyez bagatbat.
BAGATTO. bot. ph. — Synonyme de
micocoulier. Voyez ce mot.
BAGAU. BOT. PH. — Voyez BAGASSIER.
BAGLAFECHT. ois. — Espèce du
genre Tisserin, Loxia phiïippina L.
Voy. TISSERIN.
* BAGOUS (Bagous, eunuque), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères , famille
des Curculionites , établi par Germar et
adopté par tous les autres entomologistes.
Schœnherr le range parmi ses Gonatocères ,
division des Cryptorhynchides.— Les espèces
de ce genre ont le corps oblong , presque
ovale , un peu convexe en dessus , garni de
petites écailles, souvent aussi couvert d’une
boue visqueuse. Elles sont ailées, d’une
moyenne ou de très petite taille. On en
trouve dans toute l’Europe, en Afrique, en
Amérique , en Sibérie et dans les Indes
orientales, Schœnherr en décrit 22, parmi
lesquelles nous citerons comme type du g.
le B. binodulus de Herbst, Rhynchœnus
id. Gyllen., de la Suède , et qui se trouve
aussi aux environs de Paris. Elle est figurée
dans l 'Iconographie du Règne animal
de M. Guérin, pl. B8, fig. 2, a. (D.)
BAGUARI. ois. — Espèce du genre
Cigogne.
BAG Ü9
BAGUE, ins. — Dans certains cantons
de la France , les jardiniers donnent ce nom
aux anneaux que forment, autour des petites
branches des arbres fruitiers, les œufs du
Bombyx neustria de Lihné, vulgairement
appelé la Livrée. Cette espèce appartient
aujourd’hui au g. Clisiocampe de Stephens.
Voy. ce mot. (D.)
BAGUE, roiss. — Synonyme de bogue.
Voyez ce mot.
BAGUENAUDIER. Colutea , L. bot.
ph. — Genre de la famille des Légumineuses,
sous-ordre des Papilionacées , tribu des Ga-
légées. Les caract. essentiels en sont : Calice
cupuliforme, 5-denté. Étendard ample, dé¬
ployé , sub-orbiculaire , calleux à la base.
Étamines diadelphes. Style barbu à la sur¬
face postérieure; stigmate onciné , latéral.
Légume stipité , vésiculeux, cymbiforme,
membraneux. — Les Baguenaudiers sont
des arbrisseaux dépourvus d’épines. Les
feuilles sont paripennées, à stipules petites,
caulinaires. Les fleurs naissent en courtes
grappes axillaires. Ce genre, dans les li¬
mites que lui ont assigné les botanistes mo¬
dernes, ne renferme que trois ou quatre es¬
pèces, toutes indigènes d’Europe ou d’O-
rient. Tout le monde sait que ces arbustes se
plantent fréquemment dans les bosquets.
On les recherche en raison de leur port élé¬
gant et de la singularité de leurs gousses :
leurs feuilles sont purgatives , et peuvent ,
au besoin , être substituées au Séné ; les
graines , au témoignage du docteur Loise-
leur-Deslongchamps, agissent comme émé¬
tique , à la dose d’un scrupule.
L’espèce la plus répandue est le Bague-
naudier commun ( Colutea arborescens
L.), qui croît spontanément en France et
dans toutes les contrées plus méridionales
de l’Europe ; ce Baguenaudier prospère
dans les sols les plus ingrats et même dans
la Craie pure ; il forme un buisson de 4 à 5
mètres de haut ; ses feuilles sont composées
de folioles elliptiques, rétuses, glauques en
dessous ; les fleurs sont d’un jaune foncé ,
et disposées au nombre de 6 ou plus , en
grappes très lâches.
Le Baguenaudier a fleurs rouges (Co-
lutea cimenta Hort. Kew.) diffère du Ba¬
guenaudier commun , en ce qu’il ne s’élève
pas à plus de deux mètres ; par ses folioles
obcordiformes ou obovales, glauques au*
BAI
420 BAI
deux facesj et par ses fleurs rougeâtres,
naissant seulement au nombre de 4 ou 5 sur
chaque pédoncule. Cette espèce est origi¬
naire d’Orient ; on en forme des haies d’un
aspect fort agréable. (Sp.)
BAGUETTE. BOT. PH. — Voyez BOIS-
BAGUETTE.
BAGUETTES, bot. ph. — Nom donné
par les amateurs de Tulipes , aux . plantes
qu’ils laissent monter à graine, ou celles
qui sont portées sur des pédoncules trop
longs. (C. d’O.)
BAGUNTKEN. poiss. — Synonyme de
Surmulet. Voyez mulle.
* B AH AB A. bot. ph.— Ce genre, créé
par Hamilton, répond au g. Terminalia ,
L., famille des Myrobolanées.
BAHEL. bot. ph. — On connaît sous ce
nom deux plantes, le B. fsjulli, qui répond
au Colvmnca longi folia, et le B. Schulli ,
synonyme de Barleria longi folia.
BAIIIA. bot. ph. — Genre établi par
Lagasca, et qui, d’après Sprengel, est syno¬
nyme de Bellium. Voy. ce mot. (C. d’O.)
BAIANTTES. bot. ph. — Synonyme de
Ximenia .
B AïC ALITE. MIN. - Voyez BÀIKALITE.
BAIE. Bacca. bot. ph. — Dénomination
générale qui s’applique à tous les fruits
charnus qui ne contiennent pas de noyau.
Quand on examine attentivement les di¬
verses espèces de fruits qui ont reçu le nom
de Baie, on reconnaît entre elles des diffé¬
rences extrêmement tranchées. Ainsi, il y a
des Baies uniloculaires et monospermes ,
soit primitivement , soit par suite d’avorte¬
ment ; d’autres qui proviennent d’un ovaire
à deux , trois , ou à un plus grand nombre
de loges polyspermes, dont les graines sont
attachées à l’angle interne de chaque loge ,
comme dans les genres de la famille des So-
lanées , à fruits charnus ; d’autres, au con¬
traire , proviennent d’ovaires à graines pa¬
riétales , comme les Groseillers. Tantôt la
Baie résulte d’un ovaire libre; tantôt, au
contraire , l’épicarpe est formé par le calice
adhérent avec l’ovaire infère. Ces observa¬
tions suffisent pour prouver que la dénomi¬
nation de Baie est encore peu précise, puis¬
qu’elle s’applique à des structures fort dif¬
férentes. (A. R.)
BAIÉRINE ( de Bayern , Bavière ).
min. — Nom donné par M. Beudant à la
Tantalite de Bavière. Voy. tantale. (Del.)
BAIGNOIRE, moll. — Deux Coquilles
fort différentes ont reçu le nom de Bai¬
gnoire : l’une est le Triton crotorium de
Lamarck , avec laquelle Montfort a fait un
genre inutile [voy. triton) ; l’autre appar¬
tient au genre Avicule ; c’est l’ Avicula
macroptera , assez souvent désignée chez
les marchands sous le nom de Baignoire cui¬
vrée. Voy. avicule. (Desh.)
BAIKALITE (nom du lac Baïkal). min.
— Yariété de Pyroxène sahlite, trouvée dans
un calcaire laminaire, près du lac Baïkal, en
Sibérie. Voy. pyroxène. (Del.)
* BAILLANTS. Hiantes. ois.— Savigny
donne ce nom à une tribu , et Goldfuss à
une famille de l’ordre des Passereaux ,
renfermant ceux dont le bec est largement
fendu. (C. d’O.)
BAILLARD, BAILLARGE, BAIL-
LORGE (du vieux mot bailler, donner ; à
cause de la production abondante), bot.
ph. — Yariété de l’Orge, très productive.
(C. d’O.)
BAILLIERIA. bot. ph. — Genre éta¬
bli par Aublet pour un végétal de la Guiane,
de la famille des Synanthérées , tribu des
Sénécionidées ; il est synonyme de Cliba-
dium, Lin. (C. d’O.)
BAILLON. poiss. — Voyez cæsiomore.
BAILLORGE. bot. ph. — Voyez bail-
lard.
BAILLOUVIANA (nom d’homme).
(Phycées). — bot. cr. Nom donné par Gri-
sellini à une Algue fort élégante de la mer
Adriatique , très bien décrite par cet obser¬
vateur ( Observ. sur la Scolop. mar. ,
p. 83) et passablement figurée pour l’époque.
Adanson [Fam. des PL, II, p. 13) adopta
comme nom générique le nom de Grisellini,
que Gmelin employa plus tard d’une manière
spécifique pour désigner un de ses Fucus.
M. Agardh, qui, lors de la publication de
son Species Algarum, ne connaissait pro¬
bablement pas l’algue du naturaliste ita¬
lien , en reçut des échantillons de New-
York , d’où nous la tenons nous-même ,
lesquels privés de leurs filaments pénicilli-
formes lui parurent devoir être rapportés à
son genre Sphœrococcus. C’est sur cette
même espèce que plus tard il fonda son
genre Dasya , presqu’en même temps que
Martius, de son côté, créait pour elle le g.
BAK
421
Rhodonema. Malgré les réclamations des
phycologues italiens, le nom qui fait le
sujet de cet article, bien qu’ayant évidem¬
ment la priorité sur ceux de Dasya et de
Rhodonema , ne nous semble pas suscepti¬
ble d’être conservé , du moins sans modifi¬
cation, et cela par la raison que sa désinence
adjective le fait pécher contre les règles gé¬
néralement admises. M. Agardh avait donc
le droit de choisir entre ces deux partis ,
soit de le modifier en celui de Bdillouvia ,
ce qui eût peut-être été juste , soit d’en ad¬
mettre un autre; mais, dans ce dernier cas ,
l’équité commandait de conserver comme
nom spécifique , ainsi que nous l’avons fait
( Canar. Crypt ., p. 165) , le nom créé par
Grisellini et employé déjà comme tel par
Gmelin ( Fuc ., p. 165), ou bien, comme l’a
préféré M. Nardo, d’adopter le nom du
premier inventeur. (C. M.)
BAIN DE VÉNUS, bot. th. — On a
quelquefois donné ce nom au Chardon a
foulon ( Dipsacus fullonum L.). (A. R.)
B AIT ARIA, Ruiz et Pav. bot. th. —
Genre non classé , auquel ses auteurs as¬
signent pour caract. : Calice tétraphylle ,
persistant ; les 2 folioles inférieures plus
petites , insérées à quelque distance des
deux autres. Corolle hypogyne, hypocraté-
riforme; limbe 5-parti. Étamines environ
18, insérées au fond de la corolle. Style su-
bulé , trifide. Capsule ovoïde , acuminée ,
trièdre, triloculaire, loculicide-trivalve, po-
lysperme. Graines lenticulaires. — Ce g.
n’est constitué que sur une seule esp.; c’est
une herbe acaule, indigène du Pérou (Sp.)
BAJAN ou BAJANG. bot. th. —
Genre établi par Adanson pour deux espè¬
ces d’Amaranthes décrites par Rumph, dont
les pétioles sont munis de deux épines à
leur base et dont les étamines ainsi que les
sépales sont au nombre de cinq. (C. d’O.)
BAJET. moll. — Sous ce nom, Adan¬
son, dans son Voyage au Sénégal , page
201 , décrit une assez belle espèce d’Huître,
qui n’est autre chose que YOstrea cristata
de Lamarck. Voyez huître. (Desh.)
BARELEYS. mam. — Voyez backelys.
* BAKÉRINE. — M. Bory de Saint-
Vincent a formé, sous ce nom, dans la fa¬
mille des Thikidées , un g. d’animaux mi¬
croscopiques qui a pour caract. : Un corps
contractile, renfermé dans un fourreau sans
BAL
y adhérer ; pas de tentacules ; une tête bien
marquée, et de chaque côté un appareil ro¬
tatoire , composé de longs cirrhes vibratiles
portés sur un pédoncule. (C. d’O.)
* BALADE VA (étymologie inconnue).
ins. — Sous-genre de Coléoptères tétramè-
res, famille des Longicornes, tribu des Prio-
nides, établi dans le g. Dorysthencs de
M. Yigors, par M. Watherhouse ( Transact .
cniomol. ofthe society of London , vol. II,
part. 4, pag. 225-227, pl. 21, fig. 1, «, c.),
et qui a pour type une grande espèce de
Prionides des Indes-Orientales, à laquelle il
donne le nom de Baladera Walkerii. Elle
est surtout remarquable par le grand déve¬
loppement de ses mandibules, très aiguës
et courbées vers la terre. Voy. dorysthenes.
Cette espèce se distingue du Prionus
rostratus Fab. par l’absence d’une forte
épine au prosternum ; par le prothorax, qui
est avancé sur les côtés et armé de trois
grandes dents. (D. et C.)
* BALÆNIDES. Balænidœ. mam. —
Nom donné par M. Gray à une famille de la
classe des Mammifères, ayant pour type le
genre Baloena. (C. d’O.)
BALÆNOPTERA. mam. — Voyez ba-
léinOptère.
BALAIS, bot. cr. — Nom qu’on donne,
dans quelques endroits de la France, au
Clavaria coralloidcs L. , en raison de la
forme qu’elle présente. Voyez les mots cla¬
vaire , CLAVARIA. (LÉV.)
BALAIS, min. — Voyez rubis et srr-
NELLE.
BALANCE, thys. — On nomme ainsi
tout instrument destiné à déterminer le
poids des corps. Une Balance, quelle que soit
du reste sa forme, qu’elle soit à bras égaux
et à deux plateaux, ou qu’elle soit à bras iné¬
gaux comme la romaine , est toujours un
levier du premier genre , ayant son point
d’appui au milieu, et dont l’une des extré¬
mités, chargée du corps à peser, représente
la résistance, tandis que l’autre, chargée du
poids faisant équilibre , représente la puis¬
sance.
Nous ne parlerons ici que des Balances
employées pour les opérations délicates des
sciences.
Les conditions auxquellesune Balance doit
satisfaire pour donner des résultats exacts
sont : 1° le moindre frottement possible du
BAL
BAL
fléau sur son support ; 2° un équilibre par¬
fait entre les deux bras de levier, par le seul
effet dé leur pesanteur.
La Balance de Fortin , pour la description
de laquelle nous renvoyons aux ouvrages de
physique, remplit toutes ces conditions. Les
meilleures Balances , construites par cet ar¬
tiste pour peser un kilogramme, trébuchent
à un milligramme, et permettent, par con¬
séquent, d’évaluer les poids à un millioniè¬
me d’erreur près ; celles qui ne sont faites
que pour aller à quelques grammes sont
plus délicates encore ; elles oscillent aux
fractions de milligramme.
Malgré toute la précision que semble
présenter une Balance ainsi construite , il
est convenable , pour éviter toute cause
d’erreur, d’employer la méthode des dou¬
bles pesées. Yoici en quoi elle consiste :
on met dans l’un des plateaux, le corps
qu’on veut peser ; dans l’autre , on place
des poids non marqués, comme de la gre¬
naille de plomb et des fragments de clin¬
quant pour compléter l’équilibre. Cela fait,
on enlève le corps soumis à l’expérience ,
et on le remplace par des poids marqués ,
dont la somme indique le véritable poids
du corps, puisqu’ils font le même effet que
lui, pour équilibrer ceux qui se trouvent
dans l’autre plateau.
La Balance de Berzélius , très répandue
aujourd’hui dans les laboratoires, est con¬
struite de manière à éviter la double pesée.
Toute pesée faite dans l’air exige une
correction ; car un corps , entouré de ce
fluide, perd de son poids réel une quan¬
tité égale au poids du volume d’air qu’il dé¬
place. Bien que cette quantité soit peu con¬
sidérable , elle ne saurait être négligée dans
des expériences minutieuses.
La Balance hydrostatique n’est autre
chose qu’une Balance ordinaire , dont l’un
des plateaux porte inférieurement un cro¬
chet auquel on suspend un corps solide par
un fil très mince. Avec cette Balance , on
peut mesurer la densité des corps solides.
On entend par densité d’un corps , sa
pesanteur spécifique ; or, cette densité est
égale au rapport du poids au volume. Comme
on est convenu de prendre pour unité de
densité celle de l’eau distillée , à 4° au-des¬
sus de zéro, point du maximum de densité
de ce liquide , le nombre qui exprime la
densité d’un corps indique combien de fois
la masse de ce corps contient celle de i’eàu
occupant le même volume.
Quand on veut obtenir la pesanteur spé¬
cifique d’un corps au moyen de la Balance
hydrostatique, on cherche d’abord son
poids dans l’air , par le procédé ordinaire ,
et ensuite le poids de l’eau qu’il déplace ,
quand on le pèse suspendu dans ce liquide.
Le premier poids , moins le second , est la
densité cherchée.
Pour comparer la densité des liquides ,
on a recours à des instruments qui portent
le nom d’ aréomètres.
Les aréomètres sont à volume constant
oü à poids constant. Les premiers, qui sont
applicables à tous les liquides, se composent
ordinairement d’un cylindre en verre ou en
métal, terminé par deux bases coniques. Ce
cylindre est lesté inférieurement par une
masse de plomb ou de mercure, qui le
maintient en équilibre; de l’autre côté, il
est surmonté par une tige verticale qui porte
une petite cuvette destinée à recevoir des
poids. Un trait, marqué sur cette tige, indi¬
que le point d’ affleurement. La diffé¬
rence des poids nécessaires pour faire plon¬
ger l’instrument jusqu’au point d’affleure¬
ment dans deux liquides différents indique
ia différence de densités. On doit cet aréo¬
mètre à Fahrenheit.
Celui de Nicholson diffère du précédent
en ce que la masse inférieure , qui sert de
lest, est en forme de cuvette. Au moyen de
cette addition, cet instrument peut servir
à mesurer les densités des corps solides.
Les aréomètres à poids constant , dont
la première invention remonte à Baumé ,
sont généralement connus sous le nom de
pèse-liqueurs.
Us consistent en un tube de verre cylin¬
drique, soufflé en boule vers le bas ; au-des¬
sous de cette sphère creuse , est une autre
cavité contenant du mercure qui sert de
lest. Si l’aréomètre doit servir à mesurer des
liquides d’une densité supérieure à celle de
l’eau, il est lesté de manière à s’enfoncer
presque entièrement dans l’eau pure; le point
d’affleurement devient le zéro de l’échelle.
Dans le cas , au contraire , où il s’agit de li¬
quides moins denses que l’eau, l’instrument
ne plonge dans ce liquide que du cinquième
environ de sa longueur.
BAL
Les corps solides et liquides , exposés à
des températures variables , changent par
conséquent de densité ; et, comme ils n’é¬
prouvent ni la même dilatation ni la même
contraction par les mêmes variations de
température, il en résulte que leurs rap¬
ports de densité ne restent pas les mêmes ;
il y a donc nécessité de rapporter les densi¬
tés de ces corps à une certaine température,
ou de corriger celles qui n’ont point été ob¬
servées à cette température normale, afin de
rendre les résultats comparables entre eux.
La densité des gaz se mesure par un pro¬
cédé fort simple en apparence, mais qui ce¬
pendant exige, pour arriver à des résultats
exacts, de grandes précautions et une atten¬
tion soutenue. On pèse successivement un
même vase, un ballon de verre , par exem¬
ple, rempli d’qir d’abord, puis ensuite
du gaz dont on veut connaître la pesanteur
spécifique; on retranche, des poids obtenus,
celui du ballon vide de toute matière pon¬
dérable ; le rapport des deux différences est
la densité cherchée.
La Balance de torsion , dont on doit
l’invention à Coulomb , est un instrument
dans lequel la force de torsion est opposée
à d’autres forces qu’on veut mesurer, et
qu’il est difficile d’apprécier sans un appa¬
reil extrêmement sensible. C’est avec cette
Balance qu’on mesure les forces d’attrac¬
tion ou de répulsion des corps faiblement
électrisés. L’instrument se compose essen¬
tiellement d’un fil métallique retenu supé¬
rieurement par une pince et portant infé¬
rieurement un levier horizontal. La pince
traverse un tuyau dont le bord supérieur
présente un cercle gradué, sur lequel une
aiguille qui la termine supérieurement peut
s’arrêter; il est facile d’évaluer ainsi la
torsion qu’on est obligé de faire subir au fil
pour que le levier, sollicité par une force
étrangère , puisse garder une certaine po¬
sition. L’angle total de torsion sert alors
de mesure à cette force , en prenant pour
unité celle qui ne produirait qu’un écarte¬
ment d’un degré.
Ce fut au moyen d’une Balance de tor¬
sion, d’une construction particulière, que
Cavendish démontra que les corps de la na¬
ture s’attirent mutuellement, et qu’il trouva
que la densité de la terre est égale à cinq
fois et demie celle de l’eau. (A. Dui>onchel.)
bai, m
BALANCEIJR. ois. —Espèce de Gros-
bec de l’Amérique méridionale.
BALANCIERS. Haltères , Libra-
menta. ins. — On nomme ainsi deux pe¬
tits appendices membraneux, mobiles, très
minces, plus ou moins longs, insérés de
chaque côté du mélalhorax des Diptères ,
dans l’angle formé par la jonction du cor¬
selet avec l’abdomen. Chacun de ces appen¬
dices se compose de ces deux parties : le
style ou filet (stylus), ordinairement allon¬
gé ; et le sommet ou bouton ( capitulas ),
arrondi, ovale ou tronqué, le plus souvent
très comprimé. Du reste , la forme et la
grandeur de ces organes varient suivant les
genres ou les tribus; ils sont très allongés
chez les Tipules et les Cousins, de longueur
moyenne chez les Taons et les Asiles , et
excessivement courts chez les Œstres et les
Hippobosques ; tantôt ils sont à nu , et
tantôt recouverts par deux autres pièces
également membraneuses qu’on nomme
Ailerons ou Cuillerons [voyez ces mots).
Ces pièces manquent dans la plupart des
Tipulaires ; mais elles existent dans pres¬
que toutes les autres familles, et leur gran¬
deur est toujours en raison inverse de celle
des Balanciers et vice vers â. La persistance
de ces appendices chez tous les Diptères ,
alors même qu’ils manquent d’ailerons, an¬
nonce qu’ils sont pour eux des organes très
importants; il serait donc intéressant de
savoir à quelles parties de l’organisation
des autres Insectes ils correspondent; mais
les entomologistes sont loin de s’accorder
sur ce point : Latreille les regarde comme
des appendices Yésiculeux dépendant des
deux trachées postérieures du thorax , et
représentant les valves qui accompagnent
les stigmates de quelques larves aquatiques
(éphémères, gyrins), ou qui vivent dans des
matières en putréfaction [Musca carna-
ria, Echynomia grossa). Il se fonde prin¬
cipalement sur ce que les ailes inférieures
naissent toujours des sommités latérales et
antérieures du troisième anneau thoraci¬
que , à une très courte distance des ailes
supérieures, et en avant des deux stigmates
postérieurs du thorax , tandis que les Ba¬
lanciers partent de beaucoup plus bas , et
sont toujours placés dans le voisinage de
ces ouvertures aériennes, souvent même
sur leur bord interne. M. Macquart, sans
BAL
BAL
m
s’expliquer sur les fonctions de ces organes,
dit positivement qu’ils sont insérés sur le
segment médiaire dépendant de l’abdomen
et contigu au thorax, et qu’ainsi il faut bien
se garder de le considérer comme des rudi¬
ments des secondes ailes qui, en effet, ne
peuvent tirer leur origine d’un segment ab¬
dominal. De son côté, M. Audouin, qui a fait
une étude approfondie de la composition du
corselet chez tous les ordres d’insectes,
pense que les Balanciers des Diptères en sont
une dépendance, et il faut convenir que ses
raisons sont très spécieuses. En effet, le dé¬
veloppement de chacun des trois anneaux
thoraciques se faisant toujours aux dépens
de celui des deux autres , et les appendices
qui en naissent étant nécessairement sou¬
mis à la même loi, il n’est pas étonnant que
les secondes ailes se réduisent à de simples
filets membraneux chez les Diptères, puis¬
que le métathorax, dont elles tirent leur
origine , est , chez ces Insectes , aussi exigu
que leur mésothorax est énorme. Toutefois,
pour qu’il ne s’élevât aucun doute à cet égard,
il fallait retrouver, à la base des Balanciers,
des épidèmes et des muscles analogues à
ceux qui font mouvoir les secondes ailes
chez les Insectes qui en ont quatre. Or,
malgré l’extrême difficulté d’observer des
organes aussi minimes , M. Audouin pré¬
tend y être parvenu à l’aide du micros¬
cope, et avoir démontré l’existence de ces
organes dans son travail général sur le tho¬
rax, lu à l’Académie des sciences, le 20 mai
1820. Pour contredire ou confirmer l’asser¬
tion de ce savant professeur, il faudrait
avoir répété ses observations microscopi¬
ques, et c’est ce que nous n’avons pas fait ;
mais ce qui nous ferait partager son opi¬
nion , c’est que les Balanciers , principale¬
ment chez les Tipulaires, où ils sont à nu et
très développés, nous ont paru insérés ab¬
solument à la même place que les secondes
ailes chez les Némoptères, lesquelles ailes ,
par leur forme linéaire , ont la plus grande
analogie avec les appendices dont il s’agit.
Si les entomologistes ne s’accordent pas
sur la partie du corps des Diptères qui
donne naissance aux Balanciers , ils diffé¬
rent également d’opinion sur l’usage de ces
organes ; la plupart pensent qu’ils servent,
comme l’indique leur nom , à maintenir
l’insecte en équilibre pendant le vol , et ils
citent, en effet, des expériences desquelles
il résulte que, si l’on coupe un des Balan¬
ciers, l’insecte perd l’usage de l’aile située
du même côté, et finit par tomber en tour¬
billonnant sur lui-même , et que si on les
coupe tous deux , il se trouve tout à fait
dans l’impossibilité de voler. Cependant
M. Lacordaire, dans son Introduction à
l’Entomologie , assure avoir répété ces ex¬
périences, et n’avoir rien observé de sem¬
blable. D’autres entomologistes comparant
l’aileron à une espèce de tambour, et le
balancier à une sorte de baguette , en ont
conclu que l’action de l’un sur l’autre ser¬
vait à produire le bourdonnement que la
plupart des Diptères font entendre en vo¬
lant; mais cette opinion est contraire à
l’observation , puisque des Insectes qui
manquent de cet appareil, tels que les
Abeilles et les Guêpes, et ceux qui ont des
Balanciers sans ailerons , comme les Asiles
et les Bombyles, bourdonnent et font en¬
tendre un bruit plus fort que ceux qui sont
pourvus à la fois de ces deux organes. On
va même jusqu’à dire que si l’on prive un
diptère de ses Balanciers , on l’entendra
bourdonner aussi fort qu’auparavant.
Olivier pense que ces organes doivent
être considérés comme servant avec les ai¬
lerons à faciliter le vol des Diptères , et il
se fonde sur ce que les espèces qui man¬
quent d’ailerons ont leurs Balanciers beau¬
coup plus grands que celles qui sont pour¬
vues en même temps de ces deux appendi¬
ces ; toujours est-il qu’on voit souvent les
Balanciers vibrer avec la plus grande rapi¬
dité, lors même que l’insecte est en repos ,
et qu’ainsi leur motilité est indépendante
de l’action du vol.
Enfin l’opinion la plus probable, suivant
M. Lacordaire , qui en cela se range du côté
de Latreille, est que les Balanciers ont
quelques rapports avec la respiration, et
qu’ils peuvent contribuer à faire ouvrir et
fermer les stigmates postérieurs du thorax ;
mais il convient que cette opinion est hypo¬
thétique et que de nouvelles expériences
sont nécessaires pour déterminer avec exac¬
titude les fonctions de ces organes. (D.)
BALANE. Balamis (paXavoç, gland).
cirr. — Ce genre, de la famille des Bala-
nides, avait été jusqu’ici considéré comme
un Mollusque ; mais des travaux récents de
BAL
BAL
M. Martin-Saint- Ange ont démontré, d’une
manière positive, que les Balanes et les au¬
tres genres deCirrhipèdes sont de véritables
animaux articulés, formant une classe à part,
pour laquelleM. Martin-Saint-Angé propose
le nom de Cirrhipèdiens . — Les caractères
de ce genre sont : Animal conique, déprimé
oucylindroïde, semblable aux Anatifes, mais
dépourvu de pédicule, et ayant les branchies
en forme d’ailes, attachées à la face interne
du manteau. Coquille conique , souvent in¬
fléchie, plus ou moins élevée, formée de six
valves distinctes, articulées entre elles, ayant
un support calcaire , plat , assez épais , ou
quelquefois pas de support. Opercule pyra¬
midal, oblique, composé de 4 valves trian¬
gulaires , dont les deux plus petites présen¬
tent un cuilleron droit et aplati.
Les Balanes étaient connus des an¬
ciens, qui, frappés de leur ressemblance
grossière avec le gland du Chêne, leur
ont donné le nom qu’ils portent aujourd’hui.
Aristote en fait à peine mention, ce qui
prouve qu’il n’avait pas eu l’occasion d’étu¬
dier ces animaux 5 mais Athénée en parle
avec de grands détails, et dit que ceux qui
venaient d’Égypte étaient les plus estimés.
Macrobe en fait aussi mention comme d’un
mets recherché ; et , quoiqu’ils soient peu
nourrissants, partout et ep tout temps nous
les voyons entrer dans l’alimentation Rum-
phius dit même que l’espèce la plus répan¬
due, le B. Tintinnabulum , appelée vul- |
gairement le Gland de mer, la Tulipe, le
Turban, etc., est regardée en Chine comme
un mets délicat , et qu’on l’y apprête au. sel
et au vinaigre ; et il ajoute que ce même
mollusque, étant cuit, a un goût qui se
rapproche de la chair d’Écrevisse.
Les anciens auteurs, tout en confondant
les Anatifes avec les Balanes, distinguaient
pourtant ces derniers sous le nom $e Glan¬
des, d’où le nom de Gland de mer, qui leur
a été donné par les premiers méthodistes.
Malgré le profond sentiment de dissem¬
blance qui les portait à établir, dans la classe
des Cirrhopodes, une division si naturelle
et si bien justifiée, Linné les réunit avec les
Anatifes dans son g. Lepas , formant, avec
les Oscabrions et les Pholades, ses Testa -
cea rnullivalviq. Ce fut Bruguières qui
rendit aux Balanes la place qui leur con¬
venait , et en forma son genre Balanite ,
42.5
dont le type était le B. Tintinnabulum .
Depuis lors, les travaux sur les Balanes ne
manquèrent pas. Poli les étudia avec soin,
et en donna le premier une bonne ana¬
tomie. Cuvier vint compléter les notions
recueillies par ses prédécesseurs, et tous les
naturalistes ont, malgré les dissemblances
qui pouvaient exister entre leurs systèmes,
conservé le genre Balanus pur de tout
mélange. Cependant, il reste encore beau¬
coup à faire pour avoir une détermination
nettement établie et une bonne synonymie
des espèces vivantes, et la plus grande con¬
fusion règne encore parmi elles , même
pour les plus communes.
Les Balanes s’attachent à la surface des
rochers, des pierres, des coquilles, des
Crustacés , des plantes marines et des
corps flottants, sans cependant y jamais pé¬
nétrer , et ils tapissent quelquefois les
flancs des navires en si grand nombre,
que leur marche en est ralentie. On les
trouve toujours réunis par groupes considé¬
rables, et si pressés les uns contre les au¬
tres, que leur forme en devient irrégulière.
La fécondité des Balanes est prodigieuse;
ils pondent leurs œufs en été; et, suivant
le témoignage de Poli, au bout de quatre
mois, les jeunes sont aptes à la reproduc¬
tion. Pendant leur première jeunesse, la
coquille des Balanes ne consiste presque
que dans l’opercule.
Dans l’eau , les Balanes agitent con¬
tinuellement , avec une grande vitesse ,
leurs bras ciliés ; les plus longs servent
à établir un tourbillon où s’engagent les
animaux dont ils font leur nourriture, et
les plus petits retiennent la proie qui tente¬
rait de s’échapper. A la moindre apparence
de danger, tout ce mouvement cesse, les
Balanes s’empressent de rentrer dans leurs
bras et ferment leurs opercules.
Le nombre des espèces qui composent
ce genre est difficile à déterminer; car il en
existe dans toutes les mers, aussi bien sous
les pôles que sous l’équateur, et les mê¬
mes espèces se rencontrent dans des para¬
ges fort éloignés, de sorte qu’il est difficile
de dire si celles que nous possédons sur
nos côtes sont indigènes. On a divisé les
Balanes en deux groupes, suivant qu’ils ont
ou non un support calcaire. (C. d’O.)
BALANGA .bot. ph Voyez baeangue.
27*
T. II.
BAL
BAL
426
BALANGHAS. bot. ph. — Espèce du
genre Sterculia. Voyez sterculier.
BALANGUE. Balança, bot. ph. —
Gærtnera décrit, sous ce nom, un fruit de
Madagascar, provenant d’un végétal encore
inconnu.
* BALANIDES. Balanidea. cirr. —
Une des familles naturelles établie dans la
classe des Cirrhopodes pour ceux qui sont
sessiles et dont le type est le genre Balane.
Les Balanides comprennent les g. Pyrgoma ,
Sav.; Verruca , Schum.(OchthosiedeRanz);
Creusia, Conia , Leach \Tubicinellay Co-
ronula, Lam.; Chthamalus , Ranz; Ba-
lanus , Brug. ; Acasta , Leach, et Octome-
ris , Sow. ^ (C. d’O.)
* BAL ANIFÈRES. Balaniferœ ( bala -
nus, {gland; fera, je porte), bot. ph. —
Marquis a proposé de désigner sous ce nom
la famille des Quercinées, à cause des glands
que portent les plantes de ce groupe.
(C. d’O.)
BALANINIJS ((BaXavîvoç , provenant du
gland), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides , établi
par Germar aux dépens du g. Rhynchœnus
de Fabricius , et adopté par tous les autres
entomologistes. Schœnherr le range parmi
ses Gonatocères, division des Érirhinides.
Les espèces de ce genre ont généralement
le corps en ovale court , squammeux, ailé.
Elles sont de moyenne ou de petite taille.
Schœnherr en décrit 22, dont 5 d’Amérique,
3 d’Afrique, une des Indes orientales , une
de la N ouv. -Hollande et 12 d’Europe. Nous
citerons , parmi ces dernières, la plus con¬
nue , et qui peut être considérée comme le
type du g., c’est le Charançon des noisettes
de Geoffroy, dont la larve vit dans l’inté¬
rieur de ce fruit: Curculio nucum Lin.;
Rhynchœnus id. Fabr. ; Balaninus id.
Germ. Cette espèce, remarquable surtout
par la longueur et la ténuité de sa trompe
ou de son rostre arqué , est répandue dans
toute l’Europe ; elle est figurée dans V Ico¬
nographie du Règ . anim. de M. Guérin,
t. 38, f. 4, a. (D.)
BALANITE. Balanites($&kà.'to$i gland).
cirr. foss. — Bruguières , en instituant
son genre Balane, donna le nom de Bala¬
nite au Gland de mer, Balanus Tintinna-
hulum; mais il a depuis été employé pour
désigner les espèces fossiles du g. Balane*
Bajerus est le premier oryclographe qui ait
parlé des Balanites, car avant lui on les
croyait fort rares. Nous en connaissons au¬
jourd’hui une trentaine d’espèces qui se
trouvent dans le calcaire grossier , en
France, en Angleterre, en Italie, en Suisse,
à Malte, en Silésie et en Pologne. Quoique
M. Schlottheim cite des Balanites dans des
terrains inférieurs à la Craie , ces fossiles
se trouvent plus communément dans les
couches supérieures à ce terrain. On trouve
parmi ces corps fossiles quelques espèces
qui ont des analogues vivants. (C. d’O.)
BALANITES, Delille (PaXavoç, gland).
bot. ph. — Genre dont la place n’est pas abso¬
lument certaine, mais qui paraît être voisin
de la famille des Olacinées. Ses principaux
caractères sont les suivants : Calice 5-parti
Pétales 5, hypogynes de même que les éta¬
mines, qui sont au nombre de 10. Ovaire 5-
loculaire, 5-ovulé. Drupe ovoïde par avorte¬
ment , 1-loculaire et 1-sperme ; noyau li¬
gneux, pentagone. Graine suspendue, apé-
rispermée. Embryon rectiligne, à radicule
supère. — Ce g. n’est fondé que sur une
seule esp. ( B . œgyptiaca Del., Ximenia
œgypttaca'L .); c’estun arbre indigène d’ɬ
gypte , de la Nubie et du Sénégal. (Sr.)
BALANOIDE. ÉCHIN. FOSS. - Nom
donné par quelques auteurs aux pointes
d’Oursins fossiles.
* B AL ANOMORPH A (êa'Xavoç, gland;
p.cpcpvi, forme), ins. — Genre de Coléoptères
tétramères, de la famille des Chrysomélines,
créé par M. Chevrolat avec une des subdivi¬
sions de la 9e famille des Haltica d’Uliger
(Altitarses). M. le comte Dejean, qui a
adopté ce genre dans son dernier Catalogue,
en mentionne six espèces, dont cinq se
trouvent en Europe et la dernière aux États-
Unis d’Amérique. Parmi les premières,
nous citerons la Chrys. rustica Lin.;
Haltica rustica 111. (ou Serai - œ ne a
Fabr.), et VAttica ohiusata Gyllen. M. Sté¬
phens a établi, avec ces Insectes, son genre
Mantura. Voy. ce mot. (C.)
BALANOPHORE. Balanophora (êoc-
Xavoç, gland; cpop o'ç, porteur), bot. ph. —
Type de la famille des Balanophorées.
Ce genre, établi par Forster (Gen. 99,
t. 50), a été successivement adopté par tous
les botanistes qui ont traité de cette famille, j
et, en particulier, par le prof. L. C. Richard,
BAL
BAL
dans le Mémoire où il a établi la famille des
Balanophorées ( voyez ce mot). Ce genre ne
se compose que de deux espèces : Balano-
phora tannensis Forst. et Balanophora
javanica Bl. Ce sont des plantes char¬
nues, fungiformes; à tige très courte; à
racine renflée et parasite sur les radicelles
des Figuiers. Les fleurs sont monoïques ,
disposées en capitules recouverts d’ écailles
à leur base, et composés inférieurement
d’un petit nombre de fleurs mâles , pédi-
cellées , tandis que tout le reste du capitule
est couvert de fleurs femelles. Les fleurs
mâles ont un calice composé de trois à
quatre et quelquefois de huit sépales
étalés. Les étamines en même nombre que
les sépales , sont symphysandres , c’est-à-
dire , soudées à la fois par les filets et les
anthères; celles-ci s’ouvrent à leur face ex¬
terne par un sillon longitudinal. Les fleurs
femelles , beaucoup plus nombreuses , sont
très serrées les unes contre les autres. Elles
sont dépourvues de périanthe ; leur ovaire
est uniloculaire , terminé par un style sé-
tacé. On ne connaît pas encore leur fruit. La
description précédente prouve qu’il reste
encore à connaître plusieurs points impor¬
tants de la structure de ces végétaux. Voy.
BALANOPHORÉES. (A. R.)
BALANOPHORÉES. Balanophoreœ.
bot. ph. — Petite famille de végétaux mono-
cotylédonés qui , dans ce grand embranche¬
ment du règne végétal , représentent , par
leur port et leur mode de végétation para¬
site, les Orobanches , les Hypocistes, et les
Lathrœn de l’embranchement des Dicotylé-
donés. Cette famille a été établie par le prof.
L. C. Richard, dans un travail spécial in¬
séré dans le VIIIe volume des Mémoires du
Muséum d’hist. naturelle . Depuis cette
époque, M. Martius, à la fin du IIIe volume
de ses Nov. gen. et Sp. Bras., p. 150, et
MM. Schott et Endlicher (Meletemata ,
p.10), se sont successivement occupés de ce
groupe de végétaux , en déterminant , avec
plus de précision qu’on ne l’avait fait jus¬
qu’alors, plusieurs points de leur organisa¬
tion. C’est en nous aidant de ces travaux et
de nos propres observations que nous allons
reproduire ici les caractères généraux des
Balanophorées.
Les Balanophorées sont des plantes para¬
sites sur les racines d’autres végétaux,
hn
ayant, comme nous l’avons dit précédem¬
ment, un port qui rappelle beaucoup celui
des Orobanches et des Hypocistes. Elles sont
épaisses, charnues, fungiformes, dépour¬
vues de véritables feuilles , remplacées
par des écailles qui se rapprochent sou¬
vent vers la partie supérieure de sa tige
où elles forment une sorte d’involucre au¬
tour des capitules. Avant leur développe¬
ment, ces tiges sont en général renfermées
dans une sorte de spathe tubuleuse. Les
fleurs sont généralement petites, unisexuées,
monoïques ou dioïques, le plus souvent dis¬
posées en un gros capitule terminal et so¬
litaire , très rarement en capitules distincts
et comme paniculés; enfin, dans un seul
cas, les fleurs mâles constituent une sorte de
grappe terminale. Tantôt chaque capitule se
compose à la fois de fleurs mâles et de fleurs
femelles réunies ; tantôt ils ne portent cha¬
cun que des fleurs d’un même sexe. Ces
capitules, comme nous l’avons déjà exposé,
sont environnés d’ écailles de même nature
que celles qui , sur les tiges, remplacent les
feuilles. Les fleurs sont réunies sur un pho-
ranthe ou réceptacle rarement nu , le plus
souvent chargé de soies ou d’écailles de
formes très variées.
Les fleurs mâles , souvent pédicellées ,
ont un périanthe composé d’un à trois ou
quatre sépales étalés , planes ou concaves ;
des étamines dont le nombre varie comme
celui des sépales. Quand il n’y a qu’une
seule étamine , elle se compose d’un filet
plus ou moins allongé , terminé par une
anthère arrondie , à deux loges , s’ouvrant
chacune par un sillon longitudinal ; quand
les étamines sont au nombre de trois , ce
qui est le nombre en quelque sorte normal,
elles sont symphysandres , c’est-à-dire que
les filets sont soudés en un androphore al¬
longé et cylindrique , tantôt très court
( Langsdorffia ) , tantôt très allongé (Zfe-
losis) , et qqe les anthères sont soudées à la
manière des Synanthérées. Ces anthères
sont toujours biloculaires et s’ouvrent cha¬
cune par un sillon longitudinal. Le pollen,
dans les espèces où il a été observé, se
compose de particules globuleuses.
Les fleurs femelles, tantôt sessiles, tan¬
tôt pédicellées , se composent d’un ovaire
infère, couronné par un limbe calicinal, tan¬
tôt formé de plusieurs sépales distincts ,
BAL
m
tantôt tronqué et à peine distinct. Cet ovaire
est à une seule loge, qui contient un ovule
unique naissant de son sommet ; plus ra¬
rement il est à deux loges, dont une géné¬
ralement plus petite et en quelque sorte
oblitérée. Tantôt un seul style, tantôt deux
styles partent du sommet de l’ovaire.
Les fruits sont en général assez coriaces,
secs ou légèrement charnus, distincts ou
soudés, ou simplement agglutinés plusieurs
ensemble. Chacun d’eux est uniloculaire et
monosperme. En général, la graine est peu
distincte du péricarpe : elle se compose d’un
tégument coriace et comme osseux , recou¬
vrant un gros endosperme celluleux, charnu,
blanc , contenant un très petit embryon ,
presque globuleux, placé dans une petite
cavité superficielle.
La famille desBalanophorées forme, com¬
me nous l’avons déjà remarqué , un groupe
fort distinct parmi les Monocotylédonés.
Quelques botanistes, et entre autres MM.
Lindley, Schott et Endlicher , etc., l’ont
rapprochée des Cytinées et des Rafflésia-
cées ( voy . ces mots) , pour en former une
classe à part, différente à la fois des Mo¬
nocotylédonés et des Dicotylédonés. Quoi
qu’il en soit, cette famille a, par sa structure,
des rapports intimes avec les Aroïdées et
les Hydrocharidées, tandis que par son port
et par son mode de végétation elle se rappro¬
che des Cytinées et des Orobanchées.
Les genres de cette famille ont été par¬
tagés de la manière suivante :
lre tribu: Sarcophytées. Capitules distincts
et réunis plusieurs ensemble sur la même
tige. Étamines libres. Ovaire uniloculaire.
Genre Sarcophyte , Sparm. ( Act.Holm .,
37, p. 300, t. 7).
2me tribu : Lophophytèes. Capitules dis¬
tincts , réunis plusieurs ensemble sur la
même tige. Étamines distinctes. Ovaire à
deux loges.
Genres : Lophophytum , Sch. et Endl.
(Mclctem., 1 * t. 1). — Ombrophytum
de Pœppig.
3rae tribu : Cynomorièes. Capitules soli¬
taires, terminaux. Étamines libres ou Sym-
physandres. Ovaire uniloculaire.
Genres : Cynomorinm, Mich. ( Gen .,
17, 1. 12; Rich., Balan ., t. 21). — Balano-
phora , Forst. ( Gen ., 50).
4me tribu : Hélosiêes. Capitules solitaires
BAL
et terminaux. Étamines symphysandrês.
Ovaire biloculaire.
Genres : Cynopsole , Endl. (Gen., h. 719).
— Scybalium, Sch. et Endl. ( Meletem .,
3, t. 2). — Helosis,Rich. (Balanoph., t.20).
— Langsdorffïa , Mart. (A. R.)
BALANOPTERIS. bot. ph. — Syno¬
nyme d 'Heritiera. Voy. ce mot.
BALANTION. bot. cr. — Synonyme
de Balantium.
" BALANTIXJM (ëaXccvn'ov, bourse), bot.
cr. — Genre établi par Kaulfüss ( Enum .
228, 1. 1, f. 13), dans la famille des Fougères,
tribu des Polypodiacées, pour le Dicksonia
culcita de l’Héritier qui lui a paru se distin¬
guer de ses congénères par des caractères
assez saillants pour former un getire à part.
Quelques botanistes seulement ont admis
cette séparation. (O.jj’O.)
* BALANTIUM. Desv. bot. ph. — Sy¬
nonyme du genre Hirtella , de la famille de&
Chrysobalanées.
* B AL ANTIOPHTHALME (fcXavrtov,
bourse; ocp9aXp.ôç, œil), poiss. — Schneider a
proposé de substituer ce nom à celui de Cru-
ménophthalme. Voy. ce mot. (C. d’O.)
BALANOS. bot. th. — Synonyme de
Balanus. Voyez ce mot.
BALANTIA. mam. — Synonyme de
Phalanger. Voyez Cè mot.
BALANTINE. bot. ph. — Synonyme
d’ Hemnndie. Voyez ce mot.
BALANUS ou BALANOS. bot. ph.—
Synonyme du %enteMoringa. Voyez ce mot. 1
On a aussi appliqué ce mot au Querciis
ceScuiiis. Voy. chêne. (C. d’O.)
BALANUS. mode. — Voyez barane.
BALAON ou BALAOtJ. poiss. —
Voyez BAEAAtf.
*B ALARDIA, Cambess. bot. ph.— Sy¬
nonyme du genre Spergutaria , Pers., de
la famille des Caryophyllées.
BALARINA. ôts. — Synonyme pié-
montais des Bergeronnettes jaune et prin¬
tanière. Voyez BERGERONNETTE. (C. b’O.)
B AL AT AS. bot. ph. — Ce nom sert à
désigner divers arbres dont le bois est em¬
ployé dans les constructions, et qu’on ne
peut, d’après les indications des auteurs,
rapporter à aucun genre ; on croit cependant
que le Baeatas blanc est un Coüratari, et que
le Baeatas rouge et le Bois de marte sont
des SapotiÜer$. (C. d’O.)
BAL
BAL
BALATE. échin. — Ësp. de Zoophÿtes
qu'on croit appartenir au genre Holothurie,
et qui jusqu’à ce jour sont encore mal con¬
nus. On sait que la Balate se pêche en abon¬
dance dans la mer des Philippines, et est
portée à la Chine , où elle est recherchée
comme un mets délicat. (C. d’O.)
RÀLÀUSTE ((kXàucmov , fleur du Gre¬
nadier). bot. ph. — Les botanistes ont
donné ce nom à un fruit multiloculaire, po-
lysperme , à écorce dure , couronné par les
dents du calice , et renfermant des graines
à épiderme drupacé, tel que le fruit du Gre¬
nadier, Punica granatum. (C. d’O.)
BALAUSTIER. bot. th. — Voyez gre¬
nadier.
BALADEUR (le), OU le Glaireux gri¬
sâtre de Paulet. bot. cr. — Espèce d’A-
garic dont le chapeau est grisâtre ou d’un
gris sale , recouvert d’un épiderme mucila-
gineux qui retient les corps avec lesquels il
se trouve en contact , comme la terre , le
sable, les feuilles, etc. Ses feuillets sont
jaunes et son pédicule blanc. Paulet dit que
ce Champignon croît à Ville-d’Avray. Son
goût est fade ; donné aux animaux, il ne les
a point incommodés. La description que
l’auteur en donne est trop incomplète pour
qu’on puisse le rapporter avec certitude à
quelqu’espèce connue , quoique celle dont
il se rapproche le plus soit V Agaricus glu -
iinosîis de Batsch. (Lév.)
* B ALBISI A , Cavan. ( non DC.). bot,
ph. — Synonyme du genre Ledocarpon.
* BALBISIA. bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Synanthérées, tribu des Sénécio-
nidéeS. Synonyme deTridax, L. (C. d’O.)
BALBISIE. Balbisia (Balbis, nom d’un
botaniste piémontais). bot. ph. — Genre de
la famille des Synanthérées, tribu des Séné-
cionidées, division des Balbisiées. On n’en
connaît qu’une seule espèce, le B. clongata ,
plante herbâcée , annuelle, à feuilles oppo¬
sées , pédonculées et velues. Involucre
simple ; fleurs radiées , de couleur jaune ;
graines couronnées d’une aigrette plumeuse.
— Cette plante est originaire du Mexique ; on
en connaît une Variété découverte dans l’A¬
mérique du Nord, à laquelle on a donné le
nom de B . canes cens. Quelques botanistes
la regardent comme une espèce.
(C. d’O.)
*BALBlSlEÉS. bot. pb. — Division éta-
429
blie par De Candolle, dahs la famille des Sy¬
nanthérées, tribu des Sénécionidées , qui
comprend les deux genres Balbisia et Ro -
binsonia. (C. d’O).
BALBUZARD, Buff.; Pandion , Sav.,
Vieil., Cuv. ois. — Genre de l’ordre des
Oiseaux de proie de Cuvier, de la famille
des Falconidées et de la sous - famille
des Aquilinées. Ses caractères sont : « Bec
assez grand, presque droit à sa base, à
pointe très crochue, très acérée et très
prolongée ; narines obliques ; bords de
la mandibule supérieure dilatés en un
fëSton à peine sensible. Cuisses et jambes
très musculeuses, vêtues de plumes cour¬
tes, serrées et lustrées , couvrant aussi le
haut de la partie antérieure du tarse ; ces
tarses fort courts , mais remarquablement
gros, garnis, sur leurs deux faces, d’ écailles
hexagones, rudes, saillantes, imbriquées
de haut en bas antérieurement et de bas en
haut postérieurement. Doigts robustes, dé¬
nués de toute membrane interdigitale ; le
médian excédant de peu les latéraux ; l’ex¬
térieur versatile ; tôus garnis eh dessous ,
sous les articulations, de pelottes rugueuses,
munies ainsi que toute la plante de petites
écailles spiniformes , rudes et èn forme de
râpe ; ongles presque égaux entre eux, sin¬
gulièrement grands, arqués en demi-cercle,
parfaitement cylindriques et arrondis en
dessous et non creusés en gouttière comme
dans toute la série des Oiseaux carnassiers.
Ailes fort allongées, dépassant la queue, de
forme pointue ; la seconde et la troisième
pennes étant égales et les plus longues de
toutes. Queue moyenne, coupée carrément;
ses pennes, ainsi que celles des ailes, très
fermes; plumes de la tête et du cou tassées,
acuminées et imbriquées comme chez
les Aigles ; ensemble du corps très ro¬
buste. »
Il est facile de reconnaître que tous ces
caractères de forme sont parfaitement én
harmonie avec les besoins et le genre de vie
du Balbuzard, le plus intrépide pêcheur
de tous les OiSéauX carnassiers et qui
montre autant de courage à fondre sur
d’énormes Poissons au sein des eaux,
que le Faucon à poursuivre sà proie au mi¬
lieu des airs.
Ses longues ailes fermes et pointues lui
servent aussi à planer ét à sé balancer comme
m
BAL
BAL
le Faucon dans l’espace, puis à fondre avec
la rapidité de la foudre sur sa proie humide
qu’il ne saisit souvent qu’à plusieurs pieds
au-dessous de la surface des flots. C’est
pour cette immersion que la nature pré¬
voyante a revêtu ses cuisses et ses jambes
de plumes courtes et' tassées ( l’opposé de
ce qui se remarque chez tous les autres Oi¬
seaux de proie), c’est pour qu’il puisse plus
facilement saisir et retenir cette proie que
sa peau visqueuse et écailleuse rend si glis¬
sante qu’elle a garni ses plantes, ses doigts
et ses tarses d’écailles rudes comme des
râpes; qu’elle a armé ses doigts de si grands
ongles demi circulaires et cylindriques qui,
en raison de cette forme, peuvent pénétrer
aussi facilement sous les écailles que s’en
retirer à volonté ; dans la pointe très pro¬
longée et très acérée du bec , on ne peut
voir non plus qu’un instrument nécessaire
pour entamer et dépecer la peau coriace et
écailleuse de la plupart des Poissons.
La plupart des auteurs ont pensé que le
genre Balbuzard était restreint à une seule
espèce , celle d’Europe, qui se retrouve en¬
tièrement la même sur tous les points les
plus éloignés des autres continents, comme
au cap de Bonne-Espérance , au Japon, en
Asie et à la Nouvelle-Hollande; celle de
l’Amérique du nord offre néanmoins, dans
son plumage et même dans ses mœurs, quel¬
ques différences constantes qui nous la
font regarder, ainsi qu’à Vieillot, dans sa
Galerie, et à Bonaparte, comme espèce dis¬
tincte.
Celle d’Europe est I’Offraye de Belon, le
Balbuzard deBuffon (Enl.414, Falco Galioe-
tus de Linné etGmelin), le Pandionflu-
vialis de Savigny et Vieillot ( Dict ., t. III,
p. 161). C’est encore 1’ Aigle balbuzard de
Temminck et le Balbuzard offraye de Vieill .
( Encycl .) et de Lesson ( Tr.d’orn .), long
de 45 à 55 centimètres ; il est en dessus
d’un brun noirâtre, ou uniforme, ou marqué
de bordures plus pâles autour des plumes,
entremêlé de blanc jaunâtre sur la tête et
sur la nuque , avec une large bande brune ,
descendant de l’œil, le long du cou ; tout le
dessous blanc ; souvent des taches brunes
triangulaires sur la poitrine ; la cire et les
pieds bleus.
Cette espèce est indiquée par tous les
auteurs comme habitant l’intérieur des
terres proches des eaux douces, des lacs et
des rivières , comme douée d’une grande
patience pour épier sa proie de dessus une
branche ou une pointe de rocher sur la¬
quelle elle reste quelquefois immobile une
heure entière, jusqu’à ce qu’un poisson
s’approche.
L’oiseau de l’Amérique du nord décrit et
figuré par Wilson et Vieillot dans sa Galerie,
pl. 11, SOUS le nom de Balbuzard américain,
Pandion amcricanus , et qui est encore
le Falco carolinensis et leverianus de
Gmelin, diffère, selon Vieillot, de l’espèce
européenne, par des couleurs plus sombres
et plus uniformes sur les parties supérieu¬
res; par un blanc plus pur sur les inférieu¬
res, qui règne aussi sur le front et forme une
très large bande sur les yeux et les côtés du
cou; par la couleur jaune de ses tarses; par
une tête moins grosse et une taille plus
svelte, et, selon nous, par les plumes de la
tête et du cou, qui, au lieu d’être tassées et
subulées, sont lâches et arrondies. Il nous
semble, en outre, que ces deux espèces pré¬
sentent aussi des différences marquées dans
leurs habitudes et le genre de poisson dont
elles se nourrissent , comme on peut s’en
convaincre par les lignes suivantes que
nous extrayons de la description détaillée
et pleine d’intérêt de Wilson, écrivain aussi
véridique qu’observateur éclairé.
«Lorsque le Fish-Hawk (Faucon pê¬
cheur ou Balbuzard) quitte sa retraite ou
son nid, dit-il, il vole directement vers le
rivage. Il est facile alors de le reconnaître
et de le distinguer de tous les autres Oiseaux
de proie à la longueur et surtout à la gran¬
de courbure de son envergure. Arrivé à la
mer, il s’élève insensiblement en planant
sans mouvement apparent de ses ailes et
décrivant de grands cercles concentriques
comme autour d’un pivot jusqu’à la hauteur
de 50 à 60 mètres environ , quelquefois
beaucoup plus , ne cessant pendant tout ce
temps de diriger ses regards sur les flots.
Quelquefois il s’arrête tout à coup, et' agi¬
tant alors ses ailes pour se soutenir, il sem¬
ble fixé dans l’espace; mais l’objet ou
plutôt le poisson qui avait un instant attiré
ses regards a disparu , et il a repris sa
course tournoyante; il s’arrête de nouveau,
puis se laisse descendre avec une grande ra¬
pidité ; mais avant d’avoir atteint la surface
BAL
des flots, il a repris son vol , comme hon¬
teux d’avoir laissé échapper cette seconde
victime. D’autres fois, il ne s’élève qu’à peu
de hauteur, puis descend de nouveau en dé¬
crivant deszig-zags ; et, sans paraître même
s’être mouillé les pattes, il a saisi un pois¬
son à la surface ; mais, mécontent de sa pri¬
se, il ne l’emporte qu’à peu de distance, le
laisse tomber ou l’abandonne au Pygargue,
pirate habitué de ces côtes. Il a déjà repris
son vol; et, décrivant de nouveau des cercles
en spirale ascendante, il s’élève alors au
plus haut des airs, où on le voit se balancer
d’un vol aussi facile que majestueux. Tout
à coup serrant ses ailes contre son corps, il
se précipite perpendiculairement comme
une flèche du haut des régions éthérées,
il plonge et disparaît sous les flots avec un
bruit retentissant. Cette fois, le succès
est certain ; au bout de quelques instans, il
s’élance hors de l’eau, tenant dans ses ser¬
res sa forte proie qu’il saisit toujours près
de la tête et qui se débat avec violence. A
peine s’est-il élevé à quelques pieds que ,
s’arrêtant, il se secoue brusquement comme
l’Épagneul qui sort de l’eau, puis d’un vol
pénible et lent, se dirige vers le rivage avec
son pesant fardeau. Si le vent est fort et que
par hasard il lui soit opposé, pour regagner
son nid, il est alors aussi curieux qu’amu¬
sant d’observer avec quelle adresse et quelle
intelligence, il sait, en courant diverses
bordées, se rendre maître du vent et parve¬
nir à son but. C’est d’autant plus surpre¬
nant que les Poissons qu’il transporte sont
souvent d’une grosseur prodigieuse. On en
a retiré un , un jour, des serres d’un Bal¬
buzard , qui pesait encore six livres , quoi¬
que ce dernier eût déjà fait à même un co¬
pieux repas.
« Quelquefois le Balbuzard devient vic¬
time de son courage entreprenant en atta¬
quant un poisson trop gros et trop fort
Ipour qu’il puisse l’emporter. Celui-ci l’en¬
traîne alors avec lui sous les flots; quelque¬
fois après une lutte prolongée et après
avoir disparu sous les flots et reparu à leur
surface jusqu’à trois ou quatre fois de suite,
le Balbuzard parvient enfin à se dégager;
mais le plus souvent, il ne peut y réussir et
'tous deux finissent alors par périr; car on a
(trouvé différentes fois sur la plage où les
'flots les avaient rejetés des cadavres d’Es-
~ - BAL 431
turgeons ou autres gros Poissons avec celui
d’un Balbuzard cramponné sur eux. »
Le même auteur raconte, avec non moins
d’intérêt, l’espèce de piraterie qu’exerce
contre le Balbuzard , dont il fait son pour¬
voyeur, le Pygargue à tête blanche, habitant
comme lui des côtes maritimes de l’Améri¬
que du nord. Lorsque ce dernier, perché sur
la cime desséchée de quelque arbre gigan¬
tesque, a reconnu le Balbuzard planant sur
les flots, il l’épie attentivement, et au mo¬
ment où il le voit retirer un poisson de
l’eau , il s’élance et l’a bientôt atteint. Le
Balbuzard pour l’éviter cherche à s’élever
dans les airs, mais le Pygargue l’y poursuit
avec acharnement ; il s’établit alors entre
les deux antagonistes une lutte d’ascension
aérienne qui donne lieu aux évolutions les
plus curieuses, mais l’Aigle qu’aucun poids
ne retarde domine bientôt son adversaire
qui, poussant un cri de fureur, laisse tomber
sa proie ; l’Aigle se précipite dessus avec la
violence d’un tourbillon, la saisit avant
qu’elle ait touché les flots et l’emporte dans
ses serres vers la forêt la plus voisine.
Vieillot, qui a habité l’Amérique du
nord, raconte aussi cette lutte, dont il a été
témoin dans l’état de New-York , sur la ri¬
vière d’Hudson ou du Nord , au moment
où l’espèce de Poissons, nommés Basses ,
la remonte pour frayer, et cette lutte , qui
alors s’y renouvelle fréquemment, procure,
dit-il, aux navigateurs un spectacle tout à
fait amusant. Wilson dit que le Balbuzard
est de tous les Oiseaux de proie l’espèce la
plus nombreuse aux États-Unis ; il s’y ren¬
contre sur toute la côte , depuis la Géorgie
jusqu’au Canada ; sur certains points , il a
pu d’un coup-d’œil compter jusqu’à vingt
de leurs nids dans l’espace d’un demi-mille
au plus, et l’un de ses amis lui avait assuré
que, dans une petite île voisine de la côte,
où il faisait sa résidence, il y avait au moins
trois cents de ces nids, contenant pour la
plupart des petits, ce qui lui faisait évaluer
à six cents Poissons au moins leur consom¬
mation journalière.
D’après ces divers récits, il est aisé de re¬
connaître que si le Balbuzard d’Europe est
regardé comme oiseau pêcheur de nos lacs et
nos rivières, et se nourrissant par conséquent
de Poissons d’eau douce, celui d’Amérique
peut , à plus juste titre , passer pour pê-
BAL
m
cfieur de l’Océan et pour se nourrir de Pois¬
sons de mer. Ces différences de moeurs et
de nourriture auxquelles aucun auteur n’a
fait attention jusqu’ici, jointes à celles du
plumage que nous avons signalées plus
haut, nous font regarder, comme 'Vieillot
l’a fait dans sa Galerie seulement , le Bal¬
buzard d’Amérique comme différant spéci¬
fiquement de celui d’Europe et comme con¬
stituant une seconde espèce dans le genre
Balbuzard ( Pandion , Sav.).
Ayant retrouvé chez un grand oiseau de
proie de Java et du Bengale le Falco Ich-
thyetns d’Horsfield ( Zool . res car. in Ja¬
va , n° 3, pl. 5) ou Pygargue ichthyophage
( Less . Tr.y pl. 42), des ongles cylindriques
non creusés en gouttière et entièrement
conformés comme ceux du Balbuzard , et
ce rapace ne vivant , d’après les observa¬
tions d’Horsfield, que de poissons d’eau
douce qu’il lui a vu souvent pêcher, à la
manière du Balbuzard, sur les rivières et les
grands lacs de Java, cet auteur ayant été
frappé lui-même des divers rapports exis¬
tants entre ces deux Oiseaux , nous avons
cru devoir les rapprocher dans un même
petit groupe ; mais, comme le Falco Ich-
thyetus nous a offert des différences dans
ses tarses moins robustes et non réticulés ;
dans ses ailes beaucoup plus courtes et plus
arrondies, nous avons cru qu’il pouvait fi¬
gurer comme sous-genre du genre Balbu¬
zard , sous sa dénomination d 'Ichthyetus ,
qui, de spécifique qu’elle était, devient alors
sous-générique , et comme M. Horsfield
nous apprend que les Javanais le nomment
Iokowuru, il nous a paru convenable de lui
laisser son nom Javanais ; il devient donc
pour nous V Ichthyete johowuru{ Ichtfiye-
tus jokowuru), sous-genre du genre Pan¬
dion. Son plumage est d’un gris cendré sur
la tête et le cou ; d’un gris plus foncé et bru¬
nâtre sur le dos, la poitrine et le ventre ; d’un
brun noirâtre sur les ailes 5 et d’nn blanc pur
sur les cuisses, les jambes, le bas-ventre et
les couvertures inférieures. La queue pst
tantôt brun noirâtre et tantôt blanche, ter¬
minée par un large ruban noir. Il varie sin¬
gulièrement dans ses proportions, depuis 50
centimètres jusqu’à 60 et 65 centimètres en
longueur. (Lafr.)
BALDINGEBA. bot. ph.— - Trois gen¬
res ont porté successivement ce nom, et ap-
BAL
cun d’eux n’est resté dans la science ; ainsi
le genre Baldixigera de Dennstadt est le
même que le P remua dans la famille des
Yerbénacées. Le genre Baldixigera de
Gærtner fils {Flor. Wctter.) a été réuni au
genre Phalaris. Enfin Necker a établi un
genre Baldingeria , qui n’est point distinct
du genre Cotula , dans la famille des Sy-
nanthérées. (A. R.)
BAIBINGÉIUE . Baldingeria . bot.
fh. — Le genre ainsi nommé par Necker
n’est pas distinct du Cotula . Voyez çoture
(A. R.)
B ALIMf SSERITE . min.— -Carbonate de
magnésie de Baldissero, en Piémont. Voyez
giobertite. (Der.)
BALDOGÉE (yvî, terre; Baldo , nom
de montagne ). min. — Terre verte du
Mont Baldo, ainsi nommée par Saussure,
qui en a fait la découverte dans les environs
de Nice. Voyez chrorite. (Der.)
BALBLÎNA. bot. pr. — Genre de la fa¬
mille des Synanthérées , tribu des Sénécio-
nidées. Ce sont des plantes herbacées, vi¬
vaces, propres à la Yirginie et aux Florides.
On en connaît deux espèces , la B. multi-
flora et la B. uniflora . Ce genre se rap¬
proche beaucoup des Galardia et des Lep-
tojoda. (C. »’0.)
BALE ou BALLE. Tegmcn, Glxima.
bot. ph. — Quelques botanistes français ont
donné ce nom à l’enveloppe la plus extérieu¬
re, ordinairement composée de deux écail¬
les , dans les épillets des Graminées. C’est
l’organe que nous désignons sous le nom de
Lépicène. Voy . répicène et graminées . (A . R.)
BALEA {halea , barque), morr. —
M. Gray a proposé d’établir, sous ce nom ,
un genre particulier pour celles des espèces
de Clausilies des auteurs qui n’ont point de
plis columellaires ou de dents sur le bord
droit. Quoique ces espèces offrent pour la
plupart des caractères singuliers, cepen¬
dant elles se lient au genre Clausilie par des
nuances insensibles. Nous croyons inutile
ce nouveau genre du naturaliste anglais.
Voy. crarsirie. (Desh.)
BALÉAIIIQIJE. Balearica , Briss.
( du nom spécifique de l’espèce type de ce
genre , que les anciens regardaient comme
habitant les îles Baléares ). ois. — Genre
démembré de celui des Grues , de l’ordre
des Échassiers , de la famille des Cultri-
BAL
BAL
rostres de Cuvier et de sa tribu des Grues.
Brisson forma ce genre , dans son Orni¬
thologie, t. Y, p. 511, pour recevoir la Grue
couronnée ou l’Oiseau royal, qu’il jugea
avec raison devoir être , d’après ses carac¬
tères différentiels , distrait du genre Grue ,
et il forma son nom générique du nom spé¬
cifique donné à cet oiseau par les anciens
auteurs.
Vieillot n’ayant point égard à ce nom gé¬
nérique de Brisson forma celui d’ Anthro¬
poïde (. Anthropoïdes ), pour recevoir la Grue
dite Demoiselle de numidie ( Ardea virgo )
et la Grue couronnée. M. Lesson , dans son
Traité , p. 587, tout en admettant ce der¬
nier nom générique, signifiant qui ressem¬
ble à t homme , pour la Demoiselle de Nu¬
midie , espèce réellement remarquable en
captivité par des gestes, des mouvements
affectés et bizarres , imitant une sorte de
danse , lui réunit une seconde espèce , et
conserva avec raison celui de Baléarique
de Brisson à l’espèce pour laquelle ce savant
et judicieux ornithologiste l’avait ancienne¬
ment créé (la Grue des Baléares des anciens).
Ce genre, que nous nous empressons d’ad¬
mettre , et qui fait partie de notre famille
des Ardéidées et de notre sous-famille des
Gruinées , a pour caractères particuliers et
distincts des autres Gruinées : Bec robuste,
conique , déprimé depuis sa base jusqu’au
milieu , puis légèrement arqué jusqu’à son
extrémité. Narines ovalaires, grandes, per¬
cées de part en part, vers le milieu et à
l’extrémité antérieure , de larges fosses
nasales recouvertes d’une membrane. Tête
ornée , vers l’occiput , d’un faisceau de
plumes filiformes, imitant des racines de
Chiendent; joues, tempes et gorge nues et
vivement colorées ; front avancé et arrondi ;
plumes du front et du vertex veloutées;
celles du thorax linéaires, lancéolées. Queue
courte , tronquée. Jambes et tarses très
élevés ; les premières dénudées dans une
grande partie de leur longueur, fortement
réticulées , ainsi que ces derniers.
L’espèce type est la Grue couronnée ou
Oiseau royal ( Aràea pavonina Gmel. ) ,
Briss., Omith.y pl. 41, enl. 265; Anthro¬
poïdes pavonina Vieil., Gai. , pl. sans
numéro (adulte), et pl. 257 (la jeune), En-
cycl.y pl. 48, f. 2. C’est d’après Brisson
la Grus Balearica Jonst., Grus Balea-
T. II.
UZ$
rtca Plinii Aldrov. , Grus Balearica
AldrovandiWiWuga. Elle est figurée, pl. 9,
fig. 1 de ce Dictionnaire , sous le nom de
Grue couronnée. Elle est haute de un mètre
trente centimètres; la peau nue qui couvre les
côtés de sa tête est blanche sur les tempes,
d’un rouge vif sur les joues, descend jusque
sous le bec et se termine en un fanon pen¬
dant sous la gorge. Le duvet qui recouvre
le front et le vertex est noir, fin et serré
comme du velours; les brins qui composent
son aigrette touffue sont de couleur de
paille, aplatis et filés en spirale. Chaque
brin est hérissé de très petits filets à pointe
noire et terminé par un petit pinceau de la
même couleur. Le cou et tout le corps des¬
sus et dessous sont d’un cendré clair bru¬
nâtre. Les plumes du cou et de la poitrine
sont longues et étroites ; les premières
pennes des ailes et celles de la queue sont
noires ; les secondaires sont d’un beau brun
marron , et s’étendent jusqu’à l’extrémité
des primaires et de la queue ; toutes les
couvertures sont d’un beau blanc , ce qui
fait paraître l’aile pliée presque toute blan¬
che ; celles qui dépassent les scapulaires ,
vers la queue , sont d’un jaune paille et à
barbes décomposées; le bec et les pattes
sont noirs. La femelle ne se distingue du
mâle que par une taille un peu moindre ;
par la nudité de la tête , d’un rouge moins
vif, et dont la partie blanche est un peu
terne ; du reste , le plumage est coloré de
même (observation de Wagler différant en¬
tièrement de la description de la femelle
donnée par tous les auteurs ). Cet oiseau ,
qu’on apporte souvent vivant du Sénégal
et de la côte de Guinée, se familiarise très
aisément ; il semble aimer et rechercher la
société de l’homme ; car, en captivité, il suit
les personnes qui le regardent et marche à
côté d’elles. Il est commun dans tout le
nord de l’Afrique et sur ses côtes occiden¬
tales, aux îles du Cap Vert, et se rencontre
aussi sur celles d’Europe , dans la Méditer¬
ranée , puisque les anciens le désignaient
comme habitant des Baléares. De nos jours,
M. Swainson, dans sa Classification , t. Il,
pag. 178, dit qu’il croit être le premier qui
ait découvert le genre en Europe; car, pen¬
dant son séjour à Malte , des individus
de V Ardea pavonina lui furent apportés
de la petite île de Lampedosa , où ils ne
28
BAL
BAL
m
sont point rares. Notre auteur n’eût pas
probablement émis cette opinion de prio¬
rité , s’il eût réfléchi à son ancien nom de
Balcarica. Il est étonnant, d’après ces
renseignements d’ habitat anciens et mo¬
dernes, que M. Temminck, dans son Ma¬
nuel des Oiseaux d’Europe , et dans la 4me
partie, n’ait pas fait mention de cet oiseau.
On a cru généralement qu’il n’existait
qu’une espèce du genre ; et la plupart des
ornithologistes ont confondu, sous le même
nom spécifique, les individus du nord et ceux
du midi de l’Afrique. Ils forment cependant
deux espèces réellement distinctes, et nous
avons été à portée de nous en convaincre par
nos propres yeux , dans la ménagerie de la
Société zoologique de Londres, où l’on con¬
serve vivantes les deux espèces.
Dans la séance du 12 novembre des Pro-
ceedings , 1888 , M. Richard Owen , prési¬
dent, rappela à la Société, à propos de deux
individus nouvellement apportés du Cap de
Bonne-Espérance, qu’ils devaient être dis¬
tingués, comme espèces, de ceux du nord du
même continent ; que cette distinction avait
déjà été signalée depuis près de trente ans
par le père du professeur Lichtenstein , qui
donna alors à l’espèce du Cap le nom de Grus
regulorum , laissant à celle du nord de l’A¬
frique l’ancien nom de Grus pavonina.
Il ajouta que cette distinction n’avait pas été
généralement connue des ornithologistes,
quoiqu’elle eût été observée par les mem¬
bres de la Société zoologique, qui possédait
un certain nombre de peaux et quelques in¬
dividus vivants de ces deux localités. Il éta¬
blit ensuite la distinction des deux espèces
de la manière suivante :
Anthropoïdes pavoninus, Vieill. Anth.
genis midis , superne a Ibis, infer ne laie
roscis ; paleari minimo; gutturis plu-
mis elongatis nigrescentibus.
Ardea pavonina , Linn. et Auct.
Habitat in Africa septentrionali et
occidentali.
Anthropoïdes regulorum. Anth. genis
nudis 3 albis superne roseis ; paleari
magno ; gutturis plumis elongatis , pen-
dulis cœrulescenti-cinereis.
Grus regulorum , Licht.
Habitat in Africa meridionali.
Il est probable, ajoute-t-il, que cette der¬
nière espèce a été figurée par Petiver et par
Kolbe ; mais leurs figures sont loin d’être
assez soignées pour qu’on puisse y ren¬
voyer d’une manière un peu certaine.
(Lafr.)
BALEINAS. mam. — Nom donné au
pénis des Cétacés.
BALEINE. Balæna , Lin. mam. —
Genre appartenant à l’ordre des Cétacés, et
qu’on caractérise ainsi : Point de dents ,
celles-ci remplacées par des fanons ou la¬
mes cornées, transverses, minces, fibreu¬
ses, effilées à leur bord, occupant la mâ¬
choire supérieure seulement, l’inférieure
étant nue et sans armure. Deux évents.
Ce genre, ou plutôt cette famille, se di¬
vise en deux tribus assez bien caractérisées,
savoir : les Baleines proprement dites, qui
n’ont point de nageoire sur le dos, mais
quelquefois une bosse 5 et les Baléinoptères
{Balænoptera » Lacép.; Rorqualus , Fr.
Cuv.), qui ont une nageoire dorsale adi¬
peuse. Le genre Baleine a, du reste, été
fort embrouillé par les voyageurs, faute
d’observations bien faites, et les anciens
naturalistes, en s’emparant de ces maté¬
riaux incomplets, ont encore augmenté la
confusion. Frédéric Cuvier lui-même, dans
son Histoire naturelle des Cétacés, des Sui¬
tes à Buffoii , n’a pas jeté un grand jour sur
ce sujet, et sa critique ne nous paraît pas
toujours bien fondée. Cependant nous nous
emparerons du peu de lumières qu’il a ré¬
pandues sur cette branche difficile de l’his¬
toire naturelle.
§ I. Dos sans nageoires. Les Baleines.
1° Dos lisse , sans bosse.
La Baleine franche (. Balæna mystice -
tus Lin.), si l’on s’en rapportait aux an¬
ciens voyageurs, atteindrait jusqu’à trente-
trois mètres de longueur ; mais il est à croire
que ce chiffre est exagéré; car les plus gran¬
des qu’on ait vues de nos jours ne dépas¬
saient pas vingt-trois mètres , et nos pê¬
cheurs n’en rencontrent que fort rarement
qui en aient plus de vingt. Un animal de
cette dernière taille pèse , selon Scoresby ,
soixante-et-dix mille kilogrammes. Son corps
est proportionnellement court et gros, ayant
son plus grand diamètre un peu en arrière
des nageoires pectorales. A ce point il est
cylindrique , et peut avoir de dix à treize
mètres de ci» conférence; il va ensuite en
diminuant de grosseur , affectant de plus en
BAL
BAL
435
plus une forme un peu carrée , jusqu’à la
naissance de la nageoire caudale , et là son
diamètre n’est plus que d’un mètre ou un
mètre cinquante centimètres. Le tronc est
distingué de la tête par une légère dépression
qui indique le cou ; la tête est d’une gros¬
seur énorme, égale à celle du corps, et fait
à peu près le tiers de la longueur totale de
l’animal; elle est obtuse en avant, presque
aussi large que longue. La gueule, d’une gran¬
deur prodigieuse, de deux à trois mètres de
largeur sur trois à quatre mètres de hauteur
intérieurement, porte à la mâchoire supé¬
rieure environ sept cents lames transverses
de fanons , dont les bords effilés servent à
retenir les Vers , les Mollusques et autres
petits animaux dont la Baleine se nourrit
uniquement. .Ces lames portent dans le
commerce le nom de Baleines et s’em¬
ploient à faire des baguettes de fusil , des
buses de corset, etc., etc. Lorsque l’animal
ouvre la gueule pour aspirer sa proie , les
Vers et Mollusques y sont précipités avec
la masse d’eau qui les contient. La Baleine
alors ferme la bouche, et l’eau, tamisée à
travers les filets des fanons, y laisse pris ces
petits animaux , qu’elle avale aussitôt pour
recommencer la même manœuvre. Une par¬
tie de cette eau contenue dans sa bouche est-
elle lancée au dehors par les évents? c’est ce
qui paraît encore douteux , quoique en aient
dit plusieurs naturalistes , et la plupart des
voyageurs. Scoresby, observateur conscien¬
cieux, qui a vu prendre sous ses yeux plus
de trois cents Baleines franches, assure n’a¬
voir jamais vu sortir de ces conduits de la
respiration qu’une vapeur plus ou moins
épaisse , qui se condense par le contact de
l’air froid, retombe en forme de pluie, et ne
forme aucun jet. Les évents , au nombre de
deux dans toutes les Baleines , sont , dans
ces animaux, non-seulement le conduit de
la respiration , mais encore renferment les
organes de l’odorat , qu’on a vainement
cherchés dans les autres Cétacés. Ce fait a
été démontré par Delalande , sur le Nord-
Caper austral , après avoir été avancé par
Hunter et Albers. Ils sont placés à peu près
au sommet de la tête et à cinq mètres ou 5
mètres cinquante centimètres de son extré¬
mité. L’œil est proportionnellement très pe¬
tit, situé un peu au-dessus de la bouche et
de la commissure des lèvres 9 à soixante-
cinq centimètres environ en avant des na¬
geoires pectorales ; celles-ci sont longues de
deux mètres cinquante centimètres à trois
mètres, et larges de un ou deux mètres. La na¬
geoire caudale s’étend horizontalement et af¬
fecte une forme à peu près triangulaire ; elle
n’a pas moins de six à sept mètres de largeur,
d’une pointe à l’autre. Le dos de la Baleine
est lisse , sans nageoire ni bosse ; la cou¬
leur de toutes les parties supérieures varie
du noir au gris plus ou moins foncé ; quel¬
quefois le fond est noir, varié de gris. Les
parties inférieures sont d’un gris blanchâtre
dans les jeunes, grises ou blanches dans les
adultes.
Cette monstrueuse Baleine , ce géant de
la création , dont la force est prodigieuse,
n’en est pas moins un des animaux les plus
timides et les plus inoffensifs. Le moindre
bruit , la moindre agitation de l’eau l’effraie
et la met en fuite ; sans cesse elle est aux
aguets pour découvrir la présence d’un
ennemi, et l’éviter en s’enfonçant rapide¬
ment dans la profondeur des mers , où ,
grâce à son organisation , elle peut rester
un quart d’heure et plus sans venir respirer
à la surface, lorsqu’elle se croit menacée
d’un danger pressant. Dans les circonstan¬
ces ordinaires , et surtout lorsqu’elle joue,
elle reparaît après huit à dix minutes ;
enfin, lorsqu’elle est en repos ou qu’elle
dort , sa respiration a lieu assez fréquem¬
ment. Elle nage avec une rapidité qu’on
a beaucoup exagérée ; dans sa plus grande
vitesse elle ne peut faire que trois lieues
marines à l’heure; et, dans les circonstan¬
ces ordinaires elle n’en fait que deux. Sa
queue seule est l’organe moteur avec lequel
elle se pousse en avant, et ses nageoires
pectorales, qu’elle tient constamment éten¬
dues horizontalement, ne lui servent qu’à se
maintenir en équilibre et à ne pas tomber sur
les côtés. Elle plonge à une grande profon¬
deur avec la plus grande facilité et une
telle vitesse que , quand elle est très ef¬
frayée , il lui arrive de se blesser et même
de s’assommer contre les rochers du fond de
la mer. Scoresby rapporte qu’une Baleine,
atteinte par le harpon , s’est précipitée à
quatre cents brasses de profondeur avec une
vitesse de quatre lieues à l’heure. Le même
auteur ajoute que parfois on retire du fond
de la mcr? au moyen du harpon qu’elles
636
BAL
BAL
ont entraîné, des Baleines qui, dans la pré¬
cipitation de leurs mouvements , se sont
brisé les mâchoires et la tête, en se heur¬
tant contre les rochers du fond.
La fin de l’été paraît être la saison des
amours pour ces animaux, et ils mettent
bas au commencement du printemps ; mais
de combien de temps est la gestation ? C’est
ce qu’on ne sait pas encore. Le rapproche¬
ment des deux époques que je yiens de citer
a fait penser à la plupart des auteurs que la
Baleine ne porte que huit à neuf mois ; mais,
si l’on en juge par analogie , la durée de la
gestation ne peut être moindre de dix-huit
à dix -neuf. En effet, il est d’observation gé¬
nérale que plus la masse d’un animal est
considérable, plus le fœtus met de temps à
se former dans le sein de sa mère. Cepen¬
dant cette règle n’est pas sans exception ,
et la Baleine en offre peut-être une; La por¬
tée n’est que d’un seul Baleineau , qui , en
naissant, est de la grosseur d’un Bœuf, et a
jusqu’à trois à quatre mètres de longueur.
La mère le nourrit de son lait et a pour
lui le plus grand attachement. Elle le suit
dans ses jeux , le surveille, ne le perd pas
de vue un seul instant, le protège contre
tous les dangers en le couvrant de son corps,
le défend avec un courage furieux , ne
l’abandonne pas même après sa mort, et
devient elle-même victime de l’amour ma¬
ternel, en se laissant harponner sur le ca¬
davre de son enfant. Les baleiniers , qui
connaissent parfaitement l’affection que ces
animaux ont les uns pour les autres, ont su
le mettre à profit. Dès qu’ils aperçoivent,
au milieu de plusieurs de ces êtres mon¬
strueux, un jeune individu ordinairement
imprudent et sans expérience, c’est lui qu’ils
s’empressent d’attaquer, bien sûrs que sa
mère ne tardera pas à se présenter et à se
livrer à leurs coups. On dit que, pour allaiter
son petit, elle se renverse sur le côté, et
présente tour à tour les deux mamelles :
celles-ci sont placées sur la poitrine.
La Baleine ne se défend guère que par la
fuite contre ses nombreux ennemis. Après
l’homme, le plus dangereux et le plus cruel
est le Dauphin gladiateur. Plusieurs de ces
animaux l’entourent , la harcèlent , la fati¬
guent en la mordant sans cesse, et la for¬
cent ainsi à ouvrir une gueule de quatre à
çinq mètres de diamètre. Alors ils se jet¬
tent sur sa langue, qui est épaisse et molle,
la lui déchirent en lambeaux, la dévorent,
et l’énorme animal meurt de douleur, dans
un désespoir impuissant. On dit encore que
le Narval et la Scie de mer la percent avec
leurs longues défenses; mais ce fait me
paraît extrêmement douteux ; car cette atta¬
que serait sans but pour eux, et, par consé¬
quent, contre la marche ordinaire de la na¬
ture. On peut encore mettre au nombre
des ennemis de la Baleine franche quelques
Mollusques et Crustacés qui s’attachent à sa
peau et y multiplient comme sur un rocher;
mais, quoi qu’on en ait dit, cette espèce n’est
jamais attaquée par les Balanes , coquillage
qui perce la peau de la plupart des autres
Cétacés à fanons , et pénètre dans leurs
chairs , ou du moins dans leur lard.
Presque toujours les Baleines vont en
troupes, ou au moins réunies par paires.
De temps en temps, elles plongent en jouant
entre elles ; mais ordinairement elles na¬
gent à la surface , ayant hors de l’eau une
partie du dos et de la tête, et dorment
dans cette attitude. La Baleine franche ha¬
bite toutes les mers du globe, mais particu¬
lièrement celles des deux pôles , où elle
est beaucoup plus commune que partout
ailleurs. Le nombre en est considérable¬
ment diminué depuis que les pêcheurs leur
font annuellement la guerre, et elles se sont
réfugiées maintenant dans les glaces du
Groenland, du Spitzberg, dans le détroit de
Davis, la baie de Baffin, etc. Elles ne des¬
cendent que très rarement, aujourd’hui,
au-dessous du cercle polaire, et ce n’est que
par accident qu’on en a vu des individus
près des tropiques. Au moment où nous
écrivons ceci, M. de Blainville va à Dun¬
kerque pour observer un de ces monstres
échoué sur nos côtes ; mais nous ne
savons encore à quelle espèce il peut ap¬
partenir.
Pêche de la Baleine . Les Cétacés, en
général , ont entre la peau et les muscles
une couche épaisse de graisse , ou plutôt de
lard, qui, fondu, fournit au commerce une
huile précieuse dans les arts industriels.
C’est pour se procurer cette huile et des fa¬
nons qu’on fait la pêche de ces animaux.
Autrefois les Basques et les Hollandais s’y
sont beaucoup livrés et en ont retiré des
bénéfices considérables. La Hollande seule
BAL
BAL
437
y envoyait annuellement vingt-mille hom¬
mes; mais alors les Baleines étaient en grand
nombre, et l’huile qu’on en tirait avait plus
de yaleur que maintenant. Si cette pêche est
beaucoup moins lucrative de nos jours ,
si elle s’est beaucoup réduite, il faut l’attri¬
buer à plusieurs causes, dont voici, je crois,
les principales : 1° Comme je l’ai dit , ces
animaux sont devenus beaucoup moins com¬
muns , et il ne serait pas très difficile de cal¬
culer dans combien d’années l’espèce aura
presque entièrement disparu ; 2° fuyant de¬
vant nos pêcheurs et se retirant continuel¬
lement vers le nord , la présence des glaces
rend les expéditions plus dangereuses , et
leurs succès moins sûrs; 3° enfin, tous les
peuples maritimes s’étant livrés, depuis à
peu près un siècle, à ce genre d’industrie ,
les vaisseaux baleiniers s’encombrent dans
les parages favorables à la pêche, se nuisent
les uns aux autres; beaucoup ne réussissent
pas, et s’en reviennent à vide, d’où il résulte
des pertes qui diminuent les bénéfices, et
souvent même les balancent.
Les navires destinés à la pêche de la
Baleine sont , en raison de leur destination
pour le nord ou les autres parages , frétés
plus ou moins légèrement. Ils sont ordi¬
nairement du port de quatre ou cinq cents
tonneaux, équipés de six à huit chaloupes,
et abondamment pourvus des ustensiles né¬
cessaires, savoir : des harpons, des lances,
des crocs, des crochets, etc.
Le harpon est une espèce de fer-de-Iance,
d’environ quinze à vingt centimètres de lon¬
gueur, dont l’extrémité, nommée dard, est
très pointue ; les côtés du fer-de-lance , ou
ailerons, de la même grandeur dans leur plus
grande largeur, sont tranchants et quelque¬
fois munis de barbes comme le fer d’une
flèche, ou comme un hameçon, afin de ne
pouvoir plus être arrachés de la plaie. Ce
dard est terminé par une douille d’environ
quatre-vingts centimètres de longueur, res¬
semblant à celle d’une bêche de jardinier,
creusée de manière à recevoir un manche de
bois assez court. Dans cette douille est
passé un anneau de fer auquel s’attache
une bonne corde de quelques centaines de
brasses de longueur. Quand on se sert du
harpon , cette corde est roulée dans la cha¬
loupe de manière à se déployer et glisser sur
le bord de la petite embarcation, en suivant
le harpon emporté par l’animal blessé. On y
attache, de distance en distance , quelques
morceaux de liège ou de bois léger, qui servent
à indiquer, en surnageant, la route de la Ba¬
leine. D’autres cordages sont préparés, en
cas de nécessité, pour servir de prolonge. Si,
malgré cette précaution , la maîtresse corde
ne suffit pas , on a soin d’ajouter une bouée
à son extrémité pour pouvoir la retrouver
lorsqu’on l’a laissée échapper.
La lance est un instrument d’environ
quatre à cinq mètres de longueur, dont le
tiers est en fer et le reste en bois. Le fer est
piquant et tranchant; les matelots en frap¬
pent l’animal mourant , remuent et font
tourner la lame dans la plaie, et hâtent ainsi
sa mort en lui faisant de larges et profondes
blessures. Souvent ils achèvent de le tuer
avec une massue. Les autres instruments
n’offrant rien de particulier n’ont pas be¬
soin d’être décrits.
Les expéditions partent ordinairement
pour le nord au mois d’avril , et pêchent
pendant les mois de mai, juin et juillet; plus
tôt ou plus tard les glaces les en empêche¬
raient. Ordinairement plusieurs navires par¬
tent ensemble pour se prêter un mutuel se¬
cours en cas de besoin. Arrivés dans les pa¬
rages fréquentés par les Baleines, on marche
avec les plus grandes précautions ; un temps
brumeux est le plus favorable, parce que les
pêcheurs se dérobent plus aisément à la vue
de ces animaux , qui sont très défiants et
fuient à la moindre apparence de danger.
La Baleine a la vue très perçante; et, chose
qui paraîtra fort singulière, elle y voit beau¬
coup mieux quand elle a les yeux enfoncés
sous l’eau, à une petite profondeur, que
lorsqu’elle les a au-dessus de la surface de
la mer ; ce qui peut s’expliquer jusqu’à un
certain point par l’aplatissement de sa cor¬
née. Quant à l’ouïe , il paraît , selon Sco-
resby, qu’elle est tellement obtuse, que l’a¬
nimal n’entend pas l’explosion d’une arme
à feu d’un bout d’un navire à l’autre ; du
moins ce bruit, s’il l’entend, ne produit sur
lui aucun effet. Il n’en est pas de même du
mouvement des vagues occasionné par l’ap¬
proche d’un vaisseau ; il le sent très vite
et prend aussitôt la fuite.
Une troupe de matelots , nommés guet¬
teurs, se met en observation sur les hu¬
niers, pu, si l’on est près des côtes, sur les
BAL
BAL
438
points élevés dés rochers. Lorsqu’ils aper¬
çoivent une Baleine, ils signalent sa pré¬
sence et indiquent sa direction. Aussitôt
deux embarcations sont mises à la mer.
Chacune est montée par six rameurs, un ti¬
monier et un ou deux harponneurs. Ils font
force de rames vers l’endroit indiqué , et
s’approchent en gardant le plus profond si¬
lence et faisant avec leurs rames le moins
de bruit possible. Lorsqu’ils aperçoivent
l’énorme animal dormant sur l’eau, les ra¬
meurs redoublent de précautions pour rider
le moins possible la surface de la mer. Le
harponneur, le bras tendu, l’œil aux aguets,
saisit le moment où il est à la distance con¬
venable, cherche la partie du corps la plus
facile à percer, lance son harpon et fait à
l’animal une profonde blessure. C’est tou¬
jours près d’une nageoire pectorale qu’un
habile harponneur cherche à le percer, parce
que la peau est plus tendre dans cette par¬
tie , et qu’il peut atteindre le cœur , le foie
ou les poumons, toutes parties où les coups
sont promptement mortels.
La Baleine surprise, plonge aussitôt, em¬
portant avec elle le fer du harpon, dont le
manche de bois reste dans la main du pê¬
cheur ou tombe dans la mer. A mesure
qu’elle fuit, on lui lâche de la corde en for¬
çant de rames pour la suivre. Quelquefois
on est obligé d’ajouter cinq ou six cents
brasses de cordes qu’on attache à la pre¬
mière. Le pêcheur expérimenté prévoit l’en¬
droit où la Baleine reparaîtra sur l’eau pour
respirer, ordinairement à cent brasses de la
place où elle a reçu la première blessure, et
il s’apprête à lui donner un second coup de
harpon qui achève souvent de la tuer. Quel¬
quefois cette seconde attaque ne fait que
la mettre en fureur ; alors elle s’élance sur
les chaloupes, les renverse d’un coup de
queue, et met en danger les hommes qui les
montent; mais ensuite elle plonge de nou¬
veau ; son sang rougit la surface de l’eau ,
et lorsqu’elle remonte pour la troisième fois,
on reçonnaît que ses blessures sont mor¬
telles au sang qui sort par jets de ses
évents. Elle plonge encore, mais plus elle
s’affaiblit moins elle s’éloigne de la surface
où elle reparaît plus souvent. Comme elle
pourrait encore aller loin , on l’attaque à
coups de lance et de massue. Bientôt elle
perd toutes ses forces, vacille, se laisse aller
sur le flanc , expire et montre son ventre
blanchâtre sur les flots.
Lorsqu’elle est morte, on lui introduit
dans la gueule un crochet ou un croc , atta¬
ché à une forte chaîne, et les chaloupes la
remorquent, soit jusqu’à terre, soit auprès
du navire, où on la dépèce; on met sa graisse
en tonneaux , ou , ce qui vaut beaucoup
mieux , on en extrait l’huile sur-le-champ.
Souvent des Baleines harponnées vont
mourir sous les glaces ou échouer sur quel¬
que rivage. Elle deviennent, dans ce dernier
cas, la proie des Oiseaux de mer et quelque¬
fois des Ours blancs , à moins qu’elles ne
soient trouvées par des pêcheurs , qui en
tirent partie si elles ne sont pas encore cor¬
rompues. On en rencontre quelquefois de
blessées qui sont venues à bout de se débar¬
rasser du harpon , ou au moins de sa cor¬
de. Si elles sont assez affaiblies pour qu’on
puisse les atteindre à force de rames, il
faut les approcher avec précaution; car elles
entrent en fureur à l’attaque et souvent cau¬
sent des accidents. Depuis peu d’années, on
a trouvé un moyen de harponner les Balei¬
nes sans danger. Il consiste à leur lancer, à
distance , un harpon avec une sorte de fusée
à la congrève.
La chair très grossière de ces animaux
ne convient pas du tout au goût délicat des
habitants du midi de l’Europe; mais les peu¬
ples du nord la mangent fort bien, et quel¬
ques-uns , bordant les rives de la mer, en
font même , dit-on , leur principale nour¬
riture.
Si l’on s’en rapporte à quelques anciens
voyageurs , les sauvages de la Floride pren¬
nent les Baleines d’une manière aussi hardie
que singulière. Lorsqu’ils en aperçoivent
une endormie, deux habiles nageurs, armés
chacun d’une petite massue et d’une longue
cheville de bois, se mettent à la nage et
approchent de l’animal. Ils lui montent sur
le dos le plus doucement possible pour ne
pas l’éveiller , s’approchent de ses évents ,
et y plantent à la fois les chevilles qu’ils
enfoncent d’un coup de massue. L’animal
plonge aussitôt et les deux pêcheurs s’en
éloignent; mais la Baleine ne pouvant plus
respirer ne tarde pas à étouffer , et alors ,
pour la dépecer, on la remorque au rivage
avec des cordes. Tout ceci est possible, mais
fort peu probable
Si nous nous sommes un peu longuement
étendu sur la pêche de la Baleine franche,
c’est parce que tout ce que nous en avons
dit peut également s’appliquer à la pêche de
tous les grands Cétacés , à quelques modi¬
fications près que nous indiquerons à leurs
articles respectifs.
La Baleine du CAr OU Nord-caper austral
[Balœna australis Kl. ; Balœna an-
tarctica Fr. Cuv.) est plus grande que la
précédente et atteint assez souvent jusqu’à
vingt-sept mètres. Elle en diffère anatomi¬
quement par la soudure des sept vertèbres
cervicales et par deux paires de côtes de
plus ; sa tête est beaucoup plus déprimée ;
ses nageoires pectorales plus longues et se
terminant en pointe plus aiguë ; les lobes de
sa queue sont séparés par une échancrure
moins profonde. Elle est entièrement noire,
même dans sa jeunesse, et le grand diamètre
de son œil est horizontal. Delalande, à qui
l’on doit la connaissance de ce monstrueux
animal et qui en a envoyé deux squelettes
au Muséum d’histoire naturelle , dit que ,
chassée par la violence des vents du nord-
ouest, elle se rapproche des côtes et pénètre
dans les baies voisines du Cap de Bonne-
Espérance, du 10 ou 20 juin ; et, après y
avoir mis bas un Baleineau de quatre à cinq
mètres de longueur, elle en sort et gagne la
haute mer au mois d’aoûî et de septembre.
Cet infatigable voyageur a remarqué que
les femelles, dans cette espèce , sont beau¬
coup plus nombreuses que les mâles, ce qui
est le contraire dans la Baleine franche,
dont, au reste, elle a absolument les mœurs
et les habitudes.
Le Nord-caper ( Balæna glaciaiis
Kl. — Lacép. , pl. 2 et B. — Le Nord
caper Anders.) aurait beaucoup d’analogie
avec la Baleine franche , et n’en différerait
que par sa mâchoire inférieure très arron¬
die, très haute et très large ; par l’obliquité
du plus grand diamètre de l’œil ; par son
corps et sa queue plus allongés; celle-ci plus
large proportionnellement, ainsi que les
nageoires qui sont aussi plus grandes. Il est
gris, ayant le dessous de la tête blanc avec
quelques taches éparses brunes.
Martens,et, après lui, Anderson etEdgède
sont les premiers qui aient parlé du Nord-
caper, et qui l’aient séparé spécifiquement
de la Baleine franche. Tout ce que les au- |
teurs en ont dit depuis leur a été em¬
prunté, et aucuns renseignements nouveaux
ne sont venus confirmer l’existence de cette
espèce. Il résulte de ceci que Frédéric Cuvier,
après avoir discuté assez clairement , mais
surtout très consciencieusement , tous les
faits rapportés pour et contre la réalité de
cette espèce , regarde le Nord-caper comme
n’étant qu’une Baleine franche , dont les in¬
dividus observés par Martens étaient plus
petits et plus minces ; telle est aussi mon
opinion. Quoi qu’il en soit, le Nord-caper,
selon Martens, habiterait les mers entre le
Spitzberg et la Norwège; il serait moins
gros que la Baleine franche et produirait
beaucoup moins de graisse. Anderson,
sur le témoignage de quelques pêcheurs,
ajoute qu’il nage avec plus de rapidité;
qu’il chasse les bancs de Harengs, de Ma¬
quereaux et de Merlans, avec beaucoup
d’ardeur et jusque sur les côtes de l’Islande,
et qu’il a l’adresse de les pousser vers les
anses étroites pour les y enfermer et s’en
emparer ensuite plus commodément ; que
souvent il devient lui-même la proie des Is¬
landais, qui lui font une guerre active; enfin
qu’il est attaqué par les Balanes, ou Glands
de mer, dans sa peau et quelquefois jusque
dans son lard. Edgède se borne à dire que
ses fanons ont peu de valeur. C’est sur
ces matériaux seulement que Lacépède se
croit suffisamment fondé à établir l’espèce
du Nord-caper. Il indique comme figures
de cet animal toutes les gravures qui re¬
présentent des Baleines plus minces et
plus longues que celle figurée par Martens
et qu’on croyait représenter fidèlement la
Baleine franche. Or , il est arrivé une chose
assez singulière : c’est que depuis que Sco-
resby a publié un portrait exact de la Ba¬
leine franche , on a été forcé de reconnaître
cette dernière dans toutes les figures citées
par Lacépède comme représentant le Nord-
caper , et la figure de Martens , quoique co¬
piée par presque tous les auteurs, ne passe
plus aujourd’hui que pour un mauvais des¬
sin, enflé et raccourci dans toutes ses
parties.
2° Baleines douteuses ; dos portant une ou
plusieurs bosses.
La Baleine noueuse ( Balœna nodosa
Lacép., Bonat.) a sur le dos, près de la
queue, une bosse penchée en arrière, de la
BAL
BAL
UUO
grosseur de la tête d’un homme; ses na¬
geoires pectorales sont blanches et très lon¬
gues. Cette espèce prétendue n’est, si elle
existe, qu’une variété de Rorqual, observée
sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre , par
Dudley; car cet auteur dit expressément que
ce cétacé a des plis longitudinaux sur le
ventre et sur les côtés , depuis la tête jus¬
qu’à la naissance des nageoires pectorales.
Or, ce caractère ne convient qu’à une sec¬
tion des Baléinoptères renfermant le Ror¬
qual.
La Baleine a bosses ( Balœna gibbosa
Lacép., Bonat.) aurait les plus grands rap¬
ports avec la Baleine franche, mais elle por¬
terait sur le dos cinq ou six bosses ou émi¬
nences , et ses fanons seraient blancs. Elle
habiterait les mêmes côtes que la précé¬
dente. Selon Dudley, le seul auteur qui l’ait
observée, elle aurait une grande quantité de
graisse. Son existence est fort douteuse, et
peut-être n’est-ce aussi qu’une variété du
Rorqual.
La Baleine lunulèe ( Balœna lunulata
Lacép.) est aussi douteuse que les précé¬
dentes, et pourrait bien n’être qu’un Dau¬
phin, si, ainsi que la représente le dessin
chinois d’après lequel elle a été décrite, son
évent est placé en arrière des yeux. Ses deux
mâchoires sont ‘hérissées, à l’extérieur,
de poils ou petits piquants noirs ; elle
est verdâtre, parsemée de petites taches
blanches lunulées. Elle habite les mers du
Japon.
La Baleine japonaise ( Balœna japo-
nica Lacép.) nous paraît encore plus dou¬
teuse que les précédentes, puisqu’elle n’a été
connue et décrite parLacépède que sur la vue
d’un dessin chinois, ainsi que la précédente.
Elle a trois bosses garnies de tubérosités
placées longitudinalement sur le museau;
le dessus est noir ; le ventre est très blanc ;
cette dernière couleur borde ses mâchoires
et ses nageoires. Sa queue est grande, et ses
évents sont placés un peu en avant des yeux.
Elle habiterait les mers du Japon.
De tout ce que nous venons de dire , il ne
faut pas conclure que les mers ne possèdent
réellement que deux Baleines, la franche et
l’australe , mais seulement que les autres
espèces qui peuplent l’Océan ne sont pas
suffisamment connues jusqu’à ce jour pour
être rigoureusement déterminées.
S II. Une nageoire adipeuse sur le dos j
les Baléinoptères.
Les Baléinoptères , outre la nageoire
qu’elles portent sur la partie postérieure du
dos, se distinguent encore des Baleines par
leur tête plus allongée, plus aplatie, compa¬
rable jusqu’à un certain point à celle d’un
Brochet.
A. Point de plis sous la gorge ni sous le 'ventre.
Le Gibbar ou Baléinoptère a ventre
lisse ( Balœnoplera Gibbar Lacép.; Ba¬
lœna phy sains Lin.) n’a été vu que par
très peu de voyageurs , à qui l’on ne peut
guère se fier , d’où il résulte que cette
espèce a été rejetée par Frédéric Cuvier.
Le premier qui en ait parlé est Martens ,
et il la nomme Wine-Visch. Il dit que
c’est une Baleine à museau aplati et à na¬
geoire dorsale, sans parler de plis au ventre,
et la figure qu’il en donne n’indique pas non
plus de plis. Anderson n’a fait que copier
Martens, et Rondelet, toujours d’après Mar¬
tens , en a donné une figure d’imagination
et fort ridicule , sous le nom de Balœna.
*era. Sans autres documents plus précis,
les auteurs venus après ceux-ci ont admis
que cet animal n’a pas de plis au ventre ,
parce que Martens n’en parle pas ; et , en
conséquence , ils en ont fait une espèce dis¬
tincte. Cependant, Adrien Camper dit que le
Gibbar a douze côtes, ce qui supposerait
qu’il avait sur cet animal d’autres docu¬
ments que ceux que nous venons de citer.
En attendant qu’on ait des renseignements
plus certains , il me semble qu’il ne faut
pas, comme l’a fait Fr. Cuvier, se hâter de
se prononcer.
Le Gibbar, selon les auteurs, est plus
grand que la Baleine franche, et atteint jus¬
qu’à trente-trois mètres de longueur. Ses fa¬
nons, grâce au peu de courbure de ses
mâchoires, n’ont pas plus de trente-trois
centimètres de longueur, et sont bleuâ¬
tres. Son corps est mince et allongé, sa
tête formant le tiers de sa longueur to¬
tale ; sa nageoire dorsale est triangulaire;
il est brun en dessus et blanc en dessous.
On lè trouve dans les deux Océans , et on
l’aperçoit de fort loin , à cause de la force
avec laquelle il souffle l’eau. Il nage avec
beaucoup plus de vitesse que la Baleine
franche , et poursuit les bancs de Poissons
jusque sous les tropiques. Sa vigueur est
BAL
BAL
égale à sa légèreté, et il a beaucoup de cou¬
rage; ce qui fait, selon Duhamel, que les
pêcheurs n’osent pas l’attaquer.
JH. Des plis longitudinaux sous la gorge et
sous le 'ventre .
La Baléinoptère jubarte ( Balœnoptera
juhartis Lacép.; Balœna boops Lin.;
le Rorqual jubarte ( Rorqualus boops
Fr. Cuv.) a la nuque élevée et arrondie ; le
museau avancé , large et un peu arrondi ;
des tubérosités presque demi sphériques au
devant des évents; la nageoire dorsale cour¬
bée en arrière. Ses évents s’ouvrent vers le
milieu de la tête , au sommet d’un tuber¬
cule élevé. La mâchoire inférieure est plus
courte et plus étroite que la supérieure. Cet
animal est noir en dessus ; sa gorge et ses
nageoires en dessous sont blanches; la par¬
tie interne des plis est d’un rouge de sang.
Quoique plus mince que la Baleine franche,
elle atteint une plus grande longueur, qui
dépasse quelquefois vingt-sept mètres.
Cette espèce habite les deux Océans ,
mais elle se trouve plus communément dans
les mers du Groenland. Les pêcheurs la re¬
doutent à cause de ses mouvements prompts
et impétueux lorsqu’elle est irritée ou bles¬
sée ; aussi ne i’atiaquent-ils qu’avec beau¬
coup de prudence; et, malgré toutes leurs
précautions, il arrive souvent des acci¬
dents. Il paraît que les Jubartes vivent
en troupes , ou au moins en famille ,
et qu’elles ont beaucoup d'attachement les
unes pour les autres. Anderson raconte
qu’un mâle ayant été harponné, sa femelle
ne le quitta pas et se laissa prendre à côté
de lui plutôt que de l’abandonner et de fuir.
Elle met bas un seul petit qui la suit et re¬
çoit ces soins, jusqu’à ce qu’elle fasse une
nouvelle portée. Ces animaux font particu¬
lièrement la guerre aux Harengs, et les sui¬
vent quelquefois fort au-delà des limites de
leur demeure habituelle; c’est ainsi qu’on
en a vu plusieurs venir échouer sur les côtes
de France, et l’une d’elles, entre autres, était
d’une si grande taille, qu’on construisit
un salon de société dans l’intérieur de son
squelette, apporté à Paris et montré comme
objet de curiosité , il y a peu d’années. Si
l’on juge de la quantité d’aliments nécessaires
à ces animaux par l’énorme grandeur de
leur gueule , elle doit être considérable ;
car, si l’on en croit Sibbald, une chaloupe
Uhi
avec son équipage entra tout entière , et
sans s’en apercevoir, dans la bouche béante
d’une Jubarte échouée près du rivage. Quoi
qu’il en soit , les pêcheurs ne se détermi¬
nent à attaquer cette espèce que faute d’en
trouver d’autres , non seulement à cause
du danger qu’ils ont à braver, mais encore
parce qu’elle donne peu d’huile, propor¬
tionnellement à sa taille , et que ses fanons
sont de peu de valeur.
Le Rorqual ( Balœnoptera rorqual
Lacép. ; Balœna musculus Lin.; Ror¬
qualus musculus Fr. Cuv.). Cette espèce,
peu distincte de la précédente, paraît n’être
pas tout à fait aussi grande. Sa mâchoire
inférieure est arrondie, plus avancée et
beaucoup plus large que celle d’en haut ;
la tête est courte proportionnellement au
corps et à la queue; toutes les parties supé¬
rieures sont noires, à reflets grisâtres; le
reste est entièrement blanc , et la mâchoire
inférieure a des teintes rosées; les nageoi¬
res pectorales sont entièrement noires. Un
seul Rorqual peut donner jusqu’à cinquante
tonnes d’huile et davantage. Cet animal fait
la chasse aux Harengs et pénètre, en les
poursuivant, jusque dans la Méditerranée.
Sa présence dans cette mer a fait penser
aux auteurs que ce devait être le Mysticetus
d’Aristote et le Musculus de Pline. Du
reste , ce qu’on sait de ses mœurs ne dif¬
fère en rien de ce qu’on dit de celles de la
Jubarte, à cela près que sa pêche offre
moins de dangers. Il n’est pas rare dans
l’Océan atlantique.
La Baléinoptère a bec ( Balœnoptera
acuto-r o strata Lacép.; Balœna rostra-
ta Hunter. ; Rorqualus antarcticus Fr.
Cuv.; Balœna rostrata australis Des-
moul.) se distingue des précédentes par
ses deux mâchoires pointues ; celle d’en
haut plus courte et beaucoup plus étroite
que celle d’en bas ; ses fanons sont courts
et blanchâtres ; toutes les parties supérieu¬
res sont d’un noir foncé en dessus , et d’un
blanc nuancé de noirâtre en dessous. Elle
est beaucoup moins grande que les précé¬
dentes, mais cependant elle atteint jusqu’à
dix-sept mètres de longueur. Elle a, sous
l’œsophage et entre les branches de la mâ¬
choire inférieure, une grande poche vésicu-
leuse dont on ignore l’usage, et qui, pro¬
bablement, peut être gonflée à la volonté
28*
T. II.
BAL
BAL
hk 2
de ranimai. Cette Baleine a été observée au
cap par Delalande et aux îles Malouines,
par MM. Quoy et Gaimard; mais on ne sait
rien de ses mœurs.
La Baléinoptère poeskop (Balœnoptera
capensis ) a été nommée pocskop par les
Hollandais, parce qu’elle a une bosse sur
l’occiput. Elle se distingue de toutes les
autres Baléinoptères par sa nageoire dor¬
sale, placée à peu près au-dessus des pec¬
torales. Les parties supérieures du corps sont
noires ; la gorge est d’un rose marbré, et le
ventre est blanc. Les nageoires pectorales
sont fort longues, et proportionnellement
étroites, ce qui résulte de ce qu’elle a les
deux doigts moyens munis de huit à neuf
phalanges. On la trouve, mais très rare¬
ment, dans les mers qui baignent le cap de
Bonne-Espérance, où elle a été observée
et décrite par Delalande. Les pêcheurs l’at¬
taquent rarement, parce qu’elle fuit avec
une vitesse bien supérieure à celle du Nord-
caper , et que, du reste, elle est fort mai¬
gre, et produit très peu d’huile.
§ III. Baléinoptères douteuses.
* Baleines décrites par Lacépède, d’après des
dessins chinois.
La Baléinoptère mouchetée (. Balœnop¬
tera punctata Less. ; Balœna punctata
Lacép.).Elle aurait cinq ou six bosses placées
longitudinalement sur le museau. Nageoi¬
res pectorales et corps mouchetés de blanc
sur un fond noir; nageoire du dos petite.
Elle habiterait l’Océan pacifique.
La Baléinoptère bleuâtre ( Balœnoptera
cœrulescens L. ; Balœna cœrulescens
Lacép. ). Mâchoire supérieure étroite; à
contour relevé presque verticalement au
devant de l’œil ; plus de douze sillons incli¬
nés de chaque côté de la mâchoire infé¬
rieure. Nageoire dorsale petite, plus près
de la queue que de l’anus. Corps générale¬
ment d’un gris bleuâtre. Elle se trouverait
dans les mers du Japon.
La Baléinoptère noire ( Balœnoptera
nigra Less.; Balœna nigra Lacép.). Mâ¬
choire supérieure comme dans la précé¬
dente ; quatre bosses placées longitudina¬
lement sur le museau et sur le front ; corps
noir; à nageoires et mâchoires bordées de
blanc. Mers du Japon.
La Baléinoptère tachetée ( Balœnoptera
maculata Less.; Balœna maculata La¬
cép.). Mâchoires arrondies à leur extré¬
mité; l’inférieure plus avancée que la supé¬
rieure. Yeux près de la commissure des lè¬
vres; évents un peu en arrière des yeux.
Nageoire dorsale placée à égale distance des
pectorales et de la caudale. Corps noir, avec
quelques taches arrondies, inégales, blan¬
ches, irrégulièrement semées sur les flancs.
Des mers du Japon.
§ IV. Baleines alèoutiennes .
Pallas, dans sa Zoographie russe , cite
six espèces de Baleines qui habitent les mers
du Kamstschatka, et particulièrement les
parages des îles Alèoutiennes. M. de Cha-
misso étant resté quelque temps chez les
Aléoutes, et désirant vérifier la citation de
Pallas, se fit sculpter en bois et colorer par
les pêcheurs du pays la figure de ces ani¬
maux, et les publia dans les Mémoires de
la société Léopoldine des curieux de
la nature (t. XII, lre partie). Nous allons
rapporter le peu qu’on a pu apprendre sur
ces Cétacés, d’après d’aussi vagues maté¬
riaux.
Le Kuliomoch des Aléoutes ; le Culam -
mak de Pallas; le Kuliomagadoch des
Aléoutes, pendant son jeune âge. Il atteint
cinquante - six mètres de longueur ; son
corps est cylindrique, noir en dessus, blanc
en dessous, ainsi que les nageoires pecto-
torales ; environ cinq cents fanons, très
longs, bleuâtres ; évents placés vers le mi¬
lieu de la tête ; une tubercule vers l’extré¬
mité du museau, et six bosselures sur le
dos ; des plis sur la poitrine.
L’ Abugulich des Aléoutes; V Vmgullic
de Pallas; VAmgolia des Russes atteindrait
jusqu’à cinquante-six mètres de longueur.
Fanons très courts ; peu de graisse, mais
d’une saveur agréable ; toutes les parties
du corps uniformément noires ; pas de
protubérance dorsale ; des plis comme les
Baléinoptères; nageoire caudale fourchue.
Les Aléoutes font des habits avec l’épi¬
derme de sa langue , des cordes avec les
tendons de sa queue, et des armes avec ses
os.
Le Mangidach des Aléoutes ; le Man -
gidak de Pallas ; le Magula des Russes.
Pallas croit devoir, d’après la description
que le docteur Mark donne de celte espèce,
la rapporter au Balœna musculus. Sa
taille ne dépasserait pas neuf mètres. Le
BAL
BAL
corps serait uniformément noir, avec un
disque blanc sur la poitrine ; ses fanons
n’auraient que seize centimètres de longueur,
le tout selon M. de Chamisso. Selon Pallas et
Mark, cette espèce atteindrait vingt-trois
mètres de longueur. Les Aléoutes trou¬
vent excellente la chair du ventre des jeunes
individus.
UAyamachtchich des Aléoutes, VAg-
gamachtchik de Pallas et des Russes , ne
dépasse jamais huit mètres de longueur;
selon Pallas, elle en atteindrait plus de vingt.
Ses fanons sont petits, lisses, longs au plus
de soixante-cinq centimètres. Sa tête rappelle
celle des Marsouins , mais l’animal a des
plis sous le ventre. Pallas dit que le ventre
est blanc, plan et marqué de rides.
V Aliomoch ou Allama des Aléoutes ;
VAliamot des Russes ; VAllamak de Pal¬
las. Les Aléoutes nomment A liamagadach
cet animal dans son jeune âge. Sa taille ne
dépasse jamais dix mètres ; ses fanons
sont très courts ; ses nageoires , qui sont
blanches ainsi que le dessous de sa queue ,
sont plus grandes que celles du précédent ;
il a des plis au ventre , et sa tête a de l’a¬
nalogie avec celle d’un Marsouin. Sa graisse
est abondante et molle.
Le Tschikagluch des Aléoutes ; le
Tschickagluk de Pallas ; le Tschicka-
gliok des Russes, est la moins grande de
toutes les Baleines, selon M. de Chamisso ,
tandis que , selon Pallas , elle aurait cin¬
quante-trois mètres de longueur; ses fanons
sont très courts ; sa nageoire dorsale est ex¬
trêmement petite ; les nageoires pectorales
et le dessous de la queue sont blancs ; il y
a un disque blanc sous la poitrine ; la tête
se rapproche de celle des Marsouins. Les
Aléoutes font des cordes très fortes et di¬
vers autres ustensiles avec ses tendons : ses
os, à cause de leur dureté, sont très estimés
par ces peuples pour faire des haches et des
harpons.
On voit , par ce que nous venons de dire
sur les Baleines , que ces animaux sont loin
d’être bien connus , quoique formant un
genre du plus haut intérêt. La difficulté de
leur étude vient de ce que leur énorme gran¬
deur empêche de pouvoir conserver leurs
dépouilles dans nos musées , de ce qu’ils
vivent dans un élément qui dérobe à notre
yuç une grande partie de leur corps, et
m
enfin de ce qu ils habitent le pius ordinai¬
rement des mers glacées, où peu de natu¬
ralistes instruits auront le courage d’aller
les observer. (Boitard.)
BALEINEAU ou BALEINON. mam.
— Noms des jeunes Baleines.
BALEINES FOSSILES . mam. — L’ana¬
tomie des diverses espèces de Baleines vivan¬
tes étant fort peu ou même point connue, il
en résulte que la détermination des espèces
fossiles est extrêmement difficile à faire ;
aussi , nous bornerons-nous à signaler ici
celles sur lesquelles on ne peut guère avoir de
doutes, vue l’antiquité des couches où leurs
ossements ont été trouvés.
Le Rorqual de Cuvier ( Balænoptera
Cuvierii ) a été trouvée par Cortési , à
Monte-Pulgnasco , en 1806. Son squelette ,
parfaitement conservé , reposait sur le pen¬
chant d’une colline, à deux cents mètres d’é¬
lévation au-dessus de la plaine environnante,
dans une couche régulière d’ Argile bleuâtre
remplie de coquilles marines. Ce cétacé était
remarquable par la dépression de sa tête ,
haute seulement de trente centimètres au-
dessus du plan inférieur des condyles, et
longue de deux mètres depuis l’occiput
jusqu’au bout de l’inter - maxillaire. Ses
fosses temporales étaient fort grandes, ainsi
que le sillon et la crête occipitale. L’obli¬
quité du canal de l’évent était telle que sa
direction était presque horizontale ; la mâ¬
choire inférieure dépassait la supérieure de
douze centimètres; toutes ses vertèbres
cervicales étaient libres, et on comptait
vingt-quatre côtes. L’animal avait sept mè¬
tres de longueur.
Le Rorqual de Cortési ( Balænoptera
Cortesii ) , trouvé par le même naturaliste ,
en 1816, à Montezago, près d’un petit ruis¬
seau qui se jette dans la Chiavenna, l’un des
affluents du Pô. Il ressemble parfaitement
au précédent, mais il est beaucoup plus pe¬
tit; car sa longueur totale n’est que de quatre
mètres, sa tête ayant un mètre trente cen¬
timètres. Si tous les caractères du squelette
n’annonçaient affirmativement un animal
adulte, on pourrait croire que c’est un jeune
individu de l’espèce précédente.
La Baleine de Lamanon ( Balœna La-
manonii ) a été trouvée, en 1779, dans la
cave d’un marchand de vin de la rue Dau¬
phine , à Paris ; il ne permit pas de faire
BAL
BAL
hl\ 4
des fouilles suffisantes dans sa propriété ,
de manière qu’on ne put recueillir qu’un
énorme fragment d’os déterré par les ma¬
çons qui travaillaient à une réparation. Le
naturaliste Lamanon s’en empara et le dé¬
crivit, puis notre célèbre Georges Cuvier. Il
résulte des savantes observations de ce der¬
nier que cette Baleine devait avoir environ
dix-huit mètres de longueur, sans compter ,
ainsi que dans les précédentes, la nageoire
caudale ni l’épaisseur des lèvres. Elle devait
différer de la Baleine franche par son tem¬
poral moins oblique ; la face articulaire pour
la mandibule s’y étend moins; l’angle sail¬
lant de son bord externe n’a au-dessus de
lui aucun arc rentrant. Si jamais le hasard
fait retrouver le reste de ce squelette , on
aura sans doute à énumérer des différences
encore plus saillantes.
La Baleine a grosse tete ( Balœna ma -
crocephala Desmoul.) se fait remarquer
parmi les Baleines connues par la courbure
de son bec dont la convexité est inférieure ;
l’évent y est presque vertical ; les maxillai¬
res , ainsi que dans les Cachalots , sont très
élargis à leur base; et, après avoir doublé le
frontal, se replient en voûte en dedans et en
avant. Cette espèce est connue seulement
par une tête trouvée sur la plage de Sos,
dans le département des Boüches-du-Rhône,
et elle appartient à notre Muséum d’histoire
naturelle , ainsi que la suivante.
La Baleine a bec arqué ( Balœna ar-
cuata ) , aussi connue par une tête seule ,
a été trouvée à Anvers, en creusant le bas¬
sin. Son bec est tellement arqué, que les
inter-maxillaires font presque un angle droit
sur le plan des frontaux ; l’évetit a son canal
parallèle à ce plan, et les os du nez font une
saillie entre les deux évents.
Beaucoup d’autres os de Baleines ont été
trouvés dans divers pays ; mais ils ont été
si mal décrits et surtout si mal dessinés,
qu’il est jtisqu’à Ce jour impossible de déci¬
der quelque chose de simplement probable
sur les animaux vivants dont ils sont la dé¬
pouille. (Boitard.)
BALEÏMM. MAM. - Voy. BALEINEAU.
BALÉNOPTÈRE. maM. — Voyez ba¬
leine.
BALEMC AN® A -SCHUL ARMANBI .
bot. th. — Synonyme d ' Ixic de la Chine.
BALÉNAS. MAM, Voy . BALÉINÀS.
BALENEAU. MAM. - Voy. BALEINEAU.
BALERl. ois. — Un des noms vulgaires
du Falco iinnunculus L., Faucon cresse-
relle. Voy. faucon.
BALÉXERMA.bot. th. — Synonyme
du genre Nanodea.
BALFOUR. bot. th. — Synonyme de
Balfouria. Voyez ce mot.
BALFGURÏA , R .Br. bot. ph. — Genre
de la famille des Apocynées. Son auteur lui
assigne pour caract.: Calice 5-parti, garni en
dedans de 10 folioles. Corolle infondibuli-
forme , 6-fide ; gorge couronnée d’un petit
tube crénelé. Étamines 5. Ovaire à 2 loges
multi-ovulées. Style filiforme, dilaté au som¬
met en stigmate anguleux. Point de squa-
mules hypogynes. Le fruit n’est pas connu.
— Ce g. est fondé sur un petit arbre de la
Nouv. -Hollande. Ses feuilles sont opposées,
lancéolées-linéaires ; les fleurs naissent en
cymes trifides, latérales et terminales.
(Sp.)
B ALI ou BALI-SALAN BOCRIT.
rept. — Serpent peu connu qui se trouve à
Ternate , dans les montagnes , et qu’on
croit être le Coluber plalilis. Voy. cou¬
leuvre. (C. d’O.)
B ALI-SAUR (nom de pays), mam. —
Voyez ARCTONYX.
BALICUS. bot. ph. — Synonyme de
Cytisus cajan.
B ALIGOULE. bot. cr. — En Provence,
on donne ce nom à VAgaricUs Erÿngti DC.
Voyez agaricus. (LÉv.)
BALÎMBA oü BOLIMBA. bot. ph. —
Synonyme de Bilimbi. Voy. te mot.
BALNGASAIV. bot. ph. — Arbre de
l’Inde qu’on croit devoir rapporter au genre
Stravadium. Voyez ce mot.
* BALIOSPERME. Baliospermum ,
((3aXioç, moucheté ; (nrspjAa, graine), bot. ph.
— Genre de la famille des Euphorbiacëes,
établi d’après un arbrisseau de Java , par
M. Blume, qui lui assigne les caractères
suivants : Fleurs monoïques. Calice 5-parti,
à préfloraison imbriquée. Pas dé corolle.
Fleurs mâles : Étamines au nombre de 16-20,
portées sur un disque plan , glanduleux à
son pourtour, et dont les anthères sont ad-
nées au sommet de filets libres , dressés
dans le bouton. Fleurs femelles : Ovaire
entouré à sa base d’un petit rebord membra¬
neux j à trois loges 1-ovulées , suribopté de
BAL
BAL
trois stigmates sessiles , soüdés entre eux a
leur base , élargis et échancrés à leur som¬
met. Capsule à trois coques bivalves de 'con¬
sistance chartacée. Graines panachées, sur¬
montées d’une caroncule. — Feuilles alter¬
nes, oblongues, dentées, biglanduleuses
à leur base. Fleurs soutenues par des pé-
dicelles qu’accompagne une petite bractée ,
les mâles réunies en faisceaux aux aisselles
des feuilles; les femelles solitaires: des poils
sur toutes ces diverses parties. (Ad. J.)
BALISE. moll. — Dans le commerce
d’histoire naturelle du siècle dernier, on
nommait ainsi le Ceritkiam tclescoyium ;
ce nom est tombé en désuétude. (Desh.)
BALISIER. Canna, bot. th. — Genre
de plantes monocotylédones formant le type
de la famille des Amomées ou Cannées
( voyez amomées ) et offrant les caractères
suivants: Le calice est coloré et pétaloïde,
adhérent à sa base avec l’ovaire infère ; il a
son limbe double ; l’extéfieur composé de
' rois segments égaux est beaucoup plus court
eue l’interne . Celui-ci est également composé
de trois divisions formant un tube à leur
partie inférieure et d’égale grandeur. En de¬
dans de ce limbe intérieur du calice, se voient
trois appendices pétaloïdes beaucoup plus
grands , un peu réunis en tube à leur base,
et se confondant avec le calice intérieur.
Enfin, tout à fait au centre de ces trois ap¬
pendices, on en trouve deux autres , égale¬
ment colorés et pétaloïdes, l’un dressé,
assez épais et raide, et glanduleux sur un
de ses côtés. Cette aréole glanduleuse est le
stigmate ; l’autre , souvent recourbé, porte,
sur un de ses côtés, une anthère libre, uni¬
loculaire, surmontée par un petit appen¬
dice pétaloïde et se prolongeant inférieure¬
ment en un bord plus épais qui représente
le filet. L’ovaire est à trois loges, contenant
chacune un grand nombre d’ovules, insérés
sur deux rangs à leur angle interne. Le fruit
est une capsule ovoïde , couronnée par le
limbe du calice extérieur qui est persistant.
Elle est à trois loges contenant chacune plu¬
sieurs graines globuleuses, ordinairement
disposées sur deux rangs, et s’ouvre en trois
valves septifères sur le milieu de leur face
interne. Les graines sont portées sur un po-
dosperme peu développé, cylindrique et tout
couvert de longs poils laineux. Les graines,
QUtre leur tégument propre assez épais, se
hhh
composent d’un très gros endosperme blanc
et charnu , contenant dans une cavité qui
pénètre jusqu’au delà de son centre un em¬
bryon presque cylindrique, dont l’extrémité
cotylédonaire ou interne est plus renflée que
l’externe ou radiculaire.
Les Balisiers sont de grandes et belles
plantes Yivaces; à racine épaisse, charnue,
tubéreuse et irrégulière, qui croissent dans
toutes les contrées chaudes de l’un et de
l’autre continent. Leur tige cylindrique et
pleine s’élève quelquefois à deux ou trois
mètres de hauteur. Elle porte de grandes
feuilles alternes et engainantes, ànervures
latérales très fines et obliques sur la côte
moyenne; des fleurs assez grandes, d’une
belle couleur rouge ou jaune, quelquefois
variées de nuances dans les différentes par¬
ties qui les composent. Ces fleurs , réunies
en petits groupes et accompagnées de brac¬
tées plus ou moins grandes et quelquefois
colorées, forment une sorte de grappe ter¬
minale et ramifiée au sommet de la tige.
Si nous considérons attentivement la na¬
ture physiologique des diverses parties de
la fleur , que nous nous sommes contenté
d’énumérer dans l’exposition du caractère
générique, nous reconnaîtrons que, malgré
une irrégularité très frappante , cette fleur
peut être rapportée au type que nous avons
attribué précédemment ( voyez amomées) à
tous les genres qui composent cette famille.
Le Canna offre, comme tous les autres gen¬
res qui ont du rapport avec lui , un calice
double dont le limbe est à six lobes : trois
extérieurs plus petits et trois intérieurs.
Toutes les parties pétaloïdes et colorées
qu’on trouve en dedans du calice intérieur ,
doivent être considérées comme des étami¬
nes transformées. Ces étamines sontau nom¬
bre de six. Il faut donc les retrouver dans
ces appendices pétaloïdes. Or, ceux-ci sont
au nombre de cinq ; trois plus extérieurs et
plus grands, un peu inégaux, disposés
comme en deuxtlèvres , savoir : deux supé¬
rieurs dressés et un inférieur rabattu ; et
deux plus intérieurs , savoir : un auquel le
style et le stigmate sont intimement unis et
comme confondus , et un qui , sur un de
ses côtés, porte une étamine dont l’anthère
libre est à une seule loge. Ce dernier appen¬
dice, quelquefois bilobé, doit être considéré
comme formé de la réunion de deux étami-
BIJL
BAL
m
nés : une fertile et une avortée , qui est re¬
présentée par la lame pétaloïde sur un des
côtés de laquelle l'anthère est insérée. On
a ainsi les six étamines qui forment le ca¬
ractère et le nombre le plus fréquent dans
toutes les familles de plantes monocotylé-
donées.
Le nombre des espèces de Balisiers est
peut-être de quinze à vingt. Plusieurs es¬
pèces sont cultivées comme plantes d’or¬
nement, à cause de la beauté de leur feuil¬
lage et de leurs fleurs ; telles sont : 1° le
Balisier de l’Inde , Canna indien i L., dont
les fleurs sont d’un rouge vif et éclatant; les
feuilles très grandes et très larges. On
peut la mettre en pleine terre au prin¬
temps ; elle acquiert alors des dimensions
beaucoup plus considérables. Mise le long
d’un mur, et par conséquent abritée des
grands froids, sa racine peut résister à nos
hivers , quand ils ne sont pas trop rigou¬
reux ; mais, communément, on déplante ces
racines en automne et on les met à l’abri sur
des planches , dans la serre tempérée. On
en cultive encore plusieurs autres espèces ,
Canna lutea , Canna glauca, etc., etc.,
également belles , mais presque toutes un
peu plus délicates que la première et exigeant
en général une basse serre chaude ou au
moins une bonne serre tempérée. (A. R.)
BALISIERS. Canneœ. bot. fh -^-C’est
le nom français sous lequel Jussieu et plu¬
sieurs autres botanistes désignaient la fa¬
mille dont nous avons traité au mot Amo-
mées. Voyez amomées. (A. R.)
BALISIOBDES. bot. fh .-—Voyez amo¬
mées.
BALISTE. Batistes . roiss. — Premier
sous-genre du g. Baliste, se distinguant des
autres espèces de ce groupe par ses grandes
écailles rhomboïdales , dures et non imbri¬
quées ; par les trois aiguillons décroissant
de longueur dont est munie leur dorsale ;
par un bassin toujours saillant et hérissé à
l’extrémité, et portant en arrière des épines
qu’on a regardées comme les rayons ru¬
dimentaires des ventrales.
On les a divisés en trois sections , sui¬
vant que leur queue est dégarnie d’épines
et que les écailles qui se trouvent derrière
les opercules sont égales à celles qui cou¬
vrent le reste du corps , ou plus grandes ,
ou que leur queue est armée de plusieurs
rangées d’aiguillons recourbés en avant , et
variant de deux à quinze, et par les grandes
écailles qu’ils ont derrière les ouïes. Cer¬
taines espèces ont encore des aiguillons peu
sensibles et réduits à de simples tubercules.
Les Balistes proprement dits sont le
groupe le plus considérable de tout le genre,
et l’on en compte une trentaine d’espèces.
Les plus connues sont :
Le Baliste caprisque , B. capriscus ,
Pesce halestra , Caper des anciens, qui
se trouve dans la Méditerranée et jusque
dans les parages du continent américain. Il
est d’un gris brunâtre, nuancé de violet, de
bleu et d’or.
Le B. vieille, B. veiula , dont le corps
est brun , avec une bande bleue en travers
de la tête , et quelques lignes de même cou¬
leur disposées en rayon autour des yeux.
Quand on prend ce poisson, il fait entendre
une espèce de sifflement qu’on a comparé
aux sons d’une voix cassée, et qui lui a valu
le nom qu’il porte. Cette particularité lui est
commune avec l’espèce qui précède.
Le B. noir, B. niger, remarquable par
ses dents supérieures latérales prolongées
en canines et les grandes fourches de sa
queue.
Le B. A GRANDES TACHES, B. fîlSCîlS, dont
les joues nues sont garnies de rangées de
tubercules.
Le B. étoilé, B. stellatus , dont les cou¬
leurs, sans être vives , flattent par leur ré¬
gularité. Il est gris sur le dos , blanchâtre
en dessous , et la partie supérieure de son
corps est semée de taches blanches qui le
font paraître étoilé.
Le B. écharpe, B. rectangulus , ou me-
dinilla , une des plus belles espèces du
genre , dont le nom est dû à la bande d’un
noir très foncé qui part de l’œil et va obli¬
quement et en s’élargissant jusqu’à l’anus.
Le B. a verrues, B . verrucosus , le même
genre que le B. P ras lin de Lacép. et vi-
ridis de Schn., orné de belles couleurs et
dont la chair est saine et agréable.
Nous citerons encore les B. lineatus ,
armatus , conspicillum , viridescens ,
ringens et bursa. (C. d’Q.)
BALISTES. Balista (nom d’une ma¬
chine de guerre des anciens), poiss. — Nom
d’un groupe de la famille des Sclérodermes,
ordre des Plectognathes , ayant pour cafac-
BAL
BAL
tères : Un corps comprimé ; huit dents à
chaque mâchoire, le plus souvent tranchan¬
tes ; la peau grenue ou écailleuse ; deux dor¬
sales : la première composée d’un ou plu¬
sieurs aiguillons articulés sur un os tenant
au crâne et présentant un sillon dans le¬
quel ils se logent en s’abaissant ; la seconde,
molle, longue et vis-à-vis d’une anale à peu
près de même nature ; pas de ventrales , et
portant un os du bassin suspendu à ceux
de l’épaule.
Les Balistes brillent des couleurs les plus
vives, et les naturalistes qui les ont décrits
n’ont pas trouvé d’expressions assez pom¬
peuses pour en peindre la beauté. Us se
nourrissent de Crabes, de petits Mollus¬
ques , de Polypes , de Coraux , dont elles
paraissent avides, et de Fucus. Leur chair
est peu estimée; et, dans certaines saisons et
sur quelques plages, ceux qui en ont mangé
on été si gravement incommodés , qu’on a
cru que ces poissons renfermaient un poi¬
son subtil ; mais on attribue avec plus de
raison ces effets délétères aux animaux dont
ils font leur nourriture.
Us habitent de préférence la zone torride,
le pays des animaux aux brillantes couleurs,
et l’on n’en trouve qu’une seule espèce dans
la Méditerranée. C’est près des rochers à
fleur d’eau qu’ilsjse tiennent de préférence,
et ils s’élèvent à la surface des eaux au
moyen d’une vessie natatoire, grande, ovale
solide , située près du dos , et en gonflant
d’air leur corps extensible , faculté qui est
commune à tous les Plectognathes , ce qui
n’empêche pas que leur allure ne soit em¬
barrassée et qu’ils ne nagent avec diffi¬
culté.
L’aiguillon dont est armée la dorsale des
Balistes leur sert d’arme défensive et rare¬
ment agressive. Quand l’animal est me¬
nacé, il le redresse avec vivacité, et fait à
l’ennemi qui l’attaque de cruelles blessures.
C’est à la présence de cette arme qu’ils doi¬
vent le nom qui leur a été donné par Artédi.
Les Balistes ont été divisés par Cuvier en
quatre sous -genres : les Balistes propre¬
ment dits , les Monacanthes , les Alutères
et les Triacanthes. Voy. ces mots.
(C. d’O.)
BALIVEAUX, bot. — Jeunes arbres
réservés lors de la coupe d’un taillis pour
devenir des bois de haute futaie. On donne
hUl
encore ce nom aux Chênes qui n’ont pas
atteint leur quarantième année. (C. »’0.)
BALLARIA et BALLARION. bot.cr.
— Selon Adanson, ce nom était, chez les
anciens , synonyme de Lichen. Voyez ce
mot.
BALLARIS. bot. cr. — Synonyme de
Conferve. Voyez ce mot.
BALLE. bot. — Voyez bale.
BALLEL. bot. ph. — Synonyme de Con~
volvulus riper s L. Voyez eiseron.
* B ALLIA (nom propre), bot. cr. (Phy-
cées). — Une algue recueillie aux Maloui-
nes par M. Gaudichaud , et décrite par M.-
Agardh (Spec. Alg., II, p. 23, et le. Alg.
eur. Fasc., I, t. 6) sous le nom d eSphace-
laria callitricha, sert de type à ce nou¬
veau genre, publié par M. Harvey dans le
Jow'nal de Botanique de M. Hooker,
(mai 1840, p. 191, t. IX). Les échantillons
vus par M. Agardh, de même que ceux
que nous avons décrits et figurés (voyez
Amer, mer., parM. Aie. d’Orbigny, Sert.
Patag.j p. 7, t. IV, f. 2), étaient complète¬
ment décolorés et les rameaux peu nom¬
breux, qui conservaient une teinte rosée, ne
suffisaient pas pour prononcer avec quel¬
que certitude sur la couleur primitive et
normale de cette algue. II paraît que M.
Harvey a vu le premier des échantillons
bien conservés , et qu’il a été conduit par
cette coloration; caractère, comme nous
l’avons vu déjà , d’une assez grande valeur
dans les Algues, à distraire cette plante,
non seulement du genre , mais encore de
l’ordre où elle avait été placée , et à l’élever
ail rang de genre, dans la sous-famille des
Floridées. Voici les caractères qu’il lui assi¬
gne : Fronde rose , transparente , composée
d’une tige principale cylindrique , cartilagi¬
neuse, continue, recouverte de villosités, et
de rameaux articulés, distiques , plusieurs
fois pennés , à pinnules opposées. Fructifi¬
cation ; masse presque globuleuse , d’un
rouge brun , renfermée dans les sommets
sphacélés des rameaux principaux ou se¬
condaires. Nous pensons que M. Harvey a
bien fait de reporter cette algue parmi les
Floridées ; mais, pour éviter de nouveaux
synonymes, n’aurait- il pas dû conserver le
nom spécifique de callitricha ?
M. Hombron , dans l’expédition au pôle
austral, commandée parM. le contre amiral
BAL
BAL
UkS
d’Urville, a retrouvé cette algue, et en a
rapporté des îles Aukland deux nouveaux
individus dans un bel état de conservation.
Saisissant l’occasion de la soumettre à un
nouvel examen , nous avons fait les obser¬
vations suivantes. La tige principale repré¬
sente un tube à parois épaisses et continues,
composées de deux ou trois couches de cel¬
lules allongées , colorées et anastomosées
entre elles dans la couche extérieure, comme
on le voit dans les Dasya; mais ce tube est
cloisonné de distance en distance dans son
intérieur et les cloisons participent elles-
mêmes de la coloration de la plante. Quant
à la fructification, nous avons en vain cher¬
ché celle indiquée par M. Decaisne ( PI . de
VArah. heur., p. 128), et qui consiste,
selon lui , en un faisceau de filets articulés
assez raides , du milieu desquels naissent ,
comme dans les Cernmium , de un à trois
utricules tétrasporées. Nous n’avons trouvé
que ce que M. Agardh avant nous et plus
récemment M. Harvey ont regardé comme
le réceptacle des spores, c’est-à-dire un ren¬
flement sphéroïde ou en massue des ra¬
meaux de premier et de second ordre. De¬
puis que sa couleur normale nous est con¬
nue , nous nous garderions bien d’affirmer
que tels sont les véritables conceptacles de
l’algue en question, et encore moins de
nier la présence des utricules tétrasporées
vues par M. Decaisne. Toutefois, et quoique
nous n’ayons pu y rencontrer de vraies spo¬
res, nous ne saurions non plus nous résou¬
dre à trancher la question et à décider que
ce ne soit pas là un des moyens de repro¬
duction de cette plante, ainsi que l’ont avancé
les deux phycologues cités et comme nous
l’avons d’abord cru nous-même. A l’espèce
déjà connue de ce genre vient s’en ajouter
une seconde dont le port est bien différent
et qui a été découverte à Akaroa par M.
Hombron. Ces plantes n’ont encore été
trouvées qu’aux îles Malouines , aux îles
Aukland et sur les côtes de la Nouvelle-Hol¬
lande. Ce genre , dont l’espèce connue res¬
semble à s’y méprendre au Ptilota plumo-
sa Ag., appartient à l’ordre des Céramiées.
Il a des affinités d’une part avec les Cal -
lithamnions et les Dasya , de l’autre
avec les Sphacélaires, dont il parait l’analo¬
gue dans cette sous-famille, et enfin avec les
Ceramium • (C. M )
BALLIEIUA. bot. ph. — Voyez bail-
RIERIA.
BALLIGOLLE , BOULIGOXJLE,
BRIGOULE. bot. cr. — Voyez baligoule,
BALLOT A, Tourn. bot. ph. — ■ Genre
de la famille des Labiées , dont les caractè¬
res essentiels sont : Calice hypoeratérifor-
me, imberbe, à 5 dents égales. Corolle à
tube inclus ; lèvre supérieure en forme de
casque ; lèvre inférieure à lobe moyen ob-
cordiforme , et à lobes latéraux échancrés.
On ne connaît qu’une espèce de ce genre; le
B. foetida Lamk. ( Ballota alba , et Ballo-
ta nigra Lin.); cette plante, connue sous
les noms vulgaires de Marrube puant. oq
Marruhc noir, est commune dans les
haies et les décombres ; elle participe aux
propriétés stimulantes qui se rencontrent
chez beaucoup d’autres Labiées. (Sp.)
* BALLOTÉES. bot. ph. — On a donné
ce nom à une sous-tribu de la famille des
Labiées {voyez ce mot) , ayant pour type
le genre Ballota. (A». J.)
BALLUM. ois. — Marsden a décrit sous
ce nom une espèce de Pigeon de Sumatra,
trop peu connue pour être déterminée.
BALMISIA. bot. ph. — Synonyme d'A-
risarum. Voyez ce mot.
BALO. bot. ph. — Nom ou genre du Plan
coma pendulum , qui croit en abondance
sur les côtes de Ténériffe. Voyez peacoma.
*BALOGHIA (nom propre), bot. pe.t-
Genre de plante de la famille des Euphorbia-
cées, dédié par son auteur, M. Endlicher, à
un médecin botaniste et voyageur, Joseph
Balogh, qui a écrit sur les plantes de la Se-
vie, sa patrie. — Les fleurs monoïques pré¬
sentent un calice 5-parti, imbriqué, avec les
divisions duquel alternentô pétales et un dis¬
que annulaire à cinq lobes opposés à ces
mêmes divisions; les mâles, des étamines en
nombre indéfini, dontles filets soudés à leur
base en une courte colonne, portent chacun
adnée à leur sommet une anthère extrorse ;
les femelles, un ovaire à trois loges 1-ovulées,
surmonté de trois stigmates, chacun profon¬
dément divisés en deux branches longues et
contournées. Le fruit, que revêt extérieu¬
rement une enveloppe un peu charnue, se
sépare néanmoins à la maturité en trois
coques bivalves, dont s’est séparé préala¬
blement le sarcocarpe. — La seule espèce
connue, le B . lucida , est un arbrisseau, de
BAL
BAL
449
Pile de Norfolk ; à feuilles opposées et en¬
tières, accompagnées de stipules membra¬
neuses; à fleurs disposées en corymbes
terminaux, dans lesquels toutes sont femel¬
les, ou les inférieures mâles. Elle est figurée
avec une excellente analyse dans VJconogr.
Gener . Plant. d’Endlicher, 5811 et 5812.
(Ad. J.)
* BALSAMACÉES. bot. i>h. — Nom
donné par M. Lindley aux Balsamifluées.
Voyez ce mot. (Ad. J.)
BALSAMARIA. bot. th. — Genre
de la famille des Guttifères, établi par
Loureiro, pour le Calophyllum Ino-
j)hyllum L., à cause des caractères qui le
distinguent de ses congénères, et qui consis¬
tent en un calice composé de 2 folioles ; 5
pétales à sa corolle, et ses étamines réunies
en six faisceaux. Ce végétal, naturel aux
Indes-Orientales, fournit un suc connu sous
le nom de Balsamum Mariœ , et qui lui
a valu son nom. (C. d’o.)
* BALSAME A, Gleditsch. bot . th . — Sy¬
nonyme du genre Balsamodendron . (Sr.)
* BALSAMIA. bot. va. — Synonyme
d1 Arts arum.
* BALSAMIFÈBE ( Balsamum , Bau¬
me ; feroj je porte), bot. th. — Qui produit
du Baume. (C. d’O.)
* BALSAMIFLUÉES. bot. th. — M.
Blume a séparé le genre Liquidamhar des
Amentacées, où on le rapprochait autre¬
fois du Platane, et il en a formé une petite
famille distincte à laquelle il donne ce nom,
et qui offre les caract. suivants : Fleurs uni-
sexuelles, où les deux sexes sont réunis sur
le même arbre, mais séparés sur des cha¬
tons globuleux différents. — Fleurs mâles :
Anthères nombreuses , dont chacune peut
être considérée comme une fleur, oblon-
gues , presque sessiles, sans calice, mais
entremêlées de quelques petites écailles sur
le réceptacle commun. Fleurs femelles :
Ovaire accompagné de plusieurs écailles
verticillées en manière de calice , sur¬
monté de deux styles oblongs, tout hé¬
rissés dans leur longueur, sur leur moi¬
tié interne , de papilles stigmatiques ; à
deux loges contenant chacune 6-8 ovules
peltés, attachés à leur angle interne. Il de¬
vient une capsule qui s’ouvre à son som¬
met entre les deux styles, et contient une
ou plusieurs graines aplaties et amincies
en aile membraneuse dans leur pourtour.
L’ensemble de ces capsules entremêlées
des écailles qui se sont accrues et durcies
forme une sorte de cône. La graine, sous
une enveloppe membraneuse et sous un
périsperme mince et cartilagineux, présente
un embryon droit , à cotylédons foliacés, à
radicule courte, dirigée vers le sommet du
fruit. — Les espèces du genre unique jus¬
qu’ici connu [yoy. liquidambar) sont de
grands arbres à feuilles alternes, dont un
croît dans l’Amérique du nord , et deux en
Asie. Ils sont remarquables par l’abondance
de suc résineux de la nature des Baumes que
fournit leur écorce, et dont on a tiré le nom
de la famille et celui de l’espèce la plus
communément répandue. (Ad. J.)
BALSAMINACÉES. bot. va.— Voyez
BALSAMINEES.
BALSAMINE. Balsamina, Tournef.;
Impatiens, Lin. bot. th.— - Ce genre a été
démembré de la famille des Géraniacées ,
pour devenir le type de celle des Balsami-
nées. Ses caractères sont : Calice à deux
divisions ; corolle à quatre pétales, irrégu¬
lière: le pétale supérieur en capuchon; l’in¬
férieur éperonné, et les deux latéraux bi-
appendiculés ou bilobés. Étamines 5, à an¬
thères d’abord un peu connées ; capsule
supère à cinq valves , s’ouvrant avec élas¬
ticité. — Sur douze espèces environ que
renferme ce genre, deux méritent d’être
connues. La Balsamine des jardins ( Im¬
patiens Balsamina Lin. ) est annuelle
et originaire de l’Inde, d’où elle fut appor¬
tée en Europe dès avant le xve siècle. Sa
tige est haute de quatre à huit décimètres,
épaisse, charnue, rougeâtre ou blanchâtre,
très rameuse. Ses feuilles sont sessiles,
alternes, lancéolées, dentées, un peu char¬
nues. Ses fleurs sont réunies en bouquets
sur des pédoncules simples et axillaires. —
Cette plante est très cultivée dans nos jar¬
dins, et on en a obtenu beaucoup de varié¬
tés à fleurs simples ou doubles , rouges,
roses, violettes , panachées ou blanches,
produisant toutes un effet assez agréable.
On la multiplie en semant au printemps
des graines cueillies sur de belles variétés,
et l’on obtient des fleurs d’autant plus
grosses et plus belles , qu’on arrose da¬
vantage. — La Balsamine des bois {Impa¬
tiens noli-tangere Lin.) est vivace et se
29
T. II.
450
BAL
BAL
trouve en France, dans les "bois. Sa tige est
haute de six à huit décimètres. Ses feuilles
sont grandes, ovales, dentées , courtemenl
pétiolées. Ses fleurs jaunes , éperonnées,
produisent peu d’effet, et cependant ce
végétal mériterait d’être cultivé à cause de
ses feuilles, qui se mangent comme les épi¬
nards, et qui, en outre, servent à teindre
la Laine en jaune. — On a nommé ces
plantes impatientes parce que, lors de la
maturité, pour peu qu’on touche à leur
tige , les capsules se contractent subite¬
ment, et leurs valves, en se roulant, lan¬
cent leurs graines au dehors. (Boit.)
B ALS AMINÉE S. bot. ph. — Cette fa¬
mille de plantes (Jicotylédonées , à corolle
polypétale et étamines hypogynes , qui a
reçu aussi le nom de Balsaminacèes , et,
d’après un de ses genres , celui ÜHydro-
cèrêes , présente le plus souvent des fleurs
irrégulières , qui ont été considérées sous
des points de vue différents par les divers
auteurs. Nous suivrons ici le travail le plus
récent et le plus complet, celui de M. Rœ-
per, dont les résultats paraissent aujour¬
d’hui généralement adoptés , et d’après le¬
quel les caractères peuvent être exposés de
la manière suivante : Calice à cinq folioles,
dont deux, celles qui sont situées en dehors
dans l’inflorescence, sont souvent dans un
des genres très petites , rudimentaires , ou
même disparaissent complètement, et ré¬
duisent ainsi le nombre apparent' des fo¬
lioles à trois ; de ces trois , deux fort petites
elles - mêmes sont extérieures , opposées
entre elles sur les côtés de la fleur ; la troi¬
sième enfin est tournée du côté de l’axe de
l’inflorescence , fort grande , au point d’em¬
brasser dans le bouton presque tout le reste
de la fleur, prolongée inférieurement en
un éperon creux plus ou moins long, élar¬
gie et concave dans tout le reste de son
étendue. Pétales au nombre de cinq et al¬
ternant avec les folioles du calice , mais dont
le nombre et les rapports apparents sont
souvent aussi changés par la soudure des 4
pétales les plus intérieurs deux à deux ; le
cinquième, qui les embrasse dans le bouton,
situé directement en dehors dans l’inflores¬
cence, et par conséquent opposé à la foliole
éperonnée, présente souvent extérieurement
une couleur verte, qui l’a fait compter parmi
les nièces du calice par quelques auteurs, qui
reconnaissent alors seulement 4 sépales et 4
pétales et supposent l’avortement du cinquiè¬
me. L’irrégularité cesse pour les autres ver-
ticilles de la fleur, qui ne peuvent donner lieu
à aucun doute, et qui ont pu ainsi servir de
guides pour déterminer rigoureusement les
précédentes. On a cinq étamines alternes
avec les pétales , intimement et constam¬
ment soudées entre elles par les bords de
leurs anthères et le sommet de leurs filets
élargis, tandis que les bases de ceux-ci sont
distinctes. Ovaire coiffé, à une certaine épo¬
que, par l’appareil des étamines soudées,
dont les filets se sont inférieurement rom¬
pus , libre , à cinq loges alternant avec
les étamines et renfermant chacune un ou
plusieurs ovules suspendus à l’angle in¬
terne , surmonté d’un stigmate sessile ,
conique , entier ou 5-parti. Il devient un
drupe à noyau 5-loculaire, ou, plus ordinai¬
rement , une capsule dont la portion exté¬
rieure se sépare élastiquement à la matu¬
rité en 5 valves, roulées chacune soit en de¬
dans, soit en délions, tandis que l’intérieure
•persiste sous la forme d’une colonne cen¬
trale chargée de graines , entre les rangs
desquelles on aperçoit le reste des cloisons
longitudinales qui étaient incomplètes vers
le sommet. La graine, de forme ovoïde,
sous une enveloppe mince et membràfieuse,
présente un embryon dépourvu de péris-
perme , dont la radicule est supère et très
courte , dont les cotylédons plans par leurs
surfaces, en contact et convexes sur l’autre,
forment presque toute la masse.
Les Balsaminées sont des plantes herba¬
cées, d’un tissu le plus ordinairement
assez succulent ; à feuilles simples , oppo¬
sées ou alternes , sans stipules ; à fleurs so¬
litaires , ou réunies au nombre de 2 ou B aux
aisselles des feuilles , ou rarement, par l’a¬
vortement de celles-ci , formant une grappe
terminale, dont les corolles jaunes , blan¬
ches, roses, violacées, ont beaucoup de ten¬
dance à se panacher et à doubler par la cul¬
ture. — Leurs espèces, qui se plaisent dans
les lieux humides et ombragés , se rencon¬
trent presque toutes dans les parties chau¬
des ou tempérées de l’Asie orientale. On
trouve un petit nombre en Afrique et
dans l’Amérique du nord, une seule en
Europe.
Genres : Impatiens , L. (Balsamina f
BAL
Riv. , distingué encore génériquement par
quelques auteurs). — Hydroccra, Blum.
(Tytonia, Don.). (Ad. J.)
BALSAMITE. Balsamita ( Balsa-
mum , Baume), bot. th. — Genre de la
famille des Synanthérées, tribu des Sé-
nécionidées, formé par Desfontaines au
moyen du démembrement du genre Ta-
nacetum. Ses caractères essentiels sont :
Involucre imbriqué ; fleurons tubuleux et
graines membraneuses. — On en con¬
naît environ douze espèces propres à l’an¬
cien continent. La plus commune et la plus
remarquable est la B. suaveolcns Desf.,
vulgairement appelée Baume des jardins
ou Menthe-Coq. C’est une plante vivace }
fort aromatique, qui croît naturellement
dans les parties méridionales de la France ,
et est cultivée dans nos jardins. Les botanis¬
tes modernes ont fait de la Balsamite le g.
Plagius, et c’est sous ce nom que la dési¬
gnent Endlicher, De Candolle et Lindley.
(C. d’O.)
* BALSAMODENBRON, Kunth ((3aX-
oap.o; , Baume ; J'svô'pov , arbre). bot. th.
— Genre de la famille des Térébinthacées,
auquel son auteur assigne les caractères
suivants : Fleurs diclines. Calice 4-denté,
persistant. Pétales 4, linéaires-oblongs, val-
vaires en préfloraison. Étamines 8, insé¬
rées sous un disque annulaire ; filets alter¬
nes chacun avec une glandule. Style court,
indiYisé , obtus. Drupe 1-ou 2-îoculaire ,
ovoïde, pointu, 4-sulqué ; loges 1-spermes.
— Arbres ou arbrisseaux. Feuilles 3-ou 5-
foliolées; folioles sessiles, non ponctuées.
Ce genre, fondé aux dépens des Amyris ,
ne comprend que 4 ou ô espèces; l’une
d’elles ( B . Opobalsamum Kunth) est re¬
marquable parce qu’elle produit le fameux
Baume de la Mecque , ou Bauime de
Judée. (Sr.
BA’LSAMOftfA ((3àX<ja[/.ov, Baume), bot.
ph. — Synonyme de Cuphea. Voyez ce
mot.
BALSAMOPHORA ([3aXcau.oç, Baume;
«popo'ç, qui porte), bot. ph. — Synonyme
d ' Heliopsis.
BALSAMORHIZA ((3àX<r<mo?, Baume ;
pî£a, racine), bot. ph. — • Synonyme d’He-
liopsis lerebinthacea .
BALSAMIJM.bot.ph. — Synonyme latin
de Baume. Voyez ce mot.
BAM 451
BALTIMORA.. bot, ph, — Synonyme
de Fougerouxia.
BALTIMORE, ois. — Espèce du genre
Troupiale, Oriolus baltimora , dont
Vieillot a formé le genre Baltimore ,
Yphantes. Voy. troupiale.
* BALTIMOREES. Baltimorœ. bot.
ph. — Cassini a donné ce nom à un groupe de
la section des Hélianthées rudbecldées , et
Lessing à une section de la sous-tribu des
Sénécionidées ambrosiées, ayant pour type
le genre Baltimora. (C. d’O.)
BAMBOCHES, bot. ph.— Nom donné
aux jeunes pousses du Bambou, ’dont on fait
des cannes.
BAMBOS. bot. ph. — Syn. de bambou.
BAMBOU. Bambusa. bot. ph. — Genre
de la famille des Graminées, d’abord établi
par Retz ( Observ ., p. 24) , sous le nom de
Bambos, qui a été simplement modifié en
celui de Bambusa, par Schreber. Ce genre
a pour type YArundo Bambos de Linné ,
graminée gigantesque, originaire de l’Inde,
et décrite par tous les voyageurs sous le
nom de Bambou. Nous allons d’abord
donner les caractères du genre Bambusa ,
tel que le circonscrivent aujourd’hui la plu¬
part des agrostographes et botanistes mo¬
dernes, après quoi nousindiquerons sommai¬
rement les espèces qu’on en a retirées pour
en constituer des genres distincts. Voici les
caractères du genre Bambusa:V pillets géné¬
ralement comprimés et multiüores. Fleurs
disposées sur deux rangs ; les inférieures
ordinairement neutres et avortées, réduites
à une simple écaille , tout à fait analogue
à celles qui composent la lépicène ; les au¬
tres fleurs, tantôt hermaphrodites , tantôt
au contraire mâles , avec une seule qui soit
hermaphrodite. Lépicène formée de deux
écailles petites, concaves et dépourvues d’a¬
rête. Glume composée de deux paillettes
coriaces: l’inférieure concave, allongée ou
plus ou moins mucronée au sommet ; la su¬
périeure plus étroite et portant deux ner¬
vures saillantes. Étamines généralement
au nombre de six, plus longues que les
valves de la glume. Ovaire accompagné à
sa base par trois paléoles courtes , entières
et ciliées dans leur contour, et surmonté
d’un style simple inférieurement , divisé
en deux ou trois branches, portant cha¬
cune un stigmate plumeux. Fruit sim-
BAN
Ü52 BÀM - . -
élément recouvert par les paillettes de la
glume.
Tel que nous venons de le caractériser, le
genre Bambusa se compose d’une dou¬
zaine d’espèces , Graminées souvent gigan¬
tesques, toutes originaires de l’Inde ou des
grandes îles de la Sonde Plusieurs genres
ont, avec celui que nous venons de décrire,
beaucoup d’analogie , et ont été formés
d’espèces qui d’abord avaient fait partie
du genre Bambusa. Tels sont surtout les
genres Nastus , Chnsquea et Guadua ■ Le
genre Nastus , établi par Jussieu, diffère
surtout par ses épillets qui ne contiennent
jamais qu’une seule fleur hermaphrodite
terminale, toutes les autres étant neutres et
réduites à une seule écaille , enfin par- ses
trois stigmates sessiles. M. Kunlh a formé,
sous le nom de Chusquea , un genre dont
les épillets sont simplement triflores 5 la
fleur terminale est seule hermaphrodite.
Cette fleur offre trois étamines, deux styles
et deux stigmates. Le genre Guadua ,
du même botaniste, se distingue par des
épillets multiflores et cylindriques , et les
fleurs inférieures sont neutres ef stériles.
Enfin, on a dû former un genre distinct,
sous le nom de Beesha , déjà indiqué par
Rheede,pour le Bambusa bac ci fer a Roxb .
( Çorom ., III, p. 30, t. 242); genre qui se dis¬
tingue surtout par son fruit charnu et très
volumineux.
Parmi les espèces du genre Bambusa ,
nous mentionnerons ici la plus remarqua¬
ble et la plus intéressante de toutes, la
Bambusa arundinacea Roxb . {Corom. , I,
p. 56, t. 79). C’est une graminée gigantes¬
que qui croît dans l’Inde , soit au milieu
des forêts , soit dans les plaines ou sur les
montagnes, où elle recouvre souvent d’im¬
menses espaces. C’est de l’Inde , sa patrie
primitive, qu’elle a ensuite été transportée
dans toutes les régions chaudes du globe où
elle a fini par se naturaliser. Rien de plus
merveilleux que les touffes du Bambou,
dont les tiges élégantes s’élèvent quelque¬
fois à une hauteur de vingt et même de
vingt-cinq mètres. Ce végétal à la fois élé¬
gant et majestueux, imprime, ainsi que
l’ont remarqué la plupart des voyageurs, un
cachet, un aspect tout particulier aux pay¬
sages des régions tropicales. Ses tiges sont
simples ; mais de leurs nœuds naissent sou¬
vent un très grand nombre de petits ra¬
meaux verticillés, chargés de feuilles nom¬
breuses. Celles-ci, souvent fort grandes,
sont d’un vert clair et agréable. Les fleurs
forment des espèces de panicules interrom¬
pues et ramifiées.
Dans les pays où le Bambou croît spon¬
tanément, comme dans ceux où on le cultive,
on tire un grand avantage de cet arbre ; ain¬
si, ses tiges creuses et légères sont cepen¬
dant d’une très grande solidité. Les plus
grosses servent souvent de charpente pour
la construction des édifices publics ou des
habitations particulières. On peut égale¬
ment en faire des vases, des sceaux ou
d’autres ustensiles de ménage. Les tiges
plus faibles sont employées pour faire des
palissades, des clôtures , des parois ou des
cloisons dans les habitations. Enfin, avec les
fibres qu’on en détache, on fait des nattes,
des corbeillles ou des paniers très solides.
A une certaine époque, il découle de leurs
nœuds une liqueur douce , agréable et su¬
crée , susceptible de fermenter et qui sert
de boisson dans plusieurs des pays où le
Bambou est abondant. (A. R.)
BAMBUSACÉES. bot. ph. — Voyez
BAMBUSÉES.
*BAMBUSÉES. jSamÙMseaî.BOT.rH. —
Le professeur Nees d’Esenbeck {Linnœa ,
t. IX, p. 461) a formé sous ce nom une tribu
dans la famille des Graminées, tribu compo¬
sée des genres Arundinaria, Rich. ; Strep-
togyna, P. Beauv.; Chusquea, Kunth. ; Me-
rostachys, Spreng.; Nastus , Juss.; Bam¬
busa, Schreb.; Beesha , Rheed.; Strepto-
chæta , Nees. Voy. graminées. (A. R.)
* BAMBUSELLA (diminutif de Bam¬
busa). bot. ph. — Nom employé par Rei-
chenbach et qui est synonyme de Pani-
cum.
B AN AB A. bot. ph. — Voy. banava.
B AN AN A ou BONANA. ois. — Syn.
de Troupiale et de Gros-Bec, selon Sloane
et Brisson. Voy. ces deux mots.
BANANE, bot. ph. — Fruit du Bana¬
nier. Voyez ce mot.
BANANIER. Musa , Lin. bot. ph. —
Genre de la famille des Musacées ou Scita-
minées, ayant pour caractères : Régime en¬
veloppé dans une spathe avant la floraison ;
ovaire inférieur, très grand, triloculaire.
Style terminé par un stigmate concave et
BAN
bordé de six dents. Étamines 6, insérées au
sommet de l’ovaire. Périgone à deux péta¬
les : l’un relevé , droit , à cinq lanières au
sommet; l’autre concave, en partie renfermé
dans le premier. Fruit consistant en une
sorte de baie triangulaire et allongée. — Le
Bananier n’est point un arbre , comme on le
croit généralement en Europe ; mais bien
une plante herbacée , vivace seulement par
ses drageons , et dont la tige périt aussitôt
qu’elle a donné son fruit. Cette plante, dans
sa végétation, a une analogie frappante avec
celle de la famille des Liliacées ; un plateau
charnu , analogue à une bulbe , émet des
racines fibreuses en dessous et des feuilles
en dessus. Ces feuilles, longues de deux à
trois mètres et larges d’un mètre environ ,
se succèdent rapidement, et leurs pétioles
persistants, qui s’engaînent les uns dans les
autres, forment, en se desséchant, une sorte
de tige atteignant de trois à cinq mètres de
hauteur. Elle est traversée, dans son centre
et dans toute sa longueur, par une hampe
qui naît sur le milieu de la bulbe et va sor¬
tir au sommet, à côté de la feuille terminale.
Là, cette hampe se recourbe, se penche vers
la terre, et se termine par une espèce de
régime portant les fleurs femelles et les
fruits à sa base , et les fleurs mâles à l’ex¬
trémité. Dans les climats chauds, toutes ces
évolutions se font en un an ou dix-huit
mois , et la plante périt quand ses fruits
sont mûrs ; mais , dans nos serres , il n’en
est pas de môme, probablement faute de
chaleur; et je me souviens d’avoir vu, dans
les serres de M. Boursault, un Bananier
qui a vécu plus de douze ans.
Les chrétiens d’Orient ont avancé que le
Bananier n’était rien moins que l’arbre
fatal de la science du bien et du mal, dont le
fruit tenta notre première mère, et ils ajou¬
tent que, lorsque Adam et Eve reconnurent
leur nudité, c’est avec les feuilles de cette
plante qu’ils la couvrirent. Quoi qu’il en soit,
ce végétal, d’un aspect superbe et tout à
fait étrange aux yeux d’un Européen , est
un des plus utiles de ceux que la nature a
plantés entre les tropiques. Deux espèces
surtout, le Bananier du paradis et le Bana¬
nier des sages, fournissent aux malheureux
nègres une bonne partie de leur nourriture
habituelle. Le fruit du premier, nommé
Banane , et plus ordinairement Planta -
BAN hht,
i nier par les Espagnols , demande à être
cueilli un peu avant sa maturité, c’est-à-dire
au moment où sa couleur , d’abord verte ,
commence à passer au jaune ; une peau un
peu rude recouvre une chair molle , d’une
saveur douce et agréable, mais on le mange
rarement cru. Communément, on le fait cuire
au four ou sous la cendre , ou dans l’eau
avec de la viande salée ; ainsi préparé , il
est très sucré , très nourrissant et d’une fa¬
cile digestion. Quelquefois, après l’avoir
pelé, on le coupe par tranches longues qu’on
enveloppe d’une pâte légère qu’on fait
frire comme des beignets. La Banane cour¬
te, ou Figue Banane, produite par le Ba¬
nanier DES sages, se mange toujours crue;
sa chair est délicate, molle, fraîche, excel¬
lente, et n’a besoin d’aucun assaisonnement.
Les Bananes vertes contiennent beaucoup de
fécule ; mûres , elles n’offrent plus que du
sucre , mais en telle abondance que sous ce
rapport elles le disputent à la Canne et à la
Betterave. Ces fruits ne peuvent pas se gar¬
der longtemps ; aussi , pour les conserver,
a-t-on imaginé de les couper en tranches
mincés et de les faire sécher. Quelquefois
encore on les râpe après les avoir dépouillés
de leur peau; on les met à la presse, et on les
fait cuire ensuite dans une poêle, à la ma¬
nière du Manioc. Ce procédé les convertit
en une farine longtemps saine et bonne,
et dont on peut faire une bouillie agréa¬
ble et très nourrissante. Dans les Phi¬
lippines, on utilise, en les filant, les fi¬
bres extrêmement ténues qui composent en
grande partie le pétiole des feuilles , et l’on
en forme des tissus extrêmement fins, connus
sous le nom de nipis. Partout on couvre les
cases et les pauvres habitations avec les
feuilles de Bananier, quoiqu’elles soient très
fragiles et ordinairement déchiquetées trans¬
versalement par les vents.
Les Bananeries s’établissent ordinaire¬
ment dans les terrains frais et ombragés ,
sur le bord des rivières, des ruisseaux et
des ravins, en un mot, au fond des vallées
les plus profondes, afin de les préserver des
ouragans qui les renversent et les déraci¬
nent. On les plante à deux ou trois mètres
de distance en tous sens, et une fois arrivés
à un certain degré de force ils ne demandent
aucun soin. Chaque cenü mètres carrés, bien
tenus et dans une exposition convenable,
BAN
BAN
m
produisent, terme moyen, deux mille kilo¬
grammes de Bananes ; ce qui fournit une ré¬
colte plus considérable, en matière nutritive,
qu’aucune autre plante cultivée. Le Froment,
dans une même étendue, ne donne guère que
quinze kilogrammes de grains ; et les Pom¬
mes de terre produisent, en poids, quarante-
trois fois moins que les Bananes. On les
multiplie uniquement de rejetons, et cepen¬
dant on en a obtenu un grand nombre de
variétés , depuis la grosseur d’un petit Cor¬
nichon jusqu’à celle d’un moyen Concombre.
Leur culture est très répandue en Amérique,
où ils ont été transportés , en Asie et en
Afrique. M. Bory de Saint-Vincent dit en
avoir vu à Madère, ce qui prouverait que
cette plante exige moins de chaleur qu’on
ne le croyait.
Le Bananier a fruit long ( Musa para-
disiaca Lin.) est originaire des Indes. Sa
tige est cylindrique , grosse de quatre à six
mètres de hauteur, et se termine par une
touffe de feuilles longues de deux à trois mè¬
tres et larges de soixante-cinq centimètres à
un mètre de largeur; elles sont pétiolées, très
lisses, ovales oblongues, à nervures trans¬
versales et parallèles; le spadiceest penché.
Les fleurs mâles sont persistantes ; les
fruits, longs de douze à quinze centimètres,
un peu arqués, sont quelquefois au nombre
de cent et plus sur le même régime. En
France, on le cultive dans les serres chaudes,
d’où il ne doit jamais sortir, et il y fructifie
assez aisément, si on l’y plante en pleine
terre légère et substantielle. Il exige beau¬
coup d’arrosement en été, et se multiplie de
drageons , ou de graines quand il en pro¬
duit , ce qui est très rare , même dans son
pays. Toutes les espèces se cultivent de
même et produisent un magnifique effet
dans nos serres. On en possède une char¬
mante variété, Musa violacea H. P.
Bananier figuier ( Musa sapientum
Lin.) des Indes. Sa tige est maculée de
pourpre foncé, et s’élève plus que celle du
précédent. Ses feuilles sont veinées de la
même couleur. Ses fleurs mâles ne sont pas
persistantes; ses fruits sont meilleurs, plus
courts, plus droits, plus serrés. Comme le
précédent, il a fourhi un grand nombre de
variétés, parmi lesquelles on cultive le Mu¬
sa ylauca H. P.
Bananier des troglodytes ( Musa tro-
glodytarum Lin. , Musa uranoscopus
Rumph.) des Moluques. Il diffère des précé¬
dents par son spadice droit et par ses spathes
caduques. Ses fruits sont petits, irrégulière¬
ment tachés de rouge et striés de noirâtre.
Bananier écarlate ( Musa coccinca An-
dr.) de la Chine. Tige de un à deux mètres ;
spadice droit ; spathes serrées , grandes ,
d’un écarlate très brillant, jaunes à leur
extrémité ; stigmates en tête, lisses ; semen¬
ces lisses et ovales.
Bananier de la chine ( Musa sinensis
H. P.). Ce n’est probablement qu’un variété
du sapien tum ; mais il est plus vigoureux
et ne s’élève qu’à la hauteur de deux mètres
environ ; régime très grand ; fruits petits ,
excellents, mûrissant très bien en serre.
Bananier a sfathe rose ( Musa discolor
et Musa rosea Hortul.). Tige de trois à
quatre mètres. Feuilles violacées en dessous
dans leur jeunesse , et ensuite seulement
sur leur nervure principale ; spadice droit ;
à spathes roses et caduques. (Boit.)
BANANIERS, bot. ph.— Synonyme de
musacées. Voyez ce mot.
BANARA, Aubl. bot. th. — Genre de
la famille des Bixacées, auquel on attribue
les caractères suivants : Fleurs hermaphro¬
dites; calice 6-parti, persistant; pétales 6,
arrondis, insérés, sous un disque hypogyne.
Étamines très nombreuses ; ovaire 1-locu-
laire, à 3 placentaires multi-ovulés. Style
indivisé ; stigmate capitellé. Baie presque
sèche, globuleuse, I-loculaire, polysperme.
— Ce genre appartient à l’Amérique équa¬
toriale. On n’en connaît que quelques es¬
pèces ; ce sont des arbrisseaux à feuilles
alternes , denticulées, stipulées ; à fleurs en
grappes axillaires et terminacées. (Sr.)
BANAVA ou BANABA. bot. th. —
Nom donné par Camelli , dans ses Icônes ,
fig. 42, à un arbre décrit par Ray d’une
manière trop incomplète pour que sa place
puisse être déterminée avec certitude. On
croit que c’est le Munchausia de Jussieu.
(C. d’O.)
B ANCHE. géol. — Au bord de la mer,
et particulièrement sur }es côtes occidenta¬
les de la France , on donne ce nom à des
bancs de Marne argileuse qui, alternative¬
ment humectés par les vagues et séchés
par le contact de l’air, blanchissent et pren¬
nent à leur surface la consistance de la
BAN
pierre ; ces bancs sont assez souvent percés
par des Pholades et autres Mollusques litho-
phages auxquels ils servent d’habitation.
(C- PO
BANCIÏIJS. ins. — Genre dé la fa¬
mille des Ichneumoniens , de l’ordre des
Hyménoptères, établi par Fabricius et adop¬
té par Latreille, Gravenhorst et tous les en¬
tomologistes. Il se distingue essentiellement
des autres Ichneumoniens par un abdo¬
men comprimé latéralement, sessile ou
syfbpédonculé.
On a formé, dans le genre Ranchus ,
plusieurs divisions que certains entomolo¬
gistes regardent comme autant de g. dis¬
tincts: ce sont les Ëxelastes , Leptobatus ,
Coleocentrus , Tropistes , Arotes ( voyez
chacun de ces mots). Les véritables Ban-
chus en diffèrent par des ailes , dont la
seconde cellule cubitale est presque rhôm-
boïdale ; par un abdomen sessile ou presque,
sessile et par une tarière cachée. Ils sont
peu nombreux en espèces ; le type est le
Banc hits volutatorius ( Ichneurnon vo-
lutatorins Lin.), répandu dans üfïè grande
partie de l’Europe. (Él.)
BANCOXJLIER. Ambinux , Commers.
bot. th. — Commerson avait, dans Ses ma¬
nuscrits, désigné sous le nom de Noix de
Bancoul le fruit d’une euphorbiacéc trans¬
portée des Indes à l’Ile-de-France et qu’on
a reconnu pour faire partie du genre Aleu-
rites. Voyez ce mot. (C. d’O.)
* BANCROFÏTA, Macfad. [Flora of
Jamaica , I, p. 112). bot. ph. — Genre in¬
complètement connu qu’on rapporte avec
doute à la famille des Tiliacées. (Sjp.)
BANCS, zoot. — On appelle ainsi les
légions nombreuses d’animaux aquatiques
qui vivent rassemblés sur un même point et
voyagent en troupes. On ne peut considérer
ces réunions comme étant fondées sur le
sentiment de sociabilité ; Car il n’existe, en¬
tre les individus qui les composent, aucune
solidarité ; et peut-être sont-elles dues seu¬
lement à l’éclosion sur un même point d’un
nombre considérable d’œufs, et à l’existence,
dans les localités où ils sont réunis, des
moyens de subsistance. Les Morues , les
Harengs, les Maquereaux, les Thons, etc.,
sont connus par leurs voyages périodiques;
et, chaque année , on les voit paraître en
troupes à une époque semblable dans les
BAN 455
mêmes parages. Les Mollusques de la classe
des Ptéropodes, tels que les Hyales,les Clios,
etc., sont également réunis en bancs consi¬
dérables, et certaines parties de la mer sont
couvertes au loin de myriades de Zoophytes
qui flottent au gré des eaux. (C. d’O.)
BANCS, géol. — Les substances miné¬
rales qui entrent dans la composition du
sol et particulièrement celles qui ne sont
que des précipités ou des sédiments formés
dans le sein des eaux, sont disposées en
Couches plus ou moins puissantes et éten¬
dues qui se superposent comme les feuilles
d’un livre. Les géologues appellent Strates ,
d’une manière générale , les assises distinc¬
tes que leur présente une tranche du sol, et
Stratification cette disposition à une divi¬
sion en Couches , Bancs , Lits, Feuillets ,
à peu près parallèles entre eux. Quant à la
valeur relative et fixe de chacune de ces der¬
nières expressions, elle n’est pas encore dé¬
finitivement arrêtée, et beaucoup de géolo¬
gues les emploient comme synonymes les
unes des autres. Cependant, on doitentendre
plus particulièrement par Bancs ceux des
strates qui sont formés de Substances con¬
sistantes, et dire plus particulièrement des
Bancs calcaires, gypseux , de grès; et des
Lits d’argile, de marne. Les Bancs super¬
posés peuvent être de même nature miné¬
ralogique, comme on le voit dans les grands
dépôts calcaires , ou bien de nature diffé¬
rente. C’est ainsi que des Bancs de calcaire
sont séparés par des Bancs de grès ou par
des lits d’argile. (Yoir, pour plus de détails,
les articles stratification et structure du
sot . )
Les marins et les géographes donnent au
mot Bancs une toute autre acception que
les géologues , puisqu’ils appellent ainsi les
amoncellements plus ou moins considéra¬
bles de Sable , de Gravier, de Galets et de
Yase que les eaux des fleuves et celles de la
mer forment sur le sol submergé. Ces Bancs,
composés de matières meubles , s’accrois¬
sent graduellement dans certains parages et
particulièrement à l’embouchure des fleuves
et sur les rivages , de manière à devenir un
obstacle pour la navigation ; quelquefois
aüssi ils se déplacent et se déforment lors¬
que la direction des courants vient à chan¬
ger; d’autres fois, s’élevant au dessus du ni¬
veau des eaux et se réunissant aux terres
456
BAN
précédemment émergées , ils augmentent
l’étendue de celles-ci. Voy. alt.uvions, at-
TÉRISSEMENT et STRUCTURE DU SOL. (C. P.)
BAIVDINA. bot. th. — Nom vulgaire
du Sarrazin, Polygonum Fagopyrurn L.,
en Languedoc. Voyez renouée.
* BANFFYA, Baumg. bot th. — Double
emploi du g. Gypsophila. (Si*.)
BAiYGI. bot. ph. — Arbrisseau lactes¬
cent des Philippines , à fruits comestibles
et à graines vénéneuses. On croit que cette
plante est voisine des Strychnus.
BANGIE. Bangia (nom d’homme).
bot. cr. — (Phycées). C’est Lyngbye ( Hy -
droph. Dan., p. 82, t. XXI Y) qui fonda
ce genre et le dédia à son compatriote
Hoffmann Bang. Tel qu’il est défini par
l’auteur danois, ce genre comprend des
Algues d’une nature et d’une organisation
si diverses qu’il était de toute impossibilité
de les conserver réunies. Mieux limité par
M. Agardh , voici les caractères auxquels
on pourra le distinguer des autres genres
de la tribu des Oscillatoriées , parmi les¬
quelles le range sa structure : Filaments
capillaires, membraneux, comprimés ou
plans, continus, renfermant des granules
colorés, elliptiques, globuleux ou cylindra-
cés, quelquefois agglomérés en petites mas¬
ses, mais le plus souvent disposés par ban¬
des ou séries transversales, parallèles entre
elles. — Presque toutes les espèces de ce
genre sont marines. L’une d’elles (B. atro-
purpurea Ag. ) est commune dans les
ruisseaux et s’attache surtout aux roues des
moulins que leur eau met en mouvement.
On en connaît huit à neuf espèces , toutes
européennes. (C. M.)
BANGIELLA. BOT. TH. - Voy. BANGIA.
BANISTERIA (nom d’homme), bot.
th. — Jean Banister est cité comme un
des martyrs de la botanique. Cet An¬
glais, en herborisant sur les rochers de
la Virginie, périt d’une chute que Lin¬
né a immortalisée par la dédicace de ce
genre , et dont nous rappelons ici les
propres mots : Dicta itaque fuit plan¬
ta Americana scandens , f rue tu con-
fraclo sanguinolento. Plusieurs espèces
étaient signalées antérieurement , mais
confondues avec les Érables. Le genre
Banisteria , une fois établi , reçut pres¬
que toutes les Malpighiacées (famille à la-
BAN
quelle il appartient) dont le fruit se pré¬
sentait surmonté d’une aile ; mais leur
nombre finit par croître tellement , qu’on
dut le couper successivement en plusieurs
autres, et aujourd’hui nous ne reconnais¬
sons, comme devant y être rapportées, que
celles qui offrent les caractères suivants :
Calice 5-parli, dont 4 divisions portent sou¬
vent chacune deux grosses glandes ; d’au¬
tres fois il n’y en a aucune. Pétales plus
longs, onguiculés, à limbe frangé ou denté
dans son contour, glabre ou pubescent, or¬
dinairement inégaux. Étamines 10, toutes
fertiles, inégales entre elles; à filets infé¬
rieurement soudés ; à anthères glabres ou
velues, dont le connectif se renfle et même
se prolonge souvent en forme de glande.
Styles 3, terminés par un stigmate en tête et
plus tard tronqué. Ovaires 3, soudés par leur
face interne, velus , prolongés chacune sur
leur dos en une petite bosse. Fruit composé
de trois samares, dont une ou deux avortent
assez souvent et dont chacune est surmon¬
tée d’une aile oblongue , épaissie sur son
bord antérieur, plus mince et membraneuse
sur le bord postérieur ; on observe quelque¬
fois en outre des crêtes ou des pointes sur
les côtés du fruit. — Les espèces sont des
arbrisseaux, ou pour la plupart des lianes
originaires des régions inlertropicales de
l’Amérique. Leurs feulles sont opposées ,
rarement verticillées 3 par 3, très entières,
à pétiole court ou même nul , munies sou¬
vent vers leur base de deux glandes ou
plus, accompagnées de deux stipules courts
et caducs , mais qui souvent élargis à
leur base dessinent un anneau autour de la
branche. L’inflorescence peut aider à dis¬
tinguer deux sections dans ce genre ; le plus
souvent elle est composée d’ombelles 4-flo-
res qui, par leur rapprochement, forment
des panicules terminales ou latérales plus
ou moins amples ; plus rarement de grap¬
pes qui se groupent de même en panicules.
Les fleurs sont portées sur des pédicelles
plus ou moins longs , articulés à leur base
et, au dessous de l’articulation, accompa¬
gnées d’une bractée extérieure et de deux
bractéoles situées à peine au dessus. Les
fleurs sont roses ou jaunes, plus rarement
blanches. Leur couleur et leur surface gla¬
bre ou pubescente peut fournir des sous-
divisions assez naturelles dans la section
BAN
457
la plus nombreuse. La somme totale des es¬
pèces, après toutes les réductions que nous
avons signalées , se monte encore aujour¬
d’hui à plus de 50. (Ad. J.)
* B A1VISTÉ RIÉES . bot. th. — Tribu
de la famille des Malpighiacées ( voyez ce
mot). Pour M. De Candolle, elle compre¬
nait tous les genres à trois styles et à fruit
ailé. Pour nous, elle renferme seulement
ceux dont l’aile est le prolongement de la
nervure dorsale du carpelle, quel que soit
le nombre des styles. (Ad. J.)
* BANJOLEA. bot. ph. — Genre encore
fort mal connu, établi parBowdich ( Madeir .
396), et placé à la suite de la famille des
Acanthacées. Il a été formé pour une plante
herbacée, velue, à feuillesr ovales et oppo¬
sées, dont les fleurs forment des épis axil¬
laires et imbriqués. Leur calice, accompa¬
gné d’une seule bractée, est quadrifide ; la
corolle violette est irrégulière, à quatre lobes
sinueux. Les étamines sont au nombre de
deux. Le fruit est une capsule biloculaire, à
loges polyspermes. (A. R.)
* BA1STK.ESIA, Bruce, bot. th. — Syno¬
nyme du genre B rayera. (Sr.)
BA1XKSEA. bot. ph. — Le genre ainsi
nommé par Kœnig(t/i Retz, Qbs. III, p. 76),
a été réuni au genre Costus de Linné, dans
la famille des Amomées. Voyez costus.
(A. R.)
BÀ1VKSIA, L. bot. ph. — Genre de la
famille des Protéacées, dont les caract.
essentiels sont : Périanthe4-parti ou 4-fide.
Étamines 4, nichées dans les fovéoles des
segments du périanthe. Quatre squamules
hypogynes. Ovaire 1 - loculaire , 2-ovuIé ;
ovules collatéraux. Style filiforme ; stigma¬
te claviforme. Follicule ligneux, biloculaire,
2-sperme. Graines ailées au sommet. — Ce
genre, propre à la Nouvelle-Hollande, ren¬
ferme beaucoup d’espèces que l’élégance
de leur feuillage fait cultiver dans les col¬
lections de serre. Ce sont des arbrisseaux à
rameaux disposés en ombelle ; les feuilles
sont éparses ou verticillées , très entières,
ou dentelées, ou pennatifides, souvent dis¬
semblables sur le même individu. L’inflo¬
rescence est terminale ou latérale , en épis
dépourvus d’involucre ; les fleurs sont gé¬
minées sur le rachis , et chaque paire est
accompagnée de trois bractées persistantes.
(S*-)
PAP
* BANK SIA. bot. th. — Nom employé
par Dombey, comme synonyme de Cu~
j)hea.
. BANRSÏANÜS. ois. — Voyez bank-
SIEN .
* BANRSIÉES. bot. ph.— Tribu de la
famille des Protéacées. Voyez ce mot.
(Ad. J.)
* BÂNRSIEN. Banksianus. ois. ■ —
C’est , dans le Traité cl’ Ornithologie de
M. Lesson, le nouveau nom qu’il donne au
genre qu’il avait nommé précédemment ,
dans son Manuel d? Ornithologie , Calyp -
lorhynque, d’après celui de Calyptorhyn-
chus, donné au même genre par Vigors et
Horsfield. Voyez cauyptorhynque. (Lafr.)
BANNÎ8TÉROIDÉ. bot. th.— Voyez
PEUUA.
BÂNÏÀJÀM. mam. — Nom du Nasique
masqué à Bornéo.
BANTÏALE. bot. ph. — Nom sous
lequel Rumph a décrit, d’une manière in¬
complète, deux plantes parasites, dont l’une,
la B. rouge, paraît être un Épidendre , et
l’autre , la B. ivoire, un Gui. Des Fourmis
rouges ou noires se creusent des galeries
dans les feuilles des Bantiales, sans que ces
plantes paraissent souffrir de la présence
de ces animaux. (C. d’O.)
BAOBAB. bot. rn. — Voyez adansonia.
*BAPÏIIA, Afzel. (paori, teinture). bot.
ph.' — Genre rapporté avec doute aux Swart-
ziées. M. De Candolle en donne les caract.
suivants : Calice en forme de coiffe, finale¬
ment caduc. Corolle à étendard arrondi ,
étalé ; ailes linéaires, aussi longues que l’é¬
tendard; carène pointue . Légume falciforme,
6-sperme. — On n’en connaît qu’une espèce
{B. niticla ). C’est un arbre de Sicrra-
Leone ; à feuilles imparipennées, 2-juguées,
et à pédiceïles axillaires, 1-flores ; son bois,
appelé par les Anglais Cam wood , sert à la
teinture. (Sp.)
* BAPHORHIZA, Linlc. (Pacprî, tein¬
ture ; pî£a, racine), bot. ph. — Genre ou
sous-genre de la famille des Borraginées,
fondé sur l’ Ânchusa tinctoria L. Il ne dif¬
fère des Anchusa qu’en ce que les appen¬
dices de la corolle sont plus courts que les
étamines et inclus. (Sp.)
*BAPTA (paTrrw, je teins), ins. — Genre
de Lépidoptères nocturnes , de la tribu des
Phalénites ou Géomètres , établi par Sle-
29*
T. n,
BAH
658 BAR
phens, et qui correspond à notre g. Cory-
cïa. Voyez ce mot. (D.)
BAFTISIA , Yent. (paTFTtatç, action de
teindre), bot. ph. — Genre de la famille
des Légumineuses (sous-ordre des Papi-
lionacées, tribu des Sophorées). Les carac¬
tères distinctifs en sont : Calice 4-ou 5-
fide, bilabié. Pétales presque égaux ; éten¬
dard à bords réfléchis. Étamines caduques.
Légume stipité, bouffi, polysperme. — Her¬
bes vivaces. Feuilles simples ou trifoliolées.
Fleurs en grappes. Ce genre appartient à
l’Amérique septentrionale. On en connaît
environ 15 espèces. Ces plantes sont remar¬
quables par l’élégance de leurs fleurs; aussi
plusieurs espèces (notamment les B. aus-
tralis , B. tinctoria et B. alla) se culti¬
vent-elles fréquemment pour rornementdes
jardins. (Sp.)
BAR ou BARS, poiss. — C’est la dé¬
nomination vulgaire usitée par les pê¬
cheurs de nos côtes de Normandie pour dé¬
signer un poisson qui ressemble tellement
à la Perche d’eau douce , qu’il y a lieu de
s’étonner que ce ne soit pas lui qui ait reçu,
des riverains de la Méditerranée, le nom de
Perche de mer. Les Anglais ont adopté une
dénomination fondée sur cette ressemblan¬
ce ; car ils le nomment Bass ou See Bass ,
et je crois que c’est dans la corruption de
ce mot qu’il faut chercher l’origine du nom
français, adopté maintenant jusque dans
nos ouvrages scientifiques. Sur les côtes de
Bretagne et de la Guyenne , notre Bars se
nomme Loubine ou Loup , et ce nom, ainsi
conservé par tradition ancienne, semble
justifier le rapprochement qu’on croit de¬
voir faire entre notre poisson et celui que
les anciens désignaient en latin par le mot
de Lupus , et que les Grecs appelaient
Xâêpa!-. Il y a lieu de penser, en effet , que
notre Bars a été remarqué de tout temps
dans la Méditerranée, où il est très abon¬
dant, où il devient très grand, et d’un goût
très délicat. Le Bars a le corps argenté , les
opercules écailleux, les sous-orbitaires sans
dentelures, le préopercule dentelé : les den¬
telures du bord montant sont très fines,
celles du bord horizontal deviennent trois
ou quatre fortes dents récurrentes. Il y a
des bandes étroites de dents en velours ras
aux mâchoires, aux palais et sur la langue.
Le dos a deux dorsales ; les ventrales sont
thoraciques et insérées sous les pectora¬
les. La membrane branchiostège est sou¬
tenue par sept rayons. La ligne latérale est
droite et fine. La couleur est gris bleu
d’acier à reflets argentés sur le dos, et tout
à fait blanc sous le ventre. On trouve ordi¬
nairement ces Poissons de la taille de 60 à 80
centimètres ; mais on assure en avoir pris
de beaucoup plus grands et du poids de dix
kilogrammes. On rencontre dans l’Océan,
comme dans la Méditerranée, une variété
tachetée de ces Bars , et nous en avons de
toute taille ; de même que j’ai observé nom¬
bre de Bars de toute grandeur, depuis 1 à 2
centimètres de longueur jusqu’à 80 centimè¬
tres, sans aucune tache. La variété tachetée
est plus abondante sur les côtes d’Égypte que
partout ailleurs ; elle y a même reçu un nom
particulier. C’est V Abou Noct. des Arabes,
ou le Père à la tache , et dont on a fait à
tort une espèce distincte sous le nom de
Perça noct., ou de Perça punctaia. ;
espèce qui avait encore été reproduite sous
le nom de Sciœna diacantha Bl.
Les principaux caractères du Bars s’é¬
tant retrouvés dans plusieurs espèces d’A¬
mérique ou des Indes, nous avons jugé
convenable d’en faire un genre de Poissons
voisin des Perches ; mais qui s’en distingue
par la présence des dents sur la langue,
par l’absence de dentelures aux sous-orbi¬
taires, aux sous-opercules et à l’inter-oper-
cule.
Nous distinguons dans la Méditerranée
une seconde espèce de Bars, nommée par
M. Geoffroy Perça elongata , c’est notre
Labrnx elongalus. Une autre espèce vient
des États-Unis et y est très célèbre par
l’excellence de sa chair ; elle surpasse notre
Bars en grandeur et en beauté. Les pêcheurs
américains l’amènent au marché de New-
York sous le nom de Striped Bass (Bars
rayé) ou de Roch-fish (poisson de roche). On
l’y porte depuis le poids de 30 à 60 grammes
jusqu’à celui de 35 kilogrammes. C’est un
poisson qui dépasse un mètre de long, qui a
le museau plus aigu , les dents plus fortes
que notre Bars, et qui a le dos rayé longi¬
tudinalement , sur un fond gris , de sept à
huit lignes noires, qui en font un fort joli
poisson. Le ventre est argenté. L’espèce
avait été confondue par les auteurs améri¬
cains parmi les Perça , mais sous plusieurs
BAR
BAR
459
noms : Bloch en fit une Sciène, et M. de La-
cépède a reproduit encore cette espèce
comme un Centropome. On connaît en¬
core quatre à cinq autres espèces de Bars.
(Val.)
BARBA. zool. — Voyez barbe.
BARBA. bot. ph. — Voyez barbe.
BARBACÉNIE. Barbacenia. bot. th.
— Genre de la famille des Hémodoracées,
établi primitivement par Vandelli ( in Rœ-
mer Script . Lusit. 98, t. VI, f. 9), mais qui a
surtout été parfaitement illustré par le prof.
Martius, dans sa belle Flore du Brésil. Les
Earbacénies sont des plantes d’un port tout
particulier, qui rappelle en petit celui des
Yucca . Leur tige est simple ou rameuse,
ne portant de feuilles qu’à l’extrémité de ses
rameaux, tout le reste de son étendue étant
couvert des cicatrices ou des vestiges des
feuilles anciennes. Ces feuilles sont dures,
étroites , raides , souvent carénées. Les
hampes ou pédoncules sont solitaires ou
groupées au sommet de la tige ou de ses
ramifications. Les fleurs sont généralement
grandes, souvent de couleur vive, verte,
jaune ou rouge. Le calice est tubuleux, adhé¬
rent à sa base avec l’ovaire infère ; il est
ordinairement un peu dilaté dans sa partie
supérieure, découpée en six lobes égaux ; à
l’extérieur il est souvent recouvert de papilles
glandulaires. Les étamines, au nombre de
six, sont insérées à la base des divisions
calicinales. Leurs filets sont un peu plans
et bifurqués au sommet. L’ovaire est ovoïde,
à trois loges polyspermes. Le style est
triangulaire, et porte à son sommet un stig¬
mate en tète et comme à trois côtes. Le fruit
est une capsule un peu triangulaire, recou¬
verte par le tube calicinal qui finit par s’en
séparera l’époque de la maturité complète.
Elle est à trois loges qui contiennent cha¬
cune un grand nombre de graines angu¬
leuses et dressées.
On connaît environ douze à quinze espè¬
ces de ce joli genre. Ce sont des arbustes
tous originaires du Brésil. On les trouve
surtout dans les parties montueuses de ce
riche pays, à une hauteur de trois cent
trente à dix-huit cent trente mètres au-
dessus du niveau de la mer. M. Martius
( Nov . yen. et Sp. plant, brasil ., vol. I.)
en a décrit et figuré six espèces, toutes nou¬
velles. (A. R.)
B ARBACOU. Monasa ({/.ovas, solitaire),
ois. — Genre de l’ordre des Grimpeurs de
Cuvier et de sa famille des Barbus, formé
par Levaillant, qui lui donna ce nom de Bar¬
bacou, à cause des rapports qu’il remarqua
dans le bec des Oiseaux qui en font partie
avec celui des Barbus et des Coucous ; plus
tard, Vieillot changea, on ne sait pourquoi,
ce nom générique très expressif en celui de
monase, Monasa, tiré des mœurs tranquilles
et solitaires de ces Oiseaux. Tout en conser¬
vant l’ancien nom français de Barbacou ,
nous avons cru devoir lui adjoindre comme
l’a fait M. Lesson dans son Traité, celui de
Monasa , Vieill., comme le plus ancien en
grec ; car celui de Lypomix de Wagler lui
tst postérieur.
Ce genre, qui fait partie de nos Zygodac-
tyles grimpeurs de notre famille des Buccoï-
dées, et de notre sous-famille des Tamatia-
nées, a pour caractères : « Bec un peu ou
à peine plus court que la tête , assez grêle,
légèrement arqué dans toute sa longueur et
non terminé par une pointe subitement
crochue comme dans les Tamatias, compri¬
mé , plus haut que large , très pointu et à
bords très lisses. Mandibule inférieure ,
suivant parfaitement la courbure de la su¬
périeure, et par conséquent légèrement flé¬
chie en bas, vers la pointe, et non re¬
troussée comme chez les Tamatias ; ce bec
entouré à sa base de poils ou plumes raides,
touffus et prolongés. Pieds petits et grêles.
Queue courte ou moyenne, assez longue
dans quelques espèces. Ailes assez dévelop¬
pées, atteignant quelquefois l’extrémité de
la queue, pointues, à première rémige très
courte ; la troisième la plus longue ; la qua¬
trième à peine plus courte qu’elle. Corps
moins trapu et plus allongé que chez les
Tamatias et tête moins grosse. »
Les Barbacous se lient si étroitement
avec les Tamatias leurs compatriotes, qu’on
pourrait, sans déranger l’ordre naturel,
les réunir en un seul genre subdivisé en
sous -genres, comme l’a fait Swainson.
Nous préférons cependant , imitant en cela
la plupart des auteurs et l’excellent obser¬
vateur Wagler, les séparer génériquement.
Toutefois nous croyons devoir subdiviser
notre genre Barbacou en trois sous-gen¬
res , répondant aux trois coupes indi¬
quées par ce savant j ainsi, dans le pre-
BAR
BAR
460
mier , le sous-genre Barbaeou , remar¬
quable par une queue assez longue , ar¬
rondie à son extrémité; par une colora¬
tion noirâtre ou ardoisée et uniforme ,
nous laissons les Barbacous a bec rouge et
a face elanche de Vieillot, et le Lypornix
nnicolor de Wagler, très voisin du pre¬
mier; dans le second sous-genre, auquel
nous laissons le nom de Lypornix donné
au genre par Wagler, et différant du pre¬
mier par une queue de longueur médiocre
et étagée; par une coloration variée, brune
et roussâtre , se rapprochant de celle des
Tamatias , nous plaçons le Barbacou rufal-
bin de Temminck ( PL col. 323, f. 2); le Ly¬
pornix torquata de Wagler; le Tamatia
brun de Levaillant, ou Barbu brun de Vieil¬
lot (. Bucco fuscus des auteurs) , qui n’est
point le jeune du Lypornix torquata
comme le pense Wagler, mais une espèce
distincte, selon Natterer, et enfin le Lypor-
nix rufa de Wagler ( Bucco ru fus Spix, pl.
40, f. 1); dans le troisième sous-g. nommé
Chelidoptcra par Gould , nous plaçons,
comme lui, le Monasa tenebrosa de Vieil¬
lot ( Cuculus tcnchrosus Pall., Gmel. et
Lath.) , espèce remarquable par une queue
fort courte et tronquée carrément ; par des
ailes longues et pointues qui en atteignent
presque l’extrémité.
Les Barbacous , habitant comme les Ta¬
matias l’Amérique méridionale, sont ainsi
qu’eux des Oiseaux sédentaires et soli¬
taires, à mœurs indolentes et inactives,
restant souvent perchés et dans un état
d’immobilité qu’ils n’interrompent, selon
Vieillot, que pour se saisir des Insectes qui
passent à leur portée. M.Lesson ajoute, dans
son Traité, qu’ils ont des habitudes noctur¬
nes , ce que nous ne trouvons indiqué par
aucun autre auteur. M. Swainson, qui a pas¬
sé du temps en Amérique, ne le dit pas, mais
raconte qu’ils se tiennent des heures en¬
tières perchés sur une branche sèche , d’où
ils s’élancent sur les Insectes qui passent
près d’eux et que souvent aussi ils s’élèvent
perpendiculairement en l’air pour s’en sai¬
sir, après quoi ils redescendent à leur pre¬
mier poste.
Ce genre contient aujourd’hui sept espè¬
ces soigneusement décrites par Wagler.
Une des plus connues est le Barbacou a face
branche {Monasa personata Vieill., Gal.3
pl. 36) , à bec jaunâtre , avec une bande
frontale et une large tache gutturale, arron^
die, de couleur blanche ; le reste du plumage
gris ardoisé , noir sur la partie antérieure
de la tête dont il borde le masque blanc,
sur les ailes et la queue. Elle vit au grésil.
Voyez buccoïdées et tamatianées.
(Lafb.)
BARBAJOU. bot. ph . — Nom vulgaire
de la Joubarbe des toits. Voyez joubarbe.
BARS! AL A. moue. — Voyez barbeuue.
BARBAIV. ins. — Nom vulgaire d’une
espèce du genre Thrips qui, dans les envi¬
rons de Nice, fait beaucoup de tort aux
Olives. Voyez THRirs. (C. d’O.)
BAîVBABEA, R. Br. bot. ph.-^- Genre
de la famille des Crucifères. Les caract. en
sont : Sépales naviculaires, dressés ; les la¬
téraux plus larges, légèrement sacciformes
à la base. Pétales onguiculés. Six glandujes
hypogynes. Style conique, ou filiforme, ou
nul; stigmate pelté, hémisphérique. Silique
tronquée, ou cuspidée, ou apiculée, colum-
naire, tétraèdre, 2-loculaire, 2 -valve,
polysperme; valves 1-nervées ; nervures
placentairiennes filiformes, superficielles.
Graines unisériées, un peu comprimées,
immarginées, scrobiculées ; cotylédons sub-
semi-cylindriques, incombants. — Herbes
bisannuelles. Feuilles la plupart lyrées; les
inférieures longuement pétiolées, les supé¬
rieures amplexicaules. Grappes terminales
ou terminales et oppositifoliées, nues, mul-
tiflores, assez denses même après la flo¬
raison. Fleurs petites , jaunes , odorantes,
en corymbe serré lors de l’anthèse. Pé-
dicelles fructifères plus ou moins épaissis,
dressés ou ascendants , ou divergents, ou
étalés.
Le B vulgaris R. Br. (Erysimum Bar-
barea L.), plante commune dans les terrains
sablonneux et humides, est connu sous les
noms vulgaires d’ Herbe de Ste-Barbe} Her¬
be aux Charpentiers , Julienne jaune ,
Barbarie et Bondotte. Toutes ses parties
ont une saveur piquante , assez semblable
à celle du Cresson ; les feuilles et la racine
sont fort en vogue dans la médecine popu¬
laire, à titre de remède détersif, vulnéraire
et dépuratif. Les jeunes feuilles peuvent
être mangées en salade. Une variété du
Barbarea vulgaris , à fleurs doubles, est
très recherchée comme plante de parterre-
BAR
Le B. prœcox R. Br. ( Erysimum prœ -
cox Sm.), qui croît dans les mêmes loca¬
lités que la précédente, mais beaucoup
moins communément, se cultive comme
salade , sous le nom de Roquette des jar¬
dins. (Sr.)
BARBARIN. foiss. — Nom donné, dans
divers pays, aux Poissons dont les mâchoires
sont garnies de Barbillons ; ainsi, on Ta ap¬
pliqué au Silurus clarias Bl. et au Mut¬
ins barbatus L. Voyez pimélode et mulle.
(C. d’O.)
B ARBASTELLE. te Wws.mam.
— Sous-genre de Chauve-Souris. Voyez
OREILLARDS.
BARBE. Barba, zool. — En zoologie,
on donne ce nom aux poils qui garnissent
certaines parties du visage de l’homme et
de quelques autres animaux, tels que les
Boucs et plusieurs espèces de Singes. On
appelle encore ainsi , chez les Baleines, les
longs filaments qui bordent les fanons , et
chez les Oiseaux , les faisceaux de petites
plumes qui, dans quelques espèces, sont
implantées à la base du bec, comme chez
les Barbus, les Pies-Grièches, etc. 5 et l’on
a, par extension, appliqué ce nom aux fila¬
ments disposés de chaque côté de la tige
de la plume et qui lui donnent de l’ampleur
et de la consistance.
Les entomologistes ont appelé Barbe les
poils qui, chez certains Diptères, leur gar¬
nissent le front et entourent la base de la
trompe. (C. d’O.)
BARBE. mam. — Nom donné à une es¬
pèce de Cheval originaire de Barbarie.
BARBE. Arista. bot. ph. — On désigne
quelquefois sous ce nom l’arête des Gra¬
minées. Voyez arête.
H. Cassini a également donné ce nom
aux appendices des poils qui composent
l’aigrette dans le plus grand nombre des
genres de la famille des Synanlhérées. Le
même auteur distingue les Barbes , les
Barbettes et les Barbellules. Les squa-
melles ou poils sont barbées , dit-il, quand
elles émettent des ramifications très lon¬
gues, flexueuses et capillaires, comme dans
les Cirses ; elles sont barbellèes quand ces
ramifications sont beaucoup plus courtes ,
raides, droites, cylindriques, obtuses, com¬
me dans les Centaurées ; elles sont barbel-
lulées , quand elles sont hérissées de petits
BAR 461
appendices coniques , pointus /semblables
à des épines, comme dans les Asters.
(A. R.)
BARBE BE BOUC. bot. cr. — Nom
sous lequel on désigne, dans quelques
contrées de la France , quelques espèces de
Clavaria et particulièrement le Clavaria
coralloides de Linné. Voyez les mots cla¬
vaire , CLAVARIA. (LÉV.)
BARBE BE CHÈVRE, bot. cr. —
Nom qu’on donne dans quelques départe¬
ments de la France au Clavaria coralloi¬
des L. Voyez les mots clavaire, clavaria.
(Lév.)
BARBE BE MOINE. BOT. PH. — r Nom
vulgaire du Cuscuta europœa. Voyez
CUSCUTE.
BARBÉ. Barbatus. bot. fh. — Voyez
BARBE.
BARBEAU, bot. ph. — Nom vulgaire
du Bluet des champs, Centaurea cyanus
L. On a donné ce nom à plusieurs espèces
de Centaurées; ainsi l'on appelle Barbeau
jeune le Centaurea suaveolens, Barbeau
musqué le C. moschata , et Barbeau de mon¬
tagne ou vivace le C. montana L. Voyez
centaurée. (C. d’O.)
BARBEBON. bot. th. — Nom vulgaire
du Salsifis dans quelques-uns de nos dépar¬
tements méridionaux.
BARBELEE. Barhala. moll. — Dans
le Mus. Calonn. , p. 59 , dont la partie
de l’histoire naturelle a été faite par Hum-
phrey, on trouve sous ce nom une coupe gé¬
nérique dans laquelle se trouve comprise la
grande Iridine. Si l’on voulait considérer un
catalogue de cette espèce , comme un ou¬
vrage scientifique et destiné à l’avancement
de la zoologie, on pourrait peut-être récla¬
mer en faveur de son auteur la priorité d’un
genre que Lamarck n’a songé que beau¬
coup plus tard à établir d’une manière mé¬
thodique, sous le nom d "Iridine. (Desh.)
BARBELLE. BOT. TH. Vouez BARBE.
(A. R.)
BARBELLULE. bot. th. — Voyez
BARBE. (A. R.)
* BARBELLINA (diminutif de Barba ,
petite barbe, barbelle). bot. ph. — Cassini a
donné ce nom au Stœhelina arborescens
dont le fruit glabre est terminé par une ai¬
grette à soies munies de barbes très fines.
M- De Candolle a considéré le genre pro«>
462
BAR
BAR
posé par Cassini comme section des Stœhc-
lina qui appartiennent à la tribu des Com¬
posées Cynarées. (J. D.)
BARBENIA, Th. bot. th. — Genre in¬
complètement connu et non classé. (Sr.)
* BARBE SIA. bot. cr. — Nom qu’on
donne en Piémont au Bolctus frondo-
sus de Schrank. Cette espèce est comesti¬
ble. M. De Candolle fait observer qu’il faut
faire cuire ce champignon pendant long¬
temps pour qu’il ne soit pas malfaisant.
(LÉv.)
BARBET, zoor.. — Parmi les Mammi¬
fères, ce nom désigne une race de Chiens ;
parmi les Poissons, c’est le nom vulgaire que
portent le Rouget et le Mulet. (C. d’O.)
BARBIAIJX. roiss. — Un des noms vul¬
gaires du Barbeau, Cyprinus barbus L.
BARBICAX. Poyonias (-juü^wvtaç, bar¬
bu). ois, — Genre de l’ordre des Grim¬
peurs, de la famille des Barbus de Cuvier,
dont le nom français fut donné par Buffon ,
comme nom spécifique, à l’oiseau type du
genre, et dont le nom grec le fut par Illiger.
Buffon forma le premier de ceux de Barbu
et de Toucan, à cause de l’analogie qu’il
remarquait entre ces Oiseaux et son espèce
nouvelle; et Illiger, dans celui de Poyo¬
nias, voulut exprimer les soies nombreu¬
ses ou l’espèce de barbe dont la base du bec
est entourée. Vieillot , on ne sait trop
pourquoi , changea Poyonias en Poyonia
pour ce même genre. Ses caractères sont :
« Bec de la longueur de la tête ou un peu
plus long, robuste, presque aussi large que
haut à sa base, où il est garni, sur les côtés
et en dessous , de soies nombreuses et rai¬
des, dirigées en avant. Mandibule supé¬
rieure ayant une courbure égale de la base
à l’extrémité , très pointue , quelquefois
marquée d’un ou deux sillons longitudinaux;
ses bords festonnés et munis, vers les deux
tiers de sa longueur, d’une forte dent poin¬
tue, quelquefois de deux; sa pointe dépas¬
sant un peu celle de la mandibule inférieure;
celle-ci arquée dans le sens opposé, légè¬
rement sinueuse sur ses bords, marquée,
chez l’espèce type, de deux sillons latéraux,
et d’un grand nombre d’autres transver¬
saux. Narines petites, orbiculaires, situées
à la base du bec et du sillon supérieur, quand
il y en a. Tarses scutellés, courts ainsi que
les doigs internes qui sont en outre faibles.
tandis que les externes sont prolongés et
beaucoup plus forts ; ongles médiocres, mais
très arqués. Queue composée de dix rectri-
ces, moyenne ou courte, légèrement arron¬
die à son extrémité. Ailes médiocres, ar¬
rondies ; les 3me, 4me, 5me et 6me rémiges
différant peu en longueur, et les plus lon¬
gues de toutes. »
Quoique plusieurs auteurs, et Vieillot
entre autres, n’aient compris dans ce genre
que l’espèce type, le Barbican proprement
dit de Buffon, nous croyons qu’à l’exemple
de Cuvier, de Temminck et de Wagler , on
doit lui réunir toutes les espèces africaines
comme lui, et comme lui aussi munies
d’une ou de deux dents à la mandibule su¬
périeure, quoique d’ailleurs leur bec soit
beaucoup moins fort, moins sillonné, quel¬
quefois même lisse, et à barbes moins for¬
tes. Notre opinion est surtout basée sur ce
que, malgré ces légers caractères différen¬
tiels, nous retrouvons, chez la plupart d’en¬
tre elles, une coloration analogue à celle du
Barbican. Cette analogie de plumage, à la¬
quelle souvent on ne fait pas assez d’atten¬
tion, lorsqu’elle se rencontre chez des es¬
pèces d’ailleurs voisines de formes et habi¬
tantes des mêmes contrées, est, selon nous,
une des plus fortes indications qif elles sont
réellement congénères; ainsi, chez le Barbu
masqué de Temminck, chez les Poyonias
Brucii et undatus de Ruppell et autres
nouvelles espèces , cette analogie se mani¬
feste de la manière la plus marquée.
Cette conformité d’habitation et de plu¬
mage nous a encore engagé à réunir aux
Barbicans, mais comrqe sous-genre, et sous
leur ancien nom de Barbion, ces petites
espèces africaines désignées par Levaillant
sous cette dénomination synonyme de petit
Barbu , nom expressif qu’on aurait dû leur
conserver et ne pas appliquer à un genre
nouveau qui comprend au contraire d’assez
fortes espèces. M. Lesson avait eu la même
idée , et en a fait un sous - genre dans
son Traité ; ainsi , nos Barbions sous-
genre de nos Barbicans , et ayant pour type
le Barbion de Levaillant , n’ont pas à la
vérité de dent à la mandibule supérieure ;
mais, chez le Barbion proprement dit {Bncco
parvus), on retrouve entièrement le plu¬
mage du Barbican à gorge noire {Poyonias
niger), son compatriote.
BAR
463
BAR
Ce n’est que depuis peu de temps qu’on
a eu quelques notions sur les mœurs des
Barbicans. C’est au docteur Burchell, qui
les a observés dans l’Afrique méridionale,
qu’on en est redevable, et il est le pre¬
mier qui ait reconnu que ces Oiseaux grim¬
paient sur les branches à la manière des
Pics, quoique beaucoup moins lestement, et
que, comme eux aussi, ils en frappaient l’é¬
corce à coups redoublés. Cette découverte
a engagé M. Swainson à ranger les Barbi¬
cans d’Afrique , les Barbus d’Asie, et les
Barbions américains de Temminck, dans
une seule sous-famille et dans la famille
des Pics, et à les séparer des Tamatias, qui
ne grimpent pas.
Adoptant ces idées jusqu’à un certain
point, et dans la supposition que les petits
Barbions d’Afrique, les Promépics du même
continent, et les Barbions américains, sont
grimpeurs aussi, ce qu’on est autorisé à
préjuger d’après la grande analogie qui se
remarque dans la forme de leurs pattes, et
celle des Barbicans, le genre Barbican ( Po -
gonias ) fera partie de nos Zygodactyles
grimpeurs, de notre famille des Buccoïdées,
et de notre sous-famille des Pogoninées ; tan¬
dis que les Tamatiadées d’Amérique, qu’on
s’est assuré n’être point grimpeurs, et dont
les pattes sont en général plus petites, plus
faibles que chez tous les Buccoïdées, forme¬
ront, sous le nom de Tamatianées , une
troisième sous - famille de notre famille
des Buccoïdées.
Quoique les Barbions d’Afrique de Tem¬
minck , tels que le Promèpic de Levaillant,
le Barbion perlé de Temminck et une troi¬
sième espèce n’aient point le bec denté , il
nous a paru naturel de les grouper près des
Barbicans, leurs compatriotes, mais comme
sous-genre, sous le nom de Promèpic qui
fut imposé à l’espèce type par Levaillant,
et non sous celui de Barbion, que ce même
auteur employa pour désigner d’autres pe¬
tits Barbus d’Afrique. A côté de ce sous-
genre et de celui de Barbion de Levaillant ,
nous en placerons un troisième , composé
des Barbions américains de Temminck, mal¬
gré la différence de leur habitat; mais, leur
trouvant une grande analogie déformé et de
coloration avec les Barbicans , nous leur
conserverons leur nom générique de Mi~
cropogon de Temminck , et nous rempla¬
cerons leur nom français de Barbion par
celui de Barbus éric que M. Lesson leur a
donné dans son Traité.
Notre genre Barbican [Po g onia s) se sub¬
divisera donc géographiquement en quatre
sous-genres, 3 africains et un 4me américain :
1° celui de Barbican, proprement dit, ayant
pour type le Barbican de Buffon (Enl.,
602, Vieil., Gai., pl. 32) , ( Bucco dubitts
des auteurs); 2° celui de Barbion ( Pogoniu -
lus, Nob.) ayant pour type le Barbion de
Levaillant (Bucco parvus Gmel.) ; 3° celui
de Promèpic , LeYaill. ( Promepicus ,
Nob.), ayant pour type le Promèpic de cet
auteur (Prom., pl. 32); et 4° celui de Bar-
buséric de Lesson (Micropogon, Tem.),
ayant pour type le Barbu de cayenne Buff.-
(Enl. , 206) ( Bucco caycnnensis) , qui
devient notre Micropogon caycnnensis.
L’espèce la plus intéressante à faire con¬
naître est bien certainement une de celles
que le voyageur Ruppell a trouvées en Abys¬
sinie , et qu’il a décrite et figurée dans son
second voyage sous le nom de Pogonias
brucii (Barbican de Bruce) , parce qu’il a
reconnu qu’elle n’était autre que le fameux
Phytotome a trois doigts de Daudin , ou
Gmfso Balito de Bruce , qui, du reste ,
avait été déjà décrit deux fois par Latham,
sous les noms èü Abyssinian Barbican
(t. III, pl. 53) et Aby s sinian plnnicut-
ter (t. VI, pl. 98). Cet oiseau , du reste ,
n’est point tridactyle comme son nom l’indi¬
quait ; c’est un vrai Barbican qui a les
pieds conformés comme tous les autres
du genre et des rapports de coloration avec
le Barbican masqué de Temminck, car il a
toute la partie antérieure de la tête et du
cou, ainsi que la poitrine, d’un rouge vif,
le reste du dessous et le dessus du corps
noirs ; la queue et les ailes noirâtres ; les
rémiges et leurs couvertures bordées de
blanc jaunâtre. Il se trouve à Sierra-Leone
comme en Abyssinie. C’est le genre Hyreus
de Stevens et Swainson décrit par ces au¬
teurs d’après la description obscure et la
figure grossière de Latbam ( Synops . sup.,
2, pl. 133) , mais dont le voyageur Ruppell
a donné, dans son second voyage , une ex¬
cellente figure (pl. 20, 1).
Temminck, dans ses généralités du genre
Barbican (pl. col.), indique huit espèces
du genre. Ruppell, dans son second voyage,
BAR
BAR
464
en décrit et figure encore deux nouvelles,
dont celle de Bruce, ce qui porte le nombre
total à dix au moins , toutes africaines.
(Lafr.)
BARBICHE. bot.— Nom vulgaire de la
Nigelle.
*BARBICORWE.jSœrôec0rm\î(ù«rôa,
barbe; cornu, corne), ins. — Genre de
Lépidoptères, famille des Diurnes , section
des Hexapodes * tribu des Papillonides ,
établi par Latreille ( Encyclop . méthode
t. IX, p. 705) et qu’il caractérise ainsi :
Antennes sétacées , plumeuses. Palpes
s’élevant à peine au-delà du chaperon ; ailes
inférieures, ayant la cellule discoïdale ou¬
verte, le bord interne concave et replié. — Ce
g. se rapproche des Uranies par ses anten¬
nes sétacées et fait le passage de la tribu
des Papillonides à celles des Hespérides ; il
est fondé sur une seule espèce du Brésil ,
nommée par l’auteur Burbicornis basilis ,
et décrite dans l’ouvrage précité (p. 706,
n° 1). (D.)
BARBIER. poiss. — Nom vulgaire d’un
poisson commun et abondant sur les côtes
de la Méditerranée et de l’Espagne. Il avance
aussi dans l’Océan Atlantique jusqu’aux Ca¬
naries. L’espèce est du genre Anthias.
Voyez ce mot. (Yad.)
BARRIERIA, DC. bot. ph. — Genre
de la famille des Légumineuses (sous-ordre
des Papilionacées, tribu des Clitoriées), au¬
quel son auteur assigne les caract. suivants :
Calice tubuleux , 5-fide , 2-bractéolé à la
base; segments acuminés , égaux. Pétales
longuement onguiculés; ailes plus courtes
que la carène ; carène plus courte que l’éten¬
dard .Étamines diadelphes; l’étamine libre de
moitié plus courte que les autres. Style fili¬
forme longitudinalement, barbu au som¬
met; stigmate obtus. Légume 1-loculaire,
polysperme. — Ce genre est fondé sur le
Clitoria polyphylla Poir. ( B. polyphylla
DC., Galactia pinnata Pers.). C’est un
arbrisseau à feuilles imparipennées ; à fo¬
lioles stipellées ; à grappes axillaires, cour¬
tes* pauciflores. (Sp.)
BARBIFÈRE [barba, barbe; fero, je
porte), bot. cr. — Synonyme de Barbula.
BARBILANIER. ois. — Ce genre, sy¬
nonyme du g. Sparactes d’Illiger et du
Bec de fer de Levaillant , quoiqu’adopté
par plusieurs auteurs * devrait disparaître
des méthodes , puisqu’il est fondé sur une
supercherie. L’individu qui a donné lieu à
la création de ce> genre paraît évidemment
avoir été fait avec le Corps d’un Barbican, la
huppe d’un Dronge et les tarses d’une Pie-
Grièche ou d’un Tyran, par esprit de cupi¬
dité , sans doute , pour tromper un riche
amateur hollandais. (C. d’O.)
BARBIO. poiss. — Synonyme de Bar¬
beau.
BARBÏOA. Micropogon (u.w cpo's, pe¬
tite; Trtôywv, barbe), ois. — Genre formé
par Temminck pour recevoir tous les Barbus
d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, différant
des autres par un bec plus comprimé et
l’absence de longs poils à sa base. Cette
modification du bec se retrouvant effective¬
ment chez quelques espèces de ces trois
grands groupes géographiques, modifica¬
tion qui ne nous paraît pas plus importante
ici que chez tant d’autres genres où il s’en
rencontre de semblables , nous avons cru
plus naturel, tout en sectionnant géogra¬
phiquement toutes les espèces du grand
genre Barbu, de séparer aussi ces Barbions
de Temminck pour les grouper comme sous-
genres avec ceux des Barbus qui sont leurs
compatriotes. Nous n’avons pu cependant
en agir ainsi pour les Barbions américains,
ne connaissant pas de vrais Barbus en Amé¬
rique ; car nous sommes très porté à croire
que les deux espèces citées comme telles par
Temminck [PI. col., art. Barbu) sous les
noms de Barbu des Maynas ( Brisson ,
pl. 7, f. 3, et Buff., enl. 330), et de Barbu
orànvert Yaill. [Bar b. sup., pl. col.), ne
sont eux-mêmes que des Barbions de Tem¬
minck ou Barbusérics de Lesson. Nous ne
pouvions non plus les réunir aux Tamatia-
nées leurs compatriotes , qui , malgré leurs
rapports dans l’ensemble de leurs formes ,
s’en éloignent cependant par celle de leur
bec droit en dessus, de leur coloration ob¬
scure , et en ce qu’ils n’auraient pas la fa¬
culté de se cramponner aux arbres, faculté
que nous supposons appartenir aux Barbu¬
sérics américains , d’après la conformité de
leurs pattes et de leur ensemble avec les
Barbicans et les Promépics , les uns réelle¬
ment grimpeurs, les autres au moins cram-
ponneurs, si je puis m’exprimer ainsi. Nous
les avons alors rapprochés des Barbicans ,
avec lesquels ils nous ont parü avoir le plus
BAR
BAR
de rapports décoloration. Déjà, quelques au¬
teurs modernes avaient fait plusieurs sub¬
divisions dans les Barbions de Temminck,
sous les noms génériques ou sous-généri¬
ques de Micropogon , Barbusèric , Cou¬
cou pin, etc. $ nous n’avons fait, tout en
adoptant ces nouveaux noms , que de les
grouper chacun comme sous-genre seule¬
ment dans la section des Barbus dont ils
sont compatriotes. Ainsi les Barbions afri¬
cains sont devenus notre sous-genre Pro-
mépic ( Proînepicus , Nob.), du nom spécifi¬
que donné par Levaillant à l’espèce type.
Le docteur Smith , dans son Report of ihe
expédition for exploring central Africa,
june 23 , 1834, pag. 53, établit le sous-genre
Polysticte sur une espèce qu’il n’a pas re¬
connue et qui est positivement le Promépic
de Levaillant auquel il donne le nom de
Polysticte quopopa. Nous avons commis
la même erreur en le publiant dans le Ma¬
gasin de Zoologie , sous le nom de Barbion
soufré (Micropogon sulphuratus). Ceux
de l’Inde nous ont paru réunir les caractères
assignés par M. Lesson à son genre indien
Caloramphc,z tnous avons conservé le nom
générique de Micropogon de Temminck
pour les espèces américaines, en changeant
le nom français de Barbion comme donné
anciennement par Levaillant à de petits
Barbus d’Afrique , en celui de Barbuseric,
que lui a substitué M. Lesson, dans son
Traité d’ Ornithologie. Voyez barbu, BAR¬
BICAN , BUCCOÏDÉES et POGONINEES. (LAFR.)
BARBION. Pogoniulus , Nob. ( Pogo -
niulus , diminutif de Pogonias , Barbican).
oxs. — Sous-genre que nous avons cru de¬
voir former, parmi les Barbicans d’Afrique,
de deux petites espèces ne présentant pas
comme eux de dents au bec, et dont l’une,
type de notre sous-genre , est le Barbion
de Levaillant , Bucco parvus des auteurs,
Pogoniulus parvus Nob. Voyez barbican.
(Lafr.)
*BARBIONS (les Barbions), ois.— C’est,
dans le Traite d Ornithologie de M. Les¬
son , son troisième sous-genre de son genre
Barbu. (Lafr.)
* BARBIROSTRÉ. Barbirostris (bar¬
ba, barbe ; rostrum , bec), zool. bot. — En
zoologie, on donne cette épithète aux Oiseaux
et aux Insectes dont le bec ou la trompe est
garni de poils. Les botanistes l’ont donnée
â65
à une espèce de cryptogame, la Spheria
barbirostris , dont les ostioles sont allon¬
gés en forme de bec, et pubescents.
(C. d’O.)
*BARBITISTES ((SapêmÇw, je joue du
luth ; à cause de la stridulation que pro¬
duisent ces Insectes), tns. — Genre de la
famille des Locustiens , de l’ordre des Or¬
thoptères, établi par Charpentier (Borœ
entomologicœ ) sur la Locusta ephippiger
de Fabricius et quelques autres espèces eu¬
ropéennes. Depuis, MM. Serville (Ins.
orth.) et Burmeïster (Uandb. der Eut.)
n’ont conservé sous le nom de Barbilistes
que les espèces dont les élytres sont en
forme de folioles oblongues, et dont les an¬
tennes sont insérées sur le sommet du front.
Telles sont les B. autumnalis Hagenb. ,
B. serricauda Fab., etc., de la France et
de l’Europe méridionale. Ces deux auteurs
ont adopté le nom générique d Ephippi¬
ger, proposé par Latreille pour la Locus~
ta ephippiger Fab. (Locusta perforata
Ross., Ephippiger vitium Serv. ) et les
espèces voisines qui ont les élytres en forme
d’ écailles courtes, bombées ou arrondies,
et les antennes insérées au milieu du front.
Voy. ethipfiger. (Bu.)
BARBOTA, pois. — Un des noms du
grand Esturgeon, Acipenser huso.
BARBOTE ou BARBOTTE. pois. —
Un des noms vulgaires de la Lotte commune,
Gadus lôtta.
BARBOTEAU. rois. — Un des noms
de la Loche franche et du Cyprinus jeses .
Voyez loche.
BARBOTEIJR. ois. — - Nom vulgaire
du Canard chipeau, Anus strepera L.
BARBOTINE. bot.ph. — Nom vulgaire
de l’Armoise.
BARBOTTE. poiss. — Voyez barbote.
BARBOTTE. bot. fh. — Nom vulgaire
de laVesce, Vicia sativa, dans plusieurs
de nos départements.
* BARBU. Barbatus. zool. bot. — En
zoologie, on donne cette épithète aux Mam¬
mifères, dont la partie antérieure de la face
est garnie de poils, et aux crins qui bordent
les fanons des Baleines ; chez les Oiseaux ,
à ceux dont le bec est garni de poils à la
base, ou dont la partie inférieure des joues
est munie de moustaches. Les ichthyologis-
tes l’appliquent aux Poissons dont la mâ-
T. II.
BAR
A6Ü BAR
choire inférieure porte des barbillons ou
de longs filaments. Cette épithète est aussi
donnée à certaines Coquilles bivalves du
genre Arche, dont l’épiderme est couvert de
pointes raides et dures, et aux Insectes dont
les cuisses antérieures, la tête ou la trompe ,
sont couvertes de poils.
En botanique, ce mot s’emploie quelque¬
fois comme synonyme d 'Arislê; mais on
l’applique communément à toutes les par¬
ties d’un végétal garnies de poils , réunies
en touffes ou munies de filets longs et aigus
comme dans certaines Graminées.
(C. d’O.)
BARBU. Bucco. ois. — Genre formé
par Brisson dans son Ornithologie , t. IV,
p. 91, et adopté depuis par tous les ornitho¬
logistes. U créa le nom français à cause
(dit-il) des plumes raides et en forme de
poils ou de barbes, dont la base du bec de
ces Oiseaux est garnie, et le nom latin,
Bucco , à cause du renflement des côtés de
la bouche ( Buccarum ) et de la grosseur de
la tête. Sous ce nom, Brisson confondait les
espèces asiatiques et américaines. Buffon ,
le premier, en fit une distinction très judi¬
cieuse, en le laissant aux espèces de l’an¬
cien continent, et désignant celles du nou¬
veau par le nom de Tamatias. Il réunit
alors, sous ce nom, les vrais Tamatias et
les Barbions américains ou Barbusérics de
Lesson.
Nous avons cru devoir restreindre ce
genre aux espèces asiatiques, d’abord parce
qu’elles diffèrent des espèces africaines (nos
Barbicans) par l’absence de dents au bec; par
le renflement beaucoup plus prononcé de sa
base, et l’arqûre moins forte de sa carène ;
parce que presque toutes nous offrent, dans
leur plumage analogue à celui des Perro¬
quets , une bigarrure de couleurs les plus
vives, de vert, de rouge, de jaune doré et de
bleu ; ce qui ne se retrouve pas chez les espè¬
ces africaines, qui n’ont jamais de bleu ni
de vert pur, mais seulement un mélange de
noir, de rouge et d’olivâtre ou jaunâtre;
puis , enfin , parce que les sections géogra¬
phiques, dès qu’elles nous présentent chez
leurs espèces quelques différences, soit dans
les formes extérieures, et la coloration du
plumage, soit dans les habitudes, nous pa¬
raissent les plus naturelles et bien préfé¬
rables à toute autre. U est certain que cha¬
que grand continent renferme un grand
nombre de genres ou familles qui lui sont
particuliers et ne se retrouvent pas sur les
autres; et, lorsque quelques-uns de ces
genres s’y retrouvent représentés par des
espèces analogues, il est rare qu’elles n’of¬
frent pas quelque caractère, sinon dans les
formes, au moins dans la coloration, qui ne
puisse les faire sectionner en groupes afri¬
cains, asiatiques et américains.
Notre genre Barbu (Bucco, Briss., L.,
etc.) ainsi restreint, aura donc pour ca¬
ractères : «Bec très robuste, droit, coni¬
que, arqué dessus et dessous, renflé latéra¬
lement à sa base, surtout à celle de la man¬
dibule supérieure, garni, selon Cuvier, de
cinq faisceaux de barbes raides dirigées en
avant, dont un derrière chaque narine, un
de chaque côté de la base de la mandibule
inférieure, et le cinquième sous la sym¬
physe. Ailes courtes et obtuses. Queue
courte et légèrement arrondie, composée de
dix rectrices seulement. Pattes assez ro¬
bustes ; à doigts internes beaucoup plus
courts et plus faibles que les externes ; l’in¬
terne antérieur réuni à l’externe par toute
sa première phalange. Formes raccourcies,
lourdes et massives ; plumage peint de vives
couleurs , vives et tranchées comme chez ies
Perroquets , généralement vert , varié de
rouge, de bleu, de jaune doré vers la tête.
Toutes les espèces asiatiques. »
Ce genre fait partie de nos Zygodactyles
grimpeurs, de notre famille des Buccoïdées,
et de notre sous-famille des Buccoïnées. De¬
puis qu’on a reconnu que les Barbus d’Afri¬
que ou Barbicans avaient la faculté de grim¬
per le long des troncs d’arbres, que les Pro-
mépics du même pays s’y tenaient cram¬
ponnés verticalement, on n’a pas balancé à
les ranger près des Pics , comme Oiseaux
grimpeurs, et, par analogie, on y a placé
aussi les Barbus d’Asie et même les Barbu¬
sérics d’Amérique. Nous ignorons si ces
deux derniers groupes jouissent de la même
faculté; mais il nous paraît tellement indis¬
pensable de les réunir tous en une même
famille, que , lors même qu’ils en seraient
privés, on ne pourrait, selon nous, encore
les séparer.
Les Barbus sont frugivores et insectivores.
Le lieutenant-colonel Sykes n’a trouvé que
ces deux substances dans l’estomac des es-
BAR
BAR
pèces indiennes qu’il a disséquées. Il ne dit
point qu’il les ait vues grimper ou se cram¬
ponner su; les troncs d’arbres. Les fruits
dont ils se nourrissent sont, surtout, diver¬
ses espèces de Figues.
Temminck n’a cité et décrit (PI. col .),
dans ses Barbions, qu’une seule espèce
asiatique, le Barbion fuligineux, espèce
remarquable par sa coloration uniformé¬
ment fuligineuse en dessus, blanc jaunâtre
ou roussâtre en dessous, et par un bec très
comprimé et dont l’arête supérieure est cou¬
pante à son insertion dans les plumes fron¬
tales. M. Lesson ayant assigné ce caractère
et quelques autres, qui se retrouvent en¬
core chez le Barbion fuligineux, à un nou-
veau genre indien de Buccoïnées, son genre
Caloramphe ( Ca toram /* hus , Less., Rev .
zool, 1840, p. 134) , nous avons cru devoir
adopter ce nom de Caloramphe pour dési¬
gner les Barbions d’Asie et comme sous-
genre de notre genre Barbu. Ce genre Ca-
loramphus est synonyme, selon M. Les¬
son, de celui de Xylopogon de M. Tem¬
minck. Nous adopterons encore comme
sous-genre , dans notre genre Barbu, le
genre Psilopogon de Boié, formé sur une
superbe espèce indienne nouvellement dé¬
couverte et publiée par Temminck, dans ses
Planches coloriées , sous le nom d e, Bucco
Pyrolophus (col- 597) . Ce Barbu est effec¬
tivement remarquable par son bec diverse¬
ment coloré ; par un faisceau de poils allon¬
gés formant une aigrette recourbée en
avant et s’élevant du front , et par une
queue allongée et étagée. L’aigrette frontale
est d’un rouge éclatant; le bec d’un jaune
verdâtre, traversé vers son milieu d’une
bande noire. La tête est noire jusqu’au ver-
tex, qui est traversé d’une bande inter-ocu¬
laire grise, suivie d’une autre d’un rouge
noirâtre, avec l’occiput noir tranchant sur
le gris des joues; une bande sourcillaire
d’un vert éclatant, et un demi-collier pec¬
toral d’un jaune orpin, bordé d’un second
noir plein , avec le reste du plumage vert,
forment la parure de cet oiseau remarqua¬
ble de Batavia.
Notre genre Barbu ( Bucco ) aura donc
pour sous-genres : 1° Barbu (Bucco)’, 2°
Caloramphe ( Coloramphus , Less., OU
Xylopogon , Tem.), ayant pour type Ca-
loramphus sanguinolcntus Less., ou
407
Xylopogon Lathami Tem., de Sumatra,
auquel nous croyons pouvoir rattacher le
Barbion fuligineux de Temminck ; 3° Psi¬
lopogon de Boié, ayant pour type le Bucco
Pyrolophus Tem. (PL col. 597).
Nous citerons entre autres, comme Bar¬
bu proprement dit, et comme espèce re¬
marquable par sa taille comme par son bril¬
lant plumage, le Barbu a moustaches jaunes
(Bucco Chrysopogon Tem., col. 2 85), qui
a jusqu’à trente centimètres de longueur, et,
dans ce cas, le bec aussi fort que celui du
Corbeau d’Europe, large et déprimé à sa
base. Les narines sont recouvertes d’une
tache d’un beau rouge. Cette couleur se re¬
trouve sur le dessus de la tête , du vertex à
l’occiput , en petites taches triangulaires
sur un fond azur, couleur qui forme un
demi-collier antérieur au bas du cou ; une
large bande frontale et la gorge sont d’un
gris un peu jaunâtre soyeux. Une large
moustache jaune s’étend de la mandibule
inférieure au dessous des joues qui sont
brunes ; tout le reste du corps est vert fon¬
cé en dessus, plus clair en dessous. De Su¬
matra.
Comme espèce anomale dans son plu¬
mage et par la nudité de sa tête , nous in¬
diquerons notre Barbu chauve (Bucco cal-
vus de Lafr., Rev. zool., 1841, p. 241), long
de quinze centimètres, d’un brun fuligineux
uniforme , plus clair en dessous , avec de
petites stries plus pâles sur la tige des plu¬
mes du dos et de la poitrine; la tête dégarnie
de plumes jusqu’à l’occiput et sur les côtés,
jusqu’au-delà des oreilles ; le bec de gros¬
seur médiocre , ayant un court sillon sur la
mandibule supérieure, depuis la narine, un
peu plus long sur la mandibule inférieure avec
la carène supérieure coupante comme chez
le Barbion fuligineux de Temminck et le
petit Barbu à bandeau d’or (id. , pi. col. 536,
2). Nous ignorons sa patrie , mais nous le
croyons indien.
Temminck, dans ses PI. col., art. Barhu,
indique vingt-et-une espèces de Barbus de
l’Ancien continent et deux du nouveau , le
Barbu élégant ou des Maynas, Beau Tama-
tia Buff. (Enl., 330, Bucco maynanensis
auct.), ét le Barbu oranvert Vaill. (Barh.
supp., pl. e) ; ne sont-ce point plutôt des
Barbusérics, ou Barbions de Temminck ?
(Lafr.)
m
BAR
BAR
* BARBU, bot. cr. — Nom donné, dans
quelques pays de la France , au Clavaria
ooralloides L. Voyez les mots clavaire,
CLAVARIA. (LÉV.)
BARBULA, Loureir. (non Swartz). bot.
pu.— Synonyme du genre Mastacanthus.
(Sr.)
BARBULE. Barbula (diminutif de
barba , barbe ). bot. cr. — Genre de
Mousses, fondé par Hedwig (Sp. Musc.,
p. 115), et distingué par le même auteur du
genre Tortula (l. c., p. 122), sur le seul
caractère de la position des fleurs mâles.
Frappés de ce que quelques espèces de l’un
et de l’autre genre d’Hedwig présentaient
les cils de leur péristome tissu, sous forme
de membrane à la base , Weber et Mohr
établirent pour ces espèces le genre Syn-
irichia. Bridel , en adoptant ce dernier
genre ( Bryol . univ ., I, p. 578), réserva le
nom de Barbnla pour les espèces dont les
cils sont libres à leur origine, et M. Endli-
cher a admis cette distinction dans son
(j encra Plantarum ,* mais, ie nom de Bar¬
bu la ayant été depuis longtemps consacré
par Loureiro à un genre de la phanéroga-
mie, et ce genre étant universellement adop¬
té, nous renverrons au mot Tortula , admis
par nous dans le sens étendu quellui donne
M. Hooker. C’est là que nous signalerons
les différents caractères qui distinguent ce
genre et les deux sous - genres dans les¬
quels doivent être réparties ses espèces.
V oyez tortula . (C . M . )
*BARBULES ( barbnla diminutif de
barba, barbe), ois. — Nom donné par les
ornithologistes aux petits crochets cornés
qui garnissent les barbes des plumes des
Oiseaux. (C. d’O.)
*BARBULES ( barbnla , diminutif de
barba , barbe), bot. — Necker a appelé ainsi
le petit corps barbu formé par la réunion
des cils du péristome soudés ensemble et
qu’on remarque dans les Tunia , genres de
Mousses. (C. d’O.)
*BARBULOIDES. Barbuloides. bot.
cr. — Nom donné par Bridel à une famille
de Mousses dont le genre Barbula est le
type. (C. d’O.)
* BARBUS, ois. — C’est, dans le Règne
animal de Cuvier (dernière édition), le
nom qu’il donne au groupe ou au grand
genre qu’il subdivise en trois sous-genres :
1° les Barbicans; 2° les Barbus propre-
1 ment dits, qu’il indique comme des deux
continents, leur réunissant les Barbions
d’Amérique, et 3° les Tamatias ; il en ex¬
clue les Barbacous qu’il place dans sa fa¬
mille des Coucous. Les Barbus ou Buccoï -
nées sont également , dans le Traite dû Or¬
nithologie de M. Lesson , le nom qu’il
donne à la même famille, qui comprend
les genres Barbacou et Barbican, ce der¬
nier composé seulement de l’espèce type
le Barbu , renfermant les autres Barbicans
d’Afrique comme premier sous-genre; les
vrais Barbus d’Asie comme second sous-
genre; les Barbions de Levaillant comme
troisième sous-genre; les Barbusèrics d'A¬
mérique comme quatrième ; Coucoupic
comme cinquième et Tamatia comme
sixième. (Lafb.)
BARBUS. Barbati. ins. — Latreille
désigne ainsi, dans le Règne animal de
Cuvier, une division de la famille des Co¬
léoptères carnassiers, tribu des Carabiques,
comprenant les genres Nébrie , Pogono-
phore , Loricère et Omophrone , lesquels
offrent pour caractères communs d’avoir le
côté externe des mâchoires dilaté et cilié à
sa base. Voyez carnassiers et carabiques.
(D-)
* BARBIISERIC. Micropogon , Tem.
(p.wpoç, petite; barbe; à cause de
l’absence de longs poils autour du bec de ces
espèces de Barbus), ois. — Sous-genre for¬
mé par M. Lesson , dans son Traité d' Or¬
nithologie, du genre Barbion ( Micropogon
de Temminck) et ne renfermant que les
Barbions d’Amérique de cet auteur.
Nous adoptons ce sous-genre de M. Les¬
son, auquel nous conservons le nom grec de
Micropogon , donné par M. Temminck à
tous les Barbions , mais que nous restrei¬
gnons ici à ceux d’Amérique seulement.
D’après nos idées de groupement géogra¬
phique , nous aurions désiré les accoler aux
Tamatiadées leurs compatriotes et les repré¬
sentants des Barbus en Amérique ; mais ils
s’en éloignent évidemment par la forme beau¬
coup plus courte, plus arquée et très compri¬
mée de leur bec, et par la coloration de leur
plumage, tandis que, par tous ces caractères,
ils se rapprochent singulièrement des Bar¬
bicans d’Afrique. Trois ou quatre espèces
seulement composent ce petit groupe à plu-
BAR
BAR
mage mélangé de noir et d’olivâtre en des¬
sus, jaunâtre pâle en dessous et relevé par
un rouge vif ou un jaune doré sur la tête ou
sur le cou. L’espèce type est le Microjjo-
gon cayennensis Tem., Barbu ob cayenne
Buff. ( Enl. , 206), Buceo cayennensis
Gmel., de la Guiane. (Laf.)
BARBYLUS, P. Br. bot. ph. — Genre
douteux, qui paraît appartenir aux Térebin-
thacées. (Sp.)
BARCKHAUSIE. bot. ph. — Voyez
BARKHAUSIA.
* BARCL AYA, Wallich . bot. ph\— Gen¬
re de la famille des Nymphéacées, auquel on
assigne pour caract. : Calice 5-sépale, inad¬
hérent, hypogyne, subherbacé. Corolle
gamopétale , insérée au sommet d’un ré¬
ceptacle globuleux; tube cylindracé; limbe
à 8 ou 10 segments courts, inégaux, 2-ou
3-sériés. Étamines très nombreuses, plu-
risériées, libres, insérées au tube de la co¬
rolle, incluses : les deux séries supérieures
recourbées, stériles ; filets très courts, su-
bulés ; anthères basifixes. Ovaire recouvert
par le réceptacle, inadhérent , supère rela¬
tivement au calice, infère relativement à ta
corolle, multiloculaire, multi-ovulé, à som¬
met creusé d’une cavité infondibuliforme
qui descend jusqu’au centre. Styles nom¬
breux. subulés, courts, convergents, entre¬
greffés à la base en anneau adné au fond
de la corolie; stigmates simples, obtus.
Fruit polysperme, gélatineux en dedans , à
loges se disjoignant sans s’ouvrir. Graines
globuleuses, hérissées au sommet de soies
succulentes, étalées.— Ce genre remarquable
s’éloigne des autres Nymphéacées par la
s'.ructure de son réceptacle et par sa co¬
rolle gamopétale ; il n’est fondé que sur
une seule espèce. C’est une plante habitant
les eaux stagnantes du Pégu, et semblable
à un Potamogeton par le port ; ses feuilles
sont flottantes ou submergées, oblongues,
subhasliformes à la base, luisantes en des¬
sus, cotonneuses en dessous, penninervées;
les fleurs sont inodores, verdâtres, larges
d’environ quatre centimètres. (Sp.)
*BARCLAYÉES. bot. ph. — Une des
tribus établies par M.Endlicher dans la fa¬
mille des Nymphéacées. Voyez ce mot.
(Ad. J.)
bardane. bot. ph. — Voyez lappa.
bardeau ou BARDOT. MAM. - Mé-
m
tis du Cheval avec l’Anesse. Voyez mulet.
BARDIGLIONE. min. — Nom donné
par de Bournon à la Karsténite ou Sulfate
anhydre de chaux , d’après celui de Bar-
diglio , sous lequel on désigne en Italie la
Karsténite lamellaire ou Pierre de Yulpino.
(Del.)
BARDOT. mam. — Voyez bardeau.
BARDOTTIER . bot. ph. — Synonyme
(V lmb r ica ire.
BARERIA. bot. ph. — Voyez barreria.
BARETIA. bot. ph. — Nom donné par
Commerson au Quivisia de Jussieu, de la
famille des Méliacées.
BARGE. Limosa , Briss. ois. — Genre
de l’ordre des Échassiers et de la famille
des Longirostres de Cuvier , formé par
Brisson qui lui donna pour nom français
celui par lequel Belon avait désigné ancien¬
nement une des espèces, et pour nom latin
scientifique celui même que les Vénitiens
donnaient à cette même espèce. On est en¬
core étonné de voir Vieillot, tout en adop¬
tant ce genre, en changer, sans motif ap¬
parent, la dénomination de Limosa en
celle de Limicula.
Ce genre, qui fait partie de notre famille
des Scolopacidées et de notre sous-famille
des Totaninées, a pour caractères : Bec très
long, cylindracé, plus ou moins recourbé en
haut, mou et flexible dans toute sa longueur,
déprimé vers la pointe ; les deux mandibules
sillonnées dans toute leur longueur, obtuses
et légèrement dilatées à leur extrémité. Na¬
rines latérales, longitudinalement fendues
dans le sillon et percées de part en part.
Pieds longs , grêles , avec un grand espace
nu au bas de la jambe ; quatre doigts ; le
doigt médian antérieur réuni à l’extérieur à
sa base par une membrane qui s’étend plus
ou moins en avant; l’intérieur libre, ou
engagé (chez un sous-genre) par une mem¬
brane semblable; le pouce fort petit , arti¬
culé sur le tarse; tous les doigts ayant de
chaque côté une étroite bordure membra¬
neuse; l’ongle médian ayant son bord inter¬
ne légèrement dilaté en forme de tranche
saillante , quelquefois dentée. Ailes à ré¬
miges de longueur médiocre ; la première
et la seconde égales et les plus longues ;
queue courte.
Les Barges qui faisaient partie du genre
Scoloyax de Linné, sont d’assez grands Oi-
470
BAR
BAR
seaux , très haut montés sur pattes et à bec
très long. En les rapprochant des Cheva¬
liers, des Bécasseaux et même des Courlis,
on est frappé de la grande analogie qu’ils
offrent avec ces différents genres dans la
forme des pattes , du bec et de la queue ,
et aussi dans leur double mue , prenant
comme eux au printemps un plumage où
le roux domine fortement, ce qui en a fait
multiplier à tort les espèces. Elles pré¬
sentent néanmoins un caractère de sexe
qui leur est particulier , c’est que le mâle
est constamment plus petit que la femelle
(observation qui fut faite pour la première
fois par M. Bâillon d’Abbeville, qui la com¬
muniqua à vieillot, comme celui-ci nous
l’apprend à son article Barge du Diction¬
naire). Elles ont encore de particulier que
ces femelles prennent leur plumage roux
d’été plus tard que les mâles et lorsque
ceux-ci en sont déjà entièrement revêtus.
Ces Oiseaux se plaisent à l’entour des ma¬
récages, particulièrement des marais salés
et sur les bords fangeux des fleuves près de
leur embouchure. Leur bec très mou et flexi¬
ble , propre seulement à fouiller dans les
boues, dans les limons, ou dans le sable
mouvant baigné par les vagues de la mer ,
est certainement doué d’une grande délica¬
tesse de tact qui leur fait distinguer, à une
certaine profondeur, dans la vase ou le sable
mouvant , le petit crustacé , le ver aquati¬
que propre à leur nourriture. Qui sait môme
si, dans cette fonction alimentaire, le sens
de l’odorat ne leur est pas aussi d’un grand
secours? Nous voyons que chez V Aptéryx de
la Nouvelle-Zélande , le bec qui a la plus
grande analogie de forme extérieure avec
celui des Courlis et par conséquent des
Barges, est muni de deux espèces de tuyaux
depuis les narines, celles-ci n’ayant leur
ouverture qu’à son extrémité. Il n’est pas
douteux que cette conformation particulière
du sens de l’odorat, chez cet oiseau singu¬
lier qui ne se nourrit que la nuit de Vers
qu’il va chercher dans les parties humides
des forêts, ne lui ait été accordée que pour
faciliter cette recherche. Chez les Barges
comme chez les nombreuses espèces de Bé¬
casseaux, chez les Bécasses et Bécassines
et autres genres voisins , nous voyons , non
pas deux conduits cylindriformes depuis les
parines jusqu’à la pointe du bec, mais deux
rainures qui semblent en tenir lieu et pour¬
raient bien servir de conduit aux parties
odorantes lorsque le bec agite la vase, et in¬
diquer à l’oiseau, aussi bien que le tact, la
présence de petits animaux.
On ne connaissait que deux espèces de
B,arges en Europe : la Barge a queue noire
( Limosa meianura Tem., Man. 664), ou
Barge commune (Buff.,ZJ?z/. 874) et la Barge
rousse [Limosa rufa Briss. ,Tem. , ibid . ,668)
OU Barge aboyeuse OU a queue rayée (Cuv.,
Rètj. anim.\ car M. Temminck, après en
avoir décrit une troisième dans la première
édition de son Manuel sous le nom de
Barge de meyer ( Limosa Meyeri ) d’après
les indications du docteur Leister, annonce
dans sa seconde édition que c’est par erreur,
et qu’il a reconnu que cette prétendue es¬
pèce n’est établie que sur de grands indi-
dividus de la Limosa rufa; puis, dans la
quatrième partie de son Manuel, publiée
en 1840, il annonce formellement que c’est à
tort que, dans sa seconde édition , il avait
réuni comme même espèce les Limosa Meye¬
ri et Limosa rufa, que ce sont bien des
espèces distinctes et sans nul doute, ce qui
porte à trois le nombre des espèces eu¬
ropéennes. Celui des espèces étrangères
est peu considérable , car , outre les trois
nôtres qui se retrouvent presque partout,
on n’en connaît guère qu’une autre, la
Barge marbrée OU fédoa [Limiouia mar-
moraia Vieil. , Gai., pl. 243; Wilson, pl.
56-4), de l’Amérique méridionale.
Comme nous l’avons indiqué au com¬
mencement de cet article , les Barges ont
au printemps une double mue dans laquelle^
ainsi que chez plusieurs espèces de Bécas¬
seaux , la couleur de leur plumage change
presque totalement, en sorte que le blan¬
châtre, entremêlé de noirâtre de la partie
supérieure de leur corps, devient noir et
roux, tandis que la tête, le cou et tout le
dessous, ordinairement blancs ou d’un blanc
grisâtre , deviennent d’un roux prononcé.
— Ces Oiseaux ont encore de particulier de
pondre des œufs très gros à proportion de
leur volume.
Une petite espèce asiatique , Scolopax
terek Lat., cinerea Gmel., Barge a pieds
r armés ( Limicula indiana Less., Tr. 554)
diffère des précédentes par une taille beau¬
coup plus petite ,• par des tarses plus courts
BAR
BAR
à proportion, et par ses pieds, dont le doigt
interne est aussi réuni au médian à sa base
comme l’externe; par une portion de mem¬
brane interdigitale plus développée que chez
les autres espèces ; son bec est également
plus retroussé au bout. M. Lesson , dans
son Traité, en a fait simplement une sec¬
tion dans le genre Barge. Bonaparte en a
fait un genre voisin des Barges, sous le nom
de Terekia , et M. Horsfield Bavait décrite
sous le nom de Tringa j avanie a. M. Tem-
minck, dans la 4me partie de son Manuel ,
p 426 , la décrit comme européenne , en
ajoutant toutefois qu’elle ne se montre en
Europe qu’accidentellement , qu’elle vit en
Russie , en Sibérie, sur les bords de la mer
Caspienne, au Japon et aux îles de la Sonde.
Elle se rencontre également à la Nouvelle-
Hollande. Cette espèce est en quelque sorte
une miniature des autres espèces de Barges.
On peut adopter le nom de Terekia comme
sous-genre seulement de Limosa et la dé¬
signer alors par le nom de Terekia terek
(Bonap,). (Lafr.)
B ARH ARA. bot. ph. — Synonyme du
genre Wormia de De Candolle.
* BARIDIUS ( flapis , vaisseau ; ièêa. ,
forme), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides, ordre des
Gonatocères , division des Gboîides , établi
par Schœnherr aux dépens des g. Rynckœ-
nus et Calandra de Fabricius. Les espèces
de ce genre ont le corps oblong, sub-ellip-
tique, un peu convexe en dessus, ailé ; elles
sont de médiocre ou de très petite taille.
Schœnherr en décrit jusqu’à 112, dont le
plus grand nombre est de l’Amérique méri¬
dionale : une seule est de la Nouvelle-Hol¬
lande , 7 appartiennent à l’Afrique , 3 aux
Indes-Orientales , et 29 à l’Europe. Parmi
ces dernières, nous citerons , comme type
du g., le Baridius nitens, Calandra id.
Fabr. , qui se trouve à la fois dans le midi
de la France, à Tanger en Afrique, et même
en Perse, suivant Schœnherr. Le g. Baris
de Germar, auquel M. Dejean rapporte 125
espèces dans son dernier Catalogue , est sy¬
nonyme de celui de Baridius. (D.)
BABILLE. bot. ph. — Synonyme de
Soude , considéré sous le rapport de son
rapport économique. On donne encore ce
nom au Bâtis maritima.
BARILLET, zoofh. — Quelques auteurs
471
appellent ainsi en français le genre très peu
connu que Otto a établi sous le nom de
Doliole , Doliolum. Voyez doeiole.
(P. G.)
BARIPHONUS. ois. — Orthographe vi¬
cieuse; on devrait toujours écrire Bary-
p bonus. Voyez ce mot,
* BARIPLfS (fkpuT ouc, qui marche len¬
tement). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Carabiques, tribu des
Féroniens, établi par M. Dejean, dans son
Species général (t. III, p. 24). Ses princi¬
paux caractères sont : Dernier article des
palpes labiaux presque cylindrique, tronqué
à l’extrémité et légèrement sécuriforme.
Corselet convexe, presque ovalaire. L’auteur
y rapporte deux espèces : l’une du Brésil ,
nommée B. speeïosus par Klug, et l’autre
de Buénos-Ayres, qui est le Molops riva -
lis de Germar. (D.)
BARIS (fîâptç, vaisseau), ins. — -Germar
désigne ainsi , à cause de sa forme , un g.
de Curculionides que Schœnherr avait sinon
établi , du moins publié avant lui , sous le
nom de Baridius , qui a la même significa¬
tion. Voyez ce dernier mot. (D.)
BARÎSTUS. ois. — Synonyme de Si-
telle.
* BARTCTVÉES. Baritinæ ( Barita ,
nom d’un des genres de cette sous-famille),
ois. — Sous-famille formée par Bonaparte,
répondant à la sous-famille Gymnorhini-
nœ de G. R. Gray, dans sa List ofthe gé¬
néra o/'hirds , renfermant le genre Cassi-
can et ses sous-genres et le genre Calybé de
Cuvier. Nous adoptons cette sous-famille,
qui alors fait partie de notre famille des Cor-
vidées. Swainson trouvant une grande analo¬
gie de formes entre les Cassicans et les Cor¬
beaux , les a placés non seulement dans sa
famille Corvidœ, mais même dans sa sous-
famille Corvinæ , immédiatement après ses
genres Corvus , F ica et ISucifraga , et
avant sa sous-famille Garrulino p, qui com¬
prend les Geais proprement dits et les Pies et
Geais du Nouveau-Monde. Cuvier trouvant,
au contraire, dans le bec très crochu et denté
de quelques espèces, des rapports évidents
avec celui des grandes espèces de Pies-griè¬
ches, les groupa près d’elles dans son Règne
animal. Bonaparte, tout en en formant une
sous-famille à part, en a fait autant. Vieil¬
lot les avait placés dans sa famille Coracet,
BAR
472 BAR
répondant aux Corvidées des auteurs mo¬
dernes.
Ce qu’il y a de certain , c’est que ce genre
est un genre de transition entre les Pies-
grièches et les Corbeaux , dont quelques es¬
pèces , telles que le Cassican proprement
dit de Buffon , le Vanga destructeur , ou
plutôt le Cassican destructeur de Tem¬
minck, ont, dans leurs habitudes criardes ,
dans leur bec fortement échancré ou denté
et brusquement crochu à la pointe, des rap¬
ports évidents avec les Pies-grièches, tandis
que quelques autres de taille plus forte , à
plumage plus noir et à bec plus arqué en
dessus et à peine crochu à la pointe, telles
que les Cassicans rèveilleur et flûleur ,
en ont de plus marqués avec les Corbeaux.
C’est ce qui a déterminé M. Lesson à déta¬
cher ces dernières espèces de sa famille des
Cassicans, et à en former, dans son Traité,
un groupe sous le nom de Rèveilleur ,
qu’il place comme sous -genre dans son
genre Corvus.
Temminck, croyant trouver dans une es¬
pèce nouvelle de Cassicans des rapports im¬
médiats avec l’oiseau de Madagascar décrit
et figuré par Buffon sous le nom de Vanga ,
adopta ce dernier nom comme nom géné¬
rique , et figura sa nouvelle espècé sous
le nom de Vanga destructeur, dans ses
Planches coloriées. Plus tard, il reconnut
son erreur, replaça son Vanga destruc¬
teur dans le genre Cassican , dont il n’au¬
rait jamais dû sortir , et annonça que le
genre Vanga devait être annulé comme
genre, puisque l’oiseau auquel ce nom avait
été donné primitivement était une grande
Pie-grièche du genre Batara et voisine du
Blunchot de Levaillant.
Nous sommes étonné , d’après cela , que
les auteurs modernes anglais, Swainson ,
Gould, etc., aient adopté et maintenu ce
genre Vanga pour les espèces de Cassicans
à bec très droit et très crochu , réservant
celui de Barila (Cuvier) aux espèces à bec
de Corbeau , dont M. Lesson avait fait son
sous-genre Rèveilleur.
Quant à nous , voici ce que nous adop¬
tons, comme le plus naturel et le plus juste
d’après l’ordre d’ancienneté. Nous for¬
mons, comme Bonaparte, une sous-famille
des Cassicans sous le nom de Baritinées , et
la plaçons dans la famille des Corvidées.
Dans cette sous-famille, nous prenons pour
type du genre Cassican , Buff. ; Barila ,
Cuv. ; l’oiseau pour lequel Buffon créa ce nom,
et sous lequel il le figura dans ses planches
coloriées, ne sachant pas que Latham l’avait
décrit avant lui sous celui de Coracias va¬
ria ; nous admettons comme sous-genres
celui de Réveilleur ( Strepera ) de M. Les¬
son , et peut-être (ne le connaissant que par
la planche de Temminck) celui de Pytiria-
sis du même , pour le Cassican à tête
chauve de Tem., et pour second genre ce¬
lui deCalysé (Chalibœus , Cuv., ou Pho-
vygame de Lesson. Les caractères de cette
sous-famille sont : Bec robuste , dur , al¬
longé, ou très droit en dessus avec la pointe
très crochue, ou légèrement arqué avec cette
pointe simplement inclinée 5 la mandibule
supérieure entamant les plumes du front
par une échancrure plus ou moins large ,
profonde , ovalaire ou anguleuse ; narines
ouvertes en fente étroite dans la partie cor¬
née du bec, et en partie recouverte par elle
sans aucune membrane. Pieds robustes , à
doigt externe plus long que l’interne, et
réuni au médian par sa première phalange.
Ailes médiocres ou longues ; les quatre pre¬
mières rémiges étagées ; la quatrième et la
cinquième les plus longues. Taille et faciès
des Corneilles et des Pies. (Lafr.)
BARIUM ((3apu<j, pesant), chim. —
Métal extrait de la Baryte par Bavy, au
moyen de la pile galvanique. Voyez baryte.
(Del.)
BARKANIA, Ehrenb. bot. fh. — Syno¬
nyme du g. Halo phi la. (Sr.)
BARRHAUSENIA , Hop bot. fh. —
Synonyme du g. Barkhausia. (Sp.)
BARRHAUSIA (nom d’homme), bot.
fh. — Genre de la tribu des Chicoracées ,
caractérisé par ses fruits cylindracés, que
sont tous , ou ceux du centre seulement ,
longuement atténués au sommet ; ceux de
de la circonférence tronqués , ou terminés
par un court prolongement, portent, comme
ceux du centre, une aigrette composée de
poils blancs très ténus. L’involucre est cali-
culé ; le réceptacle presque nu ou couvert
de fimbrilles. — Les Barkausia sont des
herbes annuelles ou vivaces. On en cultive
une espèce dans les jardins comme plante
d’agrément j c’est la B. purpurea.
(J. D.)
BAR
BAR
473
* BARKHAUSiA, Nutt. BOT. PH. -
Synonyme de Pyrrhopappus.
(C. d’O.)
BARRERIA ou BARRELERïA (Bar-
relier, nom d’hommej. bot. ph. — Genre de
la famille des Acanlhacées, tribu des Ecma-
tacanthées, s. -tribu des Barlériées , ayant
pour caract. : Calice inégal, 4-sépaIe, muni
de 2 bractées. Corolle infondibuliforme, 5-
fide. Capsule 2-loculaire , presque tétra-
gone.— Les Barleria sont des plantes her¬
bacées ou frutescentes ; à feuilles opposées ;
à fleurs axillaires ou en épi ; à bractées lar¬
ges ou étroites, et à bractéoles ciliées ou
épineuses. Corymbes bleus, blancs ou
jaunâtres, plus ou moins veinés. Les Par¬
ler > a, dont on compte une quarantaine d’es¬
pèces, sont, pour la plupart, originaires de
l’Asie tropicale. On en trouve quelques-
unes en Afrique, en Amérique et à la Nou¬
velle-Hollande. (C. d’O.)
* BARLÉRIÉES. bot. ph. — Section de
la tribu des Ecmatacanthées, dans la famille
des Acanlhacées. Voyez ce mot. (Ad. J.)
BARNADESIA (nom d’homme), bot.
ph. — Les Barnadesia qui font partie de
la tribu des Composées-Mutisiacées, et pres¬
que tous indigènes des parties montueuses
du Pérou, sont des sous-arbrisseaux, garnis
de feuilles alternes , coriaces, mucronées ,
souvent accompagnées d’aiguillons stipu¬
lâmes. Les capitules assez grands présentent
un involucre formé d’ écailles raides , lisses
et jaunâtres ; le réceptacle couvert de pail¬
lettes ténues , tordues en spirales , porte
des fleurs en général bilabiées, à étamines
monadelphes. Ces deux caractères de la
corolle et des étamines servent à distinguer
les Barnadesia des Flotovia et des Chu-
quiraga avec lesquels ils offrent les plus
grands rapports. (J. D.)
*BARNADÉSIÉES. bot. ph. — Section
des Composées-Mutisiacées ou Labiatiflores,
comprenant les genres à anthères dépour¬
vues d’appendices basilaires. (J. D.)
*BARNARBIE. Barnardia. bot. ph.
— M. Lindley {Bot. reg ., t. 1029) a formé
bous ce nom un genre dans la famille des
Liliacées, pour VOmith^galum Japoni-
cum de Thunberg. Il se distingue par son
calice formé de six sépales colorés, égaux
et étalés ; des étamines en même nombre
insérées à la base des sépales et ayant leurs
filets dilatés à une aile. L’ovaire est à trois
loges contenant chacune un seul ovule
dressé. Le style est subulé , droit, terminé
par un stigmate simple. Ce g. diffèrç sur¬
tout des Ornithogales par ses ovules soli¬
taires dans chaque loge. (A. R.)
B ARME T. moll. — Adanson {Voyage
au Sénégal , p. 46, pl. 10) assigne ce nom à
une petite espèce de son genre Buccin. D’a¬
près la description qu’il donne de cette co¬
quille, elle aurait beaucoup de rapports avec
le Columbella nitida de Lamarck; mais
nous ne sommes pas certain de l’identité
des deux Coquilles dont il est ici question.
Nous pouvons ajouter que le mollusque
nommé ainsi par Adanson n’est point un
véritable Buccin , mais appartient bien
plutôt aux Colombelles. Voyez ce mot.
(Desh.)
BAROLA. bot. ph. — - Nom donné par
Adanson , dans ses Familles naturelles, au
Bar hy lus de Brown, qu’il place après le
Plelœa .
BAROLITHE (ffépoç, poids j Xtôoç,
pierre), min. — Synonyme de Baryte car-
bonatée. Voyez baryte. (Del.)
BAROLLEA. bot. ph. — Synonyme de
Pekea.
BAROMÈTRE (jüapoç, poids; j/.£rpov,
mesure), phys. — Il n’y a pas bien long¬
temps encore , deux siècles tout au plus ,
qu’on expliquait l’ascension de l’eau dans
le corps de pompe par V horreur de la na¬
ture pour le vide. Or, en 1640, des fontai-
niers de Florence, ayant voulu construire
des pompes dont les tuyaux avaient plus de
10 mètres et demi (environ 32 pieds) , re¬
marquèrent avec surprise que le liquide
refusait de s’élever au dessus de cette li¬
mite ; ils en demandèrent la cause à Gali¬
lée, et l’on prétend que le philosophe,
pris au dépourvu, leur répondit , en plai¬
santant il est vrai , que la nature n’avait
horreur du vide que jusqu’à trente-deux
pieds. Cependant , par la réflexion , l’il¬
lustre Florentin crut reconnaître dans ce
phénomène un effet de la pression atmos¬
phérique. Pascal , alors à Rouen, ayant eu
connaissance de ce fait, résolut de le sou¬
mettre à l’expérience : ayant fait construire
à cet effet un tube de 13 mètres de long ;
puis l’ayant rempli de vin , alors qu’il le
tenait dans une position horizontale, il le
30*
T. It,
BAR
BAR
klU
redressa, et vit le niveau supérieur du liqui¬
de se fixer à 10 mètres et demi environ au
dessus de celui du bassin dans lequel plon¬
geait l’extrémité inférieure du tube.
Quelque temps après (1643), Toricelli, dis¬
ciple de Galilée, ayant médité sur le phéno¬
mène en question, en conclut ce que son maî¬
tre n’avait fait que soupçonner, c’est-à-dire
que l’eau s’élève dans les pompes par la pres¬
sion que l’air extérieur exerce sur elle , et
que cette pression n’a que le degré de force
nécessaire pour faire équilibre à une co¬
lonne d’eau de 10 mètres et demi. Il appuya
cette opinion par une expérience qui la mit
hors de doute : pensant, avec raison, que la
hauteur de la colonne de liquide à laquelle
la colonne atmosphérique fait contrepoids
doit être en raison inverse de la densité du
même liquide , il remplit de mercure un
tube de verre d’environ un mètre de hau¬
teur, et fermé hermétiquement à l’une de
ses extrémités ; puis il le plongea, par son
extrémité ouverte, dans un bain du même
métal. A peine le tube eût-il pris la verti¬
cale, que la colonne de mercure descendit,
oscilla et se fixa enfin à la hauteur de 76 cen¬
timètres environ, laissant, entre elle et l’ex¬
trémité close du tube, un espace vide d’air,
et contenant à peine quelques atomes de
vapeur mercurielle, à supposer que cette
vapeur puisse se former à la température à
laquelle se faisait l’expérience. Or, le poids
d’une colonne de mercure de 76 centimè¬
tres correspondant précisément à celui
d’une colonne d’eau de 10 mètres et demi,
puisque la densité du métal est unjjeu plus
de treize fois et demie celle de l’eau , Tori¬
celli fut en droit de conclure que la pres¬
sion atmosphérique équivaut à une colonne
d’eau ou à une colonne de mercure , ayant
les hauteurs ci-dessus énoncées.
Telle fut l’origine de l’un des plus pré¬
cieux instruments que possède la physique,
du Baromètre , qui n’est encore aujour¬
d’hui, malgré les nombreux perfectionne¬
ments qu’il a reçus , que le tube de Tori¬
celli.
L’année suivante (1644) , le bruit de l’ex¬
périence de Toricelli s’étant répandu en
France, elle y fut répétée par Pascal; enfin,
en 1647, celui-ci imagina de la rendre plus
décisive encore, en la répétant à différentes
hauteurs. Il envoya , en conséquence , ses
instructions à son ami Perrier , qui , ayant
porté le tube barométrique au sommet du
Puy-de-Dôme , constata un abaissement
graduel du mercure à mesure qu’il s’éleva,
et un retour progressif au premier niveau
lorsqu’il descendit.
Les résultats obtenus par Perrier furent
si concluants, que le Baromètre devint bien¬
tôt d’un usage général , quand il fut néces¬
saire de mesurer la pression atmosphéri¬
que ; et cette nécessité se présentait à cha¬
que instant , puisque cette pression étant
une force qui se combine toujours avec les
autres , il est indispensable d’en tenir
compte.
Dans le principe, on se contenta de l’ap¬
pareil de Toricelli. Un tube rempli de mer¬
cure était renversé sur une cuvette conte¬
nant une certaine quantité du même métal;
mais cet appareil incomplet donnait lieu à
de grandes inexactitudes. Le mercure et les
parois du tube retenaient de l’air , qui , en
vertu de sa légèreté , se rassemblait à l’ex¬
trémité du tube, agissait, par son élasticité,
sur la partie supérieure de la colonne mé¬
tallique, la déprimait, et devenait ainsi une
source d’erreurs d’autant plus graves, qu’il
éprouvait lui-même une plus ou moins
grande dilatation , par l’effet de la tempé¬
rature extérieure.
Les physiciens mirent donc tous leurs
soins à perfectionner la construction du
Baromètre. La première condition à rem¬
plir était de purger et le mercure et le
tube de l’air qui s’y trouvait retenu ; on y
parvint facilement , en faisant bouillir le
métal et en séchant le tube , d’après des
procédés qui ne peuvent prendre place ici ,
mais dont on trouve la description dans
tous les ouvrages de physique.
Une autre cause d’erreurs se présentait :
comme on employait ordinairement une cu¬
vette d’un petit diamètre, le niveau du mer¬
cure qu’elle contenait s’élevait ou s’abais¬
sait à mesure que la colonne barométrique
diminuait ou augmentait, et il en résultait
que la hauteur du mercure dans le tube ne
marquait plus d’une manière précise le de¬
gré de la pression atmosphérique. En em¬
ployant une large cuvette , on parait à cet
inconvénient; mais l’instrument devenait
moins maniable.
Nous ne parlerons point ici des nom-
BAR
BAR
breuses modifications qui furent successi¬
vement apportées à la construction du Ba¬
romètre depuis son invention , et qui toutes
à peu près consistent à substituer alterna¬
tivement le siphon à la cuvette et la cuvette
au siphon ; nous nous bornerons à rappor¬
ter celles auxquelles, de nos jours, M. le
professeur Gay-Lussac , d’une part , et M.
Fortin, artiste distingué, de l’autre, ont at¬
taché leurs noms.
Le Baromètre de M. Gay-Lussac est à si¬
phon il se compose d’un tube présentant
trois parties distinctes : la première et la
troisième ont un même diamètre, égal à ce¬
lui du tube barométrique ordinaire (0m,004) ;
la seconde, qui forme le coude du si¬
phon, est beaucoup plus étroite, afin de
prévenir toute introduction de l’air dans la
plus longue branche de l’appareil. Cette
branche est fermée supérieurement , tandis
que l’autre communique avec l’atmosphère
par une très petite ouverture qui laisse en¬
trer l’air , mais par laquelle le mercure ne
peut sortir. Le tube est fixé sur une échelle
graduée double, et renfermé dans une boîte
longue et étroite.
Le Baromètre de Fortin est à cuvette -,
mais il se distingue des autres instruments
du même genre, en ce qu’on peut toujours
ramener avec exactitude le niveau du mer¬
cure de la cuvette au zéro de l’échelle , en
rendant ce niveau mobile et en laissant l’é¬
chelle fixe. A cet effet, le fond de la cu¬
vette est formé par un sac de peau qui ,
s’appuyant sur une tête de vis, et devenant
mobile lorsqu’on fait marcher cette vis,
peut toujours ramener le mercure au zéro
de l’échelle.
Le Baromètre de M. Gay-Lussac , moins
lourd , et par conséquent plus portatif que
celui de Fortin , est cependant moins em¬
ployé que ce dernier, parce qu’il exige deux
opérations de hauteur au lieu d’une , ce qui
double les chances d’incertitude du résultat.
Ce désavantage se fait surtout sentir quand
il s’agit de constater de légères différences
dans la pression atmosphérique ; car de
très petites variations de hauteur, sensibles
dans l’instrument de Fortin, peuvent rester
inaperçues, partagées entre les deux bran¬
ches du Baromètre à siphon.
Le Baromètre à cadran n’est qu’un Ba¬
romètre à siphon , fixé derrière un cadran
4 75
dont l’aiguille se meut à l’aide d’une petite
poulie très mobile. Sur la gorge de cette
poulie passe un fil portant à ses deux extré¬
mités deux poids parfaitement égaux 5 l’un
de ces poids entre dans l’ouverture de la
petite branche et repose sur le mercure ;
l’autre pend librement au dehors. Lorsque
la pression atmosphérique augmente , le
mercure descend dans la branche ouverte ,
ainsi que le poids qui pèse à sa surface , et
l’aiguille, suivant le mouvement de la pou¬
lie entraînée par le fil , vient s’arrêter sur
un point du cadran. Si, au contraire, la pe¬
santeur de l’atmosphère diminue , le mer¬
cure remonte avec le poids, et l’aiguille
tourne en sens contraire. Comme la cir¬
conférence parcourue par l’aiguille est plus
grande que celle de la gorge de la poulie ,
il s’ensuit, en apparence du moins, que les
plus petites différences de niveau dans la
colonne de mercure, et par conséquent, les
moindres variations atmosphériques , sont
appréciables sur le cadran. Ces indications
sont loin cependant d’être aussi précises
qu’on pourrait le croire au premier aspect ;
il faut, avant que l’aiguille se mette en mou¬
vement, que la force qui fait monter ou des¬
cendre le mercure dans la petite branche
surmonte la résistance que lui oppose le
double frottement de la poulie sur son axe
et du fil sur la poulie. Aussi, quand on veut
consulter cet instrument, qui n’est du reste
employé que dans les usages habituels de la
vie , est-il bon de le frapper doucement à
petits coups, pour faire mouvoir l’aiguille.
Les observations barométriques doivent
toujours subir deux corrections pour donner
une mesure exacte de la pression de l’air :
l’une, relative à la capillarité, tient compte
de la dépression occasionnée dans la colonne
de mercure par son contact avec le tube de
verre : l’autre est relative à la température
dont les variations , en déterminant des
changements dans la densité du mercure $
obligent de réduire les hauteurs observées à
la même température normale, pour qu’elles
puissent devenir comparables ; aussi est-il
ordinaire de joindre un Thermomètre à
l’appareil barométrique.
Revenons maintenant aux usages du Ba¬
romètre. Les expériences, faites au Puy-
de-Dôme par l’ami de Pascal, ayant dé¬
montré qu’on ne pouvait s’élever sans
BAR
BAR
476
que le mercure s’abaissât dans le tube ba¬
rométrique, on en conclut qu’il serait possi¬
ble de reconnaître ainsi la hauteur d’un
point quelconque ; mais il fallait détermi¬
ner préalablement la loi suivant laquelle les
variations de la colonne de mercure répon¬
daient aux élévations des lieux observés.
Si la densité de l’air était toujours la
même à toutes les hauteurs, il aurait été
facile de calculer l’abaissement progressif
de la colonne de mercure, à mesure qu’on
s’élève. En effet , lorsque le Baromètre
est à 0m,76 et la température à 0°, on trouve,
par expérience, qu’il faut s’élever de JLQm,05
pour faire baisser le mercure de 0ra,00î, en
sorte que, sous l’empire de ces circonstances,
un cylindre de mercure d’un millimètre de
hauteur a précisément le même poids qu’un
cylindre d'air de même base et d’une hau¬
teur de dix mètres et demi. Les mêmes cir¬
constances se présentant dans toutes les
couches atmosphériques, il était donc évi¬
dent que, chaque millimètre de la colonne
barométrique répondant à dix mètres cinq
décimètres de la colonne atmosphérique,
la hauteur de l’atmosphère devait être égale
à 760 fois 10m5 ou à 7,980 mètres ; or, ce
résultat est bien loin de la vérité, puisque,
dans sa mémorable ascension , M. Gay-
Lussac s’éleva à 7,000 mètres et plus, et
qu’à cette prodigieuse hauteur, le mercure
du Baromètre ne descendit qu’à 0m328.
La source de ce mécompte découlait d’une
des propriétés physiques de l’air, de sa com-
pressibiLitè. Il résulte, en effet, de l’expé¬
rience, que l’air se comprime en raison du
poids dont il est chargé , et qu’en consé¬
quence la densité de ce fluide, dans un point
quelconque, est toujours proportionnelle
au poids de la partie supérieure de la co¬
lonne atmosphérique sous . laquelle il est
placé, ou bien , ce qui revient au même , à
l’élévation du mercure dans le Baromètre à
ce point. En appliquant le calcul à cette ob¬
servation , on trouve que les différences de
hauteur des diverses couches au dessus du
niveau de la mer sont proportionnelles aux
différences des logarithmes des hauteurs
du mercure dans le Baromètre.
Rien , comme on voit, n’était plus simple
que cette règle , si le nombre ou module ,
par lequel il fallait multiplier la différence
des logarithmes, pouvait être regardé
comme constant ; mais , à mesure qu’on
s’élève dans l’atmosphère , la densité de
l’air, qui décroît en raison de la diminution
de pression des couches supérieures ,
éprouve une variation en sens inverse par
le refroidissement qui a lieu à mesure
qu’on s’éloigne de la surface terrestre.
Deluc, Tremblay et quelques autres sa¬
vants cherchèrent à déterminer la loi de ce
refroidissement, et de la condensation qui
en résulte. Laplace , après eux, imagina
une méthode qui parait être celle qui se
rapproche le plus de la vérité, et dont Haüy
fit l’application aux observations faites par
de Saussure sur le Mont-Blanc. Nous consi¬
gnerons ici les résultats obtenus, en laissant
de côté les calculs qui rentrent tout à fait
dans le domaine de la physique.
Le Baromètre observé à Genève, à 25 mè¬
tres au dessus du niveau du lac, avait mar¬
qué 0m7385, la température étant de 28,05.
Les observations faites au même instant ,
à un mètre au dessous de la cime du Mont-
Blanc avaient donné 0ra4342 pour le Baro¬
mètre , et 2°87 au dessous de zéro pour le
Thermomètre. Par des calculs établis sur ces
bases, en tenant compte de la condensa¬
tion de l’air et du mercure par le refroidis¬
sement des couches supérieures , Haüy
trouva que la hauteur totale du Mont-Blanc,
au dessus du lac de Genève, devait être
évaluée à 2,224 toises, 3 pieds (4,360m46).
Les observations trigonométriques offrirent
des résultats à peu près semblables.
Plus récemment , un savant allemand ,
M. Oltmanns a dressé, pour calculer la
hauteur des montagnes, des tables qui faci¬
litent singulièrement l’opération, du moins
lorsqu’on renonce à l’usage toujours com¬
pliqué des logarithmes. Voici comment on
procède.
Soit h la hauteur barométrique de la
station inférieure exprimée en millimètres ;
h' celle de la station supérieure ; T et T' les
températures centigrades des deux Baromè¬
tres ; t et { celles de l’air aux deux stations.
On cherche, dans la première table, le nombre
qui correspond à h et que nous appellerons
a ; on cherche de même celui qui corres¬
pond à h', nous le désignerons par b ; c
sera le nombre, généralement très petit,
qui, dans la deuxième table, est en face de
T T' : la hauteur approchée sera donc a — *
BAR
477
BAR
l _ c. (Si T T' était négatif, il faudrait écrire
a — Z»+c)
Pour appliquer à cette hauteur approxi¬
mative la correction dépendant de la tempé¬
rature des couches d’air, il suffira de multi¬
plier la millième partie de cette hau¬
teur par la double somme 2 ( t+tr ) des ther¬
momètres libres 5 la correction sera positive
ou négative, suivant que t+tr sera lui-
même positif ou négatif.
La seconde et dernière correction , celle
de la latitude et de la diminution de la pe¬
santeur, s’obtiendra en prenant, dans la
troisième table, le nombre qui correspond
verticalement à la latitude, et horizontale¬
ment à la hauteur approchée. Cette correc¬
tion, qui ne peut jamais surpasser 28ra, est
toujours additive.
Dans les cas très rares où la station in¬
férieure serait elle -même très élevée au
dessus du niveau de la mer, il faudrait
appliquer au résultat une petite correction
dont on trouverait la valeur à l’aide de la
table quatrième.
Au moyen de ces formules qui touchent
pour ainsi dire à la perfection , le Baromètre
est devenu d’un usage habituel , non seule¬
ment pour le physicien qui veut constater
le degré de pression atmosphérique , mais
encore pour le naturaliste qui cherche à
fixer la hauteur à laquelle se trouvent les
minéraux , les plantes , les animaux qu’il
observe.
Les différences de niveau dans la colonne
barométrique ne se manifestent pas seule¬
ment en passant d’un lieu plus bas à un
lieu plus élevé, on les observe encore dans
un même lieu : ainsi à Paris il n’y a pas de
jours où ce niveau ne change de plusieurs
millimètres. En général , on remarque deux
sortes de variations dans le Baromètre , les
variations acrtdentelies et les variations
horaires. Celles-ci , se reproduisant régu¬
lièrement et à des heures marquées , sont
d’une étendue constante ; les autres sur¬
viennent irrégulièrement, sans qu’on puisse
en prévoir ni l’époque , ni l’étendue.
Dans nos climats, les variations horaires
sont tellement dissimulées par les variations
accidentelles , qu’il a fallu toute la sagacité
et toute la persévérance d’un observateur
comme M. Ramond , pour les découvrir et
les mesurer. Cet habile physicien a reconnu,
par une longue suite d’expériences, que les
moments de ces variations changeaient avec
les saisons ; ainsi, en hiver, le maximum
de hauteur est à 9 heures du matin , le mi¬
nimum à 3 heures de l’après-midi , et le
second maximum à 9 heures du soir ; en
été , les heures critiques sont 8 heures du
matin, 4 heures de l’après-midi et 11 heures
du soir. Au printemps et en automne , ces
heures sont intermédiaires à celles de l’été
et à celles de l’hiver. L’étendue moyenne
des variations n’est pas la même pour toutes
les années j mais, en général, la différence
est peu considérable. En dix ans, de 1816 à
1825, la moyenne des variations atteignît à
peine quatre millimètres.
Sous l’Équateur, les mouvements de dé¬
pression et d’ascension sont, d’après M. de
Humboldt qui les a longuement observés,
tellement réguliers, qu’ils pourraient servir
à indiquer les heures, comme le ferait une
horloge ; seulement ils ont peu d’amplitude,
car ils s’accomplissent dans une étendue qui
ne dépasse point deux millimètres.
Les variations accidentelles ne sont sou¬
mises à aucune loi. A Paris, par exemple ,
le Baromètre est en oscillation continuelle
au dessus ou au dessous de la moyenne de
l’année, et quelquefois ces oscillations oc¬
cupent une très grande étendue ; ainsi, dans
cette localité, où la hauteur moyenne du Ba¬
romètre est à peu près de 0,754, on observa
dans la même année, en 1821 , deux oscilla¬
tions présentant entre elles une différence
de 0m,061 ; en février, la colonne de mer¬
cure s’éleva à 0,7889 ; en décembre, elle des¬
cendit à 0,719.
Les variations du Baromètre indiquent
ordinairement un changement présent dans
l’atmosphère ; il descend rapidement avec
les tempêtes, et il éprouve, en quelques heu¬
res, de grandes oscillations quand elles ont
lieu. L’expérience semble même avoir dé¬
montré que ces variations annoncent un
changement futur , et qu’il suffit de savoir
bien consulter le Baromètre quelque temps
à l’avance pour pouvoir prédire, à coup sûr,
la pluie et le beau temps. En général, il s’é¬
lève lorsque le temps doit se mettre au beau ;
il s’abaisse, au contraire, quand il doit pleu¬
voir. On a expliqué l’abaissement de la co¬
lonne barométrique en cas de pluie , et par.
conséquent la diminution de la pression at-
478
BAR
mosphérique, par la présence dans l’atmos¬
phère d’une certaine quantité de vapeur
d’eau plus légère que le volume d’air qu’elle
remplace. Il s’en faut cependant que celte
explication soit complètement satisfaisante,
bien qu’on ne puisse guère attribuer la va¬
riation de pesanteur dans l’atmosphère qu’à
des variations d’élasticité produites par l’é¬
vaporation.
On remarque que c’est dans les pays les
plus éloignés de l’Équateur que les varia¬
tions accidentelles du Baromètre ont le plus
d’étendue ; nous avons vu qu’à Paris il ar¬
rive qu’elles dépassent six centimètres; elles
se réduisent à onze millimètres sous les
Tropiques et à deux millimètres dans le
voisinage de la Ligne, où ni les pluies pé¬
riodiques, ni les ouragans même ne font
sortir le Baromètre de sa tranquille uni¬
formité. La hauteur exerce la même in¬
fluence sur ces variations, qui sont en effet
d’autant moins grandes qu’on s’élève da¬
vantage.
Nous terminerons cet article en disant
quelques mots des pressions différentes que
supporte une surface d’un mètre carré sui¬
vant les hauteurs du Baromètre. La colonne
de mercure étant à 0m,76 (niveau de l’O¬
céan ) , cette surface est chargée d’un poids
de 10,825 kilogrammes , qui diminue de 18
kilogrammes et demi par chaque millimètre
de dépression. Or, le Baromètre marquant
environ 0m,600 au Mont-d’Or et à la maison
de poste du Mont-Cenis, il en résulte qu’un
voyageur de moyenne taille , partant du ni¬
veau de la mer pour s’élever sur ces mon¬
tagnes, est soulagé d’un poids de 3,950 kil.
Sur l’Etna et sur le mont Liban, où le Baro¬
mètre ne marque plus que 0ra,500 , la dimi¬
nution de poids est de 5,300 kilogrammes.
(A. Dufonchel.)
BAROMETZ. bot. cr. — (Fougères).
Espèce de Polypode, Polypodium Baro-
metz de Linné.
* BAROSCOPE. Baroscopium ($apo ç,
pesanteur; «j/cotwî'w, je regarde), phys. — Sorte
de Baromètre inventé par Caswel , indi¬
quant les moindres variations de l’atmos¬
phère. ^ (G. d’O.)
BAROSÉLÉNITE ((3ocpcç, poids ; ozkrr
vîrr,;, Sélénite ou Gypse; c’est-à-dire Sélé-
nite pesante), min. — Synonyme de Baryte
sulfatée, Voy. baryte. (Dee.)
BAR
BAROSMA (papùç, pesant, fort; oop.r,,
odeur), bot. fh. — Genre de la famille des
Diosmées, de la tribu de celles du Cap ou
des Diosmées proprement dites. Les carac¬
tères en sont les suivants : Calice ponctué ,
à 5 divisions plus ou moins profondes , re¬
vêtu dans son fond d’un disque dont le bord
libre forme un anneau entier à peine sail¬
lant. Pétales courlement onguiculés. Filets
au nombre de 10 , dont 5 opposés aux pé¬
tales en offrent l’apparence sans onglets et
sans anthères, et sont bordés de petits cils ;
5 alternes plus longs, glabres ou légère¬
ment hérissés, capillaires, avec un élargis¬
sement inférieur , portant chacun une an¬
thère ovoïde ordinairementsurmontée d’une
petite glande. Ovaires 5, soudés éntre eux ,
surmontés chacun en dehors d’une oreillette
libre , tout couverts le plus souvent de tu¬
bercules glanduleux et renfermant deux
ovules superposés. Les 5 styles soudés en
un seul, de la longueur des pétales, un peu
arqué, glabre ou velu à la base seulement,
s’amincissant à son sommet , que termine
un petit stigmate à 5 lobes. Le fruit est une
capsule à 5 coques. — On en compte une
dizaine d’espèces. Ce sont des arbrisseaux ori¬
ginaires de l’Afrique australe, d’une odeur
forte et pénétrante, comme toutes les plan¬
tes de cette famille ; à feuilles opposées ou
éparses , coriaces , planes , ponctuées , en¬
tières ou bordées de dents glanduleuses.
Les fleurs, blanches ou rougeâtres, sont so¬
litaires aux aisselles des feuilles, ou réunies
deux ou trois sur un court rameau qui si¬
mule un pédoncule, ou rapprochées plu¬
sieurs en faisceaux par la contraction de
ce pédoncule commun axillaire. (Ad. J.)
BAROTE ((3âpo;, poids), min. — Nom
ancien de la Baryte. Voyez ce mot.
BARRACOL. foiss. — Synonyme de
Raie miraillet , Raia miraletus L. Voyez
RAIE.
BARRALET. bot. ph. — Nom vulgaire
duMuscari, Hyacinthus comosi/s L.
BARRAS, bot. ph. — Suc résineux qui,
après avoir découlé des incisions faites à
dessin au Pin maritime , s’est desséché
spontanément.
BARRE. mam. — Un des noms de l’ɬ
léphant.
BARRE, géol. — A l’embouchure de
presque tous les fleuves , la rencontre des
BAR
BAR
m
eaux douces qui se versent dans la mer et
des flots de celle-ci qui viennent frapper les
rivages détermine le dépôt des matières
que ces eaux tiennent en suspension ; il en
résulte des Bancs ou Barres qui s’oppo¬
sent souvent à l’entrée des vaisseaux dans
les fleuves , les obligent à attendre le mo¬
ment de la haute mer, ou bien à chercher
des Passes ou Cheneaux en contournant la
Barre, entre laquelle et les rivages il se
trouve presque toujours un canal profond ,
plus ou moins large.
La Seine, la Gironde, l’Adour, les grands
fleuves du Sénégal, du Gange, des Ama¬
zones, présentent ainsi à leur embouchure
des Barres bien connues des navigateurs.
On donne également le nom de Barre à la
remontée subite et impétueuse d’une ou plu¬
sieurs vagues, à une distance plus ou moins
grande, dans le lit des fleuves au moment du
flux de la marée montante. Ce phénomène
quotidien paraît être dû à la Barre sub¬
mergée dont nous avons parlé précédem¬
ment ; en effet, d’un côté, celle-ci s’oppose
à l’écoulement des eaux du fleuve , et d’un
autre , elle arrête les premiers flots de la
marée montante. Lorsque ceux-ci accumu¬
lés contre l’obstacle viennent à en triom¬
pher et à le franchir, ils refoulent les eaux
du fleuve et remontent avec elles dans le lit
de celui-ci , dont le rétrécissement favorise
encore l’élévation locale des eaux.
On donne des noms particuliers à cet
effet dans plusieurs localités : c’est le Mas¬
caret, dans la Gironde; le Pororoca, dans
plusieurs fleuves de l’Amérique. Voy. ces
mots et marée. (C. P.)
BARRELIERA. bot. ph. — Synonyme
de Barleria. Voyez ce mot.
BARRERIA. bot. ph. — Synonyme de
Poraqueiba.
BARRES. mam. — On appelle ainsi l’es¬
pace vide qui , chez le Cheval , les Rumi¬
nants et les Rongeurs , sépare les canines
des molaires.
BARRI. mam. — Nom vulgaire du jeune
Yerrat.
BARRIXGTOXIA, Forst. bot. ph. —
Genre de la famille des Myrtacées (type de la
tribu des Barringtoniées). On lui assigne les
caractères suivants : Tube calicinal ovoïde ;
limbe 2-à 4-parti, supère, persistant. Pétales
4, grands, coriaces. Étamines très nombreu¬
ses, plurisériées, insérées sur un disque
annulaire, épigyne ; filets filiformes, libres,
longs. Ovaire 2-à 4-loculaire ; loges 2-à 6-
ovulées. Style filiforme , à stigmate simple.
Baie fibreuse , tétragone , pyramidale , ou
oblongue, uniloculaire, couronnée du limbe
calicinal ; endocarpe presque osseux , mo¬
nosperme par avortement. Graine obovée ,
suspendue , apérispermée. Embryon sub¬
globuleux, à cotylédons cntregrefîés. — Ce
genre, propre à l’Asie équatoriale, ne ren¬
ferme que deux espèces ; ce sont des arbres
à feuilles opposées ou verticillées ; à fleurs
très grandes , disposées en thyrse ou en
grappe. (Sp.)
* BARRINGTONIÉES. bot. ph. —Sec¬
tion établie par De Candolle dans la famille
des Myrtacées. Voyez ce mot. (Ad. J).
BARRIS, mam. — Nom donné sur la côte
de Guinée au Troglodyte et au Mandrill.
BARRES, mam. — Nom latin de l’Élé¬
phant.
BARS. poxss. — Voyez bar.
BARTALAI. bot. ph. — Nom vulgaire
du Cnicns ferox de Linné.
BARTHELIEM. bot. cr. — Ce genre,
établi par Achar, a été depuis réuni par lui
au g. Trypet hélium.
* BARTHESIA , Commers. bot. ph. —
Synonyme du g. Myrsine. (Sp.)
BARTHOLIXA. bot. ph. — Genre de
la famille des Orchidées, fondé par R. Brown
( Hort . keiL'., Y, p. 194) pour une espèce ori¬
ginaire du cap de Bonne-Espérance (Orchis
Burmania L.). Ce g., très rapproché du
g. Orchis, a, comme ce dernier, son labelle
trilobé et éperonné à sa base; mais son
anthère est disposée comme dans les es¬
pèces du genre Ophrys des auteurs mo¬
dernes , c’est-à-dire que chaque masse pol-
linique, caudiculée à sa base , a son rélina-
cle contenu dans une petite bourse parti¬
culière, tandis que , dans les vraies espèces
<V Orchis , les deux rétinacles sont renfer¬
més dans une bourse commune. (A. R.)
* BARTLIXGIA , Brongn. bot. ph. —
Genre de la famille desMyrtacées, auquel son
auteur assigne pour caract.: Tube calicina
hémisphérique, 2-bractéolé à la base; limbe
à 5 segments imbriqués en préfloraison. Pé¬
tales insérés au fond du calice , minimes ,
plans, arrondis. Étamines 10, alternative¬
ment plus longues et plus courtes, insérées
680
BAR
BAR
au fond du calice inclus. Ovaire inadhérent,
comprimé, 1-loculaire, 2-ovulé. Style ter¬
minai, subulé, court, à stigmate simple. —
On n’en connaît qu’une esp.; c’est un sous-
arbrisseau de la Nouv. -Hollande; à feuilles
très entières , alternes , courtement pétio-
lées, glabres, bistipulées ; à fleurs termi¬
nales , agrégées. (Si*.)
BARTOLIWA. bot. ph. — Synonyme
de T rida jt.
BARTONIA, Nutt. bot. ph.— Genre de
la famille des Loasées , offrant pour caract.
essentiels : Limbe calicinal 5-parti. Pétales
10, plans, courtement onguiculés, lancéolés,
bisériés , contournés et imbriqués en pré¬
floraison. Étamines très nombreuses ; filets
libres , filiformes : les extérieurs souvent
stériles et pétaloïdes. Style à stries spiralées;
stigmate tronqué. Capsule cylindracée ,
grêle , 1-loculaire , polysperme, 3-à 7-valve
au sommet; placentaires nerviformes. Grai¬
nes horizontales , comprimées , bisériées
sur chaque placentaire. — Herbes bisan¬
nuelles ou vivaces, hérissées de poils raides.
Feuilles alternes , sessiles , pennatifides.
Fleurs blanches ou jaunes, nocturnes, ter¬
minales.
Ce genre est propre à l’Amérique septen¬
trionale ; on n’en connaît que deux espèces.
Le B. orna ta Nutt. ( B . decapetala ; Bot.
Mag. , tab. 1487) mériterait d’être cultivé
comme plante d’ornement. Ses fleurs sont
odorantes , d’un blanc jaunâtre , larges de
10 à 13 centimètres, et pourvues de 200 à 250
étamines. (Sr.)
*BARTONÎA, Mühlenb. , Pers. ( non
Nutt.) bot. ph. — Synonyme du g. Centau-
rella. (Sp.)
* B ARTR AMIE . Bartramia^ Less. ois.
— Sous-genre formé par M. Lesson, dans
son Traité d* Ornithologie , ayant pour
type le Chevalier a longue queue {Tôt anus
Barirarnia Tem.). Voyez chevalier.
(Lafr.)
BARTRAMIE. Batramia (nom pro¬
pre). bot. cr. — (Mousses). Ce g. très na¬
turel, de la division des Mousses acrocarpes,
n’a éprouvé que bien peu de variations de¬
puis qu’il a été établi par Hedwig {Musc.
Frond. , II, p. 3, t. 40), qui le dédia à Bar-
tram, colon de l’Amérique septentrionale,
souvent cité par Dillen. La seule que Bridel
lui ait fait subir consiste , en effet , dans la
séparation des espèces qui se plaisent dans
les lieux marécageux , et cela sur des carac¬
tères si légers que le genre Phiionotis qui
en résulte n’a pas été universellement
adopté. Tel qu’il a été limité par Hedwig et
Schwægrichen et tel que nous l’admettons
ici, le g. Bartramia , type de la tribu des
Bartramiées , se compose de Mousses dont
la capsule , brièvement ou longuement pé-
donculée, est terminale ou pseudo-latérale,
sphéroïde , ovoïde ou obpyriforme, inégale;
c’est-à-dire que, le pédoncule étant excen¬
trique , elle paraît et est effectivement pen¬
chée. Elle est en outre sillonnée dans toutes
les espèces , à l’exception du Bartramia
ar ouata , surtout après la dispersion des
spores. Son orifice, resserré et oblique ,
est muni d’un péristome ordinairement
double, mais aussi quelquefois simple (ex. :
B. s trie ta Brid.). Le péristome unique ,
ou , quand il y en a deux , le péristome ex¬
térieur se compose de seize dents infléchies.
L’intérieur consiste en seize cils entiers ou
bifides, dont les segments écartés reçoivent
dans leur intervalle les dents extérieures.
Chez quelques espèces , on observe encore
d’autres petits cils {ciliola) interposés en¬
tre les premiers. L’opercule est convexe ou
conique , mais toujours mousse. La coiffe
est en capuchon, caractère qui, joint à la
présence du péristome , peut suffire à faire
distinguer ce genre d’un autre infiniment
voisin qu’on a nommé Glyphocarpus
{voyez ce mot). Les fleurs sont hermaphro¬
dites, monoïques ou dioïques selon les es¬
pèces. M. Schwægrichen a même observé
que, sur le même individu, on rencontre
maintes fois des fleurs diclines et d’autres
hermaphrodites. Dans les espèces monoï¬
ques ou dioïques , les mâles sont en tête et
se composent de 6 à 12 anthéridies, accom¬
pagnées de paraphyses filiformes ou en
massue et articulées. La fleur femelle ne
contient qu’un petit nombre de pistils, dont
un seul , entouré des mêmes paraphyses
qu’on rencontre dans le mâle , devient fé¬
cond et se développe. La fleur hermaphro¬
dite est composée de 4 à 12 anthéridies et
d’autant de pistils qu’accompagnent les
mêmes paraphyses que nous avons vues
dans les autres fleurs , soit monoïques, soit
dioïques.
Ces mousses vivaces, que distinguent un
BAR
BAR
m
port tout particulier, forment des gazons
touffus sur la terre et les rochers , soit dans
les lieux ombragés et les forêts de la zone
froide ou tempérée, soit sur les montagnes
élevées des contrées tropicales où elles ac¬
quièrent souvent une taille gigantesque.
Leurs feuilles, dressées ou ouvertes, sont
remarquables par une base élargie qui em¬
brasse la tige. De cette base, elles vont en
se rétrécissant en une pointe acérée , quel-
fois subulée. Leurs bords présentent le plus
souvent des dentelures très fines. Trente à
quarante espèces, croissant sous toutes les
latitudes , constituent ce genre. Quelques-
unes ont la capsule très courtement pédon-
culée; toutes les autres ont un pédoncule
plus ou moins long. (C. M.)
*BARTRAMÏÉES. bot. cr.— Cette
tribu ou ce groupe, de la subdivision des
Mousses acrocarpes, dontM. Schwægrichen
(Spec. Musc , p. 90) fait une petite famille
sous le nom de Barlramieœ, offre les ca¬
ractères suivants. Les tiges de ces Mousses
sont le plus souvent droites, réunies en
touffes et généralement très longues. Leurs
feuilles sont serrées contre la tige , ou
seulement dressées, et forment avec elle
un angle plus ou moins ouvert; elles sont
lancéolées, ou lancéolées très aiguës. Les
fleurs terminales et en disque, ou latérales
par suite des innovations de la tige , sont
ordinairement assez grandes. Les pédoncu¬
les sont terminaux ou latéraux, le plus sou¬
vent longs et dressés, rarement courts et
recourbés, et, dans ce dernier cas, à peine
deux fois plus longs que la capsule. Celle-
ci est presque globuleuse, inégale, sillonnée
suivant sa longueur et resserrée à son ori¬
fice. Le péristome, court, est double, simple
ou manque tout à fait. L’opercule est court,
convexe ou conique. La coiffe est subulée,
un peu plus longue que la capsule, ou bien
entière et en forme de mitre (exemple Gly-
phocarpus Wcbhii Nob.).
Les genres qui composent ce groupe
sont les suivants : Cryptopodium , Brid.;
Bartramia , Hedw. ; Glyphocarpus, Rob.
Br., et Conostomum , Sw. Ces Mous¬
ses vivent sur la terre, dans les endroits
marécageux. Il en est qui préfèrent les lieux
secs et stationnent sur les rochers.
(C. M.)
* BARTRAMÎOIBES. Bartramioi-
dœ. bot. cr. — Furnrobr a donné ce nom
à un groupe de la famille des Mousses ayant
pour type le genre Bartramia. (C d’O.)
* BARTSCUIA, Endl. bot. th. — Sub¬
division du genre Bartsia. (Sr.)
BARTSIA, Lin. bot. th. — Genre de
la famille des Scrophularinées (Rhinantha-
cées). Les caractères distincts en sont: Calice
campanulé, presque également 4-fide , à
fente inférieure un peu plus profonde. Co¬
rolle tubuleuse; limbe infondibuliforme,
obliquement 4-fide. Étamines incluses.
Anthères velues, courtement mucronées.
Style longtemps persistant. Capsule bouf¬
fie , cuspidée, 2-loculaire, 2-vaWe. Graines
un peu courbes; tégument muni de 7 plis
aliformes transversalement striés. — Ce
genre ne comprend que 2 ou 3 espèces. Ce
sont des herbes vivaces, à feuilles dentelées
ou incisées, opposées, sessiles; les fleurs
naissent aux aisselles des feuilles supé¬
rieures. (Sr.)
BARUCE. bot. th. — Fruit du Sablier.
*BAIIYBAS (ftapûç, lourd; [3aç, participe
de 6aw(«>, je marche), ins. — Genre de Co¬
léoptères pentamères , famille des Lamel¬
licornes , établi par M. Dejean, qui y rap¬
porte trois espèces, dont une du Brésil,
B. nubilusDc]., une de Carthagène , B.
ceruginosus id. , et la troisième de Cayen¬
ne, B. modeslus Lacord. L’auteur n’a pas
publié les caractères de ce genre ; mais il
le place (Calai. , 3e édit.) à côté du g.
Dasyus , qui appartient à la tribu des
Scarabéides, division des Phyllophages.
(D. etc.)
*BARYCEROS (papuç, épais; xspaç ,
corne, antenne), ins. — Genre de la famille
des Ichneumoniens , de l’ordre des Hymé¬
noptères, établi par Gravenhorst. Il offre de
grands rapports avec les Cryptus ; mais
il s’en distingue essentiellement : 1° par des
antennes un peu plus courtes que le corps ,
élargies et comprimées entre le milieu et
l’extrémité, et allant ensuile en diminuant
de grosseur; et 2° par des ailes sans cellule
cubitale interne dis|incte, et pourvues d’une
petite nervure joignant les deux autres cel¬
lules cubitales. Les Baryceros ont des
pattes longues et grêles, et un abdomen de
forme ovalaire.
On ne connaît encore qu’une seule espèce
de ce genre: c’est le B. guttatus Gravenh.,
81
T. II.
482
BAR
trouvé dans les environs de Dresde. (Bl.)
*BARYCERÏJS (|3<xp6ç, lourd} x=paç ,
corne), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides, ordre des
Gonatocères , division des Mécorhynchides,
subdivision des Baridides , établi par ,
Schœnherr. Ce genre se rapproche beau¬
coup du g. Baridius ; mais il en diffère i
par l’organisation particulière de ses an¬
tennes. Il est fondé sur une seule espèce
du Brésil , nommée B. oollaris par l’au¬
teur ; elle a le faciès de l’Attélabe, et est un
peu plus grande que VAttelabus curcu-
lionoides. L’espèce nommée par M.Dejean
(Calai. , 3e édit.) B. Lacordairei , et sur
laquelle il a établi son g. Taxicerus , pa- ;
raît appartenir au g. Baridius de Schœn-
herr, et pourrait bien être identique avec le ;
B.collaris de ce dernier auteur. (D. et C.)
* BARYNOTUS { lapuvtùToç , recouvert
d’un cuir), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides, établi par
Germar et adopté par Latreille , ainsi que
par MM. Dejean et Schœnherr. Ce dernier ,
dont nous suivons ici la méthode , le place
dans sa division des Cléonides , ordre des
Gonatocères. Les espèces de ce genre ont le
corps presque ovale, convexe, couvert d’é-
cailles. Elles sont aptères, de petite et de
moyenne taille. M. Dejean (Calai., 3e édit.)
en désigne 14 , toutes d’Europe , parmi les¬
quelles nous citerons comme type du genre
le B. margaritaceus Germ. , qui se
trouve en Suisse et en Italie. (D.)
*BARYOSMA.bot. ph. — Synonymede
Dtp ter ix.
BARYOSME. Baryosma (fkpuç, pe¬
sant; ÔGfAin, odeur), bot. ph. — Rœmer et
Schultes écrivent ainsi le nom du Barosma
(voy. ce mot), genre de la famille des Dios-
mées. Gærtner le donnait à un genre de
celle des Légumineuses , le Coumarouna
d’Aublet. (Ad. J.)
* BARYPEMTHUS (papuravOvk, plongé
dans le deuil ; à cause des couleurs sombres
de ces Insectes), ins. — Genre de la famille
desPhryganiens, de l’ordre desNévroptères,
établi par M. Burmeister ( Haiulb . derEnt.)
sur deux espèces du Brésil , qu’il nomme
B. concolor et rufipes. Les Barypenthus
sont caractérisés essentiellement par des
jambes postérieures et intermédiaires à
peine éperonnées à l’extrémité et nullement
BAR
au milieu , et par des palpes maxillaires
velus. (Bl.)
BARYPHONUS (j3apucpwvo;, qui a la voix
forte), ois. — Synonyme de Momot, Mo-
motus , Briss. Le nom de Baryphonus a
été donné par Yieillot à ces Oiseaux à cause
de la force de leur voix. (C. d’O.)
* B ARYPLOTÈRE (P<xpuç, pesant; 7rXw-
TYip, nageur), ois. — Nom donné parRitgen
à une famille d’Oiseaux aquatiques compre¬
nant ceux qui nagent pesamment. (C. d’O.)
* BARYSCELIS ((3apuç , lourd ; oxeXlç,
cuisse), ins. — Genre de Coléoptères hété-
romères, famille des Ténébrionites , établi
par M. Boisduval, sans indication de carac¬
tères , dans l’entomologie du Voyage de
V Astrolabe, pour y placer deux espèces de
la Nouvelle-Hollande , nommées, l’une B.
politus par Latreille, et l’autre B. laticollis
par M. Dejean , qui place ce genre immé¬
diatement avant celui de Tenebrio, Fabr.
(Calai., 3e édit.). (D.)
*BARYSOMUS ((3ap6ç , lourd ; awpia ,
corps), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Carabiques , tribu des
Harpaliens, établi par M. Dejean qui , dans
son Species (t. IY, pag. 56), lui donne les
principaux caractères suivants : Tête plus
ou moins carrée ou triangulaire , non rétré¬
cie postérieurement. Point de dents au mi¬
lieu de l’écbancrure du menton. Mandibu¬
les obtuses et non saillantes. Dernier article
des palpes plus ou moins cylindrique ou ova¬
laire et tronqué à l’extrémité. 4e article des
4 tarses antérieurs du mâle triangulaire ou
cordiforme. Les Barysomus , voisins des
Agonodères (voy. ce mot), sont des In¬
sectes au dessous de la taille moyenne ,
ayant un peu le faciès des Amara , mais
une forme moins ovalaire et presque car¬
rée. M. Dejean en décrit trois espèces, dont
une du Mexique et deux des Indes-Orien¬
tales, savoir : B.Ilopfneri Dej., B . Gyllen-
halii Dej., et B. semivittaius Fabr. (D.)
*BARYSTOMUS ((Üap6$, lourd ; GTo'{/.a,
bouche), ins. — Genre de Coléoptères té-
tramères, famille des Curculionides, établi
par Germar et non adopté par Schœnherr ,
qui en place les espèces dans son g. Rhi-
gus. Voy. ce mot. (D.)
BARYTE (|3ap6;, pesant), min. — Oxyde
de barium des chimistes ; l’une des an¬
ciennes terres que la chimie moderne a
BAH
BAS
683
mise au rang des Oxydes métalliques. Elle
est formée d’un atome de Barium et d’un
atome d’Oxygène, en poids de 89,55 de Ba¬
rium et de 10,45 d’Oxygène. Elle a été nom¬
mée d’abord terre 'pesante, puis baryte , à
cause de sa pesanteur. Dans un vase bien
fermé , elle est dissoute par une grande
quantité d’eau bouillante : la dissolution
porte le nom d’eau de baryte. Elle est re¬
marquable par sa puissante affinité pour
l’acide sulfurique , qui surpasse celle de
toutes les autres bases. Le composé qu’elle
forme avec cet acide est absolument inso¬
luble dans l’eau. De là, le moyen qu’on
emploie pour reconnaître sa présence dans
un minéral, lorsque celui-ci a été amené à
l’état de dissolution : une goutte d’acide
sulfurique, ou d’un sulfate, y produit un
précipité, qui se forme toujours quelle que
soit la quantité d’eau qu’on ajoute à la li¬
queur. — Dans les anciennes classifications,
la Baryte était la base d’un genre minéralo¬
gique composé de deux espèces : la Baryte
carbonatée et la Baryte sulfatée. Ces deux
espèces seront décrites, l’une au genre Car¬
bonate, l’autre au genre Sulfate {yoy. ces
mots). La Baryte fait aussi l’une des parties
constituantes d’un silicate alumineux (l’Har-
motome) et d’un minerai de manganèse (le
Psilomélane). (Del.)
BARYTILE. min. — Synonyme de Ba¬
ryte sulfatée. Voyez ce mot.
BARYTI1ME ((3apu;, pesant), min.— Nom
spécifique de Sulfate de baryte dans la mé¬
thode de M. Beudant. Voyez sulfate. (Del.)
* B ARYTHMIQUE . Barytinicus . min.
— Épithète donnée .par M. d’Omalius à un
genre de minéraux pierreux sulfatés com¬
prenant le Sulfate de baryte. (C. d’O.)
BARYTOCALCITE (mot hybride;
ëapuç, pesant ; calx , ois, chaux), min. —
Double Carbonate de chaux et de baryte.
Voyez carbonate. (Del.)
* BARYTOPUS ( papuç , lourd ; iroü? ,
pied ). ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille des Chrysomélines , tribu
des Clavipalpes, établi par M. Chevrolat
aux dépens du g. Erotylus, Fabr. M. De-
jean ( Catal ., 3e édit.) y rapporte 14 espèces,
parmi lesquelles nous citerons seulement
l’ Erotylus alternans Fabr. , comme lui
servant de type. Les caract. de ce g. n’ont
pas encore été publiés. Ce g est le même
que celui de Scaphidomorphus , créé pos*
térieurement par M. Hope ( Revue cuvié-
ricnne , 1841 ). (D. et C.)
BARYXYLON, Loureir. (jîapûç, pesant;
£ùXov, bois), bot. ph. — Synonyme du genre
Gathartocarpus. (Sp.)
BASALTE (mot éthiopien), géol. —
Boche noire ou d’un gris bleuâtre plus dure
que le verre, très tenace et, par conséquent,
difficile à casser , d’apparence homogène ,
mais essentiellement composée de Pyroxène
et de Felspath ( Orthose , Albitc, Labra-
do rite), et contenant une très grande pro¬
portion de Fer oxydé ou titané.
Cette roche , qui se présente souvent en
masses ou pitons non stratifiés, s’étend
fréquemment en nappes , de forme et d’é¬
paisseur variables, soit sur le flanc de mon¬
tagnes coniques, soit sur le sommet de pla¬
teaux élevés, soit dans les plaines basses et
les vallées profondes. Ces nappes recouvrent
quelquefois d’autres nappes de même ma¬
tière , ou bien des dépôts de nature diffé¬
rente avec lesquels elles alternent même
plusieurs fois, disposition qui alors rappelle
une véritable Stratification ( voyez ce
mot). Le Basalte se rencontre également
en filons , ou dikes , qui coupent et traver¬
sent les dépôts stratifiés. Dans ces divers
gisements, on le voit, par place, se diviser
en plaques, en sphéroïdes à couches con¬
centriques et en prismes de 3 à 7 et 8 pans.
Ainsi caractérisé , le Basalte est aujour¬
d’hui, pour tous les géologues, un pro¬
duit de formation ignée, sorti du sein
de la terre à l’état fluide , par des chemi¬
nées étroites, plus ou moins cylindriques ,
ou par de longues fissures. La matière qui
s’est arrêtée et refroidie dans l’intérieur du
sol et dans les foyers d’émission a formé les
dikes et les pitons massifs, ou culots , tan¬
dis que celle qui, après avoir traversé le sol,
s’est épanchée à la surface , l’a recouvert de
larges manteaux ou de nappes.
Avant que cette opinion fût généralement
admise, les observateurs ont été longtemps
partagés ; les uns , et particulièrement les
Allemands , cédant à l’influence du célè¬
bre Werner, regardaient le Basalte comme
le résultat de précipités formés dans le sein
des eaux, tandis que les autres, guidés par
l’étude des volcans éteints de l’Auvergne et
de l’Italie, et par celle des volcans en act?*
BAS
BAS
Ü84
vilé de ce dernier pays, soutenaient que les
Basaltes étaient volcaniques.
Quelque acerbe que la discussion soit de¬
venue parfois entre les neptuniens et les
volcaniens , elle a , en définitive , été très
utile aux progrès de la science, par les nom¬
breuses observations qu’elle a provoquées,
et. qui ont eu pour résultat, non seulement
d’éclairer sur la véritable origine du Ba¬
salte , mais , par une suite d’analogie , sur
celle de toutes les roches de cristallisation
dans lesquelles le Feldspath, l’Amphibole, le
Mica, le Pyroxène, entrent comme éléments
constituants, roches que, contrairement aux
idées des géologues wernériens, qui voyaient
en elles les précipités formés dans un li¬
quide primitif, on considère maintenant
comme les produits ignés de tous les âges.
En Irlande, en Écosse, en Bohême, en
Allemagne, en Italie, en France , en Amé¬
rique, à Ténériffe, à l’Ile-Bourbon, et dans
un grand nombre de localités , le Basalte
se présente avec des caractères minéralogi¬
ques et de gisement qui sont identiques.
Les analyses chimiques faites sur des échan¬
tillons de divers lieux donnent en moyenne,
sur 100 parties, 44 à 50 de Silice, 15 à 16 d’A-
lumine, 20 à 24 de Fer oxydé, 8 à 9 de Chaux,
2 de Magnésie, 2 à 3 de Soude et 2 d’Eau.
Quoique généralement noir, le Basalte
passe accidentellement au gris, au verdâtre
et au rouge , soit par le mélange avec diver¬
ses substances minérales , soit par la dé¬
composition. Sa cassure est semi-cristalline
et même terreuse ; il agit sur le barreau
aimanté ; et, en fondant, il donne un émail
noir; sa pesanteur spécifique , lorsqu’il est
compacte, est 3. Bien que la pâte du Ba¬
salte soit homogène , l’œil , armé d’une
loupe, distingue , dans sa composition, les
cristaux de Pyroxène et de Feldspath , dont
il est essentiellement formé ; il y découvre
également, mais accidentellement, des
cristaux d’ Amphibole, de Péridot, d’Olivine
et de Fer titané. Quelquefois des cristaux de
ces diverses substances sont visibles à l’œil
nu , et engagés dans la pâte basaltique ; ils
donnent à la roche un aspect hétérogène et
porphyroïde, qui l’a fait distinguer du Ba¬
salte par plusieurs géologues qui en ont
fait le Basanite ( voyez ce mot).
Le Basalte n’est pas toujours compacte.
On voit très fréquemment les parties rap¬
prochées de la surface des masses, ou nap¬
pes , comme criblées de vacuoles qui sont
restées vides , ou qui ont été remplies après
coup par des substances étrangères , telles
que l’Arragonite , la Calcédoine , la Chaux
carbonalée, des Zéolithes, du Fercarbonaté,
du Soufre et même de l’Eau.
La division des masses basaltiques en
prismes est évidemment l’effet du retrait
par suite du refroidissement ; mais le con¬
cours de plusieurs circonstances est néces¬
saire pour que ce retrait donne lieu à des
formes aussi constantes et aussi régulières;
car, non seulement toutes les parties d’une
même masse ne sont pas ainsi divisées,
mais des matières d’une toute autre compo-
position , et même évidemment d’une autre
origine , affectent des formes analogues ;
telles sont le Grunstein , le Porphyre , et
d’une autre part, certaines marnes et le
Gypse à ossements (Montmartre). — On
dira au mot retrait ce qu’on peut présu¬
mer relativement à la cause de la division
prismatique en général et à celle de sa plus
ou moins grande régularité. Quant aux
prismes basaltiques, observés avec admira¬
tion par tous les voyageurs, ils diffèrent
beaucoup entre eux par leur grosseur et
leur longueur ; on en a décrit de 20 mètres
de haut. Leur direction, par rapport à l’ho¬
rizon, n’est pas toujours la même ; dans les
nappes horizontales l’axe des prismes est
généralement perpendiculaire au plan des
nappes ; dans les grandes masses isolées ,
ou pitons , les prismes sont très fréquem¬
ment verticaux , mais ils sont aussi placés
dans tous les sens et semblent même con¬
verger vers un ou plusieurs points (rochers
de Murat, Auvergne).
Les prismes, d’une grande longueur, sont
souvent formés de tronçons placés bout à
bout, et qui même s’emboîtent les uns dans
les autres , la face inférieure de chaque
tronçon offrant une convexité qui s’articule
dans une concavité correspondante de l’ex¬
trémité supérieure du tronçon contigu. On
a remarqué que dans un faisceau de pris¬
mes ainsi articulés , les articulations sont
sur une même ligne, c’est-à-dire au même
niveau ; aussi, lorsque par une dénudation
on peut voir en plan une surface basaltique
ainsi divisée, elle ressemble à une grande
mosaïque qu’on a , dans diverses localités*
BAS
désignée sous les noms de pavé , de
chaussée des Géants. La côte septentrionale
de l’Irlande est particulièrement citée pour
la beauté et la dimension des prismes ba¬
saltiques qu’on y rencontre, et par la fa¬
meuse Chaussée des Géants qu’on voit au¬
près du cap de Fairhead. La grotte de Fin-
gai , dans l’île de Stalîa , à l’ouest de l’É-
cosse, n’est pas moins célèbre par ses di¬
mensions majestueuses. Les parois de cette
grotte, dans laquelle la mer s’engouffre,
jusqu’à près de 50 mètres de profondeur, avec
un bruit effroyable, sont formées de prismes
verticaux réguliers, dont la hauteur est de
20 mètres, et qui soutiennent un plancher
divisé lui-même en prismes couchés en
diverses directions.
Quoique le Basalte paraisse, dans certains
cas, résister à toutes les actions atmosphé¬
riques , cependant, dans d’autres, il subit
des altérations très profondes, qui le trans¬
forment en une matière argileuse, tendre,
dans laquelle s’établit une riche végétation.
Quelquefois aussi , il se désagrégé en peti¬
tes sphères, dont les dimensions varient de¬
puis la grosseur d’un pois jusqu’à celle
d’une boule de plusieurs centimètres.
La sortie des Basaltes du sein de la terre
est récente, comparée à celle des Granités ,
des Porphyres et des Trachytes. Cependant
il n’y a pas de ligne nettement tranchée en¬
tre l’émission des dernières roches graniti¬
ques et porphyriques et celle des plus an¬
ciens Basaltes. Il y a liaison, alternance
meme entre les Basaltes et les plus anciens
produits de la cause ignée, comme il y a
rapports intimes entre eux et les laves qui
s’écoulent encore actuellement par la bou¬
che des volcans modernes.
Le mot Basalte n’est pas moderne ;
Pline l’emploie pour désigner une pierre
noire très dure que les anciens Égyptiens
tiraient de l’Éthiopie et dont ils faisaient des
vases, des statues et des tombeaux, etc., qui
sont parvenus jusqu’à nous sans altération.
Cette pierre n’est pas, pour les géologues
modernes, un véritable Basalte, mais plutôt
une Syénite à grains fins , composée de
Feldspath et d’Amphibole, et non pas de
Pyroxène. C’est Agricola qui paraît avoir
transporté ce nom ancien de Basalte aux
prismes de Stolpen , et ce nom a depuis été
appliqué aux roches noires pyroxéniques
BAS i 35
qui viennent d’être décrites. Voy. les mots
FORMATIONS IGNEES , VOLCANS.
(C. P.)
BASALTINE. min. — Nom donné par
Kinvan à l’Amphibole et au Pyroxène qu’il
avait confondus.
*BASALYS (Posai;, marche; àXv;, désœu¬
vrement). ins. — Genre de la famille des
Oxyuriens ( Oxyures , Lat.), de l’ordre des
Hyménoptères , établi par M. Westwood ,
sur une seule espèce trouvée en Angleterre,
et nommée par lui B. fumipennis. Ce g. est
caractérisé par la forme des cellules des ailes
antérieures, et principalement par les an¬
tennes ayant au moins quatorze articles dans
les mâles, dont le quatrième large et dilaté
au côté interne. (Bl.)
*BASANISTES (PaaaivTr'ç, qui tor¬
ture). crust. — Genre de Crustacés suceurs,
de l’ordre des Lernéides et de la famille des
Lernéopodiens, établi par M. Nordmann et
ne différant guère des Tachéliostes du même
naturaliste que par la brièveté du corps, et
par l’absence d’un prolongement en forme
de cou. On connaît deux espèces de Basa-
nistes qui vivent l’un et l’autre sur des Pois¬
sons d’eau douce. (M. E.)
BASANITE (ëâaavoç , pierre de tou¬
che). géol. — D’après le principe adopté
par M. Brongniart, pour sa classification
minéralogique des roches , ce géologue
donne le nom de Basanite au Basalte
lorsqu’il contient des cristaux visibles et
distincts de Pyroxène, d’ Amphibole, de
Péridot ou de toute autre substance, réser¬
vant exclusivement le nom de Basalte à la
roche d’apparence homogène. La difficulté
d’établir une limite entre ce qu’il faut ap¬
peler Basalte et Basanite, lorsque le géo¬
logue observe les grandes masses dans leur
gisement , n’a pas permis d’adopter géné¬
ralement cette distinction.
Le mot Basanite avait été employé par
Pline pour désigner une pierre dure dont les
anciens se servaient comme pierre de touche
et aussi pour faire des mortiers. Les minéra¬
logistes ne sont pas d’accord sur l’espèce
minéralogique à laquelle ce nom a été consa¬
cré originairement. Voy. roche. (C. P.)
* B ASANOMÉL ANE , de Kob. (pâatç,
base; piXaç , noir), min. — Ce nom a été
donné au Fer oligiste tilanifère, qu’on trouve
au Saint-Gothard , et dans quelques autres
686
BAS
BAS
parties des Alpes, en cristaux d’un noir de
fer foncé, groupés en Rose. D’après l’analyse
de M. de Kobell, ils sont composés de 12,67
d’acide titanique , 4,84 d’oxydule de fer, et
82,49 d’oxyde ferrique. (Del.)
* B AS ANUS ((3«aavoç, pierre de touche).
ins. — Genre de Coléoptères hétéromères ,
famille des Taxicornes, établi par M. De-
jean ( Catal ., 3me édit.) pour y placer une
seule espèce de Java qu’il nomme B. forli-
cornis. Ce genre viendrait après les Platy-
dema de M. Delaporte. (D. et C.)
BASCONETTE ou BASCOUETTE.
ois. — Synonyme de Mésange à longue
queue. En Basse-Normandie , c’est le nom
vulgaire de la Lavandière.
BASCOUETTE. ois, — Voyez basco-
NETTE.
*BASE. Basis. ins. — Les entomologis¬
tes donnent ce nom à l’origine des diverses
parties dont se composent extérieurement le
corps d’un insecte; ainsi l’on dit: la base de
la tête , du thorax, de l’abdomen, des an¬
tennes , des ailes , des élytres , des cuisses ,
des jambes , etc. (D.)
BASE. Basis. moll. — Comme nous le
verrons à l’article Coquilles ; on indique
par le mot Base des parties qui diffèrent en
raison des différentes classes de Coquilles.
Voyez coquilles et mollusques. (Desh.)
BASELLA, Lin. bot. th. — Genre
qu’on rapporte ordinairement à la famille
des Chénopodiées, mais qui semble plutôt
se rapprocher des Portulacacées. — Herbes
annuelles, charnues, succulentes, volubiles.
Feuilles alternes, pétiolées, planes, larges ,
très entières. Épis simples ou rameux ,
axillaires , solitaires , dressés , aphylles , à
fleurs petites, éparses, méridiennes, ad-
nées par la base , tribractéolées. Pétales
pourpres.
Ce genre renferme cinq ou six espèces ,
toutes indigènes de l’Asie équatoriale , où
on les cultive comme plantes potagères; en
vertu du suc acidulé qu’elles contiennent ,
elles ont des propriétés rafraîchissantes et
relâchantes. (Sp.)
* BASELLACÊES. bot. ph. — Sous ce
nom, M. Moquin-Tandon propose de former
une petite famille distincte aux dépens d’un
petit nombre de genres généralement réunis
aux Atriplicées. Elle en diffère, suivant lui,
par des fleurs pédicellées, demi closes, colo¬
rées; par un calice double, vers le milieu du¬
quel s’insèrent ordinairement les étamines à
filets élargis insensiblement de haut en bas,
à anthères sagitlées, dont le pollen présente
des granules cubiques ; par la présence de
stigmates bien manifestes et surtout par le
port des plantes qui la composent. Ce port
rappelle celui des Portulacées , mais les
tiges sont volubiles. Dans les Basellacées ,
comme dans les Atriplicées, le calice per¬
siste membraneux ou charnu, étendu ou
non en aile , et autour d’un périsperme
plus ou moins abondant tourne un em¬
bryon en anneau ou en spirale. Il a la pre¬
mière de ces deux formes avec un calice
membraneux dans les Anrédérées , qui
comprennent les deux genres A nredera et
Boussingauliia ; il a la seconde forme
dans les Basellées , dont le calice est char¬
nu, et que compose le seul genre Basella .
(Ad. J.)
BASELLÉES. BOT. PH. — Voyez ba¬
sellacées et ATRIPLICÉES. (Ad. J.)
* B ASENTIDEME . Basentidema ((3oc-
<rtç, base ; sv-aÔYijj.t, insérer), ins. — Genre de
l’ordre des Diptères, division des Bracho-
cères, subdivision des Tétrachœtes, famille
des Notacanthes , tribu des Stratyomydes,
établi par M. Macquart ( Diptères exoti¬
ques nouv. ou peu connus , tom. I, lre
partie, pag. 197), aux dépens du genre Stra-
iyomys de Geoffroy, pour y placer une seule
espèce originaire du Brésil qu’il nomme
Basentidema syrphoides. Cette espèce a
d’assez grands rapports, dit-il, avec les
Hoplistes; mais elle en diffère particulière¬
ment par l’insertion basse des antennes, ce
qu’exprime son nom générique ; par l’ab¬
sence des pointes de l’écusson et par la
longueur moins grande des pieds. Elle est
figurée dans l’ouvrage précité (tab. 24,
fig- B). (D.)
BASEOPHYLLUM, DC. (pohnç, base;
cpûXXov, feuille), bot. ph. — Subdivision du
g. Cas si a.
BAS-FONDS, géol. — Parties du sol
submergé par la mer qui s’approchent le
plus de la surface des eaux. Ce sont ordi¬
nairement les attérissements et les bancs
de sable qui forment les Bas-fonds , mais
quelquefois aussi ceux-ci sont composés de
roches solides et régulièrement stratifiées.
Dans ce dernier cas, les Bas-fonds donnent
BAS
BAS
487
lieu à ce qu’on appelle écueils , récifs.
Ordinairement les Bas-fonds sont le pro¬
longement des plaines à pentes douces qui
bordent les côtes ; lorsque les terres se ter¬
minent brusquement et par des falaises à
pic au bord de la mer , les navigateurs sa¬
vent bien que celles-ci sont profondes. Les
dépôts qui se forment sur un bas-fond, les
animaux et les végétaux qui y vivent, ne
sont pas les mêmes que ceux des profon¬
deurs, et il importe aux géologues de con¬
naître ces différences, pour apprécier les
circonstances diverses sous lesquelles se
sont formés les dépôts sédimentaires qui
composent aujourd’hui le sol émergé. Voyez
FORMATION. (C. P.)
BASICÉRINE (basis , base ; ccrinus ,
de couleur jaune), min. — Même chose que
Fluate basique de cérium. Voyez fluorure.
(Det.)
RASIGYNBE. bot. — Synonyme de
Basigyne.
BASIGYNE. Basigynium ( fixai; ,
base; yuvui, pistil), bot. rn. — Le profes¬
seur L.-C. Richard appelait ainsi le ré¬
ceptacle de la fleur plus ou moins prolongé
et portant un pistil conique. Voyez récep¬
tacle, FLEUR, PISTIL. (A. R.)
BASILÆA. bot. — Voyez basilée.
* BASILAIRE .B as a iis . ins . — Expres¬
sion souvent employée en entomologie pour
éviter les périphrases : ainsi l’on dit qu’une
ligne, qu’une nervure, qu’une aréole, qu’une
tache est basilaire , pour exprimer qu’elle
tire son origine de la base de l’aile dont
elle fait partie. On dit aussi : article ba¬
silaire , en parlant du premier article des
antennes, etc. Voyez base. (d.)
BASILAIRE. Basilaris . bot. ph. —
Expression par laquelle on exprime qu’un
organe naît de la base d’un autre organe.
Ainsi le style est basilaire dans l’Alche-
melle. (A. R.)
*B ASILE, bot. — On appelle poils basi-
lés ceux qui portent sur des éminences cel¬
luleuses, comme dans l’Ortie dioïque.
(C. d’O.)
BASILEE. Basilœa (pacuXsta, reine).
bot. ph. — Famille des Iridées. Le g. ainsi
nommé par A.-L. de Jussieu ( Gen ., p. 52)
est le même que le g. Eucomis de Lhéritier,
nom qui a prévalu dans la science. Voyez
eucomis. (A. R.)
BASILIC. Basiliscus ( (foatXiraoç, petiâ
roi ). rept. — Genre de Reptiles de la fa¬
mille des Iguaniens, sous-famille des Igua-
niens pleurodontes, ayant pour caractères
essentiels : Une expansion cutanée de figure
triangulaire, s’élevant verticalement au-des¬
sus de l’occiput ; le bord externe des doigts
postérieurs garni d’une frange dentelée et
composée d’écailles ; une arête écailleuse ,
dentelée en scie , régnant depuis l’occiput
jusqu’à l’extrémité de la queue, et, chez les
mâles de l’une des deux espèces, formant
une crête élevée , soutenue par les apophy¬
ses épineuses des vertèbres ; sous le cou, un
rudiment de fanon , suivi d’un pli transver¬
sal bien marqué; des dents palatines, et
pas de pores fémoraux. Le dessus du tronc
est couvert d’écailles rhomboïdales , caré¬
nées , disposées par bandes transversales ;
le ventre est garni, suivant les espèces, d’é¬
cailles lisses ou carénées. Les membres sont
très allongés , surtout ceux de derrière ; les
doigts grêles; la queue longue et comprimée.
Basilic a capuchon , B. mit ratas D. Ce
saurien est long d’environ 70 à 80 centimè¬
tres et a de 4 à 5 centimètres de diamètre.
Sa queue , comprimée , a trois fois l’éten¬
due de son corps. Sa tête, de forme pyra-
mido-quadri- angulaire , porte sur l’occiput
une expansion conique, en forme de capu¬
chon arrondi à son sommet et un peu
penché sur le cou. Cette crête , rudimen¬
taire chez les jeunes sujets , ne se développe
qu’avec l’âge ; chez les individus mâles ,
les crêtes dorsale et caudale sont soutenues
par les apophyses épineuses , et les écailles
du ventre sont lisses. Cet animal est d’un
brun fauve en dessus et blanchâtre en des¬
sous. Sa gorge porte des bandes d’un brun
plombé , et , de chaque côté de l’oeil ,
règne une raie blanchâtre, lisérée de noir,
qui va se perdre sur le dos. On remarque
chez les jeunes Basilics et chez les femelles
des accidents de coloration fort irréguliers.
Le Basilic à capuchon est originaire d’A¬
mérique. Tl se trouve à la Guiane, à la Marti¬
nique et au Mexique, ce qui lui a fait donner
le nom de Basilic d’Amérique. Ses mœurs
sont peu connues ; on sait seulement qu’il
vit sur les arbres , et saute de branche en
branche pour cueillir les graines, et peut-
être aussi pour attraper les Insectes dont il
fait sa nourriture.
488
BAS
BAS
Quoi qu’on ne sache à quelle espèce rap¬
porter le célèbre Basilic des anciens, et que
ce ne puisse être celui que nous venons de
décrire, puisqu’il est originaire d’Améri¬
que, Linné, frappé de sa ressemblance avec
la description du Basilic des Grecs , lui a
applique ce nom ; mais il est aussi inoffensif
que l’autre avait de puissance malfaisante.
D’après les récits des auteurs de l’antiquité,
reproduits par les écrivains du moyen âge ,
le Basilic , quoique de petite taille , causait
par sa piqûre une mort instantanée , et si
son contact était redoutable, son regard l’é¬
tait encore plus ; car l’homme dont la pru¬
nelle venait à rencontrer la sienne se sentait
dévoré d’un feu soudain, et périssait au mi¬
lieu des tourments : en revanche, s’il aper¬
cevait le Basilic le premier , il n’avait plus
rien à craindre. Le Basilic exerçait sur lui-
même une influence mortelle , et les chas¬
seurs se servaient d’un miroir pour le pren¬
dre ; car dès que l’animal avait fixé son
image, il devenait victime de sa puissance
fatale. Aux époques de crédulité , les char¬
latans vendaient aux curieux ignorants de
petites Raies façonnées en forme de Basi¬
lics. La tradition a transmis jusqu’ànos jours
le souvenir de cet animal fabuleux; le
vulgaire pense encore que les œufs hardés ,
à enveloppe membraneuse et sans vitellus,
sont pondus par un vieux Coq , et donnent
naissance à un Basilic.
Le Basilic a bandes , B. vitlatus Wieg.,
ne diffère du précédent que par le moindre
développement de la crête rachidienne; par
ses écailles ventrales qui sont carénées, au
lieu d’être lisses , et par des bandes noires ,
au nombre de six ou sept , régnant en tra¬
vers du dos. Le B. à bandes est originaire
du Mexique. C’est le même que le saurien
inscrit par Wagler ( Système de classifie .
des Amphibies ) sous le double nom de
Basiliscus et d’ Ædico ryphus. (C. d’O.)
BASILIC. Ocymum (paciXtxo’ç , royal;
à cause de son odeur), bot. m. — Genre
de la famille des Labiées, ayant pour ca¬
ractères : Calice à deux lèvres : la supérieure
large et entière; l’inférieure à 4 dents ai¬
guës. Corolle renversée, ayant la lèvre su¬
périeure à quatre lobes et l’inférieure plus
longue et crénelée. Étamines 4, recourbées
vers la partie inférieure de la fleur ; les 2
plus courtes munies d’un petit appendice à
leur base.— Plantes herbacées et aromati¬
ques, originaires, pour la plupart, des
parties chaudes de l’ancien continent, et
comprenant une quarantaine d’esp. dont
quelques-unes sont cultivées dans nos jar¬
dins. Tels sont: le Basilic commun, Ocy¬
mum basilicum L., plante annuelle, ori¬
ginaire des Indes. Sa tige est haute d’envi¬
ron 0m33, carrée, rameuse et rougeâtre ; ses
feuilles sont pétiolées, cordiformes, légère¬
ment ciliées, dentées sur leurs bords, et
d’un vert foncé ; fleurs blanches ou purpu¬
rines , en épis verticilîés à l’extrémité de
la tige. Cette espèce est cultivée fort com¬
munément à cause de son odeur aromati¬
que, et sert dans les apprêts culinaires, aux
mêmes usages que le Thym. On en connaît
plusieurs variétés. Le Basilic petit, O. mi-
ninum , à feuilles vertes ou violettes, sui¬
vant la variété, et formant une touffe épais¬
se, haute d’à peine 0m20 ; le Basilic de Cey»
lan, O . yratissimum , ligneux, à odeur
très forte et de serre chaude ; le Basilic a
grandes fleurs, O. y randiflorum , à fleurs
rares, blanches, plus grandes que celles
des autres et à odeur peu agréable. Les Ba¬
silics aiment la chaleur, et si l’on en veut
jouir longtemps, il faut les tondre en boule
au moment de la floraison.
On a aussi donné le nom de Basilic sau-
vaye à plusieurs autres plantes de la famille
des Labiées, tels que les Clinopodes, les
Thyms, etc. (C. d’O.)
* BASILINiNA ((foatXtwa, reine), ois.
— Ce genre , établi par Boié, est synonyme
de PoLytmus de Brisson , et répond à la
division des Émeraudes deLesson, dans sa
Monographie des Oiseaux-Mouches.
(C. d’O.)
BASILISCUS. rept. — Voy. basilic.
*IÎ AS! LOS A L RUS (,3aaiXsuç, roi, royal;
craüpoç, lézard), taléont. — Nom donné par
Richard Harlan à un animal fossile dont les
restes ont été trouvés dans les terrains ter¬
tiaires de la Louisiane, parce que ce natura¬
liste croyait que cet animal était un reptile
de l’ordre des Sauriens. M. Richard Owen,
ayant trouvé que ce fossile appartenait à un
mammifère de l’ordre des Cétacés herbivo¬
res , a dû en changer le nom , et il lui a
donné celui de Zeuylodon. Voyez ce mot.
(L. D.)
* BASINERVÉ. Basinervis ( basis ,
BAS
BAS
hase; lier vus, nerf, nervure), bot. ru.- Celte
expression s’emploie particulièrement pour
exprimer une disposition spéciale des ner¬
vures ; ainsi , une feuille est basinervée ,
quand scs nervures principales partent tou¬
tes en divergeant de la base de la feuille ,
comme dans un grand nombre de plantes
monotfotylédonées. On dit, dans le même
sens , que les feuilles sont digitinervées.
. . , (A- R.)
*BASIPRIO]VOTA ((3aaîç,base; 7tptovB-
toç, en scie), ins. — Genre de Coléoptères
tétramères, famille des Chrysomélines, éta¬
bli par M. Chevrolat et adopté par M. De-
jean [Calai., 3e édit.), qui y rapporte trois
espèces, toutes des Indes-Orientales. Nous
citerons comme type du genre la Cassida
8-punctata ou Imatidium 8-punctatum
dé Fabricius, qui se trouve à Siam. Les carac¬
tères de ce g. sont : Tête découverte ; an¬
tennes longues, contiguës à la base, de 11
articles ; 3-11 filiformes ; dernier un peu acu-
miné. Corselet profondément échancré en
avant , bisinueux à la base et d’une manière
flexueuse ; celle-ci est dentée , ainsi que les
étuis , sur le dedans ; élytres ovalaires.
M. Hope a fait depuis , avec ces Insectes
( Coleoplerit . Man., p. 152), son genre
Priopiera. (D. et C.)
* BASIPTA (étym. inconnue), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères , de la fa¬
mille des Chrysomélines, établi par M. Che¬
vrolat et qui faisait autrefois partie des Cas-
sida. M. le comte Dejean, dans son dernier
Catalogue, a adopté ce genre. On n’en con¬
naît encore qu’une seule espèce , originaire
du cap de Bonne-Espérance, et que nous
avons nommée B.glauca, en raison de sa
couleur générale qui est d’un vert pâle, tirant
sur le jaunâtre; les côtes du corselet en des¬
sus offrent une espèce de villosité blanchâtre;
les élytres ont la suture un peu plus obscure
et de gros points irréguliers qui , observés
à la transparence , font voir des cercles vi¬
treux, lesquels présentent une tache po¬
reuse au centre. La longueur de cet insecte
est de 8 millimètres et de la largeur de 6.
(C.)
* BASISÔLUTÉ. Basisolutus ( basis ,
base ; solutus , détaché), bot. i>h. — Se dit
des feuilles dont la base se prolonge en un
petit appendice sans adhérence , comme
dans le Sedum rcflexum .
*BASITOXE. Basiioxus (j^scon;* base
ro'^cv , arc), ins. — - Genre de Coléoptères té¬
tramères , de la famille des Longicornes ,
établi par M. Audinet-Serville, qui le range
dans la tribu des Prioniens (Nouv. classif.
des Longicornes, Ann. de la Soc. eut. de
France, tom. I, pag. 174). Ses caractè¬
res essentiels sont d’avoir les mandibules
épaisses ; le premier article des antennes
gros, conique et arqué ; l’angle suturai des
élytres sans épine distincte. Il y rapporte
deux très grandes espèces du Brésil , nom¬
mées par lui, l’une B. armatus de sa Col¬
lection, et l’autre B. Maillei de celle de
M. Mail. (D.)
* BASOLEIA ( étymologie inconnue ).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Carabiques, tribu des Ozénides,
Hope , établi par Weslwood , et qui corres¬
pond au g. Axinophorus de Gray et à celui
de Catapiesis de Brullé. Voyez ces mots.
(D.)
*BASSARIJDE. Bas saris ( [Saacrapi? ,
renard ). mam. — Un carnassier digiti¬
grade , découvert au Mexique , et retrouvé
depuis en Californie , est le type de ce
genre , établi en 1834 par M. Lichtenstein
( Saeugthiere , liv. IX), et depuis diver¬
sement classé par les auteurs. Il est con¬
sidéré par M. Waterhouse ( Procccd . zool.
society of London , 1839 ) comme, appar¬
tenant au groupe des IJ r s us de Linné; par
M. de Blainville , dans un mémoire pré¬
senté à l’Académie en 1837 [voy. les Comp¬
tes-rendus hehdom. de l* Acad. , octobre
1837), par moi-même dans mes cours , et
par MM. Eydoux, Gervais et Souleyet ( Zoo¬
logie de la Bonite , 1841 ) , comme un
Viverra ; enfin par M. de Blainville, dans
un travail tout neuf [Comptes-rendus ,
février 1842), comme un Mustcla. Les mo¬
laires sont au nombre de 6 à chaque mâ¬
choire , savoir : en haut , 3 fausses mo¬
laires, 1 carnassière,, et 2 tuberculeuses ; en
bas, 4 fausses molaires, 1 carnassière et 1
tuberculeuse. Ce sont les nombres qu’on
trouve le plus ordinairement chez les Yi-
verriens ; et les formes de ces diverses dents
se rapprochent aussi beaucoup de celles
qu’on connaît chez la plupart de ces der¬
niers. Les doigts sont au nombre de 5 par¬
tout , et à ongles fortement arqués , comme
chez plusieurs Yiverriens et chez la plupart
T. Il,
490
BAS
des Mustéliens ; et c’est de ceux-ci que la
Bassaride se rapproche par ses formes gé¬
nérales, le corps étant allongé et porté sui¬
des membres courts : caractères qui toutefois
se retrouvent aussi chez les Viverriens dans
plusieurs genres, notamment dans ceux que
nous avons nommés Galidie et Galidictis.
Les détails suivants, empruntés au travail
déjà cité de MM. Eydoux , Gervais et Sou-
leyet , achèvent de montrer dans la Bassa¬
ride un genre appartenant aux Yiverriens ,
voisin en particulier sous quelques rapports
des Geneltes , sous d’autres des Gaîidies ,
mais faisant le passage aux Mustéliens. La
langue est douce. Il n’existe point de poche
odorifère ; mais il existe à l’extrémité de
l’intestin une petite plaque crypteuse, à la
surface de laquelle débouchent les deux
conduits des glandes anales. Enfin le pénis
est soutenu par un os considérable : carac¬
tère qui , ordinairement , existe chez les
Mustéliens et manque chez les Yiverriens.
L’unique espèce de ce genre a reçu l’épi¬
thète spécifique de rusée, nsluta. Son pe¬
lage est d’un gris fauve, dont la nuance uni¬
forme est relevée par la coloration remar¬
quable de la queue. Celle-ci a huit anneaux
noirâtres incomplets en dessous.
Avant la découverte de la Bassaride , la
famille des Yiverriens ne comptait aucun
représentant en Amérique. Ce genre , quoi-
qu’imparfaitement connu, offre donc, dès
à présent , un assez grand intérêt , sous
deux points de vue, savoir : comme établis¬
sant un lien intime entre les Mustéliens et
les Yiverriens, et comme modifiant les idées
généralement admises sur la distribution
géographique de ceux-ci, les seuls qui, parmi
tous les grands groupes de Carnassiers ,
fussent encore regardés comme apparte¬
nant à un continent , à l’exclusion de l’au¬
tre. (I. G.-S.-H.)
BASSETS, mam. — Race de Chiens à
jambes basses, droites et quelquefois tor¬
ses. Voyez chien.
BASSETS, bot. cr. — On a donné ce
flom à quelques Champignons à pédicule
court et particulièrement à des Agarics.
*BASSIA (détroit de Bass). TUNIC. —
Genre cité par M. de Blainville ( Actino -
logie, p. 135) comme ayant été proposé par
MM. Quoy et Gaimard , pour leur Bassia
guadrilatera, espèce de Diphye du détroit
BAS
de Bass. Il rapporte ce genre à celui des
Abyles.
Dans la partie zoologique de leur relation
( Voyage de V Astrolabe, IV, p. 9, pl. 4 ,
f. 18-20), MM. Quoy et Gaimard renoncent
à la distinction du g. Bassia , et donnent à
l’animal sur lequel il reposait le nom de
Dipliycs hassensis. (P. G.)
BASSIA, L. bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Sapotées , offrant pour caract. :
Calice à 4 ou 6 segments bisériés. Corolle
campanulée ou rotacée, divisée en 7 à 14 lo¬
bes bisériés. Gorge inappendiculée. Étami¬
nes en nombre double ou triple des lobes de
la corolle. Ovaire 5 -à 12-loculaire ; loges
1-ovulées. Style saillant; stigmate pointu.
Baie par avortement 1-ou pauci-loculairc ,
oligosperme, ou 1-sperme. Graines apéris-
permées, lisses , grosses , nucamentacées ,
à hile ventral. — Arbres lactescents. Feuil¬
les éparses, coriaces. Pédoncules axillaires,
ou latéraux , ou agrégés au sommet des ra-
mules. Fleurs nutantes ou pendantes,
jaunes. Ce g. est propre à l’Asie équato¬
riale ; on en connaît 8 espèces.
Le B. longi folia W. est fréquemment
cultivé au Bengale (où on l’appelle II lu pi )
et dans beaucoup d’autres contrées de l’Inde,
en raison de ses usages économiques. On
exprime de ses graines une huile grasse,
que les Hindous emploient très communé¬
ment à l’éclairage, ainsi qu’à la préparation
des aliments et du savon. Les fleurs qui
tombent spontanément des arbres sont ra¬
massées avec soin ; on les mange après les
avoir fait torréfier. Le fruit, cueilli soit avant
sa maturité, soit mûr, est mangé en bouillie.
Le suc laiteux de l’écorce passe pour un bon
remède contre les maladies de la peau. En¬
fin, le bois de cet arbre est aussi dur et aussi
incorruptible que le fameux bois de Tek ,
mais plus difficile à travailler.
Le Bassia la ti folia , qui croît dans les
contrées montueuses du Bengale, ne le cède
guère en utilité au B. longi folia. Son bois
est dur, très tenace, propre au charronnage
et à toutes sortes d’autres ouvrages. Les
fleurs ont une saveur douce et vineuse ; on
les mange sans autre préparation, etl’ori en
extrait une boisson alcoolique. Les graines
fournissent aussi de l’huile.
Les graines du Bassia hutyracea Roxb.
contiennent une substance qui, à l’état frais,
BAS
BAS
est analogue au beurre 4 mais qui , avec le
temps durcit peu à peu , et devient sem¬
blable au suif. Cette substance jouit d’une
grande vogue dans la thérapeutique des
Hindous , qui la regardent comme un spé¬
cifique contre les rhumatismes. La .pulpe
du fruit de cette espèce est mangeable,
mais fade. Le bois, au témoignage de Rox-
burgh , est l’un des plus légers qu’on con¬
naisse. Ce Bassia croît au Népaul , où on
le désigne par les noms de Fuhuuh ou
Phuhvara. (Sp.)
BA.SSÏN. anat. — On donne ce nom à
la partie du squelette des Vertébrés qui sert
de point d’attache aux os des membres pos¬
térieurs. On comprend, d’après cette défini¬
tion, que ces rapports physiologiques doivent
établir certaines relations de développement
entre ces membres et le Bassin ; aussi trou¬
vons-nous ce dernier existant constamment
avec tous ses caractères chez les animaux
* plus ou moins marcheurs ; et le voyons-
nous disparaître en quelque sorte pièce à
pièce dans les animaux rampants etnageurs,
à mesure que les membres postérieurs eux-
mêmes perdent de leur importance.
Chez les Mammifères adultes, le Bassin
semble formé de trois os solidement réunis
par des ligaments ou des cartilages, de ma¬
nière à former , à la partie postérieure de
l’abdomen , une sorte de canal osseux plus
ou moins largement ouvert inférieurement ,
si ce n’est dans un étroit espace où la cein¬
ture est complète. C’est à lui que viennent
aboutir les principaux muscles de l’épine,
du bas-ventre et des cuisses ; et c’est lui
qui, à raison de son peu de mobilité, semble
jouer le rôle de point fixe sur lequel ces
organes de mouvement prennent leur prin¬
cipal appui. Une partie des viscères du bas-
ventre, entre autres la vessie, la matrice,
et quelquefois les testicules, sont logés dans
sa cavité.
Les trois os que nous avons indiqués
comme composant le Bassin des adultes,
sont le sacrum et les deux os innominés. Le
premier résulte de la soudure d’un nombre
variable de vertèbres dites vertèbres sa¬
crées , et fait réellement partie de la co¬
lonne vertébrale. Les os innominés sont
également formés chez les jeunes de trois
os distincts: Viléon, le pubis et l’ischion.
Le premier forme la partie antérieure et
491
supérieure du Bassin. En bas et en avant se
trouve le pubis articulé d’un côté avec l’iléon
et de l’autre formant , avec son symétrique
sur la ligne médiane, la symphyse du pubis.
En arrière de l’iléon se trouve l’ischion qui,
après avoir donné la tubérosité et l’écban-
crure appelées ischiatiques , se porte en
avant pour rejoindre le pubis. Les réunions
de ces deux os laissent au milieu de l’os in¬
nommé un trou appelé ovalaire. Les trois os
aboutissent à une cavité arrondie , dans la¬
quelle s’engage la tête du fémur, et qui porte
le nom de cavité cotyloïde. Telle est la
composition la plus générale du Bassin des
Mammifères ; mais M. Serres a découvert
chez un certain nombre de Carnassiers,
un quatrième os qui entre dans la formation
de la cavité cotyloïde et qu’il a appelé , pour
cette raison , os coiyléal. En outre , les
Marsupiaux et les Monotbrèmes présentent
de chaque côté un os particulier, articulé en
avant avec les pubis , et qui a reçu le nom
d’os marsupial. Nous reviendrons tout à
l’heure sur ces détails.
Le Bassin de l’homme diffère de celui de
tous les autres animaux, non point par sa
composition essentielle , mais par sa forme
générale. Chez lui et surtout chez la femme,
le Bassin est assez court, tandis que les
iléons, largement développés, offrent une
large surface qui supporte le paquet des
viscères abdominaux. Ces os sont légère¬
ment concaves et le sacrum est fortement
recourbé. Le bord supérieur du pubis se
prolonge à la surface interne de l’iléon, de
manière à y former une crête saillante ,
correspondante à l’angle sacro-vertébral.
Ces deux saillies forment ce qu’on a
appelé le détroit antérieur ou supérieur
qui partage le Bassin en grand Bassin, ou
Bassin supérieur, et en petit Bassin, ou
Bassin inférieur. Ces épithètes, empruntées
uniquement au langage de l’anatomie hu¬
maine, s’appliquent souvent mal chez les
Mammifères. Ainsi , chez les Tatous et les
Fourmiliers, c’est le petit Bassin qui est le
plus considérable, tandis que le grand est
presque réduit à rien.
De l’inclinaison des plans du Bassin vers
la colonne vertébrale, de la position et de la
direction de la cavité cotyloïde dépend en
grande partie le mode de station. Chez
l’homme, les plans des moitiés antérieures
m
BAS
BAS
regardent en bas, et la cavité cotyloïde est
dirigée de côté, en bas et un peu en avant.
Son échancrure correspond à l’axe de
l’os de la cuisse dans la station droite, et
voilà pourquoi cette dernière est naturelle
à l’homme. Dans les Singes, qui se rappro¬
chent le plus de l’homme, les plans dont
nous parlons regarderaient en avant et en
dehors dans cette situation. Il s’ensuit
que la cavité cotyloïde elle-même change de
position et que , pour que l’axe de l’os de
la cuisse corresponde à son échancrure , il
faut que cet os soit presque perpendiculaire
au plan de l’épine dorsale et c’est en effet
la position du fémur dans la station natu¬
relle des quadrupèdes. Ainsi que nous le
disions tout à l’heure, les Singes ne font
pas exception à cette loi. Les Orangs , les
Gibbons ont le Bassin plus large que les
autres Quadrumanes , et surtout les iléons
plus développés; mais la direction des plans
est presque parallèle à l’épine dorsale. Le
Bassin est en outre plus allongé que chez
l’homme et son diamètre transversc est
moindre que son diamètre antéro-pos¬
térieur.
On rencontre , dans la classe des Mam¬
mifères , quelques exceptions remarquables
à la disposition générale que nous venons
d’indiquer ; ainsi , dans la Roussette d’Ed-
wards , le pubis et l’ischion ne se soudent
pas mais se prolongent en arrière. Dans la
Taupe , la Musaraigue , la Chrysochore , on
ne trouve pas non plus de symphyse pu¬
bienne. Nous voyons déjà se montrer ici
comme exception ce qui devient la règle
dans une classe inférieure, ce qui ne s’ob¬
serve que comme monstruosité chez des
Mammifères plus élevés. En outre, la Taupe
présente cette particularité unique , peut-
être, que les os coxaux sont tellement serrés
contre l’épine du dos que le détroit antérieur
ne peut plus servir de passage aux viscères
abdominaux et que ceux-ci se trouvent re¬
jetés en dehors. Enfin , chez certaines
Chauves-Souris, les ischions se soudent en¬
semble et avec l’extrémité du sacrum.
Le Bassin est une des parties du squelette
auxquelles se rattachent quelques-unes des
questions les plus intéressantes de la phi¬
losophie anatomique. Déjà Yicq - d’Azyr
avait signalé en détail ses nombreuses
analogies avec l’épaule. Il a été suivi
dans cette voie par un grand nombre de
naturalistes, qui sont loin d’être toujours
d’accord dans leurs déterminations. Nous
reviendrons plus tard sur ce sujet ( voyez
épaule); mais la comparaison même des
divers Bassins de Mammifères entre eux a
soulevé déjà bien des discussions. Nous
avons parlé du cotyléal comme n’ayant été
signalé que dans un certain nombre d’ani¬
maux de cette classe. Quelques naturalis¬
tes y ont yu le représentant du marsupial ;
mais ces deux os existent simultanément
dans quelques Marsupiaux , et entre autres
dans un Phalanger de la Nouvelle-Hollande,
où le cotyléal présente absolument la même
disposition que dans le Lion et l’Hyène. On
a aussi cherché à le regarder comme l’ho¬
mologue de l’os de la verge ; mais on le
trouve bien développé chez des Carnassiers
qui présentent également ce dernier, par
exemple chez l’Ours. Lors même d’ailleurs
que les faits ne seraient pas en opposition
avec ces diverses déterminations, elles nous
paraîtraient peu probables ; car elles se
trouveraient en opposition avec une des lois
auxquelles la nature semble le plus fidèle,
la loi des connexions (Geoffroy-Saint-Hi-
laire). Il nous paraîtrait difficile de recon¬
naître dans l’os marsupial placé vers l’ex¬
trémité interne du pubis , ou dans l’os de
la verge qui n’a aucune relation avec le
reste du Bassin , ce même os cotyléal qui
dans l’Hyène, par exemple, se trouve placé
au fond de la cavité cotyloïde, et en rapport
direct avec les trois os élémentaires du
grand os innominé.
Nous nous sommes occupé jusqu’à pré¬
sent du Bassin considéré seulement chez les
Mammifères, qui s’éloignent le moins de
leur type. En arrivant aux Cétacés, nous
rencontrons tout à coup de bien grandes
différences. On ne trouve plus chez ceux-ci
que quelques petits os flottants dans les
chairs , os qui ont été considérés , tantôt
comme appartenant au Bassin, tantôt comme
les rudiments du squelette des membres
postérieurs. Il est assez difficile de se déci¬
der à cet égard, avant de nouvelles recher¬
ches ; car ces deux opinions peuvent égale¬
ment se fonder sur des analogies tirées de
l’étude des Reptiles, ainsi que nous le ver¬
rons plus bas.
Dans les Oiseaux , le Bassin semble être
BAS
BAS
formé d’un seul os, résultant de l’union des
vertèbres lombaires et sacrées avec les os
propres du Bassin. Entre autres change¬
ments , on ne retrouve plus chez eux la
symphyse des pubis ; ces deux os , au lieu
de se réunir en avant , se portent directe¬
ment en arrière, sous la forme de stylets.
Dans l’Autruche seule , les deux pubis se
rejoignent sur la ligne médiane , et c’est
un des caractères les plus saillants par
lequel cet oiseau marcheur se rapproche
des Mammifères. De plus , l’iléon se porte
presque toujours en arrière et s’unit avec
l’ ischion , de manière à transformer en un
trou l’échancrure ischiatique. Enfin la ca¬
vité cotyloïde est largement ouverte en de¬
dans , disposition que l’Échidné offre déjà
dans la classe des Mammifères. La classe
des Reptiles renfermant des types si diffé¬
rents les uns des autres , on comprend que
le squelette tout entier, et par suite la partie
qui nous occupe , doivent offrir de grandes
variations. Dans les Tortues, l’iléon, et par
suite le Bassin tout entier, sont articulés avec
la colonne vertébrale d’une manière mobile.
On y retrouve d’ailleurs les trois os coxaux
principaux, variant de forme et de propor¬
tion d’un genre à l’autre , mais s’éloignant
généralement assez peu du type des Mam¬
mifères. Nous pourrions en dire autant
à peu près des Batraciens et de la plupart
des Sauriens.
On voit que nous intervertissons un peu
ici l’ordre consacré dans les classifications.
C’est qu’en effet l’organe qui nous occupe
présente dans les derniers Sauriens et les
premiers Serpents des faits d’une grande
importance, et que nous allons exposer avec
un peu plus de détails. Chez les uns et les
autres, les membres postérieurs n’existent
plus qu’à l’état rudimentaire, et leur sque¬
lette est par conséquent dans le même cas;
mais chez les uns , la partie persistante
semble appartenir au membre lui-même ,
pendant que le Bassin manque entière¬
ment, tandis que le contraire semble se
présenter chez les autres, c’est-à-dire qu’on
trouve des rudiments de Bassin avec ab¬
sence de membres. Ainsi , chez l’Orvet
(An guis fragilis ) , on trouve de chaque
côté un os unique situé dans la rangée des
côtes , mais s’en distinguant par sa forme j
et son volume. Cet osselet, articulé avec la I
693
colonne vertébrale , a été généralement re¬
gardé comme l’analogue des os du Bassin.
On ne découvre pas d’ailleurs la moindre
ftrace de membres. Les Ophisaures et les
pChirotes présentent une disposition toute
* semblable. Au contraire, dans les Typhlops ,
on trouve sous la peau , de chaque côté de
' l’anus, deux os étroits, qui paraissent bien
appartenir à un reste de squelette des mem¬
bres postérieurs, et qui restent non seule¬
ment isolés, mais fort éloignés de la colonne
vertébrale , celle-ci n’offrant d’ailleurs au¬
cun indice de sacrum ou d’os çoxal. Enfin
PM. Mayer a regardé l’ergot des Boas , des
* Pythons, etc., comme un véritable ongle, et
a montré qu’il existait sous la peau une sé¬
rie de petits osselets, qu’il regarde comme
ainsi rangés, en procédant de dehors en de¬
dans : une phalange unguénale, un os du
métatarse et un tibia portant deux apophy¬
ses, dont chacune représente un os tarsien.
On voit d’après ce qui précède qu’il est en¬
core difficile de savoir au juste quel est ce¬
lui qui disparaît le premier du Bassin ou du
membre auquel il sert de point d’appui ;
mais, en tout cas, nous trouvons ici la preuve
de ce que nous disions en commençant, que
sous le rapport de leur développement , ces
deux parties semblent essentiellement su¬
bordonnées l’une à l’autre.
L’étude du squelette des Poissons confir¬
me pleinement ce principe. En effet, on ne
trouve aucune trace de Bassin chez les
Apodes. Quand il existe, il présente le carac¬
tère remarquable de ne plus être en rapport
direct avec la colonne vertébrale, ou du
moins avec cette partie de l’épine qui cor¬
respond à la partie postérieure du corps.
Il consiste d’ordinaire en deux os, dont l’un,
placé à la face interne du eoracoïdien , sert
d’attache au second , qui se porte en ar¬
rière le long des côtés du corps , au milieu
du grand muscle latéral. Ces rudiments de
Bassin manquent d’ailleurs dans un très
grand nombre de Poissons osseux , alors
même qu’il existe encore des nageoires ven¬
trales qui représentent les membres posté¬
rieurs ; mais, dans les Squales et dans les
Raies en particulier, nous voyons notre
ceinture osseuse reparaître presque en en¬
tier et rappeler ce que nous avons trouvé
chez les Reptiles. Ainsi, sous ce report
comme sous tant d’autres, ces Poissons
494
BAS
BAS
cartilagineux, encore trop peu étudiés, se
montrent bien supérieurs à ceux que les
ichthyologistes ont placés en tête de la
classe à laquelle ils appartiennent.
(A. DE Quatrefages.)
BASSIN, géol. — Dépression à la sur¬
face du sol vers le centre de laquelle coulent
et convergent les eaux qui tombent dans un
certain rayon. — La forme et rétendue des
Bassins sont très variables ; un même Bassin
peut se sous-diviser en Bassins secondaires,
qui eux-mêmes comprennent de plus petits
Bassins ; c’est dans ce sens qu’on dit : le
Bassin général des mers ou l’Océan ; le
Bassin de l’Atlantique ; le Bassin de la Mé¬
diterranée, de la Mer Noire ; le Bassin des
fleuves, celui des lacs , etc. Par cette ex¬
pression, on ne doit pas seulement entendre
la partie du sol sur laquelle se réunissent
les eaux, et qui en est couverte, mais toutes
les pentes exondées qui convergent vers le
fonds commun. De cette manière, toute la
surface delà terre est divisée en Bassins sé¬
parés par des lignes étroites, qui sont celles
du partage des eaux. Ces lignes ne se
voient pas seulement dans les montagnes,
comme les Alpes , les Pyrénées , mais
aussi dans les plaines basses, comme celles
du centre de la Russie, où la pente qui con¬
duit les eaux vers les mers du Nord se réu¬
nit d’une manière à peine sensible à celle
qui descend vers la Mer Noire.
Il s’en faut de beaucoup que le fond des
Bassins soit au même niveau. On trouve
dans les Andes , dans les Alpes et les Py¬
rénées , des dépressions du sol à plusieurs
mille mètres d’élévation , et souvent en
étage au dessous les uns des autres; les
grands lacs de l’Amérique du Nord fournis¬
sent un bel exemple de Bassins disposés
ainsi en gradins.
Beaucoup de parties du sol, qui sont au¬
jourd’hui à sec, ont été des Bassins circon¬
scrits et remplis d’eau; le lit de presque
tous les grands fleuves (le Rhin, le Danube)
se partagent en Bassins partiels, qui ne
communiquent entre eux que par des pas¬
sages étroits à travers lesquels le fleuve ac¬
tuel s’écoule ; on voit, même à la surface du
sol, de vastes étendues de pays aujourd’hui
habités, et qui sont à un niveau inférieur à
celui des mers (bords de la Caspienne, As¬
trakan).
La disposition, la forme, le nombre des
Bassins qui partagent la surface du sol n’ont
rien de fixe, et les mouvements, les dislo¬
cations que celui-ci a éprouvés, et qui peu¬
vent chaque jour avoir lieu, ont changé plu¬
sieurs fois les rapports des parties basses
et des parties élevées, et modifié les plans
de pente. Voyez sol , dislocations.
Il faut distinguer les Bassins hydrogra¬
phiques , dont les géographes s’occupent
spécialement, des Bassins géologiques . Ces
derniers sont ceux dont les parties centrales
les plus basses sont formées par les ter¬
rains les plus nouveaux et dont les bords
sont composés par les terrains plus an¬
ciens , qui sortent successivement les uns
de dessous les autres , en se relevant.
Tels sont, par exemple, les Bassins de la
Seine, de la Tamise, de la Dordogne, du
Pô. Les lits de ces fleuves appartiennent en
même temps à un Bassin hydrographique et
géologique. Au contraire, certains fleuves,
comme la Loire, la Meuse, la Moselle, le
Rhin, ne coulent pas dans des Bassins géo¬
logiques. Les eaux dont la réunion compose
ces derniers fleuves ne descendent pas tou¬
jours des terrains anciens vers les plus nou¬
veaux ; elles marchent souvent dans un sens
inverse ( la Loire , de Blois à Angers ; la
Meuse, de Yerdun à Namur ; la Moselle, de
Metz à Coblentz) ; de sorte que la direction
des cours d’eau n’est pas toujours pour le
géologue un indice de la disposition des
terrains ; elle n’en est même pas un de la
pente du sol qui, dans certains cas, est op¬
posée à celle de l’écoulement des rivières
(Moselle). Cela tient à ce que certains Bas¬
sins , qu’on peut appeler naturels , ont été
successivement remplis par des sédiments
qui n’ont fait que couvrir une partie des dé¬
pressions anciennes; tandis que d’autres
sont le résultat de dislocations violentes,
qui ont produit de larges crevasses et des
effondrements vers lesquels les eaux se sont
portées.
Il est très important d’établir cette dis¬
tinction et de la reconnaître par l’étude géo¬
logique du sol, avant de faire des recherches
de charbon de terre et d’eau jaillissante,
par exemple. On reviendra &ir ce sujet aux
mots HOUILLE et TUITS ARTÉSIEN. (C. P.)
BASSINET. BOT. FH. — Voyez BACI-
NET.
BAT
BAT
BASSON, ois. — Nom vulgaire de la
Foulque morelle ou macroule, Fulica atra
Lath.
BASSOIUA , Aubl. bot. ph. — Syno¬
nyme du g. Solarium.. (Sp.)
BASSUS. ins.' — Genre de la famille des
Ichneumoniens , de l’ordre des Hyménop¬
tères, établi par Fabricius et adopté par
Gravenhorst et tous les entomologistes. Les
Bassus sont essentiellement caractérisés
par un abdomen sessile et comprimé, avec
le premier segment linéaire et aplati.
Plusieurs divisions ont été établies dans
ce genre; mais la première, c’est-à-dire
celle qui renferme les véritables Bas-
sus, se distingue des autres par plusieurs
caractères. Les ailes de ceux-ci ont la se¬
conde cellule cubitale triangulaire , quel¬
quefois un peu oblitérée ; leurs antennes et
leurs pattes sont grêles. Les espèces de
ce genre sont assez nombreuses. Presque
toutes celles connues sont européennes ; le
type est le Bassus lælalorius ( Ichneu -
mon lætatorius Fab. ) , commun dans
presque toute l’Europe. (Bl.)
BASTABDIA, Kunth. bot. ph. — Genre
ou sous-g. de la famille des Malvacées ; il
paraît ne différer des Sida qu’en ce que les
coques de son fruit sont vésiculeuses. (Sp.)
BASXERA. bot. ph. — Synonyme de
Bohria. Voij. ce mot.
BAT. ANNEE. - Voyez CLITEEEUM.
BATA. bot. ph. — Un des noms vul¬
gaires du Bananier.
BATARA, A.Z&V. T kamnop h i lus, Vf iziW.
(0â|j.v oç, buisson ; cpiXo; , qui aime) ois. —
Genre de l’ordre des Passereaux de Cuvier,
de sa famille des Pies-grièches et de celle
des Collurions de Yieillot. Ce dernier au¬
teur forma ce genre sur un groupe d’Oiseaux
de l’Amérique méridionale, déjà décrits par
Azara sous le nom de Bataras , il y joignit
le nom grec latinisé de Thamnoyhilus.
Celui de Batara ne leur avait été donné
par l’auteur espagnol que parce que c’était
celui même par lequel les habitants de Pa¬
raguay désignaient ces Oiseaux , et en par¬
ticulier une de leurs espèces. Leurs carac¬
tères génériques sont : Bec fort, droit,
tendu, arrondi en dessus, brusquement
courbe et denté à son extrémité ; mandi¬
bule inférieure, concave en dessous à sa
base, puis bombée jusqu’à sa pointe qui
495
est échancrée. Pieds forts ; tarses et doigts
assez allongés : l’externe réuni jusqu’à la
première articulation, l’interne divisé; tous
terminés par des ongles forts, larges et
très arqués, comme chez les Oiseaux essen¬
tiellement percheurs. Ailes très courtes,
arrondies , à rémiges fortement étagées
jusqu’à la quatrième ou la cinquième;
queue étagée, le plus souvent longue et lar¬
ge ; plumes coccygiennes longues; le plus
souvent du blanc à la base des plumes in¬
terscapulaires chez les mâles. Les deux sexes
diffèrent tout à fait de teintes; les mâles,
généralement, avec le dessus de la tête noir
et plus ou moins variés de cette couleur et
de blanc ou gris, les femelles presque
toujours brunes ou rousses variées de rous-
sàtre clair.
Yieillot, en décrivant les espèces de ce
genre des plus naturels , quand on le res¬
treint à celles d’Amérique, y réunit à tort
quelques Pies-grièches buissonnières d’Afri¬
que et de Madagascar , et un assez grand
nombre de Fourmiliers d’Amérique. Il était
bien excusable, sans doute, car ces Pies-
grièches en sont réellement les représen¬
tants en Afrique, et quant aux Fourmiliers,
les Bataras ont avec eux une telle analogie
dans leurs mœurs isolées et buisonnières,
même dans l’ensemble de leurs formes, par
leurs espèces à bec grêle, qu’il est presque
impossible d’établir une distinction entre
celles-ci et celles à longue queue du genre
Fourmilier Aussi, quoique Yieillot, Cuvier
et la plupart des ornithologistes modernes
aient placé les Bataras américains dans le
groupe des Pies-grièches , tout en recon¬
naissant leurs grands rapports avec les
Fourmiliers du Nouveau-Monde, ces rap¬
ports nous ont paru si intimes, puisque
certaines espèces des deux genres finis¬
sent par se rapprocher au point d’avoir été
confondues par la plupart des auteurs, qu’il
nous a paru plus naturel de les grouper
avec ces Fourmiliers qu’avec les Pies-griè¬
ches. Nous avons encore été fortifié dans
cette opinion par ce que nous en a dit
M. Aie. d’Orbigny, dans notre travail de col¬
laboration avec lui sur les Oiseaux de son
voyage en Amérique , où il a été à portée
d’observer leurs mœurs. Ce sont, dit-il, des
Buissonniers par excellence, qui ne se ren¬
contrent qu’à l’est de la grande chaîne des
Y
BAT
BAT
496
Andes , et dans tous les lieux couverts de
fourrés épais, soit dans les haies autour
des maisons , soit dans les champs aban¬
donnés , au sein même des forêts ou dans ces
petits bois peu élevés et chargés d’épines ,
nommés chapttrrnles par les Espagnols, et
qui caractérisent certaines parties du centre
de l’Amérique méridionale. Ils vont habi¬
tuellement isolés ou par couples ; et, les plus
familiers , s’approchent des lieux habités en
sautillant toujours sur les branches basses
des buissons qu’ils parcourent en tous sens,
pour y chercher des Insectes et leurs larves
ou des Fourmis. Us descendent très rare¬
ment à terre et seulement pour y saisir l’in¬
secte qu’ils vont manger ensuite sur les
branches basses des arbustes ; ils paraissent
sédentaires dans les contrées où ils naissent,
quoique passant toujours d’un lieu à un au¬
tre. On est frappé, ajoute M. Aie. d’Orbi-
gny, de qui nous empruntons ces détails
de mœurs , au milieu des sites sauvages si
communs en Amérique, et surtout au prin¬
temps, des chansons bruyantes des Bataras,
de ces gammes sonores que les mâles font
entendre, surtout au temps des amours.
La femelle y répond par des accents moins
prononcés , mais c’est en vain qu’on cher¬
che ceux qui les produisent , ces Oiseaux
étant presque toujours cachés en des fourrés
si épais , que les rayons -du soleil y pénè¬
trent à peine. C’est aussi là qu’ils déposent,
à quelques pieds au dessus de terre , leur
nid , formé de bûchettes en dehors et quel¬
quefois de crin en dedans. Leurs œufs ont
beaucoup de rapports avec ceux de nos Pies-
grièches; de même ils sont souvent blan¬
châtres , tachetés de rouge violet.
Nous pensons qu’on peut sectionner les
Bataras, suivant la forme de leur queue
et de leur bec, en trois groupes , dont le
premier, infiniment plus nombreux, ren¬
fermera les espèces à queue longue et large,
fortement étagée ; à bec fort , comprimé ,
très crochu , bombé en dessous , et chez
lesquelles les mâles sont toujours d’une
couleur différente des femelles. Telles sont
le Grand Batara Azar. ( T hamnophilus
mô/or Vieil.), le Batara RAYÉ(enl. 297-1), le
Tanga OU Batara gris, et le Vanga ou Ba¬
tara roux {Tham . cinereus et ru fus Vieil . ,
Dict. 35, p. 200), l’espèce géante de ce
groupe j le même que le Vanga strié nurré
(Voy. de Freyc ., pl. 18 et 19, ou Thamncr
philus vigorsii Such, etc.).
Dans le second groupe, nous plaçons de
petites espèces à pieds conformés , comme
les précédents ; à bec semblable , mais dont
la queue est très courte , presque carrée ou
légèrement arrondie , et chez lesquelles les
mâles et les femelles diffèrent peu en cou¬
leur. Telles sont le Fourmilier tâchet
(. Myot . strictolhorax) et le Fourmilier
GORGERET ( Myot . 911671 tdUs TCUl., pl. CûL
179, fig. 1, 2, 3), le Fourmilier moucheté
{Myrmolhern guttata Vieil., Gai. pl. 155).
Notre troisième groupe renfermera tous
ces petits Bataras à bec plus ou moins grêle,
très peu crochu ; à queue longue , moyenne
ou courte , plutôt grêle que large , mais
toujours très étagée et très souvent terminée
par des taches blanches ; à pattes faibles ,
mais toujours conformées comme chez les
précédents. Ces espèces, dont Temminck et
Lichtenstein ont fait des Fourmiliers a
longue queue, et Swainson son genre For-
micivora , nous paraissent, d’après la
forme de leurs pattes percheuses et leur
système de coloration, appartenir bien plu¬
tôt aux Bataras qu’aux vrais Fourmiliers; et
tels sont, parmi les espèces à queue longue,
le Batara a coiffe [Tham. pileatus d’Orb.
etLafr. Synops . pl. 12, Myolhera pileata
Lichtens., n° 479, le Tham. affxnis d’Orb.
etLafr., ihid , pl. 12, n° 17, les 7 Myolhera
s quant a ta , superciliaris Licht., ihid.,
n° 478 et 80) , les Fourmiliers châtains et a
ailes rousses (Tem., pl. col • 132), et parmi
les espèces à queue courte , nous indique¬
rons le Fourmilier a flancs blancs {Myo-
thera axillaris Vieil. , fuliginosa III. ,
Licht., n° 483) et le petit Gobe-mouche ta¬
cheté de Cayenne (Bu ff., enl. pl. 831, f. 2).
Ces espèces forment évidemment la tran¬
sition des Bataras aux Fourmiliers, par les
Drymophila de Swainson , chez lesquels
les tarses et les doigts deviennent plus longs
et plus grêles , les ongles plus minces, plus
longs et moins courbés , caractères qui an¬
noncent évidemment des Oiseaux beaucoup
plus marcheurs.
Nous tenons de M. Nalterer de Vienne,
qui a passé plusieurs années au Brésil, une
particularité de mœurs des Bataras assez
curieuse. Lorsque les Fourmis d’Amérique,
| èt surtout la Fourmi de visite , se mettent
BAT
BAT
497
en campagne, à l’approche de ces armées
formidables et dévastatrices, tous les In¬
sectes, àquelqueordre qu’ils appartiennent,
saisis d’épouvante , prennent la fuite , soit
en gagnant le sommet des plantes et des
Graminées , soit en s’envolant sur les buis¬
sons environnants. On voit alors une se¬
conde armée composée de diverses espèces
de Bataras, accompagner la première en
éclaireurs, voltigeant de buissons en buis¬
sons, en avant et sur ses flancs, et saisissant
cette foule de malheureux Insectes , qui,
pour se soustraire à un danger, se sont pré¬
cipités au devant d’un autre plus fatal
encore.
Notre genre Batara ( Thamnophilus)
se compose donc des Bataras proprement
dits , OU Bataras a grande queue , et des
Bataras a courte queue, et du SOUS-genre
Formicivora *de Swainson , ou Bataras a
BEC GRÊLE. V 07J . DRYMOI>HILE , MYIOTHERI-
dées et myiothérinees. (Laer.)
BATARD, année. — Nom donné par
les pêcheurs aux petits Vers rouges dont
ils se servent comme d’appât, et qu’ils
trouvent entre les rochers. (C. d’O.)
BAT AUCAULON , DC. (paro?, ronce ;
xauXog, tige), bot. ph. — Section du g. Mi¬
mosa. (Sp.)
BATEAU, moll. — On donne vulgai¬
rement ce nom à une grande et belle espèce
de Patelle , PaicLla compressa de La-
marck. On donne également le nom de Ba¬
teau ponté aux grandes espèces de Cré-
pidules. (Desh.)
BATELEUR. Tcratopius , Less. (rs-
paTonrctoç, qui fait des prestiges), ois. —
Genre de l’ordre des Oiseaux de proie et
de la famille des Aigles de Cuvier. Levail-
lant donna ce nom de Bateleur à l’espèce
africaine , type du genre, parce qu’elle fai¬
sait, dans les airs, en volant, certaines évo¬
lutions ou cabrioles qui la lui firent com¬
parer à un faiseur de tours ou Bateleur.
Ce genre, qui faic partie de notre famille
des Falconidées et de notre sous-famille
des Aquilinées, a pour caractères généri¬
ques: Bec droit à sa base, plus allongé
que chez la plupart des Aquilinées, ne
commençant à se courber que vers la moi¬
tié de sa longueur et d’une manière peu
prononcée ; mandibule supérieure très éle¬
vée dans son milieu , du front à son bord
inférieur; ce bord à peu près rectiligne, à
ouverture très fendue et très large. Face
nue; tout l’espace du lorum n’ayant que
quelques petits poils à peine visibles; nari¬
nes ovalaires, verticales. Tarses robustes,
très courts, largement réticulés , ainsi que
les doigts , jusqu’aux deux tiers de leur
longueur ; le dernier tiers recouvert d’une
rangée de trois ou quatre larges écailles.
Queue rectiligne , extrêmement courte ,
tronquée, dépassée de beaucoup par les
ailes pliées; celles-ci de longueur médiocre,
aiguës comme chez les Faucons , à rémiges
primaires, décroissant brusquement com¬
me chez les Hirondelles ; la quatrième étant
de 4 centimètres plus courte que la seconde,
qui est la plus longue; la cinquième plus
courte que la quatrième de 8 centimètres,
et la sixième de 5 centimètres plus courte
que la cinquième ; rémiges secondaires très
développées en largeur et recouvrant en
partie les primaires; plumes des côtés de la
tête très grandes, pouvant se redresser et s’é¬
taler latéralement comme chez les Cacatois.
Nous croyons être le premier qui ayons
remarqué ce double caractère d’ailes con¬
struites sur le type aigu et à décroissance si
brusque des primaires, caractères vraiment
anomaux dans la sous-famille des Aquili¬
nées, et qui paraissent avoir échappé à
M. Lesson en établissant le genre, puisqu’il
ne les indique pas dans son Traité.
L’extrême brièveté de la queue de ce ra¬
pace est certainement une bizarrerie , une
anomalie même, des plus singulières, dans
l’ordre des Oiseaux de proie; car ce mem¬
bre faisant l’office de gouvernail chez l’oi¬
seau dont les ailes font celui de rames lors¬
qu’il vole, il semblait devoir conserver ses
justes proportions et toute son énergie chez
l’oiseau de proie, qui , pour se procurer sa
nourriture , a besoin d’un vol plus rapide
ou au moins plus facile que les autres.
La seule espèce du genre que Levaillant
nous a fait connaître le premier est le Ba¬
teleur (Levail., Afriq ., pl. 7 et 8 etp. 20,
Falco ecaiidatus Sh.), le Bateleur a
courte queue ( Teraiopius ccaudatus
Less. , Tr. , p. 47, Hclotarsus f.ypus
Srn.) Il est au moins de la taille de l’Ai¬
gle Jean-Leblanc, mais beaucoup plus court;
car l’individu mâle adulte que nous possé¬
dons a de largeur, vu de face et d’un pli de
m
T. It
BAT
BAT
m
l’aile à l’autre , près de 22 centimètres , et
n’a de longueur, du bec à l’extrémité de la
queue, que 51 centimètres , et à l’extrémité
des ailes 62 centimètres. On voit que ces
ailes ployées dépassent la queue de 11 cen¬
timètres. Celle-ci porte à peine ^centimè¬
tres. Ses couvertures supérieures la recou¬
vrent jusqu’à 8 centimètres de son extré¬
mité, et les inférieures jusqu’à cette extré¬
mité même. La tête, le cou, tout le des¬
sous et les jambes , les ailes et les scapu¬
laires , en forme de deux bandes longitudi¬
nales , sont d’un beau noir avec quelques
reflets vert foncé ; tout le dos et la queue
d’un beau brun roux très vif. Toutes les
couvertures petites et moyennes de l’aile
d’un gris cendré , formant une large bande
alaire , se détachant sur le noir des rémiges
et des scapulaires ; la cire , la large peau
nue des lorum et les tarses d’un jaune ou
rouge orangé.
C’est, comme on voit, un des Oiseaux
de proie dont le plumage est le plus mar¬
quant , en même temps qu’il offre les for¬
mes les plus bizarres ; car, à cette queue
presque atrophiée , il joint les plumes la¬
térales de la tête , susceptibles de s’ébour-
riffer, et qui lui donnent un peu la phy¬
sionomie d’un rapace nocturne.
Ses allures et ses mœurs présentant aussi
quelques singularités, nous extrayons de
Levaillant les faits suivants.
Quand il vit, pour la première fois, voler
le Bateleur, il crut que quelque accident l’a¬
vait privé de sa queue, d’autant plus qu’il re¬
marqua dans son vol un mouvement très
extraordinaire ; mais il reconnut bientôt que
la queue écourtée de cet oiseau était un ca¬
ractère de l’espèce , et sa manière de voler
un jeu dont il s’amusait, en provoquant sa
femelle qui lui répondait de la même ma¬
nière. Il plane, dit l’auteur, en tournoyant,
et laisse échapper de temps en temps deux
sons très rauques , l’un d’une octave plus
haut que l’autre. Souvent il rabat tout à
Coup son vol jusqu’à une certaine distance
de la terre, en battant l’air de ses ailes, de
manière à faire croire qu’il s’en est cassé
une et qu’il va tomber. Sa femelle ne man¬
que jamais alors de répéter le même jeu. Ces
coups d’aile s’entendent à une très grande
distance, et leur bruit peut être comparé à
celui d’une voile dont un des coins s’est
détaché et que le vent agite avec violence.
Ces Oiseaux sont très communs près des
bois de Lagoa , au cap de Bonne-Espérance,
dans tout le pays d’ Auteniquoy , et le long
de la côte Natal jusqu’en Cafrerie. Ils se
tiennent par couples isolés dans les monta¬
gnes. La femelle est d’un quart plus forte
que le mâle, et, par conséquent, que l’in¬
dividu de notre description , et ses couleurs
ont en général un ton plus faible. Elle con¬
struit son nid sur les arbres , et ses œufs ,
au nombre de trois ou quatre, sont entière¬
ment blancs.
Le Bateleur, dit encore Levaillant, se
repaît comme les Yautours, de toute sorte
de charogne; cependant il attaque souvent
les jeunes Gazelles, les Agneaux ou les
Moutons malades près des habitations , et
les jeunes Autruches encore petites, lors¬
qu’elles se trouvent séparées de leurs père
et mère.
Il suffit de jeter un coup d’œil sur cet
oiseau pour reconnaître qu’il n’a point
les caractères des Aigles ; ses serres sont
moins fortement arquées, et son bec aussi,
par conséquent, moins vigoureux. C’est en¬
core une de ces espèces ambiguës qui tien¬
nent autant du Yautour que de l’Aigle.
L’opinion de cet excellent observateur
est d’autant plus fondée , qu’il ajoute plus
loin qu’il a remarqué que ces Oiseaux em¬
portaient, dans leurs jabots, la nourriture
qu’ils dégorgeaient ensuite à leurs petits ,
habitude particulière aux Yautours.
C’est donc avec grande raison que M. Les-
son a formé un genre particulier de cet oi¬
seau, qui ne pouvait rester dans les Cir¬
caètes où le plaçait Cuvier. C’est une de ces
espèces à caractères mixtes et même bi¬
zarres dans les formes comme dans les
mœurs, qu’on ne peut placer dans aucun
groupe connu, et qui doivent être type d’un
nouveau genre. Le docteur Smith, dans son
expédition de l’Afrique australe, et pendant
son séjour au cap de Bonne-Espérance , a
formé de cet oiseau son genre Helotarsus ,
et l’a appelé Helotarsus typus ; mais nous
croyons la formation de celui de Terato -
pins antérieure. Celui de Bateleur, comme
nom générique français, est certainement
le premier. (Lafr.)
* B ATEM ANNIE . Batcmannia. bot,
pu. — Genre de la famille des Orchidées,
tribu des Yandées, établi par M. John
Bindley {Bot. reg ., t. 1714) pour une plante
originaire de l’Amérique tropicale , et dont
les caractères sont les suivants : Les sépales
sont étalés ; les inférieurs , opposés au la-
belle , sont égaux et onguiculés à leur base ;
les deux intérieurs, plus larges, sont obli¬
ques et attachés sur les parties latérales du
prolongement inférieur du gynostème ; le
labelle , articulé avec la base du gynostème
prolongé , est concave et trilobé. L’an¬
thère , petite et biloculaire, contient deux
masses polliniques, bilobées dans leur par¬
tie postérieure et appliquées sur un réti-
nacle triangulaire.
Les pseudobulbes sont ovoïdes et comme
à quatre angles ; les feuilles obovales, oblon-
gues, plissées ; les fleurs, longuement pédi-
cellées et d’une teinte brune pourprée, sont
accompagnées chacune d’une bractée con¬
cave, renflée et comme quadrilatère. Elles
forment une grappe radicale. (A. R.)
BATHELIXJM (par 7i , percé ; ôviXyi , ma¬
melle). bot. cr.-— (Lichens). Acharius avait
d’abord créé ce genre {Meth. Licht.,y. 111)
pour un lichen africain , qu’il a depuis re¬
porté dans son g. Trypethelium. Voyez ce
mot. (C. M.)
*BATIIIS. ins. — Genre de Coléoptères
tétramères, famille des Chrysomélines, éta¬
bli par M. Dejean ( Catal. , 3e édit. ) sans
publication de caractères. Il y rapporte deux
espèces , l’une du Brésil méridional , nom¬
mée par lui B. cognata, et l’autre de Bué-
nos-Ayres, nommée par M. Buquet B.
bonariensis. Ce genre faisait autrefois
partie des Colaspis. (D. et C.)
*BATHSEBA (nom mythologique), ins.
— Genre de Coléoptères tétramères, famille
des Chrysomélines, établi par M. Dejean
{Catal. , 3e édit.), qui n’en a pas publié les
caractères. Ce g. ne renferme qu’une seule
espèce, nommée par lui B. transvcrsalis ,
et qui est du cap de Bonne-Espérance. Ce g.
appartenait autrefois à celui de Colaspis .
(D. etc.)
BATHYERGUS, Illig. mam. — Voyez
ORYCTÈRES.
* BATMYRHY1VCHES, Macn. (M'uç,
vaste \ bec), ois. — Genre synonyme
de celui de Paradoxornis de Gould. Voyez
PARADOXORNIS. (LAFR.)
* B ATIA (nom d’une Naïade), ins. — M.
Westwood ( Synops. of généra Briiish
ins. ? pag. 113) désigne ainsi , d’après Ste¬
phens, un g. de Lépidoptères nocturnes ,
de la famille des Tinéides, et auquel il donne
pour type la Tinea flavi frontella de Fa-
bricius. Voyez teigne. (d.)
*BATILLUS pelle), mole.—
M. Schümacher, dans son Essai dyu?ic
Classification des Testacès , donne ce nom
latin à un genre qu’il nomme Pelleron en
français , et qui est inutilement créé pour
quelques espèces du genre Turbo de Linné.
(Desh.)
BATIS, L. (ëaxo?, ronce), bot. ph. —
Genre non classé dont les caractères sont :
Fleurs dioïques. Fleurs mâles : Chatons
compactes, à écailles 1-flores, arrondies, 1-
flores , convexes à la base , concaves aux
bords, quadrisériées. Périanthe spathacé,
monophylle, comprimé. Étamines 4; filets
subulés; anthères oblongues, dithèques,
incombantes. — Fleurs femelles : Chatons
charnus, à écailles uniflores, acuminées,
presque planes, distancées, quadrisériées.
Ovaire subovoïde , pointu , adné au chaton.
Stigmate grand, sessile , bilobé. Baies suc¬
culentes, 1-loculaires, agrégées en syncarpe,
oblongues. Graines au nombre de 4 dans
chaque baie, triangulaires. — Arbrisseau
diffus. Rameaux opposés ; les jeunes sont
tétragones. Feuilles opposées, charnues.
Chatons axillaires, solitaires. Ce genre n’est
fondé que sur une seule espèce , le B. ma¬
ri tima Sw., qui croît sur les plages de l’A¬
mérique équatoriale. (Sp.)
* B ATOCER A ($âxoç, buisson ; xspaç,
corne), ins. — Genre de Coléoptères tétra¬
mères, famille des Longicornes, établi par
M. Dejean dans la 3e édition de son Cata¬
logue. On connaît plus d’une dizaine d’es¬
pèces qui rentrent dans ce genre, parmi les¬
quelles trois seulement ont été décrites :
Cerambyx armatus 01. ou humeridens
Latr. , Lamia &-rnaculata et L. rubus
Fabr., toutes originaires des Indes orien¬
tales ; cependant la dernière se rencontre
aussi aux îles Bourbon, de France et de Ma¬
dagascar. M. W. W. Saunders a fait insérer
une notice sur les habitudes de cette espèce
{Trans. ofthe Ent. soc., vol. I, p. 60), et
il dit à ce sujet : Ces Insectes se trouvent
pendant les mois de mai et juin, dans le
voisinage de Calcutta, sur le Pipai {Ficus
500
BAT
BAT
religiosa) , dont ils mangent les nourgeons.
Ils sont si fortement attachés aux branches
de cet arbre, qu’on ne peut les en détacher
que par une forte secousse. Leur vol a lieu
en ligne droite, et leur grande taille les fait
ressembler à de petits Oiseaux. Ce genre se
distingue des autres Lamiaires, leurs congé¬
nères, par ses antennes de 12 articles, gar¬
nies en dessous d’un grand nombre de peti¬
tes épines scabreuses ou crochues. Le corse¬
let est fortement étranglé près des extrémi¬
tés, et armé, sur le milieu latéral, d’une forte
épine aiguë. Les élytres sont tronquées ,
chargées de tubercules à leur base 5 l’é¬
paule est saillante et munie d’une épine ; le
sommet de la suture en offre aussi une pe¬
tite. (D. et C.)
BATOLITE. Batolitcs. moll. — Mont-
fort, dans sa Conchyliologie systémati¬
que a proposé ce genre pour une coquille
fossile , qu’il regarde comme cloisonnée, à
la manière des Orthocères. Ce genre, cor¬
respondant exactement à celui que Lamarck
nomme Hippurite , a été reconnu comme
un double emploi absolument inutile. Quel¬
ques auteurs l’ont cependant, à l’imitation
de Montfort, conservé parmi les Cépha¬
lopodes décapodes ; mais , depuis très
longtemps , nous avons démontré que les
Hippurites, et par conséquent les Batolites,
sont des Coquilles bivalves, voisines des
Sphérulites, et appartenant à la famille des
Rudistes de Lamarck. Voyez hippurite et
kudiste. (Desh.)
BATON, bot. — Les jardiniers donnent
ce nom aux plantes dont les fleurs sont dis¬
posées en épi le long d’un axe redressé et
rigide. C’est d’après ce principe qu’on a
nommé : Bâton de Jacob, V Àsphodelus
luteus ; Bâton de saint Jean, le Polygo-
num orientale-, Bâton d’Or , le Cheiran-
thus cheiri ; Bâton royae , l’ Asphodelus
albus. (C. d’O.)
BATONNET, mole. — Nom vulgaire
d’une jolie espèce de Cône , Conus tendi-
neus des auteurs. Voyez cône. (Desh.)
* BATOSCELIS (Pàroç, buisson; ax.e-
Xlç, cuisse ou jambe), ins. — Genre de Co¬
léoptères pentamères, famille des Cara-
biques, tribu des Harpaliens, établi par
M. Dejean dans son dernier Catalogue ,
mais dont il n’a pas publié les caractères.
D’après une note qui nous a été communi¬
quée par M. Reiche , l’un de nos Coléopté-
ristes les plus instruits , ce genre se distin¬
gue de ses voisins par un corps cylindrique;
par un corselet presque carré , très légère¬
ment rétréci postérieurement; par des man¬
dibules saillantes, très arquées, et enfin
par des pattes courtes, robustes, dont les
antérieures sont fortement échancrées inté¬
rieurement et armées extérieurement de 6
dents spiniformes ; et les intermédiaires et
les postérieures hérissées d’épines au côté
externe , ce que l’auteur a voulu exprimer par
le nom de Batoscelis.— Ce genre a pourtype
le B. Reichei Dej. C’est un insecte du
Bengale qui a tout à fait l’aspect d’un Cli-
vina ; mais M. Reiche pense que M. De¬
jean a eu tort de lui donner pour congénères
les Agonoderus ohlongus et discipenn is
de son Species , qui n’ont que deux dents au
côté interne des pattes antérieures, au lieu
de six qui caractérisent le genre dont il est
ici question. (D.)
*B AT E AC1XIDE A (^ârpax cç, gren oui l-
le; iiï sa, forme), ins. — M. Serville (Ins. or-
thop-i Suites à Buffon ) applique cette dé¬
nomination à une division du genre 7c-
trix , de la famille des Acridiens , compre¬
nant les espèces dont les ailes sont fort
courtes et rudimentaires, et dont l’extré¬
mité du prothorax ne dépasse pas le bout
de l’abdomen.
M. Serville rapporte à cette division les
Tetrix mucronata ( Encycl. du Brésil)
et hipunctata ( Gryllus bipunc talus
Lin.), commune dans une grande partie de
l’Europe. (Br.)
* B ATR AC MON (.Sxrpayjov, petite gre¬
nouille). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Carabiques , tribu des
Harpalides , établi par M. Chevrolat et
adopté par M. Dejean qui, dans son dernier
Catalogue, en mentionne trois espèces pro¬
pres au Mexique 5 la première nommée par
lui B. chalconotum et les deux autres B.
rana , et B. rufipalpum Ch. Ce genre est
voisin des Hypolithus. Ses principaux ca¬
ractères sont : Corps large , aplati. Palpes
labiaux , à deuxième article arqué et renflé
par l’extrémité ; pénultième presque uni¬
que, très aminci par le bas ; dernier oblong,
mince. Yeux saillants , grands, arrondis,
latéraux. Menton échancré semi-circulaire-
ment, armé d’une dent ; deux larges fosset-
BAT
BAT
501
tes entre les yeux, et deux autres sur la base
du corselet : celui-ci est presque droit en
avant et en arrière, coupé cependant un peu
obliquement près de l’angle postérieur ,
et élargi et arrondi sur le côté antérieur.
Élytres courtes, sinueuses près de l’extré¬
mité, à côtes peu élevées. Pattes à 4 articles
dilatés 5 3 et 4 trianguliformes. Le premier
article des tarses des pattes postérieures est
très allongé et le suivant d’un tiers plus
court. (G.)
15 Aï K ACHIT E ( Parpa^cç, grenouil¬
le ). min. — M. Breithaupt a désigné
sous ce nom un minéral d’un gris verdâtre
et d’un éclat gras qui , par son aspect, lui
a paru avoir quelque ressemblance avec le
frai de Grenouille , et qui vient du Mont-
Rizoni , dans la partie méridionale du Ty-
rol. Il est en masses compactes, présentant
quelques indices de clivages, qui mènent à
un prisme rhombique de 115°. Sa dureté est
celle de l’Apatite ; sa pesanteur spécifique
est de 3,04. Ses composants essentiels pa¬
raissent être la Silice et la Magnésie.
(Del.)
BATRACIIOIBE. Bairachus , Scbn.
(Pàrpajroç, grenouille), foiss. — Genre de
Poissons ainsi nommé par Lacépède, parce
que l’une des espèces qu’il réunissait à celle
sur laquelle il a établi ce genre avait reçu
de Muller l’épithète de Raninus. C’est le
Gadus raninus de Muller, devenu le Blen-
nius raninus de Linné, mais associé à tort
par Lacépède au Gadus tau Lin. L’espèce
a la tète large et grosse, ce qui fait ressem¬
bler ce poisson à un têtard de Grenouille.
Bloch , dans son édition posthume de
Schneider, eut la même idée, car il a nom¬
mé Batrackus le genre formé sur la même
espèce. Le caractère de ce genre de la fa¬
mille des Acanthoptérygiens, à pectorales
pédiculées , consiste dans une tète large et
plate; une gueule amplement fendue, le
plus souvent garnie de lambeaux cutanés ;
une dorsale très petite , sortant à peine
de la peau, suivie d’une seconde très lon¬
gue et étendue jusqu’à la caudale ; des pec¬
torales portées sur des bras courts et plats,
situées en arrière des ventrales; des jugulai¬
res à trois rayons, dont le premier est très
élargi par le bord de la peau. Les mâchoires,
le palatin et le vomer portent des dents, et
enfin le sous-opercule, armé de deux fortes
épines, est aussi considérable que l’opercule.
La membrane branchiostège a six rayons.
On retrouve d’ailleurs, dans ce poisson, le
caractère constant de tous ceux de cette fa¬
mille qui est de manquer de sous-orbitaire.
Lacépède, comme nous l’avons dit, et Bloch
ont gâté le genre naturel qu’ils dénom¬
maient en associant ensemble plusieurs es¬
pèces tout à fait éloignées les unes des au¬
tres. Aussi peut-on dire que, seulement de¬
puis la Monographie publiée dans notre
Ichthyologie , le genre a été régulière¬
ment fondé sur des caractères naturels.
Linné en connaissait deux espèces : l’une le
Gadus tau ; l’autre le Cottus grunniens.
Cette dernière épithète a été donnée par
Linné à l’espèce de Batavia, parce que les
Hollandais de cette colonie ont appliqué à
ce poisson le nom de Knorrhan ( Coq
bruyant ou grognant), qui est la dénomi¬
nation du petit Coq de Bruyère ( Tetrao
ictrix Lin.), et qui a été aussi appliqué à
des Poissons du genre des Trigles et autres
voisins. Willugby a traduit par Gallus
grunniens le nom hollandais qu’il pre¬
nait dans NicuholT, et c’est ainsi que l’épi¬
thète est restée à l’une des espèces. Ce genre
est embarrassant à placer dans la méthode
ichthyologique; mais, en examinant par
quel plus grand nombre de leurs caractères
les Batrachoïdes ressemblent aux autres
Poissons , on est conduit à les rapprocher
des Baudroies. Il en existe dans les deux
Océans. Les uns ont la peau nue, d’au¬
tres l’ont écailleuse. On trouve , sur
deux rives de l’Amérique méridionale, des
espèces à peau nue et sans barbillons, dont
les dents sont longues et crochues , et
qui pourraient bien être distinguées généri¬
quement. Je ne l’ai pas fait, parce que tous
les autres caractères rappellent suffisam¬
ment les Batrachoïdes. L’une d’elles est le
Niqtji de Marcgrave. ( Val.)
* BATRACBOBHIIVA (parpa^ç, gre¬
nouille ; p’v, nez), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Longicornes,
établi par M. Dejean dans son 3e Catalogue,
avec une espèce qu’il nomme B.cylindrica,
et qui se trouve aux îles de France et de
Bourbon. Ce genre a été placé par lui après
les Xylotrihus de Serville,et par conséquent
dans la tribu des Lamiaires de cet auteur j
mais sa place véritable est à côté des 7’mc-
502
BAT
BAT
sxstcmus de Latreille , faisant partie de sa
tribu des Cérambycins. Il en diffère, en ce
que le corselet est convexe , presque en
disque, qu’il s’avance anguleusement sur
l’écusson , et que les étuis en sont plus
étroits et arrondis chacun sur l’extrémité.
Le présternum est large et arrondi ; il ne
dépasse guère l’origine des pattes antérieu¬
res et ne fait que les séparer entre elles. Le
mésosternum offre une petite saillie arron¬
die , en avant de laquelle , en dessous , est
une faible dépression pour recevoir une par¬
tie du présternum. (C.)
BATRACHOSPEÇME. Batrachos-
permum ( pârpayo; , grenouille ; cnrep|x« ,
semence), bot. cr. — (Phycées). Genre établi
par Roth pour le Conferva gdalinosa de
Linné , nom sous lequel plusieurs plantes
étaient confondues. Depuis, ce g. a été sub¬
divisé en plusieurs autres. Les caractères
distinctifs de celui-ci peuvent être établis
ainsi : Fronde entourée d’un mucus assez
épais, formée de filaments le plus souvent
rameux, pellucides, articulés, striés longi¬
tudinalement, chargés, au sommet de cha¬
que article , de faisceaux verticillés de ra-
mules articulés, moniliformes, colorés. Au
milieu des ramules se trouvent des gemmes
arrondies, considérées comme des organes
fructifères. Les détails que renferme l’ar¬
ticle batrachospermées , qui suit immédia¬
tement, sont destinés à compléter celui-ci.
Les esp. du g. Batrachosperme, au nom¬
bre de huit à dix, habitent les eaux douces,
ou si quelques individus ont été trouvés sur
les bords de la mer , c’est sur des points
où des rivières viennent mêler leurs eaux
à l’eau salée. Ces Algues aiment surtout les
eaux vives et courantes ; elles ont un port
élégant. L’esp. la plus commune et la
plus connue, le B. moniLiforme R., est
polymorphe. Elle est remarquable par sa
consistance gélatineuse et les paquets glo¬
buleux de ses ramules, qui, se trouvant es¬
pacés assez également sur les filaments
principaux , lui donnent quelque ressem¬
blance avec le frai de Grenouille, ainsi que
l’exprime l’étymologie du nom de ce genre.
Cette algue, d’une couleur brunâtre plus ou
moins foncée , adhère fortement au papier
sur lequel on en prépare des échantillons
pour l’herbier ; et , dans cet état , si elle
reste exposée à l’influence de la lumière ,
elle ne tarde pas à prendre une teinte d’un
beau violet. Le B. vagum Ag. est quelque¬
fois d’un vert bleuâtre. Le B. tenuissi-
rnum Bor. a des filaments déliés comme
des cheveux , et dont les articles allongés
sont à peine chargés de quelques ramules
très courts. (Bréb.)
* BATRACHOSPERMÉES (Pârpa yoçf
grenouille 5 arapp.a , semence ). bot. cr.
— (Phycées ). Tribu renfermant un certain
nombre de genres qui ont été, pour la plu¬
part , établis aux dépens du g. Batrachos-
permum de Roth. Les caractères généraux
de ce genre d’ Algues sont : Une fronde fila¬
menteuse ou globulaire, formée de filaments
articulés , rameux , enveloppés d’un mucus
gélatineux. Dans ces plantes , le filament
principal , sorte de tronc primitif sur le¬
quel sont implantés des faisceaux de ra¬
mules souvent verticillés, semble d’une
autre nature que les filaments accessoires.
Les loges de ceux-ci sont pourvues d’un en-
dochrome abondant, coloré , tandis que les
articulations du filament central qui a at¬
teint tout son développement sont presque
toujours diaphanes et à peine marquées de
taches ou zones endochromiques. Les ra¬
mules articulés sont souvent terminés par
des prolongements capillaires diaphanes,
d’une grande ténuité, et qui paraissent inar¬
ticulés, lors même qu’ils sont examinés avec
un microscope dont le pouvoir amplifiant
est très puissant. On a regardé comme des
fructifications des gemmes qui se trouvent
au milieu des rameaux. Elles sont formées
de corpuscules agrégés, entourés de ra¬
mules. Nous croyons qu’on doit les consi¬
dérer comme des sortes de bourgeons ; et, à
ce titre, on peut leur reconnaître des fa¬
cultés reproductrices.
Six genres doivent être rapportés à cette
tribu: ce sont les g .Diidresnaya, Bonnem.;
Mesogloia , Ag.; Thorea, Bor. ; Batrachos-
permum , R.; Draparnalclia , Bor.; et
Chœtopkora , Ag. Les deux premiers ren¬
ferment des Algues marines ; les autres ne
représentent que des espèces d’eau douce.
(Bréb.)
* BATRACHOSPERMELLÀ (parpa-
X oç, grenouille; <nr£pp.a, semence), bot. cr.
(Phycées). — Nom donné au g. Batrachos-
permum par Benj. Gaillon, qui voulait faire
adopter une terminaison identique pour tous
BAT
BAT
les noms de certains groupes d’Algues.
(Bréb.)
* BATRACHOSTOMUS, G. (Pefrpaxoc,
grenouille ; oro^ a , bouche), ois. — Genre
formé par Gould de celui de Podarge de
Cuvier , pour l’espèce décrite et figurée de
Temminck dans ses Planches coloriées ,
sous le nom de Podarge cornu. (Lafr.)
* BATRACHOTETRIX ( parpa^oç ,
grenouille; rïtpiÇ, sorte d’oiseau), ins. —
Genre de la famille des Acridiens, de l’ordre
des Orthoptères, établi par M. Burmeister
(. Handb . der Eut.) sur deux espèces exoti¬
ques : B. bufo et B. granulata Herb.; la
première, du cap de Bonne-Espérance, fi¬
gurée dans l’ouvrage de Stoll, pl. 8, b ,•
l’autre, des Indes orientales, décrite et figu¬
rée dans les Archives de Herbst. Les Ba-
trachotetrix se rapprochent des Telrix et
des Ommexecha ; mais ils s’en distinguent
surtout par l’absence d’ailes dans les deux
sexes. (Bl.)
BATRACHIÎS. roiss. — Voyez batra-
CHOIDE.
BATRACIENS (fiat pa%o$, grenouille).
rept. — Les Batraciens forment le qua¬
trième ordre de la classe des Reptiles , et
diffèrent des trois ordres précédents par
des caractères tellement distincts, qu’on peut
les regarder comme formant un des groupes
les mieux définis de la méthode naturelle.
Ils ont pour caractères : Un tronc déprimé,
trapu, arrondi ou allongé ; un sternum dis¬
tinct et généralement très développé; des
côtes rudimentaires ou nulles ; des vertè¬
bres dorsales en nombre variable, depuis
dix seulement, comme chez les Anoures,
jusqu’à quatre-vingt-dix , comme chez les
Sirènes. Le corps terminé par une queue ou
privé de ce membre. La peau nue, molle,
sans aucune apparence d’écailles , excepté
chez les Cécilies. La tête déprimée, à contour
antérieur semi-circulaire, articulée avec l’a¬
tlas par deux condyles occipitaux. Le cou nul
ou non distinct de la tête et du tronc. Les
pattes nulles, incomplètes ou variables par
leur nombre et leur proportion ; les doigts
dépourvus d’ongles ou munis tout au plus
de petits étuis cornés , et généralement très
propres à recevoir les impressions tactiles.
Les fonctions sensoriales obtuses. Chez les
uns , l’œil se rapprochant de celui des Pois¬
sons et chez quelques espèces petit ou nul.
SOS
Les paupières mobiles dans 1a plupart des
cas; conduit auditif externe. Un cœur à un
seul ventricule et à une seule oreillette cloi¬
sonnée : le sang à globules volumineux et
ellipsoïdes; des poumons auxquels se joi¬
gnent, dans le premier âge, des branchies
analogues à celles des Poissons, supportées
par des arceaux cartilagineux, résultant du
prolongement de l’os hyoïde. En arrivant à
l’état parfait , la plupart perdent leur appa¬
reil branchial , tandis que d’autres les con¬
servent toute leur vie. La respiration pul¬
monaire s’opérant par un mécanisme sem¬
blable à la déglutition. Point d’organes co-
pulateurs chez les mâles ; accouplement par
simple contact, et se prolongeant pendant
plusieurs jours. Des œufs à enveloppe
membraneuse , pondus, le plus souvent ,
avant la fécondation et grossissant après la
ponte. Des petits subissant divers degrés de
transformations : d’abord dépourvus de
membres et munis d’une queue , ils pren¬
nent , en grandissant , quatre pattes et per¬
dent leur queue comme les Anoures, ou la
conservent comme les Urodèles et les Pé-
romèles. Presque tous vivent dans l’eau ou
dans les lieux humides; ils sont herbivo¬
res dans leur premier âge et deviennent
carnivores, en passant à l’état parfait,
mais jamais il ne se nourrissent de débris
d’animaux. Tels sont les caractères com¬
muns qui unissent les Batraciens ; car, sous
tous les autres rapports, ils présentent des
différences marquées dont nous avons indi¬
qué quelques-unes seulement.
Leur histoire , longtemps mal connue ,
n’est sortie du chaos qu’à l’époque où Lau-
renti les étudia méthodiquement et les
classa; nous devons à M. Al. Brongniart
la division des Reptiles en quatre ordres.
C’est lui qui leur a assigné les noms adoptés
maintenant par la plupart des naturalistes;
mais c’est M. Duméril qui, dès 1807, a
posé les bases de leur distribution actuelle,
par son savant Mémoire sur la Division
des Reptiles Batraciens. Quoiqu’à cette
époque il eût encore laissé les Cécilies
parmi les Ophidiens, il avait déjà indiqué
avec précision les caractères qui établissent
des points de similitude entre ces Reptiles
et les Batraciens. C’est d’après cette don¬
née que les erpétologistes, et Oppel le pre¬
mier , ont fait de ce genre une famille de
504
BAT
BAT
Tordre des Batraciens , ce que G. Cuvier
n’avait pas encore fait dans sa seconde édi¬
tion du Règne animal , publiée en 1829 ,
parce qu’il ignorait que ces animaux su¬
bissent des métamorphoses ; cependant ,
frappé de leur analogie avec les Reptiles, il
les avait placés sous le nom de Serpents nus,
à la fin de l’ordre des Ophidiens, comme
établissant le passage aux Batraciens. De¬
puis, les travaux de J. Wagler, du prince
Ch. Bdhaparte et du professeur Müller de
Bonn , ont confirmé l’arrangement dont la
première idée est due aux naturalistes fran¬
çais. Dans la méthode adoptée aujourd’hui
par MM. Duméril et Bibron , les Reptiles
qui composent Tordre des Batraciens sont
partagés en trois sous-ordres , fondés sur
des particularités de leur organisation ex¬
terne, faciles à saisir; ce sont l’absence
complète des membres et la privation ou
l’existence de la queue.
Le premier sous-ordre est celui des Pé-
komèles, Reptiles de structure anomale, et
établissant, d’un côté, le passage des Ophi¬
diens aux Batraciens et, de l’autre, aux
Poissons. Leur corps est cylindrique et nu;
leurs membres nuis ; leurs yeux à peu près
cachés sous la peau et manquant quelque¬
fois. L’articulation des vertèbres a lieu
comme dans les Poissons; elles sont creu¬
sées en avant et en arrière d’une cavité co¬
nique remplie d’un liquide gélatineux. Leur
squelette présente, comme chez les Serpents,
de longues rangées de côtes, mais trop
courtes pour entourer le tronc. Dents maxil¬
laires et palatines sur deux lignes et quel¬
quefois recourbées en arrière, comme dans
les Ophidiens. Les Péromèles forment une
seule famille, celle des Céciloïdes, com¬
prenant quatre genres.
Le second sous-ordre est celui des Anou¬
res, qui perdent leur queue à une certaine
époque de leur vie, et ont pour caractères :
Corps court et ramassé ; quatre membres ;
queue nulle après leur métamorphose. Pat¬
tes plus longues que le tronc dans les
Grenouilles, et plus courtes dans les Cra¬
pauds. Doigts élargis en pelottes chez les
Rainettes et munis d’étuis cornés chez les
Dactylèthres. Les Anoures sont divisés en
deux groupes : les Phanèroglosses , ou à
langue distincte , composés des trois fa¬
milles des Raniformes ; des Hvlœformes et
des Bufoniformes , et les Phrynagh $-
ses , ou à langue nulle , composée de la
seule famille des Pipœformes, comprenant
en tout quarante-six genres.
Le dernier sous-ordre est celui des Uro-
dèues à métamorphose moins complète, à
queue ronde ou comprimée et persistante,
à côtes rudimentaires, à branchies cadu¬
ques ou nulles. Pattes bien ou mal déve¬
loppées, et quelquefois, comme chez les Si¬
rènes, deux pattes antérieures seulement.
On en forme deux groupes : les Atctroclè-
res , dont le cou n’a ni trous ni branchies,
et qui sont composés de la famille unique
des Salamandrides , et les Trèmatodè-
res , dont le cou a des fentes ou trous dis¬
tincts, et qui est formée des deux familles
des Amphiumides et des Protéïdes.
(C. n’O.)
* BATRACIENS FOSSILES, pa-
léont. — Des os séparés et même quelques
squelettes à peu près complets de Batra¬
ciens se rencontrent dans les parties des ter¬
rains tertiaires formées par les eaux douces,
et nous savons maintenant que, dès que les
Reptiles ont existé sur la terre, il y a eu des
animaux de cet ordre , ou du moins qui en
possédaient les principaux caractères. C’est
ce qui résulte de la découverte faite par M.
Jæger, dans le Keuper de Wurtemberg, d’un
reptile qui, par la composition et la forme
générale de sa tête, aussi bien que par son
double condyle occipital, doit être rangé
parmi les Batraciens, et c’est probablement
le Batracien le plus gigantesque; car sa
tête présente un disque aplati, demi ellip¬
tique, qui n’a pas moins de soixante-douze
centimètres de long sur cinquante-sept de
large, et au milieu duquel sont percés deux
grands orbites oblongs. La composition de
cette tète se rapproche beaucoup de celle
des Pélobates ; mais elle offre ceci de parti¬
culier que Tintermaxillaire est percé, à son
extrémité antérieure , de deux trous pour
laisser passer et saillir au dehors, comme
deux cornes , deux longues dents coniques
du maxillaire inférieur. Ce fossile a reçu le
nom de Salamandroides Jœgeri. Voyez ce
mot.
C’est parmi ces animaux qu’a dû être
classée la célèbre pétrification des car¬
rières schisteuses tertiaires d’OEningen,
que Scheuchzer publia, en 1728, dans une
BAT
dissertation intitulée : l’Homme témoin du
Déluge {Hcmo diliivii testis), et que
Cuvier, grâce à la précision qu’il avait
introduite dans la distinction des carac¬
tères ostéologiques , reconnut pour être
le squelette d’une espèce de Salaman¬
dre , qu’il nomma, en considération de sa
taille (un mètre et demi de longueur) , * Sa¬
lamandre gigantesque. Ce fossile, étudié
de nouveau par M. de Tschudi , a été placé
par lui , dans sa Classification des Batra¬
ciens insérée dans le tome II des Mé¬
moires de Neufchâtel, entre le Megaloba-
trachus ( grande Salamandre de Java ) et
le Mcnopoma. Il le nomme Andrias
Scheuckzeri (l’homme de Scheuchzer),
en commémoration, sans doute, de la dé¬
couverte et de l’erreur de ce savant.
Ces mêmes schistes d’OEningen ont
fourni deux espèces de Crapauds, dont l’une
a été rapprochée, par Cuvier, du Crapaud
des joncs, et l’autre, publiée par M. Agas-
siz , sous le nom de Bombinator OEnin-
gensis. M. deTschudi appelle la première
Palæophrynos Gesneri , et la seconde, Pe~
lophilus A gassizii. Enfin ce dernier au¬
teur a créé les noms de Paheobafrachus
Goldfussii pour la Grenouille publiée par
M. Goldfuss, dans le XVe volume des Cu¬
rieux de la Nature, sous ceux de Rana di~
luviana , et qui se trouve dans le lignite
schisteux tertiaire des environs de Bonn ,
au lieu dit des Sept Montagnes. M. Gold¬
fuss a également trouvé, dans ce même li¬
gnite, deux autres Batraciens urodèles, aux¬
quels il a imposé les noms de Salaman-
dra oqygia et de Triton noachicns.
Les terrains tertiaires du Brabant méri¬
dional ont offert à M. Charles Morren des
ossements de Batraciens en assez grand
nombre ; mais il n’en a déterminé ni les
genres , ni les espèces.
Enfin, dans les terrains tertiaires du dé¬
partement du Gers , M. Lartet a découvert
des Batraciens anoures et urodèles. U pense
avoir reconnu déjà dix à douze espèces des
premiers et quatre à cinq des seconds. Il a
même trouvé des vertèbres qui indiquent
un nouveau genre, car elles présentent les
formes générales de celles des Grenouilles,
et cependant leurs corps s’articulent entre
eux comme dans les Salamandres , c’est-à-
dire par des surfaces convexes en avant et
BAT 505
concaves en arrière* contrairement à ce qui
se voit dans les Grenouilles.
Au dessus des terrains tertiaires , l’épo¬
que diluvienne ne présente guère d’osse¬
ments de Batraciens que dans des fentes de
rochers et dans des cavernes. On conçoit,
en effet , que les grands mouvements des
eaux et des matériaux qu’elles entraînaient
à cette époque ont dû anéantir les restes si
fragiles de ces animaux, excepté dans quel¬
ques endroits à l’abri des grands courants.
Au reste , l’ostéologie des Batraciens étant
généralement assez négligée , et la recher¬
che des dépouilles que ces animaux ont
laissées demandant, pour la plupart du
temps, une patience peu commune, il n’est
pas étonnant qu’on n’en connaisse encore
que très peu. Nous ne doutons pas que les
géologisles qui se trouveront dans des cir¬
constances favorables n’en découvrent beau¬
coup ; car plus on fouille cette mine paiéon-
tologique , ouverte avec tant de bonheur
par Cuvier , plus on peut se convaincre de
la justesse de l’idée que ce savant a émise,
qu’à chaque époque géologique existait une
population nombreuse en genres et en es¬
pèces, afin que la diversité des instincts pût
maintenir par leur action un équilibre sta¬
ble, non seulement dans le règne animal
mais aussi dans le règne végétal , c’est-à-
dire entre tous les corps organisés.
(I, D.)
* BATRATHEHUM (|3a% qui mon¬
te ; àôrîp, épi), bot. ph. — Famille des
Graminées, tribu des Andropogonées. Ce
g., qui a pour type VAndropogon lan-
ceolatus de Roxburgh , espèce indienne ,
a été formé par le prof. Nees d’Esenbeck
( in Edimb. now philosoph . Journ. ,
XVIII , p. 180). Ses épillets sont géminés à
chaque dent du rachis ou axe commun ; l’un
des épillets est sessile et fertile, l’autre est
pédicellé et neutre. L’épillet fertile se com¬
pose de deux fleurs : l’une inférieure, neutre
et unipaléacée; l’autre hermaphrodite et fer¬
tile. La lépicène est formée de deux écailles
égales et aiguës ou bidentées au sommet.
Les paillettes de la glume sont un peu plus
courtes que la lépicène : l’extérieure allon¬
gée, un peu bidentée à son sommet, donne
naissance, à la partie inférieure de son dos,
à une soie géniculée à son milieu et tordue ;
la supérieure ou intérieure est petite, étroite
, - 32*
T II.
BAT
506 BAT
et lancéolée ; les deux paléoles sont larges
et tronquées. (A. R.)
* BATBISUS. ins. — Genre de Coléop¬
tères dimères, établi par M. Aubé dans la
famille des Psélaphiens , division de ceux à
tarses monodactyles ( Pselaphiorum Mo-
nographia , pag. 45), et qu’il caractérise
ainsi dans son Synopsis : Corps allongé et
cylindrique ; antennes moniliformes , lo¬
gées dans un enfoncement latéral de la
tète ; corselet trapézoïde , ayant en dessus
trois sillons longitudinaux. — M. Aubé rap¬
porte à ce genre huit espèces , dont 5, sui¬
vant M. Lacordaire, se trouvent aux envi¬
rons de Paris. Ce sont de très petits Insec¬
tes qui vivent pour la plupart en société
avec les Fourmis, et dont quelques-uns
habitent sous les écorces et dans le bois en
décomposition. Nous citerons, comme type
du genre, le Bairisus formicarius Aub.,
figuré dans sa Monographie , pl. 89, fig. 1,
a-d. (D.)
BATSCHIA ( Batsch , botaniste alle¬
mand). bot. rn. — Ce nom a été appliqué
par Gmelin à une section du genre Litho-
spermnm. Yahl l’a employé comme syno¬
nyme du genre IJumholdtia ; Thunberg ,
comme synonyme du genre Trichoa ; et
Mœnch, comme synonyme d 'Eupatorium
azeratoides. (Sp.)
BATTANTS, rept. — On donne ce nom
aux deux pièces mobiles qui, dans les Émy-
des à charnières, se trouvent en avant et en
arrière du plastron, et permettent à ces ani¬
maux de s’enfermer dans leur test comme
dans une boîte, en les rapprochant, après
qu’ils ont retiré leur tête, leur queue et
leurs pattes. (C. d’O.)
BATTANTS, mole. — Dans l’ancien lan¬
gage conchyliologique , on nommait ainsi les
valves de toutes les Coquilles bivalves ; mais
ce mot est tombé en désuétude. On se con¬
tente de nommer valve droite et valve gauche
les deux parties d’une coquille bivalve.
(Desh.)
BATTANTS. bot.-- Voyez valves.
B ATT ARE A (nom propre), bot. cr.
— Persoon (Syn. Fung ., p. 129, tab. 111,
fig. 1) a dédié ce genre de Champignons à
l’illustre Battarra, auteur de l’un des meil¬
leurs ouvrages en cryptogamie [Fungorum
a g ri Ariminensis historia). Woodward
(Ad. angl ., vol. LXXIY, p. 423, tab. 161 a
fait le premier connaître l’espèce qui a servi
de type. Ce genre appartient à la famille des
Lycoperdacées, quoique, pour la forme gé¬
nérale, il ait des rapports avec les Phalloï-
dées. Il est caractérisé par une volve qui
renferme , dans les deux feuillets dont elle
se compose, une matière gélatineuse. Cette
volve se rompt et il en sort un pédicule creux,
presque ligneux, qui supporte un chapeau
campaniforme , lisse en dessous , filamen¬
teux et pulvérulent en dessus. La membrane
interne de la volve recouvre toute cette par¬
tie comme le ferait un capuchon. — On con¬
naît trois espèces de ce genre. 1° Le B.
phalloides Pers., trouvé en Angleterre
Sa volve est enfoncée à une profondeur de 18
ou 20 centimètres en terre, ovale , blanche,
formée de deux membranes qui renferment
une matière mucilagineuse. Le pédicule est
nu , cylindrique, d’une consistance presque
ligneuse, fendillé et écailleux à la surface,
et presque de la longueur d’un pied. Le cha¬
peau est campanulé, courbé en bas, glabre
en dessous et éloigné du pédicule. Sa face
supérieure présente une couche assez
épaisse de filaments et de spores rousses.
Le feuillet interne de la volve, en se déchi¬
rant, y demeure adhérent et la recouvre
comme le ferait une coiffé. 2° Le B. Steve -
niiY. (JDendromyees Stevenii Libosch.,
Monog. wien ., 1814, fig. 1, 2) croît dans les
sables, sur les bords duWolga.il atteint jus¬
qu’à 35 centimètres de hauteur; il présente
un chapeau coriace, mince, celluleux en des¬
sus et recouvert d'une très grande quantité
de spores d’un jaune brun, diaphanes sous le
microscope. 3° Le B. Gaudichaudii Mont.
(Ann. des sc. na t. , t. II, p. 76, tab. 4 ,
fig. 1) a été découvert en juin 1831, par
M. Gaudichaud , près de Lima , au Pérou,
sur les bords desséchés du Rimac. Des des¬
criptions et des figures incomplètes des au¬
teurs, dit M. Montagne, il résulte pourtant
que notre B. Gaudichaudii diffère du B.
phalloides Pers. par la présence d’un cor¬
don dans la cavité du stipe et la non-con¬
fluence du stipe ; du B. Stevenii par un
chapeau convexe hémisphérique, et de tous
les deux par la couleur des sporidies qui
sont d’un brun pourpre. Malgré lés détails
dans lesquels je suis entré , je regarde le
genre Battarea comme peu connu. Tant
au’ on n’aura pas l’occasion de l’analyser à
BAÜ
507
dAU
l’état frais, la description laissera toujours
quelque chose à désirer. (Lév.)
BAl'BIS. mam. — Yariété du Chien do¬
mestique, appelé aussi Chien Normand ,
dont le corps est épais et la tête courte, et
qu’on emploie particulièrement à la chasse
du Renard et du Sanglier.
BAUD. mam. — Race de Chiens origi¬
naires de Barbarie et qu’on appelle aussi
Chiens cerfs ou Chiens muets.
BAUDET, mam. — Nom vulgaire de
l’Ane.
BAUDEYÏA, Lesch. (Baudin, capitaine
du navire que montait Riedlé). bot. ph. —
Synonyme du genre Calothamnus .
B A U DISSÉ RITE . min. — Même chose
que Baldissérite. (Del.)
BAUDRIER DE NEPTUNE, bot. cr.
— (Phycées). Nom vulgaire de la La-
min aria sciccharina , en raison de sa
forme et de la longueur souvent considéra¬
ble qu’elle atteint. Voyez laminaire.
(C. M.)
BAUDROIE ouBE AUDREUIE.poiss.
— Nom vulgaire d’un poisson très remarqua¬
ble , que les pêcheurs de Marseille ont ,
dit-on , composé de cette sorte de bourse
attachée à la ceinture , et qu’on appelait au¬
trefois Baudrier , de Balteus et de (3aXav-
rtov. Ce mot a été employé ensuite comme
dénomination générique des espèces qui
viennent se grouper près de celui-ci.
Aussi commune dans la Méditerranée que
dans l’Océan d’Europe , et s’avançant assez
haut vers le nord , au moins jusqu’au 60e
degré , la Baudroie est un poisson célèbre
par sa taille, qui va jusqu’à 1 mètre 70 cen¬
timètres ; par sa forme bizarre et laide ;
par ses instincts ou les ruses qu’on lui at¬
tribue; parsa conformation, et surtout aussi
par les exagérations ajoutées à ce qu’il y a
de vrai et de naturel dans les traits que nous
allons signaler.
La Baudroie a la tête énorme, déprimée,
et comme circulaire. En arrière, le disque
se prolonge en une queue conique , soute¬
nant une petite nageoire. Une dorsale basse
et courte est sur le tronçon de cette queue ;
et, sur la tête, sont trois ou quatre longs
filets, terminés par un lambeau charnu
que M. Cuvier a reconnu pour être les
rayons d’une première dorsale très allongés
et avancés jusque sur le ver.tex, entre les
yeux. Leur articulation est faite au moyen
d’un anneau entré dans un autre, attaché
à l’inter-épineux qui doit le soutenir. Ce
mode de jonction donne à ces rayons une
mobilité très grande , due aux muscles dont
ils sont pourvus. Une gueule énorme s’ou¬
vre à la partie antérieure de la tête; la mâ¬
choire inférieure dépasse la supérieure ;
les dents sont longues et en herse , et les
palatins ainsi que le vomer en sont hérissés.
La largeur prodigieuse de la tête tient au
grand développement de la membrane bran-
chiostège , soutenue par de longs rayons au
nombre de six, et qui, au lieu d’être fen¬
due sur les côtés des ouïes , se prolonge
pour se contourner et embrasser la base de la
nageoire pectorale , qui paraît ainsi sortir
par la fente de l’ouïe , et être soutenue sur
une espèce de pédicule ou de petit bras. Le
pourtour du disque de la tête est garni
de lambeaux cutanés , plus ou moins fran¬
gés ou découpés, et ils s’étendent aussi de
chaque côté de la queue. Ces énormes sacs
contiennent les branchies qui, par une ex¬
ception unique dans le groupe des Acan-
thoptérygiens , n’ont que trois feuillets seu¬
lement de chaque côté. Tous les autres
Poissons en ont quatre. Un autre caractère,
commun à tous ceux de sa famille, consiste
dans l’absence du sous-orbitaire. Les pec¬
torales sont portées sur deux os du carpe
assez allongés, et qu’on a cru à tort être le
radial et le cubital de l’avant-bras. Ces deux
derniers os sont employés à former, comme à
l’ordinaire , la ceinture osseuse de l’épaule,
et à donner insertion aux os pelviens , aux¬
quels sont attachées deux petites ventrales
jugulaires. Parmi les organes des sens, celui
de l’odorat mérite d’être mentionné, à
cause de la singulière disposition de la na¬
rine. Il faut rappeler que, chez les Poissons,
il y a deux ouvertures à chaque narine : une
antérieure, et l’autre située au-delà. Tantôt
elles se touchent, tantôt elles sont éloignées,
il y a même beaucoup de variations à ce sujet.
Chez la Baudroie, les deux ouvertures sont
pratiquées à l’extrémité d’un tentacule
charnu , long d’un centimètre au moins, et
traversé par le nerf olfactif qui s’ouvre
sur les lamelles de la membrane pitui¬
taire, logées dans le tube. U paraît que cette
disposition a pour objet de favoriser la per¬
ception des odeurs, l’animal dressant ses
508
BAU
tentacules et les portant vers les corps qui
envoient des émanations odorantes. Je crois
aussi que, vivant dans le sable et sou¬
vent recouvert de limon , il trouve dans
cette conformation un moyen de tenir les
narines au dessus de la surface vaseuse , et
de garantir ainsi sa membrane pituitaire
des excitations fâcheuses que lui pourrait
causer l’introduction de corps étrangers, et
de lui laisser constamment le libre usage de
cet organe.
L’habitude de ce poisson est de vivre sur
le sable ou enfoncé dans la vase, et de faire
flotter au dessus les filets longs et très
mobiles de sa tête. Les lambeaux qui les
terminent semblent des appâts, attirant
autour d’eux les petits Poissons que la
Baudroie engloutit facilement dans son
énorme gueule. Je crois que c’est à cela
qu’il faut réduire ce qu’il y a de vrai dans
les pêches des Baudroies. La force de ces
Poissons est très grande, et Rondelet rap¬
porte qu’ils peuvent vivre longtemps hors
de l’eau. Cet habile ichthyologue affirme
qu’une d’elles, abandonnée pendant deux
jours parmi les herbes du rivage, saisit à la
patte un jeune Renard , et qu’elle le retint
pendant longtemps, ce qui prouve la force
de ses mâchoires et des dents recourbées qui
y sont implantées. Artédi a fait avec rai¬
son un genre de la Baudroie, en se servant
des données que lui fournissaient Be-
lon, Salviani, Rondelet; mais il a mécon¬
nu ses caractères naturels. Il commence
par nier l’existence de la membrane bran-
chiostège chez ce poisson; c’est, au contraire,
celui qui l’a de tous la plus développée ; ce¬
pendant il le place dans son ordre des Bran-
chiostèges, avec plus de raison que ceux qui
en font un poisson cartilagineux, et plus ju¬
dicieusement surtoutque Linné qui le plaçait
comme un reptile avec les autres cartilagi¬
neux, dans ses Amyhibia nantia. Ce
genre reçut d’ Artédi, à cause de l’espèce
de crête ou de panache formée par les
grands rayons antérieurs, le nom de Lo-
phius. Deux autres espèces y furent d’a¬
bord réunies ; puis Gmelin et Lacépède en
ajoutèrent plusieurs autres, mais qui n’a¬
vaient tout au plus que des caractères de
famille et du même genre que la Baudroie.
M. Cuvier, en établissant la famille des
àcanthoptérygiens à pectorales pédiculces ,
BAU
a fait une entière réforme et a réduit les ca¬
ractères du genre Baudroie aux suivants :
Acanthoptérygien à tête grande, grosse,
large , déprimée , épineuse ; à gueule très
fendue , armée de dents coniques sur les
mâchoires , les palatins et le vomer ; point
de sous-orbitaire. Six rayons à la membra-
né branchiostège recouvrant trois arceaux
branchiaux seulement. Deux dorsales, l’an¬
térieure avancée sur la tête et formée de
rayons libres, longs et grêles.
Plusieurs auteurs admettent une seconde
espèce de Baudroie dans la Méditerranée.
Il y en a deux autres dans l’Atlantique et
une dernière dans les mers du Japon.
(Va,..)
BAUDRUCHE, mam. - — Voyez in¬
testins.
BAUERA, Salisb. (Baüer, frères, bota¬
nistes et dessinateurs allemands), bot. ph.
— Genre type de la famille des Bauéracées.
Les caractères essentiels en sont : Calice 6-8-
parti. Étamines à filets filiformes. Anthères
ovales. Capsule didyme, biloculaire, polys-
perme. Graines oblongues , tuberculeuses.
— Arbrisseaux. Feuilles opposées , sessi-
les, trifoliolées, non stipulées. Fleurs axil¬
laires ou terminales, pourpres. Ce genre
est propre à la Nouvelle-Hollande : on en
connaît 5 espèces. (Sr.)
*BAUÉRACÉES. bot. ph. — M. Lindley
sépare le genre Bauera des Cunoniacées ou
Saxifragées ( voyez ce mot) , auxquelles on
le rapportait , pour en faire le type et jus¬
qu’ici l’unique genre d’une famille qui se dis¬
tinguerait des précédentes par ses étamines
indéfinies, dont les anthères s’ouvrent au
sommet par deux pores, ainsi que par son
port particulier. Il est inutile de s’étendre
sur ses autres caractères , puisque ce se¬
raient ceux du genre Bauera. (Ad. J.)
BAUHIAIA, Plum. (Bauhin, frères, bo¬
tanistes du xyie siècle), bot. ph. — Genre de
la famille des Légumineuses (sous- ordre des
Césalpiniées). M. De Candolle (Prodr., II,
p. 512) lui assigne les caractères suivants :
Calice spathacé ou irrégulièrement 5-fide,
membranacé. Pétales 5, plus ou moins
inégaux : le supérieur souvent défléchi.
Étamines 10 ; soit 9 stériles , monadel-
phes , et une seule fertile , libre ; soit
toutes monadelphes par la base , et tantôt
toutes fertiles, tantôt 5 ou 8 seulement
BAU
BAU
509
fertiles. Légume 1-loculaire , polysperme ,
2-valve. Graines ovales, comprimées. Em¬
bryon rectiligne ; radicule ovoïde ; cotylé¬
dons plans. — Arbrisseaux dressés ou vo-
lubiles. Feuilles plus ou moins profondé¬
ment bilobées, ou indivisées. Fleurs en
grappes latérales ou terminales. M. De
Candolle énumère 56 espèces de ce genre ;
toutes habitent la zone équatoriale. (Sr.)
*B AUM ANfNI A , DC. ( Hort . G en. non
?iot. YI). (Baumann , nom d’homme), bot.
ph. — Genre de la famille des Éricacées,
synonyme de Cassandra .
*BAUMANNIA, Sp. bot. ph. — Syno¬
nyme du genre Anogra, du même auteur.
B AUMJE . Bals à m u m . bot. ph. — Les
Baumes sont des résines qui découlent de
certains arbres, et dont quelques-uns pas¬
sent à l’état solide par la dessiccation, tandis
que d’autres, associés à une certaine quan¬
tité d’huile volatile, restent mous ou même
fluides. Ils contiennent tous, ce qui les dis¬
tingue des résines , de l’acide benzoïque,
qu’on peut isoler, en les traitant à chaud,
avec une dissolution de carbonate de soude,
qu’on sature ensuite d’acide sulfurique,
ou même par la simple sublimation. Ces
Baumes sont, comme les résines , insolu¬
bles dans l’eau et très solubles au contraire
dans l’alcool, l’éther, les huiles volatiles et
même les huiles fixes ; ils sont très inflam¬
mables et répandent, en brûlant, une odeur
aromatique. Les acides chlorhydrique, acé¬
tique et sulfurique les dissolvent sans les
décomposer, tandis que l’acide azotique les
attaque avec violence ; ils s’unissent aux ba¬
ses sans se saponifier.
Les Baumes sont employés en médecine
Comme stimulants, ou bien encore comme
parfums, comme cosmétiques, ou pour aro¬
matiser certains mets.
Nous ne connaissons pas la composition
élémentaire des Baumes, à cause de la va¬
riabilité des caractères généraux qu’ils pré¬
sentent et qui diffèrent suivant les indivi¬
dus et les circonstances de l’extraction.
Les Baumes connus sont :
Le Baume du Pérou , extrait des arbres
du Mexique et de la Colombie, Myroxylum
pemiferumetM pnbescens ; il est connu
sous les noms de B. brun, B. en coque, B.
d’incision, B. sec.
Le Baume de Tolu, produit par le Tolid-
fera Balsamum , Myroxilum loluifera ,
arbre de l’Amérique méridionale, croissant
surtout dans la province de Carthagène,
aux environs de la ville de Tolu, et dans l’île
Saint-Thomas; il a pour synonyme dans le
commerce, les noms de B. d’Amérique,
B. de Saint-Thomas, B. de Carthagène ,
B. dur. Tous les deux, toujours à l’état li¬
quide, jouissent des mêmes propriétés;
mais on préfère le dernier.
Le Benjoin , résine balsamique solide à
odeur de Yanille, s’extrait du Styrax ben -
z o in , arbre de la famille des Styracécs ,
originaire des îles de la Sonde. Le Benjoin du
commerce peut se présenter sous trois états
differents : 1° en masses irrégulières, d’un
brun rougeâtre, à cassure résineuse, conte¬
nant des larmes blanches et irrégulières,
c’est le Benjoin amygdaloïde ; 2° en larmes
séparées, d’un blanc opalin, plus ou moins
volumineuses et un peu aplaties ; 8° enfin
en masses d’un brun rougeâtre, à cassure
écailleuse, qu’on nomme Benjoin en sorte.
Il est employé en médecine, soit en vapeur,
soit à l’intérieur, en sirop ou en teinture,
comme antirhumatismal , et dans les ca-
tharres chroniques. Sa teinture , étendue
d’eau, sert à la toilette sous le nom de Lait
virginal ; dans les églises, il est mêlé à
l’encens.
Le Styrax calamite ou Storax , résine
d’une odeur agréable qui découle des inci¬
sions faites au tronc des Aliboufiers ( Sty¬
rax v, surtout de celui de Syrie.
Le Styrax liquide. On pense que ce
Baume, sur l’origine duquel on n’est pas
d’accord, découle par incision des différen¬
tes espèces de Liquidambar.
La teinture alcoolique de ces derniers a
été longtemps employée comme un cosmé¬
tique , et ils se substituent encore au Ben¬
join dans la préparation du Lait virginal.
On a aussi désigné dans le commerce
ou dans la langue vulgaire , sous le nom de
Baumes, des résines, des huiles ou des vé¬
gétaux à odeur pénétrante et aromatique et
qui n’ont que le nom de commun avec les
véritables Baumes. Nous allons en donner
une énumération succincte.
Baume. Synonyme de Tanaisie.
Baume aquatique. Synonyme de Ment ha
aquatica.
Baume blanc, B. de Judée, B. de la
MO
BAU
BDE
Mecque , B. de Syrie , B. vrai, B. de Con¬
stantinople, B. de GilÉad , B. du grand-
Caire, B. d’Égypte , résine extraite par in¬
cision du tronc ou des branches de l 'Am?/ ris
opohalsamum, arbre de l’Arabie et de
l’Asie centrale.
Baume de Brésil , de CorAHu OU Huile
de Copahu. Voyez copaÏer et liquidambar.
Baume de Canada. Voyez sapin.
Baume de Carpathie, B. de Hongrie.
Noms de la résine du Pin sylvestre.
Baume des champs. Synonyme général de
Menthe.
Baume des chasseurs. Synonyme de Pi¬
per rotundifolium.
Baume a cochon, B. sucrier. Voyez
HEDWIGIE.
Baume focot , B. vert de Madagascar.
Voyez TACAMAQUE.
Baume de la grande terre. Synonyme
de Lantana involucratci.
Baume d’ambre. Voyez liquidambar.
Baume des jardins. Synonyme de Bal-
samite.
Baume de marie, B. vert. Voyez calo-
THYLLE.
Baume de momie, B. de Sodome. Voyez
MOMIE.
Baume (Petit). Voyez croton balsami-
fère. (G. d’O.)
* BAUME A. bot. th. — Genre de la fa¬
mille des Cypéracées , tribu des Rhynchos-
porées, établi par M. Ch. Gaudichaud (Voy.
de Freycinet, Bot., p. 416, t. 29) pour deux
plantes originaires, l’une des Moluques,
l’autre des îles Mariannes. Ce sont des Cy¬
péracées à feuilles radicales, linéaires et
distiques; à fleurs paniculées, composées
d’épillets solitaires ou réunis en capitule.
Chaque épillet est uniflore et se compose
de 4 écailles imbriquées, distiques et con¬
caves ; les deux extérieures plus grandes
que les internes; trois étamines saillantes;
un ovaire sessile, glabre, ellipsoïde. Le style
a sa base renflée, conique, velue et persis¬
tante. Les stigmates sont au nombre de
trois. Le fruit sans soies hypogynes est dur,
elliptique, trigone, terminé par la base du
style qui est persistante.
Quelques botanistes et particulièrement
Nees d’Esenbeck et Endlicher pensent que
ce genre est le même que Y Blynanthus
de Palisot de Beauvojs. (A. R.)
*BA UMGARTENIE . Baumgartenia
(Baumgarlen, botaniste allemand), bot. ph.
— Famille des Liliacées. Le genre ainsi
nommé par Sprengel ( Syst ., 2, p. 91) est le
même que le Borya de Labillardière.
Voyez borye. (A. R.)
BAUMGARTIA (nom propre), bot.
ru. — Ce genre, formé par Mœnch pour le
Menisperrnum corallinum , a été réin¬
tégré par M. De Candolle, dans le genre
CüccuIus, auquel il appartient. (C. d’O.)
BAîJMIER. bot. ph. — Nom donné
quelquefois à des végétaux balsamifères ou
simplement odorants, tels que le Balsa-
mier, les Mélilots, etc.
BAÏJMÏER A COCHON, bot. ph. —
Synonyme d 'Hediviyia.
BAURACH. min. — Synonyme de
Borax ou Borate de Soude. Voyez borate.
(Del.)
BAUXIA. bot. ph. — Synonyme de
Cipura.
BAVEOLE. bot. ph. — Nom vulgaire
de la Centaurée bleuet.
BAVÈQUE ou BAVEUSE. POISS. -
Synonyme de Blennie.
BAVERA, bot. ph. — Synonyme de
Barreria.
BAVEUSE. poiss. — Voyez blennie.
*BAXTERA, Reichb. (Baxter, botaniste
allemand), bot. ph. — Genre de la famille
des Asclépiadées, fondé sur une seule es¬
pèce [B. loniceroides ; Harris sonia loni-
ceroides Hook, Bot. ma y., tab. 2699). C’est
un arbuste du Brésil ; à tige dressée ; à
feuilles opposées , coriaces ; à fleurs en
ombelles terminales. (Sp.)
*BAZA, Hodgs. ((jauÇ<i), j’aboie), ois. —
Genre de la famille des Falconidées , in¬
séré dans le journal de la Société asiati¬
que du Bengale en 1836 , et cité par Gray
dans sa List of the généra of birds }
comme synonyme du genre Lophotes ,
Less. (1831) , et Lepidogcnys , Gr. (1839).
Voyez lophûte. (Lafr.)
BBELLE. Bdella (fiiïùla. , sangsue).
arach. — Genre de la famille des Bdellés
(Tiques de Latreille), de l’ordre des Aca¬
riens , établi par Latreille , et adopté par
Dugès. Ce genre est essentiellement carac¬
térisé par des palpes obtus, munis à leur
extrémité de soies raides ; par des mandi¬
bules en forme de pinces; par un labre trfan^
BDE
BEA
511
gulaire, égal aux mandibules; par un corps
ceint par un profond sillon et par des yeux
au nombre de quatre.
Les larves des Bdelles sont hexapodes;
mais, du reste, en tout semblables aux
adultes.
Les deux espèces de Bdella les plus com¬
munes sont les B. vulgaris ( Scirus vulga-
ris Herm.) et B. cœruleipes Dug., qu’on
rencontre assez fréquemment sous les
pierres. (Bl.)
BDELLE sangsue; de (3£aXXw,
je suce), annél. — Genre établi par M. Sa-
vigny, dans la famille des Hirudinëes, pour
quelques Annélides des eaux douces d’ɬ
gypte , ayant pour caractères : Corps dé¬
primé ; mâchoires grandes et sans den¬
telures ; yeux au nombre de huit et peu
distincts, rangés sur une ligne courbe; les
deux postérieurs un peu isolés; la ventouse
orale concave, et la lèvre supérieure peu
avancée ; la ventouse anale obliquement
terminale. — On n’en connaît qu’une seule
espèce, la B. du Nit. ( B . nilotica) , qui
porte dans le pays le nom d 'Alak dont le
corps, composé de 98 anneaux égaux entre
eux , est brun marron en dessus et rouge
vif en dessous. Hérodote, qui parle de cette
annélide , dit qu’elle vit parasite sur le
Crocodile. (C. d’Q.)
* BDELLES. Bdellei. arach. — Le sa¬
vant Dugès a appliqué cette dénomination
à l’une des six familles qu’il a établies dans
l’ordre des Acariens , de la classe des
Arachnides trachéennes. Cette famille est
caractérisée par un corps oblong et gonflé ;
par des palpes antenniformes ; par des
mandibules onguiculées ou en pinces ; par
des hanches écartées , et par des pattes
propres à la course.
M. Dugès ne rapporte que deux genres à
cette famille : le genre Bdella et le genre
Scirus. Les Bdellés sont de petits Aca¬
riens qui se logent sous les pierres et dans
toutes sortes de cavités. Il est probable qu’ils
s’accrochent à divers animaux pour en su¬
cer le sang ; mais leurs mœurs ne sont pas
encore bien connues. (Bi..)
*BDELLIENi\ES . année. — Nom donné
par Savigny à une section de la famille
des Hirudinées , ayant pour type le genre
Bdelle. (C. d’O.)
BDELLIIJM (ftôsXtacv, nom grec de
cette plante), bot. pu. — Gomme-résine
déjà connue des anciens et en particulier
de Dioscorides, qui en mentionne trois es¬
pèces. La plus commune vient d’Afrique ;
on la trouve toujours mélangée avec la
gomme du Sénégal. Elle est en larmes glo¬
buleuses , d’un volume qui varie de celui
d’un pois à celui d’une noix; d’un jaune
terne, quelquefois légèrement colorée en
vert ou en jaune; d’une cassure terne et ci¬
reuse. L’odeur en est faible et la saveur
amère. Cette espèce est produite par un ar¬
brisseau que nous avons désigné sous le nom
tflleudelolia af ricana (. Flor . Sénêg I, p;j
150, t. 39), genre qui n’est pas suffisamment
distinct du Balsamodendrum. (A. R.)
BEAKTILLE. bot. cr. — (Mousses).
Nom français proposé par Bridel pour le
genre Ânœctangium d’Hedwig, mais qu’on
n’a pas dû admettre, parce qu’il est formé
contrairement à l’analogie de notre langue.
Voyez ANŒCTANGIUM. (C. M.)
*BE ATOMIA. bot. ph. — Famille des
Iridées. Genre encore fort obscur, proposé
par Herbert , et qui me paraît rentrer dans
le genre Cypella du même auteur. Voyez
CYFELEE. (A. R.)
*BEATSOjVIA, L. (Beatson, voyageur
anglais), bot. ph. — Ce genre de Roxburgh
est rapporté par les auteurs suivants en sy¬
nonymie au genre Frankenia de Linné.
Voyez ce mot. (C. L.)
BEALDRELIL. POISS, — Voy. BAUDROIE.
BEAUFORTIA (Mary, Dsse de Beau»,
fort ; promotrice de la botanique), bot. ph.
— Ce genre de la famille des Myrtacées,
tribu des Leptospermées mélaleucées, a été
fondé par M. R. Brown (in Ait. hort.
Kew.,é dit. 2, p. 418). Il renferme un très pe¬
tit nombre d’arbrisseaux indigènes en Aus¬
tralie, et remarquables par leur port élégant
et leurs belles fleurs, dont la disposition
est à peu près la même que celle des Me-
trasideros, si communs chez les amateurs.
Le Beaufortia decussata est connu depuis
longtemps et cultivé dans les collections.
Voyez Bot. Reg., 1. 18; Bot. mag., 1. 1733).
(C.L.)
BEAÏJHARNOISIA ( nom propre ).
bot. ph. — Genre de la famille des Clusiacées,
formé par Ruiz et Pavon (Ann. du Mus.,
71 , t. IX) et rapporté comme synonyme au
g. To vomi ta, Aubl. Voy • ce mot. (C. L.)
512
BEC
BEC
* BëâUM ARIA , Deless. bot. ph. —
Synonyme (TAristotelia macqui.
BEAUMEUTA. bot. ph. — Synonyme
de Cresson de fontaine ( Sisymbrium nas-
turtium ).
*BEAXJM(MTIA (Mistriss Beaumont,
amateur de plantes), bot. ph. — Genre de
la famille des Apocynacées , tribu des
Échitées , formé par le D. Wallich (Ten-
tam. Fl. nep ., I, 15, t. 17) pour une très
belle espèce de plante grimpante, originaire
de l’Inde, et remarquable surtout par ses
grandes fleurs blanches , teintées de rose.
C’est un arbrisseau à ramules pubescentes,
garnies d’amples et belles feuilles opposées,
pétiolées, oblongues, et se terminant par
des corymbes multiflores. La corolle est
campanulée, ventrue, à tube et à gorge dé¬
pourvue de squames; les étamines sont
insérées au sommet du tube et les anthè¬
res, qui le dépassent un peu, Sont cohé¬
rentes autour des stigmates Deux folli¬
cules très grands et polyspermes succèdent
aux fleurs. — Le Beaumontia grandiflora
est une des plantes favorites de nos serres
chaudes , où malheureusement elle est en¬
core rare. On en cultive encore une seconde
espèce, en Angleterre, sous le nom de B.
longifolia. (C. L.)
BE AUMULïX , Wild. bot. ph. — Sy¬
nonyme de Reaumuria hypericoides.
BEAU TI A , Commers. bot. i>h. —
Synonyme de Thilachium africanum.
BÉBÉ, poiss. — Nom vulgaire du Mor-
inyre oxyrhynque.
* BEBELIS (pséviXd? , profane), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, famille
des Longicornes, établi par M. le comte
Dejean dans son dernier Catalogue, et dont
les caractères n’ont pas été publiés à notre
connaissance. Il ne renferme qu’une seule
espèce nommée B. lignosa par M. Bu-
quet; elle est du Brésil. (D.)
BEC. Rostrum. zoob. — C’est propre¬
ment la bouche de l’oiseau dont les os
maxillaires prolongés antérieurement sont
revêtus d’une substance cornée fort dure, à
bords plus ou moins tranchants, et termi¬
nés en pointe le plus souvent recourbée.
Cet organe sert aux Oiseaux, non seulement
à saisir leur nourriture, mais chez quel¬
ques-uns à la dépecer, à la concasser; chez
d’autres 9 il fait l’office d’une troisième
patte pour grimper et s’accrocher aux
branches. Ses formes varient à l’infini,
suivant le genre de nourriture des espè¬
ces, et cette grande diversité sert souvent
de caractère pour nos classifications mé¬
thodiques.
Les innombrables modifications qu’il
éprouve dans sa forme étant toutes en rap¬
port immédiat avec les différentes fonctions
qu’il doit remplir, on ne peut, sans être saisi
d’admiration, opérer ce rapprochement du
but et des moyens. Ainsi, chez l’oiseau de
proie essentiellement carnassier, sa forme
courte, comprimée, arquée et crochue, douée
par conséquent d’une grande force , et ses
bords tranchants, munis, de chaque côté,
d’une sorte de dent, lui servent merveilleu¬
sement à arracher, à déchker des lam¬
beaux de chair, et même à briser les os de
ses victimes. Chez les Perroquets, Oiseaux
entièrement frugivores , on retrouve à peu
près cette même forme de bec crochu et
denté, mais avec la mandibule inférieure
plus arquée, plus haute, et par conséquent
encore plus forte que chez l’oiseau de proie.
L’application de cette grande force est ici
toute différente chez ces Oiseaux destinés
à se nourrir, en partie, des amandes et des
noyaux les plus durs. Les dents latérales
empêchent de glisser ces noyaux, retenus
encore par une barre transverse et interne
de la pointe de la mandibule supérieure,
contre laquelle l’extrémité échancrée de
l’inférieure vient s’appliquer ; pressés de la
sorte, ils ne peuvent résister à cet instru¬
ment formidable , comparable à de fortes
tenailles chez les Cacatoès et les Aras. Cette
dent, qu’on retrouve seulement chez les
Pies-grièches , s’oblitère et est remplacée
par une légère échancrure dans toute la tribu
des Dentirostres de Cuvier , où elle n’est
destinée qu’à retenir de bien faibles proies
Parmi eux , et chez une famille qui ne se
nourrit que de moucherons qu’elle saisit au
vol, et qu’elle avale incontinent, ce bec, qui
n’a plus besoin de force, au lieu d’être
comprimé est, au contraire, déprimé, fai¬
ble, élargi même jusqu’à l’excès, et garni, à
son ouverture , de longs poils raides qui en
font une sorte de gouffre que l’insecte ne
peut éviter. Chez les Granivores, au con¬
traire, cet organe est conique, sans échan¬
crure, et d’autant plus court et plus gros à
BEC
sa base, que les espèces doivent se nourrir
de graines ou môme de noyaux plus durs ;
chez certains Gros-becs étrangers, sa di¬
mension est réellement monstrueuse. Chez
les Colibris, les Oiseaux-Mouches, véritables
représentants des Papillons Sphinx, ce n’est
plus qu’un tube des plus grêles, même un
peu flexible, qu’ils introduisent dans le ca¬
lice des fleurs pour y saisir le pollen et les
très petits Insectes qui font leur nourriture.
Chez les Pics, véritables charpentiers de nos
forêts , il a exactement la forme d’un coin
pyramidal, et est doué d’une telle force,
que ces Oiseaux l’emploient non seulement
à fouiller sous les écorces des arbres et à
pénétrer dans leurs fentes, pour en retirer
les larves et les Insectes, mais à se creuser
des trous cylindriques et profonds dans les
troncs d’arbre les plus sains et les plus
durs.
Chez le Pique-Bœuf, dont la bizarre des¬
tination est de débarrasser les Buffles d’A¬
frique des larves d’OEstres, cachées dans
l’épaisseur de leur peau, il est quadrangu-
laire et en forceps. Chez les Toucans et les
Calaos, il est si volumineux, qu’au premier
abord on s’étonne que ces Oiseaux en puis¬
sent facilement supporter le poids ; mais
son tissu , singulièrement mince et cellu¬
leux, le rend au contraire fort léger. La
disposition particulière de l’ouverture des
narines chez ces deux groupes, jointe à
ces sortes de casques ou expansions de la
mandibule supérieure, particuliers au der¬
nier, nous font soupçonner qu’il y a, chez ces
Oiseaux , une modification particulière du
sens de l’odorat, qui exigeait ce grand dé¬
veloppement de leur enveloppe cornée.
Chez les Toucans, l’espèce de crénelure des
bords internes des mandibules leur sert à
briser le corps des jeunes Oiseaux dont ils se
repaissent avant de les avaler entiers. Chez
les Bécasses et Bécassines, nous retrouvons
la forme grêle et cylindracée du bec des Oi¬
seaux-Mouches ; mais chez les Échassiers,
qui ne trouvent leur nourriture que dans la
vase et les terrains marécageux, ce bec est
mousse, flexible à son extrémité, et paraît
doué, en cette partie, d’un tact des plus dé¬
licats. Chez le Savacou d’Amérique, il a la
forme toute anomale de deux cuillères rap¬
prochées; mais il n’est pas douteux que
cette forme ne soit la plus favorable pour
BEC 51 S
saisir les Crustacés et les Mollusques, dont
il se nourrit.
Parmi les Oiseaux de rivage, il n’est pas
de bec plus singulier que celui du Flam-
mant ; il est assez volumineux, mais dé¬
primé en dessus et subitement fléchi ou
coudé vers la moitié de sa longueur. Con¬
tre l’ordinaire, c’est la mandibule inférieure
qui est la plus haute et la plus large; la
supérieure, depuis la courbure , est tout à
fait aplatie en lame. Le Flammant profite de
celte forme toute particulière ; et, lorsqu’il
cherche dans les marais salés ou sur le ri¬
vage les petits Mollusques et Vers aquati¬
ques qui font sa nourriture, il pose son bec
sur le sol près de ses pattes, de manière à
ce que cette mandibule supérieure se trouve
appliquée sur son plat contre terre. Tandis
qu’il piétine dans le marécage pour éparpil¬
ler les petits animaux ou le frai de poisson,
la mandibule inférieure, qui se trouve alors
en dessus , s’entr’ouvre et les saisit dans
l’eau, qui s’écoule bientôt à travers les den¬
telures cartilagineuses de ses bords.
Chez la Spatule et l’Avocettc, nous voyons
des formes de bec non moins bizarres desti¬
nées, chez l’une, à recueillir le frai, les Vers
aquatiques et les petits Poissons à la surface
des grèves; chez l’autre, à s’enfoncer et les
aller chercher au fond des Yases et des
sables mouvants.
Parmi les Oiseaux nageurs, nous remar¬
quons, chez le Pélican, un bec d’une énorme
dimension, dont la mandibule supérieure
aplatie se termine en un fort crochet , et
dont l’inférieure n’est formée que de deux
branches amincies et flexibles, servant de
support à un vaste sac de peau nue et pen¬
dant au dessous, où le poisson pêché sé¬
journe avant de passer dans l’œsophage.
Chez le Bec en ciseaux, ou Rhynchops,
nous trouvons la forme de bec la plus ex¬
traordinaire peut-être , de toute la série,
mais en même temps la mieux adaptée au
genre de pêche de l’oiseau qui en est pour¬
vu. Les deux mandibules sont droites et
si comprimées , si amincies , qu’elles res¬
semblent à deux lames de couteau pla¬
cées verticalement l’une au dessus de l’au¬
tre. Toutes deux sont coupantes à leur bord
interne, et néanmoins la supérieure, beau¬
coup plus courte que l’autre, la reçoit dans
une étroite scissure de ce bord. Toutesdeux
t. . n.
83
m
BEC
BEC
ne commencent à perdre leur forme lami¬
naire et à se diviser en deux branches qu’à
l’entrée du gosier, qu’elles ne dépassent
pas en largeur. Le Bec en ciseaux, pour pê¬
cher les petites Crevettes et très petits Pois¬
sons dont il fait sa nourriture, rase, en vo¬
lant, la surface des flots, de manière à tenir
plongée la mandibule inférieure , tandis
que la supérieure ouverte se trouve hors de
l’eau. Cette lame verticale et coupante ne
trouve aucune résistance 5 et cet oiseau ,
muni d’ailes des plus longues et des plus
vigoureuses, vu sa taille, sillonne ainsi, avec
la plus grande facilité , la surface de l’eau,
recueillant tout en volant la nourriture qui
lui est destinée. Je ne pousserai pas plus
loin cet examen qui , dans chaque groupe,
mériterait une étude toute particulière ;
j’observerai seulement que chez les Oiseaux
dont le bec est d’une très grande dimension
en Ion gueur ou en hauteur, cet organe est loin
d’avoir sa taille et sa forme dès la première
année. Ce n’est qu’au bout de deux et même
de trois ans qu’il les atteint complètement :
ce qu’on peut observer chez les Calaos
dépourvus de casque la première année,
et alors tout à fait méconnaissables , chez
les Toucans , les Spatules , la plupart des
Échassiers longirostres , et enfin chez les
Macareux et les Pingouins qui, la première
année, au lieu d’avoir le bec sillonné, l’ont
entièrement lisse et de moitié moins haut
que dans l’âge adulte.
Si cet organe peut fournir de bons carac¬
tères dans la classification, pour les princi¬
paux groupes ou familles, il faut se garder
d’y attacher la même importance pour les
groupes secondaires, et surtout pour les
genres, dans l’ordre des Passereaux ; car,
dansbeaucoup de ces genres, nous le voyons
varier de forme de la manière la plus
étrange, chez des espèces formant évidem¬
ment des groupes naturels, et qui ne peu¬
vent être séparées génériquement sans le
plus grand inconvénient. Nous citerons en¬
tre autres le genre Alouette , où il varie tant
de la Calandre au Sirly , le genre Picucule,
où ses variations sont bien plus étonnantes
et plus nombreuses, depuis l’espèce à bec
de Fauvette jusqu’à celle à bec de Promé-
rops. En de telles circonstances , il nous
paraît plus nuisible qu’utile à la science
d’ériger en genres ces simples modifica¬
tions du bec, chez des espèces entièrement
conformes, d’ailleurs, dans toutes leurs au¬
tres parties , jusque dans la coloration de
leur plumage.
Certaines particularités de structure dans
le bec des Oiseaux ont donné naissance à
des dénominations vulgaires qui ont même
passé dans la science comme noms généri¬
ques, et qui, chaque jour, disparaissent des
méthodes , quoique quelques-uns aient en¬
core été conservés 5 ainsi l’on a nommé :
Bec a cuiller, la Spatule.
Bec a figue, le Bec fin locustelle.
Bec en crous , le Bec croisé commun.
Bec courbe , l’Avocette.
Bec croche, le jeune Ibis rouge.
BEC CROISÉ. Loxia , Briss., Cuv.,
Yieill. (Xo& àç, courbe), ois. — Genre formé
par Brisson , et dont les caractères sont :
Bec fort , élevé et assez allongé , mais très
comprimé depuis sa base ; les deux man¬
dibules très arquées dans le sens opposé ,
et se croisant vers les deux tiers de leur
longueur , où leurs pointes se trouvent lé¬
gèrement déjetées latéralement et leurs
bords rapprochés en lame. Pieds robustes,
à tarses et doigts assez courts ; les latéraux
à peu près égaux ; tous armés d’ongles puis¬
sants, élevés et presque triangulaires, mais
peu courbés ; ceux du pouce et du doigt
médian beaucoup plus forts que les autres
et à peu près de même longueur. Ailes sur
le type aigu , avec les trois premières ré¬
miges à peu près égales et de longueur mé¬
diocre. Queue courte, échancrée.
Le nom grec Aoi-taç fut donné d’abord
au Bec croisé commun par Conrad Gesner ;
Linné en fit le nom générique Loxia, pour
tous les Gros-becs en général , et Brisson
restreignit celui-ci aux seuls Becs croisés,
tel qu’il est généralement adopté aujour¬
d’hui.
Il est facile de reconnaître que les Oi¬
seaux peu nombreux de ce genre ne sont que
des espèces de Gros-becs, destinées, comme
les autres, non à concasser les noyaux et
les enveloppes dures des semences, mais
à extraire celles-ci d’entre les écailles des
cônes résineux ou du centre des fruits pul¬
peux, et la conformation toute particulière
de leur bec leur sert merveilleusement à cet
usage. Une autre conformation , à laquelle
on a fait peu d’attention, et qui cependant est
BEC
BEC
515
une conséquence de la première et la favor ise
merveilleusement, est celle des doigts et
des ongles singulièrement robustes chez ces
Oiseaux, au moyen desquels ils se suspen¬
dent aux cônes rudes et entrouverts de tous
les Conifères pour en extraire les semences.
Ce sont réellement , parmi les Conirostres ,
les représentants des Perroquets, et formant
avec quelques autres genres, tels que le
Dur-bec et le Psittacin, un petit groupe de
Gros-becs suspenseurs , dont nous compo¬
sons notre sous-famille des Loxianées dans
la famille des Fringillidées.
Ce genre offre encore, dans ses mœurs,
une anomalie des plus étranges 5 car il pa¬
raît positif aujourd’hui , d’après les der¬
nières observations du savant ornithologiste
Brehm (Tem., Man ., part. 4), que la ni¬
dification et la ponte de ces Oiseaux ont lieu
dans toutes les saisons , particularité qu’il
attribue à l’abondance ou à la disette de
nourriture. Il est bien certain qu’ils nichent
en décembre comme en mars, avril ou mai.
L’espèce qui nous vient communément
en France , mais à des époques très irrégu¬
lières, et qui nous reste plus ou moins long¬
temps , suivant l’abondance de nourriture ,
est le Bec croisé des Pins ( Loxia curviros ~
tra L. ; Buff., en?., 218; Vieill., Faun .
franç., pl. 30, fig. 1, 2, 3), dont les teintes
de plumage très variables, et mal indiquées
dans la première partie du Manuel de Tem-
minck, ont été rectifiées dans la quatrième
par cet auteur de la manière suivante : Les
vieux mâles ont un plumage rouge; les jeunes
l’ont rougeâtre, jaune rougeâtre ou jaunâtre ;
les femelles l’ont d’un vert jaunâtre, et les
jeunes de l’année gris ou grisâtre. Le chan¬
gement de plumage chez le Dur-bec est sou¬
mis aux mêmes lois de coloration. Ces Oi¬
seaux se trouvent dans les contrées boréales
de l’Europe et de l’Amérique, et se plaisent
de préférence dans les forêts de Pins et les
plantations d’arbres résineux. L’espèce com¬
mune , lorsqu’elle passe en grand nombre
en Normandie , fait quelquefois tort aux
Pommes à cidre, qu’elle sait ouvrir et mettre
en pièces pour en manger les pépins.
On ne connaît que quatre espèces de ce
genre : deux européennes et deux de l’Amé¬
rique du nord , dont une , le Curvirostra
americana de Wilson (pl. 31, fig. 1, 2) ,
semblable de plumage à notre espèce com¬
mune, mais plus petite d’un quart, a été re¬
gardée par certains auteurs comme identi¬
que avec elle, et par d’autres comme diffé¬
rente. Aujourd’hui , Bonaparte et Audubon
se rangent de l’avis de Wilson , et en font
une espèce distincte. Voyez loxianées et
DUR-BEC.
Bec d’argent, le Tangara pourpré.
Bec d’asse, la Bécasse.
Bec de cire, le Sénégali rayé
Bec de corne*; plusieurs Calaos.
Bec de corne batard, lé Scythrops.
Bec de fer. Voyez barbilanier.
Bec de hache , l’Huîtrier.
Bec dur, le Gros-bec commun.
BEC EN CISEAUX, Briss.; Rhyn-
chops, L.; Rhynchopsalia , Briss. (pûyxoç ,
bec ; 6<jj, œil), ois. — Genre formé par Linné,
de l’ordre des Palmipèdes de Cuvier, et de là
famille des Longipennes ou Grands voi¬
liers , dont les caractères sont : Bec de
forme anomale , aplati latéralement en
deux lames superposées ; la mandibule
supérieure beaucoup plus courte que l’in¬
férieure , diminuant insensiblement d’é¬
paisseur depuis sa base jusqu’aux trois
quarts de sa longueur, où elle devient la¬
melliforme ; ses deux bords rapprochés en
dessous, de manière à former, depuis sa
base, une étroite rainure comme le manche
d’un rasoir ; la mandibule inférieure rétré¬
cie brusquement dès sa base, ou lame cou¬
pante dessus et dessous, de manière à en¬
trer un peu dans la rainure de la mandi¬
bule supérieure ; celle-ci obtuse , l’autre
coupée carrément à son extrémité. Pattes
courtes, avec la jambe en partie nue, le
tarse comprimé, les doigts à membranes
échancrées, le pouce très petit et les on¬
gles très peu arqués. Ailes singulièrement
longues et aiguës , dépassant de beaucoup
la queue, qui est de longueur médiocre et
fourchue.
Il est assez singulier que Buffon et Cu¬
vier aient commis chacun une erreur diffé¬
rente, à propos du bec dé cet oiseau, le pre¬
mier, en indiquant la mandibule inférieure
comme creusée en gouttière , et la supé¬
rieure comme taillée en lame, tandis que
c’est le contraire ; et lé second eri disant,
dans son Régne animal, 2e édit., que les
deux mandibules sont aplaties en lames
simples, dont les bords se répondent éang
516
BEC
BEC
s’embrasser ; ce qui n’est pas exact, puis¬
que la supérieure reçoit dans sa rainure le
bord coupant de l’inférieure, qui seule est
effectivement en lame simple.
Avec un bec aussi singulièrement con¬
formé, le Bec en ciseaux est obligé de sai¬
sir sa nourriture d’une manière qui paraît,
au premier abord, devoir être peu com¬
mode. C’est effectivement en rasant la sur¬
face de la mer, qu’il plonge, tout en volant,
sa longue et coupante Mandibule infé¬
rieure, tenant l’autre très ouverte et hors
de l’eau. Comme son cou est très court, il
est obligé de voler la tête baissée vers l’eau
pour ne pas la toucher de ses ailes ; et, lors¬
que quelques petits Poissons ou Yers ma¬
rins viennent à frapper le dessus de sa lame
inférieure , il referme l’autre et avale sa
pêche. C’est cette manière de fendre l’eau
tout en volant qui lui a valu le nom de cou¬
peur d’eau. Quoique ce genre de pêche, qui
a fourni à la plume éloquente de Ruffon un
article sï intéressant, semble effectivement
devoir être une tâche pénible pour ces Oi¬
seaux qu’on est tenté de regarder en consé¬
quence comme disgraciés par la nature, l’ex¬
cellent ornithologiste Wilson, qui les a atten¬
tivement observés en Amérique, assure que,
lorsqu’on examine avec quelle facilité, au
moyen de leur immense envergure et de
l’ingénieux appareil de leur bec, ils se pro¬
curent leur nourriture , on reconnaît que
ce manège n’est plus pour eux qu’un jeu
bien moins pénible que les fréquentes et
brusques immersions auxquelles sont assu¬
jettis les Sternes, les Mouettes et les Bal¬
buzards. Il a en outre remarqué que, pour
éviter que l’eau ne s’introduise dans leur
bec, pendant qu’ils tracent leur sillon aqua¬
tique, l’ouverture de ce bec est restreinte
uniquement à celle du gosier, ce qui empê¬
che toute mastication d’avoir lieu; mais
qu’en revanche l’estomac ou le gésier, au¬
quel est réservée alors toute fonction di¬
gestive, est beaucoup plus fort et plus mus¬
culeux que chez aucun autre oiseau de mer.
Tous les écrivains qui ont observé le Bec
en ciseaux sur les rivages des deux Améri¬
ques , tels que Wilson , Azara, Vieillot,
Sonnini et autres, ont décrit sa manière de
pêcher et de se nourrir, telle que nous ve¬
nons de l’indiquer d’après eux, et jusqu’ici
on avait cru que c’était la seule ; mais, dans
ces derniers temps, M. Lesson, à la suite de
son voyage de circumnavigation sur la Co¬
quille , a écrit que le Bec en ciseaux qui pa¬
raissait disgracié par la forme de son bec,
s’en servait avec avantage et avec la plus
grande adresse pour se saisir de certains
Mollusques bivalves dont il se nourrit. Sur
les côtes du Chili, il en existe des bandes
réunies aux Sternes et aux Mouettes, et
nombreuses au point d’obscurcir l’air.
Lorsque la marée descendante laisse à dé¬
couvert ces plages sablonneuses , dont les
flaques d’eau restantes se trouvent remplies
de Mactres , espèces de Bivalves , les Becs
en ciseaux, déjà très au fait de cette circon¬
stance, se placent auprès de ces Mollus¬
ques, attendant qu’ils entr’ouvrent un peu
leur coquille, et profitent de ce mouvement
pour enfoncer la lame inférieure et tran¬
chante de leur bec entre les valves qui se
referment ; alors ils enlèvent la coquille, la
frappent sur la grève , coupent le ligament
du mollusque, après quoi ils l’avalent sans
obstacle. Cet observateur a été plusieurs
fois témoin de cet instinct des plus remar¬
quables. Azara avait déjà observé qu’ils se
posent sur le bord des rivières et des la¬
gunes au Paraguay , qu’ils y marchent et
entrent un peu dans l’eau, mais sans y na¬
ger, ce qui porterait assez à croire que,
dans ce cas, ils ne parcourent ainsi le ri¬
vage que pour y découvrir des Mollusques
Il y a d’ailleurs assez d’analogie entre la
forme de leur bec et celle de l’Huîtrier, à
qui l’on attribue le même instinct.
On ne connaît que quatre ou cinq espèces
de ce genre, offrant toutes la même forme
de bec et presque le même plumage. La
plus anciennement connue est le Bec en ci¬
seaux (proprement dit) ou noir , Rhynchops
nigra L. (Buff. enl. 357. Briss. v. YI, pl. 21,
f. 2), qui est noir en dessus avec le front,
la face et tout le dessous blancs, le bec noir,
rouge à sa base ainsi que les pattes ; il a
40 centimètres de long jusqu’à l’extrémité
de la queue , 50 jusqu’au bout des ailes,
et un mètre 20 centimètres d’envergure.
Il se rencontre aux États-Unis, au Brésil,
au Paraguay, au Chili, ou pour mieux dire
dans toutes les parties chaudes et tempé¬
rées des deux Amériques. Ce genre, très
voisin des Sternes, et qui n’en diffère que
par le bec , fait partie de notre famille des
BEC
517
BEC
Loridées et de notre sous-famille des Rhyn-
copsinées.
Bec en cuiller, le Savacou.
Bec en fourreau, le Cliionis.
Bec en palette, ies Spatules.
BEC EN POINÇON, ois. — Nom
qu’Azara [Ois. du Paraguay ) a donné à une
famille de petits Oiseaux qui ont , dit-il , le
bec affilé, pointu, conique, et qui ne sortent
pas des forêts où ils se tiennent habituelle¬
ment, dans la partie la plus élevée des
arbres, dont ils parcourent sans cesse les
branches les plus déliées , étant dans un
mouvement continuel pour y chercher les
Insectes, les fleurs et les fruits dont ils se
nourrissent. Azara décrit onze espèces de
cette famille parmi lesquelles Vieillot a cru
reconnaître trois Tangaras, un Manakin et
deux Fauvettes voisines des Pipis. Il est
effectivement facile d’y reconnaître le Tan-
gara syacou J les Némosies à coiffe noire,
mâle et femelle, sous deux noms différents,
à gorge noire, rouge cap de Vieillot et le
Manakin à queue en pelle. Quant aux cinq
autres espèces dont Vieillot donne la des¬
cription , d’après Azara , dans le Nouveau
Dict. d'hist. nat.,i\ est probable que, lors¬
qu’on les aura reconnues, elles rentreront,
comme les précédentes , dans des genres
déjà existants, en sorte que le nom géné¬
rique de Bec en poinçon d’ Azara se trou¬
vera rayé de la liste. Il est très probable,
toutefois, qu’il a servi à Vieillot à former
son genre Némosie, puisqu’il y range quatre
Becs en poinçon, ajoutant qu’il soupçonne
que les quatre autres espèces restantes ne
seraient pas déplacées à la suite du genre.
Le nom de Némosie qu’il a adopté paraît
également basé sur les mœurs forestières
qu’ Azara attribue à ses Becs en poinçon.
Voyez némosie.
Bec en scie, le Harle.
BEC FIGUE. Ficedula , Briss. ois. —
Espèce de Gobe-Mouches de notre pays, très
voisine de notre Gobe-Mouche à collier.
Voyez GOBE-MOUCHE.
Dans le midi de la France et en Italie ,
on appelle indistinctement Becs figues, non
seulement l’espèce de Gobe-Mouches de ce
nom, mais aussi différentes espèces de
Fauvettes et autres Becs fins , qui , en
automne, au lieu de continuer à faire la
chasse aux Insectes, attaquent et mangent
les Figues, les Raisins et autres fruits savou¬
reux. Cette nourriture, tout en les engrais¬
sant à l’excès, donne à leur chair le goût le
plus fin et le plus délicat ; aussi leur fait-
on alors ,à chasse de diverses manières, soit
en tendant de* collets dans les vignobles et
les haies, soit avec des nappes et des appe¬
lants , soit enfin avec un triple filet qui se
tend verticalement, appelé Araigne ou
toile d* Araignée ou Iranion.
Sous le nom générique de Bec figue (Fi¬
cedula) , Brisson a décrit tous ces petits
Oiseaux à bec menu , que Linné compre¬
nait dans son genre Motacilla et Latham
dans celui de Sylvia , formant la famille
des Becs fins de Cuvier ( Règne anim .), ou
Sylviadèes des auteurs modernes. Voyez
SYLVIADEES et SYLVIANÉES.
Bec figue d’hiver, la Linotte et le Pipi.
BEC FIN. Sylvia. ois. — Genre formé
par Temminck , dans son Manuel d'orni¬
thologie, pour toutes les petites espèces
comprises dans les genres Sylvia, Lath.;
Motacilla, Lin., zi Ficedula, Briss., sauf
les Traquets et Motteux dont il forme
le genre Saxicola. Il subdivise son genre
Bec fin en deux sections , les Riverains et
les Sylvains , et ces derniers en Musci-
vores , renfermant les Pouillots , les Roite¬
lets et les Troglodytes.
* BECS FINS. Motacilla, L. ois. — Sous
ce nom, Cuvier a compris une famille exces¬
sivement nombreuse de petits Oiseaux à
bec droit et menu que Linné renfermait
dans son genre Motacilla, Latham dans
celui de Sylvia et Brisson dans celui de
Bec figue (Ficedula). Tels sont les Tra¬
quets, Rubiettes, Fauvettes, Roitelets, Tro¬
glodytes, Hochequeues, Bergeronnettes et
Farlouses.
Dans les méthodes nouvelles, on désigne
cette famille par le nom de Sylviadèes, et
dans celle que nous adoptons , nous la sub¬
divisons en deux familles , celle des Syl-
viadées et celle des Saxicolidées. Voyez
ces deux mots.
* BECS FLEURS. ois. — C’est le nom
français par lequel Sonnini a traduit dans
les Oiseaux du Paraguay de Azara , celui
de Picaflores , sous lequel Azara a décrit
les Oiseaux-Mouches et Colibris du Para¬
guay au nombre de onze espèces. Les Gua¬
ranis les appellent Mainumbi.
518
BEC
BEC
BEC OUVERT. Eians , Lacép., Cuv.:
Ânastomus, Illig. {hians, bâillant, entrou¬
vert ; à cause de la forme du bec de ces
Oiseaux), ois. — Genre de l’ordre des
Échassiers de Cuvier, de sa famille des
Cultrirostres et de sa tribu des Cigognes.
Ses caractères sont : « Bec beaucoup plus
long que la tête , élevé , mais très com¬
primé ; à mandibules arquées dans le sens
opposé et laissant entre leurs bords un inter¬
valle vide, depuis leur tiers à peu prèsjusque
vers leur extrémité, en sorte que, fermées,
elles ne se joignent que par la base et par la
pointe; bords de la mandibule supérieure
garnis et libre, dans leur partie élevée, de
petites lamelles fibreuses très rapprochées,
et verticales, plus hautes vers la pointe du
bec , où elles remplissent une échancrure
latérale assez forte ; narines basales , nues,
percées en fente longitudinale dans la sub¬
stance cornée du bec. Jambes en grande
partie nues ; tarses très longs et pattes con¬
formées comme celles des Cigognes. Ailes
amples; queue courte rectiligne. »
Sonnerat est le premier qui ait fait con¬
naître l’espèce type , sous le nom de Bec
ouvert des Indes (pl. 12 de son Second
Voyage aux Indes J publié en 1782). L’année
suivante, BufTon décrivit et figura, dans son
Histoire des Oiseaux { Pl . enl. 932), le
même oiseau, sous le nom de Bec ouvert,
s’attribuant la formation de ce même nom ,
ce qui ne paraît pas exact d’après la date
des deux publications. Cuvier, dans son
Règne animal , présenta, comme nom gé¬
nérique , ce nom de Bec ouvert ( Hians ,
Lacép.), et Vieillot le désigna sous celui
d’ANASTOME {Anastomus, Illig.).
Buffon regardait la forme singulière de
ce bec comme une défectuosité et comme
un reste des essais imparfaits que, dans les
premiers temps, dut produire et détruire
la force organique de la nature. Cuvier,
dans son Règne animal , dit à son sujet que
l’espace Yide entre les deux mandibules
paraît en partie l’effet de la détrition ; car
on y voit les fibres de la substance cornée
du bec qui paraissent avoir été usées. Vieil¬
lot décrit cette partie comme denticuiée.
Les diverses manières dont ces auteurs
ont décrit et expliqué la forme bizarre de
ce bec nous ont engagé à l’étudier attenti¬
vement et nous avons reconnu : 1° que loin
d’être une défectuosité, c’était au contraire
un modèle de perfection d’après sa desti¬
nation ; 2° que l’espace vide entre les man¬
dibules ne pouvait être en partie l’effet de
la détrition ; car la nature, en pourvoyant
chaque être des organes propres à sa con¬
servation et à sa nutrition, a eu soin de les
modifier et de les conformer de telle sorte
qu’ils ne puissent éprouver aucune altéra¬
tion dans leur forme comme dans leur du¬
rée , par suite des diverses fonctions aux¬
quelles ils sont destinés ; ainsi nous voyons
que le Perroquet Ara, le Kakatoès, appelés
à se nourrir des amandes des noyaux les
plus durs, sont munis d’un bec auquel
rien ne résiste, qui met en morceaux les
perchoirs du chêne le plus dur et ploie les
plus gros fils de fer, sans que ces efforts y
laissent la moindre trace ou la moindre
usure ; 3° enfin que les bords internes ne
sont point denticulés, mais garnis , sur la
mandibule supérieure, de fibres verticales
très rapprochées, en partie contiguës et
formant de chaque côté, jusqu’à la pointe, où
ils garnissent une assez grande échancrure
latérale, une bordure mousse et inégale,
destinée probablement à retenir et empê¬
cher de glisser certains corps ronds ou
ovales ; destination que semble favoriser
encore la courbure opposée des deux man¬
dibules. Temminck, dans son article du Bec
ouvert a dames {Pl. col . 336) , émet à peu
près la même opinion; enfin le colonel Sykes
de l’armée de Bombay, savant observateur
des mœurs des Oiseaux de l’Inde, est venu
confirmer nos soupçons, en faisantconnaître
dans son Catalogue des Oiseaux du Dukhun
{Proceedings, 1832, p. 160) que le Bec ou¬
vert de l’Inde se nourrissait de l’animal
d’une grande espèce d’ünio ou Moule flu-
viatile, que la forme de ses mandibules,
merveilleusement adaptée à ce but , lui
donnait la possibilité de saisir et d’ouvrir,
pour en manger l’habitant. Il ajoute que
l’organisation de son système digestif n’est
pas moins singulière que son bec; car la
longueur proportionnelle du tube intestinal
surpasse celle d’aucun autre oiseau de l’or¬
dre des Échassiers, puisque, dans l’individu
observé, il avait cinq fois la longueur du
corps, y compris le cou et le bec.
On conçoit maintenant que , lorsque cet
oiseau , au moyen de ses longues jambes $
BEC
BEC
519
parcourt à gué les bords des fleuves de
l’Inde, pour y chercher les Mollusques au
fond de leurs eaux, il trouve dans la forme
arquée de ses mandibules à bords émous¬
sés et fibreux un instrument des plus com¬
modes pour saisir et retenir les Coquilles
ovalaires et glissantes.
On ne connaît encore que deux espèces
de ce singulier genre : 1° l’espèce type in¬
dienne, Hians coromandelica Cuv.; Ar-
dea coromandelica Lath. et Lin. (l’adulte),
et dont V Ardeaponticeriana des mêmes est
le jeune, qui est d’un blanc légèrement
cendré, avec les ailes, les scapulaires et la
queue noirs, à reflets verts et violets ; 2° le
Bec ouvert a lames ( Anastomus lamelli-
gerus Tem., PL col. 236) d’Afrique, d’un
noir brunâtre , avec les plumes du cou et
du ventre terminées par des lamelles lui¬
santes, présentant, du reste, dans la forme
et les proportions de son bec et dans tout
son ensemble, les plus grands rapports avec
l’espèce précédente et probablement con-
cbivore comme elle.
Bec tlat, le Canard Souchet.
Bec rond, le Bouvreuil.
Bec tranchant, le Pingouin.
(de Lafresnaye.)
Ce nom de Bec a été appliqué à des
animaux de toutes les classes , chaque fois
que chez eux la forme de la bouche offrait
une ressemblance plus ou moins grande
avec le bec d’un oiseau ; ainsi l’on a appelé
parmi les Mammifères :
Bec d’oie, le Dauphin.
Bec d’oiseau , l’Ornithorhynque.
Parmi les Chéloniens :
Bec de faucon, la Tortue-Franche.
Bec d’oie ou Bec de poulf, la Tortue-Caret .
Et parmi les Poissons :
Bec allongé, une espèce du genre Chéto-
don, le Chœtodon rostratus Lin.
Bf.c de perroquet, les Scares en général,
à cause de la forme de leur bouche et sur¬
tout le Scarus psittacus.
Bec pointu, la Raie blanche. (C. d’O.)
Quelques entomologistes ont donné le
nom de Bec aux suçoirs des Hémiptères ,
ainsi qu’à la tête prolongée en forme de bec
ou de trompe de la plupart des Curculioni-
des. Voyez rostre. (D.)
Le nom de Bec est aussi donné vulgaire¬
ment à la partie saillante d’une coquille qui,
ordinairement, est creusée en gouttière.
C’est ainsi , que dans le langage ordinaire,
les Coquilles univalves, prolongées à la base
par un canal court , sont des Coquilles à
bec. Dans les Coquilles bivalves, le bec est
presque toujours un prolongement de l’ex¬
trémité postérieure des valves, comme dans
les Corbules. Quelquefois on a ajouté une
épithète caractéristique ; et c’est ainsi que
le Lingula anatina est nommé Bec de Ca¬
nard. On nomme vulgairement Bec de flûte,
le Donax scortum , et Bec de Perroquet, le
Terebratula psittacea. Les zoologistes sa¬
vent que les mâchoires des Céphalopodes
ont la plus grande ressemblance avec le
bec d’un Perroquet. De cette ressemblance,
il résulte qu’on désigne souvent ces parties
par la dénomination assez exacte de Bec.
Voyez céphalopodes. (Df.sh.)
En botanique , le nom de Bec, appliqué
par Jacquin à la peinte qui surmonte les
cornes terminales du sac des Stapelia , a
été donné à des plantes dont les fruits ou
les feuilles ont la forme de cet organe ; mais
c’est surtout dans les Géraniums que cette
ressemblance est frappante; ainsi l’on a ap¬
pelé :
Bec de cane, VAloes lingueformis .
Bec de cigogne, le Géranium ciconium.
Bec de grue, le G. gruinum.
Bec de héron , le G. arduinum et le
Misemhrianthemum rostratum.
Bec de pigeon, le G. columbinum.
(C. d’O.)
BÉCABE. ois. — Synonyme vulgaire
de Bécasse.
BÉCAïlB. ois. — Un des noms vulgai¬
res du Harle commun.
BÉCAMB. poiss. — Nom vulgaire du
Saumon commun mâle.
BÉCABBE, Buff. ; Tityra , Vieil, ois.
— Genre de l’ordre des Passereaux de
Cuvier et de sa famille des Pies-grièches ,
ayant pour caractères : Bec grand , large
et bombé dessus et dessous , à arête
arrondie , dépourvu de poils à son ou¬
verture; l’extrémité crochue et entaillée.
Tête grande , déprimée. Pieds courts et
faibles; le doigt externe plus long que
l’interne. Ailes allongées, à troisième penne
la plus longue, souvent une très petite
plume acuminée, ensiforme, basale, entre
la première et la seconde rémige. Queue
520
BEC
courte, terminée carrément; souvent, une
peau nue , autour des yeux ; forme courte
et trapue.
Bulïon donna le nom de Bécarde à un oi¬
seau d’Amérique, décrit et figuré depuis dix
ans par Brisson dans son Ornithologie , sous
les noms de Pie-grièche grise et Pie-griè-
CHE TACHETÉE DE CAYENNE ( LdniUS Cdl/an-
nensis cinereus , et Lanius cayannensis
ncm'ws Briss., t. II , p. 158, pl. 14, f. 1 et 2).
Buffon voulant rapprocher, sous ce nom de
Bécarde ou oiseau à gros bec , plusieurs es¬
pèces, y réunit à tort un Tyran, le Lanius
sulphuratus et le Vanga de Madagascar.
Vieillot, adoptant ce nom de Bécarde
comme nom générique français, lui adjoignit
pour nom scientifique celui de Tityra. L’an¬
née suivante, Cuvier, dans son Bègne ani¬
mal ', remplaça ce nom de Tityra par celui
de Psaris , nom grec d’une espèce d’oiseau
inconnue. Vieillot plaçait le genre dans sa
famille des Myothères ou Gobe-mouches, et
Cuvier dans celle des Pies-grièches. Azara
avait formé cc groupe sous le nom de Dis¬
tingués et en avait décrit trois espèces outre
la Bécarde de Buffon. Vieillot, dans le Dic¬
tionnaire de Déterville , décrivit aussi ces
trois nouvelles espèces d’après Azara , tan¬
dis que Cuvier n’en admettait qu’une, la
Bécarde grise.
Ce genre , placé tantôt dans les Pies-
grièches , tantôt dans les Gobe - mou¬
ches , tient effectivement de ces deux gen¬
res. Cependant la forme très élargie du bec
et non comprimée comme chez les Pies-
grièches, indique des Oiseaux qui, comme
les Gobe-mouches , doivent plutôt prendre
au vol et avaler entiers les Insectes volants
que les dépecer comme les Pies-grièches ;
aussi nous conformons-nous, en lesy plaçant,
à l’opinion de Vieillot et en dernier lieu de
Swainson. On n’a jusqu’à ce moment que
peu de notions sur leurs mœurs. Ce qu’en
dit Azara et ce que nous en a communiqué
M. Aie. d’Orbigny , est tout à fait conforme.
Ce sont , d’après ces auteurs , des Oiseaux
solitaires, peu sauvages , se tenant habi¬
tuellement par paires dans les forêts, le plus
souvent perchés au sommet des grands ar¬
bres et y donnant la chasse aux Insectes qui
passent à leur portée , comme les Tyrans
le font de dessus les buissons. Cette con¬
formité de mœurs avec les Tyrans et, de |
BEC
plus, la largeur du bec nous ont décidé à pla¬
cer ce genre dans notre famille des Muscica-
pidées et dans notre sous famille des Tity-
ranées. L’espèce type, la Bécarde grise
{Tityra cinerea Vieil., Gai., pl. 134), Pie-
grièche grise de Cayenne (Briss., pl. 14,
f. 1 et 2; Buff., enl. 304 et 377; Lanius
cayanus Gmel.), très voisin du Distingué
a tête noire d’ Azara , est d’un gris cendré
clair, avec le dessus et les côtés de la tête,
les ailes et la queue noirs; le bec rouge
dans les deux tiers de sa longueur, noir à
la pointe et sans peau nue autour des yeux.
On a confondu, sous ce nom, trois ou quatre
espèces de la Guiane et du Brésil, très voi¬
sines , mais offrant des différences , et dé¬
crites par Swainson {Class. ofbirds, part. 3)
qui en indique dix espèces.
Le voyageur Spix a donné, dans son ou¬
vrage sur les Oiseaux du Brésil , le nom gé¬
nérique de Pachyrhynchus à ces Oiseaux et
en a décrit quelques espèces nouvelles, dont
plusieurs de taille beaucoup plus petite et
offrant encore quelques autres légères diffé¬
rences. M. Swainson , d’après ces différen¬
ces, a restreint à ces petites espèces le nom
générique de Pachyrhynchus, conservant
aux plus grosses et à l’espèce type le nom
de Psaris de Cuvier.
Ce genre ou sous-genre Pachyrhynchus,
ainsi restreint , diffère des vraies Bécardes
( Tityra ) par une taille plus petite; par des
ailes plus arrondies ; par une queue plus lon¬
gue et arrondie ou même étagée , et par un
bec à proportion bien moins volumineux. On
peut citer pour type le Distingué vert a
couronne noire Azar‘. , Bécarde verte ^Tityra
viridis (Vieil., Dict., t. III, p. 348), que tous
les auteurs modernes ont méconnu , que
Spix et Swainson ont nommé Pachyrhyn
chus Cuvieri , et Lichtenstein, dans son
Cat. des D. du M. de Berlin , Muscicapa
nigriceps et à qui on devrait rendre son pre¬
mier nom de Pachyrhynchus viridis Azar.
Il a le dessus de la tête noir avec le front
blanc, le cou en entier et le ventre d’un gris
cendré avec une large bande pectorale jaune
et le dessus vert olive ; la femelle en diffère
par sa calotte verte et ses couvertures alai-
res brunes. Les espèces de ce groupe ont été
désignées par M. Lesson, dans son Traité,
sous le nom de Moucherolles loxies. Elles
sont plus nombreuses que celles du pre-
BEC
521
BEC
mier groupe. Le genre Béca'rde ( Tityra ,
Vieil.), ayant pour sous-genre Pachyrhyn-
chus, Sp. , fait donc partie de notre famille
des Muscicapidées et de notre sous-famille
des Tityranées. (Lafr.)
BÉCA.SSE. Scolopax, L., Briss., Cuv.,
Tem. (Ixolonal;, nom grec de la Bécasse;
de gxo\ oij/ , pieu , à cause de son bec droit
et pointu), ois. — Genre de Tordre des
Échassiers et de la famille des Longirostres
de Cuvier. Ses caractères sont : Bec long ,
droit , grêle , mou ; mandibules sillonnées
latéralement, dans la plus grande partie de
leur longueur , depuis la base , et Tétant
dessus et dessous, près de la pointe ; la su¬
périeure plus longue que Tinférieure , avec
un renflement obtus à sa pointe , en forme
de talon , où celle-ci Yient s’adapter ; arête
du bec élevée , saillante ; narines latérales ,
banales, longitudinalement fendues près des
bords de la mandibule , couvertes par une
membrane. Pieds médiocres , grêles ou
grands ; bas de la jambe ou totalement em¬
plumé , ou nu dans une petite partie de sa
longueur ; les doigts antérieurs entièrement
divisés , rarement l’extérieur et le médian
réunis ; un pouce. Ailes médiocres, formées
sur le type aigu. Queue courte , en partie
cachée par les couvertures.
Linné réunissait, dans son genre Scolo¬
pax, la plupart des Oiseaux de rivage à bec
grêle et cylindracé , telles que les Bécasses
et les Bécassines, les Barges, les Chevaliers,
les Courlis et lesRhynchées. Brisson restrei¬
gnit le genre aux seules Bécasses et Bécassi¬
nes ; Cuvier , Temminck en firent autant ;
mais Vieillot sépara les Bécasses , sous le
nom générique de Rusticola , des Bécassines
auxquelles il laissa celui de Scolopax. Tem¬
minck , dans son Manuel , se contenta de
faire trois sections dans son genre Scolo¬
pax, pour les Bécasses, les Bécassines et la
Bécassine grise d’Amérique à doigts semi-
palmés, qu’il nomma Bécassine-Chevalier.
Des auteurs contemporains, outre le genre
Rusticola de Vieillot, ont créé ceux de Gal-
linago pour les Bécassines , et de Macro-
ramphus pour les Bécassines-Chevaliers de
Temminck. Bonaparte a même ajouté une
quatrième division, en restreignant le genre
Rusticola de Vieillot à la Bécasse des États-
Unis , et rendant à celle d’Europe le nom I
générique de Scolopax. On a encore poussé !
plus loin ces subdivisions en forgeant les
genres Telmatias , ïlemoptilura , Philo -
limnos, parmi les Bécassines, pour des es¬
pèces qui ne diffèrent que par le nombre
de leurs pennes caudales. U n’y a de réel¬
lement distinct, dans le genre, que les trois
sections indiquées par Temminck , et qui
diffèrent de moeurs et de formes.
Nous renfermerons donc, comme cet au¬
teur et comme Cuvier, dans le genre Scolo¬
pax, les Bécasses, les Bécassines et les Bé¬
cassines-Chevaliers , adoptant toutefois,
mais comme sous-génériques seulement,
les noms génériques de Rusticola , Scolo¬
pax et de Macroramphus qui leur ont été
donnés.
1er sous-genre : Bécasse. Rusticola,~Vie il.
Bas de la jambe emplumé jusqu’à l’articu¬
lation ; tarses courts ; doigts médiocres ;
ongle du pouce obtus et ne débordant pas
le doigt ; occiput rayé de bandes transver¬
sales ; formes lourdes et massives. Demeure
habituelle : les bois , les fourrés et les haies
épaisses.
On ne connaît encore que trois espèces
de Bécasses : celle d’Europe, Scolopax rus¬
ticola Lin. , qui prend alors le nom de
Rusticola vulgaris , ou Bécasse commune
Vieil. ( Dict ., III, 348) ; celle des États-Unis,
Scolopax minor Lin., ou Rusticola minor
Vieil. (Gai., pl. 242), et la Bécasse de Java
Less. , Rusticola saturata Nob., Scolo¬
pax saturata Hors., Rusticola javanica
Less.
Les Bécasses, habitantes des hautes mon¬
tagnes boisées du centre de l’Europe, en
descendent dès les premiers froids , et ar¬
rivent dans nos contrées en octobre ou no¬
vembre. Elles se tiennent habituellement
le jour dans les bois , où elles retournent
les feuilles sèches avec leur bec pour se
nourrir des Vers qui s’y tiennent cachés ;
mais, à la fin du jour, elles en sortent, et se
dirigent d’un vol rapide et léger vers les
champs cultivés et fraîchement labourés et
vers les fontaines. Il paraît que la Bécasse
ne voit bien qu’au crépuscule : ce qui s’ex¬
plique facilement par sa sortie du soir et par
ses allures beaucoup plus vives à cette heure
et avant le lever du soleil que pendant le
jour. Elle nous quitte dès les premiers
I jours du printemps. Quelquefois un couple
1 isolé reste dans nos bois et y niche après le
33*
T. II.
522
BEC
BEC
départ des autres. Il fait son nid à terre ,
souvent près d'un tronc d’arbre ou d’une
grosse racine ; la femelle y pond quatre ou
cinq œufs oblongs , d’un gris roussâtre , et
marbrés d’ondes plus foncées et noirâtres.
Les petits, couverts en naissant d’un duvet
épais, comme la plupart des jeunes Échas¬
siers, quittent le nid incontinent et se met¬
tent à courir. Il est alors très facile de s’en
emparer ; mais le père et la mère ont pour
eux une telle sollicitude, qu’on en a vu pren¬
dre sous leur gorge un de leurs petits, et
l’emporter ainsi à plus de mille pas. Vieillot
a vérifié ce fait chez les bécasses d’Améri¬
que, et les a vues emporter leurs petits,
cramponnés sur leur dos. Ces Oiseaux sem¬
blent muets dans l’hiver, et ne font enten¬
dre qu’une espèce de gloussement quand ils
se poursuivent au premier printemps. Lors¬
qu’ils se posent à terre , ils étalent souvent
la queue, comme s’ils faisaient la roue. On
a cru reconnaître plusieurs races distinctes
dans notre Bécasse; une plus petite entre
autres, plus roussâtre et à bec plus long,
et une troisième beaucoup plus forte , au
contraire, à plumage plus rembruni, et qui
se tient de préférence dans les grosses haies
et les halliers. Temminck, dans la quatrième
partie de son Manuel, annonce que, d’après
ses observations, les petites Bécasses ne
sont autres que les jeunes, de couvées tar¬
dives , qui n’entreprennent leur migration
que quelques semaines après le départ des
grandes bandes , et nous arrivent effective¬
ment bien après elles. Il indique aussi ,
comme moyen le plus sûr de distinguer
les sexes dans notre espèce européenne ,
l’examen de la première rémige, dont le
bord externe des barbes est couvert, chez le
mâle, de taches brunes sur un fond blanc
jaunâtre, tandis que les femelles portent un
liseré blanc sans taches sur toute la lon¬
gueur de cette barbe. L’espèce niche en
grand nombre aux environs de Saint-Pé¬
tersbourg ; on la dit sédentaire dans le midi
de l’Italie.
2me sous-genre : Bécassine. Scolopax ,
Vieil. Bas de la jambe dénudé; tarses de
longueur médiocre ; doigts longs et grêles;
ongle du pouce pointu et débordant son
extrémité de toute sa longueur ; dessus de
la tête rayé de bandes longitudinales ; for¬
mes grêles et élancées. Demeure habituelle :
les marais et les prairies marécageuses.
Outre les caractères ci-dessus, les Bécas¬
sines diffèrent encore des Bécasses par leur
habitude de pousser plusieurs cris, lors¬
qu’elles prennent leur vol , et par ce vol
aussi facile et aussi rapide le jour que le
soir , ce qui prouve que leur vue est orga¬
nisée pour la lumière du soleil. Elles ni¬
chent dans les marais. A propos de leur
nidification , nous avons été témoin d’un
fait assez singulier. Ayant fait lever une
Bécassine de dessus ses œufs , son mâle se
réunit bientôt à elle ; ils s’élevèrent tous
deux à une hauteur assez considérable, et je
remarquai que, pendant tout le temps qu’ils
volèrent au dessus de ma tête , ils faisaient
entendre à chaque coup d’aile qu’ils dou-
naient un petit cri court et fort vif, dif¬
férent de celui qu’ils ont le reste de l’année ;
et, de temps en temps, une d’elles sem¬
blait se laisser tomber perpendiculairement
du haut des airs , les ailes placées vertica¬
lement, de sorte qu’une était en dessus et
l’autre en dessous. Dans cette position, elle
les agitait avec force, de manière à produire
un bruit de vibration très fort , imitant un
peu le hennissement d’un Cheval.
On compte aujourd’hui au moins cinq
espèces de Bécassines européennes , trois
dans l’Amérique du nord et quatre dans
celle du sud ; elles ont toutes de si grands
rapports dans la coloration du plumage ,
qu’il n’y a pour ainsi dire que la différence
dans la taille et le nombre de leurs plumes
caudales qui puissent les faire reconnaître.
Nous citerons, comme espèce remarquable
par sa taille, la Bécassine géante ( Scolopax
yigantea Naît., Tem., PL col. 403), quia,
comme toutes les Bécassines , six bandes
longitudinales noires, dont deux sur le ver-
tex, deux latérales oculaires et deux courtes
sub-oculaires , séparées par cinq bandes
d’un blanc roussâtre ; le gosier blanc ; les
scapulaires noires , entremêlées de quel¬
ques points roux, et largement bordées ex¬
térieurement de roux marron vif, formant
trois larges bandes dorsales noires et lon¬
gitudinales , séparées par quatre autres de
couleur rousse. Les ailes sont bariolées, en
travers , de blanc et de noir , ainsi que le
cou, la poitrine, les flancs et les jambes. La
queue est rousse, avec du noir sur la ligne
médiane. Cette espèce, qui est du Brésil ,
BEC
BEC
est d’un quart plus forte dans toutes ses
dimensions que notre Bécasse d’Europe ;
mais elle a tous les caractères propres aux
Bécassines : elle est longue de quarante cen¬
timètres, et son bec l’est de dix à douze cen¬
timètres ; elle est du Brésil , et si semblable
de plumage à la grande Bécassine des sa-
vannes de Gayenne ( Buff . , enl.,’ 895), déjà
fort grande elle-même , qu’elle n’en diffère
réellement que par une taille plus forte.
31Uü sous-genre : Bécassine-Chevalier ,
Tem.; Macroramphus , L. Jambes dénuées
de plumes dans la plus grande partie de leur
longueur ; doigt externe réuni au médian à
leur base par une très petite membrane ;
doigts de longueur médiocre. Queue carrée
et non conique , comme chez les deux sec¬
tions précédentes ; tous caractères qui, ainsi
que la coloration, lieraient entièrement des
Chevaliers et non des Bécassines.
Le nom de Bécassine-Chevalier > donné
par Temminck à cette troisième section ,
est bien certainement le plus convenable
qu’on pût lui donner ; car l’oiseau qui en
est le type est tout à fait intermédiaire à
ces deux genres , n’ayant des Bécassines
que le bec , et ayant du reste les pattes, la
queue , la coloration , la livrée d’été , et
même les habitudes toutes marines des
Chevaliers. Il est fâcheux que le nom scien¬
tifique de Macroramphus n’indique rien de
ces caractères mixtes, et donne au contraire
une idée fausse du bec , qui , dans l’espèce
type , est moins grand qu’un bec de Bécas¬
sine ordinaire, à proportion de l’oiseau.
La seule espèce connue de ce groupe est
la Bécassine-Chevalier grise Nob., Ma¬
croramphus griseus L.) , Bécassine ponc¬
tuée Tem. ( Man ., 679), Bécassine grise
( Scolopax leucophœa 'Vieil. , Dict., III,
358, et Gai., pl. 241), couverte, en dessus, de
bariolures noires et blanc roussâtre ; à poi¬
trine d’un brun grisâtre 5 le reste blanc, qui
se colore de roux dans la livrée d’été ; le
croupion et la queue blancs , traversés de
bandes nombreuses noires. Elle se trouve
aux États-Unis , où elle fréquente les ter¬
rains submergés ou marécageux des bords
de la mer, surtout à l’embouchure des ri¬
vières , et ne va jamais dans les prairies
herbeuses. Elle se nourrit , selon Wilson ,
de Mollusques bivalves, qui se rencontrent
dans les marais salés des États-Unis — On
523
voit, par ce qui précède, que cet oiseau est
un véritable Chevalier à bec de Bécassine ,
et serait plus convenablement nommé Che¬
valier-Bécassine que Bécassine-Chevalier.
(Lafr.)
BÉCASSE, poiss. — Nom donné vul¬
gairement à des Poissons des genres Cen-
trisque, Scombrésoce et Espadon , à cause
du prolongement de leur bouche en forme
de bec.
BÉCASSE, moll. — Plusieurs espèces
de Rochers prolongées à la base en un long
canal offrent une ressemblance grossière
avec la tête d’une Bécasse. Les marchands
du siècle dernier se sont saisis de cette res¬
semblance pour nommer Tête de Bécasse,
le Murex haustellum ; Bécasse a ramage, le
Murex cornutus ; Bécasse épineuse , le
Murex crassispina /‘grande Bécasse épi¬
neuse, le Murex tenuispina ; et enfin
Bécasse a courte épine, le Murex branda-
ris. Ces diverses dénominations sont en¬
core en usage parmi les marchands d’his¬
toire naturelle. (Desh.)
BÉCASSE D’ARBRE ou PER¬
CHANTE. Ois. — Nom vulgaire de la
Huppe, Upupa Epops.
BECASSE DE MER. ois. •— Noms
vulgaire de l’Huîtrier et du Courlis.
BÉCASSEAU, Briss.; Tringa , Lin.,
Briss. ois. — Genre de l’ordre des Échas¬
siers , de la famille des Longirostres de
Cuvier, et dont les caractères sont : Bec
long ou médiocre, grêle, cylindracé, faible¬
ment arqué ou droit, mou et flexible dans
toute sa longueur, comprimé à la base,
déprimé vers la pointe, qui est un peu di¬
latée et obtuse ; les deux mandibules sillon¬
nées jusque près de leur extrémité. Pieds
grêles 5 nudité du bas de la jambe assez peu
étendue ; le pouce faible et court articulé sur
le tarse, au dessus des doigts antérieurs et
touchant à peine la terre à son extrémité ;
ceux-ci non réunis par une membrane à
leur base ; ailes assez longues, sur-aiguës,
atteignant l’extrémité de la queue.
Linné, sous le nom générique de Tringa ,
donné anciennement par Gesner et Aldro-
vande au Chevalier cul-blanc, réunissait les
Chevaliers, Bécasseaux et Combattants, les
Yanneaux, Sanderling, Phalaropes et Tour-
nepierres ; Brisson le restreignit aux seuls
Bécasseaux, Chevaliers et Alouettes de mer;
524
BEC
BEC
Temminck en retira les Chevaliers, et n’ad¬
mit dans son genre Bécasseau ( Tringa ) J
que les Bécasseaux proprement dits ou les
Maubèches et Alouettes de mer , dont il
forma une première section, et les Com¬
battants, dont il forma la seconde. Cuvier,
dans son Règne animal, remplaça le nom
générique de Bécasseau {Tringa), par celui
de Maubèche {Calidris) ; mais il en sépara,
sous le nom de Pelidna , les Alouettes de
mer et les Cocorlis, et sous celui de Ma-
chetes les Combattants.
Vieillot, dans le nouveau Dictionnaire et
dans l’Encyclopédie, a changé le nom gé¬
nérique français de Bécasseau de Brisson
et Temminck, en celui de Tringa, se fon¬
dant sur ce que Brisson , qui réunissait
sous cette dénomination des Chevaliers et
des Bécasseaux , avait pris positivement
pour type le Bécasseau ou Cul-blanc , qui
est un Chevalier et non un Bécasseau, d’a¬
près les caractères distincts assignés de¬
puis à ces deux genres.
Temminck, dans la 4e partie de son Ma¬
nuel (1835), se range de l’avis de Cuvier et
des naturalistes qui isolent le Combattant,
en un genre distinct de ceux de Bécasseau
et de Chevalier, et le retire par conséquent
de son genre Bécasseau.
Nous adoptons d’autant plus volontiers
cette dernière opinion, que les Combattants
nous avaient toujours paru s’éloigner des Bé¬
casseaux par leur ensemble plus élancé ; par
leurs pattes plus élevées; par leurs doigts plus
longs et à membrane interdigitale, et par
le peu de dilatation de la pointe de leur bec,
tous caractères qui les rapprochent au con¬
traire des Chevaliers. De plus, le nom gé¬
nérique Bécasseau de Brisson étant le plus
ancien et le plus généralement employé par
les ornithologistes, nous croyons devoir l’a¬
dopter aussi de préférence, et tel que Tem¬
minck l’a conçu, dans la dernière partie de
son Manuel. Bonaparte, dans ses Birds of
Europe and narth America, le subdivise
encore en quatre genres, dont deux améri¬
cains, qui sont Hemipalama , Bonap., ayant
pour type le Tringa Douglasii Swains., et
Betcropoda , Nutt., ayant pour type, le
Tringa semi-palmata Wils., pl. 63, f. 4, et
deux européens, Tringa, Bonap., ayant pour
type la Maubèche, ai Pelidna, Cuv., ayant j
pour type l’Alouette de mer ou Cinele. !
Le savant ornithologiste Temminck, fa¬
vorisé par le lieu de sa demeure, a fait de¬
puis longtemps une étude particulière de
cette famille d’Oiseaux riverains, et est
parvenu à rectifier beaucoup d’erreurs qui
existaient avant lui dans la nomenclature
des espèces ; erreurs provenant en gran¬
de partie des changements extraordinai¬
res opérés par la double mue dans le
plumage et la coloration de ces Oiseaux, et
qui en avaient fait décrire et figurer, comme
espèces différentes, des individus de même
espèce, mais d’âge, de livrée ou de sexe
différents. Cet auteur a observé que ces Oi¬
seaux voyageaient en petites troupes, se
réunissant plusieurs couples dans un même
lieu, pour nicher; qu’ils habitaient les ma¬
rais voisins des lacs et des rivières, et sur¬
tout des bords de la mer; qu’à l’aide de
leur bec long et grêle , ils cherchaient in¬
distinctement dans la vase et les limons,
dans les sables mouvants et les fucus, les In¬
sectes à élytres , les larves, les Yers mous,
les très petits Mollusques même dont ils
se nourrissent. D’après ses observations,
les espèces habitantes des bords de la mer,
émigrent le long de ses rives, et celles des
marais suivent dans leurs migrations le
cours des rivières ; leur mue a lieu à deux
époques fixes de l’année; leur plumage
d’hiver, très différent de celui du printemps,
varie généralement du blanc au roux et du
cendré au noir ; les jeunes, avant leur mue,
diffèrent beaucoup des adultes, et les sexes
ne diffèrent que par la taille, les femelles
étant plus grandes que les mâles. Dans le
quatrième volume de son Manuel, il énu¬
mère dix espèces de Bécasseaux d’Europe,
dont sept se retrouvent dans l’Amérique
du nord avec une huitième qui lui est pro¬
pre, selon Bonaparte {Birds of Europe and
north America). Azara a décrit sous le nom
de Chorlitos quatorze espèces de Chevaliers,
de Bécasseaux et deRhynchées du Paraguay,
dont Vieillot admet quatre dans ses Trin¬
ga ou Bécasseaux. Ce dernier auteur dé¬
crit encore trois ou quatre espèces de l’A¬
mérique du Nord et des Antilles; mais,
comme la plupart de nos Échassiers lon-
girostres se retrouvent sur tout le globe, il
faudrait , pour s’assurer positivement du
! nombre des espèces exotiques, que, sur
j chaque continent , on pût faire le Ira-
BEC
BEC
525
vail d’observation fait en Hollande et en
Allemagne, pour débrouiller les espèces
européennes. Vieillot , pendant son séjour
dans l’Amérique du nord, a remarqué que,
chez les petites espèces de Bécasseaux de
cette contrée , les mâles se réunissaient
pendant l’incubation en petites troupes, et
cherchaient leur nourriture en commun.
Nous citerons, comme espèce des plus
grandes et des plus marquantes, le Bécas¬
seau Maubèche ou Canut ( Tringa cine-
rea L., Tem. Man. 627), qui, dans ses
diverses livrées , a été décrit comme es¬
pèces différentes, sous les noms de Tringa
cinerea j, grisea , canutus et islandica
Gmel., ru fa Wils., sous ceux de Maubè¬
che , Maubèche tachetée et Maubèche grise
(Brisson, pl. 20, f. 1. — pl. 21, f. 1 et 2).
Brisson toutefois, dans la première, a dé¬
crit un Combattant tout en figurant la Mau¬
bèche. Buffon, copiant Brisson, est tombé
dans la même erreur, et sous les noms de
Maubèche commune, tachetée et grise, pl.
365 et 366, a décrit, comme Brisson, le même
oiseau, sous le nom de Combattant.
Cette espèce, dans son plumage d’hiver
et de première année, est, en dessus, d’une
teinte grise cendrée, plus foncée chez les
jeunes qui, en outre, ont toutes les plumes
du dos et des scapulaires liserées de noir et
blanc ; elle est blanche en dessous, mais
avec les côtés et le devant du cou, sauf la
gorge, la poitrine et les flancs, couverts de
petits traits bruns ou noirâtres longitudi¬
naux. Dans sa livrée d’été ou des noces,
tout le fond blanc du plumage est d’un
roux ferrugineux, uniforme en dessous ;
en dessus, le dos, les scapulaires et le crou¬
pion sont variés de grandes taches noires
et rousses. Sa longueur est de 25 centimè¬
tres. Elle vit en été dans les marais; au
printemps et en automne sur les bords de
la mer, et passe deux fois dans l’année, au
printemps et en automne. (Lafr.)
BÉCASSINE. ois. — Voyez bécasse.
BÉCASSINE DE MER. poiss. — Nom
donné à VEsox bellone et particulièrement
aux Poissons du genre Orphie , par allusion
à la forme allongée de leur bouche.
BÉCASSINE-CHEVALIER, ois. —
Voyez bécasse. (Lafr.)
BECASSON. ois. — Ce nom vulgaire
s’applique à plusieurs espèces du genre
Chevalier; mais il sert à désigner, plus
communément , le Ch. aux pieds rouge
( Scolopax Calidris ); il s’applique cependant
aussi au Ch. cul blanc ( Tringa ochropus ) ,
et Ch. guignette ( Tringa hypoleucos)} ap¬
pelé aussi PETIT BÉCASSON.
La double Bécassine ( Scolopax major )
porte également le nom de Bécasson ; et, en
Normandie, tous les chasseurs le donnent à
la petite Bécassine ou Bécassine sourde.
Voyez CHEVALIER et BÉCASSE. (C. d’O.)
BECFI B’HIVER. ois. — Nom vul¬
gaire du Pipit (Alauda trivialis ) , en Pro¬
vence.
BÉCIf ABU ou 'BÉCHÉRU. ois. —
Nom vulgaire du Flammant rouge ( Phœ -
nicopterus ruber L.)
BÊCHE LISETTE, ins. — Nom vul¬
gaire du Rhynchites Bacchus dans quelques
parties de la France (voyez rhynchites). On
donne aussi ce nom , ainsi que ceux de
Coupe-Bourgeon et Pique-Brot, à un autre
insecte très nuisible à la Vigne, et qui ap¬
partient au genre Eumolpe. Voyez ce mot.
. . (D-)
BECHERU. ois. — Voyez bécharu.
BÉCHET. poiss. — Nom vulgaire du
Brochet.
BECHIIJM (nom sous lequel Pline pa¬
raît avoir désigné le Tussilage), bot. ph. —
Le genre Bechium , fondé par M. De Can-
dolle, comprend deux plantes de Madagas¬
car qui ont pour caractères : Capitules mul-
tiflores homogames ; les extérieures à 5
divisions palmées, les intérieures tubuleu¬
ses ; les rameaux du style allongés, hispides;
les fruits cyïindracés, velus, couronnés
d’une aigrette composée de plusieurs ran¬
gées de poils scabres. Le réceptacle alvéolé
est entouré par un involucre formé de 2-3
séries d’écailles lâchement imbriquées, lé¬
gèrement scarieuses et colorées au som¬
met. — Les deux espèces connues jusqu’à
ce jour sont des herbes vivaces, à feuilles
radicales, sessiles, oblongues, très entières
et couvertes de poils sur leur face supérieu¬
re. Les capitules, portés sur une hampe,
sont disposés en eorymbe. Ce genre fait
partie des Composées, tribu des Verno-
niées. (j. d).
BÉCHOT. ois. — Synonyme vulgaire de
la Bécassine sourde ( Scolopax gallinula
Gm.).
526
BEC
BEL)
BECHE A. BOT. TH. - Voyez BÆCKEA.
* BECHERA, Eernhar. bot. ph. — Sy¬
nonyme du genre Melica.
BECKM AIVLVI A . JBeckmannia (nom
propre), bot. ph. — Genre de la famille des
Graminées, tribu desPhalaridées, établi par
le professeur Host (Gram., III, t. 6) pour
une grande plante vivace qu’on trouve dans
l’Europe australe, la Sibérie, l’Asie Mineure
et même quelques parties de l’Amérique
septentrionale. Ses caractères sont les sui¬
vants : Épillets comprimés , lenticulaires et
contenant deux fleurs sessiles , fertiles et
glabres. Lépicène composé de deux valves
comprimées, carénées et obovales, égales
entre elles , coriaces et nautiques , un peu
plus courtes que les fleurs. Glume à deux
paillettes membraneuses; l’inférieure ovale,
concave , à trois nervures , embrassant la
supérieure qui n’offre que deux nervures et
est bifide à son sommet. Ovaire glabre, ter¬
miné par deux styles courts portant chacun
un stigmate allongé et plumeux, à poils
simples. Paléoles 2, aiguës , bifides et gla¬
bres. Fruit également glabre, allongé, cy¬
lindrique, un peu plan d’un côté, non en¬
veloppé par les écailles
L’espèce unique qui forme ce genre ,
Beckmannia erucœformis H., a été ran¬
gée tour à tour dans le genre Phalaris par
Linné , dans le genre Cynosurus par Aiton,
dans le genre Paspalum par Mœnch. Le
professeur Tenore, dans sa magnifique
Flore napolitaine , en a fait le genre Joa-
chinia , et Nuttal le genre Bruckmannia;
mais ces deux genres sont postérieurs au
Beckmannia de Host, qu’ont adopté tous
les botanistes modernes. (A. R.)
*BÉCLARDIE. Beclardia (nom pro¬
pre). bot. ph. — Nous avions établi sous ce
nom (Mêm. sur les Orchidées des îles de
France et de Bourbon ) un genre de la tribu
des Yandées , pour trois espèces d’Orchi-
dées , originaires des îles australes d’Afri¬
que ; mais l’une de ces espèces (Beclardia
alata) a été réunie par M. Lindley à son
genre Cryptopus; et les deux autres Beclar¬
dia macrostachya et B. brachystachya
constituent le genre Æonia du même bota¬
niste. Voyez cryptopus et æonia. (A. R.)
BECMARE. Rhinomacer. ins. — Genre
de Coléoptères tétramères , fondé par Geof¬
froy aux dépens du genre Curoulio de Linné
et dont les espèces appartiennent aujour¬
d’hui aux genres Attélabe et Apodère.
Voyez ces mots. (D.)
BECMOUCHES. ins. — Voyez hydro-
myes. (d.)
BÉCO. ois. — Nom vulgaire du Che¬
valier guignette (Tringa hypoleucos ) et
de la Maubèche noire (Tringa pusilla ).
BÉCOT. ois. — Nom vulgaire de la Bé¬
cassine sourde (Scolopax gallinula Gm.).
BECQU ABO , BECQUEBO ou BEC-
QUE-BOIS. ois. — Ces noms vulgaires ,
synonymes de Biquebo, s’appliquent à plu¬
sieurs espèces de Pics, notamment au Pic-
vert.
BECQXJE FLEURS, ois. — C’est, dans
les Oiseaux d’Afrique de Levaillant, le nom
qu’il donne à l’un de ses Figuiers d’Afrique,
et que nous avons reconnu être le Parus
capensis Gm., espèce de Rémiz du Cap de
Bonne-Espérance. Voyez mésange.
(Lafr.)
* BECQUERELIA (Becquerel , physi¬
cien français), bot. ph. — Le genre ainsi
nommé par Adolphe Brongniart (in Du-
perrey , Yoy., p. 161, t. XXYII), et qui fait
partie de la famille des Cypéracées , a été
réuni par quelques botanistes au grand genre
Scleria , dans lequel il forme une simple
section. Voyez sclérie. (A. R.)
BECQUEROLLE. ois. — Un des noms
vulgaires de la Bécassine sourde.
BECQUET. roiss. — Nom vulgaire du
Saumon.
BECQUETEUR. ois. — Nom vulgaire
de la Sterne petite (Slerna minuta Gm.) ,
ou Hirondelle de mer.
BÉDAUDE ou BÉDEAUDE. ois. —
Nom vulgaire de la Corneille mantelée.
BÉBÉ AU et BÉDEAUDE. ins. —
Nom vulgaire donné à des Insectes de diffé¬
rents ordres , dont le corps , à l’état de
larve ou à l’état parfait, présente deux cou¬
leurs bien tranchées. Telle est , par exem¬
ple , la Chenille de la Vanessa gamma ,
dont les quatre premiers anneaux sont fau¬
ves et le reste du corps blanc. Telle est en¬
core la Cigale Bédeaude de Geoffroy ( Cerco -
pis Spumaria Fabr.) qui est moitié brune
et moitié blanche, etc. (D.)
BÉDEAUDE. ois. — Voyez bédaude.
BÉDÉGUAR. ins. et bot. — On donne
ce nom aux excroissances chevelues pro-
BEE
BEG
527
duites sur les Rosiers et les Eglantiers,
par le Cynipsrosœ et peut-être par quelques
autres espèces voisines. Voyez cynits et
CYN1PHIENS. (Bl.)
* BEDFORDIA (dédié à John Russel ,
duc de Bedford), bot. fh. — Le genr o Bedfor¬
dia appartient à la tribu des Composées-
Sénécionées, et comprend aujourd’hui deux
arbrisseaux indigènes de Yan-Diémen, dont
l’une est cultivée dans les jardins de bota¬
nique, sous le nom de Caen lia salie in a.
Ces plantes ont pour caractères : Capi¬
tules multiflores homogames ; réceptacle
alvéolé ou marqué de petites fossettes ; in-
volucre muni à la base de 2 ou 3 bractéoles
subulées, et formé de deux ou 3 rangées d’é-
cailles distinctes et d’égale longueur. Fruits
glabres, cylindracés anguleux, munis, au
sommet, d’un rebord portant une aigrette
composée d’une rangée de poils scabres à
la base , ou barbillés au sommet, — Les
Bedfordia , que Labillardière avait réunis
aux Caca lia, sous les noms de C. sali-
eina tt linearis , sont remarquables par
leur port ; leurs fleurs jaunes ; leurs feuilles
entières, allongées, cotonneuses en dessous,
et assez semblables à celles du Saule.
(J. D.)
BEDILLE. bot. th. — Nom vulgaire
du Liseron des champs, dans le départe¬
ment de la Gironde.
BÉDOUIBE ou BÉDOUILLE. ois. —
Nom de la Farlourse en Provence.
BÉDOUHNT. bot. rn. — Un des noms
vulgaire du Mélampyre des champs.
BÉDOUSI(nom vernaculaire), bot. ph.
— Ce serait , selon quelques auteurs , un
petit arbre de l’Inde , à feuilles épaisses ,
ovales et alternes, d’une odeur aromatique,
et à fleurs petites , inodores, à baie sèche,
3-valve et 3-sperme, etc.; mais, faute à eux
de l’avoir suffisamment caractérisé, on de¬
vrait le passer sous silence. (C. L.)
BEELZEBUL. mam. — Nom d’une es¬
pèce du genre Hurleur.
BEELZEBUTH. MAM. - Voyez BELZE-
BUTH.
BÉEMERLE ou BOEHMERLE. ois.
— Synonyme de Jaseur de Bohême (. Bom -
by cilla garruld).
BEENA. ois. — Synonyme de Corbeau
choucas.
BEEIVEL (nom vernaculaire).
— Rheede a figuré sous ce nom ( Hort .
mal.,V, t. 4) un petit arbre de l’Inde, que
quelques auteurs rapportent au Croton ra~
cemosum Burm., quoique son fruit paraisse
télracoque. (C. L.)
* BEES A. bot. fh. — Le genre ainsi
nommé par Palisot de Beauvois, dans la fa¬
mille des Cypéracées, est le même que le
genre Hypœlytrum du professeur L.-C.
Richard. Voyez hypœlytrum. (A. R.)
BEESHA. bot. ph. — Le botaniste
Rheede (Hort. Malabar. Y, p. 119, t. 00)
a décrit et figuré, sous ce nom, une grande
et belle graminée , originaire des Indes
Orientales , décrite et figurée de nouveau
par Roxburg (Corom. III, p. 38, t. 243),
sous le nom de Bambusa baccifera. On
s’est bien vite aperçu que cette plante n’ap¬
partenait pas au genre Bambou; aussi Tri-
nius en avait-il fait un genre nouveau qu’il
nommait Melocanna ; mais on a pensé
que le nom proposé par Yan-Rheede, étant
beaucoup plus ancien dans la science, et n’of¬
frant d’ailleurs rien qui pût s’opposer à
son adoption, devait être adopté. C’est ce
qu’ont fait Rœmer et Schultes, dans leur
Species , et plus récemment mon excellent
ami M. le professeur Kunlh , dans son
agrostographie. Nous nous contenterons de
dire que le genre Beesha se distingue sur¬
tout des autres Bambusacées par son fruit
très gros et charnu , caractère fort remar¬
quable et tout à fait insolite dans la famille
des Graminées. Voyez bambou. (A. R.)
BEFARÏA. BOT. TH. - Voyez BEJARIA.
BEFFROI (Grand et Petit), ois. — Le
premier est synonyme de Turdus tinniens
et le second de Turfius lineatus. Voyez
FOURMILIER.
BÉGASSE . ois. — Synonyme de Bécasse.
BEGOAIA (Mich. Bégon , français ;
promoteur de la botanique), bot. ph. —
Type de la famille des Bégoniacées.Cc genre,
fondé par Linné , renferme un grand nom¬
bre de plantes remarquables la plupart par
leur port singulier, etsurtoutpar l’obliquité
de leurs feuilles. On en connaît près de quatre-
vingts espèces, dont plus de 60 sont culti¬
vées dans les jardins. Quelques-unes , dans
leur pays natal , sont employées comme
condiment et en salade. La plus belle d’entre
elles est le B. manicata, plante mexicaine,
décrite par M. A. Brongniart (Yoir Herb.
bot. ph.
528
BEG
BEI
gênér. de VAmat. t. B). Elles sont indigènes
dans les parties tropicales de l’Asie et de
l’Amérique. Ce beau genre (dont les carac¬
tères sont indiqués à l’article Bégoniacées ,
qui suit) n’a pas encore de place jusqu’ici
bien certaine dans le système , et les au¬
teurs n’ont pu encore être à peu près unani¬
mes sur ce point. M. Endlicher, dans son
Gênera plantarum , le place entre les Cu-
curbitacées et les Cactées , familles avec
lesquelles, il faut l’avouer, ce genre n’offre
guère d’analogie; M. Lindley, entre les Fi-
coïdées et les Crucifères, et nous ne voyons
pas que le rapprochement soit plus rationnel.
Sa véritable place est, selon nous, dans
l’état actuel delà science, et comme avant
nous quelques auteurs l’ont indiquée, entre
les Chénopodiées et les Polygonées ; c’est
avec ces deux familles qu’il offre le plus
d’affinités, surtout avec la dernière , sous le
rapport de l 'habitus et de la structure des
fleurs et des fruits. Quoiqu’il en soit, pour
mettre le lecteur à portée de faire un rappro¬
chement plus heureux , nous le renvoyons à
la caractéristique de la famille qui est né¬
cessairement celle de l’unique genre qu’elle
renferme. (C. L.)
BÉGONIACÉES. bot. i>h. — Famille
de plantes à fleurs monoïques. Dans les
mâles, un calice à 4 sépales colorés, dont
deux intérieurs opposés plus petits que les
extérieurs, renferme de nombreuses éta¬
mines dont les filets libres ou soudés in¬
férieurement en colonne, s’épaississent en
masses, et portent, à leur sommet, deux lo¬
ges adnées à un connectif large et s’ouvrant
dans leur longueur. Dans les femelles , ce
calice adhérant à l’ovaire se partage , au-
dessus de lui , en segments pétaloïdes au
nombre de 4 à 9, et, au dessous, forme 3 ai¬
les verticales et inégales, avec lesquelles al¬
ternent '3 loges renfermant des ovules très
nombreux, attachés à un double placenta
qui fait saillie de l’angle interne. L’ovaire
est surmonté de B styles courts , partagés
chacun plus ou moins profondément en deux
branches stigmatiques flexueuses. Il devient
une capsule membraneuse, couronnée par
les segments flétris du calice , relevée de
trois ailes et s’ouvrant par autant de fentes
qui les suivent dans leur longueur, et divi¬
sent par conséquent les loges dans leur mi¬
lieu. Les graines, très nombreuses et très
menues, contiennent, sous un test membra¬
neux, un embryon nu, cylindrique, dont la
radicule, plus longue que les cotylédons, est
tournée du côté du hile. — Les Bégoniacées
sont des plantes herbacées, annuelles ou vi¬
vaces, originaires des régions tropicales, et
cultivées en assez grand nombre dans nos
serres. On les reconnaît facilement à leurs
feuilles alternes, ordinairement partagées
en deux moitiés très inégales, et par consé¬
quent très obliques, à nervures palmées, à
contour entier ou denté, à 2 stipules larges,
décidues et presque axillaires. Leurs fleurs
blanches roses ou rouges, sont souvent dis¬
posées par dichotomies. Jusqu’ici la famille
se compose du seul genre Bégonia , dont
quelques auteurs avec M. Lindley, séparent
une espèce sous le nom d'Eupetalum.
(Ad. J.)
BEHENANTHA ( Behen , en arabe,
sorte d’OEillet; àvôdç, fleur), bot. ph. —
Genre formé par par Otth (DC. Prodr., I,
p. 367), et rapporté comme sous-genre au
Silène,!,. Voyez ce mot. (C. L.)
* BEIIRÏNIE. bot. th. — Genre de la
famille des Synanthérées, établi par Siaber
pour une plante de la Carniole, le B. chon -
drilloides , et qui a été réuni aux Crépis ,
auxquels il appartient. (C. d’O.)
*BEHUBIÂ. bot. th. — Genre de la
famille des Mélastomacées , tribu des La-
Yoisiérées . formé par Chamisso ( Lin-
nœa , IX, 373), dont le type est un ar¬
brisseau unique, brésilien ; à rameaux té-
tragones, pubescents, garnis de feuilles
opposées , pétiolées, elliptiques-lancéolées,
triplinervées ; à bords calleux-dentés. Les
fleurs sont disposées en cymes termina¬
les, solitaires, ou en panicules foliolées.
Calice libre, tubulé, turbiné-cupuliforme,
à lacinies décidues, renflées et carénées
dorsalement. Pétales 6, cunéiformes-ob-
ovés. Étamines 12, à anthères oblongues ,
unipores ; ovaire couronné de six glandes
poilues. Capsule 4-loculaire. (C. L.)
BEILSCMMIBTIA (nom propre), bot.
ru. — Genre de la famille des Lauracées,
tribu des Cryptocaryées , formé par Nees
(in Wall., PL as.rar., II, 61, et Laur.)
pour quelques arbres de l'Inde, à feuilles
alternes, veinées; à fleurs hermaphrodites
oudioïques, axillaires. Le périgone est sex-
parti; les étamines sont au nombre de 12,
BEL
BEL
529
quadrisériées, dont 9 extérieures fertiles,
et 3 intérieures stériles. Le stigmate est
déprimé , subdiscoïde , sans fruit. Une baie
coriace, monosperme. (C. L.)
BEILSTEIN , Wern. min. — Mot alle¬
mand qui veut dire Pierre de Hache. Voyez
jade. (Del.)
BEINBRECHER. ois. — Synonyme de
Percnoptère d’Égypte.
BEJARIA (Bejar, botaniste espagnol).
Acuna , R. et P. bot. th.— Ce mot , par une
faute typographique, est écrit, dans la plu¬
part des auteurs, Befaria ; et, malgré l’évi¬
dence, M. Endlicher ( Gen ., pl. 4342), par
exemple , persiste à l’écrire ainsi. C’est un
genre de plantes de la famille desÉricacées,
de la tribu des Rhododendrées , fondé par
Mutis ( in L. fils , suppl. 246 , et Alii
auct .) pour quelques arbrisseaux indigènes
dans l’Amérique boréale et australe, et dans
les Andes du Pérou, à feuilles alternes,
souvent serrées , coriaces , très entières ; à
fleurs ordinairement pourpres et disposées
en grappe ou en corymbe. Calice 6-7-fide ;
corolle de 6 à 7 pétales hypogynes , dressés
ou étalés. On en cultive deux espèces; ce
sont les B. racemosa et glauca. (C. L.)
BEJUCO. bot. th. — Loeffling (Iter. 404)
avait désigné sous ce nom le genre Hippo-
cratea; mais cette dénomination vulgaire
s’applique en général, dans les pays soumis
à la domination espagnole, à tous les arbris¬
seaux sarmenteux et grimpants. (A. R.)
* BELANGERA ( Bélanger , botaniste
français). Polystemon, Don Lamanonia
(Fl. Flum.j Y, t. 104). bot. th. — Genre de
la famille des Saxifragacées (Cunoniacées ,
Alii ), de la tribu des Cunoniées, fondé par
Cambessèdes (in St-Hilaire, Fl. bras ., II,
203, t. 115-117 , et alio) pour un petit nom¬
bre d’arbres indigènes dans le Brésil ; à
rameaux et à feuilles opposées, pétiolées,
3-5-foliolées , folioles dentées ; à stipules
caduques ; à inflorescence en grappes axil¬
laires , simples. Le calice est 6-parti , dé-
cidu ; point de corolle. Étamines en nombre
indéfini. Capsule birostre, biloculaire, bi¬
valve. Graines nombreuses, comprimées,
ailées au sommet. (C. L.)
BELBUS. mam. — Synonyme d’Hyène
dans la basse latinité. Voyez ce mot.
RELEMCANDA. eot. th. — La plante
figurée sous ce nom par Rbeede ( Hort . ma-
lab. , t. XI , p. 308, t. 7) a été réunie au
genre Pardanthus de Kerr, dans la famille
des Iridées. Voyez tardanthus. (A. R.)
BÊLEMENT ([Sri, en grec). mam. — Cri
des petits Ruminants, tels que les Moutons
et les Chèvres.
BÉLEMNITE. Belemnites (flsXspi.vtrflç,
pierre en forme de flèche), moll. céph.
— Les Bélemnites ont de tout temps appelé
l’attention par leur forme de doigt ou de
fer de lance, ainsi que par leur multipli¬
cité au sein des couches terrestres. Le
peuple les regardait comme des pierres de
foudre, des pierres de tonnerre, tandis que
les savants du seizième siècle les appelaient
Dactylus idœus , ou , suivant le préjugé
plus ancien encore qui prétendait y voir
une pétrification de l’urine du Lynx, con¬
tinuaient à les nommer Lyncurion. Forcé
de me renfermer dans le cadre restreint
de cet ouvrage, je ne reproduirai point
ici les différentes idées plus ou moins ex¬
traordinaires répandues sur les Bélemnites;
mais j’examinerai les principales opinions
scientifiques relatives à leur classification
dans le règne animai.
Depuis 1724 , Ehrnart, Scheuchzer ,
Linné , Lamarck et Cuvier, etc., sans cher¬
cher à spécifier la forme des Bélemnites ,
les regardèrent comme appartenant à des
animaux voisins des Nautiles.
D’un autre côté, M. Beudant, d’après
d’autres considérations, n’y vit que des
pointes d’Oursin, opinion d’abord admise,
puis rejetée par Klein. Poussant plus loin
les conjectures, M. Raspail en fit égale¬
ment les appendices cutanés d’un échino-
derme voisin des Oursins; opinion tout à
fait rejetée, heureusement pour la science.
MM. Miller et de Blainville comparèrent
la Bélemnite avec les autres Céphalopodes
et crurent reconnaître, dans l’osselet fossile,
un corps entier voisin de l’os interne de la
Seiche. Le premier de ces auteurs en donna
même une figure idéale. Bientôt les idées
changèrent. La découverte, faite dans les
couches de Lyme-Regis, d’un osselet corné,
voisin de celui du Calmar, terminé par
une Bélemnite , vint démontrer à MM. A-
gassiz et de Férussac, que la partie conique
appelée Bélemnite n’était que l’extrémité
d’un osselet et non un osselet entier. Plus
tard, les nombreuses observations de M
34
T. II.
530
BEL
Volz confirmèrent tout à fait cette opinion,
à laquelle j’ai aussi rapporté les résultats de
mes recherches.Yoici, du reste, lesconsidé-
rations zoologiques qu’on peut admettre
dans l’état actuel de la science.
Les Bélemnites étaient des animaux cé¬
phalopodes évidemmènt voisins , nort des
Seiches (comme on l’a cru très souvent en
ne consultant qu’une certaine analogie de
contexture de l’osselet) , mais, d’après leurs
caractères zoologiques, des Ommastrèphes
et des Onychoteuthis [voyez ces mots).
En effet, les Bélemnites ont également un
osselet corné , allongé , pourvu d’un godet
à sa partie postérieure. Elles n’en diffèrent
même que par cette dernière partie plus
vaste, cloisonnée et contenue dans un rostre,
semblable à celui qu’on remarque à l’ex¬
trémité de l’osselet interne de quelques Sei¬
ches. D’après les osselets de Bélemnites
et l’empreinte que j’ai pu suivre sur un al¬
véole de la Belemnites aalensis, l’animal
devait avoir des formes très allongées, dès
lors très distinctes de celles de la Seiche et
analogues à celles des Céphalopodes péla-
giens.
Les Bélemnites se composent d’un osse¬
let corné, spatuliforme, élargi en avant, ré¬
tréci en arrière et pourvu latéralement de
deux petites expansions aliformes qui se
réunissent postérieurement et constituent
uhe Vaste cavité conique, au fond de laquelle
sont des cloisons transversales, séparant
l’ensemble en lin grand nombre de petites
loges percées latéralement d’un siphon et
contenant de l’air. Cette partie postérieure,
appelée alvéole, reçoit en dehors un dépôt
calcaire également conique, plus ou moins
épais , quelquefois très long. Cette partie
terminale est la Bélemnite des anciens au¬
teurs. Je l’appelle rostre.
Un mot sur les fonctions de l’oSselet in¬
terne chez les Céphalopodes me paraît in¬
dispensable pour ramener le rostre de la
Bélemnite à sa juste Valeur zoologique.
L’osselet interne corné est placé au milieu
des parties charnues du corps , pour leur
donner plus de solidité, pour les soutenir;
et ses fonctions sont alors seulement celles
des os chez les animaux vertébrés. Lorsque
l’osselet contient des parties crétacées rem¬
plies d’air, comme celui de la Seiche, ou
des loges, comme la coquille de là Spirille,
BEL
il est , de plus , appelé à remplir d’autres
fonctions tout à fait distinctes , celles de
soutenir l’animal, de le rendre plus léger au!
sein des eaux, de lui faciliter la natation et!
de remplacer simplement la vessie nata¬
toire des Poissons ; aussi voit-on le nom¬
bre des loges augmenter en raison pro¬
portionnelle de la pesanteur du corps de
l’animal, afin de le maintenir constam¬
ment en équilibre, dans toutes les périodes
de son existence. Chez les Bélemnites, les
deux fonctions sont certainement réunies.
L’osselet corné soutient le corps en avant,
tandis que , pour que le poids énorme du
rostre crétacé ne détruise pas l’équilibre
de l’ensemble, il devenait indispensable
qu’il fût soutenu par quelque appareil ; et!
telles sont, sans doute, les fonctions qu’a¬
vait à exercer, dans l’alvéole, l’empilement
des loges constamment remplies d’air,
comme je l’ai toujours trouvé dans les Co¬
quilles de Spirules qui, lorsqu’elles sont
enlevées à l’animal, surnagent à la surface
des mers.
Si l’on cherche encore à reconnaître, par
analogie, les fonctions spéciales du rostre,
on pourra facilement les déduire de sa po¬
sition par rapport à la natation rétrograde
des Céphalopodes. Tous ces animaux avan¬
çant par l’extrémité opposée à la tête , et
conséquemment n’appréciant pas toujours
les obstacles qui pouvaient les arrêter dans
un élan donné, avaient besoin d’une partie
plus ferme qui pût résister aux chocs,
comme le fait, par exemple, l’extrémité
rostrale de l’os de l'a Sépia orbigniana.
En résumé, la Bélemnite des auteurs ne
serait, zoologiquement, qu’une partie ferme
de l’extrémité d’un osselet interne, destinée
à soutenir les chairs, et propre, elle-même,
à résister aux corps durs que l’animal peut
rencontrer en nageant.
Voilà donc la Bélemnite réduite à sa plus
simple valeur ; elle n’est ni une pointe
d’Oursin, ni une pointe d’échihoderme, et
l’alvéole n’est pas un animal parasite,
comme l’a cru M. Ràspail. Elle ne peut être
comparée aux Orthocèrés , Coquilles com¬
plètes, susceptibles de recevoir l'animal en¬
tier dans leur logé supérieure; elle ri’est pas
non plus un corps parfait interne , mais la
très petite partie d’un osselet placé dans
les téguments , à l’extrémité postérieure
BEL
BEL
d’un animal complet, pouvant , dès lors ,
varier beaucoup plus dans sa forme, qu’une
partie dont les fonctions sont importantes
dans l’économie vitale. Si je le compare au
rostre crétacé des os de Seiche , j’aurai la
certitude qu’il devait être très dur avant la
fossilisation , et qu’il n’a pas beaucoup
changé de nature. Cette comparaison m’a
conduit à remarquer que le rostre, chez les
Seiches, varie de forme dans la même es¬
pèce, ce qu’il est facile d’expliquer par un
choc blessant les téguments qui le recou¬
vrent. Appliquée au rostre de la Bélemnite,
cette observation m’a fait reconnaître, non
seulement des variations de formes dues à
l’àge, mais aussi des limites bien plus lar¬
ges dans les caractères spécifiques des es¬
pèces.
On pourrait croire que les Bélemnites
étaient des animaux côtiers, voyageant par
grandes troupes sur les rives des anciens
océans, ce qu’indiqueraient les bancs qu’on
en rencontre dans presque tous les lieux
où elles se trouvent.
Les Bélemnites ont paru sur la terre avec
les couches du Lias. Elles se montrent d’a¬
bord sous la forme pius générale d’un étui
conique sans sillon ni canal , pourvu seu¬
lement de quelques plis à l’extrémité du
rostre (Belemnites niger List., B. irri-
gularis , elongatus, etc.).
Toutes ces espèces disparaissent et sont
remplacées, dans l’Oolilhe inférieure, par
quelques formes analogues , comme le B.
aalensis , mais plus particulièrement par
des Bélemnites pourvues d’un profond sil¬
lon en dessous et d’une forme moins coni¬
que ( B . acutus , canaliculatus , fleuriau-
sianus ).
En remontant dans les couches plus su¬
périeures des terrains jurassiques, à l’Ox-
ford-clay, par exemple , on trouve encore
des Bélemnites. Celles-ci sont alors lancéo¬
lées ou fusiformes et pourvues d?un sillon
inférieur [B. hastatus ).
Passe-t-on des terrains jurassiques à la
formation crétacée ? On trouve d’abord ,
dans l’étage néocomien, un grand nombre
de Bélemnites ; mais ces Bélemnites pren¬
nent, pour la plupart, une forme compri¬
mée toute spéciale, inconnue dans les cou¬
ches inférieures ( B. dilatatus , Emerici,
latus , polygonaliS; etc.), où elles sont fu-
m
siformes et pourvues de deux sillons sur
les côtés (B. subfusiformis , bipartitus).
Voyez pour ces espèces ma Paléontologie
française.
Le Gault montre encore une espèce de Bé¬
lemnites voisine, pour la forme, des espèces
fusiformes des terrains néocomiens [B. mi-
nimus ); puis les Bélemnites proprement
dites cessent d’exister et sont remplacées,
dans l’étage des Craies blanches , par les
espèces du genre Belemnitella ( voyez ce
mot) pourvues d’une fissure antérieure.
En résumé, les Bélemnites commencent
avec le Lias et finissent vers les régions su¬
périeures des terrains crétacés, changeant
de forme à chaque époque géologique.
Il paraît certain qu’elles n’ont pas sur¬
vécu aux dernières couches de la forma¬
tion crayeuse , puisqu’on n’en a jamais
trouvé de traces dans les divers bassins
tertiaires. Aujourd’hui, aucun céphalopode
vivant ne se rapproche positivement des
Bélemnites. (A. d’O.)
*BÉLEMITELLE. Belemnitella (di¬
minutif de Bélemnite ). moll. céph. —
Sous ce nom , j’ai séparé des Bélemnites
(Paléontologie française ) les espèces pour¬
vues d’une fente inférieure au bord anté¬
rieur du rostre. Ce genre se distingue en¬
core par deux impressions dorsales latérales
qu’on ne- voit pas chez les Bélemnites pro¬
prement dites. Cette division de Céphalo¬
podes est, géologiquement, d’autant- plus
importante , qu’elle manque partout où les
Bélemnites se montrent ; ainsi, elle est in¬
connue dans le Lias , dans l’Oolithe infé¬
rieure, dans l’Oxford-clay. Elle ne s’est pas
montrée au sein des couches crétacées in¬
férieures, ni avec le Gault. Elle ne parait
donc qu’avec la Craie blanche, après l’ex¬
tinction de toutes les Bélemnites , comme
derniers représentants sur la terre de cette
forme d’animaux.
On connaît positivement trois espèces
de cette série : les Belemnitella micronata
et quadrata , du sol de la France, et le
Belemnitella scaniœ, de Suède.
(A. d’O.)
* BÉLEMNITÏDÉE S . Belemnitidœ.
molt,. céph. — J’ai établi sous ce nom, dans
l’ordre des Acétabulifères, une famille com¬
prenant les genres Belemnites, Belemni¬
tella et Conoteathis. Cette famille est carac?
532
BEL
BEL
térisée par un animal pourvu d’un osselet cor¬
né, allongé, terminé parmi alvéole conique,
contenant une série aérienne de loges trans¬
versales. L’extrémité de l’alvéole est, le
plus souvent, recouverte extérieurement par
les dépôts successifs d’un rostre crétacé,
conique ou lancéolé , souvent très allongé.
Ayant donné, à l’article Bélemnite, divers
détails qui peuvent se rattacher à la famille,
j’y renvoie pour le complément de cet arti¬
cle. (A. d’O.)
* BELEOPTERUS (fc'Xo; , dard ; tvts-
pov, aile), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Carabiques, tribu des
Troncatipënnes, établi par Klug ( Bestim -
mung dreier neuen Gattungen , undAus-
einandersetzung einiger verwandten Ar-
ten von Madagascar , aus den Familien :
Cicindeleta und Carabici, pag. 382), pour y
rapporter deux espèces nouvelles de Mada¬
gascar qu’il nomme, l’une B. cyanipennis,
et l’autre B. signatus. Ce g. se place entre
les genres Thyreopterus , Dej., et Catas-
copus, Kirb., et s’en distingue principale¬
ment par un menton inerme profondé¬
ment échancré au milieu. (D.)
BELETTE, mam. — Espèce du genre
Putois. Voyez ce mot.
BELHARNOSIA. bot. ph. — Syno¬
nyme de Sanguinaire.
BELIER. MAM. — Voyez MOUTON.
BÉLIER DE MONTAGNE, mam. —
Voyez mouton.
RELIE VRE. min. — Nom sous lequel
on désigne, en Normandie, l’Argile plasti¬
que, qu’on y emploie comme terre à poterie.
(Del.)
RELIGANA. bot. ph. — Nom vulgaire
languedocien de la Vigne sauvage.
RELILLA, Rheed. bot. th.— Synonyme
de Mussœnda.
BÉLINGELE ou BÉRINGÈNE. bot.
ph. — Nom vulgaire de l’Aubergine.
* BELIONOTA ((3aXoç, flèche; vwto?, dos).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
famille des Sternoxes , tribu des Bupresti-
des, établi par Eschscholtz {Atlas zoologi¬
que du voyage du capitaine Kotzebüe). Ce
genre a été adopté par M. Solier, dans son
Essai sur les Buprestides {Ann. de la Soc.
crit. de France , p. 261-316) , ainsi que par
MM. Gory et Delaporte , dans leur belle
Iconographie de cette tribu, où ils en figu¬
rent six espèces, parmi lesquelles nous ci¬
terons seulement celle qui a servi de type
à Eschscholtz pour fonder son genre et qu’il
nomme B. sagittaria , mais qui paraît être le
même que le Buprestis scutellaris Fabr.
Cette espèce , qui varie du vert cuivreux au
brun bronzé, se trouve aux îles Philippines
et à l’île de France. Le genre Belionota ,
suivant MM. Gory et Delaporte , a les plus
grands rapports avec le genre Chrysobo-
ihris du même auteur, et ils ne se sont dé¬
cidés à l’en séparer qu’à cause du grand
nombre d’espèces que renferme celui-ci.
(D.)
* BELIOPHORLS (P&os, dard ; Wo;,
qui porte), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Sternoxes, tribu
des Élatérides, établi par Eschscholtz, et
adopté par Latreille , dans sa Distribution
méthodique des Serricornes {Ann. de la
Soc. ent. de France , tom. III, pag. 147).
Ses caractères principaux, suivant ce der¬
nier auteur, sont : Antennes en scie; point
de palettes sous les tarses ; bord postérieur
du corselet presque droit. — Ce genre, placé
par Latreille entre les genres Tetralobus ,
Serv., et Lobœderus, Guér., a pour type VE-
later mucronatus d’Oliv. {Journ. d’Hist.
nat., n°7, pl. 14, fig. 1), de Java; il ne figure
pas dans le dernier Catalogue de M. De-
jean, et nous y avons inutilement cherché
l’espèce sur laquelle il est fondé. (D.)
RELIS (ftïXcç , flèche , trait ; forme des
feuilles), bot. ra. — Genre de la famille des
Conifères , formé par Salisbury ( Linn.
Trans. VIII, 315), sur le Pinus lancco-
lata Lamb. , et rapporté généralement au
genre Çunninghamia, R. Br. (C. L.)
BELL ADONNA, bot. ru. — Genre de
la famille des Solanacées, formé par Tour-
nefort {Inst. 13, exc. sp.), et synonyme du
genre Atropa. Voyez ci-dessous bella-
DONNE. (C. L.)
BELLADONNE {Bella donna, belle
dame en italien), bot. ph. — Dénomina¬
tion spécifique d’une des espèces du genre
Atropa. Comme ces plantes sont d’une
haute importance sous le rapport thérapeu¬
tique , nous allons donner ici la caractéris¬
tique de ce genre, omis à son ordre alpha¬
bétique, et dire un mot de leurs principa¬
les propriétés.
Le genre Atropa { Atropos , une des trois
BEL
BEL
533
Parques ; d’àrpo7roç, cruel), [Belladonna ,
Tourn. et Lam.] a été fondé par Linné
( Gen. W&ÿexcl. sp.) et appartient à la fa¬
mille des Solanacées, tribu des Solanées. Scs
caract. principaux c-ont : Calice 5-parti 5 co¬
rolle hypogyne, infondibuliforme-campa-
nulée, à limbe plissé, 5-fide. Étamines 5,
insérées vers la vase du tube et le dépas¬
sant ou à peu près ; filaments filiformes, à
anthères déhiscentes longitudinalement.
Ovaire biloculaire , à placentaires multi-
ovulés, insérés à la cloison par une ligne
dorsale. Style simple; stigmate petit, dé¬
primé. Baie biloculaire, conservant le calice
étalé. Graines nombreuses, subréniformes.
Embryon subpéripliérique, arqué ou annu¬
laire, dans un albumen charnu. — Ce genre
renferme des arbrisseaux ou des herbes
caulescentes, au nombre de vingt environ,
croissant dans fEurope médiane et méridio¬
nale, ainsi qu’au Pérou; à feuilles alternes
ou géminées, très entières; à fleurs violacées
ou verdâtres, portées sur des pédoncules
extra - axillaires , 1-2-pluriflores. Toutes
sont suspectes et la plupart sont regardées
comme vénéneuses. Parmi ces dernières,
la mieux connue est VA. belladonna L.,
qui croît souvent en France , près des lieux
habités ou dans les bois. Elle s’élève envi¬
ron à un mètre de hauteur , est pubescente
dans toutes ses parties et garnie de feuilles
assez amples, ovales-aiguës, géminées vers
le haut des tiges, et répandant, quand on
les froisse, une odeur vireuse et nauséa¬
bonde. Les fleurs , de médiocre grandeur ,
sont d’un rouge livide et donnent naissance
à une baie, dont la forme et la couleur
sont celles d’une Cerise-guigne ; apparence
si souvent fatale! Le suc qu’elles renfer¬
ment est en effet un poison subtil qui, d’a¬
bord d’une saveur fade ou à peine sapide ,
cause souvent dans l’économie, quand il est
pris en certaine quantité, des accidents gra¬
ves, bientôt suivis de la mort. On remédie
à l’ingestion récente de ce poison par les
vomitifs et les boissons acidulées. Malgré
ses qualités funestes, la médecine a su tirer
d’excellents spécifiques de la Belladonnc.
Ses feuilles et ses racines , données à des
doses très faibles, soit en pilules, soit mê¬
lées avec du sucre en poudre, agissent éner¬
giquement contre la coqueluche et les toux
convulsives. Une qualité singulière qu’elle
possède en outre , et dont la connaissance
est duc au hasard, est de dilater la pupille
d’une manière considérable ; aussi les pra¬
ticiens en emploient-ils la solution pour
arroser les cataplasmes ou les compresses
qu’ils appliquent sur le globe de l’oeil, quel¬
que temps avant de pratiquer l’opération de
la cataracte, afin de faciliter l’intromission
et l’action des instruments opératoires.
Le nom de Belladonne fait , dit-on , al¬
lusion à l’emploi de ces fruits que faisaient
autrefois les dames italiennes pour en com¬
poser un fard. VA. Mandragora L. est
aujourd’hui le type d’un nouveau genre.
Voyez MANDRAGORA. (C. L.)
BELLARONHE. Belladonna ( Bella
donna, belle dame, en italien). Callirhoe,
Link. bot. m. — Genre de la famille des Ama¬
ryllidacées , formé par Sweet ( Hort . brit .,
édit. 2, 506), sur V Amaryllis Belladonna
de Linné, et qu’on a rapporté comme sim¬
ple section au genre Amaryllis, L. Voyez
ce mot. (C. L.)
BELLAN. bot. th. — Nom employé
par quelques auteurs comme synonyme de
Poterium spinosum.
BELLABBE. Bellardi a, Schreb. (nom
propre), bot. ph. — Synonyme de Coco -
cypselum.
* BELLATRIX ( bellatrix , guerrière).
ois. — Genre démembré par Boié de celui
de Trochilus , Lin., et synonyme de Lo-
phornis ou les Coquets de Lesson. Voyez
colibri. (Lafr.)
BELLE DAME. ins. — Nom donné
par Geoffroy à un Papillon diurne du genre
Vanessa et connu des entomologistes sous
le nom de Vanessa cardui. Cette espèce a
cela de remarquable qu’elle est répandue sur
presque toute la surface du globe, sans que
la différence des climats la fasse varier. Elle
se distingue encore des autres en ce qu’a-
près avoir été commune dans certaines lo¬
calités, elle en disparaît complètement plu¬
sieurs années de suite. Sa chenille vit sur
les chardons (D.)
BELLE DAME. bot. th. — Nom vul¬
gaire de la Belladonne , Amaryllis Bella¬
donna, et de l’Arroche commune, Atri-
plex hortensis.
BELLE DE JOUR. bot. ph. — Syno¬
nyme vulgaire de Convolvalus tricolor ,
Voyez LISERON,
534
BEL
BEL
BELLE DE NUIT. ois. — Nom vul¬
gaire de la Rousserolle ou Rossignol de ri¬
vière ( Turdus arundinaceus ). Voyez rous-
SEROI.LE.
BELLE DE NUIT. bot. i>h. — Nom
vulgaire du Nyctage faux jalap , Mirabilis
jalappa.
BELLE D’EN JOUR. bot. ph. — Nom
vulgaire de l’Hémérocalle et de l’Asphodèle.
BELLEMBENIA (nom propre), bot.
ru. — Famille des Iridées. Le genre Bellen-
denia de Rafinesque, qu’il ne faut pas con¬
fondre avec le genre Bellendenia de R.
Brown , qui fait partie de la famille des
Protéacées, est le même que le genre Mont-
bretia de De Candolle. Voy. montbrétie.
(A. R.)
BELLEREGI ou BELLERIS. bot. ph.
— Synonyme de Myrobolan.
BELLÉROPHE. Bellerophon ( nom
mythologique), mole. — Ce genre est du petit
nombre de ceux qui peuvent être conservés,
quoique créés par Montfort. Cependant , si
celui-ci a été maintenu, il a fallu apporter
dans ses caractères des changements très
notables. Toutes les personnes qui s’occu¬
pent de conchyliologie n’ignorent pas au¬
jourd’hui que Montfort n’hésitait point à
ajouter des caractères aux genres qu’il
créait, voulant ainsi, par un artifice blâ¬
mable, suppléer à l’observation directe.
C’est ce qu’il fit pour le genre Bellérophe.
Jugeant , par la forme extérieure , que ces
Coquilles avoisinent les Nautiles, il ne man¬
qua pas d’ajouter à sa description et à sa fi¬
gure des cloisons et un siphon qui n’ont
jamais existé que dans son imagination. On
ne peut concevoir le moindre doute à ce
sujet; car M. Defrance, ayant fait l’acquisi¬
tion d’un Bellérophe provenant de l’ancienne
collection de Montfort , et probablement
de l’individu même qui a servi à la figure de
cet auteur, M. Defrance, n’apercevant au¬
cune trace de cloison ou de siphon , voulut
se convaincre de la réalité de ces caractères,
et, afin d’y parvenir, fit couper en deux,
par un lapidaire, le Bellérophe de Montfort,
et l’expérience lui confirma bientôt que les
Bellérophes ne sont point cloisonnés. A
peu près à l’époque où M. Defrance pu¬
bliait, dans les Annales des sciences natu¬
relles , une note don '» nous venons de résu¬
mer le contenu^ M. Sowerby, dans son
Minerai conchology , faisait connaître .es
moules intérieurs de plusieurs espèces de
Bellérophes et apportait ainsi de nouvelles
preuves de la supercherie de Montfort. De¬
puis qu’on a paru rectifier d’une manière
convenable les caractères du genre qui nous
occupe, deux opinions se sont élevées parmi
les zoologistes sur l’appréciation de ses ca¬
ractères. M. Defrance pense qu’il est voisin
des Argonautes et qu’il se rapproche égale¬
ment des Bulles; mais on voit que c’est près
des Argonautes qu’il placerait de préférence
les Bellérophes. M. de Blainville, dans son
Traité de Malacologie , n’hésite pas à com¬
prendre le genre Bellérophe dans la famille
des Bulles, comparant ainsi le Bulla nau-
curn avec quelques espèces très épaisses
de Bellérophes. Cuvier ne mentionna pas ce
genre dans la première édition du Règne
animal ; mais , plus tard , dans la seconde
édition du même ouvrage , il l’adopta et le
plaça à la suite des Argonautes.
Si nous examinons les Bellérophes dans
tous leurs caractères , nous ne partagerons
ni l’une ni l’autre des opinions des deux
zoologistes dont nous venons de parler. Les
Bellérophes sont des Coquilles parfaitement
symétriques, enroulées sur elles - mêmes
à la manière des Nautiles. Souvent elles
sont globuleuses et leur ombilic est entiè¬
rement fermé : d’autres fois, elles sont plus
discoïdes et l’ombilic est plus ou moins ou¬
vert; et, si nos conjectures sont fondées, le
genr ePoscellio, publié parM. Léveillédans
les Mémoires de la société géologique de
France, appartiendrait encore aux Belléro¬
phes, et serait, dans ce genre, l’extrême li¬
mite de la forme planorbulaire. Dans toutes
les espèces admises aujourd’hui parmi les
Bellérophes , l’ouverture est transverse ,
ordinairement semi-lunaire, étant modifiée
par l’avant-dernier tour, qui produit une
saillie plus ou moins considérable. Cette ou¬
verture est ordinairement parfaitement sy¬
métrique ; son bord droit, mince et tran¬
chant , se relève en avant et se déprime en
une large gouttière, au moment où il va s’in¬
sérer de chaque côté sur l’axe de la coquille.
Au point de son insertion, le bord s’épaissit
notablement, et ressemble, dans toute sa
manière d’être, à celui d’un Nautile; mais,
outre ces caractères, les Bellérophes en pré¬
sentent un autre très important : toutes les
BEL
535
especes, sans exception, ont ce bord pro¬
fondément échancré dans le milieu de sa
longueur, de telle sorte qu’une ligné longi¬
tudinale qui couperait la coquille en deux
parties parfaitement symétriques passefait
nécessairement par le milieu de cètté fente,
selon que la fissure du bord droit est plus
ou moins large. On trouve , à la circonfé¬
rence du dernier tour, une ou deux petites
carènes. Si la fente est très étroite, elle
produira à la circonférence une seule carène
saillante. Si, au contraire , la fente est plus
large, on remarquera deux choses : ou un
petit méplat dans lequel on apercevra les
stries d’accroissement courbées vers l’ex¬
trémité de l’échancrure, ou bien ce méplat
accompagné , de chaque côté , d’une petite
carène résultant d’une légère saillie des
bords latéraux de l’échancrure. Si mainte¬
nant nous cherchons l’analogie que ces ca¬
ractères indiquent, nous verrons qu’il est
difficile de les accorder avec ceux des Argo¬
nautes et impossible de le faire avec ceux
des Bulles. En effet, de toutes les Bulles,
la plus symétrique est le Bulla nau-
cum ; mais , dans cette coquille , cette sy¬
métrie n’est point parfaite , et du premier
coup d’oeil on reconnaît quel est le côté
supérieur de la spire. D’ailleurs cette Bulle,
comme toutes les autres espèces du même
genre , a une véritable columelle qu’on
distingue avec la plus grande facilité de
l’échancrure supérieure du bord droit. Ja¬
mais le bord droit des Bulles n’est échan¬
cré ou même déprimé dans le milieu ; aussi
l’opinion de M. de Blainville doit être abso¬
lument abandonnée. Il y a beaucoup plus
de raison pour rapprocher les Bellérophes
des Argonautes. Comme eux, les Argonautes
sont symétriques , les extrémités du bord
se dépriment , s’épaississent et s’insèrent
sur l’axe , à peu près de la même manière
que dans les Bellérophes. A la partie mé¬
diane dé l’ouverture, se trouve , dahs les
Argonautes , une dépression qu’on peut
comparer avec la fehte profonde des Bellé¬
rophes. Enfin, on peut dire que la double
carène dentelée des Argonautes est repré¬
sentée , dans quelques 'espèces de Belléro¬
phes, par la double catène qui s’y marque ;
mais il reste des caractères importants qui
n’offrent pas assez de similitude dans les
deux genres pour justifier les rapports ifi-
BEL
times qu’on a établis. Dans les Argonau¬
tes , les Coquilles les plus grandes ont à
peine un tour et demi de spire ; l’extré¬
mité de cette spire n’est pas pointue, mais
subitement terminée en un large cul-de-sac.
Le test est presque également mince partout.
L’ouverture est toujours longitudinale plu¬
tôt que transverse , et n’est véritablement
jamais échancrée. Si nous cherchons , dans
d’autres familles, des Coquilles plus analo¬
gues à celles des Bellérophes , nous trou¬
vons dans les Atlantes des points de con¬
tact qui nous ont frappé depuis longtemps,
et qui nous ont déterminé à les rapprocher
des Bellérophes. Un seul caractère échappe
à l’analogie la plus complète : c’est que, dans
les Atlantes, les deux ou trois premiers tours
de la coquille sont saillants à droite, tandis
que tous les autres tours sont d’une symé¬
trie parfaite. Dans les Bellérophes, la symé¬
trie s’étend même jusqu’à ces premiers
tours. Les caractères de l’ouverture sont
les mêmes dans les deux genres. Le bord
droit est fendu à la même place et de la
même manière. Dans les Bellérophes om¬
biliquées, l’inSertion du bord droit se fait
comme dans les Atlantes ; cependant, outre
ce caractère de la non-symétrie des Atlantes,
il y a une autre différence générale entre
les deux genres. Dans les Atlantes , la co¬
quille est vitrée, très mince, transparente,
et beaucoup plus mince, en proportion, que
dans les Bellérophes. Il faut cependant ex¬
cepter de cette règle générale quelques es¬
pèces de ce dernier genre , dont le test est
excessivement mince U nous semble pou¬
voir réduire ce que nous venons de dire
à ceci : que les Bellérophes sont des At¬
lantes parfaitement symétriques. Les dé¬
tails qui précèdent sur le genre Bellérophe
nous permettent d’en résumer ainsi les ca¬
ractères :
Caractères génériques. — Animal incon¬
nu. Coquille nautiliforme , globuleuse ou
subdiscoïde , parfaitement symétrique. Ou¬
verture transverse , semi-lunaire , modifiée
par le retour de la spire. Bord droit, mince
et tranchant , profondément échancré dans
le milieu, s’épaississant à ses extrémités et
présentant une large dépression au point
de son insertion.
Les Bellérophes sont des Coquilles fossi¬
les qu’on n’a jamais rencontrées jusqu’à
536
BEL
BEL
présent en dehors des terrains nommés de
transition par les géologues. Quelques-unes
des couches de ces terrains en contiennent
un grand nombre, et presque toujours elles
sont empâtées dans une roche calcaire extrê¬
mement dure. Dans quelques localités pri¬
vilégiées, comme le comté de Juliers et les
environs de Tournay, on trouve de ces Co¬
quilles détachées et présentant leurs carac¬
tères d’une manière assez nette. Dans cette
dernière localité, surtout, les Coquilles pas¬
sées à l’état siliceux sont contenues dans
une marne noirâtre que le lavage enlève fa¬
cilement. On obtient ainsi des échantillons
dont la conservation peut être comparée à
celle des Coquilles des terrains tertiaires.
En rassemblant ce qui est actuellement
connu, dans les collections, du genre Bellé-
rophe , on peut l’estimer au moins à vingt-
cinq espèces, parmi lesquelles on n’en re¬
marque qu’un petit nombre qui atteignent
un volume assez considérable , de 0m05 à
0m08 de diamètre ; et d’autres qui restent
constamment fort petites. (Desh.)
BELLE V ALI A ( Belleval , botaniste
français), bot. ru. — Le genre ainsi nommé
par Picot Lapcyrouse ( Journ . de phys .,
t. LXVII , p. 425, t. 1 ) appartient à la fa¬
mille des Liliacées et a pour type et pour
espèce unique VHyacinthus romanus L.,
commune en Italie et dans quelques par¬
ties du midi de la France ; mais les carac¬
tères sur lesquels ce genre a été fondé me
paraissent de trop faible valeur pour qu’il
soit adopté. Voyez jacinthe.
Il existe encore un autre genre Belleva-
lia proposé, par le professeur Delile, pour
une petite plante aquatique qui croît dans
les lacs salés du midi de la France. Ce
genre a été publié par M. Félix Petit (Ann.
sc. d'observ., I, p. 451) sous le nom d'Althe-
nia, qui a été adopté. Voy. althenia. (A. R.)
BELLICANT. roiss. — Synonyme vul¬
gaire de Gurnau ( Triglus gurnardus ).
Voyez TRIGLE.
*BELLÏDÉES. bot. th.— Une des sous-
divisions des Composées-Astérinées , com¬
prenant les genres dont les capitules pré¬
sentent, à la circonférence, une ou plusieurs
rangées de fleurons ligules, et des fruits
dépourvus ou munis d’une aigrette en forme
de couronne membraneuse. (J. D.)
BELLIDIASTIUJM (qui se rapproche
du Bellis). bot. ph. — Micheli a formé ce
genre aux dépens d’une plante qui faisait
avant lui partie des Aster ou des Arnica.
Elle diffère principalement du Bellis par ses
fruits surmontés d’une aigrette , composée
d’un grand nombre de poils flexueux et
scabres, et par son réceptacle plan et non py¬
ramidal comme dans les Pâquerettes. — La
seule espèce connue, indigène dans les par¬
ties montueuses de l’Europe , est une herbe
vivace, munie de feuilles radicales, obovales,
oblongues , dentées , du centre desquelles
naît une hampe à un seul capitule de fleurs
blanches ou rosâtres. (J. D.)
BELLIDIASTIUJM (voir l’article pré¬
cédent). bot. ph. — Ce nom a été donné par
Vaillant à une plante du Cap, qui fait aujour¬
d’hui partie du genre Osmites. (J. D.)
BELLIMOIDES ( Bellis , la Pâque¬
rette; e’.iïcç, forme), bot. ph. — Linné
avait donné spécifiquement ce nom à une
espèce du genre Bellium, qui est devenu
le B. droserafolium de Labillardière ; Des-
fonlaines appelait B. Bellidioides le Bellis
dentata , et Vaillant nommait ainsi des
Chrysanthèmes et desMatricaires à feuilles
entières. (C. d’O.)
* BELLÏDÏOPSÏS, DC. (Bellis, la Pâ¬
querette; 6«|)iÇj apparence), bot. ph. — Sy¬
nonyme d 'Osmites.
BELLIE. bot. ph. — Voyez BETXIUM.
* BELLIÉES. bot. ph. — Sous-division
de la tribu des Composées-Astérinées com¬
prenant les genres dont les capitules pré¬
sentent , à la circonférence , une rangée de
fleurons ligulés, et des fruits surmontés
d’une aigrette formée de plusieurs squa-
melles paléacées. (J. D.)
* BELLIACIAIA (nom propre), bot. cr.
— (Hépatiques). Genre créé par Raddi pour
le Jungermannia lœvigata Schrad., mais
qui n’a point été adopté par les réformateurs
du genre Jongermanne de Linné , parce
qu’il séparait des espèces étroitement alliées
entre elles , espèces que MM. Dumorlier et
Nees d’Esenbeck ont réunies sous le nom
générique de Madotheca. Voyez ce mot et
ANTOIRIA. (C. M.)
*BELLUVIA (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Solanacées , formé
par Rœmer et Schultes, et rapporté comme
synonyme au Sarracha , R. et P. Voyez ce
mot. (C. L.)
BEL
BEL
537
BELLIS (dérivé de bellus, joli, mignon).
bot. ph. — Les plantes qui forment ce genre
sont généralement connues sous les noms
de Pâquerettes ou petites Marguerites. Le
premier de ces noms rappelle l’époque de la
floraison de l’espèce commune , qui a lieu
ordinairement vers Pâques ; le second pro¬
vient du mot margarita, qui signifie perle,
et fait allusidn à l’élégance de ses fleurs. Les
Bellis ont pour caractères : Capitules à fleurs
nombreuses 5 celles de la circonférence for¬
mant un rayon d’une seule série de fleurs
femelles ligulées; celles du disque, tubuleu¬
ses , hermaphrodites et terminées par 4 ou
5 dents. Le réceptacle conique, entouré
d’un in vol uc re de forme campanulée , et
composé de 1-2 séries d’écailles obtuses ,
foliacées , porte des fruits comprimés , dé¬
pourvus d’aigrette et couverts de petits poils
opprimés. — Les Pâquerettes sont des her¬
bes annuelles ou vivaces , toutes indigènes
de l’Europe. L’espèce commune offre plu¬
sieurs variétés , parmi lesquelles on en re¬
marque principalement deux : l’une dont
tous les fleurons sont en languettes , l’autre
au contraire où toutes les fleurs sont tubu¬
leuses, mais très dilatées ; leur couleur varie
du blanc au rouge foncé. Le nom de Bellis
a été appliqué, par les auteurs de la renais¬
sance , à des plantes qui n’ont aucun rap¬
port avec celles qui nous occupent 5 c’est
sous ce nom que se trouvent désignés les
Globularia, plusieurs Chrysanthèmes, etc.
(J. D.)
* BELLIUM (Bellis, Pâquerette) . bot . ph .
— Ce genre a pour caractères : Capitules
multiflores, hétérogames ; fleurs du rayon
1-sériées, ligulées, femelles ; celles du dis¬
que, hermaphrodites , tubuleuses, très or¬
dinairement à 4 dents. Réceptacle ovoïde-
conique , dépourvu de paillettes. Involucre
formé de 1-2 séries d’écailles oblongues. Fruit
comprimé et surmonté d’une aigrette com¬
posée de 4-5 écailles membraneuses , tron¬
quées , avec lesquelles alternent constam¬
ment 5 autres écailles en forme de soies.
— Les plantes qui constituent ce genre ont
le port des Pâquerettes et habitent, la plu¬
part, la région méditerranéenne. (J. D.)
* BELLOCORIS {bellus, joli; xôptç, pu¬
naise). ins. — Genre de la famille des Scu-
tellériens, de l’ordre des Hémiptères , sec¬
tion des Hétéroptères , établi par Hahn
{Wanzenart . Ins.) sur les Cimex maura
Lin. et Tetyra holtèntota Fab., que nous
avons rapportés avec M. Burmeister au
genre Tetyra de Fabriciüs. Hahn place en¬
core dans son genre Bellocoris le Cimex
grammicus Lin., quk appartient au genre
Pachy coris , Burm. Voyez tetyra et pachy-
coris. (Be.)
BELLON1A (nom propre), bot. ph. — <
Genre de plantes formé par Plumier (Gen.,
47, etTuss. fl. ant. I, t. 30), et rapporté avec
doute à la famille des Gesriéracées par les
uns , aux Rubiacées ou aux Solanacées par
d’autres. Il comprend quelques arbrisseaux
peu connus encore, trouvés dans les Antilles
par l’auteur, inermes ou armés d’épines séta-
cées axillaires ; à feuillès décussées, oppo¬
sées, pétiolées, ovales üti oblongues, angu¬
leuses , veinées , velues en dessus. Les
fleurs sont portées sur des pédoncules axil¬
laires , solitaires ou en corymbes. Calice
tubulé , ovale ; limbe semi-supérieur , 5-
parti. Corolle périgyne, subrotacée, à limbe
5-parti. Capsule oblongùe. Graines nom¬
breuses, oblongues. (C. L.)
BELLOTE. bot. i>h. — Nom qu’on
donne aux fruits du Chêne à glands doux ,
Quercus ballotta W. Voyez chêne.
(C. L.)
BELLECIA, Adans. bot. rri. — Syno¬
nyme de Ptelea L. Necker donne aussi ce
nom au Blakea quinquenervia.
*BELMONTIA(nom propre), bot. ph.—
Genre de la famille des Gentianées, tribu des
Sébéées, formée par E. Meyer [Comment.
PI. Afr. Awsf.,183) aux dépens de VExa-
cum cordatum de Linné et de quelques es¬
pèces de Sebœa de R. Brown. Il renferme
des plantes herbacées, indigènes au Cap, et
dont le port est celui des Erythrœa. Leurs
feuilles sont opposées, subeordiformes-ova-
les ; les fleurs sont jaunes, et disposées en
une sorte de corymbe. Calice 5-parti, à la-
cinies carénées dorsalement. Corolle infon-
dibùliforme , marcescente ; limbe 5-parti.
Étamines 5, incluses, insérées sur le tube.
Anthères glanduleuses au sommet. Stigma¬
tes 2, sessiles. Capsule biloculaire ; graines
nombreuses. (C. L.)
BÉLOERE , Rh. bot. ph. — Synonyme
d’1 Xibiscus populifolia. Voyez ketmie.
BÉLONIE. Belonia ( peXov/i , aiguille ).
bot. cr. — (Phycées). Genre établi par Car-
84*
T. II,
538
BEL
BEL
michael, dans la tribu des Oscillariées, pour
une petite plante qui croît sur quelques Al¬
gues marines qui commencent à se décom¬
poser. Voici les caractères qu’il assigne à ce
genre : Filaments courts, jiciculaires, fasci-
culés, presque moniliformes, finissant par
se diviser en sporules ovoïdes. Ce genre se
distingue des Oscillaires et des Ana-baïnes
par l’absence d’un strate muqueux. La seule
espèce connue, le B. torulosa Carm., est
décrite dans le vol. V de YEnglish Flora
de Hooker. Elle a été trouvée sur les Die -
tiosiphon et sur \qs E cto carpes. (Bréb.)
* BELONÏTES (fkXcmç, petite aiguille).
bot. ph. — Genre de la famille des Apocy-
nacées, créé par E. Meyer, dans ses Com¬
mentaires sur les plantes de l’Afrique au¬
strale (187), et synonyme du genre Pachy-
podium de Lindley. Voyez ce mot. (C. L.)
*BELOftlJCiïlJS (psXcç, dard ; nuchus,
altération de vu*-cç, génitif de voS, nuit ?).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères ,
de la famille des Brachélytres , établi par
Nordmann et adopté par Erichson, qui ( Gé¬
néra species Staphylinorum , p. 419 ) le
range dans sa tribu des Staphyliniens et sa
sous-tribu des Xantholinines , en lui don¬
nant pour caractères principaux : Antennes
droites; palpes filiformes. Languette ronde,
entière. Cuisses antérieures et postérieures
garnies, en dessous, de deux rangées d’é¬
pines. L’auteur y rapporte 18 espèces, toutes
de l’Amérique méridionale. Il les divise en
deux groupes : celles qui ont le thorax non
ponctué et celles qui ont 5 séries de points
sur cette partie. Nous citerons, comme type
du premier groupe, le E. hcemorrhoidalis
{Staplujlinus id.Fabr.), du Brésil, etcomme
type du second, le B. satyrus Erichs., de
la Colombie. (D.)
*BELOPER©NE(psXcç, flèche ; irepqvvi,
agrafe), bot. th. — Ce genre a pour type le
Justifia oblongata L. et Ott. ( Icon . select.
454) , jolie plante recherchée dans les serres
chaudes. Il a été formé par Nees (in Wall.,
PI. as. rar., III, 102), et appartient à la
famille des Acanthacées, tribu des Ecma-
tacanthées et Justiciées ; il renferme des
plantes herbacées ou à peine frutiqueuses ,
croissant sous les tropiques, en Asie et en
Amérique. Leurs feuilles sont opposées ;
leurs fleurs allongées, étroites, belles, cocci-
nées, alternes, munies de bractées et de
bracléoles , et disposées en épis axillaires
ou terminaux, courts. Calice 5-parti. Corolle
hypogyne, ringente. Étamines 2. Style sim¬
ple ; stigmate subulé. Capsule onguiculée ,
biloculaire, tétrasperme. Graines discoïdes,
colorées. (C. L.)
*BELOPHERUS ((3s'Xc;, flèche ; <pspco, je
porte), ins. — Genre de Coléoptères télra-
mères, famille des Curculionides, ordre des
Orthocères, division des Brenthides, établi
parSchœnherr. Ce genre a pour type \cBren-
thus militaris d’Olivier, qui se trouve à
Saint-Domingue et à Cuba, et auquel viennent
se réunir quatre autres espèces également
d’Amérique, savoir : le B. longimanus , de
Porto-Rico, le B. nasutus Fabr., de la Ja¬
maïque, le B.placidus et le B. Mannerhei -
mii Dej., de Saint-Domingue. (D.)
* BELOPOEUS (PeXowGtoç, fabricant de
traits), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides, ordre des
Gonatocères, division des Rhyncophorides,
établi par Schœnherr, aux dépens du g. Ca-
landra de Fabricius. Ce genre se borne à
une seule espèce , Belopoeus carmelitus
Hofimanns. ( Calandra carmelita Illig. ),
suivant M. Dejean. Cette espèce est du Bré¬
sil. (D.)
*BÉLOPTÈRES. Beloptera($ s'Xoç, flè¬
che ; irrepov, plume, aile), moll. céi>h. —
M. Deshayes avait donné ce nom , dans
sa collection, à des corps fossiles des ter¬
rains tertiaires, dontM. de BlainviUe le pre¬
mier a établi les caractères. Ce sont des os¬
selets crétacés internes , voisins de ceux de
la Seiche. Leur forme est oblongue. Ils sont
composés, en avant, d’un prolongementsub-
cylindrique; en arrière, d’un rostre obtus;
et, sur les côtés, dans quelques espèces,
d’expansions aliformes. Leur prolongement
cylindrique est creusé dans l’intérieur d’iine
cavité conique, dans laquelle sont empilées
des loges transversales analogues à celles
qu’on remarque dans l’alvéole des Bélem-
nites.
Ce genre se rapproche des Seiches par sa
contexture et par sa forme générale, tout
en s’en distinguant par ses loges. On a
trouvé trois espèces de Béloptères dans les
terrains tertiaires : 1° les B. Belemnitoi -
dea Bl. et B. Levesquei d’Orb. , du bassin
parisien; 2° le B.anomala Sow., d’Angle¬
terre. Pour les autres espèces décrites par
BEL
539
BEL
M. de Blainville , elles appartiennent au
genre Seiche. (A. d’O.)
*BELOBHINUS (PeXoç, dard; pîv, ivoç,
nez), ins. — Nom donné par M. Guérin-
Méneville , dans son Iconographie du Rè¬
gne animal, pl. 39 bis, fig. 5, à un genre
de Curculionites, voisin des Calandres. Ce
nom se rapprochant trop de celui de Belo-
rhynchus, déjà employé, M. Guérin, suivant
en cela l’exemple de Schœnherr, l’a changé,
dans le texte de son Iconographie, en celui
de Megaproctus. Voyez ce mot. (D.)
* BELORHYjVCHUS($&oç, flèche; pùT-
X oç, bec ou rostre), ins. — Genre de Co¬
léoptères tétramères, famille des Curculio-
nides, ordre des Orthocères, division des
Brenthides, établi par Schœnherr. Ce genre,
qui est un démembrement du g. Bren-
thus , ne renferme que deux espèces : B.
curvidens Fabr. et B. gracilis Schœnh.,
toutes deux du Brésil. (D.)
*BELOSEPIA (ps'Xoç, flèche; cnnuia, sei¬
che). moll. céph. — M. Volz a réuni, sous
ce nom générique , les Seiches fossiles du
bassin parisien, telles que les Sepiapari-
siensis et compressa. Je doute que ce genre
puisse être conservé, pensant, au contraire,
qu’il doit rentrer dans le genre Seiche. Voyez
ce mot. (A. d’O.)
*BELOSTEMMA (jÜsXoç, flèche;
couronne), bot. ph. — Genre de la famille des
Asclépiadacées , tribu des Pergulariées ho-
ziées, sous-tribu desTylophorées, formé par
Wallich (in Wight et Arn. Contrib. 52), pour
une plante sulïrutiqueuse du Népaul, volu-
bile, vêtue d’une pubescence lâche; à feuil¬
les opposées, cordiformes-ovales, subacu-
minées ; à fleurs petites, réunies en ombel¬
les simples, pauciflores, plus courtes que
les feuilles. Calice 5-fide ; corolle rotacée,
5-fide; couronne staminale, 5-phylle. An¬
thères terminées par un appendice mem-
branacé. Stigmate mutique. Follicules in¬
connus. (C. L.)
BELOSTOMA (fisXoç, dard ; dz 6g.cn., bou¬
che). ins. — Genre de la famille desNépiens,
de l’ordre des Hémiptères hétéroptères ,
établi par Latreille et adopté maintenant par
tous les entomologistes. Ce genre était con¬
fondu précédemment avec les Nepa par
Linné, Fabricius et les autres auteurs. Les
Bélostomes sont caractérisés principale¬
ment par un corps ovalaire et aplati ; par
une tête triangulaire ; par des antennes com¬
posées de quatre articles, insérées sous les
yeux et cachées dans une cavité, et enfin par
des pattes postérieures constituant de gran¬
des rames fortement ciliées, ayant des tarses
de deux articles. — Les Bélostomes sont
les plus grands Hémiptères hétéroptères
connus ; leur forme elliptique semble de¬
voir leur permettre de nager avec facilité.
Ils habitent les régions intertropicales du
globe. Les femelles portent leurs œufs
fixés sur leur dos.
On ne connaît pas un grand nombre
d’espèces de ce genre , dont le type est le
B. grande (Nepa grandis Lin.) du Bré¬
sil. (Bl.)
* BELOTHRÏPS (PeXoç, dard; ôpty,
genre d’insectes ). ins. — Genre de la fa¬
mille des Thripsiens de Blanchard (Thrip-
sites de Newmann ; Thrysanoptera d’Ha-
liday), établi par M. Haliday (Entom. Mag.)
sur quelques espèces que nous avons rap¬
portées au genre Thrips. Voy. ce mot. (Bl.)
*BÉLOTIE. Belotia( nom propre), bot.
ph. — Famille des Tiliacées. Genre nouveau
que nous avons établi, dans la Flore de
Cuba , et qui se distingue par les caractères
suivants : Calice formé de cinq sépales éta¬
lés , à estivation valvaire. Pétales 5, plus
courts que le calice , onguiculés , dressés ,
concaves et glanduleux au dessus de leur
onglet ; leur limbe est plan et étroit. Ces
pétales sont insérés à la partie inférieure
d’un gynandrophore stipité, concave, entier
et couvert de poils laineux sur sa face ex¬
terne. Étamines ordinairement au nombre
de quinze, à filets libres et dressés, un peu
inégaux , insérés dans la cavité du gynan¬
drophore. Anthères introrses, presque glo¬
buleuses , à deux loges s’ouvrant chacune
par un sillon longitudinal. Ovaire sessile,
ovoïde , allongé , lanugineux , à deux loges
contenant chacune ordinairement huit ovu¬
les disposés sur deux rangs. Style court, se
terminant par un stigmate simple et pres¬
que discoïde. Le fruit est une capsule très
comprimée, à deux loges, s’ouvrant en deux
valves septifères, dont la cloison est à peine
saillante. Les graines, au nombre de quatre
à cinq dans chaque loge, sont ovoïdes, com¬
primées , chargées dans leur contour de
longs poils fauves et mous.
Ce genre ne se compose que d’une seule
540
13EL
BEL
espèce, Belotia grewiœfolia Rich. {Fl. Cu-
bens, p. 82, t. 22), qui est probablement le
Grewia mexicana DC. C’est un grand et
bel arbre originaire de l’île de Cuba, où il
est connu sous le nom vulgaire de Maja-
gua macho. Ce genre, qui a tout le port des
Grewia , en diffère surtout par son fruit
capsulaire à deux loges et à deux valves,
contenant plusieurs graines couvertes de
poils cotonneux. D’ailleurs, toutes les espè¬
ces de Grewia sont originaires de l’ancien
continent. (A. R.)
BELUGA. MAM. - Voyez DAUPHIN.
BELUGO. foiss. — Synonyme de Trigla
lucerna. Voyez trigle.
*BELUS ( péXcç, dard, flèche), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères , famille
des Curculionides , ordre des Orthocères ,
division des Rhinomacérides , établi par
Schœnherr, qui le caractérise ainsi : An¬
tennes médiocres, un peu minces, plus
épaisses extérieurement , de 11 articles
séparés; le dernier aigu. Rostre cylin¬
drique, avancé, un peu arqué. Écusson
court , transverse. Élytres très longues ,
presque linéaires; chacune d’elles se pro¬
longeant en angles antérieurement, et se
terminant en pointe recourbée postérieure¬
ment. Ce genre, créé aux dépens du genre
Fixas , Fabr., ne renferme que deux es¬
pèces : L. semi-punctatus Fabr. et L. bi~
dentatus Mac-Leay, toutes deux de la Nou¬
velle-Hollande. (D.)
BELVALA, Adans. bot. ph. — Syno¬
nyme de Struthiole.
BELVÉDERE. bot. ph. — Nom trivial
donné par Clayton et Gronovius , à une
plante indéterminée de l’Amérique du
Nord (Virginie), et qui paraît être une So-
lenandria. Voyez ce mot. (C. L.)
BELVISIA (nom propre), rot. ph. —
Genre formé par Desvaux {Journ. de bot .,
t. IV, p. 180), et dont Rob. Brown fit une
petite famille sous le nom de Belvisiacées
{voyez ce mot). Palisot de Beauvois ayant
établi antérieurement , sur la même plante ,
son genre Napoleona, ce dernier doit avoir
la priorité. Voyez naporeona. ^ (C. L.)
BELVISIACÉES. bot. ph. — Voyez
BEUVISIÉES.
RELVISIÉES. bot. ph. — M. de Be.au-
vois avait dédié à Napoléon une belle et cu¬
rieuse plante africaine. A la chute de l’em¬
pereur, un botaniste crut qu’elle devait en¬
traîner celle de son genre, et il en changea
le nom, en lui appliquant, en l’honneur de
son premier auteur , celui de Belvisia. Ce
nom prévalut quelque temps, et ce fut dans
cet intervalle que M. Robert Brown pro¬
posa , sous le nom de Belvisiées , une fa¬
mille dontce même genre était le type ; mais,
plus tard , une sorte de restauration réta¬
blit le Napoleona, qui, d’après les règles de
la nomenclature botanique, était vraiment
légitime, et la famille a dû nécessairement
dès lors être appelée Napolêonêes. Voyez
ce mot. (Ad. J.)
*BELVOISIE. Belvoisia{ nom propre).
ins. — Genre de Diptères établi par M. Ro-
bineau-DesYOidy, et dédié par lui à la mé¬
moire de Palisot de Beauvois. Il le place
dans la famille des Calyptérées , tribu des
Entomobies, section des Faunides. Ce genre
est fondé sur une seule espèce rapportée
de la Caroline et des Antilles , et nommée
par l’auteur B. bicincta. En voici la des¬
cription : longueur, 0ra02; largeur, 0m01;
front noir et frontaux rougeâtres ; face
blanchâtre ; antennes brunes ; corselet poi¬
lu , noir mat ; écusson rougeâtre ; abdomen
d’un beau noir luisant, avec 2 zones flaves-
centes ; cuillerons très noirs, ainsi que les
pattes; ailes très enfumées. (p )
BELYTA (diminutif de (3;Xoç , aiguille).
ins. — Genre de la famille des Oxyuriens
{Oxyures , Latr.; Diaprides , Westw.), de
l’ordre des Hyménoptères , établi par Ju-
rine, et adopté par Latreille et tous les en¬
tomologistes. Les Bélytes sont surtout ca¬
ractérisés par des antennes composées de
quatorze à quinze articles , sans aucune di¬
latation ; par des palpes maxillaires de qua¬
tre articles, dont le premier renflé à l’extré¬
mité , et les autres presque cylindriques ;
par des ailes antérieures pourvues d’une
cellule radiale, grande, complète et de forme
triangulaire; et par une tarière, chez les fe¬
melles , très peu saillante , ayant la forme
d’un aiguillon.
Le genre Belyta ne renferme qu’un petit
nombre d’espèces , dont les plus connues
sont les B. bicolor Jur. et J?, boleti NeesVon
Esenb., répandues dans une grande partie
de l’Europe. (Bu.)
BELZEBUTH. ma»?.— Espèce du genre
Àtèle.
BEM
BEM
*BEMBECIA ($%#»&■ espèce de Guêpes,
Àrist. ). ins. — Genre de Lépidoptères , de
la famille des Crépusculaires, créé par Hub-
ner aux dépens du genre Sésie , et adopté
par M. Newmann ( Monographia œgeria-
rum Angliœ , the Entomological Magaz.,
n° 1, p. 76) , qui le caractérise ainsi : Palpes
allongés , et dont tous les articles sont cou¬
verts d’écailles. Antennes à peine plus lon¬
gues que le corselet , ciliées chez le mâle.
Abdomen plus épais au milieu , à peine
barbu. Ce genre , dont les caractères nous
paraissent bien vagues , ne renferme que
deux espèces : la Sesia ichneumoniformis
Fabr., et la Sesia vespiformis Esper. Voy.
SÉSIE. (D.)
BEMBÉCIBES.-Bem&ecïdce. ins —Nom
employé par Latreille et Westwood, comme
synonyme de Bembéciens. Voyez ce mot.
(Bl.)
*BEMBÉCIENS. ins. —Nous désignons,
sous cette dénomination, une famille de l’or¬
dre des Hyménoptères , dont les principaux
caractères peuvent se résumer ainsi : Tête
transversale avec des yeux s’étendant jus¬
qu’au bord postérieur. Mandibules pointues,
unidentées au côté interne. Prothorax étroit,
ne formant qu’un seul rebord linéaire et
transversal, dont les extrémités sont éloi¬
gnées de l’insertion des ailes. Pattes assez
courtes et robustes. Abdomen en cône allon¬
gé, arrondi latéralement près de sa base. —
Cette famille est, de toutes celles de l’ordre
des Hyménoptères , la moins nombreuse ;
elle ne renferme que les trois genres Bem-
bex de Fabricius, Monedula et Stizus de La¬
treille. Les Bembéciens sont tous d’une assez
grande taille et d’une couleur noire entremê¬
lée de taches jaunes. Ils sont propres aux ré¬
gions chaudes du globe, et disparaissent en¬
tièrement dans le centre et le nord de l’Eu¬
rope et de l’Amérique septentrionale. Les
femelles de ces Insectes creusent dans le sa¬
ble des trous profonds pour y déposer leurs
œufs , et leur apportent des Insectes pour
subvenir à la subsistance des larves qui en
sortiront; elles ferment ensuite, avec de la
terre , la retraite qu’elles ont préparée à
leurs petits. D’après Latreille, la femelle du
Bembex rostrata nourrit sa progéniture de
divers Diptères, et particulièrement de Syr-
phes et de Mouches. Les Bembéciens sont
pxtrêmement agiles et volent rapidement
hki
de fleur en fleur, en faisant entendre un
bourdonnement aigu et souvent interrompu;
ils paraissent exhaler la plupart une odeur
de rose très prononcée.
Latreille et M. Léon Dufour ont fait des
observations intéressantes sur les mœurs
et l’organisation de quelques espèces de
Bembex et de Stizus. (Bl.)
BEMBEX ( , espèce de Guêpes).
ins. — Genre de la famille des Bembéciens,
de l’ordre des Hyménoptères, établi par Fa¬
bricius , et adopté par Olivier , Latreille et
tous les entomologistes. Les Bembex , qui
faisaient partie du genre Apis de Linné, sont
essentiellement caractérisés par un corps
épais et terminé en pointe ; par des antennes
coudées au second article et grossissant vers
l’extrémité; par des palpes courts : les maxil¬
laires composées de quatre articles , et les
labiaux de deux ; par des mâchoires et un
labre très allongés , formant une sorte de
trompe ; et par des ailes antérieures pour¬
vues d’une cellule radiale de forme ovalaire,
et de trois cellules cubitales, dont la troi¬
sième est presque conniyenle avec la cellule
radiale.
On connaît un certain nombre d’espèces
de ce genre ; elles proviennent de l’Europe
méridionale, de l’Asie, de l’Afrique , de la
Nouvelle-Hollande. Les plus répandues dans
le midi de l’Europe sont les B. rostrata
(. Apis rostrata Lin.) et tarsata Latr.
(Bl.)
BEMBIBION. Bembidium ( fc'p&ig ,
Guêpe ; e!<5oç, forme ; allusion à la forme de
ces Insectes), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Carabiques, éta¬
bli par Latreille et adopté par presque tous
les entomologistes. M. Dejean, dans son
Species , t. 4, p. 31, le range dans sa tribu
des Subulipalpes, qui se compose seule¬
ment de trois genres, dont celui-ci se dis¬
tingue principalement par le dernier article
de ses palpes, qui est beaucoup plus petit
que le précédent. Vu le grand nombre
d’espèces qu’il renferme, cet entomologiste
a cru devoir le diviser en 10 groupes qui, à
l’exception des 5e et 6e, correspondent aux
genres CiÜenum , L.; Blemus , Ziég.; Ta -
chys, Notaphus , Peryphus, Leja , Lopha
et Tachypus , Még II serait trop long de rap¬
porter ici les caractères qui distinguent ces
différents groupes. Nous nous bornerons i
BEN
BEN
citer une espèce type pour chacun d’eux ,
savoir : lre division, Cillenum Lcachii Dej.,
du nord de l’Europe ; 2e div., Blemus areo-
latus Ziég., de France 5 3e div., Tachys bi-
striatus Még., de France ; 4e div., Nota-
phus undulatus Sturm. , d’Autriche; 5e div.,
Bembidium paludosum Panz., d’Allema¬
gne ( Elaphrus littoralis d’Oliv.) ; 6e div.,
Bembidium striatum Fabr. , de Paris ; 7e
div., Peryphus eques Sturm, du midi et de
l’est de la France; 8e div., Leja sturmii
Panz., de Paris ; 9e div., Lopha quadrigut-
tata Fabr., de Paris ; et enfin, 10e div., Ta-
chypus picipes Még., de France.
Les Bembidions sont des Coléoptères en
général très petits, qui vivent presque tous
aux bords des eaux, dans le sable, sous les
débris des végétaux ou courant sur la vase.
On en trouve aussi communément sous les
pierres, dans les endroits humides. Quel¬
ques espèces ne se rencontrent que dans les
montagnes et quelques autres sous les écor¬
ces.
Sur 142 espèces mentionnées dans le der¬
nier Catalogue de M. Dejean, 36 seulement
sont étrangères à l’Europe, et appartiennent
à l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. (D.)
BEMBIX ( gfp&g , toupie ; forme des
styles), bot. ph. — Loureiro a donné ce
nom générique à une Liane de la Cochin-
cbine, qu’on peut rapporter, quoique avec
doute, à la famille des Malpighiacées. Ses
caractères sont les suivants : Calice 3-parti.
Pétales 5, plus longs, concaves. Étamines 10,
à filets filiformes, à anthères biloculaires
dressées. Styles 3, dressés, allongés, renflés
de la base au sommet, et terminés chacun
par un stigmate comprimé et échancré.
Fruit charnu. Feuilles entières, opposées,
grandes. Grappes petites et terminales, à
fleurs blanchâtres. (Ad. J.)
BÉNARI. ois. — Synonyme vulgaire
du Proyer, Emberiza miliaria L. Voyez
BRUANT.
BÉNARIS ou BENNARIE. ors.— Sy¬
nonyme d’Ortolan, Emberiza hortulana.
Voyez bruant.
* BENEDICTIA, DC. bot. ph. — Syno¬
nyme de Saussurea.
BENGALI, ois. — Nom imposé à une
petite famille d’Oiseaux Granivores, parce
que les premiers qu’on a connus venaient
du Bengale, Voyez amadira. (Lafr.)
* BENGALIE. Bengalia. ins. — Genre
de Diptères établi par M. Robineau-Des-
voidy , dans sa famille des Calyptérées,
tribu des Muscides, section des Testacées,
pour y placer 4 espèces exotiques, dont 3
originaires du Bengale et une de la Nou-
Yelle-Hollande. Nous citerons pour type la
B. testacea, dont voici la description: lon¬
gueur, 2 centimètres ; front rougeâtre ; face
et antennes d’un teslacé jaunâtre ; corselet
d'un testacé brun ; abdomen testacé avec
une ligne transverse noire sur chaque seg¬
ment, cette ligne plus ou moins large. Pattes
et cuillerons testacés; ailes flavescentes.
Cette espèce a été rapportée à la fois de
Cayenne et de la Nouvelle-Hollande, suivant
l’auteur. (D.)
BENINGASA (nom propre), bot. ph.
— Ce genre de plantes, de la famille des
Cucurbitacées , tribu des Bryoniées, a été
formé par Savi ( Mem . 1818, p. 6, cum
icône), uniquement sur le Cucurbita ceri-
fera Fisch. C’est une plante herbacée , an¬
nuelle, grimpante, originaire de l’Inde,
extrêmement poilue dans toutes ses parties
et à odeur musquée. Ses feuilles sont alter¬
nes, péliolées, cordiformes, subquinqué-
lobées ; à lobes acutiuscules, crénelés ; à
cirrhes simples; à pédoncules axillaires,
portant des fleurs solitaires, amples, jaunes.
, (c- L0
BENITIERS, moll. — Synonyme vul¬
gaire des genres Peigne et Tridacne.
*BENJAMINA (nom propre), bot. ph.
— Genre de plantes indiqué dans la Flora
fluminensis (v. II, tabl.139) pour un arbre
à feuilles pinnées sans impaire ; à rachis
ailé; à inflorescence en panicule ramifiée ; à
fleurs petites , pédicellées. La figure citée
représente un bel arbre, qui nous paraît,
autant qu’on peut en juger d’après un dessin
si médiocre, appartenir à la famille des Sa»
pindacées et peut-être au genre Nephelium.
(C, L.)
BENJOIN. BOT. FH. - Voyez BAUME.
BENNARIE. ois. — Voyez bénaris.
BENOITE, bot. ph. — Nom vulgaire
d’une espèce du genre Geum. Voyez ce mot.
(C. L.)
BENSIPONELOS. bot. ph. — Nom
vulgaire de la Verge d’or en Provence.
BENTÈQUE . bot. ph. — On trouve sous
ce nom, dans V florins malabar icus , lu
BEN
BEO
figure d’un arbre indien , qu’on rapporte
aujourd’hui au genre Ambelania. Voyez ce
mot. (G. L.)
*BENTEVEO ou plutôt BIENTEVEO.
ois. — Nom d’une espèce du genre Tyran,
Lanius sulphuratus Gm., c’est le Biente-
veo ou Pintaga d’Azara. Voyez biekteyeo.
(La fr.)
* BENTH AMI A (G. Bentham, botaniste
anglais), bot. bh. — M. Lindley ( Bot.Reg .,
1. 1579) a fondé ce genre , adopté depuis par
plusieurs autres botanistes. Il appartient à
la petite famille des Cornacées (Caprifolia-
cées, alior.), et renferme des arbrisseaux
ou de petits arbres, indignes au Népaul et
au Japon ; à rameaux plusieurs fois dicho-
tomes et garnis de feuilles opposées , exsti-
pulées , pétiolées, très entières , costées-
nervées , glabres ou soyeuses en dessous.
Les fleurs sont disposées en capitules pé-
donculés, naissant dans la dichotomie des
rameaux et munis d’un involucre tétra-
phylîe coloré. Le type du genre est le Cor¬
nus capitata de Wallich. (C. L.)
* BEÏVTH AMI A . bot. th. — Genre delà
famille des Orchidées , synonyme de Péri -
Stylus. Voyez ce mot. (À. R).
*BENTINCKIE .BmftncMa (Bentinck,
promoteur de la botanique), bot. th. —
Genre de la famille des Palmiers, tribu des
Borassinées, établi par Berry (in Roxb., Fl.
Ind. or., III, p. 621), et caractérisé par
des fleurs monoïques placées sur des spa-
dices distincts, enveloppés chacun d’une
spathe simple. Dans les mâles, le calice ex¬
térieur est gamosépale et tridenté ; les sé¬
pales intérieurs sont distincts, les étamines
au nombre de six. Les fleurs femelles ont
le périanthe comme dans les mâles , mais
accompagné extérieurement par deux brac¬
tées; six étamines rudimentaires. Un ovaire
à trois loges, dont deux sont ordinairement
stériles. Le fruit est une baie monosperme
et succulente. — Ce genre ne se compose que
d’une seule espèce ; Palmier élégant, grêle
et bambusiforme, à frondes terminales et
pinnatifides. Il croît sur les montagnes de
Travancore , dans les Indes orientales.
(A. R.)
BENTUROBÏG. MAM. — Voyez ICTIDE.
BENZOIN. bot. th. — Synonyme de
Benjoin.
x BENZONIA (nom propre), bot. ph. —
Genre formé par Schumacher ( Nov. Acî .
Soc. II. N. Hafn., III , 333) et encore trop
incomplètement déterminé pour être rap¬
porté rationnellement à une des familles du
système. M. Endlicher ( Gen. PL, p. 566)
le joint avec doute aux Rubiacées. U ne
contient qu’un arbrisseau de la Guinée , à
rameaux cylindriques, couvert dans le haut
de poils papilleux à la base; les feuilles en
sont opposées, ovales-oblongues , acumi-
nées , glabres ; l’inflorescence est en co-
rymbes, à pédoncules d icho tomes , à pédi-
celles bifides et velus. (G. L.)
BEOBOTRYS, Forst. $cud? , petit; €<-
rpu-, grappe), bot. th. — Synonyme de
Mœsa.
BÉOLE. bot. ph. — Synonyme de Bœa.
BEOMYCES. Bœomyces ( , petit;
p.u jcyiç, champignon), bot. cr. — (Lichens).
Ce genre , tel que l’avait fondé Persoon
( lister . Ann., VII, p. 28), se composait
d’espèces rapprochées seulement par le fa¬
ciès , mais que leur structure ou leur fruc¬
tification ramenait à des types différents.
M. Léon Dufour publia [Ann. yen. des sc.
phys. de Bruxelles, torn. VIII ), une mo¬
nographie de ce genre, tel que le com¬
prenait alors Persoon lui-même; mais, à
cette époque, Achat* en avait déjà distrait,
pour le reporter dans son genre Lecidea ,
le B. icmadopliila. Enfin, dans ces der¬
niers temps, Fries , en modifiant de nou¬
veau les caractères du genre qui nous oc¬
cupe ( Syst. orb. veget., p. 249 , et Lich.
eur., p. 246), n’y a définitivement laissé
qu’une espèce , le B. roseus. Voici comme
ce savant le définit : Apothécics primitive¬
ment globuleuses, sans rebord, recouvertes
dans leur jeunesse d’un voile membraneux ,
analogue à celui des Solorina , creusées
d’une cavité que remplit un tissu aranéeux,
comme spongieux , et recouvrant en partie
le pédiceiîe qui les supporte. Lame proli¬
gère colorée, occupant toute la périphérie
de l’apothécie , et de toutes parts ascigère.
Thèques innombrables , cylindriques ou
claviformes, c’est-à-dire un peu amincies
vers la base, renfermant de 6 à 8 sporidies
fusiformes, hyalines et marquées de cloi¬
sons peu apparentes. Nous n’avons pu voir
les spores observées par M. Fée. Peut-être
que nos échantillons n’étaient pas assez
avancés. Ce genre a des affinités avec les
544
BER
BER
Cladonies et les Biatores. La membranule
qui voile primitivement les apothécies lui
donne aussi quelque analogie avec les Pcl-
tigères. Il se compose aujourd’hui d’une
seule espèce, le B. roseus , qtii croît par
toute l’Europe sur la terre, dans les bruyè¬
res et les lieux un peu marécageux. On en
trouve une assez bonne figure dans YEn-
glish Eotany , t. 374 , mais sans analyse.
(C. M.)
BEON. imam. — Synonyme de Beou.
BEON-HOLI. ors. — Synonyme vulgaire
de l’Effraie commune, Strix flanlméa L.
BEO-QUEBO ou BEQXJEBO. ors. —
Nom du Pic-vert en Picardie.
BEOU. mam. — Synonyme de Bœuf dans
le midi de la France.
BEQTJEBO. ors. — Voyez beo-quebo.
BEQUEBOIS ou BËQUEBOIS-CEN-
DRE. ors. — Synonyme vulgaire, en Nor¬
mandie, du Torche-pot commun, Sitta Eu-
ropea. Voyez stTTEi.EE.
BEQUERELA. bot. th. — Synonyme
de BECQUERELIA.
*BRRAïlBÎA (Bérard, botaniste fran¬
çais ). bot, th. — Genre formé par M. Ad.
Brongniart, dans son excellente Revue de la
famille des Bruniacées (. Annales des sciences
nat., YIII, 380), aux dépens du Bruni a
paleacea de Thunberg et de quelques es¬
pèces de Nebelia , Neck. Ce sont des arbris¬
seaux indigènes au cap de Bonne-Espérance;
à rameaux grêles, dressés, fastigiés, garnis
de feuilles subulées , aiguës, appliquées,
couvrant complètement la tige. Les fleurs
sont capitées, involucrées , tribractées. On
rapporte avec doute à ce genre le Ptyxos-
toma de Yalil ( Naturh . Selsk. Skrift. ,
YI, 96). (C. L.)
BERARDïA (Bérard, botaniste fran¬
çais). bot. ph. — Genre formé par Yillars
(Fl. Dauph ., II, p. 27, t. 22) , et synonyme
du genre Arctium , Dalech. Voyez ce mot.
, (C. L.)
*BERBERACËES. bot. fh. — Syno¬
nyme de Berbéridées.
RERRÉRALES. bot. th. — M. Bindley
a changé le nom de Berbéridées en Berbé-
racées, et cette famille compose à elle seule
le groupe ou l’alliance qu’il nomme Berbé-
rales. (An. J.)
BERBÉRIDÉES. bot. th. — Famille
de plantes dicotylédonées , à fleurs herma¬
phrodites polypélalées, à étamines hypogy-
nés. Ces fleurs régulièéës présentent un
calice composé de 3, 4 ou 9 folioles, dis¬
posées sur un seul ou plusieurs rangs ; des
pétales en nombre égal ou double, munis, à
leur base, d’une glande double, d’üïi pore
ou même d’un éperon ; des étamines ordi¬
nairement égales en nombre et opposées
aux pétales, qui, eux-mêmes sont opposés
aux folioles calicinales , et dont les anthères
extrorses se font remarquer par leur singu¬
lière déhiscence , ayant lieu par une valve
qui se détache de la paroi de chaque loge de
la base au sommet; un ovaire uniloculaire,
surmonté latéralement d’un style que ter¬
mine un stigmate orbiculaire , renfermant
des ovules anatropes en nombre défini, qui
s’attachent tout le long du côté de la logé
correspondant au style, par conséquent à
son angle interne, ou vers sa base seule¬
ment, ascendants dans ce dernier cas. Cet
ovaire devient une baie charnue ou une cap¬
sule monosperme ou oligosperme , dont
les graines , sous un test crustacé ou mem¬
braneux et vers l’extrémité d’un périsperme
corné ou charnu , renferment un embryon
très petit, à radicule plus longue que les co¬
tylédons et tournée vers le hile. — Les plan¬
tes de cette famille sont vivaces , herbacées
ou frutescentes; à feuilles alternes, impari-
pinnées, quelquefois surdécomposées, quel¬
quefois, au contraire, réduites, par l’avorte¬
ment de toutes les folioles latérales, à la ter¬
minale qui alors parait simple , mais qui
est articulée ; à grappes en panicules axil¬
laires. On les observe dans les climats tem¬
pérés de l’hémisphère boréal de l’Améri¬
que au Japon.
Cette famille mérite de fixer l’attention
des botanistes par quelques particularités
propres soit à tous ses genres, soit à qüel-
ques-uhs seulement. Dans le premier cas
est l’opposition des folioles du calice, des
pétales et des étamines. M. Auguste de
Saint-Hilaire a fait remarquer que ce carac¬
tère si rare est dû ici , comme dans les Mo-
nocotylédonées , aux parties florales qui ,
au lieu de former les verlicilles quinaires,
ordinaires aux Dicotylédonées , forment
desverticilles binaires ou ternaires, d’où doit
résulter nécessairement cette opposition.
Parmi les caractères remarquables propres
h quelques genres, on peut citer celui du
BER
péricarpe du Leontice , dont le développe¬
ment s’arrête longtemps avant celui de la
graine qui le rompt et croît libre au dehors;
on peut citer aussi les épines du Berberis,
où l’on voit clairement une transformation
de la foliole réduite à ses nervures qui se
sont durcies et lignifiées.
Genres: Achlys, DC.; — Podophyllum ,
L. ( Anapodophyllum , Tournef.) ; Jeffer-
sonia , Bart. (ces deux derniers genres,
rangés ici par M. Endlicher , formaient au¬
paravant la petite famille des Podophyllées);
— Diphylleia, Rich.; — Bongardia , Mey.;
— Chrysogonum , Bauh.; — Leontice , L.
{Leontopetalon, Tournef.; Caulophyllum,
Rich.) ; — Epimedium}\j.] — Vancouver ia,
Dec.; — Aceranthus , Morr. et Decaisn.;
— Berberis , L. ( Mahonia , Nutt.) ; — iVan-
dina, Thunb. (Ad. J.)
BERBERIS (Gépêepi, sorte de coquil¬
lage ; allusion à la forme ovale-oblongue
du fruit de l’Épine-vinette ; selon d’autres,
c’-est un mot arabe , ayant la même signifi¬
cation), bot. ph. — L’Épine-vinette, plante
qui a servi de type à Linné pour établir ce
genre , est extrêmement commune en
France, dans les haies, sur les lisières des
bois , etc. , où les enfants s’empressent
d’en cueillir les jolis fruits rouges, acides
et rafraîchissants. Le genre Berberis est
très nombreux en espèces, dont plus de
trente sont cultivées comme plantes d’or¬
nement dans les jardins d’Europe. Ce sont,
en général, des arbrisseaux communs dans
les parties tempérées de l’Europe, de l’Asie
et de l’Amérique, et quelques-uns s’avan¬
cent dans le dernier continent jusqu’au tropi¬
que. Dans certaines espèces, les feuilles pri¬
maires avortent et se changent souvent en
une épine simple ou divisée ; les secondai¬
res , fasciculées au sommet de ramules très
courtes et axillaires, sont courtement pé-
tiolées, simples, très entières ou ciliées, et
même comme épineuses sur les bords ; dans
les autres, les feuilles développées norma¬
lement sont imparipennées , 2-7-juguées ,
munies de stipules pétiolaires géminées,
très petites , caduques ; les fleurs, d’un
jaune verdâtre , sont ordinairement nom¬
breuses et réunies en grappes sur des pé¬
doncules axillaires, uni-mulliflores.
Ce genre se divise en deux sections, qui
sont : le Berberis proprement dit et le
BER 545
Mahonia de Nutlal ( Odostemas , Raf.) Les
principaux caractères sont : Calice 7-9-phyl-
le , à divisions colorées , 2-3-sériées , déci-
dues. Corolle de 6 pétales hypogynes , bi-
glanduleux à la base. Étamines 6, à fila¬
ments plans; anthères extrorses, déhiscen¬
tes du haut en bas par une valvule. Ovules
2 à 8, anatropes. Style très court, se
terminant en un ovaire ovale - arrondi ;
stigmate pelté. Baie uniloculaire , 1-8-
sperme.
L’espèce la plus connue, l’Épine-vinette,
dont les fruits servent à faire d’excellentes
confitures , produit un bois jaune propre
à la teinture. On observe, dans les éta¬
mines de cette plante , un phénomène d’ir¬
ritabilité que nous ne devons pas passer
sous silence. Si l’on touche avec une pointe
quelconque les filets staminaux , on les voit
s’agiter et se ruer, pour ainsi dire , sur le
pistil , et leur action est d’autant plus vive
que la température extérieure est plus éle¬
vée. Sauf l’espèce indigène, toutes les autres
se cultivent généralement en terreau de
bruyères et en plein air. Un très petit nom¬
bre seulement exige la serre tempérée.
(C. L )
BERCE, bot. th. — Nom vulgaire de
plusieurs espèces du genre Heracleum.
Voyez ce mot. (C. L.)
BERCEAU DE LA VIERGE, bot.
ph. — Nom vulgaire de la Clématite des
haies.
* BERCIIEMIA (nom propre) . bot. th .—
Les Berchémies sont des arbrisseaux indi¬
gènes dans l’Amérique boréale, où ils crois¬
sent dans les parties les plus abritées. On
en trouve aussi quelques-uns dans l’Asie
tropicale. Us sont très rameux , dressés ou
grimpants, à feuilles alternes, obliquement
multinerves , très entières ; les fleurs sont
subombellées dans les aisselles des feuilles
supérieures ou disposées en panicules ter¬
minales ; elles sont dioïques , pentapéta-
les. Le fruit est un drupe oblong. Il a été
formé par Necker ( Elem ., II, 122), appar¬
tient à la famille desRhamnacées, tribu des
Frangulées, et a pour synonymes les genres
OEnoplia, Hedw.; OEnoplia, Schult.; pour
type, le Rhamnus volubilis L. et R flori-
bundus Wall. (C. L.)
* BERCHTOLDIA. Berchtoldia (nom
propre), bot. th. — Famille des Graminées,
35
t. rt
m
BER
BER
tribu des Panicées. Genre établi par Presl
( Reliq . Hœnck. I, p. 323, t. 43) et adopté par
Kunth ( Agrost . I, p. 148) pour une plante
originaire du Mexique, figurée sous le nom
de Berchtoldia bromoides. Ce genre, voisin
de V Oplismenus j a ses épillets solitaires et
Ibiflores : la fleur supérieure fertile et herma¬
phrodite ; l’inférieure neutre et unipaléa-
Cée. La lépicène se compose de deux écail¬
les lancéolées, terminées par une longue
arête droite. Dans la fleur hermaphrodite, la
paillette extérieure de la glume est cartila¬
gineuse mucronée , embrassant la paillette
intérieure plus petite, obtuse et denticulée
vers son sommet. (A. R.)
BERCRHEYA. Berkheya , Schreb.
bot. th. — Genre de la famille des Synan-
thérées , tribu des Gortériées , très voisin
des Gorteria et comprenant toutes les es¬
pèces décrites par Thunberg sous le nom
de Rohria. Ce sont des plantes vivaces ou
même des arbustes en partie originaires du
Cap. Ce genre comprend un assez grand
nombre d’espèces. (C. d’O.)
BERCLAN. ois. — Nom vulgaire du
Tadorne, en Picardie. Voyez canard.
BERD-BOUISSET (vert buisson), bot.
th. — Nom vulgaire du Fragon piquant
( Ruscus aculeatus ) , en Languedoc.
BERRIN, BERLIN ou BERNICLE.
moi. c. — Noms vulgaires d’une coquille du
genre Patelle.
BEREAXJ. mam. — Synonyme vulgaire
de Bélier.
BÉREE ou MARIE BÉRÉE. ois. —
Nom vulgaire du Rouge-gorge, en Norman¬
die. VoyeZ RUBIETTE.
BÉRÉNICE. Berenicea (Bérénice, nom
de femme). rouYP. — Genre de Polypes mi¬
croscopiques , de l’ordre des Bryozoaires ,
formé par Lamouroux ( ad Sol. et Eli.,
pi. 80, fig. 1-6) aux dépens du genre Flus-
tre , et étendu par Fleming. Il présente ,
pour caractère, un polypier sub-membra-
neux, composé de cellules saillantes, ovales
ou pyriformes, réunies entre elles comme
des rayons d’ Abeilles, et tapissant, comme
un réseau à mailles fines et régulières, les
Hydrophytes de la Méditerranée. L’ani¬
mal n’est pas connu. Les espèces vivantes
sont : les B. prominens , annulât a , coc-
cinea , hyalina , immersa , utriculata et
nitida. On trouve, sur les Térébratules
des environs de Caen une espèce fossile , la
seule qui soit connue, et qui est désignée par
Lamouroux sous le nom de B. diluviana.
(C. d’O.)
BÉRÉNICE (nom propre), zoom. —
Genre de la classe des Acalèphes simples , à
corps déprimé, hémisphérique , et pourvu
de cirrhes tentaculiformes sur toute sa cir¬
conférence , et quelquefois même à l’orifice
buccal. On en connaît trois espèces : le B.
euchroma, très abondant dans les mers
équatoriales ; les B . thalassina et Cuvie-
ria j, qui se rencontrent dans les mers aus¬
trales. Ce genre , établi par MM. Péron et
Lesueur, et adopté par M. de Blainville ,
avait été fondu par Cuvier dans les Rhizos-
tomes , et par Lamarck dans les Équorées.
(C. d’O.)
BERGAMOTTE. bot. ph. — Fruit
d’une variété du Citrus margaritta , auquel
on donne quelquefois le nom de Bergamot-
tier. Voyez orangers.
BERGAMOTTIER. bot. ph.-— Voyez
BERGAMOTTE.
BERGBGTTER. min. — Voyez beurre
DE MONTAGNE. (Del.)
* BERGE, géou. — La plupart des ri¬
vières et des fleuves qui sillonnent aujour¬
d’hui la surface du sol ont leur lit creusé
dans des dépôts d’attérissements formés
par des cours d’eau plus considérables qui
suivaient la même direction. On nomme
Berges les rivages à pic, taillés dans ces at-
térissements , composés soit de sable, soit
de gravier, soit de limon. Les eaux courantes
entament et entraînent facilement ces ma¬
tières meubles que les eaux pluviales , la
dessiccation, la gelée, contribuent sans cesse
à faire ébouler; aussi les Berges d’une ri¬
vière conservent-elles rarement la même
forme et le même emplacement. Les ma¬
tériaux enlevés sans cesse aux Berges sont
portés par le courant sur la rive opposée, où
ils donnent lieu à des attérissements; et ceux-
ci , par leur accroissement , contribuent à
refouler les eaux sur la rive opposée , dont
elles entament de plus en plus la Berge.
C’est à cette action qu’est due la marche
tortueuse des cours d’eau dans une plaine
unie, où l’on voit un bord à pic alterner suc¬
cessivement avec une plage basse sur l’au¬
tre bord. C’est par ce transport continuel
des matières d’une des rives d’un fleuve à
BER
BER
6U7
ïa rive opposée, que le lit de celui-ci, lors¬
qu’il est abandonné à lui-même, change
si fréquemment de forme et de direction.
Dans presque toutes les vallées que par¬
court un cours d’eau, on voit, à des hauteurs
que les eaux n’atteignent plus, les traces
d’anciennes Berges qui dessinent plusieurs
terrasses en étage, et attestent , d’une part,
que le volume des eaux courantes a dimi¬
nué , et d’une autre, que le fond des vallées
a été creusé à plusieurs reprises , depuis le
remplissage de ces mêmes vallées par les
anciens attérissements. Voyez vallées.
(C. P.)
BERGENIA (nom propre). Megasea ,
Haw. ; Geryonia , Schr. ; Erophoron ,
Tausch. bot. ph . — Genre de la famille des
Saxifragacées , formé par Mœnch ( Meth .,
664), et rapporté comme sous-genre au
Saxifraga , L. Voyez ce mot. (C. L.)
* BERGENTIA , Desv. bot. ph. — Sy¬
nonyme de Bergeretia.
BERGER A (nom propre), bot. th. —
C’est un petit arbuste de l’Inde, à feuilles im-
paripennées, dont les folioles sont alternes,
acuminées, pubescentes, dentées en scie; à
fleurs en panicules terminales corymbi-
formes. Il a été créé par Kœnig ( Linn .
Mant ., 565), et appartient à la famille des
Aurantiacées, tribu des Linnoniées. Ce genre
diffère assez peu du Murray a, auquel il
devrait peut-être se réunir. On n’en con¬
naît que deux espèces. Vo.yez murraya.
(C. L.)
BERGERE ou BERGERETTE. ors.
— Synonyme vulgaire de Bergeronnette.
BERGERETIA (nom propre), bot. ph.
— Genre de la famille des Crucifères , tribu
des Alyssinées, formé par Desvaux (, Journ .
Bot., III, 161, t. 25), sur une petite plante
annuelle , indigène en Asie. Il n’a pas été
adopté , et est regardé comme une simple
division du genr e Clypeola de Linné. Voy.
ce mot. (C. L.)
BERGERETTE. ois. — Voyez bergère.
BERGERONNETTE, Briss.; Mota -
cilla, Lat. ois. — Genre de la famille des
Becs fins de Cuvier et du petit groupe qu’il
a désigné sous le nom de Hoche - queues.
Ses caractères sont : Bec très menu , droit ,
subulé; tarses grêles, très élevés, avec les
doigts latéraux à peu près égaux et nota¬
blement plus courts que la médian; l’ex¬
terne légèrement soudé avec celui-ci à sa
base ; les ongles antérieurs courts et peu
arqués ; le postérieur quelquefois très long
et alors presque droit. Ailes longues, avec
les trois premières rémiges presque égales;
les scapulaires fort allongées ; l’une d’elles
atteignant ou atteignant presque l’extré¬
mité des pennes primaires. Queue longue ,
composée de pennes étroites, mais très
susceptibles de se développer. Il est facile
de reconnaître que ces caractères , qui se
retrouvent chez les Alouettes et les Far-
louses , indiquent des Oiseaux marcheurs.
Linné avait désigné la plupart des Becs
fins sous le nom de Motacilla. Latham le
restreignit aux seules Bergeronnettes et
Lavandières , et c’est dans ce sens qu’il a
été généralement adopté depuis. Les es¬
pèces qui le composent ont reçu divers
noms d’après leurs habitudes, tels que
Hoche-queues , à cause de leur habitude
de la mouvoir sans cesse de haut en bas ;
Lavandières , parce qu’on les voit souvent
voltiger et se poser autour des lavoirs et
près des laveuses ; et enfin Bergeronnettes ,
parce qu’elles accompagnent souvent les
troupeaux , probablement pour saisir des
Insectes ailés attirés par eux, ou peut-être
mis en évidence sur le sol par leur marche.
Cuvier et Vieillot les ont décrites sous le
nom de Hoche-queues ( Motacilla ) ; mais
le premier en a formé deux divisions sous
les noms de Hoche-queues proprement dites
ou Lavandières ( Motacilla ) et de Bergeron¬
nettes ( Budytes , Cuv., nom de la Bergeron¬
nette, parce qu’on la voit parmi les Bœufs).
Temminck a adopté comme nom génériqud
français celui de Bergeronnette ; quant à
nous, comme Brisson les a décrites sous les
noms sous-génériques de Bergeronnette et
Lavandière dans son grand genre Fice-
dula, nous adoptons aussi ce premier nom,
comme le plus anciennement publié.
Qui n’a remarqué la légèreté et la pres¬
tesse avec lesquelles ces Oiseaux aux formes
sveltes, et qu’on pourrait comparer aux élé¬
gantes Levrettes chez les Mammifères, par¬
courent , en poursuivant les Moucherons ,
tantôt les grèves des abreuvoirs et des étangs,
tantôt les parapets des murs qui les entou¬
rent , ne cessant d’agiter et de développer
leur queue par un balancement continu et
vertical ? Elles ont encore l’habitude de sui-
BER
BER
548
vre de très près le laboureur dans le sillon
qu’il vient de tracer , pour y saisir les petits
Vers qui s’y trouvent à découvert, et sem¬
blent rechercher la société de l’homme des
champs et celle des laveuses, malgré le
bruit de leurs battoirs. Elles ont un cri assez
perçant, qu’elles font entendre oii en volant
comme les Alouettes, ou perchées sur le pi¬
gnon de quelque vieille masure, sur quelque
amas de pierres des carrières , plus rare¬
ment sur la cime d’un arbre. Leur vol est
onduleux. Elles construisent leur nid ou
sur le sol dans les champs , ou entre les
pierres amoncelées des carrières. Leurs
œufs, souvent finement pointillés de gris,
ont des rapports de coloration avec ceux des
Farlouses et même des Alouettes. Lorsque
leurs petits sont élevés, elles se réunissent en
petites bandes avec eux au commencement
de l’automne, et se rendent le soir dans les
roseaux des rivières ou des étangs, qui ser¬
vent aussi de retraite nocturne à de nom¬
breuses volées d’Étourneaux et d’Hiron-
delles jusqu’au moment de leur départ.
Leur double mue , dans laquelle leur plu¬
mage est totalement différent, a donné lieu
à plusieurs erreurs, en faisant multiplier
à tort quelques espèces ; mais Temminck ,
dans son Manuel, et surtout dans la 4me par¬
tie , a très bien débrouillé ces petites diffi¬
cultés, en y décrivant six espèces d’Europe,
dont deux nouvelles : une qui n’a encore été
observée qu’en Angleterre (la Flaveola de
Gould) , l’autre (la Citrine, Citreola ) de
Russie et de Crimée.
L’espèce type de la section des Lavan¬
dières (Motacilla, Cuv.), à ongle du pouce
arqué et pas plus long que ce doigt, est la
Bergeronnette grise ( Motacilla alba et
cinerea Grnel. ; la Lavandière, Buff., enl.,
652, f. 1), qui, dans son plumage de prin¬
temps, a le front jusqu’au vertex, les joues,
les côtés du cou et l’abdomen blancs; la
nuque, la gorge, le devant du cou et la poi¬
trine, les pennes médianes de la queue d’un
noir profond ; le dos et les flancs cendrés ;
et qui , dans son plumage d’hiver , a la
gorge et le devant du cou d’un blanc pur ,
terminé en bas par un hausse-col d’un noir
profond , dont les parties latérales remon¬
tent vers la gorge , et le cendré des parties
supérieures moins foncé qu’en été.
L’espèce type du genre Bergeronnette
( Budytes , Cuv.), à ongle du pouce presque
droit et plus long que ce doigt, est la Ber¬
geronnette DÜ PRINTEMPS OU B. PRINTA¬
NIÈRE (Tem. Man. et atlas de son Manuel ),
Hoche-queue de printemps Vieill. (Faune
franç., pl. 82-1, 2 et 8), Motacilla flava
Gmel., qui a la tête et la nuque d’un cen¬
dré bleuâtre, tout le dessus vert olivâtre,
avec une bande sourcilière et une autre
mystacale blanches , ainsi que les pennes
latérales de la queue , dont la médiane et
celles des ailes sont noirâtres ; tout le des¬
sous est d’un jaune brillant. L’oiseau figuré
dans Bufifon (Enl. 674, f. 2), sous le nom
de Bergeronnette de printemps, est, selon
Temminck (Man. , part. 4), la Bergeron¬
nette jaune en mue de printemps.
La plupart des individus de l’espèce ap¬
pelée Bergeronnette grise et toutes les Ber¬
geronnettes de printemps émigrent de nos
contrées aux approches de l’hiver, tandis
que l’espèce, dite Bergeronnette jaune ou
Boarule , y vient au contraire passer cette
saison et en repart quand les autres y arri¬
vent. La plupart de nos Bergeronnettes
d’Europe se retrouvent en Asie jusque dans
l’Inde, au Japon et en Afrique , puisqu’on
en reçoit des dépouilles de ces divers points;
ainsi, la Bergeronnette grise se retrouve en
Sibérie, au Kamtschatka , dans l’Inde et en
Afrique; la B. lugubre, en Crimée, en Hon¬
grie, en Égypte et au Japon; la B. jaune, au
Japon, à Java et Sumatra ; la B. citrine, au
Bengale; la B. printanière, en Sardaigne, en
Sicile, en Barbarie, au Japon et dans l’Inde
jusque sur les monts Hymalaya. La R. fla-
véole de Gould, qui avait été jusqu’ici con¬
fondue avec la B. printanière , paraît seule
confinée à notre continent et n’a même encore
été observée qu’en Angleterre. Le caractère
de l’ongle du pouce plus long et plus droit
étant le seul d’après lequel Cuvier a formé
son genre Budytes , et n’étant accompagné
d’aucun caractère de mœurs distinctes de
celles des autres espèces, ne peut guère fi¬
gurer, ce nous semble , que comme sous-
genre tout au plus. Ainsi donc, notre genre
Bergeronnette ( Motacilla , Lat. ) , ayant
pour sous-genre ou section Budytes, Cuv.,
fera partie de notre famille des Alaudidées
et de notre sous-famille des Anthusinées.
Voyez ces mots. (Lafr.)
BERGIA (nom propre), bot. ph. — Ce
BER
BER
549
genre ne renferme guère que trois ou quatre
plantes herbacées , annuelles ou vivaces ,
croissant dans les parties tropicales de l’A¬
sie et de l’Afrique. Leurs feuilles sont op¬
posées , lancéolées ou elliptiques , aiguës ,
denticulées au sommet , tomenteuses ; à
fleurs blanchâtres , agrégées, pédonculées,
pentandres. Il fait partie de la famille
des Élatrinacéës ( Caryophyllées , alior.)
et a été formé par Linné ( Gen . , 791).
(C. L.)
BERGIERA. bot. ph. — Synonyme de
Bergia.
Il ERG Kl A S , Sonn. bot. th. — Syno¬
nyme de Gardénia.
BERGMANNITE , Schum. ( nom
d’homme), min. — Substance grisâtre ou
rougeâtre, composée de lamelles ou d’ai¬
guilles groupées confusément et légèrement
nacrées. Elle est fusible en émail blanc, et
on la regarde comme voisine de la Werné-
rite. Elle accompagne l’Éléulithe , dans la
Syénite de Stavern et de Frédérischwern,
en Norwège. (Del.)
* BERGSALZ. min. — C’est-à-dire Sel
de montagne. Voyez chlorure de sodium.
(Del.)
BERGSEIFE. min. — C’est-à-dire Sa¬
von de montagne. Voyez ce mot. (Del.)
BERGUE. bot. ru. — Dans quelques-
uns de nos départements méridionaux, ce
nom est synonyme d’Aune.
BERG-ZEYNOBER. min. — Cinnabre
naturel. Voyez sulfure de mercure.
(Del.)
BÉRICIION ou BÉRICHOT. ois. —
ISom vulgaire du Troglodyte, Motacüla tro¬
glodytes Lin. Voyez troglodyte.
* BERIJI A (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Lauracées , formé
par Klein (Msc.), et rapporté comme syno¬
nyme au g. Tetranthera , Jacq. Voyez ce
mot. (C. L.)
BERIL. MIN. — Voyez BÉRYL.
BÉRIlVGÈlNfE. bot. th. — Voyez bé-
LINGELK.
* BERINGERIA (nom propre), bot. th.
— Genre delà famille des Labiacées, tribu
des Népétées-Balatées, -formé par Bentham
(Lah. 592), et synonyme du genre Ballotta
de Linné. Voyez ce mot. (C. L.)
*BERI]\IA, Brign. bot. rH.— Synonyme
de Crépis.
BERIS. ins. — Genre de l’ordre des
Diptères, division des Brachocères, subdivi¬
sion des Tétrachœtes, famille desNotachan-
tes, tribu des Xylophagiens, établi par La-
treille et adopté par Meigen ainsi que par
M. Macquart, dans son Hist. des Diptères,
faisant suite au Buffon de Roret, 1. 1 , p. 231.
Les Beris diffèrent essentiellement des
autres Xylophagiens par leur écusson armé
de pointes. Ce sont des Diptères générale¬
ment petits, qu’on trouve au printemps dans
les bois et les lieux marécageux. Leurs
mœurs sont peu connues; on croit que
quelques-uns placent leurs œufs dans la ca¬
rie humide des arbres, sur le tronc desquels
on les trouve souvent à l’état parfait, et
que les autres les déposent dans l’eau.
M. Macquart en décrit neuf espèces,
parmi lesquelles nous citerons seulement :
1° le B. nifensLatr. (Hist. Natur. t. XIV,
p. 341. Meig. n° 1), ou Xylophagus nitens
Latr. (G en. t. IV, p. 273); 2° le B. tibialis ,
Meig. n°2, tab.12, fig. 18. Ces deux espèces
se trouvent en France et en Allemagne. (D.)
* BERKELEY A (Berkeley , cryptoga-
miste anglais ). bot. cr. — ( Pbycées ).
Genre appartenant à la famille des Diato¬
mées , établi par M. Greville dans son
Cryptog. Flora , avec les caractères sui¬
vants: Filaments simples, muqueux, li¬
bres à leur sommet, réunis à leur base en
une masse gélatineuse, arrondie et renfer¬
mant des séries longitudinales de frustulcs.
Le B. fragilis Grev., seule espèce con¬
nue, est figuré dans l’ouvrage cité, tab.
294 ; il forme des masses gélatineuses bru¬
nes ou verdâtres sur la Zostère et sur quel¬
ques Algues marines. (Préb.)
BERRIIEYA. BOT. TH. — Voyez BERCK.-
HEYA.
*BERKHEYOIDES (Z?erÆAet/a et sî&sç,
qui ressemble au Berkheya ). bot. th. —
Section du genre Stephanocoma , fondée
sur une espèce du Cap, munie de capitules
radiés et de réceptacles légèrement alvéolés.
(J. D.)
BERKIE BU CAP, Sonn. bot. th. —
Synonyme de Bergkias.
* BERLAIYDIERE . Berlandiera (Ber-
landier, nom d’un botaniste français), bot
ph. — Genre de la famille des Synanthérées,
tribu des Sénécionidées, établi par De Can-
dollç pour une plante rapportée du Mexi-
550
BER
BER
que par le botaniste auquel il l’a dédiée. Le
B. texana est un arbrisseau à tige et ra¬
meaux arrondis et velus ; à feuilles alter¬
nes, sessiles, cordées, crénelées et pubes-
centes ; à calathides munis de longs pédi-
celles, portant des fleurs jaunes en corymbe,
réunies par groupes de trois ou de cinq à
l’extrémité des rameaux. (C. d’O.)
BERLAX. poiss. — Synonyme de Berg -
lachs.
BERLE. bot. ph. — Nom vulgaire fran¬
çais du genre Sium. (C. L.)
BERLIN. MOL. — Voyez BERDIN.
BERMEDIANA. bot. ph. — ■ Famille
des Iridées. Le genre ainsi nommé par
Tournefort est plus généralement connu
sous le nom de Sisyrinchium, qui lui a été
donné par Linné ; mais le nom de Bermu-
dienne est resté dans la langue française.
Voyez bermudienne. (A.. R.)
BERMUDIENNE . Sisyrinchium. bot.
ph. — Grand genre de la famille des Iridées,
qui se compose d’un nombre considérable
d’espèces , croissant pour la plupart dans
les parties tempérées de l’Amérique méri¬
dionale, quelques-unes à la Nouvelle-Hol¬
lande, et dont plusieurs sont cultivées dans
nos jardins. Leur périanthe, tubuleux à la
base , est formé de six divisions étalées et
presqu’égales. Les étamines , au nombre de
trois , sont complètement soudées par leurs
filets en un tube grêle plus ou moins long ,
ayant les anthères allongées. L’ovaire infère
est à trois angles obtus et à trois loges con¬
tenant chacune un grand nombre d’ovules
insérés à leur angle interne. Le style se ter¬
mine par trois stigmates filiformes et con¬
tournés. Le fruit est une capsule membra¬
neuse , couronnée par le calice, de forme
variée, à trois loges, s’ouvrant en trois
valves. Les graines sont globuleuses ou an¬
guleuses, à épisperme coriace.
Les Bermudiennes sont des plantes viva¬
ces, à racine souvent fibreuse, rarement
renflée et tubériforme. Leurs feuilles sont
ordinairement distiques, engainantes à leur
base, souvent étroites. La tige est simple ou
rameuse, cylindrique ou comprimée. Les
fleurs sont généralement de grandeur mé¬
diocre et très fugaces. On cultive dans les
jardins quelques-unes de ces espèces. Telles
sont la Bermudienne a petites fleurs ( Si¬
syrinchium Bermudiana L.), qui est ori¬
ginaire de l’Amérique du nord ; la Bermu¬
dienne striée ( Sisyrinchium striatum
Sm.), qui vient du Mexique, et quelques
autres. Ces espèces se cultivent en pleine
terre. (A. R.)
BERNACHE. ois. — Sous-genre de
notre genre Oie. Voyez ce dernier mot.
(Lafr.)
* RERNAC ÏIES . ois. — Sous-division
établie par Cuvier, dans son Règne animal ,
et renfermant les espèces d’Oies à bec
court, menu, et dont les bords ne laissent
point paraître au dehors l’extrémité des la¬
melles buccales , telles que la Bernache , le
Cravant, etc. Voyez oie. (Lafr.)
BERNACLE, ois. — Synonyme de Ber¬
nache.
BERNADET ou BERNARDET. roiss.
— Synonyme de Squalus centrina L.
Voyez HUMANTIN.
BERNARD L’ DERMITE. CRUST. -
Nom vulgaire des Pagures. Voyez ce mot.
(M. E.)
BERNARDET, pois. — Voyez berna-
DET.
BERNARDIA (nom propre), bot. ph.
• — Voyez adelia. (Ad. J.)
BERND ARDIA, Wild. bot. ph. — Sy¬
nonyme de Psilotum.
BERNICLE. MOLL. - Voyez BERDIN.
* BE RAIERA (Bernier, botaniste fran¬
çais du xvne siècle), bot. ph. — Genre de la
famille des Synanlhérées , tribu des Muti-
siacées , établi par De Candolle , pour une
plante herbacée et vivace du Népaul , le
B. Nepalensis , dont on ne connaît jusqu’à
ce jour qu’une seule espèce. (C. d’O.)
BERNOÜLLIA (nom propre), bot. ph.
— Genre formé par Necker pour les espèces
de Benoîtes dont les capitules ont des arêtes
plumeuses. C’est aussi le Sieversia de Wil-
denow, et tous deux ne sont que des syno¬
nymes du genre Geum. Voyez ce mot.
(C. L.)
* BERNSTEIN, min. — Nom allemand
du Succin. Voyez ce mot. (Del.)
BÉROÉ. Beroe (nom mythologique).
acal. — Brown, dans son Histoire de la Ja¬
maïque, a le premier donné ce nom à des
“animaux pélagiens, aujourd’hui classés par¬
mi les Acalèphes Cténophores ou Ciliogra-
des. Linné, dans sa douzième édition du
Systema natures , le remplace par celui de
BER
BER
551
Volvox, qui a aujourd’hui une autre signi¬
fication. D’après M. de Blahmlle ( Actino -
logie , page 644) , les véritables Béroés sont
susceptibles d’être caractérisés ainsi : Corps
plus ou moins allongé, a ouverture très
grande, plus ou moins côtelée par huit côtes
inégales , portant les ambulacres des cils
presque égaux, complets sur la crête 5 point
d’appendices buccaux ; une paire de longues
productions cirrhiformes et cirrhigères.
Yoici comment le même naturaliste dis¬
tribue les Béroés en deux groupes : A. Es¬
pèces dont le corps est profondément cô¬
telé. Chaque côte portant un ambulacre de
cils ; les productions cirrhiformes courtes
et peu ou point ramifiées. Genre : Janira ,
Ok. Les Béroés hexagone , de Slabber ,
comprimé et octoptère , sont dans ce cas.
B. Espèces dont le corps est assez pro¬
fondément côtelé. Les ambulacres com¬
plets ; ex. : Béroés ovale , melon , macros- ?
tome, globuleux, œuf, etc. L’organisation
de ces animaux a été étudiée par plusieurs
auteurs modernes , et tout récemment en¬
core par M. Milne Edwards {Ann. des sc.
nat., 2e série, t. XVI , p. 217). L’espèce
des mers de Nice , observée par ce natura¬
liste , est le Médusa Beroe Forsk. Comme,
les autres animaux du même groupe, ce
Béroé est phosphorescent. «Il existe, ditM.
Milne Edwards, près de la surface du corps,
un nombre immense de corpuscules pyri-
formes, terminés par une sorte de queue
très grêle, qui ressemblent beaucoup à ceux
dont la peau de certaines Méduses est gar¬
nie, et qui semblent devoir être des organes
sécréteurs. J’avais pensé que ces glandules
pourraient bien être la source de la lumière
phosphorescente dont les Béroés brillent
avec tant d’éclat ; mais, en observant avec
attention cette lueur, il m’a semblé qu’elle
partait principalement du voisinage des cô¬
tes ciliées, tandis que c’est dans l’intervalle
compris entre ces côtes que se trouvent les
granules pyriformes. La lumière que ces
animaux répandent ainsi avait été aperçue
par Forskal, et observée plus récemment
par Rolando ; elle est de couleur verte, et
offre beaucoup d’intensité. Pour en déter¬
miner l’émission, il suffit d’exciter l’animal
en l’irritant mécaniquement, mais lorsque
les décharges ainsi produites se succèdent
rapidement, leur intensité s’affaiblit beau-
I coup. » M. Grant décrit le système nerveux
des Béroés d’après des observations faites
par lui sur le Beroe pileus, qui est une es¬
pèce du sous-genre Cydipe de Péron, et il a
reconnu qu’il formait , autour de l’ouver¬
ture buccale, un cordon ganglionnaire com¬
parable à celui des autres animaux radiaires.
M. Milne Edwards fait remarquer que ce¬
lui du Lesueurea , nouveau genre découvert
par lui, et qui appartient aux Callianirides,
est fort différent, et disposé en forme de
ganglion unique, duquel partent tous les
nerfs ; mais les Caliianirides ont eux-mê¬
mes une autre forme que les Béroïdes, et
sous tous les rapports avoisinent les Tuni-
eiens ; tandis que les Béroés proprement
dits ont plus d’affinité avec les Médusaires.
Voyez ce mot et tuniciens. (P. G.)
* BÉR0IBE {bero , sac ; , forme ).
acal. — Genre de Dyphyide proposé par
MM. Quoy et Gaimard pour une acalèphe
incomplète et imparfaitement connue, dont
M. Lesueur a fait le g. Galeolaria ; c’est pour
ce dernier la G. australis ; elle parait faire
le passage des Diphyides aux Béroés. (Duj.)
* BÉROÏDES. acai,. — Famille d’Aca-
lèphes établie par M. EschschoKz dans l’or¬
dre des Cténophores , caractérisés par une
grande cavité digestive centrale, et par les
rangées longitudinales de lamelles vibra-
tiles, irisées, qui leur servent d’organes lo¬
comoteurs. Avec les vrais Béroés, cette fa¬
mille comprend les genres Medœa et Pan-
dora , qui en diffèrent, l’un par la longueur
plus considérable des lamelles vibratiles,
l’autre par la situation de ces lamelles dans
des sillons. — M. Lesson a compris dans
une seule famille, sous le nom de Béroïdes,
tous les Acalèphes Cténophores, divisés par
lui en sept tribus, et de plus un grand nom¬
bre de genres douteux , dont il fait sa divi¬
sion des Acils. (Duj.)
*RÉROSOMES {bero, sac; corps).
acai.. — Huitième tribu des Béroïdes de
M. Lesson , comprenant toute sa division
des Acils , ou Béroïdes dépourvus de cils.
Les genres nombreux de cette tribu ont été
établis pour la plupart sur des débris de di¬
vers Acalèphes , et sont indiqués comme
douteux par l’auteur lui-même. Ce sont
les g. Doliolum, Epomis, Bursarius, Bu-
gainvillœa , Sulcularia , Appendicularia ,
Praia, etc. (Duj.)
552
BER
BER
BEROSUS ( nom d’une montagne de la
Tauride). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Palpicornes, Dej., et
de celle des Hydrophilides de Mac-Leay.
Ce genre, établi par Leach aux dépens du
genre Hydrophile de Fabricius, a été adopté
par M. Westwood ( Synops . of the généra
of British Insects , p. 10), ainsi que par
M. Dejean dans son dernier Catalogue, où
il en mentionne 13 espèces , dont nous ne
citerons que deux : celle qui lui sert de
type d’après Leach, VHydrophilus luridus
Fabr., qui se trouve en Suède et en Angle¬
terre, et VHydrophilus signaticollis Még.,
qui se trouve aux environs de Paris.
M. Solier , dans ses observations sur la
tribu des Hydrophilicns ( Ann . de la soc.
ent. de France , t. III, p. 299), adopte aussi
le genre Berosus , qu’il place entre le genre
Limnebius de Leach et le genre Spercheus
de Fabricius. (D.)
*BERRYA(nom propre). bot. ph. —Genre
de la famille des Tiliacées, tribu des Gré-
wiées, formé par Roxburgh (Fl. of Corom.,
III, 59, t. 264) , pour un arbre de l’Inde , à
feuilles alternes, pétiolées, ovales-cordi-
formes , acuminées , très entières , glabres ,
5-7-nervées à la base , colorées en dessous ,
et munies de stipules latérales , géminées ,
ensiformes, décidues. L’inflorescence est en
panicules axillaires ou terminales ; les fleurs
nombreuses, petites, blanches. Calice 5-
phylle ; corolle pentapétale 5 capsule sub¬
globuleuse, sex-ailée. (C. L.)
*BERSAMA. bot. ph. — Fresenius a dé¬
crit sous ce nom (Mus. Senhenberg , 11 ,
280 , t. 17 ) un arbre de l’Abyssinie , qu’il
rapporte à la famille des Méliacées, et que
Endlicher place dans les genres douteux de
la famille des Ampélidées. Ce genre est
encore trop mal connu pour que la place
puisse en être indiquée avec certitude.
(C. d’O.)
BERTAZINA. ois. — Synonyme d’Jîm-
beriza cia L., dans quelques départements
septentrionaux de la France. Voyez bruant.
*BERTERA. bot. th. — Famille des
Iridées. Le Gladiolus segetum de Sibthorp
est devenu le type d’un genre que Sweet a
nomme Bertera, mais ce genre n’a pas été
adopté. Voyez guayeub. (A. R.)
BERTEROA (Bertero , botaniste voya¬
geur) bot. ph. -—Ce genre, de la famille
des Crucifères, tribu des Alyssinées, formé
par De Candollc ( Syst ., II, 290), contient
quatre espèces herbacées, croissant dans le
midi de l’Europe et le nord de l’Asie. Elles
sont bisannuelles , vivaces ou fruticuleuses
à la base , et couvertes d’une pubescence
blanchâtre. Leurs feuilles sont alternes, ses-
siles, très entières ; les fleurs sont blanches
ébractéées et disposées en grappes termi¬
nales. Calice 4-phylle, à lacinies dressées ;
corolle de 4 pétales onguiculés, à limbe
biparti. Étamines 6, tétradynames. M. De
Candolle indique une cinquième espèce, du
Pérou, mais en doutant qu’elle appartienne
à ce genre. (C. L.)
* BERTEROA (Bertero, botaniste voya¬
geur). bot. th. — Genre indiqué par Zip-
pelius (Mackl. in Bijdr. tôt. de nat. Wet.
Y, 142, etc.) , et qui ne paraît pas avoir été
décrit. C’est, dans tous les cas, un genre à
biffer , puisqu’il existe déjà un autre genre
de ce nom adopté par les botanistes. (C. L.)
* BERTHELOTIA ( Berthelot , l’un
des auteurs de l’Histoire de la Phytogra-
phie des îles Canaries), bot. vu. — Ce
genre, qui appartient à la tribu des Com-
posées-Astéroïdées, faisait avant partie des
Conyza. Il a pour caractères : Capitules
multiflores, hétérogames ; fleurs du rayon
plurisériées, femelles, tubuleuses, très grê¬
lées , à 5 dents ; celles du disque, au nom¬
bre de 5 à 12 , beaucoup plus grandes et
hermaphrodites , reposent sur un récep¬
tacle plan , dépourvu de paillettes. Les an¬
thères sont terminées par des appendices
basilaires ; les branches des styles , qui
appartiennent aux fleurs hermaphrodites,
sont couvertes de papilles qui se prolon¬
gent sur le tronc, tandis que celles des fleurs
femelles sont complètement glabres. Les
fruits cylindracés, terminés par une aigrette
formée de soies coriaces plus ou moins ré¬
gulièrement soudées entre elles à la base,
sont lisses inférieurement et rudes au som¬
met. L’involucre est composé de plusieurs
rangées d’écailles ovales , imbriquées : les
inférieures terminées par une petite pointe,
les intérieures mutiques et scarieuses à
leurs bords. — Le genre Berthelotia com¬
prend deux espèces : l’une, originaire du Sé¬
négal, qui se reconnaît à ses corolles herma¬
phrodites, velues; l’autre, indigène dans l’In¬
de tropicale, se distingue au contraire par des
BER
BER
553
fleurs complètement glabres (Vid. Deless.
ic. select., vol. IV, tab. 21). (J. D.)
* BERTHIÉRINE , Eeud. (nom pro¬
pre). min. — Substance en petits grains
bleuâtres ou gris verdâtre , magnétiques ,
attaquables par les acides, qui en séparent
de la Silice sous forme de gelée. Elle est
composée, d’après l’analyse de M. Berthier,
de Silice 12,40, Protoxyde de fer 74,70, Alu¬
mine 7,80, Eau 5,10. Elle se trouve au milieu
des minerais de fer oolithiques de Hayan-
ges, dans le département de la Moselle, et
ses grains ne diffèrent pas souvent à l’exté¬
rieur de ceux de ces minerais, formés d’Hy-
drate, de Peroxyde ou de Carbonate de fer.
(Del.)
* BERTHIÉRITE. min.— Même chose
queHaidingérite. Voyez ce mot. (Del.)
BERTHOLEETIA (Berthollet, physi¬
cien français), bot. ph. — Très grand arbre
de l’Amérique australe , croissant sponta¬
nément dans les forêts de l’Orénoque, etc.,
à rameaux alternes, dont les plus jeunes
garnis au sommet de feuilles alternes, exsti-
pulées , amples , oblongues , très entières ,
éponctuées, coriaces. Les fleurs, d’un jaune
blanchâtre, à étamines blanches, sont dis¬
posées en sortes de grappes ou d’épis. Ca¬
lice turbiné-tubulé , conné avec l’ovaire , à
limbe supère, 6 -parti. Corolle de 6 pé¬
tales insérés sur le bord d’un disque épi-
gyne , pulviniforme ; un urcéole stamini-
fère inséré avec les pétales, très court d’un
côté, allongé de l’autre en une ligule péta-
loïde , cucullée , dilatée au sommet , cou¬
verte de lamelles imbriquées, et se termi¬
nant en un style incombant. Étamines fer¬
tiles , plurisériées. Style subulé , courbe ;
stigmate simple. Capsule ligneuse, sub¬
globuleuse, charnue en dedans. Graines au
nombre de 16 à 20, triangulaires, dressées,
fixées à la colonne centrale. — Le B. excelsa
compose seul ce genre , forme par Hum-
holdt et Bonpland (FL Æquin., 1, 122, t. 36),
et qui appartient à la famille des Myrta-
cées , tribu des Lécythidées. C’est le Tonka
de Richard ( An . fr., 84). Les graines sont
comestibles, et on le cultive pour cette rai¬
son au Brésil et à la Guiane. (C. L.)
BERTIERA (nom propre), bot. th. —
Genre de la famille des Rubiacées , tribu
des Gardéniées-Eugardéniées , formé par
à.ublet (Guy an., III, 192, t. 78) et adopté par
les botanistes postérieurs. Il se compose de
9 ou 10 espèces, divisées en 3 sous-genres :
Bertiera, proprement dit, Zaluzania et
Mycetia ( voy . ces mots). Ce sont des ar¬
brisseaux indigènes dans l’Amérique tro¬
picale, l’île Bourbon et l’Inde ; à feuilles op¬
posées, pétiolées, ovales-oblongues, acumi-
nées, velues ; à stipules solitaires, concrètes
à la base, terminées en pointe ; à inflores¬
cence en thyrses terminaux , paniculés en
grappes, bractéolés, dont les fleurs petites,
blanchâtres. Calice tubulé-globuleux , 5-
denté ; corolle infondibuliforme , à limbe
5-parti. Anthères 5, oblongues, incluses.
Stigmate bilamellé. Baie sub-globuleuse ,
presque sèche. (C. L.)
BERTOLONIA, DC. bot. ph. — Syno¬
nyme de Chabrœa.
* BERTGLONIA (nom propre). Tri-
blemma, R. Br.; Rhexiœ, Sp., Bonp. bot. ph.
— Genre de la famille des Mélastomacées,
rapporté avec doute à la tribu des Lavoi-
siérées, formé par Raddi (Mem. PL bras.,
Add. 5) et ne renfermant encore que quatre
espèces, découvertes dans les forêts vierges
du Brésil , où elles croissent dans les lieux
très ombreux et étouffés. Ce sont des plantes
vivaces, à tiges procombantes, portant des
feuilles assez amples, opposées, pétiolées,
cordiformes, 5-pluri-nervées, presque en¬
tières ou crénelées sur les bords 5 à inflo¬
rescence en cyme ; fleurs blanches, roses ou
purpurines, sur des pédicelles très courts.
Calice cainpanulé , à 5 lobes obtus ; corolle
de 5 pétales obovales. Étamines 10; anthè¬
res cylindriques, unipores, à connectif à
peine proéminent. Style court, sub-clavi-
forme. Capsule ceinte du calice devenu tri-
quètre-ailé. Graines nombreuses, sub-semi-
lunaires-trigones. (C. L.)
*BERTOLONIA(nom propre), bot.ph.
— Genre de la famille des Clusiacées, formé
par Sprengel , et réuni comme synonyme
au g. Tovomita d’Aublet. Voyez ce mot.
(«:• 1-)
BE RT OA'iVE AU . poiss. — Nom vul¬
gaire du Turbot.
*BERTUCHÏA (nom propre), bot.ph. —
Genre de la famille des Rubiacées, formé
par Dennsler (Bort. Mal., IX, 39), et réuni
en synonymie au genre Dentella de Forster
(voy. ces mots). Endlicher (Gen. PI. 3305,
Suppl.) le cite de nouveau comme synonyme
35*
t. ir.
BER
BER
556
da genre Gardénia de la même famille, en
indiquant un autre endroit de l’ouvrage de
l’auteur (IY, 58). (C. L.)
BERULA (altération de Ferula). bot.
ph. — Genre de la famille des Ombellifè-
res, tribu des Amminées, formé par Koch
( Deutschl . Fl. 1834, p. 355) sur le Sium
angustifolium L. C’est une herbe vivace,
croissant en Europe et dans l’Asie septen¬
trionale , où on la trouve dans les fossés
inondés, les mares, les eaux peu courantes.
Du collet de sa racine , elle produit des sto-
Hons qui se dressent bientôt en tiges à
peine striées, portant des feuilles pennati-
séquées, à segments ovales, inégalement et
grossièrement dentées en scie. Les fleurs
sont apparentes et disposées en ombelles
pédonculées, oppositifoliacées et termina¬
les. Calice 5-denté. Pétales écbancrées ,
dont une laciniule infléchie. Fruit ovale,
subdidyme, comprimé d’un côté. Carpo-
phore biparti. Graines cylindriques.
(C. L.)
BERUS. rept. — Nom scientifique de
la Yipère commune, Coluber Berus.
BÉRYL, min. — Nom donné par les
anciens aux variétés de l’Émeraude, non
colorées en vert pur, et qui est employé par
plusieurs minéralogistes modernes comme
terme spécifique, pour désigner ce minéral,
que nous décrirons sous la dénomination
d ''Émeraude. Voy. ce mot. (Del.)
* BÉRYL DE SAXE, min.— Variété de
l’Apatite, ou Phosphate de chaux. Voyez
PHOSPHATES. (Del.)
* BÉRYL SCHORLIF ORME . MIN. -
Synonyme de Pycnite. Voyez ce mot.
(Del.)
* BERYLLIUM ((3r,puXXiov, béryl), min.
— Nom par lequel est désigné, dans la no¬
menclature latine , le métal, qui est le radi¬
cal de la Glucyne, l’un des principes consti¬
tuants du Béryl ou Émeraude. Voyez glu-
cyne. (Del.)
BÉRYTE. Berytus. ins. — Fabricius a
appliqué cette dénomination à un genre
de notre famille des Coréens, de l’ordre des
Hémiptères, qui avait été précédemment
indiqué par Lalreille sous le nom d eNéides
plus généralement adopté. Voyez ce mot.
(El.)
*BÉRYX. poiss. — Nom grec de pois¬
son tiré de Varinus, par Gesner, et qu’on
ne sait pas déterminer. Nous l’avons ap¬
pliqué, dans notre Histoire des Pois¬
sons , à un genre de la famille des Percoï-
des , de la division des Polydactyles , qui
ont , comme les Holocentrums , des rayons
épineux au dessus et au dessous de la base
de la caudale , des crêtes dentelées sur les
diverses parties de la tête , des yeux énor¬
mes, des dents en velours ras sur les mâ¬
choires et sur les palatins, et, sur le vomer,
une ventrale composée de plus de sept
rayons , huit rayons à la membrane bran-
chiostège ; mais qui en diffèrent, parce
qu’ils n’ont qu’une seule dorsale. — Ce sont
des Poissons brillants d’un beau rouge, re¬
levé de teintes dorées, dont on ne connaît
encore que deux ou trois espèces. La plus
grande vient du nord de l’Atlantique inter¬
tropical, MM. Yebb et Lowe nous ayant
fait connaître qu’on la prend aux Canaries
et à Madère. C’est l’espèce appelée Béryx
décadactyle, ainsi nommée du nombre des
rayons de ses ventrales. On en connaît une
seconde des mers de la Nouvelle-Guinée,
rouge, rayée d’or, et enfin une troisième a
été trouvée, par suite de nos recherches ana¬
tomiques , dans l’estomac d’un autre pois¬
son. (Val.)
*BERZÉLÏA , Mart. bot. th. — Syno¬
nyme d 'Hermstadtia glauca.
*BERZÉLIXE (Berzélius, célèbre chi¬
miste suédois), min. — Séléniure de cuivre
de Skrickerum en Smolande. Voyez sélé-
niures. M. Necker de Saussure a décrit ,
sous le même nom, une substance en petits
octaèdres blancs , à surface mate et à cas¬
sure vitreuse, fusible en verre bulleux, et
soluble en gelée dans l’acide chlorhydrique
chauffé , ne donnant point d’eau dans le ma¬
fias, et conservant sa transparence. Elle a
été trouvée dans les cavités d’une roche py-
roxénique, à Galloro , près de la Riccia (en¬
virons de Rome). Elle paraît se rapprocher
de la Haüyne par sa composition chimi¬
que. (Del.)
*BERZÉLITE. min. — Synonyme de
Pétalite. Voyez ce mot. (Del.)
* BERZÉLÏTE , Lévy. min. — Mémo
chose*que Mendipite. Voyez ce mot.
(Del.)
* BERZELIUS (Berzélius , célèbre chi¬
miste suédois), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Bruniacées, fondé par Ad. Bron-
BES
BES
555
gniart(Ann. des sc. nat ., VIII, B70, t. 85), et
comprenant un petit nombre d’arbrisseaux
du Cap , à feuilles courtes , sub-trigones ,
glabres ou à peines velues , imbriquées ou
étalées , calleuses et comme roussies au
sommet 5 fleurs petites, blanches, tribrac-
téées, réunies en capitules nus, terminaux,
solitaires ou agrégés ; la bractée antérieure
claviforme et calleuse. Calice tubulé, conné
avec l’ovaire , plan en arrière , convexe en
dessus ; limbe 5-4-parti. Pétales 5 ou 4 ,
insérés à une lame périgyne. Étamines 5
ou 4, alternant avec les pétales et plus longs
qu’eux. Style simple, sillonné; stigmate sub¬
conique. Pour fruits, des nucules peu nom¬
breuses, coriaces, obliques, monospermes,
réunies par un placentaire spongieux.
(C. L.)
BESCHEBOIS. ois.— Nom vulgaire du
Pic-vert.
BESEftfGE ou BEZE1VGE. ois. —
Noms vulgaires de la Mésange charbon¬
nière.
BÉSIMÊME. 3ot. cr. — Necker a don¬
né ce nom aux corps reproducteurs des
plantes agames; mais il n’a point été adop¬
té. Voyez spores et sporidies. (C. M.)
*BESLÉRÉES. bot. ph. — Tribu établie
par M. Endlicber dans la famille des Ges-
néracées. Voyez ce mot. (Ad. J.)
BESLERIA (Basile Besler, botaniste
allemand au xvie siècle). Eriphia, P. Br.
bot. ph. — Genre de la famille des Gesné-
racées, tribu des Beslériées, fondé par Plu¬
mier ( Gen . 29, ic. t. 49), et adopté par les
auteurs modernes. Il comprend des plantes
à peine frutescentes , habitant les forêts de
l’Amérique tropicale, et dont la plupart (de
celles qui sont connues) sont cultivées dans
nos serres comme plantes d’ornement. Tel¬
les sont les B. incarnata, lutea , hirtella t
grandifolia. Plusieurs espèces ont été re¬
tirées de ce genre et sont devenues les types
de genres nouveaux. Voy. episcia, ajmlopeec-
tüs. Les principaux caractères du Besleria
sont : Calice libre, 5-fide , coloré. Corolle
hypogyne, subcampanulée , à limbe quin-
quéfide. Étamines 4, didynames, incluses,
avec rudiment de la 5e, insérées sur le
tube; anthères biloculaires. Ovaire libre,
ceint d’un disque annulaire, uniloculaire;
deux placentas pariétaux , bilobés. Ovules
très nombreux, anatropes. Style simple;
stigmate bifide. Baie; graines obovées, —
Plantes dressées, rameuses ; feuilles oppo¬
sées , un peu charnues , pubérules en des¬
sus, assez luisantes en dessous, à nervures
saillantes ; fleurs belles , assez grandes ,
jaunes ou rouges, disposées en une grappe
terminale ; pédoncules axillaires , uni-ou
pauciflores. (C. L.)
BESOIN, mam. — Synonyme provençal
de Chevreau.
BESSERA (nom propre). bot. ph. —
Famille desLiliacées. Le professeur Schultes
fils a nommé ainsi un genre qui a pour type
et jusqu’à présent pour espèce unique une
jolie plante bulbeuse , originaire du Mexi¬
que. Son calice coloré est régulier et cam-
paniforme, à six sépales. Les étamines sont
au nombre de six, ayant leurs filets libres at¬
tachés sur une sorte de couronne pétaloïde
à six lobes qui naît de la gorge du calice.
L’ovaire sessile est à trois loges, contenant
chacune^des ovules nombreux et bisériés.
La capsule, accompagnée par le calice per¬
sistant, s’ouvre en trois valves.
Les feuilles naissent du bulbe ; elles sont
linéaires, étroites ; les fleurs, d’un bleu vio¬
lacé, forment un sertule terminal. (A. R.)
BESSERA, Spreng. (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Flaucourti-
nées. Synonyme de Roumea.
BESSERA , Schuit. bot. ph. — Syno¬
nyme de Pulmonaria.
BESSÉRIE. Besseria (nom propre),
ms. — Genre de Diptères, établi par M. Ro-
bineau-Desvoidy dans son ouvrage sur les
Myodaires , et dédié à M. Besser, entomo¬
logiste russe. Ce genre fait partie de la fa¬
mille des Calyptérées , tribu des Entomo-
bies , section des Ocyptérées. L’auteur l’a
fondé sur une seule espèce trouvée par lui
sur les plantes d’une colline calcaire dans
les environs de Saint-Sauveur, il la nomme
B. reflexa. (D.)
BESSI. bot. ph. — Synonyme de Caju.
* BESSONORMS (êfitroa, broussailles ;
opvtç, oiseau), ois. — Nom sous lequel M.
Gray désigne, dans sa List of thë généra
of birds , un genre d’Oiseaux d’Afrique du
docteur Smith , que ce dernier décrit au
contraire, sous le nom deDessonornis , dans
son Report ofthe expédition for exploring
central Africa. Voyez ce dernier mot.
(Lafr.)
556
BET
BET
BESTEG ou BESTEIG. mih. — Lisière
de filons. Couche de substance argileuse ,
qui se trouve entre la matière métallique
d’un filon et la roche environnante. (Del.)
BETA. bot. va. — Synonyme latin de
Bette.
*BETCIiEA (fietcke, botaniste), bot. ph.
— Genre de la famille des Valérianacées,
encore peu connu, formé par De Candolle,
sur une espèce unique , croissant dans les
pâturages au Chili , et qu’il croit être le
Fedia samolifolia de Bertero. C’est une
plante annuelle, simple, dressée, glabre,
à feuilles indivises , dont les inférieures
ovales-oblongues , les supérieures ovales-
arrondies, sessiles, amplexicaules ; à fleurs
petites, blanchâtres, en cymes courtement
pédonculées dans Faisselle des feuilles. Ca¬
lice à limbe unidenté, caduc. Corolle in-
fondibuliforme, ô-lobée. Étamines 3. Fruit
uniloculaire, triquètre. Les Catalogues an¬
glais indiquent deux espèces de ce genre
comme cultivées chez eux. (C. L.)
BÊTE ou VACHE A DIEU et BÊTE
A MARTIN, ins. — Les Coccinelles.
BÊTE A FEU. ins. — Les Lampyres,
les Taupins, les Fulgores et les Scolopen¬
dres, qui répandent un éclat phosphores¬
cent dans l’obscurité.
BÊTE DE LA MORT. ins. — La
Blaps mucronée ( Blaps mortisaga Oliv.).
BÊTE NOIRE, ins. — Le même co¬
léoptère , le Ténébrion des Boulangers
( Tenebrio molitor Fabr.), le Gryllon do¬
mestique ( Acheta domestica Fabr.), et la
Blatte des cuisines ( BlattaorientalislAn .).
(D.)
* BÉTENCOURTIE. Betencourtia.
bot. ph. — Genre de la famille des Légumi¬
neuses, établi par M. A. de Saint-Hilaire,
pour un arbuste des montagnes du Brésil,
le B . rhynchasioides , dont les caractères se
rapprochent beaucoup du genre Sophora.
(C. d’O.)
BÊTES, zool. — Mot vulgaire par le¬
quel on„désigne les animaux en général, et
employé surtout par opposition au mot
Homme. (A. de Q.)
BÊTES ROUGES. zool. — On désigne
sous ce nom, en Amérique , une espèce de
Puce appelée encore Tique ou Chique.
Voyez puce pénétrante.
Cette expression était aussi employée ,
dans certaines fermes françaises, pour dis¬
tinguer les Bœufs , Vaches et Veaux, des
Moutons et Brebis, qu’on appelait, par op¬
position, Bêtes blanches. (A. de Q.)
" BETHENCOURTIA (nom de l’un des
conquérants des îles Canaries ). bot. ph. —
M. Choisy a formé ce genre aux dépens d’une
espèce de Seneçon [S. palmensis ), offrant
un inYolucre composé de ô folioles oblon-
gues , et qui renferme 7-8 fleurs dont
2 ou 3 ligulées, et 4 à 5 tubuleuses. M. De
Candolle réunit le Bethencourtia à son
genre Senecio, tout en faisant remarquer
cependant que le genre proposé par M.
Choisy pourrait être admis, en comprenant
dans ses limites plusieurs plantes originai¬
res de l’ancien continent. (J. D.)
BÉTHYLE. Bethylus (nom donné par
les Grecs à un oiseau inconnu), ois. — Sous-
genre établi par G. Cuvier, dans le groupe
des Pies-grièches, pour un oiseau présen¬
tant pour caractère différentiel un bec
gros, court, bombé partout et légèrement
comprimé vers le bout. La seule espèce
qu’on connaisse est un oiseau de la Guiane
et du Brésil, ayant la forme et la couleur de
la Pie commune, mais beaucoup plus petit.
C’est la Pie pie-Grièche, Lanius picatus de
Latham. Temminck, à l’exemple d’Illiger,
l’a laissé parmi les Tangaras. (C. d’O.)
BETHYLUS [Bethylus, sorte d’oiseau).
ins. — Genre de la famille des Oxyuriens ,
de l’ordre des Hyménoptères , établi par
Latreille et adopté par MM. Spinola, Nees
Von Esenbeck et tous les autres entomolo¬
gistes. Ce genre est principalement carac¬
térisé par des mandibules longues, arquées
et quadridentées; par des palpes maxillaires
filiformes ; par des antennes coudées, com¬
posées de douze ou treize articles ; par des
ailes pourvues d’une cellule radiale fort
grande et par des pattes robustes , ayant
les cuisses renflées et les jambes droites.
Les espèces de ce genre ne sont pas très
nombreuses. Celle qui peut servir de type
est le B. fuscicornis Latr., répandu dans
tout le nord de l’Europe , mais qu’on ren¬
contre rarement aux environs de Paris.
(Bu.)
BETIFALCA. bot. ph. — Synonyme
de Tamus communis L. Voyez tamus.
BETION. bot. ph. — Synonyme d’Ort-
ganum dictamnus «
BET
BET
557
BETOINE Betonica (selon Pline, ce
mot est une altération de Vetones, peuple qui
vivait au pied des Pyrénées), bot. i>h. —
Comme nous ne considérons , avec la plu¬
part des botanistes modernes, ce genre de
Linné , que comme une section du genre
Stachys, du même auteur, nous n’en trai¬
terons qu’à ce dernier mot. Voyez stachys.
(C.L.)
BETTE. Beta ( bett , rouge, en langage
celte), bot. ph. — Tout le monde connaît
l’emploi qu’on fait , dans l’économie et
dans la thérapeutique , d’une espèce de ce
genre. La Betterave, qui, dans ces dernières
années , a été l’un des objets les plus
considérables de la grande culture , four¬
nit un excellent sucre, rival de celui qu’on
tire des cannes. La variété de cette plante,
dite vulgairement Poirêe , la Beta cicla de
Linné, sert en médecine à divers usages.
On en mange également les feuilles, qui
sont douces et fades. Une sous-variété de
celle-ci fournit des feuilles remarquables
pour le développement que prend leur ner¬
vure moyenne, et dont on fait usage comme
aliment. Comme tous autres développe¬
ments, au sujet de cette plante, seraient ici
déplacés, en ce qu’ils se rapportent unique¬
ment à l’industrie sucrière , nous les pas¬
serons sous silence, et aborderons immé¬
diatement la caractéristique de cette plante
importante.
Le genre Beta a été fondé par Tourne-
fort {Inst, rei herb. 286), et adopté par tous
les botanistes qui l’ont suivi. Il appartient
à la famille des Chénopodacées, tribu des
Chénopodées-Kochiées, et a pour caractères
principaux : Fleurs hermaphrodites. Péri-
goneurcéolé, 5-fide, s’endürcissantà la base,
à lacinies immutées. Étamines 5, insérées à
la gorge du tube sur un anneau charnu.
Squamules hypogynes nulles. Ovaire dé¬
primé, uniloculaire, uniovulé. Stigmates 2,
courts , cornés à la base. Le fruit est un
utricule subglobuleux, inclus dans le tube
périgonial, devenu drupacé et couvert de son
limbe charnu. Graine horizontale, dépri¬
mée. Embryon annulaire, embrassant l’al¬
bumen farinacé. Ce g. renferme 6 ou 8 esp.,
croissant spontanément dans les parties les
plus méridionales de l’Europe, et qui sont
cultivées, soit en raison de leurs proprié¬
tés, soit pour l’étude, dans les jardins de
botanique. Les feuilles en. sont alternes,
ovales, oblongues 5 les fleurs agrégées en
épis, et les fruits souvent réunis.
(C. M
BETTERAVE, bot. i>h. — Nom vul¬
gaire d’une espèce de Bette. Voyez ce mot.
(C. L.)
BETTHYLES. ins. — Même chose que
Bethylus.
BETEL A (nom du Bouleau, dans Pline).
bot. th. — Voyez bouleau.
* BÉTEL ÂGÉES ou BÉTELINÉES.
bot. th. — Famille de plantes Dicotylédo-
nées diclines, l’une de celle dans lesquelles
on a décomposé le grand groupe des Àmen-
tacées. Les fleurs mâles consistent en 4 éta¬
mines insérées à la base d’une écaille unique,
ou opposées à quatre écailles verticillées en
manière de calice ; elles sont réunies trois
par trois à l’aisselle de bractées peltées,
dont chacune est accompagnée extérieure¬
ment de deux bractéoles, et tous ces groupes
sessiles, réunis sur un axe allongé , consti¬
tuent le chaton. Les fleurs femelles sont de
la même manière sur un axe commun, réu¬
nies par groupes de deux ou de trois , sous
autant de bractées entières ou trilobées,
sans autre enveloppe que d’autres petites
écailles accessoires qui manquent quelque¬
fois ; elles consistent en ovaires surmontés
de deux longs stigmates styliformes, à deux
loges , dans chacune desquelles est un ovaire
d’abord dressé, puis enfin pendant. Les
bractées et bractéoles s’épaississent en
croissant avec le fruit et forment ainsi un
véritable cône , dont les écailles portent
chacune deux ou trois nucules, bordés d’an¬
gles ou d’une aile membraneuse, monosper¬
mes par avortement. La graine pendante ,
sous une enveloppe mince qui se soude avec
l’endocarpe, présente un embryon à radi¬
cule courte et supère, à embryons larges et
foliacés. Les espèces appartenant aux deux
seuls genres Betula et Alnus de Tourne-
fort, que Linné réunissait même en un seul,
sont des arbrisseaux à feuilles simples, al¬
ternes et dentées , très répandus dans les
climats tempérés, et bravant des climats
très froids, soit en latitude, soit sur les
montagnes. On a trouvé à l’état fossile des
chatons qu’on croit pouvoir rapporter aux
deux mêmes genres. (Au. J.)
* BÉTULITES ( betula , bouleau), bot
55$
BEU
BEU
foss. — Gœppert a donné ce nom à des
chatons de Bétulacées fossiles, trouvés ré¬
cemment par lui dans des Lignites, à Salz-
hausen, en Yétéravie, et qui paraissent dif¬
férer à peine de notre Bouleau. (C. d’O.)
*BEUDANTI]\TE. min. — La substance
du Vésuve, que MM. Monticelli et Covelli
ont décrite sous ce nom, ne doit pas être
confondue avec la Beudantite de Lévy. Sui¬
vant M. Mitscherlich , ce n’est qu’une va¬
riété de la Néphéline. Voyez ce mot.
(Del.)
* BEUDANTITE. min. — M. Lévy a
nommé ainsi, en l’honneur de M. Beudant,
une substance minérale d’un brun foncé,
et d’un éclat résineux, cristallisée en rhom¬
boèdres légèrement obtus, d’environ 92° 80’,
et qui s’est rencontrée à la surface de cer¬
tains morceaux de Limonite mamelonnée
de Horhausen, dans le pays de Nassau. Cette
substance raie la fluorine : sa poussière est
d’un gris-verdâtre, et elle paraît être com¬
posée d’oxyde de plomb. (Del.)
BEURRE. zool. min. — Matière grasse
qu’on retire du lait. Voyez la.it.
(A. DE Q.)
Le nom de Beurre a encore été donné à
diverses substances végétales ou minérales,
ainsi l’on a appelé :
Beurre d’Antimoine, le Chlorure d’ Anti¬
moine.
B. de Bismuth, le Chlorure de Bismuth.
B. de Cacao, une espèce d’huile con¬
crète, jaune, pâle, cassante comme de la
cire, d’une saveur agréable et même légè¬
rement aromatique; mais s’altérant peu
de jours après avoir été préparée. Cette sub¬
stance, entièrement soluble dans l’éther
quand elle est pure, s’obtient par ébulli¬
tion des graines du Theobroma cacao, préa¬
lablement réduites en pâte dans un mor¬
tier chaud. C’est cette matière qui donne
au chocolat son aspect gras et onctueux.
Le bon Cacao doit donner en Beurre un
tiers de son poids. Le B. de Cacao, quoi¬
que doué de propriétés émollientes très dé¬
veloppées, est aujourd’hui peu employé en
médecine, où il ne sert plus qu’à faire des
suppositoires.
B. de Cire, la cire distillée; à cause de
sa consistance butyreuse après cette opé¬
ration.
B. de Coco, le matière grasse qu’on
retire des fruits du Cocotier ( Cocos nwci-
fera ), par le même moyen que le Beurre
de Cacao , et qui sert à l’assaisonnement
des mets.
B. d’Étain, le Chlorure d’Étain.
B. de Montagne, de Pierre ou de Roche,
un mélange d’Argile , d’Alumine sulfatée,
d’Oxyde de fer et de pétrole , formant une
masse jaunâtre, à cassure lamelleuse et
brillante, onctueuse au toucher et d’une sa¬
veur très astringente. Cette substance se
trouve en forme de stalactites dans les ca¬
vités schisteuses de la Haute-Lusace et en
Sibérie. Patrin, qui l’a trouvé dans les mon¬
tagnes voisines du fleuve Amour , dit que
les Élans et les Chevreuils sont très friands
de cette terre, et qu’on s’en sert pour attirer
ces animaux dans les pièges qu’on leur tend.
B. de Muscade, l’huile concrète et odo¬
rante extraite de la Muscade ( Dlyristica
emoschata ) bouillie dans l’eau , ou mieux
par expression, et dont ce fruit donne envi¬
ron un tiers de son poids. Le B. de Muscade
a perdu sa réputation comme sudorifique
et antispasmodique , et il entre seulement
encore aujourd’hui dans la composition
du Baume Nerval. Il nous arrive de Hol¬
lande sous forme de pains carrés, ou des
Grandes-Indes, dans des pots de terre. C’est
ce dernier qu’on préfère. Le Gueyema-
don qui vient de Cayenne, y sert de com¬
bustible et d’aliment, est tiré du Myrislica
sebifera.
B. de Zinc, le Chlorure de Zinc.
(C. d’O.)
EEURRERIA (nom propre). Bourreria,
P. Br. (Jam. 168, t. 16). bot. ph. — Genre
de la famille des Aspérifoliacées (Borragi-
niacées-Ehrétiacées , etc.), tribu des Ehré-
tiacées-Tournéfortiées , formé par Jacquin
(Amer. 44, t. 178), sur quelques espèces
d’arbrisseaux croissant dans l’Amérique
tropicale, à feuilles alternes, très entières,
à fleurs blanches disposées en corymbes sub-
lerminaux. On en cultive six espèces dans les
jardins anglais. Les caractères principaux
sont: Calice campanulé,sub-bilabié, 6-denté;
corolle hypogyne, infondibuliforme, 5-par-
tite. Étamines 5, insérées au tube, etsub-
exsertes. Ovaire 4-8-loculaire. Style ter¬
minal, bifide ou indivis. Le fruit est un
drupe 2-4-pyréné; chaque section a deux
loges monospermes. (C. L.)
BEZ
BEZ
559
*BËURRERIA (nom propre). bot.ph.—
Genre formé par Adanson, et synonyme du
Calycanthus de Lindley. Voyez ce mot.
(C. L.)
* BEVERINCKIA (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Éricacées ,
formé par Salisbury, et synonyme du Pen-
taptera de Klotsch. Voyez ce mot. (C. L.)
BEYRICHIA (nom propre), bot. ph.- —
Genre de la famille des Scrophulariacées,
tribu des Gratiolées, formé par Chamisso
[Linnœa III , 21), sur une plante herbacée
brésilienne, pubescente,àligedressée, létra-
gone, dont les feuilles sont opposées, courte-
ment pétiolées, ovales, dentées en scie, les
florales très courtes ; les fleurs résupinées,
tribractéées, disposées en un épi terminal,
feuillé, dense. (C. L.)
*BEYTHE A (nom propre), bot. ph.— Le
type et la seule espèce de ce genre est VE-
lœocarpus hifidus d’Hooker et Arnott (Voy.
Beechey 110, t. 24). Il appartient à la famille
des Tiliacées, tribu des Éléocarpées. C’est
un arbre trouvé aux îles Sandwich, à feuil¬
les alternes , pétiolées , ovales-acuminées,
dentées en scie, très glabres, à stipules dé-
cidues ; les fleurs sont disposées en groupes
axillaires pauciflores ; les pétales en sont
pubescents en dehors. Calice S-phylle ; di¬
visions lancéolées ; corolle hypogyne de 5
pétales, oblongs-linéaires, courtemenl bilo-
bés au sommet. Étamines 15 , insérées sur
un disque hypogyne glanduleux. Ovaire
sessile ; biloculaire. Ovules nombreux, ana-
tropes ; stigmate simple. Drupe monos¬
perme ? (C. L.)
BEZENGE. ois. — • Voyez besenge.
BEZETTA. bot. ph. — Un des noms
vulgaires du Croton tinctorium L.
BEZOARD. zooii. min. — On a désigné
sous ce nom, d’origine arabe, des concrétions
de nature très variée qui se rencontrent dans
les diverses régions du corps de différents
animaux. C’est ainsi qu’on a confondu, sous
cette dénomination commune, des calculs
biliaires , urinaires, salivaires , etc. De nos
jours , on donne plus particulièrement ce
nom, dans la médecine vétérinaire , aux
concrétions calcaires formées de couches
concentriques qui se forment assez fréquem¬
ment dans le tube alimentaire des Herbi¬
vores , et qui y acquièrent un volume quel¬
quefois très considérable.
Le Bézoard oriental ( Lapis bezoardicus)
a joui autrefois d’une immense renommée,
non seulement comme remède souverain
contre toutes les maladies, mais encore
comme ayant la vertu d’éloigner de son
heureux possesseur les maux de toute na¬
ture. Ce précieux talisman , qui devait sa
réputation à l’école des médecins arabes de
Cordoue, se retire de la caillette ou qua¬
trième poche stomacale de la Gazelle des
Indes {Antilope cervicapra Pall.). C’est
un corps arrondi , à surface lisse, d’une
couleur brune ou verte , formé de couches
concentriques, minces , fragiles ; à cassure
vitreuse , d’une odeur forte et aromatique.
La substance qui entre dans sa composi¬
tion présente la plupart des propriétés
qu’on observe dans les corps résineux. Elle
fond à une chaleur douce , s’enflamme et
brûle en donnant beaucoup de fumée. Elle
est soluble dans l’alcool concentré, et
précipitée de sa dissolution par l’eau. Ce
médicament, qui se payait jadis au poids
de l’or, est aujourd’hui entièrement tombé
dans l’oubli, et figure tout au plus dans les
collections de quelques amateurs de curiosi¬
tés , bien loin de se trouver, comme autre¬
fois, dans toutes les officines d’apothicaire.
Il est facile de concevoir qu’à fépoque
où le Bézoard oriental était si recher¬
ché, on dut s’efforcer de le contrefaire;
aussi trouvait-on , dans le commerce, une
grande quantité de Bézoards factices qu’on
obtenait en fondant ensemble certaines ré¬
sines avec des aromates. On reconnaissait
la fraude à l’absence des couches concentri¬
ques et à la différence d’odeur. Lors de la
découverte du Nouveau-Monde , les pre¬
miers conquérants de l’Amérique en rap¬
portèrent un grand nombre de médica¬
ments analogues, et de là vint la distinction
qu’on fit des Bézoards occidentaux. Ceux-
ci , qui étaient fournis, à ce qu’il paraît,
principalement par le Lama ( Camelus llac~
ma Lin.), étaient d’ailleurs d’une compo¬
sition très différente et ne différaient guère
des corps de même nature , qu’on trouve
dans l’intestin de nos Ruminants domesti¬
ques. Ces Bézoards occidentaux étaient du
reste regardés comme très inférieurs à
ceux qui venaient des Indes orientales, et
le prix en était beaucoup moindre.
La Gazelle des Indes et le Lama du Pè-
560
BHU
BIA
rou n’ont pas eu seuls le privilège de four¬
nir à nos aïeux les prétendues panacées
dont nous parlons. Les Bézoards de Cay-
man, de Porc-épic, de Tatou, de Crocodile,
ceux surtout qui étaient censés provenir de
certaines espèces de Serpents, ont joui pen¬
dant longtemps d’une immense réputation.
On les portait sur soi comme des amulettes,
propres non seulement à préserver des
maladies ordinaires, mais encore à écarter
les maléfices. Ces dernières croyances
étaient surtout populaires en Italie, en Es¬
pagne et en Portugal, où une de ces pier¬
res se payait ou se louait souvent des
sommes très considérables. Enfin l’Homme
lui-même avait fourni son contingent à
cette classe d’alexipharmaques, et la pou¬
dre de Bézoard humain, c’est-à-dire de
simples calculs urinaires , était regardée
comme un remède héroïque dans un grand
nombre de maladies. Il est presque inutile
de rappeler ici que la croyance aux vertus
prétendues de ce genre de médicaments
n’existe plus aujourd’hui, et que si quelques
populations ignorantes regardent encore le
Bézoard comme propre à les mettre à l’a¬
bri des sortilèges, du moins ces produc¬
tions pathogéniques ne figurent plus dans
aucun formulaire de pharmacie ou de mé¬
decine. (A. deQ.)
BÉZOARD ou BÉZO ABDIQUE.
moll. — Noms vulgaires, parmi les mar¬
chands et les amateurs, d’une espèce du
genre Casque. Voyez ce mot.
BÉZOARD FOSSILE, min. — Voyez
CALCAIRE GLOBULIFORME. (Del.)
BÉZO ABDIQUE. mole. — Voyez bé¬
zoard.
BHESA, Arn. ( Edingh . new philo-
sophical Journal , XVI , 315). bot. ph, —
Genre peu connu de la famille des Célastri-
nées, établi par Hamilton, pour des arbris¬
seaux ou des arbres des Indes-Orientales,
que Lindley donne comme synonyme du
genre Kurrimia de Wallich, tandis qu’End-
licher en fait un genre qu’il met dans ses
genres douteux de la famille des Céîastri-
nées. (C. d’O.)
*BHRINGA. ois. — Genre établi par
Hodgson, en 1837, pour un oiseau du genre
Irine qu’il désigne sous le nom de B. tec-
tirostris.
* BHUCHANGA, Hodgs. ois. — Syno¬
nyme de Dicrurus balicassius Vieill., ou
Drongo cul-blanc. Voyez ce mot.
BIACIJMIIVÉ. Biacuminatus ( bis ,
deux ; acumen, pointe), bot. — M. de Mir-
bel désigne sous ce nom les poils à deux
branches opposées par leur base, de ma¬
nière qu’ils paraissent être attachés par le
milieu, tels que ceux du Malpighia urens.
M. De Candolle donne aux poils de cette
plante , qui sont glanduleux à leur base, le
nom de poils en nanette ( pili malpighia-
cei ), et il n’appelle poils biacuminés ou
poils en fausse nanette ( pili pseudo-mal-
pighiacei ), que ceux dont la base est non
glanduleuse, ainsi que cela se voit dans
VAstragalus asper. (C. d’O.)
*BIAIGVÎLLONNÈ.Biaculeatus(bis3
deux; aculeus, aiguillon), zool. — Ce nom
signifie qui porte deux aiguillons , comme
le Balistes biaculeatus , dont chaque ven¬
trale est armée d’un aiguillon.
Bialahis (bis, deux-, ala , aile).
bot. ph. — Cette épithète s’applique à tous
les organes des végétaux qui portent deux
ailes ou appendices membraneux; ainsi,
les fruits de l’Orme, de l’Érable sont biailés.
(A. R.)
BI-AILES. ins. — Synonyme ancien de
Diptère.
BIAL. MAM. — Voyez BOEUF.
*BIANTUÉRIFÈRE . Biantheri férus
(bis, deux; ant fiera , anthère; fero,]e porte).
bot. — On désigne par cette épithète les fi¬
lets des étamines qui portent deux anthères.
*BIARÉ. Biarum. bot. ph. — Genre de
la famille des Aroïdées , formé pour une
plante trouvée par Bové sur le Mont-Liban,
et qu’il avait provisoirement placé dans le
genre Caladium. La seule espèce , qui soit
connue jusqu’à ce jour, est \eB. Bovei.
BÏARON. Biarum (bis , deux; arum y
nom d’une plante), bot. th. — L’un des gen¬
res nombreux , établis par M. Schott dans
la famille des Aroïdées (Meletem. 17);
il a pour type les Arum tenuifolium et
Arum gramineum Lam. Sa spathe, tu¬
buleuse à sa base, est ensuite plane et étalée.
Son spadice nu et très saillant à son som¬
met est androgyne à sa base. Les étamines
se composent d’une anthère sessile à deux
loges opposées , s’ouvrant , soit par un
pore, soit par un sillon longitudinal. Les
ovaires nombreux contiennent un seul
BIA
561
ovule dressé, attaché à la base de la loge. Le
style est distinct, terminé par un stigmate
presque globuleux. Le fruit est une baie
monosperme , dont la graine , presque glo¬
buleuse, contient un embryon antitrope
dans le centre d’un endosperme charnu.
Voyez aroïdées. (A. R.)
*BIAS. Bias , Less. ((Ma, force), ois. —
Sous-genre formé parM. Lesson, dans son
Traité d' Ornithologie, et faisant partie de
sa famille des Muscicapidées. Les caractè¬
res qu’il lui assigne sont : Bec fort, crochu,
déprimé , assez élevé ; tarses très courts ,
emplumés au dessous du tibia. Ailes pres¬
que aussi longues que la queue ; celle-ci
courte, comme rectiligne. On peut ajouter :
Ailes à première rémige» très courte (carac¬
tère particulier à tous les Muscicapidées de
l’ancien monde seulement); genre africain.
Ce sous-genre est synonyme des Mouche -
rolles de BufTon et Cuvier, des Platyrhyn-
ques de Vieillot et du sous-genre Platys-
tera de Swainson. Il a pour type le Mus-
cicapa melanoptera de Gmelin, Platy-
rhynque noir et blang Plat. ( Melanoleu -
eus t Vieill. , Encyclop ., p. 835) ; Platys-
tera lobata Sw. (Flycatchers , p. 187),
dont la femelle est le Gobe-mouche a col¬
lier du Sénégal Briss. (Orn. 2, p. 370,
pl. 36-1. Moucher, a gorge rousse Bufif.
( Enl . 367 - 3 ). Platyrhynque a collier
Vieill. (Encyclop., p. 836) et Platystera
labata Sw. ( Flycat . , pl. 22) remarquable
par une excroissance de peau nue et de
couleur jaune ou orange, qui s’élève en
lobe arrondi au dessus des yeux dans les
deux sexes. Celui qu’on présume être le
mâle est noir luisant en dessus, sur les
ailes et la queue, blanc en dessous, ainsi
que sur le milieu de l’aile, en forme de bande
longitudinale, et sur les côtés de la queue,
avec la poitrine traversée d’une large bande
noire. La femelle diffère en ce qu’elle est
cendrée en dessus, et que le devant de son
cou et de sa poitrine est d’un marron vif,
bordé de noir inférieurement. Cette espèce
n’est pas rare au Sénégal. Plusieurs autres
espèces africaines, telles que les Gobe-
mouches Molénar, Pririt et Mignard de Le-
vaillant font partie de ce sous-genre. Ce
dernier auteur a remarqué que ces Oiseaux
se tenaient de préférence dans les buissons
touffus des plaines , du milieu desquels ils
BIA
font entendre leur ramage, qui n’est qu’une
sorte de petit cri répété. Ce sous-genre fera
partie de nos Moucherolles dans notre
sous-famille des Muscicapinées , composée
seulement d’espèces de l’ancien monde.
(Lafr.)
BIASLIA. bot. ph. — Genre formé par
Vandelli (ex Rœm. script ., 72, t. 6), sy¬
nonyme du Mayaca d’Aublet, qu’on rap¬
porte avec doute à la famille des Xyrida-
cées. Voyez mayaca. (C. L.)
* BIASOLETTIA (nom propre), bot.
ph. — L’unique espèce, type de ce genre, est
une plante d’une structure remarquable,
trouvée par Hœnk, dans les îlesMariannes.
On le rapporte avec doute à la famille des
Byttnériacées. C’est une plante à rameaux
ligneux; à feuilles pétiolées, excentrique¬
ment peltées; à nervures réticulées, im¬
mergées ; à fleurs verdâtres, petites, dispo¬
sées en panicules axillaires, multiflores.
Ses principaux caractères sont : Fleurs mo¬
noïques, fasciculées, dont les mâles laté¬
rales, pédicellées, nues à la base ; une fleur
femelle centrale, sessile, munie à la base
d’un involucre urcéolé, très entier. Le péri-
anthe est unique , pentaphylle , à lacinies
uninerves. Dans les fleurs mâles, le tube
staminal est obeonique, triquètre, court,
tridenté ; 3 anthères sessiles, ovales, bilo-
culaires. Dans les femelles, le tube est qua-
drangulaire et quadridenté, portant 4anthè-
res stériles ; ovaire inclus , à un seul ovule
pendant. Le style est tétragone, dressé, ve¬
louté; sligmates2,semipeltés, plans, colorés.
Le fruit est monosperme , charnu, globu¬
leux, et porte au sommet une cicatricule or-
biculaire. Cette plante nous semble assez
voisine du Phillippodendrum de Poiteau.
Voy. ce mot. (C. L.)
* BIASOLETTIA (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Ombellifères,
tribu des Scandicinées , formé par Koch
(Flora 1836, p. 163), et synonyme du genre
Freyera, Reich. Voy. ce mot. (C. L.)
BIATORA ((Maroc, petite tasse; wpa,
forme), bot. cr. — (Lichens). Il n’est point
question ici du genre homonyme établi par
Acharius ( Lich . univ., p. 49), sur un seul
Lichen, qui rentre évidemment dans son
genre Lecidea , dont il l’avait distrait sans
motif valable. L’étymologie elle-même du
nom de Biatora, que nous donnons d’après
36
T. II,
562
BIA
le lichénographe suédois, nous semble non
seulement obscure, mais encore fausse de
tous points. Quoi qu’il en soit, ce nom, re¬
pris par Fries, a été appliqué à un genre
de Lichens , que quelques-uns nomment
encore Patellaria; mais, outre qu’il existe
déjà , dans la famille des Discomycètes, un
autre genre généralement admis, qui porte
ce nom, sorte de double emploi auquel a
voulu parer M. Endlicher, en proposant
( Gener . Plant., p. 33, n° 381) son Lecani-
dion , les Patellaires de la plupart des au¬
teurs, véritable Farrago, offrent un assem¬
blage incohérent d’êtres si dissemblables,
que nous pensons que, pour éviter à l’avenir
toute équivoque, il serait nécessaire, d’a¬
dopter le nouveau nom imposé par Fries,
avec d’autant plus de raison que , dans sa
Licheno g raphia europœa, il a parfaitement
défini et limité le genre Biatora (1). Nous
allons en indiquer d’après lui les princi¬
paux caractères. Les apothécies se dévelop¬
pent librement dans le thalle; aux pre¬
miers moments de leur évolution, elles sont
pourvues d’un rebord formé par celui-ci,
rebord qui disparaît plus tard par sa méta¬
morphose en la propre substance de V ex¬
cipulum [voyez ce mot). De là, la forme
hémisphérique ou globuleuse qu’elles revê¬
tent le plus souvent. Le disque [lame pro¬
ligère) est toujours ouvert, d’abord sensi¬
blement déprimé au centre, puis dilaté,
convexe , recouvrant le bord plus pâle
(jamais noir) d’un excipulum concolore, et
reposant sur une couche de cellules ordi¬
nairement plus pâles, mais jamais carbo-
nacées.Le thalle, horizontal, crustacé, uni¬
forme ou limité par un bord figuré, est
aussi quelquefois formé d’ écailles ou de fo¬
lioles; il naît le plus souvent d’un hypo-
thalle [voyez ce mot). Il n’y a point de
vraies podéties comme dans les Cladonies,
mais plusieurs espèces présentent des apo¬
thécies pédicellées (ex. : B. byssoides). Les
thèques en massue plus ou moins allongée,
contiennent (dans les espèces que j’ai ana¬
lysées) des sporidies qui se montrent sous
deux formes principales : 1° naviculaires
et contenant un nucléus granuleux ; 2° el-
(i) Le type du genre Patellaria, Pers. ( Usler . Ann., VII,
ji. a 8) est le Verrucaria sanguinaria Hoflftn. , qui est lin
Ltcideu ; d’où l’on voit quec’est sur la forme et non d’après la
riruclure et le mode d’évolution des apothécies que Pcisoon
avait établi son genre.
BIB
liptiques avec une gouttelette d’huile éthés
rée à chaque extrémité , qui simule une
sporidiole. Celles-ci se rencontrent dans
toutes les espèces à thalle orangé ou jaune.
Malgré les affinités qui lient ce genre,
d’une part avec les vraies Lécidées, de l’au¬
tre avec certaines Parmélies crustacées ,
dont Acharius avait fait son genre Leca-
nora, cependant on arrive assez facilement
à l’en séparer , sinon d’une manière bien
tranchée , ce qui devient toujours difficile
dans d’aussi vastes genres, et dont les in¬
dividus confluent, par quelques points,
au moins assez pour la pratique. Ainsi,
l’absence d’un excipulum carbonacé (noir)
le fera distinguer sur-le-champ du pre¬
mier de ces genres , et le défaut de re¬
bord thallodique des apothécies empê¬
chera qu’on ne confonde aucune de ses
espèces avec celles du second. Néanmoins,
il ne faudrait pas s’imaginer que ce soit
toujours une chose fort aisée d’éviter quel¬
ques erreurs dans la détermination. Il ar¬
rive, en effet, que plusieurs espèces du genre
Parmélie offrent des apothécies dépourvues
de rebord thallodique, et que, pour cette
raison, l’on pourrait prendre pour de vraies
Biatores. Cela tient à ce que chez ces Li¬
chens, les apothécies naissent de l’hypo-
thalle, et non, comme celaalieu dans l’état
normal , de la couche médullaire du thalle.
C’est surtout chez les Parmelia brunnea
Ach., gossypina Nob., qu’on observe cette
disposition. Pour éviter toute difficulté,
c’est dans la nature et non dans les herbiers
qu’il faut étudier ces espèces. Ce genre, qui
a son centre géographique dans les zones
tempérées de l’un et l’autre hémisphère, se
compose d’environ soixante espèces, pres¬
que toutes propres à l’Europe. (C. M.)
BIATU. ois. — Un des noms vulgaires
de l’Ortolan , Emberiza hortulana. Voyez
BRUANT.
*BIAÏJRELLA. bot. ph. — Famille des
Orchidées. Le genre que M. Lindley nomme
ainsi et qui a pour type le Thelymitra ve-
nosa de R. Brown , a été réuni au genre
Macdonalia. Voyez ce mot. (A. R.)
BIB ou BIBE. roiss. — Pennant [Cop.
encycl., 102) désigne sous ce nom le Gadus
luscus. Voyez morue.
* BÏBARYTO-CALCITE [bis, double;
gapÛTTiç, pesanteur; calx, cis, chaux), min.
BIB
BIB
— Même chose que Diplobase. Voyez car¬
bonates. (Del.)
BIBBY. bot. th. — Nom yulgaire d’un
Palmier de l’Amérique méridionale qu’on
croit pouvoir rapporter au genre Elais.
BIBE. roiss. — Voyez bib.
BIBEBBATZE. mam. — Synonyme
vulgaire de Desman.
BIBION, Sav. ois. — Synonyme de De¬
moiselle de Numidie. Voyez anthropoïde.
BIBION. Bibio ( Bibio ou Vipio , petite
Grue, suivant Pline), ins. — Genre de l’or¬
dre des Diptères, division des Némoeères,
famille des Tipulaires , tribu des Florales ,
établi par Geoffroy aux dépens du genre
Tipule de Linné et adopté par tous les en¬
tomologistes , excepté Fabricius qui, cepen¬
dant , finit par l’adopter également , mais
en remplaçant le nom de Bibio qu’il avait
reçu de son fondateur par celui (VHirtea, et
cela pour ne pas rectifier l’erreur qu’il avait
commise auparavant , en transportant le
premier nom à un autre genre que celui de
Geoffroy ; mais on n’a pas eu égard à cet
arrangement arbitraire du naturaliste da¬
nois, et le nom de Bibio a été conservé
au genre qui nous occupe. M. Macquart le
caractérise ainsi, dans son Histoire des
Diptères , faisant suite au Buffon de Koret,
tom. I, pag. 177 : Tête presque entièrement
occupée par les yeux dans les mâles ; petite,
allongée et inclinée dans les femelles.
Trompe saillante; lèvres terminales peu
distinctes ; labre et langue ciliés vers l’ex¬
trémité. Palpes de S articles ; premier très
petit; antennes cylindriques, perfoliées,
insérées sous les yeux , de 9 articles ; les
deux premiers séparés des autres ; les autres
très courts. Les yeux velus dans les mâles,
unis, petits et peu saillants dans les femel¬
les. Abdomen terminé par deux crochets
et deux tubercules dans les mâles, pieds
velus ; cuisses antérieures courtes, renflées
dans les femelles ; les postérieures allongées
dans les mâles ; jambes sillonnées : anté¬
rieures courtes, renflées, terminées par
une longue pointe et une petite ; posté¬
rieures renflées dans les mâles ; articles des
tarses allongés ; trois pelottes à l’extrémité.
Deux cellules basilaires aux ailes.
Plusieurs espèces de ce genre sont con¬
nues sous des noms qui rappellent les épo¬
ques où elles paraissent : on nomme Mou-
m
ches de Saint-Marc celles qui se montrent
au printemps, et Mouches de la Saint- Jean
celles qu’on voit plus tard. Ces Insectes
se posent ordinairement sur les arbres frui¬
tiers et quelquefois en si grand nombre que
les jardiniers ignorants croient qu’ils font
du tort à ces arbres , en rongeant les bou¬
tons ou les fleurs ; mais c’est une erreur ;
la conformation de leur bouche les rend in¬
capables de causer le moindre dommage.
Leur accouplement a lieu bout à bout et dure
des heures entières. Le mâle retient sa fe¬
melle par les deux crochets qui terminent son
abdomen , et, lorsqu’il ne veut pas la quitter,
celle-ci l’emporte en l’air ; c’est ainsi qu’on
les prend souvent accouplés sans qu’ils fas¬
sent aucun effort pour se séparer. Les fe¬
melles fécondées déposent leurs œufs dans
la terre. Les larves qui en sortent sont apo¬
des, cylindriques , munies de 20 stigmates
et couvertes de poils qui les font ressem¬
bler à certaines chenilles. Ces poils, rudes et
dirigés en arrière, paraissent destinés à
remplacer les pieds qui leur manquent, dans
les marches souterraines qu’elles sont obli¬
gées de faire pour chercher leur nourriture
qu’elles trouvent principalement dans les
bouses. Pendant l’hiver, elles s’enfoncent
dans la terre pour se garantir de la gelée ;
elles y pénètrent encore au mois de mars
pour s’y changer en nymphes. Sous cette
forme, elles sont oblongues et n’offrent
plus que seize stigmates ; la partie corres¬
pondante au thorax est relevée en bosse ;
les ailes et les pieds sont moins développés
que dans la plupart des autres nymphes
nues.
Parmi les onze espèces dë Bibions décri¬
tes par M. Macquart, nous ne cilérons que
les deux plus connues : B. précoce (2?. hor-
tulanus Meig. , n° 1), Bibion de Saint-
Marc rouge Geoff., n° 3, Tipula hortulana
Linn. ; B. de Saint-Marc ( Bibio marci
Meig. n° 2), Bibion de Saint-Marc noir
Geoff., n° 2, Tipula Marci Linn. Ces deux
espèces pourraient fort bien n’en faire
qu’une, car nous les avons souvent trouvées
accouplées ensemble ; elles sont très com¬
munes aux environs de Paris. (D.)
*BIBIONIDE8. Bibionidœ. ins. — M.
Macquart, dans ses Diptères exotiques nou¬
veaux ou peu connus (tom. I , lre part, ,
pag. $3) , désigne ainsi une souS-tribu qui a
564.
BIB
BIC
pour type le genre Bibion et qui se compose
de huit genres dont voici les noms : Simu-
lie, Penthétrie, Eupêitène, Plêcie, Bibion,
Àrlhrie, Dilophe et Scatopse. Ces huit gen¬
res appartiennent à la famille des Tipulai-
res, tribu des Tipulaires florales. Voy. ces
mots. (D.)
*BÏBïONITES.Bibionites. ins. — Nom
d’une tribu de Diptères établie par M. Blan¬
chard dans V Histoire nat. des Insectes,
faisant suite au j Buffon-Dumênil, t. III , p.
575, et qui correspond à celle des Tipu¬
laires florales de M. Macquart. Voyez ces
mots.
M. Newmann, dans sa Classification
des Ins. d’Angleterre ( The entomologi-
cal magazine , n° 9, pag. 387), donne ce
même nom à une des nombreuses divisions
établies par lui dans l’ordre des Diptères
et qui est fondée sur les métamorphoses
des larves du genre Bibio (Penthetria) et
Dilophus. Voy. ces mots. (D.)
BIBLIOLITHE (PiSXtov, livre; Xîôoc,
pierre; livre pétrifié), min. — Nom donné
anciennement à des Schistes composés de
feuillets, comme un livre, ou à des pierres
chargées d’empreintes de feuilles végétales.
(Del.)
* BIBLIS. Biblis ( nom mythologique ).
ois. — Genre formé par M. Lesson (vol. VIII
de son Complément à Buffon), dans la fa¬
mille des Hirundinées , et dont les carac¬
tères sont , d’après cet auteur : Tarses
longs , nus. Queue courte , arrondie ou
égale. Les espèces qu’il y range sont les
Hirundo dominicensis , torquata , leu-
coptera, concolor, francisca, borebonica,
melanog aster et americana de Gmelin.
Ce genre nous paraît avoir de grands
rapports avec celui de Chelidon de Boié, et
n’en est peut-être qu’une section, formée
des espèces à queue non fourchue. Voy.
HIRONDELLE. (LAFR.)
BIBLIS (nom mythologique), ins. —
Genre de Lépidoptères diurnes, section des
Tétrapodes, tribu des Papillonides, établi
par Fabricius, et adopté par La treille, qui
lui réunit le genre Melaniiis, du même
auteur. Ses caractères (Encycl. méthod.,
t. IX. p. 10 et 807) se réduisent aux suivants:
Antennes terminées en une petite massue.
Palpes inférieurs manifestement plus longs i
que la tête. Nervure supérieure ou sous- I
costaîe aes premières ailes très renflée à
son origine ; cellule discoïdale des secon¬
des ailes, ouverte postérieurement.La treille,
dans ses Familles naturelles, place ce genre
entre les Lybithées et les Nymphales , et
Godart , dans l’ouvrage précité, en décrit 8
espèces, toutes exotiques, parmi lesquelles
nous citerons comme type la Biblis tha-
dana, la même que le Pap. Biblis Herbst,
ou Pap. hyperia Cramer. Pap. pl. 236, fig.
e, f. — Cette espèce se trouve au Brésil et
dans l’île Saint-Thomas. Les Chenilles des
Biblis ont le corps garni de tubercules
charnus et pubescents. (D.)
*BIBLITES. ins. — M. Blanchard (Hist.
nat. des Insectes, faisant suite au Bufifon-
Dumênil , p. 443) désigne ainsi un groupe
de Lépidoptères diurnes, appartenant à sa
famille des Nymphaliens. Ce groupe, qui
renferme les genres exotiques Melanitis,
Eurytela, Hypanis et Biblis , a, suivant
l’auteur, beaucoup d’analogie avec les Ya-
nesses ; mais, d’un autre côté, il se rappro¬
che des Satyres par les antennes et le ren¬
flement des nervures, de sorte que la place
qu’il doit occuper définitivement lui paraît
encore douteuse. (D.)
BIBORA. reft. — Synonyme de Vivora.
* BIBRACTÉTÉ. Bibracteatus [bis,
deux ; bractea, bractée), rot. — Se dit d’un
organe munie de deux bractées. On dit aussi
Bibractêolê.
BIBREUIL. bot. ph. — Un des noms
vulgaires de l’ Heracleum sphondylium.
* BIC APSUL AIRE. Bicapsularis (bis,
deux; capsula, capsule), bot. ph. — Épi¬
thète employée pour exprimer qu’un fruit
se compose de deux carpelles représentant
chacun une sorte de capsule, tel est celui de
la plupart des plantes de la famille des Apo-
cynées, etc. Voy. APocYNÈEset fruit.
, . (A* *•;
* BIC ARENE. Bicarinatus (bis, deux;
carina, carène), bot. ph. — Ce nom a été
donné à une espèce de Gryphées, dont la
valve inférieure est marquée de deux carè¬
nes, et M. Raspail applique cette épithète
à la paillette supérieure des Graminées,
quand elle porte deux nervures équidis¬
tantes , et plus près des bords que du
centre.
* BIC AUDE . Bicaudatus ( bis , deux ;
cauda, queue), zool. — On désigne par
BIC
cette épithète, tout organe muni de deux
appendices caudiformes.
*BICELL AIRES, folyp. — La divi¬
sion générique désignée sous ce nom, par
M. de Blainville, correspond au genre Cel -
lularia, tel que M. Flemming rayait pré¬
cédemment circonscrit, et se compose des
Bryozoaires de la tribu des Cellariées, dont
les cellules peu ou point saillantes sont dis¬
posées sur deux rangs alternes, souvent du
même côté, et constituent, par leur réu¬
nion, un polypier subcrutacé, phytoïde, di-
chotome, fixé par des filaments radicifor-
mes. Le Cellularia ciliata, figuré par Ellis
( Coral . pl. 20, fig. 5), peut être considéré
comme le type de ce petit groupe. (M. E.)
* BICI1 ATI A (Bichat, illustre physio¬
logiste). bot. cr. — (Phycées). Genre éta¬
bli, par Turpin, dans les Mémoires du
Muséum d'histoire naturelle , tome XYIII,
pour une algue appartenant à la tribu
des Nostocinées. Ses caractères consis¬
tent en une fronde muqueuse formée de
vésicules diaphanes, globuleuses , renfer¬
mant des granules endochromiques verts,
au nombre de trois à sept, le plus souvent
quaternés. Cette production, le B. vesicu-
linosa Turp., qui croit principalement sur
les vitres humides des serres , a fourni à
Turpin des observations du plus haut inté¬
rêt, puisque ce savant physiologiste a re¬
connu, dans les premiers états de cette vé¬
gétation si simple, des faits qui expliquent
tout le développement du tissu cellulaire
ou utriculaire. Ces faits, du reste, peuvent
également trouver des explications faciles
dans la plupart des premiers états des plan¬
tes appartenant aux genres Protococcus ,
Chlorococcum, Phytoconis, Microcystis ,
etc. Nous pensons, avec M. Kutzing, que
le Bichatia doit être réuni aux Microcystis;
mais ce dernier nom , que nous croyons
postérieur au premier , doit-il être con¬
servé? (Bréb.)
BICHE, mam. — Femelle du Cerf et de
plusieurs espèces du mêmè genre. Voyez
CERF.
BICHE, foiss. — Synonyme de Bleu,
Squalus glaucus L., et de Scombre.
* BIC HE NIA (nom propre), bot. ph. —
Genre formé par Don ( Linn . Trans., XYI,
237) et rapporté en synonymie au Chœtan -
thera de Ruiz et Pavon (famille des Synan-
BIG 565
thérées), dont il constitue une des divisions.
Voy. ce mot. (C. L.)
BICHET. bot. — Synonyme de Rocou.
BICHIR. poiss. — Dénomination arabe
d’un poisson du Nil, rapporté par M. Geof-
froy-St-Hilaire, qui se l’est procuré pendant
l’expédition d’Égypte. Si l’auteur avait voulu
imaginer un nom tiré des langues latine et
grecque pour nommer le poisson qu’il
avait à faire connaître , il aurait certes
exprimé par le nom de Bichir un des ca¬
ractères les plus saillants de cette espèce ,
car les nageoires pectorales sont portées
sur deux pédicules libres, formant une
sorte d’avant-bras qui soutient la main. Un
autre caractère consiste dans la force de
petites nageoires dorsales séparées, sou¬
tenues chacune par un rayon épineux,
aplati, portant quelques rayons articulés,
innées par une membrane ; le nombre de
ces nageoires varie de seize à dix-huit. Le
bord de la mâchoire supérieure est formé
par les inter-maxillaires immobiles, et au
milieu comme dans les Poissons de la fa¬
mille des Clupées, et par des maxillaires
jouant sur les côtés. La mâchoire inférieure
est composée de sept pièces osseuses distinc¬
tes. Les ventrales sont très reculées, et par
conséquent l’anale est rejetée en arrière
sous le tronçon de la queue. Une seconde
dorsale correspond à cette nageoire anale,
et la position de cette nageoire a fait que
M. Geoffroy, en décrivant le Bichir, l’a
comparé avec le Brochet , sorte de poisson
de nos eaux douces avec lequel il n’a au¬
cune affinité , n’étant pas même de cette
famille. Une grande plaque osseuse couvre
la joue, et une autre plus mobile existe sur
une fossette qui répond aux mastoïdiens.
Les viscères dégustifs présentent cela de re¬
marquable, qu’une valvule en spirale suit
le gros intestin, comme dans les Raies ou
les Squales. U y a deux vessies natatoires.
Tout le corps du Bichir est couvert d’é-
cailles osseuses et dures, comme les Lépi-
sostées. M. Geoffroy n’a pu rien apprendre
sur les habitudes des Bichirs qui , à cette
époque, étaient très rares dans le Nil. M.
Geoffrov-Saint-Hilaire a fait un genre dis¬
tinct du Bichir, sous le nom de Polyptère
[voyez ce mot). Depuis lui, on a trouvé une
autre espèce de ce genre dans le Sénégal.
m
BIC
BID
BICHON ou CHIEN DE MALTE.
mam. — Jolie petite espèce de Chiens, pro¬
venant du croisement du petit Barbet et de
l’Épagneul. Voyez chien.
BICHON DE MER. échin — Syno¬
nyme de Balate.
* BICII Y, Lunan. bot. ph. — Synonyme
de Lunanea.
BICLE ou BIGLE, mam. — Nom d’une
espèce de Chien commune en Angleterre ,
qu’on emploie pour la chasse du Lièvre.
* BICIPITÉ (bis j deux ; caput, tête).
bot. ph. — On désigne, par cette épithète,
la carène des fleurs légumineuses , quand
les deux pièces qui la composent sont sou¬
dées aux deux extrémités.
* BICONJTJGUÉ ou BIGÉMINÉ. Bi-
conjugatus (bis, deux; conjugo, je joins).
bot. th. — Se dit d’une feuille dont les deux
pétioles secondaires portent chacun une
paire de feuilles : exemples le Mimosa sen-
sitiva L. , Mimosa unguis cati L. Voyez
FEUILLES. (A. R.)
BICORNE (bis, deux; cornu, corne).
intest. — Synonyme de Ditrachycère.
* BICORNELLA. bot. ph. — Genre de
la famille des Orchidées, tribu des Ophry-
dées , établi par M. Lindley (Bot. reg. , n°
3701) pour une plante de Madagascar, dont
la tige feuillée porte de petites fleurs dispo¬
sées en épi. Les folioles externes du calice
sont réunies à leur base en un tube, et tou¬
tes rapprochées. Les intérieures, parallèles
aux premières, sont réunies avec la division
supérieure pour former une sorte de casque.
Le labelle étalé , dépourvu d’éperon , est à
trois lobes, celui du milieu multifide, les
deux latéraux à trois lobes. L’anthère est
dressée, allongée, à deux loges se prolon¬
geant à sa base et se soudant au rostelle, qui
est trifide. (A. R.)
BICORNES, bot. ph. — Yentinat avait
donné ce nom à la famille des Éricinées de
Jussieu.
* BICOURONNÉ. Bicoronatus ( bis ,
deux; corona , couronne), bot. ph. — Nom
sous lequel M. Cassini désigne les Calathi-
des qui offrent trois sortes de fleurs diffé¬
rentes par la corolle.
BICIJCULLA, Borckaus. (bis, deux;
cuculla, capuchon), bot. ph. • — Synonyme
de Corydalis fungosa dont M. Rafinesque
a formé son genr eÂdlumia. Voyez ce mot.
BICUCULLATA. bot1, ph. — Ce genre,
établi par Marchand pour le Fumaria eu -
cullaria , a été placé par De Candolle dans
le genre Diclytra. Voyez ce mot.
*BICUIRASSÉS. crust. — Nom donné
par Latreille à l’une des familles dont se
compose l’ordre des Stomapodes. Cette pe¬
tite division comprend les Phyllosomes ,
etc., et peut être caractérisée de la manière
suivante: Carapace foliacée, horizontale,
lie s’appliquant pas contre la base des pattes
et ne recouvrant en général qu’une petite
portion du thorax; thorax également dé¬
primé, lamelleux, et n’offrant pas de divi¬
sions annulaires distinctes ; pattes ayant
toutes la même forme , disposées pour la
natation et portant un palpe flabellaire très
développé; abdomen en général très peu
développé ; point de branchies proprement
dites. r (M. E.)
BICUSPIDÉ. Bicuspidatus (bis, deux;
cuspis , pointe), zool. bot. — On donne
ce nom , en zoologie ou en botanique , aux
organes présentant deux pointes divergentes
ou offrant à leur sommet une échancrure
bidentée.
BIDACTYLE. Bidactylîs (bis, deux;
Sy.x.zu'ko ç , doigt), ois. — Cette épithète ,
formée contre toute règle étymologique de
l’association de deux mots de langues diffé¬
rentes, a été employée comme synonyme de
Didactyle.
* BID ARIA. bot. th. — Division du
genre Gymnema, R. Br., de la famille des
Asclépiadacées , indiquée par Endlicher
(Gen.,Pl. 3498, b), et caractérisée par 5 li¬
gnes velues, décurrentes sur la gorge de la
corolle. Le type de ce sous-genre est l’As-
clepias tingens de Roxburgh (PL Corom.,
t. 239), (C. L.)
* BIDDXJLPHIA (en l’honneur de Miss
Biddulph , botaniste anglaise ), bot. cr.
— (Phycées). Genre de la famille des Dia¬
tomées, créé par M. Gray pour le Dia-
toma biddulphianum Ag., avec les carac¬
tères suivants : Frustules de forme qua-
drangulaire ou trapézoïde , adhérant entre
eux par des angles saillants , de manière à
former des filaments. Ce genre , auquel
nous avons cru devoir réunir le genre Isth-
mia, Ag., renferme trois espèces qui habi¬
tent nos mers d’Europe et se trouvent at¬
tachées aux Algues. (Brêb.)
Bîl)
567
* BIDENS (bis, deux 5 dens, dent), ois.
_ Genre formé par Spix sur un oiseau de
proie du Brésil , synonyme de Harpagus,
Vig., qui lui est antérieur. Voyez ce dernier
mot. (Lafr.)
BIDENS (bis , deux ; dens , dent 5 son
fruit est surmonté de deux dents aiguës).
bot. ph. — Le genre Bidens appartient à la
famille des Composées , tribu des Sénécio-
nées, telle que la comprend M. De Candolle.
Il a pour caractères : Capitules multiflores,
homogames, discoïdes ou radiées sur un
même individu, et dans ce cas, les fleurons
de la circonférence sont neutres. Involücre
composé d’écailles bisériées, semblables ou
différentes entre elles. Réceptacle plan et
paléacé. Rameaux des styles terminés par
un appendice conique, très court et papil-
leux. Fruit plus ou moins obcomprimé,
surmonté de deux pointes aiguës de même
consistance que la sienne , et munies sou¬
vent, au sommet, de poils raides, dirigés in¬
férieurement. — Les Bidens, qu’on dé¬
signe quelquefois sous le nom de Chanvre
aquatique , habitent ordinairement le bord
des eaux, et se rencontrent dans les deux
hémisphères. La plupart d’entre eux sont
des plantes annuelles , garnies de feuilles
opposées, plus ou moins découpées ou pin-
natifides et à lobes incisés. Les capitules
renferment des fleurons ordinairement
jaunes, plus rarement blancs; ils sont
purpurins, ainsi que les fleurons du disque
dans une seule espèce. (J. D.)
*BXDENTÉ. Bidentatus (bis, deux fois;
dentatus, denté), zool. — Les zoologistes
donnent cette épithète aux animaux, dont
la bouche ou le bec est garnie de deux dents
ou présente une double échancrure. Elle
s’applique encore à d’autres organes et en¬
tre autres aux antennes des Insectes, quand
elles sont dentées des deux côtés.
(C. d’O.)
* BIDENTE , BIFIDE, BIPARTI.
Bidentatus , bifidus,bipartitus. bot.ph. —
Ces trois expressions sont en quelque sorte
des nuances ou des degrés divers d’une même
disposition d’un organe. Ainsi, on dit d’une
feuille, d’un pétale ou d’un sépale qu’il est
bidentê , quand il présente à son sommet
une fente peu profonde qui le partage en
deux dents; si la fente s’étend à peu près
vers le milieu de la hauteur de l’organe, on
BiE
dit qu’il est bifide; il est biparti, au corn-
traire quand l’incision se prolonge plus
profondément, et qu’elle gagne presque la
base de l’organe. On dit dans le même
sensd’un calice gamosépale qu’il estbidenté,
bifide ou biparti. (A. R.)
*BIDENTIDÉES. bot. ph. — Division
de la tribu des Sénécionées, correspondant
à celle des Coréopsidées de Cassini, et qui a
pour caractères : Capitules hétérogames , à
fleurons de la circonférence neutres, très ra¬
rement discoïdes, homogames. Fruits termi¬
nés le plus ordinairement au sommet par
deux pointes garnies de poils raides et ré¬
fléchis. (J. D.)
* BIDIGITÉ. Bidigitatus ( bis , deux ;
digitus, doigt), bot.ph.— On nomme feuilles
bidigitées, celles dont le pétiole commun
est terminé par deux folioles.
BIBONA , Adans. bot. cr. — Syno¬
nyme â'Hypnum.
BÎEBER. mam. — Synonyme de Castor.
* BIEBERSTEÎNIA ( nom propre ).
bot. ph. — Ce genre, établi par Stephan ,
d’après une plante des montagnes de l’A¬
sie, a été consacré à l’un des botanistes
qui ont rendu le plus de services à la flore
de ces montagnes , l’auteur du Fier.
Taurico - caucasica , Marschall de Bic-
berstein. Il se rapproche des Zygophyl-
lées, à la suite desquelles on l’a placé,
et où M. Endlicher le considère comme
devant former à lui seul une petite sec¬
tion à part, celle des Biéberstéiniées. Le
calice est profondément 5-parti, et ses divi¬
sions alternent avec autant de pétales cour-
tement onguiculés et ouverts. Étamines 10,
insérées avec les pétales sur le pourtour
d’un disque hypogynique , alternativement
plus courtes et plus longues ; celles - ci
opposées au calice et accompagnées exté¬
rieurement d’une glande : les filets sont
dilatés à leur base, les anthères oscillantes.
Les ovaires, au nombre de 5 et opposés aux
pétales, sont presque entièrement libres ,
portés sur un gynophore court et commun,
munis chacun d’un style qui s’insère à
son angle interne au dessus de sa base, et
libre dans toute son étendue, se soude par
le stigmate obtus qui le termine avec ceux
des 4 autres styles. L’ovule unique est sus¬
pendu à un funicule dressé qui naît à la
hauteur de l’insertion du style. Le fruit est
668
BIE
BIP
composé de 5 carpelles indéhiscents ; la
graine renversée, légèrement arquée, re¬
couverte d’un tégument membraneux, sur
lequel on voit un hile ponctiforme au des¬
sous du sommet et une large cnalaze au
dessus de la base, joints entre eux par un
Faphé linéaire j l’embryon sanspérisperme,
vert, à cotylédons oblongs et charnus, à
radicule supère, épaisse. — Les espèces de
ce genre sont des plantes vivaces herba¬
cées, indigènes de l’Asie centrale, de l’At¬
las, de l’Himalaya , de la Perse, tout héris¬
sées de poils glanduleux; à feuilles alternes,
divisées en segments pennés avec impaire
et incisés, portés sur un pétiole commun à
la base duquel sont adnées les stipules. Les
fleurs jaunes forment des grappes simples
terminales. (Ad. J.)
* BIÉBERSTÉINIÉE Liut.ph.- Voy .
BIEBERSTEINIA.
BIELLOXJGE. MAM. - VOyeZ BELUGA.
*BIE]\TEVEO ou PINTAGA. ois.—
C’est le nom sous lequel Azara a décrit, dans
ses Oiseaux du Paraguay, une espèce de Ty¬
ran, qui n’est point, comme on l’a pensé ,
l’espèce appelée vulgairement Tyran bec en
cuiller , figurée dans Buffon, pl. 212, et dé¬
crite sous le nom de Bentaveo de Buénos-
Ayres et Pitangua guacu des Brésiliens ;
1 eBienteveo (je te vois bien, en espagnol) ou
Pintaga de Azara, n° 200, appartient au
contraire à l’espèce si commune du Lanius
sulphuratus et Corvus flavus de Gmelin
(Buff. Enl. 296 et 249) , Tyrannus magna-
nimus Yieill. v.XXXV, p.81); tandis
que le Bec en cuiller est décrit parfaite¬
ment sous le nom deiVemei, n° 199, par
Azara , qui dit que son bec est beaucoup
plus large qu’épais, que ses bords sont sail¬
lants en dehors comme les plats-bords
d’une embarcation, etc. ; ce qui, joint à sa
description , convient parfaitement au Bec
en cuiller , tandis que celle de son Bien-
teveo ou Pintaga , dont il décrit le bec
comme aussi large qu’épais, volumineux,
droit, ne convient qu’au Lanius sulphura¬
tus. Il est incroyable, malgré cela, que
Sonnini , dans sa traduction de cet auteur,
ait rapporté ce dernier au Bec en cuiller et
\eNeinei ou Lanius sulphuratus . L’erreur
doit provenir primitivement du voyageur
Commerson, cité par Buffon, comme ayant
rapporté cet oiseau (le Neinei ) de Buénos-
Ayres, auquel il aura probablement m«!
appliqué cette dénomination espagnole de
Bienteveo. L’erreur s’est propagée depuis
chez tous les auteurs qui ont décrit ces deux
espèces presque semblables de plumage,
mais différant entièrement par la forme de
leur bec. (Lafr.)
BIÈVRE, mam. — Nom ancien du
Castor.
BIÈVRE, ois. — Nom vulgaire du Harle
commun.
BIF. mam. — Prétendu produit de l’ac¬
couplement du Taureau avec l’Anesse.
BIF. ois. — Nom vulgaire du Pygargue
orfraie, Falco ossifragus Gm.
BIF ARIÉ . Bifarius . bot . ph . — Disposi¬
tion dans laquelle les feuilles ou les autres
organes appendiculaires des végétaux sont
placés en deux filets ou deux rangées oppo¬
sées ; ainsi, les feuilles sont bifariêes dans
le Donax bifarius ; les poils sont bifariés
dans la Veronia chamœdrys L. , etc.
(A. R.)
* BIFERE {bis, deux ; fero , je porte).
bot. ph. — Se dit des plantes qui fleurissent
deux fois dans une année.
BIFIDE. Bip, dus {bis, deux ; pndo, je
divise), bot. ph. — Voyez bidenté.
(A. R.)
BÏFEUILLE(6ü, deux; folium, feuille).
bot. th. — Ce nom se rapporte à plusieurs
espèces de plantes, et a été formé d’après
leur appellation spécifiquetels; sont le Ma-
janthemum bifolia, VOrchis bifolia et le
Smilacinum bifolia (. Flor . Wetter.) ; mais
il a été également appliqué à deux Ophrys :
les O. cordata et paludosa. (C. d’O.)
* BIFLORE {bis, deux; flos, flèur).
bot. ph. — Qui renferme ou porte deux
fleurs.
*BIFOLIOLÉ. bot. ph. — Se dit des
feuilles composées de deux folioles.
BIFORA ( Corian , Link. et Hoffim.
{Fl. port.)-, Ânidrum, Neck. {Biforis, qui a
deux portes, deux battants), bot. ph. —
Genre de la famille des Ombellifères, tribu
des Coriandrées , formé par Hoffmann
{Umbellif. 191, f. 2), pour un très petit
nombre de plantes herbacées , annuelles ,
fétides, croissant dans le midi de l’Europe ;
à tiges sillonnées-anguleuses, garnies de
feuilles décomposées; à fleurs blanches, dis¬
posées en ombelles pauciradiées, dont l’in-
BIG
volucre et les involucelles nuis ou mono-
phylles. Le nom générique de cette plante
provient de la forme de son fruit, qui est di-
dyme , variqueux , et dont la commissure
est concave et percée de deux ouvertures au
sommet. Le type est le Coriandrum tesiicu-
laium L. (G. L.)
*BIFORÉ. Biforus ( biforus , qui a deux
trous), bot. — Cette épithète s’applique à
toute partie d’un végétal qui est percée de
deux trous ; telles sont les anthères des Éri-
cinées , etc.
BIFORIS ( bîforis , qui a deux portes).
bot. ph. — Ce genre , de Sprengel , n’est
autre chose que le Bifora d’Hoffmann, dont
il a altéré la terminaison en l’adoptant. Voy.
BIFORA. ' (C. L.)
BIFRE. mam. — Synonyme de Bièvre.
*BIFRENARIA. bot. ph. — Famille des Or¬
chidées, tribu des Yandées. Une orchidée bré¬
silienne, d’abord décrite et figurée par M. Lod-
diges [Bot. cab., 1. 1 877) sous le nom de Maxil-
lariaairopurpurea, est devenue, pour M. Lind-
ley , le type d’un genre nouveau qu’il a nommé
Bifrenaria. C’est surtout par le nombre des
masses polliniques que ce genre se distingue
du genre Maxillaria. (A. R.)
*BIFURCATION. Bifurcatio [bis, deux
fois ; furca , fourche), bot. — On nomme
ainsi l’endroit où une branche, une tige, etc.,
se divise en 2 , de manière à figurer une
fourche.
BIFURQUE ( bis, deux fois ; furca , four¬
che). bot. cr. — (Mousses). Nom français
donné parPalisot de Beauvois au genre Di-
cranum. (C. M.)
*BIFURQUÉ. Bifurcalus [bis, deux fois ;
furca, fourche), bot. — Se dit d’un organe
généralement cylindrique ou grêle et fili¬
forme ; les tiges , les rameaux , les poils , les
filets des étamines , etc., quand ils sont di¬
visés en deux branches opposées. (A. R.)
*BIFURQUÉES. Bifurcatœ. arach. —
M. Walckenaër applique ce nom à une divi¬
sion du genre Plectane , comprenant les es¬
pèces dont l’abdomen est bifurqué , à deux
lobes , et armé de plusieurs épines aux ex¬
trémités des lobes. (Bl.)
*BIGAMEA [bis, deux fois ; ya^oç , noces ,
mariage), bot. ph. — Arbrisseau encore
peu connu, découvert dans l’ile de Ceylan,
où il grimpe après les Lauriers ( Cinnamo-
mum), et dont Kœnig a fait un genre ( msc. )
T. II.
BIG 569
qu’on rapporte avec doute à la famille des
Combrétacées. (C. L.)
BIGARRADE. bot. pii. — Nom d’une va¬
riété d’ûranger.
BIGARRÉ, rept. et poiss. — Nom donné
à un Tupinambis , à un Spare et à un Ché-
todon.
BIGARREAU, bot. ph. — Nom d’une va¬
riété de Cerises. On appelle Bigarreautier
l’arbre qui la produit.
BIGARREAUTIER. bot. pii. — Voyez
BIGARREAU.
*BIGELOWIA (nom d’un botaniste améri¬
cain). bot. rn. — Ce genre , fondé par De
Candolle, appartient à la famille des Compo¬
sées, tribu des Sénécionées et des Solidagi-
nées. Il présente pour caractères : Capitule 3-
5-flore, homogame, ou parfois hétérogame
par la présence d’un seul fleuron ligulé. Invo-
lucre oblong, composé d’un petit nombre d’é-
cailles dressées, imbriquées. Réceptacle cou¬
vert, au centre, de paillettes à bases assez
larges et égales aux fruits ; fleurons du dis¬
que tubuleux, à 5 divisions ; anthères dépour¬
vues d’appendices basilaires. Fruits oblongs,
légèrement anguleux, couverts de poils et sur¬
montés d’une aigrette formée d’une seule
rangée de poils raides et scabres. — Les Bige-
lowia sont indigènes des États-Unis d’Améri¬
que. Ce sont des plantes herbacées, à feuilles
alternes, entières, munies de capitules dis¬
posés en corymbe et renfermant des fleurons
jaunes. (J. D.)
*BIGELOWIA. Borya , Willd. ; Adelia ,
L.-C. Rich. (nom propre), bot. ph. — Genre
formé par E. Smith [in Rces Cycl. nonalior .),
rapporté avec doute à la famille des Antides-
mées, non adopté, et regardé comme syn. du
Goresiiera de Poiret. (C. L.)
*BIGELOWIA (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Spermacocées , tribu
des Anthospermées-Euspermacocées , formé
par Sprengel (N. Endeck. II, 144) et rap¬
porté comme synonyme au Borreria de
Meyer. ^ ^ (C. L.)
*BIGÉMINÉ. Bigeminatus [bis, deux fois ;
geminus, gémeau), bot. — Une feuille compo¬
sée est dite bigéminée , quand le pétiole com¬
mun se divise en 2 pétioles secondaires por¬
tant chacun une paire de folioles ; telles sont
les feuilles du Mimosa sensüiva , etc. (A. R.)
*BIGÉNÉRIIME. Bigenerina [bis, deux
fois \generis [genus], genre), moll.— Genre de
36*
BIG
BIG
570
la classe des Foraminifères , famille des Po-
lymorphinidœ , que j’ai établi pour des Co¬
quilles microscopiques ainsi caractérisées :
Coquille libre , régulière , équilatérale , très
rugueuse. Loges alternant d’une manière ré¬
gulière sur deux axes dans le jeune âge ; puis
sur ces premières loges alternes, à l’âge adulte,
viennent s’empiler, sur un seul axe longitu¬
dinal, des loges uniques, dont l’extrémitc su¬
périeure est percée d’une ouverture centrale.
Ce genre offre, dans le jeune âge de la co¬
quille , une véritable Textularia ( voy . ce
mot), ou le mode d’accroissement venant
tout à coup à changer, les loges sont empi¬
lées sur une seule ligne ; ainsi, ce genre pré¬
sente à la fois la conformation des Textulai-
res et celle des Nodosaires , en établissant un
passage entre les Stichostègues et les Enal-
lostègues, par la réunion des caractères de
ces 2 ordres. Ce g. diffère des Gemmulines par
son ouverture centrale au lieu d’être latérale.
On en connaît jusqu’à présent 3 esp. , vivant
toutes dans la mer Adriatique. (A. d’O.)
*BIGIBBEUSES. Bigibbosœ. arach. —
M. Walckenaër désigne sous ce nom une pe¬
tite sous-division du genre Épeire , compre¬
nant les espèces dont l’abdomen est pourvu
en dessus de 2 tubercules. Voy. épeire. (Bl.)
BÏGITZ. ois. — Synonyme de Vanneau
d’Europe, Tringà vanellus L.
BIGLE. MAM. — Voyez BICLE. !
BIGNI. moll. — Adanson a donné ce nom
à une petite coquille que plusieurs conchy-
liologistes ont rapportée au Büccimim niii-
dulum de Linné. (C. n’O.)
BIGNONÏÂ. Oroxylum , Vent. ; Sienolo-
bium, Don. (L’abbé Bignon, bibliothécaire de
Louis XIV). bot. pu. — Genre type de la
famille des Bignoniacées , tribu des Bigno-
niées-Eubignoniées, formé par Jussieu (Gen.
139), lequel, bien que beaucoup d’espèces en
aient été retirées pour devenir les types de g.
nouveaux, en renferme encore un grand
nombre, dont près de 60 ont été introduites
dans les jardins d’Europe, où on les cultive
comme plantes d’ornement. Nous citerons
particulièrement les Bignonia caprèolata ,
œquinoctialis , Chamberlayni , alliacea , spec-
iabilis , amœna , speciosa , etc. , etc. Ce sont
des arbres ou des arbrisseaux croissant sous
toute la zône tropicale , très souvent grim¬
pants et cirrhifères ; à feuilles opposées, sim- J
pies, conjuguées, ternées , digitées ou pen¬
nées ; à fleurs axillaires et terminales ,
souvent paniculées , et dont le périanthe est
blanc, ou jaune, ou rouge. (C. L.)
BIGNONIACÉES. bot. ph. — Famille de
plantes dicotylédones, monopétales hypogy-
nes, la dernière que l’illustre De Candolle ait
préparée pour son Prodrome. Nous suivrons
ici la distribution qu’il a proposée, et qui
diffère en quelques points de celles qu’ont
adoptées les autres auteurs. Quoique ne pou¬
vant être considérée comme définitive , elle
se trouve, pour le moment, le plus au niveau
de la science, et présente quelques éléments
nouveaux qui manquent dans les autres.
Voici les caractères des Bignoniacées dans
les limites qu’il leur assigne : Calice irrégu¬
lier, à cinq divisions plus ou moins profon¬
des, ou à deux lèvres, d’autres fois prolongé
d’un côté en manière de spathe. Corolle à
tube souvent renflé, à limbe divisé réguliè¬
rement, ou plus ordinairement partagé en
deux lèvres : la supérieure entière ou bilo-
bée , l’inférieure trilobée. Étamines 5 , al¬
ternant avec les lobes, dont une presque con¬
stamment, trois assez rarement, avortent.
Anthères à deux loges souvent divariquées ,
s’ouvrant par une fente longitudinale. Ovaire
placé sur un disque annulaire , surmonté
d’un style simple que termine un stigmate bi-
lamcllaire, partagé en deux loges séparées par
une cloison complète ou très rarement incom¬
plète , dont les bords appliqués au péricarpe
portent des séries d’ovules nombreux. Il de¬
vient un fruit capsulaire à deux valves , ou
beaucoup plus rarement charnu; sa forme et
sa déhiscence par rapport à la cloison qui porte
les graines attachées vers son bord, varient,
et ont fourni les caractères d’après lesquels
la famille a été divisée en plusieurs tribus ou
sous-tribus, et qui seront exposées plus bas.
Graines nombreuses, ordinairement aplaties
et environnées d’une expansion membra¬
neuse, en forme d’aile dans les fruits déhis¬
cents, sans aile dans les fruits charnus, re¬
vêtues en dedans d’une peau membraneuse
et coriace et dépourvues de périsperme. Em¬
bryon à cotylédons foliacés, réniformes ou
bilobés, à radicule courte, dirigée vers le hile,
et par conséquent vers le bord de la cloison.
Les Bignoniacées sont des arbres ou des ar¬
brisseaux , très souvent des lianes , et le bois
de celles-ci se reconnaît à un caractère parti¬
culier extrêmement remarquable, le partage
BIG
du corps ligneux en plusieurs lobes dont l'in¬
tervalle est rempli par le corps cortical, et qui,
ordinairement au nombre de 4, figurent une
sorte de croix de Malte. Les feuilles sont pres¬
que constamment opposées, simples ou com¬
posées , et fréquemment terminées en une
vrille simple ou rameuse, dépourvues de sti¬
pules. Les fleurs , souvent remarquables par
leur beauté, forment le plus ordinairement
despanicules terminales; l’inflorescence est
plus rarement axillaire, ou opposée aux feuil¬
les, ou uniflore. C’est sous les tropiques dans
les deux hémisphères , et surtout en Amé¬
rique, qu’on trouve la plupart des Bignonia-
cées, quoique quelques unes se rencontrent
dans les climats tempérés , au sud jusqu’au
Chili , au nord jusque dans la Pensylvanie.
Leur nombre connu dépasse maintenant 350.
Genres.
lre tribu. BIGNONIÉES. Fruit déhiscent.
Graines ailées.
lre sous-tribu. Eubignoniées. Valves planes
ou convexes , séparées par une cloison pa¬
rallèle , et s’ouvrant sur les bords de celle-
ci. Cette déhiscence est tout-à-fait analogue
à celle des Crucifères latiseptées.
Bignonia, L. — Oroxylum, Vent. — Steno-
lobium , Don. — Stereospermum, Chamiss. —
Cuspidaria , DC. — Arrabidia, DC. — Astian-
thus, Don. — Calosanthes, Bl. — Amphilo-
pbium, Kunth. — Aplolophium , Chamiss. —
Miilingtonia , L. fils, non Roxb. — Argylia,
Don. — Lundia , DC. non Schum. — Mansoa ,
DC. — Delostoma, Don.
2e sous-tribu. Catalpées. Valves planes ou
convexes auxquelles est opposée la cloison.
Déhiscence loculicide.
Helerophragma , DC. — Pajanelia , DC. —
Spathodea , Beauv. — Zeyheria , Mart. —
Chasmia, Schott. — Tabebuia , Ant. Gomez.
— Catalpa , Scop. — Chilopsis on. — Fri-
dérida , Nees et Mart. — Tecoma , Juss. —
JYeowedia , Schrad. — Paulownia , Sieb. et
Zucc.— Jacaranda, Juss. — Tourretia , Domb.
— j Éccremocarpus , Ruiz et Pav. — Calam-
pelis , Don.
3e sous-tribu. Gelsémiées. Valves pliées en
carène sur elles-mêmes, formant la cloison
par la soudure intime de leurs bords sé-
minifères.
Gelsemiumf Juss. — Plalycarpum , Kuntfh.
BI& 571
GENRES IMPARFAITEMENT CONNUS OU ANOMAUX.
IVigbtia , Wall. — Eslerhazya , Mik. —
Schrebera , Roxb. — Psilogyne, DC. — Bra-
vaisia , DC. — Bhigozum, Burch. — Pellospet '-
mum, DC. — Holoregmia , Nees. — Trigono-
carpus, Wall.
2e tribu. CRESCENTINÉES. Fruit charnu.
Graines non ailées.
lre sous-tribu. Tanæciées. Fruit allongé en
forme de silique.
Colea, Boj. — Boulonia , DC. — Arlrophyl -
lum , Boj. — Parmentiera , DC. — Tanœ-
dum , Sw.
2e sous-tribu. Crescentiées. Fruit ovale ou
globuleux, 1-loculaire à la maturité.
Crescentia , L. — Kigelia , DC. — Tripinna-
ria , Pers.
M. Endlicher adopte une division égale¬
ment fondée sur le fruit, mais un peu diffé¬
rente. Deux de ses tribus, les Sésamées et les
Incarvillées , se trouvent exclues ici ; la pre¬
mière se rapproche des Pédalinées , la se¬
conde des Cyrtandracées. (Ad. J.)
BIGNONIÉES. bot. pu. — Foyez bigno-
niacees.
BIHAI. bot. ph. — Famille des Musacées.
Plumier appelait ainsi le genre que tous les
botanistes ont, depuis Linné, désigné sous le
nom d’Heliconia. Voy. ce mot. (A. R.)
BIHOBEAU. ois. — Espèce de Héron
adoptée comme sous-genre de notre genre
Héron. Voy . ce dernier mot. (Lafr.)
BIJUGUÉ. Bijugus ( bis , deux fois ;
paire), bot. — Quand , dans une feuille com¬
posée pinnée , les folioles sont opposées et
par conséquent disposées par paires, le nom¬
bre de ces paires peut revenir à un caractère
propre à distinguer les espèces ; on dit aussi
que les feuilles sont bijuguées , quand elles
se composent de deux paires de folioles su¬
perposées , placées sur un pétiole commun :
telles sont celles du Lathyrus . (A. R.)
BIRERA, Adans. bot. ph. — Synonyme
de Tetragonocheta.
*BÏKKIA. Cormigonus, Raf. (nom propre).
bot. ph. — La seule espèce de ce genre, formé
par Reinwardt (in Blum. Bijdr., 1017) et ap¬
partenant à la famille des Rubiacées (Cin-
chonacées, tribu des Hédyotidées-Rondélé-
tiées) , est un petit arbre encore peu connu ,
découvert dans les îles Moluques , entière-
BIL
&7Z
ment glabre ; à feuilles opposées , obovales ,
obtusiuscules , pétiolées , cunéiformes à la
base, presque sans nervures, sauf la médiane ;
à stipules courtes, tronquées, concrètes, em¬
brassantes; à fleurs blanches, portées par des
pédicelles axillaires , solitaires , uniflores.
C’est le Portlandia tetrandra de Forster,
YHofmannia amicorum de Sprengel. (C. L.)
*BIL ABIÉ, Bilabiatus ( bis , deux fois ; la¬
bium, lèvre), bot. — Expression employée
pour désigner un calice ou une corolle irré¬
gulière, dont les parties distinctes ou sou¬
dées sont disposées de manière à représenter
deux lèvres , l’une supérieure et l’autre in¬
férieure. Les familles des Labiées, des Acan-
thacées , etc. , nous offrent des exemples
nombreux de cette forme de corolle. (A. R.)
*BILABRELLA [bis , deux fois; labrella ,
diminutif de labrum , lèvre), bot. ph. — Le
genre ainsi nommé par Lindley [Bot. reg .,
n. 1701) est le même que le Bonatea de Will-
denow. Voy. bonatea. (A. R.)
BILAC , Rumph. bot. ph. — Synonyme
présumé d’Ægle.
*BILAMELLÉ [bis, deux fois ; lame lia, la¬
melle). bot. — On a donné cette épithète aux
organes des plantes composés de 2 lamelles ;
tels sont le stigmate des imulas et les cloi¬
sons marginaires des Rhododendrum.
"BILATÉRAL. Bilateralis [bis, deux fois ;
laïus , côté), bot. — Se dit des parties d’une
plante disposées des deux côtés d’un organe
central ; ainsi une anthère est bilatérale,
quand ses lobes sont attachés aux deux cô¬
tés opposés du filet. Un placentaire est bila¬
téral , quand il est fixé aux deux côtés des
péricarpes. (C. d’O.)
BILDSTEIN (pierre à sculpture , en alle¬
mand). min. — Même chose que Pagodite.
(Del.)
BILE. zool. — Voyez foie.
BILïïMONTIA. bot. ph. — Synonyme de
Jusquiame.
BILLARDIERA. Labillardiera , Rœm. et
Schult. (Labillardière, célèbre voyageur fran¬
çais). bot. ph. — Genre de la famille des Pit-
tosporacées , formé par Smith ( Nov. Holl.
1, 1), et comprenant un petit nombre d’ar¬
bustes indigènes dans la Nouvelle-Hollande
extra-tropicale et l’île de Diémen, à rameaux
volubiles, munis de feuilles alternes très en¬
tières, crénelées ou sinuées-dentées; à fleurs
jaunes , portées sur des pédoncules simples,
BIL
solitaires, uniflores, pendant du sommet de»
rameaux. On en cultive dans les jardins &
ou C espèces. (C. L.)
BILLARDIERA (Labillardière, voyageur
français), bot. ph. — Genre de la famille dés
Rubiacées , tribu des Psychotriées-Coffééés ,
formé par Wahl [Ecl. prœf. , 1. 13, t. 10), et
synonyme du genre Coussarea d’Aublet.
(C. L.)
BILLARDIERA (Labillardière, voyageur
français), bot. pii. — Genre de la famille des
Yerbénacées-Verbénées , formé par Mœncli
(. Meihod . 369), et synonyme de Verbena.
(C. L.)
"BILLBERGIA (nom propre), bot. ph.-—
Genre de la famille des Broméliacées , qui se
compose de belles plantes vivaces et souvent
parasites , toutes originaires de l’Amérique
tropicale, et que la beauté de leurs fleurs a
fait depuis long-temps introduire dans les ser¬
res des amateurs. Ce sont des plantes à feuilles
raides , étroites, souvent armées de dents épi¬
neuses sur leurs bords , réunies en touffe à
la base de la tige ; en un mot , rappelant en
général le port de l’Ananas. La tige qui naît
de cet assemblage de feuilles est tantôt nue ,
tantôt garnie de feuilles plus courtes. Les
fleurs , assez grandes et variées dans leur
coloration , sont disposées en épis, et accom¬
pagnées de grandes bractées foliacées et co¬
lorées. Le calice est tubuleux , adhérent par
sa base avec l’ovaire infère , composé de six
sépales disposés sur deux rangs : trois exté¬
rieurs dressés , quelquefois roulés en dehors
à leur sommet , qui est souvent renflé et obli¬
quement dilaté; trois plus internes, assez
souvent plus longs, munis ordinairement, à
leur base interne, d’une écaille pétaloïde et
frangée , qui manque quelquefois. Les éta¬
mines, au nombre de six , sont libres et atta¬
chées à la base du calice, juste au point où
les six sépales se soudent en un tube. Le
style grêle et filiforme se termine par trois
stigmates linéaires roulés en spirale. Le fruit
est une baie ovoïde ou globuleuse , couron¬
née par le calice persistant , à trois loges, con¬
tenant chacune un grand nombre de graines
attachées à leur angle interne.
On possède déjà une trentaine d’espèces
de ce genre. Un grand nombre d’entre elles
ont été primitivement décrites sous le nom de
Bromelia ; au moins les deux tiers dê ces es¬
pèces sont originaires dès diVêrses prôvinces
BIL
BIM
573
du Brésil. Plusieurs se cultivent avec avan¬
tage dans nos serres ; telles sont les Billber-
gia pallida Hook., nudicaulis , arriœna , etc.
Toutes ces espèces exigent la serre chaude, et
se multiplient facilement par éclats. (A. R.)
BILLE D’IVOIRE, moll. — Les mar¬
chands et les amateurs désignent sous ce nom
la Lucina pensylvanica Lam., à cause de la
blancheur éclatante de sa coquille , surtout
lorsqu’elle a été polie. (G. d’O.)
*BILLÉE. Billœa. ins. — Genre de Dip¬
tères, établi par M. Robineau-Desvoidy, pour
y placer une seule espèce qu’il nomme B.
grisea , et dont les caractères génériques sont
ceux des Myosostomes , avec cette seule diffé¬
rence que le dernier article antennaire est
comprimé et arrondi au sommet avec le chète
villeux. Ce g. fait partie de la famille des Ca-
lyptérées et de la tribu des Macropodées.
M. Macquart comprend cette espèce dans son
g. Omalogastre. Voy. ce mot. (D.)
BILLON et BILLOLS. bot. pii. — Nom
vulgaire de la Vesce cultivée en Languedoc.
On désigne aussi sous ce nom les chevelus
de la racine de Garance , qui donnent une
teinture de qualité inférieure. (C. d’O.)
*BlLLOTTIA (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Myrtacées, tribu des
Leptospermées, formée par R. Brown (. Journ .
Geog. Soc., I, 19) , et comprenant quelques
espèces de Leptospermum (sect. Agonis, DG.).
Ce sont de petits arbres ou des arbrisseaux de
la Nouvelle-Hollande austro-occidentale; à
feuilles alternes, exslipulées , linéaires-lan-
céolées, trinerves ; à fleurs blanches, réunies
en capitules globuleux, denses, et sessiles
dans l’aisselle des feuilles. (C. L.)
*BILLOTTTA (T. Billiotti, fille de Colla).
bot. ph. — Genre de la famille des Myrta¬
cées, tribu des Leptospermées, fondé par
Colla (Üort. Bipiit., app. 2, t. 23 ) , et syno¬
nyme du genre Caloihamnus, Labill., de la
même famille (C. L.)
*BILLOTTIA (nom propre), bot. ph. —
Genre rapporté avec doute à la famille des
Rubiacées, formé par De Candolle sur le
Viviania psychotrioides de Colla , et rapporté
comme synonyme au genre Melanopsidium
deCels. (C. L,)
BILLOUS. bot. ph. — Voyez bili.on.
*BILOBÉ. Bilobus (bis, deux fois ; lobus ,
lobe), bot. — On dit qu’un organe est bilobé
quand ses deux divisions Sont séparées par
un sinus plus ou moins arrondi à sa base. Ce
mot s’emploie aussi comme synonyme de
dicotylédon. (C. d’O.)
*BILOCUL A IRE . Bilocularîs (bis, deux
fois ; loculus, loge), bot. — Ün ovaire, un
fruit, une anthère sont biloculaires , quand ils
présentent deux cavités ou loges (i loculi ). V oy.
OVAIRE , ANTHÈRE , ETAMINES. (A. R.)
*BILOCIJLI]\'E. Biloculina (bis, deux fois ;
loculus , loge), moll., foram. — Les Coquilles
microscopiques dont j'ai formé ce genre sont
des plus remarquables par leur singulier ac¬
croissement. Elles sont libres , régulières ,
équilatérales, globuleuses ou comprimées,
composées d’une sorte de pelotonnement sur
deux faces opposées , formées de loges em¬
brassantes se recouvrant entièrement, de ma¬
nière à ne laisser que deux loges apparentes
à tous les âges. Ces loges ont leur cavité sim¬
ple ; elles sont pourvues d’une ouverture
unique armée de dents, et située alternative¬
ment aux deux extrémités de l’axe longitudi¬
nal. Ce genre, confondu par Lamarck sous le
nom de Mihole avec tous les autres genres de
cette série, appartient à la famille des Milio-
lidœ , ordre des Agathistègues. Par son pelo¬
tonnement sur deux faces, par sa forme
équilatérale, il se trouve dans les mêmes cir¬
constances que les genres Spiroloculina et
Fabularia, se distinguant du premier par
ses loges embrassantes , dont deux seulement
sont apparentes à tous les âges, tandis que
toutes sont à découvert dans les Spirolocu¬
lina. Plus voisin des Fabularia, il s’en dis¬
tingue par ses loges non divisées par de pe¬
tits tuyaux.
Les Biloculines ont commencé à paraître
seulement avec l’époque géologique tertiaire.
Ellçs sont des plus multipliées à l’état fossile
et vivant. Nous en connaissons 15 espèces,
dont 7 vivantes : 3 à Cuba , une aux Cana¬
ries , une en Patagonie , les autres de la mer
Adriatique; des espèces fossiles, 2 sont des
environs de Paris, 2 du Crag d’Angleterre,
les autres de Bordeaux ou de Dax. (A. d’O.)
BILOROT. ois. — Nom vulg. du Loriot.
BÏL11LO , Camel. bot. M. — Arbre des
Philippines , rapporté au g. Mangifera.
BIMANES. Bimanus (bis, deux fois ; ma¬
ints, main), antiirop. et zool. — C’êst , dans
plusieurs classifications , le nom du premier
ordre de la classe des Mammifères , caracté¬
risé par l’èxistencè de rnaifis ( voyë% ce mot )
BIM
B1M
574
aux membres thoraciques seulement, et com¬
prenant le genre humain. Le mot Bimanes ex¬
prime en effet, avec concision, l’un des attri¬
buts les plus remarquables et les plus éminem¬
ment caractéristiques de l'Homme, savoir : la
diversité des types sur lesquels sont construi¬
tes les deux paires de membres, l’une spécia¬
lement affectée à la station et à la progres¬
sion , l’autre à la préhension et au tact.
L’ordre des Bimanes n’a point été adopté
par un grand nombre d’auteurs, et il ne l’est
point dans ce Dictionnaire. Il nous paraît, en
effet, également inadmissible comme ordre
naturel, soit que nous le jugions au point de
vue purement zoologique et d’après la seule
appréciation des affinités naturelles , soit
qu’envisageant la question sous un point de
vue plus large et plus élevé , nous considé¬
rions l’Homme tout entier , tenant compte
également de tout ce qui le rapproche" des
animaux , et de tout ce qui le place dans une
sphère supérieure à l’animalité.
Au premier de ces points de vue, la sépa¬
ration du genre humain en un ordre distinct
est inadmissible, comme établissant une trop
grande distance entre notre espèce et les ani¬
maux que leurs rapports naturels placent
après lui. Établir pour l’Homme un ordre dis¬
tinct sous le nom de Bimanes , et réunir sous
le nom de Quadrumanes , et au second rang
ordinal, les Singes et les Lémuriens, c’est re¬
présenter l’organisation des Singes , par
exemple , du Troglodyte ou de l’Orang ,
comme liée par des affinités plus intimes avec
celle des Lémuriens , par exemple , du Loris
ou du Galago , qu’avec l’organisation hu¬
maine : or, c’est ce qui ne saurait être admis.
A moins de méconnaître tous les faits, de vio¬
ler toutes les règles et tous les principes d’a¬
près lesquels on détermine en zoologie les
rapports des êtres , on ne peut contester que
la première famille des Quadrumanes ou Pri¬
mates, les Singes, et surtout la première
tribu de cette famille, se rapproche en réalité
beaucoup plus , par son organisation géné¬
rale, de l’Homme que de la seconde famille,
celle des Lémuriens. Si ces derniers , et c’est
ce que personne ne saurait contester, se pla¬
cent naturellement dans le même ordre que
les Singes, l’Homme, considéré seulement
dans son organisation , doit donc, à plus forte
raison* appartenir à ce même ordre. Linné et
les auteurs qui l’ont suivi ont donc été fondés,
au point de vue spécial auquel ils se sont
placés, à considérer l’Homme comme le pre¬
mier genre du premier ordre des Mammifères.
L’ordre des Bimanes est encore bien moins
admissible, si, au lieu de s’en tenir à l’appré¬
ciation exclusivement zoologique des faits de
l’organisation humaine, on s’élève à une con¬
ception plus large et par cela même plus ra¬
tionnelle, si l’on considère l’Homme tout en¬
tier, dans sa double nature et dans sa haute
suprématie sur toutes les autres créatures
terrestres. Sous ce point de vue , l’Homme ne
saurait constituer ni un ordre zoologique, ni
même une classe ou un groupe quelconque
dans le règne animal. Il faut reconnaître en
lui un être à part et au-dessus de tous les au¬
tres , séparé même des premiers animaux ,
malgré toutes les affinités organiques que
nous venons de rappeler , par une distance
immense, par un abîme que rien ne saurait
combler} et ce n’est pas sans raison qu’on l’a
considéré en Allemagne comme devant con¬
stituer à lui seul un règne distinct.
Ainsi, d’un côté, l’Homme se lie intimement
avec les premiers animaux , et c’est en vain
qu’on chercherait à trouver entre les Bimanes
et les Quadrumanes des différences de valeur
ordinale. D’un autre côté, l’Homme se sé¬
pare au contraire, non seulement de tous les
Mammifères , mais du règne animal tout en¬
tier, dont il forme le couronnement (1) , et
dont il ne fait pas partie intégrante. Ces deux
idées , quoique directement inverses , sont
vraies et rationnelles en elles-mêmes, et elles
seules le sont et le peuvent être. La concep¬
tion de l’ordre des Bimanes, sorte de trans¬
action entre ces deux extrêmes , de même
que toute autre combinaison analogue, ten¬
dant à associer l’Homme aux animaux sans
l’unir trop étroitement avec eux, est au con¬
traire nécessairement fausse , et doit être re¬
jetée , comme méconnaissant à la fois et les
différences fondamentales qui , au point de
vue philosophique, séparent l’Homme des ani¬
maux, et l’extrême intimité des rapports zoo¬
logiques par lesquels notre organisation se lie
avec celle des premiers animaux.
On voit, d’après ce qui précède, que l’or¬
dre des Bimanes n’a pour nous qu’un intérêt
purement historique : aussi , sans entrer ici ,
sur l’organisation humaine, dans des considé-
(i) La tête , le cerveau ( dos Gehirnthier) , selon les exprès*
sions employées par divers auteurs allemands.
BIM
BIM
rations qui trou veront plus naturellement leur
place à l'article homme, nous nous bornerons
à faire connaître , en peu de mots, les princi¬
pales opinions des auteurs au sujet de l’or¬
dre des Bimanes ; et d’abord il ne sera pas
inutile de rectifier une erreur très générale¬
ment répandue sur l’origine du mot Bimanes.
Il faut distinguer avec soin son introduction
dans la science , et l’emploi qui en a été fait
ultérieurement dans la terminologie zoolo¬
gique , pour la désignation d’un degré dis¬
tinct d’organisation représenté par l’Homme.
C’est Bulîon , et non Blumenbach , comme
on l’a dit si souvent, qui s’est servi le premier
du mot Bimanes. Nous trouvons en effet ce
terme employé, dès 1766, dans l’article géné¬
ral de Buffon sur la nomenclature des Singes.
« Faisons pour les mains , dit notre immortel
naturaliste (t. XIV, p. 18), un nom pareil à
celui qu’on a fait pour les pieds, et alors nous
dirons avec vérité et précision que Y Homme
est le seul qui soit bimane et bipède , parce
qu’il est le seul qui ait deux mains et deux
pieds -, que le Lamantin n’est que bimane -, que
la Chauve-Souris n’est que bipède , et que le
Singe est quadrumane. » Il est à remarquer
que ce passage est aussi le premier dans le¬
quel nous trouvions le mot Quadrumanes qui,
en effet , a dû être conçu en même temps et
d’après les mêmes idées que le mot Bimanes.
Si la création de ces mots , qui sont au¬
jourd’hui et qui resteront d’un usage si géné¬
ral, est due à Buffon, c’est au contraire Blu¬
menbach qui , le premier, eut l’idée de con¬
sidérer l’Homme comme un ordre distinct
dans la classe des Mammifères. Cet ordre fut
établi d’abord , dans les premières éditions
du Handbuch der JYaturgescliichte , sous un
nom aujourd’hui entièrement oublié : Iner -
mis. Plus tard , dans la troisième édition du
célèbre ouvrage de Blumenbach , De generis
luimani varietate nalivâ , publiée en 1795, et
dans les éditions ultérieures du Handbuch , le
nom du premier ordre , Inermis , a disparu ,
et a fait place au nom de Bimanus.
Un très grand nombre de zoologistes ont
adopté le groupe des Bimanes , en le cir¬
conscrivant et le classant comme l’avait fait
Blumenbach, c’est-à-dire en y plaçant
l’Homme seul, et en le considérant comme le
premier ordre de la classe des Mammifères.
Tels sont particulièrement Cuvier, qui adopta
dès 1797 l’ordre des Bimanes , et qui a même
575
été quelquefois cité comme son fondateur •
M. Duméril, enfin, plusieurs auteurs récents,
en France et en Angleterre surtout, qui ont
suivi Cuvier ou Blumenbach. Nous pouvons
citer aussi Illiger, qui toutefois a cru devoir
substituer le nom düErecta à celui de Bimani.
D’autres auteurs, au contraire, se sont
écartés de diverses manières de la classifica¬
tion de Blumenbach. M. Bory de Saint-Vin¬
cent, dans les articles Bimanes et Homme du
Dictionnaire classique' d’ histoire naturelle,
adopte le groupe des Bimanes, et continue à
en faire le premier ordre des Mammifères ;
mais il cherche à établir que les Singes de la
première tribu doivent être séparés des Qua¬
drumanes , et réunis aux Bimanes. Cet ordre
comprendrait ainsi quatre genres , savoir :
Homo, Troglodytes , Pithecus et Hylobales.
En 1829, J.-B. Fischer, et tout récemment
le prince de Canino , ont proposé la suppres¬
sion de l’ordre des Bimanes, et rétabli l’ordre
des Primates de Linné, dans lequel l’Homme
forme un premier groupe , désigné par le
prince de Canino sous le nom d ’Hominidœ.
On voit que, pour ces deux zoologistes, l’ordre
des Bimanes doit être supprimé comme n’é¬
tant point caractérisé par des modifications
d’une valeur véritablement ordinale.
C’est en sens contraire , bien qu’en défini¬
tive ils arrivent aussi à supprimer l’ordre des
Bimanes , que d’autres auteurs se sont écar¬
tés de la classification de Blumenbach et de
Cuvier. Non seulement, selon eux, aucun
Singe , ni à plus forte raison, aucun autre
mammifère, ne doit être réuni à l’Homme dans
l’ordre des Bimanes ; mais cet ordre lui-même
doit être rayé de la classe des Mammifères ,
l’Homme devant se placer en dehors et au-
dessus de ce groupe , aussi bien que de la sé¬
rie animale tout entière. Selon ces idées ,
fondées sur des considérations que nous
avons indiquées au commencement de cet ar¬
ticle , on trouve les Singes placés à la tête de
la classe des Mammifères, à l’exclusion de
l'Homme, laissé hors rang, dans un très grand
nombre de classifications de diverses épo¬
ques , les unes déjà assez anciennes , par
exemple , celles de Daubenton , publiée en
1792 par Vicq-d’Azyr j de MM. Cuvier et Geof¬
froy Saint-Hilaire, en 1795 , et de Lacépède
en 1798 ; les autres plus ou moins récentes,
par exemple , celles de MM. Goldfuss , de
Blainville et Fr. Cuvier, et celle que nous
576 BIN
avons nous-même proposée, et qui est suivie
dans ce Dictionnaire, Voyez mammalogie et
MAMMIFERES. (Is. G. S.-H.)
Ce nom a été donné aussi par Cuvier aux
Reptiles du g. Chirote, qui ont 2 membres
antérieurs, et forment, avec lesHystéropes, le
passage des Sauriens aux Serpents. (C. d’O.)
*BI1VATELLE. Binalella ( binaïus , joint
deux à deux), bot. cr. — (Phycées). Nous
avions proposé ce genre, dans les Mémoires de
la société académique de Falaise, année 1835,
pour réunir des espèces microscopiques , ap¬
partenant à la tribu des Desmidiées. Plus
tard , la publication du grand ouvrage de
M. Ehrenberg , sur les Infusoires , nous a fait
reconnaître que ces productions, bien qu’en¬
visagées sous un autre point de vue , devaient
appartenir en grande partie au g. Siauras-
rum, Mey. Quelques espèces peuvent aussi
être rapportées au g. Cosmarium , Cord.
Voici les caractères que nous avons assignés
à ces productions, si remarquables par le rap¬
prochement binaire de leurs corpuscules :
Corpuscules diaphanes, remplis d’un endo-
chrôme vert , géminés , de formes variées ,
souvent tétraédriques ou tricornes , quelque¬
fois en croix ou rayonnants. Les Binatelles ,
dont nous comptions une vingtaine d’es¬
pèces , habitent les eaux douces , les lieux
herbus , récemment inondés. Elles forment
ordinairement, sur les feuilles des plantes
submergées, un léger enduit muqueux, qui
se détache avec une grande facilité. (Breb.)
*BINDERA (nom propre), bot. cr. —
Phycées). M. J. Agardh vient d’établir (Lin-
nœa, 1841, Lie fl., 1, p. 36) ce nouveau genre
dans la sous-famille des Floridées , sur une
algue de la mer des Indes et du Cap de Bonne-
Espérance. Elle est dédiée à M. Binder, séna¬
teur et préfet de police de la ville de Ham¬
bourg, lequel est en môme temps un habile
phycologue. L’algue dont il s’agit appartient
à la tribu des Céramiées ; elle est ainsi carac¬
térisée par l’auteur : Fronde filiforme, compo¬
sée d’une tige principale, irrégulièrement ra¬
meuse, continue, comme dans les g. Dasyci,
Asparagopsis, etc. , et recouverte de toutes
parts de ramules subulés fasciés, 2- ou 3-cus-
pidés à leur sommet. Sphérospores 3-5, placés
au sommet des rameaux et disposés le long
de ramules recourbés , connivents , en sé¬
ries transversales sur le côté intérieur de
ceux-ci. Ghaque sphérospore renferme 3 ou 4
BÏO
spores contenues dans un périspore hyalin.
Les frondes , cylindriques , s’élèvent d’une
racine rameuse, rampante, et sont garnies de
rameaux semblablement conformés, plus ou
moins allongés , et couverts d’une grande
quantité de ramules hétérogènes, c’est-à-dire
qu’au lieu d'être continus comme le filament
principal, ils offrent des bandes transversales
parallèles. Ces ramules sont en outre subulés,
et portent à leur sommet 2 ou 3 pointes pellu-
cides et divariquées. M. J. Agardh a recon¬
nu, dans ma collection , le type de ce g. dans
une esp. du Cap , rapportée parM. Bélanger,
et publiée par M. Bory sous le nom de Tham-
nophora hypnoides. Voy. Bélang., Voyage
aux Indes orient. Crypt ., p. 175. (C. M.)
BINÉRIL ou BINÉRY. ois. — Nom vul¬
gaire du Bruant commun.
*BII\ERVÉ. Binervis (bis, deux fois ; ner -
vus, nerf), bot. — Se dit de tous les organes
foliacés, feuilles, sépales, pétales, etc., qui
présentent deux nervures. C’est surtout dans
les écailles florales des plantes de la famille
des Graminées qu’on a attribué au nombre
des nervures une plus grande importance
pour la détermination des espèces et même
des genres. Voy. graminées. (A. R.)
BSN! A. bot. pii. — Stedman et Du Petit-
Thouars ont changé le nom de ce genre , éta¬
bli par Noronha, en celui de Noronhia, en mé¬
moire de ce botaniste, et cette nouvelle déno¬
mination a prévalu. Voy. noroniiia. (C. d’O.)
BINOCLE (binus, double; ociilus, œil).
crust. — Nom employé par Geoffroy et quel¬
ques autres entomologistes , pour désigner
divers Crustacés, tels que les Apus, l’Argule
foliacé, certaines Caliges, et l’animal dont
Latreille a formé le g. Prosopistome. (M. E.)
BÏNTIJ. ois. — Nom de l’Ortolan dans
quelques départements de la France occiden¬
tale.
*BIONIA (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Papilionacées , tribu des
Phaséolées-Diocléées , formé par Martius (ex
Benth. Ann. JVien. mus. II, 130) et renfer¬
mant un petit nombre d’arbrisseaux ou d’ar¬
bustes indigènes du Brésil. (C. L.)
*BIOPHLOEUS (j 3fO'„ vie; tptato's, écorce.
ins. — Genre de Coléoptères tétramères , fa¬
mille des Xylophages , établi par M. Dejean ,
pour y placer trois espèces retranchées par
lui des Cucujus de Fabricius , savoir : C. der -
mestoides Fabr., de la Suède; C. angusta -
BIP
BIP
lus , Dej., d’Allemagne , et C. pusillus , Dej.,
de Styrie. Voy. cucujus. (D.)
"BIOPHYTUM Q3i'oç, vie ; yurov , plante).
bot. ph. — Genre de la famille des Oxalida-
cées, proposé par Jacquin ( Oxal. , t. 78) , et
admis par De Candolle et autres auteurs mo¬
dernes , comme sous-genre du type de cette
petite famille. Voy. oxalis. (C. L.)
*BIOTIA (Biot, célèbre physicien ). bot.
ph. — Ce genre a été établi par De Can-
dolle , aux dépens de quelques espèces com¬
prises antérieurement parmi les Asters. Il ap¬
partient à la famille des Composées, tribu
des Astéroïdées , et a pour caractères : Ca¬
pitule radié; ligules femelles fertiles, uni-
sériées, assez larges, pourvues de styles
glabres ; fleurons du disque hermaphrodites,
fertiles. Réceptacle couvert d’alvéoles peu
profonds et obscurément dentés. Involucre
composé «d’écailles étroitement imbriquées,
mutiques, et insensiblement plus longues à
l’intérieur. Fleurons munis de styles , à ra¬
meaux aigus et hispides. Fruits glabres ou
pubescents, allongés, présentant plus ordi¬
nairement trois côtes peu prononcées , et
couronnés par une aigrette formée de soies
filiformes, inégales , roides et scabres. — Les
Biotia sont indigènes des États-Unis d’Amé¬
rique. Ce sont des plantes vivaces, munies
de feuilles dentées , de capitules disposés en
corymbe, qui présentent des fleurons ligulés
de couleur blanche ou azurée. Plusieurs es¬
pèces se cultivent comme plantes d’agrément ;
telles sont les B. corymbosa , latifolia , macro-
phylla , etc. (J. D.)
"BIOTIÏVE (nom propre), min. — M. Mon-
ticelli a dédié sous ce nom , à M. Biot, une
substance minérale du Vésuve, en petits
cristaux jaunâtres, transparents, et d’un
éclat assez vif, qui sont accompagnés de
grenats bruns , et dont la forme dériverait,
suivant lui, d’un rhomboèdre obtus. Ils
rayent faiblement le verre, pèsent spécifique¬
ment 3,11, sont infusibles au chalumeau, et
partiellement solubles dans l’acide azotique.
D’après M. Brooke, la Biotine ne serait qu’une
variété d’Anorthite , dont la base aurait pris
une extension considérable. (Del )
BIOUTÉ. bot. ph. — Nom vulgaire du
Peuplier dans le midi de la France.
BIPAPILLAIRE. Bipapillaria ( bis , deux
fois ; papilla, papille), moll. — Genre formé
par Lamarck pour un mollusque tunicier dé-
T. II.
677
couvert par Péron sur les côtes de l’Australie,
et qui a pour caractère : un corps libre, nu,
ovale, glanduleux , d’une consistance mem¬
braneuse et duçiuscule, terminé en queue de
rat, et ayant, à son extrémité supérieure, deux
papilles coniques , égales , perforées, termi¬
nées par un oscule d’où l’animal fait sortir
trois tentacules sétacés et rigides dont il se
sert pour saisir sa proie et la sucer. La seule
esp. connue est lai?, australis. (C. d’O.)
BIPARTI. Biparlitus. bot. ph. — Voyez
bidente. (A. R.)
"BIPARTIS. Bipartiti. ins. — Division éta¬
blie par Latreille dans la famille des Carabi-
ques , et qui correspond à celle des Scaritides
de M. Dejean. MM. SerYille et Lepeletier de
Saint-Fargeau ( Encyclop . méth., t. X, p. 345)
répartissent ainsi les 15 genres qu’ils y rap¬
portent : I. Menton inarticulé , recouvrant
presque tout le dessous de la tête. G.: Ence -
ladus , Siagona. IL Menton articulé, laissant
à découvert une grande partie de la bouche.
A. Jambes antérieures palmées: a. Mandi¬
bules fortement dentées intérieurement. G.;
Caréna , Scarites, Acanthoscelis, Pasimachus,
Scapterus. b. Mandibules point ou très légè¬
rement dentées intérieurement. Oxysiomus ,
Oxygnalhus, Camptodontus, Clivinia. B. Jam¬
bes antérieures non palmées : a. Antennes
grenues ou presque grenues; corselet presque
carré. G.: Ozœna, Mono . b. Antennes à ar¬
ticles allongés, presque cylindriques ; corselet
presque lunulé ou cordiforme. Arisfus, Apo-
tomus. (D.)
BIPÈDES ( bis, deux fois ; pes , pied), zool.
— On donne ce nom aux animaux qui mar¬
chent sur deux pieds seulement. Les Bi¬
manes sont des Bipèdes ; les Gerboises et
les Kanguroos partagent cette prérogative ;
les Oiseaux sont essentiellement Bipèdes , et
l’on trouve , dans la famille des Scincoides ,
des animaux qui n’ont que les membres
postérieurs. Latreille avait désigné sous ce
nom une section de la classe des Mammi¬
fères , comprenant ceux qui sont privés de
membres postérieurs.
Cette même dénomination de Bipèdes , qui
pourrait s’appliquer généralement aux Rep¬
tiles munis de deux pieds seulement, a été res¬
treinte dans cette classe au genre Hystérope,
qui n’a que deux membres postérieurs. (C. d’O.)
BIPELTÉS. crust. — Synonyme de Bi-
cuirassés.
37
578 BIP
BIPENNÉ. bot. — Foyez bipinné.
"BIPENNES. Bipennia (bis, deux fois ; pen-
na, plume, aile), ins. — Latreille désigne ainsi,
dans sa Méthode , une coupe de la division
des Insectes anélytres, comprenant ceux qui
n’ont que deux ailes, y oyez diptères. (D.)
BÏPHORE. Salpa ( biforis , qui a 2 trous).
moll. — Ces animaux , si remarquables sous
tant de rapports, et que les navigateurs avaient
dû observer depuis long-temps , lorsqu’au
milieu de l’obscurité des nuits ils voyaient de
longues bandes phosphorescentes briller, en
ondoyant, au sein des eaux , n’ont néanmoins
été positivement signalés pour la première
fois que par Brown , dans son Histoire natu¬
relle de la Jamaïque. Il en avait formé un g. sé¬
paré sous le nom de T halia. Cette distinction
si heureusement établie ne fut cependant pas
admise sans difficultés. Linné y porta la con¬
fusion en plaçant les Biphores dans le g. Ho¬
lothurie ; Forskhal, qui leur donna le nom de
Salpa, et qui les avait étudiés avec attention,
les confondit pourtant avec des Ascidies.
Gmelin, dans la treizième édition du Syslema
nalurœ , adopta à la fois le g. Salpa de Fors-
kahl et le g. Dagysa de Banks et Solander,
créé récemment par eux pour un vrai Bi-
phore. Bruguière, à qui l’on doit des travaux
étendus , quoique incertains encore sur ces
Mollusques, changea le nom de Salpa en ce¬
lui de Biphore , et conserva à la fois les Bi¬
phores et les Thalies , qu’il confondit même
avec les Physales ; mais les observations de
Bosc, celles de Péron, et, en dernier lieu, les
travaux de Cuvier, firent disparaître la con¬
fusion qui régnait dans ce g.; et, à l’excep¬
tion de Lamarck , qui en fit, sous le nom de
Tuniciers, une classe intermédiaire à ses Ra-
diaires et aux Vers, tous les zoologistes , se
rangeant à l’opinion de Cuvier, les considè¬
rent comme des acéphales sans coquille.
M. de Blainville en a fait la 2e famille de
l’ordre de ses Hétérobranches sous le nom de
Salpiens, dont les Biphores constituent la
1 re division sous celui de Salpiens simples. Les
travaux de M. Savigny, et plus récemment
ceux de Sturm et de Chamisso, de MM. Quoy
et Gaimard, de Kuhl et de Yan Hasselt , ont
permis de compléter les renseignements
qu’on avait sur les animaux de ce genre.
Les Biphores sont , de tous les Mollusques
acéphales nus, ceux dont l’organisation est la
plus compliquée ; ce sont des animaux libres,
BIP
mous , à corps complètement diaphane , tu-
biforme ou cylindroïde , plus ou moins al¬
longé , tronqué aux deux extrémités et mu¬
nis souvent, antérieurement, d’appendices
tentaculiformes ; ils sont renfermés dans
une enveloppe membraneuse et transparente
qu’on appelle le manteau , pourvue de tu¬
bercules en nombre variable, faisant l’office
de ventouses qui servent à leur agrégation et
portant des bandes musculaires transverses.
Deux ouvertures terminales sont situées aux
deux extrémités du corps, et l’ouverture pos¬
térieure est munie d’une valvule destinée à
empêcher la sortie de l’eau. Les viscères for¬
ment un nucléus , et sont placés à la partie
antérieure du corps , près de la bouche. L’a¬
nus est plus loin en arrière et dans l’inté¬
rieur du manteau. Ils sont pourvus d’une
branchie unique en forme d’écharpe finement
striée en travers , et se portant obliquement
du nucléus à la partie postérieure du corps :
on ne connaît rien de leur système nerveux.
Les organes de la génération sont à peine
connus; cependant on considère comme un
ovaire une masse granuleuse qu’on aper¬
çoit autour du nucléus, et l’on pense que les
Biphores sont hermaphrodites.
Pendant leur jeunesse , les Biphores sont
réunis , suivant les espèces , d’une manière
différente, soit en rosaces, soit en rubans
souvent fort allongés, dont les chaînons sont
formés d’individus disposés de manière à
laisser libres leurs deux ouvertures ; et ,
en général , pendant cette période, ils diffè¬
rent beaucoup des individus adultes. Un fait
digne d’attention rapporté par Chamisso ( Dis¬
sertât, . sur les Salpa, 1819), c’est que les Bi¬
phores agrégés produisent , après être deve¬
nus libres , des petits libres aussi , dont la
forme diffère de la leur, et ces derniers don¬
nent à leur tour naissance à des individus
agrégés.
Les Biphores abondent dans la Méditerra¬
née et dans les mers équatoriales ; ils vivent
en haute mer, immergés à des profondeurs
variables ; mais, pendant les temps calmes ,
on les voit près de la surface des eaux , où
ils répandent quelquefois une lueur phos¬
phorescente. Leur progression est lente et due
à l’eau qui, en traversant le tube, baigne l’ap¬
pareil respiratoire ; cette eau est expulsée par
l’ouverture postérieure du manteau , ce qui
fait qu’ils nagent en arrière et généralement
BIP
BIP
579
renversés le dos en bas. La faiblesse de ce
mode de locomotion ne leur permet pas de
se soustraire aux ondulations de la mer, dont
ils sont constamment le jouet.
Le nombre des espèces est considérable et
s’augmente tous les jours: aussi des divi¬
sions ont-elles déjà été établies dans ce genre;
elles sont généralement fondées sur la pré¬
sence ou l’absence d’appendices et sur leur
mode d’agrégation. (C. d’O.)
BIPHYLLOCERA {bis, deux fois; ytfttov,
feuille; x/paç , corne), ins. — Genre de Co¬
léoptères pentamères , famille des Lamelli¬
cornes, tribu des Mélolonthides , établi par
M.Withe dans un ouvrage intitulé : Notes
on some insects front king George' s Sound ;
collecled and presenled to tlte Brilish Mu¬
séum by Captain George Grey , by Adam
Withe,o, te., p. 461. Ce g. est fondé sur
une seule espèce trouvée dans Pile du Roi-
Georges, située entre la Nouvelle-Hollande
et la terre de Diémen. Cette espèce , d’a¬
près la figure et la description qu’en donne
l’auteur, nous a paru très voisine du Bliiso-
trogus ; mais elle en diffère essentiellement
par la forme extraordinaire des antennes du
mâle, dont le dernier feuillet est fortement
pcctiné extérieurement. ïl la nomme Biphyl -
locera kerbyana ; elle est couleur de poix , et
couverte d’un duvet jaunâtre, avec 9 séries
longitudinales de points enfoncés sur chaque
élytre. (D.)
BIPHYLLUS {bis, deux fois; <pvMov ,
feuille), ins. — Genre de Coléoptères té-
Iramères , famille des Xylophages , établi
par M. Dejean, dans son dernier Catalogue,
et adopté parM. Shuckard {Eléments of Bri-
lish enlomology, etc., p. 178), qui le place
dans la famille des Clavicornes et dans sa
tribu des Engydœ , entre les g. Mycetopha-
gus et Triphyllus. Il n’v rapporte, comme
M. Dejean , qu’une seule espèce ( Dermestes
Innatus Fabr.) ; mais M. Chevrolat en possède
une seconde , nommée par lui B. fagi , et qui
est figurée dans l’Iconographie du Règne
animal de Cuvier, pl. 41, fig. 7. Ce g. se dis¬
tingue principalement du g. voisin par ses
antennes biperfoliées. Latreille, dans ses Fa¬
milles naturelles , le place dans sa tribu des
Trogossitaires, etle nomme plus correctement
Diphyllus. Ces Insectes se tiennent sous les
écorces des arbres. (D.)
'BIPINNATIFIDE. Bipinnàtifidus {bis,
deux fois ; pinna, ail e-,findo, je divise), bot.
— Les feuilles sont dites bipinnatifides quand
elles sont partagées en lobes latéraux et at¬
teignant presque jusqu’à la cote ou nervure
moyenne, et quand chacun de ces lobes
est divisé en segments profonds imitant cha¬
cun une feuille pinnatifide. Cette disposi¬
tion est commune dans beaucoup d’espèces
de Fougères des g. Polypodium, Aspidium, etc.
(A. R.)
*BIPINNÉ ou BIPENNE . Bipinnatus ou Bi -
pennalus {bis, deux fois; pennalus ou pinnalus,
ailé), bot. — Une feuille décomposée , dans
laquelle le pétiole commun porte, de chaque
côté , un certain nombre de pétioles secon¬
daires , sur lesquels les folioles sont rangées
comme dans une feuille pinnée , porte le
nom de feuille bipinnèe. La feuille bipinnée
se compose donc d’une série de feuilles pin-
nées, superposées sur les parties latérales
d’un pétiole commun. Par exemple, les feuil¬
les de presque toutes les espèces du genre
Gleditschia , beaucoup de Mimeuses, etc.
Voy. feuille. (A. R.)
BIPÏNNULA {bis, deux fois; pinnula, petite
plume), bot. pii. — Genre de la famille des
Orchidées , tribu des Aréthusées , établi par
Jussieu , d’après Commerson , pour une
plante originaire de l’Amérique australe ,
et que Linné désignait sous le nom d’Are-
thusa biplumata. Les trois sépales extérieurs
du calice sont inégaux : les deux inférieurs
placés par-dessus le labelle sont allongés et
finement découpés en lanières étroites dans
leur partie supérieure. Le sépale supérieur
est concave et réuni aux deux internes ; il
forme une sorte de casque. Le labelle est con¬
cave, sessile, entier, présentant deux appen¬
dices allongés et fimbriés. Le gynostème est
allongé, semi-cylindrique, aminci et comme
membraneux de chaque côté. L’anthère est
terminale , operculiforme , à deux loges con¬
tenant deux masses polliniques biparties.
— L’espèce type de ce g. est originaire de
l’Amérique australe. C’est, comme nous l’a¬
vons déjà dit, YArelhusa biplumata L., que
MM. Pœppig etEndlicher ( Nov. gen. et sp.,
t. 51) ont décrite et figurée sous le nom de
Chlorœa fimbriata. (A. R.)
BIPLEX. moll. — Ce genre , formé par
Perry aux dépens du genre Murex de Linné,
correspond à celui de Ranelle de Lamarck.
Voy. ce dernier mot. (C. d’O.)
580
BIS
BIS
BIPOREIA ( bis , deux fois ; porus, pore).
bot. pu. — Genre de la famille des Simarou-
bacées, formé par Du Petit-Thouars ( Gen .
Madag.), et réuni en synonymie au Sama-
dera de Gœrlner. (C. L.)
BIQUE et BIQUET, mam. — Vieux noms
de la Chèvre et de son petit.
BIR-REAGEL. ois. — Nom d’une espèce
du g. Engoulevent, Caprimulgus slriguloides.
BIRA-SOUREL. bot. ph. — Synonyme
languedocien de Tournesol , Helianthus an-
nuus L.
BIRAGO. bot. ph. — Ce mot est synonyme
d’ivraie dans le dialecte gascon.
BIRGUE. crust. — Le genre Birgue ou
Jiirgus a été établi par Leach pour recevoir
un pagurien dont l’abdomen n’est pas con¬
tourné sur lui-même , et se trouve garni de
grandes plaques cornées à peu près comme
celui des autres Décapodes. On n’en connaît
qu’une seule espèce habitant les mers d’A¬
sie, et remarquable pa# les végétations vas¬
culaires dont est garnie la voûte de ses cavi¬
tés branchiales. (M. E.)
BIROLIA (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Élatrinacées, formé par
Bellardi ( Mém . acad. Tur., XVII, 64), et
réuni comme synonyme à l’Élatrine de
Linné. (C. L.)
BIROSTRITE. Birostrites {bis, deux fois ;
rosir um , bec), moll. — Genre créé par La-
marck pour le moule intérieur des Sphérulites
et des Radiolites dont il ignorait les rapports
avec la coquille. Des observations qui ne re¬
montent guère qu’à 12 années ont démontré
l’erreur du savant conchyliologiste et fait
rayer de la classification le genre qu’il avait
établi. Voyez rudiste et sphérulite.
(C. d’O.)
BIRRHE. ins. — Voyez byrriie.
BISAAM ou BIZAAM. mam. — Variété de
la Civette.
BISANNUEL. Biennis {bis, deux fois;
annus, année), bot. ph. — Plante dont la vie
dure deux années, c’est-à-dire qui ne fleurit,
ne fructifie et ne meurt qu’au bout de deux
ans. La première année , la plante bisan¬
nuelle ne pousse que des feuilles radicales
ou groupées et réunies en une sorte de
tête. A la seconde année, naît du centre
de ces feuilles une tige qui se charge de
fleurs, auxquelles succèdent des fruits et des
graines , et la plante périt ; ainsi, la Carotte,
le Chou, etc., sont des plantes bisannuelles*
Dans les ouvrages descriptifs , on exprime la
durée bisannuelle des plantes par le signe a*
qui est celui dont les astronomes se servent
pour désigner la planète de Mars, qui fait sa
révolution sidérale en deux ans. (A. R.)
BISCACHO. mam. — Voyez viscaciie.
*B1SCH0FFIA (nom propre), bot. ph. —
Ce genre , dédié par M. Blume à l’un des bo¬
tanistes distingués de l’Allemagne, a pour sy¬
nonyme le Microelus , Wight et Arnott. Il
appartient à la famille des Euphorbiacées, et
comprend aujourd’hui 5 espèces, dont 3 iné¬
dites, indigènes des Moluques ou du conti¬
nent indien. Ses caractères sont : Fleurs
dioïques. Mâles. Calice à 5 folioles concaves
ou infléchies en capuchon, et auxquelles cor¬
respondent 5 étamines à filets très courts ,
supportant de grosses anthères introrses ,
biloculaires ; rudiment d’ovaire en forme de
clou à tête aplatie ou même légèrement con¬
cave. Point de corolle. Femelles. Calice à
5 folioles petites , dressées, lancéolées. Co¬
rolle et étamines nulles. Parfois 1-2 glandes
excessivement petites, correspondant à 2 di¬
visions du calice. Ovaire ovoïde, 3-locu-
laire , à loges 2-oYulées , et surmonté de
3 styles linéaires , entiers , recourbés ou
flexueux , papilleux sur la face interne ou
supérieure. Fruit indéhiscent , en forme de
petit drupe charnu , de la grosseur d'une
Merise ou d’un gros Pois , triloculaire , cha¬
cune des loges ne contenant, par avorte¬
ment, qu’un seul ovule. — Les Bischoffia, pla¬
cés par M. Blume à la suite des Rutacées ,
doivent réellement appartenir aux Euphor¬
biacées. La plupart d’entre eux sont des ar¬
bres qui atteignent une très grande hauteur;
leurs feuilles sont composées, 3-foliées ; leurs
fleurs, disposées en panicules lâches dans les
femelles , très serrées au contraire dans les
mâles , sont en général de couleur jaunâtre
et toujours fort petites. Ce g. , à cause de
ses loges 2-ovulées , ses étamines définies et
insérées à la base ou sous le rudiment d’un
ovaire central et sessile , semble devoir faire
partie de la lre division établie dans les Eu¬
phorbiacées par M. Ad. de Jussieu. (J. D.)
*BISCUCULL A , Endl. bot. ph. — Syno¬
nyme de Bicuculla.
*BISCUCULL ATA , Endl. bot. ph.— Sy¬
nonyme de Bicucullata.
BISCUTELLA {bis, deux fois; scutellu ,
BIS
BIS
581
écuelle; forme des fruits), bot. ph. — Ce
genre linnéen appartient à la famille des Cru¬
cifères, tribu des Thlaspidées , et a été divisé
par De Candolle en deux sections renfer¬
mant en tout 30 espèces , dont 2 incertaines.
Les Biscutelles croissent dans le midi de l’Eu¬
rope elle bassin méditerranéen, en Italie, en
Espagne , dans le midi de la France , etc. La
plupart sont hispides ou tomenteuses ; à
feuilles subradicales ou caulinaires, alternes,
oblongues , entières , dressées ou pinnatifi-
des ; à tiges cylindriques ; à fleurs inodores ,
ébractéées, disposées en faux corymbe.
(C. L.)
BIS-ERGOT, ois. — Syn. de Francolin
Haban Kukalla, Teirao bicalcaratus Forst.
*BISERIÉ. Biseriatus (bis, deux fois; sériés ,
série), bot. pu. — Se dit de tout système d’or¬
ganes disposés en deux séries , l’une inté¬
rieure , l’autre extérieure ; ainsi les pétales
sont bisériés dans plusieurs plantes de la fa¬
mille des Anonacées. (A. R.)
BISERRULA (bis , deux fois; serrula, pe¬
tite scie), bot. pu. — Genre de la famille des
Papilionacées , tribu des Astragalées? formé
par Linné et indiqué d’abord par Tourne-
fort sous le nom de Pelecinus vulgaris . Il ne
renferme que cette seule espèce, remarquable
surtout par sa gousse biloculaire. C’est une
plante herbacée, annuelle, diffuse, pubes-
cente; à feuilles imparipennées, multiju-
guées; à fleurs petites, bleuâtres, disposées
en un épi ovale, croissant au midi de l’Eu¬
rope et en Orient, dans les lieux pierreux.
(C, L.)
BISET, ois. — Nom vulgaire du Columba
livia, appelé également Pigeon de roche, et
qu’on regarde comme la souche de la plus
grande partie de nos races domestiques.
BISETTES. ois. — Nom vulgaire de la Ma¬
creuse commune.
BISETTES. bot. cr. — Nom vulgaire
des Mousserons.
"BISEXUEL ou mieux BISEXUÉ . Bisexua-
tus (bis, deux fois; sexus, sexe), bot. — Cette
expression est synonyme de fleurs herma¬
phrodites , c’est-à-dire munies des deux or¬
ganes sexuels, étamines et pistils, réunis dans
un même périanthe. (A. R.)
BISIPHITE. Bisiphites (bis, deux fois ; si¬
phon, siphon), moll. foss. — GenredeCépha-
lopodes fossiles, établi parMontfort, pour une
espèce de Nautiles auquel il avait cru Irou-
ver deux siphons, et qui n’a réellement qu’un
enfoncement en entonnoir et sans issue à la
partie postérieure des cloisons, ce qui a causé
son erreur. Ce g., que M. Deshayes laisse en¬
core dans les Nautiles, semble à quelques au¬
teurs, à cause de cette particularité, justifier
une division dans le g. Nautile. (C. d’O.)
BISMUTH ( de l’allemand Wismuih ).
min. — Ce métal était connu des anciens ,
qui le confondaient avec le Plomb et l’ɬ
tain ; Stahl et Dufay en reconnurent les pre¬
miers les propriétés distinctives. A l’état pur,
il ressemble beaucoup à l’Antimoine , mais
il est d’un blanc rougeâtre , il est très cas¬
sant et facile à pulvériser ; il a beaucoup de
tendance à cristalliser. On l’obtient aisément
sous formes cristallines, en faisant fondre du
Bismuth dans un creuset ; lorsque le métal
est fondu on le laisse refroidir, et dès que la
surface du métal est figée, on perce la croûte
et l’on décante la partie encore liquide. Après
le refroidissement on brise le creuset, et on
le trouve tapissé à l’intérieur de cristaux
dont la forme ressemble à ceux du sel ma¬
rin. Ces cristaux paraissent être des cubes,
dont les surfaces seraient excavées en tré¬
mies , avec celte différence que les lames
qui les composent ne sont pas complètes
comme celles du sel marin, mais présentent
en certains endroits , vers leurs bords , des
interruptions et des inflexions qui imitent les
dessins à la grecque.— La forme primitive du
Bismuth est , d’après Haüy , l’octaèdre régu¬
lier. Le Bismuth fond à la simple flamme
d’une bougie : à une haute température, il se
volatilise, et on peut le distiller en vases clos ;
il se sublime alors en cristaux feuilletés. Il
est soluble dans l’acide nitrique avec dégage¬
ment de gaz nitreux ; l’addition d’une cer¬
taine quantité d’eau pure le précipite en
blanc de ses dissolutions par les acides.
Le Bismuth est, dans les méthodes minéra¬
logiques qui procèdent comme celle d’Haüy,
la base d’un genre composé d’au moins six
espèces, savoir : le Bismuth natif, le Bismuth
sulfuré, le Bismuth telluré, le Bismuth oxydé,
le Bismuth carbonaté et le Bismuth silicaté
phosphorifère.
I . Bismuth natif. Gediegener Wismuth, W.
Substance métallique, très lamelleuse, d’un
blanc rougeâtre, présentant quelquefois des
teintes superficielles de gris jaunâtre ou ver¬
dâtre , très fragile , s’égrenant sous le mar-
582
BIS
BIS
teau, très fusible au chalumeau, et donnant
un oxyde jaune qui couvre le charbon; solu¬
ble avec effervescence dans l'acide nitrique,
où elle produit une nébulosité d’un vert jau¬
nâtre.
Le Bismuth se clive en octaèdre régulier :
on en cite des cristaux en octaèdres , en té¬
traèdres réguliers , et en rhomboèdres aigus
de 70° 31' (angle plan, 60°), qui résultent de
la combinaison d’un octaèdre et de deux té¬
traèdres , et représentent ainsi ce qu’Haüy
considérait comme la molécule soustractive.
— Le Bismuth naturel est rarement pur ; il
est presque toujours mélangé d’une certaine
quantité d’Àrsenic. On le trouve ordinaire¬
ment à l’état lamellaire , ou sous forme de
ramifications , qui présentent les structures
palmée ou penniforme, et qui sont dissémi¬
nées dans le Quartz ou le Jaspe, dans le Cal¬
caire ou la Barytine. Il se rencontre principa¬
lement dans les filons arsénifères, argentifères
et cobal tifères à Bieber, dans le Hanau ; à
Wittichen , en Souabe ; à Joachimsthal , en
Bohême; à Schneeberg, en Saxe ; à Bispberg
et à Bastnaës, en Suède. On en trouve aussi
des traces dans la mine de plomb de Poul-
laouen , en Bretagne , et dans la vallée d’Os-
sau (Pyrénées). — Le principal usage du Bis¬
muth consiste dans les alliages qu’on en fait
avec diverses substances métalliques , entre
autres avec l’Étain , auquel il donne plus
d’éclat et de dureté. Il est un des composants
de l’alliage fusible de Darcet. On a proposé
de l’employer dans l’étamage des glaces , et
de le substituer au Plomb dans l’essai de l’Ar¬
gent à la coupelle.
2. Bismuth sulfuré. Bismuthine, Beud. ;
Wismuthglanz , W. Substance métalloïde,
d’un gris de plomb ou gris d’acier, avec une
nuance de jaunâtre, cristallisant en aiguilles
rhomboïdales très allongées, et striées longi¬
tudinalement. Cette espèce paraît être iso¬
morphe avec l’Antimoine sulfuré ou la Sti¬
bine. Elle est composée de deux atomes de
Bismuth et de trois atomes de Soufre ; en
poids de 81,5 de Bismuth et de 18,5 de Sou¬
fre. Sa forme fondamentale est un prisme
rhombique droit d’environ 91°, clivable avec
beaucoup de netteté , comme celui de la Sti¬
bine, dans le sens de la petite diagonale ; elle
est moins dure que le calcaire, et pèse spéci¬
fiquement 6,5. Elle est fusible à la simple
flamme d’un» bougie ; fondue sur le charbon
elle entre en ébullition , éclabousse et pro¬
jette des gouttelettes incandescentes , couvre
le charbon d’oxyde jaune, et donne pour ré¬
sidu un globule de Bismuth. Elle est soluble
lentement dans l’acide nitrique ; la solution
en est troublée par l’eau et précipite en noir
par les hydrosulfates. — On la trouve dans les
filons qui traversent le Granit et les Schistes
cristallins, sous la forme d’aiguilles ou de la¬
melles striées, à Bieber en Hanau, avec la Si¬
dérose ; en Saxe et en Bohême, avec le Silex
corné ; à Bastnaës en Suède , avec la Cérite
rouge.
On a rapporté à cette espèce : l»un miné¬
ral en aiguilles d’un gris métallique jaunâ¬
tre, qui se trouve disséminé dans un Quartz
gras, dans la mine d’or deBérésof, en Sibérie;
c’est le Nadelerz de Werner, le Bismuth sul¬
furé plumbo-cuprifère d’Haüy, qui paraît
formé de Sulfure de Bismuth , mélangé ou
combiné avec des sulfures de Cuivre et de
Plomb. 2° Un autre minéral en aiguilles qui
ressemble beaucoup au Nadelerz , et qui est,
comme lui, disséminé dans des gangues sili¬
ceuses , c’est le Wïsmulhbleierz de Schap-
bach, pays de Baden , ou le Bismuth sulfuré
plumbo-argentifère d’Haüy, composé de sul¬
fure de Bismuth , de sulfure de Plomb et de
sulfure d’Argent. — Le sulfure de Bismuth se
rencontre encore uni au sulfure de Cuivre
dans le Kupferwismuiherz de Wittichen en
Souabe, et au sulfure de Nickel dans le
Nickelwismuthqlanz de Grünau, comté de
Sayn-Altenkirch. Koyez sur toutes ces ma¬
tières le mot sulfures.
3. Bismuth tellure. Tétradymite, Haid.;
Bornine, Beud. Substance métalloïde , d’un
gris de Plomb ou d’un blanc d’Étain , en la¬
mes à cassure striée, dérivant d’un rhom¬
boèdre aigu de 66° 40' , clivable très nette¬
ment perpendiculairement à l’axe. C’est un
sulfo-tellurure de Bismuth avec traces de Sé¬
lénium. Sa pesanteur spécifique est de 7,5.
On l'a trouvée dans un conglomérat trachy-
tique, près de Schemnitz, en Hongrie. — L’Ar¬
gent moïybdique de Deutsch-Pilsen, en Hon¬
grie , paraît se rapporter à la même espèce ;
cependant sa pesanteur spécifique est un peu
plus considérable , et il contient 2 à 3 pour
100 d’Argent. On cite encore la même sub¬
stance, en lamelles éclatantes, à Tellemarkeri ,
en Norwège, et à Bastnaës, en Suède, où elle
accompagne la Cérite et Ta Chalkopyrite.
BÎS
BIS
4. Bismuth oxydé. Wismuth-Ocker, W.
Cette substance n’a encore été trouvée qu’à
l’état pulvérulent sur les minerais de Bis¬
muth, de Cobalt et de Nickel, principalement
près de Schneeberg , en Saxe. Elle est très
tendre et même friable, et se réduit très faci¬
lement sur le charbon. Sa couleur est le
jaune verdâtre , passant quelquefois au gris
jaunâtre.
5. Bismuth carbonate. On a décrit sous
ce nom une substance terreuse , brune , ve¬
nant de Sainte-Agnès en Cornouailles, et qui
a été analysée par Mac-Grégor ; mais cette
analyse laisse beaucoup à désirer. La sub¬
stance que M. Breithaupt vient de décrire
sous le nom de Bismuthite, et qu’on trouve
en petites aiguilles jaunes et vertes à Ullers-
reuth en Voigtlang, paraît n’être qu’un Car¬
bonate de Bismuth.
6. BlSMÜTH SILICATE PIIOSPHORIFERE. Euly-
üne, Br. ; Wismuthblende. Substance brune,
à éclat adamantin, clivable en dodécaèdre
rhomboïdal, et cristallisant dans le système
tétraédrique. Ses cristaux , qui sont fort pe¬
tits, sont des tétraèdres pyramidés. Leur du¬
reté est de 4,5, leur pesanteur spécifique de
5,8. — Ils fondent aisément, et sont réducti¬
bles par la Soude. Ils font gelée avec les aci¬
des nitrique et chlorhydrique. Analysée par
Kesten, cette substance a donné : Silice, 22,23 ;
oxyde de Bismuth, 69,36 ; acide phosphori-
que, 3,31 ; oxyde de Fer, 2,40 ; oxyde de Man¬
ganèse, 0,30; Eau et acide fluorique, 1,01. —
On la trouve à Schneeberg en Saxe , où elle
est accompagnée d’Atélestite , en petits cris¬
taux jaune de Soufre. (Del.)
*BÏSMUTHINE, Beud. min. — Voy. bis¬
muth SULFURE.
^BISMUTHITE, Br. min. — Voy. bismuth
CARBONATE. (DEL.)
BISNAGILLI. bot. ph.— Synonyme vul¬
gaire de Bryonia laciniosa.
BISNAGO. bot. pii. — Synonyme pro¬
vençal du Daucus visnaya L. Voyez ca¬
rotte.
*BISNIUS. ins. — Genre deCoîéoptères pen¬
tamères, de la famille des Brachélytres , éta¬
bli par Stephens, et non adopté par Erich-
son , qui en rapporte les espèces au g. Phi-
lonthus de Leach. Voy. ce mot. (D.)
BISON. Bos americanus Gmel. mam. —
Le mot Bison , employé par les auteurs latins
583
du premier siècle (1) pour désigner l’Aurochs,
que les progrès dés armes romaines avaient
fait récemment connaître à l’Italie, paraît
dériver du nom que portait l’animal dans la
langue des Germains , ou du moins d’un mot
qui s’appliquait au genre, sans distinction
d’espèces (2). En effet, nous voyons, dans le
vieux poëme des Niebelungen, un Bœuf sau¬
vage mentionné sous le nom de JVisent ; et,
plus tard, Albert-le-Grand fait usage de Vi¬
sent dans le même sens.
Dans les auteurs latins du moyen-âge, le
mot Bison se trouve appliqué non seulement
à l’Aurochs, mais encore à tous les Bœufs
sauvages en général , et il en est de même
des mots Unis et Bnbalus. Ainsi, à mesure
que les pays où se trouvaient ces grands Ru¬
minants devenaient plus accessibles , les
noms par lesquels on en distinguait les divef-
ses espèces perdaient leur sens précis , et les
renseignements devenaient si vagues , qu’il
est aujourd’hui presque impossible d’en tirer
parti pour fixer les anciennes limites géogra¬
phiques de quelques unes de ces espèces. Il
est évident, en effet, qu’on ne saurait as¬
seoir aucune conclusion sur lotit passage où
l’un des trois noms que nous venons de rap-
(i) Tibi dant varice pectora Tigres,
Tibi vellosi terga Bisontes...
Sénèque , Ilippol., act. I , v. G3.
Pautissima Scythia gignit , inopia frutieüm ; paitca eon
termina illi Germania , insignia tamen Boum ferorum gé¬
néra, jubatos Bisontes excellentique vi et velocitate uros...
quibus imperitum vulgus Bubalorum nomen imposuit.
Plin , Nat. Hist., lib. VIII, cap. xv.
Illi cessit atrox Bubalus atque Bison.
MAKTiAii, Spect., épigr. xxnt.
(a) Parmi les naturalistes qui soutiennent cette étymolo-
gie , jusque là fort plausible , quelques uns vont plus loin, et
veulent que l’ancien nom , dont la forme précise ne leur est
pas connue , dérive du mot Bisam , mot qui , dans l’alle¬
mand moderne , signifie Musc. Celte dernière conjecture est
peu vraisemblable, et il en est une bien plus naturelle , qui
consiste à supposer que le mot par lequel on a d’abord dé¬
signé, dans les pays allemands, non le Véritable Muse, qui n’y
a été connu que fort tard , mais l’odeur musquée , en géné¬
ral , a été tiré du nom de l’animal qui la présente à un très
haut degré. Par la suite , on aura étendu l’acception de
ce mot; et c’est par abus qu’on l’aura attribué enfin exclu¬
sivement au musc du Clievrolain. Au reste , le même trans¬
port a eu lieu dans d’autres pays, où le musc a reçu le nom
de castouri , parce que le castoreurn y avait été long-temps
le type des odeurs musquées. Dans les contrées de l'Europe
où l’on ne connaissait point le Bison et très peu le Castor, le
Musc a reçu des noms dérivés de ceux qu’il porte dans les
langues asiatiques, et ces derniers noms , pour le remarquer
en passant, rappellent les rapports qu’a la substance odo*
rante avec l’appareil génital de l’animal qui la fournit
BIS
584
peler se présente sans être accompagné d’une
indication de caractères ; mais, même quand
cette indication s’y trouve jointe, nous ne la
pouvons accepter qu’avec une extrême ré¬
serve, puisque nous savons comment on pro¬
cédait dans cet âge du demi-savoir, cent
fois pire que l’ignorance. Au lieu de donner
les résultats de ses propres observations ou
les renseignements qu’il aurait pu recueillir
des chasseurs et des habitants de la campa¬
gne, l’écrivain qui voulait faire connaître
un animal puisait à des sources qu’il re¬
gardait comme beaucoup plus respectables ,
et allait chercher dans quelque manuscrit
incorrect de Pline ou de Solin la description
correspondant au nom qu’il avait adopté.
C’est ainsi que le naturaliste romain ayant
parlé des jubatos Bisontes , Boethius , qui dé¬
signait, sous le nom de Bisons, les Bœufs sau¬
vages de l’Écosse , n’hésita pas à leur donner
une crinière de Lion. Ces Bœufs cependant,
comme on le sait aujourd’hui , n’ont rien de
commun avec les Bœufs à crinière, et appar¬
tiennent à la même souche que notre bétail
domestique.
Une extension plus judicieuse du mot Bi¬
son fut faite à une époque postérieure. Les
Espagnols, qui pénétrèrent vers le milieu du
xvie siècle dans le bassin du Mississipi , y
trouvèrent une espèce de Bœufs , le Buffalo
des Anglo-Américains , qui offrait avec l’es¬
pèce de l’Aurochs une telle ressemblance dans
tous les caractères extérieurs, qu’elle pouvait,
qu’elle devait même d’abord n’en être consi¬
dérée que comme une variété. En effet , si
les descriptions des parties externes et les fi¬
gures du nouvel animal permettaient d’a¬
percevoir entre lui et l’Aurochs quelques dif¬
férences, telles que la brièveté des jambes,
de la queue, le moindre développement du
train de derrière, etc., ces différences n’é¬
taient pas plus grandes que celles qu’on ob¬
serve entre deux races sauvages appartenant
à une même espèce, mais habitant des pays
éloignés l’un de l’autre. Plus tard , à la vé¬
rité , on reconnut que le nombre des côtes
n’était pas le même chez les deux animaux;
on les considéra comme spécifiquement dis¬
tincts, et l’on sentit la nécessité de ne plus les
confondre sous un même nom ; mais, par une
de ces bizarreries qui ne sont que trop com¬
munes en histoire naturelle, ce fut l’espèce
du Nouveau- Monde qui conserva le nom
BIS
donné originairement à l’espèce de l’ancien
continent.
Quoi qu’il en soit , ces deux espèces offrent
entre elles beaucoup de traits de ressem¬
blance ; elles forment un groupe bien tran¬
ché , qu’on peut avoir besoin de considérer
isolément, et pour lequel il est bon d’avoir
une dénomination commune. Quelques na¬
turalistes les désignent collectivement sous
le nom de Bisons; mais c’est une mauvaise
pratique que de faire ainsi d’un mot une dou¬
ble application, puisque le lecteur est souvent
embarrassé pour savoir si ce mot doit être
pris dans le sens le plus général ou dans le
sens le plus restreint. Le mot Bisomidées ,
employé par d’autres zoologistes, ne laisse
pas l’esprit en suspens , mais il prête à une
autre objection , car la terminaison en idées
est, en quelque sorte, consacrée par l’usage
aux noms de famille, et ne paraît guère con¬
venable pour un petit groupe qui ne s’élève
pas même au rang de sous-genre. Je propo¬
serai d’y substituer le mot Bonase , employé
par Aristote , qui a donné la première et
la seule bonne description de l’Aurochs que
nous trouvions dans les auteurs anciens.
C’est à ce mot (f) que je placerai ce que
j’aurai à dire des caractères communs aux
deux espèces , et de ceux qui caractérisent
chacune d’elles en particulier. (Roulin.)
BISOTTE. bot. ph. — Nom vulgaire de
YAyaricus livescens.
BISPÉNIENS (bis, deux fois; pénis, pénis).
rept. — C’est le troisième et dernier ordre de
la sous-classe des Reptiles, établi par M. de
Blainville pour les Sauriens et les Ophi¬
diens , qu’il réunit dans un même groupe, à
cause de leurs affinités organiques , et qu’il
désigne sous le nom de Bispéniens , par suite
de la disposition double de l’organe excita¬
teur du mâle. (c. D’0.)
BISSE, ois.— Synonyme de Rouge-Gorge.
Voyez RUBIETTE.
BISSE-MORELLE. ois. — Nom vulgaire
de la Fauvette traîne-buisson, Moiacilla mo -
dularis. Voyez accenteur.
BISSET et BISSUS. bot. cr. — Synonyme
de Byssys .
BISSOLITHE. min. — Voyez byssolithe.
BISSOURDET. ois. — Nom vulgaire du
Troglodyte.
(i) Voir aussi aux mots Aurochs , Boeuf , Buffalo e*
Zubr.
BIT
BISSOIJS. mam. — Synonyme vulgaire de
Lapin.
BISSUS. bot. cft. — Voyez byssus.
BISTARDB ou BITARDE. ois. — Syno¬
nyme d’Outarde.
"BISTON (fils de Mars), ins. — Leach dé¬
signe ainsi un g. de Lépidoptères nocturnes ,
déjà nommé Amphidasis par les entomolo¬
gistes allemands. V oyez ce mot. (D.)
BISTORTE ( bis , deux fois ; tonus , tor¬
tueux). bot. ph. — Nom vulgaire d’une es¬
pèce du g. Polygonum.
RISTOURNÉE, moll. — Nom vulgaire
d’une coquille du g. Arche , Area lortüosa.
Oken en a fait un g. distinct des Arches
sous le nom de Trisis. (C. d’O.)
BISTROPOGON. BOT. PH. — Voyez BYS-
TROPOGON. (G. L.)
"BISULFURE DE CUIVRE, min.— Voyez
CUIVRE et SULFURES. (DEL.)
BISULQUES (bis, deux fois ; sulcus, sillon).
mam. — Animaux à deux sabots principaux,
tels que les Ruminants.
BITARDE. ois. — Voyez bistarde.
BITESTACÉS. Bitestaceüs (à», deux fois ;
testa, coquille), crust. — Nom sous lequel on
a désigné les Crustacés de l’ordre des Bran-
chiopodes , dont le corps est recouvert d’un
double bouclier semblable à une coquille bi¬
valve; tels sont les Cypris, les Daphnies, etc.
(C. d’O.)
BITOMA ( bis , deux fois ; ropw , portion ;
ce nom fait allusion aux deux articles de la
massue des antennes), ins. — Genre de Co¬
léoptères tétramères, famille des Xylopha¬
ges, tribu des Trogossitaires, établi par Herbst
aux dépens du g. Lyctus , Fabr. Il n’en dif¬
fère que parce que les espèces qui le compo¬
sent ont les antennes plus courtes et les man¬
dibules cachées ou peu découvertes. M. De-
jean, dans son dernier Catalogue, y rapporte
8 espèces , dont 7 d’Amérique et une seule
d’Europe. Cette dernière est le Lyctus cre-
natus Fabr. , qu’on trouve sous les écorces
aux environs de Paris; elle est figurée dans
Panzer (flisl. ins. , t. I, tab. 24). M. Guérin-
Méneville, dans son Iconographie du Règne
animal de Cuvier, pl. 41 , fig. 5, en figure
une espèce nouvelle qu’il nomme B. unicolor.
Latreille avait changé le nom de ce g. en ce¬
lui de Ditoma comine plus correct ; mais ce¬
lui de Bitoma a prévalu. (D.)
BITOME. Bitomus ( bit , deux fois ; vôyo<; ,
T. II.
BIT 585
division, section). Moll. — Coquille micros¬
copique que Soldani prétend avoir trouvée en
abondance dans la Manche, où personne ne
l’a retrouvée depuis , et que Montfort a prise
pour type du g. Bitorne , sur une figure de
Soldani. L’adoption de ce g. est ajournée
jusqu’à ce que son existence soit bien con¬
statée. (C. d’O.)
BITOR ou BITOUR. ois.— Nom vulgaire
du Butor.
BITRISCHUS. ois. — Synonyme de Roi¬
telet.
"BITTACOMORPHE. Bitlacomorpha (Bit-
tacus, nom d'un g. de NévroptèreS; yopyri ,
forme), ins. — Genre de l’ordre des Diptères,
division des Némocères , famille des Tipulai-
res, tribu des Terricoles, établi par M. West-
wood sur une seule espèce, Ptychoptera cla-
vipes de Fabricius, et adopté par M. Macquart
dans son Suppl, à VHist. nat. des Diptères ,
t. II, p. 648.
L’espèce unique, sur laquelle ce g. a été
fondé, est remarquable par la longueur inusi¬
tée de l’abdomen ; par la conformation de ses
pieds en massue, et par les nervures des ailes.
En voici une courte description : longueur,
8 lignes ; obscure ; thorax à bandes ; côtés et
écusson blancs; jambes à bandes blanches;
1er art. des tarses longs, à base blanche. Elle
est de l’île de Terre-Neuve , Amérique bo¬
réale. (D.)
BITTAQUE. Bittacus. ins.— Genre de la fa¬
mille des Panorpiens, de l’ordre des Névrop-
tères, établi par Latreille aux dépens du g.
Panorpa , Lin., et adopté par tous les ento¬
mologistes.
On ne connaît encore que quatre espèces
de ce genre, dont le type est le B. tipularius
( Panorpa tipularia Lin., Fab.), qui habite la
France et tout le midi de l’Europe, et offre en¬
tièrement l’aspect d’un Tipule (g. de l’ordre
des Diptères). (Bl.)
* BITTERSALZ , c’est-à-dire Sel amer.
min. — Synonyme d’Epsomite ou Sulfate de
magnésie. Voyez sulfates. (Del.)
BiTTERSPATH, c’est-à-dire Spath amer.
min. — Synonyme de Dolomie ou Carbonate
de chaux et de magnésie. Voyez carbonates.
(Del.)
BITUBULITE. Bitubulites (bis, deux fois;
tabulas, tube, petit tuyau), moll. foss. — Blu-
menbach a donné ce nom à un fossile très
singulier trouvé dans le calcaire d’Heinber
37"
586
BIT
BIT
près de Gœttingue. Ses affinités sont encore
inconnues ; car on ne sait si l’on peut le re¬
garder comme un fossile ou s’il appartient à
une autre classe. C’est sans fondement que
M. Schlotheim le rapproche des Hippurites
de Lamarck. (C. d’O.)
BITUME, min. — Les Bitumes sont des
substances liquides ou visqueuses , qui pa¬
raissent formées d’après les lois de la com¬
position organique , et sont beaucoup plus
analogues aux huiles et aux poix végétales
qu’aux minéraux proprement dits. Ces ma¬
tières , qui ne cristallisent pas , et dont la
nature chimique n’est pas bien définie ,
échappent complètement à la méthode mi¬
néralogique , dans laquelle on ne les admet
que par tolérance : on ne peut donc les dé¬
crire qu’à la manière des substances orga¬
niques naturelles , surtout à l’aide de leurs
propriétés chimiques. Les Bitumes sont des
substances combustibles, composées de car¬
bure d’hydrogène , seul ou uni à un principe
oxygéné. Us sont tantôt liquides et plus ou
moins transparents , tantôt mous comme de
la poix , quelquefois solides ; mais , dans ce
dernier cas, ils sont très friables , se pulvé¬
risent facilement entre les doigts , et se ra¬
mollissent à une température peu élevée.
Tous s’enflamment aisément et brûlent avec
flamme et fumée épaisse , en dégageant une
odeur forte qui leur est particulière. Leur pe¬
santeur spécifique varie de 0,7 à 1,2 , ce qui
fait que la plupart du temps ils surnagent à
la surface de l’eau : ils sont généralement de
couleur brune ou noire. On les divise en
plusieurs sous-espèces , ou variétés princi¬
pales , entre lesquelles il existe des passages :
le Naphte , le Pétrole , le Malthe et l’As¬
phalte.
1° Le JYaphie. Erdœl, W. C’est le Bitume
le plus rare. Il est parfaitement fluide à la
température ordinaire , diaphane, d’un blanc
jaunâtre, très inflammable; il suffit d’en
approcher un corps embrasé pour qu’il
prenne aussitôt feu comme de l’Alcool. Il
donne une flamme bleuâtre , une fumée
épaisse , et ne laisse aucun résidu. Lorsqu’il
est exposé à l’air pendant long-temps , il s’é¬
paissit et se change en Pétrole. Le Naphte
pur ou distillé paraît être isomère avec le
percarbure d’hydrogène des chimistes.
2° Le Pétrole (c’est-à-dire huile de pierre )
est de couleur brune ou d’un rouge noi¬
râtre , d’une consistance visqueuse plus ou
moins épaisse, et d’une fluidité qui aug¬
mente par la chaleur. C’est le Bitume li¬
quide le plus commun ; il diffère du Naphte,
en ce qu’il laisse pour résidu de la distilla¬
tion une matière bitumineuse non volatile ,
qui paraît être identique avec le Malthe.
3° Le Malthe ou Pissasphalle ( l’Asphalte
du commerce) : sorte de Bitume glutineux ,
de poix ou de goudron minéral , qui se dur¬
cit par le froid et se ramollit par la chaleur.
Il se fond toujours dans l’eau bouillante ; il
est soluble dans l’Alcool , dans le Naphte et
dans l’huile de térébenthine. Sa composition
n’est pas encore bien connue.
4° L 'Asphalte, Le Bitume de Judée ; le
Karabé de Sodome ; le Bitume des Momies.
Il est solide, d’un noir brunâtre, très fragile,
à cassure vitreuse largement conchoïdale. Il
est connu de temps immémorial , et il pro¬
vient principalement, ainsi que l’indique
son nom , du lac Asphaltite ou de la mer
Morte en Judée. Il ne fond pas à la tempé¬
rature de l’eau bouillante , mais il est fu¬
sible à une température plus élevée, et il
est insoluble dans l’Alcool. Il est formé de
carbone, d’hydrogène et d’oxygène, dans des
proportions qui ne sont pas encore bien dé¬
terminées.
On a beaucoup discuté sur l’origine des
Bitumes, et l’opinion la plus accréditée jus¬
qu’ici était qu’ils provenaient du règne vé¬
gétal , et résultaient d’une sorte de distilla¬
tion naturelle des Houilles. La ressemblance
qui existe entre certains Bitumes naturels et
les matières bitumineuses qu’on extrait de
la Houille appuyait fortement cette idée ;
mais elle était sujette à d’assez grandes dif¬
ficultés, par l’impossibilité où l’on se trou¬
vait d’expliquer d’une manière satisfaisante
l’immense quantité de Bitumes répandue à
la surface de la terre, l’existence de ces ma¬
tières dans les roches ignées, les filons, les
terrains antérieurs à la Houille, et enfin
les rapports constants qu’on remarque en¬
tre le gisement des Bitumes et les dépôts de
Sel , de Gypse et de Soufre , les salses , les
éruptions gazeuses , les sources thermales et
minérales : aussi les géologues pensent-ils
aujourd’hui que les Bitumes sont, comme
ces dernières substances, des produits vol¬
caniques indirects, ou une nouvelle sorte de
manifestation de l’activité de ces causes sou-
BIT
B1Y
terraines, qu’on désigne généralement sous
le nom d’agents pliuoniques.
Les Naphtes ou Pétroles accompagnent
presque toujours les salses ou les dégage¬
ments de gaz hydrogène carboné, qui s’é¬
chappent en différents lieux de l’intérieur de
la terre. On connaît des sources de Pétrole
à Miano , près de Parme ; au montZibio,
près de Sassuolo, dans le Modénais ; en Tos¬
cane , au nord des salses de Barigazzo et de
Pietra-Mala ; en Sicile , près de Girgenti ; en
France , à Gabian , près de Pézénas , dans le
département de l’Hérault, et à Bechelbrunn,
en Alsace; à l’île de Zante, dans des lacs
ou bassins naturels; au Caucase, en Perse,
dans l’Inde, au Japon et en Chine. Une des
localités les plus célèbres est le Schirvan ,
aux environs de Bakou et de la presqu’île
d’Abchéron, sur la mer Caspienne. — On em¬
ploie le Naphte pour l’éclairage ; on le fait
entrer dans la composition de certains ver¬
nis et de quelques préparations pharmaceu¬
tiques. On s’en sert aussi dans les labora¬
toires pour conserver le Potassium, en le
mettant à l’abri du contact de l’air et des
corps oxygénés.
Le Malthe ou Pissasphalte se trouve dans
une grande partie des lieux où se rencontre
le Pétrole ; il s’écoule par les fissures des ro¬
ches , et couvre souvent la surface du sol
environnant d’un enduit visqueux et mame¬
lonné. Il imprègne beaucoup de roches, par¬
ticulièrement dans le sol tertiaire , et consti¬
tue ce qu’on appelle les Grès , les Sables ,
les Calcaires bitumineux, les Argiles et Mo¬
lasses bitumineuses, etc. Il forme des gîtes
assez considérables à Orthez et Caupenne ,
près de Daz ; à Pyrimont et Seissel , près de
la perte du Rhône ; à Lobsann , dans le dé¬
partement du Bas-Rhin ; à Pont-du-Château,
en Auvergne , et au Puy de la Pège , où il
imprègne des vakes et tufs basaltiques , etc.
La plupart de ces Bitumes sont employés au¬
jourd’hui , à Paris , pour le dallage des ponts
et des trottoirs. On s’en sert aussi pour la
couverture des édifices et des terrasses , et
on cherche en ce moment à les appliquer à
la confection d’une nouvelle espèce de chaus¬
sée pour les voitures. En les mêlant à des
fragments de pierres meulières, on en fait
des pavés très solides , auxquels on donne
une forme rectangulaire ; on les pose ensuite
les uns à côté des autres sur une couche
5S7
de sable et de ciment bien dressée , puis
on les réunit en un tout imperméable en
faisant couler entre leurs joints du Bitume
fondu.
L’Asphalte proprement dit abonde par¬
ticulièrement en Judée; les anciens Égyp¬
tiens en faisaient usage dans la préparation
de leurs momies. Il s’élève continuellement
du fond du lac Asphaltite à la surface des
eaux, où il arrive dans un certain état de
mollesse ; les vents le poussent ensuite dans
les anses et les golfes où on le recueille.
Par l’exposition à l’air , il prend plus de con¬
sistance. On voit par un passage de Stra-
bon que les anciens le regardaient comme
un véritable produit volcanique, et cette
opinion est d’accord avec celle de la plupart
des géologues modernes. On trouve aussi de
l’Asphalte en d’autres lieux, où il se produit
également à la surface des eaux ; tel est en¬
tre autres un lac de 3 milles de tour, qui
existe dans l’ile de la Trinité. Enfin, on ren¬
contre, mais en petite quantité, des sub¬
stances bitumineuses analogues à l’Asphalte,
noires , brunes ou rougeâtres , qui accom¬
pagnent diverses substances des filons et
des terrains de cristallisation , telles que le
Quartz , la Barytine , le Calcaire , la Ga¬
lène, etc. (Del.)
BITUME ÉLASTIQUE, min. — Voyez
ELATERITE.
BITUME DE JUDÉE, min. — Voyez bi¬
tume ASPHALTE.
BITUME DES MOMIES, min. — Voyez
BITUME ASPHALTE.
BITUME RÉSINITE. min. — Voyez ré-
TIN ASPHALTE. (DEL.)
BITURE, ins. — Voyez byture.
"BIUS (/3toç, Yie). ins. — Genre de Coléop¬
tères hétéromères, famille des Ténébrionites,
établi par M. Dejean, dans son dernier Cata¬
logue, pour y placer une seule espèce re¬
tranchée par lui du g. Boros de Herbst. Cette
espèce est le Trogosita thoracina Fabr. , de
la Suède. (D.)
BIVAI. ois. — Nom vulgaire du Pic vert,
Picus viridis L.
BIVALVES. Bivalves (bis, deux fois ; valva,
valve), zool., bot. — Les conchyliologistes ont
presque tous introduit, dans leurs classifica¬
tions, le nom de Bivalves, qu’ils ont appliqué
à des groupes plus ou moins limités des Co¬
quilles à deux battants. Les détail relatifs à
588
BIX
cette dénomination se trouveront à l’article
mollusques, auquel nous renvoyons.
Les botanistes appliquent ce nom aux
capsules formées de deux parties ; tels sont,
par exemple, la capsule du Lilas, les noyaux
des Drupes, etc. (C. d’O.)
BIVALY. mam. — P oyez boeuf.
BIVET. moll. — Synonyme du Cancella -
ria cuncellata Lam.
BIVONÆA (Bivona Bernardi, botaniste
sicilien), bot. pu. — Ce genre, formé par De
Candolle (Syst. 2, 154), appartient à la famille
des Crucifères , tribu des Notorhizées-Angus-
tiseptées, et ne renferme qu’une espèce, le
B. luiea DC. C’est une petite plante annuelle
( ThlaSpi luteum Biy. Cent. 1 , 78), glabre,
glauque, débile, haute à peine de quelques
centimètres, et croissant en Sicile, sur les
flancs des montagnes arides. Ses fleurs sont
petites, jaunes, en grappes terminales; sa
tige, à peine rameuse, filiforme, porte des
feuilles alternes, cordiformes-amplexicaules;
les bases grossièrement dentées , sessiles su¬
périeurement. Introduite, en 1829, dans les
jardins anglais. (C. L.)
*BIV01\ÆA (nom propre), bot. ph. — Ce
genre , dédié par Rafinesque à un botaniste
sicilien, Bivona Bernardi, dont un autre
genre a conservé le nom , comprenait plu¬
sieurs espèces de Jatropha , et répondait au
Cnidoscolus dePohl. f^oy. ce mot. (Ad. J.)
*BIVOiYÆA (Bivona Bernardi, botaniste
sicilien), bot. pu. — Ce genre, formé par Mo-
cino et Sessi (Fl. mex. ined .) , est rapporté en
synonymie au g. Cardionema , DC. (C. L.)
BIWALDIA, Scop. bot. ph. — Synonyme
présumé de Garcinia.
BIXA. bot. ph. — Vieux nom du Rocou,
devenu le nom scientifique de cet arbuste.
*BIXACÉES. Bixinées. bot. ph. — La fa¬
mille de plantes dicotylédones polypétales
hypogynes ainsi appelée a été différem¬
ment circonscrite par plusieurs auteurs. Le
genre qui lui a donné son nom et plusieurs
autres voisins étaient, dans le principe , pla¬
cés à la fin des Tiliacées , dont on les a sépa¬
rés ensuite d’après plusieurs considérations ,
dont la principale est leur placentation parié¬
tale ; mais elle est souvent telle aussi dans les
Tiliacées, où les placentas, il est vrai, s’ap¬
prochent plus de l’axe, mais sans se confon¬
dre. M. Endlicher a élargi le cadre des Bixi¬
nées, en y faisant entrer les Flacourtianées ,
BIX
qui s’en distinguent par la multiplicité de
leurs styles ou de leurs stigmates sessiles. Mal¬
gré les intimes rapports de ces deux grou¬
pes , nous continuerons à les séparer, en con¬
servant aux Bixacées à peu près les mêmes
limites que leur avait données leur auteur,
M. Kunth , et alors nous leur assignerons les
caractères suivants : Fleurs hermaphrodites
ou rarement unisexuelles par avortement.
Calice de 4-7 folioles entièrement distinctes
ou soudées entre elles à la base , à préflorai¬
son imbriquée. Pétales en nombre égal , al¬
ternant avec elles , ou quelquefois nuis. Éta¬
mines en nombre indéfini , à filets libres
insérés sur un large disque qui occupe le
fond du calice , et leur donne ainsi souvent
l’apparence d’une insertion périgynique ;
anthères biloculaires. Ovaire libre , sessile ;
contenant des ovules nombreux attachés à 4-
7 placentas pariétaux dans une loge unique.
Style simple , indivis ou partagé au sommet
en 2-4 branches. Fruit capsulaire ou charnu,
renfermant, comme l’ovaire, plusieurs graines
fixées à des placentas saillants sur la paroi in¬
terne en lignes longitudinales , ascendantes ,
enveloppées d’un tégument pulpeux , sous
lequel on trouve un test crustacé , doublé
d’une mince membrane , un périsperme
charnu plus ou moins épais , et dans celui-ci
un embryon droit ou légèrement courbé , à
cotylédons foliacés, à radicule dirigée vers le
hile. — Les Bixacées sont des arbres ou des
arbrisseaux croissant entre les tropiques , la
plupart en Amérique, quelques uns dans les
îles d’Afrique ou d’Asie. Leurs feuilles sont
alternes , simples , entières , souvent parse¬
mées de points glanduleux, transparents,
posées sur des pétioles quelquefois munis ,
quelquefois dépourvus de stipules. Les pé¬
doncules axillaires , solitaires ou réunis plu¬
sieurs ensemble, quelquefois ramifiés par di¬
chotomies , ou en grappes , ou en panicules ,
portent en conséquence une seule ou plu¬
sieurs fleurs , et les pédicelles sont accompa¬
gnées de bractées. Le plus souvent la planip
est glabre; lorsqu’elle se couvre de poils, ils
sont ordinairement étoilés.
Genres.
1° Fruit déhiscent. Fleurs hermaphrodites.
Bixa , L. — Echinocarpus , El. — Trichos-
permum , Bl. — Lindackeria , Presl.— Denha-
wî'a,Meisn. ( Leucocarpon , Acb, Rieh.)
589
MU
2° Fruit indéhiscent. Fleurs assez souvent
unisexuelles.
Carpoiroche , Endl. ( Meyna , Radd. non
Aubl.) — Oncobaj Forsk. ( Lundra , Thonn.
et Schum. ). — Phoberos , Lour. ( Rhinan -
lhera , Bl. — Scolopia , Schreb.) — Ludia ,
Lam. — Lœlia , Lœffl. ( Thamnia , P. Br. —
Hellwingia , Adans. ) — Prockia , P. Br. — •
Thiodia, Benn. (Lighfootia, Sw.) — Aphloia ,
Benn.— Banara, Aubl. (Ascra, Sch .—Boca,
Fl. flum.) — Kuhlia, Kunth. — Azara, Ruiz
et Pav. ( Silenia , Berler. ) — Pineda , Ruiz
et Pav. — Christannia , Presl. — Dasyan-
thera, Presl. (Ad. J.)
BIXINÉES. bot. pii. — Voyez bixacees,
BIZAAM. mam. — Voyez bisaam.
BIZE, Rond, poiss. — Synonyme de Sarde,
Scomber sarda de Bloch.
*BIZIUR A , Leach. ois. — Genre démem¬
bré des Hydrobates de Temminck et des Ma¬
creuses de Cuvier, ayant pour type l’Hydro-
bate à fanon, Hydrobatus lobaïus Tem. [Pi.
col. 406), de la Nouvelle-Hollande.
Ce genre ou sous-genre faisant partie de
notre sous-famille des Fuligulinées , nous
renvoyons à ce mot, où nous indiquerons les
divers genres ou sous-genres qui en font par¬
tie. (Lafr.)
*BLABERES (filoiëépoç, nuisible), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, famille des
Curculionides , ordre des Gonatocères, divi¬
sion des Anthribides, établi par Schœnherr,
qui le place entre les g. Anilmbus et Pieso-
corynus. Il s’en distingue principalement par
la forme du corselet, qui offre près de sa base
une carène transverse et se continuant un
peu sur les côtés.
Ce genre ne renferme qu’une seule espèce,
retranchée par l’auteur des Tropidères , et
nommée par lui B. fallax. Elle est de la Ca-
frerie. (D.)
*BLABERUS (j3Xoc&poÇ , nuisible), ins.—
M. Serville [Rev. méih. de l’ordre des Orlh.)
a appliqué cette dénomination à un genre de
la famille des Blattiens, de l’ordre des Orthop¬
tères, que plusieurs entomologistes regardent
comme une simple division du g. Blaita.
Les Blabères sont les plus gros Insectes de
la famille des Blattiens ; on en connaît un pe¬
tit nombre d’espèces qui toutes proviennent
des parties chaudes du globe. Le type est le
B. giganteus ( Blatta giganlea Linn.) de l’A¬
mérique méridionale. (Bl.)
BLA
BLAG. ois. — Espècedu genre Milan, Falco
melanopterus Daud. , dont M. Savigny a fait
le type du genre Couhieh, nom arabe de cet
oiseau.
BLACK-WAD. MIN. — Voyez MANGANESE
HYDROXYDE. (DEL.)
BLACKBOURNEA , Kunth. bot. ru. —
Synonyme de Blackbnrnia.
BL ACKBGRIM A (nom propre), bot. ph.
— Genre de plantes dédié par Forster à J.
Blackburne, Anglais qui avait rendu quel¬
ques services à la science par son jardin bo¬
tanique. Il a été placé parmi les Zanthoxy-
lées et offre les caractères suivants : Fleurs
monoïques par avortement. Calice 4-fide ; 4
pétales plus longs, à préfloraison valvaire in-
dupliquée. Fleurs mâles : Étamines 4 , plus
courtes que les pétales, à anthères introrses,
biloculaires, portées sur des filets extrême¬
ment courts, entourant un rudiment d’o¬
vaire conique et simple. Fleurs femelles :
Pas d’étamines ; ovaire unique porté sur un
gynophore très court, à une seule loge, vers le
sommet de laquelle est suspendu un ovule
unique, se rétrécissant à son sommet en un
style court que termine un stigmate obtus.
Capsule presque globuleuse, sessile, s’ou¬
vrant à moitié en deux valves ; sa loge uni¬
que, revêtue d’un endocarpe qui ne se détache
pas, présente une graine de même forme sus¬
pendue à un funicule filiforme, couverte d’un
test osseux et noir , doublé d’une peau mem¬
braneuse, et contenant , dans l’axe d’un pé-
risperme charnu , un embryon à cotylédons
foliacés , articulaires , plans , à radicule très
courte et supère. — L’espèce connue est un ar¬
bre de File Norfolk, à feuilles alternes ou op¬
posées, de 2 à 4 paires de folioles entières avec
une impaire terminale , à panicules serrées ,
axillaires et terminales. (Ad. J.)
*BLACKSTONIA (nom propre), bot. pu. —
Genre de la famille des Gentianacées , formé
par Hudson (Fl. angl., 146), et synonyme du
Chlora de Linné.
Ce nom a été donné aussi par Scopoli
( Iniros ., n. 1256) à un genre de la famille
des Clusiacées , synonyme de Moronobea
d’Aublet. (G. L.)
*BLACKWELLIA (nom propre), bot. ph.
— Ce genre de la famille des Homalinacées ,
fondé par Çommerson (msc.) et adopté par
Jussieu ( Gen. 343), renferme environ 8 es¬
pèces, indigènes des îles de Madagascar et de
590
BLA
BLA
Bourbon , de l’Asie tropicale et du Népaul.
Ce sont des sous-arbrisseaux ou arbrisseaux
à feuilles alternes , exstipulées , courtement
péliolées, coriaces, dentées ou plus rarement
très entières, glabres ou pubescentes en des¬
sous ; à fleurs blanches, petites, disposées en
épis terminaux ou axillaires, simples ou pa-
niculés. (C. L.)
*BLACODES (j3Aaxw<ÎYjç , paresseux), ins.
— Genre de Coléoptères hétéromères , famille
des Mélasomes, établi par M. Dejean dans son
dernier Catalogue , mais dont les caractères
n’ont pas été publiés. D’après la place qu’il
lui donne, il appartiendrait à la tribu des
Pédinites de M. Solier. Il y rapporte 7 espèces,
toutes du cap de Bonne-Espérance , et parmi
lesquelles figurent le Phylax subcarinatus
St. , YOpalrum sulcalum Wied., et YOpatrum
V ertagus d’Illiger. ^ (D.)
BLACOUEL. bot. pu. — Francisation vi¬
cieuse de Blackvellia , dont il est synonyme.
*BLACUS (jSAaxoç, indolent), ins. — Genre
de la famille des Ichneumoniens , tribu des
Braconides, de l’ordre des Hyménoptères,
établi par Nees von Esenbeck , adopté par
Wesmaël , etc.
M. Haliday a réduit le genre Blacus aux
espèces dont l’abdomen est sessile, et les
tarses munis de crochets simples. On connaît
quelques espèces européennes de ce g. ; celle
qu’on peut en considérer comme le type est
le B. humilis Nees von Esenbeck. (Bl.)
BLADIIIA (nom propre), bot. pii.— Genre
formé par Thunberg (Fl. jap., t. 18, 19)
dans la famille des Myrsinacées , et regardé
comme une des deux divisions du sous-genre
Euardisia, Al. DC. Voy. ardisia. (C. L.)
BLÆRIA, L. bot. pii. — Voyez blairia.
(C. L.)
BLAGRE. ois. — Nom vulgaire du Py-
gargue Blagre, Falco Blagrus.
*BL AIN VILLE A (nom propre), bot. pii.
— Genre de plantes dédié par Cassini à
M. Ducrotay de Blainville. Il fait partie
des Composées - Astéroidées et présente les
caractères suivants : Capitule plurifîore hé-
térogame ; fleurs du rayon peu nombreuses,
1-sériées, femelles, formant une ligule assez
large, courte, irrégulière et 3-dentée; celles du
disque hermaphrodites, régulières, 5-dentées.
Style des fleurs du disque inclus, à rameaux
courts et presque semblables à ceux des
Buphlhalmum ; fruits du rayon triangulaires,
glabres, ou légèrement hispides dans les an¬
gles, lesquels portent au sommet 3 arêtes per¬
sistantes, raides, ciliées ; ceux du disque, com¬
primés latéralement, présentent en général
2, plus rarement 3-4 arêtes. Involucre ovale,
cylindracé , formé de 1-3 séries d’écailles
dressées, foliacées, ovales-oblongues à l’exté¬
rieur , paléacées à l’intérieur. Réceptacle
plan, étroit, portant des écailles membra¬
neuses , dentées au sommet , concaves et
embrassant les fleurons. — Les Blainvillea
sont des herbes annuelles , indigènes pour
la plupart de l’ancien continent , munies de
feuilles opposées , pétiolées, triplinervées et
dentées. Les pédoncules qui naissent aux
aisselles des rameaux se terminent chacun
par un capitule renfermant des fleurons
blancs. (J. D.)
*BLAINVILLIE. Blainvillia (nom propre).
ins. — Genre de Diptères, établi par M. Robi-
neau-Desvoidy, et dédié à M. le professeur de
Blainville. Ce genre , qui appartient à la fa¬
mille des Mésomydes-Muscivores , tribu des
Aricines-Littorales , se distingue des Hydro-
tées et des Lymnophores par les caractères
suivants : Chète plumeux dans les mâles et
presque nu dans les femelles ; palpes maxil¬
laires des mâles très développés j une légère
crénelure aux tibias antérieurs du même
sexe. L’auteur l’a fondé sur une seule espèce
trouvée par lui , en 1828 , dans les marais de
Saint-Sauveur : il la nomme B. palpata.
M. Robineau-Desvoidy a donné également
le nom de Blainvillia à un autre genre de
Diptères de la famille des Philomides , tribu
des Myodines. Il y rapporte deux espèces :
l’une trouvée par lui à Saint-Sauveur et
qu’il nomme B. jucunda; l’autre qui existait
dans la collection de M. Dejean , et qui était
étiquetée par Latreille : Otites formosa.
M. Macquart laisse ces deux espèces dans le
genre Otites. Voy. ce mot. (D.)
BLAIREAU. Meles, Briss. mam. — Genre
de Mammifères appartenant à l’ordre des Car¬
nassiers, section des Plantigrades. On peut
assigner pour caractères génériques à ces ani¬
maux : 36 dents, savoir: 6 incisives et 2 cani¬
nes en haut et en bas ; 8 molaires à la mâ¬
choire supérieure, et 12 à l’inférieure (ces
dents ont la plus grande analogie avec celles
des Moufettes -, la carnassière de la mâchoire
supérieure est remarquable par sa petitesse,
à cause de sa partie postérieure qui en fait en
BLA
BLA
59
apparence , extérieurement , une fausse mo¬
laire ; elle a sa partie interne composée d'une
base garnie de trois petits tubercules que
sépare, un creux assez sensible. La tubercu¬
leuse d’en haut est démesurément grande et
aussi large que longue, à bord externe garni
de 3 tubercules, et à bord interne muni d’une
crête frangée, etc.). Corps trapu, bas sur jam¬
bes , ce qui donne à cet animal une marche
rampante. 5 doigts à chaque pied ; ceux des
pieds de devant armés d’ongles longs et ro¬
bustes, propres à fouir la terre. Queue courte,
velue. 6 mamelles dans les femelles : 2 pec¬
torales et 4 ventrales. Ils ont, près de l’anus,
une poche d’où suinte une humeur grasse et
fétide.
Linné plaçait les Blaireaux dans le g. des
Ours ; et, en effet, le Blaireau commun a un
faciès qui rappelle assez celui de ces ani¬
maux, mais en miniature. En outre, leur os-
téologie les rapproche des Ours et des Ratons ;
la voûte palatine est très prolongée en ar¬
rière des dents; la caisse est vésiculeuse et
saillante ; le tubercule de l’occipital est sé¬
paré de l’apophyse mastoide du temporal. Us
manquent de canal vidien ; et, ce qui doit
leur donner une grande sensibilité dans le
nez, leur trou sous-orbitaire est grand , court
et simple.
Ce genre renfermerait 3 espèces, dont une,
le Blaireau taisson ( Ursus laxus de Schre-
ber, fîg. 142, b), n’est bien certainement
qu’une variété du Blaireau commun , dont
elle ne diffère que par son ventre d’un gris
plus clair que ses flancs ; par son oreille de la
même couleur que le corps et seulement bor¬
dée de noir, et par la bande noire de la face
qui passe par-dessus l’œil sans y toucher. Du
reste, cette prétendue espèce ne se trouve ja¬
mais que dans les contrées habitées par no¬
tre Blaireau, et pêle-mêle avec lui, dans les
mêmes localités.
La seconde espèce, le Blaireau carcajou
( Meles labradorica Sab. — Ursus labradori-
cus Gml. — le Glouton du Labrador de Son-
nini) pourrait bien encore n’être qu’une va¬
riété de localité de notre Blaireau commun ,
quoi qu’en dise le naturaliste américain Har-
lan, qui le caractérise ainsi: Longueur, 0,704
(2 pieds 2 pouces), non compris la queue;
brun en dessus, avec une ligne longitudinale
blanchâtre, bifurquée sur la tête, et simple
tout le long du dos ; côtés du museau d’un
brun foncé , et pieds de devant noirs. La fe¬
melle est beaucoup plus petite que le mâle.
Cet animal se trouve dans l’Amérique septen
trionale, dans le Labrador et le pays des Es¬
quimaux ; il est carnassier ethabite un terrier.
Lahontan , qui en parla le premier, le com¬
parait au Blaireau. Des peaux envoyées du Ca¬
nada, il y a quelques années, au Muséum
d’histoire naturelle, ne laissent plus de doute,
à mon avis, sur l’identité du Carcajou avec no¬
tre Blaireau. Il ne nous reste donc plus à dé¬
crire qu’une seule espèce ; car cette prétendue
distinction du Blaireau-Chien et du Blaireau-
Cochon , n’est fondée que sur des contes de
chasseurs.
Le Blaireau commun [Meles vulgaris Desm .
— U rsus meles Lin .) a 0, m65 ou 1 ,">00 ; est d’un
gris brun en dessus, noir en dessous; il a, de
chaque côté de la tête, une bande longitudinale
noire, passant sur les yeux et les oreilles , et
une autre bande blanche sous celles-ci, s’é-
tendant depuis l’épaule jusqu’à la moustache.
Sa démarche est lourde , gênée , à cause de
la brièveté de ses jambes , et son ventre , ca¬
ché sous de longs poils, a presque l’air de
toucher à terre. Ses doigts sont engagés dans
la peau. Sa queue, à peu près de la longueur
de sa tête, a 15 vertèbres; enfin, on lui
compte 15 côtes, c’est-à-dire une de plus qu’au
Raton et au Coati, et une de moins qu’au
Glouton.
Cet animal se trouve dans toute l’Europe et
l’Asie tempérée, ainsi que dans le nord de
l’Amérique si, comme je le pense , le Carca¬
jou n’en est qu’une simple variété; il n’est
pas rare en France, même dans les bois des
environs de Paris. Buffon, qui se trompait si
rarement toutes les fois qu’il pouvait voir par
ses propres yeux, en a fait un portrait qui ne
laisse rien à désirer: « Le Blaireau, dit-il, est
un animal paresseux, défiant, solitaire, qui
se retire dans les lieux les plus écartés, dans
les bois les plus sombres, et s’y creuse une
demeure souterraine; il semble fuir la so¬
ciété, même la lumière, et passe les trois
quarts de sa vie dans ce séjour ténébreux ,
dont il ne sort que pour chercher sa subsis¬
tance. Comme il a le corps allongé, les jam¬
bes courtes, les ongles, surtout ceux des pieds
de devant, très longs et très fermes, il a plus
de facilité qu’un autre pour ouvrir la terre, y
fouiller, y pénétrer, et jeter derrière lui les
déblais de son excavation, qu’il rend tor-
BLA
5Ô2
tueuse, oblique, et qu’il pousse quelquefois
fort loin. Le Renard, qui n’a pas la même fa¬
cilité pour creuser la terre, profite de ses tra¬
vaux : ne pouvant le contraindre par la force,
il l’oblige par adresse à quitter son domicile,
en l’inquiétant, en faisant sentinelle à l’en¬
trée, en l’infectant de ses ordures; ensuite il
s’en empare, il l’élargit, l’approprie et en fait
son terrier. Le Blaireau , forcé à changer de
manoir, ne change pas de pays ; il ne va qu’à
quelquedistance travailler sur nouveaux frais
à se pratiquer un autre gîte , dont il ne sort
que la nuit, dont il ne s’écarte guère, et où il
revient dès qu’il sent quelque danger. Il n’a
que ce moyen de se mettre en sûreté , car il
ne peut échapper par la fuite : il a les jam¬
bes trop courtes pour pouvoir bien courir.
Les Chiens l’atteignent promptement lors¬
qu’ils le surprennent à quelque distance de
son trou ; cependant il est rare qu’ils l’arrê¬
tent tout-à-fait et qu’ils en viennent à bout, à
moins qu’on ne les aide. Le Blaireau a les
poils très épais, les jambes, les mâchoires et
les dents très fortes , aussi bien que les on¬
gles ; il se sert de toute sa force, de toute sa
résistance et de toutes ses armes, en se cou¬
chant sur le dos, et il fait aux Chiens de pro¬
fondes blessures. Il a d’ailleurs la vie très
dure; il combat long-temps , se défend cou¬
rageusement, et jusqu’à la dernière extré¬
mité. »
Le mâle et la femelle vivent solitairèment,
chacun de son côté. Celle-ci met bas en été,
et fait 3 ou 4 petits, dont elle a le plus grand
soin. Elle leur prépare un lit avec de l’herbe
douce qu’elle a l’industrie de réunir en une
Sorte de fagot qu’elle traîne entre ses jambes
jusqu’à son terrier. Lorsque ses petits sont un
peu forts, elle va chasser dans les environs
de son habitation , et leur apporte le produit
de ses recherches pour les habituer peu à peu
à une nourriture solide ; mais alors elle les
fait sortir sur le bord du terrier, afin de n’en
pas salir l'intérieur par les débris des repas ;
car ces animaux tiennent leur logis avec la
plus grande propreté, ce qui ne les empêche
pas d’avoir presque tous la gale, au moins
en France. Pris jeune , le Blaireau s’appri¬
voise au point de suivre son maître , d’obéir
à sa voix, de jouer avec les Chiens de la mai¬
son, et de se familiariser avec tout le monde,
sans jamais devenir ni voleur, ni gourmand
ni importun. Il est d’autant plus aisé à nour-
BLA
rir qu’il mange indistinctement tout ce qu’on
lui présente.
Le Blaireau est carnassier, mais moins ce¬
pendant que son système dentaire ne devraitle
faire croire. Il ne vit guère de proie que lors¬
qu’il ne trouve plus de baies et autres fruits
charnus. Dans ce cas , il chasse aux Mulots ,
aux Grenouilles , aux Serpents ; il déterre les
nids de Guêpes pour en manger le couvain ;
il tâche de surprendre la Perdrix sur son nid ;
il creuse dans les garennes pour s’emparer des
Lapereaux; enfin, quand toutes ces ressources
lui manquent, il se contente de Sauterelles,
de Hannetons et de Vers de terre qu’il aime
beaucoup.
Plein d’intelligence, rusé, très défiant, le
Blaireau ne donne que très rarement dans
les pièges qu’on lui tend. Si l’on a tendu un
lacet à l’entrée de son terrier , il s’en aper¬
çoit aussitôt, rentre dans sa demeure, et y
reste renfermé cinq à six jours , s’il ne peut,
à travers des rochers, se creuser une autre
issue ; mais , pressé par la faim , il finit par
se déterminer à sortir. Après avoir long¬
temps sondé le terrain et observé le piège, il
se roule le corps en boule aussi ronde que
possible; puis, d’un élan, il traverse le
lacet en faisant ainsi trois ou quatre culbu¬
tes, sans être accroché, faute de donner
prise au fatal nœud coulant. Ce fait, tout ex¬
traordinaire qu’il est, est regardé comme
certain par tous les chasseurs allemands. Si
l’on veut forcer un Blaireau à sortir de son
terrier en l’enfumant, ou en y faisant péné¬
trer un Chien , le malicieux animal ne man¬
que jamais de faire ébouler une partie de
son terrier , de manière à couper la commu¬
nication entre lui et ses ennemis.
Les Allemands ont, pour la chasse du
Blaireau , la même passion que les Anglais
pour celle du Renard ; mais ils satisfont leur
goût avec beaucoup plus de simplicité. En
automne, trois ou quatre chasseurs partent
ensemble, à nuit close, armés de bâtons et
munis de lanternes ; l’un d’eux porte une
fourche, et les autres conduisent en laisse
deux Bassets et un Chien courant bon quê¬
teur. Ils se rendent dans les lieux qu’ils sa¬
vent habités par des Blaireaux, et à proximité
de leurs terriers; là, ils lâchent leur Chien
courant, qui se met en quête et a bientôt ren¬
contré un de ces animaux. On découple les
Bassets, on rappelle le courant, et l’on se met
BLA
BLA
593
à la poursuite de l’animal, qui ne tarde pas à
être atteint par les Chiens , et qui se défend
vigoureusement des dents et des griffes. Le
chasseur qui porte la fourche la lui passe au
cou, le couche et le maintient à terre , pen¬
dant que les autres l’assomment à coups de
bâton. Si on veut le prendre vivant , on lui
enfonce, au-dessous delà mâchoire inférieure,
un crochet de fer emmanché d’un bâton , on
enlève l’animal, on le bâillonne, et on le jette
dans un sac. Sa graisse passait autrefois pour
avoir de grandes vertus médicales; aujour¬
d’hui on ne se sert plus que de sa peau ,
qu’on emploie pour couvrir les colliers des
Chevaux de trait. (Boitard.)
"BLAIREAUX FOSSILES, paléont. -Des
ossements de ce genre de Carnassiers se ren¬
contrent dans le diluvium des cavernes. Ro-
senmüller compte le Blaireau au nombre des
animaux de la caverne de Gaylenreuth en
Franconie.MM.Dubreuil et Marcel de Serres
en ont découvert dans celle de Lunel-Viel,
département de l’Hérault ; M. Billaudel en a
recueilli, dans celle de l’Aviso à Saint-Macaire,
département de la Gironde, une mandibule
représentée par M. de Blainville, pl. 12 de
son Ostéographie des petits Ours. M. Mac-
Enry en cite une demi-mâchoire inférieure
trouvée dans la caverne de Kent. M. Schmer-
ling en a rencontré dans les cavernes de la
province de Liège. On n’a pas signalé de
différences entre ces ossements de Blai¬
reaux et ceux de l’espèce vivante , soit que
réellement il n’y en ait aucune , soit que ces
os, jusqu’ici en petit nombre , n’aient point
encore pu être comparés d’une manière suf¬
fisante. Il paraît que ce genre se trouvait
déjà dans la Faune dont les terrains ter¬
tiaires nous ont conservé les restes ; car
M. Morren a découvert aux environs de
Bruxelles, au milieu de strates d’un calcaire
grossier, enfouies sous des bancs de Silex cor¬
né, une tête et plusieurs parties du squelette
d’un carnassier qu’il croit être une espèce
distincte de Blaireau. Nous proposons de don¬
ner à cette espèce le nom de Meles Mor -
reni. Ces os étaient mélangés avec des osse¬
ments de Batraciens, d’Ophidiens, d’Oiseaux
et des dents de Squales. (L. d.)
BLAIRIA, et non BLÆRIA (P. Blair, bo¬
taniste anglais), bot. pii. — Ce genre, de la
famille des Éricacées-Éricinées , a été fondé
par Linné, et comprend environ une dou-
T. II.
zaine d’espèces, presque toutes cultivées dans
les jardins d’Europe. Ce sont de jolis petits
arbustes du Cap, ayant tous le port des Erica.
Ce genre est séparé en deux sections par Ben¬
tham, qui sont Leploblairia et Pycnoblairia.
V oyez ces mots.
Ce nom a été donné aussi à un genre de la
famille des Yerbénacées , formé par Hous¬
ton, et réuni comme synonyme au genre
Priva d’Adanson. (C. L.)
BLAKEA (Martin Blake, d’Antigoa , pro¬
moteur des sciences), bot. pii. — Genre fort
remarquable de la famille des Mélastoma-
cées , tribu des Miconiées , formé par Linné ,
et renfermant environ une quinzaine d’es¬
pèces , ayant toutes un port agréable , et de
grandes et belles fleurs roses. On réunit à ce
genre les g. Topobea , Aubl.; Valdesia , Piuiz
et Pav. ; Bellucia et Drepanandrum , Neck. ;
Apaiitia , Desv. ( voy . ces mots). Les Blakea
sont des arbres ou des arbrisseaux de l’Amé¬
rique tropicale; à feuilles opposées, pétio-
lées, 3-5-nervées, coriaces, glabres en des¬
sus, brillantes, très ordinairement couvertes
en dessous d’un tomenium épais, ferrugi¬
neux; les fleurs sont portées sur des pédon¬
cules axillaires, cylindriques, nus, opposés
ou solitaires. L’espèce la plus connue , le B.
trinervia L., est cultivée depuis long-temps
dans nos serres. On y en possède également
une seconde, le B. quinquenervia ( Bellucia ,
Neck.). (C. L.)
BLAKSTONIA. BOT. PH. — Voy. BLACKS-
TONIA.
BLAKWELLÏA ( nom propre ). bot. pii.
— Genre formé par Gærtner , et regardé
comme synonyme du g. Palladia de La-
marck. (C. L.)
BLAMARÉE. bot. pii. — Nom vulgaire
du Mais , dans quelques uns de nos départe¬
ments méridionaux.
BLANC. Albus. bot. — Maladie qui se
manifeste sur les feuilles des végétaux sous
la forme d’une poussière blanche. On en dis¬
tingue deux sortes : le Blanc sec, qui n’at¬
taque pas toujours le végétal entier, est at¬
tribué à un champignon parasite , de la fa¬
mille des Urédinées. Rarement il cause la
mort de la plante sur laquelle il s’est établi ;
l’Absinthe, les Rosiers , la Ballotte noire et le
Cytise , y sont très sujets. Le Blanc mielleux ,
lèpre, ou Meûnier, est une substance blan¬
châtre , visqueuse , qui suinte à travers les
38
BLA
594 BLA
pores des feuilles , et détermine presque tou¬
jours l’avortement des bourgeons ; les arbres
fruitiers en sont souvent attaqués. (C. d’O.)
BLANC-AUNE. bot. pu. — Nom vulgaire
de l’Alizier.
BLANC-BOIS. bot. pu. — Voyez bois
BLANC.
BLANC D’ARGENT, bot. cr. — Syno¬
nyme d’ Agaricus argyraceus.
BLANC D’EAU, bot. ph. — Nom vulgaire
du Nymphéa alba.
BLANC DE BALEINE, zool. — On dé¬
signe sous ce nom, et sous ceux de Cétme,
d’Adipocire et de Spermaceti , une substance
solide, grasse, friable, d’un aspect nacré, et
légèrement odorante qui se trouve en sus¬
pension dans l’huile grasse qui entoure le
cerveau du Cachalot, et dont les fonctions
semblent être de lubrifier cet organe. Le
Blanc de Baleine fusible à 45° est insoluble
dans l’Eau, mais très soluble dans l’Alcool et
dans l’Éther, ainsi que dans les huiles fixes.
Il forme des savons avec les alcalis.
On l’obtient en exposant à l’air l’huile dans
laquelle il est en suspension et en décan¬
tant la partie fluide qui surnage. Après avoir
exprimé la masse solide qui s’est précipitée
au fond du vase, on la fait fondre doucement,
et, en se refroidissant, elle se solidifie sous
forme de cristaux. En traitant par l’acide ni¬
trique le gras des cadavres , on coïnpose de
toutes pièces le Blanc de Baleine.
Cette substance, aujourd’hui bannie de la
pharmacie , est employée dans les arts pour
fabriquer des bougies diaphanes, et entre
aussi dans la préparation de certains cosmé¬
tiques. (C. d’O.)
BLANC DE CHAMPIGNON, bot. cr. —
Substance blanche et filamenteuse, qui pa¬
raît être le mycélium des Champignons , et
dont les jardiniers se servent pour reproduire
artificiellement ce végétal. (C. d’O.)
blanc DE HOLLANDE, bot. ph. —
Nom vulgaire du Peuplier blanc.
BLANC DE LAIT. bot. cr. — Nom vul¬
gaire sous lequel on désigne plusieurs es¬
pèces d’ Agarics.
BLANC D'ESPAGNE, min.— Craie blan¬
che, concassée, triturée avec de l’eau et ré¬
duite en pâte, dont on«forme des pains, pour
être employés dans la peinture à la colle.
Voyez calcaire. (Del.)
BLANC D’IVOIRE, bot. ph. — Nom vul¬
gaire de Y Agaricus eburneus.
BLANC-JAUNE, poiss. — Synonyme de
Saumon du Nil.
BLANC-NEZ. mam. — Voyez guenon.
BLANC-PENDARD. ois. — Synonyme
vulgaire de la Pie-Grièche commune.
BLANCHARD, ois. — Nom d’une espèce
d’Aigle-Autour , Falco albescens Sh., appar¬
tenant au g. Spizaëte de Vieillot.
BLANCHE-COIFFE, ois. — Un des noms
vulgaires de la Pie à coiffe blanche , Corvus
cayanus Gm.
BLANCHE-QUEUE, ois. — Nom vulgaire
du Jean le blanc, Falco gallicus.
BLANCHE-RAIE. ois. — Nom vulgaire
de l’Étourneau militaire, Siurnus militari s
L. V oyez étourneau.
BLANCHET. ois. — C’est le nom sous le¬
quel Levaill ant a figuré , pl. 285 de ses Oi¬
seaux d’Afrique , une espèce du g. Pie-
Grièche.
BLANCHET. bot. cr. — Nom vulgaire de
Y Agaricus virgineus.
*BLANCHETIA (nom propre), bot. ph.—
Ce g. , dédié par M. De Candolle à un botaniste
génevois, M. Blanchet, qui a rendu des ser¬
vices à la science par des collections faites à
Bahia, appartient à la famille des Composées,
tribu des Vernoniées, et offre pour caractères :
Capitule renfermant plusieurs (8-10) fleurs
homogames. Involucre composé d’éçailles
ovales, imbriquées et terminées par une petite
pointe ; réceptacle étroit, dépourvu de pail¬
lettes. Corolles profondément et régulière¬
ment divisées en 5 lobes. Anthères saillantes,
obtuses à la base, mais terminées au sommet
en un appendice aigu. Bameaux des styles
saillants, acuminés, hispides. Fruit très gla¬
bre, obovale-oblong , subpentagone, légère¬
ment strié, surmonté d’une aigrette compo¬
sée de squamelles à peu près disposées sur
deux rangs, linéaires, très caduques, raides et
ciliées. — Le g. Blanchetia , originaire des en¬
virons de Bahia, ne comprend encore qu’une
seule espèce qui paraît former un sous-
arbrisseau à feuilles alternes, couvertes, sur
la face inférieure, d’un duvet de couleur jau¬
nâtre ; les capitules, disposés en corymbe ou
en cime ombelliforme et feuillée , sont cou¬
verts d’un duvet aranéeux et renferment des
fleurons purpurins. (J. D.) .
BLANCHETTE ou BLANQUETTE, bot.
BLA
ph. — Synonyme de Valeriana locusia et de
Chenopodium maritimum.
BLANCHETTE ou BLANCHOTTE. bot.
cr. — Nom vulg. de VAgaricus risigal-
linus.
BLANCIIOTTE. bot. cr. — Voyez blan-
CHETTE.
BLANCKIA, Neck. bot. ph. — Synonyme
de Conobea.
*BLANCOA. bot. ph. — Famille des Hé-
modoracées. M. Lindley ( Calai, des plantes
de la riv. des Cygnes) a donné ce nom à un
g. nouveau , qu’il caractérise ainsi : Pé-
rianthe pétaloïde , tomenteux à sa face ex¬
terne ; sépales 6 , formant une sorte de tube
évasé et comme campaniforme, à divisions
dressées , soudées à leur base avec la partie
la plus inférieure de l’ovaire. Le tube offre
des plis situés entre les divisions calicinales.
Étamines 6 ; anthères presque sessiles , insé¬
rées à la base des lobes du calice. Le fruit est
une capsule dure et coriace , presque com¬
plètement libre , recouverte en totalité par le
périanthe persistant, au fond duquel elle est
située. Elle offre 3 loges s’ouvrant en trois
valves septifères sur le milieu de leur face in¬
terne. — Ce g. ne se compose que d’une seule
espèce, originaire de la Nouvelle-Hollande,
et rappelant beaucoup, par son port, les es¬
pèces du g. Barbacenia , qui donnent un ca¬
ractère particulier à la végétation de cer¬
taines parties montueuses de l’intérieur du
Brésil. (A. R.)
BLANCULET. ois. — Nom vulgaire du
Motteux, appelé aussi Cul-blanc.
BLANDE. rept. — Synonyme de Sala
mandre commune.
BLANDFORDIE. Blandfordia. bot. ph.
— Genre de la famille des Liliacées , établi
par Smith ( Exot . bot., I, p. 5, t. 4), et par¬
faitement caractérisé par R. Brown ( Prodr .,
I, p. 295). Ce g. se compose d’un petit nom¬
bre d’espèces , toutes originaires de la Nou¬
velle-Hollande. Ce sont des plantes vivaces,
à racine fibreuse, ayant des feuilles radicales,
linéaires et longues, tandis que celles de la
tige sont courtes et écartées ; les fleurs , qui
sont ordinairement rouges et pendantes , for¬
ment une grappe terminale et déprimée. Le
fruit est une capsule prismatique à trois loges
et à trois valves. Ses graines sont horizon¬
tales et attachées à des trophospermes su-
turaux ; elles sont pubesceptes , et contien-
BLA 595
nent un embryon droit recourbé dans un en-
dosperme charnu. (A. R.)
BLANDFORTIA. bot. ph. — Voyez bland-
fORDIA.
BLANDOVIA. bot. ph. — Genre indiqué
par Willdenow ( Introd . Cryptog.), et qu’il
n’a pas décrit. (C. L.)
BLANKARA. bot. cr. — Tous les bota¬
nistes savent comment Adanson composait
les noms génériques des Plantes. Celui-ci
était consacré par lui à quelques Mousses ap¬
partenant aux g. Polytric et Orthotric, et spé¬
cialement à l’ Orlhotrichum crispum. (C. M.)
BLANQUETTE, bot. ph. — Voyez blan-
CHETTE.
*BLANUS (pXavoç, myope), rept. — Nom
donné à l’Amphisbène oxyure, à cause de ses
yeux cachés sous la peau. C’est l’A. rousse
ou l’A. cendrée de quelques auteurs. Cet
ophidien dont on a formé un genre à part est
propre au Portugal , et c’est la seule espèce
qui appartienne à l’Europe. (C. d’O.)
*BLAPIDA (iSXotyiç, action de nuire), ins.
— Genre de Coléoptères hétéromères, famille
des Ténébrionites , établi par Pertv ( Delec-
tus animalium, etc., p. 58, tab. 12,fig. 9). Ce
genre a pour type une espèce du Brésil en¬
tièrement noire, nommée par l’auteur B.
Okeni, et que M. Dejean , dans son dernier
Catalogue , appelle B. producta. Cette espèce
est la même que le Cnodalon inœquale de
Mannerheim. (D.)
BLAPS. Blaps (|3>at|/tç , action de nuire ).
ins. — Genre de Coléoptères hétéromères ,
tribu des Blapsites , famille des Collaptérides
de M. Solier, ou des Mélasomes de Latreille,
établi par Fabricius aux dépens des Téné-
brions de Linné , et subdivisé depuis par les
auteurs.
Les Blaps ont le corps oblong, rétréci anté¬
rieurement, avec le prothorax presque carré.
Ils sont en général privés d’ailes, et leur ab¬
domen est recouvert par les élytres, qui sont
soudées entre elles et plus ou moins prolon¬
gées en pointe. La démarche de ces Insectes
est très lente. Ils habitent pour la plupart les
lieux sombres et humides, d’où ils ne sortent
que pendant la nuit pour chercher leur nour¬
riture. Lorsqu’on les saisit, ils répandent par
l’anus une liqueur d'une odeur très fétide et
analogue à celle qu’exhalent les Blattes des
cuisines. Leur larve n’est pas connue ;
mais on présume qu’elle vit dans la terre
BLA
596 BLA
et qu’elle diffère peu de celle des Téné-
brions.
M. Solier rapporte à ce genre 45 espèces de
divers pays ; nous n’en citerons que deux qui
appartiennent à l’Europe, savoir :
l°Le Blaps mucroné, Bl. mortisaga Fabr.,
qui peut être considéré comme le type du
genre. Cette espèce est de la Suède, et c’est
par erreur qu’Olivier l’a décrite et figurée
comme des environs de Paris : celle de ces
environs est Yobtusa de Sturm.
2« Le Blaps gages Fabr., décrite et figurée
par Olivier sous le nom de gigas. Cette der¬
nière espèce est très commune dans le midi
de la France. (D.)
*BEAPSIDAÏRES. Blapsidariœ. ins. —
Deuxième tribu établie par Latreille dans sa
famille des Mélasomes, et divisée par M. le
comte de Castelnau , dans son Histoire natu¬
relle des Coléoptères , t. II, p. 199 ( Buffon -
Dumènil ), en trois groupes : les Blapsites ,
les Asidites et les Pédiniies. Les Insectes de
cette tribu ont pour caractères : Corps aptère
et généralement oblong. Palpes terminés par
un article sécuriforme. (D.)
*BLAPSITES. ins.— M. Newmann , dans
sa Classification des Insectes de l’Angleterre,
d’après les larves [The entomological Maga¬
zine , n° 9 , p. 412) , donne ce nom à une des
nombreuses divisions établies par lui dans
l’ordre des Coléoptères, et fondées sur les
métamorphoses des larves des g. Pimelia,
Blaps et Tenebrio. (D.)
*BLAPSITES. ins. — Tribu établie par
M. Solier dans sa famille des Collaptérides ,
et qui a pour type le g. Blaps. Les Blapsites
se lient aux Molarités et aux Pédiniies ; ils se
distinguent des premiers par leurs yeux moins
saillants et par le dernier article de leurs
palpes maxillaires, notablement sécuriforme ;
des seconds par leur épistome tronqué ou à
peine échancré ; par leurs mandibules à dé¬
couvert latéralement et le labre entièrement
saillant. Cette tribu se compose de 26 genres.
(D.)
^BLAPSITES. ins. — Deuxième groupe
établi par M. le comte de Castelnau dans la
tribu des Blapsidaires de Latreille. Il com¬
prend les g. Blaps t Leplomorpha , Eleodes ,
Xysla , Dolichoderus , IVyctoropus , Psendo-
blaps, Ammophorus , Psammeticus , D/ y c topo¬
ris , Gonopus, Anthrasomus, Misolampust He-
liofugusvtAcanthomerus . (D.)
BLAPSTINUS (diminutif de Blaps). ins.
— Genre de Coléoptères hétéromères, famille
des Mélasomes , établi par M. Dejean dans
son dernier Catalogue , et dont il n’a pas pu¬
blié les caractères. Il le place entre les g.
PhilaXy Még. , et Pachy lieras, Sol., lesquels
appartiennent à la tribu des Pédinites de ce
dernier. M. Dejean y rapporte 15 espèces,
toutes de l’Amérique , tant méridionale que
septentrionale. Nous ne citerons que la pre¬
mière , nommée par lui B. picipes , et qui est
originaire du Chili. (D.)
BLAQUET. poiss. — Nom collectif donné
à diverses espèces de Clupées qui restent en¬
gagés dans les filets, et dont les pêcheurs se
servent comme d’appât. (C. d’O.)
BLABY, BLÉRIE ou BLÉRY. ois. —
Noms provinciaux de la Foulque.
BLASÏA (nom propre), bot. cr. — (Hé¬
patiques.) Ce genre très remarquable appar¬
tient à la division des Jongermanniées mem¬
braneuses ou frondiformes. Créé par Micheli
( Nov. Gen., p. 14, t. 7 ), adopté ensuite par
Linné et beaucoup d’autres botanistes , il a
été plus tard déclaré illégitime par M. Hoo-
ker, qui, sans tenir aucun compte de la
morphose , l’avait considéré comme une
Jongermanne dont la capsule était d’abord
enfouie dans la cavité de la fronde. D’après
les idées qui prévalaient à cette époque , on
devait s’attendre à l’adoption de cette opinion.
En effet, le caractère générique consistant
uniquement alors dans une capsule quadri-
valvaire, et la plante dont il est question
portant une capsule ainsi conformée , il de¬
vait paraître tout simple de la ranger dans
l’immense genre auquel la rapportait le sa¬
vant botaniste anglais ; mais depuis que l’en¬
combrement survenu dans le g. Jungerman-
nia a forcé de le subdiviser, on a été obligé
de porter son attention sur des organes dont
la forme et la structure , d’une importance
majeure dans cette famille, avaient été jus¬
que là négligées, et cela avec d’autant plus
de tort qu’elles offrent des caractères de pre¬
mière valeur pour la taxonomie ou classifi¬
cation. Nous y reviendrons lorsque nous
exposerons les généralités de la famille dont
le g. Blasia fait partie. MM. Dumortier, Corda
et Nees d’Esenbeck ayant rétabli ce g., en ré¬
formant tant soit peu les caractères qui lui
étaient attribués par les anciens auteurs ,
voici comment il est défini par le professeur
BLA
BLA
de Breslau dans ses Hépatiques d’Europe
(Europ. Leberm., III, p. 391): Fructification
femelle d’abord immergée dans la nervure
de la fronde, puis portée par un pédon¬
cule qui dépasse l’orifice du tube. Involucre
nul. Point de périanthe , à moins qu’on ne
prenne pour cet organe la couche cellulaire
la plus intérieure de la cavité creusée dans
la nervure de la fronde. Dans la jeunesse du
fruit, cetie couche représente une sorte d’ou¬
tre soudée seulement par son sommet aux
parois de la cavité; mais dans la suite elle
disparaît, ou, ce qui est la même chose, con¬
tracte dans tous ses points une adhérence
intime avec la cavité tout entière, de manière
à laisser douter de son existence primitive.
Pistils stériles , nus et dispersés çà et là à la
superficie de la nervure ; quelques uns agré¬
gés vers son sommet, un seul fertile placé dans
sa cavité. Capsule elliptique ou presque glo¬
buleuse, tronquée à sa base, un peu calleuse,
et divisée j*usque là en quatre (rarement 5
ou 6) valves. Élatères à double spirale,
amincies aux deux extrémités et fixées au¬
tour du fond de la capsule. Spores arrondies,
plus obscures au centre. Anthéridies immer¬
gées dans la nervure de la fronde et proémi¬
nentes à la surface inférieure de celle-ci , où
elles sont couvertes par une écaille dentée
dans son pourtour; elles sont globuleuses ou
ovales, granuleuses à l’intérieur, absolument
sessiles. On trouve encore des espèces de po¬
ches ou utricules, solitaires ou géminées, creu¬
sées dans la nervure et communiquant avec
l’extérieur par un goulot ascendant qui sert
à donner issue à des gemmes globuleuses
ou légèrement polyèdres contenues dans leur
intérieur. Enfin on rencontre encore des pro¬
pagines enfoncées dans la partie membra¬
neuse de la fronde à la face inférieure de la¬
quelle elles font saillie; celles-ci consistent
en granules verts, menus, globuleux et trans¬
parents. Les frondes de ce g. sont traversées
longitudinalement par une côte ou nervure,
qui , quelquefois peu apparente , en occupe
le milieu. Ces frondes, d’un vert gai , rayon¬
nent en se bifurquant d’un centre commun
à la circonférence ; leurs bords sont sinués
ou pinnatifides. Elles sont composées de cel¬
lules assez semblables entre elles, excepté
dans le trajet de la nervure où elles s’allon¬
gent davantage. Cette plante, car jusqu’ici on
n’en connaît qu’une seule espèce, habite les
597
climats tempérés de l’hémisphère boréal ;
elle vit sur la terre humide, où elle reste fixée
par de nombreuses radicelles , nées du des¬
sous de la côte moyenne. (C. M.)
*BLASIACÉES. Blasiaceœ. bot. cr —
(Hépatiques.) M. Dumortier rangeait sous ce
nom toutes les Jongermanniées membraneu¬
ses que M. Nees réunit sous celui de Eron -
dosœ. Voy. JONGERMANNIEES. (G. M.)
BLASIÉES. Blasieœ. bot. cr. — (Hépa¬
tiques.) Voy. IIAPLOLÉNÉES. (C. M.)
BLASTE bourgeon), bot. pii. —
Le professeur L.-C. Richard a donné ce nom
à cette partie de l’embryon des Graminées
qui , sous la forme le plus généralement d’un
corps cylindroïque, se compose ‘supérieure¬
ment du corps cotylédonaire et inférieure¬
ment du corps radiculaire. Voy. embryon et
GRAMINEES. (A. R.)
BLASTÈME. Blasiema ( jüftasTvjjxa , bour¬
geon). bot. — Sous ce nom , M. Mirbel com¬
prend la graine tout entière , dépouillée
de ses enveloppes; c’est-à-dire l’embryon
proprement dit, les cotylédons, la radicule, la
plumule, etc. Cette dénomination n’a pas
prévalu ; car la science moderne , au con¬
traire, regarde chacune de ces parties comme
distincte, et en tire d’importants caractères
pour la détermination des genres et des fa¬
milles. Ce nom a été donné aussi par M.Wall-
roth au thalle des Lichens ; mais il n’a pas
été adopté. (C. L.)
*BLASTOPHORE. Blastophorus ,
bourgeon ; «popoç, porteur), bot. pii.— Déno¬
mination appliquée par L. C. Richard à celte
partie intermédiaire, et très vaguement défi¬
nie, comprise entre le Blaste et l’Hypoblaste.
Voy. ces mots ainsi que vitellus et grami¬
nées. (C. L.)
BLATIIV. moll. — Adanson a désigné sous
ce nom un Buccin du Sénégal.
BLATTAIRES. Blattarice. — Synonyme
de Blattiens, employé par Latreille , M. Ser-
ville, etc. (Bl.)
BLATTARIA , Tournef. bot. pii. — Sy¬
nonyme de Molène.
BLATTE. B'iatla (|3X«7rro>, je nuis), ins.
— Genre de l’ordre des Orthoptères , établi
par Linné , qui comprenait sous celte déno¬
mination toutes les espèces composant au¬
jourd’hui notre famille des Blattiens.
Ce genre a été plus ou moins restreint par
divers entomologistes. Tel que nous l'avons
BLA
BLA
598
adopté, il comprend toutes les espèces dont le
corps est allongé et plus ou moins déprimé, les
antennes glabres, les palpes ayant leur dernier
article tronqué, et les élytres se recouvrant
obliquement à leur suture, et offrant, sur
le disque , une strie arquée très prononcée.
M. Serville ne place dans le genre Blatte
que les espèces qui, offrant les caractères que
nous venons d’énoncer, ont un prolhorax
court et large laissant le front à découvert ,
et des tarses dont les trois premiers articles
vont en diminuant de grosseur, le quatrième
étant fort petit.
Parmi les nombreuses espèces du genre
Blaiia proprement dit, les plus répandues
sont les B. Maderœ Fab., qui se trouve dans
toutes les régions intertropicales du globe ,
et B . laponica et germanica Fab., commu¬
nes dans toute l’Europe. Voyez pour les dé¬
tails de mœurs et d’organisation l’article
BLATTIENS. (Bt.)
BLATTI, Adans. bot. ph. — Voyez son¬
ner ATI A.
*BLATTIDES. ins.— Synonyme de Blat-
tiens , employé par M. Westwood ( Introcl . of
the mod. clas. of Ins.). (Bl.)
"BLATTIENS. Blaliii. ins. — Famille de
l’ordre des Orthoptères , essentiellement ca¬
ractérisée par des antennes très longues ; par
une tête que cache entièrement ou presque
entièrement un prothorax en forme de bou¬
clier ; par des élytres plates sur l’abdomen ,
se recouvrant l’une l’autre sur la ligne mé¬
diane ; par des pattes essentiellement propres
à la course, ayant des tarses composés de cinq
articles, et enfin par un abdomen arrondi,
déprimé , et muni de filets terminaux.
Cette famille est représentée dans les ou¬
vrages des anciens auteurs par le seul genre
Blaiici. Linné le plaça en tête des Hémiptè¬
res ; Degéer le rangea parmi sesDermoptères ;
Fabricius, Olivier et la plupart des autres na¬
turalistes , parmi les Orthoptères ; Latreille
en forma le premier une famille distincte ,
adoptée depuis par presque tous les entomo¬
logistes. Cependant quelques uns d’entre eux,
attachant une très grande importance aux
caractères particuliers des Blattiens , les ont
considérés comme un ordre distinct. Leach, le
fondateur de cet ordre , lui a appliqué la dé¬
nomination de Dyctiopt'eres , adoptée par
MM. Boisduval et Lacordaire dans la Faune
enlomologique des environs de Paris. M. La¬
porte de Castelnau a considéré , dans ses
études entomologiques , les Blattiens comme
un sous-ordre des Dermoptères ; mais l’obser¬
vation montre combien ces divers auteurs se
sont laissé entraîner par l’aspect particulier
que présentent les Insectes de cette famille,
et par la disposition des ailes ; car toutes les
parties de la bouche , les métamorphoses , la
ponte des œufs, sont analogues dans les Blat¬
tiens et dans les autres Orthoptères.
L’anatomie de ces Insectes a été étudiée par
Ramdohr, par M. Marcel de Serres , et, dans
ces derniers temps, par M. Léon Dufour; mais,
jusqu’à présent, le canal digestif et les orga¬
nes de la génération ont seuls attiré l’attention
des anatomistes. Le système nerveux des Blat¬
tiens, comme celui de la plupart des Insectes,
a été complètement négligé : c’est une lacune
que nous comptons remplir prochainement
dans un travail spécial.
Le Tube digestif ou Canal alimentaire ob¬
servé dans la Blatte des cuisines ( Blalla orien¬
tais Lin.) n’a pas tout-à-fail le double de la
longueur totale du corps de l’insecte ; il offre
par conséquent de nombreuses circonvolu¬
tions dans la cavité abdominale. VOEso -
pliage, tubuleux et assez court, se dilate in¬
sensiblement vers le mésothorax, en un ja¬
bot expansible , de forme oblongue. Ce Jabot ,
glabre extérieurement, offre des stries longi¬
tudinales plus ou moins prononcées. La tu¬
nique interne présente seulement quelques
plissures. Le Gésier, très distinct du jabot,
a une forme conico-ovoïde et des parois d’une
certaine épaisseur, très lisses extérieurement.
Cet organe, dans l’état normal, parait sessile
entre le jabot et le ventricule ehylifique ; mais
comme M. Léon Dufour le fait observer, en
le distendant, on met en évidence un col tu¬
buleux qui se trouve engagé dans le ventri¬
cule ehylifique. Ce dernier consiste en un
tube allongé , cylindroïde et plus ou moins
flexueux. A son origine , il est garni de 8
bourses ventriculaires, de forme cylindroïde.
A son extrémité, il présente un bourrelet au¬
tour duquel sont implantés les vaisseaux
hépatiques. Ceux-ci , au nombre de 60 en¬
viron , sont capillaires et extrêmement dé¬
liés. V Intestin , assez long et cylindroïde, for¬
me une circonvolution sur lui-même ; il se ter¬
mine par un rectum présentant six bandelet¬
tes musculeuses, longitudinales.
Les organes de la génération, chez les Blat-
BLA
599
BLA
tiens, ont encore été peu étudiés, surtout chez
les mâles. M. Léon Dufour a seulement ob¬
servé que les vésicules séminales étaient
nombreuses , très petites , oblongues ou co-
noides, et disposées en deux pelotons arron¬
dis. Les Ovuires des Blattes se composent seu¬
lement de huit gaines multiloculaires , for¬
mant un faisceau conoïde. Le Calice de l’o-
Yaire est généralement ovoïde , et s’amincit
en arrière en un col plus court que lui.
Dans les Insectes de cette famille, comme
dans les Mantiens , on rencontre une glande
sérifique ; appareil destiné à la sécrétion
d’une matière qui doit former aux œufs une
enveloppe ou coque d’une substance plus ou
moins coriace. Cet appareil consiste en un
grand nombre de vaisseaux tubuleux, libres,
et flottant par leurs extrémités , confluant à
leur base à des souches rameuses. Ces vais¬
seaux, dans leur position naturelle, masquent
les calices et l’oviducte; les uns sont simples,
les autres sont bifides , quelques uns même
sont trifides.
Pendant l’accouplement, les Blattiens sont
placés sur un même plan, joints l’un à l’au¬
tre par l’extrémité de leur abdomen. Au bout
d’un certain temps , la ponte a lieu : on voit
sortir de l’abdomen de la femelle une sorte
de capsule , semblable, pour la forme, à une
sorte de fève ou de haricot. Cette capsule ,
composée de deux pièces , et divisée à l’in¬
térieur en un certain nombre de compar¬
timents renfermant chacun un œuf, af¬
fecte des formes diverses , selon les espèces ;
mais elle est toujours plus ou moins en
carré long , avec les angles émoussés , pré¬
sentant sur une des arêtes, par où doit se faire
l’ouverture, une série de dentelures très ser¬
rées. La femelle porte pendant quelque temps
sa capsule appendue à l’extrémité de son ab¬
domen; mais elle l’abandonne ensuite au
hasard. Au moment de l’éclosion, les petites
larves ramollissent cette enveloppe au moyen
d’un liquide qu’elles dégorgent et qui facilite
la déhiscence de la capsule.
On reconnaît les sexes dans les Blattiens
au développement de l’abdomen : il est beau¬
coup plus grêle dans les mâles que dans les
femelles ; en outre , dans les premiers , on
distingue 8 segments ventraux, tandis que
dans ces dernières on n’en compte que 6 ou
7. Dans quelques femelles aussi, les ailes sont
beaucoup plus courtes que dans les mâles.
Les changements de peau ou les mues suc¬
cessives des Blattiens , depuis leur sortie de
l’œuf jusqu’à l’état d’insecte parfait, ont été
observés avec le plus grand soin sur la Blatte
germanique, par M. Hummel.
« J’avais déjà, dit-il, depuis plus d’une se¬
maine, enfermé sous un verre une femelle de
Blatte germanique , portant un œuf ou plu¬
tôt une masse d’œufs à l’extrémité de son
abdomen, lorsque le matin du 1er avril , on
m’apporta un grand œuf tout frais (la cap¬
sule renfermant les œufs) , qui venait appa¬
remment d’être jeté à l’instant moême par
quelque autre femelle. Il avait la forme d’un
carré long, peu convexe, arrondi par les cô¬
tés et les deux bouts, rayé transversalement,
et ayant à l’un des côtés une suture relevée.
« A peine eus-je introduit cet œuf sous le
verre que ma prisonnière s’en approcha , le
tâta et le retourna en tout sens. Elle le prit
enfin entre ses pattes de devant, et lui fit une
ouverture longitudinale d’un bout à l’autre.
A mesure que cette fente s’élargissait, je vis
sortir de l’œuf de petites larves blanches, rou¬
lées et attachées deux à deux. La femelle
présidait à cette opération ; elle les aidait à se
développer, en les frappant doucement avec
ses antennes, et en les touchant avec ses pal¬
pes maxillaires. Les larves commencèrent
par remuer leurs longues antennes , puis
leurs pattes, puis se détachèrent les unes des
autres, et en quelques secondes elles furent
en état de marcher. La coque , restée vide ,
montrait autant de petites cellules séparées
par des cloisons blanches et lisses , qu’il y
avait de paires de larves, et le nombre de ces
cellules correspondait en même temps à ce¬
lui des raies que j’avais vues antérieurement
sur l’œuf.
» Toutes les jeunes Blattes une fois sorties,
la femelle ne s’en occupa plus. Je comptais
alors trente -six larves, toutes blanches et
transparentes, n’ayant que les yeux noirs et
un point foncé sur l’abdomen, qui indiquait
les intestins ; mais en peu d’instants elles
prirent une autre couleur, au commencement
verdâtre , et bientôt noire , nuancée de gris
jaune. Elles se mirent à courir; elles s’atta¬
chèrent aux miettes de pain qui se trouvaient
sous le verre : tout cela fut l’affaire de vingt
minutes. L’immense propagation de cette es¬
pèce , dont je parlerai plus au long dans la
suite , s’explique facilement par la quantité
BLA
BLA
600
des larves que renferme une seule coque.
» La Blatte germanique doit changer 6
fois de peau avant de parvenir à l’état d’in¬
secte parfait. La première mue a lieu huit
jours après la sortie de l’œuf. La larve est de
nouveau toute blanche après avoir jeté sa
vieille peau ; mais elle reprend vite ses véri¬
tables couleurs. Elle est déjà beaucoup plus
grande , plus arrondie par derrière.
» Dix jours plus tard, j’observai la deuxième
mue.Toutes les larves ne l’ont cependant pas
faite en même temps ; il a fallu plusieurs
jours à ma colonie pour subir cette méta-
mophorse.
» La troisième mue s’opéra au bout de
deux semaines. La larve sortit lentement ,
mais avec assez de facilité, de son étui, après
s’être accrochée à quelque chose de fixe , et
avoir la peau sur le corselet. En sortant, elle
était très mince, fort allongée, et pour ainsi
dire cylindrique ; mais en quelques minutes
elle reprit une forme oblongue et aplatie :
elle avait plus de volume que la peau qu’elle
venait de quitter. Le bord jaune du corselet
se dessinait alors, et l’on remarquait déjà les
deux premiers anneaux de l’abdomen (c’est-
à-dire du thorax) , qui sont plus larges, et
d’où naîtront ensuite les élytres et les ailes.
Une tache jaune et carrée se trouvait au mi¬
lieu de ces anneaux. Toutes ces différentes
formes, qui indiquent ce que la larve devien¬
dra un jour, sont beaucoup plus apparentes
à la suite de la quatrième mue , qui arrive
environ un mois après la troisième.
» Un mois plus tard mes larves étaient
nymphes ; elles méritent ce nom à leur cin¬
quième transformation. La nymphe est moins
longue que l’insecte parfait ; mais elle est
beaucoup plus plate et un peu plus large. Le
corselet a déjà la forme qu’il gardera, et porte
des lignes noires qui se continuent sur les
deux anneaux dont j’ai parlé plus haut, et
qui débordent de beaucoup la poitrine. Le
reste de l’abdomen est noirâtre en dessus avec
quelques taches rouges au milieu ; en des¬
sous, il est brun, tel qu’il restera. Les pattes
ont à peu près toute la grandeur et toute la
consistance qu’elles doivent recevoir. En cet
état la nymphe reste un mois ou six semaines.
Peu à peu les fourreaux des ailes se séparent
et s’étendent, la nymphe perd de sa vivacité,
elle mange moins , ne court plus , cherche
l’ombre et la solitude ; tout à :oup elle s’ac¬
croche , la peau s’ouvre , et il en sort une
Blatte parfaite, blanche comme la neige, avec
des yeux noirs. Cette blancheur , cette pro¬
preté, qui la rendent fort jolie, ne durent pas
long-temps. A vue d’œil, l’insecte reprend ses
couleurs naturelles; les antennes et les pattes
brunissent les premières, puis ensuite l’abdo¬
men. En trois heures le corselet a ses lignes
noires parallèles ; les élytres se colorent les
dernières, et dans l’espace de dix à douze
heures toute la toilette est achevée. C’est la
sixième et dernière mue. »
Il est à regretter que ces observations si in¬
téressantes n’aient pas été reproduites jus¬
qu’à présent sur d’autres espèces. Nous
pensons qu’à l’état de nature, la femelle
d’une Blatte ne vient pas en aide à ses petits,
comme M. Hummel l’a observé chez des indi¬
vidus en captivité. Le nombre de larves qui
sortent de chaque capsule explique facile¬
ment la prodigieuse multiplication des Blat-
tiens ; ce nombre est de 36 chez la Blatte ger¬
manique. Dans la Blatte des cuisines, il n’est
que de 16 ; mais nous avons eu lieu d'obser¬
ver les capsules de certaines Blattes exotiques
qui renferment un nombre d’œufs beaucoup
plus considérable.
Les Blattiens ont attiré l’attention des na¬
turalistes depuis les temps les plus reculés.
Comme nous l’avons démontré dans un mé¬
moire publié par nous, en avril 1837, on les
trouve mentionnés dans un grand nombre
d’auteurs grecs et latins. Les premiers les ont
généralement désignés sous la dénomination
de Sylphes. Aristote et Dioscoride font men¬
tion de ces Insectes. Ce dernier dit que ces
animaux vivent dans les lieux où l'on fabrique
le pain, et que leurs entrailles broyées avec
de l’huile sont très efficaces pour guérir l’o-
talgie. Le nom de Sphondyle paraît également
se rapporter aux mêmes Insectes. Dans sa co¬
médie de la Paix , Aristophane désigne , par
cette dénomination , un insecte qui court en
exhalant une mauvaise odeur, ce qui est
parfaitement le cas des Blattes.
Pline s’étend assez longuement sur les
Blattes ; et, s’il a confondu avec ces Insectes
d’autres espèces, il paraît au moins avoir bien
connu celle que nous rapportons à la famille
des Blattiens , comme le prouvent plusieurs
de ses observations. D’après lui , ce sont des
animaux qui fuient la lumière et fréquen¬
tent les lieux sales et humides. Ainsi que
BLA
601
BLA
Dioscoride, il prétend que la graisse de cer¬
taines Blattes broyée avec de l’huile de rose
est très bonne contre les douleurs d’oreille.
Nous retrouvons à la suite de cette assertion
toutes les fables qu’on rencontre dans les an¬
ciens auteurs ; il ajoute que cette graisse en
se décomposant produit un ver. C’est un ani¬
mal qui infecte, dit-il, et dont on a fait plu¬
sieurs genres: les Molles, qui étant cuites
dans l’huile guérissent les verrues; un se¬
cond genre appelé Mylæcon , qu’on rencon¬
tre près des meules ; et enfin , un troisième
genre de Blattes qui ont une odeur fétide.
Celles-ci ont le corps terminé en pointe. Il
attribue à toutes ces Blattes la propriété de
guérir une infinité de maux. Les Blattes mol¬
les du naturaliste romain sont évidemment
les mêmes que les Sylphes des Grecs , et que
les Blattiens des naturalistes modernes. Les
Mylæcons ont été rapportés par Latreille aux
Tenebrio moliior ; mais le fait est douteux.
Quant aux espèces du troisième g., tout porte
à croire que ce sont des Coléoptères du g.
Blaps. Horace parle des Blattes qui dévorent
les vêtements comme le font les Teignes. Vir¬
gile les signale comme des Insectes lucifuges,
ennemis des Abeilles , s’introduisant dans
leurs ruches pour les dévaster. Comme de
notre temps personne n’a jamais observé que
les Blattes s’introduisissent dans les gâteaux
des Abeilles , nous avons soupçonné que le
poète latin avait peut-être voulu désigner par
ce nom le Sphinx Tête-de-Mort ( Acherontia
Atropos ), auquel plusieurs personnes ont
reconnu cette habitude.
Plusieurs auteurs du moyen-âge ont aifssi
appliqué la dénomination de Blattes à des
Mo.llusques du genre Pourpre. Au commen¬
cement du xviie siècle, Mouffet, dans son
Théâtre des insectes , s’étendit très longue¬
ment sur les Blattes, qu’il connaissait parfai¬
tement ; car il représenta même la Blatta
orientalis d’une manière très reconnaissable.
Il ne comprenait sous ce nom que les espèces
qui forment le genre Blatta de Linné ; mais ,
à cette époque , il ne dédaigna pas encore de
reproduire , comme des faits positifs , toutes
les propriétés curatives attribuées à ces In¬
sectes par Dioscoride et par Pline. Linné
plaça le genre Blatta en tête de son ordre des
Hémiptères. Il n’en connaissait que des es¬
pèces sombres et de consistance molle ayant
un corps fortement comprimé. Une seule {Co-
T. II. *-
rydia petiveriana)} plus arrondie et plus con¬
vexe que les autres, portant quelques taches
jaunes ou rouges , fut regardée par l’illustre
naturaliste comme un coléoptère du genre
Casside.
A la fin du xvme siècle, Drury désigna
sous le nom de Blatta picta une espèce fort
différente de toutes les autres espèces con¬
nues à cette époque. Elle était fortement
bombée ; tout son corps et ses élytres avaient
presque autant de consistance qu’en ont ceux
des Coléoptères. Le corps était d’un noir
brillant, et les élytres élégamment ornées de
deux bandes du plus beau rouge.
Quoique les Blatta peliveriana et picta
présentent des caractères qui les distinguent
parfaitement des Blattes proprement dites ,
Fabricius, Olivier, Latreille lui-même, n’ont
admis que le genre Blatta. Au reste , toutes
les autres espèces ont un aspect des plus uni¬
formes. Latreille se contenta d’indiquer, sous
la dénomination de Kakerlac , les espèces dont
les ailes sont courtes ou rudimentaires chez les
femelles. M. Serville fut le premier qui, dans
sa Revue méthodique de l’ordre des Orthoptè¬
res , sépara la famille des Blattiens en huit
genres ; M. Brullé et nous, avons adopté les
genres établis par M. Serville , en en consi¬
dérant deux comme de simples divisions du
genre Blatta proprement dit. M. Burmeister
[Randb. der Ent .) ne porte pas le nombre des
genres de celte famille à moins de 20 ; mais
il est évident que plusieurs ne présentent
que des caractères bien peu importants pour
les distinguer entre eux. M. Serville n’en
admet que 10 dans son ouvrage sur les Or¬
thoptères faisant suite à Buffon, dernier
travail qui ait été publié sur celte matière.
Les Blattiens sont, en général, des Insectes
nocturnes d’une grande agilité, courant avec
une extrême vitesse. Ils exhalent une odeur
fétide des plus repoussantes, odeur qui per¬
siste sur tous les objets qui ont eu leur con¬
tact. Ils attaquent toutes les substances ani¬
males et végétales , dans quelque état que se
trouvent ces substances. Les Blattiens sont
répandus sur toute la surface du globe , mais
bien plus abondamment dans les pays chauds
que partout ailleurs ; c’est là aussi qu’on ren¬
contre les plus grandes espèces , les espèces
les plus incommodes pour l’homme. Ces ani¬
maux s’attachent aux provisions de bouche
de toute espèce , aux cuirs , aux vêtements,
38*
BLA
BLA
602
même au bois, qu’ils parviennent à ramollir
au moyen d’un liquide particulier qu’ils sé«
crètent en assez grande abondanee.
Certaines espèces , la Blaiia gigantea , par
exemple , au rapport de Drury, courent sur
le visage de l’homme pendant son sommeil,
et lui rongent même l’extrémité des ongles.
Les maisons , les navires sont souvent in¬
festés par ces horribles Insectes. Dans une
grande partie de l’Europe, les boulangeries ,
les cuisines , les garde-manger, sont visités
par une espèce de Blattes , la Blatte des cui¬
sines ( Blalla orientalis), insecte aplati, d’un
noir brunâtre, courant très vite, souvent con¬
fondu avec le Grillon domestique connu vul¬
gairement sous le nom de cri-cri. On trouve
encore plusieurs autres espèces européennes ;
mais , dans notre pays , elles ne sont pas ré¬
pandues en quantité assez considérable pour
occasionner des dégâts importants. En Lapo¬
nie, il est une petite espèce très nuisible, qui,
assure-t-on , dévore le poisson que les pau¬
vres Lapons font sécher pour leur nourri¬
ture. Ce fait est rapporté par Linné. Cette
petite Blatte , véritable fléau des régions bo¬
réales , a reçu le nom de Blatte laponne
(. Blalla laponica ). C’est principalement dans
les pays chauds que les Blattiens exercent des
ravages immenses. Dans les colonies , dont
ils sont le fléau, on les désigne sous les noms
de Kakerlacs , K akkerlaques ou Cancrelats ,
de Ravets , de Bêles noires , etc. On assure
qu’en une seule nuit ils peuvent percer des
malles , des caisses ; en outre , leur forme
aplatie leur permet de s’introduire facilement
par tous les interstices , par toutes les fissu¬
res. Ces Insectes se multiplient en prodigieuse
abondance quand ils trouvent des aliments.
Des barils entiers de substances comestibles
sont souvent leur proie. Au bout de quelque
temps, on les trouve remplis de ces Insectes,
qui en ont totalement dévoré le contenu. Il
n’est pas de navires marchands qui ne recè¬
lent des masses de ces Insectes : aussi sont-
ils très abondants dans les ports de mer de
toutes les parties du monde , où des denrées
amassées leur fournissent un appât succu¬
lent.
Comme tous les Insectes omnivores , un
grand nombre de Blattiens sont répandus in¬
distinctement dans presque toutes les parties
du monde ; transportés par les navires , ils
se perpétuent presque dans tous les lieux où
ils sont amenés. C’est ainsi que beaucoup
d’espèces portent des noms de pays qui pa¬
raissent être en contradiction avec leur habi¬
tat. La Blalla orientalis est répandue dans l’Eu¬
rope entière et dans presque toutes les parties
du monde. Il en est de même de la Blalla
americana, qui, commune dans tous les pays,
est plus abondante aux îles Bourbon et Mau¬
rice que partout ailleurs. Les Blalla Ma-
derœ, indica , laponica , germanica , etc., sont
également répandues dans une infinité de ré¬
gions.
Comme nous l’avons déjà dit , il existe
deux genres de Blattiens, les Corydia et les
Phoraspis , ayant pour type la B. picta , qui
ont une forme plus convexe que toutes les
autres espèces de cette famille, et qui sont or¬
nées de vives couleurs. Ceux-ci ont aussi des
moeurs fort différentes ; on ne les rencontre
pas comme les précédents dans les lieux ha¬
bités. Ils vivent dans les régions intertropicales
de l’Amérique et de l’Asie. D’après des obser¬
vations que M. Doumerc m’a communiquées,
on rencontre les Blattiens du genre Phoraspis
blottis entre les feuilles qui forment les spa-
thes des Mais, des Cannes à sucre et des Gra¬
minées qui croissent sur la lisière des forêts
de la Guiane et du Brésil. Elles s’y tiennent
de la même manière que les grandes Cassi-
des, qu’on trouve dans ce pays, immobiles
sur les feuilles ; mais aussitôt qu’on agite les
tiges de ces Graminées, elles se laissent choir
ou s’envolent brusquement pour aller se ré¬
fugier dans une autre gerbe. Les quelques
espèces qui composent les genres Corydia et
Phoraspis ne forment, au reste, qu’une petite
exception aux autres Blattiens , dont on con¬
naît des centaines d’espèces.
Ces Insectes ont des ennemis naturels; on
prétend que les Oiseaux des basses-cours en
sont très friands. Depuis long-temps on a ob¬
servé aux îles Bourbon et Maurice une es¬
pèce de Sphégiens , le Chlorion compressum
de Fabricius , qui approvisionne son nid de
Blattes. Cet insecte s’introduit dans les mai¬
sons ; et, dès qu’il aperçoit une Blatte,
il vole à sa rencontre et parvient à la piquer
avec son aiguillon et à l’attirer dans son trou.
La Blatte ne meurt pas , mais elle demeure
dans un état d’engourdissement complet ; le
Sphex pond ses œufs dans le même trou , et
les larves qui en sortent bientôt après, trou¬
vent à leur portée un aliment convenable.
BLÉ
D’après quelques observations rapportées
par MM. Kirby, Spence, Westwood, il paraît
que les Evania les attaquent également , et
que souvent de petites espèces de Chalidiées
vivent aux dépens de leurs œufs.
Il serait à désirer , dans certaines circon¬
stances, que ces ennemis naturels fussent
plus répandus qu’ils ne le sont.
Nous avons représenté dans notre Atlas ,
Insectes-Orthoptères , pl. 1 , fig. 2 , comme
.type de la famille des Blattiens , la Blaita
Maderœ Fab. (Émile Blanchard.)
*BLATTINA. ins. — Synonyme de Blat¬
tiens , employé par M. Burmeister ( Handb.
der Eniom.). (Bl.)
BLAU-SPATII. min. — E oyez klapro-
thine. (Del.)
BLAVELLE, BLAVÉOLLE et BLAVE-
ROLLE. bot. ph. — Noms vulg. du Bleuet,
Centaurea cyanus. On désigne aussi sous ce
nom, en Picardie, l’Agaric palomet, appelé
encore Blavet.
BEA VET. bot. cr. — Un des noms vul¬
gaires de l’Agaric palomet.
BLAVETTE. bot. ph. — Syn. languedo¬
cien de l’Agaric palomet.
*BL*AXIUM (I SAocÇ, mou), bot. ph.— Ce g.,
fondé par Cassini, répond aujourd’hui et sui¬
vant M. De Candolle à une section du g. Di-
morphotheca , laquelle renferme seulement
une espèce qui a pour caractères : Fleurs du
disque stériles et mâles, munies d’appendices
au côté externe de chacun des lobes. La seule
espèce qui constitue cette section a pour
synonyme le Calendula frulicosa Lin. (J. D.)
BLÉ. bot. pii. — Eoyez froment. ( Trili -
cum.) (C. L.)
Le nom de Blé a été donné à des plantes
qui n’ont aucun rapport avec les Triticum ,
et dont quelques unes n’appartiennent même
pas à la famille des Graminées ; ainsi l’on a
nommé :
Blé de Canarie, l’Alpiste.
Blé d’Espagne , B. d’Inde , B. turc , le
Maïs.
Blé de Guinée, le Sorgho à épi.
Blé noir, B. rouge, le Sarrasin.
Blé de vache, le Mélampyre des champs,
qui croît souvent avec une telle abondance
au milieu des froments, qu’on le regarde
comme un fléau.
Le même nom a été donné à la Saponaire
et au Sarrasin. (C. d’O.)
BLE 603
*BLECH!\ÉES. bot. ph.— Tribu de la fa¬
mille des Fougères. E oy. ce mot.
BLECHNUM (|3)%vov, sorte de Fou¬
gères). bot. ph. — Ce g. de Fougères est
un de ceux de Linné qui a subi le moins
de modifications depuis celte époque-; de
nombreuses espèces cependant sont venues
s’ajouter aux Blechnum occidentale , orien¬
tale et australe , qui lui servaient de types.
Ce g. comprend essentiellement des Fou¬
gères à feuilles allongées, une seule fois pin-
natifides , naissant d’une tige ordinairement
rampante ou à peine redressée, quelquefois
s’élevant un peu au dessus du sol, et se rap¬
prochant ainsi de celles des Lomaria sous-ar¬
borescents ; les bases des pétioles sont en
général couvertes d’écailles noires, sétacées,
assez raides. Les pinnules sont allongées, pres¬
que toujours adhérentes par leur base au ra¬
chis et aiguës à leur extrémité ; les nervures
sont simples ou bifurquées, et réunies sur les
frondes fertiles par des nervures transver¬
sales, parallèles à la nervure moyenne, for¬
mant ainsi une ligne continue de chaque côté
de cette nervure entre elle et le bord de la
feuille. C’est le long de ces deux nervures,
sur leur côté interne , que naissent les cap¬
sules qui forment ainsi une ligne continue de
chaque côté de la nervure moyenne et sont
recouvertes par un tégument également con¬
tinu , naissant de la nervure et rabattu du
côté de la nervure moyenne.
Presl énumère 36 espèces qui ont les carac¬
tères et le port que nous avons décrits ci-
dessus. a ces espèces, qui forment le groupe
réellement naturel des vrais Blechnum , il
faut ajouter : 1° le Blechnum lanceola Sav.,
qui n’en diffère que par ses frondes simples ;
2° le Blechnum scandens Bor. , très différent
par ses tiges grêles et grimpantes et par l’as¬
pect de ses frondes à panicules coriaces,
grandes et peu nombreuses ; 3° le Blechnum
Fontanesianum deM. Gaudichaud, espèce pro¬
pre aux îles Sandwich, et à laquelle 4e même
savant voyageur doit ajouter quelques espè¬
ces voisines provenant des mêmes îles. Toutes
ces espèces se distinguent au premier abord
par leurs frondes grandes et bipinnatifides ,
à pinnules beaucoup plus petites que celles
des Blechnum ordinaires , mais ayant la
même structure essentielle. Kaulfuss avait
formé de cette plante son g. Sadleria. Ces
| plantes font des tiges sous - arborescentes ,
BLE
BLE
604
dressées , d’un mètre environ de hauteur,
couvertes de nombreuses écailles scarieuses,
piliformes, brunes.
Enfin M. Presl a réuni au genre Blechnum
les Asplénium australe Linn., et radiatum de
Kœnig, dont Link a formé le g. Acropteris,e t
qui diffèrent , en effet , tellement des vrais
Blechnum qu’il paraît difficile de les ranger
dans ce genre.
Les Blechnum appartiennent à des régions
très différentes, mais plus spécialement à la
zone équatoriale, et surtout aux régions
australes. (Ad. B.)
*BLECHROPUS. ois. — Genre formé par
Swainson ( Class. of Birds ) dans la famille
Muscicapidœ , et synonyme du genre Ada,
Less., qui lui est antérieur. (Lafr.)
BLECHEM nom, chez les Grecs,
d’une plante aujourd’hui ineonnue ). bot.
ph. ■ — Genre de la famille des Acanthacées,
tribu des Dicliptérées , formé par Patrick
Brown (Jam., 261), et comprenant un nom¬
bre d’espèces indigènes de l’Amérique tro¬
picale et des îles Manilles. On en connaît
dans les jardins 3 , dont 2 vivaces , B. laxi-
florum et angusii folium; la dernière annuelle,
B. Brownei. (G. L.)
BLED A ou BLÈDE. bot. ph. — Syn.
vulg. de Poirée dans nos dialectes méridio¬
naux. Vo\J. BETTE.
*BLEDRJS. ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Brachélytres, tribu
des Oxytélides, établi par Leach et adopté par
Erichson ( Généra et species Staphylinorum ,
p. 760). Ce g. se distingue des autres de la
même espèce par la structure du labre et de
la languette, et parles tibias antérieurs, épais
et très épineux. Le corps est légèrement pu-
bescent. Dans quelques espèces la tête et le
corselet du mâle sont cornus ; dans d’autres,
le sixième segment de l’abdomen est échan-
cré au sommet , et eette échancrure est close
par une membrane.
Erichson décrit 45 espèces de bledius, dont
12 d’Amérique , 1 d’Afrique , 2 d’Asie , et les
autres d’Europe. Nous ne citerons qu’une de
ces dernières : B. Taurus Germ. ( Oxytelus
furcalus Oliv., Encyclp.méth., VIII, 616, 12).
Ces Insectes vivent dans le sable ou l’argile ,
sur le bord des rivières. Ils se creusent des
espèces de terriers qu’ils habitent par paires.
Les larves vivent de la même manière que l’in¬
secte parfait. Certaines espèces préfèrent les
bords de la mer, où elles sont alternativement
mises à sec et submergées par les flots.Toutes
exhalent de l’odeur et volent en nombre après
le coucher du soleil. (D.)
BLEMES, ins. — Genre de l’ordre des
Coléoptères pentamères, famille des Carabi-
ques , tribu des Subulipalpes , établi par
Ziegler aux dépens du g. Trechus de Bo-
nelli. M. Dejean l’avait d’abord adopté ;
mais, dans son Species et son dernier Catalo¬
gue de 1836, il en a réparti les espèces dans,
les genres Trechus et Bembidium. Voy. ces
mots. Parmi ces espèces il s’en trouve une
dont les mœurs sont très curieuses, et qui a
fait le sujet d’un Mémoire très intéressant,
lu à l’Académie des sciences, parM. Audouin,
le 3 juin 1833. Cette espèce est le Blemus ,
ou YAepus fulvescens de Leach. Ce petit cara-
bique vit sur les bords de l’Océan, où il est
alternativement submergé lorsque la marée
monte, et mis à sec lorsqu’elle descend, sans
que, dans le premier cas, il périsse asphyxié,
bien qu’il ne paraisse pas organisé pour vi¬
vre sous l’eau ; mais il est entièrement cou¬
vert de poils , y compris ses antennes et ses
pattes, et M. Audouin a remarqué que lors¬
qu’on le fait passer immédiatement de l’air
dans un vase rempli d’eau de mer , on voit
ses poils se couvrir de petites bulles d’air qui
bientôt se réunissent pour former autour de
son corps une espèce d’atmosphère qui ne l’a¬
bandonne jamais, malgré l’agitation qu’il se
donne en courant dans l’eau , au fond ou
contre les parois *du vase où on l’a placé.
M. Audouin ne doute pas que ce qui a lieu
dans cette expérience ne se produise lorsque
la mer vient submerger ces Insectes. Toujours
il emporte avec lui une petite couche d’air ,
et quand il se cache sous une pierre , il se
trouve momentanément dans les conditions
d’un insecte placé librement dans l’air; mais,
comme cette petite couche d’air doit être
promptement viciée , comment s’y prend-il
pour la renouveler, puisqu’il n’a aucun moyen
de remonter à la surface de l’eau ? M. Au¬
douin suppose qu’alors ce renouvellement
s’opère de la même manière que l’a expliqué
M. Dutrochet à l’égard de la chenille du Po-
lamogeton qui vit également submergée {Vou.
cette explication à l’art, hydrocampe ). Au
reste, le Blemus fulvescens n’est pas le seul co¬
léoptère non aquatique qui jouisse de la fa¬
culté de respirer sous l’eau pendant un temps
BLE
605
BLE
plus ou moins long; suivant une notice de
M. W. Spence, insérée dans les Transactions
de la Soc. ent. de Londres , année 1836, pag.
179-181 , le Staphylinus tricornis et les Po-
g onus Burrellei , chalceus et œruginosus se¬
raient dans le même cas. (D.)
BLENDE ( Blenden , éblouir ; à cause du
vif éclat de la substance), min. — Syno¬
nyme de Sulfure de Zinc. Koijez sulfures.
Dans le Système minéralogique de Mohs , le
mot Blende a été détourné de son ancienne
acception , comme beaucoup d’autres noms
consacrés par l’usage, et a été employé pour
désigner un ordre de substances métalliques
dont la Blende ordinaire fait partie, avec
d’autres sulfures, tels que ceux de Mercure,
de Manganèse , etc. (Del.)
BLENDE CHARBONNEUSE ou KOII-
LENBLENDE de Born. min. — Synonyme
d’Anthracite. (Del.)
BLENDE DE MARMATO. min .—Voyez
MARMATITE. (DEL.)
BLENNE (|3Uvva, morve), poiss. — Nom
spécifique de Poissons remarquables par la
mucosité qui suinte de leur peau, le plus sou¬
vent nue et sans écailles , tels que le Gade
Blenne, etc. (Val.)
BLENNIE. Blennius , Lin. (j 3>sw«, morve).
poiss. — Genre de Poissons établi par Ar-
tédi, et caractérisé par nous comme ayant
le corps allongé , revêtu d’une peau molle et
sans écailles , avec 6 rayons à la membrane
branchiostège, et des ventrales attachées sous
la gorge et composées de 3 rayons.
Les yeux, et souvent les narines ou la nu¬
que, portent des tentacules ou des panaches.
Les dents sont fortes et sur un seul rang ; il
n’y a pas de vessie natatoire. Les mâles ont
auprès de l’anus des houppes de papilles qui
ne se rencontrent pas chez les femelles. La
chair des Blennies est tendre et blanche. Us
vivent en petites troupes le long du rivage.
On prétend qu’on peut les enivrer avec le
Tithymale ( jEuphorbia dendroides). Ce sont
de petits Poissons connus sous le nom de Ba¬
veuses sur nos côtes de Provence, et que la
mucosité sécrétée par eux rend très propre à
recevoir ce nom. Il n’est pas très certain que
ce soit le (ihvvoç ou le 0Aivvqç , ou quelque¬
fois aussi le des Grecs , quoique Be-
lon et Salviani aient identifié ces noms à nos
Poissons. On entonnait plus de 30 espèces.
(Val.)
"BLENNIOIDES. poiss.— M. de Blainville
a donné ce nom à une famille de la classe
des Poissons ayant pour type le g. Blennius.
*BLENNODERMA ( Æ>£woç , morveux ;
«J/pfjKx, peau), bot. ph. — Genre de la famille
des OEnothéracées , tribu des Êpilobiées ,
formé par Spach ( Nouv . Ann. mus ., IV, 369),
et qui paraît devoir être réuni en synonymie
au type de cette famille. Voy. oenotiiera.
(C. L.)
*BLENNOIDES. poiss.— On désigne sous
ce nom une sous-division de la famille des
Gobioïdes et qui se rapporterait au genre
Blennius , tel qu’Artédi l’entendait. Elle com¬
prendrait les genres Blennius, Pholis, Sala -
rias et Clinus. B'oy. ces mots. (Val.)
*BLENNORIA (j3).£vv«, morve), bot. cr.—
M. Fries ( Syst . orù. veg., p. 366 et Sysl. myc.,
vol. III, p. 472) a donné ce nom, en raison de
sa consistance, à un petit champignon qui a
été découvert par M. Mongeot [Ext. n. 882)
sur les feuilles du Buis et sur les faces des¬
quelles ils forment de petits tubercules mous
d’une couleur rousse et noire quand ils sont
secs. Leur base est entourée par les lambeaux
de l’épiderme qui les recouvrent presque en¬
tièrement. Ce genre est caractérisé par des
spores simples, cylindriques, transparentes,
qui recouvrent un stroma gélatineux, et qui
sort de dessous l’épiderme sous la forme
d’un petit disque. Le B. Buxi est la seule es¬
pèce qu’on connaisse. (Lév.)
BLENNORINA ( altération de jShVva ,
mucus ). bot. cr. — (Lichens). Acharius dé¬
signait sous ce nom une petite section de son
genre F enmavia , caractérisée par un thalle
gélatineux. (C. M.)
*BLENNOSPERMUM (j»Av«, mucus;
enz/pgoi, semence), bot. ph. — Ce g., auquel
correspond 1 1 A palus de M. De Candolle, ap¬
partient' à la famille des Composées, tribu des
Sénécionidées, et offre les caractères suivants :
Capitule pauciflore , hétérogame ; fleurs du
rayon femelles, 1-sériées, ligulées, larges, el¬
liptiques, dépourvues de tubes; celles du dis¬
que mâles, tubuleuses, &-dentées. Involucre
formé de ô folioles elliptiques, disposées sur
un seul rang; réceptacle petit, glabre. Fruits
du rayon 4-angulaires , oblongs, blanchâtres,
couverts de petites verrues ; ceux du disque
appartenant aux fleurs mâles avortent. — Le
Blennospermum estune petite herbe annuelle,
originaire du Chili, laquelle a pour synonyme
606
BLE
BLE
YUnxia anihemidifolia Berter. et Coll., Mèm.
acad. Tarin , 38, tab. 3.2. (J. D.)
*BLEPHARACANTHÏJS (pXeyopi'ç; cil des
paupières ; axavQa , épine), bot. pu. — Genre
de la famille des Acanlhacées, tribu des Ec-
matacanthées , formé par Nees ( in Lindl.
Introd, to Bot. ed. II , p. 444) , renfermant
quelques arbrisseaux du Cap, dont le port
est celui des Acanthus et le type les A. ar-
pensis et procumbius de Thunberg. (C. L.)
*BLEPHAR ANTHUS (|33l«papiÇ, cil des pau¬
pières ; avôoç , fleur), bot. pu. — Ce g., de la
famille des Passifloracécs, tribu des Modec-
cées, a été établi par Smith ( Gramm . of Bot.,
188) et réuni par Wight et Arnott , comme
sous-genre, au Modecca de Linné. (C. L.)
*BLÉPHARE (j3A/<papov, paupière), bot.
— M. Link désigne sous ce nom les cils qui,
dans certaines Mousses, bordent le péristome.
*BLEPIIARIDA ( filtyoïplç , cil ou poil
des paupières ). ins. — Genre de Coléoptères
tétramères , famille des Alticides , établi par
M. Chevrolat avec la Chrysomela meliculosa ,
Olivier ( C. stolida Fab. ). M. Dejean , qui a
adopté ce genre dans son Catalogue, en men¬
tionne 5 espèces : 1 des Indes orientales, 3 de
l’Afrique australe, et une citée par nous
comme type ; cette dernière se trouve dans
les États du sud de l’Amérique septentrio¬
nale. (C.)
*BLEPHARIDIUM QSXsyaptç, cil; eWoç,
forme; qui ressemble à un Blepharis ). bot.
pu. — Une des sections indiquées par De Can-
dolle (. Prod ., I, 328) dans le grand genre Po-
1 1/9 nia. (G. L.)
* BLEPII ARÏPAPPUS (jS^Ecpapiç, cil ; tzc*.tz-
tto? , aigrette ; aigrette ciliée), bot. ph. —
M. Hooker a fondé ce genre sur une plante
indigène de la côte N.-O. de l’Amérique. Il
fait partie de la famille des Composées, tribu
des Sénécionidées, et offre pour caractères .
Capitules multiflores , radiés ; ligules femel¬
les larges, cunéiformes, profondément tri-
fides, peu nombreuses ; celles du disque her¬
maphrodites à 5 dents, couvertes de longs
poils au sommet. Rameaux des styles linéai¬
res , longuement recourbés , glanduleux-pu-
bescents ; ceux des fleurs • du rayon très
courts au contraire. Involucre hémisphéri¬
que ; écailles 1-sériées, égales, oblongues ou
elliptiques. Réceptacle paléacé. Fruits en
forme de massue , surmontés d’une aigrette
composée de 8 paillettes linéaires-acunnnées,
fimbriées-ciliées. — Les esp. du genre sont
des herbes annuelles, à feuilles alternes, en¬
tières , offrant des capitules terminaux soli¬
taires, munis de rayons blancs. (J. D.)
“BLÉPII ARIPTÈRE . Blephariplera (jSXe-
yaptç, cil; TrTspov, aile), ins. — Genre de l’or¬
dre des Diptères , division des Rrachocères ,
subdivision des Dichœtes, famille des Athéri-
cères, tribu des Muscides, section des Acaly-
ptères, sous-tribu des Scatomysides. M. Mac-
quart (Hist. naiur. des Dipt., t. II, p. 412) a
établi ce g. aux dépens des g. Helomyza ,
Meig. ; Helomyza , Latr. , et Leria , Rob.
Desv. Il se compose des espèces compri¬
ses dans la 2e section des Hélomyses de Fal-
len et de Meigen, lesquelles se distinguent de
celles de la première section par la forme de
leurs antennes dont le 3e art. est rond et le
style nu. Elles ont le plus souvent le thorax
ardoisé et l’abdomen ferrugineux. La forme
orbiculaire des antennes appartient généra¬
lement aux dernières tribus des Muscides, et
c’est par une exception très rare qu’elle se
retrouve dans ce g. d’ailleurs très voisin des
Hélomyses. Ces Muscides se trouvent assez
souvent sur les vitres des fenêtres. Elles vi¬
vent aussi dans les bois et se développent
dans les Champignons. Ainsi que l’indique
leur nom générique, elles ont les ailes ciliées.
Parmi les 12 espèces rapportées à ce g. par
Fauteur, nous n’en citerons qu’une : la R. a
scie , Blephariplera serrala , Helomyza id.,
Fall., n. 4, Meig., n. 15, la même que la Le¬
ria feneslrarum Rob. Desv., n. 4, ou la Musca
id. Linn. et Fab. (D.)
*BLEPIIARIPIJS cil; ttouç,
pied ). ins. — MM. Lepeletier de Saint-Far-
geau et Brull è(Monog.du genre Crabro ) ont
appliqué ce nom à un genre de la famille des
Crabroniens , de l’ordre des Hyménoptères,
que la plupart des autres entomologistes re¬
gardent comme une simple division du genre
Crabro ( voyez ce mot). MM. Lepeletier de
Saint-Fargeau et Brullé énumèrent neuf es¬
pèces de Blepharipus , dont une de l’Amé¬
rique du Nord et huit européennes. (Bl.)
*BLEPHARÏS ((tiscpaplç, cil), poiss. —Genre
de Scombéroïdes , caractérisé par de très pe¬
tites épines pour première dorsale, et par le
prolongement en longs filaments des pre¬
miers rayons de la seconde dorsale et de l’a¬
nale; les ventrales sont allongées. Le profil est
tranchant et courbé en arc convexe. Ce sont
BLE
des Poissons voisins des Vomers, et que
Bloch confondait avec les Zeus/ On en con¬
naît 3 espèces : 1 de l’Inde et 2 des mers d’A¬
mérique, vers les Antilles. (Val.)
*BLEPHARIS ((SAstpaptç, cil), ins. — Genre
de la famille des Mantiens, de l’ordre des
Orthoptères, établi par M. Serville ( Rev . mèt.
de l'ordre des Orth. ) sur une seule espèce ,
la Maniis mendica de Fabricius, Olivier, etc.,
répandue dans tout l’Orient, la Sénégambie
et les îles Canaries. Les Blepharis se recon¬
naissent à leur corselet assez court, muni
d’une membrane foliacée occupant les trois
quarts de sa longueur , et à leurs cuisses in¬
termédiaires et postérieures pourvues d’une
seule membrane à leur extrémité. (Bl.)
BLEPHARIS ( |3>£<pocpiçcil des pau¬
pières). bot. pu. — Genre de la famille
des Acanthacées, tribu des Ecmatacantliées-
Acanlhées, formé par Jussieu ( Gen . 103),
adopté ensuite par tous les botanistes, et com¬
prenant des plantes vivaces ou annuelles
de l’Inde et du Cap , rampantes ou à peine
dressées , hispides. Leurs feuilles sont verli-
cillées , inégales, mucronées - dentées ; les
fleurs , ordinairement bleues , sont disposées
en épis, imbriquées, bractéées. On en cultive
plusieurs espèces dans les jardins. (C. L.)
*BLEPHARISTEMMA ( (&e<p*p!ç , cil;
(jTEp.ua , couronne), bot. ph. — Genre indi¬
qué par Bentham ( ex Wallich, Calai. ) , et
qui ne paraît pas encore avoir été décrit.
(C. L.)
*BLEPHAROCHLOA ( papov , pau¬
pière; x^0Y>» herbe), bot. ph. — Genre formé
par Endlicher ( Gen. PI. supp., 1352) sur le
Zizania cilicila de Sprengel. C’est une gra¬
minée croissant dans les lieux inondés des
Indes orientales , à chaumes grêles , pubes-
cents , rampant au loin , garnis de feuilles
subglaucescentes , linéaires-aigus , scabres.
Les épis floraux sont distants, peu nombreux,
subunilatéraux. (C. L.)
*BLEFIIARODERA (/ft/<p«pov, paupière ;
$ép-n, cou), ins. — M. Burmeister [Handb. der
Ent.) applique ce nom à une petite division
établie par lui dans le g. Perisphœria de la
famille des Blattiens. Il ne rapporte qu’une
seule esp. à cette division : c’est la P. ciliata
du Cap. C oyez perisphæria. (Bl.)
*BLEPHARODON ( jSXeqxxpeç, cil ; oSovç ,
dent ; dent ciliée), bot. ph. — Section du
g. Aplopappus , comprenant les espèces à
BLE 607
fruits turbinés et couverts de longs poils
soyeux. (j. d.)
*BLEPHAROPHYLLlJM (pkfy ocpov, pau¬
pière ; tpvXX ov , feuille ). bot. ph. — Genre de
la famille des Éricacées, formé par Kiotzsch ,
et réuni comme simple section au g. Ompha -
locarya du même. (C. L.)
*BLEPHAROSPERMlJM (0Jt£<papfç, cil;
anépp.<x, semence; semence ciliée), bot. ph.
— Genre de la famille des Composées , tribu
des Astéroïdées , comprenant deux sous-ar¬
brisseaux indigènes des Indes orientales.
Ils ont pour caractères : Capitules nom¬
breux, réunis en glomérules arrondis; cha¬
cun renfermant deux fleurons tubuleux ,
dont l’un femelle, 3-denté ; l’autre mâle,
5-denté. Réceptacle très étroit, couvert de
paillettes interposées entre les fleurons; in-
Yolucre formé d’écailles dont 2 ? extérieures
plus courtes, ovales; deux écailles intérieu¬
res, égales aux fleurons : une plane, insérée
sous la fleur femelle, l’autre concave, embras¬
sant la fleur mâle. Fruits des fleurs femelles
oblongs-comprimés , bordés de longs cils et
terminés par une aigrette formée de 3-5
écailles scarieuses ; ceux des fleurs mâles al¬
longés, glabres oy. Delessert, Icon. seleci.,
t. IV). (J. D.)
*BLEPIIAROSTOMA (jSAfipapov, paupière;
CTTop.a , bouche), bot. cr. — (Hépatiques. )
M. Dumortier ( Syll . Jungerm ., p. 65) dési¬
gne sous ce nom collectif sa 9« section du
Jungermannia , laquelle comprend les espè¬
ces dont le périanthe porte des cils tout au¬
tour de son orifice (ex. : J. seiacea ). (C. M.)
*BLEPHAROZIA (|3 à/<papov , paupière).
bot. cr. — (Hépatiques.) C’est ainsi qu’est
nommée la deuxième section établie dans
le g. Jungermannia , par M. Dumortier [Syll.
Jungerm ., p. 46), laquelle comprenait les
espèces dont les feuilles involucrales ( Pe~
rianthium , Dumort. non Nees) sont ciliées
dans leur pourtour. Celte section renfermait
le Stilidiurn ciliare et le Masiigophora Wood -
sii Nees. (C. M.)
*BLEPIIILIA. bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Labiacées, tribu des Mérendérées-
Rosmarinées, formé par Rafinesque, et ren¬
fermant un très petit nombre de plantes
ayant le port des Monardes et à peu près l’in¬
florescence des Ziziphora. Les verticillastres
sont nombreux , globuleux ; les supérieurs
un peu rapprochés en épis. On en cultive
BLE
608 BLE
deux espèces dans les jardins , les B. ciliuià
et hîrsnia. (C. L.)
BLEPSIAS (nom grec d’un poisson in¬
connu). poiss. — Genre de la famille des Scor-
pènes , à 3 dorsales , à tête comprimée , à 5
rayons aux ouies ; le préopercule est épineux,
la joue cuirassée , le palais garni de dents,
autour du museau de nombreux lambeaux
charnus.
On en connaît deux espèces des mers du
Kamtschatka et qui descendent jusqu’aux
côtes du Japon. Steller avait fait de l’une
d’elles un Blennius, et Pallas une Vive. (Val.)
BLÉREAU. mam. — Synonyme de Blai¬
reau.
BLÉRIE ou BLÉRY. ois. — Voy . blary.
BLET. bot. pii. — Nom vulg. de YAiri»
plex tatarica , dans nos départements méri¬
dionaux, où cette plante est naturalisée.
BLÈTE. Bliiurn (j3),tTov, plante qu’on croit
être notre Blète). bot. pu. — Ce genre linnéen,
de la famille des Chénopodiacées ou Atripli-
cées , tribu des Chénopodées - Camphoros-
mées, comprend quelques plantes annuelles,
glabres, un peu charnues, croissant en Eu¬
rope et en Asie , à feuilles alternes, triangu¬
laires , sinuées , à fleurs ébractéées , réunies
en capitules agglomérés , colorés de rouge ,
dont l'aspect agréable et singulier les fait
cultiver dans quelques jardins. Ce sont, entre
autres, les B. capitatum, virgatum, peliolare,
chenopodioides et marilima. (C. L.)
BLETHISA. ins. — Genre de Coléoptères
pentamères , famille des Carabiques , tribu
des Simplicipèdes , établi par Bonelli , et
adopté par presque tous les entomologistes.
Ce g., d’après le dernier Catalogue de ftï. De-
jean, renferme 3 espèces, dont 1 de la Russie
méridionale ( Bl . Eschscholizii Zoublc.), 1 de
Laponie (B. arctica Gyllen. ) , et 1 qui se
trouve à la fois en Allemagne , en Suède et
en France [B. multipunctata Fabr. ). Cette
dernière n’est pas rare dans les environs de
Lille et dans le Calvados. On la trouve sur
les bords des fossés , des étangs et des mares
à moitié desséchées ; elle se cache dans la boue
et sous les roseaux , d’où on la fait sortir en
pressant fortement le terrain avec le pied.
Elle est figurée dans Y Iconographie des Co¬
léoptères d Europe, par MM. Dejean et Bois-
duval, t. II, pl. 84. (C. D.)
BLÉTIE. Bletia. bot. ru. — Genre de la
famille des Orchidées, tribu des Épidendrées,
établi primitivement par Ruiz et Pavon
( P voir ., t. *26) , mais qui n’a été bien carac¬
térisé que par MM. Rob. Brown et Lindley.
Voici ses caractères : Sépales extérieurs éta¬
lés et à peu près égaux entre eux ; les deux
internes quelquefois étalés et d’autres fois
dressés, presque toujours à peu près sembla¬
bles aux extérieurs. Labelle libre, concave,
parfois renflé à sa base ; il offre trois lobes ,
et sa partie moyenne est garnie de lames
saillantes ou de tubercules diversement ar¬
rangés. Gynostème allongé, semi-cylindrique,
un peu arqué ; anthère terminale , operculi-
forme et à 8 loges. Pollen composé de 8
masses réunies par paires sur une caudicule
commune à chaque paire. — Les espèces de
ce g. sont assez nombreuses. Ce sont des
plantes herbacées et terrestres , à racine tu-
bériforme et renflée, à feuilles allongées, en-
siformes et plissées suivant leur longueur.
Les fleurs, ordinairement disposées en grappe
simple ou rameuse, sont quelquefois de cou¬
leur très vive , et dans quelques unes elles
sont fort belles.
Une vingtaine d’espèces composent ce g.;
presque toutes sont originaires du Pérou ou
du Mexique, un petit nombre croissent aux
îles australes d’Afrique. (A. R.)
BLEU DE MONTAGNE, min. — Même
chose qu’Azurite, ou Cuivre carbonaté bleu.
(Del.)
BLEU DE PRUSSE NATIF, min. — Va¬
riété terreuse de phosphate de Fer, qui a été
prise d’abord pour une combinaison de Fer
et d’acide prussique. Foyez fer phosphaté.
(Del.)
BLEU D’OUTREMER, min.— Foyez la¬
pis lazuli. (Del.)
BLEU-MANTEAU, ois. — Nom vulg. du
Goéland à manteau gris, Larus glaucus.
BLEU MARTIAL FOSSILE, min. — An¬
cien nom du Fer phosphaté naturel. (Del.)
BLEU-VERT. ois. — Nom vulg. du Guê¬
pier à croupion bleu.
BLEUET, ois. — Nom vulg. du Martiiir
Pêcheur d’Europe , Alcedo hispida.
BLEUET, bot. ph. — Nom vulg. du
Bluet, Centuurea Cyanus , et d’une esp. d’Ai-
relle du Canada , qu’on croit être le Facci-
nitnn album.
BLE Y-FA IILERZ. min.— M. Hausmann
a décrit sous ce nom un sulfure d’Antimoine,
de Plomb, de Cuivre et de Fer, de la mine
BLO
609
BLO
d’Andreasberg au Harz, qu’il a rapproché des
Fahlerz ou Cuivres gris, d’après ses caractè¬
res extérieurs , mais que sa composition chi¬
mique doit faire placer parmi les Bourno-
nites. Voyez ce dernier mot. (Del.)
BLIGHIA (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Sapindacées, formé par
Kœnig [Ann. of bot., 11, 571, t. 16, 17), et
réuni comme synonyme au Cupania de Plu¬
mier. (C. L.)
*BLINKWORTHIA (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Convolvula¬
cées , formé par Choisy sur un arbrisseau
indien, encore peu connu , à tige cylindrique,
dressée, velue ; à feuilles serrées , alternes,
linéaires , mucronuîées , courtement pétio-
lées , glabres en dessus , un peu soyeuses en
dessous ; à pédoncules axillaires , uniflores.
(C. L.)
*BLISSUS. ins.— M. Klug a employé cette
dénomination pour désigner un petit genre
de la famille des Lygéens , de l’ordre des Hé¬
miptères, établi sur une seule espèce d’Abys¬
sinie représentée dans les Symbolœ physicæ.
Les Blissus se distinguent surtout des An -
ihocoris et des Xylocoris , dont ils sont très
voisins, par leurs jambes munies d’épines.
(Bl.)
*BLITA]\THUS , Reichenb. bot. pii. —
Synonyme de Lecanopus.
*BLITÉES. bot. ph. — Nom d’une sous-
division de la famille des Chénopodées, tribu
des Chénopodiées, établie par Endlicher dans
son Gen. Plantarum.
BLITUM. bot. ph. — Nom latin de la
Blète.
BLIXE. bot. pii. — Synonyme de Blyxa.
*BLOCIIÏMAi\MA , Weig. (nom propre).
bot. ph. — Synonyme de Triparis.
*BLOEDITE, John (Blœde, nom d’un
minéral saxon), min. — Substance saline
d’un rouge pâle , tendre , compacte , ou en
masses à fibres très serrées , qu’on trouve
à Ischel en Autriche, avec la Polylsalite et la
Karsténite. C’est un sulfate double hydraté
de Magnésie et de Soude, à placer entre l’Ep-
somite et le Sel de Glauber ou l’Exanthalose.
Il est composé, en poids, de sulfate de Magné¬
sie, 36,66 ; sulfate de Soude, 33,34 ; Eau, 22 ;
et quelques traces de sulfate de Manganèse
et de Fer. (Del.)
*BLONDÉLIE. Blondelia (nom propre).
ins. — Genre de Diptères fondé par M. Ro-
t. 11.
bineau-Desvoidy dans son ouvrage sur les
Myodaires, et dédié à M. Blondel, entomolo¬
giste de Versailles. Ce g. appartient à la fa¬
mille des Calyptérées , tribu des Enthorno-
bies, section des Faunides, et ne diffère des
Ophélies que par des caractères très peu im¬
portants, de l’aveu de l’auteur. On peut donc
s’étonner qu’il l’ait établi. Quoi qu’il en soit,
il y rapporte 4 espèces , toutes nommées par
lui. Nous citerons comme type la B. nitida.
(D.)
BLONDIA. bot. pii. — Ce genre, de Nec-
ker, incomplètement décrit par l’auteur, est
rapporté avec doute au Tiarella de Linné ,
dans la famille des Saxifragacées. (C. L.)
BLONGIOS. ois. — Nom d’une espèce de
petit Héron qu’on a généralisé à un groupe
de petites espèces présentant les mêmes ca¬
ractères et faisant une sous-division du g.
Héron. V oy. ce mot. (Lafr.)
*BLOSSEVHXEA (nom propre), bot. cr.
— (Phycées). Genre de l’ordre des Fucacées,
nouvellement établi par M. Decaisne [Plant,
Arab., p. 147) aux dépens du g. Cysioseira. Il
se compose de la seconde section formée dans
ce g. par l’auteur des Algœ britannicœ,M. Gre-
ville, laquelle comprend, sous le nom de Re-
troflexœ, toutes les espèces dont les rameaux
naissent de la partie aplatie des tiges, se re¬
courbent en bas à leur origine pour se re¬
dresser ensuite. Le caractère le plus saillant
qui distingue ce nouveau g., consacré à la
mémoire de l’infortuné Blosseville, comman¬
dant de la Lilloise , consiste dans la disposi¬
tion, sur deux rangées longitudinales, des lo¬
ges ou conceptacles qui recèlent les spori-
dies , tandis que dans le reste des Cysto-
seira, ceux-ci sont placés sans ordre dans les
réceptacles. Toutes les espèces de ce g., au
nombre de 20 ou environ , ont des récep¬
tacles filiformes et toruleux ; il faut pour¬
tant en excepter le B. platylobium , chez le¬
quel ces organes sont aplatis et lancéolés.
M. Decaisne propose d’en faire une section
du Blossevillea. Les Blossevillées habitent
les côtes de la Nouvelle-Hollande , et en gé¬
néral de l’Océanie.
Au moment où j’écris ces lignes , je vois ,
dans le Linnœa (1841, Heft ., I, p. 3), que
M. J. Agardh vient aussi de son côté de sé¬
parer ces espèces du g. Cysioseira de son
père, en proposant de les réunir sous le nom
générique de Cysiophora; mais le nom de no-
39
BLU
610 BLU
tre compatriote ayant la priorité, a droit à la
préférence. (G. M.)
‘BLOS1RIS ((31oavpoç, d’un aspect terri¬
ble). ijns.— Genre de Coléoptères tétramères,
famille des Curculionides , ordre des Gona-
tocères , division des Brachydérides , établi
par Schoenherr , qui y rapporte 6 espèces ,
toutes des Indes orientales. Il a pour type le
Curculio oniscus d’Olivier (Ent., v. 83, p. 356,
414, t. 24, f. 347) , qui se trouve à Calcutta.
(D.)
*BLUE-LIAS ( Lias bleu), géol. — Nom
consacré d’abord par les géologues anglais
pour désigner les couches de l’étage inférieur
des terrains jurassiques qui , en Angleterre ,
et particulièrement sur les côtes du Dorset-
shire, près de Lyme Regis , consistent en de
nombreuses alternances d’ Argile et de Cal¬
caire marneux d’un gris foncé bleuâtre. Le
mot Lias , aujourd’hui généralement adopté
par tous les géologues , désigne l’étage infé¬
rieur des terrains oolithiques , quelles que
soient la nature et la couleur des roches dont
il se compose. Voyez lias.
C’est dans le Blue-Lias qu’on a trouvé
des squelettes entiers de grands Reptiles dont
la race est perdue ( Ichthyosaures , Plésiosau¬
res. Voyez ces mots). Avec ces Reptiles , on
voit dans les mêmes lits argileux des frag¬
ments de végétaux terrestres et de nombreux
débris très bien conservés d’animaux marins :
Ammonites , Bèlemniies , Gryphées , etc. Le
mélange de ces corps organisés, leur parfaite
conservation , annoncent que les sédiments
qui les enveloppent ont été déposés par des
eaux terrestres affluant dans un bassin ma¬
rin , et que le dépôt est de Formation fluvio-
marine. Voyez formation. (C. P.)
BLUET. ois.— On a donné ce nom à une
espèce de Tangara , Tanagra gularis , de
Cayenne , et Edwards l’applique à la Poule
sultane. Voyez tangara et taleve.
BLUET. bot. ph. — Nom vulgaire de la
Cenlaurea cyanus.
BLUET. bot. cr. — Un des noms vulgaires
de l’ Agaricus cyaneus.
BLUET DU CANADA, bot. ph. — Nom
yplgaire d’une espèce du g. Airelle , qu’on
suppose être le Vaccinium album.
BLUET DU LEVANT, bot. ph. — Nom
Yulgaire de la Cenlaurea moschala.
BLUETTE. ois. — Nom vulgaire de la
Pintade.
*BLUFFIA ( nom propre ). bot. pu. — »
Genre de la famille des Graminées, tribu
des Panicées , formé par Nees ( Mari . Fl.
Bras., II , 269) sur une plante du Cap, dont
l’inflorescence est en grappes digitées , à ra¬
chis étroit, et qu’il dédia à Ecklon (
Eckloneana ). (G. L.)
*BLUMEA (nom propre), bot. ph. — Genre
dédié par M. De Candolle à Ch.-L. Blume ,
botaniste célèbre par ses publications sur la
Flore de Java. Il fait partie des Composées ,
tribu des Sénécionées , et offre les caractères
suivants : Capitule multiflore , hétérogame ;
fleurons du rayon multisériés, femelles, très
ténus , tubuleux , tronqués ou 2-3-dentés ;
ceux du disque (5-25) sont mâles, tubuleux,
régulièrement 5 -dentés. Réceptacle plan,
nu ou légèrement pubescent. Involucre com¬
posé de plusieurs rangs d’écailles linéaires
ou ovales , étroitement imbriquées , mucro-
nées ou mutiques. Anthères munies d’ap¬
pendices basilaires très délicats. Fruit cylin-
dracé, tronqué et couronné d’une aigrette
1-sériée , et formée de soies capillaires et
presque lisses. — Ce genre est voisin des Co-
nysa, tels que MM. Lessing et De Candolle les
ont actuellement circonscrits ; mais il en dif¬
fère par son fruit cylindracé et non com¬
primé ^ par les côtés en forme de disque aplati.
Son port est assez différent pour le faire re¬
connaître au premier coup d’œil. Il com¬
prend environ 100 espèces, toutes originaires
de l’Inde ou de l’Afrique. La plupart sont
herbacées, et présentent des feuilles alternes,
plus ou moins profondément dentées, et d’as¬
sez petits capitules disposés en corymbes ,
renfermant des fleurons blancs, bleuâtres ou
rosés. (J. D.)
*BLUMENBACHIA (Blumenbach , bota¬
niste allemand), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Loasacées , formé par Schreber, et
comprenant un petit nombre de plantes an¬
nuelles ou à peine suffrutescentes, indigènes
de l’Amérique tropicale , rameuses , grim¬
pantes , armées de poils dont la piqûre est
cuisante ; à feuilles opposées , lobées , exsti-
pulées ; à fleurs blanches ou rouges , brac-
téées, solitaires ou axillaires. On en cultive
deux espèces dans les jardins : ce sont les
B. insignis et mullifida , toutes deux an¬
nuelles. (C. L.)
BLUMENBACHIA ( Blumenbach , bota¬
niste allemand), bot. ph. — Genre de la fa-
BOA
611
BOA
mille des Graminées , formé par Koeler
(Gram. 29), et réuni comme section à Y An-
dropogon de Linné. Voyez ce mot. (G. L.)
*BLUM1A (Blume, botaniste hollandais).
bot. pu. — Genre de la famille des Orchida-
cées , indiqtié par Meyen ( Msc. ) , et qu’on
croit être le même que YHexameria de R.
Brown.
Ce nom a été donné aussi à un genre de
la famille des Magnoliacées , formé par Nees
(Flora, 1825 , p. 152), et rapporté comme
synonyme au Talauma de Jussieu.
Sprengel emploie également le nom de
Blumia pour désigner un genre de la famille
des Ternstrœmiacées, tribu des Sauraujées,
et réuni comme synonyme au Saurauja- de
Willdenow. (G. L.)
*BLYSMUS (jSW.aoç, jaillissement d’eau).
bot. ph. — > Petit genre de la famille des Cy-
péracées, formé par Panzer (Rœm. et Schult.
Mant.y II, 41), et réuni au Scirpus de Linné,
comme simple section du sous-genre Scir¬
pus proprement dit, de Palisot de Beauvois.
(G. L.)
*BLYTIA (nom propre), bot. cr. — Genre
de la famille des Jongermanniacées , section
des DiplomHriées, formé par Endlicher (Gen.
PL, 472 / 6) , et ayant pour types les Jun-
germannia Lyellii et Blylii. Ce sont de petites
plantes terrestres, uligineuses , à fronde sim¬
ple ou bifide. Les fleurs mâles et femelles
(Sporanges) sont placées dorsalement sur la
côte médiane des frondes , laquelle est dé¬
bordée par le limbe. Les premières sont pla¬
cées tantôt sur le même individu, tantôt sur
d’autres. (G. L.)
BLYXA. Saivala , Wall. (/ftvǫ, je fais
couler), bot. ph. — Genre de la famille des
Hydrocharidées , formé par Dupetit-Thouars
( Gen. Madagasc., 14), et comprenant quel¬
ques plantes herbacées, vivaces, stolonifères,
croissant dans les ruisseau!, à Madagascar et
dans l’Inde orientale ; à feuilles linéaires , ra¬
dicales, engainantes à la base; à fleurs dioï-
ques, émergées et portées sur des scapes an-
cipitées ; les mâles dans une spathe tubu¬
leuse, multiflore ; les femelles dans une
spathe uniflore. (G. L.)
BOA. Boa. rept. — Le nom de Boa paraît
avoir été donné par les anciens à une Cou¬
leuvre de grande taille à laquelle ils attri¬
buaient l’habitude de se glisser’au milieu des
frôtipêaux, afin d’y Sucer le lait dés Vaches ;
erreur qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours
parmi les habitants des campagnes. Pline et
Pistor font bien mention du Boa, mais d’une
manière trop vague pour qu’on puisse rap¬
porter ce nom à aucune espèce. Cuvier
pensait qu’on désignait ainsi la Couleuvre à
4 raies, Coluber Elaphis, qui est un des plus
grands Ophidiens d’Europe, ou bien le Ser¬
pent d’Épidaure ( sans doute le Coluber Es-
culapii de Shaw). Quant au Boa gigantesque
tué en Afrique par l’armée de Régulus, ce
paraît être un Pithon ; mais on doit regarder
comme une exagération la longueur de 120
pieds qui lui est attribuée par Pline (lib. VIII,
cap. xiv).
Les zoologistes anciens comprenaient, sous
la dénomination commune de Boa , tous les
Serpents venimeux ou non , dont le dessous
du corps et de la queue est garni de bandes
écailleuses, transversales, d’une seule pièce,
et que ne terminent ni éperons ni sonnettes ;
mais depuis on l’a restreint aux espèces non
venimeuses, ayant sous la queue des plaques
simples , ce qui les distingue des Couleuvres ,
chez lesquelles elles sont doubles, et dont l’a¬
nus est muni de crochets.
Les Boas, tels que les comprennent les
classificateurs modernes, ont pour caractères :
Corps comprimé et fusiforme ; queue longue
et prenante; tête petite, relativement à la
longueur du corps, de forme pyramidale, ren¬
flée en arrière, rétrécie en avant, et terminée
par un museau court et obtus; cou minée
et grêle. Bouche légèrement fendue ; le
maxillaire inférieur , suspendu par un os
intra-articulaire (l’analogue de l’os carré des
oiseaux) à un os mastoïde libre , permettant
une énorme dilatation de l’orifice bucca ;
langue fourchue et très extensible ; environ
120 dents, dont 19 ou 20 à chaque rangée
palatine , et 16 à 20 à chaque rangée maxil¬
laire; l’iris vertical et rhornboïdal; le petit
poumon à peu près de moitié plus court que
l’autre; des membres postérieurs rudimen¬
taires dont les vestiges , cachés sous la peau,
ne laissent sortir extérieurement que deux
crochets de 2 à 3 lignes de longueur, qu’on
croit destinés à retenir la femelle dans l’ac¬
couplement.
Les écailles qui couvrent leur corps sont
petites, rhomboïdales, imbriquées, lisses, ou
quelquefois carénées ; les plaques ventrales,
assë! étroites, sé rétrécissent à rftesure qu’on
61*2
BOA
BOA
approche de la queue. Le museau est cou¬
vert d’écailles plus longues que celles qui
couvrent le reste du corps ou quelquefois de
grandeur égale. C’est même sur ce dernier
caractère que repose la division des Boas en
5 groupes distincts.
Le premier comprend ceux dont la tête est
couverte d’écailles semblables à celles du
corps, et dont les plaques labiales sont plus
petites : c’est le Boa constricteur, Boa con-
strictor, B. devin, royal ou empereur (voir l’At¬
las de ce Dictionnaire ; Reptiles, pl. 9, fig. 2),
long de 20 à 25 pieds, et de 6 pouces de diamè¬
tre dans sa partie la plus renflée. Il habite les
parties humides des forêts de l’Amérique du
Sud, et notamment de la Guiane. Son corps,
d’un brun clair en dessus, est agréablement
varié de grandes taches noirâtres , irréguliè¬
rement hexagones , et de taches pâles , ova¬
les , échancrées aux deux bouts. Le ventre
est d’un blanc jaunâtre ou rougeâtre, et
parsemé de points noirs irrégulièrement dis¬
séminés. Les écailles sont petites et rhom-
boïdales. On lui compte environ 240 plaques
ventrales et 50 caudales.
Les Eunectes ou bons nageurs , qui ont
sur la tête des plaques plus larges que celles
du corps, et des plaques labiales planes , for¬
ment le second groupe , qui se compose de
deux espèces : le Boa anacondo, B. scytale ,
B. murinia , aqualica ou rativora , long de 25
à 30 pieds , brun , avec une suite de taches
rondes et noires sur le dos, et des taches ocel¬
lées sur les flancs : il a 246 plaques ventrales
et 60 caudales ; le Boa a bandes latérales,
B. laierisiriga , naturel à l’archipel Indien.
Les Boas du 3fe groupe ont les plaques la¬
biales creusées en fossettes aux côtés des mâ¬
choires ; ce sont les Épicrates, qui compren¬
nent le Boa a anneaux , B. cenchrys , annu-
lifer ou porte-anneau de Daudin, B. aboma.
Il est à peu près de la même taille que les
précédents, a le corps fauve, varié de grands
anneaux bruns sur le dos , et porte sur les
flancs des taches à ocelles. Il a environ 244
plaques caudales et 63 ventrales. Il habite
spécialement l’Amérique du Sud.
La forme longue et comprimée des Boas du
4e groupe, qui se distinguent par une fossette
longitudinale au-dessous de l’œil, leur a valu
le nom de Æphosomes. Cette sous-division
se compose du Boa brodé , B. hortulana , B.
glegans, à queue longue et grêle, dont le corps
fauve porte sur le dos une ligne brune en
zigzag, avec des ocelles de même couleur sur
les flancs ; du Boa Bojobi, B. canina, B. hy-
perale de Linné, dont la queue est plus
courte, et du B. de Merrem. Ces trois espèces
appartiennent à l’Amérique du Sud.
Le dernier groupe, formé de ceux dont les
plaques latérales sont proéminentes , et les
écailles petites et carénées , a reçu le nom
d’Enygrus. Il se compose de trois espèces ,
toutes des Indes; ce sont : le B. caréné , B.
carinata , B. regia; le B. ocellé, B. oceltala,
d’une taille moindre que les Boas d’Améri¬
que, et le B. vipérin, B. viperina, B. conica ,
qui se rapproche par sa coloration de notre
Vipère d’Europe.
Les Boas habitent dans le creux des arbres
excavés par le temps , sous leurs racines , où
ils se creusent une sorte de terrier, ou dans
les trous de rochers ; mais ce n’est pour eux
qu’une demeure passagère, dans laquelle ils
se retirent au moment de la ponte ou pen¬
dant la durée de l’engourdissement hiémal
ou estival. A ces dernières époques , les pas¬
sions éteintes par une impérieuse nécessité
organique, réunissent dans le même trou, et
enlacés les uns aux autres, non seulement
des Serpents du même genre , mais encore
des espèces différentes et quelquefois veni¬
meuses. Mais au Brésil, où la température de
l’été est modérée par les abris épais que leur
offrent les forêts vierges, ces Ophidiens échap¬
pent à l’engourdissement de l’été.
Les localités habitées par les Boas sont très
variées. Les uns , comme le Boa constricteur
et ceux de la sous-division des Épicrates , se
tiennent dans les contrées fraîches et hu¬
mides : c’est là qu’on les trouve enlacés aux
pieds des arbres , cachés sous des amas de
feuilles ou sous des troncs pourris , en atten¬
dant que la faim se fasse sentir pour que ,
renonçant à leur immobilité, ils se mettent
en quête d’une proie. D’autres , tels que l’À-
nacondo, le B. à bandes latérales et tous les
Eunectes , et sans doute aussi les Xiphoso-
mes , vivent au bord des fleuves et des ruis¬
seaux. Ils s’enfoncent dans l’eau ou la vase,
pour y guetter les animaux qui viennent se
désaltérer, ou bien , suspendus aux rameaux
des arbres inclinés sur lesondes, ils projettent
leur corps comme un lazo vigoureux autour
de leur victime. L’animal , enlacé dans les
longs replis du serpent, fait de vains efforts
BOA
BOB
613
pour se dégager ; les anneaux qui l’étreignent
se resserrent de plus en plus, ses os sont bri¬
sés en un clin d’œil , et il est réduit en une
masse informe que le Boa engloutit dans son
énorme gueule. Chez les Ophidiens, qui
sont privé? d’appareil masticateur, la dé¬
glutition est longue , et la digestion ne l’est
pas moins : aussi , pendant toute cette opéra¬
tion, peut-on sans danger s’approcher de ces
Reptiles, réduits à un état d’insensibilité
complète , mais répandant alors une odeur
insupportable.
Les Boas , quoique non venimeux , n’en
sont pas moins des animaux redoutables ;
mais on peut regarder comme des faits con-
trouvés ce que les voyageurs ont rapporté sur
leur étonnante voracité , qui leur permettrait
d’engloutir des Mammifères tels que des Cerfs
et des Bœufs. Ces Reptiles ne s’attaquent qu’à
de petits animaux, tels que des Agoutis, des
Pacas , et quelquefois même à des Chèvres :
aussi leur voisinage est-il peu redouté, et ne
les chasse-t-on que par désœuvrement.
Le mode de reproduction des Boas ne dif¬
fère en rien de celui des Couleuvres ; ils pon¬
dent dans le sable des œufs à enveloppe mem¬
braneuse , de forme ellipsoïde , et de la
grosseur d’un œuf d’oie , qu’ils laissent à la
chaleur le soin de faire éclore, et les pe¬
tits qui en sortent ont 10 à 14 pouces. Leur
accroissement est assez rapide; mais on n’en
connaît pas les limites , non plus que la du¬
rée de leur vie. Ces animaux , auxquels les
récits de quelques voyageurs attribuent une
taille gigantesque, sont sans doute aujour¬
d’hui dans des conditions de développement
moins favorables, car on n’en trouve guère
au-dessus de 25 pieds. Ce sont les seuls Ophi¬
diens auxquels on donne la voix. On prétend
qu’ils poussent en certaines circonstances un
cri semblable à celui du Jars, ou , suivant
d’autres , une sorte de grognement.
La chair des Boas est , dit-on , comestible ,
et d’un goût semblable à celle du poisson :
aussi les indigènes s’en servent-ils comme
d’aliments. Leur graisse , assez abondante,
passe pour un excellent remède contre les
meurtrissures. Leur peau, dont on fait des
selles et des chaussures, après l’avoir tannée,
est, à ce qu’on assure, un remède souve¬
rain dans un grand nombre d’affections ab¬
dominales , lorsqu'elle est appliquée sur le
ventre aussitôt après avoir été détachée ; ce
qui est fort difficile , à cause de la contracti¬
lité que la fibre musculaire de ces animaux
conserve après leur mort. (C. d’O.)
BOABAB. bot. pu. — Synonyme de Bao¬
bab. Voijez ADANSONIA.
BOADSCHIA. bot. ph. — Synonyme de
Bohadschia .
BOARINA ou BOARULA. ois.— Un des
noms de la Bergeronnette à longue queue ,
Moiacilla boarula, et de laFarlouse, Alauda
pralensis .
BOARULA. ois. — Voyez boarina.
*BOARMIE. Boarmia (surnom de Pallas).
ins. — Genre de Lépidoptères de la famille
des Nocturnes , tribu des Phalénites , établi
par Treitschke, et que nous avons adopté dans
notre Hist. nat. des Lépidopt. de France ,
t. VII, 2e part., p. 327.
Les Boarmies sont loin de se faire remar¬
quer par l’éclat de leurs couleurs ; elles sont
pour la plupart d’un gris plus ou moins né¬
buleux , avec des lignes en zigzags plus fon¬
cées , qui traversent leurs quatre ailes. Elles
sont en général d’assez grande taille , et se
trouvent presque toutes dans les bois, où elles
se tiennent appliquées , les ailes étendues ,
contre le tronc des arbres pendant le jour.
Leurs Chenilles, de la classe des Arpenteu-
ses , sont sveltes , cylindriques, un peu ren¬
flées aux deux extrémités , avec des nodosités
qui , jointes à leur couleur, les font ressem¬
bler, dans l’état de repos , à de petites bran¬
ches d’arbre ou à des pédoncules de fruits. —
Ce g. est assez nombreux en espèces. M. Bois-
duval en désigne 31 d’Europe dans son Gé¬
néra et Index methodicus; encore en a-t-il
retranché plusieurs pour les placer dans d’au¬
tres g. Nous en avons décrit et figuré 25 dans
notre ouvrage précité, parmi lesquelles nous
citerons comme type la Boarmie du Chêne ,
Boarmia roboraria (pi. 157, fig. 2 et 3). Cette
espèce paraît en juillet, et n’est pas rare aux
environs de Paris. (D.)
BOATSCHIA. bot. ph. — Synonyme de
Bohatschia.
*BOBÆA (Boubée, géologue français).
bot. ph. — Genre de la famille des Gueltar-
dacées, formé par A. Richard ( Mèm . Soc.
h. n. Paris , V, 215), et syn. du Timonius de
Rumph. (C. L.)
BOBARTIA (James Bobart, botaniste an¬
glais du xvne siècle), bot. pii. — Genre établi
par Linné (Flor. zeyl., 41) , appartenant à la
614
BOC
BOD
famille des Iridacées , adopté par quelques
auteurs et rejeté par d’autres. Endlicher
( Gen . PI ., 1232) le réunit avec doute à XA-
ristea de Solander. On trouve toutefois, dans
les catalogues anglais, trois plantes cultivées
sous ce nom générique ; ce sont les B. gla-
diala ( M or ceci ou Marica id. ) K. ; spathacea
L. ; auranliaca Zucc. P oyez morræa. — Ce
nom a été donné aussi par Petiver ( Herb
473) à un genre de la famille des Synanthé-
rées, synonyme de XEchinocea de Mœnch.
(C. L.)
BOBEA, Gaudich. ( ad Freyc., t. 93). bot.
ph. — Même chose que bobæa. (C. L.)
BOBÏ , Adans. moll. — Synonyme de
Marginelle.
BOBU. bot. ph. — Voyez bobua. (C. L.)
* BOBEA (nom vernaculaire?), bot. ph. —
Genre indiqué d’abord par Adanson , sous le
nom de Bobu ( Fam . Pl. , II, p. Il) , et par
Petiver sous celui de Bomba , adopté encore
par De Candolle ( Prod ., III, 23), qui le place,
mais avec doute, dans la famille des Combré-
tacées. Il se compose d’un petit nombre d’ar¬
bres de l’Inde, à feuilles obovales, oblongues,
aiguës, glabres, non ponctuées, souvent den¬
tées; les fleurs sont distantes et disposées
en sortes d’épis ; les pédicelles très courts ,
2- ou 3-bractéolés sous le calice. L’espèce la
plus connue est le B. laurina DC. ( Mijrius
serrant Kœn. ; Myrtus laurina de Retz) , ar¬
bre de Elle de Ceylan. (C. L.)
*BOCAGEA ( nom propre ). bot. ph. • —
Genre de la famille des Anonacées , type de
la tribu des Bocagées , formé par A. Saint-
Hilaire [Fl. bras., I, 41, t. 9), et renfermant
quelques arbres ou arbrisseaux du Brésil , à
feuilles alternes, ovales, lancéolées, très en¬
tières , glabres des deux côtés ou velues en
dessous , portées sur un pétiole court , arti¬
culé à la base. Les fleurs sont petites et soli¬
taires sur des pédoncules extra-axillaires, ar¬
ticulés comme les pétioles. (C. L.)
*BOCAGÉES. bot. ph. — M. Endlicher
partage la famille des Anonacées en trois tri¬
bus, dont la première, qu’il appelle Bocagées
et qu’il compose des genres Bocagea , Popo-
wia (genre nouveau, détaché du précédent),
Orophea et Miliusia , se distingue des deux
autres, les Xylopiées et les Anonées, par ses
étamines définies et ses ovules en petit nom¬
bre, insérés le long de la suture interne. Dans
les Anonées, ces ovules, solitaires ou géminés
et collatéraux, se dressent de la base , et le
étamines sont indéfinies. (Ad. J.)
BQCCONIA ( Paul Bocconi , botaniste si¬
cilien). bot. ph. — Genre de la famille des
Papavéracées , type de la tribu des Boccô-
niées, établi par Plumier (Gen., 35, t. 25), et
adopté par tous les botanistes qui l’ont suivi.
Il ne renferme que deux espèces suHTUtes-
centes, remplies d’un suc jaune dont on ne
paraît pas avoir encore étudié la nature. Les
feuilles en sont oblongues, rétrécies à la base ;
les fleurs terminales très nombreuses , dispo¬
sées en panicules dont les divisions sontuni-
bracléées. Toutes deux sont cultivées dans les
jardins ; ce sont le B. fruiescens L., du Pé¬
rou, qui a fourni deux variétés , et le B. iii-
legri folia H. B. et K., du Pérou, dont on pos¬
sède également deux variétés. La 3é espèce,
le B. cor data, à tiges herbacées, de la Chine,
a été séparée de ce genre par R. Brown, pour
en constituer un nouveau sous le nom de
Macleaya. Voyez ce mot. (C. L.)
*BOCCOMÉES. bot. ph. — Tribu de la
famille des Papavéracées. Voyez ce mot.
(Ad. J.)
BOCHIB. reft. — Espèce de Serpent d’ɬ
gypte du g. Couleuvre.
BOCKIA, Scop. et Neck. bot. ph. — Sy¬
nonyme de Moariria.
BOCELA-CERVIXA. mam. — Synonyme
d’Antilope Bubale.
*BOCYDIEM. ins. — Genre de la famille
des Membraciens, de l’ordre des Hémiptères,
section des Homoptères , établi par Latreille
aux dépens du genre Centroius des anciens
auteurs, et adopté depuis par tous les ento¬
mologistes. Les Bocydium sont de jolis petits
Insectes qui se font remarquer principale¬
ment par un prothorax sans prolongement
postérieur, ayant seulement près du bord an¬
térieur un petit tube supportant à son ex¬
trémité plusieurs vésicules arrondies, et en
arrière une longue épine.
On ne connaît encore de ce singulier genre
que quelques espèces du Brésil ; le type est
le Bocydium globulare ( Centrotus globularis
Fab.). (Bl.)
BO0IAN. poiss. — Dénomination que
Bloch avait introduite en ichthyologie , en la¬
tinisant le nom vulgaire d’une espèce de Ser¬
ran sur les côtes du Brésil , et qui se trouve
dans Marcgrave. M. de Lacépède avait adopté
ce genre dé Bloch. Nous avons montré, dans
BOE
615
BÔE
notre Ichthyologie , que celte coupe rentre
dans le genre des Serrans , et doit être par
conséquent supprimée. Voy. serran. (Val.)
*BODO. Bodo. infus. — Genre établi par
M. Ehrenberg, dans sa famille des Monadina ,
et caractérisé par la présence d’une queue ,
ce qui seul le distingue des autres genres de
la même famille, qui sont également suppo¬
sés pourvus de nombreux estomacs appen-
dus autour d’une ouverture buccale , sans
intestin. Les espèces de ce genre sont regar¬
dées par M. Dujardin comme des Cercomo-
nas ou Amphimonas mal observées. Quant au
Bodo grandis , il paraît être le même que
YHéléromite ovale. V oy. ce mot. (Duj.)
BODTY. ept. — Synonyme d’Amphis-
bène. 1
BQEBERA. (Bœber, botaniste russe), bot.
ph. — Synonyme du g. Dyssodia , de la fa¬
mille des Composées. (J. D.)
*BQEBEBA. bot. ph. — 2e section du
g. Dyssodia , tel que l'a compris M. De
Candolle ; elle renferme les espèces dont
les involucres sont munis de bractées oblon-
gues , linéaires et indivises , et le réceptacle
nu ou couvert de très courts fimbrilles.
(J. D.)
*BOEBERIOIDES (qui a l’aspect d’un
Bœbera). bot. ph. — 3e section du g. Dysso¬
dia , renfermant les espèces munies d’un in-
vohicre composé d’écailles ovales, aiguës et
légèrement dentées, et de feuilles entières.
(J. D.)
BOEBOTRYS. bot. ph. — Même chose
que Beoboirys.
BŒHMERIA (Bœhmer, botaniste alle¬
mand du xvme siècle), bot. pii. — Genre formé
par Jacquin (. Amer ., t. 157), et réuni ensuite
par Linné à son genre Caiurus , lequel, au
contraire, paraît devoir appartenir à la fa¬
mille desEuphorbiacées. Depuis, MM. de Jus¬
sieu, Kunth et Gaudichaud rétablirent ce
genre , qu’ils placèrent dans la famille des
Urticacées. On lui réunit en synonymie le
Procris de Commerson , et le JYeraudia de
Gaudichaud. Il renferme un grand nombre
d'espèces, qui croissent dans toutes les par¬
ties intertropicales du globe, à des hauteurs
assez considérables. Ce sont des sous-arbris¬
seaux ou des arbustes dioiques ou monoï¬
ques, remplis d’un suc aqueux ou lactescent,
à feuilles alternes ou opposées , dentées , ve¬
lues; les fleurs mâles sont disposées en épis
lâches ou agglomérés ; les femelles sont axil¬
laires, fasciculées ou rassemblées sur un
réceptacle charnu, naissant de l’aisselle d’une
feuille. On en connaît dans les jardins 16 es¬
pèces , dont la plupart sont de serre tempé¬
rée , quelques unes de plein air, et 2 ou 3 de
serre chaude. (C. L.)
BOEIIMERLE. ois. — Voyez béemerle.
BOEMYCE. bot. cr. — Synonyme de
Béomyce.
*B0ENNÏNGHAUSE1VIA (nom propre).
bot. ph. — Une espèce de Rues à fleurs
blanches , originaire du Népaul , a été con¬
sidérée par Reichenbach comme un genre
distinct, qu’il a dédié à un botaniste de ses
compatriotes, et dont les caractères sont les
suivants : Calice court , 4 - parti , long¬
temps persistant. 4 pétales plus longs, pres¬
que dressés et sessiles, insérés sur un dis¬
que corollaire qui entoure la base du gy-
nophore. Étamines en nombre double ou
réduit à 6, insérées avec les pétales , un peu
saillantes, inégales, àfiletssubulés. Ovaires 4,
élevés sur un long support, rapprochés par
leur base en un seul , chacun contenant 6-8
ovules amphytropes, attachés à un placenta
qui fait saillie vers la base de l’angle interne,
et muni d’un style qui naît en dedans , au-
dessous du sommet, se soude avec les trois
autres en un seul, pour se séparer plus tard,
et se termine par un stigmate égal, qui, réuni
aux 3 autres , en forme un 4-lobé par deux
sillons en croix. Capsules 4, confondues à leur
base, supérieurement libres, et s’ouvrant en
dedans.Graines uniformes, striées, ponctuées,
présentant, dans un périsperme charnu , un
embryon à peu près cylindrique , arqué , à
radicule supère. — C’est une plante herbacée,
vivace , couverte, comme les Rues, de glan¬
des oléifères; à feuilles alternes, bipennées,
dont les folioles glauques sont criblées de
points transparents, et dont les fleurs blan¬
ches forment une panicule terminale.
(Ad. J.)
*BOEl\NINGHAUSïA (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Papilionacées ,
tribu des Lotées-Galégées, établi par Spren-
gel, et réuni comme synonyme au Chœtoca-
lyx de De Candolle. (C. L.)
*BQERHAAVÏA (célèbre médecin hollan¬
dais, protecteur de Linné), bot. ph. — Genre
de la famille des Nyctaginacées , formé par
Linné , renfermant des plantes herbacées, Vi-
616
BOEU
BÜEU
vaces, rarement ou à peine suffrutescentes ,
répandues dans les parties intertropicales du
globe ; à fleurs petites, blanches , rouges , ou
très rarement verdâtres , disposées en om¬
belles ou en panicules [B. scandent,), à feuil¬
les opposées. On en cultive une dizaine d’es¬
pèces dans les jardins d’Europe. L’involucre
est polyphylle, multiflore, dans les folioles
squamiformes , caduques. Le périgone co¬
loré, tubuleux, resserré au milieu. Éta¬
mines ï-4 , libres , subexsertes. Style simple.
Akène libre , dans le tube périgonal endurci
et devenu anguleux. Graine dressée. (C. L.)
BGESCHAA. ois. — Un des noms du Pé¬
lican ordinaire.
BŒUF. Bos , Linn. mam. — « Le mot
Bœuf, dit G. Cuvier, désigne proprement le
Taureau châtré ; dans un sens plus étendu ,
il désigne l’espèce entière, dont le Taureau ,
la Vache , le Veau , la Génisse et le Bœuf ne
sont que différents états ; dans un sens plus
étendu encore, il s’applique au genre entier,
qui comprend les espèces du Bœuf, du Buffle,
du Yak , etc. (1).
» Dans ce dernier sens , le genre Bœuf est
composé de Quadrupèdes ruminants, à pieds
fourchus et à cornes creuses, qui se distin¬
guent des autres genres de cette famille, tels
que les Chèvres, les Moutons et les Antilo¬
pes , par un corps trapu ; par des membres
courts et robustes ; par un cou garni en des¬
sous d’une peau lâche qu’on appelle fa¬
non ; par des cornes qui se courbent d’abord
en bas et en dehors , dont la pointe revient
en dessus , et dont l’axe osseux est creux in¬
térieurement et communique avec les sinus
frontaux. »
Cette définition, que Cuvier donnait il y a
un quart de siècle, est encore celle qu’on
donnerait aujourd’hui ; car de même qu’il
n’y a rien eu à retrancher à l’ensemble des
caractères qu’elle énonce pour faire entrer
dans le genre plusieurs espèces nouvellement
découvertes, de même il n’y a rien eu à y
ajouter après la séparation d’une espèce dont
on s’accorde aujourd’hui généralement à
faire, avec M. de Blainville, le type d’un genre
particulier.
A la vérité, si l’absence d’un mufle nu dans
le Bœuf musqué avait toute la valeur que lui
(i) Quelques naturalistes généralisant encore davantage la
signification du mot, s’en sont servis pour désigner le sous-
ordre entier des Ruminants cavicornes.
attribuent quelques uns des zoologistes qui
ont adopté le genre Ovibos, il faudrait tenir
compte de la disposition contraire dans le
genre dont celui-ci a été démembré ; mais il
faudrait par cela même en détacher une
deuxième espèce , le Yak , dont le museau
n’est guère moins velu, et qui cependant est
bien incontestablement un Bœuf. D’ailleurs,
comme nous le dirons bientôt , la présence
ou l’absence de poils dans des parties qui
sont constamment ou très fréquemment en
contact avec le sol, paraît liée à certaines cir¬
constances de Y habitai des animaux ; c’est un
caractère géographique plutôt que zoologique,
et qui n’est pour la classification que d’une
importance très secondaire.
Quant à un second caractère qui , s’il était
introduit dans la formule , obligerait égale¬
ment à séparer des Bœufs Y Ovibos (le carac¬
tère tiré de la disposition des mamelles), on
sera peut-être moins porté à l’élever au rang
des caractères génériques, quand on se rap¬
pellera que quelquefois, dans les Buffles,
deux des quatre mamelons restent, pour
ainsi dire , à l’état rudimentaire.
Pour ce qui est des caractères tirés de
la structure des dents (1), caractères beau¬
coup plus importants, et qui, à eux seuls,
suffiraient peut-être pour justifier le démem¬
brement proposé , ils ne pourraient être ex¬
primés convenablement sans des détails tou¬
jours déplacés dans une définition qui doit
être courte, afin d’être facilement retenue.
Quoi qu’on pense , au reste , de la valeur
et de l’importance de cette distinction, comme
il n’y a pas grand inconvénient à considérer
isolément les espèces appartenant à une fa¬
mille incomplètement étudiée , et qu’il y a
au contraire, quand on les veut grouper pré¬
maturément, grande chance d’être conduit à
des erreurs par suite d’une tendance qui nous
porte à étendre à toutes les espèces du groupe
les caractères observés dans celles qui nous
sont le mieux connues, nous nous abstien¬
drons, jusqu’à plus ample information , de
(i) Dans une tète femelle (de Bœuf musqué) que j’ai pu
comparer à une tète du Cap , les molaires , plus étroites et
plus rapprochées l’une de l’autre , occupent un espace tout
aussi long.
« On doit aussi remarquer que ces molaires ont des for¬
mes plus simples que celles des autres Bœufs, et qu'il leur
manque nommément cette arête saillante qui monte entre
leurs piliers dans le Buffle du Cap comme dans le Buffle
ordinaire. » Cuvier, Ossements fossiles , Paris, 1823, in-4,
t. IV, p, i35 et i36.
BOEU
BOEÜ
comprendre le Bœuf musqué parmi les Bœufs.
L’espèce d’élasticité que nous avons recon¬
nue dans la définition de Cuvier est loin de
nous sembler un mérite ; nous y aurions sou¬
haité plus de précision ; mais il reste à savoir
si la chose était possible. Rien n’est plus dif¬
ficile que de donner de bonnes définitions des
différents groupes dont se compose une fa¬
mille très naturelle, telle que celle des Rumi¬
nants cavicornes, parce que ces groupes sont
nécessairement mal déterminés , et en géné¬
ral très arbitrairement formés. Supposons
en effet , ce qui n’est pas le cas , qu’on
eût , sur l’organisation de ces Mammifères ,
des données assez complètes pour établir
une série dans laquelle chaque espèce se trou¬
vât placée entre celles qui lui ressemblent par
les traits les plus importants , on se trouve¬
rait encore fort embarrassé pour déterminer
les points où doivent se faire les coupures.
Cependant, quand il s’agit d’un groupe nom¬
breux en espèces, ces coupures sont absolu¬
ment nécessaires pour faciliter l’étude , et il
ne faut pas craindre d’en proposer, même en
les appuyant sur des caractères choisis arbi¬
trairement.
L’hésitation qu’éprouvent les zoologistes ,
quand il faut prendre un pareil parti , n’ar¬
rêta point Linné lorsqu’il eut à établir sa
classification du Règne animal. Son but était
autre que celui que nous nous proposons ; il
ne voulait que donner une division artificielle,
destinée à soulager la mémoire, et s’il a été
conduit souvent à des groupes bien naturels ,
c’est que , dans le choix des caractères qu’il
croyait prendre arbitrairement, il était guidé
à son insu par un sentiment très délicat des
vrais rapports. Lorsqu’il s’occupa des Rumi¬
nants cavicornes il n’en connaissait qu’un
très petit nombre, qu’il n’eût peut-être pas
songé à diviser en différents groupes, s’il n’a¬
vait eu , pour ainsi dire, sous la main, trois
types tout prêts dans les trois espèces qui, de
toute antiquité, vivent en Europe à l’état do¬
mestique, le Bœuf, le Mouton et la Chèvre. Il
conserva toujours cette division, même après
qu’il eut acquis sur les animaux auxquels elle
s’appliquait des notions un peu plus étendues.
Au reste, dans sa dernière édition du Stjstema
natürœ, il n’énumérait encore que 21 espèces,
qui même devraient se réduire à 15, puisque
les 6 autres sont de simples variétés produi¬
tes chez des animaux soumis à l’homme et
T. II.
617
dues à son influence. Par un procédé qui lui
était familier, Linné repoussa dans un seul
groupe, dans le genre Chèvre, presque toutes
les espèces qui lui étaient imparfaitement
connues , à peu près comme il l’avait fait ,
mais sur une échelle beaucoup plus grande
pour sa classe des V e mes. Ce que Cuvier a
fait pour cette classe , quand il créa son
embranchement des Mollusques , Pallas l’a¬
vait déjà fait pour le genre Chèvre, aux dé¬
pens duquel il forma son genre Antilope.
Ce groupe des Antilopes continuant à s’ac¬
croître, il fallut bientôt, pour la commodité
de l’étude , y pratiquer des coupes. C’est ce
que firent , d’une manière assez arbitraire,
plusieurs naturalistes, et G. Cuvier lui-même,
qui d’ailleurs ne se méprit point sur le carac¬
tère artificiel d’une distribution qu’il ne con¬
sidérait que comme provisoire. Quant au
genre Bœuf, dans lequel il ne comptait que
huit espèces, il ne jugea pas nécessaire de le
subdiviser; mais d’autres zoologistes, entre
lesquels nous citerons son frère , ont été d'un
avis différent. Voici comment s’exprime à cet
égard F. Cuvier dans son histoire des Mam¬
mifères, article duJungly-Gau (juin 1824):
« Ces Ruminants à cornes creuses, à jam¬
bes courtes, à corps épais et lourd, qui por¬
tent le nom générique de Bœuf, se divisent
en deux familles bien distinctes par le natu¬
rel et par les organes. L'une est celle qui ren¬
ferme les Buffles, animaux en quelque sorte
aquatiques, qui vivent dans les marais ou
près des rivières, dans lesquels ils restent
plongés une partie du jour ; qui ont des cor¬
nes à base large couvrant une partie du
front, aplaties à leur côté interne et arron¬
dies à leur côté externe ; dont la langue est
douce, etc., etc.; l’autre est celle des Bœufs
proprement dits. Ces animaux se distinguent
des premiers parce qu’ils vivent davantage
dans les prairies élevées et dans le voisinage
des forêts ; que leurs cornes sont lisses , ar¬
rondies, sans élargissement à leur base; que
leur langue est couverte de papilles aiguës
et cornées, etc., etc. C’est à cette seconde fa¬
mille, qui ne se compose que du Bison d’Amé¬
rique, de l’Aurochs, du Yak et de notre Bœuf
domestique avec ses variétés, que paraît ap¬
partenir le Jungly-Gau. »
Dans cette énumération des caractères dis¬
tinctifs des deux groupes , F. Cuvier, comme
on le voit, met en première ligne les diffé-
BOEÜ
BOEü
618
rences de mœurs, et en cela il s’écarte un peu
des habitudes de l’école à laquelle il apparte¬
nait. Son illustre frère , en effet, bien qu’il
pût avoir égard à ces sortes de considérations
pour arriver à la formation de groupes na¬
turels, avait soin, quand ces groupes étaient
une fois formés, de ne faire entrer dans leur
formule caractéristique que des particularités
tirées de l’organisation , et s’il mentionnait
les caractères ethnologiques, c’était en les re¬
léguant, comme l’indication de l’habitat, dans
l’histoire abrégée de chaque espèce.
Il y a peut-être un milieu à prendre entre
ces deux partis. Les caractères organiques,
comme plus faciles à observer et moins su¬
jets à variation, doivent être énoncés les pre¬
miers; mais les caractères ethnologiques,
quand on en peut obtenir pour un genre ou
un sous-genre , doivent aussi trouver place
dans la définition ; ils en font alors partie né¬
cessaire, puisque l’histoire naturelle a pour
objet de nous faire connaître, non les ani¬
maux conservés dans nos musées ou captifs
dans nos ménageries, mais les animaux tels
qu’ils ont été créés, dans le libre développe¬
ment de leurs instincts et la pleine manifes¬
tation de leurs habitudes. D’ailleurs , quand
on en sera à s’occuper de ces habitudes, à les
comparer dans les diverses espèces d’un
même groupe, il faudra avoir présente à l’es¬
prit une considération dont j’ai déjàiail sen¬
tir l’importance à l’occasion du genre Co¬
chon (1) , et que je crois devoir rappeler ici
relativement aux Bœufs : c’est que , dans les
pays où l’homme vit à un certain état de ci¬
vilisation , il peut , dans le cours des temps ,
modifier la manière d’être, non seulement des
races domestiques , mais encore des espèces
sauvages. Ainsi, il a repoussé l’Aurochs, d’un
côté dans les montagnes de la Moldavie et du
Caucase , de l’autre dans les forêts maréca¬
geuses des pays slaves. Par l’introduction
des armes à feu dans le Nouveau-Monde , il a
inquiété le Bison dans ses prairies natales et
l’a poussé à tenter, à travers les Montagnes
Rocheuses dont il ignorait le chemin, des émi¬
grations partielles vers les bords de l’Océan
Pacifique. Si la région des prairies pouvait
devenir le séjour d’une population nom¬
breuse , si la Californie et les parties voisines
(i) Article Babiroussa, comparaison des mœurs de notre
Sanglier commun d’Europe et de celles d’un Sanglier de
Mnde, Dict, univ. d’hist. natur , t. Il, p. 4o 7.
du littoral se peuplaient également , bientôt
sans doute la grande chaîne qui divise les
deux pays deviendrait la patrie du Bison, et
ce serait seulement dans l’histoire des temps
passés qu’on le retrouverait comme un ha¬
bitant des plaines. Pallas a vu les Yaks, ac¬
coutumés aux rigueurs du climat du Thibet,
souffrir en Sibérie des chaleurs de l’été , et
aller chercher le frais dans les eaux avec au¬
tant d’empressement que le font les Buffles.
Moi-même j’ai vu, sur le plateau de Bogota,
des troupeaux de Bœufs passer une grande
partie de la journée plongés dans l’eau jus¬
qu’au cou, non pour se rafraîchir, il est vrai,
mais pour paître les herbes qui flottent à la
surface des lagunes. Ces deux derniers faits ,
qui peuvent être cités comme des exemples
de la facilité avec laquelle certaines espèces
prennent accidentellement des mœurs analo¬
gues à celles qu’ont, dans l’état de nature, des
espèces dont elles se rapprochent par l’orga¬
nisation , ne prouvent pas d’ailleurs qu’on ait
eu tort de compter au nombre des caractères
distinctifs du groupe des Buffles leurs habitu¬
des aquatiques. Quant aux caractères physi¬
ques au moyen desquels F. Cuvier croyait
pouvoir séparer ce groupe du reste des Bœufs,
il est évident que , dans le passage cité plus
haut , il n’a pas prétendu les indiquer tous.
Il annonçait de plus amples détails à ce sujet
dans sa description du Buffle commun et
du Bœuf domestique ; mais la dernière des¬
cription n’a jamais paru , et quant à l’au¬
tre, elle n’ajoute aux traits déjà signalés
que celui de la forme bombée du front, forme
qui d’ailleurs n’est pas commune à toutes les
espèces, ainsi que nous aurons plus tard oc¬
casion de le faire remarquer.
Une autre indication qu’on peut également
attaquer, comme faite d’une manière trop
générale, est celle qui a rapport à l’élargisse¬
ment de la base des cornes. Ce trait n’est en
effet bien prononcé que dans le Bos cafer
(l’ Ovibos étant considéré comme type d’un
genre distinct) ; il ne se voit point dans le
Buffle commun, ni dans la race domestique,
ni dans sa souche sauvage, non plus que
dans une autre espèce soumise à l’homme en
quelques parties de l’Orient, l’Arni à cornes
en croissant, et il existe encore moins chez
l’Arni géant, dont les cornes conservent sen¬
siblement la même grosseur dans plus d’un
tiers de leur tendue.
BOEU
BOEÜ
619
Ajoutons qu’il n’est pas tout-à-fait exact de
dire, relativement à l’autre groupe , que les
cornes sont lisses et arrondies, puisque dans
le Bos frontalis de Lambert , confondu par
notre auteur avec le Jungly-Gau , les cornes
sont subtriquètres et comme cachées dans
une grande partie de leur étendue.
Le caractère tiré de la nature des tégu¬
ments de la langue a plus de valeur que
tous ceux dont nous venons de parler, puis¬
que des différences dans l’organisation de par¬
ties dépendantes comme celle-ci de l’appareil
nutritif doivent être l’indice de différences
dans le régime. Si donc des observations ul¬
térieures montrent, comme cela est très pro¬
bable, que tous les Buffles ont la langue
douce, ce trait pourra être considéré comme
caractérisant suffisamment à lui seul un
groupe qui d’ailleurs semble très naturel ;
mais il ne s’ensuivra pas, comme on le pense
bien , que toutes les autres espèces de Bœufs
dont on sait que la langue est âpre doivent
pour cela rester réunies.
Plusieurs zoologistes , en effet, distribuent
ces espèces en deux sous-genres, qu’ils dési¬
gnent sous les noms de groupes Taurin et Bi¬
sontin ; mais, dans ce dernier groupe, les uns
font entreravec le Bison et l’Aurochs, le Yak,
le Gayal et le Gour ; d’autres rapprochent ces
deux animaux de notre Bœuf commun. Ce
dernier mode de distribution est plus natu¬
rel sans doute que l’autre, mais il est encore
défectueux ; et , puisqu’on voulait établir
des sous-genres , il en fallait créer un qua¬
trième pour le Yak, qui ne trouve à se placer
convenablement dans aucun des trois pre¬
miers.
Cuvier, dans ses Ossements fossiles , avait
indiqué avec sa précision accoutumée les ca¬
ractères ostéologiques par lesquels se distin¬
guent les Bœufs dont il avait pu se procurer
le squelette, en totalité ou en partie. C’est de
ces caractères, qu’il ne considérait que comme
spécifiques , que M. H. Smith , dans un
appendice joint à la traduction anglaise
du Règne animal , a fait usage pour sa ré¬
partition en sous-genres , répartition dont
M. Hodgson a admis les bases , mais qu’il a
modifiée dans l’application d’après une con¬
naissance plus complète des deux espèces
Gour et Gayal , justement détachées par lui
du groupe Bisontin de Smith. Les deux na¬
turalistes anglais attachent avec raison une
grande importance aux caractères tirés de la
configuration des têtes osseuses ; mais , en
comparant sous ce point de vue les diverses
espèces, ils ont manqué de quelques données.
M. Smith n’en a pas eu d’assez complètes re¬
lativement au Yak, et M. Hodgson , qui tra¬
vaille loin de toute grande collection avec
un zèle qu’on ne saurait trop louer, n’a pu
comparer cet animal , qui lui était beaucoup
mieux connu, avec l’Aurochs et le Bison,
près desquels il l’a laissé placé : aussi , tout
en profitant des travaux de ces deux savants
recommandables , nous nous écarterons un
peu de leur distribution , et nous considére¬
rons le Bœuf à queue de cheval comme
constituant un type distinct.
Nous répartirons donc les espèces du genre
Bœuf dans les quatre groupes suivants.
A. Les Taureaux. — A côté du Bœuf com¬
mun [1], auquel se rattachent le petit B^euf
sauvage des parcs d’Écosse , qu’on s’accorde
généralement à faire descendre de la même
souche que notre bétail domestique, le Zébu,
pour lequel je ne suis pas bien certain qu’il
n’y ait eu au moins croisement avec quel¬
que espèce éteinte ou encore à découvrir, et
le Bœuf à fesses blanches de Java, que je ne
vois pas de raison pour considérer autrement
que comme une simple variété , viennent se
placer les espèces suivantes : le Gour [2] ( Bos
Gaurus , Bibos concavifrons ) , Hogds. , le
Gayal [3] (Bos Gavœus), auquel il faut ratta¬
cher le Gayal domestique ( Gobah Gayal)t
ou Gayal des plaines , dont quelques indivi¬
dus , repassés à l’état indépendant , ont pro¬
pagé, dans les forêts du Thibet, une race qui
paraît conserver les caractères acquis sous
l'influence de l’homme , et le Jungly-Gau de
F. Cuvier, qui , comme l’a fait remarquer
Hardwicke, se distingue bien du Gobah
Gayal , et pourrait être le résultat d’un croi¬
sement avec le Bœuf commun. Enfin je pla¬
cerais encore à côté de ces Bœufs le B. Ben-
tige r de Java [4] , dont notre cabinet d’ana¬
tomie comparée possède un squelette com¬
plet ; toutefois , en supposant que ce soit
réellement une espèce distincte , et non pas
le résultat d’un croisement entre notre Bœuf
domestique et le Gour j ce dernier en effet
vit aussi à Java , du moins si l’on en peut
croire l’étiquette d’une portion de tête os¬
seuse qui fait partie de la collection désignée
sous le nom de Musée chinois et japonais.
BOEU
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620
et qui se voit en ce moment au bazar du bou¬
levard Bonne-Nouvelle.
Les caractères communs aux espèces de ce
premier groupe sont, pour ce qui a rapport à
la tête osseuse, le front plat ou même un peu
concave, à peu près aussi large que haut (en
ne tenant point compte du relèvement que
peut offrir dans sa partie moyenne la crête
occipito-frontale) ; la face occipitale offrant de
même des dimensions à peu près égales en
hauteur et en largeur (toujours en comptant
la hauteur à partir des côtés de la crête sail¬
lante et non de sa partie moyenne); les cor¬
nes attachées aux deux extrémités de cette
crête ; enfin la moitié supérieure de cette face
occipitale tout-à-fait lisse , et ne présentant
point d’empreintes musculaires.
Dans toutes ces espèces, on compte 13 pai¬
res de côtes, qui, à partir de la 6e, s’écartent
laj^ralement, et élargissent ainsi la cage tho¬
racique. Dans toutes on remarque des mem¬
bres robustes , moins massifs cependant que
dans le groupe des Buffles , mais beaucoup
plus que dans les espèces appartenant aux
deux autres groupes.
Chez ces animaux , observés à l’état frais,
la tête présente , en arrière des cornes , un
bourrelet saillant, recouvert seulement par la
peau ; la langue est hérissée de papilles cor¬
nées ; le corps entier est recouvert de poils
courts, excepté à la partie supérieure du
front, où il peut acquérir un peu plus de
longueur , mais jamais assez pour faire une
touffe pendante comme dans les Bonases.
Tels sont les caractères principaux du
groupe ; quant à ceux des espèces , nous ne
ferons que les indiquer ici sommairement ,
renvoyant pour plus de détails à cet égard ,
comme pour l’histoire des mœurs, à l’article
TAUREAUX.
Le Gour, qui se distingue du Bœuf com¬
mun par de plus grandes proportions , s’en
distingue encore mieux par la forme de la
crête occipito-frontale , qui se relève en for¬
mant un quart de cercle et se porte en avant,
de manière à faire paraître le front très con¬
cave de haut en bas ; il s’en distingue encore
par le grand développement des apophyses
épineuses des vertèbres dorsales, qui, au lieu
de décroître uniformément de la 3e vertèbre
à la 9e, ne s’abaissent que très peu jusque
vers la région lombaire, où elles se raccour¬
cissent brusquement; elles ne sont point
flanquées vers le garrot, comme dans le Bi¬
son , de deux masses musculaires charnues ,
de sorte que leur saillie forme , dans plus de
la moitié du dos, une crête très remarquable.
Dans le Gayal , cette crête dorsale encore
très prononcée fait distinguer au premier
coup d’œil l’animal du Bœuf commun, tan¬
dis que la crête occipito-frontale, qui est rec¬
tiligne et de niveau avec le front comme dans
cette dernière espèce, le sépare nettement du
Gour, où la crête se porte en avant et se ter¬
mine par un arc très prononcé.
Dans le Bos Benliger la saillie des apo¬
physes épineuses , en arrière du garrot, est
beaucoup moins sensible que dans le Gour
et dans le Gayal; le front est sensiblement
plat; mais la crête qui le termine supérieu¬
rement au lieu d’être rectiligne comme dans
le Bœuf, ou uniformément arquée comme
dans le Gour, présente une triple courbure ,
descendant de chaque côté à partir de la base
des cornes, et se relevant à la partie moyenne
où elle forme une éminence arrondie qui oc¬
cupe à peu près le tiers de la distance totale.
Dans toutes les espèces dont nous venons
de parler, les cornes situées, comme il a été
dit, aux extrémités de la crête occipito-fron¬
tale, se portent d’abord en dehors et un peu en
haut; leur direction, dans le reste de la lon¬
gueur, paraissant varier par une foule de cau¬
ses, il est inutile d’en parler ici; mais il con¬
vient de remarquer la forme que présente leur
section transversale. Cette forme, à peu près
circulaire dans le Bœuf commun ( souvent
sensiblement elliptique dans les races de
Zèbre qui paraissent le plus pures), est ovale
dans le Gour et le Gayal , ou plutôt c’est un
triangle isocèle, à sommets très arrondis, dont
le petit côté répond à la face supérieure de la
crête occipito-frontale. Dans le Bœuf Benli¬
ger , les trois dépressions sont à peine sen¬
sibles.
Quant à l’étui corné qui est sensiblement
lisse dans le Bœuf, il présente dans le Gour
de très fortes rugosités vers la base ; dans le
Gayal , ces rugosités sont moins arrêtées ,
mais elles se prolongent sur une plus grande
longueur, et il n’y a guère de lisse que le
tiers le plus voisin de la pointe.
Le front, dans tous ces Bœufs, occupe à peu
près la moitié de la longueur de la face ; ce¬
pendant, chez le Gayal, l’autre partie est un
peu plus courte, et pour cette raison comme
BOEU
pour le rapprochement des maxillaires supé¬
rieures vers la symphyse, il y a un rétrécis¬
sement rapide de la face à partir du bord in¬
férieur des orbites. Dans cette espèce aussi,
les os du nez sont proportionnellement plus
courts que dans le Bœuf commun ; dans le
Gour , au contraire , ils sont beaucoup plus
longs et sont en outre fortement arqués dans
le sens transversal.
B. Les Bonases. — Les deux espèces dont
se compose ce groupe, Y Aurochs [5] et le Bi¬
son [6] , espèces qui se ressemblent de beau¬
coup plus près que celles que nous avons
comprises dans le groupe précédent, se distin¬
guent de ces dernières par des caractères bien
tranchés : d’abord par ce qui tient à la char¬
pente osseuse ; par les proportions plus grêles
des membres ; par le nombre des côtes, qui est
de plus de 1 3 ; par la disposition des apophyses
épineuses des vertèbres dorsales ; par les for¬
mes générales de la tête, qui est très courte
pour sa grosseur. Considérée plus en détail ,
cette tête diffère de celle des espèces déjà
énumérées*. 1° par les proportions du front,
qui est plus large que haut, à peu près dans
le rapport de 3 à 2 .; 2° par la saillie des or¬
bites ; 3° par la forme du front, qui est bombé,
ce qui ne tient pas tant au renflement de sa
partie moyenne qu’à la fuite de la partie su¬
périeure ; 4° par le mode de rencontre de
cette partie avec la face occipitale, rencontre
qui se fait sous un angle droit ou même ob¬
tus , et sans être indiquée par une crête sail¬
lante ( tandis que, dans les Bœufs , les deux
plans se rencontrent sous un angle aigu , et
sont séparés par un bourrelet très prononcé) ;
5o par la position des cornes , qui , au lieu
de s’attacher tout au sommet du front, s’in¬
sèrent notablement plus bas et plus près des
orbites.
A l’état frais , ces animaux se distinguent
au premier coup d’œil de tous les autres
Bœufs, par la disproportion qui semble exis¬
ter entre les parties antérieures et les parties
postérieures de leur corps ; par leur dos
bossu ; par la crinière qui couvre leurs épau¬
les , et retombe jusque sur les jambes de de¬
vant ; par la longue barbe qui pend de leur
menton , et l’épaisse touffe de poils dont leur
front est garni.
L’apparence de bosses tient à l’énorme dé¬
veloppement des premières apophyses du
dos, qui, au moins aussi saillantes que dans
BOÊtf 621
le Gour et le Gayal , mais décroissant plus
rapidement à mesure qu’elles se portent en
arrière , sont flanquées de deux masses char¬
nues, et forment ainsi , au lieu d’une crête
étroite , une protubérance arrondie dont le
volume est encore exagéré par l’épaisseur des
poils dans cette région. Les poils des Bonases
sont de deux sortes , laineux et soyeux : les
premiers , très abondants en hiver , tombent
en partie l’été ; les autres poils , qui consti¬
tuent principalement la crinière, la barbe et
les manchettes dont les jambes de devant
sont ornées , se renouvellent aussi , mais de
manière à ne jamais laisser complètement
dégarnies ces parties où , chez les vieux mâ¬
les , elles offrent une très grande longueur.
Ces poils, principalement ceux du front, sont
imprégnés d’une odeur de musc très forte,
surtout dans le temps du rut. L’épaisse toi¬
son qui revêt toute la partie antérieure, du
corps concourt encore à faire paraître plus
grêle la partie postérieure , qui , d’ailleurs ,
absolument parlant , est beaucoup moins
massive que dans les autres Bœufs.
Les espèces du groupe des Bonases se dis¬
tinguent principalement par le nombre des
côtes. Il y en a 15 paires dans le Bison amé¬
ricain , 14 seulement dans l'Aurochs de Li¬
thuanie et de Moldavie ; l’Aurochs du Cau¬
case ne nous est pas encore assez bien connu
pour que nous puissions affirmer qu’il est
spécifiquement identique à ce dernier; ce¬
pendant il y a tout lieu de le croire.
G. Les Yaks. — Ils se distinguent des Bœufs
de notre premier groupe par la forme du front,
qui, légèrement bombé à sa partie moyenne,
est d’ailleurs fuyant à sa partie supérieure,
comme dans les Bonases , et rencontrant de
même le plan occipital sous un angle obtus ,
sans former de bourrelet le long de la ligne
de jonction. Le front est plus étroit que chez
ces derniers animaux , et n’est guère plus
large que haut. Au-dessous des orbites , qui
offrent peu de saillie, la face se rétrécit à peu
près uniformément jusqu’à son extrémité;
la diminution est moins rapide que dans les
Bonases , plus que dans les Bœufs propre¬
ment dits , et surtout que dans les Buffles ,
où elle est à peine sensible. Le plan occipital
offre pour l’attache des muscles une surface
triangulaire dont les trois côtés sont à peu
près égaux. Les cornes , arrondies vers la
base, sont attachées peut-être un peu moins
622
BOEU
BOEÜ
haut que dans les Bœufs vrais , plus haut
que dans les Bonases. Il y a 14 paires de
côtes , comme dans l’Aurochs. Comme dans
cet animal, les apophyses épineuses des pre¬
mières vertèbres dorsales sont très longues ;
mais dans les suivantes le décroissement est
plus rapide: en revanche, celles des der¬
nières vertèbres cervicales paraissent attein¬
dre une dimension qu’elles n’ont dans au¬
cune des espèces précédemment énumérées.
Les membres sont courts ; les sabots sont
pincés , rapprochés l’un de l’autre , et leur
configuration suffirait seule pour indiquer
que le Yak appartient à un pays montagneux,
et est habile à en gravir les pentes.
Tout le corps est couvert d’une épaisse
toison, comme il convientà un ruminant dont
le séjour favori touche presque au niveau
des neiges perpétuelles. Les poils sont sur¬
tout très longs vers la région des épaules ;
ceux du ventre ne le sont guère moins , et
descendent presque jusqu’à terre, ce qui fait
paraître l’animal encore plus bas sur jambes
qu’il ne l’est réellement. Mais ce qui lui
donne surtout un aspect tout particulier,
c’est sa queue , garnie , depuis l’origine , de
crins plus longs et plus fins que ceux du
Cheval.
Le front est couvert d’une grosse touffe de
poils crépus. Sur le reste de la face, les poils
ont moins de longueur, et diminuent sur¬
tout à mesure qu’on approche du museau ,
qui d’ailleurs en est presque entièrement cou¬
vert, la partie nue étant bornée à l’étroit
espace qui sépare les narines.
Il n’est pas étonnant qu’un animal qui,
pendant une grande partie de l’année, cher¬
che sa nourriture sous la neige, ait le museau
protégé par des poils, et la même disposition
se retrouve dans d’autres espèces placées
en des circonstances semblables , par exem¬
ple dans le Bœuf musqué et dans deux Cerfs
des régions circumpolaires, le Renne et l’ɬ
lan, les seuls, du reste, dans toute la famille
des Ruminants à cornes caduques, qui nous
présentent ce caractère.
Les Yaks ont la langue couverte de papilles
cornées comme toutes les espèces dont nous
avons parlé jusqu’ici.
On ne connaît jusqu’à présent qu’une seule
espèce de Yaks [7], car le Bœuf à grandes cor¬
nes plates que Witsen dit exister en Daou-
rie , appartient probablement au groupe des
Buffles. Ces derniers animaux, en effet, quoi¬
que confinés en général dans les pays chauds,
peuvent à la suite de l’homme s’écarter beau¬
coup des régions tropicales, ainsi que le
prouve l’exemple des Buffles qui vivent en
Hongrie à l’état domestique.
D. Les Buffles. — On remarque tout d’a¬
bord dans leur tête osseuse le peu d’éléva¬
tion du front , qui n’occupe environ que le
tiers supérieur de la face. Au-dessous des
orbites, cette face est notablementplus étroite
que dans les espèces précédentes; elle est au
contraire beaucoup plus large vers la sym¬
physe maxillaire. Les os propres du nez par¬
ticipent de cette disposition , et au lieu de di¬
minuer ils augmentent de largeur en avan¬
çant vers le museau.
Le front, en même temps qu’il est court,
est encore assez étroit; il présente d’ailleurs,
suivant les espèces , des différences notables
dans sa configuration : fortement bombé
chez notre Buffle domestique , il est, chez
quelques individus sauvages , à peu près
aussi plat que le front du Bœuf commun.
Il y a d’ailleurs sujet de croire que les diffé¬
rences observées à cet égard peuvent dépen¬
dre en partie de l’âge , et le changement ,
pour le remarquer en passant, semblerait
être l’opposé de ce qui se remarque dans
les autres Mammifères où la saillie du front
est en général plus grande chez les jeunes
sujets ; mais il faut remarquer qu’en raison
de l’écartement des deux tables des fron¬
taux, la saillie du front chez les Buffles
n’accuse point un plus grand développement
comparatif du cerveau. Cette bosse est le re¬
lief des immenses sinus frontaux , qui sont
des dépendances de l’appareil olfactif. Quoi
qu’il en soit, quand la convexité du front est
très prononcée , il en résulte que la rencontre
des faces frontale et occipitale se fait sous
un angle obtus, tandis que , dans le cas con¬
traire , cet angle est à peu près droit.
En même temps que la courbure de haut
en bas tend à effacer la ligne de séparation
du front et de l’occiput, la courbure trans¬
versale produit un autre changement relatif à
la direction des cornes qui s’écartent peu du
plan de la face dans les Buffles à front plat,
et qui, dans les autres, se portent plus ou
moins fortement en arrière. Peut-on tirer
de cette direction des cornes des caractères
spécifiques? c’est ce qui paraît douteux , <IV
BOEU
BŒU
près ce que nous venons de dire des chan¬
gements que l’âge paraît amener quelquefois.
Afin de savoir 'à quoi s’en tenir à cet égard,
il faudrait avoir pu observer pour chaque
espèce l’animal aux différentes époques de
sa vie, et nous n’en sommes pas là à beau¬
coup près. Dans l’espèce du Cap , le jeune
mâle d’une année , comparé au vieux mâle ,
paraît appartenir à une espèce complète¬
ment différente; peut-être pour quelques
Buffles asiatiques y a-t-il aussi des change¬
ments très marqués dépendants de l’âge; et
notre Musée possède une tête qui prouve que
cela a lieu, au moins chez quelques individus,
relativement à la direction des cornes (1).
Dans les Buffles asiatiques, les cornes sont
triangulaires à la base , les deux faces anté¬
rieure et postérieure se joignant en haut par
un bord mousse, et s’unissant en bas à une
troisième face plus étroite , dont elles sont ,
surtout en avant, plus nettement séparées.
Chez le Buffle du Cap , les cornes , dans le
jeune âge , sont aussi sensiblement triangu¬
laires à leur base , mais plus tard cette base
s’élargit en s’arrondissant , et finit par recou¬
vrir en grande partie le front.
Les énormes cavités qui existent dans le
noyau osseux des cornes et dans les os qui
forment les parois de la boîte cérébrale, don¬
nent à la tête des Buffles une légèreté com¬
parative remarquable , surtout quand on
prend pour terme de comparaison la tête du
Gour, dans laquelle ces os ont une structure
beaucoup plus compacte. C’est ce qui résulte
des nombres donnés par M. Hodgson , dans
un tableau où il a rapproché plusieurs têtes
appartenant à différentes espèces du genre.
Pour une tête de Buffle sauvage qui avait
en longueur, du sommet du front à la sym¬
physe maxillaire, 60 centimètres ; dont les
cornes , mesurées sur leur courbure , of¬
fraient un développement de 1 mètre 30 cen¬
timètres, et avaient de contour à leur base
environ 47 centimètres , le poids du crâne et
des cornes ensemble était de 10 kilogrammes
environ. Pour une tête de Gour, il était de
llk,47, quoique les dimensions linéaires fus¬
sent moindres. Cette dernière tête, en effet,
(i) Dans cette tète , les corne* fortement inclinées en ar¬
rière, au point d’être presque parallèles dans presque toute
leur longueur, «e recourbent en approchant de la pointe , de
manière à indiquer que , dans le jeune âge, elles avaient
une direction transversal^,
625
n’avait de longueur que 57 centimètres de¬
puis la symphyse maxillaire jusqu’au som¬
met de la crête frontale ( crête qui d’ailleurs
s’élevait de près d’un demi-centimètre au-
dessus de la racine des cornes), et les cornes,
dont le contour à la base était aussi de 47
centimètres , mais diminuant très rapide¬
ment , ne mesuraient dans leur plus grande
longueur que 56 centimètres.
Les Buffles ont des proportions plus lour¬
des que tous les autres Bœufs, et leurs
membres, surtout les postérieurs , sont très
robustes. Ils ont 13 paires de côtes , du moins
c’est ce qu’on a observé dans les espèces
dont on possède le squelette. Les apophyses
épineuses des vertèbres dorsales sont chez
eux peut être un peu moins développées que
dans le Bœuf commun , et moins par consé¬
quent que dans toutes les autres espèces;
depuis le garrot jusqu’aux lombes, le sommet
de ces apophyses et de celles des vertèbres
lombaires forme presqu’une ligne droite, d’où
il résulte que ces animaux ont le dos sensi¬
blement plat.
Sauf les cas d’albinisme, qui sont fré¬
quents chez quelques races domestiques et
se perpétuent par voie de génération, les
Buffles ont la peau noire, recouverte d’un
poil court assez rare, habituellement noir,
quelquefois grisâtre, et rarement brun.
Le pelage est presque entièrement formé
de poils soyeux ; ceux qu’on pourrait consi¬
dérer comme laineux sont presque aussi gros
et aussi durs que les autres , d’ailleurs très
peu abondants.
Les oreilles , médiocrement grandes , sont
dirigées horizontalement. Le fanon ne paraît
être bien développé que dans les races do¬
mestiques. Au reste , la domesticité parait
produire cet effet chez d’autres espèces de
Bœufs, et même chez d’autres Ruminants de
genre différent , et dont les types sauvages
manquent absolument de fanon : c’est ce
qu’on remarque en particulier dans certaines
races de Mouton.
La domesticité paraît aussi , chez les espè¬
ces du genre Bœuf, tendre à déterminer l’al¬
longement de la queue, sans que pour cela
le nombre des vertèbres caudales change. Le
Gour, comparé au Bœuf commun, a la queue
très courte : la même différence se remarque
entre notre Buffle domestique et le Buffle
j sauvage , dont on le suppose descendu.
BOEU
BOEU
624
La langue de notre Buffle domestique est
douce , et ce caractère, qui semble commun à
toutes les espèces du groupe , pourrait bien ,
comme je l’ai déjà dit , être en rapport avec le
genre de nourriture de ces animaux. Les Buf¬
fles ne semblent point destinés, comme nos
Bœufs, à paître l’herbe des prairies, à vivre de
Graminées tenaces, souvent à demi dessé¬
chées, qu’il leur faut arracher avec la langue ;
ils recherchent les plantes qui croissent dans
les lieux marécageux , ou celles qui naissent à
l’ombre humide des grandes forêts. La lon¬
gueur des cornes de ces animaux semblerait
leur interdire l’entrée des bois ; mais à la
manière dont elles sont portées durant la
marche, étant couchées le long du cou et des
épaules, elles n’opposent réellement que très
peu d’obstacles. Les naturalistes de cabinet
ont pensé que la direction des cornes chez
les Buffles en faisait des armes peu redouta¬
bles ; mais cette déduction n’est point justi¬
fiée par les observations des voyageurs. En
effet , bien que les Buffles , même quand ils
courent vers un ennemi, aient la tête hori¬
zontale et les cornes couchées en arrière , ils
prennent , quand ils se trouvent à la distance
convenable, une attitude différente. Au mo¬
ment de charger, s’ils veulent simplement
renverser l'objet qui a excité leur colère , ils
abaissent la tête , de manière que la face soit
à peu près dans un plan vertical, et ils frap¬
pent du milieu du front ; mais , s’ils veulent
blesser, ils fléchissent beaucoup plus forte¬
ment le cou, amènent la tête entre les jam¬
bes , de manière à ce que le menton touche
au sternum , et la pointe des cornes se trouve
ainsi regarder directement en avant. Cette
allure rappelle à certains égards celle qu’on a
observée dans de grandes espèces d’ Antilo¬
pes , dont les cornes sont fortement dirigées
en arrière. En arrivant près de l’ennemi , ces
animaux se laissent tomber sur les genoux,
appliquent le front à terre , et présentent les
pointes des cornes dirigées en avant et en
haut, c’est-à-dire dans la position la plus fa¬
vorable pour blesser leur adversaire au ven¬
tre, au moment où ils redresseront brusque¬
ment la tête.
Il règne encore beaucoup d’obscurité dans
l’histoire des Buffles , et il est jusqu’à présent
bien difficile , pour ne pas dire impossible ,
d’arriver à une détermination un peu satis¬
faisante des espèces. Cependant les natura¬
listes anglais , qui ont dans l’Inde les meil¬
leures occasions pour observer les espèces
asiatiques, s’accordent en général à en distin¬
guer trois , savoir : l’espèce sauvage [8] qu’on
regarde comme la souche du Buffle domes¬
tique, introduit en Europe vers le vie siècle,
mais qui est d’un tiers environ plus grande ;
l’Arni à cornes en croissant [9] , qui paraît
avoir donné une seconde race domestique ,
commune dans plusieurs parties de l’Asie
méridionale et dans certaines parties de l'em¬
pire chinois [10] ; l’Ami géant, dont nous ne
connaissons guère en Europe que les cornes.
Cette dernière espèce paraîtrait avoir à un
moindre degré que les autres Bœufs les ha¬
bitudes grégaires ; elle est d’ailleurs , à ce
qu’il paraît, fort rare, et l’on a remarqué que
dans une grande expédition de chasse que
firent plusieurs officiers de l’armée du Ben
gale, expédition qui ne dura pas moins de
trois mois , et où l'on tua , outre 42 Tigres
royaux, une très grande quantité de Buffles
sauvages, il ne se trouva dans le nombre
qu’un seul Arni géant.
Ce nom d’Arni , que nous employons ici
pour nous conformer à l’usage , devrait être
banni du langage zoologique; c’est le fémi¬
nin du mot Arna, mot dont l’acception est
générique, et s’applique, dans l’Inde, à tous
les Buffles sauvages : aussi , quand on le
trouve dans quelque relation de voyage, doit-
on bien se garder, si aucune indication ne
s’y trouve jointe , de tirer aucune conclusion
relativement à l’espèce que l’auteur a eue
en vue.
Facile à distinguer des Buffles asiatiques ,
le Buffle du Cap [il] en diffère par plusieurs
caractères qui le rapprochent, au contraire,
d’une part du Bœuf musqué, et de l’autre
de plusieurs grandes espèces d’Antilopes , ha¬
bitant comme lui l’extrémité australe de
l’Afrique.
En admettant ces derniers rapports, il y au¬
rait pour la distribution géographique de ces
grands Ruminants une certaine loi assez re¬
marquable : les Ruminants à cornes large¬
ment épatées à la base occuperaient dans les
deux hémisphères les parties les plus éloi¬
gnées de l’équateur, d’un côté le Bœuf mus¬
qué vers le cercle polaire arctique , de l’autre
moins rapprochés , il est vrai , du pôle , mais,
s’avançant aussi loin que la terre s’étend de
ce côté, le Buffle du Cap et les Catoblepas de
BOEU
BOEU
Smith ; Gnou ordinaire , Gnou barré , Gnou
de Brook. On pourrait remarquer même que,
chez ces derniers , de longs poils couvrent di¬
verses parties du corps , et que chez le Buffle
du Gap , dans le jeune âge , époque où les
caractères génériques sont toujours relative¬
ment plus prononcés que les caractères spé¬
cifiques , le pelage est beaucoup plus fourni
que ne semblerait le comporter la chaleur
du climat , rappelant ainsi , jusqu’à un cer¬
tain point, l’épaisse toison de YOvibos.
Les Buffles à cornes aplaties seraient pro¬
pres à la région intertropicale (1).
Tous les autres Bœufs appartiendraient à
l’hémisphère du Nord : les Bonases ayant
pour limites, d’une part, le cercle polaire
arctique et de l’autre le cercle tropical cor¬
respondant; et les Bœufs , proprement dits,
arrivant jusqu'à l’équateur, se trouvant du
moins , sur un seul point , en dehors de cette
ligne, je veux dire dans l’île de Java , où ils
sont représentés par le B. Beniiger,e t aussi
probablement par le Gour.
Nous n’avons voulu , dans cet article , que
présenter l’ensemble des espèces dont se
compose le genre. On trouvera plus loin des
détails sur leurs mœurs et sur quelques
traits remarquables de leur organisation.
Voir aux mots bonase, buffle, gayal,
GOUR, TAUREAU, URUS, YAK et ZEBU. (ROULIN.)
*BQEUFS FOSSILES, paléont. — Dans
presque tous les terrains meubles dits d’allu-
vion , dans les tourbières , dans certaines ca¬
vernes, dans les brèches osseuses et dans les
couches arénacées sous-volcaniques de cer¬
taines contrées , on trouve des ossements qui
ont appartenu à des espèces de Bœufs, sinon
identiques , au moins très voisines de nos es¬
pèces actuellement vivantes. Après avoir re¬
cueilli scrupuleusement toutes les mentions
qui en avaient été faites dans les auteurs, après
avoir examiné tous les ossements qu’il a pu
(i) Il y aurait une exception à cette règle , si l'on consi¬
dérait comme un Buffle le Bœuf que Gmelin , d’après le rap¬
port d’un Cosaque qui avait été prisonnier dans la petite
Boukharie, dit exister à l’état sauvage dans les montagnes si¬
tuées au midi de Kboten. L’animal , en effet , se trouverait
vers le 35e degré de lat. N. A la vérité , Pallas veut que cet
animal ne soit autre chose qu’un Yak ; ce qui est d’autant
plus surprenant que, suivant ce qu’il avait appris de divers
Kalmouks , cet animal aurait les cornes plates, et ne différe¬
rait que par la toison des Buffles domestiques qu’avaient vus
àAstracan les Asiatiques qui lui fournissaient ces renseigne¬
ments.
625
rassembler et ceux qu’il a pu voir dans se*
voyages, Cuvier a conclu que les espèces
dont on avait découvert les débris jusqu’à la
publication de son IVe volume des Ossements
fossiles , se réduisaient à trois , et même il
conservait des doutes à l’égard de l’une d’el¬
les, sur la question de savoir si elle était vé¬
ritablement fossile.
Une première espèce , Bos priscus Bo-
jan. , dont les os des jambes sont grêles , el
dont le crâne, à front bombé, plus large que
haut, et à cornes implantées en avant de la
ligne saillante formée par le plan de l’occi¬
put et celui du front , ne diffère que trè»
peu de l’Aurochs. On la rencontre en Rus¬
sie, en Allemagne , en France , en Italie , et
dans l’Amérique du Nord. Cette espèce ne se
distingue de l’Aurochs que par une taille plu#
élevée et par des cornes proportionnellement
plus grandes : elle se trouve mêlée avec des
ossements d’Éléphant , de Rhinocéros et de
Mastodonte.
Une seconde espèce, Bos primigenius Bo»
jan., qui serait, selon Cuvier, la souche de nos
Bœufs domestiques, et dont la civilisation au»
rait fait disparaître les traces, aussi bien que
celles des races sauvages du Dromadaire et
du Chameau. Cette espèce, plus grande d’un
tiers que nos Bœufs, à jambes fortes, à front
plat, carré, et à cornes implantées aux extré¬
mités de la ligne saillante formée par le plan
de l’occiput et celui du front, n’a été trouvée
d’une manière authentique , toujours selon
le même savant , que dans les tourbières et
les couches superficielles ; mais tout porte à
croire que, depuis quelques années, on en a,
aussi bien que de l’espèce précédente, dé¬
couvert des ossements en Auvergne, dans
des couches sous-volcaniques.
Enfin une troisième espèce, Bos Pallasii
Dec., que Pallas et Ozeretzkovsky ont trou¬
vée en Sibérie, et qui paraît sinon identique,
au moins fort semblable au Buffle musqué
du Canada. Cuvier pensait même que les trois
crânes décrits par ces deux auteurs pour¬
raient bien n’être que des crânes de Buffles
musqués , apportés d’Amérique en Sibérie ,
sur des glaçons , par les courants ; mais il
paraît que cette espèce existe également à
l’état fossile en Amérique. M. Decay a fait
connaître, dans le deuxième volume des An¬
nales du Lycée de New-York , un occipital
| muni des noyaux osseux de ses cornes , mis
40
T. II.
BOEXJ
BOEU
626
au jour à New-Madrid, sur les bord du Mis-
sissipi, pendant le tremblement de terre qui
détruisit cette ville, en 18î2. Ce savant pense
que ce fragment appartient à la 3e espèce de
Cuvier, à laquelle il donne le nom de Bos
Pallasii , parce qu’il a reconnu quelques dif¬
férences entre sa portion de crâne et la par¬
tie correspondante de la tête du Buffle mus¬
qué, et qu’il y rapporte les têtes de Sibérie
dont Pallas a le premier fait connaître l’exis¬
tence.
Depuis la publication du travail de Cuvier,
il a, presque chaque jour, été recueilli des os¬
sements de Bœufs dans un grand nombre de
localités. Ce n’est pas ici le lieu d’enregistrer
ces nombreuses découvertes : nous nous bor¬
nerons à en citer quelques unes , et surtout
parmi celles qui ont fait établir de nouvelles
espèces.
M. Bojanus a publié , dans le treizième vo¬
lume des Curieux de la nature , un squelette
presque complet de Bas primigenius , trouvé
en Allemagne, et qui se voit aujourd’hui au
Musée d’Iéna. En Auvergne, on en a rencon¬
tré dans ces alluvions sous-volcaniques , que
quelques uns considèrent comme les couches
supérieures du terrain tertiaire, avec des os
d’Eléphants, de Rhinocéros, de Tapirs et de
Chevaux. MM. Devèze et Bouillet en ont dé¬
couvert dans la montagne de Boulade, qu’ils
croient appartenir au Bos urus , c’est-à-dire
au Bos priscus ; l’abbé Croizet en signale
deux espèces qu’il appelle Bos elatus et Bos
giganteus ; mais les os des jambes du premier
étant aussi grêles que celles de l’Aurochs, il
pourrait bien se faire qu’il fût le même que
le Bos priscus , et que le second fût le Bos
primigenius , car nous en avons au Muséum
de Paris quelques os du pied trouvés à Es-
sex, à 12 milles de Londres , et d’autres ren¬
contrés dans les sablières de Yaugirard, près
de Paris , qui indiquent des individus plus
grands même que le Bœuf géant de l’abbé
Croizet. Celui du vallon de Cussac, départe¬
ment de la Haute-Loire, à 4 kilomètres du
Puy, et auquel M. Robert a donné le nom de
Bos velonusy doit probablement rentrer dans
l’une des espèces de Cuvier , ou dans l’une
de celles de l’abbé Croizet, si ces dernières
sont distinctes des premières. Les ossements
de Bœufs du val d’Arno que le Muséum pos¬
sède indiquent aussi 2 espèces , l’une à
jambes grêles et l’autre à jambes trapues;
I elles ressemblent l’une et l’autre h celles de
I l’Auvergne, et cette coïncidence de deux es¬
pèces qui se retrouvent toujours dans les
mêmes contrées confirme , ce nous semble,
l’opinion de Cuvier, que l’Europe centrale ne
fournit que deux espèces de Bœufs fossiles.
M. Leclerc a fait don au Muséum de Paris
de quelques os de Bœufs trouvés dans la
province du Texas , en Amérique , qui ne
peuvent point être distingués de ceux de
l’Aurochs , en sorte qu’ils appartiennent
probablement au Bos priscus. Suivant
M. Harlan , le grand individu découvert par
M. Peale, à 10 milles de la fondrière nommée
Big-Bone-Lick , en Amérique, et que Cuvier
ne distingue pas de son Aurochs fossile, se¬
rait une espèce particulière à laquelle ce sa¬
vant a donné le nom de Bos bombifrons. Le
même auteur croit en avoir distingué une
autre espèce , qu’il appelle Bos latifrons.
Nous pensons qu’il faudrait réunir plusieurs
individus de chacun de ces types avant de les
considérer comme des espèces réelles, parce
qu’alors seulement on pourra leur trouver
des caractères positifs.
Il paraît cependant qu’outre ces trois es¬
pèces de Cuvier, il y en existait une qua¬
trième de petite taille, ou tout au moins une
variété analogue à la petite race de Bœufs des
Indes, appelée Zébu : c’est ce qu’on peut
conclure d’un métacarpien et d’un métatar¬
sien provenant des cavernes d’Oreston, près
de Plymouth , envoyés au Muséum par
M. Clift. Ces os ont tout-à-fait la taille de
ceux qui leur correspondent dans le squelette
de Zébu du cabinet d’anatomie. On pour¬
rait encore considérer cette variété sauvage
comme la souche des petits Bœufs d’Écosse ;
mais, dans l’un ou l’autre cas, on doit toujours
admettre , en présence de ce fait , que ces
variétés sont fort anciennes , et qu’existant
déjà à l’état sauvage , elles ne sont point un
produit de la domesticité.
En commençant son travail sur les Bœufs
fossiles, Cuvier déclare que la ressemblance
avec les espèces vivantes va même au point
qu’il est très difficile de ne pas les considérer
comme identiques avec elles , et , c’est indu¬
bitablement pour cette raison que notre sa¬
vant paléontologiste ne leur a point imposé
d’autres noms d’espèces. MM. Bojanus et De-
cay ont été plus hardis , et nous n’osons les
en blâmer.L’Éléphant et le Rhinocéros, avec
BOG
lesquels ces Bœufs vivaient, étant des espèces
éteintes , non point par Faction lente des
hommes, mais par une cause physique et su¬
bite, comme on en a la preuve par ces indivi¬
dus conservés en chair aussi bien qu’en os
dans les glaces du Nord , il est probable que
ces Bœufs fossiles différaient de nos espèces
vivantes , quoiqu'ils en fussent très rappro¬
chés. Tous les naturalistes savent combien ,
dans les genres naturels , il est difficile de
distinguer les espèces par le squelette seule¬
ment. Nous pensons néanmoins qu’il n’y a pas
encore de raisons suffisantes pour adopter
comme espèces les Bosvelonus, elatus et gi-
ganteus de MM. Robert et l’abbé Croizet,et
les Bos bombifrons et latifrons de M. Har-
Ian. On ne doit donc compter encore , se¬
lon nous, comme espèces fossiles que les
Bos primigenius , priscus, Pallasii ; et, comme
variété du premier, le Bos primigenius minu-
tus, ou peut-être même comme espèce, le Bos
minuius. (Laurillard.)
BOEVA. rept. — Synonyme d’iguane
senembi.
BOGUE {Box), poiss. — Dénomination vul¬
gaire corrompue de Box ou de Boops, d’une
espèce très abondante dans toute la Méditer¬
ranée , et se portant dans l’Atlantique jus¬
qu’à Madère et aux Canaries : elle pénétre
aussi dans le lac Biserte. Il est possible que
ce soit le |3â>£ d’Aristote ; mais rien ne prouve,
comme l’a voulu Rondelet, que ce soit le
, car les yeux ne sont pas d’une gran¬
deur excessive. Ce poisson a le corps arrondi
et allongé, et d’une belle couleur jaune oli¬
vâtre , avec trois ou quatre lignes longitudi¬
nales dorées sur les flancs. La bonté de sa
chair rend sa fécondité utile aux Provençaux,
qui croient rendre la pêche meilleure en sus¬
pendant à leur navire une figure argentée
de Bogue , pour les attirer dans leur Bu-
ghiera. Le Bogue est devenu la première es¬
pèce d’un genre nommé d’après lui ; il est ca¬
ractérisé par ses dents aplaties , échancrées
dans le milieu , serrées l’une contre l’autre
tout autour de la bouche, sur un seul rang,
et dilatées à leur base postérieure en un ta¬
lon allongé , qui augmente leur appui sur les
mâchoires, et les rend plus solides. Les Bo¬
gues vivent de plantes marines. Outre l’es¬
pèce dont je viens de parler, on y range la
Saupe ( voyez ce mot) et deux autres espèces
étrangères que Linné plaçait parmi les Spa-
BOI 627
res. Le genre Bogue est de la famille des
Sparoïdes. (Val.)
*BOII ADSCHIA (nom propre), bot. ph. ■—
Genre établi par Presl ( Bel . hœnk., II, 98 ,
t. 68) dans la famille des Turnéracées , et
réuni comme synonyme au Turnera de Plu¬
mier. (C. L.)
BOHADSCHIE. Bohadschia. Échin. —
Genre d’Holothurides établi par Jæger , et
adopté par MM. Agassiz et Brandt. Il com¬
prend plusieurs espèces d’Holothuries im¬
parfaitement connues, vivant toutes près
des côtes de l’île Célèbes, et qui vraisembla¬
blement ne sont pas réellement distinctes. Ce
genre diffère très peu des Holothuries pro¬
prement dites; son seul caractère distinctif
est dans la forme radiée ou étoilée de l’orifice
anal. (Duj.)
BOHATSCHIA, Crantz. bot. ph. — Syno¬
nyme de Pellaria.
BOHON et BUHON-UPAS. bot. ph. —
Synonyme de Boom-Upas.
BOHU, Burm. bot. ph. — Synonyme de
Bobu.
BOIDE, Adans. bot. ru. — Synonyme de
Tapsia.
BOIGA. rept. — Synonyme de Coluber
ahœtula. Voyez couleuvre.
BOIS. zool. — Voyez cornes.
BOIS. Lighum. bot. ph. — Ce nom s’ap¬
plique en général à la partie dure, fibreuse,
en un mot ligneuse, qui compose la tige des
arbres et des arbrisseaux , et qu’on trouve
immédiatement sous l’écorce.
Le Bois offre des caractères très différents
dans les divers grands embranchements du
règne végétal , et en particulier dans les
plantes monocotylédonées et dans les plantes
dicotylédonées : aussi croyons-nous néces¬
saire de traiter séparément du Bois dans la
tige des arbres de ces deux grandes divisions
des végétaux phanérogames.
§ I. Du Bois dans les arbres dicotyiédonés.
Dans la tige des végétaux dicotyiédonés li¬
gneux , le Bois forme presque toute la masse
de cet organe. Il occupe tout l’espace compris
entre le canal médullaire au centre de la
tige, jusqu'à la face interne de l’écorce qui:
le recouvre extérieurement. Sur la coupe
transversale d’une tige arborescente , il se
montre sous l’apparence de couches concen-
triques inscrites les unes dans les autres , et
BOI
BOI
628
dont l’épaisseur est très variable. Suivant les
espèces , cette distinction des couches ligneu¬
ses n’est pas toujours très appréciable. Dans
la plupart de nos Bois indigènes, elle est très
manifeste, et comme chaque couche est le
produit de la végétation d’une année, le
nombre des couches ligneuses représente as¬
sez exactement l’âge de la tige. Il n’en est
point ainsi dans un grand nombre d’arbres
qui croissent dans les régions tropicales. Là,
le Bois constitue une masse dans laquelle il
est bien difficile de reconnaître aucune trace
de lignes circulaires servant à constituer des
couches. Cette disposition tient probablement
à ce que, dans les pays situés entre les tropi¬
ques, la végétation est sans cesse en activité,
et que par ses progrès non interrompus il se
forme à chaque instant de nouvelles fibres
ligneuses qui viennent s’ajouter à celles qui
existaient déjà. Il n’y a pas, comme dans nos
régions tempérées, une période limitée pour
la végétation à laquelle succède chaque an¬
née une période bien plus longue où tout
phénomène d’accroissement cesse complète¬
ment.
Indépendamment de cette disposition par
couches concentriques, le corps ligneux pré¬
sente encore des lignes droites , partant en
divergeant du centre à la circonférence, c’est-
à-dire du canal médullaire à l’écorce, et
qu’on désigne sous les noms de Rayons ou
Insertions médullaires. Ces organes , qui ap¬
paraissent ainsi sous la forme de lignes sur
une coupe transversale, sont autant de feuil¬
lets ou de lames perpendiculaires engagées
au milieu du tissu ligneux proprement dit ,
et servant à établir une communication di¬
recte entre la moelle placée au centre de la
tige et la couche celluleuse extérieure de l’é¬
corce , qu’on connaît sous les noms en¬
veloppe herbacée ou médulle externe.
Les couches ligneuses ne présentent pas
communément la même couleur et la même
dureté dans tous les points du corps li¬
gneux. Les plus intérieures sont plus dures et
plus colorées , parce qu’elles sont plus an¬
ciennes et qu’elles ont acquis une maturité
convenable. Les couches extérieures au con¬
traire sont d’un tissu plus lâche, moins den¬
ses et moins colorées. Elles constituent Y Au¬
bier, tandis que les intérieures forment le
Bois proprement dit , le Cœur du bois ou Dv-
ramen. Cette distinction entre les deux por¬
tions du corps ligneux est fort importante
pour les arts, et surtout pour les arts de con¬
struction. L’aubier doit être généralement
rejeté , non seulement parce que son tissu
est moins dur et moins résistant, mais en¬
core parce qu’il est abreuvé de sucs , qui le
rendent plus propre à s’altérer ou à être at¬
taqué par les Insectes.
Cette distinction entre le Bois proprement
dit et l’aubier est quelquefois excessivement
tranchée, tant par la différence dans la colo¬
ration que par la différence dans le tissu. C’est
particulièrement dans les Bois très denses, et
surtout dans les Bois colorés , qu’on trouve
un changement brusque et sans aucune tran¬
sition entre les deux parties. Ainsi les Bois
d’Ébène, de Campêche, etc., sont d’un brun
rougeâtre ou presque noir , tandis que leur
aubier est d’un jaune pâle ou presque blanc.
Cette différence de couleur s’observe quel¬
quefois d’une manière aussi tranchée dans
quelques arbres indigènes , le Cytise des Al¬
pes, par exemple; mais dans les Bois blancs,
dans les arbres qui croissent avec une grande
rapidité , comme les Peupliers , l’Érable , les
Pins et Sapins, etc., on ne peut apercevoir
aucune différence sensible, qui puisse auto¬
riser la séparation des couches ligneuses en
aubier et en cœur de Bois. Néanmoins, quoi¬
que dans ces tiges on n’observe pas une dis¬
tinction manifeste , soit dans la coloration ,
soit même dans le grain du tissu entre les
couches intérieures et les couches externes,
cependant celles-ci sont évidemment moins
solides , moins résistantes, et constituent un
véritable aubier, qui est loin de réunir les
qualités de force, de résistance et de durée
que présente la masse des couches inté¬
rieures.
La proportion entre la masse des couches
d’aubier et de duramen n’est pas toujours la
même. Il y a certains arbres dans lesquels
l’aubier a peu d’épaisseur relativement à la
masse du Bois, cinq à six couches, par exem¬
ple : le Chêne est dans ce cas. Il y en a d’au¬
tres, au contraire, dont l’aubier se compose
d’un nombre beaucoup plus considérable de
couches ligneuses. Cette différence tient sou¬
vent à la rapidité plus ou moins grande avec
laquelle le Bois acquiert sa maturité com¬
plète.
Lorsqu’on examine une tige coupée trans¬
versalement, on reconnaît facilement que
BOI
toutes les couches ligneuses n’ont pas une
épaisseur égale. Ainsi, généralement, les plus
intérieures, qui sont en même temps les plus
anciennes, et qui se sont formées à une épo¬
que où l’arbre jouissait de toute sa force
et de toute sa vigueur , ont une épaisseur
plus considérable que celles qui leur ont
succédé, et qui se sont constituées dans
une période où la végétation était moins
vigoureuse. En général, les couches formées
pendant les années humides et chaudes, qui
réunissent les conditions les plus favorables
à la végétation, sont plus puissantes que cel¬
les qui correspondent aux années de séche¬
resse ; mais celles-ci l’emportent sur les
premières par leur force et leur résistance.
Tous les points de la circonférence d’une
même couche n’ont pas non plus une égale
épaisseur. On remarque souvent au contraire
une très grande inégalité à cet égard. On a
observé que la plus grande épaisseur de la
couche correspond toujours , soit au côté de
la tige d’où naît une grosse branche, soit au
côté de la souche qui émet un rameau con¬
sidérable , en un mot à la partie de l’axe vé¬
gétal qui était en position de recevoir une
nourriture plus abondante.
Les couches ligneuses considérées en masse
sont d’autant plus dures qu’elles sont plus
intérieures. En effet, celles qui sont plus rap¬
prochées du canal médullaire étant les plus
anciennes, on peut supposer avec juste rai¬
son qu’elles ont acquis une maturité plus
complète. Mais il n’en est pas de même
quand on compare la solidité des différents
points d’une même couche ; la partie la plus
superficielle de cette couche est en général
formée des fibres les plus dures et les plus
résistantes. On a cherché à expliquer ce phé¬
nomène , en disant que la partie interne de
la couche se forme au printemps , c’est-à-
dire à une époque où les sucs séveux sont
plus abondants , mais en même temps plus
aqueux ; tandis que la partie externe de la
couche s’est développée sous l’influence d’une
saison plus chaude, et par le secours de sucs
plus substantiels et plus élaborés, qui, par
conséquent , donnent une plus grande soli¬
dité au tissu ligneux qui se forme.
Le nombre des couches ligneuses, inscrites
les unes dans les autres sur la coupe trans¬
versale de la tige d’un arbre dicotylédoné ,
exprime en général, avec une certaine exac-
BOI 629
tîiude, l’âge de cet arbre. C’est par ce moyen
qu’on est souvent parvenu à déterminer la
durée de certains végétaux dont l’origine
reculée remontait à des dates souvent fort
anciennes ; mais il s’en faut que ce moyen
soit rigoureux. En effet, beaucoup d’auteurs
admettent , et à juste titre , selon nous , que
dans certaines circonstances il peut , même
dans nos climats tempérés , se former deux
couches ligneuses dans une même année.
Ainsi , quand l’été a été très sec , et que cette
sécheresse a , de bonne heure , arrêté les
phénomènes de la végétation , si l’automne
est chaud et humide , il n’est pas rare de
voir se manifester une seconde végétation ;
les bourgeons placés à l’aisselle des feuilles
se développent, l’arbre reverdit et se couvre
de nouvelles fleurs. Dans ce cas, il est évident
qu’une seconde couche ligneuse a dû être le
résultat de cette végétation accidentelle , et
le nombre des années, ou l’âge de l’arbre, n’est
plus représenté exactement par le nombre
des couches du Bois. D’ailleurs, comme nous
l’avons dit précédemment , les couches li¬
gneuses sont quelquefois si peu distinctes ,
ou tellement minces et multipliées dans cer¬
tains arbres tropicaux , que leur inspection
ne peut rien apprendre sur le temps qu’ils
ont employé pour parvenir au moment où on
les observe.
Etudions maintenant la structure du Bois,
c’est-à-dire les éléments anatomiques qui
entrent dans sa composition.
Le Bois est formé par un tissu spécial ,
nommé Tissu ligneux , qui n’est cependant
qu’une simple modification tenant en quel¬
que sorte le milieu entre les utricules et les
vaisseaux proprement dits. Il se compose
de cellules allongées ou de tubes courts , à
parois très épaisses , ordinairement coupées
en biseau ou en pointe oblique à chaque
extrémité , superposées les unes aux autres
et tellement adhérentes qu’elles semblent
former des fibres continues : aussi le Bois a-
t-il constamment une structure fibreuse. On
a donné des noms variés à ces tubes courts,
qui constituent le tissu ligneux ; on les a
tour à tour appelés Tubilles , T nsseaux
courts , Vaisseaux fibreux , Closlres , etc.
Le tissu ligneux est l’élément essentiel et
constitutif du Bois ; mais il n’entre pas seul
dans sa constitution. Une couche ligneuse se
compose de trois formes du tissu élémen-
BOI
BOI
630
taire: 1° de tissu ligneux; 2° de vaisseaux
aériens ; 3° de tissu utriculaire. Examinons
quels sont la position et les rapports de ces
tissus dans une couche ligneuse. Si nous sou¬
mettons à l’examen microscopique une tran¬
che bien mince d’une couche ligneuse cou¬
pée en travers, nous y trouverons l’organi¬
sation suivante: Le tissu ligneux proprement
dit se montre sur une tranche transversale,
sous la forme d’anneaux irrégulièrement ar¬
rondis , quelquefois anguleux par suite de la
pression qu’ils exercent les uns contre les au¬
tres, à parois très épaisses et à cavité inté¬
rieure fort étroite. Au milieu de ce tissu on
voit un très grand nombre de vaisseaux aé¬
riens, qu’on distingue facilement par leur
diamètre beaucoup plus grand et par la min¬
ceur de leurs parois. Ces vaisseaux sont
constamment de fausses trachées, le plus
souvent du genre de celles qu’on appelle
Vaisseaux ponctués. Leur nombre est plus
ou moins considérable suivant les espèces :
tantôt les tubes ligneux sont plus abondants,
tantôt, au contraire, les vaisseaux paraissent
plus nombreux et donnent alors à la tranche
ligneuse mince, soumise au microscope, l’ap¬
parence d’une dentelle. Ces vaisseaux sont
très étroitement unis avec le tissu ligneux ,
et ne peuvent en être séparés.
La couche ligneuse est partagée, par des li¬
gnes dirigées du centre vers la circonférence,
en un très grand nombre de compartiments
étroits. Ces lignes sont les rayons médullaires ,
ils sont uniquement composés de tissu utri¬
culaire, dont les utricules sont régulièrement
disposées dans une position transversale. Tels
sont les trois éléments anatomiques dont se
compose le Bois. En dehors des rayons mé¬
dullaires, il n’existe aucune trace de tissu
utriculaire. Les vaisseaux aériens et les tubes
ligneux sont unis, soudés entre eux, sans le
secours d’aucun autre tissu.
Le tissu ligneux proprement dit se com¬
pose de cellules allongées ou de tubes courts,
cylindriques ou anguleux, et dont les parois
très épaisses sont primitivement transpa¬
rentes. C’est par les progrès de la végétation
et par suite des dépôts de matières étrangè¬
res qui s’y forment que ces organes perdent
insensiblement leur transparence. M. Dutro-
chet s’est assuré que quelle que soit la nature,
la couleur, la consistance du Bois, il avait pri¬
mitivement à peu près les mêmes caractères
dans toutes les espèces. Ainsi, selon cet ha¬
bile observateur, en faisant bouillir dans l’a¬
cide nitrique des fragments de Bois d’É-
bène ou de tout autre Bois très dur et très
coloré, les matières étrangères se dissolvent
et les fibres ligneuses deviennent transpa¬
rentes et flexibles comme celles des Bois
mous et blancs. Les belles recherches de
M. Payen sur la nature chimique des élé¬
ments organiques des végétaux confirment
pleinement les observations de M. Dutrochet.
Ainsi M. Payen a reconnu que le Bois, comme
toutes les autres parties du tissu des végé¬
taux, était composé de Cellulose , c’est-à-dire
d’une matière identique avec l’amidon , par
sa constitution chimique. Mais petit à petit
il se dépose dans ces organes une autre sub¬
stance dure et cassante, qui donne de la so¬
lidité et de la résistance aux fibres ligneuses,
matière qui offre une composition un peu
différente de celle de la cellulose.
Nous avons dit précédemment que les vais¬
seaux aériens du Bois étaient de fausses tra¬
chées et plus particulièrement des vaisseaux
ponctués. Ce sont aussi quelquefois des vais¬
seaux rayés. Ces vaisseaux sont assez géné¬
ralement dispersés sans ordre dans l’épais¬
seur de chaque compartiment ligneux; quel¬
quefois solitaires et présentant alors, sur une
coupe transversale , une aire plus ou moins
régulièrement arrondie ou elliptique. Le plus
souvent ils sont groupés par deux ou trois
ensemble , et leur forme est alors modifiée
par leur contact réciproque , qui est toujours
très intime. Il arrive quelquefois que les
grands tubes du Bois ou les vaisseaux aériens
sont disposés avec une sorte de symétrie, et
que, sur la coupe transversale de la tige, ils
forment des espèces de lignes circulaires as¬
sez régulières. Assez souvent ceux qui ont
été formés les premiers , et qui sont par con¬
séquent les plus profonds de chaque couche,
prise isolément, ont un diamètre plus grand
que ceux qui sont plus superficiels. Cette dif¬
férence provient de ce que les premiers se
sont développés dès le printemps, c’est-à-dire
à une époque où la végétation est plus puis¬
sante et les sucs plus abondants.
Si nous examinons la manière dont le Bois
commence à se former dans une tige ou une
branche d’arbre dicotylédoné , nous verrons
que la couche ligneuse, au lieu de former
une masse circulaire continue , se montre
BOI
BOI
d’abord en faisceaux distincts , disposés cir-
culairement au centre de la tige. Ces fais¬
ceaux ou compartiments ligneux sont sépa¬
rés les uns des autres par une couche de
tissu cellulaire plus ou moins épaisse , con¬
tinuée sans interruption avec celui qui oc¬
cupe la partie centrale de la tige et qui plus
tard devra constituer la moelle, et d’une au¬
tre part avec la couche cellulaire extérieure
dans laquelle les faisceaux corticaux vont se
développer. Petit à petit ces faisceaux ligneux
s’élargissent, s’allongent; ils augmentent par
la division qui s’opère dans chacun des fais¬
ceaux primitifs ; le tissu cellulaire qui les sé¬
pare se resserre , et bientôt les espaces qui
existent entre les compartiments apparais¬
sent seulement sous la forme de lignes étroi¬
tes, qui constituent les rayons médullaires.
On a prétendu que chaque couche ligneuse
était séparée de celles au milieu desquelles
elle est placée par une couche très mince de
tissu utriculaire. M. Dutrochet , qui a émis
cette opinion, dit que cette structure est sur¬
tout très remarquable dans la tige du Rhus
typhinum. Selon cet habile physiologiste , il
existe entre chaque couche ligneuse de celte
tige une couche de tissu cellulaire qui se re¬
connaît, entre autres caractères, à sa colora¬
tion jaune brunâtre beaucoup plus intense;
mais nous avons examiné attentivement la
structure de cette tige, que nous avons suivie
dans tîntes les périodes de son développe¬
ment, et nous n’y avons pu reconnaître au¬
cune trace de tissu utriculaire interposé en¬
tre les couches ligneuses.
Le Bois existe, non seulement dans l’axe
ou organe central des végétaux ligneux, mais
dans toutes les autres parties susceptibles
d’endurcissement.
En traitant des Tiges , nous ferons voir
que dans les végétaux herbacés , il y a aussi
une couche de Bois et que son organisation
ne diffère pas sensiblement de celle qu’on
observe dans les végétaux ligneux , à la pre¬
mière année de leur développement.
La description que nous venons de don¬
ner du Bois s’applique à la généralité des
tiges ligneuses dans les végétaux dicotylédo-
nés; mais elle offre cependant de grandes
variations dans un certain nombre de végé¬
taux, parmi lesquels nous citerons les Coni¬
fères, les Cycadées , les Ménispermées , les
Aristolochiées et un grand nombre d’autres
631
familles, qui renferment des plantes sarmen-
teuses et des lianes. Nous traiterons succes¬
sivement de ces modifications soit au nom
de chacune de ces familles, soit et principa¬
lement à l’article tige. Voy. ce mot.
§ IL Du Bois dans la tige des végétaux
monocolylèdonès ligneux.
Les Bois, dans la tige ligneuse des végétaux
monocotylédonés , présente une disposition
bien différente de celle que nous venons
d’observer dans celle des arbres dicotylédo¬
nes. Ce ne sont plus des couches circulaires
emboîtées les unes dans les autres avec une
sorte de régularité , et pouvant servir à dé¬
terminer le nombre d’années qu’a duré la
végétation de ces tiges. Le Bois, ici, est sous la
forme de fibres ou de faisceaux peu volu¬
mineux , distincts les uns des autres et plon¬
gés au milieu d’un tissu cellulaire qui forme
la masse de la lige : aussi la coupe transver¬
sale d’une tige de Palmier ou de tout autre
monocotylédoné ligneux se montre-t-elle
composée d’une foule de points ou de fais¬
ceaux irrégulièrement arrondis, épars et sans
ordre , et n’offrant jamais cette disposition
par couche qui forme le caractère distinctif
de tous les arbres dicolylédonés.
En général , les fibres ligneuses dans les
tiges des Monocotylédonés sont plus abon¬
dantes, et par conséquent , plus serrées les
unes contre les autres dans les parties super¬
ficielles de la tige. C’est, comme on sait, le
contraire pour les tiges dicotylédonées, dont
les couches ligneuses sont d’autant plus den¬
ses qu’elles sont plus intérieures.
Quant à la structure de ses fibres ligneu¬
ses, elle est assez compliquée. Chacune d’el¬
les renferme, en effet, du tissu ligneux pro¬
prement dit, ordinairement disposé en deux
faisceaux, l’un intérieur, l’autre externe. En¬
tre ces deux faisceaux se trouvent les vais¬
seaux aériens , trachées et fausses trachées,
et les vaisseaux séveux, réunis par du tissu
utriculaire. Nous nous bornerons ici à cette
indication sommaire de la structure des fais¬
ceaux ligneux dans la tige des Monocotylé¬
donés, remettant à la développer avec plus
de détail aux mots monocotylédonés etTiGE.
Voy. ces mots.
§ III. De la conservation des Bois .
Le Bois est une des matières les plus utiles
que la nature fournisse à l’homme pour ta
BOI
BOI
632
satisfaction de ses besoins. Sans parler ici de
l’emploi du Bois comme combustible, il nous
suffira de rappeler les usages de cette matière
dans la construction de nos habitations , de
nos meubles et de nos navires. Mais le Bois
est sujet à une foule d’altérations qui nui¬
sent à sa durée , et compromettent tous les
ouvrages dans la construction desquels il
entre : aussi s’est-on beaucoup occupé des
moyens de conserver aux Bois toutes les pro¬
priétés qui les distinguent , en les préser¬
vant des altérations qu’ils sont susceptibles
d’éprouver. Parmi les résultats auxquels ont
conduit les recherches dirigées vers ce but ,
il n’en est pas de plus remarquables que
ceux obtenus par M. le docteur Boucherie.
Ces résultats ont été consignés dans un mé¬
moire présenté à l’Académie royale des scien¬
ces dans le courant de l’année 1840 , et sur
lequel M. Dumas a fait , au nom d’une com¬
mission nommée par l’Académie , un rap¬
port extrêmement favorable. (Voyez Compte -
Rendu, 1840, t. II, p. 894.)
M. le docteur Boucherie, dit M. Dumas,
s’est proposé de rendre le Bois beaucoup
plus durable , de lui conserver son élasti¬
cité , de le préserver des variations de vo¬
lume qu’il éprouve par la sécheresse et l’hu¬
midité , de diminuer sa combustibilité, d’aug¬
menter sa ténacité et sa dureté ; enfin de lui
donner des couleurs et même des odeurs du¬
rables.
Toutes ces exigences ont été satisfaites , et
elles l’ont été par des moyens peu coûteux ,
simples et nouveaux; elles l’ont été à l’aide
de substances communes et d’un vil prix;
La matière que M. le docteur Boucherie em¬
ploie surtout est le pyrolignite de Fer brut ,
auquel il ajoute ensuite certaines autres ma¬
tières , quand surtout il a l’intention de com¬
muniquer aux Bois des teintes plus ou moins
variées. A cet effet , il emprunte toute la
force dont il a besoin pour faire pénétrer les
substances dans le tissu ligneux , à la force
aspiratrice du végétal lui-même ; et cette
force suffit pour porter de la base du tronc
jusqu’aux feuilles toutes les liqueurs qu’on
veut y introduire , pourvu qu’elles soient
maintenues dans certaines limites de con¬
centration.
Pour cela, on coupe par le pied l’arbre en
pleine sève ; on plonge son extrémité infé¬
rieure dans une cuve renfermant la liqueur
qu’on veut faire aspirer. En quelques jours
celle-ci montera jusqu’aux feuilles les plus
élevées; tout le tissu végétal sera envahi,
sauf le centre de la tige, qui résiste toujours
à la pénétration. L’arbre peut être dégarni
d’une partie de ses branches : pourvu qu’il
reste un bouquet de feuilles au sommet de
la tige , l’aspiration s’exécutera. On pourrait
encore arriver au même résultat sans cou¬
per l’arbre par sa base. Ainsi , une cavité
creusée à son pied , ou un trait de scie qui
divise celui-ci sur une grande étendue de sa
surface, suffisent pour qu’en mettant la par¬
tie entamée en contact avec un liquide , il y
ait une absorption rapide et complète de ce
dernier.
C’est par l’emploi des chlorures terreux
que M. Boucherie arrive à rendre les Bois
presque incombustibles , sans leur faire per¬
dre aucune de leurs autres propriétés.
Enfin , par ces procédés ingénieux , M. le
docteur Boucherie donne aux Bois des tein¬
tes variées , qui les rendent propres à entrer
dans la fabrication des meubles. Ainsi, le
pyrolignite de Fer les colore en brun ; si on
y associe une matière tannante , ils prennent
une couleur noire ; si on fait succéder au
pyrolignite de Fer du prussiate de Potasse ,
ou de l’acétate de Plomb ou du chromate de
Potasse , on obtient de belles nuances bleue
ou jaune.
Ces résultats nous ont paru trop impor¬
tants pour que nous puissions nous dispen¬
ser de leur donner une place dans un article
général sur les Bois. (A. Richard.)
Le nom de Bois a été appliqué à un grand
nombre d’arbres , en partie originaires des
pays tropicaux , et on y a joint une ou plu¬
sieurs épithètes indiquant leur patrie , leurs
propriétés réelles ou chimériques, leurs usa¬
ges ou leur ressemblance avec des objets
quelconques. Cette longue liste de noms ,
souvent si bizarres , empruntés à la langue
inexacte et imparfaite du peuple et des voya¬
geurs , doit cependant encore trouver place
dans les ouvrages d’histoire naturelle, car elle
sert à l’intelligence des relations de voyage où
beaucoup de ces noms subsistent encore. On
se sert généralement dans le commerce, dans
les arts industriels , en économie rurale et
forestière, de ces dénominations vulgaires, et
quelques unes appartiennent à notre langue
usuelle ; nous nous bornerons à en donner
BOI
BOI
l’énumération avec leur signification vérita¬
ble , en renvoyant aux noms scientifiques
pour les détails que quelques uns compor¬
tent.
B. abrouti , les arbres dépouillés de leurs
bourgeons, de leurs feuilles et de leur écorce,
par le bétail ou les bêtes fauves , et qui ne
font plus que végéter.
B. d’absinthe , ou amer, Çuassia amara ,
aussi B. de Quassie et Q. simaruba, Carissa
amara , et quelques autres arbres remarqua¬
bles par leur amertume.
B. d’acajou , le Cedrela odorala et le Swie-
tenia mahogoni , qu’on appelle aussi B. de
mahogoni.
B. d’ACOSSOIS, B. BAPTISTE , A LA FIEVRE
ou de sang , B. sanglant. Noms vulgaires du
Millepertuis en arbre , Hypericum sessilifo-
lium. "
B. d’acouma, ou acoumat, YHomalium ra-
cemosum et le Rumalda salici folia.
B. d’agatis , d’agouti, le Pitex divaricata
et V Æschinomene grandiflora.
B. d’agra ou d’agara. Bois odorant em¬
ployé en Chine à la fabrication des petits
meubles, et dont le genre n’a pu être déter¬
miné.
B. d’aguilla. Bois aromatique d’Afrique
appartenant à un arbre inconnu.
B. d’aigle, d’aloes, d’agallocheou de ca-
lambac. Bois aromatique qu’on brûle à la
Chine et au Japon , à cause de son odeur
agréable; il provient de l’Agalloche , Exœ-
caria officinarum. Ce nom a encore été donné
au bois de YAquilaria de Cavanilles.
B. a aiguilles. Nom donné communé¬
ment aux arbres de la famille des Conifères.
B. d’ainon, le Robinia sepium.
B. d’amande, le Marila racemosa et le Lau-
rus pichurim.
B. d’amarante , les Swietenia mahogoni et
senegalensis.
B. d’amourette. On en connaît deux es¬
pèces : le petit est le Mimosa tenuifolia, et le
grand le Mimosa lamarindi folia.
B. angelin, YAndrra racemosa.
B. d’anis , Ylllicium anisatum , le Laurus
persea , le Limonia madagascariensis.
B. d’anisette , le Piper aduncum.
B. ARADA , B. PIQUANT , le Chrysobolanus
ioaco , et un arbre de Madagascar non déter¬
miné.
B. i’arc, le Cytisus laburnum.
T II.
633
B. d’argent, le Protea argentea.
B. n’ ABONDE, B. DE RONDE, DE RONGLE, YE-
ryihroxylum laurifolium.
B. d’aspalath, aussi B. de Chypre et de
cygne, YAspalaihus ebenus. Les deux der¬
niers noms s’appliquent aussi au Cordia ge
rascanlhes et au Cupressus dislicha.
B. bacha ou a caleçons , plusieurs espè¬
ces de Bauhinia •
B. a baguettes. A Cayenne, deux Raisi-
niers ; à Haiti , le Sébestier.
B. a balai. En Europe, le Bouleau, la
Bruyère, le Genêt, etc., etc. ; à l’île Maurice,
Y Erythroxylum hypericifolium , et le Fres-
nelia.
B. balle. A Cayenne, le Guarea trichilioi -
des , à cause de la similitude de son fruit avec
une balle à jouer.
B. bambou , YArundo bambos.
B. ban. A Haïti , le Cordia callococca.
B. de bananes. A Bourbon, Y U varia odo-
rata ; à Java et dans l’Inde, Y U. dislicha.
B. EARDOTTIER, B. DE NATTE, B. TETE-DE-
Jacot, plusieurs espèces du g. Mimusops.
B. BAROIT, B. DE FEROLE, B. satine, le Fe-
rolia d’Aublet , qu’on croit aussi être le B.
marbre. On appelle aussi B. satiné, le Bois
du Prunus domestica.
B. a barraoues, B. barag. A Haïti et à la
Guiane, le Combretum laxum.
B. A barriques , le Bauhinia porrecta.
B. de bassin des bas. On appelle ainsi à
Bourbon le Comteiay et B. de bassin des
hauts, le Blackivellia.
B. de baume, le Croion balsamiferum.
B. bénit. Synonyme de Buis.
B. de benjoin. A Maurice, les Badamiers.
B. benoît. A Haïti, ce bois est employé en
ébénisterie : on ne sait à quel genre il appar
tient.
B. de bigaillon , YEugenia Bigaillonii.
B. de bitte. Aux Indes , le Sophora hete -
rophylla.
B. blanc. En Europe, on désigne sous ce
nom tous les arbres à bois tendre et peu co
loré, dont le cœur diffère à peine de l’aubier,
tels que les Peupliers, les Saules, le Bouleau,
le Tilleul , etc. A la Martinique , on désigne
sous ce nom une espèce de Staphilier ; à Elle
de France et à Bourbon , c’est YHernandia
ovigera et le Sideroxylïtrn laurifolium ; à la
Nouvelle-Hollande , c’est le Melaleuca leuco-
dendra ; et celte dénomination s’applique
40*
634
BOI
BOI
encore à diverses espèces de Seringat , et
surtout aux Philadelphus coronarius et ino-
dorus.
B. BLANC-ROUGE , B. DE POUPART , le PûU-
partia.
B. DE BOMBARDE, B. TAMBOUR, B. DE RUCHE.
A Bourbon , YAmbora, lambourissa.
B. de bouc , le Premna dentifolia.
B. a boutons , toutes les espèces du g. Ce-
phalanlhus.
B. bracelet. Aux Antilles , le Jacquinia
armillaris , dont les Caraïbes prenaient la
graine pour se faire des bracelets.
B. brai , le Cordia macrophylla.
B. DE BRÉSIL OU DE FERNAMBOUC , B. LA-
MON. y oyez BP.ÉSILLET.
B. cabri, cabril, et B. de bouc. Aux An¬
tilles , toutes les espèces du g. Ægiphyla , le
Fagara Iragodes , le Knaulia orientalis , et
YEhrelia Bouneria • cette dernière plante
s’appelle aussi B. de rôle batard.
B. puant. A Haïti , les Capparis ferrugi-
nea et breynia , et une espèce de Sierculia;
à Bourbon et dans l’Inde , le Mimosa farne-
siana.
B. caïpon. Bois de construction à Haïti: on
croit que c’est un Chionanthe.
B. a calumet. A Cayenne , le Macca pi-
riri .
B. DE CAMPÊCIIE , B. D’iNDE , B. DE LA JA¬
MAÏQUE, B. de nicaraguas, quelquefois aussi
B. de sang, Slemaloxylum campechianum.
B. cannelle. Il y en a de trois sortes : le
blanc, Canella alba et Laurus capsuliformis ;
le gris, Elœocarpus serrata, et le noir, Dry-
mis vinleri.
B. canon , B. trompette , le Cecropia pel-
lala et le Panax chrysophyllum.
B. de canot. A Maurice , le Calophyllum
inophyllum ; sur la côte du Malabar, le C.
calaba; aux Séchelles , le Terminalia ca-
tappa ; en Amérique, le Liriodendrum tulipi-
ferum et le Cupressus dislicha.
B. de capitaine. A Haïti, les Malpighia
angiislifolia, aquifolia, glabra et urens. Ce der¬
nier s’appelle aussi B. iiinselin.
B. de capucin , B. signor. A la Guiane ,
un arbre de construction non déterminé.
B. de caque , le Comulia pyramidala.
B. caraïbe. A Haïti, un arbre de construc¬
tion , dont le nom n’est pas connu.
B. CARRÉ , B. DE LARDOIRE , B. LOUSTAU.
Noms vulgaires du Fusain , Evonymus euro -
pœus. Ce dernier nom s’applique aussi à
YAnlirrhœa asiatica.
B. cassant, le Psatura.
B. a cassave, B. doux, Y Aralia arborea.
B. de cavalam , le Sterculia fœlida.
B. de cayan. Synonyme de Simarouba.
B. de cedre. A la Guiane, YAniba guianen-
sis ; à la Jamaïque , le Theobroma guazuma ;
en Espagne, le Juniperus thurifera ; en Amé¬
rique , le caroliniana.
B. de cham , le Tespesia ou un Cer-
cis.
B. de chambre, Y Agave americana. Nichol-
son désigne sous ce nom un arbrisseau in¬
connu.
B. DE CHANDELLE , B. DE LUMIERE , Y AmiJ-
ris elemifera, le Dracœna reflexa, Y A gave
fœlida , YErilhalis frulicosa , et plusieurs es¬
pèces de bois résineux dont on se sert en
guise de flambeau.
B. de charpentier, le Justicia pecloralis.
B. de chauve-souris. A Bourbon , c’est le
nom d’une espèce du g. Fiscurn , dont les
Roussettes recherchent les fruits.
B. de chêne, les Bignonia leucoxylum , Ion -
gissima et penlaphylla.
B. de chenilles , le Volkameria heiero-
phylla et le Conyza salicifolia.
B. de cheval ou B. major. A Haïti, YE-
rylhroxylum havanense.
B. de chik, le Cordia myxa , et d’après
d’autres auteurs, le C. sebestana.
B. de chine. Nom donné improprement à
un arbre de la Guiane, dont le bois ressemble
à celui du Palixandre.
B. de citron , YErilhalis frulicosa. En
France , on désigne sous ce nom le B. du ci¬
tronnier.
B. de clou. A Maurice, YEugenia lucida;
à Madagascar, le liavenala madagascariensis ;
au Brésil, le Myrihus cariophyllala.
B. a cochon , le Bursera gummifera , Y I-
cica lieplaphylla , et le Paullinia asiatica.
B. collant, le Psatura.
B. DE colophane franc, le Colophania de
Commerson ; B. de c. batard, B. de compa¬
gnie, le Bursera oblusi folia.
B. de combage , espèce de Myrte non dé¬
terminé , abondant aux Antilles.
B. de corail , YErythrina corallodendron.
B. de corne. A Amboine, le Garcinia cor -
nea ; à la Cochinchine , le Brindonia cochin-
chinensis.
BOI
B. COTELET OU A COTELETTES , le ComUlia
pyramidata , le Casearia parviflora , 1 ’Ehre-
tia bourreria , et YEllisia nictelea.
B. a coton. Nom vulgaire du Peuplier de
Virginie et d’autres arbres dont les graines
sont surmontées d’une aigrette soyeuse et
semblable à du coton.
B. couleuvre. Aux Antilles, le Dracontium
perlusum , le Rhamnus colubrmus, et le Slrych -
nos colubrina ; à Amboine , l’ Ophixylum ser-
peniinum ; sur la côte du Malabar , Y A-
melpo , à cause des propriétés spécifiques ac¬
cordées à ces arbres contre la morsure des
Serpents.
B. DE CRABE OU DE CRAVE , le MyrlUS C<X-
ryophyllata.
B. de cranganor. Nom du Pavelta indica,
à cause de son abondance à Cranganor.
B. creux. Plante herbacée de Cayenne , le
Lisianthus alatus.
B. de crocodile , B. de musc , le Clulia ela-
teria.
B. de cuir ou de plomb , Dirca palustris.
B. de cyprès. Aux Antilles, le Cordia ge-
rascanlhes .
B. de dames ou d’huile. A Maurice , une
espèce d ' Erythroxylum.
B. damier. Voyez badamier.
B. dard ou de flèche , le Possira et le
Pelaloma.
B. de dartres. A Cayenne, les Hypericum
latifolium et sessilifolium ; et à Bourbon , le
Danois fragrans.
B. de demoiselles , le Kirganelia mauri-
tiana .
B. dentelle , le Lagetta lintearia.
B. dur. Au Canada, le Carpinus ostrya ; à
Maurice et dans l’Inde , le Semrinega duris-
sima : ce dernier s’appelle aussi B. de quin-
quin ou de tezé ; en Europe, on appelle ainsi
les Bois d’une contexture serrée , tels que le
Buis, l’Orme , le Chêne , etc.
B. dyssentérique , B. tan , le Malpighia
spicata. On a donné le nom de B. de tan
rouge à diverses espèces du g. tVenman-
nia .
B. d’ébÈne, le Diospyros ebenum ; B. d’é-
bÈne jaune ou vert, le Bignonia leucoxylon;
B. d’ébÈne de crÈte, Y Anthyllis cretica ; B.
d’ébÈne rouge , B. de grenadille , le Ta-
nionus de Rumph. ; Faux B. d’ébÈne, le Cy-
tisus laburnum.
B. d’écorce, un Uvaria , un Blackwellia
BOI 635
et un Nuxia , dont les espèces sont indéter¬
minées.
B. d’encens , l’/dca enneandra.
B. A ENIVRER, B. ENIVRANT, B. IVRANT,
Y Euphorbia frulescens , le Phyllanthus virosa,
le Galega sericea , et plusieurs autres plan¬
tes lactescentes qui jouissent de la propriété
d’enivrer le Poisson.
B. épineux , le Bombax pentandrum , le
Xanlhoxylum caribœum , YOchroxylum lu -
teum.
B. éponge , le Gastonia de Commerson ,
et le Cissus mappia.
B. éti , un Eugenia.
B. falaise, un Myrtus.
B. de fer. A la Guiane , les Robinia pana -
coco et tomentosa ; aux Antilles , le Rham¬
nus ellipticus et Y Ægiphila marlinicensis; à
Ceylan, le Mesua ferrea ou B. de naghas ; à
Maurice, le Syderoxylon cinereum ; chez les
Malais , un Metrosideros. B. de fer d’afri-
que , le Syderoxylum cinereum; B. de fer de
Jamaïque, le Fagara pterola; B. de fer a
grandes feuilles , le Coccoloba grandifo -
lia; B. DE FER DE JUDA OU B. DE JUDA, le Cos-
signia pinnaia.
B. a feuilles. En Europe, on appelle ainsi
tous les arbres à feuilles caduques. B. a
grandes feuilles, le Coccoloba pubescens , le
Genipa americana,\e Chrysophyllum caïmito.
B. A petites feuilles , Y Eugenia divaricatay
et plusieurs espèces de Myrtes.
B. a la fièvre , les diverses espèces de
Quinquina et YHypericum sessilifolium.
B. a flambeau. En Europe , c’est le nom
vulgaire des arbres résineux ; en Amérique,
c’est Y Hœmatoxylum campechianum ; à Bour¬
bon , le Fagara heterophylla et Y Erythroxy¬
lum laurifolium.
B. FLÉAU , B. DE FLOT, B. DE LIÈGE OU B.
siffleux, le Bombax gossypium , le Cordia
macrophylla , Y Hibiscus tiliaceus.
B. fragile , le Casearia fragilis.
B. DE FREDOCHE, D’ORTIE OU PELÉ, B. SANS
Écorce , Citharexylum melanocardium. Ces
deux dernières dénominations s’appliquent
encore au Ludia de Commerson.
B. DE FRÊNE OU DE PETIT FRENE , le BignO -
nia radicans , et quelquefois aussi le Çuassia
amara.
B. galeux ou de senteur , Y Assonia po -
pulnea. Le B. de senteur bleu est le Ruizia
variabilis, et le blanc le Ruizia cordata.
636
BOI
BOI
B. DE GAROU , B. GENTIL , B. JOLI , B. d’O-
reille , le Daphné mezereum. Le dernier
nom s’applique aussi au D. laureola.
B. de gaulettes, YHirtellù racemosa , le
Melicocea apelala.
B. DE gÉrofle , le Myrthus caryophyllata.
B. de glu. A Cayenne, le Sapium aucupa-
rium.
B. DE gouyave , le Prockia ovata.
B. de grignon, le Bucida buceras.
B. gris , les Mimosa inga et fagifolia , et
d’autres espèces de Mimosa.
B. Guillaume. Nom vulgaire de diverses
Conyzes et Baccharides frutescentes et à
feuilles visqueuses , dans nos colonies.
B. DE GUITARE OU GUITARIN , toutes les CS-
pèces de Cytharexylum , principalement les
C. cinereum , caudatum et quadrangulare.
B. incorruptible, YHomalium racemosum ,
le Bumelia salicifolia , le Lauru s sassafras ,
Y Endrachium madagascariense , qu’on ap¬
pelle aussi B. immortel , ainsi que YEry-
ihrina corallodendron.
B. Isabelle , les Laurus borbonia , le Myr-
tus Gregii et Schœfferia.
B. jacot, un Eugenia de Maurice et d’au¬
tres arbres, dont les Singes mangent les
fruits.
B. jaune, le Laurus ochroxylon , aussi ap¬
pelé B. verdoyant, le Bignonia leucoxylon ,
qui porte encore le nom de B. vert, le Li-
riodendron tulipifera, le Bhus cotinus , le Leu¬
coxylon lauri folium , etc.
B. jean, YUlex europœus.
B. de lait, souvent synonyme de B. lai¬
teux , s’applique aux arbres et arbrisseaux
de la famille des Euphorbiacées et des Apo-
cynées, ainsi qu’au Mancenillier, à YHippo-
mane citrinella , au Cameraria latifolia, au
Syderoxylum licioides, etc.
B. de lance franc , le Randia aculeata ;
batard, YUvaria odorata.
B. de laurier , le Croton corylifolium.
B. de lessive. Dans les Alpes, c’est le nom
vulgaire du Cyiisus laburnum , , qu’on y ap¬
pelle aussi B. de lièvre; aux Antilles, on
pense que c’est une espèce d’Anavinga.
B. de lettres , Sideroxylum inerme , le
Piratinera guianensis.
B. luge , le Petaloma edulis.
B. mabouya , Capparis breynia et Moriso-
nia americana.
B. macaque, le 7ococofif«ta«mwd’Aublet.
B. de mai , le Cratœgus oxyacantha .
B. maigre , le Psyloxylon.
B. de maïs, Memecylon cordalum.
B. MALABAR OU DE MALBOUCK , le Nuxia.
B. de malgache. A Bourbon, le Forgesia.
B. a malingre , un Tournefortia.
B. manche-houe , et non marché-houe , le
Xanthoxylum clava herculis.
B. marbré batard, l’ Erylhroxylum areola-
tum .
B. MARGUERITE , le Cordia tetruphylla.
B. marie , le Calophyllum qui produit le
Baume Marie.
B. de mature, plusieurs grands arbres de
l’Inde , et principalement un Uvaria.
B. de meche , YApeiba glabra et Y Agave
fœtida.
B. menuisier, le Poriesia.
B. de merle. A Bourbon et à Maurice, Y An-
dromeda salicifolia; en Afrique, YOlea ca-
pensis ; dans l’Amérique du Sud, le Celastnis
undulatus , et aussi le Sapindus saponaria ,
qui porte aux Antilles le nom de B. de sa-
vonnettte ou savonneux. Le B. de savon¬
nette batard est, à Haïti, un Dalbergia.
B. DE moluques, le Croton tiglium.
B. mondongue , le Picramnia .
B. nagone , une espèce de Mirobolan.
B. de nefle , divers Eugenia.
B. néphrétique. En Europe, le Belula
alba ; en Asie, le Moringa Ben , et au Mexi¬
que , un arbre indéterminé , qu’on suppose
être le Mimosa unguis cati.
B. noir. Aux Indes, le Mimosa lebbek et le
Diospyros ebenum ; aux Antilles, Y Aspalathus
ebenus.
B. d’olive. A Bourbon, une espèce (YOlea
semblable au nôtre ; à Maurice , YElœoden-
drum mauritianum et le Rhamnus allissimus.
B. d’or, le Carpinus americana.
B. d’orme, le Celtis micranthus et le Tlieo-
broma Guazuma.
B. DE LA palille, de l’espagnol Palillos ,
bâtonnet. On désigne sous ce nom , aux Ca¬
naries, des bois de toutes sortes, taillés en
cure-dent, et arrosés de sang-dragon.
B. DE PALIXANDRE OU VIOLET. Nom d’un
arbre indéterminé de la Guiane hollandaise.
B. palmiste , le Geoffroya spinosa.
B. perdrix, YHeisteria coccinea.
B. de Perpignan , le Cellis australis.
B. de perroquet, le Fissilia psittacorum .
B. pin, le Talauma .
BOI
B. de pintade , YIxora coccinea , et YAr-
disia crenulata.
B. a pian, le Morus tinctoria , ou, suivant
d’autres auteurs , le Fagara pterota ou tra-
godes.
B. a poudre. On désigne sous ce nom les
arbres à charbon léger, dont on se sert pour
fabriquer de la poudre à tirer, tels que le
Rhamnus frangula , etc.
B. de pied de poule , B. de ronce , le
Todalia.
B. de pissenlit, le Bignonia stans.
B. pliant, Y Osyris alba.
B. plié batard, le Brunsfelsia.
B. de poivrier, Y Erylhroxylum laurifolium ,
et plusieurs Fagara.
B. puant. En Europe , YAnagyris fœlida.
A la Guiane , le Quassia fœtida et le Pini-
gara tetrapetala.
B. punais. Nom vulgaire du Cornus san-
guinea.
B. quevis ou quivis. Voyez QUIVISIA.
B. de quinquina. A Cayenne , un Malpi-
ghia.
B. de rainette , le Dodonea anguslifolia.
B. ramier , un Psychotria , un Sapindus et
le Munligia calabura.
B. ramon, le Trophis americana, le Sa¬
pindus saponaria et Y Erylhroxylum rufum.
B. de râpe , le Cordia sebesiana , plusieurs
Ficus et le Monimia de Dupetit-Thouars.
B. de rat, le Myonyma.
B. de rivière , le Chimarrhis de Jacquin,
un Inga , et le Casearia parvi folia.
B. DE ROSE , DE RHODES OU DE CHYPRE. AUX
Canaries , les Convotvulus scoparius et flori-
dus ; aux Antilles , YEhretia frulicosa ; à la
Jamaïque , YAmyris balsamifera ; à Cayenne,
le Licaria guianensis ; à la Chine, le Tse-
Tau , arbre dont on ne connaît pas le genre.
B. sain ou sain bois , le Daphné gnidium.
B. sain ou de santé , le Gaïac.
B. de saint-jean , le Panax Morototoni.
B. DE SAINTE-LUCIE, le Prunus Mahaleb.
B. de sapan, une espèce du g. Cœsal -
pinia.
B. sarmenteux, le Cordia jlavescens.
B. de sassafras , le Laurus sassafras.
B. de sauge, divers Lantana.
B. de savane. A Haïti, le Cornutia pyra-
midula et le Viiex digitala. A Cayenne , le
Coumarouna odorala.
B. de sénil , le Conyza salicifolia.
BOI 637
B. de sente ou de senti , le Rhamnus cir-
cumscissus.
B. de seringue , YHevea guianensis.
B. de soie, le Mutingia calabura et le Cel •
lis micranlhus.
B. de source, YAquilicia sambucina.
B. tabac , le Manabea villosa.
B. de tacamaque , le Calophyllum coloba
et Populus balsamifera.
B. tapir é , un arbre indéterminé de
Cayenne.
B. de tek, le Teciona grandis.
B. tendre a cailloux. Aux Antilles , le
Mimosa arborea. Le B. tendre a cailloux
batard n’a pu encore être rapporté à aucun
genre.
B. de tisane. On suppose que c’est une
espèce du g. Smilax.
B. violon , le Macaranga de Dupetit-
Thouars. (C. d’O.)
BOIS AGATISÉ , SILICIFIÉ , CALCA-
RIFIÉ. min. — C’est le Bois changé ou pé¬
trifié en Agate, Silex ou Calcaire. V oyez bois
fossile, au mot fossile. (Del.)
BOIS ALTÉRÉ , BITUMINEUX ou MI¬
NÉRALISÉ. min. — Voyez lignite. (Del.)
BOIS DE CERF, moll. — Ce nom, donné
par les marchands au Rocher scorpion , Mu¬
rex scorpio , a été adopté par Lamarck, qui
l’a appliqué à une espèce différente de la
Nouvelle-Hollande.
BOIS FOSSILE, min. — Voyez fossile.
(Del.)
BOIS DE MONTAGNE, min.— C’est l’As-
beste fibreux, brunâtre et ligniforme. (Del.)
BOIS PÉTRIFIÉ, min. — Voyez fossile.
(Del.)
BOIS VEINÉ, moll. — Nom vulgaire du
V oluta hebrcea L. et Lam.
*BOISDUVALIA. bot. ph. — Genre de la
famille des Onagrariées, tribu des Onagrées,
établi par M. Spach aux dépens du genre
Ænoihera. Il comprend 2 espèces : B. con¬
cerna et densiflora.
*BOISDUVALIE. Boisduvalia ( nom pro¬
pre). ins. — Genre de Diptères établi par
M. Robineau-Desvoidy, et dédié à M. le doc¬
teur Boisduval. Ce g. , qu’il place dans la
famille des Phylomydes , tribu des Myodi-
nes , diffère de celui des Rivellies par les ca¬
ractères suivants : Antennes courtes ; le se¬
cond art. un peu plus gros que le 3e. Ailes
noires et maculées. Il ne renferme que des
638 BOJ
espèces propres aux pays chauds, au nombre
de 5 , parmi lesquelles nous citerons comme
type celle que l’auteur nomme B. milans.
Cette espèce , originaire des Indes orien¬
tales, faisait partie de la collection du comte
Dejean. (D )
BOISSELLIERE. ois. — Nom vulgaire
de la Pie-Grièche grise.
*BOISSIÆA ( Boissieu-Lamartinière , un
des compagnons de Lapeyrouse et qui périt
avec lui), bot. pii. — Genre de la famille des
Papilionacées , tribu des Lolées-Génistées ,
établi par Ventenat aux dépens de plusieurs
espèces de Plaiylobium , et comprenant en¬
viron 25 espèces , introduites et cultivées
pour la plupart dans les jardins d’Europe.
Ce sont des arbrisseaux ou sous-arbrisseaux
de la Nouvelle-Hollande , tantôt à rameaux
comprimés et aphylles , tantôt à feuilles al¬
ternes, simples, bistipulées ; à fleurs jaunes,
variées de pourpre; à pédicelles bractéolés.
Une des espèces les plus jolies et les plus
nouvelles est le B. tenuicaalis [Ployez Herb.
gén. de VAmat ., nouv. sèr., t. III). (C. L.)
BOITE A SAVONNETTE. Capsula cir-
cumcisa, Pyxidium. bot. — On donne ce nom
à un péricarpe capsulaire et globuleux qui
se divise en deux par une section transver¬
sale, ainsi que cela a lieu dans la Jusquiame
et le Mouron. C’est cette sorte de fruit que
M. de Mirbel appelle Pyxide.
*BOJERÏA (nom propre), bot. pu. — Genre
dédié à Guill. Bojer, professeur de botanique à
l’île Maurice. M. DeCandolle a établi ce genre
sur une plante indigène de Madagascar, et qui
fait partie de la famille des Composées, tribu
des Vernoniées. Elle a pour caractères : Capi¬
tule multiflore homogame. Fleurs herma¬
phrodites. Involucre campanulé, composé de
nombreuses écailles multisériées, aiguës. Ré¬
ceptacle plan , légèrement alvéolé. Anthères
munies d’appendices basilaires. Style renflé
à la base , à rameaux cylindracés et couverts
d’un court duvet qui les rend scabres. Fruits
anguleux-striés , lisses. Aigrette unisériée ,
composée de longues soies scabres et plus
ou moins réunies entre elles à la base. — Le
genre Bojeria ne renferme qu’une seule es¬
pèce indigène de Madagascar. (J. D.)
*BOJÉRIÉES. bot. ph. — Une des divi¬
sions de la tribu des Vernoniées qui renferme
des arbrisseaux ou des herbes de Madagas¬
car , munies de capitules homogames pluri-
BOL
flores, à anthères garnies d’appendices basi¬
laires , et à fruits surmontés d’une aigrette
formée d’une seule rangée de soies. (J. D.)
BOJOBI. rept. — Espèce du g. Boa.
Voyez ce mot.
BOL (|Sâ>^oç, bol), min. — Nom sous le¬
quel on comprenait autrefois diverses Argi¬
les colorées par des oxydes métalliques. L’Ar¬
gile ocreuse rouge, par exemple, était le Bol
d’Arménie. On employait autrefois les Bols
en médecine comme astringents ; ils servent
aujourd’hui dans la peinture comme terres
colorées. (Del.)
*BOLANTHUS (j3wAoç, masse; avGoç, fleur).
bot. pii. — Section indiquée par Seringe (in
DC. Prodr.f I, 366, exc. sp. 12-15) dans le
genre Saponaria de Linné, et adoptée comme
simple division du Smcgmanthus de Fenzl ,
sous-genre dudit Saponaria. Voyez ce mot.
(C. L.)
*BOLAX ( J3 , motte de terre , champ).
ins. — Genre de Coléoptères pentamères,
famille des Lamellicornes , classé parmi les
Anoplognatidœ de Mac-Leay. En consul¬
tant un savant mémoire de M. Westwood ,
suivi de descriptions nouvelles , avec plan¬
ches détaillées pour l’anatomie ( Mag. zool.
de M. Guérin , 1833) , on voit que ce nom
avait été proposé par M. Zoubcoff, pour dé¬
signer un coléoptère du Brésil , qu’il adres¬
sait à M. Fischer, et que ce dernier lui au¬
rait imposé le nom de Bolax Zoubcovii;
qu’on aurait regardé depuis ce genre comme
identique , avec les Leucothyreus de Mac-
Leay, et Aulacodus , Esch., tant les carac¬
tères et les figures relatifs à ces genres
étaient inexacts. M. Westwood donne à la
fin de son mémoire un tableau synoptique
qui contient deux divisions. Dans la pre¬
mière sont les g. Aulacodus , Bolax et Apo-
gonia , dont les antennes ont généralement
dix articles , et le genre Bolax est ainsi ca¬
ractérisé : un des angles bifides , sternum
non avancé. Dans la deuxième, les genres
Leucothyreus , Géniales et Loxopyga , qui
n’ont que neuf articles. Voyez ces différents
noms.
M. Delaporte ( Buffon - Duménil , t. II,
p. 140) a établi depuis, dans le genre Bolax ,
2 divisions qu’il définit ainsi: lre division
(Bolax), tête très grande, arrondie; cor¬
selet court , très petit , anguleux sur les cô-
és; 1. Bol . Zoubcovii; 2, B « BVestwodig
BOL
BOL
Lup. Brésil ; 2e division ( Bolaxoides ) , tête
moyenne , un peu carrée ; corselet grand ,
arrondi sur les côtés ; 1. B. Fischeri ; 2. Bol.
Eschscholizii Sap.; l’un et l’autre se trou¬
vent au Brésil. (G.)
BOLAX ( |3u)Xa£ , motte de terre ; allusion
probable à la forme , dans ce genre, de l’in¬
florescence avant l’épanouissement), bot. ph.
— Genre de la famille des Ombellifères, tribu
des Mulinées , formé par Commerson ( ex
Juss. G. 226), et ne comprenant encore réel¬
lement qu’une seule espèce, YHydrocotyle
gummifera de Lamarck (t. 1^9, f. 21), que
l’auteur a nommé Bolax glebaria. C’est une
petite plante, indigène de Patagonie, croissant
en touffe et sécrétant une grande quantité de
substance résineuse. Les feuilles en sont très
serrées-im briquées , trifides , coriaces , gla¬
bres ; à pétioles larges , échancrés-membra-
nacés à la base ; à fleurs peu nombreuses ,
réunies en ombelles sessiles ou pédonculées,
simples ; à involucre oligophylle. Les jeunes
fruits sont couverts d’une pubescence étoi¬
lée; les adultes, souvent séparés du tube
calicinal , sont vésiculeux et remplis de ré¬
sine. (G. L.)
BOJLBUDHJM (BoXGlSiov, plante bulbeuse
indéterminée), bot. ph. — Famille des Or¬
chidées. Nom de la 4e tribu établie par
M. Lindley dans le grand genre Cymbidium,
et qui renferme cinq à six espèces originaires
de l’Inde ou d’Amérique. Voyez cymbidium.
(A. R.)
*BOLBITIS (PoXSirov, fiente de bœuf)
bot. ph. — Genre de la famille des Polypo-
diacées , tribu des Polypodiées , établi par
Schott (Gen. Fil., fasc. II, t. 2), et regardé
comme simple section du genr eAcrostichum,
L. (G. L.)
BOLBOCERAS (fa XG6ç , bulbe; x/P«5,
corne), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Lamellicornes , tribu des
Scarabéides arénicoles , établi par Kirby
( Trans. Linn. of London , vol. XII). Ce g.,
le même que celui d ’ Odoniœus , créé posté¬
rieurement par Mégerle , est très voisin des
Athyreus de Mac-Leay, dont il ne diffère es¬
sentiellement que par ses mandibules iné¬
gales : l’une simple , concave , et l’autre bi-
dentée à l’extrémité; par ses palpes maxil¬
laires plus longs que les labiaux , et par la
deuxième paire de pattes qui, chez lui, n’est
pas éloignée de la première, comme dans les
639
Aihyreus. — Les Bolboceras sont des Insec¬
tes de moyenne taille et même au-dessous ,
de forme très convexe et presque globuleuse,
qu’on rencontre rarement , parce qu’ils ne
voient que la nuit, et qu’ils s’enterrent pen¬
dant le jour. Ils se trouvent de préférence
dans les endroits sablonneux. Du reste, leurs
habitudes sont les mêmes que celles des
Géolntpes. Leur nom générique fait allusion
à la forme bulbeuse du dernier article de
leurs antennes. — M. Dejean, dans son der¬
nier Catalogue, en mentionne 16 espèces,
dont trois seulement appartiennent à l’Eu¬
rope. Nous citerons parmi ces dernières le
B. mobilicornis {S car ab. id. Fabr.) , de la
femelle duquel Fabricius a fait à tort une
espèce distincte, sous le nom de testaceus.
Cette espèce , qu’on trouve aux environs de
Paris, se fait remarquer par la mobilité de la
corne dont le chaperon du mâle est armé. —
Nous citerons en outre , parmi les exotiques ,
le B. fulvus Gor., du Sénégal, représenté
dans Y Iconographie du Règne animal de Cu¬
vier, par M. Guérin-Méneville (Ins., pl. 22,
fig. 8). ■ — Des amateurs m’ont assuré s’ê¬
tre procuré le B. mobilicornis en éventrant
les Crapauds ou les Grenouilles qu’ils ren¬
contraient dans les endroits où ils savaient
que cet insecte volait le soir. (D.)
*BOLBOCERES (fioXSoç , bulbe ; xeP«ç ,
corne), ins. — Acharius, naturaliste suédois,
avait appelé ainsi un g. de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Lamellicornes, tribu des
Scarabéides arénicoles , que Fabricius a
nommé de son côté Lelhrus. Voyez ce der¬
nier mot, qui a prévalu. (D.)
*BOLBOCHÆTE [(loXGoç, bulbe; xcÙtyj,
crin), bot. cr. — (Phycées). La Confervase-
tigeraRoih. (Catal. Bolan., III, t. 8, f. l),que
Dillwyn publia trois ans plus tard [Brit. Conf.,
t. 69), sous le nom de Conferva vivipara , est
devenue le type de ce nouveau g. anomal,
établi par M. Agardh (Syn.Alg. XXIX), mais,
attendu sa fructification extérieure, fort mal
placé par lui parmi les Confervacées. Le g.
Bolbochœie, qu’on écrit incorrectement Bul-
bochœie, se compose de filaments déliés, arti¬
culés, à articles trois ou quatre fois plus longs
que leur diamètre, rameux, dichotomes, à
rameaux dressés, portant alternativement au
niveau de chaque cloison une soie très lon¬
gue, continue, renflée en bulbe ou en écusson
à sa base, et un conceptacle sessile,OYOïde ou
BOL
040
sphérique. La seule espèce connue de ce g.
forme, sur les plantes des eaux douces et dor¬
mantes, de petites touffes d'environ 1 milli¬
mètre de haut, d’un aspect gélatineux au sor¬
tir de l’eau, et d’une couleur verte brunâtre
qui ne tarde pas à passer au gris par la des¬
siccation. Cette algue singulière, que M. Har¬
vey compare avec justesse à certaines Sertu-
laires , n’a que des affinités douteuses. Elle
ne peut être inscrite parmi les Céramiées ,
où M. Bory propose de la placer. Peut-être
serait-elle plus convenablement rapprochée
des Ectocarpées? Voyez ce mot. (C. M.)
ROLBOXACH et BELBQXACH. bot.
ph. — Noms vulgaires de la Lunaire.
*BOLBQPHY LLIJM QSoi&ç, b 1 ; «pvX-
\ov, feuille), bot. pii. —Genre de la famille des
Qrchidacées, tribu des Dendrobiées, formé
par Dupetit-Thouars, et renfermant environ
une cinquantaine d’espèces répandues sous
les tropiques de l'un et l’autre continent. Elles
se distinguent principalement par les folioles
extérieures du périgone dressées, subégales,
dont les latérales obliques à la base, connées
avec le gynostème ; les intérieures naines ou
très rarement égalant presque les extérieu¬
res ; un labelle souvent entier et en arriére
articulé avec ce gynostème; par cet organe
nain , bidenté ou bicorné en avant ; une
anthère uni-biloculaire ; par des pollinies ,
cohérentes par paires ou connées. Elles sont
épiphyles , à rhizome pseudo-bulbifères , à
feuilles coriaces , sans veines apparentes ; à
grappes radicales, dont le rachis quelquefois
subulé-renflé. Les fleurs petites, de couleurs
diverses. On en cultive une quinzaine dans
les serres chaudes. (G. L.)
BOLBOTIXA , Athén. moll. — Ce nom
qu’on suppose être le résultat d’une erreur
de copiste , serait , d’après l’opinion de M. de
Blainville, synonyme de Bolitaine.
*BOLDA (nom vernaculaire), bot. ph. —
Arbre du Chili décrit par le Père Feuillée, et
type du genre Ruizia de Pavon, Voyez boldea
et ruizia. (Ç. L.)
BOLDEA (nom vernaculaire, ou, selon
d’autres, Boldo, botaniste espagnol), bot. pu.
• — Genre de la famille des Monimiacées .
tribu des Monimiées, formé par Jussieu aux
dépens du Peumus boldus de Molina, et réuni
comme synon. au Ruizia de Pavon. (C. L.)
BOLDEAU. bot. pii. — Syn. de Boldea.
BOLDE. bot. ph. — Syn. de Roldea.
BOL
ROLDIICIA, Neck. bot. ph. — Synonyme
de Dipieryx.
*BOLÉ. bot. cr. — Nom vulgaire, dans plu¬
sieurs départements de la France, du Bolet
comestible ( Bolaïus esculatus L.). Voyez bo¬
let. (Lêv.)
BOLET, bot. cr. — Voyez champignons.
BOLET DE MER. tolyp. — Nom donné
parMarrigli à l’ Alcyonium papillosurn de Pal-
las , espèce douteuse et peu connue.
BOLÉT1TES. polyp. foss. — Nom donné
par Aldrovande et Feuillée à des Alcyonites.
BOLÉTOBIE. Boletobia (jWiV/jç, bolet;
/3toç, vie), ins. — Genre de Lépidoptères noc¬
turnes, établi par M. Boisduval ( G enera et ind.
melhod. , p. 201) aux dépens du g. Gnophos
de Treitschke , pour y placer une seule es¬
pèce ( G. carbonaria Fab.) , qui en effet, par
ses antennes très pectinées, la longueur de
ses palpes , et par les mœurs de sa chenille ,
qui vit dans les Bolets du bois pourri, ne pou¬
vait rester dans ce dernier g. Cette espèce est
figurée et décrite dans notre Hist. nai. des
Lèpid. de France, t. 8, lre part., p. 229,
pl. 186. (D.)
BGLETOBIES. ins. — Voyez bolito-
BIUS.
BOLÉTOIDES (/3<i>Xt-c-/îç, bolet ; fî^oç, sem¬
blable). bot. cr. — Persoon (Syn.fung.,
p. 499) donne ce nom à une famille de Cham¬
pignons dont Y hyménium ou membrane fruc¬
tifère est composé de tubes placés parallèle¬
ment les uns à côté des autres. Elle comprend
les genres Dœdalea et Bolelus, dans lesquels
se trouvent compris plusieurs nouveaux gen¬
res qui ont été formés à ses dépens. Cette dé¬
nomination a été adoptée par le plus grand
nombre des auteurs ; mais, dans ces derniers
temps, M. Fries en a fait la famille desPolv-
porées , expression beaucoup plus heureuse
que celle de Persoon , puisque par son nom
seul elle a l’avantage d’indiquer le caractère
principal de la famille. Voyez polypore es.
(Lév.)
BQLETOPHAGES. ins. — Voyez bolito-
phagus.
BOLETOPHILA. ins. — Voyez bolito-
piiila.
BOLEEM (|3 wàoç , glèbe), bot. pii. — Genre
de la famille des Crucifères , tribu des Vel-
lées, formé par Desvaux [Journ. Bot., III, 163,
175, t. 26). Il ne renferme qu’une espèce, le
B. asperum, croissant dans les endroits pier-
BOL
641
BOL
reux en Espagne. C’est un sous -arbrisseau
dressé , rameux , couvert de poils rudes ; à
feuilles alternes, oblongues, linéaires, les in¬
férieures subdivisées ; à grappes florales dres¬
sées, allongées ; à fleurs jaunes ou blanchâ¬
tres, portées sur de courts pédicelles ; fruits
dressés. (C. L.)
BOLIDES, astr. — Voy. aérolithes.
BOLIGOULE et BOULIGOULE. bot.
CR. — Voyez BALIGOULE.
BOLIMBA. BOT. PH. — Voyez bilimbi.
BOLIN, Adans. moll. — La plupart des
auteurs regardent cette coquille comme la
même que le Murex cornutus ; mais M. Des-
hayes pense que ce serait plutôt le M. bran¬
dons. Voyez rocher.
BOLITAINE. moll. — Nom grec d’un
Poulpe inconnu , mentionné par Aristote.
*BOLlTOBIUS (|3wKtyjç, champignon, ou
8oh toç, bouse ; |3toç, vie), ins. — Genre de
Coléoptères pentamères, famille des Braché-
lytres, établi par Leach et adopté par Erich-
son , qui le range dans sa section ou tribu
des Tachyporini. Il y rapporte 22 espèces,
dont 5 d’Amérique, et les autres d’Europe.
Nous citerons parmi ces dernières , le B.
analis ( Siaphyl . id. Payk.). — Ces Insectes
sont généralement, très petits. Leur corps est
grêle, recourbé j leurs élytres dépassent à
peine les cuisses postérieures ; leur tête et
leur corselet sont très lisses. Ils habitent les
bois , où ils vivent dans les Bolets, la Mousse,
les feuilles pourries, et quelquefois dans les
bouses. (Di)
*BOLITOCHARA (Pœh'Tvç, champignon,
ou fioXiroç , fumier; xaP«> délectation), ins.
— Genre de Coléoptères pentamères , fa¬
mille des Brachélytres, tribu des Aléochari-
des, établi par M. le comte Mannerheim.
M. Erichson ( Généra et spec. Siaphyl ., p. 69),
en adoptant ce g. , l’a singulièrement restreint,
puisqu’il n’y rapporte que 4 espèces au lieu
de 57, dont il se compose suivant M. Man¬
nerheim : il répartit les autres sur différents
genres plus ou moins éloignés de celui-ci. —
Les 4 espèces décrites par M. Erichson sont :
YAleochara lucida Gravenh. , d’Allemagne
et de Suède; le Staphyl. lunulaïus Payk.
( Bolitochara pulchra Lacord. ) , d’Europe;
1 e Bolitoch. obliqua (Bol. cincta Lacord.),
d’Allemagne et des environs de Paris ; et en¬
fin le Bol. varia Erichs. , trouvé en Sar¬
daigne par M.Guéné. — Ces Insectes vivent
t. u.
dans les Bolets et les végétaux en décompo¬
sition. Les mâles se distinguent par le sixième
anneau de l’abdomen, dont le dos est tuber-
culé ou granuleux. (D.)
*BOLITOGYRUS (/3oXtroç , fiente ; yvpoç,
arrondi), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Brachélytres , établi par
M. Dejean , dans son dernier Catalogue , sur
une espèce du Mexique, nommée par nous
B. cribripennis ; mais M. Erichson , à qui
cette espèce a été envoyée depuis en com¬
munication, l’a placée dans le genre Quedius
de Leach, et lui a donné le nom de Q. buph -
thalmus. Voyez quedius. (C.)
BOLITOPHAGE. Bolitophagus (faXlrriç,
champignon; je mange), ins. — Nom
donné par Fabricius, Illiger,| M. Duméril et
M. Dejean , à un genre de Coléoptères que
Latreille avait établi précédemment (Pré¬
cis des caract. génériques des Insectes) , sous
le nom A’Eledone. Voyez ce mot. (D.)
BOLÏTOPHILE. Bolilophila ( ,
champignon ; <piW, j’aime), ms. — Genre
de l’ordre des Diptères , division des Némo-
cères, famille des Tipulaires, tribu des Fon-
gicoles, établi par Hoffmansegg, et adopté par
Meigen , Latreille et M. Macquart. Ce dernier
en décrit 2 espèces : B. cinerea Meig., et B.
fusca du même auteur. Toutes 2 se trouvent
en Allemagne et en France , dans les bois.
Ainsi que l’indique leur nom générique ,
leurs larves vivent dans les Champignons ;
mais, lorsqu’elles sont parvenues à toute leur
taille , elles se retirent dans la terre pour se
changer en nymphes. Celles-ci n’ont pas de
tube aérifère, comme la plupart de celles des
Tipulaires terricoles. L’enveloppe des ailes et
des pieds est appliquée contre le corps , mais
elle en est distincte. (D.)
* BOLIVAR! A, Cham. et Schlecht. (Boli¬
var, président de la république argentine).
bot. ph. — Une des deux divisions du genre
Menodora , Humb. et Bonp. (C. L.)
BOLTÉNIE. Bolienia. moll. — M. Savi-
gny a donné ce nom ( Mèm. sur les anim. s.
vert.) à un groupe de la famille des Téthies ,
Ascidies de Cuvier, caractérisé par une en¬
veloppe coriace et un corps pédiculé. Le type
de cette division est la Boltenia ovifera (As-
cidia pedunculata de Shaw, et V orlicella ovi¬
fera de Linné), On en connaît deux espèces,
qui habitent l’Océan boréal et l’Océan amé¬
ricain (C. d’O.)
41
BOM
642 BOM
BOLTONIA (J.-B. Bolton, botaniste an¬
glais). bot. ph. — Genre appartenant à
la famille des Composées , tribu des Asté-
roïdées , et qui a pour caractères : Capitule
radié; ligules 1 -sériées, linéaires , femelles,
fertiles ; fleurons du disque hermaphrodites.
Réceptacle hémisphérique alvéolé. Involucre
pomposé d’écailles 2 -sériées , imbriquées,
membraneuses sur les bords , égales en lon¬
gueur aux fleurons du disque. Fruits com¬
primés , marqués d’un rebord assez épais ,
glabres ou hispides , surmontés d’une ai¬
grette formée de soies très courtes, scabres ,
égales ou souvent inégales , et offrant alors
sur les fleurons du disque deux soies subu-
lées plus fortes et plus longues que les au¬
tres. — Les Boltonia sont indigènes de l’A-
piérique septentrionale. On en cultive deux
espèces comme plantes d’agrément : ce sont
les B. glaslifolia et asleroides. (J. D.)
*BOLTONITE , Shepard (Bolton, nom de
lieu), min. — Substance minérale d’un gris
jaunâtre , à structure grenue et lamelleuse ,
transparente et d’un éclat vitreux , qu’on
trouve disséminée dans un calcaire blanc
saccharoïde , près de Bolton , dans l’État de
Massachusetts. C’est un bisilicate de Magné¬
sie , probablement isomorphe avec la Wol-
lastonite. Comme celle-ci , elle se divise, se¬
lon deux directions obliques , en un prisme
rhomboidal , subdivisible dans le sens de
l’une de ses sections diagonales. Ce dernier
clivage est plus net que les deux premiers.
La dureté de la Boltonite est de 4,5; sa den¬
sité de 2,8. Elle est infusible au chalumeau.
(Del.)
BOM-GORS. ois.— Nom vulgaire du Bu¬
tor en Bretagne.
BOM-UPAS. bot. ph. — Voyez upas.
BOMAREA (Yalmont de Bomare). bot.
ph. — Famille des Amary Aidées. Ce g., au¬
quel M. de Mirbel a donné ce nom , et qui
renfermait quelques espèces d’ A Istr cerner ia
à tige volubile et grimpante , n’est pas suffi¬
samment distinct des autres espèces du même
g. auquel il a été de nouveau réuni. Voy.
ALSTROEMERIA. (A. R.)
ROMARIN, mam. — Synonyme d’Hippo-
potame.
*BOMBACÉES. bot. ph.— Les Malvacées
forment un grand groupe très naturel, admis
par tous les botanistes, mais partagé par les
modernes en plusieurs familles. L’une d’elles
est celle des Bombacées : nous la traiterons
avec les autres à l’article général malvacées.
Voyez ce mot. (Ad. J.)
BOMBARDIERS. Crépitantes, ins. — La-
treille désigne ainsi, dans ses premiers ou¬
vrages , une division de la famille des Cara-
biques , composée des g. Brachinus, Cymin-
dis, Lebia, OdocanthaetAgra ; mais cette dé¬
nomination , à laquelle il a renoncé depuis ,
était vicieuse, en ce sens que les espèces du
g. Brachinus , auquel il réunit les Aptines ,
jouissent seules de la propriété qu’elle indi¬
que, de faire sortir avec explosion par l’anus
une vapeur caustique et d’une odeur péné¬
trante, lorsqu’elles se croient en danger.
Voyez les mots aptinus et brachinus. (D.)
BOMBAX. bot. ph. — Synonyme latin de
Fromager.
*BOMBES VOLCANIQUES, min. — Ce
sont des portions de lave en fusion que les
volcans lancent dans l’atmosphère , en leur
imprimant un mouvement de rotation sur
elles-mêmes. Par suite de ce mouvement, ces
matières prennent une forme sphéroïdale,
qu’elles conservent en retombant sur le sol
presque complètement refroidies. Ces sphé¬
roïdes sont quelquefois creusés de sillons
plus ou moins profonds, tous dirigés dans le
sens perpendiculaire à l’axe de rotation. On
trouve souvent dans leur intérieur un noyau
de substance cristalline , qui d’ordinaire est
de l’Olivine , ou du Péridote granuliforme.
(Del.)
*BOMBICELLA. Bombyx , Medik. (dimi¬
nutif de ver à soie), bot. ph.— Une des
sections indiquées par De Candolle ( Prod . I,
452) dan le g. Hibiscus, famille des Malva¬
cées. (C. L.)
*BOMRIDES. ins. — Synonyme de Bom-
bites , employé par M. Lepelletier de Saint-
Fargeau. (Bl.)
BOMBILE. ins,— Synonyme de Bombyle.
BOMBILIERS. ins.— Synonyme de Bora-
byjiers.
*BOMBITE (Bombay, ville de l’Inde).
mïn. — De Bournon a décrit sous ce nom un
minéral compacte, d’un noir bleuâtre , qui a
été trouvé aux environs de Bombay, et rap¬
porté de l’Inde par Leschenault. Il est dou¬
teux que ce soit une véritable espèce ; et d’a¬
près l’analyse que Laugier en a faite, on peut
croire que ce n’est rien autre chose qu’une
variété de Schiste argileux ou siliceux. (Del.)
BOM
ÈOM
*BOMBITES. ins. — Gftîlijiïê de la famille
des Mellifères, de l'ordre dés Hyihéttoptères,
caractérisé principalement par des antennes
coudées et des palpes maxillaires très petits
n’ayant qu’un seul article.
Toutes les espèces de Bombiies se compo¬
sent , comme les Abeilles , de trois sortes
d'individus : des mâles , des femelles et des
neutres; mais leurs sociétés ne persistent
pas , comme celles de ces dernières, chaque
année; elles se dispersent vers le milieu de
l’automne. Les femelles fécondées se cachent
dans les fissures des murailles, dans les
trous des arbres, et hivernent ainsi jusqu’au
retour de la belle saison ; quant aux neu¬
tres ou ouvrières et aux mâles, ils périssent
tous à l’époque des premières gelées. Aussi,
lorsqu’au printemps le moment de pondre
est arrivé pour les femelles , leur premier
soin est de commencer à se confectionner un
nid pour pondre leurs œufs et élever leur
progéniture. Ce nid ne s’accroît que lorsque
les larves sorties des œufs sont devenues In¬
sectes parfaits : les ouvrières s’adonnent aux
soins du domicile commun. Le groupe des
Bombites se compose essentiellement du
genre Bourdon. Voy. ce mot, et surtout l’art.
mellifères , pour tous les détails relatifs
aux mœurs de ces Insectes. (Bl.)
BOMBÏX. ins. — Voyez bombyx.
BOMBIX. moll. — Humphrey a indiqué
sous ce nom, dans le Mus. calonnianum , des
coquilles qu’on n’a pu rapporter à aucun g.
connu.
"BOMBOMYDES. Bombomydœ. ins. —
Nom donné par M. Robineau-Desvoidy à une
section ou sous-tribu de ses Myodaires , qui
se compose des g. Sturmia , Winthemia , Car-
celia et AVniehia. Elle rentre dans la tribu des
Muscides-Créophiles de M. Macquart. Voy.
ces mots. (fi.)
BOMBU. bot. ph. — Synonyme de Bobu.
BOMBES. ins. — Voyez bourdon. (BL;)
BOMBYCE. ins. — Voyez bombyx.
"BOMBYCIA (dérivé de Bombyx ). ins.—
Genre de Lépidoptères nocturnes , établi par
Stephens , eLplacé par lui dans sa famille des
Noctuides. Westwood l’a adopté ( Synops . of
the généra of British insecls , p. 96). Ce g. a
pour type la Noctua viminalis Fabr., qui ap¬
partient au g. Tethea d’Ochsenheimer, et que
rM. Boisduval place dans son g. Cleoceris.
CD.)
043
*B0MBYCIDES. ins. — Nom donné par
M. Blanchard (Hist. nal. des insectes , faisant
suite au Buffon-Dumènil , t. III, p. 482 ) à la
première tribu de la famille des Bombyciens,
dans les Lépidoptères nocturnes. (D.)
"BOMBYCIENS. ins. — M. Blanchard
[Histi hal. des ins . , faisant suite au Buffon-
Dumènil i t. III, p. 481) donne ce nom à sa
première famille des Lépidoptères nocturnes,
qu’il divise ensuite en 2 tribus : les Bomby-
cides et les Noiodonlides. (D.)
*BOMBYCILÆNA (pfyM , ver à soie;
Xkïvoc, manteau, couverture), bot. ph. — Une
des sections indiquées par De Candolle dans
le %. Micropus de Linné, famille des Synan-
thérées-Astéroïdées. (C. L.)
BOMBYCILLA. ois. — C’est le nom sous-
générique latin donné par Brisson au Jaseur
de Bohême , qu’il laissait dans le genre Tur-
dus, et que Linné plaçait avec plus de raison
dans le genre Ampelis, Colinga. Vieillot l’a
employé comme nom générique pour les Ja-
seurs , et Temminck lui a substitué peut-être
à tort celui de Bombycivora. Voyez jaseur*
(Lafr.)
*BOMB Y C ÏLLÏNÆ . ois. — Sous-famille
formée par Swainson , dans sa famille Am -
; pelidœ , et renfermant les gëhtes Phibalura,
Bomby cilla et Procnias. Nous l’avons confon¬
due dans notre sous-famille des Ampélinées.
V oyez ce mot. (Lafr.)
*BOMBYCSNES. Bomby cini. ins.— M. Bois-
duval ( Généra et ind. method., p. 69) désigne
ainsi une tribu de Lépidoptères nocturnes ,
qui se compose des g. Bombyx , Odonestis et
Megazoma. (D.)
"BOMBYCITES. ins. — M. Newmann,
dans sa Classification des Insectes de l’An¬
gleterre d’après les larves ( The ehtomolog.
Magaz., n° 9, p. 383) , désigne ainsi une des
nombreuses divisions qu’il établit dans l’or¬
dre des Lépidoptères, et qui sont pour lui au¬
tant d’ordres naturels. Ces divisions répon¬
dent aux tribus ou aux familles des autres
auteurs. Celle dont il est ici question ne ren¬
ferme que les g. Eriogaster , Odonestris , Gas-
tropacha et Lasiocampa. (D.)
*BOMBYCITES. ins. — M. Blanchard
(Hisu nat . des Ins., faisant suite au Buffon-
Dumènil, t. 3, p. 484) désigne ainsi un groupe
de Lépidoptères nocturnes faisant partie de
sa tribu des Bombycides et de sa famille des
Bombyciens , et qui se compose dès g. Me*
644
BOM
BOM
galosomum (Megasoma , Boisd.), Borocera,
Lasiocampa et Bombyx. (D.)
BOMBYCITES. Bombycites. ins. — Tribu
établie par Latreille , dans la famille des Lé¬
pidoptères nocturnes, et qui a pour type le g.
Bombyx. Cette tribu se compose pour nous
de 7 genres , dont voici les noms : Clisio-
campe , Trichiure, Cnéthocampe, Ériogastre,
Pæcilocampe , Macroplie et Bombyx. (D.)
BOMBYCIVORA ( Bombyx , ver à soie ;
voro, je dévore), ois. — Nom générique
donné par Temminck au genre Jaseur, au
lieu de celui de Bombycilla. Voyez jaseur.
(Lafr.)
*BOMBYCOIDES. Bombycoidi. ins. —
MM. Boisduval ( Généra et ind. method. ,
p. 94) etGuéné {Ann. de la Soc. entom. de
France , t. X , p. 235) désignent ainsi une
tribu dans la famille des Lépidoptères noc¬
turnes, qui se compose, pour le premier, des
g. Acronycta , Diphtera et Bryophila, et pour
le second, des g. Semaphora , Apatela, Acro¬
nycta , Colocasia et Diphtera. Voyez ces diffé¬
rents mots.
Cette même tribu est nommée Acronyo -
tites par M. Blanchard ( Hisl . nat. des ins. ,
t. III). (D.)
*BOMBY COSPERMUM ( /WftffvÇ , ver à
soie; cTcépim, graine), bot. ph. — Genre de la
famille des Convolvulacées , formé par Presl
(Reliq., Hcenk. , II, 137, t. 71), et considéré
comme synonyme du g. Aniseia de Choisy.
(C. L.)
BOMBYLE. Bombylius (j3o , espèce
d’ Abeille), ins. — Genre de l’ordre des Dip¬
tères , division des Brachocères , subdivision
des Tétrachoetes, famille des Tanystomes, tri¬
bu des Bombyliers, établi par Linné, et adopté
par tous les entomologistes , qui l’ont réduit
et modifié successivement. Il renferme néan¬
moins encore un assez grand nombre d’es¬
pèces qui , d’après M. Macquart , dont nous
suivons ici la méthode, se distinguent des au¬
tres Bombyliers par les caractères suivants :
Trompe longue ; base saillante , épaisse , en
forme de tube. Palpes cylindriques. Face
proéminente, velue. Premier article des an¬
tennes allongé, velu ; 3e plus allongé, subulé,
comprimé ; style de 3 art., peu distinct, quel¬
quefois nul. Abdomen large. Ailes étroites ;
première cellule postérieure fermée.
Les Bombyles ont le corps ramassé, large,
couvert de poils denses ; la tête petite , ar¬
rondie , armée d’une longue trompe ; le cor¬
selet élevé ; les pattes longues et très minces,
les ailes grandes, écartées, étendues horizon¬
talement. Ce sont des Insectes très agiles et
d’un vol extrêmement rapide : on ne peut
mieux les comparer sous ce rapport qu’aux
Macroglosses , dans les Lépidoptères. Comme
eux, ils planent au-dessus des fleurs sans s’y
poser, et y introduisent leur longue trompe
pour en tirer la liqueur mielleuse dont ils se
nourrissent. Le bruit qu’ils font en volant est
presque aussi fort que celui des Abeilles-
Bourdons. Ces Insectes ne se voient qu’en
été , et sont plus communs et généralement
plus gros dans le midi que dans le nord de
l’Europe. On en connaît quelques espèces du
nord de l’Afrique , du Sénégal et du cap de
Bonne-Espérance. On ne sait encore rien de
leurs métamorphoses ; on présume cepen¬
dant que leurs larves vivent dans la terre. —
M. Macquart , qui en décrit 23 espèces , les
partage en trois groupes , d’après les cellules
de leurs ailes. Nous citerons comme type du
premier groupe , le B. bichon , Bombylius
major Linn., Fab., Latr., Meig. , n° 1 , et
Fall., no ï , qui se trouve partout, et qui est
commun aux environs de Paris ; comme type
du second , le B. luisant , Bombylius nitidu-
lus Fab., Meig., n« 22, tab. 18, fig. 5, 6; et
comme type du troisième , le B. sulfureux,
Bombylius sidphureus Fab., Meig., n° 34,
tab. 18, fig. 10. (D.)
*BOMBYLIAIRES. Bombyliari. ins. —
Eichwald et Wiedmann appellent ainsi une
tribu de la famille des Diptères tanystomes ,
la même que celle des Bombyliers de La¬
treille. Voyez ce mot. (D.)
*BOMBYLIDES. ins. — Leach donne ce
nom à la famille des Bombyliers de Latreille.
(D.)
^BOMBYLIERS. Bombyliarii. ins. — Tribu
de l’ordre des Diptères , famille des Tanys¬
tomes, division des Brachocères, subdivision
des Tétrachoetes , établie par Latreille , et
adoptée par Meigen ainsi que par M. Mac-
quart, qui la divise en 13 genres, qui sont :
Bombyle , Usie , Ploas , Xestomyze , Toxo-
phore, Cyllénie, Thlypsomize, Apatomyze,
Amicte, Systrope, Géron, Phthirie, Méga-
palpe.
Les Bombyliers se reconnaissent principa
lement à leur trompe longue et dirigée en
avant. Ils se divisent naturellement en 3 sec-
BOM
lions, d’après la forme de leur corps court
et épais dans la première et allongé dans la
seconde. Comme nous l’avons dit au g. Bom-
byle, ces Diptères ont le vol très rapide. Ils pla¬
nent au-dessus des fleurs, et en pompent les
sucs en volant ; ils ne prennent leur essor
qu’à l’ardeur du soleil, et font entendre un
bourdonnement grave. Quand ils se posent ,
c’est le plus souvent sur la terre ou sur le
tronc des arbres. Ils sont beaucoup plus com¬
muns dans les climats chauds que dans le
Nord. Leurs larves ne sont pas encore con¬
nues : il est probable qu’elles vivent dans la
terre. V oyez les noms des g. cités dans cet
article. (D.)
*BOMBYLIITES. ms. — M. Newmann ,
dans sa Classification des Insectes de l’An¬
gleterre , d’après les larves ( The eniomolog.
Magaz n° 9, p. 389) , désigne ainsi une des
nombreuses divisions qu’il établit dans l’or¬
dre des Diptères , et qui repose sur les méta¬
morphoses du seul g. Bombyle. (D.)
BOMBYX (/3o'f*6v£, ver à soie), ins. — Genre
de Lépidoptères nocturnes , de la tribu des
Bombycites de Latreille , établi par Linné et
adopté par tous les auteurs , mais tellement
réduit par les retranchements successifs qu’on
lui a fait subir, que les caractères qu’on lui
assignait primitivement ne peuvent plus lui
convenir aujourd’hui. Ce qu’il y a de plus
singulier dans ces retranchements , c’est que
le Bombyx par excellence , celui du mûrier,
autrement dit le Yer à soie , qui aurait dû y
rester comme type , n’en fait plus partie , et
forme à lui seul un genre auquel Latreille a
donné le nom de Sericaria ; tandis qu’on y a
conservé les espèces qui méritent le moins la
dénomination de Bombyx par la nature du
cocon de leurs Chenilles , qui , au lieu d’être
de pure soie, consiste en une espèce de feutre
très gommé. Yoici, au reste, leurs caractères
génériques à l’état parfait : Antennes large¬
ment pectinées dans les mâles et dentées dans
les femelles. Palpes courts , velus , obtus.
Trompe nulle. Corselet robuste et garni de
longs poils. Abdomen de la femelle très gros,
cylindrique , velu , terminé en pointe obtuse.
Ailes larges , aussi velues que squameuses.
Les Chenilles sont longues , cylindriques et
garnies de deux sortes de poils : les uns , en
plus grand nombre , bas et très denses ; les
autres longs, isolés ou fasciculés. Toutes vi¬
vent solitaires , les unes sur les arbres , les
BON 645
autres sur les plantes basses , et se transfor¬
ment dans des coques d’un tissu très solide
ayant la forme d’un gland, excepté cependant
celle du B. rubi , qui se renferme dans un
tissu lâche et fusiforme.
Ce genre se réduit pour nous, en Europe, à
5 espèces : ce sont les Bombyx rubi et quercus
Linn. , B. Irifolii Fab. , B. spartii et codes
Hubn. Toutes ces espèces volent très rapide¬
ment pendant le jour, du moins les mâles (car
les femelles restent tranquilles au pied des ar¬
bres), et paraissent en juillet, à l’exception
de la première, qui éclôt en mai. C’est parmi
elles que se trouve celle qui est connue vul¬
gairement sous le nom de Minime à bandes
( B. quercus ) , si remarquable par la finesse
de son odorat. En effet, si l’on a chez soi une
femelle récemment éclose , on voit accourir
en plein jour une foule de mâles pour s’ac¬
coupler avec elle , alors même qu’elle serait
renfermée dans une boîte bien fermée , et
que votre appartement serait très éloigné des
lieux où l’on suppose que ces mâles ont pu
naître. Cette espèce et les quatre autres sont
figurées dans l’ouvrage de Hubner, ainsi que
dans notre Hist. des Lépidoptères de France.
Voyez bombycites. (D.)
BOMBYX (j8opi>v£, ver à soie), bot. pii. —
Genre indiqué par Medikus, adopté par
Mœnch, synonyme d 'Hibiscus, L., famille des
Malvacées. (C. L.)
*BOMOLOCUS. crust. — Genre de Crus¬
tacés suceurs, de l’ordre des Siphonostomes,
de la famille des Pachycéphales et de la tribu
des Ergasiliens , établi par M. Nordmann , et
composé des Ergasiliens dont le corps est py-
riforme sans lobes latéraux , dont l’extrémité
antérieure de la tête n’est pas garnie de pat¬
tes-mâchoires ancreuses, et dont les antennes
sont renflées et épineuses à leur base, afin de
servir comme organes d’adhésion. On ne
connaît qu’une espèce de ce genre trouvée
sur les branchies de VEsox belone , et figu¬
rée par M. Burmeister dans le XVIIe vo¬
lume des Actes des cur. de la nat. de Bonn.
(M. E.)
BONAFIDIA (nom propre), bot. ph. —
Genre delà famille des Papilionacées, formé
par Necker [Elément., n. 1364), et synonyme
du g. Amorpha de Linné. (C. L.)
BONAMIA (nom propre P), bot. ph. —
Genre de la famille des Convolvulacées ,
formé par Dupetit-Thouars ( Hist, vég. Afr,
BON
646
aust., 17 , t. 6 i) sur un arbrisseau trouvé à
Madagascar et encore peu connu, à tige
dressée, garnie de feuilles alternes, coriaces,
très entières , ondulées ; à inflorescence en
panicule terminale , petite et contractée. Un
calice pentaphylle immuté ; une corolle in-
fondibuliforme, campanulée, à limbe 5-parti,
plan ; des étamines subexsertes ; un style bi¬
fide, longuement exsert, à stigmates capités,
le caractérisent principalement. (C. L.)
BON AN A. ois. — Ployez banana.
*BONA-NOX (en français Bonne-Nuit).
bot. ph.— Genre de la famille des Convolvu¬
lacées , formé par Rafinesque , et synonyme
du Calonyction de Choisy. (C. L.)
*BONAPARTEA ( Bonaparte , premier
consul), bot. pn. — Genre de la famille des
Amaryllidacées (Amaryllidées anomales, tri¬
bu des Agavées, secund. Endlich. Gen. PL,
p. 181), formé par Willdenow, sur Y Agave
geminijlora de Brandes , et réuni définitive¬
ment au g. Agave de Linné.
On désigne encore sous ce nom un genre
de la famille des Broméliacées, tribu des
Tillandsiées , Nob. ( voyez ce mot), formé
par Ruiz et Pavon ( Flor . peruv., III, 38,
t. 262 , 263) , et comprenant un petit nom¬
bre de plantes de l’Amérique tropicale ,
couvertes d’une pubescence furfuracée; à
feuilles radicales , subulées ou ensiformes ,
roulées à la base ; à scape squameuse ; à in¬
florescence bractéée en épis simples , strobi-
liformes ou thyrsoïdaux ; à périgone libre,
sexparti , dont les lacinies externes , égales ,
cohérentes à la base , roulées en spirale ; les
intérieures pétaloïdes , roulées en tube infé¬
rieurement, linéaires lancéolées au sommet ,
nues en dedans à la base. Capsule membra-
nacée, ovale, pyramidale. (C. L.)
BONAROTA, Mich. bot. ph. — Synonyme
de Pœderola.
*BONASA (|3ovac7oç, Bonasus, Taureau sau¬
vage). ois. — Nom latin par lequel Brisson
désignait la Gelinotte et quelques autres es¬
pèces de Tétras.
Dans la List oftlie gen. of birds de Gray,
c’est le nom d’un genre de la sous-famille
Telraoninœ , ayant pour type le Tetrao um-
bellus de Linné. (Lafr.)
BONASE. Bonasus . mam. — P" oyez buffle.
BONASIA (jSovacroç, Bonasus , Taureau
sauvage), ois. — Genre formé par Bonaparte
dans la famille Tetraotïidfê, ayant pêur typés
BON
le Tétras gelinotte ( Tetrao Bonasia L. ) ét lé
Tetrao umbellus L. Ployez tétras. (Làfr.)
BONASLA. bot. ph. — Synonyme d’Agri-
paume, Leonurus cardiaca.
BONASUS. mam. — Syn. latin de Boriase.
BONATÉE. Bonatea. bot. ph. — Genre
de la famille des Orchidées, tribu des Ophry-
dées. Ce g. a été établi par Willdenow et
adopté par M. Lindley. Il est extrêmement
voisin du g. Habenaria, dont il a non seule¬
ment le port , mais presque tous les points
d’organisation. Il en diffère seulement par
son rostelle libre, allongé et concave; du
reste , il offre encore les deux appendices ou
processus charnus qu’on observe dans tou¬
tes les espèces du g. Habenarià. Nous ne
croyons pas ces deux g. suffisamment dis¬
tincts. Les espèces qui composent le g. Bona¬
tea , au nombre d’environ 10, sont originaires
de l’Afrique australe ou de l’Inde. (A. R.)
BONAVERIA (nom propre?), bot. ph. —
Genre de la famille des Papilionacées , tribu
des Hédysarées-Coronillées , formé par Sco-
poli (. Introd . 1420), aux dépens de la Coronilla
securidaca de Linné , qui seule compose ce
genre. C’est une plante herbacée , annuelle ,
croissant dans les campagnes du midi de
l’Europe , et jusque dans l’ Asie-Min eüre , à
feuilles imparipennées, à fleurs jaunes, om-
bellées-fasciculées. (C. L.)
BONDRÉE. Pernis , Cuv. ois. — Genre
formé par Cuvier , ayant pour type la Buse
bondrèe des auteurs, Falco apivorus L., et
auquel il assigne pour caractères : « Bec
courbé dès sa base , faible comme chez les
Milans; intervalle entre le bec et l’œil cou¬
vert de plumes bien serrées et coupées en
écailles, au lieu d’être nu et seulement garni
de quelques poils , comme dans tout le reste
du grand genre Falco. Tarses à demi em¬
plumés vers le haut et réticulés; queue
égale; ailes longues. » Nous ajouterons:
« Narines obliques et en scissure étroite
comme chez les Cymindis du même auteur. »
Il est assez singulier que ce dernier carac¬
tère qui, avec la brièveté des tarses, en par¬
tie emplumés , leur articulation , et la lon¬
gueur de la queue, se retrouve semblable
chez les Cymindis , n’ait pas frappé ce savant,
et ne l’ait pas engagé , dans son Règne ani-
mal , à rapprocher ces deux genres au lieu de
les tenir éloignés.
L’espèce européenne, la Bondréé communs;
647
BON
Cuy., Falco apivorus L. ( enl . 420), a un plu¬
mage très variable. Le mâle adulte a le som¬
met de la tête d’un cendré bleuâtre; les par¬
ties supérieures d'un brun plus ou moins cen¬
dré ; les pennes secondaires des ailes rayées
de brun et de gris bleu, et la queue traver¬
sée par trois bandes d’un brun foncé à dis¬
tances inégales ; le dessous d’un blanc jaunâ¬
tre avec des stries sur la gorge et le cou ; des
taches triangulaires sur la poitrine, et le ven¬
tre de couleur brune ; la cire d’un cendré
foncé, et les pieds jaunes.
Quoique la Bondrée ait les pattes fort cour¬
tes, elle marche et court même avec facilité
sans s’aider de ses ailes, faculté qui lui a été
accordée sans nul doute pour se saisir des
Mulots, Grenouilles, Lézards, dont elle fait sa
nourriture, ainsi que d’insectes, comme Che¬
nilles, Guêpes, etc. Elle nourrit ses petits de
chrysalides, et particulièrement de celles des
Guêpes, ce qui lui a valu le nom spécifique
latin d ’ apivorus. On a profité de son instinct
chasseur pour lui tendre sur le sol différents
pièges où elle se prend en poursuivant sa
proie. « Il n’y a, dit Belon, petit berger, dans
la Limagne d’Auvergne , qui ne sache con¬
naître la Bondrée , et la prendre par engin
avec des Grenouilles. » Cette chasse facile
en a beaucoup diminué l’espèce , autrefois
commune en France, et aujourd’hui devenue
rare. Elle habite particulièrement les con¬
trées orientales , et est de passage en France
et presque dans toute l’Europe. On n’a en¬
core bien constaté qu’une seconde espèce
appartenant à ce genre , la Bondrée huppée
de Java ( Pemis cristala Cuv., Règ. anim .,
Tem., pi. col. 44), remarquable par une
huppe occipitale et par une taille plus forte.
Le caractère des lorum garnis de petites
plumes tassées , tout exceptionnel chez ce
genre de Rapaces mangeurs de Guêpes , ne
leur aurait-il point été accordé pour les ga¬
rantir des piqûres de ces Hyménoptères et de
leur cruel aiguillon au moment où ils les sai¬
sissent dans leur bec? Cette supposition nous
paraît la plus probable à adopter.
Les nombreux rapports que nous retrou¬
vons entre les Bondrées et les Cymindes d’une
part, et de l’autre , entre ces dernières et les
g. Lophotes , Less., Aviceda , Sw., et même
Rosihrame, Less., nous ont engagé à réunir
ces cinq genres en une petite sous-famille ,
sous le nom de Cymindinées, dont la place
BON
naturelle est entre celles des Milvinées et des
Buiéoninées, étant très voisine de la première,
mais en différant par des ailes beaucoup moins
longues et une queue non fourchue. Voy.
AVICEDA, CYM1NDE et CYMINDINÉES. (LAFR.)
BONDIJC. bot. pii. — Synonyme de Guil-
landina.
*BONGARDIA (J. -B. Bongard , botaniste
allemand), bot. pii. — Genre de la famille des
Berbéridacées, formé par C.rA. Meyen ( Fer-
zeichn. Cauc. Pflanz , 174), sur 1 e Leontice
chrysogonum de Linné. Il ne renferme guère
que deux espèces, lesiL üliveriiet Rauwolfii.
Ce sont deux petites plantes herbacées, viva¬
ces, croissant en Orient, en Perse et dans la
partie orientale du bassin méditerranéen,
acaules , très glabres , à rhizome tubéreux ,
produisant des feuilles toutes radicales, pen-
natiséquées , du milieu desquelles s’élèvent
des scapes portant des fleurs d’un beau jaune,
en grappes. (C. L.)
BONGARE. Bongarus ( Bungarum-pamah ,
nom du Bongare à anneaux au Bengale), rept.
— Genre d’Ophidiens confondus d’abord
avec les Boas à cause de leurs plaques cauda¬
les entières , désignés plus tard sous le nom
de Pseudoboas , puis enfin placé par Cuvier
dans sa troisième tribu des Serpents veni¬
meux. Caractères essentiels : Tête courte et
couverte de grandes plaques ; l'occiput plus
renflé ; le dos comprimé en carène et garni
d’une rangée longitudinale d'écailles hexa¬
gonales. Pas de crochets mobiles ; mais les
premières maxillaires antérieures fort gran¬
des , creusées d’un sillon, et communiquant
avec une glande venimeuse.
Ce genre renferme trois espèces : le B. a
anneaux, B. annularis, Boa fasciala, le plus
grand de tous , et qui atteint jusqu’à sept ou
huit pieds de longueur ; le B. bleu , B. cœ -
ruleus, Boa lineata, toutes deux assez répan¬
dues dans le Bengale ; et le B., a demi-bandes,
B. serai- fasciaius , naturel à l’ile de Java.
Tous les Bongares soDt venimeux, et l’on dit
même que leur venin est fort actif. fC. d’O.)
BON HENRI, bot. pii.— Nom vulgaire du
Chenop'odium Bonus Henricus. Foyez ciieno-
podium.
BON-HOMME, bot. pii. — Nom vulgaire
d’une espèce du genre Molène, le Ferbascum
Thapsus.
BON-HOMME-MISÈRE, ois.— Nom vul¬
gaire du Rouge-gorge, Motacilla rubecula.
BON
BON
648
BONITE, poiss. — Cette dénomination ,
qui a été donnée à plusieurs Poissons du g.
Scombre , et suivant M. Ajasson au Scornber
sarda Bl., s’applique plus communément au
Sc. pelamys , Thon à ventre rayé, Bonite des
tropiques. (C. d’O.)
*BONJEANIA (nom propre), bot. pu. —
Genre de la famille des Papilionacées , tribu
des Lotées-Trifoliées, formé par Reichenbach
( Fl. excurs., 507; Iconog., t. 1080), aux dé¬
pens de plusieurs espèces de Lotus de Linné.
Il ne renferme guère que deux ou trois
espèces indigènes de l’Europe australe , à
feuilles pennées -trifoliées , garnies de sti¬
pules semblables aux folioles ; à inflorescence
sub-ombellée; à fleurs assez nombreuses,
sur des pédoncules très courts. (C. L.)
BONJOEB COMMANDEUB. ois — Nom
vulgaire du Loxia grossa.
*BONNANIA, Rafin. (nom propre), bot.
ph. — Synonyme de Cupania de Plumier.
(C. L.)
BONNAYA (nom propre), bot. ph.— Genre
de la famille des Scrophulariacées, tribu des
Gratiolées , créé par Link et Otto ( le. select. ,
25 ), et divisés en trois sections par Bentham
( Scrophul . lnd., 32); a. Siliquosce ; b. Bra-
chycarpœ; c. Sphœrocarpœ. Ce sont des plan¬
tes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vi¬
vaces, indigènes de l’Inde, assez débiles, gla¬
bres ou rarement pilosiuscules , rampantes
ou subérigées ; à feuilles opposées, très en¬
tières ou dentées ; à fleurs blanches ou rou¬
ges, axillaires , opposées ou alternes par
avortement , souvent pédicellées , les supé¬
rieures quelquefois disposées en grappes.
On en cultive plusieurs espèces dans les
jardins. (C. L.)
BONNE-DAME. bot. ph. — Nom vulgaire
d’une espèce du g. Arroche.
*BONNELLIE. Bonnellia (nom propre).
ins. — Genre de Diptères établi par M. Robi¬
neau -Desvoidy, dans son ouvrage sur les
Myodaires , et consacré par lui à la mémoire
du professeur Bonelli, de Turin. Ce g. fait
partie de la famille des Calyptérées, tribu des
Entomobies, section des Anthophiles. L’au¬
teur y rapporte 3 espèces , toutes nommées
par lui : B. lesellans , B. lateralis et B. rubi-
ginosa. Les deux dernières sont des environs
de Paris. (D.)
*BONNELLIE. Bonnellia (nom propre).
kchin. — Genre élablipar M. Rolando, pour un
animal très mou , qui vit dans la vase , près
des côtes de la mer Méditerranée. Son corps
est ovoïde ou fusiforme, terminé par l’anus et
prolongé en une longue trompe, formée par
une lame repliée, très extensible , ce qui lui
donne une certaine analogie avec les Si-
poncles. Son intestin est très long, plusieurs
fois replié ; il est accompagné en arrière par
deux organes ramifiés, intérieurs, servant
probablement à la respiration. M. Rolando
en a décrit 2 esp. : l’une verte, B . viridis, lon¬
gue de 0m,66; l’autre brune , B. fuliginosa ,
longue seulement de 0m,l4 à 0m,16. (Duj.)
*BONNEMAISONNIA (nom propre), bot.
cr. — (Phycées). Ce genre, l’un des plus élé¬
gants de l’ordre desFloridées, a été fondé par
M. Agardh ( Spec . Alg., t. 1, p. 196), et dé¬
dié à notre compatriote Bonnemaison, dont
les travaux sur les Céramiées , ou ce qu’il
nommait üydrophyles loculêes , trop négligés
par les phycologues modernes , méritent
pourtant qu’on en fasse quelque compte. Lé¬
gèrement modifié dans ces derniers temps
par le fils du célèbre algologue suédois (Lin-
ncea, 1841, I, p. 21), il peut être ainsi défini :
Racine scutiforme. Fronde déliée, cylindrique
ou comprimée, irrégulièrement rameuse; ra¬
meaux vagues, garnis de nombreuses pinnu-
les en forme de cils , distiques et alternes.
Conceptacles ovoïdes ou globuleux , courte-
ment pédicellés, axillaires ou marginaux,
et, dans ce dernier cas, opposés aux cils.
Ces conceptacles contiennent des sporidies
pyriformes, fixées au fond de leur cavité*
et qui en sortent à la maturité par un orifice
dont leur sommet est percé. Les espèces de
ce genre , au nombre seulement de 3 , sont
remarquables par leur belle couleur rose ou
purpurine, et surtout par l’élégance inexpri¬
mable de leur port. 2 habitent les côtes de
l’Europe baignées par l’Océan et la Méditer¬
ranée, la 3e m’est totalement inconnue.
Ce g. est voisin de Y Asparagopsis que
M. Agardh a publié aussi , deux ou trois mois
plus tard ( Linnœa , loc. cil., p. 22), sous le
nom de Lictoria; mais celui-ci en diffère sur¬
tout par la disposition et la structure des der¬
niers ramules, abstraction faite de l’espèce de
souche rampante d’où s’élèvent les frondes
fertiles et dont M. Agardh ne dit pas un mot,
probablement parce qu’il n’a eu en sa pos¬
session que des échantillons incomplets.
Nous avons dit plus haut que cet habile
BON
649
phycologue a apporté quelques modifications
à ce g.; voici en quoi elles consistent. Il ne
conserve dans l’ancien g. de son père que les
B. pilularia , asparagoides et apiculala. Il
range dans le g. Calocladia ( voy . ce mot), à
côté du C. pulchra Grev., le Bonnemaison-
nia . elegans Ag. et le Sphœrococcus flacci -
dus Suhr, qu’il nomme Calocladia Suhrii.
Enfin , il propose le nom de Mammea , pour
deux espèces, le Delisea fimbriaia Lam., et le
Rhodomela dovsifera Ag. Le nom de Mam¬
mea , occupé par un g. linnéen de la Phané-
rogamie, ne pouvant être admis , nous pen¬
sons qu’il est de toute justice, nous ne disons
pas de restituer , mais bien de conserver à
l’algue de Lamouroux le nom qu’il lui a im¬
posé. Le g. Delisea de M. Fée n’ayant pu
être adopté, celui-ci ne saurait manquer de
l’être, puisqu'il joint à l’avantage de la prio¬
rité celui d’avoir été consacré par un ami à
la mémoire d’un botaniste recommandable,
connu par des travaux estimables sur la li-
chénographie et que la mort vient d’enlever
récemment à la science et à ses amis. (C. M.)
BONNET, zool. — On appelle ainsi le se¬
cond estomac des Ruminants. — En ornitho¬
logie , ce nom s'applique à la partie supé¬
rieure de la tête de l’oiseau. — Les mar¬
chands et les amateurs ont aussi désigné sous
ce nom des Coquilles appartenant à des gen¬
res différents , et qui ne se distinguent que
par des épithètes indiquant leur ressem¬
blance avec l’objet dont ils portent le nom.
Ainsi ils ont nommé : Bonnet chinois, le
Palella sinensis L. ; B. le fou , le Chama
Cor L. ; B. de Neptune, le Palella eques-
iris Lam. ; B. de Pologne, le Cassis te&ticulis
Lam. (C. d'O.)
En botanique , on donne ce nom à diverses
esp. d’ Agarics, à cause de leur ressem¬
blance avec un bonnet; ils forment la 7 6me
famille de Champignons de Paulet. Elle com¬
prend trois espèces : le Bonnet d’argent
feuillets noirs ou le Bonnet romain (. Agar .
phalœnarum F.); le Bonnet d’argent feuil¬
lets roux ( Agar . uliyineus F.) ; et le Bon¬
net rabattu ou de matelot ( Agar. sub-
atratus F.). Ces trois espèces données aux
animaux ne les incommodent point. (Lév.)
BONNET BLANC, éciiin. — Espèce du
genre ananchite.
BONNET CHINOIS, mam. — Espèce du
g. Macaque.
T. II.
BON
BONNET DE NEPTUNE, polyp. ~ Nom
vulgaire d’une espèce du g. Fongie , Fungia
limacina Lam.
BONNETIA , Schreb. non Mart. et Zucc.
(nom propre), bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Ternstræmiacées, tribu des Lapla-
cées, synonyme du Mahurea d’Aublet. —
Ce nom a été donné aussi par Marlius et
Zuccarini à un autre g. de la famille des
Ternstræmiacées , tribu des Laplacées (Nov.
Gen. et Sp., I, 115, t. 110, Excl. synon.). Il
renferme une dizaine d’espèces environ. Ce
sont des arbres ou des arbrisseaux croissant
sous les tropiques , au Brésil; à feuilles al¬
ternes, rassemblées au sommet des ra¬
meaux, rétrécies à la base en un pétiole qui
s’articule avec la branche , coriaces , très en¬
tières , uninerves , pinnées-veinées , éslipu-
lées. Les fleurs ^n sont grandes , blanches,
belles , et disposées en grappes terminales
feuillées ; pédoncules axillaires , articulés à
la base , uni-pauciflores et pédicelles brac¬
tées. J (C. L.)
*BONNÉTIE. Bonnetia (nom propre), ins.
—Genre de Diptères établi par M. Robineau-
Desvoidy, dans son ouvrage sur les Myodai-
res , et consacré par lui à la mémoire du cé¬
lèbre auteur de la Contemplation de la nature.
Ce g. fait partie de la famille des Calypté-
rées , tribu des Enlomobies , section des An-
thophiles. Il ne renferme que 2 espèces ,
nommées par l’auteur : B. longipes et B.
œnanthis. Cette dernière se trouve dans les
environs de Paris , sur les fleurs de l’OE-
nanthe fistuleuse. (D.)
BONPLANDÏA (nom propre), bot. ph. —
Deux genres ont été consacrés au célèbre
voyageur Bonpland. Celui qu’avait créé Will-
denow pour l’arbre américain qui produit
l’écorce d’Angusture , si renommée par ses
propriétés fébrifuges , a dû être supprimé
comme se confondant avec un genre plus
anciennement connu , le Galipea. Voyez ce
mot. (Ad. J.)
L’autre, établi par Cavanilles, est regardé
comme syn. du g. Caldasia , Willd. (C. L.)
*BONSDORFITE, Thoms. (nom propre).
min. — Thomson a donné ce nom à un mi¬
néral peu connu que Bonsdorf a indiqué le
premier, en le considérant comme une Cç>r-
diérite hydratée , et qui paraît différer de
cette dernière esp. par une moindre dureté,
un clivage très sensible parallèlemen à la
41*
BOO
BOO
650
base, une couleur d’un vert olivâtre, et une
proportion d’eau considérable, puisqu’elle
est de plus de 10 pour 100. On la trouve
près d’Abo , en Finlande , dans un Granité ,
où elle est associée à une Cordiérite gri¬
sâtre. Son analyse par Bonsdorf a donné :
Silice , 45,05 ; Alumine , 30,05 ; Magnésie ,
9,00 ; Oxydule de fer, 5,30 ; Eau , 10,60.
(Del.)
BONTIA (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Myoporacées , établi par
Plumier ( Gen. , t. 23 ) , adopté par Linné
(Gen., n. 791), et composé jusqu’ici de deux
espèces arborescentes appartenant aux Indes
occidentales. Ce sont des arbrisseaux (arbres?)
à feuilles alternes, lancéolées, presque entiè¬
res , glabres ; à fleurs d’un jaune obscur, pé-
donculées, solitaires , ébractéées , axillaires ;
la lèvre inférieure semitrifide est barbue et
rayée longitudinalement de pourpre. On les
distingue suffisamment par un calice 5-par-
tite, irnmuté; une corolle hypogyne, rin-
gente; 4 étamines exsertes, didynames; un
drupe bacciforme, biloculaire, à loges semi-
bipartites , tétraspermes. Ce genre est en¬
core incomplètement connu , bien qu’on cul¬
tive dans les serres l’une de ses espèces , le
B. daphnoides. (C. L.)
*BONTIA (Bontius, nom propre), bot. ph.
— Famille des Orchidées. La plante figurée
par Petiver ( Gazoph . t. 44, f. 10) sous le nom
de Bontia luzonica est le Dendrobium cari¬
natum de Willdenow. Voy. dendrobium. Il
ne faut pas confondre le g. Bontia de Peti¬
ver avec le g. Bontia de Plumier, le seul qui
ait été conservé. Voyez l’article précédent.
(A. R.)
BOODFI. rept. — Synonyme d’Ibiare ,
Cœcilia tentaculata L. Voyez coecilia.
BOOM-UFAS. bot. ph. — Voyez upas.
BOOPIIANE, Herb. bot. ph. — Altération
orthographique de Bouphone. (C. L.)
BOOPIDÉES. bot. ph. — Voyez calycé-
rées.
BOOPÏS (j3ovç, 6ooç, bœuf; wttcç, yeux).
bot. ph. — Genre de la famille des Boopidées
ouCalycérées. Voyez ces mots. Il a pour carac¬
tères : Involucre composé de 7-8 écailles réu¬
nies vers le milieu, souvent accompagnées
de denticules. Réceptacle petit , convexe ,
chargé, entre chacune des fleurs, de paillettes
filiformes , élargies au sommet. Fleurs ferti¬
les , de même nature et de même forme. Lo¬
bes du calice plus courts que l’ovaire , mem¬
braneux, entiers, ou incisés-dentés. Corolle
à tube grêle ; limbe campanulé, 5-fide. — Les
Boopis sont des herbes vivaces, garnies de
feuilles alternes, pinnatifides, et munies de
capitules terminaux, hémisphériques. (J.D.)
BOOPS. mam. — Nom spécifique d’une
espèce du genre Baleine, Balœna Boops , la
Jubarte des Basques. Voyez baleine.
*BOORAM (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Éricacées, tribu des Rhodo-
dendrées, formé par G. Don (Gen. syst., 3,
814), et réuni depuis comme simple section
au genre Rhododendrum , L., par De Can-
dolle , qui en latinisa le nom en celui de
Bnramia. Endlicher adopta également cette
section, en en rétablissant l’ancienne ortho¬
graphe. (G. L.)
*BOOTHIA (nom propre), bot. ph. — Genre
manuscrit de Douglas, le même que le Pla-
tystemon de Bentham , dans la famille des
Papavéracées. (C. L.)
BOOTIA (nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Rosacées , tribu des Drya-
dées-Fragariées , formé par Bigelow ( Fl.
bost. , II , 206 ) , et réuni comme section au
Potentilla de Linné. — Ce nom a été donné
aussi à une section indiquée par Seringe
(DC., Prodr. I, Excl. S dponaria ojjicinalis) ,
dans le genre Saponaria de Linné, et adoptée
comme sous-section de la section S megman-
the de Fenzl , du même genre. (C. L.)
*BOOTIE. Bootia (nom propre), bot. ph.—
Famille des Hydrocharidées. Le g. , ainsi nom¬
mé par Wallich , a été décrit et figuré dans
son magnifique ouvrage intitulé : Plantœasia-
ticce rariores , I, p. 51 , t. 65. Voici quels sont
ses caractères : Fleurs unisexuées et dioïques.
Fleurs mâles réunies dans une spathe termi¬
nale , renflée et tubuleuse , à orifice resserré
j et denté. Fleurs assez nombreuses pédicu-
j lées. Calice composé de 6 sépales: 3 exté¬
rieurs allongés et verts , 3 intérieurs péta-
lo'ides et obtus. Étamines 12, disposées sur
deux rangs , les extérieures ayant les filets
plus courts. Anthères ovoïdes , à deux loges
séparées par un connectif. On trouve au fond
de la fleur un ovaire rudimentaire. Fleurs fe¬
melles solitaires. Chaque fleur est contenue
dans une spathe assez semblable à celle des
fleurs mâles. Cette fleur est sessile. Son calice,
j tubuleux à sa base, est adhérent avec l’ovaire
j infère. Son limbe se compose comme celui des
BQQ
fleurs mâles de 3 divisions externes vertes , et
de 3 divisions intérieures pétaloïdes. Les der¬
nières sont insérées à la base de trois glandes
qui occupent le sommet de l’ovaire. L’ovaire
présente 9 loges, contenant chacune un grand
nombre d’ovules attachés aux parois des cloi¬
sons. Cet ovaire est surmonté par des stig¬
mates bifides. Le fruit est inconnu.
La seule espèce qui compose ce g. a été
trouvée sur les bords du fleuve Irravadi, dans
le royaume d’Ava. C’est une plante herbacée,
vivace, à feuilles radicales, les unes sub¬
mergées et les autres nageant à la surface des
eaux. (A. R.)
BOPYRE. Bopyrus. crust. — Genre de
Crustacés composant à lui seul une pe¬
tite famille, et qui, joint aux Ioniens et
aux Képoniens plus récemment décrits par
M. Duvernoy, constitue le sous-ordre des
Isopodes sédentaires (Milne Edw.), ou Épica-
rides de Latreille.
Les Bopyres étaient réunis aux Monocles
par Fabricius , et c’est par Latreille ( Hist.
des Crust ., VII) qu’ils ont été séparés en un
genre distinct.
On trouve des Bopyres fixés sous la cara¬
pace des Palémons et des Hippolytes ( Cre¬
vettes ) , dont ces petits animaux sont para¬
sites. Ils y déterminent une tumeur plus ou
moins saillante. Le mâle est placé sous l’ab¬
domen de sa femelle, et les jeunes, au sortir
de l’œuf, ressemblent beaucoup aux Cyclo-
pes naissants. Nos pêcheurs prennent sou¬
vent les Bopyres pour de petites Soles;
cette opinion , tout-à-fait dénuée de fonde¬
ment , a été néanmoins soutenue par Des¬
landes, dans Y Histoire de L’Académie des
sciences , pour 1722.
Les caractères distinctifs du genre Bopyre
consistent surtout dans ses appendices abdo¬
minaux lamelleux et cachés sous l’abdomen.
Les deux sexes n’ont ni le même volume
ni la même forme. La femelle , cinq ou six
fois plus grande que le mâle, a le corps py-
riforme très déprimé , et toujours plus ou
moins déjeté de côté. Les deux espèces au¬
thentiques de ce genre sont le B. squillarum,
qu’on trouve fréquemment sur les Crevettes
de table , et le B. hippolytes , nouvellement
découvert par M. Kroyer sur l’Hippolyte po¬
laire. (P. G.)
BOQUEREL. ois.— Nom vulgaire du Moi¬
neau Friquet.
BOR 651
BOQUETTIER. bot. ph. — Nom vulgaire
du Pommier sauvage.
*BOQUILA (nom vernaculaire), bot.ph. —
Genre de la famille des Ménispermacées ,
sous-famille des Lardizabalées , formé par
Decaisne et ne renfermant que le Lardizabala
irifoliolata de De Candolle. C’est un sous-ar¬
brisseau du Chili et du Pérou, à feuilles trifo-
liolées ; folioles entières ou sinueuses-lobées ;
à inflorescence axillaire sur des pédoncules
solitaires géminés ou ternés ; à fleurs dioïques,
blanches, réunies en groupes, pédicellées, de
la grandeur et de la forme de celle des Ber-
beris. Les fruits sont des carpelles courtement
stipités. Voy. pour plus de détails le beau
mémoire de l’auteur sur les Lardizabalées.
(Archiv. du Mus. d’hist. nat., 1839.) (C.L.)
BOR. bot. ph. — Synonyme de Jujubier.
BORACITE. min. — Borate de magnésie
naturel. P'' oyez borates. (Del.)
*BOR ASSUMÉES. Borassineœ. bot. ph.
— Tribu établie par Martius ( Synops . msc.)
pour renfermer les Palmiers dont l’ovaire
est tri ou plus rarement bi-quadriloculaire ,
et composé le plus souvent de trois carpi-
dies , moins souvent de deux ou de quatre ,
connées dans l’origine , à ovules solitaires ,
ascendants ou résupinés dans les loges. Le
fruit est un drupe ou plus rarement une
baie , indivise ou lobée ; les étamines hypo-
gynes. L’auteur sous-divise ainsi cette tribu :
FLABELLIFRONDES.
Borassus , L. ; Lodoiceaf Labill. ; Laiania,
Commers. ; Hyphœne , Gærtn.
PINNATIFRONDES.
Bentinckia , Berry ; K eppleria, Mart. ; Geo-
noma , Willd. ; Manicaria , Gærtn. (C. L.)
BORASSOS. bot. ph. — Syn. de Bo¬
rassus.
BORASSUS (fiopuuaoç, datte), bot. ph. —
Genre de la famille des Palmiers , institué
par Linné, distingué principalement par des
fleurs dioïques sur un spadice enveloppé de
spathes incomplètes ; les mâles en un chaton
cylindrique , bractéées, rassemblées en deux
séries dans des fossettes résultant de la sou¬
dure des squames ; calice trifide ; corolle tri-
partite ; 6 filaments staminaux libres ; an¬
thères sagittées. Les femelles presque solitai¬
res entre les squames d’un chaton; calice
triphylle et corolle de 6 à 9 pétales étroite-
652
BOR
BOR
ment imbriqués, révolutés sur eux-mêmes ;
6-9 étamines abortives ; ovaire 3-, plus rare¬
ment 2-4-loculaire ; stigmates 3 ou 2-4, ses-
siles; drupe 3-pyréné; chaque pyréne obcor-
diforme, fibreuse, percée d’un pore au som¬
met ; albumen égal , puis creusé j embryon
vertical. — Ce genre renferme trois espèces
environ, de l’Inde, à stipe élevé, annelé-ci-
catrisé, dur à l’in*/rieur, noirâtre ; les frondes
sont toutes terminales , palmées-flabellifor-
mes, portées sur des pétioles dentés-épi-
neux;les spadices s’élèvent d’entre les feuil¬
les; les mâles sont ramifiés, les femelles moins
divisés ou presque simples; les fleurs sont
petites, d’un rouge jaunâtre; le drupe est
très gros. L’une des espèces la mieux con¬
nue , le B. flabelliformis , se voit dans nos
cultures. Il s’élève dans son pays natal , les
Indes orientales, à plus de 30 mètres ; le bois
de son stipe sert à la construction des mai¬
sons, et on tire de ses spadices une liqueur
connue dans le pays sous le nom de vin de
palmier. (C. L.)
BORATES, min. — Sels résultant de la
combinaison de l’acide borique avec les ba¬
ses salifiables , et formant un genre minéra¬
logique composé d’un petit nombre d’espèces,
qu’on reconnaît aux caractères suivants :
Fondus sur le fil de platine avec un mélange
de 4 parties 1/2 de bisulfate de Potasse et
1 partie de Fluorine, ces minéraux commu¬
niquent à la flamme du chalumeau une cou¬
leur d’un vert pur ; réduits en poudre et hu¬
mectés d’acide sulfurique, ils donnent à l’Al¬
cool la propriété de brûler avec une flamme
verte. On en connaît quatre espèces diffé¬
rentes, dont deux anhydres , et deux hydra¬
tées. Les premières sont : la Boracite et la
Rhodizite ; les deux autres l’Hydroboracite et
le Borax.
1. Boracite. Sous-Borate de Magnésie. Ma¬
gnésie boratée, H. ; Würfelstein.— Substance
vitreuse, limpide et incolore , quand elle est
pure, ou grisâtre et translucide* et devenant
même opaque par altération; insoluble dans
l’Eau , mais soluble dans l’acide nitrique , et
précipitant alors par là Soude ou l’Ammo-
l’avoir humecté de nitrate de Cobalt. La Bo¬
racite ne s’est encore offerte dans la nature
qu’en petits cristaux disséminés dans le
Gypse ou l’Anhydrite ; ces petits cristaui , I
remarquables par la netteté de leurs formes
et la singularité dé leurs propriétés physi¬
ques, appartiennent au système tétraédrique.
Leur forme dominante est ordinairement
celle du cube; quelquefois cependant c’est
celle du rhombododéeaèdre, et plus rarement
encore celle du tétraèdre régulier. Les cubes,
dont l’épaisseur est au plus de 10 à 12 mil¬
limètres , sont généralement modifiés de la
même manière sur toutes leurs arêtes ; mais
les modifications sur les angles sont celles
qui conviennent au système tétraédrique ,
c’est-à-dire que quatre angles, qui répondent
aux sommets d’un tétraèdre régulier, sont
tronqués d’une certaine manière , et les qua¬
tre autres , opposés aux précédents , d’une
manière différente. C’est à tort qti’on a pris
cette disposition pour un défaut de symétrie ;
elle est parfaitement régulière , et ne saurait
être âutre, d’après la structure moléculaire
de la substance , comme nous l’avons fait
voir dans un Mémoire présenté à l’Académie
des Sciences. Les minéraux du système té¬
traédrique ont pour type moléculaire un té¬
traèdre : on peut les considérer eomme for¬
més de petits tétraèdres réguliers , disposés
parallèlement les uns aux autres , de telle
manière que si l’on porte son attention sur
les files de molécules qui sont situées dans
la direction des diagonales d’un cristal cubi¬
que, on voit que dans chacune d’elles les mo¬
lécules tournent une de leurs pointes vers
un des sommets , et une de leurs bases vers
l’autre. Les deux sommets opposés ne se trou¬
vent donc pas dans les mêmes conditions
physiques, et ne sauraient être considérés
comme identiques : de là, la raison des diffé¬
rences qu’ils présentent quand on les étudie
sous le rapport des propriétés plfysiques et
géométriques.
La Boracite est clifable avec peu de net¬
teté , parallèlement aux faces d’un octaèdre
régulier. Sa dureté est de 6,5 ; sa densité de
2,9. Elle est fusible au chalumeau én glo¬
bule vitreux, qui sé hérisse de petites aiguilles
cristallisées par refroidissement, et devient
blanc et opaque. La formule de composition
de la Boracite est, selon BerzéliUs, M</Bo; ou
bien, Bo203,MgO,si l’on adopte àYec M. Du¬
mas un poids atomique moindre de moitié
pour le Bore. Toutefois les analyses connues
ne répondent pas parfaitement à cette for¬
mule, et elles sont loin de s’accorder entre
m
elles. Celle de Stromeyer a donné : Acide bo¬
rique , 67 ; Magnésie, 33.
Les cristaux de Boracite sont doués de la
pyroélectricité polaire ; et , conformément à
leur structure moléculaire, ils acquièrent
par l’action de la chaleur huit pôles électri¬
ques , qui correspondent aux angles solides
du cube, et dont quatre sont positifs , et les
quatre autres négatifs ( voyez électricité
polaire). Cette propriété physique est par¬
faitement en rapport avec l’espèce de struc¬
ture qui caractérise la Boracite, et que nous
avons indiquée plus haut.
La Boracite se trouve disséminée dans un
Gypse saccharoïde, avec de petits cristaux de
Quartz, près de Lunebourg en Brunswick, au
mont Kalkberg, où elle s’associe à des grains
de Sel gemme , et au Schildstein, où elle est
en outre accompagnée de cristaux d’Anhy-
drite. — On la trouve aussi au Segeberg ,
près de Kiel, dans le Holstein, dans un gise¬
ment analogue. L’âge de ces gypses n’est pas
encore bien déterminé. Selon M. Gaillardot ,
la Boracite se rencontrerait enéore , en pe¬
tites masses fibreuses , dans un Gypse des
environs de Lunéville, qu’on rapporte à
la formation du Trias. Peut-être est-ce la
même chose que la substance désignée par
Hess sous le nom d’Hydro-Bdracite.
2. Riiomzite. G. Rose. Borate de chaux.—
Substance vitreuse, transparente, d’un blanc
grisâtre ou jaunâtre , appartenant au même
système de cristallisation que la Boracite ,
avec laquelle elle est sans doute isomorphe.
Comme cette dernière, elle jouit à un haut
degré de la polarité électrique. Ses cristaux
sont petits, et leur forme dominante est celle
du rhombododécaèdre. Sa dureté est supé¬
rieure à celle de la Topaze ; sà pesanteur spé¬
cifique ==3,41. On la trouvé sur le Quartz et
la Tourmaline rubellite , dans des filons oti
de petites cavités remplies d’ Argile, au milieu
du Granité , près dé Sarapulsk , non loin de
Mursiusk , au nord d’Ekaterinebourg en Si¬
bérie.
3. Hydroboracite, Hess. — Substance en
petites masses fibro-lamellâires, blanches ou
rougeâtres par place par suite d'un mélange
d’argile ocreuse, transparente lorsqu’elle est
en lame mince ; fusible aisément au chalu¬
meau en un vert limpide , qui colore la
flamme en vert ; soluble légèrement dans
l’eau , et facilement dans les acides azotique
B<M 653
et chlorhydrique. Sa dureté est de 1,5; sa
pesanteur spécifique de 1,9. Elle est compo¬
sée , d’après M. Hess, de 49,22 d’Acide bori¬
que ; 13,74 de Chaux ; 10,71 de Magnésié, et
26,33 d’Eau. Son gisement n’est pas bien
connu ; on sait seulement qu’elle vient du
Caucase.
4. Borax, vulgairement Tinkal. Sous-Bo¬
rate de Soude naturel. Soude boratée , H.
— Substance saline, blanche , d’une saveur
douceâtre , soluble dans l’eau , très fusible ,
cristallisant dans le système klinorhombique.
La forme fondamentale de ses cristaux est
un prisme oblique à base rhombe , dont les
pans font entre eux un angle de 87°, et sont
inclinés sur la base de 101° 20'. Sa for¬
mule de composition est , selon Berzélius ,
NaB2 + 10 Aq. On parvient, par un procédé
particulier, à obtenir le Borate de Soude sous
la forme de l’octaèdre régulier ; mais alors il
ne contient plus que cinq atomes d’eau. —
Le Borax naturel est formé , en poids , de
Soude, 16,37 ; Acide borique , 13,52, et Eau,
47,11.
Lé Borax , à l’état natif , est d’un gris ver¬
dâtre , couleur qu’il doit à une matière or¬
ganique. On le purifie par la fusion , la
dissolution dans l’eau et la cristallisation.
C’est ainsi qu’on obtient les cristaux de
Borax , qui se rencontrent dans le com¬
mercé.
Le Borax , employé principalement dans
les arts comme fondant , à cause de sa
grande fusibilité, était autrefois entièrement
tiré de l’Inde, où il existe dans certains lacs,
qui avoisinent les montagnes du Tilibèt ; il y
est dissous , et on le trouve aussi sût les
bords de ces lacs, en petites couches cristal¬
lines, qui ne sont probablement que des dé¬
pôts formés par l’évaporation des eaux. Le
Borax brüt de l’Inde nous arrive enveloppé
d’une matière grasse, dont l’objet est de ga¬
rantir le sol du contact de l’air, qui le fait ef-
fleurir. Depuis quelques années, on fabrique
le Borax en Europe avec les eaux dés lagonis
de Toscane. Ces eaux étant chargées d’acide
borique, il suffit de leur fournir la base alca¬
line. — On trouve encore le Borax à Ceylan,
en Perse, en Chine et en Tàrtàrië. On le cite
enfin dans les eaux de quelques mines du
Haut-Pérou. (Del.)
BORAX. Min. — Nom vulgaire du sous-
Borate de Soude. P'oyez boratës. (Del.)
654 BOR
BORBONIA ( J.-B. Gaston de Bourbon ,
fils d’Henri IV, promoteur de la botanique).
bot. 'ph. — Genre institué par le père Plu¬
mier dans la famille des Papilionacées, tribu
des Lotées-Génistées , et comprenant une
douzaine d’espèces environ du cap de Bonne-
Espérance. Ce sont des arbrisseaux à feuilles
alternes , simples , multinerves à la base ,
amplexicaules , éstipulées ; à fleurs jaunes ,
axillaires , ou capitulées au sommet des ra¬
meaux. On les cultive presque toutes dans
les serres tempérées de nos jardins d'Europe.
(C. L.)
*BORBORE. Borborus {(ïôpÇopo/;, bourbier,
ordure), ins. — Genre de Diptères créé par
Meigen et adopté par M. Macquart , qui le
place dans la division des Brachocères , sub¬
division des Dichœtes , famille des Athéricè-
res , tribu des Muscides , section des Acalyp-
tères , sous-tribu des Sphœrocérides. Le nom
de Borborus fait allusion à la fange dans la¬
quelle se développent la plupart des espèces
de ce genre. Quelques unes vivent sur les
Champignons en déliquescence , et de ce
nombre est le B. nitidus, dont le mâle se dis¬
tingue par un crochet très recourbé qu’il
porte à la base des cuisses postérieures en
dessous , et qu’on ne remarque pas dans les
autres espèces.
Parmi les 18 espèces rapportées à ce genre
par M. Macquart, nous citerons, indépendam¬
ment du Borborus nitidus dont nous venons
de parler, le B. des chevaux, Borborus equi -
nus Meig., n° 5; Capromyza id. Fall., n°2;
Mycelia vulgaris Rob. D., n° 1. Cette espèce
est commune dans toute l’Europe. (D.)
*BORBORITES. ins. — M. Newmann, dans
sa classification des Insectes de l’Angleterre
d’après les larves ( The enlomolog. Magaz.,
n. 9, p. 396), désigne ainsi une des nom¬
breuses divisions établies par lui dans l’ordre
des Diptères, et qui se compose des g. Bor¬
borus , Ochlera , Dichœia , Ephydra , Noii-
phila , Homalura , Orygma et Cœlopa. (D.)
BORBORUS. ins. — Voyez borbore.
BORD EN SCIE. rept. — Espèce du g.
Émyde.
BORE. chim. — Le Bore ne se rencontre
dans la nature qu’à l’état de combinaison
avec l’oxygène , et forme ainsi un acide
borique qui existe seul ou combiné, soit à la
Soude, soit à la Magnésie, soit encore à
d’autres oxydes , comme dans les minéraux
BOR
connus sous les noms de Tourmaline et
d 'Axinite.
Bien qu’on eût déjà prouvé par l’action de
la pile que le Bore était le radical de l’acide
borique , on ne l’avait point encore obtenu
en assez grande quantité pour l’étudier,
quand, en 1808, MM. Thénard etGay-Lussac
l’obtinrent en décomposant le même acide
par le Potassium. Un chimiste allemand,
M. Dœbereiner , a depuis retiré le Bore du
Borax , en traitant directement ce sel par le
charbon , dans un tube de fer , à une haute
température. Dans les deux procédés , l’acide
borique est désoxygéné, soit par le Potas¬
sium, soit par le Charbon.
A l’état de pureté , le Bore est solide , pul¬
vérulent , d’une couleur brun-verdâtre ; il
n’a ni saveur , ni odeur. D’une densité plus
grande que celle de l’eau , il y est complète¬
ment insoluble ; il peut cependant , s’il est
très divisé , y rester, un certain temps , en
suspension sans se précipiter.
Le Bore est fixe au feu et infusible. A la
température ordinaire , il est sans action
sur l’air et sur l’oxygène ; mais chauffé au
rouge dans ce dernier gaz, il se convertit en
partie en acide borique : cette conversion
n’est point complète , parce que la portion
d’acide formé se fond, enveloppe le Bore res¬
tant, et le préserve de son contact aveG
l’oxygène.
Le Bore n’a point d’action sur l’eau, même
à une température de 4- 100. Il est néan¬
moins probable qu’à une chaleur rouge il la
décomposerait, en en absorbant l’oxygène et
en mettant l’hydrogène en liberté.
Le Bore, avons-nous dit, forme avec l’oxy¬
gène un acide borique , connu jadis sous le
nom d 'acide boracique , et plus ancienne¬
ment encore sous celui de sel sédatif de Hom-
berg [voyez acides). Il se combine aussi avec
le Chlore, le Soufre , le Fluor... ; mais ces
composés ont été peu étudiés. (A. D.)
*BOREAPHILUS ( popéxç , nord ; ytX/u ,
j’aime), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Brachélytres , établi par
Sahlberg et adopté par Erichson ( Généra et
spec. Staphylinor. , pag. 899), qui le range
dans sa tribu des Omalinines, d’après les ca¬
ractères que lui donne le premier auteur; car
il déclare n’avoir pas vu l’espèce unique sur
laquelle il est fondé. Cette espèce , suivant
Salhberg , a 1 /4 de ligne de long. Elle est
BOR
BOR
G55
couleur de poix, ponctuée, légèrement pubes-
cente, avec la bouche, les antennes et les
pattes testacées. Elle habite le nord de la La¬
ponie , où elle est excessivement rare. Trois
individus seulement ont été trouvés par
M.Sahlberg, le 9 août 1830, sur les bords du
lac Mandujarvi, dans des débris de feuilles
sèches. (D.)
BORELIE, Montf. moll. — Synonyme
d’Alvéoline.
BORELLIA (nom propre), bot. pu. —
Genre formé par Necker ( Elem ., 434 et seq.),
et synonyme de Cordia de R. Brown , dans
la famille des Cordiacées. (G. L.)
BORETTA (nom propre?), bot. pii. — Ce
genre de Necker est synonyme du Dabucia de
Don, sous-genre de YAndromeda de Linné,
dans la famille des Éricacées. (C. L.)
BOREUS (J S or eus , du nord), ins. —
Genre de la famille des Panorpiens, de l’or¬
dre des Névroptères , établi par Latreille
sur une petite espèce qu’on trouve pendant
l’hiver sous les Mousses qui croissent sur
les Sapins de Suède, dans le nord de l’Al¬
lemagne , sur les Alpes. Quelquefois on la
rencontre même sur la neige en assez grande
abondance. L’espèce qui se rapporte à ce g.
est le B. hyemalis ( Panorpa hyemalis Linn.).
(Bl.)
BORGNE. zool. — Nom vulgaire de la Mé¬
sange charbonnière. — Dans quelques par¬
ties de la France on donne ce nom à l’Orvet,
Anguisfragilis , appelé aussi Serpent aveugle.
(C. D’O.)
BORGNIAT. ois. — Nom vulgaire de la
Bécassine sourde.
BORK II A l S E i\ IA (nom propre), bot. pu.
— Ce genre de la Flora Wetlerawiensïs est
synonyme de Capnoïdes de Gærtner, sous-
genre du Corydalis de De Candolle, dans la
famille des Papavéracées-Fumariées. — Roth
( Catalect II, 56) donne ce nom à un genre
de la famille des Scrophularinées-Graliolées,
synonyme du Teedia de Rudolphi. (C. L).
*BORK.HAlJSIA ( Borkhausen , botaniste
allemand), bot. pu. — Ce genre, qui appar¬
tient à la famille des Composées, tribu des
Chicoracées , a pour caractères : Capitule
multiflore. Involucre muni d’un calicule, ou
plus rarement formé d’écailles légèrement
imbriquées. Réceptacle presque nu ou fim-
brillifère. Fruits cylindracés, tous ou seule¬
ment ceux du centre, terminés par une sorte
de bec qui porte l’aigrette formée de plusieurs
rangées de poils blancs; les fruits de la cir¬
conférence sont tronqués ou légèrement at¬
ténués au sommet. — Les Borkhausià sont
la plupart indigènes de l’Europe ; elles ont le
port des Crépis, et présentent en général des
fleurs jaunes • cependant on en cultive dans
les parterres une espèce , le B. purpurea , à
cause de la couleur pourprée de ses fleurs.
(J. D.)
*BORLASIE. Borlasia. iielm. — Nom
donné par Oken au g. Nemerte. (Duj.)
EOIUVINE (nom d’homme), min. — Syno¬
nyme de Tellurure de Bismuth. Voyez tel-
lurures. (Del.)
*BOROCÈRE. Borocera. ins. — Genre de
Lépidoptères nocturnes établi par M. Bois-
duval ( Faune de Madagascar, p. 87). Il est
très voisin du g. créé par le même auteur,
sous le nom de Megasoma , et qui fait partie
de sa tribu des Bombycines. L’espèce unique
sur laquelle il est fondé a été trouvée à Ma¬
dagascar par le voyageur Goudot , dans les
environs de Tamatave. Elle est figurée dans
l’ouvrage précité (pl. 12, fig. 5 et 6) , sous le
nom de Borocera madagascariensîs. (D.)
BQRONIA (nom propre), bot. pu. — Bo-
roni, jeune botaniste italien , compagnon des
voyages botaniques de Smith, et plus tard de
Sibthorp, reçut du premier la dédicace d’un
genre de Diosmées de la Nouvelle-Hollande,
qui a les caractères suivants : Calice à 4 divi¬
sions plus ou moins profondes. Pétales 4, plus
longs , marcescenls. Étamines 8, dont 4 plus
courtes, opposées aux pétales ; filets libres, ci¬
liés ou tuberculeux, linéaires, souvent amin¬
cis à leur sommet en un filet qui porte l’an¬
thère cordiforme , prolongés supérieurement
en un petit appendice. Ovaires 4, sur un dis¬
que entier ou sinué, glabres, contenant deux
ovules superposés. Autant de styles nés de
leurs sommets , bientôt soudés ensemble en
un seul, court, que termine un stigmate à 4
sillons, égal ou épaissi en tête. Fruit composé
de 4 coques, quelquefois allongées en forme
de légume. Les espèces , assez nombreuses ,
répandues depuis les tropiques jusqu’à la
pointe australe de l’ile de Van-Diemen , sont
des arbrisseaux à feuilles opposées , simples
ou impari-pennées, quelquefois l’un et l’au¬
tre ensemble sur le même pied , entières ou
dentées , criblées de points transparents La
fleur est posée sur un pédicelle , articulée
656
BOR
BOR
avec un pédoncule qui porte une bractée à
sa base et deux bractéoles opposées à son som¬
met. Les pédoncules axillaires ou terminaux
sont simples et uniflores , ou bien ils se divi¬
sent et portent 2 ou plusieurs fleurs, roses ou
rouges , d’une odeur agréable. On en cultive
plusieurs espèces dans nos serres. (Ad. J.)
*BORONIÉES. bot. pu. — Quelques au¬
teurs ont donné ce nom à la tribu des Dios-
mées, composée de celles qui sont originai¬
res de la Nouvelle-Hollande, et se distinguent
de toutes les autres par leur embryon cylin¬
drique dans l’axe d’un périsperme épais et
charnu. (Ad. J.)
BOROS (|Sopo?, vorace), ms. — Genre de
Coléoptères tétramères, famille des Ténébrio-
nites, établi par Herbst aux dépens du g.
Hypophlœus de Fabricius , et adopté par
M. Dejean, qui, dans son dernier Catalogue,
n’y rapporte qu’une seule espèce, Boros elon-
gatus de Herbst ( Hypophlœus Boros Fabr. ,
ou Trogosita corücalis Payk.) ; mais M. Gué-
rin-Méneville, dans son Iconographie du Rè¬
gne animal de Cuvier , pl. 30, fig. 7, en re¬
présente une 2e sous le nom de B. thoracicùs
Gyllen. Ces 2 esp. sont de la Suède. (D.)
BORRAGINÉES. bot. ph.— Ce nom a été
donné par Jussieu au groupe de plantes ex¬
trêmement naturel pour lequel Linné avait
proposé celui d’Aspérifoliées. Plus tard il n’a
plus été employé qu’à désigner une section de
ces mêmes plantes par quelques auteurs, qui
croient devoir partager cette famille en plu¬
sieurs distinctes. Nous n’admettrons ces der¬
nières ici que comme des tribus , parce que
leur séparation ne nous semble pas justifiée
par des caractères d’une assez grande va¬
leur. Ceux qu’on a attribués aux Cordiées ,
l’embryon plissé et la dichotomie du style,
pourraient avoir ce degré d’importance ; mais
ils n’ont pu être vérifiés que dans le seul genre
type , et leur présence simultanée dans les
autres genres qu’on en rapproche est jusqu’ici
hypothétique. Voici donc les caractères et les
divisions de la famille des Borraginées : Ca¬
lice libre, à 5 divisions réduites plus rarement
à 4 , plus ou moins profondes , persistant et
se développant souvent après la floraison.
Corolle monopétale hypogyne , le plus ordi¬
nairement régulière et droite , plus rarement
irrégulière et recourbée, tubuleuse inférieu-
rieurement, partagée supérieurement en lo¬
bes en nombre égal aux divisions du calice,
et alternant avec elles , à gorge nue ou gar¬
nie de 5 touffes de poils, de 5 écailles ou de
cinq replis généralement opposés aux lobes.
Étamines en nombre égal , insérées au tube
de la corolle , et alternant avec ses lobes.
Ovaire à 4 loges , tantôt réunies en un seul ,
du sommet duquel part le style, tantôt dis¬
tinctes et formant autant de carpelles , entre
lesquels le style s’enfonce pour s’insérer sur
le réceptacle : c’est ce qu’on appelle un style
gynobasique. Il est simple et terminé par un
stigmate simple ou bifide, ou très rarement se
partage une ou deux fpis par dichotomie.
Dans chaque loge pend un ovule unique. Le
fruit est simple et présen te, sous son péricarpe
charnu, un noyau à 4 loges, ou 2 noyaux bi-
loculaires, ou 4 uniloculaires , ou bien il est
composé de 4 carpelles distincts, nucamen-
tacés , qui se détachent séparément à la ma¬
turité. La graine, sous une enveloppe double
et membraneuse, présente un embryon quel¬
quefois revêtu d’une couche d’un périsperme
charnu , plus ordinairement nu , à radicule
courte et supère, à cotylédons foliacés, géné¬
ralement plans , très rarement plissés dans
leur longueur.
Les caractères de la végétation varient un
peu, ainsi que la patrie des espèces dans les
différentes tribus, qui sont les suivantes :
1 . CORDIÉES (Cordiacées pour les auteurs
qui en font une famille distincte). Embryon
à cotylédons plissés, sans périsperme. Style
terminal , une ou deux fois dichotome. — Ar¬
bres ou arbrisseaux répandus sous les tropi¬
ques par tout le globe , à feuilles alternes ,
simples, entières ou dentées, raides et coria¬
ces , âpres au toucher. Fleurs en panicules ,
corymbes ou épis terminaux , quelquefois
très courts, diclines par avortement dans un
petit nombre de cas.
Genres.
Cordia, R. Br. ( Varronia , L. — Sebesiena f
Gærtn. — Cerdana , Ruiz et Pav. — Gerascan-
thus , P. Br. — Myxa, Roxb.). — Genres qui
paraissent s’en rapprocher, mais dans les¬
quels on n’a pu constater à la fois le double
caractère qui distingue la tribu : Sacellium ,
Humb. et Bonpl. — Cordiopsis, Desv. — Pa-
tagonula , L. ( Patagonica , Dill.). — • Menais ,
Lœffl.
2. ASPÉRIFOLIÉES. Cotylédons plans.
Style indivis. — Herbes , arbrisseaux ou ar-
BOR
BOR
657
bres couverts de poils raides, simples ou plus
rarement étoilés ; à feuilles presque toujours
alternes et entières, d’un tissu mou; à fleurs
solitaires ou réunies en panicules, corymbes
ou épis souvent scorpioïdes, c’est-à-dire por¬
tant les fleurs du côté intérieur seulement,
et contournés en dehors en crosse avant la
floraison.
Trib. 1. Ehrétiées. Style terminal. — La
plupart habitent entre les tropiques , hors
desquels on en rencontre très peu.
§ 1. Tournèfortiées. Graines périspermées.
Genres.
Ehreiia, L. ( Carmona, Cav.). — Rhabdia ,
Mart. — Grabowskya , Schlecht. — Beurre -
ria, Jacq. ( Bourreria , P. Br.). — Tournefor-
tia , R. Br. ( Piltonia , Kunth. — Arguzia,
Amm.). — Messerschmidtia , Rœm. et Sch.
— Coldenia, L. — Tiquilia , Pers.
§ 2. Héliotropiées. Pas de périsperme.
Schleidenia , Endl. {Preslea , Mart. non
Opitz). — Heliotropium , L. — Tiaridium ,
Lehm.
Trib. 2. Borraginées proprement dites. —
Style gynobasique. Pas de périsperme.
— Elles habitent les climats tempérés ;
nombreuses surtout dans la région médi¬
terranéenne , et vers le milieu de l’Asie.
§ 1. Anchusées. — Carpelles adnés au
réceptacle.
Cerinthe , L. — Onosma , L. — Onosmo-
dium, Rich. ( Osmodium , Rafin. — Purshia,
Spreng.). — Moltkia , Lehm. — Échium ,
Tourn. — Echiochilon , Desf. — Pulmonaria ,
Tournef. — Steenhammera, Reichenb. [Mer-
tensia , Roth, non W.) — Casselia , Dumort.
— Lithospermum , Tourn. (Rhytispermum ,
Link. — Ægonychion , Gray. — Balschia ,
Gmel.— Cyphorimciy Rafin. — Margarosper-
mum , Reichenb.). — Macromeria , Don. —
Craniospermuniy Lehm. — Colsmannia, Lehm.
— IVonnea , Med. ( Echioidest Desf.). — Me-
neghinia , Endl. ( Dioclea , Spreng. non
Kunth). — LycopsiSy L. — Anchusa, L. ( Bu -
glossum, Tourn. — Buglossoides, Tausch. — -
Baphorhiza , Link. — Alkanna , Tausch. —
Oscampia , Mœnch.). — Plagiobothrys, Fisch.
et Mey. — Eritrichiuniy Schrad. — Bothrios-
permum , Bung. — Myosotis , L. ( Echioides ,
Mœnch.). — • Exarrhena , R. Br. — Loboste-
T. II.
mon y Lehm. — Siomotechium , Lehm. — Sym-
phytum , L. — Trachystemon , Don. — Bor -
ragfo, Tourn.
§ 2. Cynoglossèes. Carpelles adnés à la base
du style.
Trichodesma , R. Br. ( Pollichia , Med. —
Cynoglossoides ,Isn. — Æorragznoides, Boerh.).
— Omphalodes , Tourn. ( Picolia , Rœm. et
Sch. — Omplialium , Roth.). — Rindera, Pall.
— Mallia , Schult. — Solenanlhus , Ledeb. —
Cynoglossurn , L. — Asperugo , Tourn. —
Echinospermum , Sw. ( Lappula , Mœnch. —
Rochelia, Rœm. et Sch. wo« Reich.).
GENRES ANOMAUX OU TROP PEU CONNUS.
Rochelia , Reichenb. — Amsinkia, Lehm.
(Benthamia, Lindl.). — Ktenospermum , Lehm.
(Ad. J.)
BORRAGINOIDES ( borrago , la bourra¬
che; eT^oç, forme), bot. pu. — Une des deux
sections du genre Trichodesma, R. Br. ( lsn .
Act. acad. Par., 1718). (G. L.)
BORRAGO. bot. ru. — Nom latin de
la Bourrache.
BORRERA (nom d’homme), bot. cr. —
(Lichens). Ce genre , établi par Achar ( Lich .
univ., p. 93 , t. 9 ) sur des caractères d’une
bien faible importance , comme des frondes
canaliculées en dessous et ciliées sur les bords,
le rétrécissement en pédicelleet la forme en
coupe évasée des apothécies, n’a pas été con¬
servé, et, il faut en convenir, ne méritait
guère de l’être. Dans un ouvrage antérieur du
même auteur ( Meth . Lich.), toutes les espè¬
ces du genre Borrera figuraient parmi les
Parmélies. De Candolle en avait fait la pre¬
mière section de ses Physcies. Les derniers
ouvrages anglais sur les Lichens le conser¬
vent encore; mais Fries ( Lichen . europ. re-
form .) en a réparti les diverses esp. soit dans
ses Évernies, soit dans le g. Parmelia. M. End-
licher ( Gen. Plant., p. 16 , n. 178) a adopté
ces réformes. (G. M.)
*BORRERIA ( nom propre), bot. pu. —
Genre de la famille des Rubiacées , tribu
des Spermacocées , institué par Meyer ( Es -
seq. , 79 ) , aux dépens de quelques Sper-
macoce , et comprenant un grand nombre
d’espèces (83) , dont une douzaine environ
sont cultivées dans les jardins. Ce sont des
plantes herbacées ou suffrutiqueuses, crois¬
sant presque toutes dans les parties les plus
42
658
BOR
BOS
chaudes de l’Amérique, à tiges ou à rameaux
souvent tétragones. Les feuilles en sont op¬
posées et disposées en faux verlicilles, en
raison de leur agglomération axillaire quand
elles sont très jeunes. Stipules connées avec
les pétioles , plus ou moins vaginantes , et
bordées de soies nombreuses. Fleurs petites,
blanches ou bleues , disposées rarement en
cymes ou corymbeuses, verticillées-capitées
dans les aisselles ou au sommet des ra¬
meaux. (G. L.)
BORRICHIA (nom d’homme), bot. ph.
— On cultive dans les jardins de botanique
le Buphtkalmum frutescens L., faisant au¬
jourd’hui partie des Borrichia qui présen¬
tent pour caractères : Capitule multiflore ,
hétérogame ; fleurons du rayon ligulés , fe¬
melles, 1-sériés ; ceux du disque hermaphro¬
dites, tubuleux, 5-fides. Involucre hémisphé¬
rique, composé d’écailles imbriquées; les
extérieures foliacées , aiguës ; les intérieures
très obtuses , membraneuses sur les bords.
Réceptacle plan , chargé de paillettes lancéo¬
lées. Rameaux du style longs , aigus , cou¬
verts, sur toute leur étendue, de poils courts
et serrés. Anthères noirâtres. Fruits cunéi¬
formes , comprimés - anguleux ; ceux de la
circonférence surmontés d’une aigrette courte
en couronne ; ceux du disque nus et souvent
de deux formes. — Les Borrichia, qui appar¬
tiennent à la famille des Composées , tribu
des Astéroïdées , sont indigènes du Nouveau
continent. (J. D.)
BORRÏKIA. bot. ph. — Synonyme de
Borrichia.
BORES. ins. -TT- Synonyme de Boros.
BORYE. Borya (Bory de Saint-Vincent ,
botaniste français), bot. ph. — Genre de la
famille des Liliacées, établi par Labillardière
(FL Nov-Holl., I, p. 81 , t. 107). Il se compose
de plantes herbacées et vivaces, à racines fi¬
breuses , allongées et très tenaces; à tige
simple ou rameuse, portant des feuilles très
serrées, aiguës , piquantes, scarieuses et des
fleurs réunies en capitule au sommet d’une
hampe terminale et simple. Le calice est in-
fondibuliforme, à limbe égal, divisé en 6 lo¬
bes. Les étamines, au nombre de 6, sont in¬
sérées au sommet du tube qui est rétréci;
leurs filets sont glabres et subulés, les an¬
thères allongées et attachées par leur base. Le
fruit est une capsule trilocuîaire s’ouvrant en
3 valves et contenant un petit nombre de
graines noires et crustacées. Toutes les esp,
de ce g. croissent à la Nouvelle-Hollande.
Il existe encore un autre g. Borya , insti¬
tué par Willdenow, mais qui ne doit pas être
adopté sous ce nom. C’est le genre Forestiera
de Poiret , appartenant au groupe des Anti-
desmées. (A. R.)
BORYNE. Boryna (nom propre), bot. cr.
— (Phycées). Ce g. formé par M. Grateloup,
qui le dédia à son ami M. Bory, bien connu
dans le monde savant, fut publié par celui-ci
(Dict. class .) seulement en 1822 et adopté
par Bonnemaison dans le Mémoire sur les
Hydrophyles loculées qu’il fit insérer en 1824
dans les Mémoires du Muséum d’histoire na¬
turelle. Comme le g. Boryna ne diffère point
du g. Ceramium , tel qu’il a été défini par
Lyngbye (Hydroph. Dan., p. 117), il ne pou¬
vait être et n’a point été admis. Voyez ce¬
ramium. (C. M.)
*BQSCA, probablement Boscia (nom pro¬
pre). bot. ph. — Genre de Dicotylédones in¬
diqué dans la Flora fluminensis (IV, t. 11),
et qu’il est presque impossible de détermi¬
ner, en raison de l’extrême insuffisance du
dessin. (C. L.)
BOSCHAS. ois. — Nom spécifique latin
par lequel Linné a désigné le Canard sauvage
proprement dit, que Brisson et plusieurs au¬
teurs anciens ont nommé Anas fera. Brisson
a cependant employé ce nom comme syno¬
nyme de Anas fera, pour désigner des varié¬
tés du Canard sauvage , et une espèce du
Mexique ; et, dans ces derniers temps, Swain-
son en a fait le type d’un sous-genre du genre
Anas. Voy. canard et anatinées. (Lafr.)
xBOSCII1\IAKIA (nom propre), bot. ph.—
Genre de la famille des Orobanchacées, éta¬
bli par G.- A. Meyen , aux dépens de Y Oro-
banche rossica de Chamisso et Schlechtendal
(Linn. , III, 132 ), et de quelques autres es¬
pèces décrites par Hooker ( Fl. bor. amer. ,
t. 167, 168). On le reconnaît essentiellement
à des fleurs hermaphrodites , ébractéolées ,
dont le calice est tubuleux , subtronqué ; la
corolle hypogyne, ringente; les 4 étamines
exsertes, didynames; les loges des anthères
libres à la base ; le style tubuleux et sub-bi-
labié au sommet, aune capsule uniloculaire.
L’espèce la mieux connue appartient au nord
de l’Asie ; c’est le B. glabra Mey. , plante à
rhizome tubéreux , hypogyne , multicaule ;
à scapes épaisses , simples , munies de squa-
BOS
mes ovales, obtuses, muCrohées, et terminées
èn une grappé dense, spiciforme. (G. L.)
lîOSCIA (nom propre), ins. — Genre de
Coléoptères pentamères, Créé parLeach ( Zoo -
logical Journal , t. I, p. 33-40) pour y placer
5 espèces de Cébrionites des États-Unis. Le
Cebrio bicolor de Fabricius paraît être le même
que le B. piccus de Leach. Le g. Selonodon ,
Latr. (Ann. Soc. ent. de France , t. III, p. 14),
a été établi depuis avec la même esp. (G.)
BOSCIA (Bosc, professeur français d’a¬
griculture). bot. pii. — Deux genres ont été
consacrés au célèbre Bosc , l’un par Thun-
berg pour un arbrisseau du Cap , qui paraît
devoir prendre place à la suite des Rutacées,
mais si imparfaitement connu encore , que
De Candolle, devant supprimer un nom déjà
employé, a proposé celui d 'Asaphes (incer¬
tain) pour le remplacer. M. Reichenbach l’a
nommé Duncània. Voyez ce mot. (Ad. J.)
L’autre est un genre de la famille des Cap-
paridacées , tribu des Capparidées , fondé
par Lamarck ( Illusi. , 1 , 355). Il renferme
une ou deux espèces appartenant à l’A¬
frique tropicale , et dont la mieux connue
est le B. senegalensis , cultivé dans les serres
d’Europe. C’est un arbrisseau inerme , gla-
briuscule , à feuilles alternes , simples , co¬
riaces , très entières , dont le pétiole articulé
au rameau par une denticule , munies de
stipules sétacées très petites ; à fleurs termi¬
nales , petites, subcorymbeuses. (C. L.)
BOSCOTE. ois. — Nom vulgaire de la
Rubiette rouge-gorge.
BOSEA ( Gaspard Bose , naturaliste alle¬
mand ). bot. pii. — Genre établi par Linné ,
qui le plaçait dans laPentandrie monogynie,
et dont la place dans les familles naturelles
n’est pas encore aujourd’hui suffisamment
déterminée. Les uns le placent dans les Ché-
nopodacées ( Atriplicées ) ; les autres , avec
doute toutefois , dans celle des Celtidacées.
Quoi qu’il en soit, il se compose de deux ar¬
brisseaux , dont l’un , le B. yervamora L. ,
trouvé aux Canaries ; l’autre le B. canna- -
bina, découvert par Loureiro dans la Cochin-
chine. Ils se distinguent par des feuilles al¬
ternes , éstipulées , pétiolées , ovales , acu-
minées, luisantes, penninerves, portées sui¬
des rameaux grêles et affilés ; les fleurs po-
lygames-dioïques en sont petites, rougeâtres
dans l’un et blanches dans l’autre, disposées
èn grappes axillaires et terminales. Lé B.
BOS 659
yervamora est cultivé en Europe dans les
orangeries, (C. L.)
BOSÉLAPHE. mam. — Voyez antilope.
BOSH-BOCK. mam. — Synonyme d* An¬
tilope sylvatica. Voyez antilope.
BOSïA. bot. ph. — Voyez bosée.
BOSON ou BOSSON, Adans. moll. —
Synonyme de Turbo muricatus L. Voyez va-
. LUDINE.
BOSOTE. ois. — Nom vulgaire de la Ru-
bietle rouge queue.
BOSSIERA, et mieux BOISSIERA (Bois-
sier, botaniste génevois). bot. ph. — Genre
établi par Doinbey ( mse . sec. Endl. yen. pl.
4703), syn. du Lardizabala , R. et P. (C. L.)
BOSSILLONS, BULBULEUX. bot. cr.—
Champignons ainsi nommés parce que leur
chapeau est un peu relevé en bosse. Us sont
d’une couleur rousse ou dorée, et leur pédi¬
cule est légèrement bulbeux à la base. Ils
forment la 36me famille des Champignons de
Paulet, qui en distingue trois espèces qui me
sont inconnues , et auxquelles il donne les
noms de B. doré, B. roux et B. réglisse.
La première , à cause de sa ténuité , n’a pas
été expérimentée ; les deux autres , données
aux animaux , ne leur ont fait éprouver au¬
cune incommodité. (Lév.)
BOSSON. moll. — Voyez boson.
BOSSUE, moll. — Nom vulgaire donné
par les marchands et les amateurs à deux
espèces du g. Ovule. La Bossue proprement
dite est la Bulla verrucosa L., et la B. sans
dents ou a ceinture, la B. gibbosa L. Ce nom
a encore été donné au Murex anus. (C. d’O.)
BOSTRICHE. Bostrichus (jSoVrptxoç, bou¬
cle de cheveux), ins. — Geoffroy avait appelé
ainsi un genre de Coléoptères tétramères, de
la famille des Xylophages, parce que l’espèce
qui lui sert de type (B. capucinus) a le corselet
ou prothorax couvert d’aspérités velues qui,
jointes à sa couleur noire et à sa forme bom¬
bée, le font ressembler à la chevelure crépue
du nègre ; mais Fabricius a jugé à propos de
transporter ce nom à un autre genre établi
par lui dans la même famille, et de nommer
A pâté le g. Bosirichus de Geoffroy. En vain
Latreille s’est élevé contre ce changement ar¬
bitraire et a voulu rétablir les choses dans
leur état primitif, en restituant le nom de
Bosirichus à l’ancien g. de l’entomologiste
français, et en appelant Tomicus le nouveau
g. de Fabricius ; la nomenclature de celui-ci
6G0
BOS
BOS
a prévalu, et c’est elle qui est généralement
suivie aujourd’hui dans les collections ; ainsi,
le g. dont il est question dans cet article est
celui de l’entomologiste danois, correspon¬
dant au g. Tomicus de Latreille , et de sa
tribu des Scolytaires.
Les Bostriches sont des Coléoptères géné¬
ralement très petits, à corps cylindrique, avec
les élytres tronquées ou plutôt courbées et
dentées à leur extrémité; la tête globuleuse
s’enfonçant dans le corselet ; les palpes très
petits et coniques ; les antennes à funicule
de cinq articles, courtes et terminées en une
massue solide ; et les tarses ayant leurs trois
premiers articles égaux. Les larves de ces
Insectes, lorsqu’elles sont très multipliées,
ce qui n’arrive que trop souvent , causent
de grands dégâts dans les forêts en vivant
aux dépens de l’aubier qu’elles sillonnent
dans tous les sens , de manière que l’écorce
finit par se détacher du tronc. Elles attaquent
les arbres résineux ou conifères. — Ce g. est
très nombreux en espèces. M. Dejean , dans
son dernier Catalogue, en désigne 52 , dont
19 d’Amérique, 3 d’Afrique, 1 des Indes
orientales , et toutes les autres d’Europe.
Nous citerons les plus connues parmi ces
dernières : 1» Bostrichus typographus Fab.
(Dermestes id. L., Scolytus id. Oliv.). Cette
espèce est très commune dans la forêt de
Fontainebleau ; 2° B. monographus Fab. , qui
se trouve dans les environs de Paris ; 3° B.
abietis Ziegl., qui habite les forêts de Sapins ;
4° enfin B . daclyliperda , espèce très petite
qu’on trouve dans toute la France. (D.)
BOSTRICHINS. Bostrichini. ins. — La¬
treille désigne ainsi la deuxième tribu des fa¬
milles des Xylophages parmi les Coléoptères
tétramères. Elle se compose des g. Bostri¬
chus , Psoa, Cis, IVemozoma, Cerylon , Rhizo-
pliagus et Clypeaster. Ces divers g. ont pour
caractères communs : Palpes (au moins les
maxillaires ) très apparents , filiformes ou
plus gros au bout. (D.)
*BOSTRICHITES. ins. — M. le comte de
Castelnau, dans l’histoire naturelle des Co¬
léoptères faisant suite au Buffon-Duménil ,
t. 2, p. 375, désigne ainsi le troisième groupe
de la famille des Xylophages ; il se compose
des g. Apate , Psoa, et Nemosoma. (D.)
*BOSTRICITES. ins. — M. Newmann ,
dans sa Classification des Insectes de l’Angle¬
terre , d’après les larves ( The eniomological
Magazine , n. 9, p. 423) , désigne ainsi une
des nombreuses divisions établies par lui
dans l’ordre des Coléoptères , et qui repose
sur les métamorphoses du g. Cis, Bostrichus ,
Tomicus , Platypus , Hylesinus , Scolytus et
Hylurgus. (D.)
BOSTRYCHE. Bostrychus (j3oarpu^oç,
boucle de cheveux, à cause des filaments sur
la narine), pois*. — Genre établi par Lacé-
pède , d’après l’examen de dessins chinois
conservés dans la bibliothèque du Muséum.
Il le caractérisait ainsi: Corps allongé, ser-
pentiforme ; deux nageoires dorsales , la se¬
conde séparée de celle de la queue ; deux bar¬
billons à la mâchoire supérieure ; les yeux as¬
sez grands et sans voile. Il y réunit 2 esp. :
le Bostryche chinois ( B. sinensis ) et le
Bostryciie tacheté (B. maculatus ). En exa¬
minant les originaux, on s’assure promp¬
tement que les deux dessins chinois repré¬
sentent des espèces qui n’appartiennent pas
au même genre , et qu’il n’était pas néces¬
saire d’établir un nouveau genre pour les
classer dans la méthode ichthyologique. La
première figure est celle d’un Gobie , peut-
être d’un Éléotris ; mais comme on ne voit
pas les ventrales , on ne peut pas affirmer
cette seconde détermination. La seconde es¬
pèce aurait dû être placée parmi les Bostry-
choides de M. Lacépède , car elle n’a qu’une
dorsale. C’est d’ailleurs la figure d’un Ophi-
céphale d’une espèce particulière. H oyez
Cuv.,Val., Hist. nat. des poiss., t. VII, p. 437.
(Val.;
BOSTRYCÏIÏA (KoOpuÇ, boucle de che¬
veux). bot. cr. — (Phycées. ) Nous avons
proposé ce nom (Hist. phys., polit, et nat. de
Cuba, p. 39) pour un démembrement du g.
Rhodomela d’Agardh, lequel nous avait paru
renfermer des espèces que leur organisation
devait en exclure. Et en effet, depuis que
nous avons publié (1839) les caractères que
nous assignons à ce nouveau g., M. Agardh
fils ( Linnœa , 1841, Symb., p. 28). a distrait,
des Rhodomèles de son père , l’espèce dont
nous avons fait le type du nôtre, mais il l’a
réunie à YAlsidium avec lequel elle ne nous
semble pas avoir suffisamment d’affinité.
En effet, notre g. s’en éloigne non seulement
par le port, qui n’est pas non plus une chose
qu’on doive tout-à-fait négliger, mais en¬
core par la structure de la fronde. La Rho¬
domela scorpioides ( Fucus amphibius Turn.)
BOT
661
BOS
offre certainement une organisation qui s’op¬
pose à la réunion proposée , et nous aime¬
rions mieux la voir laissée parmi ses ancien¬
nes congénères que placée entre deux autres
plantes qui représentent, à notre avis, des g.
bien distincts eux-mêmes. Car, quoique les
Thamnophora A'eaforihii et iriangularis se
rapprochent par leur rigidité , leur habi¬
tat, et même assez par la composition de
leur fronde du g. Alsidium , la première au
moins des deux espèces présente un mode
de fructification tout-à-fait étranger à ce
dernier, mode dont M. Martius a parlé le
premier, et dont nous avons donné aussi une
description et une figure analytique dans
l’ouvrage cité plus haut (p. 60, t. V, fig. 1).
Nous reviendrons sur ce sujet au mot Tkam-
iiophora. Nous n’avons à nous occuper ici
que des différences réelles et profondes que
nous croyons avoir aperçues entre notre g.
Bostrychia , les vraies Rhodomèles et YAlsi-
dium. Exposons d’abord ses caractères, nous
serons ensuite mieux à portée de faire res¬
sortir ces différences. Fronde continue , fili¬
forme, cylindracée, de couleur violette, noir¬
cissant à l’air libre , portant des rameaux
distiques ou épars, divisés eux-mêmes en ra-
mules tournés du même côté, en apparence
articulés , et roulés en boucle ou en crosse
â leur extrémité. Fructification stichidiaire
consistant en sortes de siliques renfermant,
sur une ou plusieurs rangées , des sphéro-
spores composés de 3 à 4 spores. Structure :
La couche extérieure consiste en plusieurs
rangées concentriques de petites cellules
oblongues ou cubiques, contenant des gra¬
nules colorés d’ou la plante tire sa teinte
violacée ; la couche intérieure, ou la moelle,
est formée de cellules très allongées, longitu¬
dinalement placées, et renfermant des corps
filiformes, colorés comme le reste de l’algue.
Si nous passons maintenant à la comparai¬
son de cette structure avec celle des Rhodo-
mela subfusca, Gaimardi, etc., nous trouvons
d’énormes différences, celle de ces dernières
espèces se rapprochant davantage sous ce
rapport des Polysiphonies. Aussi , déjà avant
M. J. Agardh , M. Duby avait-il séparé la
Rhodomela scorpioides des vraies Rhodomè-
les pour la réunir au Plocamium. Nous trou¬
vons bien que la séparation est nécessaire,
forcée même, mais nous pensons que ni l’un
ni l’autre rapprochement n’est irréprochable,
et que le seul moyen de trancher la question,
c’est de suivre la nature, qui, en dotant cette
plante et les espèces voisines d’une structure
parfaitement distincte , a voulu qu’elles ne
pussent pas être confondues. Les espèces qui
devront faire partie du g. Bostrychia, s’il est
adopté, sont les B. scorpioides , calamisirata ,
radicans , callipiera et Jloccosa. La première
est la seule qui se rencontre sur nos côtes de
l’Océan ; toutes les autres sont propres à l’A¬
mérique méridionale ou aux Antilles. (G. M.)
BOSTRYCHITE, Walker. min. — Syno¬
nyme de Prehnite. (Del.)
BOSWELLIA (nom propre), bot. pii. —
Genre de la famille des Burséracées , établi
par Roxburgh ( PL corom., 4, t. 207), et
comprenant un petit nombre d’arbres de
l’Inde, ayant le port des Elaphrium , et pro¬
duisant une résine balsamique qui découle
de leur tronc ; leurs feuilles décidues, dispo¬
sées au sommet des rameaux, sont alternes,
imparipennées, à folioles opposées, sessiles,
dentées en scie , éstipulées ; les fleurs sont
blanches, courtement pédicellées, disposées
en panicules denses, terminales, bractéolées,
ou en grappes axillaires solitaires. Ce genre
se distingue essentiellement par des fleurs
hermaphrodites ; un calice 5-denté , persis¬
tant; une corolle insérée sous un disque
annulaire et crénelé; des étamines subulées,
persistantes ; un style court à stigmate tri¬
lobé; une capsule drupacée , à endocarpe
sub-osseux. On en cultive plusieurs dans nos
serres chaudes. (G. L.)
*BOTANEBIUS (|3oTavvj, herbe ; Slot, vie).
ins. — Genre de Coléoptères télramères, fa¬
mille des Curculionites, ordre desGonatocè-
res , légion des Mécorhynchides établi par
Schœnherr(t. III, p. 358, g. 218), qui le place
entre les Anthonomus et les Prionomerus.
Ce g. a le faciès des Ciomis, mais il en diffère
principalement par le funiculedes antennes,
composé chez lui de 6 articles, et de 5 seu¬
lement chez ces derniers. L’auteur n’y rap¬
porte qu’une seule espèce , qu’il nomme B.
tuberculus , et qui est originaire de l’île de
Cuba ; elle a 4 mil. 1 /2 de long sur 2 1 /2 de
largeur. (C.)
BOTANIQUE. Botanica (/5oravvj , herbe).
— Branche de l’histoire naturelle qui em¬
brasse l’étude et la connaissance des végé¬
taux. C’est une science immense, qui s’oc¬
cupe à la fois de l’organisation générale des"
6 62
BOT
BOT
plantes , de la description des organes qui les
composent, des fonctions que remplissent
ceux-ci chacun en particulier, et du rôle que
chacun d’eux est appelé à jouer dans le grand
ensemble de phénomènes qui constituent la
vie , de la classification des végétaux, de leur
distribution à la surface du globe , et enfin
de leurs propriétés et des usages auxquels ils
peuvent être employés. De ces différents as¬
pects sous lesquels on peut envisager l’étude
des plantes résulte la nécessité de diviser la
Botanique en plusieurs branches distinctes,
qui souvent comprennent chacune plusieurs
parties distinctes. Les branches principales
de la Botanique sont :
1° L’ORGANOGRAPHIE;
2° La Taxonomie ;
3° La Photographie ;
4° La Géographie botanique ;
6° La Botanique appliquée.
Nous allons les passer rapidement en re¬
vue.
1° On désigne sous le nom d’ORGANOGRÀ-
pHie la partie de la Botanique qui traite de
la description des organes ou parties Consti¬
tuantes du végétal. Gomme tous les êtres vi¬
vants , les plantes sont en effet composées de
parties ayant chacune un nom spécial , une
structure et des fonctions particulières. Ces
parties ou ces organes sont les instruments à
l’aide desquels s’exécutent les différentes
fonctions dont l’ensemble constitue la vie vé¬
gétale. L’Orgânographie est pour le règne vé¬
gétal ce que l’anatomie descriptive est au
règne animal : c’est là le point de départ de
toutes les autres branches de la Botanique.
Son étude , qui doit toujours précéder celle
des autres parties de la science , comprend :
1° le nom des organes ; et ce nom a souvent
varié aux différentes périodes de la science ,
suivant que cet organe a été plus ou moins
bien connu dans sa structure et dans ses
fonctions ; 2° la position de l’organe , soit sa
position absolue , soit sa position relative.
Cette dernière considération est de beaucoup
la plus importante. En effet, elle est souvent
le seul indice qui peut faire reconnaître un
organe au milieu des transformations ou des
altérations qu’il a subies ; 3° enfin les diver¬
ses modifications de forme, de couleur, de
consistance, de simplicité ou de composition
que le même organe peut présenter. L’étude
dP ces Modifications est dé la plus haute irn-
portahcê , càr non seulement elle nous ap¬
prend à bien connaître chaque organe , en
nous le montrant sous tous les points de vue
où il peut se présenter à nous, mais encore
parce que ce sont ces modifications qui ser¬
vent de caractères pour distinguer les diffé¬
rents végétaux les uns des autres.
Cette ^première partie de la Botanique ,
Y Organographie , a pour objet la connais¬
sance complète des organes. Ici se rattache
donc Y Anatomie végétale , c’est-à-dire l’étude
des tissus ou éléments organiques qui en¬
trent dans la composition des végétaux , et
celle de la structure spéciale de chaque or¬
gane en particulier. Nous avons déjà donné
une idée générale de cette structure au mot
anatomie végétale. ( Voyez ce mot.)
Quand on connaît bien la nature d’un or¬
gane , qu’on l’a étudié dans ses diverses mo¬
difications et dans sa structure intime, il
reste encore, pour en avoir une connaissance
complète, à étudier ses fonctions. Cette par¬
tie , que nous rattachons encore à l’Organo-
graphie, constitue la Physique oü Physiologie
végétale , science encore obscure, sur laquelle
les opinions s’accordent peu , soit parce que
tous les phénomènes de la vie dans les plan¬
tes sont peu prononcés , et ne se manifestent
que dans des conditions difficiles à apprécier,
soit parce que l’anatomie végétale, qui lui
sert de base , est loin d’être également bien
connue dans toutes ses parties.
Tels sont les points essentiels que comprend
l’Organographie végétale. A cette première
partie de la Botanique se rattachera encore
une étude fort importante , qui préoccupe
singulièrement aujourd’hui tous les bons es¬
prits : c’est celle dès transformations qu’un
même organe peut éprouver, dans toute la
série des végétaux ; c’est la partie vraiment
philosophique de l’Organographie qu’on dé¬
signe sous le nom de Morphologie.
2° La Taxonomie forme la seconde branche
principale de la Botanique : c’est la connais¬
sance des lois de la classification appliquée
au règne végétal ; c’est l’appréciation de la
valeur relative des différents caractères qui
peuvent servir de base au groupement, au
rapprochement dès espèces et des genres ;
c’est la recherche de Cës affinités, de ces rap¬
ports qui lient entre eux toutes les produc¬
tions de la nature, tantôt d’une manière évi¬
dente et qui frappé les veux lès moins exer-
BOT
BOT
663
cés , tantôt d'une manière plus ou moins
obscure et qui a besoin du secours de l’ob¬
servation rigoureuse et de la comparaison ,
pour rendre manifeste le lien caché qui unit
entre eux certains végétaux. Nous n’avons pas
besoin de dire que le perfectionnement de la
méthode des familles naturelles doit être le
but des efforts de tous les vrais naturalistes.
Sans repousser les autres classifications ar¬
tificielles, et en particulier quelques systèmes
qui peuvent, dans certains cas, être d’une
utilité incontestable, néanmoins il est im¬
possible , dans l’état actuel de la science ,
d’admettre une autre classification ration¬
nelle du règne végétal. Sans doute la distri¬
bution des végétaux en familles naturelles
n’a rien de la marche régulière , je dirai
même de la précision des classifications sys¬
tématiques. La nature même ne se prête pas
à la régularité de ces dernières ; mais ses ré¬
sultats ont un caractère d'intérêt qui la met¬
tent au rang des connaissances les plus pro¬
pres à satisfaire les esprits les plus élevés et
les plus philosophiques.
3° L’art de décrire des plantes, c’est-à-dire
d’exprimer par des mots les caractères parti¬
culiers à une espèce, à un genre ou à une fa¬
mille constitue la Phytographie. Cette partie
s’appuie nécessairement sur une connais¬
sance approfondie de l’Qrganographie. Elle
exige aussi une étude complète de tous les
mots, soit substantifs, soit adjectifs, à l’aide
desquels on exprime les diverses modifica¬
tions de chaque organe. Les mots employés
dans le langage de la Botanique, comme , au
reste, dans, celui de toutes les autres sciences,
doivent avoir un sens parfaitement arrêté et
distinct, puisque ces mots doivent, pour ce¬
lui qui lit une description, pouvoir représen¬
ter exactement une modification matérielle.
Aussi esb-il bien important, au début de l’é¬
tude de la Botanique, de se familiariser avec
la Glossologie végétale , qui embrasse l’étude
de tous les mots techniques de la science des
végétaux. Et qu’on ne croie pas que cette .
étude soit longue et difficile, et qu’elle rende
la Botanique accessible seulement aux per¬
sonnes douées des dons de la mémoire. La
langue botanique est fort simple; elle exige
peu d’efforts pour être parfaitement com¬
prise, bien que le nombre des mots employés
dans la description des végétaux soit fort
considérable. Ces mots sont ou des substan¬
tifs ou des adjectifs. Les premiers servant à
dénommer les organes sont généralement
peu nombreux , et un grand nombre d’en¬
tre eux sont très connus, et n’ont en quel¬
que sorte pas besoin d’explication. Ainsi, les
mots racine, tige, feuilles, fleurs, épines,
fruits, graine, etc., sont parfaitementcompris
de tout le monde, même des personnes tout-
à-fait étrangères au langage technique de la
science. Les noms adjectifs à l’aide desquels
on exprime les modifications si variées des
organes, sont excessivement nombreux ; mais
ici, il y a une distinction fort importante à
établir. Parmi ces noms, le plus grand nom¬
bre, destinés à représenter les modifications
de figure, de forme, de position, de gran¬
deur, etc., sont les mêmes que ceux qui sont
usités dans le langage usuel de la société, et
n’exigent pas, en conséquence, une définition
particulière; ainsi, quand on dira qu’une
tige, par exemple, est triangulaire, carrée ,
cylindrique, pentagone, etc., que des feuilles
sont cordiformes, sagittées, aiguës, obtuses,
dentées ou entières, on sera sûr d’être tou¬
jours facilement compris. Restent donc les
expressions techniques particulières à la
science. Ce sont, en effet , les seules dont il
faille étudier la vraie signification. Or, il faut
bien le savoir, leur nombre n’a rien qui soit
capable d’effrayer même les personnes les
moins favorisées du côté de la mémoire.
La Phytographie doit comprendre aussi la
Synonymie , c’est-à-dire la recherche des dif¬
férents noms sous lesquels une même plante
a été connue ou décrite dans les divers au¬
teurs qui en ont successivement parlé. Cette
partie est fort importante : c’est le lien en¬
tre le passé et le présent. Elle exige une
scrupuleuse attention, une grande impartia¬
lité, une connaissance approfondie de l’his¬
toire de la science etde ses monuments écrits.
Rien de plus facile au premier abord que de
faire de l’érudition, en accumulant, à la suite
du nom sous lequel on décrit une plante, les
noms qu’elle a portés à toutes les époques de
la science, et tous les auteurs qui en ont suc¬
cessivement parlé; mais pour que cette par¬
tie soit véritablement utile, il faut que le
botaniste s’astreigne à ne jamais faire une ci¬
tation sans l’avoir lui-même vérifiée, c’est-à-
dire sans être remonté jusqu’à la source,
ou jusqu’à l’auteur qu’il veut citer. C’est
pour ne pas avoir suivi ce précepte, c’est pour
BOT
BOT
664
avoir copié sans les vérifier les synonymes
recueillis par chaque auteur , que tant d’er¬
reurs se sont propagées, et qu’il est souvent
si difficile de remonter jusqu’aux auteurs qui
les premiers se sont occupés de certains vé¬
gétaux.
La Synonymie exige un esprit judicieux
et une saine critique. Son mérite ne con¬
siste pas à réunir péniblement tous les noms
qu’une plante a portés et tous les auteurs
qui en ont parlé. C’est un défaut, selon nous,
dans lequel sont tombés beaucoup d’auteurs
de travaux d’ailleurs fort recommandables ,
dont les synonymes occupent une place plus
considérable que la description même de la
plante. Il faut savoir faire un choix en ci¬
tant de préférence les auteurs et les ouvrages
que leur mérite place au premier rang, et en
négligeant , au contraire, ceux qui n’ont fait
que reproduire soit les descriptions , soit les
idées des autres.
Il est une règle d’équité à laquelle on doit
rigoureusement s’astreindre dans la partie
synonymique des sciences, c’est la loi de l’an¬
tériorité. Quand un nom est conforme aux
règles de la nomenclature , il faut toujours
lui accorder la préférence s’il est le plus an¬
cien ; sans cette sage précaution , on verrait
la confusion s’introduire dans la science.
Nous mentionnerons encore ici comme une
annexe de la Phytographie l’art de représen¬
ter les caractères des végétaux par des figu¬
res soit analytiques, soit d’ensemble, art qui
depuis le commencement de ce siècle a reçu
une impulsion toute nouvelle, et qui est ap¬
pelé à rendre de grands services. \1 Icono¬
graphie végétale fait aujourd’hui, ou du moins
doit faire partie des études de tous les jeunes
gens qui se sentent quelque goût pour la Bo¬
tanique. Quelle que soit l’habitude qu’on ait
de manier et d’appliquer le langage de la
description des végétaux, une figure, fut-elle
même médiocre, donnera une idée plus nette,
et surtout plus facile à saisir que la meilleure
description ; à plus forte raison si la figure
est accompagnée de détails analytiques pré¬
cis, sera-t-elle d’une immense utilité jointe
à une bonne description.
4° La quatrième branche de la Botanique
générale est celle qu’on connaît sous le
nom de Géographie botanique. C’est l’étude
de la distribution des végétaux à la sur¬
face de la terre , étude pleine d’intérêt, et
née en quelque sorte avec ce siècle. Pour
l’observateur le moins attentif, avons-nous
écrit ailleurs, chaque grande contrée du
globe présente des caractères spéciaux, quand
on examine les différents végétaux que la na¬
ture y fait croître. Cette diversité dans les
productions végétales est une des causes de
la physionomie particulière que présente le
paysage dans les diverses parties du monde.
Ainsi, la végétation des pays du Nord, cou¬
verts d’immenses forêts de Pins, de Sapins,
de Bouleaux , est fort différente de celle des
régions tempérées , où les forêts sont moins
abondantes et présentent plus de variétés
dans les espèces qui les composent. Celle-ci
n’a plus de rapports avec la végétation fas¬
tueuse et variée des pays tropicaux, où les
conditions climatériques favorisent et entre¬
tiennent le développement continu d’une vé¬
gétation qui ne s’arrête jamais. Ces diffé¬
rences ne sont pas moins grandes quand on
compare la végétation des plaines à celle
des montagnes. Ce ne sont ni les mêmes es¬
pèces , ni souvent les mêmes genres ; et , à
mesure qu’on s’élève à des hauteurs plus
grandes , on voit les plantes offrir des carac¬
tères nouveaux. Si, à ce premier coup d’œil
superficiel et général , on fait succéder un
examen plus approfondi, de nouvelles diffé¬
rences se présentent en foule , et l’on ne
tarde pas à reconnaître que ces différences et
ces analogies entre la végétation des régions
diverses sont soumises à un certain nombre
de lois ou de données générales dont la con¬
naissance constitue une branche particulière
de la Botanique , qu’on a désignée sous le
nom de Géographie Botanique.
5° Jusqu’à présent nous n’avons considéré
la Botanique que d'une manière générale, et
en quelque sorte spéculative, en un mot que
comme l’un des chaînons de cette vaste sé¬
rie de connaissances qu’on appelle la Phi¬
losophie générale; mais de même que toutes
les autres sciences , la Botanique peut être
envisagée dans ses rapports immédiats avec
nos besoins. C’est ce qui constitue la Bota¬
nique appliquée. Étudiée sous le point de vue
spécial de ses applications , la Botanique se
divise en un assez grand nombre de bran¬
ches. Ainsi elle portera les noms de Bota¬
nique économique , médicale , industrielle , fo¬
restière , etc. , suivant qu’elle s’occupera plus
spécialement des végétaux utiles à l’homme,
BOT
665
BOT
soit comme aliments , soit comme médica¬
ments, soit comine fournissant des produits
employés dans les arts oit dans l’industrie.
On ne peut nier que cette partie de la science
ne soit une des plus importantes, et c’est pres¬
que toujours par cette partie que les sciences
ont commencé à être cultivées.
Telles sont les différentes parties dont se
compose la Botanique. Jetons maintenant
un coup d’œil rapide sur l'histoire de cette
science, sur les principes philosophiques qui
lui servent de base , et sur la marche à sui¬
vre pour contribuer à son avancement et à
ses progrès.
I. L’histoire de la Botanique a présenté
des périodes bien distinctes. Pendant l’anti¬
quité elle ne forme pas encore une science ;
c’est un amas confus de connaissances im¬
parfaites , sans unité , sans lien commun.
Trois noms apparaissent dans cette première
période : Théophraste , Dioscorides et Pline.
Théophraste , élève et ami d’Aristote , ayant
puisé à l'école de ce grand philosophe et de
ce grand naturaliste le génie de l’observa¬
tion , décrit non seulement les plantes de la
Grèce que leurs usages rendaient plus dignes
d’attention , mais nous donne déjà quelques
notions de structure et de physiologie végé¬
tale. Ainsi il décrit non seulement l’écorce ,
mais il fait voir le rôle important de cet or¬
gane dans les phénomènes de la nutrition ,
puisqu’il dit qu’un anneau complet enlevé
sur un arbre y arrête tout mouvement d’ac¬
croissement.
Dioscorides , qui vivait sous Néron , avait
parcouru l’Italie, la Grèce et une partie de la
Gaule. Son ouvrage , qui forme six livres ,
est , sans contredit , le plus complet que
l’antiquité nous ait légué. Il y fait con¬
naître non seulement toutes les plantes em¬
ployées alors en médecine , mais les sucs ,
gommes ou résines qu’on en retire. C’est une
sorte de matière médicale , où les trois rè¬
gnes de la nature viennent tour à tour
apporter tous les produits utiles qu’ils four¬
nissent à l’homme: aussi le livre de Diosco¬
rides a-t-il été la base des études du bota¬
niste et du médecin pendant cette longue
période de siècles , où l’on cherchait , dans
l’étude approfondie des anciens, des connais¬
sances qu’il eût été bien préférable et sur¬
tout bien plus simple de puiser dans l’étude
de la nature.
L’ouvrage de Pline ( Hisioria mundi ), ré¬
sumé presque complet de tout ce qui avait
été écrit jusqu’alors sur la nature et ses pro¬
ductions, aurait exercé une bien plus grande
influence sur la science, si son auteur y avait
introduit plus de critique. Pline, en effet, a
consigné dans son livre toutes les vérités et
toutes les erreurs accréditées à l’époque où
il écrivait , c’est-à-dire sous le règne de Ti¬
bère, mais sans chercher dans sa vaste instruc¬
tion et dans son intelligence supérieure les
moyens de les distinguer et de les apprécier
chacune à leur juste valeur.
IL II faut traverser une bien longue suite
de siècles pour trouver la Botanique essayant
de se réédifier sur une base nouvelle, et avec
des matériaux qui ne fussent pas tous des
lambeaux de l’antiquité. Ce n’est guère qu’à
la fin du xve siècle qu’on commence à reve¬
nir à l’étude de la nature et à la préférer à de
stériles commentaires sur les anciens. Quel¬
ques ouvrages contenant des ébauches de
descriptions et des figures bien imparfaites
sans doute signalent la renaissance de la
Botanique. Une fois entrés dans cette voie
nouvelle , le champ de la science s’agrandit
et ses progrès deviennent rapides. Brunsfels
de Mayence, Jérôme Tragus, Léonard Fuch-
sius, écrivent des ouvrages fruits de l’obser¬
vation directe de la nature, et dans lesquels
la Botanique semble être créée de nouveau.
Peu de temps après, Clusi us ou l’Écluse, après
avoir voyagé dans presque toutes les parties
de l’Europe, décrit et figure les plantes qu’il
a observées avec un soin et une précision
dont aucun autre auteur n’avait jusqu’à lui
donné l’exemple. Pendant ce temps, Gesner
de Zurich , les deux frères Bauhin , Magnol
et Ray , c’est-à-dire des savants de la Suisse, de
la France et de l’Angleterre, s’efforçaient tour
à tour de poser les bases d’une classification
rationnelle des végétaux, et d’une nomencla¬
ture qui pût servir à faire distinguer et re¬
connaître tous ceux qui avaient été mention¬
nés jusqu’alors dans les nombreux ouvrages
des botanistes. Tel fut l’état de la science jus¬
qu’au milieu et même jusque vers la fin du
xvne siècle : décrire les végétaux indigènes
dont le nombre était déjà considérable ; les
représenter par des figures encore incom¬
plètes sans doute , mais où néanmoins on
sent peu à peu l’amélioration et le pro¬
grès ; faire connaître aussi les plantes exo-
42*
T II.
BOT
G66 BOT
tiques que les voyageurs avaient rappor¬
tées.
III. Mais la découverte du microscope ,
vers 1620, par Drebben et Janssen, et ses ap¬
plications à l’étude de l’organisation des vé¬
gétaux allaient ouvrir un nouveau champ à
l’observation et donner à la Botanique un
nouveau caractère. Presque à la même épo¬
que , deux savants du premier ordre, Malpi-
ghi,en 1676, et Grew, en 1682, abordaient de
front presque toutes les grandes questions de
la structure des végétaux , fondaient ainsi
une science toute nouvelle et publiaient cha¬
cun de leur côté un livre qui, encore aujour¬
d’hui , est la base de la science. La connais¬
sance plus approfondie de l’organisation des
plantes devait aussi mieux faire connaître
leurs fonctions et le mécanisme de tous les phé¬
nomènes de leur Yie : aussi voyons-nous les
travaux des Geoffroy, des Sébastien Vaillant,
des De la Hire, et surtout de Haies, venir par
degrés nous dévoiler successivement les
mystères de la vie végétale.
IV. Jusqu’alors, malgré les importants
ouvrages publiés dans le cours du xvne siè¬
cle , malgré les efforts déjà tentés par quel¬
ques hommes supérieurs, la Botanique man¬
quait encore des deux éléments qui consti¬
tuent vraiment une science, une nomencla¬
ture et une classification rationnelles. Ces
deux conquêtes , elle les fit successivement
dans la première moitié du xvme siècle. Tour-
nefort en France , et Linné en Suède , l’assi¬
rent enfin sur des bases solides que le temps
pouvait bien modifier dans quelques unes de
leurs parties, mais dont il devait plutôt con¬
solider et maintenir l’édifice.
Tournefort avait dans un même ouvrage
rangé et caractérisé tous les végétaux con¬
nus jusqu’à lui. Sa méthode simple les réu¬
nissait tous j mais la nomenclature restait
avec toutes ses imperfections. Chaque genre
et chaque espèce , au lieu d’être représen¬
tés par un nom invariable, entraînaient une
phrase souvent peu précise, toujours lon¬
gue, traînante , et qui rendait la science dif¬
ficile et confuse. Linné réforme cette no¬
menclature : il fixe mieux encore que Tour¬
nefort ne l’avait fait les limites des genres
et des espèces, donne un nom spécial à cha¬
que genre , transporte ce nom à chaque es¬
pèce, qui y ajoute un nom adjectif; et par
ce mécanisme si simple, si ingénieux, il fait
sortir les genres et les espèces du désordre et de
la confusion que ses prédécesseurs n’avaient
pu détruire. La nomenclature botanique telle
qu’elle est présentée dans les écrits de Linné,
il y a déjà plus d’un siècle, n’a subi jusqu’à
nous aucun changement , aucune améliora¬
tion ; et encore aujourd’hui nous suivons
avec reconnaissance les traces lumineuses
que ce grand homme a marquées dans la
science des végétaux.
V. Nous arrivons à la dernière grande pé¬
riode de la science, à celle qui l’a constituée
sur les bases où nous la voyons assise de nos
jours. La nomenclature botanique était fon¬
dée ; des idées précises, autant du moins que
la science peut le permettre, étaient attachées
aux genres et aux espèces ; l’art de préciser et
de décrire les caractères de ces genres et de ces
espèces avait été perfectionné ; mais la classi¬
fication, après avoir semblé pendant quelque
temps satisfaire tous les esprits, avait laissé
voir ses imperfections. Déjà, à différentes
époques, des hommes supérieurs, mais à qui
les faits manquaient, avaient entrevu le lien
commun qui semble réunir toutes les pro¬
ductions de la nature , sans pouvoir le sui¬
vre et le retrouver. Magnol et Ray avaient
déjà eu quelques idées vagues d’une classi¬
fication qui puiserait ses caractères dans
l’ensemble de l’organisation et non pas dans
un seul organe, comme on l’avait fait jusqu’à
eux ; mais ces grandes idées n’avaient pas en¬
core été nettement formulées. Bernard de
Jussieu commença le premier à les généra¬
liser et à les mettre en pratique. Les végétaux
furent rapprochés d’après leurs analogies ;
les familles naturelles furent créées , et la
science entra enfin dans la voie où tous nos
efforts doivent tendre à la maintenir. Pres¬
que à la même époque , Adanson publiait un
livreront l’originalité a sans doute diminué
le succès, mais qui, fruit d’une érudition
immense , d’une étude approfondie de l’or¬
ganisation végétale poursuivie et comparée
dans toutes ses parties, doit néanmoins res¬
ter comme l’une des bases de la méthode des
familles naturelles. Enfin, Antoine-Laurent de
Jussieu, élève et digne successeur de son oncle
Bernard , profitant des travaux de celui-ci ,
fécondant et poursuivant ses idées , réunis¬
sant lui-même d’immenses matériaux , qu’il
classait, qu’il coordonnait avec une admira¬
ble lucidité, jetait les fondements inébran-
BOT
BOT
667
labiés de cette méthode philosophique qui ,
de la Botanique , s’est successivement éten¬
due à toutes les autres branches de l’histoire
naturelle.
Depuis près d’un demi -siècle, la mé¬
thode des familles naturelles a complètement
changé la face de la Botanique. Elle a semé
des germes , qui peu à peu se sont dévelop¬
pés et ont porté leurs fruits. La Botanique ,
confinée jusqu’alors dans les étroites limites
d’une science purement descriptive, a vu son
horizon s’agrandir, ses rapports se multiplier,
et des observations nombreuses faites par
tous ceux qui la cultivent est né un ensemble
philosophique dont toutes les parties sont
liées par des lois générales , confirmant de
plus en plus les rapports harmoniques qui
existent entre toutes les productions de la
nature.
Les progrès que la Botanique a faits dans
cette période sont immenses. Pour bien sai¬
sir les rapports ou affinités qui existent entre
les différents genres, afin de pouvoir les réu¬
nir et les grouper en familles naturelles, il
a fallu scruter profondément tous les points
de leur structure, les comparer entre eux ; et
c’est ainsi qu’on est parvenu à connaître dans
ses moindres détails la disposition des orga¬
nes des plantes , pour en tirer les lois géné¬
rales de l’organisation des végétaux.
Pendant long-temps, les deux parties essen¬
tielles de la Botanique , c’est-à-dire l’anato¬
mie et la physiologie d’une part , et la Bota¬
nique descriptive d’une autre, ont formé
deux branches tellement distinctes, que bien
rarement elles ont été cultivées à la fois
par les mêmes naturalistes ; mais depuis
quelque temps on a senti la nécessité d’unir
ces deux parties de la science, et aujour¬
d’hui une famille n’est bien connue que
quand la structure anatomique est venue se
joindre à la connaissance exacte des modifi¬
cations de chacun de ses organes. On avait
admis autrefois , en se contentant du petit
nombre d’observations qui avaient été faites
alors, que les végétaux phanérogames ne pré¬
sentaient que deux types distincts d’organi¬
sation intérieure , l’un propre à tous les vé¬
gétaux monocotylédonés , et l’autre aux
plantes dicotylédonées ; mais en multipliant
les observations, on a fini par reconnaître que
cette structure anatomique n’est pas aussi
uniforme qu’on l’avait cru d’abord. Il .s’est
montré successivement de nombreuses ex¬
ceptions, qui sont venues détruire cette sim¬
plicité apparente; et ce qui n’est pas moins
remarquable, c’est qu'on a fini par trouver
des types nouveaux , qui souvent sont assez
généralement répandus dans un groupe pour
le caractériser nettement. Ainsi la plupart
des arbres de la famille des Conifères , des
Sapindacées, des Malpighiacées , des Méni-
spermécs , des Aristolochiées , des Cac¬
tées, etc. , etc., présentent, dans la struc¬
ture de leur tige , une organisation si re¬
marquable, et qui s’éloigne tant de celle des
autres végétaux dicotylédonés , que seule
elle peut souvent suffire pour caractériser
et distinguer les végétaux de chacun de ces
groupes. Il est même assez probable qu'à
mesure qu’on multipliera ces observations
d’anatomie, et qu’on y apportera plus de soin
et de précision, on découvrira, dans chacune
des grandes familles du règne végétal, des ca¬
ractères peut-être moins tranchés, mais suf¬
fisants encore pour définir chacun d’eux.
L’étude des familles naturelles, embrassée
dans toute son étendue , c’est-à-dire compre¬
nant, outre l’anatomie ou la disposition par¬
ticulière des éléments organiques , un exa¬
men approfondi des diverses modifications
de tous les organes , de leurs rapports , de
leurs altérations et transformations , est cul¬
tivée aujourd’hui avec un grand zèle, et fait
chaque jour faire de nouveaux progrès à la
Botanique. Sans doute la^ience s’est beau¬
coup perfectionnée, sous ce rapport, dans les
vingt dernières années qui viennent de s’é¬
couler ; mais prenons garde de nous égarer.
Je crains qu’il n’y ait dans ce moment-ci une
tendance assez généralement répandue , et
qui pourrait exercer une fâcheuse influence
sur l’avenir de la Botanique. Beaucoup d’hom¬
mes d’un mérite incontestable nous parais¬
sent méconnaître l’esprit éminemment phi¬
losophique qui doit servir de base à la mé¬
thode des familles naturelles, et qui forme le
caractère distinctif du Généra plantarum de
Jussieu. En s’occupant des familles et des
genres, on se laisse trop souvent dominer par
les différences qu’on observe ; il résulte de là
qu’on tend presque toujours à diviser outre
mesure les familles et les genres ; il semble
que dans un grand nombre de travaux on
soit plus préoccupé de trouver des différen¬
ces qui éloignent les genres, que de découvrir
668
BOT
des analogies qui les rapprochent. Cette ten¬
dance, ainsi poussée à l’excès, jette la science
dans une voie peu philosophique, et qui l’é¬
loigne de plus en plus du principe qui lui
avait d’abord servi de symbole et de point de
départ. Sans doute il ne faut pas confondre
des végétaux dont la structure est réellement
différente, et qui offrent, dans les points es¬
sentiels de leur organisation, des contrastes
qui semblent repousser leur rapprochement;
car bien que l’idée de genre et même de fa¬
mille ne soit qu’une sorte d’abstraction de
notre esprit, qui n’a ni la précision ni la ri¬
gueur que lui attribuent quelques botanistes,
cependant on doit convenir qu’en multipliant
ces divisions outre mesure, on brise , pour
isoler les végétaux les uns des autres, les ana¬
logies et les affinités qui tendent à les grou¬
per : aussi voyons-nous dans les ouvrages
les plus récents le nombre des familles aug¬
menter dans une proportion effrayante.
Quand un genre s’éloigne par quelque ca¬
ractère, souvent même assez peu important,
du groupe dont on l’a d’abord rapproché, sou¬
vent, au lieu de modifier, d’élargir en quel¬
que sorte les caractères généraux de ce
groupe, de manière à y comprendre ce genre,
on en retranche celui-ci * et on Férige seul
en une nouvelle famille : aussi combien ne
voyons-nous pas aujourd’hui de familles ainsi
formées par un genre unique ! Celle manière
de procéder nous paraît vicieuse; nous pen¬
sons qu’elle doit être abandonnée. Dans l’é¬
tat actuel de la science, après les travaux de
séparation, de morcellement, dont les genres
et les familles ont été l’objet, que les esprits
vraiment philosophiques s’occupent plutôt
de rechercher, en multipliant et variant les
points de vue sous lesquels les végétaux peu¬
vent être envisagés , les affinités qui peuvent
exister dans ces groupes désunis, et à re-
nouer les liens brisés des rapports que la na¬
ture a établis entré eux. En un mot , nou9
pensons qu’on rendrait plus de services à la
science , qu’on la dirigerait dans une foute
plus rationnelle et plus philosophique, en fon¬
dant, en réunissant entre eux un grand nom¬
bre des genres et des familles qui existent
aujourd’hui , plutôt qu’en opérant de nou¬
velles divisions.
Il est encore un point sur lequel nous ne
saurions trop appeler l’attention des jeunes
observateurs ; c’est dé suivre un même or*
BOT
gane dans toutes les périodes de son déve¬
loppement , depuis le moment où il com¬
mence à se montrer jusqu’à celui où il a
acquis tous ses caractères. L’Organogénie »
car c’est ainsi qu’on a appelé cette partie
de la science des êtres organisés, peut seule
nous éclairer définitivement sur la véritable
nature d’un organe. Elle s’applique non seu¬
lement à l’étude des organes considérés dans
leur ensemble , dont elle nous fera connaî¬
tre les changements successifs qui se sont
opérés dans leur structure interne , mais en¬
core à l’étude des éléments anatomiques
dont ces organes se composent. En un mot,
nous croyons l’Organogénie appelée à éclai¬
rer à la fois 'l’Organographie et l’Anatomie
des végétaux. (A. Richard.)
*BOTANQCHARA (jSoro tvvj, herbe ; x«p*>
joie), ins. — Genre de Coléoptères tétramè-
res, famille des Chrysomélines , établi par
M. Dejean, dans son dernier Catalogue, aux
dépens du grand g. Cassida de Linné, et qu’il
place entre les g. Cyrionota et Chelimorpha
de M. Chevrolat. Il y rapporte 19 espèces,
de l’Amérique , parmi lesquelles nous en ci¬
terons 2 seulement : la B. nervosa { Cas-
sida id. Fabr.) du Brésil, et le B . Panthe -
rina Dej. de Buénos-Ayres* (D.)
BOTAURUS. ois. — C’est le nom latin
adopté par Brisson pour une sous-division
de son g. Ardeas Héron, ayant pour type le
Butor, Ardea siellaris Linn. Depuis lui , on
a continué de l’employer dans le même sens,
et même dans ces derniers temps comme
nom générique. Voyez héron. (Lafr.)
BOTELUA. bot. ph. — Voyez boute-
loua.
*BOTHRIDERES ((3o9Ptov, petite fosse;
ef/pv), cou). iNS.—Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille dès Xylophages , établi par
M. Dejean , dans Son dernier Catalogue , aux
dépens du g. Bitonia et Lycius „ Il y rapporte
9 espèces dont 6 d’Amérique, 2 d’Afrique et
1 d’Europe. Nous n’en citerons que 2:1 è B.
suicatus Dej., de Saint-Domingue ; et lè B.
coniractus Fabr., qui se trouve aux environs
de Paris. (D.)
*BOTHRïDIE. Boihridium ( jSo'Qptsv , su¬
çoir). IIELM. — M. dè Blainville ( Appendice
à la traduction française de Bremser, pl. 2,
f. 15) a établi ce genre bour le ver tænioïde,
de la famille des Anorhynques, qui vit dans
l’intestin des Pillions, et qu’on trouve corn*
BOT
669
BOT
munément lorsqu’on fait la dissection de ces
animaux.
Corps mou, très allongé, très déprimé, tæ-
nioïdè, composé d’ûn très grand nombre
d’articles enchaînés, transverses, réguliers,
sans pores latéraux ni cirrhès. Renflement
céphalique bien distinct, composé de deux
cellules latérales , ouvertes en avant par un
orifice arrondi. Ouverture des ovaires unique
pour chaque article, et percée au milieu d’une
des faces aplaties.
Tels sont les caractères assignés à ce genre
par l’auteur ( Dict . sc., n. lvii , 609). M. Ch.
Leblond (Ann. sc. nnt. , 2e série, v, 299,
pl. 16, f. 9-15) a donné de nouveaux détails
sur le Boihridium Piihonis, et changé le nom
de ce ver en celui de Prodicœia dilrema. Il
a remarqué que l’ouverture des ovaires est
double pour chaque article, et non unique,
comme l’avait dit M. de Blainville. (P. G.)
*BOTHRIMO]\Ë. Bolkrimonus ( ( "iédptôv ,
suçoir; p.ovoç , unique), helm. — M. Duver-
noy vient d’établir sous ce nom (d’oc, philom.
de Paris , 1842) un genre de Vers intesti¬
naux voisins des Ligules, et qui lie ces ani¬
maux aux Bothriocéphaies et aux Bothridies.
L’espèce sur laquelle ce genre reposé a été
découverte , par M. Lesueur, dans l’intestin
d’une espèce d’Esturgeon de l’Amérique du
Nord. Voici les caractères génériques du Bo-
thrimone : Corps plat, liguliforme, ayant en
avant un suçoir unique à ouverture anté¬
rieure ; en dessus et en dessous sur la ligne
médiane , une bande longitudinale percée
d’orifices rapprochés par paires et qui sem¬
blent être ceux des ovariens ; ceux de la face
inférieure plus prononcés. Cette nouvelle es¬
pèce de ver vit dans Y Accipenser oxyrhyn-
chus. M. Duvernoy l’appelle Boih. sïurïànrs.
(P. G.)
BOTHBÏOCEPHALÉ. Bothriocephalus
(@ôôp tov , fossette; xccpaXvi, tête). HELM. —*
Genre de Vers intestinaux Tænioîdès ou Bo-
throcéphalés ( voyez ce mot), de la famille
des Anorhynques , Blairtv. , et dont une
espèce est parasite du canal intestinal de
l’homme : c’est lé tæNia large , Tœnia lata ,
dont les articulations Son't larges et courtes,
et qui se trouve dans les intestins grêles ,
principalement chez les habitants de la Po¬
logne, de la Russie, de la Suisse, et de
quelques contrées de la France : on l’y prend
souvent pour le vêr sdlitàîre , qui né ^ob¬
serve qUe rarement dans les mêmes pays et
qui cause d’ailleurs lès mêmes accidents. Ce
vêr, qui est plus minée, est très souvent
beaucoup plus large que le ver solitaire ( 7a>
nia solium ) , et non pas plus étroit , comme
on l’a prétendu ; il acquiert habituellement
20 pieds de longueur. Goeze assure en avoir
vu un de 60 aunes 1/4, et Boerhaave pré¬
tend qu’il en a fait rendre un de 100 auneS
à un Russe. Les anneaux du Bothriocéphale,
qui, détachés les uns des autres , portent le
nom de Cucurbilains (1) , acquièrent jusqu’à
1 pouce dans leur grand diamètre transver¬
sal ; mais ils sont beaucoup plus étroits à me¬
sure qu’on se rapproche de la tête du ver,
qui est fort difficile à bien voir. L’incision
qu’on trouve quelquefois sur l’extrémité
large a été regardée à tort , par plusieurs
médécins , comme la fin du Bothriocéphale ,
et Tulpius, en 1685, avait représenté un
de ces morceaux postérieurs détachés , sous
le titre de Gerrtimm lutî luWibrici capui , er¬
reur qui a été copiée par d’autres.
Lés Mammifères autres que l’Homme n’ont
point donné de Bothriocéphaies ; on ên con¬
naît une espèce chez les Oiseaux , B. nodo-
sus , parasite des Plongeons ; les autres , au
nombre de 14 ou 15, proviennent des Pois¬
sons.
D’après M. de Blainville, les caractères
génériques de ces animaux sont les suivants:
Corps très mou, très déprimé , fort allongé ,
tænioïde , composé d’un très grand nombre
d’articles enchaînés , ordinairement trans¬
verses , sans pores ni cirrhes latéraux. Ren¬
flement céphalique tétragohe, plus où moins
distinct , généralement allongé > sans rétré¬
cissement postérieur bien marqué , et pourvu
de deux fossettes latérales, étroites, allongées
et peu profondes ; orifices des ovaires dis¬
tincts et constamment à la face inférieure
des articles , quelquefois, doubles pour cha¬
cun d’eux. (f*. G.)
*Bt)THRïOCERA (|3o0ptov, fossette ; x/paç,
corne, antenne), ins. — Genre de la famille
des Fulgoriens , de l’ordre des Hémiptères ,
section des Homoptères , établi par M. Bur-
meister ( Handb . der Eut.) sur quelques esp.
de l’Amérique méridionale. Le type du g. est
le B. linealîs Burm., du Brésil. (Bl.)
^BOTHRIONOPÂ (|3o%ov, fossette ; w?vç,
(i) Les anciens médecins considéraient ces Cururbitains
comme autant de Vers.
BOT
670
pied ). ins. — Genre de Coléoptères tétramè-
res , famille des Cycliques , tribu des His-
poïdes, établi par M. Chevrolat et adopté
par M. Dejean dans son dernier Catalogue.
M. Guérin-Méneville qui a donné une Mono¬
graphie du g. Aluvnus, Fab. ( Société Cuvié -
vienne 1840, p. 330), regarde ce g. comme
une simple division de ce dernier ; cependant
le g. Boihrionopa présente des caractères qui
le distinguent des Alurnus. Les 4 espèces
publiées par M. Guérin sont originaires de
Java; il les a nommées B. sanguinea , B. Go -
ryi , B. g r ac! lis, B. rufa. (C.)
*BOTHRïOPTERUS (jSo%ov , fossette;
wr/pov, aile), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , de la famille des Carabiques , créé
par EschschoItz,et adopté par M. le baron de
Chaudoir ( Tableau d’une nouvelle subdivi¬
sion du g. Feronia). Cet entomologiste rap¬
porte à ce g. 6 espèces, savoir : 1° B.oblongo-
punciata Fabr., qui se trouve dans presque
toute l’Europe ; 2* B. angustataM.ég.,en Alle¬
magne; 3° B. Lugolii Chevr., Terre-Neuve ;
4° B. adsiricia Esch., aux îles Ounalashka;
5° B. vitrea, au Kamtschalka ; 5° B. Chaly-
bicolor Chevr., au Chili. (C.)
*BOTBRIOSPERMïJM ( /3o'0Ptov , petite
fosse [fossette] ; unepaa-, graine), bot. pu. —
Genre de la famille des Borraginacécs, tribu
des Anchusées, formé par Bunge ( Enum . Pl.
Chin. bor., 47), comprenant 3 ou 4 plantes
herbacées, annuelles ou bisannuelles, in¬
digènes du nord de la Chine et probable¬
ment aussi dans les contrées limitrophes ,
ayant le port des Myosotis ; à fleurs petites,
bleues ou blanches , portées sur des pédon¬
cules latéraux, extra-foliacées. On en cultive
plusieurs en Europe. (C. L.)
ROTHRODENDRON. bot. pu. — Syn.
de Botryodendron.
*BOTHROPS. rept.— - Synonyme de Tri-
gonocéphale.
* BOTHROCÉPHALÉS. Bothrocephala
(fioQpiov , fossette ; xt<py.\ji , tête ). helm. —
Ordre de vers Apodes établi par M. de
Blainville ( Dict . sc. nal. , LYII , 588 ), et qui
comprend les Tænioides et les Cestoïdes de
G. Cuvier. Ses caractères sont :
Corps très mou , en général fort allongé ,
déprimé , tænioïde , composé d’articles en¬
chaînés bout à bout, avec un renflement
céphalique plus ou moins distinct, constam¬
ment pourvu de fossettes plus ou moins pro-
BOT
fondes. Canal intestinal entièrement vascu¬
laire, sans ouverture buccale ni anus. Appa¬
reil de la génération unisexuel et répété
pour chaque article composant, avec ou sans
orifice distinct.
Les Bothrocéphalés sont partagés en trois
familles :
1° Polyrhynques ;
2° Monorhynques ;
3° Anorhynques.
Nous renvoyons à chacun de ces mots l’é¬
noncé des caractères distinctifs de la famille
à laquelle chacun d’eux a été appliqué ; c’est
là aussi que nous signalerons les genres qui
s’y rapportent. (P. G.)
BOTHIJS. poiss. — Nom d’un genrede Pois¬
sons voisins des Pleuronectes, et établi par
Rafinesque aux dépens de ce genre linnéeri.
L’auteur y réunit quatre espèces , qui cepen¬
dant ne me paraissent pas devoir être groupées
ensemble. Il en est de ce genre comme de la
plupart de ceux de cet auteur : ils ne peuvent
être conservés, parce que le plus souvent ce
sont de simples changements de nom , le
genre ayant été établi précédemment , ou
bien ils ne sont pas naturels , et ils doivent
être refaits. L’une des espèces me paraît être
le Pleuronectes diaphanus Riss., qui est un
Turbot. (Val.)
BOTHYA, Herm. bot. pu. — Synonyme
de Melastoma Malabaihnm.
*BOTHYNODERES (|3o0uvoÇ, trou ; Jepn,
cou), ins. — Genre de Coléoptères tétramè-
res, famille des Curculionides, ordre des Go-
natocères, division des Cléonides, établi par
Schœnherr aux dépens des g. Oeonis, Még.;
Lixus, Még., et Epimeces, Billb. , dont il
diffère essentiellement par la forme des an¬
tennes. L’auteur rapporte à ce g. 26 espèces,
dont 10 d’Europe, 14 d’Asie et 2 d’Afrique. Il
les sépare en 2 groupes. Nous citerons comme
type du premier le B. mimosœ ( Lixus id.
Oliv.) qui se trouve en Perse ; et comme type
du second le B. albidits ( Curcul . id. Fabr.,
Uxiif id. Oliv.) qui habite l’Europe et la Si¬
bérie. M. Dejean n’a pas admis le g. Bothy -
noderes dans son dernier Catalogue, 3e édit.,
où il en rapporte les espèces au g. Cleonis de
Mégerle. (D.)
*BOTHYNUS (j3o0uvoç, trou, fosse\ ins. —
Genre de Coléoptères pentamères, famille des
Lamellicornes , tribu des Scarabéides , sec¬
tion des Arénicoles, Latr., établi par Kirby,
BOT
671
BOT
et dont les caractères donnés par M. Hope
( Hope' s Coleopterist’s manual , part. 1 ) sont
trop longuement développés pour trouver
place ici. Ce g. est fondé sur le Geotrupes
cuniculus Fabr.; et M. Hope y rapporte égale¬
ment le Scarabccus arcanius Kirb., du Bré¬
sil, très voisin, suivant lui, du Geotrupes
zoilus Fabr. (D. et C.)
BOTOR (nom malais de la plante), bot.
ph. — Genre d’Adanson , synonyme du Pso-
phocarpus de Necker. (C. L.)
BOTRIA ( mot évidemment altéré de (3o-
rpuç, grappe), bot. ph. — Ce genre de Loureiro,
qui l’avait ainsi nommé en raison de ses
fleurs disposées en longues grappes , est sy¬
nonyme du Cissus de Linné. (C. L.)
*BOTROBATYS. ins.— Genre de Coléop¬
tères tétramères, famille des Curculionites,
division des Apostasimérides , subdivision
des Cryptorhynchides, créé par M. Chevrolat
avec le Curculio fasciculalus d’Olivier , rap¬
porté de Java par M. Reiche. M. Dejean, qui
a adopté ce g. dans son Catalogue, en men¬
tionne 4 espèces. Depuis, M. Schœnherr a dé¬
signé ce g. sous le nom de Colobodes , en
prenant pour type une espèce également ori¬
ginaire de Java , qu’il a publiée et détermi¬
née sous le nom de C. liilbergi. F oyez co-
LOBOLES. [C.)
*BOTROPHIS. Macrolys , ejusd.auct. (al¬
tération irrationnelle de /3or pv$ , grappe ,
ocptç, serpent; allusion à la forme de l’inflo¬
rescence). bot. pii. — Genre de la famille des
Renonculacées , tribu des Pæoniées , formé
par Rafinesque ( ex Fisch. etMey ., Ind. sein,
hort. Petrop., 1835) sur YAcleu racemosa de
Linné. Il ne comprend que deux espèces ,
dont l’une , la B. racemosa , est une belle
plante herbacée, à racines fibreuses, vivaces;
à tige cylindrique , glabre , raide , portant
quelques amples feuilles bilernatiséquées ,
dont les segments incisés-dentés ; à fleurs
blanches, très nombreuses, disposées en lon¬
gues grappes subructantes. Elle est cultivée
dans tous les jardins, et est indigène de l’A¬
mérique septentrionale, où elle habite les
montagnes boisées du Canada et de la Flo¬
ride. Ce genre se distingue surtout par des
fleurs monogynes , à périanthe unique ; par
une capsule folliculaire, substipilée, déhis¬
cente longitudinalement. (C. L.)
*BOTRYADENIA (/3otPuÇ, grappe ; àcJvjv ,
glande), bot. pii.— Synonyme du genre My-
riactis , qui appartient à la famille des Com¬
posées , tribu des Astéroidées. (J. D.)
BOTRYCARPIJM. bot. ph. — Voyez bo-
TKYOCARPUM.
BOTRYCERAS (j3orpvç, grappe; x/paç ,
corne), bot. ph. — Genre de la famille des
Anacardiacées, établi par Willdenow ( Berl.
A/ac/az. ,V, 376), pour un petit arbre du Cap,
rempli d’un suc résineux, à feuilles alternes,
simples , dentées en scie, glabres ; les fleurs
polygames dioïques sont disposées en pani-
cules thyrsoïdales axillaires , bractéées. Les
panicules composées de fleurs mâles , à di¬
visions primaires alternes, distantes, à brac¬
tées terminales, courbes, dépassant en partie
les fleurs ; celles composées de fleurs herma¬
phrodites sont courtes , denses ; leurs divi¬
sions sont serrées, et tournées en dedans avec
les fleurs qu’elles portent ; leurs bractées
sont plus larges et persistantes. — Ce genre,
dont l’unique espèce est cultivée dans nos
| serres tempérées, se distingue surtout par
| un calice petit, 4-5-denté, persistant ; par une
corolle de 4 à 7 pétales égaux , réfléchis ; par
4-5 étamines ( dans les fleurs hermaphrodi¬
tes) très courtes , à filaments filiformes ; par
un style arqué, ascendant; par un drupe
sec, ovale, subarrondi , très comprimé, mo¬
nosperme. (C. L.)
BOTRYCHIUM ( diminutif de fiozpvq ,
grappe), bot. cr. — Genre de la famille des
Fougères, tribu (ou sous-famille) des Ophio-
glossées , formé par Swartz aux dépens de
quelques espèces de l’ Osmunda de Linné, dont
le type est le B. Lunaria ( voy . lunaria, Linn.),
croissant dans toute l’Europe , et surtout
aux environs de Paris. Son principal carac¬
tère différentiel est d’avoir des capsules (spo¬
ranges) distinctes, uniloculaires, semi-bival¬
ves, complètement sessiles, même cachées
dans la fronde, et disposées en un épi com¬
posé. Ce sont de petites Fougères , au nom¬
bre d’une quinzaine environ, à fronde pin-
née ou bipinnée , croissant dans les par¬
ties tempérées de l’hémisphère boréal, et fort
rares dans les contrées antarctiques. M. Ad.
Brongniart ( Dict . cl., II, 419), qui a étudié
le mode de végétation du type de ce g., si¬
gnale avec raison comme un fait curieux la
présence du petit Botrychium , qui doit pa¬
raître l’année suivante déjà tout formé dans
une cavité contenue dans la tige de l’indi—
! vidu développé. Il présume que ce mode de
BOT
èM BOT
végélalion est commun aux autres espèces
congénères. (G. L.)
"IHUMÜl.XK. Botrydina (ftovpviiov , pe¬
tite grappe), bot. cr. — (Phycées). Genre
que nous avons établi [Mémoires de lu So¬
ciété académique de Falaise , année 1838) pour
le Palmella botry aides Ag., plante avec la¬
quelle on a confondu un grand nombre d’es¬
pèces des g. CUlorococcum, Protococcus, Mi-
crocystis, Bichatia, Globulina, etc., et même
des états primordiaux d’autres Phycées , de
Mousses et d’Hépatiques. Voici les caractères
que nous avons assignés à ce g., qui appar¬
tient à la tribu des Nostocinées : Fronde glo¬
buleuse, gélatineuse, formée de cellules al¬
véolées, remplies de granules donnant lieu,
plus tard en devenant libres, à de nouvelles
frondes.
Les globules gélatineux du Botrydina vul -
gqris Bréb. , composés de cellules soudées
et rapprochées en forme d’alvéoles remplies
de granules verts reproducteurs , rappellent
très bien la forme et la disposition des globu¬
les polliniques ou spermatocystes des Chara ,
vus dans leur état de jeunesse. Cette plante
croît sur la terre humide et les Mousses dé¬
composées, sur les coteaux ombragés, parmi
les rochers. M. Meneghini la rapporte à son
g. Anacystis. (Breb.)
BOTRYDION. bot. cr. — (Phycées). Sy¬
nonyme de Dasydadus. (G. M.)
BOTRYDIIJM. bot. cr.— (Phycées.) Voy.
HYDROGASTRUM. (C. M.)
*B0TRYD1UM (jSoTpv^ov, petite grappe).
bot. ph. — Genre établi par Spach ( Suites à
Buffon, V, 298, Exc. sp.), synonyme du
genre Teloxys de Moquin Tandon. (C. L.)
BOTRYELAIRES. Bolryllaria. tunic. —
Nom donné par Lamarck au premier ordre
de la classe des Tuniciers , ayant pour ca¬
ractère d'être toujours réunis en une masse
commune, paraissant communiquer organi¬
quement ensemble. Le g. Botryllus est le
type de ce groupe. (G. d’O.)
BOTRYLLE. Botryllus. tunic. — Genre
d’Ascidies composées établi depuis long-temps
par Gærtner, et dans lequel on cite aujour¬
d’hui une quinzaine d’espèces. Les mieux
connues ont été décrites par MM. Savigny et
Milne Edwards.
Voici comment M. Savigny établissait leurs
caractères génériques :
Corps commun, sessile, gélatineux ou car¬
tilagineux , étendu en croûte , composé de
systèmes ronds ou elliptiques, saillants, an¬
nulaires, qui ont une cavité centrale et une
circonscription distincte. Anneaux disposés
sur un seul rang ou sur plusieurs rangs ré¬
guliers et concentriques. Orifice branchial
dépourvu de rayons et simplement circu¬
laire ; l’intestinal petit, prolongé en pointes,
et engagé dans le limbe membraneux et ex¬
tensible de la cavité du système. Thorax
oblong, mailles du tissu respiratoire dé¬
pourvu de papilles. Abdomen demi-latéral
et appuyé contre le fond de la cavité des
branchies , plus petit que le thorax. Ovaires
2 , opposés, appliqués sur les deux côtés du
sac branchial. Le corps des petits animaux
de chaque système est couché presque hori¬
zontalement , et l’anus est très éloigné de la
bouche.
Les espèces de nos côtes sont : B. siellatus
Gærtn., B. polycyclus Lamk., B. gemmeus
Sav., B. minulus id., B. violaceus Milne Edw.,
B. smaragdus id., B. bïvillalus id. (P. G.)
BOTRYLLÏDES. tunic. — Synonyme de
Botrylliens. (P. G.)
"BOTRYLLIENS. tunic. — M. Milne
Edwards , dans le travail qu’il a publié ré¬
cemment sur les Ascidies des côtes de France,
donne le nom de Botrylliens à une famille
d’Ascidies composées comprenant les deux
genres Botrylle et Botrylloides. Ces animaux,
au lieu d’avoir le corps composé de trois par¬
ties comme les Polycliniens du même au¬
teur, ou de deux comme les Didemniens, ne
présentent plus de distinction extérieure en¬
tre l’abdomen et le thorax , leurs viscères se
trouvant accolés à la chambre thoracique ,
et formant avec elle une seule masse plus ou
moins ovoïde. (P. G.)
"BOTRYLLOIDES . Botrylloides. tu¬
nic. — M. Milne Edwards a distingué des
Botrylles comme devant former un genre à
part , les Botrylles étoilés de M. Savigny , et
il en a indiqué les caractères dans son travail
sur les Ascidies des côtes de France. Les es¬
pèces de nos côtes sont : Botryllus Leachii
Sav. , B. roiifera Milne Edw., B. albicans
id.
Les Botrylloides sont caractérisés par leurs
cloaques se continuant dans la masse com¬
mune qui les soutient sous la forme de ca¬
naux intérieurs de chaque côté desquels les
individus se trouvent rangés en séries li^
BOT
BOT
673
néaires ; le corps de chaque animal est placé
presque verticalement , et les deux orifices
sont très rapprochés l’un de l'autre. (P. G.)
BOTRYLLUS. tunic. — Ployez botrylle.
BOTRYOCARPA (j3orpvç, graphe x-
*roç, fruit), bot. cr. — (Phycées). Le Deles -
séria botryocarpa Lamx., sert de type à ce g.
créé et ainsi défini par M.Gréville dans son Sy¬
nopsis Alg arum : Fronde plane, assez épaisse,
charnue, aréolée , pourvue à son origine, où
elle se rétrécit en stipe , d’une nervure peu
apparente, d’un rouge purpurin, et enfin pro¬
lifère de ses bords et de son sommet. Fructi¬
fication : Sporophylles fasciculés, un peu pé-
dicellés, ovales ou sphériques, un peu com¬
primés, naissant sur l’une et l’autre face de
la fronde et contenant, sous la couche corti¬
cale , des sphérospores dont les grains me¬
nus, au nombre de trois à quatre, sont pur¬
purins et anguleux. Une seule espèce com¬
poserait ce g. qui nous semble trop voisin
des vraies Delesséries par sa structure et sa
fructification sporophyllaire pour devoir en
être distrait sur de si faibles considérations.
Ce g. ne nous étant, au reste, connu que par
la figure de Turner (Hist. Fuc ., t. 246), nous
n’osons pas nous prononcer définitivement
sur sa valeur. (C. M.)
*BOTRYQCARPUM (|3or pvç, grappe ; xap-
7roç, fruit), bot. pu. — Ce sous-genre de
Spach (Buffon, VI, 152, 171) est regardé
comme syn. de la section des Ribesia , DC.,
dans le g. Ribes de Linné. (C. L.)
"BOTRYODENDRON ( fiorpug , grappe;
SévSpov , arbre), bot. pu. —Genre de la fa¬
mille des Araliacées , formé par Endlicher
( Prodr . Fl. Norf. 62), et renfermant deux
espèces seulement , découvertes dans l’île de
Norfolk et dans celles de Taïti. Ce sont des
arbres à tronc élevé , simple , grêle , divisé
au sommet en rameaux simples , portant
des feuilles alternes rapprochées au sommet
des rameaux , penninerves , à capitules flo¬
raux involucrés , disposés en une panicule
terminale. Les fleurs en sont polygames-
dioïques. Le périanthe est simple dans les
fleurs mâles et femelles, quadriparti dans
les premières , conné avec l’ovaire dans les
secondes. Le fruit est une baie 6-loculaire
et couronnée par le calice. (C. L.)
*BOTRY OG ÈNE (jSorpv;, grappe; y/vo;,
naissance), min. — Nom donné par Haidin-
ger au sulfate de fer rouge qu’on trouve
T. II.
en concrétions dans les mines de Falsban en
Suède. Voyez sulfates. (Del.)
BOTRYOIDES (/3or pv$, grappe; eîîoç ,
forme), échin. — Nom proposé pour un groupe
d’Échinides qui sont restés dans le g. Anan-
chite. (Duj.)
BOTRYOLITHE ( |3ot pvç , grappe ; K0oS ,
pierre), min. — La Datolithe concrélionnée ,
dont quelques minéralogistes font une espèce
particulière. V oyez datolithe. (Del.)
*BOTRYOPTERIS ( fiorpvç, grappe: tctc-
piç, Fougères en général), bot. cr. — Ce g.,
de Presl ( Reliq. Hctnk ., t. XII, f. 1), est syn.
d’Helminthostachys, Kaulf. (C. L.)
*BOTRYOSPORIUM , Cord. bot. cr. —
Synonyme de Slachylidium.
BOTRYPUS, Mich. bot. cr. — Voyez
BOTRYCHIUM.
BOTRYS (j3oTpuç, grappe), bot. ph. —
Nom spécifique d’une espèce de Germandrée,
Teucrium botrys, et d’une espèce d’Ansérine,
Chenopodium botrys.. On donne aussi quel¬
quefois ce nom à l’Ansérine du Mexique, Ch.
ambrosioides.
BOTRYTELLA (|3ot pvç, grappe), bot.
cr. — (Phycées). M. Bory ( Dict . class., II,
p. 426) a fondé ce genre sur une variété de
Y Ectocarpus siliculosus , citée par Lyngbye.
Nous ne pensons pas qu’il ait été adopté.
(C. M.)
*BOTRYTIDÉES. Bolrytidei. bot. cr. —
Deuxième tribu de l’ordre des Mucédinées
de Fries ( Syst . orb. veg., p. 182), qui est ca¬
ractérisée par des pédicelles ( Flocci ) cloison¬
nés , souvent de deux formes. Les uns sont
stériles, les autres fertiles ; ceux-ci alors sont
droits, et portent des spores nues et presque
agglomérées. Cette tribu comprend les gen¬
res Coremium, Nees; Pénicillium , Lk. ; As-
pergillus , Mich. ; Dimera , F. ; Botrytis, Mich.;
et Acrosporium , Nees. (LÉv.)
BOTRYTIS (diminutif de /3orpu;, grappe).
bot. cr. — Genre de Champignons ( famille
des Hypomycètes , tribu , ou plutôt sous-fa¬
mille des Mucédinées) , formé par Micheli
(Nov. Gen., 312), et adopté par tous les au¬
teurs qui l’ont suivi, en en séparant toutefois
un grand nombre d’espèces , qu’ils ont ré¬
parties dans de nouveaux g., en grande par¬
tie non adoptés. Il se distingue principale¬
ment par des sporidies subglobuleuses, sim¬
ples, partant du sommet ou des ramules des
filaments cloisonnés et rassemblés autour
43
674 BOT
d’eux. Us croissent sur les corps en putréfac¬
tion. Le g. Boiryiis , comprenant unevingt-
taine d’espèces environ, est ainsi sous-di-
visé : a. Sporoceplialum, Chev.; b. Haplaria,
Lk.; C. Polyactis , Lk.; d. Spicularia, L.; e.
Verticillium , Nees; f. Virgaria,1Sees. Ployez
chacun de ces mots. (C. L.)
*BOTTIONEA, Col. bot. pu. — Synonyme
de Trichopelulum , Lindl.
*BOTYDES. ins. — M. Blanchard {Hist.
des Ins. , faisant suite au B uffon-Dumènil ,
p. 538) désigne sous ce nom une tribu de Lé¬
pidoptères nocturnes appartenant à sa fa¬
mille des Pyraliens. (D.)
BOTYS. ins. — Genre de Lépidoptères
nocturnes, établi par Latreille aux dépens du
g. Pyralis de Linné, et adopté par nous, avec
modifications, dans notre Hist. nat. des Lé¬
pidoptères de France (t. YIII , p. 104) , où
nous le rangeons dans notre tribu des Pyrali-
tes, qui correspond en partie à celle des Del¬
toïdes de Latreille. — Les Chenilles des Boiys
sont allongées, moniliformes, à 1 G pattes, et se
tiennent cachées dans l’intérieur des feuilles,
qu’elles roulent en cornet, et où elles se chan¬
gent en chrysalides. La plupart des Botys à
l’état parfait se trouvent dans les prairies et
dans les endroits ombragés et humides ;
quelques uns seulement préfèrent les lieux
secs et élevés. Tous ont le vol court pendant
le jour, et s’écartent peu de la plante qui les
a vus naître. C’est en battant les. buissons
et les hautes herbes qui leur servent d’abri
qu’on les en fait sortir ; mais ils ne tardent
pas à y rentrer, en se cachant sous les feuil¬
les, dans une position renversée. Leur appa¬
rition a lieu pendant les mois de juin , juillet
et août : il est rare d’en rencontrer avant et
après ce temps. Parmi les 40 espèces figurées
et décrites dans notre ouvrage précité , nous
n’en citerons que deux dont les Chenilles
vivent sur les orties : le Botys urticalis
Treits. ( Geom. urlicala Linn. , la queue
jaune de Geoff.) et le Botys verticalis ( Pyra¬
lis id . Linn.). Ces deux espèces sont très
communes aux environs de Paris ; elles met¬
tent neuf mois à parvenir à l’état parfait.
(D.)
*BOTYTES. ins. — M. Blanchard ( Hist.
nat. des Ins., faisant suite au B uffon-Dumé¬
nil, p. 644) donne ce nom à un groupe de Lé¬
pidoptères nocturnes , de la tribu des Boty-
des et de la famille des Pyraliens. Ce groupe
BOÜ
est composé des genres Odontia , Scopula ,
Botys, Nymphula, Hydrocampa, Asopia , Py -
raitsta et Ennychia. (D.)
BOU. bot. ph. — Nom vulgaire du Figuier
sauvage, dans quelques parties méridionales
de la France.
BOIJBIE (Booby, en anglais, fou), ois. —
Nom donné par Cuvier à une division qu’il
a établie dans le g. des Fous.
BOUBOU. Bubutus (Boubou, nom que les
Malais de Sumatra donnent aux Coucous en
général, selon M. Lesson). ois. — Genre
formé par M. Lesson ( Tr. d'Orn.) sur une
espèce de la famille des Coucous , habitant
les îles indiennes de Java et Sumatra. Ses
caractères sont : « Bec arrondi, peu ou point
comprimé, longicône, à arête supérieure très
mousse , à mandibule supérieure se recour¬
bant un peu à la pointe ; narines étroites ,
marginales et basales en scissure droite ; ailes
courtes, concaves, dépassant à peine le crou¬
pion ; tarses courts , épais , largement scu-
tellés, à doigts courts et ongles grêles ; queue
longue, très étagée. » Ce genre est syno¬
nyme de celui de Bhinortha, Vig., établi à
peu près en même temps, et de celui d 'Ana-
dcenus de Swainson , formé plusieurs années
après. M. Gray n’a probablement pas vu cet
oiseau , car il n’a point reconnu cette syno¬
nymie, et dans sa List of the généra il place
le Bubutus , Less. , dans ses Centropinœ, et
VAdœnus, Swains., dans ses Phœnicophuinœ.
Les deux espèces de ce genre, décrites par
M. Lesson sous les noms de Boubou de Du-
vaugel et de Boubou d’Isidore, nous parais¬
sent être le même oiseau , de sexe ou d'âge
différent, car leur coloration seule offre quel¬
que disparité. Le premier, le Boubou de Du-
vaucel Less., t. 143, nommé par Cuvier, sur
l’étiquette du Muséum, Coucou à bec rond,
Cuculus sumatrensis , est en dessus d’un roux
marron , avec la tête , le cou et la poitrine
d’un gris cendré, qui passe au roussâtre sur
l’abdomen, et au brun sur l’anus. La queue
est terminée de blanc , précédé d’une bande
noire. Le bec est vert foncé à la base , vert
jaunâtre à la pointe et sur ses bords. Les
yeux sont entourés d’une peau nue et noi¬
râtre.
Le second , le Boubou d’Isidore , Bubutus
Isidari Less., t. 143, et Voyage aux Indes de
Bélanger, p. 235, pl. 2, le même que YAna-
dœnus rufescens ( Swains., Class ., part. 6,
BOU
675
BOU
p. 346 ) et qtre le Rhinôrtha ehlovophœa Vig.,
Phœnicopliaus chlorophœa Râffl. , ne diffère
du premier que parce que la tête , le cou et
la poitrine sont roux clair au lieu d’être gris
cendré, que la queue est noirâtre, traversée
d’un grand nombre de stries d’un gris obscur,
et que l’anus est brun noirâtre. Du reste ,
même taille , mêmes proportions et même
coloration de bec , ce qui nous fait présumer
fortement que ce sont les deux sexes d’une
même espèce.
Ce type indien , d’après la brièveté de ses
pattes et de ses ailes, et la forme droite et ten¬
due , quoique plus épaisse , de son bec , nous
paraît représenter assez bien aux Indes le
Tacco-Vieillard d’Amérique, qui, selon nous,
n’est qu’une légère modification dans le bec
des Piayes du même continent, étant comme
eux oiseau percheur et nullement marcheur ;
mais la grosseur même de ce bec, sa colora¬
tion verte, celle du plumage , la nudité ocu¬
laire et l’ensemble général des formes , nous
paraissent indiquer qu’il doit être groupé
près des Malcohas , ses compatriotes. Le
genre Boubou , Bubuius , Less. , fera donc
partie de notre sous-famille des Phœnico-
phainées, dans notre famille des Cuculidées.
Voyez ces deux mots. (Lafr.)
BOUBOUT ou BOULBOUL. ois. — Nom
vulgaire de la Huppe.
BOUC. mam. — Mâle de la Chèvre.
BOUC, poiss. — Nom donné par les pê¬
cheurs au Mendole, Sparus mœna L., et au
Bouleau noir, Gobius niger, à cause de la
mauvaise odeur et le peu de qualité de leur
chair.
BOUC AGE. Pimpinella , L. , non Adans.
et Gærtn. (nom vulgaire), bot. pu. — Genre
de la famille des Ombellifères, tribu des Am-
minées , formé par Linné et comprenant un
assez grand nombre d’espèces , répandues
dans l'Europe médiane , le bassin méditer¬
ranéen , plus rares dans l’Orient et dans
l’Inde. Ce sont des plantes herbacées an¬
nuelles , bisannuelles ou vivaces, à rhizôme
simple, à feuilles radicales pennatiséquées,
dont les segments sont subarrondis , dentés
ou très rarement indivis ; les caulinaires très
finement laciniées , à fleurs blanches , plus
rarement jaunes ou rougeâtres , disposées
en ombelles et en ombellules multiradiées.
Quatre espèces croissent communément en
l^rancê ; èé sont lè$ P. saxifraga , magna ,
tragiutn et peregrina. Le genre Pimpinella se
distingue principalement au limbe de son
calice peu apparent ; à ses pétales ovales
échancrés , à lacinule infléchie ; à son fruit
ovale , comprimé d’un côté ; à un stylopode
pulviné dont les styles réfléchis ; à des méri-
carpes solides, quinquéjugués, égaux ; à un
carpophore libre , bifide. La graine est gib-
beuse-convexe , déprimée d’un côté. M. De
Candolle (Prodr., IV, 119) a ainsi sous-divisé
ce genre : a. Tragoselinum, fruit glabre; ra¬
cines vivaces ; b. Tragium , fruit velu ; raci¬
nes vivaces ou plus rarement bisannuelles ;
c. Anisum , fruit pubérule , plantes annuel¬
les. Des espèces que nous avons citées comme
croissant en France, les deux premières ap¬
partiennent à la section a; les deux autres à
la section b. (C. L.)
BOUCABDE. moll. — Nom ancien des
Coquilles désignées aussi sous la dénomina¬
tion de Cœur de Bœuf , et qui rentrent dans
le g. Bucarde. (C. d’O.)
BOUCABDITE. moll. foss. — Voyez bu-
CARDITE.
BOUCHABÏ ou POUCHARÏ. ois. — Nom
donné en Bourgogne à la Pie-Grièche grise,
Lanius excubilor.
BOUCHE, zool. — On désigne sous ce
nom l’entrée du canal alimentaire , la pre¬
mière cavité de l’appareil digestif.
Les idées d'animal et d’ alimentation sem¬
blent si inséparables, que long -temps on
a regardé l’existence d’un canal digestif
comme un des caractères qui différenciaient
les animaux des végétaux, et par suite on
accordait à tous les êtres rangés dans la pre¬
mière catégorie une Bouche proprement dite.
Cette distinction tranchée a disparu devant
les recherches de la science moderne. On sait
aujourd’hui qu’il est un assez grand nombre
d’animaux chez lesquels il n’existe pas d’ap¬
pareil interne de digestion, chez lesquels cette
fonction s’exerce à l’extérieur du corps, soit
par une surface étendue , comme il paraît
que cela a lieu chez certaines Méduses ( lés
Eudores), soit par des espèces d’appendices
auxquels on a donné le nom de suçoirs (les
Acalèphes hydrostatiques) ; et dès lors il n’y
à plus , on le comprend , de Bouche propre¬
ment dite. Il est plus que douteux que lès
derniers Infusoires (Monades èt autres gen¬
res voisins ) âient un Véritable appareil ap¬
proprié à la digestion. M. Éhrenhêrg l’à dé=
676
BOL
BOU
crit , il est vrai , chez plusieurs d’entre eux ;
mais les descriptions de cet illustre mi¬
crographe diffèrent assez entre elles pour
qu’il soit permis d'attendre de nouvelles ob¬
servations, surtout en présence des faits pu¬
bliés par M. Dujardin. On sait que d’après ce
dernier, la Bouche des plus grands Infusoi¬
res ne serait que le point où les courants ,
déterminés par l’action des cils vibra tiles ,
creuseraient en quelque sorte la substance
homogène du corps de l’animal pour déter¬
miner la formation d’une vacuole. Parmi les
Vers intestinaux, il en est quelques uns dont
le tissu semble être entièrement homogène ,
et ne présenter aucune trace de cavité. Enfin,
il serait difficile de donner le nom de Bouche
aux larges ouvertures par où l’eau pénètre
dans le réseau des canalicules chez les
Éponges.
Tous les autres animaux connus sont pour¬
vus d’une cavité, dans l’intérieur de laquelle
sont introduits les aliments, et où se passent
les phénomènes de la digestion ( voyez ce
mot) ; tous ont par conséquent un orifice des¬
tiné à fournir un passage pour l’introduction
des matières alimentaires. Souvent cet ori¬
fice sert en outre à l’expulsion des résidus de
la digestion : dans ce cas, la Bouche et l’anus
ne font qu’un. Cette disposition , du reste ,
ne se rencontre que chez les êtres placés aux
derniers degrés de l’échelle animale.
Examinée dans la série zoologique tout
entière , la Bouche obéit à la loi générale de
complication progressive que présentent les
organismes eux-mêmes. Très simple dans les
derniers Zoophytes, elle forme chez les Mam¬
mifères un appareil très complexe, pourvu
d’un grand nombre d’organes accessoires, et
dans lequel la division du travail est portée
extrêmement loin. Ce fait général se répète
en outre dans chacun des quatre grands em¬
branchements ou types primordiaux généra¬
lement admis de nos jours. Ainsi , chez les
Zoanthaires , la Bouche paraît n’être formée
que par un rétrécissement antérieur de la
cavité digestive, et chez les Oursins elle est
armée d’un puissant appareil masticateur.
Les Ascidies ont une Bouche des plus simples ;
chez les Céphalopodes, cet organe s’arme de
robustes mandibules cornées. Dans les der¬
nières Annélides , nous trouvons encore un
simple orifice extérieur, et l’on sait quelle
complication présente l’appareil buccal des
Insectes et des Crustacés. Enfin les Vertébrés
eux-mêmes nous offrent des faits analogues.
L$s Myxines semblent n’avoir qu’une Bouche
deVers, tandis que, chez l’Homme et les Mam¬
mifères voisins, nous trouvons un maximum
de complication très élevé. Jetons un coup
d’œil rapide sur les principales modifications
dont nous venons de signaler les caractères
généraux.
Chez les derniers Zoophytes , la Bouche ,
comme nous venons de le dire, ne paraît for¬
mée que par un rétrécissement antérieur de
la cavité digestive ; elle est placée au centre
de l’espace circonscrit par les tentacules. Cet
orifice si simple n’en est pas moins muni
d’un appareil musculaire spécial , qui , chez
les animaux où il paraît être réduit à sa plus
simple expression , se compose d’un sphinc¬
ter à fibres circulaires , et d’un muscle à fi¬
bres divergentes. Le premier sert évidem¬
ment à fermer, le second à ouvrir l’orifice
buccal. A mesure qu’on s’élève dans la sé¬
rie des Rayonnés, la Bouche prend de l’é¬
tendue et forme une cavité particulière, que
nous avons fait connaître dans les Edward-
sies , genre de la famille des Actinies , et qui
est plus prononcée encore dans les dernières
Holothuries, dans les Svnaptes. Aussitôt que
cette cavité se montre, nous la voyons s’en¬
tourer de deux couches musculaires, dont la
plus interne présente des fibres longitudina¬
les , et l’externe des fibres circulaires. Sépa¬
rée d’abord du tube digestif par un simple
rétrécissement, elle s’en éloigne davantage
dans les vraies Holothuries, et on trouve en¬
tre eux un canal étroit , un véritable œso¬
phage. Dans les Oursins , l’entrée du tube
alimentaire présente une forte armature ,
composée de dents soutenues par une char¬
pente osseuse particulière, et mise en jeu par
un grand nombre de muscles spéciaux.
La Bouche redevient extrêmement simple
dans les Mollusques inférieurs (Ascidies).
Dans les Acéphales , elle n’est guère encore
que l’orifice antérieur d’une espèce d’œso¬
phage, qui se dilate légèrement avant de s’ou¬
vrir au dehors ; mais déjà nous voyons ap¬
paraître des organes accessoires , à moins
qu’on ne veuille regarder les quatre petits re¬
plis placés sur ses côtés comme des représen»
tants de tentacules. Dans les Gastéropodes ,
nous voyons se montrer pour la première
foi; une espèce de langue, des glandes sali-
BOU
BOU
677
vaires , et des dents cornées de diverses for¬
mes , organes qui se prononcent de plus en
plus, et acquièrent un développement assez
remarquable dans les Céphalopodes.
Cette complication disparaît de nouveau
dans les dernières familles des Articulés, et
nous ne retrouvons ici qu’une simple ouver¬
ture placée à la partie antérieure du corps.
Mais bientôt les mâchoires reparaissent dans
les Hirudinées (Sangsues) ; elles se pronon¬
cent encore mieux chez les Annélides erran¬
tes (Néréides) : leur nature est toujours cor¬
née. Ici la cavité , buccale et pharyngienne
tout à la fois, acquiert un très grand dévelop¬
pement, pour contenir la trompe exsertile ou
la langue de ces animaux; mais nous ne
voyons pas qu’il s’y trouve de véritables glan¬
des salivaires. Il en est de même dans les Sys-
tolides ( Rotifères , Hydatines ) , chez les¬
quels l’appareil masticateur, très énergique,
est placé au milieu d’une grande cavité for¬
mée par une espèce de repli des téguments ,
et surmonte immédiatement un étroit œso¬
phage. Dès cette classe nous voyons se mon¬
trer des appareils mandibulaires modifiés
pour la perforation et ia succion (Tardigra-
des), et l’on verra plus loin quel dévelop¬
pement prennent toutes les armatures de
la Bouche, et quelles modifications elles
éprouvent dans les Articulés à pieds ar¬
ticulés.
Jusque dans les derniers Vertébrés , la
Bouche est soutenue par une portion du
squelette céphalique ; mais encore , chez les
Cyclostomes, elle tend à répéter ce que nous
avons vu jusqu’à présent , c’est-à-dire à se
métamorphoser en un simple orifice. Chez les
Myxines même, elle rappelle la disposition
des derniers animaux annelés; mais bientôt
elle devient beaucoup plus complexe. Cepen¬
dant chez un grand nombre de Poissons les
organes accessoires ne prennent que peu de
développement ; les dents seules, qui sont ici
des moyens de saisir et de retenir la proie, se
multiplient souvent d’une manière remar¬
quable. La Bouche des Reptiles présente de
grandes analogies sous ce rapport, et sous
d’autres encore , avec celle des Poissons ; et
le bec corné des Tortues, coexistant avec l’ab¬
sence des dents, nous annonce déjà, comme
exception dans celte classe, ce qui va devenir
la généralité dans celle des Oiseaux. En même
temps, la langue, les glandes salivaires, com¬
mencent à prendre un développement plus
marqué, et jouent assez souvent un rôle ac¬
cès dans l’acte de la déglutition. De plus , la
cavité buccale commence à se partager en
deux chez les Crocodiles, où un premier ru¬
diment de voile des palais permet de distin¬
guer une Bouche proprement dite et un pha¬
rynx. La cavité buccale des Oiseaux rappelle
sous bien des rapports celle des Reptiles ;
seulement nous voyons les organes accessoi¬
res {langue , glandes salivaires, etc.) prendre
de plus en plus du développement. En même
temps les dents disparaissent complètement,
et sont remplacées dans quelques unes de
leurs fonctions par une couche cornée , qui
revêt les os maxillaires à peu près comme
les ongles recouvrent la dernière phalange
des orteils.
Chez les animaux dont nous avons parlé
jusqu’à présent , la Bouche paraît n’avoir
d’autres fonctions que de saisir, de retenir,
de tuer et d’avaler la proie. Nous retrouvons
cette destination dans les Cétacés ; mais déjà,
dans les Mammifères carnassiers, nous voyons
se montrer une véritable masticatidn, et dans
les Herbivores, surtout dans les Ruminants,
cette fonction devient très importante, en ce
qu’elle fait subir aux aliments une première
préparation nécessaire pour faciliter la di¬
gestion : aussi les dents se modifient-elles en
conséquence. La langue prend plus de déve¬
loppement, et les glandes salivaires se mul¬
tiplient, en même temps qu’elles acquièrent
plus de volume et que leur sécrétion se carac¬
térise. La mastication se passe entièrement
dans la partie antérieure de la cavité buc¬
cale, et le pharynx, qui existe toujours, sem¬
ble être plus particulièrement chargé de la
déglutition. De plus, nous voyons aussi pour
la première fois l’orifice buccal s’entourer de
ces replis charnus désignés sous le nom de
lèvres , et qui , chez un grand nombre de
Mammifères, sont des organes de préhension.
L’armature de la Bouche , chez les Verté¬
brés, est tantôt extérieure {bec corné des Oi¬
seaux, des Chéloniens ), tantôt intérieure, et
alors même elle présente des différences re¬
marquables {dents, fanons des Baleines , poils
des Lièvres, etc.). Le plus souvent ces divers
modes semblent s’exclure mutuellement,
bien que quelquefois ils paraissent exister
simultanément (Ornithorhynque). Il devient
curieux dès lors d’examiner quelles relations
678
BOU
BOU
réelles la science peut découvrir entre ces
productions de natures diverses ; et c’est ce
que nous ferons avec détail à l’article dents.
Voyez ce mot. (À. dé Q.)
Dans les animaux articulés de même que
dans les animaux les plus élevés, la Bouche se
compose de l'evres et de mâchoires, mais avec
des différences qui tiennent aux modifica¬
tions essentielles que le type articulé devait
leur imprimer. Ainsi les lèvres ne se touchent
pas de manière à fermer complètement la
Bouche, et les mâchoires sont formées de
deux parties , l’une droite et l’autre gauche ,
qui se meuvent la plupart du temps dans le
sens horizontal. Cette séparation des mâchoi¬
res en deux parties rappelle jusqu’à un cer¬
tain point la séparation des mêmes parties ,
soit dans le fœtus des animaux vertébrés les
plus élevés où elle est transitoire , soit dans
l’état adulte des mêmes animaux d’un ordre
plus inférieur , où elle est permanente. Les
lèvres, dans les animaux articulés , sont des
pièces impaires, situées au travers de la Bou¬
che , soit en dessus (lèvre supérieure) , soit
en dessous (lèvre inférieure). Ces pièces sont
symétriques, et dans l’origine elles semblent
avoir été formées de deux parties impaires,
ce que prouve la ligne ou suture médiane
qu’on y remarque d’avant en arrière. Sou¬
vent aussi l’une de ces lèvres ou l’infé¬
rieure est pourvue d’appendices latéraux,
qui leur donnent la plus grande ressem¬
blance avec une paire de mâchoires réunies
sur la ligne médiane. Les mâchoires sont des
pièces latérales , simples ou formées de plu¬
sieurs parties, et qui servent à la préhension,
à la trituration des aliments et souvent aussi
à la succion , lorsqu’elles ont été modifiées
à cet effet d’une manière ou d’une autre, sui¬
vant leur degré variable de complication. On
distingue plus particuliérement, sous le nom
de mandibules , une paire de mâchoires , la
première de toutes, qui offre d’ordinaire une
plus grande consistance, et semble plus par¬
ticulièrement destinée à recevoir les ali¬
ments. On peut même dire que, dans les
Insectes, les mandibules sont dépourvues de
palpes , sortes d’appendices composés de plu¬
sieurs articles , et destinés à exercer plus ou
moins les fonctions de doigts , ce qui leur a
valu leur nom, tandis que les mâchoires en
sont presque toujours pourvues ; mais si l’on
considère cës mêmes parties dans différentes
classes d’animaux articulés, la distinction
n’est plus guère admissible; car, dans les
Crustacés et les Myriapodes , les mandibules
elles-mêmes sont pourvues de palpes, et l’on
en trouve aussi les rudiments dans les man¬
dibules de quelques Insectes. On pourrait
donc se demander pourquoi les mandibules
ne sont pas également appelées des mâchoi¬
res , et quelle différence essentielle il peut y
avoir entre les mâchoires et les mandibules.
Le seul moyen de les distinguer d’une ma¬
nière générale, c’est d’avoir égard à la posi¬
tion des mandibules , qui sont toujours pla¬
cées au-devant des mâchoires, immédiatement
après la lèvre supérieure, ou labre des ento¬
mologistes , lorsque cette partie ne vient pas
à manquer.
Il faut remarquer que la lèvre supérieure
est la seule des parties de la Bouche qui ne
supporte pas d’appendices ; encore cette dis¬
tinction n’existe-t-elle pas si l’on a égard à la
composition véritable de la lèvre inférieure,
comme nous le verrons. Quoi qu’il en soit,
dans l’état actuel de la science, on reconnaît
des palpes maridibulaires , des palpes maxil¬
laires (de maxilla, mâchoire), et des palpes
labiaux ( labium , lèvre inférieure des ento¬
mologistes). Les palpes , ou appendices des
mâchoires et des mandibules , varient de
forme , de structure et de nombre , suivant
les classes , les ordres ou les familles dans
lesquels on les examine. Les variations de
forme sont les plus réelles ; elles portent sur
des accidents très peu importants par eux-
mêmes. Au contraire, les variations de struc¬
ture et de nombre sont plus apparentes que
réelles : les premières ne sont pas encore par¬
faitement reconnues ; les secondes semblent
ne tenir qu’à la soudure plus ou moins pro¬
noncée d’une des palpes avec le corps de la
mâchoire. Ce n’est en effet qu’aux mâchoires
proprement dites que le nombre des palpes
semble varier ; il reste toujours le même à la
lèvre inférieure , qu’on appelle quelquefois
une autre paire de mâchoires.
A l’égard de la lèvre inférieure , elle n’est
pas toujours pourvue de palpes ; il existe au
contraire des groupes d’animaux articulés où
elle en est dépourvue. Dans ce dernier cas ,
elle n’en est pas moins formée de deux par¬
ties latérales soudées l’une avec l’autre,
puisqu’elle ne diffère de ce qu’elle est dans
le cas précédent que par l’absence de palpes*
BOti
De même, aussi, la lèvre supérieure doit être
regardée comme le résultat de la soudure de
deux pièces latérales appliquées l’une à l’au¬
tre ; elle est alors dans le cas de la lèvre in¬
férieure , lorsque celle-ci est dépourvue de
palpes; mais, dans son état le plus complet ,
la lèvre inférieure se compose de deux par¬
ties distinctes, savoir, la languette et le men¬
ton. La première semble formée de deux mâ¬
choires, l’unedroite et l’autre gauche, réunies
par leur bord interne, et n’adhérant quel¬
quefois l’une à l’autre que par une portion
de leur étendue ; la seconde, réunie à la lan¬
guette par une membrane , est plutôt sem¬
blable à une pièce impaire , et reproduit en
quelque sorte la lèvre supérieure. Il résulte¬
rait de cette distinction que, dans le cas d’une
lèvre supérieure sans palpe, il n’existerait
que la portion qui correspond au menton ,
tandis qu'une lèvre inférieure palpigère se¬
rait la réunion d’une paire de mâchoires et
du menton, ou autrement d’une paire d’ap¬
pendices buccaux à l’état complet , et d’une
autre paire restée rudimentaire.
Pour résumer ces notions générales sur la
composition de la Bouche dans les Articulés,
nous dirons qu’on y trouve ordinairement :
1° deux lèvres, l’une en dessus, l’autre en
dessous ; 2° deux mandibules , pourvues ou
non de palpes; 3° des mâchoires, dont le
nombre varie suivant les classes dans les¬
quelles on les étudie. D’une manière plus
générale encore , on peut dire que la Bouche
est formée d’appendices disposés par paires et
en nombre variable , suivant les classes , et
que quelques uns de ces appendices sont res¬
tés libres, tandis que d’autres se sont réu¬
nis. Le nombre des paires d’appendices buc¬
caux varie, suivant que les segments du
corps consacrés à la manducation sont plus
ou moins considérables ; car on peut dire en
théorie générale qu’il y a autant de segments
au corps qu’il y a d’appendices buccaux ,
sans que pour cela tous les segments doivent
être nécessairement séparés. C’est une pro¬
position à démontrer en étudiant les tégu¬
ments et la peau dans les animaux articu¬
lés , et par conséquent ce n’est pas ici le cas
de nous y arrêter.
Il nous reste encore à dire en deux mots
que les pièces de la Bouche se présentent chez
les Articulés sous deux aspects différents ,
suivant qu’ils sont destinés à broyer des ali-
BOU 679
ments solides ou à sucer des liquides. Ces
deux fondions sont remplies par des orga¬
nes dont les variations portent sur la forme
plutôt que sur le nombre des parties. Il s’en¬
suit qu’on a pu retrouver chez les Arti¬
culés suceurs exactement les mêmes pièces
que chez les broyeurs, et la comparaison
de ces pièces , dans les uns et les autres , a
donné les résultats les plus satisfaisants. Nous
les exposerons brièvement, en passant en
revue les parties dont se compose la Bouche
dans les différentes classes d’animaux arti¬
culés.
A. Dans les Crustacés, les pièces de la Bou¬
che varient en nombre , suivant les familles.
La première paire a reçu , comme nous l’a¬
vons dit, le nom de mandibules ; elle est sui¬
vie de deux autres paires, qui sont appelées
mâchoires. Après les mâchoires viennent
quelquefois plusieurs autres paires de pièces
qui servent encore à la déglutition ou à la
préhension des aliments ; c’est ce qui a lieu
dans les Crabes et les Écrevisses. On a nommé
ces organes des pieds-mâchoires. Dans leur
état complet de développement, çes différents
organes, moins peut-être les mandibules,
sont composés de trois parties, qu’on dé¬
signe sous des noms particuliers. La portion
la plus intérieure, ordinairement formée de
plusieurs articles , porte le nom de tige. En
dehors de celle-ci vient le palpe, tantôt n’ayant
qu’un seul article, et tantôt en offrant plu¬
sieurs. Enfin la portion la plus extérieure ,
appelée le fouet , se présente ordinairement
sous une forme simple. De ces trois parties,
il en manque quelquefois une ou deux , ce
qui rend difficile la détermination des pièces
qui existent : on n’y peut arriver que par la
comparaison des mêmes organes dans les
différentes familles de Crustacés.
Les organes qui servent à la manducation
dans les Crustacés servent quelquefois en
même temps aussi à la locomotion : c’est le
cas des Limules , chez lesquelles le premier
article des appendices buccaux sert à la di¬
vision des aliments , tandis que les articles
suivants sont de véritables portions de pattes.
Il existe en outre, dans la Bouche des Crus¬
tacés , deux parties connues sous le nom de
lèvres : l’une supérieure , située au devant
de la Bouche en forme de simple saillie, ou de
petite lame solide; l’autre inférieure, ordi¬
nairement bifide.
BOli
BO U
680
Telles sont les pièces de la Bouche dans
les Crustacés broyeurs ; mais dans les Crus¬
tacés suceurs , qui vivent sur d’autres ani¬
maux et se nourrissent de leurs fluides , il se
présente des changements à la Bouche. Les
pièces médianes ou impaires , analogues aux
deux lèvres, s’allongent et se réunissent pour
former un tube. En dedans de ce tube sont
les mandibules , sous forme de tiges grêles ,
et faisant l’office de lancettes. Les mâchoires,
devenues inutiles , sont rudimentaires ou
tout-à-fait nulles. Dans ce cas , les appendi¬
ces du corps , appelés pieds-mâchoires dans
les Crustacés à bouche plus complète, sont
transformés en organes de locomotion. Ils
sont terminés en crochet, et servent alors à
fixer l’animal sur sa proie.
B. Dans les Arachnides , on ne trouve plus
que trois paires de pièces à la Bouche, savoir:
les mandibules ou forcipules (de forceps ) , les
mâchoires et la lèvre. Cette dernière paire
forme une pièce médiane et unique ; les deux
autres sont composées de plusieurs articles ,
savoir : deux au moins pour chaque mandi¬
bule, et un plus grand nombre pour les mâ¬
choires. Il y a de grands rapports entre les
mâchoires des Arachnides et les appendices
buccaux de quelques Crustacés (Limules);
ainsi le premier article , dans les uns comme
dans les autres , est seul un organe de man¬
ducation , les autres ne formant plus que des
articles semblables à ceux des pattes propre¬
ment dites. Les mâchoires des Arachnides
forment donc en quelque sorte , avec celles
des Limules , le passage entre les appendices
de la manducation et ceux de la locomotion
dans les animaux articulés.
Les mandibules des Arachnides semblent
avoir pour usage de donner la mort aux In¬
sectes dont ces animaux se nourrissent; c’est
au moins ce qui a lieu dans les Araignées.
Elles se composent d’une première pièce sur
laquelle se meut la seconde en forme de cro¬
chet ; cette dernière est percée d’un trou pour
le passage du venin. Dans les Scorpions , le
venin est lancé au travers du dernier an¬
neau de l’abdomen , transformé en crochet,
et les mandibules ne sont point percées.
Elles forment alors, ainsi que dans quelques
genres voisins, une pince didactyle, qui pré¬
sente les deux articles déjà connus, mais dis¬
posés de telle manière que l’une des deux
joue sur le précédent. Enfin, dans d’autres
Arachnides (les Acarus), les mandibules sont
transformées, ainsi que les mâchoires, en un
suçoir qui résulte de l’allongement de ces ap¬
pendices dont les articles sont réduits en
nombre. Quelques espèces ont même la Bou¬
che tout-à-fait dépourvue d’appendices et
formée d’une simple cavité.
Les mâchoires offrent dans leur forme des
variations très commodes pour caractériser
les différents genres. Elles sont ordinaire¬
ment pourvues d’un palpe dans lequel on
compte jusqu’à 5 articles. Dans le groupe
des Aranéides , les femelles ont le dernier
article du palpe en crochet. Les mâles ont
ce même article plus gros que les autres et
renfermant dans son intérieur des organes
spéciaux , supposés des organes de généra¬
tion. Dans les Scorpions et quelques autres
genres, le dernier article des palpes est placé
de manière à former avec le précédent une
pince servant sans doute à saisir la proie.
La lèvre est très variable dans sa forme.
Elle présente quelquefois un ou deux sillons
en travers, ce qui indique une origine com¬
plexe. On distingue souvent entre cette lè¬
vre et les autres pièces de la Bouche une
partie nommée languette ou épichile , qui varie
également beaucoup.
G. Dans les Myriapodes , comme dans les
Arachnides, on trouve, immédiatement après
le bord antérieur de la tête, appelé aussi le
chaperon , une paire de mandibules, pour¬
vues d’un palpe de plusieurs articles (Sco¬
lopendre), ou d’un article unique (Jules).
C’est une disposition commune aux Crusta¬
cés et aux Myriapodes, et ce n’est pas la seule
que présentent dans la structure de la Bou¬
che ces deux classes d’animaux articulés.
Les deux paires de mâchoires qui font
suite aux mandibules dans les Myriapodes
sont soudées entre elles et constituent une
lèvre unique , divisée en quatre parties par
des sutures de manière à laisser reconnaître
la nature de cette lèvre. Ces deux paires de
mâchoires portent dans les Jules des rudi¬
ments de palpes , tandis que dans les Scolo¬
pendres, les mâchoires de la seconde paire en
sont dépourvues. Jusqu’ici ces trois paires
d’appendices , savoir , les mandibules et les
palpes, correspondent exactement aux pièces
de la bouche des Arachnides ; mais on ob¬
serve en outre, comme dans les Crustacés,
que certains appendices du corps , et ordi-
BOU
681
BOU
nairement les deux suivants, servent encore
à la manducation. Dans ce cas , le premier
article de chacun de ces appendices, s’il agit
de manière à se souder plus ou moins com¬
plètement avec celui de l’appendice opposé,
présente, à un degré plus élevé, la même dis¬
position que dans les mâchoires des Arachni¬
des et les pieds-mâchoires des Crustacés. Dans
les Jules, ces deux sortes de pieds-mâchoires
sont plus grêles que les pattes dont ils sont
suivis. Dans les Scolopendres , ces mêmes
pieds-mâchoires, au nombre de deux paires,
sont également plus courts que les pattes ,
mais ceux de la seconde paire se font re¬
marquer par le fort crochet qui les termine
et qui est percé d’un trou pour le passage
du venin , comme cela a lieu dans les man¬
dibules des Arachnides. Cette seconde paire
de pieds-mâchoires vient recouvrir et refer¬
mer la cavité buccale, comme les derniers
pieds-mâchoires des Crustacés.
D. Dans les Insectes qui se rapprochent
beaucoup plus des Arachnides articulés par
l’organisation de leur Bouche , les appendi¬
ces buccaux sont peu nombreux et d’une
grande régularité pour le nombre. On y re¬
connaît deux lèvres , deux mandibules et
quatre mâchoires , puisque nous avons vu
que l’une des deux lèvres peut , avec beau¬
coup de probabilité, être regardée comme
une paire de mâchoires. Il y aurait donc en
tout une seule lèvre et trois paires de mâ¬
choires, en y comprenant, pour plus de gé¬
néralité, des mandibules qui ne sont, à pro¬
prement parler, que des mâchoires dépour¬
vues de palpe. Les diverses pièces que nous
venons d’énumérer étant fort différentes,
suivant qu’on les examine dans un insecte
broyeur ou dans un insecte suceur, nous
sommes forcé , comme nous l’avons fait poul¬
ies Crustacés et les Arachnides, de les dé¬
crire séparément.
1° Dans les Insectes broyeurs, la lèvre su¬
périeure ou labre est, comme dans les Crus¬
tacés, une pièce impaire, symétrique, située
en avant des mandibules. Elle ferme en avant
la cavité buccale et sert sans doute aussi à
retenir les aliments dans cette cavité. Cepen¬
dant, elle est quelquefois très peu développée
ou même elle manque tout-à-fait.
Les mandibules sont deux appendices
d’une seule pièce et doivent être considérées
comme les premières mâchoires ; car, dans
T. II.
certains Coléoptères (Brachélytres) , elles of¬
frent à leur base, et en dehors, une petite
lame cartilagineuse qui ne peut être que l’a¬
nalogue d’un palpe, et l’on ne peut s’en ser¬
vir que dans un sens très limité pour dési¬
gner la première paire de mâchoires dans les
Insectes broyeurs. Cette paire d’appendices
est généralement solide et pourvue de sail¬
lies plus ou moins fortes, plus ou moins ai¬
guës , qu’on a appelées dents, bien qu’elles
n’en méritent pas le nom, si l’on a égard au
caractère anatomique de la dent, tandis
qu’elles peuvent le conserver si l’on envisage
le caractère physiologique ou la fonction de
cet organe. Il est d’ailleurs à remarquer que
la forme des dents ou saillies des mandibules
indique assez bien le régime ou le genre de
nourriture de l’insecte , les espèces carnas¬
sières ayant les dents plus aiguës que les
espèces herbivores , et les espèces omnivores
ayant des dents intermédiaires pour la forme
et le développement à celles des Carnassiers
et des Herbivores. Les mandibules sont les
appendices les plus développés de la bouche
dans les lames des Insectes broyeurs. Elles
servent plus généralement que les mâchoires
à opérer la division des aliments.
D’ailleurs les mandibules ne sont pas tou¬
jours des organes de mastication. Dévelop¬
pées outre mesure dans les mâles de certains
Insectes, elles deviennent des armes puis¬
santes soit contre les autres animaux , soit
pour mieux contraindre la femelle. Tel est le
cas du Cerf-Volant et de beaucoup d’autres
Coléoptères. Dans ce grand nombre d’Hymé-
noptères, les mandibules servent à des usa¬
ges différents. C’est à l’aide de ces organes
qu’ils coupent les feuilles des arbres et qu’ils
enlèvent des fragments au bois; c’est ainsi
également qu’ils emportent de petites pierres
pour la construction de leur nid , ou qu’ils
saisissent d’abord la proie destinée à la nour¬
riture de leurs petits pour la placer ensuite
entre leurs pattes.
Les mâchoires proprement dites se distin¬
guent tout d’abord des mandibules, parce
qu’elles sont pourvues de palpes bien déve¬
loppés et composés ordinairement de plu¬
sieurs articles. Les palpes ressemblent à de
petites antennes, et cela leur a même valu le
nom d’antennules ( voy . ce mot), par lequel
on les désigna d’abord. Quelquefois il y a
deux palpes bien développés à chaque mâ-
43”
682
BOU
BOU
choire. Est-ce une analogie avec les mâ¬
choires des Crustacés? Les mâchoires sont
d’ordinaire moins solides que les mandibules,
mais il y a des exceptions à cet égard. Elles
sont pourvues de dents acérées dans certains
Insectes carnivores. On peut ordinairement
reconnaître trois parties dans les mâchoires
des Insectes , savoir : une tige , un palpe
interne appelé quelquefois galette ( yalea,
parce qu’il emboîte la tige), et un palpe ex¬
terne , qui serait le fouet des Crustacés. La
tige, ou corps de la mâchoire, est composée
de plusieurs pièces séparées par des sutures,
et la dernière de ces pièces est terminée quel¬
quefois par un crochet simple ou multiple.
Dans le cas de crochets multiples, ils sont
tantôt disposés régulièrement sur une seule
rangée , et tantôt placés sans aucun ordre.
Dans quelques cas les mâchoires s’allongent
et prennent plus ou moins la forme de filets,
comme il arrive dans la plupart des Insectes
suceurs. Le palpe interne est composé d’un
seul ou tout au plus de deux articles. C’est
dans le cas d’un seul article qu’il a été appelé
yalea, nom qui désigne particulièrement le
palpe interne des Orthoptères. Dans un grand
nombre de Coléoptères, le palpe interne pa¬
raît n’être qu’un simple lobe du corps de la
mâchoire ; c’est même le nom qu’on leur
donne souvent. Ce lobe est armé d’une épine
terminale ou revêtu d’un bouquet de poils.
Dans les Coléoptères carnassiers, le palpe in¬
terne esttout-à-fait semblable à l’externe, si
ce n’est qu’il n’a que deux articles. Le palpe
externe varie beaucoup de forme , au moins
son dernier article en fournit à la classifica¬
tion des caractères utiles. Le dernier article
est quelquefois renfermé dans le précédent en
plus ou moins grande partie et ne laisse voir
que son extrémité (Coléoptères subulipalpes).
Le nombre des articles dont se compose le
palpe externe n’est pas le même dans tous
les ordres d’insectes ; ce palpe lui-même pa¬
raît manquer dans quelques Névroptères (Li¬
bellules), où l’on ne trouve guère qu’une
pièce correspondant au palpe interne.
La lèvre inférieure est une pièce impaire
en apparence, qui vient clore en dessous la
cavité buccale, et se compose des deux par¬
ties appelées la languette et le menton. La
languette, formée de deux mâchoires plus ou
moins intimement réunies, supporte une ou
deux paires de palpes, et présente le plus or •
dinairement à sa partie moyenne une suture
qui la divise en deux moitiés. C’est dans les
Orthoptères que cette languette est le mieux
développée et ressemble le plus aux mâchoi¬
res, étant comme elles formée de trois par¬
ties déjà indiquées, la tige, elles deux sortes
de palpes. Dans les Coléoptères, le palpe in¬
terne manque d’ordinaire , si ce n’est dans
quelques espèces où il paraît remplacé par
deux petits lobes membraneux appelés para -
ylosses. Ce même palpe interne est très déve¬
loppé dans quelques Névroptères (Libellules),
où il porte à son extrémité le palpe externe
formé de plusieurs articles serrés. Le men¬
ton semble être l’analogue de la lèvre supé¬
rieure. Il adhère à la languette en la cou¬
pant plus ou moins à la base, et varie beau¬
coup sous le rapport de sa forme et de sa
consistance.il porte, dans quelques ouvrages,
le nom de yanache , sous lequel Latreille le
désignait souvent, et semble avoir pour fonc¬
tion, au moins dans quelques cas, de proté¬
ger la languette.
Telle est la disposition de la Bouche dans
les Insectes essentiellement broyeurs, tels
que les Coléoptères, les Orthoptères et les
Névroptères. D’autres, sans être des Insectes
véritablement broyeurs , ont cependant en
général les pièces de la bouche développées
à la façon de ces derniers. C’est le cas des Hy¬
ménoptères. Cependant un grand nombre
d'entre eux ont les deux paires de mâchoires,
ou autrement les mâchoires et la lèvre in¬
férieure , disposées d’une manière spéciale.
Ces appendices se font remarquer par leur
forme allongée, qui n’empêche pas d’y recon¬
naître les mêmes parties que dans le cas or¬
dinaire. Cependant la lèvre inférieure est
quelquefois plus modifiée que les mâchoires
elles-mêmes, et se compose d’une pièce im¬
paire , correspondant au menton et suppor¬
tant cinq pièces bien séparées, savoir : lo une
pièce impaire et médiane de forme variable,
qui représente le corps des deux mâchoires
réunies ; 2° deux pièces moyennes correspon¬
dant aux lobes des mâchoires ou à leur palpe
interne, ce qui est la même chose ; 3° enfin ,
deux pièces latérales qui sont les palpes ex¬
ternes, au nombre de plusieurs articles, dont
les derniers sont beaucoup plus petits que
les précédents. La forme des deux paires de
mâchoires est d’autant plus allongée, que
les Insectes auxquels elles appartiennent se
BOL'
BOU
683
nourrissent plus exclusivement de substances
fluides. Nous avons vu plus haut que les
mandibules des Hyménoptères ne servent
pas toujours à la manducation ; mais cela
n’est pas absolument général, comme les
Guêpes et quelques autres genres nous en
donnent la preuve.
2° Dans les Insectes suceurs , les pièces de
la Bouche sont beaucoup plus modifiées que
dans les Hyménoptères, et cette modification
se présente dans les divers ordres à des de¬
grés différents ; ainsi, dans les Lépidoptères
ou Papillons, les mâchoires proprement dites
constituent une trompe fort allongée d’ordi¬
naire, et qui s’enroule en spirale dans le re¬
pos. Cette trompe est formée de deux tubes
appliqués l’un contre l’autre, et creusés , le
long de leur bord interne, d’une rainure qui
donne naissance, avec celle du côté opposé,
à un canal continu. C’est par ce canal mé¬
dian que doivent monter les sucs nutritifs
pour arriver dans la Bouche. Lorsqu’on coupe
en travers la trompe d’un lépidoptère , on
voit très distinctement qu’elle est percée de
trois tubes ou canaux. Chacune des deux
moitiés de cette trompe est supportée à son
origine par une pièce qui représente la tige
de la mâchoire; la trompe serait donc l’équi¬
valent du palpe interne des autres Insectes.
Enfin, à la base de la trompe et au dehors,
se voit un rudiment de palpe formé de plu¬
sieurs petits articles ; c’est véritablement le
palpe externe. Au-dessous de la trompe se
voit la lèvre inférieure , organe impair, plus
ou moins divisé , qui supporte une paire de
palpes ordinairement très gros, composés de
plusieurs articles et revêtu de poils ou d’é-
cailles très visibles. Ces palpes remontent la
plupart du temps au-devant de la tête et de
chaque côté de la trompe. Ils sont , avec
celles-ci, les seules pièces de la Bouche
qu’on aperçoive aisément , les autres pièces ,
c’est-à-dire la lèvre supérieure et les mandi¬
bules, n’existant que comme de simples ves¬
tiges , sous forme de petites pièces triangu¬
laires, et hors d’état de servir. Dans l’ordre
des Hémiptères , la transformation des pièces
de la Bouche est plus remarquable encore.
Les mandibules et les mâchoires sont repré¬
sentées par quatre longues soies, dont le bout
est armé de poils ou de petites épines. Ces
soies ont pour usage de pénétrer dans le tissu
des anipiaux ou des plantes , et d’en faire
sortir les liquides dont se nourrit l’insecte.
Ces quatre soies, qui sont paires et situées
deux à deux , sont dépourvues de palpes et
renfermées dans un étui formé de plusieurs
articles , qui constitue la lèvre inférieure.
Cet étui s’applique dans le repos le long de la
poitrine, et présente dans toute sa longueur
une fente ou seulement une suture indi¬
quant les bords de la lèvre repliés l’un vers
l’autre. A l’origine de cette gaine, on remar¬
que un organe impair , qui pénètre par son
extrémité dans l’intérieur de la gaine et cor¬
respond au labre ou lèvre supérieure. Dans
quelques Hémiptères (Nèpes), on aperçoit
avant l’extrémité de la gaine deux petits tu¬
bercules qui sont regardés comme des rudi¬
ments de palpes labiaux. Dans les Diptères ,
les pièces de la Bouche sont modifiées d’une
autre manière , mais on peut y reconnaître,
comme dans les Hémiptères, une gaine et un
suçoir. La gaine, ou trompe, pour les entomo¬
logistes, répond à la lèvre inférieure. Elle en¬
veloppe le suçoir composé de plusieurs pièces
étroites appelées «oies, qui font l’office de lan¬
cettes et servent à entamer les corps d’où
l’insecte tire sa nourriture. Ces pièces sont
au nombre de deux, de quatre ou de six , les
unes paires, les autres impaires. La soie ou
pièce impaire la plus antérieure répond à la
lèvre supérieure des autres Insectes. Elle est
suivie d’une autre pièce impaire qu’on a
comparée à la langue , sorte d’organe situé ,
dans beaucoup d’insectes, entre les pièces de
la Bouche, mais toujours dans l’intérieur de
cette cavité. Les autres pièces, qui sont pai¬
res, et au nombre de deux ou de quatre, re¬
présentent les mâchoires et les mandibules ;
il y en a qui sont pourvues de palpes et cor¬
respondent aux mâchoires. La gaine est corm
posée souvent: i<> d’une paire de pièces im¬
paires qui leur sert de support et peut être
comparée au menton ; 2° d’une autre pièce
impaire qui supporte souvent des palpes de
plusieurs articles et très développés ; 3° en¬
fin. d’un double mamelon qu’on peut re¬
garder comme l’analogue du lobe intermé¬
diaire de la lèvre de quelques autres Insectes.
Ici, comme dans les Lépidoptères, les pal¬
pes labiaux sont beaucoup plus développés
que les maxillaires ; ils servent fréquemment
en classification à cause de la grande variété
de leurs formes. Enfin, les Puces, qui con¬
stituent l’ordre des Suceurs proprement dits,
684
BOL1
BOU
ont une Bouche assez analogue à celle des
Diptères. Elle offre en avant deux pièces
paires analogues aux mandibules, sans lè¬
vre supérieure distincte , puis deux soies ou
lames représentant les mâchoires et pour¬
vues d’un palpe de plusieurs articles , en¬
suite deux autres lames ou soies accompa¬
gnées d’une pièce impaire et qui seraient la
lèvre inférieure et ses appendices. Enfin,
une petite soie impaire, située à l’entrée du
pharynx, représenterait la langue, organe qui
semble d’ailleurs n’exister que dans un cer¬
tain nombre d’insectes.
Il resterait à considérer quelques ordres
d’insectes dont la Bouche est plus ou moins
rudimentaire. Tels sont les Rhipiptères, qui
semblent n’avoir à la Bouche que deux pe¬
tites pièces palpigères ou deux mâchoires ;
les Thysanoures , qui Sont des Insectes
broyeurs, et les Poux , parmi lesquels on doit
distinguer les Ricins, Insectes broyeurs, tan¬
dis que les Poux proprement dits sont des
Insectes suceurs. Dans tous , la Bouche est
généralement incomplète et présente né¬
cessairement des parties accolées, et d’autres
soudées et réunies entre elles. On peut, en la
considérant ainsi, la faire rentrer dans l’ex¬
plication générale que nous avons donnée des
organes dont elle se compose. (Brullé.)
En conchyliologie , on donne le nom de
Bouche à l’ouverture des Coquilles univalves
par laquelle l’animal sort de son test. Dans
la langue des marchands et des amateurs, on
a donné ce nom, uni à un nom spécifique, à
certaines Coquilles dont l’orifice présente
quelque particularité remarquable ; ainsi ils
ont appelé Bouche a droite ou a gauche
certaines espèces dont la volute tournait tan¬
tôt à droite, tantôt à gauche de l’axe spiral.
B. d’argent, le Turbo àrgÿrostomus L.
B. de laIt , le Büicinurri rusticum Gm.
B. d’or, le Turbo chrysostomus L.
B. DOUBLÉ, B. DOUBLE GRANULEUSE, le TrO~
chus Labio L.
B. jaune ou saéranée , le Buccinum hœ-
mastoma L.
B. noire, le StrorhbUS gibberülus Lam.
B. sanglante , le Bulimüs hcèttiaslomus L.
(C. D'O.)
BOUCHE DE LIÈVRE, bot. cr. — Sy¬
nonyme vulgaire de MeHilius cantarellus.
BOUCHEFOUR. ois. — Nom Vulgaire du
Pouillot , Motaeillà itàchilus L.
BOUCHRAIE ou BOUCRAIE. ois. —
Noms vulgaires de l’Engoulevent d'Europe.
BOUCIROLLE. ois. — Un des noms vul¬
gaires de la Bécassine sourde.
BOUCLIER, poiss.— Ce nom a été donné
à plusieurs espèces de Poissons appartenant
aux genres Cycloptère, Spare , Lépadogastre
et Centrisque.
BOUCLIER. Silpha ( sfatpvj , sorte d’in¬
secte). ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères , famille des Clavicornes , fondé
par Linné , et aux dépens duquel plusieurs
autres genres ont été formés depuis. Celui
des Boucliers proprement dits, tel qu’il a été
réduit par Fabricius et adopté par Latreille,
qui le place dans sa tribu des Peltoïdes , se
compose des seules espèces qui ont pour ca¬
ractères communs : Antennes terminées par
une massue allongée de 4 articles perfoliés.
Palpes filiformes, inégaux. Mandibules fortes
et aiguës. Tête inclinée , cachée sous le pro¬
thorax ; celui-ci dilaté sur les côtés, rétréci
et souvent échancré en avant , large et pres¬
que droit en arrière. Élytres plus ou moins
arrondies à l’extrémité, plus ou moins con¬
vexes, et dont les bords sont relevés en gout¬
tière. Pattés courtes, avec les quatre premiers
articles des tarses antérieurs dilatés dans les
mâles. La forme générale de ces Insectes est
celle d’un bouclier ovale, ainsi que l’indi¬
que leur nom français. La plupart sont de
moyenne taille, de couleur noire ou sombre,
et tous exhalent une odeur nauséabonde qui
provient de leur genre de nourriture. En
effet, ils ne vivent que de cadavres en putré¬
faction et d’excréments , et paraissent desti¬
nés par la nature , surtout leurs larves , à
purger la terre des immondices que la des¬
truction et la décomposition des êtres orga¬
nisés entraînent sans cesse après èlles. Lors¬
qu’on les saisit, ils répandent, par la bouche
et par l’anus , une liqueur noire et fétide ,
dont l’usage paraît être d’accélérer le ramol¬
lissement des chairs dont ils se nourrissent.
Les larves se rencontrent sur les cadavres en
même temps que l’insecte parfait. Elles ont
le corps aplati, composé de 12 segments,
ayant leurs angles postérieurs aigus, et dont
le dernier est muni de deux appendices co¬
niques. Elles sont très agiles et s’enfoncent
dans la terre pour subir leur métamorphose.
Quelques espèces se nourrissent de proie vi¬
vante. Telles sôtft entre autres la Sitpha qu&
BOU
685
BOU
drala Lin. (Bouclier jaune a taches noi¬
res Geoff. ), et la Silpha thoracica Fabr.
( Bouclier a corselêt jaune Geoff. ), qui
vivent de Chenilles : on les voit souvent
courir sur les arbres après celles-ci à la
première apparition des feuilles. D’autres
espèces grimpent sur les plantes, notamment
sur les tiges des Blés , où se tiennent de pe¬
tites Hélices dont elles font leur nourriture.
Leach a établi dans ce genre plusieurs di¬
visions ou sous-genres , dont il serait trop
long de donner ici les caractères. M. Dejean
y rapporte 36 espèces , dont 7 d’Amérique , 4
d’Afrique, 2 d’Asie, et le reste d’Europe.
Toutes ces espèces peuvent être séparées en
deux groupes , comme l’a fait M. le comte
de Castelnau , savoir : celles dont le corselet
est échâncré antérieurement , et celles dont
le corselet ne présente pas cette échancrure.
Nous citerons, comme type du premier, la
Silpha americana Fab., Oliv., 2, 11, 4, pl. 1,
fig. 9 ; et, comme type du second, les Silpha
airata Fab., punctala Herb., col. 5, pl. 51 ,
fig. 13. Cette dernière se trouve dans les en¬
virons de Paris. (D.)
BOUCLIER, moll. — Nom vulgaire de la
Palella lestudinaria.
BOUCLIER, échin. — Ployez clypeus ,
genre d’Oursins. (P. G.)
BOUCLIER, bot. cr. — Nom que donne
Paulet à YAgaricus brevipes de Bulliard.
(LÉv.)
BOUCRAIE. ois. — Voyez bouciiraié.
BOUDIN NOIR. bot. cr. — On nomme
ainsi , dans l’Inde , une espèce de Bolet qui
est fort agréable au goût. Elle porte égale¬
ment le nom de Tripan . (LÉv.)
BOUDRINE. bot. ph. — Nom du Blé er¬
goté , dans quelques uns de nos départe¬
ments.
BOUE. géol. — C’est vulgairement le mé¬
lange plus ou moins pâteux , avec l’eau, de
tous les débris que le broiement et la dé¬
composition produisent à la surface du sol.
L’accumulation de matières semblables sur
le fond de cavités ou bassins remplis d’eau
stagnante est plus particulièrement désignée
sous le nom de Vase . La Boue entraînée
dans les fleuves, les lacs ou la mer, y est dé¬
layée, et les particules qui la composent sé¬
parées d’abord , puis déposées en raison de
leur pesanteur spécifique , contribuent à la
formation des Sédiments . Voyèi eè mot.
Des mélanges boueux, plus ou moins ana¬
logues par leur consistance et leur composi¬
tion à ceux qui se forment journellement
sous nos yeux , sortent de l’intérieur de la
terre à la manière des sources et des matiè¬
res volcaniques ; telles sont les Boues miné¬
rales que déposent les eaux de certaines fon¬
taines, et qui avec des matières argileuses
contiennent une assez grande quantité de
Soufre et de matière animale. Tels sont les
volcans de Boue ou Salses des environs de Mo-
dène, de Maralouba en Sicile, de Bakou prés
de la mer Caspienne , de File de Java , de
Turbaco en Amérique, etc.
Parmi les phénomènes volcaniques on cite
souvent des éruptions boueuses ; les unes
proviennent du mélange des eaux pluviales
ou de la neige fondue avec les cendres volca¬
niques qu’elles entraînent. C’est sous une
Boue de cette sorte que Pompeia et Hercula-
num paraissent avoir été ensevelis en 79 lors
de la célèbre éruption du Vésuve , qui fut
cause de la mort de Pline.
Dans d’autres cas, des émissions boueuses
sont sorties de l’intérieur même des monta¬
gnes volcaniques. On rapporte qu’en 1797
une grande surface du sol et un village au¬
près de Rio-Bamba furent recouverts par une
Boue noire que dans le pays on désigne sous
le nom de Moya. Voyez ce mot et éruption,
VOLCANS. (C. P.)
BOUFFE, zool. — Métis du Barbet et dé
l’Épagneul. Voyez chien. — C’est aussi un
des noms vulgaires de la Raie bouclée.
BOUFFRON. moll. — Nom vulgaire de la
Sèche sur nos côtes.
BOUGAINVILLEA ( Bougainville , célè¬
bre navigateur français ; c’est donc par erreur
que quelques auteurs ont écrit Buguin-Bu-
gin, Bugetwillcea). bot. ph. — Genre fort re¬
marquable de la famille des Nyctaginacées ,
formé par Commerson , et caractérisé prin¬
cipalement par un involucre triphylle , co¬
loré , triflore ; chaque nervure médiane de la
foliole portant une fleur à sa base ; un périgone
corollacé, tubulé, rétréci à la gorge, à limbe
court, plissé, persistant obscurément, 6-10
denté. Étamines 7-8, libres, incluses ; akène
monosperme, anguleux, libre, caché par
l’involucre persistant. — Ce g. ne renferme
que 2 esp. : ce sont des arbrisseaux indigènes
de l’Amérique tropicale, à feuilles alternes,
ovales, lancéolées-acuminées , munies d’épis
686
BOL
BOU
nés en crochets axillaires , à pédoncules axil¬
laires et terminaux , simples ou divisés au
sommet. L’une d’elles, le B. spectabilis , mé¬
rite ce nom en raison du magnifique aspect
qu’offrent au printemps ses milliers de fleurs
roses (involucre), quand il est palissé sur le
mur d’une serre , qu’il parvient à couvrir,
quelle que soit l’étendue de celle-ci , en fort
peu d’années. (G. L.)
^BOUGAINVILLÉE. Bugainvillœa (Bou¬
gainville, célèbre navigateur français), acéph.
— Genre établi par M. Lesson dans la hui¬
tième tribu de ses Béroïdes , pour un aca-
lèphe qu’il avait précédemment réuni aux
Cyanées, et dont M. Brandt a fait le genre
Hippocrène. Voyez ce mot. (Duj.)
BOUGRAINE , BOUGRANE ou BU-
GRANE. bot. pu. — Noms vulgaires des
Gnonis aryensis et spinosa : le dernier est
même attribué à tout le genre.
BOUGRANE. bot. ph. — Voyez bougràine.
*BOUGUERIA (nom propre), bot. fh. —
Genre de la famille des Plantaginacées, formé
par Decaisne ( JYouv . ann. sc. nat., V, 132)
pour une plante des Andes herbacée, vivace,
haute à peine de quelques centimètres , ga-
zonnante ; à racines charnues ; à feuilles li¬
néaires, très entières, subcharnues, glabres ;
les plus jeunes revêtues d’une pubescence
blanche ; à fleurs polygames , hermaphrodi¬
tes, capitées ; celles-ci sans ordre, mêlées aux
femelles sur les mêmes épis , et munies de
bractées larges. Le calice est velu , 4-parti ,
persistant ; la corolle hypogyne , tubuleuse,
scarieuse ; une seule étamine , à filament
longuement exsert, ainsi que le style à an¬
thère biloculaire. Le fruit est un nucule os¬
seux, monosperme, comprimé, costé ; graine
* peltée, réniforme. (G. L.)
BOUILLARD. ois. — Nom vulgaire du
Ghevalier aux pieds rouges, Scolopax ca-
lidris.
BOUILLARD. bot. ph. — Nom vulgaire
du Bouleau commun.
BOUILLON, bot. ph. — Nom vulgaire et
inusité des espèces du genre Molène natu¬
relles à la France ; on n’a conservé ce nom
qu’à la Molène officinale , Verbascum thap-
sus , qui s’appelle Bouillon blanc , et au
V. nigrum , qui porte le nom de Bouillon
noir. Voy. molène. On appelle encore Bouil¬
lon sauvage le phlomis fruticosa L. V oy .
fSLOMIDEt (C. d’O.)
BOUILLOT. bot. ph. — Nom provincial
de la Camomille, Anthémis cotula.
BOUIS. bot. ph. — Voyez buis.
BOULA, bot. cr. — Synonyme de Bo¬
let. Mot dont on se sert dans quelques pays
de la France pour désigner le Boletus nngu-
lalus de Bulliard. (LÉv.)
*BOUL AN GÉRITE , Taulow (nom d’hom¬
me). min. — Nouvelle espèce de Sulfure d’An-
timoine et de Plomb. Voy. sulfures. (Del.)
BOULBOUL. ois. — Voyez eoubout.
BOULE DE NEIGE, bot. ph.— Nom vul¬
gaire d’une variété de la Viorne obier , Vi-
burnum opulus, à fleurs stériles et ramassées
en boule.
*BOULE DE NEIGE ou CHAMPIGNON
DES BRUYÈRES, bot. cr. — Espèce d’A-
garic ainsi nommée à cause de sa forme
et de sa couleur. C’est la variété de YAga-
ricus campestris L., qui croît dans les forêts,
ou VAgaricus sylvicola de Fries. (LÉv.)
BOULÉ, ois. — Nom vulgaire du Pluvier
à collier, Charadrius hialiculas L.
BOULEAU. Betula (de betu , nom celte de
l’arbre , selon les uns ; mais plutôt de ba¬
nda , verge , de batuo , je frappe), bot. ph. —
Genre type de la famille des Bétulacées ,
formé par Tournefort (Inst. , t. 360), et com¬
prenant 35 à 40 espèces, répandues dans les
forêts de l’Europe et de l’Asie boréale et mé¬
diane, un peu plus nombreuses encore dans
l’Amérique septentrionale , rares dans les
montagnes du Pérou et de la Colombie, ainsi
que dans celles de l’Inde (Népaul ). Ce sont
des arbres ou des arbrisseaux à feuilles en¬
tières , annuelles ; à bourgeons pérulés, ren¬
fermant les jeunes feuilles plissées , équitan-
tes ; à chatons cylindriques, grêles, dont les
mâles latéraux et terminaux, nus en hiver ;
les femelles latéraux pérulés. ( V oy. bétula¬
cées, pour les caractères génériques). Les
Bouleaux se plaisent dans les contrées hy-
perboréennes , en Europe et en Asie , par
exemple ; là, l’un d’eux, le B. alba , forme à
lui seul des forêts entières. De tous les ar¬
bres , il est celui qui craint le moins les ri¬
gueurs du froid ; mais plus il avance vers le
pôle, moins il s’élève : il est alors de plus en
plus rabougri, noueux ; ses feuilles sont pe¬
tites , plus rares ; enfin, vers le 70e degré, il
cesse de croître. Dans les montagnes , en
Suisse , dans les Alpes , etc. , dans le Né¬
paul, les Cordillières, etc., il s’arrêtera l’étal
BOU
BOU
687
nain , à peu de distance des neiges perpé¬
tuelles. Les Bouleaux sont d’une grande uti¬
lité dans l'économie domestique, malgré le
peu de dureté de leur bois , qui sert surtout
à chauffer les fours en raison de sa propriété
de produire de grandes flammes. On en fait
des perches commodes, mais de peu de du¬
rée ; les jeunes branches du Bouleau blanc
servent à faire des balais : on fabrique un
assez bon papier avec les diverses enveloppes
de son écorce. Les Groenlandais , les Kamt-
chadales , etc. , couvrent leurs cabanes avec
cette écorce ; ils s’en nourrissent quand elle
est nouvelle, s’en font des chaussures quand
elle est vieille; les Russes , les Suédois, etc.,
savent tirer de son tronc une liqueur fermen¬
tée ; enfin son écorce possède encore des ver¬
tus essentiellement fébrifuges. De plus, ces jo¬
lis arbres ornent bien les jardins paysagistes,
et à cet effet on en cultive un grand nombre
d’espèces dans les pépinières. Le bois du
Bouleau noir, par exception , est fort dur et
excellent pourles constructions ; on le trouve
dans l’Amérique du Nord. (C. L.)
BOULEAU DE CONSTANTINOPLE.
bot. ph. — Nom vulgaire de l’Aune à feuil¬
les oblongues, Alnus oblongaia.
BOULESIA. bot. pii. — Voyez bowlesia.
BOULET, bot. cr. — Mot altéré , et qui,
dans quelques patois de la France, sert à dé¬
signer les Bolets. (Lév.)
BOULET DE CANON. bot. ph. — Syno¬
nyme vulgaire de Couroupite.
BOULETTE, bot. ph. — Nom vulgaire des
espèces du genre Echinops ; on l’a conservé
en horticulture à Y Echinops ritro , qu’on ap¬
pelle Boulette azurée.
BOULEVART. bot. cr. — Ployez boule-
vert. (Lév.)
BOULEVERT. bot. cr. — Espèce de
Bolet qu’on appelle ainsi dans le départe¬
ment de la Nièvre, à cause de sa forme et de
la couleur verte de ses pores. Ce Bolet est
comestible; il appartient à la famille des
Cèpes mousseux de Paulet. (Lév.)
BOULEZ, bot. cr. — Nom ancien qu’on
retrouve encore dans quelques pays de la
France, et qui sert à désigner l'Oronge fran¬
che, Agaricus cœsareus Schæff. (LÉv.)
BOULIGOULE et BOULIGOULOU. bot.
cr. — Voyez baligoule. — On donne aussi
quelquefois le même nom à la Chanterelle ,
Camharellus citarius F. (Lév.)
’BOUPIION, et non BUPHONE, Herb.
(j3ov<pov£w, je tue les boeufs ; les bulbes de ces
plantes possèdent des qualités vénéneuses).
bot. pii. — Genre de la famille des Amaryl¬
lidacées , tribu des Amaryllidées , formé par
Herbert ( Bot. mag. , t. 2578) aux dépens de
quelques espèces de Brunswigia et d ’Hœnan-
thus , non adopté et regardé comme une des
sections du premier de ces deux genres.
V oyez brunswigia. (C. L.)
BOUQUET. Serlulum. bot. — On donne
ce nom aussi bien que celui de Seriale à un
certain mode d’inflorescence dans lequel des
pédoncules uniflores, partant d’un même
point, arrivent à peu près à la même hauteur,
comme dans les Primevères, les Aulx, etc.
Quelques botanistes regardent la Sertule
comme une ombelle simple. (C. d’O.)
BOUQUET PARFAIT, B. TOUT FAIT.
bot. ph. — Nom vulgaire de l’Œillet barbu,
Dianthus barbatus.
BOUQUETIN, mam. — Voyez ciievre.
BOUQUETTE. bot. ph. — Nom vulgaire
du Sarrasin , Polygonum bagopyrum. Voyez
RENOUÉE.
BOUQUIN, mam. — Nom du mâle dans
l’espèce Lièvre, en usage dans le langage des
chasseurs. On donnait encore ce nom au
Bouc en vieux français.
BOUQUIN BARBE, bot. cr. — On nomme
ainsi , dans quelques endroits de la France,
la Clavaire coralloide , Clavaria coralloides
L., parce qu’on lui trouve quelque ressem¬
blance avec la barbe d’un Bouc. (Lév.)
BOURBONNAISE, bot. ph. — Nom vul¬
gaire de la variété à fleurs doubles de la
Lyclmis viscaria.
BOURDAINE ou BOURGÈNE. bot. ph.
— Noms vulgaires du Rhamnus frangula L.
Voyez NERPRUN.
BOURDON. Bombas, ins. — Genre de la
famille des Mellifères , de l’ordre des Hymé¬
noptères, établi par Latreille, et adopté par
Fabricius et tous les naturalistes. Les Bour¬
dons sont remarquables par leur corps fort
gros et très velu ; leur lèvre inférieure est
presque cylindrique, et constitue, avec les au¬
tres parties de la bouche , une fausse trompe
presque aussi longue que le corps quand elle
est déployée; leurs antennes sont filiformes
et vibratiles , et leurs ailes antérieures pré¬
sentent une cellule radiale assez grande et
quatre cellules cubitales. — On connaît un
BOU
BOÜ
688
certain nombre d’espèces de ce genre, tant
européennes qu’exotiques ; les plus remar¬
quables dans notre pays sont les B. lapidu-
rius [Apis lapidaria Lin.), B. horlorum ( Apis
horlorurn Lin.), B. lerreslris (Apis ter revins
Lin.), etc. Voyez pour les mœurs de ces
Insectes l’article bombites et surtout l’art.
îwellifÈres. (Bl.)
BOURDON DE SAINT JACQUES, bot.
pii. — Nom vulgaire de la Guimauve , Alcea
rosea L.
BOURDONNEURS. ois. — Les habitants
de nos colonies ont donné ce nom aux Coli¬
bris et aux Oiseaux-Mouches , à cause du
bruit sourd et monotone qu’ils produisent en
volant.
BOURG -ÉPINE et BOURGUE-ÉPÏNE.
bot. ph. — Noms vulgaires appliqués indiffé¬
remment au Filaria et à l’Alaterne.
BOURGÈNE. bot. pii. — Voyez bour¬
daine.
BOURGEON. Gemma, bot. ph. — On ap¬
pelle ainsi des corps ordinairement ovoides-
allongés , qui se développent sur différentes
parties des végétaux, et particulièrement sur
la tige soit aérienne, soit souterraine, et qui
par leur évolution donnent naissance aux
branches et aux rameaux. Certains Bour¬
geons ont reçu des noms particuliers. Ainsi,
on appelle limon le Bourgeon qui naît cha¬
que année, au printemps, delà souche ou
tige souterraine des plantes à racine Yivace,
comme dans l’Asperge, le Houblon, les Asters
et toutes les autres plantes herbacées viva¬
ces. On donne le nom de bulbe à un Bourgeon
particulier, qu’on n’observe que dans cer¬
taines plantes monocotylédonées ; il naît éga¬
lement d’une souche souterraine, ordinai¬
rement mince et plane, qu’on nomme le pla¬
teau. C’est le même organe qu’on appelle
vulgairement Yognon. Les bulbilles sont aussi
une sorte de Bourgeon particulier à certai¬
nes plantes et qui ont la plus grande analogie
avec les bulbes proprement dits. Voy. bulbe,
BULBILLE, TURION.
Nous nous occuperons spécialement ici des
Bourgeons proprement dits, c’est-à-dire de
ceux qui se développent sur la tige et sur
ses ramifications aériennes, particulièrement
dans les arbres djcotylédonés. Leur forme
est en général OYOïde-allongée, comme nous
l’avons dit précédemment, mais elle est su¬
jette à varier ; ainsi , les Bourgeons de la
vigne sont ovoïdes et globuleux , tandis que
ceux du charme sont allongés et presque li¬
néaires.
Examinés à l’extérieur, les Bourgeons sont
formés d’écailles appliquées les unes sur les
autres , se recouvrant en partie à la manière
des tuiles d’un toit, quelquefois recouvertes
à l’extérieur d’un enduit de matière pois¬
seuse et garnies à la face interne d’un duvet
cotonneux. De semblables Bourgeons se re¬
marquent surtout dans les arbres des cli¬
mats froids , dont la jeune pousse qu’ils
contiennent a besoin d’être défendue pen¬
dant l’hiver contre le froid et l’humidité.
Une disposition analogue s’observe dans
quelques arbres des régions tempérées ou
chaudes du globe, et l’on a généralement re¬
marqué que ce sont les seuls qu’on puisse
acclimater dans les pays plus froids.
En général, il se développe chaque année
un seul Bourgeon à. l’aisselle de toutes les
feuilles. Parmi ces Bourgeons, il en est tou¬
jours un qui termine la branche ou la tige,
et qu’on nomme Bourgeon terminal. C’est
lui qui par son élongation est destiné à
continuer la tige ou la branche. Dans les ar¬
bres à feuilles opposées , ce Bourgeon termi¬
nal occupe réellement le sommet de la tige ;
il est placé entre les deux dernières feuilles,
qui chacune offrent aussi un Bourgeon axil¬
laire ; mais le Bourgeon terminal, plus vigou¬
reux, est en général le seul qui se développe.
Dans les arbres à feuilles alternes, le Bour¬
geon est réellement latéral, bien qu’il semble
terminer la branche. Généralement on ne
trouve qu’un seul Bourgeon à l’aisselle de
chaque feuille : cependant il en existe quel¬
quefois deux ou plusieurs ; dans l’Abricotier,
par exemple.
Les Bourgeons commencent à se montrer
à l’aisselle des feuilles , dès que celles-ci ont
pris tout leur développement. Us sont alors
excessivement petits, parce qu’ils reçoivent
très peu de nourriture , les feuilles détour¬
nant à ieur profit tous les sucs nutritifs.
Dans cet étal, on les nomme yeux. Au mo¬
ment de la chute des feuilles ils sont déjà un
peu plus développés. Us grossissent et pren¬
nent en général la forme qu’ils doivent con¬
server pendant l’automne. Beaucoup d’au¬
teurs les désignent alors sous le nom débou¬
tons. Us restent stationnaires pendant l’hiver,
époque où dans nos climats la végétation pa-
BOU
BOU
689
rail complètement endormie. Ce n’est qu’au
printemps, qu’au moment où le retour de la
chaleur semble donner une vie nouvelle aux
végétaux, qu’ils se gonflent, se dilatent ; leurs
écailles s’écartent et mettent à nu la jeune
pousse qu’elles recouvraient , et qui bientôt
va se convertir en une nouvelle branche.
Assez généralement les écailles extérieures
du Bourgeon tombent au moment où la
jeune pousse se développe ; d’autres fois, au
contraire , ces écailles persistent , parce
qu’elles sont formées par des organes non
déformés. D’après la nature et l’origine va¬
riées de ces écailles, on a distingué les Bour¬
geons de la manière suivante :
1° Bourgeons foliacés , ceux dont les écail¬
les ne sont que des feuilles incomplètement
développées , réduites à de faibles propor¬
tions , mais qui néanmoins peuvent , dans
certaines circonstances , reprendre le carac¬
tère de feuilles; celles des Bourgeons des
Daphnés , par exemple.
2° Bourgeons pétiolacés, quand la jeune
pousse est protégée par la base persistante
du pétiole de la feuille à l’aisselle de laquelle
le Bourgeon s’est formé. Tantôt le pétiole est
creusé en gouttière à sa base, tantôt la jeune
pousse est renfermée dans l'intérieur même
du pétiole qui présente à cet effet une ca¬
vité spéciale. Cette disposition est surtout
remarquable dans le Virgilia lutea, joli ar¬
bre de l’Amérique septentrionale, introduit
depuis un certain nombre d’années dans nos
jardins.
3° ^Bourgeons stipulacès , ceux dont les
écailles ne sont autre que les stipules qui
accompagnent la base des feuilles, soit que
ces stipules soient au nombre de deux à
la base de chacune d’elles, comme dans le
Tilleul, le Charme, etc., soit qu’il n’y en ait
qu’une seule qui embrasse la base du pétiole,
ainsi qu’on le remarque dans les Figuiers.
4° Enfin, on a nommé Bourgeons fulcracés,
ceux dont les organes protecteurs sont formés
par des pétioles garnis de stipules ; comme
dans le Prunier.
Les Bourgeons contiennent soit le rudi¬
ment d’un rameau foliifère , soit un rameau
florifère. De là , la distinction des Bourgeons
proprement dits, qui ne développeront que
des feuilles, d’avec les Boulons ou Bourgeons
à fleurs , et par conséquent à fruits. Cette
distinction est surtout importante pour les
T. II.
arbres fruitiers , les soins du cultivateur de¬
vant tendre en général à multiplier les Bour¬
geons à fruits et à favoriser leur développe¬
ment. Leur forme sur un même arbre les
distingue facilement des Bourgeons foliifères ;
ainsi, ils sont d’ordinaire plus volumineux,
et surtout plus renflés que ces derniers. Ce¬
pendant il y a ce qu’on appelle des Bour¬
geons mixtes qui , contenant à la fois des
fleurs et des feuilles, tiennent le milieu pour
la forme entre les Bourgeons à fruits et les
Bourgeons foliifères.
On a donné le nom général de pérule à
l’ensemble des organes extérieurs d’un Bour¬
geon qui servent à protéger la jeune pousse ;
ainsi, la pérule peut être formée d’écailles, de
feuilles rudimentaires, de stipules , etc. Il y
a des Bourgeons complètement nus , et par
conséquent dépourvus de pérule : ce sont
ceux dont toutes les parties se développent
en feuilles ; comme les Bourgeons des plantes
herbacées.
Si l’on fend longitudinalement un Bour¬
geon au moment où il va se développer, c’est-
à-dire au printemps, on trouve que son cen¬
tre est occupé par un axe , rudiment d’une
jeune branche ou d’un scion, comme on dit
plus généralement. Cet axe est chargé de
feuilles rudimentaires, ayant déjà la disposi¬
tion qu’elles présenteront plus tard , quand
le scion se sera allongé. Cet axe fendu dans
sa longueur montre un canal médullaire as¬
sez grand, occupant son centre et communi¬
quant directement avec celui de la branche
sur laquelle le Bourgeon est placé. Les pa¬
rois de ce canal sont formées par des fais¬
ceaux de fibres ligneuses disposées circu-
Iairement , et qui plus tard s’organiseront
pour constituer la première couche de bois..
Nous avons dit qu’il existait un et quel¬
quefois plusieurs Bourgeons à l’aisselle de
toutes les feuilles; ces Bourgeons sont très
évidents dans les végétaux dicotylédonés. Ils
existent aussi bien dans les plantes herbacées
que dans les espèces ligneuses : seulement
dans les premières , ils se développent rapi¬
dement, presque dès le moment où ils se
montrent , et donnent ainsi naissance aux
branches nombreuses dont se compose ordi¬
nairement la tige d’une plante herbacée. Dans
les végétaux monocotylédonés,les Bourgeons
sont bien moins apparents, et généralement
ils restent stationnaires et ne se développent
690
BOÜ
BOU
en rameaux que dans certaines circonstan¬
ces, en quelque sorte accidentelles: aussi les
tiges ligneuses des Monocotylédons sont-elles
ordinairement simples et sans ramifications.
Mais quelquefois on voit dans ces végétaux
un Bourgeon se développer et donner nais¬
sance à un rameau. Cela s’observe habi¬
tuellement pour quelques espèces , et acci¬
dentellement pour quelques autres ; ainsi
le Doum de la Thébaide ( Crueifera the-
baica ), beau Palmier qui habite le désert de
la Haute-Égypte , se distingue-t-il de pres¬
que tous les autres arbres de la même famille
par un stipe ramifié. Quand une cause ac¬
cidentelle a agi sur le Bourgeon terminal des
Palmiers , des Dracœna , des Pandanus, de
manière à arrêter son évolution , quelques
Bourgeons préexistant à l’aisselle des feuilles
se mettent en mouvement et donnent nais¬
sance à quelques rameaux. Le même phé¬
nomène a également lieu pour certaines Mo-
nocotylédonées herbacées , les Graminées ,
par exemple , où les Bourgeons sont visibles
à l’aisselle des feuilles, même dans celles de
nos climats , quoique ordinairement ils ne
se développent pas.
On voit , dans certaines circonstances , se
former et se développer des branches dans
des parties où les Bourgeons n’étaient pas ap¬
parents ; ainsi , quand on étête un arbre, on
voit sortir de la partie supérieure de sa tige
des Bourgeons qui s’allongent en branches.
Il en arrive autant quand on coupe les ra¬
meaux d’une plante herbacée. On a donné
les noms de ourgeons latents ou Bourgeons
advenlifs à ceux qui semblent ainsi se for¬
mer de toutes pièces sous l’influence de cau¬
ses assez variées , comme l’irritation , l’hu¬
midité, l’avortement des fleurs, etc. Il ne fau¬
drait pas croire , comme quelques physiolo¬
gistes semblent l’avoir admis, que ces Bour¬
geons existaient à l’état latent. On ne peut
admettre l’existence d’un organe que quand
sa présence matérielle peut être directement
constatée; mais le tissu dans lequel ces Bour¬
geons adventifs se montrent plus tard n’en
contenait aucune trace. Ils s’y sont donc dé¬
veloppés de toutes pièces, parce que la force
végétative, excitée par une cause accidentelle
dans un point déterminé, y a appelé les sucs
nutritifs qui ont peu à peu déterminé sur
ces points les modifications de tissu néces¬
saires à la formation des Bourgeons. C’est
ainsi qu’on a vu des Bourgeons adventifs
apparaître sur la feuille de YEucomis regiay
de YOrnilhogalum thyrsoides , du Cardarnine
praiensis et de plusieurs autres végétaux.
(A. Richard.)
BOURGEONNEMENT. Gemmalio. bot.
pii. — On appelle ainsi l’ensemble des phé¬
nomènes que présentent les bourgeons quand
ils se développent et passent à l’état de scions
ou de branches développées.
Ainsi que nous l’avons indiqué dans l’ar¬
ticle précédent , l’évolution des bourgeons
n’a lieu que dans l’année qui suit leur appa¬
rition. C’est en général au printemps que le
Bourgeonnement s’opère. Dès que les rayons
solaires ont remis la sève en mouvement,
elle afflue dans les bourgeons. Ceux-ci se
gonflent; leurs écailles s’entr’ouvrent , s’é¬
cartent, les plus extérieures se détachent, le
jeune scion se dégage des enveloppes qui
l’ont jusqu’alors protégé ; les feuilles diver¬
sement plissées s’étalent, grandissent à me¬
sure que la jeune branche s’allonge et que
les feuilles s’écartent les unes des autres
pour prendre la position qu’elles doivent
toujours conserver par la suite. L’allonge¬
ment du jeune scion se fait successivement
de la base vers la partie supérieure ; ainsi ,
le premier entre-nœud, c’est-à-dire le plus in¬
férieur, s’allonge et grossit , puis celui qui
est placé immédiatement au-dessus, et ainsi
successivement jusqu’au moment où l’élon¬
gation de la branche est terminée. La pro¬
portion de cet allongement n’est pas la même
dans toutes les parties de la branche. Duha¬
mel divisa une jeune branche de 1 pouce et
demi de longueur avec des fils d’argent très
fins qui furent enfoncés dans l’écorce. Ces
fils étaient d’abord également espacés. L’au¬
tomne suivant, ceux qui étaient à la partie
inférieure de la branche étaient peu écartés,
tandis que ceux qui étaient vers l’extrémité
supérieure l’étaient beaucoup. Il en tira
donc cette conséquence, que les jeunes tiges
tendres s’étendent dans toute leur longueur,
mais beaucoup plus vers l’extrémité où la
tige est restée plus long-temps tendre qu’ail-
leurs, et que par conséquent l’extension di¬
minue à mesure que l’endurcissement de la
tige fait des progrès. Cette règle paraît à peu
près générale. Elle s’applique non seulement
à la branche prise dans son ensemble, mais
encore à chaque entre-nœud ou mérithalle,
BOU
BOU
ainsi que M. Mirbel Ta constaté par l'expé¬
rience; c’est toujours la partie inférieure du
mérithalle qui s’allonge et grossit la pre¬
mière, et l’accroissement s’étend à celles
qui lui sont superposées. Cependant quel¬
ques expériences de M. Henri Cassini mon¬
trent qu’en général dans les plantes dont les
feuilles sont engainantes à leur base, l’allon¬
gement de chaque mérithalle suivrait une
marche inverse. Ainsi, la partie supérieure
croîtrait avant l’inférieure, dans laquelle
cette faculté se conserverait plus long-temps.
Cette par ticularité paraît dépendre de ce que
la partie inférieure du mérithalle étant pro¬
tégée par la gaine des feuilles, se conserve
plus long-temps verte et tendre, et par con¬
séquent plus susceptible de développement.
L’évolution des bourgeons commence com¬
munément par les bourgeons terminaux.
Cela tient non seulement àce qu’ils sont plus
gros et plus développés que les autres, mais
encore à leur position même au sommet de
la tige ou des rameaux. Il n’y a guère d’excep¬
tion à cette règle générale , que dans la fa¬
mille des Conifères, les Pins, les Sapins, dont
le Bourgeonnement commence ordinaire¬
ment par les bourgeons inférieurs pour s’é¬
tendre de proche en proche à ceux qui occu¬
pent les sommités des rameaux. (A. R.)
BOURGEONNIER. ois. — Nom vulgaire
du Bouvreuil ordinaire, Loxia pyrrhula L.,
en Basse-Normandie.
BOURGOGNE, bot. ph. — Nom vulg. du
Sainfoin dans une grande partie de laFrance.
BOURGUE- ÉPINE, bot. pu. — Ployez
BOURG-EPINE.
BOURGUEMESTRE. ois. — Nom d’une
espèce de Goéland des mers du Nord, voisine
du Goéland à manteau gris de Buffon , mais
plus forte. (Lafr.)
BOURGUETICRINUS (nom propre).
zooph. — Genre d’Encrines voisin des Apio-
cfinus de Miller ( famille des Apiocrinidées ,
d’Orb.), établi en 1840 par M. Aie. d’Orbigny
dans son Histoire des Crinoïdes , et dédié à
Bourguet, naturaliste français du dernier siè¬
cle , à qui l’on doit quelques bonnes obser¬
vations sur des fossiles du même groupe. Les
Bourgueticrinus sont des Apiocrinidées à deux
séries de pièces au sommet , qui se compose
de pièces basales et supérieures, n’est jamais
concave , et reçoit cinq bras. Les pièces de
leur tige ne sont pas radiées à leur surface
articulaire. On trouve dans la Craie la plus
supérieure (Craie blanche) les B. ellipticus et
Parkinsonii.
Une observation intéressante de M. Aie.
d’Orbigny le porte à supposer dans les mers
des Antilles l’existence d’une espèce encore
vivante de ce genre : B. Hotessieri d’Orb.
Voici sur quelles données repose cette idée :
M. Saint-Cyr Hotessier, qui s’est occupé ac~
tivement de la géologie de la Guadeloupe, a
communiqué à l’auteur des échantillons de
brèches récentes contenant des ossements hu¬
mains, et dans lesquelles se trouvent des ar¬
ticles et des portions de tige de Crinoïdes que
leur surface articulaire non radiée peut , par
analogie , et en attendant qu’on connaisse
leur sommet, faire réunir aux Bourguelicri-
nus. Comme les brèches qui renferment ces
débris sont de formation actuelle, et qu’elles
ne contiennent que des espèces aujourd’hui
vivantes , on voit que l’opinion de M. Aie.
d’Orbigny offre une grande probabilité. Les
mêmes parages auraient donc trois espèces vi¬
vantes de Crinoïdes, les seules actuellement
connues : un Pentacrinus , un Holopus et un
Bourgueticrinus . (P. G.)
BOURICHON. ois .—Nom vulgaire du Tro¬
glodyte d’Europe, Molacilla troglodytes L.
*BOURLINGTONIE. Bourlinglonia (nom
propre), bot. pii. — Famille des Orchidées,
tribu des Vandées. M. Lindley a nommé
ainsi un g. d’Orchidées, qu’il a établi {Bot.
reg., t. 1927) pour une plante déjà décrite
et figurée par MM. Pœppig et Endlicher {Nov.
gen. et sp . t. 70) sous le nom de Rodri-
guezia Batemanni. Ce g. a pour caractères :
Calice membraneux et roulé obliquement ,
composé de sépales onguiculés* les extérieurs
soudés à la base et prolongés en avant, re¬
couvrant le labelle ; les intérieurs un peu
plus larges , mais d’égale longueur. Le la¬
belle est onguiculé à sa base qui est un peu
éperonnée et parallèle avec le gynostème;
il est dilaté à son sommet qui est bilobé. Le
gynostème est cylindrique, renflé à sa partie
supérieure offrant deux appendices : l’an¬
thère operculiforme est un peu postérieure.
Elle contient deux masses polliniques caudi-
culées, attachées à un rétinacle naviculaire.
Cette plante est originaire du Mexique.
(A. R.)
BOURNONÏTÉ (nom propre), min. —
Triple sulfure de Plomb , d’Antimoine et
BOÜ
BQ U
5C2
Cuivre , que le comte de Bournon a le pre¬
mier établi comme espèce sous le nom d’JEn-
dellione. Voyez sulfures. (Del.)
BOURRACHE. Borrago. bot. ph. — Genre
type de la famille des Borraginacées ( Aspé-
rifoliacées) , tribu des Anchusées , formé par
Tournefort (Inst., t. 53, Excl. sp.), et renfer¬
mant une dizaine d'espèces , croissant dans
l’Europe médiane et australe, l’Orient, le nord
de l’Afrique, l’Inde orientale, les îles du Cap
Vert. Ce sont des plan tes herbacées, annuelles
ou vivaces ; à tiges et feuilles rudes, hérissées
de poils piquants; à inflorescences subunilaté¬
rales, et disposées en grappes lâches, ramifiées,
dont les fleurs sont roses, bleues ou blanches.
Dans certaines espèces, elles passent du bleu
d’azur le plus pur au rose ou au blanc ( voy.
pour les caractères génériques borragi-
piées). Deux espèces croissent communé¬
ment , l’une en France, l’autre en Corse ; ce
sont les B. officinalis et luxiflora ( Campanula
pygmœa DC., Lam., Fl. fr. ). La première
s’élève quelquefois jusqu’à 1 mètre de hau¬
teur ; sa tige principale est dressée, ramifiée,
garnie de larges feuilles ovales-lancéolées ,
alternes ; les fleurs sont disposées en une
sorte de longue panicule dont les divisions
sont pendantes. Elle est annuelle, et croît
dans tous les endroits cultivés, dans les clai¬
rières des bois, au bord des chemins, etc. On
en emploie les feuilles en médecine, comme
pectorales et légèrement diaphorétiques.
(C. L.)
BOURREAU DES ARBRES, bot. ph —
Ce nom , donné à plusieurs plantes à tige
volubile , qui nuisent aux arbres en en étrei¬
gnant fortement le tronc, s’applique surtout
au Célastre grimpant.
BOURRÉE ou FLEUR DU TAN. BOT.
cr. — Nom vulgaire d’une petite espèce de
Champignon du genre Fuligo.
BOURRELET, moll. — Les conchyliolo-
gistes désignent sous ce nom un renflement
qui se trouve sur le bord ou à la surface ex¬
térieure de certaines Coquilles.
BOURRELET, bot. ph. — Quand avec
un lien solide , on fait une ligature circu¬
laire au tronc ou à une branche d’un arbre
dicotylédoné , il se forme au-dessus un ren¬
flement plus ou moins considérable , qu’on
désigne sous l.e nom de Bourrelet. Si la liga¬
ture, au lieu d’être circulaire, a été roulée en
hélice, le Bourrelet présentera la même dis¬
position, c’est-à-dire qu’il affectera aussi une
forme de spirale ; c’est ce qu’on rencontre as¬
sez souvent dans les bois , quand de jeunes
pieds de Chêne ou de toute autre espèce
d’arbre ont été embrassés par des tiges de
Chèvrefeuille qui , s’enroulant autour, ont
agi à la manière d’une ligature. Ces Bourre¬
lets ne se forment jamais dans les arbres
monocotylédonés, parce que chez eux la par¬
tie vraiment végétante de la tige existe par¬
ticulièrement vers son centre, et que la liga¬
ture n’agit que sur la portion de la tige qui
déjà est lignifiée. Dans les arbres dicotylé-
donés , au contraire , c’est entre le bois et
l’écorce que se passent tous les phénomènes
d’accroissement , c'est-à-dire que chaque an¬
née, il se développe une nouvelle couche de
bois et une nouvelle couche d’écorce. La li¬
gature peut donc agir facilement à travers
l’épaisseur de cette dernière.
L’effet immédiat d’une ligature circu¬
laire est d’arrêter les sucs nutritifs ou la sève
élaborée , qui descend des parties supérieu¬
res de l’arbre pour aller porter les maté¬
riaux de la nutrition, et par conséquent de
l’accroissement dans toutes les portions de
la tige. Les sucs ainsi arrêtés s’accumulent
au-dessus de l’obstacle , et leur abondance
plus grande sur ce point détermine une for¬
mation plus considérable de tissu, qui donne
ainsi lieu au Bourrelet. L’effet secondaire de
la ligature, c’est qu’il ne se forme plus de nou¬
velles couches ligneuses dans toute la partie
de la tige située au-dessous de l’obstacle. Les
sucs qui descendent des parties supérieures
du végétal sont donc les seuls qui contri¬
buent à la formation de la couche ligneuse et
de la couche d’écorce qui se forme chaque an¬
née, puisque quand on vient à les empêcher
d’arriver à une portion de la tige , celle-ci
cesse de s’accroître. Il est vrai que la forma¬
tion du Bourrelet a été expliquée autrement
par les physiologistes, qui admettent que les
fibres ligneuses descendent de la base des
bourgeons. Pour eux, la ligature circulaire a
empêché ces fibres de glisser entre le bois et
l’écorce , et c’est par suite de leur accumu¬
lation qu’un renflement ou Bourrelet s’est
formé au-dessus de l’obstacle ; mais ce n'est
pas ici le lieu de discuter cette théorie, que
nous exposerons au mot tige. (A. R.)
BOURRERIA , P. Br. bot. ph. — Syno¬
nyme du genre Betirreria de Jacquin»
BOU
BOURRET. ois. — Nom vulgaire du jeune
Canard en Normandie.
BOURRIQUE, mam. — Nom vulgaire de
la femelle de l’Ane.
BOURSE, zool. — Ce mot , qui a, dans le
langage ordinaire , plusieurs significations
bien connues, a été quelquefois appliqué à
des animaux ou parties d’animaux. On le
donne souvent à la poche extérieure dans la¬
quelle descendent les testicules de l’Homme
et de plusieurs animaux mammifères , or¬
gane que les anatomistes appellent scrotum.
La présence ou l’absence de cette poche , sa
disposition , etc. , fournissent des caractères
importants en mammalogie. Les Primates ,
beaucoup de Carnassiers, les vrais Pachy¬
dermes et les Ruminants , ont une véritable
poche scrotale. Les Didelphes en ont une
également, mais pendante au-devant du
fourreau de la verge , ce qui a déjà lieu en
partie chez les Chats. La poche des Didelphes
femelles reçoit aussi le nom de Bourse (mar¬
supium) ; c’est là que sont les mamelles , et
les petits , comme on sait , y subissent leurs
premiers développements.
Quelques Chauves-souris ont sous la gorge
un large pore muqueux appelé quelquefois
Bourse , ainsi que divers appareils sécréteurs
particuliers à d’autres Mammifères.
Les Syngnathes femelles ont sous l’abdo¬
men une poche dans laquelle leurs œufs se,
développent. D’autres Poissons , les Tétro-
dons , etc. , qui se ballonnent en avalant de
l’air, ont encore été nommés Bourses, et on en
a fait autant pour quelques animaux infé¬
rieurs , des Ascidies, des Zoophytes, etc., qui
ont l’apparence plus ou moins bursiforme.
(P. G.)
BOURSE. bot. cr. — Synonyme de
Volve ou Volva ( voyez ce mot). Paulet ap¬
pelle Champignons à bourse toutes les espè¬
ces d’Agarics qui , dans leur premier âge ,
sont renfermés dans une volve , et qu’on
connaît généralement sous le nom à’ Ama¬
nites. Cette partie n’existe pas seulement
dans les Agarics ; on la rencontre encore dans
quelques autres genres. (Lév.)
BOURSE A BERGER, zoom. — On a
quelquefois donné ce nom au Cellaria bur-
saria , Polypier marin de la classe des Bryo¬
zoaires. (P. G.)
BOURSE A BERGER ou A PASTEUR ,
BOURSETTE. bot. ph. — Nom vulgaire du
BOU 693
Thlaspi Bursa Pastoris , à cause de la forme
de ses silicules.
BOURSE DE MER. bot. cr.— (Phycées).
C’est le nom que porte , dans quelques an¬
ciens livres , le Codium Bursa Ag. ( Spongo -
di«m, Lamx.). (C. M.)
BOURSETTE. zoom. — Synonyme de
Bourse à berger, Cellaria bursaria. (P. G.)
BOURSETTE. bot. ph. — Nom vulgaire
de la Bourse à Berger et de la Mâche com¬
mune, Valeriana locusla.
BOURSETTES. bot. cr. — Champignons
qui ont reçu ce nom parce qu’ils sont ren¬
fermés dans des bourses (volves). Paulet dis¬
tingue deux familles de Boursettes : la pre¬
mière à barreaux charnus , qui est le Cla-
thrus cancellatus L., avec sa variété blanche ;
et l’autre , ou Boursettes à réseau , qui em¬
brasse les Trichia et les Stemonitis, etc. Au¬
cune des esp. renfermées dans cette 2e fa¬
mille ne présente de volve ou de bourse ;
mais elles ont la forme d’une bourse à ré¬
seau qui serait dilatée. Voy. ces mots. (Lév.)
BOURSOUFLUS. poiss. — Nom donné aux
Tétrodons et aux Diodons, à cause de la sin¬
gulière propriété dont ils jouissent de s’en¬
fler comme des ballons, en remplissant leur
estomac d’air. Quand ils sont dans cet état ,
ils flottent en culbutant à la surface de l’eau,
le ventre en dessus, sans pouvoir se diriger.
BOUSIER. Copris ( xoirpoç , fumier ,
bouse), uns. — Genre de Coléoptères penta¬
mères , famille des Lamellicornes , tribu des
Coprophages, établi par Geoffroy aux dépens
du grand genre Scarabæus de Linné , et
adopté par tous les entomologistes ; mais de¬
puis on en a extrait une foule d’autres gen¬
res, dont on trouvera la nomenclature à
l’article coprophages; de sorte que les Bou¬
siers proprement dits sont maintenant ceux
qui présentent les caractères suivants : An¬
tennes courtes, de neuf articles : les trois der¬
niers en massue ovale , allongée. Palpes la¬
biaux , courts , velus ; les maxillaires plus
longs , filiformes. Les 4 tarses postérieurs
formés d’articles aplatis et triangulaires ; le
dernier armé de deux crochets égaux. Tête
transversale , plus ou moins arrondie en
avant, souvent armée de cornes. Corselet
grand , très large. Élytres arrondies , bom¬
bées. Pattes fortes.
Les Bousiers sont des Insectes de grande
on de moyenne taille , presque tous d’un
BOU
(594
noir luisant ; quelques uns seulement sont
bruns ou ont un reflet cuivreux : les espèces
les plus grandes appartiennent aux con¬
trées chaudes de l’ancien continent. Ainsi
que l’indique leur nom , ces Insectes vivent
dans les fumiers et dans les bouses des Ru¬
minants ou des Herbivores. Leurs larves y
vivent également et s’enfoncent dans la terre,
où elles se renferment dans des coques ovoï¬
des et tapissées de soie à l’intérieur pour se
changer en nymphes. ( Voy. pour plus de
détails l’article copropiiages. ) Les mâles se
distinguent des femelles par des cornes ou
par des éminences qui, placées sur la tête ou
sur le prothorax, leur donnent souvent un
aspect bizarre. Malgré tous les retranche¬
ments qu’on y a faits, le genre Bousier ou Co¬
pris renferme encore un grand nombre d’es¬
pèces. M. Dejean en mentionne 94 , dont 3
seulement appartiennent à l’Europe ; les au¬
tres sont des autres parties de la terre , mais
principalement de l’Amérique. Nous cite¬
rons parmi les premières le Copris lunaris
cr* , Copris emurginalus éjusd. O Fabr., Oliv.,
le seul qui se trouve aux environs de Paris ;
et parmi les exotiques, le Copris gigas Fabr.,
Oliv., de Guinée et du Sénégal. Nous cite¬
rons encore le Copris bsllaior Chevr., de
Java , figuré par M. Guérin-Méneville dans
Y Iconographie du règne animal de Cuvier,
pl. 2l,fig. 10. (D.)
BOUSSEROLE ou BUSSEROLE. bot.
ph. — Nom du fruit dé l’Arbousier, Arbüiuè
Uva-Ürsi L.
*BOUSSINGAULTIA (Boussingault , na¬
turaliste français), bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Chénopodiacées , tribu des Chéno-
podiées-Anrédérées, formé par Humboldt et
Kunth ( Nov. Gen. et sp., YII , 194 , t. 645 ),
et ne comprenant qu’une espèce, la B. basel-
loides. C’est un arbrisseau croissant aux en¬
virons de Quito , à rameaux volubiles, gar¬
nis de feuilles alternes , très entières , char¬
nues, sans nervures apparentes, portées sui¬
des pétioles articulés à la base ; à fleurs pé-
dicellées , blanches , disposées en grappes
axillaires géminées ou ternées , simples ou
ramifiées ; les pédicelles unibractéés à la
base , bibractéés au sommet. (C. L.)
BOUT DE PËTÜfô , BOUT DE TABAC,
ois. — Noms vulgaires des Anis dans la
Guiane française.
RdüTAROT. bOT. Cft, — Nom vulgaire
BOU
de la Coulemelle, Agaricus procerus Scop.
Voyez agaric. (LÉV.)
BOUTE EN TRAIN, ois.— Nom vulgaire
de la Linotte Sizerin, Fringilla Linaria L.
BOUTEILLES A L’ENCRË oü EN¬
CRIERS A PLEURS, bot. CR. — Nom
bizarre sous lequel Paulet a décrit quelques
espèces d’ Agarics dont les lames et le cha¬
peau deviennent déliquescents en vieillissant
et ressemblent alors à de l’encre. Voyez co¬
prins. (Lév.)
BOUTE-LON. ois. — Nom vulgaire du
Mauvis, Turdus iliacus. Voyez merle.
BOUTELOUA (nom propre), bot. ph. —
Famille des Graminées. Le g. ainsi nommé
par Lagasca est le même que le g. Chon-
drosium , Eesv. , nom qui a été adopté par
tous les agrostographes, et entre autres par
Palisot de Beauvois et M. Kunth. Voyez
CHONDROSIUM. (A. R.)
BOUTON, moll. — Nom vulgaire donné
à plusieurs espèces de Coquilles à cause de
leur forme arrondie. Ainsi l’on a appelé :
B. de camisole, le Jrochus PharàonU ; B. de
la Chine, le Tr. niloticulus; grand B. de
la Chine , le Tr. maculatus ; B. de rose, la
Bulla amplustra ; B. terrestre -, Y Hélix ro-
tundatù. (C. d’O.)
BOUTON. Alabastrum. bot. pii. — On
appelle ainsi la jeune fleur avant son épa¬
nouissement; mais quelquefois ce nom a été
aussi donné aux bourgeons florifères. Le
Bouton étant une fleur non épanouie, doit se
composer de toutes les parties que cet organe
présentera plus tard. Il est essentiel quand
on veut connaître la vraie structure d’un
genre ou d’une famille d’en commencer en
quelque sorte l’étude par le Bouton de ses
fleurs. En effet , il est souvent possible de
trouver dans le Bouton la disposition nor¬
male des parties constituantes de la fleur ,
qui , lorsque celle-ci s’épanouit, est plus ou
moins altérée, soit par quelque avortement,
soit par le développement excessif de quel¬
que partie. C’est aussi dans le Bouton qu’il
faut observer la position relative des diffé¬
rentes pièces constituant chaque verticille
floral , en un mot , la préfloraison, qui peut
offrir des caractères fort importants pour la
coordination naturelle des genres. V oy. pré-
florAison. Nous ne saurions donc trop insis¬
ter sur la nécessité d’étudier constamment
lés Boutons d’une fleUr en même temps que
BOU
la fleur elle-même, quand elle est complète¬
ment épanouie. (A. R.)
BOUTON D’ARGENT, bot. pu. — Nom
vulgaire de la variété à fleurs doubles de la
Renoncule à feuilles d’Aconit, et quelquefois
aussi de celle à feuilles de Platane , qui a
beaucoup de rapports avec elle. Le même
nom a été donné à la variété à fleurs dou¬
bles de l’Achillée sternutatoire , Achillea
ptarmica.
BOUTON D’OR. bot. ph.— Nom vulgaire
de la variété à fleurs doubles de la Renoncule
âcre. On le donne aussi quelquefois à la Gna-
phale citrine, Gnaphalium Siœchas.
BOUTON ROUGE, bot. ph. — Nom vul¬
gaire du Gaînier, Cercis canadensis.
* BOUTON 1 A (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Bignoniacées , formé
par De Candolle (Rev. Bign., 18), pour une
plante trouvée à lTle de France par Bojer, qui
en faisait un Bignonia. C’est un arbrisseau en¬
core peu connu, à feuilles opposées, simples,
oblongues-lancéolées , acuminées , entières ;
à pédicelles axillaires ou oppositifoliés , uni-
triflores , bibractéolés sous l’involucre. Le
fruit est encore inconnu, et le principal carac¬
tère de cette plante étant d’avoir des fleurs
renfermées dans un involucre , elle ne nous
semble pas devoir faire partie de la famille
dans laquelle on l’a jusqu’ici placée, à cause
de ses autres affinités. (C. L.)
BOUTONS, bot. cr. — Espèces d’Agarics
ainsi nommés par Paulet à cause de leur
forme. Le petit Bouton lilas est YAgaricus
dichrous de Fries , et le petit Bouton blanc
et roux se rapporte à YAgaricus lachnopus
du même auteur. Us n’ont pas incommodé
les animaux auxquels Paulet les a fait man¬
ger.
Le Bouton d’or , Agaricus polycephalus de
Fries , croît en touffe au pied des arbres ; le
chapeau est petit et de couleur de buis ou
d’or pâle. Le Bouton d’argent, Agaricus cer-
tiuus F. , croît également en touffes : les cha¬
peaux sont blancs et relevés en bosses. Ces
deux dernières espèces appartiennent à la
671Ile famille , ou celle des Serpentins en fa¬
mille de Paulet. Comme les précédentes ,
elles ne causent aucun accident aux ani¬
maux. (Lév.)
BOUTURE. T aléa. bot. pii. — Ce mot a
un double sens : il signifie à la fois la jeune
branche qui , détachée de la plante mère et
bou e&s
enfoncée dans la terre doit s’y enraciner et
produire un nouvel individu, et l’opéra¬
tion d’horticulture par laquelle on mul¬
tiplie ainsi les végétaux. Cette opération
est bien fréquemment employée comme
mode de multiplication. On peut la faire,
soit avec des rameaux de plantes herbacées,
soit avec des rameaux de végétaux ligneux.
On opère aussi des Boutures avec des bran¬
ches de racines, et même uniquement avec
des feuilles. Nous allons examiner rapide¬
ment ces diverses sortes de Boutures, en com¬
mençant par celles qu’on pratique avec les
branches des végétaux ligneux.
Pour qu’une branche soit propre à former
une Bouture, elle doit réunir plusieurs con¬
ditions indispensables; ainsi elle doit être
saine et bien végétante : on prend en gé¬
néral des branches de 1 à 3 ans , c’est-à-
dire dont le bois soit formé , et dont néan¬
moins toutes les parties aient conservé toute
leur force végétative. Cette branche ne doit
pas être trop longue ; il suffit, d’ordinaire,
qu’elle présente seulement quelques yeux.
Si c’est une espèce à feuilles caduques, il
sera préférable d’attendre la chute des feuil¬
les, afin que celles-ci, par l’évaporation dont
elles sont le siège, n’épuisent pas la jeune
branche. Si c’est une plante à feuilles per¬
sistantes, on retranchera seulement quelques
yeux. La branche est ensuite enfoncée dans
la terre, et garantie du soleil. Yoici main¬
tenant la série des phénomènes qu’elle pré¬
sente. Dès que son extrémité inférieure est
enfoncée dans la terre convenablement hu¬
mectée, elle commence à absorber l’humi¬
dité, en vertu de la force d’aspiration inhé¬
rente à toutes les parties du tissu végétal vi¬
vant. Les sucs ainsi absorbés sont élaborés
dans l’intérieur de la plante, et suffisent non
seulement pour y entretenir la vie, mais en¬
core pour y continuer le développement.
C’est ce qu’on remarque fréquemment chez
certaines Boutures qui, à peine mises en terre,
développent de nouvelles feuilles. Bientôt se
renfle la couche génératrice de tissu cellu¬
laire, placée entre le bois et l’écorce. Il se
forme à la section inférieure de la branche ,
soit une sorte de renflement circulaire , soit
des mamelons distincts. Ces productions
nouvelles sont dues au cambium ou sucs nu¬
tritifs élaborés qui descendent des parties su¬
périeures de la branche. Peu a peu ces ma-
696
BOU
BOU
melons s’allongent, se développent en racines
qui s’étendent dans la terre, s’y ramifient,
et la Bouture est reprise, c’est-à-dire qu’un
nouvel individu s’est formé.
Tous les arbres ne reprennent pas égale¬
ment bien de Bouture. Il est des genres et
des familles où ce mode de multiplication est
tellement facile , qu’il n’exige aucun soin ;
tels sont les Peupliers, les Saules, les Lilas,
le Frêne, etc. Qu’on mette en terre une bran¬
che, un piquet, un pieu fait avec l’un de ces
arbres encore jeunes , et l’année suivante on
aura un individu bien poussant. Il y a beau¬
coup de pays où pour planter les Peupliers
d’Italie dans les prés, au lieu de les déraciner
dans les pépinières pour les mettre en place,
comme tous les autres arbres, on coupe leur
tige rez terre , et on se contente de l’en¬
foncer en terre à une profondeur d’environ
un pied. L’année suivante , on a des Peu¬
pliers parfaitement enracinés. Par ce pro¬
cédé, on simplifie considérablement les opé¬
rations de la plantation, et on évite ainsi que
les jeunes arbres soient renversés par les
vents de l’hiver, ce qui arrive bien souvent
quand on a été obligé de faire un trou pour
planter l’arbre avec sa racine.
Mais aussi, il y a des arbres qu’il est bien
difficile défaire reprendre de Bouture, tels
sont, par exemple, les Lauriers, les Rosacées,
les Légumineuses, etc.
Nous avons dit encore qu’on faisait des
Boutures avec des rameaux de plantes her¬
bacées. Cette pratique est aujourd’hui fré¬
quemment mise en usage pour la multipli¬
cation des Dahlias , Gesnerias, et d’une foule
d'autres végétaux à tissu épais et charnu. On
est également parvenu, surtout depuis quel¬
ques années , à faire des Boutures unique¬
ment avec des feuilles , soit de plantes her¬
bacées, soit de plantes ligneuses. Ce mode
de multiplication est extrêmement précieux
pour les plantes rares, en ce qu’il permet de
les renouveler fréquemment ; ainsi l’on mul¬
tiplie par feuilles, non seulement les plantes
grasses, mais les Dahlias, les Gesnérias, les
Brexias , les Plumiera et autres Apocy-
nées, etc., etc.
Enfin, il suffit pour certaines plantes d’un
petit fragment de racine pour obtenir une
Bouture. C'est ce qu’on pratique pour le
Maclurea aurantiaca , par exemple. (A. R.)
BOUVARDIA (Bouvard, naturaliste fran¬
çais). bot. ph. — Genre de la famille des Ru-
biacées, tribu des Cinchonées, sous-tribu des
Eucinchonées, formé par Salisbury [Par ad.,
II, 88, t. 38), et comprenant une douzaine d’es¬
pèces, indigènes du Mexique. Plusieurs d’en¬
tre elles sont cultivées dans les serres d’Eu¬
rope , à cause de la beauté de leurs fleurs.
Ce sont des arbrisseaux ou plutôt des sous-
arbrisseaux à feuilles opposées ou verticillées,
aiguës , portées sur des pétioles bordés de
chaque côté par des stipules étroites ; à fleurs
pourpres ou orangées, sur des pédoncules
terminaux triflores ou trichotomes , disposés
en corymbe. Le calice en est tubulé, subglo¬
buleux , conné avec l’ovaire ; la corolle su-
père, infondibuliforme, allongée , finement
papilleuse en dehors ; les étamines incluses ;
le style filiforme à stigmate bilamellé, exsert;
le fruit est une capsule globuleuse, compri¬
mée, biloculaire. (C. L.)
BOUVERET. ois. — Nom d’une espèce du
genre Bouvreuil, Loxia auranlia Gm.
BOU VERON et BOUVRON. ois. — Nom
d’une espèce du genre Bouvreuil , Loxia
fusca et lineola Gm.
BOUVIÈRE, poiss. — Un des noms vul¬
gaires du Cyprinus amarus Bl.
BOUVREUIL. Pyrrhula (-TrvppovÀaç, oiseau
de couleur rougeâtre), ois. — Genre formé
par Brisson sur le Loxia pyrrhula de Linné, et
adopté depuis par tous les ornithologistes.
Malgré les innombrables modifications que
subit la forme du bec chez presque toutes les
espèces de la famille des Fringillidées, et qui
semblent y rendre illusoires les subdivisions
génériques, il en est cependant parmi elles
quelques unes qui paraissent plus caractéris¬
tiques. De ce nombre est le genre Bouvreuil,
prenant pour type notre Bouvreuil commun,
et dont le bec présente dans sa brièveté, com¬
parée à sa largeur , et dans sa rotondité un
caractère réellement typique ; mais il sem¬
ble que la plupart des auteurs, sans y avoir
égard , et pour peu qu’ils aient remarqué
chez un Fringille ou un Loxia une courbure
de la mandibule supérieure, celle-ci fût-elle
même comprimée , se sont empressés de les
placer dans ce genre, qui par suite était de¬
venu très nombreux, tandis que réduit à ses
espèces caractéristiques et réellement con¬
génères, il l’est, au contraire, fort peu.
Divers auteurs modernes, tels que Swain-
son et Bonaparte, reconnaissant cet abus, en
BOU¬
BOU
ont retiré un grand nombre d’espèces pour
en former des g. distincts, mais voisins, et que
Swainson a réunis en une sous-famille, sous
le nom de Pyrrhulinæ , dans sa famille des
Fringillidœ. Nous suivons donc en partie les
idées de cet auteur en adoptant cette sous-
famille, sauf quelques g. que nous en re¬
tirons , et en y en ajoutant un, celui d ’Ery-
throspiza de Bonaparte, Mais ces diverses cou¬
pes génériques ne nous paraissant pas suffi¬
samment caractéristiques, nous ne les admet¬
tons que comme sous-genres du g. Pyrrhula,
qui alors aura pour sous-genres le Spermo-
phila et le Crithagra de Swainson , et 1 ’Ery-
throspiza de Bonaparte.
Les caractères que nous assignons au pre¬
mier sous-genre Pyrrhula proprement dit,
sont : « Bec remarquablement court et bombé
en tous sens ; la. mandibule supérieure sans
carène médiane, voûtée en forme de coupe
renversée , aussi large que longue à sa base,
et l’étant beaucoup plus que haute ; l’infé¬
rieure plus large et plus haute qu’elle , et
n’ayant de longueur en dessous dans son mi¬
lieu qu’un peu plus de la moitié de sa lar¬
geur ; la commissure arquée. Ailes de lon¬
gueur moyenne : la première rémige un peu
plus courte que les trois suivantes, qui sont
égales, et les plus longues. Queue moyenne,
rectiligne ou échancrée ; plumage à teintes
unies et non flamméchées ; pennes tertiaires
de l’aile , les médianes de la queue et leurs
couvertures de même nuance , et de na¬
ture soyeuse et luisante , souvent d’un bleu
violet. »
D’après les caractères ci-dessus, notre sous-
genre Bouvreuil , Pyrrhula , se trouve res¬
treint à quelques espèces de l’ancien monde
dont lo notre Bouvreuil commun , Pyr¬
rhula vulgaris , chez lequel se trouve une
race du nord beaucoup plus forte , et qu’on
pourrait peut-être regarder comme espèce ,
car nous remarquons chez elle , outre sa
taille de beaucoup supérieure, quelque dif¬
férence dans la longueur relative des cinq
premières pennes de l’aile, et dans la forme
du bec ; 2° ou 3° le Bouvreuil a ventre gris,
Pyr. griseiventris Nob., décrit dans la Revue
zool. 1841, p. 241, dont nous ignorons la pa¬
trie , mais remarquable en ce que, sembla¬
ble en dessus à la grande race du Bouvreuil
commun , il en diffère en ce que tout le des¬
sous est du même gris cendré que le dessus,
T. II.
et qu’il n’a de rose qu’un demi-collier anté¬
rieur ou cravate, se prolongeant latérale¬
ment sur les oreilles jusqu’à la coiffe noire.
Malgré ses rapports avec le Bouvreuil com¬
mun , grande et petite race , il diffère de
tous deux par la longueur relative de ses
cinq premières rémiges , et le rouge de son
collier tirant davantage sur le rose. La troi¬
sième ou quatrième espèce est le Pyrrhula
erythrocephala ( Vig . Proceed. 1830, p. 174)
des monts Himalaya.
La plupart des autres espèces d’Europe, et
quelques unes d’Afrique, de l’Inde et de l’A¬
mérique septentrionale , telles que les Bou¬
vreuils Pallas , cramoisi , Githagine à lon¬
gue queue de Temminck (Man., 4™e part.) ,
social du même, pl. col., fronialis Bonap.,
elpurpurea Wils., différant des premiers par
un bec moins court, et surtout moins large,
et moins bombé latéralement ; par des ailes
plus pointues, et par un plumage flammé-
ché, plus ou moins teinté de rose ou de
rouge, nous les en séparons comme a fait
Bonaparte, sous le nom d ’Erythrospiza.
Les espèces américaines, et particulière¬
ment de l’Amérique du Sud, diffèrent égale¬
ment des premiers par un bec plus long et
plus ou moins comprimé, et surtout par une
queue arrondie à son extrémité ; par des ai¬
les plus courtes , plus obtuses et moins fer¬
mes. Nous les distinguerons, comme Swain-
son, sous le nom sous-générique de Spermo-
phila, qui alors renfermera les Bouvreuils cen-
drillards et Perroquets de Temminck, col. 1 1-
1, 2 , les Pyrrhula nigra, melanocephala et
pecloralis de Vieillot , rubiginosa , albogu-
laris de Spix, le Fringilla ornata de Licht.,
catal., et notre Pyrrhula glauco - cœrulea ,
( Synops . amer., p. 85).
Enfin, sous le nom de Crithagra, Swains.,
nous désignons comme lui certaines espèces
africaines, indiennes et même européennes,
se rapprochant du Serin des Canaries , à bec
plus ou moins arrondi ; les ailes moyennes ,
ayec les trois premières rémiges presque
égales ; la queue légèrement fourchue ; les
ongles allongés et peu arqués, celui du doigt
postérieur aussi long que lui , et à plumage
en général vert olive en dessus , jaune
en dessous. Tels sont le Loxia sulphurata de
Gmelin, le Serin des Canaries, celui de Mo¬
zambique , le Cini , le Bouvreuil à plumes
frisées, les Crithagra chrysopyga , canicvîlis,
44*
BOU
698
cinerea,slrigillala, ruficauda, et bistrigala de
Swainson, Class. part. 5, p. 318.
Il résulte de ces subdivisions que la plu¬
part des espèces qu’on avait réunies à tort au
Bouvreuil commun, puisqu’elles n’en offrent
pas les caractères , s’en trouvent distraites
tout en restant dans le même groupe, puis¬
qu’elles y forment trois sous-genres.
Dans le petit nombre des espèces de notre
sous-genre Pyrrhula, nous ne pouvons nous
dispenser de citer l’espèce type, le Pyrrhula
vulgaris Tem., Loxia pyrrhula Gmel., un des
plus jolis et des plus gracieux Oiseaux de
volière, et qui joint à la beauté du plumage
un naturel des plus sociables, et même
susceptible d’attachement pour celui qui
le soigne. Le beau rouge tendre dont il est
revêtu sur toute sa poitrine et son cou, le
fait ressembler à une rose épanouie, lorsque
dans l’état sauvage , il apparaît à nos yeux
parmi la verdure. Son chant , qui est un
sifflement très pur, mais composé seule¬
ment de trois notes, a quelque chose de mé¬
lancolique ; mais, ftrmé à la serinette, il de¬
vient varié et des plus agréables. Cet oiseau
est sujet à se revêtir en cage d’un plumage
tout noir, et l’on attribue cette sorte de mé¬
lanisme à sa nourriture, lorsqu’elle se com¬
pose uniquement de chènevis. Cette nuance
n’est toutefois le plus souvent que passagère,
et nous venons d’en être témoin nous-même
chez un individu qui , après avoir été noir
pendant quelques années, a repris à sa der¬
nière mue sa livrée naturelle.
Quoique essentiellement granivores , ces
Oiseaux , lorsque les graines ne sont pas
encore formées , les remplacent, dans l’état
sauvage , par une nourriture toute végétale ;
car ils semblent alors se nourrir unique¬
ment de bourgeons des arbres à fruits prin¬
cipalement, auxquels ils font souvent un
tort réel au printemps, ce qui engage à leur
donner la chasse dans cette saison.
Le bec voûté, et comme formé de deux
coupes arrondies des espèces types, peut-
être les seules vraiment gemmivores , n’est
probablement ainsi conformé que pour fa¬
ciliter à ces Oiseaux la préhension des bour¬
geons, tout en étant également bien adapté à
celle des graines lorsque leur maturité leur
permet de s’en nourrir. V oy. pvrriiulinées.
(Lafr.)
BOIJVREUX. ois. — Nom vulgaire du
BOY
Bouvreuil ordinaire , en Basse - Norman¬
die.
BOUVRON. ois. — Voyez bouveron.
BOUZE DE VACHE, bot. cr. — Espèce
d’ Agaric que Paulet a figurée planche 179, et
à laquelle il a donné ce nom à cause de son
étendue : c’est l’agaric dont le chapeau at¬
teint les plus grandes dimensions , puisqu’il
a quelquefois plus d’un pied de diamètre. Je
ne l’ai jamais rencontré , quoiqu’il croisse
dans les environs de Paris , et je ne sais à
quelle espèce le rapporter. (Lév.)
*BOVEA , Dec. bot. ph. — Synonyme de
Lindenbergia , Link.
"BOVIDES, mam. — Quelques auteurs ont
réuni sous ce nom le genre Bœuf et quelques
genres voisins.
BOVISTA. bot. cr. — Genre de Champi¬
gnons formé par Dillen, en 1719 (App. plant.
Giss ., p. 76), qui comprend ceux que Tour-
nefort désignait sous le nom de Lycoperdon,
et dont il n’a pas donné les caractères. Per-
soon ( Disposit . meih. ping, et Syn.fung .) en a
fait avec raison un genre particulier, carac¬
térisé par un peridium formé de deux mem¬
branes , dont l’intérieure , à une certaine
époque , disparaît en se détachant par lam¬
beaux, et laisse à découvert le peridium
qui est nu , et s’ouvre irrégulièrement à
son sommet. A ces caractères M. Nees
d’Esenbeck en a ajouté un nouveau fourni
par le microscope , c’est celui des spo¬
res qui sont rondes et pédicellées ; carac¬
tère précieux puisqu’il est persistant, et qu’on
le rencontre sur les individus secs comme
sur ceux qui sont récents. Vittadini ( Funghi .
manger., p. 259) parle d’une troisième mem¬
brane que formerait le peridium; mais jus¬
qu’à ce jour il m’a été impossible d’en con¬
stater l’existence. Les recherches de MM. Be-
kerley et Tulasne frères ont démontré que
les spores étaient quaternées et supportées
par des sporophores ou basides intérieurs ;
de sorte que maintenant on peut regarder ce
genre comme parfaitement distinct et carac¬
térisé par un peridium arrondi , formé de
deux membranes : l’extérieure caduque ,
l’interne persistante, et donnant naissance
par sa face intérieure à deux ordres de fila¬
ments : les uns allongés , rameux , hérissés
de villosités et stériles ; les autres plus volu¬
mineux, également rameux, et terminés par
des renflements en forme de matras qui sup-
BOW
BOY
699
portent quatre spores globuleuses , munies
d'un pédicelle persistant. La sévérité avec
laquelle ce genre est maintenant établi per¬
met de croire que toutes les espèces qu’on
y a rapportées pourraient bien ne pas en
faire partie. Le Bovisla plumbea Pers. , type
du genre, est une espèce qu’on rencon¬
tre presque dans tous les pays, et qui croît
principalement dans les terrains sablon¬
neux; elle est sessile, globuleuse, d’abord
blanche , puis d’une couleur bleue ou ar¬
doisée ; ses spores sont rousses ; le capilli-
tium qui persiste est composé de filaments
comme feutrés et également roux. Si , avant
que ce champignon ait atteint sa maturité, on
le divise avec un instrument bien tranchant,
on remarque que sa chair est blanche et par¬
semée de vacuoles comme une éponge. De
Candolle dit qu’elle rougit légèrement quand
on l’expose à l’air. Je n’ai pas eu l’occasion
d’observer ce phénomène. M. Fries rapporte
six espèces au g. Bovista-, mais il est dou¬
teux que les deux dernières (B. uteriformis
F. et suberosa F. ) lui appartiennent. Quami
même elles présenteraient des spores pédi-
cellées, il faudrait encore les séparer, parce
que leur peridium proprement dit est épais
et d’une consistance subéreuse ; tandis que
dans les Bovista il est mince , papyracé. On
devrait en former un nouveau genre , et
mieux encore les rapporter au Mycenastrum
que M. Desvaux vient d’établir. (Lév.)
*BOWDICHIA (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Papilionacées, tribu
des Sophorées , établi par MM. de Humboldt
et Kunth ( Nov . gen. etsp., VI, 376), et com¬
prenant un très petit nombre d’espèces de
l’Amérique tropicale , dont le mieux connu
est le B. virgilioid.es , HB. et K. (C. L.)
*BOWESIA (nom propre). bot. cr.— (Phy-
cées). Ce nom, d’abord consacré par M. Gre-
ville ( Syn. Alg. ) à un nouveau genre de la
tribu desChondriées, a été depuis changé par
le même phycoiogue en celui de Calocladia.
ployez ce mot. (C. M.)
*BOWIEA. bot. ph. — Nom d’un des sous-
genres établis par Haworth (in Philos, mag.
1824 , p. 299) dans le grand g. Aloe , de la
famille des Liliacées. Voy. aloes. (A. R.)
BOWLESIA (W. Bowles, botaniste irlan¬
dais). bot. ph. — Genre de la famille des
Ombellifères , tribu des Orthospermées-Hy-
drocotylées , créé par Ruiz et Pavon ( FL
pcruv. Prod., 44, t. 34), renfermant 7 ou 8
espèces indigènes de l’Amérique australe.
Ce sont des plantes herbacées annuelles ,
| débiles, souvent couvertes d’une pubescence
rude; à feuilles subopposées, pétiolées, sim¬
ples , lobées ou dentées ; à ombelles pauci-
flores , axillaires , simples : l’une d’elles , le
B. lenera, des environs de Monte-Video , est
cultivée dans les jardins. (C. L.)
BOYAU, bot. cr — Nom vulgaire d’une
espèce du genre Chorda de Lamouroux, Fu¬
cus filum de Linné.
BOYAUX, zool. — Voyez intestins.
BOYAUX DE CHAT, annél.— Nom vul¬
gaire des Tarets et des Tubipores. — En
botanique , on nomme ainsi vulgairement
une espèce d’Hydrophyte, l’Ulve intestinale ,
Ulvaintestinalis, qui se trouve dans les eaux
douces, saumâtres et salées.
BOYAUX DU DIABLE. bot. pii. — Nom
vulgaire du Smilax Salsepareille aux An¬
tilles.
BOYCIXIXGA. rept. — Nom de pays
d’une espèce de Crotale. (P. G.)
* BOYKLXTA (nom propre), bot. ph. —
Genre de la famille des Saxifragacées, formé
parNuttal ( Journ . Acad. Philad., VII, 113),
et renfermant plusieurs espèces découvertes
dans l’Amérique boréale. Ce sont des plantes
herbacées vivaces , à feuilles alternes , pal-
matilobées, incisées-dentées, chaque dente¬
lure mucronée , portées par des pétioles
comme stipulés à la base ; à fleurs petites ,
en corymbes ou en cymes. (C. L.)
BOYMIA (nom propre), bot. ph. —
Genre de !Zanthoxylées établi d’après un ar¬
brisseau de la Chine , et dédié au Père
Boym , jésuite polonais , auteur d’un petit
ouvrage très rare, publié en 1656, à Vienne,
sur les animaux et plantes de la Chine, sous
le titre de Flora sinensis. Ses caractères
sont les suivants : Fleurs diclines : les mâ¬
les encore inconnues , les femelles à calice
court , 5-fide et à 5 pétales plus longs que
lui , avec 5 étamines réduites à 5 petits rudi¬
ments squamiformes. Ovaires 5 , portés sur
un court gynobase , soudés inférieurement
et en simulant un seul par leur rapproche¬
ment assez intime, partagés chacun sur leur
dos par un sillon longitudinal, et contenant
deux ovules superposés. Styles 5, rapprochés
en un seul qui part du haut de l’angle in¬
terne des ovaires , et va en se dilatant de la
700
BRA
base au sommet que forme un stigmate dis¬
coïde, du centre duquel rayonnent cinq sil¬
lons. Autant de capsules soudées inférieure¬
ment entre elles, divergeant supérieurement,
formant un angle en dedans , convexes en
dehors , couvertes de tubercules glanduleux
et s’écartant en deux valves dans lesquels
l’endocarpe cartilagineux se détache du reste.
Graines solitaires par avortement, globuleu¬
ses , dont le test est criblé de petites fossettes
sous l’épiderme lisse qui le recouvre. Les
feuilles sont opposées, à 2-3 paires de folioles
terminées par une impaire; les fleurs dispo¬
sées en cymes dichotomes. (Ad. J.)
BOZUÉ. moll. — Nom vulgaire de l’Am-
pullaire ovale.
BRABEIUM ou BR ABE JUM ( j 3paëuoi> ,
sceptre), bot. ph. — Genre de la famille des
Protéacées-Nucamentacées , tribu des Per-
sooniées, établi par Linné ( Mant. 168 ) sur
une plante du Cap, cultivée dans les serres
d’Europe. C’est un arbre à feuilles verticil-
lées, dentées en scié • les fleurs, disposées en
épis, sont fascicuIées-ternééS, ou plus nom¬
breuses , embrassées par une bractée com¬
mune; plusieurs restent simplement mâles,
par l’effet de l’avortement desovules.Lepéri-
gone est en 4-phylle, régulier ; des squamu-
les hypogynes , cohnées en une sorte de gaine,
accompagnent les 4 étamines ; le style est
filiforme, à stigmate vertical. Le fruit est
un drupe sec, monosperme. (C. L.)
BRÂBYLA, Linn. bot. pii. — Synonyme
de Brabeium.
*BR AC H ANTIf EMEM (0 p«x^, court; «V
Ssfjtov, synonyme de avôoç, fleur). Bot. ph. —
Ce genre est voisin des Leucanthemum , et
fait partie des Composées, tribu des Sénécio-
nidées. Il a pour caractères , d’après M. De*
Candolle : Capitulé multiflore (25), radié.
Ligules femelles 5-6, courtes, obovàles, obscu¬
rément tridentées , jaunes ainsi que les fleu¬
rons du disque qui sont hermaphrodites et
pourvus d’un tube cylindracé. Réceptacle
subconvexe, alvéolé. Involucte imbriqué,
formé d’un petitnombred’écailles, dont les in¬
térieures très obtuses sont munies d’un large
bord transparent. Rameaux du style privés
d’appendices. Fruits triangulaires , glabres ,
dépourvus d’aigrette, et surmontés d’un petit
disque épigyne. — Ce genre ne renferme
qu’une seule espèce indigène des déserts delà
Soôngariê. (J- D.)
BRA
7BRACHÉLÏE. iBracheUa (j 3p«x^, court),
ïns. — Genre de Diptères établi par M. Ro-
bineau-Desvoidy dans son ouvrage sur les
Myodaires, et qu’il place dans la famille des
Calyptérées , tribu des Entomobies , section
des Microcérées. Ce genre est fondé sur une
seule espèce provenant du cap de Bonné-Es-
pérance , et faisant partie de la collection de
M. le comte Dejean, qui l’avait reçue de La-
treille : ce dernier l’avait étiquetée Tachina
Weslermctnni. (D.)
BRACHELYTRES. Brachelytra (foecktç,
court; Hvrpov, élyfrë on étui). ïns. — Famille
des Coléoptères pentamères , ainsi nommée ,
parce que toutes les espèces qu’elle renferme
ont leurs élytres plus ou moins courtes. Cepen¬
dant ce caractère se retrouve également dans
plusieurs genres qui n’en font pas partie ,
et nous citerons entre autres les Molorches et
les Atractoeères, chez lesquels il est très pro¬
noncé. C’èSt ce qui a déterminé M. Erichson,
dans sa Monographie de cette famille, à sup¬
primer la dénomination de Brâchélytres ,
et à intituler son ouvrage Généra et species
Staphylinobum , etc., la famille dont il s’a¬
git correspondant en effet à l’ancien genre
Staphylimis de Linné. Mais , bien que dans ce
Dictionnaire nous suivions la méthode de
l’auteür allemand que nous venons dé citer,
comme la plus récente et la plus au niveau
des progrès de la science , nous avons cru
devoir conserver la dénomination de Bra-
cbélytres , attendu que depuis sa création
par Latreille , elle a été adoptée par
tous les entomologistes français, et a pré¬
valu sur celle de Slaphyliniens , qu’on
avait voulu y substituer. D’ailleurs il est bon
d’observer que si l’on appliquait dans toute
sa rigueur le principe émis par M. Erichson
à tous les noms dè familles , de tribus et de
genres, qui ont une signification en entomo¬
logie , il faudrait les changer presque tous*
De toutes les familles de Coléoptères, celle
des Brâchélytres est une des plus difficiles à
étudier, à cause du grand nombre d’espèces
presque microscopiques ou peu caractérisées
qu’elle renferme , aussi fallait-il joindre ,
comme l’auteur allemand , beaucoup de pa¬
tience à une grande sagacité d’observation
pour en entreprendre la monographie , et la
conduire à bonne fin. À la vérité , la route
lui avait été aplanie par plusieurs entomo¬
logistes distingués, tels que Paykull ( Mono -
BRA
graphia Staphylinorum suecica^t 800), Graven-
horst ( Monogr. micYopterorum , 1806), Man-
nerheim ( Précis d'un nouvel arrangement de
la famille dès Brachèlytres , 1830), et Nord-
mann ( Symbola ad monographiam Staphylin .,
1837) ; mais aucun de ces auteurs ne possé¬
dait un assez grand nombre d’espèces pour
fonder une classification applicable à toutes
celles qu’on connaît aujourd’hui. Il existait
donc à cet égard une lacune que M. Erich-
son s’est chargé de combler, après avoir ras¬
semblé le plus de matériaux possible, c’est-
à-dire après avoir fait un appel aux entomo¬
logistes les plus riches en Brachèlytres , et
qui se sont empressés d’y répondre. Ainsi il
a pu opérer Sur une base beaucoup plus large
que celle sur laquelle ses devanciers avaient
travaillé , et donner par conséquent une
méthode sinon plus naturelle , du moins
d’une application plus générale que toutes
celles qui l’ont précédée. Les bornes qui nous
sont prescrites ne nous permettent pas de
présenter ici une analyse complète de cette
méthode ; nous nous bornerons à en faire
connaître les principales bases. L’auteur par¬
tage d’abord les Brachèlytres en deux gran¬
des divisions : l’une de ceux dont les stigma¬
tes du prothorax sont visibles, l’autre de ceux
chez lesquels ils sont cachés. La première se
compose de 3 tribus , qui sont : les Âleocha -
rini, les Tachyporini et les Slaphylini ; la se¬
conde en renferme 8 , qui sont : les Pœde -
rini , les Pinophilini , les Steininii les üxyte-
lini , les Piestini, les Phlœocharini, les Oma-
lini et les Proteinini. Dans ces onze tribus
sont répartis 113 genres , fondés principale¬
ment sur les parties de la bouche. Nous ren¬
voyons à chacune de ces tribus , auxquelles
nous avons conservé l’ancienne terminaison
en ide , pour connaître les noms des genres
qu’elles contiennent respectivement , ainsi
que les caractères sur lesquels elles sont fon¬
dées. — M. Lacordaire et M. le comte de Cas¬
telnau réunissent les Elaphiens aux Bra-
chélytres. Il est certain qu’abstraction faite
des articles des tarses , dont beaucoup d’en¬
tomologistes ne tiennent plus compte aujour¬
d’hui dans leur classification , ces deux fa¬
milles ont entre elles la plus grande analogie ;
mais il n’en est pas de même de celle des
Palpeurs de Latreille, que M. de Castelnau
comprend également comme sous - famille
parmi les Brachèlytres. Les Palpeurs ont
mk roi
l’abdomen entièrement caché par les élytres,
et ne peuvent par là même entrer dans une
famille dont le principal caractère est préci¬
sément d’avoir cette partie du corps plus ou
moins découverte. Au reste , ce qui frappe le
plus, au premier coup d’œil, dans la majeure
partie des espèces de cette famille, c’est une
forme très allongée, aplatie; une tête large,
avec des antennes courtes et des mandibules
fortes et avancées ; un prothorax court ; un
abdomen très long, et couvert seulement en
partie par les élytres, qui sont plus où moins
courtes et tronquées carrément ou oblique¬
ment à leur extrémité ; des pattes médiocres
et assez grêles , avec les tarses antérieurs or¬
dinairement dilatés. — Ces Insectes sont tous
très agiles , et volent pour la plupart assez
bien ; néanmoins ils font assez rarement
usage de leurs ailes. Gelles-Ci, quoique pro¬
tégées par des élytres très courtes , sont ce¬
pendant très longues quand elles sont déve¬
loppées, et se trouvent, dans l’état de repos,
pliées sur elles-mêmes en trois ou quatre par¬
ties. Presque tous les Brachèlytres , surtout
les grandes espèces , ont l’habitude de rele¬
ver en courant leur abdomen , et quelques
petites, parmi les Aléocharides, le ramènent
si complètement sur leur dos , qu’elles ont
alors une forme presque globuleuse. Cette
partie de leur corps est extrêmement flexi¬
ble , et c’est à l’aide des mouvements qu’ils
lui donnent qu’ils font rentrer leurs ailes
sous les élytres, lorsqu’ils cessent de Voler.
Leur anus est garni de deux vésicules coni¬
ques, velues, que l’insecte fait sortir à vo¬
lonté, et d’où s’échappe une vapeur très sub¬
tile et très odorante. Les espèces qui vivent
de matières animales ou végétales décompo¬
sées exhalent une odeur de musc particulière
à tous les Coléoptères nécrophages.
Les Brachèlytres sont en général très vora¬
ces, et les esp. de chaque tribu ont une ma¬
nière de vivre assez uniforme. On les trouve
dans les cadavres, le fumier, les matières ex¬
crémentielles, les plaies des arbres, les Bolets,
et sous les écorces. Quelques uns ne fré¬
quentent que les fleurs, et un petit nombre
vit en société avec une esp. de Fourmis , la
Formica riifa Fabr. Leurs larves ressem¬
blent beaucoup à l’insecte parfait, vivent
dans les mêmes endroits, et Se nourris¬
sent des mêmes matières que celui-ci ; mais
il est assez rare de les rencontrer, et l’on
702
BRA
BRA
n’en connaît encore qu’un petit nombre.
Elles sont très agiles, et se changent en
nymphes immobiles comme celles des autres
Coléoptères. — M. Léon Dufour a étudié l’a¬
natomie des Brachélytres dans les g. Sta -
phylinus et Pœderus , et il a trouvé que leur
tube intestinal différait très peu de celui des
Carabiques, dont ils ont en effet la manière
de vivre. ( V oyez ces deux mots pour plus
de détails.) Linné, dans la dernière édition
de son Systema naturœ , ne mentionne que
26 espèces de Brachélytres , et M. Erichson
en décrit prés de 1600 dans sa Monographie.
Ces Insectes se trouvent répandus sur tout
le globe, mais plus abondamment dans les
parties boréales et tempérées. La majeure
partie de ceux qu’on connaît appartiennent
à l’Europe. (D.)
*BRACHÏEELE. Brachiella (diminutif de
brachium , bras ). crust. — Genre de Lernées
établi par G. Cuvier ( Règ. anim. , III , 257,
1830), et qu’il suppose pouvoir, ainsi que ses
Anchorella , rentrer dans les Lernéomyzes de
M. de Blainville. C'est ce qui a été confirmé
par M. Milne-Edwards , dont la famille des
Lernéopodes est en effet une extension du g.
Lemeomyza , devenue nécessaire par suite de
la révision de ses caractères. Cuvier donne
pour caractères aux Brachielles deux proé¬
minences en forme de bras, se réunissant en
une seule partie cornée par laquelle l’animal
se fixe aux ouïes des Poissons. II cite 4 esp.
de Brachielles : B. thynni Cuv. , Lernea sal-
monea Gisl. , L. pernelliana Blainv. , L. Hu-
chonis Schr., et il dit qu’il y en a encore d’au¬
tres. Le g. Brachielle de Cuvier se compose,
dit M. Milne-Edwards , de Lernéopodiens ,
dont les appendices brachiformes se réunis¬
sent à leur extrémité seulement ; dont la por¬
tion céphalique se prolonge en un cou très
long, terminé par la bouche, et armé à son
extrémité de deux paires de pattes-mâchoires
ancreuses très apparentes , et dont le thorax
est allongé, ovalaire ou pyriforme. Ici il n’y
a pas d’appendices articulés insérés à la
base du cou , près de l’origine des bras ,
comme chez les Trachéliastes , et les an¬
tennes ne sont pas distinctes. Enfin les
tubes ovifères sont de longueur médiocre.
Le mâle est extrêmement petit relative¬
ment à sa femelle ; son corps est divisé en
deux portions ovalaires : l’antérieure repré¬
senté la tête et porte de grosses mains sub- |
chéliformes ; la seconde, plus grande que la
première, constitue le thorax et offre des ar¬
ticulations transversales. MM. Nordmann et
Kroyer se sont aussi occupés des Brachielles.
(P. G.)
*BR ACHIMDES. Brachinidœ. ins. —
M. Stephens désigne ainsi, d’après Mac-Leay,
une famille de Carabiques qui se compose
des genres Drypta , Polistichus , Odacantha ,
Demelrias, Dromius, Lebia , Lamprias, Tarus
et Brachinus. (D.)
BRACIÎÏMTES. ins. — M. de Castelnau
désigne ainsi un groupe de Carabiques , de
la tribu des Troncatipennes , auxquels il
donne pour caractères communs : Tête non
étranglée en arrière en forme de col. Cro¬
chets des tarses non dentelés. Ce groupe se
compose de 26 genres , dont le g. Brachinus
est le type. (D.)
BRACHINUS (Ifyaxvç, court), ins.— Genre
de Coléoptères pentamères , famille des Ca¬
rabiques , tribu des Troncatipennes , établi
par Weber et adopté par tous les entomolo¬
gistes. M. Dejean , après en avoir donné les
caractères dans son Species général , partage
en deux grandes divisions les 85 espèces qu’il
y rapporte. La première renferme celles dont
les élytres sont sillonnées ; ce sont les plus
grandes du genre , et presque toutes appar¬
tiennent à l’ancien continent. La seconde se
compose des espèces qui ont les élytres pres¬
que unies: elles sont beaucoup plus petites
que celles de la première division , et quel¬
ques unes , quoique de l’ancien continent ,
ont les angles postérieurs du corselet sail¬
lants et aigus comme celles de l’Amérique.
Nous citerons comme type de la première
division le B. jurinei Dej. , du Sénégal , et
comme type de la seconde le B. 6-maculatus
Leach , des Indes orientales. Nous citerons
encore le B. causticus Latr., du midi de la
France, et le B. crépitons Fabr., très commun
aux environs de Paris : ces deux dernières
espèces sont figurées dans Y Iconographie des
Coléoptères d! Europe , par MM. Dejean et
Boisduval , tom. I , pl. 17.
Toutes les espèces du genre Brachinus se
trouvent ordinairement sous les pierres , et
paraissent répandues sur toute la surface du
globe ; elles partagent avec celles du genre
Aptinus la propriété singulière de lancer par
l’anus, lorsqu’elles sont inquiétées, une va¬
peur blanchâtre ou jaunâtre avec détona-
BRA
703
BRA
tion , et qui laisse après elle une odeur forte
et pénétrante, analogue à celle de l’acide ni¬
trique. D’après l’expérience qu’on en a faite,
cette vapeur est en effet très caustique, rou¬
git le bleu de tournesol, et produit sur la
peau la sensation d’une brûlure. Les taches
rouges qu’elle y forme passent promptement
au brun et durent plusieurs jours, malgré
de fréquentes lotions.
M. Léon Dufour, si connu par ses beaux
travaux anatomiques sur les Insectes, a pu¬
blié dans le temps ( Ann. du Muséum
d’hist. liât., t. XXVIII, p. 70, et N ouv. bul¬
letin de la soc. philom., juillet 1812) un Mé¬
moire très intéressant sur l'une des esp. du
g. dont il s’agit qu’il nomme B. displosor, le
même que YApiinus balisia Illig. Il résulte
de ses observations que, lorsque cet insecte
est pressé ou inquiété , il peut fournir dix à
douze décharges successives avec détona¬
tion ; mais ensuite ses forces semblent épui¬
sées , et au lieu de fumée avec bruit , on ne
voit plus sortir de son anus qu’une liqueur
jaune , quelquefois brunâtre , se figeant à
l'instant , et sous la forme d’une légère
croûte. Observée immédiatement après son
émission, cette liqueur laisse échapper quel¬
ques bulles d'air et semble être en fermen¬
tation. La mobilité des derniers anneaux du
ventre permet à l’animal de diriger ses fusées
en tous sens. Si c’est par le corselet qu’on
l’inquiète , la surface des élytres est bientôt
saupoudrée d’une sorte de poussière acide ré¬
sultant des explosions. Ces propriétés sont
communes aux deux sexes.
Voici maintenant une description abrégée,
d’après le même auteur, de l’appareil pro¬
ducteur des explosions dont nous venons de
parler. Cet appareil est situé dans la cavité
abdominale et consiste en deux organes très
distincts, dont l’un est l’organe préparateur et
l’autre l’organe conservateur. Le premier,
plus intérieur , se présente sous deux as¬
pects différents , suivant qu’il est contracté
ou dilaté. Dans le premier cas, c’est un corps
blanchâtre, irrégulièrement arrondi, mou,
paraissant glanduleux , placé sous les der¬
niers anneaux de l’abdomen , s’abouchant
par un bout dans le réservoir, et se termi¬
nant constamment par l'autre en un filet
très long et très grêle ; dans le second cas ,
c’est-à-dire lorsqu’il est dilaté, il ressemble
à un sac oblong, membraneux, diaphane ,
rempli d’air, occupant alors toute l’étendue
de l’abdomen, et paraissant libre, à l’excep¬
tion de l’extrémité qui s’abouche dans le
réservoir. Le second organe ou le conserva¬
teur, et qui est aussi le réservoir, offre un
corps sphérique de la grosseur d’une graine
de navet, brun ou rougeâtre, d’une consis¬
tance papyracée , constant dans sa forme ,
creux intérieurement et placé sous le der¬
nier anneau dorsal, justement au-dessus du
rectum. II s’ouvre par un pore de chaque
côté de l’anus. Un tube membraneux fort
court, mû sans doute par le sphincter, sert
à expulser la fumée. M. Léon Dufour a ob¬
servé dans les Carabes et les Blaps un organe
semblable à celui qu’il nomme préparateur,
mais qui n’est jamais gonflé d’air. (D.)
BRACHIOIV. Brachionus (j3pot^iwv, bras).
syst. — Genre établi par Müller avec sa si¬
gnification actuelle , bien différente de celle
que lui avaient donnée Hill et Pallas, qui dé¬
signaient ainsi des Vorticelles. Le genre de
Müller, plus ou moins restreint, a été adopté
par tous les micrographes qui l’ont suivi. Il
comprend des animaux à carapace en forme
d’utricule déprimée ou de fourreau court ,
dentée en avant et largement ouverte, pour
laisser sortir les lobes ciliés de l’appareil ro¬
tatoire , souvent dentée ou armée de pointes
en arrière, et également ouverte pour le
passage d’une queue articulée que termine
une paire de doigts ou de stylets articulés.
Les Brachions sont pourvus de mâchoires
articulées et digitées à leur bord libre ; ils
montrent presque toujours au-dessus des
mâchoires un point rouge qu’on a pris pour
un œil ; ils portent long-temps attaché à la
naissance de la queue leur œuf, qui est pro¬
portionnellement très volumineux. Ceux des
Brachions deMüller, qui ne présentent pas cet
ensemble de caractères, ont été reportés dans
les autres genres de la famille des Brachio-
niens. Les vrais Brachions sont longs de 2 à
4 dixièmes de millimètre, et vivent dans les
eaux stagnantes. (Duj.)
BB AC ÏI I OK IDES. syst. — Famille de
l’ordre des Cruslodés de M. Bory de Saint-
Vincent, parmi ses Microscopiques. Cette fa¬
mille comprend des animaux revêtus d’une
enveloppe résistante ou d’une cuirasse , et
ayant le corps muni postérieurement de
queues ou d’appendices , et antérieurement
de cils vibratiles. Cette famille comprend
BRA
BRA
704
9 genres divisés en 2 sections , savoir : les
g. Brachion, Siliquelle, Kératelle, Tricalame
et Troboskidie , qui ont 2 organes rotatoires
distincts, et les g. Testudinelle , Lépadelle ,
Mytiline et Squatinelle , dont les cils vibra-
tiles ne se développent jamais en 2 rotatoires
complets et distincts. (Duj.)
*BRACmONIENS. Brachionœct. syst. —
Famille de Systolides nageurs cuirassés ,
comprenant des animaux de formes diverses;
les uns presque orbiculaires , déprimés , les
autres ovoïdes ou cylindriques ou compri¬
més , revêtus d’une cuirasse membraneuse
d'une ou de deux pièces , souvent munis de
pointes saillantes ou d’appendices résistants,
fixes ou mobiles. Leur bouche est munie de
mâchoires, et précédée par un vestibule dont
les parois ciliées se prolongent plus ou moins
en lobes garnis de cils vibratiles , offrant
l’apparence de roues dentées en mouvement.
Les uns sont sans queue , les autres ont une
queue articulée, simple ou bifurquée. La
famille des Brachioniens de M. Dujardin cor¬
respond assez exactement au genre Brachion
de Millier, et se divise en dix genres, savoir :
Ptérodine , Anourelle , Brachion , Lépadelle,
Euchlanis, Dinocharis, Salpine, Colurelle ,
Ratule, Polyarthre. M. Ehrenberg divise ces
mêmes animaux en ses 2 familles des Eu-
chlanidola et des Brachionœa ou Zygotroques
cuirassés , cette dernière comprenant les
genres IVoieus , Anurœa , Bracliionus et P/e-
rodina. (Duj.)
*BRACHIOPITHÈQUE. Brachiopiihecus
( |3poc^tü)v , bras; i n'Q/jxoç, singe), mam. —
M. de Blainville réunit sous ce nom généri¬
que les Orangs et les Gibbons ( voyez ces
mots), dont un des caractères communs est
d’avoir les membres antérieurs fort longs.
M. Hollard , dans ses Nouveaux éléments de
zoologie , p. 575, a adopté cette dénomina¬
tion. (P* G.)
BU ACHïOPODES. Bracliiopoda ( (3PaX «o v ,
bras; iroï;, pied), mole.— Ce nom, qui ré¬
pond à celui de Conchifères de Lamark, et de
Palliobranches de M. de Blainville, a été créé
par M. Duméril ( Zool . anal., 1806), et adopté
ensuite par Cuvier pour des Mollusques à co¬
quille bivalve, privés de locomotion, et fixés
à des corps solides. Ils offrent pour caractères :
Un manteau à deux lobes toujours ouverts ;
des branchies consistant en de petits feuillets
rangés autour de chaque lobe de la face in¬
terne; pas de pieds, mais deux bras charnus,
ciliés et rétractiles; la bouche entre les ba¬
ses des bras et l'anus sur un des côtés ; deux
cœurs aortiques, et un canal intestinal re¬
plié autour du foie. Les organes de la géné¬
ration et le système nerveux sont peu
connus.
Les g. qui composent la classe des Mollus¬
ques brachiopodes sont , suivant les coupes
proposées par M. Deshayes, les Lingules, les
Térébratules, lesSpirifères, les Strygocépha-
les, les Productes, les Mages et les Orbicules,
dont les Coquilles adhèrent par le moyen
d’un pédoncule fibreux, et les Thécidies, les
Cranies et les Calcéoles , qui sont fixées par
une de leurs valves , et quelquefois libres
à l’état adulte.
On trouve assez rarement les Brachio¬
podes à l’état vivant; mais on en connaît un
grand nombre de fossiles. (G. d’O.)
*BRACHIOPTÈRE$ (^ooog^v, bras,*'*™-
pov, aile, nageoire), poiss. — Nom donné par
M. de Blainville à une famille de Poissons
renfermant ceux dont les nageoires sont pé-
diculées. (C. d’O.)
*BRACHOCÈRES. Brachocera. ins. —
M. Macquart désigne ainsi l’une des deux
grandes divisions établies par lui dans l’or¬
dre des Diptères : elle comprend tous ceux
qui ont les antennes plus ou moins courtes,
comparées à celles des Némocères , qui for¬
ment l’autre division. Les Brachocères se
partagent ensuite d’après le nombre de soies
dont se compose leur trompe ou suçoir, en
Hexachœtes, Tetrachœtes et Dichœtes. F oyez
ces mots , où nous entrons dans plus de dé¬
tails. (D.)
*BR A CHOIVYX et BRACONYX (fc<*Xvç »
court; o nvf, ongle), ois. — Genre formé par
Swainson dans sa sous-famille des Alaudinœ ,
répondant aux Alouettes de Cuvier, sur une
espèce africaine, l’Alouette bateleuse de Le-
vaillant, Afr., pl. 194. M. G. R. Gray ( List
of the généra ) remplace ce nom générique de
Brachonyx , déjà employé en entomologie,
par celui de Corypha (G, R. Gray). Ce g.,
qui ne contient que l’esp. type, fait partie de
la 2e section de notre g. Alouette , celle que
nous avons nommée Alouettes petites voi-
lières et percheuses. (Lafr.)
*BRACH0IMYX (fSp*x^ court ; oW£, on¬
gle). ins.— Genre de Coléoptères tétramères,
famille des Curculionides, ordre des Gona-
tocères, division des Érirhinides , établi par
Schœnherr aux dépens du genre Rhynchœ-
nus , Fabr. Ce genre , adopté par M. Dejean
dans la 3e édition de son Catalogue, ne ren¬
ferme qu’une seule espèce , le Rhynchœnus
indigenus de Gyllenhal , qui se trouve en
Suède , en Norwége et en Allemagne. (D.)
*BRACHYACANTHA ( |3oaXvç , court;
axavGoc , épine), ins. — Genre de Coléoptères
trimères , établi par M. Chevrolat avec les
Coccinella denlipes , bisquin^ue-puslulala et
ursina de Fabricius , originaires des États-
Unis. M. Dejean , qui adopte ce genre dans
son Catalogue, en mentionne dix espèces de
l’Amérique septentrionale et méridionale. Ce
genre est assez voisin des Scymnus ; mais, au
lieu d’être velu , il est glabre. La tête en est
large, et les yeux en sont gros et distants. Ce
qui le fait reconnaître aisément , c’est une
épine très aiguë, située extérieurement près
de la base des jambes antérieures. (G.)
BRACHYACHYRIS. bot. ph. — Syno¬
nyme de Rrachyris.
BRACHYANTHEMUM. bot. ph .—Voyez
BRÀCHANTHEMUM.
*BRACHYASPISTES ((Zpa.%vç, court ; «<j-
in'crTYjç, écussonné). ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères , famille des Curculionides,
ordre des Gonatocères, division des Brachy-
dérites , créé par Schœnherr, et placé par lui
après le genre Asiycus , avec lequel il a beau¬
coup d’affinité ; mais il porte un écusson
court et transverse, tandis que l’écusson du
précédent est triangulaire et fort aigu par le
bas. L’espèce qui a servi de type à l’auteur a
été nommée par lui B.femoralis ; elle provient
des Indes orientales. Depuis , M. Perrotet a
rapporté des Neel-Gherries 4 esp. qui ren¬
trent dans ce genre ; l’une d’elles est de cou¬
leur fort tranchée, et une autre est couverte
d’écailles diamantées très brillantes. (C.)
*BRACHYBAMUS (|3p <xyy<;> court ; fiv-yn,
pas ). ins. — Genre de Coléoptères tétramè¬
res, famille des Curculionides, ordre des Go¬
natocères , légion des Mécorhynchides de
Schœnherr [Syst. Cure., t. III , p. 330, g.
215). Ce g. , créé par Germar, a été adopté
par M. Schœnherr, qui le place entre les Bra-
chonyx et les Bradybaïus. Ses tarses sont
courts , larges , leur pénultième article est
bilobé; mais le caractère qui le distingue
surtout des g. les plus voisins, c’est que ces
tarses n’ont qu’un seul ongle. L’espèce dé-
T. H. J
crite a été nommée B. elecius Gr. ; elle a été
trouvée dans les enviions de Boston , et n’a
pas plus de 0>«,002 de longueur. (C.)
BRACHYCARPÆA (fipaxvç , court ; xap-
7«îov, fruit), bot. pu. — Genre de la famille
des Crucifères-Diplécolobées, tribu des Sé-
nébiérées, formé par De Candolle {Syst., II,
698 ) sur 1 ’Heliophila flava L. fils. Il ne ren¬
ferme que cette plante. C’est un arbrisseau
du Cap, glabre, à rameaux grêles, garnis de
feuilles oblongues ou linéaires , très entiè¬
res , mucronées ; à fleurs grandes , jaunes
ou pourprées. (C. L.)
BRACHYCENTRUM (/3p«xy'?> court;
xevrpov , aiguillon), bot. ph. — Genre de la
famille des Mélastomacées-Mélastomées, tribu
des Lavoisiérées , formé par Meisner ( Gen.y
114) aux dépens du Rhexia excelsa de Bon-
pland , et ne renfermant encore que cette
espèce. (C. L.)
* BRACHYCÉPHALE. Bracliycephalus
( 0 pax^ç, court ; x£<paH, tête), rept. — C’est
un genre fort singulier de Batraciens voisins
des Crapauds, établi d’abord par M. Fitzin-
ger sous le nom que nous adoptons ici , et
nommé ensuite Ephippiger, c’est-à-dire Porte-
selle , par feu M. Th. Cocteau , qui a donné
sur ces petits Reptiles des détails fort intéres¬
sants.
On ne connaît qu’une seule espèce de Bra¬
chycéphale [Bufo ephippium Spix., Epliippi
ger Spixii , et aurantiacus Coct. ), petit Bu-
foniforme du Brésil et de la Guiane. Cet
animal manque de parotides , et sa mem¬
brane du tympan n’est pas visible à l’exté¬
rieur ; il n’a pas de dents palatines , et ce
qui constitue surtout son caractère distinctif,
c’est qu’il présente à la région dorsale une
sorte de petit bouclier, dont on retrouve un
rudiment chez certains Ceraiophrys , et qui
est une ossification du derme à cet endroit.
Cette partie osseuse, au-devant de laquelle
est une autre petite plaque de même nature,
laisse entre elle et les apophyses transverses
des vertèbres un canal pour le passage des
muscles supérieurs à la colonne vertébrale,
et les apophyses transverses des quatrième
et cinquième vertèbres sont seules soudées
par leurs extrémités aux bords de la plaque
clypéale. On a considéré celle-ci comme une
expansion des apophyses épineuses qu’elle
recouvre ; mais il est beaucoup plus ration¬
nel d’y voir une pièce dermato-squelétique ,
45
BRA
BRA
706
c’est-à-dire un encroûtement osseux d’une
partie de la peau. Le dessus de la tête du
Brachycéphale offre aussi une disposition'
analogue. Les doigts de cet animal méritent
aussi d’être signalés : trois seulement à cha¬
que patte sont bien développés ; le quatrième
des antérieurs , les quatrième et cinquième
des postérieurs consistant en simples tuber¬
cules si petits , que Spix , Fitzinger et Wa-
gler ont décrit les Brachycéphales comme
des Batraciens tridactyles ; et c’est en leur
reconnaissant quatre doigts antérieurement
et cinq en arrière, que M. Cocteau fut con¬
duit à faire des animaux qu’il observait un
genre distinct de celui qu’avait établi M. Fit¬
zinger. MM. Duméril et Bibron ont rectifié
depuis ce point de synonymie. (P. G.)
BRACHYCERCUS ( /3paXvç , court ;
xepxoç , queue), ins. — Nom employé par
M. Curtis pour désigner un g. de la famille
des Éphémérides , de l’ordre des Névroptè-
res, ayant déjà reçu de M. Burmeister la dé¬
nomination d’ Oxycypha. (Bl.)
BRACHYCÈRE. Brachycerus ( ppa^vç ,
court; x/paç, corne), ins. — Genre de Coléop¬
tères tétramères , famille des Curculionides ,
ordre des Gonatocères, division des Brachy-
cérides, établi par Fabricius , et adopté par
tous les autres entomologistes , y compris
Schœnherr, dont nous suivons ici la méthode.
Les Brachycères ont le corps ovale ou globu¬
leux, presque toujours couvert d’aspérités ou
de rugosités très variées ; les élytres soudées
embrassant les côtés de l’abdomen , et sans
ailes en dessous; les antennes plus cour¬
tes que la tête, presque droites , et grossis¬
sant de la base au sommet ; la tête incli¬
née, allongée en forme de trompe épaisse,
et enfin les tarses filiformes et dépourvus de
houppes.
Ce g. se distingue des autres Curculionites,
non seulement par son organisation , mais
par la manière de vivre de toutes les espè¬
ces qui le composent. Les Brachycères ne
fréquentent pas les fleurs, et ne se trouvent
jamais, comme les autres, sur les arbres ou
sur les plantes. On les rencontre toujours
à terre ou grimpant avec peine contre les
murs ou les rochers ; car, bien qu’en com¬
pensation du défaut d’ailes la nature leur
ait donné des pattes assez longues et très
fortes , relativement à leur corps , ils ne se
meuvent qu’avec beaucoup de lenteur. Ces
Insectes ne se trouvent que dans les contrées
chaudes et arides de l’ancien continent; jus¬
qu’à présent l’Amérique et la Nouvelle-
Hollande n’en ont fourni aucun. Schœnherr
en décrit ou désigne 112 espèces, dont le plus
grand nombre appartient à l’Afrique. Parmi
celles qu’on trouve en Europe, nous citerons
le B. algirus Fabr., qui habite à la fois l’Al¬
gérie et les côtes de la Provence, et le B . un-
daius Oliv., qui est très commun dans les en¬
virons de Marseille , et dans la ville même,
où je l’ai pris en quantité contre les murs
des rues qui avoisinent la campagne.
On ne connaît pas encore les larves de ces
Insectes; mais bien que tout fasse présumer
qu’elles vivent dans l’intérieur de la terre ,
on est encore à concevoir quelle substance
nutritive elles peuvent y trouver, vu l’ari¬
dité des lieux où l’on rencontre l’insecte par¬
fait. ^ ^ (D.)
*BRACHYCÉRÉES. Brachyceratœ. ins.
— Nom donné par M. Robineau-Desvoidy à
une section de ses Myodaires qui se compose
des g. Mïltogramma , Megœra et Amobia,
et qui rentre dans la tribu des Musci-
des-Créophiles de M. Macquart. Voyez ces
mots. (D.)
*BRACHYCÉRIDES. Brachycerides. ins.
—Schœnherr désigne ainsi la ïre division de
ses Gonatocères dans la famille des Curcu¬
lionides , et qui a pour type le g. Brachyce¬
rus ( voyez ce mot). Cette division ne se com¬
pose que de deux g.: Brachycerus déjà
nommé , et Microcerus. (D.)
*BRACHYCHITON ( j3pa^ç , court ; *t-
tmv, tunique), bot. pu. — Un des sous-gen¬
res indiqués par Schott et Endlicher ( Me -
leth. 34) dans le g. Sterculia de Linné. Il ne
renferme qu’un arbre de la Nouvelle-Hol¬
lande tropicale ; à feuilles arrondies , très
amples, sublobées ; à fleurs grandes, parse¬
mées de points assez apparents ; elles sont so¬
litaires et paraissent dans l’aisselle des feuil¬
les, qui tombent de bonne heure. (C. L.)
*BRACHYCLADOS (|3pa^uç, court; xà«-
<îoç, rameau), bot. pu. — Ce g. fait partie
de la tribu des Mutisiacées parmi les Com¬
posées. M. Don,, qui l’a établi, lui assigne
pour caractères : Capitule multiflore, hétéro-
game, radiatiforme. Involucre muni inté¬
rieurement de bractéoles et composé de 5 fo¬
lioles ou écailles ovales-lancéolées , acumi-
nées, carénées. Réceptacle nu. Fleurons du
BRA
BRA
707
rayon 1-sériés, femelles, par avortement des
étamines dont on trouve les rudiments ,
bilabiés ; lèvre extérieure en forme de ligule,
l’intérieure linéaire, bifide, révolutée. Fleu¬
rons du disque hermaphrodites, tubuleux ,
bilabiés : lèvre extérieure 3-dentée , l’inté¬
rieure bipartie. Étamines à filets glabres;
anthères munies de soies plumeuses à la
base. Styles des fleurons de la circonférence
entière obtus , recourbés ; ceux des fleurons
du disque bifides, à lobes courts , coniques.
Fruits cunéiformes, ô-gones, tronqués, cou¬
verts de papilles et couronnés d’une aigrette
persistante, composée de plusieurs rangées
de soies capillaires , scabres , et de couleur
cendrée. — Ce g. ne renferme qu’une seule
espèce, qui habite les Andes de Mendoza.
C’est un arbrisseau très rameux et raide, cou¬
vert de feuilles également raides, linéaires,
entières, fasciculées et terminées par une
petite pointe. Les capitules sont solitaires.
(J. D.)
*BRACHYCOME ( |3paXvç , court ; xofxyj ,
chevelure.) bot. pu. — Ce g. a été fondé par
Cassini, pour plusieurs plantes de la Nou¬
velle-Hollande , qui ont le port des Pâque¬
rettes , et près desquelles, il doit venir se
classer. II fait partie des Composées-Astéroï-
dées , et présente pour caractères : Capitule
multiflore, hétérogame. Fleurs du rayon li-
gulées, femelles, 1-sériées; ceux du disque tu¬
buleux, 5-dentés , hermaphrodites. Récep¬
tacle conique, dépourvu de paillettes, légè¬
rement alvéolé. Involucre campanulé, formé
par un petit nombre de folioles , ou mieux
d’écailles membraneuses sur les bords. Fruit
comprimé latéralement , tronqué , couronné
d’une aigrette très courte. — Les Brachyco-
mes sont des herbes vivaces , portant des
feuilles pinnalilobées, et des capitules à dis¬
que jaune et ornés de rayons blancs. (J. D.)
* BRACHYCORYN A ( |3 p*Xvç , court;
xopvvyj, massue ). ins. — Genre de Coléoptè¬
res tétramères, famille des Cycliques, tribu
des Hispoides, établi par M. Dejean dans son
Catalogue, sur une espèce originaire de Co¬
lombie, qu’il nomme B. pumila. (C.)
*BRACHYCORYS , Schrad. ( fr>«x^ ,
court; xopuç, casque), bot. pii. — Un des sy¬
nonymes du genre Lindenbergia. (C. L.)
*BRACHYCORYTHIS ( ÆpaXvç , court ;
xopuGoç , casque), bot. pu. — Famille des
Orchidées , tribu des Ophrydées. Genre éta- J
bli par M. Lindley ( Gen. et sp.f 363) pour
une plante trouvée au cap de Bonne-Espé¬
rance , par M. Drège , et qui offre les carac¬
tères suivants : Le calice presque globuleux
est oblique; le sépale supérieur est convexe,
et beaucoup plus petit que les deux latéraux,
qui sont libres. Les intérieurs sont dressés ,
un peu obliques à leur base, ovales , obtus,
plus épais vers leur milieu , deux fois plus
longs que le sépale supérieur, et de moitié
plus courts que les sépales latéraux externes.
Le labelle est coriace, concave à sa base, di¬
laté et à 3 dents à son sommet ; il est plus
grand que les sépales latéraux externes. L’an¬
thère est dorsale, pédicellée, attachée au stig¬
mate qui est très grand et caché en partie
dans la cavité que le labelle présente à sa
base. Cette anthère à 2 loges contient 2
masses polliniques dont les rétinacles sont
nus. Ce g. ne se compose encore que d’une
seule espèce. (A. R.)
*BRACHYDEREA. bot. pu.— Section du
g. Crépis . * (J. D.)
*BRACHYDERES (|3pâXvç, court; i/pvj,
cou), ins. — Genre de Coléoptères tétramè¬
res, famille des Curculionides, ordre des Go-
natocères, division des Brachydérites , établi
par Schœnherr aux dépens du g. JYaupactus ,
Még., et Tliy lâches, Germ. Ce g. a été adopté
par M. Dejean , qui y rapporte 14 esp., dont
10 d’Europe, 1 du cap de Bonne-Espérance,
I de Sibérie, 1 des Indes orientales, et 1 de
la Perse occidentale. Nous n’en citerons
qu’une comme type du g. •* c’est le B. lusita¬
niens Fabr., qui se trouve en Portugal et
dans le midi de la France. (D.)
^BRACHYDÉRITES. Brachyderiles. ins.
— M. Schœnherr désigne ainsi la 4e division
des Gonatocères , dans sa famille des Curcu¬
lionides , ayant pour type le g. Brachyderes.
II se compose de 48 g., répartis en 2 sections ;
la lre en renferme 9 , qui ont pour caractères
communs : Corps aptère, le plus souvent
court , ovale ou ovale-oblong dans quelques
uns ; épaules de la plupart arrondies ou ob¬
tuses, non saillantes. La 2e en comprend 39,
dont les caract. communs sont : Corps al¬
longé ou oblong, ailé chez la plupart ; épaules
plus ou moins anguleuses, ou saillantes. (D.)
*BRACHYDIRUS ( 0 p«Xvç , court ;
cou), ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères, de la famille des Brachélytres, établi
par M. Nordmann, et adopté seulement par
708
BRA
BRA
M. Erichson comme subdivision du g. S ta -
phylinus , dont il forme la 3e famille , à la¬
quelle il rapporte 3 espèces , qui sont : B.
scanthocerus Nordm., du Brésil; Staphyl. ve~
litaris Erichs. , du même pays, et Staph.
teslaceus Erichs., de la Colombie. (D.)
BRACHYELYTRUM ( |3paXvç , court ;
sXvrpov, enveloppe), bot. ph. — Famille des
Graminées. Le g. ainsi appelé par Palisot de
Beauvois ( Agrostog ., p. 39) est le même
que le Muhlenbergia de Schreber. (A. R.)
*BRACHYGENIUS (j3paXv'ç, court; y/vvç,
menton, mâchoire), ins.— Genre de Coléop¬
tères hétéromères , famille des Mélasomes ,
établi par M. Dejean , et qui correspond à
celui fondé antérieurement par M. Guérin
( Mag . de zoologie, 1834 , pl. 103) , sous le
nom de Gyriosomus. (D.)
*BRACHYGLOSSE. Brachyglossa (jSpa-
Xuç, court; y\S<j<y a, langue), ins.— Genre de
Lépidoptères crépusculaires , de la tribu des
Sphingides, établi parM. Boisduval dans son
Spec. général des Lépidoptères . Ce g. est voi¬
sin de celui d 'Acherontia, dont il diffère par
des antennes plus grêles et plus longues ;
par un thorax plus gros ; par des ailes plus
larges et légèrement sinueuses à leur extré¬
mité , et par un abdomen plus long et plus
cylindrique. — La seule esp. sur laquelle il
est fondé est originaire de la Nouvelle-Hol¬
lande. L’auteur la nomme, d’après Donovan,
qui le premier l’a fait connaître , B. triangu-
laris , à cause d’une grande tache brune
triangulaire qu’elle porte sur ses ailes supé¬
rieures. (D.)
BRACHYGLOTTIS ( 0paXvç , court ;
yXwrra, langue, languette), bot. ph. —
Genre établi par Forster , et faisant aujour¬
d’hui partie de la tribu des Eupatoriées,
dans la famille des Composées. Ses caract.
sont : Capitule pluriflore (9-10), hétérogame;
fleurs du rayon 1-sériées, femelles, très cour¬
tes, ligulées ou obliquement tubuleuses, sou¬
vent moins longues que le disque ; celles de ce
dernier tubuleuses , 5-dentées, hermaphro¬
dites. Réceptacle nu. Involucre oblong , ca-
liculé et formé d’une seule série d’écailles
linéaires. Styles des fleurs du rayon , sail¬
lants , recourbés , obtus , renflés en massue
au sommet ; ceux du disque inclus presque
entiers. Fruits oblongs, surmontés d’une ai¬
grette, composés de soies très denses, raides,
soudées à la base en une sorte d’anneau. —
Les Brachyglottis sont toutes indigènes de
l’Australie. Ce sont des arbres garnis de
feuilles alternes, ovales, tomenteuses en des¬
sous , et offrant des capitules disposés en
corymbe. (J. D.)
*BRACHYGNATHUS (fr>aXvÇ, court ;yv«-
0oç, mâchoire), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères , famille des Carabiques , tribu
des Panagéides de Hope, établi par Perty, et
qui correspond à celui établi antérieurement
par Oberleitner sous le nom à'Earysoma , et
adopté par M. Dejean , qui en a publié les
caractères dans son Species. (C.)
*BRACHYLÆ]VA (|3paXvç, court; }a~va,
surtout, enveloppe), bot. ph. — Ce genre a
été établi par M. R. Brown aux dépens des
Baccharis, dont il diffère en partie par son
involucre imbriqué , composé d’écailles co¬
riaces ; par son réceptacle nu ; par ses fleurs
dioïques : les mâles à anthères saillantes ,
munies d’appendices basilaires ; les femelles
plus étroites, à limbe 5-fide, munies de fila¬
ments stériles , de stigmates linguiformes ,
glabres ; par l’aigrette , dans les deux sexes,
formée de soies scabres. — Les Brachylœna
habitent le cap de Bonne -Espérance. On en
cultive une espèce dans les jardins de bota¬
nique , sous le nom de Baccharis neriifolia.
(J- D.)
*BRACHYLEPIS (j3pocXvç, court; hnlg ,
écaille), bot. ph. — Genre de la famille des
Asclépiadacées-Asclépiadées vraies, créé par
Hooker et Arnott [Joum. of bot., 290) sur un
arbrisseau péruvien , subvolubile , pubes-
cent; à feuilles opposées, membranacées ,
cordiformes ; à fleurs en corymbes dont les
pédoncules axillaires. Calice 5-parti ; corolle
rotacée ; couronne staminale 5-phylle , très
courte, obtuse , entière ; anthères terminées
par un appendice membranacé ; pollinies
claviformes fixées au sommet , pendantes ;
stigmate allongé , bifide.
Deux autres g. ont aussi reçu ce nom :
l’un établi par Wight et Arnott et synonyme
du g. Cornacchinia , Endl. ; l’autre créé par
C.-A. Meyer et synonyme du g. Anabasis, L.
(C. L.)
BRACHYLOBOS (fr>aXvS , court ; \oSôç,
gousse), bot. ph. — Une des sections indiquées
par De Candolle dans le genre Nasturtium,
R. Br. , et caractérisée principalement par
une silicule très courte. (C. L.)
*BRAÇHYLOPHE. Brachylophus (fi paXv$,
BRA
BRA
court; Xotpoç, crête), rept. — L’Iguane à
bandes , décrite par M. Al. Brongniart dans
le Bulletin de la Société philomatique , est la
seule espèce de ce genre. C’est un animal de
la Nouvelle-Guinée et de quelques îles de l’O¬
céanie, entre autres de Tongatabou. MM. Du-
méril et Bibron placent les Brachylophes
parmi les Iguaniens pleurodontes, et les ca¬
ractérisent ainsi : Peau de la gorge lâche ,
un peu pendante longitudinalement ; plaques
céphaliques très petites , polygones , égales ,
aplaties ; écailles de la partie supérieure
du tronc granuleuses. Des dents palatines ;
dents maxillaires dentelées sur les côtes ;
une seule série de pores sous chaque cuisse ;
une crête très basse tout le long du dos.
Queue très longue , très grêle , comprimée à
sa base , arrondie dans le reste de son éten¬
due, garnie de petites écailles égales, caré¬
nées, imbriquées et sans crête. (P. G.)
*BRACHYLOPHUS (0p«Xvç, court; Xo>o5,
huppe), ois. — Sous-genre formé par Swain-
son dans sa sous-famille des Picianœ , ré-
pondantà la famille des Pics, et faisant partie
de son g. Malacolophus. Le g. Brachylophus
et les autres sous-genres de Malacolophus ,
Swains., auquel on rend son nom plus an¬
cien de Celeus, Boié, faisant partie de la sous-
famille des Céléinées , seront décrits à son
article , les genres et sous-genres de Swain-
son étant devenus des sous-familles aujour¬
d'hui. Voy. CÉLÉINÉES. (LAFR.)
*BRAC HYMENIUM (0 court; «v,
membrane), bot. cr. — (Mousses). Ce genre,
de la division des Mousses acrocarpes , a été
créé par M. Hooker pour des espèces du Né-
paul , qu’a publiées le premier M. Schwæ-
grichen, dans ses Suppléments au Species
Muscorum d’Hedwig (Suppl., II, p. 131 ,
t. 135). Ce n’est pas sans contestation qu’il a
été adopté , et plusieurs botanistes font en¬
core aujourd’hui quelque difficulté pour le
reconnaître. Sprengel , dans des notes ma¬
nuscrites que je trouve sur un exemplaire qui
lui a appartenu, dit que c’est un Bryum in¬
complet ( Bryum mançum). M. Endlicher le
réunit au g. JPn/câosiormwî,Horns.,quen’ont
pas respecté non plus MM. Bruch et Schim-
per, et dont ils font un Bryum ; en sorte
qu’on en viendrait à donner quelque crédita
l’opinion de Sprengel, que, pour ma part,
je crois fort erronée. Tous ces jugements si
divers sur un même sujet viennent de ce
709
qu’on n’a considéré dans ces Mousses que
le seul péristome , négligeant tout à la fois
l 'habitat, le mode de végétation, enfin les au¬
tres caractères qui en font un genre fort na¬
turel. Yoici comment on peut le décrire: Pé¬
ristome double ; l'extérieur composé de 16
dents linéaires, lancéolées, se redressant ou
se recourbant même quelquefois en dehors
par la sécheresse ; l’intérieur consistant en
une membrane blanche ou jaunâtre, dressée
ou horizontale, plissée ou lisse, et divisée
au sommet , tantôt irrégulièrement (erosa) ,
tantôt en 16 cils souvent eux-mêmes déchi¬
quetés. Capsule égale, obovale, obpyriforme
ou oblongue, longuement pédonculée, dres¬
sée , pendante dans une seule espèce ( B.
pendulum Nob. ) , et munie d'un anneau.
Opercule conique, court et très obtus. Coiffe
en capuchon. Fleurs monoïques en tête ou
en disque, terminales, ou devenant latérales
par les innovations que pousse la tige. Les
fleurs mâles sont composées de plus de 20
anthéridies , qu’accompagnent des paraphy-
ses nombreuses, filiformes, à articles égaux.
Les fleurs femelles renferment un nombre à
peu près égal d’archégones ou de pistils éga¬
lement entourés de paraphyses ; mais un seul
de ces pistils est fécondé et se développe. Ces
plantes, la plupart originaires de l’Inde, ont
le port des Bryum ; au point que mon B.
pendulum pourrait, à première vue, être
pris pour le Bryum alpinum L. Leur mode
d’accroissement a lieu, dans les B. nepalense
et mexicanum , par le centre de la tige ; dans
les B. hornschuchianum et pendulum , par
des innovations ou jets hypogyniques. Les
feuilles de ces Mousses sont étroitement im¬
briquées, largement ovales, acuminées, quel¬
quefois marginées , et parcourues par une
forte nervure, qui en dépasse le sommet sous
forme de mucro. Aux 2 esp. primitivement
décrites par M. Schwægrichen , MM. Hooker
et Harvey en ont ajouté 4 autres de l’Inde ;
MM. Martius et Hornschuch 2, l’une du Bré¬
sil , et l’autre du Cap ; et nous-même enfin
nous avons pu enrichir ce genre de 2 nou¬
velles esp. , l’une recueillie au Mexique, et
l’autre dans les montagnes de l’Inde, nom¬
mées Neel-Gherries. D’où l’on voit que les
Brachymenium ont à la vérité leur centre
géographique dans les Indes orientales, mais
qu’on les trouve aussi dans les deux Améri¬
ques. (C. M.)
710
BRA
BRA
*BR AC HUMERUS ( ÆpaXvç, court; p.vjpoç,
cuisse), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Chrysomélines, créé par
M, Chevrolat aux dépens du g. Erolylus.
M. Dejean , qui l’a adopté dans son Catalo¬
gue, en mentionne 34 esp., originaires de
Cayenne et du Brésil. M. Hope, dans son ta¬
bleau de deux divisions faites ayec les g.
Erolylus et Engis , place ce g. ( Revue cuvié -
vienne, 1841 ) dans la lre, et lui donne pour
type V Erolylus tibialis deM. Duponchel. (C.)
*BRÂCHYMORPHUS (/3PaXv's, court;
p.opcpvj, forme), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Térédiles, créé par
nous ( Coléoptères du Mexique , 2e centu¬
rie, n. 150). Nous avons nommé l’espèce
qui s’y rapporte B. vesiitus ; la même est
décrite par M. Delaporte ( Revue Silber-
mann , t. IV) sous le nom de Corynetes spec~
tabilis. M. Perty fait connaître, sous le nom
de Çhariessa ramicomis, une 2e espèce propre
au Brésil , qu’il place à tort parmi les Gallé-
rucites. Les Brachymorphus , suivant M. Sallé,
sont très voraces; ils courent sur le bois
mort , et se nourrissent des Insectes qu’ils y
rencontrent. (C.)
*BRACHYAEURA (0p*xwi court ; vtvpa,
corde, nerf), ins. — Genre de Diptères éta¬
bli par M. Rondani, et placé par lui dans sa
tribu des Tipulides, famille des Cécidomines.
Ce genre ne comprend qu’une espèce , nom¬
mée par l’auteur B. fusco-grisea, et qui vole
sur les collines des environs de Parme. Elle
a une demi-ligne de long ; elle est d’un gris
brun, avec les pattes variées de blanc, et les
ailes brunes et velues. (D.)
BR AC II YAOTUS ( Æpa*^ , court ; vS-
toç , dos), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, de la famille des Malacodermes.
Suivant M. Hope, ce genre aurait été établi
par M. Kirby aux dépens des Téléphores de
Degéer, d’après une espèce originaire de la
province de Massachussetts, aux États-Unis ,
et nommée par lui B. Benneiii. (C.)
BRACHYAUS. ins.— Synonyme de Bra-
chinus.
BRACHYODOA et BR A C II Y OBO A-
TIUM. bot. cr. — Synonymes de Brachyo-
dus.
*BRACHYODU$ ($paXuç, court; oSovç,
dent), bot. cr. — (Mousses.) Nom générique
créé par Furnrohr ( Flora, 1827 ) pour le
W eissia trichodes Hook. et Tayl. , et adopté
par les auteurs de la Bryologia germanim.
C’est à tort qu’on a voulu séparer cette
mousse du genre naturel auquel elle appar¬
tient : aussi le nom de Furnrhor n’a-t-il pas
été admis. (C. M.)
BRACHYOPE. Brachyopa ( SpaXvç, petit;
Sty , œil), ins. — Genre de l’ordre des Diptè¬
res , division des Brachocères , subdivision
des Tétrachœtes, famille des Brachystomes ,
tribu des Syrphides , créé par Hoffmansegg
et adopté par Meigen, ainsi que par M. Mac-
quart , qui n’y rapporte que deux espèces :
la B. conique, B.,c-onica Meig. , no 1 , la même
que la Rhingia lestacea Fall., ou la Musca
conica Panz., 60, 20 ; et la B. bicolore, B. bi -
color Meig., la même que la Rhingia id. Fall.,
n° 2. Ces 2 esp. sont désignées comme rares
et sans indication de patrie. Latreille les
comprend dans son genre Milesia. (D.)
*BRACFIYOTUM ($PaXv&>Toç , â courtes
oreilles), bot. ph. — Section indiquée par De
Candolle (. Prodr ., III, 136) dans le genre Av¬
ilir ostemma , Pav. (C. L.)
*BRACHYOTUS ( /3paXvtoroç , à courtes
oreilles), ois. — Genre formé par Gouldsur
le Hibou brachyoté, Strix brachyolus Gmel.,
et adopté par Bonaparte ( Birds of Europe
and Dforih America ), qui le place dans sa
sous-famille des Ululinœ, de sa famille des
Siridœ. Il est également indiqué dans Gray,
List of généra, etc. Voy. hibou. (Lafr.)
*BRACHYPALPE. Brachypa jSpa-
Xvç, court; palpus, palpe), ins. — Genre
de l’ordre des Diptères , division des Bra¬
chocères , subdivision des Tétrachœtes , fa¬
mille des Brachystomes , tribu des Syrphi¬
des , établi par M. Macquart aux dépens du
genre J (y Iota de Meigen. Les espèces dont il
se compose se distinguent des autres Xylotes
par trois caractères assez importants : le
corps velu , qui leur donne un aspect diffé¬
rent ; les palpes courts et les hanches posté¬
rieures simples ; de plus l’abdomen n’offre
pas la bande fauve qui ceint ordinairement
cette partie du corps chez les Xylotes. L’au¬
teur rapporte à ce genre 5 esp., toutes de
France , parmi lesquelles nous citerons seu¬
lement la première : B. a jambes torses ( B .
varus) , Xylota id. Meig., n° 2 ; Milesio vara
Fab. Cette espèce se repose sur les fleurs de
l’Aubépine ; elle est rare. (D.)
*BRACHYPALPUS (jSPaXvÇ, court; pal-
pus , palpe), ins. — Genre de Coléoptères
BRA
BR A
pentamères, de la famille des Paîpicornes ,
créé par M. Delaporte ( Buffon - Dumènil ,
t. II), avec YHyd. bipunctatus de Fab. et le
globulus de Paykull. Cet entomologiste y rap¬
porte encore 2 autres esp. , qu’il décrit comme
nouvelles , sous les noms de B . similis et B.
pallidus, et il les indique comme se trouvant
avec les lres aux environs de Paris. Le
principal caractère de ce genre , suivant
M. Delaporte, résiderait dans les palpes maxil¬
laires, dont le dernier article serait au moins
de la longueur du précédent. (C.)
*BRACHYPETALON , Dun. (jSpa^ç,
court ; irrraAov, pétale), bot. ph. — Une des
sections du g. Helianthemum, Tou rn. (C. L.)
*BRACHYPÈTES (/3p«Xv4,fl0ur ; -rcîTa m,
j’ouvre les ailes), ois. — Genre formé par
Swainson, en 1837 ( Class . of birds), dans sa
famille des Halcyonidœ , et synonyme de
Chelidoptera de Gould , dont la formation
lui est antérieure d’une année , selon G.-R.
Gray. P oyez chelidoptera et tamatianées.
(Lafr.)
’BRACIIYPHYLLA (0P«Xvç, court; rSl-
>ov, feuille). MAM. — Genre de la famille
des Chéiroptères, établi par Gray, pour une
seule espèce, le B. cavernarum, qui se trouve
dans l’île Saint-Vincent. Ce g. a beaucoup de
rapports avec le g. Glossophage de M. Geof¬
froy* (C. d’O.)
*BRACHYPHYLLUM (0p*x4ç, court;
«pvUov, feuille). BOT. ph.— Genre de végétaux
fossiles, découverts dans le terrain oolithique
inférieur, et formé par Ad. Brongniart ( Prod .
119), qui le rapporte aux Conifères. L’auteur
le caractérise principalement par des ra¬
meaux pennés , épars ; par des feuilles très
courtes , coniques , disposées en spirale.
(C. L.)
*BR ACHYPL ATY S (/3paXvç, court; ttXoc-
tuç , large), ins. — Genre d’Hémiptères , de
la famille des Géocorizes, établi par Serville
pour des Insectes rapportés de Vanikoro par
les naturalistes de l’expédition de V Astro¬
labe, et différant des Scutellaires par une
tête plus large, et l’écusson échancré en ar¬
rière dans les mâles. (C. d’O.)
*BRACHYPODINÉES ( 0P*Xvq , court ;
ttouç, pied), ois. — Sous-famille de Swainson
(Class. of birds), faisant partie de sa famille
des Merulidœ. Nous l’avions d’abord adoptée
sous le nom de Brachypodinées ; mais par
suite de la suppression du genre Brachypus
m
par M. G.-R. Gray, cette sous-famille perd
ce nom et prend celui de Pycnonotinées.
Voy . ce mot. (Lafr.)
BRACHYPODIUM ( 3paXvç court; irovç,
pied), bot. ph. — Famille des Graminées.
Palisot de Beauvois , dans son Agrostogra-
phie, avait établi sous ce nom un genre dans
lequel il réunissait certaines espèces des
genres Festuca et Trilicum , dont les valves
de la lépicène sont lancéolées-aiguës , les
épillets pédicellés, solitaires, géminés ou en
panicules. Ce g. n’a pas été généralement
adopté. Foy. fétuque et froment. (A. R.)
^BRACHYPODIUM (&P«Xv<, court ; tco vç,
pied), bot. cr. — (Mousses.) Ce nom, donné
par Bridel à un genre de Mousses acrocarpes,
dont le type , Encalypia crispala Hedw. , se
trouve au Cap et en Amérique , ne pouvait
être conservé à cause du genre homonyme
créé antérieurement par Rœmer et Schultes,
pour des Graminées de la sous-tribu des Bro-
mées. V oy. ptychomitrium, brachysteleum
et notarisia. (C. M.)
BRACII YPTERAC1AS ( $P*xtç , court ;
TTTEpov, aile), ois. — Nom grec de notre genre
Brachypterolle. (Lafr.)
*BRACHYPTÈRE ( (3paXv'ç , court ; ttt£-
pcv , aile), ois. — C’est le nom par lequel
M. Lesson a traduit dans son Manuel d’ Or¬
nithologie celui de Brachypteryx, genre formé
par Horsfield ( Transact . Soc. lin. Lond. ,
t. 13,) dans sa famille des Fourmiliers ou
Myothéridées. Horsfield plaçait ce nouveau
genre avec les Hochequeues ; mais on a re¬
connu qu’il appartient évidemment au
groupe des Fourmiliers. M. Lesson , dans
son Traité , l’adopte comme section de son
genre Fourmilier, Mynnotherà , et y réunit
les 4 espèces de Java : les Myot. pyrroge-
nys, leucophrys , epilepidola et grammiceps
Temm. ; mais nous doutons qu’elles en
aient entièrement les caractères. M. Swain¬
son (Class. of birds) le place aussi comme
sous-genre du genre Myothera. M. G.-R.
Gray change le nom générique Brachyp¬
teryx d’Horsfield en celui de Goldana (Gray),
parce que le premier est employé en ento¬
mologie. Ce genre , particulier à l’Inde tro¬
picale seulement, fera partie de notre fa¬
mille des Myothéridées et de notre sous-fa¬
mille des Grallarinées. Ployez ces mots et
FOURMILIER. (LAFR.)
BRACHYPTÈRES (£p«Xy's, court;
BRA
BRA
712
po», aile), ois. — C’est, dans la classification
de Duméril, le nom d’une famille d’Oiseaux
répondant à celle desBrévipennes de Cuvier.
C’est aussi, dans le Règne animal de ce der¬
nier, le nom d’une des quatre familles de son
ordre des Palmipèdes, et répondant à la qua¬
trième tribu de l’ordre des Palmipèdes ou
Nageurs , dans la méthode que nous avons
adoptée. — Notre tribu des Bracliyptères ou
Plongeurs se compose, comme pour Cuvier,
d’Oiseaux palmipèdes, que leurs jambes, atta¬
chées plus en arrière que chez tous les au¬
tres Nageurs, obligent à se tenir à terre dans
une position verticale , dont la brièveté des
ailes ou aussi l’absence totale de rémiges ,
rend le vol souvent difficile ou même nul
pour quelques uns, ce qui les attache exclu¬
sivement à la surface des eaux ; mais qui ,
par suite , sont excellents plongeurs et na¬
geurs , s’aidant de leurs ailes comme de na¬
geoires , et étant munis d’un plumage des
plus tassés , à surface lisse , soyeuse et im¬
pénétrable à l’eau. Cette tribu renferme
pour nous trois familles : les Colymbidées,
les Alcadées et les Sphéniscidées. Ployez ces
mots. (Lafr.)
*BRACHYPTERNES (0paXv5, court;
wrepva , talon ). ois. — Genre formé par
M. Strickland ( Proceed . 1841 , p. 31 ) dans
la famille des Pics ou Picidœ , dans la sous-
famille des Celeinœ , et du genre Brachylo-
phus, Swains., pour certaines esp. indiennes,
dont le pouce et son ongle sont très courts,
presque obsolètes. Les esp. qu’il y range sont
les Picus auraniïus Lin. ou bengalensis Gmel.
goensis Gmel., peralaimus Wagl., erythro-
nolus Vieill., philippinarum Lat. ou palalacca
et hœmatribon Wagl.
Ces espèces, qui, d’après l’exiguïté de leur
pouce, semblent faire le passage à celles qui
en manquent entièrement , n'offrent cepen¬
dant de rapports réels qu’avec les Pics tri-
dactyles de l’Inde, dont Swainson a fait son
sous-genre Chrysonotus , et s’éloignent au
contraire en divers points de notre Pic tri-
dactyle d’Europe, dont il fait son sous-genre
Apternus. Payez pic et picidees. (Lafr.)
*BRACHYPTEROLLE. Brachijpteracias,
Nob. ( (3pocXvç, court ; TTTîpov , aile ; xopaxcocç,
rollier). ois. — Nous avons formé ce genre,
en 1834, sur deux Oiseaux de Madagascar,
chez lesquels nous reconnûmes la forme ca¬
ractéristique de pattes et de narines des Rol-
liers et des Rolles, mais avec des ailes beau¬
coup plus courtes et des tarses plus élevés.
Nous le publiâmes, la même année, dans le
Magazin de M. Guérin , avec deux planches
coloriées, nos 31 et 32, représentant les deux
seules espèces connues alors.
Il est impossible de ne pas reconnaître la
grande analogie de ce petit groupe, composé
aujourd’hui de trois espèces , avec celui des
Rolliers et des Rolles, habitants des mêmes
contrées ; car on y retrouve absolument la
même forme de pieds si particulière dans
l’ordre des Passereaux, celle de bec et delia-
rines, et le même système de coloration ; on
peut dire enfin des espèces qui le composent
que ce songes Rolliers à ailes courtes et à
longs tarses. La première connue, notre Bra-
chypterolle courol, Brachypteracias leptoso-
mus Nob. [Mag. de Guérin, 1834, pl. 31) , le
Rolle courol de Lesson (. lllust . de zool. , pl.20),
est olivâtre en dessus, passant au brun vio¬
lacé sur la tête , au brunâtre sur la queue ,
qui est terminée d’une bande noire liserée
de blanc, avec les sourcils et une bande pec¬
torale de cette dernière couleur , ainsi que
le ventre, qui est écaillé de brun. Ses tarses
de moyenne longueur lui donnent un peu
l’ensemble d’un Rollier ; tandis que les deux
autres espèces, notre Brac. Brève, Brac. pii -
toides Nob. {Mag. ib., pl. 32), et notre Brac.
Écaillé Brac. squamigera Nob. ( Rev. zool. ,
1838, pl. 224), à tarses beaucoup plus élevés,
ont , au premier abord, l’aspect de Brèves ,
quoique leur queue soit plus longue.
Notre genre est synonyme de celui de
Chloropygia de Swainson , publié dans sa
Class. of birds en 1837, et par conséquent
trois années après nous : aussi M. Gray a-t-il
adopté Brachypteracias comme plus ancien.
Ce genre , voisin de ceux de Rollier et de
Rolle , forme avec eux un petit groupe des
plus naturels, particulier à l’ancien monde,
et que nous désignons sous le nom de Cora-
ciadinèes , et comme sous-famille de notre
famille des Baccivoridées.
Les tarses élevés des Brachypterolles, par¬
ticulièrement des deux dernières espèces ,
font présumer que ce sont des Oiseaux mar¬
cheurs ; mais nous n’avons pu encore re¬
cueillir aucun renseignement sur leurs
mœurs ; et le Dr Smith, dans ses lll. of the
zool. of South Africa , n’en a pas encore fait
mention. Poyez coraciadijnées. (Lafr.)
BRA
713
BRA
BRACHYPTERUS fëpdx&si court ; ttte-
pov, aile), ins. —-Genre de la famille des
Ichneumoniens , tribu des Braconides , de
l’ordre des Hyménoptères , établi par Gra-
venhorst sur une seule espèce trouvée en
Angleterre , qu’il nomme B. rneans. Cet in¬
secte , ressemblant beaucoup aux Ichneu-
mons proprement dits, s’en distingue essen¬
tiellement par ses ailes fort courtes, à peine
plus longues que le thorax , et dépourvues
de cellule cubitale. (Bl.)
BRACHYPTERUS ( J court ;
pov, aile), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères , famille des Curculionites, établi par
M. Dejean ( Catalogue ) sur une seule esp.
originaire du Sénégal , et nommée par lui
B. minutas. Ce g. précède immédiatement
celui de Madopterus de Schœnherr. (D.)
*BRACHYPTERYS (j 3p«Xwç, court ; «r/-
py£, aile), bot. ph. — Genre de la famille des
Malpighiacées, ainsi nommé à cause de la
brièveté de l’aile qui surmonte sa samare, et
caractérisé de la manière suivante • Calice
à 5 divisions, dont 4 portent deux glandes.
Étamines 10, à peu près égales ou inégales ,
de telle sorte qu’il y en a 3 plus grandes,
4 plus petites et 3 intermédiaires ; filets réu¬
nis à la base. Anthères à connectifs épais, of¬
frant l’apparence d’une glande. Styles 3, di-
variqués , prolongés à leur sommet en un
appendice foliacé ou falciforme, en bas et en
dedans duquel est un petit lobe stigmati-
que. Ovaires 3, soudés entre eux du côté in¬
térieur ; chacun surmonté en dehors d’une
bosse ; carpelles bordés en dehors et en haut
par une crête courte. Les espèces, au nombre
de deux , dont l’une {B. borealis ) s’étend des
Antilles à la Guiane, et l’autre (B. austraüs )
se trouve dans tout le Brésil, habitent les ri¬
vages de la mer. Ce sont des lianes à rameaux
aplatis, à feuilles entières et opposées. Leurs
fleurs jaunes sont disposées en ombelles de
3 à 8 , qui terminent les rameaux ; elles sont
portées chacune sur un pédicelle articulé à
sa base , au dessous duquel est une brac¬
tée accompagnée presque à la même hauteur
de deux bractéoles latérales. (Ad. J.)
BRACHYPTERYX (0P«Xvç, court ; nv/-
pvlj, aile), ois. — Voyez brachyptere et gol-
DANA. (LAFR.)
*BRACHYPTRALLE. Brachyptrallus ,
Nob./3pa^yç, court j 7TT£pov, aile; rallus ,
râle), ois. — Genre de l’ordre des Échassiers
T. II.
et de la famille des Macrodactyles de Cuvier.
Nous avons formé ce genre et l’avons publié,
en août 1840, dans la Revue zoologique ,
p. 231 , sur une très grosse espèce de Râle de
la Nouvelle-Hollande , remarquable surtout
par un bec court et élevé comme celui des
Porphyrions ; par des ailes très courtes ; par
des tarses , des doigts et des ongles plus
robustes et moins grêles que chez les autres
Rallidées. L’espèce unique type du genre est
le Brachyptrallus ralloides. (Lafr.)
*BRACHYPUS (jSpaxvç, court; ttoûç, pied),
ois. — Genre de Meyer répondant à celui de
Cypselus d’Illiger, Cuvier et Temminck, mais
lui étant postérieur. Voyez martinet.
C’est, dans la classification de Swainson, le
nom d’un des g. de la sous-famille des Bra-
chypodince dans sa famille des Merulidœ.
M. G.-R. Gray le remplace par celui de Pyc-
nonotus de Kuhl, qui lui est synonyme, sup¬
primant Brachypus comme déjà employé
dans d'autres branches de l’histoire natu¬
relle. Nous nous conformons à cette manière
de voir de M. Gray , et le genre Brachypus ,
que nous avions d’abord adopté à notre ar¬
ticle Andropadus, se trouve changé en celui
de Pycnonotus , et par suite notre sous-fa¬
mille des Brachypodinées devient Pycnono-
tinées. Voyez ces deux mots. (Lafr.)
*BRACHYPUS (0p<xXvç , court; 7rovç, pied) ,
ins. — Genre de Coléoptères létraméres , fa¬
mille des Curculionides , ordre des Gonato-
cères , division des Érirhinides , établi par
Schœnherr sur une seule espèce , qu’il
nomme B. lixoides. (D.)
^BRACHYPUS court; ttovç, pied).
rept. — Synonyme de Chalcide , employé
par M. Fitziriger. (P. G.)
*BRACHYRHAMPHUS ( jSpaXds , court ;
papcpoç, bec crochu), bot. ph. — Genre de la
famille des Synanthérées-Liguliflores, tribu
des Chicoracées , formé par De Candolle
(JProdr. , YII , 176 ), sur un démembrement
du genre Sonchus , et renfermant 6 espèces
environ. Ce sont des plantes herbacées an¬
nuelles ou bisannuelles , croissant sous les
tropiques, rameuses, glabres; à feuilles ron-
cinées-dentées ; à fleurs jaunes , en capitules
disposées en grappe spiciforme. On cultive
dans les jardins le B. intybaceus. (C. L.)
BRACHYRHUVE. Brachyrhinus (Æpaxvç,
court ; ptv, o$, nez ou trompe), ins. — Genre
de Coléoptères tétramères, famille desRhyn-
45'
714
BRA
BRA
chophores , tribu des Charançoniles , établi
par Latreille et non adopté. (D.)
BRACHYRHYNCHOS ( j8paX4ç , court ;
pvyx°$ > bec , pointe ). bot. ph. — Ce genre ,
qui est très voisin des Séneçons , a pour ca¬
ractères : Capitule multiflore, quelquefois
discoïde, homogarae ou radié, et muni, dans
ce cas, de ligules femelles. Involucre formé
d’une seule série d’écaiiles , et offrant à sa
base un calicule composé d’un petit nombre
de squamelles. Réceptacle nu. Rameaux du
style pubescents au sommet. Fruits allon¬
gés , striés ou anguleux ; les extérieurs légè¬
rement comprimés et atténués en une sorte
de bec assez court, couronné d’une aigrette
formée de plusieurs rangées de soies pili-
formes légèrement soudées à la base. — Les
Brachyrhynchos, qui font partie des Compo¬
sées, tribu des Sénécionidées, sont indigènes
du Cap. (J. D.)
"BRACHYRHYNCHUS ( /3p«Xvç , court ;
p vyXoç, bec), ms. — Genre de la famille des
Aradiens , de l’ordre des Hémiptères , sec¬
tion des Hétérqptères, établi par M. Laporte
de Castelnau , et généralement adopté par
tous les entomologistes. Les Bruchyrhynchus
sont caractérisés par un corps fortement dé¬
primé et parallèle ; par un bec très court, logé
dans un sillon qui ne dépasse pas la tête ; par
des antennes ayant leur premier article glo¬
buleux , et les suivants plus grêles et à peu
près d’égale longueur, et par des élytres en¬
gagées dans une dépression de l’abdomen ,
ayant leur partie antérieure opaque et leurs
nervures apparentes. Le type du genre est le
B. orientalis Lap. , de File de Java. (Bl.)
*BRACHYRHYNQUES. Brachyrliynchi.
ins. r — Schcenherr nomme ainsi la première
légion de l’ordre des Gonatocères dans sa fa¬
mille des Curculionides. Elle se divise en
deux phalanges : la première comprend les
Brachycérides, Entimides, Pacliyrhynchides,
Brachydérites , Cléonides, Molytides et Byr-
sopsides. Ce qui caractérise principalement
ces sept divisions ou tribus, c’est d’avoir le
sillon antennaire infra-oculaire, courbe ou
oblique. La seconde phalange se compose des
Phyllobides, Cyclomides et Ottorhynchides,
chez lesquelles le sillon antennaire est pres¬
que droit et monte jusque vers le milieu de
l'œil. (D.)
BRACHYRIS (|3p<xXvç, court ; aXvpov, pail¬
lette). bot. ph.— Ce genre, établi par M. Nut 1
tal , appartient à la famille des Composées,
tribu des Astérées. Il a pour caractères : Ca¬
pitule pluriflore , radié , rayon formé d’une
seule rangée de 5-10 ligules femelles ; fleu¬
rons du disque tubuleux , hermaphrodites,
5-dentés. Réceptacle nu. Involucre ovale ou
cylindracé, formé d’écailles étroitement im¬
briquées. Fruit obconique , tronqué et sur¬
monté de 5-8 écailles oblongues, persistantes.
Ce genre , voisin du Bigelowia , se compose
de plantes vivaces, indigènes des États-Unis
d’Amérique. La plupart d’entre elles sont
munies de feuilles linéaires et lancéolées,
entières , souvent ponctuées. Les fleurons
sont jaunes. (J. D.)
*BRACHYS (j3paXvç, court), ins. — Genre
de Coléoptères pentamères, famille des Ster-
noxes , tribu des Buprestides , établi par
M. Dejean , et adopté par M. Solier , qui le
range dans la division des Buprestides à
écusson apparent. M. Dejean en désigne 8 es¬
pèces, toutes de l’Amérique. Nous citerons
comme type le B. tenellaia , retranché du
g. Trachys de Fabricius. oyez bupresti¬
des. (d.)
*BRACHYSCELIS (j3PaXv'ç, court, ra¬
massé ; axûoç, jambe), ins. — Genre de Co¬
léoptères établi par M. Solier , et synonyme
de Pachyscelis. (D.)
BRACHYSCOME. bot. pii. — Même
chose que Brachycome.
BRACHYSEMA ( $paXuç , COUrt ; avjp. y. ,
signe, ici étendard ). bot. pii. — Genre de la
famille des Papilionacées-Podalyriées, Eupo-
dalyriées-Australasicées , formé par Robert
Brown (Ho h. New. ed. 2, III, 10), et renfer¬
mant quelques arbrisseaux de la Nouvelle-
Hollande, procombants, à feuilles alternes,
simples, ovées ou ovales, très entières, mu-
cronées ; à fleurs jaunes ou pourpres , en
grappes axillaires et terminales pauciflores.
Le calice est 5-fide, un peu inégal , à tube
ventru ; l’étendard est beaucoup plus court
que les ailes; les filaments sont glabres; le
légume est ventru, pol y sperme. On en cul¬
tive 2 esp. dans les jardins : les B. laiifolium
et undulalum. (C. L.)
*BRACHYSIRA ( |3paXvç , court; crnpoc ,
chaîne , série ). bot. cr.— ( Phycées). Genre
créé par M. Kutzing, dans la 16e décade de
ses Algues d’Allemagne, pour une espèce
de la tribu des Diatomées. Voici les carac¬
tères qu’il lui assigne : Fronde très petite ,
BRA
BRA
715
formée de frustules soudés parallèlement
et irrégulièrement. Les frustules ne sont
point soudés , mais simplement rappro¬
chés en séries plus ou moins longues , lors¬
qu’ils s’élèvent à la surface de l’eau dans la¬
quelle cette production se développe. Nous
ne voyons dans cette disposition qu’un effet
mécanique qui se représentera dans tout
corps naviculaire flottant , et surtout ayant
la forme des frustules de cette diatomée.
Lorsque les frustules du B. aponina Kutz.
viennent flotter à la surface de l’eau, ils ne
tardent pas à s’accoler longitudinalement, et
à se grouper en séries élégantes. M. Des-
mazières en a donné une bonne figure dans
le fascicule XVIII de ses Cryptogames de
France ; c’est notre Navicula serions. Nous
ne croyons pas qu’on puisse en faire un g.
particulier. Nous connaissons une espèce
très voisine qui présente cette même dispo¬
sition , due sans doute à une imperméabi¬
lité propre à l’enveloppe de ses frustules.
(Bréb.)
BRACHYSOMA (j3paXvç, court; o-wp. a,
corps), ins. — M. Dejean ( Cat ., 2e édit.) avait
désigné sous ce nom un g. de Curculionides
qu’il a supprimé depuis, et dont il rapporte
les espèces au g. Gonipterus de Schœn-
herr. (D.)
*RRACHYSOMlJS (|3paXvç, court ; t?wp.a,
corps), ins. — Genre établi par M. Schœn-
herr, avec le Cure, hirsutulus des auteurs.
Il a fait rentrer plus tard cette espèce dans
le g. Omias de Germar. (G.)
*BRACHYSTELEEM Q3p«Xvç, court ; <jts-
Atov, manche de cognée), bot. cr. — (Mous¬
ses). Nom proposé par M. Reichenbach, pour
remplacer celui de Brachypodium ( voyez ce
mot) donné par Bridel à un g. de la divi¬
sion des Mousses acrocarpes. Ce nom n’est
pas généralement adopté. (C. M.)
BRACHYSTELMA ( j6paXvç , court ;
<TTe7p.a, ceinture), bot. ph. — Genre de la
famille des AscMpiadacées -Pergulariées ,
tribu des Stapéliées-Céropégiées , formé par
R. Brown (Bot. Mag., t. 2345, 3016), et ren¬
fermant quelques arbrisseaux du Cap, à ra¬
cines tubéreuses ; à feuilles opposées, mern-
branacées ; à pédoncules axillaires agrégés.
Corolle campanulée , ample , à sinus angu¬
leux. Appareil reproducteur inclus. Couronne
staminale 5-fide, dont les lobes simples, oppo¬
sés aux anthères. Pollinies dressées , fixées
par la base. Follicules grêles, lisses. Graines
chevelues à l’ombilic. On en cultive plusieurs
espèces dans les jardins. (C. L.)
BRACHYSTEMMA (j6paXvç, court;
0-TEp.p.a , couronne), bot. pii. — Genre formé
par Don ( JY égal. , 216 ) dans la famille des
Caryophyllacées-Stellarinées, tribu des Aré-
nariées , sur une seule plante indigène du
Népaul. C’est un individu herbacé, diffu¬
sément rameux , glabriuscule ; à tiges létra-
gones , luisantes , portant des feuilles oppo¬
sées , pétiolées , stipulées, étalées lâchement,
lancéolées, trinerves ; les fleurs en sont très
nombreuses , et disposées en panicules axil¬
laires cymiféres. (C. L.)
* BR ACHYSTERNUS ( (3p aXuç , court ;
o-r/pvov, sternum), ins. — Genre de Coléop¬
tères pentamères, famille des Lamellicornes,
tribu des Anoplognathides, créé par M. Gué-
rin-Méneville ( Voyage de la Coquille). Ce
g. , suivant cet auteur, présente les plus
grands rapports avec les Anoplognatbes ;
mais il en diffère par l’absence d’une point*
saillante au sternum du métathorax ; par la
forme de ses palpes , et surtout par les cro¬
chets des tarses , dont l’un est bifide. L’es¬
pèce qui a servi de type est le B. viridis Gm.
( Prasinus , Durville-Dej., Cat. ), du Chili. Ce
g. est désigné dans le dernier Catalogue de
M. Dejean, sous le nom d ’Epichloris. (C.)
*BRACHYSTERNUS (|3paXvç, court; ore'p-
vov , sternum), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères, famille des Lamellicornes, établi
par M. Dejean , dans son dernier Catalogue,
pour y rapporter un coléoptère originaire
de Cayenne , qu’il nomme B. subsulcatus.
M. Guérin-Méneville s’étant servi antérieu¬
rement de ce même mot pour établir un g.
nouveau dans la même famille, il sera indis¬
pensable d’employer une autre dénomina¬
tion pour désigner cet insecte. (C.)
*BRACHYSTETHE ($paXvç, court; otvî-
0o; , sternum), ins. — Genre de l’ordre des
Hémiptères établi par M. Delaporte , dans sa
Monographie des Insectes de cet ordre, pour
une seule esp. du Brésil , la B. marginatus.
(C. d’O.)
BRACHYSTOMÆ (j3pocXvç, court; <7Top.a,
bouche, ouverture), bot. cr. — Persoon (Syn.
Fung ., p. 63) a donné ce nom à une des sec¬
tions qu’il a établies dans le nombreux genre
Sphœria ; elle comprend les espèces dont l’os-
tiole est conique, cylindrique ou papilliforme
716
BRA
BRA
et plus court que le réceptacle. Cette déno¬
mination , adoptée par Rebentisch , Alber¬
tini , Schweinitz , etc. , ne l’a pas été par
MM. Martius, Nees d’Esenbeck, ni par Fries ,
qui, dans son Systema mycologicum, a reporté
les espèces dans d’autres sections du même
genre , qu’il a désignées sous les noms de
Villosœ, Bypsisedœ, Denudatœ, etc. (LÉv.)
BRACHYSTOME Brachysloma ((3paXv;,
court; 0-rop.a, bouche.) ins.— Genre de l’ordre
des Diptères, division des Brachocères , sub¬
division des Tétrachœles, famille des Tanysto-
mes, tribu des Empides, établi parMeigen, et
adopté par Latreille , ainsi que par M. Mac-
quart , qui ne rapporte à ce g. que 2 esp. :
l’une trouvée à Nice et en Sicile, l’autre sans
indication de patrie. Elles ont été décrites
par Meigen : la lre, sous le nom de B.
vesiculosa , c’est la Bacchaa , id. Fab., et
la 2‘ sous le nom de B. longicorhis. (D.)
BRACHYSTOMES. Brachysloma. ins. —
M. Macquart désigne ainsi la 6e famille éta¬
blie par lui dans l’ordre des Diptères, et qu’il
place dans la division des Brachocères, et la
subdivision des Tétrachœtes. Cette famille se
compose des Diptères tétrachœtes, dont la
trompe est courte, membraneuse et à lèvres
terminales épaisses. Elle se distingue des Ta-
nystomes, non seulement par ce caractère,
mais encore par la conformation des an¬
tennes, dont le 3e art. est le plus souvent ac¬
compagné d’un style dorsal. Elle s’en éloi¬
gne en outre par les ailes, qui ne présentent
ordinairement qu’une cellule sous-margi¬
nale et trois postérieures. Par cette organi¬
sation évidemment inférieure à celle des fa¬
milles précédentes , les Brachystomes for¬
ment une transition pour arriver aux Di-
chœtes. M. Macquart les répartit dans 4 tri¬
bus , ainsi qu’il suit : A. 3e art. des antennes
conique. Cellules sous-marginales aux ailes.
B. Tarses munis de 2 pelotes : lre tribu, Xy¬
lotomes. BB. Tarses munis de 3 pelotes :
2e tribu, leptides. AA. 3e art. des antennes
ordinairement en palette ou ovale. Une seule
cellule sous-marginale aux ailes. C. Palpes
aplatis. Point de cellule discoidale aux ai¬
les : 3e tribu, Dolichopodes. CC. Palpes ren¬
flés. Une cellule discoidale : 4e tribu , Syr- I
phies. Les habitudes de ces Insectes sont
aussi variées que leur organisation. Les pre¬
mières tribus cherchent leur subsistance sur
le feuillage ou sur le tronc des arbres ; les
Syrphies se nourrissent du suc des fleurs ;
quelques Dolichopodes vivent de proie. Les
femelles déposent leurs œufs, tantôt dans le
détritus du bois pourri , comme les Xylo¬
tomes, tantôt dans la terre, sur les plantes ,
et même dans les eaux, comme plusieurs
Syrphies. Les larves trouvent, dans ces di¬
verses situations , les aliments nécessaires à
leur développement. Quelques unes sont pa¬
rasites, et vivent de la substance d’autres In¬
sectes, comme celles des Syrphies, qui dévo¬
rent les Pucerons, et celles qui dévastent les
nids de Bourdons. L’organisation de ces lar¬
ves présente les deux modes principaux
qu’elle affecte dans les Diptères : Celles des
Xylotomes et des Leptides ont la tête cornée ;
celles des Syrphies et des Dolichopodes l’ont
charnue et de forme variable. (D.)
BRACIIYSTYLIS , E. Meyer (/3p«Xvç,
court; aTÛ>oç, style), bot. ph. — Synonyme
du genre Brachymeris, DC. C’est aussi une
section indiquée par De Candolle dans le
genre Chœrophyllum, L. (C. L.)
RRACHYSTYEUS (0p«Xvç, court ; <7t5-
Aoç, soutien), ins. — Genre de Coléoptères
pentamères , de la famille des Carabiques,
créé par M. le baron de Chaudoir, pour deux
espèces , les B. californiens Fald., et vali -
dus Esch.; l’une, de Californie, l’autre, delà
côte occidentale de l’Amérique. (C.)
*BRACHYTARSUS (j8paXv'ç, court ; r*p-
croç, tarse), ins. — Genre de Coléoptères té-
tramères , famille des Curculionides , ordre
des Orthocères, division des Anthribides, éta¬
bli par Schœnherr. M. Dejean, dans son Ca¬
talogue, 3e édit., rapporte à ce g. U esp.,
dont 3 d’Europe , et 8 de l’Amérique septen¬
trionale. Le type de ce g. est YAnthribus sca-
brosus de Fabr., qui se trouve aux environs
de Paris. ^ (D.)
"BRACIIYTÈLE (Æpa^vs, court; Tth'oi, je
finis; qui se termine court), mam,— Genre ins¬
titué par Spix, pour deux Singes américains
que M. Geoffroy Saint-Hüaire a réunis à ses
Atèles sous les noms d’A. Chamek et <YA.
Hypoxanthe. (C. n’O.)
BBACHYTRIA (|3paXvç , court; rp/a,
trois), ins. -—Genre de Coléoptères tétra-
rnéres , de la famille des Longicornes , créé
parM. Newmann, qui le plaee dans les Rha -
ghiomorphidœ. L’espèce qu’il décrit sous le
nom de B. latebrom a été trouvé dans Vile des
Kangourous, à la Nouvelle-Hollande» (G.)
BRA
*BRACHYTRICHIJM ( , court;
0pt$,rp:xoç, poil). BOT. CR. — (Mousses).
Rœhling avait'proposé (Â nn.Welt, G esell. , III,
p. 47) de séparer le g. Qrthotric en deux au¬
tres , sur cette considération , que le péris-
tome s’y rencontre simple ou double ; et, ré¬
servant l’ancien nom pour les espèces diplo-
péristomées , le nouveau nom aurait réuni
les espèces munies d’un péristome unique.
Le g. Orthotric est si naturel , que l’opinion
du botaniste allemand n’a pu prévaloir. Et
d’ailleurs, comme on a trouvé, depuis, des es¬
pèces de ce g. qui ont l’orifice de la capsule
absolument nu , il aurait donc fallu , pour
être conséquent, instituer un troisième g.,
ce qui ne pouvait ni ne devait raisonnable¬
ment avoir lieu. (C. M.)
*BRACHYTROPIS {0p^v<; , court ; rpo-
wtç, carène ). bot. pii. — Famille des Poly-
galacées, section du genre Polygala , L., et
que son auteur, M. De Candolle, paraît porté
à regarder comme un genre distinct et voisin
du Comesperma. (C. L.)
*BRACHYTRUPES (@pa%vç, court; rpuwa,
tarière), ins. — Genre établi par M. Serville
{Ins. orth . , A1 uites à Buff.) aux dépens du genre
Gryllus de la famille des Grilloniens, de l’or¬
dre des Orthoptères. Les Brachylrupes, dont
M. Serville signale 2 esp. , l’une, le B . me-
gacephalus Lefebv., de Sicile, et l’autre de
Java , diffèrent surtout des Grillons propre¬
ment dits , par la longueur du dernier ar¬
ticle de leurs palpes maxillaires. (Bp.)
BRACIIYURES (/Spa^vç, court; oùpa,
queue), crust. — Dans la classification de La-
treille et de la plupart des carcinologues, on
nomme ainsi l’une des grandes subdivisions
(Famille, Lat.; ordre, Blainv.; section, Milne-
Edw.) des Crustacés décapodes. Leur queue
(abdomen), plus courte que lefronc, n’a pas
d’appendices ou nageoires à son extrémité ,
et elle se reploie en dessous dans l’état de
repos pour se loger dans une fossette de la
poitrine : triangulaire dans les mâles, et gar¬
nie seulement à la base de quatre ou de deux
appendices , dont les supérieurs les plus
grands, en forme de cornes , elle s’arrondit ,
s’élargit , et devient bombée dans les femel¬
les. En dessous elle a quatre paires de dou¬
bles filets velus destinés à porter les œufs ,
et analogues aux pieds natatoires sous-cau-
daux des Macroures , etc. Les vulves sont
deux trous placés sous la poitrine; les an-
BRA 71 7
tennes sont plus petites que dans les Ma¬
croures, et les pédoncules oculaires généra¬
lement plus longs ; la première paire de
pattes est en serre didactyle ; les branchies
sont toujours en forme de pyramides, fixées
par leur base, et composées d’une double sé¬
rie de lames empilées les unes sur les autres.
On n’en compte jamais plus de neuf de cha¬
que côté du corps , et quelquefois il n’en
existe que sept. Latreille partageait sa fa¬
mille des Brachyures en sept sections , sa¬
voir : les Nageurs, les Arqués , les Quadrila¬
tères, les Orbiculaires, les Triangulaires, les
Cryptopodes et les Notopodes. Depuis , il a
modifié cette disposition en réunissant les
Nageurs aux Arqués , et apportant quelques
rectifications à ce qu’il avait admis au sujet
des Orbiculaires. Cette dernière classification,
dit M. Milne-Edwards , m’a paru plus natu¬
relle que celles qu’on avait proposées jus¬
qu’alors ; mais une étude approfondie de la
structure des divers Brachyures et de la va¬
leur des caractères employés pour leur dis¬
tribution méthodique , m’a conduit à en mo¬
difier quelques points, et à diviser les Bra¬
chyures seulement en quatre grandes famil¬
les. Ces quatre familles, dont il sera question
ailleurs, sont les suivantes : Ôxyrhynques,
Cyclométopes , Catométopes et Oxystomes.
Voyez ces divers mots.
(P- G.)
*BRACHYURÏTES (/3p«xvç , court ; oùpa,
queue), crust. — D’après la remarque de
M. Milne-Edwards ( Crustacés , II, 179), le
petit crustacé fossile figuré par Schlotheim
(Peire facta, p. 23, pl. 1 ) sous le nom de B.
rugosus , paraît se rapprocher des Dromies.
(P. G.)
BRACON. ins. — Genre de la famille des
Ichneumoniens , tribu des Braconides , de
l’ordre des Hyménoptères, établi par Fabri-
cius et adopté par tous les entomologistes.
Les Bracons ont un corps assez long et
grêle ; des antennes sétacées longues et grê¬
les ayant leur troisième article plus long que
le second ; des ailes à 3 cellules cubitales ,
et un abdomen sessile de forme ovalaire.
Ce genre renferme un grand nombre d’es¬
pèces exotiques et indigènes. On en rencon¬
tre dans toutes les parties du monde, et
plusieurs ont une taille assez grande.
Les esp. du g. les plus répandues dans
notre pays sont les B. desertor Fabr. , wo-
718 BRA
minalor Fab., variegator Nees von Esenb., |
urinator Fab., etc. (Bl.) J
*BR ACON IDE S ou BRACONITES. Bra-
conidce. ins.— Seconde tribu de la famille des
Ichneumoniens , de l'ordre des Hyménoptè¬
res, indiquée parLatreille, et adoptée depuis
par tous les entomologistes. Cette tribu, que
M. Nees von Esenbeck a désignée aussi sous
la dénomination d’ichneumones adsciti , ren¬
ferme un nombre considérable de genres.
Dans notre Hist. des anim. arlic ., t. 4 , nous
avons cru devoir en adopter 46 ; et cepen¬
dant il en est encore plusieurs autres établis
par MM. Wesmael et Haliday , qui n’ont été
regardés que comme de simples divisions de
genres. Les espèces sont en outre fort nom¬
breuses dans quelques genres , en sorte que
la tribu des Braconides comprend une quan¬
tité d’esp. fort considérable. Les mœurs de
ces Insectes sont très analogues à celles des
Ichneumonides ; nous renvoyons en consé¬
quence à l’article ichneumoniens, pour tout
ce qui est relatif en général aux divers In¬
sectes qui composent cette grande famille.
(Bl.)
*BRACTEARIA ( bractea , lame ou feuille
de métal, bradée en botanique), bot. ph. —
Genre de la famille des Papilionacées, tribu des
Phaséolées-Clitoriées , formé par Bentham,
et réuni comme section au genre Clitoria, L.
— C’est aussi une section indiquée par De
Candolle ( Prodr ., III, 131) dans le genre
Chœlogastra. (C. L.)
BRACTÉES. Bracteœ. bot. ph. — Ce sont
les feuilles qui généralement , sous la forme
d’écailles, accompagnent les fleurs. On a
donné spécialement ce nom aux feuilles pla¬
cées près des fleurs , quand , par leur gran¬
deur, leur figure, leur consistance, elles dif¬
fèrent complètement des autres feuilles de la
plante; tandis qu’on réserve le nom de feuilles
florales aux feuilles qui , accompagnant les
fleurs , ne diffèrent pas sensiblement des au¬
tres feuilles qu’on observe sur les autres par¬
ties de la plante.
Les Bractées peuvent se présenter sous des
formes et avec des caractères très différents.
Tantôt ce sont des espèces de petites écailles
minces, d’une couleur pâle, placées à la base
des pédoncules qui portent les fleurs ; tantôt,
au contraire, elles sont assez grandes , min¬
ces, colorées, et en quelque sorte pétaloïdes :
telles sont celles qui accompagnent les fleurs
BRA
dans un grand nombre d’espèces du genre
Sauge , et spécialement les Salvia sclarea ,
Salvia splendens , le Poinsettia pulcher -
rima , où les Bractées sont d’une belle cou¬
leur rouge , le Bougainvillœa , où les Brac¬
tées , beaucoup plus grandes que les fleurs ,
sont d’une teinte rose violacée.
En général , on trouve une ou plusieurs
fleurs à l’aisselle de chaque Bractée. Quel¬
quefois cependant celles-ci sont vides, parce
que les bourgeons floraux ont avorté, comme
il arrive quelquefois que les bourgeons fo¬
liacés ne se développent pas à l’aisselle des
feuilles pour produire des jeunes branches
ou scions.
Les Bractées ne sont que des feuilles ré¬
duites à de petites dimensions , et dont la
consistance et souvent la couleur sont fort
différentes. Elles offrent sur les rameaux les
mêmes positions que ces dernières : ainsi ,
elles peuvent être alternes, opposées ou ver-
ticillées. Rien de plus facile que de suivre
sur un très grand nombre de plantes les dé¬
gradations successives des feuilles à mesure
qu’elles se rapprochent des sommités des ra¬
meaux , et leur transformation en Bractées.
Ainsi on les voit diminuer seulement d’éten¬
due , puis devenir sessiles , perdre successi¬
vement les dents ou les incisions qu’elles
offraient, devenir entières, en un mot, se
réduire quelquefois à l'état d’une simple
écaille, même quand la feuille inférieure était
composée.
Quant à la forme particulière des Brac¬
tées, elle est aussi variable que celle des
feuilles. Ordinairement planes comme celles-
ci , elles peuvent être sous la forme d’une
gaine embrassante , devenir concaves ou en
forme de capuchon , comme on l’observe
dans plusieurs plantes de la famille des
Marcgraviacées.
La transformation des feuilles en Bractées
est due à l’épuisement que les feuilles éprou¬
vent par suite de l’existence des bourgeons
floraux et de leur développement. Il arrive
quelquefois qu’une tige après avoir porté
des fleurs dans une étendue plus ou moins
considérable , celles-ci manquent complète¬
ment dans sa sommité. Les feuilles repren¬
nent alors le caractère qu’elles avaient à la
partie inférieure de la tige, c’est-à-dire qu’el¬
les redeviennent plus grandes , plus vertes,
et elles forment alors une touffe qui cou-
BRA
BRA
19
ronne l’assemblage de fleurs. C’est ce qu’on
observe, par exemple, dans l’Ananas et la
Couronne impériale.
En général , on ne trouve qu’une seule
Bractée à la base de la fleur ou de son pé¬
doncule. Lorsque les Bractées sont réunies
circulairement autour d’une ou de plusieurs
fleurs , leur ensemble constitue ce qu’on
appelle d’une manière générale un involu-
cre. Ainsi , par exemple , il existe à la base
des pédoncules, dans la Carotte , dans VAs -
tranlia, et dans une foule d’autres plantes
de la famille des Ombellifères , une rangée
circulaire de Bractées constituant un invo-
lucre. Certains involucres ont reçu des noms
spéciaux. Quand l’involucre est appliqué im¬
médiatement autour de la fleur et sur la sur¬
face externe du calice , de manière à sem¬
bler former un second calice, on le nomme
calicule. La fleur de la Mauve est accompa¬
gnée d’un calicule formé de trois Bractées
distinctes ; celle de la Guimauve d’un cali¬
cule de 5 à 8 Bractées soudées en tube ,
comme le calice lui-même.
Quand l’involucre accompagne une ou
plusieurs fleurs , qu’il persiste après la flo¬
raison de manière à recouvrir le fruit en
partie ou en totalité , on le nomme cupule.
Le gland du Chêne est accompagné à sa base
d’une cupule écailleuse ; le fruit du Noise¬
tier est recouvert par une cupule foliacée ;
les fruits du Châtaignier, du Hêtre, sont
complètement enveloppés dans une cupule
péricarpoide. Cette cupule est un véritable
involucre.
Enfin , quelques auteurs ont donné le nom
particulierde péricline à l’involucre qui forme
la partie la plus extérieure du capitule des
fleurs dans les Synanthérées.
Il y a , comme nous l’avons dit précédem¬
ment , des Bractées qui ont souvent un très
grand développement. Lorsqu’une Bractée
recouvre complètement la fleur ou les fleurs
avant leur épanouissement, elle prend le
nom spécial de spathe ; telles sont, par exem¬
ple , les Bractées qu’on trouve à la base des
fleurs des Iris , des Narcisses, des Aulx, et
surtout à la base des plantes de la famille des
Aroïdées et des Palmiers. Voy. les mots in¬
volucre, CALICULE, CUPULE, SPATHE. (A. R.)
*BRACTÉIFÈRE. Bracieiferus [braciea ,
bractée ; fero, je porte), bot. ph. — Ce mot se
dit d’un organe qui porte une ou plusieurs
Bractées : ainsi le pédoncule du Polygala vul -
garis porte deux Bractées opposées ; il est
bractéifère. (A. R.)
*BRACTÉIFORME. Bracleiformis [brac-
lea, bractée ; forma , forme), bot. ph. — Cette
expression s’applique à tous les organes fo¬
liacés ayant dans leur position quelque res¬
semblance avec les véritables Bractées.
(A. R.)
#BRACTEOGAMA ( braciea , bractée; ya-
j*oç, noces), bot. ph. — Section indiquée par
De Candolle dans le genre Tacsonia. (C. L.)
*BRACTÉOLE. Bracleola ( diminutif de
braciea, bractée), bot. ph. — Quand un
axe floral est ramifié, il existe des folioles ou
Bractées non seulement à la base de chaque
pédoncule portant immédiatement lès fleurs,
mais encore à la base des ramifications de
l’axe. Ces dernières retiennent le nom de Brac¬
tées , tandis que celles placées à la base des
pédicelles se nomment Braciéoles. (A. R.)
*BRADBURYA, Raf. (nom propre), bot.
pii. — Syn. du genre Galaclia de P. Brown.
(C. L.)
*BRADDLEYA, Arrab. FL Flum. (nom
propre), bot. ph. — Syn. du genre Am-
phirrox. (C. L. )
*BRADLÆIA, Neck. (nom propre), eot.
ph. — Syn. du genre Siler , Scop. (C. L.)
*BRADLALIA, Neck. (nom propre?) bot.
ph. — Syn. du genre Laserpitium. (C. L.)
BRADLEIA (nom propre), bot. ph. —
R. Bradley, botaniste anglais, auteur d’une
Histoire des plantes grasses , avait reçu de
Banks et de Gærtner la dédicace de ce g.
d’Euphorbiacées , déjà appelé d’autre part,
par Forster, Glochidion. (Ad. J.)
* BR ADYB/ENCS ( |3pa<îuç, lent; j3atyW) je
marche), ins. — Genre de Coléoptères pen¬
tamères, famille des Carabiques, tribu des
Harpaliens, établi par M. Dejean , et qui se
compose de 3 espèces du Sénégal , savoir :
Carab. scalaris Oliv., Brad. festivus Dej. , et
Brad. sellatus Dej. (D.)
*BRADYBATUS (j3Pa<Wç, lent ; |3«Tf'a,, je
marche), ins. — Genre de Coléoptères tétra-
mères, famille des Curculionides, établi par
Schœnherr, qui le place parmi les Gonato-
cères, et dans la division des Érirhinides. Le
corps est allongé , presque cylindrique, cou¬
vert de quelques poils, ailé, de moyenne
taille. Ce g. ne renferme qu’une esp. qui se
trouve en Autriche, en Tauride et en Italie :
BRA
720 BRA
c’est le B. Creutzeri Még., B. elongalusChevï.
(ü.)
*BRADYCELLUS (j3pa<Mç, lent; x/\X<o‘,
je cours? ) ins. — Ce g. de Coléoptères pen¬
tamères , de la famille des Carabiques, au¬
rait été créé, suivant M. Hope, par M. Erich-
son, avec YHarpalu î placidus de Gyllenhal.
M. Hope le range parmi les Sienolopliidœ, et
y rapporte les g. Trechus de Clairville, et
Acupalpus de Latreille. (C.)
*BRADYEPETES. ins.— Genre de Lépi¬
doptères nocturnes , établi par M. Stéphens,
et qui rentre dans celui de Timandra , que
nous avions fondé avant le sien. (D.)
RRABYPE. Bradypus. mam. — Ployez
TARDIGRADES.
BRADYPIPTUM (/Bp«<M *rtVra>, je
succombe), bot. pu. — Section indiquée par
De Candolle dans le g. Lepidium. (C. L.)
*BRADY7PORUS ($pa<?u-7ropoç, lent à mar¬
cher). ins. — Genre de la famille des Locus-
tiens-, de l’ordre des Orthoptères , établi par
Touss. Charpentier (Horœ eniomoL) et adopté
par tous les entomologistes, avec de plus ou
moins grandes restrictions. Tel qu’il est cir¬
conscrit par la plupart d’entre eux, il a pour
type le B. dasypus Charp. , et ne renferme
que quelques esp. orientales remarquables
par leur prothorax plan , à carènes latères
très prononcées. (Bl.)
BRADYPUS. MAM. — Ployez BRADYPE.
*BRADYTES (jSpatîuxvîç lenteur), ins. —
Genre de Coléoptères hétéromères, famille
des Mélasomes, établi par M. Dejean ( Ca¬
lai.), sur une seule esp., rapportée du Tucu-
man par M. Lacordaire, et nommée par lui
B. sirangulata. M. Dejean place ce g. immé¬
diatement après le g. Akis de Fabricius (D.)
•*BRADYTUS ( j3pa^ur/7ç, lenteur), ins. — •
Genre de Coléoptères pentamères, famille des
Carabiques , tribu des Féroniens, Dej., éta¬
bli par Stéphens aux dépens du g. Amara
de Ronelli, adopté par M. Westwood , qui
le place dans sa sous-famille des Harpalides,
et lui donne pour type le Carabus ferrugineux
de Linné. M. Shuckard y rapporte 7 espèces,
y compris celle que nous venons de citer.
Les Bradyius , suivant cet auteur, habitent
les endroits sablonneux, et ont les mouve¬
ments plus lents que les Amara, ainsi que
l’indique leur nom générique. M. Chevrolat
rapporte à ce g. les esp. ci-après : 1° le Curab .
apricaricus Fab., 2° Y Amara eximia Dej., du
midi de la France; 3° Y Am. fusca Sturm. ;
4° Y Am. patricia Creutz. , l’une et l’autre
d’Allemagne ; 5o Y Am. melanogastrica Esch.
des îles Ounalaschka, et enfin, 6° le B. niger
de Chaudoir, de Silésie. (D. et C.)
*BRADYUS (Æpacîuç , lent). ins. — Genre
de Coléoptères hétéromères, famille des Mé¬
lasomes, établi par M. Dejean, dans son der¬
nier Catalogue , sur une seule espèce de la
Bucharie , nommée B. pygmœus par M. Fis¬
cher de Waldheim. Ce dernier, dans son En-
tomographie russe , la rapporte au g. Ero-
dius. (D.)
BRAGANTIA (un des princes de la mai¬
son de Bragance). bot. pu. — Genre de la fa¬
mille des Aristolochiacées , établi par Lou-
reiro , caractérisé principalement par des
fleurs hermaphrodites ou unisexuées; par 6-9
étamines, plus rarement 5-8; par 3-6-9 stigma¬
tes plus rarement4-5, dressés, linéaires, subu-
lés; par une capsule siliquiforme, 4-loculaire,
4-valve. Il renferme plusieurs sous-arbris¬
seaux indigènes de l’Asie tropicale, à feuilles
alternes , coriaces , ovales-oblongues , vei¬
nées, très entières ; à fleurs en grappes axil¬
laires ou latérales. — C’est aussi un g. de
Vandelli rapporté en syn. au Gomphrœna
de Linné. (C. L.)
*BRAÏIEA (Tycho - Brahé , célèbre astro¬
nome). bot. ph. — Genre de la famille des
Palmacées-Coryphinées , tribu des Sabali-
nées-Flabellifrondes , formé sur le Corypha
dulcis de Humboldt,parMartius [Palm. 243).
C’est un beau Palmier croissant dans les
andes du Pérou , pêle-mêle avec les Chênes
et les Conifères ; à stipe peu élevé, portant
des frondes flabelliformes; à pennes indupli-
quées, souvent entremêlées de filaments ; à
spadice ample, très ramifié ; à fleurs petites,
verdâtres ; à baies jaunâtres. (C. L.)
BRAIMENT, zool. — On dit plus com¬
munément le Braire. C’est le cri rauque et
discordant que pousse l’Ane pour témoigner
le besoin, l’impatience ou le désir.
BRAMA , Schn. poiss. — Voyez brème.
BRAMER, zool. — Cri du Cerf en
rut.
BRAMIA. Brami, Adans. (nom vernacu¬
laire). bot. pii. — Genre de la famille des
Scrophulariacées, tribu des Gratiolées, formé
par Lamarck ( Dict ., 1 , 459), et qui , malgré
d’assez nombreux synonymes , lesquels té¬
moigneraient de sa distinction, paraît devoir
BRA
JBRA
721
rester réuni comme simple section au g.
Herpestes de Gærtner. (C. L.)
BRAMINE. rept. —Nom appliqué à deux
espèces d’Ophidiens du Bengale : une Cou¬
leuvre et un Erix. (P. G.)
*BRANCHASTRÉE. .Branchastrœa (Spay-
Xta, branchies; Asirea , Astrée). zooph. ■ —
Le Madrepora lirnbata de M. Goldfuss est ,
pour M. de Blainville ( Actinologie , p. 381),
l’objet d’un g. distinct sous cette dénomi¬
nation ; c’est une Astrée branchue, à cellules
saillantes, radiée hors de la partie commune,
et qui rappelle , jusqu’à un certain point, le
Polypier du Madrepora iruncata. (P. G.)
"BRANCHELLIENNES. annél. — Savi-
gny a donné ce nom à une section de la fa¬
mille des Hirudinées, comprenant les espèces
à branchies saillantes.
BRANCHELLION (6p<£yXtvr branchies).
annél. — Genre de Sangsues adopté sous ce
nom par M. Savigny. Ses synonymes sont :
Branchiobdellion, Rudolph. ; Polydora, Ok. ;
Branchiobdella , Blainv. Yoici les caractères
que M. Savigny lui donne dans son Sysl'eme
des Annélides : Bouche très petite, rapprochée
du bord inférieur de la ventouse orale ; mâ¬
choires réduites à trois points saillants. Yeux
au nombre de huit , disposés sur une ligne
transverse , derrière le bord supérieur de la
ventouse? Ventouse orale, d’un seul segment,
séparée du corps par un fort étranglement ,
très concave , l’ouverture inclinée , circu¬
laire, garnie extérieurement d’un rebord. Ven¬
touse anale, grande, très concave, dirigée en
arrière et très exactement terminale. Bran¬
chies nombreuses, très comprimées, très min¬
ces à leur bord , formant autant de feuillets
demi-circulaires, insérés sur les côtés des seg¬
ments intermédiaires et postérieurs du corps,
deux à chaque segment. Corps allongé , dé¬
primé, formé de segments assez nombreux.
Les treize premiers après la ventouse orale
nus, très serrés, constituant une partie ré¬
trécie et cylindrique, distinguée du reste du
corps par un étranglement ; le quatorzième
et les suivants portant les branchies , le der¬
nier égalant au moins trois des précédents
en longueur; le 21e et le 24« offrant les ori¬
fices de la génération.
On cite deux espèces de ce g. : l’une trou¬
vée sur des Tortues marines, dans l’Océan
Pacifique, et décrite par Menzies, sous le nom
d ’Hirudo bran chia ta ; l’autre parasite de la
T. II.
Torpille, et appelée parM. Savigny B. torpe~
dinis. Celle-ci vient de l’Océan Atlantique ,
et se trouve aussi dans la Méditerranée. (P.G.)
* RRANCHELLIONIENS. annél. —
M. Milne-Edwards ( Anim. sans vert, de La-
marck, 2e édit.) établit sous ce nom une fa¬
mille de l’ordre des Annélides suceuses ou
Hirudinées , sous le g. Branchellion. (P. G.)
BRANCHES. Rami. bot. ph. — Ce sont
les divisions premières de la tige. Les bran¬
ches se subdivisent elles-mêmes en rameaux ,
ceux-ci en ramilles. L’expression de Bran¬
ches s’applique également aux plantes her¬
bacées et aux végétaux ligneux. On peut
tirer de bons caractères de la position et du
nombre plus ou moins considérable des
Branches. Ainsi, d’abord, il y a certains végé¬
taux qui n’ont pas de Branches, leur lige res¬
tant parfaitement simple ; tel est, par exem¬
ple, le stipe ou la lige ligneuse de la plupart
des Palmiers , et en général des arbres mo-
nocotylédonés. Comme les Branches sont
toujours le résultat du développement d’un
bourgeon , que les bourgeons sont commu¬
nément placés à l’aisselle des feuilles, il en
résulte nécessairement que les Branches ont
la même position que celles-ci , c’est-à-dire
qu’elles sont alternes , opposées ou verticil-
lées , suivant que les feuilles elles-mêmes
offrent l’une ou l’autre de ces positions. Ce¬
pendant il arrive quelquefois que la position
des Branches n’est pas aussi régulière que
celle des feuilles. Cette différence , qui n’est
qu’accidentelle , provient de ce que certains
bourgeons ne se développant pas détruisent
la symétrie des Branches, tandis qu’elle per¬
siste dans l’arrangement des feuilles.
C’est du nombre, de l’arrangement général
des Branches, de leur position, de leur direc¬
tion, que dépend le port particulier à chaque
végétal, et qui en est un de leurs caractères
distinctifs. Ainsi les Branches sont courtes et
dressées dans le Peuplier d'Italie, le Cyprès
pyramidal, et leur donnent cette forme élan¬
cée qui les fait si facilement reconnaître;
elles sont au contraire longues, grêles et
pendantes dans le Saule pleureur ( Salix
babylonica ), dans le Schinus molle, qui le
remplace au royaume de Naples et en Si¬
cile, et dans les variétés de Frêne et de
Sophora japonica , qu’on désigne sous le
nom de Frêne ou de Sophora pleureur. Les
Branches sont dressées et réunies en co-
4 G
BRA
7n
rymbe dans le Pin pignon, qui fait un si
merveilleux effet dans toutes les villas ou
les paysages de la Campagne de Rome. Qui
n’a admiré les gigantesques Branches du Cè¬
dre du Liban, qui s’étendent comme de
vastes palmes horizontales? Certes chacun
de ces végétaux, et un grand nombre d’au¬
tres que nous aurions pu citer, ont un port
qui leur est propre et qui les fait reconnaître
immédiatement. Quant à l’organisation des
Branches , comme elle est absolument la
même que celle de la tige, nous n’avons rien
à en dire ici. (A. R.)
BRANCHE-URSINE. bot. ph. — Ployez
BRANC-URSINE.
BR ANCHIALE. poiss. — Synonyme d’Am-
mocète lamprillon, Petromyzon branchialis.
BRANCHIALES, arach.— -Synonyme de
Pulmonaires.
BRANCHIES (ppctyx1* > les ouïes d’un
poisson), zool. — Les Branchies sont des
organes vasculo- respiratoires destinés à
soumettre à l’oxygénation le fluide sanguin
de la plupart des animaux aquatiques , et
c’est au moyen de l’oxygène de l’air dissous
dans l’eau que s’exécute ce mode de respira¬
tion. Ainsi que l’exprime le nom qui leur a
été imposé , les organes dont il est ici ques¬
tion sont plus ou moins branchus , en sail¬
lie sur une partie spéciale du corps, leur
position variant beaucoup selon les animaux
chez lesquels on les examine. Au lieu de
recevoir le fluide respirable dans des ramifi¬
cations d’une capacité quelconque, comme
le font les poumons et les trachées, elles
baignent dans le fluide même , soit qu’elles
pendent librement à la surface du corps ,
soit que, rassemblées dans une cavité spé¬
ciale, et en apparence plus profondes, elles
s’épanouissent dans une sorte de réservoir
où l’eau est introduite par des procédés
toujours fort curieux. Leur surface , multi¬
pliée proportionnellement au nombre de
leurs ramifications , est toujours recouverte
d’une peau fort mince et très perméable.
Les animaux aquatiques sont plus nom¬
breux que ceux qui vivent à l'air libre ;
mais tous n’ont pas une respiration bran¬
chiale. Beaucoup d’espèces des degrés in¬
férieurs de l’échelle zoologique n’ont ni
poumons , ni Branchies , ni trachées ; la res¬
piration cutanée leur suffit, et elles n’ont
aucune partie spécialisée pour l’exercice de
BRA
cette fonction. D’autres , également aquati¬
ques, mais plus élevées en organisation,
respirent l’air atmosphérique ; c’est aux ar¬
ticles poumons et trachées de ce Diction¬
naire qu’il doit être question de leurs organes
de respiration. Tous les autres animaux
aquatiques ont des Branchies. Les Amphi*
biens, qui, dans l’âge adulte, sont tous pour¬
vus de poumons, ont aussi des Branchies
dans leur premier âge; et il en est plusieurs
qui les gardent même pendant toute leur vie,
ce qui les a fait appeler P èrennibr anches.
Ajoutons que divers embryologistes moder¬
nes ont admis l'existence de Branchies tran¬
sitoires chez les Vertébrés supérieurs , mais
seulement à l’état fœtal.
L'étude de l’appareil branchial est tout-à-
fait digne d’intérêt ; mais sa description nous
conduirait fort loin , si nous voulions faire con-
naîtreici, sous le rapport anatomique seule¬
ment, ses dispositions diverses chez les Am-
phibiens , les Poissons , les Crustacés , les
Annélides , les Mollusques , les Tuniciens et
les Radiaires. D’ailleurs la connaissance ana¬
tomique et physiologique des animaux est
inséparable de celle de leur classification ;
et, comme les particularités offertes par les
Branchies fournissent autant de caractères
au moyen desquels bien des ordres , beau¬
coup de familles, et même des genres et
des espèces, sont distingués et fort souvent
dénommés, c’est à propos de chacune de
ces catégories qu’il devra en être question
(voir les articles de ce Dictionnaire qui en trai¬
tent). Et en effet, pour en citer un exemple
frappant , combien d’ordres parmi les Pois¬
sons, les Crustacés et les Mollusques ont des
noms qui rappellent la forme de leurs Bran¬
chies ! Les travaux des zoologistes modernes
ont démontré tout le parti qu’on peut tirer
de ces organes pour la classification géné¬
rale. G. Guvier, Latreille, MM. de Blainville
etMilne-Edwards, yqnteu fréquemment re¬
cours, et en ont en même temps fait connaî¬
tre les curieuses dispositions. Dans le sep¬
tième volume de la seconde édition des Leçons
d’ Anatomie comparée (1840), M. Duvernoy a
aussi traité ce sujet avec le plus grand soin
Nous ne saurions cependant passer sous
silence quelques faits généraux relatifs aux
Branchies ou aux organes confondus à tort
avec elles.
Chez les animaux vertébrés, les Branchies,
BRÀ
lorsqu’elles existent, soit dans le jeune âge ,
soit dans l’âge adulte , sont sous la dépen¬
dance de l’appareil hyoïdien. Chez les ani¬
maux articulés, au contraire (Crustacés,
Cirrhipèdes et Annélides ), elles appartien¬
nent aux appendices locomoteurs, et sont
l’une des trois parties qu’on leur a recon¬
nues ( voy . appendice). Chez les Mollusques ,
toujours privés d’appendices comparables à
ceux des Entomozoaires ou des animaux
vertébrés, les Branchies constituent une ex¬
pansion plus ou moins ramifiée du man¬
teau, expansion où l’hématose s’opère , et
qui , chez les espèces conchylifères autres
que les Céphalopodes, offre le plus souvent
avec la coquille des rapports concordants de
forme et de disposition : aussi la considéra¬
tion anatomique des animaux , ce qu’on a
quelquefois appelé la malacologie , et celle
de leurs Coquilles , c’est-à-dire la conchy¬
liologie proprement dite, sont-elles devenues
inséparables lorsqu’on a voulu arriver à une
classification méthodique.
Divers Crustacés et des Mollusques , bien
que munis de Branchies, vivent à l’air libre ;
mais ils doivent se tenir constamment dans
les endroits humides.
Diverses larves d’insectes hexapodes dont
les habitudes sont aquatiques ont aussi des
Branchies. Lorsque le sang arrive à ces or¬
ganes , comme chez les Semblides , etc. ,
ce nom leur convient parfaitement; mais,
dans certains cas, leur fonction est uni¬
quement de séparer de l’eau l’air qui s’y
trouve dissous , et de l’introduire dans des
trachées , la respiration s’exécutant alors
comme chez les Insectes aériens.
D’après les recherches nouvelles de
M. J. Muller, les organes qu’on a nommés
Branchies accessoires des Poissons ne sont
pas destinés à la respiration ; au lieu de re¬
cevoir du sang noir comme les vraies Bran¬
chies , c’est du sang rouge qui leur vient ;
et, contrairement à celles-ci, ils donnent du
•sang noir : aussi les nomme-t-on maintenant
des Pseudobranchies. La veine qui en part se
transforme en veine porte pour l’œil , c’est-
à-dire pour la glande choroïdale ; et cette
glande, qui manque dans les Poissons privés
de pseudobranchies , est un plexus vascu¬
laire double artériel et veineux , dont il sera
question ailleurs. (P. G.)
RRANCHIFÈRES. zool. — Nom donné
BRA 723
par M. de Blainville à une famille de l’ordre
des Mol lusquescervicobranches, comprenant
les g. Fissurelle et Émarginule. Hartmann
l’a appliqué à un ordre de la classe des Gas¬
téropodes. (c. d’O.
*BRANCIîIOBDELLA , Blainv . non Od.
(Spa'^ta, branchies ; GSühx, Sangsue), annél.
— Modification de Branchiobdellion et Bran-
chellion. (p. g.)
BRANCHIOBDELLE. Branchiodella
(Pp<xyxi<*> branchies ; ÇSéWu, Sangsue). annél.
— M. Aug. Odier, dans un mémoire inséré
parmi ceux de la Société d’histoire naturelle
de Paris, nomme ainsi un genre d’Annélides
établi sur la petite Sangsue déjà observée
par Rœsel sur les branchies des Écrevisses,
et étudiée par lui avec beaucoup plus de soin.
Le parasite dont il s’agit, et que M. Odier
nomme B. asiaci , est jaune doré, long de
5 à 12 mill., et large de 1 1/2. Il est herma¬
phrodite ; mais la fécondation exige la réu¬
nion de deux individus semblables. On a
vu les Zoospermes de Branchiobdelles , et
leurs œufs, d’après M. Odier, sont elliptiques,
d’un jaune pâle, opaques, et terminés su¬
périeurement par une pointe cornée , brune ,
dont la base est entourée d’un disque de
même couleur. Ils sont fixés aux branchies
des Écrevisses par un fin pédicule brun qui
s’élargit par en bas, pour s’appliquer sur les
rameaux de ces branchies.
M. Gay, dans une lettre écrite du Chili, ét
insérée dans les Comptes-rendus de l’Acadé¬
mie des sciences de Paris pour 1 836 , cite
deux autres espèces de Branchiobdelles ,
l’une parasite de l’Écrevisse du Chili, et
l’autre de l’Auricule Dombey.
M. de Blainville avait d’abord douté
que le B. asiaci fût bien une annélide ,
mais depuis , il est revenu à l’opinion de
M. Odier, et voici comment il caractérise le
g. auquel cet épizoaire sert de type : Corps
très contractile , légèrement déprimé , com¬
posé d’un petit nombre d’articulations. Tête
oblongue, distincte, terminée en ventouse bi-
labiée, sans points pseudo-oculaires; ventouse
postérieure très large ; orifice buccal pourvu
d’une paire de dents cornées triangulai¬
res ; anus terminal. A cause de la ressem¬
blance du mot Branchiobdella avec celui de
Branchiobdellion , et comme d’ailleurs il se
sert de ce mot dans le sens de ce dernier
M. de Blainville , ainsi que nous l’avons
BRA
724
dit à l’article hirudinées du Dictionnaire de |
M. Guérin, nomme Microbdella le g. établi
par M. Odier. M. Vallot ( Comptes-Rendus
Acad. Sc., XII , 941, 1841 ) a donné aux
Branchiobdelles des Écrevisses le nom d ’As-
tacobdella. (P. G.)
BRANCHIOBDELLION ( gpcfoict, bran¬
chies ; GSùX cov , petite Sangsue), année. —
C’est, d’après M. Savigny, le nom générique
donné par Rudolphi aux Sangsues marines
branchifères , et qu’il change en Branchel-
lion. ^ (P. G.)
BRANCHIODÈLES (j3Payx‘«> branchies;
S:n\ oç manifeste), annél. — M. Duméril,dans
sa Zoologie analytique , impose ce nom aux
Vers dont les organes respiratoires sont vi¬
sibles au dehors. Ce sont les Annélides tubi-
coles et dorsibranches de G. Cuvier. (P. G.)
BRANCHIOGASTRE (|3 p«yx‘«, bran¬
chies.; yaa-rvjp, ventre), crust. — Latreille
donnait anciennement ce nom à un ordre de
Crustacés dont il a fait depuis ses Amphi-
podes et Stomapodes. (P. G.)
BRANCHIOPE. Branchiopus [Gpdyx^,
branchies ;7tou5,7co<îoç, pied ; à cause de leurs
pattes branchiales , à la fois organes de res¬
piration et de locomotion), crust. — Syno¬
nyme du genre Branchipe. Voyez ce mot.
(C. d’O.)
* BRANCHIOPNONTES. Branchiopnon -
tes , 6pxyxl<* , branchies ; nvéto , je respire).
zool. — Fischer comprend sous ce nom tous
les animaux invertébrés respirant par des
branchies, tels que les Mollusques, les Anné¬
lides et les Crustacés. (C. d’O.)
xBRANCHIOPODA (Spdyxia, branchies;
Trouç, noSoç, pied), crust. — Latreille, dans
son Histoire des Crustacés , et Lamarck, d’a¬
près lui, nommaient ainsi le genre Bran¬
chipe. Depuis, ce mot a été appliqué au grand
groupe de Crustacés auquel appartiennent les
Branchipes. (P. G.)
BRANCHIOPODES. Branchiopoda (Gpày-
X«a, branchies ; novç, no Soç, pied), crust. —
C’est un des grands groupes de Crustacés ,
considéré comme un ordre par Latreille,
comme une légion par M. Milne-Edwards, et
dans lequel se placent une grande partie de
nos Crustacés d’eau douce. La taille des
Branchiopodes est en général petite ; les an¬
neaux de leur corps varient en nombre ; leur
tête, ordinairement distincte , porte un seul
œil ou bien deux ou trois de ces organes ,
BRA
dont deux sont souvent pédonculés. Leurs
antennes sont peu développées ou en forme
de rames natatoires , comme dans les Daph¬
nies, et alors fort grandes ; leur bouche a un
labre, une paire de mandibules , une lèvre
inférieure, et une seule paire de pattes-mâ¬
choires peu développées ; leur abdomen est
en général assez grand , et terminé par une
sorte de queue bifide. Leurs membres ont
une disposition toute spéciale, et constituent
le caractère qui a servi à les dénommer ; ils
sont à la fois respiratoires et locomoteurs ,
d’apparence foliacée et tout-à-fait branchi-
formes. Ces organes sont dans un état d’agi¬
tation continuelle , même lorsque l’animal
ne change pas de place, et c’est plutôt au
moyen de ses antennes et de sa queue que
par l’effet de ses pattes-branchies que la na¬
tation s’opère.
Les Apus, Limnadies, Branchipes, Da¬
phnies, Polyphèmes, sont les genres de Bran¬
chiopodes les plus connus. On les partage
en 2 ordres, sous les noms de Phyllopodes
et Cladocères ou Daphnoïdes , les premiers
ayant un grand nombre de pattes foliacées, et
les seconds n’en présentant jamais que quatre
ou cinq. (P. G.)
BRANCHIOSTÈGE (ffpayjçta, branchies ;
ax/yw , je couvre), poiss. — Épithète donnée
à la membrane soutenue par des rayons
osseux plus ou moins nombreux, et qui,
étendue ou resserrée sous l’opercule par l’ac¬
tion des muscles insérés sur les rayons ou
sur les os destinés à les soutenir, sert, par ses
mouvements et conjointement avec l’appa¬
reil operculaire , à la respiration du poisson.
Les trois pièces osseuses , l’opercule, le sous-
opercule et le préopercule , ne suffisent pas
seuls en effet à fermer la grande fente des
ouïes ; la membrane branchiostège y con¬
court : elle adhère à l’os hyoïde. Cet os ,
placé comme dans les autres classes des Ver¬
tébrés et suspendu au temporal , est formé
de deux branches : l’une de l’osselet styloïde,
nommé par M. Geoffroy Stylliyal; et l’autre
composée elle-même de plusieurs pièces dans
lesquelles M. Geoffroy a cherché à retrouver
des parties correspondantes ou démembrées,
soit du sternum , soit de l’os hyoïde des au¬
tres Vertébrés ; de sorte que la nature aurait
formé, avec une portion de l’hyoïde et le ster¬
num des autres Ovipares , l’appareil destiné
à soutenir directement les rayons etla mem~
BRA
BRA
brane branchiostège des Poissons, et aurait
attaché cet appareil à l’os lingual des Pois¬
sons. On voit d’abord deux grandes pièces
latérales : YHyosiernal et Y Hyposiernal de
M. Geoffroy , qui forment le corps principal
de la branche , et qui sont attachés à la face
interne de l’interopercule ; puis deux autres
pièces, l’une au-dessus, YApohyal, de
M. Geoffroy ; l’autre à l’extrémité antérieure
de la branche, le Cêraiohijal de M. Geoffroy.
Ces deux pièces s’unissent avec celles de la
branche correspondante opposée , et ensuite
à l’os lingual des Poissons en avant. Dans
l’angle formé par ces deux branches est une
pièce impaire, qui va rejoindre la symphyse
des huméraux et forme l’isthme qui sépare
en dessous les ouïes. Cet os , que M. Cuvier
a comparé à celui nommé queue de l’os
hyoïde, et qui est si connu dans les Oiseaux
et les Sauriens , a été regardé par M. Geof¬
froy comme l’analogue de l’apophyse im¬
paire et antérieure du sternum , et par cette
raison cet os a été nommé Episternal; mais
cette apophyse du sternum des Oiseaux est
toujours placée derrière la clavicule de ces
Vertébrés ; tandis que l’os impair dont il
s’agit ici dans les Poissons est au-devant de
toute l’ossature de l’épaule.
Les rayons qui soutiennent la membrane
branchiostège adhèrent aux deux pièces prin¬
cipales de chaque branche : le nombre de ces
rayons, depuis 1, dans le Polypière bicliir ,
jusqu’à 30 et plus, comme dans YElops. Le
nombre en est assez constant dans les es¬
pèces d’un même genre ; mais dans un grand
nombre il y a un rayon de plus à une mem¬
brane qu’à l’autre ; de sorte qu’on peut en
compter six d’un côté et sept de l’autre.
Outre les muscles releveurs et abaisseurs
de l’opercule , qui servent principalement
à l’agrandissement ou au rétrécissement de
la cavité branchiale, et qui sont l’agent prin¬
cipal de la systole et de la diastole pulmo¬
naire , il faut aussi ajouter que le temporal
d’une part et l’os hyoïde de l’autre contri¬
buent beaucoup aussi, par leur mouvement,
au mécanisme de la respiration des Poissons.
Le principal muscle de l’hyoïde répond au
génio-hyoïdien ; mais on trouve encore, sur¬
tout dans les Poissons dont l’isthme est
large, une bande transversale musculaire,
qui va d’une branche de l’hyoïde à l’autre.
La membrane branchiostège a aussi ses
7-25
muscles propres, et qui varient beaucoup dans
les différentes espèces. Ce qu’on observe gé¬
néralement est une couche de fibres qui
passe en travers sur les rayons branchiostè-
ges à leur face interne ; les fibres charnues n’y
prennent aucune insertion , elles y adhèrent
par du tissu cellulaire : elles viennent de
l’opercule et du sous-opercule , et vont se
perdre sur le bord de la membrane. Elles
contribuent à former une sorte de bourse
d’autant plus complète que l’ouverture bran¬
chiale est plus petite ; on les voit passer d’une
membrane à l’autre dans les Anguilles, dans
les Cycloptères, et autres encore. Cette couche
sert à contracter la membrane , à diminuer
la cavité des branchies , et à retenir l’eau
dans l’intérieur si le poisson a besoin de la
conserver. D’autres fibres musculaires , an¬
tagonistes de celles-ci , vont en s’entrecroi¬
sant du rayon inférieur d’une des membra¬
nes à l’extrémité antérieure de la branche :
elles servent à ouvrir la membrane. Puis on
trouve, dans quelques espèces, des muscles
allant d’un rayon à l’autre ; mais ils ne sont
pas toujours faciles à suivre.
Gn vient de voir, dans ce que j’ai dit, que
l’épithète de Branchiostège s’applique aussi
aux rayons qui soutiennent la membrane ;
mais Artédi avait aussi donné ce nom à un
des ordres de sa classe des Poissons.
Il comprenait les genres Balistes , Osira-
cion , Cyclopierus et Loptiius , association fort
peu naturelle, qui fut cependant adoptée par
Gronovius , sans y rien changer , dans son
Muséum Ichihyologicmn ; mais, dans le Zoo-
phylacium , ce célèbre naturaliste augmenta
le groupe des Branchiostèges encore plus
malheureusement peut-être qu’ Artédi ne
l’avait conçu. Il se compose de trois divi¬
sions : 1 o Pliais ventralibus NULLis , com¬
prenant les genres Murœna , Gymnotus ,
Syngnathus , Ostracion ; 2° Pinnis ventra¬
libus spuriis , comprenant les genres Batis¬
tes , Cyclopierus , Cyclogasler ; et 3° enfin,
Pinnis ventralibus veris , comprenant les
genres Goiiorhynchus, Cobilis, Uranoscopus ,
Lophhis. Linné n’a pas adopté cette division ,
parce qu’il plaçait dans ses Amphibia nantes
les Branchiostèges d’Artédi. Dans les mé¬
thodes récentes d’ichthyologie, on a été aussi
obligé de ne plus former un groupe de ce
nom, et fondé sur un caractère qui détruit
les rapports naturels entre les êtres. (Val.)
726
BRA
BRA
BRANCHIPE. Branchipus (Spolia, bran¬
chies; 7rovç j 7ro(îoç j pied).CRusT. — Le g.de Crus¬
tacés ainsi nommé par Schœffer a reçu de La-
treille, dans quelques uns de ses ouvrages, le
nom de Branchiopoda , appliqué depuis à l’un
des grands groupes de la même classe, et de
Bénédict Prévost celui de Chirocéphalüs. Les
Branchipes appartiennent à la famille des
Branchipiens , et à la légion des Branchio-
podes ( voyez ces mots). On en connaît plu¬
sieurs espèces, soit lacustres, soit marines.
En général, ils se plaisent dans les eaux stag¬
nantes , assez troubles , mais non croupies.
Des mares de très petite dimension en nour¬
rissent parfois en grande abondance ; et à
Fontainebleau, par exemple, on en trouve
souvent dans les petits amas d’eau que re¬
tiennent les creux des rochers. Leurs mou¬
vements sont rapides et gracieux. Semblables
à de petits Poissons , arqués , allongés , et
presque transparents , ils ont le dos en bas,
et agitent incessamment en dessus leurs pat¬
tes branchiales , lesquelles aident à la nata¬
tion , en même temps qu’elles amènent les
aliments vers la bouche , et sont de plus les
organes essentiels de la respiration dans ces
petits animaux. La queue et la tête servent
par leur contraction à changer la direction
des mouvements, et à entretenir l’harmonie.
La nature des eaux où vivent les Branchi¬
pes expose souvent la vie de ces animaux.
La dessiccation des flaques, les Grenouilles,
les Salamandres, les Dytiques, etc., les font
périr par milliers , et divers parasites leur
sont aussi fort nuisibles ; mais leur force de
multiplication l’emporte sur toutes chances
de destruction.
Leurs œufs , dont l’enveloppe est dure et
coriace, résistent au dessèchement aussi bien
qu’à la gelée ; et , après que les premières
pluies ont rempli d’eau les mares ou les
fossés dans la terre desquels ils étaient res¬
tés, on voit apparaître des légions nombreu¬
ses de Branchipes , là où l’on aurait pu en
croire la race entièrement perdue. Bénédict
Prévost a pu envoyer de ces œufs de Bran¬
chipes de Montauban à Genève; et, après
quelque temps , Jurine , à qui ils étaient des¬
tinés, réussit à les faire éclore, et il en suivit
toutes les métamorphoses. C’est même ainsi
qu’il put vérifier les observations curieuses
de son correspondant, et sa fille dessina ces
Branchipes nouvellement éclos sur plusieurs
planches qui ont été publiées, ainsi que le
travail de Prévost, dans la Monographie des
Monocles.
Le corps des Branchipes est allongé , pres¬
que filiforme, et composé d’une tête, d’un tho¬
rax et d’un abdomen très développés. La tête,
un peu renflée en avant et rétrécie en forme
de cou en arrière, est divisée en deux an¬
neaux par un sillon transversal. Les yeux
sont grands, très saillants , et portés à l’ex¬
trémité d’un pédoncule mobile. Entre leur
base, on aperçoit sur le front une tache qui
paraît être un œil sessile impair. Les an¬
tennes sont au nombre de quatre. Celles de
la paire inférieure constituent un appareil
préhensile très remarquable, occupant le de¬
vant de la tête , et qui consiste essentielle¬
ment en deux grandes cornes dirigées en bas.
A raison de leuE forme, ces organes ressem¬
blent aux pattes-mâchoires des Lernées bien
plus qu’à des antennes; dans les femelles,
ils sont toujours moins développés que
chez les mâles. Le thorax est plus ou moins
cylindrique et se compose de 12 segments
portant chacun une paire de pattes bran¬
chiales. L’abdomen a 9 anneaux, dont le
dernier est bilobé , et se termine par 2
grands appendices lamelleux, à bords ciliés,
constituant une nageoire caudale. Le mâle
a, au-dessous de la base de l’abdomen, 2 tu¬
bercules ou appendices cornés qui sont sans
doute ses organes excitateurs , et à la même
place, chez la femelle, on trouve une poche
ovifère. Il y a plusieurs pontes de 100 à
400 œufs chacune. Les petits qui en sortent
sont fort différents des adultes, et ils ne leur
ressemblent qu’après un certain nombre de
mues.
On connaît dans l’Europe centrale plu¬
sieurs esp. de Branchipes. Leur longueur or¬
dinaire est de 5 à 6 lignes ; tels sont les B.
stagnait s y diaphanus, et quelques autres indi¬
qués par M. Guérin. M. Milne-Edwards en a
décrit 2 des environs d’Odessa , découverts
par M. Nordmann, l’un dans les eaux douces
des environs de cette ville, et l’autre dans le
lac salé de Hadjibé. (P. G.)
*BRANCHIPIENS. crust. — Le singulier
crustacé de nos eaux douces dont Schœffer
a fait l’iiistoire sous le nom de Branchipus
siagnalisy et qui est encore aujourd’hui l’es¬
pèce la mieux connue du g. Branchipe , a
été pris par M. Milne-Edwards (Hisi. nul. des
BB.À
Crust ., III, 364) pour type d’une famille à
part, appelée Branchipiens, et dans laquelle
se placent aussi les genres Artémie et Euli-
méne.
Les Branchipiens sont des Crustacés bran-
chiopodes , de l’ordre des Phyllopodes ,
parmi lesquels ils constituent une divi¬
sion à corps grêle , allongé , et entière¬
ment à découvert, leur dos n’offrant aucune
trace de carapace clypéiforme ni de tête bi¬
valve. Us ont les yeux pédonculés , les an¬
tennes simples, et, en général, une paire
d’appendices céphaliques préhensiles , de
forme bizarre , et représentant les secon¬
des antennes. Us ont 11 paires de pattes
branchiales; leur abdomen est allongé et
multi-articulé, sauf chez les Eulimènes. Ce
dernier caractère distingue les Eulimènes des
Branchipes et des Artémies , qui diffèrent
entre eux par la présence d’appendices fili¬
formes à la base des cornes céphaliques ou
préhensiles dans les premiers , et par leur
absence dans les seconds. (P. G.)
BRANCI1IPUS. crust. — Ployez bran-
CHIPE.
BRANCHIURUS ( /3payxta » branchies ;
ovpâ, queue), annél.. — Viviani {De phos -
phorescentia maris ) donne ce nom à de pe¬
tits animaux qu’il fait connaître trop incom¬
plètement pour qu’on puisse dire à quel
genre d’Annélides ils appartiennent. Cuvier
se demande même si ce ne seraient pas des
larves. (p. g.)
*BRANCHULE. bot. cr. — (Mousses.) Nom
français donné par Bridel aux deux genres
Hypnum et Cladodium , nom à peine connu,
et nullement usité. (C. M.)
BRANC-URSINE ou BRANCIIE-UR-
SINE. bot. ph. — Nom vulg. de YAcanthus
mollis. On appelle fausse branc - ursine ,
VHeracleum sphondylium.
*BRANDESIA (Brandes, botaniste alle¬
mand). bot. ph. — Genre de la famille des
Amaranthacées , tribu des Gomphrénées ,
formé par Martius {Nov. yen. et sp., II , 29),
et qui paraît devoir être réuni comme sec¬
tion au g. Teleianihera, Rob. Br. On en cul¬
tive plusieurs espèces dans les jardins d’Eu¬
rope. (C. L.)
BRANDON D’AMOUR moll. — Nom
Yulg. de l’Arrosoir de Java, Aspergillum
javanum Lam.
*BRANDONIA (nom propre), bot. ph.—
BRA Ml
Ce genre de Reichenbach Ç Consp., 127) est
syn. du g. Pinguicula , Tourn. (C. L.)
*BRANDTIA (nom d’homme), bot. ph. —
Famille des Graminées, tribu des Avénacéès.
M. Kunth a décrit et figuré sous ce nom
( Agrosi ., Il, p. 511, t. 170) une belle grami¬
née, originaire de l’Inde, et qui forme un g.
nouveau. U se distingue surtout par des épil-
lets composés de 2 fleurs sessiles : l’inférieure
hermaphrodite, la supérieure femelle. Lalé-
picène est formée de 2 valves concaves et
mutiques, l’externe un peu plus grande que
l’interne. Les paillettes de la fleur herma¬
phrodite sont mutiques et concaves. Le fruit
est une cariopse elliptique, comprimée, nue.
Les fleurs sont disposées en une panicule ra¬
meuse, et les feuilles sont planes et assez
larges. (A. R.)
BR ANTE. Branla, Ok. moll. — Syno¬
nyme d’Otion, nom créé par Leach, et adopté
par Lamarck et tous les auteurs.
BRAQUE.mam.— Race de Chien de chasse.
Voyez chien.
BRAS, poiss. — Un des noms vulgaires de
la Raie bouclée.
BRASENÏA , Schreb. bot. pii. — Syno¬
nyme d ’Hydropeltis, L. C. Rich.
*BRASILETTIA [Brasiletio , nom verna¬
culaire d’une espèce), bot. ph. — Section
indiquée par De Candolle {Prod., II , 481),
dans le g. Cœsalpinia, et qu’il paraissait as¬
sez disposé à regarder comme distinct. (C.L.)
BRASSADE. poiss. — L’un des noms vul¬
gaires du Thon, Scomber Ihynnus.
*BRASSAIA. bot. ph. — Genre de la fa¬
mille des Araliacées, formé par Endlicher
{ISov. Slirp. Mus. Vindob. decad, 100) Ico-
nog., t. 114-116) sur une plante (le B. acii-
nophora ) de la Nouvelle - Hollande tropi¬
cale. C’est un grand et bel arbre, à feuilles
peltées, 7-1 4-foliolées , longuement pétio-
lées, rassemblées au sommet des rameaux,
à folioles pétiolulées,oblongues, subobtuses,
subcordiformes à la base , munies sur les
bords de quelques dents distantes , insérées
en rayons sur les pétioles dilatés-aplatis au
sommet; à stipules intra-axillaires , adnées,
ovales-acuminées, imbriquées ; à fleurs ras¬
semblées en grappes terminales ; chaque
pédicelle pluriflore. (C. L.)
BRA8SAVOLA (nom d’homme), bot. pii.
— Famille des Orchidées, tribu des Épiden-
drées. Genre établi par R. Brown, adopté par
728
BRA
BRA
Lindley et très voisin des g. Epidendrum et
Isochilud. Ses caractères consistent en un
calice étalé, formé de sépales à peu près
égaux. Le labelle , un peu adhérent par sa
base avec le gynostème, est concave, dressé,
entier. Le gynostème est long, marginé dans
sa partie supérieure. L’anthère, terminale et
operculiforme , est à 4 loges, et contient 8
masses polliniques, ou quelquefois 12, adhé¬
rentes entre elles 2 par 2 ou 3 par 3. —
On compte environ 10 esp. de ce genre,
toutes originaires des Antilles ou du conti¬
nent de l’Amérique méridionale. Ce sont des
plantes parasites à feuilles solitaires , ordi¬
nairement épaisses et charnues, quelquefois
même cylindriques et à fleurs très grandes,
terminales, blanches ou d’une couleur pâle.
(A. R.)
BRASSIA ( W. Brass , collecteur de plan¬
tes en Guinée), bot. ph. — Genre très re¬
marquable de la famille des Orchidacées,
tribu des Vandées, créé par R. Brown (Hort.
kew., II, 5, 215), et comprenant un assez
grand nombre d’espèces, dont plusieurs sont
recherchées et cultivées dans les jardins
pour la beauté de leurs fleurs. Elles appar¬
tiennent à l’Amérique tropicale , sont épi-
phytes, pseudo-bulbeuses, à feuilles rigides,
membranacées, à scapes radicales, vaginées,
à fleurs en épis. Les folioles périgoniales sont
libres , étroites , étalées ; les intérieures or¬
dinairement plus grandes ; le labelle sans
éperon, plan, indivis, bicrêté à la base, con¬
tinu avec le gynostème ; celui-ci nain, libre,
aptère; anthère I-lôculaire; pollinies 2;
caudicule courte ; glandule épaisse. (C. L.)
BRASSICA (nom latin du Chou ordi¬
naire). bot. pu. — Nom botanique du genre
Chou. (C. L.)
*BR ASSIC ASTRUM (diminutif de Bras -
«eu). BOT. PH. — Une des sections du genre
Brassica. Ce genre avait été établi par M.Link
[Handb.y III, 318) sur le B. fruliculosa de
Cyrillo. (C. L.)
BRASSICÉES. Brassicece ( Brassica ,
Chou). BOT. PH. — Tribu établie parDeCan-
dolle dans la grande famille des Crucifères
pour renfermer les g. Sinapidendron, Lowe;
Brassica, L. ; S inapis , Tourn. ; Douepea ,
Cambess. ; Erucastrum, Presl.; Orycho-
phragmus, Bung. ; Moricandia , DC. ; Diplo-
taxis, DC. ; Eruca, Tourn. (C. L.)
BRASSOLIDE. Brassolis. ins. — Genre de
Lépidoptères diurnes, section des Tétrapodes,
Latr., établi parFabricius et adopté par La-
treille. Godart en décrit deux : B. sophorœ ,
Fabr., et B. astyra God. La lrc se trouve à la
fois au Brésil et à Surinam; la 2e ne se
trouve qu’au Brésil. Ce sont de très grands
et beaux Papillons, qui ontprès de 0m,12 d’en¬
vergure et des taches oculées comme nos
Satyres d’Europe. Leurs Chenilles , suivant
Stoll et Mérian, vivent, en société nom¬
breuse , dans un tissu serré qu’elles se fa¬
briquent, et d’où elles ne sortent que pen¬
dant la nuit, pour manger. (D.)
*BRASSOLITES. ins. •— M. Blanchard
désigne sous ce nom un groupe de Lépidop¬
tères diurnes , de sa famille ou tribu des
Nymphaliens qui ne comprend que le g.
Brassolis. (D.)
*BRATHYDIUM (j3Pa0u, genévrier; u-
<îoç, forme ; qui a le port du Brathys). bot.
ph. — Genre indiqué par M. Spach dans le
démembrement qu’il a fait du grand g. lin-
néen Hypericum (famille des Hypéricacées),
et dans lequel , s’il n’est pas adopté comme
distinct, il constitue une excellente section.
Toutes les esp. qui la composent appartien¬
nent au nord de l’Amérique. (C. L.)
BRATHYS (PpuOv, genévrier), bot. pii.
— Genre de la famille des Hypéricacées, éta¬
bli par Mutis (in Linn. f. sapp., 43), et réuni
comme section au grand g. Hypericum de
Linné. (C. L.)
*BRAULA. ins. — Nitzsch ( Thierin-
sekien, p. 56) décrit sous ce nom une singu¬
lière espèce d’insecte trouvée parasite sur
des Abeilles en mai et juin, et qu’il lui pa¬
raît impossible de rapporter à un des ordres
établis dans celte classe. Le Branla , qui est
très différent du Triongulin , est à peu près
de la taille d’une Puce, et, par sa forme, il
ressemble à un Hippobosque ou à une pe¬
tite Araignée. Son corps est cuirassé, d’un
brun brillant , et garni de toutes parts de
petits poils courts assez raides et comme ai¬
guillonnés. Il se fixe fortement au thorax
des Abeilles au moyen de ses pattes ; tantôt
il est sans mouvement, tantôt il relève la
partie antérieure de son corps , et remue
ses pattes de devant comme le font les Nyc-
téribies. Retiré de dessus l’Abeille, et placé
sur un corps lisse , il marche dans tous les
sens avec anxiété, et cherche l’animal sur
lequel il était précédemment, et sur lequel
BRA
729
il reprend dès qu’il le peiil son ancienne
place. L’espèce unique de ce genre est le B.
Coeca. Nitzsch en â développé les caractères
avec soin. (P. G.)
BRAUNEA,'\Villd. (nom propre), bot. pii.
— Un des nombreux syn. du genre Cocca-
lus de De Candolié. (C. L.)
BRAUNERIA , Neck. ( nom d’homme ).
bot. ph. — Synonyme d’Ecliinacea, Mœnch.
(J. D.)
*BRÂUNITE (nom d’homme), bot. ph.—
Espèce minérale établie par M. Haidinger en
l’honneur de M. Braun , minéralogiste de
Gotha. D’après l’analyse qu’en a faite M. Tur¬
ner, c’est un Manganèse sesquioxydé. Voyez
MANGANESE. (DEL.)
*BRAYAISIA (Bravais, botaniste fran¬
çais ). bot. ph. — Ce genre , de la famille
des Bignoniacées , formé par De Candolle ,
ne renferme qu'une espèce. C’est un bel
arbrisseau grimpant , indigène dés envi¬
rons de Caracas, à rameaux pubescents , cy¬
lindriques, comprimés alternativement au
sommet, garnis de feuilles opposées, pétio-
lées , simples , elliptiques, très entières; à
fleurs amples, disposées en panicules ter¬
minales. (C. L.)
*BRAVOA (Bravo , botaniste mexicain).
bot. ph. — Genre de la famille des Liliacées,
tribu des Aloïnées , formé par La Llave et
Lexarza UVov. veg. descr ., 1-6), le même que
le Robynsia de Drapiez ( ELerb . génér. de f u¬
mât., t. II) , et que le Cœtocapnia de Link et
Otto. La jolie plante qui le compose unique¬
ment est introduite et cultivée depuis 1838
dans nos jardins d’Europe. Elle se distingue
principalement par un périanthe tubuleux,
allongé , gëniculé , obscurément 6-lobé ; par
un limbe, qui est fort court ; par 6 étamines
insérées à sa base, à anthères fixées par leur
milieu; par un ovaire pédicellé, trigono-sphé-
rique, à stigmate trilobé? capsule obtusé-
ment trigone , tripartible. Le B. geminiflora
a des racines fibreuses , articulées ; la scape
s’élève à près d'un mètre de hauteur et du
milieu de nombreuses feuilles radicales, li¬
néaires, ensiformes , acuminées , longues de
30 à 40 centim., dilatées et serai- engainantes
à là base. Les fleurs , disposées en un long
épi lâche , sont géminées par paires , très
distantes, et alternantes autour de Taxe ;
elles sont dressées avant l’épanouisse¬
ment, et s’inclinent au moment même où le
BUE
périanthe commence à se colorer; celui-ci
est d’un beau rouge pourpré. Ce g. est voi¬
sin du Blandfordia. (C. L.)
BR Al A (nom propre), bot. pii. — Genre
de la famille des Crucifères-Notorhizées ,
tribu des Sisymbriées , formé par Sternberg
etHoppe ( Begensb . Denlcschr I, 1,65, t. 1),
et comprenant un assez petit nombre d’es¬
pèces indigènes des montagnes de l’Europe
médiane et des contrées arctiques de l’Amé¬
rique. Ce sont de petites plantes vivaces , à
feuilles éparses, très entières, quelquefois
sinuées ou lyrées-pinnalifides ; à fleurs pour¬
prées , disposées en grappes terminales ser¬
rées ou allongées. On en cultive quelques
unes dans les jardins. On les distingue prin¬
cipalement à leur silique oblongue , subcy-
lindracée,dont les valves planiuscules; à un
stigmate sessile ; à des graines ovales ; à un
calice égal à la base. (C. L.)
BRA1ERA (Brayer, médecin allemand).
bot. ph.— Genre voisin de la famille des Ro¬
sacées et de la tribu des Spiréées, formé par
Kunth (Braver, Nolic. vermif., 1824, 8) sur
une plante encore peu connue, qu’on pré¬
tend être souverainement anthelmintique et
détruire particulièrement le Tænia. C’est un
arbre de 20 mètres de hauteur, croissant en
Abyssinie, à rameaux tomenteux- velus ,
marqués de cicatrices annulaires , formées
par la chute des feuilles ; celles-ci alternes,
serrées et imparipennées-interrompues , à
folioles oblongues dentées en scie, velues en
dessous aux nervures et aux bords; à stipules
adnées à un pétiole dont la base est dilatée
et semi-amplexicaule ; à cymes florales, plu¬
sieurs fois dicho tomes, divariquées-flexueu-
ses , dont les pédicelles pourvus à la base
d’une bractée ovale. (C. L.)
BREBIS, mam.— Femelle du Bélier. Voy.
MOUTON.
*BREBISSOIMIA ( Brébisson , cryptoga-
miste français), bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des OEnolhéracées, tribudes Fuchsiées,
indiqué par Spach (Dfouv. ann. mus.^ IY, 319,
sur le Fuchsia microphylla Kh. ) et qui pa¬
raît devoir être réuni comme simple section
à la section Encliandra , Zucc. du Fuchsia
de Plumier. (C. L.)
BRÈCHES, géol. — Voyez roches.
BRÉCHET, ois. — On désigne générale¬
ment sous ce nom la partie antérieure du
sternum qui présente une large plaque car-
46”
T. II.
'30
BRE
BRE
rée , bombée dans le milieu et s’y élevant en
carène ; quelquefois cependant on le res¬
treint à l’appendice xiphoïde seulement.
(C. d’O.)
BRÉCHITES. polyp. — Nom employé
par Guettard pour les Polypiers fossiles.
(P. G.)
BREDEMEYERA (nom propre), bot. ph.
—Genre formé par Willdenow ( Berlin . Ver -
fiandl., III, 411, t. 6) dans la famille des Po-
lygalacées, incomplètement déterminé, et ne
renfermant qu’un arbrisseau de l’Amérique
tropicale à peine connu , appartenant peut-
être au genre Monnina, à feuilles alternes ;
à fleurs jaunes terminales, paniculées, nom¬
breuses, braetéolées. (C. L.)
BRÈDES (du portugais Bredos ). bot.
pu. — On appelle ainsi dans toute l’A¬
sie méridionale , à Bourbon , à Maurice et
dans les Antilles , toutes les plantes herba¬
cées ouïes pousses nouvelles qui se mangent
en guise d’épinards ; mais la Brède par ex¬
cellence, celle dont l’usage est le plus gé¬
néralement répandu, est la Brède morelle
(Brède Martin à l’île Bourbon) , qui est ser¬
vie sur les tables les plus somptueuses
aussi bien que sur les plus humbles. Cuite
à l’eau avec un peu de sel et quelquefois de
saindoux , ou bien mêlée à la viande ou au
poisson, elle paraît à tous les repas, dont elle
forme le fond. Les Européens la mangent d’a¬
bord avec répugnance, à cause de son amer¬
tume; mais ils s’y accoutument prompte¬
ment et ne peuvent même plus s’en passer.
La Brède morelle n’est autre que notre Mo¬
relle noire , Solnnum nigrum , qu’un préjugé
condamne comme un poison , et dont nous-
même avons mangé plusieurs fois sous le
climat de Paris sans en avoir éprouvé la plus
légère incommodité. Comme dans la Morelle
de notre pays le principe amer paraît plus
développé, il faut la faire blanchir pour l’en
dépouiller. En repoussant ce mets de nos
tables, nous nous privons d’un produit qui
croît spontanément et en abondance dans les
bois et dans les champs cultivés.
Les autres Brèdes n’appartiennent pas
à la famille des Solanées ; ce sont des plan¬
tes qui n’ont entre elles de commun que
leur usage culinaire. Nous citerons les prin¬
cipales :
Brede Bengale , Chetiopodium alriplex.
B. chevrette , lllecebrum sessile.
B. chou caraïbe, les jeunes pousses dea
Arum, esculenlum et Colocasia.
B. cresson, S'isymbrium nasturtium , Cres¬
son de fontaine.
B. France, notre Épinard commun.
B. gandole , B. tali , Basella rubra.
B. giraumon , les pousses nouvelles du
Cucurbita pepo.
B. glaciale , Mesembryanihemum cristal -
linum.
B. malabare, Amaranlhus spinosus, Alri¬
plex bengalensis , Corchorus olitorius .
B. malgache , Spilanthus oleracea.
B. morongue , Guilandina moringa.
B. moutarde') Sinapis indica .
B. piment, les pousses du Piment com¬
mun.
B. puante , Cleome pentaphylla , qui perd
par la cuisson son odeur désagréable.
(C. d’O.)
*BREEA , Less. bot. ph. — Synonyme de
Cnicus , Schr.
*BREISLACKITE (nom d’homme), min.
— Ce nom a été donné par Brocchi, en l’hon¬
neur du géologue Breislack, à une substance
brune , métalloïde, en filaments capillaires ,
trouvée dans les cavités des laves qui contien¬
nent de la Néphéline, à Capo di Bove près de
Piome, à Viterbe, à la Scala, au Vésuve, etc.
Sa composition n’est pas encore bien connue :
elle paraît renfermer une quantité assez no¬
table de Cuivre. Elle fond au chalumeau en
une scorie noire , magnétique ; elle donne
avec le Sel de phosphore , au feu d’oxyda¬
tion, un bouton verdâtre, qui devient rouge
au feu de réduction. (Del.)
BRÊME. Brama, poiss. — C’est le nom
d’un poisson des plus communs dans toutes
les eaux douces de l’Europe, mais qui mul¬
tiplie davantage dans les grands lacs du nord
et du nord-est de cette contrée. Bloch rap¬
porte , d’après Richter , que dans un lac de
Suède près de Nordkœping , on en prit une
fois plus de 50,000 qui pesaient 18,200 li¬
vres. Dans quelques lacs de Prusse, on pê¬
cha en une seule fois pour 3,4, 5 ou 700
écus de Prusse , c’est-à-dire pour plus de
2,000 fr. , et c’est un poisson qui se vend
cependant bon marché à cause de sa grande
abondance.
La Brême devient grosse ; on en trouve
fréquemment d’un pied de long ; mais il
n’est pas extraordinaire d’en voir de plus
BRE
BRE
731
grandes, de 12 à 14 livres de poids, et même
on en a vu de 20 livres. On reconnaît ce
poisson à son corps comprimé, haut, de forme
à peu près parallélogrammique , à la lon¬
gueur de son anale, étendue sous toute la
queue. La Brême fraie en mai , quand le
temps est beau. Dans cette saison, les mâles
se couvrent de tubercules trièdres, jaunâtres
et pointus , plus abondants sur la tête que
sur les autres parties du corps qui en ont ce¬
pendant aussi. Les femelles alors deviennent
souvent malades.
La Brême a la vie dure ; on peut la trans¬
porter facilement en hiver : pendant les
chaleurs , elle meurt plus promptement.
Plusieurs Oiseaux , et surtout les Grèbes et
les Plongeons, en sont très avides. L’homme
en fait aussi une pêche active , à la truble ,
à la nasse et même à la ligne ; elle mord bien
à l’hameçon amorcé de vers. Quand elle est
bien nourrie, sa chair est blanche, ferme et
de bon goût ; cependant elle est moins esti¬
mée que la Carpe.
La longueur de l’anale de plusieurs autres
Poissons d’Europe à corps comprimé et assez
semblable à celui de la Brême , a donné le
caractère d’un genre de Cyprinoïdes sous ce
nom de Brême,' dont on peut exprimer ainsi
la diagnose : Corps haut et comprimé, à
dorsale petite, sans rayons épineux , à anale
très longue ; à bouche petite sans barbillons ;
à dents pharyngiennes sur un seul rang ,
comprimées , courbées en dedans et faible¬
ment crochues , et tronquées à leur bord in¬
terne.
Il y en a au moins une douzaine d’espèces
en Europe ; quelques autres sont connues
des Indes occidentales , et Agassiz n’en cite
pas de fossiles.
On donne le nom de Brême de mer à plu¬
sieurs Poissons de merde genres et de familles
très différents , mais surtout à la Castagnole
et au Canthère de nos côtes de Picardie et
de Normandie. Voy. ces mots. (Val.)
BRÊME. Bremus. ins. — Jurine nomme
ainsi ( Classif . des Hyménop.) un genre d’in¬
sectes hyménoptères, désigné sous le nom de
Bourdon par Fabricius , Latreille et la plu¬
part des entomologistes. (C. d’O.)
*BREMONTIERA (nom propre), bot. ph.
— Arbrisseau de File de France , à feuilles
simples, oblongues, couvertes d’une pubes¬
cence très courte et blanchâtre, rétrécies aux
deux extrémités , très brièvement pétiolées ;
à stipules ténues , dentées , non scarieu-
ses ; à fleurs petites, pourpres, disposées en
grappes axillaires , subspiciformes. De Can-
dolle en a fait un genre qu’il place dans la
famille des Papilionacées, tribu des Hédysa-
rées-Alhagées. (C. L.)
BREMUS. ins. — Voyez brème.
BRENTE. Brentus, ou mieux Brenlhus
(/3 pevQoç , espèce d’oiseau aquatique), ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, famille des
Curculionides, établi par Fabricius et adopté
par tous les entomologistes. Schœnherr, qui
le place parmi les Orthocères , division des
Brenthides, a changé avec raison l’orthogra¬
phe de son nom en celui de Brenlhus , d’a¬
près son étymologie, en même temps qu’il y
a réuni les g. JVemocephalus , Uropierus et
Sienorhynchus, Latr. Il en résulte que les ca¬
ractères du genre Brenius, suivant Fabricius
et Latreille, ne sont pas identiques avec ceux
du g. Brenlhus de Schœnherr, qui a pour
type le B. anchorago des auteurs, lequel se
trouve dans plusieurs parties de l’Améri¬
que méridionale. Schœnherr y réunit 24 esp.,
dont 23 de la même contrée et une seule des
Indes orientales, le B. slriatulus Oliv. (D.)
*BRENTHIDES. Brenihides. ins. — Schœn¬
herr désigne ainsi la 9e division de ses Or¬
thocères , dans la famille des Curculionides ,
et qui a pour type le g. Brenlhus. Cette di¬
vision renferme les g. Arrhenodes , Beloplie -
rus , Enlrachelus , Belorhynchus , Brenlhus ,
Ceocephalus, Clœoderes et Taphroderes. (D.)
BRENTHUS. ins. — Voyez brente.
*BREOj\IA (nom propre), bot. pu. — Arbre
de l’île de Madagascar , à feuilles opposées,
très amples ; à stipules connées ; à inflores¬
cence en capitules axillaires, solitaires, lon¬
guement pédonculés , dans un involucre
spathiforme , fendu d’un côté , longuement
rostré au sommet , décidu. A. Richard en a
fait un genre qu’il place dans la famille des
Rubiacées, tribu des Gardéniées-Sarcocé-
phalées. (C. L.)
*BREPHA. ins. — M. Westwood désigne
ainsi, d’après Hubner, un genre de Lépidop¬
tères nocturnes, que les entomologistes fran¬
çais et allemands nomment Brephos, d’après
Ochsenheimer. (D.)
*BREPHOS ( j3p/<poç , enfant qui vient de
naître), ins. — Genre de Lépidoptères noc¬
turnes établi par Ochsenheimer , et adopté
BRE
732
par MM. Treitschke et Boisduval. Ce dernier
le range dans sa tribu des Noctuo-Phalé-
nides ; il ne renferme en Europe que 8 esp.
qui se montrent dès les premiers beaux jours
du printemps. Elles volent en plein jour
comme des Diurnes , et d’un vol rapide et
très élevé. La Noci. parthenias Linn., typedu
g., est très commune, en mars, dans les bois
des environs de Paris. (D.)
BRESAGUE, Saler, ois. — Synonyme de
Strix flammeci. ployez chouette.
BRÉSILLET. bot. pu. — Synonyme de
Cœsalpinia.
BRESSAN, ois. — Nom vulgaire du Ca¬
nard sauvage, Anas boschas L.
BRETEAU. poiss. — Un des noms vul¬
gaires de l’Anguille commune.
BRETEUILLÏA (nom propre), bot. ph.
— Synonyme du genre Didelia. (J. D.)
BRETONNE, ois. — Nom vulgaire de
la Fauvette passerinette , Sylvia passerina
Lath.
BRETTES. bot. ph. — Synonyme de
Brèdes.
*BREUNÉRITE , Haiding. (nom propre).
min.— Mélange cristallin de deux Carbonates
isomorphes, laGiobertite et la Sidérose, dans
lequel ce dernier n’entre d’ordinaire que
pour l de la masse totale. C’est donc une
Giobertite ou Carbonate de Magnésie ferri-
fère, qui diffère un peu de laGiobertite pure
par la valeur de ses angles, sa couleur et ses
autres caractères physiques. M. Haidinger,
qui avait cru devoir en faire une esp., l’a dé¬
diée au comte de Breuner , directeur des mines
en Autriche. Voyez carbonates. (Del.)
BRÈVE. Pilla , Vieill. ( brévia , court; sans
doute à cause de la brièveté de leur queue
ou de leurs ailes), ois. — Genre de l’ordre des
Passereaux dentirostres , famille des Four¬
miliers , groupe des Fourmiliers humicoles
de M. de Lafresnaye.
Ce genre , propre aux parties chaudes de
l’ancien continent, est encore mal connu, et
les naturalistes ne sont pas d'accord sur ses
affinités et sa circonscription. Ainsi , tandis
que Cuvier le réunit à son g. Fourmilier,
M. Lesson en fait une famille, M. de Lafres¬
naye et Temminck un simple genre, et M. G.-
R. Gray [List, of the Gen . , 1841) le disperse
dans les g. Formicarius , Grallaria, Brachyu-
rus et Timalia , ce qui n’est pas étonnant ;
car le caractère sauvage et solitaire des Brè-
BRE
ves , et leur séjour dans les parties les plus
reculées des pays qu’elles habitent, ont em¬
pêché les naturalistes d’étudier suffisamment
leurs mœurs, dont plusieurs particularités
sont complètement inconnues.
Les caractères propres à ce genre, tel que
l’ont circonscrit les ornithologistes qui l’ont
adopté, sont : Bec allongé, robuste, crochu ,
très fendu , convexe en dessus , à bords
rentrés , à narines larges et placées sur les
côtés ; à mandibule inférieure convexe et
pointue. Tarses longs et scutellés. Queue
courte, quelquefois légèrement en coin. Ailes
de médiocre grandeur, concaves, arrondies,
à l’ e et 2e rémige plus longues.
Les Brèves , dont on compte une dizaine
d’espèces , sont des Oiseaux à forme lourde
et massive, volant mal à cause de la brièveté
de leurs ailes ; mais, d’après la longueur de
leurs jambes et le peu de développement de
leurs doigts , devant faire d’excellents cou¬
reurs. Cette dernière particularité organique
empêche sans nul doute ces Oiseaux de per¬
cher. Leur nourriture consiste en Fourmis et
en Termites. Les Brèves ont généralement
un plumage fort brillant. (C. u’O.)
BREVER. bot. cr. —Genre formé par
Adanson aux dépens de quelques espèces
du genre Bryum et du Bartramia fontana.
*BREVÏCEPS ( brevis , court; eeps , tête).
rept. — Genre de Batraciens bufoniformes
établi par Merrem , et dans lequel prend
place une espèce de l’Afrique australe, con¬
nue depuis assez long -temps, et que la
forme singulière de son corps et de sa tête
a fait appeler Breviceps bossu , Rana gibbosa
Linn. Sa longueur pour la tête et le corps
est de 0,048 ; ses jambes et ses pieds ont
0,028. L ’Engystoma granosum de G. Cuvier
n’est qu’un animal de cette espèce altéré et
rendu granuleux , paree qu’on l’avait con¬
servé dans une liqueur trop chargée d’al¬
cool. Les caractères du g. Breviceps ont été
résumés ainsi qu’il suit : Tête complètement
confondue avec le tronc; pas de museau
distinct. Bouche très petite; langue ovale,
entière , libre à son extrémité postérieure;
pas de dents au palais; tympan caché;
trompes d’Eustache excessivement petites;
pas de parotides. Les cuisses et les bras pro¬
prement dits non distincts extérieurement ;
quatre doigts en avant, cinq en arrière, tout-
à-faît libres ; deux tubercules sous-métatar-
BRE
733
BRE
siens ; apophyses transverses de la vertèbre
sacrée dilatées en palettes triangulaires ; une
vessie vocale sous-jugulaire chez les mâles.
(P. G.)
*BRÉVICITE, Berz. (nom de lieu), min.—
Substance du groupe des Zéolilhes , voisine
de la Mésole , et qu’on trouve à Brévig , en
Norwége. Elle est blanche avec des stries
d’un rouge sombre. D’après l’analyse de Son-
den , elle est composée de: Silice, 43,88 ;
Alumine, 28,39; Soude, 1 0,32 ; Chaux, 6,88 ;
Magnésie, 0,21 ; Eau, 9,63. (Del.)
*BREVICOLASPIS. ins. — Genre de Co¬
léoptères tétra mères , famille des Chrysomé-
lines , établi par M. le comte de Castelnau ,
et syn. du g. Hersilia de M. Dejean. (D.)
*BRÉVIGASTRES ( brevis , court; yao-r/jp,
ventre), arach. — M. Walckenaer emploie
ce nom pour désigner une division de son
genre Épéire. Voyez ce mot. (Bl.)
BRÉVIPENNES. ois. — Cuvier, La-
treille , Duméril , Lesson , ont désigné sous
ce nom un groupe formé des g. Autruche ,
Casoar et Dronte , mais occupant dans leur
méthode une place différente. Cuvier en fai¬
sait une division de l’ordre des Échassiers.
BRÉVIPENNES. Brevipennes. ins. — Sy¬
nonyme de Brachélytres. (D.)
*BREWERIA (nom propre), bot. pii. —
Genre de la famille des Convolvulacées,
tribu des Convolvulées, formé par R. Brown,
aux dépens de plusieurs espèces de Convoi -
vulus de Roxburgh et de Wallich. Il renferme
des plantes herbacées ou ligneuses, indigènes
de la Nouvelle-Hollande, de l’Asie tropicale
et de Madagascar. Elles sont remplies d’un
suc aqueux , ont des feuilles alternes , en¬
tières , des fleurs axillaires , solitaires. On
cultive dans les jardins le B. Roxburghii
[Convolvulus semidigynus Roxb.). La capsule,
2-loculaire, renferme 4 graines dressées.
(C. L.)
*BREWSTÉRITE , Brooke. Diagonite ,
Breith. min. — Substance vitreuse, d’un blanc
jaunâtre ou grisâtre , translucide , en cris¬
taux ou pellicules cristallines. On l’a trou¬
vée pour la première fois à Strontian ,
en Écosse , où elle est accompagnée de Cal¬
caire spathique. C’est un Hydrosilicate alu¬
mineux , à base de Strontiane et de Baryte ,
constituant une espèce voisine de la Stilbite ;
mais elle en diffère par ses cristaux , qui
appartiennent au système klinorhombique.
Ces cristaux , fort petits , sont des com¬
binaisons de prismes verticaux, avec les
deux faces parallèles à la section klinodia-
gonale, et des sommets dièdres , dont l’arête
oblique est dans le plan de cette même sec¬
tion. L’angle du biseau terminal est de 172°,
et son arête est inclinée à l’axe de 93° 40’.
Les cristaux sont striés verticalement et cli-
vables dans le sens de la section dont nous
venons de parler ; les faces de clivage offrent
un éclat nacré très sensible. Pesanteur=2,2;
dureté — 5,5. Ils sont composés , suivant
M. Connel, de Silice, 53,66 ; Alumine, 17,49 ;
Strontiane, 8,32 ; Baryte, 6,75 ; Chaux, 1 ,34 ;
Oxyde de fer, 0,29 ; Eau, 12,58. — Un miné¬
ral tout semblable à celui d’Écosse a été
trouvé à Saint-Turpet , dans la vallée de
Munster, près de Fribourg en Brisgau. (Del.)
BREXIA (fyeÇifi, pluie ; allusion, dit-on, à
l’ample feuillage des espèces qui abrite de la
pluie), bot. ph. — Genre type et Unique delà
famille des Brexiacées , formé par Dupetit-
Thouars ( Gen. madagasc. , 69) pour renfer¬
mer quelques esp. découvertes dans l’île
de Madagascar. Ce sont des arbrisseaux à
feuilles alternes, pétiolées, subcoriaces, très
entières ou dentées-épineuses ; à fleurs axil¬
laires et terminales en ombelles, sur un pé¬
doncule subcomprimé. On en cultive plu¬
sieurs dans les jardins européens, entre au¬
tres les B. spinosa , clirysophylla , serrata.
Les caractères principaux de ce genre de
plantes sont : Calice libre, 5-fide , persis¬
tant, à lacinies coriaces, courtes, aiguës, im¬
briquées par estivation. Corolle de 5 pé¬
tales, insérés au bord extérieur d’un anneau
périgyne, coriaces, oblongs, obtusiuscules ,
imbriqués par estivation , subcohérents à la
base , et un peu étalés lors de l’anthèse.
Étamines 5 , insérées avec les pétales , et
alternant avec eux, à filaments subulés ,
charnus , à anthères oblongues , dressées ,
basi-fixes , biîoculaires. Disque annulaire
épais, adné à la base de l’ovaire, et divisé en
5 lobes multifides et alternant avee ceux-
ci. Ovaire supère , ové-pentagone , 5-locu-
laire ; ovules nombreux, bisériés dans l’an¬
gle central. Style très court ; stigmate 5-lobé ;
drupe oblong, 5-costé, brusquement conique
au sommet qui porte 5 petites cornes, à épi-
| carpe papilleux, à endocarpe osseux, luisant.
Graines horizontales, ovales - anguleuses ,
I luisantes. Embryon ex-a!bumineux * ortho-
734
BRI
BRI
trope , amygdalin. Cotylédons ovales-obtus.
Radicule cylindrique, centripète. (C. L.)
*BREXIACÉES. bot. ph. — Le genre
rexia semble à M. Endlicher pouvoir
devenir le noyau d’une famille des Brexia-
cées, qu’il placerait à la suite des Saxifra-
gées. Ses caractères seraient ceux du seul
genre qui s’y rapporte jusqu’ici. Voyez
BREXIA. (Ad. J.)
BREYNIA ( nom propre ). bot. ph. — Ce
genre d’Euphorbiacées , établi par Forster
d’après un arbrisseau de Tanna, et consacré
à un botaniste belge J. Breynius, est encore
imparfaitement connu. Son auteur décrit les
fleurs comme polygames, à calice 4-5-parti;
les hermaphrodites avec 5 anthères adnées
au style , un stigmate simple et une baie à
3 loges 2-spermes ; les femelles offrant une
capsule à 5 loges et 5 graines, portée sur un
disque annulaire et surmontée de 5 stigma¬
tes. Ces caractères ne paraissent pas appar¬
tenir à une même esp. et à un même g. Les fe¬
melles , dans un herbier de Forster, se sont
trouvées un rameau de Melanihesa. (Ad. J.)
"BREYIVIASTRUM ( diminutif de Brey-
nia). bot. ph. — Section indiquée par De Can-
dolle ( Prodr 245 ) dans le grand genre lin-
néen Capparis, et caractérisée par un calice
à divisions triangulaires ; par des étamines
nombreuses ou définies ; par une baie oblon-
gue. Cette section renferme quelques espè¬
ces inermes de l’Amérique , et répond au
genre Breynia de Plumier. (C. L.)
*BRIAREA (nom mythologique), bot. cr.
— Ce nom rappelle Briarée , le géant aux
cent bras. Le champignon qui forme ce petit
genre a été créé par M. Corda dans la Flora
germanica de Sturm [Heft., II, tab. 6). Il est
caractérisé par un pédicelle droit , cloisonné
et légèrement étranglé au niveau des cloi¬
sons ; au sommet il supporte un grand nom¬
bre de filaments simples, courbés, et formés
de spores rondes , transparentes , placées les
unes à la suite des autres comme les grains
d’un chapelet. L’espèce qui a servi de type
est le Briarea elegans ; elle croît sur le
chaume des Graminées humides. Les indivi¬
dus sont isolés, d’une belle couleur blanche
et hyaline. M. Fries n’a pas cru devoir con¬
server ce genre. Il l’a rangé parmi les Mo-
nilia. ^ (LÉv.)
“BRIARÉE (nom mythologique), moll.—
Genre formé par MM. Quoy et Gaimard ,
pour un mollusque de l’ordre des Gastéro¬
podes nudibranches, trouvé par eux dans les
eaux du détroit de Gibraltar , et ayant pour
caractères : Un corps nu, gélatineux, transpa¬
rent, scolopendriforme , aplati; deux yeux
sessiles ; quatre tentacules, larges et triangu¬
laires, les postérieurs terminés par deux ap¬
pendices filiformes; une queue; les bran¬
chies disposées de chaque côté, et composées
de lames aplaties , bifurquées à leur extré¬
mité. Les autres particularités de structure
sont inconnues. — On n’en connaît qu’une
seule espèce, le B. scolopendra. La place de
ce g., dans la méthode, est entre les Laniogè-
res et les Éolides. (C. d’O.)
BRIBRI. ois. — Nom vulgaire du Bruant
de haie, Emberiza cirlus.
BRICKELLIA (nom d’homme), bot. ph.
— Ce genre paraît avoir été formé par El-
liot sur une espèce du g. Eupaiorium , et se
trouve cité dans l’ouvrage de M. DeCandolle,
sous le nom d’E. Brickellia. (J. D.)
BRIDÉ, poiss. — Nom sous lequel on a dé¬
signé plusieurs Poissons des g. Baliste, Spare,
Scare et Chœtodon, à cause des bandes noi¬
res sur fond d’argent qui régnent le long du
corps et viennent se terminer à la bouche.
BRIDELIA (nom propre), bot. ph. — Ce
genre, consacré à un botaniste qui a fait sur
les Mousses des travaux nombreux et esti¬
més, Bridel-Brideri, a été écrit à tort Briede -
lia , d’après l’orthographe allemande de son
auteur Willdenow. Il appartient à la famille
des Euphorbiacées, et présente les caractères
suivants : Fleurs monoïques. Calice 5-fide â
préfloraison valvaire. 5 petits pétales alter¬
nes insérés au calice. Fleurs mâles •• 5 éta¬
mines à anthères internes , à filets soudés
en un support surmonté d’un rudiment du
pistil, et partant du centre d’un disque
soudé avec le fond du calice , sinué dans
son contour. Fleurs femelles : 2 styles bifi¬
des. Ovaire entouré d’un tube à 5 dents,
à 2 loges bi-ovulées. Fruitlégèrement charnu.
— Les espèces originaires de l’Inde et de l’A¬
frique tropicale sont des arbres ou des ar¬
brisseaux quelquefois grimpants , à feuilles
alternes, entières, accompagnées de stipules;
à fleurs réunies en pelotons axillaires qui
sont quelquefois disposés eux-mêmes en épi,
et contiennent tantôt des fleurs toutes du
même sexe, tantôt des mâles entremêlées à
des femelles. (As. J.)
BRI
*BRIDGESIA, Hook. et Am. ( nom pro¬
pre). bot. ph. — Genre de la famille des Sapin-
dacées, tribu des Sapindées, formé par Ber-
tero ( msc . ex Cambess. JYouv. ann. mus., III,
234 , t. 13) pour un arbrisseau du Chili ,
dressé, non cirrhifère , à feuilles alternes,
simples , stipulées, incisées-lobées, dentées
en scie ; à pédoncules axillaires , solitaires ,
uniflores. — C'est aussi un synonyme du
genre Ercilia , Ad. Juss. (C. L.)
*BRIDGESIA (nom propre), bot. ph. —
Synonyme du g. Polyachyrus , qui fait par¬
tie de la famille des Composées , tribu des
Nassauviacées. (J. D.)
BRIEDELIA. bot. ph. — Voyez bridelia.
BRIGIVE. poiss. — Op désigne sous ce
nom, sur les côtes voisines de la Loire et de
la Garonne, le Bar, Labrcix lupus Cuv.
BRIGNOLIA, Bertol. (nom propre), bot.
ph. — Genre de la famille des Rubiacées-
Cinchonacées , tribu des Haméliées , formé
par De Candolle pour un arbrisseau ou un
arbre de l’île de la Trinité, à rameaux cylin¬
driques , velus , garnis de feuilles opposées ,
pétiolées , ovales-oblongues , obtuses à la
base, acuminées au sommet , pubérules sur
les nervures, glabres sur le reste ; à stipules
binées de part et d’autre, lancéolées -acu¬
minées, soudées d’abord en une seule inter-
pétiolaire , bientôt se séparant de la base au
sommet ; à fleurs sessiles dans les dichotomies
et au sommet des pédicelles d’un corymbe
terminal pédonculé ; à rachis court, velu ,
formant des rameaux serrés, pubérules, tri-
chotomes , garnis de bractées ciliées. — Ce
nom s’applique aussi à un synonyme du
genre Kundmannia. (C. L.)
BRIGOULE. bot. cr. — Même chose que
Baligoule.
BRILLANTE, moll. — Nom donné par
Geoffroy à une petite Coquille terrestre des
environs de Paris, que Bruguière avait dési¬
gnée sous le nom de Bulimus lubricus, et qui
appartient au g. Agathine. (C. d’O.)
BRILLANTESIA. bot. ph. — Genre de la
famille des Acanthacées , décrit par Palisot
de Beauvois, dans sa Flore d’Oware, sous le
nom de B. owariensis , et que MM. Endlicher
et Lindley s’accordent à placer dans leurs
genres douteux. M. A. Richard ( Dict. clas.
d’hist. nai. ) l’avait rapporté avec doute,
au g. Jusiicia. (C. d’O.)
BRIN -BLANC, ois. — Nom vulgaire
BRI 736
d’une espèce du genre Colibri, Trochilus su -
perciliosus L.
BRIN-BLEU. ois. — Nom vulgaire d’une
espècedug. Colibri, le Trochilus cyanurus. L.
BRINBALLIER. bot. ph. — Nom vul¬
gaire de l’Airelle, Vuccinium myrtillus , dont
les fruits portent le nom de Brinballes.
BRINBALLUS. échin. — Synonyme
d ’Holothuria peniacta.
BRINDONIA , Dupetit-Th. (nom propre).
bot. ph. — Un des synonymes du genre Gar-
cinia de Linné. (C. L.)
BRISE. PHYS. — V Oyez MÉTÉORES.
BRISE-LUNETTE, bot. ph. — Nom vul¬
gaire de l’Euphraise officinale.
BRISE-MOTTE, ois. — Nom vulgaire du
Traquet motleux.
BRISSE. Brissus (jSpéffo-oç, Oursin), échin.
— Genre d’Échinides , établi par Klein , et
adopté avec quelques modifications par
M. Gray, et plus récemment encore par
M. Agassiz ; il correspond à la section d du g.
Spatangue de M. de Blainville, et a pour ca¬
ractères l’absence d’un sillon bucco-dorsal ,
et la disposition des quatre ambulacres pairs
déprimés, et formant au sommet du disque
une espèce de croix circonscrite par une
ligne sinueuse, sans tubercules ni piquants,
tandis que l’ambulacre impair est à peine
perceptible. M. Agassiz comprend dans ce g.
8 espèces de Spatangues de Lamarck. (Duj.)
BRISSITES. échin. — Espèces fossiles de
Brisses.
*BRIS80CARPUS ( |3pi<7croç, Oursin ; xocp-
iroç, fruit), bot. cr.— (Hépatiques.) Genre de
la tribu des Ricciées , que Raddi avait déjà fait
connaître sous le nom de Corsinia ( voy. ce
mot), quand M. Bischoff lui a imposé le nou¬
veau nom de Brissocarpus, qui n’a pu consé¬
quemment être reçu dans la science. (G. M.)
BRISSOIDES. Brissoides (Pptaaoq , Our¬
sin ; fTÆoç, aspect), échin. — Genre d’Échi¬
nides , proposé par Klein pour diverses es¬
pèces que Lamarck avait laissées parmi les
Spatangues et les Muléolites, et dontM. Agas¬
siz a fait son g. Micraster, caractérisé par
la forme en cœur du test, et par la partie
dorsale des ambulacres très développés et
presque en étoile. (Duj.)
BRISSONIA (nom propre), bot. pii. — Ce
genre , établi par Necker, est rapporté en
synonymie au Tephrosia dePersoon, dont il
forme une section. (C. L.)
736 BRI
*BRISSUS (fipi&tToç, Oursin). ins.— Gerire
de Coléoptères tétramères , établi par Mé-
gerle dans la famille des Curculiônides, et
non adopté par Schœnherr, qui en rapporte
les espèces au g. Omius de Germar. (D.)
*BRITHIA (j3pt0y)ç, lourd, pesant), ins.—
Genre de Lépidoptères nocturnes, établi par
M. Boisduval, qui le place dans sa tribu des
Hadénides. Il ne renferme que 3 esp. , dont
une d’Amérique (B. limais Cram.), et2 d’Eu¬
rope ( B . Pancratii Cyrill., et B. encausia
Hubn.). L’une d’elles , la B. Pancratii , est
très commune sur les bords de la Méditer¬
ranée, dans les environs de Montpellier. Sa
chenille vit sur lePancralium maritimum. (D.)
*BBITHOPUS ( |3p?0oç , lourd, pesant;
ttouç, pied), paléont. — Nom proposé par
M. Kutorga, professeur à l’Université impé¬
riale de Saint-Pétersbourg, pour un animal
dont les restes viennent du Grès cuivreux des
pentes occidentales de l’Oural, terrain qui ap¬
partient à l’étage du Grès bigarré. Cet animal ,
dont on ne connaît encore qu’une partie in¬
férieure d’humérus, aurait été, selon M. Ku¬
torga, un mammifère de l’ordre des Éden¬
tés, et d’un genre voisin des Tatous ; mais le
peu de profondeur de la poulie cubito-ra-
diale , et l’absence de la fosse olécrânienne
à la partie postérieure de l’os, nous font pen¬
ser que cet humérus était celui d’un reptile
voisin des Moniiors. En effet, chez ceux-ci,
le condyle externe est percé d’un trou,
comme le condyle interne de plusieurs Mam¬
mifères. Cette circonstance du percement de
l’un des condyles de l’humérus fossile, qui
paraît avoir déterminé M. Kutorga en faveur
des Edentés, peut donc tout aussi bien venir
à l’appui de notre opinion : seulement, au
lieu de voir, dans la figure publiée par M. Ku¬
torga, sous le nom de Brithopus priscus, un
humérus gauche de mammifère percé à son
condyle interne, il y faudrait voir l’humérus
droit d’un reptile percé à son condyle ex¬
terne.
Il nous parait même probable qu’un autre
os, donné par le même auteur, pour la partie
inférieure de l’humérus d’un second édenté
qu’il place entre les Paresseux et le Briiho -
pas, et qu’il nomme Onhopus primœvus, est
la partie supérieure d’un humérus de rep¬
tile, peut-être de la même espèce que le pré¬
cédent. Dans ce cas , la partie prise pour la
poulie cubito-radiale deviendrait la tête ar-
Bftî
ticulaire , et les saillies considérées comme
les condyles interne et externe seraient les
tubérosités de même nom.
Enfin, et nous croyons pouvoir prendre ici
l’affirmative, la dent de Syodon biarmicum ,
autre nom proposé par M. Kutorga, est, non
pas une dent de pachyderme, comme l’au¬
teur cherche à le démontrer , mais une dent
de reptile ou de poisson. Quoi qu’il en soit,
on ne peut qu’engager la Société minéralo¬
gique de Saint-Pétersbourg, qui a publié l’é¬
crit de M. Kutorga , à favoriser de tout son
pouvoir la recherche de ces Fossiles, qui sont
jusqu’à présent, à notre connaissance, les plus
anciens ossements d'animaux vertébrés à
respiration pulmonaire qui aient été trouvés,
et qui pourraient bien être ceux des ani¬
maux qui ont laissé l’empreinte de leurs pas
dans ce même Grès bigarré. (L... d.)
BRIUS. ins. — Ce nom avait été employé
par M. Mégerle et adopté par MM. Sturm et
Dahl dans leurs catalogues pour désigner
quelques Curculionites d'Allemagne, parmi
lesquels on regardait comme type du g. le
C.mercurialis de Fab., qui se rencontre en¬
core aux environs de Paris. Schœnherr a fait
rentrer ces Insectes dans le g. Barÿndtüs de
Germar. (G.)
BRIZE. Briza (_ |3pi£a , espèce de plante
céréale), bot. ph. — Famille des Graminées.
Genre établi par Linné, et dont le port et les
caractères sont tellement saillants qu’il a été
adopté par l’universalité des botanistes. Ses
épillets sont multiflores; les fleurs sont im¬
briquées et distiques. La lépicène se compose
de deux valves courtes, arrondies, membra¬
neuses , dépourvues d’arêtes comprimées et
renflées à la base. La glume se compose de
deux paillettes membraneuses : l’inférieure
arrondie, comprimée, cordiforme à sa base,
arrondie et mutique à son sommet; la supé¬
rieure beaucoup plus courte et bicarénée sur
son dos. Les deux paléoles sont glabres, en¬
tières ètbilobées ; la cariopse est comprimée,
glabre, ordinairement nue. '
Les espèces de ce g., au nombre d'une
douzaine, sont pour la plupart originaires
de l’Europe; quelques unes cependant sont
exotiques. Parmi celles qui croissent le plus
communément en France, nous citerons le
Briza media L., qu'on trouve si fréquem¬
ment sur nos pelouses, et qu’on connaît sous
le nom vulgaire d’Amourette; la Briza
737
BRO
maxima, très abondante dans toutes les ré¬
gions méridionales. (A. R.)
*BRIZOPYRUM (/Spc'Çct, espèce de plante
céréale ; Tcvpoç , blé), bot. pu. — Famille des
Graminées. Genre que le professeur Link a
établi pour les espèces du g. Poa, dont les
épillets sont multiflores, comprimés, et les
fleurs disposées en épis paniculés. C’est
une simple tribu du grand genre Poa.
V oyez paturin. (A. R.)
BROCARD DE SOIE. moll. — Nom
vulgaire du Cône géographique.
BROCATELLE. géol. — Nom de plu¬
sieurs variétés de calcaire globulifère di¬
versement colorées qu’on exploite pour les
besoins du commerce. Elles sont employées
à la décoration des édifices ; et , entre les
mains des sculpteurs , elles servent à fabri¬
quer des objets de luxe, jadis fort recherchés.
La Brocatelle la plus belle est celle d’Espa¬
gne, qu’on tire des environs de Tortose.
V oyez calcaire. (C. d’O.)
BROCATELLE D’OR , D’ARGENT et
BRUNE. ins. — Noms spécifiques donnés
par Geoffroy à 3 esp. de Lépidoptères noc¬
turnes de la tribu des Phalénites , et appar¬
tenant aujourd’hui au g. Larentie. (D.)
*BROCCHIA (nom propre), bot. pu. —
Section du genre Tanacelum ( famille des
Composées), renfermant les esp. africaines
munies de capitules homogames ou rare¬
ment hétérogames, et de fleurons à 4 dents,
de fruits anguleux ou comprimés, et non ob-
comprimés au rayon. (J. D.)
*RROCCHINIA (nom propre), bot. ph.
— Genre de la famille des Broméliacées
établi par Schultes fils (Syst. vég., VII,
p. 1250) pour une plante originaire du Bré¬
sil , très voisine des Pilcairnia , dont elle
diffère seulement par ses étamines soudées
par leurs filets presque jusqu’à la moitié
de leur hauteur ; par ses ovules horizon¬
taux et non ascendants, et enfin par ses
graines allongées , qu’un appendice ensi-
forme termine à chaque extrémité. Ces ca¬
ractères sont d'assez faible valeur pour sé¬
parer le g. Brocchinia du grand g. Pitcair-
nia. Voyez pitcairnia. (A. R.)
*BROCHANTITE , Lév. ( nom propre).
min. — Substance vitreuse, transparente,
d’un vert d’émeraude, insoluble dans l’eau,
attaquable par les acides , et donnant de
l’eau par la calcination. C’est un sous-sul-
t. n.
BRO
fate de Cuivre, signalé comme espèce nou¬
velle par Lévy, qui lui a imposé le nom de
Brochantite, en l’honneur du minéralogiste
français Brochant de Villiers. Ce minéral
cristallise en prisme droit rhomboïdal de
117°, avec un biseau terminal de 150° 30’,
correspondant à la grande diagonale. Pe¬
santeur = 3,8 ; dureté = 3,5. Sa formule
de composition est SC«3 ~|- 3Aq. Cette sub¬
stance rare a été trouvée avec la Malachite
et le Cuivre rouge à Ekaterinebourg en Si¬
bérie, avec la Galène et l’Azurite à Rez-
banya en Transylvanie. On la cite encore
au Chili. (Del.)
BROCHET. Esox. poiss. — Poisson d’Eu¬
rope, connu de tout le monde par sa vora¬
cité et la légèreté de sa chair blanche, d’une
digestion facile, et qui vit en abondance dans
toutes nos eaux douces. Son corps est allongé,
arrondi, ou plutôt à quatre pans dont les an¬
gles sont mousses ou obtus. La dorsale pe¬
tite , reculée sur le dos et au-dessus de l’a¬
nale, qui n’est pas allongée ; la queue courte
et comprimée est suivie d’une caudale
peu grande. La gueule de ce poisson est
fendue jusqu’au-delà des yeux, sous un
museau large et déprimé. Les maxillaires
qui bordent la plus grande partie de la mâ¬
choire supérieure ne portent pas de dents ;
mais il y en a sur les intermaxillaires, sur
les palatins, le vomer, les os pharyngiens,
les arceaux des branchies , la langue et la
mâchoire inférieure. Plusieurs de celles-ci
sont longues, comprimées et très tranchantes.
Avec une gueule aussi bien armée pour
satisfaire à sa voracité , on a donc eu rai¬
son de surnommer le Brochet le Requin de
nos eaux douces. Ce poisson s’y nourrit
de tout ce qui y est vivant et animal , sans
épargner les individus de son espèce; il
avale toutes les autres espèces de Poissons,
même ceux qui peuvent le blesser et lui
causer quelquefois la mort. Il poursuit aussi
les Rats d’eau, les petits Oiseaux aquatiques,
et même il se jette sur les animaux morts et
jetés dans l’eau. Le Brochet croît très vite
et atteint à une très grande taille, quoiqu’on
l’ait exagérée en parlant de Brochets de
dix-neuf pieds ; du moins assure-t-on que le
squelette de celui de cette taille conservé
à Manheim , qu’on disait avoir été trouvé
avec un anneau d’or attaché à son ouïe, et
portant la date et le nom de l’empereur
47
BRO
738
Frédéric Barberousse, a la colonne verté¬
brale composée de vertèbres appartenant à
des individus différents, et qu’on aurait, par
conséquent , pu allonger encore la taille de
ce prétendu géant des Brochets. Les auteurs
rapportent cependant que, dans le Volga, on
en trouve du poids de quarante livres et de
sept pieds de longueur. Linné, Lacépède et
Bloch considéraient comme du genre des
Brochets les Abdominaux ayant la dorsale
reculée au-dessus de l’anale. Cuvier a fait
de ce genre une famille, et a limité le genre
Brochet aux espèces de Lucioides dont la
gueule est armée de dents implantées sur les
mêmes os que dans le Brochet ordinaire. On
ne connaît alors que peu d’espèces de ce
genre; deux ou trois qui vivent dans les
eaux douces de l’Amérique septentrionale.
On donne aussi le nom de brochet de
mer à plusieurs Poissons tels que l’Orphie,
les Merlus, etc. (Val.)
BROCHET DE TERRE, rept. — Nom
vulg. du Mabouya , Lacerta occidua de
Shaw, espèce du g. Scinque.
BROCOLI (Broccoli, nom italien de cette
plante), bot. ph. — Nom d’une espèce du
g. Chou.
BRODAME, Lacép. poiss. — Synonyme
d’Aspidophore.
BRODERIE, rept. — Espèce du g. Boa.
BRODIÆA (nom propre), bot. ph. —
Le genre ainsi nommé par Smith ( Linn.
Trans., X, p. 2, t. 1) appartient à la famille
des Liliacées. C’est le même genre que Salis-
bury ( Parad . Lond., p. 117, t. 98) a nommé
Hookeria. Il se compose d’un certain nombre
d’espèces, qui toutes croissent sur la côte
orientale de l’Amérique du Nord. Ce sont des
plantes herbacées, à feuilles linéaires, à fleurs
bleues , disposées en sertule ou ombelle sim¬
ple. Leur calice coloré est campaniforme ,
anguleux, composé de six sépales unis infé¬
rieurement. Les six étamines sont insérées à
la gorge du calice ; trois seulement sont fer¬
tiles , les trois autres sont sous la forme d’é-
cailles pétaloides. Un disque annulaire est
placé au-dessous de la base de l’ovaire. Le
fruit est une capsule pédicellée , recouverte
par le calice ; elle est à 3 loges et s’ouvre en
3 valves. Chaque loge contient 4 ou 5 graines
ovoïdes-comprimées , à tégument membra¬
neux et de couleur noire. (A. R.)
BROME (j3pw/*o;, puanteur), min.— Nou-
BRÔ
veau corps simple, découvert par M. Balard,
en 1826 , dans l’eau -mère provenant de la
cristallisation du Sel marin, et ainsi nommé
à cause de l'odeur forte et désagréable qu’il
exhale. Il n’existe point à l’état libre dans la
nature; il est contenu dans les eaux de la
mer sous la forme de Bromure magnésique et
de Bromure sodique. On l’a reconnu en ou¬
tre dans quelques mines d’ Argent et de Zinc
à l’état de Bromure solide et cristallin. A la
température ordinaire, le Brome est liquide
et d’un rouge brun foncé ; sa vapeur est ru¬
tilante. A 25° au-dessous de zéro, il se
fige, devient dur, cassant, prend une cou¬
leur d’un gris de plomb foncé , et un éclat
presque métallique, y oy. bromures. (Del.)
BROME (0pwpoç, puanteur), chim.— Le
Brome est un corps élémentaire découvert,
en 1826, par M. Balard dans les eaux-mères
des marais salants, où il existe en combinai¬
son avec le Magnésium, à l’état de Bromure
de Magnésium.
Rangé parmi les Métalloïdes , le Brome
présente une grande analogie avec le Chlore
par la manière dont il se comporte avec les
autres corps simples ; il en diffère cependant
par plusieurs caractères saillants.
Le Brome, à la température ordinaire, se
présente sous la forme d’un liquide rouge-
brun, paraissant noir par réflexion, et d’une
belle couleur hyacinthe par réfraction. Son
odeur, forte et désagréable , lui a fait don¬
ner le nom qu’il porte ; sa saveur est âcre
et caustique ; mis en contact avec la peau ,
il la colore en jaune foncé et la corrode. Il
entre en ébullition à 49°, et donne des va¬
peurs rouges ; sa volatilité est telle, qu’une
goutte versée dans un grand flacon se vapo¬
rise à l’instant et le remplit de vapeurs ru¬
tilantes. A 25° au-dessous de zéro, il se soli¬
difie et prend une apparence métallique qui
le fait ressembler à l’Iode. Sa densité est de
2,966; celle de sa vapeur 5,393; le poids
de son atome égale 489,153.
Peu soluble dans l’eau , le Brome se dis¬
sout dans L’Alcool, et mieux- encore dans l’ɬ
ther, qu’il colore en rouge hyacinthe. Im¬
propre à la combustion, sa vapeur éteint la
flamme d’une bougie en lui communiquant
d’abord une couleur verte. Le Brome détruit
rapidement les matières colorantes, et se
comporte à leur égard comme le Chlore.
Le Brome forme, avec l’oxygène et l’hy-
B RO
739
BRO
drogène, des acides bromique et bromhydri-
que. Il déplace l’Iode de ses combinaisons,
mais il est à son tour déplacé par le Chlore ;
c’est même en profitant de cette propriété
que M. Balard l’a mis à nu pour la première
fois. Il forme, avec le Carbone, le Chlore, le
Soufre, le Phosphore, le Cyanogène, etc., des
composés que Sérullas a fait connaitre, mais
qui n’offrent qu’un intérêt scientifique.
L’action du Brome sur l’économie ani¬
male est des plus énergiques; il agit, à pe¬
tite dose, comme un poison caustique très
violent : une goutte, ingérée dans le bec d’un
oiseau, suffit pour lui donner la mort. (A.D.)
BROME. Bromus (foopqç, sorte de grami¬
née). bot. ph. — Grand genre de la famille des
Graminées, type de la tribu des Bromées, dont
les caractères sont très saillants et par con¬
séquent très faciles à saisir. Les fleurs sont
toujours disposées en panicule. Les épillets
sont allongés , ordinairement multifiores ;
quelquefois, mais plus rarement , composés
de trois fleurs seulement : celles-ci sont dis¬
tiques. Les deux valves de la lépicène sont
allongées, mutiques, inégales, carénées sur
leur dos ; la paillette extérieure de la glume
est allongée , bifide à son sommet , et porte
une arête qui naît immédiatement au-des¬
sous de cette petite fente; la paillette in¬
terne est dépourvue d’arête , mais bicaré-
née à son dos et ciliée sur ses deux carènes.
Les deux paléoles sont très petites , entières
et glabres. La cariopse est étroite, allongée,
et convexe d’un côté, plane de l’autre côté.
Les Bromes , au nombre d’environ 80 es-,
pèces , sont répandus dans presque toutes
les contrées du globe , et particulièrement
en dehors des tropiques. Ce sont des Gra¬
minées vivaces , acquérant souvent d’assez
grandes dimensions , et qu’on trouve très
abondamment dans les prés , les bois et les
champs. En France , on en compte environ
18 espèces , qui , pour la plupart , forment
un fourrage d’assez bonne qualité. (A. R.)
*BROMÉES. Bromece. bot. ph. — L’une des
tribus de la famille des Graminées. C’est la
même qui a été nommée Festucacées par
M. Kunth. Voyez graminées. (A. R.)
BROMELIA. bot. ph. — Voyez bromélie.
BROMÉLIACÉES. Bromeliaceœ. bot. ph.
— Famille naturelle de plantes monocoty-
lédonées, qui a pour type le genre Bromelia,
et dont les caractères peuvent être énoncés
de la manière suivante : Les fleurs sont her¬
maphrodites , généralement régulières, dis¬
posées en épis tantôt très denses, tantôt plus
ou moins lâches, plus rarement en grappes
ou en panicules. Chaque fleur est accompa¬
gnée à sa base par une bractée de forme et
de grandeur variées. Le calice est formé de
six sépales disposés sur deux rangs , soudés
inférieurement , et formant un tube tantôt
complètement libre , tantôt soudé dans ur.e
étendue plus ou moins considérable avec
l’ovaire. De ces sépales, trois extérieurs sont
ordinairement plus courts et quelquefois
moins colorés ; les trois intérieurs sont plus
grands et pétaloïdes , quelquefois un peu
inégaux, souvent munis à leur face interne
d’une crête nectarifère. Les étamines, géné¬
ralement au nombre de six , sont quelque¬
fois peu nombreuses. Elles sont insérées à
la face interne des sépales, quelquefois tout-
à-fait à leur base , de manière à paraître
comme hypogyniques. Leurs filets sont li¬
bres, et les anthères plus ou moins allongées
sont introrses. L’ovaire est ou tout-à-fait li¬
bre, ou semi-infère, ou complètement infère,
à 3 loges contenant chacune un nombre va¬
riable d’ovules, attachés soit à l’angle interne
de chaque loge, soit à sa partie supérieure ,
soit à sa base. Ils sont en nombre déterminé
ou indéterminé. Le style est simple, trigone,
quelquefois partagé en trois segments à son
sommet ; il est terminé par trois stigmates
plus ou moins allongés, quelquefois soudés
et presque confondus en un seul. Le fruit est
sec ou charnu , tantôt couronné par les di¬
visions calicinales quand l’ovaire était plus
ou moins adhérent , tantôt accompagné et
simplement recouvert par les sépales, quand
l’ovaire était libre. Il offre trois loges conte¬
nant chacune un nombre variable de graines.
Quand le péricarpe est capsulaire, il s’ouvre
en trois valves septifères sur le milieu, de leur
face interne. Les graines sont OYoides-allon-
gées , portées sur un funicule quelquefois
accompagné à son sommet d’un bouquet de
longs poils appliqué sur un des côtés de la
graine. Celle-ci se compose d’un embryon
très petit, quelquefois droit ou en forme de
crochet placé à la base d’un gros endosperme
farineux.
Toutes les plantes de cette famille sont ori¬
ginaires, soit des Antilles , soit du continent
de l’Amérique méridionale. Elles se font re*
EilO
BRO
740
marquer par un port tout particulier, et qui
est certainement le meilleur caractère de ce
groupe. Ce sont des plantes vivaces , quel¬
quefois des arbustes rameux , portant des
feuilles très nombreuses , épaisses et raides,
souvent armées de dents épineuses sur leurs
bords. Yoici le tableau des genres qui y ont
été rapportés.
§ I. Ovaire infère.
I. Fruit charnu : six étamines.
Ananassees, Nob. : Ananas , Lindl.; Bro-
melia , L. ; Æchmea , R. et Pav. ; Billbergia,
Thunb. ; Hohenbergia , Schult. fils.
II. Fruit capsulaire : six étamines ou plus.
Velloziees : Barbacenia, Yand.; Vellosia,
Vand.
§ II. Ovaire semi-in fer e.
Pitcairniées , Nob. : Brocchinia , Schult.
fils ; Pitcairnia, L’Hérit.
§ III. Ovaire libre.
Tillandsiées: Tillandsia, h.) Caragnala,
Plum. ; Guzmanniu, R. etPaY. ; Bonapartea ,
R. et Pav. ; JVavia , Mart. ; Coitendorfia ,
Schult. fils ; Dyckia , Schult. fils ; Encho-
lirium, Mart. ; Pounetia, R. et Pav. ; JVelde-
nia ? , Schult. fils.
La famille des Broméliacées forme un
groupe assez naturel, si l’on n’envisage que
le port des végétaux qui y ont été rapportés ;
mais quand on examine leur structure , on
voit ses genres se rapprocher de plusieurs
groupes au milieu desquels les Broméliacées
se trouvent placées. C’est ainsi, par exemple,
que les genres à ovaire libre, qui forment la
tribu des Tillandsiées, ont une assez grande
analogie avec les Liliacées, dont ils ne diffè¬
rent guère que par leur port et leur embryon
placé au centre d’un endosperme farineux et
non charnu , caractère qui , pour le dire en
passant , ne me parait que d’une médiocre
importance. D’un autre côté, les Bromélia¬
cées à ovaire infère se rapprochent beau¬
coup des Hémodoracées , dont le port s’ac¬
corde assez avec le leur , à tel point même
que MM. [Martius et Endlicher ont placé la
tribu des Yeïlosiées dans cette dernière fa¬
mille. Mais ce qui en distingue les Bromé¬
liacées, ce sont les sépales disposés sur deux
rangs ; le fruit toujours à trois loges poly-
spermes, tandis qu’il est souvent à une seule
loge , et même monosperme et indéhiscent
dans les Hémodoracées. Nous pensons que
les genres de la famille des Broméliacées
auraient besoin d’une révision approfondie
propre à déterminer définitivement ceux qui
doivent constituer cette famille , si toutefois
une famille des Broméliacées doit être con¬
servée. (A. R.)
BROMÉLIE. Bromelia (Bromel, botaniste
suédois), bot. ph. — Type de la famille des
Broméliacées. Ce genre se compose d’un cer¬
tain nombre d’espèces , grandes plantes vi¬
vaces , à feuilles toutes radicales , épaisses ,
coriaces, à dents épineuses sur leurs bords,
à tiges ordinairement nues, rarement feuil-
lées, portant des fleurs assez grandes et dis¬
posées en épi lâche , surmonté d’un bouquet
de feuilles rapprochées. Leur calice , adhé¬
rent avec l’ovaire infère, a son limbe double,
composé de trois divisions extérieures calici-
nales , et de trois internes pélaloïdes. Les éta¬
mines , au nombre de six , ont leurs filets
courts , attachés vers la partie inférieure de
chaque sépale. L’ovaire infère contient un
grand nombre d’ovules attachés à l’angle in¬
terne de chacune de ses trois loges. Le fruit
se compose de baies distinctes à 3 loges po-
lyspermes. Parmi les espèces de ce genre ,
on cultive fréquemment dans nos serres
chaudes les Bromelia pinguin et Bromelia
karatas , espèces plus remarquables par leurs
feuilles et leur port que par leurs fleurs peu
brillantes. On a retiré du g. Bromelia le B.
ananas L., devenu le type d’un g. particu¬
lier. Voyez ananas. (A. R.)
*BROMFELDIA (nom propre), bot. ph.—
Ce genre, dédié par Necker à un Anglais au¬
teur de quelques opuscules botaniques ,
N. Bromfield, est synonyme de Jatropha, nom
que Necker réservait pour les esp. de ce g.
dépourvues de corolle, et dont on fait main¬
tenant le Janipha. Voyez jatropha.
(Ad. J.)
*BROMFELDIA , Neck. (nom propre).
bot. ph. — Un des synonymes du genre Cur-
cas d’Adanson. (C. L.)
*BROMIUS (surnom de Bacchus). ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, famille des
Chrysomélines, tribu des Eumolpoïdes, créé
par M. Chevrolat et adopté par M. Dejean ,
qui {Catal.) en mentionne 4 espèces : 2 des
Indes orientales et 2 d’Europe. Parmi celles-
ci , il faut regarder comme types YEumolpus
BRO
BRO
41
obscurus et le vitis, qui se trouvent en France ;
ce dernier est assez commun aux environs
de Paris. Il n’est malheureusement que trop
connu par les dégâts qu'il cause aux vigno¬
bles , tant comme larve que comme insecte
parfait. Dans ce dernier état, il se tient au-
dessous des feuilles de la vigne, qu’il perfore
irrégulièrement par tracés multiples ; si l’on
veut le prendre, il déploie alors une ruse ex¬
cessive ; car, au moindre mouvement ou au
moindre bruit , il se laisse tomber, se fixe,
en décrivant une courbe, à la partie inférieure
des feuilles qui se rapprochent le plus du sol ;
et lorsqu’il est pris , il fait le mort. Je crois
avoir observé la larve se nourrissant de ce
fruit ; mais elle ne se trouve que dans les
grappes dont les grains sont très serrés et
noirs. Une espèce presque identique, et qu’on
croit être la même, se trouve aux États-Unis,
où l’on sait que ne croît pas la vigne.
M. Hope ( Coleoplerisi’s manual, pag. 8) indi¬
que ces Insectes sous le nom générique A’A-
doxus , Kirby. (G.)
BROMURES, min. — Genre de composés
minéraux résultant de la combinaison du
Brome avec d’autres corps simples. Ces es¬
pèces ont pour caractères communs de donner
des vapeurs rouges de Brome lorsqu’on les
chauffe dans le tube fermé avec du bisulfate
de Potasse, et de colorer la flamme du cha¬
lumeau en bleu verdâtre lorsqu’on les fond
avec du sel de Phosphore mêlé d’oxyde de
Cuivre. On en connaît quatre , dont deux
sont solubles dans l’eau (les Bromures ma-
gnésique et sodique), et deux sont insolubles
(les Bromures d’Argent et de Zinc). Les deux
premiers n’existent qu’à l’état de dissolution
dans les eaux de la mer , et dans quelques
sources salées de l’intérieur des continents.
Les deux autres sont de véritables minéraux,
mais d’une grande rareté , et sur la nature
desquels nous n’avons pas encore de rensei¬
gnements bien précis.
1. Bromure de zinc. La présence de ce
Bromure a été indiquée dans les minerais de
Zinc de la Silésie. On le reconnaît à ce qu’il
donne, par les alcalis, un précipité qui prend
une couleur verte par la calcination avec le
Nitrate de Cobalt.
2. Bromure d’argent ( Argyrobrome). En
petits cristaux d’un vert d’herbe, dont la
forme n’a point encore été déterminée , et
que M. Berthier a reconnu le premier dans |
un minerai d’Argent de San-Onufre, district
de Plateros au Mexique : ils sont accompa¬
gnés de Carbonate de chaux , de Carbonate
et de Phosphate de plomb , etc. Le tout a
pour gangue un Quartz ferrugineux, pénétré
de veines d’Argent chloruré.
Le Bromure d’Argent est facile à recon¬
naître au moyen de l’Ammoniaque. On le
dissout dans cet alcali , puis on évapore
l’Ammoniaque. Le Bromure qu’on reproduit
ainsi ne tarde point à se colorer en vert au
contact de la lumière. — M. Berthier a re¬
connu la même espèce dans d’autres mines
d’Argent , où elle est de même associée au
Chlorure, et quelquefois dans une propor¬
tion qui égale celle de ce dernier minerai.
On cite entre autres les pacos du Pérou ,
ceux de Chanaveilles , de Huelgoët en Bre¬
tagne, etc. (Del.)
BROMUS. bot. ph. — Nom latin du genre
Brome. (A. R.)
BRONCHES. zool. — Voyez respiration.
BRONCHES (j3poyx°«, gosier), ins.— Genre
de Coléoptères tétramères, établi par Germar
dans la famille desCurculionides. M. Dejean,
après avoir adopté ce genre dans ses précé¬
dents Catalogues, l’a supprimé dans le der¬
nier ( 3e édit. ), et en a rapporté les espèces
au genre üipporhinus de Schœnherr. (D.)
BRONGN IARTELLE (diminutif de Br on-
gniariia). bot. cr. — (Phycées.) M. Bory de
Saint-Vincent ( Dictionnaire classique (l’his¬
toire naturelle ) proposait ce genre, qu’il fon¬
dait sur un démembrement des Hutchimia
d’Agardh, devenues depuis les Polysiphonies.
Le caractère qu’il assignait à ce nouveau
genre , c’est-à-dire la fructification stichi-
diaire, convenant non seulement au P. bys-
soides qu’il prenait pour type, mais encore à
toutes les espèces du genre Polysiphonia ,
la proposition n’allait à rien moins qu’à sub¬
stituer un nom à un autre. Le nom proposé
par le spirituel micrographe n’a donc pas dû
être adopté. (C. M.)
*BRONGNÎARTIA (Brongniart père et
fils, célèbres naturalistes), ins. — Genre de
Coléoptères pentamères, famille des Cébrio-
nites de Latreille , créé par M. Leach , ainsi
que celui de Dumerilia, avec des femelles du
genre Cebrio. Latreille, avant de savoir que
le Cebrio brevicornis d’Olivier n’était que la
femelle du C. gigas de Fabricius, avait formé
avec celle-ci son genre Hammonia. Il a été
742
BRO
BRO
abandonné depuis, et il en sera de même de
ceux de Leach , lorsque l’histoire de ces In¬
sectes sera mieux connue. (C.)
*BRONGNI A HT I A ( voyez l’article pré¬
cédent). crust. — Genre de Trilobiies pro¬
posé par M. Eaton , et synonyme de celui
d 'Isotelus. (P. G.)
BRONGMARTIA , Blum. (Ad. Bron-
gniart, célèbre botaniste français), bot ph.—
Genre de la famille des Papilionacées, tribu
desLotées-Galégées, établi par MM. de Hum-
boldt et Kunth, et qui peut-être devra être
réuni au Per aile a des mêmes, dont il ne diffère
guère que par un légume plus distinctement
stipité et non échancré à la suture sémini-
fère. Il ne renferme encore que 2 espèces ,
dont l’une , le B. podalyrioides , est cultivée
dans les jardins. Ce sont des arbrisseaux
appartenant à l’Amérique tropicale, à feuil¬
les imparipennées , 2-5-juguées ; à stipules
pétiolaires géminées , foliacées; a fleurs in¬
carnates ou violacées, dont la carène jaunâ¬
tre , portées sur des pédoncules axillaires ,
géminés, uniflores et articulés. — On désigne
aussi sous ce nom un synonyme du genre
Kibara , Endlich. (C. L.)
BROXGKIARTIEN. rept. — Nom d’une
espèce de Lézard européen dédié à M. Bron-
gniart. (P. G.)
*BRONGNIARTINE (nom propre), min.
— Même chose que Glaubérite. Voyez sul¬
fates. (Del.)
*BRONNIA (nom propre), bot. pii. — Genre
de la famille des Frankéniacées ( ? Fouquiè-
racées, DC.), formé par MM. de Humboldt et
Kunth, sur un arbre mexicain, glabre, à bois
blanchâtre , fragile ; à rameaux armés d’é¬
pines éparses, solitaires, portant des feuilles
fasciculées-serrées dans les aisselles des épi¬
nes, obovales-oblongues,très entières, mem-
branacées ; à fleurs coccinées , disposées en
panicules terminales, très rameuses, subco-
rymbiformes. (G. L.)
‘BRONTE ( nom d’un des fils d’Uranus,
un des Cyclopes). poiss. — Genre de Silu-
roïdes à dents bifides à l’extrémité , chaque
pointe étant recourbée en dedans. Le pa
lais est lisse et sans dents , il n’y a que
deux barbillons maxillaires, une petite
dorsale à premier rayon faible. Point de na¬
geoire adipeuse sur le dos de la queue ; les
premiers rayons des nageoires prolongés en
filet. On ne connaît qu’une espèce de ce g.;
les habitants du Pérou la nomment Prenna-
dilla . Elle vit dans les ruisseaux qui des¬
cendent du Cotopaxi, et se lient à 5,000 mè¬
tres au-dessus du niveau de la mer. On le
regarde comme le poisson lancé par le vol¬
can dans les éruptions qui vomissent en
abondance ces petits animaux, dont le nom¬
bre est assez considérable pour déterminer
des émanations putrides et pestilentielles
dans ces contrées. C’est un poisson très voi¬
sin de celui que M. de Humboldt a nommé
Pimelodus Cyclopum. (Val.)
BRONTE. Broutes (nom mythologique).
moll. — Genre établi par Montfort pour quel¬
ques espèces du genre Rocher , et qui ont été
réintégrées dans ce dernier genre auquel
elles appartiennent réellement. (C. d’O.)
BRONTES (nom mythologique), ins. —
Fabricius désigne ainsi un genre de Coléop¬
tères télramères établi antérieurement par
Latreille sous le nom d 'Ulèioie. (D.)
BRONZE, min. — Le Bronze, ou l’Airain,
est un alliage de Cuivre et d’Étain , qu’on
fait en diverses proportions, qui, en don¬
nant au Cuivre plus de dureté, de résistance
ou de qualité sonore , le rendent propre à la
fabrication des statues , des canons , des
cloches, etc. Le Bronze est donc un composé
artificiel. On a donné quelquefois le nom
de Bronze ou d’Airain natif à des minerais
formés d’Étain et de Cuivre pyriteux, et ca¬
pables de donner immédiatement, par la fu¬
sion , un métal semblable à celui des clo¬
ches. (Del.)
BRONZÉS. Auro-fulvi. ins. — Latreille
désigne ainsi, dans sa méthode, un groupe
de Lépidoptères diurnes de son g. Polyom-
mate, et qui a pour type l’Argus bronzé de
Geoffroy, Polyommaïus Phlœas des auteurs.
Voyez polyommate. (D.)
BRONZITE. min. — Variété de Diallage
métalloïde, à reflets bronzés. Voyez diai.-
lage. (Del.)
*BROOKTTE ( nom propre), min. — Es¬
pèce du genre Titane, séparée du Rutile, ou
Titane oxydé rouge, par Lévy, qui l’a dé¬
diée au minéralogiste anglais H. -J. Brooke
Voyez titane. (Del.)
BROSCUS (j3tSpw<7xw , je dévore), ins.—
Nom donné par Panzer à un g. de Carabi-
ques , que Bonelli désigne de son côté sous
celui de Cephalotes , et qui a pour type le
Carybus cephalotes de Linné. Nous n’avons
BRO
pu découvrir lequel de ces deux noms est le
plus ancien. Toujours est-il que les ento¬
mologistes anglais ont adopté celui de Bros -
eus, et citent l’autre en synonymie , tandis
que c’est le contraire chez les entomologistes
français. Cependant Latreille ( Dictionnaire
de Déierville , 2e édit.) avait donné la préfé¬
rence au nom de Panzer, en se fondant sur
ce qu’il avait déjà employé celui de Ce-
phalotes , pour désigner un ordre dans la
classe des Crustacés ; mais, dans ses ouvrages
subséquents , il désigne également sous ce
nom le g. d’insectes dont il s’agit; de sorte
que ce dernier a prévalu non seulement
chez les entomologistes français , mais en¬
core chez les allemands. Voyez cepha-
lotes. (D.)
BROSIMUM (jSpwcrtfxoç, comestible), bot.
ph. — Genre de la famille des Artocarpa-
cées, formé par Swartz {Fl. Ind. occid. , I ,
15 , t. 1). C’est à ce genre qu’on doit réunir
le fameux arbre connu en Amérique sous le
nom de Palo de Yaca, l’arbre à lait ou à la
vache , le Galaclodendron utile de Hum-
boldt, curieux et précieux végétal , cultivé
dans quelques jardins , et sur lequel nous
donnerons des détails intéressants au mot
Galaclodendron. (C. L.)
BROSME. poiss. — Genre de la famille
des Gades, et assez semblable à la Lotte,
mais qui n’a qu’une seule nageoire dor¬
sale distincte de la caudale, laquelle est
aussi séparée de l’anale étendue sur toute la
queue ; un petit barbillon pend sous la
mâchoire inférieure. Ce sont des Poissons
des mers du Nord qui deviennent assez
grands, et qu’on sale comme la Lingue ou
la Morue. .(Val.)
BROSSÆA (nom propre), bot. ph. —
Genre formé par Plumier, peu connu en¬
core et rapporté avec doute à la famille des
Ericacées. Il ne renfermerait qu’un arbris¬
seau des Antilles {B. coccinea) à tiges nom¬
breuses, garnies de feuilles alternes, et por¬
tant des fleurs solitaires, axillaires ou termi¬
nales , à pédicelles bibractéés. Sweet {Fort,
jbrit.) le cite comme cultivé en Angleterre.
(C. L.)
BROSSE. zool. — Les entomologistes dé¬
signent sous ce nom les touffes de poils rai¬
des qui se trouvent sur différentes parties
du corps des Insectes. Ainsi la moitié infé¬
rieure de la facette molaire des mandibules
BRO 743
de la plupart des Coléoptères en est pour¬
vue; chez les Abeilles, le premier article du
tarse des pattes postérieures est garni inté¬
rieurement de poils raides formant brosse,
et quelques Chenilles ainsi que certaines lar¬
ves portent sur le corps des faisceaux de
poils de même nature.
On a également donné ce nom aux poils
longs et disposés en manchettes qui se trou¬
vent aux jambes de devant de certains Mam¬
mifères , et surtout des Ruminants à cornes
creuses. (C. d’O.)
BROTERA (Brotero, professeur de bota¬
nique à Coimbre). bot. ph. — Genre de la
famille des Byttnériacées , tribu des Dom-
béyacées, formé par Cavanilles {Anal, cienc.
nat. , 1 , 33 , exc. syn. et yalria. Ic. , Y, 19 ,
tome 433 ) , et renfermant des sous-arbris¬
seaux de l’Afrique tropicale, dont quelques
uns sont cultivés dans les serres en Europe.
Ils sont couverts d’une pubescence soyeuse ;
ont des feuilles alternes , courlement pétio-
lées , ovales-crénelées-dentées en scie ; des
stipules subulées ; des pédoncules axillaires
uniflores, solitaires ou géminés. Dans ce
genre l’involucelle est triphylle , unilatéral
ou ambiant ; le calice 5-parti , persistant ;
la corolle a ses 5 pétales inéquilatéraux, en¬
roulés en spirale au sommet , jamais étalés,
et tombant ensemble; 10-15 étamines con-
nées à la base en un urcéole adhérent à l’on¬
glet des pétales , à filaments comprimés , à
anthères introrses. Style 5-parti au sommet.
Capsule 5-loculaire. — Deux autres genres
ont aussi reçu ce nom : l’un synon. de Bro-
leroa I)C. , et l’autre de Cardopatium.
(C. L.)
*BROTEROA(nom d’un botaniste portu¬
gais). bot. ph. — Ce genre, qui fait partie
des Composées, tribu des Sénécionidées, a
pour caractères : Capitules réunis en glo-
mérules ovales qui forment une sorte d’épi,
les uns composés de fleurs hétérogames ou
homogames, les autres d’une seule fleur fe¬
melle ou hermaphrodite. Écailles de l'in—
volucre solitaires, grandes et concaves, ou
2-3 alternativement grandes et petites. Ré¬
ceptacle très petit, pour ainsi dire puncti¬
forme, nu. Corolles tubuleuses, couvertes
extérieurement de nombreux poils articulés,
5-fides; les femelles filiformes subligulées?
Styles des fleurs hermaphrodites à rameaux
dépourvus d’appendices au sommet. Fruits
A\
BRO
obcomprimés , obovales-oblongs , glabres ,
dépourvus d’aigrettes ; les fleurs herma¬
phrodites plus petites que les femelles. —
Le Broieroa est originaire de l’Amérique
australe, et se cul ti ve dans la plupart des jar¬
dins de botanique sous le nom de Nauem-
burgia trinèrvata. (J. D.)
*BROTHEAS (nom mythologique), rept.
— M. Koch, dans son Arachnidensystems ,
donne ce nom à un g. de Scorpions, ainsi ca¬
ractérisé : Yeux 8 : les 2 du vertex très en
avant, presque au tiers de la longueur de la
tête ; les 2 latéraux antérieurs presque aussi
gros qu’eux ; le 3« petit, à angle droit avec les
deux autres. Ce g. appartient au groupe des
Buthides, et l’auteur lui donne pour type un
Scorpion, dont il figure les yeux, pl. 6, fig. 67,
sous le nom de B. maurus , et que dans son
ouvrage, 1838, p. 109, il donne comme le
Scorpio maurus de Herbst ou Sc. senoculus
de Degeer, malgré la différence du nombre
des yeux indiqué par ces naturalistes. (P. G.)
*BROTHËUS (nom mythologique) ins. —
Genre de Coléoptères tétramères, famille des
Curculionides , établi par M. Stephens sur
une seule espèce ( Curculio porcatus de
Marsham ) , et qu’il place entre les g. Cryp-
torhynchus et Bagous de Germar. (D.)
*BROTULE. Broiula. poiss. — Genre de
la famille des Gades, n’ayant qu’une seule
dorsale réunie avec la caudale. Celle-ci l’est
avec l’anale , comme dans les Anguilles.
On ne connaît qu’une seule esp. de ce g.,
ayant six barbillons autour de la bouche, et
qui vient des eaux du golfe du Mexique et de
la Havane. (Val.)
BROUGHTOIMIE. Broughtonia (nom pro¬
pre). bot. ph. — Famille des Orchidées, tribu
des Épidendrées. Genre établi par R. Brown
et adopté par Lindley pour une plante ori¬
ginaire de la Jamaïque, rapportée d’abord
au g. Epidendrum sous le nom d ’E. san-
guineum Sw. Ses caractères sont : Sépa¬
les extérieurs étroits, étalés; les latéraux
obliques à leur base, soudés avec la base du
labelle, et décurrents sur l’ovaire; sépa¬
les intérieurs plus larges. Labelle simple ,
dressé, soudé avec la base du gynostème, se
prolongeant inférieurement en un éperon
linéaire soudé à l’ovaire. Gynostème court,
dilaté à son sommet. Anthère à 4 loges, con¬
tenant 4 masses polliniques dont les caudi-
cules sont repliées. Ce g. diffère surtout du
BRO
g. Épidendre par son labelle que termine un
éperon.
Le Broughtonia sanguinea R. Brown, es¬
pèce type de ce g., est une plante parasite
dont le pseudobulbe porte des feuilles épais¬
ses et charnues. Ses fleurs forment une
grappe terminale. (A. R.)
BROUILLARD. PHYS. — Ployez METEORES.
*BROUSSAISIA (Broussais , célèbre mé¬
decin français ). bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Saxifragacées , tribu des Hydran-
gées? formé par Gaudichaud ( Freycin ., 479,
t. 69) sur un arbrisseau encore peu connu
des îles Sandwich, à feuilles opposées, pétio-
lées, éstipulées, ovales, bordées de dents ai¬
guës ; à fleurs terminales , disposées en co-
rymbe. (C. L.)
BROUSSONETIA ( Broussonet , natura¬
liste français), bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Moréacées, établi par Ventenat
pour un très bel arbre naturalisé dans nos
jardins, et répandu depuis le Japon jus¬
qu’à la Nouvelle-Zélande. Le B. papyrifera
est lactescent , à feuilles alternes, scabres en
dessus , velues en dessous , les plus jeunes
1 -2-3-5 lobées, les adultes ovales-subarron-
dies, indivises. Les fleurs sont dioïques.
Fleurs mâles : Epis denses, braetéés ; péri—
gone 4-parti ; 4 étamines opposées aux laci-
nies de ce dernier; 8 anthères introrses.
Fleurs femelles : Capitules denses sur un ré¬
ceptacle globuleux, entremêlées de squames
velues ; périgone urcéolé , 3-4-denté ; style
excèntrique ; akène subcharnu-gélatineux ,
porté par un gynophore bacciforme, longue¬
ment exsert et ceint à sa base du périgone :
une seule graine oncinée. On prépare avec
l’écorce intérieure de cet arbre un papier
fort en usage dans les pays où il croît, et des
étoffes foulées et ornées d’empreintes de
feuillage ou de dessins bizarres. — On a aussi
donné ce nom à 2 autres genres créés , l’un
par Grateloup , et synonyme de Polysipho -
nia ; l’autre par Ventenat , et synonyme de
Sophora. (C. L.)
BROWALLIA (nom propre), eot. ph. —
Genre de la famille des Scrophulariacées ,
tribu des Salpiglossidées , formé par Linné
(Gen., 773) et renfermant un certain nombre
d’espèces indigènes de l’Amérique tropi¬
cale. Ce sont des plantes herbacées annuel¬
les , dressées , glabres , ou pubescentes , ou
visqueuses ; à feuilles alternes , pétiolées ,
BRU
BRU
ovales ; à belles fleurs bleues, ou violacées ,
ou rarement blanches : elles sont extra-axil¬
laires ou terminales. On en cultive 5 ou 6
espèces dans les jardins. Ce genre se distin¬
gue principalement par son calice tubuleux,
à 5 dents inégales ; par une corolle hypo-
cratérimorphe, à tube renflé supérieurement,
à limbe plan, 5-parti, dont le lobe posté¬
rieur plus large , tous arrondis , subéchan-
crés ; par 4 étamines incluses, dont les posté¬
rieures plus longues , arquées au sommet ,
dilatées, cunéiformes ; anthères à loges su¬
perposées : chez les deux autres, loges des an¬
thères divariquées- confluentes , s’ouvrant
par une fente transversale ; un stigmate sub-
4-lobé; capsule oyale, biloculaire, septifrage,
bivalve. (G, L.)
BROWNEA ( Patrick Brown , botaniste
anglais), bot. pii. — Genre fort remarquable
de la famille des Papilionacées?, tribu des
Césalpiniées-Geoffroyées, établi par Jacquin
{Amer., 194, t. 121) et renfermant quelques
espèces de l’Amérique tropicale, dont on cul¬
tive 5 ou 6 espèces dans les serres chaudes
d’Europe. Ce sont de beaux arbrisseaux
inermes, à bois jaunâtre, dur ; à feuilles im-
paripennées, à folioles très entières; à fleurs
coccinées ou blanches , rassemblées , très
nombreuses, en grappes terminales plus ou
moins épaisses et capitées , du plus grand
effet. L’une des espèces les plus magnifiques
est le B. grandiceps. (C. L.)
‘BROWNETERA, L. C. Rich. bot. pu.—
Synonyme de Pltyllocladus du même auteur.
*BROW]\LOWIA (lady Brownlow, ama¬
teur de botanique), bot. pu. — Genre de la
famille des Tiliacées , tribu des Grewiées ,
formé par Roxburgh ( PL corom. , III , 61 ,
t. 265) sur une espèce (le B. elaia) de l’Inde,
cultivée dans les jardins. C’est un arbre
gigantesque , à rameaux étalés , couverts
d’une pubescence étoilée , garnis de feuilles
alternes, pétiolées, cordiformes, anguleuses,
très entières , 3-7-nervées , inéquilatérales à
la base, très pubescentes en dessous, éstipu-
lées ; à fleurs jaunes, inodores , disposées en
panicules amples et ramifiées. (C. L.)
BRUANT. Emberiza. ois. — Genre de
l’ordre des Passereaux conirostres , ayant
pour caractères : Un bec court, droit, ro¬
buste ; les mandibules à bords rentrants , la
supérieure plus petite que l’inférieure , et le
palais portant un petit tubercule osseux et
T. II.
745
saillant, dont l’oiseau se sert pour con¬
casser les graines , dernier caractère spé¬
cialement propre à ce g. , et qui suffirait
pour le distinguer de tous les autres ; narines
placées à la base du bec, et recouvertes en par¬
tie par les plumes du front; tarses médiocres
et scutcllés ; ailes moyennes, 2e et 3e rémiges
les plus longues ; queue médiocre, fourchue,
à 12 rectrices.
Il a été établi dans ce genre deux divisions
fondées sur un caractère assez important pour
les justifier. L’une comprend les Bruants
proprement dits , chez lesquels l’ongle du
pouce est court et crochu, et l’autre ceux
appelés Bruants éperonniers ( Pleciropha -
nés de M. Meyer), qui ont le même ongle
allongé comme les Alouettes. Le genre Bruant
se compose d’individus assez petits , mais
toujours fort nombreux dans les lieux qu’ils
affectionnent. Us sont généralement gra¬
nivores; cependant ils mangent aussi des
baies et des Insectes , et cette derhière
nourriture domine à l’époque de l’éducation
des petits. La délicatesse de leur chair en
fait rechercher certaines espèces comme
gibier.
La station ordinaire des Bruants est sur la
lisière des bois , dans les haies ou dans les
blés, excepté 2 esp. qui vivent sur le bord des
eaux. Us émigrent pour la plupart. Dès que
la saison devient rigoureuse et que la neige
eouvre la terre , ils se rapprochent des cli¬
mats plus doux qu’ils quittent aussitôt que
le froid a cessé. Quelques espèces sont néan¬
moins sédentaires et résistent aux rigueurs
de l’hiver ; mais, abandonnant alors leurs
retraites ordinaires, elles descendentdans les
plaines et se rapprochent avec confiance des
habitations, où elles viennent vivre, avec les
Moineaux et les Pinçons, des graines aban¬
données sur le sol ou mêlées au fumier.
Quant aux Eperonniers, ils restent de préfé¬
rence dans les pays découverts.
Les couleurs des Oiseaux de ce genre sont
peu brillantes ; elles varient du vert olivâtre
au gris brun , mêlé à du jaune et du noir.
Lés femelles diffèrent des mâles par la moin¬
dre intensité de leur coloration. Les Bruants
font communément leur nid à terre, au mi¬
lieu d’une touffe d’herbe ou sur un buisson
peu élevé. Il est composé de foin, de mousse,
d’herbes sèches , et garni intérieurement de
crin ou de laine. La femelle y pond quatre
46
BRU
BRU
ou cinq œufs blancs ou gris , tachetés de
brun ou de roux , avec des lignes ou des
raies de même couleur. Chaque année, elles
font plusieurs pontes , et la dernière a quel¬
quefois lieu en septembre seulement.
Peu d’Oiseaux sont doués de moins de pru¬
dence que les Bruants ; ils donnent facile¬
ment dans les pièges, et se prennent dans
tous ceux qu’on tend aux petits Oiseaux.
La chasse la plus commune est au lacet et à
la nappe. Dans nos pays, où l’on ne les chasse
pas pour paraître sur nos tables, on les met
dans les volières ; ils s’accoutument facile¬
ment à la domesticité et vivent en cage pen¬
dant plusieurs années. Leur chant est assez
agréable, quoiqu’un peu aigu ; et quand ils
se trouvent en société avec des Pinçons , ils
ne tardent pas à en prendre le ramage.
Les Bruants sans éperons , surtout le
Bruant commun, Emb. divine, Lia, le Verdier
des oiseleurs , sont répandus dans toute
l’Europe et dans l’Amérique septentrionale ;
mais les Éperonniers habitent de préférence
les contrées boréales , et ne descendent jus¬
que chez nous que lorsque le froid les y con¬
traint.
Vers le mois-de mai ces Oiseaux arrivent
dans les parties centrales de l’Europe; et, en
septembre, ils retournent chargés de graisse
dans les pays méridionaux ; aussi est-ce l’é¬
poque où on leur fait une chasse active. On
en élève cependant encore en cage ou dans
un lieu peu éclairé pour les engraisser. On
compte environ une vingtaine d’espèces de
Bruants. (G. d’O.)
*BRUCEA (nom propre), bot. pii. — Ce g.,
nommé ainsi en l’honneur du célèbre voya¬
geur anglais Bruce , et d’après un arbrisseau
recueilli par lui-même en Abyssinie, est rap¬
porté maintenant aux Zanthoxylées , et ca¬
ractérisé de la manière suivante : Fleurs
dielines. Calice 4-parti. Autant de pétales
surpassant à peine le calice. Fleurs mâles: 4
étamines courtes, insérées autour d’un corps
central , glanduloïde , 2-lobé, qui représente
sans doute le gynophore. Fleurs femelles ; 4
ovaires portés sur un court gynophore au¬
tour duquel sont 4 petites étamines, surmon¬
tés chacun d’un style aigu, réfléchi, distinct,
et devenant autant de drupes que remplit une
graine pendante , à embryon vert, dans un
mince périsperme charnu. — Les espèces, peu
nombreuses, sont des arbrisseaux originaires
des régions tropicales de l’Afrique, de l’Asie
et de la Polynésie , remarquables par leur
amertume. Les feuilles sont imparipennées,
à folioles opposées, très entières ou dentées,
dépourvues de points transparents. Les fleurs
très petites, et d’un vert mêlé de pourpre, sont
disposées par pelotons sur de longs épis axil¬
laires. Une espèce africaine , la première dé¬
couverte, le Bruceaanlidysenierica, est depuis
long-temps cultivée dans les serres. (Ad. J.)
BRUCHE. Bnichus (ppvx<o, je ronge), ms.
— Genre de Coléoptères tétramères, famille
des Rynchophores, Latr., des Curculionites
ou Curculionides , Dej. et Schœnh. , divi¬
sion des Bruchides de ce dernier auteur,
créé par Linné, et adopté par tous les ento¬
mologistes. Les Bruches sont voisines des
Charançons , dont elles diffèrent par les an¬
tennes, la tête distincte du corselet, les par¬
ties de la bouche, et à la première vue, par
le défaut de trompe ou de rostre. Ces In¬
sectes, à l’état parfait, se rencontrent sur les
fleurs et s’y accouplent. La femelle fécondée
place ses œufs sur les jeunes siliques ou les
gousses encore tendres des plantes légumi¬
neuses, telles que les Fèves, les Vesces, les
Pois, les Lentilles, etc. Les larves qui en
naissent ne tardent pas à pénétrer dans cha¬
que graine qui n’en renferme ordinairement
qu’une seule. Ces larves deviennent assez
grosses ; elles sont renflées, courtes, arquées,
composées d’anneaux peu distincts, et ont une
tète petite, écailleuse, munie de mandibules
dures et tranchantes, à l’aide desquelles cha¬
cune détruit la semence dans l’intérieur
de laquelle elle est renfermée; mais elle s’y
prend de telle sorte que l’enveloppe exté¬
rieure reste intacte. Elle se nourrit pendant
tout l’hiver de la substance de la graine qui
lui sert en même temps de logement, et ce
n’est qu’au printemps suivant qu’elle se
change en nymphe, et bientôt après en in¬
secte parfait. Celui-ci , dépourvu de mandi¬
bules assez fortes pour percer les parois de
sa prison , y périrait nécessairement , si la
prévoyante nature n’avait donné à la larve
l’instinct de ronger jusqu’à l’épiderme l’en¬
droit de la graine par où doit sortir l’insecte
parfait, qui alors n’a qu’un léger effort à faire
pour détacher avec sa tête cette portion de l’é¬
piderme. C’est de là que résultent ces ouver¬
tures circulaires qu’on remarque commu¬
nément sur les Pois et les Lentilles dont l’in-
BRU
BRU
térieur est vide. Les Bruches, peu répandues
dans les pays du nord, y occasionnent peu
de dégâts ; mais il n’en est pas de même dans
les contrées méridionales , où leurs ravages
sont quelquefois incalculables. Parmi les di¬
vers moyens proposés pour détruire leurs
larves , le plus efficace est de plonger dans
l’eau bouillante, immédiatement après la ré¬
colte, les semences qu’on suppose en être at¬
taquées, ou bien de les exposer dans un four
à une température de 40 à 45 degrés. Malheu¬
reusement ni l’un ni l’autre de ces moyens
ne peut être employé à l’égard des graines
destinées à la reproduction.
Ce g. est extrêmement nombreux en es¬
pèces : M. Dejean, dans la 3e édition de son
Catalogue, en désigne 116, et Schœnherr en
décrit jusqu’à 140. Nous ne mentionnerons
ici que la plus connue par ses ravages : la
Bruche des Pois, Bruchus pisi Fabr., qui se
trouve dans une grande partie de l’Europe
et dans l’Amérique septentrionale. Sa larve
attaque les Pois, les Lentilles, les Gesses, les
Fèves et toute espèce de Vesces. Cette Bru¬
che est le même insecte que le Mylabre à
croix blanche de Geoffroy , et peut être con¬
sidérée comme le type du genre. (D.)
BRUCHE LE. Bruchela ( diminutif de
Bruchus). ins. — Genre de Coléoptères té-
tramères, établi par Mégerle dans la famille
des Curculionides, et qui répond absolument
à celui d’Urodon de Schœnherr. Le nom de
Bruchela avait d’abord été adopté par La-
treille et par M. Dejean ; mais ils l’ont rem¬
placé depuis, le premier dans ses Familles
naturelles, et le second dans la 3e édit, de son
Catalogue, par celui d'Urodon. (D.)
BRUCHÈLES. Bnichelœ. ins. — Lalreille
( Familles naturelles du Règne animal) dé¬
signe sous ce nom la première tribu de sa fa¬
mille des Rhynchophores. Les larves des Bru-
chèles se nourrissent des graines, des aman¬
des où elles se tiennent cachées dès leur
naissance , et y subissent leurs métamor¬
phoses. Cette tribu se compose des g. Pachy-
mère et Bruche. Voyez ces mots. (D.)
*BRUCHIA (1) (nom propre), bot. pu. —
(Mousses). Genre de la tribu des Phascacées,
établi parM. Schwægrichen {Suppl. II, p. 91,
t. 127), sur une mousse découverte par notre
(i) Voir 1rs Fragm.de la Bryol. d’ Europe, de MM. Brucli
et Schiniper, où l’on trouve, p. 3, t. II, une description et
une figure de l’espèce des Vosges.
747
ami et confrère le docteur Mougeot, dans
les régions alpines des montagnes des Vos¬
ges, et publiée d’abord sous le nom de Voi-
tia Vogesiaca Hornsch. , au n. 706 de la
collection cryptogamique , intitulée : S tir
pes cryptogames V ogeso-rhenanœ. Dédié à
M. Bruch , pharmacien à Deux- Ponts, et
l’un des plus habiles bryologistes de l’épo¬
que actuelle, ce g. peut être ainsi caracté¬
risé : Capsule terminale , pyriforme, à long
bec, astome, c’est-à-dire ne s’ouvrant pas ré¬
gulièrement, mais se déchirant à la matu¬
rité, munie d’une apophyse, et supportée
par un long pédoncule. Coiffe mitriforme,
déchirée à sa base et surmontée aussi d’un
long bec. Spores globuleuses, chagrinées.
Fleurs dioiques, terminales, gemmiformes.
Anlhéridies et pistils assez nombreux, envi¬
ronnés de paraphyses filiformes, à articles
allongés. Tige simple ou rameuse à fructifi¬
cation et innovations terminales. Feuilles es¬
pacées, ovales, subulées, disposées sur cinq
rangs.
Naguère encore, ce g., qui a pour syno¬
nyme le Sapronia de Bridel, nom postérieur
à celui de Schwægrichen, s’est accru de deux
nouvelles espèces, l’une {B. brevipes ), origi¬
naire du cap de Bonne-Espérance ; l’autre, de
l’Amérique septentrionale. Ces Mousses se
plaisent sur la terre; l’espèce des Vosges
a été trouvée sous la bouse de vache.
(C. M.)
*BRUCHÎDES. Bruchides. ins. — Schœn¬
herr nomme ainsi la première division de
l’ordre des Orthocères , dans sa famille des
Curculionides, et qui se compose des g. Car -
pophagus, Bruchus, Spermophagus et Urodon.
Cette division répond à la tribu des Bruchèles
deLatreille. (D.)
BRUCHUS. ins. — Voyez bruche.
*BRUCITE (nom d’homme J. min. — Ce
nom , qui rappelle celui d’un minéralogiste
américain , a été donné à deux minéraux
différents des États-Unis , à la Chondrolite
et à la Magnésie hydratée de New-Jersey.
Voyez magnésie. (Del.)
*BRUCKENTIIALIA (nom propre), bot.
fh. — Genre de la famille des Éricacées, éta¬
bli par Reichenbach ( Fl. germ. , 414) sur
Y Erica spiculijlora Salisb. C’est un petit ar¬
buste croissant dans la partie austro-orien¬
tale de l’Europe , à feuilles ternées ou gémi¬
nées, verticillées ou éparses; à fleurs pédon*
BRU
7/48
culées, subverlicillées, ébractéées, disposées
en petits épis au sommet des ramules.
(C. L.)
* BïtlCKMANMA (nom propre), bot. ph.
— Famille des Graminées. Le genre ainsi
nommé par Nuttal est le même que le Beck-
mannia. (A. R.)
*BRUEA(nom propre), bot. ph. — Genre
de la famille des Artocarpacées , incomplè¬
tement connu , et fondé par Gaudichaud
( Freycin 511) sur un arbre du Bengale, à
feuilles alternes, ovales -subcordiformes ,
dentées ? , velues-tomenteuses ; à fleurs dioï-
ques , terminales-pédonculées ; à bractées
foliacées, glanduleuses. (C. L.)
BIUJGMAÏVSIÂ ( J. Brugmans , botaniste
allemand), bot. ph. — Genre de la famille des
Rafflésiacées, établi parM.Bhime(Bijdrag., 2,
p. 422. Ibid. Fl. J av. Fas.,l, p. 17, t. 3-6) pour
une plante parasite sur la racine des Cissus ,
dans l’ile de Java. Ses fleurs, de la grosseur
du poing, sont d’abord enveloppées dans des
bractées d’un violet sale ; leur calice est blan¬
châtre, hérissé de pointes à sa face interne ; il
est subinfundibuliforme , presque campa-
nulé , à cinq lobes partagés chacun en deux
ou trois segments ; la gorge du calice est gar¬
nie d’une couronne interrompue. Les organes
sexuels, mâles et femelles, forment une tête
globuleuse, attachée au tube du calice. Les
anthères, attachées au dessous du sommet
du corps central, sont sessiles, horizontales,
comprimées , disposées sur un seul rang.
L’ovaire est libre, uniloculaire, contenant un
grand nombre d’ovules attachés à plusieurs
trophospermes pariétaux. (A. R.)
Ce nom a été aussi appliqué par Bern-
hardi à un genre rapporté comme simple
section au Datura, L. (G. L.)
BRUGUET. bot. cr. — C’est ainsi qu’on
appelle , dans quelques endroits , le Ceps es-
culent ou Boletus edulis L. (LÉv.)
BRUGUÏERA ( Bruguière , naturaliste
voyageur français), bot. ph. — Genre de la
famille des Rhizophoracées , formé par La-
marek ( Dict ., IV, 696, t. 397) et renfermant
des arbres et des arbrisseaux de l’Asie et de
la Nouvelle-Hollande tropicales, où ils crois¬
sent sur les bords de la mer. — Deux
autres g. ont aussi reçu ce nom : l’un établi
par Richard [Mse.) et synonyme de Conoste -
gia: l’autre créé par Dupetit-Thouars (Dict.),
et synonyme de Lumnitzexa. (C. L.)
BRU
BRULEE ou POURPRE BRULEE, moll.
— Nom vulgaire d’une belle espèce du g. Ro¬
cher.
BRULURE, bot. cr. — Nom qu’on
donnait autrefois à la Rouille des Céréales
(< Uredo rubigo vexa DC.). Cet état, qui dé¬
pend de la présence d’un petit champignon
parasite , était considéré , avant Persoon ,
comme le produit de l’action des rayons so¬
laires, concentrés par les gouttes d’eau ou de
rosée qu’on observe sur les feuilles des Gra¬
minées. Quelques personnes , et surtout les
agriculteurs, croient encore qu’on doit at¬
tribuer la présence de cet Uredo au voi¬
sinage du Berberis yulgaris. (LÉv.)
BRUMES. phys. — Voyez météores.
BRUN DE MONTAGNE, géol. — Voyez
terre d’ombre.
BRUNELLA, Mœnch. bot. ph. — Alté¬
ration de Prunella , L. (C. L.)
BRUNELLE. rept. — Syn. de Coluber
bruneus L. V oyez couleuvre.
BRUNELLIER. Brunellia (nom propre).
bot. ph. — Genre dédié par Ruiz etPavon à
Brunelli, botaniste bolonais. Il appartient à
la famille des Zanthoxylées, et offre les ca¬
ractères suivants : Fleurs diclines. Calice
4-5-parti , revêtu à sa base d’un disque
velu, déprimé, 8-10-lobé dans son contour;
pas de pétales. Fleurs mâles : 8-10-étamines
plus longues que le calice, insérées sur le
contour d’un disque qui porte des ovaires
rudimentaires. Fleurs femelles : étamines in¬
sérées comme les précédentes, plus courtes
que le calice, à anthères vides. Ovaires égaux
en nombre aux divisions du calice, distincts,
velus, surmontés chacun d’un petit style
aigu, et contenant 2 ovules collatéraux sus¬
pendus à l’angle interne. Autant de capsules
distinctes , s’ouvrant par devant dans leur
longueur, 1-2-spermes. Graines ovoïdes ou
globuleuses, offrant, dans un test crustacé
revêtu d’une pellicule fine et dans un péri-
sperme charnu, un embryon droit.---Les es¬
pèces, originaires pour la plupart de l’Améri¬
que tropicale, une ou deux des îles Sandwich
et Rawak, sont des arbres garnis ou dépour¬
vus d’aiguillons, à feuilles opposées ou verti-
cillées 3 à 3, simples ou trifoliées ou im-
paripennées , variations qu’on rencontre
quelquefois sur un même rameau, à folioies
coriaces, entières ou plus souvent crénelées,
sans points transparents. Les fleurs sont dis?
BRI|
posées en panicules ou en corymbes axillai¬
res ou terminaux. (Ad. J.)
BRUNET, ois. — Nom vulgaire du Frin-
gilla pecoris Gm., que Cuvier a réuni au g.
Moineau.
BRUNETTE. ois. — Nom vulgaire du
Tringa variabilis L., esp. du genre Bécas¬
seau.
*BRUI\FELSÏA (Othon Brunfels , bota¬
niste du xvie siècle), bot. ph. — Genre fort
remarquable de la famille des Scrophularia-
cées, tribu des Salpiglossidées , formé par
Plumier (le., t. 65), et adopté par tous les
botanistes. Il renferme quelques espèces in¬
digènes de l’Amérique ciséquatoriale, et fort
recherchées dans les serres d’Europe en rai¬
son de leur beau port et de leurs fleurs gran¬
des et odorantes. Ce sont des arbrisseaux à
feuilles alternes, oblongues, très entières;
à fleurs axillaires, solitaires ou en nombre,
et terminales. L’espèce la plus belle de celles
qui sont cultivées est le B. violaceus, remar¬
quable surtout par ses jeunes tiges et ses
grandes feuilles violacées en dessous, lisses
et verdâtres , avec les grandes nervures lar¬
gement bordées de blanc en-dessus. (C. L.)
BRUNIA (nom propre), bot. ph. — Genre
type de la famille des Bruniacées, établi par
Linné ( Gen. , t. 1737 ), revu et adopté par
Ad. Brongniart (Ann. sc. nat., VIII * 372),
renfermant un assez grand nombre d’esp. ,
dont plus de 20 sont cultivées dans les jar¬
dins européens. Ce sont des arbrisseaux du
Cap , à rameaux subverticillés , tantôt à
feuilles petites , étroitement imbriquées , à
fleurs capitées ; tantôt à feuilles plus gran¬
des , semblables à celles des Abiétinées ou
des Myrtacées, et à fleurs paiiiculées , à ca¬
lices 1-ou 3-bractéés. F oyez pour les carac¬
tères l’article bruniacées. (G. L.)
BRUNIACÉES. bot. pii.— Cette famille,
dont les genres ou les espèces les plus an¬
ciennement connues étaient placées à la
suite des Rhamnées, s’en éloigne réellement
pour se rapprocher plutôt des Cornouillers,
ainsi que l’a fait remarquer son auteur,
M. Ad. Brongniart, dans une excellente mo¬
nographie ; et l’insertion des étamines peut
être considérée plutôt comme épigynique
que périgynique,à cause de la structure sin¬
gulière et vraiment exceptionnelle d’un de
ses genres, le Raspailia, où rovaire, quoique
fibre , porte les pétales avec les étamines
BRU 749
attachés vers son sommet. Quoi qu’il en
soit, voici ses caractères : Calice tubuleux,
à 5, ou très rarement 4 divisions imbriquées.
Autant de pétales alternes, à limbe spathulé,
posé sur un long onglet, à préfloraison im¬
briquée. Autant d’étamines alternant avec
les pétales, unissant quelquefois leur base
en une corolle monopétale, insérée avec eux
sur un disque qui lie le plus ordinairement
le tube du calice avec l’ovaire, à anthères
biloculaires , s’ouvrant en dedans par des
fentes longitudinales. Ovaire adhérent au
calice dans la totalité ou dans la plus grande
partie de la longueur, quelquefois couronné
par une expansion du disque qui opère cette
adhérence, entièrement libre dans un seul
cas, à deux ou trois loges, plus rarement à 5,
mais paraissant alors uniloculaire et à pla¬
centation centrale à cause de l’avortement
des cloisons. Dans chaque loge, 1 ou 2 ovu¬
les collatéraux , suspendus. Style bifide ou
simple avec 2 ou 3 stigmates terminaux.
Fruit ordinairement couronné par le calice ,
persistant et marcescent, sec, indéhiscent
ou se séparant en 2 coques, souvent 1-locu-
laire par avortement. Graines souvent coif¬
fées d’une petite caroncule , revêtues d’un
test crustacé, et présentant, au sommet d’un
périsperme charnu, un très petit embryon à
radicule supère. — Les espèces de cette fa¬
mille se rencontrent toutes au cap de Bonne-
Espérance, excepté une seule appartenant
au genre Berzelia, originaire de Madagascar.
Ce sont des arbrisseaux ou sous-arbrisseaux
dont le port rappelle les Bruyères ; dont les
feuilles, petites, roides, entières, calleuses à
leur sommet, alternent en s’imbriquant;
dont les fleurs , rarement solitaires et termi¬
nales , se groupent quelquefois en épis ou
panicules, ou plus ordinairement se pelo¬
tonnent en têtes auxquelles souvent plu¬
sieurs bractées larges et scarieuses forment
un involucre.
genres : Berzelia , Brongn. — Bruma ,
Brongn. — Raspailia, Brongn. — Siaavia ,
Thunb. (Levisanus, Schreb. — Aslrocoma ,
Neck.) — Berardia, Brong. (Nebelia, Sweet.)
— Linconia , L. — Audouinia, Brongn. (Pa-
vinda, Thunb.) — TiUmannia, Brong. (Ma '.es¬
tera, Reich.) — Thamnea, Soland. — On a
de plus placé avec doute, à la suite de la fa¬
mille, VHeterodon , Meisn., et le Gruvçnhors-
tia, Nees. VErasma, R. Br., (Jont op np
750
BRU
BRU
connaît que le nom, se rapporte probable¬
ment à l’un des genres énumérés plus haut.
(Ad. J.)
BRUNNICHIA (T. Brunnich , naturaliste
danois), bot. ph. — Genre de la famille des
Polygonacées ( Polygonées-douteuses ), éta¬
bli par Banks sur une plante découverte
dans l’Amérique boréale. Le B. cirrhosa est
un arbrisseau volubile , cultivé dans nos
jardins, à feuilles alternes, cordiformes-ova-
les , glabres ainsi que les rameaux ; à pé¬
tioles semi-amplexicaules, entourant la tige
par un bord annulaire, pubérule ; à inflores¬
cence en grappes paniculées , cirrhifères au
sommet ; à fleurs d’abord serrées , puis dis¬
tantes , solitaires ou subternées dans l’ais¬
selle des bractées , à pédicelles articulés au
milieu. (C. L.)
BRUNONIA (nom propre), bot. ph. —
Genre type de la famille des Brunoniacées,
établi par Smith ( Linn . Trans., X, 367,
t. 28, 29). Il renferme un petit nombre de
plantes, dont une est cultivée en Europe, le
B. australis. Voyez pour les caractères l’art.
BRUNONIACÉES. (C. L.)
*BRUNONIACÈES. bot. ph. — Le genre
Brunonia, d’abord placé à la suite des Goo-
dénoviées, en a été plus tard séparé comme
type d’une famille distincte, dont il est jus¬
qu’ici le seul genre, et qui se distingue par
les caractères suivants : Calice à 5 divisions
terminant un tube court. Corolle monopé¬
tale , hypogyne, marcescente , dont les seg¬
ments, alternant avec ceux du calice, sont
légèrement irréguliers : les 2 supérieurs sé¬
parés l’un de l’autre dans une longueur plus
grande que les autres , tous parcourus par
une nervure médiane, à préfloraison val-
vaire. Étamines 5, hypogynes, alternant avec
les divisions de la corolle, dont les filets sont
réunis entre eux à leur sommet, ainsi que
la base des anthères. Ovaire libre , renfer¬
mant dans une seule loge un seul ovule
dressé, surmonté d’un style que termine un
stigmate entouré par une espèce de colle¬
rette ou indusium à deux valves. Le fruit est
un utricule membraneux qu’enterre et ca¬
che le tube du calice endurci. La graine, re¬
vêtue d’un test simple , n’a pas de péri-
sperme, mais un embryon nu, à radicule
infère, beaucoup plus petite que les cotylé¬
dons, qui sont droits et charnus. — Le genre
Brunonia comprend plusieurs plantes her¬
bacées de la Nouvelle-Hollande, dont le port
rappelle celui de nos Scabieuses ; dont les
feuilles radicales sont entières, spalhulées,
sans stipules ; les hampes terminées par des
têtes de fleurs bleues , chacune accompa¬
gnée de 4 bractées , l’ensemble entouré
d’un involucre de larges folioles. (Ad. J.)
BRUNSYIA (nom propre), bot. ph. — Ce
genre de Necker est un des nombreux syno¬
nymes du Croion de Linné, dont il semble¬
rait cependant s’éloigner par les 2 envelop¬
pes de 3 folioles chacune , et par les capsu¬
les polyspermes que lui assigne son auteur,
qui l’avait peut-être dédié à un ancien au¬
teur d’un ouvrage pharmaco-botanique,
Jér. Brunschwyg. (Ad. J).
BRUNSWIGIA (nom d’homme), bot. ph.
— Genre de la familledes Amaryllidées, éta¬
bli par Ker (In Ait. hort. Kew. ed., 2, II,
p. 230) pour un certain nombre d’espèces
d’abord rangées dans le g. Amaryllis , dont
elles diffèrent par les caractères suivants :
Calice presque campanulé ou même ur-
céolé, à six lobes égaux ou un peu inégaux.
Étamines 6 , insérées à la base et non à la
gorge du calice; stigmate presque simple ou
à peine trilobé. Capsule mince , membra¬
neuse, à trois loges, s’ouvrant en trois valves
par le milieu de chaque loge. Celles-ci con¬
tiennent chacune un petit nombre de grai¬
nes oblongues. — Les esp. de ce g., assez
nombreuses, sont toutes des plantes bulbeu¬
ses originaires du cap de Bonne - Espérance.
Leurs fleurs , souvent très grandes, forment
une ombelle simple , et sont accompagnées
d’une spathe bivalve. Nous pensons que
ce g. pourrait , sans inconvénient, être réuni
de nouveau au grand g. Amaryllis , dont il
formerait une simple section. (A. R.)
BRUSLURE. bot. cr. — Voyez brûlure.
BRUTES. Brûla, mam. — Linné avait dési¬
gné sous ce nom un groupe disparate formé
de Mammifères dépourvus d’incisives à doigts
onguiculés, tels que les Morses, les Eléphants,
les Bradypes qui ont été distribués dans les
ordres des Carnassiers amphibies, des Éden¬
tés et des Pachydermes. M. de Blainville a
donné le même nom à une famille de l’ordre
des Mammifères ongulogrades, comprenant
le Tapir, le Daman et le Rhinocéros. (C. d’O.)
BRUYÈRE, bot. ph. — Nom vulgaire
des espèces du g. Erica. (C. L.)
BRUYÈRES* bot* ph* — Nom français
BRY
qu’avait reçu la famille des Éricinées, dans la
première nomenclature qui désignait chaque
famille par le pluriel de son g. type. Ad. J.)
BRY. Bryurn (0pv ov, mousse), bot. cr. —
Ce g., l’un des plus nombreux et des plus
remarquables de la famille des Mousses, ap¬
partient à la division des Acrocarpes. Son
nom lui a été imposé par Dillen , qui l’a
emprunté à la langue grecque ; mais, chez
les Grecs, ce nom avait une signification plus
étendue, puisqu’on s’en servait indifférem¬
ment pour désigner une mousse , un lichen,
une algue , et même une plante phanéro¬
game. Toutefois, ce g. Bryurn , tel que l’en¬
tendait le botaniste anglais , comprenait des
Mousses qui en ont été distraites, et il a subi
depuis son établissement une foule de vicis¬
situdes qu’il serait trop long de rappeler ici.
Les bryologistes modernes ne sont même
pas d’accord entre eux sur sa circonscrip¬
tion. Les uns, comme MM. Bruch et Schim-
per, y réunissent le genre Piychostornum ,
Hornsch.; le Webera et le Pohlia, Hedw. ;
les autres , comme M. Schwægrichen , conti¬
nuent à les tenir séparés. M. Hooker (in Lin-
dley, A nat. syst. of Bol. , p. 411) admet la
réunion proposée par les deux premiers
bryologistes; mais il en excepte le Ptychosio-
mum. Quant à nous , nous admettons ce
genre tel qu’il a été défini par Bridel ( Bryol .
univ ., I, p. 623) , en excluant toutefois la
section III ou Polla, qui forme pour nous,
comme pourM. Schwægrichen et les auteurs
de la Bryologia europœa , le genre Mnium ,
lequel emprunte à la végétation des carac¬
tères tels , que la similitude apparente des
péristomes ne suffit pas pour motiver la réu¬
nion de deux g. si bien tranchés. Voici
comme nous définissons le genre Bryurn :
Péristome double: l’extérieur formé par 16
dents simples, lancéolées, équidistantes, in¬
fléchies par la sécheresse, marquées d’arti¬
culations plus apparentes en dedans, où des
lamelles proéminentes les séparent, et par¬
courues longitudinalement dans leur mi¬
lieu par un sillon plus ou moins prononcé et
plus ou moins long; l’intérieur consistant
en une membrane délicate, blanche ou jau¬
nâtre, offrant 16 sillons qui résultent d’au¬
tant de saillies en carène , d’où partent des
cils eux-mêmes carénés et séparés l’un de
l’autre par 1, 2 ou 3 filaments articulés op¬
posés aux dents, et qu’on nomme ciliola.
BRY 751
Ces filaments sont ou nus (Webera) ou ap-
pendiculés (Bryurn), c’est-à-dire munis de
crochets. Capsule égale, lisse, dépourvue de
toute apophyse, inclinée, penchée, horizon¬
tale ou pendante, cylindrique, ovale ou py-
riforme, munie d’un anneau et portée par
un long pédoncule. Opercule court, con¬
vexe ou conique, légèrement obtus, terminé
par un mamelon ou une petite pointe, ja¬
mais par un bec comme dans les Mnium.
Coiffe assez petite, cuculliforme ou en capu¬
chon, tombant avant la maturité. Fleurs mo¬
noïques, dioïques et hermaphrodites, c'est-
à-dire fort variables ; les mâles axillaires,
libres (B. nutans ), ou terminales gemmifor-
raes (B. nudum ), ou bien réunies en tête
(B. pollens). Anthéridies et pistils nombreux
environnés de paraphyses filiformes ou lé¬
gèrement renflées en massue au sommet,
articulées. Un seul pistil fécond. Spores lis¬
ses, très petites, globuleuses, d’un vert jau¬
nâtre. Tiges dressées ou ascendantes , pous¬
sant de nouveaux jets sous leur sommet,
mais non comme les Mnium de leur base.
Innovations ou rejets semblables à la tige
mère. Feuilles le plus souvent disposées sur
huit rangées, embrassant la tige dans sa
demi-circonférence, quelquefois décurren-
tes, ovales, ovales-lancéolées , concaves,
munies d’une nervure qui dépasse quelque¬
fois le sommet sous forme de pointe ou de
mucro, entières ou denticulées, à bord mince
ou épaissi , acquérant généralement une
longueur d’autant plus grande qu’on les ob¬
serve plus près du sommet de la tige. Ré¬
seau des feuilles composé d’aréoles rhom-
boïdales ou quadrilatères et parallélogram¬
mes inférieurement, et disposées en une
seule couche.
Ces Mousses vivent en société sur la terre,
où elles forment des gazons plus ou moins
touffus, jamais dans l’eau ni sur les arbres.
Elles sont vivaces et se rencontrent sous
tous les degrés de latitude de l’un et de l’au¬
tre hémisphère, depuis le fond des vallées
jusqu’au sommet des plus hautes monta¬
gnes. Ainsi le Bryurn coronuium croît dans
les zônes les plus chaudes du Nouveau-
Monde, et M. Martins nous a rapporté du
Spitzberg les B. cæspiticium et iulaceum, ce
dernier, il est Yrai, sans capsules. Le B. ar¬
yen teum se trouve sous les latitudes les plus
diverses et dans les deux hémisphères
752 HRŸ
Nous l’ayons reçu du Chili, de la Bolivie,
de l’Égypte, des îles Canaries, du Brésil et
des Neel-Gherries. Le nombre des espèces
connues de ce g. s’élève à environ cinquante,
et à un nombre plus grand encore si l’pn
veut admettre comme espèces légitimes tou¬
tes les formes proposées comme telles. (C.M.)
BRYA. BOT. PH. — P^oym AMERIMNUM.
*BRYACÉES. bot. cr. — Cette tribu
de la famille des Mousses acrocarpes a
pour type le g. Bryum , défini plus haut,
et en comprend plusieurs autres encore ,
tous réunis par les caractères suivants :
Capsule terminale, le plus souvent égale,
oblongue ou pyriforme, dressée, penchée
ou pendante, lisse, rarement striée, munie
d’un long pédoncule et s’ouvrant par un
orifice plus ou moins évasé. Coiffe en alêne
fendue sur le côté. Opercule varié. Péristome
ordinairement double , rarement simple et
encore plus rarement réduit à une mem¬
brane annulaire horizontale. Tige simple ou
rameuse, poussant des rejets, soit de la base
{Mnium), soit du sommet {Bryum). Feuilles
espacées ou serrées et étroitement imbri¬
quées, assez variables dans leur forme gé¬
nérale et dans celle de leur réseau, souvent
marginées, dentées, mucronéesou cuspidées,
réunies chez un grand nombre au sommet
de la tige, de manière à figurer une rosette
ou une sorte de toupet. Fleurs hermaphro¬
dites , monoïques, mais aussi très souvent
dioïques ; et, dans les deux derniers cas, les
mâles réunies en tête ou en disque au som¬
met des tiges, rarement placées dans l’ais¬
selle des feuilles supérieures, avoisinant les
fleurs femelles. Les genres qui constituent
cette tribu peuvent être répartis en trois
sections, dont M. Schwægrichen fait autant
de petites tribus.
1° mnia. Genres : Cinclidium, Sw.; Mnium <
Hedw. ; Peromnium , Schwægr. ; Aulacom -
nion, Schwægr.; Arrlienopierum, Hedw.
2° brya. Genres : Bryum, Diil. ; Pofilia ,
Hedw. ; Ptyçh.ostornum , Hornsch. ; Tirnmia,
Hedw.; Acidodoniium? , Schwægr.
3° leptostomi. Genres : Lepiosiomum, Rob.
Br. ; Brachymenium , Hook. ; Leptotheca ,
Schwægr. (C. M.)
*BRYANTHUS, Gmel. (jSpv'oj , je crois en
abondance ; àvôoç , fleur), bot. ph. — Syno¬
nyme de Menziesia de Smith. (G. L.)
BRYAXIS. ins. — Genre de Coléoptères
BRY
1 dimères, famille des Psélaphiens, établi par
Knoch, et adopté par Latreilie, ainsi que par
M. Aubé, qui, dans sa monographie de cette
famille , p. 23> le range dans la division de
ceux à tarses monodactyles. M. Aubé rap¬
porte à ce g. 14 espèces qu’il sépare en 4
groupes ou sous-genres, dont il serait trop
long de détailler ici les caractères. Nous
nous bornerons à citer une espèce pour
chacun d’eux : 1° B. sanguinea ( Anihicüs
sanguineu s Fabr. ) ; 2o B. fossulata Reich.;
3» B. Lefebvrei Aub. ; 4« B. Goryi Aub. Les
trois l>es sont d’Europe , et se trouvent aux
environs de Paris. La quatrième est de Car-
thagène en Amérique. M. Dejean {Calai., 3e
édit.) désigne 17 espèces de Bryaxis, dont 5
d’Amérique, et les autres d’Europe. (D.)
*BRY0B1UM (/2pvov, mousse; j2toç, vie).
bot. ph. — Famille des Orchidées , tribu des
Malaxidées. Genre établi par Lindley {IYat.
sysi., p. 44G), et très voisin du g. Ociomeria.
Les folioles externes de son calice sont rap¬
prochées , ovales et velues ; les intérieures
sont allongées , linéaires , tronquées , cour¬
tes et réfléchies entre les externes. Le labelle
rétréci à sa base est ovale, entier, sans ap¬
pendices. Le gynostème, très court, porte une
anthère biloculaire, qui contient huit masses
polliniques disposées 2 par 2 sur 2 rangées.
Ce g. ne se compose que d’une seule esp. ,
petite plante parasite , originaire des An¬
tilles, à fleurs petites, herbacées , réunies en
tête ; à tige épaisse , et à feuilles disposées
2 par 2, oblongues et émarginées au som¬
met. (A. R.j
*BRYOBIUS (/3pvov, mousse; jStoç, vie). ins.
— Genre de Coléoptères pentamères, de la
famille des Carabiques, créé parM. deChau-
doir ( Tabl. d’une subdivis. du g. Feronia ),
qui indique les trois espèces suivantes
comme en faisant partie: Pt. Jurinei Panz.,
Hirdenii Find. , bicolor Peirol. , et peut-être
le Pt. Xartartii Dej. Les deuxième et troi¬
sième ne sont regardés par M. Dejean que
comme des variétés du premier; et le bi¬
color, que ce dernier a reçu des Pyrénées se
trouverait aussi en Suisse , suivant M. de
Chaudoir, si toutefois ce n’est pas une es¬
pèce distincte. (C.)
BRYOCHARÏS (|3 pvov , mousse; xapcç,
grâce ),. ins. — Genre de Coléoptères penta¬
mères, de la famille des Brachélytres, établi
par M. Lacordaire, dans la Faune entornolo-
BRY
BRY
753
gique des environs de Paris , et non adopté
par M. Erichson, qui en rapporte les espèces
au g. Bolitobius de Leach. (D.)
*BRYOCHYSIUM ( (3 puov, mousse ;
diffusion), bot. pii. — Link ( Handb . der bol.,
III, p. 341) décrit sous ce nom un champignon
dont le sporange est plus ou moins étalé, d’a¬
bord d’une consistance molle , puis friable,
et composé de filaments mêlés de sphérules
grandes et petites, qui pourraient en être les
spores. Le B. muscorum est de couleur oran¬
gée, etses filaments en sont blancs. M. Endli-
cher croit que ce champignon ne diffère pas
du Rhizocionia muscorum. (LÉv.)
*BRYOCLADIUM (|3pvov, mousse ; xlâàog,
rameau), bot.' cr. — Genre de Champignons
établi par Kunze, et dont la description ne
paraît pas très exacte. Endlicher , dans son
Généra plantarum, le place à la suite des
Pyrénomycètes. (LÉv.)
*BRYOCLES. bot. ph. — Famille des Li-
liacées. Le g. ainsi nommé par Salisbury
(Hort. Soc. Trans.Ylll, p. 11), et qui a
pour type les Hemerocallis japonica et H.
cœrulea, avait été établi antérieurement par
Sprengel sous le nom de Funkia. (A. R.)
*BRYOCGRIS (|3pvov, mousse ; xopiq, pu¬
naise). ins. — M. Fallen a désigné ainsi un
genre , qui rentre parfaitement dans celui
d’Eurycephala,L&p., ou Hallicus , Hahn., de
la famille des Miriens , de l’ordre des Hé¬
miptères. La seule esp. citée par M. Fallen
est le B. pteridis. (B*-)
BRYOIDEI. bot. cr. — F" oy. bryacées.
BRYONE. Bryonia (|3 pv», je végète avec
force), bot. pu. — Genre de la famille des
Cucurbitacées, tribu des Cucurbitées-Bryo-
niées, formé par Linné {G en., 1480, Excl. sp .),
et comprenant un grand nombre d’esp. répan¬
dues dans toutes les parties tempérées et chau¬
des du globe. On en cultive une trentaine
d’esp. dans nos jardins européens, en y com¬
prenant 2 esp. indigènes, les B. dioica
et alba. Ce sont des plantes herbacées an¬
nuelles ou pérennes, pileuses ou scabres,
volubiles, à rhizome tubéreux ; à feuilles al¬
ternes, pétiolées, cordiformes, anguleuses
ou trifides ; à fleurs axillaires, en grappes
ou en fascicules , dont les femelles souvent
solitaires. Les fleurs, dans ce genre, sont
monoïques ou dioïques. Les mâles ont le
calice campanulé , 5-fide , la corolle 5-par-
lite, adnée à la base de celui-ci ; 5 étamines I
T. u.
triadelphes dontles anthères à une seule loge
adnée dorsalement et en cercle le long d’un
connectif incisé-denté ; à la base une glan-
dule trilobée. Les femelles ont un tube cali-
cinal tubulé , conné avec l’ovaire et étranglé
au-dessus, à limbe supère, 5-fide, campa¬
nulé ; la corolle des mâles ; un style trifide ;
à la base du style une glandule annulaire,
entière ou lobée. Baie globuleuse, oligo¬
sperme. La B. dioïque, fort commune dans
tous les bois et dans les haies, offre un rhi¬
zome charnu , très gros , composé presque
entièrement d’amidon et d’un principe âcre,
lequel est un violent purgatif ; traité convena¬
blement, et dégagé de celui-ci, on en tire une
fécule assez bonne et comestible. (G. L.)
*BRYOMÉES. bot. pii. — Tribu de la
famille des Cucurbitacées ( voyez ce mot),
ayant pour type le g. Bryonia. (Ad. J.)
*BRYOPHAGIDES. Bryophagidi (|3pv'ov ,
mousse ; <pa?E~v ing i r). ins. — Nom d’une
tribu établie par M. Guénée, dans sa famille
des Noctuelles d’Europe , pour y placer le
seul genre Bryophile. (D.)
*BRYOPHILE. Bryophila (|3puov, mousse ;
«ptAeco, j’aime), ins. — Genre de Lépidoptères
nocturnes , établi par M. Treitschke , et
adopté par M. Boisduval , qui le place dans
sa tribu des Bombycoïdes. Toutes les espèces
de ce g. sont de petite taille (la plus grande
n’a pas plus d’un pouce d’envergure). Leurs
Chenilles ont beaucoup de rapports avec
celles des Lithosides; elles sont garnies de
tubercules surmontés de poils courts, et vi¬
vent aux dépens des Lichens qui croissent
sur les pierres , les murailles et les arbres.
Elles se cachent pendant le jour, et se méta¬
morphosent dans des creux qu’elles tapissent
intérieurement de soie, et qu'elles recouvrent
de Lichens, de manière à cacher leur retraite.
Ce g. renferme 14 espèces, dont 4 seulement
se trouvent aux environs de Paris. Nous ci¬
terons parmi ces dernières, comme type du
genre , la B. glandifera des auteurs alle¬
mands , nommée B. lichenes par Fabricius,
et figurée dans Y Histoire des Lépid.de France,
t. IV, pl. 86, fig. 1. (D.)
*BRYOPHTHÂLMUM, Mey. (Æpv^.je
végète; ô<p0aAp.oç , œil), bot. ph. — Syno¬
nyme de Moneses , Salisb. (C. L.)
BRYOPHYLLUM (/3 pvw, je croîs en abon¬
dance ;>vAAov, feuille), bot. ph. — Genre de
la famille des Crassulacées, tribu des Orribi-
48
BRY
BRY
754
liçées (Crassulées-Diplostémones, DG.), formé
par Salisbqry ( Parad., t. 3 ), et peu distinct
du Kalanchoë d’Adanson, auquel on devrait
peut-être le réunir. Nous examinerons cette
question à l’article kalanchoë. Le B. calyci-
num, seule espèce du genre, est fort remarqua¬
ble par sa facilité de reproduction, à laquelle
son étymologie générique fait allusion. Si
l'on pose sur le sol une de ses feuilles, dont
la forme est ovale-arrondie, crénelée-sinuée,
il sort bientôt de chacune des sinus de peti¬
tes radicelles, que surmontent immédiate¬
ment une ou plusieurs jeunes plantes. (C.L.)
*BRYOPOGO!\I ( |3puov , mousse; 7 covywv,
barbe), bot. cr. — (Lichens.) Genre établi
par M. Link (Handb., III, p. 164) sur un dé¬
membrement des Corniculaires d'Acharius,
mais qui n’a point été admis. Toutes ces es¬
pèces, ou au moins le plus grand nombre,
rentrent dans le g. Evernia. ( Voyez ce mot.)
On peut encore consulter un article que
MM. Nees d’Esenbeck et Flotow ont publié
dans la Linnœa, sur leur nouveau g. JYeu-
ropogon , lequel ne nous semble pas lui-
même devoir être distrait des Évernies. Nous
avons donné une traduction de cet article
dans les Annales des sciences naturelles (2 esér.
Bot., tome III, p. 238). (G. M.)
BRYOPSIS (jSpuo v , mousse ; o^tç, appa¬
rence). bot. cr. — (Phycées). Lamouroux a
établi sous ce nom [Ann. Mus., 20, p. 281,
t. 7 ) un g. fort remarquable de la famille
des Zoospermées , et qui depuis n’a subi au¬
cune modification, tant il est naturel. Ses
caractères sont les suivants : Fronde mem¬
braneuse, tubuleuse, cylindrique, continue,
simple ou rameuse ; rameaux irréguliers ou
dichotomes, chargés dans une plus ou moins
grande étendue , mais surtout vers leur
sommet, de ramules tantôt étroitement im¬
briqués de tous les côtés, tantôt disposés
sur deux rangées, comme les barbes d’une
plume, ou, en d’autres termes, pennés. Ges
filaments tubuleux, anhistes, du moins en
apparence, car M. J. Agardh nous apprend
que, dans les Confervées et plusieurs Sipho-
nées , il a constaté qu'ils étaient composés
de fibres spirales entrecroisées, ces filaments,
disons-nous , sont remplis, pendant la vie,
d’un liquide chargé de granules verdâtres
d’une excessive ténuité , lesquels, dans la
dessiccation, se déposent à l’intérieur de la
paroi du tube, s’y concrètent et la tapissent
comme d’une sorte de vernis. Les granules
en question se métamorphoseront un jour
en Zoospermes ou sporidies animées, des¬
tinées à propager la plante. M. J. Agardh,
qui a suivi toute leur évolution dans le
Bryopsis arbuscula , a très bien décrit tous
les phénomènes qui se sont passés sous ses
yeux pendant cette métamorphose, sur la¬
quelle nous reviendrons plus en détail au
mot zoospermes. Jusqu’à ces derniers temps,
on avait cru les Bryopsis privés de ces or¬
ganes appendiculaires qu’on retrouve dans
les g. Codium, Vaucheria et Flabellaria, et
qui ont reçu le nom de Coniocysies. M. Me-
neghini les a observés le premier, en 1837
[Flora, décemb., 1837, p. 721), et nous avons
vérifié son observation sur des échantillons
de B. balbisiana recueillis à Yillefranche
par M. Webb. [F. Ann. sc. nat. 2e sér., II,
p. 370). Ces Coniocystes sont des espèces de
poches sphériques , de la même nature que
le filament qui les porte, et dans lesquelles
se voit une masse granuleuse d’un vert dont
la teinte noirâtre dépend probablement de
leur agglomération. Elles tiennent au fila¬
ment par un très court pédicelle. On ne sait
pas bien encore si ces organes se compor¬
tent comme les analogues qu’on rencontre
dans quelques g. voisins , c’est-à-dire s’ils se
détachent et germent en masse pour repro¬
duire la plante.
Le g. Bryopsis est composé d'Âlgues fort
élégantes par leur ramification et leur port.
Il a son centre géographique dans les zones
tempérées des deux hémisphères. Il s’avance
un peu plus dans le Nord que dans le Sud,
car on en trouve une espèce au Danemark,
tandis que les Malouines forment sa limite
dans l’hémisphère opposé. La Méditerranée
en fournit proportionnellement le plus grand
nombre. Ce nombre s’élève aujourd’hui à
environ 16 esp. bien distinctes. (G. M.)
*BRYOPTERIS (fipvov, mousse; ttt epov,
aile), bot. cr. — (Hépatiques.) Le g. Frulla-
nia de Raddi, réhabilité et solidement éta¬
bli aujourd’hui par M. Nees d’Esenbeck
(Hepat. Fur., III, p. 211), offre, dans sa
structure, deux formes principales dont ce
savant a fait le type des 2 sous-genres Jubula
et Bryopteris. Les Bryopteris , qui se com¬
posent d’espèces exotiques, offrent pour ca¬
ractères : Un périanthe à trois angles et à
dos lisse ; un style allongé ; des feuilles mu-
BUC
755
BGB
nies d’un lobule plart , infléchi et uni dans
toute sa longueur au lobe dorsal , enfin des
amphigastres entiers, tronqués à leur som¬
met et dentés. Les Jungermannia spathuli-
siipa Nees et diffusa Sw. font partie de celte
section des Frullania. V oy. ce mot. (C. M.)
BRYUM. bot. cr. — > K oyez bry.
BUBALE ( jgovSaXo;, buffle ). mam. — Es¬
pèce du genre Antilope, type d’un sous-genre.
Voy. antilope.
*BUBALIDES. mam. — Nom sous lequel
quelques auteurs désignent les Antilopes voi¬
sines du Bubale.
*BUBALINA ( Bubalinus , de Bœuf ou Buf¬
fle). bot. ph. — Syn. de Burchellia , R. Br.
(C. L.)
"BUBALORMS, Smith, ois.— Synonyme
du g. Alecto de M. Temminck.
*BUBAS (contraction de J3 ov&xXoç, buffle).
ins. — Nom donné par Mégerle à un genre
de Coléoptères pentamères, de la famille des
Lamellicornes, qui ne renferme jusqu’à pré¬
sent que 2 espèces du midi de la France ,
YOniiis bison Fabr., et l’O. bubalus Latr. Ce
genre se distingue des Oriitis par la tête
armée de 2 cornes longues et divergentes, et
par le corselet qui s’avance en pointe dans la
première espèce, et dont l’avancement est
tronqué dans la seconde. (C.) j
BUBBOLA. bot. cr. — Nom qu’on
donne, dans quelques parties de l’Italie, à la
Coulemelle (Agaricus procerus Scop.), et qui
paraît emprunté à la forme de son pédicule,
dont l’extrémité inférieure est renflée en
forme de bulbe. (Lév.)
BUBO. ois. — Nom spécifique du Grand-
Duc d’Europe, Strix bubo Gm. , employé
comme générique par Cuvier pour désigner
les Oiseaux nocturnes à conque petite, dont
le disque de plumes est moins prononcé que
dans les Chats-Huants, et qui ont des tarses
emplumés jusqu’aux ongles. Voyez duc.
(C. b’O.j
BUBON (j3ov6wv , aine ; qui guérit les tu¬
meurs de l’aine), bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Ombellifères , tribu des Peucéda-
nées, formé par Linné ( non Sprengel), pour
renfermer quelques espèces du Cap , dont
plusieurs sont cultivées dans les jardins eu¬
ropéens. Ce sont des arbrisseaux très glabres,
sécrétant une gomme résineuse , à tiges Cy¬
lindriques, portant des feuilles biternatisé-
quées, glauques, rigidules, à sègments den- |
tés ou pinnatifides, et à pétioles vaginants;
à fleurs d’un jaune verdâtre en ombelles
composées, multiradiées , à involucre, et
involucelles polyphylles,dontles folioles sont
linéaires. (C. L.)
BURROMA, Sch /Bou, particule aug'
mentative; /2pwp.a , nourriture), bot. ph. —
Synonyme de Guazuma. (C. L.)
BUBUTUS, Ois. — Syn. latin deBonbou,
nom du Coucou chez les Malais. Voy. Bou¬
bou. (C. d’Q.)
BUCANOPHYLLUM, Pluckn jSuxavvj,
trompette, «pvDov, feuille; à cause de la
forme des feuilles), bot. ph.— Synonyme de
Sarracenia , L. (C. L.)
BUCARDE. Cardiu /3ovç, bœuf; xa p-
êlo c , cœur ; à cause de la figure cordiforme
de la coquille), moll. — Genre de Mollusques
acéphales testacés de l’ordre des Lamelli¬
branches , famille des Cardiacées. Ce g. est
tellement naturel qu’il est demeuré presque
intact depuis sa création par Langius etGual-
tieri , et sa détermination rigoureuse par
Bruguière ; cependant quelques conchylio-
logistes ont adopté le g. Hémicarde, proposé
par Cuvier, comme offrant des différences
assez notables pour être séparé des Bucardes.
L’animal de la Bucarde a le manteau lar¬
gement ouvert par devant, bordé inférieure¬
ment de papilles tentaculaires ; un pied très
grand, coudé au milieu, à pointe dirigée en
avant; deux tubes courts , quelquefois iné¬
gaux et bordés de papilles; la bouche trans¬
verse, infondibuliforme, munie d’appendices
triangulaires; les branchies courtes, inéga¬
les de chaque côté, et réunies sur une même
ligne.
La coquille est bombée, subcordiforme , à
valves égalés, à sommets proéminents et
recourbés , à bords dentés ou plissés ; la
charnière est munie de 4 dents sur chaque
valve, deux cardinales obliques et deux laté¬
rales écartées. Les Coquilles des Bucardes ,
quoique presque toujours identiques sous le
rapport de la forme caractéristique , présen¬
tent néanmoins des différences tranchées
dans la nature et la disposition de leurs or¬
nements accessoires : les unes sont lisses ;
d’autres, et c’est le plus grand nombre, sont
garnies de côtes régulières communément ob¬
tuses , mais quelquefois relevées en carène ét
déchiquetées d’une manière bizarre ; d’au
très encoré sont armées d’épines droites ou
756
BUG
BUG
recourbées, ou bien couvertes de tubercules
souvent remarquables par leur régularité.
Si les Bucardes se distinguent par l’élégance
de leur forme , il n’en est pas de même de
leurs couleurs , qui sont rarement bril¬
lantes.
Ces Mollusques vivent le plus communé¬
ment sur les bords de la mer; quelques
esp. cependant s’éloignent des côtes , et
l’on en trouve un petit nombre à l’embou¬
chure des fleuves. Ils s’enfoncent dans le
sable à la profondeur de 10 à 12 centimè¬
tres , et y sont placés de telle sorte que les
orifices de leurs tubes arrivent à la surface
du sol, ce qui leur permet de tirer de l’eau
leur nourriture. Ce moyen, qu’emploient la
plupart des Bucardes pour échapper à leurs
ennemis, n’est pas mis en usage par les espè¬
ces à coquille épineuse , que leur armure
protège suffisamment contre la voracité des
animaux marins. C’est au moyen de leur pied
et d’un artifice de locomotion fort ingé¬
nieux, décrit avec détail par Réaumur, que
les Bucardes sortent et rentrent dans leurs
trous. Sur les plages qu’elles habitent , on
reconnaît leur présence aux jets d’eau qu’el¬
les lancent par les trous dans lesquels elles
sont retirées.
Ces Coquilles , dont on connaît un grand
nombre d’espèces à l’état vivant , sont ré¬
pandues dans toutes les mers du globe sous
toutes les latitudes. On en trouve plusieurs
espèces sur nos côtes, et elles y sont recueil¬
lies pour l’approvisionnement des marchés,
ce qui a lieu également en Hollande, en An¬
gleterre , en Espagne , et dans toutes les lo¬
calités où elles abondent. La plus commune
sur le littoral de l’Océan est la Bucarde
sourdon, Cardium edule. Quelques espèces
sont fort recherchées par les amateurs, entre
autres la Bucarde exotique , Cardium costa-
turn , espèce des côtes de Guinée et du Séné¬
gal , à coquille blanche et fragile , d’un prix
élevé, quand les deux valves appartiennent
réellement au même individu.
On en connaît un certain nombre d’espè¬
ces fossiles , dont quelques unes ont leurs
analogues à l’état vivant; c’est principale¬
ment dans les terrains de calcaires supé¬
rieurs à la Craie que se trouvent les Bucardes
fossiles. Le Calcaire grossier des environs de
Paris en renferme une dizaine d’espèces.
(C. d’O.)
BUC AUDITE, moll. — Nom donné par
les anciens oryctographes aux Coquilles fos¬
siles ayant la forme d’un cœur, qu’elles ap¬
partinssent ou non au g. Bucarde.
BUCCARDIUM. moll. — Synonyme d’I-
socarde.
BUCCELLES. ms. — Même chose qu’A-
gnathes.
BUCCIN. Buccinum ( buccinum , trom¬
pette). moll: — Ce nom a, depuis Aristote ,
été donné par les auteurs anciens à une foule
de Coquilles univalves différentes. Aujour¬
d’hui , grâce aux travaux de MM. de La-
marck, de Férussac et de Blainville, etc., il dé
signe un genre de l’ordre des Gastéropo
desPectinibranches parfaitement caractérisé
ainsi qu’il suit :
Animal spiral , ovale ou allongé , à pied
court, ovale, moins long que la coquille et
operculifère ; manteau, simple, ayant en
avant de la cavité respiratoire un canal long
et constamment découvert ; organe respira¬
toire formé de deux peignes branchiaux
inégaux. Tête aplatie, munie de deux tenta¬
cules conico-cylindriques , écartés , portant
les yeux sur un renflement extér ieur, situé à
la moitié de leur longueur. Bouche sans dent
labiale. Sexes distincts: les mâles ayant l’or¬
gane excitateur long, aplati , contractile et
situé au côté droit du cou ; chez les femelles,
l’oviducte aboutissant au côté droit, à l’en¬
trée de la cavité respiratoire. L’anus est placé
au côté droit antérieur.
Coquille ovale ou obeonique, à ouverture
oblongue, très échancrée en avant; colu-
melle simple ou calleuse, arrondie, ayant
quelquefois un seul petit bourrelet à la base.
Opercule corné, ovale, à éléments concen¬
triques ; sommet marginal et peu marqué.
Les Buccins sont répandus dans toutes
les mers ; mais les espèces des pays tropicaux
sont plus nombreuses, et parées de couleurs
plus vives. Ce sont, en général, des Coquilles
de médiocre grandeur , et quelques unes
même ne peuvent être décrites qu’avec le
secours de la loupe.
On peut porter à environ 200 le nombre
des espèces de ce genre, dont beaucoup sont
de nos côtes.
On en connaît plus de 30 espèces à l’état
fossile , appartenant presque toutes aux
terrains palœothériens. (C. d’O.)
BUCCINEIXE. Buccinella (diminutif de
B LC
buccina , trompette), moll.— M. Péry ( Traité
de Conch .) a désigné sous ce nom le g.Tur-
binelle de Lamarck.
BUCCINOIDES. moll. — Nom donné par
Cuvier, dans son Règne animal , à la troisième
famille des Gastéropodes pectinibranches ,
comprenant tous ceux dont la coquille est
canaliculée ou échancrée à la base, tels que
les g. Cône, Ovule, etc. (C. d’O.)
BUCCINUM. Moll.— Voy. buccin.
BUCCO ( bucca , joue), ois. — Voyez
BARBU.
BUCCO. bot. pii. — Wendland nommait
ainsi un genre séparé du grand genre Dios-
ma; Willdenow lui avait donné le nom d ’A-
gathosma. Voyez ce mot. (Ad. J.)
"BUCCOÏDÉES. ois. — On désigne sous
ce nom une famille de l’ordre des Passe¬
reaux zygodactyles ou grimpeurs , ayant
pour type le g. Barbu , et comprenant en
outre les g. Barbacou , Barbican , Tamatia
et Barbion. Les caractères de cette famille
consistent en un bec robuste , comprimé ,
pointu, élargi à la base, qui est garnie géné¬
ralement de poils raides et dirigés en avant;
tarses médiocres scutellés, à doigt antérieur
et externe plus long ; ailes courtes et conca¬
ves ; queue généralement inégale.
Ces Oiseaux appartiennent aux parties
chaudes des deux continents ; ils ont le
corps lourd et massif, les mœurs tristes,
indolentes et stupides. Us vivent solitaires
ou en troupes peu nombreuses dans l’épais¬
seur des forêts ; leur nourriture consiste en
Insectes et en fruits , et quelquefois même
ils attaquent les petits Oiseaux. C’est dans
des creux d’arbres ou dans de simples trous
qu’ils font leur nid, construit généralement
avec négligence. Certaines espèces de Buc-
coïdées présentent des couleurs fort vives ,
mais souvent disposées avec bizarrerie et
sans grâce. ^ (C. d’O.)
BUCCOÏNÉES. ois.— Nom d’une sous-fa¬
mille des Buccoidées , de l’ordre des Passe¬
reaux zygodactyles ou grimpeurs , compre¬
nant des espèces qui appartiennent toutes
au continent d’Asie, et particulièrement aux
Grandes-Indes et à ses groupes d’îles.
*BUCCONI]\ÉES, ois.— Nom d’une sous-
famille des Picidées , synonyme de Buc-
coinées.
*BUCCULINA.bot.ph.— Genre encore ob-
sçur de la famille des Orchidées , tribu des
BUC 757
Ophrydées, proposé par le professeur Lindley
[in Boi.mag. comp., II, p. 209) pour une plante
originaire du cap de Bonne-Espérance, à ra¬
cine munie de tubercules ovoïdes ; à feuilles
orbiculaires , étalées horizontalement , du
centre desquelles s’élève une hampe nue.
Les folioles extérieures du calice sont rappro¬
chées en casque ; les latérales internes sont
obliques à leur base, qui s’unit avec le la-
belle ; les intérieures , 2 fois plus longues ,
sont épaisses, charnues, dressées et dentées ;
le labelle est concave, à 5 divisions linéaires,
barbu dans sa partie moyenne , se prolon¬
geant en éperon à sa base et soudé avec les
côtés du gynostème, qui sont dilatés et mem¬
braneux. (A. R.)
BUCEIMTE. Bucent.es (jSoux/vTrjç, piqueur
de Bœufs ). ins. — Genre de Diptères , de la
famille des Athéricères , établi par Latreille
( Règne animal de Cuv. ) d’après la Mouche
géniculée de Degeer, et qui rentre dans celui
de Siphona créé par Meigen , ce dernier g.
ayant été adopté par M. Macquart, dont nous
suivons ici la méthode. Voy. sipiione. (D.)
*BUCÉPHALE. Bucephalus (jSovç, bœuf ;
xsrpa>vj, tête), helmint. — Genre d’Helmin-
thes Trématodes , dépourvus d’organes géni¬
taux , établi par M. de Baër pour un pa¬
rasite fort singulier qu’il a observé dans le
foie de certains Mollusques d’eau douce ,
Paludines , etc., et qu’il a nommé Buce¬
phalus polymorphus. ( Voyez Acta naturœ
Curiosonim, t. XI.) (Duj.)
En erpétologie, etc., on a aussi employé le
nom de Bucéphale ( Bucephalus ), et il paraît
qu’on s’en est aussi servi en mammalogie,
pour désigner plusieurs esp. d’animaux re¬
marquables par la grosseur de leur tête.
(P. G.)
“BUCEPHALON. Bucephalon ((ïovç, bœuf;
x£<poJv7, tête), acal. — Genre établi par
M. Lesson dans sa famille des Béroïdes,
tribu des Callianires , pour une espèce [B.
Reynaudii ) très commune près de l’île do
Ceylan , que M. Reynaud avait décrite sous
le nom de Callianire. Le Bucephalon a « le
corps plus large que haut, composé d’un
tube de forme hastée, très contractile, s’ou¬
vrant en haut entre les deux replis des feuil¬
lets supérieurs , par une petite ouverture ,
terminé en bas par une ouverture grande ,
circulaire, et bordée latéralement par deux
portions membraneuses élargies , garnies à
758 BUC
leur terminaison de 3 corps denses, épais,
massifs, et de forme d’olive. » (Duj.)
BUCEPHALUM, Adans. (j3oyx£^>a^ov, nom
grec présumé du fruit de la Macre, à cause
de sa ressemblance éloignée avec la tête
d’un Bœuf), bot. ph. — Synon. de Trophis ,
L. P. Br., famille des Artocarpacées. (C. L.)
BUCEPHALUS. helmint. — Voyez bu-
cépiiale.
BUCERAS , P. Brown (^ovxepaç , fenu-
grec). bot. ph.— Synonyme du g. Bucida de
Linné. (L. C.)
BUCEROS. ois. — Nom scientifique du
g. Calao.
*BUCEROSIA ($oyx£pwç, qui a des cornes
comme celles d’un Bœuf), bot. ph. — Genre
de la famille des Asclépiadacées-Pergula-
riées , tribu des Stapéliées-Céropégiées , le
même que le Desmidorchis , Erhenb., formé
par Wight et Arnott ( Contrib. 34) , et renfer¬
mant 5 espèces auxquelles nous en ajoutons
une 6e, le B . decaisniana ( Herb . gén. amal.y
t. III), remarquable par ses jolies fleurs, et
cultivéedans quelques jardins. Ces plantes ont
en général le port des Stapelia , et croissent
dans l’Inde et au Sénégal. Elles sont char¬
nues, aphylles, dressées, ramifiées, tétrago-
nes, à angles dentés, à fleurs nombreuses,
disposées en ombelles terminales ou laté¬
rales. (C. L.)
*BUCERUS ($ovç, bœuf; x/paç, corne). ins.
— Genre de Coléoptères hétéromères, famille
des Ténébrioniles , créé par M. Dejean dans
son dernier Catalogue , avec 2 espèces du
Brésil , dont l’une est le Tenebrio aries de
Dalmann. Une 3e espèce de Smyrne , le Te¬
nebrio commué Fab. et Oliv. , a servi à
M. Hope (Coleoplerist’s manual, 1840, p. 130)
pour créer le genre Tauroceras ; et comme il
est le seul qui lui ait assigné des caractères,
son genre doit prévaloir. Voyez ce dernier
mot. (C.)
*BUCHANA]VIA (nom propre), bot. ph.
— Genre de la famille des Anacardiaeées ,
formé par Roxburgh (PL Corom., III, t. 262),
et renfermant quelques arbres de l’Inde , à
feuilles alternes, pétiolées, simples, coriaces,
penninerves , très entières , munies de ner¬
vures transverses parallèles , stipulées ; à
fleurs hermaphrodites, petites, blanches,
disposées en panicules terminales et axillai¬
res , rassemblées au sommet des rameaux;
à fruits rouges. On en cultive déux espèces
BUC
dans les serres en Europe , les B. latifolia et
angustifolia. (C. L.)
*BUCHAVEA , Reichenb. (nom propre).
bot. ph. — Syn. de i Sieversia, Willd. (C. L.)
* BUCHEMIOEDER A , Eckl. et Zeyh.
(nom propre), bot. pii. — Synonyme d
palathus. (C. L.)
BUCHIA (Léopold de Buch, célèbre géolo¬
gue). bot. pii. — Genre de la famille des
Verbénacées , tribu des Lippiées, établi par
Kunth (in Humb. et Bonp., Nov. gen., II,
269, t. i 32 ), sur une plante herbacée, trou¬
vée sur les bords de l’Orénoque. Elle est
dressée, à feuilles opposées, courtement pé¬
tiolées, eliiptiques-oblongues, très entières ,
nervées ; à fleurs petites, blanchâtres, ébrac-
téées ?, disposées en épis sessiles,oblongs,cy-
lindracés, serrés en faisceaux , et terminaux.
(C. L.)
BUCHNERA(nom propre), bot. pii. —
Genre de la famille des Scrophulariacées ,
type de la tribu des Buchnérées , formé
par Linné (G. 772, Exc. sp .) , et renfer¬
mant un certain nombre d’espèces répan¬
dues dans les parties tropicales du globe.
Ce sont des plantes herbacées Yivaces, sca-
bres, noircissant par la sécheresse; à feuilles
inférieures opposées, souvent dentées, les
supérieures plus étroites, ordinairement très
entières , les florales bractéiformes ; à fleurs
solitaires, sessiles, bibractéolées, et disposées
en épis terminaux. On en cultive 2 espèces
dans les serres. (C. L.)
*BUCHNÉRÉES. bot. ph. — Tribu de la
famille des Scrophularinées (voyez ce mot),
ayant pour type le genre Buchnera. (Ad. J.)
*BUCHOLZITE, Brand. ( nom propre).
min. — Minéral à texture fibreuse, qu’on
trouve au Tyrol et aux États-Unis dans les
terrains de cristallisation, et qui paraît se
rapprocher beaucoup de l'Andalousite par
sa composition et par ses caractères exté¬
rieurs. Peut-être est-ce la même chose que
laFibrolithe que M. Fuchs considère comme
un mélange intime de Disthène etde Quartz.
Voyez disthène. (Del.)
BUCHOZÏA, L’hérit. (nom propre), bot.
ph. —Syn. de Serissa. — Le Buchozia d'Arra-
bida (Flor. Flum., I, t.'80) doit être rapporté
à Y Heleranthera , R. et P. (C. L.)
BUCIDA. bot. pii. — Genre de la famille
des Combrétaeêes , tribu des Terminal iées ,
formé par Linné (£. îÿïj pour 3 ou 4 éspé-
BUE
759
BUC
ces de l’Amérique tropicale. Ce sont des ar¬
bres à feuilles alternes, cunéiformes, très
entières , glabres ou velues sur les bords ; à
pédoncules axillaires ; à fleurs en épis ouca-
pitées, soyeuses , s’allongeant quelquefois,
vraisemblablement par la piqûre de certains
Insectes, en de longues cornes spongieuses.
Toutefois , ce curieux fait ne paraît avoir
été remarqué que sur l’un d’eux, le B. buce-
rys, qui en a reçu son nom spécifique. (C.L.)
BUCKELOCHSE. mam. — Synonyme de
Bison.
"BUCKLANDIA, (T. Buckland célèbre na¬
turaliste anglais). bot. ph. — Genre de végé¬
taux fossiles établi par Sternberg (Tent., 37).
le même que le Clalhraria d’Ad. Brongniart.
— On donne encorecenomaung.de la famille
des Hamamélidacées , type de la tribu des
Bucklandiées, fondé par R. Brown {in fVall.
cal. 7414), sur un arbre de l’Inde souvent très
élevé, dont le port est celui d’un Peuplier, à
fleurs polygames-dioïques , capitées ; chaque
capitule formé de 8 fleurs ; les rameaux sont
gemmifères au sommet ; les gemmes envelop¬
pées de 2 écailles opposées; les feuilles sont
alternes, éstipulées, pétiolées,largementcor-
diformes-ovales , cuspidées , entières ou tri¬
lobées, coriaces, réliculées-veinées ; pédon¬
cules terminaux , ternés , monocéphales. —
M. Ad. Brongniart ( Prodr., 12 ) a appliqué
aussi ce nom à un genre de végétaux fossiles
de l’ordre des Acrobryées, formé sur le Co¬
mtes Bucklandi Stern. , découvert dans le
terrain jurassique schistoïde, et qui devra
recevoir un autre nom, car il en existait déjà
un autre formé parRob. Brown sous la même
dénomination. (Ç. L.)
"BUCKLANDIÉES. bot. ph. — Une des
tribus de la famille des Hamamélidées.
Voyez ce mot. (Ad. J.)
"BUCKLANDITE, Lév. (nom d’homme).
min. — Substance noire, opaque, cristalli¬
sant en prismes obliques , rhomboïdaux ,
modifiés vers les bases , et dont les angles
sont de 109° 20’, et 70° 40'. Us ont la dureté
du Feldspath, et une densité de 2,67. On les
trouve à Arendal avec l’Amphibole horn¬
blende , la Wernérite et le Calcaire spathi-
que; sur les bords du lac de Laach,avec le
Feldspath vitreux. Selon M. G. Rose , leur
forme s’accorde presque entièrement avec
celle des Épidotés à base de Fer, dont elle
n’est peut-être qu’une variété. (Del.)
‘BUCQUETIA (Bucquet, chimiste), bot.
pu. — Genre de la famille des Mélastomacées,
tribu des Lavoisiérées, établi par De Can-
dolle [Prodr., III, 110) sur YOsbeckia gluli-
nosa Spreng., seule esp. qui le compose jus¬
qu’ici. C’est un arbrisseau de la Nouvelle-
Grenade , à rameaux visqueux, portant des
feuilles pétiolées, elliptiques, trinervées, lis¬
ses, presque complètement entières ; à fleurs
violacées au sommet de pédicelles ternés
terminant les rameaux. Il a le port des Os -
beckia ou des Anhrostemma, mais des grai¬
nes angulaires et non cochléiformes. (C. L.)
"BUCRATES (|3oCç, bœuf; xpôîç, tête), ins.
— M.Burmeister a établi sous cette dénomina¬
tion un genre d’Orthoptères de la famille des
Locustiens , remarquable par des cuisses
pourvues d’une double rangée d’épines.
M. Burmeister ne rapporte à ce genre qu’une
seule espèce : c’est la Locustu capitata Deg.,
du Brésil. (Bl.)
BUCULA-CERVINA. mam. — Synonyme
d’Antilope bubale. Voyez antilope.
BUDA, Adans. bot. ph. — Synonyme de
Spergularia , Pers. (C. L.)
BUDDLEA et non BUDDLEIA (Adam
Buddle, Anglais, amateur de botanique).
bot. pii. — Genre de la famille des Scrophu-
lariacées , type de la tribu des Buddléées ,
formé par Linné {G en., 140) pour des ar¬
bres et des arbrisseaux indigènes de l’Amé¬
rique tropicale et australe, de l’Inde orien¬
tale et du cap de Bonne-Espérance. Il ren¬
ferme un assez grand nombre d’espèces,
dont douze à quinze sont cultivées dans les
jardins européens. Ses caractères principaux
sont : Calice campanulé , 4-fide , égal; co¬
rolle hypogyne, campanulée ou tubuleuse,
à limbe 4-fide. Étamines égales , incluses ;
filaments presque nuis. Style simple; stig¬
mate renflé, entier. Capsule biloculaire,
septicide bivalve. Feuilles opposées, entiè¬
res ou dentées. Fleurs le plus souvent ses-
siles, en glomérules sessiles ou pédonculés,
axillaires ou disposées en grappes simples
ou rameuses, en forme de panicules. (C.L.)
BUDDLÉÉES. bot. ph. — Tribu de la
famille des Scrophularinées ( voyez ce mot),
I ayant pour type le genre Buddlea. (Ad. J.)
■ BUD1TES ( jSovtîvTvjç , sorte de petit oi-
• seau), ois. — Nom scientifique des Berge-
I ronnettes.
j "BUECKIA. bot. ph. — Famille des Cypé-
760
BUF
BÜF
racées. Genre établi par le professeur Nees
d’Esenbeck (in Linnœa , IX, p. 300 ; X, p. 196)
pour une plante du Cap, décrite par Vahl
sous le nom de S'cliœnus punctorius. y oyez
schænus. (A. R.)
BUENA, Pohl. (nom propre), bot. pu.
— Synon. du genre Cosmibuena , R. et P.
(C. L.)
BUFFALO, mam. — Ce mot, qui, en an¬
glais, signifie proprement un Buffle, a, dans
toute l’Amérique du Nord , une autre signi¬
fication , et s’applique au Bison. Nous espé¬
rions à l’occasion de ce mot pouvoir donner
les généralités relatives à ce dernier rumi¬
nant, et au sous-genre auquel il appartient,
mais nous serons forcés de les renvoyer au
mot dombey , qui est le nom qu’on donne
dans le Caucase à l’Aurochs. (R.)
BUFFLE. Bubalus. mam. — Le nom de
Bubalus , donné d’abord par les Romains
à une Antilope africaine, mais bientôt trans¬
porté à un Bœuf sauvage des forêts de la
Germanie , n’a commencé que vers la fin
du vie siècle à être appliqué à l’espèce
qui le porte aujourd'hui , espèce originaire
d'Asie, et alors récemment introduite en Eu¬
rope. Ce n’est pas qu’à partir de cette épo¬
que , le mot ait constamment conservé la
même signification ; au contraire, nous le
trouvons employé , tant sous sa forme pre¬
mière que sous les formes diverses qu’il a
prises dans le latin du moyen-âge ou dans
les langues modernes , pour désigner d’au¬
tres Bœufs différents des deux premiers, et
quelquefois même de simples variétés de no¬
tre Bœuf commun. Aujourd’hui , dans le
langage des naturalistes, la valeur du mot
Bubalus est bien déterminée , et celle du mot
Buffle l’est égalemeU; mais les deux mots ,
dans les nomenclatures française et latine ,
ne se correspondent pas exactement : le pre¬
mier a une valeur spécifique ; l’autre se prend
dans un sens plus général.
Les caractères communs aux espèces qu’on
comprend sous le nom collectif de Buf¬
fles ont été déjà exposés dans ce Diction¬
naire (1), et nous n’avons rien à ajouter à ce
(i) Tora. II, pag. 616 et suiv. — Puisque nous avons occa¬
sion de rappeler cet article, il conviendra de signaler deux
fautes assez graves qui s’y sont glissées à l’impression.
On lit pag. 619, col. i, lig. 6, que les cornes du Bos fron-
Mis sont cachées dans une partie de leur étendue ; on doit
lire cochées, marquées de coches ou d’entailles circulaires.
A U mime page, c#l, a, lign, 36, une correction tout aussi
que nous en avons dit , du moins quant à
ceux qui se rapportent à la charpente os¬
seuse ; quant aux autres , bien qu’ils aient
été établis d’une manière peu légitime, c'est-
à-dire en étendant à toutes les espèces des
remarques qui n’avaient réellement été faites
que pour une seule , nous devons dire que
toutes les découvertes ultérieures semblent
justifier ces généralisations.
L’absence de papilles cornées à la langue
n’était, par exemple, jusqu’à ce jour, prou¬
vée que dans le cas du Buffle commun ; mais
nous avons eu tout récemment occasion de
la constater chez une nouvelle espèce dont
notre musée vient de s’enrichir, le Bos bra -
chyceros de Gray. On est donc porté à croire,
malgré ce que semblerait indiquer un trait
de mœurs attribué par Sparmann au Buffle
du Cap , trait que nous avons autrefois cité
et sur lequel nous aurons bientôt occasion
de revenir, que tous les Buffles ont la langue
douce. Ce caractère d’ailleurs, en supposant
qu’on l’eût observé dans toutes les espèces ,
ne serait probablement pas , comme nous
semblions le faire entendre , un caractère
exclusif, puisqu’il y a déjà quelques raisons
de supposer qu’on le retrouve également
dans le Yak. En effet , Pallas, qui avait dis¬
séqué un de ces animaux , dit (Aci. Acad,
petrop., t. I , part. 2, p. 250) que sous le rap¬
port des viscères , il ne diffère en rien du
Buffle commun ; or il n’est pas vraisemblable
qu'un trait aussi saillant que celui dont il
s’agit ici ait pu échapper à l’observation du
consciencieux zoologiste.
Un autre caractère , qui paraît également
être commun à toutes les espèces du sous-
genre, sans toutefois leur appartenir exclu¬
sivement, c’est celui qui a rapport à la dis¬
position des mamelles. Daubenton a décrit
malheureuse place dans les forêts du Thibet le Gayal des fo¬
rêts du Silhet.
Une autre inexactitude que nous devons relever, mais qui,
cette fois, n’est pas du fait de l’imprimeur, se trouve à la
même page, et est relative à la distribué an géographique du
Gour. Ce n’est point, comme nous l’avions cru, d’après l’ins¬
pection d’un dessin dont nous avons depuis reconnu l’inexac¬
titude, une tète du Bos Gaurus, qui se trouve dans le musée
chinois et japonais, indiquée comme provenant de Java;
mais une tête du B. Bentiger, ou pour mieux dire du B. Ban~
teng, car le nom donné par Rafdes à l’animal doit être con¬
servé comme étant le premier en date. Ainsi Ceylan reste,
jusqu’à présent, la seule île dans laquelle l’existence du Gour
annoncée en iC8r par Knox paraisse dûment constatée; et
Ceylan, il faut le remarquer, est en quelque sorte un pro¬
longement de l’Inde continentale.
BUF
BUF
70 i
et figuré ces parties dans le mâle (Buff., Hist.
nat., t. XI , p. 342 , et pl. 27 ), et les natura¬
listes en ont parlé d’après lui ; mais comme
il ne dit rien des parties femelles, la plupart
des auteurs, ou ont gardé le silence à cet
égard, ou ont donné à entendre que c’était le
même arrangement pour les deux sexes , ce
qui est tout-à-fait inexact : les mamelons
chez la femelle du Buffle commun , au
lieu de figurer comme chez la Yache un
quadrilatère rectangle , forment un trapèze
dont le côté postérieur est moitié moins long
que l’antérieur. C’est exactement ce que nous
avons trouvé chez la femelle du Bos bracliyce-
ros, et nous pouvons nous attendre à trouver
dans le mâle la disposition correspondante ,
car il semble y avoir à cet égard un rapport
nécessaire entre les deux sexes. Ainsi, nous
savions par le témoignage de Pallas que chez
le Yak mâle les mamelons se trouvent ,
comme chez le Bulîle , sur une seule ligne
droite ; et voilà que tout récemment M. Hodg¬
son nous apprend que chez la femelle ils
sont , comme chez la Bufflone , en trapèze ;
c’est du moins ce que nous semble indiquer la
phrase que nous citons en note (1),
Dans les Buffles, ou, pour parler plus
exactement, dans l’espèce à laquelle appar¬
tient notre race domestique d’Europe , le
mâle présente encore relativement aux orga¬
nes de la génération d’autres particularités
qui le distinguent du Bœuf commun. La
verge, ainsi que le remarque F. Cuvier (üist.
natur . des rnammif.), au lieu de se terminer
en pointe, est tronquée à son extrémité, et le
fourreau ne se montre qu’à son orifice , et
dans une longueur de 2 ou 3 pouces seule¬
ment. Pallas ( loco ciiaio ) a signalé la même
particularité chez le Yak : « Il a quatre ma¬
melons rangés sur une ligne transversale
entre le scrotum et le prépuce, lequel forme
une grosse éminence , sans que la trace de
tout le reste de la verge soit extérieurement
visible (2). »
Le même auteur signale plus loin une au¬
tre trace de ressemblance dans ce qui a rap-
(i) « Four teats narrowing wedgwise backwards. » Hodg-
«oif , Illustrations of the Généra of the Bovinœ. Journ. of the
Asiat. soc. of Bengal. N. S , n° So, i84i.
(a) Ce qui est remarquable, c’est que dans la ligure cor¬
respondant à cet article, le dessinateur a figuré un fourreau
apparent dans toute sa longueur , tandis que, dans la figure
îointe à l’article de Daubenton, ce caractère est très bien ex¬
primé , quoiqu’il n’en soit pas fait mention dans le texte.
T. H.
port aux fonctions génératrices entre les
Yaks et les Buffles. «Les Yaks, dit-il, s’appro¬
chent de leurs femelles la tête en avant , la
bouche béante, à la manière des Buffles. »
Avant de terminer ce qui a rapport aux
parties molles , il conviendra d’appeler l’at¬
tention sur un fait qui ne paraît pas sans in¬
térêt, et qui cependant jusqu’ici n’a été re¬
levé par aucun naturaliste : c’est que chez
les animaux qui nous occupent, bien que la
langue soit dépourvue de papilles cornées,
la face interne des joues en est abondam¬
ment garnie ; c’est du moins ce que nous
avons pu constater chez le B. bubalus et le
B. brachyceros. Chez le dernier surtout, ces
papilles sont très pressées , longues de plus
d’un centimètre, et comparables, pour la
forme, sinon pour la consistance , aux pi¬
quants du Hérisson : on les aperçoit très
distinctement dans les mouvements de la
bouche que fait l’animal en ruminant, car
elles s’avancent presque jusqu’à la cornis-
sure des lèvres. Dans le Bœuf commun , les
parois buccales présentent aussi des papil¬
les spiniformes , mais plus rares, plus cour¬
tes, et à base plus large.
Les ressemblances d’organisation , ainsi
que l’ont, remarqué plusieurs naturalistes, ne
caractérisent pas mieux le groupe des Buffles
que ne le font les ressemblances de mœurs.
Quoique toutes les espèces connues soient
originaires des pays chauds, toutes paraissent
redouter extrêmement la chaleur, et cher¬
chent ày échapper en se réfugiant dans l’eau.
Le Buffle africain comme le Buffle asiatique,
s’il a un marais ou un lac à sa portée, y reste
plongé tout le temps que le soleil est un peu
élevé sur l’horizon , ne laissant à découvert
que les naseaux et les yeux; les cornes mêmes
sont presque entièrement cachées. Gomme il
emploie une partie de la nuit à paître , c’est
surtout dans le bain qu’il dort, et il n’a pres¬
que pas d’efforts à faire pour maintenir ses
naseaux à fleur d’eau ; car, en raison du grand
développement des sinus frontaux qui se pro¬
longent jusque dans les cornes, toute la par¬
tie supérieure de sa tête est très légère.
Il existe chez plusieurs animaux qui ont
aussi la coutume de dormir dans l’eau, et
qui respirent l’air en nature, une disposition
qu’on pourrait croire analogue ; nous cite¬
rons comme exemple, chez les Mammifères,
le Capibara et le Paca, et, chez les Reptiles, le
48'
BIJF
762 BUF
Crocodile. Ces animaux offrent au front des
sillons très profonds, qui pourraient bien
être, en partie, des sinus aériens ; seulement
ces sinus, au lieu d’ètre compris entre les
deux lames des os du crâne, seraient entre
la lame externe et la peau. Si cette conjec¬
ture se vérifiait, il y aurait à découvrir par
quels conduits l’air arriverait dans ces cavi¬
tés ; les canaux pneumaphores ont été si
long-temps ignorés chez les Oiseaux, où
pourtant leur rôle est des plus importants,
qu’il n’y aurait aucunement lieu d’être sur¬
pris de les rencontrer un jour dans les ani¬
maux dont nous parlons.
Les Buffles n’aiment pas seulement à se
plonger dans l’eau , ils ont un goût décidé
pour se vautrer dans la fange ; et ce goût ,
pour le remarquer en passant, leur est com¬
mun avec la plupart des animaux qui ont
comme eux la peau très épaisse et très peu
garnie de poils (1).
11 est probable que, dans le reste de leurs
habitudes , les Buffles présentent quelques
différences selon les espèces ; mais on n’a
encore à cet égard que des renseignements fort
incomplets. On croit cependant avoir re¬
connu que tandis que les uns , à certaines
époques de l’année, se réunissent en trou¬
peaux nombreux , d’autres vivent constam¬
ment en familles isolées.
Dans l’état sauvage, les Buffles, à quelque
espèce qu’ils appartiennent, sont des ani¬
maux très redoutables. Doués d’une force
prodigieuse, et beaucoup plus agiles que ne
sembleraient l’annoncer leurs formes lourdes
et massives, ils s’irritent aisément ; et, une
fois qu’ils ont commencé l’attaque, les bles¬
sures les plus graves ne les déterminent pas
à prendre la fuite. On doit surtout se garder
des mâles qui vivent solitaires (comme le
font tous les Bœufs après un certain âge), et
des femelles qui ont des petits : même dans
l’état de domesticité, les Buffles sont des ani¬
maux auxquels on ne peut pas trop se fier.
Cependant ce naturel farouche , qu’ils con¬
servent toujours , devient quelquefois pour
(i) Ce goût se retrouve chez presque tous les Pachydermes,
et il n’y a guère à faire exception que les espèces apparte¬
nant au genre Cheval : encore doit-on remarquer que ces es¬
pèces, originaires, pour la plupart, de hauts plateaux et de
plaines arides où les bourbiers sont rares , ont un penchant
analogue et plus aisé à satisfaire dans les circonstances exté¬
rieures où la nature les a placées; toutes, comme on le sait,
«ut l’habitude de se rouler dans la poussière.
leurs gardiens une cause de sécurité, et dans
l’Inde il met ces hommes à l’abri de l’attaque
des bêtes féroces.
Les Ruminants, en général, sont peu sus¬
ceptibles d’attachement, et l’on ne peut guère
s’attendre à trouver chez les Buffles ce sen¬
timent à l’égard de leurs gardiens, pour les¬
quels ils ne sont pas même toujours très do¬
ciles ; cependant le fait suivant, rapporté par
un auteur digne de foi , semble ne pas trou¬
ver son explication seulement dans l’antipa¬
thie qu’ont les Buffles pour les Tigres.
« Deux biparies (1), dit Johnson ( Sketches
of Indien field sports, 2e édit., p. 91), condui¬
saient de Chittrah à Palamow une troupe de
Bœufs chargés , lorsque , à peu de distance
de leur point de départ , l’homme qui mar¬
chait derrière le convoi fut saisi par un Ti¬
gre. Un guailah [berger], qui faisait paître ses
Buffles près de ce lieu , fut témoin du fait ,
et courant aussitôt au secours du malheu¬
reux , il attaqua hardiment le Tigre à coups
de sabre. L’animal blessé lâcha le biparie et
saisit le berger; mais alors les Buffles , se
précipitant sur lui, l’obligèrent à abandonner
sa proie , et se le rejetant les uns aux autres
ils finirent par le tuer : c’est du moins ce que
je crois me rappeler. Les deux blessés me fu¬
rent apportés; le biparie guérit, mais le
brave pâtre mourut. »
Un Buffle seul, s’il faut en croire William¬
son ( Oriental field sports ), n’hésite pas à at¬
taquer un Tigre ; aussi, même dans les can¬
tons où ces animaux abondent le plus , un
pâtre, monté sur son Buffle favori, peut sans
danger passer la nuit dans la forêt. C’est en
effet la coutume au Bengale de mener pen¬
dant l’été les troupeaux à la pâture , seule¬
ment aux approches de la nuit : le son d’une
clochette de bois placée au cou de l’un de
ces animaux et la voix de leur gardien aident
à les maintenir réunis pendant l’obscurité.
Au point du jour, on les conduit vers les ma¬
rais où ils restent jusqu’au soir à ruminer
ou à dormir , plongés dans l’eau jusqu’aux
yeux. Souvent, pour aller à la pâture et pour
en revenir, ces animaux doivent traverser une
rivière , ce qui ne paraît pas leur causer la
moindre fatigue. En nageant ils forment un
bataillon à rangs très pressés ; de sorte que
(i) On désigne dans l’Inde sous le nom de Biparies des
hommes qui transportent à dos de bœuf , d’une province à
l’autre, des grains et d’autres marchandises.
Bl'F
BUF
763
le pâtre , s'il a besoin de passer en tête du
troupeau, peut enjamber aisément d’un dos
à l’autre.
Il paraît que l’Ami à cornes en croissant a
des habitudes plus aquatiques encore que le
Buffle commun : on assure qu’il n’est pa
rare de le voir plonger pour détacher du fond
des lacs avec ses cornes certaines racines fé¬
culentes dontil est friand. Quand les chaleurs
de l’été, desséchant les parages que l’inonda¬
tion précédente avait convertis en marais ,
obligent l’animal à aller chercher de nou¬
veaux pâturages , s’il lui est possible de s’ÿ
rendre par eau, c’est toujours cette voie qu’il
choisit : les barques qui remontent le Gange
se trouvent quelquefois au milieu d’une
troupe d’Arnis, qui descendent la rivière en
nageant, ou plutôt en se laissant flotter , car
ils ne font point de mouvements , et souvent
ils paraissent endormis.
VA mi à cornes en croissant a été géné¬
ralement confondu avec Y Ami géant; et
pourtant , selon M. H. Smith , ces deux ani¬
maux se ressemblent fort peu : le dernier ne
se distingue pas seulement par sa haute taille
et par les énormes dimensions de ses cornes,
il a encore un port tout différent : il ne tend
pas le cou et ne porte pas le muffle en avant;
l’autre Arni, quoique n’étant guère moins
corpulent, a les jambes beaucoup plus cour¬
tes et la tête beaucoup plus petite : il a aussi
la queue notablement plus longue ; enfin il
n’a que peu de poils sur le corps, tandis que
l’Arni géant est très velu.
Les caractères qui distinguent l’Arni à cor¬
nes en croissant du Buffle commun ne pa¬
raissent pas être aussi tranchés, ou du moins
ils n’ont pas été exprimés d’une manière
aussi nette par les naturalistes qui admet¬
tent l’existence des deux espèces. Cependant
il paraîtrait que, dans les races domestiques
issues de l’une et de l’autre , ces caractères
distinctifs se seraient encore conservés d’une
manière sensible. Les races provenant de
l’Arni à cornes en croissant , répandues ,
dit-on , principalement dans les pays situés
vers l’Orient, dans l’Inde au-delà du Gange,
dans l’Archipel indien , la presqu’île de
Malaca, le Tonquin et la Chine, semblent
avoir subi plus profondément l’influence de
la domestication. Dans certains cantons , la
couleur du pelage a changé ; dans d’autres
est apparu un albinisme, qui se transmet par
voie de génération , albinisme incomplet
d’ailleurs , car, bien que la peau ait perdu
sa couleur noire, le muffle et le contour
des lèvres l’ont encore conservée. Le même
pays a souvent des Buffles blancs et des
noirs , et l’on a remarqué que si les pre¬
miers paraissent plus dociles , les autres sont
constamment plus grands et plus robustes.
Les races appartenant à l’espèce du Buffle
commun ont mieux conservé le type primitif;
de sorte que la description de l’animal do¬
mestique paraît convenir à très peu près à
l’animal sauvage.
Le Buffle commun , quoique sujet à varier
en grandeur suivant le climat, la disposition
des lieux, l’abondance de nourriture, et au¬
tres circonstances semblables, paraît n’at¬
teindre jamais à la taille de nos plus grandes
races de Bœufs , et rester aussi à cet égard
toujours notablement au-dessus des plus pe¬
tites. C’est à quoi l’on pouvait s’attendre,
puisque la domestication de l’espèce étant
plus récente, les limites de ses variations
devaient être plus resserrées.
Le Buffle a les membres gros et courts , le
corps massif, la tête grande, le front bombé,
le chanfrein droit et étroit , le muffle très
large. Ses cornes, bas placées, sont triangu¬
laires et marquées à intervalles réguliers
d’empreintes peu profondes ; elles se dirigent
d’abord obliquement en dehors et en arrière,
puis se relèvent vers la pointe. Elles sont de
couleur noire, et cette couleur est aussi celle
des sabots, des ergots, des poils et de la peau.
Les poils sont rares sur le corps et assez épais
sur le front, où ils forment une sorte de
touffe ; les genoux sont aussi d’ordinaire as¬
sez velus , et le bas dés jambes même est
quelquefois garni de poils longs et frisés. A
la partie inférieure du cou et antérieure de
la poitrine, la peau forme un fanon de gran¬
deur variable suivant les races et même
suivant les individus. Le port du Buffle est
lourd et ses allures sont gauches : en courant
il allonge le cou , et tend le museau comme
pour flairer ; il semble en effet se guider
principalement par le sens de l’odorat. Mal¬
gré la lenteur de sa marche , il est précieux
comme bête de trait, car sa force est très
grande, comparativement même à celle du
Bœuf. En Asie on l’emploie quelquefois
comme bête de somme, mais seulement pour
transporter des objets qui peuvent être mouil-
764
BUF
BUF
lés impunément ; car si un convoi de Buffles
chargés rencontre une rivière ou un étang ,
chaque animal, dédaignant les cris du con¬
ducteur, court aussitôt se plonger dans l’eau.
Nous venons de dire que la domestication
du Buffle est d’une date comparativement
récente , et c’est ce qui paraît prouvé , pour
les parties orientales aussi bien que pour les
parties occidentales de l’Asie. Les plus an¬
ciens livres chinois parlent du Bœuf et ne
disent rien du Buffle ; mais dans le Pen-tscio
il en est fait mention à plusieurs reprises, et
la variété albine y est même indiquée. Dans
les anciens poèmes indiens, où toutes les ex¬
pressions qui se rapportent au Bœuf indiquent
le respect et la reconnaissance, le Buffle n’ap¬
paraît que comme un animal redoutable et
malfaisant. Au temps de l’expédition d’A¬
lexandre il n’avait pas encore été soumis ;
car Aristote , qui signale son existence dans
les provinces du nord, dans l’Arachosie, c’est-
à-dire dans un canton du Beloutchistan ,
en parle comme d’une espèce sauvage qui se¬
rait au Bœuf commun à peu près ce que le
Sanglier est au Cochon domestique. Si les
orientalistes, en signalant dans les livres qui
font l’objet de leurs études les passages où
il est question du Buffle, permettent de pré¬
ciser un peu mieux la date de la domestica¬
tion de cet animal , ils auront éclairci un
point curieux non seulement pour la zoolo¬
gie , mais aussi pour l’histoire de la civilisa¬
tion , puisqu’il s’agit ici de la seule espèce
dont la soumission à l’homme ne soit pas an¬
térieure aux temps historiques.
Quoi qu’il en soit des résultats de ces
recherches , nous devons , pour le présent ,
nous borner à rappeler l’époque de l’in¬
troduction de cette espèce dans nos pays.
Suivant Paul Warnefried ou Paul Diacre ,
comme on l’appelle communément, ce fut en
596, sous le règne d’Agiluf, roi des Lombards,
que les premiers Buffles parurent en Italie ;
il paraît d’ailleurs qu’ils étaient déjà depuis
quelque temps dans d’autres parties de l’Eu¬
rope, et notamment en certains cantons de la
vallée du Danube, d’où ils se répandirent bien¬
tôt assez loin vers le Nord. Du temps d’Albert-
le-Grand,qui les décrit d’une manière parfai¬
tement reconnaissable, il y en avait non seu¬
lement en Hongrie où on les voit encore au¬
jourd’hui, mais dans tous les pays slaves et
dans les provinces allemandes qui en sont
| voisines. Les Arabes les trouvèrent en Perse
| lorsque, dans la première moitié du vne siè¬
cle , ils firent la conquête de ce royaume ; ils
les introduisirent bientôt dans leur propre
pays , où ils étaient assez communs dans le
siècle suivant, ainsi que cela est prouvé par
les relations de certains pèlerins qui en par¬
lent sous le nom de Bufflus. La conquête mu¬
sulmane les introduisit aussi très prompte¬
ment dans l’Égypte , qui ne les connaissait
point au temps de la domination romaine.
On pourrait croire encore queee sont les mis¬
sionnaires musulmans qui les ont portés
dans l’archipel des Moluques , car on ne les
trouve que dans les îles où l’islamisme do¬
mine ; mais on sait qu’ils y existaient plus
anciennement. La coïncidence d’ailleurs s’ex¬
plique d’une manière 'fort naturelle : dans
les petites îles où l’on n’a d’autre animal do¬
mestique que le Cochon , les naturels ne se
convertirent point à la nouvelle religion ,
parce qu’elle les aurait obligés à renoncer à
la viande de porc ; il leur semblait trop dur
de se contenter d’un régime purement végé¬
tal, sans y pouvoir même ajouter, comme les
hommes du continent , le ghee ou beurre
fondu, qui est un ingrédient si essentiel dans
la cuisine indienne.
Sur le continent asiatique, les Buffles, une
fois adoptés par des tribus nomades , ont dû
bientôt se répandre fort loin dans l’intérieur,
et être soumis à l’influence de circonstances
extérieures, très différentes de celles qui agis¬
saient sur eux dans leur pays natal ; cela n’a
pu manquer de produire chez eux quelques
modifications qu’il serait intéressant de con¬
stater, mais jusqu’à présent nous manquons
absolument de renseignements à cet égard.
En comparant la race italienne à larace hon¬
groise, on croit apercevoir quelques différen¬
ces qui dépendraient du climat : les Buffles
de Hongrie, plus exposés au froid, paraissent
être un peu plus velus , et cependant on les
tient pendant l’hiver à l’étable , où on leur
donne, entre autres nourritures, du marc de
raisin ; recevant plus de soin de la part de
l’homme, ils semblent être devenus un peu
moins farouches.
Il ne paraît pas qu’on ait jamais fait de
tentatives sérieuses pour réduire en domes¬
ticité les Buffles africains ; mais rien ne
prouve que ces tentatives , si on y apportait
la pèrsèvérance nécessaire , ne pussent être
BUF
765
BUF
suivies de succès, et il y a même tout lieu de
penser que pour une des deux espèces qui
nous sont aujourd’hui connues , les difficul-
tés seraient moindres que celles qu’on est
parvenu à surmonter pour les Buffles d’Asie.
Des deux espèces africaines , l’une , qui
habite les contrées situées dans l’hémisphère
boréal , paraît avoir été découverte la pre¬
mière parles voyageurs, mais l’autre, quoi¬
que reléguée à l’extrémité australe du contH
nent, a été connue beaucoup plus tôt par les
naturalistes, et c’est par elle que nous com¬
mencerons.
Le Buffle du cap de Bonne-Espérance , dé¬
crit et figuré par Sparmann dans les Mémoi¬
res de l’Académie de Stokholm (année 1779,
p. 79 à 84), se distingue au premier aspect
de tous les autres Buffles par la disposition
singulière des cornes dont sa tête est armée.
Énormément élargies à leur base, ces cornes
se touchent presque sur la ligne médiane ou
du moins elles ne sont séparées que par un
étroit sillon , habituellement à bords paral¬
lèles dans toute son étendue. Dans leur
point culminant , elles ne s’élèvent pas de
plus de 3 à 4 pouces au-dessus du front, et
bientôt elles se portent en bas et en dehors ,
se rétrécissant d’avant en arrière mais sans
diminuer sensiblement d’épaisseur ; elles
descendent ainsi en arrière des yeux jus¬
qu’au niveau des molaires ou un peu au-
dessous, et, devenues presque coniques, elles
se portent en avant et en dehors, puis direc¬
tement en haut. A partir du sommet qui est
fort aigu , elles sont lisses dans un tiers de
leur étendue et très rugueuses dans tout le
reste , présentant à la fois des empreintes
transversales , et des sillons longitudinaux
dont la disposition d’ailleurs n’a rien de ré¬
gulier ni rien de constant ; leur couleur est
constamment noire.
Tout ce que nous venons de dire, il faut
bien le remarquer, ne s’applique strictement
qu’aux vieux mâles. Dans le jeune âge, les
cornes ne s’avancent nullement sur le front,
elles se portent obliquement en dehors et en
haut, et diminuent uniformément de la
pointe à la base. Chez les individus d’un âge
moyen, nous voyons une disposition inter¬
médiaire, c’est-à-dire que les cornes au lieu
de commencer, comme dans le vieux , à des¬
cendre presqu’à partir de leur origine, ou de
se porter tout d’abord en haut comme dans
le jeune , conservent dans une grande partie
de leur étendue une direction horizontale. Le
renflement de leur base est bien marqué,
mais le contour en est arrondi j de sorte que
les deux bourrelets, très rapprochés au ver-
tex, laissent entre eux, en s’avançant sur le
front, un espace triangulaire au lieu d’un sil¬
lon de largeur uniforme.
Les proportions du Buffle du Cap sont au
moins aussi lourdes que celles du Buffle
sauvage de l’Inde , et sa taille paraît être à
peu près la même. Un individu de moyenne
grandeur, mesuré par Sparmann, avait au
garrot 5 pieds 1 /2 de hauteur (celle desjam-
bes étant seulement de 2 pieds 1 /2) ; la lon¬
gueur du corps (prise probablement de l’ex¬
trémité du museau à la naissance de la
queue) était de 8 pieds; celle de la tête , du
museau à la naissance des cornes, de 22
pouces. Le pied était fort large, et les ergots,
plus bas placés que dans le Bœuf ordinaire,
étaient proportionnellement beaucoup plus
longs.
Les poils de ces animaux, dit Sparmann,
sont d’un brun noirâtre, roides et longs d’un
pouce environ. Chez les vieux mâles, ils
sont peu fournis, surtout aux flancs, et leur
couleur dans cette partie se mêlant à celle
de la peau, qui est comme farineuse en rai¬
son de l’habitude qu’a l’animal de se vau¬
trer, il en résulte qu’à une certaine distance,
le corps semble entouré d’une ceinture de
poils plus clairs. Chez les jeunes, ajoute no¬
tre auteur , le pelage est plus long , plus
épais, et d’un brun tirant sur le fauve.
Malgré la remarque de Sparmann , on
était loin de se faire une idée des différences
qui surviennent avec l’âge dans celte espèce,
et quand au Brilish Muséum on reçutun mâle
d’une année , envoyé par M. Burchell , on
ne sut pas, jusqu’au moment où l’on décou¬
vrit l’étiquette , quel était l’animal qu’on
avait sous les yeux. Tout était différent de
ce qu’on se fût attendu à trouver, jnsqu’à la
couleur des cornes qui, au lieu d’être noire ,
était d’un gris jaunâtre.
Sparmann, dans ce qu’il dit du pelage, ne
signale la présence de poils particulièrement
longs qu’en un seul point , au devant des
genoux où ils sont disposés en étoile, ou,
comme il le dit, en tourbillon. Il paraît que
c’est le cas pour les vieux animaux , qui fi¬
nissent même par perdre presque entière-
766
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BUF
ment les crins du bout de la queue. Chez les
individus très jeunes , les poils ont aussi sur
tout le corps une longueur uniforme ; mais
après quelques mois ils prennent , en cer¬
taines régions , un développement plus mar¬
qué : le menton se garnit d’une barbe qui
ce prolonge sous les mâchoires , et des¬
cend au devant du cou, jusque vers le ster¬
num, indiquant déjà la place du fanon que
formera plus tard un repli de la peau ; une
touffe épaisse de poils garnit la partie supé¬
rieure de la tête, s’avance sur le front et, en
en arrière, se joint à une crinière droite ,
étendue de la nuque jusqu’à la moitié du
dos; enfin, la queue se garnit de crins qui
commencent a naître très près de sa base.
Cette sorte de livrée de l’adolescence ne dis¬
paraît que graduellement, et nous en trou¬
vons encore tous les principaux traits forte¬
ment indiqués dans la description que nous
a donnée Pennant , d’un individu jeune ,
sans doute, mais qui paraissait déjà avoir
toute sa grandeur. Chez cet individu , les
poils étaient assez longs a la partie supé¬
rieure du cou pour former une crinière re¬
tombante, et dans les autres régions que nous
venons d’indiquer, ils avaient aussi un très
grand développement. Dans tous ces points
ils étaient noirs; sur le reste du corps, leur
couleur tirait plutôt sur le gris que sur le
brun. La queue était presque nue dans sa
moitié supérieure, et garnie dans l’autre
moitié de crins qui dépassaient d’un pied son
extrémité ; le tronçon de la queue lui-même
n’avait qu'un pied de longueur. La peau était
partout remarquablement épaisse.
Nous avons dit en parlant des caractères de
la tête osseuse chez les différents Bœufs, que
dans le Buffle du Cap, les orbites étaient très
saillants ; ajoutons que les yeuxy sont enchâs¬
sés profondément, et que cette disposition
était nécessaire pour les mettre à l’abri des
chocs auxquels ils sont exposés quand l’ani¬
mal court au milieu des forêts. « Il se précipite,
dit Sparmann, dans des fourrés où nos Bœufs
ne sauraient pénétrer, et sa force est telle,
qu’il s’y fraie un chemin avec autant de fa¬
cilité qu’il le ferait dans un champ de blé.
Il est vrai que dans cette circonstance, ses
cornes forment en avant de la tète comme
une sorte de bouclier qui repousse les bran¬
ches à droite et à gauche, et concourt ainsi
à protéger ses yeux. »
Ce n’est pas seulement lorsqu’il court que
le Buffle du Cap porte le front en avant ,
dans la marche ordinaire, et même dans l’é¬
tat de repos, il porte la tête basse : « Cette
habitude, dit notre auteur, concourt avec la
disposition de ses yeux , qui sont très en¬
foncés dans leur orbite, et de plus ombragés
par la partie supérieure des cornes, à donner
à l’animal une physionomie sinistre , quel¬
que chose de féroce et de perfide à la fois.
On peut, en effet, le taxer de perfidie, car il
se tient caché dans les fourrés, et laisse ap¬
procher les gens pour les attaquer ensuite à
l’improviste ; on peut tout aussi justement
l’accuser de férocité, car il ne se contente pas
d’avoir tué son ennemi , il reste près du ca¬
davre , et revient à plusieurs reprises pour
le fouler de ses pieds, et l’écraser de ses
genoux; même après l’avoir ainsi broyé, il
ne l’abandonne pas encore, mais en le léchant
il lui enlève de grands lambeaux de peau. »
Cette dernière circonstance , si elle avait
été bien constatée, tendrait à faire croire que
le Buffle du Cap, au lieu d’avoir la langue
douce comme les autres Buffles, l’aurait,
comme nos Bœufs , garnie de papilles cor¬
nées ; mais il convient de remarquer que
Sparmann , ici , ne parle point d’après sa
propre observation , et que les Hollandais
qui lui ont fourni ces renseignements, dési¬
gnant quelquefois l'animal sous le nom d’Au-
rochs , ont bien pu lui appliquer un trait de
l’histoire de ce dernier Bœuf, lequel, en effet,
appartient aux espèces à langue rude.
Thunberg, qui se trouvait en Afrique à peu
près vers le même temps que Sparmann, a eu,
comme on va le voir par le passage que nous
allons citer, l’occasion de juger du naturel
farouche et de la force du Buffle du Cap.
« Nous nous disposions, dit-il , à traverser
un petit bois touffu pour aller à des étables
que nous voyions sur une hauteur voisine ,
mais à peine fûmes-nous entrés dans le bois,
que mes deux compagnons aperçurent un
«norme et vieux Buffle mâle, seul au milieu
d’une place de quelques aunes en carré, ab¬
solument découverte, et où il n’y avait ni ar¬
bre ni buisson. Le jardinier Auge s’avançait
de ce côté ; l’animal le voit et s’élance vers
lui en poussant des beuglements horribles.
Notre homme a encore la présence d’esprit
et le temps de se jeter avec son cheval der¬
rière un arbre pour se soustraire à l’attaque
BUF
BUF
767
impétueuse du Buffle , qui fond alors sur le
cheval du sergent , et d’un coup de corne
dans le ventre, le renverse les quatre fers
en l’air , et lui fait sortir les entrailles du
corps. Après cette expédition, le Buffle enfila
le chemin par où nous étions venus...
Le sergent avait pris deux chevaux pour
faire le voyage; l’un était déjà expédié, et
l’autre se trouvait précisément sur le che¬
min que le Buffle prenait pour sortir du bois :
il l'aperçut, et devenu plus furieux qu’aupa-
ravant, il l’abattit d’un coup de corne dans
le poitrail ; le corps et les jambes furent bri¬
sés, la selle même fut percée: l’animal ex¬
pira en tombant.
« Les Hottentots, qu’à notre arrivée nous en¬
voyâmes pour chercher les selles de nos che¬
vaux morts , nous dirent qu’en effet ils re¬
marquaient depuis quelque temps un Buffle
très furieux , qui se tenait seul dans ce bois
d’où il avait chassé les autres troupeaux de
Buffles. » (Thunberg, Voyage au Japon, trad.
de Langlès, t. I, p. 137 et suiv.)
Les rivières de l’Afrique australe parais¬
sent être moins fréquentées par les Buffles
que les rivières de l’Inde , ce qui tient sans
doute à ce que leurs bords n’offrent pas en
général des pâturages aussi bien appropriés
aux goûts , ou, si l’on veut, aux besoins de
ces animaux. D’ailleurs l’espèce du Cap ,
comme celles de l’Inde, fuit la chaleur, re¬
cherche les lieux humides , et se tient de
préférence pendant le jour dans les parties
les plus fraîches des forêts ou dans le voisi¬
nage des lacs. Sparmann remarque que
lorsqu’on a chassé ces animaux, on les voit
habituellement se diriger vers les lieux ma¬
récageux, et se rafraîchir de leur course par
le bain. Le capitaine Harris, qui, en 1836
et 1837, a eu de nombreuses occasions d’ob¬
server leurs habitudes, les a vus, quand rien
ne les inquiétait, faire la sieste au milieu d’un
étang , où l’on apercevait entre les joncs
leurs énormes têtes , qui seules paraissaient
au-dessus de l’eau. ( Expedit . in S. Africa,
Lond., 1838, in-8°, p. 87.)
Il paraît qu’à l’époque où les Hollandais
vinrent s’établir au Cap , les Buffles étaient
assez communs dans le territoire, alors fort
peu étendu, de la nouvelle colonie7; le bruit
des armes à feu ne tarda pas à les en éloi¬
gner, et depuis bien des années ils ont dis¬
paru complètement du canton. Au temps de
Sparmann et de Thunberg, il fallait déjà s’a¬
vancer assez loin vers l’est pour en rencon¬
trer, et aujourd’hui ils commencent à deve¬
nir rares dans des lieux où nos deux voya¬
geurs les trouvèrent par troupeaux de cinq
à six cents têtes. Cependant on en a vu en¬
core récemment jusqu’au cap Lagullas , le
point le plus austral du continent. Du côté
opposé on les connaît jusqu’au tropique, et
il est possible qu’ils s’avancent beaucoup
plus loin ; mais jusqu’à présent on manque
de renseignements positifs à cet égard ; car
ce que disent les anciens voyageurs des Buf¬
fles de la côte de Guinée est ordinairement
si vague , qu’il n’y a pas de raison pour le
rapporter à l’espèce du Cap plutôt qu’à
l’espèce dont il nous reste à parler, quoique
jusqu’à présent on n'ait pas de preuve que
cette dernière se trouve au sud de l’équa¬
teur.
L’existence d’une deuxième espèce afri¬
caine de Buffle n’est bien établie que depuis
le voyage de Denham et Clapperton , qui
rapportèrent du Bornou quelques dépouilles
de cet animal, qu’on leur avait désigné dans
le pays sous le nom de Zamouse. Les natu¬
ralistes qui dressèrent le catalogue de la
collection zoologique formée dans le cours
de l’expédition n’eurent pas de peine à re¬
connaître dans le Zamouse un véritable Buf¬
fle; mais ils ne le distinguèrent pas du Buffle
commun, et ce fut en 1837 seulement que
M. Gray ( Magazine of nat. hist. N. S.,
t. II ) le présenta comme une nouvelle es¬
pèce . qu’il caractérisa par la phrase sui¬
vante : « B. brachyceros Gray : front large,
plat ; cornes courtes , fortes , aplaties anté¬
rieurement à la base, arrondies postérieure¬
ment, divergentes de chaque côté et à peine
inclinées en arrière, un péù recourbées vers
la pointe, qui se dirige en avant; pelage
roux. » Vers la fin de l’année 1838, une jeune
femelle fut amenée vivante à Londres , et
M. Gray en donna, dans les Annals of nat.
hist . , t. II , une description assez détaillée,
que nous regrettons de n’avoir pas connue à
l’époque où nous avons fait l’énumération
des espèces comprises dans le genre Bœuf.
Au reste , depuis la publication de cet
article, notre ménagerie s’est enrichie
d’uri Bos brachyceros figuré dans l’atlas de
ce Dictionnaire. C’est l’individu observé par
M. Gray, mais maintenant adulte, et dont
768
BUF
BUF
les caractères ont été, en certains points, no¬
tablement modifiés par l’âge. Ainsi on ne
peut plus dire aujourd’hui que l’animal a le
front plat : la convexité dans le sens trans¬
versal est certainement peu prononcée, mais
dans le sens de la longueur elle est très mar¬
quée. Au reste , la forme du front dans les
Buffles est , comme nous l’avons dit , très
sujette à changer par suite du développe¬
ment des sinus olfactifs, qui se continue
long-temps après que la taille a cessé d’aug¬
menter.
Notre Bos brachycerose, st de la taille d’une
Vache bretonne , mais beaucoup plus com¬
pacte de forme. Les épaules surtout sont re¬
marquablement charnues ; le cou est fort,
c’est-à-dire épais transversalement; il ne
présente pas à sa partie inférieure la plus
/égère apparence d’un fanon ; les flancs
sont bien développés ; la croupe, avalée
comme dans tous les Buffles , est d’ailleurs
très charnue, et les os n’y font point saillie,
comme chez les individus des races domes¬
tiques , qui paraissent toujours maigres en
ce point, quel que soit d’ailleurs leur em¬
bonpoint. Les cuisses sont rebondies, pres¬
que comme celles des Zébus; les jambes
sont fines, comparativement à ce que nous
les voyons dans les autres espèces du sous-
genre; les pieds sont bien faits, et ceux du train
de derrière surtout sont remarquablement
petits et serrés , ce qui semblerait indiquer
que l’animal foule plus souvent un sol ré¬
sistant qu’un terrain fangeux. La queue,
terminée par un petit bouquet de poils, est
très courte, et ne descend pas au-dessous
du pli de la cuisse. La tête est petite, large
à la partie supérieure, mais moins resser¬
rée au-dessous des yeux que dans le Buffle
commun ; le museau est assez large, mais
ne se relève pas supérieurement ; le front
est large, presque nu à sa partie supérieure ;
les yeux sont petits, de couleur foncée ; leur
pupille est presque ronde , cependant un
peu allongée dans le sens transversal ; le re¬
gard n’a rien de farouche , et l’animal en
effet s’est montré jusqu’ici d’un naturel as¬
sez doux. Les cornes, qui ont un peu changé
de forme depuis qu’elles ont été décrites
par M. Gray, sont d’ailleurs restées remar¬
quablement courtes, et ainsi l’animal mérite
encore le nom qui lui a été imposé. C’était
hasarder un peu cependant que de donner à
une espèce dont on ne connaissait pas l’état
adulte un nom tiré du caractère qui est le plus
sujet à varier avec l’âge. Les cornes, placées
très près des yeux, se portent en dehors et
en haut, presque dans la continuation du
front, puis se recourbent de manière à for¬
mer par leur ensemble un croissant; leur
courbure, assez uniforme, est pourtant un
peu plus marquée vers la partie supérieure,
de sorte que iesdeux pointes se regardent;
elles sont triangulaires à leur base; la face
frontale rencontre la face occipitale sous un
angle aigu, et la face temporale sous un angle
droit; le troisième angle est arrondi.
Ces cornes ne présentent à leur surface
aucune empreinte marquée ; l’animal les
use en les frottant contre les corps durs, et
la face supérieure, qui est toute rayée par
suite de ces frictions , au lieu de paraître
noire, présente une teinte ardoisée.
Les oreilles sont d’une grandeur démesu¬
rée; très larges à leur partie moyenne, elles
se prolongent ensuite en une pointe aiguë
dont l’extrémité est comme tronquée. Cette
sorte de troncature porte un pinceau aplati
de poils noirs ; deux replis saillants dans
l’intérieur de la conque sont garnis de longs
poils blanchâtres disposés en franges élégan¬
tes. Les oreilles sont d’ailleurs presque
nues ; l’animal les agite fréquemment et pa¬
raît s’en servir avec assez d’adresse pour
chasser les mouches. Dans l’état de repos,
l’extrémité en est retournée en dehors.
Le Bos brachyceros a la peau d’un noir bru¬
nâtre et d’une grande épaisseur; à en juger par
les gros plis qu’elle forme sur le cou et près
du garot , on peut croire qu’elle est propor¬
tionnellement aussi épaisse que celle du Rhi¬
nocéros ; à la partie supérieure du cou , pt
au dos , elle est garnie de poils excessive¬
ment rares, qui y sont implantés presque à
angle droit; sur les parties latérales et infé¬
rieures, les poils sont un peu plus abondants
et mieux couchés. Aux jambes ils ne présen¬
tent rien de remarquable. Les poils sont roux
sur le dos et à la tête, brunâtres au cou et sur
les flancs, un peu plus foncés sur les jambes,
surtout au-devant des genoux; le bout du
museau est d’un brun noir des deux côtés
du muffie glanduleux et au menton ;
outre les poils courts et bien couchés dont
ces parties du museau sont couvertes, on y
voit un bon nombre de longs poils noirs qui
BU F
BUF
769
naissent perpendiculairement à la surface ;
le dessous de la ganache , la partie inférieure
du cou et celle du ventre sont de couleur
cannelle.
L’individu que nous venons de décrire a
été amené de Sierra-Leone où les Anglais le
désignent sous le nom de bush cow , Vache
des bois ; d’après les renseignements qu’a
reçus M. Gray, l’espèce paraît être assez
commune dans les bois du voisinage de celte
colonie. Comme c’est aussi dans ce lieu que
Thomas Candish , en 1586 , rencontra deux
Buffles sauvages , il y a tout lieu de croire ,
quoiqu’il ne donne aucun détail , que l’ani¬
mal qu’il a vu est celui que nous venons de
décrire.
On pourrait croire que c’est aussi du Bos
brachyceros qu’a voulu parler Bosman , et
dont il dit avoir vu, en un point de la côte
plus reculé de 80 vers le sud , c’est-à-dire à
l’entrée de la rivière de Gabon, un troupeau
d’une centaine de têtes. Pour la taille et la
couleur, son Buffle ressemble bien au nô¬
tre; mais au lieu de cornes en croissant , il
a des cornes droites. Bosman, d’ailleurs, re¬
marque que l’animal , quoique très agile ,
semble boiteux au moment où il se met en
marche, et ceci semble indiquer plutôt une
de ces grandes espèces d’ Antilopes à garrot
plus haut que la croupe dont l’allure, au
partir, a en effet quelque chose de claudicant.
Rien ne prouve au reste qu’il ne puisse
exister en Afrique une troisième espèce de
Buffle , qui serait propre aux régions tropi¬
cales de ce pays , régions restées jusqu’à ce
jour presque complètement inconnues aux
naturalistes. En Asie nous avons peut-être
aussi quelques découvertes à faire , et nous
possédons même déjà des indications assez
importantes relativement à l’existence d’une
espèce qui, si elle ne rentre pas complè¬
tement dans les limites que nous avons assi¬
gnées au groupe dont il s’agit , y tient au
moins de très près.
Witsen dit qu’en Daourie on trouve des
Yaks, dont les mâles ont de grandes cornes
aplaties et courbées en demi-cercle qui ser¬
vent à la fabrication des arcs. Notre auteur
paraît avoir eu principalement égard au pe¬
lage en rattachant cet animal au Yak , et l’on
conçoit que d’autres prenant surtout en con¬
sidération la forme des cornes aient bien pu
le rattacher au Buffle ; aussi c’est sans doute
t. n
à la même espèce que se rapportent les ren¬
seignements obtenus par Pallas de certains
Tartares occident aux voisins de l’Irtisch, sur
un grand Buffle sauvage très semblable aux
Yaks , qui se trouve dans la grande chaîne
altaïque, chaîne dont un rameau se prolonge,
comme on le sait, à travers la Daourie. L’exi¬
stence du Buffle à pelage de Yak , ou si l’on
veut du Yak à cornes de Buffles , ne repose
pas d’ailleurs seulement sur les indications
que nous venons de donner ; elle est mieux
établie par le passage suivant extrait d’une
grande encyclopédie chinoise , passage que
nous pouvons citer, grâce à l’extrême obli¬
geance de notre savant sinologue , M. Sta¬
nislas Julien.
« Le Li-nieou est un Bœuf sauvage qui ha¬
bite dans les .forêts profondes. Par la forme
de son corps, par son pelage et par sa queue, il
ressemble au Mao-nieou (Yak); seulement
ce dernier est petit et l’autre est très grand :
il y en a qui pèsent jusqu’à mille livres. Son
corps est entièrement velu, et sa queue,
qu’on connaît sous le nom de li> peut servir
à faire des étendards ; on s’en sert aussi pour
les houpes des bonnets , et pour faire les
cordons avec lesquels on attache ces bonnets
sous le menton : il a des cornes très longues
dont on se sert pour faire d’ excellents arcs. Ces
cornes sont d’un jaune mêlé de noir. Il y a
des gens qui les ont prises pour des cornes
de Rhinocéros, quoique leur texture ne soit
pas la même ; et c’est peut-être pour cela
qu’un des noms par lesquels on désigne l’a¬
nimal est celui de Rhinocéros velu.... D’a¬
près ce qui vient d’être dit on voit que les
cornes de cet animal ont plus de valeur que
celles du Mao-nieou (Yak), et que, d’un autre
côté, les poils et la queue du Mao-nieou ont
plus de valeur que ceux du Li-nieou. »
(Roulin.)
BUFFLESSE ou BUFFLONNE, mam. —
Femelle du Buffle.
BUFFLETIN ou BUFFLON. mam.— Nom
du jeune Buffle.
BUFFONIA (Buffon , célèbre écrivain
naturaliste), bot. ph. — Genre de la famille
des Caryophyllacées , tribu des Alsinées-
Eualsinées , formé par Sauvages ( Meth.
nat.y 141), et renfermant quelques plantes
annuelles, ou vivaces, ou suffrutescentes,
répandues dans le bassin méditerranéen,
l’Asie-Mineure, la Perse et l’Arabie pétrée.
49
BUG
770
Elles ont le port d’un Juncus bufonius très vi¬
goureux; les tiges en sont presque nues, effi¬
lées, paniculées, rameuses ; à feuilles oppo¬
sées, subulées, dont les supérieures oppri¬
mées , éstipulées; les fleurs sont en épis
cymeux ou en grappes, ou en panicules. On
en cultive deux espèces dans les jardins,
les B. annua et perennis. (C. L.)
BUFO. rept. — Nom latin du Crapaud.
* BUFONIFORMES. rept.— MM. Duméril
et Bibron(//ûl. nat. des Rept.), nomment ainsi
une des grandes familles dans lesquelles se
partagent les Batraciens anoures. Les Bufo-
niformes, dont le faciès se rapproche toujours
plus ou moins de celui de nos Crapauds ,
sont partagés par ces naturalistes en 12 g. ,
qui sont: Dendrobate, Rhinoderme, Atélope,
Crapaud , Phrynisque , Brachycéphale , Hy-
lædactyle, Plectropode , Engystome, Upé-
rodonte , Breviceps , Rhinophryne. Les Bu-
foniformes ont pour caractères de manquer
de dents aux deux mâchoires , tandis que
les Raniformes et les Hylæformes en ont à
la mâchoire supérieure. En général, ils n’en
ont pas non plus au palais , et leur langue
n’est pas échancrée en arrière. A la même
famille appartiennent encore les genres
Kalophryne , Chaunus , etc., qui sont moins
bien connus que ceux que nous avons cités.
(P. G.)
BUFONITE. poiss. — Npm qu’on donne
à certaines dents fossiles dont les unes sont
des molaires de Sparoïdes , voisins des
Chrysophrys , et d’autres appartiennent à des
g. voisins des Placodus d’Agassiz. (Val.)
* BUFONOIDES . rept. — Fitzinger, dans sa
classification des Reptiles, nommait ainsi la
seconde famille des Batraciens , dont le type
est le genre Bufo ou Crapaud. Il n’y rappor¬
tait que les deux genres Bufo et Rhinella , les
autres Batraciens bufoniformes formant sa
famille des Bombinatoroides dont le caractère
est de n’avoir pas le tympan visible. (P. G.)
BUGAINVILLÆA. acÉpii. — Voyez
BOUGAINVILLÉE.
BUGLE. bot. ph. — Nom vulg. français
d’une esp. du g. Ajuga [VA. replans L.), et
par extension de tout le genre. (C. L.)
BUGLOSSE. Buglossa (/3oûç, bœuf;
y\ wo-cra, langue), bot. pii. — Nom vulgaire
français du genre Anchusa. (C. L.)
B1JGLOSSUS (/3oûç, bœuf; y>w<7ara, lan¬
gue). bot. cr. — Nom que quelques auteurs
BUÏ
donnent à une espèce de champignon charnu
et poreux qui croît sur les Hêtres , les Châ¬
taigniers et notamment sur les Chênes. Le
nom de Bolet langue de boeuf lui vient de
sa ressemblance avec cette partie ; on le
nomme encore Bolet hépatique, parce que
souvent il a la forme et la couleur d’un foie
d’animal. C’est une espèce comestible, mais
peu recherchée. Voyez fistulina. (Léy.)
BUGRANE. bot. pii. — Voyez bougraine.
BUIS. Buxus (rcvi-oç en grec), bot. pii. —
Genre de la famille des Euphorbiacées ,
ainsi caractérisé : Fleurs monoïques , dont
le calice présente les sépales inégaux, alter¬
nant par paires. Fleurs mâles ; 4 étamines
insérées sous un pistil central rudimentaire,
simple ou trilobé, à filets dressés, à anthères
adnées qui se contournent après la floraison.
Fleurs femelles : Ovaire glabre, à 3 loges
bi-ovulées, surmonté de 3 styles qui partent
des côtés de son sommet concave , et qui ,
légèrement bilobés à leur terminaison, sont
creusés dans la longueur du côté interne
d’un sillon stigmatique glanduleux. Le fruit
capsulaire contenant, sous une enveloppe co¬
riace et verdâtre, 3 coques minces et char-
tacées, 2-spermes, se sépare à la maturité en
3 valves alternant avec les styles et les coques
dont elles emportent la moitié avec elles ,
de sorte que chacune se montre surmontée
de 2 cornes , et porte 2 graines séparées par
une cloison qui lui est opposée. Ces graines
sont revêtues d’un test noir, luisant et cas¬
sant. Les Buis sont des arbres ou arbrisseaux
d’Europe, cultivés dans la plupart de nos
jardins. Leurs feuilles, opposées, sur des ra¬
meaux 4-gones, très entières et coriaces , se
font remarquer par la facilité avec laquelle
l’épiderme de la face inférieure se sépare sous
la forme d’une membrane blanche. Leurs
fleurs sont rapprochées en petits pelotons axil¬
laires, entourés à leur base de bractées im¬
briquées , et contenant tantôt des mâles seu¬
lement, tantôt une seule femelle accompa¬
gnée de trois bractées au milieu de plusieurs
mâles , dont chacune offre une bractée
unique. (Ad. J.)
Nous ne connaissons guère en France
que l’espèce naine du Buis , qu’on emploie
à faire des bordures préférables â toutes
les autres par la persistance de leur feuil¬
lage et leur solidité; mais il existe dans les
parties méridionales et montagneuses de
BUL
BUL
771
l’Europe, et dans l’Asie, depuis le Caucase
jusqu’au Japon, deux espèces arborescentes,
qui s’élèvent à plusieurs mètres, et forment
à l’état sauvage des massifs entiers.
Le bois du Buis , aussi compacte que les
bois exotiques, et si dense, qu’il va au fond
de l’eau, est d’une dureté considérable : il
est toujours exempt de gerçures et de carie,
ce qui le fait rechercher pour les ouvrages
de tour et de tabletterie, surtout sa racine,
qui estagréablement veinée. Ses feuilles, aux¬
quelles on attribue des propriétés sudorifi¬
ques , sont quelquefois employées par les
brasseurs comme succédanées du Houblon ;
mais elles n'en possèdent pas l’agréable
amertume , et leur âcreté a excité une juste
défiance. C’est sans doute à cette qualité que
le Buis doit d’être respecté par les animaux.
On en tire par la distillation une huile fétide,
douée de propriétés antispasmodiques. On
cultive dans les jardins les espèces arbores¬
centes qui servent à former des bosquets
d’hiver , et l’on en possède des variétés pa¬
nachées de jaune et de blanc. Dans notre
climat, ces arbrisseaux ne peuvent résister à
un froid rigoureux et demandent qu’on les en
préserve. — On appelle encore : Buis de la
Chine , le Murray a sinica ; B. de Haïti , le
Polygala penœa ; faux B. des Antilles , le
Randia aculeala , et B. piquant, le Fragon
commun. (C. d’O.)
BUISSON, bot. cr. — On désigne sous
ce nom , dans quelques départements de la
France, la Clavaire coralloïde, Clavaria co-
ralloides L., en raison de sa ressemblance
avec un petit buisson. (LÉv.)
BUISSON ARDENT, bot. ph. — Nom
vulgaire du Cratœgus pyracaniha. (C. L.)
*BUJACIA, E. Meyer (nom propre), bot.
ph. — Synonyme du genre Glycine de
Wight et Arnott. (Ç. L.)
BUL A. mam. — Synonyme de Marte zibe¬
line. f^oyez MARTE.
BULBE. Bulbus (/3o>Soç , bulbe), bot. ph.
— On appelle ainsi un bourgeon particulier
à certaines plantes monocotylédonées , éga¬
lement désigné sous le nom d 'ognon. Le
bulbe se compose de 3 parties : 1° le plateau
ou tige souterraine ; 2° les fibres radicales ,
qui naissent de la face inférieure du pla¬
teau ; 3° le bourgeon , qui occupe la face su¬
périeure de ce dernier. Examinons successi¬
vement ces 3 parties.
lo Le plateau ( tecus ) est une véritable
tige , mais très courte et très déprimée ,
tronquée à sa partie inférieure, où elle donne
naissance à des fibres radicales ordinaire¬
ment disposées circulairement à la circon¬
férence , et portant à sa face supérieure des
écailles qui constituent le vrai bourgeon.
2° La racine qui naît de la face inférieure
du plateau se compose de fibres cylindri¬
ques , tantôt simples et tantôt ramifiées ,
disposées circulairement sur 2 rangées à la
circonférence du plateau. Elle est du genre
de celles qu’on nomme racines fibreuses.
3° Enfin , c’est de la face supérieure du
plateau que naissent les écailles qui consti¬
tuent le bourgeon proprement dit. Les écail¬
les sont ordinairement nombreuses , dispo¬
sées sur plusieurs rangs. Ce bourgeon a la
même composition que tous les autres orga¬
nes du même genre. A l’extérieur, il est formé
d’écailles plus ou moins nombreuses , qui
sont tantôt des feuilles avortées et rudimen¬
taires, tantôt la base persistante des feuilles
des années précédentes , et des rudiments
d’une jeune tige sur laquelle on aperçoit
les feuilles et les fleurs à l’état rudimentaire.
Le plateau, avons-nous dit, est une véri¬
table tige très déprimée , et dont par con¬
séquent les feuilles sont excessivement
rapprochées les unes des autres , de ma¬
nière à former une rosette très serrée. Il
arrive quelquefois qu’accidentellement le
plateau s’allonge , et forme alors une tige
cylindrique plus ou moins longue ; c’est ce
qu’on observe, par exemple, pour certaines
espèces de Lis , dont les Bulbes semblent
naître au sommet d’une tige souterraine
dont la longueur varie. Cet allongement de
la tige souterraine est encore bien plus re¬
marquable dans Y A Ilium senescens, qui a
une véritable souche rameuse et très lon¬
gue , dont les ramifications sont terminées
par un Bulbe.
Suivant la forme des écailles qui compo¬
sent les Bulbes , ceux-ci ont été distingués
en Bulbes écailleux et en Bulbes a tuni¬
ques. Les Bulbes écailleux sont ceux dont
les écailles sont étroites, n’occupant par con¬
séquent qu’une faible portion de la circon¬
férence totale du Bulbe, et se recouvrant laté¬
ralement à la manière des tuiles d’un toit. Le
Lis est le seul g. où cette disposition soit gé¬
nérale à toutes les espèces qui le composent,
772
BUL
BUL
Les Bulbes à tuniques se composent d’é-
cailles emboîtées les unes dans les autres, et
embrassant chacune toute la circonférence
du Bulbe. Cette disposition est extrême¬
ment commune ; c’est celle de la Jacinthe ,
de la Tulipe, de l’Ail, de l’Ognon, etc.
Parmi les Bulbes à tuniques, il en est dont
les écailles extérieures ne prennent aucun
accroissement, la jeune pousse naissant de
la partie la plus intérieure du Bulbe , telle
est la Jacinthe. Il en est d’autres , au con¬
traire , dont toutes les écailles ou presque
toutes, du moins, s’allongent en feuilles,
comme les Bulbes du Poireau entre au¬
tres. Dans ce cas, ces Bulbes ont une forme
allongée et cylindrique toute particulière.
L’organe qu’on désigne communément sous
le nom de tige dans le Bananier n’est vé¬
ritablement qu’un Bulbe tout-à-fait ana¬
logue à celui du Poireau. En effet, il se com¬
pose de tuniques ou gaines emboîtées les
unes dans les autres , qui ne sont que des
bases de feuilles.
Toutes ces gaines naissent de la face su¬
périeure d’un gros tubercule qui, par sa face
inférieure, donne naissance à des fibres radi¬
cales. Ce tubercule est véritablement le pla¬
teau ou la tige de ce végétal. Au centre des
feuilles se trouve une hampe , qui part éga¬
lement du plateau, et porte dans sa partie
supérieure les fleurs de la plante.
Il y a encore une autre sorte de Bulbes ;
ce sont ceux qu’on appelle Bulbes soli¬
des. Ainsi, par exemple, dans le Safran, le
Glayeul , etc. , les Bulbes sont formés d’un
gros tubercule charnu, de forme variée, envi¬
ronné extérieurement d’un certain nombre de
membranes minces et scarieuses. Les Bulbes
solides ne sont pas, comme on l’a dit géné¬
ralement, formés par des écailles soudées
en une masse charnue ; ce sont des Bulbes
dans lesquels le plateau a pris un énorme
développement , et forme presque toute la
masse du Bulbe.
Les Bulbes se multiplient et se régénèrent
^iu moyen de bourgeons ayant la même or¬
ganisation qu’eux , et qu’on désigne com¬
munément sous le nom de cayeux. Tantôt
ces cayeux se forment à l’aisselle d’une des
écailles , plus ou moins près de la surface
extérieure du Bulbe; ces cayeux prennent
peu à peu de l’accroissement, et leur dé¬
veloppement continue en quelque sorte la
végétation du Bulbe primitif. Dans ce cas,
la durée du Bulbe est en quelque sorte illi¬
mitée, et se prolongera tout aussi long-temps
que de nouveaux cayeux ou de nouveaux
Bulbes se montreront à l’aisselle des écailles.
C’est un mode de propagation très commun
dans les plantes bulbeuses , et entre autres
dans la Jacinthe, le Lis, etc. D’autres fois ,
au contraire, le jeune Bulbe se forme au
centre même de l’ancien , de manière que
quand il s’est complètement développé, c’est-
à-dire qu’il a poussé ses feuilles et sa tige
florifère, le Bulbe est entièrement épuisé, et
sa végétation cesse complètement. Il y a donc
des Bulbes à végétation limitée et des Bulbes
à végétation illimitée. Tous ceux dont les
jeunes pousses ou cayeux se forment laté¬
ralement à l’aisselle des écailles ont une du¬
rée en quelque sorte illimitée ; ceux qui , au
contraire , donnent naissance à un cayeux
qui naît immédiatement du centre même ou
du sommet du plateau ont une durée limitée.
Cette distinction est fort importante sous le
point de vue physiologique. (A. R.Ï
* BULBE, BULBEUX. Balbosus. bot. cr.
— Expression figurée qu’on emploie quel¬
quefois en mycologie pour désigner une
forme particulière du pédicule des Champi¬
gnons, parce qu’il est plus ou moins renflé à
sa partie inférieure , et qu’il semble repré¬
senter un bulbe. Presque toutes les espè¬
ces d’Amanites offrent ce caractère, aussi
quelques auteurs les appellent-ils des Cham¬
pignons bulbeux. Cette forme est parfaite¬
ment distincte dans les Agaricus bulbosus
Bull., et procerus Scop. (Lév.)
BULBEUX. Bulbosus. bot. ph. — Cette
épithète s’applique à tous les végétaux
qui sont pourvus d’un bulbe ( voyez ce
mot). On l’a également étendue à des plan¬
tes dont la tige offre un renflement qui a
l’apparence d’un bulbe , mais n’en offre pas
l’organisation. Telle est, par exemple, la Re¬
noncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus L.).
(A. R.)
* BULBEUX ( Champignons ). bot. cr. —
Ces Champignons composent la famille la
plus naturelle que Paulet ait établie. Elle
comprend tout le sous-genre Amanita , et, de
plus, 3 ou 4 esp. qui ne devraient pas s’y
trouver ; mais comme le caractère a été pris
sur la partie inférieure du pédicule qui a la
forme d’un bulbe, on explique parfaitement
BUL
773
BUL
la cause de cette erreur. Les Champignons
bulbeux sont divisés en sections dont il suf¬
fira d’indiquer les principaux types pour
la faire comprendre.
1° Les Bulbeux nus : le grand Parasol,
Agaricus lenticularis F.
2° Les Bulbeux a collet : le Bulbeux
satiné et rayé , Agaricus aridus F. , non
Pers. ; le Bulbeux gercé , A. nciucinus F. ;
le pelitBulbeux cire jaune, A. coprinus F. Ces
deux dernières espèces ne sont pas des
Amanites; la première appartient aux Lé¬
piotes , la seconde aux Pratelles.
3o Les Bulbeux a bourse ou Oronges sans
collet : l’Oronge satinée , Agaricus vagi-
natus Bull. ; l’Oronge Souris, A. viperinus F.
4° Les Bulbeux a bourse colletés : l’O¬
ronge Couleuvre, Agaricus porphyrius F.
5° Les Bulbeux en coque et sans collet
ou Coquemelles : l’Oronge tannée, Agaricus
prœtorius F. ; la Coquemelle, A. Coccola F.
6o Les Bulbeux en coq e et colletés :
l’Oronge franche, Agaricus cœsareus Schœff.;
l’Oronge Ciguë , A. phalloides F., etc., etc.
7° Les Bulbeux mouchetés: le Champi¬
gnon rouge ou fausse Oronge, Agaricus mus-
carius L.; l’Oronge perlée, A. gemmatus F.;
le Gris perlé, A. panlherinus F.
On peut consulter avec le plus grand avan¬
tage, pour ce qui concerne les Champignons
bulbeux, le Traité de Paulet , et un mé¬
moire qui fait partie de ceux de la So¬
ciété royale de médecine ( vol. I, ann.
1777, p. 431 ). Ces deux ouvrages renfer¬
ment un grand nombre d’observations d’em¬
poisonnements par les Champignons , et des
recherches très variées sur les moyens d’y
remédier. (Lév.)
BELBIFER(£m/ôim, bulbe ; fero, je porte).
ins. — Genre de Coléoptères tétramères, éta¬
bli parMégerle, dans la famille des Curcu-
lionides, aux dépens des g. Cossonus , Lixus
et Calandra de Fabr., et qui répond à celui
de Dryophtorus de Schuppel, (D.)
* BULBILIS. bot. pii. — Le genre auquel
Rafinesque a donné ce nom dans la famille
des Graminées est encore fort obscur, et pa¬
raît être le même que le Sesleria. (A. R.)
BULBILLES. Bulbilli. bot. ph. — On ap¬
pelle ainsi des bourgeons d’une nature par¬
ticulière tout-à-fait analogues aux bulbes ,
et qui se développent sur certaines parties
des plantes bulbeuses. Ainsi on trouve des
Bulbilles à l’aisselle des feuilles du Lis bul-
bifére (Lilium bulbiferum L.), mêlés aux fleurs
ou les remplaçant complètement , dans un
grand nombre d’espèces à'Allium [Ail. cari¬
natum , A. viminale , etc.), d’ Ornilhoga-
lum , etc.
Ce qui distingue les Bulbilles des autres
bourgeons , c’est que , détachés de la plante
sur laquelle ils se sont formés , ils se déve¬
loppent d’eux-mêmes et donnent naissance
à des individus nouveaux comme une plante
complète; en un mot, ils secomportentcomme
de véritables graines. Comme les bourgeons,
ils sont ordinairement composés d’écailles,
tantôt imbriquées , tantôt en forme de tuni¬
ques insérées sur un véritable plateau, mais
fort petit.
On avait prétendu que les Bulbilles soli¬
des pouvaient se montrer dans l’intérieur
du péricarpe , à la place des graines , dans
certaines espèces de Crinum , par exemple ;
mais j’ai fait voir il y a déjà fort long-temps
( Ann. des sc. nat. , 1824 ) que ces prétendus
Bulbilles n’étaient que des graines ayant ac¬
quis , quelquefois aux dépens du péricarpe
lui-même, un développement extraordinaire
et anormal, mais n’en conservant pas moins
la véritable structure des graines.
Beaucoup d’auteurs ont comparé les spo-
rules , ou corps reproducteurs des plantes
acotylédonées, aux Bulbilles. C’est une
opinion qui sera développée et discutée
quand nous traiterons de l’organisation des
plantes acotylédonées et au mot sporules.
(A. R.)
BELBINE. Bulbine. bot. ph. — Famille
des Liliacées. Le genre nommé ainsi par
Linné a été généralement réuni au genre
Anthericum. (A. R.)
BIJLBIPARES [bulbus , bulbe; parioy je
produis), zool. — On nomme quelquefois
ainsi les animaux, et entre autres les Zoo-
phytes;qui se multiplient par bourgeons. Le
mot Gemmipares est préféré. (P- G.)
BULBOCHÆTE. bot. cr. — (Phycées).
K oyez bolbochæte. (C. M.)
BULBOCODE. Bulbocodium (j3o).Soç, bulbe,
xwtîtov, peau garnie de poils?), bot. ph. —
Genre de la famille des Colchicacées , établi
par Linné et composé d’un petit nombre
d’esp. qui, pour le port, tiennent le milieu en¬
tre les Colchiques et les Crocus. Leur calice,
pétaloïde, est formé de sépales allongés, ré-
774
BLL
BUL
trécis et longuement onguiculés à leur base,
à peine soudés par leur partie inférieure,
mais réunis par une gaine extérieure com¬
mune, égaux entre eux, et portant chacun
une étamine attachée au milieu de leur
face interne, ayant une anthère très allon¬
gée et introrse, et un filet assez court. L’o¬
vaire esta 3 loges, contenant chacune un
assez grand nombre d’ovules attachés sur
plusieurs rangs à leur angle interne. Les
3 styles sont distincts ou soudés, et le fruit
est une capsule à 3 loges , se partageant en
3 parties qui s’ouvrent chacune par leur
côté supérieur et interne.
Les Bulbocodes , au nombre de 4 ou
5 esp., sont de petites plantes à bulbe so¬
lide, qui croissent en général dans les hautes
montagnes de l’Europe australe. Le même
g. a été nommé Merendera par Ramond,
nom adopté par un assez grand nombre de
botanistes ; mais celui de Bulbocodium étant
plus ancien doit être conservé. (A. R.)
BULBONACH. BOT. PH. — Voyez BOLBO-
NACH.
BULBOPHYLLUM. bot. ph. — Voyez
BOLBOPHYLLUM.
* BULBOSPEBMUM ( j8 oïêoç , bulbe ;
aWpfjux, semence), bot. ph. — Genre éta¬
bli par Blume [Emm. pl. Jav., 1 , 15) pour
une plante herbacée de l’île de Java, se rap¬
prochant des Pelioscmihes. Ce g. est trop
peu connu pour que son adoption puisse
être définitive. (C. d’O.)
* BIJLBOSTYL1S (jSo XSoç, bulbe - ^oç,
style ; style bulbeux), hot. ph. — Les Bulbo-
stylis sont des herbes vivaces ou des sous-
arbrisseaux indigènes du Mexique. Ils font
partie des Composées-Eupatoriées , et ont
pour caractères : Capitule à 10-25 fleurs. In-
vo, lucre formé de 2-3 rangées d’écailles linéai-
res-lancéolées , acuminées , striées , lâche¬
ment imbriquées. Réceptacle étroit , nu.
Corolles tubuleuses, dilatées à la base, à
5 dents assez courtes. Style renflé à la base
et simulant une sorte de bulbe. Fruit cylin¬
drique, strié , surmonté d'une aigrette for¬
mée d’une rangée de soies scabres. ( Voyez
Delessert Icon. seleclœ.) (J. D.)
BULBOSUS. bot. cr. — Voyez bulbe.
BULBULEUX. bot. cr. — Voy. bossillqns.
(Lév.)
BULBES, bot. ph. TT. Voyez bulbe.
* BULGAJIIA. , sae.).. bot, cb. —
Genre proposé par Fries pour des Champi¬
gnons réunis par quelques auteurs aux Pé-
zizes, avec lesquels ils ont les plus grands
rapports, adopté cependant par MM.Lindley
et Endlicher comme un g. distinct. (C. d’O.)
BULIME. Bulimus ( diminutif irrégulier
de Bulla). moll. — Genre de l’ordre des
Gastéropodes, famille des Gastéropodes pul-
monés terrestres, réformé par Lamarck,
qui l’a circonscrit avec sagacité , et l’a vé¬
ritablement tiré du chaos dans lequel l’a¬
vaient plongé ses prédécesseurs.
L’animal des Bulimes présente, sous le rap¬
port des parties essentielles de l’organisation,
les mêmes caractères que les Agathines ; c’est
un gastéropode à collier et sans cuirasse,
dont la tête est munie de 4 tentacules; les
deux plus grands oculés au sommet : il a le
pied comme celui des Hélices, et il est dé¬
pourvu d’opercule. La génération des Buli¬
mes offre cela de particulier, que leurs œufs
sont fort gros et pourvus d’une enveloppe
calcaire ; la coquille s’y trouve toute formée,
et présente déjà Un commencement de spi¬
rale.
La coquille est ovale, oblongue ou turri-
culée ; son ouverture est entière , plus lon¬
gue que large, à bords inégaux, désunis su¬
périeurement ; la columelle est droite, lisse,
sans troncature et sans évasement à la base.
A l’état adulte, le bord droit de la coquille
est revêtu d’un bourrelet quelquefois fort
épais ; le dernier tour de spire est toujours
plus grand que celui qui le précède.
D’après les modifications proposées par
MM. Deshayes et Milne-Edwards (2e édition
des Anim. s. vert. ), le g. Bulime, auquel ils
réunissent les Agathines, ce que justifie la
ressemblance des animaux et la disparition
successive de la troncature çolumellaire ,
contient plus de deux cents espèces vivantes
et un petit nombre de fossiles , Lamarck
ayant introduit parmi les Bulimes fossiles
beaucoup de petites Coquilles qu’on a re¬
connu être des Paludines.
Les Bulimes sont des Coquilles générale¬
ment ornées de couleurs agréables, et dont
la taille varie de plusieurs pouces à quel¬
ques lignes. Les Agathines qu’on y réu¬
nit renferment les plus grandes Coquilles
terrestres. On trouve ce genre répandu sur
toute la surface du globe ; il vit dans les en¬
droits frais et ombragés , et l’hiver sous les
BUT,
775
BUÎj
pierres ou dans des trous de rochers ; sa
nourriture consiste en végétaux frais ou
morts. Les pays chauds , et l’Amérique mé¬
ridionale surtout, en fournissent le plus
d’espèces et les plus recherchées. A l’état
fossile, elles se trouvent dans les terrains
tertiaires. (C. d’O.)
BULIMINE. Bulimina (diminutif de Bu -
limus ). foram. — Genre de Foraminifères
que nous avons établi en 1825 pour des Co¬
quilles libres, spirales, turriculées, dont les
loges sont successives, sur un axe spiral ré¬
gulier, et se recouvrant plus ou moins, la
dernière n’étant jamais terminée par un
tube. Leur ouverture est longitudinale à
l’axe , virgulaire ou arrondie , latérale , sur
le côté interne ou près de l’angle supérieur
de la dernière loge.
Nous avons étudié comparativement plus
de 25 espèces de ce genre , que nous trou¬
vons réparties ainsi qu’il suit : Especes vi¬
vantes , 12 dans l’Adriatique, une à Mada¬
gascar, une aux Antilles, une en Patagonie,
deux au Pérou , une à Ténériffe. Il s’ensuit
qu’elles sont de presque toutes les mers.
Les espèces fossiles commencent avec la
Craie chloritée où elles sont déjà très nom¬
breuses. Elles le sont plus encore dans la
Craie blanche , au sein des terrains tertiai¬
res ; elles sont surtout multipliées au sein
des terrains subapennins de l’Italie.
(A. d’O.)
BULIMULE. Bulimulus. moll. — M. Leach
(Mise. zool. , t. 2) a établi sous ce nom, qui
n’a pas été adopté, un g. pour les espèces
de Bulimesqui ont l’ombilic ouvert.
BULITHE. (|3ov, particule augmentative;
YiQ oç , pierre ). mam. — Concrétion qui se
forme dans les organes digestifs du Bœuf.
* BULLA ( bulla , petite bouteille), ins. —
Linné appliquait cette dénomination à une
division de son genre ryllus , comprenant
principalement les espèces qui constituent
le genre Pneumora de Thunberg. (Bl.)
* BULLA. Bullœ (bulla, tête de clou.) bot.
cr. — Battarra ( Fung . arim.) donne ce nom à
la 14e classe de Champignons. Ellecomprend
ceux qui, en général , ont peu de consis¬
tance et de substance , et ressemblent aux
esp. de clous employés pour orner les chars
et les meubles dont on se sert pour s’asseoir.
Une pareille division ne pouvait être adop¬
tée, parce qu’elle renferme des individus
trop différents entre eux ; aussi ne l’a-t-elle
été par aucun auteur. (LÉv.)
BULL AIRE. bot. cr. — Voyez bullaria.
BULLARIA ( bulla, petite ampoule), bot.
cr.— Genre de Champignons épiphytes, de la
famille des Urédinées , caractérisé par des
spores qui , pour la forme et la régularité ,
représentent parfaitement bien le chiffre 8.
Elles n’ont pas de pédicelles, et sont ra¬
massées sous l’épiderme qu’elles soulèvent
comme une pustule brune , qui ne s’ouvre
jamais , comme dans les autres Urédinées.
M. DeCandolle^’L/v., II, p. 226) l’a observé
sur les tiges des Ombellifères. Persoon en a
fait un Uredo , Fries un Melanconiurri , Link
( (Jbs. mycol.) une espèce de Stilbospora , et en¬
fin un Puccinia, dans l’édition de Willdenow
du Systema naturœ de Linné. Je partage en¬
tièrement cette dernière opinion, parce que,
ayant eu plusieurs fois l’occasion d’exami¬
ner cette petite plante cryptogame sur la
Ciguë Yireuse, j’ai vu que les spores étaient
pédicellées, et seulement beaucoup plus vo¬
lumineuses sur les tiges que sur les autres
parties. On doit donc lui donner le nom de
Puccinia umbelliferarum préférablement à
tout autre. (LÉv.)
BULLE. Bulla ( bulla), globules;, moll. —
Genre de l’ordre des Gastéropodes tectibran-
ches, famille des Bulléens, long-temps con¬
fondu avec les Porcelaines et les Ovules , et
complètement réformé par Bruguière. De¬
puis , il n’a guère subi de modifications que
relativement à la place qu’il doit occuper dans
les méthodes -, et encore tous les natura¬
listes s'accordent à le rapprocher des Aply-
sies à cause de l’armure de son estomac,
qui est , ainsi que celui de ce mollusque ,
muni de pièces osseuses , et de la propriété
que possèdent la plupart des Bulles de ré¬
pandre une liqueur purpurine.
Cuvier avait réuni, sous la dénomination
générale d’Acères, les Bulles, les Bullées et
les Acérés. D’autres conchyliologistes ont
ainsi que lui considéré comme un même g.
les Bulles et les Bullées ; mais Lamarck , se
fondant sur la présence d’une coquille ex¬
terne dans les premières et interne dans les
secondes , en a fait deux genres distincts,
quoique tenant de très près l’un à l’autre.
Voici les caractères qu’il donne au genre
Bulle : Corps ovale-oblong, un peu convexe,
divisé supérieurement en deux parties trans-
BUL
BUM
776
verses, ayant le manteau replié postérieure¬
ment. Tête peu distincte. Point de tentacules
apparents. Branchies dorsales et postérieures
recouvertes par le manteau. Anus sur le côté
droit ; partie postérieure du corps recouverte
par une coquille externe , qui y adhère par
un muscle. — Coquille univalve, ovale, glo¬
buleuse, mince et fragile, souvent épider-
mée, plus ou moins complètement enroulée,
sans columelle ni saillie à la spire , ouverte
dans toute sa longueur, à bord droit tran¬
chant. La coquille des Bulles , généralement
de petite taille, est complètement enroulée ;
elle est constamment à découvert, et l’ani¬
mal peut s’y renfermer presque entière¬
ment.
Ces Mollusques, qui ont la faculté de na¬
ger en pleine eau, se tiennent ordinairement
sur les fonds sableux , et se nourrissent de
petits Testacés qu’ils triturent au moyen des
osselets de leur estomac. La forme ovoïde
des Bulles , leur structure délicate et la va¬
riété des couleurs qui les ornent , en font de
fort jolies Coquilles , recherchées dans les
collections.
Le genre Bulle renferme 26 espèces répan¬
dues dans toutes les mers du globe, et dont
quelques unes habitent celles d’Europe. On
en connaît 11 espèces fossiles, savoir: 10 des
terrains tertiaires , et une ( B. elongala ) du
terrain oolithique. (C. d’O.)
BlILLÉE. Bullœa ( bulla , globule ). moll.
— Genre de l’ordre des Gastéropodes tecti-
branches , famille des Bulléens , considéré
par quelques auteurs comme formant une
simple division du g. Bulle, mais qui en dif¬
fère par sa coquille, cachée dans l’épaisseur
de son manteau, au-dessus des branchies,
et sans adhérence. Le test est très mince ,
partiellement enroulé en spirale d’un côté ,
sans columelle et sans spire , à ouverture
très ample, évasé supérieurement. On n’en
connaît que deux espèces : la B. plan-
cienne , qui habite les mers d’Europe ; et la
B. hirondelle , rapportée de l’Ile-de-France
par MM. Quoy et Gaymard. Le nombre des
espèces fossiles est également de deux : l’une,
très rare, se trouve à Grignon, près de Paris ;
et l’autre en Italie. Toutes deux appartien¬
nent aux terrains tertiaires. (C. d’O.)
BULLÉENS. moll. — Famille de l'ordre
des Gastéropodes tectibranches , créée par
Lamarck pour des Coquilles univalves ma¬
rines, comprenant les Acérés , les Bullées et
les Bulles. Cette famille répond au g. Acère
de Cuvier. (C. d’O.)
BULLIARDA (Bulliard, célèbre mycétolo-
gue français). Box.CR.etPH. — Trois genres ont
reçu ce nom ; le premier établi par Junghun
( Linnœa , voy. 408), est synonyme d 'Hyme-
nogasier , Witt ; le deuxième, formé par De
Candolle (Bull. Soc.phil,, 1801), paraît devoir
rester réuni au Tillœa de Micheli, dont il
l'avait démembré; le troisième, créé par
Necker ( Elem ., 1103), est synon. du genre
Xylopia de Linné. II résulte donc de ce rap¬
prochement que la dénomination générique
Bulliardia reste encore à la disposition des
auteurs systématiques. (C. L.)
BULLIN. moll.— Genre créé par M. Oken,
qui a réuni sous ce nom les g. Physe et An-
cyle, quoiqu’ils aient des caractères assez
dissemblables pour rester séparés.
*BULOWIA, Schum. (nom propre), bot.
ph. — Synonyme du genre Smeathmannia ,
Sol., famille des Passifloracées. (C. L.)
BUMALDA, Thunb. (nom propre), bot.
ph. — Synonyme du genre Staphylea , L.
(C. L .,
* BUMASTUS (j3ouf/.a<7Toç, espèce de raisin
à gros grains), crust. — Genre fossile de
Trilobites proposé par M. Murchison, et qui
se rapproche beaucoup des Nilés; dont il ne
diffère guère que par les anneaux de son
thorax, qui sont au nombre de 10 au lieu de
8. Le type de ce g. ( B. barriensis ) a été
trouvé dans les terrains diluviens supérieurs
du Staffordshire en Angleterre. (P. G.)
BUMELIA (/SoufAcXia, nom grec du frêne?).
bot. ph. — Genre de la famille des Sapota-
cées, formé par Swartz ( Prodr ., 49), et ren¬
fermant des arbres ou des arbrisseaux indi¬
gènes de l’Amérique tropicale et boréale ,
dont une douzaine ont été introduits dans
les jardins européens. Le calice en est
5-parti ; la corolle subrotacée, à tube court,
à limbe 5-parti, dont chaque partie est ac¬
compagnée de part et d’autre, à la base,
d’une laciniule à 10 étamines, dont 5 fertiles,
5 stériles. Anthères subsagittées. Ovaire 5-lo-
culaire. Style tubulé, exsert ; stigmate aigu.
Baie uniloculaire, monosperme. Les feuilles
en sont alternes, très entières ; les fleurs
blanches, portées par des pédoncules axillai¬
res ou latéraux, uniflores, très souvent fas-*
ciculés. (C. L.)
777
BÜN
’BUNBURYA ( nom propre), bot. pii. —
Gerire de la famille des Asclépiadées , établi
par M. Harvey, qui lui donne les caractères
suivants : Calice à 5 parties. Corolle en roue,
5*pariite. Couronne staminale campanulée,
tircéolée, simple, â limbe tronqué, très entier.
Anthères terminées par un appendice mem¬
braneux. Masses polliniques oblongues, fixées
par leur sommet renflé, obtuses, pendantes.
Stigmate déprimé , subpentagone. — Ce
genre habite le Cap, et me parait, par les
caractères ci-dessus, devoir faire partie de la
section des Cÿnanchum , à laquelle j’ai donné
le nom de Cyalhella. (J. D.)
BUNCHOSIA. bot. ph. — Bunchos est
un des anciens noms arabes du café, ce qui
a engagé Richard à nommer ainsi un genre
de Malpighiacées, confondu avant lui avec le
Malpighia , et dont le fruit charnu , à 2
noyaux, offre une certaine ressemblance avec
celui du Caféier. Ses caractères sont les sui¬
vants : Calice 5-parti, dont les divisions sont
toutes, ou moins une, chargées extérieure¬
ment de deux glandes. Pétales plus longs ,
onguiculés, à limbe denté, réfléchis. 10 éta¬
mines, soudées inférieurement par leurs fi¬
lets en un tube. 2 ou plus rarement 3 styles,
quelquefois distincts , mais plus ordinaire¬
ment soudés entre eux entièrement ou en
partie. Ovaire aminci à son sommet , 2-3-lo-
culaire. Fruit charnu, à deux noyaux. — Les
esp., au nombre d’une vingtaine, sont des
arbres ou des arbrisseaux originaires de l’A¬
mérique tropicale. Leurs feuilles sont oppo¬
sées , accompagnées de courtes stipules qui
se rapprochent quelquefois l’une de l’au¬
tre entre le pétiole et le rameau ; leurs fleurs,
ordinairement jaunes ou très rarement blan¬
ches, sont disposées en grappes axillaires, et
portées chacune sur un pédicelle articulé, au-
dessous de l’articulation duquel on remar¬
que 2 bractéoles , chargées toutes deux, ou
l’une seulement, d’une glande latérale.
(Ad. J.)
*BUIMGEA (Bunge, botaniste allemand).
bot. ph. — Genre de lâ famille des Scrophu-
lariàcées, tribu des Rhinanthées, formé par
C. A. Meyer [Verzêich., Cauc., Pfl. 108)
sur le Rhinanihus trifidus Yahl. C’est une
plante herbacée de l'Asie-Mineure, à tige
très simple, subtomenteuse , portant des
feuilles opposées, sessiles, triparties , dont
les lâcinies linéaires pubescentes; â fleurs
T. II.
BUP
opposées, axillaires, solitaires, sessiles, dont
les calices bibractéolés à la base. (C. L.)
BIIIVIADÉËS bot. ph. — Une des nom¬
breuses tribus de la grande famille des Cru
cifères [voyez ce mot), ayant pour type le
genre Bunias. (Ad. J.)
BUNIAS, Desv. (^ovviolç, sorte de navet ?).
bot. ph. — Synonyme d ’ürthodium, DC.,
(C. L.)
BUNIU3H, Lagasc. (^ouvtov, plante ombel-
lifère?).BOT. ph.— Synon. du genr ePtycho-
lis, Koch. — C’est aussi un genre de la fa¬
mille des Ombellifères , tribu des Ammi-
hées, formé par Koch ( Msc .)* et adopté par
De Candolle , qui le divise en 3 sections :
Chryseum , Caroides , Conopodium. Il ren¬
ferme environ 18 espèces habitant le bassin
méditerranéen et les plaines du Caucase.
Ce sont des plantes herbacées, pérennes, à
rhizome souvent tubéreux, globuleux ; à ti¬
ges cylindriques, atténuées à la base chez
les individus munis d’un tel rhizome; à
feuilles multiséquées , dont les segments
multifides, les lobes linéaires; l’involucre
diversifié, les involucelles oligophylles; les
fleurs blanches, rarement jaunes ou verdâ¬
tres. (c. L.)
BUNODE. Bunodus. anjnél. — Guettard
appelle ainsi un g. de Vers chétopodes qu’il
définit d’une manière incomplète , d’après
une figure et quelques détails de d’Argen-
ville. Ce mot n’a pas été adopté. (P. G.)
*BUPALIJS ( ]3ov-jra^oç , personnage niais
de la comédie ). ms. — Genre de Lépidoptè¬
res, de la famille des Nocturnes , créé par
Leach et adopté par Stephens, pour y placer
deux espèces [Geom. piniaria Linn.,et Geom.
favillacearia Hubn.),qui appartiennent toutes
deux au g. Fidonia de Treitschke. Voyez ce
mot. (D.)
BEPARITI (nom vernaculaire), bot. ph.
— Voyez paritium. (C. L.)
BUPHAGA. ois. — Nom latin du g. Pique-
Bœuf.
*BUPHAGIDÉES. Buphagidœ. ois.— Fa¬
mille de l’ordre des Passereaux de Cuvier,
et de notre soüs-ordre des Passereaux ani-
sodactyles , ne renfermant que la sous-fa¬
mille des Buphaginées. Voyez ce mot.
(Lafb.)
*BUPHAGINÉES. Buphaginœ.ois. — Sous-
famille de notre famille des Buphagidées, ne
renfermant que le seul g. Pique-Bœuf. Voy.
49*
BUP
778 BUP
ce mot, pour les caractères de famille et de
genre. (Lafr.)
BUPHONE et non BUPHANE , comme
l’écrivent plusieurs auteurs, bot. vn.—Foy.
bouphon, ainsi écrit par erreur typographi¬
que au lieu de bouphone. (C. L.)
BUPI1THALMUM (/3ovç, bœuf; è<p0«X-
f*oç , œil ). bot. ph. — Les Buphthalmum
qui ont le port des Aulnées , sont réduits
aujourd’hui à 3 espèces. Ce sont des herbes
vivaces, qui appartiennent à la famille des
Composées , tribu des Astéroïdées. Ils ont
pour caractères essentiels : Capitules multi-
flores, radiés. Anthères très brièvement ap-
pendiculées. Fruit du rayon triangulaire ou
offrant trois ailes assez étroites; ceux du
disque comprimés, munis seulement du côté
interne d’un rebord plus ou moins prononcé ,
couronné d’une aigrette ou mieux d’une sorte
de couronne scarieuse , poilue-dentée. Les
capitules sont jaunes. (J. D.)
BUPLÈVRE. Bupleurum (/3ov7rX£vpov,nom
grec présumé de notre Buplèvre commune).
bot. pii. — Genre de la famille des Ombelli-
fères, établi par Tournefort (Inst., 309), et
comprenant une cinquantaine d’espèces ,
dont plus de la moitié sont cultivées dans
les jardins de botanique. Ce sont des plan¬
tes annuelles, ou vivaces ou suffrutescentes,
très glabres, répandues dans toutes les par¬
ties extratropicales de l’ancien continent, au
cap de Bonne-Espérance, et rares dans l’A¬
mérique tropicale ; à feuilles assez rarement
laciniées. Le plus ordinairement le limbe
est abortif et le pétiole se change en un
phyllode très entier ; les fleurs sont jaunes,
en ombelles composées, à involucres variés.
On en trouve 2 esp. aux environs de Paris :
les B. rotundifolium L.,et falcatumh. (C. L.)
BUPRESTE. Buprestis (j3ov7rpyj<rnç, espèce
de Cantharide: de|3ouç, bœuf; TrpvjOw, j'enfle).
ins. — Suivant Pline (lib. 30, cap. 4), c’est un
Scarabé à longues jambes qui se lient dans les
prairies, où il est souvent avalé avec l’herbe
par les bestiaux qui paissent. Lorsque cela
arrive, dit-il, l’insecte venant à toucher le
fiel de l’animal, celui-ci s’enfle au point qu’il
finit par crever. De là le nom donné à cet
insecte. D’après ces indications , Geoffroy
(flist. des vis. des env. de Paris) avait pensé
que le Buprestis de Pline pourrait bien appar¬
tenir au g. Carabus de Linné , et il avait en
conséquence remplacé ce dernier nom par le
premier. Mais Latreille, dans un Mémoire lu
à la première classe de l’Institut, le 8 juin 1812,
a combattu celte opinion, ainsi que celles de
tous les commentateurs de Pline et des auteurs
grecs qui ont parlé du Buprestis-, et sa conclu¬
sion est que cet insecte se rapporte au g. Méloé
des modernes, dont les propriétés vésicantes
ne sont pas moins prononcées que celles du
genre Cantharide , et dont une espèce porte
encore le nom de Foupresty , dans la Morée.
Il faut convenir que les raisons données par
notre célèbre naturaliste sont très spécieu¬
ses, et que, si Linné les eût connues, il n’eût
pas donné, comme il l’a fait, le nom de Bu¬
prestis à un genre d’insectes qui n’a rien de
commun avec celui auquel les anciens l’ont
appliqué. Quoi qu’il en soit, sa nomenclature
a prévalu , et les entomologistes entendent
par Buprestis des Coléoptères de la famille
des Slernoxes, remarquables pour la plupart
par l’éclat de leurs couleurs métalliques ,
mais ne renfermant aucune espèce à pro¬
priétés vénéneuses , et susceptible surtout
d’être avalée par les animaux paissant dans
les prairies , par la raison que ces Insectes
ne se tiennent jamais dans l’herbe, mais bien
sur les feuilles et le tronc des arbres, ou sur
les buissons et les plantes ligneuses d’une
certaine élévation.
Le g. Buprestis de Linné , qui ne renfer¬
mait que 29 espèces à l’époque de la 12* édi¬
tion du Systema natures, s’est tellement accru
depuis, qu’on a été obligé d’y établir un
grand nombre de divisions auxquelles on a
donné des noms génériques , et dont la réu¬
nion forme aujourd’hui la tribu des Bupres-
tides. M. le comte Dejean s’est fondé sur
l’établissement de cette tribu pour faire dis¬
paraître de son dernier Catalogue le g. Bu¬
prestis ; mais c’était, selon nous, une raison
au contraire pour le conserver, puisque sans
lui , on ne sait plus d’où vient le nom de la
tribu. D’ailleurs il n’est pas d’accord en cela
avec lui-même , car il n’a pas supprimé les
anciens g. Carabus et Chrysomela , bien qu’ils
aient été convertis depuis long-temps en fa¬
milles, les Carabiques et les Ciirysomélines.
Au reste , excepté lui et M. Chevrolat , tous
les entomologistes qui ont écrit sur les Bupres-
tides ont conservé le g. Buprestis dans leurs
travaux respectifs, et y ont placé le B. rus -
tien de Linné , qui peut en être considéré
comme le type. Cette espèce, que M. Dejean
BUP
BUP
779
a mise dans le g. Ancylocheira d’Eschscholtz,
n’est pas rare en France , et se trouve aux
environs de Paris. V*oyez le mot ôupresti-
des , où nous entrons dans plus de détails
sur ces Insectes. (D.)
BUPRESTIDES. Buprestides. — ins. Nom
d’une tribu de Coléoptères pentamères, de la
famille des Serricornes,Latr., ou de celle des
Sternoxes, Dej. Elle a pour type l’ancien g.
Buprestis de Linné , devenu tellement nom¬
breux en espèces qu’il en existe peut-être
aujourd’hui plus de 1500 dans les divers
cabinets de l’Europe. MM. Delaporte (comte
de Castelnau ) et Gory en ont décrit et fi¬
guré 1250 environ dans leur belle Iconogra¬
phie de cette tribu. Ce grand nombre d’es¬
pèces, d’ailleurs de formes très variées, ren¬
dait insuffisants les trois seuls genres éta¬
blis par Latreille , pour les classer. Schœn-
herr est le premier qui ait reconnu cette
insuffisance; mais il se contenta de for¬
mer des groupes sans leur donner de noms.
Depuis , plusieurs entomologistes se sont
occupés, avec plus ou moins de succès, de
la classification des Buprestides. Nous cite¬
rons d’abord Eschscholtz ( Zoologischer Al¬
las , etc., p. 8 et9) qui les divise en 17 g., dont
il donne les caractères d’une manière suc-
. cincte. Viennent ensuite M. Solier, qui dans
un travail très étendu, intitulé : Essai sur les
Buprestides ( Ann. de la Soc. entom ., t. 2),
adopte les g. d’Eschscholtz, en crée de nou¬
veaux , et en porte le nombre à 34 ; M. le
comte Dejean, qui, dans son dernier Catalo¬
gue, en mentionne 47, dont 15 lui appartien¬
nent ; M. le comte Mannerheim qui, dans son
énumération des Buprestides de sa collec¬
tion, restreint le nombre des g. à 34, en res¬
tituant à plusieurs les noms d’Eschscholtz
que ses devanciers n’avaient pas connus ;
enfin , MM. Delaporte et Gory, qui, dans leur
Iconographie déjà citée, répartissent toutes
les Buprestides décrites par eux dans 42 g.,
dont 19 sont de leur création , mais parmi
lesquels il s’en trouve plusieurs formant
double emploi avec ceux des auteurs qui les
ont précédés, et qu’ils auraient pu par con¬
séquent se dispenser d’établir. A cette liste ,
nous devons ajouter: 1° le nom de M. Ser-
ville, qui a établi plusieurs g. parmi les Bu¬
prestides sans en donner les caractères, mais
dont les noms ont été adoptés dans la clas¬
sification de cette tribu ; 2° celui de M. Spi-
nola qui , dans une lettre adressée à la So¬
ciété entom. de France (t. 6, p. 101), passe
en revue le g. Lalipalpis de M. Solier, dont
les espèces lui paraissent appartenir à 7 g. dif¬
férents, y compris celui d’Apateum , créé par
lui. Ce n’est pas ici le lieu de discuter le mé¬
rite de ces différentes classifications; le peu
d’espace qui nous reste sera mieux employé
à donner une idée générale de l’organisation
et des mœurp des Insectes qui font le sujet
de cet article.
Les Buprestides ont beaucoup de rapport
avec les Élatérides ; mais ce qui les en dis¬
tingue essentiellement, c’est l’absence de
cet appareil pour le saut , qui caractérise
particulièrement ces dernières. Du reste ,
leurs principaux caractères peuvent être for¬
mulés ainsi : Corps non propre à sauter.
Saillie postérieure du presternum ne s’en¬
fonçant point dans une cavité antérieure
du mésosternum. Mandibules entières. Pal¬
pes terminés généralement par un article
presque cylindrique ou ovoïde, quelque¬
fois globuleux. Yeux ovales. Corps le plus
souvent ovalaire. Pattes très courtes. La
forme de ces Insectes est très variée ; les uns
sont cylindriques , d’autres sont aplatis et
elliptiques, d’autres sont ovoïdes , d’autres
presque triangulaires, d’autres enfin linéai¬
res , et, dans tous, l’extrémité des élytres est
plus ou moins acuminée. Toutes ces for¬
mes sont généralement peu gracieuses , ce
qui tient d’une part à l’enfoncement de la
tête dans le prothorax , et d’une autre, à la
jonction presque intime de celui-ci avec la
base des élytres, organisation qui ôte à l’in¬
secte la liberté de ses mouvements dans ces
diverses parties, et le fait paraître toutd’une
pièce. Mais si, sous ce rapport, les Bupresti¬
des le cèdent à la plupart des autres Coléop¬
tères , notamment aux Longicornes aux for¬
mes élancées, elles l’emportent sur tous par
l’éclat et la vivacité des couleurs dont la na¬
ture s’est plu à les parer. Ici c’est l’éclat de
l’or poli brillant sur un fond d’émeraude ,
ou l’azur qui se détache sur un fond d’or ;
là, ce sont des couleurs non métalliques,
mais les plus vives et les plus tranchées, et
néanmoins assorties de manière à ne pas of¬
fenser l’œil le plus délicat; enfin, il en est
qui, indépendamment de leurs belles cou¬
leurs, sont garnies de touffes ou de pinceaux
de poils auxquels ils doivent un aspect sin-
780
. BUP
gulier ; aussi cette tribu est-elle la plus re¬
cherchée des amateurs, et Geoffroy, dans
son style pittoresque , ayait - il donné le
nom générique de Richards à ces Insectes ,
bien qu’il n’en connût que quelques espè¬
ces d’Europe dont l’éclat est loin de pou¬
voir rivaliser avec celui des espèces exo¬
tiques. Leur taille n’est pas moins variée
que leur forme , et présente les plus grands
contrastes. On peut s’en faire une idée en
comparant P Aphanislicus puvillu. s, d’une li¬
gne de long à peine , avec le Chrysoçhroa
bicolor , le géant de la tribu , qui en a 31.
Leurs mœurs , à l’état parfait, n’offrent rien
de bien intéressant. L’extrêipe brièveté de
leurs pattes fait qu’ils ont beaucoup de peine
à marcher ; mais, en revanche, ils volent avec
beaucoup d’agilité, surtout par un temps sec
et chaud Cependant, lorsqu’on veut les sai¬
sir soit sur une fleur, soit sur une feuille ,
soit sur le tronc d’un arbre où ils aiment à
se reposer, ils préfèrent se laisser choir plutôt
que de s’envoler, ce qu’ils peuvent faire sans
se blesser, vu l’extrême dureté de leurs té¬
guments qui fait souvent rebrousser l’épin¬
gle de l’entomologiste qui veut les transper¬
cer. Les femelles sont pourvues d’une ta¬
rière cornée, composée de trois pièces, au
moyen de laquelle elles déposent leurs œufs
dans le bois dont leurs larves doivent se
nourrir. Quant à celles-ci, el,les sont encore
peu connues. Cependant MM. Delaporte et
Gory en représentent de cinq espèces diffé¬
rentes , dans leur Iconographie. A l’excep¬
tion de celle du Buprestis gigantea qu’ils ont
copiée dans mademoiselle de Mérian, et qui
ressemble à une larve de lamellicorne, ce qui
nous ferait supposer que cette dame a com¬
mis une erreur, les autres sont Apodes, et
ont beaucoup de rapports avec celles des
Longicornes. Parmi ces dernières se trouve
celle de YAgzUus Aubei , observée par
M. Aubé ( Ann. de la Soc. eniornolog. de
France , vol. .VI).
Le tube alimentaire des Buprestides a trois
fois la longueur du corps ; leur œsophage est
grêle; le veptriGule chylifique distinct du ja¬
bot par un étranglement brusque; le jabot
est allongé, tubuleux, flexueux ou replié,
parfaitement glabre ; l’intestin grêle est
court, presque droit; le cæcum s’en distin¬
gue par une contracture et se fait remar¬
quer par sa forme allongée et cylindroïde;
BtTK
le rectum est droit et court ; les vaisseaux
biliaires ne paraissent pas différer de ceux
des Carabiques. *
Les Buprestides sont très communs dans
les climats chauds , et deviennent d’autant
plus rares qu’on s’avance davantage vers le
Nord. Les espèces les plus grandes et les plus
belles se trouvent dans les contrées inter-
tropicales. Les environs de Paris en fournis¬
sent à peine une trentaine. (D.)
BUPRESTIS. ins, — Voyez bupreste.
*BUPRESTITE§. ins. — M. Newmann ,
dans sa classification des Insectes de l’Angle¬
terre, d’après les larves ( The entom.Magaz.,
n. IX , p. 4 1 2), désigne ainsi une des nombreu¬
ses divisions établies par lui dans l’ordre des
Coléoptères , et qui est fondée sur les méta¬
morphoses des larves du g. Buprestis.
M. le comte de Castelnau ( Hist. des Co-
léop. , faisant suite au Buffon-Duménil ,
page 213 ) donne le même nom à un groupe
de la tribu des Buprestides, ayant pour carac¬
tères communs : Écusson visible, petit, sub-
orbiculaire , souvent ponctiforme. Corselet
coupé droit en arrière. Ce groupe se com¬
pose des g. Stigmodçra , Capnodis et Bupres¬
tis. (D.)
BUPRESTOIDE. Buprestoides (Sovirpya-
rtç, bupreste; £~<îoç, aspect), ins. — Genre de
l’ordre des Coléoptères, établi par Schœffer,*
et qui n’est connu que par la figure qu’il en
donne, laquelle n’est pas assez correcte pour
savoir précisément quelle espèce elle repré¬
sente. Seulement on voit que c’est un hété-
romère de la famille des Sténélytres , et qui
serait voisin des Serropalpes et des Çistèlçs
suivant Latreille. (D.)
BURAMIA. bot. ph. — Voyez booram.
BURASAIA (nom vernaculaire), bot. pii.
— Genre de la famille des Lardizabalacées ,
formé par Dupetit-Thouars ( Qen. madagasc.
62), revu par M. Decaisne (. Mém. Lardizab.),
et renfermant jusqu’ici 4 espèces découver¬
tes dans l’île de Madagascar. Ce sont des ar¬
brisseaux volubiles , glabres , gummifères,
insipides, à rameaux cylindriques, striés,
dont l’écorce adulte est rugueuse ou subé¬
reuse. Les feuilles en sont alternes , éstipu-
lées, trifoliolées ,'les folioles entières , den¬
tées, ou lobées-sinuées, trinerves, les adultes
coriaces, spuvent mucronulées ; les pétioles
et les pétiolules renflés à la base et au som¬
met. Les fleurs, blanches lilaejnées, d’un
BUR
781
pourpre foncé ou d’un jaune paille , odo¬
rantes dans quelques espèces, sont disposées
en grappes axillaires , solitaires ou réunies ,
et sortent d’une série de squames ; fruit co¬
mestible. (C. L.)
BlIRGARDIA (nom propre ). bot. cr.
— Synonyme de Bulgaria.
BURCHARDÏA, Duham. (nom propre).
bot. ph. — Synonyme du Callicarpa de Linné.
— Necker ( FAem . , 728) donne aussi ce nom
à un g. synon. du Psidium , L., famille des
Myrtacées. (C. L.)
BURCHARDIE./frM'çfcanfr'a (nom propre).
bot. ph. — Genre de la famille des Colchica-
cées, établi par R. Brown ( Prodr. fl. Nov.
Holl. 1 .p. 373) pour une seule espèce, Burcliar -
dia umbellaia , originaire de la Nouvelle-Hol¬
lande. C’est une plante assez grêle, à racine
fibreuse, à tige simple, portant des feuilles
alternes et linéaires, des fleurs assez peti¬
tes, disposées en sertule terminal, accompa¬
gné à sa base de plusieurs bractées linéaires.
Leur calice est formé de six sépales étroits à
leur base, distincts, marqués chacun d’une
petite fossette nectarifère, caducs ; les étami¬
nes sont insérées tout-à-fait à la base des
pétales ; leurs filets sont libres , leurs an¬
thères introrses et allongées. L’ovaire à 3 lo¬
ges est terminé par 3 styles et 3 stigmates
distincts. Le fruit est une capsule trilocu-
laire, se partageant en 3 coques qui s’ouvrent
par leur côté interne et supérieur. (A. R.)
BURCHELLIA ( W. Burchell , voyageur
et naturaliste anglais), bot. ph. — Genre de
la famille des Rubiacées , tribu des Gincho-
nacées-Gardéniées, établi par Robert Brown,
et ne comprenant jusqu’ici que deux espèces
indigènes du Cap , introduites depuis long¬
temps dans nos jardins. Ce sont des arbris¬
seaux à feuilles opposées, brièvement pétio-
lées, ovales, aiguës, subcordiformes à la base,
munies de stipules interpétiol aires , élargies
au sommet , cuspidées , décidues. Les fleurs
en sont tubulées, capitées, côccinées, termi¬
nales , sessiles, sur un réceptacle velu , et
accompagnées de très petites bractéoles dis¬
tinctes. On cultive surtout pour l’ornement
des serres tempérées le B. capensis. (C. L.)
*BURDACHIA (nom propre), bot. ph.—
Genre de la famille des Malpighiacées, dédié
à un célèbre physiologiste allemand, et ainsi
caractérisé : Calice 5-fide, dont chaque divi¬
sion porte deux glandes. Pétales onguiculés,
BUR
trois fois plus longs que le calice , inégaux
entre eux, et dissemblables. Étamines 10,
toutes fertiles, à filets courts, soudés à leur
base en un anneau glabre, à anthères gla¬
bres et oblongues. Styles 3, insensiblement
amincis, et aiguisés au sommet. Ovaire 3-lo-
culaire. Fruit ï-loculaire, et monosperme
par avortement , dont le péricarpe , tantôt fi¬
gure une sorte de pyramide à 9 angles, et se
sépare par la maturité en 3 valves, tantôt est
sphéroïde et indéhiscent. M. Martius , d’a¬
près son Herbier, considère cette différence
comme suffisante pour faire de l’espèce qui
présente ce dernier fruit un autre g. Carusia,
qu’il dédie à un autre célèbre anatoipiste. —
Les 2 esp. sont des arbres du Brésil, à feuilles
opposées, grandes, coriaces, entourées d’un
rebord saillant; à stipules axillaires ; à grappes
terminales, triparties, dans lesquelles chaque
fleur, portée sur un pédicelle articulé, offre
au-dessous de lui une bractée, et latérale¬
ment deux bractéoles dont l’une porte une
glande. (Ad. J.)
*BIJRECA. bot. pii. — Genre indiqué par
Zippel (ex Mackl. Bijdr. lot. de Nalur. ,
V, 1 42 ; Bull. Fémss.y XVIII, 92), et qui ne
paraît pas avoir été encore décrit. (C. L.)
*BURGERIA ( nom propre ). rept. —
M. Tschudi, dans son Mémoire sur la classi¬
fication des Batraciens, établit ce g, pour 2
espèces de Rainettes, rapportées par MM. Du-
méril et Bibron aux Polypédates du même
auteur. (P. G.)
* BERGHARTIA , Neck. Burekartia ,
Schreb. ; Burkardia. Scop. bot. ph. — Déno¬
minations patronymiques plus ou moins al¬
térées d’un genre dédié à un auteur allemand
assez obscur , et synonyme du Ppiqueia
d’Aublet. (C. L.)
*BURGLARÏÂ, Wendl. b.ot. fh. — Sy¬
nonyme d ’llex, L. (Ç. L.)
BIJRGO ou BERGOS. mam. — Race de
Chieqs résultant du croisement de l’Épa¬
gneul et du Barbet. Voyez ghien.
BERHIXLS, Illig. (|3qv, particule aug-
mentative; pki tv%,, bec), ois. t- Genre dé¬
membré par Illiger de celui d’OEdicnème.
Voyez ce mot. (Lafr.)
BURMANNIA. bot. eh. ^ Voyez bur-
M ANNIE.
*BVRMANMACÉES.Burmnmaceœ.BOT.
ph. — Petite famille de plantes monocotylé-
donées à insertion épigynique, indiquée d’a-
782
BU R
BUR
bord par Sprengel, mais établie et caractéri¬
sée successivement par MM. Lindley (. Introd .
p. 357), Blume ( Enum . Pl. Jav. I. p. 27),
Endlicher ( Gen. p. 163), et qu’on peut ca¬
ractériser de la manière suivante : Les fleurs
sont hermaphrodites , tantôt solitaires, gé¬
minées ou en capitule, tantôt en épis. Leur
calice, pétaloide, adhérent par sa base avec
l’ovaire infère , est tubuleux , cylindrique
ou triangulaire , et quelquefois marqué de
trois côtes longitudinales. Le limbe est à 6
divisions peu profondes , inégales , dispo¬
sées sur deux rangs , 3 extérieures plus
grandes, 3 internes, manquant quelque¬
fois ou infléchies vers le centre de la
fleur. Les étamines , au nombre de 3 seule¬
ment , sont insérées à la gorge du calice et
opposées à ses divisions intérieures : les an¬
thères, introrses, à 2 loges s’ouvrant transver¬
salement , sont portées sur des filets très
courts. L’ovaire, adhérent, est tantôt à 3 loges,
tantôt à une seule ; dans le premier cas, les
ovules sont insérés à l’angle interne de cha¬
que loge; dans le second cas , ils sont atta¬
chés à trois trophospermes pariétaux. Le
style naît du sommet de l’ovaire ; il est sim¬
ple , triangulaire , terminé par 3 stigmates
globuleux ou pétaloides. Le fruit est une
capsule couronnée par le limbe calicinal ,
tantôt à une, tantôt à 3 loges polyspermes,
s’ouvrant irrégulièrement par le sommet, ou
en 3 valves irrégulières. Les graines, fort pe¬
tites, sont allongées, presque linéaires, striées
longitudinalement. Elles contiennent un très
petit embryon au centre d’un endosperme
charnu.
Cette petite famille ne se compose que de
3 g.: Gymnosiphon , Bl.; Gonyanlhes, Bl. ; et
Burmannia , L. , dont les espèces croissent
toutes dans les régions tropicales ou non
loin des tropiques , dans l’ancien et le nou¬
veau monde. Leurs affinités sont encore assez
obscures, parce que la structure de la graine
est encore assez incomplètement connue. Les
Burmanniacées ont surtout des rapports avec
les Iridées par le nombre de leurs étami¬
nes, et par leurs stigmates ou plutôt les divi¬
sions supérieures de leur style dilatées et
pétaloides; mais leurs étamines sont op¬
posées et non alternes avec les sépales inté¬
rieurs ; par leurs anthères s’ouvrant trans¬
versalement. Le g. Burmunnin , type de cette
famille, avait été placé par Jussieu parmi les
Broméliacées; mais il en diffère par son
port ; par la structure de son ovaire , et par
le nombre des étamines, etc. (A. R.)
BERMANME. Burmannia (nom d’hom¬
me). bot. ph. — Type de la petite famille des
Burmanniacées. Ce g. , auquel on a suc¬
cessivement réuni les g. Tripterella , Rich. ;
V ogelia , Gmel. ; et Maburnia , Dupetit-
Th. , se compose de petites plantes crois¬
sant en général dans les savanes ou lieux
humides de l’ancien et du nouveau monde.
Il est ainsi caractérisé : Le calice est tubu¬
leux et triangulaire, quelquefois à trois ailes,
rarement cylindrique; le limbe esta 6 divi¬
sions courtes , dont 3 intérieures , extrême¬
ment courtes. Les 3 étamines sont opposées
aux 3 divisions intérieures. Les anthères sont
à 2 loges obliques , écartées par un connec¬
tif assez large. C’est à cette obliquité des lo¬
ges de chaque côté du connectif qu’est due
la déhiscence presque transversale des loges,
déhiscence qui, en réalité, est longitudinale.
Le style filiforme se termine par 3 stigmates
arrondis. Le fruit est une capsule triangu¬
laire à 3 loges , contenant chacune un cer¬
tain nombre de graines disposées sur plu¬
sieurs rangs , à l’angle interne de chaque
loge, allongées et striées en longueur. (A. R.)
*BURNETTIE. iîurnem'ft (nom d’homme).
bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées,
tribu des Néottiées , établi par le professeur
Lindley (Gen. et sp. Orch. 517) pour une petite
plante originaire de la Tasmanie, et dont la
tige, dépourvue de feuilles, porte seulement
2 fleurs. Celles-ci ont un périanthe presque
régulier , composé de sépales linéaires et li¬
bres ; un labelle cunéiforme beaucoup plus
petit, simple , onguiculé. Le gynostème est
dressé, dilaté et comme pétaloide sur ses
côtés, offrant un lobe proéminent de chaque
côté vers sa base. L’anthère, dorsale et bilo-
culaire, contient 2 masses polliniques. (A. R.)
*BURNETA, Cham. et Schlecht. (nom
propre), bot. ph. — Synonyme du genre Ti -
monius de Rumph. (C. L.)
BURO. poiss. — Nom que Lacépède a
tiré des manuscrits de Commerson , et que
ce voyageur voulait donner au groupe géné¬
rique des Sidjans ou des Amphacanthes.
F'oyez ce mot. (Val.)
*BERRIEL1A (nom du voyageur Joh. Marc.
Burriel, qui visita la Californie en 1758). bot.
ph. — Genre de la famille des Composées,
BUR
BUR
783
tribu des Sénécionidées, qui a pour caractè¬
res : Capitule multiflore hétérogame; fleurs
du rayon ligulées, femelles, obovales; celles
du disque tubuleuses, 5-fides, hermaphrodites
ou parfois stériles par avortement. Involucre
composé d’écailles ovales, acuminées, égales
ou plus longues que les fleurons du disque.
Corolles à divisions légèrement velues. Ra¬
meaux des styles du disque terminés par un
cône court. Fruits grêles, linéaires, subtétra-
gones ; ceux du rayon comprimés, surmontés
d’une aigrette , 1-2- ou 3- aristée, ceux du
disque couronnés de paillettes lancéolées-
aristées, aussi longues que la corolle. — Les
Burrelia sont des herbes annuelles simples ,
à feuilles opposées, linéaires, très entières,
et munies de fleurs jaunes. (J. D.)
BURSA PASTORIS, Tourn. bot. pii. —
Synonyme du genre Capsella, Yent. (C. L.)
BURSAIRE. Bursaria (j3vp<roc, bourse), in¬
fus.— Genre d’infusoires établi par Müller,
qui le forma d’espèces tout-à-fait dissembla¬
bles , et dont une seule, B. truncaiella , doit
être conservée avec ce nom. Une autre de ses
Bursaires, B. hirundinella, doit être reportée
dans la famille des Péridiniens. M. Bory de
Saint-Vincent prenant pour type la De esp.
de Müller y a réuni des Paramécies et des Kol-
podes supposés dépourvus d’appendices, et
susceptibles de prendre en nageant une
forme plus ou moins concave. M. Ehrenberg
place son g. Bursaire dans la famille des
Trachelina, et lui attribue un anus terminal,
une bouche sans dents et sans appendice vi-
bratile, au-dessous d’un front renflé et pro¬
longé. M. Dujardin définit ainsi les Bursai¬
res : Animaux à corps cilié, ovoïde, plus large,
et arrondi en arrière, avec la bouche grande,
obliquement située à l’extrémité d’une ran¬
gée de cils partant du bord antérieur, et dis¬
posés en spirale. Dans ce genre sont réunies
de grandes espèces d’infusoires blancs ou
verts , habitant les eaux douces stagnantes
entre les herbes, et dont la longueur s’élève
de 3 à 7 dixièmes de millimètre. (Duj.)
BURSARIA (Ævpo-a, poche, bourse; forme
des capsules), bot. ph. — Genre de la famille
des Pittosporacées, formé par Cavanilles (/c.,
IY, 30, t. 550) sur Yllea spinosa d’ Andrews ,
et renfermant quelques espèces de la Nou¬
velle-Hollande , dont celle que nous venons
de citer est cultivée dans les jardins d’Eu¬
rope. Ce sont des arbrisseaux inermes , ou à
ramules spinescentes ; à feuilles alternes,
subsessiles , obovales-cunéiformes, rétuses ,
très entières ou oblongues-linéaires, aiguës,
dentées en scie ; à fleurs blanches, ou blan¬
ches et lavées de rose en dehors , portées par
des pédoncules terminaux ternés ou formant
une panicule multiflore. (C. L.)
*BURSARIE. Bursarius (jSvpaa, bourse).
acal. — Genre établi par M. Lesson, dans sa
famille des Béroïdes , tribu des Bérosomes ,
pour un acalèphe incomplètement connu.
- (Duj.)
*BURSARIÉES. infus.— Famille établie
par M. Bory de Saint-Vincent, dans son 1er
ordre des Microscopiques, l’ordre des G y ni no-
dés, animaux supposés très simples , de
forme invariable, et sans la moindre appa¬
rence de poils ou cils quelconques. Cette fa¬
mille, la cinquième de l’ordre, comprend les 3
g. Bursaire, Hirondinelleet Cratérine. (Duj.)
*BURS ARIENS, infus.— Dix-huitième fa¬
mille de la classification des Infusoires de
M. Dujardin , faisant partie du cinquième
ordre, et comprenant des animaux non sy¬
métriques, ciliés, dont le corps très contrac¬
tile, de forme très variable, le plus souvent
ovale ou oblong, est revêtu d’un tégument
lâche, réticulé, et qui ont une large bouche
entourée de cils en moustache ou en spi¬
rale. A cette famille appartiennent les genres
Plagiotome, Ophryoglène , Bursaire, Spiros-
tome et Kondylostome. (Duj.)
BURSARIUS. ACAL. — f^OyeZ BURSARIE.
BURSATELLE. Bursatella (diminutif
dejSupa-a, bourse), moll. — Genre de l’or¬
dre des Gastéropodes tectibranches , famille
des Aplysiens, Céphalidiens pulmobranches
de M. de Blainville , créé par ce naturaliste
pour un animal conservé dans l’alcool au
musée britannique , et qu’il avait dédié à
M. Leach sous le nom de Bursatella Leachii.
M. Rang l’a placé dans son sous-genre Notar-
che, avec lequel il a la plus grande affinité
sous le rapport de la forme générale , tandis
qu’il se rapproche des Aplysies par le petit
nombre des appendices tentaculaires dont
son corps est couvert; en conséquence , il
pense que cet animal doit rentrer dans le
g. Aplysie sous le nom d 'Aplysia bursatella.
(G. d’O.)
BURSERA (Joach. Burser, médecin, ami
de G. Bauhin. bot. ph. — Genre type de la
famille des Burséracées , formé par Jacquin
984 BUS
{Amer., 94, t. 65) sur trois espèces croissant
aux Antilles , et cultivées dans nos jardins.
Ce sont des arbres gummifères, à feuilles al¬
ternes, longuement pétiolées, imparipennées,
souvent unifoliolées par l’avortement des fo¬
lioles latérales ; à folioles pétiolées, membra-
nacées,très entières, obscurément pointillées;
à fleurs polygames, petites, disposées en grap¬
pes axillaires et terminales, simples , plus
courtes que les feuilles; à pédicelles unibrac-
tées ; les mâles ordinairement tétra-penta-
mères, les hermaphrodites presque toujours
trimères. (C. L.)
*BURSÉRACÉES. bùt. ph. — Une des
familles qui sont résultées de la division du
grand groupe des Térébinthacées , auquel
nous renverrons pour exposer comparative¬
ment les caractères de ces familles diverses.
(Ad. J.)
BURTOftlAj Salisb. (David Burton, col lec¬
teur de botanique), bot. ph. — Synonyme du
genre Hibberiia d’Andrews. — On donne aussi
ce nom à un genre de la famille des Papi-
lionacées, tribu des Podalyriées-Pulténéées,
établi par Rob. Brown, renfermant 4 espè¬
ces , toutes cultivées dans nos jardins, et di¬
visées par Endlicher en deux sections : a. Eu -
burtonia ; b. Phyllotium. Ce sont des arbris¬
seaux ou des sous-arbrisseaux indigènes de
la Nouvelle-Hollande, à feuilles éparses,
simples ou trifoliolées , subulées, très entiè¬
res, éstipulées ; à fleurs jaunes ou pourprées,
rassemblées au sommet des rameaux ou dis¬
posées en eorymbes terminaux ; pédicelles
courts, bibractéolés. (C. L.)
BUSARD. Circus , Bechst. ( xt'pxoç , es¬
pèce d’oiseau de proie), ois. — Genre faisant
partie de la section des Oiseaux de proie
ignobles de Cuvier, de notre famille des Fal-
conidées, et de notre sous-famille des Circi¬
nées. Ses caractères sont : « Bec faible , très
élevé à sa base , et très comprimé dans le
reste, avec un léger feston vers le milieu de
son bord. Cire très grande, couvrant près de
la moitié du bec ; lorurns recouverts de pe¬
tites plumes et de poils longs et recourbés;
ouverture du bec très large. Oreilles grandes,
entourées en partie d’un demi-cercle de pe¬
tites plumes tassées, dans le genre de celles
des Oiseaux de proie nocturnes. Tarses longs,
grêles , lisses. Corps svelte. Ailes longues et
amples. Queue longue et arrondie.
Plus agiles et plus rusés que les BtiseS, lés
BUS
Busards sont beaucoup moins sédentaires ,
et n’attendent pas comme elles, perchés sur
une branche , qu’une proie quelconque
vienne à passer à leur portée pour foiidre
dessus; iis parcourent sans cesse les campa¬
gnes ou les marais d’un vol lént mais facile,
à la recherche des petits Mammifères , des
Grenouilles et des jeunes Gâllinacées ou Oi¬
seaux d’eau , suivant leurs espèces. Ils peu¬
vent être considérés comme des Rapaces
marcheurs ou humicoles , car ils se posent
fréquemment à terre, et nichent sur le sol
entre des touffes de Bruyères, de Joncs ma¬
rins ou de Roseaux , suivant l’espèce et les
localités. Nous en possédons 4 esp. en Eu¬
rope, qui sont les Busards de marais, Saint-
Martin, MONTAGU et BLAFFARD.
Nous avons reconnu dans ce pays-ci (l’ar¬
rondissement de Falaise), une variété noire
ou brun-noire du Busard montagu, s’accou¬
plant indifféremment, soit avec des indivi¬
dus noirs comme elle, soit avec d’autres,
ayant le plumage ordinaire , et élevant des
petits, dont les uns, dans le même nid, sont
noirs , et les autres à plumage normal. Ce
fait que nous avons consigné dans le Maga¬
sin de zoologie de M. Guérin, où nous avons
fait figurer cette variété noire, est un des
plus singuliers en ornithologie.
Temminck, dans la troisième partie de son
Manuel , persiste à regarder comme identi¬
ques le Busard des marais et la Harpaye
[Falco rufus et œruginosus des auteurs) ; il
annonce que cette espèce vit en hiver et au
printemps dans les dunes et les lieux arides,
où elle se nourrit de Lapins tués par les Her¬
mines, et au printemps d’œufs d’Échassiers,
de Palmipèdes et de Gallinacées; qu’il re¬
tourne dans les marais lorsque les couvées
commencent, et qu’alors il est le fléaü des
Foulques et des jeunes Oiseaux aquatiques.
Il se retrouve le même en Égypte , â Tripoli
et en Morée.
On a classé dans le g. Busard plusieurs
espèces de Rapaces américains à faciès de
Buse , mais ayant les tarses élevés comme les
Busards , quoique beaucoup plus robustes.
Ces espèces offrant décidément plus de rap¬
ports avec les Buses qu’avec les Busards
dans leurs mœurs et leur genre de chasse ,
nous les plaçons sous les noms génériques
de Buseray et Buson , près des premières ,
dans notre famille des feutéoninées.
BUS
BUS
785
M. Bonaparte a formé et démembré du g.
Circus (Busard) le g. Strigiceps pour les es¬
pèces à collerettes de plumes plus pronon¬
cées , telles que les Busards Saint-Martin ,
Montagu et Blaffard, et n’a laissé dans le g.
Circus , en espèces européennes , que le Bu¬
sard des marais. Voy. circinées et gymno-
genes. (Lafr.)
BUSARELLUS. ois. — Synonyme latin
du sous-genre Buseray.
* BUSBECKEA (nom propre), bot. pu.—
Genre de la famille des Capparidacées , type
de la tribu des Gapparidées , créé par Endli-
cher ( FL JYorf., 64) sur un arbrisseau grim¬
pant de nie Norfolk , à feuilles alternes ,
courtement pétiolées, ovales-oblongues, très
entières , très glabres , luisantes en dessus ,
caduques, munies de stipules épineuses, for¬
tes, oncinées ; à fleurs belles, assez grandes,
portées par des pédoncules axillaires , soli¬
taires, uniflores, formant des grappes termi¬
nales. Les baies qui succèdent à ces fleurs
sont du volume d’une grosse orange. (C. L.)
BUSE. Buteo. ois. — Genre de l’ordre des
Oiseaux de proie, famille des Falconidées ,
ayant pour caractères essentiels : Tête grosse;
bec arqué dès sa base ; l’espace entre l’œil et
les narines dénué de plumes , et couvert de
poils ; les ailes longues ; la queue égale ou
faiblement arrondie; les pieds robustes, gar¬
nis d’une seule rangée d’écailles en avant et
sur le dos des doigts , et réticulés dans le
reste de leur étendue.
Les Buses , quoique ne différant guère des
Aigles que par la courbure de leur bec, n’en
ont ni la force ni l’air audacieux; elles ont la
tête grosse, le corps pesant, et le vol lourd.
Ce sont des Oiseaux sédentaires, d’un natu¬
rel paresseux , restant pendant des heures
entières perchés sur le même arbre. Elles ne
prennent pas leur proie au vol, comme la
plupart des autres Rapaces; mais elles la
guettent avec une patiente immobilité, qui
leur a valu la qualification de stupides , et
elles se jettent sur tout le petit gibier qui
passe à leur portée.
Leur habitation ordinaire est sur le bord des
bois touffus , et l’on attribue cette prédilec¬
tion pour les retraites sombres à la faiblesse
de leur vue, qu’offusque la clarté du jour.
C’est sur les vieux arbres qu’elles con¬
struisent leur nid , avec des bûchettes et des
branches; elles le garnissent de matières
T. II.
douces et légères. Contrairement à la cou¬
tume propre aux autres Oiseaux de proie, qui
chassent leurs petits du nid avant qu’ils puis¬
sent se pourvoir aisément, les Buses pren¬
nent long-temps soin des leurs, que leur
faiblesse met hors d’état de se passer des se¬
cours de leur mère.
Nous n’avons en Europe qu’une seule es¬
pèce de Buse (le Buleo çàmmünis), très com¬
mune, surtout en Hollande et en France.
C’est un oiseau de 50 à 60 centim. de lon¬
gueur, et de lm 40 de vol, dont la coloration
ordinaire est d’un brun roussâtre, mêlé de
blanchâtre et de brun sur la poitrine et le
ventre; mais il est peu d’Oiseaux dont le plu¬
mage présente plus de variété; et les Buses
désignées par les auteurs sous les noms de
Falco albidus , fuscus, versicolor et variegatus
ne sont que différents états de la Buse com¬
mune.
C’est un des Oiseaux de proie les plus
répandus et des plus nuisibles de nos pays.
Il fait une chasse active au petit gibier , et
détruit une quantité considérable de Lape¬
reaux, de Lapins, de Cailles, de Perdrix, etc.,
dommage que ne compensent pas les servi¬
ces qu’il rend en détruisant des Reptiles, de
petits Rongeurs et des Insectes.
On compte une quinzaine d’espèces de Bu¬
ses étrangères, propres surtout aux contrées
chaudes des deux continents ; partout leurs
mœurs sont identiques à celles de notre Buse
commune, et sur certains points, elles sont
protégées à cause des services qu’elles ren¬
dent en détruisant les Rats : telle est entre
autres la Buse rounoir, B. jackal, à laquelle
on a donné au Cap le nom de Rotie-vangert
ou preneur de Rats , à cause de la destruc¬
tion qu’elle fait de ces petits Mammifères.
(C. n’O.)
BUSON. Buleogallus. ois. — Sous-g. établi
par M. Lesson, aux dépens du g. Buse, pour
le Falco buson Latr., qui en diffère par un
bec un peu plus long et à bords assez renflés
pour simuler une dent. Certains auteurs ont
adopté cette division, qu’ils ont même élevée
à la hauteur d’un genre. L’unique esp. qui
compose ce sous-genre est le B. caihanoidesi
qui habite la Guiane et le Paraguay. (C. d’O.) *
*BUSÏAMENTE (nom d’homme), bot. pii.
— Les plantes sur lesquelles était fondé ce
g. font aujourd’hui partie des Eupatoires.
V oÿez ce mot. (J. I).)
50
786
BUT
BUT
* BUSTAMITE , Al. Brongn. ( nom
propre), min. — Substance en globules radiés,
d’un gris légèrement rosâtre, fusible, et que
M. Bustamente a remarquée à Real de Mi¬
nas de Fetela , dans l’intendance de Puebla
au Mexique. Dureté , 5,5 ; pesanteur, 3,21.
Elle est composée , suivant M. Dumas , de
Silice , 48,90 ; Protoxyde de Manganèse ,
3G,06 ; Prot. de Fer, 0,81; Chaux, 14,57;
c’est-à-dire, de deux atomes de bisilicate de
Manganèse et d’un atome de bisilicate de
Chaux. (Del.)
BUSTIA. bot. ph. — Genre créé par Adan-
son, et synonyme de Buphilialmum. (J.D.)
*BUTALIS. ins. — Genre de Lépidoptères
nocturnes , de la tribu des Tinéites , établi
par M. Treistchke, et adopté par nous , avec
modification , dans notre Uist. nat. des Lé¬
pidoptères de France , t. XI , p. 339. Ce g.
diffère très peu de celui d ’Acompsia , dont
nous avons donné les caractères dans ce
Dictionnaire, p. 90. Nous y rapportons 5
espèces , dont la plus connue est la B. eus -
pidella Treits. , Tinea id. Fabr., figurée par
nous sous ce nom, et par liubner sous ce¬
lui de bifariella. (D.)
BUTE A (John, comte de Bute, promoteur
de la botanique), bot. pii. — Genre de la fa¬
mille des Papilionacées, tribu des Érythri-
nées , fort remarquable par la beauté du
port et des fleurs des trois seules espèces qui
le composent , et qui sont cultivées dans les
jardins des amateurs. Il a été formé par
Kœnig (Ex Roxb. PL corom., ï, 22 , t. 21 ,
22 ). Les Butea ont un calice campanulé, bi-
labié ; l’étendard de la corolle est ovale , re¬
courbé en dehors; les ailes et la carène sont
recourbées en dedans. Leur légume est indé¬
hiscent, stipité. Ce sont des arbres inermes ,
ou des arbrisseaux grimpants , indigènes de
l’Asie tropicale , à feuilles pennées-trifolio-
lées ; dont les folioles stipulées , subarron-
dies-ovales , pubescentes en dessous ou to-
menteuses ; à fleurs écarlates , nombreuses ,
disposées en grappes , et portées par des pé-
dicelles ternés-fasciculés ; calices finement
bibractéolés à la base. (C. L.)
BUTEO. ois. — Nom latin du genre
Buse.
BUTEOGALLUS. ois. — Nom latin du
sous-genre Buson.
*BUTÉ01VINÉES. Buteoninœ. ois.— Sous-
famille de notre famille des Falconidées, et
dont les caractères sont décrits au mot buse
L’Aigle-Autour Urubitinga de Cuvier nous pa.
raît, d’après ses formes , et surtout d’après
ses mœurs lâches et reptilivores, comme celles
des Buses de marais d’Amérique, ne pouvoir
rester avec les Aigles-Autours , espèces de
grands Autours à tarses emplumés, et doués
du courage particulier aux Autours et Éper-
viers ; il n’en a même ni les ailes courtes ni
la longue queue. Nous le placerons donc
sous le nom générique d' Urubitinga, que lui
adonné M. Lesson, dans notre sous-famille
des Butéoninées. Nous y plaçons également
le g. Craxirex , formé parM. Gould, dans le
Beagle’s Voyage, sur une espèce des îles Gal-
lapagos , qui semble le chaînon des Buses
aux Caracaras.
Notre sous-famille des Butéoninées ren¬
fermera donc les genres Buse (Buteo), Bus ai¬
gle, Less. (Archibuteo, Brehm), Buson (Bu-
leogallus , Less.),BusERAY (Busarellus? ,Nob.),
Urubitinga (Urubitinga, Less.), et Craxirex,
Gould. (Lafr.)
* BUTERÆA ( P nom propre), bot. pii. —
Genre de la famille des Acanthacées , tribu
des Ecmatacanthées - Hygrophilées , formé
par Nees (in Wall. PL as. rar., III, 84) sur
une plante de l’Inde , qu’on croit être le
Ruellia rubescens de Roth. (C. L.)
*BUTHIDES. arach. — M. Koch, dans
son Arachniden System , fait une famille des
Scorpions qui ont huit yeux, trois paires la¬
térales et une médiane ; et, d’après la dispo¬
sition relative de ces yeux et quelques autres
caractères, il les partage en g. ainsi qu’il suit:
Bulhus , Leach ; Opislophthalmus , Koch ;
Brotheas, Koch ; Telegonus, Koch, et Ischnu -
rus ou Sisyphus,
Les Buthides sont placés par M. Koch en¬
tre les Scorpionides, comprenant le g. Scor-
pius, Ehr., et les Centrurides, dont le type est
le g. Centrurus d’Ehrenberg.
Les Buthides forment le groupe de Scor¬
pions le plus nombreux en espèees, et celui
dont la distribution géographique est la plus
variée. On en trouve en Afrique, à Madagas¬
car, dans l’Inde et dans les deux Amériques.
On en a aussi indiqué en Europe, mais ils y
sont peu nombreux. Le Scorpio occitanus ,
qu’on donnait pour un Buthus, est certaine¬
ment un Androctonus, ses yeux latéraux
étant au nombre de dix , en cinq paires, ainsi
que je m’en suis assuré.
BUT
BUT
787
C’est aux Buthides qu’appartiennent les
plus grandes espèces de Scorpions ; on les
trouve dans l’Inde et en Afrique. Nous en
parlerons plus longuement à l’article scor¬
pion de ce Dictionnaire. (P. G.)
BUTIIUS. arach. — Leach , dans ses
Zoological miscellany , appelait ainsi les
Scorpions à huit yeux , laissant à ceux qui
n’en ontquesix , et dont on ne connaissait
alors que deux ou trois espèces (les Scorpio
europœus et maurus principalement), le nom
de Scorpio. Les Buthus qu’il cite sont : Y a fer
et Voccitanus. On portait alors à huit le
maximum des yeux chez les Scorpions; mais
les observations de MM. Hemprich et Ehren¬
berg ont fait voir qu’il était quelquefois de
dix, et souvent de douze. De là, l’établisse¬
ment de plusieurs g. nouveaux, dont il sera
question ailleurs, oyez scorpion.
M. Koch, dans son Système des Arachni¬
des, laisse le nom de Buthus aux Scorpions à
huit yeux, chez lesquels ces organes sont
disposés comme chez le B. spinifer de
M. Ehrenberg, c’est-à-dire égaux, mais iné¬
galement espacés. Leur céphalothorax est
éehancré en avant. — Le B. afer et les es¬
pèces confondues avec lui sous le même
nom appartiennent aussi à ce g. On en cite
d'Arique , de l’Inde , et une de Mexico (B.
defensor Koch); il y en a aussi une en Grèce
[B. granulatus Koch, fîg. 279). (P. G.)
*BUTI]\ÏA (|3ovt:vov, sorte de bouteille).
bot. ph. - — Genre de la famille des Ombelli-
fères , tribu des Scandicinées , formé par
Boissier ( Elench . Pl. hisp. aust., 54) sur une
plante découverte par lui en Espagne. (C. L.)
BUTIRIN ou BUTYRSJV , Comm. poiss.
— Synonyme d’Argentine glossodonte, Ar¬
gent. glossodentales Forsk.
*BUTOMACÉES. Butomaceœ. bot. pii. —
Le professeur L. C. Richard a proposé ( Mém .
du Mus., t. I, p. 364) d’établir sous ce nom
une famille naturelle de plantes qui a pour
type le g. Butomus. Ce groupe a depuis été
adopté par tous les botanistes. Yoici les ca¬
ractères qu’on peut lui assigner : Les fleurs
sont hermaphrodites, ordinairement dispo¬
sées en sertule et accompagnées de bractées
à leur base. Le calice se compose de 6 sépa¬
les disposés sur deux rangées : les 3 exter¬
nes sont ordinairement verts, les 3 internes,
plus grands , sont pétaloïdes. Les étamines
sont nombreuses ou en nombre déterminé.
Les filets sont libres, les anthères ovoïdes,
allongées ou presque globuleuses , à 2 ou à
4 loges, s’ouvrant par un sillon longitudinal ;
quelquefois les étamines les plus extérieures
sont sous la forme de filaments stériles. Les
pistils en nombre variable sont sessiles, tan¬
tôt libres, tantôt soudés par une portion de
leur côté interne; chacun d’eux est 1-locu-
laire, et contient un grand nombre d’ovules
attachés à un trophosperme, qui , sous la
forme d’un réseau, occupe la plus grande
partie de la face interne de l’ovaire. Le style,
peu distinct du sommet de l’ovaire, se termine
par un stigmate simple qui occupe une par¬
tie de sa face interne et son sommet. Les
fruits sont secs et coriaces , ordinairement
terminés en pointe à leur sommet, s’ouvrant
intérieurement par une fente longitudinale.
Les graines, insérées comme nous l’avons
dit pour les ovules, sont amphitropes, com¬
posées, outre leur tégument propre, d’un em¬
bryon recourbé en fer à cheval , dépourvu
d’endosperme.
Les g. composant cette famille sont : Bu-
tomus, L. ; Hydrocleis , Rich.; Limnocharis ,
Humb. Cette petite famille, voisine des Alis-
macées, en diffère surtout par la structure
de son ovaire , dont presque toute la face in¬
terne est tapissée par un réseau vasculaire ,
sur lequel les ovules sont attachés , et par
ses loges polyspermes. Une semblable dis¬
position des ovules se remarque également
dans plusieurs des g. de la famille des Fla-
courtianées , parmi les Dicotylédones poly^
pétales. (A. R.)
RUTOME. Butomus ((èovrop.oç, butome).
bot. ph. — Genre de la famille des Butoma
cées, qui a pour type une très jolie plante,
fort commune sur le bord de nos étangs et
de nos rivières, et qu’on désigne sous le
nom vulgaire de jonc fleuri ( Butomus um-
bellatus L.). Les fleurs sont disposées en ser¬
tule ou ombelle simple et multiflore ; les sé¬
pales étalés sont disposés sur 2 rangs, les
intérieurs sont pétaloïdes et plus grands. Les
étamines sont au nombre de 9 ; leurs an¬
thères sont 4-loculaires. Les pistils sont au
nombre de 6, en partie soudés par leur côté
interne ; le style est assez long. Cette plante,
dont les fleurs sont d’un rose pâle, fait un
très joli effet sur le bord des eaux, où elle est
fort commune aux environs de Paris. (A* R.)
BUTOMÉES. Butomeœ. bot. pu. — Nom
788
BUX
BYN
sous lequel le professeur L. C. Richard a
d’abord décrit, la famille des Butomacées.
Voyez ce mot. (A. R.)
BUTOMUS. bot. pu. — V oyez butome.
BUTONICA , Lam. bot. ph. — Syn. et
section du g. Barringtonia, Forst. (C. L.)
BUTOR, ois.— -Voyez héron. (Lafr.)
BUTTAERIA . bot. ph. — V oyez bytt-
NERIA.
BUTYRIIV. poiss. — Voyez butirin.
BUXBAUMÏA ( nom propre ). bot. cr.
— (Mousses). Ce genre acrocarpe , diplopéris-
tomé, a été établi par Linné ( De Buxbaum.
Dissert. Amœn. Acad., Y, p. 78), qui le dé¬
dia à Buxbaum , botaniste russe. Il est de¬
venu le type d’une petite tribu dont nous ex¬
poserons plus bas les caractères. Ceux aux¬
quels on reconnaît ce genre linnéen sont
les suivants : Péristome double ; l’extérieur
formé de deux couches de cellules, jaunâtre,
irrégulièrement échancré, indivis ou déchiré,
ne portant jamais de dents, appliqué contre
l’intérieur quand il est humide, et s’en dé¬
tachant dans l’état de sécheresse ; l’intérieur
membraneux , délicat , blanchâtre , naissant
du sporange, plissé et allongé en cône tron¬
qué au sommet. Coiffe fugace , conique-
campanulée, obtuse, couronnée par un court
pistil , et à peine un peu frangée ou déchi¬
rée à la base. Capsule oblique , grande, ir¬
régulière, ventrue en forme de sabot , c’est-
à-dire convexe en dessous, déprimée obli¬
quement et plane en dessus , les deux faces
séparées par une ligne élevée dont le péri¬
mètre donne un ovale allongé , munie à sa
partie inférieure d’une apophyse courte, re¬
présentant un cône tronqué et renversé, et
s’ouvrant au sommet par un orifice ( stoma )
horizontal , rétréci et muni d’un anneau.
Pédoncule court, droit, épais, couvert de cal¬
losités, naissant d’une vaginule bulbiforme.
Opercule obtus , conique , persistant. Spo¬
range plus petit que la capsule à laquelle il
adhère par des liens filamenteux. Columelle
grande, cellulaire, solide, tombant avec l’o¬
percule. Spores menues, globuleuses, lisses.
Fleurs monoïques : les mâles ovoïdes ou
globuleuses, sessiles ou pédicellées, nichées
entre les filaments qui recouvrent la vagi-
nule ; les femelles formant au même endroit
un bourgeon hexaphylle. Feuilles périchétia-
les inférieures ovales, les supérieures ovales-
ncéolées, sans pervure, denticulées, puis
fimbriées. Tige excessivement courte, cachée
dans la terre, presque dépourvue de feuilles.
Le g. Buxbaumia se compose de deux
seules espèces propres à l’Europe. Ces Mous¬
ses croissent solitaires sur la terre ou le bois
pourri. Consultez la monographie de ce g.,
publiée par MM. Bruch et Schimper (. Fragm .
Bryol. d’Eur. , p. 1 , 1. 1, et t. II, fig. 1 .) (C. M.)
*BUXBAUMÏACÉES. bot. cr. — (Mous¬
ses.) Cette tribu des Mousses acrocarpes ne se
compose que des deux g. européens Buxbau¬
mia et Diphyscium. Deux autres g. propres à
la Nouvelle-Hollande, et que nous a fait con¬
naître le savant Robert Brown sous les noms
de Dawsonia et Lyellia, quoique offrant une
capsule analogue , ont des affinités plus
grandes avec les Polytrichées. (C. M.)
*BUXÉES. bot. ph. — Une des tribus du
grand groupe des Euphorbiacées , celle qui
réunit les genres à étamines insérées autour
d’un rudiment de pistil, et à loges bi-ovulées,
parmi lesquels est le Buis, a reçu de quel¬
ques auteurs le nom de Buxées. (Ad. J.)
BUXUS. bot. ph. — V oyez buis.
*BYBLIS (nom mythologique), bot. ph.—
Genre de la famille des Droséracées , formé
par Salisbury (Par., t. 95) sur une plante de
la Nouvelle-Hollande , dont le port est celui
d’un Drosera. Elle est annuelle?, basse; les
feuilles en sont serrées, linéaires-filiformes ,
roulées sur les bords , circinées par verna¬
tion ; les fleurs bleues, portées sur des pédon¬
cules axillaires, simples, uniflores , scapi-
formes , et couverts de poils glanduleux. Le
B. liniflora est cultivé en Europe. (C. L.)
BYNNI. poiss. — Nom , suivant Forskal ,
d’un grand et beau cyprinoïde du Nil du g.
des Barbeaux, et de la division comprenant
les esp. à museau non saillant , pourvu de
4 barbillons et à rayon de la dorsale très
fort , mais sans dentelures le long du bord
postérieur. Quelques auteurs écrivent Béni,
au lieu de l’orthographe généralement sui¬
vie. M. Geoffroy a publié une très belle figure
de ce poisson dans l’ouvrage d’Égypte , et il
fait connaître, dans la description qu’il en
donne, les particularités de ses mœurs , son
abondance dans le Nil, la pèche industrielle
active que les Arabes en font ; et de plus il
a déterminé que ce poisson , d’une grande
taille , d’une chair délicate , savoureuse et
agréable, était connu des anciens sous le
nom de Lepidqtus. Il avait été ainsi appelé
BYR
BYR
789
à cause de la grandeur et de l’éclat de ses
couleurs. Il partageait seul avec l’Oxyrhyn-
que (Mormijras oxyrhyncus Geoff.) les hon¬
neurs de l’embaumement. En effet, les re¬
cherches faites par M. Pafralacque lui ont
procuré un grand nombre de vases ayant
une figure reconnaissable de poisson, et qui
contenaient dans leur intérieur des Bynnis
enveloppés de bandelettes et préservés avec
soin. Sonnini et Bruce ont aussi parlé des
Bynnis. (Val.)
*BYOMYE. Byomya (jSoûç, bœuf; yvTa ,
mouche), ins. — M. Robineau-Desvoidy,dans
son ouvrage sur les Myodaircs, désigne ainsi
un g. de Diptères, établi par lui dans la fa¬
mille des Calyptérées-, tribu des Muscides,
section des Armentaires , et dont les carac¬
tères sont : Majeure partie de la trompe
molle; segments de l’abdomen distincts, et
enfoncés à l'endroit des incisions. Du reste,
ce g. ressemble aux Plaxemyes. L’auteur y
rapporte 3 esp. qu’il nomme B. carnifex ,
violacea et siimulans. Toutes trois, et surtout
la dernière, tourmentent de leur piqûre les
Bœufs et les Vaches qui paissent dans les
prairies humides. (D.)
* BYÏiOMA ( Byron , célèbre poète an¬
glais). bot. ph. — Genre de la famille des
Ilicacées ( Ilicinées , alior.), établi par Endli-
cher {Ann. JVien. Mus., I, 184) sur un petit
arbre des îles Sandwich , à rameaux angu¬
leux ; à feuilles alternes , pétioiées , ovales ,
coriaces, très entières, luisantes en dessus; à
fleurs hermaphrodites , blanches , disposées
en cymes axillaires, pauciflores, plus longues
que les pétioles ; à bractées opposées, mem-
branacées. (C. L.)
BYRRHE. Byrrhus. ins. — Genre de Co¬
léoptères pentamères, famille des Clavicor-
nés, établi par Linné, qui [S y s le ma naturœ ,
12e éd.) y comprend 5 esp., dont une seule
(Z?yn7iw^piû{/a)luiappartientaujourd’hui.Ce
g., tel qu’il a été limité par Latreille, se distin¬
gue principalement des Anthrènes , des Der-
mestesetdes Sphéridies, par un corps ovoïde,
presque globuleux ; par des antennes cour¬
tes, droites et terminées en massue perfoiiée,
de 4 à 5 articles ; par une tête enfoncée dans
le prothorax , et par des pattes courtes , ar¬
quées et très comprimées. On rencontre des
Byrrhes par-ci par-là, dans les bois, sur les
collines, dans les endroits sablonneux, sur le
bord des chemins , quelquefois sous les
pierres, mais toujours en petit nombre. Ces
Insectes font peu usage de leurs ailes, et
cherchent à échapper à leurs ennemis, plu¬
tôt en faisant le mort qu’en prenant la fuite:
aussi les voit-on se contracter au moindre
danger, de manière à ne plus présenter
alors qu’une petite masse globuleuse, d’où
vient le nom de Pilula, que Linné a donné
à l’espèce la plus commune. En effet, leur
organisation est telle, que lorsqu’ils con¬
tractent leurs membres , la tête disparaît
entièrement sous le prothorax; les antennes
sont logées dans une rainure des cuisses an¬
térieures; et, quant aux pattes, le tarse est
reçu dans un sillon de la jambe , celle-ci
dans une fente de la cuisse , et cette der¬
nière dans un enfoncement de la poitrine.
M. Dejean , dans son dernier Catalogue ,
désigne 34 espèces de Byrrhus , dont 1 du
Kamtschatka , 4 d’Amérique , et les autres
d’Europe. Outre le B. pilula , qui peut être
considéré comme le type du g., et qui se
trouve aux environs de Paris, nous citerons
le B. alpinus Gory, espèce de la Styrie.
M. Vaudouer a découvert dans les envi¬
rons de Nantes la larve du Byrrhus pilula
sous la mousse. Elle est allongée , étroite,
d’un brun noirâtre, avec la tête grosse, et
une plaque cornée très grande sur le pre¬
mier anneau. Ses deux derniers anneaux
sont plus grands que les précédents. (D.)
BYBEHIENS. Byrrhii. ins. — Nom donné
par Latreille à une tribu de la famille des
Coléoptères clavicornes , et qui a pour type
le g. Byrrhus. (D.)
BYRRHUS. ins. — Voyez byrriie.
BYRSANTHES ( Ç> V« , cuir; M* ,
fleur ; allusion à la çoriacilé de la corolle).
bot. ph. — Genre de la famille des Lobélia-
cées , formé et incomplètement déterminé
par Presl {Monoy. Lobel. 41) sur le Lobelia
nivea de Willdenow. Il renfermerait quel¬
ques arbrisseaux des Andes, peu connus, cou.
verts d’une pubescence blanche , à feuilles
très entières , à pédicelles axillaires , plus
longs qu’elles. (C. L.)
* BYRSANTHUS ( ]3upo-a , cuir ; avGoç ,
fleur), bot. ph. — Ce genre, de la famille des
Homaliacées , formé par Guillemin ( Deless.
le. select. , III. 30, t. 25), n’est pas adopté par
Endlicher, en raison sans doute de son ho¬
monymie avec le précédent. Il lui substitue
( Gen. PL , 5088 ) le genre Aneiia , qu’il
790
BYR
BIS
établit lui-même sur la plante que Guillemin
prenait pour le type du sien. C’est un arbris¬
seau de l’Afrique tropicale , à rameaux éta¬
lés, garnis de feuilles alternes, très courte-
ment pétiolées , coriaces , ondulées sur les
bords ; à fleurs petites , de couleur cendrée,
disposées en épis racémiformes. (C. L.)
*BYRSOCARPUS , Schumach. ; Thonn.
(jSupaoc, cuir; xapiroç, fruit), bot. ph. — Sy¬
nonyme d ’ Omphalobium, Gærtn. (C. L.)
BYRSOMMA (/2u paa, cuir; parce que
l’écorce de plusieurs espèces de ce g. est em¬
ployée en Amérique pour tanner les peaux).
bot. pu.— Genre de la famille des Malpighia-
cées, confondu primivivement avec le Mal-
pighia , mais bien distinct par ses caractères,
qui sont les suivants : Calice 5-parti, dont tou¬
tes les divisions portent deux glandes ou plus
rarement en sont dépourvues. Pétales plus
longs, onguiculés, réfléchis , à limbe échan-
cré vers sa base, entier ou denticulé dans
son contour, concave, glabre. Étamines 10,
à filets courts et ovoïdes , soudés à leur base
en un anneau hérissé de longs poils ; à an¬
thères oblongues , velues ou glabre. Ovaire
3-loculaire, surmonté de 3 styles oblongs,
qui vont en s’effilant au sommet. Fruit
charnu, renfermant un noyau à 3 loges,
dont chacune renferme une graine unique.
L’embryon de celle-ci est roulé sur lui-
même en spirale , la radicule en dedans. —
Lesesp. de ce g., très nombreuses (puisqu’on
en a décrit 70), habitent toutes les régions
intertropicales de l’Amérique. Ce sont des
arbres ou des arbrisseaux à feuilles oppo¬
sées , très entières , dépourvues de glandes
ainsi que leurs pétioles ; à stipules axillaires,
dont l’insertion embrasse à peu près la moi¬
tié du rameau. Les fleurs jaunes , rouges ,
oranges, plus rarement blanches, quelque¬
fois aussi panachées de plusieurs de ces cou¬
leurs ou en variant à diverses époques, sont
disposées en grappes terminales. (Ad. J.)
*BYRSOPAGES (fivpooTcayvç, couvert de
cuir), ins. — Genre de Coléoptères tétramè-
res , famille des Curculionites , créé par
M. Faldermann , mais dont les caractères
n’ont pas encore été publiés. M. Dejean, qui
mentionne ce g. dans son dernier Catalogue,
y rapporte une seule espèce , le B. villosus
Fald., du Kamtschatka. (C.)
*BYRSOPS (jSypcra, cuir; cty, œil), ins.—
Genre de Coléoptères tétramères, famille des
Curculionides, ordre des Gonatocères , divi¬
sion des Byrsopsides , établi par Schœnherr
aux dépens du g. Brachycère de Fabricius ,
et nommé précédemment par lui Chrytops.
Les Insectes de ce g. ont le faciès des Bra-
chycères : ils sont de taille médiocre ; ils ont
le corps oblong, presque ovale , épais, dur,
tuberculeux , aptère. L’auteur en décrit 9
esp., toutes du cap de Bonne -Espérance,
parmi lesquelles kous citerons le B. quadva -
tus , Brachycerus id. Wiedmann. (D.)
*BYRSOPSITES. ins. — M. le comte de
Castelnau ( Hist . des Coléopt., faisant suite au
Buffon-Dum .) désigne ainsi un groupe de
Curculionides qui correspond exactement à la
division des Byrsopsides de Schoenherr. (D.)
*BYSSACÉES (/Svcro-oç, sorte de lin), bot.
cr. — Fries est, je crois, le premier cryptoga-
miste qui ait proposé d’établir aux dépens
des Lichens d’une part, et des Algues de
l’autre , cette petite famille qui se compose
ainsi de plantes ambiguës , tant par leur
structure que par leur habitat . Nous voyons
en effet que cette structure ne saurait être
comparée à celle des Lichens , et que la fruc¬
tification n’offre pas plus de ressemblance
avec celle de quelque Phycée que ce soit.
De là , le caractère essentiel des Byssacées
peut être énoncé en ce peu de mots : Thalle
phycoide ; fruit lichénoïde. La nécessité
d’une famille intermédiaire entre les Lichens
et les Phycées s’était souvent fait sentir. Der¬
nièrement encore, M. Decaisne, qui refuse, à
ce qu’il nous semble , d’admettre les Bys¬
sacées, proposait lui-même de former du Li-
china, et de plusieurs espèces voisines , un
petit groupe propre à servir de lien entre les
deux familles en question. Ce lien est donc
tout trouvé dans la petite famille fondée par
Fries , et dont nous allons donner , d’après
lui, ainsi que nous l’avons déjà fait ( Cuba
crypt., p. 105) les caractères auxquels on
pourra sûrement la reconnaître.
Les Byssacées sont des végétaux agames ,
vivant le plus souvent dans l’air atmosphé¬
rique, rarement dans l’eau , ou alternative¬
ment dans l’un et l'autre milieu, c’est-à-dire
amphibies, vivaces, à végétation non inter¬
rompue, mais quelquefois retardée à des in¬
tervalles réguliers ou irréguliers. Leur thalle
offre trôis types d’organisation donnant lieu
à la formation d’autant de tribus. Simple¬
ment filamenteux et confervoides dans les
BYS
791
BYS
Cœnogoniées , les filaments sont reliés par
une gangue gélatiniforme dans les Colléma-
cées , et environnés d’une couche corticale
celluleuse, contenant des gonidies, dans les
Lichinées. Les filaments de la première
tribu sont articulés comme ceux des Confer-
yacées ou des Mucédinées, et souvent on ne
saurait les distinguer de ceux des tribus pa¬
rallèles sans la présence de la fructification,
qui est toujours celle des Lichens (ex. : Cœ-
nogonium). Supposez un lichen réduit à son
liypothalle sur lequel se seraient dévelop¬
pées des apothécies, et vous aurez une Bys-
sacée de cette tribu. C’est pour ainsi dire le
premier degré d’évolution d’une plante de
cet ordre. Dans la seconde tribu , ces fila¬
ments, confervoïdes aussi, sont composés de
granules verdâtres ( gonidia ) , globuleux ou
elliptiques, réunis en séries moniliformes
par un tube anhiste d’une si grande ténuité
qu’on ne l’aperçoit que fort difficilement, et
qu’avec d’énormes grossissements. Ils ser¬
pentent au milieu d’un mucilage avide d’eau
dans lequel ils sont plongés , et s’accompa¬
gnent d’une autre sorte de filaments transpa¬
rents comme eux, mais dépourvus (est-ce par
avortement?) de toute granulation intérieure.
Un épiderme, qui, dans les Collema et les
Nostoc , consiste en une simple condensa¬
tion pelliculaire , mais qui , dans les Lepto-
gium , est formé d’une ou deux rangées de
cellules cubiques, relie ensemble les fila¬
ments et la matière gélatiniforme dans la¬
quelle ils nagent et se replient de mille ma¬
nières. Dans la troisième tribu, qui, sous le
rapport du thalle, d’un côté touche aux Li¬
chens (ex. : Ephebe , Thenrnutis ) , de l’autre
se rapproche des Fucacées (ex. : Lichina ), les
cellules allongées ou les filaments sont en¬
tourés par une ou plusieurs couches de cel¬
lules gonimiques. L’organisation du thalle
du g. Paiilia [Pasithoe, Decaisn.) est assez
singulière pour que nous nous en occupions
ici , et nous trouvons un nouveau et puis¬
sant motif de le faire dans l’imperfection de
la figure qui en a été donné dans la Linnœa.
Ce thalle est composé de deux sortes de cel¬
lules sphériques ou devenues polyèdres par
leur mutuelle pression : les unes , parfaite¬
ment transparentes , contiennent un seul
grain d’un vert bleuâtre , qui représente un
des globules réunis en filaments monilifor¬
mes dans les Collema et les lYostocs ; les au¬
tres, outre ce globule qui occupe leur centre
et ne manque jamais , sont encore remplies
d’une matière granuleuse d’un vert brunâ¬
tre, qui distend la cellule et lui conserve la
forme sphéroïdale. Ces dernières cellules
sont placées vers la face inférieure du thalle,
tandis que les autres en occupent la face su¬
périeure.
La fructification des Byssacées , quoique
toujours lichénoïde, est néanmoins assez va¬
riée pour que chacun des genres qui com¬
posent cette famille trouve un analogue
parmi les Lichens. Ainsi , les Collema pré¬
sentent celle des Parmélies ; les Lepiogium et
les Cœnoyonium , celle des Biatores ; le 07/-
cia celle du Coccocarpia ; les Lichina , celle
des Sphérophores , et enfin le Paulin , celle
des Endocarpes. Dans tous , elle se compose
des apothécies et du nucléus. Les apothécies
qui renferment le nucléus varient dans les
différentes tribus de cet ordre. Scutellifor-
mes dans les deux premières, qui sont gym-
nocarpes , elles sont nucléifères dans la der¬
nière qui est angiocarpe. Dans le genre 07/-
cia , l’excipulum manque complètement, et
la lame proligère est étendue sur le thalle
sous forme d’hymenium. Le nucléus est
formé de thèques et de paraphyses , absolu¬
ment comme dans les Lichens , et le g. Li¬
china lui-même, du moins d’après nos obser¬
vations ( Voyez Ann , Sc. nat ., 2e sér. XV,
p. 148, t. 15, f. 2), ne fait point exception.
M, Decaisne dit pourtant [Acad. Brux., 6
juin 1840) qu’il offre cette différence que les
sporidies sont intimement soudées avec la
thèque qui les recèle. Quant à nous, et nous
avons répété souvent cette observation sur
l’exactitude de laquelle nous ne saurions in¬
voquer un plus puissant témoignage que ce¬
lui de M. le professeur Ad. Brongniart, l’un
des commissaires chargés par l’Institut d’exa¬
miner notre Mémoire , nous les avons tou¬
jours vues s’échapper avec la plus grande fa¬
cilité de la thèque où elles sont renfermées,
et se répandre sur le porte-objet du micros¬
cope. Les sporidies du genre Paulia ont beau¬
coup de ressemblance avec celles du Lichina.
Nous les avons trouvées courtement ellipti¬
ques et uniloculaires ou simples, c’est-à-dire
contenant un seul nucléus oblong , et non
pas deux, comme l’avance M. Fée. Les thè-
ques contiennent de 6 à 8 sporidies sur une
ou deux rangées ; dans le premier cas , ces
792
BYS
BYS
thèques sont en massue allongée et grêle ;
dans le second, elles ne ressemblent pas mal
à des péridioles des genres Perisporium et
Meliola.
Ce que nous avons exposé jusqu’ici de la
structure et de la fructification des Byssa-
cées montre suffisamment les affinités de ce
groupe avec les familles voisines. Ainsi ,
d’un côté, cette structure et l’état amphibie
de la plupart de ses espèces les rapprochent
singulièrement des Phycées ; de l’autre, el¬
les offrent dans la forme des organes repro¬
ducteurs , dans les interruptions de la végé¬
tation, laquelle exige d’ailleurs le concours
de l’air , des caractères qui leur sont com¬
muns avec les Lichens. Il en résulte qu’il
n’est pas possible, sans rompre toutes les af¬
finités, de les réunir ni à l’une ni à l’autre
famille , quoiqu’on ne puisse disconvenir
qu’elles ne touchent à toutes deux par plu¬
sieurs points. Ainsi , pour n’en citer qu’un
exemple, Sprengel fait une Pézizedu Cœno-
g onium Linkii , que M. Agardh place parmi
les Algues. Il faut convenir que dans l’état
de stérilité, rien n’est plus aisé que de con¬
fondre avec des Mucédinées plusieurs es¬
pèces de la seconde tribu , et c’est ce qui est
arrivé à Fries lui-même. M. Léon Dufour
lui ayant adressé le thalle stérile de notre
Cilicia noli-tangere, ce célèbre mycétologue
n’hésita pas à en faire ( Syst . Myc. III, p. 287)
un nouveau genre de Mucédinées, sous le
nom de Periboiryon. Rapportée plus tard de
Coquimbo par M. Gaudichaud, cette byssacée
était tellement chargée de fructification qu’il
nous devint facile de la rapporter à son
véritable genre, puis, en consultant l’her¬
bier de Pavon , qui appartient à notre ami
M. Webb, de constater que le genre de Fries
n’était , comme nous l’avions supposé, que
le thalle stérile de notre plante (Voyez Ann.
Sc. nat ., 2e sér. II, p. 375, t. IG, f. 2).
M. Endlicher , tout en citant nos figures à
l'occasion du genre Cilicia , ne semble pas
avoir ajouté foi à notre synonymie, puisque
dans son Généra pïaniarum , il a conservé le
g. Periboiryon. Quoi qu’il en soit, on voit que,
hors l’état de fructification, l’erreur devient
on ne peut plus facile.
Nous bornons là ce que nous avions à dire
sur ce groupe d'Agames, qu’on nommera fa¬
mille si l’on veut, ou bien qu’on placera, si
on le préfère, mais toujours en les en sépa¬
rant, à la suite des Lichens. Pour éviter
d’inutiles répétitions , on trouvera exposé
tout ce qui est relatif à l’organographie des
Byssacées, soit au mot Lichens, pour la fruc¬
tification, soit au mot Phycées, pour la struc¬
ture du thalle. Nous avons déjà dit que ces
plantes vivent sur la terre , les arbres ou
les rochers, dans les lieux bas et humides,
quelquefois même dans la mer, au niveau
des basses marées, c’est-à-dire recevant al¬
ternativement l'influence de l’air et de l’eau
salée, très rarement, comme le Cilicia noli-
tangere, dans les lieux secs et abrités.
On peut diviser en trois tribus les genres
qui composent cette famille.
1° Collemaceæ. Genres : Collema , Hoffm.;
Leptogium, Fr.; Nostoc, Fr.
2° Coenogonieæ. Genres : Cœnogoninm ,
Ehrenb.; Cilicia , Fr.; Ephebe , Fr.; Tlier-
mutis, Fr.; Rhacodium., Pers.
3° Liciiineæ. Genres : Lichina, Ag.; Pau¬
li a , Fée.
Sous le nom de Byssaceœ spuriœ , Fries
réunit à la suite de cette famille les genres
qui font partie de l’ordre auquel M. Agardh
a consacré le nom de Byssoïdées. C oyez ce
mot. (C. M.)
BYSSOCLAJDIUM (/Svcraoç, byssus ; xX«-
Æoç, rameau), bot. cr. — Genre de Champi¬
gnons de l’ordre des Hyphomycètes, créé par
Link ( Obs. Il ), et caractérisé par des fila¬
ments étalés en forme d’étoile, rameux, cloi¬
sonnés , et recouverts çà et là de spores. Ce
g., adopté par MM. Nees d’Esenbeck et Mar-
tins , a été réuni au Sporotrichum par Ditt-
mar. L’esp. qui a servi à le former est le
Byssocladium fenestrale Lk. , qu’on rencon¬
tre sur les vitres des fenêtres exposées à
l’humidité, sur lesquelles elle se fait remar¬
quer par ses expansions filamenteuses, blan¬
ches, rameuses, rayonnantes et extrêmement
ténues. Roth l’avait placée parmi les Confer-
ves. Cette cryptogame me paraît être un my¬
célium de quelque mucédinée modifiée par
l’endroit et le lieu où elle a pris naissance.
Il ne faut pas croire non plus qu’elle naisse
sur le verre même ; car en regardant avec
attention , on voit qu’elle part le plus sou¬
vent d’un excrément d’insecte ou de quel¬
ques particules végétales déposées sur la
surface du verre. (Lév.)
^BYSSOÏDÉES. Byssoideœ. bot. cr. —
( Phycées.) Sous ce nom, M. Agardh ( Syst.
ÏJYS
79
RYS
Atg.,p. 22) et M. Harvey [Man. of Prit.
Alg , p. 188) comprennent plusieurs pro¬
ductions filamenteuses appartenant évidem¬
ment au règne végétal , mais chez les¬
quelles l’absence de toute fructification ou
la présence au moins fort douteuse de celle-
ci , ne permet pas de les rapporter avec
certitude à un genre déjà connu. On les
a donc distinguées , d’après leur origine ,
et sur des caractères vagues de forme et de
coloration , en genres que nous allons seule¬
ment énumérer ici, et sur chacun desquels
nous reviendrons en leur lieu. M. Agardh
n’admet dans cette tribu que les g. Proto-
nema , Ag.; Hygrocrocis , Ag.; Mycoderrna ,
Desmaz., et Lepiomims, Ag.; mais le phyco-
logue anglais y ajoute les g. Byssocladiurn,
A g. ; M y cinéma, Ag.; Chroolepus , Ag.; Scy~
ihymenia, Ag. Voyez ces mots. (C. M.)
BYSSOIDEI (iSvcrcroç, fil de lin), bot. cr.
— Persoon ( Syn . Fung. , p. 085) nomme
ainsi le G,ne ordre de ses Champignons. Cet
ordre renferme des Champignons de genre
et de nature très différents , mais qui ont
tous pour caractère commun d’être composés
de filaments très déliés, droits ou couchés ,
continus ou articulés , simples ou rameux ,
stériles ou fertiles. Quand les spores exis¬
tent, elles sont ramassées à l’extrémité des
rameaux ou répandues sur leur surface. Le
g. Mesemenca diffère de tous par sa con¬
sistance charnue. Persoon les divisait en
2 sections : la lre comprend ceux dont la
forme est parfaitement distincte ( Ascophora ,
Periconia, isuria , Botryiis, Mouilla, etc.),
et la 2e ceux qui ont une forme variable
indéterminée ( B acodium , Hirnantia , Eri-
neurn, etc.). M. Martius réunit tous ces g. et
plusieurs autres nouvellement découverts
sous le nom d’ Hyphomyceies, qu’il divisa en
3 sections : les Mucédinées , les Icnomycètes
et les Mucores. Celte distribution a généra¬
lement été adoptée par tous les mycologis-
ies ; et le nom de Byssoidei , comme trop
vague, a été éliminé de la science. Persoon,
dans son Mycologia Europœa , le remplaça
par celui de Trichomyci , en lui conservant
à peu près les mêmes caractères. Cet ordre
se divise : 1° Byssi discretæ , dont les fila¬
ments sont droits, raides et recouverts de spo¬
res ( Fumago , Conopsia, Demalium, Helmin-
thosporium , etc.); 2o Byssi mucedines, dans
lesquelles filaments sont dressés ou couchés,
rameux , et qui portent leurs spores à l’ex¬
trémité des rameaux ( Mycogoue , Acremo -
nium, Botryiis , etc. ); 3* Byssi fidrillifor-
mes : les fiiamcnts sont allongés, simples ou
rameux , rampants , divergents , d’une con¬
sistance cornée , trémclloïde dans un seul
g. ; ils sont dépourvus de spores ( Ceraio-
nema, Capillaria , Aclinonema, Bhizornorpha) ;
4° Byssi vkræ : dans ces derniers les fila¬
ments sont extrêmement fins , entrelacés les
uns dans les autres , et formant une esp. de
feutre, souvent d’une très grande étendue et
de couleur variable.
Persoon n’a pas été heureux dans sa distri
bution ; il n’a pas eu assez de confiance dans
les travaux de ses illustres contemporains, et
est resté trop attaché à ses premières idées.
Depuis qu’il avait posé les fondements de la
mycologie, cette partie avait fait les plus
grands progrès ; Deltmar , MM. Martius ,
Link, Ehrenberg, Kunze, Nees d’Esen-
bek, etc., avaient étendu et précisé ses limites
par l’emploi du microscope ; et Persoon, qui
n’était pas très familier avec cet instrument,
n’a admis tous ces nouveaux g. qu’avec une
extrême méfiance. Il faut pourtant avouer
que les genres sont mieux définis, et surtout
que les différents groupes sont beaucoup plus
naturels qu’ils ne l’étaient dans le Synopsis.
Quand on examine le grand nombre de g.
que renferme l’ordre des Trichomyci ou B y s-
soidei , on voit qu’il y en a un très grand
nombre qui ne sont que des modifications du
mycélium, ou trame élémentaire des Cham¬
pignons , comme j’ai tenté de le démontrer
dans un Mémoire sur le genre Scteroiium ,
que j’ai présenté à l’Institut ( Voyez Compt .
rend, de l’ Acad. sc., tom. XIV, p. 446). Ainsi,
par exemple, les genres Athelia , Hypha, Hi-
mantia , Eibrillaria , Aclinonema , Capilla¬
ria , etc. , ne sont que des formes du mycé¬
lium nématoïde. Les g. liacodium et Xylos -
iroma appartiennent au mycélium hymé-
noïde. Les g. Phlebomorpha et Mesenierica ,
par leur consistance charnue , constituent le
mycélium que j’ai appelé malacoïde. Voyei
MYCELIUM. (LÉV.)
BYSSOLITIIE ( SucKToç , filament ; \l0o<,
pierre), min. — Même chose qu’Amianthoïde.
(Del.)
BYSSOMIE 03u<tctoç, byssus ; y.v a£, moule).
moll. — Genre de l’ordre des Lamellibran¬
ches, établi par Cuvier pour le Mya byssifera
50*
794
BYT
BYS
de Fabrieius, et qui ne diffère des Saxîcaves
que par la présence d’un byssus , ce qui a
déterminé la plupart des eonchyliologistes à
le réunir à ce dernier genre. Voyez saxi-
cave. (C. d’0.1
BYSSUS (|3uo-o-o;, lin très fin), moll. —
On désigne sous ce nom une touffe de fila¬
ments qui sort de la coquille de certains Mol¬
lusques lamellibranches, tels que les genres
Vulselle , Marteau , Avicule , Jambonneau ,
Tridacne, Saxicave, etc., et leur sert à s’at¬
tacher aux corps sous-marins. Ces animaux
sont pourvus d’une sorte dé pied rudimen¬
taire, contractile, à l’aide duquel ils filent le
Byssus, dont la matière est fournie par une
glande particulière. Le même organe en di¬
rige et fixe les filaments. Le Tridacne, dont
le poids atteint quelquefois plusieurs quin¬
taux , est muni d’un Byssus résistant ; d’au¬
tres Mollusques , au contraire , tels que les
Jambonneaux, ont un Byssus aussi souple et
aussi fin que la soie. Les habitants de la Ca¬
labre et de la Sicile en fabriquent des étoffes
précieuses, d’un brun doré , à reflets verdâ¬
tres, recherchées pour leur moelleux et leur
finesse , mais que la rareté de la matière em¬
pêche d’être d’un usage général. (C. d’O.)
BYSSUS (jSucraroç, fil de lin), bot. cr. —
Ce g., établi par Linné (Sp. PL p. 1637), com¬
prenait des espèces appartenant à des fa¬
milles fort diverses. Ses successeurs ont en¬
suite désigné sous ce nom banal une foule
de productions filamenteuses, que leur état
de stérilité empêchait de mettre à leur place.
Ainsi, véritable capui morluum de la végéta¬
tion cryptogamique élémentaire , ce g. a
réuni successivement ou en môme temps des
Algues, des Champignons ou des Muscinées,
car les Protonema orthoiricliï et rriuscicola
ne sont que des racines de Mousses dévelop¬
pées sous l’influence d’un excès d’humidité.
Comme la majeure partie des Byssus appar¬
tient encore à la seconde de ces classes, trai¬
tée par un de nos collaborateurs , nous y
renverrons le lecteur. (C. M.)
BYSTROPOGON (/3v<rrpa, bouchon ; TTw-
ywv, barbe ; dans ce genre la gorge est fermée
par des poils), bot. ph. — Genre de la fa-'
mille des Labiacées, tribu des Saturéinées-
Origanées , formé par l’Héritier (Sert. 19,
Excl. sp. Benth.), et divisé en deux sections
dar Bentham ( Labial ., 324) ; a. Bystropooon ,
sp. Canar. et b. Mintostaclnjs, sp. Pcruv. 11
renferme quelques arbrisseaux des îles Ca¬
naries et de l’Amérique australe, à fleurs pe¬
tites, en cymes ou épis denses ; à bractées
lancéolées-subulées; plusieurs espèces sont
cultivées dans les jardins botaniques. (C. L.)
*BYTHU\US. ins. — Genre de Coléoptères
dimères , famille des Psélaphiens , établi par
Leach et adopté par M. Aubé dans sa mo¬
nographie de celte famille (pag. 33, tab. 85),
où il le range dans la division des Psélaphiens
à tarses monodactyles. Il y rapporte 12 esp.
toutes d’Europe. Nous citerons comme type
le B. curtissi , qui vit principalement dans
le bois pourri, en France et en Angleterre.
On le trouve assez communément dans les
serres chaudes. (D.)
*BYTHOSCOPUS ($ u0oç, fond ; xo-mî, en¬
taille). ïns: — M. Germar a appliqué le pre¬
mier cette dénomination à un g. de la fa¬
mille des Cercopiens ou Cicadelliens dans
l’ordre des Hémiptères Homoptères, qu’il a
établi aux dépens des Jnssus de Fabr. Les
Byihoscopns se distinguent surtout de ces
derniers par leur vertex, dont les bords sont
parallèles. On connaît un petit nombre d’es¬
pèces de ce g., toutes européennes. Celle
qu’on doit en considérer comme le type est
le B . lanio (Jassus ianio Fab. Ciradn latiio L.)
répandu dans la plus grande partie de l’Eu¬
rope. (Bl.)
' BYTOWNITE , Thoms. (nom de lieu).
min. — Substance vitreuse , transparente ,
d’un bleu grisâtre clair, qui se trouve en
masse , à structure imparfaitement grenue
ou lamellcuse, près de Bytown dans le haut
Canada. Pesanteur, 2,8 ; dureté, 6. Blanchis¬
sant au chalumeau, sans éprouver de fusion.
— D’après l’analysedeThomson, ellecontient:
Silice, 47,567; Alumine, 29,647 ; Chaux ,
9,060; Oxyde de Fer, 3,575; Magnésie,
0,400; Soude, 7,600; Eau, 1,980. (Del.)
BYTTNERIA ( Büttner, Allemand , pro¬
fesseur de botanique), bot. pii. — Genre
type de la famille des Byttnériaeées , de la
tribu des Byttnériées , formé par Lœffîing
( II. 313 ) et renfermant une vingtaine d es¬
pèces , indigènes de l’Amérique tropicale
et de l’Asie , où elles sont fort rares. Ce sont
des plantes frutiqueuses ou suffrutiqueuses,
inermes ou épineuses; à feuilles alternes,
! diversiformes , dont les pétioles quelquefois
I renflés , triquètres ; à stipules latérales gé-
' minées ; à fleurs petites, ordinairement d’un
pourpre sombre , el disposées en ombelles
simples , involucrées, ou plus rarement en
eorymbes, très souvent en grappes ou en
panicules. Koyez pour les caractères l’ar¬
ticle BYTTNERIACEES.
Duhamel ( Arb ., I, 114) donne aussi ce
nom à un g. synonyme du Calycanihus de
Lindley. (C. L.)
BYTTNERIACEES. bot. pu. — Cette fa¬
mille sera traitée avec le grand groupe des
Malvacées auquel elle se rattache. Nous fe¬
rons remarquer ici qu’on écrit à peu près in¬
différemment Bytlnériaccés et Ituttnérîacées ,
parce que l’ü allemand se change chez nous
en y, et qu’elle doit son nom à un botaniste
allemand , D. S. A. Büttner. (Ad. J.)
BYTURUS (nom d’une espèce de vermis¬
seau qui s’engendre dans les arbres et qui
les gâte, suivant Pline), ins. — Cenre de Co¬
léoptères pentamères , famille des Palpicor-
nes , tribu des Peltoïdes, établi par Latreille
aux dépens de l’aucien g. Dermeste. M. De-
jean (Ccr/., 3e édit.) ne rapporte à ce g. que
2 esp. : l’une, qui a servi de type à Latreille
pour l’établir , est le Byturus tomentosus
( Dermestes id. Fabr. ); et l’autre le Byturus
americcinus Dej. La lre est la même esp.
que le Dermeste velours jaune de Geof¬
froy , qui se trouve communément sur les
fleurs aux environs de Paris. M. Shuckard
dit que la larve du Byturus tomentosus cause
de grands dégâts dans les plantations de
Framboisiers en Angleterre. (D.)
BYZENUS. crust. — Rafinesque , dans
son Précis des découvertes sémiologique, a éta¬
bli sous ce nom un genre de Crustacés qui
parait se rapprocher des Sténopes, et auquel
il donne pour caractères : Écailles de la base
extérieure des antennes sans dents ; les deux
paires de pattes antérieures pincifères, mais
très courtes; la troisième pincifére, chéli-
forine, très grosse. (P. G.)
PIM DU DEUXIÈME TOME.
ERRATA DU DEUXIÈME TOME.
Page 193, 2« col., ligne 2G, stomaco-gastrique. s, lisez siomato-gastriques.
— — ligne 62, ici. td.
Page 300, lre col., ligne 14, 35 kilogr., lisez 135 kilogr.
Page 420, 2® col., dernière ligne, Martius , lisez Martins.
Page 447, 2° col., ligne 22, voyez , lisez Voyage.
Page 569, 2° col., ligne 39, Gorestiera , lisez Forestiera .
Page 577, 2® col., ligne 33, Arisfus , lisez Arisius.
Page G03, lr«col., ligne 4, Chai idiées, lisez Chalcidies.
Page G19, Ire col., ügne cachées, lisez cochées.
— — ligne 36, Thibet , lisez Silhet.
Page 640, 2e col., ligne 5, Bolatus esculatus , lisez Bolelus esculentas.
Page 641, lr®col., ligne 53, Guéné , lisez Gêné.
Page 659, 2e col., ligne 6, bosée, lisez boska.
— — ligne 36, art. BOST1UCHE , remplacer l’étymologie par celle-ci
jSôarpuxo; , petit insecte volant.
Page 661, lrecol., ligne 8, habitai , lisez habitus.
Page 668, 2® col., ligne 42, Bitonia , lisez Bitoma .
Page 750, lrecol., ligne 47, qu’enterre , lisez qu’entoure.
&Êm